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REGENERATION IN VITRO DE CINQ VARIETES DE CAFEIERS ...

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UNIVERSITE D’ANTANANARIVO<br />

FACULTE <strong>DE</strong>S SCIENCES<br />

<strong>DE</strong>PARTEMENT<br />

<strong>DE</strong><br />

BIOCHIMIE FONDAMENTALE ET APPLIQUEE<br />

MEMOIRE <strong>DE</strong> DIPLOME D’ETU<strong>DE</strong>S APPROFONDIES<br />

<strong>DE</strong><br />

BIOCHIMIE<br />

Option: BIOTECHNOLOGIE-MICROBIOLOGIE<br />

<strong>REGENERATION</strong> <strong>IN</strong> <strong>VITRO</strong> <strong>DE</strong> C<strong>IN</strong>Q <strong>VARIETES</strong> <strong>DE</strong><br />

<strong>CAFEIERS</strong><br />

(C.arabica bourbon, C. perrieri, C. racemosa, Var. AM2, Var. 344 ATo)<br />

EXTRACTION D'ADN GENOMIQUE<br />

<strong>DE</strong><br />

C. arabica bourbon, C. racemosa, C. perrieri<br />

Présenté par<br />

RAZAFIMAHARO Christian Benjamin<br />

Maître-ès-sciences<br />

Soutenu le 21 juillet 2003 devant les membres du jury compose de<br />

Président du jury : Madame RALAMBORANTO Laurance, Professeur titulaire<br />

Rapporteur : Monsieur Daniel RAMAMONJISOA, Maître de conférences<br />

Examinateurs : Monsieur RAHERIMANDIMBY Marson, Professeur<br />

Madame RAKOTO Doll Aurore, Docteur.


Ho an’I DADA sy MAMA,<br />

Niaritra ny mafy tokoa ianareo nandritra ireo taona maro tamin’ny fanampiana sy<br />

fanohanana. Nody ventiny tokoa izao ny rano natsakaina, ka indro atolotro “ity” ho<br />

fankasitrahana anareo.<br />

Ho anareo Zoky sy Zandry,<br />

Atolotro anareo ity asa ity ho mariky ny maha iray antsika sy ny fifankatiavantsika. Tsy<br />

tanteraka izao raha tsy ny fanampiana avy aminareo.


REMECIEMENT<br />

Je tiens tout particulièrement à remercier le Chef du Département de Recherches Agronomiques<br />

(DRA) à Ambatobe de nous avoir accueilli au sein de son équipe et de nous avoir fait confiance tout au<br />

long de notre séjour au FOFIFA.<br />

Nous tenons à exprimer toute notre reconnaissance envers les Chefs des deux Département DRFP<br />

et DRT du FOFIFA pour toutes les peines qu`ils se sont données pour nous procurer les matériels et les<br />

produits dont nous avions besoin.<br />

Je remercie vivement Monsieur RAKOTOMALALA Jean Jacques pour les documents et l`appareil<br />

photographique qui nous a permis de réaliser les belles photos illustrants ce travail.<br />

J`ai une dette particulière envers RAMAMONJISOA Daniel, maître de conférences à la faculté des<br />

sciences d`Antananarivo. Ce travail a pu être mené à bien, pour une grande part, grâce à son aide et à<br />

ses qualités scientifiques et humaines. Je lui exprime ma profonde gratitude.<br />

Nos remerciements vont aussi :<br />

- au Professeur JEANNODA Victor, chef du département de Biochimie Fondamentale et Appliquée<br />

et responsable de la formation en troisième cycle, de nous avoir prodigué des conseils tout au long de<br />

notre formation.<br />

- au Professeur titulaire RALAMBORANTO Laurence, qui nous a fait le grand honneur de<br />

présider cette commission d`examen.<br />

- au Professeur RAHERIMANDIMBY Marson et au Docteur RAKOTO Doll Aurore d`avoir bien<br />

voulu accepter de juger ce travail.<br />

A tous ceux qui, de prés ou de loin, ont contribué à la réalisation de ce travail, notamment<br />

- les chercheurs et les techniciens du laboratoire de la phytopathologie du DRA<br />

d`Ambatobe<br />

- les ami(e)s qui m’ont soutenu moralement et surtout spirituellement durant ces années<br />

d`études.<br />

Merci !<br />

Christian


Liste des abréviations<br />

ADN : Acide désoxyribonucléique<br />

AM : Arabica x Mascarocoffea<br />

EDTA : Ethylène diamine tétracétique<br />

BET : Bromure d’éthydium<br />

DMSO : Diméthylsulfoxyde<br />

DRA : Département de Recherches Agronomiques du FOFIFA<br />

FOFIFA : Foibem-pirenena momba ny Fikarohana Ampiharina amin’ny Fampandrosoana ny<br />

Ambanivohitra<br />

GCA : Eugenoide x canephora x arabica<br />

GD6 : Milieu de GREYSSHOF et DOY avec 60 g/l de saccharose<br />

IRAM : Institut de Recherches Agronomiques de Madagascar<br />

IRCC : Institut de Recherche du Café, du Cacao et autres plantes stimulantes<br />

