Dynamisme 224 - Union Wallonne des Entreprises

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Dynamisme 224 - Union Wallonne des Entreprises

PÉRIODIQUE BIMESTRIEL DE L’UWE Mars-Avril 2010 | Numéro 224

L’entreprise par ceux qui la font

JEAN-FRANÇOIS HERIS

(AGC GLASS EUROPE)

Je rêve d’un verre

qui transformerait

le CO 2 en oxygène

ENQUÊTE

Ces entreprises qui

embauchent malgré la crise

GRAND ANGLE | L'Intelligence Stratégique

EXPERTISE | Spécial Environnement


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Editorial

Jean-Pierre DELWART,

Président de l’Union

Wallonne des Entreprises

"Les entreprises

wallonnes recrutent

encore et toujours

du personnel"

Chemin du Stockoy 3

B-1300 Wavre

Tél: 010 47 19 40

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Halte au lavage de cerveau !

C'

était l'an dernier, un peu partout la chasse au patron était lancée. Il fallait

trouver des responsables à la crise. Il ne se passait pas un jour sans

que l’on pointe du doigt le monde de l’entreprise, dont la seule finalité

serait de procéder à des restructurations, supprimer le plus d’emplois possible

et augmenter les dividendes pour des actionnaires sans foi ni loi. Un véritable

lavage de cerveau ! Et pourtant, comme vous le lirez dans ce magazine, nos

entreprises, en Wallonie, continuent d’embaucher. Malgré la crise…

Malgré la crise, les entreprises wallonnes recrutent donc encore et toujours du

personnel –des milliers d’emplois- et créent donc de la richesse pour l’ensemble

de la société wallonne et pour tous les Wallons. D’autres milliers d’emplois

restent non pourvus. Alors, pas d’emplois ? Il faudrait arrêter la «chasse aux

chômeurs» décrite par certains comme excessive voire inutile parce qu’il n’y a

pas d’emplois ? Faux : il suffit d’aller chaque jour sur la homepage du site du

Forem ou de lire quelques uns des témoignages que nous avons rassemblés.

Il y a de l’emploi. Peut-être pas pour tout le monde, mais il y en a et pas un peu…

Mais il faudrait se rendre compte que d’autres attitudes, déraisonnables,

menacent bien plus l’emploi. Elles menacent l’emploi existant et l’emploi à venir

en faisant peser des menaces sur des investissements. Elles ternissent l’image

d’une région qui n’en a pas besoin et peuvent ruiner des années d’efforts pour

attirer de nouveaux investisseurs. A ce titre, la grève menée au mois de mars

chez Techspace Aero interpelle. Dans les circonstances actuelles, en pleine

crise, l’UWE ne pouvait que s’étonner du mouvement de grève des ouvriers de

Techspace Aero, avec présence de piquets.

En effet, Techspace Aero ne comptait procéder à aucune restructuration !

Il n’y avait donc aucune perte d’emploi, malgré une légère baisse d’activités.

En demandant la prépension à 58 ans aux mêmes conditions que dans la

convention antérieure, le personnel ouvrier entendait donc quitter l’entreprise,

de sa propre initiative, prématurément, et aux frais de celle-ci et de la collectivité.

Les syndicats ouvriers disaient se battre ainsi pour l'emploi des jeunes.

S'il y avait une relation entre la prépension et l'emploi des jeunes, la Wallonie

n'aurait pas un taux de chômage des moins de 25 ans parmi les plus élevés

d'Europe. De plus, Techspace Aero a embauché 250 jeunes, toutes catégories

confondues, depuis 2006. Cherchez l’erreur !

Plus grave : Techspace Aero avait proposé des mesures alternatives afin de

ne pas priver l’entreprise de moyens pour réaliser certains investissements

indispensables à son futur et donc à celui de son personnel.

Accepter ces prépensions, c'était continuer à augmenter le coût du travail en

Wallonie et ouvrir tout grand la porte à des délocalisations dans les pays à bas

coûts. On peut peut-être supporter des salaires supérieurs à ceux de nos pays

voisins grâce à une bonne productivité, mais on ne peut obliger une entreprise

à dépenser en pure perte plus de 100.000 euros par personne pour faire partir

à 58 ans des compétences nécessaires à l'entreprise. C'est le meilleur moyen

pour convaincre les actionnaires de nos entreprises industrielles d'investir

ailleurs. Dans la période actuelle, cette demande heurtait toute logique de bon

sens. L’UWE a demandé que la raison l’emporte, sans succès au moment de

rédiger cet édito, malgré un pré-accord.

Du bon sens, c’est la philosophie du développement durable.

C’est le fil rouge de ce numéro de Dynamisme

Jean-Pierre Delwart

Dynamisme Mars-Avril 2010 .3


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A 4

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dans tous les aspects de leur projet (recherche

de partenariat financier mais aussi conseils

urbanistiques, architecturaux, énergétiques et mobilité).

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L’invité / Plein feu

JEAN-FRANÇOIS HERIS,

PRESIDENT & CEO D’AGC GLASS EUROPE

Objectifs verts pour le verre !

Energie, environnement, recherche et développement, mobilité, les défis

d’un géant verrier dépassent largement le cadre de la fabrication

du verre. D’autant plus que le groupe AGC, premier verrier

mondial, est aussi actif dans la chimie et l’électronique.

Développement durable, performance et innovation sont au

cœur de la stratégie du groupe, qui installe en Belgique

son second centre de recherche au niveau mondial.

Une belle récompense de l’expertise locale et un gage

de pérennisation des activités sur notre territoire.

"LE BUT

ULTIME D’UNE

ENTREPRISE, C’EST

AMÉLIORER LA VIE

DES GENS"

par Yves-Etienne MASSART

"PLUS DE FEMMES DANS

LE COMITÉ EXÉCUTIF,

CE N’EST PAS FACILE

DANS L’INDUSTRIE, MAIS

C’EST MON CHALLENGE

POUR L’AVENIR !"

6. Dynamisme Mars-Avril 2010


peut-être un détail, mais

il est révélateur. Lorsqu’il

C’est

reçoit autour de la table du

comité exécutif d’AGC Glass Europe,

Jean-François Heris ne s’assied pas

en bout de table. Il ne préside pas

son comité, il s’assied au milieu des

équipes. Primus inter pares ? Une

approche certainement influencée par

son parcours, entièrement dédié au

groupe qui est devenu aujourd’hui AGC

Glass Europe. Un homme du sérail,

issu des équipes et qui tient à montrer

qu’il en partage toutes les valeurs.

La salle de réunion du comité exécutif

est attenante au bureau du CEO.

Jean-François Heris est donc au cœur

du centre nerveux du QG belge et

européen du numéro un mondial du

verre. Un leader mondial qui a connu

une année difficile en Europe en 2009,

car son activité est cyclique et dépend

principalement de deux gros secteurs

: la construction et l’automobile. "C’est

surtout le premier trimestre de l’année

dernière qui s’est révélé délicat : tous

les producteurs verriers ont dû mettre

en place des réductions de capacités,

puis ont connu une embellie avec

une reconstitution des stocks vers

le troisième trimestre. Pour 2010, la

situation est un peu différente, mais

elle est influencée par les «incentives»

mis en place par les gouvernements".

Notamment en ce qui concerne

l’automobile et ses plans de relance.

La Wallonie n’a pas réagi différemment

des autres régions d’implantation du

groupe, mais le contraire aurait été

étonnant. Et Jean-François Heris

de préciser : "Nos activités sont

vraiment transfrontalières : les

verres produits en Wallonie

ne sont généralement pas destinés

qu’au seul marché local et subissent

les effets du déclin généralisé de la

demande. Seule réserve et elle est

positive : la Belgique a globalement

mieux résisté que d’autres pays

européens dans la construction".

Quant à la sortie de crise, le CEO d’AGC

pointe un élément perturbateur :

"Pour la construction, on est dans

une industrie cyclique et le très long

et rigoureux hiver n’a pas aidé à la

reprise rapide. Les entrepreneurs et

nous attendons donc le printemps

avec impatience. Quant au secteur

automobile, la situation est meilleure

que dans le bâtiment, mais la fin des

incitants sera peut-être synonyme de

nouveau creux".

La stratégie face à la crise a été

double : "tout d’abord défensive,

prudente, avec les outils habituels :

nécessité de générer du cash,

gestion serrée des stocks, limitation

des investissements et réduction

des coûts tous azimuts. Approche

volontariste par contre avec

l’augmentation de nos budgets de

R&D en 2009, afin de nous préparer

à la sortie de crise. On a fait ce que

j’appelle de la gestion de dilemmes".

Pierre angulaire

et objectif prioritaire

Les plans et les stratégies

d’innovation ont été conçus pour que

le groupe sorte renforcé de la crise et

plus performant que ses concurrents.

C’est en tout cas l’analyse de Jean-

François Heris. "Avec la volonté

inébranlable d’étendre sans cesse

le registre des fonctions du verre

(confort, maîtrise de l’énergie, santé

et sécurité, esthétique,…) et d’offrir

ainsi une solution aux problèmes de

société, comme pour la problématique

du climat en particulier".

Le CEO d’AGC a déjà réussi un autre

positionnement, celui de la Wallonie

sur la carte de la recherche du

groupe AGC. Grâce à de nouvelles

installations à Gosselies, le centre

R&D d’AGC Glass Europe est en effet

appelé à devenir Centre d’Excellence

mondial en verre plat du groupe

AGC, soit son deuxième centre R&D

à côté de Yokohama (Japon).. "C’est

une reconnaissance des résultats qui

y ont été obtenus et également une

marque de confiance en l’avenir de

la part de notre actionnaire. Et puis,

très important, c’est une source de

motivation pour tout notre personnel".

Sur le plan du business, la mise sur le

marché de nouveaux produits va s’en

trouver accélérée. "Et, ce qui ne gâche

rien : nous avons pour habitude de

les mettre en pré-développement, en

pré-industrialisation, dans les usines

qui sont proches du centre R&D". Un

motif de fierté pour lui et l’ensemble

du management, car pour la Belgique

et pour la Wallonie en particulier, cela

se traduit en emplois directs dans

ce nouveau centre R&D, mais aussi

dans les usines qui y sont rattachées :

Moustier, Seneffe, Lodelinsart et Roux

en ce qui concerne la Wallonie. "Nous

étions déjà bien placés en Europe,

sachant que le Japon se consacre

davantage au verre pour displays qui

équipe par exemple les téléviseurs.

Rien n’était acquis, tout était possible,

mais au final le plus important, c’est

que ce centre R&D soit chez nous".

AGC en chiffres

Au niveau mondial, AGC est le premier

groupe verrier, aussi actif dans la chimie et

l’électronique.

• Un chiffre d’affaires de près de 9 milliards

d’euros en 2009, en régression sensible

par rapport à 2008. Résultat net : environ

150 millions d’euros.

• Un effectif mondial d’une cinquantaine de

milliers de personnes, dont 13.500 pour les

activités européennes (AGC Glass Europe),

qui génèrent un chiffre d’affaires de

1,7 milliard d’euros. Rien qu’en Belgique,

AGC emploie 3.700 personnes, dont la

majorité, environ 2.000, travaille dans

les sites wallons du groupe.

Dynamisme Mars-Avril 2010 .7


L’invité / A la tribune de l’UWE

Manager c’est...

Jean-François Heris est l’incarnation de

la gouvernance humaine prônée par AGC

au niveau européen. Ingénieur civil ULB, il

a intégré l’ex-Glaverbel pour y gravir tous

les échelons. La promotion interne est la

pierre angulaire du management humain

maison. "C’est essentiel pour la motivation

du personnel et une nomination en interne

comme la mienne est un signal fort pour tous".

Pourtant, il ne s’est jamais vu à ce poste,

son accession serait le fruit d’un cocktail de

chance, de hasard, d’opportunité pour la bonne

personne au bon moment. Il se veut ouvert et

délègue facilement si la relation de confiance

est bonne. Il attend en échange que les

équipes se donnent à fond.

Autre principe de l’entreprise, la culture du

débat et la diversité, en termes de culture,

de profils et de parcours. Au niveau du

comité exécutif d’AGC Glass Europe, ce sont

par exemple 5 nationalités qui se côtoient

aujourd’hui. L’objectif du patron, c’est

d’amener l’équipe à son meilleur niveau,

personne ne pouvant être à la fois le meilleur

en termes de management et de leadership.

• garder le cap de la vision et de la stratégie

en essayant d’anticiper les tendances

• garder un focus sur la valeur ajoutée

apportée à tous les stakeholders : très

souvent l’innovation permet d’éviter des

arbitrages et des consensus mous

• bien s’entourer

• continuer à apprendre

• écouter

• garder à l’esprit les aspects humains dans

les décisions business : c’est un engagement

fort dans notre gouvernance humaine.

Management vert

L’innovation est la pierre angulaire de

la stratégie depuis de nombreuses

années. "Pouvoir s’appuyer sur

un centre de recherche proche du

centre de décision est essentiel

pour la rapidité d’exécution de la

stratégie. Et les usines wallonnes

sont très bien équipées pour

procéder à la phase systématique

de pré-industrialisation". Lorsque

le marché le demande, viennent

alors l’industrialisation et la

commercialisation au départ de

ces usines. Une deuxième phase

intervient lorsque le marché atteint

une taille critique : "on généralise

ces nouvelles technologies partout

en Europe, en s’adaptant à chaque

marché régional".

L’occasion de souligner qu’un nombre

important d’entreprises wallonnes

ont des centres de recherche et

de décision en Wallonie : "AGC

n’est pas le seul en effet. Je suis

convaincu que si on veut une

politique claire et efficace en matière

d’industrialisation en Europe, cela

passe par l’innovation. Et dans cette

approche, la proximité avec le centre

de décision est importante".

Objectifs verts

Les atouts d’AGC ? Jean-François

Heris place en premier lieu le

personnel de l’entreprise. "Et

puis, il y a aussi l’étendue de notre

gamme de produits qui, en évolution

constante, font du verre un matériau

indispensable pour le bâtiment,

l’automobile et l’industrie solaire".

De quoi permettre à l’entreprise de

poursuivre une croissance durable.

Croissance également selon trois

axes : "croissance géographique,

croissance en termes de produits et

croissance dans la chaîne de valeur".

Le bâtiment aura un rôle très

important à jouer pour atteindre

les objectifs fixés par l’Europe en

matière de rejet de CO 2 à l’horizon

2020. Et dans le bâtiment, le verre a

un rôle crucial. "Les performances

de nos verres (verre superisolant,

triple vitrage, vitrage sous vide) sont

aujourd’hui telles qu’elles égalent

celles d’un mur bien isolé !

Avec, en plus, le bénéfice de la

transparence et de l’apport de

chaleur gratuite. Et puis, au fond

de moi, je nourris toujours le rêve

qu’AGC invente un verre qui permette

de transformer le CO 2 en oxygène…"

Le sixième pôle de compétitivité,

lié aux nouvelles technologies

environnementales, est un challenge

pour le secteur, "mais il ne doit pas

être en compétition avec les cinq

autres. Nous sommes déjà très actifs

dans Mecatech et il y a bien entendu

des technologies environnementales

dans les cinq pôles existants.

Il faut donc qu’il apporte une valeur

ajoutée et de la transversalité.

A notre niveau, que ce soit en chimie

ou en construction, nous sommes

partants !". Il rejoint là d’autres

acteurs ou observateurs en insistant

pour que ce sixième pôle ne soit

pas «monopolaire», qu’il ait des

projets concrets et qu’il représente

un avantage compétitif pour pouvoir

exporter ces technologies.

Pour lui, la crise peut être une

bonne chose pour le monde si elle

permet de prendre conscience des

vrais grands défis qui se présentent.

"Certains comportements vont

changer, ce n’est pas plus mal. Au

niveau européen, cette crise doit

permettre à l’industrie de faire

comprendre qu’il est essentiel de

la défendre". En Wallonie, il pointe

dans la colonne positive le Plan

Marshall, mais en négatif, il enfonce

une porte maintes fois ouverte

par l’UWE : "il est grand temps

d’avoir un autre Plan Marshall,

mais pour l’enseignement cette

fois. Il est temps d’être proactif

et volontariste : c’est notre seul

salut en Wallonie !". Des positions

tranchées qui n’étonnent pas chez

un manager qui est très loin (c’est

un euphémisme) d’être un partisan

d’un consensus mou . Exemple à

la clé dans son entreprise : pour

éviter les débats sans fins et les

solutions alambiquées, il a mis

l’innovation au cœur de la stratégie.

Le dénominateur commun pour

garder le cap malgré les dilemmes,

c’est l’innovation.

Toute l’approche d’AGC part aussi de la recherche : "70%

de nos projets de recherche ont trait à l’environnement,

de près ou de loin. L’énergie est aussi pour nous un défi

important, car nous consommons beaucoup d’énergie,

ce qui entraîne un niveau élevé d’émissions de CO 2. Mais,

grâce à nos produits (verre pour isolation thermique et

contrôle solaire, verres pour applications solaires,…), nous

permettons à la société d’économiser plus de carbone que

nous n’en produisons. Notre bilan carbone est négatif ! Nos

procédés industriels consomment beaucoup d’énergie,

mais là aussi, l’innovation vient à point".

Innovation appliquée, puisqu’AGC a mis en place, il y a

2 ans, un four tout à fait révolutionnaire, première mondiale

en terme de combustion. Ce four réduit notamment la

consommation d’énergie de 25 %.

Une mesure spectaculaire, "qui a nécessité de prendre des

risques au niveau du comité exécutif et des actionnaires. Au

final, en terme de procédé, c’est une action porte-drapeau,

mais n’oublions pas tout ce que nous faisons en marge de

la consommation d’énergies fossiles ou autres. Le tout

couplé à d’autres objectifs environnementaux tel que la

consommation d’eau par exemple".

8. Dynamisme Mars-Avril 2010


24 heures chrono

matin

Il n’est pas particulièrement lève-tôt : le réveil est

programmé pour lui permettre de partir au bureau

vers 8h00. Il n’arrive pas avant tout le monde,

mais il repart plutôt après tout t le monde.

8h40

Arrivée au bureau, alors que le trajet lui

a souvent déjà permis de beaucoup

travailler. La matinée se passe en

réunions, mises au point d’agenda. da.

midi

Le lundi, lunch léger et réunion

du board. Les autres jours :

sandwich ou salade, en compagnie

de l’un ou l’autre collaborateur.

après-midi

L’après-midi se passe davantage en

extérieurs : en clientèle, à la fédération

ou dans d’autres réunions.

20h0000

En fonction du programme : retour

au domicile vers 20 heures

soirée

Loin d’être un couche-tôt, il tient

beaucoup à garder une vie sociale

et familiale, une «vie après le

travail» et en dehors du travail. ail.

QUAND IL N’EST PAS AU

JAPON DANS LA MAISON

MÈRE OU AILLEURS

EN EUROPE DANS

LES USINES

OU LES

FILIALES DU GROUPE,

LES JOURNÉES DE

JEAN-FRANÇOIS

HERIS SONT

BIEN ORGA-

NISÉES.

MarcoPolo : pour un transport plus vert !

AGC produit, il doit aussi transporter pour livrer. "Avec un objectif clair : réduire le nombre de camions sur

les routes. Pour y arriver, nous avons mis en place un système de transport multimodal au départ de la

gare de Chatelet vers plusieurs destinations européennes. En 2009, nous pouvons considérer que nous

avons déjà retiré de la route 4 millions de kilomètres par camion. On essaye donc de basculer toujours

plus

vers le train, tout

en combinant les avantages de la route : livraison «just-in-time», flexibilité,…

et moins d’empreinte écologique". Transporter sur le rail

un camion

chargé de verre n’était pas la

chose

la plus évidente, tant le risque de casse était important. En cause,

les jonctions entre e les

rails,

les aiguillages, les écartements entre les rails, etc. Les sc

choses se seraient améliorées : "nous avons

impliqué un prestataire logistique pour la recherche

afin d’améliorer la stabilité du chargement, avec un

résultat à la clé : le taux de casse est

aujourd’hui ui

inférieur ieur

à celui que

nous avions par transport routier

seul". Egalement impliquées : Infrabel, la SNCB Bet les opérateurs rs sd

des réseaux étrangers.

