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doing the deal

2012

Une étude de NetJets sur

les F&A européennes


2 Une étude de NetJets sur les F&A européennes

Table des matières

Avant-propos 3

Méthodologie 4

Synthèse 5

Chapitre 1: Perspective globale des F&A 7

Chapitre 2: F&A transfrontalières 17

Chapitre 3: Facteurs de réussite des F&A 21

Perspectives 25

Entretien: David Giampaolo 26


Une étude de NetJets sur les F&A européennes

3

Avant-propos

NetJets Europe présente sa deuxième édition de ‘Doing the Deal’,

notre étude annuelle sur les fusions et acquisitions européennes.

Cette étude cherche à comprendre le regard que portent les

décideurs sur le marché en ces temps particulièrement difficiles,

quelles perspectives ils entrevoient et quels sont, selon eux, les

facteurs de réussite indispensables à la conclusion d’un contrat

dans le contexte économique actuel.

Eric Connor

Président et

Directeur Général

Pour évaluer le sentiment de ces acteurs qui,

comme nos propres clients, doivent avoir

une longueur d’avance sur les marchés, nous

nous sommes entretenus avec 150 grands

décideurs commerciaux, membres de sociétés

de capitaux propres, conseillers financiers

et juridiques du continent, qui ont ensemble

travaillé à des accords représentant près

de 10% du marché total des F&A de l’année

passée, soit 158 milliards d’euros.

Depuis la parution de notre dernier rapport,

le rythme de la reprise économique mondiale

a ralenti et ses fondements ont été ébranlés

par plusieurs crises internationales, des

problèmes de la Zone Euro aux troubles

politiques qui ont secoué l’Afrique du Nord et

le Moyen-Orient. C’est dans ce contexte que

nous avons entamé notre étude, à un moment

où il est particulièrement pertinent d’explorer

les attitudes des décideurs qui regardent le

marché des F&A d’un œil neuf.

Les résultats ont été fascinants. Nos décideurs

ont confiance dans la santé des F&A pour

l’année à venir : plus d’un tiers des personnes

interrogées ont manifesté un haut degré

d’optimisme et près de la moitié ont indiqué

entrevoir des perspectives plutôt positives

dans le domaine. De nombreuses voix sont

toutefois teintées de prudence dans ce

contexte d’incertitude accrue et de volatilité

sans précédent. En effet, les inquiétudes de

la zone euro occupent le centre de la scène,

et les contours et la structure du monde de la

finance semblent toujours mouvants.

Mais plutôt que de se tenir à une distance

prudente du marché des F&A, les participants

à l’étude ont manifesté un puissant intérêt pour

ces transactions. Plus de la moitié d’entre eux

prévoient une augmentation de l’activité F&A

en 2012, particulièrement prononcée dans le

domaine des transactions transfrontalières sur

la période. Un examen plus approfondi des

réponses recueillies offre une image plurielle

du paysage transfrontalier : on anticipe une

agressivité accrue de la part des acquéreurs

des marchés émergents, tandis que ceux

du continent européen auraient tendance à

restreindre leur périmètre d’action. Après la

Chine, ce sont l’Allemagne et les États-Unis

qui constitueront les principaux marchés F&A

d’après les sondés, notamment en raison de la

taille et de la maturité de ces marchés.

Dans le même temps, bien que les décideurs

n’hésitent pas à explorer de nouveaux

territoires pour saisir des opportunités

commerciales, les personnes interrogées

continuent de considérer les relations

personnelles comme cruciales à tous les

stades de la transaction, de la naissance de

l’accord à l’intégration post-fusion. C’est un

aspect dont nous voyons l’écho dans notre

propre activité : nos clients ont besoin de

pouvoir se déplacer sans préavis pour suivre le

rythme des marchés et saisir les opportunités

qui se présentent, piloter des changements

stratégiques et conclure leurs propres

contrats.

On attribue à Warren Buffett, fondateur de

notre support financier, la citation suivante :

« Dans le monde des affaires, le rétroviseur

est toujours plus net que le pare-brise. »

L’objectif de ce rapport n’est pas de donner

une vision limpide de l’avenir, mais de fournir

de précieuses informations sur le regard que

portent les décideurs européens sur l’évolution

des marchés.

Eric Connor

Président et Directeur Général


4 Une étude de NetJets sur les F&A européennes

Méthodologie

Au troisième trimestre 2011, la cabinet

mergermarket a interrogé 150 décideurs

européens, dont des dirigeants et des

cadres de haut niveau, des experts de

banques d’investissements et des membres

de sociétés de capitaux propres, basés

au Royaume-Uni, en France, en Suisse,

en République Tchèque et en Pologne.

Parmi les personnes interrogées, des

représentants d’entreprises telles qu’UBS,

Allen&Overy, Heineken International, Ericsson

et Simmons&Simmons. Elles ont apporté

une vision précieuse sur le paysage global

des F&A ainsi que des opinions détaillées

sur les défis et les opportunités auxquels

elles seront confrontées au cours des 12

prochains mois. Tous les participants à

l’étude ont été personnellement impliqués

dans une transaction de F&A au cours de

l’année écoulée. D’après les chiffres qui

nous ont été transmis, ces transactions

représentent un total de 158 milliards d’euros

- soit près de 10% de l’ensemble de l’activité

F&A pour la période en question.

Avec un échantillon et une portée

géographique plus larges, cette deuxième

édition de ‘Doing the Deal’ offre des points

de comparaison utiles avec le premier opus,

qui s’appuyait sur les avis de 100 décideurs

européens du Royaume-Uni, de France,

d’Allemagne et de Suisse.

Informations sur les participants

Type de participant

Participants répartis par pays

23%

23%

Conseiller juridique

Expert en capitaux propres

Cadre supérieur

Conseiller financier

17% 17%

Allemagne

Royaume-Uni

Suisse

France

Centre et est de l'Europe

Russie

17%

17%

23%

30%

17%

17%


Une étude de NetJets sur les F&A européennes

5

Synthèse

Les résultats de l’étude montrent que les décideurs sont

en majorité optimistes quant à l’année à venir. Bien que de

grands écarts d’attitude s’observent d’un pays à l’autre tout au

long de ce rapport, les participants semblent convaincus que

l’activité F&A sera, en 2012, alimentée par un fort appétit de

croissance conjugué à un mouvement de consolidation dans

des secteurs clés de l’industrie et à la nécessité de libérer des

capitaux privés.

• Plus de la moitié des personnes

interrogées (53%) prévoient une

augmentation de l’activité F&A globale

en 2012. Les participants d’Allemagne

sont les plus confiants : 72% d’entre eux

anticipent un rétablissement des F&A

cette année, et 60% considèrent que la

libération des capitaux propres sera, côté

ventes, le moteur de transaction le plus

puissant.

• Les F&A bénéficieront vraisemblablement,

au cours des 12 prochains mois, d’un

mélange efficace de facteurs côté

ventes et côtés achats. Au cours de

cette période, les participants identifient

les mouvements de consolidation,

les acquéreurs commerciaux à forte

trésorerie et les flux de capitaux propres

comme les trois plus forts moteurs côté

achats, auxquels répondront, côté ventes,

de belles opportunités dues à des plusvalues

attractives, des mouvements de

capitaux propres et des ventes d’actifs

non fondamentaux, activités qui seront au

premier plan en 2012.

• L’activité transfrontalière sera un élément

clé du marché F&A cet année, sous-tendue

par la nécessité, pour les acquéreurs,

d’entrer sur les marchés à croissance

rapide et à augmenter leurs parts de

marché ou leur empreinte géographique.

La Chine, l’Allemagne, les États-Unis

et l’Inde émergent comme les quatre

premiers marchés où les participants

prévoient de réaliser des transactions F&A

transfrontalières en 2012 et au cours des

cinq prochaines années.

• Comme c’était le cas l’année dernière, il

est prévu que le secteur de l’énergie et

des ressources, qui représentait entre

le 3e trimestre 2010 et le 4e trimestre

2011 près d’un quart du volume global

de F&A, domine le paysage des F&A

en 2012, suivi par celui des produits

industriels et chimiques, puis par celui des

télécommunications.

• Les tendances propres à chaque secteur

varient d’un pays à l’autre : les participants

britanniques entrevoient ainsi l’essentiel de

l’activité F&A dans le secteur des services

financiers ; ceux d’Europe de l’Est et

du Centre, au contraire, considèrent le

secteur des produits de consommation

comme le plus porteur.

