Décembre 2012 - Église Catholique d'Algérie

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Décembre 2012 - Église Catholique d'Algérie

Rencontres

لق اءات

timlilit

« Je suis solidaire,

je suis Caritas »

La Semaine Religieuse d’Alger — décembre 2012 - 113 ème année


« L’exercice des sens »

Quand j’arrive quelque part, j’aime à ouvrir grand mes yeux, mes oreilles,

mes mains, mon cœur, et quelque fois de mettre « mes pieds » ou « mes pas »

dans les traces de ceux et celles que je viens rejoindre…

J’aime à me laisser toucher par les belles choses que je vois, que j’entends,

que je touche….pour m’en émerveiller et rendre grâce. Il m’arrive même

de « copier » comme on dit chez nous pour aller le refaire « chez moi ». Malheureusement

ou heureusement, je ne sais pas trop, on ne reproduit jamais

comme on a vu faire ou entendu…

Il arrive que ce que je vois, j’entends, ou je touche… m’atteigne profondément,

me bouleverse, m’indigne, me scandalise, me révolte et me laisse parfois

impuissante. Et à la manière des apôtres qui disent à Jésus en St Marc :

« l’endroit est désert, renvoie-les. Nous n’avons pas assez d’argent pour les

nourrir… » Je cherche à

me défiler… Mais

comme à eux, il me dit :

« Combien de pains et

de poissons avez-vous

Allez voir ! ».

Alors, je me laisse déplacer,

timidement, en traînant

les pieds parfois,

m’approchant des uns et

des autres pour voir ce

qu’ils ont, ce qu’on peut

faire ensemble, pour

essayer de donner une réponse… qui ne rassasie peut-être pas les « affamés de

toute sorte » mais les remet debout prêts à poursuivre le chemin de la vie,

cette vie qui vaut la peine malgré tant de choses qui veulent la contredire ou

l’empêcher de s’épanouir ; comme pour « faire mentir » la promesse que le

Seigneur nous a faite : « Je suis venu pour qu’ils aient la vie et qu’ils l’aient en

abondance »( Jean 10,10).

Sœur Jeannette Londadjim

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Éditorial

Caritas Algérie fête ses cinquante ans

Il y a cinquante ans l’Algérie devenait un pays indépendant… il y a cinquante

ans aussi, la Caritas Algérie voyait le jour et cherchait de répondre aux

besoins d’un peuple qui venait de prendre son destin

en main et s’efforçait de construire un pays moderne

et démocratique… Aujourd’hui, l’Algérie n’a pas encore

achevé son projet d’indépendance et de pays libre et

moderne et la Caritas n’a pas arrêté de faire sa part et

de se mettre au service de ce pays et de son peuple.

Pour construire un pays moderne et démocratique

il faut chercher tout d’abord à construire

l’homme dans ce pays… Sans l’homme, il n’y a pas de

développement, il n’y a pas de progrès et il n’y a pas

de pays démocratique ou moderne… L’homme reste

donc au centre de tout effort pour le développement

et pour le progrès comme pour la démocratie et la

construction d’un pays moderne.

L’homme, et l’homme tout court, indépendamment de sa race, sa couleur,

sa religion… est aussi au centre de la mission du Christ et de l’Eglise… Là où

il y a une personne, il y a le Christ… et là où il y a le Christ il y a l’Eglise… et enfin

là où il y a l’Eglise il y a l’amour du Christ qui se traduit par ces actes de charité

et ces gestes de solidarité et de fraternité…

Toute personne reste pour nous l’image de Dieu et même Dieu luimême

présent parmi nous… et ainsi, tout ce qu’on fait à l’homme c’est à Dieu

qu’on le fait : «En vérité je vous le déclare, chaque fois que vous l’avez fait à

l’un des ces plus petits, qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait…

car j’ai eu faim et vous m’avez donné à manger, j’ai soif et vous m’avez donné à

boire…. » (Mt 25 : 40, 35).

La charité n’est donc pas une activité étrangère ou ajoutée gratuitement

à la réalité et à la mission de l’Eglise, mais bien au contraire elle fait partie

de la nature même de l’Eglise et de sa mission. Cette charité, au-delà d’être une

simple aide concrète au prochain ou une réponse à l’un de ses besoins, est

l’amour de Dieu vécu et signifié par ces actes de fraternité et de charité. En

effet, l’amour de Dieu pour les hommes et notre amour pour le prochain ne

3


Éditorial

doivent pas rester des concepts abstraits mais doivent s’incarner et prendre un

aspect bien concret et bien visible. Saint Jacques nous rappelle cette nécessité de

mettre en pratique notre foi et notre amour : « A quoi bon, mes frères, dire qu’on

a de la foi, si l’on n’ pas d’œuvres ... Si un frère ou une sœur n’ont rien à se

mettre et pas de quoi manger tous les jours, et que l’un de vous leur dise : « allez

en paix, mettez-vous au chaud et bon appétit » sans que vous leur donniez de

quoi subsister, à quoi bon ... » (Jc 2 : 14-16). L’aide matérielle n’est donc que

l’expression concrète de l’amour de Dieu pour nous et pour les hommes et de

notre amour pour nos frères les hommes.

C’est vrai, l’Eglise est toujours du côté des plus pauvres et des plus démunis…

mais l’amour reste toujours le premier et le plus grand des commandements…

et cet amour est à la base de toute charité et de toute aide humaine…

c’est pourquoi aider les hommes dans leurs besoins matériels n’est jamais une fin

en soi, mais c’est vivre l’amour de Dieu envers et pour les hommes. Même quand

les hommes n’auront plus besoin d’aucune aide de ma part je devrais continuer à

me mettre à leur service et à vivre l’amour de Dieu à leur égard.

La charité c’est aussi le salut vécu et incarné dans la vie quotidienne des

hommes. La charité n’est en fin de compte que le combat contre le mal qui est le

résultat du péché et toutes ses conséquences, la faim, l’injustice, la violence, la

haine, le racisme… faire la charité et répondre à tous ces besoins c’est vivre concrètement

et d’une manière quotidienne le salut réalisé par Jésus Christ… Après le

péché originel, l’homme a été condamné à la fatigue et à gagner son pain à la

sueur de son front… Ce n’est qu’avec le salut réalisé dans le Christ que les

hommes ont été sauvés de toutes ces conséquences du péché originel… La charité

chrétienne qui soulage les souffrances et les douleurs des hommes est donc le

salut de Jésus Christ appliqué à ces cas de besoin et de souffrance concrets…

Notre charité est une participation à la mission salvifique de Jésus….

