Rapport d'activités 2010-2013 - BWI 2013 World Congress

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Rapport d'activités 2010-2013 - BWI 2013 World Congress

3ème Congrès

mondial et

Réunions statutaires

Rapport d’activités 2010-2013

1 - 5 décembre 2013 | Bangkok | Thaïlande

IBB

Internationale des Travailleurs

du Bâtiment et du Bois

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RAPPORT D’ACTIVITÉs 2010-2013 | 1 - 5 décembre 2013 | Bangkok | Thaïlande

Sommaire

Introduction

Changements politiques et crise économique 3

Développements et changements dans le secteur de la construction 5

Développements et changements dans les secteurs du bois et de la sylviculture 7

Réalités nouvelles : travail précaire, migration, changement climatique 8

Défis et opportunités pour l’IBB 11

Les Dix priorités : Plan d’action 2010-2013

Organisation, négociation et prise d’influence politique 12

Organiser les syndicats dans le cadre des projets

d’infrastructure financés par voie publique 25

Campagne mondiale sur les droits des travailleurs migrants 33

Mise en œuvre de la gestion forestière durable 38

Faire campagne pour le travail décent dans le cadre des évènements sportifs :

Jeux justes – jeu décent » 43

Faire pression en faveur d’emplois verts, stables et sûrs 48

VIH/Sida, égalité pour les femmes, emplois pour les jeunes

et éducation pour les enfants 55

Nouvelle approche dans le domaine de la communication 64

Renforcement de capacités à l’échelle mondiale et régionale 66

Durabilité financière mondiale et régionale 70

Rapports régionaux

Europe 71

Afrique et Moyen-Orient 85

Asie et Pacifique 96

Amérique latine et Caraïbes 106

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RAPPORT D’ACTIVITÉS 2010-2013 | 1 - 5 décembre 2013 | Bangkok | Thaïlande

Introduction

Changements politiques et

crise économique

Selon l’Organisation internationale du Travail, le taux de chômage mondial passera la barre des 200

millions en 2013, creusant un déficit mondial de 67 millions d’emplois depuis l’éclatement de la crise

financière et économique en 2007. Les dernières révisions à la baisse des prévisions économiques du

Fonds monétaire international témoignent d’une situation particulièrement critique en Europe, où certains

pays sont entrés dans leur sixième année consécutive de récession. Cette récession prolongée, qui a fait

progresser le chômage à plus de 25 pour cent dans certaines économies, est largement imputable aux

mesures d’austérité dès lors que les pays cherchent à atteindre les objectifs de réduction du déficit qui

ont conditionné les actions de sauvetage des institutions financières. La situation est critique également

dans certains pays de la région Moyen-Orient/Afrique du Nord (MOAN), en proie à un chômage croissant,

à une protection sociale déficiente et à des difficultés financières, dans le sillage de la révolution initiée en

Tunisie le 19 décembre 2010, et qui a finalement gagné l’ensemble de la région.

Les travailleurs de la région MOAN et du Golfe ont appelé à la gouvernance démocratique, à la

stabilité économique et à la répartition des richesses et des ressources, brisant ainsi le silence imposé

par de longues années de dictatures oppressives; le peuple Syrien se soulève contre son dictateur et la

Palestine, Bahreïn, la Tunisie et l’Égypte sont en proie à des tensions continues. Au cours des 18 mois

ayant suivi la révolution égyptienne, le pays a été le témoin de fréquentes manifestations, les plus intenses

de l’histoire du mouvement syndical national. Bahreïn, Libye et Yémen sont eux aussi confrontés à de

multiples difficultés.

Cette période a été marquée par l’escalade des conflits et la guerre, ainsi que par la montée du

fondamentalisme musulman dans des pays tels que le Nigeria, le Mali, la Mauritanie, le Kenya et la

Somalie. La monarchie autoritaire au Swaziland et le fragile gouvernement d’unité nationale au Zimbabwe

sont autant d’autres difficultés. Sur un plan plus positif, un nouveau pays est né – le Soudan du Sud –

et la Côte d’Ivoire a opéré une transition pacifique vers la démocratie. Les Nations Unies ont accordé

le statut d’observateur à la Palestine en novembre 2012, reconnaissant ainsi l’existence d’un état

palestinien « sur le Territoire palestinien occupé depuis 1967 ».

En Afrique du Sud, les femmes accèdent à des fonctions de haut niveau, comme c’est le cas au

Malawi où une femme a été élue Présidente. Pour la première fois, une femme – candidate de la SADC –

a été élue à la tête de la Commission de l’Union africaine. Cependant, le rapport du Bureau International

du Travail (BIT) Tendances mondiales de l’emploi 2010 fait état d’un chômage élevé dans la région, et

tout particulièrement chez les jeunes et les femmes. En outre, des prix anormalement élevés ont été

observés pour les produits de base, notamment la nourriture, l’électricité, le pétrole et les transports. Il

est évident que la région n’atteindra pas les Objectifs du Millénaire pour le développement fixés par les

Nations Unies d’ici 2015. Dans la région, la plupart des habitants vivent encore avec moins de 2 dollars

E.-U. par jour, tandis que l’écart se creuse entre riches et pauvres et que de sérieux problèmes se posent

pour les personnes vivant dans la pauvreté et exposées au risque de maladies telles que le VIH/sida.

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RAPPORT D’ACTIVITÉs 2010-2013 | 1 - 5 décembre 2013 | Bangkok | Thaïlande

Si certaines parties de la région se sont relevées de la crise financière mondiale, l’inégale répartition

des richesses demeure néanmoins un frein à la croissance durable. Les tendances en matière d’emploi

ont changé sur le marché du travail. Les emplois à temps plein sont moins nombreux aujourd’hui,

contrairement aux emplois précaires et sans sécurité que sont par exemple les missions à temps partiel,

les pourvoyeurs de main-d’œuvre, et le travail contractuel, temporaire, intérimaire ou informel. Nombreux

sont les pays où le nombre de travailleurs migrants a connu une progression significative.

De surcroît, les multinationales – chinoises y compris – investissent désormais dans la région, dans le

cadre de ce que l’on décrit comme la « nouvelle ruée » vers les ressources.

L’Asie-Pacifique a connu une transformation spectaculaire, du fait des conditions économiques et

sociales qui lui sont propres, et sous l’effet de la croissance et du développement continus observés

dans de nombreux pays de la région. Toutefois, la hausse du chômage et de l’emploi vulnérable atténue

la croissance économique dans cette même région. À la fin de l’année 2009, l’OIT avait recensé pour la

région un nombre total de chômeurs s’élevant à 100 millions. Les travailleurs migrants de la région ont

immédiatement ressenti l’impact de la crise.

La région a connu une reprise de l’inflation des prix pour les denrées alimentaires et le carburant, avec

des répercussions directes défavorables pour les pauvres. L’instabilité politique à Fidji, en Birmanie, au

Pakistan et en Thaïlande ajoute encore à ces problèmes. Au Sri Lanka, l’économie se stabilise peu à peu,

après plus de deux décennies de guerre civile. Le Népal continue de faire face à des difficultés politiques.

On observe en outre une progression des violations des droits syndicaux et humains en Corée du Sud,

aux Philippines et au Cambodge.

La consolidation continue de l’Asie-Pacifique comme marqueur de croissance de l’économie

mondiale souligne deux développements importants et interconnectés dans la région: le renforcement

de l’intégration économique régionale et la promotion des relations commerciales et d’affaires en vue

d’instaurer un espace économique harmonieux dans la région.

Main dans la main, les pays d’Asie-Pacifique peuvent façonner la relance économique actuelle en

investissant dans leur population et en mettant en œuvre la protection sociale comme composante

déterminante du développement national. Aujourd’hui largement reconnue comme l’un des chefs de file

de l’économie mondiale, la région Asie-Pacifique doit saisir l’occasion afin de préserver et développer

davantage les gains pour sa population.

À l’instar d’autres régions, l’Amérique latine et les Caraïbes se sont peu à peu remises des effets

de la crise financière de 2009, qui est à l’origine d’un chômage massif dans la région. Aujourd’hui, les

économies locales sont mieux positionnées pour relever les nouveaux défis. Les banques multilatérales

et les organisations spécialisées telles que la CEPALC (Nations Unies) recommandent de concevoir et

mettre en œuvre des politiques économiques et sociales plus efficaces, orientées vers le développement

de trois domaines clés dans lesquels il convient d’investir des ressources supplémentaires: l’éducation,

l’infrastructure, et le développement de l’innovation et de la production. Quel que soit le contexte

économique, l’investissement dans l’infrastructure apparaît comme un remède pour surmonter la crise et

stimuler la croissance. La région présente le plus fort potentiel de croissance pour les 15 à 20 prochaines

années, et l’investissement dans l’infrastructure publique en Amérique latine s’élèvera à quelque 100 000

millions de dollars E.-U. par an sur les cinq prochaines années.

D’un point de vue politique, les institutions démocratiques ont connu deux revers: un coup d’état

au Honduras en 2009 et un coup d’état parlementaire au Paraguay en 2012. Les autres nations ont

su renouveler leurs démocraties représentatives lors des élections régulières programmées. Sur le

plan supranational, de nouvelles institutions émergent parmi les états d’Amérique latine, à l’instar de

l’UNASUR et de la CELAC, et l’on assiste à l’expansion du MERCOSUR, avec l’entrée du Vénézuela en

2012 et l’adhésion de l’Équateur et de la Bolivie comme pays associés.

La crise de l’euro se poursuit en Europe; ni le « Pacte pour l’Euro », ni le « Pacte budgétaire » n’ont

permis jusqu’ici de véritablement mettre un terme aux incertitudes pesant sur la monnaie unique.

L’exemple tragique de la Grèce, qui se trouve désormais au bord de la faillite, prouve que les plans

d’austérité les plus draconiens ne constituent pas le bon remède, bien au contraire. Comme l’affirment

les syndicats européens, seule une combinaison de mesures visant à la fois la croissance économique

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RAPPORT D’ACTIVITÉS 2010-2013 | 1 - 5 décembre 2013 | Bangkok | Thaïlande

et une réduction par étapes des niveaux de déficits et de dettes publiques ainsi que des déséquilibres

macroéconomiques, permettra de sortir l’euro de sa crise.

Même si, dans les secteurs de l’IBB, la situation économique n’est, de loin, pas la même partout, dans

la majorité des pays les plans d’austérité se répercutent négativement sur le niveau comme sur la qualité

des emplois. Ils conduisent à un affaiblissement syndical, tant en matière d’effectifs que de capacité de

mobilisation. Cet affaiblissement se traduit aussi par des tendances au repli national pour les syndicats,

allant de pair avec des développements sur le plan politique. La force syndicale est d’autant plus

menacée dans les branches connaissant une crise structurelle, comme la sylviculture, et dans les pays

où des gouvernements d’extrême droite, voire des gouvernements populistes s’attaquent brutalement

aux droits syndicaux et aux partenariats sociaux. Cette situation se reflète tout particulièrement dans un

certain nombre de pays d’Europe Centrale et Orientale.

Développements et changements dans le

secteur de la construction

Aller de l’avant

Le secteur de la construction évolue. Les projets

de construction de nature commerciale, résidentielle

et industrielle arrivent désormais en seconde place

derrière les travaux liés à l’énergie, aux ressources

naturelles, aux transports, à la communication et la

technologie, et aux autres infrastructures essentielles.

Les nouveaux projets d’infrastructure s’opèrent

souvent à très large échelle.

Chiffre d’affaires mondial dans le secteur

du bâtiment

2012: 7,2 trillions de dollars E.-U;

emploi: environ 150 millions d’individus

2020: 12,7 trillions de dollars E.-U d’ici

2020; emploi Croissance prévisionnelle:

70 % sur 10 ans.

Les économies du Brésil, de la Russie, de l’Inde

et de la Chine (le BRIC), en pleine émergence, seront les moteurs de cette croissance; leurs marchés

devraient croître de 110 % pour atteindre 7 trillions de dollars E.-U. d’ici 2020. Dans les pays développés,

la construction devrait progresser à 5,7 trillions de dollars E.-U. (jusqu’à 35 % de croissance) d’ici la fin de

cette décennie.

Avec le développement des marchés nationaux, les possibilités d’organisation seront nombreuses.

La CHINCA, l’Association internationale de constructeurs chinois, a établi une norme d’application

volontaire sur la Responsabilité Sociale, qui inclut les droits des travailleurs et les droits en matière de

santé et sécurité. Ce document fait fonction de « porte d’entrée » pour les syndicats. En Afrique, plusieurs

conventions collectives de qualité ont été négociées avec des multinationales chinoises. À l’horizon 2018,

la Chine devrait devancer les États-Unis et se placer en tête du marché mondial de la construction.

Croissance de l’infrastructure

La croissance urbaine est le moteur de la demande dans l’infrastructure. Comme l’infrastructure

reste l’assise de cette croissance, même les gouvernements les plus à court de liquidités la placent

systématiquement en priorité, soucieux d’éviter une détérioration marquée de la qualité de vie des

citoyens.

Cette explosion de l’infrastructure annonce une concurrence sans précédent en matière d’énergie, de

minéraux, de produits forestiers et de ressources en eau. Dans le cadre de cet essor, la durabilité est

essentiellement liée à la construction – les matériaux employés, les déchets produits et l’environnement

final à l’issue des travaux. Il s’agit d’opportunités en lien les unes avec les autres, incluant le

développement de l’infrastructure en faveur des énergies renouvelables, des constructions vertes et

l’amélioration des bâtiments existants afin d’améliorer l’efficience énergétique.

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RAPPORT D’ACTIVITÉs 2010-2013 | 1 - 5 décembre 2013 | Bangkok | Thaïlande

Au vu de la demande croissante des clients – essentiellement dans les pays industrialisés – en données

vérifiées (audit) sur les aspects liés à la durabilité, les entreprises du bâtiment et les syndicats ont un rôle

actif à jouer dans le façonnement du cadre réglementaire en constante évolution.

Les grandes entreprises du secteur vont encore étendre leur envergure mondiale et se diversifier

davantage, pour être en mesure de gérer un actif sur toute la durée de sa vie économique, en

assurant les travaux de construction, l’entretien et la gestion des installations. Cette approche dite « de

l’approvisionnement total » va générer une augmentation de la main d’œuvre directe, accompagnée

d’un besoin en formation et en développement de la gestion afin de mettre en place une main d’œuvre

mondiale ultra mobile.

L’industrie se devra de collaborer plus étroitement avec le secteur public dans le domaine de

l’infrastructure et des Partenariats Public-Privé (PPP), ce qui impliquera de mettre l’accent sur la

durabilité, notamment en s’engageant à mettre en application les normes internationales du travail.

Les réseaux syndicaux transfrontaliers sont une composante centrale de notre stratégie syndicale

d’organisation et de négociation. Ils doivent faire fonction de centres d’information en vue de promouvoir

un recrutement syndical actif et appuyer l’organisation, la représentation, la négociation collective et la

protection de la santé et la sécurité.

Les multinationales – et tout particulièrement celles qui sont impliquées dans le nombre croissant de

projets d’infrastructure de premier plan – sont des acteurs qui gagnent en importance. Sur cette toile de

fond, les syndicats se doivent d’établir des réseaux mondiaux qui renforcent la présence syndicale sur le

lieu de travail et consolident les relations entre les syndicats dans le pays d’origine de la multinationale et

dans le pays d’exécution du projet.

Habitats locaux, emplois locaux

Les estimations réalisées dans l’industrie suggèrent que le marché résidentiel devrait représenter 40 %

de la production mondiale dans le bâtiment d’ici 2020, soit 5,1 trillions de dollars E.-U. La construction

résidentielle permet de générer efficacement des emplois locaux et de stimuler l’activité économique

locale, plus de 90 % des dépenses de construction étant investies localement et la plupart des matériaux

produits à l’échelle nationale.

Les systèmes locaux de passation de marchés publics et de contrats peuvent être utilisés pour faire

progresser l’emploi local, la couverture de sécurité sociale et les opportunités de formation, ainsi que

d’autres objectifs à caractère social. Les politiques en faveur de l’emploi peuvent s’appuyer sur les

passations de marchés ciblées pour répondre au problème du chômage de longue durée, aborder la

question de l’emploi des jeunes travailleurs et promouvoir l’apprentissage et l’égalité des chances.

Les politiques de passation des marchés devraient soutenir ces objectifs sociaux en favorisant les

entrepreneurs qui ont instauré des politiques en faveur de bonnes relations professionnelles et qui

respectent les normes du travail.

La construction durable

Il convient d’impliquer les syndicats dans la démarche visant à faire face aux défis posés par le

changement climatique. Les politiques et programmes nationaux sur la question du changement

climatique ne porteront leurs fruits que s’ils sont conçus et mis en œuvre avec la participation active

de ceux dont ils affectent les vies: employeurs, travailleurs et consommateurs. Le dialogue social entre

les syndicats du bâtiment, les organisations d’employeurs dans l’industrie et les gouvernements est

essentiel.

Les syndicats doivent faire entendre leur voix dans la formulation des nouvelles normes en faveur

des bâtiments écologiques et de l’infrastructure durable. Ils doivent collaborer avec l’industrie dans le

cadre de la conception de bâtiments sûrs, salubres et sobres en carbone, et la formulation d’approches

favorables aux travailleurs appliquées sur les chantiers.

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Les initiatives syndicales doivent être centrées sur l’emploi. Les opportunités sont nombreuses –

programmes d’amélioration des habitats et bâtiments, amélioration de l’efficacité énergétique,

programmes d’isolation en faveur de la conservation énergétique et programmes de recyclage et de

réutilisation des matériaux de construction. Les programmes en faveur de la formation professionnelle et

de l’emploi sont essentiels afin d’assurer ces emplois durables.

Développements et changements dans les

secteurs du bois et de la sylviculture

Les forêts constituent une source de revenus pour plus de 1,6 milliard de personnes. On estime la

valeur annuelle du commerce international des produits forestiers à environ 270 milliards de dollars

E.-U., dont 20 % pour les pays en développement. L’industrie forestière emploie environ 50 millions

de personnes à travers le monde, tant dans le secteur formel qu’informel. Les forêts couvrent 26 %

de la surface émergée du globe terrestre et jouent un rôle significatif dans la réalisation de l’objectif de

développement pour le Millénaire consistant à réduire de moitié le nombre de personnes vivant dans la

pauvreté absolue à l’horizon 2015. Malheureusement, les stratégies de développement rural négligent

souvent les forêts parce qu’on les exclut, à tort, des politiques générales de développement agricole.

Outre le secteur du bois de construction et des produis ligneux, la collecte et la commercialisation

de centaines de produits forestiers, tels que les fruits des bois, le bois de chauffe et les produits

médicinaux, représentent une activité économique à très grande échelle. Compte tenu de la croissance

démographique et de l’enrichissement des pays à travers le globe, la demande en produits ligneux – bois

solide, pulpe et papier – va elle aussi progresser.

En 2011, les extractions de bois rond étaient estimées à près de 123 milliards de dollars E.-U., soit

une progression de 31 % depuis 1980. Concernant le bois de sciage, les statistiques se montent à 120

milliards de dollars E.-U., soit une progression de 71 % depuis 1980. La valeur des panneaux de bois a

connu une augmentation impressionnante de l’ordre de 334 % depuis 1980, d’autant plus remarquable

que le volume avait augmenté de « seulement » 184 %.

Les forêts abritent des biens publics mondiaux qui doivent faire l’objet d’une protection et d’une gestion

durables. À l’heure actuelle toutefois, moins de 8 % des forêts tropicales sont gérées durablement – une

timide progression par rapport aux 5 % certifiés il y a 4 ans. En dépit de leur forte valeur économique,

les forêts sont l’une des ressources des pays en développement les plus mal gérées. Nombre de pays

où les ressources forestières sont considérables sont en proie à la corruption et connaissent de graves

lacunes en matière d’allocation, d’administration et de suivi des forêts. L’abattage illégal, et les pratiques

de corruption à haut niveau qui s’y rattachent, prospèrent car les droits de coupe sont parfois très élevés.

En plus de priver l’effort de développement national des revenus potentiels tirés du bois – ce qui est

particulièrement néfaste pour les personnes vivant dans les forêts ou à proximité de celles-ci, les prix

peu élevés auxquels ces concessions sont souvent accordées encouragent le gaspillage, la gestion non

durable, le pillage pour un profit à court terme et le remplacement par des activités moins durables et

de moindre valeur. Les efforts visant à renforcer la gouvernance se heurtent généralement à des intérêts

locaux et nationaux sensibles, qui bénéficient du statut quo. En outre, la croissance démographique

suscite une conversion accrue des forêts à d’autres fins d’exploitation, comme le défrichement destiné à

des activités agricoles. L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) estime

que chaque année 13 millions d’hectares de forêt sont convertis en terres agricoles, et ce essentiellement

dans les tropiques. Les piètres politiques adoptées dans d’autres secteurs peuvent également avoir

des retombées contribuant au rythme élevé de la déforestation. Ce phénomène s’est particulièrement

observé au cours des dernières décennies, avec la conversion de terres forestières en palmeraies

(Indonésie, par exemple). Bien que certains produits forestiers, essentiellement le bois de construction

et le bois de chauffe, soient délivrés sur le marché, ce dernier ne reconnaît pas la valeur économique de

nombreux autres biens et services forestiers (services environnementaux, biodiversité et séquestration

du carbone, par exemple). La préservation des biens publics mondiaux n’est pas une priorité nationale

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dans les pays confrontés à des problèmes de réduction de la pauvreté. En conséquence, le potentiel

des forêts est moins exploité dans les pays en développement car le secteur forestier doit se mesurer à

la concurrence dans le cadre des investissements en faveur du développement. Par ailleurs, il est peu

intéressant pour les gouvernements d’investir dans le secteur au moyen de prêts alors que les bénéfices

présentent souvent un caractère mondial plutôt que national ou local. Pour ce qui est des ressources, ces

investissements entrent en concurrence avec des secteurs aussi prioritaires que la santé, l’éducation et

l’infrastructure.

La crise affecte à divers égards les forêts du monde entier et l’industrie de la filière bois. La migration

des chômeurs des villes vers les zones rurales a suscité une augmentation du chômage dans les

zones urbaines et une progression de l’empiètement des forêts. L’emploi et les revenus ont également

reculé dans le secteur de la sylviculture, y compris la production de produits forestiers ligneux et non

ligneux, ainsi que la pulpe et le papier en raison de la baisse de la demande intérieure et la demande

d’exportation.

Dès lors que la crise actuelle est d’une ampleur largement supérieure à la crise financière asiatique de

1997, l’expérience passée laisse à penser que les répercussions pourraient être dramatiques pour les

secteurs exploitant les ressources terrestres (sylviculture et agriculture, par exemple). Après 1997, de

vastes étendues forestières avaient été défrichées, brûlées et converties à d’autres utilisations pour les

individus frappés par la pauvreté. Le déclin de la demande en produits agricoles a eu un effet néfaste sur

la production agricole, les revenus et l’emploi, dans les zones rurales où vivent la plupart des personnes

pauvres, accentuant considérablement l’importance des forêts pour se nourrir et se loger.

Réalités nouvelles: travail précaire,

migration, changement climatique

Le travail précaire: Pour cette période inter-congrès, l’IBB avait décidé de mettre le cap sur de

nouvelles réalités, à savoir le travail précaire, la migration et le changement climatique. Au cours des

décennies passées, la majorité des travailleurs étaient employés à temps complet dans les secteurs de

l’IBB. Aujourd’hui, le travail précaire gagne du terrain dans tous ces secteurs à travers le monde. Cette

pratique est préjudiciable aux ouvriers, car elle implique de bas salaires, de mauvaises conditions de

travail ainsi que l’absence de prestations sociales et de droits de négociation collective. L’Europe n’est

que depuis récemment confrontée au développement du travail précaire sous toutes ses formes – fruit

amer de la mondialisation.

Les syndicats ont fait campagne et mobilisé en faveur d’une harmonisation ascendante des salaires

et des conditions de travail, de manière à ce que les membres syndicalistes puissent bénéficier de

conditions plus favorables et d’une meilleure protection dans tous les pays d’Europe. Les grèves et

les mobilisations massives organisées dans de nombreux pays d’Europe, de même que les grandes

Journées d’action européennes, ont ouvert la voie en imposant les changements nécessaires. L’IBB

a suivi avec attention les développements au niveau européen, par l’entremise de la Confédération

syndicale internationale (CSI) et la Fédération Européenne des Travailleurs du Bâtiment et du Bois

(FETBB), concernant divers aspects du travail précaire, et notamment la mise au point d’une législation

européenne sur le travail intérimaire, la sous-traitance, le travail à temps partiel, le travail saisonnier/de

courte durée, le travail illégal et le faux travail indépendant. L’IBB a élaboré une brochure exposant la

manière dont les syndicats de la région font face à ces difficultés.

La Conférence régionale Europe de l’IBB, tenue à Belgrade en septembre 2010, a ouvert une

discussion et des échanges sur le thème de l’emploi précaire au-delà des frontières de l’Union

européenne. Au niveau national, plusieurs affiliés ont élaboré leurs propres stratégies et acquis une

certaine expérience. L’événement a permis des apprentissages mutuels et clarifié les positions des

syndicats ainsi que les stratégies afin de lutter contre l’emploi précaire.

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RAPPORT D’ACTIVITÉS 2010-2013 | 1 - 5 décembre 2013 | Bangkok | Thaïlande

On retrouve cette précarisation de l’emploi dans d’autres pays développés sur d’autres continents, à

l’instar des États-Unis, du Japon, de la Corée et de Taïwan. L’emploi précaire est même la norme dans

de nombreux pays en développement. Dans les secteurs où l’emploi direct est rare, nombreux sont

les travailleurs informels, les « indépendants », les intérimaires, ainsi que les longues chaînes de soustraitants.

Ce scénario a redéfini les relations de travail dans le secteur et, dans un même temps, réduit la

responsabilité sociale directe du « principal contractant » dans la mesure où le travail est externalisé par le

biais de la sous-traitance et des agences pour l’emploi.

Le travail précaire apparaît sous de nombreuses formes, et diffère d’une région à l’autre. Il n’est plus

confiné au monde en développement, mais s’insinue dans les pays qui détenaient autrefois les cordons

de la bourse, et cette offensive est présentée avec une vigueur renouvelée comme la réponse du

capitalisme à la crise. On individualise les contrats de travail, et on abolit d’un trait de plume les droits

collectifs, en donnant des bons points aux pays qui vont le plus loin dans la généralisation de l’insécurité.

Cette offensive générale contre les droits au travail est soutenue par les institutions financières

internationales.

La deuxième vague d’assaut procède à la destruction de l’emploi direct permanent. Il est de plus

en plus souvent remplacé par des contrats « temporaires » qui peuvent parfois durer des décennies,

voire toute la vie; par l’externalisation, avec des contrats par le biais d’agences d’emploi temporaire qui

déguisent la véritable relation de travail et donc l’équilibre des pouvoirs sur le lieu de travail et dans la

société; par des contrats « saisonniers » qui durent toute l’année; par des systèmes de faux « emplois

indépendants » qui transforment les salariés en « sous-traitants »; par le système des permanences et du

travail sur demande; et par celui des faux « stages d’apprentissage » souvent déguisés sous l’appellation

de « formation continue ».

Dans les pays riches comme dans les pays pauvres, on trouve sur un nombre toujours plus grand de

lieux de travail, dans le secteur de la construction, du bois ou de la sylviculture, de moins en moins de

travailleurs en mesure de négocier à travers leurs syndicats avec leur employeur, et un nombre croissant

de travailleurs qui se voient refuser ce droit. Et on trouve de plus en plus d’entreprises qui n’ont aucun

employé, et donc aucune responsabilité en tant qu’employeurs, car ceux qui exécutent le travail qui

génère leurs profits sont externalisés en recourant à des agences d’intérim.

On décrit parfois cette violation patente des droits comme un « défi », le « défi de la flexibilité », ou avec

d’autres expressions qui n’ont d’autre but que de cacher la vérité. Le déni des droits et la dégradation du

travail s’accompagnent d’une dégradation volontaire du langage. Mais le travail précaire n’est pas un défi,

il s’agit d’une attaque soigneusement élaborée. Les travailleurs, et plus particulièrement les femmes, les

jeunes et les migrants, paient un très lourd tribut en termes de pertes d’emplois, de travail précaire et de

dumping salarial.

Les travailleurs migrants: Dans ce contexte économique mondial, les travailleurs migrants sont

souvent victimes de harcèlement et de violence, tenus pour responsables de la montée du chômage

et des pressions à la baisse exercées sur les salaires. En outre, la nature de la migration a changé,

et la migration permanente traditionnelle a cédé sa place à la migration temporaire. Depuis 2007, de

nombreux pays comme la France, la Hongrie, la Roumanie, le Royaume Unï, le Canada, la Finlande,

le Japon, la Norvège, la Pologne et le Portugal ont initié de profonds changements ou de nouvelles

initiatives relativement à leurs politiques migratoires. Dans les secteurs de l’IBB, la migration temporaire

prédomine désormais et s’est même imposée comme norme, ainsi qu’en témoignent les 40 % de

travailleurs migrants des pays industrialisés qui évoluent dans le secteur manufacturier ou la construction.

Dès lors que les travailleurs migrants, travailleurs temporaires et détachés compris, ont un impact sur

le travail mené par les affiliés de l’IBB afin de maintenir les normes nationales et mettre fin au dumping

social, il était important que l’IBB développe une campagne mondiale sur la migration spécialement

dédiée aux travailleurs migrants. En 2009, l’IBB a lancé un projet sur la migration dans le monde (BWI

Connect) afin d’appuyer sa campagne mondiale sur les travailleurs migrants.

Aux yeux de l’IBB, il est essentiel d’organiser les travailleurs migrants sur la base d’une rémunération

égale pour un travail identique aux mêmes postes. Tous les travailleurs, quel que soit leur statut juridique,

ont droit à un emploi stable dans des conditions de travail décentes. Vis-à-vis de la main-d’œuvre

nationale, les employés migrants et détachés doivent bénéficier des mêmes conditions de travail et du

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même salaire pour un travail égal. On ne peut exiger des travailleurs qu’ils s’acquittent de cautions, frais

de visa et autres frais liés à la procédure d’immigration, frais de transport, recrutement et embauche.

Les agences qui envoient des travailleurs à l’étranger devraient être tenues de rapatrier ces derniers si

leur emploi prend fin ou si la société qui a fait appel à eux disparaît. On ne saurait exiger des travailleurs

qu’ils restituent leur passeport ou tout autre document de voyage ou d’identité. Les travailleurs migrants

intérimaires doivent pleinement être habilités à demander réparation en justice dans le pays où ils

travaillent et avoir le droit de s’organiser et d’adhérer à des syndicats. Les travailleurs migrants doivent

recevoir dans une langue qu’ils comprennent les informations détaillées au sujet de leurs conditions de

vie et de travail, avant de quitter leur pays d’origine.

BWI Connect se concentre sur 10-15 pays, dans la région méditerranéenne & l’Europe du Sud-Est, la

région Russie-Asie Centrale, la région du Golfe & l’Asie du Sud, le Mexique et l’Amérique Centrale, l’Asie

du Sud-Est & l’Afrique de l’Est. Le projet de l’IBB s’articule autour de 3 axes: organisation & services;

travail politique national & mondial; et campagnes publiques d’information. L’IBB a œuvré avec ses affiliés

pour développer et mettre en œuvre des projets d’organisation ciblant les travailleurs migrants à l’échelle

nationale.

La campagne « Sans nous » a été lancée aux côtés d’Unia et des Syndicats mondiaux. La campagne

menée au Qatar met l’accent sur les restrictions sévères imposées aux travailleurs, notamment les

travailleurs migrants, qui souhaitent adhérer à un syndicat. Le Code du Travail Qatari autorise les

syndicats, mais seuls les ressortissants qataris sont admis. Pourtant, l’essentiel de la main-d’œuvre se

compose de travailleurs migrants et 99 % de tous les travailleurs de la construction au Qatar sont des

migrants.

L’IBB a du reste organisé les travailleurs migrants en les rapprochant des syndicats, à la fois dans les

pays d’origine et dans les pays de destination, et en rapprochant les syndicats des gouvernements, des

employeurs, des groupes de la société civile et des ONG, ainsi que du grand public. L’IBB collabore

également avec les Syndicats mondiaux, dans le contexte du Forum mondial sur la migration et le

développement (FMMD), de l’OIT et du Dialogue de haut niveau des Nations Unies sur les migrations.

Le changement climatique: Dans ce contexte de crise, l’IBB et ses affiliés se sont engagés aux

côtés des partenaires sociaux, dans leurs pays respectifs, à faire pression en faveur d’emplois verts,

stables et sûrs, et à appuyer la mise en place des formations professionnelles requises. En effet,

le changement climatique affecte sous diverses formes les individus du monde entier, en tant que

consommateurs et travailleurs, et il est devenu impératif de prendre en charge la question et d’unir les

efforts de la communauté internationale. Le changement climatique est aujourd’hui reconnu comme

l’un des grands défis des prochaines décennies. Le passage à une économie verte est crucial. Les

changements vont se répercuter sur l’ensemble de l’économie, mais la sylviculture et le bâtiment sont

des secteurs clés. Les secteurs de l’IBB présentent un potentiel considérable pour minimiser les effets du

changement climatique, grâce à la sylviculture durable et au développement industriel. La déforestation

seule est la seconde source la plus importante d’émission de carbone dans l’atmosphère. Les bâtiments

sont responsables de près de 8 % des émissions de CO2 à travers le monde et l’utilisation que nous

en faisons élève leur contribution jusqu’à 40 %. L’essentiel de la consommation en énergie dans les

bâtiments est liée au chauffage, à la climatisation, à la ventilation et à l’éclairage. On relève toutefois

des quantités substantielles d’émissions de CO2 lors des processus de construction et de démolition.

Pour l’IBB, les secteurs du bâtiment, du bois et de la sylviculture, qui emploient près de 200 millions

de travailleurs dans le monde, représentent une part importante de la solution parce qu’ils contribuent

à la réduction des émissions de CO2. Nous devons agir maintenant et nous orienter vers des solutions

durables dans le domaine de la construction et la sylviculture.

L’IBB contribue activement au débat sur le changement climatique. Le coût relativement bas de

l’écologisation du secteur du bâtiment, via la réhabilitation ou le recours aux nouvelles technologies

et à l’énergie verte, offre des opportunités considérables. Du fait de ce coût réduit, les travailleurs de

l’économie informelle peuvent également être impliqués, ouvrant ainsi des perspectives d’amélioration

des conditions du travail dans le secteur. Il est important d’établir des liens entre le développement

durable, les ressources naturelles, le changement climatique, ainsi que les droits des travailleurs et les

droits humains. Unies, les Fédérations Syndicales Mondiales jouent un rôle actif dans l’atténuation du

changement climatique et l’adaptation au phénomène, et veillent à l’importance centrale du respect des

droits des travailleurs.

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RAPPORT D’ACTIVITÉS 2010-2013 | 1 - 5 décembre 2013 | Bangkok | Thaïlande

Défis et opportunités pour l’IBB

L’IBB s’est trouvée confrontée à de nombreux défis et opportunités au cours de cette période intercongrès.

La crise économique et financière a eu de graves conséquences pour tous les travailleurs

à travers le globe. En ces temps difficiles, l’IBB était tenue de réagir face à l’évolution des industries

de la construction, du bois et de la sylviculture. Nombre de multinationales de la construction se sont

transformées en conglomérats mondiaux et ont étendu leur champ d’activité à la gestion des installations,

aux concessions et à l’investissement immobilier.

Les entreprises évoluant dans le secteur des matériaux de construction et du ciment se sont elles

aussi largement concentrées et dominent les marchés mondiaux. Les entreprises sont toujours plus

nombreuses à se tourner vers l’externalisation et la sous-traitance gagne en popularité, contribuant ainsi

au développement du travail précaire dans les secteurs de la construction et du bois.

Les multinationales chinoises sont, en outre, devenues des acteurs centraux dans les projets

d’infrastructure. Ces derniers se multiplient à l’échelle mondiale et l’IBB poursuit ses efforts d’organisation

et de négociation collective.

Dans les secteurs du bois et de la sylviculture, des changements structurels majeurs ont affecté les

travailleurs et les syndicats. La tendance en faveur d’une privatisation accrue de la gestion forestière a

mené, comme pour le bâtiment, à la sous-traitance et à la délocalisation.

L’IBB a mis l’accent sur l’importance croissante des travailleurs vulnérables durant la crise économique,

les migrants, les femmes et les jeunes, souvent exposés au chômage. La question de l’éradication du

travail des enfants en Asie demeure, elle aussi, capitale.

L’IBB relève l’indéniable défi posé par le changement climatique. L’écologisation des secteurs de la

construction, du bois et de la sylviculture représente une occasion de créer des emplois et générer du

travail décent, relancer l’économie informelle et améliorer les conditions de travail dans l’industrie. À cette

fin, il s’agira avant tout de mettre en œuvre de nouveaux programmes de formation professionnelle et

d’améliorer les méthodes d’inspection.

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RAPPORT D’ACTIVITÉs 2010-2013 | 1 - 5 décembre 2013 | Bangkok | Thaïlande

Les Dix Priorités:

Plan d’action 2010-2013

Organisation, négociation et

prise d’influence politique

1. Organiser et négocier avec les entreprises multinationales

Au cours des 20 dernières années, de nombreuses entreprises multinationales (EMN) des secteurs du

bâtiment et du bois se sont transformées en conglomérats mondiaux opérant à l’échelle du globe. Elles

ont étendu leur champ d’activité en gagnant de nouveaux secteurs tels que l’investissement immobilier

et la gestion des installations. Les EMN des nouveaux pays industrialisés du BRIC (Brésil, Russie, Inde,

Chine et Afrique du Sud) dominent leurs régions respectives. Sur les 10 entreprises du bâtiment les

plus importantes au monde, 5 sont désormais chinoises, s’engageant dans un nombre croissant de

projets d’infrastructure à grande échelle dans les pays en développement. Dans le même temps, les

pratiques de la sous-traitance, l’externalisation et l’emploi précaire se développent largement, tant dans

le secteur du bâtiment que dans celui des matériaux de construction, du bois ou de la sylviculture. Selon

les estimations de l’OIT, 65 000 EMN emploient 90 millions de personnes, soit 1 travailleur sur 20 dans le

monde. Ces multinationales sont, en outre, indirectement responsables de millions d’emplois dans les

chaînes d’approvisionnement mondiales et les opérations de sourcing.

La stratégie de l’IBB, qui n’avait pas été révisée depuis la signature du premier accord-cadre

international (ACI), a été revue à l’occasion d’une conférence mondiale de l’IBB sur les multinationales.

La conférence en question, « Organisation au sein des multinationales & Projets d’infrastructure »,

qui s’est tenue en octobre 2011 à Madrid, a rallié 220 activistes du monde entier. Les échanges ont

permis d’ajuster les différentes composantes de la stratégie, et notamment les ACI en tant qu’outil

d’organisation, les réseaux d’entreprise mondiaux et régionaux, la constitution d’alliances dans le cadre

des campagnes mondiales, les missions d’investigation, les mécanismes de suivi, les Principes directeurs

de l’OCDE et les programmes de certification forestière, les Comités d’entreprise européens et la

stratégie globale de communication.

La mission centrale de l’IBB est résolument maintenue: recruter et organiser de nouveaux membres,

pour rendre les syndicats plus puissants, négocier des conventions collectives et améliorer les conditions

de vie et de travail dans les secteurs de l’IBB. Or, face à l’évolution de l’industrie, l’IBB est tenue

d’adapter ses stratégies. C’est la raison pour laquelle elle s’est associée à d’autres fédérations syndicales

mondiales il y a une quinzaine d’année, et a commencé à signer des Accords-cadres internationaux avec

des multinationales.

Au cours de la période concernée par le présent rapport, quelque 100 000 travailleurs ont été

organisés et ils sont cinq fois plus à avoir bénéficié de la couverture des conventions collectives.

Toutefois, les visites organisées dans plus de 60 sites de construction et usines ont clairement démontré

que l’on pouvait améliorer les conditions de santé et de sécurité des travailleurs.

Durant la même période, l’IBB a conclu 5 Accords-cadres internationaux avec l’entreprise énergétique

française GDF-Suez, le fabricant allemand de matériaux de construction Pfleiderer et les sociétés de

construction espagnoles FCC, OHL et Ferrovial. Les groupes de référence se sont réunis et des sites

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RAPPORT D’ACTIVITÉS 2010-2013 | 1 - 5 décembre 2013 | Bangkok | Thaïlande

pilotes ont été identifiés en Amérique latine, en Pologne, en Europe du Sud-Est et en Turquie. La

société de construction autrichienne Alpine, qui a été reprise par FCC, a engagé des négociations

avec des affiliés serbes et les sites de FCC à Panama et Toronto. Des négociations sont encore en

attente avec l’entreprise de construction espagnole Dragados, et les sociétés allemandes Bilfinger et

HeidelbergCement.

Une campagne d’organisation fructueuse a débuté à Panama. FCC et Odebrecht font parties du

Consortium sur la première ligne de métro de Panama, un projet majeur qui vise la construction de

14 kilomètres de ligne à travers le centre de la ville. Le syndicat du bâtiment SUNTRACS a négocié

la couverture du personnel employé dans le cadre de ce projet par la convention collective sectorielle

actuellement en vigueur avec la Chambre d’industrie panaméenne, et certaines clauses ont été ajoutées

concernant des compétences spécifiques. Une délégation composée de l’IBB et de l’affilié espagnol

FECOMA a inspecté les chantiers de construction et continuera à superviser l’avancée du projet dans

le respect des conditions établies par le groupe de référence conjoint de l’ACI. L’IBB a signé un ACI

avec FCC en février 2012, aux côtés des affiliés espagnols de l’IBB, FECOMA-CC.OO et MCA-UGT; il

s’agit du premier ACI conclu avec une entreprise espagnole dans le secteur du bâtiment. L’ACI définit

les engagements à protéger les droits fondamentaux des travailleurs, les mécanismes de prévention des

abus, y compris dans les chaînes d’achat et d’approvisionnement, une formule relative à la publication

et la diffusion de l’accord et enfin un groupe de référence conjoint chargé d’étudier et de résoudre les

conflits. Il inclut une clause complète sur les droits des travailleurs migrants.

Les négociations engagées avec le producteur de ciment suisse Holcim concernant un accord

international sur la santé et la sécurité sont dans l’impasse, en raison d’un conflit non résolu en Inde,

où l’entreprise n’a toujours pas reconnu le syndicat des travailleurs contractuels. L’IBB et IndustriAll ont

porté plainte auprès de l’OCDE; leur démarche a été soutenue au travers d’un piquet de grève organisé

lors de l’Assemblée générale des actionnaires à Zurich en 2012. Holcim compte au nombre des 5 géants

de l’industrie mondiale du ciment. L’effectif du groupe est estimé à 80 000 employés et il compte plus

de 2000 usines dans 70 pays. Il fournirait 25 % du marché du ciment en Inde. Holcim est signataire du

Pacte Mondial des Nations Unies et produit un Rapport annuel sur la responsabilité sociale d’entreprise

depuis 2002. Dans son pays d’origine, Holcim respecte les droits des travailleurs tandis que ses filiales,

dans les pays en développement, ne se conforment pas toujours à la législation nationale et affichent une

attitude antisyndicale marquée. Le groupe a en outre été accusé de mener des opérations dangereuses

pour la santé des communautés locales et pour l’environnement. Holcim a récemment fait savoir qu’il

souhaitait entamer des discussions avec les syndicats mondiaux au sujet d’un accord mondial sur la

santé et la sécurité au travail.

L’IBB maintient son engagement et poursuit ses audits sociaux auprès de Skanska, Lafarge, Royal

BAM, Faber Castell, Staedtler et Schwan Stabilo. Les affiliés sont en contact avec les directions locales

eu égard à plusieurs questions telles que le travail sous contrat en Indonésie avec Lafarge; la réouverture

de l’usine de Goa en Inde avec Faber Castell; les nouvelles dynamiques d’organisation dans plusieurs

usines de Faber Castell en Amérique latine; avec Royal BAM en Jordanie; et le Groupe de référence de

Skanska a rencontré le Comité d’entreprise européen en 2013.

L’IBB a lancé des campagnes d’entreprise et des activités d’organisation dans quatre EMN.

L’engagement affiché par l’IBB sur la question concernant IKEA combine un dialogue régulier sur certains

pays avec des campagnes mondiales.

L’exemple d’IKEA montre clairement le double visage de cette entreprise d’envergure mondiale - où

sont respectées les normes pour les kits de montage - mais qui fait deux poids, deux mesures lorsqu’il

s’agit de ses travailleurs. Nombre de ses fournisseurs en Europe Centrale et Orientale ne reconnaissent

pas les syndicats, et ce n’est qu’en juillet 2011 que le premier syndicat a pu être constitué aux États-Unis

dans l’usine IKEA-Swedwood. Depuis 2008, l’IBB et l’IAMAW, qui organise les travailleurs du secteur

du bois, ont entamé un dialogue visant à permettre aux représentants syndicaux de rencontrer les plus

de 300 travailleurs de la nouvelle usine établie à Danville, en Virginie, où des problèmes ayant trait à la

santé et la sécurité, ainsi qu’à la discrimination raciale, ont été signalés. La direction de Swedwood s’est

montrée très hostile à l’égard du syndicat, elle s’est adjoint les services d’un cabinet de conseil juridique

spécialisé dans le démantèlement syndical, a renvoyé des activistes et cherché à diviser le personnel en

promettant des primes et en laissant entendre que l’usine allait fermer ses portes. Au terme de 1000 jours

de vaines négociations, l’IAMAW a soumis une demande d’élection syndicale.

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RAPPORT D’ACTIVITÉs 2010-2013 | 1 - 5 décembre 2013 | Bangkok | Thaïlande

Aux côtés de GS, le syndicat suédois du secteur du bois, l’IBB a soutenu sans relâche la campagne

d’organisation qui s’est déroulée sur une période de trois ans. IKEA est très soucieuse de son image

publique d’entreprise socialement responsable; la campagne entendait par conséquent entacher cette

image en révélant aux syndicalistes, aux consommateurs et au grand public le double visage du géant

du meuble. Plus de 100 000 signatures ont été recueillies via une pétition transmise au PDG d’IKEA,

qui avait également été soutenue par change.org et American Rights at Work. Les affiliés à l’IBB ont

mené des actions à l’extérieur des magasins IKEA dans le monde entier, et des manifestations très

médiatisées ont fait beaucoup de bruit en Suisse, en Suède, en Allemagne et au Danemark. Il s’agissait

notamment de prendre des photos devant des magasins IKEA en tenant un panneau sur lequel était

écrit « Je vote pour le syndicat d’IKEA/Swedwood », de diffuser des messages vidéo de solidarité,

d’écrire des courriers personnalisés aux travailleurs de Danville et de contacter les magasins IKEA en

exhortant le géant suédois à cesser d’interférer dans la campagne d’élections syndicales. L’IBB a mis

en exergue ce problème lors de la Conférence de l’OIT en juin 2011 et distribué aux délégués syndicaux

des autocollants et des prospectus liés à la campagne. Aux États-Unis, la couverture médiatique a été

considérable, tant sur les écrans de télévision que dans les journaux à grand tirage.

En juillet 2011, 76 % des travailleurs ont voté pour rejoindre l’Association Internationale des Machinistes

et des Travailleurs de l’Aérospatiale. « Ce combat a été mené à l’échelle planétaire, avec le soutien

et l’assistance de plus de 120 000 travailleurs sur tous les continents, divers partenaires sociaux, et

de nombreuses autres fédérations syndicales mondiales.» Per-Olof Sjöö, Vice-Président de l’IBB et

Président du syndicat suédois GS.

Désormais, le fournisseur polonais d’IKEA reconnaît les syndicats affiliés à l’IBB, Solidarnosc et

Budowlani. Les négociations engagées au niveau national en Pologne ont abouti avec succès et 9000

travailleurs sont à présent couverts par une convention collective juridiquement contraignante. Sous

l’impulsion du succès rencontré en matière d’organisation avec IKEA / Swedwood, Danville (États-Unis),

l’Association Internationale des Machinistes et Travailleurs de l’Aérospatiale (IAMAW) a organisé 4 des 6

centres de distribution en Amérique du Nord. Des missions ont été envoyées auprès des sociétés d’IKEA/

Swedwood en Russie et des initiatives ont vu le jour en Hongrie, Lettonie et Lituanie dans le domaine de

l’organisation.

Ces dernières années, l’ACI conclu avec Lafarge a été utilisé efficacement pour appuyer les demandes

de travailleurs contractuels de la cimenterie PT.SAI-Lafarge à Banda Aceh, Indonésie. L’entreprise

emploie plus de 200 travailleurs contractuels, dont la plupart sont engagés depuis de nombreuses

années sur la base de contrats à court terme. En vertu du droit du travail applicable en Indonésie, un

contrat à durée déterminée ne peut être reconduit qu’à deux reprises, suite à quoi le travailleur peut

prétendre à un contrat permanent. Des salaires très bas ont été rapportés, de l’ordre de 50 dollars

E.-U. par mois, soit nettement inférieurs au salaire minimum indonésien qui se monte à 110 dollars E.-U.

par mois; les travailleurs ne bénéficieraient d’aucune prestation de sécurité sociale, d’aucun contrat de

travail écrit ni d’aucun équipement de sécurité. Le Président du syndicat des travailleurs contractuels

FKUI, Tengku Nantasyah, qui a travaillé pendant 18 ans sur une base contractuelle dans le domaine

du chargement et du nettoyage de navires, a présenté à la mission d’investigation de l’IBB un rapport

sur les conditions de travail du personnel contractuel. Quelques semaines plus tard, il a été accusé par

l’entreprise d’avoir dérobé une corde et a été licencié puis arrêté en août 2011 et emprisonné. L’IBB a

lancé une campagne de solidarité, appelant à l’envoi de lettres de protestation à Lafarge et accusant

la société de « criminalisation des dirigeants syndicaux ». La campagne a bénéficié d’une publicité

considérable à l’échelle internationale et d’un large soutien de la part des réseaux syndicaux de Lafarge

à travers le monde. En février 2012, PT.SAI-Lafarge a accepté d’établir un Comité conjoint de suivi

chargé de contrôler la conformité des sous-traitants et prestataires de services par rapport aux normes

du travail et aux normes sociales consacrées dans l’ACI. Il s’en est suivi la reconnaissance du syndicat

de travailleurs contractuels, le versement du salaire minimum légal, l’établissement de contrats de travail

écrits et d’une couverture sociale, ainsi que la fourniture d’équipements de sécurité.

L’IBB a établi des réseaux au niveau régional et mondial qui ont œuvré efficacement pour organiser et

étoffer la base de membres. À titre d’exemple, Odebrecht Brésil est la première entreprise du secteur

du bâtiment en Amérique latine; elle entreprend des projets d’infrastructure publics mais conclut

aussi des contrats privés, parfois dans le cadre de coentreprises avec des sociétés du bâtiment

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RAPPORT D’ACTIVITÉS 2010-2013 | 1 - 5 décembre 2013 | Bangkok | Thaïlande

européennes. Elle emploie 91 000 salariés et près d’un dixième de son personnel est engagé sur la

base de contrats précaires. Elle opère dans 20 pays d’Amérique latine, ainsi qu’en Afrique, en Asie et

en Europe. En septembre 2011, l’IBB a constitué un réseau d’entreprise d’Odebrecht pour l’Amérique

latine. Les syndicats du secteur du bâtiment de 7 pays se sont réunis afin de brosser un tableau des

conditions de travail dans les différents projets d’Odebrecht, en mettant en exergue l’incidence élevée

du travail contractuel, des bas salaires et des mauvaises conditions de travail, ainsi que les pratiques

antisyndicales. En 2012, le réseau s’est ouvert à des syndicats du Mozambique et d’Angola. Il est prévu

d’élaborer une stratégie intégrée en vue de signer un ACI s’appliquant également aux fournisseurs

d’Odebrecht.

Le réseau d’Odebrecht a déjà quelques réalisations positives à son actif. En République dominicaine,

l’affilié à l’IBB, FENTICOMMC, a porté plainte contre l’entreprise pour violation de la législation sur les

pensions, selon laquelle une part de 1 % de la valeur de tous les projets de construction, y compris

les projets financés par l’État, doit être versée au Fonds de pension des travailleurs de la construction.

Odebrecht a cherché à se soustraire à cette obligation en prétendant avoir versé les fonds au Fonds

national de sécurité sociale. En 2012, sous l’effet des interventions menées par le bureau régional de

l’IBB et grâce au pouvoir supplémentaire conféré par le nouveau réseau, Odebrecht a reconnu la dette et

s’emploie désormais à rectifier le problème. Cette réussite a également permis d’affermir la position de

FENTICOMMC parmi les travailleurs sur les chantiers de construction d’Odebrecht à travers le pays.

Les réseaux d’entreprise mondiaux et régionaux renforcent le contact intersyndical au sein d’une

EMN et permettent au syndicat du pays d’origine d’aider les syndicats intervenant lors des opérations

à l’étranger, dans un souci de bonne application des normes du travail et des politiques définies par

l’entreprise. Ces réseaux entendent par ailleurs créer des alliances avec d’autres secteurs, d’autres

consommateurs, et le grand public. L’IBB a initié plusieurs réseaux syndicaux régionaux et mondiaux.