A propos de Marco Polo II

Ce programme européen vise à promouvoir un transport t de em

marchandises an

paneuropéen plus respectueux

de l’environnement. Suivi par la Cellule Mobilité it

de l’UWE, il

vient de lancer son nt

troisième appel à projet

au mois de mars. Les nouveautés du programme

me concernent cer

nen

notamment me

nt les

conditions d’éligibilité.

Ces ajustements permettront aux entreprises s

de et

taille le plus sr

réduite l’accès c

au programme grâce à une

diminution des seuils d’éligibilité et à une

procédure re

allégée. lég

ée.

Lenv L’enveloppe elopp

pe

allouée lou

à ce troisième appel à

projet sera quant à elle augmentée.

Marco Polo a plusieurs s axes

:

• les actions de transfert modal, pour

transférer rer

une

partie du trafic de marchandises de

la route

vers

le transport maritime à courte

distance, le rail, les

voies navigables so

ou vers

une solution combinant

nt

plusieurs urs modes

de

transport;

t;

• les actions à effet tcatalyseur très

innovatrices ayantant pour

but

de supprimer p

r les

obstacles structurels

sur

le marché

du

fret

dans sl’Un

l’Union européenne, en

ne, comme

la vitesse se insuffisante nte

des st

trains de

marchandises

ou les problèmes techniques d’interopérabilité ée

entre e différents modes

de transport;

• les actions de

mise en commun des connaissances, ances

en vue de renforcer rcer

la coopération on et dopti d’optimiser

les

méthodes et procédures de travail ai

entre e les

intervenants enants

nts

de la

chaîne de et

transport rt de fret;

• les actions en faveur des autoroutes

tes

de la mer qui substituent tu le transport rt

maritime ime

à

courte

distance au transport trout

routier, ou uq

qui

combinent nt

le transport t maritime eà courte

distance avec d’autres modes de transport, rt, pour offrir un service de

transport rt maritime

im

me

intermodal là

fréquence élevée de chargements de très gros

volume;

• les actions d'évitement de trafic, intégrant le transport rt dans

la logistique iqu

ed

de

production pour

réduire la demande en transport rt par la route.

Dynamisme Mars-Avril 2010 .9


L’invité / Grand angle

L'INTELLIGENCE STRATÉGIQUE

Mieux comprendre

pour mieux décider

Méconnu en

Wallonie, le concept

d'Intelligence

Stratégique a

pour vocation

de conscientiser

les managers du

rôle crucial de

l’information et

la nécessité de

placer celle-ci au

cœur des activités

de l’entreprise.

L’Intelligence

Stratégique

renferme les outils

et pratiques qui vont

permettre d’extraire

la connaissance de

l’information brute

(revues, mails, site

internet, BDD, salons,

entretiens, comptesrendus…)

qui inonde

en permanence les

chefs d’entreprises.

par Claude LEPÈRE, ASE

La compétitivité repose de plus en plus sur

la capacité des entreprises à activer les

connaissances dont elles disposent en

interne et à identifier les zones d’ignorance tout

en étant capable de les combler. Ce dernier point

requiert une certaine ouverture sur l’extérieur,

l’international le plus souvent. Une bonne

maîtrise de l’information permettra d’éviter les

risques de fuites informationnelles via la mise en

place des mesures nécessaires de protection.

Pour bien comprendre la particularité de cette

approche et son utilité, le plus simple est de

partir de l’objectif du «Projet Intelligence

Stratégique». Les PME constituent clairement

notre cible privilégiée pour amorcer la création

de valeur et d’emploi avec elles dans notre région.

Cependant, si bonne soit la méthodologie qui

nous permettra d’accompagner et de structurer

la croissance des entreprises, celle-ci ne peut

fonctionner sans tenir compte du contexte dans

lequel nous agissons :

Tenant compte de cet objectif et des éléments de

contexte ci-dessus, l’Intelligence Stratégique s’impose

naturellement comme une méthode indispensable

pour venir en aide aux chefs d’entreprises, qui

avant toute chose sont des décisionnaires.

On entend régulièrement parler de société de

l’information, d’économie globale… En quelques

mots, il est aujourd’hui indispensable de pouvoir,

très vite, prendre les bonnes décisions, sans quoi

la compétitivité des entreprises est rapidement

mise à mal.

Dans cet échange d’information perpétuel qui

s’opère, qu’on le veuille ou non, les entreprises

qui disposent de capacités supérieures de

collecte, de traitement, de gestion et d’influence

sur leur contexte sont celles qui émergent. La

conjoncture économique actuelle renforce ce

constat car cette pratique managériale permet

aux entreprises de tirer, mieux qu’auparavant,

parti des opportunités qui se présentent à elles et

d’anticiper les éventuelles menaces.

MONDIALISATION DES ÉCHANGES > CONCURRENCE INTERNATIONALE ACCRUE

NOUVELLE DYNAMIQUE DE LA DEMANDE > CHANGEMENT DES ATTENTES/EXIGENCES

DÉVELOPPEMENT DES NTIC > SURABONDANCE DE L’INFORMATION

RATTRAPAGE DES PAYS ÉMERGENTS > CONCURRENTS NOUVEAUX

En résumé, se développer de façon secure

implique l’adoption de comportements à la fois

offensifs et défensifs vis à vis de l’information à

travers les 3 piliers de l’Intelligence Stratégique :

1. La protection de l’information est défensive

par nature : propriété intellectuelle, sécurité

physique ou informatique. Par exemple :

contrôle de l’accès aux locaux ou de la circulation

d’informations sensibles, stockage, sauvegarde

de données, brevet et dépôt de marque.

2. En matière d’influence, l’utilisation des NTIC

permet également de passer à l’offensive.

Peu importe la taille de l’entreprise, il est

aujourd’hui possible de toucher rapidement un

grand nombre d’acteurs. Ces acteurs peuvent

également aider à être mieux informé, voire

influencer certaines décisions grâce à l’effet

réseau (prescripteurs, caisse de résonnance).

10. Dynamisme Mars-Avril 2010


L’invité / Grand angle

J’ai testé pour vous : l'Intelligence Stratégique !

François Brouard, Professeur agrégé,

Sprott School of Business, Université Carleton, Canada

"L’Intelligence Stratégique demeure un concept abstrait pour les entreprises.

D’ailleurs, plusieurs entreprises, dont de nombreuses PME, effectuent des activités

d’Intelligence Stratégique sans nécessairement en être parfaitement conscientes.

C’est pourquoi il est important de relever le niveau de conscience par une meilleure

sensibilisation face à cette pratique managériale. Je suis heureux de constater que

des organismes d’aide, comme l’Agence de Stimulation Économique de Belgique,

et des dirigeants de PME s’y intéresse. Par cet intérêt, d’autres actions suivront et

permettront aux PME d’intégrer une démarche systématique d’Intelligence Stratégique dans la gestion de

leurs organisations. En étant à l’affût des changements, l’avenir a moins de chance de nous étonner, car nous

l’aurons anticipé".

Stéphane De Beni, Snel Grafics (Liège),

Imprimerie haut de gamme

"Mon métier sera peut-être tout à fait différent demain, en tant que chef

d’entreprise nous devons rester concentrés sur la finalité de ce que nous

faisons. L’Intelligence Stratégique systématise ce raisonnement et nous pousse

à nous poser des questions que nous n’avons pas l’habitude de nous poser.

L’Intelligence Stratégique nous a incités à retravailler notre positionnement

d’entreprise, notamment par rapport à nos clients. Nous travaillons beaucoup

plus sur le relationnel client. Cela nous permet d’obtenir de l’information et de mieux satisfaire leurs

besoins, cela passe également par une veille au niveau technique pour s’assurer de disposer des meilleurs

équipements. Nous sommes également devenus plus pointus dans la recherche d’informations, c'est-àdire

que nous sommes plus efficaces et exigeants, nous devons savoir où trouver l’information et comment

la pondérer. Il arrive par exemple que des informations sur la solvabilité ne soient pas correctes, les ratios

ne sont pas toujours fiables. La pondération des informations et le recoupement sont primordiaux, tandis

que nous avons naturellement tendance à la facilité. La formation m’a permis de me rendre compte que le

lobbying, c’est tout simplement faire entendre sa voix auprès des personnes qui prennent des décisions qui

impactent notre activité. Nous ne devons pas nous contenter de subir, on s’est par exemple rendu compte

que les pouvoirs institutionnels sont intéressés de connaître notre avis sur la situation de notre secteur car

il y a parfois un manque de feedback à leur niveau".

Renaud de Bruyn, Tilman (Baillonville),

Médicaments à base de plantes

"Nous souhaitons grandir mais cela doit se faire en veillant à formaliser

certaines choses. Le marché belge a ses limites et nous devons de plus en plus

chercher à gagner des parts de marché à l’export. L’Intelligence Stratégique

met en lumière beaucoup d’aspects qui sont souvent ignorés en PME. Nous

devons organiser la remontée d’information depuis le terrain. Les commerciaux

doivent se rendre compte qu’ils ont un rôle à jouer de ce point de vue également. Ils sont des observateurs

sur le terrain et doivent relayer l’information pertinente en interne".

René Salteur, Stabilame (Mariembourg),

Fabrication de maisons et d'immeubles de bureaux en bois

"La formation en Intelligence Stratégique nous a permis de mettre en place un

système de veille interne au niveau de l’entreprise. Cela permet à nos employés

de faire remonter plus facilement les informations. Nous avions tendance à rester dans nos murs, nous

sommes aujourd’hui conscients qu’il est primordial de nous intéresser à la façon dont nous sommes

perçus de l’extérieur. L’Intelligence Stratégique donne une très belle vision de ce qui se passe à l’extérieur.

Dire ce qu’on fait et en être fier est une chose, mais encore faut-il veiller à ne pas communiquer n’importe

comment. Avant, nous avions de l’information qui allait dans tous les sens. Aujourd’hui, nous veillons à

canaliser l’information et à l’organiser, l’enrichir afin qu’elle devienne le patrimoine de l’entreprise".

12. Dynamisme Mars-Avril 2010


N° 120 - Juin 2008

Les RH, un centre

de profit

N° 121 - Juillet 2008

Le top 50 des

formations

N° 122 - Septembre 2008

La composition idéale

d’un département RH

N° 123 - Octobre 2008

Personnaliser vos packages

de rémunérations

N° 124 - Novembre 2008

Talent Management:

passez en mode action!

N° 125 - Décembre 2008

HR international

N° 126 - Janvier 2009

Gouvernance humaine

N° 127 - Février 2009

Bien-être en entreprise

N° 128 - Mars 2009

Les paradoxes du

marché de l’emploi

N° 129 - Avril 2009

Dossier Spécial HRM

Night 2009

N° 130 - Mai 2009

eHR: défis et

tendances

N° 131 - Juin 2009

RH et Marketing:

osez vous vendre !

N° 132 - Juillet 2009

Le top 50 des

formations

N° 133 - Septembre 2009

21 nouvelles fonctions

RH passées au crible

N° 134 - Octobre 2009

Rémunération

N° 135 - Novembre 2009

Succession planning

N° 136 - Décembre 2009

Relations sociales

N° 137 - Janvier 2010

Engagement

N° 138 - Février 2010

Womanizing

N° 139 - Mars 2010

Dossier Spécial HRM

Night 2010

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un partage de bonnes pratiques sur des dossiers clés pour votre gestion des ressources humaines.

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Entreprises / Gestion durable

SI 360.000

PERSONNES

ONT CONNU UNE

MISE À L’EMPLOI

EN 2009, C’EST

PARCE QUE DES

ENTREPRISES LES

ONT RECRUTÉES !

C’est un discours

à contre-courant

de certains slogans,

mais c’est la réalité :

à côté des entreprises

qui sont obligées de

se restructurer pour

garantir leur avenir

et celui de leur

personnel, il y a une

grande majorité

d’entreprises qui

engagent, crise

ou pas.

par Yves-Etienne MASSART

LES ENTREPRISES ?

Elles créent de l’emploi

et donc de la richesse !

Pas d’emploi ? L’argument est balayé par

la réalité des chiffres : en 2009, sur les

450.000 personnes passées au Forem,

seules 90.000 sont restées dans le statut de

demandeur d’emploi. Les… 360.000 autres ont

connu au moins un épisode de mise à l’emploi.

Pas d’emploi en Wallonie ? Les chiffres parlent

donc d’eux-mêmes : si 360.000 personnes ont

connu une mise à l’emploi, c’est parce que des

entreprises les ont recrutées. Et ce n’est pas fini…

La campagne ne passe pas inaperçue : BNP Paribas

Fortis vient d’annoncer en mars sa volonté de

recruter rapidement 1.200 personnes. Les fonctions

commerciales concernent un tiers des recrutements,

mais c’est parfois par centaines que BNP recherche

des project ou process managers, des experts

Sr ou Jr en IT, finance, matières juridiques, des

employés pour des fonctions administratives ou

des candidats pour des fonctions tournées vers

l’international. 1.200 personnes, un chiffre qui

marque les esprits et qui est finalement plus élevé

que les 800 à 850 embauches annoncées début

décembre par la banque dans le cadre de son plan

industriel. Et ce n’est pas fini : elle table sur un

rythme annuel d'environ 1.000 embauches par an

à partir de l'année prochaine.

Toujours dans un secteur bancaire qui se redéploye,

"ING a déjà engagé 735 personnes et compte attirer

le même nombre de nouveaux collaborateurs

en 2010. Ils remplaceront les départs naturels,

principalement à la retraite, précise Philippe

Masset, Administrateur délégué et responsable

Commercial Banking pour ING Belgique-

Luxembourg d’ING. Nous sommes à la recherche

de collaborateurs commerciaux pour nos agences,

de spécialistes ICT, de spécialistes et relationship

managers Commercial Banking, de collaborateurs

pour nos call center... Des opportunités existent,

aussi bien pour les étudiants fraîchement diplômés

que pour des profils expérimentés. En 2010, notre

ambition est de recruter environ 80 jeunes diplômés

détenant un Master".

AG Insurance recrute aussi de manière importante

en 2010. Les fonctions sont diverses : project

management, juristes, risk managers, actuaires,

inspecteurs techniques, sales, gestionnaires....

Aussi bien des profils expérimentés que des jeunes

diplômés, soit 400 personnes au total !

Brabant en tête !

Qui dit emploi en Brabant wallon dit souvent

GSK Biologicals. Pascal Lizin, son Directeur

External and Public Affairs le confirme : 2010

devrait être un très bon cru en matière de

recrutement. "On parle d’un chiffre compris

entre 400 et 500 nouveaux emplois. La plupart

sont dans notre cœur de métier, ce qui explique

que nous recrutons un grand nombre de

techniciens (de production, de laboratoire), des

superviseurs, des opérateurs, des managers

de projets ou produits, mais aussi des profils

scientifiques : biostatisticiens, pharmaciens,

physiciens, des docteurs en biochimie, en chimie,

en immunologie, des épidémiologistes, des

économistes de la santé". Les fonctions supports

ne sont pas oubliées, que ce soit pour les

départements HR, Legal, IT...

Une autre entreprise brabançonne tire son

épingle du jeu : entreprise informatique active

dans le secteur financier en Europe, BSB y

emploie 250 personnes. Elle possède des bureaux

en Belgique, au Grand-Duché du Luxembourg,

en France et en Irlande.

14. Dynamisme Mars-Avril 2010


"BSB a pour ambition de continuer à croître afin

de devenir le leader européen sur son marché".

Malgré la crise, BSB continue à engager : en

2008, le nombre de collaborateurs est passé de

170 à 220. En 2009, la croissance du personnel

s’est poursuivie pour atteindre le nombre de 250

collaborateurs. En 2010, BSB recherche plus de

50 personnes, dont une bonne moitié d’analystes

développeurs. Figurent également en tête des

priorités de recrutement : "Des business analysts

en Banque et Assurance, project engineers,

intégrateurs en Asset Management et Assurance

Vie, consultants SAP et développeurs FLEX",

annoncent en choeur Jean Martin et Michel Isaac,

respectivement CEO et Président du CA de BSB.

Des chiffres révélateurs !

Véritable baromètre de l’emploi, le secteur de

l’interim recommence à recruter. Exemple avec

Philippe Lacroix, DG de Manpower : "En 2010,

malgré un climat économique incertain, l’entreprise

continue à croitre et une équipe de 5 recruteurs

travaillant au niveau national investit tout son

temps à la recherche de nouveaux collaborateurs

permanents". En région wallonne, plus particulièrement,

une moyenne de 5 postes vacants sont

en permanence visibles sur le site internet. En

général, les profils recherchés sont des gradués

ou des universitaires possédant une expérience

professionnelle minimum de 2 années.

Toujours dans les services, BDO cherche à

renforcer ses équipes pour ses activités de

révisorat d’entreprise : sur Bruxelles et la

Wallonie, pas moins de 25 personnes rejoindront

la société en 2010 : "conseillers juridiques

et fiscaux, experts comptables, réviseurs

d’entreprises, nous recherchons aussi bien des

managers que des séniors et aussi ce que nous

appelons des semi-seniors. S’y ajoutent une

bonne dizaine de postes d’assistants", précise

Michel Grignard, Partner chez BDO.

L’énergie n’est pas en reste : "au cours des deux

dernières années, ORES a engagé pas moins

d’une personne par jour ouvrable, précise son

DRH Etienne Poncelet. Par ailleurs, nous avons

établi un planning des effectifs à cinq ans ; celui-ci

indique que notre entreprise devra réaliser plus

de 800 engagements d’ici 2014. Parmi ceux-ci,

près de 350 concernent le remplacement de

techniciens arrivés en fin de carrière. Ce chiffre

élevé est une conséquence d’un phénomène

que connaissent actuellement la plupart des

entreprises : l’inversion de la pyramide des âges".

La Direction d’ORES a décidé, pour des raisons

de transfert des compétences, d’anticiper le

remplacement des nombreux techniciens qui

partent à la pension.

Ainsi, "en 2010, nous devrons remplacer ceux

qui nous quittent en 2010, mais aussi ceux

qui partiront en 2011 et 2012. Dès lors, cette

année, nous engagerons 150 électriciens,

électromécaniciens ou personnes ayant suivi une

formation de type chauffage-sanitaire ou soudure

pour notre activité gaz".

Autre aspect : ORES va engager une vingtaine

d’informaticiens de niveau cadre, "qu’il s’agisse de

développeurs, d’analystes business, d’architectes

business ou de gestionnaires de projets. C’est l’une

des conséquences de la création d’ORES ; nous

devons renforcer le département Informatique

pour assumer en toute indépendance la gestion

de nos propres applications". Si on y ajoute des

dessinateurs, des magasiniers, des indexiers

ou encore du personnel administratif, tout ceci

se traduira par l’engagement de plus de 300

collaborateurs en 2010.

Pas d’emplois ?

Malgré la crise, les spécialistes de la construction

sont des profils recherchés par les directions des

ressources humaines : "Chez CFE, nous sommes

en phase de recrutement et avons toujours des

fonctions plus difficiles à remplir : des employés

expérimentés dans les différents métiers de la

construction, des conducteurs expérimentés,

des chefs de projets expérimentés sont aussi

recherchés pour nos activités de Génie Civil et

de Construction de Bâtiments. Les fonctions

d'ingénieur deviseur et de métreur restent des

fonctions très difficiles à pourvoir. Nous en

recherchons plusieurs actuellement".

Autre secteur secoué, le secteur sucrier, qui a

enregistré de plein fouet les effets de la PAC. Avec

des prix en chute de 30%. "Mais, précise Guy

Paternoster, membre du Comité Exécutif de la

Raffinerie Tirlemontoise, en 2010, nous engageons

une trentaine de personnes, dont une quinzaine

d’opérateurs pour la section emballage. Les autres

profils recherchés sont également davantage

ouvriers qu’employés et cadres, mais nous recrutons

dans les trois positions. Le fait que nous recrutons

est un message positif pour tout le secteur !"

La liste aurait pu être plus longue, beaucoup plus

longue : Mobistar, SPE-Luminus, NMC, N-Side,

Ecobel, Synapsys, Quality Partner, bene Orafti,

BEA, Dequachim et Dequenne Chimie, CMTF,

Voyages Copine,… pour ne citer que ceux qui se

sont manifestés les premiers. Autre indicateur :

le nombre d’offres d’emplois vacants repris

sur le site du Forem : une fourchette oscillant

entre 7.600 et 7.900 depuis la mi-février. Plus

de 7.500 offres en permanence, ce n’est pas

rien…Qui donc a dit qu’il n’y avait

pas d’emploi ?

