CHABBAT PARCHAT VAYCHLA'H - Hassidout

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CHABBAT PARCHAT VAYCHLA'H - Hassidout

ב"ה

Likouteï Si’hot

Perspectives ‘hassidiques sur la Sidra de la Semaine

d’après les causeries du Rabbi de Loubavitch

CHABBAT PARCHAT

VAYCHLA’H

17 Kislev 5773 - 1 er décembre 2012

SEFER BERECHIT


Avant-Propos

Nous publions ici les trente-troisième et trente-quatrième recueils des

mémoires de la Rabbanit ‘Hanna Schneerson, mère du Rabbi, qui sont,

selon sa propre expression, « quelques souvenirs des dernières années de

mon mari, dont la mémoire est une bénédiction », depuis Tsom Guedalya

5708 jusqu’à la fin de l’année 5723.

Le texte qui est publié ici est celui du manuscrit, rédigé en yiddish par la

Rabbanit, puis traduit dans la Langue sacrée, avec des notes et des

références, qui ont été ajoutées en bas de page, comme l’explique, par le

détail, l’avant-propos du premier recueil.

Puisse D.ieu faire que cet ajout à la diffusion des sources de la ‘Hassidout

à l’extérieur hâte la délivrance véritable et complète, par notre juste

Machia’h, très prochainement.

Editions Otsar Ha ‘Hassidim,

Bicentenaire de la Hilloula de l’Admour Hazaken,

Brooklyn, New York,a


Vaychla’h

Yaakov et Israël

(Discours du Rabbi, Likouteï Si’hot, tome 3, page 796)

Le verset Vaychla’h 32, 29 dit : «Et, Il déclara (1) : ton nom ne sera plus Yaakov, mais Israël,

car tu as combau les anges et les hommes, tu as pu le faire». Le Talmud Babli, dans le

traité Bera’hot 13a, explique que : «par la suite, le verset revient à ce nom (2) , ainsi qu’il est

écrit : et, D.ieu dit à Israël, dans une apparion de la nuit et Il dit : Yaakov, Yaakov».

Il nous faut donc comprendre la significaon de tout cela. En effet, pourquoi le Saint

béni soit-Il, après avoir changé le nom de Yaakov en Israël, connua-t-Il, par la suite, à

l’appeler par son premier nom (3) ?

En fait, le nom Yaakov fait allusion à la ruse et à la tromperie (4) . Its’hak voulut accorder

à Esav la bénédicon de l’opulence matérielle (5) , mais c’est Yaakov qui prit l’apparence

d’Esav l’impie et, par cee ruse, il «sublisa» les bénédicons. Pour parvenir à ses fins,

il eut effecvement recours au mensonge et à la perfidie. C’est de cee façon qu’il

obnt la propriété des biens matériels et donc celle des parcelles de sainteté qui y sont

dissimulées (6) .

Le nom Israël, en revanche, lui fut donné : «car tu as combau les anges et les hommes,

tu as pu le faire». Il désigne l’autorité (7) et le pouvoir de celui qui domine «les anges»,

d’une part, soit les forces de la nature qui occultent la Divinité «et les hommes», d’autre

part, ceux qui dénigrent le respect de la Torah et des Mitsvot.

(1) A l’issue du combat entre Yaakov et l’ange d’Esav.

(2) De sorte que l’attribution du nom d’Israël ne fit pas disparaître le nom Yaakov, à la différence, par

exemple, du nom Avraham, qui fit disparaître le nom Avram.

(3) En d’autres termes, à quoi bon donner un nouveau prénom si l’ancien ne disparaît pas ?

(4) C’est ainsi qu’Esav, constatant que Yaakov s’était fait passé pour lui auprès de son père pour recevoir sa

bénédiction, s’écria : «Ainsi, son nom est Yaakov et il m’a abusé (Yaakvéni) à deux reprises. Il m’a pris mon

droit d’aînesse» et les bénédictions de son père.