Kb : Kilobases ou kilo paire de bases<br />

MS4 : Milieu de MURASHIGE et SKOOG avec 40 g/l de saccharose<br />

Na 2 EDTA : Ethylène Diamine Tétra Acétique Disodique<br />

RNase : Ribonucléase<br />

Tris : Tris- (hydroxyméthyl) aminoéthane<br />

UV : Ultraviolet


GLOSSAIRE<br />

Cals : Amas de cellules indifférenciées résultant de la totipotence des tissus végétaux<br />

Crossette : Fragment de tige attaché à la feuille<br />

Caulogènese : Régénération de tige à partir de culture de microbouture ou de cals embryogènes.<br />

Eucoffea : Section de caféiers cultivés, appartenant au genre Coffea<br />

Mascarocoffea : Section de caféiers spontanés de Madagascar et des îles Mascareignes appartenant au<br />

genre Coffea<br />

Microboutures axéniques : nœuds exemptes de tout micro-organisme depuis leur naissance en les<br />

cultivant dans des isolateurs assurant les conditions de stérilité absolue.<br />

Orthotrope : Ramification primaire portant les branches fructifères<br />

Photopériode : Alternance de période d’illumination et de période sombre dans le cycle journalier d’une<br />

plante<br />

Plagiotrope : Branche fructifère<br />

Protoplaste : Cellule somatique débarrassée de sa membrane cellulosique<br />

Rameaux semi-aoutés : Rameaux de l’année semi-lignifiés<br />

Séquence palindromique : Séquence d'ADN pouvant se lire de la même façon sur les deux brins<br />

complémentaires, dans des directions opposées


LISTE <strong>DE</strong>S TABLEAUX<br />

TABLEAU 1 : Structure botanique de la tribu des caféiers.<br />

TABLEAU 2 : Types de désinfections utilisées.<br />

TABLEAU 3 : Les différents milieux de cultures utilisés.<br />

TABLEAU 4 : Résultats de la désinfection des microboutures.<br />

TABLEAU 5 : Résultats des microbouturages.<br />

TABLEAU 6 : Résultats d'initiation de la racine.<br />

TABLEAU 7 : Résultats de l'embryogenèse somatique indirecte.<br />

TABLEAU 8 : Résultats de la maturation des cals.


Listes des figures<br />

Figure 1 : Structures des auxines<br />

Figure 2 : Structure des cytokinines utilisés


Listes des photo<br />

Photo 1a : C. perrieri<br />

Photo 1b : C. perrieri. Rameaux.<br />

Photo 2a : C. racemosa.<br />

Photo 2b : C. racemosa. Rameaux.<br />

Photo 3a : C. arabica bourbon.<br />

Photo 3b : C. arabica bourbon. Rameaux.<br />

Photo 4 : Feuilles de la variété 344 ATO sur GD6 + AIA 8 mg/l + 6 mg/l kinétine après 1 semaine de<br />

culture.<br />

Photo 5: Feuilles de la variété 344 AT 0 sur GD6 + 8mg/l AIA + 6mg/l kinétine après 1 mois de culture<br />

Photo 6 : Feuilles de la variété 344 ATO sur GD6 + BAP 6 mg/l + 2,4-D 8 mg/l après 1 mois et demi de<br />

culture.<br />

Photo 7 : Microbouture de C. arabica var. bourbon après 8 jours de culture sur milieu D (MS4 + 6mg/l<br />

BAP)<br />

Photo 8 : Microbouture de C. arabica var. bourbon après 8 jours de culture sur milieu D (MS4 + 6mg/l<br />

BAP)<br />

Photo 9 : Microbouture de la variété AM2 sur milieu D (MS4 + 6 mg/l BAP) après 2 mois et demi de<br />

culture<br />

Photo 10 : Microbouture de la variété AM2 sur milieu C (MS4 + 6mg/l kinétine) après 1 mois et demi de<br />

culture<br />

Photo 11 : Microbouture de la variété AM2 sur milieu F (MS4 + 6mg/l kinétine + 0,6 mg/l AIB) après 2<br />

mois de culture


Photo 12 : Microbouture de la variété AM2 sur milieu D (MS4 + 6mg/l BAP) après 1 mois de culture<br />

Photo 13 : Microbouture de C. arabica var bourbon sur milieu C (MS4 + 6mg/l kinétine) après 2 mois de<br />

culture<br />

Photo 14 : microboutures de la variété AM2 après 1 mois de culture sur milieu D (MS4 + 6mg/l de BAP)<br />