Je ne voudrais pas terminer avant de rappeler que durant ce cinquantenaire

de notre Caritas, nous célébrons aussi l’année de la foi et de souligner le lien

qui existe entre la foi et la charité, entre notre foi et notre charité. Dans nos services,

la foi devient charité, et quand je parle de charité je ne parle pas seulement

des services que nous rendons mais surtout de l’amour du prochain, cet amour

qui trouve son origine et sa force dans la foi. Sans la foi, nous ne pouvons pas aimer

d’un amour gratuit, sincère et total… et la charité c’est les œuvres à travers

lesquels nous témoignons de l’authenticité de notre foi… ces œuvres sans lesquels

il n’y a pas de foi ou sans lesquels la foi est morte… Sans les œuvres, notre

foi est vaine…

+ Mgr Ghaleb Bader

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Conférence des Evêques

De la région Nord de l’Afrique (CERNA)

CERNA

Communiqué final

La Conférence des Evêques de la

Région Nord de l’Afrique (CERNA) s'est

réunie du 18 au 21 novembre 2012. Y

ont pris part tous les évêques et leurs

collaborateurs ainsi que l'administrateur

apostolique de Laayoune, à l'exception

de Mgr Giovanni Martinelli,

vicaire apostolique de Tripoli, convalescent.

Le Père Jean-Louis Barrain, vicaire

général de Nouakchott, et Mgr Domenico

Mogavero, notre hôte, ont participé

à nos travaux. Mgr Vincent Landel, archevêque

de Rabat et président de la

CERNA, a conduit cette réunion.

Cette conférence s'est tenue à Mazara

del Vallo (Sicile), à l'invitation de

Mgr Domenico Mogavero, évêque de

ce diocèse. La Sicile est traditionnellement

un carrefour de migrations, avec

une présence notable de musulmans,

et le diocèse de Mazara del Vallo, jumelé

avec celui de Tunis, est très actif tant

dans le dialogue avec l'islam que dans

l'accueil des migrants : un séminaire sur

le dialogue "Les religions et la Méditerranée"

suivra d'ailleurs la rencontre de

la CERNA.

Regardant avec foi et espérance

l'évolution des pays du Maghreb depuis

un an, la CERNA constate que les 3 défis

(religieux, politique et socioéconomique)

qu'elle a relevés en novembre

2011 sont toujours actuels,

mais les transitions se révèlent plus

complexes et douloureuses qu'on ne

pouvait le prévoir. La situation chez

notre voisin du sud, le Mali, la difficile

reconstruction de la Libye, l'incertitude

du lendemain dans le processus de

transition en Tunisie en sont des signes

évidents.

Nous nous réjouissons de la fidélité

des communautés de religieux et religieuses

qui servent et prient avec persévérance

: nous rendons grâce pour la

vitalité et la stabilité qu'elles procurent

à nos Eglises. Elles sont souvent le seul

signe de l'amour du Christ pour les populations

parmi lesquelles elles vivent.

Nos Eglises sont modestes et fragiles, le

départ de certaines communautés religieuses

implantées depuis longtemps

au Maghreb et la mobilité toujours plus

rapide des membres de nos paroisses

nous conduisent à compter toujours

plus sur la solidarité des autres Eglises,

et nous rendons grâce pour la générosité

des diocèses qui nous proposent des

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CERNA

prêtres Fidei Donum, et des congrégations

– en particulier africaines – qui

choisissent de s'implanter dans notre

région.

Nous nous réjouissons aussi de la

présence fervente de nombreux étudiants,

de migrants issus de toute

chrétiennes au Maghreb ; humanisation,

rencontre, dialogue, service,

prière, contemplation, confiance, espérance…

sont des termes qui reviennent

souvent dans les points de repère de

nos Eglises.

Nous nous réjouissons encore de

l'esprit de responsabilité dont font

l'Afrique, de fidèles implantés depuis

longtemps, de familles de passage, de

travailleurs expatriés, de volontaires :

ils contribuent aussi à la vitalité de nos

Eglises. Dans ce contexte géopolitique

mouvant, mais aussi dans la dynamique

du synode sur la nouvelle évangélisation,

nous désirons repréciser le sens

du témoignage de nos communautés

preuve laïcs, prêtres, congrégations

religieuses, évêques pour que nos

Eglises exercent leur témoignage : cette

coresponsabilité est une réalité dont

certaines communautés prennent plus

conscience, comme, par exemple,

l'Eglise de Tunisie dans l'attente d'un

nouvel archevêque, l'Eglise au Maroc

qui se réjouit d'un renforcement sen-

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CERNA

sible de la présence de frères franciscains,

l'Eglise en Algérie où un certain

nombre de communautés ont pu se

renouveler cette année, l'Eglise en Libye

qui bénéficie de l'arrivée de nombreux

professionnels de la santé et de

l'éducation philippins et indiens – très

souvent chrétiens.

Nous faisons volontiers nôtre l'espérance

confiante exprimée par le synode

qui s'est tenu à Rome en octobre

dernier : un "courage serein inspire également

notre regard sur le monde contemporain.

Nous ne nous sentons pas

intimidés par les conditions des temps

que nous vivons. C’est un monde plein

de contradictions et de défis, mais il

reste création de Dieu, blessé certes par

le mal, mais toujours aimé de Dieu,

dans lequel peut germer à nouveau la

semence de la Parole afin qu’elle donne

un fruit neuf. Il n’y a pas de place pour

le pessimisme dans les esprits et dans

les cœurs de ceux qui savent que leur

Seigneur a vaincu la mort et que son

Esprit œuvre avec puissance dans l’histoire.

Avec humilité, mais aussi avec

détermination - celle qui vient de la certitude

que la vérité vaincra à la fin -

nous rejoignons ce monde et voulons y

voir une invitation de Dieu à être témoins

de son Nom. Notre Église est vivante

et affronte, avec le courage de la

foi et le témoignage de tant de ses fils,

les défis que l’histoire nous

lance" (Message au peuple de Dieu § 6).

La tenue de cette CERNA en Sicile,

au cœur de la Méditerranée, souligne

l'urgence du dialogue des cultures, des

civilisations et des religions, entre les

trois rives de cette mer. Beaucoup

d'aspirations, mais aussi d'interrogations

saisissent les peuples du pourtour

méditerranéen, et la guerre en Syrie, la

situation au Nord-Mali, l'extrémisme de

certains groupes religieux intensifient

les migrations forcées et renforcent ces

craintes. Mais nous faisons quotidiennement

l'expérience de la fécondité de

la connaissance mutuelle, du dialogue

de vie, dans le respect, l'écoute, l'accueil

et le partage : nous croyons et

expérimentons que "l'amour parfait

chasse la crainte" (1Jn 4,18).

Nous nous réjouissons aussi de ce

que le dernier synode conforte notre

expérience quotidienne : le dialogue de

vie est la modalité fondamentale du

témoignage que nous rendons à la

Bonne Nouvelle. "L'Eglise invite en particulier

les chrétiens à persévérer et à

intensifier leurs relations avec les musulmans

selon l'enseignement de la Déclaration

Nostra Aetate. Malgré les

difficultés, ce dialogue doit se poursuivre.

Il dépend toujours de la formation

adéquate des partenaires, de leur

fondement ecclésial authentique

comme chrétiens et d’une attitude de

respect de la conscience des personnes

et de la liberté religieuse pour tous. Fidèle

à l'enseignement de Vatican II,

l'Eglise respecte les autres religions et

leurs adeptes et elle est heureuse de

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CERNA

collaborer avec eux dans la défense et la

promotion de la dignité inviolable de

chaque personne" (proposition 53).

