Bolivie - Terre des Hommes Suisse

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Bolivie - Terre des Hommes Suisse

terre des hommes suisse

Bolivie

Radio Deseo

Alimentation

La faim reste

un scandale !

« Notre Terre »

Echo des écoles

Marche

de l'espoir

Le 10.10.2010

n°99 août 2010


Retrouvez toutes les œuvres sur www.terredeshommessuisse.ch/50

Exposition « Notre Terre »

Dans le cadre des activités créatrices, des élèves ont eu la possibilité

de se mettre à la place des artistes de « Notre Terre » et de

confectionner leur propre globe exprimant leurs préoccupations et

leurs espoirs pour l'avenir de la planète. 11 écoles ont participé à

cette activité, soit 17 classes regroupant 361 élèves, qui ont confectionné

225 globes sur le thème du changement climatique. Une sélection

de plusieurs dizaines d'entre eux est exposée au Museum

d'histoire naturelle de Genève du 20 juillet au 17 octobre 2010.


Edito par Souad von Allmen 3

Non coupables

mais responsables !

Un mal de dos ? Coupable ! Un burn out ? Coupable !

Du temps pour soi ? Coupable ! Ces petites pensées

qui tournent dans nos têtes et qui n'ont pas fini de

nous dire que nous sommes coupables, puisque

chez nous comme ailleurs, des personnes survivent

à des situations bien plus difficiles : un deuil,

l'exploitation, la faim, le chômage.

Mais la douleur, les soucis sont propres à chacun.

Ils comptent tout autant et ne se mesurent qu'à

l'aune de ce qu'il vit déjà. Bien sûr, il faut replacer

les choses dans leur contexte, se remettre parfois

en cause, arrêter de se plaindre pour le moindre

bobo et lever le nez de son nombril pour se tourner

vers le monde. Mais arrêtons de nous culpabiliser

davantage.

Nous ne sommes pas coupables de la misère des

autres et du monde en général, nous n'avons pas

à nous culpabiliser pour nos avantages, mais devons-nous

pour autant profiter pleinement de notre

vie sans nous préoccuper de celle des autres ?

Non, car nous sommes responsables. Responsables

de nos actions, de nos projets, de nos idées.

Comme disait Sartre, « l'homme étant ce qu'il a

projeté d'être, il est responsable de lui-même ».

Et il ajoutait : « Etant responsable de lui-même,

il est responsable de tous les hommes. » Prendre

conscience des déséquilibres de notre planète doit

nous encourager à partager un peu avec celles et

ceux qui n'ont pas nos privilèges.

Aujourd'hui, non coupables mais solidaires, en essayant,

à notre niveau, de changer les réalités de

tous, notamment des plus faibles, nous agissons

en êtres responsables.

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Sommaire n°99

Bolivie

La naissance de Radio Deseo, animée

par des femmes du milieu rural

employées domestiques à La Paz.

Sécurité alimentaire

Un milliard de personnes souffrent de

faim chronique : un scandale !

Brésil

Dans l'Etat de Bahia, des jeunes se

forment en agroécologie et développent

leur région de façon durable.

Echo des écoles

Retour sur les visites scolaires de

l'exposition « Notre Terre ».

TdH et Filmar

Le 20 novembre prochain, une journée

spéciale TdH dans le cadre du Festival

de films Filmar en América latina.

La parole à... Philippe Cohen

Le coin du Sud

Infos

Ça vous intéresse !

Marche de l'espoir

le 10.10.2010 !

© Couverture : TdH, Genève, Catherine Armand

© p.2 : DIP, Genève, Véronique Casetta Lapiere

Un grand MERCI à l'imprimeur qui contribue à cette publication.

Journal Terre des Hommes Suisse

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Rédactrices responsables

Souad von Allmen

Christiane Bruttin

Doris Charollais

Graphisme

Sophie Marteau

Impression

Imprimerie Genevoise SA

Tirage : 26 000 ex.

Terre des Hommes Suisse est

une organisation de coopération

au développement qui s’engage

pour l’enfance et un développement

solidaire. Elle travaille avec

ses partenaires dans 11 pays du

Sud, et sensibilise le public suisse

aux réalités Nord-Sud. Elle fait

notamment partie de Terre des

Hommes Fédération Internationale

et de la Fédération genevoise

de coopération.

TdH est membre du bureau central

des œuvres de bienfaisance (ZEWO)

depuis 1988.

terre des hommes suisse n°99 - août 2010


Bolivie

par Helen Alvarez

et Sylvie Dugeay

4

Employée domestique,

avec fierté et dignité

« Je suis une domestique, j’ai ma fierté et ma dignité, que tu m’appelles employée, j’en

suis maintenant fatiguée, et tout ceci va changer. 1 » C’est avec ce refrain, chanté sur

un rythme de hip-hop, qu’un groupe de femmes domestiques syndicalisées entame

son émission bihebdomadaire sur Radio Deseo.

Cette chanson est le produit d'une

alliance improbable entre le groupe

bolivien Pacto Veridico et des femmes

domestiques indigènes. Le texte a

surgi de leur réalité, il parle de l'exode

de la campagne vers la ville et de la

discrimination envers ces femmes.

Ce programme de radio, soutenu par

Terre des Hommes Suisse, est l'un

des projets que mène le mouvement

féministe bolivien Mujeres Creando.

Un projet démarré l’année dernière

qui vise une meilleure application

de la loi sur le travail domestique

et l’éradication de la servitude (voir

encadré), le renforcement des organisations

de femmes domestiques, et

enfin la prévention des diverses formes

de traite et de prostitution des

femmes et des mineures.

