magazinelazonedeboxe37

lazonedeboxe

magazinelazonedeboxe37

AUSSI :

Le sport-étude et la boxe

La page du boxeur par Ali Nestor Charles

Bilan des Jeux olympiques à Londres

Qui entraîne qui ?

Novembre 2012 / Numéro 37

Qui estDENIS

GRACHEV?

*Une nouvelle chronique : La Zone sur la route

1


magazine La Zone de boxe

2755 Clermont

mascouche (Québec) J7K 1C1

info@lazonedeboxe.com

ÉDITeUr

François Picanza

rÉDACTeUr en CheF Pascal roussel

CoLLAborATeUrS russ Anber

bernard barré

Douggy berneche

benoit Dussault

Jean Douville

vincent Éthier

martin Fournier

Stéphane Lalonde

Pascal Lapointe

robert Lévesque

Ali nestor Charles

CorreCTeUr/rÉvISeUr benoît

Dussault

raynald bernier

InFoGrAPhIe marie-Claude Gratton

PhoToGrAPheS vincent Éthier

Stéphane Lalonde

robert Lévesque

Le magazine la Zone de boxe

fut fondée en 2004 à Mascouche

par François Picanza.

Ce magazine est maintenant

offert gratuitement sur le

web.

2 novembre 2012 - LA ZONE DE BOXE

SOMMAIRE

novembre 2012, nUmÉro 37

PAGeS

Sommaire 2

mot du rédacteur en chef 3

Le sport-étude et la boxe 5

La page du boxeur par Ali nestor Charles 10

Qui est Denis Grachev ? 15

Chronique : La boxe vue de l’intérieur 18

La Zone sur la route 20

La boxe et moi par Jean Douville 24

bilan des Jeux olympiques de Londres 27

La galerie des photographes 32

Qui entraîne qui ? 35

Mot du rédacteur

en chef

Les dernières semaines ont été

fort occupées pour l’équipe du

magazine de la Zone de boxe. Ce

numéro présente une réelle transition

vers le futur pour nous.

Tout d’abord, comme vous le

constaterez dans les prochaines

pages, nous avons revu de fond

en comble la facture visuelle du

magazine. nous levons notre chapeau

à marie-Claude Gratton qui a

relevé ce défi et qui s’y est consacrée

avec beaucoup de passion.

Bien des projets sur la table à

dessin

nous travaillons présentement

sur plusieurs projets qui devraient

progressivement aboutir

dans le but de rendre votre magazine

de boxe préféré encore plus

intéressant. L’année 2013 devrait

être très captivante pour nous.

D’ici là, nous sommes vraiment

content de vous offrir une nouvelle

chronique intitulé La zone

sur la route. Comme son nom

l’indique bien, à travers différents

clichés, nous souhaitons partager

avec vous nos escapades de boxe.

Ce premier photoreportage d’une

longue suite est dédié au gala de

boxe inaugurant le barclays Center

à brooklyn, new York. benoît

Dussault et moi-même avons eu

le privilège d’assister à une soirée

haute en couleur que le réseau

américain Showtime a présenté le

20 octobre.

Un visiteur à découvrir

Comme tout amateur de boxe le

sait bien, samedi soir au Centre

bell, nous assisterons au combat

de retour de Lucian bute après

sa douloureuse défaite en Angleterre.

Considérant que Denis

Grachev est très peu connu, nous

avons dressé un portrait de cet

homme très peu loquace.

Autant l’homme, l’athlète que

le boxeur gagnent à être connu.

C’est le genre d’athlète qui mérite

qu’on s’intéresse à lui au-delà de

l’analyse de sa fiche de boxeur

professionnel.

Les jeunes et la boxe

C’est bien connu, le noble art

intéresse les jeunes de partout

dans le monde. Dans ce numéroci,

vous retrouverez trois articles

qui se rapportent, à différents niveaux,

à la relève de la boxe. Tout

d’abord, Éric roy a approfondi

le programme de sport-étude

concentration boxe populaire

un peu partout au Québec. De son

côté, Ali nestor Charles signe la

chronique de La page du boxeur.

Il nous parle des jeunes qui

passent par chez-lui et comment

il fait pour les aider à grandir au

maximum. Enfin, Bernard Barré

et russ Anber ont accepté de faire

un bilan des jeux Olympique de

Londres. Ils dressent un portrait

complet du tournoi de boxe qui

s’y est déroulé en août dernier.

Et ce n’est pas tout

La populaire section La boxe et

moi, dédiée à une personnalité

du monde la boxe, est cette foisci,

réservée au québécois qui

a fort probablement assisté au

plus grand nombre de combats

de boxe professionnel dans la

province dans les trois dernières

décennies. mais qui est-ce ? Deux

indices pour vous aider, cette

personne travaille à la régie des

sports de combats depuis le printemps

80 et n’a manqué qu’un

seul gala en 32 ans !!!

De plus, Douggy Berneche signe

une seconde chronique qui nous

aide à comprendre le quotidien

3


de ceux qui vivent de la boxe. Il

nous explique cette fois le rôle

et les responsabilités du gérant

et du matchmaker. Des acteurs

importants qui œuvrent souvent

à l’ombre des projecteurs.

Enfin, nous avons pensé qu’une

mise-à-jour du tableau de Qui

entraîne qui ? serait un outil très

utile aux amateurs. L’arrivée de

plusieurs nouveaux boxeurs fait

que les amateurs ont parfois de

la difficulté à s’y retrouver. Bien

sûr, on remercie, de nouveau, nos

généreux photographes en leur

offrant une vitrine à travers la

galerie des photographes.

en terminant, je me dois de souligner

le récent décès d’emmanuel

Steward, qui nous a quitté

le 25 octobre dernier. membre

du temple de la renommée de la

boxe depuis 1996, le propriétaire

du Kronk Gym de Detroit dont la

réputation internationale était

établie depuis de nombreuses

d’années aurait mérité un hommage

bien plus complet que ces

quelques lignes. Les amateurs de

boxe d’ici ont eu la chance de le

voir œuvrer dans le coin d’Adonis

Stevenson dans la dernière

année. repose en paix Champion.

4 novembre 2012 - LA ZONE DE BOXE

Bonne l ect ure !

Jean-Luc Autret

rédacteur en chef

LE SPORT-ÉTUDE

Regard sur le programme

sport-étude

concentration boxe

La boxe a connu un grand

essor au Québec depuis

le début des années

2000. Le sérieux démontré

par les promoteurs

Groupe Yvon michel et Interbox

ont permis de développer de nombreux

champions du monde (Léonard

Dorin, Éric Lucas, Joachim

Alcine, otis Grant, Lucian bute et

Jean Pascal) qui se sont battus régulièrement

ici. L’engouement du

public pour le noble art a amené

une prolifération de clubs de boxe

olympique un peu partout dans la

belle province.

Pour un petit nombre d’étudiants

du secondaire, la boxe représente

bien plus qu’un loisir, ils ont le privilège

de s’entraîner quotidiennement

tout en allant à l’école en

profitant du programme sport-

ET LA BOXE

Par Erick Roy

étude concentration boxe. nous

vous dressons ici un portrait de

ce programme unique au Québec,

de quelques jeunes qui le vivent

présentement et d’un boxeur professionnel

qui en a bénéficié.

La boxe gagne en popularité année

après année. Il y a de plus en

plus d’adeptes de boxe récréative

dans les clubs, les combats opposants

des professionnels attirent

des milliers de spectateurs et les

femmes ont fait leur entrée en

boxe olympique lors des jeux de

Kevin Lavallée écoute les

conseils de russ Anber depuis

son secondaire 2 , Crédit

robert Lévesque

Londres. on sent aussi un engouement

de la part des jeunes envers

la boxe et le programme sportétude

s’avère de plus en plus un

choix réfléchi et désiré plutôt

qu’un plan b.

en 2011-2012, « Sur les 4800

élèves-athlètes inscrits à un des

35 programmes sport-étude du

meLS, 28 ont choisi la concentration

boxe », selon michel Garneau

du ministère de l’Éducation,

des Loisirs et des Sports

(MELS). Cela peut paraître infime,

5


mais il ne faut pas oublier que

les sports d’équipes tel que le

hockey, le baseball et le football

sont toujours très populaires et

que les disciplines dites « olympiques

» ou « sport amateur »

sont nombreuses. Si le meLS

offre un nombre grandissant de

« ...le programme

sport-étude est bâti

de manière à ce que

l’élève-athlète reçoive

75% du temps d’enseignement

prescrit par

le MELS. »

place pour les élèves-athlètes en

concentration boxe c’est parce

que de plus en plus d’écoles en

font la demande.

L’attribution des places en programmes

sport-étude est établie

en fonction d’une entente tripartite

entre les commissions scolaires,

les écoles et les fédérations

sportives. Les écoles intéressées

à un programme sport-étude en

font la demande à la Commission

scolaire qui les chapeaute,

et celle-ci en collaboration avec

l’école, approuve, s’il y a lieu, le

mandataire sportif identifié par

la fédération sportive concernée.

Le mandataire(le club de boxe

et l’entraîneur) est responsable

d’offrir l’encadrement sportif approprié

et reconnu selon le « protocole

d’entente du programme

sport-étude au secondaire » du

meLS 1 .

