Context N° 12 2011 - Avent (PDF, 9761 kb) - Sec Suisse

secsuisse.ch

Context N° 12 2011 - Avent (PDF, 9761 kb) - Sec Suisse

12 2011

Le magazine des employés de commerce

Postcode 1 SEC Suisse – CP 3072 – 2001 Neuchâtel

JAB

CH-2001 Neuchâtel

PP/Journal

Formation

Mettre en réseau

ses apprentis

Economie

Les riches sont

suffisamment riches

Interview

Gérald Ramseyer,

ancien apprenti


Savoir négocier son salaire lors d’un entretien

d’embauche ou obtenir une augmentation

Salaires

2012

Recommandations salariales 2012

Chaque année, cette brochure indique

les salaires de mise pour les professions

du bureau et de la vente. Vous savez ainsi

où vous situer. La grille salariale adaptée

chaque année par la SEC Suisse

comprend aussi bien les salaires moyens

que la fourchette des rétributions

en fonction des âges ainsi que des

niveaux de formation et de fonction. Celui

qui s’informe auprès de la SEC Suisse

dispose ainsi des meilleurs arguments

pour négocier son salaire, la SEC Suisse

ne cultivant pas le secret en la matière.

CHF 18.–

Négocier son augmentation de salaire

Désirez-vous une augmentation de salaire

tout en craignant cependant d’en

parler avec votre supérieur(e) Dans le

but de vous faciliter cette démarche,

cette brochure vous donne des conseils

concrets, présente des stratégies sur la

manière d’engager la négociation tout

en fournissant des renseignements utiles

concernant les aspects juridiques et

d’égalité de traitement. En effet, dans

le cadre des discussions engageant

employé(e)s et employeur, vous devez

disposer des meilleurs arguments!

CHF 18.–

Présenter une demande d’emploi

Faire acte de candidature pour un nouveau

poste ne commence pas seulement

par la lecture des offres d’emploi,

mais bien avant. Il faut préalablement

faire le bilan de ses forces et de ses

faiblesses, des compétences acquises

et des conditions de travail espérées.

Cette brochure se présente sous la forme

d’un guide passant en revue toutes

les différentes phases de la recherche

d’emploi.

CHF 18.–

Les membres de la SEC Suisse peuvent commander gratuitement trois brochures par

année. Passez maintenant vos commandes sous www.secsuisse.ch/brochures ou par

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• Nonstop@work – approche responsable de l’accessibilité permanente

• Diversité des stages – un peu de clarté dans la jungle des stages

• Travailler après 50 ans – comment mettre à profit toute votre expérience professionnelle

• Comment concilier travail et famille (avec des check-listes complètes)

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• Vous trouverez les détails et encore d’autres brochures sous www.secsuisse.ch/brochures

(TVA comprise sur tous les prix indiqués, frais de port en sus)

Pour votre formation et votre avenir professionnel


Editorial

Sommaire

Vers une société

plus éthique

Formation 5

Se partager la responsabilité d’un ou plusieurs apprentis

Les entreprises neuchâteloises peuvent désormais

adhérer à un réseau en vue de stimuler la formation

des apprentis.

Economie 6

«Que puis-je t’offrir, Cariño*» C’est avec

ces mots pleins de tendresse que la vendeuse

de la petite boulangerie de ce village

espagnol situé en bord de mer m’accueillait

tous les matins. Et je repartais les

bras chargés de pains tout chauds et de

délicieuses viennoiseries, avec, en prime,

son lumineux sourire. Cinq mois plus

tard, les commerces ont fermé leurs

portes, laissant leurs employés grossir les

rangs des chômeurs, plus de 20% de la population

active. Chacun essaie de subvenir

à ses besoins jusqu’à l’été prochain.

L’hiver venu, tout est désert. Des immeubles

et des chantiers à l’abandon

viennent rappeler la crise immobilière qui

frappe ce pays depuis 2007; une crise qui

depuis lors se fait ressentir dans d’autres

pays d’Europe.

Certes, comme chaque année, 2011 a charrié

son lot de catastrophes et de crises, naturelles

ou humaines, nationales ou internationales.

Mais 2011, et cela est nouveau,

a vu bourgeonner des printemps arabes et

fleurir les mouvements d’indignés. Partis

d’Espagne, ils gagnent l’Europe entière,

dénonçant la dictature des marchés et

portant l’espoir d’une société plus éthique.

En s’engageant pour des conditions de

travail plus justes, pour l’égalité hommesfemmes

et pour la formation professionnelle,

la SEC Suisse apporte sa pierre à

l’édifice de notre démocratie, au cœur de

laquelle nous trouvons le respect des principes

éthiques et la justice sociale. Nouvelle

secrétaire romande de la SEC Suisse

depuis le 1 er septembre 2011, je suis très

heureuse de faire désormais partie de son

équipe.

Belles fêtes de fin d’année et à 2012!

*mon cœur

Marie-Line VUILLEUMIER

Secrétaire romande de la SEC Suisse

Les riches sont suffisamment riches

Economiser sur le dos des pauvres ne constitue pas

un remède à la crise imminente. Au contraire, cela fait

planer une sérieuse menace pour la cohésion sociale.

Interview 8

L’apprentissage a été un véritable tremplin dans sa vie

Ancien maire de Versoix, puis conseiller d’Etat de la ville

de Genève, Gérald Ramseyer a commencé sa carrière

professionnelle comme apprenti dans les assurances.

Société 10

Liaisons dangereuses au bureau, un sérieux dilemme

Entretenir des relations amoureuses sur son lieu de travail

peut engendrer de sérieux problèmes au sein de l’entreprise.

Actualités 4

Justice en marche Licenciement collectif: les conditions sont strictes 12

Nouvelles de la centrale 13

Nouvelles des sections 14

context 12-2011


4

Actualités

quoi de neuf

Lidl réduit ses ambitions en Suisse

Alors que le géant allemand du discount entendait

initialement ouvrir une centaine de magasins

en Suisse, on apprend en lisant un reportage

paru dans le quotidien suisse alémanique

Tagesanzeiger que son nouveau patron suisse

a revu ses ambitions à la baisse. Seuls trois

quarts de ses objectifs ont été réalisés jusqu’ici

en termes d’ouverture de surfaces de ventes.

Plusieurs magasins déjà construits restent

vides et d’autres projets sont gelés. La principale

raison de ce coup de frein aux implantations

dans notre pays réside dans le fait que la

rentabilité attendue n’a pas été atteinte. Le

journal évoque même que la chaîne pourrait se

retirer de Suisse.

Les pressions sur les salaires des PDG portent

leurs fruits

En 2010, les dirigeants d’entreprises cotées à

la bourse suisse des grandes entreprises (SMI)

ont gagné en moyenne 7,2 millions de francs, ce

qui représente une baisse de 12,5% par rapport

à 2009. Et ceux qui dirigent une entreprise cotée

à la bourse des petites et moyennes entreprises,

ont engrangé 2,8 millions de francs en

moyenne, en recul de 6,3% révèle une étude du

cabinet Pricewaterhouse Copper.

