Salzbourg Slovénie, - Magazine Sports et Loisirs

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Salzbourg Slovénie, - Magazine Sports et Loisirs

c’est déjà le Sud!

Salzbourg

et la

Slovénie,

2008 est assurément une année à marquer d’une

pierre blanche pour la ville autrichienne

de Salzbourg ainsi que pour la Slovénie.

Si Salzbourg s’apprête à accueillir trois

rencontres de l’Euro 2008 de football, du

10 au 18 juin, la Slovénie assurera pendant

le premier semestre de 2008 la présidence

du Conseil de l’Union européenne.

En plus de ces deux échéances importantes,

Salzbourg et la Slovénie partagent

encore bien d’autres points communs, à

commencer par un caractère méditerranéen

indiscutable. Si Salzbourg est considérée

comme la plus italienne des villes

autrichiennes, la Slovénie, en particulier ses localités

touristiques situées au bord de la mer Adriatique, a subi

une influence vénitienne qui lui confère beaucoup de

charme.

CULTURE &

DÉCOUVERTE

L’AUTRICHE et la SLOVÉNIE

Laurent Missbauer

Photos:

Laurent Missbauer,

Autriche Tourisme

et Slovénie Tourisme

La vieille-ville de Salzbourg est classée au patrimoine mondial de l’Unesco.

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C’est grâce à l’exploitation de

ses salines naturelles – d’où son

nom de château de sel – que

Salzbourg a bâti sa richesse ou

plutôt celle de ses religieux

devenus archevêques puis élevés

au 13 e siècle au rang de

princes du Saint Empire romain

germanique. Grâce au sel, ils

ont pu s’enrichir et embellir

leur ville jusqu’à ce qu’elle devienne

ce joyau que les visiteurs

découvrent aujourd’hui

avec bonheur. Si les premiers

moines ont bâti des couvents

sur la colline du Mönchsberg

qui domine la rivière Salzach,

les princes-archevêques y ont

érigé une forteresse qui est devenue

aujourd’hui l’emblème

de la ville.

«La Rome du Nord»

Classée au patrimoine mondial

de l’Unesco, Salzbourg doit une

grande partie de son image actuelle

au prince-archevêque

Wolf Dietrich. Epris d’architecture

italienne, il rêvait de fonder

«La Rome du Nord» et c’est à

lui que l’on doit le style architectural

baroque de Salzbourg.

Ayant fait appel à l’architecte

italien Santino Solari pour reconstruire

la cathédrale qu’il

souhaitait voir dépasser Saint-

Pierre de Rome, il fit édifier des

églises, des fontaines et de grandes

places. Une promenade

dans le parc de Mirabell permet

d’apprécier la perfection des statues

et des fontaines de ce jardin

entourant le château que Wolf

Dietrich fit construire pour la

mère de ses douze enfants.

Les princes-prélats qui lui succédèrent

au cours des 17 e et 18 e

siècles achevèrent la Résidence,

la nouvelle et luxueuse demeure

des princes-archevêques.

Leopold Anton Firmian et quelques

autres, jusqu’au comte Colloredo,

celui qui chassa Mozart

de Salzbourg, participèrent au

développement de l’université

et à l’embellissement de la ville

Le parc du château de Mirabell.

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qui devenait ainsi une œuvre

collective signée par des hommes

d’église éclairés et raffinés.

Même s’il a été chassé de sa

ville natale et qu’il mourut à

Vienne, Mozart est plus présent

que jamais à Salzbourg. Euro

2008 oblige, il apparaît même

dans des photomontages où il

est transformé en footballeur…

Etant donné que Salzbourg est,

avec Innsbruck, Klagenfurt et

Vienne, une des quatre villes

autrichiennes à accueillir des

rencontres de la grande messe

européenne du football, il n’en

fallait pas davantage pour que

l’effigie du grand compositeur,

déjà associée à des cafés, des

bières, des thés, des parfums

ainsi qu’aux célèbres boules de

Mozart en chocolat, serve également

les intérêts de l’Euro

2008.