Le volet académique

L’école secondaire Édouardmontpetit

de la CSDm accueille

des élèves en concentration

boxe dans son programme de

sport-étude depuis trois ans. Le

directeur du programme, martin

Sévigny, espère que le volet de

boxe développera des athlètes reconnus

au même titre que le programme

de baseball a développé

et formé des joueurs comme Éric

Gagné. Pour ce faire, les élèvesathlètes

sont solidement encadrés,

mais ils doivent aussi

répondre à plusieurs critères

d’admission; n’entre pas qui

veut au programme sportétudes!

Les élèves doivent conserver

une moyenne générale de 75

% et de 65 % en français et

en mathématiques.

De plus, ils doivent être recommandés

par leur association

sportive et, surtout, faire

preuve d’un comportement irréprochable

tant à l’école qu’à

l’extérieur. 2 « Les exigences académiques

sont les mêmes pour

les élèves-athlètes que pour les

élèves réguliers. Les examens

sont les mêmes pour tous et le

programme pédagogique du

MELS doit être respecté à la

lettre », affirme M. Sévigny.

« Bien sûr, il arrive quelques fois

que l’on perde un athlète, mais ce

n’est pas par faute d’encadrement.

Les élèves qui entre dans le programme

sport-étude sont déjà des

élèves performants au point de vue

académique, mais c’est avant tout

leur comportement qui dictera la

1 Protocole d’entente du programme

sport-études au secondaire du 2 Conditions d’admission au

MELS.

programme sport-études de l’école

http://www.mels.gouv.qc.ca/sections/pu- Édouard-Montpetit

blications/index.asp?page=fiche&id=1052 http://edouard-montpetit.csdm.ca/

programmes/programme-sportetudes/

6 novembre 2012 - LA ZONE DE BOXE

durée de leur séjour dans le programme

», ajoute martin Sévigny.

en effet, les élèves-athlètes sont

soumis à une approbation comportementale.

S’il y a quelques

lacunes ou points à améliorer, les

enseignants, les entraîneurs et la

direction corrigent le tir avec eux.

Si les problèmes persistent, les

élèves sont soumis à une période

de probation durant laquelle ils

doivent montrer patte blanche.

Évidemment, à la fin de la période

de probation le comportement

doit toujours être exemplaire.

martin Sévigny ajoute : « Il faut

déboulonner le vieux mythe voulant

que la boxe ne serve que de

défouloir aux jeunes à problèmes.

Nos élèves-athlètes sont sérieux,

performants et exemplaires. On

les encadre, mais quelques fois

certains décrochent ou s’excluent

malgré nos efforts. Je suis satisfait

du résultat des trois premières années

du programme ».

en général, le programme sportétude

est bâti de manière à ce

que l’élève-athlète reçoive 75%

du temps d’enseignement prescrit

par le MELS. Le temps libéré

quotidiennement permet aux

jeunes de se consacrer à leur sport.

Il est de la responsabilité du jeune

de pallier au 25% du temps man-

Les trois élèves de sport-études en 2010-2011, Philippe, Ali et martin, les deux derniers

sont toujours inscrit cette année.

crédit Douggy bernèche

quant par du temps d’étude personnel.

Si le besoin se fait sentir, il

peut toujours profiter de périodes

de récupération avant et après les

heures de cours. Ainsi, à l’école

secondaire Édouard-montpetit,

les élèves-athlètes suivent seulement

trois périodes d’une heure

et quinze minutes d’enseignement

par jour au lieu de quatre.

L’enseignement est concentré en

matinée et l’après-midi est dédiée

au sport. Cette partie est aussi

intense et exigeante que la partie

académique; les élèves doivent

atteindre des objectifs et obtenir

des résultats.

Le volet sportif

Le Club de boxe de l’est, dirigé

par Douggy bernèche, est le mandataire

sportif de l’école Édouardmontpetit

pour le volet boxe. L’entraînement

des élèves-athlètes

est divisé en deux parties; deux

jours semaine sont consacrés

au conditionnement physique

et les trois autres jours sont

consacrés à la pratique de la

boxe. Les entraîneurs Sylvain

Gagnon et Patrick Denis gèrent

l’entraînement et encadrent les

élèves-athlètes dans l’atteinte

de leurs objectifs, leur développement

physique et technique,

le comportement, la ponctualité

et l’assiduité. Le développement

des jeunes boxeurs

s’effectue en trois étapes :

l’entraînement à la technique

et conditionnement physique,

les sessions de « sparring »

(partenaire d’entraînement de

boxeurs) et les premiers combats.

Les entraîneurs doivent

aussi développer les aspects

mentaux de la boxe : la stratégie,

la concentration et la

détermination, l’attitude face à la

victoire et à la défaite.

Les habiletés des boxeurs se

développent lentement. La fédération

québécoise de boxe olympique

(FQbo) estime à dix ans le

nombre d’années nécessaire au

développement optimal du potentiel

des boxeurs. La boxe est

un sport à spécialisation tardive.

Dans son document « Modèle de

développement de l’athlète, plan

pluriannuel3 », la FQbo précise

3 Modèle de développement

toutes les étapes du processus

de développement du boxeur, et

ce processus en est un de longue

haleine. en plus d’être extrêmement

chargé et précis, le développement

doit respecter la physionomie,

l’âge et la croissance des

athlètes.

C’est dans cette optique que les

directions d’écoles où se donne un

programme de boxe sport-étude

ne sélectionneront que les élèvesathlètes

qui ont un talent reconnu

par la fédération québécoise de

boxe olympique (FQbo). Ceux-ci

doivent impérativement démontrer

des aptitudes élevées envers

la boxe, maîtriser les techniques

et prouver par leur détermination

tant académique que psychologique

qu’ils sont les meilleurs

candidats, qu’ils sont la relève. Il

ne suffit d’être un bon athlète, il

faut aussi être un bon élève.

Tous n’atteindront pas les hauts

niveaux et tous ne deviendront

pas des athlètes de niveau olympique.

Par contre, la poursuite du

programme sport-étude permettra

à plusieurs élèves-athlètes de

développer une discipline et une

hygiène de vie exemplaire. Selon

martin Sévigny, là où il y a atteinte

des objectifs sportifs, il y a des

résultats académiques conséquents.

« Les élèves-athlètes

sont déterminés. Le programme

sport-étude est difficile, mais

les performances sportives vont

de pairs avec les performances

académiques. Le programme n’est

pas conçu pour les élèves en difficulté,

mais, quelques fois, certains

réussissent à se reprendre et à performer

sur le plan scolaire. À partir

de ce moment, ils peuvent être

de l’athlète, plan pluriannuel de la

FQBO. « Genèse d’un champion »

http://www.fqbo.qc.ca/developpement.html

7


admis au programme sport-études

concentration boxe ».

Des élèves doués, des athlètes

nés

Les élèves-athlètes sont souvent

des sportifs depuis leur tout jeune

âge. La plupart ont participé à des

activités sportives parascolaires

ou joué dans des ligues organisées.

Le temps consacré à ces ligues

organisées empiète souvent

sur le temps d’étude et demande

un grand engagement de la part

des athlètes. Il devient alors difficile

de combiner la pratique sportive

et la réussite scolaire.

Les bienfaits du sport sont ressentis

dans plusieurs aspects

de la vie des élève-athlètes. Ils

prennent de la masse musculaire

et perdent du poids; ils ressentent

plus d’énergie et en profitent

pour se débarrasser de leur trop

plein; ils se défoulent de manière

saine et se disciplinent; et enfin, le

sport les motive, les encourage et

les valorise.

nous avons rencontrés quelquesuns

de ces élèves-athlètes. Simon,

eliyakim, martin, Loïc,

Charles-Éric et Philippe-olivier

s’entraînent au Club de boxe de

l’est, ils veulent tous persévérer

dans la boxe et devenir des ath-

8 novembre 2012 - LA ZONE DE BOXE

« C’est un programme qui sert à développer

l’élite sportive à travers le cheminement

scolaire, mais les participants sont

déjà conscients de l’importance de la

réussite académique. »

lètes olympiques ou professionnels.

Ces élèves-athlètes disent

ouvertement être plus motivés

grâce au programme sport-étude.

L’entraînement leur apprend la

concentration nécessaire à la

réussite scolaire. Pour eux, c’est

facile d’étudier et de s’entraîner.

mais l’aspect le plus important

est qu’ils désirent tous poursuivre

leurs études au-delà des succès

sportifs.

C’est peut-être là où le programme

sport-étude devient redoutablement

efficace; c’est un

programme qui sert à développer

l’élite sportive à travers le cheminement

scolaire, mais les participants

sont déjà conscients de

l’importance de la réussite académique.

« Il n’y a pas que le sport

dans la vie » affirment-ils unanimement.

Pour Loïc Jarry, la boxe lui procure

une meilleure forme physique

et améliore ses capacités

pugilistiques. Enfin, le plus âgé du

groupe et étudiant de cinquième

secondaire, martin brisson se

concentre sur l’entraînement en

prévision de son entrée au collège

militaire. martin a débuté dans le

programme sport-étude concentration

natation pendant deux

ans. Puis il a découvert la boxe.

Il voulait d’abord devenir professionnel

et a maintenant quatre

combats à sa fiche, mais des

blessures à l’entraînement l’ont

forcé à réorienter son plan de carrière.

maintenant, il désire entreprendre

des études supérieures,

en droit de préférence.