Licenciements en vue chez Novartis

La multinationale bâloise veut transférer

ses sites de production en Chine, ce qui

implique la fermeture de ses usines helvétiques

de Bâle et de Prangins (VD).

Cette décision a suscité un tollé général

parmi les défenseurs des travailleurs,

d’autant plus que cette mesure ne va permettre

d’économiser que 10% des bénéfices

annuels engrangés par le groupe.

Pour les représentants des travailleurs,

cela est d’autant plus incompréhensible

que Daniel Vasella, président du conseil

d’administration de l’entreprise pharmaceutique

bâloise touche un salaire annuel

de 8 millions de francs. Au total, les dirigeants

et administrateurs du groupe ont

En 2012, les salaires des employés suisses

devraient s’accroître en moyenne de 1,1%,

prévoit un sondage réalisé par l’UBS,

contre 1,5% en 2011. Les plus fortes valorisations

(2%) sont prévues dans les services

informatiques et les télécommunications.

Viennent ensuite (ex aequo): la chimie et

l’industrie pharmaceutique, les équipements

électriques, les services aux entreprises

ainsi que la santé et les activités sociales

(1,5%). Le commerce de gros et de

détail pointe à 1%, tout comme les banques

gagné 82 millions de francs de salaire, soit

près de la moitié des économies que le

groupe entend réaliser avec cette délocalisation.

Près de 330 personnes devraient perdre

leur emploi chez Novartis à Prangins.

Des augmentations de salaires mitigées pour 2012

Photo: Pierre-Henri Badel

et assurances. C’est le textile et la production

de biens de consommation qui ferment

la marche, avec 0%. Le secteur de la

métallurgie, des machines et de l’horlogerie

ne prévoit que de modestes augmentions

(0,5%). C’est juste un peu mieux pour

l’alimentation (0,8%). Les augmentations

sont dans tous les secteurs inférieurs à

celles prévues en 2011, sauf dans le secteur

public (en hausse de 1 à 1,2%), alors que la

santé et les activités sociales stagnent à

1,5%.

La conjoncture économique en recul

Malgré un nouveau recul de 0,41 points de l’indice

économique de l’Institut de recherche

conjoncturelle de l’Ecole polytechnique fédérale

de Zurich (KOF) pour le mois d’octobre, ce

dernier ne prévoit pas que l’on retombe dans

une période de récession au cours de ces prochains

mois. C’est le troisième mois consécutif

qui voit cet indice baisser. Selon le KOF, notre

produit intérieur brut (PIB) va poursuivre son

mouvement baissier, mais les indices révèlent

malgré tout une évolution positive en moyenne

annuelle.

Mille institutions déjà certifiées Eduqua

Lancé voici plus d’une dizaine d’années,

le label Eduqua couronne la qualité des

prestations proposées aux élèves et étudiants

suivant des cours dans les établissements

de formation. Dans plusieurs

cantons romands, ce label est la condition

sine qua non à l’obtention de subventions

de la part des pouvoirs publics. Déjà 1000

établissements remplissent les conditions

imposées par ce label. Celui-ci est accordé

pour une période de trois ans et doit im-

pérativement faire l’objet d’une nouvelle

procédure d’homologation pour que l’établissement

en question puisse continuer

à le mériter. Un examen intermédiaire est

imposé pour s’assurer que les critères de

qualité sont respectés. Plusieurs pays voisins

ont adopté ce label, dont l’Allemagne,

l’Autriche, l’Italie, la France et le Liechtenstein.

www.eduqua.ch

Coop gèle les salaires

Face à la montée du franc suisse, qui induit le

tourisme des achats dans les régions frontalières

et influence directement son chiffre d’affaires

et son bénéfice, le groupe Coop a décidé

de geler le salaire de ses employés en 2012. A

noter toutefois qu’un montant correspondant

à 0,3% de la masse salariale sera consacré à

des adaptations structurelles pour les salaires

inférieurs à 6000 francs par mois.

Agenda pour les femmes

Un nouveau site Internet comporte une

multitude d’informations à destination

des femmes actives qui attendent un enfant.

Soutenu par le Bureau fédéral de

l’égalité, il leur permet de gérer les problèmes

qu’elles rencontrent tout au long

de cette période de leur vie. On y trouve

des informations sur les différentes situations

auxquelles elles sont confrontées

dans leurs rapports avec leur employeur,

avec les assurances, les instances publiques

et dans le cadre de leur famille.

Les femmes ou les employeurs peuvent

créer leur propre agenda et le mettre à disposition

des personnes concernées. Des

séquences vidéo visualisent les situations

que les femmes, leurs collègues et les employeurs

auront à gérer dans la réalité.

www.mamagenda.ch

context 12-2011


Se partager la responsabilité

d’un ou plusieurs apprentis

Le réseau Refcom vise à décharger les chefs d’entreprise de la charge inhérente à

la formation, de manière à créer 400 nouvelles places d’apprentissage dans le

canton de Neuchâtel d’ici 2018.

Annick Weber Richard*

5

Réseau de formation

Le réseau Refcom permet aux entreprises

de partager leurs apprentis et de se

décharger des formalités administratives

liées à l’apprentissage.

Dans le canton de Neuchâtel, moins de

20% des entreprises forment des apprentis.

Si cette proportion peut paraître

faible, elle s’explique notamment par le fait

que le paysage économique neuchâtelois

est composé en majorité de très petites

PME, et certaines entreprises se trouvent

parfois très démunies face aux contraintes

qu’exige la formation d’un apprenti. Pour

les métiers du commerce et de la vente, la

section de La Chaux-de-Fonds – Neuchâtel

de la Société suisse des employés de commerce

(SEC Suisse La Chaux-de-Fonds –

Neuchâtel) se fait fort de travailler dans le

sens des objectifs fixés par les autorités cantonales.

En partenariat avec plusieurs institutions,

elle est en train de constituer un

réseau d’entreprises formatrices en commerce

sous le nom Refcom.

Un concept novateur

Ce réseau vise à promouvoir et développer

la formation duale tout en soulageant les

entreprises de la charge de gestion qu’induit

la formation d’apprentis. D’autre part, il

participe aux efforts visant à créer 400 nouvelles

places d’apprentissage dans le canton

de Neuchâtel d’ici 2018. Les mesures déjà

prises dans ce sens par le canton portent

leurs fruits puisque, en deux ans, 150 places

ont été créées.

Un important travail reste néanmoins

à réaliser avec le concours des entreprises.

Ce sont en effet elles qui, au final,

ont besoin de pouvoir recruter une maind’œuvre

dotée à la fois d’une formation

complète et de compétences pointues.

«Le réseau a pour but de répondre à la

problématique des entreprises qui renoncent

à former une relève qualifiée compte

tenu des exigences et de l’implication que

représente la formation d’un apprenti»,

explique Luciano Musitelli, coordinateur

du Refcom. En outre, les entreprises sont

de plus en plus souvent confrontées à l’externalisation

de certains services. C’est

notamment le cas de l’outsourcing comptable:

«Comment imaginer former un

employé de commerce lorsque l’entreprise

a délocalisé sa comptabilité Nous

avons donc pensé qu’il s’agit aujourd’hui

d’offrir aux PME la possibilité de partager

un ou plusieurs apprentis», poursuit-il.