Réseaux Afrique & Moyen-Orient

Forum de l’IBB des

syndicats de la

construction en Afrique

Syndicats des pays anglophones d’Afrique: Nigeria, Sierra Leone,

Liberia, Afrique du Sud, Zimbabwe

Réseau Vinci

Réseau Lafarge

Réseau des entreprises

du ciment

Réseau Raiply Woods

Burkina Faso, Tchad, Mali, Niger, Togo

Maroc, Tunisie, Afrique du Sud, Tanzanie, Kenya

Moyen-Orient

Réseaux Amérique latine & Caraïbes

ARAUCO

Holcim

Lafarge

ETEX

Odebrecht

Nigeria, Sierra Leone, Liberia, Afrique du Sud, Zimbabwe

Chili, Argentine, Brésil

Chili, Argentine, Brésil, Colombie, Équateur, Mexique, Guatemala, El

Salvador, Nicaragua, Costa Rica

Brésil, Honduras, Équateur, Mexique

Chili, Argentine, Colombie, Pérou, Mexique

Argentine, Rép. Dominicaine, Panama, Venezuela, Colombie,

Équateur, Brésil, Chili

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RAPPORT D’ACTIVITÉs 2010-2013 | 1 - 5 décembre 2013 | Bangkok | Thaïlande

Réseaux régionaux Asie/Pacifique

Construction

Sylviculture

Hong Kong, Corée, Japon, Malaisie, Cambodge, Indonésie,

Philippines

Malaisie, Indonésie, Pacifique

Réseaux européens

STRABAG

Kronospan

Serbie, Bulgarie, Monténégro, Croatie, Bosnie et membres du

Comité d’entreprise européen

Autriche, Rép. tchèque, France, Lettonie, Pologne, Roumanie,

Suisse, Turquie, Ukraine, Fédération de Russie et FETBB

En Amérique latine, l’IBB a mis en place un réseau syndical pour le secteur des matériaux de

construction, avec le soutien d’ACV-BIE (Belgique) et CNV Vakmensen (Pays-Bas). Le réseau se

compose de travailleurs issus des EMN Lafarge, Holcim et ETEX. Les organisations syndicales

participant activement au réseau proviennent d’Argentine, du Brésil, du Chili, du Pérou, de Colombie

et du Honduras, des pays où sont implantées les usines de production de ces EMN. Le réseau entend

s’attaquer à la question des travailleurs contractuels et œuvre pour la lutte engagée en faveur du

traitement égal des travailleurs pour un travail de même valeur au sein de la même usine.

Les affiliés de l’IBB ont commencé à négocier avec les multinationales chinoises du secteur de la

construction. L’IBB a dressé un état des lieux des EMN chinoises en Afrique afin d’appuyer ces actions.

L’exercice a révélé des résultats positifs en Ouganda, en Namibie, au Nigeria et au Ghana. Près de 15

conventions collectives ont été signées dans ces quatre pays, dont 8 pour le Ghana. Le Construction and

Building Materials Workers Union (CBMWU) au Ghana rapporte avoir négocié des conventions collectives

avec les entreprises ci-après:

• Sinohydro Corporation

• China Railway Wuju Corporation

• China International Water & Electric Corporation

• China Geo Engineering Corporation

• China Jiangsi Jianda International Inc.

• China Jiang International Economic & Technical Corporation

• China State Hualong Construction Company

• China Top International Corporation

L’IBB adopte une stratégie de communication globale qui s’appuie sur des ressources suffisantes,

notamment en proposant des mises à jour régulières sur le blog de l’IBB sur les Multinationales et via

BWI Company Monitor”.

Les Accords-cadres internationaux

L’IBB a conclu 19 accords-cadres internationaux couvrant des petites et moyennes entreprises telles

que les fabricants de stylos allemands et des entrepreneurs majeurs comme SKANSKA et Lafarge. Les

ACI doivent être considérés comme des instruments permettant d’instaurer l’environnement nécessaire

aux syndicats pour lancer leurs campagnes d’organisation et initier un dialogue avec la direction. Pour

que les efforts d’organisation des syndicats soient payants, les ACI doivent garantir l’accès des syndicats

aux lieux de travail pour atteindre les travailleurs et contrôler les conditions de sécurité et de santé sur le

terrain. Les ACI doivent faire l’objet d’un suivi régulier. L’IBB a également engagé un dialogue avec des

entreprises n’ayant pas conclu d’accord international.

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RAPPORT D’ACTIVITÉS 2010-2013 | 1 - 5 décembre 2013 | Bangkok | Thaïlande

IKEA / Swedwood

(Suède / Pays-Bas)

Couvre les fournisseurs de la chaîne du bois et le groupe Swedwood

Accord signé en 1998

Suivi: Syndicat suédois du bois et de la sylviculture & IBB.

Groupe de référence: réunions régulières jusqu’en 2009.

Réalisations:

La norme développée pour IKEA est l’IWAY; elle prévoit la présence de comités et délégués Sécurité

chez tous les fournisseurs comptant au moins 50 salariés.

Visites en Slovaquie, Hongrie, Malaisie Roumanie, Pologne, Thaïlande, Laos, Chine, Russie;

engagement du dialogue social entre syndicats et fournisseurs;

Le syndicat du bois a organisé 2 fournisseurs IKEA en Malaisie; 2 fournisseurs en Roumanie; 2

fournisseurs en Bulgarie;

En 2009, l’IAMAW a essayé pendant un temps d’organiser les travailleurs de l’usine de Swedwood

à Danville, Virginie. Les représentants syndicaux n’étaient pas autorisés à pénétrer dans l’usine pour

parler aux employés. IAMAW et IBB jugent cela contraire aux dispositions de l’accord conclu avec

IKEA. Les travailleurs ont opté pour la représentation syndicale dans le cadre d’un vote. Grâce

à l’impulsion donnée à Danville, le syndicat Machinist a organisé 4 des 6 centres de distribution

d’Amérique du Nord.

Les affiliés polonais ont obtenu la représentation syndicale dans la plupart des usines de Swedwood.

Négociation réussie de la convention collective pour 9000 employés.

Initiatives d’organisation en Hongrie, Lettonie et Lituanie.

Faber-Castell

(Allemagne)

Entreprise de premier plan du secteur de la fabrication d’instruments d’écriture.

Accord signé en 1999 et révisé en 2008.

Suivi: IG Metall, Comité d’entreprise, IBB.

Groupe de référence: audits sociaux tous les 2 ans sur tous les sites de production.

Réalisations:

Depuis la signature de l’accord, audits conjoints au Brésil, en Colombie, Allemagne, Malaisie, Indonésie,

Chine, Inde, Costa Rica, Pérou.

Amélioration des conditions de travail et de sécurité. Syndicat établi et convention collective conclue en

Malaisie.

Représentation syndicale établie en Chine.

L’usine de FC Goa va rouvrir ses portes grâce à l’intervention de l’IBB.

Représentation syndicale établie et convention collective en cours de négociation au Pérou, au Costa

Rica et en Colombie.

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RAPPORT D’ACTIVITÉs 2010-2013 | 1 - 5 décembre 2013 | Bangkok | Thaïlande

Hochtief

(Allemagne)

L’activité de l’entreprise n’est plus la construction mais la prestation de services

de construction. ACS (Espagne) est désormais l’actionnaire le plus important.

Accord signé en 2000.

Suivi: Pas de disposition à cet effet dans l’accord.

Réalisations:

Un syndicat allemand et un syndicat américain se sont appuyés sur l’accord dans le cadre de conflits

industriels.

Dialogue syndical Asie-Pacifique avec Leitghton /Hochtief

Les affiliés nord-américains ont établi le dialogue social avec Turner/Hochtief/Skanska

Skanska

(Suède)

Entreprise de premier plan du secteur de la construction en Suède.

Signé en 2001

Suivi: Syndicats suédois, IBB

Groupe de référence: réunions régulières

Réalisations:

Visites de suivi dans les pays nordiques et baltes, RU, Argentine, Pérou, Russie, États-Unis

Amélioration des conditions de santé et sécurité sur les chantiers de construction, y compris pour les

sous-traitants;

Développement du dialogue social en Amérique du Nord et Amérique latine;

Utilisation dans le cadre d’un conflit industriel allemand. En 2009, le groupe de référence a soulevé

la question des listes noires chez Skanska R-U. En octobre 2009, la visite du groupe de référence

aux États-Unis a abouti à un accord ciblant la tenue d’une réunion annuelle à l’échelle nationale. Les

pourparlers sont en cours, des visites conjointes sur le terrain et des réunions sont menées en Floride,

à DC et à New York.

Lors d’une réunion du groupe de référence en octobre 2012, il a été convenu d’inviter les représentants

américains et latino-américains à la session du CEE et du groupe de référence programmée en mai

2013.

Ballast Nedam

(Pays-Bas)

Entreprise de premier plan du secteur de la construction aux Pays-Bas.

Signé en 2002

Suivi: Aucun dans l’accord.

Réalisations:

Après signature, les affiliés ont conclu une convention collective au Ghana

Pendant plusieurs années, Ballast n’a mené aucune activité de projet au niveau international.

Contact maintenu avec l’entreprise, mais aucune réunion n’est programmée.

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RAPPORT D’ACTIVITÉS 2010-2013 | 1 - 5 décembre 2013 | Bangkok | Thaïlande

Impregilo

(Italie)

Entreprise de premier plan du secteur de la construction en Italie.

Signé en 2004

Suivi: Syndicats italiens, IBB

Groupe de référence:

réunions sporadiques

Réalisations:

Amélioration sur les questions de santé, sécurité et bien-être dans le cadre du projet de barrage et de

tunnel en Islande;

Avant le lancement du projet en Équateur, informations fournies sur les normes du travail et les droits

des travailleurs; syndicat établi sur place et convention collective conclue.

Informations régulières sur les nouveaux projets de construction.

Négociations sur la révision de l’accord en attente.

Veidekke

(Norvège)

Entreprise de premier plan du secteur de la construction en Norvège.

Signé en 2005

Suivi: Syndicats norvégiens, IBB

Groupe de référence: Absence de réunions depuis 2008 du fait de l’absence de

contrats internationaux depuis lors.

Réalisations:

Visite du groupe de référence en 2007 dans la filiale NOREMCO, Tanzanie, Afrique; résultat: une

convention collective conclue avec l’entreprise, amélioration des conditions de santé et sécurité au

travail, et des conditions de vie.

Schwan-Stabilo

(Allemagne)

Entreprise de premier plan du secteur de la fabrication d’instruments d’écriture.

Signé en 2005

Suivi: IG Metall, Comité d’entreprise, IBB.

Groupe de référence: des audits sociaux tous les 2 ans sur l’ensemble des sites de production

Réalisations:

Audits en République tchèque, Allemagne, Malaisie, États-Unis, Chine, Brésil

L’affilié a conclu une convention collective en Malaisie

Amélioration des conditions de santé et sécurité au travail, et des conditions de vie; réduction des

heures supplémentaires et respect des droits des travailleurs et des droits syndicaux.

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RAPPORT D’ACTIVITÉs 2010-2013 | 1 - 5 décembre 2013 | Bangkok | Thaïlande

Lafarge

(France)

Entreprise de premier plan du secteur de la production de matériaux de

construction.

Signé en 2005.

Suivi: IBB, IndustriAll.

Groupe de référence: réunions régulières

Réalisations:

Développement d’un système de gestion de la santé et la sécurité

Révision de l’approche des relations professionnelles avec l’Amérique du Nord

Conflits résolus en Égypte, Jordanie, Honduras, Corée, Indonésie, États-Unis

Participation au panel de parties prenantes sur le développement durable

Question non résolue des travailleurs contractuels en Indonésie

2010 visite en Chine et 2013 visite au Brésil

Révision de l’accord mondial en mai 2013

Royal BAM Group

(Pays-Bas)

Entreprise de premier plan du secteur de la construction aux Pays-Bas.

Signé en 2006

Suivi: Syndicats néerlandais, Comité d’entreprise, IBB

Groupe de référence: réunions régulières

Réalisations:

2006 visite de chantier à Dubaï. 2007 visites des stades de football de Port Elizabeth et Johannesburg

en Afrique du Sud

Amélioration des normes de santé et sécurité au travail, et des conditions de vie

Réunion du groupe de référence en octobre 2008 et discussion en juin 2009 sur le système de gestion

de la santé et la sécurité au travail et sur les rapports concernant la durabilité. En 2009, le groupe de

référence a soulevé la question des listes noires chez BAM Nuttal R-U. 2010 réunion du groupe de

référence au R-U. 2011 visite du projet d’infrastructure routière en Tanzanie, qui a mené à la conclusion

d’une convention collective et à l’amélioration des conditions d’emploi.

Visite de suivi du projet en Jordanie en décembre 2012

Staedtler

(Allemagne)

Entreprise de premier plan du secteur de la fabrication d’instruments d’écriture

Signé en 2006

Suivi: IG Metall, Comité d’entreprise, IBB.

Groupe de référence: audits sociaux tous les 2 ans sur l’ensemble des sites

Réalisations:

Réunions du groupe de référence et visites en Allemagne, République tchèque, Malaisie, Indonésie et

20


RAPPORT D’ACTIVITÉS 2010-2013 | 1 - 5 décembre 2013 | Bangkok | Thaïlande

Thaïlande.

Amélioration des conditions de santé et sécurité au travail et des conditions de vie.

Conclusion d’une convention collective à Temerloh.

Organisation syndicale en attente en Indonésie et en Thaïlande.

Volker Wessels

(Pays-Bas)

Entreprise de construction

Signé en 2007

Suivi: Syndicats néerlandais, Comité d’entreprise, IBB

Groupe de référence: réunions régulières jusqu’en 2011.

Réalisations:

Réunions du groupe de référence et visites aux Pays-Bas, au Royaume-Uni, en Belgique et en

Allemagne

Discussions sur le système de gestion de la santé et la sécurité au travail et sur les rapports concernant

la durabilité.

La direction a annulé l’accord en 2012 car les activités de construction internationales ont été centrées

sur le Canada uniquement.

Italcementi

(Italie)

Entreprise de premier plan du secteur des matériaux de construction

Signé en 2008

Suivi: Syndicats italiens, Comité d’entreprise européen, IBB.

Groupe de référence: réunions sporadiques.

Réalisations:

Réunions du groupe de référence en Italie et en France.

Wilkhahn

(Allemagne)

Fabricant de mobilier de bureau

Signé en 2009

Suivi: IG Metall, Comité d’entreprise, IBB.

Groupe de référence: réunions annuelles

Réalisations:

Réunions du groupe de référence en Allemagne.

Discussion au sujet de la gestion de la chaîne d’approvisionnement, la santé et la sécurité au travail, les

passations de marchés, les rapports concernant la durabilité

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RAPPORT D’ACTIVITÉs 2010-2013 | 1 - 5 décembre 2013 | Bangkok | Thaïlande

GDF Suez

(France)

Entreprise française de premier plan du secteur des services d’électricité

Signé en 2010

Suivi: IBB, IndustriAll, PSI

Groupe de référence: réunions annuelles

Réalisations:

Fusion entre GDF et Suez en 2006. L’IBB a des parts dans Suez, qui était une entreprise de

construction.

Discussions concernant

• Un accord sur l’actionnariat des employés

• La résolution du conflit aux États-Unis

• Des directives relatives à l’utilisation des médias sociaux

• La production de rapports sociaux

Projets énergétiques conjoints des Rassembleurs d’énergies de GDF Suez en Inde en 2013.

Pfleiderer

(Allemagne)

Entreprise de matériaux de construction

Signé en 2011

Suivi: IG Metall, Comité d’entreprise, IBB, PASOC.

Groupe de référence: réunions annuelles

Réalisations:

Réunions et visites en Allemagne, Suède, Pologne

La PASOC accompagne la mise en œuvre de l’accord

FCC

(Espagne)

Entreprise de construction

Signé en janvier 2012

Suivi: Syndicats espagnols et IBB.

Groupe de référence: réunions annuelles

Réalisations:

Deux réunions tenues à Panama car FCC développe de nombreux projets à Panama et en Amérique

latine. Participation de FCC à une formation syndicale sur la santé & la sécurité à Panama.

FCC est actionnaire majoritaire de l’entreprise de construction autrichienne ALPINE qui est très

engagée dans les pays d’Europe orientale. L’accord est utilisé par les affiliés sur les sites d’ALPINE.

Discussion avec les membres du Comité d’entreprise européen en Autriche.

Réunion avec FCC, l’IBB et les syndicats des Balkans à Belgrade en mai 2012 pour présenter et

débattre de l’accord et des projets dans la région. Problème résolu sur un chantier en Serbie, le

responsable du projet a été remplacé.

Réunion entre des représentants de FCC et de LIUNA à Toronto concernant le projet de Métro.

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RAPPORT D’ACTIVITÉS 2010-2013 | 1 - 5 décembre 2013 | Bangkok | Thaïlande

Ferrovial

(Espagne)

Entreprise de construction

Signé en mai 2012

Monitor: Syndicats espagnols et IBB.

Groupe de référence: réunions annuelles

Réalisations:

Première discussion après la signature de l’accord en septembre 2012

Problèmes soulevés en lien avec le chantier Crossrail au R-U, l’entreprise accepte d’engager le dialogue

avec UNITE. Suivi des syndicats espagnols.

OHL

(Espagne)

Entreprise de construction

Signé en septembre 2012

Suivi: Syndicats espagnols et IBB.

Groupe de référence: réunions annuelles

Réalisations:

Mission en Turquie en 2013.

Implication de l’IBB auprès des Multinationales

Bilfinger

(Allemagne)

Entreprise de construction devenue prestataire de services techniques

Organisations partenaires: IG BAU, CEE

Activités en cours: Accord-cadre international en cours de discussion

HOLCIM

(Suisse)

Entreprise de premier plan du secteur de la production de matériaux de

construction

Organisations partenaires: UNIA, IndustriAll, CEE, PCSS Inde, MultiWatch,

Suisse

Activités en cours: Plainte déposée auprès du Point de contact de l’OCDE en Suisse (en cours)

concernant la reconnaissance syndicale et la main-d’œuvre contractuelle en Inde.

Piquet de grève lors de l’Assemblée générale des actionnaires à Zurich en 2012

Conjointement avec IndustriALL et CEE – discussion sur un accord mondial relatif à la santé et la

sécurité

23


RAPPORT D’ACTIVITÉs 2010-2013 | 1 - 5 décembre 2013 | Bangkok | Thaïlande

Heidelberg Cement

(Allemagne)

Entreprise de premier plan du secteur de la production de matériaux de

construction

Organisations partenaires: IG BAU, CEE

Activités en cours: Accord-cadre international en cours de discussion

Jeld Wen

Jeld Wen (États-Unis)

Entreprise de premier plan du secteur de la fabrication de produits de

construction, y compris fenêtres, menuiseries intérieures/extérieures

Organisations partenaires: IAM, CFMEU, CEE, GS Suède

Activités en cours: Réunion de planification IBB-CEE-CFMEU

Organisation en cours aux États-Unis

Contact établi avec le PDG

2 conventions collectives reconduites en Malaisie et en Indonésie

KRONOSPAN

(Autriche à l’origine)

Production et distribution de panneaux de bois (revêtements de sols, mobilier et

maisons à ossature bois)

Organisations partenaires: Syndicats issus de: Autriche, République tchèque, France, Lettonie,

Pologne, Roumanie, Suisse, Turquie, Ukraine, Fédération de Russie, FETBB

Activités en cours: L’IBB prépare une campagne d’organisation et élabore un profil d’entreprise;

Organisation engagée dans certains pays;

Réseau de campagne syndicale établi.

Strabag

(Autriche)

Entreprise de premier plan du secteur de la construction en Autriche et l’une des

entreprises de construction les plus importantes en Europe

Organisations partenaires: Syndicats issus de: Allemagne, Autriche, Serbie, Bulgarie, Monténégro,

Croatie, Bosnie et Comité d’entreprise européen

Activités en cours: Organisation dans le cadre du Projet de Corridor en Serbie, Macédoine, Croatie et

Bosnie-Herzégovine

Réseau de campagne syndicale établi.

Odebrecht

(Brésil)

Conglomérat dans les domaines de l’ingénierie, la construction, la chimie et la

pétrochimie.

Organisations partenaires: Réseau permanent de syndicats en Amérique latine et en Afrique

Activités en cours: Demande d’accord mondial provenant d’un réseau d’entreprise très organisé

24


RAPPORT D’ACTIVITÉS 2010-2013 | 1 - 5 décembre 2013 | Bangkok | Thaïlande

Celulosa Arauco y Constitución

(également appelé CELCO ou ARAUCO),

Entreprise chilienne du secteur de la pâte à bois, du bois d’ingénierie et de la

sylviculture

Organisations partenaires: Réseau permanent de syndicats en Amérique latine

Activités en cours: Demande d’accord mondial provenant d’un réseau d’entreprise très organisé

BWI Company Monitor

http://blogs.bwint.org/mnc/

Actuellement, BWI Company Monitor propose des rubriques sur:

• IKEA / Swedwood

• HOLCIM

• Kronospan

2. Organiser les syndicats dans le cadre des projets d’infrastructure

financés par voie publique

Pour cette période inter-congrès, les objectifs stratégiques de l’IBB en matière d’organisation, de

négociation et de prise d’influence politique ont été appliqués au domaine prioritaire des travaux publics

et d’infrastructure financés par les Banques de développement. Il s’agit d’améliorer les conditions

de travail et de vie dans le cadre des projets développés à grande échelle, au travers du respect des

normes internationales du travail, de la santé, de la sécurité et du bien-être des travailleurs, y compris

en ce qui concerne l’hébergement de ces derniers. L’IBB et ses affiliés supervisent les grands projets

d’infrastructure, leur financement, les procédures d’appel d’offres et les principaux entrepreneurs. Cette

stratégie a valu à l’IBB d’obtenir des résultats significatifs au cours des quatre dernières années.

L’IBB a œuvré aux côtés du Groupe de la Banque mondiale, de la FIDIC et des entrepreneurs

internationaux pour parvenir à l’introduction de Clauses relatives au travail, sous la forme de conditions

générales obligatoires, dans les Documents standard d’appel d’offres et les Conditions générales des

contrats de travaux de construction utilisés par les Banques de développement multilatérales (BDM).

Les projets d’infrastructure sont financés en grande partie par des BDM. Ces projets sont sources

d’emploi pour des milliers de travailleurs du secteur de la construction. Compte tenu de la taille et de

l’ampleur de ces activités, les BDM occupent une position stratégique de choix pour promouvoir des

pratiques commerciales socialement et écologiquement durables, à un moment où la maximisation

des opportunités d’emploi dans la construction est essentielle pour le redressement économique et le

développement social.

Résultats: En décembre 2010, les BDM et la Fédération internationale des ingénieurs-conseils (FIDIC)

ont amendé leurs Documents standard d’appel d’offres et leurs Conditions générales des contrats

de travaux de construction (Conditions contractuelles harmonisées des BDM 2010). Les Conditions

contractuelles harmonisées BDM/FIDIC applicables aux travaux de construction incluent désormais des

normes en matière d’environnement, de santé et de sécurité, des dispositions relatives à la fraude et la

corruption ainsi que les quatre droits fondamentaux au travail que sont la liberté d’association, le droit

de négociation collective, la non-discrimination et l’égalité des chances, ainsi que l’interdiction du travail

forcé ou du travail des enfants.

La Société financière internationale (SFI) – organisation de la Banque dédiée au secteur privé – a révisé

la Norme de Performance 2 - Main-d’Œuvre et Conditions de Travail, en tenant compte des contributions

soumises par l’IBB.

25


RAPPORT D’ACTIVITÉs 2010-2013 | 1 - 5 décembre 2013 | Bangkok | Thaïlande

Les BDM consacrent entre 40 et 60 % de leurs dépenses aux projets d’infrastructure. Les Conditions

contractuelles harmonisées BDM/FIDIC applicables aux travaux de construction incluent désormais

des normes en matière d’environnement, de santé et de sécurité, des dispositions relatives à la fraude

et la corruption ainsi que les quatre droits fondamentaux au travail que sont la liberté d’association, le

droit de négociation collective, la non-discrimination et l’égalité des chances, ainsi que l’interdiction du

travail forcé ou du travail des enfants.

Voici les normes les plus importantes à respecter par les entrepreneurs du bâtiment:

• Le droit national du travail et les règles de santé et de sécurité

• Un environnement professionnel sûr et sécurisé

• Une durée de travail raisonnable qui soit consignée et réglementée conformément à la

législation nationale

• Le salaire et les conditions d’emploi correspondent au moins au niveau des normes

sectorielles et/ou des conventions collectives, si elles sont plus élevées, et les travailleurs

sont rémunérés régulièrement

• Les travailleurs disposent de contrats de travail, en vertu de la législation nationale, et les

entrepreneurs conservent des documents d’emploi

• Les travailleurs ont le droit de constituer, d’adhérer à et de participer aux activités des

syndicats; les entrepreneurs négocient avec les syndicats en vertu de la législation

nationale.

• Le travail des enfants, tel que défini dans la législation nationale, est interdit, et les

travailleurs âgés de moins de 18 ans ne s’adonnent pas aux tâches dangereuses (dans la

pratique, cela signifie normalement que tous les travailleurs du site doivent avoir au moins

18 ans)

• Le travail forcé, tel que défini dans la législation nationale, est interdit

• Les travailleurs étrangers, les minorités religieuses ou ethniques, les femmes ou les autres

groupes ne font l’objet d’aucune discrimination

• Un mécanisme est en place, permettant à tous les travailleurs d’exprimer leur

mécontentement à la direction et de résoudre les conflits

• Pour les travailleurs vivant dans un logement mis à disposition par l’entrepreneur, ce dernier

doit assurer que ledit logement répond aux normes de bonnes pratiques nationales et

internationales.

Ces normes s’appliquent à tous les travailleurs sur place, qu’ils soient employés directement par

l’employeur (le client des Banques) ou par les entrepreneurs du bâtiment, les sous-traitants ou les

agences de placement. Les normes s’appliquent également pour les travailleurs temporaires.

Voici les 8 Banques de développement multilatérales qui se sont, en principe, engagées à garantir

le respect des droits fondamentaux au travail dans les projets d’infrastructure dont elles assurent le

financement intégral ou partiel, dans le secteur public ou privé:

• Banque mondiale

• Banque africaine de développement

• Banque asiatique de développement

• Banque de commerce et de développement de la mer Noire

• Banque caribéenne de développement

• Banque de développement du Conseil de l’Europe

• Banque Européenne pour la Reconstruction et le Développement

• Banque interaméricaine de développement

En outre, la Banque islamique de développement et certaines agences gouvernementales d’aide au

développement (Australie, France, Corée, Japon et États-Unis) ont, en principe, accepté d’utiliser les

conditions contractuelles harmonisées. De nombreux établissements bancaires privés ont pris des

engagements similaires, connus sous le nom de Principes de l’Équateur. Mais certains n’assurent

aucune promotion quant à ces engagements et doivent encore les intégrer à leurs politiques

opérationnelles.

26


RAPPORT D’ACTIVITÉS 2010-2013 | 1 - 5 décembre 2013 | Bangkok | Thaïlande

L’IBB dans le contexte de l’examen des politiques de la Banque mondiale:

Stratégie de la Banque mondiale en matière de travail et de protection sociale 2012 – 2022

L’IBB a soumis des recommandations et des commentaires par écrit à la Banque mondiale (BM),

concernant sa Stratégie en matière de travail et de protection sociale pour la période 2012 – 2022.

L’IBB a soutenu que la Banque devait se concentrer sur l’efficacité du développement, étudier comment

axer sa stratégie sur la qualité, la performance et les résultats, et garantir la durabilité sociale et

environnementale dans le cadre de ses investissements. Plus important encore, l’IBB a recommandé

de mettre l’accent sur la création d’emplois et le travail décent. Elle a affirmé que l’emploi devait être

une priorité pour la Banque et, à cette fin, l’investissement dans l’infrastructure se présente comme

un mécanisme clé dès lors que la construction est le premier multiplicateur d’emploi devant toute

autre activité économique. La notion d’« emplois de qualité » occupe une place fondamentale dans

cette stratégie, en prenant pour référence les normes du travail de l’OIT reconnues à l’international et

en encourageant la bonne gouvernance et le rôle des travailleurs et des employeurs dans le cadre du

dialogue national sur les politiques d’emploi et les pratiques du domaine professionnel.

L’examen consécutif sur la Politique de protection sociale met en évidence l’emploi, les droits des

travailleurs, la santé et la sécurité sur le lieu de travail ainsi que la sécurité sociale. Le Rapport de la

Banque mondiale sur le développement dans le monde 2013 décrit l’emploi comme « la pierre angulaire

du développement ». II étudie la Politique de la BM du point de vue de l’emploi; il souligne le rôle créateur

d’emplois que joue une solide croissance entraînée par le secteur privé et expose comment les emplois

les plus favorables au développement peuvent lancer un cercle vertueux. Le rapport constate que la

pauvreté recule lorsque les populations améliorent leurs conditions de vie par leur travail, et lorsque

l’habilitation des femmes par l’emploi accroît les investissements dans les enfants. L’efficacité augmente

lorsque la main-d’œuvre devient plus compétente et que des emplois plus productifs se créent tandis

que d’autres, moins productifs, disparaissent. Une société prospère lorsque les emplois permettent à

des personnes d’origine ethnique et de milieux sociaux différents de travailler ensemble et offrent une

alternative aux conflits.

Examen de la Banque mondiale sur les Politiques de passation des marchés et des contrats

La Banque mondiale fait figure de chef de file dans le domaine des passations de marchés à des

fins de financement du développement. Si ses procédures ont fait l’objet de révisions sporadiques, et

tout récemment encore avec l’adoption de normes du travail intégrées à ses documents-types d’appel

d’offres dans le cadre des projets de construction, les politiques de passation des marchés et des

contrats n’ont pas été modifiées depuis plus de vingt ans. Dans l’intervalle, de profonds bouleversements

ont affecté l’économie mondiale, les conditions des pays où opère la Banque, de même que la nature et

l’éventail de projets et d’activités initiés par elle. La Banque mondiale entreprend désormais de revoir ses

politiques de passation des marchés et des contrats dans le cadre de ses opérations.

Dans ce contexte, l’IBB a présenté des recommandations et des commentaires par écrit. Un Groupe

consultatif international restreint a été formé dans le cadre de cette vaste consultation externe; il restera

en place jusqu’au début de l’année 2014. Le Secrétariat de l’IBB participe à cet organe consultatif et a

du reste organisé des réunions de haut niveau avec le personnel de la BM chargé de l’examen en début

d’année 2013.

Examen des Politiques de sauvegarde sociale et environnementale

Il convient de noter que l’examen des Politiques de passation des marchés et des contrats s’opère

de manière plus ou moins concomitante avec l’examen des Politiques de sauvegarde sociale et

environnementale. La BM a entamé un processus de réexamen complet de ses politiques de sauvegarde

environnementale et sociale en vue de mettre à jour et de consolider les politiques s’appliquant

aux projets qu’elle finance. L’IBB estime que les sauvegardes sociales de la Banque ne traitent pas

suffisamment des impacts des projets qu’elle finance sur la communauté, et des questions ayant trait

à la santé, à la sécurité et au bien-être. Les sauvegardes sociales actuelles de la Banque se limitent à

27


RAPPORT D’ACTIVITÉs 2010-2013 | 1 - 5 décembre 2013 | Bangkok | Thaïlande

deux politiques: les réinstallations forcées et les populations autochtones. Cette couverture thématique

restreinte pose problème. Elle focalise l’attention sur ces deux domaines importants mais réduit de ce

fait la pertinence des mesures de protection sociale à seulement un petit segment du portefeuille de la

Banque. C’est un cadre normatif pour les politiques sociales existantes et un cadre restrictif, qui exclut

l’examen d’autres risques sociaux, plus étendus et pertinents, qui sont régulièrement évalués par les

autres membres du Groupe de la Banque Mondiale.

Les risques sociaux majeurs tels que la santé et la sécurité au travail, les droits des travailleurs à un

salaire, à des conditions de travail et à des heures de travail équitables, à des périodes de repos; la

sécurité sociale; le travail des enfants; le travail forcé; la non-discrimination; l’égalité des genres et l’égalité

de traitement pour les travailleurs migrants; ne reçoivent pas une attention suffisante dans les projets où

ces risques sont très pertinents. C’est parce qu’ils ne sont pas définis comme des risques en matière

de sauvegarde. Par rapport à la SFI et la MIGA (Agence multilatérale de garantie des investissements),

cette couverture très étroite de la protection sociale dans les projets de la Banque conduit à une sousestimation

des risques les plus pertinents, les plus graves et les plus répandus. Dans les activités de la

construction et de la sylviculture, ainsi que dans les chaînes d’approvisionnement, y compris le secteur

des matériaux de construction (en particulier la confection et la taille de briques), les secteurs représentés

par l’IBB, ces risques professionnels sont si répandus qu’ils en sont devenus presque routiniers dans de

nombreux pays.

Désormais, la Banque se doit d’associer ses fonctions en matière de marchés et en matière de

durabilité, et se concentrer sur les résultats de durabilité. L’IBB a fait savoir à ses affiliés de quelle manière

ils pouvaient prendre part au processus, qui se poursuivra jusqu’à la mi-2014, et le Secrétariat de l’IBB

participe aux réunions de haut niveau sur invitation de la Banque mondiale, ainsi qu’au groupe d’experts

consultatif sur la sauvegarde proposée dans le domaine du travail et de la santé et la sécurité.

Selon l’IBB, l’Examen des Politiques de passation des marchés et des contrats doit tenir

compte de deux aspects fondamentaux:

Premièrement, l’adoption de clauses relatives au travail dans les Conditions générales des contrats

ne représentait qu’une première étape. Il faudra faire beaucoup plus pour rendre ces dispositions

opérationnelles. Pour ce faire, il conviendra de dispenser des conseils et une formation aux Clients et aux

Entrepreneurs en ce qui concerne la tarification et les procédures d’appel d’offres, ainsi que l’évaluation

des appels d’offres. Il conviendra également de proposer une orientation et des procédures uniformes

quant à la méthode de mise en œuvre sur le terrain des clauses liées au travail et la méthode de

vérification de la conformité et de gestion des plaintes. Il est possible de détailler davantage les Clauses

liées au travail dans les Conditions particulières et dans le Cahier des charges, et de détailler les coûts

dans le Devis quantitatif.

Deuxièmement, les banques sont tenues d’harmoniser leurs politiques de sauvegardes sociales pour

assurer le respect des normes du travail reconnues à l’international. Ce n’est qu’alors que la Banque

Mondiale et les Banques Régionales de Développement pourront veiller à assurer la conformité dans

l’évaluation, la mise en œuvre et la gestion des projets.

Cet appel lancé en faveur d’une approche s’étendant à tout le secteur implique la FIDIC, les

Associations internationales d’entrepreneurs, les BDM, les instances nationales compétentes en matière

de passation de marchés et les syndicats du secteur de la construction.

Dans cette optique, l’IBB s’est associée aux entrepreneurs internationaux et à la FIDIC pour organiser

deux conférences internationales en juin 2011 et en juin 2012. Près de 150 délégués ont répondu

présents lors de ces événements qui ont bénéficié de la participation de la Banque mondiale ainsi que

de 12 banques de développement régionales. Un vaste accord a été conclu sur les approches à adopter

pour rendre opérationnelles les normes du travail, et la coopération est engagée dans le secteur de la

construction. L’IBB a amélioré la coopération avec les partenaires de l’industrie et reconduit le partenariat

avec la Confédération des associations internationales d’entrepreneurs (CICA), et un document

d’orientation conjoint intitulé « Properly Prepared Projects » (Projets dûment préparés) est en cours

d’élaboration pour 2013.

28


RAPPORT D’ACTIVITÉS 2010-2013 | 1 - 5 décembre 2013 | Bangkok | Thaïlande

Dans les régions, la Banque africaine de développement a participé à la conférence régionale en Afrique

en 2012 ainsi qu’aux réunions annuelles du réseau sur la construction, afin de renforcer la coopération

sur les normes du travail et la santé et la sécurité dans les projets financés par la banque. La BERD

participe régulièrement aux réunions avec les syndicats des Balkans portant sur les normes du travail

dans le cadre des projets Corridors dans la région, et Ie Secrétariat de l’IBB est représenté au sein du

Conseil consultatif sur les questions environnementales et sociales de la BERD. L’IBB a par ailleurs

engagé des discussions avec la Banque de développement brésilienne concernant l’introduction des

normes du travail, en s’appuyant sur les Normes de Performance de la SFI à titre de modèle.

Bilan intermédiaire des efforts d’organisation

Des efforts d’organisation sont menés à différents niveaux dans plus de 20 projets d’infrastructure

majeurs, et un nombre croissant de projets sont en cours de préparation. Près de 70 000 travailleurs

participent à ces projets et sont désormais couverts par des conventions collectives.

La lutte des travailleurs dans le projet de barrage hydroélectrique SFI/ Bujagali, Ouganda

La SFI, entité du Groupe de la Banque mondiale, est la première institution de développement

mondiale axée exclusivement sur le secteur privé dans les pays en développement. La SFI opère

dans plus de 100 pays en développement et propose des financements aux entreprises et institutions

financières des marchés émergents.

Le premier projet d’infrastructure majeur financé par la SFI après 2006, date à laquelle l’institution

a adhéré aux nouvelles normes du travail Norme de Performance 2, était le projet de barrage

hydroélectrique de Bujagali, à Jinja, Ouganda. Le projet a démarré en 2007 pour une durée estimée à

5 ans. Avant même l’ouverture du chantier, l’IBB et son affilié, le syndicat ougandais du bâtiment et de

la construction (UBCCECAWU) ont tenu des réunions avec la SFI, le client, l’entreprise énergétique de

Bujagali (BEL) et l’entrepreneur principal, Salini Construttori S.P.A., ainsi que le Ministre ougandais du

travail et des représentants locaux de la Banque mondiale. Ils ont évoqué la nécessité d’une coopération

entre les entrepreneurs et le syndicat. Le syndicat s’est ensuite vu autorisé à accéder au site, il a recruté

des membres, procédé à l’élection des délégués syndicaux et des représentants en matière de sécurité,

et la première convention collective a été conclue. 2500 travailleurs étaient présents sur le site au plus fort

de ses activités, et la vaste majorité de la main-d’œuvre est syndiquée. Un comité syndical du projet a

été mis sur pied, de même qu’un comité d’hygiène et de sécurité. Les négociations menées les années

suivantes ont permis de plus amples améliorations des salaires et avantages annexes.

« Nous avons révisé la convention collective à trois reprises jusqu’à présent. Le syndicat a également

mobilisé et organisé les employés des sous-traitants d’après des conditions similaires à celles définies

pour l’entrepreneur principal. Les relations de travail entre le syndicat et la direction sont aujourd’hui

cordiales et les délais de réponse aux mécontentements éventuels sont raisonnables. » Oloka Mesilamu,

Secrétaire général, UBCCECAWU

Cette expérience en matière d’organisation a permis au syndicat de développer sa capacité à recruter

et négocier des conventions sur d’autres projets de construction en Ouganda, en améliorant de manière

significative les conditions de travail et la santé et la sécurité. Le syndicat a ainsi pu asseoir sa position

auprès des employeurs du secteur de la construction et l’accord sectoriel national s’en est trouvé

amélioré.

Une mission mondiale débouche sur une convention collective dans le cadre du

projet IDB/SFI sur le Canal et la Ligne de métro de Panama

La Banque interaméricaine de développement (IDB), aux côtés de la Banque japonaise de coopération

internationale (JBIC), la Banque européenne d’investissement (BEI), la Corporación Andina de Fomento

(CAF) et la Société financière internationale (SFI), sont les principaux bailleurs de fonds du projet

d’élargissement du Canal de Panama, dont le coût total est estimé à 5,25 milliards de dollars E.-U.

L’élargissement du Canal permettra de doubler sa capacité en créant une troisième voie navigable via la

construction de nouvelles écluses, permettant ainsi la circulation d’un plus grand nombre de cargos et de

navires plus larges.

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RAPPORT D’ACTIVITÉs 2010-2013 | 1 - 5 décembre 2013 | Bangkok | Thaïlande

Au plus fort de son activité, l’élargissement du Canal de Panama emploiera 7000 ouvriers du domaine

de la construction. Le client est l’Autorité du Canal de Panama et les principaux entrepreneurs sont

un consortium connu sous le nom de « United for the Canal Group » qui inclut des multinationales

espagnoles, italiennes et belges ainsi que la société panaméenne CUSA.

Le chantier a démarré en 2010 et l’affilié de l’IBB, SUNTRACS, a alors commencé à organiser les

travailleurs en cherchant à négocier des augmentations décentes du salaire minimum par l’entremise

de la Commission nationale sur le salaire minimum, qui est une instance tripartite. Il espérait également

se faire reconnaître à des fins de négociation collective. L’Autorité du Canal de Panama est une entité

juridique distincte et les minima salariaux ont été définis par le Décret n°3 de 1980. Dans le même temps,

le gouvernement panaméen a adopté la Loi 30 qui a sérieusement porté atteinte à la liberté d’association

et au droit de grève, et la Loi 14 qui a restreint les droits civils. Lorsque les demandes de SUNTRACS ont

été rejetées, le syndicat a appelé une action industrielle. En juillet 2010, le gouvernement a répondu en

exerçant une violente répression à l’encontre des protestations du syndicat et de la société civile; certains

dirigeants syndicaux de SUNTRACS ont été arrêtés, et de nombreux autres ont été renvoyés.

L’IBB et ses affiliés en Espagne, en Italie et en Belgique, aux côtés d’autres représentants syndicaux

mondiaux, ont envoyé une mission à Panama en août 2010. Celle-ci a rencontré l’Autorité du Canal

de Panama et les principaux entrepreneurs afin de les exhorter à respecter leurs obligations en vertu

des conditions d’octroi des prêts des BDM qui imposent le respect des droits des travailleurs. La

mission a également mis exergue les répercussions négatives que pourraient avoir le non-respect de

leurs engagements sur leur image à l’échelle internationale. Au terme de plusieurs réunions de suivi,

SUNTRACS a pu négocier la première convention collective qui a abouti à des résultats probants en

matière de santé et de sécurité, de sécurité sociale, et pour d’autres aspects encore, mais les salaires

étaient toujours considérés comme insuffisants. D’autres grèves ont été initiées en 2011 et en 2012 afin

d’obtenir un salaire décent pour les travailleurs sur le chantier.

L’expérience déjà acquise a permis de parvenir plus aisément à des accords préliminaires avec

le Consortium de la première ligne du métro de Panama, un projet phare de construction de 14

kilomètres de ligne à travers le centre de la ville. Les deux principales entreprises de construction sont

FCC Espagne, avec qui l’IBB a signé un ACI, et Odebrecht, Brésil. Dans le courant de l’année 2011,

SUNTRACS a organisé des réunions avec le consortium avant le lancement des travaux, afin de préparer

des accords préliminaires. Le syndicat a négocié la couverture du personnel employé dans le cadre de

ce projet par la convention collective sectorielle actuellement en vigueur avec la Chambre d’industrie

panaméenne, et certaines clauses ont été ajoutées concernant des compétences spécifiques. Une

délégation composée de l’IBB et de l’affilié espagnol FECOMA a inspecté les chantiers de construction

et continuera à superviser l’avancée du projet dans le respect des conditions établies par le groupe de

référence conjoint de l’ACI. 7000 travailleurs seront employés au plus fort de l’activité.

Surmonter l’informalité dans le cadre des projets de Corridors routiers et

ferroviaires paneuropéens financés par la BERD/les IFI

La Banque Européenne pour la Reconstruction et le Développement opère dans 30 pays entre l’Europe

centrale et l’Asie centrale ainsi que les côtes méridionale et orientale de la Méditerranée. Elle compte au

nombre de ses actionnaires 64 pays, l’Union européenne et la Banque européenne d’investissement.

Le projet de Corridors routiers et ferroviaires paneuropéens s’étendra sur 300 km d’autoroute dans

divers pays des Balkans occidentaux. Ces projets ont débuté en 2011 et devraient s’achever en 2016 ou

après. Plus de 5000 ouvriers du bâtiment seront employés en Bosnie seule.

La BERD fournit une partie des prêts en coopération avec d’autres IFI dans le contexte du Cadre

d’investissement pour les Balkans occidentaux (WBIF) nouvellement établi. Strabag (Autriche) et

AlpineBau (Autriche également, désormais aux mains de FCC Espagne) comptent au nombre des

principaux entrepreneurs du projet Corridor 5 (Croatie et Bosnie-Herzégovine) et des projets Corridor

10 et 11 (Serbie et Macédoine), aux côtés d’autres entrepreneurs issus de la région, à l’instar de

Viadukt, Hidroelektra de Croatie et Energoprojekt de Serbie, Cengis, Hidrogradnja et ZGP de Bosnie-

Herzégovine et Mavrovoinzinjerng et Granit de Macédoine. Les sections de Corridor 11 sont financées

par l’Azerbaïdjan et la Chine. Des projets sont également initiés en Albanie.

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RAPPORT D’ACTIVITÉS 2010-2013 | 1 - 5 décembre 2013 | Bangkok | Thaïlande

Les syndicats se heurtent à de multiples difficultés dans la région, l’adhésion syndicale est limitée et la

couverture des conventions collectives faible. Le secteur de la construction comprend essentiellement de

petites entreprises ou des micro-entreprises, comptant très peu d’employés permanents. Il est peu régulé

et les travailleurs sont souvent employés dans des conditions de forte exploitation, avec une présence

importante des travailleurs migrants informels et irréguliers. Dans pareilles circonstances, les clauses liées

au travail dans les documents contractuels de la BERD ont représenté un point d’amorce décisif pour les

discussions menées avec l’ensemble des parties concernées en vue de garantir les normes minimums en

matière de salaires, de conditions de travail et de santé et sécurité dans le cadre des projets, dans une

optique d’établissement de conventions collectives.

Depuis juin 2010, l’IBB œuvre dans la région aux côtés de ses affiliés afin d’établir une cartographie

géographique et chronologique des différents sites du projet de corridors et dispenser une formation

sur les normes de respect des conditions contractuelles posées par les BDM et leur relation avec la

législation et la pratique nationales. En 2011, les syndicats de Bosnie-Herzégovine, Croatie, Serbie et

Macédoine ont constitué un réseau transfrontalier et adopté un plan d’action, un ensemble de critères

minimums relatifs aux conventions collectives – connu sous le nom de Plate-forme commune pour les

droits des travailleurs dans les conventions collectives – ainsi qu’un protocole relatif à l’organisation des

travailleurs migrants.

Plusieurs réunions ont été organisées avec la BERD, les ministères et les autorités nationales chargées

des questions routières, les principaux entrepreneurs et les entrepreneurs nationaux, afin de nouer ou

consolider les relations avec les syndicats nationaux. Des ateliers régionaux ont également eu lieu sur une

base annuelle afin de superviser la progression du chantier.

L’IBB a signé aux côtés de son affilié espagnol un ACI avec l’entreprise espagnole FCC, qui a racheté

AlpineBau. Forte d’une légitimité accrue, l’IBB a organisé des réunions de sensibilisation au bon respect

des normes sur les différents sites, avec les principaux entrepreneurs, AlpineBau et Strabag, les membres

des Comités d’entreprise, et le Ministre autrichien du travail ainsi que des représentants du Parlement

autrichien. En mars et en mai 2012, des représentants de l’IBB accompagnés par les affiliés nationaux

se sont rendus sur les différents sites du projet en Bosnie-Herzégovine, en Serbie, en Macédoine et en

Croatie où ils ont identifié de graves problèmes en matière de santé et de sécurité, un nombre élevé de

travailleurs informels, une durée de travail nettement supérieure au seuil légal, des cas de non versement

du salaire et des allocations de maladie et de pension, ainsi que l’absence ou la piètre qualité des

installations. Ces problèmes ont été portés à l’attention de FCC et AlpineBau avec le soutien des affiliés

espagnols.

Les syndicats de la construction dans les Balkans occidentaux poursuivent leur travail de recrutement

et d’organisation, en commençant généralement par la formation de représentants pour la sécurité

sur le terrain, dans une perspective de signature de conventions collectives. Ils travaillent également

à l’amélioration des compétences de suivi afin d’être en mesure de rendre des comptes précis aux

principaux entrepreneurs en ce qui concerne le respect des conditions contractuelles.

La CGT française obtient des résultats positifs pour les travailleurs dans le cadre du projet de

réhabilitation des infrastructures ferroviaires financé par ADB au Cambodge

La Banque asiatique de développement a vocation à soutenir l’investissement dans les projets liés à

l’infrastructure, aux services de santé, aux systèmes d’administration financière et publique, à la gestion

des ressources naturelles et à l’atténuation des effets du changement climatique. Elle a approuvé des

financements à hauteur de 21,72 milliards de dollars E.-U. en 2011. Depuis 2000, le Fonds asiatique de

développement se présente comme une source de financement majeure pour la construction de milliers

d’écoles, de ponts, de cliniques et de routes.

TSO, une entreprise française spécialisée dans les travaux sur les infrastructures ferroviaires, entreprend

un vaste projet de réhabilitation des infrastructures ferroviaires au Cambodge, financé par la Banque

asiatique de développement (ADB). Le projet emploie actuellement 400 travailleurs et sera poursuivi

jusqu’en fin d’année 2013, ou au-delà si nécessaire. En avril 2012, une campagne de recrutement

intensive a permis à l’affilié à l’IBB, le Building and Woodworkers Trade Union (BWTUC), de signer une

convention collective avec TSO et son sous-traitant de main-d’œuvre, A-Plus.

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RAPPORT D’ACTIVITÉs 2010-2013 | 1 - 5 décembre 2013 | Bangkok | Thaïlande

Le syndicat avait bénéficié d’un soutien continu de la part de l’affilié français, la CGT, qui avait joué

un rôle clé en faisant pression auprès de TSO et en appuyant la démarche du BWTUC qui cherchait

à sensibiliser la direction du projet, de même que l’ADB, directement, sur les conditions de travail. La

convention collective a défini de nouvelles normes pour le Cambodge et intégré une hausse substantielle

des salaires (jusqu’à 25 % pour les travailleurs les plus faiblement rémunérés), une sécurité accrue de

l’emploi, un congé maladie rémunéré et la couverture des frais médicaux, ainsi que des améliorations

indispensables des conditions de vie. La convention a par ailleurs instauré des mécanismes de

consultation entre la direction et le syndicat.

« Nous nous sommes heurtés à des difficultés au moment de négocier la reconnaissance syndicale,

mais le soutien de la CGT a finalement amené TSO à conclure la convention collective. Le BWTUC et

tous les travailleurs s’en sont trouvés encouragés et ils croient aujourd’hui davantage dans le rôle de

renfort de la CGT, » Sok Kin, BWTUC

Accéder au site pour recruter des travailleurs dans le cadre du projet d’autoroute

à péage Dakar-Diamniadio, Sénégal

Cette autoroute à péage de 32 km est financée en partie par l’AfDB. Le projet a démarré en 2010 et

devrait s’achever en 2014. Il s’agit d’un PPP, le premier initié au Sénégal, et même le premier de toute

l’Afrique de l’Ouest francophone. L’entrepreneur principal est l’entreprise française de construction

Eiffage. Sous couleur de vérifier le bon respect des conditions contractuelles sur le terrain, l’affilié de

l’IBB au Sénégal (le Syndicat national des travailleurs de la construction, SNTC) a opéré une première

approche avant de pouvoir accéder au chantier, grâce au soutien des syndicats du bâtiment français

et belges, et mener une campagne de recrutement très fructueuse. Vers la fin de l’année 2012, le

syndicat avait rallié plus de 85 % des ouvriers employés directement par l’entrepreneur principal et par

les nombreux sous-traitants. Au Sénégal, le taux national de densité syndicale dans le secteur de la

construction est largement inférieur. Le SNTC a également organisé les travailleurs dans l’entreprise,

SENAC S. A., qui détiendra la concession afin de gérer l’autoroute à péage pour une période de 30 ans.

Le SNTC a négocié des hausses de salaires, une sécurité de l’emploi accrue, des mesures en matière

de santé et sécurité, des installations sanitaires et une prise en charge médicale. Le syndicat a par ailleurs

mené une formation de sensibilisation à la question du VIH/sida dans les communautés où vivent les

travailleurs et il a mis en place des dispositifs de dépistage volontaire.

De l’emploi intérimaire à l’établissement de normes nationales en faveur du travail décent dans

le cadre des projets d’infrastructure liés à la Coupe du monde/FIFA au Brésil

Le gouvernement brésilien entend consacrer une enveloppe de 80 milliards de dollars E.-U., soit 1 %

du PIB, à la rénovation des stades en vue de la Coupe du monde de football et des Jeux Olympiques,

ainsi que d’autres projets de transport entre 2011 et 2014. Sur la base de sa propre expérience

acquise en Afrique du Sud, l’IBB a lancé en mars 2011 la Campagne pour le travail décent avant et

après la Coupe du monde de 2014, en coopération avec Play Fair, une coalition de syndicats, d’ONG

et de mouvements sociaux, dans le but d’assurer la conformité avec l’Agenda de l’OIT pour le travail

décent. La campagne met à profit le fait que ces projets de construction prestigieux vont bénéficier

de toute l’attention au niveau national et international pour améliorer les conditions de travail, renforcer

l’organisation syndicale et consolider les relations industrielles. Le secteur de la construction au Brésil

souffre d’une forte présence de l’informalité, de piètres niveaux de compétences, de mauvaises

conditions de travail, d’écarts de rémunération conséquents entre les régions et d’un mauvais

fonctionnement des relations industrielles, le tout suscitant une tendance élevée à la grève sauvage et

aux licenciements punitifs.

Durant l’année 2011, les travailleurs se sont mobilisés de plus en plus intensément pour obtenir de

meilleures conditions de travail – un effort qui leur a valu l’adoption d’un programme de négociation

nationale, signé par les syndicats de tout le Brésil, sur la base des dispositions déjà incluses dans une ou

plusieurs conventions collectives. En retour, ceci a conduit à l’adoption en mars 2012 d’un « engagement

national d’amélioration des conditions de travail dans l’industrie de la construction », à caractère tripartite,

portant sur les minimas salariaux, les taux de rémunération des heures supplémentaires, un programme

de partage des bénéfices, une prise en charge des frais de santé pour les membres de la famille, des

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RAPPORT D’ACTIVITÉS 2010-2013 | 1 - 5 décembre 2013 | Bangkok | Thaïlande

ressources pour les syndicats et le traitement prioritaire des questions liées à la sécurité de l’emploi, la

santé et la sécurité ainsi que la non-discrimination. L’engagement a été présenté à la Confédération de

l’industrie nationale (CNI), au Ministère du Travail et de l’Emploi, à la Présidence et à la Cour suprême du

travail. Il a été signé par certaines entreprises de premier plan du secteur de la construction au Brésil, à

l’instar d’Odebrecht.