Dyn

ami

sme

Mars-

s-Avril 2010

.15


Entreprises / Gestion durable

Active depuis 1994

à l’UWE, la Cellule

des Conseillers en

Environnement (CCE)

mène des actions de

sensibilisation dans

les PME en matière

d’environnement.

par Hélène DUPLAT

NOUVELLES MISSIONS !

La "CCE" version 2010

à votre service !

Ces trois dernières années, la CCE s’est attelée

à diagnostiquer et accompagner de nombreuses

entreprises dans la gestion de leurs

déchets. En parallèle, d’autres conseillers ont établi

une méthodologie de gestion collective de l’environnement

sur les parcs d’activité économique. L’année

2010 annonçant le changement, retour à notre

expertise d’antan (diagnostics environnementaux,

aide à la compréhension du permis d’environnement,

helpdesk…) et réorganisation de la cellule.

Bilan de ces trois dernières années

Projet Life-SMIGIN

Le projet Life-SMIGIN a démontré tout l’intérêt

de mutualiser les efforts des entreprises situées

sur un même parc d’activité économique afin de

réduire leurs impacts environnementaux. Le projet

s’est clôturé avec succès en octobre 2009 par

une conférence en présence du ministre Henry

où plus de 180 personnes ont pu échanger sur

l’intérêt de la démarche. La méthodologie mise

en place sur base d’expériences de terrain est

accessible à tous sur le site www.econetwork.eu

et permet à tout acteur de se lancer dans un tel

projet. De nombreux projets similaires européens

y sont également répertoriés.

Outre sa méthodologie, Life-SMIGIN se caractérise

par de nombreuses actions concrètes mises en

place comme une navette de bus, un aménagement

éco-paysager remarquable, une gestion collective

des déchets, des séances de sensibilisation

aux modes de transports alternatifs à la voiture,

des séances de formation aux suivis des consommations

énergétiques, et bien d’autres, toutes

répertoriées sur le site Internet.

Un élément essentiel ressort de ces trois années

d’enseignement continu, les associations d’entreprises

sont un atout de taille pour mener à bien

des projets collectifs. Les responsables d’entreprises

peuvent y échanger des expériences, identifier

des besoins communs et mutualiser leurs

moyens. C’est dans cette optique qu’une dynamique

de rencontres des présidents des associations

d’entreprises s’est d’ores et déjà lancée…

Les diagnostics déchets, une de nos spécialités…

Ce sont quelque 100 diagnostics déchets que

les conseillers ont réalisés pour des entreprises

wallonnes ces trois dernières années. Suite à une

visite d’entreprise et un rapport fourni en recommandations

ciblées, l’entreprise est à même de se

mettre en conformité réglementaire, d'améliorer

la gestion de ses déchets, voire même de diminuer

ses coûts de gestion ! Si l’entreprise le souhaite,

le conseiller peut l’accompagner dans la concrétisation

de recommandations grâce à de nombreux

conseils. Cette mission reste d’actualité pour 2010.

2010, un retour aux sources

dans nos missions

Les diagnostics environnementaux

Depuis 1994, la cellule répond aux demandes des

entreprises toujours avec le même moteur, contact

direct et confidentialité. Les diagnostics environnementaux,

piliers de la démarche de sensibilisation

depuis le début des missions sont, dans ce

cadre, remis au goût du jour. Sur base d’une visite

de l’entreprise d’une à deux demi-journée(s), un

rapport d’une trentaine de pages permet de situer

l’entreprise quant à son permis d’environnement,

sa gestion des déchets, de l’énergie, des emballages,

du sol, des stockages, des consommations

d’eau ou des rejets d’eaux usées, de l’air, des bruit

et vibrations. Des recommandations et des pistes

d’actions sont proposées à l’entreprise ainsi qu’une

législation «vulgarisée» la concernant.

16. Dynamisme Mars-Avril 2010


On notera que les diagnostics environnementaux réalisés par la

CCE ont été reconnus par la Commission européenne comme

un des meilleurs exemples de programmes d’aide au respect de

l’environnement pour les PME. Pour en savoir plus, consultez le site :

http://ec.europa.eu/environment/sme/cases/case_study_fr.htm

Le permis d’environnement

Le permis d’environnement, obligation légale de l’entreprise, peut

soulever de nombreuses interrogations quant au remplissage

de son formulaire de demande. Si cela s’avérait nécessaire, les

conseillers se déplacent dans l’entreprise afin d’expliquer comment

le compléter. Les conseillers peuvent également expliquer

les différentes procédures ou répondre à toutes autres questions

y afférant.

Helpdesk général

Afin que les entreprises puissent intégrer au mieux

l’environnement dans leur gestion quotidienne, la CCE

répond à toute question y touchant de près ou de loin,

que ce soit en matière de déchets, de décret sol,

d’eaux usées, d’air, de bruit, de stockage, de permis

d’environnement, de gestion collective…

Séances de formations et d’informationon

La CCE diffuse l’information vers les entreprises par des

séminaires, des conférences, des petits-déjeuners…

où de nombreux thèmes peuvent être abordés

comme le permis d’environnement, la

législation déchets, le décret sol…

Des outils pratiques pour passer ser

à l’action dans votre entreprise

La CCE a acquis au fil des années et grâce

à son expérience de terrain une expertise

certaine en matière d’environnement pour

les entreprises. Elle a ainsi pu créer des

outils totalement adaptés aux entreprises es

pour effectuer un autodiagnostic de la

gestion des déchets, pour remplir son

permis d’environnement, pour comprendre

le décret sol… Tous ces outils sont disponibles

et libres d’utilisation sur le site

www.environnement-entreprise.be

2010, un nouveau responsable

Olivier CAPPELLIN, actif dans la cellule e

depuis sept ans, en est désormais le

nouveau responsable. Constituée de six

conseillers et d’une assistante, la CCE

aiguille au mieux les entreprises dans

la gestion de l’environnement.

Les Conseillers Energie de l’UWE

sont à votre disposition

Une bonne gestion de l’énergie permet de réduire sa

consommation et par la même occasion de réduire l’impact

économique et environnemental qui l’accompagne. Mais cette

démarche requiert du temps et des compétences qui ne sont

pas toujours disponibles dans une PME.

Pour palier à ces difficultés, les Conseillers Energie de l’UWE

sont mis à la disposition de toutes les PME wallonnes pour les

aider à faire les bons choix :

• en offrant une information ciblée ;

• en proposant des outils pratiques ;

• en donnant un avis extérieur et objectif.

Concrètement, nous proposons des outils de sensibilisation

et de gestion :

RÉALISATION D’UN PRÉ-DIAGNOSTIC ÉNERGÉTIQUE

À votre demande, un conseiller vient visiter votre

entreprise et étudie avec vous vos factures et relevés de

consommation. Suite à cela, il vous présente un rapport

dans lequel il fait le bilan de votre situation énergétique

et vous propose des pistes d’amélioration. Ce service

est gratuit et les informations fournies au conseiller sont

gardées confidentielles.

RÉALISATION ET DIFFUSION D’OUTILS PRATIQUES

L’expérience de terrain des Conseillers Energie de l’UWE leur

a permis de cibler les besoins réels des PME et de créer des

outils sur mesure pour vous aider, notamment, à réaliser

un suivi de vos consommations, à vous auto-diagnostiquer

ou à sensibiliser votre personnel. Ces outils sont téléchar-

geables gratuitement dans la rubrique «Energie» du site

www.environnement-entreprise.be

ORGANISATION DE SÉANCES DE FORMATION

ET

D’INFORMATION

Afin

de partager l’information ainsi que de créer

des

échanges entre les responsables d’entreprises

confrontés aux même difficultés, les conseillers

énergie proposent des séances de formation ou

d’information sur les différentes thématiques de

l’énergie.

HELP DESK

Les conseillers énergie restent à votre disposition

par mail ou par téléphone pour répondre à toutes vos

questions qui touchent de près ou de loin à l’énergie

ou pour vous mettre en contact avec les personnes

ressources les mieux placées pour vous aider.

CONTACTER LA CCE :

010/47.19.43 | conseillers@uwe.be

La Cellule des Conseillers en Environnement et les Conseillers en

Energie sont gérés par l'UWE et financés par la Région wallonne.

Dynamisme Mars-Avril 2010 .17


Entreprises / Gestion durable

UN SECRÉTAIRE

D’ETAT ET UN

MINISTRE DANS

LE BUS AFIN

D’ÉVOQUER LES

QUESTIONS DE

MOBILITÉ ET

D’ENTREPRISES.

La Cellule Mobilité

de l’UWE organisait,

le 2 mars 2010 à

Nivelles, une séance

d’information sur les

transports collectifs

en entreprise. Lors de

cette séance, Bernard

Clerfayt, Secrétaire

d'Etat à la fiscalité

environnementale,

et Philippe Henry,

Ministre wallon de

l’Environnement, de

l’Aménagement du

Territoire et de la

Mobilité, ont passé

en revue différents

aspects relatifs au

transport collectif.

par Grégory FALISSE

TRANSPORTS COLLECTIFS PARTAGÉS

Déductibilité à 120% !

Le bus de la ligne 16 du TEC Brabant wallon

relie la zone d’activités de Nivelles-Sud à

la gare de Nivelles. Cette ligne est le fruit

d’un partenariat entre l’association d’entreprises

locale, la Région et le TEC. D’autres expériencespilotes

de ce genre sont en cours notamment à

Saintes et à Créalys (Gembloux).

Et c'est précisément ce type d'initiatives de

transports collectifs partagés que Bernard

Clerfayt et Philippe Henry ont passé en revue lors

de la séance d'information du 2 mars. Séance

à laquelle une cinquantaine de participants,

issus notamment des associations et clubs

d’entreprises wallons, des intercommunales

de développement économique et du TEC, ont

répondu présents et ainsi prouvé leur intérêt

pour les questions de mobilité au sein des zones

d’activités économiques.

Le Secrétaire d'Etat et le Ministre ont ainsi

rappelé que les pouvoirs publics soutenaient ces

initiatives, notamment au travers de mesures

fiscales et de subsides.

Si l’UWE a décidé d’organiser une telle rencontre,

c’est qu’elle avait constaté un flou dans la

législation fiscale. En effet, une entreprise qui

organise le transport collectif de ses travailleurs

depuis leur domicile ou tout autre lieu de ralliement

(gare, parking,..) peut, depuis 2001, déduire les frais

inhérents à ce transport à hauteur de 120%.

Rappelons ici que les frais concernés

par la déductibilité fiscale couvrent :

La question est de savoir si, dans le cas où

une entreprise passe par son association

d’entreprises pour organiser le transport de

ses collaborateurs, la déductibilité fiscale à

120% peut s’appliquer (voir réponse ci-contre).

Or, depuis quelques années, certaines

expériences de transport collectif partagé

sont en cours : il s’agit alors d’entreprises (sur

une zone d’activités notamment) qui se fédèrent

et organisent ensemble une navette (bus ou

taxi collectif).

En fin de séance, le Ministre Philippe Henry a fait

état de l’importance qu’il accorde à la mobilité

vers les entreprises, en ce compris à destination

des zones d’activités économiques. Il a précisé

qu’une approche globale et multimodale était

indispensable afin de limiter les effets négatifs

d’une croissance de la mobilité.

Il a précisé le rôle essentiel que les TEC jouent

dans ce dossier et, ce, dans un contexte

budgétaire difficile qui leur imposera de faire

des choix.

La séance a montré que, là où de véritables

partenariats (pas uniquement financiers mais

aussi en termes de dialogue et de promotion) se

sont mis en place, les expériences sont jugées

positives. Par ailleurs, il est utile de rappeler

que la desserte des zones d’emplois constitue

par essence une mission de service public… elle

ne doit pas systématiquement faire l’objet d’une

approche différenciée par rapport à d’autres

lignes de transport public.

• Les investissements en minibus, autobus et

autocars utilisés pour le TCO des travailleurs.

• Les frais qui ont trait directement à ces véhicules

(assurances, TC, …) à l’exclusion des frais qui ont

trait au conducteur de ces moyens de transport.

• Les dépenses payées à des entreprises qui, à la

place de l’employeur ou du groupe d’employeurs,

effectuent le TCO des travailleurs (personnel

compris, ici).

» Les présentations de la matinée du 2 mars

sont disponibles sur le site de l'UWE :

www.uwe.be/transportcollectif.

» Retrouvez les photos de cet événement

à la page 48 du présent numéro.

18. Dynamisme Mars-Avril 2010


TROIS QUESTIONS À

Bernard Clerfayt

1.

2.

3.

Vous avez participé à une séance d’information sur le transport

collectif en entreprise organisée par la Cellule Mobilité de l’UWE,

vous y avez notamment évoqué la déductibilité pour les transports

collectifs partagés. Pouvez-vous nous en dire deux mots ?

Les frais d’un employeur ou d’un groupe d’employeurs organisant le transport collectif

des membres du personnel entre le domicile et le lieu de travail sont déductibles à 120%.

Ce séminaire était l’occasion pour moi de préciser que les frais de transport collectif partagé

(via minibus, autobus ou autocar) étaient également concernés par cette déduction majorée

à 120%. Cependant, ces frais ne peuvent être déduits à la fois par l’entreprise bénéficiaire du

service et par l’association intermédiaire qui organise le transport du personnel.

Quels sont les autres projets mêlant fiscalité, mobilité et entreprise

et que vous entendez soutenir dans les prochains mois ?

Il y a déjà pas mal de projets que j’ai défendu lors du plan de relance ou du conclave budgétaire

et qui ont abouti, notamment le taux de déductibilité des voitures de société qui varie désormais

de 50 à 120% en fonction des émissions de CO 2. Ce nouveau système permet de déduire à 120%

les véhicules électriques !

Le projet sur lequel je travaille actuellement est l’avantage «éco-proximité» comme

alternative aux voitures de société. Le travailleur se verrait proposer, en plus

de son «package mobilité» (abonnement nt de transports en commun, chèques

taxis, etc.), une allocation forfaitaire de loyer ou une participation pation aux frais

d’un prêt hypothécaire s’il est domicilié à proximité de son lieu de travail ou

de transports en commun.

Le passage à une vignette autoroutière semble

inéluctable, quel rôle voyez-vous ous le fédéral jouer

dans ce débat (coordination, fiscalité) ?

Personnellement, j’espère qu’une vignette forfaitaire n’est pas

inéluctable, car elle irait à l’encontre d’une attitude écologiquement

et économiquement responsable. En effet, une fois le forfait fa

payé, le

consommateur aurait tendance à (ab)user de sa voiture, au détriment

de l’environnement, de la congestion des routes, de son pouvoir

d’achat et de sa qualité de vie.

Je plaide plutôt pour un système «intelligent» de

taxation au kilomètre en fonction du lieu, du

moment et des émissions de CO 2, sans

augmentation du niveau moyen global de

taxation, afin de réduire la congestion de

10% à très court terme, avec des effets

positifs sur le climat, sur la pollution de

l’air, et sur le stress au volant.









Dynamisme Mars-Avril 2010 .19


SPÉCIAL ENVIRONNEMENT

SPÉCIAL ENVIRONNEMENT

ENVIRONNEMENT ET ÉN

Les priorités d

De janvier 2010 à juillet 2011, l’Espagne,

la Belgique et la Hongrie occuperont

successivement la Présidence de l’Union

européenne. Les trois Etats membres

ont élaboré un programme de travail à

18 mois. La lutte contre le changement

climatique et la politique énergétique

font partie des priorités. En Europe

Nos spécialistes font le point sur les dossiers cruciaux

pour le développement, l’attractivité et la pérennité

des entreprises : énergie, environnement, mobilité,

logistique, aménagement du territoire, gestion des

aussi, l’heure est à l’écologisation des

politiques, un thème central pour le

prochain programme communautaire

d’action pour l’environnement.

déchets...

20 ENVIRONNEMENT ET ÉNERGIE

Les priorités du trio européen

par André Lebrun

25 CINQ QUESTIONS À PHILIPPE HENRY

"Travaillons ensemble !"

30 ENERGIE

Le photovoltaïque wallon à l’heure du B-to-B ?

33 PLAN WALLON DES DÉCHETS

Définir des enjeux prioritaires

34 DÉCRET SOLS : UN ANS APRÈS

Poursuivre l'adaptation du décret

36 POLITIQUE FISCALE ET ENVIRONNEMENT

L'objet de nombreuses réflexions

38 2010 : ANNÉE DE LA BIODIVERSITÉ

Les entreprises aussi ont un rôle à jouer !

41 INFRASTRUCTURES DE TRANSPORT

Les artères du développement régional

43 DÉVELOPPEMENT DURABLE

Un défi aussi pour la recherche européenne

20. Dynamisme Mars-Avril 2010


ERGIE

u trio européen (2010-2011)

LE TRAITÉ DE

LISBONNE IDENTIFIE

LA LUTTE CONTRE

LES CHANGEMENTS

CLIMATIQUES COMME

L'UN DES OBJECTIFS

DE LA POLITIQUE

EUROPÉENNE

EN MATIÈRE

D’ENVIRONNEMENT.

a Présidence de l’Union européenne est

assurée par les États membres pour une

période de six mois selon un système de

rotation. L’Espagne assure la présidence depuis

le 1 er janvier. La Belgique lui succèdera en juillet,

puis ce sera au tour de la Hongrie, le 1 er janvier

2011.

Depuis plusieurs années, afin d'assurer une

plus grande continuité dans la rotation de la

présidence, le programme de travail est établi

pour 18 mois. Présenté en décembre dernier,

il comprend à la fois les pr

iorités du trio et un

pr

ogramme opérationnel

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de la

période de

18 mois allant du 1 er janvier

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au 30 juin

2011.

Un nouveau

cadre

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Avec l’entrée en vigueur du Traité de Lisbonne,

le paysage institutionnel européen a été

complété par la création d’un poste de

Président du Conseil européen, occupé par

notre ancien Premier Ministre, Herman Van

Rompuy, et celui d’un Haut Représentant

pour les Affaires étrangères et la Sécurité,

occupé par la Britannique Catherine Ashton,

également Vice-Présidente de la Commission

européenne. Herman Van Rompuy présidera le

Conseil européen (réunion des Chefs d’Etat et de

Gouvernement) et Cathe

rine Ash

ton présidera

le

Conseil

Affaires générales (réunion des

Mi

nistres des Affaires

étrangères des 27 Etatsts

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Le Traité de Lisbo

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Dynamisme me

Mars-Avril sA

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2010

0 .21


SPÉCIAL ENVIRONNEMENT

On relèvera, à cet égard, que l’affirmation du

développement durable – la notion est apparue

en 1997 dans le cadre du Traité d’Amsterdam –

comme un des objectifs fondamentaux de l’Union

dans ses relations avec le monde extérieur est

une innovation du Traité.

En matière d’énergie, le Traité contient des dispositions

qui assignent à la politique européenne

des objectifs pour assurer le fonctionnement du

marché de l’énergie, l’approvisionnement énergétique,

la promotion de l’efficacité énergétique

et des économies d’énergie, et le développement

d’énergies nouvelles renouvelables. La promotion

de l’interconnexion des réseaux énergétiques

complète cette liste.

Le programme du trio européen s’inscrit aussi

dans le contexte du renouvellement du Parlement

européen en juin dernier et de l’installation de

la Commission Barosso II, le 10 février 2010.

27 Commissaires, parmi lesquels on citera :

Janez Potocnik Commissaire, à l’Environnement,

Günther Oettinger, Commissaire à l’Energie, et

Connie Hedegaard, Commissaire chargée de

l’action climatique.

Stratégie Europe 2020

La révision de la Stratégie de Lisbonne constitue

une priorité majeure. Lancée le 3 mars, la

nouvelle stratégie économique pour l'Europe vise

à sortir de la crise et à préparer l'économie de

l'Union pour la décennie à venir.