Photo 15 : Electrophorégramme sur gel d'agarose<br />

Photo 16 : Electrophorégramme sur gel d'agarose après digestion<br />

Photo 17 : Ectrophorégramme sur gel d'agarose après reconcentration


SOMMAIRE<br />

<strong>IN</strong>TRODUCTION…………………………………………………………….1-2<br />

PREMIERE PARTIE : GENERALITES<br />

I- DONNEES SUR LES <strong>CAFEIERS</strong><br />

I-1- Systématique des caféiers………………………………………………3-5<br />

I-2- Description des espèces utilisées<br />

I-2-1- Coffea arabica variété bourbon…………………………………5<br />

I-2-2- Coffea racemosa………………………………………………..6<br />

I-2-3- Coffea perrieri (A-5)…………………………………………...6<br />

I-2-4-Variété hybride AM2……………………………………………6<br />

I-2-5-Variété hybride 344 AT 0 (ET6-18 x GC1T 0 )……………………6<br />

II- PROPAGATION VEGETATIVE <strong>DE</strong>S <strong>CAFEIERS</strong> : le bouturage<br />

II-1- Transport des bois de bouture…………………………………………7<br />

II-2- Préparation des bacs de bouturage…………………………………….7<br />

II-3- Préparation des boutures<br />

II-3-1 Découpage en bouture feuillue à un nœud………………………8<br />

II-3-2 L'éclairement et aptitude au bouturage………………………….8<br />

III-CULTURE <strong>IN</strong>-<strong>VITRO</strong><br />

III-1- Historique…………………………………………………………..9<br />

III-2 –Réaction des explants mis en culture………………………………10<br />

III-3- Méthodes de régénération in-vitro appliquées au caféier<br />

III-3-1- Culture de méristème………………………………………..10<br />

III-3-2- Microbouturage……………………………………………...10<br />

III-3-3- Embryogenèse somatique……………………………………11<br />

- A partir de microboutures…………………………………………11<br />

- A partir de fragments de feuille…………………………………...11<br />

- Embryogenèse sur ovule de caféier……………………………….11<br />

- Par culture d’anthères……………………………………………..11<br />

- Par fusion de protoplastes……………………………………….12


<strong>DE</strong>UXIEME PARTIE : MULTIPLICATION <strong>IN</strong> <strong>VITRO</strong> <strong>DE</strong>S ESPECES UTILISEES<br />

I- MATERIELS<br />

I-1- Le matériel végétal……………………………………………………16<br />

I-2- Les milieux de culture…………………………………………………16<br />

I-3- Préparation des milieux de culture…………………………………….16<br />

I-4- Les régulateurs de croissance<br />

I-4-1- Les auxines<br />

A/ Les auxines naturelles…………………………………………17<br />

B/ Les auxines de synthèse……………………………………….18<br />

I-4-2- Les cytokinines…………………………………………………19<br />

I-5- Préparation des régulateurs de croissance……………………………19<br />

II- METHO<strong>DE</strong>S <strong>DE</strong> CULTURE<br />

II-1-Multiplication par microbouturage<br />

II-1-1- Stérilisation des explants………………………………………20<br />

II-1-2-Mise en culture des nœuds……………………………………..21<br />

II-2- Embryogenèse somatique……………………………………………21<br />

II-2-1 Embryogenèse somatique indirecte sur fragments de feuille…...22<br />

III- RESULTATS ET DISCUSSION<br />

III-1- Désinfection des microboutures…………………………………….23-24<br />

III-2- Résultats des microbouturages……………………………………...25-27<br />

III-3- Rhizogenèse…………………………………………………………28-29<br />

III-4- Embryogenèse somatique indirecte………………………………….30-31<br />

III-5- Evolution des cals des variétés AM2 et 344 ATo…………………...32<br />

TROISIEME PARTIE : EXTRACTION D’ADN GENOMIQUE<br />

I- EXTRACTION D'ADN GENOMIQUE <strong>DE</strong> CAFEIER<br />

I-1 Le matériel végétal………………………………………………37<br />

I-2 Méthodes<br />

I-2-1 Préparation de la solution d’extraction ..……………………….37


I-2-2 Broyage et purification des noyaux…………………………38<br />

I-2-3 Extraction de l'ADN…………………………………………38<br />

I-2-4 Séparation de fragments d’ ADN par électrophorèse en gel d'agarose…39<br />

II- ANALYSE <strong>DE</strong> L'ADN GENOMIQUE PAR DIGESTION A L'AI<strong>DE</strong> <strong>DE</strong>S ENZYMES<br />

RESTRICTION…………………………………………………………………39-40<br />

III- RESULTATS ET DISCUSSION……………………………………………….41-42<br />

CONCLUSION ET PERSPECTIVES.……………………………………………..46-47<br />

<strong>DE</strong>


<strong>IN</strong>TRODUCTION<br />

La filière café à Madagascar rencontre aujourd'hui des graves problèmes sur le plan national et<br />

international. Il y a quelques années, Madagascar était encore l'un des plus importants producteurs de café<br />

Robusta. Mais depuis la régression de la qualité de son café, Madagascar a été devancé par le Brésil,<br />