• Les difficultés de financement restent

la source principale d’inquiétude pour

55% des décideurs, mais leur poids est

particulièrement visible au Royaume-Uni,

où 72% des participants identifient le

financement comme la contrainte qui pèse

le plus sur les F&A. À l’opposé, moins

de la moitié des participants allemands

et russes ont cité ce facteur comme

obstacle principal aux transactions.

• Les relations et l’implication en face à

face sont constamment citées parmi

les facteurs critiques de réussite

des transactions. Les participants

indiquent qu’il est essentiel de nouer

des relations avec les parties prenantes

et de rencontrer personnellement les

partenaires. Ces résultats sont conformes

à ceux de l’étude conduite l’année

dernière, et dans laquelle les relations

étaient citées comme un facteur de

réussite essentiel. Une fois la transaction

effectuée, le succès de la démarche

repose encore beaucoup sur les

interactions personnelles : les participants

pensent qu’une intégration réussie est le

fruit d’une planification claire et de solides

relations avec la direction.

Cette deuxième étude annuelle ‘Doing

the Deal’ offre un regard unique sur l’état

d’esprit qui prédomine au sein de la

communauté des décideurs européens. Les

résultats de l’étude suggèrent que le marché

de F&A saura rebondir dans le prolongement

de cette faiblesse économique, en dépit de

nouvelles pressions réglementaires et d’une

voie toujours incertaine vers la reprise.

“Les personnes interrogées au Royaume-Uni penchent davantage

pour une tendance à la baisse du marché que leur pairs européens,

ne s’attendant pas particulièrement à une augmentation des fusions

& acquisitions. Ils sont également moins confiants par rapport à

leur chances de conclure des accords pour l’année a venir.”


6 Une étude de NetJets sur les F&A européennes


Une étude de NetJets sur les F&A européennes

7

Chapitre 1 :

Perspective globale des F&A

Dans quelle mesure êtes-vous confiant quant aux perspectives de

transaction au cours de l’année à venir ?

Pourcentage de participants

100

80

60

40

20

0

4%

4%

28%

48%

16%

Allemagne

20%

40%

36%

4%

Russie

Extrêmement confiant

Très confiant

4%

60%

32%

4%

CEE

Suisse

Modérément confiant

Peu confiant

Royaume-Uni

France

Pas confiant du tout

Globalité

La confiance des décideurs fait preuve de résilience bien que les participants expriment

des inquiétudes vis-à-vis des perspectives économiques globales.

Concernant 2012, pensez-vous que le niveau global d’activité en F&A va

augmenter ?

Pourcentage de participants

100

80

60

40

20

28%

72%

40%

60%

52%

48%

16%

48%

32%

4%

52%

48%

16%

60%

20%

4%

52%

48%

4%

12%

60%

24%

60%

40%

1%

12%

49%

32%

5%

47%

53%

PERSPECTIVE 2012

Trois ans après le déclenchement brutal de

la crise financière, la reprise économique

globale n’a pas encore de fondement solide.

Le problème des dettes souveraines,

l’alourdissement de la pression fiscale,

des marchés d’action en dents de scie et

la faiblesse persistante des indicateurs

des plus grandes économies du monde

jettent une ombre sur les perspectives de

croissance mondiale. Pourtant, en dépit de

ces signaux économiques, les participants

à notre étude renouvellent leur confiance

dans la solidité des marchés de F&A.

Ils sont environ la moitié à se décrire

comme modérément confiants dans

l’avenir du domaine des transactions,

tandis que près d’un tiers se décrivent

comme extrêmement confiants.

La confiance reste forte mais les

participants à l’étude sont extrêmement

sensibles aux incertitudes économiques

et aux défis susceptibles de se profiler à

l’horizon. Parmi les personnes sondées,

beaucoup pensent que le marché sera

ralenti en 2012 ; d’autres se montrent

moins craintifs tandis que d’autres encore

sont convaincus que le ralentissement

générera de nouvelles opportunités. Ici

et ailleurs, les attitudes varient selon le

pays et le parcours professionnel.

En Europe, la confiance des participants est

sensiblement plus mesurée dans les marchés

dont les performances économiques ont

été les plus ternes. Par rapport à leurs

homologues d’Europe de l’Ouest, les

participants allemands se distinguent par

leur optimisme, manifestant une confiance

certaine. Un conseiller juridique de

Francfort nous confie : « De plus en plus

de transactions arrivent sur mon bureau et

les annonces sont bien plus fortes que ces

dernières années. » Pourtant, en France et

au Royaume-Uni, où l’activité commerciale

se rétablit plus lentement, la majorité des

participants a une vision plus modérée de

l’environnement transactionnel en 2012.

0

Allemagne

CEE

France

Russie

Suisse

Royaume-Uni

Globalité

Oui

Non

Plus de la moitié des participants prévoient une reprise des F&A globales en 2012


8 Une étude de NetJets sur les F&A européennes

Chapitre 1

Perspective globale des F&A

Pour nombre de participants, avoir confiance

dans l’avenir des F&A ne signifie pas avoir

confiance dans l’économie mondiale. Par

exemple, quelques participants issus du

secteur des capitaux propres pensent

que ces conditions difficiles vont au

contraire créer de nouvelles opportunités.

« En raison de la crise financière, les

entreprises ont encore des difficultés

à trouver les financements dont elles

ont besoin, » explique un participant

allemand qui pense que les capitaux

propres pourraient contribuer à combler

cette lacune. Dans le même esprit, un

investisseur polonais nous confie sans

fard : « Nous achetons des entreprises en

difficultés, et leur nombre va augmenter

au cours des 12 prochains mois. »

PROJECTIONS

Si l’on prend du recul pour envisager le

marché de façon plus globale, les optimistes

sont un peu plus nombreux que les prudents

: plus de la moitié des participants pense

que les F&A vont globalement augmenter

en 2012, et ils sont un peu moins à

prévoir une stagnation ou une diminution

des volumes globaux de transactions.

Les prévisions, comme la confiance,

varient sensiblement d’un pays à l’autre.

Les participants britanniques font les

projections les plus conservatrices tandis

que les Allemands, une fois encore, se

montrent les plus optimistes. « Je pense que

les activités vont reprendre. Les marchés

asiatiques sont en plein boum, notamment

les marchés des capitaux propres et des

acquisitions par emprunt, » explique un

investisseur en capitaux propres. La majorité

des participants d’Europe de l’Est et Centrale

prévoient le maintien des activités en 2012,

tandis que ceux de France et de Suisse sont

notablement plus divisés sur la question.

Parmi les personnes interrogées, celles

qui prédisent une reprise de l’activité F&A

à l’échelle globale au cours de l’année

prochaine envisage une augmentation

globale du volume des transactions de

13,5% en moyenne par rapport aux

niveaux de 2011, prévisions supérieures

aux projections de stagnation d’une

année à l’autre, annoncées pendant les

trois premiers trimestres de 2011.

Si oui, dans quelles proportions pensez-vous que les F&A vont

augmenter ?

Pourcentage de participants

Volume de transactions

100

80

60

40

20

0

4,500

4,000

3,500

3,000

2,500

2,000

1,500

1,000

500

De plus de 25%

De 25%

13%

44%

14%

19%

8%

Volume de transactions

1%

De 20%

De 15%

16%

31%

17%

22%

12%

Valeur des transactions €m

De 10%

De 5%

D’après les estimations, la valeur totale des transactions devrait augmenter de 251

milliards d’euros en 2012

Tendances globales F&A

0

0

Q1 Q2 Q3 Q4 Q1 Q2 Q3 Q4 Q1 Q2 Q3 Q4 Q1 Q2 Q3 Q4 Q1 Q2 Q3 Q4 Q1 Q2 Q3 Q4 Q1 Q2 Q3

05 05 05 05 06 06 06 06 07 07 07 07 08 08 08 08 09 09 09 09 10 10 10 10 11 11 11

Nombre de transaction Valeur des transactions en M €

3%

1,000,000

900,000

800,000

700,000

600,000

500,000

400,000

300,000

200,000

100,000

Valeur des transactions en M €

Plus de la moitié des personnes sondées disent que les principaux obstacles aux accords

sont les conditions financières actuelles et les faiblesses persistantes de l’économie.


