Haendel | A grippina | Mardi 14 mai 2 013 - Salle Pleyel
Haendel | A grippina | Mardi 14 mai 2 013 - Salle Pleyel
Haendel | A grippina | Mardi 14 mai 2 013 - Salle Pleyel
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MARDI <strong>14</strong> MAI 2<strong>013</strong> – 19H<br />
Georg Friedrich <strong>Haendel</strong> (1685-1759)<br />
A<strong>grippina</strong> HWV 6<br />
Drama per musica en trois actes sur un livret attribué à Vincenzo Grimani (1655-1710) – version de concert<br />
Acte I<br />
Acte II (première partie)<br />
entracte<br />
Acte II (deuxième partie)<br />
Acte III<br />
Akademie für Alte Musik Berlin<br />
René Jacobs, direction<br />
Alex Penda, A<strong>grippina</strong><br />
Marcos Fink, Claudio<br />
Sunhae Im, Poppea<br />
Jennifer Rivera, Nerone<br />
Bejun Mehta, Ottone<br />
Christian Senn, Pallante<br />
Dominique Visse, Narciso<br />
Gyula Orendt, Lesbo<br />
Ce concert est surtitré.<br />
Edition René Jacobs.<br />
Fin du concert vers 23h.<br />
<strong>Haendel</strong> | A<strong>grippina</strong> | <strong>Mardi</strong> <strong>14</strong> <strong>mai</strong> 2<strong>013</strong>
MARDI <strong>14</strong> MAI<br />
A<strong>grippina</strong>, ou le triomphe de la duplicité<br />
L’origine saxonne de <strong>Haendel</strong> ne le prédestinait sans doute pas à devenir l’un des plus<br />
grands compositeurs d’opéra italien de son temps. Né à Halle, en 1685, il s’y distingue<br />
comme organiste. Venu s’établir à Hambourg en 1703, il est engagé comme violoniste<br />
et claveciniste à l’Opéra am Gänsemarkt, où il se lie avec deux pionniers de l’opéra<br />
allemand : Reinhard Keiser (1674-1739) et Johann Mattheson (1681-1764). C’est là<br />
qu’il produit ses premiers opéras : Almira, en 1705, puis trois autres aujourd’hui perdus.<br />
Entre 1707 et 1710, il voyage en Italie, où il fait l’expérience du style cantabile des<br />
compositeurs italiens modernes. Son premier opera seria italien, Rodrigo, est créé<br />
à Florence à l’automne 1707. Mais c’est à Venise, en 1709, qu’il connaît son premier<br />
triomphe théâtral avec A<strong>grippina</strong>, créé sur la scène du Teatro San Giovanni Grisostomo.<br />
Un livret atypique et brillant, cynique et amoral<br />
Vincenzo Grimani (1655-1710) a signé l’un des plus étonnants livrets que <strong>Haendel</strong> eut<br />
à mettre en musique. Patricien de la Sérénissime République, élevé au rang de cardinal<br />
en 1697, Grimani avait été nommé en 1706 légat de l’empereur auprès du Saint-Siège.<br />
Il se trouva alors plongé au cœur des rivalités politiques qui opposaient Rome et Vienne.<br />
Il prit le parti des Habsbourg lors de la guerre de Succession d’Espagne, tandis que<br />
la papauté soutenait le parti français. L’empereur, en remerciement de ses services,<br />
le nomma vice-roi de Naples en 1708. Il fut un homme de pouvoir redouté et sans scrupule.<br />
Saint-Simon, dans ses Mémoires, le traite de scélérat, et l’accuse de <strong>mai</strong>nts complots,<br />
voire d’assassinats. Mais Grimani était aussi un homme de lettres inspiré. Le Teatro San<br />
Giovanni Grisostomo, inauguré en 1678, appartenait à sa famille. Il écrivit pour ce théâtre<br />
trois livrets, où transparaît sous des vers élégants le regard féroce d’un politicien lucide<br />
et désabusé. L’A<strong>grippina</strong> de 1709 est son chef-d’œuvre. Il y mêle hardiment, avec un ton<br />
mi-enjoué, mi-doux-amer, la comédie bouffonne, la tragédie cornélienne, l’érotisme libertin<br />
et la satire politique.<br />
Sous la plume de Grimani, la Rome impériale devient un reflet édifiant de la Rome papale.<br />
L’empereur Claude, libidineux, indécis, manipulé de toutes parts est une caricature de<br />
l’influençable pape Clément XI Albani. Le triomphe parodique qui vient commémorer la<br />
victoire providentielle, presque fortuite, des Ro<strong>mai</strong>ns sur la Britania est un écho grinçant de<br />
la querelle qui opposait le Pape et la France à l’alliance anglo-impériale. La duplicité hu<strong>mai</strong>ne<br />
forme le principal sujet de cette A<strong>grippina</strong>. Chaque personnage est foncièrement mauvais,<br />
cupide, hypocrite et machiavélique. Même l’innocent Othon participe à ce jeu de dupes :<br />
il faut savoir qu’après son mariage, il finira par abandonner Poppée à Néron, avant de<br />
participer à deux conjurations qui le porteront finalement sur le trône impérial. Poppée est<br />
présentée comme une coquette vénale et une amante indécise. Elle se révèle être aussi une<br />
manipulatrice avisée. De même, Néron est dépeint comme le jouet consentant des ambitions<br />
politiques de sa mère. La scène du Forum illustre toute la rouerie démagogique du fougueux<br />
jeune homme, séduisant le peuple et le sénat avec l’aide de la machiavélique Agrippine et des<br />
ambitieux affranchis de Claude. Chacun doit cependant garder à l’esprit ce qu’il adviendra de<br />
3
tous ces personnages après la chute du rideau : Néron élimine tous ceux qui l’ont secondé<br />
dans son ascension ; son règne s’achève dans la folie, les flammes et son suicide.<br />
L’abondance parodique d’une riche partition<br />
En mettant en scène tant de fausseté, Grimani incite le spectateur à accorder sa sympathie<br />
au personnage qui excelle dans tous les vices : Agrippine, la véritable héroïne de cet opéra.<br />
<strong>Haendel</strong> lui offre ses plus beaux airs et ses plus belles scènes. Or, A<strong>grippina</strong> se distingue par la<br />
profusion et la variété de sa musique. Alors que les opéras « de la maturité londonienne »<br />
comptent en général un peu plus d’une vingtaine d’airs, A<strong>grippina</strong> recèle pas moins de 37 arie,<br />
deux ariette, deux ariosi, deux ensembles et deux « chœurs » réunissant tous les solistes. Ces<br />
nombreux numéros contrastés font apparaître diverses influences : celle des maîtres italiens<br />
que <strong>Haendel</strong> a fréquentés lors de son séjour à Rome, tels Corelli, Lotti et Scarlatti, <strong>mai</strong>s aussi<br />
celle des auteurs allemands qu’il a côtoyés à Hambourg, Keiser et Mattheson.<br />
A<strong>grippina</strong> est l’un des opéras de <strong>Haendel</strong> où le procédé de la « parodie » prend le plus<br />
d’importance. En effet, seuls cinq numéros de la partition semblent avoir été nouvellement<br />
composés et ne pas emprunter leur substance à une œuvre préexistante Ainsi, la Sinfonia<br />
d’ouverture est un exemple d’habile rapiéçage à partir de fragments et d’idées empruntées<br />
à diverses sources : on retrouve, mêlés, des fragments des ouvertures de deux opéras de<br />
Keiser et de Mattheson, <strong>mai</strong>s aussi des motifs figurant dans deux cantates que <strong>Haendel</strong><br />
avait composées à Rome. Pour les airs et les chœurs, <strong>Haendel</strong> emprunte aussi bien à des<br />
œuvres instrumentales qu’à des compositions vocales profanes, voire liturgiques.<br />
Tous les auteurs n’ont pas toujours vu d’un bon œil que leurs compositions soient ainsi<br />
pillées. Ainsi, le piquant Mattheson écrivait-il à Hambourg en 1722 : « Dans l’opéra<br />
Porsenna, de ma composition, tel qu’il fut exécuté ici il y a vingt ans [en 1704], et<br />
accompagné par <strong>Haendel</strong> sous ma direction, se trouve une aria dont les premiers mots<br />
disent : “Diese Wangen will ich küssen”. Il se pourrait fort bien que la mélodie n’en ait pas<br />
paru inacceptable à <strong>Haendel</strong>, car non seulement dans son A<strong>grippina</strong>, qui vit le jour en Italie,<br />
<strong>mai</strong>s aussi dans un autre opéra, nouveau, récemment donné en Angleterre et traitant de<br />
Muzio Scaevola, il a choisi cette même mélodie. » (Critica Musica, Vol. I)<br />
De la lagune à la Tamise<br />
Le séjour italien de <strong>Haendel</strong>, destiné à parachever son « apprentissage » et à confirmer sa<br />
réputation internationale, fut particulièrement riche en rencontres déterminantes. Peu après<br />
le triomphe d’A<strong>grippina</strong>, le jeune Saxon se voit offrir plusieurs engagements. En juin 1710,<br />
après <strong>mai</strong>ntes hésitations, il choisit la charge de Kapellmeister du prince de Hanovre, lequel<br />
a été désigné comme l’héritier de la reine Anne Stuart d’Angleterre. Au mois de décembre,<br />
<strong>Haendel</strong> effectue son premier voyage à Londres. Une nouvelle carrière s’offre à lui, nourrie<br />
de ses expériences italiennes. Ainsi, l’abondante matière musicale de son A<strong>grippina</strong> se<br />
retrouvera à nouveau parodiée dans douze opéras postérieurs de la période anglaise.<br />
Denis Morrier<br />
4
MARDI <strong>14</strong> MAI<br />
Argument<br />
Acte I<br />
Agrippine apprend à son fils Néron que son époux, l’empereur Claude, est mort en mer au<br />
retour de la campagne de Bretagne. S’assurant l’aide des deux affranchis de Claude, Pallas<br />
et Narcisse, elle s’emploie à faire monter Néron sur le trône. Au Capitole, ils soudoient le<br />
peuple, le couronnement s’annonce. Coup de théâtre. Claude a survécu, sauvé par Othon.<br />
L’empereur apparaît et désigne son sauveur comme son successeur. Le plan d’Agrippine<br />
s’effondre.<br />
Dans sa chambre, la belle Poppée, éprise d’Othon, est courtisée par Claude et convoitée<br />
par Néron. Agrippine découvre les intentions libidineuses de l’empereur et offre son aide<br />
à Poppée. Elle noue, en manipulant la jeune femme, un nouveau stratagème pour destituer<br />
Othon et ramener Néron dans la course au trône.<br />
Acte II<br />
Autour du cortège triomphal de Claude, l’imbroglio se noue. L’empereur rejette Othon.<br />
Dans son jardin, Poppée est prise de remords. Par un subterfuge, elle entend la vérité<br />
d’Othon et découvre qu’Agrippine les a manipulés. Ils décident de se venger. Un nouveau<br />
stratagème est monté contre Claude, Agrippine et Néron. De son côté, Agrippine est<br />
angoissée d’avoir révélé ses plans aux deux affranchis. Elle les manipule pour qu’ils<br />
s’éliminent mutuellement. Elle obtient aussi de Claude que Néron soit son successeur.<br />
Acte III<br />
Les différents imbroglios se dénouent à la manière d’un vaudeville. Sous le regard amusé<br />
d’Othon, Poppée organise une rencontre galante avec Néron puis avec Claude. L’empereur<br />
découvre son rival et le chasse. Poppée se refuse encore à Claude, prétextant sa peur<br />
d’Agrippine. Les affranchis révèlent à Claude les manipulations de son épouse. Celle-ci<br />
reconnaît tout, expliquant à Claude qu’elle ne cherchait qu’à sauver le trône impérial.<br />
Elle lui révèle les amours de Poppée et Othon. Happy end ! L’empereur désabusé ordonne<br />