Vietnam, l'Indonésie et la Cote d'Ivoire (CITE et GRET, 1998) .<br />

La production caféière malgache est dominé par C. canephora, variété robusta et kouillou,<br />

représentant 90% de la production nationale (RABEMIAFARA et al., 1997) . C. canephora est renommé<br />

pour sa robustesse agronomique (d'où son nom commun de Robusta) et sa richesse en caféine. Il est<br />

largement répandu dans les zones Est et Nord du pays (C.I.D.S.T. et al, 1989; CITE et GRET, 1998) . C.<br />

arabica est plus aromatique et est surtout cultivé dans le Centre-Nord du pays. Il ne représente que les 5%<br />

de la production caféière totale (CITE et GRET, 1998) .<br />

Sur le marché mondial la détermination du prix du café est basée sur arabica et la demande va<br />

vers un café de qualité sure, doté d'un goût neutre à la tasse. Ce café standard a une teneur en caféine<br />

faible, voire nulle, mais garde une saveur agréable. La consommation mondiale s'oriente, ainsi, vers une<br />

plus grande demande en arabica, 90% de la demande contre 10% pour robusta.<br />

Aujourd'hui, les espoirs malgaches reposent sur les recherches effectuées par le FOFIFA (Foibempirenena<br />

momba ny Fikarohana ampiharina amin'ny Fampandrosoana ny Ambanivohitra ou Centre<br />

National de la Recherche Appliquée au Développement Rural) . Ces recherches concernent<br />

principalement les hybrides interspécifiques, entre caféiers cultivés et caféiers sauvages malgaches et<br />

africains introduits, qui seraient susceptibles de remplacer les anciens (C.I.D.S.T. et al., 1989) .<br />

La recherche caféière à Madagascar a véritablement débuté en 1957, à la station d'Ilaka-Est de<br />

l'Institut de Recherches Agronomiques de Madagascar (IRAM) dont la gestion était assurée par<br />

l'ORSTOM. C'est en 1974 que le gouvernement confie au FOFIFA la charge des recherches sur le caféier.<br />

Ces recherches sont basées sur les variétés cultivées, les Mascarocoffea et des hybrides interspécifiques.<br />

Parmi ces derniers, le peuplement de GCA montre des individus agronomiquement intéressants :<br />

- une bonne adaptation aux basses altitudes,<br />

- une tolérance remarquable vis à vis de la rouille et divers scolytes,<br />

- un port trapu fortement ramifié,<br />

- une haute productivité et une pulpe réduite.<br />

1


GCA se rapproche d’arabica, considéré comme un café de qualité. AM (arabica x Mascarocoffea) et MC<br />

(Mascarocoffea x canephora) sont des hybrides interspécifiques respectivement hexaploïdes et diploïdes.<br />

Traditionnellement, les variétés sélectionnées aux champs ou nouvellement créées par hybridation<br />

sont multipliées par bouturage direct. Cette méthode exige une grande surface de terrain pour sa mise en<br />

oeuvre et demande beaucoup de temps. Les difficultés rencontrées dans cette opération sont d'importances<br />

inégales. Les nouvelles techniques de culture in-vitro et de biologie moléculaire permettent de surmonter<br />

certaines d'entre elles. La multiplication végétative in-vitro pallie la très faible efficacité des techniques<br />

horticoles de bouturage. L'embryogenèse somatique in-vitro constitue, dans certains cas, une réponse<br />

élégante à la difficulté de reproduire une combinaison génétique par voie sexuée (<strong>IN</strong>RA, 1991) .<br />

Ce travail comporte trois parties :<br />

la première partie traite des généralités sur la culture in-vitro et les caféiers,<br />

la deuxième présente les matériels et méthodes mis en œuvre ainsi que les résultats et discussions,<br />

la troisième partie concerne l'extraction d'ADN génomique de trois espèces de caféier (C. arabica var.<br />

bourbon, C. racemosa et C. perrieri), les résultats ainsi qu’une discussion.<br />

Enfin, une conclusion générale et des perspectives sont présentées.<br />

2


GENERALITES<br />

I - DONNEE SUR LES <strong>CAFEIERS</strong><br />

I 1- SYSTEMATIQUE <strong>DE</strong>S <strong>CAFEIERS</strong><br />

Le genre Coffea, créé par <strong>DE</strong> JUSSIEU (MOWAN, 1978), appartient à la grande famille des<br />

Rubiaceae. Cette famille comporte plus de 10400 espèces, essentiellement ligneuses (MARBERLEY,<br />

1987) , regroupées en 630 genres (BREMER et JANSEN, 1981) . Les caféiers sensu lato constituent la<br />

tribu des Coffeae (BRIDSON et VERDCOURT, 1988) .<br />

Les espèces groupées dans cette tribu sont des arbres et arbustes à fleurs blanches, de type 4-5<br />

jusqu’à 12, groupées en glomérules d’inflorescence racémique à l’aisselle des feuilles. Les ovaires<br />

possèdent 2 loges contenant chacune un ovule. Les graines présentent un sillon ventral plus ou moins<br />

invaginé, signe distinctif de leur placentation originale, dite «cofféene» (LEROY, 1980) .<br />

La tribu des Coffeae est subdivisée en deux genres (tableau 1) : le genre Coffea et le genre<br />