Une étude de NetJets sur les F&A européennes

9

Chapitre 1

Perspective globale des F&A

En termes de valeur de transaction, les

participants envisagent en moyenne

une augmentation de 14,5%. En chiffres

absolus, l’augmentation estimée ajoutera

251 milliards d’euros aux 1 700 milliards

d’euros du montant total des transactions

déclarées pour la période allant du 4e

trimestre 2010 au 3e trimestre 2011. Ici,

les projections des participants sont plus

conformes à l’augmentation de 23% de

la valeur globale des transactions d’une

année sur l’autre, augmentation constatée

sur les neuf premiers mois de 2011. Une

décideuse d’un groupe technologique coté

à la bourse de Londres nous indique que les

activités reprendront sur le front F&A car les

transactions défensives, dues à la détresse,

encouragent les entreprises à vendre

ou à fusionner avec leurs concurrents.

Elle commente : « L’environnement

macroéconomique se détériore et dans ce

type de climat, les entreprises en difficulté

doivent se rassembler pour survivre. »

MOTEURS DE TRANSACTION

L’activité économique ralentit et le futur

de nombreuses économies semble être

marqué par la poursuite de la stagnation,

voire une nouvelle récession si le pire des

scénarios l’emporte. La situation de la zone

euro est particulièrement préoccupante :

d’après les projections, la croissance, de

1,6% en 2011, doit ralentir pour atteindre

le taux anémique de 1,1%. Les problèmes

européens ont conduit le FMI à revoir à la

baisse les projections de croissance globale,

désormais fixée à 4% pour 2011 et 2012.

Il est donc significatif que 45% des

participants envisagent la consolidation

comme l’un des plus forts moteurs

de transaction en 2012, tandis que

28% prévoient une prédominance des

transactions opportunistes et 30%, une

augmentation des ventes de détresse.

L’élimination des actifs non fondamentaux

est également citée comme puissant moteur

de vente, conformément aux prédictions

d’augmentation des consolidations. Un

partenaire suisse du secteur des capitaux

propres nous le dit : « Je pense que de

nombreuses entreprises vont se trouver

en difficulté, et on a tendance à vendre

les actifs non fondamentaux pour obtenir

des liquidités dans une telle situation. »

Il apparaît clairement que les prévisions de

croissance atone représentent un cadre idéal

pour les consolidations : les investisseurs

stratégiques les plus solides vont s’attaquer

à leurs rivaux plus faibles, tandis que

d’autres entreprises fusionneront pour faire

face à cette période de vache maigre.

Les acquéreurs disposant de solides

capitaux semblent devoir être les principaux

acteurs de la consolidation d’après les

participants. Pour 41% d’entre eux, les

entreprises et les capitaux privés dotés

d’importantes liquidités constitueront les

deux forces d’achat principales en 2012.

Immédiatement après la crise, les réductions

de coûts ont été de nombreuses entreprises

à accumuler des réserves de trésorerie

qu’elles peuvent maintenant déployer

sur des cibles d’acquisition attractives.

Les fonds de capitaux propres disposent

également d’une grande puissance de

frappe et sont confrontés à la nécessité

de l’employer car les fonds levés ces

dernières années arrivent à leur terme.

Selon vous, quels seront les principaux moteurs des F&A au cours de

l’année à venir ?

Consolidation 45%

Côté ventes Côté achats

Acquéreurs stratégiques

à forte trésorerie

Rachat de capitaux propres

F&A opportunistes

Meilleur accès au crédit

Évaluations attractives

Libération de portefeuille

de capitaux propres

Élimination des actifs

non fondamentaux

F&A dues à des difficultés

17%

28%

30%

41%

41%

39%

39%

38%

Arrivée de cibles de meilleure

qualité sur le marché

23%

0 5 10 15 20 25 30 35 40 45 50

Pourcentage de participants

La consolidation sera le moteur principal des F&A côté achats en 2012, tandis que des

plus-values attractives devraient jouer ce rôle côté ventes.


10 Une étude de NetJets sur les F&A européennes

Chapitre 1

Perspective globale des F&A

Selon vous, quelles seront les principales contraintes pour l’activité F&A au

cours de l’année à venir ?

Environnement

de financement

encore difficile

Persistance de la

faiblesse économique

Attentes des vendeurs

en termes de prix

Incertitude politique

Rareté des cibles

de qualité

Obstacles réglementaires

13%

31%

31%

36%

52%

55%

“Incertitude sur le

marché des obligations.

Nous suivons les

marchés obligataires

soutenus par les

gouvernements, pour

voir quelle sera le

montant des liquidités

que nous serons

capable d’investir.”

Directeur d’entreprise, Suisse

0 10 20 30 40 50 60

Pourcentage de participants

Plus de la moitié des participants indiquent que les transactions seront entravées par

des conditions financières difficiles et la persistance de la faiblesse de l’économie

Mais les fonds de capitaux privés font

également face à la nécessité de quitter les

sociétés de portefeuilles et de redistribuer

les capitaux aux investisseurs. Les résultats

de l’étude montre que plus d’un tiers des

participants considèrent ces départs comme

un puissant moteur de vente au cours de

l’année à venir, après une année 2011

particulièrement active dans ce domaine : les

ventes de portefeuilles ont en effet augmenté

de plus de 20%, et la valeur des transactions

a gagné plus d’un tiers d’une année sur

l’autre, atteignant 152,9 milliards d’euros.

La valeur des actifs fera sans doute

l’objet de pressions dans un climat où

pèse la menace d’une nouvelle crise,

mais la valeur globale des transactions a

connu un fort rebond au cours des deux

dernières années : le volume moyen des

transactions globales atteignait cette année

les 335 millions de dollars, contre 295

millions seulement l’année précédente.

CONTRAINTES PESANT SUR LES

TRANSACTIONS

Si, dans certains cas, des évaluations

favorables vont jouer un rôle de moteur

côté ventes pour les activités, on observe

encore des écarts entre les attentes des

acquéreurs et des vendeurs au niveau

du prix. Plus d’un tiers des participants

pensent que les attentes des fournisseurs

en termes de prix constitueront un

obstacle en 2012. « Les fournisseurs

sont bien trop optimistes quant à la valeur

de leurs entreprises, » nous a confié un

professionnel français des capitaux propres.

De façon générale, la majorité des

répondants nous disent que les F&A

devront surtout subir les contraintes d’un

environnement de financement difficile

et de la persistance de la faiblesse

économique. Les participants britanniques

sont les plus enclins à mentionner les

difficultés de financement comme principal

obstacle, près des trois quarts (72%)

d’entre eux signalant ce problème. Selon

un conseiller financier du Royaume-Uni,

le financement restera difficile en raison

« des récents développements dans la

zone euro et de la crise approchante. »

Ailleurs, c’est en Russie que l’on trouve

le plus de participants voyant dans la

persistance de la faiblesse économique le

principal frein aux F&A en 2012. Un directeur

russe du développement d’entreprise

met en avant des facteurs économiques

externes : « Le doute s’installe à cause

de la Grèce, l’Espagne et d’autres pays

d’Europe ainsi que les États-Unis, où les

marchés ont été assez perturbés. » Mais

pour sa part, l’économie de la Russie est

assez solide. D’après les estimations,

son taux de croissance va dépasser la

moyenne mondiale avec 4,8% en 2011 et

4,5% en 2012. D’ailleurs, les participants

Russes sont, après les Allemands, les plus

optimistes de notre échantillon concernant

les perspectives d’avenir des F&A en 2012.

Cela traduit sans doute l’importance de la

place qu’occupent l’énergie et les ressources

dans l’économie russe et sur le marché des

F&A en général : c’est en effet le premier

secteur en termes de valeur, et le troisième

secteur le plus actif en termes de volume.


Une étude de NetJets sur les F&A européennes

11


12 Une étude de NetJets sur les F&A européennes

Chapitre 1

Perspective globale des F&A

PERSPECTIVES SECTORIELLES

Le secteur de l’énergie, des mines et des

services publics sera vraisemblablement

le plus actif en F&A l’année prochaine.

Les attentes des participants à l’étude

concernant l’activité dans ce secteur

sont également largement conformes

au Heat Chart de mergermarket, qui

représente les projections d’activité F&A

par secteur et région géographique.

Le secteur de l’énergie et des ressources

constitue l’un des plus importants en termes

d’arrivée d’actifs sur le marché depuis

ces six derniers mois. Et si le secteur ne

représente que 10% environ du volume total

de transactions annoncées, il écrase tous

les autres secteurs si l’on regarde la valeur

des transactions : avec près de 25% de la

valeur des F&A dans le monde, ce secteur

est loin devant celui des produits industriels

et chimiques, second avec une part de 16%.

