'Hayé Sarah Trois requêtes (Discours du Rabbi, Likouteï ... - Hassidout

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'Hayé Sarah Trois requêtes (Discours du Rabbi, Likouteï ... - Hassidout

‘Hayé Sarah

Trois requêtes

(Discours du Rabbi, Likouteï Si’hot, tome 20, page 91)

Lorsque Eliézer, le serviteur d’Avraham, parvint devant le puits (1) , il pria D.ieu et

Lui demanda de lui faire rencontrer la femme qui était destinée à Its’hak (2) . Sa prière

fut promptement exaucée et, comme le précise la Torah, avant même qu’Eliézer

achève sa prière, «voici que Rivka sortit» (3) .

Le Midrash explique, à ce propos, que trois personnes eurent le mérite de voir

leur prière exaucée immédiatement, Eliézer, le serviteur d’Avraham, Moché notre

maître et le roi Chlomo. En effet, à propos de Moché notre maître, lors de la

controverse de Kora’h, le verset dit : «et, ce fut quand il cessa de parler… la terre

s’ouvrit» (4) . De même, concernant le roi Chlomo, il est dit, à propos de l’inauguration

du Temple : «Lorsque Chlomo finit de prier, le feu descendit du ciel» (5) .

Ainsi, tous les trois formulèrent une prière qui fut immédiatement exaucée, mais

malgré cela, Eliézer reçut un avantage que n’eurent pas Moché, notre maître et le

roi Chlomo. En effet, ces deux derniers furent exaucés après avoir fini de prier,

alors qu’il est écrit, à propos d’Eliézer : «et, ce fut, avant qu’il finisse de parler». En

d’autres termes, avant même d’avoir fini de prier, il était d’ores et déjà exaucé !

Quand un homme prie et est exaucé aussitôt, c’est la preuve que cet homme ou

bien la raison pour laquelle il prie sont proches de D.ieu, unifiés à Lui (6) . En l’occurrence,

ces trois requêtes qui furent exaucées immédiatement, celle d’Eliézer,

serviteur d’Avraham, celle de Moché, notre maître et celle du roi Chlomo, correspondent,

en fait, à trois formes d’unification avec le Saint béni soit-Il. C’est précisément

pour cette raison qu’elles furent aussitôt exaucées (7) .

Comme on l’a indiqué, les trois requêtes sont trois formes d’unification avec le

Saint béni soit-Il, soit, plus précisément, l’unification avec le monde, l’unification

avec l’homme et l’unification avec la Torah.

(1) Près duquel Rivka faisait paître les troupeaux de sa famille.

(2) C’était la mission qui lui avait été confiée par son maître, Avraham.

(3) Et, les indices qu’il avait définis à l’avance lui permirent de déterminer qu’elle était bien celle que le Saint

béni soit-Il destinait à Its’hak.

(4) Pour engloutir Kora’h et ceux qui le suivaient, afin d’accéder à la requête de Moché, qui avait demandé à

D.ieu que la vérité soit clairement établie.

(5) Et il brûla les sacrifices, établissant ainsi que ceux-ci avaient été agréés par D.ieu et que le Temple pouvait

désormais servir pour toutes les offrandes apportées par les enfants d’Israël.

(6) C’est ce qui justifie la promptitude de la réponse.

(7) Ce sont les trois cas pour lesquels une réalisation immédiate est possible.


Concernant le monde, la révélation de D.ieu, dans le Temple, était si intense

que le Saint béni soit-Il s’y unifiait avec la matière. L’endroit matériel devenait

ainsi le réceptacle de la Présence divine. En ce sens, le roi Chlomo pria pour que

D.ieu se dévoile dans le monde. Les termes de sa prière furent donc les suivants :

«construire, j’ai construit une maison qui est une demeure pour Toi, l’endroit de

Ta résidence pour l’éternité» (8) .

Pour ce qui est de l’homme, c’est la prophétie qui lui permet de s’unifier au Saint

béni soit-Il (9) . La Parole de D.ieu s’introduit alors dans l’intellect du Prophète (10) .