le mariage des deux amants, et désigne Néron comme son successeur, faisant enfin<br />
triompher les ambitions d’Agrippine.<br />
5
MARDI <strong>14</strong> MAI<br />
Un opéra métaphorique<br />
L’A<strong>grippina</strong> de <strong>Haendel</strong> et sa version primitive « rejetée »<br />
À ma connaissance, personne n’a ja<strong>mai</strong>s évoqué jusqu’ici une version « originale » ou<br />
primitive d’A<strong>grippina</strong>, opéra de jeunesse de <strong>Haendel</strong> qui fut en même temps son premier<br />
grand succès. Tout au plus s’est-on intéressé à quelques numéros supplémentaires du<br />
troisième acte, absents du manuscrit autographe, et à d’autres qui ont été rayés (au crayon,<br />
de manière à ce que tout reste parfaitement lisible), puis remplacés par des variantes.<br />
La version que nous présentons ici (destinée à une production de l’Opéra de Berlin dans<br />
une mise en scène de Vincent Boussard) se propose de reconstituer l’œuvre dans sa<br />
conception initiale, dont le librettiste fut sans nul doute à l’origine. Seule cette version<br />
initiale conjugue en effet une extrême actualité politique et une pertinence dramaturgique<br />
que l’on ne retrouve pas dans la version effectivement créée à Venise, bien que cette<br />
dernière soit celle que l’on représente habituellement et qui sert de fondement à la Neue<br />
Hallische Händel-Ausgabe (Nouvelle Édition [de Halle] des œuvres de <strong>Haendel</strong>). 1<br />
1. Le troisième acte dans sa version d’origine<br />
Pourquoi <strong>Haendel</strong> a-t-il modifié sa conception originale ? La convention – ou, du point<br />
de vue de la dramaturgie moderne, le fléau – que représentait alors l’air « de sortie »,<br />
droit imprescriptible de tout interprète quittant la scène, qui s’imposait de plus en plus<br />
à l’époque, n’y est sans doute pas pour rien…<br />
Au début du troisième acte, dans une scène qui pourrait être extraite d’une comédie<br />
de Marivaux, Othon et Néron se cachent l’un après l’autre dans la chambre de Poppée,<br />
chacun derrière une porte différente. Ces actions ne sont pas des « sorties » au véritable<br />
sens du terme, <strong>mai</strong>s des chanteurs un peu imbus d’eux-mêmes et un certain public, qui<br />
préférait les airs aux récitatifs, pouvaient les considérer comme telles. Certes, <strong>Haendel</strong> se<br />
sentait naturellement plus attiré par la dramaturgie de l’ancien opéra vénitien avec son<br />
récitatif expressif hérité des opéras de Monteverdi et ses courtes arias appelées à Venise<br />
« ariettes » ou « canzonettes » qui n’interrompaient les récitatifs que lorsque cela avait<br />
un sens. Mais d’un autre côté, comme il voulait aussi avoir du succès, il finit par céder<br />
en composant deux arias supplémentaires que l’on cherchera en vain dans la version<br />
originale du manuscrit autographe. À la fin de cette longue scène, Poppée vient libérer<br />
Othon de sa cachette et le couple réaffirme son amour. Dans la version d’origine, cela se<br />
produit de la manière la plus naturelle qui soit : par le biais d’un récitatif, d’une brève<br />
ariette d’action pour Poppée et d’un duo. Mais <strong>Haendel</strong> se laissa convaincre de réaliser<br />
une nouvelle version qui réponde davantage à la vanité des chanteurs et plus adaptée aux<br />
désirs « culinaires » du public. À Venise, on supprima donc l’ariette, accompagnée du seul<br />
continuo, en lieu et place de quoi – incroyable, <strong>mai</strong>s vrai ! – les deux amants chantèrent<br />
un « air de sortie » l’un après l’autre sans que leurs voix ne se réunissent, pas même<br />
1 L’éditio princeps parut vers 1795 à Londres (Arnold’s Edition).<br />
7
sous la forme d’un canon – comme c’est le cas dans le duo de la première version,<br />
désor<strong>mai</strong>s « rejeté ».<br />
Dans les deux premiers actes aussi, <strong>Haendel</strong> se montra visiblement prêt à modifier<br />
son concept d’origine pour des raisons d’opportunisme. Margherita Durastanti, qui avait<br />
connu en 1708 un grand succès dans son interprétation du rôle de Marie-Madeleine dans<br />
la version scénique de l’oratorio de <strong>Haendel</strong> La Resurrezione avec la très aérienne ariette<br />
aux accents populaires « Ho un non so chè nel cor » – au grand dam du pape, car les<br />
femmes n’étaient pas autorisées à chanter à l’église –, eut la permission d’introduire<br />
ce numéro à succès dans le premier acte d’A<strong>grippina</strong> (dont elle interprétait le rôle-titre),<br />
qui plus est sans aucune modification du texte : une totale absurdité d’un point de vue<br />
dramaturgique ! Ce numéro supplémentaire fut ajouté dans le manuscrit autographe<br />
après une correction en hâte à la fin du récitatif qui le précédait pour s’y adapter,<br />
<strong>mai</strong>s il ne faisait probablement pas partie de la conception originale de l’œuvre.<br />
Dans le deuxième acte, Claude débute la scène 17 par une cavatine (c’est-à-dire un air<br />
d’entrée ne comportant qu’une seule partie) : « Vagheggiar de tuoi bei lumi », adressée<br />
à son épouse qu’il flatte d’un « amour » feint bien maladroitement. Une bonne idée, car<br />
dans des opéras essentiellement constitués d’arias da capo, les cavatines étaient un<br />
excellent moyen d’offrir un peu de variété à l’auditeur. Et pourtant, la basse qui chanta<br />
le rôle de Claude fut assez vaniteuse pour marchander avec <strong>Haendel</strong> et obtenir de lui<br />
d’échanger sa cavatine contre un long air de sortie, « Basta che sol tu chieda », à la fin<br />
de la scène, avec des conséquences plutôt désastreuses pour l’intelligibilité dramaturgique.<br />
Notre version, en revanche, rétablit dans ses droits l’idée initiale du compositeur avec<br />
la cavatine « Vagheggiar de tuoi bei lumi ».<br />
Le « tube » sans doute le plus populaire d’A<strong>grippina</strong>, le « Bel piacere » de Poppée au<br />
troisième acte, l’une des deux arias venues remplacer le duo supprimé, réintègre dans<br />
notre version sa place d’origine, au début de l’acte, et nous avons également rétabli le texte<br />
initialement prévu, bien moins banal – « Chi ben ama » –, une allusion aux épreuves<br />
endurées par Othon, et non à la puissance de sa propre beauté.<br />
2. D’abord les récitatifs, ensuite les arias<br />
Étant donné que les chanteurs ont besoin de davantage de temps pour apprendre<br />
par cœur les récitatifs que pour les arias, on composa d’abord les récitatifs. Pour des<br />
raisons d’économie de travail, <strong>Haendel</strong> eut recours, pour la plupart de ses arias, au principe<br />
de la « parodie », expression peu heureuse au demeurant, <strong>mai</strong>s dont la musicologie doit se<br />
satisfaire.<br />
Dans bien d’autres opéras de <strong>Haendel</strong> aussi, de nombreux airs sont des parodies,<br />
c’est-à-dire (à rebours du sens que l’on donne habituellement à ce terme) des reprises<br />
sérieuses (et non comiques !) d’un matériau existant, extrait de la brève <strong>mai</strong>s très intense<br />
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MARDI <strong>14</strong> MAI<br />
période « italienne » de la carrière de <strong>Haendel</strong> ; cette période, qui s’étend du début de<br />
l’année 1707 au mois de novembre 1709, précéda immédiatement les premières<br />
représentations d’A<strong>grippina</strong>. Ces reprises sont non seulement sérieuses, <strong>mai</strong>s elles sont<br />
également à considérer comme des reformulations ou des prolongements du matériau<br />
original. Ce procédé de « parodie » ne nous est pas inconnu : il était également pratiqué<br />
par Johann Sebastian Bach, qui réutilisa par exemple diverses arias de ses cantates<br />
profanes de Leipzig pour son Oratorio de Noël. Le nouveau texte était écrit sur le canevas<br />
métrique de l’ancien, l’on tenait compte de la syntaxe, des accents rythmiques et de la<br />
position des mots les plus significatifs du texte-source ou hypotexte. Dans certains cas,<br />
on se contentait d’écrire un nouveau texte, <strong>mai</strong>s il arrivait que l’ensemble fasse l’objet d’un<br />
remaniement, parfois si profond qu’il était bien difficile de reconnaître la composition<br />
d’origine.<br />
Il est probable que plusieurs œuvres de circonstance écrites par <strong>Haendel</strong> pour Rome et<br />
Naples aient été conçues d’emblée pour être réutilisées plus tard sous forme de parodie<br />
dans A<strong>grippina</strong>. Il s’agit notamment de plusieurs cantates « pastorales » pour une ou<br />
plusieurs voix solistes et continuo ou orchestre 2 et de trois compositions dramatiques qui<br />
pouvaient remplir une courte soirée :<br />
- La Bellezza ravveduta nel Trionfo del Tempo e del Disinganno (La Beauté repentie grâce<br />
à la victoire du Temps et de la Désillusion), désor<strong>mai</strong>s abrégée sous la forme Trionfo, Rome,<br />
<strong>mai</strong> 1707 ; librettiste : le cardinal Benedetto Pamphili ; une allégorie moralisante (que nous<br />
avons par ailleurs présentée en concert dans cette même salle en février dernier) ;<br />
- La Resurrezione (La Résurrection), ou sous sa forme abrégée : Resurrezione, Rome,<br />
avril 1708 ; librettiste : Carlo Sigismondo Capece ; oratorio scénique ;<br />
- Aci, Galatea e Polifemo (Acis, Galathée et Polyphème), sous sa forme abrégée :<br />
Aci, Naples, juillet 1708 ; librettiste : Nicola Giuvo ; opéra bref (« Serenata »).<br />
Il est frappant de constater que l’opéra A<strong>grippina</strong> est très intimement lié à ces trois œuvres<br />
plus courtes <strong>mai</strong>s incroyablement ambitieuses d’un point de vue artistique, à tel point que<br />
l’on est en droit de se demander si la conception dramaturgique d’A<strong>grippina</strong> ne s’inscrit<br />
pas dans une continuité délibérément voulue avec ces compositions qui l’ont précédée.<br />
<strong>Haendel</strong> a probablement été sollicité entre l’hiver 1707 et le début de l’été 1708 pour<br />
mettre en musique le livret, de sorte que la version originelle de cet opéra a pu être<br />
réalisée dès 1708 à Rome. Nous aurions donc une « version ro<strong>mai</strong>ne » d’un opéra destiné<br />
à être représenté à Venise, composée dans une ville où un décret papal interdisait<br />
formellement l’opéra…<br />
La méthode de travail utilisée par <strong>Haendel</strong> impliquait une coopération intense entre<br />
un poète évidemment doué d’un talent musical et un compositeur aux indéniables<br />
compétences littéraires. Nous n’avons aucune certitude quant à l’identité du librettiste.<br />
Un argument semble venir contredire l’hypothèse selon laquelle il pourrait s’agir du<br />