La Commission y distingue trois grands

moteurs de croissance, à mettre en œuvre

aux niveaux européen et nationaux au moyen

d'actions concrètes : une croissance intelligente

(promouvoir la connaissance, l'innovation,

l'éducation et la société numérique), une

croissance durable (rendre notre production

plus économe en ressources tout en dopant

notre compétitivité) et une croissance inclusive

(renforcer la participation au marché du travail,

l'acquisition de compétences et la lutte contre

la pauvreté).

Cinq objectifs ont été fixés en vue de définir la

place qui devrait être celle de l'UE d'ici 2020 et à

l'aune desquels les progrès peuvent être mesurés :

• 75% de la population âgée de 20 à 64 ans

devrait avoir un emploi;

• 3% du PIB de l'UE devrait être investi dans la R&D;

• les objectifs dits «20/20/20» en matière de

climat et d'énergie doivent être atteints;

• le taux d'abandon scolaire devrait être ramené

au-dessous de la barre des 10 % et au moins

40% des jeunes générations devraient obtenir

un titre ou un diplôme;

• réduire de 20 millions le nombre de personnes

menacées par la pauvreté.

La Stratégie Europe 2020 sera à l’agenda du

prochain Conseil européen.

Energie-Climat

La mise en œuvre du «Paquet Energie et Climat»

compte évidemment parmi les autres priorités

majeures des trois présidences.

Les services de la Commission européenne

ont été réorganisés pour créer deux nouvelles

Directions générales : la première pour l’Energie,

la seconde pour le climat. Le belge Jos Delbeke

sera à la tête de la DG Climat.

Des décisions importantes sont attendues cette

année en matière d’emission trading : règlement

sur la mise aux enchères, mesures d’exécution

relatives à l’allocation des quotas gratuits,

situation des secteurs exposés aux risques de

fuite de carbone.

Les Européens devront aussi évaluer les résultats

du sommet de Copenhague. Ils souhaitent

poursuivre les efforts pour la mise en place au

niveau international d’un cadre contraignant pour

la période de l’après Kyoto.

UN NOUVEAU PLAN

D’ACTION 2010-2014

METTRA L’ACCENT,

NOTAMMENT, SUR LA

DIVERSIFICATION

DES SOURCES

D’ÉNERGIE ET DES

SOURCES D'APPRO-

VISIONNEMENT.

22. Dynamisme Mars-Avril 2010


Un nouveau plan d’action de l’Union européenne

dans le domaine de l’énergie pour la période

2010-2014 sera élaboré, en vue de son adoption

lors du sommet de Printemps en mars 2010. Ce

plan constituera le cadre dans lequel la politique

énergétique européenne devra être développée et

renforcée.

La sécurité énergétique restera au centre des

préoccupations. L’Union européenne devrait

adopter un instrument sur la sécurité et les

infrastructures énergétiques. Ce plan mettra

l’accent sur la diversification des sources

d’énergie, des sources d’approvisionnement

et des routes de transit, ainsi que sur le

recensement et la promotion du développement

des projets d’interconnexion. Il s’agira, en

particulier, de renforcer les dispositifs de

solidarité régionaux ou bilatéraux pour remédier

aux ruptures d’approvisionnement.

Amélioration de la sécurité énergétique et lutte

contre le changement climatique passent par

l’efficacité énergétique. Un plan d’action révisé

pour l’efficacité énergétique sera adopté.

Conservation mondiale

de la biodiversité

La conservation de la nature et de la biodiversité

occupe aussi une place centrale dans les

préoccupations européennes. Pouvait-il en être

autrement en cette année internationale de la

biodiversité ? L’Union affiche sa volonté de mettre

un terme à l’appauvrissement de la biodiversité ;

cette volonté est au cœur de la Communication

de la Commission européenne présentée en

janvier dernier. Une communication qui expose

les options possibles pour l’après 2010 en ce qui

concerne la perspective et les objectifs de l’Union

européenne en matière de biodiversité.

Dans sa démarche en faveur de la biodiversité,

l’Union réserve une place importante aux

nouvelles menaces telles que les espèces

exotiques envahissantes et aux effets du

changement climatique sur la biodiversité et

les ressources naturelles.

Un cadre légal en évolution

Le programme d’action à 18 mois détaille

les avancées attendues dans les différents

compartiments de la politique environnementale.

Le programme est chargé ! Relevons quelques

éléments qui semblent les plus importants pour

la gestion des entreprises.

Les questions de pollution atmosphérique

sont abordées dans le cadre du chapitre

«Environnement et santé». Les travaux relatifs

à la révision des plafonds nationaux d’émission

pour les principaux polluants (NOx, SOx, COV,

NH3, PM), ainsi que sur la directive relative aux

émissions industrielles (révision de la directive

«IPPC») devraient progresser sous les trois

présidences.

La protection des sols requiert la mise en œuvre

effective et intégrale de la stratégie thématique

élaborée en 2006 en faveur de la protection des

sols. Espagne, Belgique et Hongrie s’efforceront

de dégager un accord sur la proposition de

directive relative aux sols, dont l’adoption est

bloquée depuis la fin 2008.

L’heure sera aussi à l’évaluation du 6 e programme

d’action communautaire en matière d’environnement

et de ses stratégies thématiques. Un travail

à mener en liaison avec la stratégie Europe 2020

et la stratégie pour le développement durable.

Viendra ensuite la préparation de ce qui sera le

7 e programme d’action en matière d’environnement

; un programme qui définira les axes de

la politique d’environnement pour les 10 prochaines

années. L’enjeu majeur restera d’intégrer

l’environnement dans l’ensemble des politiques

de l’Union européenne.

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Dynamisme Mars-Avril 2010 .23


« Autrefois, j’étais très sélective avec les garçons.

Aujourd’hui, c’est surtout avec les déchets. »

Nathalie Verduyn,

responsable environnement

d’une chaîne de distribution

cliente de VAL-I-PAC depuis 10 ans.

Votre entreprise bénéficie-t-elle des primes de recyclage de VAL-I-PAC ?


SPÉCIAL ENVIRONNEMENT

CINQ QUESTIONS À PHILIPPE HENRY

"Travaillons ensemble !"

Plusieurs dossiers récents ont mis à l’avant-plan le ministre Ecolo Philippe Henry. Stigmatisé par les uns,

soutenu par les autres, Dynamisme a voulu le rencontrer pour faire le point sur les matières qui relèvent

de sa compétence : Aménagement du territoire, Environnement et Mobilité. Un entretien-vérité sur les

grands axes de sa politique.

Propos recueillis par Yves-Etienne MASSART

Monsieur le Ministre, un récent

1. refus de délivrance de permis

pour une implantation commerciale

a fait couler beaucoup d’encre.

Quel message pourriez-vous faire

passer auprès des entreprises et

des investisseurs chez qui ce refus

a sans doute suscité quelques

craintes pour leurs propres projets ?

Etes-vous le Monsieur «NON» du

Gouvernement wallon ?

Le développement économique de la Wallonie est

une priorité et, à ce titre, il convient d’assurer la

mise à disposition de zones adéquates et adaptées

aux besoins. Ceci passe cependant par l’intégration

de divers critères, notamment le risque ou pas de

mettre en péril des pôles économiques existants,

en l’occurrence des pôles commerciaux.

Dans ce cadre, il m’est apparu très clairement

qu’un projet surdimensionné comme celui de

Città Verde risquait de perturber l’équilibre

commercial déjà fragile de la région de

Charleroi, voire d’un cercle plus large encore,

touchant notamment la Province de Namur. En

conséquence, j’ai effectivement, comme l’avait

déjà fait mon prédécesseur, refusé le projet qui

m’a été soumis.

En matière d’implantations commerciales, des

décisions positives ont été prises, comme à

Nivelles (permis d’extension du centre commercial)

et à Wavre (permis délivré au Décathlon).

En matière de zoning, j’ai, dans cette même zone

de Farciennes, Aiseau-Presle et Sambreville

approuvé le 8 février dernier le projet

d’implantation d’un premier écozoning wallon.

Celui-ci offrira un espace (130 hectares), en

bordure de Sambre, permettant l’installation de

plusieurs dizaines d’entreprises.

Par ailleurs, les sites à réaménager (qu’ils

soient pollués ou non) constituent une mine

d’opportunités pour le développement de la

Wallonie. La reconversion du site de la sucrerie

de Genappe (une friche de 145 hectares dans le

Brabant wallon) en un projet multifonctionnel

est un exemple très illustratif de la politique

d’aménagement du territoire que j’entends

mener. Une partie du site restera en zone

d’activité économique. La partie la plus proche

du centre de Genappe sera affectée à l’habitat.

Et enfin, une nouvelle zone d’activité économique

(ZAE) sera créée à proximité des nœuds de

communication routière, hors agglomération.

"AVEC MON COLLÈGUE

JEAN-CLAUDE

MARCOURT,

NOUS TENONS

À TRAVAILLER

EN ÉTROITE

COLLABORATION

AVEC L'UWE ET LES

INTERCOMMUNALES

DE DÉVELOPPEMENT

ÉCONOMIQUE"

Phiilippe Henry

Dynamisme Mars-Avril 2010 .25


SPÉCIAL ENVIRONNEMENT

"IL S’AVÈRE

NÉCESSAIRE DE

DENSIFIER LES

PARCS D’ACTIVITÉ

ÉCONOMIQUE"

En outre, une trentaine de dossiers de révision de

plan de secteur en vue de l’inscription de nouvelles

zones d’extraction sont actuellement en cours au

sein de mon cabinet. Ces dossiers sont suivis avec

la même logique que celle développée avec les ZAE

et les zones de loisir : l’analyse, la concertation et

la consolidation d’un projet cohérent.

J’estime opportun de soutenir deux dossiers

carriers situés dans le Tournaisis que sont «Holcim

Rive Gauche» et «Cimescaut», l’ensemble du

secteur de la construction mais aussi de certains

secteurs de l’industrie et de l’environnement

dépendant directement des produits extraits de

notre sous-sol. Je les porterai au Gouvernement

wallon dans les prochaines semaines.

Enfin, j’ai fait adopter le 4 février par le

Gouvernement wallon la révision définitive

de plan de secteur visant l’inscription d’une

canalisation de gaz provenant d’Allemagne et

allant jusqu’à Zeebrugge. Le doublement de cette

canalisation est éminemment stratégique pour

l’approvisionnement en gaz de nos entreprises.

Voilà quelques exemples qui permettent

de se rendre compte combien assurer des

infrastructures économiques de qualité à nos

entrepreneurs me tient à cœur.

A propos des terrains destinés

2. à l’activité économique, où en

êtes-vous dans l’évaluation du plan

prioritaire de juillet 2008 qui avait

débloqué près de 2 500 nouveaux

hectares de ZAE ? Quel est le timing

que vous vous imposez pour aboutir

et, surtout, quand les modifications

de plan de secteur seront-elles

opérationnelles ? Sera-ce plus rapide

que les 7 ans évoqués régulièrement

pour ces procédures ?

Comme le prévoit la Déclaration de Politique

Régionale (DPR), l’évaluation du plan prioritaire

ZAE bis vise principalement à s’assurer de

la localisation adéquate des nouveaux parcs

d’activités face aux critères actuels de localisation

des entreprises, mais également à intégrer

les perspectives de réduction climatique et de

renchérissement de l’énergie. Je souhaite que

cette évaluation aboutisse rapidement.

Elle devra conduire à une programmation de

l’équipement futur de ces parcs afin de permettre

la mise à disposition de nouvelles zones d’activité

économique pour répondre aux besoins des

entreprises.

Elle visera également à s’assurer qu’une série de

paramètres d’implantation seront respectés et

qu’aucune alternative n’assurera une plus grande

robustesse juridique, avec comme corollaire une

meilleure acceptation de la part des riverains

et des acteurs concernés, gage d’une certaine

rapidité de leur mise en œuvre.

Parler des besoins des entreprises, c’est

également leur proposer une offre variée et

adaptée en terrains équipés. Prévoir de nouveaux

espaces dédicacés à l’activité économique, c’est

anticiper au mieux les surfaces à mobiliser, en

ville et en-dehors des villes, en les spécialisant

le cas échéant, mais également les équiper

prioritairement là où le besoin se fait le plus

sentir et en tenant compte des paramètres

économiques exprimés par les entreprises.

Il s’avère également nécessaire de densifier les

parcs d’activité économique. Le taux de densité

moyen est actuellement de 17 emplois à l’hectare

en Wallonie. Aux Pays-Bas, cette densité est de 46

emplois par hectare !

Lors du premier plan prioritaire, en 2004, plus

de 1.000 hectares de terrain ont été retenus pour

l’activité économique. Mon collègue Jean-Claude

Marcourt a précisé vouloir rapidement finaliser

les 750 hectares restant dans le cadre du Plan

Marshall 1. Lors du Plan Marshall 2.Vert, le

Gouvernement wallon a visé l’objectif indicatif de

750 hectares supplémentaires à équiper.

Ensemble, nous tenons d’ailleurs à ce que nous

puissions travailler en étroite collaboration avec

l’UWE et les intercommunales de développement

économique.

Parallèlement à ce plan prioritaire ZAE bis, nous

poursuivons les révisions de plan de secteur

visant l’inscription de zones d’activités entamées

par le précédent Gouvernement. Ces procédures

entamées représentent un potentiel d’environ

530 hectares de zones à dédier à de l’activité

économique.

26. Dynamisme Mars-Avril 2010


Le cas de la zone Orientis-Colruyt (Ghislenghien)

constitue un bel exemple. Sur ma proposition, le

Gouvernement a adopté provisoirement la révision

du plan de secteur relatif à cette implantation le

11 février 2010, soit moins d’une semaine après le

dépôt de l’étude d’incidences !

Pour rencontrer les objectifs d’une gestion

rationnelle et durable du territoire, les mesures

suivantes ont été prises: spécialisation de la zone,

énergie consommée à plus de 50% d’origine

renouvelable, réorientation du charroi vers

l’autoroute, desserte depuis 3 gares assurée par

l’opérateur, piste cyclable en site propre,… Ces

mesures ont été définies après une concertation

étroite avec la société Colruyt et avec IDETA.

En plus du volet quantitatif, pour prévoir du

terrain en suffisance pour accueillir les projets

d’implantation des entreprises, je veillerai à une

amélioration qualitative des zones existantes.

Cet objectif passe par la recherche scientifique,

notamment à travers les travaux de la CPDT

(Conférence Permanente du Développement

Territorial). Cette équipe interuniversitaire a été

chargée de définir le concept novateur d’Eco-parc

(visé par le plan Marshall 2.vert), de contribuer

à la requalification et la densification des zones

d’activité économique existantes et d’évaluer

les retombées économiques de la création de

nouveaux parcs.

Venons-en à l’environnement.

3. Vous préparez un nouveau Plan

wallon des déchets. N’est-il pas

urgent de se focaliser sur des flux

prioritaires ?

Le Plan wallon des Déchets 2020 est un chantier

important de la Déclaration de Politique

Régionale. Il comprend un volet déchets

industriels et un volet déchets ménagers. Des

études ont été lancées par l’Office wallon des

Déchets pour procéder à l’évaluation du Plan

wallon des déchets – Horizon 2010 d’une part et à

la préparation du Plan Horizon 2020, d’autre part.

Dans la préparation de ce Plan, le volet prévention

retiendra particulièrement mon attention.

En Région wallonne, nous avons déjà les axes

directeurs de prévention des déchets ménagers et

assimilés, adoptés sous la législature précédente.

C’est une partie d’un plan prévention. Il faudra

à présent veiller à articuler tous les niveaux de

pouvoir pour aboutir à un véritable plan de prévention.

Dans ce sens, la question des flux prioritaires

va être identifiée. Notons que la Déclaration

de Politique Régionale prévoit la généralisation

des collectes sélectives d’organiques. La question

des déchets industriels banals est importante, de

même que celle des déchets en provenance des

administrations, de l’Horeca, des écoles, etc.

qui constituent un gisement important.

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Dynamisme Mars-Avril 2010 .27


SPÉCIAL ENVIRONNEMENT

"LE PLAN

WALLON DES

DÉCHETS 2020

EST UN CHANTIER

IMPORTANT DE

LA DÉCLARATION

DE POLITIQUE

RÉGIONALE"

28. Dynamisme Mars-Avril 2010

L’évaluation du plan 2010 et diverses études en cours

telles que l’analyse de la composition des poubelles

permettront de définir des flux prioritaires.

Allez-vous définir la notion de

déchet ultime et de sous-produit ?

C’est effectivement un enjeu dans le cadre de

la transposition de la directive déchets (prévue

pour décembre 2010). La notion de déchet ultime

est importante au vu des interdictions de mise

en décharge de certains déchets, de même que

la notion de sous-produit, dès lors que certains

déchets ont une valeur économique (recyclage/

valorisation de matières et valorisation énergétique).

Qu’en est-il de l’évaluation

des obligations de reprise ?

Il s’agit d’un dossier complexe qui se traite au

niveau interrégional, chaque région ayant sa

propre législation. Par contre, les organismes de

gestion (RECUPEL, BEBAT, FOST Plus…), œuvrent

à l’échelle fédérale avec des accents régionaux

parfois différents.

Les conventions environnementales telles

que pratiquées aujourd’hui ne constituent pas

nécessairement le meilleur outil pour assurer

des objectifs environnementaux, contrôler les

flux financiers et assurer un rapportage au

Gouvernement wallon. De l’avis de nombreux

acteurs, il semble que le bon fonctionnement de

ces outils pourrait nécessiter un renforcement du

contrôle public. Ce sont ces éléments qui seront

abordés au travers de l’évaluation devant conduire,

comme la Déclaration de Politique Régionale

le prévoit, au remplacement des conventions

environnementales par des agréments lorsqu’il y a

une situation de blocage ou d’insécurité juridique.

Ce dossier sera traité en concertation avec les

secteurs concernés.

Le décret «sols» est en vigueur

4. depuis bientôt un an. Sur le

terrain, les entreprises voient

leur dossier suspendus faute d’un

cadre légal pleinement

opérationnel et de

moyens humains.

Quelles mesures

concrètes envisagezvous

pour pallier cette

difficulté et à quelle

échéance ?

Le décret du 5 décembre

2008 relatif à la

gestion des sols n’est

malheureusement pas

pleinement opérationnel

à ce jour. L’absence

de laboratoires

agréés conformément

à la nouvelle

législation et de guides

méthodologiques empêchent

actuellement la bonne réalisation

des études et projets imposés

par le décret.

Pour assurer la bonne marche des dossiers, nous

avons prévu des dispositions transitoires dans le

décret «sols» par le biais du décret-programme

adopté en première lecture par le Gouvernement

wallon ce 4 février 2010.

Ces modifications permettent à l’administration

de reconnaître les études, prélèvements et

analyses qui ont été réalisés avant publication des

guides méthodologiques.

Il est également prévu que les analyses réalisées

par des laboratoires agréés pour l’analyse des

déchets en vertu de législations antérieures

seront valables. Cette mesure permet de ne

pas pénaliser des intervenants soucieux de la

qualité de leur environnement qui ont déjà réalisé

d’initiative des études de sols.

Enfin, une disposition permet de prendre en

considération des plans de réhabilitation qui

n’auraient pas encore été introduits avant la date

de l’entrée en vigueur du décret «sols».

L’adoption définitive du décret-programme dans

les prochaines semaines devrait apaiser les

craintes légitimes des acteurs de terrain sur

l’opérationnalité réelle du décret «sols».

Terminons par une question de

5. mobilité. Le contrat de gestion

actuel du TEC prévoit une attention

particulière à une meilleure

desserte de l’activité économique en

général. Peu d’avancées ayant été

constatées sur le terrain, le contrat

est-il rempli selon vous à ce niveau ?

Le nouveau contrat de gestion

tentera-t-il de faire mieux pour les

déplacements domicile-travail ?

Comme j’ai eu l’occasion de l’expliquer lors d’un

séminaire «transport collectif en entreprise»

organisé par l’UWE auquel j’ai participé le 2 mars

dernier, la question de la mobilité vers l’entreprise

est cruciale, en ce compris à destination des

zones d’activités économiques. Une approche

globale et multimodale est nécessaire : plus de

mobilité, une meilleure accessibilité, un soutien

au covoiturage et aux modes doux, la mise en

place de navettes collectives, etc.