Martin Brisson affirme: « S’il

y avait plus de sport à l’école,

sûrement que plus de jeunes

s’accrocheraient au programme

scolaire. Le sport est important,

mais selon moi, il faudrait encadrer

le sport récréatif parce que

c’est trop prenant. Le temps passé

en activités sportives organisées

empêche les élèves de performer

à l’école (…) Il nous faut toujours

un plan b. Sans l’éducation on ne

va pas loin ».

on ne peut qu’être d’accord avec

martin. Le sport favorise le développement

des habiletés, augmente

la concentration et fait

émerger la persévérance, mais

l’éducation demeure l’aspect le

plus important à exploiter. Alors,

si le programme sport-étude facilite

l’apprentissage des élèvesathlètes,

peut-être que davantage

de sport dans les écoles secondaires

en général aiderait un plus

grand nombre d’élèves.

Le vécu d’un boxeur pro

L’époque des voyous qui attiraient

une dizaine de milliers de spectateurs

est révolue depuis de nombreuses

années. Tel que mentionné

plus haut, le parcours d’un

boxeur est un long chemin rempli

d’embûches. L’un de nos boxeurs

québécois qui persévère chez les

pros a pu bénéficier de l’encadrement

du programme sport-étude.

L’ancien résident de Sainte-Adèle,

Kevin Lavallée (11-0-1,9 K.O.)

a choisi de consacrer la majeure

partie de son temps à la boxe à

partir de sa deuxième année au

secondaire. Pour ce faire, il a dû

quitter sa famille et ses amis pour

aller s’établir à Pointe-Claire. en

habitant à Pointe-Claire chez neil

Thompson, l’adjoint-entraîneur

au ring 83, il a pu participer au

programme sport-étude de l’école

secondaire anglophone John-rennie

de la Commission scolaire

Lester b. Pearson. Il a vécu cette

aventure en compagnie des deux

fils de Neil Thompson, Jessy et

Jimmy, qui ont respectivement

fait cinq et deux ans dans ce programme.

L’horaire type d’une journée pour

ces trois adolescents était divi-

sé en trois parties : la formation

académique en avant-midi,

l’étude et leurs travaux en aprèsmidi

et l’entraînement en soirée.

Aujourd’hui, Kevin évalue que

les bénéfices de ce choix académique

se sont faits sentir sur le

long terme par rapport à ses apprentissages

pugilistique. À court

terme, sa participation à ce programme

a eu un grand effet sur sa

motivation académique.

« À la fin de mon secondaire

un, j’avais une moyenne de

légèrement au-dessus de 60 %, en

embarquant dans le programme

sport-étude, je devais absolument

augmenter mes notes. Le fait de

m’entraîner quotidiennement et

d’avoir une période d’étude en

après-midi, m’a beaucoup motivé.

C’est ainsi que j’ai terminé mon

secondaire avec une moyenne

global de 74% » explique-t-il fièrement,

le sourire aux lèvres.

« J’ai plusieurs amis à Ste-Adèle

qui avaient des notes semblables

aux miennes en secondaire 1 et

ils ont lâchés l’école avant de finir

leur secondaire. Je pense que si ce

n’avait pas été de la boxe j’aurais

probablement pris le même chemin.

Ce programme m’a apporté

de la motivation, mais surtout

« Ils ont lâchés l’école avant de

finir leur secondaire...»

« Je recommande le programme

sport-étude à tous les jeunes

athlètes, ça m’a beaucoup aidé dans

mon cheminement. »

- Kevin Lavallée

j’avais des objectifs à atteindre

pour continuer à faire ce que j’aimais

faire » ajoute le protégé de

russ Anber.

boxeur professionnel depuis

juin 2010, Kevin a poursuivi ses

études après le secondaire. Au

printemps dernier, il a complété

une technique en gestion de commerce

au cégep montmorency.

Aujourd’hui, il fréquente l’université

et il se garde le maximum de

portes ouvertes pour son propre

avenir.

« Je recommande le programme

sport-étude à tous les jeunes

athlètes, ça m’a beaucoup aidé

dans mon cheminement. Ça

donne une base solide pour se

développer en tant qu’athlète et

aussi comme individu » conclu

Kevin.

9


10 novembre 2012 - LA ZONE DE BOXE

Ali nestor et ses jeunes après un combat

crédit robert Lévesque

LA PAGE DU

BOXEUR

ALI NESTOR CHARLES

Par Ali Nestor Charles

Bonjour amateurs de boxe,

avant de vous parler de mon cheminement, je tiens à

remercier l’équipe du magazine de La Zone de boxe qui

m’offre cette tribune. Je profite de cette visibilité pour

vous faire un survol de ma carrière, mais surtout, pour

vous parler de ce qui me rend le plus fier.

Passionné des arts martiaux depuis

toujours. mes plus lointains

souvenirs me rappellent que j’ai

toujours été attiré par les arts

martiaux. Dès l’âge de 4-5 ans,

j’étais déjà passionné par les films

de bruce Lee, Jackie Chan, Chuck

norris… À 12 ans, mes parents

acceptent que je suive des cours

de lutte olympique. Avec beaucoup

d’enthousiasme, je me rends

au Centre rené-Goupil qui était

situé à deux pas de chez moi. Par

la suite, j’ai pratiqué plusieurs

styles d’arts martiaux et, bien sûr,

la boxe.

Le début du secondaire m’a attiré

sur la voie des gangs de rue. La

délinquance fait en sorte que je

me retrouve à 14-15 ans au mont

St-Antoine, un centre d’accueil.

J’ai alors l’occasion de participer à

un cours de karaté. Ce séjour dure

huit mois. À ma sortie du centre,

je suis déchiré entre ma gang et le

karaté.

Plusieurs mois plus tard, je suis

arrêté de nouveau et je retourne

dans un autre centre d’accueil

pour 12 mois. J’ai 17 ans lorsque

je décide de réellement changer

mon mode de vie. ma prise de

conscience la plus importante

fut provoquée par les graves

problèmes de santé de ma mère.

elle était si préoccupée par moi

qu’elle ne s’occupait plus d’ellemême.

D’autres événements ont

aussi été déterminants dans ma

prise de conscience et mon changement

de comportement dont

le pénible séjour de mon frère

aîné en prison et le fait que des

amis proches ne soient plus de ce

monde aujourd’hui.

nous sommes alors en 1992, je

décide alors de me concentrer

pour finir mon secondaire 5 et je

passe la majeure partie de mes

temps libres à m’entraîner aux

arts martiaux. Pendant les deux

ans qui suivront, je dois me faire

discret dans le quartier. Autant

lorsque je croise des anciens amis

de gang que des clans rivaux, je

passe au cash, si vous comprenez

ce que je veux dire.

mes nombreuses heures au gym-

11


nase me permettent de m’illustrer

sur les scènes régionales,

nationales puis internationales.

À une compétition à baltimore,

je décroche le titre de champion

La même année, je suis activement

impliqué dans le tournage du documentaire

Le ring intérieur réalisé

par Dan Bigras. Ce film offre

une vision du monde des athlètes

de combats ultimes, cela aura des

conséquences à bien des niveaux

pour mon futur. À court terme, un

certain nombre de parents de mes

élèves prennent conscience de

mon passé et préfèrent que leur

jeune change d’école d’art mar-

12 novembre 2012 - LA ZONE DE BOXE

tiaux. À moyen et à long terme,

cela me permet de développer

une programmation adaptée aux

jeunes en difficulté.

« L’objectif de l’UGC est de permettre aux jeunes de bâtir leur

carrière sans avoir la nécessité d’être attachés à un promoteur. Je

souhaitais permettre à tout athlète d’avoir sa chance. »

international de boxe chinoise

à quatre reprises (1997, 1998,

1999 et 2001). Dans la même période,

je suis couronné champion

panaméricain en Californie à deux

reprises (1999 et

2001). À cette même

époque, je participe

de plus en plus à des

combats professionnels

de mmA.

L’Académie Ness

Martial

en 1997, je décide

d’ouvrir ma propre

école d’arts martiaux.

Au départ, je

loue simplement une

salle dans un gymnase,

un an plus tard,

j’ai mon propre local à montréalnord.

Les premières années ne

sont pas faciles, je travaille le jour

en ébénisterie et j’enseigne le soir

les arts martiaux. en 2000, l’école

déménage à nouveau, mais cette

fois à Saint-Léonard.

Les récipidendaires de prix lors du souper-bénéfice

d’avril 2012, crédit Ali nestor Charles

UGC, place à la relève

en 2001, je fonde ma propre organisation

de mmA et de boxe, l’Ultime

Génération Combat (UGC).

L’objectif de l’UGC est de

permettre aux jeunes de

bâtir leur carrière sans

avoir la nécessité d’être

attachés à un promoteur.

Je souhaitais permettre

à tout athlète

d’avoir sa chance. Depuis

notre premier gala, des

boxeurs comme Lucian

bute, Dierry Jean, Arash

Usmanee, Yves Jablouin

ont combattus sur un

ou plusieurs de nos galas

UGC (UFC) et bien

d’autres ont profité de

notre plate-forme pour

grimper les échelons jusqu’aux

classements mondiaux. Preuve de

la grande persévérance de notre

organisation, notre prochain événement,

le 8 décembre, sera le 31 e

gala.

Personnellement, ces galas

m’ont permis de participer à de

nombreux combats de boxe. Aujourd’hui,

je détiens une fiche de

13 victoires, dont 5 par K.o., 5 défaites

et 2 nulles. en plus d’avoir

participé à 12 combats de mmA.