Parfois âgées de 10 ans

À La Paz comme ailleurs, les employées

domestiques sont des jeunes

filles et des femmes indiennes qui

arrivent des zones rurales, parfois

dès l’âge de 10 ans : démunies, sans

qualification, le plus souvent analphabètes

et ne parlant pas espagnol

mais aymara ou quechua, ne possédant

aucun des « codes urbains »

en vigueur et en déphasage culturel

complet, elles sont des proies faciles.

Il n’est pas rare qu’elles tombent dans

les filets des réseaux de prostitution,

parfois dès leur arrivée au terminal de

bus où opèrent des « recruteuses »

de leur âge qui leur inspirent une

confiance imméritée.

La participation directe des femmes

domestiques est fondamentale, non

comme bénéficiaires de l'initiative

mais comme actrices. Une équipe

permanente de 8 femmes domestiques

volontaires s’est créée et a été

formée lors de 6 ateliers intensifs,

non seulement à la pratique des techniques

de radio, mais aussi à l’enquête

journalistique. Les premières

émissions, d’une durée d’une heure,

ont pu avoir lieu dès juillet 2009. Elles

comportent plusieurs rubriques

régulières : enquêtes de fond, témoignages,

informations et enfin un

espace plus récréatif de salutations

et d'anecdotes. Sous l’impulsion

d’Emiliana Quispe, l'une des animatrices

du programme particulièrement

préoccupée par l’acculturation

galopante qu’entraîne l’immigration

rurale, une rubrique de « récupération

de savoirs » diffuse des recettes

de cuisine tombées dans l’oubli, des

usages de la médecine traditionnelle

andine et des contes.

Discrimination des cholas

C’est à partir de leur propre point de

vue et de leur réalité quotidienne que

naissent les propositions de thèmes

qu’elles analysent et approfondissent

chaque semaine. Qui d’autre qu’elles

aurait par exemple choisi de faire des

recherches sur les normes définies

par les entreprises en bâtiment pour

Femmes domestiques en Bolivie

terre des hommes suisse n°99 - août 2010

© TdH, Bolivie, Sylvie Dugeay

En Bolivie, l'usage d'employer à demeure une domestique est fort répandu,

notamment en zone urbaine. Quelle que soit la classe sociale,

tout un chacun emploie ce personnel corvéable à merci, très mal rémunéré,

à qui une vie familiale est quasiment interdite, et complètement

ignorant de ses droits. La loi nº 2450 régissant le travail domestique a

été promulguée en 2003, mais elle est largement méconnue, peu appliquée

par les employeurs, et les instances étatiques se soucient peu

de contrôler ce secteur, informel par excellence. Les femmes domestiques

ont cependant une longue tradition d’organisation en syndicat.


Droit des femmes

Mujeres Creando

Mujeres Creando, active depuis plus de 15 ans, est un mouvement militant

féministe de référence en Bolivie. Basé à La Paz, il développe des

stratégies d’action innovantes, utilisant la créativité (tags sur les murs

de la ville, actions de rue, etc.) comme instrument de lutte pour informer,

mobiliser la société bolivienne et produire des changements au

niveau municipal et national, dénonçant inlassablement les violations

des droits des femmes et le machisme ambiant. Le mouvement possède

sa propre radio, ouverte également à d’autres organisations sociales. Un

service hôtelier, une garderie, un café ainsi qu'une école de formation

aux techniques radiophoniques permettent son autonomie.

définir les dimensions de la chambre

d'une domestique de maison ? Délibérément,

les sujets choisis ne figurent

pas au programme des pouvoirs

publics, ni des médias traditionnels.

L’accès aux sources d'information

a été difficile, en raison de la discrimination

dont souffrent les cholas,

ces femmes indigènes de l'Ouest

bolivien, appelées aussi femmes de

pollera (jupe typique des indigènes

en Bolivie). Toutefois, affirme Antonia

Cuno, l'une des responsables

du programme, ce rejet nous donne

davantage de force. De la force et

du courage, il en faut à ces femmes

quasiment illettrées et qui prennent

sur leur maigre temps libre pour faire

avancer leur cause et celle de leurs

consœurs.

Succès rapides

Durant cette première année de travail,

certains succès sont observés :

davantage d'autorités gouvernementales

se préoccupent du thème de la

domesticité et acceptent même d’aller

à la radio répondre à des remises

en question en direct. Après avoir été

ignorées et invisibles dans les mass

media, les femmes domestiques ont

été sollicitées par des journalistes au

sujet de leur secteur d’activité, mais

aussi pour donner leur opinion sur la

conjoncture nationale ou sur le déroulement

de la campagne électorale

présidentielle de 2009. Leur proposition

d’enquête radiophonique sur les

« us et coutumes auxquels sont soumises

les femmes indigènes en zone

rurale » a été sélectionnée par la

Fondation Unir dans le cadre de son

concours annuel de journalisme.

Ces résultats parmi d'autres remplissent

de joie ces femmes qui luttent

pour améliorer les conditions de vie

de toutes. Parfois elles pleurent aussi,

telle Yola que nous avons retrouvée

en larmes, bouleversée par les interviews

qu’elle venait de mener en

direct à l’occasion de la Journée internationale

des femmes domestiques :

trop de maltraitances, trop d’injustices,

trop d’échos avec sa propre

expérience.

Avec leur regard inédit, voilà ces

femmes qui se découvrent une pensée

qui peut être reconnue, les voilà qui

parlent d’une voix maintenant entendue,

une voix qui peut enfin dire

« je » et qui porte un regard critique

et constructif sur des aspects de la

« modernité » qu’elles découvrent

ou à propos de certaines valeurs traditionnelles

dans lesquelles elles ont

été élevées.