Accumuler des expériences multiples

Grâce à ce concept novateur de mise en réseau

des entreprises, les jeunes peuvent

passer par plusieurs étapes tout au long de

leur formation. Les employeurs auront,

quant à eux, le choix de former un apprenti

pendant un, deux ou trois ans et de confier

au Refcom tout ou partie des tâches administratives

induites par la formation. Le réseau

propose deux offres distinctes aux entreprises.

L’éventail complet des services

proposé par le réseau prévoit qu’il remplisse

le rôle de maître d’apprentissage, à savoir

que le contrat, toute la charge administrative

liée à la formation et le suivi scolaire

passent par son centre de coordination.

L’entreprise ne doit alors disposer à l’interne

que d’un praticien-formateur à plein temps,

soit un collaborateur référent qui se chargera

d’apprendre le métier au jeune pendant

la durée de sa formation.

Une solution

pour les entreprises

formatrices

Lorsque le Refcom remplit le rôle de

maître d’apprentissage, il définit un profil

de l’apprenti souhaité par l’entreprise.

Il établit un cahier des charges,

fait paraître des annonces, trie les candidatures,

engage les diverses étapes

du recrutement pour finalement mettre

à la disposition de l’entreprise une sélection

de candidatures parmi lesquelles

elle choisit son apprenti. Le Refcom se

charge de l’inscription à l’école, des

liens avec les parents et avec le service

des formations post-obligatoires et de

l’orientation (SFPO). Enfin, il établit un

plan de formation. Mis à la disposition

de l’entreprise, celui-ci fait un lien avec

les objectifs détaillés suivis dans le

cadre des cours interentreprises. Un

soutien est également apporté à l’entreprise

dans le déroulement des unités de

formation (UF) et des situations de travail

en entreprise (STA), dont les notes

sont toutefois attribuées par l’entreprise.

Le réseau ne se substitue pas à

l’entreprise qui se focalise sur le travail

pratique effectué en son sein et sur

l’évaluation de la qualité du travail.

Pour en savoir plus: www.sec-ne.ch

L’offre partielle prévoit quant à elle

que le Refcom officie en tant que soutien

de l’entreprise en lui apportant une aide

au niveau de la formation et de l’atteinte

des objectifs dans ce domaine, ceci

lorsque l’employeur souhaite engager un

apprenti pour trois ans.

* Annick Weber Richard,

SEC La Chaux-de-Fonds – Neuchâtel

context 12-2011


6

Economie

Les riches

sont suffisamment riches

Economiser sur le dos des pauvres ne constitue pas un remède

à la crise imminente. Au contraire, cela fait planer une sérieuse

menace pour la cohésion sociale.

Dominique Strebel*

sur le plan politique. Au Royaume-Uni,

les inégalités sociales sont plus importantes

que dans n’importe quel autre pays

industrialisé. Le résultat a été que cette

situation a constitué le terreau de prédilection

pour qu’émergent des bandes criminelles,

et certains jeunes des couches

défavorisées s’y joignent parce qu’ils se

sentent frustrés par la pauvreté et le désespoir.

La Suisse est une fois de plus menacée

par une crise économique, et des

voix s’élèvent désormais en faveur de mesures

d’austérité au niveau du gouvernement

et des assurances sociales. L’UDC

veut comme toujours réduire les dépenses

de l’AI, abaisser les coûts de l’administration

fédérale et diminuer les impôts des

entreprises. Le PLR applaudit et, qui plus

est, demande que l’on réduise le taux de la

TVA. Le quotidien suisse alémanique

Tages-Anzeiger ne se prive pas de lancer

des appels en vue de réduire les rentes

versées par l’AVS et les caisses de retraite.

Par contre, personne ne pipe un mot pour

rappeler que ce n’est pas l’Etat et la protection

sociale qui ont déclenché la crise,

mais bien les banques d’investissement,

les gestionnaires de hedge funds et les

spéculateurs.

A l’Etat et aux retraités d’avaler la pilule

Les banques et les compagnies d’assurance

ont dû être secourues par les Etats

Le fossé se creuse de plus en plus

entre riches et pauvres.

à coups de milliards, mais elles réalisaient

vite de nouveau de substantiels bénéfices.

Il est incompréhensible que ce soit maintenant

l’Etat ainsi que des retraités AVS et

AI qui doivent avaler la pilule, comme le

suggèrent l’UDC, le PLR et le Tages-Anzeiger.

Ceci d’autant moins que les mesures

proposées vont encore creuser le fossé qui

sépare les riches des pauvres.

Comme le démontrent les émeutes

qui ont éclaté en Angleterre, cette situation

fait l’effet d’une bombe à retardement

Le fossé se creuse toujours plus

En Suisse, nous n’en sommes pas arrivés

à ce point. Mais cela fait des années que

nous nous en approchons doucement.

C’est ainsi que les bas et moyens revenus

n’ont augmenté que de 2 à 4% entre 1997 et

2008, alors que le salaire moyen de ceux

qui gagnent le plus – soit environ 40 000

personnes – a été revalorisé de plus de 20%

durant la même période.

L’écart entre riches et pauvres a aussi

augmenté: entre 1997 et 2007, le pourcentage

des plus riches de la population

suisse a vu sa fortune globale s’accroître

de 13%. Toutes les autres classes d’actifs

ont perdu du terrain. En 2007, le 10% de la

population des plus riches possédaient les

trois quarts de l’ensemble de la fortune

privée de Suisse. C’est ce que démontre

une récente étude de l’Union syndicale

suisse (USS), qui est même considérée

comme exacte par la Neue Zürcher

Zeitung.

L’Etat a-t-il tenté d’atténuer ces différences

croissantes Non. Durant la même

période, les impôts directs et les disparités

de revenus ont augmenté alors que les

impôts indirects, les frais et les primes

d’assurance maladie – qui sont les mêmes

pour les riches et pour les pauvres – ont

flambé. Cela s’est fait au détriment des

context 12-2011


7

Economie

plus pauvres et des familles. Seule une

petite élite en a donc bénéficié.

Un exemple flagrant tiré de l’étude

de l’USS

Si, en 2008, une famille à faibles revenus

gagnait 5700 francs de plus par année;

après déduction des frais indispensables

et des frais de logement, il ne lui restait en

fin de compte qu’un montant supplémentaire

de 200 francs. Par contre, pour une

famille à revenu élevé disposant d’un supplément

de revenu de 31 200 francs, il lui

restait en fin de compte un montant de

14 800 francs.

Depuis 2008, cette redistribution

s’est aggravée dans le bas de l’échelle. La

2 e réforme fiscale des entreprises accorde

aux actionnaires, notamment les

plus riches, des allégements fiscaux atteignant

au moins 6,9 milliards de francs

sur les dix prochaines années. Et si les

frais d’émission sur les obligations et

titres du marché monétaire sont supprimés

– comme le Conseil des Etats l’a décidé

en juin dernier – les prochains cadeaux

fiscaux à ceux qui bénéficient des

plus hauts salaires pointent leur nez. Les

déductions envisagées représentent au

total pas moins de 2,2 milliards de

francs.