Je souhaite élaborer un cadre de la mobilité en

concertation étroite avec l’ensemble des acteurs

concernés. Le Département de la Mobilité

du Service public de Wallonie et mon cabinet

travaillent dans ce sens, avec les cellules Mobilité

de l’UWE, de la FGTB et de la CSC.

De mon point de vue, il y a évidemment une coresponsabilité

des entreprises et des pouvoirs

publics autour de cette question de l’accessibilité.

C’est la raison pour laquelle mon intention est

de proposer aux entreprises un cadre pour des

partenariats. Il s’agira de soutenir ensemble,

et dans la mesure des moyens budgétaires

disponibles, la création de navettes de transports

publics ou privés, mais également d’encourager

les entreprises et les associations d’entreprises

à promouvoir activement la marche, le vélo et le

covoiturage.


La SOFICO

PUBLI-REPORTAGE

La Sofico mise aussi sur

les énergies renouvelables

Acteur-pivot de nos réseaux (auto)routier et fluvial,

protagoniste de première importance en matière

technologique (via notamment la fibre optique), la

Sofico se distingue également ces temps-ci par la

mise en œuvre de solutions novatrices et efficaces en

matière d’énergies renouvelables.

ainsi que, début mars, la Sofico a pu mettre en service une

première centrale hydroélectrique, à Hun, sur la Haute-Meuse. Un

C’est

prototype très prometteur puisqu’il fournit déjà en énergie verte

quelque 3.000 ménages, plus qu’escompté en fait. Une deuxième centrale

suivra rapidement sur la Sambre, à Marcinelle, pour la fin de l’été sans doute,

avant 13 autres, avec un potentiel de 25 à 30.000 ménages, pour autant que

les expériences soient complètement concluantes, en ce compris pour la protection de la faune aquatique

dont les tests sont réalisés sous l’égide du Professeur Sonny de l’Université de Liège. "Au-delà de ces

deux cours d’eau, notre volonté est également d’octroyer des concessions sur les barrages de l’Ourthe

navigable", explique la société, qui tient aussi à souligner le caractère wallon du know-how développé

à cette occasion : 75% de la valeur ajoutée de ces centrales sont en effet produits en Wallonie. Et des pays

à haut potentiel comme la Suède ou la France semblent s’intéresser à ces produits bien de chez nous.

De l’eau au vents

L’éolien est une autre solution verte étudiée avec intérêt par la Sofico, désireuse de s’inscrire pleinement

dans le cadre de la déclaration de politique régionale, du plan Marshall 2.Vert et du plan Air-Climat. Suite

à une première étude commandée à une spin-off universitaire wallonne, 40 sites potentiels avaient pu

être identifiés afin d’accueillir des champs éoliens de 5 à 10 unités chacun. Une liste aujourd’hui réduite à

15 sites suite à la prise en compte de diverses contraintes, techniques comme paysagères. "Nous désirons

lancer à terme des concessions en direction de partenaires privés. Ce sont au total quelque 130 éoliennes

qui pourraient ainsi sortir de terre, ce qui aurait pour effet de quasiment doubler leur nombre en Wallonie",

se réjouit la Sofico.

Présentant un potentiel éolien scientifiquement avéré, les sites retenus font partie du domaine public et

permettront donc de concentrer les nuisances tout en assurant une maîtrise publique de l’aménagement

du territoire, tenant notamment compte de l’intégration de ces éoliennes dans la ligne de force paysagère.

Un cercle vert. Et vertueux

En produisant de l’énergie verte tout en générant des recettes permettant d’investir dans d’autres

infrastructures, la Sofico s’inscrit dans une forme de cercle vertueux, au bénéfice des citoyens wallons.

Un cercle qui n’est pas près de se réduire puisque d’autres pistes vertes sont déjà à l’étude. On pense ainsi

à la biomasse, par l’utilisation des produits de fauchage le long des routes et des autoroutes, ou à des

champs photovoltaïques, qui pourraient être placés au cœur de nœuds autoroutiers mais devront être

couplés à d’autres sources d’énergie verte afin par exemple de pouvoir fournir du carburant à de futures

voitures électriques.

On le voit : sur la route de Kyoto, la Sofico ne manque pas d’atouts…


du B-to-B ?

années, il est aujourd’hui mûr pour aborder

contrairement à ce qui se fait dans les pays

Photovoltaïque pour la région wallonne.

Technologie de pointe, mais pas pour autant

panacée. Le photovoltaïque doit être considéré

comme une approche complémentaire à

l’isolation, à l’utilisation plus rationnelle de

l’énergie, à la régulation de chauffage, à la

cogénération.

Il y a trois grands vecteurs de rentabilisation

d’un système photovoltaïque : "le premier c’est

ce qu’on vous donne parce que vous avez investi.

Dans le cas d’une société, c’est de l’aide à

l’investissement, dont le taux devrait être revu par

l’administration, c’est une question de jours !"

Une révision qui laisse sans voix les entreprises

qui viennent d’investir au cours des derniers

mois. Elles n’ont jamais été averties d’une

future révision et stigmatisent ce manque de

transparence qui les empêche d’avoir une

visibilité à long terme, sur lequel le facilitateur

préfère ne pas se prononcer.

B-to-B, marché prometteur

Second vecteur : la déduction fiscale. Les investissements

économiseurs d'énergie effectués au

cours de la période imposable (2010) qui se rattache

à l'exercice d'imposition 2011, peuvent bénéficier

d'une déduction fiscale de 13,5% de la valeur

UN SECTEUR À MATURITÉ

RBF, c’est la plateforme industrielle des énergies renouvelables. Elle défend les

intérêts d’environ 400 entreprises wallonnes actives dans la production, la distribution,

l’installation de biens et services SER (sources d’énergie renouvelables), ainsi que les

centres de recherche. "Nous ne sommes pas actifs que dans le photovoltaïque, précise

David Germani, son directeur. Mais ce secteur retient pour le moment plus l’attention.

Il faut dire qu’il est assez jeune : moins de 5 ans, mais il a explosé ! Il faut reconnaitre

qu’il a littéralement été boosté par la politique des primes. Ceci dit, c’est à noter : il

s’est très bien structuré depuis, au point que l’on puisse dire qu’il a atteint un premier

stade de maturité. Après le décollage, il tend à se stabiliser".

Le profil-type des entreprises wallonnes du secteur ? Il oscille entre des TPE et des

PME, dont certaines connaissent un développement fulgurant. "Certaines, créées

il y a deux ans, emploient déjà plus de 60 personnes ! A 99%, il s’agit d’entreprises

d’installation, puisqu’on ne recense qu’un seul constructeur". Parallèlement, le secteur

fait vivre d’autres acteurs : dans le câble, le verre, la recherche et développement…

L’arrivée à maturité de la filière est le fruit d’une législation qui en a favorisé

l’émergence, l’éclosion et la croissance. Si les entreprises veulent continuer à croître, il

faudra le leur permettre et donc faire évoluer le cadre restrictif qui a, un temps, favorisé

le développement de leur expertise. Une étape nécessaire pour qu’elles investissent le

marché qui sera le plus porteur à l’avenir.

de l'investissement. Enfin, il y a les certificats verts

et les relations avec le réseau, "c’est le fameux

compteur qui tourne à l’envers, ou alors la possibilité

de revendre de l’électricité à un fournisseur.

Les entreprises sont là mises sur pied d’égalité

avec le secteur public ou avec les particuliers".

Le futur ? "C’est d’abord la perspective, pour le

secteur, de réaliser, à l’échéance 2020, environ

3.400 mégawatts. Ce qui équivaut à dix fois ses

capacités actuelles d’installation. Deuxième

axe, un glissement de clientèle : actuellement,

le secteur s’est focalisé sur le résidentiel et

tend désormais à évoluer vers un marché mixte

résidentiel-entreprises, ce qui impliquera

des systèmes plus grands".

Dynamisme Mars-Avril 2010 .31


SPÉCIAL ENVIRONNEMENT

Une évolution qui impliquera de revoir les

limitations de puissance ou les taux d’octroi des

certificats verts. "Il me semble logique qu’on les

revoie, la CWAPE devra y travailler. A partir du

moment où la technologie devient moins chère,

il est normal que les deniers publics qui sont

investis dans cette filière soient réorientés pour

permettre un rééquilibrage. Rien n’est encore

fait, c’est pour 2011". Dans les grandes lignes,

on devrait probablement s’orienter vers une

réduction du taux d’octroi, toujours en lien avec

cette baisse des prix.

De quoi pousser les entreprises à investir plus

rapidement ? Pour le facilitateur, le problème est

à envisager de manière beaucoup plus large. Pour

lui, la rentabilité sera probablement équivalente,

que l’investissement soit réalisé en 2010 ou en

2015 : "Prix moindres aidant, l’entreprise investira

moins, mais elle récupèrera moins".

Le tiers-investisseur n’est pas trop développé

pour le moment, c’est pourtant une autre

perspective de développement pour la filière.

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32. Dynamisme Mars-Avril 2010


PLAN WALLON DES DÉCHETS

Horizon 2020 : définir

des enjeux prioritaires

Vieux de 10 ans, le Plan wallon des déchets Horizon 2010 vient à échéance cette année.

Un nouveau plan est en préparation pour la décennie. Administration et Consultants sont

à la tâche pour un plan à l’horizon 2020.

par Cécile NEVEN

Adopté en 1998, le Plan wallon des déchets

Horizon 2010 vient à échéance cette année.

Un nouveau plan doit être élaboré en 2010

pour les 10 prochaines années.

Le travail est en cours, pour les déchets

ménagers et pour les déchets industriels.

Administration et consultants sont à la tâche.

Elle n’est pas mince. Il s’agit d’abord d’évaluer

le plan Horizon 2010 et ses plus de 600 actions

prioritaires. La question ? Savoir comment les

quantités et les flux de déchets ont évolué depuis

10 ans. Ensuite, il faut identifier des enjeux

prioritaires autour desquels le plan «Horizon

2020» pourra s’articuler.

Evaluation du plan 2010

Depuis plus de 15 ans, les entreprises

communiquent régulièrement des données

chiffrées sur les déchets qu’elles produisent.

Les obligations de «rapportage» sont multiples :

règlement imposant la production de statistiques,

directive IPPC, plans de prévention individuels,

registre européen de transferts de polluants

(PRTR), etc. Ces obligations d’origine européenne

ont trouvé leur prolongement régional dans

l’obligation de notification périodique de données

environnementales. Cet ensemble d’informations

devrait permettre à l’Administration d’avoir une

meilleure connaissance des quantités et flux

de déchets et, par conséquent, d’améliorer les

politiques menées en la matière.

Les résultats sont plutôt bons ! La quantité de

déchets générés par le secteur industriel wallon

est valorisée à près de 90 %.

Les déchets industriels sont pour la plupart des

déchets de production bien identifiés dont le recyclage

pose peu de problèmes. Le dernier tableau

de bord de l’Etat de l’environnement wallon 2008

annonce un niveau d’éco-efficience globalement

stable pour l’indicateur équivalent au gisement de

déchets industriels par rapport à la valeur ajoutée

brute.

Identifier des flux prioritaires

Le futur plan doit se focaliser sur les flux

prioritaires en identifiant les enjeux majeurs

pour la Wallonie. Il doit être rédigé en cohérence

avec la transposition de la directive cadre

relative aux déchets. Pour celle-ci, une ligne

de conduite, selon l’UWE : s’en tenir aux

obligations strictement imposées par le texte

européen et veiller à la cohérence entre les

impositions qui seront formulées par les 3

régions. L’harmonisation de ces obligations est

essentielle.

Parmi les enjeux actuels, citons, en vrac, le

conflit potentiel entre valorisation matière et

valorisation énergétique, déjà d’actualité pour le

bois, la valorisation des déchets en agriculture,

la gestion des terres excavées, la nécessité de

définir spécifiquement certains sous-produits

par secteur (le groisil ou calcin par exemple), le

réexamen des obligations de reprise, les plans

de prévention individuels et le plan de prévention

régional, la gestion des déchets des PME, etc.

Tous ces aspects sont des «incontournables» du

nouveau plan wallon des déchets «Horizon 2020»

dont l’UWE suivra l’élaboration avec attention.

LA QUANTITÉ DE

DÉCHETS GÉNÉRÉS

PAR LE SECTEUR

INDUSTRIEL WALLON

EST VALORISÉE À

PRÈS DE 90 %.

Dynamisme Mars-Avril 2010 .33


SPÉCIAL ENVIRONNEMENT

DÉCRET SOLS : UN AN APRÈS

Poursuivre l'adaptation du décret

Voté en décembre 2008, le décret sols est partiellement entré en vigueur en juin 2009.

Sur le terrain, l’application du décret se heurte à des obstacles variés.

par Cécile NEVEN

(1) Le CWEA, disponible en ligne sur

http://dps.environnement.wallonie.be,

est d’application depuis le 01/02/2010.

En décembre 2008, le Parlement wallon

votait le décret relatif à la gestion des sols,

un texte attendu depuis plusieurs années

qui devait mettre fin au vide juridique engendré

par une précédente réglementation jamais entrée

en vigueur.

Décret-programme

Les choses ont-elles changé depuis l’adoption du

nouveau décret ? Pas vraiment ! Les entreprises

sont satisfaites qu’un cadre légal existe enfin,

mais le texte est loin d’être opérationnel : absence

de laboratoires agréés, absence d’arrêtés

d’exécution, manque crucial de personnel au sein

de l’Administration, absence du guide de bonnes

pratiques (Code Wallon de Bonnes Pratiques,

Code Wallon d’Echantillonnage et d’Analyse (1) )

auquel toutes les étapes d’un projet d’assainissement

doivent pourtant faire référence, etc.

Le Gouvernement est conscient de ces difficultés.

Le décret-programme, adopté en première

lecture début février, contient d’ailleurs

plusieurs dispositions qui devraient y remédier :

reconnaissance à titre transitoire des agréments

des experts en matière de déchets et d’étude

de sols pour les stations-service, possibilité

d’intégrer dans les études imposées par le décret

sols les études, prélèvements ou analyses qui ont

été effectués avant la publication des guides de

bonnes pratiques, par exemple.

Favoriser la démarche volontaire

Les entreprises restent toutefois sur leur faim :

les dispositions sont sans aucun doute positives,

mais demeurent insuffisantes.

En effet, malgré le décret-programme, un

ensemble de points restent en suspens. Ainsi,

les entreprises qui ont connaissance d’une

pollution se trouvent-elles dans l’obligation

de prévenir les autorités (article 5 du décret),

mais on ignore les conséquences attachées à

la communication de cette information.

En informant l’Administration, l’exploitant ou

le propriétaire initie-t-il une démarche volontaire

qu’il pourra mener à son rythme ? Ou, au

contraire, cette information entrainera-t-elle

l’obligation systématique de mener les investigations

imposées par le décret ; ce qui constituerait

un frein tant pour l’exécution de cette obligation

d’information pourtant sanctionnée pénalement

que pour la démarche volontaire que l’on veut

encourager.

Pour l’UWE, il convient ici de permettre à la

personne qui a connaissance d’une pollution

d’en informer les autorités conformément à

l’article 5 et, parallèlement, de lui permettre

de manifester son intention de procéder à la

démarche volontaire, dans les délais et selon une

planification qui pourraient être convenus entre

les parties.

LES DISPOSITIONS

SONT SANS AUCUN

DOUTE POSITIVES,

MAIS DEMEURENT

INSUFFISANTES.

34. Dynamisme Mars-Avril 2010


Poursuivre l’adaptation du décret

Dans sa sagesse, le législateur a prévu que toutes

les dispositions du décret n’entreraient pas en

vigueur en même temps. Ainsi, la demande de

permis ou la cession d’un terrain sur lequel est

exploitée ou a été exploitée une activité suspectée

d’affecter le sol n’entraîne aujourd’hui aucune

obligation particulière liée au décret sols. En

effet, l’article 21 du décret établissant les faits

générateurs des obligations établies par le

décret n’est pas encore entré en vigueur. Lors

de l’adoption du décret en décembre 2008, on a

évoqué une entrée en vigueur dans un délai de 18

mois. Ce qui laissait le temps à l’Administration

d’établir et de rendre opérationnelles la base de

données de l’état des sols et ses applications

informatiques connexes. L’Administration

réfléchit, en outre, à une série d’indicateurs qui lui

permettraient de développer sa connaissance du

terrain et de l’évolution du traitement des dossiers,

et ainsi d’améliorer les pratiques et politiques

menées en matière de gestion des sites pollués.

On l’aura compris, le travail d’amélioration

du texte est loin d’être terminé. Nos attentes

sont simples. L’ensemble des travaux évoqués

ci-dessus doivent nous rapprocher d’une mise

en œuvre pragmatique de la législation sols.

Il faut soutenir les démarches volontaires,

permettre l’échelonnement des investigations

et garantir une communication de qualité entre

l’Administration et les entreprises. Une telle

approche permettra que les sites historiquement

pollués, qui constituent certainement un enjeu

majeur pour la Wallonie, puissent être rendus à

un aménagement de qualité.

Pour en savoir plus :

- http://dps.environnement.wallonie.be

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Dynamisme Mars-Avril 2010 .35


SPÉCIAL ENVIRONNEMENT

OBJET DE NOMBREUSES RÉFLEXIONS

La politique fiscale et l’environnem

La fiscalité environnementale fait l’objet de nombreuses réflexions (1) . En témoignent,

d’une part, le rapport récent du Conseil Supérieur des Finances sur «La politique fiscale et

l’environnement» (2) et d’autre part, la note de stratégie d’éco fiscalité présentée dans la foulée

par le secrétaire d’Etat à la fiscalité environnementale (3) .

par Jean de LAME

(1) Ceux qui souhaitent avoir une

information complète du droit

actuel liront avec intérêt l’ouvrage

de Vincent Sepulchre «La fiscalité

environnementale en Belgique»,

publié en 2009 aux éditions Larcier.

(2) Conseil Supérieur des Finances,

section «Fiscalité et Parafiscalité.

La politique fiscale et l’environnement»,

septembre 2009, téléchargeable

sur http://minfin.fgov.be

(3) Secrétaire d’Etat adjoint au

Ministère des Finances «L’outil

éco-fiscal : un levier pour une

croissance durable», octobre 2009,

téléchargeable sur www.clerfayt.be

Gageons que les sommets successifs

consacrés au climat relanceront le débat

à intervalle régulier.

Le rapport du Conseil Supérieur des Finances

examine la manière d’utiliser l’instrument fiscal

pour intégrer dans les prix les coûts externes liés

à l’environnement. Par «coûts externes», il y a

lieu d’entendre la facture que nous laissons à la

société et aux générations futures.

Or le constat est sans appel. Si les émissions

de gaz à effet de serre sont, pour la période

1990-2006 en baisse pour l’industrie, elles sont

en hausse pour le transport et le résidentiel.

Le Conseil suggère de laisser en dehors d’une

réforme de la fiscalité environnementale les

entreprises qui participent au système européen

d’échange de quotas d’émission et celles qui

ont souscrit des accords de branche. Les autres

secteurs verraient leur charge fiscale augmenter

de 1,6% de la valeur ajoutée.

La Belgique à la traîne

Cette augmentation reflète le taux de taxation

environnementale belge. La Commission

européenne établit chaque année un classement

des pays européens sur base des recettes

de fiscalité environnementale. Exprimées en

pourcentage du PIB, nous serions 22 e sur 27 en

2007. C’est surtout dans le domaine des taxes sur

l’énergie que nous serions à la traîne, avec une

25 e place sur 27.

Selon l’angle d’attaque, les statistiques peuvent

mener à des conclusions différentes. Si les

recettes belges sont en dessous de la moyenne

européenne, elles n’en restent pas moins

comparables à celles de nos deux grands voisins

l’Allemagne et la France. Si la moyenne pondérée

européenne se situe à 2,5 pour les 27 pays de

l’EU, elle est de 2,1 en Belgique et en France et de

2,2 en Allemagne.

Transport et logement en ligne de mire

Le Conseil ayant exclu l’industrie de son champ

d’investigation, il formule des recommandations,

principalement pour le secteur du transport et le

logement :

• Pour le logement, l’augmentation de la fiscalité

environnementale ne peut qu’accroître la

facture énergétique, surtout pour ceux qui se

chauffent au mazout. Le Conseil prône une

compensation seulement pour les bas revenus

sous forme de chèque énergie.