La campagne a permis de renforcer l’unité et l’organisation syndicales. Plus de 30 000 ouvriers

employés sur des projets d’infrastructure liés de la Coupe du monde sont désormais syndiqués. Les

répercussions ont été considérables en matière de salaires, et d’autres conditions ont été améliorées

sur le terrain. Il s’agit maintenant d’étendre l’engagement national à d’autres entreprises et agences

publiques, de même qu’à d’autres projets d’infrastructure dans d’autres pays d’Amérique latine où

l’entrepreneur est une entreprise signataire brésilienne. Un Forum de négociation national permanent et

tripartite a en outre été mis en place dans le but d’élaborer une proposition en faveur d’une Convention

collective nationale destinée à servir de norme pour l’ensemble des travailleurs du bâtiment brésiliens,

dont le nombre est estimé à 4 millions.

Ce ne sont là que quelques exemples illustrant les gains importants obtenus par l’IBB en organisant

dans le cadre des projets d’infrastructure. La confiance s’installe et l’effort d’organisation des affiliés de

l’IBB dans l’infrastructure est très concluant pour ce qui concerne les travaux publics et les chantiers

de construction financés par les banques en Argentine, au Costa Rica, en Équateur, au Nicaragua, à

Panama, au Vénézuela, à la Barbade, à la Jamaïque, et dans douze états au Brésil, en Ouganda, au

Kenya, en Tanzanie, en Éthiopie, en Namibie, en Afrique du Sud, au Ghana et au Nigeria, au Cambodge,

au Pakistan, au Népal, en Corée du Sud et aux Philippines, ainsi que dans toute l’Inde.

L’IBB organise les réseaux syndicaux d’appui et le soutien intersyndical direct dans toutes les régions,

afin de cibler les entrepreneurs internationaux et les EMN, ainsi que les nouveaux travaux d’infrastructure

en vue d’une organisation à un stade précoce du cycle de vie du projet. La prise de contact avec des

entrepreneurs internationaux par l’intermédiaire de vastes projets d’infrastructure a conduit à la signature

de nouveaux ACI pour l’IBB, renforçant ainsi notre capacité à élever les normes dans le secteur de la

construction, aux côtés de nos affiliés dans le monde entier.

3. Campagne mondiale sur les droits des travailleurs migrants

Développer un programme mondial sur la migration - aperçu

Un programme mondial sur la migration a été mis au point dans le cadre de BWI Connect en 2010 et

un nouveau membre du personnel a été recruté à cet effet. Le projet visait essentiellement à consolider

le travail accompli par l’IBB dans le domaine de la migration au niveau mondial, de sorte que les activités

nationales, sous-régionales et régionales liées à la migration soient menées dans le cadre de BWI

Connect et de ses trois piliers que sont l’organisation, le plaidoyer politique ainsi que la fourniture de

services essentiels et la communication.

Des supports et outils BWI Connect ont été conçus. Le blog sur la migration BWI Connect a été

développé afin de servir de forum permettant aux travailleurs migrants d’échanger et de communiquer les

uns avec les autres au sujet de leurs préoccupations et leurs problèmes.

Malaisie: L’un des piliers de BWI Connect étant la communication et la fourniture de services

essentiels, un projet expérimental a été lancé en Malaisie. L’IBB a mis en place une ligne d’assistance par

SMS permettant aux travailleurs migrants d’adresser par SMS une demande d’aide à un service central

dédié où le personnel syndical propose ensuite une assistance. Le système a été intégré à un accord

mutuel de coopération entre les bureaux régionaux de l’IBB, la PSI, UNI et leurs affiliés en Malaisie, ainsi

que des centrales nationales et des affiliés au Népal, en Malaisie et en Indonésie, en vue d’en assurer le

succès. L’idée était de reproduire ce modèle dans d’autres régions. Plus de 500 SMS ont été reçus en un

an.

Migrants & immigrants népalais à Hong-kong, Chine: De nombreux migrants vivent à Hong-kong,

Chine, depuis de longues années et sont victimes de discrimination du fait de leur incapacité à lire

le chinois. C’est sur cette toile de fond que l’IBB a décidé de prêter assistance au NCWU, en étroite

collaboration avec le CSGWU, afin d’étoffer sa base de membres en centrant les activités d’organisation

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RAPPORT D’ACTIVITÉs 2010-2013 | 1 - 5 décembre 2013 | Bangkok | Thaïlande

sur la communauté népalaise. Le syndicat a développé la solidarité avec et au sein de la communauté, en

proposant des formations et des activités de sensibilisation. Il a également décidé de collaborer avec les

autorités de Hong-kong, Chine, sur les questions affectant la communauté népalaise, à l’instar de l’accès

à la formation professionnelle, la certification des compétences pour les travailleurs népalais du bâtiment,

et la discrimination en matière d’emploi dans l’industrie. Des formations dans le domaine de la santé et

la sécurité ont eu lieu en népalais. Le syndicat jouit désormais d’une forte présence politique, fervent

défenseur du principe de salaire égal pour un travail de valeur égale.

Les Tadjiks en Russie: Face aux mouvements importants de migrants à destination de la Russie, les

syndicats tadjiks ont signé un accord de coopération régionale avec divers syndicats d’Asie centrale. Le

syndicat des matériaux de construction affilié à l’IBB a organisé des formations de préparation au départ

des travailleurs. Du fait des bonnes relations entretenues avec les syndicats russes, 872 membres ont pu

être organisés en 2012.

Europe du Sud-Est: L’organisation des travailleurs migrants suite à la réunion de Palerme en novembre

2011 a bénéficié d’un bon niveau de coopération régionale à travers l’ESE. La réunion a porté ses fruits

dès lors que les affiliés ont convenu de jouer un rôle actif à l’échelle sous-régionale et régionale. Des

réunions sous-régionales étaient organisées en Albanie, Bosnie-Herzégovine, Croatie, Macédoine,

Monténégro, Slovénie et Serbie. Les affiliés de ces pays se sont engagés à collaborer en vue de réaliser

un recensement au niveau sous-régional, produire des supports de campagne pertinents et élaborer

leurs programmes mutuels. La Serbie a par exemple mis en place de nombreuses activités telles que la

formation d’organisateurs afin d’atteindre les migrants. En Croatie, la coopération syndicale a permis de

recruter plus de 200 migrants dans le cadre du projet Corridor. Un guide couvrant l’ESE a été publié afin

de transmettre aux migrants les informations à connaître avant d’arriver dans le pays de destination, à

l’image des procédures de demande de permis de travail ou d’assurance médicale et sociale. Le guide

mentionne pour chaque pays les coordonnées de contact des affiliés de l’IBB, des groupes de la société

civile et des ambassades et consulats pouvant prêter assistance aux migrants.

Jordanie: Le Syndicat général des travailleurs de la construction en Jordanie a également mis en

œuvre des activités relatives aux droits des travailleurs migrants. Toutefois, le contexte économique et

politique en Égypte et en Syrie a suscité une augmentation du flux de travailleurs migrants. Auparavant

déjà, les migrants en provenance d’Égypte étaient nombreux et 68 % des travailleurs migrants en

Jordanie arrivent d’Égypte. Le syndicat a organisé des réunions sur le terrain, ciblant les travailleurs

migrants égyptiens et syriens. Malgré les difficultés liées à l’instabilité politique, le syndicat est tout de

même parvenu à atteindre près de 300 travailleurs et à recruter 240 individus. Il a en outre contribué à

l’instauration d’une coopération mutuelle entre les travailleurs migrants.

Méditerranée (Italie et Tunisie): Les affiliés italiens FILLEA-CGIL, FENEAL-UIL et FILCA-CISL, et

tunisiens FBGG-UGTT se sont réunis en Tunisie pour aborder la question de la hausse de la migration

en provenance de Tunisie vers l’Italie, en suivi de la stratégie de l’IBB dans le domaine de la migration.

Les affiliés de l’IBB dans la région méditerranéenne ont convenu de travailler plus activement sur cette

question. La FBGG-UGTT comprend mieux aujourd’hui les programmes d’organisation des syndicats

italiens et reconnaît l’engagement de ces derniers afin d’organiser les travailleurs migrants en Italie.

Dans le même temps, les représentants en Italie ont mieux cerné les enjeux auxquels était confronté

le mouvement syndical tunisien dans le cadre de la transition tunisienne opérée entre dictature et

démocratie. Au vu de la progression des flux de migrants – réguliers comme irréguliers – entre la Tunisie

et l’Europe du Sud via l’Italie, la FBGG a accepté d’engager le dialogue avec les dirigeants nationaux et

locaux au sujet de l’importance de la migration, et ce afin d’élaborer une politique consolidée et concertée

sur la migration de main-d’œuvre et le rôle du syndicat. Il a également été convenu d’identifier les points

de départ des tunisiens – réguliers comme irréguliers – afin de diffuser des informations et du matériel au

sujet des conditions de travail en Italie, de leurs droits en tant que migrants et réfugiés, et surtout au sujet

des « dangers » et des « coûts élevés » de la migration, en particulier pour ce qui concerne la migration

irrégulière. Les syndicats italiens ont du reste convenu de collaborer avec l’IBB pour modifier les matériels

actuels élaborés à l’intention des migrants en Italie, et les adapter en vue d’une diffusion en Tunisie. Ils

ont également décidé d’inviter les organisateurs de la FBGG-UGTT à soutenir leurs efforts d’organisation

avec les travailleurs tunisiens migrant en Italie.

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RAPPORT D’ACTIVITÉS 2010-2013 | 1 - 5 décembre 2013 | Bangkok | Thaïlande

Pays-Bas: L’intervention de FNV Bouw et FNV Bondgenoten permet à des milliers de travailleurs

migrants de toucher leurs salaires et avantages annexes découlant de la convention collective

néerlandaise. Le port d’Eemshaven a subi d’importants travaux d’expansion; de grandes entreprises

européennes de services publics y ont construit de vastes centrales électriques. 5000 travailleurs

étaient embauchés dans ce contexte, majoritairement en provenance de Hongrie, Pologne, Portugal

Roumanie et Turquie. Les syndicats ont engagé un certain nombre de poursuites judiciaires afin de

garantir une rémunération des travailleurs étrangers conforme à la convention collective. Alstrom Power

et RWE-Essent étaient tenus de rendre des comptes. Le tribunal a statué que les ouvriers n’étaient

pas suffisamment rémunérés et qu’ils n’avaient touché aucune prime pour les heures supplémentaires

travaillées. En conséquence, l’entreprise était tenue d’acquitter les salaires non versés, les primes de

congés et les primes pour l’emploi de travailleurs en soirée, et ce de manière rétroactive. Ces paiements

représentaient une hausse de salaire comprise entre 5 et 30 %. Le service néerlandais supervisant

l’application de la convention collective s’est vu remettre un certain nombre de rapports accusant la

société turque Ha-Sa Insaat de ne pas respecter la convention collective. Des inspecteurs se sont

rendus sur place et ont alors constaté plusieurs irrégularités: une rémunération insuffisante, l’absence de

pauses, le non versement des paiements qui avaient été imposés juridiquement et le non-paiement des

subventions accordées aux ouvriers du chantier. Consécutivement à l’enquête, le tribunal de Groningen

a condamné Ha-Sa Insaat à verser une indemnité substantielle aux milliers d’ouvriers concernés

qui travaillaient pour son compte. Ha-Sa Insaat a par ailleurs été contrainte de verser 250 000 € de

dédommagement à ses partenaires sociaux, un montant quasi historique en la matière aux Pays-Bas.

Ce jugement représente une victoire importante pour les syndicats et les entreprises du secteur de la

construction aux Pays-Bas. Il confirme le principe selon lequel les conventions collectives s’appliquent à

tous les travailleurs, qu’ils soient autochtones ou migrants.

Suède: Près de 50 migrants camerounais employés par les sous-traitants des compagnies forestières

suédoises SC et Homen travaillaient dans des conditions proches de l’esclavage. Après plusieurs mois

d’attente, les travailleurs ont pu toucher leurs salaires et avantages annexes grâce à l’intervention du

syndicat suédois de la sylviculture, GS. Le salaire des ouvriers était compris entre 5 000 et 20 000 SEK

(580 – 2320 €). GS a conclu un accord sur les salaires et avantages annexes, en vertu de la convention

collective, au terme d’une série de négociations particulièrement complexes. GS a appelé à des

changements législatifs et exhorté les principaux employeurs à assumer davantage de responsabilités.

Suisse: L’intervention d’Unia a permis aux 10 travailleurs migrants polonais employés comme

électriciens sur le chantier de construction du luxueux hôtel Chedi à Andermatt de toucher des arriérés

de salaire très attendus. Les travailleurs concernés avaient révélé à un organisateur d’Unia la délicate

situation dans laquelle ils se trouvaient. Ils avaient commencé à travailler pour Condor Electric et n’avaient

touché que deux salaires. Au lieu d’accomplir 40 heures de travail hebdomadaires, ils travaillaient durant

58 heures mais n’étaient rémunérés que pour 40 heures. En outre, un montant de CHF 345 (USD 370)

était déduit du salaire pour couvrir le logement. Unia est intervenue avec succès au nom des travailleurs

qui ont ensuite adhéré au syndicat. Les travailleurs migrants n’étant pas au fait de leurs droits légaux,

Unia a pris le parti d’employer des organisateurs capables de s’exprimer dans leur langue afin d’informer

les communautés de migrants.

Costa Rica: SUNTRACS a mené des campagnes de sensibilisation, des formations, et assuré une

assistance juridique aux migrants en provenance du Nicaragua. Pour la seule année 2009, on a recensé

160 000 travailleurs migrants du secteur de la construction et le syndicat a conduit 33 ateliers cette

même année, puis 15 en 2010.

Les travailleurs de la sylviculture en République tchèque: Dans le passé, nombreux étaient les

migrants employés dans des situations de travail forcé dans la sylviculture. L’IBB a tenté de faciliter la

participation des syndicats et le travail avec les groupes de la société civile, elle a cherché également à

établir des alliances avec des ONG afin de faire connaître la situation.

Afrique de l’Est: En 2011, l’IBB a organisé la première Réunion sur la stratégie migratoire et le

développement pour la région Afrique & Moyen-Orient à Johannesburg, Afrique du Sud. L’événement

s’articulait autour de trois axes: la révision et l’évaluation initiale d’une cartographie sur les flux migratoires

en Afrique; les mises à jour et rapports relatifs aux travaux menés par les affiliés de l’IBB dans le domaine

de la promotion des droits des travailleurs migrants; et la mise en débat des futures stratégies concernant

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RAPPORT D’ACTIVITÉs 2010-2013 | 1 - 5 décembre 2013 | Bangkok | Thaïlande

la région, en lien avec BWI Connect. Il a été reconnu que chacune des sous-régions africaines

respectives – Afrique de l’Ouest, Afrique australe, Afrique de l’Est, Afrique du Nord, et région du Golfe –

possédait ses propres caractéristiques, et il convenait de ce fait d’en tenir compte dans les programmes

liés à ces sous-régions. L’IBB a publié en 2013 une brochure pour l’Afrique de l’Est proposée en anglais

et en français.

Caraïbes: L’IBB a appuyé les projets associés à BWI Connect dans la région. Elle a également publié

une brochure sur la question pour la région en 2013.

Thaïlande: L’IBB a soutenu les activités de sensibilisation et d’organisation de la FTUB. Des sessions

étaient proposées sur des thèmes divers, de manière à informer les travailleurs migrants birmans de la

présence du syndicat et leur faire connaître leurs droits fondamentaux. Au retour de la FTUB en Birmanie

en 2012, les points de contact dédiés aux travailleurs avant leur départ et les efforts d’organisation étaient

en hausse.

Asie du Sud et Région du Golfe/Qatar: L’organisation des travailleurs migrants dans les pays du

Conseil de coopération du Golfe (Gulf Cooperation Council, GCC) se heurte à de nombreuses difficultés

en raison des restrictions au droit de liberté syndicale, en particulier pour les travailleurs migrants.

L’essentiel du travail d’organisation doit s’opérer dans le pays d’origine. Ce faisant, le projet était axé sur

la collaboration avec les affiliés de l’IBB dans quatre états indiens connaissant une forte concentration

de travailleurs migrants à destination des pays du GCC: Tamil Nadu, Kerala, Andra Pradesh et Uttar

Pradesh. Ce dernier compte désormais au nombre des principaux états d’origine en Inde pour les

migrants internationaux. Les activités syndicales ont permis d’atteindre plus de 1700 travailleurs migrants

dans les quatre états, avec l’appui du conseil de villageois et de divers organes de presse. Le rôle de

premier plan joué par PMLU et TWCF a été particulièrement reconnu en Inde, mais aussi dans toute l’Asie

et la région du Golfe. PMLU a conduit plusieurs missions à Oman, aux EAU, au Koweït, et à Bahreïn. Il a

par ailleurs organisé des réunions politiques au niveau national et des consultations avec des agences de

recrutement.

La campagne « Pas de Coupe du Monde en 2022 sans droits des travailleurs

migrants » au Qatar

Au Qatar, les travailleurs migrants représentent 94 % de la main-d’œuvre et un tiers seulement de la

population est d’origine qatarienne. Dans le seul secteur de la construction, les travailleurs migrants,

essentiellement en provenance d’Asie du Sud, représentent 99 % de la main-d’œuvre. L’IBB a

également produit un guide pour le Qatar en 2013. Si les autorités qatarie sont déclaré que les syndicats

avaient droit de cité, la réalité est tout autre puisqu’aucun cadre n’a été instauré pour permettre à

des syndicats indépendants d’intervenir. Plus important encore, les travailleurs migrants ne sont pas

autorisés à adhérer à des syndicats et le système de « parrainage » (kafala) restreint leur capacité à

changer d’employeur.

Reconnaissant les conditions épouvantables et abusives dans lesquelles sont employés les travailleurs

migrants au Qatar, l’IBB a lancé sa campagne intitulée « Pas de Coupe du Monde en 2022 sans droits

des travailleurs migrants ». Elle opère conjointement avec la campagne initiée par la CSI « Le Qatar doit

agir correctement ». Dans le cadre de cette campagne, une recherche cartographique a été lancée pour

l’ensemble des projets de construction associés à la Coupe du monde 2022.

L’IBB a conduit plusieurs missions au Qatar. La dernière en date, menée en 2012, s’est appuyée sur

la vaste présence syndicale à l’occasion de COP 18, justement organisé au Qatar. Des organisateurs de

projets indiens et népalais issus du PMLU et de GEFONT sont directement entrés en contact avec les

travailleurs migrants sur les chantiers, sur leurs lieux de résidence ou par l’intermédiaire d’événements

communautaires. La mission a du reste rencontré des membres des médias communautaires, des

représentants des missions indienne et népalaise, et des dirigeants communautaires migrants, dans le

but de mieux comprendre la situation au Qatar et constituer la base sur laquelle s’appuieront les futurs

travaux.

Les principales préoccupations soulevées par les travailleurs se rapportaient aux incohérences entre les

conditions de travail actuelles et les contrats de travail, les arriérés de salaire, les piètres conditions de vie

36


RAPPORT D’ACTIVITÉS 2010-2013 | 1 - 5 décembre 2013 | Bangkok | Thaïlande

et l’interdiction de rentrer au pays en cas de maladie et d’urgence. Des entretiens ont par ailleurs révélé

que nombre d’ouvriers népalais déclaraient être moins rémunérés que les ouvriers indiens pour un même

travail. La mission a ainsi rencontré près de 300 travailleurs.

La mission de l’IBB a également pris part à une série d’« actions » coordonnées avec la CSI, à l’instar

du « pique-nique syndical ». Dans le cadre de la première manifestation publique axée sur le changement

climatique au Qatar, la délégation syndicale a mis en exergue les conditions dans lesquelles évoluent

les travailleurs migrants. L’IBB a également profité de l’occasion pour engager le dialogue avec Human

Rights Watch, Amnesty International et d’autres organisations œuvrant pour les droits des travailleurs

migrants.

Lors de la Conférence internationale du travail organisée en 2012, l’IBB a assuré, aux côtés de

l’Internationale de l’Education, de la CSI et de l’Internationale des services publics, la coordination de

l’affiche « Pas de Coupe du Monde en 2022 sans droits des travailleurs migrants », qui apparaissait sur

l’un des tramways parcourant Genève; il s’agissait de mettre en lumière les contributions importantes des

travailleurs migrants.

Syndicats Mondiaux, FMMD, OIT et Dialogue de haut niveau des Nations Unies

sur les migrations - État des lieux

L’IBB est aujourd’hui reconnue comme un acteur clé du domaine de la migration par les autres

Syndicats Mondiaux et les groupes de la société civile internationale et régionale. En conséquence, elle

joue un rôle de premier plan dans l’élaboration et la conduite de l’agenda syndical mondial et la position

mondiale sur la migration, en particulier dans le contexte de l’OIT et du Forum mondial sur la migration et

le développement (FMMD).

L’IBB gagne en importance dans le domaine de la formulation des politiques et des activités de

plaidoyer sur la migration au niveau mondial. Depuis qu’elle a présidé le Groupe de travail sur la Migration

du Conseil des Syndicats Mondiaux, l’IBB a pris la direction des opérations de coordination aux côtés

des autres syndicats mondiaux, de formulation de positions concertées sur la migration, et d’élaboration

de stratégies liées à la gouvernance internationales de la migration, à l’instar du FMMD et des préparatifs

du prochain Dialogue de haut niveau des Nations Unies sur les migrations qui se tiendra à New York en

octobre 2013; elle est également à la tête de l’appel lancé en faveur d’une responsabilité accrue et d’une

intensification de l’action de l’OIT sur la migration à l’échelle mondiale.

Dans un souci de consolidation des travaux menés par le Conseil des Syndicats Mondiaux sur le thème

de la migration, les Syndicats Mondiaux ont organisé à Bruxelles, sous l’égide de la CSI, une réunion

stratégique des Syndicats Mondiaux sur la Migration. Quelque 60 représentants de centrales syndicales

nationales et d’affiliés de l’IBB, la PSI, l’IE et UNI, ont assisté à ce séminaire stratégique axé sur

l’organisation, la gouvernance mondiale, les agences de recrutement et l’adoption d’une approche basée

sur les droits dans le cadre des politiques et programmes migratoires initiés aux niveaux national, régional

et mondial. L’IBB était représentée par des affiliés et des membres du personnel africains, asiatiques et

européens. Parmi les résultats les plus significatifs de la réunion, on peut citer une position consolidée du

CGU à l’égard du DHN des Nations Unies sur les migrations.

Il convient de souligner que les participants se sont interrogés sur la poursuite de l’engagement

syndical dans le cadre du FMMD, et il a finalement été convenu de réduire le niveau d’engagement par

rapport aux années précédentes; en effet, les syndicats ont évoqué une certaine désillusion quant au

processus du FMMD et au fait que la question de la migration de main-d’œuvre n’était pas abordée

selon une approche véritablement basée sur les droits. Pour toutes ces raisons, la délégation syndicale

présente lors des Journées de la Société Civile (JSC) du FMMD 2012, qui se tenaient pour la première

fois sur le continent africain (Port Louis, Île Maurice), était relativement réduite.

Les représentants syndicaux ont vivement défendu l’inclusion de l’Agenda du travail décent en faveur

des travailleurs migrants ainsi qu’une approche de la migration basée sur les droits. À la différence des

années passées, le comité chargé de rédiger la Déclaration finale des JSC du FMMD 2012 ne comptait

aucun représentant syndical. Néanmoins, la plupart des avis exprimés par les syndicats ont été pris

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RAPPORT D’ACTIVITÉs 2010-2013 | 1 - 5 décembre 2013 | Bangkok | Thaïlande

en compte. Il est cependant à déplorer que la position des Syndicats Mondiaux au sujet du DHN des

Nations Unies sur les migrations ainsi qu’un amendement syndical appelant à la réduction des agences

de recrutement et des pourvoyeurs de main-d’œuvre n’aient pas été adoptés.

Outre le FMMD, l’IBB a participé activement au Forum social mondial sur les migrations (FSMM) de

2012, organisé pour la première fois en Asie (Quezon City, Philippines). Le FSMM porte sur l’une des

thématiques du Forum social mondial (FSM), un espace de débat mondial composé de mouvements

sociaux et de membres de la société civile qui explorent des alternatives en faveur d’un ordre mondial

différent, sous le slogan « Un monde différent est possible ». L’IBB a adressé un courrier officiel appuyant

l’offre soumise par le Forum des migrants en Asie dans le cadre de la procédure d’appel d’offres pour

l’organisation du FSMM; elle a également assuré une participation active au sein du Comité Organisateur

aux Philippines.

La délégation de l’IBB était composée de près de 50 représentants des affiliés de l’Internationale

aux Philippines, à Hong-kong (Chine), en Inde, à Bahreïn et au Népal. L’IBB a du reste coordonné

un atelier sur le droit au Travail décent, passant en revue les stratégies offertes aux syndicats et aux

autres mouvements sociaux pour gagner en efficacité sur le plan de l’organisation et du traitement des

questions touchant les travailleurs migrants.

4. Mise en œuvre de la gestion forestière durable

C’est sous le credo « Plusieurs actions, une seule direction » que l’IBB a consolidé ses travaux dans

les secteurs du bois et de la sylviculture au cours des quatre dernières années. Ces sous-secteurs

sont devenus une cible centrale d’organisation, ils ont créé des opportunités de travail significatives

dans le cadre de notre effort ciblé sur les EMN, ils ont introduit de nouvelles méthodes pour influencer

et optimiser les systèmes de certification forestière, et ils ont même conféré à l’IBB un rôle dans les

échanges et processus mondiaux associés au changement climatique et au commerce international,

ainsi que dans l’établissement d’un mécanisme social lié à l’industrie de la sylviculture et du bois.

La création d’une « identité sectorielle » plus ciblée pour les travailleurs du bois et de la sylviculture

au sein de l’IBB est un élément clé du travail de consolidation. Les affiliés ont ainsi pu s’approprier les

actions ultérieures menées par l’IBB en sa qualité de syndicat mondial. Sous le credo « Les travailleurs

du bois, plus forts ensemble », l’IBB a entrepris davantage d’activités sectorielles, elle a mené des études

et analyses détaillées sur les divers sous-secteurs de la chaîne industrielle du bois, et elle a soutenu les

structures et réseaux ad hoc (EMN, groupes sous-régionaux et groupes de messagerie électronique)

avec les projets et ressources correspondants. La mise en avant de l’utilisation intégrative du bois dans la

construction a relancé le marché et la solidarité qui unit les industries de l’IBB.

Les données de base sur les secteurs ont contribué à l’identification des cibles en matière

d’organisation, à l’élaboration de prises de position politiques et elles ont permis d’assister les affiliés

dans le cadre de leurs engagements avec les employeurs, les gouvernements et les autres institutions.

Pour ce faire, l’organisation de réunions sectorielles dans diverses régions a été utile.

En Europe, plus de 90 syndicalistes de 43 syndicats couvrant 28 pays se sont réunis en Pologne en

octobre 2012 afin d’évoquer leurs expériences et élaborer une compréhension commune des difficultés

et des enjeux posés dans les secteurs du bois et de la sylviculture. La réunion a évalué les instruments et

les méthodes d’organisation, de mise en réseau, d’engagement industriel, de conduite de campagnes,

et la coopération établie par l’IBB; la nécessité de mettre en place des actions conjointes et coordonnées

a été réaffirmée. La conférence a réitéré l’appui au plan d’action élaboré lors de la conférence de Prague

l’année d’avant, afin de favoriser l’établissement de réseaux syndicaux sur Kronospan et Swedwood avec

la participation des syndicats d’Europe centrale et orientale. Les réseaux syndicaux sur les EMN ont pu

échanger des informations au travers du blog de l’IBB Company Monitor.

Organiser la chaîne

En leur qualité de syndicats, le rôle central de nos affiliés est d’organiser et de recruter des membres.

Plus les effectifs sont importants, plus les syndicats sont puissants et l’IBB représentative. Les projets

de développement syndical en cours ont été ajustés afin de contribuer à cet objectif sur une base

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RAPPORT D’ACTIVITÉS 2010-2013 | 1 - 5 décembre 2013 | Bangkok | Thaïlande

systématique. Les sous-régions clés visées, notamment l’Amazonie et le Bassin du Congo, ainsi que

les zones de la « ceinture verte » en Europe centrale et orientale, ont tenu des réunions stratégiques

d’organisation et mis à disposition des ressources en vue des projets. Il a été procédé au recensement

des EMN cibles et des réseaux d’organisation ont été constitués pour ces EMN dans le but d’assurer une

couverture et un impact plus étendus tout en utilisant les alliances sociales afin d’exercer une pression

accrue. Si l’organisation dans le secteur de la sylviculture est plus répandue à l’échelle mondiale, la

chaîne industrielle du bois est considérée comme un autre secteur potentiel de croissance en matière de

syndicalisation – et l’on relève certaines réalisations significatives au cours de cette période intercongrès.

Dans l’état de Pará au Brésil, le syndicat du bois de Moju a été créé en février 2012 et compte déjà

1200 travailleurs, soit la totalité des ouvriers des 22 scieries de la région. Dans cette même région, la

production de bois devrait connaître une croissance substantielle et 30 scieries devraient être exploitées

pour la fin d’année 2012.

En Afrique du Sud, le CEPPWAWU a organisé 6000 travailleurs des plantations forestières, 858 dans

la transformation du bois, 7880 dans les scieries et 1758 dans le domaine des panneaux de fibres et des

panneaux de particules. Les entreprises organisées incluent Sappi, Mondi, PG Bison, Masonite, Hans

Merenskey Forests, Bedrock Forest et York Forests. Le CEPPWAWU a recruté un total de 754 membres

(155 femmes, 599 hommes) de la région de Mpumalanga dans 3 entreprises, à savoir Ngala, Bedrock

Forests et Sabie Processing.

En Pologne, ZLP présente un effectif de 10 000 membres, soit une densité syndicale tout à fait

convenable par rapport à d’autres PECO où les syndicats ont perdu jusqu’à 80 % de leurs membres du

fait de la privatisation et l’introduction de nouvelles technologies.

La création de mécanismes de coordination au sein des EMN facilite également l’organisation et met

les employeurs sous pression. L’on peut citer à titre d’exemple le Raiply Group qui opère en Afrique.

Le nombre de membres de l’IBB au sein du Raiply Group se monte actuellement à 6854 sur un

potentiel 15 000 – soit une densité syndicale de 46 %. Le réseau de délégués du personnel Raiply

Shop Steward Network compte des membres au Kenya, en Ouganda, en Tanzanie, au Rwanda et au

Malawi. Le réseau a été lancé en Afrique de l’Est dans le but de stimuler le recrutement et renforcer les

conventions collectives, notamment en intégrant des thèmes tels que l’environnement et la plantation

d’arbres, le développement des compétences, l’égalité entre hommes et femmes, la santé & la Sécurité

(santé & sécurité) et le VIH/sida. Le réseau a également vocation à traiter les questions telles que le taux

élevé de précarisation, la lenteur des procédures de traitement des plaintes dans le domaine de la santé

& sécurité et l’harmonisation des conditions transfrontalières. Des questions communes au sein du

Raiply Group ont également été identifiées. Le Réseau a remarqué que Raiply promouvait des aspects

de la sylviculture communautaire dans les pays où le groupe opère, ce qui pourrait permettre de mettre

en place un agenda environnemental dans le cadre des conventions collectives. Les usines Raiply de

la Communauté d’Afrique de l’Est (CAE) comptent bon nombre de travailleurs transfrontaliers, mais la

plupart de ces travailleurs ne sont pas syndiqués dans les pays de destination. Les questions et les

enjeux qui se posent ici démontrent le caractère impératif du réseau à des fins de renforcement syndical.

L’IBB a passé plusieurs ACI avec des EMN basées en Europe. Elle a pris part à des audits sociaux et

des missions, compte tenu du caractère prioritaire accordé au développement de l’effectif syndical dans

ces EMN et à l’amélioration des interventions de suivi et de résolution de problèmes sur divers sites de

production. L’IBB a en outre lancé des campagnes d’entreprise chez IKEA Swedwood et JELD-WEN.

Le projet de signature d’ACI avec des EMN non européennes a ciblé dans un premier temps

la multinationale Arauco, dont le siège est basé au Chili. En 2012, la CTF a créé une fédération

représentant les employés d’Arauco et l’effectif a plus que doublé en cours d’année pour dépasser les

20 000 membres. La base syndicale nationale s’est étendue avec la création du Groupe International des

Travailleurs d’Arauco (GITA), un réseau syndical représentant les salariés de l’entreprise en Argentine, au

Brésil et au Chili – élargissant ainsi les possibilités d’organisation et de négociation au-delà des frontières

nationales.

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RAPPORT D’ACTIVITÉs 2010-2013 | 1 - 5 décembre 2013 | Bangkok | Thaïlande

Négocier à l’échelle internationale et locale

Comme le montre notre campagne concernant Swedwood, l’effort de renforcement syndical a porté

ses fruits dans certaines EMN. En 2010, l’IBB a lancé une campagne mondiale de soutien aux travailleurs

de Swedwood employés à Danville, États-Unis, mettant notamment l’accent sur leurs droits au travail

décent et à la justice, ainsi que le droit d’être représentés sur leur lieu de travail; ces efforts ont abouti à

une première convention collective signée au premier trimestre 2012 pour les travailleurs de Swedwood

aux États-Unis et en Pologne.

Ces derniers s’étaient prononcés en faveur de cette convention collective lors d’un vote organisé le 17

décembre 2011 à Danville, Virginie, et l’accord est entré en vigueur le 1er janvier 2012. Au terme d’une

lutte menée pendant trois ans, 76 % de travailleurs ont voté en juillet 2012 pour adhérer au syndicat

International Association of Machinists and Aerospace Workers (IAMAW, un affilié de l’IBB). Le combat a

été rude, mais la ténacité des travailleurs a fini par payer. Selon le syndicat, la nouvelle convention limite

le nombre d’employés intérimaires pouvant être engagés et elle leur impose de suivre une formation dans

le domaine de la sécurité avant d’intégrer l’usine. Elle prévoit du reste une procédure de plainte dans les

règles, basée sur la cause juste. Depuis janvier, les travailleurs peuvent consulter un délégué syndical; les

parties sont tenues d’appliquer les règles de manière équitable pour tous les travailleurs et de proposer

un mécanisme d’arbitrage obligatoire, assuré par une tierce partie neutre qui aura été désignée d’un

commun accord entre les intéressés, si le syndicat et l’entreprise n’étaient pas en mesure de résoudre le

problème. Le nouveau contrat triple la durée des congés accordés aux travailleurs. Le système de points

a été supprimé; il était considéré comme une mesure punitive pour les travailleurs ou les membres de leur

famille tombant malade.

Ce succès a été réitéré en Europe, et plus particulièrement en Pologne où, après six mois d’intenses

négociations, les trois syndicats représentant près de 9000 travailleurs des 11 usines de Swedwood

basées dans le pays, ont signé une convention collective en février 2012. Le contrat de deux ans, qui

a pris effet immédiatement, couvre la reconnaissance du syndicat, les heures de travail, les conditions

de travail, la formation ainsi qu’un fonds social. Les syndicats ont réussi à négocier, en vertu des

prescriptions légales, une augmentation du Fonds social de 37,5 % à 40 %. En outre, la direction a

accepté de soutenir la formation continue des travailleurs. Plus spécifiquement, elle accepte de couvrir

les coûts de formation pour les dirigeants syndicaux et les inspecteurs de la sécurité élus dans le cadre

des formations nécessaires en matière de sécurité et de santé.

Au niveau local, le syndicat indonésien de la sylviculture et des secteurs connexes FSP KAHUTINDO

dans la province du Kalimantan oriental a organisé à Samarinda, en date du 1er novembre, un

rassemblement auquel plus de 5000 membres ont répondu présents pour demander au Gouverneur un

ajustement du salaire minimum dans la province, afin de refléter le coût réel de la vie. Les manifestants

réclamaient un traitement mensuel minimum de Rp. 1 752 073, en remplacement du salaire minimum de

Rp. 1 177 000 qui avait été défini l’année précédente. Le rassemblement a été appelé suite à l’échec des

négociations menées le 25 octobre dans le cadre du Conseil du Kalimantan oriental pour la négociation

des salaires; à cette occasion, les représentants du gouvernement et des employeurs s’étaient opposés

à une hausse du salaire minimum supérieure à Rp. 1 405 000 (80 % du coût réel de la vie), alors que

les délégués syndicaux revendiquaient une progression de l’ordre de 103 % du coût réel de la vie. Sous

une pluie incessante, le rassemblement s’est poursuivi pendant 5 heures et a entraîné un gigantesque

embouteillage dans les rues de Samarinda jusqu’en fin d’après-midi. Au terme de deux heures de

négociations, le Gouverneur du Kalimantan oriental a finalement décidé d’augmenter le salaire minimum

dans la province pour l’année 2013, passant ainsi à Rp. 1 752 073 par mois, soit une hausse de 49 %

(Rp. 575 073) par rapport à l’année passée; il s’agit ainsi de la plus forte augmentation de l’année parmi

les 33 provinces indonésiennes.

Au Kirghizstan, le syndicat des travailleurs du bois et de la sylviculture joue un rôle actif dans

l’élimination de toutes les formes de travail des enfants. Il a mis en œuvre une campagne pilote de

sensibilisation au travail des enfants, qui est axée sur une seule région mais devrait être reproduite dans

d’autres. Il s’agit d’un nouvel axe de travail pour un syndicat qui affiche une couverture sectorielle totale.

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RAPPORT D’ACTIVITÉS 2010-2013 | 1 - 5 décembre 2013 | Bangkok | Thaïlande

Utiliser la Certification forestière à des fins politiques et d’organisation

La participation de l’IBB aux systèmes de certification est cruciale tant pour défendre un cadre politique

pour les normes du travail, que pour créer des syndicats sur les lieux de travail. En outre, la conduite de

projets conjoints avec ces systèmes a amélioré notre travail d’organisation. Considérant la dynamique

institutionnelle de ces mécanismes, l’IBB doit encore élaborer un cadre politique plus concret ainsi que

des critères de mesure de nos engagements. L’efficacité en matière de création de conditions de travail

plus favorables pour les membres doit être évaluée afin de mieux orienter notre stratégie. Il convient de

lancer des initiatives conjointes de formation des auditeurs aux côtés du Programme for the Endorsement

of Forest Certification (PEFC) et du Forest Stewardship Council (FSC), afin de garantir le caractère central

des normes du travail dans le processus de certification sur le terrain. Un réseau d’information composé

de syndicalistes siégeant dans les systèmes de certification sera organisé dans le but d’échanger des

positions, des pratiques et des arguments sur les problématiques concernant les travailleurs. Dans un

système comme dans l’autre, les syndicats se sont ménagés une place afin d’influencer les politiques et

les normes.

Bill Street de l’IAMAW a été reconduit dans ses fonctions de Président du Conseil d’administration du

PEFC et œuvre sans relâche afin d’améliorer la performance sur le terrain ainsi que les contributions des

parties prenantes vis-à-vis du Conseil d’administration.

Dans le cadre des élections organisées par le FSC, l’IBB n’a pas obtenu de siège au Conseil

d’administration mais un représentant de FNV Bouw a été nommé au sein du Comité des politiques et

des normes en 2011. Depuis lors, le représentant de FNV a principalement veillé à intégrer pleinement

la question des droits des travailleurs dans les diverses normes et à impliquer les syndicats nationaux et

Gabon: La certification forestière nous permet de mieux organiser les travailleurs de

l’entreprise TGI

Les travailleurs du bois dans le Bassin du Congo (Cameroun, RD du Congo et Gabon) se sont réunis

à Libreville du 18 au 20 juillet afin de renforcer leur capacité à exploiter la certification forestière à des

fins d’amélioration des conditions de vie et de travail dans l’industrie du bois. Cette activité s’inscrivait

dans le cadre d’un projet franco-belge et réunissait 20 délégués du personnel et représentants

syndicaux. L’atelier était animé par des experts issus des systèmes de certification les plus connus au

monde, à savoir le FSC et le PEFC. Il s’agissait d’Olivier Ahimin, Président de l’initiative nationale du

FSC en Côte d’Ivoire et Secrétaire général du syndicat du bois SYNASODEFOR, affilié à l’IBB, et de

Mme Rose Ondo, Présidente de PAFC Gabon, représentant le PEFC au Gabon.

Comptaient au nombre des participants Serge Liouya, représentant syndical chez TGI, une

entreprise certifiée FSC au Gabon; il est délégué du personnel et délégué de l’UTB TP BSP, syndicat

des travailleurs du bois et du bâtiment au Gabon, qui a demandé son affiliation à l’IBB. Serge et ses

camarades travaillaient dans une entreprise certifiée FSC depuis longtemps, sans pourtant savoir ce

qu’implique réellement la certification forestière; c’est aujourd’hui chose faite. Les travailleurs du bois

gabonais ont également participé en septembre 2010 à un atelier de formation organisé par l’IBB

à Libreville sur le thème de la certification forestière. Grâce à cette formation, les travailleurs de TGI

et d’autres entreprises ont compris que la certification forestière pouvait être un instrument utile afin

d’organiser les travailleurs et revendiquer de meilleures conditions de travail.

Défendant haut et fort le Principe 4 de la certification FSC, le syndicat jouit aujourd’hui d’un plus

grand respect au sein de l’entreprise. Le nombre d’employés syndiqués a doublé. Une convention

collective a été signée avec l’employeur, assurant ainsi aux travailleurs de TGI une rémunération

nettement supérieure aux taux appliqués dans le pays; l’entreprise a du reste ménagé un espace

en son sein pour permettre au syndicat de gérer ses activités. « Grâce à l’IBB et à la certification

forestière, nous sommes aujourd’hui un syndicat respecté et nous aspirons à nous rapprocher de

toutes les entreprises du bois au Gabon. Nous souhaitons rejoindre l’IBB en 2011 pour mieux tirer

parti de la solidarité avec les autres syndicats du bâtiment et du bois dans le Bassin du Congo, en

Afrique et dans le monde ... » a déclaré le Secrétaire général de l’UTB TP BSP, Léopold Mognandji.

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RAPPORT D’ACTIVITÉs 2010-2013 | 1 - 5 décembre 2013 | Bangkok | Thaïlande

locaux dans le processus multi-intéressé d’élaboration des normes. La situation se présente comme un

véritable défi compte tenu de la méconnaissance des syndicats quant à ces processus et des actions de

sabotage orchestrées par l’industrie.

Une étape importante a été franchie après six années de débat, lorsque le FSC a approuvé les

nouveaux principes et critères, qui proposent désormais non seulement un Principe 2 spécifique aux

travailleurs, mais qui incluent également les Conventions fondamentales de l’OIT en intégralité, ainsi

que l’obligation pour l’organisation certifiée de verser un salaire décent. La prochaine étape majeure

se rapportera à la création des nouveaux Indicateurs Génériques Internationaux, qui mesureront la

performance sur la base d’une norme mondiale. L’IBB doit veiller à l’élaboration d’indicateurs robustes et

clairs, en particulier pour les pays qui n’ont pas (intégralement) ratifié les conventions fondamentales de

l’OIT.

Il s’agira de voir si les syndicats peuvent repousser les limites et aller plus loin dans les pays ayant ratifié

et mis en œuvre les conventions fondamentales de l’OIT.

L’état du Parana en Amazonie est un bon exemple d’interaction avec le FSC. À l’occasion d’un atelier

organisé par l’IBB, 30 syndicalistes ont participé à des simulations pratiques d’audits sociaux sur les lieux

de travail, dans le but de renseigner sur l’utilisation des critères sociaux dans le cadre de la certification

FSC, et évaluer les limites et possibilités actuelles de ces critères. Les participants ont examiné les

indicateurs sociaux déjà appliqués en matière de certification forestière et les suggestions d’utilisation

de ces indicateurs dans la chaîne de contrôle du bois – en mettant l’accent sur les indicateurs sociaux

développés par IMAFLORA. Consécutivement à la réunion, les dirigeants ont produit un document appelé

« Letter of Telêmaco Borba » dans lequel les participants ont souligné qu’en dépit de la contribution

apportée par la certification FSC à l’amélioration des conditions environnementales et de travail dans les

secteurs de la sylviculture et du bois au Brésil, des lacunes subsistaient néanmoins, notamment eu égard

à l’application des clauses sociales. Ils ont en outre fait observer que le FSC se devait de promouvoir des

politiques inclusives encourageant la participation du mouvement syndical au sein de la Chambre sociale

du FSC, de même que l’utilisation de la certification afin d’améliorer les conditions de travail.

Les instances de certification consultent le syndicat d’Itacoatiara, CONTICOM, dans la région

amazonienne, et celui-ci participe aux audits sociaux dans la région. CTF-Chili et FENATIMAP Pérou

sont membres des initiatives nationales du FSC dans leur pays respectif. CTF participe également au

processus de certification d’Arauco au Chili.

Le processus de certification initié en Birmanie permettra de développer l’industrie du bois et de la

sylviculture conformément aux normes appliquées à l’international. Le ministère de la Conservation de

l’environnement et de la Sylviculture soutient le développement de la certification forestière et a instauré

le Comité de certification forestière birman, avec un solide appui de la part de l’Association birmane des

négociants du bois. Dans le même temps, avec la promulgation de la loi sur le travail, des syndicats

sont constitués et pourraient jouer un rôle décisif dans le processus de conception du Programme de

certification forestière.

L’IBB aspire à promouvoir le développement industriel tout autant que les droits des travailleurs, et

ces deux questions figureront à l’ordre du jour d’une conférence mondiale proposée sur le thème de la

sylviculture; l’événement donnera une impulsion supplémentaire afin d’associer le développement de

l’industrie birmane de la sylviculture et du bois à la promotion et au respect des droits des travailleurs et

des droits syndicaux.

Influencer les discussions thématiques et les processus à l’échelle mondiale et régionale

Les industries de la sylviculture et forestières représentent des activités économiques clés qui sont

intégrées à bon nombre de discussions d’envergure internationale. Le changement climatique, le

commerce international, l’harmonisation des blocs économiques régionaux et l’intégration des marchés,

les programmes d’écologie et de préservation, ne sont qu’un faible échantillon des problématiques

qui relient nos membres et l’IBB à une myriade de processus, programmes et débats politiques. Il est

nécessaire de développer complètement les positions politiques de l’IBB afin d’aider les syndicats ainsi

que leurs représentants sur les diverses plates-formes où ils évoluent. Les conférences COP17 à Durban

et Rio+20 étaient les deux grands rendez-vous attendus pour les syndicats de l’IBB. Enfin, il y a lieu

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RAPPORT D’ACTIVITÉS 2010-2013 | 1 - 5 décembre 2013 | Bangkok | Thaïlande

de former un groupe d’experts et de personnes ressources, soit au travers du Groupe ad hoc, soit par

l’intermédiaire d’un réseau sectoriel plus vaste, afin de doter notre syndicat mondial d’informations et

d’expériences diverses et variées.

FOREST EUROPE (Conférence ministérielle sur la protection des forêts en Europe) symbolise le

processus politique pan-européen en faveur de la gestion durable des forêts sur le continent. FOREST

EUROPE élabore des stratégies communes de protection et de gestion durable pour ses 46 pays

membres et l’Union européenne. Depuis 1990, la collaboration des ministres responsables des forêts en

Europe a généré des effets très positifs sur l’économie, l’environnement et la société, aux niveaux national

et international. FOREST EUROPE peut se prévaloir de réalisations telles que lignes directrices, critères et

indicateurs relatifs à la gestion durable des forêts.

Une action de lobbying conjointe a été entreprise avec la FETBB et une déclaration conjointe entre

la FETBB et l’association d’employeurs CEI-BOIS a été publiée afin de mettre en exergue la nécessité

d’intégrer au texte de l’accord de FOREST EUROPE une référence complète aux Conventions

fondamentales de l’OIT. Dans le cadre de cet accord, il semble que les gouvernements évitent le sujet

des droits des travailleurs et l’IBB s’efforcera par conséquent d’y remédier.

Forts du soutien de l’IBB, les syndicats vont commencer à faire campagne en faveur de la ratification

de la Convention (n° 94) de l’OIT dans certains pays d’Europe de l’Est, en mettant particulièrement en

avant la situation des entreprises nationales dans les industries du bois et de la sylviculture.

En tant que syndicat mondial opérant dans des secteurs directement concernés par le changement

climatique et la « problématique verte », l’IBB est tenue de s’impliquer sur ces dossiers aux niveaux

mondial, régional et national. Deux conférences mondiales étaient organisées sur le thème des industries

durables – la première dans le cadre de COP 17 à Durban en 2011 et la seconde à l’occasion du

Sommet Rio+20 en 2012. Les syndicats ont pris part à des interactions, des débats et des échanges de

vues au sujet des enjeux dans les secteurs du bâtiment, des matériaux de construction, du bois et de la

sylviculture, et ils restent fermement déterminés à assurer un avenir durable. Les conférences organisées

par l’IBB ont souligné que les activités du domaine de la sylviculture et de la construction qui respectent

l’environnement présentent un potentiel considérable pour transformer les économies et, en ce sens,

permettent d’améliorer la protection de l’environnement, de créer de nouveaux emplois, de transformer

les modes actuels de production et de consommation et d’accroître la viabilité. Pour exploiter cet

important potentiel dans le domaine de la sylviculture et la construction, les politiques gouvernementales

et les mécanismes de financement doivent être organisés de manière à être accessibles à la plupart des

individus.

5. Faire campagne pour le travail décent dans le cadre des

événements sportifs: « Jeux justes – Jeu décent »

En janvier 2007, l’IBB a introduit un nouvel instrument afin de réaliser ses objectifs d’organisation, de

négociation et de campagne en lançant la Campagne « Travail décent avant et après 2010 » – qui porte

sur les droits des travailleurs, dans le cadre de la Coupe du monde de football en Afrique du Sud. Celle-ci

a été lancée à l’échelle nationale à Johannesburg le 27 octobre 2007 et a depuis lors vu les affiliés de

l’IBB s’impliquer dans plusieurs grèves sectorielles (26 au total) en vue d’améliorer les conditions dans

lesquelles évoluent les travailleurs. La campagne a progressé rapidement en termes de recrutement

et elle a permis une préparation proactive et poussée afin de négocier de nouveaux accords avec les

employeurs. Avec le soutien des partenaires internationaux de l’IBB, la FIFA s’est fermement engagée à

œuvrer en faveur du travail décent. On a assisté à de nombreuses actions et manifestations de solidarité

dans d’autres pays, renforçant ainsi ce nouvel outil très efficace en matière de développement syndical.

Cette expérience est devenue l’un des piliers de la stratégie de l’IBB.

Le chantier de construction majeur ainsi que les projets d’infrastructure connexes se rapportant aux

événements sportifs de grande envergure permettent à l’IBB de conquérir de nouveaux domaines et

offrent une marge d’utilisation des nouveaux instruments afin de promouvoir les normes du travail en

lien avec les associations sportives telles que le Comité International Olympique (CIO) et la FIFA. La

campagne pour le travail décent a ensuite été lancée en Ukraine et en Pologne en vue de l’Euro 2012,

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RAPPORT D’ACTIVITÉs 2010-2013 | 1 - 5 décembre 2013 | Bangkok | Thaïlande

tandis que les affiliés brésiliens abordent la dernière ligne droite de leur campagne avec les préparatifs de

la Coupe du monde de football de 2014. À moindre échelle, les syndicats indiens ont également mené

leur campagne nationale dans le cadre des Jeux du Commonwealth organisés en 2010 à New Delhi.

L’IBB doit désormais gérer plusieurs campagnes de front et l’avenir s’annonce riche en projets, avec 4

événements sportifs majeurs à suivre jusqu’à la prochaine période intercongrès qui s’ouvrira en 2017.

La stratégie de l’IBB dans le domaine des campagnes sportives

Globalement, les campagnes sportives ont vocation à contribuer à l’organisation et à l’instauration de

meilleures conditions de vie et de travail pour les travailleurs impliqués dans la préparation d’événements

sportifs majeurs à travers le monde. Voici quelques-uns des objectifs spécifiques:

1. Pour les syndicats: La densité syndicale dans les secteurs et métiers de l’IBB augmente via

les campagnes d’organisation/recrutement.

2. Pour les lieux de travail: Les individus qui travaillent sur les projets sportifs et autres

projets d’infrastructure sont couverts par les conventions collectives et bénéficient donc

d’un salaire décent, d’un environnement de travail sain, d’une sécurité sociale et d’autres

avantages.

3. Pour les organes associés au milieu sportif: Les normes du travail et autres normes sociales

sont adoptées par les organes sportifs tels que le CIO, la FIFA etc. dans le cadre de leurs

directives relatives aux procédures de soumissions, d’offres et de passations de marché.

4. Pour les syndicats et le grand public: Les travailleurs et le grand public soutiennent le

message de travail décent diffusé dans le cadre des événements sportifs, afin d’appuyer le

changement politique et les droits syndicaux.

La stratégie suit le cadre de référence établi par l’IBB en matière d’organisation et de renforcement

syndical, de négociation d’accords en faveur de meilleures conditions d’emploi, de prise d’influence et de

mobilisation à des fins d’amélioration des politiques et des normes.

L’organisation et le recrutement dans les stades sont le principal mode d’action dès lors que la

représentativité de la campagne s’appuie sur cette base, qui permet du reste d’établir des syndicats

puissants sur le terrain. Les stades sont les cibles emblématiques, principaux symboles des événements

sportifs.

La négociation de conventions collectives sur le lieu de travail et dans les zones géographiques

environnantes est le continuum de l’organisation et l’expression de la fonction représentative des

syndicats. Au-delà des frontières nationales, les ACI actuels et futurs représentent pour l’IBB des moyens

d’améliorer les normes et d’amener les EMN à garantir le travail décent dans le cadre des projets qu’elles

développent en dehors de leur pays d’origine.

La prise d’influence et la mobilisation impliquent une interaction avec les fédérations sportives telles que

le CIO, la FIFA et l’UEFA (Union of European Football Associations) afin d’intégrer les normes du travail

aux principes directeurs régissant les événements qu’elles organisent. Il s’agit également de veiller à ce

que ces organes assument leur responsabilité sociale à l’égard des travailleurs. La mobilisation requiert

de larges alliances; ce faisant, la stratégie implique de travailler aux côtés de Play Fair, la CSI, plusieurs

FSI et d’autres ONG et organisations militant pour les droits de l’homme. Les campagnes multimédias

viennent compléter le travail de lobbying et de plaidoyer aux niveaux national, régional et mondial.