Psilanthus (BRIDSON, 1987) . Chacun des 2 genres est subdivisé en sous-genres inégalement riches en<br />

espèces. Les espèces du genre Coffea sont classées en deux sous-genres : Coffea et Baracoffea. Les<br />

espèces appartenant au genre Psilanthus sont regroupées en deux sous-genres : Psilanthus et Afrocoffea<br />

(BRIDSON et VERDCOURT, 1988 ; BRIDSON, 1994) .<br />

3


GENERALITES<br />

Tableau 1 : Structure botanique de la tribu des caféiers<br />

Classification des espèces de caféiers (tribu des Coffeae) d’après LEROY (1980) et<br />

BRIDSON (1987).<br />

SOUS GENRE<br />

GENRE<br />

COFFEA PSILANTHUS<br />

Coffea<br />

Psilanthus<br />

(>80 taxons)<br />

(1 taxon)<br />

Baracoffea<br />

Afrocoffea<br />

(7 taxons)<br />

(20 taxons)<br />

Anthères et stigmates Anthères et stigmates<br />

exertes<br />

insertes<br />

Style long<br />

Style court<br />

Fleurs axillaires,<br />

développement<br />

monopodial<br />

Fleurs terminales et<br />

développement<br />

sympodial<br />

prédominant<br />

Subdivision taxonomique du sous-genre Coffea.<br />

Le sous-genre a une répartition limitée au continent africain et à la région malgache. Il se divise en deux<br />

sections : les Eucoffea et Mascarocoffea.<br />

Les Eucoffea<br />

Cette section de caféiers spontanés, inféodés à l’Afrique orientale, centrale et occidentale, renferme<br />

les espèces cultivées, Elle est subdivisée par CHEVALIER (1947) , à partir de divers critères comme :<br />

- la coloration des fruits à maturité :<br />

rouge : Erythrocoffea, comprenant les deux principales espèces commerciales (C. arabica, C.<br />

canephora) .<br />

noire : mélanocoffea.<br />

4


GENERALITES<br />

- La taille des arbres adultes :<br />

très développée : Pachycoffea.<br />

peu développée : Nanocoffea.<br />

- L’origine géographique :<br />

Afrique orientale : Mozambicoffea.<br />

Les Mascarocoffea (CHEVALIER, 1938)<br />

Cette section de caféiers spontanés de Madagascar, des îles Mascareignes et de l’archipel des<br />

Comores est caractérisée par une impressionnante diversité de formes et de caractères morphologiques.<br />

L’analyse simultanée de la variabilité de leur comportement phénologique, de leurs caractères<br />

morphologiques, agronomiques, technologiques et chimiques, et des inter-croisements, ont conduit<br />

CHARRIER (1975) à regrouper les Mascarocoffea en six séries :<br />

- série Verae.<br />

- série Multiflorae.<br />

- série Mauritianae-Humblotianae.<br />

- série Garcinioïdes.<br />

- série Subterminales.<br />

Les hybrides interspécifiques (RAKOTOMALALA, 1992 ; RABEMIAFARA et al, 1998)<br />

Les hybrides diploïdes entre Mascarocoffea et C. canephora<br />

Les hybrides hexaploïdes entre C. arabica et Mascarocoffea<br />

Les hybrides tétraploïdes trois voies (GCA ou Ratelo) entre C. eugenoïdes x C. canephora) x C. arabica<br />

I-2 <strong>DE</strong>SCRIPTION <strong>DE</strong>S ESPECES UTILISEES<br />

Cinq variétés de caféiers sont utilisées<br />

I-2-1- Coffea arabica var. bourbon (photo 1a et 1b)<br />

D’après CHEVALIER, cette variété serait dérivée de C. arabica L., variété abyssinica. Fixée par<br />

sélection, elle se rencontre à l’état spontané en Abyssinie. Cette variété est considérée comme un mutant<br />

récessif originaire de l'île de la Réunion.<br />

5


GENERALITES<br />

Elle est cultivée dans tous les pays tropicaux et subtropicaux sous des noms divers : «nacional» au<br />

Brésil ; «java» en Malaisie; «bourbon» à la Réunion. Sa caractéristique est d'être d'une forme réduite mais<br />

d'une végétation dense, conséquence du développement très fourni de ramifications aux nœuds<br />

rapprochés. Les grains sont plus petits que ceux de l'espèce type. Cette variété est appréciée pour sa<br />

productivité et sa qualité.<br />

I-2-2- Coffea racemosa (photo 2a et 2b)<br />

Variété de caféier venant d’Afrique orientale, Coffea racemosa est compris dans la subdivision des<br />

Mozambicoffea (CHEVALIER, 1947) . Ce sont des arbustes, souvent de petite taille, à feuilles caduques,<br />

petites à très petites, à fruits très petits, ovoïdes et à graines petites ou très petites.<br />

I-2-3- Coffea perrieri (photo 3a et 3b) : Série des Multiflorae (CHARRIER, 1978)<br />

