Le sport en Chine - ccifc

ccifc.org

Le sport en Chine - ccifc

Connexions

www.ccifc.org Le magazine de la Chambre de Commerce et d’Industrie Française en Chine

Numéro 38



中 国 的 体 育

Le sport en Chine

Plus

Réforme de l’impôt

sur les sociétés

La BD chinoise

Les atouts du Hubei


All members of the French Chamber of Commerce and Industry in China have 5% discount


Directrices de la publication

Florence Gomez - Juliette Yanitch

Responsable de la publication

Agathe Allain

Responsable du dossier

Anne Garrigue

Responsable de la traduction chinoise

Patricia Ruan

Graphiste maquettiste

Xie Bin

Ont collaboré à ce numéro

Marc Alloin, Nicolas Ajacques, Laurent Ballouhey, Olivier

Balma, Mathieu Baratier, Gilles de la Bourdonnaye, Antonia

Cimini, Anne-Séverine Douard, Julie Desné, Sébastien

Fayet, Alexandra Felli, Fabienne Goyeneche, Frédéric Guiral,

Loic Grasset, Yvonne Han, He Zhenliang, Mathias Herzog,

Philippe Irlande, Guillaume Janet, Pierre Justo, Sophie

Lavergne, Liu Feng, Gaëtan Le Brigant, Ma Yun, la Mission

Economique près l’Ambassade de France en Chine, Stéphane

Piskorz, Anne Valérie Ruinet, Shi Feng, Renaud de

Spens, Emilie Torgemen, Yu Lixian, Sandrine Zerbib, Joris

Zylberman

Photographie de couverture

Imagine China

Publicité

Pékin : Patricia Ruan Tél. : (010) 6512 1740 # 14

Shanghai : Moukda Phanthalangsy

Tél. : (021) 6132 7100 # 114

Guangzhou : Hervé Lambelin Tél. : (020) 8121 6818 # 801

CONNEXIONS est édité par la Chambre de Commerce et

d’Industrie Française en Chine

Pékin

Novotel Xinqiao Beijing, Area B, 6th Floor

2 Dongjiaominxiang, Dongcheng District

Beijing 100005, P.R.C.

E-mail : ccifc-beijing@ccifc.org

Tél : (010) 6512 1740

Fax : (010) 6512 1496

Shanghai

2/F, Mayfair Tower,

83 Fumin Road

Shanghai 200040, P.R.C.

E-mail : ccifc-shanghai@ccifc.org

Tél : (021) 6132 7100

Fax : (021) 6132 7101

Guangzhou

2/F, 64 Shamian Road

Guangzhou 510130, P.R.C.

E-mail : ccifc-guangzhou@ccifc.org

Tél : (020) 8121 6818

Fax : (020) 8121 6228

Imprimé par

Versatra Graphics

Toute reproduction même partielle des textes et documents parus dans ce numéro est soumise à

l’autorisation préalable de la rédaction. La CCIFC décline toute responsabilité quant aux documents

qui lui auraient été fournis, ou aux erreurs qui auraient pu échapper à son attention. Les propos

tenus dans les articles n’engagent que la responsabilité de leurs auteurs.

4


Éditorial

卷 首 语

Le sport en Chine, des ambitions en or

Chers membres, chers lecteurs,

Ce n’est pas un hasard si ce numéro de Connexions

est consacré au sport. A en juger par le nombre de

journaux et de magazines spécialisés en Chine -il en

existe pas moins de 12 353 - on comprendra que c’est

un sujet qui passionne les Chinois.

Au fil des pages vous découvrirez des articles, des

entretiens, ils traitent de l’histoire du sport, son

évolution, ses retombées économiques et dressent

un tableau de ses différents visages : Lacoste et

Aigle rêvent de conquérir le marché chinois. Yvonne

Han, ancienne championne de softball, raconte

sa sélection dés l’enfance et la rigueur des années

d’entraînements. Paradoxalement, cette rude école

de volonté lui a peut-être permis sa reconversion

exemplaire. Sandrine Zerbib, en Chine depuis 12 ans,

nous explique la stratégie d’Adidas qui mise sur les

étoiles montantes. Plusieurs portraits de ces athlètes

complètent le panorama, de Deng Yaping, légende

vivante du ping-pong, à Liu Xiang, recordman du 110

mètres haies, jusqu’à Yao Ming, superstar du basket...

Ce phénomène de société que représente le sport

n’est pas récent. Il n’a fait que s’accentuer ces dernières

années et accompagne l’élevation du niveau de vie

des Chinois. Rappelons qu’on trouve déjà des traces

中 国 的 体 育 , 夺 取 金 牌 的 雄 心

亲 爱 的 会 员 和 读 者 们 ,

我 们 选 择 “ 体 育 ” 作 为 这 期 杂 志 的 主 题 不 是 偶 然 的 。

经 过 对 报 纸 和 专 业 杂 志 数 量 的 分 析 , 我 们 发 现 在 中 国 至 少

有 12.353 种 体 育 类 的 报 纸 杂 志 , 因 此 可 以 得 知 体 育 是 中 国

人 很 感 兴 趣 的 一 个 主 题 。

本 期 杂 志 的 文 章 和 访 谈 解 读 了 中 国 的 体 育 史 , 它 的

发 展 以 及 带 来 的 经 济 影 响 , 并 构 成 了 一 个 多 层 面 的 画 面 :

LACOSTE 鳄 鱼 和 AIGLE 艾 高 想 赢 得 中 国 市 场 。 韩 素 青 ,

以 前 的 垒 球 冠 军 讲 述 了 她 自 幼 年 时 的 严 格 选 拔 和 多 年 来 的

艰 苦 训 练 。 然 而 , 这 种 经 历 给 了 她 顽 强 的 意 志 力 并 使 她 成

为 世 界 冠 军 。 桑 德 里 娜 . 泽 比 博 (Sandrine Zerbib) 在 中 国 居

住 了 12 年 , 她 讲 述 了 阿 迪 达 斯 以 年 轻 体 育 新 星 为 品 牌 代 言

人 的 企 业 战 略 。

对 运 动 员 的 介 绍 丰 富 了 杂 志 的 内 容 , 比 如 乒 坛 常 青 树 邓

亚 萍 ,110 米 栏 世 界 冠 军 刘 翔 , 还 有 篮 球 巨 星 姚 明 ......

体 育 所 代 表 的 社 会 现 象 并 不 是 新 鲜 事 物 , 只 是 随 着 近

些 年 人 民 生 活 水 平 的 提 高 而 突 显 。 我 们 已 经 从 中 国 4000 年

d’activités sportives, dans des reliques anciennes, qui

remontent à 4000 ans. Dès le 10è siècle le golf et le

polo firent leur apparition ! Un conseil : voir le Musée

du Sport de Chine à Pékin. De nos jours, on note

un regain d’intérêt pour les sports traditionnels, tels

les arts martiaux. Par ailleurs, après le ping-pong , le

volley-ball, le badminton, ... les Chinois éprouvent un

engouement pour le tennis, le golf, la voile, les sports

d’hiver, le billard, l’équitation et surtout le football.

Plus de 100 millions de fans regardent les matchs à la

télévision et 300 millions pratiquent un sport !

En 1984, la Chine participa pour la première

fois aux Jeux Olympiques et remporta 15 médailles

d’or, 8 d’argent et 9 de bronze... En 1992 et en 1996,

elle se hissa au 4ème rang, elle gagna la 3ème place

en 2000 avec 28 médailles d’or et la 2ème en 2004,

avec 32 titres olympiques. Son ascension sur la

scène sportive mondiale est impressionnante. Dans

la perspective des J. O. de Pékin de 2008, la Chine

prépare ses athlètes dans toutes les disciplines. Elle

affiche clairement ses ambitions en or !

Annick de Bentzmann

Présidente de la Chambre de Commerce

et d’Industrie Française en Chine

前 遗 留 的 古 迹 中 发 现 了 古 代 体 育 运 动 的 痕 迹 , 从 10 世 纪 起

就 有 了 高 尔 夫 球 和 马 球 ! 建 议 大 家 去 参 观 一 下 北 京 的 中 国

体 育 博 物 馆 。

今 天 , 我 们 发 现 人 们 对 传 统 体 育 项 目 重 拾 兴 趣 , 比 如

武 术 。 此 外 , 继 乒 乓 球 , 排 球 , 羽 毛 球 之 后 , 中 国 人 对 网

球 , 高 尔 夫 , 帆 船 , 滑 雪 , 台 球 , 马 术 , 尤 其 对 足 球 表 现 出

极 大 的 兴 趣 。 中 国 有 1 亿 多 球 迷 观 看 电 视 比 赛 ,3 亿 多 人 参

加 体 育 运 动 。

1984 年 , 中 国 首 次 参 加 奥 运 会 , 夺 得 15 枚 金 牌 ,8 枚 银

牌 和 9 枚 铜 牌 ......1992 年 和 1996 年 , 中 国 金 牌 数 跃 居 世 界

第 四 ,2000 年 居 第 三 , 共 获 得 28 枚 金 牌 ,2004 年 居 第 二 ,

共 获 得 奥 运 会 32 个 项 目 的 冠 军 。 中 国 在 世 界 体 育 舞 台 上 取

得 的 辉 煌 成 绩 令 人 瞩 目 。 展 望 2008 年 北 京 奥 运 会 , 中 国 正

在 为 各 个 项 目 备 战 , 表 明 了 夺 取 金 牌 的 雄 心 !

甘 安 懿

中 国 法 国 工 商 会 会 长

5


Connexions

Sommaire

Numéro 38

25

Entretien avec He Zhenliang

何 振 梁 专 访

Dossier

Le sport en Chine

中 国 的 体 育

8

11

© Imagine China

Entretien avec He zhenliang

« Il faut comprendre le patriotisme sportif

des Chinois »

Actualité

Echos de la presse chinoise

Sur le Net

Ecoles

Entreprises

Dossier Le sport en Chine :

Des ambitions en or

Le sport, la politique par d’autres moyens ?

Les deux visages du sport

La médiatisation du sport

10

16

20

21

22

27

28

33

36

Sponsoring sportif en Chine : Quelles retombées ? 37

Les sports préférés des Chinois urbains 38

Sport professionnel

« Les Chinois veulent devenir la première puissance 42

sportive mondiale »

Le parcours sans faute de Deng Yaping 44

Liu Xiang la fusée jaune 46

Yao Ming opération superstar 47

La deuxième vie d’Yvonne Han 48

« Aucun pays au monde ne s’entraîne autant que 50

la Chine »

L’organisation du sport en Chine

52

Shichahai, l’école des champions

Pékin 2008 :

Les jeux paralympiques

Sport loisir et ses retombées commerciales

Adidas, au plus près des stars chinoises

58

Lacoste, du tennis au ‘casual chic’

Aigle, la tendance Sportswear

China Team, l’Histoire dans les voiles

53

55

60

61

64

Tout schuss sur les sports de montagne 66

Le billard, nouvelle passion chinoise 69

Golf, le sport «classe affaire» 70

Le galop d’essai de l’équitation chinoise 71

Le rallye s’invite sur les routes de Chine 72

61

Dossier

Aigle, la tendance Sportswear

© Aigle

Angle Droit

Cadre légal de l’Architecture et du Design

Réforme de l’impôt sur les sociétés

74

75


Connexions

Sommaire

Numéro 38

La Chine à la loupe

Moteur du centre-Chine, la province du Hubei

Jardin de Monet, l’une des toutes premières PME

françaises à avoir choisi Wuhan

76

78

DPCA, dans le Hubei ... une longue histoire 79

La France à la loupe

L’Aquitaine

80

© Louis-François Durret

76

La Chine à la loupe

La province du Hubei :

moteur du centre-Chine

85 52 阿 基 坦 大 区

L’Aquitaine

La France à la loupe

© MICHELIN © Imagine China

Portrait d’entreprise

HAVAS Sports à l’assaut du sponsoring

sportif chinois

Culture

Les Gens

Liu Feng promet un bel avenir à la BD chinoise

Bande dessinée

La bande dessinée chinoise fait sa bulle

en France

Lire

La sélection de Laurent Ballouhey

专 访 何 振 梁 先 生

92

94

96

98

Ñ“ 要 理 解 中 国 人 的 体 育 爱 国 热 情 ” 13

时 讯 公 司 简 讯

Ñ 法 国 RCP 公 司 进 军 中 国 市 场 23

Ñ 彼 慕 羽 在 中 国 起 飞 23

Ñ 爱 集 斯 国 际 运 输 服 务 ( 上 海 ) 有 限 公 司 在 华 南 的 中 心 广

东 设 立 了 新 的 办 事 处

Ñ

中 文 目 录

法 国 企 业 国 际 发 展 局 向 励 展 中 国 转 让 “ 艺 术 法 国 , 家

中 绽 放 ” 的 展 览 概 念

24

26

专 栏 : 中 国 的 体 育

Ñ 体 育 : 政 治 的 手 段 ? 31

Ñ 阿 迪 达 斯 , 最 贴 近 中 国 明 星 的 品 牌 63

Ñ Lacoste, 从 网 球 系 列 到 休 闲 系 列 63

Ñ 艾 高 品 牌 瞄 准 中 国 的 中 产 阶 级 63

63

Lacoste, 从 网 球 系 列 到 休 闲 系 列

© LACOSTE

聚 焦 法 国

Ñ 阿 基 坦 大 区 85

公 司 特 写

Ñ 汉 威 士 体 育 文 化 传 播 公 司 : 直 面 中 国 体 育 赞 助 93


Entretien avec He Zhenliang

‘‘ Il faut comprendre

le patriotisme sportif des Chinois’’

© A. S. Douard

He Zhenliang.

en 1929,

ancien viceministre

en

charge des

sports de 1985

à 1994, il a

été président

du Comité

Olympique

Chinois entre

1989 et 1994.

Membre de la

Commission

exécutive du

CIO depuis 1985,

il en a été le

vice-président

de 1989 à 1993

et préside

aujourd’hui la

Commission

Culture et

Education

Olympique.

He Zhenliang, président d’honneur du Comité Olympique Chinois, membre du

Comité International Olympique, conseiller et membre du Conseil exécutif du

BOCOG 1 , parfaitement francophone, est immergé depuis plus d’un demi-siècle

dans le monde du sport chinois au plus haut niveau. Il en incarne aujourd’hui la

mémoire.

Comment en êtes-vous arrivé à vous intéresser

au sport ?

He Zhenliang : Dans mon enfance, j’aimais jouer au

ballon dans les lilong (ruelles) de Shanghai. Deux sacs

au coin de la rue et je shootais. Je fréquentais une école

franco-chinoise où j’ai appris à jouer à la balle au mur.

Pourtant, lors des compétitions, j’étais plus du côté des

supporters que des champions. En 1949, j’ai commencé à

travailler pour la Ligue de la jeunesse démocratique - qui

est devenue ensuite la Ligue de la jeunesse communiste

- au département international, qui s’occupait de sport.

Quand la Chine a participé aux J.O d’Helsinki en 1952, j’ai

travaillé comme interprète pour la délégation chinoise.

Notre participation était plutôt symbolique puisque nous

avions reçu l’invitation le jour de l’ouverture et qu’il nous

a fallu 5 jours pour rejoindre Helsinki par avion avec un

jour de repos à Moscou. Seul un nageur, Wu Chuanyu,

a pu participer à la compétition. Puis en 1953, quand la

République Populaire de Chine s’est lancée dans le premier

plan quinquennal, les ingénieurs dont j’étais, ont tous été

réquisitionnés. J’ai été affecté au Ministère numéro 2, en

charge de l’industrie pour la défense nationale. J’y suis

resté deux ans, tout en étant interprète bénévole lors du

festival mondial de la jeunesse à Bucarest. C’est là que

j’ai assisté pour la première fois, très ému, à la victoire de

Wu Chuanyu. Je me souviens encore de la foule levée, de

l’hymne et du drapeau.

Lorsque le gouvernement chinois a créé une commission

d’Etat du sport et de la culture physique, il a mis à sa tête le

maréchal He Long, qui était en même temps vice Premier

10


Entretien avec He Zhenliang

Ministre. C’était un homme qui avait commencé sa vie révolutionnaire

en se lançant à l’assaut d’une petite station

de police avec deux couteaux de cuisine et quelques amis.

Seigneur de la guerre avant la révolution, il avait abandonné

un train de vie confortable pour rejoindre les rangs

de l’armée rouge. Il aimait le sport et partout où il allait,

il créait un terrain de foot. Le maréchal He Long m’a demandé

de le rejoindre, et, je n’ai pu qu’obéir, même si, à

l’époque, j’aurais préféré servir à l’édification industrielle du

pays plutôt que de m’occuper d’une activité récréative. Depuis

ce jour, en 1955, je n’ai plus quitté le domaine du sport,

tout en servant, à de nombreuses reprises, d’interprète au

président Mao et au premier ministre Zhou Enlai.

En 1955, quels étaient les objectifs de la

Commission d’Etat du sport et de la culture

physique ?

He Zhenliang : Populariser la pratique du sport. Dans les

années 20, les sportifs se recrutaient exclusivement dans

les milieux universitaires ou dans l’armée. Le mot d’ordre du

président Mao était : « Développer le sport et l’éducation

physique pour fortifier le physique du peuple » 2 . Nous avions

fort à faire. Nous avons cherché, avec succès, à développer

le sport dans les villages, dans les usines et les bureaux.

Toutes les délégations étrangères en visite en Chine dans

les années 50 pouvaient observer comment, deux fois par

jour, le travail s’interrompait dans les bureaux et entreprises

pour un quart d’heure d’exercices physiques. Dans les

écoles, l’heure de sport quotidienne était obligatoire.

Dans les villages, nous avions transformé les champs en

terrains de basket, dont les poteaux rythmaient le paysage.

Avant cela, la Chine avait connu un développement

parallèle des activités physiques traditionnelles et des

sports modernes venus d’Europe et des Etats-Unis. Ces

sports avaient été introduits en Chine à la fin du 19ème

siècle. Une organisation nationale des sports englobant

tous les sports avait été créée au début du 20ème siècle.

La Fédération nationale du sport amateur de Chine était

née en 1910, d’abord administrée par des missionnaires

anglo-saxons, puis par des Chinois. C’est dans les années

20 que la Fédération nationale du sport amateur de

Chine est entrée en relation avec le Comité International

Olympique, puis en est devenue membre. A cette époque,

la Chine participait aux Jeux d’Extrême-Orient aux côtés

du Japon et des Philippines. Elle a cessé au début •••

1

Comité d’Organisation des Jeux des XXIXe Olympiades de Pékin (BOCOG)

2

Déclaration de Mao Zedong en 1952,

11


Entretien avec He Zhenliang

•••des années 30 pour protester contre la volonté des

Japonais de considérer l’Etat fantoche du Mandchoukouo

comme un pays à part entière et les jeux d’Extrême-Orient

cessèrent d’exister. La Chine a participé pour la première

fois aux Jeux Olympiques à Los Angeles en 1932 avec

un seul athlète, un coureur de fond venu de Dalian, Liu

Changchun.

Comment expliquer l’absence prolongée de la

Chine sur la scène olympique, puis son retour?

He Zhenliang : La question de la participation de la Chine

au mouvement olympique aurait du être réglée en 1952 lors

des JO d’Helsinki, auxquels nous avions participé, puisque le

CIO, à 23 voix contre 21, avait reconnu la Fédération nationale

de sport chinoise comme étant le Comité Olympique Chinois.

La Charte olympique du

CIO ne permet qu’une

représentation par pays

et, le président du CIO,

qui était alors Américain,

a volontairement gardé

Taiwan. En guise de

protestation, nous avons

du nous retirer des Jeux

de Melbourne en 1956,

au xquels p ar ticipait

Taiwan. En 1958, toute

relation entre notre pays,

le CIO et les fédérations

sportives internationales

« Nous ne pouvions

pas abandonner

notre drapeau rouge,

symbole du sang

des martyrs tombés

pour l’indépendance

du pays et la dignité

nationale »

entretenant des relations avec Taiwan, ont été rompues.

Cette situation n’a pu être réglée avant 1979, malgré les

tentatives de négociation. Il faut comprendre le sentiment

patriotique des Chinois. Il m’a été proposé personnellement

que Taiwan et nous participions ensemble aux Jeux

Olympiques, ralliés derrière le drapeau aux anneaux et au

son de l’hymne olympique. Je me souviens avoir répondu

immédiatement qu’il n’en était pas question. Nous ne

pouvions pas abandonner notre drapeau rouge, symbole

du sang des martyrs tombés pour l’indépendance du pays

et la dignité nationale, et ses étoiles symboles de l’unité du

Peuple. Ce patriotisme était important après les humiliations

et les agressions que nous avions vécues. Une fois debout,

nous ne pouvions plus accepter de nouvelles humiliations.

En 1979, deux évolutions majeures expliquent le retour de la

Chine sur la scène olympique. D’abord, la Chine et les Etats-

Unis ont repris officiellement des relations diplomatiques.

D’autre part, le maréchal Ye Jianying, qui assumait la fonction

de président de la Commission permanente du Congrès

National du Peuple a publié un « Message aux compatriotes

de Taiwan » dans lequel il déclarait opter pour une politique

de réunification pacifique plutôt que pour une « libération ».

C’est dans ce nouvel environnement diplomatique que la

Chine a pu réintégrer le mouvement olympique. En octobre

1979, le Comité International Olympique a pris la décision

de reconnaître le Comité Olympique Chinois, ce dernier

utilisant l’hymne et le drapeau de la République Populaire

de Chine, tout en acceptant qu’un Comité Olympique basé à

Taipei soit reconnu sous le nom de « Chinese Taipei Olympic

Committee » avec un drapeau et un hymne différents de

ceux utilisés précédemment. Cela étant, nous aurions pu

participer aux Jeux Olympiques de 1980. Malheureusement

entre-temps, l’URSS avait envahi l’Afghanistan. Beaucoup

de nations dont les Etats-Unis, se sont retirées des Jeux de

Moscou (1980) en signe de protestation. La Chine a fait de

même. Ce n’est donc qu’aux Jeux de Los Angeles, en 1984,

qu’elle est entrée à nouveau dans la compétition

olympique.

HE Zhenliang, Président d’honneur du

Comité Olympique Chinois

30 ans après ce retour, la Chine pourrait devenir

numéro 1 mondial lors des JO de 2008. Y croyezvous

?

He Zhenliang : Je ne crois pas que nous puissions rattraper

aussi vite notre retard. A Athènes, nous avons déjà réussi à

vaincre la Russie (au classement des médailles, la Russie

arrive 3ème et la Chine en deuxième position derrière les

Etats-Unis). Le facteur « chance » a joué et cette chance

peut tourner. Je suis lucide. Parmi les 300 médailles d’or, 119

concernent l’athlétisme, la natation ou les sports nautiques.

Nous avons pris des mesures pour combler nos lacunes,

mais cela demande du temps et, si nous ne manquons pas

de jeunes talents, nous manquons de bons entraîneurs.

Comme nous sommes plus ouverts aujourd’hui, nous

allons les chercher à l’étranger, en France notamment. Alors,

bien sûr, il se peut que nous gagnions. C’est la loi du sport :

autrefois, nous aussi nous avons aidé des athlètes d’autres

pays, comme les volleyeurs japonais par exemple, et ils sont

devenus plus forts que nous. Aujourd’hui c’est le contraire,

le charme du sport c’est précisément cette émulation

amicale.

© A. S. Douard

12


专 访 何 振 梁 先 生

Ces dernières années, la Chine n’a-t-elle pas

privilégié le sport d’élite au détriment du sport

populaire ?

He Zhenliang : Notre orientation actuelle est de faire

avancer ensemble le sport pour tous et la préparation

olympique. En 2006, l’administration des sports en Chine et

le ministère de l’Education ont décidé que dans les écoles

primaires et secondaires, il y aurait une heure d’activité

physique obligatoire par jour, en plus des deux ou trois

cours d’éducation physique par semaine. D’autre part,

nous voulons faire en sorte que chaque village soit doté

d’au moins un terrain de sport (basket et tennis de table)

pour encourager les plus démunis à pratiquer un sport.

Ce qui manque au dispositif, c’est le sport dans les usines

et les entreprises mais aujourd’hui les autorités centrales

n’ont plus d’autorité directe sur les sociétés privées. Aussi

nous encourageons plutôt la pratique du sport dans les

communautés de quartiers. Pour l’instant, le système des

clubs de sportifs amateurs n’est pas encore très développé

en Chine. Quant aux sports traditionnels chinois, pratiqués

en majorité par les personnes âgées, nous ne devons pas

les négliger puisque, pour nous, le but final reste la bonne

santé physique. •

Propos recueillis

par Anne Garrigue

何 振 梁 访 谈

( 何 振 梁 , 生 于 1929 年 ,1985 年 至 1994 年 任 副 部 长 , 负 责 体 育 工 作 ,1989 年 至 1994 年 担 任 中 国 奥 委 会 主

席 。 从 1985 年 开 始 作 为 国 际 奥 委 会 执 行 委 员 会 成 员 ,1989 年 到 1993 年 任 副 主 席 。 现 为 国 际 奥 委 会 文 化 及 奥 林 匹 克 教 育 委 员

会 主 席 )。

“ 要 理 解 中 国 人 的 体 育 爱 国 热 情 ”

何 振 梁 先 生 身 兼 中 国 奥 委 会 名 誉 主 席 , 国 际 奥 委 会 成 员 以 及 北 京 第 29 届 奥

运 会 组 委 会 执 行 委 员 会 顾 问 之 职 , 说 着 一 口 流 利 的 法 语 , 已 经 在 中 国 体 育

界 最 高 层 奋 斗 了 半 个 多 世 纪 。 今 天 我 们 来 听 听 他 的 故 事 。

您 在 2002 年 取 得 了 中 国 体 育 最 高 奖 项 ,CCTV 奖 。 您 是 如

何 对 体 育 开 始 感 兴 趣 的 ?

何 振 梁 : 小 时 候 我 喜 欢 在 上 海 的 弄 堂 里 玩 球 。 把 两 只 书 包

在 地 上 一 放 , 就 开 始 射 门 。 我 上 的 学 校 叫 中 法 学 堂 , 在 那

里 我 学 会 了 打 墙 球 。 那 时 候 在 比 赛 中 , 我 更 多 的 是 充 当 啦

啦 队 而 非 优 胜 者 。 我 从 1949 年 开 始 在 新 民 主 主 义 青 年 团 国

际 体 育 部 工 作 , 也 就 是 后 来 的 共 青 团 。1952 年 中 国 参 加 赫

尔 辛 基 奥 林 匹 克 运 动 会 , 我 担 任 中 国 代 表 团 的 翻 译 。 那 次

我 们 国 家 参 加 奥 运 会 是 象 征 性 的 , 我 们 在 开 幕 式 那 天 才 收

到 邀 请 , 然 后 花 了 五 天 的 时 间 才 到 达 赫 尔 辛 基 , 只 有 一 名

游 泳 运 动 员 吴 传 玉 参 加 了 那 次 奥 运 会 的 比 赛 。1953 年 , 中

华 人 民 共 和 国 开 始 实 施 第 一 个 五 年 计 划 , 工 程 技 术 人 员 被

召 回 参 加 工 业 建 设 。 我 被 派 到 了 负 责 国 防 工 业 的 第 二 机 械

工 业 部 工 作 了 两 年 , 还 在 布 加 勒 斯 特 举 行 的 世 界 青 年 节 期

间 做 志 愿 者 翻 译 。 也 就 是 在 那 儿 , 我 第 一 次 非 常 激 动 地 目

睹 了 吴 传 玉 的 胜 利 , 我 还 记 得 那 时 候 欢 腾 的 人 群 , 飘 扬 的

国 旗 和 嘹 亮 的 国 歌 声 。

当 中 国 政 府 成 立 国 家 体 育 运 动 委 员 会 的 时 候 , 由 国 家

副 总 理 贺 龙 元 帅 担 任 主 任 。 贺 元 帅 从 带 领 几 个 农 民 手 持 菜

刀 夺 占 盐 局 开 始 了 他 的 革 命 生 涯 。 成 为 国 民 党 高 级 将 领

“ 当 中 国 政 府 成 立

国 家 体 育 运 动 委 员

会 的 时 候 , 由 国 家

副 总 理 贺 龙 元 帅

(1896-1969) 担 任 主

任 ”

后 , 他 放 弃 了 优 越 舒 适 的 生 活 , 参 加 了 红 军 。 他 爱 好 体 育

运 动 , 走 到 哪 里 都 能 开 辟 出 一 块 运 动 场 。 贺 龙 将 军 把 我 召

来 , 作 为 一 名 党 员 , 我 只 能 服 从 命 令 , 其 实 那 时 我 更 想 为 国

家 的 工 业 建 设 出 力 , 而 不 是 从 事 休 闲 体 育 工 作 。 从 1955 年

的 那 天 开 始 , 我 就 再 也 没 有 离 开 过 体 育 领 域 , 中 间 多 次 担

任 毛 主 席 和 周 总 理 的 翻 译 。

1955 年 国 家 体 育 委 员 会 的 目 标 是 什 么 ?

何 振 梁 : 发 展 体 育 运 动 。30 年 代 从 事 体 育 的 人 无 一 例 外 来

自 大 学 和 军 队 。50 年 代 毛 主 席 号 召 “ 发 展 体 育 运 动 , 增 强 人

© DR

13


专 访 何 振 梁 先 生

民 体 质 ”, 我 们 需 要 开 拓 这 片 新 领 域 。 我 们 在 农 村 , 在 工

厂 , 还 有 办 公 室 成 功 推 广 了 体 育 活 动 。50 年 代 的 外 国 代 表

团 都 可 以 看 到 我 们 当 时 是 如 何 发 展 体 育 的 , 在 机 关 、 工 矿

企 业 , 每 天 有 两 次 体 育 活 动 , 每 次 十 五 分 钟 , 学 校 中 每 天

一 个 小 时 的 体 育 活 动 , 还 要 加 上 体 育 课 。 在 农 村 , 我 们 把

打 谷 场 改 成 篮 球 场 , 在 那 儿 竖 立 起 篮 球 架 , 它 成 为 农 村 风

景 不 可 缺 少 的 一 部 分 。 那 时 候 的 生 活 虽 然 简 朴 , 人 们 的 精

神 却 十 分 高 昂 。

那 时 候 中 国 传 统 体 育 和 来 自 欧 美 的 现 代 体 育 同 时 发

展 。 这 些 现 代 体 育 活 动 在 19 世 纪 末 已 经 传 到 中 国 。 全 国 性

体 育 组 织 在 20 世 纪 初 成 立 。1910 年 , 中 国 全 国 体 育 促 进 会

成 立 , 最 初 由 英 美 的 传 教 士 管 理 , 后 来 管 理 权 交 到 中 国 人

手 里 。20 年 代 , 该 协 会 开 始 与 国 际 奥 委 会 建 立 联 系 并 得 到

其 承 认 。 那 时 候 中 国 与 日 本 和 菲 律 宾 一 起 举 行 远 东 运 动

会 。30 年 代 初 为 了 反 抗 日 本 扶 持 满 州 傀 儡 政 权 而 抵 制 参

加 远 东 运 动 会 。 远 东 运 动 就 此 不 再 存 在 。 中 国 第 一 次 参 加

奥 运 会 是 1932 年 的 洛 杉 矶 奥 运 会 , 当 时 只 有 一 名 田 径 运 动

员 , 来 自 大 连 的 刘 常 春 参 加 了 那 次 奥 运 会 的 比 赛 。

会 。 在 这 期 间 , 俄 国 侵 占 了 阿 富 汗 , 不 少 国 家 包 括 美 国 为

了 抗 议 这 次 侵 略 行 为 , 退 出 了 1980 年 莫 斯 科 奥 运 会 , 直 到

1984 年 洛 杉 矶 奥 运 会 , 中 国 才 参 加 了 奥 运 会 的 比 赛 。。

在 重 返 奥 运 舞 台 30 年 后 , 中 国 在 即 将 到 来 的 2008 奥 运 会 上

应 该 会 成 为 世 界 第 一 。 您 相 信 吗 ?

何 振 梁 : 我 不 认 为 我 们 这 么 快 就 能 赶 上 差 距 。 在 雅 典 奥

运 会 上 , 有 6 场 决 赛 是 在 中 国 与 俄 国 之 间 进 行 , 我 们 都 胜

了 ( 以 奖 牌 排 名 的 话 , 俄 国 第 三 , 中 国 第 二 , 位 于 美 国 之

后 ), 这 里 有 运 气 在 起 作 用 , 但 是 运 气 会 转 向 , 我 很 清 楚

这 一 点 。 在 300 枚 金 牌 中 ,119 枚 属 于 田 径 、 游 泳 和 水 上 运

动 , 在 这 方 面 我 们 的 奖 牌 很 少 。 我 们 采 取 了 一 些 措 施 来 弥

补 这 一 缺 陷 , 但 这 需 要 时 间 。 我 们 不 缺 有 运 动 禀 赋 的 年 青

人 , 缺 的 是 优 秀 的 教 练 。 今 天 中 国 更 加 开 放 , 我 们 可 以 到

国 外 尤 其 是 法 国 去 寻 找 教 练 。 当 然 , 我 们 可 能 会 因 而 赢 得

比 赛 , 但 这 也 没 什 么 可 指 责 的 。 我 们 也 曾 帮 助 过 外 国 的 运

动 员 , 像 日 本 的 排 球 运 动 员 , 他 们 如 今 已 经 超 过 了 我 们 。

体 育 的 魅 力 还 在 于 友 好 的 竞 赛 。

您 如 何 解 释 中 国 三 十 年 缺 席 奥 运 会 , 后 来 又 重 返 奥 运 舞 台

呢 ?

何 振 梁 : 中 国 参 加 奥 运 会 这 一 问 题 早 在 1952 年 的 赫 尔 辛 基

奥 运 会 上 就 应 该 得 到 解 决 , 我 们 参 加 了 那 次 奥 运 会 , 国 际

奥 委 会 在 它 的 第 50 次 全 会 上 以 23 比 21 票 承 认 了 中 国 奥 委

会 。 奥 林 匹 克 宪 章 规 定 在 一 个 国 家 只 承 认 一 个 奥 委 会 。 但

不 幸 的 是 , 那 时 的 美 国 人 擅 自 保 留 了 台 湾 。 为 了 抗 议 台 湾

派 代 表 团 参 加 1956 年 墨 尔 本 奥 运 会 , 我 们 退 出 了 那 次 奥 运

会 。1958 年 我 国 与 国 际 奥 委 会 以 及 一 些 与 台 湾 保 持 关 系 的

国 际 体 育 联 合 会 断 绝 关 系 。 这 个 问 题 一 直 持 续 到 1979 年 ,

虽 然 在 此 期 间 也 曾 试 图 谈 判 。 必 须 了 解 中 国 人 的 爱 国 感

情 。 当 时 曾 经 有 人 向 我 建 议 让 台 湾 与 中 国 在 同 一 个 旗 帜 下

参 加 奥 运 会 , 我 当 时 立 即 回 答 “ 不 可 能 ”。 我 们 不 能 不 打

我 们 的 红 旗 , 那 是 为 了 我 们 国 家 独 立 和 尊 严 而 牺 牲 的 烈 士

们 的 鲜 血 的 象 征 , 五 颗 星 代 表 人 民 的 团 结 。 这 种 爱 国 精 神

之 所 以 强 烈 , 是 因 为 我 们 遭 受 过 很 多 的 屈 辱 和 入 侵 。 现 在

我 们 站 起 来 了 , 再 也 不 能 忍 受 新 的 屈 辱 。

1979 年 , 中 国 重 返 奥 运 舞 台 , 之 前 发 生 了 两 大 事 件 。

第 一 件 是 中 美 两 国 重 新 建 立 正 式 的 外 交 关 系 , 另 一 件 是 全

国 人 大 常 委 会 主 席 叶 剑 英 元 帅 发 表 了 告 台 湾 同 胞 书 , 信 中

宣 布 了 和 平 统 一 政 策 。 在 这 种 新 的 外 交 环 境 下 中 国 重 返 了

奥 运 。1979 年 10 月 , 国 际 奥 委 会 承 认 会 址 在 北 京 的 中 国 奥

委 会 , 使 用 了 中 华 人 民 共 和 国 的 国 旗 和 国 歌 。 据 此 , 我 们

本 应 可 以 参 加 1980 年 莫 斯 科 奥 运 会 , 不 幸 的 是 ,“ 中 国 台

北 ” 在 台 北 的 奥 委 会 使 用 不 同 于 他 们 以 前 的 旗 帜 参 加 奥 运

“ 体 育 运

动 最 终 目

标 是 为 了 身

体 健 康 ”

最 近 几 年 , 中 国 有 没 有 过 于 重 视 选 拔 性 体 育 而 忽 视 了 大 众

体 育 运 动 ?

何 振 梁 : 我 们 的 方 针 是 发 展 全 民 体 育 , 积 极 准 备 奥 运 。

2006 年 国 家 体 育 总 局 和 教 育 部 要 求 小 学 和 中 学 安 排 每 天 一

小 时 体 育 活 动 以 及 每 周 二 至 三 节 体 育 课 。 我 们 计 划 在 农 村

的 每 个 村 子 至 少 开 辟 出 一 块 运 动 场 地 , 鼓 励 广 大 群 众 参 加

体 育 活 动 。 现 在 我 们 还 没 有 落 实 的 是 在 工 厂 企 业 中 的 体 育

活 动 问 题 , 因 为 中 央 对 私 营 企 业 不 进 行 直 接 管 理 。 所 以 我

们 鼓 励 社 区 积 极 开 展 体 育 。 就 目 前 而 言 , 中 国 的 业 余 体 育

俱 乐 部 系 统 还 不 发 达 。

说 到 传 统 体 育 运 动 项 目 , 它 涉 及 的 人 群 多 为 上 年 纪 的

人 , 我 们 也 不 能 忽 视 这 部 分 人 , 因 为 体 育 运 动 最 终 目 标 是

为 了 身 体 健 康 。•

© A. S. Douard

14


Actualité échos de la presse chinoise

© M. Baratier

L’Assemblée Nationale Populaire

Transparence, contestations et télescopages politico-culturels ...

Lors de la 5e session du 10e congrès qui a marqué le mois de mars 2007, les débats

des deux assemblées, Assemblée Nationale Populaire et Conférence Consultative

Politique (CPPCC) ont été largement retranscrites dans la presse chinoise. Cette

transparence accrue semble refléter quelques changements culturels et structurels

du pouvoir.

Cette année constitue un tournant pour la transparence

du système parlementaire chinois, affirme un

article du Quotidien du Droit (Fazhi Ribao). Au delà

des améliorations quantitatives, comme l’augmentation

du nombre des réunions parlementaires ouvertes à la

presse, plusieurs innovations structurelles et surtout culturelles

ont été mises en oeuvre. Ainsi, l’article explique que

des sites internet très riches ont été mis en place et que les

attachés de presse, plus nombreux, doivent laisser ouvert

leur téléphone portable 24h sur 24 pour répondre aux

questions des journalistes. Autre nouveauté, les journalistes

étrangers voulant obtenir un entretien avec un député

peuvent maintenant contacter directement celui-ci, alors

qu’ils devaient passer par un attaché de presse encore l’année

dernière.

Démocratie participative sur Internet

Le quotidien libéral de Canton (Nanfang Dushibao) revient

quant à lui sur les récentes initiatives du gouvernement en

matière de démocratie participative sur internet. En moins

d’une semaine, plus de 120 000 internautes auraient déjà

participé à la campagne électronique “J’ai une question

à poser au Premier Ministre”, proposée sur la plupart des

grands portails chinois. L’article affirme que la mise en

oeuvre d’un gouvernement participatif en Chine a réellement

pris son essor lors de la session parlementaire de

2006, lorsqu’un député a proposé au Premier Ministre

l’idée d’ouvrir un blog. Certains commentateurs ont même

pu prétendre que le régime chinois se transformait en

démocratie électronique, explique l’hebdomadaire sans

souscrire totalement à cette analyse. Le Nanfang Dushibao

affirme cependant qu’il ne suffit pas que les citoyens puissent

s’exprimer sur internet pour que l’on puisse parler de

démocratie, le pouvoir n’étant pas tenu de le prendre en

compte. Il fait également remarquer qu’il s’agit plus de pratiques

que d’un système inscrit dans la loi.