Mozart à l’honneur

à la Stiftskeller

Mozart, ou plus exactement sa

musique, est également à l’honneur

dans le centre historique

de Salzbourg, au restaurant de

la Sankt Peter Stiftskeller (La

Cave du Monastère Saint-

Pierre) qui existe depuis plus de

1200 ans et qui accueille des

dîners-concerts entecoupés de

différents extraits d’opéras de

Mozart (www.mozartdinnerconcert.com).

Celui qui désire

visiter Salzbourg sous différentes

coutures aura avantage à

acheter la «Salzburg Card» qui

offre la gratuité sur les transports

urbains, les principaux

sites et musées, ainsi que de

nombreuses réductions, notamment

pour des concerts et des

spectacles. Salzbourg accueille

chaque année de nombreux

festivals dont le très réputé

Festival d’été. Pendant une

quarantaine de jours, la ville

propose près de 200 manifestations,

dont des représentations

théâtrales, des concerts et

différents spectacles, le tout

dans des lieux aussi prestigieux

que le Grand Palais du Festival,

le Manège des Rochers ou

la cour de la Résidence.

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Mozart ne s’est jamais

appelé Amadeus!

Wolfgang Theophilus Mozart,

plus connu sous le nom de

Wolfgang Amadeus Mozart, est

né à Salzbourg le 27 janvier

1756. Son deuxième prénom

Theophilus, qui signifie «aimé

des dieux», a des équivalents

allemand (Gottlieb), italien

(Amedeo) et latin (Amadeus). Il

n’a cependant jamais été appelé

«Amadeus» de son vivant! Dès

l’âge de trois ans, il révèle des

dons prodigieux pour la musique.

Ses facultés déconcertent

son entourage et incitent son

père à lui apprendre le clavecin

dès sa cinquième année. Il apprend

ensuite le violon, l’orgue

et sait déchiffrer une partition

et jouer en mesure avant même

de savoir lire, écrire ou compter.

À l’âge de six ans (1762), il compose

déjà ses premières œuvres.

Entre 1762 et 1766, il part en

tournée avec son père. D’abord

à Munich, puis à Vienne, avant

de partir le 9 juin 1763 pour

une longue tournée en Europe,

qui l’emmènera à Mannheim,

Francfort, Bruxelles, Paris, Londres,

La Haye, Amsterdam, Dijon,

Lyon, Genève et même à

Lausanne où, au mois de septembre

1766, il se produit à

deux reprises et stupéfie son

assistance. L’enfant prodige,

mais aussi désinvolte, que fut

Mozart à dix ans – capable de

quitter son clavecin pendant un

récital, sous les yeux ébahis de

la cour française, pour aller

jouer avec un chat – laisse songeur.

Il vécut en effet une enfance

faite de voyages et d’exhibitions

organisées par son père.

Si ses exhibitions impressionnent

les auditeurs, elles lui permettent

également de capter de

nouvelles influences musicales.

En Italie, où il se rend régulièrement

de 1769 à 1773, il étudie

l’opéra, forme musicale dans laquelle

il excellera. Au total, il

composa plus de vingt opéras

dont les plus populaires sont

«La Flûte enchantée», «Les Noces

de Figaro», «Don Giovanni»

et «Così fan tutte». Grâce à son

travail sur les harmonies vocales

et sa maîtrise de la polyphonie,

il donnera ses lettres de

noblesse à ce genre.

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Salzbourg, la

deuxième patrie de

Porsche

Une Porsche 356 immatriculée dans la province de Salzbourg.

Ferdinand Porsche montre un modèle réduit de la Porsche 356 N° 1 à ses

petits-enfants Butzi Porsche (à g.) et Ferdinand Piëch (à dr.).