(5) Puisqu’il le considérait toujours comme son aîné.

(6) La ‘Hassidout explique, à ce propos, que la faute de l’arbre de la connaissance, qui eut pour effet

d’entremêler le bien et le mal, au sein de ce monde matériel, fut introduite par une ruse du serpent, qui lui

permit de conduire ‘Hava à la commettre. C’est la raison pour laquelle le Tikoun, la réparation de cette faute,

à l’époque de Yaakov, devait aussi être introduite par une ruse.

(7) En effet, Israël est l’anagramme de Li Roch, «une tête pour Moi», alors que Yaakov est de la même

étymologie que Ekev, le talon

1


L’élévaon de ce nom Israël est telle que, par rapport à lui, la matérialité n’est en aucune

façon un obstacle à la révélaon de la Lumière de D.ieu. Le combat contre le monde est

alors, d’emblée, victorieux (8) .

De fait, chaque Juif cumule ces deux situaons à la fois (9) et c’est la raison pour laquelle

les deux noms sont conjointement ulisés. Quand il est éclairé, intérieurement, par la

lumière de son âme, Li Roch, «une tête pour moi», anagramme d’Israël, un Juif ressent

pleinement cee lumière et il n’a nul besoin de faire la guerre. Il se trouve alors au niveau

d’Israël.

Cependant, un Juif peut aussi ne ressenr que le talon, Ekev, de son âme, qu’une simple

éncelle de cee âme. C’est alors qu’il lui faut luer, se travesr (10) et abuser (11) . Pour

libérer la vitalité divine qui est dissimulée au sein de la maère et vaincre l’opposion au

domaine de la sainteté, il prendra alors l’apparence d’Esav.

En pareil cas, un Juif semble se préoccuper uniquement des besoins de son corps (12) ,

mais, au profond de son cœur, il agit effecvement pour le Nom de D.ieu (13) . Dès lors, il

parvient à «subliser» les parcelles de sainteté qui sont emprisonnées dans l’impureté et

à les réintégrer au domaine de la sainteté. Il est alors Yaakov (14) .

* * *

(8) De ce fait, Yaakov reçut le nom Israël après avoir vaincu l’ange.

(9) Il est tantôt Yaakov et tantôt Israël.

(10) Comme Yaakov qui prit l’apparence d’Esav, «jouer un rôle» au sein du monde matériel.

(11) Pour imposer les forces du bien.

(12) De ce fait, le Tanya dit que le corps juif : «ressemble, par son aspect matériel, aux corps des autres

nations».

(13) Car, il n’y a bien là qu’une apparence.

(14) C’est pour cette raison que les deux noms doivent être conservés.

2


Emissaires

(Discours du Rabbi, Séfer Itvaadouyot 5748-1988, tome 1, page 587)

Le verset Vaychla’h 32, 4 dit : «Et, Yaakov envoya des anges, devant lui, à Esav son

frère, dans le pays de Séir, dans le champ d’Edom». La Parchat Vaychla’h permet, grâce à

son contenu, de définir la mission qui incombe à l’âme, dans ce monde (1) . Bien plus, elle

présente cee mission à la fois dans sa globalité et dans ses aspects les plus spécifiques.

De façon générale, la mission confiée à une âme juive, ici-bas, consiste à exercer une

influence sur ce monde matériel et inférieur, à le transformer en un lieu suscepble

d’intégrer une révélaon infinie du Saint béni soit-Il (2) .

En ce sens, l’étude de la Torah, la praque des Mitsvot, chaque acon posive qu’un

homme peut accomplir ici-bas sont autant de moyens de bâr la demeure de D.ieu, dans

ce monde, et d’obtenir la plus haute révélaon de la Lumière de D.ieu, au sein de la

maère (3) . Chaque Juif, quel que soit son âge et sa situaon morale, est ainsi l’émissaire

du Saint béni soit-Il pour accomplir cee promesse (4) et pour assumer cee mission (5) .