cardinal Vincenzo Grimani, un mécène de <strong>Haendel</strong>, qui possédait également le Teatro San<br />
2 Ellen T. Harris, Handel as Orpheus: Voice and Desire in the chamber cantatas, 2001.<br />
9
Giovanni Crisostomo à Venise, où fut créée A<strong>grippina</strong> : en sa qualité de nouveau vice-roi<br />
de Naples, il ne disposait guère du temps nécessaire à une coopération délicate avec le<br />
compositeur. Pour la plupart des musicologues (Reinhard Strohm par exemple), Grimani<br />
reste cependant le candidat le plus plausible.<br />
Carlo Vitali, en revanche, est d’un avis contraire, se fondant sur des recherches récentes 3<br />
pour mettre à mal l’hypothèse d’une attitude « pro-Habsbourg » et « antipapiste » de<br />
<strong>Haendel</strong> en démontrant qu’il ne s’agit là que d’une pure spéculation – ce qui disqualifierait<br />
du même coup l’interprétation habituellement faite de l’opéra comme une satire de la cour<br />
du Pape.<br />
Peu de gens à l’époque étaient librettistes de métier, <strong>mai</strong>s cette activité représentait un<br />
intéressant hobby pour bon nombre de « dilettantes » – au sens le plus noble de ce terme.<br />
Il faut peut-être chercher le librettiste d’A<strong>grippina</strong> dans l’environnement ro<strong>mai</strong>n de l’œuvre,<br />
dans l’entourage immédiat de Benedetto Pamphili, le librettiste du Trionfo : dans le texte<br />
qu’il écrivit pour l’amusante cantate de <strong>Haendel</strong> « Hendel, non può mia musa », il compare<br />
le compositeur à Orphée. E. T. Harris évoque une attirance de nature érotique de la part du<br />
cardinal Pamphili vieillissant pour le jeune compositeur, <strong>mai</strong>s tout cela aussi n’est que<br />
spéculation… Ce qui est sûr, en revanche, c’est qu’avec A<strong>grippina</strong>, <strong>Haendel</strong> se retrouva en<br />
possession d’un véritable joyau en matière de livret : c’est sans conteste le meilleur et le<br />
plus actuel dont il ait ja<strong>mai</strong>s disposé. Les récitatifs sont d’une expressivité rare, plus ja<strong>mai</strong>s<br />
atteinte par la suite. Parmi les divergences entre la version initiale et celle de la création<br />
vénitienne, on ne relève aucune coupe dans les dialogues, chose impensable à Londres,<br />
où <strong>Haendel</strong> fit raccourcir les récitatifs de son opéra jusqu’à rendre l’action inintelligible.<br />
À Venise, la situation était différente : un critique théâtral de l’époque, Pier Jacopo<br />
Martello 4 , raconte que le public vénitien manifestait souvent son impatience durant les<br />
brefs récitatifs qui reliaient les arias l’une à l’autre, <strong>mai</strong>s que cela n’était pas le cas lors des<br />
« scene di forza », c’est-à-dire des récitatifs-actions relativement longs, très vivants et<br />
souvent agrémentés d’a parte mordants, que l’on supprime aujourd’hui trop souvent à tort.<br />
Dans l’opéra comique de la seconde moitié du XVIII e siècle, ces récitatifs furent remplacés<br />
par des ensembles relativement longs – on en trouve déjà de plus courts dans A<strong>grippina</strong>.<br />
3. Texte et hypotextes. Une comédie métaphorique ?<br />
L’étude de la mise en œuvre du procédé « parodique » dans A<strong>grippina</strong>, qui nécessite de<br />
consulter et d’interpréter toutes les sources, peut sembler une tâche particulièrement<br />
chronophage et fastidieuse, <strong>mai</strong>s le jeu en vaut largement la chandelle. Cela nous conduit<br />
sur la piste de la conception dramaturgique qu’avaient en tête <strong>Haendel</strong> et son librettiste<br />
et qui se révèle être bien plus complexe et bien plus significative que ce que nous pouvons<br />
3 Cf. Carlo Vitali, « Italy – political and musical contexts », in : Donald Burrows (éd.), The Cambridge Companion to<br />
Handel, Cambridge 1997.<br />
4 Pier Jacopo Martello, Delle tragedia antica e moderna, 1715.<br />
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MARDI <strong>14</strong> MAI<br />
attendre d’une « black comedy », d’une « comédie noire ». Les textes des arias sur<br />
lesquelles se fonde la « parodie » restent presque toujours présents à l’esprit dans les<br />
nouvelles arias, comme une sorte de sous-entendu ou de fondement caché. Les textes<br />
d’origine peuvent non seulement venir commenter les textes de la version « définitive »,<br />
les intensifier ou les confirmer, <strong>mai</strong>s aussi les relativiser, par l’ironie ou encore en les<br />
biaisant. Souvent même ils dévoilent ce que les nouveaux textes peuvent avoir d’affecté,<br />
voire de mensonger. Enfin, et c’est là le plus important pour les musiciens que nous<br />
sommes, ils accentuent souvent la signification de certains thèmes chantés ou de formules<br />
instrumentales d’accompagnement de manière à ce que nous puissions comprendre<br />
comment les notes doivent sonner dans une partition qui laisse tant de choses à la libre<br />
appréciation de l’interprète (<strong>Haendel</strong>, par exemple, ne s’occupait absolument pas des<br />
indications de tempo !).<br />
Mais surtout, nous pouvons comprendre ce que Reinhard Strohm décrivait déjà dans un<br />
article à ce propos, à savoir que « le librettiste ne cherchait pas à laisser transparaître des<br />
personnages réels », c’est-à-dire que nous sommes les témoins d’« allégories théâtrales »<br />
dans un « opéra métaphorique ». Que peuvent alors nous apprendre les manipulations du<br />
procédé « parodique » auxquelles se livre <strong>Haendel</strong>, et d’autres « codes » musicaux, sur les<br />
personnages de cet opéra qui ne figurerait pas de manière explicite dans le livret <strong>mai</strong>s se<br />
cacherait entre les lignes ?<br />
Poppée et Othon<br />
La Poppée d’A<strong>grippina</strong> n’est pas encore celle que nous connaissons à travers le livret de<br />
Busenello pour Le Couronnement de Poppée de Monteverdi : en effet, les intrigues<br />
auxquelles elle se livre dans cette œuvre de Monteverdi procèdent de celles auxquelles<br />
on assiste dans A<strong>grippina</strong>, qui laissent deviner qu’elle finira par sombrer tout à fait dans<br />
l’atmosphère corrompue de la cour. Les tonalités de ses arias montrent qu’au fil de la<br />
progression de l’opéra, elle s’émancipe véritablement d’Agrippine : au début, ses arias ne<br />
comportent qu’un ou deux bémols à la clé, <strong>mai</strong>s à partir du numéro 32 (« Ingannata una sol<br />
volta »), l’armature d’un ou plusieurs dièses est bien le signe de son émancipation.<br />
Ce processus commence au n° 18 (« Se giunge un dispetto ») et trouve son<br />
accomplissement au n° 32. Ces deux arias sont des parodies d’airs de la cantate Tu fedel,<br />
tu costante ? (1704). Dans le premier (le modèle du n° 18), une bergère se plaint de<br />
l’infidélité de son bien-aimé Fileno et se décide à chercher un nouvel amant ou même<br />
à rompre toute relation avec les hommes ; dans le deuxième (le modèle du n° 32),<br />
elle chante qu’elle désire désor<strong>mai</strong>s être libre, sans amour, comme auparavant.<br />
Les indices sont nombreux qui laissent penser que <strong>Haendel</strong> et son librettiste voyaient<br />
ici derrière le personnage concret de Poppée la représentation allégorique de la Beauté<br />
(Bellezza) du Trionfo. Dans cette cantate moralisatrice, la Volupté (Piacere) tente de séduire<br />
la Beauté en lui promettant qu’elle ne perdra ja<strong>mai</strong>s sa caractéristique essentielle. Mais le<br />
Temps (Tempo) et la Désillusion (Disinganno, en fait : la vérité) la détrompent : seule la<br />
beauté intérieure d’une âme qui se donne à Dieu est éternelle. Dans le n° 28 (« Bella pur<br />
11
nel mio diletto »), Poppée chante qu’elle voudrait croire encore à l’innocence d’Othon<br />
(= texte), <strong>mai</strong>s dans le même temps et sans exprimer verbalement cette pensée<br />
(= texte caché ou hypotexte, à savoir un air de Bellezza dans Trionfo), elle se demande<br />
si sa beauté sera vraiment aussi éternelle que le prétend la Volupté. Les triolets de doubles<br />
croches ont déjà été entendus dans le n° 10 (« Vaghe perle »), où ils représentaient ses<br />
perles (sa « vanité ») (= texte) <strong>mai</strong>s aussi (= hypotexte, en l’occurrence un air de Galathée<br />
dans Aci) les vagues de la mer dans laquelle le monstre Polyphème (= Claude) veut<br />
entraîner la nymphe Galathée (= Poppée)…<br />
Bien loin de la Poppée de Monteverdi, celle de <strong>Haendel</strong> cherche donc la vérité. Et Othon<br />
cherche avec elle. Son premier air (n° 9, « Lusinghiera mia speranza ») se fonde, lui aussi,<br />
sur un air de Bellezza dans Trionfo. L’instabilité harmonique de l’aria souligne l’incertitude<br />
intérieure d’Othon. Son espoir de posséder Poppée (= texte) n’est-il pas aussi illusoire que<br />
celui que nourrit Bellezza de trouver la vérité dans la Volupté (= hypotexte) ? Les<br />
hypotextes de deux autres arias d’Othon rapprochent « celui qui cherche » de la nature<br />
qui l’entoure et l’y confronte. Dans tous les cas, la nature est impitoyable, à commencer<br />
par le n° 27 (« Voi che udite »), où elle apparaît sous la forme d’un paysage alpestre<br />
effrayant. Le modèle pour cette aria, le premier sommet de l’opéra, est un air de la cantate<br />
Alpestre monte (Venise, 1709), qui nous apprend que le lamento d’Othon n’est pas destiné<br />
à des être hu<strong>mai</strong>ns, <strong>mai</strong>s aux « ombres, aux fantômes, effrayants et sauvages » d’un<br />
paysage montagneux, ce qui explique les modulations inhabituellement douloureuses et les<br />
grandes dissonances de cet air. Dans le tableau suivant, qui représente un jardin, la nature<br />
paraît sereine et agréable. Seul Othon ne parvient pas à trouver le calme, et ne le souhaite<br />
pas non plus : la cavatine n° 29 (« Vaghe fonti ») se fonde sur un air d’Octavia de Reinhard<br />
Keiser (1705) – <strong>Haendel</strong> admirait beaucoup ce compositeur trop injustement méconnu<br />
aujourd’hui –, dans lequel le philosophe Sénèque évoque sa tranquillité d’âme ; il a ensuite<br />
donné lieu à un air de la Désillusion dans Trionfo : « L’homme pense que le temps est<br />
immobile, alors qu’il déploie ses ailes cachées ». Dans la cavatine d’Othon, nous entendons<br />
– dans la colorature sur le mot « mormorando » – les deux choses à la fois : le murmure de<br />
la fontaine dont il est question (= texte) et les ailes du temps (= hypotexte).<br />
Les « épreuves » auxquelles est soumis Othon atteignent un sommet tragi-comique dans<br />
le premier tableau du troisième acte (la chambre de Poppée, la scène digne de Marivaux).<br />