Ferdinand Porsche (à dr.) avec son fils Ferry et la Porsche 356 N° 1, la toute

première voiture à porter le nom de Porsche. (Photos Archives Porsche)

Dès que l’on sort de la gare de Salzbourg,

une des premières choses

qui frappe est le nombre de taxis qui

comportent l’inscription «Porsche

Salzburg». Cette dernière est l’une

des sociétés de distribution d’automobiles

les plus importantes au

monde. Présente dans 16 pays, en

Europe et en Chine, elle a été fondée

en 1947 par Louise Piëch et Ferry

Porsche, les deux enfants de Ferdinand

Porsche dont une rue de Salzbourg,

à proximité de la gare, porte

son nom. Outre les voitures de la

marque Porsche, «Porsche Salzburg»

distribue toutes les marques

du groupe Volkswagen (VW, Audi,

Seat, Skoda, Bentley, Lamborghini et

Bugatti) en Autriche et dans la plupart

des pays de l’ancienne Europe

de l’Est. Les familles Porsche et

Piëch sont propriétaires à 100% de

l’entreprise «Porsche Holding Salzburg»

et font partie des plus grosses

fortunes autrichiennes avec Dietrich

Mateschitz, l’inventeur de la boisson

énergétique Red Bull dont le siège se

trouve lui aussi à Salzbourg.

Durant la Seconde Guerre mondiale,

la société Porsche quitte Stuttgart en

Allemagne et s’installe à Gmünd en

Autriche. Ferry Porsche y construit

en 1948 la première voiture à porter

le nom de Porsche. Si le premier

exemplaire, découvrable, disposait

d’un moteur central, les coupés suivants

également fabriqués à Gmünd,

étaient en revanche propulsés par

un moteur arrière. Une bonne douzaine

de cabriolets 356 ont même

été construits dans les ateliers de

l’Alpenstrasse à Salzbourg, indiquet-on

chez «Porsche Salzburg». En

tout, seulement une cinquantaine

de Porsche ont été construites à

Gmünd.

En 1949, Ferry Porsche et sa sœur

Louise transfèrent le siège de la société

Porsche Konstruktionen de

Gmünd à Salzbourg. Tandis que

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Louise et son mari Anton Piëch

poursuivent le développement de

l’importation des Volkswagen en

Autriche, Salzbourg, Ferry Porsche

retourne à Stuttgart d’où voient le

jour, en 1950, les premières Porsche

356 fabriquées en Allemagne. La

société devient la Porsche AG actuelle.

Et si les deux entreprises,

Porsche AG à Stuttgart et Porsche

Holding à Salzbourg, toujours

contrôlées par les familles Porsche

et Piëch, ont des racines communes,

elles se sont développées séparément

pour devenir des sociétés indépendantes.

A partir de 1950, Anton Piëch, le

mari de Louise, devient officiellement

le directeur de la branche

autrichienne. Il décède cependant

en 1952 et c’est Louise Piëch qui

reprend le flambeau. Dès la fin des

années 60, «Porsche Salzburg» est

également active dans le sport automobile

et c’est une des ses voitures,

une 917 aux couleurs autrichiennes

rouge et blanc, qui permet à

Porsche de remporter pour la première

fois en 1970 la victoire absolue

aux 24 Heures du Mans.

Ferry Porsche (1909-1998) et sa sœur Louise Piëch (1904-1999), photographiés

en 1994.

Les deux Porsche «autrichiennes» devant l’usine Porsche de Leipzig : la

356 N° 1 de 1948 et la 917 qui s’est imposée au Mans en 1970 et qui

avait été engagée par Porsche Salzburg.

Le panneau de la rue Ferdinand-Porsche, à proximité de la gare de Salzbourg.

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Les milles visages attrayants de la Slovénie

Petit pays de deux millions d’habitants,

qui borde la frontière méridionale

de l’Autriche et qui touche la mer

Adriatique sur moins de cinquante

kilomètres au sud de la ville italienne

de Trieste, la Slovénie mise beaucoup

sur le tourisme pour se faire connaître.

