Edimbourg - Magazine Sports et Loisirs

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Edimbourg - Magazine Sports et Loisirs

ÉVASION DANS L’HISTOIRE...

ÉDIMBOURG / ÉCOSSE

Claire Buart

Photos : Claire Buart /

The Balmoral

Edimbourg

L’ensorceleuse

Jadis capitale des rois d’Ecosse,

berceau de la Réforme et aujourd’hui siège

du Parlement écossais, Edimbourg et sa topographie

déroutante semble tout droit sortie d’un roman de J.K Rowling.

Mais si la rivale de Glasgow use et abuse parfois de certains clichés, c’est

pour mieux ensorceler le voyageur. Pris dans ses rêts, il tombe sous le charme

de cette ville fantasque à la croisée de tous les arts et qui se flatte d’un

patrimoine architectural remontant jusqu’au XII e siècle.

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Les dessous de l’Histoire

Sagement garés les uns derrière les

autres, les taxis aux airs de « toon »

avalent les voyageurs fraîchement

atterris sur le sol des Highlands.

« Good morrrning. » Décor planté: ici

on roule les « r » et bien sûr à

droite… Jusqu’au XIX e siècle, la

langue commune était celle des

Lowlands Scots ou Lollands. Aujourd’hui,

l’accent est dense même

s’il est moins prononcé qu’à Glascow.

Entre l’argot coloré des romans

d’Irvin Welsh et le morningside accent,

les voyelles se font rebelles et

les « gerls » (girls) passent sur les

« bredges » (bridges) pour rejoindre

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des « fraynds » (friends). L’arrivée

en ville par l’artère principale

« Princes Street » permet de comprendre

l’histoire de la patrie de

Tony Blair. Edimbourg est duelle:

perché sur son piton volcanique,

Castle Rock (aujourd’hui pris d’assaut

par les touristes) et la Old Town

(partie médiévale) avec ses quartiers

géorgiens édifiés à la fin du XVIII e autour

de façades à perron et de jardins

circulaires ; délimitée par Andrew

Square et Charlotte Square, la New

Town, dessinée par James Craig,

sorte de vitrine de luxe colonisée

par les banques, les bureaux et les

bars branchés. La confrontation de

ces deux univers s’effectue sur Princes

Street, artère commerçante et

touristique où bat le pouls de la cité.

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Débuter l’entrée dans Edimbourg

par la visite de la vieille

ville éclaire sur l’évolution de la

topographie. L’explosion démographique

du XIX e siècle (la population

quadruple pour atteindre

400 000 habitants, à peine

moins qu’aujourd’hui) et l’afflux

d’immigrants irlandais

chassés par la famine et se ruant

sur les logements de la Old

Town, imposent aux autorités

de créer, par souci d’hygiène,

une ville, entièrement nouvelle

et séparée de l’ancienne par un

espace vide où ont prospéré des

jardins et les principales institutions

artistiques comme la

Scottish Academy et le Musée

des Beaux-Arts. Inscrite au Patrimoine

mondial de l’humanité

par l’Unesco, la Old Town

étend ses venelles gothiques où

résonnent encore les bruits de

son passé. Equipez-vous de

bonnes chaussures pour partir

à l’assaut de ces boyaux (close)

qui relient le bas et le haut de la

ville. En quittant l’esplanade

du château, on passe devant

l’église néogothique du Tolbooth

Kirk « The Hub » (XIX e )

et sa flèche octogonale de 75m

pour descendre vers le Royal

Mile, High Street et ses immeubles

du XV e . On longe St Giles

Cathedral, haut lieu de la Réforme

écossaise et le tout nouveau

Parlement. Faites un détour

dans le quartier cosmopolite

et coloré de Grassmarket.

L’ancien marché au bétail, qui

était aussi un lieu d’exécution

publique, garde en mémoire les

actes meurtriers de Burke et

Hare qui étouffaient leurs victimes

dans une ruelle aujourd’hui

disparue. Le passé

sombre a fait place à une rue

bordée de terrasses de cafés où

il fait bon faire une pause. De

Grassmarket, on poursuit l’exploration

de la ville en poussant

jusqu’au Royal Mile Canongate,

un quartier moins fréquenté

que High Street, où les

demeures historiques cachent

des jardins de langues herbeuses

et de lits de lavande. Il vous

faudra prendre un taxi si vous

voulez profiter de la vue de Holyrood.

De l’ancien terrain de

chasse des rois d’Ecosse fait de

collines, landes, locks et prairies,

on plonge sur Edimbourg

et le Scottish Parliament et Holyrood

Palace, résidence officielle

de la reine.

Prenez le temps d’un verre ou

d’un lunch sur l’une des terrasses

flottantes du port de Leith.

La rive pavée a un charme romantique

entre vieux entrepôts

victoriens, tavernes typiques et

bars branchés.

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St Giles Cathedral :

Dédiée au patron

des lépreux, la

cathédrale s’élève

sur un sanctuaire

du IX e siècle. Elle fut

un haut lieu de la

Réforme écossaise.

The Hub : Cette

église néogothique

bâtie au XIX e siècle a

été restaurée pour

accueillir le centre

d’informations et la

billetterie du Festival

d’Edimbourg.

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Aux confins des genres

Nul mieux que Stevenson n’a

percé la schizophrénie de cette

ville complexe qu’il raconte dans

son Dr Jekyll et Mr Hyde. Et c’est

vrai qu’Edimbourg est un curieux

mélange, entre roman historique,

fantastique et réaliste qui foisonne

d’anecdotes et de matière. En

2004, elle est d’ailleurs désignée

« capitale de la littérature » par

l’Unesco. Son héritage, elle le

puise essentiellement aux XVIII e

et XIX e siècles. Sur les bancs de

l’université (une des plus prestigieuses

d’Europe), James Barrie,

père de Peter Pan mais aussi Arthur

Conan Doyle dont le personnage

Sherlock Holmes fut inspiré

par son professeur de médecine.

