23.04.2015 Vues

Nevermind - Médiathèques de Colombes

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la petite <strong>de</strong>rnière, fan <strong>de</strong> métal et <strong>de</strong> punk surpuissant.<br />

Peu <strong>de</strong> groupes peuvent se targuer <strong>de</strong> "brasser" aussi large dans l'histoire <strong>de</strong> la<br />

musique amplifiée, <strong>de</strong> réussir une telle synthèse, <strong>de</strong> mettre au point une telle recette. Un<br />

brouet <strong>de</strong> pop, <strong>de</strong> punk, <strong>de</strong> métal, d'indie rock, <strong>de</strong> folk, pile à la croisée <strong>de</strong> ces styles. Un<br />

genre <strong>de</strong> melting pot sonore parfait.<br />

En cela, NIRVANA et "<strong>Nevermind</strong>" rejoignent bien cette lignée <strong>de</strong> chefs-d'oeuvres,<br />

qui, dans les annales du binaire, parviennent à émouvoir tout le mon<strong>de</strong> sans rien changer<br />

à leur nature profon<strong>de</strong>, à leur superbe et arrogante différence, tout en étant<br />

intrinsèquement plaisants, fédérateurs, attirants. Populaires, osons le mot.<br />

Ce NIRVANA-là est bien dans une chaîne qui irait <strong>de</strong>s BEATLES à RADIOHEAD<br />

en passant par LED ZEPPELIN, IGGY POP, METALLICA ou les SMITHS. Mettant en<br />

adéquation <strong>de</strong>s éléments disparates, à priori éloignés les uns <strong>de</strong>s autres, voire<br />

antagonistes. Riffs en béton armé et mélodies cristallines. Saturation assourdissante et<br />

harmonies limpi<strong>de</strong>s. Tempos tachycardiques et lenteurs expressives. Textes personnels et<br />

mots universels.<br />

12 TITRES EN OR MASSIF : ANALYSE D'UN CHEF-D'OEUVRE<br />

"<strong>Nevermind</strong>" réussit cela, comme rarement dans la saga du rock, revêtant cette<br />

évi<strong>de</strong>nce bouleversante qui lui permettra d'atteindre les plus hautes marches, sans<br />

calcul, sans frime, mais en déroulant un talent, un brio, une maestria qui n'appartiennent<br />

qu'aux plus grands albums. Et "<strong>Nevermind</strong>" est indéniablement un grand, un très grand<br />

album.<br />

À le réécouter maintenant, en 2011, avec quelques années <strong>de</strong> recul, on comprend<br />

mieux désormais le pourquoi <strong>de</strong> sa consécration immédiate, comme <strong>de</strong> son<br />

exceptionnelle longévité. De fait, si l'époque était prête, propice à porter "<strong>Nevermind</strong>"<br />

au pinacle (plus que celle <strong>de</strong>s moins chanceux RAMONES, REPLACEMENTS ou SONIC<br />

YOUTH, on l'a vu), une évi<strong>de</strong>nce saute toutefois aux oreilles qui se posent sur l'album.<br />

Celui-ci réussissait sur tous les tableaux, déployant un son tourbillonnant, insaisissable<br />

et pourtant i<strong>de</strong>ntifiable entre mille, qui touchait au coeur comme aux jambes, au<br />

cerveau comme au corps, et qui lui a permis d'échapper au sort qu'ont connu les<br />

"perdants magnifiques" cités plus haut. Fureur punk et mélodies pop, on l'a dit, mais<br />

aussi un esprit <strong>de</strong> synthèse remarquable.<br />

Avec "<strong>Nevermind</strong>", on avait l'impression d'écouter un con<strong>de</strong>nsé parfait du NEIL<br />

YOUNG mélodico-électrocuté <strong>de</strong>s années "Rust Never Sleeps", <strong>de</strong> l'attaque écrasante<br />

<strong>de</strong> LED ZEPPELIN, <strong>de</strong> l'inventivité mélodique <strong>de</strong> R.E.M. passée à la moulinette<br />

métalloï<strong>de</strong> <strong>de</strong>s STOOGES et <strong>de</strong> MOTÖRHEAD. Sans jamais sonner comme un plagiat<br />

sans âme, "<strong>Nevermind</strong>" offrait mille facettes, chacune étant capable <strong>de</strong> séduire un<br />

auditeur. Voilà le secret : <strong>de</strong>s chansons protéiformes, détruisant les barrières entre les<br />

styles, ce grand brasier qui enflamme toutes et tous. Comment aurait-il pu en être<br />

autrement ?

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