Marquer des buts…

Coupe du Monde 2010 en Afrique du Sud

La période intercongrès 2010-2013 s’est ouverte en abordant la dernière ligne droite de la campagne

pour la Coupe du monde de football 2010 en Afrique du Sud. Lorsque la campagne a été transférée aux

mains des brésiliens, près de 30 000 travailleurs avaient été recrutés dans les syndicats, suscitant ainsi

une forte progression des cotisations pour l’Afrique.

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RAPPORT D’ACTIVITÉS 2010-2013 | 1 - 5 décembre 2013 | Bangkok | Thaïlande

26 grèves ont été organisées sur les chantiers de construction des stades, dont une grève de 8

jours en 2009 qui avait mobilisé plus de 70 000 travailleurs sur 35 sites de construction. En réponse

aux actions des travailleurs et à leurs demandes d’amélioration des conditions, la FIFA a publié une

déclaration appuyant des conditions de travail plus favorables et décentes pour l’ensemble des

travailleurs – une victoire éclatante pour l’IBB.

Forte de l’attention médiatique et d’une prise de conscience accrue du public, la grève de juillet 2009 a

elle aussi abouti à une hausse des salaires de 12 % ainsi qu’à une amélioration des conditions de travail.

Les ACI conclus entre l’IBB et les multinationales de la construction Royal Bam (Pays-Bas) et Bouygues

(France) ont ouvert les portes des stades pour permettre aux syndicats de mener leurs inspections durant

la Coupe du monde de 2010 en Afrique du Sud.

L’IBB a obtenu 54 000 billets gratuits afin que les travailleurs puissent assister à la compétition. Les

syndicats, l’IBB et la FIFA ont également procédé à des inspections conjointes.

Les syndicats d’Afrique du Sud ont commencé à se faire entendre et formulé plusieurs revendications

communes parmi lesquelles le versement de primes, le transport entre le lieu de résidence et le lieu

de travail, une amélioration des installations et des dispositions plus strictes concernant la santé et la

sécurité.

La campagne s’est achevée avec le coup d’envoi de la compétition, parallèlement à la Conférence

internationale du Travail de 2010. L’IBB a donc également mené des actions à Genève, qui se sont

soldées par la remise d’un CARTON JAUNE à la FIFA par le Secrétaire général, dans la salle de séance

de la Conférence. Bénéficiant d’une vaste couverture médiatique à l’échelle mondiale, l’événement s’est

achevé avec brio.

Jeux du Commonwealth 2010 à New Delhi, Inde

L’Inde a accueilli les Jeux du Commonwealth dans sa capitale en 2010. Les projets de construction

ont été marqués par la corruption et de graves accidents suite auxquels 42 décès ont été signalés. Les

affiliés indiens ont mené des campagnes de recrutement sur les sites en cours de construction ou de

rénovation. Les affiliés de l’IBB ont levé le voile sur de graves violations observées sur les chantiers de

construction des Jeux du Commonwealth, qui ont ensuite été avalisées par la Haute Cour de New Delhi,

amenant les membres du Comité mondial de l’IBB à infliger un carton rouge à la Fédération des jeux

du Commonwealth (CGF). La Fédération n’a pas respecté ses principes, à savoir « humanité, égalité et

destin » lors des Jeux de 2010 et l’IBB a appelé la CGF à inclure les normes fondamentales du travail

comme une condition sine qua non dans l’attribution des jeux dans l’avenir. Eu égard aux Jeux du

Commonwealth, l’IBB envisage maintenant une campagne pour les 71 Associations du Commonwealth

dans 53 pays afin de garantir que ce genre de situation ne se reproduise pas ailleurs et pour inclure les

normes fondamentales du travail dans la Charte de la CGF. Carton rouge !

Euro 2012 en Ukraine et Pologne

Les deux pays ont accueilli les championnats d’Europe de football du 8 juin au 1er juillet 2012. À

plusieurs occasions, l’IBB et ses affiliés polonais et ukrainiens avaient cherché à engager le dialogue avec

l’UEFA suite au décès de 20 travailleurs sur les chantiers, dont 8 victimes dans le stade de Kiev. L’IBB

demande à l’UEFA de prendre ses responsabilités sur les questions professionnelles et sociales affectant

ses travailleurs. En 2011, Solidarność et l’IBB ont appelé l’UEFA à réagir sur le fait que Biedronka n’a pas

prolongé les contrats des travailleurs en raison de leurs activités syndicales. Biedronka est une chaîne

de restauration à bas coût leader en Pologne et le sponsor officiel de la Fédération Polonaise de Football

(PZPN).

L’IBB est parvenue à un accord avec le Ministère ukrainien du développement régional et de la

construction sur les salaires des travailleurs du bâtiment et le libre accès aux chantiers de construction,

qui a permis d’organiser 1670 nouveaux membres.

En Pologne, le syndicat et sept multinationales ont signé un accord sur les exigences minimales

de santé et de sécurité pour les sous-traitants, dont les répercussions ont dépassé le cadre des

infrastructures sportives pour s’étendre à toute l’industrie. Des inspections ont eu lieu à deux reprises sur

les sites de construction des stades avec les syndicats et le gouvernement.

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RAPPORT D’ACTIVITÉs 2010-2013 | 1 - 5 décembre 2013 | Bangkok | Thaïlande

En mars 2012, l’IBB et les syndicats polonais et ukrainien ont organisé deux conférences d’évaluation

consécutives.

Le syndicat ukrainien a conclu que la campagne avait contribué au développement et à la

modernisation du CBMIWUU. L’expérience ainsi acquise en matière d’organisation lui a permis d’identifier

les lacunes de sa stratégie en la matière. Il a donc mis en œuvre des changements structurels en fonction

des besoins de la campagne, assuré sa propre croissance et attiré de nouveaux affiliés. Le CBMIWUU est

désormais plus influent au sein de la société civile ukrainienne et il a attiré l’attention des médias sur les

activités syndicales. Grâce à la campagne, il est clair aujourd’hui que les questions de santé et sécurité

en milieu professionnel doivent figurer parmi les priorités des actions syndicales.

Les gouvernements et associations de football respectifs des 2 pays ont participé d’une manière limitée

aux conférences, à l’occasion desquelles l’IBB a mis en exergue les problèmes, les erreurs, les violations

et les accidents observés dans le cadre de la construction des stades. Le verdict des syndicats est sans

appel: 20 morts sur les chantiers de l’EURO 2012, c’est inacceptable !

Coupe du Monde 2014 au Brésil

L’IBB a lancé en mars 2011 la « Campagne pour le travail décent avant et après la Coupe du monde de

football 2014 » dans le but de garantir le respect de l’Agenda du travail décent de l’OIT au Brésil.

Le secteur de la construction au Brésil souffre de la forte présence de l’informalité, de piètres niveaux

de compétences, de mauvaises conditions de travail, d’écarts de rémunération conséquents entre

les régions et d’un mauvais fonctionnement des relations industrielles, le tout suscitant une tendance

élevée à la grève sauvage et aux licenciements punitifs. Compte tenu de l’impératif de mener une action

conjointe, 27 syndicats participent désormais à la campagne qui a été lancée en avril 2011.

Les travailleurs se sont de plus en plus mobilisés en faveur de meilleures conditions de travail et les

syndicats participants ont signé en novembre 2011 la « Déclaration de Sao Paulo » afin de négocier

d’une même voix en 2012.

En mars 2012, les revendications ont été présentées au gouvernement ainsi qu’aux associations

d’employeurs, et un accord a été signé avec le président brésilien Rousseff et les représentants des

entreprises de construction afin d’améliorer les conditions de travail, de santé et de sécurité dans la

construction. L’accord bénéficiera à 4 millions de travailleurs. L’engagement national d’amélioration

des conditions de travail dans l’industrie de la construction portait sur les minimas salariaux, les taux

de rémunération des heures supplémentaires, un programme de partage des bénéfices, une prise

en charge des frais de santé pour les membres de la famille, des ressources pour les syndicats et le

traitement prioritaire des questions liées à la sécurité de l’emploi, la santé et la sécurité ainsi que la nondiscrimination.

L’engagement a été présenté à la Confédération de l’industrie nationale (CNI), au Ministère

du Travail et de l’Emploi, à la Présidence et à la Cour suprême du travail. Il a été signé par certaines

entreprises de premier plan dans le secteur de la construction, à l’instar d’Odebrecht.

La campagne a permis de renforcer l’unité et l’organisation syndicales. Plus de 30 000 ouvriers

employés sur des projets d’infrastructure liés de la Coupe du monde sont désormais syndiqués.

Les cotisations engrangées par l’IBB en Amérique latine ont augmenté de près de 200 % avec

l’accroissement de l’effectif des syndicats brésiliens.

Entre 2011 et le premier trimestre de l’année 2013, 25 grèves ont été lancées dans divers stades,

suspendant ainsi les travaux pendant près de 115 jours. On estime en outre que pour le premier trimestre

2012 seul, 302 600 travailleurs se sont mis en grève afin de réclamer de meilleures conditions de travail

dans l’industrie. 70 % des grèves ont été menées dans les états du Nord, du Nord-Est et du Centre-

Ouest, où les salaires sont près de 30 % inférieurs à ceux pratiqués dans des régions plus développées.

Ces chiffres soulignent la nécessité de réduire les inégalités en matière de salaires et d’avantages

connexes entre les différentes régions du pays et la campagne sportive a contribué à cette nouvelle

action syndicale.

Les résultats ont été très concluants puisque les salaires ont pu être augmentés de 12 à 21 %, la valeur

des coupons alimentaires a elle aussi été revue à la hausse, de même que les dispositions en matière de

santé et sécurité ainsi que la base de membres. La campagne elle-même sort grande gagnante de cette

compétition !

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RAPPORT D’ACTIVITÉS 2010-2013 | 1 - 5 décembre 2013 | Bangkok | Thaïlande

En grève, pour aller droit au but !

Les grèves sont une arme efficace pour le mouvement syndical. Cette arme a été utilisée à 51

reprises dans le cadre des campagnes sportives de l’IBB afin de faire pression pour obtenir de

meilleures conditions d’emploi, défendre les acquis syndicaux et remédier sans délai aux violations

commises par les employeurs. 25 grèves ont été menées au Brésil; voici un aperçu des raisons et des

résultats de certaines de ces grèves en 2012.

Dans le stade de Castelão, à Fortaleza-CE, les travailleurs se sont mis en grève à deux reprises

durant le premier semestre. La première grève a eu lieu en février, lors d’une réunion dont le but

premier était d’engager la négociation d’une convention collective dans l’état de Ceará en raison

de nombreuses plaintes relatives à des irrégularités sur le chantier, telles que retards de paiement

des salaires et avantages connexes, et écarts de rémunération entre les travailleurs du Consortium

Castelão et les sous-traitants. La grève s’est achevée lorsque le Consortium a accepté de donner

une suite favorable aux demandes. La deuxième grève s’est produite en avril, aboutissant à une

augmentation de salaire de 21 % pour les ouvriers du stade de Castelão, une hausse de 150 % de la

valeur des coupons alimentaires (passant de US$ 33 à US$ 82), une participation aux bénéfices de

l’ordre de 40 % tous les six mois, les heures supplémentaires rémunérées à 60 % du lundi au vendredi

et à 100 % les samedi, dimanche et jours fériés.

Les chantiers de l’Amazonas Arena ont été paralysés pendant 24 heures le 22 mars. Les employés

accusaient deux ingénieurs de harcèlement et revendiquaient une hausse des salaires et des coupons

alimentaires ainsi qu’une extension du système de santé.

Les travailleurs du stade Arena Dunas se sont mis en grève à trois reprises en 2012. La première

a débuté le 19 mars et s’est achevée trois jours plus tard avec un accord qui incluait une prime sur

salaire de US$ 71 pour les ouvriers qualifiés et US$ 58 pour les ouvriers non qualifiés, des coûts de

transport réduits et une proposition de mise en œuvre d’un système de participation aux bénéfices.

La seconde grève a commencé le 3 avril suite au licenciement de 15 travailleurs. Les revendications

concernaient une hausse de salaire et les conditions d’hébergement. La grève s’est achevée au bout

de 10 jours. La dernière grève reposait également sur des revendications salariales et les ouvriers ont

obtenu une augmentation de 12 % de leur salaire.

Les travailleurs du stade Arena Fonte Nova se sont eux aussi mis en grève à deux reprises durant

ce semestre. La première grève a débuté le 1er février et s’est achevée deux jours plus tard sur un

accord entre les travailleurs et le consortium garantissant le versement d’une prime et de coupons

alimentaires; les deux parties se sont en outre engagées à constituer un comité bipartite composé

de travailleurs et de représentants du consortium afin de superviser le système de retenues sur

salaires des employés. La deuxième grève a débuté lorsque les travailleurs du stade Arena Fonte

Nova ont décidé de rejoindre le mouvement de grève touchant 80 chantiers de construction à Bahia.

Ils revendiquaient une augmentation des coupons alimentaires, l’extension du système de santé aux

membres de leur famille et des conditions de travail plus favorables.

Sur le chantier Arena Pernambuco à Recife, une grève a démarré le 25 janvier 2012. Les

travailleurs protestaient contre le licenciement d’un membre du CIPA (comité conjoint de prévention

des accidents) et réclamaient le paiement des heures supplémentaires non acquittées pour le mois

de décembre, ainsi qu’une augmentation de salaire, des coupons alimentaires, et une extension du

système de santé et de participation aux bénéfices. La seconde grève de 2012 a débuté en août afin

de réclamer une amélioration de l’assurance maladie. Cette question a été débattue à l’issue de la

grève et les ouvriers ont accepté de reprendre leur travail lors des négociations annuelles.

Au stade Mané Garrincha de Brasilia, l’activité a cessé le 11 juin en raison du décès d’un

travailleur sur le chantier. Jose Afonso Rodrigues de Oliveira, charpentier assistant âgé de 21 ans, avait

fait une chute de 50 mètres de hauteur.

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RAPPORT D’ACTIVITÉs 2010-2013 | 1 - 5 décembre 2013 | Bangkok | Thaïlande

Passer à l’action, avant même le coup d’envoi !

Jeux Olympiques à Rio en 2016 et Coupe du Monde au Qatar en 2022

La solide campagne organisée autour de la Coupe du monde 2014 sert à présent de base à la

campagne sur les Jeux olympiques d’été de 2016. Les chantiers sont réalisés en ville mais l’agenda de

base relatif au travail décent dans le cadre des événements sportifs reste identique. La prochaine étape

au Brésil consistera à établir le nouveau plan d’action dès l’achèvement de la campagne pour la Coupe

du monde 2014.

Pour ce qui concerne le Qatar, le travail de campagne allie les priorités en termes de sport aux priorités

de l’IBB liées à la migration. Sur la question du Qatar en 2022, l’un des principes essentiels devrait être

d’autoriser uniquement les pays respectant les droits syndicaux à accueillir la Coupe du monde. Ce qui

n’est pas le cas du Qatar. On assiste dans ce pays à des restrictions sévères imposées aux travailleurs,

notamment pour les travailleurs migrants quant à l’adhésion à un syndicat. Le Code du Travail Qatari

autorise les syndicats, mais seuls les ressortissants qataris sont admis, alors que 99 % de tous les

travailleurs de la construction au Qatar sont des migrants -- dont le salaire mensuel se monte à USD 115

dans un pays où le revenu par habitant est de USD 88 000.

Ainsi que cela a déjà été évoqué dans le rapport sur la migration (Priorité n° 3), l’IBB a lancé la

campagne intitulée « Pas de Coupe du Monde en 2022 sans droits des travailleurs migrants » et elle a

entrepris une recherche cartographique pour l’ensemble des projets de construction associés à la Coupe

du monde 2022. Elle a conduit une mission au Qatar en 2012 dans le cadre de laquelle des organisateurs

de projets indiens et népalais sont directement entrés en contact avec les travailleurs migrants sur les

chantiers, sur leurs lieux de résidence ou par l’intermédiaire d’événements communautaires.

La campagne repose notamment sur une stratégie multimédia visant à sensibiliser le public quant au

rôle économique et social significatif joué quotidiennement par les travailleurs migrants dans nos sociétés.

Dans le cadre de cette stratégie, une affiche « Pas de Coupe du Monde en 2022 sans droits des

travailleurs migrants » apparaissait sur l’un des tramways parcourant Genève à l’occasion de la 101ème

Conférence internationale du travail en 2012.

L’IBB et la CSI ont du reste déposé une plainte conjointe contre le Qatar auprès du Comité de la liberté

syndicale de l’OIT. Il s’agissait de pointer du doigt le problème de l’adhésion syndicale refusée à la plupart

des travailleurs au Qatar. En effet, le code du travail qatari interdit à certaines catégories d’employés

(gouvernement et fonction publique, travailleurs domestiques et migrants) d’adhérer à un syndicat.

Enfin, l’IBB et la CSI ont continué leur lobbying auprès de la FIFA afin de l’inciter à prendre position sur

la question des déficits en matière de droits humains et syndicaux dans le pays accueillant la coupe du

monde en 2022. Deux dialogues ont été initiés mais sans aboutir à de réels progrès. Une manifestation a

eu lieu afin de faire pression publiquement sur la FIFA et l’amener à assumer ses responsabilités sociales

à l’égard des travailleurs construisant les stades.

6. Faire pression en faveur d’emplois verts, stables et sûrs

L’écologisation des secteurs de la construction, du bois et de la sylviculture représente une occasion

de créer des emplois, d’interagir avec l’économie informelle et d’améliorer les conditions de travail

dans l’industrie, en mettant en place des programmes axés sur les nouvelles compétences requises et

l’amélioration des approches en matière d’inspection.

Les affiliés de l’IBB ont assisté à la Conférence COP sur le thème du changement climatique à

Copenhague en 2010 et à Durban en 2011, et ils étaient présents également à l’occasion de la

Conférence mondiale de 2012 sur le développement durable à Rio de Janeiro. Cette présence a permis

de promouvoir la mise en œuvre de la plate-forme d’action IBB/FETBB/FNTBB pour une Europe sociale

et verte. Cette dernière porte sur 23 revendications politiques clés adressées aux institutions de l’Union

européenne et aux gouvernements d’Europe, à l’intérieur comme à l’extérieur des frontières de l’UE. Ces

revendications comprennent le lancement de programmes d’investissement en vue d’une rénovation des

bâtiments tenant compte des exigences climatiques, ou destinés aux infrastructures et aux nouvelles

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RAPPORT D’ACTIVITÉS 2010-2013 | 1 - 5 décembre 2013 | Bangkok | Thaïlande

formes d’énergie. La plate-forme propose également un plan d’action européen visant à éliminer la

totalité de l’amiante encore présente dans les bâtiments, ainsi qu’un programme à l’échelle européenne

destiné à promouvoir une utilisation du bois respectueuse du climat.

L’IBB s’est engagée dans un travail d’élaboration et de diffusion de positions politiques (à l’instar des

Déclarations de Durban et Rio), ainsi que de mobilisation et de lobbying en matière de reconversion

écologique, en ayant en point de mire la promotion d’emplois stables et de qualité, pour combattre

tant le chômage que la précarisation des emplois. Une attention particulière était réservée à la question

des nouveaux profils professionnels et à la formation professionnelle de base et continue qui sont

nécessaires.

Des campagnes politiques nationales sont en cours contre le travail précaire dans divers pays. En

Amérique latine & aux Caraïbes, le réseau des matériaux de construction a mis au point la campagne

intitulée « Mismo trabajo, mismo derechos » (Même travail, mêmes droits). Cette campagne met l’accent

sur la situation précaire des travailleurs contractuels qui ne bénéficient pas des mêmes salaires et

avantages que les travailleurs permanents. Le Comité régional Europe s’est attaqué à la question de

l’emploi précaire et a publié une brochure intitulée « Lutter contre l’emploi précaire ». Cette publication a

servi de base aux campagnes initiées par les syndicats d’Europe du Sud-Est.

Les syndicats sont toujours davantage amenés à organiser en dehors de la main-d’œuvre permanente

en recul pour répondre aux problématiques qui sont au cœur même du travail syndical, à savoir les

inégalités de traitement et la discrimination. Certains syndicats ont acquis une certaine expérience

en matière d’organisation des travailleurs en sous-traitance et intérimaires, ainsi que des travailleurs

indépendants.

Le syndicat néerlandais de la construction FNV Bouw a élaboré une approche unique afin d’organiser

les indépendants dans le secteur de la construction aux Pays-Bas. En 2009, la proportion de

travailleurs indépendants dans le secteur du bâtiment néerlandais s’élevait à 60 000 personnes environ,

et le chiffre est en progression. Certains indépendants ont choisi délibérément cette forme d’activité

mais la plupart sont de « faux travailleurs indépendants ». Certains ont perdu leur emploi durant la

récession et ne pouvaient retrouver leur ancien emploi qu’en acceptant de travailler sous un statut

d’indépendant; d’autres sont embauchés par des agences pour fournir un service; et d’autres encore

sont des travailleurs issus de la « Nouvelle Europe » qui ont réussi à intégrer le secteur plus aisément

en adoptant ce statut. Les travailleurs indépendants sont exclus du champ d’application des directives

communautaires sur les services et ne sont pas couverts par la convention collective nationale régissant

la profession. Le syndicat a décidé il y a 10 ans de ne plus ignorer le problème et il a donc cherché

comment adapter et organiser ces nouveaux groupes. FNV Bouw s’est engagé politiquement à

représenter tous les travailleurs du bâtiment, indépendamment de la nature de leur emploi, afin de

pouvoir se revendiquer de façon légitime comme la voix des travailleurs, et également pour maintenir sa

position en termes de négociation avec les employeurs et le gouvernement. En 2002, « FNV ZBo » a été

constitué (ZBo signifie indépendant dans le bâtiment) comme syndicat indépendant doté de sa propre

charte et d’une autonomie considérable mais établi, financé et pourvu en personnel par FNV Bouw. Il a

dans un premier temps proposé des services individuels (assurances et services juridiques) sous le nom

FNV, gage de fiabilité auprès du public. FNV ZBo est aujourd’hui de loin la plus grande organisation de

travailleurs indépendants dans le bâtiment, forte de plus de 10 000 membres et en pleine croissance. En

termes de croissance de son effectif, il s’agit du syndicat le plus efficace aux Pays-Bas aujourd’hui.

En Namibie et en Afrique du Sud, les syndicats se sont battus pour éliminer les pourvoyeurs de

main-d’œuvre. En décembre 2007, la Namibie a banni la pratique des pourvoyeurs de main-d’œuvre

en signant la Loi du Travail de 2007 déclarant que « Personne ne peut, contre récompense, employer

une autre personne dans le but de mettre cette personne à la disposition d’un tiers en vue de travailler

pour ledit tiers.» Cette loi résulte d’un effort de plaidoyer fructueux du National Union of Namibian

Workers (NUNW) et du Labour Resource and Research Institute. L’Africa Personnel Services Limited (un

pourvoyeur de main-d’œuvre) a contesté cette interdiction et la Cour suprême de Namibie a décrété en

2009 qu’une « interdiction totale des pourvoyeurs de main-d’œuvre était de nature anticonstitutionnelle

dès lors qu’elle restreignait de façon excessive le droit de pratiquer des activités commerciales, un droit

reconnu par la constitution namibienne. »

49


RAPPORT D’ACTIVITÉs 2010-2013 | 1 - 5 décembre 2013 | Bangkok | Thaïlande

Il n’en demeure pas moins que le gouvernement s’est engagé à limiter cette pratique. Le 26 janvier

2010, le gouvernement de Namibie a annoncé qu’il «allait se montrer plus ferme à l’égard de l’embauche

de travailleurs en proposant une série d’amendements à la Loi de 2007 sur le travail et à la Constitution.»

Dans le sillage des développements observés en Namibie, l’IBB a encouragé en Afrique du Sud une

discussion sur l’interdiction des pourvoyeurs de main-d’œuvre au cours de la « Campagne pour le

travail décent avant et après 2010 », qui a influencé plus tard une campagne nationale d’interdiction

des pourvoyeurs de main-d’œuvre conduite par la centrale syndicale COSATU. Au terme de plusieurs

actions de grève, le gouvernement a décidé de suivre l’exemple de la Namibie et de revoir le système

d’embauche des travailleurs; un projet de loi modificatif sur les relations de travail a été publié en

décembre 2010.

Les amendements proposés peuvent être regroupés comme suit - (a) réponses à la hausse de

l’informalisation du travail pour assurer que les groupes de travailleurs vulnérables bénéficient d’une

protection adéquate et sont employés dans des conditions de travail décent; (b) ajustements à la

législation pour garantir la conformité avec les obligations imposées en Afrique du Sud en termes

de normes internationales du travail et (c) assurer que la législation du travail donne effet aux droits

constitutionnels fondamentaux, en ce compris le droit à des conditions de travail justes, le droit à la

négociation collective et le droit à un traitement équitable et à la protection contre la discrimination.

Le travail précaire n’est pas un phénomène nouveau dans les secteurs représentés par l’IBB; aussi

les campagnes et actions menées afin d’éradiquer cette pratique ont-elles toujours été une priorité

pour certains affiliés. Certaines de ces initiatives ont porté leurs fruits à plusieurs égards, à l’image de

l’augmentation du nombre de membres, de l’amélioration des conditions de travail, de la reconnaissance

des droits des travailleurs précaires et de la progression de la législation. Mais beaucoup reste encore à

faire.

C’est sur cette toile de fond que le Conseil mondial a adopté en 2011 une politique sur la lutte contre

l’emploi précaire. Le but premier est d’organiser les travailleurs indépendants, les intérimaires et les

contractuels au sein des syndicats existants et, si nécessaire, étendre la couverture des syndicats en

présence d’obstacles constitutionnels; établir de nouvelles organisations ciblant tout spécialement les

travailleurs indépendants avec le soutien des syndicats existants et dans le cadre d’un programme

convenu conjointement; et recruter des organisateurs auprès des communautés migrantes travaillant

dans les secteurs de la construction et la sylviculture.

Chaque année, près de 100 000 ouvriers du bâtiment sont tués sur les chantiers, soit un individu

toutes les cinq minutes. Les machines à travailler le bois causent toujours des accidents plus graves

que les machines dans n’importe quel autre secteur. Et les accidents ne sont que la partie visible de

l’iceberg puisque des centaines de milliers d’individus supplémentaires sont blessés ou tombent malades

du fait des conditions de travail mauvaises et illégales. Près de 300 personnes meurent chaque JOUR

d’affections pulmonaires liées à l’amiante - la plupart étaient employées dans le bâtiment. Nombre de

produits à base de ciment utilisés aujourd’hui dans la construction contiennent encore de l’amiante.

L’amiante tue et l’IBB veut interdire son utilisation.

Des substances couramment utilisées au quotidien sur les lieux de travail dans les secteurs de l’IBB

peuvent causer des maladies mortelles, cancer y compris, et doivent faire l’objet d’un contrôle strict:

poussière de bois, fumée émanant des soudures et de l’asphalte, poussière de ciment, solvants utilisés

dans les colles, enduits, peintures, laques et vernis, isocyanates, formaldéhyde, et pesticides utilisés

dans les plantations forestières et le traitement du bois. Le bruit, les vibrations, la manutention de charges

lourdes et le travail répétitif et rapide sont à l’origine de problèmes de santé invalidants. Ces risques,

tout comme les solutions permettant de les éviter, sont bien connus. Il existe un cadre juridique clair qui

régit les devoirs des employeurs et les droits des travailleurs en matière de santé et de sécurité sur le lieu

de travail. Le risque le plus important pour la santé et la sécurité réside de loin dans la négligence des

employeurs qui ne respectent pas la législation, même fondamentale, afin de protéger les individus au

travail.

Ce carnage doit cesser. Cela implique de prendre des mesures sérieuses pour contraindre les

employeurs et les gouvernements à respecter leurs obligations juridiques et morales. Plus de 80 % des

accidents découlent de circonstances que seuls les dirigeants peuvent contrôler alors que bon nombre

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RAPPORT D’ACTIVITÉS 2010-2013 | 1 - 5 décembre 2013 | Bangkok | Thaïlande

d’entre eux iront plutôt blâmer les victimes d’avoir commis des « actes dangereux » et ne chercheront

jamais à investir du temps ou des moyens pour remédier aux causes profondes. Dérégulation, chaînes

de sous-traitants, faux travail indépendant et conditions de travail contractuelles informelles aggravent

encore cette situation, compromettant les droits syndicaux et ceux des travailleurs. On observe dans

certains pays une progression inquiétante des taux d’accidents, alors que les employeurs négligents

cherchent à se soustraire à leurs responsabilités en évitant toute relation de travail.

Les syndicats sont la réponse à ce problème. Les travailleurs doivent pouvoir défendre leurs droits,

et seuls les syndicats leur apportent le soutien dont ils ont besoin à cette fin. L’IBB estime que les

syndicats doivent être habilités à accéder à tous les lieux de travail pour exercer leur rôle de représentants

des travailleurs sur les questions de santé et sécurité et pour assurer un soutien syndical externe aux

représentants santé & sécurité présents sur place. Il a souvent été démontré que les lieux de travail

organisés avec des représentants santé & sécurité formés sont plus sûrs que les milieux professionnels

non organisés. La présence de syndicats puissants permet de sauver des vies.

Le Programme mondial santé & sécurité est intégré au Plan stratégique de l’IBB pour 20102013,

et une approche programmatique a été initiée dans l’ensemble des régions. Cette approche aspire à

améliorer les conditions de vie et de travail des ouvriers du bâtiment, de la construction, du bois et de

la sylviculture, au travers de programmes visant à renforcer les capacités des syndicats et les doter

des compétences nécessaires pour répondre aux difficultés posées en matière de santé & sécurité au

travail. Le programme a développé un certain nombre de réseaux abordant les divers aspects, à l’image

des dangers de l’amiante, une démarche de plaidoyer pour la mise en place de politiques de santé et

sécurité dans l’entreprise et au niveau national, et la réalisation d’une campagne en faveur de l’inclusion

des accords sur la santé & sécurité dans la convention collective. La santé & sécurité est utilisée dans

le cadre de l’organisation syndicale, et le programme a contribué à étoffer la base de membres et la

représentation sur le lieu de travail pour certains syndicats, alors que dans d’autres pays le profil et

la visibilité des syndicats ont été rehaussés du fait de leur engagement dans le dialogue social avec

les parties prenantes de l’industrie au sujet de l’amélioration des normes de santé & sécurité et de la

performance dans nos secteurs.

Près de 4000 syndicalistes ont été formés ces quatre dernières années par l’IBB dans le domaine de la

santé & sécurité, et ils sont environ 36 000 à avoir pris part aux activités liées à la Journée internationale

de commémoration des travailleurs le 28 avril.

On enregistre de bons progrès dans toutes les régions pour ce qui concerne le renforcement de

la capacité des syndicats affiliés à travailler sur les questions de santé & sécurité dans le cadre de

l’organisation, la négociation collective et la prise d’influence politique. Le personnel mondial et régional

dispense formation et soutien à destination des syndicats affiliés, en répondant aux requêtes directes

et aux demandes d’information via des séminaires, des sessions de formation et des réunions, et au

travers des activités de campagne sur le thème Travail décent & santé et sécurité dans la sylviculture et la

construction, sur la Journée internationale de commémoration des travailleurs, sur l’amiante et les autres

dangers particuliers liés à nos secteurs.

Le travail de plaidoyer et les activités sur la santé & sécurité menées à l’échelle mondiale sont

étroitement liés au travail régional et national de renforcement de la capacité syndicale. Les accords

passés entre l’IBB et les organisations internationales et autres instances industrielles concernant les

normes du travail et la santé & sécurité se fondent sur les contributions des syndicats affiliés, et les

progrès réalisés au niveau international fournissent aux syndicats une plate-forme leur permettant de

mettre en pratique des améliorations locales.

Depuis 2010, la stratégie adoptée dans la construction a été recentrée sur l’organisation axée sur la

santé & sécurité dans les projets d’infrastructure et aux cotés des entreprises internationales. La santé

& sécurité, le bien-être, le logement, la durée de travail, les salaires et les échéanciers de paiement sont

autant d’aspects décisifs en matière de négociation et d’organisation syndicales. L’IBB œuvre sans

relâche afin d’asseoir et d’étendre la reconnaissance des droits syndicaux et, plus particulièrement,

le rôle très important et positif des syndicats dans la prévention des accidents et des maladies. Tout

projet de grande envergure qui est organisé démontre les avantages d’une telle approche et prouve

aux partenaires industriels et aux entrepreneurs internationaux que la syndicalisation s’accompagne de

bénéfices pour chacun.

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RAPPORT D’ACTIVITÉs 2010-2013 | 1 - 5 décembre 2013 | Bangkok | Thaïlande

Si les projets d’infrastructure sont visés en priorité, c’est parce qu’ils s’opèrent à large échelle, qu’ils

ont souvent un caractère emblématique et peuvent impliquer la présence de plusieurs centaines voire

plusieurs milliers de travailleurs sur le chantier pendant plusieurs années. Les travailleurs attendent

beaucoup de ces projets dès lors qu’ils sont synonymes d’emploi stable, assorti de bons salaires et de

bonnes conditions de santé & sécurité ainsi que de travail, et ils assurent un emploi sur une durée de

travail supérieure aux contrats traditionnels. Les gouvernements assument un rôle double déterminant

puisqu’ils sont à la fois les clients et les employeurs d’une part, et les régulateurs et exécuteurs des

normes du travail et des normes de santé et sécurité d’autre part. Leur rôle de clients est aussi essentiel

dans le cadre de la stratégie d’organisation sur la santé & sécurité. Les travaux dans l’infrastructure

incluent notamment: le transport routier, ferroviaire, aérien ou maritime; l’énergie (pétrole, gaz,

hydraulique, géothermie, etc.); l’eau et l’assainissement; les communications; et le bâtiment (logement,

marchés, hôpitaux, établissements scolaires, etc.). C’est la raison pour laquelle les clients du domaine

de l’infrastructure (propriétaires) sont généralement (tout du moins en partie) des entités du secteur

public: les départements ou ministères compétents en matière de travaux publics, les autorités locales,

régionales, municipales, ou les Ministères en charge des routes, du transport, de l’énergie, du logement,

de la communication, des services publics, de la santé ou de l’éducation. Les gouvernements ont ratifié

les conventions internationales, en particulier la Convention (n° 155) de l’OIT sur la sécurité et la santé des

travailleurs et la Convention (n° 167) sur la sécurité et la santé dans la construction, et il leur incombe de

mettre en œuvre et faire appliquer la législation nationale et internationale relative à la santé & sécurité en

milieu professionnel. En outre, la Convention (n° 94) de l’OIT sur les clauses de travail dans le cadre des

contrats publics couvre les salaires, la durée de travail et la santé & sécurité, pour tout projet impliquant

le secteur public comme client unique ou comme client parmi d’autres. La C94 entend garantir que les

coûts liés à ces clauses fondamentales du travail ne sont pas utilisés comme un élément de concurrence

dans les appels d’offres relatifs aux contrats de construction, obligeant par là-même l’ensemble des

soumissionnaires à garantir un niveau minimum de normes du travail. Ce faisant, les gouvernements

peuvent prendre part au marché tout en le régulant, et en veillant au respect de la législation en matière

de travail et de santé & sécurité.

Sont aujourd’hui établis le droit d’adhésion syndicale, le droit d’organiser et de négocier collectivement,

ainsi que des garanties importantes en matière de santé & sécurité, de bien-être et d’égalité des chances.

D’un point de vue pratique, le programme de santé & sécurité aide les syndicats à utiliser la législation,

les normes et les conditions contractuelles pour organiser dans le cadre des projets de travaux publics

ou des projets d’infrastructure financés par les banques de développement multilatérales (BDM), et

pour conclure des accords avec des entreprises de construction à l’échelle mondiale comme locale.

Plus spécifiquement, l’IBB assiste les syndicats dans la prise de contact avec les prêteurs, les clients

et les entrepreneurs, afin d’ouvrir les portes à l’organisation syndicale. Les responsables de projets

et le personnel régional apportent leur aide sur le terrain afin de soutenir les activités de recrutement,

d’organisation et de négociation collective des syndicats nationaux et locaux – l’aspect le plus pratique

et le plus visible concernant ici la santé & sécurité et le bien-être au travail, en ce compris le logement

des travailleurs. La première étape consiste à recruter les travailleurs au sein de l’effectif du syndicat.

Une fois ceux-ci recrutés, on procède à l’identification d’éventuels candidats aux fonctions de délégués

syndicaux et représentants de sécurité, puis aux élections syndicales et aux nominations. Le syndicat doit

veiller à ce que l’entreprise fournisse aux représentants syndicaux des moyens en son sein et du temps

libre pour suivre les formations et mener leurs fonctions afin de rencontrer et représenter les employés.

Les délégués syndicaux et les représentants de sécurité requièrent une formation ainsi que le soutien du

syndicat externe. Le renforcement de capacités assuré par l’IBB est absolument décisif à cet égard. Une

fois les travailleurs syndiqués, la prochaine étape consiste à négocier la convention collective. L’IBB doit

ici s’assurer de la capacité du syndicat à former les délégués syndicaux et les représentants de sécurité à

la négociation collective. Les affiliés de l’IBB font d’importants progrès sur la base de cette approche.

En 2012 et 2013, cinq nouveaux accords ont été signés avec des entrepreneurs internationaux

espagnols; ils contiennent d’importantes dispositions relatives à la représentation en matière de santé

& sécurité, au bien-être des travailleurs ainsi qu’aux comités santé & sécurité. Ces entreprises opèrent

à travers toute l’Europe, l’Asie, l’Amérique du Nord, l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient, et dans toute

l’Amérique latine.

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RAPPORT D’ACTIVITÉS 2010-2013 | 1 - 5 décembre 2013 | Bangkok | Thaïlande

Dans le secteur du ciment, le réseau de l’IBB met fortement l’accent depuis 2010 sur la santé &

sécurité, et une nouvelle campagne en faveur de la réduction des blessures liées à la manutention

manuelle a été lancée en 2012; elle se présente comme un axe important du travail des syndicats

du ciment en 2013. Les travaux se poursuivent sur les affections respiratoires touchant le secteur,

en particulier pour ce qui concerne la prévention de la silicose. Une attention accrue est aujourd’hui

portée à l’égalité des droits et aux conditions dans lesquelles évoluent les travailleurs en sous-traitance,

notamment en veillant à ce que les questions de santé & sécurité qui les concernent soient dûment

coordonnées et gérées.

Dans le bois et la sylviculture, les affiliés de toutes les régions profitent, depuis 2010, de la journée du

28 avril pour appuyer des améliorations auprès des employeurs et des gouvernements et pour mener

des visites d’inspection et entrer en contact avec les travailleurs. La gestion forestière durable demeure

au cœur des préoccupations, et la santé & sécurité, le bien-être et l’hébergement des ouvriers sont les

axes prioritaires du travail entrepris par les syndicats dans le secteur. Depuis 2010, l’accent est mis sur

les produits chimiques, en particulier la prévention des risques liés à l’exposition aux solvants et aux

pesticides utilisés dans la sylviculture et les finitions en bois; la réduction des émissions de poussières;

les risques liés aux vibrations; et la prévention des troubles musculo-squelettiques causés par le travail

répétitif et la manutention manuelle. Il s’agit de plus en plus de répondre aux préoccupations de santé

& sécurité des femmes dans les secteurs de la transformation du bois et du mobilier, et d’encourager la

nomination de femmes aux fonctions de représentants santé & sécurité.

Une coopération s’est instaurée avec d’autres syndicats mondiaux et la CSI sur ces questions, et l’IBB

exécute un plan d’action conjoint aux côtés de la FETBB et la FNTBB. En 2013, elle a lancé un Manifeste

en 10 volets sur la santé et la sécurité.

1. Instaurer, dans tous les pays, une réglementation relative aux représentants des travailleurs

pour la santé et la sécurité ainsi qu’aux comités de sécurité et d’hygiène

2. Organiser des inspections régulières de tous les lieux de travail par les autorités de contrôle

les inspections permettent de sauver des vies.

3. Accorder un même niveau de priorité à la santé au travail et à la prévention des blessures

4. Établir une nouvelle norme juridiquement contraignante relative aux poussières

5. Ne pas exposer les travailleurs aux substances cancerigenes sur le lieu de travail

6. Instaurer une limite de poids maximale légale pour la manutention manuelle.

7. Assurer une protection accrue aux travailleurs vulnerables occupant des emplois atypiques

8. Exposer les employeurs négligents à des peines de prison et des amendes élevées

9. Ériger la santé et la sécurité au rang de normes dans toutes les passations de marchés

publics

10. Amener les gouvernements à adopter et mettre en œuvre l’ensemble des conventions de

l’oit en matière de santé et de sécurité

Dans chaque région, il s’agit d’aider les syndicats à utiliser la santé & sécurité comme point d’entrée

à des fins de recrutement, d’organisation et de négociation d’accords visant à améliorer la santé et

la sécurité des travailleurs ainsi que les conditions de travail de ces derniers. Le but est d’accroître la

base de membres, nommer et former les représentants syndicaux sur le lieu de travail et des comités,

conclure des accords spécifiques, accroître la représentation et la participation en mettant en œuvre des

normes efficaces au travail et intégrer la santé & sécurité aux conventions collectives. L’organisation cible

particulièrement les chantiers de grande envergure, et la priorité des syndicats réside dans l’amélioration

des conditions de travail et les conseils dispensés aux travailleurs au sujet de leurs droits; les syndicats

cherchent également à démontrer aux employeurs que les connaissances des syndicats et leur volonté

à contribuer à la gestion de la santé & sécurité sont des atouts pour tout lieu de travail. Les syndicats

ont continué à mettre en avant le travail industriel tripartite en vue d’améliorer les politiques et la mise en

œuvre des normes.

D’autres accords ont été conclus et de normes du travail avec la Banque Européenne pour la

Reconstruction et le Développement (BERD) et avec la Société financière internationale (SFI), qui a

actualisé sa Norme de Performance 2 - Main-d’Œuvre et Conditions de Travail. La démarche s’est avérée

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RAPPORT D’ACTIVITÉs 2010-2013 | 1 - 5 décembre 2013 | Bangkok | Thaïlande

utile pour les syndicats dans les Balkans et en Europe centrale et orientale, et la BERD a décidé d’étendre

ses opérations de prêt au Maroc, à la Jordanie, la Tunisie et l’Égypte, ce qui permettrait d’introduire les

questions des droits du travail et de l’organisation dans ces pays.

Dans les régions, les syndicats ont travaillé sur la campagne du 28 avril, la campagne contre l’amiante,

la campagne contre le cancer et la nouvelle campagne mondiale sur la manutention manuelle dans le

secteur du ciment. La mise en œuvre des normes relatives au travail, à la santé & sécurité et au bien-être

des ouvriers dans la construction et la sylviculture est le fruit d’un travail permanent avec les institutions et

organisations suivantes: les banques de développement, SGS sur le Forest Stewardship Council (FSC),

les normes du travail et de santé & sécurité dans la sylviculture durable et la chaîne d’approvisionnement,

l’OIT, l’OMS, l’Association Internationale de la Sécurité Sociale (AISS), la Confédération internationale des

associations d’entrepreneurs du bâtiment (CICA), l’European International Contractors (EIC), la Fédération

de l’Industrie Européenne de la Construction (FIEC) et la Fédération internationale des ingénieurs-conseils

(FIDIC). Le travail mené aux côtés des entrepreneurs et ingénieurs internationaux incluait l’organisation

conjointe de conférences internationales afin de débattre des normes de santé & sécurité et des normes

du travail dans les projets financés par les BDM en 2011 et en 2012.

Des travaux continus ont été menés avec les entreprises en vue d’améliorer les normes relatives à la

santé & sécurité et au bien-être via les ACI, de même que dans de nombreuses autres entreprises où

les ACI sont inexistants mais où un contrat a été passé avec le client concernant les normes du travail

et la santé & sécurité dans les contrats publics et les projets financés par les BDM, ou si une volonté

de collaborer avec les syndicats a été exprimée. Des pas de géant ont été faits en ce qui concerne la

négociation collective avec les entrepreneurs chinois en Afrique, en particulier depuis que la CHINCA a

adopté un code de responsabilité sociale qui a contribué à ouvrir les portes aux syndicats afin d’organiser

en matière de santé et de sécurité.

La période intercongrès a été marquée par le partenariat entre l’IBB et l’OIT, l’OMS et l’AISS. En

2010, l’IBB a élaboré de nouveaux matériels de formation de l’OIT en matière de santé et sécurité pour

la construction, intitulés « Building Safety », et elle a piloté des sessions de formation au Kenya et à

Panama. Les matériels présentent quatre séries de supports pédagogiques destinés aux syndicats, aux

clients de la construction, aux entrepreneurs et aux gestionnaires de projets. Depuis lors, les syndicats

collaborent avec l’OIT sur la conduite des cours dans plusieurs pays à travers toutes les régions. L’IBB

s’est montrée active auprès de l’AISS et a donné quelques exposés lors des conférences de la section

construction de l’AISS. En 2011, l’IBB a orchestré le symposium syndical lors du Congrès sur la santé et

la sécurité au travail, organisé par l’OIT, l’AISS et l’OMS, elle a présenté des exposés lors des sessions

plénières techniques et préparé le compte-rendu et l’évaluation syndicale à l’intention de la CSI. L’IBB a

également travaillé au sein du Groupe d’experts de l’OIT pour préparer le nouveau Recueil de directives

pratiques de l’OIT sur la sécurité dans l’utilisation des machines.

La campagne mondiale contre l’amiante s’est poursuivie tout au long de cette période intercongrès,

ponctuée de séminaires, de réunions, de rassemblements, de protestations, de rédactions de courriers,

de campagnes, de résolutions du Comité mondial, mission au Québec, de plans nationaux d’action

sur l’élimination des maladies liées à l’amiante dans plusieurs pays, avec la participation aux comités

tripartites nationaux, la coopération avec le Secrétariat international pour l’interdiction de l’amiante, avec

d’autres syndicats mondiaux, la CSI et la FETBB ainsi que la FNTBB, et la participation aux groupes

d’experts établis par l’Organisation mondiale de la Santé.

L’IBB a fait intervenir certains de ses conférenciers lors de diverses conférences sur l’amiante et elle

a contribué à différents articles pour des revues telles que Construction Labour Research, Hazards

magazine, l’International Journal of Occupational Health et la publication IBB – IBAS publication Eternit

and The Great Asbestos Trial, disponible en plusieurs langues.

Cette période a été marquée par des victoires mémorables pour la campagne: le verdict qui a fait date

dans le cadre du procès Eternit sur l’amiante à Turin, avec les lourdes amendes et les peines infligées

aux dirigeants de l’entreprise. L’IBB a contribué aux travaux menés dans les coulisses de ce procès, en

établissant le contact avec des intervenants clés et en recueillant les avis d’experts dans le cadre de la

campagne. 2012 a également été le témoin de la fermeture du célèbre Institut du Chrysotile à Québec

– principal organisme de promotion de l’amiante - et de la fin de l’extraction et l’exportation d’amiante

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RAPPORT D’ACTIVITÉS 2010-2013 | 1 - 5 décembre 2013 | Bangkok | Thaïlande

au Canada. Bien entendu, le travail mené par l’IBB sur le thème de l’amiante se poursuivra jusqu’à

l’interdiction totale de cette substance dans le monde.

7. VIH/sida, Égalité pour les femmes,

Emplois pour les jeunes & Éducation pour les enfants

Femmes

3,6 % du budget de l’IBB est alloué aux activités concernant les femmes. Dans un tel contexte, l’IBB

s’est concentrée sur:

Almanach des femmes & site Web Un Almanach des femmes a été produit en 2012, afin de mettre

en lumière les préoccupations des femmes syndicalistes. La rubrique en ligne dédiée aux femmes a

également été réorganisée. L’IBB a présenté une série de vidéos et d’articles mettant en avant les

femmes dans la rubrique BWI Women Voices. Les vidéos ont eu beaucoup de succès et suscité un vif

intérêt, attirant chaque année plus de 2000 visiteurs sur le site à l’occasion de la Journée internationale

de la femme.

Région Asie

La plupart des affiliés mettent en œuvre des programmes en faveur des femmes et des questions de

genre en s’appuyant sur la Politique et la Stratégie de l’IBB en faveur de l’égalité des sexes. À ce jour,

la plupart des affiliés d’Asie du Sud (AS), d’Asie du Sud-Est (ASE) et le KFCITU dans l’est de l’Asie ont

adopté la politique et mis en place un comité des femmes au niveau de la fédération. Les affiliés d’ASE

et d’AS ont poursuivi la conduite d’activités de sensibilisation sur la question du genre, qui ont abouti au

recrutement de membres féminins au sein des syndicats. Ainsi pour la seule région AS, les syndicats ont

enrôlé 38 500 femmes, soit 60-65 % de l’augmentation totale du nombre de membres pour la période

allant de janvier à juin uniquement. En soutien aux initiatives d’organisation en faveur des femmes, les

nombreux groupes d’entraide se sont vus renforcés grâce aux liens établies avec les établissements

bancaires et au travers des différentes activités économiques.

Le Comité national des femmes est opérationnel en Inde, un comité de ce type sera mis en place

prochainement au Népal et au Bangladesh et celui de Malaisie sera relancé dans l’année. Certains affiliés

ont rencontré des difficultés dans l’établissement de comités de femmes nationaux ou inter-affiliés en

raison du manque de personnel présent à temps plein afin de coordonner le travail.

Les travailleuses ont été intégrées aux activités syndicales régulières ainsi qu’aux dates clés telles que la

Journée internationale de la femme. Cette dernière a été célébrée par tous les syndicats de la région. En

2012 en Inde, quelque 11 500 femmes ont participé aux campagnes de sensibilisation, aux campagnes

de recrutement et aux ateliers de formation, en ce compris le développement des compétences de

direction et la campagne liée à la Journée internationale de la femme.

Formation professionnelle non traditionnelle pour les femmes: La «formation non traditionnelle»

pour les femmes a été introduite sur la base d’un test pilote aux Philippines avec le NUBCW. Entre

2009 et 2011, le programme a été étendu à l’Inde et au Népal. La formation non traditionnelle est

une formation professionnelle dans les métiers de la construction qui s’adresse à de jeunes stagiaires

féminines. Elle est dite « non traditionnelle » en raison de la prédominance masculine dans le secteur de la

construction. Le but premier est d’étoffer la base de travailleuses qualifiées organisées dans le secteur. Le

programme a généré des résultats positifs dans tous les pays.

• Au total, 60 travailleuses ont suivi une formation en maçonnerie au Népal en 2011.

• En Inde, certains syndicats coopèrent avec l’Association des constructeurs de l’Inde

(dans la section au Tamil Nadu, au travers d’un Protocole d’entente [MoU en anglais,

Memorandum of Understanding]) afin d’assurer aux femmes une formation professionnelle

non traditionnelle et améliorer les opportunités d’emploi pour les jeunes travailleuses.

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RAPPORT D’ACTIVITÉs 2010-2013 | 1 - 5 décembre 2013 | Bangkok | Thaïlande

Aux Philippines, des MoU ont été signés entre des entrepreneurs (BAI) et des services du

gouvernement (LGU [services locaux du gouvernement], TESDA), ouvrant ainsi la voie à une mise en

œuvre efficace de la formation. Le NUBCW a mené 11 formations avec 248 diplômées (sur un objectif

de 300) tandis que le TCWF a mis en œuvre 6 formations et 122 femmes ont été diplômées. Seules 10%

sur les 248 diplômées sont certifiées par l’agence gouvernementale TESDA et employées au travers

d’initiatives propres. Toutes ont adhéré au syndicat. Aux Philippines, les diplômées ont mis sur pied une

section intégralement féminine du NUBCW appelée Association of Women Workers in the Construction

Industry (AWWCI). Certaines diplômées font désormais partie de l’équipe de direction du NUBCW, et sont

devenues organisatrices et ambassadrices afin de recruter d’éventuels stagiaires.

Les syndicats ont créé une coopérative en Inde et des confréries aux Philippines, dans le but

de protéger ou favoriser l’obtention d’un emploi, auprès d’institutions privées, d’entrepreneurs, de

corporations ou de services gouvernementaux. Aux Philippines, les membres du NUBCW diplômées du

NTST sont devenues formatrices dans le cadre du projet de l’OIT sur les emplois verts.

Négocier de meilleures alternatives: En Inde, la sylviculture inclut une large proportion de

travailleuses (90 à 95 % de femmes environ). Les travailleuses engagées dans la cueillette des feuilles de

tendu ont bénéficié d’une augmentation de salaire négociée par le GFPGFWU, dans l’État du Gujarat.

L’OKKS, dans l’Orissa, a lui aussi négocié une hausse du prix d’achat des feuilles de tendu. En outre,

la pression permanente exercée par l’OKKS a permis de placer l’ensemble des travailleuses sous la

couverture du Jan Shree Bima Yojna dans l’État de l’Orissa.

Influencer la politique et améliorer la participation institutionnelle: Face à la sensibilisation

permanente à l’égard du VIH/sida, la plupart des syndicats ont fait de cette question une problématique

syndicale. En Inde, le BWTUC et le NUBCW ont intégré à leurs propositions de conventions collectives

des dispositions et des articles relatifs au VIH/sida.

Une assurance pour les personnes vivant avec le VIH/sida (PVVS): Sur ordonnance de la Haute

Cour indienne, l’Autorité nationale de réglementation et de développement des assurances a publié en

février 2012 un projet de directives imposant une couverture d’assurance pour toutes les PVVS, dont la

mise en œuvre était programmée pour octobre 2012; ces directives vont largement contribuer à éliminer

l’opprobre et la crainte associés au VIH/sida.