Une initiative en faveur de la cohésion

sociale

Cela fait une décennie que les riches accumulent

les allègements fiscaux. Il est

temps que cela change. Nous avons les

outils pour y arriver. En Suisse, nous ne

sommes pas démunis pour lutter contre

la caste de politiciens, car nous pouvons

agir par le biais du droit de référendum et

d’initiative. De cette manière, nous pouvons

nous assurer que l’Etat récupère

plus d’argent là où il abonde. C’est pour

cette raison que nous avons besoin d’un

impôt fédéral sur les successions.

En mars dernier, le Parti évangélique,

le PS et les Verts ont lancé une initiative

allant dans ce sens. Selon le texte

de leur initiative, les successions sont

taxées à 20% à partir de deux millions de

francs. Les initiateurs du projet espèrent

dégager ainsi des recettes supplémentaires

annuelles à hauteur de trois milliards

de francs. Deux tiers de cette

somme sera destinée aux aînés et les

cantons en recevront un tiers. Un impôt

sur les successions n’a pas d’effet négatif

sur l’économie. Il réduit par contre le

fossé qui s’est creusé entre riches et

pauvres, ce qui renforce ainsi la cohésion

sociale, une condition essentielle à

la prospérité de notre pays.

* Dominique Strebel est rédacteur du magazine

Beobachter

Secrétaire juridique

Une formation labelisée

à Lausanne, Fribourg et

Neuchâtel

Une lauréate témoigne: www.secformation.ch

www.seclausanne.ch www.secfribourg.ch www.cpln.ch

context 12-2011


8

Interview

L’apprentissage a été un véritable

tremplin dans sa vie

Ancien maire de Versoix, puis conseiller d’Etat de la ville de Genève,

Gérard Ramseyer a aussi un important passé de cadre militaire derrière lui.

Il a pourtant commencé sa carrière professionnelle comme apprenti

dans les assurances.

Cadre dirigeant dans une compagnie d’assurance, homme politique apprécié et

militaire de haut rang, Gérard Ramseyer a commencé sa carrière professionnelle

par un apprentissage de commerce.

Photo: Pierre-Henri Badel

emploi et je mesure les difficultés qu’ont

les jeunes à s’insérer dans le monde du

travail. Je crois que l’erreur est de vouloir

leur proposer à tout prix des études universitaires,

alors qu’il existe d’autres voies

professionnelles très valorisantes. L’apprentissage

n’est malheureusement pas

suffisamment mis en exergue quand il

s’agit de trouver un emploi.

Le modèle de l’apprentissage tel qu’il

existe en Suisse est très souvent cité en

exemple à l’étranger. J’ai pourtant l’impression

que chez nous, on n’est pas vraiment

conscient de sa réelle importance.

Le livre que je viens de publier insiste sur

le fait que notre système d’apprentissage

n’est pas suffisamment valorisé. En tout

état de cause, c’est parce que j’ai suivi

cette voie que j’ai eu la motivation d’aller

de l’avant. J’ai pu aller travailler en Suisse

alémanique, et poursuivre mes études par

une maîtrise fédérale. Mon employeur

m’a aussi soutenu quand j’ai opté pour

une carrière militaire. Il en a été de même

quand je me suis engagé dans la politique.

Et c’est comme cela que j’ai pu grimper

dans la hiérarchie de la compagnie

d’assurance pour laquelle je travaillais,

me former et me perfectionner en permanence

jusqu’à atteindre la poste de vicedirecteur

pour la Suisse romande.

M. Ramseyer, vous avez fait une carrière

dans les milieux militaires et politiques,

deux mondes dans lesquels on peut

avoir de profondes désillusions. Qu’estce

qui vous a le plus marqué dans ce

contexte

C’est au sein de mon milieu professionnel

que j’ai appris le respect des autres. J’y ai

acquis un métier qui était fait pour moi.

Le milieu militaire m’a appris la solidarité,

la précision et la rigueur, ainsi que la

conduite du personnel. Pour ce qui est de

la politique, il s’agit d’une activité qui est

enthousiasmante à l’échelon communal

parce que l’on travaille sur des choses

concrètes, même si cela demande énormément

de temps pour faire bouger les

choses à cause du système démocratique.

Au niveau cantonal, c’est le jeu politique

qui reprend immédiatement le dessus. Si

on a l’esprit entrepreneur, cela se traduit

immanquablement par des désillusions,

et ce n’est pas très gratifiant.

Aujourd’hui, les jeunes ont de la peine à

s’intégrer dans la vie professionnelle et

sociale. Comment jugez-vous cette situation

Je suis plein de respect pour les jeunes. J’ai

eu la chance de vivre une période de plein

Vous avez vécu ce que l’on appelle les 30

glorieuses, années durant lesquelles

tout était relativement facile à réaliser.

On oublie pourtant les côtés moins roses

de cette période. Qu’est-ce qui vous a le

plus marqué à l’époque

C’est surtout que les salaires d’apprenti

n’étaient pas très élevés. Nous étions

constamment fauchés, mais c’est vrai que

cela avait l’avantage de nous obliger à vivre

pleinement la solidarité entre camarades.

En quoi cette formation de base vous a

aidé à affronter les défis de la vie professionnelle

et politique

context 12-2011


9

Interview

Au sein de la compagnie d’assurance qui

m’employait, j’ai longtemps travaillé au service

des sinistres, et là, j’était confronté avec

des situations difficiles face auxquelles on

était obligé de faire preuve de compassion

pour les moins fortunés en situation de besoin.

C’est aussi ce parcours qui m’a appris

à affronter les différents contextes que l’on

rencontre dans le monde politique. J’ai été

élu par le peuple à quinze reprises sur les

seize fois que je me suis présenté. On est

chaque fois obligé de se mettre à nu devant

les électeurs. Par contre, il y a eu aussi de

très bons moments, par exemple quand j’ai

eu l’occasion de côtoyer Bernard Pons, qui

était, à l’époque, ministre des transports

dans le gouvernement de Jacques Chirac.

On oublie de dire aux jeunes à qui on propose des

études universitaires qu’ils auront beaucoup de

difficultés à s’intégrer dans le monde du travail.

La chronique d’un ancien apprenti

Les projets sur lesquels j’ai eu à travailler

étaient intéressants, que ce soit le Ceva, l’extension

du réseau de tram à Genève et la

troisième voie ferroviaire entre Genève et

Coppet.

Gérard Ramseyer vient de publier un livre retraçant ses aventures et les aléas de la vie

d’apprenti. Cet opuscule est truculent,

bourré d’anecdotes de la vie quotidienne au

sein d’une grande assurance helvétique,

qu’il appelle la Grande Patrie. A l’époque, la

tradition, l’esprit de famille et le respect

étaient élevés en devise incontournable, ce

qui a forgé l’esprit et le caractère de cet

homme politique qui a côtoyé de grands

noms tout au long de sa carrière.