Mgr Domenico Mogavero, membre

de la commission pour les migrations de

la Conférence Episcopale Italienne, nous

a présenté la situation des migrants en

Italie, la politique du pays en ce domaine,

et les efforts de l'Eglise pour

rendre plus humains non seulement l'accueil

des migrants mais aussi les lois les

concernant. Cet accent prophétique de

l'Eglise d'Italie nous stimule dans notre

ministère auprès des migrants : selon les

propos de Mgr Mogavero, "le phénomène

des migrations ne peut plus être

considéré comme un phénomène d'urgence,

mais comme un phénomène culturel

inhérent à l'homme, qui de tout

temps a été mobile. La terre appartient à

tous, et il ne saurait y avoir de territoire

excluant telle ou telle catégorie de personnes".

En réponse à la demande du Saint-

Siège, comme chaque conférence épiscopale,

nous avons travaillé à l'élaboration

d'orientations pastorales pour nous

aider en cas d'abus sexuels. Une commission

a été désignée pour finaliser ce

travail.

Nous avons approuvé la traduction

liturgique de la Bible élaborée par la

CEFTL (Commission Episcopale Francophone

pour les Traductions Liturgiques).

Notre travail a été magnifiquement

soutenu par l'accueil chaleureux et la

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prière fervente des communautés chrétiennes

du diocèse de Mazara del Vallo

avec lesquelles nous avons quotidiennement

célébré l'eucharistie. Nous avons

pris dans notre prière les migrants, les

personnes qui souffrent de la violence

en Terre Sainte, en Syrie et au Mali, les

réfugiés accueillis par les pays voisins,

mais aussi tant d'artisans de paix entre

les peuples et de solidarité avec les plus

démunis. Mgr Lahham, administrateur

apostolique de Tunis, nous a partagé ce

que vit la Jordanie où il exerce désormais

son ministère épiscopal : nous

avons ainsi été en communion avec le

peuple jordanien et son Eglise.

La CERNA a procédé au renouvellement

de son bureau. Elle a de nouveau

confié la présidence à Mgr Vincent Landel

archevêque de Rabat ; elle a élu viceprésident

Mgr Claude Rault évêque de

Laghouat-Ghardaïa et membre du Bureau

Mgr Ghaleb Bader archevêque d'Alger.

Le père Daniel Nourissat a été confirmé

comme Secrétaire Général. Elle a

reconduit Mgr Vincent Landel comme

délégué à la CEFTL et Mgr Paul

Desfarges comme délégué au SCEAM

(Symposium des Conférences Episcopales

d'Afrique et de Madagascar).

+ Vincent LANDEL

Archevêque de Rabat,

président de la CERNA

Mazara del Vallo,

le 21 novembre 2012


Caritas

50 ans de Caritas Algérie :

deux jours pour un grand merci !

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Deux jours pour célébrer cinquante ans,

c’est vraiment très peu, mais il s’agissait

de deux journées pleines, festives,

intéressantes…

Ces festivités ont montré combien ces

trois phrases qui décrivent Caritas Algérie

sont vraies :

50 ans d’engagement pour les

plus démunis

50 ans de générosité de la part


de nombreux amis

50 ans de relations constructives…

En effet les Portes Ouvertes du vendredi

23 novembre ont fait voir que l’engagement

pour les plus pauvres apporte un

développement créatif, que la générosité

de tant de personnes proches et

lointaines mobilise beaucoup d’énergie

et combien de relations significatives se

tissent autour de cet organisme. Certainement

ceci est le fruit de l’engagement

et de la générosité de tous, mais

également –comme l’a souligné Cesare

Baldi directeur de Caritas Algérie- don

de Dieu, qui Lui en premier veut multiplier

les relations fraternelles.

La journée du vendredi a été consacrée

à la mise en valeur des différentes activités

de la Caritas : La Promotion féminine

s’exprimait par les réalisations des


Caritas

ateliers d’artisanat, œuvres de haute

qualité ; par le stand de la revue Hayat

avec sa force de diffusion et par les

travaux des éducatrices de jardins

d’enfants, expression de leur passion

de l’éducation. L’œuvre de soutien aux

migrants occupait toute une salle pour

découvrir aussi un autre visage de leur

situation dans le pays. Une association

partenaire pour les jeunes et les enfants

« Amitié sans frontières », invitait

tous les visiteurs à connaitre

leurs projets.

« L’esprit de la Caritas » a attiré beaucoup

de personnes dans les salles

d’exposition. Ensuite, la messe présidée

par Mgr Bader et concélébrée

par Mgr Claude Rault et de nombreux

prêtres nous a réunit à la chapelle.

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Lors de la procession d’entrée, trois

signes ont été portés à l’autel :

Une bougie représentant une lumière

qui s’est allumée il y a 50 ans et qui a

permis à beaucoup de personnes, d’aller

au-delà des barrières de langue, de

condition sociale et de religion... et de

bâtir ensemble le royaume en se

mettant au service des frères.

L’affiche de Caritas Algérie avec le logo

de 50 ans : parce que nous continuons

à faire vivre cette organisation humanitaire

la main un maximum de collaborateurs

qui d’une manière ou d’une

autre travaillent à la Caritas, dans les

divers services. Nous sommes une

grande équipe, qui parfois se voit confrontée

à des situations imprévues, ou

d’urgence, nous sommes sollicités par

des situations de précarité à travers les

projets qui nous sont confiés… Les

questions que nous avons posées aux

collaborateurs les obligeaient à aller

vers ce qui est notre engagement:

L’être humain. Nous avons été agréablement

surpris des réponses données,

et qui témoignent de la qualité des personnes

qui travaillent à Caritas ». Ce

diaporama reflète ce qui se vit à Caritas,

et à travers ces images beaucoup

d’autres personnes ont « partagé » cet

événement.

Le P. Cesare Baldi a présenté la vision

Caritas 2013-2015 à travers la perception

des quatre évêques d’Algérie et du

provincial des Pères Blancs sur les différents

programmes : la promotion féminine,

les jeunes, les migrants et les

handicapés.


En fin de matinée sont intervenus

quelques uns des invités des délégations

pour exprimer un mot de

conclusion, d’encouragement, de

satisfaction.

L’après-midi c’était le rendez-vous

des jeunes à l’institut français d’Alger.

A partir de 14 heures, les

jeunes de SOS Bab el Oued ont

conquis leur public par la simplicité

et l’amour avec lesquels ils ont

présenté chants, slams et leur pièce de

théâtre.

Suivait la conférence de Mme Claudette

Habesch de Caritas Jérusalem qui portait

sur « la jeunesse et le futur du

monde arabe ».

Le courant entre jeunes et adultes est

très bien passé ! Les premiers ressentaient

la confiance que les adultes

avaient en eux et se laissaient enrichir

de leur expérience. Les adultes de leur

côté prenaient au sérieux ces jeunes à

qui ils confiaient le futur du monde.

C’était un moment de partage et de

volonté constructive inspirant une estime

réciproque.

Mgr Ghaleb Bader a dit aux jeunes :

« Remercions la Caritas, certes, pour

tout ce qu’elle a fait et ce qu’elle fait en

partenariat avec vous. Mais ce soir je

vous remercie, nous vous remercions,

parce que nous sommes fiers de ce que

nous avons vu. Ce n’est pas le résultat

d’une aide matérielle, comme lors des

inondations, qui nous réjouit aujourd’hui,

mais de voir des personnes

comme vous nous remplit de fierté ».