L’hebdomadaire ne peut toutefois pas s’empêcher d’afficher

son admiration pour la vitalité et le sens politique des

internautes chinois qui témoignent du renforcement de

l’intérêt de l’opinion pour la chose publique.

16


ANP : les temps forts

L’ Assemblée Nationale Populaire s’est tenue du 5 au 16 mars au Grand Palais

du Peuple de Pékin. Elle a été saisie, au cours de ses 11 jours de sessions, de

presque 800 motions.

Ce qu’il faut en retenir :

Le rapport de politique générale, présenté par le Premier Ministre Wen Jiabao, a mis l’accent sur le « bien-être

du peuple » et a fixé un taux de croissance de 8 % pour l’année 2007. Ce rapport a été approuvé à 2 862 voix

sur les 2 889 exprimées.

• La loi sur la propriété : “la propriété de l’Etat, de la collectivité, de l’individu ou autres organismes est protégée

par la loi et aucune unité ou individu ne peut y porter atteinte.” La loi a été adoptée par 2 799 voix pour, 52 voix

contre et 38 absentions. 13 ans de préparation et 7 lectures auront précédé le vote de cette loi historique.

• La loi sur l’impôt sur les sociétés (voir rubrique Angle droit, page 72). Adoptée par 2826 voix pour, 37 contre et

22 abstention, elle constitue une étape importante dans l’unification du droit régissant les sociétés à capitaux

chinois et à capitaux étrangers. Elle entrera en vigueur le 1er janvier 2008.

Juliette Yanitch

Le domaine des finances publiques

Le quotidien anglophone China Daily titre “C’est le moment

pour les députés de poser des questions difficiles

aux officiels”, dans un article du sociologue Sun Lipin, de

l’université Qinghua, plaidant pour un mécanisme institutionnel

renforçant le rôle inquisitoire des assemblées.

Il apparaît significatif que les députés les plus remuants

interpellent le gouvernement et l’administration surtout

dans le domaine des finances publiques. Ainsi, le 6 mars,

Feng Pei’en, membre de la Conférence Consultative, a dénoncé

l’inflation des dépenses de l’Etat, multipliées par 23

depuis 1986, alors que le PNB n’était multiplié que par 14,6

dans la même période. Il s’insurge contre l’abus des voitures

de fonctions, des banquets, du “tourisme administratif”

à l’étranger et autres dépenses de prestige personnel, et

demande au gouvernement de montrer l’exemple.

Le 7 mars, deux jours après l’ouverture de la session parlementaire,

Sina, le portail le plus visité de Chine, avait choisi

de mettre l’opinion contestaire de la députée Chen Shu

en troisième position de ses actualités. Celle-ci s’est plainte

publiquement du manque de transparence du budget de

l’Etat et des collectivités locales, qui ne fournit que quelques

grands chiffres, et empêche donc les représentants

de faire leur travail d’évaluation et de contrôle des politiques

et des équilibres financiers. Cet article a suscité à

ce jour près de mille commentaires d’internautes, la quasi

totalité enthousiastes et élogieux. Seule une minorité reste

sceptique alors que de nombreux autres députés et articles

ont abondé dans son sens. Cai Dingjian, professeur à

l’université de Sciences Politiques de Chine, affirme ainsi

dans les colonnes du Xinjing Bao l’impérieuse nécessité de

la transparence du budget, car c’est “la première condition

de la démocratie”, une “nécessité de l’Etat de droit”, une

“façon de lutter contre la corruption”, et un moyen pour

l’Etat d’être plus efficace.

Renaud de Spens

Attaché de presse de l’Ambassade de France en Chine

© M. Baratier

© M. Baratier

© M. Baratier

17


Actualité échos de la presse chinoise

La venue de Michèle Alliot-Marie a suscité un certain intérêt de la

part de la presse chinoise, qui suit de manière attentive la question

de l’embargo sur les ventes d’armes à la Chine.

Les medias ont retenu la double problématique de la visite du

ministre des Affaires étrangères français Philippe Douste-Blazy en

Chine : le renforcement de la coopération bilatérale et la promotion

du projet UNITAID.

BILATÉRAL

Lever l’embargo sur les ventes d’armes vers la Chine

Michèle Alliot-Marie a eu l’honneur de la “Une” du Quotidien du Peuple, avec une

photo la représentant s’entretenant souriante avec le président Hu Jintao. Cet

article, pratiquement identique à la dépêche de l’agence Chine Nouvelle a été

repris sur tous les journaux officiels et les grands portails internet comme Sina.com

Il souligne que la visite s’inscrit dans le développement du partenariat stratégique entre la

Chine et la France, et entre la Chine et l’Europe. L’article cite les déclarations du président

Hu selon lesquelles la Chine et la France portaient toutes deux une responsabilité

importante dans la garantie de la paix et du développement dans le monde.

© DR © DR

Le journal de Shanghai Wenhui Bao a en outre fait paraître le 19 mars un entretien que lui

avait accordé le ministre de la défense avant son départ en Chine. La mise en page met

l’accent sur plusieurs positions politiques :

- l’opposition à l’embargo sur les armes en direction de la Chine

- la crise atomique iranienne doit être réglée par le dialogue

- les Etats-Unis doivent être encouragés à suivre la voie du multilatéralisme

- l’OTAN n’a pas vocation à entrer en concurrence avec les opérations de maintien de la

paix des Nations Unies

- il faut s’efforcer de régler le problème de la production de drogue en Afghanistan.

“L’Europe doit lever l’embargo sur les ventes d’armes vers la Chine” titre le Xinjing Bao

(Beijing News), dans son édition du 20 mars. Le ministre a mis en parallèle les conditions

d’attribution des jeux olympiques et les exigences internationales en matière de ventes

d’armement, pour affirmer que l’embargo sur les armes était illogique. Elle a en outre

souligné que cette position était ferme et ne variait pas, et qu’elle venait de l’exprimer

dans les mêmes termes à Tokyo, et quelques mois plus tôt devant le Congrès américain.

Romantisme français et diplomatie

La visite du ministre des Affaires étrangères français a été largement relayée. Les sujets

à l’honneur sont le renforcement de la coopération bilatérale et la promotion du

projet UNITAID. La presse porte aussi un regard intéressé sur les efforts du ministre

en faveur du rayonnement de la médecine traditionnelle chinoise. CCTV et Phoenix TV ont

couvert la visite dans leurs journaux télévisés. Affirmant que le “romantisme français” savait

aussi s’exprimer dans la diplomatie, CCTV a mis l’accent sur la coopération des deux pays

concernant la crise iranienne, et sur leur identité de vue concernant le développement de

l’Afrique.

18


© R. de Spens

Le 2 mars, le Xinjing Bao (Beijing News) publiait un article du journaliste Gong Junling, qui

avait posé au ministre français une question sur les probabilités de changement de la politique

française à l’égard de la Chine après les élections présidentielles de mai 2007. Il retranscrit

la réponse du ministre, affirmant que Nicolas Sarkozy, s’il était élu, continuerait dans la

voie déjà engagée aujourd’hui, en raison notamment de son attachement à un monde

multipolaire.

Un certain nombre d’autres titres ont rendu compte de la visite ministèrielle, en choisissant

de mettre l’accent sur le soutien actif du ministre français pour l’homologation et l’exportation

des médicaments chinois, soutien qui suscite naturellement un fort intérêt de l’opinion

publique chinoise. Le contenu de ces articles reprend souvent presque exactement le communiqué

de presse en chinois fournit par le service de presse de l’ambassade de France.

Le projet UNITAID a fait l’objet des titres de deux journaux. Le quotidien anglophone

China Daily a présenté le projet, mais c ‘est le Quotidien de la Jeunesse de Pékin qui est le

plus complet sur le sujet, avec en titre choc “Le ministre français des Affaires étrangères

fait une ordonnance pour faire face au terrorisme global. Taxer les riches pour donner des

médicaments aux pauvres”. Il explique que le ministre français propose pour les problèmes

du monde une forme de médecine : les pays développés doivent se réunir pour aider les

populations des pays pauvres à accéder aux médicaments. Il cite les propos du ministre,

selon lesquels les écarts de richesse ne cessent de s’agrandir sous l’effet de la globalisation.

Un adolescent africain qui ne peut sauver ses parents malades parce que les médicaments

sont trop chers aura toutes les chances de développer une haine, qui pourra se tourner vers

les pays développés dont il voit les gaspillages à la télévision, et il sera ainsi facilement manipulable

par les mouvances terroristes. C’est pour cela qu’UNITAID a été créé, proposant le

financement de livraisons de médicaments vers les pays du Sud par une taxe modeste sur

les billets d’avion.

Renaud de Spens

19


Actualité sur le Net

Sur Internet, la parodie est devenue une véritable culture. Les bloggeurs

sont passés maîtres dans l’art de manier le sarcasme et l’ironie. Aucun sujet

n’échappe à la critique, pas même la politique. Et dans ce climat d’impertinence

débridée, le monde virtuel est soudain plus vrai que nature.

Les photos ont fait le tour des blogs chinois. On y voit

les députés pendant le discours du Premier Ministre,

tous ont la tête inclinée et les yeux

fermés. Ils dorment profondément. Cette

série de clichés irrévérencieux a déchaîné

les commentaires des internautes qui oscillent

entre sarcasme et indignation. Sur la

page de Wang Xiaofeng, un des blogs les

plus en vue du net chinois, un farceur propose

de rebaptiser la cession parlementaire

« les deux siestes » en détournant le nom

officiel des « deux réunions ». Plus cynique,

un autre aimerait que ces cadres provinciaux dorment plus

souvent : « s’ils étaient toujours comme ça, la société serait

plus harmonieuse », lâche-t-il, en allusion au slogan officiel

des dirigeants chinois. Le constat s’impose : sur le net, personne

ne croit à l’utilité de cette grand messe du pouvoir.

« Même s’ils se réveillent, ils ne peuvent rien faire », explique

un surfeur sans illusion sur le rôle des représentants du

peuple. Le gouvernement a bien essayé, en vain, de rallier

le monde virtuel à sa cause. Quelques députés ont même

ouvert leur propre blog, à leurs risques et périls. Une représentante

du Hubei se

fait ainsi vertement

interpeller sur

sa page personnelle

par

un internaute

qui lui lance :

« Mais qui est-ce que

tu représentes? » Finalement,

c’est surtout le

prix payé pour cet événement qui

provoque les attaques les plus nombreuses.

Le site personnel d’un journaliste

de Shenzhen en donne un aperçu.

Déplacements, hôtels, repas, c’est 5 milliards

de RMB qui sont engloutis pas les

« deux réunions ». Le reporteur, un habitué

de cette cession, fait le compte :

« pour quinze jours de sieste, chaque

député coûte à l’Etat l’équivalent du

La culture de la

« parodie » a

conquis de

nouvelles lettres

de noblesse

salaire annuel de deux paysans ». Solution aussitôt avancée

par un surfeur de passage sur son site : « il faut organiser

cette réunion sur internet, c’est moins cher

et plus efficace que de faire venir tout le

monde à Pékin».

Avec la cession du Parlement, la culture

de la « parodie » a conquis de nouvelles

lettres de noblesse. Et si les surfeurs

chinois ont le goût de l’ironie, celle-ci ne

connaît pas de frontière. Plusieurs blogs

se passionnent ainsi pour un film français,

« les Chinois à Paris», sorti en 1974. Sur le net

chinois, cette comédie de Jean Yanne est élevée au rang

de chef-d’œuvre parodique. L’histoire raconte l’invasion

et l’occupation de la France par l’Armée Populaire de

Libération. Le président de la république se réfugie aux

Etats-Unis et les Chinois installent un régime fantoche qui

interdit les voitures, l’alcool et la prostitution. Les murs de

la capitale française sont tapissés de slogans marxistes, sur

le modèle des Dazibao de l’époque. Mais quelque temps

plus tard, les austères militaires chinois succombent aux

charmes de Paris, basculent dans la débauche, et finissent

par se retirer d’eux-mêmes. Pour les internautes, cette

farce montre toutes

les idées fausses

sur la Révolution

C u l t u r e l l e ,

a s s i m i l é e ,

d ans l’esprit

des Français,

à leur « mai 68. »

Pour sa part, l’infatigable

bloggeur Wang Xiaofeng

trouve que ce film est

tout simplement visionnaire sur

l’évolution du socialisme en Chine.

Il décrit, avec 30 ans d’avance,

comment les artisans de la révolution

prolétarienne vont se laisser

corrompre par les plaisirs

de la vie capitaliste...

Mathieu Baratier

© DR

20


Actualité écoles

Sciences Po emmène des

jeunes des banlieues en Chine

Emmener en Chine quatre classes de seconde

issues de lycées classés en Zone d’Education

Prioritaire, tel est le pari réussi par Sciences

Po. Grâce au concours de plusieurs sociétés présentes

en Chine, Veolia propreté, SEB, Danone, Carrefour,

Total, L’Oréal, Gide et EDF, ce voyage a permis

à ces jeunes de Seine-Saint-Denis de voyager

au cœur de la mondialisation. « A l’étranger, ils se

sont sentis fiers d’être Français et ont pu découvrir

les métiers de la mondialisation grâce aux témoignages

d’hommes de terrain», explique Alessia

Lefébure, directrice du centre Asie de Sciences Po

et cheville ouvrière de la présence de l’institution

en Chine depuis 2002. « Nous avons aujourd’hui

trois de nos professeurs qui enseignent à Qinghua

et Beida. Des étudiants chinois viennent à Paris

suivre des MPA (master of public administration),

grâce au concours financier de la Société générale,

Axa et Airbus. Plusieurs programmes de recherche

sont lancés (énergie, sociologie de la consommation,

développement des ONG, transformations du

système légal) et nous sommes partenaires d’une

chaire commune à Beida, portant sur le thème gouvernance

et globalisation ».

De passage à Pékin, Richard Descoings, qui, à la tête

de Sciences Po depuis 1996, a fait de l’intégration

internationale et de la diversification sociale les

thèmes clés de ses mandats successifs, souligne qu’il

faut aujourd’hui « penser ensemble démocratisation

sociale et mondialisation ». L’auteur de Sciences Po :

de la Courneuve à Shanghai 1 a fait de ce voyage de

lycéens un symbole de sa politique. « Notre objectif

n’est pas quantitatif mais qualitatif. Nous voulons,

dans un monde globalisé et compétitif, attirer

les meilleurs étudiants de la planète, devenir une

référence en Europe ». Le récent classement de

Times Higher Education Supplement, qui place

Sciences Po à la 52e place, troisième Français, des

200 meilleures universités mondiales confirme que

l’objectif est en voie d’être atteint.

1

Presses de Sciences Po, 2007

© Sciences Po

Les étudiants chinois

face à la hausse des frais de scolarité

en France.

La récente hausse des frais de scolarité

universitaire en France fait l’objet d’un

article de Liu Kunzhe du Quotidien de la

Jeunesse Chinoise. Elle est allée interviewer à ce

sujet Dominique Dubois, attaché de coopération

universitaire de l’ambassade de France. Le

postulat rhétorique de l’article est de s’inquiéter

du sort économique des quelques 16 000

étudiants chinois en France, et de tous leurs

futurs camarades encore en Chine. Toutefois,

son objet réel est de montrer les avantages

d’aller étudier en France, et de détailler toutes

les dispositions légales et sociales en faveur des

étudiants, de l’aide au logement à la construction

de nouveaux campus universitaires. La conclusion

est très positive : les frais universitaires français

restent moins chers qu’en Chine. Et même si le

coût de la vie est beaucoup plus élevé en France,

il y aurait aujourd’hui de plus en plus d’étudiants

chinois qui rêvent de la France, parfois sans

connaître un seul mot de français.

Renaud de Spens

Une université de droit

sino-européenne à Shanghai

D’un commun accord, l’Union européenne

et la Chine ont approuvé la création

d’une université de droit commune

destinée à approfondir la compréhension de leurs

systèmes judiciaires respectifs. L’accord a été signé

par la commissaire européenne aux Relations

extérieures, Benita Ferrero-Waldner. La structure

sera co-présidée par des universités européennes

et au moins un partenaire chinois. L’UE a indiqué

qu’elle contribuerait à hauteur de 18,2 millions

d’euros au projet. La date d’ouverture de cette

université n’a toutefois pas été précisée.

21


Actualité entreprises

L’agence RCP design transport s’installe en Chine

法 国 RCP 公 司 进 军 中 国 市 场

de design RCP, qui a notamment travaillé

sur le tramway de Paris, s’installe en Chine pour

L’agence

tenter de profiter du développement du secteur

des transports dans le géant asiatique.

“Nous savons que le XIe plan quinquennal (2006-2011)

affiche des projets très ambitieux en matière de transport

public”, a déclaré la directrice fondatrice de l’agence RCP,

soulignant que le gouvernement souhaitait se doter de

28.000 km supplémentaires de voies ferrées d’ici 2020 et

avait approuvé les projets de métro pour une vingtaine

de villes.

“...mettre l’ensemble de notre savoir-faire au service

de la nouvelle culture du déplacement public en Chine

Régine Charvet-Pello

© RCP

“Aujourd’hui en toute simplicité et en toute modestie,

nous voulons mettre l’ensemble de notre savoir-faire au

service de la nouvelle culture du déplacement public

en Chine” a expliqué Régine Charvet-Pello, qui vient

d’installer un bureau de représentation à Pékin.

Son agence, basée à Tours (centre-ouest de la France)

et qui collabore avec des géants du secteur comme

Alstom, a conçu le design intérieur et extérieur des rames

du tramway de Paris et rénové les nouvelles rames de la

ligne du RER D de la capitale. Elle est également présente

au Maghreb, travaillant sur le tramway d’Alger et le réseau

inter-cités du Maroc.

L’autre axe de développement en Chine sera le

patrimoine, a précisé Mme Charvet-Pello, dont l’agence

assure la communication pour deux châteaux français de

la vallée de la Loire, Chenonceau et Amboise.

En collaboration avec une agence de voyage chinoise,

RCP prépare des produits “lunes de miel” pour accueillir

des touristes chinois dans ces châteaux. “Les châteaux sont

considérés en Chine comme des endroits romantiques et

luxueux”, remarque-t-elle.

Une convention culturelle a également été signée entre

le musée national de Pékin et le château de Chenonceau

grâce à RCP qui se présente en Chine comme “l’agence

des arts de la France”. RCP emploie 15 personnes en

France et deux en Chine.


黎 轻 轨 电 车 的 设 计 者 ― 法 国 RCP 公 司 , 利 用

中 国 公 共 交 通 领 域 飞 速 发 展 的 大 好 时 机 ,

于 2006 年 11 月 1 日 在 北 京 建 立 了 他 们 的 代 表

处 。

公 司 的 总 经 理 也 是 创 始 人 对 记 者 说 ,“ 我 们 得 知 中 国 关 于

2006 到 2011 的 规 划 蓝 图 中 有 很 大 一 部 分 的 计 划 都 和 公 共 交

通 有 关 。” 黑 金 娜 ・ 夏 荷 微 ・ 贝 罗 特 别 强 调 其 中 , 中 央 政

府 决 定 建 设 28 万 公 里 长 的 铁 路 线 和 若 干 条 城 市 轨 道 交 通 线

路 。“ 在 这 样 一 个 乐 观 的 背 景 下 , 我 们 希 望 将 我 们 在 公 共

交 通 设 计 领 域 的 优 势 和 经 验 , 用 于 中 国 这 个 领 域 的 建 设 和

发 展 中 。”

RCP 公 司 的 总 部 在 位 于 法 国 中 西 部 都 兰 地 区 的 首 府 ― 图

尔 。 公 司 长 期 以 来 与 世 界 公 共 交 通 建 设 领 域 的 一 些 巨 头 有

着 良 好 的 合 作 关 系 , 如 阿 尔 斯 通 公 司 。 公 司 的 设 计 部 门 完

成 了 不 少 法 国 国 内 和 国 际 上 的 机 车 以 及 线 路 的 设 计 和 改 造

工 程 。

公 司 还 把 企 划 传 媒 部 门 对 法 国 文 物 古 迹 的 海 外 市 场 推 广 的

业 务 开 展 到 了 中 国 。 卢 瓦 尔 河 地 区 的 昂 布 瓦 兹 皇 家 城 堡 和

舍 农 索 城 堡 都 是 他 们 的 客 户 。

与 中 国 媒 体 , 旅 行 社 以 及 文 物 机 构 的 合 作 是 城 堡 在 华 推 广

的 重 点 。 他 们 还 特 别 为 中 国 游 客 量 身 定 做 了 “ 古 堡 蜜 月

游 ” 这 样 的 新 型 旅 游 产 品 。“ 法 国 的 城 堡 在 中 国 人 的 心 目

中 代 表 了 浪 漫 和 奢 华 。” 黑 金 娜 ・ 夏 荷 微 ・ 贝 罗 说 明 道 。

在 2005 年 , 两 座 城 堡 应 邀 来 华 参 加 法 国 文 化 年 在 中 国 的 闭

幕 活 动 , 其 间 他 们 与 中 国 国 家 博 物 馆 签 署 了 交 流 与 合 作 意

向 书 。

22


时 讯 公 司

BMU Consulting ouvre des bureaux en Chine...

彼 慕 羽 在 中 国 起 飞

Avec une main d’oeuvre abondante, de plus en

plus qualifiée, et l’arrivée massive d’entreprises

étrangères de tous secteurs, de plus en plus de

cabinets de conseil en recrutement s’installent dans les

grands pôles économiques chinois.

BMU Consulting Co., Ltd, cabinet français de conseil

déjà implanté en France et en Russie, a décidé lui aussi

de tenter l’aventure, avec une approche qui se veut

spécifique au marché chinois.

D’après le rapport de McKinsey, dans dix ou quinze ans le

besoin de talents en management en Chine sera d’une

capacité globale de 75 000 personnes. Dans le secteur

des hautes technologies, par exemple, selon le President

Hu Jintao, il faudra établir un système d’innovations

orientées:c’est-à-dire créer et soutenir de nombreuses

entreprises dans ce domaine. Ce qui va provoquer

une demande importante en ressources humaines,

notamment de personnel qualifié. Un autre exemple : le

secteur des finances. Selon un rapport d’analyse sur les

besoins humains dans cette filière du Wall Street Journal,

grâce à l’entrée de la Chine à l’OMC, les investissements

étrangers réclament un fort support, passant par de

BMU aide à trouver les talents de demain

nombreux emplois qualifiés locaux : comptables,

auditeurs, managers....

Dans cette perspective, BMU aide à trouver les talents de

demain qui permettront aux entreprises de se développer

et d’améliorer leur productivité.

Pour ce cabinet de conseil francais, l’avenir parait radieux

grâce à la stabilité du développement de l’économie

chinoise qui entraine toujours plus de demandes.

© BMU


海 始 终 是 个 梦 想 家 的 城 市 , 随 着 劳 动 力 素 质

进 一 步 提 高 以 及 各 领 域 企 业 的 大 规 模 增 长 ,

这 个 中 国 最 吸 引 人 的 城 市 招 来 了 越 来 越 多 的

外 国 企 业 家 。

BMU 咨 询 有 限 公 司 是 一 家 已 经 落 户 法 国 与 俄 罗 斯 的 专 业 人

力 资 源 咨 询 公 司 , 他 们 带 着 特 点 鲜 明 的 优 质 服 务 来 到 中 国

一 展 身 手 。 以 下 是 已 在 BMU 工 作 一 年 的 Sabrina Chen 女 士

对 市 场 及 企 业 本 身 的 一 些 看 法 。

根 据 麦 肯 锡 的 调 查 报 告 , 在 未 来 的 十 到 十 五 年 中 , 中 国

具 有 宏 观 性 领 导 才 能 的 人 才 需 求 将 达 到 75,000 人 , 而 截

止 2005 年 , 可 供 给 的 人 才 量 只 有 3000~5000 人 左 右 。 就 高

科 技 行 业 为 例 , 依 照 中 国 国 家 主 席 胡 锦 涛 的 “ 创 新 导 向

型 ” 社 会 构 建 的 目 标 , 以 及 基 于 中 国 制 造 业 支 撑 型 经 济 的

现 状 , 中 国 高 精 尖 行 业 的 发 展 将 为 整 个 市 场 人 才 需 求 提 供

一 个 较 深 且 快 的 切 入 点 ; 以 金 融 行 业 为 例 ,《 华 尔 街 日 报 》

近 日 提 供 的 一 份 中 国 金 融 行 业 人 才 需 求 状 况 报 告 中 提 出 ,

跟 随 入 世 契 机 进 入 中 国 的 外 资 资 本 需 要 强 大 的 本 土 化 金 融

人 才 的 支 持 , 资 深 会 计 师 、 审 计 师 、 财 务 经 理 等 等 , 成 为

市 场 索 求 的 主 要 对 象 。

彼 慕 羽 伴 随 各 种 性 质 的 企 业 一 路 走 来 , 跨 国 集 团 、 中 小 企

业 , 法 国 、 欧 洲 、 美 国 、 中 国 等 等 , 涉 及 领 域 多 样 化 , 唯

一 的 目 标 在 于 帮 助 企 业 的 人 力 资 源 部 门 , 收 获 最 理 想 的 未

来 员 工 , 来 实 现 企 业 的 锐 意 进 取 和 可 持 续 发 展 。 目 前 的 我

们 尽 管 还 年 轻 , 但 是 企 业 的 机 能 运 作 出 色 , 团 队 协 作 力 强

将 会 帮 助 BMU 迅 速 成 长 为 服 务 上 海 、 北 京 乃 至 全 国 的 领 军

角 色 企 业 , 因 此 , 我 们 感 谢 中 国 稳 定 发 展 宏 观 经 济 为 人 才

市 场 造 就 的 旺 盛 态 势 , 并 将 借 助 这 种 契 机 , 让 BMU 的 客 户

公 司 与 我 们 本 身 共 同 发 展 壮 大 。

更 多 信 息 , 请 访 问 www.bmuconsulting.com

23


Actualité entreprises

Le groupe AGS Four Winds, déménagements

Internationaux, ouvre en plein coeur de Canton son

nouveau bureau de liaison pour la Chine du Sud.

Ce choix stratégique répond à une demande

croissante des clients. En l’espace de

30 ans, le Groupe AGS a construit

un réseau de plus de 100 filiales réparties

sur 65 pays, offrant des solutions de

déménagements internationaux

“porte à porte”. AGS est le

gro up e d e d éménagement

international le plus important en

France, et un des principaux

leaders en Europe. Présent

sur l’ensemble des pays

d’Afrique, le Groupe AGS est

aussi le premier prestataire

de déménagements sur le

continent Africain.En 2005, il a

investi massivement en Asie par

le rachat de 4 filiales de l’ancien

groupe “Four Winds International”

à Singapore, Taiwan, en Thaïlande et

à Hong Kong.

“ En 2006 nous nous sommes développés

sur les marchés de Chine (Pékin, Shanghai) et d’Inde

(Mumbay, Dehli, Bangalore). Notre bureau de Canton

vient étoffer notre présence en Chine du Sud sur un

marché Asiatique dynamique et en pleine croissance

où nous comptons désormais 10 filiales dans 6 pays.

L’équipe de Canton est « managée » par Ludovic Valls

qui a une longue expérience dans les déménagements

internationaux en Europe de l’Est, en Afrique et aux Etats-

Unis....”

爱 集 斯 国 际 运 输 服 务 ( 上 海 ) 有 限 公 司 在 华 南 的 中 心 广 东 设 立

了 新 的 办 事 处

AGS 集 团 再 次 自 豪 地 宣 布 爱 集 斯 国 际 运 输 服 务

( 上 海 ) 有 限 公 司 在 华 南 的 中 心 广 东 设 立 了 新 的 办

事 处 ; 这 一 战 略 选 择 是 为 了 满 足 日 益 顾 客 的 需

求 . 在 过 去 的 33 年 中 , AGS 集 团 已 建 立 了 一 个 庞 大 的 运 输

网 络 , 在 65 个 国 家 拥 有 107 个 分 支 机 构 , 专 注 于 门 到 门 搬 迁 方

案 . AGS 集 团 是 法 国 最 大 的 国 际 运 输 公 司 , 是 欧 洲 的 运 输 领

导 . 2005 年 在 整 个 非 洲 的 运 输 企 业 中 , AGS 集 团 成 为 非 洲 大

陆 最 顶 级 的 服 务 机 构 . AGS 在 亚 洲 广 泛 投 资 并 在 新 加 坡 、

台 湾 、 泰 国 和 香 港 分 别 收 购 了 4 个 Four Winds 的 办 事 处 . 到

了 2006 年 AGS 已 经 扩 展 到 中 国 的 ( 北 京 、 上 海 ) 和 印 度 的 ( 孟

买 、 新 德 里 、 班 加 罗 尔 ) 等 . 到 2007 年 在 动 态 的 不 断 强 大 的

亚 洲 市 场 的 催 化 下 , 我 们 现 在 已 经 有 一 个 了 10 个 子 公 司 分

别 在 6 个 亚 洲 国 家 . 接 下 来 广 东 办 事 处 将 在 有 多 年 欧 洲 、 非

洲 和 美 国 等 地 运 输 行 业 经 验 的 罗 德 维 克 先 生 开 展 业 务 .

24


Actualité entreprises

UBIFRANCE vend son concept d’exposition

« France, des maisons à vivre » à Reed Exhibitions China

UBIFRANCE, l’Agence française pour le développement

international des entreprises, vient de signer

un accord de cession du concept et de la marque

de l’Exposition « France, des maisons à vivre » avec le groupe

Reed Exhibitions China. « France, des maisons à vivre »,

l’exposition consacrée à l’habitat et la décoration intérieure

était organisée depuis deux ans en Chine. Cet accord permet

de pérenniser cet événement annuel qui a rencontré

un vif succès dès sa création en 2005.

C’est la première fois qu’un événement conçu, créé et

organisé par un organisme du dispositif public d’aide au

commerce extérieur français est racheté par un opérateur

privé de premier rang. Reed Exhibitions China est en effet

le premier opérateur de salons professionnels en Chine.

Cet accord prévoit la création d’un nouveau salon, « International

Home Decor and Design 2007 » qui se tiendra

à Shanghai du 14 au 16 Juin 2007. Il permet ainsi d’internationaliser

le concept de mise en valeur des produits de

l’habitat « haut de gamme » occidentaux, très appréciés

actuellement en Chine.

UBIFRANCE organisera donc l’espace « France, des maisons

à vivre » sur ce nouveau salon, afin de capitaliser et de

développer, en étroite coopération avec l’opérateur Reed

Exhibitions China, les contacts initiés depuis le lancement

de cette exposition.

Après sa première édition de Pékin en 2005, inaugurée par

Christine Lagarde, Ministre déléguée au commerce extérieur,

la deuxième édition de l’exposition « France, des

maisons à vivre » s’est tenue, en 2006, à Shanghai du 27

L’Exposition « France, des maisons à vivre » en 2006

juin au 1er juillet. Elle a rassemblé 70 exposants qui ont

présenté un panorama des savoir-faire français en matière

d’habitat et de décoration intérieure. 4370 visiteurs au total

sont venus découvrir ce condensé de l’art de vivre à la

française. Les exposants français, parmi lesquels figurent

des artisans et des Très Petites Entreprises, ont pu identifier

de nouveaux interlocuteurs ou consolider leurs acquis en

Chine. UBIFRANCE et Reed Exhibitions China offrent ainsi

aux entreprises françaises l’assurance de pouvoir présenter

tous les ans en Chine leurs savoir-faire... une initiative intéressante

pour rester dans la course sur ce marché en plein

développement.

© UBIFRANCE

法 国 企 业 国 际 发 展 局 向 励 展 中 国 转 让 “ 艺 术 法 国 , 家 中 绽 放 ” 的 展 览 概 念


国 企 业 国 际 发 展 局 (UBIFRANCE) 刚 刚 与 励 展 中 司 , 也 是 为 世 界 专 业 会 展 业 所 公 认 的 “ 励 展 博 览 ” 集 团 的

国 (Reed Exhibitions China) 集 团 签 署 了 一 份 协 子 公 司 。

议 , 以 转 让 “ 艺 术 法 国 , 家 中 绽 放 ”(France, 根 据 双 方 签 署 的 协 议 , 今 年 将 创 立 一 个 新 的 “2007 年

des maisons à vivre) 的 展 览 商 标 概 念 。“ 艺 术 法 国 , 家 中 绽 国 际 家 居 装 饰 艺 术 展 ”(International Home Decor and Design

放 ” 是 家 居 和 室 内 装 饰 的 主 题 展 览 , 在 中 国 连 续 举 办 了 两 2007), 展 览 将 于 6 月 14 日 至 16 日 在 上 海 举 办 。 通 过 这 一 展

届 , 自 从 2005 年 首 次 举 办 以 来 , 每 次 都 受 到 热 烈 欢 迎 。 与 览 , 将 引 进 世 界 一 流 的 家 居 设 计 、 高 雅 精 品 和 餐 桌 艺 术 。

励 展 中 国 签 署 的 协 议 将 可 以 使 这 一 年 一 度 的 展 览 延 续 下 协 议 规 定 , 法 国 企 业 国 际 发 展 局 将 在 2007 年 和 2008 年

去 。

的 “ 国 际 家 居 装 饰 艺 术 展 ” 上 组 织 “ 法 国 家 居 ” 展 区 ,

这 也 是 第 一 次 一 个 由 法 国 政 府 机 构 设 计 、 创 立 并 组 织 与 励 展 中 国 密 切 合 作 , 积 累 并 发 展 这 一 展 事 的 各 种 联 系 资

的 展 览 活 动 , 被 一 家 一 流 的 私 营 机 构 所 收 购 , 从 而 成 为 一 源 , 满 足 中 国 专 业 观 众 的 需 要 。

个 展 览 品 牌 。 励 展 中 国 是 中 国 专 业 会 展 方 面 的 第 一 大 公

26


© Imagine China

Dossier

Le SPORT en Chine : des ambitions en or

中 国 的 体 育 : 金 色 的 梦 想

Elévation du niveau de vie et consommation de masse,

généralisation des loisirs, affirmation de puissance d’un payscontinent

qui émerge sur la scène géopolitique mondiale : le sport

est au croisement de tendances de fond de la société chinoise.

Dans la perspective des JO de Pékin en 2008, Connexions fait le

point sur l’évolution des pratiques sportives en Chine, sur leurs

retombées économiques, et dresse un panorama des différentes

dimensions de ce nouveau phénomène de société.


Le sport en Chine

Murs peints dans une rue de Pékin

Le sport,

la politique par d’autres moyens ?

© A. S. Douard

L’histoire du sport en Chine épouse les péripéties de la Nation et si la culture

physique connaît un regain d’intérêt depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale,

ce n’est pas sans arrière-pensée politique. Depuis son avènement récent dans les

compétitions internationales, la Chine cherche à se doter d’une véritable culture

sportive populaire, qui fait encore défaut.

«Si les règles n’avaient pas

été changées, la Chine

serait championne du

monde ». Ce cri du cœur, c’est celui du

responsable du football de Zibo, une

grosse bourgade perdue au milieu de

la province du Shandong. Cette ville

est sortie de l’ombre en 2004 quand

la FIFA l’a très officiellement désignée

comme étant le berceau du football.

À grand renfort d’archéologues et

d’historiens, il a été démontré que les

autochtones frappaient dans une balle

de cuir remplie de plumes et de cheveux

il y a 2300 ans, soit plus de deux

millénaires avant que les Britanniques

n’entrent en scène et, donc, changent

les règles du jeu.

Cet épisode montre que la Chine est

bien décidée à inscrire son nom dans

les annales du sport même si pour cela

il faut revisiter l’histoire. Non contents

d’avoir récupéré la paternité du ballon

rond, les experts aimeraient bien mettre

la main sur d’autres disciplines. Un

professeur de l’Université de Lanzhou

affirme ainsi que le golf se pratiquait

en Chine dès l’an 945 avec des clubs en

jade. Même chose pour le ski, dernière

lubie des classes moyennes, qui serait

apparu il y a trois siècles sur les pentes

enneigées de l’Altaï, dans la province

du Xinjiang. Ces opérations généalogiques

sont aussi un moyen de siniser

des sports qui passent encore pour

des produits d’importations.

Anciens et modernes

Pourtant, la Chine ne manque pas

d’histoires. Les plus anciennes traces

de pratiques sportives sont des

peintures rupestres du Yunnan. Ces

fresques représentent un groupe de

soldats pratiquant des exercices avec

un ballon, 2000 ans avant notre ère.

Plus tard, sous la dynastie Han (-206

+220), on s’exerçait aux arts martiaux,

les Tang (618-907) montaient à cheval

et connaissaient même le polo, les

Le golf se pratiquait

en Chine dès l’an 945

avec des clubs en

jade.

Ming (1368-1644) auraient inventé le

patin à glace sur les lacs gelés et leurs

successeurs, les Qing, s’adonnaient au

tir à l’arc. Ces dernières années, les spécialistes

ont exhumé poteries et basreliefs

pour recoller les morceaux de

5000 ans d’histoire du sport. Le récit

épouse les péripéties de la nation chinoise.

Ainsi, la fin du XIXe commence

à souffler l’influence occidentale syno-

28


Le sport en Chine

Très vite, le tennis de

table est devenu un

instrument au service

du prestige national

nyme de déclin national. À cette époque,

les sports « modernes », marqués

du sceau de l’étranger, font leur apparition

à Shanghai. La première rencontre

d’athlétisme a ainsi été organisée

dans une école de missionnaires de

la ville en 1890 et la première équipe

de football formée en 1901. Toujours

à Shanghai, un magasin propose des

tables de ping-pong à partir de 1904.

Le matériel est importé du Japon et les

employés disputent des matchs dans

la vitrine pour attirer les badauds. Cette

époque est aussi celle des premières

structurations : une commission du

sport est formée au sein du ministère

de l’éducation et la première association

chinoise d’athlétisme est créée en

1924. La Chine commence à participer

aux compétitions internationales, notamment

les Jeux d’Extrême-Orient,

qu’elle remporte 9 fois entre 1913 et

1934. Sur la scène sportive mondiale,

le pays participe à ses premiers Jeux

Olympiques, à Los Angeles, en 1932.

Une présence symbolique puisque la

délégation ne compte que cinq personnes

dont un seul sportif. Quatre

ans plus tard, la participation chinoise

aux Jeux de Berlin est nettement plus

sérieuse avec 69 athlètes. Mais toujours

pas une seule médaille.

Sport et politique

La fameuse photo de Mao Zedong

jouant au ping pong en 1946

piques de 1956, le sport est au cœur

du bras de fer entre Pékin et Taipei.

Cette année-là, la Chine boycotte les

J.O. pour protester contre la présence

© DR

Avec la révolution de 1949 et l’arrivée

des communistes au pouvoir, le sport

devient une affaire d’Etat. Très vite, le

nouveau régime a épousé la cause du

sport et les clichés ne manquent pas

pour attester de cette affinité précoce:

en 1940, une photo montre le maréchal

Zhu De abandonnant la lutte

anti-japonaise le temps d’une partie

de volley-ball. Encore plus mythique,

Mao Zedong est immortalisé en 1946

dans la base rouge de Yan’an disputant

une partie de ping-pong. Le décor est

sobre, l’équipement rudimentaire :

deux tables accolées et une raquette

découpée dans une planche de bois.

Ce cliché scelle l’alliance du régime

avec la culture physique dans sa version

populaire et rigoriste. Dès 1952, le

pouvoir politique investit le sport avec

la création d’une Commission spécialisée

au sein du PCC. Une année plus

tôt, le gouvernement avait institué les

exercices de gymnastique obligatoires

pour les collégiens et les lycéens. Un

demi-siècle plus tard, la formule est

toujours en vigueur dans les écoles.

Elle connaîtra même un renouveau

dans les années 90, associée aux exercices

paramilitaires du « Programme

d’éducation patriotique ». Revenons

aux débuts de la Nouvelle Chine. À peine

fondé, le régime assigne au sport

une triple mission: renforcer la santé,

éduquer la jeunesse, servir la Nation.

Le troisième objectif sera, de loin, le

plus important. Dès les Jeux Olymd’athlètes

de l’île nationaliste. Deux

ans après, elle claque la porte du Comité

International Olympique pour la

même raison. Il faudra attendre 1984

et les Jeux de Los Angeles pour revoir

une délégation chinoise sous les anneaux

(1980 pour les J.O. d’hiver). Un

retour marqué, d’ailleurs, par la première

médaille d’or chinoise. Fâché

avec le CIO, Pékin organise ses propres

olympiades, les Jeux Nationaux,

inaugurés en 1959 sous les auspices

de Mao Zedong. La formule perdure

encore de nos jours. L’autre épisode

célèbre de ce mariage entre sport et

politique, c’est bien sûr le ping-pong.

