document de médiation - Musée des beaux-arts de Dijon

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document de médiation - Musée des beaux-arts de Dijon

Jan Brueghel

dit Brueghel de Velours

Le Château de Mariemont

1612

Paysagiste passionné, Jan Bruegel est surnommé

« de Velours » en raison de sa facture délicate. Il peint à

plusieurs reprises le château de Mariemont, construit à

proximité de Bruxelles en 1546 pour Marie de Hongrie,

sœur de Charles Quint. Après quelques transformations,

il devient la résidence préférée des gouverneurs

des Pays-Bas du Sud, Albert et Isabelle de Habsbourg.

Dans une perspective à vol d'oiseau, nous découvrons

le château et les dépendances, les prés, les arbres,

le jardin à la française, le verger ainsi que des pièces d'eau.

Le tout est agrémenté de personnages, bergers, chasseurs

ou simples cavaliers ainsi que de promeneurs profitant de

la beauté du parc. La multitude des détails, la finesse du coup

de pinceau et une riche palette de verts font de cette œuvre

un véritable portrait du château aujourd'hui disparu, mais dont le parc

reste un lieu de promenade très apprécié en Belgique.

« On a l’impression de voir les bateaux glisser sur l’eau. »

Françoise – Intendante

Joos de Momper

Paysage de montagne

Fin XVI e – début XVII e siècle

Né dans une famille d’artistes flamands, Joos de Momper

suit naturellement la voie de la peinture, en faisant des

paysages de montagne sa spécialité. Il découvre les Alpes

lors d’un voyage en Italie, probablement au cours des années 1580.

Depuis un point en hauteur, il dépeint ici un village

niché au cœur de rocs massifs. Quelques personnages

vaquant à leurs occupations animent l’espace.

Grâce à un jeu subtil de couleurs chaudes et froides

et à un dégradé de tons bruns, verts et bleus, le paysage

gagne en profondeur, nous plongeant ainsi jusqu’au pied des

montagnes qui ferment la composition.

« La perspective fait penser que la montagne

s’étend à l’infini... »

Lisa – Aide-soignante

« Les couleurs de la nature très variées, dégradées. La perspective invite

l’observateur à pénétrer dans le tableau. Les détails captent l'œil,

belle profondeur. Plusieurs petits tableaux dans le même tableau. »

Nadège – Infirmière

Charles-François

Grenier de Lacroix

dit Lacroix de Marseille

Marine au soleil couchant

1765

La marine est un genre pictural très en vogue en France au XVIII e siècle.

Si certains peintres privilégient la mer et les océans, Charles Lacroix de

Marseille s’intéresse surtout aux vues de port et s’installe en Italie dès la fin

des années 1740. Plus qu’une simple représentation d’un site maritime,

Lacroix de Marseille a peuplé sa composition de petits personnages, gardes,

pêcheurs et promeneurs, pris sur le vif. Les couleurs solaires – rouge, rose,

jaune et orangé – ainsi que les délicats reflets à la surface de l’eau confèrent

à cette peinture de petit format, un raffinement caractéristique des arts à

l’époque de Louis XV.

Jean-Baptiste Lallemand

Vue du château de Montmusard, près de Dijon

Vers 1770

Félix Ziem a beaucoup voyagé : l’Angleterre, les Pays-Bas et surtout Venise, dont il se prend de

passion dès son premier séjour en 1842. Il s’aventure plus loin encore, découvrant Constantinople

en 1847. En 1856, il entreprend un périple de cinq mois à travers l’Orient (Turquie, Liban, Grèce,

Egypte et Sicile). Il remplit alors les pages de son journal de voyage de croquis pris sur le vif et

consigne ses impressions : « Tout l'Orient vient de se dérouler devant mes yeux. L'homme qui a vu

et a été frappé n'oublie jamais. ». Ses voyages l’inspireront tout au long de sa carrière donnant

ainsi de subtiles peintures où les couleurs chaudes de l'Orient se mêlent à une douce lumière.