11

Caritas

Le président de SOS Bab el Oued, Nacer

Méghenine, a salué les amis de la Caritas

et il a rappelé le chemin fait ensemble

avec un remerciement particulier

pour la P. Denis Gonzalez toujours

en première ligne et a exprimé le souhait:

“Puissions-nous cheminer encore

longtemps, ensemble, pour faire avancer

le projet de fraternité humaine que

nous partageons”.

Merci à vous tous… à nous tous qui

faisons de Caritas un lieu de rencontre,

un lieu où sans frontières de langue,

race, origine ou religion, nous nous

retroussons les manches ensemble

pour faire de notre monde un lieu plus

solidaire, fraternel, humain, juste et

beau. MERCI !

G. et J.

Nous donnerons dans le prochain

« Rencontres » un aperçu historique de la

naissance en 1962 et de l’organisation

actuelle de Caritas Algérie jusqu’à aujourd’hui.

Vous trouverez dès maintenant le texte

sur le site de l'Eglise d'Algérie :

www.eglise-catholique-algerie.org


Conseil pastoral

Le nouveau conseil pastoral s’est réuni

le 11 novembre dernier. Il est composé

de Mgr Bader, P. Christian M, P. Raphaël

, P. Jean-Paul , P. Mariusz, Fr. Jan,

Sr Rita, Thérèse Gernigon, Frédérique,

Clémence, Marie, Anne Boutin.

Nous avons commencé cette rencontre

en souhaitant la bienvenue aux

nouveaux arrivés : père Raphaël, sœur

Rita et Marie qui rejoindra aussi le conseil

dans les prochaines rencontres.

Nous remercions le père Jean Toussaint

pour sa participation ces trois dernières

années.

Nous avons commencé par un

bilan de la journée diocésaine. La journée

s’est bien passée et nous constatons

avec joie que les personnes du

diocèse sont heureuses de se retrouver.

L’organisation du repas est en amélioration

et ceci en grande partie grâce

aux membres de la paroisse de Tizi-

Ouzou qui ont organisé la distribution.

En demandant à chacun d’apporter des

plats, nous ne simplifions pas l’organisation

mais cela nous semble important

pour la cohésion et la vie fraternelle de

notre Eglise.

Nous devons aussi travailler à tout ce

qui touche à la liturgie. Dans l’année, le

conseil pastoral réfléchira sur ce thème.

L’exposition biblique qui était

installée dans une des salles de la maison

diocésaine durant cette journée

restera à Alger. C’est un beau cadeau

qui nous est fait car il représente une

mine de connaissance. Nous étudions

l’endroit qui sera le mieux adapté pour

une exposition permanente.

12

L’Année de la Foi est une chance

offerte à l’Eglise universelle, et répond

aux besoins de notre temps, pour ensemble

redécouvrir les richesses de

notre Foi et des textes de Vatican II. De

nombreuses Eglises à travers le monde

sont déjà au travail. Dans notre diocèse

la commission pour l’Année de la Foi

est en train d’élaborer un petit livret

qui sera distribué prochainement. Pour

approfondir ce thème vous y trouverez

les dates à retenir pour des rassemblements

diocésains, des idées, des outils,

des propositions à vivre en paroisse, en

communauté en famille…

Une des missions du conseil pastoral

est de veiller à l’équilibre des évènements

vécus dans les différents

groupes et paroisses. Nous vous invitons

à nous communiquer les prochaines

dates importantes de vos

groupes et vos paroisses, afin d’éviter

au maximum les interférences.

Pour notre prochain conseil pastoral du

16 décembre, merci de nous faire parvenir

toutes dates et suggestions qui

faciliteront notre travail. Pour cela

n’hésitez pas à prendre contact avec

l’un des membres cités ci-dessus.

Pour le conseil Pastoral,

Anne Boutin


Dossier à détacher

Cinquantenaire de Vatican II

Cinquantenaire de VATICAN II

4ème partie

5) la Révélation (Dei Verbum)

Il s’agit du texte le plus bref du Concile, mais qui a été un des plus discutés,

tout au long des 4 sessions. La question était la suivante : Qu’est-ce qui est

Parole de Dieu (Dei Verbum) Autrement dit, quelle est la relation entre

les Ecritures (l’Ancien et le Nouveau Testament) et la Tradition (le discours

produit par l’autorité légitime dans l’Eglise). Et à l’intérieur de la Tradition,

quelle est la place du Magistère (ce qui a été déclaré solennellement

comme vrai par le pape et les évêques)

Le modèle traditionnel

Depuis le XVIème siècle, on commençait par affirmer les vérités surnaturelles

auxquelles chacun devait adhérer. Ce n’est que dans un deuxième

temps qu’on utilisait l’Ecriture, comme une ‘preuve’ supplémentaire et secondaire.

Cette présentation reléguait le Christ au second plan et réduisait

le message chrétien à une liste de ‘vérités à croire’ et non à la découverte

d’un Dieu qui communique avec son peuple pour lui donner la vie. Elle

constituait aussi un obstacle infranchissable pour le dialogue avec les

autres Eglises. La première version du schéma sur la révélation était construite

sur ce modèle.

Le renversement conciliaire

Dans leur grande majorité, les Pères conciliaires ont refusé ce schéma initial.

Le texte qu’ils ont finalement adopté opère un renversement très important.

Il commence par définir la Révélation comme un événement qui

ne cesse de se déployer : l’initiative de Dieu, Père Fils et Esprit, pour communiquer

la vie éternelle aux hommes, initiative qui culmine en Jésus-

Christ, mais avait commencé avant lui, comme en témoigne l’Ancien Testa-

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Cinquantenaire de Vatican II

ment, et se poursuit jusqu’à aujourd’hui : « Il a plu à Dieu dans sa sagesse

et sa bonté de se révéler en personne et de faire connaître le mystère de sa

volonté, grâce auquel les hommes, par le Christ, le Verbe fait chair, accèdent

dans l’Esprit Saint, auprès du Père et sot rendus participants de la nature

divine. Dans cette révélation, le Dieu invisible s’adresse aux hommes

en son immense amour ainsi qu’à ses amis, il s’entretient avec eux pour les

inviter et les admettre à partager sa propre vie. » [n°2].

La foi chrétienne n’est donc pas une ‘religion du Livre’, mais celle du Verbe

Incarné et Vivant, ce qui disqualifie toute lecture fondamentaliste de la

Bible. En remettant l’acte de Révélation de Dieu en premier, les Pères conciliaires

situent la foi dans la réponse de l’homme à cette initiative de Dieu

et non dans un ensemble de ‘vérités à croire’. Le texte place vraiment

l’Eglise ‘sous la parole de Dieu’.

A la demande de Jean XXIII, un évangéliaire était apporté chaque matin

solennellement au centre de l’Assemblée, afin de manifester l’autorité du

Christ présent par sa parole. C’était un livre magnifique, datant du XV ème

siècle, qu’on pouvait voir de loin.