Le Comité d’action sociale de l’Inde pour les travailleurs de la construction: La SEWA (Self-

Employed Women’s Association) a introduit, à la fin du mois de décembre 2011, un contentieux d’intérêt

public auprès de la Cour suprême de Gujarat eu égard à des difficultés liées à l’inscription des ouvriers

de la construction auprès du Comité d’action sociale pour les travailleurs de ce secteur. Les principaux

problèmes cités dans le cadre de ce contentieux sont les suivants:

• Inscription et renouvellement d’inscription des ouvriers de la construction auprès du

Comité d’action sociale de Gujarat pour les travailleurs du bâtiment et autres ouvriers de la

construction, sur la base du certificat édité par le syndicat;

• Habilitation du syndicat à éditer des certificats pour l’inscription des ouvriers auprès du

Comité d’action sociale;

• Versement des prestations sociales aux ouvriers;

• Adhésion de la SEWA au Comité d’action sociale pour les travailleurs du bâtiment et autres

ouvriers de la construction.

Amérique latine

Le travail syndical est plus sûr avec les femmes: La santé et la sécurité sont une priorité

permanente en Amérique latine et dans les Caraïbes. On sait toutefois que la plupart des représentants

santé & sécurité sont des hommes, en particulier dans le secteur de la construction. On assiste

aujourd’hui néanmoins à une progression du nombre de femmes aux fonctions de représentantes santé

& sécurité, notamment dans les industries du bois, mais elles ne sont pas suffisamment formées pour

s’acquitter pleinement de leur mission.

Les matériels produits sur le thème de la santé et la sécurité ces quatre dernières années visaient une

participation accrue des femmes, tant en termes de contenu que de langage épicène. Le Comité régional

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RAPPORT D’ACTIVITÉS 2010-2013 | 1 - 5 décembre 2013 | Bangkok | Thaïlande

des femmes a proposé au Comité régional d’Amérique latine une résolution concernant l’inclusion

d’activités appropriées en faveur de la santé & sécurité au travail et des niveaux minimums de sécurité

sociale établis par la Convention (n° 102) de l’OIT.

Aux fins du Plan stratégique 2014-2017, les travailleuses ont proposé une représentation équitable

entre hommes et femmes au sein des comités santé & sécurité bipartites et elles ont évoqué la nécessité

d’une éducation et d’une formation systématiques.

Femmes – Sur la voie de la visibilité: Depuis le Congrès de l’IBB à Lille, France, en 2009, le Comité

régional des femmes en Amérique latine et aux Caraïbes a lancé une série d’activités visant à créer

des opportunités de renforcement de la participation des travailleuses. Pour gagner en visibilité, les

femmes ont d’abord revendiqué l’équité non seulement au sein des syndicats mais aussi eu égard à

leurs conditions d’emploi, de sorte que cette priorité soit incluse dans les négociations entre syndicats,

employeurs et gouvernements. Les syndicats ont défendu l’égalité des sexes dans le cadre des activités

extra-syndicales. En 2010, les priorités affichées par les travailleuses étaient les suivantes:

• Renforcer les structures nationales pour les femmes;

• Développer les aptitudes des femmes à la direction dans les différentes sous-régions;

• Défendre des améliorations dans les politiques d’emploi, l’apprentissage, et l’égalité des

chances;

Deux événements de premier plan ont eu lieu en 2011-2012: un séminaire régional à Quito, Équateur,

et une conférence régionale à Montevideo, Uruguay. Les principales conclusions du séminaire de Quito

étaient les suivantes:

• Intégrer le principe d’égalité des genres dans les plans de travail des régions, au travers des

projets en cours;

• Mettre au point un guide syndical à l’intention des femmes dans la région, élaboré par le

Comité, produit par le Bureau régional de l’IBB et distribué par voie électronique;

• Établir un registre des femmes participant aux activités de formation, de manière à

améliorer la communication;

• Fonctionnement du Réseau mondial des femmes de l’IBB: proposer aux autres comités de

femmes de prendre part à la journée mondiale pour le travail décent le 7 octobre chaque

année, afin de permettre aux femmes de nos secteurs de gagner en visibilité en soumettant

leurs propres propositions et slogans.

Voici les principales conclusions tirées de la Conférence des femmes «Meilleurs syndicats, davantage

d’égalité » qui seront incorporées au Plan stratégique 2014-2017:

• Organiser des campagnes afin de recruter davantage de femmes et les aider à accéder aux

plus hautes responsabilités au sein des structures syndicales;

• Créer une plate-forme éducative de formation et de promotion des femmes, en particulier

aux niveaux national et régional;

• Établir des réseaux de femmes aux niveaux régional et sous-régional, en lien avec le

Réseau mondial des femmes;

• Assurer la participation des femmes aux forums tripartites proposés (avec les associations

du secteur de la construction et les ministères ou les secrétariats compétents en matière de

travail);

• Intégrer les questions touchant les femmes aux programmes généraux des syndicats

(congé maternité, dispositifs de garde d’enfants et congés, droits sexuels et reproducteurs,

diversité sexuelle).

L’almanach des femmes 2012 a permis d’accroître la visibilité des travailleuses de la région, tout

comme la participation d’une déléguée régionale à la Conférence des femmes du secteur de la

construction à Sacramento, Californie.

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RAPPORT D’ACTIVITÉs 2010-2013 | 1 - 5 décembre 2013 | Bangkok | Thaïlande

Afrique

Campagne sur le VIH/sida en Afrique. La région Afrique & Moyen-Orient de l’IBB a mis le cap sur la

lutte contre la pandémie du VIH/sida dans ses secteurs en Afrique de l’Est et australe; elle œuvre dans

7 pays et soutient 11 affiliés. Des politiques sur le lieu de travail ont été négociées dans le cadre de 30

conventions collectives; l’accès au traitement et la fourniture de repas à plus de 5000 travailleurs ont ainsi

été négociés, et plus de 10 000 travailleurs ont été recrutés. Les affiliés ont mis au point des supports de

campagne et divers outils sur la question du VIH/sida.

Les affiliés de l’IBB dans la région ont participé à la formulation de mesures d’intervention sur le VIH lors

de la Conférence mondiale de l’IBB sur le sujet, qui était organisée en décembre 2011 en Afrique du Sud.

Il a été rapporté que les stratégies visant à intégrer l’éducation au VIH/sida sur le lieu de travail avaient

déjà porté leurs fruits. La lutte contre la pandémie requiert de renforcer les structures sur le lieu de travail,

à l’image des Comités de santé & sécurité, en proposant par exemple des formations par des pairs et

en formant les représentants de sécurité et les délégués syndicaux afin de les doter de connaissances et

compétences en matière de conseil, de soins et de soutien. Les affiliés de l’IBB au Ghana, au Swaziland

et en Zambie ont fait état d’une augmentation de la base de membres grâce aux activités menées sur les

lieux de travail.

Il convient d’approfondir la compréhension des liens entre le rôle de l’éducation au VIH et au sida sur

le lieu de travail et l’organisation syndicale. Les syndicats ont négocié des clauses relatives au VIH/sida

dans des conventions collectives et accords-cadres divers. Il était d’une part nécessaire de réviser les

clauses et définir si elles répondaient à l’évolution rapide des besoins des travailleurs, et notamment si

elles étaient suffisamment attentives aux besoins des travailleurs migrants, des femmes, des jeunes et

des communautés environnantes.

La conférence a évalué d’autre part l’efficacité des politiques sur le VIH/sida, le recueil de directives

pratiques adopté aux niveaux national, régional et international et le rôle des syndicats en termes de suivi

de la mise en œuvre, par le gouvernement, de la Recommandation de l’OIT sur le VIH/sida et le monde

du travail.

L’IBB a toujours encouragé les partenariats et les alliances. L’événement a mis en lumière des

interventions conjointes ayant permis de réduire les taux de prévalence, ainsi que le rôle des syndicats

dans le cadre des programmes de sensibilisation et des campagnes nationales et locales. La conférence

a également passé en revue les approches émergentes et novatrices en matière de partenariats, de mise

en réseau et de constitution d’alliances, avec divers acteurs et parties prenantes.

Zimbabwe: Le syndicat s’est attiré la reconnaissance et l’appréciation des membres après avoir

constitué une alliance avec le Construction Industry Pension Fund (CIPF) afin d’expliquer les avantages

offerts par le projet sur le VIH/sida pour le fonds de pension. Le CIPF a accepté la mise en place de

programmes conjoints dédiés à la formation et au logement des ouvriers de la construction sur leur lieu

de travail.

Ouganda: L’Article 5.6 de sa Politique prévoit de mobiliser des ressources et d’encourager les

membres à investir dans les programmes actuels de création de revenus au sein du syndicat afin de

répondre aux besoins financiers des travailleurs vivant avec le VIH et le sida.

Zambie: Si la préoccupation première était de contribuer au recul du VIH, l’affilié a appliqué une

approche « filet » afin de cerner et d’intégrer aux travaux des comités santé & sécurité l’ensemble des

questions syndicales se rapportant au lieu de travail.

Éthiopie: Les approches novatrices de sensibilisation incluent l’intégration de l’éducation au VIH dans

le cadre des Cérémonies du café et la diffusion, par les syndicats, de messages concernant le VIH à

l’occasion d’événements sportifs tels que la course Great Ethiopian Run qui accueille chaque année plus

de 35 000 participants. Le syndicat a également mis sur pied un groupe de travail multi-acteurs composé

de 13 personnes, collaborant avec des organismes clés tels que la Centrale nationale (CETU) et la

Coalition des entreprises éthiopiennes.

Kenya: Le syndicat a partagé certains aspects de ses clauses sur le VIH, mentionnant que les

personnes vivant avec le VIH devraient bénéficier d’un traitement préférentiel en matière de congés

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RAPPORT D’ACTIVITÉS 2010-2013 | 1 - 5 décembre 2013 | Bangkok | Thaïlande

et d’une charge de travail moindre. Cette stratégie a amené à s’interroger sur le respect des valeurs

fondamentales en matière de confidentialité et de discrimination.

La publication « Trade Union Action on HIV and AIDS: Lessons in Good Practice » est le fruit de la

collaboration entre l’IBB et ses affiliés (NUBEGW) Zambie, (SNIMCMA & FSTCH) Angola, et (ZCATWU)

Zimbabwe dans le secteur de la construction en Afrique australe.

Campagne contre le travail précaire et le dumping social en Europe

La crise économique qui s’abat actuellement sur l’Europe a touché tous les travailleurs des secteurs

de l’IBB, et particulièrement les femmes. Bon nombre ont été contraints d’accepter des formes d’emploi

précaires et parfois même d’émigrer, en dernier recours. Les jeunes femmes sont confrontées à des

décisions délicates dès lors que leurs compétences et leur formation sont inadaptées; sans emploi stable,

elles repoussent la maternité. L’incertitude économique s’est également répercutée sur la participation

des femmes dans les structures syndicales car celles-ci hésitent à se syndiquer par crainte de perdre leur

emploi. Les mesures d’austérité mises en place par les gouvernements en réponse à la crise économique

suscitent de profondes inquiétudes chez les travailleuses en raison des coupes générées dans les

programmes sociaux, par exemple pour ce qui concerne les soins de santé abordables, l’éducation

de qualité et les services publics essentiels, handicapant encore davantage les femmes actives, tout

particulièrement en cas de conciliation entre une vie professionnelle et une vie de famille.

Dans ce contexte difficile, l’IBB a entrepris une enquête en Europe du Sud-Est, révélant que près de

la moitié de ses affiliés avaient mis en place des structures dédiées aux femmes – réseaux, sections

ou comités – et que la mise en réseau et le partage d’informations et d’expériences, ainsi que les

campagnes sur les droits des travailleuses, étaient des sujets essentiels.

Le réseau de femmes d’Europe du Sud-Est a développé des activités spécifiques d’information et des

campagnes sur les brimades et la lutte contre les formes d’emploi précaires.

Chez SGH, Croatie, 2 femmes font partie du Directoire et 3 du Conseil de surveillance. Sur les 266

délégués syndicaux, 28 sont des femmes (10,5 %) et l’on note une importante participation de ces

dernières dans les équipes de négociation collective. La part des femmes est de 16 % dans les comités

d’entreprise et de 3 % aux fonctions de représentants santé & sécurité.

Le syndicat serbe des travailleurs de la sylviculture et du bois (SSSPD) a établi une section de femmes

en 2010 dans le but de sensibiliser aux droits des femmes en matière de sécurité du travail, de protection

maternité et d’égalité de rémunération.

Chez SGIP, Macédoine, 39 245 travailleurs sont employés dans le secteur du génie civil, de l’industrie

et de la planification. 20 % seulement sont des femmes. SGIP défend une participation accrue et plus

active de ces dernières dans les instances syndicales à tous les niveaux. 23 membres composent son

comité, dont 7 femmes – soit 30 % de l’effectif total. Le Comité exécutif compte 11 membres, dont 3

femmes. Le syndicat a établi une section de femmes et organisé divers séminaires sur des thèmes tels

que les droits du travail, les conventions collectives et le rôle des syndicats dans la promotion des droits

des femmes. SGIP a du reste accordé une attention particulière aux femmes employées sur les chantiers

de construction et dans les usines de production, de même que dans le cadre des activités liées au projet

Corridor X. Des vidéos ont été tournées et des brochures sont parues. Les activités menées par SGIP

ciblaient également l’emploi précaire des jeunes travailleuses.

Campagne d’organisation des femmes – Afrique de l’Est

Les affiliés ont renforcé la capacité des syndicats à engager des efforts de recrutement et

d’organisation axés sur les femmes. Les syndicats ont mené des campagnes de recrutement, également

centrées sur les projets d’infrastructure majeurs financés par les institutions financières internationales.

Les résultats étaient très concluants.

Au Kenya, le syndicat du bâtiment a recruté 850 travailleurs de China Zongzing, dont 64 femmes. Un

comité des femmes a depuis lors été créé dans l’entreprise. Chez China Road and Bridge, le syndicat

a recruté 168 travailleurs dont 32 femmes, et chez Laxmanbhai, 291 travailleurs dont 41 femmes. Dans

cette entreprise, le syndicat a fait pression en faveur de l’emploi de femmes qualifiées et l’entreprise a

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RAPPORT D’ACTIVITÉs 2010-2013 | 1 - 5 décembre 2013 | Bangkok | Thaïlande

recruté deux opératrices de niveleuses en date du 8 mars 2012. Kenya Building a signé avec China

Sietco Construction Company une convention collective proposant de meilleures conditions d’emploi. La

convention inclut des clauses sur le genre et le VIH/sida.

Lors du Congrès de Kenya Building en janvier 2011, 45 des 276 membres du Comité de section étaient

des femmes. Au sein du service des politiques et des finances, 3 personnes sur 7 sont des femmes, y

compris les responsables juridiques, au Secrétariat elles sont 15 sur un total de 31 employés, au sein

du comité Éducation elles sont 2 pour 4 membres, et le comité santé & sécurité au travail dénombre

5 femmes sur 11 membres. Le syndicat a adopté une politique sur la question de genre, visant une

participation des femmes de 30 % pour l’ensemble des activités menées.

En Tanzanie, TAMICO a recruté 123 travailleurs de Sogea Satum, dont 12 femmes. Chez Maltauro,

TAMICO a recruté et organisé 342 travailleurs, dont 15 femmes. En Tanzanie, le Congrès s’est tenu

en 2011 avec 24 % de femmes. 7 des 12 postes que compte le Comité exécutif national (National

Executive Committee, NEC) ont été remportés par des femmes (soit 58 % des postes). Auparavant, 2

femmes seulement composaient le NEC. 2 femmes sont organisatrices et le responsable des questions

juridiques est une femme. Des comités de femmes ont été établis au niveau des sections syndicales et

par zones. Le syndicat a adopté une politique sur la dimension de genre.

En Éthiopie, le syndicat a recruté 62 travailleurs, dont 14 femmes, dans le cadre du projet

d’infrastructure routière d’Hawassa-Hagere et il a organisé un événement commémoratif pour le 8 mars,

auquel 168 femmes issues de diverses entreprises ont assisté. Le syndicat a négocié et conclu une

convention collective avec Agro-stone; la convention prévoit des comités de femmes sur l’ensemble

des chantiers et une structure dédiée aux femmes au niveau du siège de l’entreprise. Au sein du Comité

national permanent, la participation des femmes est passée de 9 % en 2006 à 18 %. Pour la première,

une femme a intégré l’équipe du personnel. Des comités de femmes ont été créés dans 24 entreprises.

En Ouganda, le syndicat fait état d’une hausse de la participation des femmes au niveau des sections,

des comités de femmes ont été formés et des amendements ont été apportés à la Constitution en

octobre 2010, imposant la présence d’une représentante féminine au sein de chaque comité de délégués

syndicaux, d’une dirigeante de section et d’un Comité national de femmes. Une conférence de femmes

déléguées s’est tenue à l’issue du Congrès. En outre, le syndicat a conclu une convention collective avec

Energo Projekt Niskogrednja. Celle-ci prévoit ce qui suit, entre autres avantages accordés aux femmes: «

Toute employée enceinte doit pouvoir bénéficier d’une prise en charge anténatale et postnatale ainsi que

de services de soins, et toute dépense médicale engagée à cet égard sera couverte par l’entreprise. »

Comme indiqué précédemment, les résultats incluaient une progression considérable de la participation

féminine au processus décisionnel des syndicats et au sein des secrétariats des organisations. Par

ailleurs, les jeunes femmes sont désormais plus nombreuses. Lorsque les conventions collectives ont

intégré la dimension de genre, l’accent était mis sur le congé de maternité et de paternité. L’accord

général passé avec les entrepreneurs kenyans inclut un congé de maternité de 3 mois. En Éthiopie, le

syndicat a négocié une période de pause pour les mères qui allaitent et un congé de maternité d’une

durée supérieure à la durée légale. Une convention collective a été signée avec C.K. Construction

Company, Kenya, incluant une « clause sur l’équation des genres »: l’employeur est tenu d’assurer

une participation de 30 % de femmes dans la main-d’œuvre totale pour chaque contrat de projet,

conformément à la Constitution kenyane et la Politique de l’IBB sur la question du genre. Quoique

novatrice, celle-ci ne pourra pas être mise en œuvre de manière systématique compte tenu du nombre

réduit de femmes se tournant actuellement vers les métiers de la construction.

Les jeunes

Les jeunes travailleurs se heurtent à des défis considérables. En Europe, l’ère du travail permanent,

assorti d’avantages complets et garant d’un avenir brillant, a cédé la place à une époque marquée par la

force du chômage, le travail précaire et l’incertitude de l’avenir. Les conflits politiques et économiques qui

transforment de nombreuses régions du monde ne font que précipiter cette tendance. Sur cette toile de

fond, le mouvement syndical se doit de renforcer la puissance des syndicats pour lutter contre l’assaut de

la mondialisation.

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RAPPORT D’ACTIVITÉS 2010-2013 | 1 - 5 décembre 2013 | Bangkok | Thaïlande

Afrique

Le réseau en Afrique a conduit son premier atelier de formation aux TI en Namibie en 2009;

l’événement a largement encouragé la mise en réseau et le partage d’expériences entre jeunes dans

la région. Le réseau de jeunes de l’IBB pour l’Afrique et le Moyen-Orient s’est réuni en 2010 à Accra,

Ghana, dans le cadre d’une autre formation aux TI; l’occasion était donnée d’élaborer un premier projet

de politique axée sur les jeunes. En 2011, le projet de politique a été soumis à l’AFRECO, appelant

à intégrer la question des jeunes dans les secteurs de l’IBB et dans tous les programmes et activités

conduits sur le continent. La dernière conférence en date menée à Abuja, Nigeria, en 2012 était une

étape importante dans le cadre de l’adoption de la politique sur les jeunes et son intégration aux

résolutions de la conférence en vue du Congrès 2013 de l’IBB. Cette politique vise à inclure les questions

affectant les jeunes dans les agendas, les programmes et les budgets, et à promouvoir la représentation

des jeunes hommes et des jeunes femmes au sein des structures régionales et syndicales.

L’IBB promeut la formation professionnelle des jeunes dans la construction et l’industrie du meuble

à Somiaga, Burkina Faso. Près de 105 jeunes travailleurs ont été formés entre 2010 et 2012. En 2011,

les activités proposées incluaient une formation pour 35 jeunes dans la maçonnerie, la production de

meubles et le tissage. Le projet contribue à lutter contre le chômage des jeunes et à atténuer la pauvreté.

Formation professionnelle en Palestine: En 2011, de jeunes travailleurs palestiniens du bâtiment ont

achevé avec succès une formation professionnelle de 8 semaines à Wetzendorf, en Allemagne. Ils ont

appris à conduire une pelle excavatrice, à poser des briques, à construire des voies pavées et à poser

des tuyauteries. Outre l’acquisition d’un savoir-faire professionnel dans les métiers du bâtiment, ils ont

également profité d’expériences enrichissantes sur la vie quotidienne en Allemagne. En Palestine, la

plupart des travailleurs du bâtiment ne peuvent compter que sur des emplois quotidiens précaires. IG-

Bau leur a assuré une expérience d’apprentissage unique qui pourra être exploitée pour leur propre avenir

et celui de leur pays d’origine.

Les jeunes travailleurs en Asie

Inde et Philippines: Les affiliés étaient très actifs en Inde, en organisant des réunions avec les comités

de jeunes et en créant de nouveaux comités. Une formation des jeunes à l’encadrement a été menée

pour 7 affiliés de l’IBB, comptant 21 participants dans le sud de l’Inde. Des contacts et des échanges

réguliers par courrier électronique ont été relancés pour le réseau régional de jeunes.

Dans le cadre de la Journée de la jeunesse dans l’État de l’Orissa, du Punjab et de l’Uttar Pradesh,

des réunions de groupes de jeunes ou de comités de jeunes étaient organisées. Le Tamil Nadu a conduit

un séminaire de sensibilisation aux enjeux posés aux jeunes dans les secteurs de l’IBB et une réunion

de la section jeunes était organisée par le TCWF. TKTMS a distribué 1000 jeunes arbres destinés à la

plantation lors de réunions distinctes.

Une marche était organisée aux Philippines ainsi qu’une manifestation dénonçant les conditions de

santé et de sécurité appliquées chez Hanjin, devant le ministère du Travail et de l’Emploi, suivie d’une

manifestation de soutien au projet de loi proposé en matière de santé reproductive.

Amérique latine et Caraïbes

Créé en 2009, le réseau régional bénéficie d’une forte dynamique; il a renforcé la position des jeunes

dans la région et au sein des syndicats participants. La Conférence régionale menée en 2010 au Costa

Rica recommandait la création d’un groupe de jeunes au sein de l’IBB afin d’assurer la continuité en

termes de participation de cette tranche d’âge dans le cadre des structures syndicales. Elle revendiquait

en outre l’introduction de quotas pour les jeunes dans les listes des Comités exécutifs, tout en respectant

les particularités de chaque pays (par ex. la présence d’au moins 100 nouveaux jeunes dirigeants

syndicaux en Amérique latine et aux Caraïbes).

Le groupe de jeunes s’est réuni à Santo Domingo et à Buenos Aires et il a lancé la campagne

«Working the present, building the future» (Travailler pour construire l’avenir). Il s’agissait avant tout de

soutenir la non-violence à l’égard des femmes et d’intégrer la question des jeunes à la négociation

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RAPPORT D’ACTIVITÉs 2010-2013 | 1 - 5 décembre 2013 | Bangkok | Thaïlande

collective. Les syndicats se sont montrés très actifs durant la période, et notamment UECARA Argentine,

FOCOTECMAC Colombie, SUNTRACS Costa Rica, SOICSES El Salvador, SITARINCESHA Honduras,

FITCMN Nicaragua, AMACOA, FETRACOM et FENTICOMMC, République dominicaine.

Le 1er Festival régional des jeunes, organisé à Melgar, Colombie, en 2012, a permis de formuler des

principes directeurs destinés à régir le développement des politiques centrées sur la jeunesse. L’un de

ces principes se rapporte à la mise en œuvre de la campagne « youth building the future » (« Les jeunes

construisent l’avenir ») qui encourage, depuis l’été 2012, l’organisation et la participation active des

jeunes travailleurs et des jeunes travailleuses dans les syndicats aux niveaux national et régional.

Europe

Allemagne: Plusieurs activités ont été menées à l’instar du festival Sunrise en 2010 et 2012, à

l’occasion duquel les jeunes ont donné un carton jaune à la FIFA dans le cadre de la Coupe du monde de

football en Afrique du Sud et appelé celle-ci à prendre ses responsabilités afin d’assurer le respect des

normes sociales dans le cadre de l’organisation des matchs. Le festival Sunrise a rassemblé quelque

250 jeunes travailleurs des secteurs où opère IG-BAU. Il s’agissait pour beaucoup d’une première

expérience de rassemblement syndical. IG Bau a par ailleurs organisé une conférence sur les jeunes ainsi

qu’une campagne sur les thèmes des retraites, de la sécurité au travail et de la formation professionnelle

fondée sur une éducation plus qualitative.

Balkans: Le syndicat de la construction et la sylviculture au Monténégro a créé un réseau social

pour les jeunes membres et exploité les réseaux existants sur les EMN. Le syndicat macédonien de la

construction a proposé une formation à de jeunes membres et à des employés d’EMN, et un Comité

d’entreprise européen (CEE) incluant des jeunes a été mis en place. Le syndicat de la sylviculture SIDEMK

a organisé un rassemblement de jeunes travailleurs en 2010.

Le syndicat de la sylviculture croate a formé une section de jeunes et le syndicat albanais a élaboré des

modules et mené des programmes de formation à l’attention des jeunes. Le syndicat SGH a constitué

une section de jeunes en 2010 et le CFU en 2011. Une page Facebook a également été créée et les

jeunes ont produit quelques brochures.

Le syndicat de la sylviculture serbe (SSSPD) a constaté que plus de 70 % de ses membres étaient âgés

de plus de 50 ans et il a de ce fait mis l’accent sur la sensibilisation aux problèmes affectant les jeunes,

au travers de la formation et la mise en réseau des jeunes serbes avec l’Europe.

Une conférence pan-européenne conjointe sur les jeunes a eu lieu en 2009 afin de mettre en lumière

les enjeux liés aux formes d’emploi précaire et les meilleures pratiques des affiliés en Europe. Un forum

d’échange d’expériences entre jeunes issus d’Europe de l’Est et de l’Ouest était du reste organisé en

2010.

Asie centrale et Transcaucasie: En 2009, plus de 100 jeunes syndicalistes issus de la sous-région

Asie centrale et Transcaucasie ont participé à des ateliers de formation dédiés aux jeunes. En 2010, 180

jeunes syndicalistes y ont pris part et ont mis en pratique les nouvelles compétences ainsi acquises en

se lançant dans des campagnes d’organisation et des activités de négociation collective. La plupart des

syndicats ont mis en place des comités nationaux de jeunes. Plus de 7800 membres ont été recrutés en

Azerbaïdjan, au Kazakhstan, au Kirghizstan et au Tadjikistan en 2010, contre 4500 en 2009.

Pays nordiques: Les pays nordiques ont proposé bon nombre d’ateliers sur le thème de l’organisation;

la question des jeunes figure également en bonne place dans les conventions collectives. En outre, NBTF

organise chaque année un camp de jeunes. En 2013, l’IBB a organisé un festival dédié aux jeunes.

Formation des jeunes et université d’été: L’Université d’été mondiale pour les jeunes de l’IBB

a permis à une cinquantaine de jeunes syndicalistes issus des quatre coins du globe d’apprendre,

partager, échanger et débattre au sujet de la mondialisation, des politiques néolibérales et de l’impact

de la mondialisation sur les travailleurs, sur les syndicats, et sur la nature même du travail accompli

dans les secteurs de l’IBB. Il s’agissait également de se pencher sur les alternatives à la mondialisation

et les moyens de renforcer le mouvement syndical mondial en vue d’instaurer des changements

réellement constructifs. Les sessions étaient centrées sur la mondialisation et le nouveau capitalisme, la

mondialisation et le travail, les industries mondiales de la sylviculture et la construction, les mouvements

sociaux mondiaux, le syndicalisme mondial et les stratégies et outils en faveur de l’engagement.

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RAPPORT D’ACTIVITÉS 2010-2013 | 1 - 5 décembre 2013 | Bangkok | Thaïlande

Festival mondial de l’IBB pour les jeunes travailleurs: Près de 350 jeunes travailleurs issus des

quatre coins du globe étaient réunis en juin 2013 à l’occasion du festival mondial de jeunes à Maierhöfen

en Allemagne, afin d’échanger leurs expériences par rapport à diverses questions touchant cette

catégorie de travailleurs dans les secteurs de l’IBB. L’événement a favorisé les échanges interculturels et

s’est déroulé dans la bonne humeur et en musique. Les jeunes ont du reste évoqué des actions qu’ils

avaient entreprises afin d’améliorer les conditions sur le lieu de travail, au sein de leurs communautés et

dans leurs pays, ainsi que pour améliorer la formation professionnelle. Un blog et une page Facebook ont

été publiés pour l’événement, proposant des entretiens, des photos et des vidéos.

Travail des enfants

La question du travail des enfants est une priorité pour les affiliés de l’IBB depuis plus de dix ans

maintenant. Le projet démontre depuis longtemps son efficacité dans le domaine de l’organisation des

travailleurs non organisés, à l’instar des travailleurs des fours à briques, des chantiers de construction

et de la sylviculture, et il permet aujourd’hui des réalisations dépassant de loin sa finalité première, qui

était de scolariser les enfants travailleurs. Le projet a permis aux syndicats partenaires de mener des

campagnes efficaces et de faire pression en faveur des droits et des avantages des travailleurs; plusieurs

résultats positifs ont ainsi été atteints.

Inde: Au niveau politique, des efforts conjoints ont abouti à un amendement de la législation nationale

sur le travail des enfants, interdisant toute forme de travail pour les enfants âgés de 14 ans et moins, ainsi

que l’emploi d’enfants de 18 ans et moins dans les secteurs dits à risque. Dans le cadre du programme

de scolarisation mis en place par l’IBB, 1987 enfants, dont 928 filles, sont actuellement scolarisés

dans 20 écoles contre le travail des enfants en Inde, et plus de 3000 enfants ont intégré les écoles du

gouvernement. 440 enfants, dont 277 filles, issus de classes supérieures, et des jeunes chômeurs de la

communauté ont participé à des initiatives de formation professionnelle dans le domaine de la menuiserie

et du façonnage de vêtements dans une sélection d’écoles destinées aux enfants qui travaillent en Inde.

La base de membres s’est étoffée avec l’inclusion de 120 497 nouveaux membres. Désormais, 30

villages et 882 fours à briques ont renoncé à la main-d’œuvre enfantine dans cinq états. La coopération a

été renforcée avec diverses parties prenantes, comme avec l’All India Primary Teachers Federation sur le

thème de l’éducation; l’All India Brick & Tile Manufacturers Federation dans le cadre des efforts conjoints

de plaidoyer dans l’industrie des fours à briques, et aux côtés de V.V. Giri National Labour Institute, du

ministère du Travail et de l’Emploi, pour ce qui est de la collaboration dans le cadre du projet national sur

le travail des enfants et les autres programmes connexes.

La ministre finlandaise du Logement en visite dans les écoles. Au début de l’année 2013, l’affilié de

l’IBB UPGMS, dans l’Uttar Pradesh (État le plus peuplé de l’Inde), a reçu la visite de la ministre finlandaise

du Logement et de la Communication. Cette visite a fait l’objet d’une vaste couverture médiatique.

UPGMS a évoqué avec la ministre le travail syndical ainsi que le contexte scolaire. Le syndicat a

également fait part des préoccupations particulières du vaste secteur non organisé et des efforts

accomplis en faveur des droits des travailleurs.

Marathon de Schimmert: Depuis 2012, l’IBB participe activement au marathon organisé par la

fondation néerlandaise « Stichting Child Learn », qui soutient les écoles pour enfants travailleurs de l’IBB

en Inde. L’IBB assure la promotion de l’événement sur son site Web, au travers d’articles et de vidéos,

afin de susciter l’intérêt de ses membres à travers toute l’Europe. Quelques membres du personnel de

l’IBB à Genève ont même participé aux éditions de 2012 et 2013. Profitant de la tenue du marathon

immédiatement après la clôture du festival des jeunes en 2013, l’IBB a réussi à attirer certains jeunes

participants.

Projet conjoint avec GDF Suez: Depuis mai 2012, l’IBB participe activement au Comité de pilotage «

Rassembleurs d’Energie » de GDF Suez, une nouvelle initiative destinée à promouvoir l’accès à l’énergie

pour les communautés pauvres du monde entier. Dans ce contexte, l’IBB a choisi d’adopter une

approche plus active en établissant un projet conjoint en faveur des écoles contre le travail des enfants

en Inde, à Jodhpur, au Rajasthan. Une mission était organisée en milieu d’année 2013 dans le but

d’analyser les besoins précis en énergie solaire pour les travailleurs des carrières de pierre dans le village.

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RAPPORT D’ACTIVITÉs 2010-2013 | 1 - 5 décembre 2013 | Bangkok | Thaïlande

Le projet bénéficiera de l’expertise technique de GDF Suez, au profit de l’école, du centre sanitaire et des

travailleurs adultes dans les rues, compte tenu du nombre très réduit de panneaux solaires actuellement

installés dans la région.

Certification des pierres: L’Inde compte parmi les principaux producteurs de matières premières

minérales et elle occupe la troisième place en termes d’exportation mondiale de pierres. En Inde, le

Rajasthan figure parmi les principaux producteurs et exportateurs de pierres naturelles. L’industrie de la

pierre emploie des milliers de travailleurs et présente un incroyable potentiel d’organisation. En Inde, l’IBB

collabore étroitement avec son affilié, le JJPKMS à Jodhpur, afin d’améliorer les conditions de travail dans

les carrières de pierre, et elle propose des services d’éducation gratuite pour les enfants des travailleurs

ainsi que des bilans de santé, dans le but d’améliorer les conditions générales de vie au sein de la

communauté.

Au niveau international, les « labels sociaux » ou les programmes de certification ont un rôle majeur

à jouer en assurant le respect des normes fondamentales du travail et en garantissant des conditions

de travail décentes, notamment dans les carrières de pierres destinées à l’exportation en Inde. Les

programmes de certification permettent aux importateurs comme aux exportateurs de pierres de

solliciter la certification de leur matériel, à la condition de mettre en œuvre des clauses sur les normes

fondamentales du travail, ainsi que la santé et la sécurité. L’IBB est membre du Comité de pilotage de

TFT. L’IBB et JJPKMS, par l’entremise de Khuntia, membre du Comité mondial de l’IBB et Membre du

Parlement indien, ont demandé au ministre en chef du Rajasthan d’inclure les carrières de pierres et les

ouvriers qui y travaillent dans le Comité d’action sociale de l’État pour les travailleurs de la construction.

Cette démarche devrait largement contribuer à réduire les problèmes rencontrés par les ouvriers des

carrières de pierres, en leur permettant d’accéder à des avantages et des prestations sociales adaptées.

Népal: Les cinq écoles dédiées aux enfants des travailleurs migrants répondent aux besoins de 283

enfants, dont 137 filles. 180 enfants ont été intégrés au cours de la période concernée par le présent

rapport. La formation professionnelle des femmes et des jeunes travailleurs est une priorité au Népal et

105 travailleuses ont bénéficié d’une formation dans le domaine de la maçonnerie et la construction de

murs en briques. Les efforts syndicaux ont permis l’inclusion de 12 615 nouveaux membres au cours de

cette période. Dans le cadre des efforts d’organisation et de défense des droits des travailleurs migrants

transfrontaliers dans le secteur des fours à briques, un protocole d’entente a été signé le 11 novembre

2011 entre l’IBB, NAC (Népal) et HKMP (Inde).

Bangladesh: La stratégie a été reproduite en 2011 avec la création de deux écoles contre le travail des

enfants. Au total, 99 enfants, dont 54 filles, étudient dans les deux centres préparatoires et 68 enfants

ont déjà intégré des écoles du gouvernement. Les efforts syndicaux ont permis l’inclusion de 21 697

nouveaux membres au cours de cette période.

Journée contre le travail des enfants: Chaque année, l’IBB produit des vidéos tournées dans les

écoles contre le travail des enfants ou des entretiens avec des enseignants ou des élèves. Quelque 2000

visiteurs ont consulté ces vidéos sur le site Web de l’IBB.

8. Nouvelle approche dans le domaine de la communication

L’IBB adopte une stratégie de communication

En réponse à ses objectifs politiques, l’IBB a mis au point une nouvelle approche basée sur une

stratégie de communication claire. Cette nouvelle approche de la communication a suscité des résultats

positifs:

• L’IBB est considérée comme dynamique et utile pour les travailleurs du bâtiment et du bois.

• La presse s’est faite l’écho de certaines affaires traitées par l’IBB à travers le globe, à

l’instar de Holcim et IKEA.

• Le site Web connaît désormais un intérêt accru auprès du public cible dans le monde entier

(20 000 visiteurs par mois pour les périodes de forte affluence).

• Hausse de la participation aux campagnes de solidarité en ligne.

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RAPPORT D’ACTIVITÉS 2010-2013 | 1 - 5 décembre 2013 | Bangkok | Thaïlande

• Progression de l’échange d’informations au sujet des questions clés, d’un continent à un

autre ou sur le même continent.

• Amélioration des canaux internes de communication de manière à garantir que tous les

employés contribuent à la réalisation des objectifs de l’organisation, au sein de l’IBB et

entre le Secrétariat, les bureaux régionaux et les bureaux de projets.

La stratégie de communication de l’IBB vise avant tout à transmettre une image cohérente de

l’organisation dans le monde. Pour ce faire, des directives relatives à l’image de marque de l’IBB ont été

élaborées, avec le soutien d’une société de communication de renommée mondiale. Ainsi au cours des

quatre dernières années, l’IBB a délivré des messages cohérents aux quatre coins du globe, à l’occasion

de réunions statutaires, de séminaires, et via son site Web et ses blogs.

Le site Web, plate-forme de communication essentielle

Le site Web était considéré comme la plate-forme de communication la plus importante pour

l’organisation puisqu’il est proposé en 6 langues. Un site en chinois a également été lancé. L’IBB a

régulièrement publié des nouvelles en ligne et elle a cherché à étendre les listes de diffusion. À cette fin, le

siège a travaillé en étroite collaboration avec les collègues dans les régions. L’IBB a également restructuré

et remanié son site Web et des rubriques sur la migration et les femmes ont été créées.

L’IBB a étoffé le nombre d’auteurs pour le Web et leur a accordé des droits d’accès après avoir fourni

des instructions quant à la rédaction d’articles sur le Web. Les membres statutaires peuvent désormais

accéder au site par l’intermédiaire d’un portail dédié aux membres. Ces derniers peuvent ainsi consulter

divers documents présentés lors des réunions statutaires, ce qui a entraîné une hausse du nombre

de contributions reçues de la part des affiliés à travers le globe. L’IBB a augmenté le nombre de ses

destinataires à 20 000, en ce compris les membres et les organisations fraternelles. Nous devons

poursuivre sur cette lancée afin de nous faire entendre.

L’IBB a continué à répondre présente dans le cas de nombreuses demandes de solidarité émanant

des affiliés. À cet égard, elle s’est appuyée sur son site Internet dans le cadre des campagnes de

solidarité en ligne, notamment concernant IKEA aux États-Unis (120 000 signatures), Holcim en Inde, le

Travail précaire au Gabon, Arauco au Chili (2000 signatures) et Ratko Mitrovic en Serbie. Certaines de

ces campagnes ont été soutenues au travers de partenariats avec Labour Start ou American Rights at

Work. L’Internet a également permis à l’IBB d’échanger des informations au sujet de sa participation à la

Conférence internationale du travail, en particulier dans le cadre du dépôt de plaintes auprès du Comité

de la liberté syndicale de l’OIT, en lien avec la Corée du Sud, le Japon, le Cambodge, l’Inde, le Qatar,

ou dans le cadre des observations soumises à la Commission d’experts de l’OIT pour l’application des

conventions et recommandations, concernant la Suède et le Qatar.

De nouveaux outils de communication

La stratégie de l’IBB était également centrée sur l’exploration de nouveaux outils de communication tels

que les blogs, Facebook, les podcasts et les réseaux transfrontaliers.

Plusieurs blogs ont été créés:

La crise financière et économique: Il s’agissait de publier des articles sur l’impact de la crise sur les

travailleurs et leurs syndicats à travers le monde, et essentiellement en Europe.

Campagne dans le domaine du sport: L’accent mis sur la Coupe du monde 2014 au Brésil a suscité un

vif intérêt.

BWI Connect: Des articles en anglais, français et espagnol sont régulièrement publiés au sujet des

travaux menés par l’IBB sur le thème de la migration, de même que des articles mettant en exergue la

situation critique des travailleurs migrants dans le monde.

MultiWatch: L’accent était mis sur les travailleurs d’IKEA à Danville, États-Unis, les usines de

Swedwood en Turquie, Pologne, Hongrie et Russie, ainsi que sur Holcim en raison des campagnes de

l’IBB. Plus récemment, le blog a publié des informations sur Kronospan, qui ne respecte pas les normes

du FSC et du PEFC ou les normes de santé et sécurité.

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RAPPORT D’ACTIVITÉs 2010-2013 | 1 - 5 décembre 2013 | Bangkok | Thaïlande

Quelques pages Facebook ont été créées:

IKEA: La page a suscité beaucoup d’intérêt auprès des membres et du public. Elle a contribué à faire

connaître la campagne de l’IBB dans le monde entier.

Festival pour les jeunes: Des pages ont été créées à des fins de promotion deux mois avant le

lancement de l’événement de manière à attirer davantage de jeunes au festival.

De nombreuses vidéos ont été réalisées sur des thèmes divers aux niveaux mondial et régional:

Allocution du Secrétaire général au Conseil mondial: Le rapport du SG est désormais présenté de façon

plus moderne, en mettant en avant les points clés de la période couverte par ledit rapport.

Journée internationale de commémoration des travailleurs: Le 28 avril chaque année, l’IBB présente sur

son site Web diverses vidéos reçues des régions. Toutes les vidéos sont sous-titrées en anglais, français

et espagnol.

Journée internationale de la femme: Le 8 mars, l’IBB a donné la parole aux femmes de ses secteurs

(BWI Women Voices) au travers de plusieurs vidéos exposant les questions les plus importantes touchant

les travailleuses du monde entier. Chaque année, ces spots vidéo génèrent plus de 2000 visites par jour.

Journée contre le travail des enfants: Le 12 juin, des vidéos portant sur des écoles pour enfants

travailleurs ont été postées sur le site. Certaines représentaient les enfants et leurs enseignants dans les

écoles. Dans le cadre d’une conférence organisée via Skype à l’occasion du Marathon de Schimmert aux

Pays-Bas en 2012, des enfants néerlandais ont eu la possibilité d’échanger avec des enfants indiens de

ces écoles.

Projets d’infrastructure: L’accent était mis sur la stratégie de l’IBB et l’engagement à travers le globe.

Multinationales: Les vidéos mettaient en avant la stratégie et les campagnes telles qu’IKEA.

Mobiliser les membres et la presse grâce aux campagnes

Nous exploitons désormais nos ressources de manière plus efficiente et efficace pour mobiliser les

travailleurs du bâtiment et du bois et engager la presse sur des questions clés d’importance pour nos

membres. L’IBB a répondu à de nombreuses demandes de solidarité, y compris via les campagnes sur

Holcim et IKEA.

En Suisse, la sensibilisation sur l’affaire Holcim favorise le dialogue social:

En juin 2012, Pragatisheel Cement Shramik Sangh (PCSS) a effectué une tournée de deux semaines à

travers la Suisse afin d’attirer l’attention sur les graves violations des droits des travailleurs contractuels

commises par Holcim Cement dans la région de Chhattisgarh en Inde. Suscitant un certain émoi dans

les médias suisses, PCSS ainsi que le syndicat suisse UNIA et l’organisation suisse des droits humains

MultiWatch, l’organisation de solidarité Solifonds, l’IBB et l’ICEM ont renforcé la sensibilisation à travers

divers canaux. PCSS a rencontré le Point de contact national de l’OCDE en Suisse. L’IBB a également

attiré l’attention sur la démarche de PCSS à l’occasion de la Conférence internationale du Travail. Des

événements publics à Zurich, Berne et Genève ont gâché les célébrations du 100ème anniversaire

d’Holcim.

Holcim est le plus grand producteur de ciment en Inde avec des travailleurs contractuels qui

représentent 80 % de l’effectif total de la société dans les filiales d’ACC Jamul et d’Ambuja Cement. Les

employés contractuels se voient refuser l’équipement de protection approprié et sont payé un tiers de

moins que les travailleurs permanents. Ils ne bénéficient pas de prestations sociales appropriées et voient

leurs droits d’organisation et de négociation collective considérablement réduits.

La pression mondiale a contraint Holcim à prêter attention à ces violations en Inde. L’IBB et l’ICEM ont

rencontré le Directeur Général d’Holcim et Holcim a pris part à la réunion du réseau syndical de l’IBB pour

le secteur des matériaux de construction et les multinationales en Amérique latine. Holcim a également

proposé la conclusion d’un accord mondial relatif à la santé et la sécurité avec l’IBB.

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RAPPORT D’ACTIVITÉS 2010-2013 | 1 - 5 décembre 2013 | Bangkok | Thaïlande

Chez IKEA, les salariés américains ont moins de droits que les salariés suédois

La campagne visait à imposer au géant suédois de fabrication de meubles IKEA Swedwood de traiter

ses travailleurs américains à Danville, en Virginie, à l’identique des travailleurs dans son pays d’origine, la

Suède. L’IBB veut que les travailleurs d’IKEA, où qu’ils soient, puissent avoir le droit de s’organiser et de

négocier, y compris aux États-Unis. Le syndicat affilié à l’IBB aux États-Unis, l’Association Internationale

des Machinistes et des Travailleurs de l’Aérospatiale (IAMAW), n’a jamais été autorisé à pénétrer dans

l’usine de Danville et à informer les employés de leurs droits d’adhérer au syndicat. L’IBB a demandé

à IKEA/Swedwood de respecter les normes internationales du travail. L’IBB a signé un accord-cadre

mondial avec IKEA en 1999.

Les travailleurs de Swedwood s’étaient prononcés en faveur de leur première convention collective lors

d’un vote organisé le 17 décembre 2011 à Danville, et l’accord allait entrer en vigueur le 1er janvier 2012.

Au terme d’une lutte menée pendant trois ans, 76 % des travailleurs ont voté en juillet pour adhérer à

l’IAMAW.

En 2012, Per-Olof Sjoo, Vice-Président de l’IBB et Président du syndicat suédois GS, s’est vu remettre

le prix Eleanor Roosevelt pour les droits de l’homme en raison de ses efforts entrepris pour le compte

des travailleurs d’IKEA à Danville. Le prix était décerné par une ONG indépendante, American Rights at

Work. Per-Olof est le premier citoyen non américain à le recevoir.

Faire connaître le travail de l’IBB

L’IBB considère en outre qu’il est nécessaire de faire connaître sa stratégie au sujet des

diverses questions qu’elle aborde. Pour ce faire, elle a recouru aux moyens suivants:

• Flashes d’information sur l’IBB, les campagnes, les multinationales, le travail des enfants, la

migration, le sport

• Documents d’information sur les multinationales et les projets d’infrastructure dans le cadre

des conférences de premier plan à Madrid et sur le changement climatique pour COP et Rio

+20

• Brochures sur les multinationales, les projets d’infrastructure, les multinationales chinoises,

la migration, le bois et la sylviculture, le travail des enfants et le travail précaire

• Cartographie sur les multinationales et la migration

• Recherches sur les jeunes et les multinationales chinoises

9. Renforcement de capacités à l’échelle mondiale et régionale

En tant qu’organisation mondiale forte de 340 affiliés dans 130 pays, et dotée de structures

opérationnelles et politiques dans les cinq régions continentales du monde, l’IBB requiert des capacités

considérables pour fonctionner et atteindre ses objectifs. Au-delà de la question des membres et du

champ d’activités de l’organisation, l’IBB est tenue de gérer 45 à 50 projets par an aux côtés de 15 à

20 organisations donatrices. Une synergie entre les compétences des syndicats et celles du Secrétariat

mondial (55 membres environ) peut garantir le bon fonctionnement de l’IBB en tant que syndicat mondial.

C’est la raison pour laquelle le renforcement de capacités à l’échelle mondiale et régionale figurait au

nombre des grandes priorités définies pour cette période intercongrès.

Le principal instrument pour y parvenir est le système « Building Regional Capacity » (BRC, pour

Renforcement des capacités régionales). Il s’agit d’un projet d’intervention mondial qui vise à développer

les capacités régionales de l’IBB en matière de gestion de projets et de services organisationnels.

L’administration d’une fédération syndicale mondiale est subordonnée à des exigences très strictes,

notamment en raison de la limitation des ressources et du nombre substantiel de projets. Ce faisant,

il est impératif de mettre en place des systèmes de travail efficients et efficaces, et de développer

les compétences du personnel. En complément du BRC, l’IBB a élaboré une initiative répondant à

l’acronyme FIDES:

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RAPPORT D’ACTIVITÉs 2010-2013 | 1 - 5 décembre 2013 | Bangkok | Thaïlande

• Fonctionnellement efficace dans le développement et la gestion de projets

• Intégration de la coordination de réseau

• Dynamisme et réactivité des campagnes régionales

• Efficacité des politiques de négociation

• Suivi de la coordination mondiale

Dans son ensemble, le BRC repose sur les interventions du domaine organisationnel et des ressources

humaines déjà menées par l’IBB en vue d’améliorer les capacités des bureaux régionaux (BR), et qui se

répercuteront en retour sur les capacités mondiales. Initialement, l’IBB a développé les capacités des

bureaux régionaux dans les domaines de la gestion et du développement de projets, ainsi que de la

planification stratégique. Elle a souhaité aller plus loin encore à cet égard en développant des structures

régionales décentralisées et plus fortes (mais coordonnées à l’échelle mondiale).

Aux fins de ces développements organisationnels, le BRC a mis en place le Programme de

renforcement de capacités des bureaux régionaux afin de permettre au personnel comme à l’organisation

d’agir efficacement, de coordonner et de superviser leurs rôles et responsabilités, notamment dans le

domaine des campagnes et des activités de plaidoyer industrielles, du développement et de la gestion de

projets, de l’organisation syndicale, des finances et de l’administration. Cinq composantes stratégiques

ont été mises en œuvre pour atteindre cet objectif: définir une vision, scanner, programmer, renforcer

les capacités et superviser. Ce faisant, l’IBB a procédé aux interventions structurelles requises pour

permettre aux bureaux régionaux d’agir efficacement en qualité de syndicat mondial interdépendant et

dûment coordonné.

Le second Congrès de l’IBB en décembre 2009 a établi un nouveau leadership encadré par un Plan

stratégique à appliquer sur fond de crise financière mondiale, d’animosité constante de la direction à

l’encontre des syndicats et de fluctuation de la situation économique dans les pays clés abritant des

affiliés de l’IBB. Les tendances alarmantes en matière de coopération pour le développement syndical

sont d’autres facteurs essentiels qui ont imposé une redéfinition du travail des syndicats mondiaux en

cette période difficile.

En outre, la rotation du personnel de l’IBB affecte la cohérence de fonctionnement de l’organisation.

Au cours de la dernière période intercongrès 2005 – 2009, 6 cadres clés dans les régions ont quitté l’IBB

pour intégrer l’OIT ou des organismes donateurs. Le départ à la retraite de 2 anciens collègues en Asie et

l’élection du Représentant pour l’Asie au poste de Secrétaire général (SG), remplacé dans ses fonctions

par le Responsable régional Éducation, ont contribué à la transition opérationnelle de l’IBB dans la quasitotalité

des régions.

L’année 2010 s’est ouverte avec la tenue d’un atelier mondial dédié au personnel, afin de rendre

opérationnelles les décisions prises lors du Congrès. Le nouveau SG a ainsi eu la possibilité d’interagir

avec le personnel et de restructurer le Secrétariat mondial en vue de répondre aux objectifs et

aux priorités. Les dix priorités pour 2010 (TEN 4 2010) ont été formulées et le document publié en

conséquence est devenu la liste des priorités à respecter pour la période intercongrès.

La toute première réunion mondiale du personnel était une réussite sur le plan politique mais aussi sur

le plan organisationnel dès lors qu’elle a favorisé une démarche participative afin de formuler et détailler le

Plan stratégique sur la base des décisions du Congrès et des estimations opérées par le Secrétariat. La

discipline en matière de gestion objective du processus de définition des objectifs et de planification s’est

vue renforcée au travers de la réunion mondiale. Le Secrétaire à l’Éducation et le Responsable du Plan

2010 ont été nommés.

Forte de ce nouvel élan, l’IBB a mis en œuvre des systèmes BRC régionaux en 2 étapes, la 1ère axée

sur les questions opérationnelles et la 2nde davantage sur la définition d’une vision et la planification à

l’échelle régionale, à l’appui des décisions prises dans le cadre du Comité mondial et du Conseil mondial.

Les sessions de 2010 ont permis de bons ajustements en termes de résolution de problèmes et de

réduction des goulets d’étranglement opérationnels.

Ces sessions BRC ont du reste officialisé la nouvelle structure décidée lors de la réunion mondiale

du personnel. L’organisation mondiale et régionale commune inclut désormais l’Équipe en charge des

Politiques, l’Équipe des Projets et de la Communication, ainsi que l’Équipe Administration-Finances.

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RAPPORT D’ACTIVITÉS 2010-2013 | 1 - 5 décembre 2013 | Bangkok | Thaïlande

Une formation en matière de gestion financière était proposée afin de générer des idées pour la base

de données sur la gestion de projets (Project Management Database, PMD), qui devrait permettre aux

bureaux d’élaborer les rapports financiers en temps opportun, tout en renvoyant une image holistique de

chaque projet.

Un instrument d’évaluation interne a également été mis en place. Le Project Management Criteria Scan

(PMC Scan) a évalué le niveau des performances régionales à 82 % - 87 %, ce qui valide les notations

généralement très bonnes reçues des divers partenaires de projets.

