Objectif en vue - Ile-de-France

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Objectif en vue - Ile-de-France

REPÈRES

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à la une 9

© Laurent Villeret/Dolce Vita/Picturetank

Reportage à l’Institut des métiers de l’artisanat

Villiers-le-Bel réconcilie

enseignants et entreprises

À l'Institut des métiers de l'artisanat de Villiersle-Bel

(95), le taux de ruptures de contrats

d'apprentissage est passé de 29 % en 2004 à

moins de 15 % aujourd'hui. Explications.

PASSERELLE h Préparant son CAP mécanique

auto à l’Institut des métiers de l’artisanat

(IMA) de Villiers-le-Bel, Damien a

déjà, à 16 ans, un pied dans l’entreprise. Il

travaille actuellement à Piscop (95), dans

un petit garage spécialisé dans la réparation

de 2 CV et de Méhari. Pour lui, pas

question de s’arrêter en chemin, au moins

jusqu’au bac pro. « Il faudra alors trouver

un autre employeur, explique Abdallah

Lachhab, directeur de l’IMA. Pour le bac

pro, le garage doit être équipé en diagnostic. »

Et d’ajouter : « Nous trouverons facilement. »

Cet ancien professeur de mathématiques

connaît chaque apprenti et chaque entreprise

du secteur. C’est qu’ici, depuis 2004,

les liens entre le lieu de formation et le

monde du travail ont été consolidés. « J’étais

face à une équation simple, résume-t-il.

J’avais en face de moi des employeurs qui

nous reprochaient d’être trop éloignés de

leurs réalités. Et des équipes pédagogiques

qui estimaient que les patrons voyaient dans

le jeune une main-d’œuvre bon marché…

Aujourd’hui, tout le monde joue le jeu. »

Illustration de ce changement de culture, le

carnet de liaison, trop scolaire, est devenu

un livret d’apprentissage complet. Pour

peu qu'il prenne le temps de s'y arrêter,

le maître d’apprentissage y découvrira le

plan de formation du jeune. Dans l’idéal,

il peut voir quelles sont les techniques que

l’apprenti vient d'acquérir à l’IMA et ajuster

le travail qu’il lui demande. C’est aussi vrai

pour les enseignants, qui savent quelles

sont les tâches réalisées, ou non, par l’apprenti

en entreprise. Ils peuvent, dès lors,

accompagner le mouvement, combler les

lacunes, voire rappeler au chef d’entreprise

son devoir de formation… ou l’éclairer sur

la personnalité du jeune.

De la rupture aux félicitations

C’est ce que vient de faire la professeure de

français, Safya Okba, dépêchée en urgence

dans une PME d'Ermont-Eaubonne (95).

« L’employeur et l’apprenti étaient au bord

de la rupture de contrat. Après avoir échangé

avec le chef d'entreprise et l'avoir éclairé sur

le parcours du jeune, ses résultats à l’IMA et

son contexte familial, il a révisé son jugement.

Alors que j’allais partir, il a appelé le

jeune pour le féliciter… » Les résultats de

cette coopération sont au rendez-vous :

le nombre de ruptures de contrats a été

divisé par deux en quinze ans. Du coup,

la démarche qui avait été impulsée dans

le pôle auto vient d’être généralisée aux

métiers de la boulangerie, de la pâtisserie

et de la cuisine. l

Pierre Chapdelaine

à 16 ans, Damien se partage entre les cours du CFA et son travail dans un garage de Piscop (95).

800 métiers :

l’apprentissage

concerne

tous les secteurs

professionnels, de

la banque à l'artisanat

d'art, de l'industrie aux

services à la personne…

25

ans : c’est

la limite d’âge

pour signer un contrat

d’apprentissage. On peut

devenir apprenti à l’âge

de 16 ans, voire à 15 ans,

à condition d’avoir réussi

sa classe de 3 e .

70

% des apprentis

franciliens

trouvent un emploi à

l’issue de leur formation

et, parmi eux, 70 %

décrochent un contrat

à durée indéterminée.

44

% des apprentis

franciliens

travaillent dans des

formations de niveaux 1,

2 ou 3, pour devenir

cadres, ingénieurs ou

techniciens supérieurs.

436 apprentis,

c’est le

nombre moyen de jeunes

accueillis dans un CFA

en Île-de-France.

382 millions

d’euros,

c'est le budget 2011

de la Région en faveur

de l’apprentissage.

3

diplômes, le CAP,

le bac pro et le

BTS, regroupent la

moitié des apprentis

franciliens.

29

% des apprentis

franciliens

viennent se former à

Paris, 28% en première

couronne et 44% en

grande couronne.

SAVOIR +

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Sur le site Internet

www.iledefrance.fr

• Trouvez, grâce à notre

moteur de recherche

par département, métier

et diplôme, toutes

les formations dans

les CFA et les lycées

professionnels.

• Découvrez les parcours

d’apprentis : Julien,

Sonia, élodie, Nasrine…

• Revivez les

Apprentiscènes 2011

et les Olympiades

des métiers.

point de vue |

« Un pilier du

bouclier social »

Emmanuel Maurel,

vice-président chargé de la formation

professionnelle, de l’apprentissage

et de l’alternance

h En cinq ans, le nombre de

jeunes Franciliens qui choisissent

l’apprentissage a augmende 40 %,

y compris ces deux dernières années,

malgré la crise. Cette augmentation,

la Région l’a accompagnée

en investissant toujours plus dans

cette formation, avec, pour 2011,

un budget de 382 millions d’euros.

h Nous croyons aux vertus

de l’apprentissage. Mais le

développement quantitatif passe

nécessairement par la qualité. C’est

pourquoi nous voulons renforcer le

lien entre les CFA et les entreprises et

mettre en place un accompagnement

pédagogique personnalisé. Dans ces

conditions, l’apprentissage devient

une voie d’excellence vers l’emploi et

un pilier du bouclier social que nous

voulons bâtir en Île-de-France. Il faut

aussi travailler sur l’évolution de nos

formations, favoriser l’émergence de

nouveaux métiers, adapter les

professions existantes à la nouvelle

donne environnementale : à présent,

un chauffagiste doit maîtriser les

enjeux du développement durable.

h Cette année, la Région engage

une modification des règles de

financement pour le fonctionnement

des centres de formation des

apprentis. Nous voulons insuffler plus

d’équité entre eux. Nous allons aussi

mettre en place une vraie politique

patrimoniale dans l’apprentissage,

comme pour les lycées. Quand on

finance une opération immobilière

à hauteur de 80 %, c’est une question

légitime. Enfin, nous engageons

une réforme des primes versées

aux entreprises qui recrutent

des apprentis. Nous voulons aider

davantage les très petites entreprises

et celles qui emploient des jeunes

en CAP ou en bac pro. Avec cette

réforme, l’apprentissage gagnera en

justice, en simplicité et en efficacité.

© Cyrus Cornut/Dolce Vita/Picturetank

îLE-DE-FRANCE | av r i l- m a i 2 0 1 1 | Nº 34

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