• Pour le transport, il apparaît que les «coûts

externes» sont supérieurs à la fiscalité actuelle.

La seule exception à ce constat est celle de

l’utilisation de la voiture aux heures creuses.

Si le Conseil plaide pour une suppression

progressive du régime fiscal particulier des

voitures de sociétés, il recommande néanmoins

de ne pas revenir sur le principe de la déduction

des frais de déplacement du domicile au lieu de

travail, qui constituent des dépenses à charge

des salariés. Il se dit également favorable

au maintien des avantages octroyés pour

l’utilisation des moyens de transports les moins

polluants et l’introduction d’une gradation entre

les transports en commun et le co-voiturage

• Pour le transport des marchandises, le

Conseil prône une tarification au kilomètre qui

a le mérite de mettre sur le même pied les

transporteurs nationaux et étrangers et évite

donc le problème de compétitivité.

Et pourtant…

Face à ces différentes réflexions, rappelons

toutefois que la fiscalité environnementale est

loin d’être absente en Belgique. Le niveau fédéral

prélève une part importante de ses recettes au

travers des accises sur les énergies fossiles,

sans parler de la taxe frappant les producteurs

d’électricité nucléaire. Il prélève également une

écotaxe sur les appareils photos jetables, les

piles ainsi que les récipients contenant certains

produits industriels à usage professionnel. Une

cotisation d’emballage frappe par ailleurs des

récipients pour boissons.

Dans nos Régions existent des taxes sur les

déchets, les eaux usées, les sites économiques

désaffectés, les automates, le transport de gaz et

d’électricité (sous forme de redevance de voirie),…

Les camions voient leur coût d’utilisation majoré

par l’eurovignette et les voitures par des «écomali»,

fonction des émissions de CO 2, qui ont pour

effet d’augmenter les taux des taxes de mise en

circulation. Il en va de même des avantages en

nature pour utilisation de voitures qui sont aussi

fonction des émissions CO 2.

Par ailleurs, des impositions «en nature»

prennent la forme de limitation de production de

CO 2 ou de fourniture de certificats verts par les

producteurs d’électricité «grise» pour réduire

le coût des producteurs d’électricité «verte»,

sous peine de se voir frappé d’amendes «non

déductibles fiscalement».

36. Dynamisme Mars-Avril 2010


ent

Toutes ces impositions en nature et en monnaie

sonnante ont pour effet d’augmenter le coût des

énergies et matières utilisées.

40 nouvelles mesures

Le Secrétaire d’Etat à la fiscalité environnementale

a fait le relevé de plus de 40 mesures pouvant

contribuer à la réduction de notre production de

(2)

CO 2 .

Parmi celles-ci relevons que certaines mesures

favorables aux contribuables sont déjà entrées en

vigueur. Citons à titre d’exemple :

• les prêts verts (avec réduction des taux d’intérêt)

• une circulaire exonérant certains

investissements économiseurs d’énergie d’une

majoration du revenu cadastral

L’idée du Secrétaire d’Etat Clerfayt est de

diminuer la charge fiscale pesant sur le travail

pour la remplacer par une augmentation des

taxes frappant la consommation d’énergie

fossile. Certains lui ont fait remarquer qu’en cette

période de déficit budgétaire important, l’exercice

risquait de ne pas être neutre budgétairement.

Taxés deux fois ?

Par ailleurs, nous devrons apprendre à décrypter

ces nouvelles mesures. Un exemple simple. Il est

question d’introduire une taxe CO 2 de 17€ la tonne.

Dans le même temps, la règle du cliquet permet

lors de la baisse du prix du pétrole d’augmenter

les accises à concurrence de 50% de cette baisse.

Or, 1.000 litres de diesel génèrent 2,66 tonnes de

CO 2. Si grâce au cliquet les accises sur le diesel

augmentent de 45 euros la tonne, cela équivaut

à l’introduction d’une taxe CO 2 de 17€. Dès lors

si une taxe CO 2 est introduite en maintenant le

mécanisme du cliquet le risque est de se voir taxé

deux fois grâce à deux mécanismes distincts.

Et en Wallonie ?

Notons aussi que la Région wallonne n’est

pas restée inactive dans le domaine de sa

compétence fiscale. Ainsi, à titre d’exemple,

citons les rénovations d’habitations en maisons

passives qui sont exonérées partiellement et

temporairement de précompte immobilier

(décret du 10 décembre 2010 d’équipé fiscale

et d’efficacité environnementale pour le parc

automobile et les maisons passives).










Dynamisme Mars-Avril 2010 .37


SPÉCIAL ENVIRONNEMENT

LES ENTREPRISES AUSSI ONT UN RÔLE À JOUER

2010, Année de la biodiversité

L’année 2010 a été consacrée année internationale de la biodiversité. C’est l’occasion pour

Dynamisme de faire le point sur la relation entreprises-biodiversité, au moment où l’Europe

réfléchit à une nouvelle stratégie.

par Cécile NEVEN

(1) Marc Mormont (Univ. Lg,

opportunités d’une approche

d’évaluation éco-systémique,

exposé CESRW, mai 2008).

La biodiversité est une priorité essentielle

pour l’Union européenne en matière

d’environnement et ses objectifs sont

intégrés dans la stratégie de développement

durable de l’UE. En 2001, l’Union européenne s’est

fixé comme objectif d’enrayer la diminution de la

biodiversité dans l’UE à l’horizon 2010. Cet objectif

a donné lieu au développement d’un plan d’action

en faveur de la biodiversité (2006) ainsi qu’à des

efforts plus intenses déployés dans l’application

des directives «Oiseaux» et «Habitats». Ces

directives constituent la pierre angulaire de

la législation de l’Union européenne dans le

domaine de la conservation de la nature et le

réseau Natura 2000, qui couvre 17% du territoire

européen, représente le plus grand réseau de

zones protégées au monde.

Pour résumer, l’objectif était d’enrayer la

diminution de biodiversité d’ici 2010, de

réduire les effets nuisibles du commerce

international, de lutter contre le changement

climatique, de renforcer le processus décisionnel

communautaire, et d’améliorer la participation

du public. En dépit des efforts consentis, il

apparaît que l’objectif fixé pour 2010 ne sera pas

atteint, quoique certaines améliorations aient été

constatées.

C’est dans ce contexte, qu’en mars 2009, le

Conseil des Ministres de l‘environnement a décidé

de doter l’UE d’une nouvelle perspective et de

nouveaux objectifs en matière de biodiversité dans

le cadre d’une stratégie qui doit être adoptée d’ici

la fin 2010 pour mettre en œuvre la Convention

des Nations-Unies sur la diversité biologique.

LES DIRECTIVES

«OISEAUX» ET

«HABITATS»

CONSTITUENT

LA PIERRE

ANGULAIRE DE

LA LÉGISLATION

DE L’UNION

EUROPÉENNE

DANS LE

DOMAINE DE LA

CONSERVATION

DE LA NATURE

38. Dynamisme Mars-Avril 2010


A l’heure où la Commission réfléchit à cette

nouvelle stratégie (une première communication

a été adoptée en janvier dernier), nous nous

sommes demandé comment les entreprises

étaient aujourd’hui concernées par la question

de la biodiversité. Les réponses sont multiples.

Code de l’environnement

A l’heure actuelle, en Région wallonne,

la protection de la biodiversité passe

essentiellement par la désignation de sites

protégés (Natura 2000). Le statut de protection

Natura 2000 est attribué à des sites qui

constituent près de 13% du territoire wallon (alors

que l’activité industrielle n’en occupe qu’1%).

Cependant, l’approche Natura 2000 est vue,

par certains, comme obsolète, car figée et

uniquement «conservative». Selon cette thèse,

cette approche ne suffirait plus à répondre aux

objectifs internationaux, en d’autres termes, il

serait impératif de protéger la nature «ordinaire»

en plus de la nature «sacrée» . Il semble qu’il

faille créer la notion de services écologiques

et évaluer la valeur des écosystèmes et des

services rendus. A l’UWE, nous pensons qu’il

faut veiller à ne pas systématiquement donner

un statut comparable à l’ensemble des autres

zones (hors Natura 2000), zones dans lesquelles il

conviendrait plutôt d’inciter les entreprises

à développer des actions proactives.

Du point de vue législatif, les industriels sont

confrontés à la nécessité d’évaluer l’impact de

leurs activités sur la biodiversité, ce qui se traduit

par la rédaction de chapitres de plus en plus

étoffés sur la faune et la flore environnant le

site convoité, particulièrement si l’on se situe à

l’intérieur ou à proximité d’un site «Natura 2000».

Les entreprises sont aussi soumises à d’autres

dispositions du Code de l’Environnement relatives

à la responsabilité environnementale, qui

les obligent à réparer tout dommage environnemental

dont elles seraient responsables. Ceci

dit, l’absence de dispositions quant à l’évaluation

de ces dommages pourrait engendrer des

situations très variables. C’est une crainte des

entreprises.

Enfin, l’ensemble des législations environnementales

sectorielles (eau, air, bruit, sol, déchets, paysage

etc.) ont également pour objectif de préserver

l’environnement, et par conséquent la biodiversité.

Stratégie belge

En Belgique, la «stratégie nationale pour la

conservation de la diversité biologique,

l’utilisation durable des ressources naturelles

et la répartition équitable des avantages

qui résultent de l’utilisation des ressources

génétiques» établit un cadre pour atteindre

l’objectif européen essentiel : stopper la perte

de biodiversité.

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Apporter des solutions durables pour un environnement meilleur

Dynamisme Mars-Avril 2010 .39


SPÉCIAL ENVIRONNEMENT

Ce texte vise à s’assurer que les écosystèmes

restent capables de maintenir les services

écologiques desquels dépendent à la fois la

biodiversité et les êtres humains.

Un Plan fédéral pour l’intégration de la

biodiversité dans 4 secteurs fédéraux clés a été

rédigé, en application de cette stratégie.

La thématique «Biodiversité et entreprises» y est

abordée de deux façons : d’une part localement

(toitures vertes isolantes, installations de recyclage

de l’eau, exploitation forestière responsable, pêche

et agriculture durables, etc.), et d’autre part, en

axant la politique sur les chaînes de production

(responsabilité sociétale des entreprises etc.)

Une des pistes envisagées consiste à encourager

les entreprises privées à rechercher elles-mêmes

la meilleure façon de promouvoir la biodiversité

au niveau local ou mondial

Au niveau wallon, le Ministre Lutgen, en charge

(notamment) de la ruralité, de la nature, de la

Forêt et du Patrimoine, est occupé à la rédaction

d’un Plan «Nature», articulé autour de 3 axes :

intégration de la protection de la biodiversité dans

tous les secteurs d’activité (dont les parcs d’activité

économique), augmentation des zones protégées

et protection des espèces menacées couplée à la

lutte contre les espèces invasives. Le plan devrait

se traduire très prochainement par la rédaction

d’une trentaine de fiches comprenant objectifs,

actions et planning concrets. On cite notamment

l’objectif consistant à doubler en 5 ans la superficie

des réserves naturelles (soit y ajouter 10.000 ha).

Le Ministre axe aussi clairement son action sur la

sensibilisation du grand public, avec le site www.

biodiversite52.be réalisé par la Direction générale

de l’Agriculture, des Ressources naturelles et de

l’Environnement.

Approche pilote

L’UWE, dans le cadre du projet LIFE consacré à la

gestion collective de l’environnement au sein des

parcs d’activités économiques (PAE), a développé

des actions intéressantes en matière de biodiversité.

Les PAE sont en effet souvent considérés comme

des zones souffrant d’un manque d’aménagement

et d’entretien d’espaces tant au niveau des

parcelles privées (entreprises) qu’au niveau des

parcelles publiques.

De plus, les entreprises qui verdissent leur

parcelle privée réalisent des aménagements

classiques : quelques arbres, de la pelouse rase,

des engrais et des pesticides. Ce type d’entretien

a un impact environnemental : dégradation de la

qualité des eaux, fragmentation des espaces de

nature, faible biodiversité.

L’enjeu du projet était de considérer l’entreprise

et le PAE comme un élément du maillage

et de promouvoir l’éco-aménagement et la

gestion différenciée sur les parcelles privées et

publiques. Ces actions en faveur de la biodiversité

apparaissent bénéfiques pour l’entreprise et le

parc d’activités de façon globale : attractivité

paysagère et image de marque, bien-être des

salariés, réduction des coûts d’entretien des

espaces (plus d'infos sur www.econetwork.eu).

40. Dynamisme Mars-Avril 2010


INFRASTRUCTURES DE TRANSPORT

Les artères du

développement régional

par Samuël SAELENS

L’intérêt porté quasi quotidiennement par les médias aux voies fluviales, ferroviaires ou

routières en est une des multiples preuves : les infrastructures de transport participent de

façon décisive au développement économique et social d’un territoire. Pour les entreprises, il

est impératif de mettre ces infrastructures au cœur de toute stratégie économique régionale,

pour notamment leur permettre d’assurer leurs investissements et compétitivité futurs.

La question des infrastructures de transport

est centrale pour la Wallonie. Centrale

parce que les entreprises situées en

Wallonie ont besoin d’un système performant de

transport pour vivre et se développer. Centrale

parce que la Wallonie est en concurrence avec

de nombreuses régions voisines pour l’accueil

d’investisseurs pour lesquels la qualité des

infrastructures occupe une place de choix

dans leur grille de décision. Centrale parce

que la Wallonie est dans le cœur logistique de

l’Europe. Centrale parce que les infrastructures

conditionnent aussi, par leur qualité, les

possibilités de report modal et dès lors l’impact

du transport sur son environnement.

Mais quel est le constat aujourd’hui ? Petit tour

des trois principaux modes de transport.

Le réseau routier régional fait les frais de

nombreuses années de sous-investissements,

en particulier dans son entretien et ce, malgré

une augmentation notable du poste « entretien

» ces dernières années. Cette carence conduit

à la dégradation lente mais profonde du réseau

routier wallon et, dès lors, à une importante perte

de qualité des déplacements tant en termes de

circulation que de sécurité ou encore d’image.

Le plan de relance imaginé sous l’ancienne

législature par le gouvernement wallon, prévoit

d’injecter 600 millions d'euros dans la rénovation

et l’entretien des routes wallonnes. Ces 600

millions d’euros sont destinés à 1.175 chantiers

jugés prioritaires par la Région. Or, il apparait

aujourd’hui, notamment après l’hiver que nous

avons subi, que ce montant sera plus proche du

milliard. L’UWE apprécie la volonté affichée du

Gouvernement wallon de remise à niveau de notre

réseau routier mais regrette les sous-investissements

dont ce réseau a été l’objet pendant de

longues années (tant en termes de nouveaux projets

que d’entretien) et la forme de «moratoire»

sur certains investissements nouveaux.

Toutefois, si les choses semblent être prises

en main pour améliorer le réseau routier, la

multiplication des chantiers sur une durée très

courte fait craindre de graves problèmes de

fluidité sur le réseau. La gestion de ces chantiers

se devra donc d’être extrêmement bien réfléchie.

Les enjeux de l’amélioration du réseau des voies

navigables wallonnes quant à eux symbolisent à

merveille ceux de l’ensemble des réseaux de transport

: amélioration de l’infrastructure et de l’exploitation

du réseau, connexion aux voisins européens.

LA WALLONIE NE

PEUT SE PERMETTRE

DE RETARDER LES

INDISPENSABLES

TRAVAUX SUR LES

VOIES NAVIGABLES

AU RISQUE D’ÊTRE MISE

À L’ÉCART DES GRANDS

FLUX LOGISTIQUES

EUROPÉENS.

Dynamisme Mars-Avril 2010 .41


SPÉCIAL ENVIRONNEMENT

UNE PARTIE DU

RÉSEAU FERROVIAIRE

SE TROUVE À L’HEURE

ACTUELLE À 80% DE

SA CAPACITÉ (PROCHE

DE LA SATURATION).

Les voies navigables sont face à de formidables

défis notamment représentés par la construction

du Canal Seine-Nord Europe en France et par

les partenariats que peuvent tisser nos ports

intérieurs wallons avec les grands ports de mer.

Les travaux pour parvenir à relever ces défis

sont identifiés au niveau régional. Bien que

les montants évoqués soient conséquents, la

Wallonie ne peut se permettre de retarder les

indispensables travaux sur les voies navigables

au risque d’être mise à l’écart des grands flux

logistiques européens. Les conséquences pour

de nombreuses entreprises implantées en

Wallonie et pour l’attrait d’investisseurs seraient

très importantes. L’UWE insiste donc sur la

planification, l’engagement budgétaire (public

ou PPP) et la mise en chantier adéquatement

échéancée de l’ensemble des travaux répertoriés.

Finissons ce tour incomplet par le rail. Selon les

données d’une étude en cours pour Infrabel, une

partie du réseau se trouve à l’heure actuelle à

80% de sa capacité (proche de la saturation). Cela

engendrera, à court et moyen termes, un certain

nombre de problèmes. A plus long terme, le

réseau ferroviaire belge ne pourrait plus absorber

la charge de trafic supplémentaire lié au transfert

des marchandises de la route vers le rail souhaité

par les autorités. Des travaux d’investissements

et d’entretien sont donc nécessaires. Dans

ce cadre, l’UWE plaide premièrement pour le

respect des travaux et budgets prévus aux plans

d’investissement d’Infrabel et de la SNCB, seuls

capables d’assurer la pérennité de ce mode

de transport. L’UWE souhaite également le

développement de partenariats public-privé pour

les infrastructures ferroviaires libérant ainsi des

montants nouveaux susceptibles de permettre

ou d’accélérer les investissements. Enfin, l’UWE

plaide pour que les choix des autorités régionales

soient plus équilibrés et se fassent davantage au

profit du réseau et du transport de marchandises.

La Wallonie dispose d’un réseau dense et

relativement exceptionnel d’infrastructures de

transport mais qui souffre de réelles carences

d’entretien et de mises à niveau. Ces réseaux

pèsent certes lourd dans le budget régional mais

ils sont absolument essentiels au développement

de la Wallonie et de ses entreprises par les

rôles de levier et d’attractivité qu’ils jouent sur

l’économie. La mise à niveau et l’amélioration

de l’ensemble des infrastructures de transport

sont aujourd’hui indispensables et urgents. La

qualité des infrastructures de transport doit

être un objectif prioritaire du Gouvernement.

Le manque de moyens et la crise ne peuvent

être prétextés, au contraire, les enjeux sont

trop importants. Par exemple, une planification

claire des travaux est un élément clé pour les

décisions d’investissement et la programmation

des activités des entreprises Il faut dès lors

une véritable rationalisation de l’utilisation

des moyens publics et une vision régionale

prospective, ambitieuse et décloisonnée de

ce sujet..

POSITION PAPER

DE L'UWE

Toutes ces considérations

sont détaillées dans une note

que l’UWE a adressée au

Gouvernement wallon. La note

contient également des points

de vue sur les aéroports, les

plateformes multimodales et

le réseau de canalisations,

trop souvent oublié.

La note est téléchargeable

sur www.uwe.be, rubrique

«Publications».

Un port intérieur

tourné vers l’extérieur

© SPW-DPVNI

© PAL - EXPERIENCE COMMUNICATION

© SOMEF

Quai de Maestricht, 14 • 4000 Liège

Tél.: +32 4 232 97 97 • Fax: +32 4 223 11 09 • E-mail: portdeliege@skynet.be • Site Internet: http://www.portdeliege.be

© SOMEF

42. Dynamisme Mars-Avril 2010


DÉVELOPPEMENT DURABLE

Un défi aussi pour

la recherche européenne

L’Union européenne vient de présenter sa nouvelle vision stratégique, intitulée «Europe 2020».

Elle doit poser les fondations d’une croissance intelligente (basée sur la connaissance et

l’innovation), durable (plus verte) et inclusive (favorisant l’emploi et la formation et luttant

contre la pauvreté). La recherche en matière de développement durable supporte cette vision

et contribue à apporter des solutions via des technologies plus propres ou de remédiation.