Daniel Defoe, l’auteur de Robinson

Crusoé vécut dans Moubray

House, la plus ancienne maison

de la ville sur High Street (Royal

Mile). Le Scott Monument hérisse

sa flèche noire sur Princes

Street. Cet édifice tarabiscoté dont

on peut gravir les 287 marches

et qui semble tout droit sorti du

Seigneur des Anneaux de Tolkien

fut érigé en l’honneur de Sir

Walter Scott, le romantique auteur

d’Ivanhoé. La gare Waverley

qui jouxte le monument, porte le

nom d’un de ses romans. La ville

se met en scène aussi à travers un

passé trouble où les personnages

légendaires croisent des fantômes

séculaires. Chasses aux sorcières,

bodysnatchers (déterreurs

de cadavres…), tueurs en séries :

les Edimbourgeois sont friands

de ces histoires macabres qui participent

à l’identité de la ville.

Fantasque et festive, petite mais

dynamique, Edimbourg devient

aussi en août le plus grand Festival

artistique du monde et une

frénésie culturelle s’empare alors

de la ville.

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Les dessous du Kilt : le

kilt traditionnel, plat sur

le devant et plissé sur

l’arrière, peut utiliser

jusqu’à 7 m de tissu et

doit retomber juste audessus

du genou. Il est

agrémenté de broche,

besace et poignard. Ne

rien porter sous son kilt

permettait d’impressionner

l’ennemi en cas

de conflit… L’évolution

des mœurs et les règles

de la bienséance obligent,

seuls quelques

irréductibles gardent la

tenue d’Adam sous

l’habit mythique.

Scott Monument :

Cette fantaisie néogothique

conçue en

1846 est ornée de

64 personnages piochés

dans les romans

de Walter Scott. La

vue du haut de la flèche

est sublime.

Château : Cette forteresse

aux aspects

imprenables a souvent

changé de mains au fil

des siècles et des luttes

entre Ecossais et

Anglais. Dans son

enceinte : la Mills

Mount Battery dont le

canon tire un coup

solennel chaque jour

de la semaine, la

St Margaret’s Chapel,

édifice le plus ancien

de la ville, le palais

(XV e et XV e ) et le

musée des Scottish

United Services, souvenirs

historiques.

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Palace : le Balmoral

Héros incontournable de ce parcours

romanesque : le Balmoral. Trait

d’union entre la Old Town et la New

Town, l’hôtel dresse sa célèbre clock tower.

Construit en 1895 par W. Hamilton

Beattie et A.R. Scott, il est alors la

propriété de la North British Railway

Company. Ouvert en 1902, celui qu’on

appelle alors le North British Station

Hotel se met à l’heure édimbourgeoise

et règle son horloge avec 2 minutes

d’avance sur l’heure classique. Aucun

usager ne pouvait ainsi manquer son

train ! C’est toujours le cas aujourd’hui

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sauf le 31 décembre : pas question

d’avoir 2 minutes de retard

pour célébrer le Nouvel An !

Dans les années 60, stars, princesses,

hommes politiques se

pressent dans ce décor victorien

à la fois romantique et impertinent.

C’est en 91 qu’il

change d’identité et après des

travaux, il retrouve la splendeur

du passé sous le nom de Balmoral

et devient en 97 le premier

hôtel de la Collection

Rocco Forte. Depuis, l’établissement

(188 chambres dont 20

suites) ne cesse de rafler les

prix et les récompenses. Loin

de s’enfermer dans les clichés,

il mêle empreintes sages victoriennes

et style contemporain.

Entièrement rénové en 2004,

l’hôtel célèbre la nature écossaise

et la nostalgie du passé.

Lin, soie, laine et daim rappellent

les couleurs de la lande, la

brume et les bruyères des Highlands.

Statues en bronze, tartans

et tweed, aigles dorés, littérature

écossaise, cuir, bois

sombres composent un décor

victorien et moderne. Avec ses

hauts plafonds et ses tourelles,

l’hôtel a des airs de château

d’où l’on guette Castle Rock,

la mer, Calton Hill (l’Acropole

d’Edimbourg) ou Holyrood

Park. L’arrivée dans l’immense

hall a d’ailleurs quelque chose

de théâtral. Plus qu’un hôtel, le

Balmoral est à la croisée des

arts : au restaurant gastronomique

l’Hadrian’s (une étoile

Michelin), Jeff Bland raconte

une cuisine raffinée aux accents

du terroir ; Champagne

ou thés au Bollinger Bar, la

ronde des philtres est cosmopolite.

Quant aux chambres,

elles portent toutes l’identité

d’un lieu écossais. La suite 552

est devenue la suite « J.K.

Rowling » après que la célèbre

créatrice d’Harry Potter ait mis

le point final au tome « Harry

Potter and the Deathly Hallows

». Enfin, parenthèse exclusive

de la trame narrative

de l’hôtel, les soins holistiques

Ytsara au spa, récompensé lui

aussi par le Condé Nast Traveller

en 2007.

Edimbourg ouvre des pages où

chacun peut déployer une imagination

foisonnante et il y a

bien plus à lire que des airs de

cornemuse ou des monstres sortant

d’un lock ténébreux. Son

charme savoureux opère

comme la puissance épicée

d’un Talister ou la douceur florale

d’un Glennkinchie. Celle

que Scott appelait l’Impératrice

du Nord distille dans les veines

du visiteur sa potion magique.

Informations pratiques

The Balmoral

1 Princes Street. Edinburgh

+44 (0) 131 556 2414

www.roccofortecollection.com

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