Surtout en ce premier semestre de l’année

2008 où elle assure la présidence

du Conseil de l’Union européenne. La

Slovénie est le premier des douze nouveaux

Etats membres ayant rejoint l’UE

lors des élargissements de 2004 et de

2007, à assumer cette responsabilité.

Elle est également le premier de ces

nouveaux états membres à avoir choisi

l’euro comme unité monétaire.

La capitale de la Slovénie est Ljubljana,

une ville universitaire de 280’000 habitants,

dont 54’000 étudiants. La ville

autrichienne de Klagenfurt, qui tout

comme Salzbourg accueillera elle aussi

trois rencontres de l’Euro 2008 de football,

ne se trouve qu’à 40 minutes de

Ljubljana, Trieste est à une heure. La

belle Slovène qu’est Ljubljana emprunte

ainsi à l’Autriche et à l’Italie

pareillement voisines, leur douceur,

leur fantaisie, leur gourmandise et leur

élégance. Ce joli confetti de l’ancien

empire austro-hongrois, qui a conservé

son caractère entier malgré son absorption

passée par la fédération yougoslave

sous l’égide de Tito, séduit d’emblée.

La Slovénie dévoile en effet mille

visages attrayants: alpin avec notam-

Le lac de Bled, avec sa célèbre petite île,

est l’une des principales curiosités touristiques de la Slovénie.

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Un autre coup de cœur va à la

petite ville de Piran, Pirano en

italien. Ce joyau de la mer

Adriatique combine à merveille

histoire et loisirs. Bien loin

d’être une banale station balnéaire

sans âme, Piran a gardé

comme témoignages du passé

de sublimes monuments vénitiens

que viennent border

d’étroites ruelles et de pittoresment

le lac de Bled et sa célèbre

petite île, méditerranéen avec

les localités de Piran et de Portoroz,

et karstique avec ses nombreuses

grottes souterraines.

Une des plus célèbres d’entre

elles est celle de Postonja que

l’on peut visiter avec un petit

Les stalactites des grottes souterraines de Postonja.

train. Celui-ci, que certains qualifient

non sans humour de seul

et unique métro de Slovénie,

vous emmène à travers la plus

importante grotte du monde

karstique. Ses magnifiques stalactites

et stalagmites valent à

elles seules le voyage.

Le littoral slovène

avec Piran, à gauche,

et Portoroz, à droite.

ques maisonnettes. Elle propose

des séjours balnéaires, des visites

culturelles et plusieurs centres

de remise en forme. Piran

est par ailleurs située à un jet de

pierre de Portoroz, Portorose en

italien. Cette dernière localité

dispose d’infrastructures de

luxe, à commencer par le Palace

Hôtel, un cinq-étoiles qui a été

entièrement rénové cette année

et qui était déjà célèbre au début

du 20 e siècle lorsque l’élite

de l’empire austro-hongrois

venait s’y prélasser. Le Grand

Hôtel Bernardin (5 étoiles) et

l’Hôtel Histrion Bernardin (4

étoiles) font eux aussi la fierté

du tourisme slovène. Il en va de

même pour les différents hôtels

haut de gamme de Bled,

station touristique au bord du

lac du même nom. Bled a pris

son essor grâce à un médecin

suisse, Arnold Rikli, qui découvrit

les vertus thérapeutiques

et les effets bienfaisants des

eaux thermales du lac. Bled est

également connue pour ses terrains

de golf et pour son Relais

& Châteaux Vila Bled, «le premier

Relais & Châteaux ouvert

dans un ancien pays communiste»,

fait remarquer non sans

fierté Janez Fajfar, le maire de

Bled, autrefois directeur justement

de ce Relais & Châteaux

Vila Bled.

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Le port de Piran avec son clocher d’inspiration vénitienne.

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