L’objectif est de s’assurer que le développement socio-économique actuel ne compromette pas notre avenir.

par Stéphane WAHA et Isabelle TREUTTENS

Le septième Programme-cadre européen

de Recherche et Développement (7 e PCRD)

doit permettre à la recherche européenne

de répondre aux besoins de R&D exprimés dans

la stratégie européenne de développement

durable renouvelée en juin 2006. Cette dernière

met en exergue le besoin de renforcer la

recherche et le développement technologique

pour traduire les 7 défis fondamentaux du

développement durable en actions concrètes.

Ces «key challenges» sont les suivants: le

changement climatique et l’énergie propre,

le transport durable, la production et la

consommation durable, la meilleure gestion

des ressources naturelles, les menaces en

matière de santé publique, l’inclusion sociale,

la démographie et la migration et enfin, la lutte

contre la pauvreté.

Concrètement, la recherche européenne peut

aider à concrétiser ces enjeux à trois niveaux.

Tout d’abord, elle peut aider les décideurs

politiques à fixer des seuils et des standards

adéquats pour rencontrer les objectifs sociétaux,

comme ceux liés à la sécurité de nos chaînes

alimentaires ou encore à la préservation de nos

ressources. L’exemple le plus connu reste sans

doute l’objectif de limitation des gaz à effet de

serre afin de restreindre l’augmentation attendue

des températures à un niveau tolérable.

Un autre exemple vient du projet IBIOLAB, dans

lequel plusieurs sociétés wallonnes ont été

impliquées (voir article p. 49). Il a débouché sur

la formulation de lubrifiants respectueux de

l’environnement et leur labellisation au niveau

européen.

"LA NOTION DE

DÉVELOPPEMENT

DURABLE EST AMBIGÜE

ET RELÈVE DES

CHAMPS SCIENTIFIQUE,

TECHNIQUE, MORAL

ET POLITIQUE"

Nicole DEWANDRE,

Direction Générale de la

Recherche, Union Européenne

Dynamisme Mars-Avril 2010 .43


SPÉCIAL ENVIRONNEMENT

La recherche produit également des solutions

technologiques aux problèmes environnementaux.

Par exemple, les recherches sur les matériaux

composites menées dans les projets aéronautiques

permettent d’alléger les structures et de réduire la

consommation en carburant. La société Wetlands a

quant à elle développé, dans le projet SOPHIED, des

voies de production de molécules de colorants textiles

à base de champignons, molécules qui peuvent

remplacer les colorants actuellement en utilisation

mais dont la charge polluante est très élevée.

La recherche permet aussi d’élever le débat

sur la notion-même du développement durable,

en questionnant nos modèles d’organisations

économiques et sociaux et en vue de tester de

nouveaux business models qui intègrent plus

naturellement les différentes composantes

du développement durable. "La notion de

développement durable est ambigüe et relève

des champs scientifique, technique, moral et

politique, estime Nicole Dewandre, cheffe de l’unité

«Développement durable» à la Direction générale

de la Recherche. Il faut trouver un chemin entre

le catastrophisme et le déni, et faire droit à la

question du sens au

même titre qu'à l'arbitrage

entre les différents intérêts en

présence".

e".

Enfin, un autre pan de la recherche erch

vise

à

développere des

outils pour la politique du

développement emen

en

durable, à savoir des outils

d'évaluation et de monitoring orin

ing (indicateurs).

icat

Afin d'évaluer la contribution du 7 e PCRD à la

stratégie européenne du développement durable,

une grille, en phase de finalisation, permettra

de faire le lien entre les sujets du 7 e PCRD et les

enjeux du développement durable. "Cette matrice

nous offre une lecture croisée entre la stratégie

du développement durable et le PCRD, explique

Nicole Dewandre. Elle nous permettra de voir

quels sont les projets financés du 7 e PCRD qui

rencontrent les key challenges et d’en dériver

le besoin pour des recherches ciblées sur des

enjeux qui seraient mal couverts".

A terme, cet exercice pourra être réalisé au

niveau de notre région, et permettra de mesurer

l’intégration de la Wallonie dans la stratégie

européenne de développement durable.

Par ailleurs, la DG Recherche de la Commission

européenne a récemment lancé l’initiative

RD4SD (Recherche et Développement au profit

du Développement durable) afin de voir comment

la recherche européenne, au-delà du 7 e PCRD,

peut s’atteler au développement durable et, aussi,

comment cette contribution peut être mesurée.

En s’attelant ant à l’exercice, le NCP-Wallonie espère

pouvoir contribuer utilement à la définition du

périmètre du 6 e pôle de compétitivité tivi

té et à sa

connexion aux enjeux internationaux.

nation

a















44. Dynamisme Mars-Avril 2010


Actions / International

CELLULE MARKETING INTERNATIONAL DE L'UWE

Une nouvelle grappe à l'exportation

par Etienne COLLIN

C’est l’une des conséquences de la crise et de la mondialisation : la bataille sur les prix

fait rage. Pour nos entreprises industrielles, la concurrence est chaque jour plus dure

avec les pays émergents. L’occasion de se positionner autrement, via la consultance .

L’UWE teste actuellement une nouvelle grappe autour de cette expertise pointue..

LA MÉTHODOLOGIE

DES GRAPPES OUVRE

DES DÉBOUCHÉS

PROBABLEMENT

INACCESSIBLES

POUR DES

ENTREPRISES

PRISES

INDIVIDUELLEMENT.

nous avançons dans

ce projet avec une association de

"Actuellement,

consultants, WalldoWell, qui réunit

des experts en ressources humaines, en

management, en mise à niveau d’entreprises,

en certification, en supply chain, en gestion,…

leurs compétences sont reconnues ici et nous

sommes occupés à tester la manière dont

elles sont reçues à l’étranger". précise Etienne

Collin, Conseiller au sein de la Cellule Marketing

International de l’UWE.

Il a donc été décidé de créer une grappe

«consultance». La première mission exploratoire,

qui devait donc valider la faisabilité de l’opération,

emmène la Cellule Marketing International de

l’UWE en pré-mission au Maroc. Deux étapes

à la clé : Rabat et Casablanca. "En fonction

des résultats, nous pourrions alors repartir en

mission, mais cette fois avec des consultants

de la grappe".

L’objectif serait multiple pour les membres

de la grappe : trouver à s’associer avec des

experts locaux, voire décrocher des contrats

en direct avec des sociétés marocaines. "Notre

interlocuteur est le patronat marocain, le

CGEM, avec lequel l’UWE a signé des accords

de collaboration. Mais sur place, notre agenda

prévoit des rencontres avec les chambres de

commerce de Casablanca et Rabat. Sans négliger

les grands donneurs d’ordre. Nous devons aussi

voir s’il y a des attentes particulières par rapport

à certains profils ou à certaines expertises en

consultance".

Force et faiblesse de cette grappe, la taille

des sociétés qui la composent : du consultant

indépendant au bureau de consultance, la taille

de l’effectif peut varier fortement. "Raison pour

laquelle l’approche groupée sera plus que jamais

essentielle".

WallDoWell

Wall do Well se définit comme l'association wallonne de référence de conseil aux entreprises. Elle existe depuis

mai 2006. L’institution regroupe tous les secteurs de la consultance. Sa structure est fédérative, sur une base

associative et participative. Un secteur de services intellectuels (tertiaire avancé) de très haute qualité.

Les grappes à

l’exportation de

l’UWE

La grappe est un ensemble

d’entreprises complémentaires

produisant des services et

des biens pour un secteur

déterminé sélectionnées

avec l’aide d’entreprises

leaders. Certaines sont en

développement : la grappe

"consultance" est la dernière

en date, aux côtés de la

grappe "transport ferroviaire"

et de la grappe "transport

d'électricité". Quant aux

grappes existantes, elles

sont au nombre de 10 :

• grappe cimentière

• grappe environnement

• grappe équipements

alimentaires

• grappe ingrédients

alimentaires

• grappe mines et carrières

• grappe pétrochimique

• grappe pharmaceutique

• grappe sidérurgique

• grappe sucrière

• grappe verrière

Dynamisme Mars-Avril 2010 .45


Missions princières : un effet levier !

Y aller ou pas ? Telle est la question que se posent nombre d’entreprises lors du choix de telle ou

telle mission à l’étranger. Entre contraintes du protocole et effet d’aspiration, l’équilibre est souvent

subtil. Mais le constat est unanime : une mission princière ouvre des portes et même plus !

Guillaume de Gaiffier est conseiller à la cellule Marketing International de l’UWE. Il a vécu de l’intérieur la mission

princière au Maroc. Pour lui, il n’y a pas de doute : "Certaines entreprises peuvent légitimement se demander

quelle place leur sera réservée au milieu des contraintes protocolaires et politiques. Mais c’est oublier que leur

arrivée et leur programme sur place sont préparés p par les attachés économiques et commerciaux de l’Awex, ,qui

peuvent s’y consacrer totalement. Car c’est l’Ambassade qui gère le reste. Et puis, les grosses entreprises ont,

généralement leur propre structure dédiée à l’exportation et elles ne passent plus nécessairement pas l’Awex.

Tout profit donc pour les plus petites…"

A son niveau, Guillaume de Gaiffier conçoit généralement ces missions princières comme des missions

exploratoires, qui doivent surtout lui permettre de rencontrer de hauts dirigeants loca

ux ou des donneurs d’ordre

de premier plan. "Ce n’est que dans un deuxième temps que je reviens

sur place avec les entreprises de nos

grappes. Cette organisation en grappe est complémentaire de l’approche

de l’Aw

Awex : nous parlons de synergies et

de complémentarités, absolument pas de concurrence".

Retombées concrètes

Au Maroc, il incombait d’approfondir le travail de la grappepe ferroviaire, qui s’était déjà rendue sur

place

en 200

7.

Des

conta

cts avaient été noués, certaines entreprises étaient retourn

ées ensuite en solo, o, mai

s cette e fois

s-ci

l’occasion était trop belle pour

la grappe

de po

uvoir profiter à plein de l’effetfet d’aspiratio

n de la miss

issioni du

Prince Philippe : au milieu de 2000 industr

iels belges, les 11 représ

senta

nts d’entreprises

actives dans le secteur ferroviaire re ont pu bénéfiicier

d’un nprog

ogramme alléchant : une

journée complète de séminaire ave

c les res

ponsables de

l’ONCF, la «SNCB» locale.

"Chaque entreprise avait un agenda rempli

de rendez-vous B-to-B, avec des ingénieurs

ou des

acheteurs marocains de sa spécialité,

et les représentant

s de l’UWE ont,

eux, rencontré

le top-ma

nagement de l’ONCF".

Derrière l’effe

t de grappe et le

parrainage d’une grosse entrepris

se d

u s

ecteureu pour

«ouvrir r des portes

» à ses fournisseurs et sous-traitants, se cachai

it un

aut

re obj

ectif :

"Démontrer qu

e la complémentarité au sein

d’une grappe perme

etta

tait

d’offrir du

cl

é-sur-porte au client, par exemple au niveau de so

us-ens

embl

es, comm

e

les plafonds : le client préfère recevoi

oir unepièce usinée

, entièrementt câbl

ée

et équipée, plutôt qu’une sorte de puz

zle dont la compatibilité

n’

est

garantie que sur papier". Concrètem

ment

, cela donne aussi des asso-

d’offre inaccessibles en solo : c’e

’es

tl

le cas d’un dossier encore confi-

dentiel. Les entreprises semblent

avoir bien compri

s tout

l’intérêt

de cette approche. Si elleses disposen

ent parfois de leur proprep service

export, elles gagnent parfois à être

prése

ntes dans une grappe avec

l’une de leurs filiales ou avec une activi

vité

de

niche.

ciations moment

anées pour répondr

ndre,

collectivement,

à des

appels

Autre retombée : les invitations d’acheteurs.

Casa

Tra

nsp

ort, l’en

-

treprise publique chargée de la gest

ion du transport en commun

du Grand Casablanca et donc

futur gestionnaire du tramway

de

Cas

ablanca s’est montrée intéressée é de pouvoi

oi

r renc

encont

ontrer

les

industriels, les fabricants be

lges de syst

stème

èmes et infrastructures

liés. Ils ont aussi émis

le so

uhait

de rencontrer leurs clients

locau

aux :

les

explo

itants

belge

lges que sont la STIB, mais

aussi les TEC

et

De Lij

ijn.

Dynamisme Mars-Avril 2010 .47


Actions / En direct

PARTNERING EVENT

Collaboration Catalogne-Wallonie

par Isabelle TREUTTENS

Le Louvain-la-Neuve Science Park, membre de SPoW (Science Parks of Wallonia) et le

NCP-Wallonie ont organisé, le 4 mars dernier, un partnering event réunissant près de

40 entreprises et centres de recherche catalans et wallons. L'occasion leur a été donnée d'y

présenter leurs idées de projets et d'y rencontrer, en «face to face», des partenaires potentiels.

Fort de ses contacts avec le Parc scientifique

de Gérone, le Louvain-la-Neuve Science

Park, membre de SPoW (Science Parks

of Wallonia) a initié cet événement, auquel le

NCP, qui y a présenté les diverses opportunités

de participer à des projets internationaux

de recherche collaborative, a apporté sa

méthodologie et ses contacts wallons. C’était par

ailleurs la première fois qu’un partnering event

était organisé spécifiquement dans le cadre d’une

collaboration entre parcs scientifiques, avec

le soutien de leurs agences de développement

économique respectives : ACC10 et l'AWEX.

Les synergies entre les deux régions ne sont pas

négligeables puisque Wallons et Catalans ont

collaboré à 99 projets du 6e Programme-cadre

européen de Recherche et Développement

(6 e PCRD) et à déjà 19 projets du 7 e PCRD, qui

court jusque 2013.

Il n'en reste pas moins que pour les sociétés,

la participation à ce type d'événement constitue

l'une des pistes privilégiées pour trouver des

partenaires. "Il est difficile d'entrer en contact avec

une société et d'y trouver la bonne personne pour

votre thématique, déclarait Marco Brinkman, de la

société catalane Airborne Composites. La Wallonie

a une compétence certaine dans le secteur de

l'aéronautique et des composites. La Sonaca

constitue un objectif pour nous. Nous n'avons

jamais eu la possibilité de les rencontrer en «face

to face». Ils sont ici et ce sera l'endroit idéal pour

leur parler et leur expliquer notre projet".

Même son de cloche du côté de Denisa Gibovic

(SAM - Catalogne) : "Cet événement constitue

une belle opportunité pour nous. Nous espérons y

trouver des partenaires. Ce qui est important, c'est

le «face to face». C'est beaucoup plus facile de

communiquer avec quelqu'un que vous avez déjà

vu que de tenter d'entrer en contact par e-mail

avec quelqu'un que vous ne connaissez pas".

Autre avantage de ce type d'événement, selon

Philippe Mack, de Pepite: "il y a une «présélection"

des participants qui est faite par le NCP et

qui nous facilite la vie. J'aurais pu trouver des

partenaires qui ont la même envie que nous de

développer la recherche, mais j'y aurais passé des

journées complètes. J'ai rencontré des personnes

intéressantes ici. Pas forcément pour faire de la

recherche, mais du développement commercial".

Si vous avez une idée de projet et que vous

souhaitez trouver les partenaires adéquats

pour former votre consortium, n'hésitez pas à

prendre contact avec l'équipe du NCP-Wallonie

(0800.1.6279). Elle organise régulièrement

des événements de ce type. Tenez-vous informés

via ses newsletters (www.ncpwallonie.be).

PRÈS DE 40

ENTREPRISES

ET CENTRES DE

RECHERCHE CATALANS

ET WALLONS ONT

EU L'OCCASION DE

PRÉSENTER LEURS

IDÉES DE PROJETS

ET DE RENCONTRER,

EN «FACE TO FACE»,

DES PARTENAIRES

POTENTIELS.

Dynamisme Mars-Avril 2010 .49


Actions / Recherche européenne

VALBIOM

En route vers des lubrifiants

respectueux de l’environnement !

Le projet IBIOLAB, qui s’est clôturé en septembre 2009, a débouché

sur la formulation de nouveaux biolubrifiants. L’objectif est

maintenant d’aller jusqu’au marché.

par Isabelle TREUTTENS

Aider les PME à développer de nouveaux

biolubrifiants, accroître leur présence

sur le marché et obtenir l’Ecolabel leur

permettant d’accéder à une large gamme de

secteurs industriels, tels sont les objectifs du

projet IBIOLAB, auquel a participé l’association

wallonne ValBiom. Cette dernière compte, parmi

ses membres, des sociétés, des centres de

recherche, des associations et des particuliers

dans le domaine de la valorisation non-alimentaire

de la biomasse.

Les lubrifiants constituent un élément clé de tout

équipement mécanique. Ils sont utilisés dans

les secteurs du bâtiment (huiles de décoffrage),

du bois (huile de chaîne de tronçonneuse), des

transports (huiles moteur) et des systèmes

hydrauliques (fluides hydrauliques). Actuellement,

plus de 95% des lubrifiants sont à base d’huiles

minérales, qui polluent l’environnement. Il est

donc primordial de leur trouver une alternative

plus écologique. D’où l’intérêt du projet IBIOLAB,

financé sous le 6 e Programme-cadre européen

de Recherche et Développement (6 e PCRD –

Recherche collective : voir encadré). "Nous

sommes intervenus à trois niveaux dans ce projet,

qui a débuté en 2006 : la veille technologique

et économique, la communication et enfin, la

dissémination et l’exploitation des résultats,

précise Julie Roïz, Project Manager chez

ValBiom. Ce dernier point a représenté une partie

importante de notre travail".

Une philosophie particulière

En effet, ce projet collectif présente un caractère

particulier puisque les résultats de la recherche

n’appartiennent pas aux PME mais aux quatre

associations partenaires du projet (les IAG, voir

encadré). "Il a été difficile de faire comprendre la

philosophie du projet aux partenaires, reconnaît

Julie Roïz. Au début, il y avait une certaine

réticence des PME.

Le NCP-Wallonie a été le seul à pouvoir nous

apporter le soutien dont nous avions besoin à

ce niveau-là. Nos compétences en propriété

intellectuelle étaient minimes. Il nous a épaulés

dans la construction du PUDK (Plan for Using

and Disseminating the Knowledge)".

Ce document résume la stratégie commune

des 22 partenaires du projet en matière de

dissémination et d’exploitation des résultats.

Il comporte également les questions relatives à

la propriété intellectuelle, dont la bonne gestion

est cruciale dans ce type de projet. En effet,

tout en veillant à disséminer largement certains

résultats de la recherche parmi les acteurs

industriels du secteur concerné, il faut veiller à

préserver les intérêts légitimes des entreprises

qui ont contribué au succès du projet. C’est un

exercice d’équilibriste auquel s’est livré ValBiom

avec l’aide du NCP-Wallonie.

"IBIOLAB est clôturé depuis septembre 2009,

mais le travail de ValBiom et de nos partenaires

se poursuit, en collaboration avec des juristes",

poursuit Julie Roïz.

Un marché porteur

Les lubrifiants d’origine végétale s’avèrent être un

marché porteur puisque leur utilité est indéniable

dans les applications où la récupération des

lubrifiants est quasi-impossible. Pour anticiper

cette progression du marché, plusieurs

partenaires du projet envisagent de participer

à un projet du programme CIP Eco-innovation

pour établir une filière d’approvisionnement de la

base de biolubrifiants développée dans le projet

IBIOLAB et pour la commercialiser. "Nous avons

présenté les résultats scientifiques du projet

à la Commission européenne qui pourrait leur

donner une suite, commente Julie Roïz. L’idée

est de combler le vide entre la recherche et le

développement industriel. L’objectif est d’aller

jusqu’au marché".

"L’IDÉE EST DE

COMBLER LE

VIDE ENTRE LA

RECHERCHE ET LE

DÉVELOPPEMENT

INDUSTRIEL"

Julie ROÏZ (ValBiom)

IBIOLAB :

22 partenaires

dont 6 Wallons

Parmi les 22 partenaires du

projet IBIOLAB (coordonné

par l’ITERG), 6 sont wallons.

Il s’agit de ValBiom, Lubrix,

Vandeputte Oleochemicals,

Sogelub, BfB Oil Research

et la Faculté universitaire

des Sciences agronomiques

de Gembloux (aujourd’hui

Gembloux Agro-Bio Tech).