Il est caractérisé par :<br />

- des feuilles coriaces assez grandes (10-15 cm de longueur) ,<br />

- des inflorescences en position axillaire sur le bois âgé, constituées de fascicules nombreux ou de<br />

courtes cymes très florifères,<br />

- Des fleurs de 8 à 12 mm de long, à tube court évasé,<br />

- Des fruits ovoïdes allongés.<br />

I-2-4- Hybride AM2<br />

Les AM sont des hybrides issus du croisement de C. arabica géniteur femelle, tétraploïde et de<br />

Mascarocoffea géniteur mâle, diploïde.<br />

AM2 hybride issu de C. arabica (R 23) x C. perrieri (A 12)<br />

I-2-5- Hybride 344 AT 0 (FOFIFA, 1987)<br />

Le clone 344 AT 0 est un hybride interspécifique. C’est un Arabusta obtenu par combinaison de C.<br />

canephora (ou autres hybrides) avec C. arabica.<br />

344 AT 0 est obtenu par combinaison d’ET 6 –18 x GCI T 0.<br />

ET 6 –18 est originaire d’Ethiopie.<br />

GC1 T 0 est issu de la polyploïdisation des hybrides F1 (2n = 2x = 22) GC1 de type C. canephora x C.<br />

eugenioïdes.<br />

6


GENERALITES<br />

II- PROPAGATION VEGETATIVE <strong>DE</strong>S <strong>CAFEIERS</strong> : LE BOUTURAGE<br />

La technique de bouturage du caféier est étudiée depuis plus d’une vingtaine d’année. Elle est<br />

maintenant bien au point.<br />

Des caféiers hybrides provenant d’Ilaka-Est ont été bouturés au FOFIFA Ambatobe.<br />

II-1 TRANSPORT <strong>DE</strong>S BOIS <strong>DE</strong> BOUTURE<br />

Les bois de bouture proviennent de pieds cultivés à Ilaka-Est. Ce sont des rameaux orthotropes<br />

semi-aoûtés. Seules les pousses orthotropes sont utilisées pour constituer un arbuste de port normal. Les<br />

boutures de rameaux plagiotropes donnent des caféiers anormaux, au port buissonnant.<br />

La diffusion des bois de bouture sur de longs trajets se fait par envoi de tiges entières ou des<br />

sections de tiges enveloppées de mousse humide sous matière plastique (SNOECK, 1968) . Après 12 à 14<br />

jours de conservation, le taux de reprise des boutures est supérieur à 90%. Le trempage dans des solutions<br />

de produits anti-transpirants ne paraît pas être indispensable.<br />

II-2 PREPARATION <strong>DE</strong>S BACS <strong>DE</strong> BOUTURAGE<br />

Les bacs sont de cuves en maçonnerie, remplies de terre (1/3) et de sable de rivière (2/3) . Le<br />

mélange «terre-sable» est stérilisé par du Formol (5 ml dans 10 l d’eau) avant de le mettre dans les bacs 48<br />

heures après. Les bacs sont ombragés par un lattis de pailles, situé à 0,5 mètre de hauteur. Les bacs<br />

peuvent recevoir entre 250 et 400 boutures au mètre-carré . La charge est surtout fonction de la superficie<br />

des demi-feuilles. Un mètre carré de bac bien employé est susceptible de fournir 1500 à 2000 boutures<br />

racinées par an.<br />

7


GENERALITES<br />

II-3 PREPARATION <strong>DE</strong>S BOUTURES<br />

Les premiers essais de bouturage ont été effectués avec des boutures d’une longueur de deux à<br />

quatre nœuds. L’avantage de faire des boutures courtes (1 nœud) est apparu par la suite.<br />

II-3-1 Découpage en bouture feuillue à un nœud.<br />

Les boutures, provenant de rameaux semi-aoûtés, sont à un nœud. Le limbe des feuilles est amputé<br />

de la moitié de sa surface pour limiter l’encombrement des bacs et réduire l’évapotranspiration (SNOECK,<br />

1968) . Les boutures sont disposées côte à côte les unes des autres. Les limbes des feuilles sont posés sur<br />

la surface du sable ou se chevauchent. Le talon est enterré presque verticalement jusqu’au ras du pétiole.<br />

II-3-2 Eclairement et aptitude au bouturage<br />

Le taux d’éclairement est un facteur très important. Il doit être réglé en fonction de l’intensité de<br />

l’éclairement régional saisonnier.<br />

L’aptitude au bouturage varie avec les espèces et même les variétés. C. Canephora se bouture très<br />

facilement, avec un taux de réussite variant, suivant les clones, de 70% à près de 100%. Le bouturage de<br />

C. arabica exige plus de soins. La variété hybride 344 AT 0 est facile à bouturer.<br />

III- CULTURE <strong>IN</strong>-<strong>VITRO</strong><br />

La multiplication in-vitro des plantes, communément appelée «micropropagation», consiste à<br />

reproduire un type parental donné, à partir d’un fragment plus ou moins grand de ce végétal. Comme dans<br />

le cas de la multiplication végétative classique, appliquée depuis des siècles en horticulture, cette<br />

reproduction ne s’effectue que par divisions mitotiques des cellules des tissus concernés (AUGE et al,<br />

