39e Congrès de la FNOSAD à Saint-Avold - Apiservices

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39e Congrès de la FNOSAD à Saint-Avold - Apiservices

Mesdames, Messieurs,

Le mot du Maire

Je suis particulièrement fier et honoré d’accueillir pour la première fois dans notre

ville le 39 e Congrès de la FNOSAD et c’est avec plaisir que je vous souhaite à vous

tous congressistes la bienvenue dans notre ville. Cette manifestation d’ampleur

nationale n’a pas eu lieu dans notre département depuis 1952, et c’est un juste hommage

rendu au Syndicat des apiculteurs de Saint-Avold et

au GDSA de Moselle de l’organiser cette année sur notre

territoire.

Saint-Avold mène une politique de défense de l’environnement

active et concilie préservation de son patrimoine naturel et essor industriel

pour offrir un environnement de qualité comme en témoigne notre vaste forêt environnante

de 1 800 hectares.

Notre ville mène des actions de sensibilisation à la protection de la nature comme

par exemple « Le chemin des enfants », qui a permis à 280 écoliers accompagnés par

6 artistes, de créer 12 œuvres Land Art dans le plus pur respect de la nature, ou

encore notre participation active à la semaine de l’environnement…

Saint-Avold met également aujourd’hui en place la gestion différenciée des espaces

verts. Cette méthode par laquelle nous nous engageons à ne plus traiter certaines

surfaces et à laisser libre cour à la flore de pousser favorise une plus grande biodiversité

en ville.

C’est dire l’importance pour nous que revêt la tenue du 39 e congrès, axé sur la

défense sanitaire des abeilles. Saint-Avold a d’ailleurs choisi l’abeille pour mascotte

en 2008-2009… Leur disparition progressive depuis une trentaine d’années est un

signe alarmant sur l’état de notre planète et de notre écosystème. L’abeille accompagne

l’homme depuis la nuit des temps. En retour, l’apiculteur accompagne

l’abeille et la protège.

Je vous invite à découvrir durant votre séjour notre ville,

une ville à vivre, une ville aux nombreux atouts, une ville

qui va de l’avant.

Je vous souhaite à tous un bon

congrès à Saint-Avold.

André Wojciechowski

Maire de Saint-Avold, Député de la Moselle

30

LSA n° 229 • 1-2/2009


Le mot du Président

du Conseil Régional

La Lorraine représente une terre d’élection pour les abeilles grâce à ses paysages

variés, propices à l’accueil des ruches et à la production du miel.

L’implantation de 4000 apiculteurs et 42000 ruches ainsi que l’Appellation

d’origine contrôlée « Miel des Vosges » en sont un beau témoignage.

Mais en Lorraine, comme ailleurs, les

temps sont difficiles pour l’apiculture :

dépérissement des colonies, problèmes

sanitaires, perte de production de miel; les

inquiétudes pour son devenir sont fondées.

Les enjeux s’étendent au-delà de la seule apiculture puisque le maintien des

colonies d’abeilles et du métier d’apiculteur contribue à la préservation de la

biodiversité, des paysages et de l’activité dans les territoires ruraux.

C’est pourquoi je suis heureux d’accueillir en Lorraine le 39 e Congrès de la

FNOSAD qui a pris pour thème l’avenir de nos campagnes dont les abeilles

sont un acteur méconnu. La qualité du programme des conférences et des

intervenants sauront apporter des solutions pour que vive et prospère l’apiculture.

Je remercie tous les acteurs de cette manifestation

pour leur professionnalisme et leur engagement

au service de l’apiculture lorraine.

Jean-Pierre Masseret

Président de la Région Lorraine

Sénateur de la Moselle

LSA n° 229 • 1-2/2009

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39 e Congrès de la FNOSAD

Pour que vivent nos campagnes…

Propositions pour une amélioration de la situation sanitaire

du cheptel apicole français

Saint-Avold – Moselle

Jeudi 26, Vendredi 27, Samedi 28 février, Dimanche 1 er et Lundi 2 mars 2009

Centre culturel de Saint-Avold

Programme

Jeudi 26 février 2009

Journée scientifique apicole organisée en partenariat

avec l’École Nationale Vétérinaire (ENV) de Nantes et la FNOSAD

(Accès réservé aux invités)

Vendredi 27 février 2009

Exposition de matériel apicole

(Accès réservé aux GDSA/ASAD adhérents de la FNOSAD)

10h30 – Commission de travail des Présidents et membres des bureaux des GDSA/ASAD (1 re partie)

Diagnostic en apiculture - Marc Edouard Colin, Supagro Montpellier

17h30 – Assemblée générale de la FNOSAD – Élections

Conférences tout public

20h – Conférence ouverte à tous sur le thème du Développement durable - La place de la biodiversité et le rôle de

l’abeille - Frank Steffan, Institut Écologique Européen

Samedi 28 février 2009

8h30 – Accueil des participants

9 h – Présentation du département d’accueil: la Moselle

• Présentation de l’agriculture

• Organisation de la filière apicole, ses particularités

10 h – Propositions d’amélioration de la situation sanitaire du cheptel apicole français

Monique L’Hostis, ENV Nantes

10h45 – Intoxication d’abeilles et brigade d’intervention vétérinaire

11h15 – Ouverture officielle du 39 e Congrès de la FNOSAD

14h30 – Le réseau sanitaire apicole allemand - Walter Haefeker, Président de l’EPBA

15 h – Varroose

• Résultats des suivis d’efficacité des médicaments

• Actualités et propositions de conduite à tenir - Jean-Marie Barbançon, FNOSAD

16 h – Résultats de l’enquête mortalité dans le département de Saône-et-Loire - Pierre Duclos, GDSA-71