Moché, notre maître, demanda à D.ieu qu’un fait soit révélé aux yeux de tous : «Par

ceci, ils sauront que c’est l’Eternel Qui m’a envoyé» (11) . Les objections de Kora’h et

de ceux qui le suivirent étaient fallacieuses. Tout ce que faisait Moché, notre maître,

était basé sur la prophétie du Saint béni soit-Il (12) .

Quant à la Torah, son rôle est d’unir D.ieu, la spiritualité à ce monde matériel et

ce fut précisément le rôle d’Eliézer, lors du mariage de Its’hak et de Rivka (13) . Car,

notre père Its’hak fut présenté sur l’autel (14) et il était un : «sacrifice d’Ola intègre»,

ne pouvant pas quitter Erets Israël (15) . Il symbolise donc la sainteté, la spiritualité,

alors que Rivka, née en dehors d’Erets Israël, dans la famille de Betouel et de

Lavan (16) , correspond à la matérialité (17) .

Leur mariage décrit donc la nature même de la Torah, l’unification de la spiritualité

et de la matérialité (18) . Et c’est pour cette raison qu’eux trois, précisément,

furent exaucés, de façon immédiate.

* * *

(8) C’est le premier de ces trois cas. Un homme est immédiatement exaucé quand il se fixe pour objectif de

révéler la Divinité au sein de la matière du monde.

(9) Au point que D.ieu s’exprime par sa bouche.

(10) De sorte que le raisonnement qu’il bâtit n’est pas le sien, mais à proprement parler, celui de D.ieu.

(11) Ce que Kora’h remettait en cause.

(12) C’est le second de ces trois cas. Un homme est immédiatement exaucé quand il se fixe pour objectif de

révéler la Divinité au sein de sa personnalité.

(13) En lui demandant de marier son fils, Avraham chargeait, en fait, son serviteur Eliézer d’introduire, dans

le monde, le processus d’unification du matériel et du spirituel. Par la suite, cette possibilité fut pleinement

accordée lors du don de la Torah.

(14) Il est, de ce fait, considéré comme un sacrifice, même si concrètement, il ne fut pas égorgé et un bouc

le fut à sa place.

(15) Tout comme un animal offert au Temple et destiné au sacrifice ne devait plus quitter l’enceinte du

Temple, Its’hak, après avoir été sanctifié sur l’autel, ne devait plus quitter Erets Israël.


Agé, avancé dans les jours

(Discours du Rabbi, Likouteï Si’hot, tome 3, page 773)

La Parchat ‘Hayé Sarah raconte que : «Avraham était âgé, avancé dans les jours»

et le Midrash explique : «un homme peut être âgé, mais non avancé dans les jours,

ou bien avancé dans les jours, mais non âgé (1) . A l’inverse, notre père Avraham

était à la fois âgé et avancé dans les jours».

Les qualificatifs : «âgé» et : «avancé dans les jours» n’ont pas la même signification.

Un homme «âgé» est : «celui qui a acquis la sagesse» (2) , ce qui témoigne qu’il

a accumulé de multiples connaissances et un grand discernement (3) . Cette expression

décrit la perfection personnelle de l’homme (4) .

A l’inverse, l’expression : «avancé dans les jours» signifie qu’un homme possède

tous ses jours, qu’il a su emplir chacun d’eux de Torah et de Mitsvot (5) . Ces termes

décrivent donc l’action qui est menée par l’homme sur le monde qui l’entoure. Ces

deux formulations correspondent donc aux deux domaines du service de D.ieu, la

Torah et les Mitsvot (6) .

La Torah est la Sagesse de D.ieu et l’homme qui l’étudie obtient la perfection

personnelle. Grâce à elle, il devient : «âgé» (7) .

