PLUS DE MEMOIRE - Hassidout

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PLUS DE MEMOIRE - Hassidout

N° 127 - Vendredi 23 Tamouz - 26 juillet 2008

Chabbat Matoth Mévar’him Mena’hem Av

Dédié à la mémoire de Shimon Nissim bar Daoud Zaoui k’’z

La Paracha avec le Rabbi t''yhka n''vn

La tribu séparée - Notre paracha nous rapporte le récit de deux

guerres qui se déroulèrent à l’issue du séjour dans le désert des enfants

d’Israël.

La première guerre fut déclenchée contre le peuple de Midian,

l’instigateur d’une débauche collective qui fit tomber vingt quatre

mille hommes. La seconde ne se produisit que plus tard mais fut

préparée à la fin de notre paracha (1) .

Un différence notable existe entre ces deux guerres : la tribu de Lévi se

joignit aux autres tribus pour la première guerre. Or ce fait est

étonnant. Tout simplement parce que la tribu de Lévi ne pouvait

participer à aucune guerre. C’est le Rambam (Maïmonide) qui nous le

confirme : « les membres de la tribu de Lévi sont écartés (par D.ieu)

de toutes les implications dans le monde séculier. C’est pourquoi, ils

ne participent pas aux guerres comme le reste d’Israël » (2) . Cette tribu,

en effet, fut choisie pour se consacrer au service divin à l’intérieur du

Temple.

De ce fait, qu’est ce que cette guerre avait donc de particulier pour

qu’exceptionnellement, la tribu de Lévi y participe ?

L’âme d’Israël - La guerre contre le peuple de Midian était différente

de toutes les autres guerres. Elle ne fut pas le support pas d’une

conquête territoriale mais fut organisée pour exercer « la vengeance de

D.ieu ». Les Midianim avaient incité le peuple de Moav à prostituer

leurs filles chez les enfants d’Israël. Cette entreprise était plus grave

que celle d’un ennemi comme Amalek car Amalek visait la destruction

physique alors que le peuple de Midian chercha par son stratagème (la

débauche) à porter atteinte à l’âme d’Israël. Or, comme la tribu de

Lévi était en charge de la spiritualité, ces membres ne pouvaient pas

rester à l’écart de ce combat. C’est la raison pour laquelle, ils furent

engagés dans cette guerre.

Renouer le lien - Bien que ce cas s’applique ici à la tribu de Lévi, on

peut en dégager une règle générale pour l’ensemble du peuple juif. Il

est vrai, comme nous l’avons expliqué plus haut, que la tribu de Lévi

est affectée à des fonctions d’ordre spirituel.

Mais dans le même temps le Rambam expliquera (3) que même un Juif

qui n’appartient pas à la tribu de Lévi peut chercher, lui aussi, à se

séparer des affaires du monde pour se consacrer à plus de spiritualité.

Il sera alors considéré comme un membre de la tribu de Lévi. Engagé

sur cette voie, cet homme pourrait penser ne rien à voir avec le monde

et ses turbulences, la prière et l’étude de la Thora étant ses seules

occupations.

Notre paracha vient lui enseigner le contraire ! Nos Maîtres

rapprochent le nom de Midian du mot « Madone » qui signifie

« querelle ».

Quand dans le monde règne la guerre de Midian, c'est-à-dire les

querelles intestines qui divisent les cœurs et entraînent la haine et

toutes sortes de rancœur, un homme d’étude ne peut rester

constamment enfermé la tête dans ses livres et dans sa prière. Il doit

sortir dans le monde pour aider à renouer le lien qu’un Juif éloigné a

perdu avec D.ieu et avec ses frères Juifs. Cette guerre qu’il mènera

conduira au même enjeu que celui auquel le conduira son étude. Cet

engagement affaiblira l’exil et précipitera la venue du Machia’h. Très

prochainement.