Les méthodes de travail étaient d’un autre

âge, mais ce qui a surtout enthousiasmé et

marqué Gérard Ramseyer pour toute la vie,

c’est surtout le respect d’autrui et de la parole

donnée. Cette chronique de la vie d’un

apprenti dans les années 60 est aussi le témoignage

personnel d’un homme qui est

arrivé à se forger une carrière et à la réussir

à la force du poignet. Il a grimpé progressivement

tous les différents échelons

dans sa vie. Il regrette cependant qu’aujourd’hui ces valeurs se perdent au détriment

de la cohésion sociale.

Si c’était à refaire, est-ce que vos changeriez

de vision quant à votre entrée

dans le monde professionnel

Dans la formation d’apprenti, j’introduirai

des notions de globalisation de l’économie

et de finance. Par contre, je conserverais

précieusement tout ce qui a trait à la relation

entre l’apprenti, son maître d’apprentissage

et le patron de l’entreprise.

Qu’est-ce qui vous a particulièrement

aidé dans votre parcours professionnel

L’exemple de mes parents. Durant ma jeunesse,

j’ai eu une éducation familiale très

stricte, mais très aimante. On m’y a enseigné

l’amour de la patrie et le respect d’autrui.

Mon père s’était engagé dans la vie

militaire durant la mobilisation parce

qu’il était chômeur. De l’expérience de

son service militaire avec les chevaux,

une fois revenu à la vie civile, il avait réussi

à arrêter un cheval emballé dans les rues

de la ville. Il avait été remarqué pour cet

acte courageux par un personnage important

de la République qui l’a fait rentrer

dans l’administration au sein de laquelle

il a grimpé les échelons jusqu‘à devenir

directeur administratif des polycliniques

universitaires.

Avez-vous des regrets de ne pas avoir

opté pour une autre voie

Aucunement. Ma vie professionnelle m’a

pleinement comblé. Je ne regrette absolument

rien du tout. Quand je lance un regard

rétrospectif sur ma carrière, je dois

avouer que je suis un homme comblé.

Propos recueillis par Pierre-Henri Badel

L’Arpète, Editions Slatkine, 29 francs, www.slatkine.com, tél. 022 776 25 51

context 12-2011


10

Société

Liaisons dangereuses au bureau,

un sérieux dilemme

Entretenir des relations amoureuses sur son lieu de travail peut engendrer

de sérieuses difficultés au sein des entreprises. Il faut savoir les gérer

avec discernement.

Claude Duval

que cela ne nuise pas à l’efficacité du travail,

que cela n’engendre pas de tensions dans les

services ou ne crée des jalousies. La situation

est encore plus critique quand des relations

amoureuses s’installent entre un directeur

ou un haut responsable avec l’un (ou

l’une) de ses subalternes.

C’est souvent au travail que les personnes passent le plus clair de leur temps.

Il n’est donc pas étonnant que des relations intimes puissent s’y lier facilement.

Au bureau, tout le monde était au

courant des frasques d’un responsable

de la comptabilité – par ailleurs marié

– avec sa maîtresse, une secrétaire

d’un autre service. Ils se lançaient des œillades

chaque fois qu’ils se rencontraient

par hasard dans l’ascenseur, devant la

photocopieuse ou à la cafétéria, dans les

couloirs ou lors d’une réunion du personnel.

Il n’y avait rien de bien sérieux à redire

jusqu’au jour où les rumeurs sont

parvenues aux oreilles du directeur, qui

décida qu’au nom de la morale, l’entreprise

ne pouvait pas prêter le flan à la critique.

Surtout qu’elle était implantée dans

un petit village où tout le monde se

connaissait, où l’entreprise était bien vue

par les autorités du coin et que cela risquait

de ternir son image. Mais il est aussi

vrai que dans les petites villes ou villages

où toutes les rumeurs se colportent rapidement,

le lieu de travail peut s’avérer être

le seul havre de paix où certaines personnes

peuvent encore se rencontrer sans

attirer l’opprobre de leur voisinage.

De tels cas ne sont pas rares, même si,

aujourd’hui, les mœurs ont évolué. De nombreux

couples – parfois même du même

sexe – se forment au sein des entreprises,

sans que cela ne provoque de réactions forcément

outrées des employeurs. Compte

tenu du nombre d’heures passées au travail,

les employés se retrouvent inéluctablement

un jour ou l’autre dans une situation où des

affinités personnelles commencent à se dévoiler.

La tolérance est généralement de

mise de la part des employeurs, pour autant

Entre tolérance et interdiction

Les entreprises ne peuvent pourtant pas tolérer

n’importe quel comportement de la

part de leurs employés. Des attitudes équivoques

ou trop entreprenantes dans le

cadre du travail peuvent engendrer des tensions

avec les collègues ou les autres employés

de l’entreprise. Sans compter que

cela peut aussi être révélé au grand jour si

des clients constatent de tels comportements

et qu’ils les réprouvent. D’autant plus

dans le cadre de rapports hiérarchiques

entre les deux personnes, la frontière entre

une liaison amoureuse et le harcèlement

sexuel risque aussi d’être franchie.

La situation est surtout délicate quand

les deux personnes travaillent quotidiennement

en contact l’une avec l’autre. «Il

existe parfois des règles dans les entreprises

anglo-saxonnes, mais d’autres n’en

ont volontairement pas établies», constate

un conseiller en relations publiques interrogé

sur ce point. A son avis, la question

est très délicate. Expérience faite, pour lui,

l’entreprise ne devrait pas trop se mêler de

Les entreprises doivent faire preuve de tolérance,

mais ne peuvent pas tout accepter.

ces questions en établissant des règles

trop strictes.

Le sujet est pourtant tellement tabou

qu’il préfère conserver l’anonymat pour

ne pas se retrouver dans une position de

porte-à-faux, car il a justement un problème

de ce type à régler en ce moment.

«Je suis opposé à ce que les entreprises

instaurent des règles générales, car cela

context 12-2011


Briser un tabou

Une étude réalisée en Allemagne indique qu’Outre-Rhin, quelque 20% des employés

ont déjà vécu des relations amoureuses dans le cadre de leur activité professionnelle.

Si, théoriquement tout au moins, rien ne l’interdit, celles-ci peuvent rapidement déraper

si l’on ne se fixe pas de limites claires. Si les supérieurs hiérarchiques doivent faire

preuve d’indulgence dans de tels cas, car le contraire serait une atteinte à la sphère

privée des individus, il n’empêche qu’une telle situation peut aussi indisposer fortement

les parties concernées.

Près de 9% des personnes interrogées dans le cadre de cette enquête ont pourtant

changé d’emploi pour éviter que la situation ne se détériore. C’est bien la preuve que

les relations amoureuses peuvent facilement se transformer en liaisons très dangereuses,

surtout si les deux personnes n’envisagent pas de clarifier leur situation de

couple devant le maire ou l’officier d’état civil. Mais comment une entreprise peut-elle

prendre le risque d’être accusée de discrimination entre personnes mariées et celles

qui ne le sont pas

punit aussi les personnes qui ont un comportement

irréprochable ou parce que

cela discrimine d’une manière ou d’une

autre les personnes qui vivent en couple»,

poursuit-il. Pour lui, l’essentiel est de pouvoir

en parler sereinement, car cela pourrait

même s’avérer positif pour l’entreprise,

en terme de cohésion et de

motivation.