Recherche collective: principes de base

Sous le 6 e PCRD, le dispositif de recherche collective était spécialement adapté aux associations et groupements de PME qui

étaient les titulaires exclusifs des droits de propriété intellectuelle. La diffusion des résultats à de grands ensembles de PME

et la formation du personnel étaient une composante majeure de ces projets. Le consortium devait, au minimum, être

composé de trois associations/groupements indépendants de PME (IAG), au moins deux universités ou centres de recherche

(RTD performers), et de 2 à 5 PME particulières. Ce type de projet existe toujours sous le 7 e PCRD, mais sous une autre

dénomination: il s’agit des projets intitulés «Recherche au profit des PME».

Pour tout support dans

l’élaboration de vos projets de

recherche européens, n’hésitez

pas à prendre contact avec l’équipe

du NCP-Wallonie : 0800 1 6279

www.ncpwallonie.be

50. Dynamisme Mars-Avril 2010


Réseaux / E-Wallonie

L’ENTREPRISE

EN LIGNE

Développez votre entreprise

grâce aux Technologies

de l’Information et de la

Communication.

Une rubrique proposée

par l’Agence Wallonne des

Télécommunications.

ACCÈS FIXES ET MOBILES

Comment choisir

son accès à internet

A l'heure où disposer d'un accès Internet semble

une évidence, l'AWT fait le point sur les différentes

technologies d'accès fixes et mobiles à Internet.

LE CHIFFRE

81%

En 2008, 81% des entreprises

étaient connectées à Internet

via l’adsl. Pour les entreprises

wallonnes, l'évolution vers

le très haut débit n'est pas

encore à l'ordre du jour sauf

pour les grandes entreprises.

Cela tient principalement

au fait que 94,5% des

entreprises qui emploient

5 à 50 travailleurs, n'ont

pas la masse critique pour

rentabiliser cette technologie.

ON THE WEB

www.seriousgame.be

Le 4 mai 2010 à Imagix-

Mons, l'AWT organise avec

le MIC, les clusters TIC et

Twist, le Be-ODL, le Forem,

les Centres de compétences

TIC, Belle productions, Now.

be et See&Touch, la 1ère

conférence sur le jeu sérieux

en Belgique francophone.

L’exploitation du jeu en

contexte dit «sérieux»

(marketing, communication,

formation, simulation, etc.) est

en plein essor! Les exemples

d’application ne cessent de se

multiplier dans l’entreprise,

l’enseignement, l’armée, le

monde médical, etc.

Les utilisations peuvent être classées en

deux grandes catégories: soit à partir

d'un lieu d'accès fixe, comme le siège de

l'entreprise, soit d'un lieu d'accès mobile, ce qui

est fréquent dans certains métiers. Il ne s'agit

toutefois pas d'une stricte distinction entre

connexions filaires et non filaires. Il est en effet

possible d'employer une technologie de liaison

sans fil, comme par exemple le satellite, pour

se connecter à Internet à partir d'un lieu fixe.

Connexions "fixes"

La ligne téléphonique classique

C’est la première solution apparue sur

le marché. Elle consiste à se raccorder à

Internet via la ligne téléphonique ordinaire

par l'intermédiaire d'un modem analogique.

Cette formule est désormais abandonnée

par la majorité des fournisseurs d'accès.

Les technologies xDSL et câble

Evolution technologique majeure, les

technologies xDSL ont été déployées

massivement depuis le début des années

2000. La technologie la plus connue, car

la plus répandue est l'ADSL. C'est une

technologie asymétrique: le débit de

téléchargement de données est nettement

plus élevé que le débit d'envoi. Outre l'ADSL

avec ses variantes plus rapides (ADSL2,

ADSL2+), il faut également citer le VDSL et

du VDSL2. Comparable à l'ADSL, il permet

des débits nettement supérieurs. Le câble

et l'ADSL apparaissent donc actuellement

comme une solution optimale au niveau

du rapport qualité/prix pour la plupart

des besoins d'indépendants, de PME et de

petites structures publiques ou associatives.

La ligne louée

Avant l'apparition de la fibre optique et du

SDSL, la ligne louée (sur la paire de cuivre)

était la solution typique pour des connexions

à très haute disponibilité. Elle bénéficie

généralement d'un service de monitoring du

réseau 24 heures sur 24 et d'une garantie

d'intervention rapide en cas de panne. Par

contre, il s'agit d'une solution plus chère

que le SDSL. Environ 3% des PME wallonnes

utilisent ce type de connexion.

La fibre optique

Même si les technologies xDSL sont

performantes, seule la fibre optique offre

toutes les garanties pour les capacités

toujours plus grandes en bande passante

qui sont nécessaires. Ce phénomène ne

fera que s'amplifier avec l'émergence

d'applications telles que le cloud computing

ou la télévision à la demande. En Belgique,

aucune véritable offre grand public n'existe

encore, à l'exception de deux projets pilotes

très limités. Par contre, plus d'un millier

d'entreprises disposent d'un tel accès pour

Internet, souvent pour leur téléphonie ou

l'interconnexion de bâtiments distants.

Le satellite

On signalera également les liaisons via une

antenne satellite. Cette solution est très peu

présente en Belgique compte tenu du bon

déploiement de l'ADSL et de l'Internet via le

câble de télédistribution.

Les connexions "mobiles"

Le réseau téléphonique cellulaire

Depuis le début des années 2000, les

connexions à très bas débit à Internet via

un modem intégré au GSM ont fait place

au GPRS et à Edge, permettant un accès

permanent à Internet tout en laissant la

possibilité de téléphoner ou de recevoir

un appel. La véritable révolution mobile

coïncide avec l'apparition de la 3G. Le confort

d'utilisation devient comparable à l'ADSL.

Le WiFi

Le WiFi est une solution de connexion sans

fil à courte distance (quelques dizaines de

mètres) à une antenne elle-même raccordée

à une liaison permanente à Internet (ADSL par

exemple). Ce type de connexion, lorsqu'elle

est disponible, permet de consulter Internet

avec un grand confort d'utilisation.

Le WiMAX

Porté par Intel en association avec d'autres

industriels, le WiMAX propose un accès

de grande portée. Il se positionne ainsi à

la fois comme un concurrent de la 3G et,

accessoirement, de l'ADSL et du WiFi.

Retrouvez l’article complet sur le portail des Technologies

de l’Information et de la Communication: www.awt.be

Dynamisme Mars-Avril 2010 .51


Réseaux / Manager positif

QUELLES ENTREPRISES GAGNANTES ?

Réparer la planète : la révolution

de l’économie positive

Les managers doivent être à la tête du changement. Quels bénéfices

économiques peut-on attendre d’une transition à une croissance plus durable ?

Ce qui est remarquable dans cette approche, c’est que chacun d’entre nous,

grâce aux choix qu’il pose lorsqu’il accomplit quelque chose, peut être acteur

du changement et du passage à l’économie positive.

par Maximilien ROUER, président de BeCitizen (www.becitizen.com)

"TOUT CE QUE L’HOMME

A DÉTRUIT, IL PEUT LE

RÉPARER À CONDITION

DE DÉMARRER

MAINTENANT"

Maximilien Rouer, expert APM

Imaginons un peu l’environnement dans

lequel l’essentiel d’entre nous vivrons

dans les années qui viennent et ce que

cela implique comme évolutions pour

les sociétés et les écosystèmes. D’après

le CNRS, en France, en 2030, le climat

sera en moyenne celui de l’été 2003. Ceux

qui ont passé les quinze premiers jours

de la canicule d’août 2003 en ville sans

climatisation apprécieront l’information.

Tous les acteurs économiques ne sont pas

égaux face à cette évolution. Certains vont

être capables d’en tirer profit, d’autres non

et ils disparaîtront. La règle de l’évolution

des entreprises, comme celle des espèces

ou des territoires, reste immuable : dans

un environnement donné, seuls les plus

adaptés survivent. Une entreprise qui dure

est une entreprise qui a su s’adapter à son

nouvel environnement, que celui-ci soit la

globalisation ou le changement climatique.

Et, justement, les gagnants du changement

climatique sont, en quelque sorte,

prévisibles. Les entreprises gagnantes

fourniront à leurs clients les produits ou

services leur permettant de réduire leurs

émissions de gaz à effet de serre, ou

d’adapter leurs territoires aux évolutions

climatiques, ou encore de stocker du

carbone. Toutes les entreprises ne sont

pas concernées avec la même intensité.

Les plus sensibles sont celles dont la

consommation d’énergie est la plus forte,

à savoir les industries lourdes (chimie,

sidérurgie, papeterie, verrerie, cimenterie,

production d’électricité…), les transports,

le bâtiment et l’agriculture. Les moins

vulnérables, à priori, sont les entreprises de

service dont le métier est d’accompagner

les précédents d’un monde à l’autre (ce qui

les rend solidaires). Pour les entreprises

gagnantes, donnons quelques exemples...

Les entreprises permettant de réduire les

émissions de gaz à effet de serre sont celles

qui vendent de l’efficacité énergétique. Par

exemple, dans le bâtiment, il s’agit des

entreprises d’isolation. Évoquons aussi

les produits de substitution aux énergies

fossiles, tels que biocarburants, panneaux

solaires, géothermie, hydraulique, éolien et

nucléaire. Rappelons aussi une évidence :

si une entreprise peut se déplacer,

un territoire ne le peut pas. En cas de

changement de son climat, le territoire

doit donc s’adapter, c’est-à-dire adapter

ses infrastructures, ses logements et ses

réseaux. Des entreprises seront nécessaires

pour l’y aider. Dans l’un ou l’autre cas, les

entreprises utilisant du bois ou d’autres

produits issus de la photosynthèse pour

réduire la consommation d’énergie ou

pour adapter le territoire stockeront aussi

du carbone. Votre entreprise fait-elle

partie de celles qui vont aider l’économie

à réduire ses émissions, à s’adapter aux

changements climatiques ou à stocker

du carbone ? De la réponse à cette

question dépend en partie votre avenir.

Expérience

SOPHIE BERTHOLET EST MEMBRE DU COMITE DE DIRECTION DE

RANDSTAD BELGIUM ET PRESIDENTE DU CLUB APM LIEGE SIMENON.

"Depuis quelques années, beaucoup d’entre nous se désolent de voir la

planète aller de plus en plus mal. Et voilà qu’arrivent Maximilien Rouer

et son concept d’économie positive : on peut réparer la planète à travers

le développement d’activités économiques rentables (comme construire

des maisons qui rendent de l’énergie à la communauté) : une pierre,

deux coups ! Fantastique, non ? Surtout quand on est grand-mère et que

la perspective ne se limite pas à notre existence mais englobe soudain

des vies futures. Vivement que Néo et Zia grandissent et que je puisse

leur expliquer que notre génération a commencé à réparer la planète".

APM BeLux - Rue Bois Saint-Jean 29 - 4102 OUGREE

04/232.10.36 - apm.belux@skynet.be

52. Dynamisme Mars-Avril 2010


Réseaux / Les brèves de la Qualité

LE CHIFFRE

140

entreprises sont certifiées

ISO 14001 (Management

environnemental)

en Région wallonne.

Ces chiffres sont issus du

«Baromètre Qualité», sur

base de données fournies

par douze organismes

certificateurs accrédités

par Belac, organisation

belge d’accréditation.

Ces entreprises se

répartissent géographiquement

de la façon

suivante : 5 entreprises

en province de Luxembourg,

10 en province de

Namur, 12 en Brabant

wallon, 54 en Hainaut et

59 en province de Liège.

QUELQUES

BONNES

ADRESSES

Portail Environnement

de Wallonie :

http://environnement.

wallonie.be

Conseil Wallon de

l’Environnement pour le

développement durable

(CWEDD) :

www.cwedd.be

Inter-Environnement

Wallonie :

www.iewonline.be

Agence européenne

pour l’Environnement :

www.eea.europa.eu

Portail Environnement :

www.portailenvironnement.com

LA QUALITÉ, ANALYSER ET MESURER

SON IMPACT SUR L’ENVIRONNEMENT !

Les enjeux environnementaux rendent de plus en plus indispensable la mise

en œuvre du management environnemental. La certification ISO 14001 au

sein des entreprises en est un outil judicieux.

par Stéphanie Dubois – Collaboratrice Communication MWQ

Evolution de la norme ISO

14001:2004 au niveau mondial

Malgré la crise financière qui a débuté

en 2007 et qui s’est étendue à la

plupart des pays et secteurs de

l’économie en 2008, «L’Etude ISO 2008»

révèle une activité de certification selon

une ou plusieurs normes de systèmes de

management de l’ISO dans 176 pays. L’ISO

fait observer que cela démontre clairement

que ces normes sont devenues des outils

essentiels pour l’économie mondiale et

demeurent prisées des organismes même

en temps de crise. Il est également possible

que les organismes et entreprises se

tournent encore plus vers les systèmes de

management pour appuyer leurs objectifs

dans une période de crise.

Lu pour vous

«Certification ISO 14001 – Les 10 pièges à éviter»

©MWQ

Et la position de l’ISO 14001:2004 ?

L’ISO 14001:2004 définit les exigences

relatives aux systèmes de management

environnemental et confirme sa pertinence

mondiale pour des organismes qui

souhaitent opérer d’une manière favorable au

développement durable. Fin décembre 2008,

au moins 188.815 certificats ISO 14001:2004

avaient été délivrés dans 155 pays. Le total

2008 indique une augmentation de 34.243

certificats (+22%) par rapport au total de 2007,

qui était de 154.572 certificats dans 148 pays.

Les services représentent 34% des certificats,

contre 29% en 2007.

En savoir plus : www.iso.org

Votre entreprise souhaite se faire certifier ISO 14001 ? Pour cela, il faut que votre entreprise

réponde aux exigences de la norme et d’en éviter les pièges qu’elle vous tend. Dans la

première partie, cet ouvrage présente les raisons et enjeux d’une démarche environnementale,

en développant plus particulièrement les aspects juridiques, les responsabilités en matière

d’environnement et les sanctions administratives, pénales et civiles. Pour vous aider, dans

cette démarche, les auteurs ont recensé, dans une seconde partie, les 10 pièges qui, sur le

terrain, posent le plus de difficultés d’application. Chaque chapitre aborde successivement :

les principales questions posées par l’auditeur, les principaux écarts à éviter lors d’un audit, ce

que dit la norme ISO 14001 :2004, les évolutions de la norme, comment répondre aux exigences

de la norme, les éléments de preuve à apporter lors d’un audit. Après lecture de cet ouvrage,

votre entreprise pourra envisager de manière plus confiante de se faire certifier.

Auteur : L. Vaute et M.-P. Grevêche – Date de parution : Mars 2009

Réf. : 3465916 – ISBN : 978-2-12-465916-6– Edition : AFNOR

Mouvement Wallon pour la Qualité

Parc CREALYS, @trium, 2 rue Camille Hubert, 5032 Isnes, 081/63.49.09, www.mwq.be

Dynamisme Mars-Avril 2010 .53


Réseaux / Dynathèque

ECOMANAGEMENT : UN MANAGEMENT DURABLE

POUR DES ENTREPRISES VIVANTES

Déjà auteur de «RH et développement durable», Francis Korolewicz (Cabinet FMK Consulting) publie

un nouvel ouvrage consacré au management durable. Préfacé par Nicolas Hulot, l’ouvrage présente

des méthodes et des pratiques managériales pour combiner performance durable et mieux-être des

salariés. Il est organisé autour du concept d’écomanagement lequel offre la possibilité aux acteurs

RH, et plus généralement aux cadres, de faire le lien entre l’impératif économique et les besoins des

salariés, en particulier le besoin de reconnaissance et de croissance.

Francis KAROLEWICZ, Editions DE BOECK (www.deboeck.com), 2010, 182 pages, 25 EUR

VADE-MECUM DU FINANCEMENT DES PME

Comment réussir le financement d'une entreprise ? C'est à cette question que le vade-mecum apporte

des réponses concrètes et opérationnelles, par le biais d'une approche pédagogique, privilégiant le concret

et l'exemple. Clair et exhaustif, le Vade-mecum du financement des PME est l’ouvrage de référence pour

tout qui s'intéresse, directement ou indirectement, au financement des entreprises. Il est indispensable

au chef d’entreprise voulant optimiser sa gestion financière, au candidat entrepreneur cherchant un guide

pour l’aider à naviguer dans un monde qu’il découvre, au professionnel du conseil à l’entreprise souhaitant

rafraîchir certains concepts ou cherchant l’inspiration pour améliorer la structure financière d'un projet qu’il

accompagne, à l’étudiant s’initiant à cette discipline passionnante et désirant en appréhender tous les contours.

Ouvrage collectif, Editions DE BOECK et LARCIER (www.larcier.com), 2010, 494 pages

Des produits au service

des hommes

ACIDE PHOSPHORIQUE,

SELS PHOSPHATÉS

ET SPÉCIALITÉS

Prayon s.a.

Siège social

rue J. Wauters, 144

B - 4480 Engis

+32 4 273 92 11

+32 4 273 96 35

contact@prayon.be

www.prayon.com

www.prayon.com

54. Dynamisme Mars-Avril 2010


Réseaux / Dynathèque

ECOMANAGEMENT : UN MANAGEMENT DURABLE

POUR DES ENTREPRISES VIVANTES

Déjà auteur de «RH et développement durable», Francis Korolewicz (Cabinet FMK Consulting) publie

un nouvel ouvrage consacré au management durable. Préfacé par Nicolas Hulot, l’ouvrage présente

des méthodes et des pratiques managériales pour combiner performance durable et mieux-être des

salariés. Il est organisé autour du concept d’écomanagement lequel offre la possibilité aux acteurs

RH, et plus généralement aux cadres, de faire le lien entre l’impératif économique et les besoins des

salariés, en particulier le besoin de reconnaissance et de croissance.

Francis KAROLEWICZ, Editions DE BOECK (www.deboeck.com), 2010, 182 pages, 25 EUR

VADE-MECUM DU FINANCEMENT DES PME

Comment réussir le financement d'une entreprise ? C'est à cette question que le vade-mecum apporte

des réponses concrètes et opérationnelles, par le biais d'une approche pédagogique, privilégiant le concret

et l'exemple. Clair et exhaustif, le Vade-mecum du financement des PME est l’ouvrage de référence pour

tout qui s'intéresse, directement ou indirectement, au financement des entreprises. Il est indispensable

au chef d’entreprise voulant optimiser sa gestion financière, au candidat entrepreneur cherchant un guide

pour l’aider à naviguer dans un monde qu’il découvre, au professionnel du conseil à l’entreprise souhaitant

rafraîchir certains concepts ou cherchant l’inspiration pour améliorer la structure financière d'un projet qu’il

accompagne, à l’étudiant s’initiant à cette discipline passionnante et désirant en appréhender tous les contours.

Ouvrage collectif, Editions DE BOECK et LARCIER (www.larcier.com), 2010, 494 pages

Des produits au service

des hommes

ACIDE PHOSPHORIQUE,

SELS PHOSPHATÉS

ET SPÉCIALITÉS

Prayon s.a.

Siège social

rue J. Wauters, 144

B - 4480 Engis

+32 4 273 92 11

+32 4 273 96 35

contact@prayon.be

www.prayon.com

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54. Dynamisme Mars-Avril 2010


Ne laissez pas les huiles usagées envoyer

l’environnement au diable.

Faites reprendre vos huiles usagées par un opérateur agréé.

Une seule goutte d’huile usagée peut polluer

1.000 litres d’eau. C’est pourquoi, en tant

qu’utilisateur professionnel d’huile, vous avez

l’obligation de faire reprendre vos huiles usagées

par un opérateur agréé. Encore faut-il

y satisfaire de manière adéquate. En effet :

les seules procédures de collecte qui permettent

de recycler vos huiles en respectant

l’environnement, sont celles de l’OWD, de l’IBGE

et de l’OVAM. Par exemple, il ne faut pas mêler

vos huiles à d’autres déchets, car cela complique

sérieusement le recyclage. La collecte de

vos huiles usagées est également avantageuse

pour votre portefeuille. Les petites quantités

collectées vous donnent en effet droit, sous

certaines conditions, à des compensations

forfaitaires. Alors ? N’êtes-vous pas diablement

convaincu ?

D’abord lubrifier, puis recycler

Valorlub est une initiative du secteur privé et a été reconnu ou accepté par les trois autorités régionales.

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