Après avoir mis la main sur des

titres québécois, canadiens et internationaux,

j’ai récemment eu le

privilège de participer à un championnat

du monde entouré de

mes partisans. en fait, depuis le 7

avril dernier, je suis le champion

super mi-moyen (154 livres) de

l’Universal boxing organisation.

Être un modèle pour les jeunes

Dès le lancement du film de Dan

bigras, je reçois de plus en plus

de demandes pour faire des rencontres

autant dans des maisons

de jeunes que dans des

centres jeunesse. À chaque fois,

j’accepte avec enthousiasme de

partager mon parcours de vie.

mon seul objectif alors est de

leur faire prendre conscience de

mes propres erreurs pour qu’ils

évitent les mêmes pièges.

Un jour, après la diffusion du documentaire,

un intervenant me

demande comment je vis le fait

d’être un modèle pour les jeunes

? Je dois vous avouer que sa question

m’a pris de court, je ne savais

même pas qu’est-ce qu’il voulait

dire en affirmant que j’étais un

Dan Bigras et Ali Nestor crédit ONF

modèle !!! Ce que je souhaitais,

c’était enseigner mon art. Être un

modèle, un exemple, ça m’a fait

peur. Je n’étais pas préparé à ça.

C’était beaucoup de pression sur

mes épaules et je ne la voulais pas

cette pression-là. Ça m’a pris plusieurs

années pour l’accepter.

Ali et les princes de la rue

Progressivement, j’ai appris à

vivre avec l’idée que j’étais devenu

un modèle pour bien des

jeunes. en évitant de me mettre

moi-même de la pression les

choses se sont placées. en 2004,

j’ai mis officiellement sur pied

un organisme à but non lucratif

(oSbL) nommé Ali et les princes

de la rue. La mission de cet oSbL

est de venir en aide aux jeunes en

difficulté en les aidants à développer

la maîtrise et l’estime de

soi à travers l’enseignement des

arts martiaux pour ainsi contrer

la violence chez les jeunes. Ali et

13


les Princes de la rue donne aux

jeunes un refuge qui leur permet

d’exprimer leur colère, leurs frustrations

et la violence qui les habitent

de façon positive.

Au départ, comme les jeunes passaient

beaucoup de temps au dojo,

nous leur avons proposé de l’aide

aux devoirs avant de les entraînements.

Les parents ont apprécié

grandement ce service. en se basant

sur mes expériences de jeunesse,

nous avons, au fil du temps,

crée et adapté de nouveaux services

pour éloigner les jeunes de

la rue et de la délinquance.

Collaboration avec le milieu

scolaire

Conscients des problèmes qui

suivent la suspension scolaire

d’un élève, nous avons développé

ce qu’on appelle les ressources

alternatives à la suspension. Au

lieu de trainer dans la rue ou chez

lui pendant la durée de sa suspension,

nous assumons la supervision

des études en collaboration

avec l’école et le jeune à l’occasion

de s’entraîner tout en réfléchissant

à ses actes.

notre programme de stage en

employabilité est un autre succès

qui s’est développé avec le temps.

en collaboration avec Services

Canada, nous offrons un stage rémunéré

de cinq mois qui permet

à un jeune sans emploi de découvrir

l’infographie, l’informatique,

la communication, la rénovation,

une initiation au préposé aux bénéficiaires,

de l’aide à la recherche

d’emploi et bien sûr deux heures

d’entraînements quotidiennement.

sport-étude qui permet à des

jeunes de consacrer beaucoup

de temps au sport tout en ayant

un bon encadrement pour leurs

études. Contrairement aux programmes

classiques du même

genre, nous ne sélectionnons pas

les jeunes sur la base de leurs

résultats académique et de leur

comportement. Au contraire,

nous sélectionnons des élèves qui

ont des problèmes de comportements

ou des difficultés d’apprentissage.

Après bien des représen-

Affiche du film Le ring intérieur

crédit onF

tations, la Commission scolaire

de montréal (CSDm) a accepté de

nous allouer un professeur qui enseigne

l’avant-midi et l’après-midi

est consacré à l’entraînement.

Depuis le début de ce programme,

de nombreux jeunes ont repris

confiance en eux. Nos élèves pro-

Un programme scolaire bien viennent autant du présecondaire

particulier

que du secondaire. Actuellement,

plus d’une trentaine de décro-

Depuis trois ans, nous avons mis cheurs étudient à leur rythme et,

sur pied un programme de type

14 novembre 2012 - LA ZONE DE BOXE

en étant dans un cadre qui leur

convient mieux, la réussite scolaire

devient possible. Trois de

nos élèves ont obtenu leur diplôme

secondaire et l’an prochain

l’un de nos protégés fera le saut à

l’université.

Le dernier-né de nos programmes

est une expérience de boxe sans

frontière. Après une importante

collecte de fonds, nous vivons une

immersion à Cuba pour découvrir

comment des jeunes d’ailleurs

vivent et s’entraînent avec l’objectif

de devenir boxeurs olympiques.

Ma plus grande fierté : la réussite

de chaque jeune

J’ai aujourd’hui 38 ans et, sans aucune

hésitation, je peux affirmer

qu’aucun combat de championnat

du monde, peu importe la discipline,

ne m’apporte la fierté de

voir des jeunes qui se reprennent

en main. Un championnat c’est

éphémère, un jeune qui réussit

c’est un triomphe pour la vie.

Aujourd’hui dans notre organisation,

il y a un intervenant qui est

passé par nos services en tant que

jeune décrocheur. Tous les jours,

sa présence et son implication

démontrent que tout est possible.

en terminant, je tiens à remercier

nos partenaires qui nous aident,

le grand travail de nos intervenants

et de nos bénévoles, ainsi

que les parents qui font confiance

a l’équipe des Princes de la rue.

QUI

DENIS

EST

GRACHEV?

en octobre 2010, Le russe a remporté une déciion

pour devenir champion du monde de muai thai

crédit Scott hirano

Écrit par Pascal Lapointe,

Martin Fournier et

Jean-Luc Autret

Considérant que le rival

choisi pour Lucian bute

était un parfait inconnu

avant son triomphe surprise

face à Ismayl Sillakh, nous

avons ont pris le temps de faire

des recherches sur lui et de regarder

plusieurs de ses combats

précédents. en toute modestie,

nous vous présentons l’homme,

l’athlète et le boxeur qu’est Denis

Grachev.

L’homme

Le 26 mai dernier, les amateurs de boxe ont vu Lucian

bute subir une raclée comme ça arrive rarement à un

champion qui défend sa ceinture à une dixième reprise.

Depuis ce massacre, Interbox et Lucian sont retombés

sur leurs pieds, ils se sont redressés et nous présenterons

un gala intéressant le 3 novembre.

Trentenaire depuis le début du

mois d’août, Denis Grachev est né

à Tchaïkovski, une ville russe de

85 000 citoyens qui porte le nom

du célèbre compositeur russe né

dans la ville voisine. Installé à San

Diego en Californie depuis 2007,

il a obtenu un baccalauréat en

éducation physique deux ans plus

tôt. Père d’une fille nommé Matilda,

il est entraîneur de boxe, de

kickboxing et de Thaï boxe dans

un gymnase nommé City boxing.

L’athlète

bien avant de devenir un boxeur

professionnel, Grachev a fait ses

classes en kickboxing. Quatre fois

champion de russie,

« il a remporté le

World Kickboxing

Championship à deux

reprises »

soit en 2000 et en 2005. Il s’agit

d’un tournoi amateur semblable

15


aux championnats mondiaux de

boxe amateurs qui ont lieu aux

deux ans.

Du côté des professionnels, en

2007, il a mis la main sur le titre

de champion du monde au sein

de l’International Kickboxing Federation.

De plus, Grachev a remporté

le Championnat du monde

de muay Thaï en octobre 2010.

Sa fiche professionnelle en Muay

Thai est de 17-2-0, 7 K.o. Il a

aussi participé à cinq combats de

mmA principalement en 2007-

2008, à ce niveau, il détient une

fiche de 4-1-0, 1 K.O. et 2 soumissions.

Le boxeur

entrainé par baruch Ferreira, un

entraîneur réputé pour avoir été

dans le coin d’Anderson Silva en

UFC, Denis Grachev a débuté sa

carrière de boxeur en juin 2007.

en décembre 2009, à son neuvième

combat, il affronte ernesto

Castaneda (11-8-1, 4 K.o.). Au

terme des six rounds, deux juges

remettent des cartes de 57-57

alors que le troisième considère

que le russe a eu légèrement le

dessus 58-57. Ce combat, qui se

termine par une nulle majoritaire,

est son unique bémol en boxe professionnelle.

Après 13 mois sans boxer, celui

qui est surnommé « le pirate »

se frotte à un boxeur invaincu,

Azea Augustama (9-0-0, 6 K.o.),

qui a représenté haïti lors des

Jeux olympiques de 2008. Grachev

l’emporte difficilement par

décision majoritaire au terme

de huit rounds. en mai 2011, le

Russe brise aussi la fiche vierge

du gaucher vladine biosse (11-

0-0, 6 K.o.), l’arrêt de l’arbitre

au quatrième round engraisse sa

fiche de K.O.. Ces deux gains rap-

16 novembre 2012 - LA ZONE DE BOXE

en 2007, Denis Grachev a remporté le titre IKF en Kickboxing

crédit IKF

prochés amènent Grachev à participer

à un combat impliquant

deux titres mineurs de la WbC.