16h15 – Visite de l’exposition

16h45 – L’organisation du réseau sanitaire en Hongrie - Laszloffy Zsolt

17h15 – Étude de la contamination des cires - Michel Treilhou, Université d’Albi

18 h – Conclusions

Dimanche 1 er mars 2009

9 h – Délégations étrangères

• Apiculture allemande et européenne. Apiculture et OGM en Allemagne

Walter Haefeker, président de l’EPBA

• Situation sanitaire en Suisse: Les maladies et intoxications - Franck Crozet

10 h – L’apithérapie - Albert Becker

11h45 – Synthèse et conclusion

14h30 – La pollinisation - Bernard Vaissière, INRA Avignon

Journée touristique

Lundi 2 mars 2009

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LSA n° 229 • 1-2/2009


BULLETIN D’INSCRIPTION

au 39 e Congrès de la FNOSAD

À retourner avant le 15 février 2009 à L’Office du Tourisme

28 rue des Américains, BP 60041, 57502 SAINT-AVOLD Cedex

Tél.: 0387913019, Fax : 0387929802, OTSI.STA@wanadoo.fr

Le chèque est à libeller à l’ordre du GDSA Moselle ou virement – Relevé d'Identité Caisse d'Épargne LORRAINE CHAMPAGNE-ARDENNE

15135 00500 08001408243 59 CE LORRAINE CHAMPAGNE-ARDENNE - IBAN: FR76 1513 5005 0008 0014 0824 359 - BIC: C E P A F R P P 5 1 3

GDSA MOSELLE GASSER JEAN PAUL 9 RUE DE VERDUN 57400 SARREBOURG

Nom ............................................................................................Prénom.....................................

Adresse.........................................................................................................................................

.................................................................................................................Téléphone....................

Hôtel réservé ................................................................................................................................

Date et heure d’arrivée prévue.....................................................................................................

PARTICIPATION AUX FRAIS

Inscription

unitaire

nombre

Total

Repas

prix

nombre

Total

Vendredi

midi soir

18 t 18 t

+

Congrès entier 1 jour seulement *

25 t 15 t

* Jour retenu : vendredi – samedi – dimanche (à préciser)

+

+ =

midi

18 t

+

Samedi

soirée de gala

30 t

+

Total 1

RESTAURATION : 1 boisson comprise dans le prix du repas, sauf repas de gala et de clôture (apéritif offert)

TOURISME

Dimanche

midi banquet de clôture

* L’excursion du lundi comprend le repas de midi (hors boissons) et les entrées aux musées.

Elle sera maintenue uniquement avec un minimum de 25 personnes.

Vendredi

après-midi

Samedi

matin

Samedi

midi

Dimanche

matin

25 t

Lundi

journée

=

Total 2

Visite guidée

de Saint-Avold

et du

Cimetière

Américain

Visite

de la faïencerie

de

Sarreguemines

Visite de Metz

et de

sa cathédrale

Conférence

Apithérapie

par

A. Becker

Excursion

Cristallerie

Saint-Louis

Citadelle

de Bitche

prix

nb

Total

offert par

le GDSA Moselle

+

5 t

5 t offert 40 t *

+ + + =

Total 3

Total 1

+

Total 2

+

Total 3

Pour tout renseignement, s’adresser à Louis PISTER

06 09 42 22 55 ou 03 87 92 37 72 - louis.pister@cegetel.net

=

Total général

LSA n° 229 • 1-2/2009

33


Plan d’accès au centre culturel de Saint-Avold

16

● Par la route

Prendre l’Autoroute A4, sortie Saint-Avold, prendre la direction du Centreville

et suivre le fléchage.

● Par le train

Prendre le TGV jusqu’à Metz.

À Metz, prendre le TER pour Saint-Avold (40 mn).

À la gare de Saint-Avold, un bus dessert le centre-ville où se trouvent le

Centre Culturel et les hôtels.

Sur place, le centre culturel sera fléché.

● Positionnement sur le plan

N o 16 : en rouge, avec parking en face

34

LSA n° 229 • 1-2/2009



COUPON-RÉSERVATION

au 39 e Congrès de la FNOSAD

à transmettre directement à l’hôtel

au plus tard pour le jeudi 15 février 2009

avec le règlement en chèque à l’ordre de l’hôtel.

(Au-delà, les réservations à ces tarifs préférentiels ne sont pas garanties).

RÉSERVATIONS HÔTEL - CONGRÈS NATIONAL DE LA FNOSAD (tarifs préférentiels)

Nom ..................................................................................Prénom................................

Adresse..........................................................................................................................

.......................................................................................................................................

Téléphone fixe ................................................Portable.................................................

Nom de l’établissement choisi: ....................................................................................

Chambres

(avec petit-déjeuner)

Individuelle

(1 personne)

Double

(2 personnes)

Prix

Jeudi

26 février 2009

Vendredi

27 février 2009

Samedi

28 février 2009

Dimanche

1 er mars 2009

Total Nuitées : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .X . . . . . . . . . . . . . .€ =. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .€

Coordonnées de l’Office de Tourisme de Saint-Avold

Tél. : 0387 9130 19 – Mél: OTSI.STA@wanadoo.fr

Hébergements à Saint-Avold

Possibilité de voir des photos de ces hébergements sur le site de la ville www.mairie-saint-avold.fr

Hôtel Novotel

RN 33 - 57 500 ST-AVOLD

Tél. : 03 87 92 25 93 - h0433@accor.com

Hôtel Campanile

53, avenue Patton - 57 500 ST-AVOLD

Tél. : 03 87 29 04 04 - Stavold@campanile.fr

Hôtel de l’Europort - Zone Europort - RN 33

57 500 ST-AVOLD - Tél. : 03 87 91 35 00

hotel-de-leuroport@wanadoo.fr

Hôtel de Paris - Logis de France - 2 cheminées

45, rue Hirschauer - 57 500 ST-AVOLD

Tél. : 03 87 92 19 52 - hoteldeparis57@wanadoo.fr

Le Domaine du Moulin - Chambres d’Hôtes - 3 épis

13, rue de la Vallée – Dourd'hal - 57 500 ST-AVOLD

Tél. : 03 87 92 55 15 - domaine.du.moulin@free.fr

Tarif en euros par nuit

petit-déjeuner inclus

Chambre simple

1 pers.