Gérard Touaty

(1) C’est la promesse des tribus de Gad et Réouven de s’engager à participer à la conquête de

la terre d’Israël avec les autres tribus (2) Michné Thora. Lois de la Chémita et du Yovel (3)

Michné Thora. Lois de la Chémita et du Yovel

Horaires pour l’Ile de France

Allumage avant 21h18

Fin du Chabbat après 22h34

Pirkeï Avoth Chapitre I

PLUS DE MEMOIRE

Disque dur de 40 Go, 128 Mo de SDRAM, CD de 600

Mo.

Dans le jargon actuel, ces termes indiquent la quantité

de mémoire dont le disque dur d'un ordinateur dispose,

la quantité de mémoire vive et la quantité d'information

pouvant être stockée extérieurement.

Pouvez-vous imaginer un système permettant de

garder en mémoire près de deux mille ans d'histoire,

d'expériences et d'émotions ? La mémoire collective du

Peuple Juif a cette capacité exceptionnelle.

Nous entamons la période dite des "Trois Semaines" depuis le 17 Tamouz (le 21

juillet cette année) jusqu'au 9 Av (le 10 août cette année).

Au cours de ces trois semaines de nombreux malheurs sont arrivés au Peuple

Juif dont le plus dévastateur fut la destruction du premier et du second Temple le

9 Av.

Au temps du second Temple, les Romains ouvrirent une brèche le 17 Tamouz

dans la muraille de Jérusalem.

Pendant les trois semaines qui suivirent, la ville fut investie par les troupes

romaines jusqu'à ce que, le 9 Av, le Temple fut brûlé par le général Titus.

Après avoir observé de nombreuses fêtes juives, vous vous êtes certainement

aperçus que nos fêtes ne sont pas uniquement des évocations du passé.

Souvent, les Mitsvoth associées à une fête nous permettent de revivre

l'expérience originelle telle que l'avaient vécue nos ancêtres.

En informatique il est parfois nécessaire de posséder les bons codes pour

accéder à des informations importantes et pouvoir les stocker dans notre

mémoire.

Pendant les "Trois Semaines," aussi, nous sommes amenés à revivre l'expérience

de nos ancêtres. Au cours de la période du deuil de la destruction du Temple,

nous sommes des endeuillés. Nous ne célébrons pas de mariage ni d'autres

fêtes, nous ne nous coupons pas les cheveux, nous ne portons pas de vêtements

neufs, nous nous abstenons même de manger un fruit nouveau sur lequel nous

serions amenés à réciter la bénédiction de "Chéhé'hyanou" (…qui nous à fait vivre

jusqu'à cet instant…). Le deuil n'est interrompu que par le Chabbat, jour où la joie

doit toujours prévaloir.

Le premier jour du mois de Av, notre deuil s'intensifie. Le 9 Av, nous nous

comportons en tout point comme des endeuillés, assis sur des paillasses, sans

saluer autrui, etc.. En termes informatiques, on pourrait appeler ces gestes des

"optimisateurs de mémoire."

Mais, en réalité, rajouter à la mémoire, l'optimiser ou y accéder n'est pas l'objet

principal de ce précieux outil. Le principal est de rester connecté à la source. Car

une information en mémoire vive – qu'il s'agisse de la conscience humaine ou la

SDRAM informatique – qui n'a pas été correctement stockée et enregistrée

lorsque survient une déconnexion, n'a aucune chance de survie.

Alors qu'il y a une quinzaine d'années 40 Mégaoctets de mémoire pour un disque

dur, 512 Ko de Ram (et des disquettes souples de 5 pouces ¼ de 360 Ko) étaient

les caractéristiques optimales d'un ordinateur, aujourd'hui, un tel matériel n'aurait

sa place que dans un musée d'histoire contemporaine !

Il en va de même pour les temps qui courent que pour l'informatique : dans les

générations précédentes, notre attention pendant ces trois semaines était

focalisée sur la destruction du Temple et sur l'exil du Peuple Juif.

Aujourd'hui, cependant, alors que nous nous tenons véritablement au seuil de la

Rédemption, ces trois semaines doivent être vécues différemment.