1989) .<br />

Aujourd’hui, le terme «multiplication in-vitro» recouvre, le plus souvent, la seule multiplication<br />

conforme d’individus performants. Celle-ci se réalise essentiellement par une prolifération abondante,<br />

mais contrôlée, de bourgeons préexistants. Dans la pratique, plus de 90% des plantes produites in-vitro<br />

relèvent de ce type de multiplication. Le restant de la production est issu de bourgeons néoformés, issus de<br />

tissus, de cals ou de cellules mis en culture (BOXUS, 1989)<br />

La multiplication in-vitro, aujourd’hui en pleine expansion, constitue déjà une des belles<br />

applications de la biotechnologie au niveau industriel.<br />

8


GENERALITES<br />

III-1- HISTORIQUE<br />

Les premiers cas de culture in-vitro proprement dite sont dus à HABERLANDT (1902) . Il a<br />

obtenu, sur un milieu de KNOP amélioré, la survie durant plusieurs mois, de petits amas cellulaires (poils<br />

staminaux ou glanduleux ou des fragments d’épiderme) mais sans multiplication cellulaire. En 1912,<br />

CARREL a réussi la culture indéfinie de cellules issues de cœur d’embryon de poulet par repiquages<br />

successifs.<br />

Il faut attendre 1922 pour que de nouveaux espoirs apparaissent pour la culture de tissus végétaux.<br />

En 1922, ROBL<strong>IN</strong>S aux Etats-Unis et KOTT en Allemagne, ont réussi à maintenir des pointes de<br />

racine en survie près de six mois et à obtenir des fragments qui sont passés de quelques millimètres à 5 ou<br />

6 centimètres de long. Par la suite, ces tissus ont cessé de croître et les cultures ont été perdues.<br />

WHITE (1932) a obtenu, pour la première fois, la culture indéfinie d’extrémités de racines de<br />

tomate en milieu liquide contenant des sels minéraux, un extrait de levure et du sucre.<br />

Ce succès est sans doute à l’origine du regain d’effort pour la culture de tissus végétaux. Dès 1934,<br />

GAUTHERET a obtenu, à partir de prélèvements de tissus cambiaux d’arbre (tissus méristématiques), des<br />

proliférations de tissus qui, malheureusement, n’ont pas dépassé huit mois. En 1939, il publie ses premiers<br />

résultats sur la culture indéfinie de tissus de carotte. NOBECOURT sur le même matériel, et WHITE aux<br />

Etats-Unis sur des tissus tumoraux de tabac, publient, la même année des résultats analogues. La culture<br />

in-vitro de tissu végétal a vraiment vu le jour à partir de ce moment.<br />

Une autre étape historique est la guérison de plantes, atteintes de maladie à virus, par culture in-vitro de<br />

méristèmes. En 1949, LIMASSET et CORNET publient leurs observations sur l’absence de virus dans des<br />

méristèmes de tabacs virosés. MOREL et MART<strong>IN</strong> (1952) mettent à profit ces observations et<br />

entreprennent de mettre en culture in-vitro des méristèmes de dahlia et de pomme de terre atteints de<br />

maladie à virus. Ils obtiennent, des plantes entières qui, remises en culture normale, se révèlent saines au<br />

contrôle.<br />

C’est ainsi qu’est née cette technique universellement employée pour assainir toutes sortes de plantes<br />

virosées.<br />

9


GENERALITES<br />

III-2- REACTION <strong>DE</strong>S EXPLANTS MIS EN CULTURE<br />

Le premier problème à résoudre (en dehors des problèmes d’asepsie) lors de la mise en culture<br />

consiste à maintenir l’explant en vie. On assiste souvent, après la préparation de l’échantillon, à un<br />

brunissement des cellules lésées. Ce phénomène est dû à l’oxydation de substances de nature phénolique<br />

qui ont un effet toxique. De plus, les cellules mortes peuvent diminuer ou annuler les échanges entre<br />

l’explant et le milieu. Ce problème est partiellement résolu par l’adjonction au milieu de culture de<br />

substances adsorbantes et détoxifiantes comme le charbon activé (1 à 4 g/l) ou le polyvinylpyrolidone (5 à<br />

10 g/l) .<br />

III-3- METHO<strong>DE</strong> <strong>DE</strong> <strong>REGENERATION</strong> <strong>IN</strong> <strong>VITRO</strong> APPLIQUEES AU CAFEIER<br />

III-3-1 – Culture de méristème : KARTHA et LONDONO (1971)<br />

La culture de méristème est possible chez Coffea. Toutefois, sa mise œuvre est malaisée du fait de<br />

la présence d’exsudats cireux autour des bourgeons terminaux et d’oxydations phénoliques polluant le<br />

milieu de culture. De plus, son rendement est faible et son pouvoir multiplicateur insuffisant.<br />