14


Cinquantenaire de Vatican II

La Place des Ecritures

Les Pères du Concile ont affirmé :

à la fois l’inspiration des Ecritures : « En vue de composer ces textes

sacrés, Dieu a choisi des hommes auxquels il eut recours dans le plein

usage de leurs facultés et de leurs moyens, pour que , lui-même agissant

en eux et par eux, ils missent par écrit, en vrais auteurs, tout ce

qui était conforme à son désir, et cela seulement » [n°11]

à la fois la nécessité de l’interprétation des Ecritures : « puisque Dieu,

dans la Sainte Ecriture a parlé par des hommes à la manière des

hommes, il faut que l’interprète de la Sainte Ecriture, pour voir clairement

ce que Dieu lui-même a voulu nous communiquer, cherche avec

attention ce que les hagiographes (auteurs) ont vraiment voulu dire et

ce qu’il a plu à Dieu de faire passer par leurs paroles » [n°12].

Ils restaurent ainsi l’importance de l’Ancien Testament : « Ces livres, bien

qu’ils contiennent de l’imparfait et du caduc sont pourtant les témoins

d’une véritable pédagogie divine. C’est pourquoi les chrétiens doivent les

accepter avec vénération : en eux se trouvent de sublimes enseignements

sur Dieu, une bienfaisante sagesse sur la vie humaine, d’admirables trésors

de prière, en eux enfin se tient caché le mystère de notre salut » [§ 15]

Tout en soulignant le lien entre les deux Testaments et le caractère historique

des Evangiles.

« Inspirateur et auteur des livres de l’un et l’autre Testament, Dieu les a en

effet sagement disposés de telle sorte que le Nouveau soit caché dans l’Ancien

et que dans le Nouveau, l’Ancien soit dévoilé » [n°16]

Le texte encourage vigoureusement la lecture la méditation et l’étude de la

Bible pour tous :

« Que volontiers donc [les fidèles du Christ] abordent le texte sacré luimême,

soit par la sainte liturgie imprégnée des paroles divines, soit par une

pieuse lecture, soit par des cours appropriés… Qu’ils se rappellent aussi que

la prière doit aller de pair avec la lecture de la Sainte Ecriture, pour que

s’établisse un dialogue entre Dieu et l’homme, car ‘nous lui parlons quand

nous prions, mais nous l’écoutons quand nous lisons les oracles divins’

1 » [n°25]

1 Citation de Saint Ambroise

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Cinquantenaire de Vatican II

Il s’achève sur l’évocation des deux tables auxquelles se nourrit l’Eglise : la

table de la Parole de Dieu et la table du Corps du Christ ‘qui font résonner

la voix de l’Esprit-Saint’.

« S’il n’y avait pas eu ce concile….La tradition ecclésiastique était placée au

dessus de l’Ecriture Sainte et le magistère au dessus des deux. On refusait

les méthodes modernes de l’exégèse. Vatican II a reconnu l’importance primordiale

de la Bible sans malheureusement définir clairement la relation

entre l’Ecriture et la Tradition. Le magistère n’est pas au dessus de la Parole

de Dieu mais doit la servir. L’accès de tous les fidèles à la Bible a été

facilité grâce à de bonnes traductions en partie œcuméniques. La liturgie

de la Parole a été revalorisée.» Hans Küng

Questions :

Quelle place a la parole de Dieu, personnellement et en communauté,

pour relire le vécu et discerner le chemin à prendre

Avons-nous le souci de nous former pour mieux lire l’Ecriture

Prochain article : la relation au monde

16


Justice et Paix

Justice et Paix en Algérie

Une manière de vivre sa foi dans la société

Dans les années 1960, l’époque

était à l’optimisme et à l’espérance en

raison notamment de l’ouverture de

l’Eglise au monde (cf Concile Vatican II).

Il s’agissait pour l’Eglise d’affronter

l’histoire et de rappeler aux chrétiens

leur responsabilité humaine, leur mission

dans le monde. Solidaires des

hommes et de l’histoire, les chrétiens

sont envoyés au monde pour lui donner

de la saveur : « sel et lumière du

monde ». Pour cela, il leur faut discerner

les signes des temps, saisir les opportunités…

Il leur revient donc (les

chrétiens) de mener une lutte résolue

contre le péché et toutes les situations

d’oppression afin de promouvoir en

l’homme le nouvel artisan de paix, responsable

de la création.

C’est ainsi que, faisant suite à

d’autres actions louables des chrétiens

en faveur de la paix, de la promotion

humaine et répondant aux vœux des

pères conciliaires qui réclamaient la

création d’un organisme pontifical sur

la Paix et le développement, le pape

Paul VI institue le 06 janvier 1967 la

Commission (aujourd’hui Conseil) Pontificale

Justice et Paix. Cette Commission

a pour rôle de « susciter dans tout

le peuple de Dieu la pleine connaissance

du rôle que les temps actuels

réclament de lui de façon à promouvoir

le progrès des peuples plus pauvres, à

favoriser la justice sociale entre les nations

»…

Cette « commission pastorale

» de l’Eglise invite donc les chrétiens

à agir pour transformer ce monde

suivant le plan de Dieu c'est-à-dire faire

advenir le royaume de Dieu dans un

monde où tous les habitants sont invités

à vivre comme les membres d’une

famille qui s’aiment.

Face aux situations de chômage,

de grande pauvreté, de départ

massif des jeunes ne voyant pas

d’autres issues à leur situation, face à

tant de problèmes qui minent notre

société, notre foi chrétienne nous invite

à nous mettre ensemble pour agir et

essayer de trouver des solutions à la

mesure de notre capacité. Il s’agira

pour ceux qui accepteront de se mettre

ensemble pour constituer cette commission

dans notre archidiocèse d’Alger

:


D’aider les individus et groupes

humains que nous sommes à

« devenir conscients » de la

souffrance générée par la pauvreté,

les injustices, les divisions

et la violence dans notre pays.

17


Justice et Paix




De chercher à découvrir ensemble,

quelles en sont les

causes et pourquoi notre foi

nous demande de nous engager

pour trouver des réponses à ces

situations.

De nous rendre capables de travailler

pour une société plus

juste où sont respectés les principaux

droits de l’homme : droit

à la nourriture, à l’eau potable, à

l’habitat, à l’éducation, à l’emploi,

à la santé, à la participation

à la gouvernance du pays.

De faire nôtre l’Enseignement

Social (Doctrine Sociale) de

l’Eglise et de participer à ses actions

en faveur des pauvres, des

marginalisés, des handicapés et

des opprimés.

La Commission Justice et Paix peut être

un lieu où nous pouvons nous engager

au service de Jésus Christ et de nos

frères en humanité en vivant notre foi

dans la cité. Cette mission peut se traduire

en trois actions : « annoncer la

paix, défendre la paix, rechercher la

paix ». Comment Eh, bien « venez et

voyez » comme dirait Jésus aux premiers

disciples en Saint Jean.

Une citation de Saint Augustin dit bien

quelque chose de la démarche de Justice

et Paix : « Tu donnes du pain à qui

a faim, c'est bien. Mais mieux vaudrait

que nul n'ait faim et que tu ne

donnes à personne. Tu habilles qui est

nu : c'est bien. Mais si seulement tous

étaient vêtus il n'y aurait point telle

nécessité.