1 On peut écouter la chanson sur :

www.soytrabajadoradelhogar.blogspot.com

© TdH, Bolivie, Sylvie Dugeay © TdH, Bolivie, Sylvie Dugeay

terre des hommes suisse n°99 - août 2010


Sécurité alimentaire par Jean-Luc Pittet

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et Aurélie Hauchère

Un milliard de personnes

souffrent de la faim chronique

… et ça me révolte ! Tel est le cri d’indignation de la pétition lancée cette année par la

FAO 1 . Alors que les ressources produites sur notre planète sont largement suffisantes

pour nourrir tous ses habitants, comment expliquer que près d’une personne sur six

souffre encore de faim ou de malnutrition chronique ?

Pire, comment expliquer que 70% des victimes de sousalimentation

soient des petits paysans et leur famille ?

Puisque la faim n’est pas liée à une pénurie d’aliments,

c’est à ses causes profondes qu’il faut s’attaquer, en luttant

contre la pauvreté et en changeant radicalement nos

pratiques de production et de consommation.

Les enfants, premières victimes

Dans le monde, plus de 200 millions d’enfants de moins

de 5 ans, en majorité des filles, souffrent de faim et de

malnutrition, avec de graves conséquences sur leur développement

physique et intellectuel, et leur résistance

aux maladies. Chaque soir, ils vont se coucher sans savoir

s’ils auront de quoi s’alimenter le lendemain. La première

cause de malnutrition est la pauvreté.

Plusieurs menaces pèsent aussi sur l’agriculture vivrière

locale. Tout d’abord, les terres sont souvent confisquées

par de grandes entreprises pour développer des monocultures

d’exportation (maïs, soja, canne à sucre, cacao, etc.).

Les petits paysans, soumis à des exigences élevées de rendement,

deviennent rapidement dépendants de semences

OGM, de pesticides et d’engrais chimiques, ce qui signifie

à terme endettement et pollution. Enfin, certains pays

du Golfe et d’Asie utilisent les terres cultivables d'autres

pays pour assurer leur propre approvisionnement. Nous

arrivons ainsi à des situations aberrantes où les produits

qui ont parcouru des milliers de kilomètres sont moins

chers que les produits locaux…

Citoyen du monde

Nous pouvons soutenir une plus grande solidarité Nord-

Sud, notamment par la coopération au développement.

Mais il incombe à chacun de nous de jouer un rôle de

« consommacteur » ! Il est ainsi souhaitable de limiter

notre consommation de viande car sa production nécessite

une grande quantité d'eau et de céréales. Nous pouvons

choisir d’acheter les produits locaux et de saison,

si possible directement aux producteurs, mais aussi les

produits issus de l’agriculture biologique et du commerce

équitable.

Une alimentation saine et durable pour tous ? Un défi

urgent à relever et auquel chacun peut contribuer…

1 Voir le site www.1billionhungry.org de l'Organisation des Nations

Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO)

© TdH, Burkina Faso, Sylvie Jean

terre des hommes suisse n°99 - août 2010

L’avenir : les petites exploitations paysannes

Mais comment permettre aux 2,5 milliards de petits

paysans et à leur famille de vivre de leur production décemment

et durablement ? Chaque pays devrait pouvoir

déterminer de manière démocratique une politique agricole

basée sur la sécurité et la souveraineté alimentaire

(voir interview ci-contre). Concrètement, il s’agit d’aider

les familles paysannes à s’organiser et à accéder à la terre,

à l’eau, aux semences, au crédit, à la formation et aux infrastructures

de base, afin qu’elles puissent couvrir leurs

besoins et ceux de leur communauté, grâce à une agriculture

diversifiée et durable, valorisant les ressources locales

(biodiversité, engrais organiques, etc.).

© TdH, Madagascar, Martine François


Sécurité alimentaire

par Marc Joly

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Un droit de regard

sur son alimentation

Pour y voir plus clair sur ce que recouvrent les mots de sécurité et souveraineté alimentaire,

nous avons posé quelques questions à Rudi Berli, maraîcher à Genève et

secrétaire d'Uniterre.

Engagée dans divers projets de sécurité alimentaire, Terre

des Hommes Suisse cherche à promouvoir des activités,

notamment économiques, visant à assurer aux bénéficiaires

une alimentation suffisante et variée. Car comment défendre

les droits de l'enfant, notamment le droit à l'éducation,

si celui de remplir son estomac fait déjà défaut ?

Mais la promotion de la sécurité alimentaire ne peut se faire

sans prendre en considération des aspects de souveraineté

alimentaire.

étendre la réforme agraire, alors qu'en Suisse les questions

prioritaires portent sur la surproduction laitière, les prix

bradés du lait ou l'inscription des principes de la souveraineté

alimentaire dans la Constitution.

TdH : Votre définition de la souveraineté alimentaire ?

R. B. : La souveraineté alimentaire est le droit de regard

d'une population sur son alimentation et sur les moyens

utilisés pour la produire. Prenons concrètement l'exemple

des semences. Une population devrait pouvoir se doter de

lois qui garantissent que les produits qu'elle consomme

viennent de semences non génétiquement modifiées, propriété

de tous, et non de semences produites et vendues par

un nombre très réduit de multinationales (voir encadré).

Au-delà des semences, la souveraineté alimentaire recouvre

également des problèmes comme l'accès à la terre et à l'eau,

la réforme agraire, ou encore la protection contre des produits

cultivés sans respect de normes environnementales

et sociales. Elle implique ainsi de privilégier par exemple

le marché de proximité pour ses tomates, plutôt que de les

faire venir de loin à prix bradés.