Très vite, le tennis de table est devenu

un instrument au service du prestige

national. Cette discipline a offert à la

Chine son premier « numéro un mondial

», Rong Guotuan en 1959, et sa

première manifestation internationale

deux ans plus tard avec l’organisation

des championnats du monde à Pékin.

Ce n’est pas négligeable pour un pays

non représenté à l’ONU et qui vient de

perdre son plus fidèle allié, l’URSS. Dès

lors, la petite balle ronde ne quittera

plus l’orbite de la politique. Le pingpong

sera aussi l’instrument du rapprochement

avec les Etats-Unis, avec

la visite de l’équipe nationale américaine

en Chine en 1971, prélude au

rétablissement des relations diplomatiques

entre les deux pays. üüü

29


Le sport en Chine

üüüUne Nation de

sport sans sportifs

A côté du volet politique, la diffusion

du sport dans la société a longtemps

été négligée. Seuls les sports « traditionnels

» (arts martiaux et exercices

physiques) et le ping-pong sont largement

pratiqués. Il faut attendre

1995 pour que le gouvernement se

fixe l’objectif de développer le sport

amateur. Mais la « loi sur le sport »

adoptée cette année-là reste marquée

par l’intérêt du régime chinois

SPORT SANTÉ versus

SPORT PLAISIR

Il s’agit moins d’apprendre un sport que d’apprendre par le sport

L’activité physique

doit concourir à

« assurer la gloire

de la Nation »

pour le sport professionnel qui rapporte

des médailles. Le texte rappelle

encore que l’activité physique doit

concourir à « assurer la gloire de la

nation » et même « la défense (militaire)

de la patrie ». Mises à part ces

reliques, le gouvernement chinois

évoque enfin le sport comme loisir.

Le problème c’est que les structures

pour accueillir les amateurs sont encore

inexistantes et les financements

publics sont maigres. Officiellement,

les antiques comités de quartier sont

chargés d’organiser les activités sportives

de proximité. En réalité, les sportifs

dilettantes doivent se contenter

des quelques Centres Culturels de

quartier. Les ruraux n’ont même pas

cette chance. C’est là le paradoxe chinois.

À force de volonté, la Chine s’est

hissée au second rang des nations

olympiques et ses athlètes s’illustrent

désormais dans toutes les disciplines.

Elle a même inventé le football. Mais

il lui reste encore à relever un dernier

défi: développer une pratique populaire

du sport. •

Mathieu Baratier

L

Séances d’exercices dans le parc Ritan à Pékin

es expressions pour désigner les

activités sportives ne manquent

pas en chinois, mais celle qui serait

la plus proche du mot sport, « 运 动 »

(yundong, mouvements physiques),

est rarement employée, sauf pour

parler des professionnels. Le terme

utilisé dans les textes officiels est « 体

育 »(tiyu), l’équivalent d’éducation

physique, car le rôle éducatif des

activités sportives est depuis toujours

au cœur de l’approche chinoise. Il

s’agit moins d’apprendre un sport

que d’apprendre par le sport (la

morale, la discipline, la vie en société,

etc...). Pour parler du sport amateur,

en dehors du cadre scolaire, on

utilise beaucoup les termes « 健

身 » (jianshen, fortifier la santé) ou

« 健 体 » (jianti, fortifier le corps) qui

renferment une connotation médicale

évidente. Ils soulignent la conception

traditionnelle selon laquelle le sport

a d’abord pour fonction de renforcer

le corps et l’esprit. D’ailleurs, les arts

martiaux “ 武 术 ” (wushu) sont avant

tout un ensemble de méthodes

pour se maintenir en bonne santé

(notamment le taijiquan). La distance

qui sépare le sport chinois « traditionnel

» du sport occidental « moderne »

est donc moins une différence de

nature que d’objectif. Mais c’est un

décalage culturel fondamental et

toute l’organisation du sport s’en

trouve influencée. En occident, le

sport moderne s’est développé

après la Révolution Industrielle, sous

l’impulsion de riches européens

désoeuvrés ou idéalistes. Il est

synonyme de loisir et de jeu pour les

occidentaux. Cette notion pourrait finir

par rejoindre la conception médicale

chinoise. Car se faire plaisir, c’est aussi

se faire du bien.

Mathieu Baratier

© A. S. Douard

30


Le sport en Chine

体 育 : 政 治 的 手 段 ?

中 国 体 育 的 历 史 与 中 华 民 族 历 史 的 变 迁 息 息 相 关 。 就 如 二 战 后 体 育 的 复 苏 并 非

没 有 隐 藏 的 政 治 想 法 。 如 今 , 中 国 在 国 际 体 育 界 的 亮 相 越 来 越 频 繁 , 并 努 力 使

自 己 具 备 一 种 目 前 尚 缺 的 真 正 的 全 民 体 育 修 养 。

《 如

果 规 则 没 有 改 变 ,

中 国 会 是 世 界 的 冠

军 》 。 这 是 山 东 省 淄

博 足 球 队 负 责 人 内 心 发 出 的 呐 喊 。

2004 年 当 国 际 足 协 正 式 宣 布 淄 博 为 足

球 的 诞 生 地 时 , 这 个 城 市 从 阴 影 中

走 出 。 这 是 一 个 历 史 性 的 时 刻 , 当

2300 年 前 中 国 的 古 人 踢 着 用 羽 毛 及 马

鬃 填 充 的 皮 球 的 时 候 , 距 英 国 人 发 明

足 球 早 了 整 整 2000 多 年 !

这 表 明 , 中 国 早 已 被 载 入 体 育

史 册 。 不 仅 仅 满 足 于 重 获 ‘ 足 球 之

父 ’ 的 头 衔 , 中 国 的 专 家 们 对 其 他 体

育 项 目 的 发 祥 地 有 着 同 样 的 兴 趣 。

兰 州 大 学 的 一 位 教 授 宣 布 高 尔

夫 球 运 动 于 公 元 945 年 就 已 在

中 国 诞 生 。 即 使 类 似 于 滑 雪

之 类 的 中 产 阶 级 的 偏 爱 , 也

于 3 个 世 纪 前 就 已 在 新 疆 省 阿

尔 泰 被 大 雪 覆 盖 的 斜 坡 上 出 现 。 这

种 追 根 朔 元 也 是 传 播 中 国 体 育 文 化 的

一 种 途 径 。

古 代 体 育 与 现 代 体 育

中 国 是 最 不 缺 少 历 史 的 国 家 。 最

早 的 体 育 运 动 的 古 迹 出 现 在 云 南 石 窟

的 壁 画 中 。 这 些 壁 画 展 现 了 2000 年 前

士 兵 玩 球 的 场 面 。 之 后 的 汉 朝 ( 公 元 前

206 至 公 元 220 年 ), 人 们 练 习 武 术 , 唐

朝 人 ( 公 元 618 至 907 年 ) 骑 马 并 发 明 了 马

球 运 动 , 明 朝 人 ( 公 元 1368 至 1644 年 ) 创

造 了 冰 球 运 动 , 明 朝 之 后 的 清 朝 人 则

热 衷 于 拔 河 运 动 。 近 几 年 , 专 家 们 通

过 陶 瓷 及 雕 刻 收 集 着 华 夏 民 族 5000 年

的 体 育 历 史 。 其 中 的 过 程 就 是 中 华 民

族 历 史 的 演 变 过 程 。

十 九 世 纪 末 的 时 候 , 西 方 影 响 开

始 进 入 中 国 , 中 华 民 族 开 始 衰 落 。 这

段 时 期 , 源 于 国 外 的 ‘ 现 代 ’ 体 育 开

始 进 入 中 国 上 海 。 上 海 于 1890 年 组 织

了 第 一 次 田 径 运 动 会 ,1901 年 组 建 了

第 一 支 足 球 队 。 还 是 在 上 海 ,1904 年

出 现 了 第 一 家 乒 乓 球 桌 商 店 。 材 料 是

从 日 本 进 口 的 , 店 员 们 在 橱 窗 内 进 行

比 赛 以 吸 引 行 人 的 眼 光 。 这 一 时 期 也

是 中 国 体 育 组 织 结 构 的 形 成 时 期 : 教 育

部 组 建 了 体 育 委 员 会 , 第 一 个

运 动 员 协 会 也 于 1924 年 成 立 。

中 国 开 始 参 加 国 际 性 运 动 会 ,

尤 其 是 远 东 运 动 会 ,1913 年 到

1932 年 期 间 中 国 共 9 次 夺 冠 。 在

国 际 体 育 舞 台 上 , 中 国 于 1932 年 第 一

次 参 加 了 在 洛 杉 矶 举 行 的 奥 运 会 。 当

时 , 中 国 代 表 团 仅 由 5 人 组 成 , 其 中 只

有 一 名 运 动 员 。4 年 后 , 中 国 参 加 的 柏

林 运 动 会 则 显 得 更 为 正 式 , 共 派 出 了

69 名 运 动 员 , 但 没 有 获 得 奖 牌 。

体 育 与 政 治 的 庄 严 结 合

1949 年 新 中 国 成 立 , 共 产 党 开 始

执 政 , 体 育 也 成 为 一 项 国 事 。 很 快 ,

新 的 政 权 参 与 到 体 育 事 业 的 发 展 中 ,

而 一 些 照 片 也 表 明 了 新 政 府 对 体 育 事

业 的 重 视 :1940 年 , 一 张 照 片 拍 下 了

朱 德 元 帅 正 在 参 加 一 场 排 球 赛 而 暂 时

把 对 日 本 人 的 战 斗 放 在 一 边 。 更 为

传 奇 的 一 张 照 片 记 下 了 毛 泽 东 主 席

1946 年 在 红 色 根 据 地 延 安 打 乒 乓 球 的

场 面 。 场 地 很 狭 小 , 设 备 也 很 简 陋 :

两 张 拼 凑 在 一 起 的 桌 子 , 一 副 由 一 块

木 板 加 工 成 的 球 拍 。 这 张 照 片 使 政 治

与 体 育 的 结 合 大 众 化 且 有 严 肃 性 。

1952 年 , 共 产 党 成 立 了 专 门 委 员 会 来

主 管 体 育 事 业 。 在 前 一 年 , 政 府 还 颁

布 了 中 小 学 生 必 修 课 间 操 条 例 。 半 个

世 纪 后 , 这 项 规 定 仍 然 在 所 有 的 学 校

里 执 行 。 甚 至 在 90 年 代 伴 随 着 《 爱 国

主 义 教 育 运 动 》, 还 掀 起 了 一 轮 新 的

浪 潮 。

还 是 让 我 们 回 到 新 中 国 建 立 初

期 。 当 时 , 体 育 被 赋 予 了 3 项 使 命 :

© DR

31


Le sport en Chine

1971 年 美 国 乒 乓 球 代 表 队 访 问 中 国 是

中 美 外 交 关 系 恢 复 的 前 奏 。

增 强 体 质 , 教 育 青 年 , 报 效 祖 国 。 其

中 第 三 项 使 命 最 为 远 大 , 也 最 为 重

要 。1956 年 的 奥 运 会 是 中 国 和 台 湾

较 量 的 开 始 。 那 一 年 , 中 国 拒 绝 参

加 奥 运 会 以 反 对 台 湾 以 国 家 的 形 式 派

出 运 动 员 参 加 该 届 奥 运 会 。 两 年 后 ,

中 国 与 国 际 奥 委 会 断 绝 了 关 系 。 一 直

等 到 1984 年 洛 杉 矶 奥 运 会 才 看 到 中 国

代 表 团 的 参 加 (1980 年 冬 奥 会 )。 这 一

次 , 中 国 以 获 得 一 枚 金 牌 的 成 绩 展 示

了 一 个 引 人 注 目 的 回 归 。 与 奥 委 会 决

裂 期 间 , 在 毛 主 席 的 支 持 下 , 中 国 于

1959 年 创 办 了 自 己 的 奥 运 会 : 全 国 运

动 会 。 这 一 运 动 会 一 直 延 续 到 今 天 。

另 一 个 政 治 与 体 育 结 合 的 篇 章 自 然 是

乒 乓 球 了 。 乒 乓 球 迅 速 地 成 为 为 国 家

荣 誉 服 务 的 工 具 。 这 个 项 目 让 中 国 产

生 了 第 一 位 世 界 冠 军 荣 国 团 , 两 年 后

中 国 又 第 一 次 亮 相 北 京 的 世 乒 赛 。 这

对 一 个 既 不 是 联 合 国 成 员 国 又 刚 刚 失

去 最 有 力 的 同 盟 ―― 前 苏 联 的 国 家 来

说 是 不 可 忽 视 的 。 从 此 , 小 小 的 乒 乓

球 就 再 也 没 有 离 开 过 政 治 的 轨 道 。 乒

乓 球 也 成 为 中 美 两 国 接 近 的 工 具 ,

© DR

非 运 动 的 体 育 国 家

如 果 不 考 虑 政 治 因 素 , 体 育 运 动

在 中 国 的 推 广 是 非 常 有 限 的 。 只 有 一

些 传 统 项 目 ( 武 术 , 体 操 ) 以 及 乒 乓 球

被 广 泛 练 习 。 直 到 1995 年 , 政 府 才 致

力 于 发 展 业 余 体 育 运 动 。 但 是 , 今 年

通 过 的 ‘ 体 育 法 ’ 还 是 表 明 了 中 国 政

府 对 能 获 得 金 牌 的 职 业 运 动 的 重 视 。

体 育 运 动 的 主 旨 仍 然 是 ‘ 维 护 国 家 荣

誉 ’ 和 ‘ 保 护 国 家 安 全 ’。 但 除 了 这

些 过 去 的 提 法 , 中 国 政 府 最 终 还 是 将

体 育 以 休 闲 的 概 念 提 出 。 问 题 在 于 ,

目 前 还 没 有 体 育 爱 好 者 的 组 织 结 构 ,

国 家 在 这 方 面 的 财 政 投 入 也 很 有 限 。

事 实 上 , 还 是 那 些 居 委 会 在 组 织 各 项

体 育 活 动 。 也 许 , 城 里 的 体 育 爱 好 者

们 应 该 满 足 于 已 有 的 体 育 运 动 场 所 ,

因 为 在 农 村 , 人 们 连 这 样 的 条 件 都 没

有 。 这 正 是 中 国 体 育 的 矛 盾 之 处 。

怀 着 强 烈 的 决 心 , 中 国 已 经 跃 居 二 级

奥 林 匹 克 国 家 的 行 列 , 并 且 培 养 出 各

个 项 目 的 优 秀 运 动 员 。 她 甚 至 是 足 球

的 发 明 国 。 对 中 国 来 说 , 最 后 的 挑 战

是 : 发 展 全 民 体 育 运 动 。•

医 学 运 动 与

娱 乐 运 动

在 中 国 用 来 表 达 体 育 运 动 的 词 汇 数 不 胜 数 , 其 中 最 接 近 体 育 的 词 便 是 ‘ 运 动 ’, 然 而 , 这 个 词 语 却 很 少 被 应

用 , 除 非 在 谈 到 职 业 运 动 员 时 。 正 式 文 件 中 大 多 使 用 ‘ 体 育 ’, 即 体 能 教 育 的 意 思 , 因 为 体 育 运 动 的 教 育 意 义 一 直

是 中 国 人 关 注 的 核 心 。 从 体 育 中 学 习 的 意 义 比 学 习 体 育 更 为 重 要 。 对 于 体 育 爱 好 者 而 言 , 除 去 在 学 校 , 一 般 人 都 使

用 ‘ 健 身 ’ 或 者 ‘ 健 体 ’, 这 样 的 说 法 带 有 明 显 的 医 学 涵 义 。 它 反 映 了 中 国 人 的 传 统 思 想 : 运 动 可 以 增 强 人 的 体 质

与 精 神 。 此 外 , 武 术 更 是 一 种 强 身 健 体 的 绝 佳 途 径 ( 尤 其 是 太 极 拳 )。 区 分 中 国 传 统 体 育 与 西 方 现 代 体 育 的 关 键 不 是

运 动 的 性 质 , 而 是 目 的 。 但 是 , 这 是 一 种 本 质 的 文 化 区 别 , 所 有 的 运 动 组 织 都 受 此 影 响 。 在 西 方 , 现 代 体 育 是 在

工 业 革 命 后 兴 起 的 , 受 到 当 时 欧 洲 富 裕 阶 层 理 想 主 义 者 的 推 动 。 在 西 方 , 体 育 就 是 娱 乐 , 游 戏 的 同 义 词 。 这 种 观 念

最 终 与 中 国 医 学 的 观 念 契 合 , 即 让 自 己 高 兴 就 是 对 自 己 好 。

© A. S. Douard

32


Le sport en Chine

© Imagine China

Un entretien avec Pierre Justo, Directeur Général de TNS Sport

Les deux visages du sport

TNS (Taylor-Nelson-Sofres) est le deuxième groupe mondial d’études marketing et

media. Sa filiale spécialisée sur le sport, TNS Sport se développe vite en Asie et plus

particulièrement en Chine. Pierre Justo, son Directeur Général, fait le point sur le

goût des Chinois en matière de sport.

Le Chinois moyen s’intéresse-t-il

vraiment au sport?

Pierre Justo : Quand nous avons

mis en place TNS Sport Asie, en 2002,

nous ne pensions pas du tout que le

sport se développerait aussi vite en

Chine. A l’époque il y avait encore très

peu de grands évènements sportifs.

Aujourd’hui, bien que le marché chinois

ne représente encore que 6% de notre

chiffre d’affaires mondial, la Chine fait

déjà partie des pays où l’intérêt pour le

sport est le plus répandu. Le Baromètre

TNS Sport China Sports & Sponsorship

que nous avons mis en place, il y a 5

ans auprès des Chinois vivant dans les

grands centres urbains montre que fin

2006, seuls 9% d’entre eux affirmaient

n’éprouver aucun intérêt pour le sport

(14 à 15% fin 2003). Un chiffre qui place

la Chine au même rang que les Etats-

Unis et l’Australie, loin devant les pays

européens. Ceux qui aiment le sport se

divisent ainsi : 20 à 25% sont des fans

‘’très intéressés par le sport’’ (10% en

Europe) et 40 à 45% se déclarent assez

intéressés. Le reste des Chinois qui ne

sont pas hostiles au sport ont un intérêt

qui varie en fonction des grands événements

sportifs, qui sont de plus en plus

fréquemment organisés en Chine.

La Chine est-t-elle en train de

devenir une grande nation

sportive ?

P.J. : Il faut faire une distinction entre

l’attitude du Chinois urbain moyen et

la volonté de l’Etat. Le gouvernement

chinois a un objectif : faire de la Chine

la première nation sportive de la planète

afin de montrer qu’elle est une

grande puissance...pacifique. Reste

que l’effort sportif de la Chine est encore

confiné à une élite professionnelle

et a peu de répercussion sur le

consommateur pour qui le choix d’un

sport est avant tout une affaire•••

33


Le sport en Chine

Suporters chinois lors d’un match de football à Shanghai.

Pratiques et Intérêts sportifs chinois

Qui fait quoi ? Qui aime quoi ?

Le sexe et l’âge sont des facteurs très discriminants

tant en pratique qu’en intérêt pour les sports. En ce

qui concerne l’intérêt général pour un sport, c’est-àdire

le nombre de fans, les Chinoises se passionnent

plus que les hommes pour le volley, le plongeon, la

gymnastique, le ski ou le patinage, alors que les

Chinois s’enflamment pour le foot, le basket, le

tennis de table, les arts martiaux, la boxe, les sports


























extrêmes ou le billard. Quant à la natation, au

tennis, au marathon, au vélo et au badminton,

ils sont plébiscités à égalité par les hommes

et les femmes. Concernant l’âge, les jeunes

s’enflamment surtout pour le basket, la formule

1, le plongeon, le badminton, le cyclisme, les

sports extrêmes et le billard. Par contre, les moins

jeunes sont majoritaires à s’intéresser au foot,

au ping-pong, au volley, à la gymnastique, à la

natation et à la boxe.










© Imagine China

Marche

Femmes

Badminton

Course

Cyclisme

Natation

Tennis de Table

Basket

Sports de montagne

Fitness

Football

Danse

Taiji / Wushu

Pêche

Billard

Bowling

Aucun

Hommes

Pratiques sportives en Chine : femmes VS hommes

Source : TNS Sport Chine / CSM Media Research (P. Justo)

34


Le sport en Chine

•••de standing social, de projection

d’image, plus que de goût personnel.

S’il y a maintenant beaucoup de

sport à la télévision, la pratique sportive

amateur n’est pas enracinée dans

le tissu social scolaire ou associatif. De

plus, il convient de faire la différence

entre entraînement sportif et activité

physique. Tout ce qui touche à

la forme physique se développe mais

n’a rien à voir avec un souci de compétition

amateur. Prenons l’exemple

du tennis de table, un des sports les

plus répandus de Chine. Les urbains

s’y exercent individuellement dans

les parcs mais ils ne font pas, comme

en France, partie d’un club avec classement

et compétition. Le gouvernement

chinois commence à vouloir

combler son retard en matière de pratique

sportive amateur mais les équipements

restent rares alors que les

efforts pour le sport professionnel de

très haut niveau sont impressionnants.

Quels sont les sports favoris

des Chinois urbains?

P.J. : Les trois sports majeurs sont

aujourd’hui le football, le basketball

et le tennis de table. A noter la courbe

très ascendante du basket. Même s’il

est apparemment derrière le foot en

terme d’intérêt global, il est le sport

numéro 1 pour les 15-24 ans (28,3%

des jeunes de 15-24 ans se déclarent

très intéressés par le basketball

contre 23,5% pour le football). C’est, à

mon avis, le sport numéro 1 en Chine.

Ce sport bénéficie fortement de l’effet

NBA où joue la grande star sportive

chinoise Yao Ming (voir page 45 ), qui

promeut son produit tout en développant

la CBA, la ligue professionnelle

chinoise de basket. Le football chinois,

quant à lui, est très mal organisé mais

reste un sport populaire, surtout parce

qu’il est le sport numéro 1 de la planète.

Le tennis de table est toujours très

pratiqué par l’ensemble de Chinois,

jeunes ou vieux, riches ou modestes.

C’est le type même du sport populaire,

mais un peu en perte de vitesse. Le

Pierre Justo, Directeur Général TNS Sport

badminton, de même, reste très prisé.

Pour les autres sports, la Formule 1

suscite un intérêt naissant, mais reste

un sport plutôt masculin. Le football

américain et le rugby sont totalement

méconnus et auront du mal à se faire

une place au soleil du sport chinois. Le

ski commence à sortir de l’ombre. Le

«

Fin 2006, seuls

9% des Chinois

affirmaient

n’éprouver aucun

intérêt pour le

sport »

plongeon, la natation, et la gymnastique

plaisent à tous et transcendent les

catégories. Le tennis a un fort potentiel

surtout auprès de jeunes. La boxe

attire les hommes d’âge mur.

Mais si l’on ne devait retenir qu’un

sport, ce serait le billard en forte croissance

et qui attire un public de 15-34

ans, aisé, bien éduqué, la cible parfaite

des annonceurs en quelque sorte. En

outre, l’avènement de Ding Junhui,

nouvelle star mondiale de ce sport, ne

peut que soutenir cette tendance.

Par tranches d’âge, ce sont les 15-34 ans

qui font les modes sportives en Chine.

S’intéresser à leurs préférences sportives

aujourd’hui permet de mieux prévoir

quels seront les sports de demain

en Chine. Au-delà, si les 35-44 ans intéressent

encore un peu les marques

qui investissent dans le sport, on ne

peut pas en dire autant des 45 ans et

© P. Justo

plus qui sont les laissés-pour-compte

du développement du sport en Chine.

De façon générale, les consommateurs

qui s’intéressent au sport sont jeunes,

aisés et bien éduqués. Les sports qui

drainent les classes moyennes supérieures

sont le tennis (à la mode),

le golf (encore élitiste), le basket, le

billard, ou des évènements comme le

patinage artistique, les championnats

du monde de plongeon, la natation.

Les sports extrêmes attirent une clientèle

beaucoup plus jeune, les 12-18

ans : skating, escalade, surf. Par ailleurs,

s’il existe bien une spécificité chinoise

intéressante dans le domaine du sport,

c’est celle qui porte sur les préférences

de sportifs. Alors que les hommes

optent pour les stars internationales :

Beckham, Jordan, Zidane... les femmes

choisissent plutôt les stars chinoises

Yao Ming, Liu Xiang, Deng Yaping ou

autres Kong Linghui...

Quelles sont les retombées

de l’image du sport en matière

de sponsoring?

P.J. : Elles sont très positives, et de loin

largement supérieures à ce que l’on

peut observer dans d’autres pays. En

effet, 70% des Chinois déclarent juger

« positivement » le rôle du sponsoring

sportif et se disent tout a fait conscients

que, sans l’argent des sponsors,

le sport en Chine ne pourrait se développer

comme il le fait et leur proposer

les spectacles qu’ils attendent. Cette

attitude positive vis-à-vis du sponsoring

a des répercussions sur les décisions

d’achat des Chinois, qui sont plus

sensibles aux marques qui investissent

dans le sport. En effet, et contrairement

aux Européens, plus un Chinois

est aisé et intéressé par le sport, plus

il est sensible au sponsoring. Aux yeux

d’un sponsor, le sport en Chine présente

un double atout, qui peut paraître

quelque peu paradoxal : être à

la fois populaire – touchant les masses

- et élitiste – synonyme de standing et

de bonne image de marque. •

Propos recueillis par Anne Garrigue

35


Le sport en Chine

Stars préférées

des Chinois

La médiatisation du sport

1. Yao Ming, Chine,

basket : 46,7% 1

© Imagine China

Grâce aux technologies de l’internet ou du téléphone

portable, de nouveaux acteurs, comme les opérateurs de

téléphonie mobile, ont fait irruption sur le marché de la

diffusion d’événements sportifs.

Cependant, le média numéro 1 du sport en Chine reste sans

conteste la télévision. Avec 109 chaînes spécialisées, le sport

est omniprésent à la télévision.

2. Liu Xiang, Chine,

athlétisme : 44, 6%

© DR

© DR

3. Beckham, Grande

Bretagne, foot : 33,5%

62 271

C’est le nombre d’heures de sport

diffusées à la télévision en Chine

en 2006 contre 1 741 heures en

France.

3

« grands sports » méconnus

en Chine : le rugby (34 heures

de diffusion en une année), le

handball (17 heures) et le cyclisme

(119 heures).

4 277

C’est le nombre d’heures de foot

qui ont été retransmises lors de la

Coupe du Monde de 2006.

29 777

heures de foot télédiffusées

en Chine, soit 47,8% du sport

retransmis. Le foot arrive largement

en tête, devant le basket (14.6%), le

tennis (4.4%), le billard (4.3%) et les

sports mécaniques (3.6%).

4. Ronaldo, Brésil,

foot :18,3%

5. Jordan, Etats-Unis,

basket : 16,9%

© DR

© DR

1 Pourcentage des chinois urbains qui connaissent ce

sportif. Source : TNS Sport Chine / CSM Media Research

(P.Justo)

Hit parade

Les 9 évènements ci-après

représentent à eux seuls la

moitié de tout le sport diffusé à

la Télévision chinoise en 2006.

- Premier League (foot anglais)

- FIFA Coupe du Monde 2006

- NBA (basket américain)

- UEFA Champions League

- CBA (basket chinois)

- CSL (football chinois)

- Liga (foot espagnol)

- Serie A (foot italien)

- Open d’Australie (tennis)

La France

à la TV chinoise

Les 5 évènements les

plus diffusés ont une

audience encore très

restreinte.

• Ligue 1 (foot) : 155h

• Roland Garros : 153h

Le Tournoi de football

Junior de Toulon : 75h

Les 24h du Mans : 40h

• Paris Dakar: 326h

Source : TNS Sport Chine / CSM Media Research (P.Justo)

36


Le sport en Chine

Sponsoring sportif en Chine :

Quelles retombées ?

Nathalie Bastianelli, CEO du groupe Havas Sports Chine

explique pourquoi et comment le sponsoring sportif permet

d’accroître la notoriété d’une marque à un niveau local ou

international.

6. Guo Jingjing, Chine,

natation : 13,8%

© DR

Sponsoriser des événements chinois permet à une marque d’être en

contact direct avec l’administration chinoise et d’utiliser son partenariat

sportif comme outil de lobbying. Le cas du constructeur sud-coréen

Hyundai illustre assez bien ce genre d’opportunité. Afin de s’attirer les faveurs

de la municipalité de Pékin, Hyundai a ainsi signé en 2003 un partenariat

avec le club de foot de la capitale pour 5 ans. L’équipe n’a jamais remporté le

championnat chinois mais Hyundai a pu gagner un gros marché : remplacer

la flotte des 67 000 taxis de la ville de Pékin. Les Chinois considèrent que les

partenariats sportifs sont un moyen de « favoriser le développement du sport,

d’apporter des solutions financières aux clubs et de permettre à plus de gens

de voir ou de faire du sport. Ils perçoivent les sponsors comme des marques

énergiques, puissantes, fabriquant des produits de qualité. » (Baromètre Sport

et sponsoring en Chine, TNS Sofres, 2006)

Le sponsoring sportif est relativement récent en Chine mais il est devenu

un outil de marketing puissant, pris au sérieux aussi bien par les marques

internationales que locales. C’est un moyen accessible et très efficace pour

toucher les consommateurs chinois alors que la grande segmentation du

marché chinois le rend difficile d’accès pour les marques étrangères et

que de gros budgets publicitaires sont nécessaires pour espérer un début

de notoriété.

Nathalie Bastianelli

7. Tian Liang, Chine,

plongeon : 12,9%

8. Zidane, France,

foot : 12,7%

© DR

© DR

70% des Chinois

perçoivent le

sponsoring sportif

comme positif.

+ de 30% des chinois urbains

avoue que leur décision d’achats

est influencée si une marque

-de boisson ou vêtements- est

sponsor officiel des J.O 2008.

Source : TNS Sport Chine / CSM Media Research (P.Justo)

9. Maradona,

Argentine, foot : 12,6%

10. Deng Yaping, Chine,

ping-pong : 10,7%

Source : TNS Sport Chine / CSM Media Research (P.Justo)

© DR

© DR

37


Le sport en Chine

Les sports préférés

Foot

Le favori du petit écran

C’est le sport le plus populaire mais il

est relativement peu pratiqué. Sport

le plus médiatisé de Chine, il plait à

toutes les classes d’âge ou de revenu.

Paradoxalement, ce sont plutôt les

championnats étrangers qui passionnent

les supporters chinois qui suivent

de plus près les matchs de ligues anglaise

ou espagnole que ceux de leur

propre championnat. Cette désaffection

est due probablement à la série

de scandales qui a entaché la réputation

de la CFA, Chinese Football Association.

En outre, si quelques grands

footballeurs chinois jouent dans des

clubs étrangers, par exemple, Dong

Fangzhuo au Manchester United, le

foot chinois est victime d’un manque

de formation chez les jeunes. Son développement

lent jusqu’en 1994 s’est

accéléré à partir de la création du premier

championnat professionnel.

Basket

Sport - tendance de la nouvelle

génération

Ce sport, qui a su trouver un second

élan, attire les jeunes. Deuxième sport

le plus populaire de Chine derrière le

foot, il draine aujourd’hui plus de pratiquants

que le ballon rond, grâce à des

équipement plus nombreux et à une

politique dynamique. Arrivé au 19ème

siècle dans les malles des missionnaires

- il venait d’être inventé aux

Etats-Unis - il a gardé

une coloration

américanophile.

D i s p a r u

p endant

l a r é v o -

l u t i o n

culturelle,

le basket a

redémarré à

partir de 1995

sous la houlette de

la CBA, Chinese Basket Association,

qui contrôle les droits

commerciaux d’un sport

de plus en plus lucratif.

Aujourd’hui, les basketteurs

professionnels

jouent

au sein de clubs

privés et sont

soutenus par

des supporters

et des revues

sp é cialisées

de plus en plus

nombreux.

© A. S. Douard

Ping-pong

Domination absolue en

perte de vitesse

Après 1949, le ping pong est devenu

le sport quasi-officiel du Parti, jouant

même un rôle diplomatique. Dans les

années 60, près de 100 millions de Chinois

le pratiquaient et son image se

confondait avec celle de la Chine, qui a

dominé depuis les années 70 la scène

internationale. Aujourd’hui pourtant,

malgré les 10 millions de pratiquants

réguliers, ce sport connaît une lente

érosion. Peu télégénique, il ne

remporte pas de grands succès

d’audience malgré la création

de la Super ligue en 2000.

Volley

Le retour des femmes?

Le volley chinois a connu son

heure de gloire dans les années

80, quand l’équipe nationale féminine

volait de succès en succès, avant de

péricliter dans les années 90. En 2004,

la médaille d’or des volleyeuses aux

Jeux d’Athènes a relancé dans le pays

l’engouement pour un sport considéré

comme l’un des « trois grands ballons»

avec le foot et le basket. Le pays ne

compte pourtant que 3500 joueurs réguliers,

pratiquant sur des terrains officiels

et suivant des entraînements. Et ce

sport qui passionne surtout les femmes

et les personnes plus âgées a du mal à

trouver un second souffle.

38

© A. S. Douard


Le sport en Chine

des Chinois urbains

Badminton

Mon volant adoré

Le badminton probablement né en

Chine il y a environ 2000 ans, compte

aujourd’hui environ 40 Millions de licenciés

ou simples amateurs confondus.

Aux derniers Jeux Asiatiques, le

champion du monde, Lin Dan et

l’équipe masculine de badminton ont

remporté l’or. Les Chinoises Zhang

Ning, Yang Wei et Zhang Jiewen toutes

3 médaillées d’or à Athènes ont

conservé leur titre grâce à leur victoire

3-0 contre les Japonaises.

Zi, Li Ting et Sun Tiantian médaille

d’or à d’Athènes ) le tennis

national chinois est passé

d’un modèle centralisé

à une organisation

plus souple et plus

internationalisée.

Les grandes capitales

chinoises

rivalisent pour

accueillir les tournois

mondiaux:

Open de Chine

à Pékin, Coupe

Masters à Shanghai

et l’on parle déjà d’un

million de pratiquants

amateurs.

© O. Balma

Tennis

Un sport qui démarre en

trombe

Le tennis, qui a vraiment décollé en

Chine en 2002, est un sport jeune,

prestigieux, pratiqué et apprécié aussi

bien par les hommes que par les femmes

des nouvelles classes moyennes

urbaines. En pleine mutation après

les éclatants succès des 6 joueuses de

l’équipe nationale du premier groupe

( Li Na 17ème joueuse mondiale, Peng

Shuai , 42ème mondiale, Zheng Jie, Yan

© A. S. Douard

La montagne gagne les Chinois !

La mode est au grand air : les sports d’hiver, le trekking, la marche et la randonnée

sont devenus des sports loisirs très appréciés en Chine. Chaque année ils

sont plus nombreux à succomber aux charmes de l’altitude et les pistes - souvent

enneigées artificiellement - ne désemplissent plus !

Danse

Sur un air de Rock

De plus en plus populaire en Chine la

danse sportive est une discipline

qui se pratique souvent en plein

air. Les aficionados se retrouvent

autour d’une sono et d’un animateur

qui donne le pas. Introduite

dans les années 90, la

danse sportive fait partie des

65 grandes activités nationales

du programme « Remettre

en forme la population » annoncé

par le département du

sport pour tous du Bureau central

du sport de Chine.

© A. S. Douard

39


Le sport en Chine

Sur le

haut du plongeoir

La Chine est l’abonnée des podiums

internationaux en plongeon : à Athènes,

elle a décroché 6 médailles sur

les 12 en jeu... Guo Jingjing, 25 ans,

championne olympique en titre des

épreuves de plongeon au

tremplin à 3 m et, 3 m

synchronisé a annoncé

qu’elle mettrait

un terme à sa carrière

après les JO

de 2008... une

réelle déception

pour les 21% de

C h i n o i s q u i

éprouvent un

intérêt profond

pour cette discipline.

© DR

Le pays du

« Zixing che »

21% des Chinois pédalent au

quotidien. Si l’Asie abrite actuellement

80 % de la production mondiale de

cycles, la Chine a décidé d’équiper ses

athlètes sur piste avec les fameux vélos

carbone conçus par les entreprises

françaises Look et Mavic en vue

des prochains Jeux Olympiques de

Pékin. Ce partenariat a déjà porté ses

fruits lors des derniers JO. À Athènes,

l’athlète Jiang Yonghua avait remporté

une médaille d’argent lors du 500

mètres féminin !

Gymnastique

Les Chinois dominent

Au Danemark, la Chine

remporte les derniers

championnats du monde

par équipes chez les femmes

comme chez les hommes.

C’est la première fois depuis

1991 qu’une nation réalise

le doublé. A cette occasion,

la jeune Chinoise, Cheng Fei -3

médailles d’or- marque l’histoire

de la gymnastique en donnant son

nom à une figure : le Saut de Cheng

Fei. Le monde de la gymnastique la

considère comme la favorite pour les

Jeux Olympiques de 2008. Souple et

ultra-technique à la fois, il ne fait aucun

doute que la chinoise nous réserve de

belles surprises.

© Imagine China

Billard

Ding Junhui fait perdre la

boule au monde entier

Ding Junhui, le jeune prodige chinois,

remporte successivement l’Open de

snooker de Chine et le Championnat

du Royaume-Uni en battant des gros

calibres tels que Jimmy White ou Paul

Hunter. A à peine 20 ans, devant quelque

100 millions de téléspectateurs,

Ding Junhui devient une légende vivante.

Étant donné qu’une partie de

billard ne coûte que quelques RMB la

partie, ce jeu est l’un des passe-temps

les plus populaires à la ville comme à la

campagne : ses fans représentent près

de 10% de la population nationale.

© DR

Rester « Fit » en toutes

circonstances

Au fur et à mesure que s’élève le niveau

de vie, on attache de l’importance à la

condition physique. Différents clubs

de fitness se sont ouverts en Chine et

tous attirent une nombreuse clientèle.

De plus en plus d’investisseurs gardent

l’œil sur le marché : Musculation,

step, aérobics sur fond de musiques

électroniques :les activités de remise

en forme en salle ont de beaux jours

devant elles dans les grandes agglomérations

!

Boxe avec l’ombre

Le taiji quan est le sport-santé par excellence.

Souvent traduit par « boxe du

faîte suprême » ou « boxe avec l’ombre

» sa pratique consiste en une gymnastique

énergétique globale. Pratiqué

régulièrement par près de 4% de la

population chinoise, cet art martial

aux multiples bienfaits fait partie des

Arts martiaux internes, en opposition

aux Arts martiaux externes à l’instar du

Kung Fu. Multi millénaire, il séduit particulièrement

le 3ème âge. •

Agathe Allain,

Anne Garrigue

40


© Imagine China

Sport

professionnel

La Chine se prépare systématiquement à devenir

aux yeux du monde l’une des plus grandes

nations sportives, voire la meilleure. Dans tous les

sports, elle sélectionne et entraîne avec soin ses

futurs champions. Experts, entraîneurs et athlètes

s’emploient à décrire, à travers leurs expériences,

le vrai visage du sport professionnel en Chine.


Le sport en Chine

« Les Chinois veulent devenir

la première puissance

sportive mondiale »

© Grasset

Loïc Grasset, ancien rédacteur en chef de l’Equipe

Magazine, est aujourd’hui directeur général de BASC,

filiale du groupe Amaury (Equipe, Le Parisien, Tour

de France..). Basé à Pékin pour développer le groupe

l’Equipe en Asie, il a déjà lancé des magazines de sport

et de mode avec des partenaires chinois. Il nous fait part

de son regard sur le sport de très haut niveau en Chine.

La Chine a-t-elle des chances

de devenir le pays le plus médaillé

de la planète?