Supprime le malheur et les œuvres de

miséricorde n'auront plus de raison

d'être, le feu de l'amour s'éteindra-t-il

pour autant Non! Car plus authentique

est l'amour que tu portes à un

heureux que tu n'as pas à assister,

plus pur sera cet amour et bien plus

franc.

Car si tu assistes un malheureux, peutêtre

désires-tu t'élever en face de lui

et qu'il soit au-dessous de toi Parce

que tu l'as assisté, tu parais en

quelque sorte plus grand que lui : souhaite

plutôt qu'il soit ton égal » et

mieux que ton égal, un frère, une

sœur… Voilà, comment je comprends

Justice et Paix. Depuis quelques semaines,

j’ai commencé à en parler à

quelques personnes rencontrées ici ou

là dans notre diocèse. Si cette « petite

présentation » vous dit quelque

chose.., venez vous joindre à nous pour

construire ensemble un monde où il

fait bon vivre.

Sœur Jeannette Londadjim

londanel@yahoo.fr

18


Baptêmes

Bienvenue aux deux nouveaux petits baptisés,

François Dubois

et

Vladimir Guise,

le samedi 3 novembre à l’Eglise d’Hydra par les pères Raphaël et Emmanuel, ami

des Dubois venu de France.

« Nous avons eu la grande joie de pouvoir célébrer ce double baptême entourés

d'une partie de nos familles venues de France et de nos amis algérois. »

Cette célébration était sous le signe de la joie : joie d'être ensemble, joie de pouvoir

partager avec notre communauté ce moment si fort. Les nombreux enfants

ont pu largement participer à ce sacrement.

" Devenir enfant de Dieu" n'est pas une décision banale surtout en terre musulmane.

Pendant cette célébration, nous avons particulièrement prié pour tous les artisans

du rapprochement des chrétiens et des musulmans. Nous avons également demandé

au Seigneur d'aider ses enfants à s’unir autour de valeurs évangéliques et

à s’enrichir de leurs différences.

Nous remercions encore le Père Raphaël et le père Emmanuel de nous avoir accompagnés

dans notre démarche.

Camille et Olivier Guise

Estelle et Eric Dubois

19


Formation

Le Père Sami Hallak, jésuite Syrien, a passé quelques jours à Alger. Nous

donnons ici deux comptes rendus, celui de la session de formation pour

laquelle il était venu et une rencontre où il a accepté de nous partager

son expérience actuelle en pleine guerre.

Construire l’Eglise ensemble

Une session pour "acteurs en pastorale"

a rassemblé une trentaine de

personnes à Ben Smen du 11 au 15 novembre

dernier. Le diocèse d'Alger

était le plus représenté avec une bonne

vingtaine de participants, mais une demi-douzaine

venaient du

"Constantinois", une sœur représentait

le diocèse d'Oran et un prêtre celui du

sud.

Les échanges et exposés ont porté

surtout sur la direction spirituelle que

l'intervenant syrien, le père Samy Hallak

sj, tenait à distinguer du conseil spirituel

plutôt associé à la confession, et

de l'accompagnement davantage

propre à la retraite. Mais au-delà ou à

travers cela c'est bien toute notre vitalité

spirituelle qui était questionnée, la

nôtre, celle de nos proches, de nos

groupes, de nos communautés et assemblées.

Il s'agissait de relire notre vie

ecclésiale pour la nourrir et l'enrichir en

partageant ce que nous vivons ou aimerions

vivre.

20

Sami Hallak

De telles occasions de formation

sont suffisamment rares en Algérie

pour drainer un public assez varié. Plus

qu'une formation pointue, elle était

d'abord l'occasion de mettre ou remettre

en place quelques fondamentaux

de la vie spirituelle.

L'échange spirituel dans la direction

spirituelle ou l'animation de groupes

est un art. Certains en ont davantage le

charisme, mais beaucoup sinon tous

peuvent y apporter une contribution

précieuse. Certains écoutent mieux,

d'autres sentent les choses, d'autres

encore savent parler clairement. Art de

la conversation qui conduit chacun vers

ses profondeurs, l'échange spirituel

dévoile ce qui était caché ou latent. Il

fait aussi la vérité, ouvre, questionne,


Formation

interpelle et finalement redonne le cap

d'une route vers Dieu, et avec Dieu, qui

passe aussi par autrui.

Cet échange suppose confiance,

confidentialité, discrétion. Ce qui est

partagé appartient à ceux qui l'ont partagé

et à eux seuls. C'est la base de la

confiance et la règle de sa croissance.

La discrétion et la confidentialité coûtent

parfois. Le silence est aussi un art.

Il porte dans la prière et le cœur ce qui

ne peut être dit sans risquer de blesser

autrui. Il permet de continuer à avancer,

chacun à son rythme.

A côtés des fondements qui prenaient

place peu à peu, nous avons vu

émerger les spécificités de notre Eglise,

son internationalité, son caractère naissant

ou renaissant en comparaison

avec des Eglises plus anciennes…

Il nous faudra du temps pour grandir

avec ceux qui commencent à cheminer

avec nous, les catéchumènes, les

nouveaux baptisés. Comment mieux les

accueillir, les accompagner, leur confier

des responsabilités… Autant de questions

à travailler dans nos communautés.

La formation sur la foi chrétienne

est à mener de front avec l'approfondissement

de la relation personnelle

avec Dieu, mais aussi avec l'entrée dans

la communauté, la vie sacramentelle, le

service des autres…

Laisser sereinement une place aux

initiatives locales en termes de chants

et de prières peut ouvrir la route un

jour à une liturgie vraiment inculturée.

Mais laissons du temps au temps,

soyons patients et persévérons avec

douceur. L'erreur et les atermoiements

font aussi partie de la vie de notre

Eglise. Relisons les Actes des Apôtres et

la première histoire de l'Eglise si nous

avons besoin de nous en convaincre.

Voilà, il était bon d'être ensemble

pour nous former et pour rendre grâce

pour l'action de l'Esprit. Il était bon aussi

de rêver et de voir clair, pour aller

maintenant de l'avant dans nos diocèses,

nos villes, nos paroisses. Merci à

Sami de nous avoir aidés à discerner

nos forces et nos faiblesses, et de nous

avoir encouragés à aller de l'avant sans

peur.

Christophe Ravanel,

Dates à retenir

8 décembre : 18h à Notre Dame d’Afrique, fête de l’Immaculée Conception .

12 décembre : réunion Justice et Paix.

16 décembre : conseil pastoral.

1er janvier : messe pour la paix à Notre dame d’Afrique.

21


Témoignage

Syrie

« Nous avons connu beaucoup de souffrances, de morts, d’arrestations,

mais je vois un avenir meilleur. » Le ton est donné du témoignage d’espérance

que le Père Sami Hallak nous a offert, percutant, personnel, vécu

au cœur d’Alep au service des réfugiés avec le JRS (Jesuit Refugee Service).