2011 était une année décisive puisqu’elle a marqué la fin de la première année de mandat du nouveau

Secrétaire général. L’institutionnalisation des objectifs politiques devait s’appuyer sur un secrétariat très

présent, à différents niveaux. C’est dans ce contexte que le BRC s’est présenté comme un impératif

puisqu’il définit la vision et la stratégie à adopter au siège et au niveau régional. Ici, les qualifications et les

compétences du Secrétariat doivent être en adéquation avec les demandes spécifiques découlant des

objectifs stratégiques et tactiques.

En outre, l’approche politique appliquée dans l’industrie a bénéficié d’une attention accrue. Les projets

ont été davantage ancrés dans les approches sectorielles plutôt que de se limiter simplement à des

sélections géographiques et des choix de pays. Cela signifie que les marchés du travail, les institutions de

dialogue social et l’importance des industries de l’IBB ont défini de nombreuses actions et interventions

politiques.

Le BRC a été mis en œuvre dans le contexte d’une importante Conférence de l’IBB sur la Coopération

au développement II, tenue à Berlin en amont de la Réunion mondiale sur le BRC. Cette conférence a

généré des contributions concrètes aux fins du processus de renforcement de capacités de l’IBB, grâce

à la participation de plus de 15 partenaires de projets et affiliés. L’IBB a ainsi pu assurer la planification

des projets à venir tout en bénéficiant de conseils quant au développement de nouveaux projets. La

conférence, ainsi que la réunion mondiale du personnel sur le thème du BRC - qui a eu lieu dans son

sillage, ont abouti à la production d’une feuille de route globale sur le travail de l’IBB.

Dans le même temps, un catalogue de projets a été mis en ligne sur le site Web afin de fournir aux

syndicats et à la direction un aperçu des divers projets de l’IBB.

Les nouvelles demandes de travail à l’échelle mondiale requièrent une amélioration des compétences

des personnels clés. Des cours de remise à niveau sur la méthode du cadre logique (Logical Framework

Approach, LFA) étaient proposés dans les bureaux régionaux d’Asie, d’Europe et d’Afrique, afin de doter

les intéressés de compétences plus spécifiques en matière de gestion de projets. La PMD a finalement

été lancée à titre pilote en Asie, et d’autres régions ont suivi le pas en commençant à utiliser cet outil de

gestion de projet.

Les activités menées ultérieurement sur le thème du BRC ont davantage mis l’accent sur les affiliés

de l’IBB. Si la planification interne des ressources humaines présente un caractère décisif, l’IBB doit

toujours prendre en considération les affiliés, puisque ce sont eux finalement les principaux acteurs

dans le processus de réalisation des objectifs de l’organisation. Un des exercices proposés consistait

à identifier les « syndicats moteurs ou vecteurs de croissance » au sein de chaque sous-région. Cela a

permis au Secrétariat de cibler ses activités sur les syndicats très performants via lesquels une hausse

des cotisations peut être réalisée, et d’identifier de futurs partenaires de projets susceptibles de délivrer

des résultats concrets, d’initier des actions novatrices et de gérer les projets en parfaite autonomie. Cette

approche a instauré un dialogue entre les directions régionales et le Secrétariat – intensifiant ainsi la

coordination du processus de renforcement de capacités aux différents niveaux de l’organisation.

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RAPPORT D’ACTIVITÉs 2010-2013 | 1 - 5 décembre 2013 | Bangkok | Thaïlande

10. Durabilité financière mondiale et régionale

L’objectif était d’améliorer la durabilité financière des activités et opérations régionales de l’IBB au cours

de la période intercongrès, via les mesures suivantes:

• Collecte de fonds en faveur du Fonds pour des projets durables, syndicalisations et

campagnes (SPOC) et diversification des Organisations de soutien et de solidarité avec les

syndicats (Trade union solidarity support organizations, TUSSO)

• Forts du soutien des Présidents et Comités régionaux, les Bureaux régionaux font le

nécessaire pour accroître les cotisations de 10 %.

Fonds pour des projets durables, syndicalisations et campagnes (SPOC)

En dépit du déclin attendu des financements à venir, les TUSSO et les affiliés continuent de soutenir le

plan stratégique de l’IBB au travers des projets.

Financements reçus: 2009-12 - CHF 20,95 millions (via 31 TUSSO).

En juin 2010, dans le cadre des Dix priorités pour 2010, « Mobilisation des ressources, Cotisations et

Durabilité financière », le Comité mondial de l’IBB a approuvé le lancement du Fonds pour des projets

durables, syndicalisations et campagnes (Fonds « SPOC »).

Le Fonds SPOC a été créé à partir de la clôture et du transfert de différentes réserves existantes, ainsi

que de l’affectation d’une partie de l’excédent 2009. Le Fonds est encadré par le Plan stratégique de

l’IBB voté lors des congrès et le Comité mondial a approuvé les lignes directrices le 2 décembre 2010.

Une enveloppe de CHF 2 millions du Fonds général de l’IBB a été affectée à la Réserve du fonds SPOC

dans le bilan.

2010-12 Le SPOC a levé un montant total de CHF 303 755 (dons, intérêts)

2010-12 Dépenses SPOC - CHF 72 337 (Activités mondiales liées à la migration)

• 31.12.2012 Fonds disponibles en vue des projets SPOC - CHF 231 418

Durabilité régionale

On observe une progression très claire de la capacité des régions à assurer la durabilité de leurs

propres opérations régionales. Si l’adhésion a reculé en Europe et en Amérique du Nord, elle est restée

stable en Asie/Pacifique; par rapport à 2008, le nombre de membres cotisants a augmenté de plus de 40

% dans la région Afrique/MOAN et de plus de 216 % dans la région Amérique latine/Caraïbes.

Dépendance vis-à-vis de l’IBB Monde %

Amér. lat. & Car. 2006-2008= 57% 2009-2012= 54% 2012= 52%

Asie & Pacifique 2006-2008= 26% 2009-2012= 13% 2012= 8%

Afrique & MOAN 2006-2008= 31% 2009-2012= 3% 2012= -20% *1

*1-20 %: L’IBB Monde n’a pas contribué à la région Afrique en 2012. L’Afrique s’est appuyée sur les

cotisations de sa propre région, revenus régionaux et contributions de projets. L’excédent net (-20 %) sert

à d’autres régions et à l’IBB Monde.

Opérations régionales financées grâce aux cotisations régionales en %

Amér. lat. & Car. 2006-2008= 16% 2009-2012= 22% 2012= 26%

Asie & Pacifique 2006-2008= 19% 2009-2012= 23% 2012= 25%

Afrique & MOAN 2006-2008= 30% 2009-2012= 52% 2012= 55%

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RAPPORT D’ACTIVITÉS 2010-2013 | 1 - 5 décembre 2013 | Bangkok | Thaïlande

RAPPORTS REGIONAUX

EUROPE

Les activités européennes contribuent à la stratégie mondiale de l’IBB et font partie de l’effort visant

à définir des priorités, coordonner et consolider nos diverses actions pour obtenir un impact mondial

maximal. Cela a également été assuré par des réunions conjointes régulières de l’exécutif des trois

fédérations, la Fédération européenne des travailleurs du bâtiment et du bois (FETBB), la Fédération

nordique des travailleurs du bâtiment et du bois (FNTBB) et l’IBB.

Contexte politique, économique et social général

La crise économique mondiale exerce de lourdes pressions sur le mouvement syndical à l’échelle

mondiale. De nombreux syndicats de travailleurs du bâtiment et du bois en Europe sont confrontés aux

réalités suivantes:

• Une hausse du chômage de masse, des emplois précaires et la poursuite du dumping

social sous l’impact des politiques gouvernementales néolibérales avec le soutien de la

Cour de justice européenne. Certains syndicats doivent lutter pour défendre la liberté

syndicale, comme en Belarus et ailleurs, ou connaissent de graves restrictions juridiques au

droit de recruter et de négocier collectivement, comme en Turquie.

• De graves réductions des prestations sociales (par exemple l’âge de la retraite) ainsi que

des services publics.

• Un accroissement des migrations au sein de l’Union européenne et à destination de l’UE.

En liaison avec le chômage élevé en Europe, les migrations sont et seront une source de

tensions sociales et politiques et pourraient susciter des attitudes xénophobes chez nos

membres syndiqués.

• Avec la mondialisation de l’économie capitaliste, on assiste à une restructuration croissante

des entreprises et le rôle des multinationales s’accroît dans notre secteur. La crise mondiale

du système capitaliste souligne la nécessité de réformes en profondeur des marchés

financiers, des politiques de bonus, des politiques redistributives et des marchés du travail.

• Les importants changements climatiques et les dommages subis par l’environnement vont

poser des défis dramatiques aux syndicats en termes de développement industriel durable,

d’absence de droits syndicaux et de normes du travail dans le passage à une économie

verte.

L’Europe vient d’entrer dans une nouvelle phase de récession qui entraîne une hausse du chômage:

il dépasse désormais 10% en moyenne, 23,8 millions de personnes sont sans emploi, et le taux de

chômage des jeunes est de 22,1%, soit près de 5,5 millions des moins de 25 ans. Une personne sur 4

est proche du seuil de pauvreté.

La situation n’est cependant pas la même dans tous les pays de l’UE. La situation économique d’un

certain nombre de pays reste meilleure que celle d’autres. Les fossés entre le Nord de l’Europe et

l’Europe du Sud et de l’Est se creusent. Ils rendent plus difficile l’application d’une stratégie ou d’une

politique conjointe et coordonnée. Cela vaut aussi pour les secteurs du bâtiment et du bois. Les grandes

différences dans la situation économique et sociale des divers pays renforcent encore plus les tendances

à l’isolationnisme national.

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RAPPORT D’ACTIVITÉs 2010-2013 | 1 - 5 décembre 2013 | Bangkok | Thaïlande

Les syndicats ont relevé ces défis. Ils ont fait campagne et mobilisé en faveur d’une harmonisation à

la hausse des salaires et des conditions de travail afin que les travailleurs syndiqués puissent bénéficier

de meilleures conditions et d’une meilleure protection dans tous les pays d’Europe. Des grèves, des

mobilisations de masse dans de nombreux pays européens ainsi que les grandes journées d’action

européennes organisées par la Confédération européenne des syndicats (CES) montrent la voie à suivre

pour imposer un changement de cap nécessaire.

La FETBB et l’IBB ont adopté conjointement une « Plate-forme d’action pour une Europe sociale et

verte » qui contient 23 revendications politiques fondamentales adressées aux institutions de l’Union

européenne et aux gouvernements des pays européens tant au sein de l’UE qu’en dehors de celle-ci.

Parmi ces revendications figure le lancement de programmes d’investissement pour une rénovation

écologique des bâtiments, pour des infrastructures et pour de nouvelles formes d’énergie. Elle propose

également un plan d’action européen pour supprimer tout l’amiante qui existe encore dans les bâtiments,

ainsi qu’un programme couvrant toute l’Europe pour promouvoir l’utilisation écophile du bois.

La Plate-forme souligne également la nécessité de renforcer la protection sociale et de garantir l’égalité

de traitement en maintenant le principe « à travail égal, salaire égal au même lieu ou dans la même région

géographique ». Elle réclame les amendements nécessaires à la législation primaire et secondaire de l’UE

pour maintenir ce principe. Elle demande également le respect des droits sociaux fondamentaux énoncés

dans la Charte des droits fondamentaux, qui fait partie du Traité de Lisbonne depuis le 1er décembre

2009. Elle souligne que la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’Homme doit désormais

également être respectée dans l’UE, ce qui guidera la jurisprudence future de la Cour européenne de

justice.

L’Europe s’inscrit dans le cadre de la stratégie mondiale

Le rapport d’activités suit les objectifs et les buts du Plan stratégique mondial 2010-2013 adopté par

le Congrès mondial de Lille de l’IBB en décembre 2009, en soutenant les campagnes de recrutement

permanentes, les négociations et les campagnes politiques mondiales. Les activités européennes

apportent une contribution à la stratégie mondiale et s’inscrivent dans le cadre d’un effort pour dégager

des priorités, coordonner et consolider nos diverses actions afin d’en tirer un impact mondial maximal.

Cela a également été garanti par des réunions régulières conjointes de l’exécutif des trois fédérations

FETBB, FNTBB et IBB. Ces réunions ont défini les domaines de coopération entre les trois fédérations.

L’accent a été mis sur les questions des travailleurs migrants, la défense des droits syndicaux et de la

démocratie, les emplois verts, la création d’emplois et l’emploi précaire en Europe.

Le Comité européen de l’IBB a joué un rôle important dans la conception et la mise en œuvre du Plan

stratégique mondial en abordant ces questions lors de ses réunions, comme cela ressort des principaux

sujets de discussion abordés depuis 2006:

2012 Varsovie

• Stratégies contre le dumping salarial dans toute l’Europe et nouveau « contrat social

européen »

• Transition écologique et création d’emplois en Europe dans la perspective du Pacte de

croissance

• Droits syndicaux et démocratie en Europe centrale et orientale – réponses syndicales et

attentes vis-à-vis du mouvement syndical d’Europe occidentale

2011 Madrid

• Multinationales et réseaux d’entreprises européens

• Plan d’action pan-européen 2012

• Résolution de la crise de l’euro

2010 Belgrade

• Plan stratégique et Les DIX de l’IBB pour 2010

• Emploi précaire et réponses syndicales dans les secteurs du bâtiment, des matériaux de

construction, du bois et de la sylviculture

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RAPPORT D’ACTIVITÉS 2010-2013 | 1 - 5 décembre 2013 | Bangkok | Thaïlande

2009 Lille

• Comment les syndicats peuvent-ils régler la crise financière et économique?

• Qu’avons-nous obtenu de 2005 à 2009 et la Stratégie européenne de l’IBB pour 2009 –

2013

2008 Istanbul

• Changement syndical et syndicalisation

• Mise en place de réseaux de représentants syndicaux au lieu de travail et promotion des

jeunes syndicalistes

• Réseau européen d’informations sur les travailleurs migrants (EMWIN)

2007 Palermo

• Recrutement de nouveaux membres et développement syndical – bonnes pratiques.

• Migration et développement dans le bassin méditerranéen

• Programme d’action pour l’Europe 2007 – 2008

2006 Skopje

• Développement de la coopération entre syndicats de l’IBB en Europe

• Travailleurs migrants: efforts syndicaux d’intégration et de syndicalisation/ lutte contre le

dumping social

Syndicalisation – plusieurs milliers de travailleurs recrutés sur des projets

d’infrastructure et dans des multinationales

La baisse spectaculaire du nombre de travailleurs syndiqués dans certains pays, surtout en Europe

centrale et orientale (ECO), mais aussi l’érosion continue des effectifs dans une majorité de pays d’Europe

occidentale exigent une discussion approfondie sur la manière de réagir afin d’éviter un déclin historique

de l’influence du mouvement syndical pan-européen à plus long terme.

Dans ce contexte, les activités européennes ont été liées à la campagne mondiale « Un travail décent

pour une vie décente » destinée à renforcer nos affiliés, à savoir:

• travail d’ancrage syndical et d’influence dans le contexte des ACI avec les multinationales

et en liaison avec de grands projets d’infrastructure;

• travail sur le développement syndical en liaison avec notre « campagne sportive » (EURO

2012 Pologne-Ukraine, Jeux Olympiques d’hiver 2014 à Sotchi);

• projets de coopération bilatérale et multilatérale dans les pays de l’ECO et de l’Europe du

Sud-est.

Dans la période couverte par le rapport, l’IBB et ses affiliés ont conclu de nouveaux ACI avec la

société allemande Pfleiderer (transformation du bois, 2010), la société française GDF SUEZ (énergie et

infrastructures, 2011) et les sociétés espagnoles FCC, Ferrovial, OHL (2012).

L’IBB et ses affiliés dans les pays respectifs ont organisé des réunions du groupe de référence et des

visites de contrôle sur site chez Lafarge, Royal BAM, VolkerWessels, Impregilo, Faber Castell, Staedtler,

Stabilo, Wilkhahn, GDF SUEZ, Skanska, Italcementi, Royal BAM Group, GDF Suez, Pfleiderer et FCC.

L’IBB et ses affiliés en France et en Italie ont lancé la renégociation d’ACI avec Lafarge et IMPREGILO

dans le but d’améliorer les conditions pour les travailleurs employés par des sous-traitants et pour les

travailleurs migrants, les normes de santé et de sécurité ainsi que les mécanismes de mise en œuvre

basés sur le nouvel accord type approuvé par le Conseil mondial en 2010. Les négociations se sont

achevées en avril 2013 avec Lafarge et sont encore en cours avec IMPREGILO.

L’IBB a réalisé une cartographie des multinationales dans les projets d’infrastructure et a identifié les

sociétés autrichiennes STRABAG et Alpine, cette dernière détenue à 100% par la société espagnole

FCC, comme étant les principaux acteurs dans les pays d’ECO. L’IBB a également effectué une

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RAPPORT D’ACTIVITÉs 2010-2013 | 1 - 5 décembre 2013 | Bangkok | Thaïlande

cartographie des sociétés du bois européennes KRONOSPAN, Swedwood/IKEA et Jeld-Wen, qui sont

visées par des campagnes de recrutement et la conclusion de conventions collectives, et a lancé une

surveillance d’entreprise.

En février 2013, après six mois d’intenses négociations, les trois syndicats polonais représentant près

de 9.000 travailleurs dans les 11 usines Swedwood en Pologne ont signé une convention collective à

Goleniow, Pologne.

L’IBB a entretenu son réseau avec STRABAG et ALPINE et a organisé des réunions avec ses affiliés

autrichiens et les Comités d’entreprise européens (CEE). Des affiliés de l’IBB ont également organisé

des réunions du réseau mondial HOLCIM au Maroc et en Belgique où les affiliés européens étaient

représentés.

L’IBB a collaboré avec la FETBB et la FNTBB sur la mise en œuvre d’ACI et la constitution d’un réseau,

et a assisté aux réunions de coordination de la FETBB sur les Comités d’entreprise européens.

En 2011, l’IBB et ses affiliés espagnols ont tenu une Conférence mondiale sur les multinationales à

Madrid, qui a réuni une forte participation d’affiliés européens. Cette conférence a été un des points forts

des activités de l’IBB en Europe où les affiliés ont défini leurs politiques face aux multinationales.

Dans de nombreux pays d’Europe orientale et d’Asie centrale, il est généralement reconnu que sans

le soutien de l’IBB, de nombreux syndicats n’auraient pas pu augmenter leurs effectifs. Des succès de

recrutement ont été enregistrés dans tous les pays, même s’ils sont parfois modestes. Ces trois dernières

années, quelques milliers de nouveaux membres ont été recrutés dans des pays d’Europe du Sud-est.

Dans la période couverte par le rapport, l’IBB et ses affiliés de Croatie, de Serbie, de Macédoine, de

Bosnie Herzégovine ont mis au point une approche régionale conjointe et ont tenu une réunion avec les

banques de développement impliquées dans des projets spécifiques, tels que les projets d’infrastructures

routières et ferroviaires du Corridor V et du Corridor X. Le but était de veiller à ce que les droits des

travailleurs soient respectés et à ce que les syndicats recrutent de nouveaux membres. Cette campagne

a obtenu les résultats suivants:

• Les affiliés de l’IBB sur les chantiers appliquent les normes sociales de la Banque

européenne

• Les syndicats recrutent chez STRABAG & Alpine et dans d’autres sociétés locales

• L’ACI conclu par l’IBB avec FCC aide les travailleurs d’Alpine sur place à lutter pour leurs

droits

• Les normes de santé et de sécurité ont été améliorées.

• Près de 500 travailleurs ont été recrutés dans plusieurs sections des Corridors V et X. Deux

nouveaux syndicats locaux ont été créés et 50 nouveaux jeunes membres ont été recrutés

par GSG Nezavisnost en Serbie. SGH Croatie a recruté 40 travailleurs, dont la plupart sont

des migrants et des jeunes sur le Corridor V.

L’IBB est représentée au comité consultatif de la Banque européenne pour la reconstruction et le

développement (BERD) et fait rapport des violations des droits des travailleurs sur les chantiers financés

par la banque.

Des activités de recrutement et de syndicalisation ont également eu lieu sur d’autres projets

d’infrastructure. Le syndicat ukrainien des travailleurs du bâtiment a recruté 1.670 nouveaux membres

dans le cadre de la campagne Euro 2012: pour un travail décent. Au cours de la construction du métro

d’Almaty au Kazakhstan, le syndicat des travailleurs de la construction a recruté 900 nouveaux membres.

Dans un projet conjoint avec les affiliés en Turquie intitulé « Recruter pour l’avenir », YOL-İŞ a syndiqué

en 2010 environ 6.300 travailleurs employés par le biais de sous-traitants par la Direction turque des

autoroutes, conformément à la loi sur les marchés publics. En 2013, YOL-İŞ a mis en place une équipe

de recruteurs chevronnés en matière de construction de centrales électriques, car ce secteur d’activités

relève désormais du secteur de la construction conformément à une nouvelle loi turque du travail adoptée

fin 2012. La cible principale d’AGAÇ-IS a été une société de panneaux de particules où 263 membres

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RAPPORT D’ACTIVITÉS 2010-2013 | 1 - 5 décembre 2013 | Bangkok | Thaïlande

ont été recrutés. Le syndicat doit atteindre le seuil de 40% des effectifs pour pouvoir signer sa première

convention collective. La lutte légitime d’ORMAN-IS pour récupérer son membre est encore devant les

tribunaux turcs ainsi que devant la Cour européenne des droits de l’Homme.

Négociations en Europe – victoire pour les travailleurs suédois du bâtiment

En 2004, un groupe de travailleurs lettons a été recruté par un sous-traitant letton Laval un Paterni en

vue de construire une école pour la municipalité de la petite ville suédoise de Vaxholm. Le sous-traitant

a refusé de signer une convention collective avec le syndicat suédois des travailleurs du bâtiment «

Byggnads », affilié de l’IBB. Pour pousser Laval à signer une convention collective, Byggnads a décidé

de bloquer l’accès à l’entreprise, avec le soutien du syndicat suédois des électriciens (SEF). En réponse,

Laval a porté l’affaire devant le tribunal du travail et, avec les conseils de la Cour européenne de justice,

le tribunal a décidé que le blocus était illégal et que Byggnads et SEF devaient payer des indemnités à

Laval.

Là-dessus, le gouvernement suédois a édicté de nouvelles restrictions limitant le droit des syndicats de

lancer des actions revendicatives pour convaincre les entreprises étrangères détachant des travailleurs

en Suède de signer des conventions collectives. Les conventions collectives jouent un rôle crucial pour

assurer les droits des travailleurs en Suède. Il n’existe pas de législation sur le salaire minimum et sans

convention collective, l’employeur peut payer le plus bas salaire possible dès lors que le travailleur

l’accepte. C’est pourquoi les nouvelles règles ont été vivement critiquées par les syndicats suédois et

internationaux qui affirment que la nouvelle loi menace le « modèle suédois » où les partenaires sociaux

négocient eux-mêmes les réglementations du travail et où la loi se contente de fixer des normes

fondamentales.

L’IBB a apporté son soutien aux syndicats suédois à l’Organisation internationale du travail (OIT) et

l’OIT a souscrit à la position des syndicats suédois. En mars 2013, le rapport annuel du comité d’experts

de l’OIT a lancé un appel au gouvernement suédois pour qu’il révise sa législation. L’OIT déclare que le

gouvernement doit veiller à ce que les syndicats « ne soient pas restreints dans leurs droits du simple

fait de la nationalité de l’entreprise. » Le comité ajoute que les limitations aux droits syndicaux de lancer

une action revendicative violent la Convention 87 de l’OIT sur la liberté syndicale et la protection du droit

syndical. Le rapport de l’OIT confirme que la tentative du gouvernement suédois de limiter la possibilité

pour les syndicats de prendre des mesures revendicatives en vue de signer des conventions collectives

porte atteinte aux normes internationales et viole les droits des travailleurs. A la demande de l’OIT, le

gouvernement suédois doit réviser ces réglementations afin de veiller à ce que les normes fondamentales

du travail s’appliquent à tous les travailleurs dans le pays. Les travailleurs migrants doivent avoir les

mêmes occasions que les travailleurs suédois d’être couverts par des conventions collectives.

Suite à une campagne syndicale et à des négociations, les arriérés de salaires ont été payés à des

centaines de travailleurs de la construction au Tadjikistan. La couverture par convention collective s’est

accrue en moyenne de 4% dans tous les pays d’Asie centrale.

La convention collective signée en 2011 pour le secteur de la foresterie en Croatie a relevé les salaires,

y compris une allocation, de CHF 23 par mois. Une prime de 20% du salaire brut moyen pour la période

de janvier à septembre 2011 a été versée à tous les employés, avec une allocation supplémentaire

de CHF 27 pour le travail sur le terrain. Les travailleurs qui prendront leur retraite dans moins de 5 ans

recevront le même salaire que s’ils avaient atteint l’âge de la retraite.

En 2010, un accord a été signé avec le Ministère du Développement régional et de la construction

d’Ukraine pour donner accès à tous les sites de construction de l’EURO-2012 et augmenter les salaires.

Une convention collective entre une organisation syndicale récemment créée dans la société « Altcom » a

également été signée, et les travailleurs ont reçu des arriérés de salaires dus pour la période de février à

août 2011.

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RAPPORT D’ACTIVITÉs 2010-2013 | 1 - 5 décembre 2013 | Bangkok | Thaïlande

Influence sur les politiques

Un syndicat néerlandais du bâtiment remporte une grande victoire sur le respect des

conventions collectives

L’IBB a soutenu le syndicat des travailleurs néerlandais du bâtiment FNV Bouw dans sa lutte pour

l’égalité de salaires pour un travail égal sur le même lieu de travail. Le service néerlandais qui contrôle

l’application de la convention collective avait reçu un certain nombre de rapports relatifs à Ha-Sa Insaat,

affirmant que l’entreprise ne respectait pas la convention collective. En contrôlant ces informations, il a

constaté un grand nombre de dysfonctionnements: sous-paiement, absence de pauses, absence de

paiements légalement obligatoires et absence de versement de subsides pour les travailleurs sur les

chantiers de construction.

La convention collective pour le secteur du bâtiment aux Pays-Bas s’applique à toutes les entreprises,

quelle que soit la nationalité de l’entreprise ou de ses employés. Pour cette raison, Ha-Sa Insaat a

été traînée en justice. Le tribunal a tranché en faveur des syndicats néerlandais et du syndicat des

employeurs, et Ha-Sa Insaat a dû payer les sommes demandées ainsi qu’une indemnité substantielle

aux partenaires sociaux, pour un montant de EURO 250.000. Il s’agit de l’une des plus importantes

indemnités jamais obtenues par les partenaires sociaux aux Pays-Bas. Ce jugement est considéré

comme une grande victoire pour les syndicats et le syndicat des employeurs dans le secteur de la

construction aux Pays-Bas. Non seulement ils négocient des conventions collectives, mais ils en

surveillent également l’application. Si les règles sont les mêmes pour tous, les entreprises peuvent

continuer à bénéficier d’une concurrence loyale.

Autres questions

Au Kirghizistan, le syndicat des travailleurs du bois et de la sylviculture a joué un rôle actif dans le

traitement du problème du travail des enfants.

Le syndicat de la construction de Macédoine, SGIP, a lancé une campagne intitulée « Empêcher les

sociétés qui violent les droits du travail et les droits syndicaux de participer aux procédures d’appels

d’offres. » A l’initiative de SGIP, la BERD a modifié certains critères d’appel d’offres pour le projet Corridor

X (Demir kapija – Smokvica) et a des communications régulières avec le Ministère des Finances. La BERD

et le gouvernement ont créé une « surveillance du projet Corridor X. »

Le syndicat croate des travailleurs du bâtiment, SGH, a lancé une campagne intitulée « Non aux arriérés

de salaires! » Les syndicats du sud-est de l’Europe font de la promotion en faveur de la Convention 94 de

l’OIT sur les clauses de travail dans les contrats publics. Ainsi, en 2012, pour la première fois, le syndicat

SGIP de Macédoine a présenté le travail syndical sur l’amélioration des conditions de travail dans les

projets de construction et d’infrastructure lors de la foire du bâtiment à Skopje.

Le syndicat de la construction d’Ukraine a aidé à mettre en place un réseau pan-européen dans le

secteur du ciment (Lafarge et Heidelberg) afin de formuler des revendications communes envers les

entreprises et d’accroître l’influence des syndicats.

Foresterie – pour une gestion durable des forêts

L’IBB a organisé des réunions européennes pour les syndicats des travailleurs du bois et de la

sylviculture à Prague en 2011 et à Varsovie en 2012. Les syndicats ont encouragé des régimes de

certification pour la foresterie en Russie, en Pologne, en République tchèque, en Macédoine, en Bosnie

Herzégovine, en Serbie et en Croatie. L’IBB a suivi les négociations intergouvernementales européennes

en vue d’un accord juridiquement contraignant pour la foresterie en Espagne et en Autriche en 2012.

L’IBB et ses affiliés européens ont fait pression en juin 2012 lors du Sommet mondial Rio+20 sur le

développement durable pour que les gouvernements prennent des engagements envers une foresterie

durable, étant donné que ce secteur est essentiel pour l’atténuation des changements climatiques.

L’IBB a aidé au recrutement dans les usines IKEA / Swedwood en Pologne et a tenu plusieurs réunions

de coordination avec les syndicats polonais en 2012.

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RAPPORT D’ACTIVITÉS 2010-2013 | 1 - 5 décembre 2013 | Bangkok | Thaïlande

Avec le soutien du FNV Bouw néerlandais, l’IBB et l’affilié turc AGAÇ-IS ont lancé une campagne de

recrutement dans les entreprises de transformation du bois du secteur privé en Turquie.

L’IBB a soutenu le syndicat croate de la sylviculture qui a signé une convention collective avec la

société « Hrvatske sume » couvrant environ 8.000 travailleurs.

Changements climatiques et conversion écologique

Des affiliés ont assisté à la COP de 2010 sur les changements climatiques à Copenhague, à la COP

de 2011 à Durban et à la Conférence mondiale sur le développement durable à Rio de Janeiro en 2012.

La mise en œuvre de la plate-forme d’action IBB/FETBB/FNTBB pour une Europe sociale et verte a fait

l’objet d’une promotion à toutes ces occasions.

Dans la période couverte par le rapport, l’IBB a élaboré et diffusé des positions politiques telles que les

Déclarations de Durban et de Rio, et a mobilisé et fait pression en faveur d’une conversion écologique,

concentrée sur la création d’emplois stables et de qualité, afin de combattre à la fois le chômage et

l’insécurité du travail. Une attention particulière a été accordée à la question des nouveaux profils

professionnels ainsi qu’à la nécessité d’une formation de base et d’un perfectionnement professionnel

continus. De nombreux syndicats européens plaident déjà en faveur d’une conversion écologique.

Constitution d’une alliance en Belgique

L’affilié de l’IBB en Belgique, la Centrale Générale FGTB, est impliqué dans l’Alliance emploienvironnement

en Wallonie, Belgique. Cette alliance a pour but d’améliorer l’environnement en réduisant

les factures énergétiques des citoyens et en créant des emplois. Son plan ambitieux consiste à rénover

tous les bâtiments de Wallonie qui ont besoin d’un réaménagement, en mettant particulièrement l’accent

sur la qualité de l’isolation. Ce plan devrait aboutir à la création de milliers d’emplois d’ici 2014. L’alliance

dispense également une « formation verte » aux élèves, étudiants, travailleurs et demandeurs d’emplois.

La Croatie impliquée dans des structures tripartites

Le syndicat des travailleurs de la construction, SGH, a été impliqué dans l’élaboration des directives

stratégiques du gouvernement pour un développement économique vert – La croissance verte de la

Croatie. Ces directives prévoient la restructuration progressive des politiques de développement, des

investissements et de la consommation vers des secteurs tels que les technologies propres, l’efficacité

énergétique, les énergies renouvelables, les transports verts, la gestion de l’eau, la gestion des déchets,

l’agriculture durable, la sylviculture et le tourisme durable.

Accords de durabilité chez les courtiers en main d’œuvre des Pays-Bas

La durabilité occupe une place prioritaire sur l’agenda de FNV Bouw. La construction durable, y

compris les chaînes d’approvisionnement en bois et en pierres naturelles, est importante, tout comme le

respect des droits des syndicats et des travailleurs. Grâce à ses réseaux aux niveaux régional, national

et européen, FNV Bouw réussit à négocier des accords de durabilité. FNV Bouw utilise son poids

financier dans diverses instances telles que la caisse de pension pour influer sur le choix des placements

de manière à ce qu’ils soient durables et n’investissent pas dans des industries polluantes ou dans la

production d’armes.

Suède: la construction verte, une situation gagnant-gagnant

Le syndicat suédois des travailleurs du bâtiment estime que la construction verte constitue une

situation gagnant-gagnant pour tous. La Suède s’est engagée à atteindre les objectifs climatiques de l’UE

pour 2020, ce qui signifie une baisse de 50% de la consommation énergétique des logements d’ici 2050.

Le secteur du logement consomme 40 % de l’énergie totale. Byggnads propose de rénover 40.000

appartements et maisons chaque année. Le gouvernement devrait offrir des taux d’intérêt faibles pour les

prêts destinés à des rénovations d’efficacité énergétique. Le gouvernement peut emprunter à bas coûts

et n’a pas besoin de faire des bénéfices. Pour pouvoir profiter de ces prêts, il faut atteindre des objectifs

d’efficacité énergétique.

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RAPPORT D’ACTIVITÉs 2010-2013 | 1 - 5 décembre 2013 | Bangkok | Thaïlande

Pologne – une menace et une chance à saisir

Le Conseil de la division des matériaux de construction de NSZZ « Solidarnosc » s’oppose au paquet

climatique de l’UE 2013- 2020, car sa mise en œuvre entraînerait la liquidation d’industries ayant des

émissions élevées de CO2 et aurait une incidence sur l’emploi dans l’UE, en particulier en Pologne.

Le syndicat Budowlani considère lui aussi qu’il existe une réelle menace que toute la production de

matériaux de construction et de ciment ne soit délocalisée vers des pays voisins tels que le Belarus ou

l’Ukraine. D’un autre côté, le syndicat soutient le processus d’efficacité énergétique dans le secteur de

la construction en Pologne, et a été à l’origine de la création du Conseil de l’efficacité énergétique et du

développement durable dans le secteur de la construction.

Campagnes de solidarité

Parmi les nombreuses actions et campagnes de solidarité réalisées durant cette période, citons

notamment les suivantes:

• Bosnie Herzégovine (SGIGMBIH 2010): les salaires, cotisations sociales et impôts des

travailleurs du granit ne leur ont pas été versés

• Serbie (2012/2011): nouvelle grève de la faim des travailleurs du bâtiment. Après la faillite

de la société de construction Ratko Mitrovic, les travailleurs ont perdu leur emploi et n’ont

pas touché leur salaire depuis le 15 mars 2012. Les travailleurs ont porté l’affaire devant les

tribunaux, en vain.

• Serbie (syndicat autonome des travailleurs de l’entretien routier en Serbie). Le groupe

Nibens refuse de payer des arriérés de salaires.

• Kirghizistan (2012): des modifications à la législation du travail ont eu un impact sur les

droits des syndicats.

• Croatie (syndicat croate des travailleurs de la sylviculture, 2012): en relevant les objectifs de

productivité des travailleurs, Hrvatske šume Ltd, société certifiée FSC, pose une menace à

la santé et à la sécurité des travailleurs.

Campagnes

Euro-2012 en Ukraine et en Pologne

En 2009, la campagne pour un travail décent dans le sport en vue de l’Euro-2012 en Ukraine et en

Pologne a commencé dans le but de négocier de meilleures conditions de travail pour les travailleurs

de la construction dans les stades, les aéroports, les routes et les autres chantiers de construction, et

pour faire appliquer leurs droits du travail. Une campagne médiatique réussie a été réalisée et un nombre

important de travailleurs a été syndiqué. Les syndicats ont également fait campagne pour de meilleures

conditions de santé et de sécurité lors de la Journée internationale de commémoration des travailleurs et

ont participé à des inspections du travail.

2000 nouveaux membres en Ukraine ont été recrutés et les travailleurs ont reçu des arriérés de salaires.

En Pologne, un accord sur la santé et la sécurité a été conclu avec sept grandes entreprises. Plusieurs

réunions de coordination en Pologne et en Ukraine ont été réalisées avec le soutien de la Fondation

Friedrich Ebert.

Cependant, 20 travailleurs ont perdu la vie sur des chantiers en Ukraine (14) et en Pologne (6) durant

les préparatifs de l’Euro-2012.

IKEA / Swedwood

Dans le cadre de notre campagne mondiale pour soutenir les 300 travailleurs d’IKEA/ Swedwood à

Danville, Virginie, Etats-Unis, les affiliés français, belges et allemands ont été particulièrement actifs et

ont ciblé plusieurs magasins de leurs pays respectifs en organisant des visites, des protestations ou des

actions vidéo.

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RAPPORT D’ACTIVITÉS 2010-2013 | 1 - 5 décembre 2013 | Bangkok | Thaïlande

IBB Connect en Europe

IBB Europe a mis au point des activités destinées à soutenir le principe de l’égalité des droits et à

faire progresser la syndicalisation des travailleurs migrants, en se concentrant principalement sur les

flux migratoires venant du sud et de l’est de l’Europe. A cet effet, nous avons notamment mis à profit

l’expérience recueillie avec le réseau de travailleurs migrants ECMIN (réseau européen d’information sur

les travailleurs migrants) et le soutien des affiliés ayant le plus d’expérience en la matière. IBB Connect

a organisé des activités de cartographie sur l’ECO et l’Europe du Sud-est, a tenu une conférence à

Palerme (2010) et a constitué un réseau de syndicats autour du bassin méditerranéen. En utilisant les

réseaux entre syndicats, l’IBB a aidé des travailleurs migrants d’Asie centrale en Russie.

En Serbie, Nezavisnost a lancé une campagne d’information et de recrutement sur les travailleurs

migrants aux frontières avec la Bulgarie, la Bosnie et la Macédoine. IBB Connect a publié un Guide des

travailleurs migrants pour le sud-est de l’Europe.

L’autre question concerne l’immigration de travailleurs dans les pays scandinaves. En février 2013, on a

découvert 47 travailleurs du Cameroun travaillant dans les forêts suédoises dans des conditions proches

de l’esclavage; ils avaient été attirés par une offre d’emploi alléchante. Il s’agit d’un des nombreux cas

soulignant ces dernières années les lacunes de la politique d’immigration de main d’œuvre du pays.

Le syndicat suédois des travailleurs de la sylviculture GS, un affilié de l’IBB, a insisté sur ce problème

dans les négociations locales et le lendemain du jour où une émission sur cette situation a été diffusée

à la télévision, a rencontré l’Association des employeurs de la sylviculture et de l’agriculture (SLA) pour

une première négociation centrale sur les conditions appliquées par le sous-traitant. Les deux parties

sont désormais d’accord pour que la question soit réglée le plus vite possible afin que les travailleurs

camerounais puissent bénéficier de ce à quoi ils ont droit sur le plan légal et contractuel, et puissent

rentrer chez eux retrouver leurs familles.

La coopération s’est poursuivie avec la FETBB sur les activités ECMIN / migration et l’élaboration du

projet ECMIN en Ukraine et en Russie.

Genre et jeunes travailleurs

L’IBB a renforcé le réseau du Comité régional des femmes en Ukraine, en Macédoine, en Croatie et en

Serbie. Des femmes et des jeunes travailleurs ont assisté à des réunions à Madrid en 2011 et à Varsovie

en 2012.

Des jeunes travailleurs venant d’affiliés de l’IBB en Europe orientale et occidentale ont assisté à un

festival pour la jeunesse organisé par IG-BAU Allemagne en juin 2013. Pour bon nombre de participants,

il s’agissait de leur première rencontre syndicale.

Plusieurs dirigeants syndicaux européens ont assisté à l’université d’été internationale du 9 au13

juillet 2012, organisé par le Northern College du Royaume-Uni. L’IBB était co-organisatrice de cette

manifestation.

Le secrétariat a publié deux brochures sur « La crise en Europe » et « L’emploi précaire ». La visibilité

de l’Europe sur le site web de l’IBB a été améliorée. L’IBB a diffusé d’importants documents en serbe, en

bosniaque, en croate, en russe et en italien. L’IBB a produit des podcasts sur les femmes, les jeunes ainsi

que la santé et la sécurité.

Droits syndicaux et démocratie

En 2012, l’IBB, la FETBB et FNTBB ont lancé une campagne pour la défense des droits syndicaux

et de la démocratie, surtout en ECO, où les attitudes anti-syndicales et la discrimination qui frappe les

syndicats se répandent de plus en plus. Tel est particulièrement le cas de la Géorgie, où les réformes

économiques néo-libérales ont érodé les droits des travailleurs et des syndicats. De même en Turquie, les

activités syndicales ont été fortement restreintes, et en Belarus, le gouvernement continue à harceler et

à intimider les syndicats indépendants. Dans toute l’ECO, les syndicats expriment leur déception face au

79


RAPPORT D’ACTIVITÉs 2010-2013 | 1 - 5 décembre 2013 | Bangkok | Thaïlande

dialogue social minimal, voire inexistant dans certains pays; ainsi, en Albanie, en Bulgarie, en République

tchèque, en Pologne, en Serbie et en Ukraine. Cependant, une situation semblable est également

signalée dans d’autres pays, dans le sillage de la grave récession économique. Des licenciements pour

appartenance à un syndicat ou pour activités syndicales ont été signalés dans plusieurs pays, dont la

Bosnie Herzégovine, la Bulgarie, la République tchèque, la Macédoine, la Pologne et la Serbie.

Au Belarus et dans la Fédération de Russie, on observe une absence manifeste de confiance dans

les procédures juridiques destinées à protéger les droits syndicaux. En Albanie et au Moldova, un

autre problème est posé par l’application souple de la loi par les autorités d’inspection du travail. Dans

ce contexte, on peut se demander si dans les procédures décisionnaires politiques, les intérêts des

gens ordinaires bénéficient du même statut que les intérêts des entreprises. La prochaine Conférence

européenne de l’IBB à Bangkok évaluera cette campagne.

Membres à jour de cotisation en Europe

Le graphique ci-dessous présente l’évolution du nombre de membres à jour de cotisation en francs

suisses pour la période couverte par le rapport. Par rapport à l’année précédente, l’IBB a perdu en

2009 -2 %, en 2010 – 2%, en 2011 – 4% et en 2012 -10%. Cette baisse est principalement due aux

grands syndicats tels que ceux d’Allemagne, des Pays-Bas et des pays scandinaves, qui ont perdu des

membres ces dernières années.

1850000

1800000

1750000

1700000

1650000

1600000

1550000

1500000

1450000

1400000

1350000

2009 2010 2011 2012

Membres cotisants en CHF

Capacités et structures régionales

L’IBB a mis en place un système de planification, d’évaluation, de contrôle et de coordination et les

plans d’actions régionaux, plans de travail, calendriers et budgets sont bien documentés.

Dans la période sous rapport, l’exécutif du Comité européen a régulièrement rencontré le personnel

européen pour planifier des ateliers et discuter des activités de projet pour toute l’Europe. Les trois

fédérations, FETBB, FNTBB et IBB ont également tenu des réunions conjointes de leur exécutif afin de

mieux coordonner leur travail en Europe.

Durabilité financière régionale

Le secrétariat a donné suite aux recommandations du Comité régional sur les paiements des

cotisations et certains syndicats ont augmenté leurs paiements. Mais la tendance générale est à une

légère baisse du paiement des cotisations en Europe.

Vasco Pedrina, Vice-président pour l’Europe:

« Nous enregistrons avec une profonde inquiétude une diminution des effectifs d’un grand nombre

de nos affiliés européens, qui va de pair avec une diminution de leurs cotisations à l’IBB. Nous

devons stopper cette érosion pour faire face valablement aux grands défis d’une économie capitaliste

globalisée. L’exemple d’un certain nombre de syndicats, dont Unia en Suisse, montre que cette

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RAPPORT D’ACTIVITÉS 2010-2013 | 1 - 5 décembre 2013 | Bangkok | Thaïlande

évolution négative n’est pas une fatalité. Un changement de cap requiert une orientation syndicale

de mobilisation, qui mette au centre la présence syndicale sur les postes de travail, le recours aux

« bonnes pratiques » des organisations fraternelles en Europe ainsi que l’exercice pratique de la

solidarité internationale. Les campagnes « Fair Games – Fair Play » pour les Coupes du monde de

football 2010 et 2014 et pour l’EURO 2012 montrent qu’une solidarité internationale bien conçue peut

être mise avec succès au service du recrutement de membres et du renforcement organisationnel des

syndicats. Mais encore faut-il assurer à l’IBB les ressources nécessaires. »

Composition du Comité européen 2010-2013

Président: Pedrina Vasco, Unia, Suisse

Vice-président: Jan Ruden, SEKO, Suède

Vice-président: Ioanis Parteniotis, FCIW-Podkrepa, Bulgarie

Groupe 1 Danemark, îles Feroë, Finlande, Islande, Norvège, Suède

Membre: Jan Ruden, SEKO, Suède

1er suppléant: vacant

2e suppléant: Jonas Wallin, Elektrikerna, Suède

Membre: Kyösti Suokas, Rakennusliitto, Finlande

1er suppléant: Matti Koskinen, Toimihenkilöunioni, Finlande

2e suppléante: Gudmundur Gunnarsson, RSI, Islande

Membre: Gunde Odgaard, BATI Kartellet, Danemark

1er suppléant: Jørn Erik Nielsen, Malerforbundet, Danemark

2e suppléant: Halvor Langseth, Fellesfb, Norvège

Groupe 2 Belgique, Luxembourg, Pays-Bas

Membre: Luc van Dessel , A.C.V. BI, Belgique

1e suppléant: Jan Voets, A.C.V. BI, Belgique

2e suppléant: Tom Deleu, A.C.V. BI, Belgique

Membre: Ruud Baars, FNV Bouw, Pays-Bas

1er suppléant: Eric Jan Leo, FNV Bouw, Pays-Bas

2e suppléante: Laura van den Heuvel, FNV Bouw, Pays-Bas

Membre: Alain Clauwaert, FGTB-ACCG, Belgique

1er suppléant: Rik Desmet, FGTB-ACCG, Belgique

2e suppléant: Robert Vertenueil, FGTB-ACCG, Belgique

Groupe 3 Allemagne

Membre: Wolfgang Rhode, IG METALL, Allemagne

1ère suppléante: Brigitte Doeth, IGM, Allemagne

2e suppléant: Bert Römer, IGM, Allemagne

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RAPPORT D’ACTIVITÉs 2010-2013 | 1 - 5 décembre 2013 | Bangkok | Thaïlande

Membre: Klaus Wiesehügel, IG BAU, Allemagne

1er suppléant: Frank Schmidt-Hullmann, IG BAU, Allemagne

2e suppléante: Bärbel Feltrini, IG BAU, Allemagne

Membre: Dietmar Schäfer,IG BAU, Allemagne

1ère suppléante: Bärbel Feltrini, IG BAU, Allemagne

2e suppléant: Frank Schmidt-Hullmann, IG BAU, Allemagne

Groupe 4 Autriche, Suisse

Membre: Muchitsch Josef, GBH, Autriche

1er suppléant: Aufner Herbert, GBH, Autriche

2e suppléante: Brigitte Schulz, GBH, Austria

Membre: Pedrina Vasco, Unia, Suisse

1er suppléant: Hansueli Scheidegger, Unia, Suisse

2e suppléant: Ernst Zuelle, Syna, Suisse

Groupe 5 France, Italie, Portugal, Espagne

Membre: Domenico Pesenti, FILCA-CISL, Italie

1er suppléant: Massimo Trinci, FENEAL-UIL, Italie

2e suppléant: Walter Schiavella, FILLEA-CGIL, Italie

Membre: Gilles Letort, FNSCBA-CGT, France

1er suppléant: Bernard Malnoe, FO-BTP, France

2e suppléant: Antonio Garde Pinera, FECOMA-CC.OO., Espagne

Groupe 6 République d’Irlande, Royaume-Uni

Membre: Steve Murphy, UCATT, Royaume-Uni

1ère suppléante: Dörthe Weimann, UCATT, Royaume-Uni

2e suppléant: John Thompson, UCATT, Royaume-Uni

Membre: Phil Davies, GMB, Royaume-Uni

1er suppléant: vacant

2e suppléant: vacant

Groupe 7 République tchèque, Estonie, Hongrie, Lettonie, Lituanie, Pologne, Slovaquie

Membre: Jevgenijs Servuts, LCA, Lettonie

1er suppléant: vacant

2e suppléant: vacant

Membre: Pallagi Gyula, EFEDOSZSZ, Hongrie

1er suppléant: vacant

2e suppléant: vacant

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RAPPORT D’ACTIVITÉS 2010-2013 | 1 - 5 décembre 2013 | Bangkok | Thaïlande

Groupe 8 Bulgarie, Moldova, Roumanie

Membre: Ioanis Parteniotis, FCIW-Podkrepa, Bulgarie

1er suppléant: Vasile Badica, FSLIL, Roumanie

2e suppléant: Peter Abrashev, FPOGSGP, Bulgarie

Membre: Ramona Veleanu, FGS, Roumanie

1er suppléant: Dorel Oancea, FSCR, Roumanie

2e suppléant: Oleg Mirleanu, SINDICONIS, Moldova

Groupe 9 Albanie, Bosnie-Herzégovine, Croatie, Macédoine, Monténégro, Serbie, Slovénie

Membre: Jasenka Vuksic, SGH, Croatie

1er suppléant: Nenad Markovic, SGIGMCG, Monténégro

2e suppléant: Salem Hujic, SSSPDBiH, Bosnie Herzégovine

Membre: Zivko Mitrevski, SRSDIM, Macédoine

1er suppléant: Dusko Vukovic, SGIGM, Serbie

2e suppléant: Zeljko Kalauz, CFU, Croatie

Groupe 10 Azerbaïdjan, Géorgie, Kazakhstan, Kirghizistan, Ouzbékistan, Ukraine, Russie

Membre: Boris Soshenko, PSRSPSMRF, Russie

1er suppléant: vacant

2e suppléant: Vacant

Membre: Vasyl Andreyev, Ukraine Construction Union, Ukraine

1er suppléant: vacant

2e suppléant: vacant

Groupe 11 Chypre, Grèce, Israël, Malte, Turquie

Membre: Tevfik Ozcelik YOL-IS Turquie

1er suppléant: Itzhak Moyal, NUBWW, Israël

2e suppléant: vacant

Membre: Yiannakis Joannou, CCWMF, Chypre

1er suppléant: vacant

2e suppléant: vacant

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RAPPORT D’ACTIVITÉs 2010-2013 | 1 - 5 décembre 2013 | Bangkok | Thaïlande

Comité régional européen des femmes

Présidente: Mercedes Landolfi, FILLEA-CGIL, Italie

Vice-présidente: Aleksandra Stojkovic, SSPD-Forest, Serbie

Groupe 1: Danemark, Finlande, Islande, Norvège, Suède

Membre: Nina Helland, IE, Norvège

1ère suppléante: Jannie Andersen, TIB, Danemark

2e suppléante: Asta Holopainen, Puuliitto, Finlande

Groupe 2: Allemagne, Autriche, Suisse

Membre: Bärbel Feltrini, IG BAU, Allemagne 2011 - 2012

Membre: Rita Schiavi, UNIA, Suisse 2013-2014

1ère suppléante: Rita Schiavi, UNIA, Suisse 2011-2012

2e suppléante: Bärbel Feltrini, IG BAU, Allemagne 2013 - 2014

3e suppléante: Brigitte Schulz, GBH, Autriche

Groupe 3: Belgique, Luxembourg, Pays-Bas, France, Portugal, Espagne, République d’Irlande,

Royaume-Uni, Italie

Membre: Mercedes Landolfi, FILLEA-CGIL, Italie

1ère suppléante: Laura van den Heuvel, FNV Bouw, Pays-Bas

2e suppléante: vacant

Groupe 4: Russie, Ukraine, Israël, Turquie, Azerbaïdjan, Géorgie, Kazakhstan, Kirghizistan,

Ouzbékistan, Estonie, Lettonie, Lituanie, Pologne

Membre: Lesya Gusak, PROFBUD, Ukraine

1ère suppléante: Mara Tomsone, LCA, Lettonie

2e suppléante: Mazal Damti, Histadrut-TUBWPMAE, Israël

Groupe 5: Croatie, République tchèque, Hongrie, Slovaquie, Slovénive, Albanie, Bosnie/

Herzégovine, Bulgarie, Chypre, Grèce, Macédoine, Moldova, Monténégro, Roumanie, Serbie

Membre: Aleksandra Stojkovic, SSSPD-Forest, Serbie 2011-2012

Membre: Blaguna Stojkovska, SGIP - Construction, Macédoine 2013 - 2014

1ère suppléante: Ljiljana Zoric, SGIGMCG-Construction, Monténégro

1ère suppléante: Emilija Rasic

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RAPPORT D’ACTIVITÉS 2010-2013 | 1 - 5 décembre 2013 | Bangkok | Thaïlande

Afrique et Moyen-Orient

Principales évolutions politiques, socio-économiques et sectorielles

Dans la région, la majorité des gens continuent à vivre avec moins de USD2 par jour, et le fossé entre

riches et pauvres se creuse. Les personnes vivant dans la pauvreté et exposées à un certain nombre de

maladies, dont le VIH/SIDA, sont confrontées à des défis majeurs.

D’un côté, le processus démocratique reste fragile dans de nombreux pays, alors qu’ailleurs, les

gains obtenus par certains pays dans le passé ont été perdus. Cette période a connu la révolution dans

la région MENA, qui a commencé en Tunisie le 19 décembre 2010, provoquée par un jeune homme,

Mohamed Bouazizi, qui s’est immolé par le feu pour protester contre les brutalités policières. Le monde

a suivi les revendications des jeunes et des vieux dans la région MENA et dans le Golfe en faveur

d’une gouvernance démocratique, de la stabilité économique et de la répartition des richesses et des

ressources, de la fin au silence imposé par de longues années de dictatures oppressives, dont certaines

étaient au pouvoir depuis plus de quarante ans. Des luttes se poursuivent en Syrie et les tensions

restent vives en Palestine, au Bahreïn, en Tunisie et en Egypte. En outre, cette période a également

été caractérisée par une instabilité politique marquée par l’escalade des conflits et des guerres et la

montée du fondamentalisme musulman dans divers pays tels que le Nigeria, le Mali, l’Egypte, le Kenya

et la Somalie. La monarchie autoritaire du Swaziland et la fragilité du gouvernement d’unité nationale au

Zimbabwe constituent également des défis.