TdH : La souveraineté alimentaire s'oppose-t-elle aux

échanges ?

R. B. : Non, absolument pas. Tant que ces échanges rétribuent

correctement les producteurs, comme dans le cas du

commerce équitable, et ne sacrifient pas l'environnement et

des salaires décents pour favoriser le profit, il n'y a pas lieu

de les limiter. Souveraineté alimentaire n'est pas synonyme

d'autarcie ou d'autosuffisance.

TdH : Les pays du Sud sont-ils les seuls concernés ?

R. B. : Les éléments qui définissent la souveraineté alimentaire

sont universels, elle concerne donc tant le Sud que le

Nord. Mais il y a des variations d'un pays à l'autre et une

adaptation de ces éléments aux réalités locales. En Bolivie,

des discussions récentes sur le plan politique ont conduit à

© TdH, Burkina Faso, Marie-Hélène Pierret

L'Inde s'oppose à une aubergine

Monsanto est l'une des plus importantes multinationales

produisant des semences génétiquement

modifiées. Sa filiale indienne Mahyco s'est vu

refuser en février 2010 de mettre sur le marché

une semence pour une variété d'aubergine, dans

un pays qui en compte déjà quelque 4000. La modification

génétique permettait à cette aubergine

de produire un insecticide de manière « interne ».

Suite à la mobilisation de la société civile indienne,

le ministère indien a justifié son moratoire en expliquant

que « l’impact de l’aubergine sur la santé

des consommateurs et sur l’environnement à long

terme » n'est pas connu. La question de la souveraineté

alimentaire se pose surtout parce que, en

général, la spécificité de ces semences modifiées

est qu'elles ne produisent pas de graines permettant

d'être replantées l'année suivante. Il faut racheter

des semences chaque année. Cela génère

des coûts et une perte de la maîtrise du cycle des

semences par le paysan.

terre des hommes suisse n°99 - août 2010


Brésil

par Claudia Bucher

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Abondance mais

assiettes vides...

L’agroécologie et l’agroforesterie sont beaucoup plus que des termes à la mode… Ces

deux concepts sont au cœur des alternatives développées en réponse à la problématique

de la sécurité alimentaire en milieu rural et aux besoins environnementaux

de notre planète.

terre des hommes suisse n°99 - août 2010

Le renforcement et la valorisation des communautés agricoles

apparaissent comme l’une des principales alternatives

à la précarité des populations rurales. Le scénario est

connu : la nourriture abondante produite par la planète

est inaccessible à une partie importante de la population

mondiale, surtout dans les pays du Sud, faute de revenus

suffisants et d'une agriculture adaptée aux réalités locales.

Les productions indigènes occupent peu de place sur les

marchés nationaux et ont de plus en plus de difficultés

à battre la concurrence déloyale des produits importés.

Par ailleurs, de vastes lots de terre sont accaparés par des

monocultures industrielles, principalement destinées à

l'exportation, au détriment des cultures vivrières.

Le cacao ne permet pas de manger à sa faim

Bahia, nord-est du Brésil. Un groupe de 20 femmes a eu

la volonté d’agir contre la sous-alimentation de sa communauté

agricole, soumise aux enjeux de la monoculture

du cacao, principale source de revenu de la région.

Le jardin potager communautaire des femmes de la communauté

de Dandara, 4 hectares de terre, a compté avec

l’appui technique du Sasop. Un système de fonds rotatif

pour l’acquisition des engrais, semences et outils a été

mis en place, et une assistance a été dispensée en matière

d'agroécologie et agroforesterie, ainsi que pour la production

de pousses de plantes fructifères. Dès ses débuts

en 1999, l'initiative a compté avec une très riche diversité

de plantes comme le manioc, la banane, le haricot, la

pomme de terre douce, le café, le sésame, le maïs, l’ananas,

et des produits tropicaux comme l’épice urucum et

le fruit cupuaçu. Les années ont passé, les femmes élèvent

aujourd'hui de petits animaux pour leur consommation,

cultivent des plantes médicinales et commercialisent certains

produits transformés.

L'éducation aussi transforme

La communauté de Serra de Areia, dans la région de Ilhéus

- Bahia, donne un bon exemple de transformation

grâce à une éducation de qualité et adaptée au milieu rural.

Depuis trois ans, la plupart de ses jeunes fréquentent l’Efa.

L’apprentissage des techniques agricoles par les élèves et

leur mise en application dans la communauté a permis

l’autonomie alimentaire et le développement économique

de Serra de Areia.

Aujourd’hui, 90% des familles cultivent leur jardin potager

qui assure leur alimentation et dont l’excédent de

production est commercialisé. Parmi les 37 familles, 25 ont

commencé l’élevage de volailles et la production d'œufs,

suffisant pour leur consommation et pour l’approvisionnement

hebdomadaire des commerces des localités voisines.

Dix familles se sont lancées dans la pisciculture, et grâce à

la participation des jeunes aux cours sur la transformation

du cacao, certains habitants ont initié la production de dérivés

du chocolat, comme des bonbons et de la confiture.

Serra de Areia dispose aussi des services fournis par deux

techniciens agricoles, anciens élèves de l’Efa.

Domingos da Forêt (ci-contre), ancien étudiant de l'Efa

Ilhéus, est aujourd’hui éducateur, leader communautaire

et actif dans la construction d’une nouvelle Ecole familiale

agricole qui devrait voir le jour en 2011 à Camamu.

« Le plus important a été l’estime de moi développée

grâce aux activités de l’école. Cette expérience a été un

élément essentiel pour la valorisation de mes racines afrobrésiliennes.