Savoir identifier les situations délicates

A contrario, de telles relations peuvent

commencer à poser de réels problèmes

lorsque celles-ci s’installent entre des personnes

qui ont des rapports hiérarchiques

directs, par exemple un directeur et sa secrétaire,

ou les personnes qui ont des

fonctions transversales, tel un responsable

des ressources humaines et une personnes

susceptible de se retrouver sur les

rangs quand il s’avère de nommer le nouveau

responsable d’un département.

«Cela pourrait rapidement dérailler entre

le patron d’un département et son conjoint

concerné par une restructuration» note ce

consultant en ressources humaines.

L’exemple récent du ministre neuchâtelois

de l’économie Frédéric Hainard qui

a défrayé la chronique en raison des relations

qu’il entretenait et des passe-droits

et des avantages salariaux indus qu’il

avait accordé à sa maîtresse est symptomatique

des dilemmes que l’on peut rencontrer

parfois en entreprise.

Les règles de la survie dans son travail

Des solutions existent pour limiter les

conséquences qui pourraient s’avérer négatives

pour l’employeur. Ce dernier peut par

exemple proposer à une personne entretenant

des relations intimes avec une autre

d’accepter une mutation dans un autre service

ou au sein d’une autre filiale de la société.

Il serait d’ailleurs préférable que la demande

vienne d’une des deux personnes

concernées et le responsable des ressources

humaines serait bien inspiré d’accéder à

une telle demande si cela est possible. Cela

démontrerait que celles-ci reconnaissent

la nature du problème et des tensions que

cela pourrait engendrer en ce qui

concerne l’ambiance de travail au sein de

l’entreprise.

Quoi qu’il en soit, ceux qui entretiennent

des relations amoureuses au travail seraient

bien avisés de se fixer certaines règles de

conduite immuables. Le mot d’ordre est la retenue

dans ce domaine. Elles devraient surtout

éviter de laisser des traces tangibles de

leurs relations au sein de leur entreprise, de

ne pas échanger de courriels ou téléphones

dans lesquels elles dévoileraient la nature de

leurs relations ou de se fixer des rendez-vous

privés et furtifs entre les murs de leur société.

Un changement d’employeur est en tout cas

fortement recommandé de la part des auteurs

de cette étude, si une relation s’établit

entre un supérieur et son subordonné, car

cela débouchera immanquablement sur des

conflits d’intérêts.

11

Société

Le vieillard qui plantait des arbres

Par un bel après-midi d’été, un cavalier galopait sur les routes de Provence.

Il avait soif... et il se maudissait de n’avoir rien emporté dans les

fontes de sa selle... quand soudain, il aperçut un paysan qui travaillait

dans un champ. Il alla vers lui et se trouva en présence du vieil homme

occupé à planter. Ils s’assirent à l’ombre d’un arbre et le vieil homme lui

donna à boire de l’eau bien fraîche de sa cruche.

Se sentant mieux, le voyageur voulut échanger quelques mots.

Dites-moi, mon bon ami, que faites-vous donc ici par cette chaleur

- Je plante des oliviers! répliqua le vieillard.

- Mais, s’étonna le voyageur, quel âge avez-vous

- Presque quatre-vingt-dix ans!

- Sans vouloir vous offenser, pourquoi vous fatiguez-vous, à votre âge, à

planter des arbres qui ne donneront leur récolte que dans une dizaine

d’années Vous n’en mangerez hélas sans doute jamais le fruit!

- C’est vrai, répondit le vieillard, mais toute ma vie j’ai mangé des olives

venues d’arbres que d’autres avaient plantés. Je plante pour que d’autres

puissent plus tard manger celles que j’ai plantées...

Lorsque le voyageur remonta à cheval, il se dit que les paroles du vieil

homme l’avaient autant rafraîchi que l’eau de sa cruche.

Michel Piquemal, Philo-fables pour la terre, 2010, Albin Michel.


12

Justice en marche

Justice en marche

Licenciement collectif:

les conditions sont strictes

Si l’on exclut une personne, même si celle-ci

exerce des fonctions de cadre, d’une procédure

de licenciement collectif, cela est considéré

comme un manquement grave de la

part de l’employeur.

Une entreprise s’est consacrée au développement

et à la production de produits d’horlogerie.

Elle était liée à un fabricant de montres

qui a mis fin à ses commandes alors qu’il

était son seul client. Le personnel a alors été

averti, par le directeur général, d’un licenciement

collectif concernant 22 des 24 collaborateurs.

Le directeur a aussi été licencié après coup.

Il a protesté en faisant valoir que son propre

licenciement n’avait pas été prévu dans la

procédure de licenciement collectif. Le licenciement

est intervenu au cours du même

mois, après consultation du personnel et notification

du projet à l’office cantonal du travail.

Le respect de la procédure

est une condition de validité

L’employeur qui envisage de procéder à un

licenciement collectif est tenu de consulter

la représentation des travailleurs ou, à défaut,

les travailleurs eux-mêmes. La consultation

doit fournir aux travailleurs ou à leur

représentation la possibilité de formuler des

propositions sur les moyens d’éviter les

congés ou d’en limiter le nombre, ainsi que

d’en atténuer les conséquences. Les travailleurs

ou leur représentation doivent recevoir

tous les renseignements utiles à cet effet, ils

doivent notamment être informés du nombre

des travailleurs à licencier et du nombre des

travailleurs habituellement employés.

Il y a évidemment licenciement abusif si

l’employeur omet complètement la consultation.

Si la consultation intervient, mais

qu’elle ne respecte pas entièrement les exigences

légales, le licenciement est également

abusif. C’est le cas notamment, lorsque l’employeur

ne fournit pas aux travailleurs toutes

les informations utiles à l’élaboration de propositions

pertinentes.

Nicole de Cerjat,

juriste, responsable

du service juridique

au secrétariat romand

de la SEC Suisse,

Neuchâtel

Impossibilité d’exercer son droit

Le directeur affirme que s’il avait su qu’il serait

également licencié, il aurait lui aussi présenté

des propositions. Il soutient en l’occurrence

que le droit d’émettre des propositions

ne lui a pas été accordé. Conformément à la

loi, les autres travailleurs ont pu exercer leur

droit par l’intermédiaire de leurs représentations

des travailleurs, distinctes pour

chaque secteur de l’entreprise. Force est toutefois

de constater que le directeur est seul

dans sa catégorie et qu’il aurait dès lors dû

être autorisé à exercer ses droits directement,

même s’il ne s’agit pas de sauvegarder

son intérêt particulier, mais que le but de la

consultation est la défense collective des intérêts

communs.

Les renseignements transmis

étaient lacunaires

Le tribunal a en effet constaté que la lettre de

licenciement donnée n’établissait pas que le

directeur général serait lui aussi licencié. Au

contraire, celui-ci paraissait exclu des 22 collaborateurs

à licencier. L’information communiquée

aux employés était donc incomplète

et trompeuse.

