20e_rapport_sur_letat_du_mal-logement_en_france_2015_-_chapitre_2_-_1995-2015_pourquoi_la_france_est-elle_bloquee_dans_la_crise_du_logement

abbe.pierre

20e_rapport_sur_letat_du_mal-logement_en_france_2015_-_chapitre_2_-_1995-2015_pourquoi_la_france_est-elle_bloquee_dans_la_crise_du_logement

1995-2015 – Pourquoi la France est-elle bloquée

dans la crise du logement

l’effet de la progression inconsidérée des loyers dans le parc locatif

privé,

– émergence de nouvelles formes d’habitat dégradé (copropriétés

dégradées ou la précarité énergétique par exemple), alors que le confort

sanitaire du parc de logements s’est globalement considérablement

amélioré,

– permanence des difficultés de maintien dans le logement liées aux

ruptures familiales et à l’insécurité financière dans laquelle se trouvent

de nombreux ménages alors que le pouvoir solvabilisateur des aides

personnelles au logement s’est érodé,

– absence de perspectives résidentielles pour de très nombreux ménages

des couches populaires comme en témoignent notamment le faible

taux de rotation du parc Hlm et les difficultés d’accès à la propriété

pour les ménages modestes.

introduction

Ces évolutions conduisent à une stabilisation des chiffres du mallogement

à un haut niveau : près de 10 millions de personnes sont en

situation de fragilité par rapport au logement, dont 3,5 millions mallogées

au sens strict. Des chiffres qui d’ailleurs minimisent la réalité

car ils ne prennent pas en compte toutes les manifestations du mallogement

— par exemple tous ceux qui subissent un effort financier

excessif.

Ces chiffres du mal-logement interrogent évidemment les politiques du

logement conduites depuis deux décennies alors que la France engage

chaque année plus de 40 milliards d’aides publiques en faveur du

logement. Cette interrogation porte d’abord sur l’efficacité de ces aides

et plus largement sur les objectifs et la mise en œuvre des politiques du

logement. L’exercice est d’autant plus important à conduire aujourd’hui

que, dans une période d’injonction à la maîtrise de la dépense

publique, le logement apparaît souvent comme un gisement potentiel

d’économies.

Les oppositions à la loi Alur, la remise en cause plus ou moins explicite de

la crise du logement, les doutes concernant l’efficacité de l’intervention

publique, la nécessité de dégager des économies dans les dépenses

publiques ont réactivé le débat sur la politique du logement et suscité

des controverses qui, pour n’être pas nouvelles, s’expriment avec une

certaine virulence et empêchent la mise en oeuvre de solutions efficaces,

faute de consensus intellectuel solide sur lequel s’appuyer. Parmi ces

obstacles idéologiques ou politiques figurent certains clivages que nous

analyserons.

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Ce chapitre ne cherche pas à pointer du doigt un quelconque boucémissaire

à la crise du logement, ni même à isoler un ou deux facteurs

explicatifs, mais à identifier et analyser plusieurs grands verrous,

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