En tant que jeune vivant dans la zone rurale,

j’ai compris que nous devions contribuer à améliorer la

région. Plutôt que de la voir comme un lieu de souffrance,

la percevoir comme une source d'opportunités. Il y a tellement

à faire pour apporter de vraies solutions dans le

domaine agricole. Efa m'a préparé pour la vie et m’a donné

conscience de mes droits en tant qu'homme. »


Le Sasop : promotion de l'agroécologie

et de l'agriculture familiale

Stimuler les processus d'expérimentation agroécologique

afin de garantir la sécurité alimentaire

des paysans est l'un des principaux objectifs du

Service d'Assistance aux Organisations Populaires

Rurales (Sasop), partenaire de Terre des Hommes

Suisse depuis 2002. En plus de l'encouragement à

la diversité de la production, le Sasop sensibilise

la population à la rééducation alimentaire et à la

valorisation de la culture des plantes médicinales.

Son travail se base sur le respect de l'écosystème

constitué par la forêt atlantique (Mata Atlantica).

Les communautés de la région de Camamu et de

ses environs bénéficient d’une assistance technique

gratuite dans les domaines de l’agroécologie et de

l’élevage de petits animaux. Les échanges entre

groupes de paysans sont aussi encouragés.

La diversité de production comme l'élevage de petits animaux

permet l'autonomie alimentaire et financière des familles pendant

la basse saison.

© TdH et Efa, Brésil, Claudia Bucher

À l'Efa, les élèves apprennent à transformer le cacao, principal

produit d'exportation de l'Etat de Bahia.

L’Efa et son modèle d’éducation

alternative agricole pour les jeunes

L’Efa Ilhéus est membre d’un réseau d'écoles agricoles

à Bahia, et partenaire de Terre des Hommes

Suisse depuis 2006 dans le volet d’éducation de qualité

et adaptée en milieu rural. Née en 1995, cette

initiative répond à un double besoin : l’accès difficile

à l’école dans les régions éloignées des zones urbaines

et le besoin des familles indigènes d’acquérir

des connaissances productives. Cent vingt jeunes

et leur famille sont les bénéficiaires directs d’un

système scolaire qui fait alterner quinze jours de

cours pratiques et théoriques avec hébergement à

l’école et quinze jours d’application des techniques

dans leur communauté.

terre des hommes suisse n°99 - août 2010


Echo des écoles par Carlos Sarmiento

10

voir aussi en p.2

À l'école de « Notre Terre »

Au printemps dernier, 1400 élèves ont été sensibilisés à la problématique du changement

climatique par des visites de l'exposition des globes géants.

L'exposition « Notre Terre » a été conçue pour réveiller

les consciences face aux enjeux du réchauffement climatique,

tout en offrant une palette d'astuces à mettre en

pratique, individuellement ou collectivement. En mai et

juin 2010, 80 classes de primaire et de secondaire réunissant

environ 1400 élèves, ont participé à des visites

organisées par Terre des Hommes Suisse, en collaboration

avec le service des Arts visuels du Département de

l'instruction publique de Genève.

Une visite type

Après à une introduction sur les causes et les effets du

changement climatique, les enfants se lancent dans un

quiz par équipe leur permettant de découvrir l'exposition.

Puis la classe se rassemble pour jouer au « jeu du pétrole

». Cette activité en groupe permet de comprendre

les enjeux cachés derrière cette ressource : du chewinggum

aux bouteilles en pet, des habits synthétiques aux

shampoings, ils se rendent compte à quel point nous en

sommes dépendants ! Enfin la visite se termine sur une

discussion où chacun exprime ce qu'il a ressenti, comme

ces élèves de l'école Pré-Picot : « Moi j'ai bien aimé le

globe avec les fleurs car j'ai appris que la nature pouvait

se débrouiller sans nous » nous dit Bradley, 10 ans. Et

Tania, 12 ans, de poursuivre : « J'ai bien aimé le globe sur

les énergies naturelles qui montrait qu'on pouvait fabriquer

de l'énergie sans polluer. » Enfin, Lorenzo, 13 ans,

d'ajouter : « J'ai beaucoup aimé le globe du recyclage

qui nous montrait qu'on peut recycler plein de choses. »

Dans la classe de Mme Patricia Brunner (Ecole Marcelly,

5P), un anonyme pessimiste « trouve que c'est trop tard

pour reconstruire un monde meilleur »... Mais la majorité

a apprécié ce support original de globes décorés

par des artistes et a pris conscience de certains enjeux

de la planète, au regard de Méliké : « Le globe où il y

avait des images de nos actes m'a beaucoup marquée car

je me suis reconnue en train de gaspiller, de prendre la

voiture, etc. »

Pour conclure, chacun est invité à réfléchir aux gestes

quotidiens qu'il peut faire à l'école ou à la maison pour

préserver l'environnement.

« Lors de cette exposition dynamique, les enfants ont eu à

s'interroger sur les messages que les artistes voulaient faire

passer. Les animateurs ont bien su guider les élèves et les

sensibiliser à leur mode de consommation. L'animation s'est

conclue par le jeu du pétrole représentant, à l'échelle de la

classe, le nombre d'habitants par continent, ainsi que sa

consommation de pétrole. Cette visite a été riche pour tous

(les élèves et moi) », témoigne Vanessa Bertholet enseignante

à l'école de Montfleury 1 (Versoix). De façon générale, les enseignants

ont apprécié la variété des sujets abordés, le côté

visuel et parlant des globes, les panneaux explicatifs simples

et compréhensibles pour les enfants et, bien sûr, le lieu merveilleux

– le bord du lac – pour mettre en scène cette exposition.