Son gain, par arrêt de l’arbitre au

troisième, face à eddie Carminero

(7-4-0, 7 K.o.) le fait apparaître au

22 e rang des mi-lourds de cette

association.

en avril dernier, lors sa première

apparition à la télé américaine,

en final d’un Friday Night Fight à

eSPn, il affronte la vedette montante

Ismayl Syllakh (17-0-0, 14

K.o.). L’Ukrainien a plus de 300

victoires chez les amateurs et il

a vaincu Yordanis Despaigne un

an plus tôt. Le négligé en provenance

de la russie affronte donc

l’aspirant no 2 à la WbC, 6 e IbF et

10 e WbA. Plusieurs se rappellent

surement qu’au début de l’année

2012 la WbC a laissé courir la

rumeur que Jean Pascal et Ismail

Syllakh pourraient s’affronter

pour la position d’aspirant obligatoire.

Chaque round de ce combat est

dominé par Syllakh qui utilise fréquemment

son jab et qui est avantagé

grâce à sa mobilité. Grachev,

qui visite le plancher au troisième,

est persévérant. Au huitième, il

place une droite en plein centre de

la cible. Le coup ébranle l’Ukrainien

et Grachev le frappe dans le

coin jusqu’à l’interruption de l’arbitre.

La victoire du résident de

San Diego par T.K.o. au huitième

round est une grosse surprise qui

le propulse aujourd’hui dans les

classements mondiaux (4 e WbC,

11 e IbF).

Son style

voyons maintenant quel genre de

boxeur est Denis Grachev. Pour

bien le connaître nous avons pu

visionner ses duels contre Azea

Augustama, vladine biosse et évidemment

Ismayl Syllakh.

Denis Grachev lance des combinaisons

de base, il n’est pas rare

de le voir lancer simplement sa

main arrière. Face à Syllakh, il a eu

« Grachev est porté à

laisser descendre sa

main droite lorsqu’il

envoie sa gauche. »

beaucoup de difficulté à juger la

distance, dû en partie à son désavantage

de taille, par contre ce ne

fut pas le cas dans les deux autres

combats.

Il est peu mobile sur un ring, mais

si son adversaire n’est pas actif, il

va constamment avancer vers lui.

« Slow starter », il prend le temps

d’étudier son adversaire. Étant

capable d’encaisser les coups de

ses opposants, on le voit rarement

se protéger hermétiquement avec

ses gants.

Il a une droite qui est à respecter,

dans le cas de Syllakh, c’est son

direct qui a ébranlé l’Ukrainien

avant de subir une avalanche de

coups. Par contre, la rapidité de

ses mains est loin d’être terrorisante

et ses coups sont souvent

télégraphiés.

bien trop souvent en déséquilibre,

Grachev est porté à laisser

descendre sa main droite

lorsqu’il envoie sa gauche. De

plus, le russe a régulièrement

la tête penchée vers l’avant. Ces

deux faiblesses nous portent à

croire que Lucian bute va être en

mesure de lui passer le coup fatal

soit avec un crochet de gauche à

la mâchoire soit avec un uppercut

au menton.

Vues d’ici

Selon russ Amber, expert et

entraîneur de boxe renommé,

il considère Denis Grachev

comme un boxeur courageux

et « tough ». Cependant, son

manque de rapidité pourrait

être problématique face à Lucian

bute qui est trop vite. Du côté de

l’entraîneur de Lucian bute, Stéphan

Larouche, il décrit Grachev

Denis Grachev est devenu champion NABF en avril dernier, crédit ESPN

en ces termes : « c’est un boxeur

avec une grande confiance, des

mains pesantes, une défensive

assez moyenne avec une vitesse

de moyenne à lente ». De plus, il

ajoute : « en rapport avec le dernier

combat de Lucian et de la

dernière victoire de Grachev par

TKo contre Sillackh, il représente

un danger ».

en terminant, le choix de Grachev

comme adversaire de bute

s’inscrit bien dans un combat de

retour suite à sa défaite contre

Carl Froch en mai dernier. Comme

l’Anglais, Grachev possède une

très bonne main droite et en ce

sens, ce choix vise à mesurer comment

Lucian bute va réagir face à

ce type d’adversaire en préparation

de son prochain duel contre

Froch qui pourrait avoir lieu en

mars 2013 au Centre bell. notez

que le poids maximum pour ce

combat est de 170 livres et que le

titre de la NABF des mi-lourds détenu

par Denis Grachev sera remis

au gagnant.

17


LA BOXE VU DE

L’INTÉRIEUR

Le gérant

Bonjour à tous,

Lors de ma première chronique

parue dans le 36 e numéro, je

vous ai parlé du haut de la

pyramide en vous expliquant le

travail des promoteurs. Cette

fois-ci, j’aborde les distinctions

entre le rôle de gérant de

boxeur et celui de matchmaker.

Bien que de nombreuses personnes

portent les deux chapeaux,

il n’en reste pas moins

que les responsabilité.s sont

différentes à bien des points de

vue.

Le gérant d’athlète devient généralement

un genre de père pour

ses boxeurs. Évidemment, en premier

lieu, le gérant doit se dénicher

des boxeurs. Certains seront

des prospects à long terme en

prévision d’un titre mondial, et

d’autres, sans obtenir de titres,

deviendront des partenaires

de plusieurs années de travail.

moi, par exemple, j’ai décidé

de prendre Arash Usmanee sous

mon aile en estimant qu’il avait

des chances au titre mondial

grâce au type d’encadrement que

je suis en mesure de lui offrir.

Douggy bernèche crédit robert Lévesque

mère, son grand frère et surtout,

dans ce cas précis, le gars qui le

brasse et le pousse fréquemment

afin de m’assurer qu’il demeure

« Le gérant d’athlète

devient généralement

un genre de père pour

ses boxeurs. »

dans la même voie que moi. Je suis

devenu le pont entre lui et toutes

ses décisions de vie : argent, loge-

Je suis donc devenu son père, sa ment, auto, nourriture, vacances,

18 novembre 2012 - LA ZONE DE BOXE

Par Douggy Bernèche

famille, entraînement, amour,

nommez-les. Je lui donne mon

opinion et lui procure mon expérience

à propos de tout ce qu’il vit

et ce, depuis plus de deux ans. Sévère

et contrôlant, me direz-vous?

Peut-être, mais avouez qu’en deux

ans, 15 combats et un top 5 mondial,

c’est quand même pas mal et

ce, sans l’appui d’un promoteur.

en ce qui a trait à Steven harvey,

c’est un parcours différent. Il est

né avec nous et il a toujours travaillé

et vécu à montréal. Je suis

donc impliqué plus au niveau de

la boxe avec lui, mais il n’en reste

pas moins qu’il a toujours eu ac-

cès à mon oreille attentive. harvey

a eu une carrière de niveau

amateur moins prestigieuse que

celle d’Arash; les conditions ne

sont donc pas les mêmes, mais les

règles le sont. mon message est

clair et net; c’est my way or no way.

L’Irlandais et l’Afghan répondent

bien. Quand je leur demande de

tourner, ils me demandent « de

quel côté ? »

L’importance de l’esprit

d’équipe

Un bon gérant, bien entendu, doit

être en mesure d›amener ses athlètes

au plus haut niveau, mais il

doit aussi bien les entourer afin

qu’ils développent le maximum

de leurs capacités. Pour y arriver,

il doit réunir la meilleure équipe

d’entraineurs pour ses athlètes. À

ce stade, l’élément le plus important

est la compatibilité. L’équipe

doit s’unir et travailler au diapason

en poussant dans la même

direction. Le gérant s’assure aussi

de trouver le meilleur équilibre

emploi/carrière et de bien choisir

les adversaires qui aideront au

développement de son poulain.

Certains gérants, comme moi,

aime bien s’impliquer dans cette

dernière facette du métier alors

que d’autres laissent le soin au

matchmaker de leurs soumettre

des noms.

Le matchmaker

« Quand je leur demande de

tourner, ils me demandent

«de quel côté? »

Un bon matchmaker est responsable

de trouver des adversaires

de qualité sur une base régulière.

Il est facile de trouver de bons

adversaires durant 2 ou 3 galas,

mais en trouver pour une série

de 10 ou 12 galas par année, c’est

une toute autre paire de manches.

Il doit donc établir des contacts

fiables, les entretenir et les garder.

Il ne faut pas oublier que les

matchmakers travaillent pour le

promoteur et que c’est ce dernier

qui dicte les conditions de travail :

le budget accordé, le niveau d’adversité,

le nombre de rounds et

plusieurs autres clauses.

Parce qu’ils sont en contact

constant avec des promoteurs ou

d’autres matchmakers, certains

boxeurs sans gérant réussissent à

monter régulièrement sur le ring.

Ces boxeurs désirent se battre et

les matchmakers leur trouvent

des combats. La grosse différence

entre les métiers de gérant et de

matchmaker est le fait que le

premier investit de l’argent dans

la progression de ses poulains.

Le second empoche son chèque

de paye sans avoir de lien à long

terme avec eux-mêmes.

J’espère vous avoir éclairé sur les

différences en ce qui concerne ces

deux fonctions. Dans le prochain

numéro, je vous parlerai des responsabilités

de l’entraineur-chef.