L’ariette n° 42 (« Esci, o mia vita ») est pleine de sous-entendus, alors que Poppée libère<br />
Othon de sa cachette, derrière une porte de la chambre. Cet air existe déjà dans deux<br />
versions très différentes, l’une dans Trionfo, où la Désillusion évoque le caractère<br />
éphémère de la beauté terrestre, et la seconde dans La Resurrezione (où il est accompagné<br />
par l’orchestre et non plus par le seul continuo) : un ange y annonce que le monde sera<br />
éveillé à une nouvelle vie par la résurrection du Christ. Il n’y a donc ici pas un seul, <strong>mai</strong>s<br />
deux hypotextes : Poppée qui doute de la permanence de sa beauté, et qui fait figure<br />
d’« ange salvateur » pour Othon.<br />
Le duo de réconciliation de la version d’origine est encore plus significatif (n° 43,<br />
« No ch’io non apprezzo »). Il se fonde sur le duo final de la cantate Il Duello amoroso<br />
12
MARDI <strong>14</strong> MAI<br />
(Le Duel amoureux, 1708), dans lequel l’échec d’une relation amoureuse – entre la bergère<br />
Amarilli et le berger Daliso – est présenté sous forme dramatique. On est donc bien loin<br />
d’un duo d’amour ! Daliso veut récupérer son cœur, Amarilli lui répond en disant que le<br />
cœur de Daliso manque de toute façon du feu qui pourrait l’amener à l’aimer. Sur une<br />
musique pratiquement inchangée par rapport à la version « finale » telle qu’elle apparaît<br />
dans l’opéra, cet hypotexte nous rapproche directement des scènes de dispute entre Othon<br />
et Poppée dans la version de Busenello et Monteverdi ! Ainsi l’hypotexte nous apprend-il ce<br />
qui n’est pas dit explicitement dans le livret, à savoir que cette relation est vouée à l’échec.<br />
Les symboles musicaux sont d’ailleurs on ne peut plus explicites : la « tonalité progressive »<br />
(commençant sur la tonique, modulant ensuite vers la dominante, <strong>mai</strong>s sans revenir à la<br />
tonique) qui illustre la « fin ouverte » de la relation ; puis la tonalité « plaintive » de sol<br />
mineur et, lorsque les voix se réunissent, le canon dans lequel on entend d’abord<br />
la « vox fugiens » (la voix qui s’éloigne), puis la « vox sequens » (celle qui suit),<br />
intervenant l’une après l’autre, et non l’une avec l’autre…<br />
Poppée et Néron<br />
C’est également à la cantate Il Duello amoroso qu’est emprunté le modèle de l’aria dans<br />
laquelle Poppée s’adresse à Néron, n° 33 (« Col peso del tuo amor »). Dans l’air qui sert<br />
d’hypotexte, Daliso dit vouloir contraindre Amarilli à l’aimer. Le procédé parodique est<br />
ici très ironique, car le texte « définitif » pourrait être une réponse à l’hypotexte :<br />
dans le récitatif qui précède, et même si c’est implicite, Néron se comporte en effet<br />
vis-à-vis de Poppée de manière analogue à Daliso vis-à-vis d’Amarilli.<br />
Derrière le personnage de Néron se cache l’allégorie de la Volupté, qui cherche à corrompre<br />
la Beauté (= Poppée). C’est tout à fait manifeste lorsqu’on considère l’hypotexte de son air<br />
de haine contre Poppée, le n° 44 (« Come nube che fugge dal vento »). L’air-source illustre<br />
la réaction de colère de la Volupté (Piacere) à l’encontre de la manière dont Bellezza rompt<br />
définitivement avec elle dans Trionfo (« Volupté, tu as vécu suffisamment longtemps en<br />
moi ; contemple la vérité dans ce miroir et laisse-moi ! »). La source et le produit fini sont<br />
ici très semblables d’un point de vue musical aussi bien que textuel : ce sont de parfaits<br />
exemples des airs baroques « de comparaison » (« Je m’enfuis de toi comme un nuage<br />
fuit la tempête ») – et des prétextes à une virtuosité des plus extrêmes.<br />
La perversion de Néron n’a d’égale que celle de l’idée qui se cache derrière la parodie<br />
donnant lieu à sa cavatine n° 5 (« Qual piacer »). La source en est l’air du début de la<br />
cantate Un sospir a chi si muore (1709), qui met en scène soupirs amoureux et mort par<br />
amour ; dans l’aria de l’opéra, en revanche, ce sont les soupirs de ceux qui meurent<br />
de faim dans les rues de Rome dont il est question, et dont le candidat aux fonctions<br />
d’empereur doit s’assurer les faveurs.<br />
Les tendances bisexuelles de Néron sont moins explicites dans le texte d’A<strong>grippina</strong> que<br />
dans le livret d’un opéra perdu que <strong>Haendel</strong> écrivit pour Hambourg sur le même sujet<br />
(Die durch Blut und Mord erlangte Liebe – L’amour obtenu par le sang et le meurtre, 1705),<br />
13
à l’exception de la scène finale, lorsque Néron s’adresse à Claude : « C’est un double<br />
châtiment pour moi que de me ravir le pouvoir et de me donner une femme ». Les choses<br />
sont habilement dissimulées dans la musique, grâce à l’usage de différents codes musicaux,<br />
<strong>mai</strong>s elles n’en restent pas moins tout à fait perceptibles aux oreilles initiées, par exemple<br />
dans le n° 34 (« Quanto invita la donna l’amante »), pour lequel il n’y a aucune source<br />
identifiable : un tempo de sicilienne aux accents espagnols, un accompagnement pizzicato<br />
aux cordes et une accumulation d’accords diminués : on retrouve la même torpeur dans<br />
l’air de Rinaldo par lequel les sirènes tentent d’entraîner le héros vers la mer, symbole de<br />
l’union sexuelle.<br />
Agrippine et Claude<br />
Le motif par lequel débute le premier air d’Agrippine (n° 4, « L’alma mia fra le tempeste »),<br />
d’abord sans accompagnement et joué par le hautbois solo avec des accents de trompette<br />
(soulignant l’idée qu’elle se fait de son autorité) puis repris par l’orchestre tout entier,<br />
exprime sa détermination machiavélique en restant très proche de sa source : un motif<br />
tout aussi fier et assuré, sur lequel s’ouvre le triomphal chœur final de la Resurrezione.<br />
Le « message » subversif qui se cache derrière cette parodie est le suivant : c’est avec le<br />
même fanatisme que s’exprime la volonté de puissance de l’église catholique.<br />
La parodie dans le dernier numéro d’Agrippine, une ariette dansante (n° 45,<br />
« Se vuoi pace », à l’adresse de Claude) est encore plus perverse. La source en est un air<br />
de la cantate Cor fedele (1707), dans laquelle Clori dit aimer sincèrement Tirsi tandis que<br />
vis-à-vis d’un autre berger amoureux d’elle, Fileno, elle se contente de faire semblant<br />
(= hypotexte). À la fin de l’opéra, Agrippine propose à son époux de tout « réparer »<br />
(= texte). Mais la mélodie mielleuse, les figures par lesquelles le hautbois solo et les cordes<br />
évoquent les soupirs nous font entendre l’hypotexte : tout n’est qu’hypocrisie, y compris<br />
son air n° 8 (« Tu ben degno »). Elle y célèbre publiquement les hauts-faits d’Othon, sans<br />
se priver de nombreuses remarques en aparté dans lesquelles elle laisse libre cours au<br />
mépris qu’il lui inspire. La source est un air de l’opéra florentin de <strong>Haendel</strong> Rodrigo (1707),<br />
dans lequel il est question d’« une couronne de lauriers entremêlée d’épines » – c’est ainsi<br />
que doivent sonner les apartés d’Agrippine : il faut qu’ils soient acérés comme des épines.<br />
La grande scène solo d’Agrippine, qui constitue le deuxième grand sommet de l’opéra<br />
(n° 35, « Pensieri, voi mi tormentate »), n’est pas conçue sur la base d’une source existante,<br />
tout au plus quelques éléments présents ici ont-ils déjà été essayés dans des compositions<br />
antérieures (et postérieures). Il s’agit là du psychogramme, oppressant et d’une très grande<br />
originalité dans son agencement formel, d’une criminelle qui ne peut échapper à la voix<br />
de sa conscience (symbolisée par le hautbois solo).<br />
Les trois arias de Claude en revanche sont toutes des parodies. Celle qui donne lieu<br />
à sa première aria (n° <strong>14</strong>, « Pur ritorno a rimirarvi ») est à tonalité ironique. Elle se contente<br />
de reprendre le thème de basse d’un air de la cantate Filli, adorata mia, qui exprime les<br />
<strong>14</strong>
MARDI <strong>14</strong> MAI<br />
errements solitaires d’un amant éconduit. Ce même thème sert de fondement à la parodie,<br />
une déclaration d’amour pour le moins maladroite de l’empereur à la jeune Poppée.<br />
Par deux fois, un hypotexte nous révèle que Claude pense le contraire de ce qu’il affirme<br />
dans ses arias. La source du n° 22, la très emphatique aria du « triomphateur »<br />
(« Cade il mondo ») étant à chercher dans Resurrezione, l’aria a des accents « religieux »<br />
inconscients. Dans l’oratorio, Lucifer s’exprime de manière très analogue au sujet de sa<br />
chute (« Caddi, è ver ») ; dans l’opéra, Claude se sert du même motif descendant –<br />
emprunté, en fait, à l’opéra de Keiser Nebucadnezar (« Tombez, ô puissants ») –,<br />
<strong>mai</strong>s celui-ci est amplifié à l’extrême (jusqu’au do grave !) pour annoncer la chute de<br />
l’Angleterre. Dans l’inconscient (hypotexte), cependant, c’est de sa propre chute, ou plus<br />
précisément sa propre décadence, au sens le plus plein de ce terme, dont il est question.<br />
Le procédé parodique à l’œuvre dans la dernière aria de Claude (n° 41, « Io di Roma<br />
il Giove sono ») est encore plus fascinant. « Je suis le Jupiter de Rome », chante Claude,<br />
« et personne ne partagera ja<strong>mai</strong>s le pouvoir avec moi ». Mais la réalité est tout autre,<br />
et c’est l’orchestre qui l’exprime à travers un accompagnement continu aux cordes, en<br />
staccato. La source nous en explique la signification. C’est un air du premier opéra de<br />
<strong>Haendel</strong>, Almira (Hambourg, 1704), dans lequel il est question des « pas » qui mènent<br />
inexorablement « à la perte » (« passi alle ruine »). Les notes staccato semblent avoir<br />
ici la même signification : ce sont les pas d’aveugles précipités dans l’abîme par un guide<br />
aveugle, lui aussi (l’amour). Pour Claude, les pas de l’orchestre virent au cauchemar :<br />
il lui faut poursuivre son air avec une hésitation grandissante et ses paroles doivent sonner<br />
de plus en plus creux. Sa fin approche, parce qu’il est trop longtemps resté aveugle<br />
à ce qui se passait autour de lui…<br />
Narcisse et Pallante<br />
Dans la conception générale de l’opéra, le duo comique était sans doute lui aussi envisagé<br />
comme une parodie en soi. Derrière ces deux personnages « affranchis » se cachent les<br />
bergers Tirsi et Fileno de la cantate Cor fedele de 1709. Tous deux sont tombés amoureux<br />
de la nymphe Clori (alias Agrippine), qui les mène en bateau, tous les deux, de manière<br />
pour le moins trompeuse, jusqu’à ce qu’ils décident d’oublier cette femme cruelle et de ne<br />
plus se consacrer qu’à l’amitié virile. La cantate se termine d’ailleurs sur un « duo<br />
