mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples

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mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples

(ONVENTION INTERNATIONALE

DES DROITS DE L'ENFANT : FÊTONS LE 20 NOVEMBRE !

RAPHAËL ET LES DROITS DE L'ENFANT

UN PHOTOGRAPHE ENGAGÉ


RAPHAËL

BIAIliCHl

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Vitrolles, Le Pétunia: « article 31 l'enfant a droit aux loisirs, au jeu et à la participation à des activités culturelles et artistiques»

Les grands enjeux

Combien d'enfants ignorent encore ce

que signifie « avoir des droits» ?

Combien d'adultes évaluent mal les

liens entre droits de l'enfant et développement

des sociétés, ignorant que

l'indice de développement humain

(IDH), instrument de mesure créé par

l'ONU, prend en compte le taux d'alphabétisation

à côté d'autres critères

comme l'espérance de vie à la naissance

ou la richesse nationale?

Chaque année la journée symbolique

du 20 novembre permet d'informer

sur les grands enjeux de la

Convention internationale des droits

de l'Enfant. Adoptés par l'ONU en

1989, ses 54 articles sont déclinés

dans les législations nationales de 193

Etats, à travers le monde. Des exceptions

? Deux pays, la Somalie et les

USA, la rejettent pour conflit avec certaines

de leurs lois nationales.

Des progrès à accomplir? Oui, car il

reste beaucoup d'enfants de l'ombre,

petites victimes du racisme, des discriminations,

de la guerre, des violences,

de la faim ...

Un questionnement et un défi pour

le MRAP : comment mieux sensibiliser

l'opinion pour qu'elle se mobilise

davantage en faveur de la défense des

enfants?

« Paroles d'enfants »,

projet 2011 du MRAP-Vitrolles

Soucieux de favoriser chez les

jeunes et leurs familles la pratique

du dialogue et du débat (article 13 :

liberté d'expression), les militant(e)s

de Vitrolles ont choisi comme support

une exposition photographique qui

interpelle et permet une réflexion « Ici

et là-bas ».

« OUAG QUEBEC » est l'œuvre d'un

jeune photographe, Raphaël Bianchi.

Ses prises de vue dans un village du

Burkina Faso mettent en scène le quotidien

de jeunes enfants : exploités

dans une mine d'or, propriété d'une

entreprise québécoise; peinant pour

la corvée d'eau potable; en proie à de

multiples tracas pour leur survie.

Une trentaine d'enfants et d'adolescents

(3 à 13 ans) inscrits en antennes

sociales (Pétunia et Bartas) pour les

vacances d'octobre s'approprieront

cette exposition lors d'ateliers avec

Raphaël, les animateurs sociaux, et

Maïssara Mradabi, juriste MRAP13 qui

les aidera à imaginer un quiz.

« Paroles d'enfants» sera leur propre

création, textes, photos et arts plastiques,

à exposer pour la fête des

enfants en novembre, au cinéma Les

Lumières de Vitrolles. Une belle fête

en perspective!

Et si vous n'avez pas encore vu le documentaire

animé « Les petites voix »,

Pequenas Voces (Jarrio Carillo et

Oscar Andrade, 2010, couleurs, 80

minutes), faites comme nous, allez au

cinéma!

Vous découvrirez, à travers leurs dessins,

le quotidien d'enfants-soldats de

9 à 12 ans en Colombie. Dessins si réalistes

dans leur simplicité narrative!

Jeunes enfants blessés ou invalides

qui reprennent malgré tout goût à la

vie avec une énergie positive. Un film

chargé d'émotions profondes, au service

de notre prise de conscience à

toutes!

Evelyne Yerlaque.

présidente MRAP'Yitrolies

Raphaël, un atelier va avoir lieu à

Vitrolles avec un public adolescent

qui revisitera les photographies de

l'exposition « Ouag Québec ».

Ce dialogue entre tes photos et des

créations qui s'en inspirent renforce

la dimension militante de ton œuvre.

Comment définirais-tu le travail

d'un photographe engagé?

« J'ai commencé à photographier il y

a une quinzaine d'années avec un bOÎtier

Nikon argentique.

Sans me destiner à devenir un professionnel

de l'image, le monde de la photo

me permettait de fixer l'évènement.

C'était un moyen, plus qu'une finalité.

Saisir l'air du temps social.

Je m'étais inscrit en fac d'histoire et

je ne cessais de remercier in petto

tous ces photographes amateurs qui

avaient pris soin d'appuyer sur le déclencheur

lors d'un rassemblement,

d'un meeting ou tout simplement lors

de leurs premiers congés payés, à

cheval sur un tandem dans les Alpes,

comme l'avait fait mon grand oncle.

Ces clichés élimés permettaient

de rapprocher deux époques, celle

de l'évènement photographié et la

mienne. C'était aussi à mes yeux une

source historique plus parlante et digeste

que, par exemple, un texte de loi

- instructif certes, mais parfois obscur

et alambiqué ...

Le monde de l'image a des entrées

multiples. Et après mes études d'histoire

et des années de cohabitation

avec mon Nikon, l'idée d'une formation

dans l'audiovisuel pour devenir

cameraman a subitement germé.

C'était au final ajouter du son et du

mouvement, mais avec la même idée

de départ. Appareil photo et caméra

sont très proches, le travail en studio

et l'éclairage se ressemblent beaucoup.

Sans lâcher mon appareil, j'ai fait

l'expérience des petites chaînes de

télévisions locales sur Toulouse. Peu

concluant. La photo tolère beaucoup

plus de souplesse et d'improvisation.

Elle permet aussi de travailler seul. Je

m'y suis donc consacré pleinement

depuis quelques années, jusqu'au

point de franchir le pas et d'en faire

mon métier. »

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