Selon mergermarket, la disponibilité des

capitaux et des évaluations attractives ont

joué lele d’aiguillon pour les transactions

en 2011. Dans le secteur de l’énergie

en particulier, un certains nombres de

moteurs devraient maintenir le rythme

du flux de transactions. En amont de la

chaîne, les F&A seront stimulées par des

problématiques de sécurité énergétique, les

grandes compagnies pétrolières nationales

de pays fortement consommateurs

(CNOOC et Sinopec en Chine, par exemple)

étant très présentes côté achat.

Selon vous, dans quels secteurs verra-t-on le plus haut inveau d’activité F&A

l’année prochaine ? Et sur les cinq prochaines années ?

Énergie, mines et

services publics

44%

42%

Services financiers

37%

39%

TMT

Pharma, Médical & Biotech

Biens de consommation

Produits industriels

et chimiques

30%

25%

29%

27%

27%

24%

25%

27%

Immobilier

Transports

Services aux entreprises

Construction

11%

12%

11%

8%

11%

7%

9%

10%

Agriculture

Loisirs

7%

7%

7%

6%

0 10 20 30 40 50

2012

Pourcentage de participants

Sur les cinq prochaines années

Le secteur de l’énergie et des ressources sera sans doute le plus actif en F&A à l’échelle

globale

“Les fusions et acquisitions dans le secteur minier

vont se poursuivre, et je m’attends à une bulle en ce

qui concerne le secteur informatique.”

Conseiller juridique, Royaume-Uni

tableau de la chaleur

Secteur

Total

TMT 2,498

Produits industriels et chimiques 2,185

Énergie, mines et services publics 2,146

Produits de consommation 1,656

Pharma, Médical & Biotech 1,408

Services financiers 1,384

Services aux entreprises 1,074

Loisirs 703

Transports 465

Construction 411

Immobilier 394

Agriculture 167

Défense 155

Gouvernement 45

Autre 27

Total 14,718

Chaud Tiède Froid

1,400 875 350

1,225 700 175

1,050 525 0

Le Heat Chart de mergermarket représente les avis de « société à vendre » enregistrés par

mergermarket entre le 01/04/2011 et le 30/09/2011. Les opportunités de transaction sont

enregistrées avec le secteur principal et la région de la société cible.


Une étude de NetJets sur les F&A européennes

13

Chapitre 1

Perspective globale des F&A

En conjonction avec les prix élevés des

matières premières, les acquéreurs

pourraient être encouragés à acheter des

actifs dans le domaine de la production

pétrolière en haute mer ou par forage

offshore. On attend également des

mouvements de consolidation dans le

segment des services pétroliers, qui seront

l’occasion, pour les acquéreurs comme les

titulaires de capitaux propres, de déployer

des capitaux en quête d’actifs de qualité et

de nouvelles technologies. Les consolidations

de grande envergure qui ont eu lieu dans

ce milieu en particulier, comme la fusion à

12,2 milliards de dollars de Schlumberger

Limited et de Smith International en 2010, ou

la fusion à 8,7 milliards de dollars de Pride

International et d’ENSCO International en

2011, promettent de rendre les actifs des

services pétroliers encore plus lucratifs.

Ailleurs, plus d’un tiers des personnes

interrogées pensent que le secteur des

services financiers sera traversé par

une vague de F&A. Le directeur F&A

d’une société suisse explique : « Les

problèmes rencontrés en 2008 ne sont

pas résolus, et il reste beaucoup à faire.

Ces difficultés au niveau des banques

devraient générer un grand nombre

de transactions opportunistes. »

Le secteur est également exposé à la

crise de la dette souveraine et on observe

de sérieuses inquiétudes quant à l’impact

que de possibles restructurations de

dettes souveraines pourraient avoir sur la

solvabilité des banques. Un tel scénario

pourrait mettre en place les conditions

d’une autre série de rachats de banques

soutenus par les états, ou bien un torrent

de fusions dans le secteur. Ces inquiétudes

sont plus prononcées en France où l’on

est plus exposé à la dette grecque.

Tandis que des débats de haut vol sur

la stabilité de la zone euro commencent

à avoir lieu en arrière-plan, les banques

européennes sont toujours aux prises avec

des pressions à long terme telles que

les exigences d’adéquation de capital de

Basel III. Cette dynamique ne manquera

certainement pas de susciter de nouvelles

consolidations, dans un effort des

banques pour renflouer leurs réserves.

Répartition par valeur des secteurs de F&A, Q4 2010 - Q3

2011

8%

9%

4%

3% 2% 2%

3%

14%

12%

1%

14%

13%

24%

16%

Énergie, mines et services publics

Produits industriels et chimiques

Services financiers

TMT

Pharma, Médical & Biotech

Produits de consommation

Services aux entreprises

Immobilier

Transports

Construction

Loisirs

Autre

Répartition par volume des secteurs de F&A, Q4 2010 - Q3 2011

3% 3% 2% 1% Produits industriels et chimiques

20%

4%

TMT

Produits de consommation

Services aux entreprises

8%

Énergie, mines et services publics

Services financiers

Pharma, Médical & Biotech

Construction

9%

Loisirs

15% Transports

Immobilier

Autre

10%

“Durant ces dernières années de crise, les

investisseurs privés ont gardé des entreprises

de portefeuille plus longtemps qu’ils ne l’auraient

voulu. D’une manière ou d’une autre, ils devront

s’en séparer après les avoir détenu si longtemps.”

Conseiller juridique, Allemagne


14 Une étude de NetJets sur les F&A européennes

Chapitre 1

Perspective globale des F&A

PERSPECTIVES RÉGIONALES

Avec un tel contexte européen, il n’est pas

surprenant que les participants désignent les

marchés étrangers comme les plus actifs

en F&A. De fait, le RU que les participants

à l’étude de l’année dernière classaient

quatrième, a quitté le classement des cinq

premiers, dépassé, comme les États-Unis,

l’Allemagne et la France, par les BRIC.

Un conseiller juridique travaillant au RU,

prévoyant une hausse des F&A sur les

marchés BRIC, fait ce commentaire :

« Ce sont les marchés cibles les plus

attractifs de mon point de vue ; lorsque je

travaille côté achat pour des entreprises

européennes, ce sont vers ces pays que

nos clients se tournent en priorité. »

L’année prochaine, la Chine sera à en tête

des activités de transactions selon près

de la moitié des personnes interrogées ;

ils sont même un peu plus à penser que

ce pays restera le plus actif au cours des

cinq prochaines années. Cela n’a rien

de surprenant : la Chine est la deuxième

économie du monde et le taux de croissance

de l’économie chinoise surpasse de loin celle

des économies avancées – les projections

donnent des taux de 9,5% et 9,0% en 2011

et 2012 respectivement, selon le FMI.

Toutefois, le niveau d’activité F&A reste

bas pour un marché de cette taille. Certes,

en termes absolus le marché chinois est

vaste avec 505 transactions annoncées,

représentant une valeur totale de 56,9

milliards d’euros au cours des trois premiers

trimestres de 2011, mais si l’on tient

compte des dimensions de l’économie

chinoise, le chiffre est relativement

insignifiant. Ainsi le Royaume-Uni, qui

représente environ 40% de l’économie

chinoise, a connu sur la même période

un total de 729 transactions, d’une valeur

globale estimée à 165,6 milliards d’euros,

tandis qu’aux États-Unis se concluaient 6

000 transactions pour un montant global

de plus de 1 000 milliards d’euros.

Un membre d’un cabinet juridique français

remarque : « Je pense que les entreprises

chinoises et sud-asiatiques devraient

évoluer pour générer plus d’activité sur les

marchés. Ce sera difficile, même sur les

cinq prochaines années. Je dirais que ce

sont les acteurs des États-Unis et de l’ouest

de l’Europe qui verront le plus d’activité. »

L’OPTIMISME EN CONTEXTE

Les moteurs et les contraintes envisagées

par les sondés pour 2012 sont plus

prononcés dans les économies avancées.

Cela n’est pas visible uniquement dans

les opinons des participants européens,

mais aussi dans le fait qu’ils désignent les

marchés étrangers comme les prochains

points chauds des F&A du monde. Ces

marchés émergents à croissance rapide

se distinguent comme les principaux

centres d’activité transactionnelle pour

l’année prochaine, et cette idée est

riche d’enseignements. En dehors des

États-Unis et de l’Allemagne, qui seront

certainement aussi des régions actives en

termes de F&A, les participants semblent

sous-estimer l’importance des centres

F&A traditionnels tels que le Royaume-

Uni, et mettre l’accent sur les marchés

émergents étrangers tels que la Chine.