Loic Grasset : Oui. Mais ce ne sera pas

flamboyant. Les Chinois feront une

razzia de médailles dans les disciplines

olympiques les moins médiatisées en

Occident comme le tir, le plongeon ou

l’haltérophilie. Mais, hormis la gymnastique

ou le 110 m haies, les médailles

les plus prestigieuses, celles qui font

la légende des Jeux, reviendront aux

nations traditionnelles comme les

Etats-Unis ou la Russie. L’objectif de la

Chine à Pékin est double : obtenir plus

de 33 médailles d’or, sa performance

à Athènes, mais surtout devancer les

Etats-Unis en termes de médailles

d’or et devenir, pour la première fois,

le numéro un mondial du sport. Plus

des deux tiers des titres devraient

être remportés chez les femmes où la

compétition est moins rude. Tout est

programmé, organisé quasi - scientifiquement.

Pourquoi utilisez vous le mot

« scientifiquement » ?

Loic Grasset : Parce que les Chinois se

préparent avec beaucoup de méthode.

Pour recruter les futurs champions,

les entraîneurs des différentes fédérations

sillonnent systématiquement la

Chine à la recherche de morphotypes

idéaux et n’hésitent pas à sélectionner

de futurs champions qui n’ont jamais

pratiqué le sport pour lequel ils sont

repérés, s’ils ont les qualités morphologiques

souhaitées. Ainsi, Yi Jian, la

véliplanchiste chinoise médaillée d’argent

à Athènes a été recrutée en Mongolie

extérieure, une zone sans façade

maritime, et n’avait jamais vu la mer

avant d’être choisie. L’exemple le plus

célèbre de cette organisation « scientifique

» est la star chinoise du basket

Yao Ming. Enfant d’un couple de basketteurs,

tous deux très grands, dès sa

naissance il fut décidé qu’il deviendrait

un grand champion de basket.

Cette approche est doublée d’une

organisation et d’une discipline de

fer qui ne laissent guère de place aux

contacts directs entre sportifs et •••

Etats-Unis, Chine, Russie :

la bataille pour la première place

A Athènes, la Chine avait été deuxième avec 63 médailles dont 33 d’or. A

Sidney , elle avait été troisième avec 59 médailles dont 28 d’or. A Athènes, les

États-Unis avait conservé la première place avec 103 médailles dont 35 en or.

Ils étaient déjà premiers en 2000 avec 97 médailles dont 40 en or. La Russie

avait, à Athènes, la troisième place avec 92 médailles dont 27 en or. Elle était

seconde en 2000 avec 88 médailles dont 32 en or.

Liu Xiang, champion olympique

du 110m haies, est le premier

chinois médaillé d’or en

athlétisme. Sa performance à

Athènes lui a valu le statut de

« super-héros » national.

© DR

42


Le sport en Chine

Gardez l’œil sur eux...

Les Jeux Olympiques vont être l’occasion de voir émerger de nouveaux talents chinois

dans tous les sports. Une première sélection de Loïc Grasset.

Cheng Fei, double

championne du monde

en gymnastique, confirme

sa suprématie à chaque

compétition.

Au 800m nage libre masculin,

Yang Jieqiao pourrait lui

aussi créer la surprise.

Pang Panpan, la jeune

gymnaste médaillée,

reconnue pour son élégance,

a gagné le surnom

de « beauté orientale ».

Xie Xingfang et Lin Dan

forme le couple glamour

du badminton chinois. Elle

est double championne

mondiale ; il est numéro 1

depuis 2006. Ils dominent

tous deux le circuit mondial.

© Imagina China

© DR

© DR

© Imagina China

© DR

© Imagina China

© Imagina China

© Imagina China

Qi Hui, est la numéro deux

mondiale sur 200m brasse.

Cette nageuse pourrait

briguer des médailles.

Zou Kai, le gymnaste

médaillé d’or aux jeux

asiatiques 2006, est

particulièrement

redoutable au sol.

Li Ting, spécialiste du

plongeon, championne

olympique à Athènes,

survole les compétitions

internationales.

Cheval d’arçons, exercices

au sol, anneaux, ou barres

asymétriques... Yang Wei le

gymnaste au palmarès en

or fait la fierté de la Nation

chinoise.

J.O 2008, les pronostics de Loïc Grasset

« Dans les sports d’excellence traditionnels, signalons

d’abord en plongeon, le niveau exceptionnel de l’équipe

chinoise qui a remporté l’intégralité des 13 médailles aux

derniers Jeux asiatiques avec notamment Lin Yue. En

gymnastique chez les garçons, Yang Wei (trois médailles

d’or aux Jeux asiatiques de Doha en 2006) et Cheng Yibin

(anneaux), Zou Kai (brillant jeune espoir) sont excellents.

Chez les filles, Cheng Fei (3 titres au championnat

du monde en 2006, principal espoir féminin chinois en

gymnastique) et Pang Panpan sont au top niveau mondial.

En tennis de table, où les Chinois dominent la planète,

beaucoup de médailles en perspectives. A retenir

particulièrement chez les hommes, le vétéran Ma Ling,

Wang Liqin et un jeune et brillant espoir, Ma Long. En

volley, les Chinoises ont été championnes olympiques

à Athènes. En badminton, la Chine profite d’un couple

très glamour Lin Dan et Xie Xingfeng. En athlétisme,

en dehors de Liu Xiang (champion olympique du 110 m

haies, première star sportive en Chine aujourd’hui), il n’y

a pas de réel « médaillable » chez les garçons. Chez les

filles, on peut citer Zhang Wenxiu (lancer du marteau),

Xue Fei (course de fond), Huang Xiaoxiao au 400m

haies. En haltérophilie, les championnes féminines petit

gabarit sont redoutables (5 médailles d’or à Athènes).

En aviron et canoë kayak, les Chinois ont été en 2006

champions du monde en Grande Bretagne. En natation,

chez les hommes, le spécialiste du papillon, Wu Peng,

est une des rares chances de médailles masculines. Par

contre, une brassée de talents chez les filles : Wang Qun

(espoir en brasse), Qi Hui, Xu Yanwei (sprinteuse confirmée)

Yang Jieqiao (rivale de Laure Manaudou), Ji Liping

(brasse). Enfin en tennis, trois filles Li Na (dans les

20 premières mondiales), Sun Tiantian et Peng Shuai

sont à suivre. »

43


Le sport en Chine

•••grand public. La promotion du

sport en Chine n’est pas liée au développement

d’une culture du sport,

encore très faible mais à une volonté

politique alimentée par des subsides

d’Etat et régionaux. Les athlètes sont

recrutés, formés puis payés par la région

ou l’Etat. Ils doivent d’ailleurs

reverser tout - ou partie - de l’argent

qu’ils gagnent à la fédération qui les

a formés.

Que va-t-il se passer après les

Jeux ?

Loic Grasset : Il y aura un effet d’entraînement.

Je pense que les athlètes

chinois seront encore meilleurs après

les Jeux de 2008. On ne peut pas préparer

une génération d’athlètes en

sept ans. Les Chinois ont commencé à

former des jeunes récemment et cette

élite n’est pas encore complètement

mûre. Je suis persuadé que leur leadership

va perdurer. Toute la question

est de savoir s’il y aura toujours autant

d’argent. Dans la perspective des JO,

ils ont offert aux athlètes les meilleures

conditions d’entraînement possibles et

les équipements les plus sophistiqués.

En revanche, je ne crois pas que la

Chine devienne à court terme une

grande nation sportive. Le public chinois

s’intéresse encore peu au sport

« live ». Pour fréquenter beaucoup les

stades, j’observe que le grand public

n’y est guère présent et qu’il regarde

les compétitions de façon passive,

sans vraie culture sportive. Ce qui l’intéresse,

c’est de voir des noms chinois

en haut de l’affiche. Pratiquer un sport

est à la mode mais s’agit-il de passion?

Le sport reste encore plutôt un

signe extérieur d’ascension sociale. Il y

a aussi le problème du traitement de

l’information sportive. Les autorités

n’autorisent pas les athlètes à parler

librement aux journalistes. Pour obtenir

une interview, il faut déposer

une demande aux autorités plusieurs

semaines à l’avance. Ces règles s’expliquent

par la peur des autorités de

se laisser déborder mais elles nuisent

à la popularisation du sport. •

Anne Garrigue

Le parcours sans faute

de Deng Yaping

Deng Yaping est une légende vivante. La joueuse de

ping-pong a tout réussi, une carrière sportive sans

précédent et une brillante reconversion. La jeune femme

est aujourd’hui un modèle pour les sportifs de son pays

et une personnalité incontournable du mouvement

sportif chinois.

Les superlatifs ne manquent pas

pour parler de Deng Yaping. Elle

a marqué de son empreinte l’histoire

du ping-pong chinois et, même,

du sport chinois. Au moment où elle

quitte l’équipe nationale en 1997,

Deng Yaping a 24 ans et affiche un bilan

inégalé : elle est restée numéro un

mondial pendant huit ans, a remporté

quatre médailles d’or aux Jeux Olympiques

et 18 titres de championne du

monde. Pourtant, rien ne prédestinait

cette Henanaise, née dans une famille

ouvrière modeste de la ville de Zhengzhou,

à un tel palmarès. Surtout pas sa

condition physique qui la dote d’une

petite taille, juste en dessous du mètre

cinquante. Mais ses parents sont des

amateurs de ping-pong et ils la mettent

devant une table dès l’âge de 5

ans. A 10 ans, elle décroche la médaille

d’or du championnat de Chine junior

Deng Yaping, numéro un mondial pendant huit

ans, quatre médailles d’or aux Jeux Olympiques

et 18 titres de championne

du monde.

© Imagine China

44


Rien ne prédestinait

cette Henanaise à un

tel palmarès, surtout

pas sa condition

physique qui la dote

d’une petite taille,

juste en dessous du

mètre cinquante...

et rejoint l’équipe de sa province natale,

le Henan. Un an plus tôt son intégration

avait été refusée en raison

de sa petite taille. En 1988, elle accède

à l’équipe nationale et commence sa

moisson de médailles. A l’age de 16

ans, elle décroche son premier titre de

championne du monde en double à

Dortmund. Tout de suite, sa carrière se

déroule aux sommets de sa discipline.

Au début des années 90, elle est championne

du monde et double médaillée

d’or aux Jeux Olympiques (simple et

double). Deng Yaping a du caractère,

elle mène sa carrière tambour battant.

Quand elle prend sa retraite sportive

en 1997, elle crée sa propre marque de

vêtement, de chaussures et de matériel

de sport. La même année, elle est

élue à la Commission des athlètes du

Comité International Olympique.

Un modèle de reconversion

Sa retraite précoce et sa reconversion

réussie en font un modèle pour les

sportifs chinois. Deng Yaping profite

de sa nouvelle liberté pour reprendre

les études, d’abord à l’université de

Qinghua puis en Angleterre où elle

fait un doctorat sur le thème “de l’influence

des Jeux Olympiques et du

sport sur la société chinoise”. La petite

Henanaise a fait du chemin. Et ce n’est

pas fini. Elle publie un livre sur son parcours

personnel “D’une fille aux petits

pieds à la championne des Jeux Olympiques”

et cultive une amitié personnelle

avec celui qui a été le patron du

Le sport en Chine

CIO dans les années 90, Juan Antonio

Samaranch. D’ailleurs, elle représente

le CIO dans son pays. En Chine, elle cumule

les postes : assistante du directeur

du centre des équipements du

Bureau National des Sports, membre

du département marketing du Comité

d’organisation de Pékin 2008, membre

de la Conférence Politique Consultative

du Peuple Chinois (deuxième

chambre du Parlement chinois)...

Deng Yaping trouve encore le temps

de devenir maman, le 6 mars 2006. Elle

accouche à Paris car son mari, Lin Zhigang,

lui aussi pongiste chinois, joue

actuellement dans le club de Saint-

Denis, en banlieue parisienne. En plus

du reste, la championne prépare un

deuxième livre, un recueil de conseils

pour aider les joueurs de ping-pong

à se reconvertir après leur retraite. En

Chine, Deng Yaping est une légende.

En 2003, elle a été désignée sportive

du siècle par ses compatriotes. Et son

histoire n’est pas terminée, elle n’a encore

que 34 ans ! •

Mathieu Baratier

45


Le sport en Chine

Liu Xiang la fusée jaune

Champion olympique et recordman du monde du 110 m haies, l’athlète shanghaien

porte les espoirs de Pékin pour les JO de 2008. Parcours de l’homme le plus rapide

de Chine.

petit » Voilà ce que les

professeurs de Liu Xiang lui

«Trop

ont dit à l’Ecole de Sport

n°2 de Shanghai. L’adolescent de 15

ans rêve alors de devenir champion

de saut en hauteur. Mais les analyses

de son squelette sont formelles : il ne

sera jamais assez grand pour devenir

un sauteur de haut niveau. Une nouvelle

discipline l’attend : le 110 m haies,

dix obstacles d’un peu plus d’un mètre

à franchir en ligne droite et le plus

vite possible. Nous sommes en 1998.

Quatre ans plus tard, il bat le record

mondial des juniors détenu depuis un

quart de siècle par l’Américain Renaldo

Nehemiah. Plutôt réussie comme

reconversion. Mais ce n’est qu’un prélude.

A Paris en 2003, Liu décroche la

médaille de bronze aux championnats

du monde d’athlétisme. Et voilà qu’il

crée l’événement à Athènes en 2004

en devenant le premier champion

olympique de l’athlétisme chinois.

Vainqueur avec trois mètres d’avance

sur ses adversaires, il égale au passage

les 12 secondes 91 du Britannique

Colin Jackson, record du monde

intouchable depuis 1993. Le monde

est bluffé par ce long jeune homme

d’à peine 21 ans. Lui aussi, qui déclare

après sa course : « Incroyable ! Un Chinois

qui remporte cette épreuve, c’est

une sorte de miracle ! » Depuis, Liu se

plaît à rappeler que ses performances

parlent contre le stéréotype vivace en

Chine, selon lequel les Asiatiques n’ont

pas le physique requis pour le sprint.

La démonstration se confirme le 11

juillet 2006 au meeting de Lausanne :

la « fusée » de Shanghai pulvérise le

record de Jackson en 12’’88.

A Pékin, les dirigeants boivent du petit

Agé de 23 ans, né à Shanghai, Liu Xiang mesure 1m88 et pèse 83 kg. Sa spécialité

: le 110 m haies.

lait : les JO de 2008 ont trouvé leur visage.

D’autant que Liu affiche partout

sa frimousse innocente. Des bouteilles

de soda aux vêtements, jusqu’aux paquets

de cigarettes, le Shanghaien ne

refuse rien. A cette accumulation de

contrats à un million d’euros par an

s’ajoutent des cachets d’athlète superstar

: jusqu’à 30 000 € la course. Début

mars, le magazine américain Forbes

le classait au deuxième rang des

célébrités chinoises les mieux payées,

avec un revenu de 5,7 millions d’euros

avant impôt. Selon Mark Wetmore,

son agent, « Liu reverse 30 % de ses

émoluments aux autorités sportives

chinoises ». Il reste le pur produit du

système qui l’a recruté et nourri depuis

ses 12 ans : un sportif au service

du pays. Liu Xiang continue d’ailleurs

de partager un appartement avec son

coach au centre d’entraînement de

Shenzhuang à Shanghai.

Mini-émeutes et images volées

Le rôle de son entraîneur participe

aussi de la légende chinoise de Liu

Xiang. Sans l’obstination de Sun Haiping,

le jeune homme n’aurait jamais

connu la gloire. Réorienté sur le 110 m

haies, il avait alors traversé un moment

de déprime. Ses parents, sceptiques,

l’avaient retiré un temps de son école

de sport pour le placer dans le cursus

général. C’est en allant persuader tous

les membres de la famille que Sun

avait remis Liu sur les starting blocks.

Garçon modeste et réservé avant son

exploit de 2004, Liu a connu du jour

au lendemain les affres de la célébrité.

Propriétaire d’une belle voiture

– qu’il ne conduit pas –, il déclenche

des mini-émeutes à chaque apparition

publique. Dernièrement, il a dû

porter plainte contre un journal de

Pékin pour avoir utilisé son image

sans autorisation. Autant de tracas

qui n’ont pas déconcentré le jeune

Shanghaien. Au contraire, Liu se montre

confiant et déclare à la presse

chinoise : « Je vous promets de nouveaux

miracles à Pékin en 2008.» •

Joris Zylberman

© DR

46


Le sport en Chine

Yao Ming opération superstar

Créature du système sportif de Shanghai, Yao Ming est le premier basketteur

chinois à avoir réussi en NBA, aux Etats-Unis. Récupéré, en partie, par le big business

américain, il est devenu le premier athlète chinois à pouvoir entretenir une ambition

personnelle.

Géant dès le début. Cinq kilos

à la naissance, plus d’un

mètre à quatre ans et plus

de deux à treize ans. Un physique de

basketteur sans aucun doute. Mais le

hasard et Mère Nature n’y sont pour

rien. Yao Ming est né à Shanghai le

12 septembre 1980 d’une décision

politique. Lorsque sa mère, Fang

Fengdi, 1m88 et capitaine de l’équipe

nationale féminine, prend sa retraite,

les autorités sportives lui « suggèrent »,

comme c’est l’usage depuis Mao, de

« produire un champion ». Elles lui

trouvent rapidement un père, Yao

Zhiyuan, 2 mètres et joueur d’un des

clubs pro de Shanghai. L’ « opération

Yao Ming » peut commencer. « Cela

faisait trois générations que nous

attendions son arrivée », confie,

messianique, Wang Chongguang, excoéquipier

de Yao père et coach de

Yao fils dans les années 1990.

Un destin pré-programmé

Personne ne lui demande son avis.

L’immense garçon se retrouve dès

l’âge de neuf ans avec un gros ballon

orange entre les mains à l’école de

sports du district de Xuhui. « Je rêvais

d’être archéologue, explorateur de

contrées éloignées du vieux monde

de mes parents, révèlera-t-il bien

après. Je n’aimais pas le basket, mais

je me suis résigné par respect pour

eux. » A 17 ans, Yao Ming, 2m18,

débute sa carrière chez les Shanghai

Sharks. Il est immédiatement repéré

par Nike qui vient de signer un

contrat avec le club et la fédération

chinoise de basket-ball. La marque

américaine a trouvé son « produit »

pour conquérir le marché chinois.

En 2002, le Shanghaïen domine le

championnat national. Il offre aux

Sharks leur premier titre depuis un

demi-siècle. Son heure est venue : il

devient le troisième Chinois recruté en

NBA. En échange, Pékin exige 50 % du

contrat de 18 millions de dollars signé

pour quatre ans avec les Houston

Rockets, ainsi que l’obligation de jouer

avec la sélection nationale.

« Le Bono oriental »

La saison commence mal. Souvent

remplaçant, Yao peine à suivre le

rythme. Le vent tourne en novembre

lorsqu’il marque 20 points contre

les Los Angeles Lakers. Il devient

rapidement titulaire. Début 2003, sa

réputation grandit tellement qu’il est

comparé à Shaquille O’Neal, le pivot

superstar des Lakers. En 2004, il atteint

le nirvana : la titularisation dans le

prestigieux All-Star Game. Deux ans

plus tard, il emmène l’équipe de

Chine pour la première fois jusqu’aux

huitièmes de finale des championnats

du monde au Japon. Grâce à lui, le

basket chinois se rapproche de la cour

des grands.

Icône sur les deux continents,

Yao Ming est devenu une star à

l’américaine. Depuis quatre ans, le

magazine Forbes le classe de loin

en tête des célébrités chinoises les

mieux payées avec un revenu de 32,5

millions de dollars avant impôt. Non

content de promouvoir les cartes

de crédit, les boissons énergétiques

ou les ordinateurs, Yao participe à

Yao Ming, né le 12 septembre 1980

à Shanghai, cet athlète de 2m26, qui

pèse 140 kg a été champion de Chine

avec les Shanghai Sharks en 2002,

premier choix des Houston Rockets

en 2002 et titulaire des All-Star Game

de la Conférence Ouest en 2004 et

2005.

Pékin en 2003 à un “Téléthon” pour

les victimes du SRAS. L’ancien joueur

des Shanghai Sharks appelle même

à arrêter la consommation du plat

incontournable des dîners d’affaires

en Chine : la soupe aux ailerons de

requin, espèce en voie de disparition.

Les médias américains le surnomment

« le Bono oriental », en référence au

chanteur engagé du groupe U2. A

l’évidence, Yao Ming ne veut plus être

le Frankenstein du sport chinois. •

Joris Zylberman

© Adidas

47


Le sport en Chine

Récit d’une reconversion

La deuxième vie d’Yvonne Han

L’ancienne championne de softball, le baseball féminin, dirige aujourd’hui Xinjishi,

une chaîne de restaurants chics de gastronomie shanghaïenne. La jeune sportive

intégrée dans le système a changé de peau pour devenir une femme d’affaires.

dans le sport en

Chine, c’est vivre comme

«Rester

un oiseau en cage... C’est

l’armée. Je voulais une vie libre. » Les

idées claires sur l’avenir qu’elle refuse,

Yvonne Han a 21 ans lorsque sa

carrière sportive s’arrête. La capitaine

de l’équipe nationale de softball a des

problèmes de dos. Elle ne peut plus

se tenir debout pendant les matchs.

Après deux ans de soins, les autorités

chinoises lui propose un « bon poste »

dans les bureaux de la Shanghai Sport

Association. Elle dit non. Elle a une

envie confuse de s’évader. Justement,

la firme japonaise Sony la contacte

pour faire partie de son équipe

promotionnelle. « Ils m’offraient un bon

salaire, cent fois que ce que je gagnais

à l’époque. J’ai dit au gouvernement

que j’allais étudier au Japon. »

Cette expérience de sport-marketing

dure sept ans. Elle en dit long sur

les envies d’Yvonne qui préfère

l’exil temporaire à une reconversion

médiocre dans l’administration sportive

chinoise. « Certains de mes amis ont

accepté d’être entraîneur. Ils gagnent

1 000 à 2 000 RMB (100 à 200 € ) par

mois. Si on veut faire du business avec

le sport, c’est très difficile car tout est

contrôlé par l’Etat. » Alors elle mènera

ses affaires de son côté. Ca tombe

bien, un ami l’appelle au Japon pour

lui proposer d’ouvrir un restaurant à

Shanghai. Ce qu’elle fait en septembre

2000. Et pas n’importe où : à Xintiandi,

le nouveau quartier chic et cher de

la ville, mélange de gastronomie

occidentale et d’architecture locale.

« Mon partenaire a mis l’argent et

j’ai pris en charge la gestion. C’était

comme une nouvelle compétition, une

nouvelle équipe à mener. » Aujourd’hui,

Yvonne Han est à la tête de Xinjishi, le

nom d’une chaîne de onze restaurants

de gastronomie shanghaïenne, dont

un à Pékin, Hongkong et Osaka.

« Si c’était à refaire,

je ne le referais pas. »

Le reste appartient au passé. Presque

oubliée la vie de sportive de haut

niveau durant les années 1980.

Yvonne, Han Suqing en chinois, née

à Shanghai en 1970, avait suivi le

parcours classique. « Choisie dès le plus

jeune âge pour être un champion »,

comme elle dit. Sélectionnée à dix ans

par l’Ecole professionnelle des Sports

de Shanghai, elle est logée, nourrie

et habillée. « J’étais intelligente mais

chétive. On m’a orientée sur un sport

que je ne connaissais pas : la version

féminine du baseball. Les mêmes

règles avec une balle plus grosse et

© Y. Han

«

Faire du business

avec le sport est très

difficile car tout est

contrôlé par l’Etat.

»

plus molle. » Surdouée, Yvonne intègre

à 15 ans, l’équipe senior de Shanghai

avec laquelle elle deviendra deux fois

championne de Chine. Brillante dans

les compétitions internationales, elle

atteint la finale de la Coupe du monde

junior en 1989 puis obtient la médaille

d’or aux Jeux asiatiques l’année

suivante.

« Si c’était à refaire, je ne le referais

pas, jure-t-elle catégorique. Ce fut

une enfance trop dure, avec huit

heures d’entraînement par jour. Je

déconseillerai à mon fils ou ma fille

le sport comme métier. » Yvonne n’a

pas encore d’enfants. Elle est mariée

à Jean-Pierre Dosse, ancien directeur

général de l’Hôtel Four Seasons de

Shanghai. Ses projets ? S’installer

à Pékin pour ouvrir un deuxième

restaurant à Sanlitun, la « rue des bars »

la plus animée et la plus occidentalisée

de la capitale. Devinez pourquoi : « Je

veux être du business pour les Jeux

Olympiques ! » • Joris Zylberman

48


35 des 100

grandes marques

en Asie partagent

un certain

“savoir-faire”

Elles ont toutes

choisi l’Agence

Desgrippes Gobé

pour leur besoin

en Design et

Stratégie de

Marque

Stratégie de marques

Création de nom

Identité visuelle

Design d’environnement

Packaging volume et graphisme

unit 4003, 40/F, one grand gateway, 1 hong qiao road . shanghai 200030

tel: 8621 6448 5995

www.dga.com

Source: Enquête Synovate réalisée en 2006 auprès des 1000 grandes marques sur 9 différents marchés asiatiques,

en association avec Hong Kong Media Magazine. Si vous souhaitez un exemplaire du rapport d’enquête,

veuillez contacter l’Agence Desgrippes Gobé Shanghai


Le sport en Chine

« Aucun pays

au monde

ne s’entraîne

autant que

la Chine »

Gaëtan Le Brigant, conseiller de l’équipe de basket

féminine olympique.

Rencontre avec Gaëtan Le Brigant, entraîneur-adjoint de l’équipe féminine de

basket chinoise. Le plus ancien entraîneur étranger présent en Chine, décode pour

Connexions « l’usine à champion chinoise ».

© A.S DOUARD

Comment êtes-vous arrivé

en Chine ?

Je travaillais avec la fédération

française de basket depuis plus de 25

ans, quand Wang Du, vice-président

de la fédération chinoise de basket,

en visite technique en 2002, a fait

appel à candidatures. J’ai pris la balle

au bond : c’était un beau challenge. Je

suis d’abord venu quelques semaines

entraîner des jeunes recrues de 13 ans

près de Chengdu, puis leur équipe

Espoir masculine en stage à Hainan.

En 2004, je suis revenu six mois former

les entraîneurs professionnels, et j’ai

participé à la préparation de l’équipe

féminine nationale pour Athènes

où elle s’est classée 9ème. Un mois

après les J.O, j’ai signé un contrat de

quatre ans. Les Chinois font appel à

de nombreux entraîneurs étrangers (à

Doha pour les jeux d’Asie nous étions

une quarantaine environ) mais ils

tiennent à garder les rênes. En 2005,

les Chinois m’ont demandé de diriger

leur équipe de réserve masculine,

puis leur équipe féminine de moins

de 21 ans. Nous avons terminé 3ème

au championnat du monde 2006.

Depuis, je suis conseiller de l’équipe

féminine olympique. Nous visons la

quatrième place.

Comment caractériser

l’entraînement à la

chinoise ?

Aucun pays au monde ne s’entraîne

autant que la Chine. Un coach

chinois mise avant tout sur la

quantité de travail et ne se soucie

pas d’aménager des plages de

repos. Cela tient au système. Les

clubs privés de basket fonctionnent

comme une unité de travail (danwei).

Les jeunes sont repérés dès 14 ans.

Venus systématiquement des villes,

entraînés dès leur plus jeune âge

dans des écoles primaires spécialisées

où ils font 4 à 6 heures de basket

par semaine, ils sont le plus souvent

poussés par leurs parents parce

qu’ils ont les qualités physiques

nécessaires. Ils n’ont pas forcément

choisi le basket. Une fois recrutés,

ils deviennent des professionnels,

dépendant étroitement du club

qui les a engagés. Leur scolarité est

totalement sacrifiée. Ils font 6 à 7

heures de basket quotidiennes, six

jours par semaine, soit un volume

énorme qui conduit certains athlètes,

même en équipe nationale, à jouer

sans éprouver de plaisir. Ces jeunes

athlètes n’ont plus de vie privée. Dans

les équipes nationales américaines

ou australiennes, il y a toujours des

joueuses, mariées, voire même mères

de famille. Pas en Chine.

Quelles différences

entre les entraînements

français et chinois ?

En France, les entraîneurs ne sont

pas nécessairement les meilleurs

joueurs. Nous privilégions les

facultés d’analyse et de transmission,

pas la valeur d’exemple. En Chine,

les entraîneurs sont tous d’anciens

grands champions mais n’ont pas

reçu de formation spécifique. Ils

entraînent comme nous le faisions il

50


Le sport en Chine

y a trente ans. Aujourd’hui, la Chine

résoud son retard en envoyant les

garçons s’entraîner aux Etats-Unis

où ils sont pris en charge par l’USBA

(United States Basket Academy). Avec

les filles, j’essaie de promouvoir un

entraînement plus qualitatif. Avant

mon arrivée, les joueuses couraient

10 kilomètres chaque semaine, ce

qui est inutile dans un sport où les

variations de rythme sont essentielles.

Par contre, je les entraîne à la lutte,

une formation indispensable car, en

basket, le corps à corps est important.

La Chine est-elle en train

de devenir une grande

nation du basket ?

Le basket est de plus en plus populaire.

Il a même une image branchée.

Tous les matchs du championnat

chinois (CBA) sont diffusés en direct.

Il y aussi beaucoup de revues de

basket, avec des articles « people »

sur des champions américains. Le

fabricant Lining, une marque créée

par un gymnaste chinois, est devenu

l’équipementier de l’équipe espagnole

de basket, championne du monde,

et vient de signer avec la fédération

argentine, détrônant Nike et Adidas.

Par ailleurs, on assiste à un véritable

matraquage de la NBA américaine,

qui a longtemps fait cadeau des droits

de retransmission de ses matchs

à la Chine, pour promouvoir ses

champions et ses produits dérivés, en

alimentant au passage les rêves de

richesse des jeunes basketteurs chinois.

Aujourd’hui, les Chinois ont de très

bons résultats car ils ont un réservoir

de sportifs d’élite très important. On

parle de 200 millions de Chinois qui

jouent au basket. Mais il ne faut pas

confondre « masse de pratiquants » et

« pratique de masse ». Il y a un énorme

décalage entre l’équipe nationale très

bien équipée et les petites équipes

de jeunes souvent mal dotées. Ce

décalage entre sport national et sport

de masse est regrettable. •

Anne Garrigue

Sui Feifei, joueuse de l’équipe nationale féminine de basket chinoise.

© DR

51


Le sport en Chine

L’organisation du sport en Chine

La Chine a mis en place une organisation pyramidale pour controler d’une main de fer les

sportifs chinois et les mener vers la victoire. 3 questions à Alexandra Felli, chargée de

mission Pékin 2008 auprès du Comité National Olympique et Sportif Français.

Comment s’organise le monde

du sport en Chine ?

Il existe des fédérations nationales

pour chaque sport qui dépendent

directement du ministère des sports

chinois (Administration Générale des

Sports de Chine). Elles sont plus ou

moins bien structurées au niveau

des villes, des régions et du pays. Les

futurs champions fréquentent d’abord

des écoles sportives qui relèvent

des villes. S’ils ont le niveau ils sont

intégrés aux équipes provinciales, puis

se font repérer lors de compétitions et

peuvent finalement rejoindre l’équipe

nationale. Les athlètes professionnels

sont rémunérés par la province. Les

Fédérations ponctionnent une grande

partie des revenus commerciaux des

athlètes et les contrôlent étroitement.

Ceux qui ne respectent pas le jeu

sont exclus quel que soit leur niveau 1 .

Cette rémunération par la province

explique que les jeunes athlètes se

préparent en priorité pour les Jeux

nationaux qui leur permettent, en cas

de victoire, de gagner, par exemple,

un bel appartement. Cependant

aujourd’hui avec les retransmissions

télévisées, les choses commencent à

changer. Certains sportifs deviennent

des stars. Quand Liu Xiang a gagné sa

médaille d’or du 110m haies à Athènes

en 2004, il a reçu dans les mois qui ont

suivi 50 000 demandes en mariage.

Quel rapport existe entre

diplomatie et sport en Chine ?

La Chine considère aussi le sport

comme un outil diplomatique,

voire politique. Pour encourager le

premier champion du monde de

tennis de table, Rong Guotuan (1959),

le président Mao n’hésitait pas à lui

dire : « Considérez la balle comme

la tête de votre ennemi capitaliste,

tapez dedans avec votre raquette

socialiste et vous aurez gagné un

point pour la mère patrie.» D’ailleurs,

les retrouvailles en 1971 entre les

Etats-Unis et la Chine se sont faites

autour d’un match de ping-pong. La

Chine a aussi utilisé sa réintégration

dans le mouvement olympique (Los

Angeles en 1984) comme un moyen

de se positionner comme une grande

nation. Aujourd’hui les échanges entre

sportifs de haut niveau contribuent

à mieux faire connaître la Chine à

l’étranger : comme c’est le cas avec le

basketteur Yao Ming. Et par exemple,

en Afrique, la Chine construit

de nombreuses infrastruc tures

sportives...

Comment se passe la

coopération sportive avec la

France ?

Elle est active, notamment grâce à

l’accord de coopération signé tous

les ans par les ministres français et

chinois du sport. Cet accord met

en place de nombreux échanges.

Les Chinois n’ont pour l’instant pas

vraiment de formations diplômantes

d’entraîneurs. Dans certains sports,

nous les aidons à mettre en place

des systèmes de formations et il y

a deux ans, la langue officielle de la

fédération internationale d’escrime

étant le français, nous avons formé

une vingtaine d’arbitres d’escrime

chinois au français et aux techniques

d’arbitrages internationales. •

recueillis par Anne Garrigue

1

Le plongeur chinois, champion olympique, Tian Liang, a été exclu de sa

fédération pour avoir touché de l’argent sans l’accord de sa fédération

et avoir manqué des séances d’entraînement.

Le dopage

un enjeu majeur

Problème d’éthique et

de santé publique, le

dopage met en péril

le sport moderne. Le Comité

International Olympique (CIO) a

fait de la lutte contre le dopage

l’un de ses objectifs prioritaires et

son Président, Jacques Rogge, a

rappelé sa volonté d’imposer un

principe de “tolérance zéro” lors

des J.O.

Suspectée de passivité dans la

lutte contre le dopage, et alors

que Pékin s’apprête à accueillir les

JO 2008, la Chine fait l’objet de

pressions importantes de la part

du C.I.O. en vue d’inciter le pays

à mettre en place un système

de contrôle et de sanction

effectif et conforme aux normes

internationales. Un Règlement

Anti-Dopage a ainsi été adopté

en 2004, mais surtout, le Comité

National Olympique Chinois

a ratifié le Code Mondial Anti-

Dopage, qui impose la mise en

place de procédures de contrôle

et de sanctions harmonisées.

Le dopage sera bien l’un des

enjeux majeurs des J.O. 2008,

qui constitueront pour la Chine

une opportunité de démontrer

au monde sa volonté de lutter

réellement contre ce phénomène.

Guillaume Jeannet

Avocat – Gide Loyrette Nouel

Sélectionné Olympique Sydney 2000

52


Le sport en Chine

Shichahai, l’école des champions

Avec plus de 30 champions mondiaux et 6 champions olympiques à son actif,

l’école Shichahai de Pékin représente aujourd’hui la fine fleur du système chinois de

formation sportive.

Le sport n’est pas toujours un

loisir. Cette évidence frappe

dès l’entrée de Shichahai, l’une

des premières écoles sportives de

Chine. Devant une mosaïque d’écrans

de contrôle, la directrice adjointe,

Shi Fenghua, surveille discrètement

tout ce qui se passe dans son école

et nous accueille en nous expliquant

que le but de l’école est de former

les champions de demain. Une

affirmation que confirme amplement

le livre des records officiels de l’école

qui af fiche cinq médailles d’or

aux derniers jeux d’Athènes et le

parcours remarquable de ses équipes

professionnelles. De Shichahai sont

en effet sortis Zhang Yining, double

médaillé d’or en tennis de table en

Grèce, Feng Kun qui s’est distinguée

en volley féminin, Teng Haibin en

gymnastique et Luo Wei à la lutte

coréenne. Avant eux, la pionnière

de tous les champions olympiques

chinois, Ma Yanhong, première

médaillée d’or de l’histoire aux J.O.

de Los Angeles en 1984, y avait

fait ses premiers pas de gymnaste.

Aujourd’hui, son nom est gravé sur

une stèle de marbre dans le jardin

de l’école pour mieux rappeler aux

nouveaux élèves les défis qui les

attendent.

© A. S. Douard

L’école sportive de Shichahai à Pékin a été créée en 1986. Aujourd’hui 700

pensionnaires y sont entrainés de façon rigoureuse.

© A. S. Douard

Un réservoir de champions

« L’objectif de notre école, qui est aussi

celui des jeunes qui y sont admis, est

de fournir le maximum d’athlètes aux

équipes nationales » explique Mme

Shi. Shichahai est, en effet, une école

très réputée, qui se situe tout en haut

de la pyramide des quelque 4 000

écoles de sport que compte le

pays, dont les principales• • •

© A. S. Douard

© A. S. Douard

53


Le sport en Chine

• • • se trouvent dans la capitale.

Financé e dire c tement p ar la

municipalité de Pékin et son Bureau

Sportif, cette école a été créée

en 1958, mais elle n’était au début

qu’une annexe. Les élèves venaient

y pratiquer leur discipline après

avoir suivi le programme normal

d’enseignement général. Ce n’est

qu’en 1986 qu’elle s’est transformée

en véritable école sportive, en prenant

le nom d’Ecole de Sport Shichahai de

la Municipalité de Pékin. Aujourd’hui y

sont inscrits plus de 700 élèves dont

la plupart viennent de la capitale et

s’inscrivent pour tenter de se hisser

au sommet. Leur objectif est de

remporter les compétitions d’abord

locales, puis provinciales et nationales

dans un système où rien n’est laissé

au hasard.

«Grâce au développement de

l’école et aux exigences sportives

de la municipalité de Pékin, nous

sommes depuis quelques années

chargés de former cinq équipes

professionnelles : à la lutte coréenne

(Taekwondo), au wushu, à la boxe, au

sanda et au badminton. Nos équipes

regroupent les meilleurs athlètes

de la capitale, qui vont représenter

Pékin aux compétitions nationales.

Elle contribuent ainsi à composer les

équipes nationales qui participent aux

championnats mondiaux et aux Jeux

Olympiques ».

Pour les autres disciplines, comme

le volley, le ping-pong et la

gymnastique, Shichahai forme des

équipes de deuxième division. Les

meilleurs éléments partiront pour

intégrer des équipes professionnelles

dans d’autres écoles.

Une sélection exigeante

Il n’est pas facile de devenir

pensionnaire à Shichahai. Pour y

parvenir il faut s’imposer à chaque

étape d’une sélection impitoyable.

Tous les ans, en avril, les sportifs des

équipes de deuxième division, âgés

de 6 à 16 ans, viennent se présenter

dans l’espoir de démarrer ainsi une

Emploi du temps strict à Shichahai : mathématiques et littérature le matin,

entrainement intensif l’après midi.

carrière couronnée de succès.

« Parfois nous acceptons des jeunes

d’autres provinces, quand il n’y a pas

à Pékin assez de champions dans

une discipline » explique la directrice

adjointe. Grâce a sa renommée,

l’école a aussi lancé un programme

de formation privée, destiné à des

familles prêtes à payer 30 000 RMB

par an pour offrir une formation

d’excellence à leurs enfants.

Une fois sélectionnés, les élèves

sont entraînés de façon rigoureuse,

s e l o n u n e m p l o i d u t e m p s

strictement réglé. « Ils n’ont pas

beaucoup de temps libre, explique

la directrice adjointe. Tous les

jours, ils se réveillent à 7 heures du

matin et la journée commence par

les cours de mathématiques et de

littérature. L’après-midi est consacrée

à l’entraînement. Seuls les athlètes

des équipes professionnelles n’ont

pas d’obligations d’étude et peuvent

dédier toute leur journée à l’exercice

physique. »

Dans d’immenses salles surpeuplées,

les jeunes semblent tous très

concentrés. En tenue de sport ou

en simple caleçon, ils répètent

inlassablement leurs exercices sous

l’œil vigilant des entraîneurs. Certains

d’entre eux sont d’anciennes stars,

comme l’entraîneur de wushu Liu

Qinghua, ancien champion du monde

et Liu Huashen, ancien champion de

lutte coréenne, qui a remporté deux

fois le titre national. Tous affirment

qu’il n’est pas facile de reconnaître un

champion au premier regard. « Zhang

Yining, championne olympique de

ping-pong, arrivée dans notre école

en 1992, a mis dix ans pour remporter

ses deux médailles d’or » remarque

Mme Shi.