d’amour » des deux bergers, dont les nombreux courts passages en récitatifs à deux voix<br />
de notre opéra semblent être un écho comique. L’un des airs de Fileno est la source du<br />
n° 37 de Narcisse (« Spererò, poichè mal dice ») et nous donne l’explication de cette<br />
mélodie au continuo, qui figure un écoulement de vagues et sur laquelle s’ouvre l’aria :<br />
un flot de larmes ininterrompu.<br />
Plusieurs symboles musicaux révèlent clairement la répartition des rôles entre les deux<br />
hommes : Narcisse (alto) est le plus féminin des deux, Pallante (basse) le partenaire<br />
masculin. Dans la première aria de Narcisse (n° 3, « Volo pronto »), les motifs aériens joués<br />
par les cordes ont quelque chose à voir avec des papillons. Nous pouvons déduire cela<br />
15
de la source, un air extrait de la cantate avec continuo Lungi da me, pensier tiranno (1709),<br />
dans laquelle un amant anonyme dit se sentir comme un papillon qui pourrait bientôt<br />
brûler ses ailes à la lumière du soleil (= sa bien-aimée). Agrippine est le soleil de Narcisse,<br />
tout en elle est destructeur et constitue une menace pour sa vie.<br />
De toutes les parodies, c’est peut-être le n° 36 de Pallante (« Col raggio placido ») qui est<br />
la plus originale. Dans la sombre tonalité de do mineur, qui semble avoir été choisie<br />
complètement à contre-emploi, Pallante évoque Agrippine comme la lueur de son espoir.<br />
La source de cette aria est un air de Resurrezione, chanté par Lucifer, un véritable air<br />
« infernal », lui aussi en do mineur (« O voi, dell’Erebo »), dans lequel l’absence de tout<br />
accompagnement sous forme d’accord exprime le manque d’harmonie des enfers.<br />
Pourquoi cet air a-t-il été choisi comme source ? C’est la fin du récitatif qui précède qui<br />
nous l’explique, sous la forme d’une remarque cynique de Pallante au sujet d’Agrippine :<br />
« Elle a un cœur de mégère ». La mégère (Megaira) était une des déesses infernales de<br />
la vengeance. La parodie a donc la signification suivante : Pallante est incapable de trouver<br />
les notes qui conviennent à son air d’espérance, tant il a été dépossédé de sa propre<br />
personnalité. Il n’est donc plus capable que de chanter selon l’infernale mélodie de celle<br />
qui le gouverne.<br />
René Jacobs<br />
Traduction Elisabeth Rothmund<br />
Reproduit avec l’aimable autorisation de Harmonia Mundi<br />
16
BIOGRAPHIES<br />
Alex Penda<br />
Née à Sofia, Alex Penda (aussi connue<br />
sous le nom d’Alexandrina<br />
Pendatchanska) a obtenu un diplôme<br />
de chant ainsi que de piano à l’École<br />
Nationale de Musique de cette ville.<br />
Elle a été l’élève de sa mère, la soprano<br />
Valerie Popova. À l’âge de 19 ans,<br />
elle a remporté le Concours de Chant<br />
Antonín Dvorák, le Concours<br />
International de Chant de Bilbao ainsi<br />
que le Concours de Chant UNISA<br />
de Pretoria. Entre 1997 et 2009,<br />
elle a entre autres chanté Elisabetta<br />
dans Roberto Devereux (Teatro Regio de<br />
Turin, Teatro San Carlo de Naples),<br />
Ermione (Santa Fe), Donna Anna<br />
(Lausanne, Houston, Lisbonne, Prague),<br />
Adina (Festival Rossini de Pesaro),<br />
Donna Elvira (Opéra de Washington),<br />
La Straniera (Catane), Vitellia (Santa Fe),<br />
Suor Angelica (Lucques), Luisa Miller et<br />
Lucrezia Contarini dans I Due Foscari de<br />
Verdi (Naples), Semiramide de Rossini<br />
(Théâtre des Champs-Élysées), Ermione<br />
et La Donna del Lago (New York),<br />
Madama Cortese dans Le Voyage<br />
à Reims (la Monnaie de Bruxelles),<br />
Fiorilla dans Le Turc en Italie (Bayerische<br />
Staatsoper de Munich et Staatsoper<br />
Unter den Linden de Berlin), Luisa Miller<br />
(Deutsche Oper de Berlin), ainsi que<br />
Donna Elvira dans Don Giovanni (Théâtre<br />
des Champs-Élysées, Opéra National de<br />
Lyon, Baden-Baden), Vitellia dans<br />
La Clémence de Titus (Teatro Real de<br />
Madrid, Copenhague, Opéra National de<br />
Lyon), Elettra dans Idomeneo (la<br />
Monnaie). Depuis 2003, elle collabore<br />
activement avec René Jacobs. Sous sa<br />
direction et aux côtés du Freiburger<br />
Barockorchestrer, elle a interprété<br />
Vitellia (La Clémence de Titus), Donna<br />
Elvira (Don Giovanni), Elettra (Idoménée),<br />
Fiordiligi (Così fan tutte), Arminda (La<br />
Finta Giardiniera) et Alcina (Orlando<br />
Paladino) au Palais des Beaux-Arts de<br />
Bruxelles, à la Philharmonie de Cologne,<br />
au Théâtre des Champs-Élysées, au<br />
Konzerthaus de Berlin, à la <strong>Salle</strong> <strong>Pleyel</strong>,<br />
au Festival d’Édimbourg, au Teatro Real<br />
de Madrid… Ces tournées ont été suivies<br />
d’enregistrements plébiscités par la<br />
critique. La discographie d’Alex Penda<br />
comprend également Une vie pour le<br />
tsar de Glinka (Antonida), Les Cloches de<br />
Rachmaninov, Parisina d’Este de<br />
Donizetti, Giulio Cesare de Sartorio, ainsi<br />
que deux récitals. Ses interprétations<br />
des rôles d’Elisabetta dans Roberto<br />
Devereux, de Lucrezia Contarini dans<br />
I Due Foscari, de Donna Elvira dans Don<br />
Giovanni, d’Alcina dans Orlando Paladino<br />
et de la Petite Messe solennelle sont<br />
disponibles en DVD. Le répertoire<br />
d’oratorio d’Alex Penda comprend entre<br />
autres le Requiem de Verdi, le Stabat<br />
Mater et la Petite Messe solennelle de<br />
Rossini ou Le Roi David d’Honegger,<br />
qu’elle a interprétés avec des formations<br />
comme le Gewandhausorchester Leipzig,<br />
l’Orchestre Philharmonique d’Israël,<br />
l’Orchestre de Philadelphie, l’Orchestre<br />
du Mai Musical Florentin, l’Orchestre de<br />
l’Académie Nationale Sainte-Cécile,<br />
l’Orchestre Symphonique de la RAI<br />
ou le Russian National Orchestra.<br />
Elle a également collaboré avec des<br />
ensembles sur instruments d’époque<br />
comme l’Akademie für Alte Musik Berlin,<br />
le Concerto Köln, l’Ensemble Matheus ou<br />
Il Complesso Barocco. Alex Penda<br />
a chanté sous la direction de chefs<br />
comme Riccardo Chailly, Myung-Whun<br />
Chung, Charles Dutoit, Adam Fischer,<br />
Eliahu Inbal, Jesús López-Cobos, Nello<br />
Santi, Bruno Bartoletti, Maurizio Benini,<br />
Bruno Campanella, Ivor Bolton, Daniel<br />
Oren, Vladimir Spivakov, René Jacobs ou<br />
Vladimir Jurowski. Parmi les temps forts<br />
de la saison dernière, mentionnons Maria<br />
Stuarda (Elisabetta) à Toronto et Munich,<br />
A<strong>grippina</strong> à la Staatsoper de Berlin, La<br />
Finta Giardiniera (Arminda) au Theater<br />
an der Wien, Pagliacci (Nedda) à la<br />
Staatsoper de Vienne, Les Vêpres<br />
siciliennes (Hélène) au Teatro San Carlo<br />
de Naples, Rouslan et Ludmila (Gorislava)<br />
au Bolchoï de Moscou, Telemaco (Circe)<br />
au Theater an der Wien… Récemment,<br />
elle a fait ses débuts dans le rôle-titre de<br />
Salome au Théâtre de Saint-Gall,<br />
a chanté la Petite Messe solennelle au<br />
Festival de Bad Kissingen, Elisabetta<br />
(Maria Stuarda) à Moscou, une nouvelle<br />
production de La Finta Giardiniera à la<br />
Staatsoper de Berlin, Donna Anna à la<br />
Staatsoper de Hambourg, et a fait ses<br />
débuts dans le rôle d’Eboli (Don Carlo)<br />
à l’Opéra d’Oviedo. Parmi ses<br />
engagements à venir, mentionnons une<br />
nouvelle production de La Clémence de<br />
Titus (Vitellia) à la Monnaie, ses débuts<br />
dans le rôle de Chrysothemis (Elektra)<br />
au Teatro Petruzzelli de Bari sous la<br />
direction de Jonathan Nott, le rôle-titre<br />
de Salome à Moscou sous la direction<br />
de Vladimir Jurowski et dans une<br />
nouvelle production à Santa Fe. Elle fera<br />
également ses débuts dans les rôles de<br />
Leonore (Fidelio), Carmen et Poppea<br />
(Le Couronnement de Poppée).<br />
Marcos Fink<br />
Né à Buenos Aires de parents slovènes,<br />
le baryton-basse Marcos Fink se forme<br />
auprès d’Ivan Ivanov et de Victor Srugo.<br />
Il suit les master-classes de Philippe<br />
Huttenlocher, Wolfgang Schöne, Erik<br />
Werba et Aldo Baldin, bénéficiant en<br />
1988 d’une bourse pour poursuivre sa<br />
formation à Londres avec Heather<br />
17
Harper et Robert Sutherland. Il fait ses<br />
débuts à l’opéra en 1990 au Festival de<br />
Salzbourg. Ses engagements le mènent<br />
sur les grandes scènes d’opéra et de<br />
concert du monde entier – notamment<br />
à Paris, Bordeaux, Bâle, Berlin, Francfort,<br />
Vienne, Madrid, Barcelone, Genève,<br />
Rome, Milan, Lisbonne, Ljubljana, Tokyo,<br />
Osaka, Buenos Aires, São Paulo, Calgary<br />
et Houston –, où il se produit sous la<br />
direction de Michel Corboz, Hans Graf,<br />
Leopold Hager, Alain Lombard, Semyon<br />
Bychkov, Uwe Mund, Milan Horvat,<br />
Pinchas Steinberg, Anton Nanut, Lior<br />
Shambadal et René Jacobs. Récemment,<br />
on a pu l’entendre à Aix-en-Provence en<br />
Sarastro (La Flûte enchantée de Mozart) ;<br />
à Bordeaux en Vice-Roi du Pérou<br />
(La Périchole d’Ofenbach) ; à la<br />
Staatsoper de Berlin en Socrate<br />
(Der geduldige Socrates de Telemann),<br />
en Claudio (A<strong>grippina</strong> de <strong>Haendel</strong>),<br />
en Polyphème (Aci, Galatea e Polifemo<br />
de <strong>Haendel</strong>) et dans le rôle du Monde<br />
(La Rappresentatione di Anima e di<br />
Corpo de Cavalieri) ; au Nederlandse<br />
Opera d’Amsterdam en Sancho Panza<br />
(Don Chisciotte in Sierra Morena de<br />
Francesco Conti) et en Jupiter (Platée de<br />
Rameau). Sa discographie comprend,<br />
outre des œuvres religieuses de Bach,<br />
<strong>Haendel</strong>, Leopold I er , Haydn, Mozart,<br />
Rossini, Puccini, Fauré et Frank Martin<br />
(l’oratorio Golgotha où il chante Jésus),<br />
Don Giovanni de Mozart (Leporello), Così<br />
fan tutte (Don Alfonso), La Flûte<br />
enchantée dirigée par René Jacobs<br />
(Sarastro) et A<strong>grippina</strong> (Claudio).<br />
Il a enregistré pour Radio Slovenia trois<br />
cycles de lieder qui lui ont valu en 1998<br />
l’Orphée d’or de l’Académie du disque<br />
lyrique (« Meilleur interprète », pour Le<br />
Voyage d’hiver) et en 1999 le Prix<br />
culturel slovène du Prešernov sklad.<br />
Parmi ses autres enregistrements<br />
figurent Les Amours du poète et le<br />
Liederkreis op. 39 de Schumann, un<br />
double album de chants slovènes, Les<br />
Mystères de Noël de Stanko Premrl<br />
(toutes ces pages étant accompagnées<br />
par Nataša Valant), ainsi que des<br />
mélodies de Carlos Guastavino et Eduard<br />
Marxsen. Son disque Canciones<br />
argentinas (2006), où il est rejoint par sa<br />
sœur, la mezzo-soprano Bernarda Fink,<br />
et la pianiste Carmen Piazzini, a été<br />
sélectionné pour les Grammy Awards<br />