L’histoire bien connue de la croissance

des BRIC est incroyable, et il faudra une

stratégie F&A soigneusement planifiée pour

en tenir compte. L’appétit insatiable de

ces marchés pour les matières premières

reste en effet un moteur clés dans l’espace

international de l’énergie et des ressources.

Les services financiers sont également

destinés à connaître une intense activité

F&A, mais dans ce domaine de nombreux

sondés indiquent que les opportunités créées

par les difficultés sont à rechercher plus

près de chez eux. Ce pessimisme pourrait

bien être fondé. La situation de la dette

Selon vous, quels pays/régions seront les marchés cibles de F&A

les plus actifs au cours de l’année à venir ? Et des cinq prochaines

années ?

Chine 48%

51%

Inde

39%

39%

États-Unis

35%

35%

Brésil

29%

31%

Allemagne

Russie

23%

24%

22%

23%

France

Royaume-Uni

Afrique du Nord

13%

14%

12%

13%

11%

11%

Pays Nordiques

Pays Baltes

4%

3%

4%

2%

0 10 20 30 40 50 60

Pourcentage de participants

2012

Sur les cinq prochaines années

Les marchés émergents seront manifestement les régions les plus actives en F&A pour

les mois à venir ; le RU ne compte plus parmi les cinq premières.


Une étude de NetJets sur les F&A européennes

15

Chapitre 1

Perspective globale des F&A

souveraine en Europe reste irrésolue et des réformes financières

pourraient réduire les activités de prêt suite aux efforts des banques

pour répondre aux exigences plus strictes en matière de capital.

En dépit de ce climat, les décideurs sont convaincus que le

marché est plus solide qu’il ne l’était il y a quelques années.

Cette confiance s’appuie sur l’expérience, car beaucoup de nos

participants ont réalisé certaines des plus grandes transactions au

monde dans des périodes historiquement difficiles. Ceci explique

peut-être leur assurance et leur confiance face à l’adversité.

Répartition par valeur des régions ciblées par

les F&A, Q4 2010 - Q3 2011

Répartition par volume des régions ciblées par

les F&A, Q4 2010 - Q3 2011

1%

2%

2%

2%

2%

3%

3%

15%

3%

3%

3%

3%

4%

4%

5%

5%

37%

États-Unis

Royaume-Uni

Chine

Russie

Brésil

Allemagne

Italie

France

Péninsule Ibérique

Pays Nordiques

Benelux

Suisse

Japon

Europe (autre)

Corée du Sud

Inde

CEE

Afrique

SEE

Reste du monde

1%

2%

2%

2%

2%

2%

3%

15%

3%

3%

3%

4%

5% 5%

5%

6%

28%

8%

États-Unis

Royaume-Uni

Pays Nordiques

Allemagne

Chine

France

Benelux

Europe (autre)

Japon

Italie

Péninsule Ibérique

Brésil

Corée du Sud

Inde

Russie

CEE

Afrique

Suisse

SEE

Reste du monde

tableau de la chaleur

Secteur

Total

États-Unis 4,455

Chine 1,400

Royaume-Uni 647

Inde 551

CEE 388

Allemagne 376

France 290

Pays nordiques 279

Brésil 266

Russie 260

Suisse 129

Pays baltes 62

Afrique du Nord 44

RDM 5,571

Total 14,718

Chaud Tiède Froid

1,400 875 350

1,225 700 175

1,050 525 0

Le Heat Chart de mergermarket représente les avis de « société à vendre » enregistrés par

mergermarket entre le 01/04/2011 et le 30/09/2011. Les opportunités de transaction sont

enregistrées avec le secteur principal et la région de la société cible.


16 Une étude de NetJets sur les F&A européennes


Une étude de NetJets sur les F&A européennes

17

Chapitre 2 :

F&A transfrontalières

PROJECTION DES F&A

TRANSFRONTALIÈRES

Les participants sont largement optimistes

dans leurs projections concernant le

marché F&A cette année : plus de la moitié

prévoient que l’activité va s’intensifier et,

plus précisément, ils sont 74% à anticiper

une hausse dans le domaine des F&A

transfrontalières. Parmi ces derniers, trois

sur quatre envisagent une croissance d’au

moins 10%, projection conforme au taux de

croissance de 9,7% observé au cours des 9

premiers mois de 2011 dans le domaine des

F&A transfrontalières. Ce groupe prévoit même

une augmentation de 14,5% de la valeur des

transactions cette année, soit 101 milliards

d’euros supplémentaires venant s’ajouter aux

694 milliards enregistrés entre le 4e trimestre

de 2010 et le 3e trimestre de 2011.

Les acquéreurs asiatiques, de plus en plus

agressifs, sont maintes fois cités comme

des acteurs de premier plan sur le marché

transfrontalier. Leur rôle est résumé par un

décideur : « Il y a aujourd’hui plus d’acquéreurs

asiatiques dotés de capitaux à dépenser, et ils

visent de plus en plus des cibles européennes

et américaines. » L’appétit asiatique pour

les cibles occidentales est effectivement

un leitmotiv dans les commentaires des

personnes sondées.

Pourtant, tous ne montrent pas le même

enthousiasme s’agissant du flux de

transactions transfrontalières. Un peu plus

d’un quart des participants indiquent qu’ils

n’envisagent pas que les niveaux d’activité

transfrontalière augmentent cette année, et

la logique qui prévaut au sein de ce groupe

s’appuie sur l’incertitude économique et

la volatilité des marchés, deux obstacles

principaux aux transactions internationales. En

effet, la crise de la zone euro atteignant un pic

à la fin de 2011, les décideurs sont confrontés

à un futur proche caractérisé par une grande

incertitude, notamment en ce qui concerne les

évaluations des entreprises et la disponibilité

des financements.

Cependant, les facteurs externes ne devraient

pas entièrement freiner les initiatives de

croissance. De fait, les F&A transfrontalières

ont enregistré une croissance presque

deux fois supérieure à celle des F&A dans

leur ensemble au cours des trois premiers

trimestres de 2011 avec un taux de 20,6%, ce

qui traduit un important écart de rythme entre

les F&A transfrontalières et le marché global

des F&A.

Envisagez-vous une hausse du niveau des transctions

transfrontalières au cours de l’année à venir ?

Pourcentage de participants

100

80

60

40

20

0

Oui

26%

74%

F&A transfrontalières

Non

F&A globales

Trois quarts des participants ont une vision optimiste de l’avenir des F&A

transfrontalières

47%

53%

“Je peux parler de mon

expérience sur les

12-18 derniers mois,

qui a eu tendance à

s’internationaliser. En

effet, au cours d’un

accord récent, une

entreprise américaine a

vendu une entreprise en

France. En ce moment,

nous travaillons sur le

cas d’une compagnie

allemande achetant une

entreprise française

détenue par un

actionnaire suédois, ce

qui témoigne bien de

l’internationalisation de

on travail.”

Conseiller juridique, France


18 Une étude de NetJets sur les F&A européennes

Chapitre 2

F&A transfrontalières

MOTEURS DES TRANSACTIONS

TRANSFRONTALIÈRES

Pour mettre ces chiffres en perspectives, les

sondés décrivent la combinaison parfaite de

facteurs qui expliquent pourquoi le marché

est aujourd’hui idéalement mûr pour l’activité

transfrontalière.

Selon plus de la moitié d’entre eux,

l’augmentation des F&A transfrontalières

viendra de la nécessité, pour les acquéreurs,

d’entrer sur des marchés à croissance

rapide, d’augmenter leurs parts de marché ou

d’investir de nouvelles régions.

La croissance des marchés émergents est

largement considérée comme un moteur

par les participants, mais cette tendance

peut également avoir un effet inverse dans la

mesure où les entreprises de ces marchés

cherchent à acquérir les innovations et les

technologies de leurs homologues plus

grands et plus développés. Les entreprises

en développement auront effectivement

besoin de faire appel aux F&A pour conserver

leur avance, explique un participant : « De

nombreuses entreprises asiatiques se tournent

vers les F&A transfrontalières pour obtenir

de nouvelles technologies indisponibles dans

leur propre pays. » Un autre participant vient

également soutenir ce point : « Les acquéreurs

stratégiques viendront d’Inde et de Chine en

quête d’innovation, afin de se doter des outils

nécessaires pour être compétitifs en Asie. »

Le thème récurrent de la croissance asiatique

est encore visible dans l’analyse que font les

participants des différents marchés. Lorsqu’on

leur demande d’identifier les pays qui, selon

eux, seront leurs principaux partenaires F&A à

l’avenir, les participants mentionnent d’abord

la Chine (37%) pour 2012, et ils sont 48%

à penser que ce pays restera à l’horizon au

cours des cinq prochaines années. Clairement,

cela n’a rien de surprenant quand on sait que

les personnes interrogées s’attendent à ce que

la Chine soit à l’avenir le marché F&A le plus

actif globalement.