19


LA ZONE

SUR LA ROUTE

Des représentants de la

Zone de boxe ont parfois

l’occasion de sortir de la

belle province pour assister

à des soirées de leur sport

préféré. Pour inaugurer cette nouvelle

chronique qui vous permettra

un peu de vivre l’aventure avec

nous, voici quelques clichés du

premier gala au barclays Center à

brooklyn, new York, organisé par

Golden boy Promotion.

20 novembre 2012 - LA ZONE DE BOXE

Par Jean-Luc Autret et Benoît Dussault

crédit de benoît Dussault

crédit de Showtime

Avant de se rendre au barclays

Center, nous avons pu profiter

d’une magnifique après-midi

pour prendre une marche à Time

Square. nous avons pu constater

que Georges St-Pierre et la UFC y

sont bien en vue. Impossible aussi

d’oublier que nous étions à deux

semaines de l’élection présidentielle

américaine, ce pays est pour

le moins déchiré entre ses deux

choix, le USA Today l’illustre bien.

Événement très courue, voici une

partie des représentants des médias

lors de la pesée des boxeurs.

Fait à noter le mexicain Pablo

Cesar Cano a dépassé la limite de

son poids par trois quarts de livre

et s’est lui-même disqualifié de la

possibilité de mettre la main sur

le titre IbF détenu par Paulie maligaggi.

crédit de Showtime

crédit de benoît Dussault

Dans l’ordre habituel de gauche

à droite : Devon Alexander,

Danny Jacobs, Peter Quillin,

Paulie malignaggi, Danny Garcia,

Éric morales, Pablo Cesar Cano,

eddie Gomez, Dimitry Salida et

Jason Thompson.

voici le chroniqueur de la Zone,

benoit Dussault, devant l’entrée

principale du barclays Center.

Situé en plein cœur de brooklyn,

l’édifice qui a coûté la coquette

somme d’un milliard de dollars

est le nouveau domicile des nets

dans la nbA. Desservi par onze

lignes de métro différentes, l’amphithéâtre

peut accueillir jusqu’à

19 000 spectateurs. remarquez

la couleur de la structure décorative,

il s’agit de plaques de métal

déjà rouillées. on se demande

bien qu’est ce que ça aura de l’air

dans une dizaine d’années.

Une partie de la foule à la pesée,

crédit de Showtime

21


LA ZONE

SUR LA ROUTE (SUITE)

crédit de benoît Dussault

Après sa défaite, nous avons eu

une longue discussion avec le

Français d’origine Camerounaise

hassam n’Dam n’Jikam. Il était

alors très confiant d’avoir un

combat revanche, malheureusement

on a dû lui expliquer que

ce ne serait probablement pas si

simple que ça. Quelques minutes

plus tard, le Président de Golden

boy promotions confirmait que la

Wbo ne reconnaissait la clause de

combat revanche.

crédit de Showtime

22 novembre 2012 - LA ZONE DE BOXE

La soirée a été présentée par la

chaîne de télé Showtime. Comme

vous pouvez le constater, la retransmission

de la soirée a débuté

par la performance du résident de

brooklyn, Danny Jacobs.

crédit de benoît Dussault

Le new Yorkais Paulie malignaggi

a peiné pour vaincre le mexicain

Pablo Cesar Cano. Pendant le

combat et à l’annonce du verdict

la foule ne s’est pas gêné pour

huer fortement le vainqueur.

Après s’être reposé un peu, celui

qui a volé herman ngoudgo en

janvier 2008, en avait long à dire

en conférence de presse.

Un gala de Golden boy promotions

n’en serait pas vraiment un

sans la présence de son charismatique

fondateur oscar De la hoya.

on le retrouve ici avec son ami et

associé bernard hopkins qui s’est

battu à deux reprises avec Jean

Pascal.

UN K.O. iMPRéVU

Tout au long de l’aller comme

du retour, nous avons dû voir au

moins une bonne dizaine de chevreuils

sur le bord des différentes

routes que nous avons traversé.

Le chemin du retour nous a réservé

toute une surprise.

À la pénombre alors que nous

travaillions sur ce texte-ci, le

pare-choc avant droit de la Sentra

de benoît a été sans pitié pour un

jeune chevreuil. Le K.o. a été fatal

pour la bête alors que nous et le

véhicule nous nous en sommes

sortis indemnes.

crédit de Showtime

crédit de benoît Dussault

Le grand gagnant de la soirée fut

certainement le boxeur de Philadelphie

Danny Garcia. Déjà champion

unifié des super légers (140

livres) depuis juillet dernier, il

s’est débarrassé d’Érick morales

comme personne ne l’avait fait

auparavant. L’avenir est très prometteur

pour ce jeune de 24 ans.

crédit de benoît Dussault

23


LA BOXE ET MOI

bien des amateurs de

boxe me reconnaitront

sans connaître

ni mon nom ni mes

fonctions. À chaque pesée,

je suis posté à la gauche du

boxeur lorsqu’il monte sur

la balance et c’est moi qui

annonce son poids. Impliqué

dans le monde de la boxe

et des sports de combats

depuis mars 1980, il me fait

plaisir de vous expliquer

mes responsabilités à la

régie et de vous raconter

quelques faits saillants de

mon parcours.

par Jean Douville

24 novembre 2012 - LA ZONE DE BOXE

Des débuts marquants

Au printemps 1980, mon ami

Jean-Guy Prescott, alors responsable

de la commission athlétique

de montréal, me demande de lui

donner un coup de main pour la

supervision d’un gala de boxe.

Je ne me doutais pas que 32 ans

plus tard, je serais toujours impliqué

dans le milieu des sports de

combat.

mon second gala en tant qu’inspecteur

est très particulier, il

s’agissait de la célèbre soirée du 20

juin au Stade olympique. Au moment

de la finale Duran-Leonard,

j’étais affecté à la surveillance du

coin du vainqueur, roberto « manos

de Piedra » Duran. Ce fut une

soirée inoubliable !!!

Bien des altercations ont eu lieu à travers les années

Crédit Robert Lévesque

Des responsabilités

importantes

Les années ont passé et mon

implication à la régie s’est poursuivie

au point où je n’ai manqué

qu’un seul gala en 32 ans. J’ai été

présent à des centaines de soirées

de boxe, de mmA et de kickbixing.

Après tant d’années, vous

comprendrez que j’ai arrêté de

compter, mais j’évalue que j’ai été

impliqué dans tout près de 3 000

combats professionnels.

Depuis six ans, j’occupe le poste de

responsable de la manifestation

sportive au sein de la régie des

sports de combat. La veille d’un

combat, je supervise la pesée des

athlètes. Avant que chaque boxeur

monte sur la balance, je prends le

temps de lire avec lui son contrat.

De cette façon, je m’assure d’éviter

qu’il y ait des malentendus.

Le contrat est alors signé par les

combattant et contresigné par

moi-même.

La journée de gala est très occupée

pour moi. Je dois m’assurer

que tout fonctionne bien. Je suis

le répondant pour l’ensemble

des inspecteurs de la régie, une

équipe qui peut compter jusqu’à

une trentaine de personnes.

J’arrive sur les lieux de l’évènement

vers le milieu d’après-midi

pour surveiller l’installation du

ring et des alentours, je visite aussi

les vestiaires pour m’assurer

que les lieux sont sécuritaires et

conformes. La demande que l’on

fait le plus souvent aux organisateurs

est en lien avec l’accès au

ring. nous améliorons la sécurité

des boxeurs en déplaçant ou en

augmentant le nombre d’escaliers.

Je rencontre les responsables de

la télévision, peu importe le diffuseur.

Aujourd’hui, nous sommes

habitués à travailler autant avec

Showtime et hbo, ça va très bien

avec eux, même s’ils prennent

plus de place que les équipes de

télévisions québécoises. Je suis

aussi responsable que les juges

aient l’espace nécessaire pour

faire leur travail. Après chaque

combat, je rencontre les athlètes

pour leur remettre en main

propre leur bourse.

Des souvenirs impérissables

Chaque soirée de boxe est spéciale,

mais certains soirs sont particuliers

et nous marquent très

longtemps. Parmi les moments

les plus marquants, il y a évidem-

« La première visite du

UFC au Centre bell en

2008 a été très particulière,

travailler avec une

organisation de cette

ampleur c’était du jamais

vu pour la régie. »

- Jean Douville

ment le combat Duran-Léonard

en 1980. J’ai aussi un attachement

spécial à la carrière du retraité

Éric Lucas, un homme pour qui

j’ai un grand respect. De plus, j’ai

été témoin de l’ensemble du parcours

pugilistique de la famille

hilton.

Enfin, la première visite du UFC

au Centre bell en 2008 a été très

particulière, travailler avec une

organisation de cette ampleur

c’était du jamais vu pour la régie.

La soirée s’est très bien passée

et, dans quelques semaines, nous

en serons déjà à leur quatrième

passage à montréal.

Gerry bolen et Jean Douville sont des vétérans à la régie

Crédit Robert Lévesque

25


Dans les souvenirs moins

agréables, il y a un gala de mmA

qui s’est très mal terminé. C’était

au meL’S le 6 février 2009, avec

en finale Steve bossé et James

Thompson. La foule n’était

pas satisfaite de la qualité du

combat et un certain nombre de

spectateurs se sont mis à lancer

des cannettes de bière pleines.