Pour encourager les athlètes, les salles

d’entraînement sont décorées de

drapeaux et de slogans qui les invitent

à « travailler durement pour devenir

champions » ou claironnant que c’est

« d’ici que partent les champions de

demain à la conquête du monde ».

Rendez-vous donc en 2008 pour

observer les prodiges de cette usine à

vainqueurs. •

Antonia Cimini

© A.S Douard

54


Le sport en Chine

Pékin 2008 :

Les jeux paralympiques

En 20 0 8 , d e u x s e maines

après les Jeux Olympiques,

commenceront les épreuves

des Jeux Paralympiques. Une

vingtaine de sports pratiqués par des

personnes handicapées physiques

s’enchaîneront sur les mêmes sites

que les JO. La « Fédération Chinoise

des Sports pour Handicapés » affiche

de grandes ambitions, partagées par

sa tutelle, l’équivalent du Ministère des

personnes handicapées, dirigée par

Deng Pufang, fils de Deng Xiaoping.

Les sports les plus pratiqués par les

handicapés chinois sont l’athlétisme,

la natation et le Tennis de Table, et

l’athlète Li Duan ou le nageur He

Junquan seront attendus comme

de sérieux prétendants, attention

également à l’haltérophile Bian

Jianxin.

Ce qui est certain, c’est que depuis

la première apparition des athlètes

chinois aux J.P, l’évolution vers le Haut

Niveau a été incroyablement rapide

et ne devrait pas s’arrêter, la Chine

regroupant autour de 70 Millions de

personnes handicapées!

A u - d e l à d u s p o r t , l e s J e u x

L’athlète Li Duan lors de la remise de médailles au Jeux

Paralympiques d’Athènes.

Paralympiques (2ème événement

sportif mondial) devraient permettre

à la société chinoise de faire un bond

en avant pour tout ce qui concerne

l’accessibilité et la reconnaissance

d e s p e r s o n n e s h a n d i c a p é e s

– Ne devrions-nous pas nous en

inspirer ? •

Gilles de La Bourdonnaye

© DR Gilles de La Bourdonnaye

55


© Imagine China

Sport

loisir et ses retombées

commerciales

Avec l’augmentation du niveau de vie et l’éclosion des

classes moyennes, de nouvelles pratiques sportives

apparaissent. Relayées par les média, elles attirent

sponsors et entreprises qui ‘’surfent’’ sur la vague

sportive. Connexions a mené l’enquête.


Le sport en Chine

Adidas, au plus près des stars chinoises

Avec pour objectif de

faire de la Chine son

premier marché à moyen

terme, Adidas mise sur

les étoiles montantes du

sport chinois pour son

image. Sandrine Zerbib,

directrice commerciale

d’Adidas en Chine, nous

explique sa stratégie.

Ma Xiaoxu, joueuse de football sponsorisée par Adidas

© ADIDAS

© ADIDAS

© ADIDAS

Depuis combien de temps Adidas

est-il présent en Chine?

La présence commerciale organisée

du groupe remonte à 1995, lorsque

nous avons ouvert nos deux premiers

magasins. La marque n’était cependant

pas inconnue à l’époque : nous

étions bien visible sur la scène sportive

internationale, déjà très suivie par

les Chinois via la Télévision. De plus,

Adidas a commencé à sponsoriser les

fédérations sportives chinoises très

tôt, dès la fin des années 70, notamment

celle de football. Enfin, nos

produits arrivaient en Chine par des

marchés parallèles, pas forcément de

la contrefaçon mais de l’importation

non contrôlée, en dehors de nos

réseaux.

le soutien aux activités sportives pour

les jeunes. Il s’agit de l’organisation

de championnats, de training, de

coopérations systématiques avec des

écoles et des fédérations. Aujourd’hui

nous nous concentrons sur le football

et le basket-ball qui sont les

principaux sports au niveau commercial

même si le ping-pong ou le

badminton sont plus pratiqués. •••

© ADIDAS

Quelle est votre stratégie marketing

pour approcher le marché

chinois?

En 2007, la Chine sera notre 3e

marché derrière les USA et le Japon et

passera en pôle position assez rapidement.

Avec un goût des Chinois pour

le sport sublimé par l’approche des

J.O. nous avons élaboré une stratégie

marketing basée sur le sponsoring et

Sandrine Zerbib, directrice

commerciale d’Adidas en Chine

© ADIDAS

58


Le sport en Chine

•••Nos campagnes publicitaires sont

construites de manière transversale : la

communication se fait autour d’une

discipline sportive et d’un slogan

associé plutôt que de privilégier un

produit ou un athlète spécifique. Il

serait par exemple difficile pour nos

clients de s’identifier à Yao Ming...

Nous travaillons sur les produits de

la gamme internationale tout en

développant des segments plus

particuliers. Difficile de définir en deux

mots la spécificité du marché chinois

mais on peut noter un goût prononcé

pour les couleurs vives, une tendance

plus “casual”, chez les femmes un

intérêt pour le design plus que pour

le confort ...

Quelles sont les caractéristiques

du sponsoring sportif en Chine ?

Les célébrités ont un facteur d’image

très important mais, en Chine, il n’y

a pas encore beaucoup de grandes

stars établies. Le pays compte une

quantité d’athlètes mais encore peu

d’entre eux ont obtenu une vraie

reconnaissance internationale. Et

puisque ces stars sont peu nombreuses,

elles sont sur-utilisées, le sponsoring

étant l’objectif de nombreuses

entreprises. C’est quelque chose que

l’on peut constater dans la rue, par

exemple avec le basketteur Yao Ming,

aujourd’hui associé à toutes sortes de

marques. Dans le même temps, pour

le sponsor, être visible représente une

nécessité et un véritable challenge.

Comment les stars du sport peuvent-elles

influencer les choix des

jeunes chinois ?

Les jeunes connaissent très bien la

scène internationale. Mais ce sont les

stars locales ayant acquis une dimension

internationale qui influencent le

plus les consommateurs. Les raisons

sont multiples : la fierté nationale, le

sentiment de réussite, la suprématie

sur les sportifs du monde entier. Les

athlètes, de leur côté, ont conscience

de représenter leur pays et ils soignent

leur image.

Comment a évolué le sponsoring

depuis votre implantation ?

Je me souviens très bien du premier

athlète sponsorisé en Chine, le

footballeur Fan Zhiyi, un des rares à

avoir un statut de star à l’époque. Il

a fait notre campagne publicitaire

en 1997 avec un budget très limité,

dont une partie était reversée à la

fédération.

Aujourd’hui, les sportifs sont plus

autonomes et le sponsoring plus

professionel, on se rapproche d’un

marché à l’occidentale. Je pense ainsi

à Ma Xiaoshu, footballeuse de l’année

et égérie de l’une de nos dernières

campagnes. C’est un bon exemple

d’une nouvelle génération d’athlètes

chinois qui correspond à l’identité de

notre marque. •

Antonia Cimini

59


Le sport en Chine

Lacoste, du tennis au ‘casual chic’

La marque au crocodile cherche à garder ses affinités sportives, tout en

flirtant avec l’habillement haut-de-gamme.

Au royaume du ping-pong, le

tennis se fait lentement une

petite place de choix. Des

événements d’envergure mondiale

l’ont intronisé sport vedette dans la

Chine moderne, le Tennis Master Cup

de Shanghai en tête. Il est désormais

possible de croiser Roger Federer ou

Rafael Nadal dans la rue de Nankin,

en centre ville. Une occasion pour le

tricolore Lacoste d’asseoir sa notoriété

en Chine. “Nous ne pouvions pas ne

pas y être“, résume Sébastien Fayet,

responsable du contrôle de gestion

pour l’Asie chez Lacoste. “C’est le

territoire de la marque et cela lui

donne une légitimité“, renchérit-il. Il

est vrai que “les Chinois aiment les

histoires et le Master est l’occasion

de raconter notre histoire et de faire

connaître la marque“, explique M.

Fayet. Chaque mois de novembre, le

centre du business chinois s’habille de

vert pour promouvoir l’événement.

Si le stade ne fait pas toujours salle

comble, les espaces publicitaires

se déclinent pour faire honneur au

court de Qi Zhong. ( ndlr : Le stade

Qi Zhong est une enceinte de

30 000 m 2 au design futuriste avec

un toit ouvrant composé de huit

pétales géants de verre et d’acier, qui

représentent un magnolia, la fleur

emblème de Shanghai )

Une image sportive et des

matières haut de gamme

XIXe siècle en Chine, avec le développement

des liens commerciaux

entre l’Empire du Milieu et l’Occident,

le tennis se range aujourd’hui, un peu

comme le golf, au rang des sports

prisés par les classes moyennes et

aisées. Rien de surprenant dès lors

que la marque au crocodile cherche

à garder ses affinités sportives, tout

en flirtant avec l’habillement hautde-gamme.

«La gamme sportive ne

représente que 10 % de nos collections

en magasin en Chine », explique

Sébastien Fayet, « nous cherchons

plutôt à vendre des vêtements ‘casual’

en utilisant parfois des matières spécifiques

au marché chinois pour leur

donner une touche haut-de-gamme».

Pulls en cachemire ou cols en fourrure

agrémentent ainsi les produits des

lignes Lacoste dans les magasins chinois.

A Shanghai et à Pékin, les concurrents

s’appellent Calvin Klein ou

Diesel plutôt que Nike ou Adidas. En

revanche, « dans le reste du pays, ce

sont surtout des magasins franchisés

qui ont une clientèle plus âgée, aux

attentes plus classiques. Leurs commandes

se concentrent essentiellement

sur le polo Lacoste », constate le

responsable.

Le crocodile

accroît sa notoriété

L’activité de sponsoring s’inscrit dans

une volonté plus large de la marque

de communiquer le plus possible

dans les deux grandes villes chinoises.

Le reste des villes suivra la tendance,

selon le responsable de la marque.

© LACOSTE

« La gamme

sportive ne

représente

que 10%

de nos

collections en

magasin »

Evénements, relations publiques, tout

est bon pour accroître sa notoriété.

« Chaque année, nous organisons un

événement lié à la mode », souligne

M. Fayet. Il y a quelques années, la

marque avait ainsi lancé l’événement

12/12 – du nom du célèbre polo

Lacoste 1 – à l’occasion duquel des

personnalités triées sur le volet

devaient revisiter le produit phare de

la marque. Des déclinaisons ensuite

revendues lors d’une vente de charité.

Il y a deux ans, la marque au crocodile

s’était associée au Comité Colbert

– regroupement de marques de luxe

françaises – pour un événement

au Plaza 66, centre commercial

du centre de Shanghai dédié au

luxe. Néanmoins avec le Master de

Shanghai mais aussi l’Open de Pékin,

le Français reste fidèle à ses premières

amours. Il faut dire qu’en Chine, tout

reste à conquérir pour Lacoste. La

Corée du Sud représente à elle seule

deux fois et demi le chiffre d’affaires

du marché chinois. • Julie Desné

1

Le célèbre tennisman René Lacoste, surnommé « Crocodile » par un

journaliste américain, eut l’idée de se faire fabriquer une chemise, avec

laquelle il serait à son aise, fermée par 3 petits boutons. Un de ses amis

eut l’idée d’apposer sur le modèle “le crocodile”, premier “logo” sur un

vêtement de tous les temps, ce modèle s’appelle “modèle 12/12”.

60


Le sport en Chine

Aigle, la tendance Sportswear

Les citadins chinois aiment les vêtements sportifs techniques, faciles à porter

mais qui restent élégants... une situation favorable pour la griffe française.

« Les Chinois du Nord

privilégient un usage

fonctionnel tandis

qu’au Sud, le paraître

l’emporte »

© AIGLE

Polaires, Gore-tex, coupe-vent...

les Chinois goûtent de plus

en plus les vêtements sportifs

sophistiqués pour parader, même

en ville. Implantée depuis dix ans

en Chine, la marque Aigle profite

de cette nouvelle mode mais aussi

du développement des pratiques

sportives en extérieur. « Il y a une

mode dans les grandes villes chinoises

qui nous est favorable. Les citadins

font de nos vêtements techniques un

usage avant tout urbain. Des produits

comme la parka 3-en-1 ont beaucoup

de succès », explique Frédéric Guiral,

Directeur Asie de Aigle.

Entre la tendance « sportswear » et la

mode casual, la griffe française doit

pourtant trouver sa place dans un

marché récent, largement dominé

par le « streetwear ». « Nous sommes

souvent relégués à l’étage des

marques de sport dans les centres

commerciaux, alors que nous défendons

avant tout un créneau qui relève

davantage du style de vie », précise le

responsable basé à Hong Kong, « une

spécificité difficile à expliquer aux distributeurs...

et aux consommateurs ».

Si les vêtements Aigle se portent bien

dans les rues de Shanghai ou Pékin,

le développement des pratiques

sportives profite aussi au développement

de la marque. Frédéric Guiral

reconnaît ainsi que les loisirs de plein

air et l’éco-tourisme sont en plein

essor notamment dans les provinces

du Yunnan ou du Tibet. « Pour les

Pékinois c’est plus facile, ils peuvent

prendre la voiture le week-end pour

aller se balader aux alentours de la

ville, à Shanghai c’est plus difficile »,

précise-t-il.

Satisfaire les différentes

attentes ...

Le responsable de la marque souligne

une vraie différence entre le Nord et

le Sud. Au nord, c’est un usage fonctionnel,

avec des attentes techniques

des produits, tandis qu’au sud le

paraître l’emporte avec un marché

tourné avant tout vers la mode.

« Cela s’explique en raison de particularités

climatiques évidentes », estime

Frédéric Guiral, « mais les mentalités

aussi sont différentes, ainsi que les

marchés textile ».

Toutefois qu’il vende à Hohhot, en

Mongolie intérieure, ou à Shenzhen,

Aigle s’adresse surtout aux classes

moyennes supérieures chinoises,

avec des prix nettement au-dessus

des marques locales. « Nous sommes

cependant sur un marché très large,

au milieu entre le ‘mass market’ et le

très sélectif », détaille M. Guiral.

L’assortiment reste, quant à lui, plutôt

général. Les gammes très spécifiques

de Aigle concernant l’équitation ou

la chasse sont peu représentées dans

les rayons chinois où la part belle est

faite au trekking et au vêtements de

voyage. Exception faite de certains

points de vente comme ceux de la

ville balnéaire de Qingdao, où Aigle a

ressorti sa panoplie nautique.

... en développant la distribution

Implantée en Chine depuis dix ans,

la marque française s’est surtout renforcée

sur le marché chinois grâce

à son partenariat avec Lining, n°1

chinois du sportswear. « L’entreprise

est très forte en ce qui concerne le

développement des réseaux de distribution.

Ils connaissent les magasins,

ont de très bonnes relations avec les

propriétaires des centres commerciaux...

Ils sont aussi très bons sur tout

ce qui est suivi de la production et

logistique », résume le responsable.

Une chance pour Aigle de faire peu à

peu son nid. •

Julie Desné

61


Le sport en Chine

阿 迪 达 斯 , 最 贴 近 中 国 明 星 的 品 牌

阿 迪 达 斯 的 中 期 目 标 在 于 把 中 国 变 成 其 最 大 的 市 场 , 并 通 过

中 国 体 育 运 动 进 一 步 提 升 其 形 象 。 阿 迪 达 斯 中 国 商 务 经 理

桑 德 里 娜 . 泽 比 博 (Sandrine Zerbib) 向 我 们 阐 述 了 企 业 的 发 展

战 略 。

阿 迪 达 斯 进 入 中 国 有 多 少 年

了 ?

阿 迪 达 斯 在 中 国 最 初 的 商 业 形 式 要 追

溯 到 1955 年 , 那 时 我 们 开 了 两 家 商

店 。 当 时 , 阿 迪 达 斯 在 中 国 并 非 为 人

不 知 , 因 为 我 们 的 产 品 已 通 过 其 他 途

径 进 入 中 国 市 场 。 而 且 , 我 们 在 国 际

市 场 上 有 了 一 定 的 知 名 度 , 而 中 国 人

也 紧 随 着 国 际 潮 流 。 另 外 , 阿 迪 达 斯

早 在 70 年 代 末 时 就 开 始 赞 助 中 国 的 体

育 , 尤 其 是 足 球 。

阿 迪 达 斯 进 军 中 国 市 场 的 营

销 战 略 是 什 么 ?

2007 年 , 中 国 将 成 为 阿 迪 达 斯 的 第 三

大 市 场 , 紧 跟 美 国 和 日 本 之 后 。 日 益

临 近 的 奥 运 会 更 是 进 一 步 激 发 了 中 国

人 的 体 育 热 情 。 我 们 的 营 销 战 略 主 要

着 眼 于 赞 助 及 支 持 年 轻 人 的 体 育 运

动 。 我 们 组 织 冠 军 杯 , 运 动 训 练 , 并

与 学 校 及 联 合 会 进 行 系 统 的 合 作 。 现

在 , 我 们 把 精 力 主 要 放 在 足 球 和 篮 球

这 两 项 商 业 价 值 比 较 高 的 运 动 , 即 使

乒 乓 球 和 羽 毛 球 更 普 及 。

在 中 国 进 行 体 育 赞 助 有 什 么

特 点 ?

名 人 效 应 是 非 常 重 要 的 , 但 在 中 国 ,

这 一 方 面 的 明 星 还 不 多 。 中 国 有 无 数

的 运 动 员 , 但 是 具 有 国 际 知 名 度 的 却

寥 寥 无 几 。 因 为 体 育 明 星 的 数 量 少 ,

自 然 成 为 众 多 企 业 的 抢 夺 对 象 。 就 像

在 大 街 上 , 我 们 可 以 看 到 篮 球 运 动 员

姚 明 为 各 种 品 牌 的 代 言 广 告 。 与 此 同

时 , 对 于 赞 助 商 来 说 , 品 牌 能 见 度 是

一 种 必 需 和 一 个 真 正 的 挑 战 。

体 育 明 星 如 何 影 响 中 国 年 轻

人 的 选 择 ?

年 轻 人 对 自 己 喜 爱 的 体 育 运 动 了 解 甚

多 。 他 们 非 常 了 解 国 际 舞 台 。 然 而 获

得 国 际 声 誉 的 本 土 明 星 最 能 影 响 消 费

者 的 选 择 。 原 因 有 很 多 : 民 族 自 豪

感 , 成 就 感 , 优 越 感 。 对 于 运 动 员 来

说 , 他 们 代 表 的 是 整 个 国 家 , 因 而 更

重 视 自 己 的 形 象 。

中 国 女 足 运 动 员 : 马 小 旭

62

© ADIDAS

自 阿 迪 达 斯 进 入 中 国 市 场 ,

中 国 的 体 育 赞 助 发 生 了 哪 些

变 化 ?

我 对 我 们 第 一 个 赞 助 的 中 国 运 动 员 仍

然 记 忆 犹 新 , 他 就 是 足 球 运 动 员 范 志

毅 , 是 那 个 年 代 很 少 具 备 明 星 素 质 的

运 动 员 之 一 。1997 年 , 他 代 言 了 我 们

的 广 告 宣 传 活 动 , 当 时 的 经 费 是 非 常

有 限 的 , 其 中 的 一 部 分 上 缴 足 协 。 如

今 , 运 动 员 有 了 更 大 的 自 主 性 , 赞 助

活 动 也 更 加 职 业 化 了 。 赞 助 活 动 在 向

西 方 市 场 靠 拢 。 比 如 马 晓 旭 , 年 度 女

足 运 动 员 , 我 们 最 近 一 次 广 告 宣 传 活

动 的 代 言 人 。 这 是 中 国 新 一 代 运 动 员

的 很 好 代 表 , 非 常 符 合 我 们 的 品 牌 形

象 。•


Le sport en Chine

Lacoste, 从 网 球 系 列 到 休 闲 系 列

鳄 鱼 品 牌 一 直 力 图 保 持 品 牌 的 体 育 元 素 , 并 定 位 于 高 档 材 质 。


中 国 这 个 乒 乓 球 的 王

国 , 网 球 慢 慢 地 有 了 一

席 之 地 。 一 些 世 界 规 模

的 体 育 赛 事 如 上 海 网 球 大 师 杯 赛 让 网

球 明 星 走 进 了 现 代 中 国 社 会 。 从 此 ,

我 们 可 能 会 在 市 中 心 的 南 京 路 上 与 费

德 勒 (Roger Federer) 或 者 纳 达 尔 (Rafael

Nadal) 相 遇 。 这 对 法 国 Lacoste 鳄 鱼 在 中

国 树 立 知 名 度 是 个 很 好 的 机 会 。

“ 我 们 无 法 不 参 加 到 这 一 活 动 中

来 ”,Lacoste 亚 洲 财 务 总 监 塞 巴 斯 蒂

安 . 法 耶 特 (Sébastien Fayet) 说 道 “ 这 是

一 块 追 求 品 牌 的 热 土 , 品 牌 在 这 里 获

得 了 合 法 性 ”。 的 确 ,“ 中 国 人 喜 欢 听

故 事 , 网 球 大 师 杯 赛 给 了 我 们 讲 述 自

己 故 事 的 机 会 , 并 让 人 们 了 解 我 们 的

品 牌 ”, 法 耶 特 解 释 道 。 如 果 体 育 场

无 法 坐 到 爆 满 , 那 么 广 告 牌 会 为 上 海

旗 中 网 球 场 增 色 不 少 。

运 动 形 象 , 加 上 高 档 材 质

在 19 世 纪 的 中 国 , 随 着 中 国 与 西

方 国 家 贸 易 往 来 的 发 展 , 网 球 就 像 今

天 的 高 尔 夫 球 一 样 , 是 中 产 阶 级 和 富

人 的 运 动 。Lacoste 鳄 鱼 生 产 高 档 运 动

系 列 并 不 让 人 感 到 意 外 。“ 运 动 系 列

在 我 们 商 店 的 商 品 里 只 占 10%”, 塞

巴 斯 蒂 安 . 法 耶 特 (Sébastien Fayet) 解 释

道 ,“ 我 们 倾 向 于 在 中 国 市 场 上 销 售 用

特 殊 材 质 制 成 的 高 档 休 闲 服 ”。 羊 绒

衫 , 毛 皮 领 子 能 够 装 饰 Lacoste 中 国 店

里 的 系 列 产 品 。 在 北 京 , 上 海 , 我 们

的 竞 争 者 是 卡 尔 文 . 克 莱 或 迪 塞 而 不 是

耐 克 或 阿 迪 达 斯 。“ 而 在 其 他 城 市 ,

连 锁 店 的 客 户 群 年 龄 偏 大 , 对 传 统 系

列 的 需 求 量 较 大 , 他 们 主 要 订 购 的 是

鳄 鱼 Polo 衫 ”, 塞 巴 斯 蒂 安 . 法 耶 特

(Sébastien Fayet) 证 实 道 。

一 年 举 行 一 次 活 动

法 国 Lacoste 鳄 鱼 品 牌 经 理 认 为 ,

赞 助 活 动 的 宗 旨 是 在 中 国 两 大 城 市 最

大 程 度 的 宣 传 品 牌 , 其 他 城 市 跟 随 潮

流 。 各 种 活 动 , 公 关 都 有 利 于 提 高 品

牌 的 知 名 度 。“ 每 年 我 们 都 会 组 织 一

次 与 时 尚 相 关 的 活 动 ” , 法 耶 特 说

道 。 几 年 前 ,Lacoste 用 鳄 鱼 Polo 衫 的 名

字 12/12 组 织 了 一 次 活 动 , 活 动 中 一 些

“ 运 动 系 列 在 我 们 商 店

的 商 品 里 只 占 10%”

被 精 心 邀 请 的 名 人 重 新 参 观 了 该 品 牌

中 的 标 志 产 品 。 一 些 以 他 们 名 字 命 名

的 商 品 在 慈 善 销 售 会 上 被 重 新 出 售 。

两 年 前 , 鳄 鱼 品 牌 与 法 国 科 尔 贝 委 员

会 (Le Comité Colbert) 即 法 国 奢 侈 品 行 业

协 会 参 加 了 一 次 在 上 海 奢 侈 品 牌 商 业

中 心 恒 隆 广 场 的 活 动 。

然 而 , 无 论 在 上 海 的 网 球 大 师 杯

赛 , 还 是 在 北 京 的 网 球 公 开 赛 , 法 国

Lacoste 还 是 忠 实 于 最 初 开 创 的 产 品 系

列 。 在 韩 国 鳄 鱼 产 品 的 销 售 量 是 中 国

市 场 的 2.5 倍 。 在 中 国 ,Lacoste 还 有 很

多 事 情 要 做 。•

© LACOSTE

艾 高 品 牌 瞄 准 中 国 的 中 产 阶 级

中 国 市 民 喜 欢 在 城 市 里 穿 技 术 性 的 运 动 装 。


国 人 为 了 炫 耀 , 越 来 越 穿 的 服 装 。 像 三 合 一 的 高 档 耐 磨 牛 津

喜 欢 高 级 的 运 动 品 牌 像 布 面 料 大 衣 就 取 得 了 很 大 的 成 功 ”。

Polaire, 戈 尔 等 。 艾 高 在 运 动 服 装 与 休 闲 时 尚 的 潮 流

进 入 中 国 市 场 十 年 , 它 的 发 展 得 益 于 中 , 该 法 国 品 牌 需 要 在 被 街 头 装 大 量

这 种 新 的 流 行 趋 式 , 以 及 户 外 运 动 的 充 斥 的 市 场 中 找 到 自 己 的 位 置 。“ 我

发 展 。 艾 高 亚 洲 区 总 裁 弗 雷 德 里 克 . 吉 们 的 商 店 通 常 位 于 商 业 中 心 的 运 动

拉 尔 (Frederic GUIRAL) 说 :“ 大 城 市 里 的 品 牌 专 卖 区 , 我 们 主 要 销 售 的 是 在

新 时 尚 对 我 们 很 有 利 。 城 市 居 民 将 我 日 常 生 活 中 能 穿 的 运 动 装 ” , 这 位

们 的 技 术 性 服 装 变 成 了 在 城 市 里 日 常 常 驻 香 港 的 负 责 人 强 调 道 , • • •

“ 中 国 北 方 人 注 重 实

用 性 , 南 方 人 看 重 外

观 。”

© DR

63


Le sport en Chine

•••“ 这 一 点 很 难 向 经 销 商 和 消 费 者 解

释 ”。

如 果 在 上 海 或 北 京 的 大 街 上 看 到

很 多 人 穿 艾 高 的 服 装 , 这 说 明 体 育 运

动 的 发 展 有 利 于 品 牌 的 发 展 。 弗 雷 德

里 克 . 吉 拉 尔 (Frederic GUIRAL) 认 为 , 人

们 确 实 有 旅 游 的 愿 望 。 像 云 南 , 西 藏

等 省 就 得 益 于 中 国 旅 游 经 济 的 发 展 。

吉 拉 尔 继 续 道 :“ 在 北 京 , 人 们 周 末 驾

车 到 城 市 周 边 游 玩 很 方 便 , 在 上 海 就

比 较 困 难 ”。

地 区 差 异

地 区 差 异 不 是 将 两 个 城 市 区 别 的

唯 一 特 性 。 品 牌 负 责 人 强 调 说 中 国 南

北 方 的 真 正 不 同 之 处 在 于 , 北 方 人 注

重 产 品 实 用 性 , 看 重 商 品 的 技 术 含

量 , 而 南 方 人 注 重 外 观 , 以 时 尚 为

导 向 。“ 这 可 以 用 南 北 方 明 显 的 气 候

差 异 来 解 释 ”, 弗 雷 德 里 克 . 吉 拉 尔

(Frederic GUIRAL) 说 ,“ 当 然 人 们 的 观 念

也 不 同 , 纺 织 品 市 场 也 有 差 别 。”

不 管 是 销 售 到 内 蒙 古 呼 和 浩 特 还

是 到 深 圳 , 艾 高 一 直 针 对 中 国 的 高 级

中 产 阶 级 消 费 者 , 价 格 也 比 本 地 品 牌

高 。“ 我 们 身 处 于 一 个 很 大 的 市 场 ,

介 于 大 众 市 场 与 高 档 市 场 之 中 ”。 吉

拉 尔 具 体 解 释 道 。

艾 高 的 服 饰 比 较 大 众 化 。 一 些 特

殊 产 品 如 马 术 或 狩 猎 系 列 在 中 国 市 场

的 柜 台 中 很 少 见 , 销 售 的 多 是 徒 步 和

旅 行 系 列 。 在 海 滨 城 市 青 岛 等 特 殊 场

所 , 艾 高 会 销 售 它 的 水 上 运 动 产 品 。

与 李 宁 的 合 作

进 入 中 国 市 场 十 年 , 艾 高 品 牌 日

益 强 大 , 这 要 归 功 于 与 中 国 第 一 大 运

动 服 装 品 牌 李 宁 的 合 作 。“ 该 企 业 的

销 售 网 络 很 强 大 , 他 们 了 解 商 场 , 与

商 业 中 心 业 主 关 系 很 好 , 他 们 还 在 生

产 与 物 流 方 面 有 很 强 的 优 势 ”, 吉 拉

尔 总 结 道 。 这 对 艾 高 在 中 国 逐 步 站 稳

脚 跟 是 个 很 好 的 机 会 。•

China Team,

l’Histoire dans les voiles

A la barre du premier bateau « Class America » construit

en Chine, les anciens navigateurs du Défi français

introduisent l’Empire du Milieu dans la Coupe de

l’America. Histoire d’un pari franco-chinois historique

pour le monde de la voile.

est trop belle pour

Nicolas Ajacques. Le directeur

L’occasion

Chine de NewBridge Partners,

une société de management exécutif,

est un ami de Xavier de Lesquen,

l’ex-patron du « Défi Areva ». En

2003, le bateau hexagonal qui s’est

déjà présenté deux fois au départ de

la Coupe de l’America cherche une

structure et des sponsors pour participer

à sa 32e édition. Nicolas Ajacques

pense aux Chinois. « Il s’agissait de

profiter de l’intérêt des entreprises

européennes pour l’Empire du

Milieu et de la volonté de la Chine

de s’internationaliser.» Le bateau sera

construit en Chine sous pavillon chinois

grâce au lobbying que mène

auprès du Ministère de la Jeunesse et

des Sports à Pékin, celui qui fut président

de la Chambre de Commerce

et d’industrie française en Chine en

2003.

Il manque un bailleur de fonds.

Nicolas Ajacques propose Wang

Chaoyong, un investisseur privé passionné

de voile. L’homme d’affaire

rêve d’organiser à Qingdao l’une des

douze régates de la Coupe Louis

Vuitton, la compétition prélude à la

Coupe de l’America. « Les organisateurs

n’ont pu la programmer cette

année, mais le principe est acquis

pour les prochaines éditions », précise,

enthousiaste, Nicolas Ajacques.

Le manager présente Wang aux skippers

français puis les aide à monter

une joint-venture en accord avec le

Yacht Club de Qingdao, futur hôte

des épreuves olympiques de 2008. Le

contrat est signé en avril 2005.

« Fils du dragon »

Il faut maintenant construire le bateau.

Ce qui ne va pas de soi puisqu’

il convient d’importer un matériau

encore inconnu des douanes chinoises

: le carbone pré-imprégné avec

de la résine, utilisé pour les fusées.

Les chantiers navals de Dongguan

près de Shenzhen terminent le travail

en novembre 2006. Transporté en

décembre à Valence – la base espagnole

de China Team – pour la finition,

le Class America CHN 95 est baptisé

le 6 mars dernier sous le nom de

Longzi ou « fils du dragon ».

Entre temps, le « Syndicat » de China

Team – son bureau exécutif – s’est

constitué avec Wang comme président

et Ajacques comme vice-président

chargé du développement et

des relations avec les autorités. A la

barre, le navigateur Pierre Mas organise

trois sailing camps à Qingdao,

Xiamen et Hong Kong pour recruter

la partie chinoise de l’équipage.

« Clairement les plus petits »

Côté sponsors, Tag Heuer, le fabricant

suisse de montres, et Lladro, le spécialiste

espagnol des céramiques haut

de gamme, sont rejoints par Chivas,

marque de whisky appartenant à

64


Le sport en Chine

© Imagine China

Å Lors de la Qingdao International Regatta

dans la province du Shandong,

28 Août 2006

Pernod Ricard. Pour communiquer,

China Team utilise les réseaux de

Wang Chaoyong dont la femme, Li

Yifei, dirige MTV China. Les portes

s’ouvrent : la chaîne sportive CCTV 5

accepte de diffuser au début 2006 un

concert organisé avec Louis Vuitton

et la Coupe de l’America autour du

bateau chinois.

Pour China Team, les choses sérieuses

commencent le 16 avril, première

épreuve de la Coupe Louis Vuitton.

« En terme de puissance financière

et de technique, on est clairement

les plus petits et de loin », déclarait

récemment Pierre Mas. Mais les

gens en Chine ont compris que

la Coupe est une compétition

de haut niveau technologique

et qu’il faut un investissement à

long terme. Ils sont très motivés

pour poursuivre l’aventure. » •

Joris Zylberman

La voile

encore peu pratiquée en Chine

Voile et loisir, deux mots dont l’association n’est pas encore évidente

en Chine. Certes, le nautisme est sorti de la confidentialité. Depuis

2004, les bateaux de plaisance apparaissent massivement au salon

nautique de Shanghai. En quelques années, plus d’une quinzaine

de marinas ont vu le jour, de Suzhou à Shenzhen. Des lieux pourtant

réservés à l’élite : comptez 10 000 RMB (1000 € ) par mois pour y

garer votre bateau. Le marin du dimanche reste donc invisible.

Question d’éducation aussi : l’école en Chine n’apprend pas à nager

et la côte demeure un endroit dangereux, réservé à la pêche ou aux

installations militaires. Résultat : la fédération chinoise de voile ne

compte que 800 licenciés. La situation n’est pas figée. A Qingdao

notamment, où le Canadien Brian Todd a monté une école de voile

proposant des leçons d’optimiste. De son côté, le gouvernement de la

ville hôte des épreuves olympiques marines, a lancé une campagne «

2006-2010 : la voile entre à l’école » auprès de 16 établissements.

Loin d’ignorer la voile sportive, la Chine continue de former des

sportifs de haut niveau. A l’image de Yin Jian, médaillée d’argent

en planche à voile aux JO d’Athènes en 2004. J. Z.

65


Le sport en Chine

Tout schuss

sur les sports de montagne

La Station de Jiulong dans la province du Shanxi

© Imagine China

Randonnée, escalade et sports d’hiver... les Chinois découvrent, en néophytes, les

plaisirs de l’altitude. Un élan encouragé par le gouvernement.

Depuis 1996, les Chinois se

sont lancés à l’assaut des

sports de montagnes. Profil

type du nouvel amateur : le jeune

urbain aisé, à la technique alpine

hasardeuse et aux connaissances

en matière de sécurité inexistantes

mais à l’enthousiasme débordant. Cet

élan vers les cimes a été suivi de près

dès 1998 par le gouvernement, qui,

suite à deux accidents marquants,

le premier en mai 2000 dans le

Qinghai lors de l’ascension de Yuzhu

Peak, le second en 2002 lors d’une

avalanche meurtrière au Xixiapangma

qui a emporté 6 jeunes grimpeurs

de l’université de Pékin , a cherché

à sensibiliser la population. Création

du premier festival national de la

montagne, mise à l’honneur en 2003

du mont Everest, le gouvernement a

encouragé les initiatives et plusieurs

grimpeurs ont ainsi escaladé le plus

haut sommet du monde à l’occasion

du cinquantième anniversaire de

l’ascension de l’Everest, une opération

commerciale organisée par la CMA

(Chinese Mountaineering Association)

avec la chaîne de télévision CCTV.

Coup de cœur pour la randonnée

Aujourd’hui 10% de la population

urbaine chinoise déclare faire de la

randonnée de manière régulière.

Cela crée un véritable marché dans

le secteur des loisirs et sports de

montagne qui se développe à toute

vitesse, comme en témoigne le succès

des marques qui se positionnent sur

ce créneau. En escalade, le niveau

s’améliore grâce à la pratique sur des

murs artificiels en ville. Alors qu’il n’y

avait que quelques grimpeurs il y a

10 ans, ils sont, aujourd’hui, plusieurs

centaines, même si leur niveau

reste encore bien inférieur à celui

des meilleurs grimpeurs mondiaux.

Défi numéro 1 : développer

les sites

Il n’existe pas encore de culture du

ski en Chine. Si les premières stations

sont apparues dans les années

1980, le ski ne s’est véritablement développé

qu’à partir de l’hiver 2000.

Aujourd’hui près de 200 centres de

ski ont vu le jour en Chine, mais une

vingtaine seulement s’approchent

des standards occidentaux dont trois

véritables stations (Yabuli, Beidahu et

Changbaishan), et deux ski-dômes

(à Pékin et Shanghai). Ces stades de

66


Le sport en Chine

neige représentent 80 % du business

« neige » de la Chine. Actuellement le

secteur connaît un véritable engouement,

même si la majorité des stations

de ski fonctionne uniquement avec

de la neige artificielle et si le niveau

n’est pas encore au rendez-vous ...

Pour l’escalade, l’exemple est frappant

« 3000 voies d’escalade sont

aménagées rien que dans le massif

des calanques de Marseille, alors

que toute la Chine héberge à peine

1000 voies d’escalade sportives

équipées ... »

Cependant, le vrai souci repose sur

le manque d’infrastructures et de

personnels qualifiés. L’accès et le

développement des sites prennent

du temps et restent entièrement

régis par l’Etat, alors qu’en France au

contraire la montagne est en libre

accès. « En Chine, quelles que soient

les activités que l’on souhaite mettre

en place, il faut des autorisations... Les

permis sont parfois difficiles à obtenir

et les sources de conflits avec les

populations et les gouvernements

locaux ne manquent pas » souligne

Olivier Balma, professeur à la China

Mountain Development Institute.

Cette école récemment créée forme

des guides professionnels de haute

montagne. « La recherche du profit

immédiat est trop souvent au cœur

des préoccupations et les projets

de développement durable sont

rarement soutenus » explique le

professionnel averti. Il y a pourtant

un vrai potentiel puisque les régions

montagneuses constituent 69 % du

territoire chinois... •

Agathe Allain

Vous rêvez de

montagne en Chine ?

© O. Balma

Le China Moutain Development Institute

L’école des guides de haute montagne

Olivier Balma est le

direc teur technique

de la première école

qui offre une véritable

formation de guides

de haute montagne en

Chine. Cette initiative

gouvernementale est

largement soutenue par

des sociétés privées et

répond au manque de

professionnels chinois

formés sur les questions techniques et de sécurité. Les deux ans

de formation intensive -pratique et théorique- se soldent par

la délivrance d’un diplôme d’état. En 2009, les futurs guides, de

retour dans leurs provinces respectives, devront être capables

de développer, de structurer et d’encadrer les activités sportives

de haute montagne : un joli challenge !

Olivier Balma et ses élèves à Yangshuo : cours

pratiques sur la montagne de la lune.

© O. Balma

Voici quelques sites recommandés

par les spécialistes

Pour faire de la randonnée

ou de l’escalade

vous avez le choix entre

cinq régions : le mont Taishan

(province du Shandong) ;

Huangshan (Anhui) ; Emeishan

(Sichuan); Lushan (Jiangxi); le

Mont Qomolangma (Tibet), plus

connu sous le nom d’Everest.

Parmi les meilleurs sites, on

recommande pour l’escalade,

Yangshuo (Guangxi) et Kunming

(Yunnan) dans le sud de la Chine.

Pour la montagne technique

et l’assaut de cascade de glace,

les montagnes de Siguniang

dans le Sichuan et le massif de

Bogeda dans le Xinjiang; pour

la haute altitude, le Tibet avec

Cho oyu, Xixiapangma, et bien

sûr l’Everest ; pour le trekking,

les provinces du Yunnan et du

Qinghai et enfin pour le ski,

Beidahu (Jilin) au Nord-Est de

la Chine.

67


Le sport en Chine

Sports et tourisme de montagne :

les Alpes et la Province du Sichuan collaborent

La région des Alpes et la Province du Sichuan ont décidé de travailler ensemble pour la promotion et

le développement des activités en montagne, notamment en matière de sport et de tourisme. Un

mémorandum a été signé récemment. Il prévoit la création d’un centre franco-chinois du développement

de la montagne dont les finalités sont à la fois économiques, environnementales, touristiques et sportives.