Connu pour ses paysages et ses scènes de vie quotidienne, le peintre dijonnais livre ici

une des rares représentations du château de Montmusard, à l’Est de Dijon. Au XVIII e

siècle, le domaine est agrandi et embelli, le château est reconstruit par Charles de

Wailly, dans le tout nouveau style néoclassique. Afin d’animer ce paysage baigné de

couleurs ensoleillées, le peintre a disposé au premier plan plusieurs groupes de

personnages : certains sont au travail sous le regard de l’abbé Fabarel, « superviseur »

des travaux, d’autres profitent des lieux au gré d’une balade. A gauche, on peut

reconnaître Jean-Philippe Fyot de la Marche et son épouse, propriétaires du château.

« Site de notre établissement qu’il est intéressant de voir en 1775. »

Martine - Secrétaire médicale

Félix Ziem

Félix Ziem, originaire de Beaune, compte parmi les grands paysagistes du XIX e siècle.

Théodore Rousseau

La chaîne du Mont Blanc

vue depuis le Col de la Faucille

Vers 1834

Observateur amoureux de la nature, Théodore Rousseau est l'un des

fondateurs de l'École de Barbizon, foyer de la peinture de paysage en plein

air, au XIX e siècle. Cette étude de la chaîne du Mont-Blanc, depuis le Jura,

a sans doute été exécutée sur le vif, lors du premier voyage de Rousseau au

col de la Faucille en 1834. Dans cette vue panoramique, sans premier plan

et sans aucune présence humaine, le peintre embrasse une vaste étendue.

Usant de tons blancs, gris et bruns, l'artiste confère à ce paysage

de montagne une note de mystère. A la fin de sa vie, de 1863 à 1867,

l'artiste éprouvera le besoin de revenir à ce motif, en représentant

Le Mont-Blanc vu du Col de la Faucille par temps d'orage.

Constantinople

2 e moitié du XIX e siècle

« Tableau lumineux »

Stéphanie - Aide-soignante

Dijon vue des Perrières en 1842

1842

Félix Ziem a été impressionné dans sa jeunesse par Dijon dont « les vieux donjons,

les splendides églises et les vieilles maisons gothiques le transportaient dans un

pays que son imagination avait déjà créé ». Plus tard, il va multiplier les vues de

la capitale bourguignonne. Depuis les Perrières à l’Ouest de la ville, il réalise un

vaste panorama duquel se détachent les deux tours et la flèche de la cathédrale

Saint-Bénigne, l’église Saint-Philibert, le dôme de l’église Sainte-Anne ainsi que

la tour Philippe le Bon. Si l’arrière-plan est très détaillé, le premier plan évoquant

la campagne environnante est brossé à larges coups de pinceau.

« Le CHU se trouve à Dijon. La vue depuis le quartier des

Perrières non construit permet de remonter le temps. »

Lisa – Aide-soignante

« Souvenir d’une randonnée extraordinaire dans le Jura »

Mathilde - Cadre de santé

Louis-Eugène Boudin

Port de Honfleur (2 œuvres)

1897

Depuis le XVIII e siècle, Honfleur attire les artistes et devient l’un des berceaux de l’impressionnisme

au XIX e siècle. Louis-Eugène Boudin, né à Honfleur, aime représenter les côtes normandes :

paysages de bords de mer, vues de ports peuplés ou non de marins. Ces deux vues du port de

Honfleur datent de 1897, soit un an avant sa mort. Par sa touche esquissée, son geste enlevé,

ses vibrations de couleurs et de lumière, le peintre se rapproche de la technique impressionniste.

Dans la première version datée de septembre 1897, les roses violacés et les bleus sont plus

appuyés et se marient avec les teintes jaunes, offrant à l'œuvre une lumière chaleureuse.

Un mois plus tard, il peint une deuxième version où les bleus et les roses disparaissent à la

faveur des blancs, gris, jaunes et bruns qui donnent ainsi d'autres effets atmosphériques.