Mais, tout cela n’est pas encore suffisant (6) . Il faut, en outre, faire en sorte que le moindre

détail de la créaon, y compris ses limites (7) , ses situaons naturelles (8) s’emplissent de

Lumière de D.ieu. La finalité ulme est que l’existence qui se caractérise par le voile (9) et

l’opposion à la sainteté intègre cee grande Lumière et se transforme en bien (10) .

Pour cela, chaque Juif, qui est effecvement l’émissaire de D.ieu ici-bas, doit

invesr ses efforts dans la part du monde qui lui est confiée (11) . C’est ainsi qu’il pourra

contribuer à l’objecf que D.ieu assigne au monde, à la mesure de ses capacités et de sa

personnalité (12) .

(1) Puisque l’âme est «envoyée» dans ce monde.

(2) Malgré la limite inhérente à la matière.

(3) C’est la mission qui est confiée à chaque âme, dans la partie du monde qu’elle reçoit en partage.

(4) Selon laquelle le monde sera la demeure du Saint béni soit-Il.

(5) Et faire que cette demeure soit effectivement bâtie.

(6) La demeure de D.ieu n’est pas uniquement le monde, dans sa globalité.

(7) Qu’il ne suffit pas de dépasser et qui doivent, en outre, être transformées.

(8) En mettant en évidence le caractère divin de la nature.

(9) De la Divinité.

(10) Car, c’est alors que le monde est la demeure de D.ieu.

(11) Car, chacun en reçoit une part qui lui est propre et à laquelle nul autre que lui ne peut apporter

l’élévation.

(12) L’objectif global est ainsi la somme de toutes les missions personnelles.

3


Avant tout, il importe qu’un Juif ait conscience que son existence doit être intégralement

vouée à l’accomplissement de la mission divine (13) . Mais, cela ne suffit pas non plus. Il

est nécessaire, en outre, d’insérer sa propre part en la mission globale et de vouloir sa

réalisaon (14) . En plus de sa mission personnelle, un Juif doit aussi apporter sa contribuon

à la mission du monde, le transformer en la Demeure de D.ieu, béni soit-Il (15) .

* * *

(13) Ceci suppose le renoncement aux plaisirs du monde. En effet, il est impossible de cumuler ces deux

activités et, disent nos Sages, «la force du corps est la faiblesse de l’âme».

(14) C’est le sens de la responsabilité collective.

(15) Qu’il deviendra effectivement lors de la délivrance véritable et complète.

4


Avant-Propos

Nous publions ici les trente-troisième et trente-quatrième recueils des

mémoires de la Rabbanit ‘Hanna Schneerson, mère du Rabbi, qui sont,

selon sa propre expression, « quelques souvenirs des dernières années de

mon mari, dont la mémoire est une bénédiction », depuis Tsom Guedalya

5708 jusqu’à la fin de l’année 5723.

Le texte qui est publié ici est celui du manuscrit, rédigé en yiddish par la

Rabbanit, puis traduit dans la Langue sacrée, avec des notes et des

références, qui ont été ajoutées en bas de page, comme l’explique, par le

détail, l’avant-propos du premier recueil.

Puisse D.ieu faire que cet ajout à la diffusion des sources de la ‘Hassidout

à l’extérieur hâte la délivrance véritable et complète, par notre juste

Machia’h, très prochainement.

Editions Otsar Ha ‘Hassidim,

Bicentenaire de la Hilloula de l’Admour Hazaken,

Brooklyn, New York,a


Cette Si’ha est offerte

שיחיו par ses enfants et petits-enfants

à la mémoire de

Nedjma bat Moché Haï

SARFATI

ז ‏"ל

décédée le 21 Kislev 5768

ב'‏ צ'‏ נ'‏ ת'‏ ה '

Puisse son âme s’insérer dans le faisceau de la vie

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