Le projet prévoit la création, dans un proche avenir, d’un site pilote, vitrine de la coopération entre les deux

régions. Selon Jacques Dumasy, consul général de France à Chengdu, ce site, à court terme, devrait pouvoir

accueillir les citadins à la recherche de loisirs variés. A plus long terme, il pourra accompagner l’éclosion des

sports d’hiver en Chine et, pourquoi pas, dans dix ou quinze ans, contribuer à l’organisation, au Sichuan, de

Jeux Olympiques d’hiver.

Extrait de l’ Edito de la lettre Pionnier n 0 2 par Jacques Dumasy, Consulat Général de France à Chengdu

68


Le billard,

nouvelle passion chinoise

Le sport en Chine

Ultra populaire et récent à la fois, la passion du billard enflamme la chine ... Ding

Junhui le jeune prodige chinois qui fait frémir le milieu international serait-il à

l’origine de l’engouement général autour de ce sport ?

À

la campagne comme en ville,

dans des salles bien équipées,

des bars à l’ambiance feutrée

ou simplement dans la rue sur des

tables usées avec du matériel de

fortune, jeunes et moins jeunes

jouent au billard. Difficile, dans ces

conditions, de recenser le nombre

de joueurs. Selon le China Daily, ils

seraient au moins 50 millions à jouer

une fois par semaine et 1,5 million à

pratiquer quotidiennement. La vague

semble toucher toutes les couches de

la population. Cols blancs, ouvriers,

paysans et étudiants, le jeu est

accessible à tous. Gratuit en plein air,

il faut compter en moyenne 20 RMB

( 2 € ) de l’heure en salle à Pékin

qui en compte au moins 700, dont

certaines ouvertes 24h/24.

Ding Junhui

à la conquête du monde

Interdit pendant la Révolution

culturelle, le billard a fait un retour

fulgurant avec la Kent Cup de 1988,

première compétition de niveau

international sur le sol chinois. Mais

son succès actuel est surtout porté

par un champion exceptionnel,

enfant prodige sur le plan sportif et

figure emblématique d’une réussite

conquise à la seule force du poignet.

Originaire d’une petite ville de la

province du Jiangsu, Ding Junhui a

commencé par jouer dans la rue, à

l’âge de huit ans. Soutenu par ses

parents, il n’a que 15 ans quand

il remporte les championnats du

monde des jeunes à Riga, en 2002,

Ding Junhui a donné au billard un élan comparable à celui que Yao Ming a

impulsé au basket

une première victoire qui le propulse

sur la scène internationale. Parti

s’entraîner en Grande-Bretagne, il

renforce sa technique, acquiert un

sang-froid hors du commun. Ses

victoires à l’Open de Chine et au

championnat de Grande-Bretagne en

2005 le font entrer dans la légende.

Héros national, Ding Junhui a donné

au billard un élan assez comparable

à celui que Yao Ming a impulsé

au basket chinois. Le manque de

programme d’entraînement, de

tournois et les dotations dérisoires

qui étaient le lot des professionnels

de billard il y a 15 ans à peine ont

fait place à des compétitions de

haut niveau dont l’Open de Chine

à Pékin, épreuve internationale, et

un critérium national dont la prime

s’élève à 400 000 RMB ( 40 000 € ). La

retransmission de l’Open de Chine

a rassemblé l’an dernier plus de

cent millions de téléspectateurs. Le

billard arrive en quatrième position

des programmes diffusés pas les

chaînes sportives chinoises en 2006,

juste après le tennis, mais encore loin

derrière le football et le basket. Dans

l’ombre de la star, Tian Pengfei et Jin

Long chez les hommes, Pan Xiaoting

chez les femmes sont déjà inscrits au

classement mondial. Certaines écoles

ont mis le billard au programme

d’éducation physique. La relève se

prépare et le billard chinois a de

beaux jours devant lui. •

Sophie Lavergne

© Imagine China

69


Le sport en Chine

Golf,

le sport « classe affaire »

En Chine, le golf rassemble 1 million de pratiquants

© Imagine China

Après vingt années d’un

développement débridé,

le golf chinois semble

entrer dans l’âge de raison.

Professionnalisation et

gain de popularité sont

ses deux principau x

enjeux.

Depuis 1984, date de la création

du premier parcours en Chine

continentale, plus de 300 terrains

de golf ont vu le jour. Le nombre

de pratiquants est, lui, passé de 1000

à 1 000 000. A titre de comparaison, la

France compte plus de 500 terrains et

environ 600 000 joueurs. Plusieurs parcours

- à Pékin, Hainan, Shanghai ou

Macao - sont inscrits aux calendriers

des circuits professionnels asiatique,

européen et américain. Parallèlement,

la première génération de golfeurs

chinois de niveau international, dont

Zhang Lianwei est le représentant le

plus connu, commence à rivaliser sur

les greens avec les meilleurs joueurs

mondiaux. Enfin, une des quatre

épreuves comptant pour les championnats

du monde de golf (WGC)

aura lieu au Missions Hills Golf Club, à

Shenzhen, en 2007 et 2008.

Vers l’âge de raison

Les signes de bonne santé ne manquent

donc pas, même si, en Chine

«Le golf n’est pas pas encore à

maturité» Mathias Herzog, golfeur

amateur de haut niveau installé

à Pékin, constate en effet, qu’en

dehors des quelques sites haut de

gamme, la qualité des parcours reste

assez médiocre. Le niveau global des

joueurs reste assez faible, les règles et

l’étiquette ne sont pas toujours bien

connues ni respectées. L’Association

Chinoise de Golf (CGA) vient tout

juste de signer un protocole pour se

conformer aux normes et règles de

jeu internationales. Mais, pour Mathias

Herzog c’est surtout l’absence d’un

circuit « amateur » officiel en Chine qui

nuit le plus à la qualité de l’ensemble.

En 2005, la CGA a lancé un ambitieux

China Tour, circuit professionnel

national, qui devrait faire progresser le

niveau, favoriser l’émergence de nouveaux

talents et accroître la popularité

du jeu.

Golf et “guanxi”

Populariser le golf est un sacré

défi quand une journée de golf en

semaine aux environs de Pékin coûte

en moyenne 1 000 RMB ( 100 € ), ce

qui réserve la pratique à la classe très

aisée de la population. En Chine plus

qu’ailleurs, golf rime avec réseaux

d’influence : les « guanxi ». Certaines

entreprises obligent leurs cadres à se

mettre au golf pour accroître leurs

relations, autrement dit, leur pouvoir.

D’autres, dans l’espoir de remporter

un marché, organisent des challenges,

mettant face à face de grands joueurs

venus pour l’occasion et des industriels,

trop heureux de taper des balles avec

un champion. L’université de Xiamen

vient, elle, d’inscrire au cursus des filières

commerce et informatique, les

cours de golf, « nécessaires pour réussir

sa carrière » selon le recteur.

Des voix s’élèvent contre la pratique

d’un sport jugé trop élitiste,

qui représente de surcroît un gaspillage

de la terre et de l’eau. Le

Premier Ministre Wen Jiabao a réaffirmé,

devant l’Assemblée nationale

populaire, le gel des autorisations de

construire de nouveaux parcours qui

empiètent sur les terres arables. Les

enjeux économiques , environnementaux

et sociaux -les paysans étant

les laissés-pour-compte des projetspèsent

lourd sur la balance... mais le

golf a déjà bel et bien fait son trou sur

le continent. • Sophie Lavergne

70


Le sport en Chine

Le galop d’essai

de l’équitation chinoise

Complètement inconnue il y a encore quelques

années, l’équitation sportive fait désormais partie du

paysage sportif chinois et fait les beaux jours d’une

clientèle très aisée.

En dépit d’une culture équestre

ancienne, la Chine ne s’est que

récemment mise à l’équitation

comme pratique spor tive. Les

épreuves équestres ont fait leur

entrée aux jeux nationaux en 1987

et la jeune Fédération d’équitation

fondée en 1983 a participé pour la

première fois à une compétition de

niveau international lors des 13e

jeux d’Asie, à Bangkok, en 1998. La

perspective des olympiades de 2008

a stimulé ses efforts pour atteindre

un niveau international. Selon Yu

Lixian, membre de la fédération, une

vingtaine de compétitions nationales

(toutes disciplines confondues) sont

organisées annuellement. Par un

système de points, elles servent à

sélectionner les cavaliers qui peuvent

concourir au niveau international.

Le programme d’entraînement des

cavaliers professionnels (200 sur

toute la Chine) se fait à l’étranger,

principalement en Europe, auprès

des plus grands experts comme

l’ancien champion Lugder Beerbaum

en Allemagne. Les chevaux, quant

à eux, sont achetés et importés

quand le couple cavalier/cheval

fonctionne bien. Même si les résultats

des cavaliers chinois aux derniers

jeux asiatiques de Doha ne sont pas

bien glorieux, Yu Lixian prédit « un

développement très rapide » de

l’équitation en Chine.

70 centres autour de Pékin

Dans la mouvance du golf, du tennis

et de la voile, l’équitation semble

effectivement séduire les nouveaux

Chinois aisés. Un nombre significatif

de centres équestres ouvrent.

Fréquentés aujourd’hui autant par

les Chinois que les expatriés, ils

témoignent d’une tendance qui va

s’affirmant : ils seraient près de 70 près

de Pékin et 20 autour de Shanghai.

Parmi eux, Sherwood, à trois quart

d’heure de la capitale, est un des plus

professionnels.

Agréé par le Hartpur y College,

célèbre centre de formation anglais,

Sherwood est un des plus anciens

centres équestres de Chine. A sa tête

depuis sa fondation, une lignée de

cavaliers confirmés perpétuent une

tradition hippique de bon niveau

dans le respect des animaux. Il y a

une quinzaine d’année, le Cadre noir

de Saumur, corps de dresseurs et de

formateurs d’excellence s’il en est, a

dispensé son savoir-faire à Sherwood.

Le club, qui l’année dernière, a

accueilli l’épreuve finale de sélection

des championnats nationaux, compte

aujourd’hui 55 chevaux pour la

plupart venus d’Europe. Les chevaux

chinois, de caractère doux et calme,

sont réservés aux leçons. 60%

appartiennent à des propriétaires

privés. Lee Bing, l’un d’eux, réalisateur

de spots publicitaires, ne quitte pas

Yu Lixian, membre de la fédération

d’équitation chinoise créée en 1983

son portable en selle. Propriétaire

de deux magnifiques sang-chaud

danois, il monte « dès qu’il le peut »,

au minimum trois fois par semaine.

Bien sûr, la grande majorité des

Chinois n’a ni le pouvoir d’achat, ni le

temps de s’intéresser à l’équitation - la

location d’un box coûte environ 2000

RMB par mois (200 euros), un cours

individuel d’une heure 300 RMB (30

euros) en moyenne - . Néanmoins, la

filière équine a un important potentiel

de développement. Une des clés

de son essor passera sûrement par

un important programme d’élevage

de chevaux de race, et donc une

nécessaire mise aux normes sanitaires

et vétérinaires internationales. •

Sophie Lavergne

© A.S Douard

71


Le sport en Chine

Le rallye s’invite sur les routes de Chine

© PSA

Première année d’essai pour les nouvelles C2 lors du 2ème rallye de Jinshan, à

70 km du centre de Shanghai en mars 2007.

© PSA

Petite veste rouge et noire aux

couleurs de l’écurie, Wang

Shaofeng prend une pose

sereine à une heure de la cérémonie

d’ouverture du 2ème rallye de Jinshan,

à 70 km du centre de Shanghai. Elu

meilleur pilote de l’année en Chine

en 2005, il faudrait plus que ce trajet

rectiligne de la banlieue de Shanghai

pour éprouver l’aplomb d’une des

figures de l’équipe de course de rallye

Citroën-Tianxin. « C’est la première fois

que je pilote la C2 en rallye, mais les

essais ont été probants », explique-t-il.

« Le parcours est simple, tout droit, on

peut quasiment prendre des photos

pendant que l’on conduit », nargue

Qin Fawei, un autre des pilotes de

l’équipe. Agés entre 28 et 35 ans, ces

pilotes prennent un plaisir visible à

découvrir les joies du rallye, arrivé en

Chine depuis à peine une décennie.

« Il y avait des courses dès les années

1980 mais c’est surtout depuis 1997

que cela s’est développé », assure Qin.

Les pilotes, eux, n’ont pas de parcours

tracé, chacun a son histoire... souvent

atypique. Wang par exemple a huit

ans quand il conduit son premier

véhicule : un tracteur. « Je suis

originaire du Henan (province du

centre de la Chine), je conduisais

le tracteur dans les champs » se

souvient-il amusé. Il attend 17

ans pour se mettre vraiment à la

conduite au volant d’une Beijing

Jeep. Conducteur de camion pendant

plusieurs années, il se fait remarquer

par sa rapidité « sans avoir jamais

d’accident ». En lisant le journal, il

tombe sur une annonce pour des

essais de pilote... démarre alors une

carrière aujourd’hui au beau fixe.

« J’espère faire ça encore... 30 ans »,

s’amuse Wang. Quant à Qin Fawei,

Pékinois de souche, il a été fasciné

par le ballet des voitures de rallye

aperçu un jour sur Tian’Anmen, lors de

l’arrivée de la course Hong Kong-Pékin

en 1997. Et comme « je conduisais déjà

très vite et ne supportais pas d’avoir

des voitures devant moi », il se laisse

vite tenter par la course automobile.

Aujourd’hui ils parcourent la Chine

avec le reste de l’équipe. Shanghai,

Pékin, provinces du Guizhou et du

Sichuan... au total six grands rallyes

ponctuent la saison. Et si les rues de

Jinshan ne sont pas encore envahies

par la foule, le défilé pétaradant des

voitures de rallye crée tout de même

l’attroupement. Le Club Tianxin-

Citroën a bien compris que deux

facteurs allaient porter la course de

rallye vers le succès : la technologie

et la publicité. « Il manque deux

choses à ce sport en Chine : l’intérêt

des médias et les sponsors, qui n’ont

pas encore intégré que ce sport

peut servir de plate-forme pour

promouvoir une marque », résume

Chen Hu, directeur du Club Tianxin-

Citroën. Le dirigeant a cherché à

moderniser peu à peu l’image du

club, avec un investissement croissant

du constructeur français. « L’équipe

est allée en France pour échanger

avec les techniciens, dont certains

sont venus en Chine », précise M.

Chen. « Au début, on ne savait pas

transformer les voitures», estime Qin

Fawei. Aujourd’hui, les deux C2 et la

Fukang – version chinoise de la ZX

française – ont été préparées par les

techniciens du Club Tianxin-Citroën.

Une première année d’essai pour

les nouvelles C2, habillées de rouge

et blanc, qui devraient cons-tituer

ensuite la totalité de l’écurie. •

Julie Desné

72


Angle Droit

Cadre légal de l’Architecture et du Design

Par Andrew McGinty, Associé et Ma Yun, Avocat à la Cour, cabinet LOVELLS

Le règles d’application du décret 114, promulguées par le M.O.C 1 , sont entrées en vigueur en

mars 2007. Elles facilitent l’établissement d’E.I.E 2 dans le secteur Construction-Engineering-

Design et précisent les conditions de qualification permettant d’entreprendre des travaux

« réglementés » par la loi.

Examen des demandes de qualification

Les individus étrangers doivent démontrer aux autorités qu’ils

sont architectes ou ingénieurs dans leur pays d’origine. Les

sociétés étrangères devront fournir une liste comportant

au moins deux projets accomplis hors de Chine, dont l’un

nécessairement dans leur pays d’origine.

Les architectes et ingénieurs étrangers employés par

des “Entreprises du Décret 114” 3 ne sont comptés parmi les

professionnels techniques qu’après examen et certification par

le MOC de leurs diplômes, expériences, projets accomplis et

réputations professionnelles.

Critères d’évaluation

Chaque individu souhaitant faire partie du “quota” devra être

titulaire d’une Licence ou diplôme équivalent, ayant couvert les

sujets visés par les Standards de la Qualification Construction

Engineering 4 . Cette condition a pour effet d’empêcher la

comptabilisation des anciens praticiens sans diplôme alors que

leur connaissance de l’industrie au niveau international pourrait

être bien plus précieuse à la Chine que n’importe quel diplôme.

L’architecte ou ingénieur étranger devra encore justifier d’au

moins 10 années d’expérience. En outre, il ne pourra être

employé que par une seule entité. Il n’est pas clairement précisé

si cette disposition ne vise que les entités chinoises. Ceci

pourrait se révéler impraticable pour les créateurs d’entreprises

ou encore ceux qui souhaitent rester employés à l’étranger tout

en travaillant pour une “Entreprise du Décret 114”.

Mesures Transitoires

Des mesures transitoires permettent aux “Entreprises du Décret

114” de déroger à l’obligation d’employer un quota d’individus

étrangers ayant une double qualification d’architecte ou

d’ingénieur et d’employer des architectes ou ingénieurs chinois

à la place. Cependant, l’expression employée (“ 可 以 不 予 考 核 ”)

est ambigüe, introduisant un élément discrétionnaire dans la

décision de faire bénéficier ou non de ces concessions.

Acquisition d’une société chinoise de construction,

Engineering et Design par des investisseurs étrangers

qualifiés.

Bon nombre des conditions

posées par les Décrets 113 et 114

demeurent incompatibles avec

les engagements de la Chine à

l’OMC

Les autorités chinoises auraient pu saisir cette opportunité pour

confirmer qu’une telle acquisition déclencherait éventuellement

un ré-examen de la qualification de la société existante, afin de

déterminer si la nouvelle structure reste en conformité avec

celle-ci. En théorie, sauf à ce qu’un grand nombre d’employés

quitte la société, il est assez difficile d’imaginer qu’elle devienne

“moins qualifiée” après l’opération d’acquisition.

En conclusion, ces Règles d’Application montrent la volonté du

MOC et du Ministère du Commerce (“MOFCOM”) de libéraliser

davantage le marché de la construction et de prendre en

compte les difficultés exprimées par les investisseurs étrangers.

Cependant, bon nombre des conditions posées par les Décrets

113 et 114 demeurent incompatibles avec les engagements de

la Chine à l’OMC. Ces exigences quant aux conditions d’accès

au marché chinois entraînent un inévitable surcoût pour les

investisseurs étrangers, favorisant ainsi les entreprises nationales,

et en particulier les entreprises d’Etat capables d’assumer de

lourdes pertes afin de conquérir des parts de marché. •

1

Le Ministère de la Construction chinois

2

Entreprises à Investissement Etranger

3

Les Entreprises du Décret 114 sont des entreprises à capitaux étrangers (co-entreprises et WFOE) intervenant

dans le secteur de la construction, engineering et design.

4

Les Standards pour obtenir la qualification d’entreprise de Construction Engineering Design recouvrent

4 standards distincts : des standards généraux couvrant 21 secteurs industriels, les standards industriels

de qualification engineering design, les standards professionnels de qualification design et le standard

spécial de qualification engineering design. Chaque standard, réparti en classe A ou B impose des exigences

différentes en terme de capital social, savoir-faire technique et objet social.

74


Réforme de l’impôt sur les sociétés

Par Olivia Luzi, Avocat à la Cour, cabinet SALANS,

Le projet de loi portant sur la réforme de l’impôt sur les sociétés (IS) en Chine a été adopté

le 16 mars 2007 et entrera en vigueur le 1er janvier 2008. Ce projet vise à uniformiser la

réglementation applicable en matière d’IS tant à l’égard des entreprises à participation

locale chinoise (EPC) que des entreprises à participation étrangère (EPE).

1. Taux d’imposition – Retenue à la source

Le taux d’IS est désormais de 25% à l’égard de toutes les

sociétés chinoises (i.e EPC ou EPE), à l’exception de petites

entreprises ou d’entreprises à petit profit (taux IS de 20%)

ou encore d’entreprises qualifiées « de haute et nouvelle

technologie » et encouragées par l’Etat (taux d’IS de 15%).

Un taux de 20% de retenue à la source sur les revenus passifs

(intérêts, royalties, etc.) sera également applicable. Il reste à

voir si le taux provisoire de retenue à la source de 10% sur ces

revenus et l’exemption d’imposition des dividendes versés par

l’EPE à l’investisseur étranger seront maintenus.

2. Traitements fiscaux de faveur – déductibilité de

certaines dépenses

Jusqu’à présent, les régimes de faveur étaient accordés en

fonction de l’objet social d’une entreprise (ex. les usines qui

bénéficiaient de deux ans d’exemption d’impôt suivant le

premier exercice bénéficiaire, puis d’une réduction d’impôt

durant les trois années suivantes), son secteur d’activité (ex.

secteur High-Tech) et de la localisation de celle-ci (ex. la zone

« Pudong new area » et son taux d’imposition de 15%). Le

projet de réforme conserve le principe de traitements fiscaux

de faveur (exemption d’impôt, taux réduit, crédit d’impôt,

etc.), mais ces derniers sont cette fois-ci octroyés selon des

critères liés essentiellement au secteur d’industrie ou d’activité

de l’entreprise concernée, lequel devra être « encouragé »

(ex. secteur High-Tech, infrastructures, protection de

l’environnement etc.). Restent à préciser en détail la nature

des traitements de faveur et leurs critères d’application. Par

ailleurs, certaines dépenses liées notamment à la Recherche

et au Développement ainsi qu’à l’acquisition de nouvelles

technologies pourraient venir en déduction du bénéfice

imposable de la société.

3. Résidence fiscale

Le projet introduit un nouveau concept de « résidence fiscale

des entreprises » en vue de soumettre à l’IS chinois l’ensemble

des revenus mondiaux des entreprises qui disposent d’un

établissement ou centre d’activité en Chine (EPC ou EPE) si

ces revenus sont rattachés aux activités de cet établissement

ou centre d’activité. De plus, les entreprises étrangères dont

le « centre de management effectif » est situé en Chine

pourraient voir leurs revenus taxés en Chine, mais cette notion

n’est pas définie dans la nouvelle loi.

4. Sort réservé aux EPE existantes ayant bénéficié

jusqu’à présent d’un régime fiscal de faveur

Ces EPE bénéficieront d’une période de transition de cinq

ans pendant laquelle leur taux d’imposition, s’il est inférieur à

celui fixé par la réforme, augmentera graduellement en vue

d’atteindre finalement 25%. Par ailleurs, s’agissant des EPE qui

ont pu commencer à bénéficier des deux ans d’exemption

d’impôt suivant leur premier exercice bénéficiaire puis

d’une réduction d’impôt durant les trois années suivantes,

celles-ci pourraient continuer à profiter de cette mesure

postérieurement à l’entrée en vigueur de la loi. Pour celles qui

n’auraient pas encore connu un exercice bénéficiaire tout en

ayant obtenu ce régime de faveur, le point de départ de celuici

sera réputé commencer au jour de l’entrée en vigueur de la

loi (que l’exercice soit bénéficiaire ou non). Enfin, les mesures

destinées à favoriser les investissements à l’Ouest de la Chine

seront également maintenues.

Il faudra cependant attendre les règlements d’application pour

connaître en détail les modalités de la période de transition

et préciser certaines notions qui ne sont pas définies dans

cette loi. Le Ministère des finances et l’Administration fiscale

devront également procéder à un travail d’harmonisation d’une

multitude de règlements et circulaires au cours des prochains

mois. •

75


La Chine à la loupe : Le Hubei

Pékin

Shenyang

Shanghai

Hubei

Canton

Moteur du centre-Chine,

la province du Hubei

La vallée de la rivière Qingjiang dans la province du Hubei

Encore peu connue jusqu’à la visite présidentielle en octobre dernier, la province du Hubei

se développe depuis trois ans à un rythme supérieur à la moyenne nationale. Dotée d’un

fort potentiel industriel et agricole (21,77 millions de tonnes de céréales produites en 2005),

la province constitue un important nœud de communications entre le Nord et le Sud

(Pékin-Canton) et l’Est et l’Ouest (Shanghai-Chongqing). Très ouverte aux investissements

étrangers, elle concentre désormais près du quart des investissements français en Chine.

© Imagine China

Située sur le cours moyen du Yangtsé, la province

doit son nom à sa position géographique, « Hubei »

signifiant « au nord du lac », ie. du lac Dongting, le

plus grand du centre de la Chine. D’une superficie de 185

900 km 2 , elle abrite une population de 60,5 M/hab.

Connue en Chine comme le « carrefour des neuf provinces »

ou la « province aux mille lacs », elle est entourée par

l’Anhui, le Henan, le Hunan, le Jiangxi et le Shanxi et par

la municipalité autonome de Chongqing, et elle dispose

d’importantes ressources hydrauliques. C’est à Yichang, au

Sud-Ouest, qu’est situé le plus grand barrrage du monde,

celui des Trois-Gorges dont la dernière pierre a été posée

en 2006 (avec plusieurs turbines fournies par Alstom).

Un passé industriel...

La province s’est appuyée sur ses mines de fer pour mettre

sur pied son industrie sidérurgique. Le complexe Wuhan

Steel est aujourd’hui le 3ème du pays avec une production

annuelle de 10 M/t. d’acier.

Le développement industriel du Hubei connut un tournant

particulier lorsque Mao Zedong décida de mettre

à l’abri des attaques étrangères les industries à caractère

militaire ou stratégique. La province a accueilli à l’époque

nombre d’industries lourdes dont DongFeng Motors

(DFM), deuxième producteur national de véhicules utilitaires,

devenu plus tard partenaire du groupe PSA.

...rattrapé par les technologies de pointe.

Fidèle aux objectifs du 11ème Plan quinquennal qui met

l’accent sur le développement du centre Chine, le Hubei

est une des provinces les plus dynamiques du pays. Son

taux de croissance est en moyenne de 12 % depuis trois

ans et son PIB, qui avoisine les 63 milliards EUR, la situe à

la 12ème place sur l’échelle nationale. La province a pour

ambition de compléter et valoriser ses atouts industriel

et agricole par un volet « hautes technologies » : Wuhan

76


abrite deux zones de développement technologique de

niveau national, à Zhuankou, où est situé le pôle automobile

à dominante française, et au lac de l’Est qui accueille la

« Vallée Optique » de Chine avec plusieurs centaines d’entreprises

et de laboratoires de recherche spécialisés sur les

fibres optiques et lasers.

Le Hubei, carrefour de communications

Les autorités locales ont décidé de tirer parti au maximum

de la situation géographique de la province et d’asseoir

son développement sur un noeud de communications

diversifiées. Wuhan, capitale du Hubei, située « au centre

du Centre » et à équidistance de Pékin, Canton, Shanghai

et Chengdu (environ 1.000 kilomètres), bénéficie à ce titre

d’avantages logistiques évidents.

Carrefour ferroviaire et routier, avec de nombreux projets

en cours, la province a lancé un ambitieux programme de

développement de ses infrastructures aériennes et fluviales.

Elle compte 7 aéroports avec plus de 150 liaisons

nationales et internationales, dont le plus important à Wuhan

est en voie d’agrandissement, et possède aussi plus de

7 000 kilomètres de voies navigables, tandis que le port

fluvial de Wuhan se classe au 2ème rang en Chine.

investissements français. Ils ont débuté il y a 30 ans avec

l’université de Wuhan qui a passé près d’une cinquantaine

d’accords avec les plus grandes universités françaises, et

ont essaimé depuis dans les autres grands établissements

de la ville devenue aujourd’hui l’une des plus francophones

de Chine.

La province entretient une relation privilégiée avec la

France, seul pays à avoir ouvert un Consulat général à Wuhan

(dont le ressort s’étend sur le Hubei, le Hunan et le

Jiangxi). Cette relation, qui est fondée sur une coopération

économique en plein essor et se nourrit d’une multitude

d’échanges dans les domaines culturel et universitaire, a

été mise en lumière lors de la visite d‘Etat du président de la

République, qui a effectué à Wuhan son seul déplacement

en province le 27 octobre dernier. Le président Chirac a

inauguré à cette occasion la 2ème usine du groupe PSA et

le service d’urgence bilingue de l’Hôpital Zhongnan, deux

pôles emblématiques d’une coopération ancienne et en

devenir qui illustrent le renforcement et la diversification

de nos relations. •

Stéphane PISKORZ

Consulat général de France à Wuhan

Une coopération avec la France en plein essor et en

voie de diversification

La province attire de nombreux investisseurs, principalement

en provenance de Hongkong, Taiwan et Singapour,

mais aussi du Japon, d’Allemagne ou des Etats-Unis. Les

autorités font état de 8 000 entreprises étrangères, avec

de grandes marques telles que Mitsubishi, Siemens, Metro,

Philips, Daewoo, Coca-Cola, Budweiser et bientôt peutêtre

IBM.

Du côté français, la coopération remonte à l’arrivée de Citroën

en 1992, qui a marqué le début de la présence économique

française dans la province, entraînant dans son

sillage les premiers équipementiers du secteur (Sacred,

Acome). Elle s’est depuis largement diversifiée : 55 sociétés

françaises y sont aujourd’hui implantées, avec un pôle fort

autour de l’automobile (PSA et 13 équipementiers), mais

aussi quelques sociétés très en vue à Wuhan dans des secteurs

prioritaires (le groupe Delachaux pour le ferroviaire),

ou de pointe (Alcatel pour les fibres optiques). D’autres

projets d’importance sont en cours de finalisation ou discussion

dans le secteur de l’énergie (Alstom, Areva), tandis

que 2006 voyait deux implantations significatives avec AFE

technologie et Inergy. Nos sociétés investissent progressivement

tous les secteurs, les télécommunications (Safran),

la logistique (Gefco, SDV), la grande distribution (Carrefour),

l’hôtellerie (Accor), ou plus récemment la protection

de bâtiments (Guard Industrie).

La coopération française au Hubei ne se limite pas au niveau

économique. Les échanges dans les domaines culturel

et universitaire sont mêmes antérieurs aux premiers

Wuhan

Sites Internet utiles :

Gouvernement provincial du Hubei

http://www.hubei.gov.cn

Gouvernement municipal de Wuhan

(version anglaise)

http://english.wh.gov.cn

Consulat général de France à Wuhan

http://www.consulfrance-wuhan.org

Hubei news (version anglaise)

http://english.cnhubei.com

Invest in Hubei

http://www.hubeiinvest.cn

Wuhan Time

(informations diverses pour visiteurs, en anglais)

http://www.wuhantime.com

© Imagine China

77


La Chine à la loupe : Le Hubei

Jardin De Monet,

l’une des toutes premières PME françaises à avoir

choisi Wuhan.

Alors que la plupar t des paysagistes et

environnementaux français en Chine sont

implantés dans les grosses villes côtières, là où

le niveau de développement est très avancé, Jardin

de Monet (JDM) a fait un choix différent, celui de se

développer en Centre Chine, dans la province du Hubei.

La PME vient de fêter son premier anniversaire tandis que

ses fondateurs sont présents dans la région depuis plus

de 5 ans.

Wuhan est une ville industrielle qui entame son

développement et qui accorde, comme la plupart des

grandes villes chinoises, une attention de plus en plus

importante à l’environnement et au paysage. Entre lacs

et montagnes, Wuhan bénéficie d’une situation idéale.

La proximité de grands parcs de loisirs, du barrage des 3

gorges, de sites touristiques en font une ville attractive en

pleine évolution ...

En tant qu’entreprise pionnière dans le Hubei, JDM a

su développer son cœur d’activité en s’appuyant sur

les synergies locales existantes. Forte d’une équipe de

professionnels chinois avertis et d’experts français, la PME

a réussi à se faire reconnaître comme “Leader du paysage

en Centre Chine”. Les gouvernants chinois locaux lui ont

même attribué les titres de “Conseiller en Environnement

pour le Maire” et de “Concepteur paysagiste exclusif de la

Zone de Développement de la vallée optique de Wuhan”.

De belles perspectives à venir, mais Jardin de Monet a de

nouvelles ambitions pour l’environnement : aujourd’hui

la société étudie un projet de recyclage des déchets

organiques issus d’activités industrielles afin de produire

des sources d’énergie renouvelable : du biogaz méthane

et du composte directement réutilisable au sein de son

activité horticole.

La région jouit d’un dynamisme économique certain,

néanmoins, recréer un environnement culturel favorable à

l’adaptation du personnel étranger reste un enjeu majeur

de la société. « Les expatriés français qui travaillent à

Wuhan dans les PME ne restent guère plus d’un an en

place, tandis que ceux de Shanghai travaillent plusieurs

années au même endroit ! » souligne Marc Alloin,

président de JDM. •

Marc Alloin, président de JMD

© JDM

78


DPCA

dans le Hubei ... une longue histoire

Les Bureaux de DPCA à Wuhan. La société se place parmi les 10 premiers constructeurs automobile chinois.

La société Dongfeng Peugeot Citroën Automobiles

Company (DPCA) a été créée le 18 mai 1992, sur les

rives du Fleuve Yangtsé, dans la ville de Wuhan, ville

principale de la Chine du centre.

Il s’agit d’une joint-venture détenue depuis 2003 à 50%

par Dongfeng Motors et à 50% par PSA Peugeot Citroën .

Ce partenariat traduit la volonté de s’inscrire durablement

dans les priorités d’aménagement du territoire de la

Chine tout en tirant parti du dynamisme exceptionnel du

marché automobile chinois. Il démontre enfin la confiance

qui s’est instaurée depuis 15 ans entre DFM, PSA et les

pouvoirs publics en Chine.

En 2006, ce sont plus de 200 000 véhicules qui sont sortis

des lignes de production de DPCA, multipliant par 4 les

ventes réalisées depuis 2001. Pour 2007, la croissance

des ventes devrait se poursuivre à un rythme soutenu,

ce qui continuera de placer DPCA parmi les 10 premiers

constructeurs chinois.

D’ici 2009, pour répondre à la demande du marché, les

capacités de production devront être triplées, grâce à

l’extension de l’usine actuelle et grâce à la construction

d’une nouvelle usine dont la pose de la première pierre a

été inaugurée le 27 octobre 2006 par M. et Mme Jacques

Chirac. Au cours de cette cérémonie, le Président de la

république française a incité les entreprises françaises à

privilégier le Hubei et la ville de Wuhan dans le cadre de

futurs investissements.

Le Hubei et la ville de Wuhan, situés au centre de la

Chine, sur les rives du Yangtsé, représentent un noeud

stratégique de communication maritime, aérien,

ferroviaire et routier. Les temps de vol entre Wuhan et

Pékin, Shanghai et Canton sont ainsi similaires, environ

1h30 de voyage. Le Hubei, et notamment Wuhan, dispose

en outre d’un pôle d’enseignement supérieur de tout

premier ordre, se classant deuxième derrière Beijing. Enfin,

dans une volonté permanente de développer un bon

environnement propice aux investissements, les autorités

locales fournissent aux investisseurs de meilleures gestions

et services satisfaisants. Jusqu’à présent la plupart des 500

grandes entreprises mondiales s’y sont installées.

Le développement spectaculaire de DPCA depuis les 5

dernières années en a fait l’un des plus gros employeurs

de Wuhan et a permis à la ville de devenir un des

pôles majeurs de l’industrie automobile chinoise. Avec

sa croissance à deux chiffres, la Chine représente un

formidable moteur de croissance pour DPCA. Grâce à la

force de coopération entre PSA et DFM, DPCA a posé à

Wuhan les très solides bases de son développement en

Chine. Ensemble, Chinois et Français, allons continuer à

construire l’avenir. •

Philippe Irlande

DRH de Dongfeng Citroën Automobiles Ltd.

© DPCA

79


La France à la loupe

Vignobles et village médiéval de St-Émilion

© MICHELIN

L’Aquitaine

L’Aquitaine, c’est « le pays des eaux ». Bordé à l’Ouest par l’Océan Atlantique, il est

irrigué, à l’Est, par la Dordogne. Délimitée au Sud par les Pyrénées, l’Aquitaine marque

la jonction de la péninsule Ibérique et de l’Europe continentale : c’est là que se

situe le Pays basque, haut en couleurs. Si l’Aquitaine ravit les yeux, elle ravit aussi les

papilles et chaque fête ne se conçoit pas sans que Bacchus soit mis à contribution.

« Cette haleine de menthe, d’herbes trempées d’eau, s’unissait à tout ce que la lande, délivrée

du soleil, fournaise soudain refroidie, abandonne d’elle-même à la nuit :

parfum de bruyère brûlée, de sable tiède et de résine –

odeur délicieuse de ce pays couvert de cendres, peuplé d’arbres aux flancs ouverts. »

François Mauriac, Commencements d’une vie

Tous droits réservés. Toute reproduction de cet article, même partielle et quel qu’en soit le support, est interdite sans autorisation de MICHELIN

cartes & guides. Si vous souhaitez obtenir la permission d’utiliser ce contenu ou bien nous faire part de vos commentaires, veuillez nous contacter :

jennifer.kong@michelin.com.cn

80


La France à la loupe

La Dordogne

La Dordogne est une rivière qui passe pour être la plus

belle de France. Elle arrose généreusement la région verdoyante

du Périgord.

Périgueux est la capitale du Périgord blanc, ici l’histoire

se lit comme à livre ouvert : ses rues regorgent de façades

Renaissance, de maisons médiévales, de belles cours

et beaux escaliers qui font de la promenade un enchantement.

Haut lieu de la gastronomie, Périgueux accueille

les fins palais sur sa place St-Louis, lors des prestigieuses

ventes de truffes et de foie gras. Arènes, temple... des fascinants

vestiges témoignent de l’importance de Périgueux

à l’époque gallo-romaine, quand la ville s’appelait Vésone.

Un musée, Vesunna, conserve les vestiges d’une maison

gallo-romaine et renseigne sur le passé de cette ville antique.

St-Etienne-de-la-Cité offre un exemple très pur du

style roman périgourdin ; on reconnaît cette église à sa

voûte, disposée en coupole.

Vallée de la Dordogne

Gracieuse et élégante, la Dordogne déroule ses méandres,

filant sous les châteaux hiératiques. Par endroits, son

cours sinueux et tranquille se fait majestueux. C’est le cas

au cingle de Trémolat : au pied d’un hémicycle de falaises

blanches, la Dordogne décrit une vaste courbe au cœur de

laquelle se love une mosaïque de prés et de champs. Non

loin de là, le gouffre de Proumeyssac offre un spectacle

fabuleux, auquel on accède en descendant à bord d’une

petite nacelle. Cette « cathédrale de cristal » révèle aux visiteurs

d’étonnantes concrétions évoquant méduse, sirène

et pieuvre, mises en valeur par un son et lumière.

Le Périgord noir

Délimité par les vallées de la Vézère et la Dordogne, le Périgord

noir est le royaume des chênes verts. A leurs pieds se

cachent parfois un vrai trésor : la truffe !

La grotte de Lascaux conserve sur ses précieux murs l’une

des premières expressions d’art. Et pour cause : elle remonte

à 17 000 ans av. J.-C. ! Les émouvants témoignages que

nous ont laissés les hommes préhistoriques représentent

des animaux ou le tracé de mains. Mais l’affluence de visiteurs

a eu des conséquences néfastes sur ces trésors de

l’art paléolithique et la véritable grotte a dû fermer. A 200

m, Lascaux II donne à voir les répliques de ces peintures

de manière très fidèle, si bien que l’on retrouve l’atmosphère

unique de la cavité originale. On peut notamment

observer l’une des rares représentations de l’homme, sur le

thème du chasseur mis en difficulté par un bison.

La « capitale de la préhistoire »

Le village perché des Eyzies-de-Tayac est une véritable

mine, pour celui qui s’intéresse à nos ancêtres préhisto-

riques. Encastré dans la falaise, le musée

national de la Préhistoire présente une remarquable

collection des premières œuvres

d’art de l’homme moderne.

La Roque-Gageac

Blotti au pied de la falaise, le pittoresque

village de La Roque-Gageac se fait discret.

Il mérite pourtant qu’on s’attarde dans ses

ruelles fleuries, bordées de maisons aux toits de lauzes,

dont certaines se mirent dans la Dordogne.

Marqueyssac

Quelles que soient l’heure, l’exposition ou la saison, les jardins

de Marqueyssac ensorcellent celui qui s’y promène,

immanquablement. Taillés avec un brin de fantaisie, les

buis prennent les formes les plus inattendues. Du belvédère,

on peut voir le château de Castelnaud et ces lieux

environnants qui marquèrent la limite des influences anglaises

et françaises, durant la guerre de Cent Ans.