Faisant écho à des commentaires faits ailleurs

dans l’étude, un avocat britannique spécialisé

dans le F&A dit tout simplement : « Les achats

dans les marchés émergents vont occuper le

devant de la scène : nous allons observer de

plus en plus de transactions avec les BRIC. »

Si oui, dans quelles proportions pensez-vous que les F&A

transfrontalières vont augmenter ?

Pourcentage de participants

100

80

60

40

20

0

De plus de 25%

De 25%

23%

41%

12%

14%

6%

5%

Volume de transaction

De 20%

De 15%

Valeur des transactions en M €

De 10%

De 5%

La valeur des F&A transfrontalières devrait augmenter de 101 milliards d’euros l’année

prochaine

Si oui, quels facteurs les stimuleront selon vous ?

Nécessité d'entrer

sur des marchés à

forte croissance

Augmentation des

parts de marché/de

l'empreinte géographique

Réalisation d'économies

d'échelle

Captation de

l'innovation internationale

Ambitions de croissance

et plus grande confiance

des investisseurs

Intégration des chaînes

logistiques de l'entreprise

34%

0 10 20 30 40 50 60

Pourcentage de participants

23%

34%

15%

11%

6%

12%

40%

40%

45%

56%

55%

L’appétit de croissance, un moteur pour l’intensification du flux des transactions

transfrontalières


Une étude de NetJets sur les F&A européennes

19

Chapitre 2

F&A transfrontalières

Il fait peu de doute que la Chine va devenir

un marché F&A transfrontalier encore plus

important. Mais il est essentiel d’observer que

les F&A transfrontalières sont aussi fortement

alimentées par les transactions effectuées

entre acteurs européens.

En dépit d’attentes relativement importantes

concernant l’approfondissement de l’intégration

économique avec les marchés situés au-delà

des rivages de l’Europe, les participants

suggèrent que l’Allemagne va rester un

marché clé pour les autres Européens. Un

tiers des personnes interrogées indiquent

que l’Allemagne sera leur premier partenaire

F&A étranger en 2012, et elles sont encore

plus nombreuses à déclarer maintenir cette

orientation pour les cinq prochaines années.

Un membre d’une société suisse de capitaux

propres pense que le flux des transactions

transfrontalières avec son voisin restera

soutenu car « l’économie est stable en

Allemagne, » ce qui, étant donné la fragilité de

l’économie mondiale, ne peut être pris pour

acquis.

Pour la moitié des participants, l’évaluation

attractive des actifs jouera lele de

moteur principal dans l’augmentation des

F&A transfrontalières avec leurs marchés

de choix. Dans la mesure où les cibles les

moins chères se trouvent souvent dans

les marchés émergents et les économies

en panne de croissance, cela constituera

vraisemblablement un catalyseur pour les

transactions transfrontalières.

Un examen plus attentif des pays partenaires

des participants en matière de F&A – la

Chine, l’Allemagne et les États-Unis – révèle

à quel point les moteurs de transaction

varient d’une région à l’autre. Les participants

axés sur la Chine, par exemple, disent que

leur intérêt est essentiellement alimenté par

la libéralisation croissante du commerce

et de l’investissement. L’ouverture de

l’économie chinoise surpasse les aspects

plus stratégiques de l’expansion par F&A

tels que des considérations sectorielles ou

la disponibilité de coûts de fabrication et de

production plus compétitifs.

À l’opposé, ceux qui ont identifié l’Allemagne

comme principal pays partenaire dans les

F&A transfrontalières, citent les facteurs

sectoriels comme première motivation, suivis

de près par l’ampleur et la maturité du marché

F&A de ce pays. Les États-Unis présentent

un attrait similaire : comme dans le cas de

l’Allemagne, les participants attirés par le

marché américains citent ses dimensions et sa

maturité, puis la valeur de ses actifs.

Part des transactions transfrontalières sur l’ensemle des F&A

Pourcentage du volume et de la valeur totale des F&A

42

40

38

36

34

32

30

2010

34%

37%

Volume de transaction

2011 à ce jour

38%

41%

Valeur des transactions en M €

“La croissance est vitale pour toute entreprise – et

du fait de la stagnation des marchés en Europe

de l’Ouest, les entreprises doivent se tourner vers

l’étranger pour survivre.”

Société privée, France


20 Une étude de NetJets sur les F&A européennes

Chapitre 2

F&A transfrontalières

Selon vous, avec quels pays/régions votre pays va-t-il réaliser le plus

de F&A transfrontalières au cours de l’année à venir ? Et des cinq

prochaines années ?

Royaume-Uni

Pays Baltes

Afrique du Nord

Chine 37%

48%

Allemagne

États-Unis

Inde

France

Russie

Brésil

0 10 20 30 40 50 60

2012

8%

9%

11%

14%

10%

12%

9%

11%

14%

16%

17%

19%

25%

29%

33%

36%

25%

36%

Pourcentage de participants

Sur les cinq prochaines années

“Je pense qu’il

y a beaucoup

d’investisseurs venant

des Etats-Unis qui

visitent la Pologne.

En ce moment,

ils cherchent des

opportunités différentes

de ce que peuvent

proposer les autres

pays Européens, et de

ce fait les investisseurs

américains sont

toujours bienvenus en

Pologne.”

Société privée, Pologne

La Chine sur le point de devenir le principal marché F&A transfrontalier

Pourquoi pensez-vous que ces pays connaîtront spécialement

de plus hauts niveaux de F&A transfrontalières avec votre pays

d’origine à l’avenir ?

Évaluations d'actifs attractives

Coûts de fabrication et

de production compétitifs

Considérations sectorielles

(ex. accèsaux ressources naturelles,

nouvelles technologies,

main d'œuvre qualifiée, clients, etc.)

Amélioration des bases macroéconomiques

Marché de F&A ample et mature

Libéralisation croissante de

l'investissement et du commerce

Environnement fiscal/

réglementaire favorable

15%

38%

38%

40%

45%

44%

49%

“L’Afrique du Nord est

une zone attractive

car il y a beaucoup de

ressources naturelles.

Si on parle de la Chine,

je pense que la main

d’œuvre peu chère

et la valorisation des

actifs sont des facteurs

attractifs.”

Conseiller juridique, Russie

0 10 20 30 40 50

Pourcentage de participants

La valeur attractive des actifs, un stimulant pour le flux de transactions transfrontalières


Une étude de NetJets sur les F&A européennes

21

Chapitre 3

Facteurs de réussite des F&A

Les F&A jouent un rôle de plus en plus

important dans les stratégies de croissance

des entreprises, et cette section examine

les principaux moteurs de succès des F&A

dans un climat en évolution constante. Les

réponses des participants révèlent une

grande compréhension de l’importance

des relations, de la communication et

de la planification à toutes les étapes du

processus F&A. De la naissance de l’accord

à l’intégration, le succès de la transaction

dépend presque entièrement des relations

et des personnes, et ces facteurs prennent

une importance toujours plus cruciale dans

le paysage transfrontalier concurrentiel

d’aujourd’hui.

Lorsqu’on leur demande quels sont

les éléments les plus importants dans

l’identification des cibles d’acquisition,

68% des participants citent les contacts

professionnels comme un aspect

très important, quand ce n’est pas le

plus important, de la naissance d’une

transaction. En effet, les résultats de

l’étude montrent qu’à ce stade de la partie,

l’importance des contacts professionnels

prend le pas sur tous les autres facteurs,

qu’il s’agisse de la compétence des équipes

F&A internes, des spécialistes sectoriels

ou des conseillers externes. Cette idée

est synthétisée assez clairement par un

participant qui explique que les contacts

professionnels « peuvent détecter des

opportunités invisibles aux yeux des autres,

et réaliser des transactions d’une façon tout

à fait unique. »

Les relations jouent un rôle tout aussi

important dans la phase de préparation

conjointe, lorsque les participants indiquent

qu’ils se préoccupent principalement

d’obtenir de solides évaluations des

finances, des opérations, de la direction

et du personnel de l’entreprise. Il est

intéressant d’observer que, pendant

cette phase, les personnes interrogées

s’inquiètent plus des problématiques

humaines de terrain que des questions

juridiques, et que les contrats, les données

et autres documents occupent une place

plus basse que les personnes dans la liste

des priorités.