Le tribunal a par conséquent retenu qu’une

information incomplète et trompeuse était

absolument inconciliable avec les exigences

strictes du licenciement collectif. Le licenciement

du directeur est par conséquent

abusif.

Pour déterminer le montant de l’indemnité

à verser au directeur, il faut avant tout

prendre en considération la gravité de la

faute que l’employeur a commise au préjudice

de l’ensemble des travailleurs et aussi,

outre le montant du salaire mensuel, la gravité

de l’atteinte subie personnellement par

le travailleur qui prétend à l’indemnité.

Le Tribunal a estimé qu’au regard de l’intérêt

commun des travailleurs licenciés, le

manquement consistant à avoir tu que le directeur

général serait lui aussi remercié dans

le cadre du licenciement collectif est de

faible gravité, compte tenu que les conséquences

paraissent limitées et que, de toute

manière, on ne pouvait pas raisonnablement

s’attendre à ce que le directeur général demeure

longtemps encore en fonction pour

un personnel réduit à deux collaborateurs.

L’indemnité a été fixée à un mois de salaire.

SEC Suisse

service juridique

Case postale 3072

2001 Neuchâtel

Tél. 0848 810 910 (membres)

Tél. 0901 555 717

(non-membres Fr. 2.50/min)

context 12-2011


13

Les CFF diminuent leurs rabais

Les Chemins de fer fédéraux ont

décidé de ne plus accorder à l’avenir

de rabais aux entreprises et

organismes sur les bons de transport.

Les membres de la SEC

Suisse sont aussi concernés par

cette mesure.

Les membres de la SEC Suisse

achètent des bons de réduction sur

les abonnements aux chemins de

fer pour un montant d’environ

5,5 millions de francs par année.

Grâce à l’accord passé jusqu’ici

avec les CFF, cela permettait à la

SEC Suisse de faire profiter d’une

réduction à ses membres qui bénéficiaient

ainsi d’un rabais de 5% sur

les abonnements généraux et mitarif.

Cet avantage était particulièrement

prisé car il permettait de

réaliser de substantielles économies.

Toute bonne chose a

malheureusement une fin

Les CFF ont résilié ce contrat en

septembre dernier et informé la

SEC Suisse qu’à partir du changement

d’horaire qui est prévu le 11

décembre 2011, ils veulent ramener

ces réductions à 2,5%. Il n’y aura

même plus de réduction du tout à

partir du 1 er janvier 2013. La SEC

Suisse n’est pas la seule à être

concernée par cette mesure; elle

touche l’ensemble des organismes

et entreprises qui profitaient

jusqu’ici de bons de transport à

prix réduit. Les CFF suppriment

ces avantages sur l’ensemble du

territoire suisse. Nous regrettons

cette décision car la SEC Suisse est

très soucieuse de pouvoir offrir des

rabais attrayants à ses membres.

Nous nous efforcerons d’autant

plus de pouvoir étendre à l’avenir

notre éventail d’avantages en faveur

de nos membres.

Qu’est-ce que cela implique

pour les membres

Jusqu’à fin 2012, les membres de la

SEC Suisse peuvent encore obtenir

des bons mais avec un rabais de

2,5%. Après cette date, ces rabais

deviendront caducs. Tous les

autres rabais attrayants proposés

par la SEC Suisse restent naturellement

valables. Vous retrouverez

tous nos avantages sur notre site

internet à l’adresse:

www.secsuisse.ch/avantages

Pour commander des bons CFF

Les bons CFF sont valables lors de l’achat d’abonnements généraux

et demi-tarif ainsi que de cartes journalières pour abonnements

demi-tarif. Vous ne pouvez pas en profiter lors de l’achat de billets

individuels, d’arrangements ou de toutes les autres offres des CFF.

Vous pouvez commander ces bons auprès des sections contre paiement

en espèces. La liste des sections se trouve sur le site Internet

de la SEC Suisse à l’adresse:

www.secsuisse.ch/secsuisse/sections.

Daniel Jositsch élu à la présidence

Lors de l’assemblée des délégués

du 9 novembre 2011, les grands

électeurs de la SEC Suisse ont élu

Daniel Jositsch à la présidence de

la SEC Suisse. Il reprend ainsi le

poste laissé vacant par Mario Fehr.

Professeur en droit pénal et

conseiller national PS zurichois, le

nouvel élu connaît parfaitement

les défis auxquels est confrontée la

SEC Suisse car il est membre de

son comité central depuis deux

ans et demi. Il fut auparavant très

actif au sein du comité de la SEC

Zurich, et cela pendant plusieurs

années.

Lors de son allocution d’investiture,

Daniel Jositsch a salué l’important

travail accompli au sein

des sections et s’est référé à l’engagement

indéfectible de l’association

dans le secteur de la formation

et du perfectionnement professionnels.

Il a également souligné

qu’à l’avenir, il sera nécessaire

Professeur en droit pénal et

conseiller national PS zurichois,

Daniel Jositsch vient d’être élu à

la tête de la SEC Suisse.

d’accomplir d’importants efforts

pour que la SEC Suisse puisse

maintenir et consolider sa position

dans le paysage de la formation et

du secteur du commerce et de la

vente.

Ne manquez pas notre numéro

consacré aux jeunes.

Parution: 6 mars 2012

Délai de remise de vos

annonces:

8 février 2012

Pour en savoir plus:

www.context.ch/fr

Nouvelles de la centrale

context 12-2011


14

Nouvelles des sections

Berne

Tél. 031 390 60 30

info@kvbern.ch

Le secrétariat s’installe dans de

nouveaux bureaux

Le 7 novembre la section de Berne a

déménagé. Son enseigne a été apposée

à l’entrée de l’immeuble. Les numéros

de téléphone ainsi que les

adresses électroniques restent inchangés.

Nouvelle adresse: Société des employés

de commerce Berne,

Schlösslistrasse 29, 3008 Berne

(adresse postale: case postale

6976, 3001 Berne).

Fribourg

Tél. 026 321 29 21

info@secfribourg.ch

Prochaines formations

Nous avons encore quelques places

disponibles pour les formations qui

débutent en janvier 2012:

__

Brevet fédéral de spécialiste en

ressources humaines

__

Diplôme de secrétaire juridique

__

Certificat de comptable spécialisé

Edupool, SEC et VEB (cours du jeudi

matin et samedi matin)

__

Brevet fédéral de spécialiste en finance

et comptabilité

__

Sachbearbeiter/in Rechnungswesen

Le programme se trouve sur notre

site internet: www.secfribourg.ch

Tous nos vœux

La direction et le secrétariat vous

souhaitent de joyeuses fêtes et une

excellente année 2012. Nous vous remercions

de votre confiance et comptons

sur votre fidélité pour l’année

2012.

sensible aux questions liées à la formation,

Didier Berberat offre à la section

un soutien actif dans divers projets.