Chambre double

2 pers.

85 € 95 €

58 € 66 €

55 € 63,50 €

60 € 67 €

58 € 68 €

LSA n° 229 • 1-2/2009

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Bienvenue en Moselle…

par Paul SCHWEITZER, Président du GDSA de la Moselle

Le Groupement de Défense

Sanitaire des Abeilles de la

Moselle est heureux de vous

accueillir pour le 39 e Congrès de la

FNOSAD à Saint-Avold en Moselle.

Nous espérons que vous y passerez un

bon séjour, mais sachez, dès à présent

que nous ferons tout pour qu’il vous

soit agréable. Comme en atteste la présence

de nombreuses voies romaines et,

aujourd’hui, la saturation permanente

de son autoroute A31, la Moselle est,

depuis l’Antiquité, une terre de passage

entre le nord et le sud de l’Europe.

Cette particularité et ses nombreuses

ressources industrielles en ont fait le

terrain privilégié des luttes que se sont

menés les états et les empires européens

pendant des siècles. Aujourd’hui,

cette situation à la frontière de trois

autres pays européens est un atout

considérable pour un département dont

l’agriculture et l’apiculture sont souvent

trop méconnues. Une géographie

particulièrement avantageuse nous permet

de récolter une grande variété de

miels : colza, fruitiers, « acacia »,

tilleul, ronce, sapin, forêt pour les

appellations les plus fréquentes, mais

également bourdaine, bruyère callune,

châtaignier, trèfle blanc, mélilot pour

les appellations un peu plus rares… La

région de Saint-Avold est d’ailleurs, à

ma connaissance, le seul secteur où,

dans l’est de la France, l’on peut, certaines

années, récolter du miel monofloral

de bourdaine, appellation plutôt

typique de l’ouest de l’hexagone. Un

des rares miels qui « ne prend » presque

pas d’HMF, puisque, quand il est vraiment

monofloral, son pH est quasi

neutre!

Paul Schweitzer,

Président du GDSA de la Moselle.

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LSA n° 229 • 1-2/2009


Spores de nosémose.

Traditionnellement le

rucher mosellan est un

rucher couvert, une petite

maison en bois abritant sur

un ou plusieurs étages

quelques dizaines de ruches

dites « alsaciennes ».

Aujourd’hui, cette configuration

est de plus en plus

souvent abandonnée…

Initialement, l’abeille présente

en Moselle est l’abeille noire. Une

étude menée par notre GDSA dans les

années 1970 avait montré qu’elle était,

à l’époque, encore bien présente surtout

dans les parties centre et ouest du

département. Les régions frontalières

proches de l’Allemagne étaient, elles,

fortement influencées par l’abeille carniolienne.

Çà et là, on pouvait toutefois

trouver des abeilles plus ou moins

métissées avec l’abeille italienne, beaucoup

plus rarement avec la caucasienne.

Près de 40 ans après, la situation a bien

changé et l’influence de l’abeille

« Buckfast » se fait de plus en plus sentir,

avec tous les problèmes que ces

introductions diverses posent inévitablement

sur le long terme…

Le GDSA de la Moselle est un

« enfant » de la Fédération des

Apiculteurs de la Moselle. Il a été créé

par celle-ci, il y a déjà près de 50 ans

maintenant. Devenu majeur, il a conservé

avec elle des liens très étroits

puisque, par convention, tous les apiculteurs

qui adhérent à la Fédération

adhérent automatiquement au GDSA.

C’est lui qui, en 1979, a créé le laboratoire

d’analyses qui, 20 ans après, a pris

lui-même son indépendance pour devenir

le laboratoire d’analyses apicoles du

CETAM-Lorraine. Initialement, le petit

laboratoire que nous avions créé avait

deux buts. En premier lieu, il s’agissait

de nous donner les moyens de faire des

recherches systématiques sur la présence

(ou l’absence) des principales maladies

de l’abeille présentes dans le

département à l’époque, c’est-à-dire les

deux loques, l’acariose, la nosémose

ainsi que les mycoses. Varroa n’est arrivé

en Moselle que cinq ans plus tard.

Ce sont des centaines de ruches qui ont

été alors contrôlées dans certains secteurs

et cette opération à grande échelle

nous avait permis d’éradiquer un

important foyer de loque américaine et

de circonscrire un foyer d’acariose tout

aussi grave. Un sérieux suivi de l’évolution

de la nosémose avait également été

effectué, très utile lors des années de

fortes infestations… En 1982-1983,

Varroa est arrivé. Il est devenu la préoccupation

majeure du moment et en

étroite collaboration avec la Fédération

LSA n° 229 • 1-2/2009

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Les agents sanitaires de la Moselle se forment.

des Apiculteurs de la Moselle, notre

laboratoire s’est transformé pour se

spécialiser dans l’analyse des miels. En

1998, le GDSA et la Fédération ont uni

leurs efforts pour créer le laboratoire du

CETAM qui est maintenant connu bien

au-delà de nos frontières. L’autre raison

d’être du laboratoire du GDSA a été la

formation.

Depuis sa création et en étroite relation

avec la Direction des Services

Vétérinaires de la Moselle, le GDSA

forme lui-même ses agents sanitaires

apicoles. Une présentation détaillée de

cette formation sera présentée au

congrès. La possession de matériel de

laboratoire et tout particulièrement de

microscopie était naturellement indispensable…

Nous continuons à assurer

ces formations. L’une d’elles a d’ailleurs

lieu actuellement pour des agents

sanitaires qui seront nommés à la fin de

cette année. Elle comprend une partie

« pathologie des abeilles » et une autre

« sélection et élevage de reines » et se

déroule dans l’un ou l’autre des deux

ruchers écoles du département, à savoir

celui du syndicat des apiculteurs de

Saint-Avold et celui du syndicat des

apiculteurs de Metz.