Beynac-et-Cazenac

La situation géographique de Beynac est superbe : sous la

protection de son château massif, ce village est accroché

à l’une des plus belles falaises de la vallée de la Dordogne.

Au pied de cette muraille rocheuse s’est tapi le bas du village,

bercé par les eaux tranquilles de la rivière.

Le Bassin Aquitain

Des coteaux bordelais aux vertes vallées et sommets béarnais

en passant par la forêt landaise, les paysages du bassin

Aquitain sont riches et divers. Sans oublier cette langue de

sable et de dunes qui s’étend sur plus de deux cents kilomètres

pour caresser l’immensité océanique...

Arcachon

Eric Tabarly, Florence Arthaud et Yves Parlier ont un point

commun : ces loups de mer ont tous imprimé leur pied

dans le bronze, sur la chaussée des Pieds marins d’Arcachon.

Face à la mer, les pieds dans le sable, une épuisette à la

main, il n’en faut pas plus pour se sentir en vacances. Le

soir, les promeneurs baguenaudent sur la jetée Thiers

pour profiter de la vue sur le bassin d’Arcachon. Echancrure

dans la Côte d’Argent, celui-ci semble hésiter : mer

ou étang ? Lac ou océan ? Eau douce ou eau salée ? De

la Dune du Pilat, la plus haute dune d’Europe (107 m), on

contemple à la fois la lagune d’Arcachon, la forêt landaise,

et l’Océan.

Châteaux médiévaux

Le château de Roquetaillade inspire rigueur et austérité pourtant,

à l’intérieur, c’est une autre ambiance ! Les décorations

sont particulièrement inattendues et avant-gardistes.•••

81


La France à la loupe

•••Jouxtant le parc des Landes de Gascogne, le château

de Cazeneuve garde le souvenir de la Reine Margot qui recevait

là ses galants. La visite de cette charmante demeure

conduit à la chambre du roi Henri IV et son cabinet de travail.

Les Landes de Gascogne

Le parc naturel régional des Landes de Gascogne promet

une immersion dans la nature, bien appréciable. La première

impression est olfactive : c’est l’odeur des grands

pins qui chatouillent les narines.

Pau

Celle qui fut la ville natale d’Henri IV garde de son passé

royal un château dominant le torrent de Gave. En arpentant

le boulevard des Pyrénées, le long d’espaces verts, on

profite d’un magnifique panorama : il s’étend du pic du

Midi de Bigorre jusqu’au pic d’Anie. Le pic du Midi d’Ossau

est facilement reconnaissable par sa cime en forme de

croc.

Vallée d’Ossau

Difficile de ne pas succomber au charme authentique de

la vallée d’Ossau. Les marmottes ne s’y sont d’ailleurs pas

trompé : plus de 200 colonies y ont installé leurs quartiers

généraux. Rêvez de la pureté et la fraîcheur de paysages

tels que les lacs d’Ayous, dans lesquels se reflète le pic du

Midi.

Le Pays Basque

Cette région aux forts particularismes mérite d’être découverte

depuis les hauteurs de la montagne emblématique

du Pays basque français : la Rhune. Du sommet, où l’on

marche sur la frontière franco-espagnole, on jouit d’un panorama

plongeant jusqu’à l’Océan, la forêt des Landes et

les Pyrénées basques.

Bayonne

Au début du mois d’août, ceux qui recherchent le calme

et la tranquillité feraient mieux de rebrousser chemin...

Bayonne s’enflamme pendant 5 jours lors des férias : corridas

et courses de vaches landaises s’enchaînent au rythme

des musiques traditionnelles dans une ambiance des plus

festives ! Au milieu d’un lacis de jolies rues anciennes se

trouve le musée basque et de l’Histoire de Bayonne. Il

donne un aperçu très détaillé des spécificités de la culture

basque dans le but de faire comprendre la société basque

d’aujourd’hui avec les objets et les rites d’hier.

Biarritz

En moins d’un demi-siècle, Biarritz est passé de l’état de

petit port baleinier sans prétention à celui de station

balnéaire mondaine et débridée. Jet-set et artistes

Pêche au lancer sur la plage du Cap-Ferret

s’y côtoient : Ravel, Stravinsky, Cocteau, Hemingway...

Désormais, ils sont rejoints par les amateurs de glisse

venant en nombre défier les rouleaux sur la plage de la

Côte-des-Basques. D’ailleurs, ne surnomme-t-on pas

Biarritz : « capitale européenne du surf » ?

St-Jean-de-Luz

A la fin du 19ème siècle, des villas balnéaires sont venues

se faire une place dans ce mignon petit port de pêcheurs,

à côté des maisons basques aux bois peints et des palais

du 17e s. Si d’extérieur, elle semble sobre, presque austère,

l’église St-Jean-Baptiste cache en réalité un somptueux décor

intérieur. Son chœur compte notamment un retable

resplendissant d’or. En quittant St-Jean-de-Luz vers l’Ouest,

la corniche basque réserve de jolies vues sur l’Océan.

BORDEAUX

Traversée par la Garonne, la grande ville de Bordeaux est

sans cesse en ébullition. À l’arrivée du tramway s’ajoute

l’aménagement des quais sur la rive gauche et le dévelop-

Le saviez-vous ?

C’est à St-Jean-de-Luz que Louis XIV, le Roi Soleil, a

épousé l’infante d’Espagne Marie-Thérèse. Les jeunes

époux ont alors logé dans la maison Lohobiague,

aujourd’hui rebaptisée maison Louis XIV.

© MICHELIN

82


Château fort de Bonaguil perché sur son rocher

pement d’un nouveau quartier, rive droite, laissant la part

belle aux espaces verts.

Le Vieux Bordeaux

Caractérisé par une architecture du 18e s., il abrite le Grand

Théâtre, à quelques rues de l’immense Esplanade des Quinconques

(126 000 m 2 ). Situé sur la Place de la Comédie, ce

théâtre est notamment remarquable pour sa fastueuse décoration

intérieure, et son plafond peint serti d’or fin. Les

façades bourgeoises sont souvent ornées de mascarons,

ces têtes souvent grotesques sculptées dans la pierre ocre,

s’accompagnant d’éléments évoquant le vin.

« Grosse Cloche »

Les Bordelais ont toujours été très attachés à la Grosse Cloche

sous laquelle ils passent pour se rendre dans la très

commerçante rue Sainte-Catherine. Aussi le roi savait-il

très bien comment punir Bordeaux : il privait la Porte de

sa cloche et de ses horloges, pour le plus grand désarroi

des Bordelais.

Quartier Pey-Berland

Au cœur du quartier Pey-Berland, la cathédrale St-André

constitue le plus majestueux des édifices religieux de Bordeaux.

A deux pas de là s’élève la tour Pey-Berland ; 229

marches plus haut, on profite d’une vue panoramique sur

la ville et ses clochers.

Vignoble bordelais

Aux portes de Bordeaux s’épanouit le vignoble. En automne,

la fièvre gagne St-Emilion : cette ravissante cité viticole

a une réputation d’excellence à tenir ! Au soleil couchant,

les pierres dorées s’illuminent et les maisons blondes aux

toits de tuiles luisent comme des bijoux dans un écrin de

vignes. Au cœur du village se dresse une étonnante église

monolithe, la plus vaste d’Europe. De son clocher, la vue

sur la bourgade et son vignoble est admirable. •

Office de tourisme :

www.bordeaux-tourisme.com

Informations Pratiques

Restauration

- La Table du Pain – 6 pl. du Parlement –

Tel : 00 33 5 56 81 01.

La carte propose une belle sélection de tartines et salades.

- Chez Brunet – 9r. de Condé

Tel: 00 33 5 56 51 35 50.

Vous découvrirez ici l’une des spécialités de la région : des

huîtres accompagnées de saucisses grillées.

- Bar Cave de la Monnaie – 34 r. Porte-de-la-Monnaie

Tel : 00 33 5 56 31 12 33. latupina@latupina.com

Omelettes, salades, petits plats traditionnels à toute heure,

des vins du Sud-Ouest

Hébergement

- Hôtel Clemenceau – 4 cours Georges-Clemenceau

Tel : 00 33 5 56 52 98 98. clemenceau@hotel-bordeaux.com

- Hôtel de la Presse – 6 r. de la Porte-Dijeaux –

Tel : 00 33 5 56 48 53 88 info@hoteldelapresse.com

Achats

- Baillardran Canelés – Galerie des Grands-Hommes

Tel : 00 33 5 56 79 05 89

Cette boutique confectionne de délicieux canelés.

- Darricau – 7 pl. Gambetta

www.darricau.com.

Le chocolatier qui tient les rênes de l’établissement ne travaille

qu’avec de grands crus de cacao, qu’il associe ensuite

aux épices et herbes aromatiques rapportées de ses nombreux

et lointains voyages.

© MICHELIN

83


DEMANDE D’EXEMPLAIRE DÉCOUVERTE

Pour recevoir un exemplaire découverte, merci de nous retourner ce bulletin rempli par fax au (00 33) 4 78 74 40 74. Vous pouvez

aussi envoyer vos coordonnées à diffusion@arcanesdechine.com en indiquant le code : AC01.

Monsieur Madame Mademoiselle

Prénom : _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _

Fonction : _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _

Adresse de la société : _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _

_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _

_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _

Nom : _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _

Nom de la société : _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _

Téléphone : _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _

E-mail* : _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _

* L’e-mail est utilisé uniquement pour l’envoi de l’exemplaire découverte

Arcanes de Chine O/B Azincourt Consulting Ltd

Siège : Room 1206-7, 12/F New Victory House, 93-103 Wing Lok Street, Central - HONG KONG

Bureau de liaison : 320, avenue Berthelot, 69 371 Lyon Cedex 08 – FRANCE

Tél : (0033) 6 66 97 86 45 Fax : (0033) 4 78 74 40 74 E-mail : abo@arcanesdechine.com


聚 焦 法 国

阿 基 坦 大 区

L’Aquitaine

米 其 林 旅 游 出 版 公 司 :

1900 年 成 立 , 最 初 为 驾 驶 者 提 供 行 驶 中 的 实 用 资 讯 , 如 今 已 成 为 旅 游 资 讯 领 域 的 欧 洲 第 一 大 出 版 商 。 米 其 林 旅 游 图 书 《 绿 色 指 南 》 系 列 已 提 供 权 威 欧 洲 旅 游

信 息 逾 80 年 。

© MICHELIN

阿 基 坦 大 区 是 “ 水 之 乡 ”。 它 西 临 大 西 洋 , 东 有 多 尔 多 涅 河 流 经 , 宽 阔 的 多 尔 多 涅 河 蜿

蜒 曲 折 , 流 向 雄 踞 高 处 的 由 金 黄 色 石 块 构 筑 的 城 堡 。 大 区 南 面 的 比 利 牛 斯 山 脉 是 伊 比

利 亚 半 岛 和 欧 洲 大 陆 的 交 界 处 , 有 多 姿 多 彩 的 巴 斯 克 地 区 。 如 果 说 阿 基 坦 大 区 的 风 景

赏 心 悦 目 的 话 , 那 么 它 的 美 食 则 让 你 的 味 蕾 兴 奋 不 已 , 每 逢 佳 节 , 家 家 户 户 更 是 无 酒 不

欢 。

“ 夜 色 中 , 荆 棘 丛 生 的 荒 原 摆 脱 了 日 间 的 酷 热 , 薄 荷 的 清 香 与 浸 着 露 珠 的 草 香 混 合 着

炙 热 的 欧 石 南 、 温 润 的 沙 子 和 树 脂 的 味 道 —— 这 种 怡 人 的 气 味 为 这 片 覆 盖 灰 烬 、 山

坡 上 树 木 林 立 的 地 区 所 特 有 。”

弗 朗 索 瓦 ・ 莫 里 亚 克 (François Mauriac)《 一 生 伊 始 》

本 版 文 章 版 权 专 有 。 未 经 米 其 林 事 先 书 面 许 可 , 任 何 个 人 或 企 业 不 得 以 复 制 、 转 载 ( 包 括 网 上 转 载 ) 或 其 他 任 何 方 式 使 用 其 中 的 任 何 内 容 ( 包 括 文

字 和 图 片 )。 米 其 林 保 留 对 任 何 未 经 授 权 的 使 用 追 究 法 律 责 任 的 权 利 。 如 需 转 载 或 发 现 文 章 中 有 不 妥 之 处 或 有 任 何 意 见 和 建 议 , 请 发 电 子 邮 件 至 :

jennifer.kong@michelin.com.cn

85


聚 焦 法 国

多 尔 多 涅 省

(La Dordogne)

多 尔 多 涅 河 是 法 国 最 美 丽 的 河 流 , 它

慷 慨 地 灌 溉 着 蓊 郁 的 佩 里 戈 尔 地 区 ,

这 片 富 饶 之 地 从 史 前 就 开 始 有 人 类 居

住 了 。

佩 里 格 (Périgueux)

在 佩 里 格 ―― 白 佩 里 戈 尔 地 区 (Périgord

blanc) 的 首 府 , 历 史 仿 佛 一 本 展 开 的 典

籍 , 随 处 可 以 阅 读 。 街 道 上 到 处 都 可

以 看 到 文 艺 复 兴 风 格 的 建 筑 物 正 面 ,

中 世 纪 的 房 屋 , 美 丽 的 庭 院 和 漂 亮 的

阶 梯 , 在 其 间 散 散 步 真 是 美 妙 之 极 。

圣 弗 龙 区 (Saint-Front)

圣 弗 龙 区 坐 落 在 蜿 蜒 曲 折 的 伊 勒 河 畔

(Isle), 昔 日 是 商 人 和 手 艺 人 聚 集 的 街

区 。 从 那 以 后 , 这 一 街 区 一 直 活 力 四

射 , 步 行 街 两 旁 的 店 铺 鳞 次 栉 比 。 摆

满 新 鲜 水 果 蔬 菜 的 早 市 令 高 德 克 广 场

(place du Coderc) 和 市 政 厅 广 场 (place

de l’Hôtel-de-Ville) 充 满 生 机 。 佩 里 格 是

美 食 名 城 , 在 享 誉 盛 名 的 松 露 ( 块 菰 ) 和

鹅 肝 交 易 会 之 际 , 圣 路 易 广 场 (place

St-Louis) 都 会 迎 来 最 挑 剔 的 美 食 家 。 高

卢 罗 马 时 代 的 佩 里 格 曾 经 名 为 维 苏 纳

(Vésone), 地 理 地 位 非 常 重 要 , 圆 形 竞

技 场 、 神 庙 等 令 人 心 醉 神 迷 的 遗 迹 即

是 见 证 。 维 苏 纳 (Vesunna) 博 物 馆 保 存

了 高 卢 罗 马 时 代 一 座 房 屋 的 遗 迹 , 为

游 客 提 供 相 关 信 息 以 了 解 这 座 古 代 城

市 的 历 史 。 与 博 物 馆 相 隔 几 条 街 道 的

圣 艾 蒂 安 - 德 拉 西 岱 (St-Etienne-de-la-

Cité) 教 堂 则 是 佩 里 格 城 中 典 型 的 罗 曼

风 格 的 建 筑 , 从 它 的 穹 顶 可 以 分 辨 出

来 。

多 尔 多 涅 河 谷

优 美 的 多 尔 多 涅 河 匍 匐 流 经 庄 严 雄 伟

的 城 堡 脚 下 。 在 有 些 地 方 , 蜿 蜒 平 静

的 河 流 忽 然 变 得 波 澜 壮 阔 。 例 如 在 特

雷 莫 拉 (cingle de Trémolat ), 在 一 座 白 色

悬 崖 脚 下 呈 半 圆 形 的 地 方 , 多 尔 多 涅

河 划 出 一 道 宽 广 的 弧 线 , 弧 线 中 央 是

牧 场 和 农 田 混 合 之 地 。 不 远 处 的 普 鲁

梅 萨 克 深 渊 (gouffre de Proumeyssac) 景

致 令 人 叹 为 观 止 , 可 以 乘 坐 小 舟 顺 流

阳 光 下 的 露 天 咖 啡 馆

而 下 到 达 。 这 座 “ 水 晶 大 教 堂 ” 展 示

给 游 客 的 是 让 人 惊 叹 不 已 的 地 质 凝 固

物 , 形 状 令 人 联 想 到 水 母 、 美 人 鱼 和

章 鱼 , 在 水 声 与 阳 光 的 衬 托 下 显 得 更

加 逼 真 。

黑 佩 里 戈 尔 地 区 (Périgord noir)

黑 佩 里 戈 尔 地 区 位 于 韦 泽 尔 (Vézère) 河

谷 与 多 尔 多 涅 河 谷 之 间 , 是 枝 繁 叶 茂

的 绿 色 橡 树 王 国 。 橡 树 脚 下 有 时 会 隐

藏 着 真 正 的 宝 贝 ―― 松 露 !

拉 斯 科 (Lascaux) 洞 穴

拉 斯 科 洞 穴 的 岩 壁 上 保 留 着 人 类 最 早

期 的 艺 术 作 品 ―― 年 代 可 追 溯 到 公 元

前 17 000 年 的 岩 洞 壁 画 ! 岩 画 上 的 动

物 和 手 印 是 史 前 人 类 活 动 的 珍 贵 证

© MICHELIN

大 区 简 介

阿 基 坦 大 区 包 括 5 个 省 : 吉 伦 特 省 (la Gironde), 朗 德 省 (les Landes), 多 尔 多 涅 省 (la Dordogne), 大 西 洋 岸

比 利 牛 斯 省 (les Pyrénées-Atlantiques) 和 洛 特 - 加 龙 省 (le Lot-et-Garonne)。

人 口 :2 908 000

面 积 : 41 308 平 方 公 里 , 与 比 利 时 、 荷 兰 或 者 瑞 士 面 积 一 样 大 !

大 城 市 : 波 尔 多 ( 大 区 首 府 )

边 界 : 阿 基 坦 大 区 南 面 与 西 班 牙 交 界 。 从 文 化 角 度 看 , 巴 斯 克 地 区 兼 具 法 国 和 西 班 牙 两 个 国 家 的 特 点 。

旅 游 局 网 址 :www.tourisme-aquitaine.info

气 候 : 阿 基 坦 濒 临 大 西 洋 , 气 候 四 季 温 和 , 严 寒 的 时 间 很 少 。 由 于 地 处 法 国 南 部 , 阳 光 非 常 充 足 。 全 年 湿

润 的 天 气 使 得 这 一 地 区 拥 有 种 类 繁 多 的 植 被 , 特 别 吸 引 游 人 。

86


明 。 然 而 , 蜂 拥 而 至 的 参 观 者 给 这 些

旧 石 器 时 代 的 艺 术 瑰 宝 造 成 不 小 的 负

面 影 响 , 因 此 洞 穴 的 原 址 不 得 不 关

闭 。200 米 远 处 的 拉 斯 科 II 展 厅 展 示 壁

画 的 复 制 品 , 极 其 逼 真 , 令 人 能 真 切

感 受 到 洞 穴 的 独 特 环 境 。 请 特 别 注 意

欣 赏 一 幅 珍 贵 的 壁 画 , 上 面 描 绘 了 一

位 猎 人 被 野 牛 逼 入 困 境 的 场 景 。

“ 史 前 之 都 ”

对 于 那 些 对 人 类 的 史 前 祖 先 感 兴 趣 的

人 而 言 , 建 在 高 处 的 艾 齐 - 德 塔 亚 克

(Eyzies-de-Tayac) 小 村 是 一 座 真 正 的 宝

库 。 镶 嵌 于 悬 崖 之 间 的 国 立 史 前 博 物

馆 展 出 极 其 丰 富 的 展 品 ―― 人 类 的 最

早 期 艺 术 品 。

多 姆 (Domme)

被 称 作 “ 佩 里 戈 尔 卫 城 ” 的 多 姆 位 于

一 座 岩 洞 悬 崖 边 上 , 俯 瞰 多 尔 多 涅 河

及 其 绿 树 成 荫 的 河 谷 。 春 天 , 多 姆 城

堡 的 小 巷 开 满 玫 瑰 和 天 竺 葵 。

安 静 ...... 电 影 拍 摄 中 !

贝 特 朗 . 塔 韦 尼 埃 (Bertrand Tavernier) 曾

经 在 萨 拉 (Sarlat) 拍 摄 《 达 尔 塔 尼 央

之 女 》。 让 - 玛 丽 . 普 瓦 雷 (Jean-Marie

Poiré) 则 选 择 贝 纳 克 城 堡 (château de

Beynac) 作 为 《 来 访 者 II》 的 外 景 地 。

这 些 足 以 证 明 美 丽 的 佩 里 戈 尔 地 区 在

电 影 人 眼 中 的 魅 力 !

拉 罗 克 - 加 亚 克 (La Roque-Gageac)

美 丽 的 小 村 拉 罗 克 - 加 亚 克 躲 在 一 个 悬

崖 脚 下 , 不 显 山 不 露 水 , 然 而 它 却 值

得 你 停 下 脚 步 , 特 别 是 欣 赏 它 那 鲜 花

盛 开 的 小 巷 , 以 及 小 巷 两 旁 倒 映 在 多

尔 多 涅 河 中 的 石 头 平 顶 房 屋 。

马 基 萨 克 (Marqueyssac)

无 论 在 任 何 时 间 、 任 何 展 览 期 间 、 任

何 季 节 , 马 基 萨 克 花 园 无 疑 都 会 令 漫

步 其 间 的 游 客 心 醉 神 迷 。 花 园 中 的 黄

杨 树 经 过 别 出 心 裁 的 修 剪 呈 现 令 人 意

想 不 到 的 形 状 。 从 观 景 台 可 以 看 到 卡

斯 泰 尔 诺 城 堡 (château de Castelnaud) 及

周 围 景 观 , 这 一 带 是 百 年 战 争 期 间 英

法 两 国 的 势 力 范 围 的 分 界 。

贝 纳 克 - 卡 兹 纳 克

(Beynac-et-Cazenac)

贝 纳 克 的 地 理 位 置 绝 佳 : 小 村 庄 有 村

里 坚 固 城 堡 的 保 护 , 依 多 尔 多 涅 河 谷

一 处 最 漂 亮 的 悬 崖 而 建 。 小 村 隐 蔽 在

这 座 岩 石 长 城 的 脚 下 , 被 缓 缓 流 淌 的

河 流 所 滋 养 。

阿 基 坦 盆 地

(Le Bassin Aquitain)

从 波 尔 多 遍 植 葡 萄 的 山 坡 到 贝 亚 恩 的

青 山 翠 谷 和 朗 德 省 的 森 林 , 阿 基 坦 盆

地 的 景 致 是 如 此 丰 富 多 彩 。 此 外 不 要

忘 记 , 这 条 舌 状 地 带 还 拥 有 绵 延 两 百

余 公 里 、 轻 抚 着 无 垠 的 海 洋 的 沙 滩 和

沙 丘 ......

阿 卡 雄 (Arcachon)

经 验 丰 富 的 航 海 家 埃 里 克 ・ 塔 巴 利 (Eric

Tabarly)、 弗 洛 伦 斯 ・ 阿 尔 多 (Florence

Arthaud) 和 伊 夫 ・ 帕 里 耶 (Yves Parlier) 有

一 个 共 同 点 : 他 们 都 在 曾 阿 卡 雄 的 水

手 之 脚 堤 岸 留 下 了 他 们 的 青 铜 脚 印 。

面 向 大 海 , 脚 踩 沙 滩 , 手 持 海 斗 , 还

有 什 么 比 这 种 方 式 更 能 体 会 度 假 的 惬

意 呢 ? 这 座 夏 季 度 假 小 城 环 海 而 建 ,

冬 季 相 对 宁 静 ; 优 雅 的 别 墅 风 格 各

异 , 掩 映 在 松 林 中 。 晚 上 , 人 们 漫 步

在 梯 也 尔 防 波 堤 (jetée

Thiers) 上 , 感 受

海 滨 林 荫 道 的 气 息 , 饱 览 阿 卡 雄 港 湾

(bassin

色 海 岸 (Côte

d’Arcachon) 的 美 景 。 港 湾 在 银

d’Argent) 处 凹 入 , 容 易 让

人 产 生 困 惑 : 这 里 到 底 是 大 海 还 是 池

塘 ? 是 湖 泊 还 是 海 洋 ? 是 淡 水 还 是 海

水 ? 从 欧 洲 最 高 的 沙 丘 ―― 皮 拉 沙 丘

上 (Dune du Pilat, 107 米 ) 可 以 眺 望 朗 德 森

林 环 绕 中 的 阿 卡 雄 泻 湖 及 波 光 粼 粼 的

海 洋 。•••

中 世 纪 城 堡

罗 克 塔 亚 德 城 堡 ( c h â t e a u d e

87


聚 焦 法 国

Roquetaillade) 结 构 严 密 , 墙 体 厚 重 ,

六 根 巨 型 圆 塔 环 绕 中 间 粗 大 的 方 形 主

塔 , 整 体 风 格 庄 严 朴 素 。 然 而 城 堡 的

内 部 装 饰 却 与 外 部 风 格 截 然 不 同 ! 尤

其 餐 厅 和 玫 瑰 色 的 卧 室 更 是 出 人 意

料 的 前 卫 新 潮 。 临 近 加 斯 科 涅 荒 原

自 然 公 园 的 卡 兹 诺 芙 城 堡 (château de

Cazeneuve) 保 留 着 马 尔 戈 王 后 (Reine

Margot) 的 记 忆 , 她 曾 经 在 这 里 约 会 她

的 多 位 情 郎 。 参 观 这 座 迷 人 城 堡 的 同

时 还 可 以 参 观 亨 利 四 世 的 卧 房 和 工 作

室 。

加 斯 科 涅 地 区 (Gascogne) 的 荒 原

加 斯 科 涅 荒 原 的 地 区 自 然 公 园 完 全 浸

没 在 大 自 然 当 中 , 尤 其 当 人 们 从 波 尔

多 等 大 城 市 前 来 参 观 时 感 觉 更 加 强

烈 。 首 先 是 嗅 觉 上 的 震 撼 : 参 天 巨 松

的 气 味 刺 激 着 你 的 鼻 孔 。 在 马 尔 凯 兹

区 (Marquèze) 的 松 林 间 , 大 朗 德 生 态 博

物 馆 (l’écomusée de la Grande Lande) 为

你 展 示 18 和 19 世 纪 朗 德 村 民 的 日 常 生

活 场 景 。

波 城 (Pau)

在 濒 临 大 西 洋 的 比 利 牛 斯 山 脉 沿 线

上 , 波 城 是 旧 省 贝 亚 恩 境 内 最 优 雅 的

城 市 。 这 座 城 市 曾 是 亨 利 四 世 的 出 生

地 , 保 留 着 一 座 俯 瞰 加 沃 河 (Gave) 湍

流 的 王 室 城 堡 。 如 果 想 更 多 的 了 解

这 座 城 市 , 不 妨 在 环 绕 城 堡 而 建 的

热 闹 繁 荣 的 大 街 小 巷 之 中 散 散 步 。

许 多 英 国 人 选 择 在 波 城 的 特 雷 斯 泼

埃 ( Trespoey) 街 区 修 建 折 中 主 义 风 格

的 豪 华 别 墅 。 踏 上 高 处 的 比 利 牛 斯 大

道 , 沿 着 绿 树 成 荫 的 街 道 , 可 以 欣

赏 到 绝 妙 风 景 : 从 中 央 高 原 的 彼 高

尔 (Bigorre) 山 巅 一 直 到 阿 尼 峰 (Anie) 的

美 景 尽 收 眼 底 。 中 央 高 原 的 奥 索 峰

(Ossau) 的 钩 状 山 峰 最 容 易 被 认 出 来 。

奥 索 山 谷 (Vallée d’Ossau)

很 难 不 被 奥 索 山 谷 独 一 无 二 的 魅 力 所

折 服 。 精 明 的 旱 獭 在 这 里 建 立 了 200 余

片 领 地 。 这 里 纯 美 清 新 的 景 致 实 在 让

人 向 往 , 如 倒 映 着 中 央 高 原 山 峰 的 艾

约 湖 区 (lacs d’Ayous)。

巴 斯 克 地 区

进 入 正 题 之 前 , 最 好 还 是 站 在 一 个 高 一

点 的 地 方 对 这 个 特 殊 的 地 区 有 个 大 概 了

解 。 胆 小 的 人 可 以 乘 坐 小 火 车 登 上 法 国

巴 斯 克 地 区 的 标 志 性 山 脉 ―― 鲁 纳 山

(la Rhune)。 走 在 山 顶 的 法 国 和 西 班 牙

边 界 上 , 大 片 美 景 一 直 延 伸 到 海 洋 、

朗 德 省 森 林 及 巴 斯 克 地 区 的 比 利 牛 斯

山 脉 。

梅 森 克 山 (Massif du Mézenc)

巴 约 讷 (Bayonne)

这 是 一 个 有 生 活 乐 趣 的 城 市 ! 每 年 8 月

初 , 希 望 清 静 的 人 最 好 原 路 折 回 , 因 为

巴 约 讷 会 有 为 期 5 天 的 盛 大 节 日 : 连 续

的 斗 牛 比 赛 和 朗 德 牛 赛 跑 活 动 让 整 个 城

市 为 之 沸 腾 , 传 统 音 乐 的 音 符 在 空 气 中

流 散 着 , 欢 乐 的 云 朵 到 处 漂 浮 !

巴 斯 克 博 物 馆

巴 约 讷 历 史 及 巴 斯 克 博 物 馆 (musée

basque et de l’Histoire de Bayonne) 坐 落 在

古 老 的 网 状 街 道 中 心 , 详 尽 展 现 了 巴 斯

克 的 文 化 特 性 , 旨 在 通 过 展 示 昔 日 的

物 品 及 仪 式 让 人 门 更 深 入 地 了 解 今 天 的

巴 斯 克 社 会 。

回 力 球 运 动

继 承 老 式 网 球 打 法 的 回 力 球 是 巴 斯 克 当

地 的 传 统 游 戏 。 要 想 玩 好 这 项 运 动 , 需

要 有 犀 利 的 眼 光 , 这 样 在 将 球 掷 向 墙 壁

时 才 能 紧 紧 盯 住 这 种 坚 硬 又 有 弹 性 的 球

的 轨 迹 。

比 亚 里 茨 (Biarritz)

不 到 半 个 世 纪 的 时 间 , 比 亚 里 茨 就 从 一

个 默 默 无 闻 的 捕 鲸 小 海 港 一 跃 而 成 为 热

闹 非 凡 的 上 流 人 士 云 集 的 海 滨 浴 场 。 演

艺 界 名 流 和 艺 术 家 纷 至 沓 来 : 拉 威 尔

(Ravel)、 斯 特 拉 文 斯 基 (Stravinsky)、 科

克 托 (Cocteau)、 海 明 威 (Hemingway)......

之 后 , 更 有 成 群 的 冲 浪 爱 好 者 前 来 挑

战 巴 斯 克 海 滨 沙 滩 (plage de la Côte-des-

Basques) 的 波 浪 。 比 亚 里 茨 不 正 是 被

88


称 为 “ 欧 洲 冲 浪 之 都 ” 吗 ? 这 座 城 市

的 象 征 就 是 面 向 海 洋 博 物 馆 的 圣 母 岩

(Rocher de la Vierge)。 岩 石 上 有 一 座 圣

母 雕 像 , 岩 石 通 过 一 座 金 属 天 桥 与 海

岸 相 连 。 每 当 暴 风 雨 来 临 之 际 , 滚 滚

海 浪 拍 打 着 天 桥 , 令 人 印 象 深 刻 。

圣 让 - 德 吕 兹 (St-Jean-de-Luz)

得 益 于 比 亚 里 茨 的 光 芒 , 圣 让 - 德 吕 兹

也 是 上 流 社 会 人 们 趋 之 若 骛 的 地 方 。

19 世 纪 末 , 海 滨 别 墅 开 始 出 现 在 这 座

迷 人 的 小 渔 港 , 与 传 统 的 巴 斯 克 彩 绘

木 房 和 17 世 纪 的 宫 殿 毗 邻 而 居 。 圣 让 -

巴 蒂 斯 特 (St-Jean-Baptiste) 教 堂 外 表 看

起 来 简 洁 朴 素 , 但 内 饰 却 相 当 华 美 。

祭 坛 的 背 壁 装 饰 屏 金 光 闪 闪 。 离 开 圣

让 - 德 吕 兹 西 行 , 从 巴 斯 克 峭 壁 道 路 上

可 以 看 到 岩 石 林 立 的 海 洋 美 景 。

阿 巴 蒂 (Abbadie) 城 堡

起 伏 的 巴 斯 克 峭 壁 道 路 通 往 令 人 称 奇

的 安 托 尼 ・ 阿 巴 蒂 (Antoine Abbadie) 城

堡 。 城 堡 在 一 位 天 文 学 家 兼 探 险 家 的

资 助 下 建 成 , 是 巧 妙 融 合 了 中 世 纪 和

非 洲 风 格 的 新 哥 特 式 建 筑 。

波 尔 多 (BORDEAUX)

波 尔 多 市 内 有 加 龙 河 (Garonne) 流 经 ,

城 市 建 设 已 经 相 当 完 善 , 但 是 仍 然 不

断 取 得 辉 煌 成 就 。 除 了 新 增 加 的 有 轨

电 车 , 波 尔 多 还 在 加 龙 河 左 岸 整 治 沿

河 堤 岸 , 并 且 在 河 右 岸 开 辟 新 区 , 将

美 丽 的 新 区 建 设 成 绿 地 。

游 览

波 尔 多 老 城

波 尔 多 老 城 以 18 世 纪 建 筑 为 特 色 , 大

剧 院 (Grand Théâtre) 与 宽 阔 的 梅 花 广 场

(Esplanade des Quinconques)(126 000 平

方 米 ) 相 隔 几 条 街 道 。 坐 落 在 喜 剧 广 场

(Place de la Comédie) 上 的 大 剧 院 以 其 奢

华 内 饰 而 引 人 瞩 目 , 配 有 绘 画 的 天 花

板 上 镶 嵌 纯 金 饰 片 。 在 波 尔 多 的 美 丽

街 区 中 , 建 筑 物 的 正 面 大 多 饰 有 怪 面

安 托 尼 ・ 阿 巴 蒂 城 堡

饰 , 这 是 一 种 雕 刻 在 赭 石 色 石 头 上 的

通 常 比 较 怪 诞 的 头 像 , 与 它 们 搭 配 的

是 能 够 令 人 联 想 到 葡 萄 酒 的 装 饰 物 。

大 钟 楼 (Grosse Cloche)

一 直 以 来 , 波 尔 多 人 都 对 大 钟 楼 钟 爱

有 加 , 从 钟 楼 下 面 可 以 穿 行 到 商 业 气

氛 浓 厚 的 圣 卡 特 琳 娜 大 街 (rue Sainte-

Catherine)。 过 去 国 王 正 是 利 用 波 尔 多

人 对 钟 楼 的 情 结 来 惩 罚 波 尔 多 人 : 只

要 下 令 将 大 钟 及 其 钟 表 的 大 门 去 掉 就

能 令 波 尔 多 人 惶 恐 不 安 。

佩 贝 尔 兰 街 区 (Pey-Berland)

在 佩 贝 尔 兰 街 区 中 心 矗 立 着 波 尔 多 宗

教 建 筑 中 最 庄 严 雄 伟 的 圣 安 德 烈 大 教

堂 (cathédrale St-André)。 它 的 皇 家 大 门

上 刻 有 精 美 的 雕 饰 , 令 人 目 不 暇 接 。

距 离 大 教 堂 几 步 之 遥 的 地 方 高 耸 着 佩

贝 尔 兰 塔 (tour Pey-Berland), 登 上 塔 楼

的 229 级 台 阶 , 全 城 美 景 以 及 钟 楼 豁

然 展 现 在 眼 前 。 周 围 还 有 阿 基 坦 博 物

馆 , 丰 富 的 馆 藏 展 示 从 史 前 到 现 代 的

阿 基 坦 地 区 的 人 类 生 活 场 景 。

波 尔 多 葡 萄 园

波 尔 多 城 外 的 丘 陵 上 遍 植 葡 萄 , 俨 然

一 片 连 绵 起 伏 的 绿 色 海 洋 , 直 延 伸 到

树 林 边 和 房 屋 脚 下 。 每 到 秋 季 , 圣 艾

米 利 翁 (St-Emilion) 就 热 闹 起 来 , 这 座

迷 人 的 葡 萄 园 小 镇 实 至 名 归 ! 夕 阳 时

分 , 镀 上 落 日 余 晖 的 石 头 闪 闪 发 亮 ,

瓦 片 屋 顶 的 金 色 房 屋 金 光 熠 熠 , 仿 佛

葡 萄 饰 盒 中 的 珠 宝 。 小 镇 的 中 心 屹 立

着 一 座 欧 洲 最 大 的 用 整 块 石 头 建 成 的

教 堂 , 令 人 惊 异 。 从 教 堂 钟 楼 远 眺 ,

小 镇 及 其 葡 萄 园 的 景 致 美 不 胜 收 。

阿 基 坦 地 区 美 食

阿 基 坦 大 区 的 烹 饪 艺 术 举 世 无 双 , 你

只 需 尽 情 享 用 美 食 即 可 ......

菜 肴

在 佩 里 戈 尔 地 区 , 正 餐 首 先 从 凯 尔 西

浓 汤 tourin 开 始 , 这 是 一 种 蒜 茸 或 洋

葱 汤 , 调 配 鹅 油 和 酸 模 或 者 西 红 柿 。

在 旧 省 贝 亚 恩 , 典 型 的 农 家 汤 是 名 为

garbure 的 猪 油 鹅 肉 蔬 菜 浓 汤 。

接 着 是 美 味 的 鹅 肝 或 鸭 肝 , 鸭 肫 沙

你 知 道 吗 ?