(dans la catégorie « Meilleure<br />
interprétation vocale classique ») et les<br />
BBC Music Awards. En mars 2011 est<br />
paru chez Harmonia Mundi un album de<br />
mélodies slovènes où figure également<br />
Bernarda Fink.<br />
Sunhae Im<br />
Sunhae Im a étudié à l’Université<br />
Nationale de Séoul sous la direction<br />
de Lokyung Pak et à l’Université de<br />
Karlsruhe avec Roland Herman. Durant<br />
la saison 2012/2<strong>013</strong>, elle se produit dans<br />
le rôle de Susanna (Le Nozze di Figaro)<br />
à Goyang (Corée du Sud) ainsi<br />
qu’à Séoul. Des représentations de<br />
La Passion selon saint Matthieu (Bach)<br />
la conduisent au Festival de la Rheingau,<br />
au Festival Klara et au Festival de<br />
Musique Ancienne d’Utrecht. Sous la<br />
direction de René Jacobs, on l’entend<br />
dans La Flûte enchantée à Amsterdam,<br />
Bruxelles, Barcelone, Rome et Lisbonne<br />
avec l’Akademie für Alte Musik Berlin,<br />
ainsi que dans Il Trionfo del Tempo e del<br />
Disinganno (<strong>Haendel</strong>) avec le Freiburger<br />
Barockorchester au Theater an der Wien,<br />
au Konzerthaus de Fribourg, à la<br />
Philharmonie de Cologne, à la <strong>Salle</strong><br />
<strong>Pleyel</strong> et à Madrid. Elle continue<br />
également sa collaboration avec Philippe<br />
Herreweghe et chante le Requiem de<br />
Mozart lors d’une tournée au Japon et<br />
en Corée du Sud avec l’orchestre des<br />
Champs-Élysées. De plus, elle fait ses<br />
débuts au Musikverein de Vienne dans le<br />
Requiem de Mozart et la Symphonie n° 2<br />
de Mahler avec le Pittsburgh Symphony<br />
Orchestra sous la direction de Manfred<br />
Honeck, et elle y retourne pour Le<br />
Messie de <strong>Haendel</strong>. On peut également<br />
l’entendre dans la version du Messie de<br />
Mozart, à Grafenegg, sous la direction de<br />
Matthew Halls. Parmi ses projets récents,<br />
citons Dorinda (Orlando de <strong>Haendel</strong>)<br />
sous la direction de René Jacobs à La<br />
Monnaie de Bruxelles, la Messe en mi<br />
bémol majeur de Schubert dirigée par<br />
Manfred Honeck, ainsi que le concert<br />
d’ouverture du Festival de Postdam-<br />
Sanssouci avec l’Akademie für Alte Musik<br />
Berlin. Au nombre de ses engagements<br />
passés, on peut citer ses représentations<br />
au Festival d’Édimbourg, au Festival<br />
Haydn d’Eisenstadt (Eurilla dans Orlando<br />
Paladino), au Festival Mostly Mozart<br />
à New York (Zerlina dans Don Giovanni),<br />
à Paris (Despina dans Così fan tutte),<br />
à Madrid et Lisbonne (Serpetta dans La<br />
Finta Giardiniera). Depuis ses débuts<br />
européens en 2000, Sunhae Im<br />
a participé à de nombreuses<br />
productions. Elle a notamment chanté<br />
à la Staatsoper de Berlin, l’Opéra de<br />
Francfort, à la Staatsoper de Hambourg,<br />
à la Deutsche Oper de Berlin, à l’Opéra<br />
National de Paris, au Staatstheater de<br />
Stuttgart, à l’Opéra National de Corée,<br />
au Palais des Arts de Budapest et au<br />
Theater an der Wien. Au concert, Sunhae<br />
Im se produit dans un répertoire allant<br />
de Mozart (Exsultate, Jubilate, Messe en<br />
ut mineur), Haydn (La Création, Les<br />
Saisons), <strong>Haendel</strong> (Le Messie), Johann<br />
Sebastian Bach (Passions), Schubert,<br />
18
BIOGRAPHIES<br />
Mahler (Symphonie n° 4), Mendelssohn<br />
(Paulus), ainsi que Monteverdi, Vivaldi,<br />
Charpentier, Rameau et Gluck. Elle a été<br />
l’invitée du New York Philharmonic<br />
Orchestra et du Pittsburgh Symphony<br />
Orchestra. Elle a travaillé avec des chefs<br />
d’orchestre tels que Philippe<br />
Herreweghe, William Christie, Fabio<br />
Biondi, Thomas Hengelbrock, Herbert<br />
Blomstedt, Frans Brüggen, Giovanni<br />
Antonini, Iván Fischer, Kent Nagano,<br />
Riccardo Chailly, Lothar Zagrosek,<br />
Sylvain Cambreling, Ton Koopman, Marek<br />
Janowski et René Jacobs. Elle entretient<br />
des liens étroits avec l’Akademie für Alte<br />
Musik Berlin ainsi qu’avec le Freiburger<br />
Barockorchester. Nombre de ses<br />
enregistrements ont été récompensés.<br />
Jennifer Rivera<br />
La musicalité et la présence scénique de<br />
Jennifer Rivera en ont fait l’une des<br />
mezzo-sopranos les plus demandées de<br />
sa génération. Ses débuts européens<br />
très applaudis dans le rôle de Sesto (La<br />
Clémence de Titus) au Teatro Regio de<br />
Turin sous la direction de Roberto<br />
Abbado et dans une mise en scène de<br />
Graham Vick ont été suivis par des<br />
débuts à la Staatsoper de Berlin dans les<br />
rôles de Rosina (Le Barbier de Séville) et<br />
Nerone (A<strong>grippina</strong> sous la direction de<br />
René Jacobs). Par la suite, elle a été<br />
invitée à chanter Licida (L’Olimpiade de<br />
Pergolesi) au Festival d’Innsbruck et est<br />
revenue à la Staatsoper de Berlin pour y<br />
interpréter Rosina et Ismene (Antigone<br />
de Traetta sous la direction de René<br />
Jacobs). Durant l’été 2012, Jennifer<br />
Rivera est revenue à Innsbruck pour le<br />
rôle-titre de La Stellidaura vendicante.<br />
Cette saison, en plus d’A<strong>grippina</strong> à la<br />
Staatsoper de Berlin et à la <strong>Salle</strong> <strong>Pleyel</strong>,<br />
elle interprète Mrs. Williamson dans The<br />
Difficulty of Crossing a Field à l’Opéra de la Messe en ut de Mozart et la Messe en<br />
Nashville et fait ses débuts à l’Opéra de si de Bach avec l’Orchestre Symphonique<br />
Central City (Colorado) avec le rôle de d’Alabama au Berkshire Choral Festival,<br />
Rosina. Parmi ses engagements à venir, ainsi que The Mephisto Project à l’Opéra<br />
mentionnons son retour à l’Opéra de Français de New York. Jennifer Rivera<br />
Central City, ses débuts dans le rôle de a étudié à l’Université de Boston puis à la<br />
Sister Helen Prejean dans Dead Man Juilliard School. Elle est lauréate de<br />
Walking, Penelope (Le Retour d’Ulysse différents prix – Concours Operalia,<br />
dans sa patrie) avec Boston Baroque et Metropolitan Opera National Council<br />
Nerone (A<strong>grippina</strong>) avec Opera Omaha. Auditions, Concours Puccini Licia<br />
En 2011 sont parus deux enregistrements Albanese…<br />
de la mezzo-soprano : Nerone<br />
(A<strong>grippina</strong>) et Licida (L’Olimpiade). Bejun Mehta<br />
Durant la saison 2011/2012, elle a entre Bejun Mehta se produit sur les scènes<br />
autres chanté Cherubino à l’Opéra Royal des <strong>mai</strong>sons d’opéra les plus<br />
de Wallonie et Stéphano (Roméo et prestigieuses – Royal Opera House<br />
Juliette) à l’Opéra de Palm Beach et avec Covent Garden, Bayerische Staatsoper,<br />
l’Orchestre Symphonique de Columbus. Opéra National de Paris, Theater an der<br />
Très investie dans le do<strong>mai</strong>ne de la Wien, Staatsoper de Berlin, Théâtre<br />
musique contemporaine, elle a créé le Royal de la Monnaie, Opéra des Paysrôle<br />
de Sharon Falconer dans Elmer Bas, Liceu de Barcelone, Teatro Real de<br />
Gantry de Robert Aldridge à l’Opéra de Madrid, Metropolitan Opera de New York,<br />
Nashville en 2007 ; elle a également Lyric Opera de Chicago, opéras de Los<br />
participé à quatre productions de Little Angeles et San Francisco, festivals de<br />
Women de Mark Adamo (à New York, Salzbourg, Glyndebourne et Aix-en-<br />
Tokyo, Cleveland et Dayton), ainsi qu’à sa Provence… Ses engagements au concert,<br />
dernière œuvre, Lysistrata ; durant l’été de même que ses récitals aux côtés du<br />
2010, elle a créé le rôle de Veruca Salt pianiste Julius Drake, dans des<br />
dans The Golden Ticket de Peter Ash programmes allant du Baroque à la<br />
à l’Opéra Théâtre de Saint Louis. musique contemporaine, le mènent au<br />
Jennifer Rivera est très appréciée dans Concertgebouw d’Amsterdam, au<br />
les rôles travestis. Elle a ainsi incarné Wigmore Hall de Londres, au<br />
Cherubino au New York City Opera et Konzerthaus de Vienne, au Carnegie<br />
aux opéras de Hong-Kong, Cincinnati et Hall, au Zankel Hall, au 92 nd Street Y, au<br />
Portland, Lazuli (L’Étoile) au New York Palais des Beaux-Arts de Bruxelles, au<br />
City Opera et à l’Opéra de Cincinnati, Palau de les Arts de Valence, au Teatro<br />
Siebel (Faust) à l’Opéra de Cincinnati, ou de la Zarzuela de Madrid, à la Cité de la<br />
encore Stephano (Roméo et Juliette) musique de Paris, aux festivals de<br />
à l’Opéra de Madison (Wisconsin). Brême, Édimbourg, Saint-Sébastien,<br />
Jennifer Rivera a donné des récitals Verbier et du Schleswig-Holstein, ainsi<br />
dans différentes salles aux États-Unis qu’aux Proms de la BBC. Bejun Mehta<br />
avec la Fondation Marilyn Horne, ainsi s’est fait connaître d’un large public<br />
qu’un concert avec Marilyn Horne à travers de nombreuses retransmissions<br />
à Carnegie Hall. Elle a également chanté télévisées. Il a été nominé pour un Prix<br />
19
Laurence-Olivier à l’occasion de son<br />
interprétation du rôle d’Orlando au Royal<br />
Opera House Covent Garden. Il est<br />
titulaire d’un diplôme de littérature<br />
allemande de l’Université Yale. La saison<br />
dernière, il a entre autres chanté<br />
Arsamenes (Xerses) et Telemaco<br />
(Telemaco) au Theater an der Wien, le<br />
rôle-titre de Orlando à la Monnaie de<br />
Bruxelles, Tamerlano au Festival de<br />
Salzbourg ; il a donné une série de<br />
concerts avec le Freiburger<br />
Barockorchester et a participé à la<br />
création de Written on Skin de George<br />
Benjamin à Aix-en-Provence ; il s’est<br />
également produit en récital à la<br />
Staatsoper de Berlin et au Cuvilliés-<br />
Theater de Munich aux côtés de Julius<br />
Drake. Ses engagements pour la saison<br />
2012/2<strong>013</strong> comprennent notamment des<br />
reprises de Written on Skin à Amsterdam<br />
et au Royal Opera House Covent Garden,<br />
un programme d’airs de <strong>Haendel</strong> avec le<br />
Freiburger Barockorchester à Barcelone,<br />
Munich, Essen et Sankt Pölten, un<br />
programme d’arias avec l’Akademie für<br />
Alte Musik Berlin à Hambourg, Toulouse,<br />
Potsdam et au Musikverein de Vienne, le<br />
rôle de Ottone (A<strong>grippina</strong>) et<br />
AscheMOND oder The Fairy Queen de<br />
Helmut Oehring à la Staatsoper de<br />
Berlin, ainsi que Orlando (Orlando) au<br />
Festival de Hollande. La discographie de<br />
Bejun Mehta, récompensée par de<br />
nombreuses distinctions, comprend<br />
entre autres Ombra Cara – un recueil<br />
d’arias de <strong>Haendel</strong> avec le Freiburger<br />
Barockorchester et René Jacobs –, Down<br />
by the <strong>Salle</strong>y Gardens – un récital de<br />
mélodies romantiques anglaises avec<br />
Julius Drake –, ainsi que, disponibles en<br />
CD et DVD, A<strong>grippina</strong>, Belshazzar,<br />