Le GDSA de la Moselle est agréé

selon l’Arrêté Interministériel modifié

du 11 août 1980 et depuis 2004 nous

avons un agrément ministériel dans le

38

LSA n° 229 • 1-2/2009


cadre de notre PSE (Plan Sanitaire d’Élevage)

lequel est en cours de renouvellement.

Actuellement, nous travaillons

le plus souvent en étroite collaboration

avec le CETAM-Lorraine dont nous

sommes avec la Fédération des

Apiculteurs de la Moselle le membre

fondateur. Le pôle prioritaire du

CETAM est la qualité du miel, mais

cette qualité est en étroite relation avec

l’environnement et les pratiques apicoles

dans le cadre de la lutte contre les

maladies des abeilles, domaines où l’on

retrouve les actions privilégiées du

GDSA Moselle. Comme dans d’autres

régions de France, l’hiver 2007/2008 et

surtout le printemps 2008 a été marqué

par des dépopulations d’abeilles associées

à un manque de vitalité de certaines

colonies. Dès la fin de l’hiver,

certaines observations nous avaient permis

de mettre en évidence une présence

anormalement élevée de spores de

nosema dans de nombreuses colonies.

Des examens ultérieurs effectués dans

un laboratoire spécialisé nous ont montré

que « Nosema apis » n’était pas en

cause mais qu’il s’agissait presque toujours

de « Nosema ceranae » ou d’espèces

indéterminées. Toutes les colonies

concernées souffraient d’un net

manque de vitalité. L’absence actuelle

de traitement spécifique contre nosema

est un gros problème, bien que nos

expériences du passé avec « Nosema

apis » ont toujours montré l’importance

environnementale dans l’évolution de

cette pathologie (conditions météorologiques

favorisantes et importance du

pollen). Face à cette situation, nous

avons décidé de mettre en place un

réseau de suivi de la nosémose. Ce

réseau est actuellement créé. Il est basé

sur le volontariat et nous permettra un

suivi semaine par semaine à partir de la

fin de l’hiver de la nosémose dans l’ensemble

du département de la Moselle.

Faute de médicaments, l’évaluation de

l’importance des spores de nosema est

très utile pour mettre en place des

mesures prophylactiques. « Internet »

qui n’existait pas dans les années 80

permettra maintenant aux apiculteurs

d’avoir les résultats et les conseils pratiques

en temps réel… En fonction des

conditions météorologiques, de l’avancée

de l’hiver et de l’arrivée du printemps,

il n’est pas impossible que nous

ayons les premiers résultats pour le

congrès de Saint-Avold, congrès pour

lequel je vous invite donc tous à participer

très nombreux.


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France

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LSA n° 229 • 1-2/2009

39


Lorraine et Apiculture

Passé, présent, futur

par Docteur Albert BECKER, Président de la Confédération Régionale des Apiculteurs

Lorrains, de la Fédération de Moselle, du CETAM-Lorraine, Vice-Président de l’EPBA

(Europeen Prof. Beekeepers Ass.) et du GDSA de la Moselle, membre de l’AFA

(Association Française d’Apithérapie).

Géographie

Située au nord-est de la France sur

la grande dorsale économique européenne,

entre Londres et Milan,

concentration des plus forts potentiels

industriels, technologiques et scientifiques

d’Europe, la Région Lorraine en

est un pilier important. Par son nord,

elle est au contact de trois pays à haut

niveau de vie, la Belgique, le

Luxembourg et l’Allemagne. D’une

surface de 23547 km 2 , ayant 2319900

habitants, soit 99 habitants au km 2 , la

Région Lorraine est structurée en

quatre départements aux écotypes

variés : Meurthe-et-Moselle (54),

Meuse (55), Moselle (57) et Vosges

(88). Liée à la création vosgienne, la

formation géologique de la Lorraine,

rattachée à celle du Bassin parisien,

remonte au début de l’ère secondaire, il

y a 250 millions d'années.

Trois parties distinguent la

Lorraine : le Pays des Côtes, le

Plateau Lorrain et le Massif Vosgien.

Elle est découpée du sud au nord par

les trois vallées de la Meuse, de la

Meurthe, de la Moselle, s’élevant à

l’est sur le massif vosgien où naît

aussi la Sarre. Entre côtes de Meuse et

côtes de Moselle s’étend la fertile

plaine de la Woëvre (argiles du

Callovien) large de 25 à 30 km.

Le département de la Moselle se

situe à la bordure orientale du Bassin

parisien, à son contact avec le massif

des Vosges. À l’ouest, se trouvent les

côtes de Moselle, rebords escarpés des

calcaires urassiques du Haut-Pays,

découpées par les affluents de la

Moselle qui isolent de nombreuses collines.

Avec la Woëvre, les côtes de

Moselle sont l’un des secteurs les

moins arrosés par les pluies en

Lorraine. Au pied des côtes, où coule la

Moselle, qui envoie ses eaux par le

Rhin à la mer du Nord, s’étend une plaine

d’argiles jurassiques. Au nord, la

Warndt est un plateau forestier où se

situent les anciens bassins miniers des

houillères, limités par la Sarre. Vers

l’est se trouvent le pays de Bitche et les

collines s’adossant aux basses Vosges,

composés de Muschelkalk (calcaires

coquilliers), de marnes irisées et de

grès bigarrés du trias moyen. Enfin, à

l’est et au sud-est, la montagne forestière

se rattache aux Basses-Vosges gréseuses

et en constitue les premières

hauteurs. Le point culminant lorrain est

le Hohneck à 1364 m sur la crête allant

vers l’Alsace.