« Pour les effets de lumière, les effets de mouvements

et également le mélange de couleurs »

Karine - Aide-soignante

Jean-Jean Cornu

Paysage de la Côte d'Or, environs de Dijon

1875

Le Côte d’orien Jean-Jean Cornu a essentiellement peint des paysages de Côte d’Or et du

Jura. Ce paysage de combes arides, caractéristique de l’arrière-pays dijonnais, surplombe

une vallée au creux de laquelle se niche un village, dont on aperçoit seulement le clocher

de l’église. Dans cette œuvre, l’artiste a porté une attention particulière aux jeux de lumière

et à l’harmonie des coloris. Une lumière franche baigne l’ensemble du paysage, dominé par

des tons bruns et verts qui s’accordent avec le bleu du ciel parsemé de quelques nuages.

La représentation quasi-géologique des rochers, montrant chaque arête et chaque irrégularité de

la pierre, rapproche l’artiste de la tradition réaliste héritée des peintres de l'École de Barbizon.

« Cette œuvre invite à l’évasion, à la découverte au détour d’un chemin... »

Catherine - Agent des Services Hospitaliers

Claude Monet

Etretat, porte d'Aval : bateaux de pêche sortant du port

Vers 1885

En Normandie, Claude Monet est fasciné par les falaises et les ciels changeants d'Etretat,

dont il va s'inspirer pour une cinquantaine de toiles, peignant en plein air, contre vents et marées.

Dans ce tableau, le peintre adopte une vue plongeante, se plaçant au nord-ouest de la plage

pour profiter pleinement du spectacle du départ pour la pêche : "C'est admirable et je compte

bien me payer chaque jour une pochade de cela..." (lettre à A. Hoschedé, 1885). La tonalité

verte et lumineuse de la mer suggère la clarté du matin ou de l'après-midi : Monet traduit le

scintillement de l'eau et les variations de la lumière par des touches larges et fragmentées.

« Invitation à l’espace, à l’air libre, aux vacances, à l’inconnu »

Nadège – Infirmière

Henri-Edmond Cross

La Barque bleue

1899

En 1883, alors qu’il vient de découvrir le Midi, Henri-Edmond Cross abandonne la tradition réaliste.

Issue de l’impressionnisme, la nouvelle manière de Cross et des néo-impressionnistes s’en éloigne par des

recherches plus scientifiques, inspirées des découvertes optiques de la fin du XIX e siècle : le mélange des

couleurs ne se fait plus sur la palette mais dans l’œil du spectateur. Cependant, Cross va progressivement

laisser plus de place à son imagination. Fasciné par le Var, il peint ici un petit port de Provence avec,

au premier plan, une barque et des fûts déchargés sur la berge, sans souci de vraisemblance chromatique,

traduisant plutôt une vision intérieure.

« Le choix des couleurs vives aide à la description de l’image. »

Nathalie - Infirmière chargée des fonctions d’encadrement


Charles Lapicque

En 1928, Charles Lapicque abandonne sa carrière d’ingénieur pour se

consacrer à la peinture, nourrie par ses recherches scientifiques qui le

conduisent à jouer avec les couleurs.

Le chemin de fer à Paimpol

1957

En 1956 – 1957, Lapicque s’intéresse aux paysages de Bretagne.

Ici, il s’agit du paysage traversé par le chemin de fer qui relie

Guingamp à Paimpol, en suivant les méandres du fleuve le Trieux.

« Entre figuratif et abstrait.

En harmonie avec le service, très “coloré”. »

Patrick - Chirurgien

Maria-Helena Vieira da Silva

« Je suis une femme de la ville » déclare Maria-Helena Vieira da Silva en 1973. De fait, son œuvre très personnelle, tant figurative

qu’abstraite, questionne à partir de 1945 les architectures et espaces urbains d'une manière empreinte de poésie.