Theodora, Mitridate, Le Messie,<br />
A Midsummer Night’s Dream de Britten<br />
et Written on Skin de Benjamin. Un<br />
enregistrement d’arias classiques avec<br />
l’Akademie für Alte Musik Berlin et René<br />
Jacobs paraîtra à la fin de l’année. En<br />
plus de ses activités de chanteur, Bejun<br />
Mehta a été invité par l’orchestre<br />
baroque belge B’Rock à diriger une série<br />
de concerts consacrés à des œuvres de<br />
Haydn et Mozart en octobre 2<strong>013</strong><br />
à Amsterdam, Bruges, Anvers et<br />
Bruxelles.<br />
Christian Senn<br />
Né au Chili, Christian Senn vit en Italie<br />
depuis quelques années. Après avoir<br />
obtenu un diplôme de biologie, il intègre<br />
l’Académie pour jeunes chanteurs de la<br />
Scala de Milan, où il étudie avec Leyla<br />
Gencer, Luigi Alva et Vincenzo Manno.<br />
Il chante sous la direction de chefs<br />
d’orchestre comme Riccardo Muti,<br />
Riccardo Chailly, Maurizio Benini,<br />
Maurizio Barbacini, Carlo Rizzi, Giovanni<br />
Antonini, Ottavio Dantone, Fabio Biondi,<br />
Jean-Christophe Spinosi, Romano<br />
Gandolfi, Roberto Rizzi Brignoli ou<br />
Corrado Rovaris, notamment à la Scala<br />
de Milan, au Konzerthaus de Vienne, au<br />
Théâtre du Châtelet à Paris, au Palau de<br />
la Música de Valence, au Teatro Regio de<br />
Turin, au Teatro Comunale de Florence,<br />
à la Fenice de Venise, <strong>mai</strong>s aussi au<br />
Kanagawa Hall de Yokohama et au<br />
Théâtre National de Santiago du Chili.<br />
Interprète recherché du bel canto,<br />
il a chanté Figaro dans Il Barbiere di<br />
Siviglia dans différentes productions à la<br />
Scala, au Teatro Regio de Turin ou à la<br />
Fenice de Venise. Récemment,<br />
il a interprété avec succès le Conte dans<br />
Le Nozze di Figaro à la Scala, Taddeo<br />
dans L’italiana in Algeri au Teatro Regio<br />
de Turin et Papageno dans Die<br />
Zauberflöte à Montpellier. Par la suite,<br />
il a incarné Guglielmo dans Così fan tutte<br />
au Théâtre National de Santiago du Chili<br />
sous la direction de Maurizio Benini puis<br />
à Vérone et Reggio Emilia sous celle de<br />
Jonathan Webb. Récemment, il a chanté<br />
le rôle de Pacuvio dans La Pietra di<br />
paragone de Rossini au Théâtre du<br />
Châtelet à Paris et au Teatro Regio<br />
à Parme sous la direction de Jean-<br />
Christophe Spinosi, Zoroastro dans<br />
Orlando de <strong>Haendel</strong> au Palau de les Arts<br />
de Valence, Valentin dans Faust de<br />
Gounod et Enrico dans Lucia di<br />
Lammermoor de Donizetti à Santiago du<br />
Chili, Nanni dans L’Infedeltà delusa de<br />
Haydn au Festival de Potsdam-Sanssouci.<br />
Également très à l’aise dans le répertoire<br />
baroque, il a chanté le rôle-titre de<br />
Bajazet de Vivaldi dans les grandes<br />
capitales européennes et au Japon avec<br />
Europa Galante et Fabio Biondi, La<br />
Betulia liberata de Mozart avec Ottavio<br />
Dantone, La Senna dans La Senna<br />
festeggiante de Vivaldi avec Paul<br />
Goodwin, Alexander’s Feast de <strong>Haendel</strong><br />
avec Diego Fasolis… Il interprète<br />
également de nombreuses œuvres de<br />
Bach (cantates, Oratorio de Noël, Passion<br />
selon saint Jean, Passion selon saint<br />
Matthieu, Magnificat) ainsi que la Messe<br />
solennelle de César Franck, la Messe<br />
solennelle de sainte Cécile de Gounod ou<br />
le Requiem de Fauré. Parmi ses<br />
enregistrements figurent Tito Manlio de<br />
Vivaldi et La Pietra del paragone de<br />
Rossini en DVD (enregistrement live au<br />
Théâtre du Châtelet). Parmi ses<br />
engagements récents ou à venir,<br />
mentionnons Figaro (Il Barbiere di<br />
Siviglia), entre autres à la Deutsche Oper<br />
Berlin et à la Fenice, le Maître de<br />
musique (Le Convenienze ed<br />
Inconvenienze teatrali de Donizetti) à la<br />
Scala, Astolfo (Orlando furioso de<br />
20
BIOGRAPHIES<br />
Vivaldi) au Théâtre des Champs-Élysées<br />
et à Nice, Le Conte (Le Nozze di Figaro)<br />
à Potsdam, Malatesta (Don Pasquale de<br />
Donizetti) à la Scala, le rôle-titre de<br />
Polifemo de Porpora au Theater an der<br />
Wien avec Rubén Dubrovsky, Pallante<br />
(A<strong>grippina</strong> de <strong>Haendel</strong>) à la Deutsche<br />
Staatsoper de Berlin avec René Jacobs<br />
(mise en scène de Vincent Boussard) ou<br />
Guglielmo (Così fan tutte) au Festival<br />
Donizetti de Bergame.<br />
Dominique Visse<br />
Le contre-ténor Dominique Visse se<br />
partage toujours, en 2012/2<strong>013</strong>, entre les<br />
scènes d’opéra et sa collaboration fidèle<br />
avec plusieurs ensembles. Ainsi, il est<br />
à l’affiche de David et Jonathas de<br />
Charpentier avec Les Arts Florissants<br />
sous la direction de William Christie, un<br />
spectacle qui après le Festival d’Aix-en-<br />
Provence et le Festival d’Édimbourg est<br />
repris à l’Opéra-Comique à Paris, au<br />
Théâtre de Caen et à la Brooklyn<br />
Academy of Music. On peut également<br />
l’entendre avec Jean-Claude Malgoire et<br />
l’Atelier Lyrique de Tourcoing dans<br />
L’Anfiparnaso et Gianni Schicchi, dans la<br />
reprise de Giulio Cesare à l’Opéra de<br />
Paris sous la direction d’Emmanuelle<br />
Haïm (rôle de Nireno) et dans A<strong>grippina</strong><br />
à Berlin (rôle de Narciso) ; dans le<br />
do<strong>mai</strong>ne contemporain, il est Amour et<br />
Carise dans la création de La Dispute de<br />
Benoît Mernier à la Monnaie de<br />
Bruxelles. En concert, il se produit<br />
notamment avec Café Zimmermann<br />
pour un programme de cantates<br />
comiques, avec l’Ensemble Clément<br />
Janequin, avec l’ensemble Electrocento,<br />
et pour les trente ans de La Péniche-<br />
Opéra. C’est à l’âge de 11 ans que<br />
Dominique Visse entre à la Maîtrise de<br />
Notre-Dame-de-Paris. En même temps,<br />
il commence des études d’orgue et de contemporaines comme Outis de<br />
flûte qu’il achèvera au Conservatoire de Luciano Berio à la Scala de Milan, Perelà,<br />
Versailles. Passionné de musique L’homme de fumée de Pascal Dusapin<br />
médiévale et Renaissance, il rencontre à l’Opéra de Paris, La Frontière de<br />
en 1976 le pionnier de la voix de hautecontre<br />
Alfred Deller et devient son élève. Mare Nostrum de Kagel avec Jean-<br />
Philippe Manoury aux Bouffes du Nord et<br />
Il travaille également avec Nigel Rogers, Claude Malgoire et également dans une<br />
René Jacobs et William Christie. En 1978, production de La Péniche-Opéra.<br />
Dominique Visse fonde l’Ensemble Dominique Visse se consacre<br />
Clément Janequin, avec lequel<br />
à l’Ensemble Clément Janequin qui<br />
il enregistre notamment une série de a fêté ses 30 ans en 2008 et dont<br />
disques de chansons polyphoniques l’impressionnante discographie remporte<br />
françaises de la Renaissance. L’année de nombreuses récompenses. Il donne<br />
suivante, il entre aux Arts Florissants en également des récitals avec luth ou<br />
tant que chanteur et transcripteur de piano et accordéon allant de Machaut<br />
l’ensemble. Depuis cette époque, à Berio en passant par Dowland,<br />
il collabore avec René Jacobs, Jean- Schubert, Offenbach, Massenet, Satie,<br />
Claude Malgoire, William Christie, Poulenc et Takemitsu. Il a enregistré plus<br />
Philippe Herreweghe, Ton Koopman, d’une cinquantaine de disques, dont le<br />
Alan Curtis, Nicholas MacGegan, plus récent, avec l’Ensemble Clément<br />
Christophe Rousset, Robert King, Ivor Janequin, L’Écrit du Cri, couvre une<br />
Bolton, Harry Bicket ou Emmanuelle période allant de la Renaissance à nos<br />
Haïm, se produisant aux opéras de Paris, jours. Dominique Visse grave avec Agnès<br />
Berlin, Cologne, Amsterdam, Lausanne, Mellon et son ensemble Barcarole le CD<br />
Tel-Aviv, Montpellier, Houston, Barcelone, Parole e Querele d’Amore récemment<br />
Munich, Versailles, à la Monnaie paru. En 2012 est paru un<br />
à Bruxelles, au Théâtre du Châtelet et au enregistrement consacré à Dowland<br />
Théâtre des Champs-Élysées à Paris, au avec le célèbre consort de violes<br />
Royal Opera House à Londres, en Fretwork et le luthiste Éric Bellocq.<br />
tournée au Japon et aux États-Unis, ainsi<br />
qu’aux festivals de Glyndebourne, Gyula Orendt<br />
Aix-en-Provence, Innsbruck… Dominique Né en 1985 en Transylvanie, Gyula<br />
Visse ne se limite pas au répertoire Orendt a étudié le chant au<br />
baroque : il chante dans Les Brigands Conservatoire Franz Liszt de Budapest.<br />
d’Offenbach mis en scène par Jérôme Encore étudiant, il a interprété le rôletitre<br />
de Saul de <strong>Haendel</strong> sous la direction<br />
Deschamps et enregistre sous la<br />
direction de Charles Dutoit le rôle de La de Helmut Rilling, ainsi que l’Évangéliste<br />
Marquise dans Le Gendarme incompris dans la la Passion selon saint Luc de<br />
de Poulenc. Il interprète le rôle d’Oreste Johann Sebastian Bach. Il a également<br />
dans La Belle Hélène dans une mise en interprété Colas dans Bastien und<br />
scène d’Herbert Wernicke au Festival Bastienne de Mozart à Györ et le<br />
d’Aix-en-Provence puis au Festival de Liederkreis op. 24 de Schumann au<br />
Salzbourg. Dominique Visse est<br />
Festival de Bad Kissingen. Gyula Orendt<br />
également sollicité pour des œuvres a remporté trois prix au Concours<br />
21
Francisco Viñas 2010 : Prix Mozart, Prix<br />
de l’oratorio et du lied, Prix Dalton<br />
Baldwin. Il est membre de la troupe de la<br />
Staatsoper Berlin depuis la saison<br />
2011/2012 et jusqu’en 2015. En tant<br />
qu’invité, il s’est produit au Royal Opera<br />
House Covent Garden, au Festival de<br />
Glyndebourne, à la Bayerische<br />
Staatsoper de Munich, à l’Opéra National<br />
de Lorraine-Nancy, à la <strong>Salle</strong> <strong>Pleyel</strong>, avec<br />
l’Orchestre Symphonique de Barcelone,<br />
à l’Auditorium de Barcelone, à la<br />
Philharmonie de Berlin. etc. Son<br />
répertoire comprend le rôle-titre de<br />
L’Orfeo de Monteverdi, le Temps et le<br />
Conseil dans La Rappresentatione di<br />
Anima e di Corpo de Cavalieri et Lesbus<br />
dans A<strong>grippina</strong> de <strong>Haendel</strong> (tous deux<br />
avec René Jacobs), le Conte dans Le<br />
Nozze di Figaro, Guglielmo dans Così fan<br />
tutte, Nardo dans La Finta Giardiniera,<br />
Papageno dans Die Zauberflöte de<br />
Mozart, le rôle-titre du Barbiere di<br />
Siviglia de Rossini, Belcore dans L’Elisir<br />
d’amore de Donizetti, Le Garde-chasse<br />
dans Rusalka de Dvořák, Un requiem<br />
allemand de Brahms ou les Lieder eines<br />
fahrenden Gesellen de Mahler, entre<br />
autres. Parmi ses engagements en cours<br />
ou à venir, mentionnons Die Zauberflöte,<br />
L’Elisir d’amore, A<strong>grippina</strong> et Il Barbiere<br />