40

LSA n° 229 • 1-2/2009


Amphithéâtre François-Yves Le Moigne situé sur le Campus du Saulcy

(Université de Metz).

Industrie

L’industrie est diversifiée, concentrée

dans la partie nord de la région, le

long des frontières et de la vallée de

Moselle sur l’axe Thionville-Épinal. La

production automobile, les sous-traitants,

boîtes de vitesse, pneumatiques,

batteries, électronique, les dérivés des

filières bois forment une activité importante,

remplaçant les houillères fermées

depuis plusieurs années. L’industrie

lourde sidérurgique survit dans la vallée

de la Moselle. Les industries salines

(région de Dieuze) et chimiques du secteur

de Nancy, Forbach, Carling,

Sarralbe sont en sursis.

Les quatre Universités de Nancy (3)

- Metz (1) rassemblent plus de 3 000

chercheurs dont 2000 publiants, 55000

étudiants, constituant un potentiel créatif

et intellectuel vital. Issues d’une

rivalité ancienne entre les deux pôles

lorrains, elles vont enfin fusionner

(2012) pour constituer une université

unique, économie des savoirs et d’excellence

scientifique à la mesure des

défis euromondiaux où la Lorraine se

doit d’être présente.

Agriculture

L’agriculture s’exerce sur des sols

difficiles. La Lorraine agricole produit

des céréales, orge, blé, colza, avoine,

LSA n° 229 • 1-2/2009

41


mais aussi du houblon et des betteraves.

L’élevage bovin, vaches laitières,

broutards, est important sur le plateau

lorrain, consacré aux pâturages et au

fourrage.

L'exploitation forestière domine au

Haut-Pays et dans la montagne vosgienne.

La forêt lorraine est composée de

feuillus, hêtres, chênes, érables, bouleaux,

un peu de châtaigniers. Les massifs

vosgiens sont principalement formés

de résineux, épicéas, sapins, pins,

et de feuillus.

En 2008, « Floraine », l’association

des botanistes de Lorraine, termine la

réalisation d’un atlas de la flore de

Lorraine ce qui permettra une meilleure

connaissance de la répartition de toutes

les espèces végétales sur le territoire

lorrain et de déterminer les mesures de

protection pour les espèces les plus

rares ou en forte régression. La flore

contient des digitales, des orchidées,

des plantes classées au patrimoine mondial,

des lys, arnicas, gentianes, pensées

sauvages, droséra, belladone, luzule

blanche (Parc des Vosges du Nord).

Les vergers de pruniers comme la

mirabelle, la quetsche, la reine-claude

sont situés principalement en vallée de

Moselle mais aussi dans toute la région,

donnant des alcools blancs recherchés.

La pratique apicole, environ 1 300 à

1400 tonnes de miel en 2006, soit 8 %

de la production française, reste intéressante

du fait de la très grande diversité

phytosociologique des terroirs et de

zones protégées comme, entre autres, le

Parc de Lorraine et le Parc Naturel

Régional des Vosges du Nord, classé

Réserve mondiale de la Biosphère par

l’UNESCO. Le climat de type continental

océanique est assez rude et pluvieux

dans les parties montagneuses,

mais est plus tempéré dans le pays messin

et la vallée de la Moselle où la vigne

(900 ha classés VDQS) comme dans le

Toulois, (700 ha) produit du vin (AOC,

« Gris de Toul ») depuis le III e siècle.

Apiculture

L’apiculture tient une place à part

dans le monde agricole lorrain.

Longtemps ignorée des instances agricoles

et politiques, par son unification,

elle est désormais considérée comme

un partenaire régional agricole à part

entière. Sociétalement, les apiculteurs

ruraux lorrains, en déclin, sont de plus

en plus marginalisés car l’implantation

urbaine des ruches se développe davantage.

Les 3300 apiculteurs estimés en

2008 en Lorraine, ont généralement

moins de 10 ruches. Une vingtaine

d’apiculteurs lorrains sont des professionnels

exclusifs.

L’apiculture lorraine vit une période

difficile liée surtout au vieillissement

de la profession apicole. La réduction

drastique des adhérents des syndicats

lorrains, malgré les ruchers écoles,

obéit à cette situation, aggravée par le

renoncement à l’apiculture, faute d’intérêt

économique évident, d’une jeunesse

peu motivée.

La défaillance du maillage territorial

apicole secondaire au non-remplacement

des petits producteurs qui dis-

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Rucher privé sur les coteaux de Vallières, un village proche de Metz.

paraissent en milieu rural, a des conséquences

de plus en plus marquées sur

les productions agricoles, en particulier

chez les arboriculteurs. La couverture

pollinique minimale estimée à 2 ruches

par kilomètre carré n’est plus assurée

dans de nombreux secteurs en particulier

dans les Vosges.

L’apiculture lorraine doit aussi faire

face à de sérieuses difficultés économiques

liées à la morbi-mortalité des

ruches. Les pathologies apicoles réduisent

fortement le cheptel apiaire, son

rendement, décourageant les apiculteurs

restants. La problématique sanitaire

est liée à la persistance de la varroase,

à son cortège de pathologies induites

dont les nosémoses. Cette situation est

aggravée par les conséquences sur l’immunité

des abeilles de l’emploi pluridécénale

des produits phytosanitaires

en agriculture. La raréfaction pollinique

constatée dans les régions de grandes

cultures est une autre séquelle des traitements

phytosanitaires et des remembrements

réduisant les buissons et

taillis. Associés à la transformation climatologique

des biotopes, ces différents

facteurs altèrent la vitalité des

ruches rurales, l’équilibre de l’écosystème

ruche alors que, paradoxalement

mais logiquement, les ruches urbaines

moins exposées au manque de pollen

LSA n° 229 • 1-2/2009

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grâce au fleurissement urbain, sont en

meilleur état sanitaire, avec de bonnes

récoltes de miel!