Les Mitsvot sont mises en pratique au moyen d’objets matériels (8) , car elles ont

essentiellement pour objet d’affiner le monde (9) , de l’éclairer, par la Lumière de

D.ieu et d’en faire Sa résidence, parmi les créatures inférieures (10) . C’est en servant

D.ieu de cette façon qu’un homme devient : «avancé dans les jours» (11) .

(1) Il s’agit donc bien de deux notions différentes, que le texte définira par la suite.

(2) En effet, Zaken, «âgé», est phonétiquement proche de Zé Kana, «celui qui a acquis».

(3) Au fur et à mesure qu’il prenait de l’âge.

(4) La manière dont il a su construire sa personnalité, au fil des années de sa vie, indépendamment de ce qu’il

a pu, par ailleurs, accomplir dans le monde.

(5) Le saint Zohar dit, à ce propos, que : «un jour est un vêtement». A chaque jour, correspond un certain

nombre de Mitsvot permettant de tisser le vêtement dont l’âme doit se revêtir, ce jour-là. Parvenu à un

certain âge, un homme est : «avancé dans les jours» quand il porte les vêtements spirituels correspondant à

chacun de ces jours.

(6) L’étude et la pratique.

(7) Son élévation est alors purement morale.

(8) Et, bien plus, elles impliquent un recours systématique aux objets matériels.

(9) En mettant en évidence la Parole de D.ieu, au sein de la création.

(10) Ce qui est la finalité ultime de la création des mondes.

(11) Son élévation est alors strictement par rapport au monde.


Telle fut précisément la grandeur de notre père Avraham, qui cumula ces deux

qualités à la fois. Il était : «âgé, avancé dans les jours», comme la Torah en porte

témoignage, ce qui veut dire qu’il possédait la perfection personnelle, était «âgé»,

d’une part et qu’il agissait également dans le monde, était «avancé dans jours»,

d’autre part.

Ces deux domaines sont, certes, très différents et même opposés, l’un à l’autre.

Ainsi, l’homme qui se consacre à la Torah, recherche la perfection personnelle

devient «âgé», de cette façon, ce qui contredit l’action qu’il peut mener dans le

monde pour être «avancé dans les jours» (12) . La grandeur de notre père Avraham

fut d’atteindre la perfection véritable dans les deux domaines à la fois (13) .

C’est la raison pour laquelle notre père Avraham introduisit les deux millénaires

(14) de Torah et la période en laquelle elle fut donnée (15) . Le don de la Torah

permit de réunir les créatures célestes et terrestres. Depuis la révélation du Sinaï,

la Sainteté de D.ieu peut s’introduire dans ce monde matériel. C’est notre père

Avraham qui introduisit la préparation à tout cela (16) .

Il découle de tout cela un enseignement pour nous. Certains se consacrent uniquement

à exercer une influence sur le monde, mais ils oublient leur situation

personnelle, dans le domaine spirituel (17) . D’autres recherchent uniquement l’élévation

de leur propre âme, sans manifester le moindre intérêt pour le monde qui

les entoure(18).

La voie la plus judicieuse est donc celle de notre père Avraham, qui obtint la

perfection dans les deux domaines à la fois, qui fut ainsi : «âgé, avancé dans les

jours».

* * *

(12) Il est plus aisé d’obtenir sa perfection personnelle en se coupant du monde. C’est ainsi que l’homme qui

médite et tente de bâtir un raisonnement cherchera à s’isoler, car la présence d’autres personnes trouble sa

réflexion.

(13) Sans que l’un ne contredise l’autre.

(14) Nos Sages disent, en effet que : «le monde fut créé pour six millénaires, deux millénaires de désolation,

deux millénaires de Torah et deux millénaires d’ère messianique».

(15) On a vu, en effet, que la Torah fut donnée pour réunir les dimensions spirituelle et matérielle et que le

premier pas en ce sens fut fait par Eliézer, serviteur d’Avraham, par l’union de Its’hak et de Rivka.

(16) Notamment grâce au mariage de Its’hak et Rivka.

(17) Ils sont uniquement : «avancés dans les jours».

(18) Ils sont uniquement : «âgés».

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