Sur 23 millions d’habitants en Syrie, les

trois quarts sont sunnites, et les autres

se partagent entre chiites (dont

alaouites), chrétiens et druzes, entre

autres. Au sein même des chrétiens, il

existe 11 rites et beaucoup de divisions.

Le régime s’est depuis longtemps

présenté comme protecteur des minorités,

ce qui explique le relatif silence

de l’Eglise locale. Cependant les Jésuites,

ainsi que quelques autres congrégations

et des jeunes prêtres, se

sont engagés au service des déplacés

de toutes confessions, en dépit de

l’hostilité des institutions ecclésiales et

d’une majorité de Chrétiens habitués à

ne jamais côtoyer de musulmans. Ils

furent même parfois accusés de favoriser

la guerre en portant secours aux

familles de « soi-disant combattants de

l’armée libre ».

C’est à la suite du printemps

arabe, et particulièrement du départ

de Hosni Moubarak en Égypte, qu’un

incident à Deraa entre le responsable

local de la sécurité et un chef tribal a

déclenché les premières manifestations.

La répression entraînant de nouvelles

manifestations, elles-mêmes

noyautées par des « inconnus » tirant

sur les deux camps, la ville voisine de

Homs s’enflamma la première. Aujourd’hui

le pays est dans une impasse,

aucun camp ne parvenant à prendre le

dessus, et le nombre de personnes déplacées

en raison de la guerre avoisine

les cinq millions. Ce conflit, pourtant

très politique (l’armée libre comme le

gouvernement comptent des membres

de toutes les confessions), subit malheureusement

de nombreuses influences

le poussant à devenir confessionnel.

C’est il y a six mois environ que l’armée

libre est arrivée à Alep et que les combats

y ont débuté. JRS s’y était installé

il y a 2 ans pour accueillir les réfugiés

irakiens. Sa mission s’est alors reportée

sur l’accueil des déplacés syriens, y

compris ceux de la ville même d’Alep.

Face à la situation d’urgence, ce sont

différentes rencontres fortuites qui

22


Témoignage

furent à l’origine des premiers échanges

de services entre chrétiens et musulmans

de la ville. Partage de locaux, entraide,

échange de denrées et même

préparation commune de repas, près de

200 bénévoles de toutes confessions

travaillent main dans la main pour loger,

nourrir et accompagner les plus

pauvres des déplacés, quelle que soit

leur origine et leur positionnement politique

dans le conflit. Un vaste mouvement

de dons matériels et financiers a

pu démarrer grâce aux réseaux de contacts

dans toutes les communautés. Des

immeubles entiers ont pu être loués,

des écoles et universités ouvertes pour

héberger, et maintenant 6000 repas

servis chaque jour. La majorité des

chrétiens commence à intégrer que

l’évangile ne s’arrête pas aux séparations

humaines, mais plus encore, des

échanges extraordinaires ont lieu

chaque jour entre jeunes qui se découvrent

en vérité, partagent sur leurs préjugés,

mettent en commun leur générosité,

et vont jusqu’à risquer leur vie

pour se porter secours. « Quand la

guerre a commencé à Alep, à ce moment

nous avons commencé à annoncer

le Royaume de Dieu. » Cette ouverture

mutuelle doit se poursuivre audelà

des combats, et si les évènements

paraissent chaque jour plus incompréhensibles,

une véritable connaissance

mutuelle est en train de naître qui promet

des jours meilleurs.

Thibault Philippe

Ben Smen

Programme du mois de décembre

Du jeudi 6 décembre à 18h au samedi 8

décembre à 16h (Temps de l’Avent) :

Week-end de prière - Marie, témoin de

la foi et de l’espérance.

Samedi 15 décembre de 9h30 à 16h30 :

En famille, se préparer à Noël :

« Dieu a pris chair de la Vierge Marie » -

Quel sens pour ma vie de famille

Pour parents et enfants.

Vendredi 21 décembre de 17h30 à

22h : Soirée chants de Noël du monde

entier

Du mercredi 2 janvier à 15h00 au vendredi

4 janvier 2013 à 15h00 : Etudiants

- Pendant mes études à l’étranger vivre

ma vie affective et sexuelle en chrétien.

Contacts :

Ben Smen : 021 54 66 92

E-Mail : bensmendz@yahoo.fr

Damien de Préville : 07 95 04 73 70

Christian Reille : 07 71 43 88 24

23


Nouvelles et informations

Arrivées

Sœur Priscila, fille de la charité, des Philippines, est arrivée

le 30 Octobre de Tunisie. Elle y a travaillé au service de la Caritas

de 2008 à 2012, ainsi qu’auprès des prisonniers dans les

trois prisons de Tunis, dont une de femmes et deux d’hommes

(beaucoup de migrants chrétiens). A la Caritas, elle était aussi

au service des migrants. Elle réside maintenant dans la communauté

d’El Biar.

Sœur Jeannette LONDADJIM, sœur de saint Joseph.

J’arrive du Sénégal mais je suis tchadienne. Je suis une sœur

de Saint Joseph. J’ai reçu une formation en droit et en philosophie.

J’ai enseigné pendant quelques années et me suis

aussi occupée d’éducation. Mais ce qui me passionne le

plus, c’est de vivre « les exercices des sens »… cf en page

deux de couverture.

Qu’est-ce qui m’a habité jusqu’à aujourd’hui Certains

m’ont surnommée «sœur Justice et Paix »… et au début, ça m’agaçait et me faisait

réagir en disant : « j’ai un nom et c’est Jeannette ». Mais à force de l’entendre,

j’ai fini par accepter ce « surnom » comme une mission au sein de l’Eglise

et en particulier au service de la Conférence Episcopale du Sénégal, Mauritanie,

Guinée Bissau et Îles du Cap Vert dans la « Commission Episcopale Interterritoriale

Justice et Paix ». De l’avoir accepté, m’a donné de vivre à travers mon rôle

de coordination entre les commissions diocésaines Justice et Paix, notre charisme

de « double union » (travailler à l’union des hommes entre eux et avec

nous, et nous avec eux avec Dieu) et fait découvrir de manière nouvelle, un paragraphe

de nos Constitutions : « Pour travailler à la proclamation universelle de

l’Evangile, notre activité apostolique rejoint, sans exclusive, toutes nécessités,

toutes personnes, toutes catégories sociales, avec une prédilection pour les

pauvres. Cherchant à lutter contre les causes mêmes des misères humaines à

cause de l’Evangile, notre action en accord avec l’enseignement de l’Eglise, bien

que limitée par les situations et possibilités des personnes ou communautés, n’exclut

rien du travail pour la paix et la justice, le développement et la liberté des

peuples, les relations internationales et tout ce qui concerne la vie du monde. ».

Me voilà aujourd’hui à Alger, et je suis très heureuse d’y être. Et surtout, merci

pour votre accueil !

24


Nouvelles et informations

Michele

Je m’appliquais à vivre la Parole de vie du mois: « Suismoi

» lorsque mon transfert pour le Focolare d’Alger

m’a été annoncé. C’était une belle occasion de Lui

dire: « Oui, je Te suis » en concluant un service de treize

ans en Syrie. Une certitude m’accompagnait : C’est

l’amour de Dieu qui me porte en Algérie. Et cet amour

infini prend forme sous mille visages, paysages, expériences, douleur, amour, partage,…

Le «saut» n’était pas seulement géographique mais aussi professionnel : de

l’industrie pharmaceutique, me voici plongée dans l’enseignement de l’arabe

classique, langue qui m’a été donnée gratuitement et que je suis contente de

mettre en commun !