Place de Lisbonne

1945

Cette Place de Lisbonne, ville natale de l’artiste, a été réalisée en 1945 alors que

M.-H. Vieira da Silva était au Brésil ; elle la représente donc d’après ses souvenirs.

Il s’agit d’un réel recomposé, peint à la manière des œuvres de la fin du Moyen Age :

l’artiste semble hésiter dans la mise en perspective entre plusieurs points de fuite, qui

s’annulent. Cette volonté d’archaïsme est renforcée par la naïveté des personnages et

de l’attelage, au devant de la scène.

« Paysage urbain qui laisse place à l’imagination. »

Nathalie - Infirmière chargée des fonctions d’encadrement

LE

MUSÉE

À L’HÔPITAL

Croiseur au mouillage de Saint-Marc la nuit

1955

Lapicque, « séduit par les couchers de soleil, les balises et les feux »,

évoque ici Venise à travers la gondole, frêle embarcation qui fait face

à un navire de guerre américain. Il porte une grande attention à la

représentation des lumières, pour nous proposer un véritable puzzle

de couleurs vives.

« C’est une représentation de Venise très colorée,

très agréable. »

Nadège – Aide-soignante

La Ville rouge

1947

De retour du Brésil, M.-H. Vieira da Silva exécute ce tableau à Paris.

Désormais, il n’y a plus d’anecdote, plus de figure humaine.

L'œuvre est élaborée en fonction de quelques éléments du réel

transposés et surtout à partir d'une gamme de couleurs accordée en

fonction de la dominante rouge. Il s'agit, pour l'artiste, d'un de ces

« paysages imaginaires qui finissent par devenir connus ».

SAISON 1 :

le paysage

24 FÉVRIER – 17 SEPTEMBRE 2012

Soleil couchant sur les Doges

1954

La figuration du rayonnement lumineux crée perspective et profondeur,

devient composition et raison d'être du tableau.

Lapicque représente ici l’un de ses sujets favoris, Venise, dont il saisit le mouvement

dans un espace intensément coloré.

« Couleurs chaudes, impression de chaleur,

paysage de lumière »

Françoise – Intendante

« Un tableau en forme de puzzle et tout en couleurs

chaudes et festives »

Hakema - Agent des Services Hospitaliers

Diane et Actéon

1978

Retrouvez toutes ces œuvres et bien d’autres au musée des beaux-arts !

Palais des ducs et des États de Bourgogne, Dijon

Entrée par la rue Rameau

Comme autant de fenêtres ouvertes vers l’extérieur,

ces paysages ont été sélectionnés par les équipes des

services de Chirurgie digestive et cancérologie et de

Chirurgie générale et d’urgence.

Issus des collections du musée des beaux-arts de Dijon,

ils vous invitent à une promenade en plein air, à travers

les époques et les styles…

Diane et Actéon est un rappel des grands mythes de l'Antiquité que Lapicque

aime ressusciter. Actéon est un célèbre chasseur de la mythologie grecque.

Un jour qu'il pistait le gibier en forêt, il aperçut Diane, déesse de la Chasse

et de la Lune, en train de se baigner nue dans une source. Offensée par ce

regard, la déesse le transforma alors en cerf et Actéon fut dévoré par ses

propres chiens.

« Tableau bien vivant, le mélange des couleurs

est très attrayant. »

Entrée gratuite pour tous, toute l’année

Ouvert tous les jours

sauf les mardis, le 1 er janvier, les 1 er et 8 mai, les 1 er et 11 novembre, le 25 décembre

Pour en savoir plus : http://mba.dijon.fr

Des reproductions à découvrir dans les services

de Chirurgie digestive et cancérologie et de

Chirurgie générale et d’urgence (pôle Pathologies

médico-chirurgicales digestives, endocriniennes

et urologiques) au 4 e étage du Bocage Central.

Oscar – Intendant

Ce projet a reçu le soutien de l'ARS Bourgogne et de la DRAC Bourgogne,

dans le cadre du programme Culture à l'hôpital.

© musée des beaux-arts Dijon / Photos F. Jay

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