J’ai immédiatement fait signe à

l’arbitre Yves Lavigne d’arrêter

pour la sécurité de tous bien évidemment.

Le combat s’est donc

terminé par un no-contest.

La priorité absolue : la

sécurité des boxeurs

en conclusion, s’il y a une préoccupation

qui a toujours fait partie

de mon travail c’est certainement

la sécurité des boxeurs. À travers

les années, j’en ai vu dans toutes

les conditions possibles après un

combat.

Lorsque je les rencontre dans le

vestiaire pour leur remettre leur

bourse, souvent le perdant me dit

que l’arbitre à arrêter le combat

trop rapidement. Je lui explique

alors que dans la situation qu’il

était le prochain coup de poing

aurait pu l’envoyer à l’hôpital, la

conversation est rarement bien

longue.

Jean Douville est concentré sur son travaille lors de la pesée,

Crédit Robert Lévesque

26 novembre 2012 - LA ZONE DE BOXE

«Il y a une préoccupation qui a

toujours fait partie de mon travail

c’est certainement la sécurité

des boxeurs.»

- Jean Douville

v

Bilan des Jeux olympiques de

Londres

en août dernier de nombreux

amateurs ont suivis

les différentes compétitions

qui se sont déroulés

pendant les trentième olympiade

de l’ère moderne à Londres. Parmi

les 10 564 athlètes présents à

ces Jeux olympiques, 250 boxeurs

amateurs et, pour la première fois

de l’histoire, 36 boxeuses se sont

affrontés dans 272 combats. Pour

vous offrir un retour de qualité à

ce tournoi, nous avons rencontrés

deux hommes qui ont attentivement

suivi chacun des combats.

bernard barré et russ Anber

n’ont pas besoin de présentation.

Avec beaucoup de passion, ils ont

consacrés deux semaines de leur

temps à analyser le tournoi olympique,

l’un pour le consortium

francophone (v, rDS et rDS 2),

l’autre pour le consortium anglophone

(CTv, TSn, Sportsnet). Dans

le passé, bernard barré a analysé

la compétition boxe des quatre

jeux olympiques précédents pour

la télé francophone. De son côté,

russ Anber a amené quatre de ses

protégés aux Jeux olympique, les

Jeux de Londres sont ses sixièmes

en tant qu’analyste ou entraîneur.

Bilan générale

Les deux analystes ont eu des perceptions

divergentes au terme de

ces jeux. bernard, qui a couvert

autant le tournoi masculin que féminin,

a eu un coup de cœur avec

la compétition féminine. Pour

russ, qui n’a pas eu pour mandat

d’analyser les confrontations fé-

Par Jean-Luc Autret, en collaboration avec Bernard Barré et Russ Anber

minines, a été très déçu par la facilité

que des décisions illégitimes

ont été appliquées.

Fait à noter, la méthode pour juger

les boxeurs à évoluer depuis les

Jeux de Pékin. Auparavant, pour

accorder un point à un boxeur

trois des cinq juges devaient appuyer

sur un bouton à l’intérieur

de la même seconde. maintenant,

chaque juge évalue le round, au

terme de l’échange, les cartes des

cinq juges sont réunies, on garde

les trois cartes qui se ressemblent

le plus, puis on détermine une

seule note liée au nombre de

coups qui ont marqués des points.

Le parcours de nos trois représentants

Avant d’aborder les performances

de nos trois canadiens, rappelonsnous

qu’au terme des championnats

du monde, en octobre 2011,

aucun canadien n’était qualifié

pour la compétition olympique.

en fait, on mettait plus d’espoir

du côté féminin que masculin.

Logo des jeux olympiques de Londres

Lors des qualifications olympiques

à rio de Janeiro au début

de mai, le Trifluvien Simon Kean

et le résident de nouvelle-Écosse

Custio Clayton ont obtenu leur

laissez-passer en s’inclinant face

au gagnant de leur catégorie. C’est

le résultat d’un mélange entre la

chance d’avoir affronté le bon

gars et le mérite de s’être rendu

aussi loin dans la compétition.

De son côté, mary Spencer, championne

du monde en 2005, 2008

et 2010, a eu besoin de sa réputation

pour obtenir son billet

d’avion puisqu’elle a été éliminé

dès son premier combat lors des

qualifications olympiques.

Custio Clayton

Évoluant chez les 69 kilos, Custio

Clayton est arrivé à Londres avec

six titres de champion canadien

derrière la cravate. À son premier

combat, il affronte le mexicain oscar

molina et il l’emporte par une

décision de 12-8. rendu en huitième

de finale, Clayton a défait

27


l’Australien Cameron hammond

par un verdict de 14-11. en quart

de finale, donc à une victoire de

mettre la main sur une médaille,

le boxeur de Darmouth se frotte

au britannique Fred evans. Au

terme des trois rounds, les juges

considèrent que c’est égal 14-14,

après avoir départagé les coups,

le favori local a levé les bras en

l’air et le Canadien a déposé un

protêt qui a été rejeté par l’AIbA.

Simon Kean

Le grand gaillard de Trois-rivières

a affronté bien des embuches

avant de se rendre à

Londres (voir le magazine no

36 pour un survol complet de sa

carrière). Lors de son premier

28 novembre 2012 - LA ZONE DE BOXE

combat, Simon Kean est confronté

au Français Tony Yoka. Après les

trois rounds, les juges considèrent

le combat nul 16-16, l’évaluation

du nombre de coups de poings

portés permet au Canadien de

poursuivre le tournoi. en quart de

finale, Kean se frotte au Kazakh

Ivan Dychko, le résultat initial est

le même qu’au premier round,

soit une nulle. Par contre, cette

fois-ci la révision des coups est

au désavantage de Simon qui voit

son tournoi se termine. nos deux

analystes ont été emballés par ses

deux performances.

Présentement, Simon est au repos.

Comme le plan de match le

prévoyait, sa blessure à l’épaule

a besoin de temps pour guérir

Simon Kean en Compagnie de Lennox Lewis, deux olympiens

canadiens credit Simon Kean

et lui permettre d’être à 100% à

son retour. Jimmy boisvert, son

entraîneur, confirme qu’il sera

en pleine forme pour les championnats

mondiaux en septembre

2013 puis, le mois suivant, lors

des championnats canadiens. Fait

à noter, son classement dans le

top huit olympien lui permet de

conserver son titre national et

son allocation pour une période

de deux ans.

Mary Spencer

La triple championne du monde

n’a pas offert de performance de

grande qualité depuis environ

un et demi. Pour ces jeux-ci, sa

situation a été très avantageuse,

comme mentionné plus haut elle

a été invitée à se rendre à Londres

malgré sa non-qualification. Puis,

elle a obtenu une passe pour éviter

les huitièmes de finale. En

bref, elle avait besoin d’une seule

victoire pour s’assurer l’obtention

d’une médaille olympique.

La résidente de Windsor en ontario

s’est incliné 17-14 face à la

Chinoise Li Jinzi.

Les meilleurs

russ Anber et bernard barré nous

présentent qui a été les meilleurs

boxeurs du tournoi. Pour russ,

trois boxeurs se sont distingués

alors que bernard en a sélectionné

trois chez les hommes et deux

femmes. voici deux tableaux qui

présentent leur choix :

Les meilleurs boxeurs du Tournoi selon Russ Anber

Nom Catégori

e

Serik

Sapiyev

Vasyl

Lomachenk

o

Félix

Verdejo

Sanchez

Mi-­‐

moyens,

69 kg

Légers,

60 kg

Légers,

60 kg

Pays Classement Autres gains et commentaires

Kazakhsta

n

Or Or aux championnats mondiaux

de 2007, Argent à ceux de 2009

et de 2011, Trophée Val Barker

2012

Ukraine Or 2 e médaille d’or consécutive, Or

aux championnats mondiaux de

2009 et 2011 ainsi que trophée

Val Barker en 2008

Porto-­‐Rico Défait en quart

de finale par

Lomachenko

Le meilleur boxeur du tournoi Serik Sapiyev reçoit le

trophée Val Barker crédit AIBA

Argent aux panaméricains de

2011, boxeur préféré du tournoi

pour Russ

29


Les meilleurs boxeurs du tournoi selon Bernard Barré

Nom Catégorie Pays Classeme

nt

Serik

Sapiyev

Vasyl

Lomachenk

o

Les victimes

Mi-­‐moyens,

69 kg

Légers,

60 kg

Ivan Dychko Super

lourds, +91

kg

Claressa

Shields

Moyens,

75 kg

Katie Taylor Légers, 60

kg

Kazakhsta

n

Tout sport qui est jugé par des

notes octroyées par des juges à

inévitablement un certain nombre

de scandales qui lui collent à la

peau. en ce sens, la compétition

olympique d’août dernier n’est

pas différente des tournois précédents.

bernard barré a dénombré

quatre combats où il y a eu vol

alors que russ Anber en a compilé

dix. Plusieurs combats impliquant

des Britanniques ont pu profités

de jolis cadeaux alors que l’équipe

masculine américaine a curieusement

connu une séquence de dix

défaites et aucune des décisions

serrées n’a été en leur faveur.