Quelle est l’importance des facteurs suivants dans la découverte d’une

cible d’acquisition en vue d’une F&A ?

Pourcentage de participants

100

90

80

70

60

50

40

30

20

10

0

1%

9%

22%

29%

39%

Contacts

professionnels

Le plus important

Très important

5%

9%

30%

40%

17%

Équipe F&A

interne

Important

Peu important

Spécialistes

du secteur

Les contacts professionnels cités comme meilleur point de départ

3%

13%

27%

39%

18%

5%

16%

31%

29%

18%

Conseillers externes Services de

(banque d'investissement, renseignements

conseillers financiers et médias

ou avocats)

Le moins important

“Vous devez disposer des bonnes personnes.

Les banques, conseillers externes et toutes les

parties travaillant sur la négociation doivent

être de haut niveau, même les départements de

relations publiques et communication, afin de se

prémunir d’une réaction négative de la part des

investisseurs.”

Directeur d’entreprise, Russie

7%

17%

37%

26%

12%


22 Une étude de NetJets sur les F&A européennes

Chapitre 3

Facteurs de réussite des F&A

Les réponses des participants sur la

phase de préparation des F&A sont

particulièrement intéressantes dans le

contexte actuel d’un marché toujours

plus global. Les participants remarque

que l’accès à l’information peut varier

considérablement d’un pays et d’une

région à l’autre, et que les questions de

transparence peuvent souvent obscurcir

le processus de F&A. Le directeur

exécutif d’une société russe explique

que, selon son expérience, « l’équipe

dirigeante, sa motivation et son honnêteté,

jouent un rôle décisif car les finances

ne sont pas toujours transparentes. »

Un banquier d’investissement polonais

fait un commentaire similaire en lien

avec des démarches d’investissements

dans des marchés émergents : « Vous

passerez à côté d’un grand nombre

d’informations si vous ne creusez pas et

si vous vous contentez de contempler le

centre de données. Il est indispensable de

comprendre ce qui se passe sur place.

» Les décideurs ont manifestement à

l’esprit la transparence et la gouvernance

d’entreprise lorsqu’ils interviennent dans

des marchés en développement.

À ce titre, il est important de remarquer

que la technologie qui contribue souvent à

harmoniser le processus – communications

en ligne, centres de données – peut

également lui nuire.

EXÉCUTION ET INTÉGRATION

Les relations entre les parties prenantes,

des objectifs clairement définis et des

rencontres en personne sont les trois plus

grandes clés de l’exécution réussie d’une

transaction, et l’intégration post-fusion

dépend encore tout autant de la qualité de

l’engagement et des communications.

Un exécutif explique que les objectifs de

la transaction doivent être communiqué à

l’échelle de l’entreprise et non uniquement

à la direction de haut niveau si l’on veut que

la transaction soit couronnée de succès. «

Pour qu’une transaction réussisse, chacun

doit savoir pourquoi vous le faites, et

chaque membre de l’organisation doit être

convaincu. Les bonnes organisations ont

toujours des objectifs clairs. » Un avocat

F&A britanniques affirme que la confiance

doit avoir la priorité car « sans la confiance,

vous ne pouvez pas conclure la transaction.

»

Pendant la préparation conjointe de la F&A, quelle est l’importance des

facteurs suivants ?

Pourcentage de participants

100

90

80

70

60

50

40

30

20

10

0

3%

3%

14%

37%

44%

Évaluation de la

position financière de

l'entreprise et faisabilité

des projections

Le plus important

Très important

1% 1% 1%

6%

15%

35%

43%

Évaluation

opérationnelle,

incluant une

inspection des

installations

Important

Peu important

Évaluation des

points de vue

des dirigeants et

cadres clés

Examen des

relations et contrats

avec les fournisseurs

et les clients

Le moins important

Salle de données

bien gérée pour

l'examen des

documents

La santé financière est le facteur le plus important pendant la préparation conjointe

“Concernant les fusions/acquisitions

transfrontalières, je pense que le plus important

est d’avoir les bons conseillers. Il est nécessaire de

comprendre les pratiques particulières de chaque

pays pour faire des affaires. Il ne faut pas se fier

uniquement à ses avocats habituels s’ils ne sont

pas natifs du pays en question.”

Conseiller juridique, France

5%

23%

37%

33%

8%

26%

43%

22%

3%

8%

32%

38%

18%


Une étude de NetJets sur les F&A européennes

23


24 Une étude de NetJets sur les F&A européennes

Chapitre 3

Facteurs de réussite des F&A

Les aspects personnels de la transaction

sont tout aussi importants pour les sociétés

de capitaux privés, même lorsqu’aucune

problématique d’intégration n’est en jeu.

Les achats réussis, nous disent plusieurs

participants du secteur des capitaux

propres, reposent sur la capacité à

gagner la confiance d’une entreprise. Un

expert en capitaux propres du Royaume-

Uni indique qu’à terme, « l’acteur clé est

celui qui va vendre, et c’est lui qui doit

accorder sa confiance » ; de même, l’un

de ses confrères suisse explique que sa

priorité consiste à « gagner la confiance de

l’entreprise qui va se vendre. »

L’intégration est fréquemment décrite

comme un processus complexe aux

multiples facettes par les participants

de tous les secteurs, qui mettent avant

tout l’accent sur la communication et la

planification. Un cadre d’un grand assureur

britannique indique que les plans posttransaction

de l’acquéreur doivent être «

clairs comme du cristal » dès le départ, et «

communiqués au plus tôt. »

Près des trois quarts des décideurs disent

qu’un plan d’intégration post-fusion clair

et constructif est essentiel pour assurer

la réussite de l’intégration, et 69% des

personnes interrogées indiquent qu’il est

crucial d’avoir de solides relations avec la

direction. Un cadre britannique insiste sur

le fait que l’intégration doit être sous-tendue

par un examen approfondi des équipes

internes : « Il est essentiel de comprendre

que vous faites l’acquisition d’une équipe,

et quand on achète une équipe, on veut

que ses membres soient bons. » Un expert

d’un cabinet suisse de capitaux privés

souligne ce même point : « La F&A dépend

fondamentalement des personnes, et vous

devez comprendre l’entreprise que vous

achetez à l’échelle de ses employés. »

UNE NOUVELLE MANIÈRE DE

RÉALISER DES TRANSACTIONS

À elles seules, les trois dernières

années ont apporté de profonds

changements dont les crises financières,

les mutations politiques et les nouveaux

cadres réglementaires ne sont que des

exemples. Les décideurs continuent

de s’adapter à ce contexte incertain

et les relations et la communication,

conditions traditionnellement nécessaires

aux transactions, ne font que gagner en

importance. Cette année, les participants

à l’édition de Doing the Deal ont clairement

indiqué que les décideurs ne pouvaient

pas se permettre de négliger ces aspects

dans un marché dynamique et toujours plus

mondialisé.

Selon vous, quels sont les éléments clés pour la réussite d’une

transaction F&A ?

Développement de

relations avec les

acteurs concernés

Objectifs clairement établis

Implication face à face

avec les partenaires

de transaction

Rétention de conseillers

F&A compétents

Compréhension des

cadres fiscaux/

réglementaires

0 10 20 30 40 50 60 70

Pourcentage de participants

Pour deux tiers des participants, il est crucial de tisser des relations pour que la

transaction réussisse

Pendant la phase post-fusion d’une transaction, quels sont selon vous

les facteurs requis pour garantir l’intégration réussie de l’entreprise

acquise dans le groupe ?

Mise en place d'un plan

d'intégration post-fusion

clair et constructif

Établissement de bonnes

relations avec la direction

Compréhension de la fonction

stratégique de la cible au

sein de vos activités

43%

47%

67%

69%

73%

62%

65%

64%

Compréhension culturelle

64%

Rétention du personnel

de talent

Communication précoce

et ouverte avec les

intervenants clés

0 10 20 30 40 50 60 70 80

Pourcentage de participants

61%

59%

La santé financière est le facteur le plus important pendant la préparation conjointe


Une étude de NetJets sur les F&A européennes

25

PERSPECTIVES

Les décideurs sont largement optimistes quant à la résilience

du marché de F&A. Le flux de transaction des 12 prochains

mois, bien que subissant toujours des pressions, sera

soutenu par les initiatives de croissance transfrontalières

des entreprises, des opportunités de crise et des facteurs

sectoriels, dont un heureux appétit pour les actifs.