太 阳 王 路 易 十 四 正 是 在 圣 让 - 德 吕

兹 迎 娶 了 西 班 牙 公 主 玛 丽 - 泰 雷

兹 。 之 后 这 对 年 轻 的 夫 妇 居 住 在

洛 奥 比 亚 格 (Lohobiague) 行 宫 , 今

天 重 新 命 名 为 路 易 十 四 行 宫 。 可

以 参 观 。

© DR

89


聚 焦 法 国

肝 菌 一 起 搭 配 烹 饪 。 在 吉 伦 特 省 不 可

不 尝 的 是 生 蚝 , 且 最 好 在 传 统 的 渔 民

小 屋 里 品 尝 。 然 而 在 这 里 的 港 湾 最 多

的 还 是 鲟 鱼 。 还 有 一 种 小 白 虾 , 与 月

桂 和 少 许 茴 香 八 角 类 香 料 一 起 烹 制 食

用 。

甜 品

绝 对 不 能 没 有 品 尝 卡 内 雷 斯 蛋 糕

( c a n n e l é s ) 就 离 开 波 尔 多 , 这 种 焦

糖 小 点 心 的 内 馅 松 软 爽 口 。 在 圣 艾

米 利 翁 , 人 们 习 惯 将 蛋 白 杏 仁 甜 饼

(macarons) 蘸 着 红 葡 萄 酒 或 者 香 槟 享

用 。 布 莱 (Blaye) 以 糖 衣 杏 仁 pralines 著

名 , 而 巴 斯 克 地 区 则 以 巧 克 力 闻 名 ,

布 尔 格 (Bourg) 的 特 产 则 是 无 花 果 。

多 尔 多 涅 省 有 多 种 甜 品 竞 争 甜 品 桂

冠 : 胡 桃 馅 饼 (tartes aux noix), 李 子

糕 (tourtières aux pruneaux) 以 及 pastis 糕

点 。Pastis 糕 点 松 脆 香 甜 , 夹 有 黄 油 和

浸 在 朗 姆 酒 和 柑 桔 花 水 中 的 苹 果 馅 。

至 于 巴 斯 克 蛋 糕 , 它 的 内 馅 一 般 是 樱

大 钟 楼

拉 , 牛 肝 菌 或 松 露 摊 鸡 蛋 。 人 们 不 是

将 松 露 誉 为 “ 佩 里 戈 尔 地 区 的 芳 香 灵

魂 ” 吗 ? 松 露 可 以 将 一 道 极 其 简 单 的

菜 肴 化 腐 朽 为 神 奇 。 正 菜 有 美 味 的 鸭

里 脊 (magret de canard), 尤 其 当 添 加 少

许 糖 时 口 感 更 加 鲜 美 。 佩 里 戈 尔 当 地

人 在 食 用 焖 鹅 肉 冻 (confit d’oie) 时 , 通 常

搭 配 萨 拉 土 豆 (pommes sarladaises), 用

鹅 油 煎 生 土 豆 , 撒 蒜 末 和 西 芹 调 味 。

在 那 些 享 誉 盛 名 的 禽 类 中 , 有 一 种 朗

德 省 农 场 饲 养 的 鸡 , 最 先 荣 获 红 色 标

签 , 人 们 尤 其 钟 爱 它 鲜 嫩 的 肉 质 。 朗

德 省 还 盛 产 一 种 禽 类 野 味 ― ― 斑 尾

林 鸽 , 多 烧 烤 食 用 。 朗 德 省 的 代 表 牛

肉 是 夏 洛 斯 牛 肉 (bœuf de Chalosse),

肉 质 入 口 即 化 , 鲜 美 无 比 。 可 以 与 之

媲 美 的 是 更 北 方 的 巴 萨 牛 肉 (boeuf de

Bazas)。 至 于 火 腿 , 最 好 吃 的 要 数 巴 约

讷 火 腿 。 但 是 很 少 有 人 知 道 , 实 际 上

巴 约 讷 火 腿 主 要 产 自 旧 省 贝 亚 恩 的 山

区 , 而 很 少 出 自 巴 约 讷 。 正 是 在 这 一

地 区 , 亨 利 四 世 发 现 了 自 己 最 钟 情 的

菜 肴 ―― 著 名 的 炖 鸡 。

喜 欢 吃 鱼 的 食 客 肯 定 会 对 这 里 将 鱼 和

猪 肉 一 起 烹 制 的 方 法 感 到 奇 怪 , 在 多

尔 多 涅 省 , 人 们 正 是 这 样 将 白 斑 狗

鱼 和 肥 肉 丁 或 者 将 鲤 鱼 和 焖 肉 冻 一 起

烹 制 的 。 至 于 三 纹 鱼 , 则 与 鹅 肝 和 牛

© DR

旅 游 局 :

地 址 :12 cours du 30-Juillet

电 话 :05 56 00 66 00

网 址 :

www.bordeaux-tourisme.com

如 何 前 往

汽 车

多 条 高 速 公 路 通 往 波 尔 多 :

A10( 巴 黎 - 波 尔 多 ),A62( 图 卢

兹 - 波 尔 多 ),A63( 波 尔 多 - 巴 约

讷 ),A64( 图 卢 兹 - 波 城 )。

铁 路

大 西 洋 高 速 列 车 TGV 连 接 巴

黎 与 波 尔 多 , 车 程 3 小 时

飞 机

波 尔 多 机 场

地 址 :

Cedex 40 - 33700 Mérignac

电 话 :05 56 34 50 50

90


桃 或 杏 仁 奶 油 。

葡 萄 酒

有 谁 不 知 道 波 尔 多 葡 萄 酒 的 大 名 的 ?

吉 伦 特 省 出 产 的 红 葡 萄 酒 愈 久 愈 醇 。

与 优 雅 的 梅 多 克 (médocs) 红 酒 交 相 辉

映 的 是 酒 香 浓 烈 且 醇 厚 的 圣 艾 米 利 翁

(saint-émilion) 红 酒 。pomerols 红 酒 温

润 且 色 泽 晶 莹 , 而 fronsacs 红 酒 则 口 感

醇 厚 。 波 尔 多 也 出 产 白 葡 萄 酒 , 其 中

拔 得 头 筹 的 有 Sauternes 和 Barsac 两 种 。

加 龙 河 另 一 岸 出 产 绝 佳 的 loupiacs 和

sainte-croix-du-mont 葡 萄 酒 。 波 尔 多 山

坡 的 卡 迪 亚 克 (cadillac) 葡 萄 园 酿 造 的

白 葡 萄 酒 口 感 圆 润 芳 醇 , 清 爽 怡 人 。

巴 斯 克 地 区 的 苹 果 酒 可 与 布 列 塔 尼 和

诺 曼 底 的 苹 果 酒 相 媲 美 ...... 多 尔 多 涅

省 的 胡 桃 红 酒 则 是 餐 后 酒 中 的 良 品 。

餐 饮

La Table du Pain

地 址 :6 pl. du Parlement

电 话 :00 33 5 56 81 01 00

营 业 时 间 : 圣 诞 节 和 新 年 休 息

价 格 :8 - 17€

这 家 比 利 时 风 格 的 小 餐 馆 经 营 有 道 。

餐 厅 的 金 色 石 墙 壁 、 古 旧 的 陈 列 架 和

打 蜡 的 松 木 家 具 令 人 倍 感 亲 切 舒 适 。

制 作 多 种 面 包 片 和 沙 拉 供 客 人 选 择 。

Chez Brunet

地 址 :9r. de Condé

电 话 :00 33 5 56 51 35 50

营 业 时 间 : 周 二 至 周 六 10 : 00-14 : 00,

17 : 000-22 : 00;

1 月 第 一 个 星 期 和 8 月 有 三 个 星 期 休 息

价 格 :15 - 25€

这 家 小 餐 厅 由 一 位 50 多 岁 的 迷 人 女 士

打 理 , 你 可 以 在 这 里 尝 到 当 地 的 一 道

特 色 菜 肴 : 生 蚝 配 烤 香 肠 。

Bar Cave de la Monnaie

地 址 :34 r. Porte-de-la-Monnaie

电 话 :00 33 5 56 31 12 33

圣 艾 米 利 翁 村

电 子 邮 箱 :latupina@latupina.com

营 业 时 间 : 周 日 休 息

价 格 : 午 餐 7€, 晚 餐 约 25 €

这 间 漂 亮 小 酒 馆 的 成 功 之 道 在 于 : 一

天 中 任 何 时 候 都 能 供 应 食 物 ( 摊 鸡 蛋 ,

沙 拉 , 传 统 小 菜 及 晚 间 套 餐 ), 供 应

杯 装 、 瓶 装 甚 至 桶 装 的 法 国 西 南 部 酿

造 的 葡 萄 酒 , 价 位 灵 活 , 气 氛 热 闹 放

松 。

住 宿

Hôtel Clemenceau

地 址 :4 cours Georges-Clemenceau

电 话 :00 33 5 56 52 98 98

电 邮 : clemenceau@hotel-bordeaux.com

营 业 时 间 :12 月 底 休 息 15 天

房 间 :45 间

价 格 :55 - 60€

早 餐 :7 €

希 望 步 行 游 览 波 尔 多 的 游 客 可 以 选 择

这 家 设 在 一 座 18 世 纪 建 筑 内 的 酒 店 。

客 房 配 备 基 本 设 施 , 装 有 空 调 。 从 早

餐 厅 可 以 瞥 见 波 尔 多 城 美 丽 的 屋 顶 。

Hôtel de la Presse

地 址 :6 r. de la Porte-Dijeaux

电 话 :00 33 5 56 48 53 88

电 子 邮 箱 : info@hoteldelapresse.com

营 业 时 间 :12 月 25 日 至 1 月 2 日 休 息

房 间 :27 间

价 格 :81/91€

早 餐 :9€

这 间 惬 意 的 小 酒 店 位 于 老 城 的 步 行 商

业 街 。 特 别 需 要 声 明 的 是 , 有 时 开 车

很 难 到 达 。 用 胭 脂 红 地 毯 装 饰 的 楼 梯

通 往 舒 适 实 用 的 客 房 。

购 物

Baillardran Canelés

地 址 :Galerie des Grands-Hommes

电 话 :00 33 5 56 79 05 89

营 业 时 间 : 周 一 至 周 六 8 :30-19 :30

坐 落 在 Grands-Hommes 市 场 的 这 家 糕 点

店 制 作 美 味 可 口 的 糕 点 卡 内 雷 斯 蛋 糕

(canelés), 这 种 波 尔 多 小 点 心 的 外 皮 为

精 致 的 棕 色 焦 糖 , 用 铜 模 具 烤 制 成 不

同 形 状 , 外 脆 内 软 。

Darricau

地 址 :7 pl. Gambetta

电 话 :00 33 5 56 44 21 49

网 址 :www.darricau.com

营 业 时 间 : 周 一 至 周 五 10 : 00-19 : 00,

周 六 11 : 00-19 : 00

节 假 日 休 息

自 1913 年 至 今 , 这 家 巧 克 力 店 一 直 用

上 品 款 待 着 巧 克 力 拥 趸 , 如 波 尔 多 方

块 (pavé de Bordeaux, 一 种 杏 仁 巧 克

力 , 镶 嵌 着 浸 泡 过 葡 萄 酒 的 葡 萄 干 )、

酒 瓶 形 状 的 巧 克 力 和 niniches( 一 种 黑 巧

克 力 太 妃 糖 )。 该 店 的 掌 门 人 只 用 著 名

产 地 的 可 可 制 作 巧 克 力 , 配 以 他 数 次

从 遥 远 的 旅 途 中 带 回 的 香 料 和 香 草 制

作 而 成 。•

本 专 栏 内 容 由 米 其 林 旅 游 出 版 公 司 提 供

© DR

91


Portrait entreprise

HAVAS Sports à l’assaut du sponsoring sportif chinois

Cette filiale du groupe Havas s’est installée en Chine en 2006 pour accompagner

un marché qui mûrit à toute vitesse

“Du 8 au 24 août 2008, auront lieu

les prochains JO de Pékin. 16 jours

de compétition, 303 médailles, 37

lieux, 203 pays, 10 500 athlètes

dans 41 disciplines. La fête

promet d’être belle. “

Nathalie Bastianelli, CEO d’Havas Sports Chine.

© A.S Douard

Havas Sports, et Aristeia - agent

officiel du Comité Olympique

Français - proposent aux

entreprises des solutions

d’hospitalité .

Comment rendre sa marque plus proche du consommateur

chinois, augmenter sa notoriété ou

modifier son image ? Une des stratégies : avoir recours

au sponsoring sportif. Parce que le sport touche

un grand nombre de gens, qu’il est porteur d’émotions

qui peuvent se transférer sur la marque « partenaire »,

qu’il exalte des valeurs très diverses au cours d’un spectacle

qui permet l’identification, il peut

parfois, mieux qu’une publicité basée sur

la fiction, atteindre sa cible. Havas Sports

avait depuis longtemps développé cette

spécialité sur les marchés occidentaux. La

société s’attaque aujourd’hui au marché

chinois.

« Nous sommes là pour aider les compagnies

à choisir les bons sports, à négocier

et à exploiter un partenariat, à gérer

la visibilité d’un sponsor, à organiser des

évènements...», explique Nathalie Bastianelli, CEO d’Havas

Sports Chine. Sa société conseille ses clients pour définir

leurs enjeux de communication et commerciaux. Elle aide

aussi à développer des outils en interne - fédérer les équipes

autour de projets porteurs de sens, ou récompenser

de bons commerciaux - et en externe - apporter du contenu

à l’offre commerciale, dynamiser la marque auprès de

la presse ou booster sa notoriété. Havas Sports peut aussi

aider à organiser des évènements sportifs, et faire de l’accueil

de VIP lors de grands évènements sportifs.

« Nous sommes arrivés en Chine en 2006 pour profiter

‘‘ Avant 2010, le

marché chinois

devrait devenir le

2ème marché de

publicité du monde

devant le Japon. ”

de la formidable dynamique du marché chinois, explique

Nathalie Bastianelli. Avant 2010, le marché chinois devrait

devenir le 2ème marché de publicité du monde devant le

Japon. D’autre part, le sport, notamment la retransmission

des matchs de foot représente une part importante des

programmes diffusés à la télévision. » Les Chinois, stimulés

par les JO, mettent aujourd’hui les bouchées doubles

pour se hisser au premier rang des nations

sportives. « Nous ne visons pas seulement

les JO mais nous sommes aussi là pour

proposer notre expertise aux compagnies

chinoises (China mobile, Air China, Bank of

China) qui ont signé avec le BOCOG des

contrats d’un montant très élevé, supérieur

même à ceux qu’ont versés les sponsors

du CIO. »

Depuis son arrivée en Chine, Havas Sports

s’est concentré sur des organisations

d’événements, la mise en place de programmes d’hospitalité,

la réalisation du plan marketing d’un green rallye fin

septembre 2007; un partenariat avec l’hebdomadaire sportif

chinois « Titan », pour diffuser ses études qui classent les

pays les plus sportifs (la Chine au troisième rang en 2006) 1

et un projet créatif et unique pour les sponsors officiels

des JO... Mais la société n’en est qu’aux prémisses de son

développement. Face au gigantesque marché d’une Chine

qui veut s’imposer dans la cour des grands sportifs, tous les

espoirs sont permis. • Anne Garrigue

1

HAVAS SPORTS CHINA, TITAN SPORT & TOM.COM Greatest Sport Nations Ranking 2006

92


汉 威 士 体 育 文 化 传 播 公 司 : 直 面 中 国 体 育 赞 助

这 家 汉 威 士 集 团 的 分 公 司 于 2006 年 登 陆 中 国 , 意 欲 分 享 飞 速 成 熟 的 中 国 市

场 。


样 使 自 己 的 品 牌 更 贴 近 中 国 的 消 费 者 , 提 高

知 名 度 或 者 改 变 形 象 ? 策 略 之 一 : 寻 求 体 育

赞 助 。 因 为 体 育 涉 及 到 众 多 人 群 , 它 可 以 将

人 们 的 热 情 转 移 到 “ 合 作 ” 品 牌 上 来 , 它 在 比 赛 中 激 起 的

价 值 , 有 时 能 比 虚 拟 的 广 告 更 好 地 触 及 受 众 。 汉 威 士 体 育

文 化 传 播 公 司 长 期 在 西 方 市 场 上 施 展 她 的 特 长 , 如 今 , 公

司 欲 在 中 国 市 场 上 一 展 拳 脚 。

汉 威 士 体 育 文 化 传 播 公 司 首 席 执 行 官 白 嘉 黎 解 释

说 :“ 我 们 来 这 里 是 为 了 帮 助 企 业 寻 觅 含 金 量 高 的 体 育 项

目 , 商 谈 并 发 展 合 作 伙 伴 关 系 , 管 理 赞 助 商 的 展 示 度 , 组

织 一 些 活 动 等 。” 公 司 还 为 客 户 提 出 建 议 帮 助 他 们 确 定 宣

传 和 商 业 的 各 项 风 险 。 公 司 还 会 帮 助 发 挥 内 部 功 效 ―― 使

团 队 忠 实 于 富 有 内 涵 的 体 育 项 目 , 或 奖 励 优 秀 的 商 业 人

员 ; 在 外 部 , 则 为 商 业 赞 助 带 去 品 牌 价 值 , 在 媒 体 上 推 广

品 牌 , 提 升 知 名 度 。 汉 威 士 体 育 文 化 传 播 公 司 还 可 以 帮 助

组 织 体 育 活 动 , 在 大 型 体 育 赛 事 期 间 接 待 贵 宾 。( 参 见 框 内

文 字 )

白 嘉 黎 继 续 道 :“ 我 们 2006 年 来 到 中 国 , 是 为 了 分 享 中

国 这 个 有 神 奇 活 力 的 市 场 。2010 年 之 前 , 中 国 市 场 将 超 过

日 本 , 成 为 世 界 第 二 大 广 告 市 场 。 此 外 , 中 国 电 视 播 放 的

体 育 节 目 每 年 达 六 万 小 时 , 其 中 足 球 节 目 占 了 近 半 , 尤 其

是 外 国 的 赛 事 。” 受 到 奥 运 会 激 励 的 中 国 人 正 加 速 步 伐 ,

以 跻 身 世 界 一 流 的 体 育 国 家 行 列 。“ 我 们 不 仅 着 眼 于 奥 运

会 , 而 且 我 们 还 向 中 国 企 业 提 供 专 业 建 议 , 这 些 企 业 ( 中 国

移 动 、 中 国 民 航 、 中 国 银 行 ) 已 经 同 北 京 奥 组 会 签 定 了 巨 额

汉 威 士 体 育 文 化 传 播 公 司 首 席 执 行 官 白 嘉 黎

“2010 年 之 前 , 中 国 市 场 将 超 过 日

本 , 成 为 世 界 第 二 大 广 告 市 场 。”

合 同 , 数 额 甚 至 超 过 了 国 际 奥 委 会 的 赞 助 商 。”

汉 威 士 体 育 文 化 传 播 公 司 来 到 中 国 之 后 , 致 力 于 各 种

活 动 的 组 织 工 作 , 如 拟 定 迎 宾 计 划 , 组 织 实 施 2007 年 九 月

底 的 绿 色 集 合 计 划 , 同 《 体 坛 周 报 》 达 成 合 作 伙 伴 关 系 ,

以 发 布 他 们 有 关 世 界 体 育 强 国 排 行 榜 的 研 究 (2006 年 中 国 排

名 第 三 ), 以 及 专 为 奥 运 会 官 方 赞 助 商 制 定 独 具 创 造 性 计

划 ...... 公 司 目 前 尚 处 于 起 步 阶 段 , 不 过 , 面 对 中 国 决 心 成

为 体 育 强 国 这 样 一 个 巨 大 的 市 场 , 任 何 期 望 都 不 为 过 。•

© A.S Douard

93


Culture les gens

Liu Feng,

promet un bel avenir à la BD chinoise

Liu Feng, 28 ans, vient de sortir sa première Bande dessinée « DREAM » aux éditions

Xiao Pan. Un Manhua - nom donné à la bande dessinée chinoise - tout en images,

sans aucun texte, qui plonge le lecteur dans un univers où le visuel prend une

dimension narrative universelle... Ce talent de la génération post-79 promet un bel

avenir à la Bande dessinée chinoise. Rencontre.

Vous êtes un jeune auteur. Il n’existe encore aucune

biographie vous concernant. Pouvez-vous nous

éclairer en quelques mots sur votre parcours vers la

BD ?

Liu Feng : Je suis né en 1979 dans la région autonome de

Mongolie intérieure et j’ai grandi à Tai’an, une petite ville

du Liaoning. Dès mon enfance, J’ai éprouvé une passion

particulière pour la bande dessinée. En 1996, j’ai commen

des études d’architecture intérieure à l’Ecole des

Beaux-Arts du Liaoning ; en 2000, j’ai participé à la création

de dessins animés et finalement en 2003, j’ai entamé

la création de ma propre bande dessinée, Dream, que j’ai

achevée cette année.

Comment décrire l’évolution actuelle de la BD chinoise

?

Liu Feng : Ces 20 dernières années ont été le témoin de

progrès fulgurants dans le domaine de la bande dessinée

en Chine. Auparavant la BD était appelée « Livre pour enfants

». Son histoire remonterait à la Dynastie des Ming et

des Qing. Le contenu était presque toujours tiré d’oeuvres

littéraires, illustré par quelques images, et non par des vignettes

comme vous les connaissez. D’autre part, il est

important de souligner que la publication et la distribution

n’avaient pas de but commercial. Pourtant les « Livres

pour enfants » étaient très populaires à l’époque.

Vers la fin des années 80, cette situation dominée par le

format du «Livre pour enfants» a changé tout à coup, et ce

grâce à l’introduction en Chine d’un style de bande dessinée

différent venu de l’étranger. Les copies de BD japonaises

ont joué un rôle non négligeable dans ce phénomène.

Cette nouvelle forme plus flexible, au contenu plus riche,

permettait de laisser libre cours à l’imagination. Ces nouveautés

ont passionné de nombreux jeunes notamment

ceux qui ont grandi pendant les années d’ouverture de

l’après 1979.

La bande dessinée européenne est arrivée en Chine avec

Internet : une façon pour les jeunes chinois de découvrir le

dessin européen en version originale. La place importante

DREAM de Liu Feng est un manhua surprenant

dans le sens où il n’y a aucun texte. C’est donc

par l’observation et l’imagination que l’histoire

se construit sous les yeux ébahis du lecteur.

« Rêve ou cauchemar ? » nous prévient l’éditeur... Effectivement

qui n’a jamais rêvé qu’il pouvait voler ou

devenir riche ? Lorsque le héros revient à la cruelle réalité,

c’est-à-dire à son quotidien, les pages sont en noir

et blanc, à la fois superbes et tristes de par la condition

véritable du jeune garçon et de son animal de compagnie,

le cochonnet : Quelle vie et quel avenir pour

un enfant dans une ville si froide et si sombre avec

des gens si distants et sans expression ? Belle allégorie

pour dénoncer une industrialisation grandissante (de

la Chine ? du monde ? ). Malgré son côté pessimiste,

cette bande dessinée peut être « lue » par tous grâce à

l’universalité des dessins et des émotions qui y sont

représentées.

Bededazi

© Liu Feng

http://bededazi.over-blog.com

94


© Liu Feng

attribuée à la bande dessinée en Europe a stimulé les jeunes

auteurs en leur donnant envie de s’impliquer professionnellement

dans la création de BD.

Pour vous, quelles différences y a-t-il entre les BD

chinoises, japonaises ou coréennes?

Liu Feng : Il est difficile pour moi de répondre à cette

question...Certes la bande dessinée comme on l’entend

aujourd’hui a pris son essor plus tard en Chine que dans

ces deux pays. Le dessin est pour le Japon et la Corée comme

un homme entre deux âges déjà relativement mûr, en

Chine le dessin est encore un enfant naïf. L’adulte agit de

manière apaisante et sûre, l’enfant est plein de curiosité,

candide et sans idée reçue.

Lisiez-vous des BD quand vous étiez plus jeune ?

Lesquelles ?

Liu Feng : J’ai commencé à lire des albums quand j’étais

à l’école primaire, et parmi les premières œuvres que j’ai

lues, je peux citer Le Ballon du dragon et les aventures de

Dragon Ball, Saint Seiya (Le manga Saint Seiya, qui est

l’oeuvre de Masami Kurumada, est plus connu en français

sous le nom des Chevaliers du Zodiaque, ndlr) Superman...

Le jeu avec la couleur vous permet de créer deux

univers bien distincts, Pourquoi avoir fait le choix

de ces couleurs ?

Liu Feng : Ces deux familles de couleurs permettent d’exprimer

l’atmosphère du rêve et celle de la réalité. Les tons

orange, rose suggèrent la douceur, alors que le gris, noir et

blanc permettent de décrire la triste réalité.

Graphiquement parlant, l’album est étonnant. Les

émotions du garçon sont bien montrées : Combien

de temps pour créer cet album ?

Liu Feng : Cette œuvre m’a occupé un peu plus d’une année

à partir de ma première idée jusqu’à son achèvement,

et entre-temps j’ai continué parallèlement à travailler pour

ÅLorsque le héros revient à la cruelle réalité, c’est-à-dire

à son quotidien, les pages sont en noir et blanc, à la fois

superbes et tristes... ici une page extraite de Dream, éditions

Xiao Pan.

gagner ma vie. Je dessine des visuels pour des publicités

dans le secteur de l’immobilier.

Dream est une histoire plutôt pessimiste et critique

vis-à-vis de la société actuelle, rêve ou cauchemar ?

Liu Feng : Rêve ou cauchemar ? ... A mon sens, l’important

n’est pas la distance entre le rêve et la réalité mais la manière

de faire face à cette distance. •

recueillis par Agathe Allain et Patricia Ruan

© Liu Feng

95


Culture bande dessinée

La bande dessinée chinoise

fait sa bulle en France

© DR

En quelques années

seulement, les Manhua

chinois ont réussi à se

faire une place dans le

paysage international de la

bande dessinée: les bulles

chinoises ne manquent pas

d’imagination pour attirer

les lecteurs...

© DR

Si la Chine est perçue comme une civilisation de

l’écrit, la particularité de son écriture qui en fait, dès

son apparition sur les jiaguwen (les inscriptions sur

carapace de tortue et os d’animaux) jusqu’à son expression

artistique qu’est la calligraphie ( une véritable «image

écrite» ), invite nécessairement à s’interroger sur la place

qu’occupe l’image, sous toutes ses formes, dans une telle

civilisation. À ce sujet, les revues illustrées chinoises de la

première moitié du XXe siècle constituent un terrain d’investigation

particulièrement riche. Textes et images se

complètent et attirent dès leur apparition un public populaire

: elles contribuent à appréhender, voire à définir

un nouvel ordre social et politique. Né vers la fin du XIXe

siècle sous la double influence japonaise et occidentale,

le manhua, sorte d’esquisse qui relève de la caricature et

de la bande dessinée, est un parfait exemple de combinaison

dynamique de texte et d’image. La figure pionnière du

Manhua chinois a été Li Shutong, l’un des premiers artistes

à promouvoir ce media dès 1912, après un séjour de plusieurs

années au Japon.

Historiquement, la bande dessinée chinoise porte également

d’autres noms : « Lianhuantu » pour les livres illustrés,

autrement dit, les romans graphiques qui contiennent en

général un dessin par page. « Lianhuanhua » est la bande

dessinée que l’on qualifierait en Occident de classique,

alors qu’en Chine, le gouvernement l’a longtemps considérée

comme un art de masse et l’utilisait pour des affiches

de propagande. Le dessinateur de ce genre le plus

connu est Zhang Leping (1910 - 1992) avec les aventures

très populaires de « Sanmao » 三 毛 : enfant orphelin, vagabondant

dans les rues auquel il arrive de nombreuses

mésaventures. Créé en 1930, Sanmao est le premier héros

auquel les enfants chinois pouvaient s’identifier, il a nourri

l’imaginaire de plusieurs générations.

L’avènement de la BD chinoise en France

Depuis la France, il y avait très peu de possibilités de découvrir

la BD chinoise... Mais tout a changé depuis le début

de l’année 2005 et une belle collaboration s’est instaurée

entre la France et la Chine. Dans le cadre du 32ème Festival

International de Bandes Dessinées en janvier 2005, quelques

artistes et professionnels chinois (du dessin animé et

de la bande dessinée) furent invités à Angoulême. Puis la

France fut l’invitée d’honneur de la 12ème Foire Internationale

du Livre de Beijing et les éditeurs français présentèrent

près de 200 bandes dessinées. Des professionnels

et artistes francophones furent également présents au 1er

Festival de l’Image Dessinée à Beijing dont la deuxième

session est prévue en 2007. Sans compter d’autres festivals

hors de la capitale chinoise, comme le Festival BD de

Shanghai. Bien sûr, tout cela n’aurait pu voir le jour sans la

participation active d’associations telles que celle du Festival

International de BD d’Angoulême, BD Dingue, 16000

Images, ainsi que d’organismes officiels, l’Association pour

l’Amitié avec les Peuples Etrangers, et de certains éditeurs

et libraires.

96


Résultat, non seulement, les dessinateurs et éditeurs

francophones sont maintenant mieux connus et distribués

en Chine, mais aussi des artistes chinois sont traduits en

français et publiés en Europe, en particulier grâce à la

nouvelle maison d’édition Xiao Pan. Elle est devenue en

moins d’un an « le spécialiste de la BD chinoise » et édite

déjà plus d’une dizaine d’artistes désireux de toucher le

public français.

He Youzhi fait revivre la Chine pré-maoiste

Mes années de jeunesse est un « lianhuantu », c’est-à-dire

le roman visuel d’un dessinateur chinois, He Youzhi. Publié

en janvier 2005 (aux éditions de l’An 2) l’histoire prend

place en Chine entre les années 1920 et 1950. L’auteur nous

plonge dans son enfance et son adolescence, et raconte

les débuts de sa carrière. Aujourd’hui, He Youzhi a plus de

80 ans et vit près de Shanghai. Selon l’éditeur , on peut

considérer ces « images enchaînées » comme l’équivalent

d’une « ligne claire » orientale. Cet ouvrage illustré par un

dessin unique par page, apporte « un riche témoignage de

la Chine pré-maoiste ». En novembre 2006, les éditions de

l’An 2 publient Cent métiers du vieux Shanghai, et renouent

avec He Youzhi. De la même façon que pour ses années de

Manhua VS Manga

Si le mot pour dire « bande dessinée » est en

japonais « manga » celui-ci se prononce en chinois

« manhua», se transcrit 漫 画 et signifie « images

enchaînées ». Quant au dessinateur de manhua, il

est appelé « manhuajia » 漫 画 家 . Les idéogrammes

utilisés pour « manhua » & « manhuajia » en chinois

et « manga » & « mangaka » en japonais sont les

mêmes. Le sens de lecture des manhuas est le

même qu’en occident à la différence des mangas

japonais qui se lisent « à l’envers ».

jeunesse ( un dessin par page et textes bilingues chinoisfrançais

), l’auteur dresse un panorama inégalé des petits

métiers exercés dans le Shanghai du début du XXème

siècle.•

Agathe Allain

Remerciements à Bédédazi pour sa contribution et ses articles publiés

dans « Bédés d’Asie » http://bededazi.over-blog.com et à Anne

Valérie Ruinet du C.E.E.I. Centre d’Etude de l’Ecriture et de l’Image

de Paris.

97


Culture lire

La sélection de Laurent Ballouhey

Bandes Dessinées

L’art de la guerre

Par Li Zhiqing d’après Sun Zi

Traduit du chinois avec illustrations

Éditions du Temps, 200 pages

Inspiré du classique militaire chinois,

ce manhua expose les démarches

stratégiques élaborées par Sun Zi, lequel

privilégie l’économie du coût humain

et logistique, dont les principes

sont encore appliqués dans certaines

armées modernes.

Les trois propos

Par Feng Menglong

Traduction et adaptation Laurent Ballouhey

Illustrations Zheng Diwei

Texte bilingue chinois-francais

Éditions You-Feng, 160 pages

Deux récits de sagesse extraits des

“Sanyan” (Trois Propos) du grand écrivain

Feng Menglong (1574-1645) de la

dynastie des Ming. Ces récits, les premiers

en langue parlée moderne, initient

à la littérature chinoise de l’époque.

La besace de sagesse

Par Feng Menglong

Adaptation et traduction L.Ballouhey

Illustrations Zhu Shanshan

Texte bilingue chinois-français en fin

d’ouvrage

Éditions You-Feng, 157 pages

Feng Menglong est connu pour

avoir recueilli et adapté un millier

d’anecdotes ou histoires populaires

contenant chacune une “leçon de

sagesse”. Vingt-trois d’entre elles sont

ici présentées autour de personnages

variés : grands seigneurs, paysans,

artisans, valets, soldats...

Géographie

La Chine

Par Yves Guermond

Éditions Belin, Mémento Géographie,

175 pages , cartes

Ces dossiers pédagogiques consacrés

à la géographie de la Chine sont

à l’origine destinés aux étudiants et aux

professeurs. Mais leur contenu riche, et

la présentation exhaustive des grandes

régions qui composent le pays -Pékin,

le Grand canal, Shanghai, le Changjiang,

le Sud, le Nord-Ouest- avec les enjeux

de leur développement, seront utiles

à tous : curieux, voyageurs, hommes

d’affaires et investisseurs.

Politique

Chine : A quand la démocratie ?

Les illusions de la modernisation

Par Hu Ping

Traduction du chinois Marie Holzman

Éditions de l’Aube, 144 pages

Cet essai polémique est une réflexion

sur les changements sociaux, culturels,

politiques et idéologiques que connaîtra

la Chine le jour où elle deviendra

une démocratie proche du modèle

occidental.

Essai

L’importance de vivre

Par Lin Yutang

Traduit de l’anglais J. Biadi

Éditions P. Picquier, 480 pages,

Picquier poche 284 pages

Ce classique de l’art de vivre à la chinoise

écrit directement en anglais

dans les années 40 résiste à l’épreuve

du temps et se trouve régulièrement

réédité, y compris en chinois bien

que l’auteur ait choisi de représenter

Taiwan aux Nations Unies après 1949.

C’est qu’il sait avec beaucoup d’humour

aborder les grands thèmes de

réflexion qui traversent les pensées

traditionnelles et contemporaines.

Avec esprit critique, il développe un

art de vivre et d’être heureux original

qui croise les cultures occidentale et

orientale dont il propose une synthèse

enrichissante.

Interculturel

France Chine : migrations de pensées

et de technologies

4ème séminaire interculturel sinofrançais

de Canton

Textes réunis par Zheng Lihua et Yang

Xiaomin

L’Harmattan, 413 pages

Ce séminaire interculturel organisé depuis

plusieurs années par l’Université

des langues étrangères du Guangdong

fait le point sur les échanges de compétences

entre la France et la Chine,

étudie les influences réciproques des

98


penseurs français et chinois dans chaque

pays, examine les conséquences

des échanges économiques et technologiques.

Il tire les enseignements du

management à la chinoise et éclaire les

relations entre culture et management.

Reportage

Voyage au centre de la Chine

Par Frédéric Bobin

Éditions P. Picquier, 224 pages

L’ancien correspondant du quotidien

Le Monde pendant 6 ans a repris en un

volume les meilleurs de ses articles pour

en faire un carnet de route au coeur de

cette Chine réelle qu’il a parcourue en

tous sens. On rencontre avec lui des

Chinois ordinaires auxquels il donne

la parole, mais aussi nombre de représentants

des nouvelles couches sociales.

Il s’attache en particulier à décrire

les nouvelles cultures urbaines qui les

traversent et transforment le rapport à

l’amour, au sexe, à l’éducation, à la consommation,

au loisir comme au travail.

Économie

La Chine du XXIe siècle : une nouvelle

superpuissance ?

Par Michel Aglietta et Yves Landry

Éditions Economica, 173 pages

Cet ouvrage très spécialisé étudie les

transformations de l’économie réelle

en passant au crible les réformes financières

et monétaires de la Chine. Il

s’interroge sur le mode de croissance

chinoise qui privilégie l’accumulation

rapide du capital et les exportations.

Il tente d’envisager les conséquences

de la montée en puissance économique

de ce pays sur l’ensemble du système

monétaire international.

Faut-il avoir peur des usines chinoises?

Par Jean Ruffier

Éditions de l’Harmattan, 181 pages

Cette enquête, elle aussi très détaillée,

est consacrée au développement

des usines chinoises dans la région

du sud qui inclut les villes de Canton,

Hong Kong et Macao, le poumon de

ce qu‘on appelle l’atelier du monde.

L’auteur s’interroge en particulier sur

les causes de la compétitivité et la pérennité

de cet atelier. Il décrit en détail

le fonctionnement des entreprises

d’Etat comme des entreprises privées,

et étudie l’impact des investissements

étrangers.

Religions

Les bouddhas naissent dans le feu

Par Eric Rommeuluere

Éditions du Seuil, 240 pages

L’auteur nous livre dans un langage

moderne ce que signifie l’expérience

du bouddhisme Zen (Chan en chinois).

Il tente de donner au lecteur les clés

de la connaissance de ce qui se vit au

cours de cette expérience et de l’accompagner

dans une expérience si

éloignée de notre pratique de la méditation.

Des extraits de textes Zen sont

fournis en fin d’ouvrage.

Symbolique des nombres dans la

Chine traditionnelle

Par Elisabeth Rochat de la Vallée

Éditions Desclee de Brouwer, Sagesses

orientales 224 pages

Cette émimente sinologue, spécialiste

du taoïsme religieux, analyse la symbolique

des nombres présents très tôt dans

les textes classiques chinois, comme le

Yijing (classique du changement). Elle

explique les suites numériques comme

une traduction de l’ordre cosmique du

monde, au sein d’un dynamisme parfaitement

réglé, dévoilant les processus

de la vie, dans le ciel comme sur la terre

selon les correspondances chinoises

traditionnelles entre ces deux mondes.

Chine-Japon

L’armée de l’empereur

Atrocités japonaises durant la seconde

guerre mondiale

Par Jean-Louis Margolin

Éditions Armand Colin, Les enjeux de

l’histoire, 352 pages

Cet ouvrage d’un spécialiste de l’histoire

du Japon arrive à point nommé, car

il permet de porter un regard, non pas

froid, mais indépendant et objectif sur

un thème récurrent qui continue encore

aujourd’hui d’alimenter la polémique

et d’exacerber les tensions nationalistes

entre les deux grands voisins asiatiques.

Il ne se contente pas d’exposer les atrocités

commises par l’armée japonaise

durant la seconde guerre mondiale.

Il dégage une analyse de l’idéologie

impériale qui a sous-tendu et parfois

justifié ces violences. Et surtout il développe

une réflexion d’actualité sur les

enjeux de mémoire encore très vive,

tant chez les victimes que du côté des

bourreaux.

99


Culture lire

Coup de cœur

Yan Lianke : Le rêve du village des Ding

Par Yan Lianke

Traduit du chinois Claude Payen

Ed. Philippe Picquier , 2007

288 pages

Yan Lianke est un écrivain à coup

sûr audacieux, sans doute téméraire,

certains diront « provocateur ». Déjà

dans son premier roman traduit

en français «Servir le peuple» chez

Ph. Picquier en 2006, il s’en prenait

à l’armée chinoise, se moquait

ouvertement du Grand Timonier et

caricaturait un colonel impuissant

dont l’épouse prenait du bon temps

avec son estafette. Cette ironie

excessive avait valu au roman d’être

censuré, mais l’avait du même coup

assuré d’une diffusion accrue et d’un

bon succès à l’étranger.

Avec ce nouveau roman, Yan

Lianke récidive et s’affranchit d’un

autre tabou lié au scandale du sang

contaminé et du sida dans la province

du Henan dans les années 90. En

véritable journaliste d’investigation, il

a procédé à une longue et minutieuse

enquête en se rendant incognito

dans ces villages en 1995. Il raconte

comment plusieurs villages ont été

contaminés et décimés par le sida,

les victimes laissées dans l’ignorance

des causes de cette épidémie et

des remèdes à lui apporter par les

autorités locales, d’autant que ce sont

celles-ci qui avaient encouragé les

paysans miséreux à vendre leur sang,

sans aucune hygiène ni protection.

L’auteur choisit de retracer cette

tragédie à travers les membres d’une

famille du nom de Ding, comme le

village, dont les fils se livrent à tous

les trafics, allant jusqu’à vendre aux

malades analphabètes les cercueils

q u e l e g o u vernement a m i s

gratuitement à leur disposition. Yan

Lianke ne juge pas, il montre ; il ne

dénonce pas, il décrit, et cela suffit.

Laurent Ballouhey

Deux questions

à l’auteur ...

Pouvez-vous nous parler de la

genèse de votre livre ?

“En 1996, quand l’Internet a diffusé la

nouvelle du Sida au Henan, comme

je viens de cette région,

j’ai été particulièrement

touché et j’ai voulu me

pencher sur le problème.

Mais dans ces annéeslà,

la Chine était moins

ouverte.Après l’épidémie

de SRAS en 2003, l’attitude

du gouvernement s’est

très nettement assouplie.

En 2004, j’ai commencé à

me rendre dans un village

de l’Est du Henan pour

comprendre en profondeur la façon

de réagir des malades confrontés à

leur mort prochaine. Comme je viens

d’une famille paysanne, je me suis

très vite familiarisé avec eux. C’est

arrivé en Chine, dans mon pays natal.

C’était très important pour moi de

me lever et d’assumer une part de

responsabilité, en relatant cette

histoire avec passion.”

Vous avez employé des procédés

littéraires particuliers,

pourquoi ?

“J’ai choisi de décrire ce monde à

travers le regard d’un enfant de 12 ans

déjà mort parce que cela m’apportait

une grande liberté : il circule dans

le monde des vivants et dans le

monde des morts. Il rentre dans la

pensée de son grand père, dans celle

de son père, et de la même façon,

dans l’esprit de tous les villageois : la

narration bénéficie ainsi d’un espace

total de liberté. J’ai aussi utilisé de

façon extensive les rêves diurnes. Dans

la version chinoise, on a même utilisé

une typographie différente pour les

souligner. Les villageois rêvent tous

de devenir riches, que leur campagne

devienne aussi moderne que les

villes, que la Chine atteigne le niveau

de la France, des USA, du Japon.

Ces rêves représentent, pour moi

une nouvelle utopie. Nous sommes

passés de l’utopie

c o m m u n i s t e à

l’utopie capitaliste.

Dans le « Rêve du

village des Ding »,

les habitants de ce

village vendent leur

sang pour devenir

riches, pour réaliser

le même rêve. Et

l’explosion du sida

à grande échelle

aujourd’hui, n’estce

pas à l’origine une catastrophe

globale à laquelle est confrontée

toute l’humanité, parce que nous

voulons tous être plus riches, plus

forts. “ •

Extrait d’une interview réalisée par

Anne Garrigue et Charlotte Cailliez,

aujourd’huilachine.com

100

More magazines by this user
Similar magazines