Elles doivent être mises à profit pour étudier et connaître plus au sujet de la

délivrance et de l'ère messianique (en particulier, comme le Rabbi l'a demandé,

étudier les lois relatives à la construction du Temple), faire plus de Mitsvoth en

général et des actes de bonté et de gentillesse en particulier et se réjouir en

sachant que, bientôt, nous ouvrirons la porte et nous accueillerons vraiment le

Machia'h ! ■


Pirkeï Avoth

Le monde tient sur trois piliers : sur [l’étude de] la Torah, sur le

service de D-ieu et sur les actes de bienfaisance [Chapitre 1:2]

La Torah montre à la personne comment diriger sa vie. Le service de

Dieu (la prière) lui permet d’intérioriser les enseignements de la Torah,

et les actes de bienfaisance concrétisent ces enseignements dans ce

monde.

Chabbath Chemini 5751

Le Texte de cette Michna laisse entendre que le monde matériel est

supérieur à la Torah, au service de D-ieu et aux actes de bienfaisance,

puisqu’il est convenu que le support – le socle – est inférieur (a moins

d’importance) à l’œuvre qu’il soutient. Pourtant, l’Ecriture nous dit que

la Torah « précéda la Création du monde ». En fait, cette Michna parle

du but ultime de la Création – transformer ce monde en résidence pour

D-ieu. Ce texte révèle ici que la Torah, la prière et les actes de

bienfaisance sont, en fait, les moyens qui permettent d’amener le monde

vers son but. Dans ce contexte, ces trois modes d’expression religieuse

ne doivent pas être considérés comme une fin en soi, mais plutôt comme

les moyens d’amener le monde à la perfection.

Chabbath ‘Houkath 5744

Nittaï d’Arbella dit : Eloigne-toi d’un mauvais voisin, ne fraternise pas

avec le malfaiteur et ne crois pas que le châtiment tardera [Chapitre

1:7]

La Michna nous recommande de nous éloigner de celui qui pourrait

avoir une influence négative sur notre conduite à cause de sa proximité –

voisin. Cependant, la Michna ne nous demande pas de nous éloigner du

malfaiteur, elle nous conseille seulement de ne pas fraterniser, de ne pas

nous lier à lui – Al Tit’haber – en adoptant son mode de vie. Nous

devons, néanmoins, nous rapprocher de chaque être humain, avec amour

et chaleur, et nous efforcer de les inspirer à progresser

Likouté Si’hoth Vol IV

Vivre avec Machia’h

Un prophète

Le Chabbath de la Paracha Choftim en 1991, le Rabbi donna un nouveau

cachet à tous les propos qu’il tenait depuis des années sur les sujets de la

délivrance et du Machia’h : il parlait en tant que prophète.

A ce propos, nombreux furent ceux qui s’étonnèrent d’une telle

possibilité. Le Talmud [Sanhédrin 11a] n’affirme-t-il pas que « depuis la

mort des prophètes ’Haguaï, Zé’haria et Mala’hi, le pouvoir de

prophétie a disparu ? », ou encore [Baba Batra 12b] que « depuis la

destruction du Temple, la prophétie a été enlevée aux Prophètes pour

être donnée aux fous et aux enfants ? ».

La réponse à cette interrogation se trouve dans un texte du Rambam, la

Iguérèth Témane - la Lettre aux Juifs de Témane - qui fut écrite en 1172.

A propos de la prophétie, le Rambam écrit que « nous avons chez nous

une tradition extraordinair, je l’ai reçue de mon père qui lui-même l’a

reçue de son père et du père de son père et ainsi depuis le début de l’exil

… selon laquelle, en s’appuyant sur des versets prononcés par Bilam ...

le retour de la prophétie sera un signe avant coureur de la venue du

Machia’h »[Editions du Rambam Léam, Mossad haRav Kook p.172].