Une cause possible et oubliée de

morbidité est la conduite de rucher fondée

sur la récolte intensive, oubliant les

besoins physiologiques de l’abeille. La

surexploitation, la transhumance sont

aussi responsables de carences nutritionnelles,

de contaminations interruches

et de surmenage comme le notait

déjà l’abbé Warré (✝ 1951) : « Les

méthodes modernes, par d’autres procédés

dont je parle dans mon manuel,

obligent encore l’abeille à un surmenage

nuisible. Or, le surmenage conduit à

l’affaiblissement et l’affaiblissement

rend plus apte à contracter toutes les

maladies, chez les abeilles comme chez

les hommes. »

La Lorraine produit non seulement

des miels de nectars de fleurs mais aussi

une très grande diversité de miels de

crus comme le miel dit d’acacia, de

tilleul, de châtaignier, de ronce, pour les

principaux. Les miellats de forêt, le

miel de sapin des Vosges réputés, sont

recherchés. Une appellation d’origine

contrôlée Vosges (AOC : 30 producteurs)

pose plus de problèmes qu’elle

n’en résout. Le marché du miel régional

est insuffisamment organisé, trop étroit,

affronté à la concurrence des prix trop

bas des miels exogènes importés.

Tout n’est cependant pas noir en

Lorraine, loin de là. Si l’étiage prévisible

des apiculteurs se situe autour de

1800 à 2500 producteurs dont 30 à 40

professionnels qui posséderont plus du

tiers du cheptel, celui-ci ne devrait globalement

diminuer que très modérément.

Les formations sanitaires organisées

depuis un demi-siècle par le

GDSA de Moselle sont exemplaires, les

ruchers écoles fonctionnent bien, ont de

nouvelles recrues surtout du milieu de

vie urbain. Un nouveau rucher-école

voit le jour en 2009 à l’est, à

Volmunster, de jeunes professionnels

tentent l’aventure, le CETAM se développe

très régulièrement et devient une

référence majeure dans le domaine analytique,

des projets apicoles variés sont

en cours.

Les apiculteurs, leurs responsables

attendent aussi beaucoup du plan régional

de développement de l’apiculture,

plan soutenu par la Confédération

Régionale et ADAEST, approuvé par la

Région Lorraine concernant, entre

autres dispositions, la généralisation

des jachères apicoles défendues par

ADAEST et la CRAL pour augmenter

les ressources polliniques, un plan qui

doit encore trouver un financement

pérenne.

Un peu d’histoire apicole

Le miel est produit en Lorraine déjà

à l’époque romaine comme l’attestent

les fouilles archéologiques. Le centre

cultuel romain majeur situé à Grand

dans les Vosges, dédié à Apollon et

Granus, dieu celtique guérisseur, devait

consommer en quantité des cires et des

miels à vocation votive.

La religion chrétienne qui supplante

le paganisme dès la fin du IV e siècle

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LSA n° 229 • 1-2/2009


L’école de Longeville-lès-Metz en visite au rucher-école de Metz en mai 2008.

n’est pas en reste dans l’usage des produits

de la ruche. L’apiculture reste dès

lors l’apanage réservé des religieux

séculiers, mais surtout des abbayes lorraines

où les moines tirent des revenus

très substantiels de leurs ruchers. Le

miel reste rare, difficile à récolter, pressé

à mains nues, chargé de débris. Il

permet seul de sucrer les aliments. La

cuisine du Moyen Âge très sucrée,

témoigne que le miel est signe de

richesse et de pouvoir.

Outre la cueillette des ruches sauvages

en forêt qui sont enfumées et vandalisées,

la récolte de miel au Moyen

Âge se fait selon Estienne et Liébault

(1598) par une des trois « méthodes »:

• le transvasement d’une ruche vers

une autre (récolte totale),

• le prélèvement des cadres naturels

de cire pour moitié, sans considération

du contenu des galettes

récoltées dans les ruches en bois,

• l’étouffage, ou la noyade ( !) tuant

toutes les abeilles…

Les cadres de cire sont pressés

manuellement ou plus tardivement en

pressoir, fondus avec cire surnageante.

Dans la région, les premières ruches en

paille remplaçant les troncs évidés utilisés

jusque-là, apparaissent aux XV e -XVI e

siècles. Depuis le haut Moyen-Âge jus-

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qu’à l’époque impériale, la technique

de récolte n’évoluera pas. La plus grande

évolution de l’apiculture se produit

après la révolution de 1789. Elle reste,

par osmose, indissociable de l’histoire

mosellane et alsacienne. En 1868, le

pasteur Bastian met au point son propre

modèle de ruche appelée plus tard

ruche Bastian (Bastianstock) ou ruche

alsacienne (Elsässerstock). Ce modèle,

dérivé des ruches Berlepsch et Dzierzon,

après de nombreuses améliorations

et mesures, est finalisé en 1873. Des

adaptations d’origine locale modifient

la ruche Bastian et donnent les

variantes à « cadre debout » ou « couché

», cette dernière devenant progressivement

prépondérante. C’est celle que

j’exploite aujourd’hui encore avec

satisfaction à mon rucher dans l’adaptation

à 12 cadres du système Claerr.

La période 1871-1914 apparaît à

l’historien local de l’apiculture régionale

J.-J. Martz comme un véritable « âge

d’or » de l’apiculture alsacienne et

mosellane. La « science apicole est

dans l’air du temps » selon un texte

contemporain.

Les sections apicoles se multiplient

en Alsace, stimulées par l’engouement

général et se rassemblent dès 1876 en

fédérations de syndicats de producteurs

apicoles conformément aux dispositions

législatives impériales allemandes

du droit du travail, dispositions qui perdurent

dans le droit social local actuel.