© TdH, Genève, Catherine Armand

terre des hommes suisse n°99 - août 2010

© TdH, Patricia Armada

Organisée par Terre des Hommes Suisse pour célébrer son 50 e anniversaire,

cette exposition composée de 29 globes terrestres géants est prolongée

jusqu'au 15 octobre sur le Quai Wilson à Genève.

• Dossiers pédagogiques élèves / enseignants à télécharger sur :

www.terredeshommessuisse.ch/50

• Pour les classes qui souhaitent une visite commentée de l'exposition :

c.sarmiento@tdh-geneve.ch


Droits de l'enfant 20 novembre

11

Une journée TdH Suisse à Filmar

Le 20 novembre prochain, Terre des Hommes Suisse célèbre les droits de l’enfant et

va à la rencontre du public pour témoigner de ses 50 ans d’engagement. Films, débats

et échanges à ne pas rater. À la clôture du festival, Terre des Hommes décernera le

prix du jeune public, une façon de saluer l’implication des écoles dans l’éducation au

développement, un objectif prioritaire de l’association.

14h

Viva Cuba

Juan Carlos Cremata Malberti, Cuba – France, 2005,

80 min, 35 mm, vost. fr. Dès 10 ans.

Deux enfants se sont promis d’être amis pour la vie alors que

leurs familles se détestent. Lorsque la grand-mère de la petite fille

meurt, sa mère décide d’aller vivre à l’étranger. Afin de rester sur

l’île, elle doit obtenir de son père un papier interdisant son départ,

mais ce dernier habite à des kilomètres de La Havane... s’ensuit

pour les deux amis un périple à travers Cuba.

Un film pour familles et enfants.

19h

Paraiso, Paradis

Hector Galvez, Pérou, 2009, 91 min, fiction, 35 mm.

Avant première trigon-film. Dès 14 ans.

Paraiso raconte la vie quotidienne d’une bande d’adolescents

d’origine indienne dans un bidonville miséreux et poussiéreux

de Lima. Pas de pathos, une description chaleureuse et surtout

attentionnée de jeunes qui, comme partout, espèrent, aiment,

luttent et tentent de s’en sortir ou de fuir.

Présentation du film et discussion à l’issue de la projection,

avec la présence de collaborateurs de TdH. Apéritif dans le hall

de l’Alhambra à l’issue de la projection, autour de 21h.

16h

Birdwatchers

La Terre des hommes rouges

Marco Bechis, Italie – Brésil, 2008, 106 min, 35

mm ou dvd, guarani/port.st fr. Dès 12 ans.

Après le suicide de l'un des siens, Nádio, chef d'une tribu

Guarani-Kaiowa dans la région du Mato Grosso au Brésil,

décide de récupérer les terres dont ils ont été autrefois spoliés.

Le monde des Blancs et celui des Indiens vont se faire

face alors qu'une idylle se noue entre la fille d'un riche fermier

et Osvaldo, le disciple du chaman.

21h45

Retratos en un mar de mentiras

Carlos Gaviria, Colombie, 2009, 90 min, fiction, vost.

anglais ou français. Dès 14 ans.

Marina est une jeune fille au regard étrange, presque muette,

traitée d’attardée, maltraitée par son grand-père alcoolique. À la

mort de ce dernier, son cousin photographe l’emmène à l’autre

bout de la Colombie pour essayer de récupérer un terrain qui appartenait

à la famille. Et commence ainsi un road movie à travers

le pays, loin du cliché touristique, avec une caméra magnifique

qui dévoile les inégalités sociales de ce pays.

La 12 e édition du festival Filmar

en América latina a lieu du 5 au

21 novembre 2010 à Genève (Alhambra, Bio-Carouge et

de nombreuses salles partenaires), avec aussi des projections

décentralisées dans toute la Suisse (Lausanne,

Bienne notamment) et en France voisine.

Lieu : salle de l’Alhambra, rue Rôtisserie 10 – Genève.

Programme complet : www.filmar.ch

© Viva Cuba

terre des hommes suisse n°99 - août 2010


Interview propos recueillis

12

par Souad von Allmen

La parole à...

Philippe Cohen

www.philippecohen.ch

Le 1 er juin 2010, à la Société de lecture de Genève, Philippe Cohen, auteur, metteur

en scène, mime et comédien, improvisait gracieusement pour les 50 ans de Terre des

Hommes Suisse. Au cœur du rire pour cet auteur du rire.

TdH : Que représente pour vous cette soirée ?

P.C. Je suis sensible à la démarche de Terre des

Hommes Suisse, à son action de soutien à des gens

en difficulté dans différents pays du monde. Toute

personne qui suit l'actualité se sent démunie: qu'estce

qu'on peut faire ? En tant qu'artiste, il est parfois

difficile de militer, mais on peut s'identifier à ce que

font d'autres personnes engagées. Ça me déculpabilise.

Les gens ont leurs soucis, mais il ne faut jamais

oublier la chance que l'on a de vivre dans une

démocratie, de pouvoir s'exprimer librement, je suis

même payé pour critiquer la Ville !

écrire aux spectateurs leur prénom et un mot qui

leur passe par la tête, puis j'improvise des scènes

à partir de cette matière première. Les mots banals

sont souvent les plus difficiles, j'aime les mélanges,

les mots qui explosent et qui interrogent. J'en fais un

« tango de la planète ». Je ne rêve pas d'une prise de

conscience totale – je suis un peu pessimiste peutêtre

– mais de partager une atmosphère avec le public

: Terre des Hommes a des défis et c'est ensemble

que nous pourrons plus facilement les relever.

terre des hommes suisse n°99 - août 2010

TdH : Pourquoi travailler avec le rire ?