Mais il y a plus, le texte même du Talmud va dans cette voie : nous

avons rapporté la traduction classique qui nous dit : « que le pouvoir de

prophétie a disparu ». Or le verbe hébreu employé ici est « nistalka » qui

ne signifie pas « disparu » mais plutôt « éloignée ». La prophétie

s’éloigna parce qu’il n’y avait plus d’hommes, à cette époque, dignes

d’en être gratifiés. Mais aujourd’hui, et plus spécifiquement depuis

l’émergence du ‘Hassidisme, elle s’est clairement manifestée chez tous

les Maîtres de ce mouvement, depuis le Baal Chem Tov et ses

successeurs et cela jusqu’au Rabbi de Loubavitch.

A propos du Baal Chem Tov et de son successeur, le Maguid de

Mézéritch, le Tséma’h Tsédek écrit qu’ils pouvaient « voir » d’un bout

du monde à l’autre !

Dans cette perspective et pour ne citer que des faits marquants de

l’histoire contemporaine, il faut rappeler les interventions publiques du

Rabbi avant la Guerre des 6 jours pour affirmer qu’Israël connaîtrait une

grande victoire ou bien encore toutes les actions (lettres collectives ou

réunions d’enfants) que le Rabbi mit en oeuvre, avant la guerre de Kippour

pour montrer que l’issue finale verrait la chute des armées arabes alors que

personne ne se doutait de ce qui allait se passer.

Plus proche de nous encore, quelques mois avant le début de l’année 5750

(1989), le Rabbi décréta que l’année qui s’annonçait serait « une année de

miracles ». Or, l’année nouvelle vit l’effondrement du mur de Berlin et le

début de la décomposition du régime soviétique. Ce qui entraîna la liberté de

culte et de mouvement pour les Juifs russes.

Il est à noter que déjà quelques années plutôt, le Rabbi avait annoncé que les

Juifs de cet Etat connaîtraient bientôt la liberté. Et quand, dans un entretien

privé, il en parla au professeur Brannover, un éminent chercheur juif

originaire de l’ex URSS, ce dernier exprima, en son for intérieur, des doutes

sur une telle éventualité.

Plus tard, avant le déclenchement de la guerre du Golfe, le Rabbi assura

publiquement, et à des milliers de personnes en privé, qu’il n’y avait rien à

craindre des menaces de l’ennemi. Et là encore, ses prophéties s’avérèrent

exactes : nous fûmes témoins, en cette fin du 20 ème siècle, de prodigieux

miracles relayés par les médias du monde entier.

Ce statut de prophète qui définit le Machia’h avant même l’émergence de la

Délivrance fut déjà annoncée par le ’Hafetz ’Haïm dans l’un de ses

commentaires sur la Parachat Vayéra.

Il écrit là bas : « lorsque arrivera le moment du dévoilement de la gloire de

D.ieu dans le monde par la venue du Machia’h, il est certain qu’alors se

trouveront des hommes de l’envergure des prophètes d’antan qui

encourageront le peuple juif à se renforcer dans leur foi et les inciteront à

revenir vers D.ieu. Ils lui demanderont aussi de se préparer pour ce jour par

l’étude de la Torah et la pratique des bonnes actions » [Cf. Génération

Machia’h, p.95].

Il est remarquable de constater l’unité de la pensée de nos Maîtres à travers

l’histoire : comme le ’Hafetz ’Haïm, le Rabbi évoque le terme de

« préparation » à la délivrance !

Il reste toutefois une question fréquemment posée : comment déterminer avec

certitude le statut de prophète chez un individu ? En d’autres termes, quels

éléments objectifs peuvent créditer le Rabbi du statut de prophète ?

C’est Rachi qui nous fournit une réponse en précisant que si quelqu’un se

présente comme un prophète mais qu’il est déjà connu, de part le passé,

comme un Juste parfait, on peut lui faire confiance [Parachath Choftim, chap.

18 :22]

‘ H a b a d à N e u i l l y e s t u n e p u b l i c a t i o n d u B e t h ‘ H a b a d - L u b a v i t c h d e N e u i l l y s u r S e i n e

D i r e c t i o n R a v S . D a v i d Z a o u i - T é l . 0 1 4 6 2 4 7 0 7 0 - w w w . l o u b a v i t c h - n e u i l l y . c o m

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