En Lorraine non occupée, une figure

se détache, celle d’un autre ecclésiastique,

l’abbé Voirnot, né en 1844 à

Moivron, près de Pont-À-Mousson, à

proximité de la frontière franco-allemande.

Il reconnaît vite les limites

d’une conduite de rucher avec le panier

fixe où les abeilles construisent librement

leur bâtisse, sans que l’apiculteur

leur impose un plan de travail, dans un

panier ou une caisse. Les abeilles travaillent

comme elles l’auraient fait dans

la nature en liant les gâteaux de cires les

uns aux autres, sans axe de symétrie

précise. Cette construction figée de

l’habitat impose à l’apiculteur de

détruire la bâtisse lorsqu’il souhaite

récolter.

L’abbé Voirnot, curé depuis 1870 à

Villers (✝ 1900), expérimentateur né,

utilise alors dans son rucher des paniers

avec hausse et grille à reine, inventions

d’un ecclésiastique lorrain voisin,

l’Abbé Collin. Leur usage ne résout pas

les problèmes de la conduite et de

l’adaptation de la ruche modifiée à une

production optimale.

Après plusieurs saisons apicoles

d’observation et de réflexion, l’abbé

Voirnot publie en 1891 le traité

Princeps qui le fera connaître :

« L’Apiculture Éclectique » où il donne

sa méthode d’apiculture et les dimensions

raisonnées d’une ruche optimale.

« J’ai cherché à réunir en un seul modèle

tous les perfectionnements conciliables

que j’ai empruntés partout »,

dira-t-il. Sa méthode connut un rapide

et franc succès mérité, car elle révolutionnait

l’apiculture du XIX e siècle en

Lorraine française, comme le faisaient

ses concurrents Dadant, Layens et

Langstroth, mais à l’époque son succès

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LSA n° 229 • 1-2/2009


Septembre 2007, la mini-ferme, à la Foire Internationale de Metz.

fut essentiellement régional et en périphérie

de la Lorraine, au Luxembourg,

en Belgique, mais aussi en Suisse non

alémanique. Cette ruche est de fait bien

adaptée au petit producteur en milieu

rigoureux ou en altitude. En Moselle

occupée, la ruche alsacienne du pasteur

protestant Bastien, le système normalisé

allemand restent majoritaires face à

la ruche du curé catholique français…

L’organisation de l’apiculture, en

Lorraine hors Moselle, fut aussi son

œuvre et nous lui en sommes redevables.

Il est le fondateur de la Société

Apicole de l’Est et l’artisan promoteur

LSA n° 229 • 1-2/2009

de la Fédération des Sociétés Françaises

d’Apiculture qui aboutira à la création

du Syndicat National d’Apiculture

après la Grande Guerre.

La Première Guerre mondiale

marque la fin de cette période bénie en

ce qui concerne l’apiculture alsacienne

et mosellane. L’association, reconduite

sous le nom de Société d’Apiculture

d’Alsace et de Lorraine, devient le premier

mouvement apicole français en

nombre d’adhérents. Martz constate :

« Malgré cette position, un certain

malaise se développe dès les années

1920. L’enthousiasme des grands api-

47


culteurs de la fin du XIX e siècle disparaît

avec leur mort. Les expositions apicoles

ne font plus recette et la crise des

années 1930 se traduit par une mévente

du miel. »

La Seconde Guerre mondiale

constitue une parenthèse dans l’histoire

de l’apiculture lorraine et alsacienne.

Le regroupement apicole, intégré dans

la politique apicole nazie, même si les

services proposés par les occupants

sont importants, n’amène que très peu

d’apiculteurs lorrains ou alsaciens à

participer volontairement au système

nazi, mais la contrainte les oblige à

der une part importante de leur récolte

minimisée, au profit de l’effort de

guerre allemand. Malgré cette forme de

résistance, l’attitude de certaines personnalités

apicoles et le fait que le soutien

nazi en matière d’apiculture est

réel, fera que la Société d’Apiculture

d’Alsace et de Lorraine ne sera pas

reconduite après le conflit. Les apiculteurs

se retrouvent dans le cadre de

fédérations départementales. « Après de

nombreuses tentatives de regroupements

avortées, grâce à l’action de

Georges Kuntz et d’Auguste Baldensperger,

le mouvement apicole se joint

au regroupement arboricole en 1952.

L’Union des Fédérations apicoles et

arboricoles d’Alsace et de Moselle

(UFAM) voit le jour. Le regroupement

apicole mosellan et alsacien, malgré

certaines difficultés d’entente, se maintient

de manière active jusqu’à aujourd’hui.

» (Martz). L’UFAM édite depuis

cette date, la revue mensuelle « Fruits et

Abeilles » sur abonnement tirant à près

de 14000 exemplaires.

Aujourd’hui

Que représente en Lorraine l’apiculture

aujourd’hui

L’ensemble de la Région Lorraine

comptait, en 2001, 3 800 apiculteurs

dont 1500 dans les Vosges pour 35000

ruches. En Moselle 1 084 apiculteurs

sont syndiqués en 2000, 895 en 2005,

798 en 2007.

La région Alsace dénombrait, en

2001, 3 290 apiculteurs se répartissant

35380 ruches (Bas-Rhin: 1720 apiculteurs,

18200 ruches; Haut-Rhin: 1570

apiculteurs, 17180 ruches).

Les apiculteurs professionnels

vivant du seul revenu apicole, ne sont

qu’une petite trentaine sur les deux

régions avec des cheptels de 300 à 700

ruches ne dépassant qu’exceptionnellement

1 000 ruches par exploitant. Le

parc français est estimé à 1,2 million de

ruches en 2004 dont environ 90 000

dans les six départements d’Alsace-

Lorraine.