P.C. Essayer d'ouvrir les gens à Terre des Hommes

par mon travail, avec humour et légèreté, c'est ma

manière de soutenir cet anniversaire. Dans le paysage

surchargé de la communication, il n'est pas évident

de fidéliser les gens. Le rire, c'est un vecteur de

langage et de réflexion. Le spectacle d'humour libère

certains tabous. L'homme politique ou le responsable

d'association a des normes à respecter tandis

que moi, je peux me permettre la satire, j'ai le droit

d'ironiser. Parler de Terre des Hommes est assez

difficile, car je ne peux vraiment pas ironiser sur le

tremblement de terre en Haïti, et il faut que ce soit

instructif mais pas trop didactique. Je vais surtout

parler de relations humaines, d'émotions. L'improvisation

demande une grande préparation. Le procédé

comique utilise ce qui est présent dans la mémoire

vive collective, de façon à faire écho. Je surveille donc

systématiquement l'actualité, et j'ai dû me documenter

sur TdH, sur la Société de lecture.

TdH : Qu'attendez-vous de votre public ?

P.C. La soirée doit être festive et joyeuse. Si le contact

passe, le public participe, et alors c'est gagné. Je fais

Philippe Cohen lance une nouvelle saison de sa

compagnie Confiture. www.theatre-confiture.ch.

© TdH, Genève, Christiane Bruttin


Le coin du Sud 13

recette

Purée d'aubergines

Inde (Penjab)

cd

Boukman Eksperyans

Haïti

Boukman était un esclave jamaïcain

en fuite en Haïti et fut l'initiateur de

l’insurrection des esclaves. Prendre

comme nom de groupe de musique ce

héros de l’indépendance haïtienne,

c'est se charger d'une grande responsabilité

! Un défi que relèvent avec

succès Théodore (Lolo) Beaubrun, sa

femme Mimerose « Manzè » et son

équipe depuis la fin des années 70.

Leurs compositions originales sont

une fusion de rythmes ancestraux et

d'influence rock voire rap et hip-hop,

les textes sont inspirés de la culture

vaudou comme de messages altermondialistes.

Enregistré avant le séisme, son dernier

disque cherche à réveiller les

consciences d'un peuple de mortsvivants...

La révolte des Zombis, 2009

Pour 4 personnes

• 500 g d'aubergines

• 1 oignon

• 2 tomates

• 1 cc de chaque épice : coriandre

fraîche et en poudre, paprika, curcuma,

cumin et graines de fenouil

• 20 g de beurre, sel

• Couper les aubergines en deux dans

le sens de la longueur, les faire cuire

sur la grille du four jusqu’à ce que la

chair soit tendre.

• Eplucher et écraser.

• Cuire doucement dans le beurre

les oignons coupés fins, les tomate

en morceaux et les feuilles de coriandre.

• Ajouter les épices, saler et remuer à

feu plus vif pendant 2 min.

• Ajouter la pulpe d’aubergines et laisser

cuire à feux doux pendant 5 min.

© Illustrations : TdH, Sophie Marteau

Le Kukuli

Pérou

jeu

• 2 joueurs

• 1 plateau en bois

• 13 figurines en terre cuite

Ce jeu est issu d'une légende andine

qui met aux prises un homme déguisé

en ours (Ukuku – 1 figurine – 1

joueur) qui doit capturer des jeunes

femmes (Kukuli – 12 figurines –

l'autre joueur). L'Ukuku joue le premier

et place sa figurine où il veut sur

le plateau. À tour de rôle, chacun se

déplace sur le plateau en suivant les

lignes d'une intersection à une autre.

Pour capturer un Kukuli, l'Ukuku

doit sauter par-dessus celui-ci, si l'intersection

située derrière est libre. Si

l'Ukuku peut se déplacer dans toutes

les directions, les Kukulis ne peuvent

pas reculer. La prise successive de

plusieurs Kukulis est permise. L'objectif

des Kukulis est d'immobiliser

l'Ukuku, ou alors d'occuper les 7 intersections

de sa maison (triangle en

bas du plateau de jeu).

terre des hommes suisse n°99 - août 2010


Infos

Haïti, des mois après le séisme

La vie est toujours très difficile dans la capitale haïtienne.

La grande majorité de la population vit encore sous tente,

les rues sont peu déblayées, l'insécurité règne. Terre des

Hommes Suisse a élargi son soutien de 3 à 8 partenaires

locaux qui œuvrent en faveur des enfants : orphelins,

petits domestiques, filles agressées sexuellement, écoles

dont les structures se sont effondrées. Ceci avec l'appui

de la Chaîne du Bonheur. Des activités anti-stress

et créatives permettent de chasser peu à peu l'angoisse,

des maisons tonnelles ont été fournies à diverses communautés

ainsi que des semences dans une région rurale

qui a accueilli de nombreux sinistrés. Pour ce travail à

long terme, tout don est encore bienvenu !

© TdH : Haïti, Marc Joly

terre des hommes suisse n°99 - août 2010

Agir pour la Terre dans son école

Pour la 2 e année consécutive, à Genève, des élèves ont

réalisé des économies d'énergie dans leur établissement

scolaire permettant de fournir chauffage, électricité, eau

chaude et jardin potager à 3 écoles au Pérou. L'argent économisé

a été versé par les Communes concernées. Des

centaines d'élèves des écoles de Confignon et Cressy, En

Sauvy et Champs-Fréchets ont ainsi participé à cette expérience

de solidarité. Point d'orgue final : en juin, une exposition

organisée par Terragir et Terre des Hommes Suisse

présentait aux élèves et habitants de chaque commune les

aménagements concrets réalisés sur le terrain.