Pour bernard, à chaque fois

qu’une décision serré, le clan perdant

affirme s’être fait vol et il

considère qu’il y a eu probablement

50 combats serrés. Il a donc

une forte réserve par rapport aux

30 novembre 2012 - LA ZONE DE BOXE

Autres gains et commentaires

Or Or aux championnats mondiaux

de 2007, Argent à ceux de 2009 et

de 2011, Trophée Val Barker

2012

Ukraine Or 2 e médaille d’or consécutive, Or

aux championnats mondiaux de

2009, 2011 et trophée Val Barker

en 2008

Kazakhsta

n

Bronze Bronze aux championnats

mondiaux 2011, a perdu 13-­‐11 en

demi-­‐finale contre Anthony

Joshua

USA Or Seulement 17 ans, unique

médaille dans le tournoi pour les

États-­‐Unis

Irlande Or Championne d’Europe et

mondiale à quatre reprises

déclarations trop rapide de vols.

Selon le vice-président de GYm,

les quatre décisions qui étaient

inadmissibles sont principalement

les combats impliquant le

britannique Anthony Josuah qui

remporté aucun combat avec un

écart supérieur de deux points.

Fait à noter, deux protêts ont permis

au perdant de poursuivre le

tournoi. À chaque fois, la décision

a été basée sur des mauvaises décisions

de la part de l’arbitre.

Les nouveaux professionnels

Après chaque tournoi olympique,

un certains nombre d’olympiens

profitent de leur notoriété pour

négocier des conditions avantageuses

pour le début de leur

carrière professionnelle. Tout

d’abord, on doit mentionner qu’il

y a un nouveau joueur qui fait

compétition aux promoteurs que

l’on connaît déjà. L’association

international de boxe amateur

(AIBA) a élargi son influence chez

les pros depuis l’automne 2010

en mettant sur pied la World

Serie. Il s’agit d’un tournoi entre

douze équipes qui représentent

des villes ou des pays.

L’AIbA a déjà annoncé que 50

des 250 olympiens feront partis

de la 3 e édition de son tournoi

qui débutera les 16 et 17

novembre. Clairement en conflit

d’intérêt, l’association permet à

ses boxeurs de devenir professionnels

en joignant l’une des ses

équipes tout en garder la possibilité

de participer aux Jeux de rio

en 2016. même que pour les jeux

de Londres, cinq places était réservés

aux vainqueurs de ses cinq

catégories.

Parmi les cinquante olympiens

à avoir signé avec l’AIbA, notons

Les boxeurs qui ont été victimes de vols selon russ Anber Custio Clayton et Sylvain Gagnon

en direction du ring Crédit AIBA

Nom Catégorie Pays Classement Autres gains et

commentaires

Yosvany Veitia

Soto

Mi-­‐mouche,

-­‐49 kg

Cuba Défait en 8 e de

finale, 11-­‐14

Oscar Valdez Coqs, 56 kg Mexique Défait en quart

de finale, 13-­‐

19

Evaldas

Petrauskas

Léger, 60

kg

Alexis Valstine Mi-­‐moyen,

69 kg

Custio Clayton Mi-­‐moyen,

69 kg

Ievgen Khytrov Moyen,

Esquiva Falcao

Florentino

Jose Larduet

Gomez

Siarhei

Karneyeu

75 kg

Moyen,

75 kg

Lourd,

91 kg

Lourd,

91 kg

Erislandy Savón Super

lourd, plus

de 91 kg

qu’il y a le meilleur boxeur de la

compétition l’Ukrainien vasyl Lomachenko

et quatre de ces compatriotes

qui ont annoncé leur

décision durant le tournoi olympique.

Du côté des professionnels

comme on les connaît, il en a déjà

plusieurs qui ont entamé leur

carrière payante. Du côté européen,

le mi-lourd allemand enrico

Koelling s’est joint au mois d’août

Lituanie Défait en demi-­‐

finale, 13-­‐18

France Défait en quart

de finale, 18-­‐18

Canada Défait en quart

de finale, 14-­‐

14

Ukraine Défait en 8 e de

finale, 18-­‐18

Brésil Défait en finale,

13-­‐14

Cuba Défait en quart

de finale, 10-­‐

12

Bélarus Défait en quart

de finale, 19-­‐

19

Cuba Défait en 8 e de

finale, 16-­‐17

Argent aux panaméricains de

2011, battu par le futur

médaillé d’or

Bronze aux championnats

mondiaux de 2009, seconde

olympiade

Argent aux championnats

mondiaux juniors de 2010

Champion du monde en

2008, il s’est aussi fait volé en

demi-­‐finale lors des jeux de

Pékin

Le Britannique n’a pas été

pénalisé bien que l’arbitre l’a

averti de ne pas accrocher à

trois reprises

Champion du monde en

2011, il est vaincu au

départage des coups par un

Britannique

Bronze aux mondiaux de

2011 et aux panaméricains

de 2008 et de 2009

Bronze aux championnats du

monde de 2009 et champion

aux Panaméricains de 2009

Bronze aux championnats du

monde de 2011

Champion du monde junior

en 2008, il a perdu face au

Britannique Joshua

à la firme Sauerland. Après avoir

remporté une médaille d’argent

aux championnats mondiaux junior

de 2008, il a participé pendant

deux ans à la World Serie

de l’AIbA. Âgé de seulement 22

ans, il livrera son second combat

le 3 novembre. Autre acquisition

de la part du groupe allemand,

le Danois Dennis Clayton (1-0-0,

1 K.o.) se battra à nouveau le 10

novembre et le 8 décembre.

Le double olympien mexicain,

médaillé de bronze aux mondiaux

de 2009 et d’argent aux Commonwealth

de 2011, oscar valdez

a signé avec Top rank. bob Arum

et sa firme veulent populariser

rapidement leur nouveau protégé.

valdez débutera sa carrière

professionnelle samedi prochain

sur les ondes de Televisa. De plus,

dans les dernières semaines, le

boxeur préféré de russ Anber

dans le tournoi, le Portoricain Félix

verdejo Sanchez a aussi signé

une entente avec Top rank. Plus

riche d’un boni de signature de

150 000$, il fera ses débuts pro à

vegas le 6 décembre.

Il y en a surement plusieurs autres

qui ont pris la même décision que

ces quatre boxeurs, mais vous

comprendrez que nous n’avons

pas suivi à la trace le cheminement

des 250 boxeurs qui se sont

rendus à Londres.

31


LA GALERIE DES Phot og ra phes

Adonis Stevenson a été sans pitié face à Don George

32 novembre 2012 - LA ZONE DE BOXE

Le magazine La Zone de boxe à la chance de compter sur trois

fantastiques photographes pour garnir ses pages. voici la galerie

des photographes, une sorte de salle d’exposition oû ils nous soumettent

leurs meilleurs clichés de boxe.

David Lemieux est concentré pour la suite de sa

carrière

montage de Frank Cotroni Jr

renan St-Juste

Éric Lucas face à Librado Andrade

Pier-Olivier Côté survole le ring

33


LA GALERIE DES Phot og ra phes

Kevin Bizier sait où placer des coups

pour faire mal

34 novembre 2012 - LA ZONE DE BOXE

L’entrée sur scène d’Adonis Stevenson.

Adonis Stevenson atteint solidement Don

George

QUI ENTRAINE QUI?

Le dernier décompte de ce

type fait par le magazine

remonte à il y a presque

deux ans. Depuis, plusieurs

pugilistes ont tiré leur

révérences alors que d’autres ne

sont plus tellement actifs.

Côté relève, le dynamisme de certains

gérants (Camille estephan,

Douggy berneche) et de clubs de

boxe (empire et Éric huard) ont

facilité l’éclosion de plusieurs

jeunes boxeurs très intéressants.

Il est à noter le grand nombre

d’entraîneurs qui travaillent uniquement

avec un seul boxeur.

Dans ce classements-ci, nous

avons élargi notre regard aux

ontariens qui fréquentent

régulièrement nos rings et

évidemment aux quelques Québécois

qui suivent les conseillent

d’entraîneurs étrangers.

Marc Ramsay Mike Moffa François Duguay

marc ramsay et russ Anber dans le coin

de Kevin bizier, Crédit Robert Lévesque.

Éric huard

Jean Pascal Dierry Jean Pier-olivier Côté Francesco Cotroni Jr

David Lemieux Ghislain maduma Sébastien bouchard François miville

Antonin Décarie Chris Plaitis Éric martel-baholi Glissandy mejia

eleider Alvarez manolis Plaitis Éric Fields

oscar rivas

Kevin bizier

Didier bence

mian hussain

Pierre Bouchard Marc Seyer Daniel Trépanier Victor Vargotsky

renan St-Juste michael Gadbois Arash Usmanee nicholson Poulard

Jo Jo Dan Alexandre hamel Steven harvey bermane Stiverne

Sébastien Gauthier Francis hamel

Stéphane Larouche Emmanuel Stewart * Jean Zewski Tony Wilson

Lucian bute Adonis Stevenson mikael Zewski Joachim Alcine

Russ Anber Howard Grant Michel Desgagné

Jean-François Bergeron

Kevin Lavallée Francis Lafrenière Francy ntetu Schiller hyppolite

Hercules Kyvelos éric Bélanger Jorge Luis Chris Johnson

baha Laham Andrew Gardiner Tony Luis Tyler Asseltine

* L’entraîneur d’Adonis Stevenson, Feu Emmanuel Stewart est

décédé le 25 octobre dernoer à l’âge de 68 ans. Adonis Stevenson

continuera à être entraîné par les gens du Kronk Gym.

35


36 novembre 2012 - LA ZONE DE BOXE

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