Vous l’avez deviné ; je suis Michèle, focolarine syro-libanaise, heureuse de faire

partie de l’Eglise et du peuple algérien.

Albert Gruson nous est revenu presque en forme, et s’est installé à la maison

Saint Augustin. Nous sommes heureux de le retrouver, de retrouver son sourire,

après ces mois de soins inattendus (il avait reçu plus qu’une tuile sur la tête en

septembre !).

Communauté Salam

Je veux vous présenter les deux frères qui étaient avec nous au cours de ces derniers

mois. Paul médecin, brésilien, vit dans la ville de Massy en France. Paul est

venu travailler avec nous, avec sa jeunesse et sa joie. Il nous a laissé de nombreux

souvenirs de sa présence captivante et il a fait de nombreux amis ici.

Aline, "assistante sociale", dans sa simplicité et le silence, elle était au milieu de

nous, a partagé avec nous sa vie de prière, sa disposition, son attention et sa

sollicitude pour le prochain.

Ils sont venus pour nous aider un peu dans notre présence dans le diocèse.

Merci à tous les deux pour être avec nous et coopérer à notre travail pour la

paix dans le monde.

Geane Pereira Rodrigues

25


Nouvelles et informations

Changements chez les Jésuites

"Quelques changements dans la communauté jésuite à partir de janvier :

Ricardo, qui était déjà directeur du CCU Sciences et Techniques depuis la rentrée,

prend en charge la coordination des 3 CCU ; Christophe devient directeur

de la Maison de Ben Smen ; Damien déménage rue Ravel tout en poursuivant

son service auprès de ceux qui demandent à être accueillis dans l'Eglise et de

ceux qui les accompagnent, et en collaborant au CCU ; Bernard part pour un semestre

sabbatique en Espagne et au Proche Orient."

Horaires de Noël

Veillée de Noël Jour de Noël Jour de l’An

NDA 20h00 10h00 10h00

Sacré Cœur 20h00 10h30

Hydra

20h00 - Veillée et messe

Le 31 à 20h00

Veillée de prières

Maison diocésaine

8h30 - Messe radio diffusée

El Biar

Hussein Dey

Kouba

19h00 - Veillée et messe

19h00 - Hussein Dey

Belcourt

Blida

Tizi Ouzou

19h00- Hussein Dey

26

10h30

Le 31 à 18h 30

Veillée de prière

Le 01/01 à 10h30

Bek 18h30 10h30 10h30

Boumerdès

18h00


Nouvelles et informations

Nouvelles de la famille Watier

Merci à nos amis qui ont pris le temps,

malgré tous les aléas de l’arrivée en

Lorraine, de nous envoyer leurs impressions

sur ce qu’ils on vécu en Algérie

pendant deux ans et ce qu’ils en retirent.

Nous étions à peine arrivés depuis 3

semaines et plusieurs personnes nous

disaient : « On dirait que vous avez toujours

été là ». Au moment du départ,

nous avons entendu : « J’ai l’impression

que la première fois que je vous ai vus,

c’était hier. ». Le temps est tout relatif.

Notre mission était de deux ans, et

nous avons choisi de ne pas la prolonger.

Nous pensons que cela fait aussi

partie de la mission que de savoir s’arrêter,

savoir partir.

Quand nous sommes arrivés, nous

avons découvert une Eglise riche de

nombreux religieux et de prêtres, de

congrégations et quelques laïcs engagés.

Au fur et à mesure de notre mission,

nous avons vu les familles prendre

plus de place, les laïcs « de passage » en

Algérie assumer des responsabilités et

s’investir dans les structures existantes

ou dans les manifestations proposées.

Nous avons vu cette Eglise commencer

un changement, passer d’une Eglise de

permanents à une Eglise qui se construit

avec les personnes présentes. Personnes

présentes pour quelques mois

ou plusieurs années.

Durant ces deux années, nous nous

sommes vraiment sentis intégrés dans

cette Eglise que nous avons découverte

universelle. Vivre au milieu de tant de

nationalités, de congrégations, d’origines

différentes a réellement donné un

sens concret au terme d’Eglise Universelle

qui n’était pour nous qu’une notion

théorique et dogmatique.

Alors, merci :

Merci pour l’accueil qui nous a été fait.

Se sentir attendus, accueillis par toute

la communauté, par des personnes

attentives à cette famille qui arrivait, a

fait beaucoup pour notre adaptation

rapide. Merci pour l’accueil tout au long

des deux ans, merci pour les petites

attentions, les encouragements et la

confiance donnée.

Merci pour l’Eglise d’Algérie qui, en

étant proche de la population va à la

rencontre de l’autre et permet à cet

autre d’être confronté aussi à la différence

et ainsi d’élargir sa vision du

monde.

Merci aux musulmans. Vivre au milieu

d’eux nous fait nous sentir encore plus

chrétien car avant d’être vus comme

européen ou comme français, nous

sommes vus comme chrétiens et cela

nous oblige à nous positionner, à réfléchir

sur notre foi.

PS : Nous sommes bien arrivés en Lorraine.

Les enfants ont bien repris

l’école, leurs appréhensions respectives

sont maintenant dissipées. Nous espérons

avoir bientôt Internet pour pouvoir

continuer à communiquer avec vous …

Famille Watier

27


Caritas : Journée Portes Ouvertes

Administration-rédaction : Archevêché d’Alger

13 rue Khelifa BOUKHALFA - 16000 Alger

Tél: (213)[0] 21 63 35 62 & 63 37 18

Fax: (213)[0] 21 63 38 42

Pour les abonnements :

Courriel : redaction.rencontres11@gmail.com

Site Internet de l’Église d’Algérie: http://www.eglise-catholique-algerie.org/

Le gérant : Jean-Pierre Henry (Courriel : pjrhyen@yahoo.fr)

Coordinatrice de la rédaction :

P.S. Marie-Danièle : (Courriel : marie_danielej@yahoo.fr)

Mise en page : Catherine Enjolras

Dépôt légal : à date de parution

Pour les abonnements et réabonnements, merci de s’adresser à l’Archevêché d’Alger.

Les virements effectués à l’A.E.M. ne permettant pas d’identifier leurs auteurs, veuillez envoyer vos

chèques à l’archevêché.

Nouveaux tarifs (à partir du 1 er janvier 2011) :

Pays du Maghreb : 300 DA

Autres pays : 15 euros ou 1 200 DA.

Vente au numéro : 50 DA (20 DA tarif étudiants)

Les chèques en euros sont à établir au nom de l’A.E.M « rencontres » et à envoyer à l’archevêché

d’Alger, 13 rue Khalifa Boukhalfa Alger gare

Les chèques en dinars sont à établir au nom de l’A.D.A , 13 rue Khalifa Boukhalfa - Alger Gare

Pour une somme supérieure au montant de l’abonnement, précisez si il s’agit d’un abonnement

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