Sur une note positive, plusieurs pays de la région ont organisé des élections et réaffirmé le nouvel esprit

de démocratisation, surtout pour les pays qui n’ont jamais connu d’élections démocratiques, libres et

équitables. On a assisté à la naissance d’un nouveau pays, le Sud Soudan, et à une transition pacifique

en Côte d’Ivoire. Plusieurs pays se sont engagés dans le renforcement de l’intégration régionale, alors

que l’Afrique de l’Est travaille à un marché commun et que les discussions se poursuivent pour renforcer

la SADC en Afrique australe, la CEDEAO en Afrique de l’Ouest et la CEMAC en Afrique centrale. La

Fédération arabe s’est impliquée dans l’impact et les suites des révolutions et des processus visant à

démocratiser la région. Les Nations Unies ont accordé à la Palestine le statut d’observateur en novembre

2012, reconnaissant ainsi l’existence d’un Etat palestinien « dans les territoires palestiniens occupés

depuis 1967. »

Les femmes occupent désormais des postes élevés en Afrique australe, par exemple au Malawi où

une femme a été élue à la Présidence. Pour la première fois, l’Union africaine a élu une femme présidente

d’une commission de la SADC. Toutefois, la région a connu un chômage élevé, surtout chez les jeunes

et chez les femmes. Selon le rapport de l’OIT de 2010, on compte plus de 207 millions de personnes au

chômage dans le monde. Les femmes et les jeunes ont été les plus touchés par l’absence d’emploi. 40%

des jeunes de 15 à 24, soit 75 millions de jeunes, étaient sans emploi à l’échelle mondiale. En outre, les

prix des produits de base, notamment les denrées alimentaires, l’électricité, l’essence et les transports,

ont atteint des niveaux anormalement élevés. Il est manifeste que la région n’atteindra pas les Objectifs

du Millénaire pour le développement de l’ONU d’ici 2015.

Un autre problème important est l’impact des changements climatiques, qui continue à constituer l’un

des principaux défis de la région. L’accroissement des inondations et des sécheresses et la modification

des rythmes des saisons contribuent à la persistance de pénuries d’eau, d’énergie et de denrées

alimentaires. Dans le même temps, de nombreuses maladies se sont répandues, notamment le VIH/

SIDA, la grippe porcine, la tuberculose et le paludisme.

Même si certaines parties de la région se sont remises de la crise financière mondiale, l’inégalité de

distribution de la richesse empêche une croissance durable. Sur le marché du travail, les schémas

d’emploi ont changé. On compte désormais moins d’emplois à temps plein et davantage de travailleurs

occupant des postes précaires et peu sûrs, notamment relevant du travail partiel, du travail procuré par

un courtier, du travail sous contrat, du travail temporaire, du travail occasionnel et informel. Dans de

nombreux pays, le nombre de travailleurs migrants s’est considérablement accru.

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RAPPORT D’ACTIVITÉs 2010-2013 | 1 - 5 décembre 2013 | Bangkok | Thaïlande

Ce nouvel ordre économique lance de nombreux défis à la syndicalisation, car les travailleurs migrants

travaillent normalement dans de petites entreprises. Ils sont parfois employés de manière illégale, ont des

horaires irréguliers et sont vulnérables à la victimisation et aux licenciements s’ils adhèrent à un syndicat.

Tous ces problèmes combinés ont entraîné une baisse des effectifs dans les secteurs de l’IBB.

Citons parmi les causes sous-jacentes: le changement de la composition de la main d’œuvre par suite

des nouvelles habitudes d’emploi, le contexte macro-économique hostile, les cadres juridiques et

institutionnels fixés par les gouvernements dont les politiques offrent des incitations aux investisseurs

étrangers, surtout venant de Chine, et aux autres multinationales, ce qui pousse à la dégradation des

salaires et des conditions de travail.

Dans de nombreux pays du monde entier, les entreprises de construction chinoises figurent désormais

parmi les principaux employeurs et entreprennent des projets d’infrastructure et autres à grande échelle.

Les entreprises chinoises posent un autre problème car elles n’ont aucune tradition de dialogue social.

Les plus importantes entreprises sont détenues par l’Etat ou des filiales d’entreprises nationales. Les

projets de construction internationaux font partie intégrante des politiques et priorités gouvernementales

et sont financés dans une large mesure par des accords de coopération régionaux ou entre Etats,

assortis de prêts accordés par des banques gouvernementales.

Les employeurs lancent des attaques plus sophistiquées contre les syndicats, destinées à éliminer

l’influence des syndicats sur les lieux de travail et à étouffer les efforts visant à augmenter les effectifs.

De même, la prolifération des syndicats dans les secteurs de l’IBB est considérable en Afrique, ce

qui provoque des problèmes de coopération, de financement et de viabilité, de mauvaises structures

organisationnelles, l’absence de démocratie interne et la commercialisation des syndicats par certaines

personnes qui encouragent les syndicats dissidents.

Les multinationales, publiques ou privées, investissent désormais dans la région, où l’Afrique du Sud

a rejoint les BRICS – Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud. Les multinationales de l’Occident et

des pays BRICS sont au cœur de la nouvelle ruée vers les ressources dans la région, qui s’accompagne

de tentatives de dominer l’extraction des ressources dans les mines, l’agriculture et la sylviculture, ce qui

exige à chaque fois des investissements massifs en infrastructures.

Divers pays continuent à adopter des législations répressives qui limitent les droits de l’Homme et

les droits syndicaux. Certains gouvernements et certains employeurs continuent à violer ces droits. De

nombreuses activités syndicales sont perturbées par des brutalités policières, des dirigeants syndicaux

sont arrêtés, battus et parfois tués.

Présentation succincte de l’évolution dans chaque sous-région

Dans la sous-région MENA, le printemps arabe a été provoqué par la hausse incessante du chômage

chez les jeunes; en effet, de nombreux jeunes travaillent dans des conditions médiocres pour des salaires

minimum faibles, sans qu’il y ait d’occasions de travail pour les femmes, et alors que peu de contrats de

travail garantissent un travail décent et que les mesures de sécurité sociale telles que l’assurance maladie

font défaut. En outre, les gouvernements nationaux ne bénéficient pas d’une croissance économique

et n’ont pas de stratégies de création d’emplois pour relever ces défis. Parmi les nombreux défis postrévolutionnaires

lancés aux syndicats figure la nécessité d’inciter les employeurs et les autres partenaires

sociaux à prendre des mesures pour améliorer les conditions de travail. Il faut continuer à démocratiser

le mouvement syndical et à donner une place aux travailleurs vulnérables, notamment aux femmes, aux

jeunes et aux migrants. Le Conseil mondial de l’IBB a adopté une résolution approfondie sur la région

MENA (novembre 2011), qui a été confirmée par la Conférence régionale de 2012 au Nigeria.

Reconnaissant les affreuses conditions d’exploitation imposées aux travailleurs migrants au Qatar,

l’IBB a lancé la campagne « Sans nous, pas de Coupe du monde en 2022 ». Dans ce contexte, l’IBB a

mené plusieurs missions au Qatar. Les principales préoccupations soulevées par les travailleurs portent

sur les incohérences entre les conditions de travail effectives et celles prévues dans le contrat de travail,

les arriérés de salaires, les mauvaises conditions de vie, et l’interdiction de rentrer chez soi en cas de

maladie ou d’urgence. En outre, des interviews ont révélé que de nombreux travailleurs népalais étaient

moins payés que les travailleurs indiens faisant le même travail. L’objectif de ces missions était de mieux

comprendre la situation afin d’élaborer des activités pour l’avenir.

86


RAPPORT D’ACTIVITÉS 2010-2013 | 1 - 5 décembre 2013 | Bangkok | Thaïlande

En Afrique australe, l’Afrique du Sud a adopté une politique macro-économique pour gérer une

croissance économique non durable et créer des emplois, en donnant la priorité au développement des

infrastructures, à l’agriculture, à l’exploitation minière, à la fabrication, au tourisme et à une économie

verte. Des vagues de grèves ont abouti à une tendance à la hausse des règlements de salaires, au moins

3% au-dessus du taux d’inflation de 5,8%. Le secteur de la construction et de la technique continue à

être florissant par suite du programme d’infrastructure du gouvernement qui construit des routes et des

centrales électriques. Un autre défi consiste à régler les problèmes dus aux courtiers en main d’œuvre en

Namibie et en Afrique du Sud.

L’économie de Zambie a enregistré des progrès rapides et importants. Le produit intérieur brut (PIB)

réel a connu une robuste progression de 6,8% en 2010. Au Swaziland, une page historique a été

tournée en 2012 avec la création d’une centrale nationale unique et unifiée, TUCOSWA. Aussitôt après

sa création, celle-ci a été interdite par le roi Mswati, seul monarque obsolète et non démocratique de la

planète. Cette période a enregistré un programme d’austérité suivi par la fermeture de Sappi Mondi, le

plus grand employeur du bois et de la sylviculture.

Au Zimbabwe, des signes économiques positifs sont apparus. Les incertitudes politiques demeurent

malgré tout en raison de l’incapacité à s’entendre sur le processus menant à une constitution et à

des élections générales en 2013. L’existence de la tristement célèbre Loi sur la sécurité et l’ordre

public (POSA) a renforcé le harcèlement dont sont victimes les dirigeants syndicaux, dont certains ont

choisi de s’exiler. En interne, une scission s’est produite dans le ZCTU en 2011 durant son Congrès.

Dans différents secteurs, les syndicats ont connu des problèmes dus à l’inapplication de conventions

collectives par les employeurs.

En Afrique de l’Est, la région continue à connaître un boom de la construction. Des routes, des mines et

des lignes de chemin de fer sont construites par des entreprises chinoises qui sont difficiles à syndicaliser.

Les syndicats s’impliquent de plus en plus dans des négociations aux niveaux national et sous-régional

par le biais de structures telles que le Conseil syndical de l’Afrique de l’Est (EATUC), présidé par COTU -

Kenya.

En Afrique de l’Ouest, le syndicat de la construction du Ghana a signé la première convention collective

avec une multinationale chinoise. Le syndicat de la sylviculture a pris des mesures contre le changement

climatique, en replantant des arbres et en travaillant avec la communauté. Il a organisé avec succès une

année de la forêt en présence du Ministre des Forêts en 2011. Les syndicats des travailleurs du bois

dans le bassin du Congo (Cameroun, RDC et Gabon) ont renforcé leurs capacités à utiliser la certification

forestière comme un outil pour améliorer les conditions de vie et de travail dans l’industrie du bois

dans la région. Le Nigeria a connu un taux de croissance économique élevé, avec d’énormes projets

d’infrastructure. Mais le non paiement des sous-traitants dans les travaux publics continue à affecter les

travailleurs.

Stratégie régionale

Inspirés par le succès de la campagne de recrutement lors de la Coupe du monde de 2010, les affiliés

d’Afrique et du Moyen Orient ont lancé dans toute la région des campagnes de recrutement similaires qui

ont abouti à des réussites de syndicalisation et à des conventions collectives pour un grand nombre de

travailleurs.

Recrutement et constitution de syndicats

La région a donné la priorité au recrutement dans les multinationales et les projets d’infrastructure

publics dans les secteurs de l’IBB.

Le réseau régional africain sur le ciment s’étend. Ce réseau syndical s’est répandu à l’Egypte, au Liban,

à la Jordanie et à la Tunisie. Plus de 1000 travailleurs ont été recrutés, de nouveaux syndicats d’usines

ont été créés et de nouvelles conventions collectives ont été signées. Holcim était l’une des sociétés

présentes en Egypte, au Liban et en Jordanie. L’affilié libanais a dirigé la réunion mondiale du réseau

du ciment Holcim au Maroc en 2011. Le réseau des délégués syndicaux Lafarge dans les usines du

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RAPPORT D’ACTIVITÉs 2010-2013 | 1 - 5 décembre 2013 | Bangkok | Thaïlande

Malawi, d’Afrique du Sud, du Mozambique, du Zimbabwe et de Zambie est parvenu à faire améliorer les

conditions de travail en comparant les expériences de ses divers membres. Le réseau syndical Lafarge

couvre plus de 10.000 travailleurs.

Syndicalisation dans les multinationales de travaux publics: Près de 100% des 2.500 travailleurs ont

adhéré au syndicat sur le chantier de construction du barrage de Bujagali en Ouganda. De nouveaux

projets d’infrastructure financés par le secteur public ont également été syndicalisés, notamment la route

à péage Dakar-Diamniado au Sénégal, financée par l’IFC. Le syndicat du bâtiment SNTC a recruté plus

de 1000 travailleurs chez Eiffage (France) et une convention collective a été conclue avec succès. Dans

la centrale électrique de Medupi et Kusile en Afrique du Sud, qui est une co-entreprise ayant comme

principaux sous-traitants Stefannuti et Stocks, WBHO (Afrique du Sud), Basil Read et Group Five, plus de

10.000 travailleurs ont adhéré au syndicat. On pourrait donner de nombreux autres exemples d’initiatives

réussies ou de travail en cours, notamment en Tanzanie, en Namibie et en Ethiopie.

Travailleuses du bois: Les syndicats de la foresterie et du bois du Ghana, d’Ouganda et du Kenya ont

pu recruter plus de 8.500 travailleurs du bois, pour la plupart des femmes. 2.500 travailleurs ont été

recrutés dans les multinationales Raiply Group et Novotex.

Syndicalisation des travailleurs informels: Des syndicats du Togo et de Tunisie recrutent activement

chez les travailleurs informels, les travailleurs contractuels et les travailleurs qui occupent un emploi

précaire. Au Togo, les syndicats ont pu faire adhérer des travailleurs informels et en Tunisie, malgré

l’instabilité politique, le syndicat du bâtiment a recruté 1.500 travailleurs.

Négociations collectives

Conventions nationales: Le syndicat du Mozambique a pu négocier une hausse de salaire de 9%.

Au Zimbabwe, en 2011, le salaire minimum pour le secteur de la construction a été fixé à USD200

au-dessus de la ligne de pauvreté (un salaire de USD 502). En Afrique du Sud, les syndicats ont réussi

à négocier une convention collective sectorielle avec SAFCEC prévoyant des conditions de travail

améliorées ainsi qu’un développement des compétences pour les travailleurs de la construction. En

Tunisie, UGTT et GFBWW ont négocié une augmentation de salaire minimale de 6% plus 10 dinars

tunisiens au titre des frais de déplacement dans le secteur de la construction en 2012.

Accords au niveau des usines

Malawi, Afrique du Sud, Mozambique, Zimbabwe et Zambie: les syndicats ont négocié des conventions

collectives pour améliorer les conditions de travail chez Lafarge.

Egypte: le syndicat a réussi à négocier une convention collective avec deux filiales d’Italcementi, Tora et

Eipel. De même, le syndicat a réussi à négocier 3 conventions collectives avec Mefco Furniture Company,

Lafarge Suez et Naga Hamadi Fibre Boards en 2011.

Liban: le syndicat a négocié une convention collective avec Holcim Cement portant sur les conditions

de travail ainsi que des aspects de santé et de sécurité.

Jordanie: le syndicat a réussi à négocier des conventions collectives avec Lafarge, Al-Moumari

Company, Lime and Brick Company, Aral Aluminium Company, Rajihi Cement Company et White Cement

Company.

Conventions collectives avec des multinationales chinoises: Les syndicats du bâtiment du Ghana,

du Nigeria et d’Ouganda ont pu conclure plus de 10 conventions collectives avec des entreprises de

construction chinoises dans divers projets d’infrastructure financés et construits par le gouvernement

chinois.

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RAPPORT D’ACTIVITÉS 2010-2013 | 1 - 5 décembre 2013 | Bangkok | Thaïlande

Influence politique

Droits des travailleurs migrants

En 2011, à Johannesburg, Afrique du Sud, la région a mis au point une stratégie sur le recrutement des

travailleurs migrants et la défense de leurs droits. Dans la région MENA, où les tendances migratoires se

sont accrues suite à la révolution, la Fédération des syndicats du bâtiment et du bois du Liban a réussi à

traiter 60 plaintes et griefs reçus de travailleurs syriens et palestiniens et portant sur leurs salaires et leurs

horaires de travail. Au cours de l’année 2010, 90 travailleurs syriens, 20 Indiens et 40 Palestiniens ont

reçu de l’aide du même syndicat pour obtenir le paiement d’arriérés de salaires. En outre, 40 travailleurs

de Syrie, d’Inde, du Bangladesh et de Palestine ont reçu de l’aide pour accéder à des services de santé.

Plus de 1500 réfugiés et travailleurs migrants de Syrie ont été aidés par les syndicats, qui ont contribué à

évaluer les logements et les services de santé dans le nord du Liban en 2011. Le syndicat a produit des

brochures portant sur les droits des travailleurs migrants, qui lui ont permis de contacter plus de 3000

travailleurs.

Le GTUCW en Jordanie a mis en place un numéro d’appel donnant des informations aux travailleurs

migrants, tout en exerçant des pressions en vue de participer à des négociations tripartites visant à

fournir aux travailleurs migrants des prestations sociales et médicales ainsi que des occasions d’emploi

équivalentes à celles des locaux. En Egypte, l’affilié de l’IBB a réussi à négocier avec le Ministère des

Finances et les responsables des polices et règlements d’assurance égyptiens afin que les nouvelles lois

sur la sécurité sociales soient amendées en 2012. En 2011, les syndicats du bâtiment d’Egypte et de

Jordanie ont signé un accord de coopération sur la question des travailleurs égyptiens du bâtiment en

Jordanie.

Dans la région du Golfe, les travailleurs migrants restent dépourvus de droits. En raison des tensions

politiques à Bahreïn, les travailleurs migrants sont dans une situation difficile. Au Qatar où 99% des

travailleurs de la construction sont des migrants venant du sud de l’Asie, le gouvernement qatari reste

insensible aux pressions exercées à l’OIT. Néanmoins, la campagne IBB et CSI « Pas de Coupe du

monde au Qatar sans des droits pour les migrants » reçoit un écho positif de la part des médias et de

diverses organisations internationales.

Des affiliés en Afrique de l’Est ont créé un réseau sous-régional des travailleurs du bâtiment et du bois

pour aborder, entre autres, les droits des travailleurs migrants. Grâce à cela, les syndicats ont élaboré

des stratégies transfrontalières pour recruter des travailleurs et impliquer les décideurs politiques dans le

processus d’intégration de la Communauté d’Afrique de l’Est. Douze travailleurs migrants indiens dont

les papiers avaient été confisqués ont été sauvés d’un employeur abusif en Ouganda en 2011 grâce à

l’intervention du syndicat ougandais du bâtiment, et ont pu rentrer en Inde.

Campagnes

Campagne 2011, année de la forêt:

L’IBB a ciblé des efforts de recrutement dans le bassin du Congo. En 2012, des affiliés de l’IBB au

Cameroun, en RD Congo et au Gabon se sont réunis pour élaborer une stratégie syndicale. Des affiliés

de l’IBB travaillent sur des initiatives de certification forestière afin d’intégrer les normes de l’OIT dans les

négociations collectives.

Campagnes lors de manifestations sportives – Coupe du monde 2010 en Afrique du Sud

La région a lancé une campagne réussie en liaison avec la Coupe du monde 2010 accueillie par

l’Afrique du Sud. Cette campagne a servi à faciliter la croissance de la densité syndicale dans le secteur

par la promotion du travail décent pour les travailleurs vulnérables du secteur de la construction. Elle a été

caractérisée par la participation de nombreuses organisations, la coopération et la solidarité internationale

qui a relié des travailleurs du Nord et du Sud.

SABAWO, BCAWU et NUM ont collaboré pour parvenir à de véritables gains dans le secteur, non

seulement au niveau structurel, par le biais du comité directeur, mais aussi par le biais d’actions unies

contre les employeurs.

89


RAPPORT D’ACTIVITÉs 2010-2013 | 1 - 5 décembre 2013 | Bangkok | Thaïlande

Un partenariat solide entre l’IBB et Labour Research Service (LRS) a offert un environnement propice

permettant aux syndicats de se consolider et de répondre aux exigences de la campagne. Par ailleurs,

celle-ci a donné d’importantes leçons pour l’avenir.

Cette campagne comportait un engagement spécifique envers les travailleurs et une perspective plus

critique sur l’impact de méga-manifestations sportives sur le développement durable. Les syndicats

sud-africains de la construction ont organisé 26 grèves dans les stades de la Coupe du monde durant

la campagne, ont inversé un déclin de longue date dans le niveau de syndicalisation des travailleurs de

la construction dans le pays et ont obtenu d’importantes améliorations des salaires et des conditions

de travail, y compris la gratuité des transports pour les travailleurs se rendant sur les chantiers, ainsi

que des primes. Les sous-traitants sur les chantiers des stades ont été contraints d’appliquer les

salaires minimum dans la construction. Les syndicats sud-africains ont recruté plus de 27.000 nouveaux

membres. Avec le soutien de SLA et d’UNIA, il a été possible de faire pression sur le Président de la

FIFA Joseph Blatter à Zurich pour qu’il promette que la FIFA reconnaisse, pour la toute première fois,

le principe du travail décent. Il a également remis 54.000 billets gratuits pour la Coupe du monde aux

travailleurs de la construction!

Jeunes et formation professionnelle

Un fonds de solidarité pour la formation professionnelle a été constitué, suite à la décision prise par le

Conseil mondial en 2010 de soutenir le développement de la jeunesse palestinienne. Le Comité exécutif

régional a lancé ce fonds à Tunis en août 2010. IG BAU, Allemagne, a soutenu un programme de

formation professionnelle de 8 semaines destiné à six jeunes travailleurs de la construction palestiniens

de 19 à 28 ans, à Nuremberg, Allemagne, en 2011. Tous étaient membres du syndicat national des

travailleurs du bâtiment et du bois de Palestine. Le but était d’accroître leurs chances d’emploi en

Palestine en améliorant leurs qualifications professionnelles.

Au Burkina Faso, SSG-IGBAU soutient FNTCS, affilié de l’IBB, dans un projet de développement des

jeunes lancé en 2007. Le centre de formation des jeunes de Soumiaga a déjà formé trois volées de

jeunes travailleurs. En 2009, 69 jeunes ont été formés à la teinture, au tissage, à la menuiserie et à la

maçonnerie. Le centre a également intégré la formation aux énergies renouvelables, notamment les outils

de séchage, l’éclairage à l’énergie solaire, les systèmes de chauffage de l’eau et les panneaux de cuisson

solaires. Le centre de formation de Soumiaga est devenu une référence pour la population locale et

contribue au développement de la communauté dans son ensemble.

Egalité des femmes

FNV a soutenu un projet d’égalité qui a incité les syndicats d’Angola, du Mozambique et d’Afrique

du Sud à mettre en place des structures de genre, à développer des politiques et des campagnes

syndicales en la matière. Par ce biais, la représentation des femmes s’est accrue dans diverses structures

dirigeantes et décisionnelles en Afrique australe.

LO Norvège a soutenu un programme de genre pour sept syndicats d’Afrique de l’Est. Près de 4000

nouvelles membres ont adhéré aux syndicats et sont atives dans les structures syndicales. Au cours

de 2011, la proportion de femmes candidates à des postes dirigeants est passée de 5% à 20%. Alors

que la plupart des statuts des syndicats aspirent désormais à une représentation de 30%, les femmes

représentent aujourd’hui 13% du total des effectifs. Le syndicat ougandais du bâtiment a commencé à

profiler les membres au lieu de travail; dans quelque 17 entreprises fournissant des données en précisant

le sexe, les femmes représentent 10% du total des membres. Le syndicat ougandais du bâtiment et

TAMICO, Tanzanie, affectent spécifiquement des budgets pour des activités de genre depuis deux ans.

Le syndicat du bois et des travailleurs du bois du Ghana (TWU) a réussi à recruter 800 femmes du

secteur du bois et du bois d’œuvre. Plus de 30% de femmes sont actives dans ses structures syndicales.

SYNEPSEFOR en Côte d’Ivoire a recruté plus de 800 femmes dans le secteur informel de la production,

du transport et de la fourniture de charbon de bois.

90


RAPPORT D’ACTIVITÉS 2010-2013 | 1 - 5 décembre 2013 | Bangkok | Thaïlande

Intégration des politiques et points d’action sur le VIH/SIDA

Le cadre d’intervention stratégique de l’IBB sur le VIH/SIDA a été révisé et des points d’action ont

été mis en lumière durant le séminaire mondial sur le VIH/SIDA organisé en Afrique du Sud. Parmi les

points d’action identifiés figurent des aspects liés à la syndicalisation, l’intégration du VIH/SIDA dans les

politiques de santé et de sécurité, les négociations collectives, l’encouragement de partenariats et la

constitution d’allliances.

Changements climatiques et développement durable de la construction et de

la sylviculture

La « Déclaration sur un environnement durable avec des emplois verts » a été adoptée par près de

60 participants durant la réunion COP 17 tenue à Durban, où des affiliés de l’IBB, des partenaires et

des orateurs invités à des panels ont participé au séminaire sur les changements climatiques et le

développement durable dans la construction et la sylviculture.

Solidarité

Les cas suivants concernant des syndicats de la région ont fait l’objet d’actions de solidarité pendant la

période du Congrès:

Mars 2010 - GAPWUZ- Zimbabwe contre l’arrestation et le harcèlement de dirigeants syndicaux et le

départ forcé en exil de la Secrétaire générale Gertrude Hambira

Mai 2010 – Travailleurs yéménites en grève pour l’amélioration de leurs conditions de vie et de travail

Juin 2010 – Les bureaux de FSTBC Cameroun ont été vandalisés par des éléments criminels

Juin 2010 - Palestine pour sa lutte pour la paix, l’auto-détermination et le développement des jeunes

Juillet 2010 – Travailleurs de Al Mustakbal au Liban en grève contre des licenciements

2010/2011- Tunisie, Bahreïn, Egypte, Yémen, Libye luttent pour la démocratie et l’amélioration des

conditions de vie et de travail

2011 – Afrique du Sud 2.100 travailleurs du bâtiment ont été licenciés et expulsés de leurs foyers

2011 - Swaziland contre l’intimidation, l’arrestation et le harcèlement de dirigeants syndicaux

2011/2012 - Mali par suite de l’invasion des rebelles

2012 – Le Bahreïn a licencié 4000 travailleurs qui luttaient pour la démocratie et contre l’absence

d’emplois

2012 - CNTG Guinée contre l’arrestation et le harcèlement de dirigeants syndicaux

2012 – Syndicats d’Afrique du Sud dans leur lutte contre les courtiers en main d’œuvre et les routes à

péages électroniques.

2012 – Travailleurs du bâtiment de l’île Maurice contre les dispositions répressives de la Loi sur les

droits du travail.

2013 – Tunisie contre des violations des droits de l’Homme et des droits syndicaux.

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RAPPORT D’ACTIVITÉs 2010-2013 | 1 - 5 décembre 2013 | Bangkok | Thaïlande

Capacités régionales

L’IBB continue à organiser une formation aux capacités mondiales et régionales afin de mettre le

personnel régional à jour dans son domaine de travail et de l’informer des évolutions et tendances

nouvelles à l’IBB et dans nos secteurs. La capacité du personnel régional a été renforcée par des

connaissances et des compétences accrues portant sur l’Agenda pour un travail décent, la santé et

la sécurité ainsi que les principes directeurs de l’OCDE. Le personnel régional a intégré les nouveaux

concepts de la gestion de projets en utilisant l’analyse du cadre logique (ACL). Parmi les autres

domaines où la formation des compétences s’est avérée essentielle figurent l’identification des priorités,

l’harmonisation des directives administratives et financières et l’utilisation de la base de données de

projet.

Structure régionale de l’IBB

Le Comité régional s’est réuni chaque année pour examiner les activités mises en œuvre sur la base

du plan stratégique, les défis en cours et la situation en matière d’affiliation dans la région. Le Comité a

statué sur les nouvelles demandes d’affiliation, les exemptions et les réductions.

Les réunions du Comité régional organisées en Tunisie (2010), au Ghana (2011) et au Nigeria (2012) ont

été présidées par Piet Matosa, actuel Président régional. Des membres du Comité régional des femmes

dirigé par la présidente Edna Opoku Boakye et du Comité des jeunes dirigé par la présidente Justina

Jonas ont assisté à toutes les réunions.

Les discussions pour que l’IBB reconnaisse officiellement une structure pour les jeunes dans les statuts

ont été soumises au Comité exécutif régional ainsi qu’à la Conférence régionale de 2008, ce qui a incité la

région à soutenir une résolution dans ce sens pour le Congrès de 2009. La Conférence régionale de 2012

a réaffirmé sa position. Suite à des consultations régionales, l’IBB organisera une Conférence mondiale

sur la jeunesse en juin 2013 en vue de faire une recommandation finale au Congrès.

Composition actuelle du Comité exécutif régional et du Comité des femmes

A la Conférence régionale au Nigeria (2012), Baba El Madane Touré a quitté le Comité. Voici les

dirigeants régionaux élus actuels:

Président régional, Piet Matosa, NUM, Afrique du Sud

Vice-président, Baba Tunde Liadi, NUCECFWW, Nigeria

Groupe 13: Bénin, Burkina Faso, Cameroun, République centrafricaine, Tchad, Gabon, Rép.

de Guinée, Côte d’Ivoire, Mali, Niger, Sénégal, Togo, République démocratique du Congo

1er titulaire: Ayao Gbandjou, FTBC, Togo

2e titulaire: Diaraf Ndao, SNTC/BTP, Sénégal

1er suppléant: Constant Nabyoure, FTBBF, Burkina Faso

2e suppléant: Youssouf Guildja, CLTT, Tchad

3e suppléant: Ahoussi Delphine, SYNEPSEFOR, Côte d’Ivoire

4e suppléant: Soumagal Abdoulaye, SUATPH, Niger

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RAPPORT D’ACTIVITÉS 2010-2013 | 1 - 5 décembre 2013 | Bangkok | Thaïlande

Groupe 14: Ghana, Libéria, Nigeria, Sierra Leone

1er titulaire: Baba Tunde Liadi, NUCECFWW, Nigeria

2e titulaire: Joshua Ansah, TWU, Ghana

1er suppléant: Samuel Adeoye, NUCEFWW, Nigeria

2e suppléant: Pius Quainnoo, CBMWU, Ghana

3e suppléante: Augustine Etafo, CCESSA, Nigeria

4e suppléant: George Otaru Ezeichumhe, CCESSA, Nigeria

Groupe 15: Angola, Botswana, Lesotho, Madagascar, Malawi, Maurice, Mozambique, Namibie,

Swaziland, Afrique du Sud, Zambie, Zimbabwe

1er titulaire: Piet Matosa, NUM, Afrique du Sud

2e titulaire: Jeremia’s D. Timana, SINTICIM, Mozambique

1er suppléant: Benny Shoko, CLAWUZ, Zimbabwe

2e suppléant: Sadien Radhakrisna, GSA, Maurice

3e suppléante: Justina Jonas, MANWU, Namibie

4e suppléant: Gabriel Phiri, NUBEGW, Zambie

Groupe 16: Burundi, Djibouti, Ethiopie, Kenya, Ouganda, Rwanda, Seychelles, Tanzanie

1er titulaire: Wafulla Wa Musamia, KQMWU, Kenya

2e titulaire: Oloka Mesilamu, UBCCECAWU, Ouganda

1er suppléant: Francis Murage, KBCTFEAU, Kenya

2e suppléant: Zegeye Haile Selassi, EIFCWUMCOTU, Ethiopie

3e suppléant: Hassan Ameir, TAMICO, Tanzanie

4e suppléant: Rajab Mwondi, KUPRIPUPA, Kenya

Groupe 17: Algérie, Egypte, Mauritanie, Maroc, Tunisie

1er titulaire: Hassan Chebil, FGBB - UGTT, Tunisie

2e titulaire: Ahmed Bahannis, SNTBB, Maroc

1er suppléant: Azzouz Mbarek, FGBB - UGTT, Tunisie

2e suppléant: Sidi Oueld Mohamed, SNI, Mauritanie

3e suppléant:

4e suppléant:

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RAPPORT D’ACTIVITÉs 2010-2013 | 1 - 5 décembre 2013 | Bangkok | Thaïlande

Groupe 18: Bahreïn, Jordanie, Koweït, Liban, Palestine, Yémen

1er titulaire: Mahmoud Al Hiary, GTUCW, Jordanie

2e titulaire: Bayer Al Hassen, NUBWW, Palestine

1er suppléant: Antoun Antoun, GSETU, Liban

2e suppléant: Yayha M Altabeeb, GTUBW, Yémen

3e suppléant: Abdulreda Mansuri Khomis, GTFU, Bahreïn

4e suppléant:

Comité régional des femmes d’Afrique et du Moyen Orient

Présidente: Edna Opoku Boakye, PUWU, Ghana

1ère vice-présidente: Elizabeth Amuto, UBCCECAWU, Ouganda

2e vice-présidente: Obim Kafui, SINTRAGAVO, Togo

Groupe 13: Bénin, Burkina Faso, Cameroun, République centrafricaine, Tchad, Gabon, Rép. de

Guinée, Côte d’Ivoire, Mali, Niger, Sénégal, Togo, République démocratique du Congo

1ère titulaire: Obim Kafui, SINTRAGAVO, Togo

1ère suppléante: Bomas Odette, FNTBB, RDC

2e suppléante: Awa Cisse, FENIBABCOM, MALI

Groupe 14: Ghana, Liberia, Nigeria, Sierra Leone

1ère titulaire: Edna Opoku Boakye, PUWU, Ghana

2e suppléante: Charity Amata, NUCECFWW, Nigeria

3e suppléante: Vera Vincent, CCESSA, Nigeria

Groupe 15: Angola, Botswana, Lesotho, Madagascar, Malawi, Maurice, Mozambique, Namibie,

Swaziland, Afrique du Sud, Zambie, Zimbabwe

1ère titulaire: Faith Letlala, NUM, Afrique du Sud

1ère suppléante: Letta Ndaluka Nekundi, MANWU, Namibie

2e suppléante: Fozert Mugabe, ZCATWU, Zimbabwe

Groupe 16: Burundi, Djibouti, Ethiopie, Kenya, Ouganda, Rwanda, Seychelles, Tanzanie

1ère titulaire: Elizabeth Amuto, UBCCECAWU, Ouganda

1e suppléante: Zeytuna Ahmed, CWMCTWIF, Ethiopie

2e suppléante: Rosemary Mwiza, Tamico, Tanzanie

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RAPPORT D’ACTIVITÉS 2010-2013 | 1 - 5 décembre 2013 | Bangkok | Thaïlande

Groupe 17: Algérie, Egypte, Mauritanie, Maroc, Tunisie

1ère titulaire: Vacant

1ère suppléante: Vacant

2e suppléante: Vacant

Groupe 18: Bahreïn, Jordanie, Koweït, Liban, Palestine, Yémen

1er titulaire: Natalie Boutros, GSETU, Liban

1ère suppléante: Linda Acres, GTUCW, Jordanie

2e suppléante: Vacant

Effectifs

Les affiliations sont régies par les Statuts de l’IBB. Comme l’a avalisé le Conseil mondial, la politique

AFRECO prévoyant un nombre minimum de 1000 membres payants est en train d’être étudiée et

surveillée. A ce jour, elle est respectée par 32 syndicats affiliés de la région Afrique/Moyen Orient. La

région compte actuellement 67 syndicats affiliés dans 41 pays représentés de la manière suivante: Afrique

de l’Est (8), Moyen Orient (6), Afrique du Nord (4), Afrique australe (20), Afrique de l’Ouest anglophone

(8) et Afrique de l’Ouest francophone (21). Bien qu’ayant perdu 15 affiliés, la région a enregistré une

croissance de 10% de ses effectifs.

Sous-région

Nombre

d’affiliés en

2010

Effectifs en

2010

Nombre

d’affiliés en

2011

Effectifs en

2011

Nombre

d’affiliés en

2012

Effectifs en

2012

Nombre

d’affiliés en

2013

Afrique de l’Est 7 6,654 7 6,029 7 6,823 8

Moyen Orient 6 5,014 6 4,848 6 5,529 6

Afrique du Nord 4 7,563 4 6,536 4 7,583 4

Afrique australe 25 77,381 24 82,987 22 89,090 20

Afrique de l’Ouest 10 10,551 10 11,535 10 12,871 8

anglophone

Afrique de l’Ouest 30 5,841 27 6,187 28 7,914 21

francophone

Total 82 111,912 78 116,284 77 129,810 67

95


RAPPORT D’ACTIVITÉs 2010-2013 | 1 - 5 décembre 2013 | Bangkok | Thaïlande

Asie Pacifique

Principales évolutions politiques, socio-économiques et sectorielles

L’Asie Pacifique connaît une transformation considérable, provoquée par la situation économique et

sociale ainsi que par la croissance et le développement continus dans de nombreux pays de la région.

Bien que l’Asie Pacifique continue à asseoir son rôle dans l’économie mondiale grâce à la croissance

rapide de sa puissance économique, ses centres démographiques luttent pour surmonter les fardeaux de

la pauvreté, de la faim, des catastrophes naturelles et de l’inégalité.

Les chiffres de croissance économique régionale les plus récents, selon la Commission économique

et sociale des Nations Unies pour l’Asie et le Pacifique (CESAP) dans son étude économique et sociale

de l’Asie et du Pacifique en 2012, indiquent à quel point l’économie de l’Asie Pacifique est devenue

puissante. Selon ce rapport, la région a fortement récupéré de la crise financière mondiale et de la

récession de 2008 et 2009, et ses économies en développement croissent à un rythme de 8,8%. Elles

ont connu une croissance de 7% en 2011, et les estimations de croissance pour 2012 sont de 6,5%,

ce qui est inférieur à la croissance de l’année dernière qui représentait une reprise par rapport à la faible

base due à la récession de 2009.

En revanche, le chômage et l’emploi vulnérable restent un problème et constituent le revers de la

médaille de la croissance économique de l’Asie Pacifique. Selon des estimations de l’ONU, la région

compte 1,1 milliard d’individus occupant un emploi vulnérable, et le chômage des jeunes devrait rester à

10,2% en 2012. Malgré une forte croissance économique dans toute la région, les taux de chômage sont

relativement stables, puisque leur baisse n’a été que légère, de 4,3% en 2010 à 4,2% en 2011. A la fin de

2009, selon l’OIT, la région comptait 100 millions de personnes au chômage, contre 80 millions en 2007

lorsque les emplois ont commencé à être supprimés à cause de la crise. Les travailleurs migrants de la

région ont immédiatement subi l’impact de la crise; bon nombre d’entre eux ont été parmi les premiers à

perdre leur emploi et à être rapatriés. Par la suite, ces pertes d’emplois ont fait baisser les transferts de

fonds qui représentent une part importante du produit intérieur brut de certains pays d’Asie Pacifique, par

exemple 13% aux Philippines .

Reflétant le flux des économies nationales et régionales en Asie Pacifique, la région a vu réapparaître

l’inflation des prix des denrées alimentaires et du carburant, ce qui a eu des incidences défavorables

directes sur les pauvres vivant dans la région. La CESAP estime que les prix élevés de l’alimentaire et

de l’énergie ont appauvri pas moins de 42 millions de personnes supplémentaires dans la région en

2011. Pour les pays les plus pauvres et les plus peuplés, ces prix élevés des denrées alimentaires et des

carburants ralentiront la capacité de la forte croissance économique à les faire sortir de la pauvreté. La

région Asie Pacifique compte environ 1 milliard d’individus qui vivent avec moins de US$ 2 par jour, alors

que la CESAP prédit que certains pays d’Asie Pacifique tels que le Bangladesh, l’Inde, la RPD du Laos

et le Népal ne seront pas en mesure d’atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD)

d’ici 2015.

Ces problèmes sont aggravés par l’instabilité politique de certains pays d’Asie Pacifique. En 2009,

l’ancien Président des Fidji, Ratu Josefa Iloilo, a abrogé la Constitution et mis en place un gouvernement

provisoire, ce qui a suspendu les Fidji du Forum des îles du Pacifique et du Commonwealth. Bien que

l’on signale que Fidji soit sur le point d’organiser des élections démoratiques, le gouvernement reste

très hostile aux syndicats et a récemment expulsé du pays une délégation du BIT. En Birmanie, les

élections de novembre 2010 – les premières en 20 ans – ont vu la junte militaire au pouvoir et ses alliés

remporter près de 80 % des voix et près de 90 % des sièges au Parlement, alors que l’on parle de cas

d’intimidation des électeurs et de corruption. Néanmoins, en 2012, lors d’une élection partielle, le NLD a

gagné 42 sièges au Parlement et des centaines de prisonniers politiques ont été libérés. La direction de

la FTUB (désormais FTUM) a été retirée de la liste noire des personnes interdites d’entrée en Birmanie. Au

Pakistan, la montée d’organisations extrémistes n’a cessé de compromettre le retour de la démocratie,

alors qu’en Thaïlande, la victoire en 2010 du Premier Ministre Yingluck Shinawatra a marqué le début

d’une phase relativement stable dans la politique thaïlandaise après les protestations sanglantes qui

96


RAPPORT D’ACTIVITÉS 2010-2013 | 1 - 5 décembre 2013 | Bangkok | Thaïlande

avaient fait rage à Bangkok auparavant. Au Sri Lanka, l’économie est peu à peu en train de se stabiliser

après plus de vingt ans de guerre civile, puisque des élections nationales ont eu lieu en 2011. Dans le

reste de l’Asie du Sud, le Népal continue à être confronté à des défis politiques – le pays n’a toujours pas

de constitution définitive et le gouvernement en place s’occupe seulement des affaires courantes.

La région a également enregistré une hausse des violations des droits de l’Homme et des droits

syndicaux. Parmi les cas impliquant des affiliés de l’IBB, citons la répression continue des travailleurs

dans les industries Hanjin, tant en Corée du Sud qu’aux Philippines, et le refus d’accorder des droits

aux travailleurs dans les projets de restauration d’Angkor Vat et les projets connexes. Des dirigeants

d’affiliés de l’IBB ont été emprisonnés en Corée du Sud et en Indonésie et des sociétés de toute la région

cherchent constamment à échapper à leur responsabilité consistant à reconnaître les syndicats et à

négocier collectivement.

Pour relever ces défis, IBB Asie Pacifique a adopté quatre stratégies fondamentales lors de sa

Conférence régionale de Séoul en 2011. Voici ces quatre stratégies:

• Recrutement orienté sur les résultats

• Formation au changement

• Négociation pour obtenir la meilleure alternative

• Politiques de réforme

Ces quatre stratégies visent à améliorer le recrutement, la négociation et le travail d’influence de l’IBB

et des affiliés de l’IBB dans la région. Conçues pour contester directement et réagir à l’environnement

où sont plongés de nombreux syndicats, y compris les offensives anti-syndicales, le refus de négocier et

l’inertie du gouvernement face aux violations de droits, ces quatre stratégies ont guidé nos efforts durant

la période du Congrès.

La poursuite de l’émergence de l’Asie Pacifique comme le marqueur de croissance de l’économie

mondiale met en lumière deux évolutions importantes et interdépendantes dans la région:

l’approfondissement de l’intégration économique régionale et l’encouragement des liens commerciaux et

d’affaires afin de créer un seul et unique espace économique dans la région.

En travaillant ensemble, les pays d’Asie Pacifique peuvent façonner la croissance économique actuelle

en investissant dans leurs ressources humaines et en mettant en œuvre la protection sociale, élément

vital du développement national. Désormais clairement établie comme un leader de l’économie mondiale,

l’Asie Pacifique doit saisir cette occasion pour préserver et prolonger les gains de développement pour

ses peuples.

Recrutement

En recrutant en Thaïlande, l’IBB a renforcé la Fédération des travailleurs du bâtiment et du bois de

Thaïlande (BWFT) d’environ 4.000 membres. Les négociations entre la BWFT et des alliances de la région

fortement présentes dans les secteurs de l’IBB progressent en prélude au Congrès mondial de 2013.

Le syndicat national vietnamien des travailleurs de l’agriculture et du développement rural Vietnam

Forestry Corporation Union (VFCU) s’est affilié à l’IBB en 2012. Après plusieurs années de coopération

étroite et d’activités conjointes, le VFCU a formellement demandé son affiliation au début de 2012. Le

VFCU compte actuellement environ 5.000 membres au total.

En Inde, par le biais de divers conseils étatiques de protection sociale pour les travailleurs de la

construction, les affiliés de l’IBB ont récupéré des prestations sociales pour les travailleurs pour plus de

10 millions de roupies, soit environ CHF 150.000.

Le recrutement dans les projets PIP et IFI a donné des résultats positifs

• Le BWTUC a recruté dans un projet au Cambodge financé par la Banque asiatique de

développement (ADB) et a pu faire adhérer environ 200 membres sur un total d’environ 250

travailleurs dans ce projet.

• En Inde, le KSCWCU recrute dans le projet métro-rail à Bangalore, et a syndiqué plus de

600 travailleurs au conseil de protection sociale de la construction de l’Etat du Karnataka.

97


RAPPORT D’ACTIVITÉs 2010-2013 | 1 - 5 décembre 2013 | Bangkok | Thaïlande

Pleins feux sur…

L’IBB a apporté un soutien permanent et régulier à la Fédération des syndicats de Birmanie (FTUB)

(désormais FTUM) durant son exil hors de Birmanie, en l’aidant à continuer à recruter des travailleurs

migrants birmans en Thaïlande et à exercer des pressions à l’intérieur du pays. Le soutien de

l’IBB s’est largement axé autour d’un appui financier et politique pour engager et conserver des

recruteurs syndicaux, ainsi qu’autour de plusieurs activités de sensibilisation et de lobbying dans

les zones frontalières de Thaïlande. Depuis la relative libéralisation démocratique de la Birmanie et

la transformation des opérations birmanes de la FTUB sous la houlette juridique de la Fédération

des syndicats du Myanmar (FTUM), l’IBB a continué à fournir un soutien aux activités de la FTUB en

Thaïlande et a travaillé avec la FTUM pour aider au développement des syndicats des secteurs de

l’IBB en Birmanie.

• A Himachal Pradesh, également en Inde, le All

Himachal PWD – IPH and Contractual Workers

Union recrute dans un projet de route financé par la

Banque mondiale. Les efforts du syndicat ont abouti

à l’adhésion de plus de 400 travailleurs.

Résolution 9 de la Conférence

régionale AP de l’IBB:

Garantir un travail décent dans

les multinationales, notamment

chinoises, opérant dans la région

• La Fédération pakistanaise des travailleurs du

bâtiment et du bois (PFBWW) a constitué en 2010

un syndicat, comptant désormais plus de 800 membres, sur le site du projet de centrale

hydroélectrique de Neelam-Jhelum, exploité par la Chine. Le syndicat continue à se

heurter à l’opposition des entrepreneurs, qui ont apparemment reçu un vif soutien du

gouvernement fermant les yeux sur les violations du droit du travail.

• Au Népal, des affiliés de l’IBB – le syndicat central des peintres, plombiers, travailleurs de

l’électricité et de la construction (CUPPEC) et le syndicat des travailleurs de la construction

et connexes du Népal (CAWUN) – ont recruté plus de 1.800 travailleurs, pour la plupart

affectés à des projets et migrants inter-districts venant du Népal même, dans le projet d’eau

potable Melamchi financé par l’ADB.

Dans le cadre d’un effort visant à recruter des travailleurs migrants transfrontaliers, le comité des affiliés

népalais de l’IBB (NAC) a signé un mémorandum d’accord avec HKMP, affilié de l’IBB, dans l’Etat indien

voisin, le Bihar, le 11 novembre 2011.

Le Centre d’activités des travailleurs (WAC) a récemment ouvert ses portes en Indonésie, grâce

aux efforts conjoints de KAHUTINDO et du bureau régional de l’IBB, avec le soutien de LO-TCO. La

construction du WAC a été achevée récemment, et les cours de formation et autres activités pour les

travailleurs sont en train de se mettre en place. Le centre apportera un soutien précieux à des milliers

de travailleurs et constituera un point d’entrée unique permettant à KAHUTINDO de promouvoir le

syndicalisme parmi les travailleurs, de dispenser des formations et d’apporter un soutien.

Au Qatar, les travailleurs migrants continuent à être victimes d’abus et leurs droits sont niés. Les

mauvaises politiques syndicales et leur mise en œuvre empêchent les syndicats de faire un travail utile et

la représentation des travailleurs migrants est impossible. Les efforts de recrutement et de sensibilisation

de l’IBB au Qatar se sont intensifiés, avec des visites récentes effectuées par le personnel régional et

mondial de l’IBB, en prélude à la campagne pour la Coupe du monde de 2022.

30.000 travaileurs ont été recrutés par des affiliés de l’IBB en Inde grâce à la Loi Mahatma Gandhi sur

la garantie nationale de l’emploi rural (MGNREGA). Les affiliés utilisent la MGNREGA comme outil de

recrutement et de lobbying en faveur d’un emploi extrêmement nécessaire pour les travailleurs, tout en en

retirant des gains d’effectifs stables.

98


RAPPORT D’ACTIVITÉS 2010-2013 | 1 - 5 décembre 2013 | Bangkok | Thaïlande

Négociations

Pleins feux sur…

En 2012, le syndicat des travailleurs du bâtiment et du bois du Cambodge (BWTUC) a signé

deux nouvelles conventions collectives et a prolongé une convention existante. Ces conventions

collectives ont été signées sur un projet ADB et deux sites de restauration de temples à Angkor Vat.

Au Cambodge, les conventions collectives, en particulier en dehors du secteur du vêtement, sont

notoirement difficiles à négocier et à conclure. Le syndicat a récemment commencé une campagne

en vue d’une troisième convention collective. Citons parmi les avantages obtenus pour les membres

au titre des nouvelles conventions collectives:

CC TSO (TSO est une multinationale française de la construction)

• Augmentation de salaire pouvant aller jusqu’à 25%

• Doublement de l’indemnité de licenciement

• Augmentation des sommes payées pour les congés

• Amélioration des conditions de vie des travailleurs

• Droit à un emploi futur dans le projet

CC WMF (WMF est un organisme américain à but non lucratif)

• Augmentation de salaire pouvant aller jusqu’à 10%

• Prestations de congés maternité généreuses

• Augmentation de l’indemnité de licenciement (jusqu’à deux fois les prestations)

• Augmentation des sommes payées pour les congés

• Amélioration des conditions de vie et de travail

Près de 125.000 travailleurs de l’industrie du ciment en Inde

ont vu leur salaire passer à USD77 par mois en février 2011.

Outre les augmentations de salaires, la nouvelle convention inclut

une amélioration des allocations d’éducation pour les enfants

des travailleurs ainsi que des indemnités de déplacement. Ce

résultat a été obtenu par le travail acharné et la coopération de

plusieurs affiliés de l’IBB et de la FIM (désormais IndustriALL) en

Inde, sous la direction d’INCWF.

En 2012, un accord a été conclu pour rouvrir l’usine Faber-

Castell à Goa et conclure une convention collective. L’entreprise

a ainsi annulé sa décision antérieure de fermer son unité de

fabrication et a accepté les revendications salariales du syndicat.

Faber-Castell s’est également engagé à ce que tout le personnel

de l’usine soit permanent, et qu’il ne soit pas fait usage du

travail contractuel. Ces résultats positifs ont fait suite à un audit

social réalisé par l’IBB, les affiliés allemands et le siège de Faber

Castell.

Résolution 4 de la Conférence

régionale AP de l’IBB en 2011:

Condamner la violation du

droit à la liberté syndicale et du

droit de négociation collective

sur les projets de restauration

d’Angkor Vat sous l’autorité de la

JASA (équipe du gouvernement

japonais pour la sauvegarde

d’Angkor) et de l’APSARA

Résolution 5 de la Conférence

régionale AP de l’IBB en 2011:

Préserver les droits des

travailleurs sous contrat dans les

multinationales du ciment de la

région

En 2012, Bhatha Mazdoor Sabha (BMS-Punjab) a obtenu une hausse d’environ 30% pour les salaires

des travailleurs de l’industrie des fours à briques dans les régions organisées par le syndicat, qui a signé

des accords salariaux avec l’association des propriétaires de fours à briques de l’Etat.

Les affiliés de l’IBB dans l’Etat indien du Tamil Nadu ont signé un mémorandum d’accord avec

l’Association des constructeurs indiens portant sur la formation des femmes à des compétences non

traditionnelles. Ce système a profité à 212 travailleuses qui ont reçu une formation de peintre et ont

obtenu un emploi légitime. Dans une initiative similaire, Bandhkam Mazdoor Sangathan (BMS-Gujarat),

à Gujarat, Inde, a signé un mémorandum d’accord avec l’Institut de formation aux compétences

de construction Larsen and Toubro (L&T) afin de faciliter la formation aux compétences des jeunes

travailleurs.

99


RAPPORT D’ACTIVITÉs 2010-2013 | 1 - 5 décembre 2013 | Bangkok | Thaïlande

En Corée du Sud, à l’issue d’une campagne visant à pousser à la négociation de conventions

collectives, et dirigée par le président du syndicat local, une convention collective a été signée par

KFCITU avec la société Sam An. Les pressions et les campagnes du syndicat avaient inclus une

manifestation de longue durée organisée à l’extérieur du bureau du directeur de l’entreprise.

En 2012, les syndicats d’Indonésie et de Malaisie (respectivement KAHUTINDO et TEU) ont conclu

des conventions collectives avec des filiales de Jeld-Wen, poursuivant ainsi l’accent mis par l’IBB sur

le recrutement dans les multinationales. Jeld-Wen est une multinationale de produits de bois et de

matériaux de construction qui a été visée en 2011 et 2012 par plusieurs affiliés et partenaires de l’IBB

dans des négociations et des actions de protestation contre son attitude de plus en plus hostile aux

syndicats.