L'initiatrice de « Notre Terre » à Genève

De passage à Genève à la fin du mois de juillet, Wendy

Abrams, fondatrice de Cool Globes, a pu apprécier la version

genevoise de cette initiative qui a débuté en 2007 à

Chicago. « J'avais lu une étude qui disait que la raison pour

laquelle les gens se désintéressent de ces enjeux mondiaux

est qu'ils se sentent impuissants. Par le biais de « l'art public

», j'ai voulu leur montrer comment ils pouvaient agir,

sans les culpabiliser. » Voir aussi en pp. 2 et 10.

Photo insolite

Nous le savons tous, l'accès est l'eau est un enjeu planétaire.

On parle d'« or bleu » tant cette ressource est essentielle...

Faut-il rappeler que nous sommes tous constitués de 80%

d'eau ? Si plus d'1,5 milliard de personnes sur terre sont

privées d’eau potable, d’autres la gaspillent. L’agriculture

intensive génère une consommation incontrôlée et une

pollution sans précédent. Dans nos pays, nous n'avons qu'à

ouvrir nos robinets, en Inde, par exemple ici au Madhya

Pradesh, la ruée vers le camion citerne est une bataille

quotidienne pour la survie des familles. Alors économisons

cette belle énergie !

©TdH, Inde, Claude Visinand ©TdH, Genève, Doris Charollais ©TdH, Patricia Armada


Ça vous intéresse !

15

Votre entreprise au cœur

d'une opération solidaire

Terre des Hommes Suisse vous propose une gamme de produits originaux et solidaires.

Personnalisables à souhait. Offrez la différence !

Disponibles à la vente tout au long de l'année, ces produits constituent de véritables moyens d'action et de soutien

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terre des hommes suisse n°99 - août 2010


Manifestation de solidarité par Souad von Allmen

16

Marche de l'espoir

le 10.10.2010

Le 10 octobre 2010 aura lieu sur le Quai du Mont-Blanc, à Genève, la 19 e Marche de

l'espoir organisée par Terre des Hommes (TdH). Cette année, la thématique de l'événement

est l'accès à une alimentation saine et durable pour tous.

L'idée de la Marche de l'espoir est simple : les enfants

d'ici, sensibilisés aux dures réalités de la vie des enfants

dans les milieux précaires des pays du Sud, s'engagent à

parcourir des kilomètres, sponsorisés par des marraines

et des parrains. Et chaque pas rapporte ! En 2009, 4937

jeunes ont marché en faveur des projets d'éducation pour

les enfants défavorisés du Sénégal, récoltant un montant

total de près de 476 000 francs suisses. Bel exploit !

Sécurité alimentaire, le fil rouge

En cette année spéciale 50 e anniversaire de TdH, les bénéfices

seront attribués à l'ensemble des projets soutenus

par l'association, et notamment ceux visant à assurer la

sécurité alimentaire des familles défavorisées. L'accent

sera mis sur l'importance du respect de notre terre et la

préservation des ressources naturelles.

Aujourd'hui, plus d'un milliard d'humains souffrent de

faim ou de malnutrition chronique, et près de la moitié

sont des enfants ! Quel scandale quand on sait que

le problème de la faim ne s'explique pas par le manque

de nourriture (voir pp. 6-7). Dans ses différents pays

d'intervention, Terre des Hommes Suisse soutient des

projets qui renforcent la sécurité alimentaire de populations

rurales. Par exemple, au Jharkhand et Bengale

occidental, en Inde, l’association RDA (Rural Développement

Association), partenaire de TdH Suisse, assure

la promotion du statut des femmes dans des communautés

rurales et améliore les conditions de vie de la population.

Le projet couvre 17 villages et concerne près

de 3000 personnes. La création des groupes d’entraide

permet l’octroi de petits crédits. Chaque semaine, les

femmes versent environ 10 roupies (0,25 CHF) sur un

compte personnel, une épargne qui permet d’obtenir

des prêts à taux modique pour démarrer une activité génératrice

de revenus, culture ou élevage. L’amélioration

des conditions de vie passe également par une meilleure

gestion des ressources, en particulier de l’eau, mais aussi

par l’amélioration des techniques agricoles, d’élevage et

de pisciculture. Diversifier l’alimentation, améliorer les

rendements et accroître les revenus tout en préservant

l’environnement, tels sont les défis de ces femmes (voir

aussi le projet au Brésil en pp. 8-9).

Marcheurs, accompagnants, donateurs, notez déjà ce

rendez-vous contre la faim et pour la solidarité !

terre des hommes suisse n°99 - août 2010

Informations pratiques

• Date : dimanche 10 octobre 2010

• Lieu : Quai du Mont-Blanc – Genève

• Départ : 11h – départ symbolique avec lâcher

de ballons, mais la Marche peut être initiée

tout au long de l'après-midi

• Déroulement : l'ambiance sera festive.

Animations pour enfants et délices culinaires

du monde

• Clôture : les kilomètres sont comptabilisés

jusqu'à 17h30

• Inscriptions : si possible à l'avance sur

le site internet www.marchedelespoir.ch

• Les nouvelles inscriptions sont encore

acceptées sur place dès 9h30

Nager pour aider

• Durant le même week-end, Terre

des Hommes Suisse et Carouge

Natation unissent leurs efforts pour

la 9 e fois, au bénéfice des mêmes

familles et enfants défavorisés.

• Nager pour aider aura lieu le samedi

9 octobre 2010 de 9h à 19h

à la piscine des Vernets.

• www.nagerpouraider.ch /

www.marchedelespoir.ch

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