Autre Neuchâtelois membre de

la SEC La Chaux-de-Fonds – Neuchâtel,

Jacques-André Maire. Rassemblant

10 324 voix, obtient un admirable

score et conserve le siège qu’il

occupe depuis 2009 au Conseil National.

Dans son rôle politique,

Jacques-André Maire se préoccupe

tout particulièrement de la formation.

Nos chaleureuses félicitations

vont à ces deux députés neuchâtelois.

Lausanne

Tél. 021 312 93 47

membres@seclausanne.ch

Formation

Lauréats 2011 de la formation force

de vente

Alfonso Riti, Laurent Quennehen,

Rachel Meyer, Christophe Braillard,

Thierry Ledru, Pablo Bornancini, Lucien

Sesa, Sarah Roulin

Assistant en gestion du personnel

en journée

Les cours menant à cette certification

connaissent un succès incontestable.

Une nouvelle session de

formation en journée est prévue en

janvier 2012.

Secrétaire juridique

La formation dans le domaine juridique

entame sa première session

le 10 janvier 2012. Fort d’une dizaine

de participants, ces cours rencontrent

un succès grandissant.

Gestion

E-facturation

La SEC Lausanne professionnalise

davantage ses services par la mise

sur pied de l’e-facture. Cette solution

permet de recevoir, payer et de vérifier

les factures directement par e-

banking.

Tous nos vœux

Nous vous présentons et vous souhaitons

nos sincères vœux de fin

d’année et espérons vivement que ce

nouveau cap qu’est 2012 se déroulera

selon les choix de tout un chacun.

Sion Valais/Wallis

Tél. 027 203 55 65

sec.valais@netplus.ch

Secrétariat

Nicole Morard a donné sa démission

du poste de secrétaire et membre du

comité avec effet à fin novembre.

Nous la remercions de sa longue et

fructueuse collaboration. Les

membres de la section prendront

congé d’elle lors de notre prochaine

assemblée générale en mars 2012. Un

intérim est mis en place pour la fin de

l’année. De plus amples informations

vous parviendront ultérieurement.

Cours d’appui pour apprentis et

art. 32

Les formulaires d’inscription ainsi

que toutes les informations sont disponibles

sur Internet (www.sec-sion.

ch/secformation.html) ou auprès du

secrétariat.

Formation

Le certificat de comptable spécialisé-e

est enfin proposé à Sion. Reconnu

dans toute la Suisse, il émane des

acteurs majeurs de la comptabilité

en Suisse: Edupool. ch, SEC Suisse,

Veb. ch et Swisco.

Début des cours: 6 février 2012

Your Challenge 2012

La section sera présente au Salon

des Métiers et Formations Valaisan

Your Challenge au CERM de Martigny

du 6 au 11 mars 2012 où près de

18 000 visiteurs sont attendus

(élèves du cycle d’orientation, étudiants,

adultes désireux d’entamer

une nouvelle formation, parents).

www.salondesmetiers.ch

édition française

Editeur

SEC Suisse

Société suisse

des employés de commerce

Hans Huber-Strasse 4

case postale

8027 Zurich

Tél. 044 283 45 45

Secrétariat romand

SEC Suisse

Société suisse

des employés de commerce

3, rue Saint-Honoré

case postale 3072

2001 Neuchâtel

Tél. 032 721 21 37

Fax 032 721 21 38

info@secsuisse.ch – www.secsuisse.ch

Directrice de la publication

Marie-Line Vuilleumier

Rédaction

Les Editions du Couchant SA

44, rte de Divonne, 1260 Nyon

Tél. 022 361 90 25

Fax 022 362 05 13

Pierre-Henri Badel, rédacteur en chef

phbadel@ch.inter.net

Claude Bieri

Florence Déruaz

Publicité

JMB Publicité

Jean-Maurice Bloch

8, ch. de Crève-Cœur

1290 Versoix

Tél. 022 755 39 06

jmb@span.ch

Parution

Mensuelle (9 numéros par an)

6500 exemplaires

Tirage vendu selon REMP:

4140 exemplaires

Conception graphique

Partner & Partner AG

www.partner-partner.com

Réalisation et impression

Imprimerie Saint-Paul, Fribourg

ISDN 026 429 06 26

ISSN 1424 – 5353

La Chaux-de-Fonds – Neuchâtel

Tél. 032 910 94 00

info@sec-ne.ch

Neuchâtelois réélus

Sortant lors des récentes élections

aux Chambres fédérales du 23 octobre,

Didier Berberat a été brillamment

réélu au Conseil des Etats, remportant

le scrutin avec 17 648

suffrages. Il conserve ainsi le siège

qu’il occupe depuis 2009, succédant

alors à Gisèle Ory lors de l’élection

de cette dernière à l’exécutif cantonal.

Membre de la SEC La Chaux-de-

Fonds – Neuchâtel depuis 2007 et

Mémento 2012

6 au 11 mars, Martigny

Your Challenge – Salon valaisan de métiers et formations.

Renseignements: www.salondesmetiers.ch

21 au 25 mars, Moutier

Salon de la formation Jura-Berne francophone

Renseignements: www.salon-formation.ch

2 au 7 octobre, Lausanne

Salon des métiers et de la formation

Renseignement: www.metiersformation.ch

20 au 25 novembre, Genève

Cité des métiers et de la formation

Renseignements: www.cite-metiers.ch

Abonnements

Suisse: 12 mois Fr. 46.–

context 12-2011


En signe de solidarité

Si l’on en croit les pronostics des oracles, on se dirige vers un

refroidissement de la conjoncture économique. Le taux de

chômage devrait progresser au cours de ces prochains mois

et nombreux sont ceux qui échappent désormais aux mailles

du filet de la sécurité sociale. Les employés qui travaillent

dans le secteur commercial sont toujours plus souvent mis

sous pression.

C’est pour cette raison que nous avons décidé d’attribuer la

moitié des recettes de la collecte de Noël de cette année aux

membres de SEC Suisse touchés par la crise et aux projets

qui ont comme objectif de soutenir socialement les personnes

qui se retrouvent dans le besoin.

Vous ne pouvez pas combattre la crise économique sur le

plan mondial, mais vous pouvez malgré tout, grâce à vos

dons, contribuer à en atténuer les effets.

La deuxième moitié des recettes sera attribuée à un projet

d’Helvetas au Burkina Faso. Ce pays de l’Ouest africain

compte parmi les plus pauvres de la Terre. Et cela en partie

à cause du faible niveau de formation de la population locale.

Le taux d’alphabétisation n’y est en effet que de 20%.

C’est ce qui a poussé Helvetas à y construire quatre centres

de formation qui dispensent un enseignement professionnel

informel aux jeunes. Ce ne sont pas moins de 160 apprentis

qui en profitent directement. Cela ne les aide pas seulement

à vivre de manière autonome, mais contribue aussi au

développement de l’ensemble de leur pays.

La formation constitue un important fondement du bienêtre.

Personne ne le sait mieux que nous.

Par avance, je vous remercie de tout mon cœur de votre don

et je vous souhaite d’excellentes fêtes de fin d’année.

Daniel Jositsch,

président central de la SEC Suisse


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