En 1907, pour mémoire, selon

Martz, « l’Alsace Moselle comptait

9931 apiculteurs et 51014 ruches. En

moins de cent ans, le nombre de propriétaires

de ruches a été divisé par trois

et le nombre de colonies d’abeilles par

1,5. Les apiculteurs se répartissent en

22 syndicats apicoles regroupés en une

Fédération Apicole en Moselle. De

même il existe 51 syndicats alsaciens

(Bas-Rhin : 28 syndicats ; Haut-Rhin :

23 syndicats). Ces regroupements adhèrent

chacun à une Fédération apicole

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LSA n° 229 • 1-2/2009


Septembre 2008, le village de l’agriculture à la Foire Internationale de Metz.

départementale formant une Confédération

Régionale. »

En Meuse comme en Meurthe-et-

Moselle existent deux syndicats départementaux

qui adhèrent avec la Moselle

à la Confédération Régionale des

Apiculteurs Lorrains (CRAL), rejoints

par deux syndicats vosgiens sur les

quatre existants. Les deux confédérations

Lorraine et Alsace ont des liens

très étroits, une coopération renforcée,

la Lorraine disposant du CETAM dont

le laboratoire très performant est largement

utilisé par la profession. Des professionnels

lorrains, alsaciens sont avec

LSA n° 229 • 1-2/2009

ceux de Champagne-Ardenne regroupés

au sein du SAPLAC (moins de 30).

L’apiculture lorraine connaît donc

des difficultés structurelles liées

comme en 1842 à un manque d’attrait

économique évident. La moyenne d’âge

des apiculteurs ne cesse de s’élever.

Elle atteint désormais un niveau critique

(entre 65 ans et 70 ans) et les

effectifs diminuent régulièrement, entre

3 % et 4 % de perte annuelle de

membres selon les classes d’âge atteignant

8 à 9 % certaines années.

49


La mutation profonde de l’environnement

dans les campagnes et les périphéries

des villes limitent de plus en

plus les emplacements pour exercer la

pratique apicole. Les apiculteurs, pour

la plupart pluriactifs, trouvent rarement

des successeurs au moment de leur disparition

ou de leur départ à la retraite.

Des causes sérieuses comme les pathologies,

les traitements utilisés par l’agriculture

moderne, les intoxications, la

perte de rentabilité économique sont

responsables du déclin de l’activité apicole

rurale avec le maintien, voire une

croissance en zone urbaine.

Ce phénomène ne se rencontre pas

uniquement en Alsace-Lorraine. La

France et les autres pays membres de

l’Union Européenne connaissent la

même crise apicole qui ne trouvera

remède que dans la prise de conscience

de l’importance écologique capitale

de l’abeille dans l’environnement, de

sa valeur économique en agriculture et

de sa capacité biologique à anticiper

les crises et donc participer à leur prévention.

Demain

L’apiculture devra assumer en

quelques années une mutation rapide et

profonde. L’exploitation apicole sera

duale : les producteurs professionnels

qui assureront une part de plus en plus

importante des récoltes de miel et une

apiculture technique de loisirs urbaine

et périurbaine et des îlots de petits producteurs

ruraux en régression sous la

pression des pathologies nécessitant

une pratique apicole de qualité. La

place de l’abeille est assurée. Les travaux

du CETAM-Lorraine concernant

la surveillance phytosociologique de

l’écosystème, la détection précoce des

troubles induits par les polluants artificiels

ou naturels, la transformation des

conditions climatiques, leurs conséquences

sur notre environnement et nos

pathologies, sont connus et confirment

que l’abeille est et restera une véritable

sentinelle écologique environnementale

indispensable et sans équivalent pour

l’homme.

Les études approfondies conduites à

l’université de Strasbourg et de Metz

concernant le système immunitaire des

insectes en général et de l’abeille sont

porteuses d’avenir pour l’apiculture.

Outre l’intérêt de telles études pour la

santé des abeilles, des applications

médicales humaines sont certaines. À

preuve, les vecteurs de l’immunité

immédiate, les ABP (antibactérialpeptides).

Ces peptides de bas poids moléculaire

agissent sur les membranes

externes et internes des bactéries, les

détruisant. À chaque famille infectieuse

correspondent des ABP spécifiques.

Les peptides de défense des insectes

agissent aussi en désorganisant le système

de réparation bactérien. Une

meilleure connaissance des récepteurs

rendra possible le développement de

nouvelles classes d’antibiotiques sélectifs

spécifiques d’une bactérie ou d’un

champignon.

Les antibiotiques peptidiques du

type Apidaécine (abaecine, hymenoptaecin)

ayant une activité renforcée ou

selon les couplages, des spectres anti-

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LSA n° 229 • 1-2/2009


Transhumance dans les Vosges: la forêt de sapins à Abreschviller.

bactériens différents, sont de bons candidats.

La méllitine du venin d’abeille a

une efficacité bactéricide meilleure que

les peptides bactéricides des animaux,

comme les cécropines et magainine 2.

L’espoir est certain de mettre sur le

marché de nouveaux médicaments,

notamment anti-tumoraux, issus de

l’abeille et de ses productions, qui viendront

renforcer les moyens de ladecine

de demain. Les contributions efficaces

des constituants usités de la ruche

et de leurs dérivés synthétisés ou extraits

des produits organiques issus de

l’hémolymphe de l’abeille, de ses cellules,

sont la vraie chance de l’apithérapie

moderne et renforceront l’intérêt

LSA n° 229 • 1-2/2009

d’une frange éclairée de la population à

la pratique de l’apiculture.

Source de médicaments d’avenir,

productrice de miel et de cire, pollinisatrice

émérite, l’abeille est, pour la population,

pour ceux qui la pratiquent, la

garante du maintien de la qualité environnementale

de notre milieu et de

notre santé. Elle demeure à travers le

maillage territorial indispensable des

ruchers des petits producteurs de miel

en Lorraine et d’ailleurs, notre allié le

plus précieux, le plus vital pour permettre

à nos descendants de vivre durablement

dans un monde habitable…


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