di Siviglia à la Staatsoper de Berlin, le<br />
rôle-titre de L’Orfeo de Monteverdi<br />
à l’Opéra National de Lorraine avec<br />
Christophe Rousset et Les Talens<br />
Lyriques (mise en scène de Claus Guth),<br />
La Finta Giardiniera et Le Nozze di Figaro<br />
au Festival de Glyndebourne, ainsi que<br />
Così fan tutte à la Bayerische Staatsoper<br />
de Munich.<br />
René Jacobs<br />
C’est comme petit chanteur à la Maîtrise<br />
de la cathédrale de Gand, sa ville natale,<br />
que René Jacobs reçoit sa première Socrates de Telemann, Cleopatra e<br />
formation musicale. Il poursuit les études Cesare de Graun, L’Opera seria de<br />
musicales et le chant tout au long de sa Gassmann, Eliogabalo de Cavalli, ou<br />
scolarité, y compris pendant sa<br />
encore Croesus de Reinhard Keiser. René<br />
spécialisation en philologie classique Jacobs a plus de 250 enregistrements<br />
à l’Université de Gand. Ses rencontres discographiques à son actif,<br />
avec Alfred Deller, Gustav Leonhardt et récompensés par de nombreuses<br />
les frères Kuijken détermineront son distinctions en Europe et aux États-Unis :<br />
orientation vers la musique baroque et Prix de la Critique de Disque Allemande,<br />
sa spécialisation comme contre-ténor et Prix Edison aux Pays-Bas, Prix de la BBC<br />
il en devient rapidement l’un des et Prix Gramophone en Grandereprésentants<br />
les plus éminents. Il créé Bretagne, Prix de l’Académie Charlesle<br />
Concerto Vocale en 1977, destiné Cros, Prix du Midem, Prix Caecilia en<br />
d’abord à une série d’enregistrements Belgique… Ses enregistrements d’opéras<br />
discographiques chez Harmonia Mundi, de Mozart ont été salués et primés et ses<br />
réunissant autour de lui des musiciens Noces de Figaro ont reçu le Grammy<br />
tels que William Christie, Judith Nelson, Award du meilleur enregistrement<br />
Konrad Junghänel, Wieland Kuijken, Roel d’opéra. L’Université de Gand l’a nommé<br />
Dieltiens et quelques autres. Il explore docteur honoris causa. René Jacobs<br />
avec cet ensemble le répertoire oublié a été le directeur artistique du Festival<br />
ou très peu connu alors de la musique d’Innsbruck de 1997 à 2009. Une étroite<br />
vocale de chambre du XII e siècle et une collaboration le lie d’une part à la<br />
importante série d’enregistrements Staatsoper unter den Linden de Berlin<br />
primés par la critique internationale (qui l’a nommé chef principal invité dès<br />
jalonnera ce parcours, gravant pour la 1992) et d’autre part au Theater an der<br />
première fois sur disque les Airs de cour Wien depuis 2007. Ces deux villes sont<br />
français, Airs et Cantates de Gaspar aujourd’hui ses principaux ports<br />
Kittel, des œuvres de Durante, Cesti, d’attache dans le do<strong>mai</strong>ne opératique.<br />
Mazocchi, ouvrant la voie à de nombreux Il dirigera prochainement Idomeneo de<br />
ensembles de jeunes musiciens<br />
Mozart et Le Barbier de Séville de<br />
intéressés par ce répertoire. En 1983, la Paisiello. Au disque, après La Finta<br />
production de l’Orontea de Cesti au Giardiniera de Mozart et le premier<br />
Festival d’Innsbruck sous sa direction enregistrement mondial de l’œuvre<br />
musicale marque les débuts de son inédite de Pergolesi Septem Verba de<br />
activité de chef lyrique qui se<br />
Cristo à Cruce, René Jacobs reviendra<br />
développera tout aussi rapidement. à Johann Sebastian Bach avec La<br />
Il dirigera des opéras de Monteverdi, Passion selon saint Matthieu (sortie<br />
Cavalli, <strong>Haendel</strong>, Gluck, Mozart et Rossini prévue en octobre 2<strong>013</strong>).<br />
sur les plus grandes scènes<br />
internationales, tout en continuant son Akademie für Alte Musik Berlin<br />
travail passionné de défricheur aussi Fondée en 1982 à Berlin-Est, l’Akademie<br />
dans le do<strong>mai</strong>ne de l’opéra, en défendant für Alte Musik Berlin (Akamus) est<br />
sur scène ou sur disque des opéras peu aujourd’hui un des orchestres de<br />
connus comme Orpheus et Der geduldige chambre sur instruments d’époque les<br />
22
BIOGRAPHIES<br />
plus renommés. L’ensemble se produit<br />
régulièrement sur les scènes<br />
européennes, asiatiques et américaines.<br />
En 2<strong>013</strong>, il se produira en Europe<br />
à l’occasion de concerts et productions<br />
d’opéras ; en 20<strong>14</strong>, il effectuera une<br />
tournée aux États-Unis. Depuis 1984,<br />
l’ensemble donne sa saison de concerts<br />
au Konzerthaus de Berlin. Depuis 1994,<br />
il est l’invité régulier de la Staatsoper<br />
Unter den Linden à Berlin. Depuis la<br />
saison 2012/2<strong>013</strong>, il a également sa<br />
propre série de concerts au<br />
Prinzregententheater de Munich.<br />
L’Akademie für Alte Musik Berlin donne<br />
chaque année environ 100 concerts dans<br />
différentes configurations, de l’orchestre<br />
de chambre à l’orchestre symphonique,<br />
se produisant sous la direction de<br />
Konzertmeister comme Midori Seiler,<br />
Stephan Mai, Bernhard Forck et Georg<br />
Kallweit, ainsi que de chefs invités.<br />
Depuis bientôt 25 ans, une collaboration<br />
étroite lie l’Akademie für Alte Musik<br />
Berlin à René Jacobs, donnant naissance<br />
à un grand nombre de productions<br />
d’opéras et d’oratorios, notamment La<br />
Flûte enchantée de Mozart, dont<br />
l’enregistrement a été salué par la<br />
critique. L’ensemble travaille également<br />
avec des chefs d’orchestre comme<br />
Marcus Creed, Daniel Reuss, Peter<br />
Dijkstra et Hans-Christoph Rademann.<br />
L’Akademie für Alte Musik Berlin<br />
s’associe fréquemment avec le RIAS<br />
Kammerchor – nombre de leurs disques<br />
ont été primés, témoignant de la qualité<br />
de cette association. L’Akademie für Alte<br />
Musik Berlin travaille régulièrement avec<br />
des solistes de renom comme Andreas<br />
Scholl, Sandrine Piau ou encore Bejun<br />
Mehta. En collaboration avec la<br />
compagnie de danse Sasha Waltz &<br />
Guests, l’Akademie für Alte Musik Berlin<br />
donne naissance à des productions<br />
innovantes : Dido & Aeneas d’Henry<br />
Purcell, Medea de Pascal Dusapin ou<br />
encore le spectacle Quatre Éléments<br />
– Quatre Saisons. La discographie de<br />
l’ensemble, qui paraît en exclusivité chez<br />
Harmonia Mundi France depuis 1994,<br />
a reçu de nombreuses distinctions :<br />
Grammy Award, Diapason d’or, Cannes<br />
Classical Award, Prix Gramophone ou<br />
Prix Edison. Son DVD de Dido & Aeneas<br />
avec Sasha Waltz & Guests a obtenu le<br />
Prix de la Critique de Disque Allemande<br />
en 2009. Son enregistrement de la<br />
Brockespassion de Telemann a été<br />
récompensé par le Midem Classical<br />
Award 2010 et un Choc de l’année du<br />
Monde de la musique. Sa dernière<br />
parution, premier enregistrement<br />
mondial des Septem Verba de Cristo<br />
à Cruce de Pergolesi, a été distingué par<br />
Télérama (ffff).<br />
Violons<br />
Bernhard Forck<br />
Daniel Deuter<br />
Erik Dorset<br />
Gudrun Engelhardt<br />
Kerstin Erben<br />
Edburg Forck<br />
Thomas Graewe<br />
Barbara Halfter<br />
Stephan Mai<br />
Rahel Mai<br />
Uta Peters<br />
Gabriele Steinfeld<br />
Dörte Wetzel<br />
Altos<br />
Annette Geiger<br />
Anja-Regine Graewel<br />
Clemens-Maria Nussbaumer<br />
Stephan Sieben<br />
Violoncelles<br />
Jan Halfter-Freiheit<br />
Barbara Kernig<br />
Contrebasses<br />
Walter Rumer<br />
Michelle Wenderlich<br />
Mirjam Wittulski<br />
Flûte à bec<br />
Andrea Theinert<br />
Flûte à bec et hautbois<br />
Xenia Löffler<br />
Hautbois<br />
Michael Bosch<br />
Basson<br />
Christian Beuse<br />
Basson et contrebasson<br />
Eckhard Lenzing<br />
Trompettes<br />
Wolfgang Gaisböck<br />
Sebastian Kuhn<br />
Timbales<br />
Heiner Herzog<br />
Luth<br />
Shizuko Noiri<br />
Théorbe et guitare baroque<br />
Dolores Costoyas<br />
Clavecin et orgue<br />
Raphael Alpermann<br />
Clavecin<br />
Wiebke Weidanz<br />
23
<strong>Salle</strong> <strong>Pleyel</strong> | et aussi…<br />
LUNDI 23 SEPTEMBRE 2<strong>013</strong>, 20H<br />
Georg Friedrich <strong>Haendel</strong><br />
Alessandro (version de concert)<br />
Armonia Atenea<br />
George Petrou, direction<br />
Max Emanuel Cencic, Alessandro<br />
Julia Lezhneva, Rossane<br />
Laura Aikin, Lisaura<br />
Xavier Sabata, Tassile<br />
Pavel Kudinov, Clito<br />
Juan Sancho, Leonato<br />
Vasily Khoroshev, Cleone<br />
MARDI 8 OCTOBRE 2<strong>013</strong>, 20H<br />
Le Génie italien<br />
Ruggero Leoncavallo<br />
Pagliacci (extraits)<br />
Giacomo Puccini<br />
Manon Lescaut (extrait)<br />
La Fanciulla del West (extrait)<br />
Giuseppe Verdi<br />
Otello (extraits)<br />
José Cura, ténor<br />
Camilla Nylund, soprano<br />
Orchestre National d’Île-de-France<br />
Mario De Rose, direction<br />
Coproduction Céleste Productions - Les Grandes Voix,<br />
<strong>Salle</strong> <strong>Pleyel</strong>.<br />
VENDREDI 11 OCTOBRE 2<strong>013</strong>, 19H30<br />
Wolfgang Amadeus Mozart<br />
Les Noces de Figaro (version de concert)<br />
Freiburger Barockorchester<br />
Le Jeune Chœur de Paris<br />
René Jacobs, direction<br />
Pietro Spagnoli, le comte Almaviva<br />
Rosemary Joshua, la comtesse Almaviva<br />
Sophie Karthaüser, Susanna<br />
Konstantin Wolff, Figaro<br />
Anett Fritsch, Cherubino<br />
Isabelle Poulenard, Marcellina<br />
Marcos Fink, Bartolo, Antonio<br />
Thomas Walker, Basilio, Don Curzio<br />
Lore Binon, Barbarina<br />
SAMEDI 23 NOVEMBRE 2<strong>013</strong>, 19H30<br />
Wolfgang Amadeus Mozart<br />
Les Mystères d’Isis<br />
Arrangé par Ludwig Wenzel Lachnith,<br />
d’après La Flûte enchantée<br />
Le Concert Spirituel<br />
Chœur de la Radio Flamande<br />
Hervé Niquet, direction<br />
Sandrine Piau, Pamina<br />
Marie Lenormand, Mona<br />
Marianne Crebassa, Myrrène<br />
Frédéric Antoun, Isménor<br />
Tassis Christoyannis, Bochoris<br />
Jean Teitgen, Zarastro<br />
CITÉ DE LA MUSIQUE<br />
MARDI 4 JUIN 2<strong>013</strong>, 20H<br />
Trionfi sacri (Missa solenna per San Marco)<br />
Pièces de Andrea Gabrieli, Giovanni Gabrieli<br />
et Claudio Monteverdi<br />
Ensemble La Fenice<br />
Jean Tubéry, direction<br />
Claire Lefilliâtre, soprano<br />
Renaud Tripathi, haute-contre<br />
Jan van Elsacker, ténor<br />
Marc Mauillon, baryton<br />
Nederlands Kamerkoor<br />
Klaas Stok, chef de chœur<br />
Dans le cadre de la 6 e Biennale d’art vocal,<br />
du 25 <strong>mai</strong> au 15 juin à la Cité de la musique.<br />
Coproduction Palazzetto Bru Zane - Centre de musique<br />
romantique française, <strong>Salle</strong> <strong>Pleyel</strong>.<br />
Les partenaires média de la <strong>Salle</strong> <strong>Pleyel</strong><br />
imprimeur BAF Licences : 1-1056849, 2-1056850, 3-105851