Dossier de presentation King of Harlem

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Dossier de presentation King of Harlem

JONONE

KING OF HARLEM

featuring

Maï Lucas

Édito

Maï Lucas

Depuis ma rencontre avec la culture Hip Hop de New York, je n’ai cessé de

documenter l’évolution des styles et des tendances qu’elle a fait émerger, des

codes qu’elle a même imposé aux mass medias et à la mode. Mais le rapport

que j’entretiens avec ces quartiers est celui d’une volonté d’exister, d’une

volonté d’affirmer et de mettre en lumière une réelle créativité, très diversifiée.

L’apparence et les performances deviennent un moyen de se démarquer dans

un contexte qui ne donne pas un nombre illimité de perspectives d’avenir.

Dans ce contexte est apparu le graffiti, avec cette même volonté d’affirmation

d’une existence sur un territoire isolé par les à priori. Dans ce contexte est

apparu le travail de JonOne et son énergie créatrice. Nous avons travaillé

ensemble sur une exposition en 2011, pour laquelle il était intervenu sur mes

photographies, et dans un livre intitulé Maï / JonOne, publié en 2009 chez

Drago. La proposition de JonOne d’exposer mes photographies auprès de ses

œuvres à l’Institut Culturel Bernard Magrez m’est apparu comme une évidence.

Le roi de Harlem présente ici son terrain, conquis à la force de ses couleurs,

mais aussi auprès de ses compatriotes et de leurs propres terrains

d’expressions. Ainsi, je présente la série « Tatoo, 125 St » et ses portraits

intimistes, marqués par cette pratique épidermique qui porte des messages

souvent existentiels et symboliques.

La série « Brooklyn 2012 », réalisée entre 2012 et 2013 à l’argentique témoigne

quant à elle de la culture visible du quotidien, néanmoins riche et diversifiée, et

de ses acteurs. Rencontrés au gré de mes déambulations, les portraits ne sont

pas volés mais mettent en avant la beauté du caractère assumé de ces styles

et attitudes.

En parallèle, la série « All eyes on me » présentée ici est un travail de fond,

mené depuis plus de quinze années, qui relate la vie et la vivacité des quartiers

multiculturels new yorkais où vivent les « invisibles » de la société américaine.

Elle présente également les formes de culture et de sociabilité qui s’y

développent, au travers du Jazz, du Hip Hop, des codes vestimentaires et des

formes d’art allant du break dance au graffiti.

Mes photographies permettent un dialogue contextuel avec le travail de

JonOne, l’inscrivant dans une histoire, dans son rapport à l’humain, capable de

révéler ses capacités et sa force créative.