Matthew Albert

Author

Les participants rappellent toutefois

régulièrement que le paysage à venir

s’annonce obscur et difficile. Les opportunités

offertes par les marchés émergents auront

toujours beaucoup à offrir aux acquéreurs, qui

devront toutefois être prêts à agir vite sans

pour autant négliger d’élaborer soigneusement

leurs objectifs et leur stratégie de réalisation.

Nombre de nos participants soulignent

l’importance de procéder à une analyse des

risques sur place et d’assurer une surveillance

étroite des activités de terrain.

Y compris dans leurs marchés nationaux,

les décideurs vont devoir faire face à

de nouvelles sources de complexité.

Un fardeau réglementaire alourdi et des

marchés de financement peu flexibles ne

font qu’ajouter de l’incertitude à ce paysage.

Les difficultés de financement et l’incertitude

économique créeront en outre un écart

d’évaluation considérable entre les attentes

des acquéreurs et des vendeurs, ce qui

accroît encore l’importance de la période de

préparation conjointe pour les deux parties.

Après avoir vu assez de bulles se former

pour éclater, les décideurs qui nous ont parlé

savent que la création de valeur à court terme

et les projections de synergie ne sont que

de petits facteurs dans une équation bien

plus vaste. L’élaboration d’une transaction se

nourrit au final des aspects intemporels que

sont les relations et de la communication,

et qui ne feront que gagner en importance

avec la mondialisation croissante du

marché des F&A.

En gardant cela à l’esprit, les décideurs

s’apprêtent à réaliser des exercices d’équilibre

extrêmement difficiles : les entreprises

doivent être prêtes à bondir sans délai

sur les nouvelles opportunités, et donc

être parfaitement capables de gérer les

aspects les plus longs et les plus importants

d’une transaction – nouer des relations,

communiquer des objectifs et exécuter sans

faille les préparatifs conjoints – le tout dans

un calendrier serré et dans le contexte d’un

marché dynamique.


26 Une étude de NetJets sur les F&A européennes

Rapport Doing the Deal 2011/2012

David Giampaolo

David Giampaolo est le Directeur exécutif du réseau d’investisseurs Pi Capital,

poste qu’il occupe depuis 2002. Pi Capital est un réseau d’investisseurs innovant

axé sur la découverte d’opportunités d’investissement en capitaux de croissance

et en actifs alternatifs, ainsi que sur la négociation de la participation de ses

membres à des transactions et des fonds de capitaux propres. David organise une

série de réunions mensuelles, déjeuners et dîners qui rassemblent parmi les plus

grands noms du monde des affaires et de la politique en Europe.

Auparavant, David a fondé, développé et

vendu plusieurs entreprises et chaînes de

clubs de remise en forme aux États-Unis et au

Royaume-Uni. Il détient des intérêts financiers

dans plusieurs autres sociétés et secteurs

(que ce soit en tant que business angel ou

co-investisseur), notamment Fitness First, le

plus grand groupe au monde dans le secteur

de la forme et du fitness. Habitué de prendre

le pouls du marché F&A en Europe et au-delà,

David nous fait part de ses impression sur

l’étude NetJets Europe « Doing the Deal » de

cette année.

Le rapport témoigne d’un optimisme

accru vis-à-vis de l’activité F&A pour

l’année prochaine : êtes-vous surpris ?

« Cet optimisme est attendu à de nombreux

égards. Chaque nuage a son rayon de soleil

; en l’occurrence, la volatilité observée sur

le marché européen va vraisemblablement

entraîner une hausse des transactions

F&A motivées par les difficultés, ainsi que

des rachats « forcés ». Les perturbations

du marché laisseront un grand nombre

de sociétés pourtant saines face à de

mauvais bilans, les incitant à une activité

transactionnelle plus intense. »

Selon vos observations et celles des

membres de votre réseau, à quels défis

l’activité F&A va-t-elle être confrontée ?

« L’expérience de nos membres fait

directement écho aux résultats du rapport

pour ce qui est des difficultés inhérentes à

l’environnement de financement, dues à la

persistance de la faiblesse économique et au

fait que le secteur bancaire fait lui-même face

à des problèmes de solvabilité et de liquidité.

Cette situation est aggravée par l’incertitude

qui entoure toujours les économies de pays

comme la Grèce, le Portugal, l’Irlande, etc.

et dont l’impact ne peut être sous-estimé. De

nombreuses entreprises de toute l’Europe

souffrent de cette difficulté à obtenir des

financements. »

Avez-vous observé des F&A dans un

secteur particulier ?

« J’ai été fasciné de voir que l’étude abordait

la croissance des marchés émergents

comme centres d’activité F&A pour les

décideurs européens. C’est conforme à

ce que nous avons observé en termes de

développements positifs et d’activité au sein

de ces marchés. Dans l’étude, vous avez

pris l’exemple des entreprises des marchés

plus établis, capables d’offrir des ressources

intéressantes en propriété intellectuelle et

en technologies avancées à des entreprises

et des parties du monde qui en manquent

terriblement, ce qui conduit les entreprises des

marchés émergents à procéder à l’acquisition

stratégiques d’entreprises développées. Je

pense que nous allons voir ce phénomène

prendre de l’ampleur au cours de l’année à

venir. »

Avez-vous observé des tendances

spécifiques en Europe dans le domaine

des F&A ?

« Des différences claires et des tendances

visibles se manifestent actuellement en

Europe. On observe un écart très net de

robustesse économique entre le nord et le sud

de l’Europe. De façon générale, l’Allemagne

bénéficie d’une économie très solide et

elle joue lele de support stratégique en

Europe. Cet état de fait se traduit dans le

rapport par les attitudes plus audacieuses des

participants allemands vis-à-vis de l’activité

F&A. À l’opposé, l’économie du Royaume-Uni

s’est largement appuyée sur la dette et elle

est très dépendante de la bourse de Londres,

son centre économique ; il n’est donc pas

surprenant que les entreprises britanniques se

montrent plus pessimistes. »

« Il est également clair que les leaders du

monde des affaires et les équipes de direction

vont devoir s’adapter mieux et plus vite à

un environnement économique caractérisé

par une très faible croissance du PIB, une

volatilité extrême des marchés, la rareté des

capitaux et une dette coûteuse, et ce pour de

nombreuses années. »

“L’étude Doing the Deal de NetJets Europe offre un regard pointu et actuel sur l’état d’esprit

des grands acteurs du marché européen des F&A. Ses découvertes sur l’optimisme

font écho à ce que nous avons observé avec nos membres qui font face à des options

d’investissement opportunistes ou motivées par les difficultés ; son évaluation des défis

actuels – des inquiétudes économiques aux difficultés de financement – touche au cœur

des problématiques actuelles de l’investissement de grande échelle. Le rapport démêle et

explore l’un des fondements de la réussite d’une F&A, le contact personnel et les relations,

abordant l’identification, l’exécution et l’intégration réussies des acquisitions. Même dans

un marché difficile, être intelligent ne suffit pas. Les personnes que vous connaissez et la

qualité de vos relations avec elles sont la clé du succès.”

David Giampaolo, Chief Executive, Investor network, Pi Capital


Une étude de NetJets sur les F&A européennes

27

about mergermarket

About NetJets Europe

Remark, the publishing, market research

and events division of The Mergermarket

Group, offers a range of services that give

clients the opportunity to enhance their

brand profile, and to develop new business

opportunities. Remark publishes over 50

thought leadership reports and holds over

70 events across the globe each year

which enable its clients to demonstrate their

expertise and underline their credentials in a

given market, sector or product.

Remark is part of The Mergermarket Group,

a division of the Financial Times Group.

To find out more please

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NetJets Europe was founded in 1996 and

today is the largest business jet company in

Europe. As the only pan-European operator

with its own fleet, NetJets Europe, through

NetJets Transportes Aéreos (NTA), is uniquely

capable of delivering a consistent, world-class

service with an unparalleled commitment

to safety and security. NTA was the first

business jet operator to be awarded the IOSA

certificate, the highest safety accreditation

in the world. NetJets Europe employs a total

workforce of more than 1,500 and has over

150 aircraft. NetJets Europe is the marketing

agent of NetJets Transportes Aéreos S.A., an

EU air Carrier.

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28 Une étude de NetJets sur les F&A européennes

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