Influence sur les politiques

Pleins feux sur…

Dans toute l’Asie, l’IBB a été impliquée dans la campagne visant à interdire l’amiante. Parmi les

moments forts, citons les suivants:

• La création du Programme national pour l’élimination des maladies liées à l’amiante

(NPEAD) aux Philippines,

• L’engagement pris par le vice-Ministre des ressources humaines de Malaisie que la

Malaisie va interdire l’amiante

• La recommandation d’interdire l’amiante, émise par le Comité national de santé de

Thaïlande

• La pétition auprès des gouvernements des Etats pour que l’Inde interdise l’amiante

• La cartographie des entreprises utilisant de l’amiante en RDP du Laos et l’organisation

d’ateliers pour sensibiliser les travailleurs, le gouvernement et les employeurs

• Une déclaration conjointe de toutes les centrales syndicales nationales indiennes pour

interdire l’amiante.

Bien que ces évolutions positives doivent encore être soutenues par de véritables actions de la part

des gouvernements nationaux, l’IBB et ses affiliés ont entrepris un certain nombre d’activités de

lobbying et de campagnes, notamment la création de réseaux pour interdire l’amiante, l’invitation

des gouvernements, des entreprises, des syndicats et de la société civile à des séminaires et à

des conférences sur les dangers de l’amiante et l’insistance sur la nécessité de mettre en place un

NPEAD.

4 millions de personnes vivant avec le VIH/SID (PVA) ont profité

de la procédure d’intérêt général (PIL) engagée par le bureau

de l’IBB en Asie du Sud au nom de l’IBB et des affiliés indiens.

La PIL a abouti à de nouvelles directives pour l’Autorité chargée

d’élaborer les règlements d’assurances, entrant en vigueur au

1er octobre 2012 et fournissant une couverture d’assurance aux

personnes vivant avec le VIH/SIDA.

Les presssions sur la Banque asiatique de développement

(ADB) se sont poursuivies à un rythme soutenu. La campagne

inclut les éléments suivants:

• élaboration d’études de cas et documentation

des violations des droits de l’Homme et des droits

syndicaux dans les projets ADB,

• discours lors des réunions annuelles de l’ADB et

Résolution 2 de la Conférence

régionale AP de l’IBB en 2011:

Réaliser l’interdiction de

l’amiante et mettre en place des

Programmes nationaux pour

l’élimination des maladies liées à

l’amiante (NPEAD)

Résolution 1 de la Conférence

régionale AP de l’IBB en 2011:

Assurer la liberté syndicale et

les droits des travailleurs dans le

scenario socio-politique actuel en

Birmanie

• rencontres directes avec le Président de l’ADB et les cadres dirigeants pour soulever les

préoccupations des syndicats.

100


RAPPORT D’ACTIVITÉS 2010-2013 | 1 - 5 décembre 2013 | Bangkok | Thaïlande

Les syndicats indonésiens se sont unis pour une campagne sur une nouvelle loi relative aux prestataires

de sécurité sociale qui accorde une assurance maladie de base à tous les Indonésiens, y compris les

pauvres, les travailleurs informels (ou qui le sont devenus) et les travailleurs sans assurance, ainsi que

des retraites et des indemnités en cas d’accident du travail pour les travailleurs formels. Cette campagne

conjointe a été une des plus importantes actions entreprises par le mouvement syndical en Indonésie.

L’élimination complète du travail des enfants en Inde se rapproche grâce aux efforts des affiliés et des

organisations partenaires de l’IBB. Le 28 août 2012, le Parlement indien a modifié la loi nationale sur le

travail des enfants et a interdit toute forme de travail des enfants de moins de 14 ans. Une fois que le

texte de l’amendement aura été adopté au Parlement, il étendra la définition juridique des enfants pour

inclure ceux de 14 à 18 ans et interdira leur emploi dans des établissements dangereux. La loi sera

rebaptisée Loi portant interdiction du travail des enfants et des adolescents.

Des syndicats au Bangladesh, en Inde et au Népal ont réussi à ramener environ 4.600 dans le système

scolaire normal depuis 2010, aidant ainsi à éliminer le travail des enfants et donnant aux enfants des

travailleurs une meilleure chance de recevoir une éducation formelle. Le projet de l’IBB sur le travail des

enfants a fonctionné dans 27 écoles en Inde, au Népal et au Bangladesh en 2012, avec 2.369 élèves

(dont 1.119 filles). Huit syndicats étaient impliqués dans ce projet, et les effectifs des syndicats ont

augmenté de 80.377 (44.557 femmes) pour la seule année 2012.

Les travailleurs de la construction à Delhi ont bénéficié d’une PIL engagée par l’IBB, suite à laquelle

le tribunal a considéré que les chantiers devaient être adaptés aux besoins des travailleurs du bâtiment;

les entreprises doivent fournir des équipements médicaux pour les travailleurs et un enseignement

gratuit pour leurs enfants pendant que les parents sont au travail. Les conjoints des travailleurs du

bâtiment auront droit à des prestations de maternité. Pour promouvoir la transparence dans le paiement

des salaires aux travailleurs, le tribunal a également statué que les salaires devaient être virés par voie

électronique sur les comptes des salariés et que les employeurs devaient leur remettre des bulletins de

salaire servant de preuve de paiement. Ces actions faisaient partie de la campagne sportive de l’IBB.

Les récents changements de la part du gouvernement birman reflètent le travail acharné fourni par les

syndicats et d’autres militants pour améliorer la démocratie et la protection des droits des travailleurs

et des droits de l’Homme. Ces dernières années, l’IBB a réalisé des activités telles que le soutien au

recrutement par le FTUB en Thaïlande, les réseaux avec des syndicats en Birmanie, la cartographie des

entreprises de la sylviculture et des programmes de certification en Birmanie. Le soutien au recrutement

en Birmanie a fourni une fondation solide permettant à l’IBB de commencer à être active en Birmanie et

de continuer à encourager les premiers signes positifs de changements.

Les activités visant à encourager une forte implication des affiliés de l’IBB dans les débats et évolutions

politiques autour des changements climatiques ont constitué une part importante du lobbying réalisé

durant ces trois dernières années. Citons notamment les points suivants:

• Etablissement d’un groupe de travail sur la

certification des forêts au sein du VFCU au Vietnam

• Cartographie et recrutement ciblé de sociétés

certifiées en Inde et en Indonésie

• Cartographie des principales entreprises de la

foresterie opérant en Asie du Sud-est et arrière-plan

sur le secteur

• Lobbying et implication des affiliés au sein du FSC

Résolution 10 de la Conférence

régionale AP de l’IBB en 2011:

Faciliter l’engagement actif des

affiliés de l’IBB dans la region

Asie Pacifique sur la question des

changements climatiques et des

interventions connexes

• Premiers contacts avec le ministère birman des forêts et liens avec des programmes de

certification internationaux.

Les syndicats en Inde luttent pour les droits des travailleurs migrants, déposent des plaintes en justice

et rencontrent le Premier Ministre et d’autres ministres afin de s’assurer que les travailleurs ne soient pas

maltraités après avoir quitté l’Inde. Voici quelques exemples d’interventions spécifiques:

• Des missions dans les pays du Golfe (principaux récipiendaires de travailleurs migrants

venant de la sous-région de l’Asie du Sud), y compris le Qatar, le Koweït et Bahreïn, ont été

entreprises pour constituer des réseaux et prendre des contacts avec d’autres syndicats.

101


RAPPORT D’ACTIVITÉs 2010-2013 | 1 - 5 décembre 2013 | Bangkok | Thaïlande

• Un mémorandum d’accord a été signé entre la

Fédération des travailleurs de la construction non

organisés du Tamil Nadu (TCWF) et la Fédération

syndicale du Koweït afin de promouvoir et de

protéger les droits des migrants d’Asie du Sud au

Koweït.

• Douze travailleurs indiens à qui on avait refusé tout

salaire et qui étaient détenus captifs dans une usine en Ouganda ont été sauvés et rapatriés

en bonne santé. Des mesures sont désormais engagées contre les auteurs de ces crimes, y

compris les intermédiaires et les agents dans l’Etat d’Orissa en Inde.

Actions/campagnes de solidarité

Pleins feux sur…

Résolution 3 de la Conférence

régionale AP de l’IBB en 2011:

Défendre les droits des

travailleurs migrants d’Asie

Pacifique dans les troubles

actuels au Moyen Orient

Début 2011, le Japon a été frappé par un énorme tsunami qui a provoqué une catastrophe nucléaire

à la centrale de Fukushima. Des milliers de Japonais ont perdu la vie, et beaucoup d’autres ont perdu

leur logement et leur source de subsistance. Les syndicats et les travailleurs ont été particulièrement

frappés par d’importantes pertes de vies, de biens et d’emploi. Au lendemain de la tragédie, l’IBB

a lancé une action de solidarité pour aider les affiliés japonais de l’IBB à reconstruire, y compris en

lançant un appel à des dons de la part des affiliés de l’IBB et des appuis dans le monde entier. Une

contribution de l’IBB et un don de 40.000 euros de l’affilié allemand de l’IBB IGBAU ont été fournis.

En outre, l’IBB a envoyé au Japon une délégation de haut niveau pour rencontrer les affiliés de l’IBB

et les autorités compétentes, inspecter les dégâts et fournir le soutien nécessaire

Le bureau régional de l’IBB s’est associé à l’affilié indonésien FKUI pour faire campagne en faveur de la

libération de prison du dirigeant de FKUI Lafarge Aceh qui avait fait l’objet de fausses accusations de la

part des représentants de l’entreprise. Cette campagne a été suivie par la création d’un comité d’examen

conjoint composé des syndicats locaux sur place, de Lafarge Indonésie et de l’IBB, pour surveiller

l’application de l’ACI avec Lafarge, qui s’ajoutera aux mécanismes de contrôle prévus par l’ACI. Ce

comité entreprendra des activités telles que le contrôle du respect par les sous-traitants des législations

syndicales et sociales de base applicables.

En Inde, une intervention et des campagnes conjointes de la part de l’IBB et d’IndustriALL, impliquant

plus de 150.000 travailleurs, ont abouti au retrait de plaintes contre des membres et des fonctionnaires

du syndicat dans les usines HOLCIM de l’Etat du Chattisgarh, dans le cadre d’une campagne contre la

sous-traitance et l’externalisation.

La campagne IKEA Swedwood a reçu le soutien de syndicats et de militants de toute l’Asie Pacifique, y

compris des lettres et des messages de soutien, et a bénéficié d’actions coordonnées dans les magasins

IKEA de Malaisie, de Thaïlande et de Singapour.

La coopération régionale sur les migrations a été renforcée avec la campagne dirigée par l’IBB en

vue de signer et d’appliquer un mémorandum d’accord entre plusieurs FSM et centrales syndicales

nationales. Plusieurs résultats sont issus de cette coopération, notamment le lancement d’un service

d’assistance téléphonique aux travailleurs migrants, la campagne « Sans nous » et des campagnes pour

un salaire minimum.

Un service d’assistance syndicale par SMS a été mis en place en Malaisie. Il offre aux travailleurs

l’occasion de demander des conseils, un soutien et de l’aide pour toute question liée à leur travail. Sur

une période d’à peine 8 mois en 2012, ce standard a reçu plus de 147 cas, et les recruteurs syndicaux

sont directement intervenus dans des cas liés au non paiement de salaires, à des violations des règles de

santé et de sécurité au travail, à la retenue de passeports et à d’autres violations des droits de l’Homme

et des travailleurs.

On s’est quelque peu rapproché de l’interdiction de l’amiante dans toute l’Asie et dans le monde suite

à la décision du gouvernement canadien de retirer son financement à la mine Jeffrey. Cette décision est

le fruit d’années de campagnes qui ont fait appel à des rassemblements de masse, des protestations et

102


RAPPORT D’ACTIVITÉS 2010-2013 | 1 - 5 décembre 2013 | Bangkok | Thaïlande

des activités de sensibilisation de la part des affiliés de la région. Cette décision a été marquée par une

protestation devant l’ambassade du Canada en Thaïlande, réclamant que le gouvernement canadien

encourage activement l’interdiction de l’amiante.

L’IBB a soutenu les campagnes du Congrès syndical de Malaisie sur les révisions du droit du travail en

Malaisie et l’instauration d’un salaire minimum. Ces campagnes ont joué un rôle important pour garantir

que les dispositions des contrats de travail ne soient pas appliquées telles qu’elles étaient initialement

prévues et pour fixer un salaire minimum de MYR 900 pour la péninsule de Malaisie et de MYR 800 pour

Sabah, Sarawak et Labuan. La lutte pour faire réviser ces lois et leur application correcte demeure une

préoccupation permanente de l’IBB et du mouvement syndical en Malaisie.

Les travailleurs migrants birmans en Thaïlande sont exposés à des conditions de travail extrêmement

mauvaises et courent le risque d’être exploités par les officiels des deux côtés de la frontière et par des

employeurs peu scrupuleux. L’IBB soutient les droits des travailleurs migrants en Thaïlande en apportant

son appui à des cas d’exploitation et de mauvais traitements individuels et en rejoignant la campagne

sur l’accès à des indemnités pour les travailleurs migrants. Elle a également contribué à la constitution

de syndicats dans les secteurs de l’IBB en Birmanie et en Thaïlande afin de s’occuper des travailleurs

birmans et de soutenir le travail lié à l’égalité et aux procédures de vérification des papiers. Les efforts de

l’IBB ont soutenu les syndicats locaux et internationaux ainsi que les ONG dans le cadre d’une vague de

fond visant à protéger et à promouvoir les intérêts des travailleurs birmans.

Environ 40 syndicats, dont des affiliés de l’IBB, ont lancé la plus grande coalition d’organisations

syndicales de l’histoire des Philippines. Avec cette coalition, NAGKAISA (unis), c’est la première fois qu’un

groupe aussi large de syndicats s’unit pour une campagne commune. Voici les principales questions

traitées par la campagne du groupe:

• Adoption de la Loi sur la sécurité du logement;

• Contestation des politiques de déréglementation

et des autres décisions gouvernementales ayant

entraîné des hausses de prix répétées pour le

pétrole, les denrées alimentaires, l’électricité et les

autres services de base

Résolution 7 de la Conférence

régionale AP de l’IBB en 2011:

Soutien et solidarité à JAC et

RENGO pour leurs efforts de

réhabilitation de la communauté

• Ratification de la Convention de l’Organisation internationale du travial (OIT) sur le travail

décent pour les travailleurs domestiques; et

• Mise en œuvre d’une augmentation de salaire « décente » mais spécifique à chaque région

pour les travailleurs dans tout le pays.

103


RAPPORT D’ACTIVITÉs 2010-2013 | 1 - 5 décembre 2013 | Bangkok | Thaïlande

Effectifs et affiliation

(tableau incluant les effectifs précédents et les effectifs actuels)

Année / sousrégion

Asie du Sudest

Asie du Sud Asie de l’Est Pacifique sud Total

2009 12,590 12,385 42,588 4,562 72,126

2010 13,558 17,769 42,255 3,647 77,229

2011 11,787 19,149 41,572 2,991 75,499

2012* 11,950 21,505 35,584 2,212 71,250

Evolution (640) 9,119 (7,005) (2,351) (876)

2009 - 2012

(membres)

Evolution 2009

- 2012 (%)

-5% 74% -16% -52% -1%

Alors que la région a rencontré quelques difficultés à garantir

le paiement de toutes les cotisations, une lente croissance a

été observée dans la collecte globale des cotisations durant la

période du Congrès, surtout si l’on tient compte des cotisations

non payées par quelques grands affiliés de la région. La mise

en place de nouveaux efforts de la part des affiliés et du bureau

Résolution 8 de la Conférence

régionale AP de l’IBB en 2011:

Rationaliser et stabiliser le

paiement des cotisations dans la

région Asie Pacifique

régional en vue de refléter correctement les effectifs des membres des syndicats à jour de leur cotisation

a été particulièrement importante pour la croissance du paiement des cotisations. Le nombre d’affiliés

assurant un paiement minimum de CHF 1.000 a augmenté de plus de 10% et le bureau régional a mis au

point une base de données exhaustive du paiement des cotisations par les affiliés et de leurs capacités

de croissance.

104


RAPPORT D’ACTIVITÉS 2010-2013 | 1 - 5 décembre 2013 | Bangkok | Thaïlande

Capacités régionales

Durant la période du Congrès, des efforts systématiques ont été fournis par les bureaux régionaux et

mondiaux pour stimuler la capacité du personnel. Des formations et des ateliers annuels de renforcement

des capacités ont eu lieu pour discuter des obstacles et expériences communs au personnel dans leur

travail quotidien, y compris sur le développement de projets, le contrôle, les comptes rendus et la mise en

œuvre. En outre, des consultations régulières entre le personnel et la direction ont eu lieu pour vérifier les

progrès et fournir des conseils et un soutien à l’exécution des tâches. Des réunions du personnel ont eu

lieu pour discuter des développements régionaux et de l’avancement des campagnes.

Les effectifs du personnel dans la région sont restés relativement stables, avec une légère réduction du

nombre total d’employés. Cela a provoqué un accroissement de la charge de travail pour le personnel,

mais le bureau a mis à l’essai et élaboré de nouvelles approches et un système de partage des tâches

afin d’encourager la capacité du personnel à s’acquitter de toutes les tâches nécessaires. En outre,

durant les années 2012 et 2013, le bureau régional cessera de mettre l’accent sur les coordonnateurs

nationaux de projets et confiera un rôle plus poussé aux coordonnateurs locaux, afin de stimuler leur

implication dans le travail et les campagnes au niveau régional.

105


RAPPORT D’ACTIVITÉs 2010-2013 | 1 - 5 décembre 2013 | Bangkok | Thaïlande

Amérique latine et Caraïbes

Principales évolutions politiques et socio-économiques

Au 2e Congrès mondial tenu en décembre 2009, l’IBB a adopté de nouvelles priorités: les

multinationales; les projets d’infrastructure publics (PIP); les établissements financiers internationaux

(EFI); les travailleurs migrants; le bois et la foresterie; les campagnes sportives; la construction verte;

les femmes et les jeunes; la communication; le renforcement des capacités et la durabilité financière.

Le Congrès a chargé les syndicats de traiter ces priorités par le biais des directives du Plan stratégique

mondial 2010-2013 sur les processus de recrutement, de négociation et d’influences politiques.

La 2e Conférence régionale de l’IBB, tenue à San José, Costa Rica, en septembre 2010, a adopté des

directives stratégiques, basées sur la stratégie mondiale, pour refléter les aspirations des syndicats de la

région Amérique latine. L’IBB a produit un Plan stratégique régional centré sur les dix priorités de l’IBB.

Pour chacune d’entre elles, il convient de signaler les progrès réalisés, mais aussi l’existence continue de

problèmes et de défis.

A l’instar des autres régions, l’Amérique latine est en train de sortir de l’impact de la crise financière

mondiale de 2009 qui a provoqué un chômage massif dans la région par suite du ralentissement

économique. Sur la base de données rassemblées en 2010, l’OIT estime que le taux de chômage urbain

en Amérique latine et dans les Caraïbes était de 7,4% à la fin de cette année, contre 8,1% en 2009, la

pire année de la crise, et presque au même niveau (7,3%) qu’en 2008 . Entre cette date et le début de

2013, la région a enregistré une amélioration progressive de ses indicateurs économiques, et on estime

que son chômage tombera à 4% d’ici la fin de 2013.

Aujourd’hui, les économies des pays d’Amérique latine et des Caraïbes sont mieux positionnées pour

relever les nouveaux défis. Les banques multilatérales et organisations spécialisées telles que la CEPAL

(ONU) recommandent la création et l’application de meilleures politiques économiques et sociales

conçues pour assurer le développement de trois domaines principaux dans lesquels des ressources

supplémentaires doivent être investies: l’éducation, les infrastructures et l’innovation et le développement

productif . Dans tous les scénarios économiques, l’investissement dans les infrastructures semble un

remède pour surmonter la crise et stimuler la croissance.

La situation économique régionale est cohérente avec les prévisions de croissance de 3,7% pour 2012,

contre 4,5% enregistrés en 2011 . Cette diminution reflète l’impact de la crise dans la zone Euro, bien

que le chiffre reste favorable par comparaison à d’autres régions du monde. En fait, l’Amérique latine et

les Caraïbes sont considérées comme les régions présentant le plus grand potentiel de croissance pour

les 15 à 20 années à venir.

Les investissements en infrastructures publiques en Amérique latine s’élèveront à environ USD 100.000

millions par an pour les cinq prochaines années. Les établissements financiers internationaux (EFI)

tels que la Corporation andine pour le développement (CAF) attribuent environ 50% des fonds qu’ils

débloquent aux pays de la région pour des investissements en infrastructures, et des pourcentages

similaires sont canalisés par la Banque interaméricaine de développement (IDB), la Banque d’Amérique

centrale pour l’intégration économique (CABEI) et un nouvel acteur financier, la Banque nationale du

Brésil pour le développement économique et social (BNDES), dont le portefeuille d’investissement est

dix fois plus grand que celui de la Banque interaméricaine de développement. La plupart des projets

sont construits par des consortiums composés de multinationales latino-américaines, européennes ou

asiatiques et sont financés par des EFI régionaux ou internationaux.

Sur le plan politique, la région a connu deux revers démocratiques institutionnels: un coup d’Etat

au Honduras en 2009 et un coup parlementaire au Paraguay en 2012. Les autres pays ont réussi

à renouveler leurs démocraties représentatives par le biais d’élections programmées. Au niveau

supranational, de nouvelles institutions font leur apparition entre les pays d’Amérique latine, notamment

l’UNASUR et la CELAC , ainsi qu’un MERCOSUR étendu avec l’entrée du Vénézuela en 2012 et

l’accession de l’Equateur et de la Bolivie comme Etats associés.

106


RAPPORT D’ACTIVITÉS 2010-2013 | 1 - 5 décembre 2013 | Bangkok | Thaïlande

Le Comité régional de l’IBB pour l’Amérique latine et les Caraïbes s’est réuni à Quito, Equateur, le 10

août 2011, et a fait les déclarations suivantes:

• « Le monde est confronté à deux options: les capitaux financiers ou les capitaux provenant

de l’économie de production réelle et du travail;

• La région réclame la réforme des institutions financières internationales de Bretton Woods,

y compris du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale. Elles ne font que

défendre les capitaux financiers et n’élaborent pas les politiques nécessaires pour améliorer

les conditions de vie des populations;

• Nous avons bénéficié d’années de démocratie sur notre continent; lorsqu’un signe de

faiblesse ou qu’une attaque se produit, l’UNASUR agit rapidement pour défendre la

continuité des institutions démocratiques;

• Il n’en va pas de même pour le développement productif et social. Dans certains pays, nous

voyons l’économie prendre la préséance sur la politique, alors qu’en fait, l’économie devrait

être subordonnée aux décisions politiques et être au service du bien-être humain;

• Dans certains pays de la région, la violence et la mort continuent à faire rage, tout comme la

discrimination à l’égard des syndicats et l’absence de dialogue social réel basé sur la liberté

syndicale et les négociations collectives;

• L’Etat devrait encourager les négociations collectives, protéger la liberté syndicale, lutter

contre l’emploi informel et reconstruire une société basée sur l’emploi et qui dépende de

l’économie réelle;

• Ce n’est qu’à ces conditions qu’il peut exister un espace permettant un dialogue social

efficace et authentique;

• L’Organisation internationale du travail a adopté le Pacte mondial pour l’emploi comme

étant l’instrument principal permettant aux gouvernements, aux employeurs et aux

travailleurs de faire face à la crise. Au vu des niveaux de pauvreté, d’exclusion et d’inégalité

dans nos pays, il est nécessaire que chaque pays mette en œuvre le Pacte mondial pour

l’emploi afin de parvenir à la stabilité sociale, au plein emploi et à la croissance par le

développement;

• Nous estimons que le travail est fondamental pour le développement, de sorte que nous

réitérons la validité du slogan « Un travail décent pour une vie décente »; c’est pourquoi

• Nous affirmons que les syndicats qui constituent l’Internationale des travailleurs du

bâtiment et du bois (IBB) sont des acteurs clés du développement économique et

contribuent à améliorer la qualité de vie de nos travailleurs et des peuples de notre région. »

Le secteur de la foresterie

En 2010, des mesures ont une nouvelle fois été prises contre les pratiques de travail forcé dans le

secteur de la foresterie au Pérou et en Bolivie, et des processus de certification ont été utilisés comme

mécanisme pour améliorer les dures conditions de travail. Cette stratégie a été poursuivie en 2011 et en

2012. Les activités syndicales dans l’Amazone ont aidé à renforcer les organisations au Vénézuela, au

Pérou et au Brésil.

La multinationale ARAUCO (Chili) a entamé des négociations avec CTF, qu’elle reconnaît comme étant

le syndicat représentatif. Aujourd’hui, les conditions suffisantes sont réunies pour signer un ACI avec

l’entreprise. L’expérience faite avec ARAUCO par le biais du réseau syndical GITA a guidé les actions

similaires de l’IBB dans d’autres multinationales du bois et de la foresterie, telles que MASISA, basée au

Chili, et Faber-Castell, basée en Allemagne, où nous avons réalisé des progrès en 2012.

Le secteur du bâtiment

L’ACI entre l’IBB et Lafarge a servi à soutenir le dossier de l’usine de ciment de Comayagua, Honduras.

En 2012, la dégradation progressive des relations syndicales avec la société de ciment Lafarge s’est

inversée, mettant un terme à la quasi-extinction du syndicat en raison des pratiques anti-syndicales de

l’entreprise.

107


RAPPORT D’ACTIVITÉs 2010-2013 | 1 - 5 décembre 2013 | Bangkok | Thaïlande

Au cours de cette période du Congrès, les effectifs dans la région andine ont augmenté grâce à

l’affiliation de nouvelles organisations. Au Vénézuela, une convention collective sectorielle a été signée, qui

profite à tous les travailleurs du secteur. Elle est co-signée par quatre syndicats dont deux de nos affiliés,

alors qu’il y a à peine quelques années, une telle unité d’action aurait été impossible. En 2013, un nouvel

affilié adhèrera à l’IBB par suite du dialogue entre les organisations vénézuéliennes du secteur. Au Brésil,

19 syndicats ont rejoint la famille de l’IBB entre la 2e Conférence régionale de 2010 et 2013.

La région d’Amérique centrale n’a pas échappé à la déréglementation de la législation du travail et à

la flexibilisation du processus de production, caractérisée par la sous-traitance et l’externalisation. Les

affiliés du Costa Rica, du Panama et de la République dominicaine ont réagi par des initiatives législatives

afin de réguler le système et de veiller à ce que les droits des travailleurs soient respectés. Au cours de

la période, des réformes législatives entreprises par le gouvernement du Panama ont cherché à réduire

les droits des travailleurs, mais se sont heurtées à une vive résistance de la part du mouvement syndical.

En 2010, 2011 et 2012, le Panama a été la scène de batailles rangées entre le gouvernement et les

syndicats, entraînant des répressions, des arrestations et faisant même des morts. En août 2010, une

mission syndicale dirigée par le Secrétaire général de l’IBB a été témoin de la cruelle répression infligée

par la police et les autres forces panaméennes aux travailleurs qui luttaient pour l’abrogation d’une loi

violant les droits syndicaux.

Après une grève d’une semaine entreprise par l’affilié de l’IBB, SUNTRACS, qui représente quelque

8.000 travailleurs employés sur le méga-projet du canal de Panama, les travailleurs ont obtenu une

augmentation de salaire et l’engagement du consortium multinational GUPC (qui inclut l’espagnol Sacyr

Vallehermoso, le belge Jan de Nul, l’italien Impregilo et le panaméen CUSA) à améliorer les conditions

de travail. Les travailleurs ont finalement réussi à conclure un accord sur une augmentation du salaire

minimum pour les travailleurs non qualifiés et qualifiés du projet d’expansion du canal, grâce à la

modification du décret n°3 du 4 mars 1980 (qui fixe le salaire minimum pour les travailleurs de la zone du

canal). Désormais, le salaire des travailleurs sera au minimum de US$3,34 par heure pour les ouvriers,

augmenté de 12,5% pour les travailleurs qualifiés. Après plus de 30 ans, un ajustement au salaire

minimum pour les travailleurs de la construction dans la zone du canal a été convenu, spécifiquement

pour le projet d’expansion du canal.

L’expérience de l’Amérique latine et des Caraïbes confirme que le secteur de la construction réactive la

croissance dans d’autres secteurs économiques. Dans le boom actuel de la construction, le mouvement

syndical du secteur est confronté à de nombreuses chances, mais aussi à de grands défis.

Le Brésil et le Mexique sont les leaders des investissements dans la construction.

AMÉRICA LATINA Y EL CARIBE: VALOR AGREGADO DE LA CONSTRUCCIÓN, A PRECIOS CORRIENTES DE MERCADO

LATIN AMERICA AND THE CARIBBEAN: AGGREGATE VALUE OF CONSTRUCTION, AT CURRENT MARKET PRICES

(Millones de dólares / Millions of dollars )

Países y Regiones 1990 1995 2000 2005 2010 % 2010/2005 % Total (2010)

Argentina 5 348,1 13 417,4 13 314,8 8 285,9 19 046,8 129,9 7,3

Bolivia 149,4 198,9 254,7 210,2 524,1 149,4 0,2

Brasil 16 733,3 36 840,7 30 809,8 37 063,9 103 726,1 179,9 39,6

Chile 2 182,7 5 726,8 4 704,8 7 204,1 16 008,5 122,2 6,1

Colombia 2 432,0 9 452,8 4 171,7 8 150,1 21 405,1 162,6 8,2

Ecuador 98,3 689,8 1 126,9 3 099,7 5 973,0 92,7 2,3

México 13 578,7 15 344,4 39 388,6 55 958,3 66 492,7 18,8 25,4

Panamá 54,8 334,1 575,2 692,2 1 765,3 155,0 0,7

Paraguay 284,3 406,7 325,6 345,2 1 232,1 256,9 0,5

Perú 1 073,5 3 482,2 2 850,4 4 312,6 11 571,3 168,3 4,4

República Dominicana 483,1 1 004,4 1 460,9 1 947,7 2 639,3 35,5 1,0

Uruguay 526,9 1 544,3 1 791,5 961,7 2 899,9 201,5 1,1

América Latina y el Caribe 50 203,0 97 361,9 117 030,8 146 982,3 261 982,8 78,2 100,0

América Latina 48 527,6 95 729,3 114 762,6 143 584,1 258 769,9 80,2 98,8

El Caribe 1 675,4 1 632,5 2 268,2 3 398,2 3 212,9 -5,5 1,2

Fonte: CEPAL. Elaboração: ICM

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RAPPORT D’ACTIVITÉS 2010-2013 | 1 - 5 décembre 2013 | Bangkok | Thaïlande

Recrutement

Les réseaux syndicaux ne remplacent pas le travail syndical sur le terrain, mais aident à le renforcer.

Dans un contexte de mondialisation capitaliste, les réseaux syndicaux transfrontaliers deviennent un pilier

de la force des syndicats. L’IBB a développé des outils relatifs à la manière d’aborder les multinationales,

par le dialogue social, en utilisant des ACI, des codes de conduite, les normes de l’OIT, les principes

directeurs de l’OCDE, la Global Reporting Initiative et le Pacte mondial ainsi que les normes de marchés

publics des banques de développement. Les réseaux mondiaux et régionaux, y compris les Comités

d’entreprise européens, ont également utilisé des stratégies impliquant le capital des travailleurs, les

campagnes couvrant l’entreprise et les processus de certification du bois, tels que FSC et PEFC.

Toutes ces initiatives contribuent à renforcer les syndicats afin qu’ils puissent négocier des conventions

collectives et améliorer les conditions de travail.

Les discussions lors des Conférences régionales de Quito (2011) et de Montevideo (2012) se sont

concentrées sur ces outils et sur la manière de recruter par le biais de réseaux mondiaux, en mettant

particulièrement l’accent sur les projets d’infrastructures.

Entre 2010 et 2013, les réseaux suivants ont été constitués: réseau syndical GITA chez ARAUCO;

réseau syndical Odebrecht (environ 40 organisations syndicales); et réseau des multinationales des

matériaux de construction qui rassemble les travailleurs des usines de ciment chez Holcim, Lafarge et

Etex.

La campagne « Mismo Trabajo, Mismo Derechos » (même travail, mêmes droits) représente le fer de

lance des actions coordonnées par le réseau des matériaux de construction. Principalement sponsorisé

par l’ACV-CNV, en 2012, ce réseau a été divisé en trois sections différentes: Lafarge, Etex et Holcim.

Des initiatives sont en cours pour inclure d’autres usines de ciment telles qu’Argos (Colombie), CEMEX

(Mexique) et Votorantin (Brésil), et ce réseau présente un énorme potentiel de croissance.

Dans le secteur de la foresterie et du bois, des premières démarches ont été faites en vue de la

formation de réseaux syndicaux chez MASISA et Faber-Castell. Par conséquent, la région escompte

aboutir à un total de neuf réseaux syndicaux, un dans chaque multinationale.

Les réseaux syndicaux se sont révélés être une stratégie réussie, traduisant l’accent stratégique mis sur

le recrutement, dans le droit fil des lignes directrices du Congrès sans négliger le travail de recrutement

de nouveaux membres, qui a été effectué au Brésil, au Vénézuela, en Colombie et en Equateur.

Deux accords ont été conclus entre Grupo Unidos por el Canal, SA (GUPC SA) et SUNTRACS

(Panama). Signé le 1er novembre 2010, le premier accord couvre les services de médiation en cas de

litige et l’accès des représentants des syndicats aux sites des projets d’expansion, y compris l’entrée

en véhicule pour se rendre partout dans le projet, tant dans les secteurs du côté de l’Atlantique que

du côté du Pacifique. Le deuxième accord GUPC-SUNTRACS, signé le 21 décembre 2010, concerne

des clauses supplémentaires à la convention collective, y compris les mesures d’incitation pour une

participation entière deux fois par semaine; le paiement des heures supplémentaires, des droits à des

congés payés, la résiliation et la réintégration des représentants syndicaux, des délégués et des membres

des comités d’entreprise et les nouveaux recrutements, entre autres. Ces accords couvrent les 8.000

travailleurs affiliés à SUNTRACS.

En Amérique centrale, des progrès ont également été effectués pour recruter dans les projets

d’infrastructures et les multinationales. Des projets tels que le métro de Panama City (FCC et Odebrecht)

et d’autres, dirigés par des multinationales brésiliennes telles qu’OAS, Andrade Gutierrez et Queiroz

Galvao, sont vus comme une occasion donnée aux syndicats de la sous-région de recruter et

d’augmenter leurs effectifs, surmontant ainsi des années de difficultés. Dans la région des Caraïbes, la

présence croissante de sociétés de construction chinoises, dans des pays tels que la Jamaïque et Trinité

et Tobago, implique également un mélange de chances à saisir et de défis à relever.

Les 31 mars et 1er avril 2011, la « Campagne pour un travail décent vers la Coupe du monde 2014

et au-delà » a été lancée à Rio de Janeiro en tant qu’initiative des affiliés brésiliens et de l’IBB, avec le

soutien d’autres campagnes internationales, sur la base du principe « jouer franc jeu ». Le but de la

campagne est de garantir le respect de l’Agenda du travail décent de l’OIT.

109


RAPPORT D’ACTIVITÉs 2010-2013 | 1 - 5 décembre 2013 | Bangkok | Thaïlande

Dans le processus de préparation aux Jeux de 2014, les travailleurs du secteur de la construction

luttent activement pour des conditions de travail décentes. Depuis février 2012, 23 grèves ont eu lieu

dans les divers stades en construction dans tout le pays. Au total, le travail a été arrêté pendant 113

jours, et plus de la moitié de ces grèves (un total de 15) ont eu lieu dans les régions ayant les salaires les

plus bas. Suite à ces actions, les travailleurs ont pu augmenter leurs salaires 21%, ainsi qu’obtenir des

prestations telles qu’assurances maladie, primes et amélioration des conditions de travail.

D’autres travailleurs de la construction venant de régions différentes ont également participé aux

mobilisations et aux actions. Des études montrent qu’au premier semestre de 2012, environ 300.000

travailleurs se sont mis en grève, et 75% de ces arrêts de travail ont eu lieu dans les régions du Nord, du

Nord-est et du Centre-ouest.

Négociations

Sans négociations collectives, il n’y a pas de syndicalisme, de sorte que les négociations ont été un

autre point focal de notre action de 2010 à 2013. Des négociations collectives nationales ont lieu au

Panama, au Vénézuela, en Argentine, en Uruguay et au Brésil. La convention collective au Panama

couvre les 70.000 membres de SUNTRACS, alors que la convention collective au Vénézuela couvre les

membres syndiqués ou non du secteur, pour un total de quelque 800.000 travailleurs.

Il y a aussi les conventions collectives traditionnelles par entreprises, comme celles que l’on trouve au

Chili, en Equateur et ponctuellement au Paraguay et en Amérique centrale et dans les Caraïbes. Mais

dans de nombreux pays, les relations professionnelles sont toujours régies par des formes précaires

d’accords entre employeurs et travailleurs sur site, comme on en trouve au Guatemala, au Honduras,

au Salvador, en République dominicaine, au Nicaragua, au Costa Rica, en Colombie, en Equateur et au

Pérou.

Les ACI ne sont pas en soi des conventions collectives, mais des instruments exerçant des pressions

sur les employeurs pour qu’ils entament des négociations avec les travailleurs et leurs organisations.

L’ACI Lafarge-IBB a été utilisé avec succès en 2012 pour protéger le syndicat SINTRAINCEHSA au

Honduras.

Au cours de cette période, outre l’activation des ACI existants entre l’IBB et Faber-Castell et Lafarge,

qui ont amélioré les relations entre travailleurs et employeurs dans ces multinationales, de nouveaux

ACI ont été conclus avec les multinationales espagnoles FERROVIAL et FCC. Ces puissants groupes

construisent des projets d’infrastructures en Amérique centrale, en Colombie, en Equateur, au Pérou, au

Chili et en Argentine, et les ACI ont été très utiles pour les syndicats dans ces pays.

Parmi les priorités de l’IBB pour l’année en cours et les années à venir, il est prévu de mettre en œuvre

les ACI dans des pays tels que le Chili, la Colombie, l’Equateur, le Brésil, le Nicaragua, le Pérou et

d’autres.

Influences

En 2010, au Panama, l’affilié de l’IBB, SUNTRACS, allié aux mouvements sociaux du pays, a obtenu

l’abrogation de la Loi 30, connue populairement sous le nom de « loi du chorizo » ou « loi du salami ».

Néanmoins, quatre travailleurs de la construction ont perdu la vie, tués par les forces de la répression.

La « loi du chorizo », anciennement appelée « Loi pour la promotion de l’aviation commerciale », était

un écran de fumée destiné à dissimuler une série d’amendements au code du travail, y compris le

droit de grève et le système de redevance obligatoire pour les cotisations syndicales. Elle comprenait

également d’autres amendements au code pénal, aux lois judiciaires et à six autres lois, notamment des

réformes aux lois sur l’environnement visant à échapper à l’obligation de réaliser des études d’impact

sur l’environnement impliquant la participation du public, ainsi qu’un amendement à la loi sur la police

nationale pour accorder l’immunité contre toute poursuite aux unités de police qui font usage de la force

répressive.

110


RAPPORT D’ACTIVITÉS 2010-2013 | 1 - 5 décembre 2013 | Bangkok | Thaïlande

Le cas le plus important de négociation tripartite et de dialogue social a été enregistré au Brésil en 2012

avec la signature de l’Accord national tripartite à Brasilia, qui bénéficiera au moins à quatre millions de

travailleurs du bâtiment. Il s’agit de l’un des meilleurs exemples d’influence dans la région de l’Amérique

latine et des Caraïbes, et d’un modèle qui peut être reproduit dans d’autres régions. L’accord fixe de

nouvelles règles pour améliorer les conditions de travail ainsi que la santé et la sécurité au travail. Il stipule

également que les négociations collectives définiront le salaire de base, les prestations, les horaires de

travail, le transport, l’hébergement et l’alimentation. La Présidente Dilma Rousseff a également signé

le décret instituant la Commission nationale permanente de négociation, qui surveillera et évaluera le

respect des modalités de l’accord.

Le président du Comité régional, Gerardo Martinez (UOCRA Argentine) est membre du groupe des

travailleurs au Conseil d’administration de l’OIT, ce qui donne à tous les membres de l’IBB dans la région

une occasion stratégique d’avoir plus de visibilité et d’influence politique.

Au début de 2013, le Secrétaire général Albert Yuson et le représentant régional Nilton Freitas ont

assisté à des réunions à Washington où ils ont souligné que la Banque mondiale devrait promouvoir les

protections sociales dans les prêts qu’elle consent aux Etats, et garantir le respect de l’évaluation, de

l’exécution et de la gestion des projets. L’IBB encourage un cadre normatif plus large au sein des EFI, qui

incluerait les risques sociaux tels que la santé et la sécurité au travail, le droit des travailleurs à un salaire

équitable et à de bonnes conditions de travail, à des horaires de travail et à des périodes de repos, la

sécurité sociale, le travail des enfants, le travail forcé, l’absence de discrimination, l’égalité entre les sexes

et l’égalité de traitement pour les travailleurs migrants. Des contacts avec la Banque de développement

économique et social du Brésil (BNDES) font également partie de cette stratégie.

Solidarité et campagnes

De nombreux litiges ont eu lieu, certains aboutissant à des arrangements satisfaisants entre travailleurs

et employeurs; d’autres atteignant des niveaux de conflit sans précédent, comme dans le cas du Panama

entre juin 2010 et janvier 2012. En Colombie, les employeurs se sont opposés aux négociations et ont

harcelé les travailleurs, membres de l’affilié de l’IBB FETRAMECOL. Ils ont été contraints de venir à la

table de négociation, après que l’IBB a répondu par une campagne AGISSEZ MAINTENANT! Toutefois,

l’entreprise n’est toujours pas désireuse de conclure les négociations avec les travailleurs, malgré

la récente campagne de solidarité. Les affiliés de l’IBB en Amérique latine et dans les Caraïbes ont

également manifesté leur solidarité avec leurs frères et sœurs d’autres régions du monde, lorsqu’ils ont

été invités à le faire.

Un autre exemple d’action de solidarité réussie a été la campagne AGISSEZ MAINTENANT! entreprise

par l’IBB au cours de la grève appelée par le syndicat chez Cerámicas San Lorenzo au Pérou en

juin 2012 lors de son différend avec la multinationale Etex pour obtenir une hausse de salaires et

l’amélioration des conditions de travail. La campagne mondiale en ligne de l’IBB, ainsi que les actions

du syndicat belge ACV dans la maison mère du groupe Etex, ont été accueillies très positivement par les

travailleurs de l’usine au Pérou.

Syndicalisation des travailleurs migrants dans les Caraïbes

Depuis 2009, le Barbados Workers Union (BWU), le Bermuda Industrial Union (BIU), le Sindikato di

Empleadonan den Bibienda (SEBI) et la Sentral General di Trahadonan di Korsou (SGTK) de Curaçao, le

Guyana Labour Union (GLU), le Bustamante Industrial Trade Union (BITU) et le National Workers Union

(NWU) de la Jamaïque ainsi que le Seamen and Waterfront Workers Trade Union (SWWTU) de Trinité et

Tobago mettent en œuvre des activités et des campagnes de sensibilisation et de syndicalisation des

travailleurs migrants.

En raison du taux historiquement élevé de migration de travailleurs au sein des Caraïbes, le recrutement

des travailleurs migrants n’est pas nouveau pour certains de ces syndicats. Mais avec les récentes

augmentations du nombre de travailleurs migrants venant du Vénézuela, de Colombie, de Haïti, du Brésil,

du Portugal, des Philippines et de Chine, les syndicats ont étendu leurs programmes de recrutement.

Les syndicats ont utilisé diverses stratégies et divers programmes, y compris une sensibilisation directe

envers les travailleurs migrants, en fournissant des services et des conseils juridiques, en utilisant les

111


RAPPORT D’ACTIVITÉs 2010-2013 | 1 - 5 décembre 2013 | Bangkok | Thaïlande

médias pour intégrer encore davantage l’importance de la promotion des droits des travailleurs migrants;

et en apprenant aux travailleurs nationaux et aux membres syndiqués les importantes contributions

apportées par les travailleurs migrants. De la sorte, les syndicats ont pu augmenter leurs effectifs de plus

de 10%.

Campagne pour un travail décent lors de la Coupe du monde 2014 de la FIFA

Comme indiqué plus haut, en 2010, le bureau régional de l’IBB pour l’Amérique latine et les Caraïbes

a été chargé d’élaborer la campagne pour un travail décent lors de la Coupe du monde 2014 au Brésil,

une responsabilité dont le flambeau lui a été passé par le bureau régional de l’IBB pour l’Afrique. Dans

la pratique, une intense campagne a été lancée pour développer une série d’activités, mettant l’accent

sur l’unité d’action, et conçue pour parvenir à de meilleures conditions de vie et de travail pour les

travailleurs de notre secteur au Brésil ainsi que pour augmenter les effectifs de l’IBB. Une des actions les

plus réussies a été l’arrêt de travail de 100.000 travailleurs dans les premiers mois de 2012, qui a permis

d’obtenir des hausses de salaires et une amélioration des conditions de santé au travail.

En 2012, les syndicats ont présenté au gouvernement brésilien une série de revendications, l’Agenda

national uni. Parmi les points principaux figurent des salaires de base unifiés; un salaire minimum de BRL

300; le paiement de bonus; des régimes de soins de santé couvrant les membres de la famille; +80%

pour les heures supplémentaires en semaine, +100% le samedi, +150% le dimanche et les jours fériés,

+50% pour le travail de nuit; le droit de se syndiquer sur le lieu de travail; les congés familiaux par tranche

de 60 jours travaillés; la mise en œuvre de meilleurs services de santé sur les lieux de travail; et des

contrats de 30 jours dans la pratique.

Campagne « 25 kilos… pas plus ! »

La campagne a commencé en octobre 2012 dans le but d’amener les sociétés productrices de ciment

à réduire le poids des sacs de ciment de 42 à 25 kg. Elle vient tout juste de débuter, et on espère que les

grandes sociétés de production de ciment s’engageront à diminuer le poids des sacs de ciment. Cette

campagne inclut des visites aux entreprises pour rencontrer la direction générale et l’envoi de lettres pour

réclamer cette diminution de poids.

L’OIT et les syndicats mondiaux

Les relations avec les Fédérations syndicales mondiales dans la région, dans le cadre de l’alliance

syndicale mondiale, ont été entretenues et renforcées. Outre l’accord de coopération technique

avec l’OIT, le bureau régional a inclus les activités concernant le travail forcé dans les secteurs de la

construction et de la foresterie ainsi que les cours de formation présentiels et à distance, qui profitent

aux syndicats de la région. Afin de renforcer la solidarité et de répondre aux nouveaux besoins dans un

nouveau contexte, l’IBB régionale a noué des partenariats de travail profitables avec des institutions telles

que le Centre de solidarité de l’AFL-CIO (Etats-Unis), et a défini de nouvelles modalités de travail avec

l’OIT pour élaborer des programmes dans les zones non traditionnelles du Mexique et de Haïti, ainsi que

pour étendre les activités syndicales dans les pays anglophones des Caraïbes.

Femmes et jeunes

Les jeunes ont eu l’occasion d’échanger leurs expériences et de planifier des actions à court et à

moyen termes pour leur inclusion effective dans la vie syndicale. De toute évidence, nos jeunes rendent

leurs activités visibles par un intense flux d’informations sur les réseaux sociaux, et contestent nos

organes décisionnaires en insistant sur une plus grande participation. Le 1er Festival régional IBB pour

les jeunes travailleurs organisé à Melgar, Colombie, a esquissé les étapes que les organisations affiliées

devront suivre pour générer des politiques axées sur les jeunes.

112


RAPPORT D’ACTIVITÉS 2010-2013 | 1 - 5 décembre 2013 | Bangkok | Thaïlande

Effectifs

Diagramme montrant l’augmentation du nombre de membres

De 2009 à 2012, le nombre d’organisations affiliées dans la région est passé de 42 à 68. En 2010, l’IBB

a commencé avec des effectifs de base de 52.630 travailleurs, et à la fin de 2012, on avait enregistré une

hausse de 65% du nombre de membres.

Capacités régionales et structure régionale

Pour relever tous ces défis et aller de l’avant afin de répondre aux attentes des affiliés de la région,

l’équipe du bureau régional de l’IBB pour l’Amérique latine et les Caraïbes est en train de revoir ses

opérations et ses structures de soutien aux membres. Ce processus n’est pas réalisé de manière isolée,

mais est soutenu par les instances dirigeantes régionales de l’IBB qui ont tenu leurs réunions statutaires

en 2012 et en 2013. Ainsi, à compter de janvier 2013, le personnel de soutien du bureau régional

a commencé à fonctionner en tant que secrétariat régional à l’éducation afin d’assurer de manière

exhaustive tout le travail technique consistant à concevoir, élaborer, surveiller et évaluer les projets sur

la base des résultats. Son rôle est d’agir davantage en tant qu’organisateur sur le terrain, développeur

et assistant des organisations afin d’obtenir des résultats plus efficaces ayant un impact plus profond.

Les compétences et les capacités qui ont déjà été manifestées au fil des années sont également en train

d’être consolidées.

Un leadership régional différent

La première phase d’un processus de transformation interne a commencé en 2011 afin d’aligner

le travail syndical régional sur les nouvelles réalités. Le nouveau représentant régional a introduit un

nouveau mode de management aboutissant à une redéfinition des rôles et responsabilités techniques

dans l’équipe régionale. Cela a été combiné à des rôles et positions nettement plus forts et plus axés

sur la politique pour les dirigeants syndicaux représentant les groupes 24, 25, 26 et 27 dans toutes les

instances décisionnelles de l’IBB, dont les réunions annuelles depuis 2012 orientent et soutiennent les

décisions régionales comme il convient.

Comité régional d’Amérique latine et des Caraïbes

Président: Gerardo Martínez, UOCRA, Argentine

1er suppléant: Edison Bernardes, SOLIDARIEDADE, Bresil

2e suppléant: Saúl Méndez, SUNTRACS, Panamá

Membre: Pedro Machado, SINTRAIGCMA, Paraguay

113


RAPPORT D’ACTIVITÉs 2010-2013 | 1 - 5 décembre 2013 | Bangkok | Thaïlande

Groupe 23: Région andine (Bolivie, Colombie, Equateur, Pérou, Vénézuela)

Membre: Luis Rodriguez, FETRACONSTRUCCION, Vénézuela

1. Substitute: Alexander Briceño, SUNTIMAVEN, Vénézuela

2. Substitute: Jorge Iglesias, FEDESOMEC, Equateur

Membre: Hugo Dávila, FENATIMAP, Pérou

1. Substitute: Olide Herrera, FETRAMAQUIPES, Vénézuela

2. Substitute: Martin Avila, CSTCB, Bolivie

Groupe 24: Cône austral (Argentine, Brésil, Chili, Paraguay)

Membre: Gerardo Martínez, UOCRA, Argentine

1. Substitute: Sergio Gática, CTF, Chili

2. Substitute: Héctor Pascuzzi, UECARA, Argentine

Membre: Edison Bernardes, SOLIDARIEDADE, Bresil

1. Substitute: Victor Brandán, UOCRA, Argentine

2. Substitute: Emilio Alves Ferreira, FETICOM-SP, Bresil

Groupe 25: Costa Rica, République dominicaine, Salvador, Guatemala

Membre: Saúl Mendez, SUNTRACS, Panamá

1. Substitute: Nilo Salazar, FITCM-N, Nicaragua

2. Substitute: Julio Flores, SOICSES, Salvador

Membre: Luis Chávez, FESITRASMMAR, Guatemala

1. Substitute: Eliseo Hernández, SINTRAINCESHA, Honduras

2. Substitute: Miguel Marín, SUNTRACS, Costa Rica

Groupe 26: Barbade, Bermudes, Curação, Guyana, Jamaïque

Membre: George Scott, BIU, Bermudes

1. Substitute: Clifford Mayers, BWU, Barbade

2. Substitute: Mozes Lourens, SEBI, Curaçao

Membre: Richinel Illario, SEBI, Curação

1. Substitute: Louis Sommer, BIU, Bermudes

2. Substitute: Julian Hunt, BWU, Barbade

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RAPPORT D’ACTIVITÉS 2010-2013 | 1 - 5 décembre 2013 | Bangkok | Thaïlande

Comité des femmes d’Amérique latine et des Caraïbes

Membre, Président: Marta Pujadas, UOCRA, Argentine

1ère suppléante: Lucile Alberto, SEBI, Curaçao

2e suppléante: Rosa Dominguez, SUNTIMAVEN, Vénézuela 2010-2012

3e suppléante: Gina Jimenez, UNATROPYT, Costa Rica 2012-2014

Groupe 23: Bolivie, Colombie, Equateur, Pérou, Vénézuela

Membre: Rosa Domínguez, SUNTIMAVEN, Vénézuela

1ère suppléante: Mary Rios, FENATIMAP, Pérou

2e suppléante: Liliana E. Daza, FETRAMECOL, Colombie

Groupe 24: Argentine, Brésil, Chili, Paraguay, Uruguay

Membre: Marta Pujadas, UOCRA, Argentine

1ère suppléante: Tatiana Fernández, Solidariedade, Brésil

2e suppléante: Ricarda Martinez, SOCAMGLYP, Argentine

Membre: Rosa Arias,CTF, Chili

1ère suppléante: Helenice Vieira dos Santos, CONTICOM-CUT, Brésil

2e suppléante: Gilda Martinez, UOCRA, Argentine

Groupe 25: Costa Rica, République dominicaine, Salvador, Guatemala

Membre: Gina Jimenez Castro, UNATROPYT, Costa Rica

1ère suppléante: Fabiana Santos, FENTICOMMC, République dominicaine

2e suppléante: Susana Jaime, SINCS-G, Guatemala

Groupe 26: Barbade, Bermudes, Curação, Guyana, Jamaïque

Membre: Lucille Alberto, SEBI, Curação

1ère suppléante: Wilma Clement, BWU, Barbade

2e suppléante: Juliet Pollard, BWU, Barbade

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