III-3-2 – Microbouturage :<br />

Développé par DUBL<strong>IN</strong> (1980 ; 1984) et CUSTERS (1981) , le principe est de favoriser la<br />

caulogenèse. Le microbouturage a pour finalité l’induction in-vitro de bourgeons axillaires des nœuds<br />

orthotropes, leur développement et leur multiplication en série.<br />

La technique de microbouturage comprend trois phases :<br />

- l’installation du matériel végétal in-vitro et l’obtention de microtiges orthotropes,<br />

- la multiplication en série des vitroplants,<br />

- l’enracinement et l’acclimatation des vitroplants.<br />

Le microbouturage peut être effectué à partir :<br />

- de bourgeons préexistants sur les nœuds des tiges (à l'aisselle des feuilles),<br />

- de bourgeons néoformés sur des nœuds de tiges orthotropes,<br />

- de la réversion de la plagiotropie pour l'obtention de tigelles orthotropes .<br />

10


GENERALITES<br />

III-3-3 – Embryogenèse somatique<br />

Des recherches effectuées au cours des trente dernières années ont permis de conclure que<br />

l'embryogenèse somatique peut être induite à partir d'explants d'origines variées :<br />

- A partir de microboutures<br />

Les premiers travaux d’embryogenèse somatique sur le caféier ont été publiés par STARISKY<br />

(1970) . Cet auteur a obtenu le développement de cals vigoureux à partir d’explants de tiges de C. arabica,<br />

C. canephora, et de C. liberica. Toutefois seul, les cals de C. canephora se sont différenciés en embryons<br />

somatiques et plantules.<br />

L’embryogenèse à partir de microboutures de jeunes rameaux plagiotropes exige la combinaison de prétraitements<br />

de juvénilisation et de séquences d’embryogenèses somatiques.<br />

DUBL<strong>IN</strong> (1980), STARISKY et VAN HASSELT (1980) ont publié des résultats sur l’embryogenèse<br />

somatique à partir de tige.<br />

- A partir de fragments de feuille<br />

Ce procédé a été mis en évidence par HERMAN et HASS (1975) , SONDAL et SHARP (1977) ,<br />

puis YASUDA et col (1985) . Il présente l’avantage de pouvoir être réalisé à partir d’un matériel<br />

disponible en abondance.<br />

- Embryogenèse sur ovules de caféier (LANAUD, 1981)<br />

Ce procédé offre l’avantage de donner des explants facilement accessibles, un taux d’infection nul<br />

et un pouvoir multiplicateur élevé.<br />

- Par culture d’anthères ASCANIO et ARCIA (1987)<br />

Cette méthode permet la création d’haploïdes.<br />

11


GENERALITES<br />

- Par fusion de protoplastes (SPIRAL et PETIARD, 1991 ; ACUNA et PENA, 1991)<br />

Cette méthode permet l’incorporation de gènes naturellement très éloignés et la possibilité de<br />

manipulations génétiques plus audacieuses par l’intermédiaire de plasmides ou de tissus tumoraux.<br />

12


GENERALITES<br />

Fig 1a : C. racemosa<br />

Fig 1b : C. racemosa. Rameaux<br />

Fig 2a : C. arabica bourbon<br />

Fig 2b : C. arabica bourbon.<br />

Rameaux<br />

13


GENERALITES<br />

Fig 3a : C. perrieri<br />

Fig 3b : C. perrieri. Rameaux.<br />

14


La culture in-vitro de tissus végétaux, sur milieux de culture artificiels, offre de<br />

nouveaux moyens de propagation végétative des caféiers, avec un fort pouvoir<br />

multiplicateur. Le principe de cette méthode est relativement simple mais sa mise en<br />

pratique nécessite des tâtonnements expérimentaux avant d'aboutir à une maîtrise<br />

complète.<br />

I- MATERIELS<br />

I-1- LE MATERIEL VEGETAL<br />

Les microboutures axéniques de C. Arabica var. bourbon, C. racemosa, C. perrieri<br />

et de la variété AM2 sont préparées à partir des nœuds prélevés sur des tiges orthotropes<br />

aoûtés. Pour la variété AM2, les nœuds proviennent d’un pied cultivé sous serre tandis que<br />

les trois autres variétés sont issues des pieds cultivées hors serre au DRA/FOFIFA<br />

Ambatobe.<br />

Les fragments de feuilles proviennent de la variété AM2 et variété 344 AT 0<br />

cultivées sous serre.<br />

I-2- LES MILIEUX <strong>DE</strong> CULTURE<br />

La culture des nœuds est pratiquée dans des tubes à essai et l’embryogenèse<br />

somatique est suivie dans des boites de Pétri.<br />

Les nœuds sont cultivés sur le milieu de base de MURASHIGE et SKOOG (1962)<br />

supplémenté de saccharose, d’hormones végétales et gélifié par de l’agar.<br />

Le milieu de GRESSHOFF ET DOY (1974) est utilisé pour la culture des<br />

fragments de feuilles.<br />

I-3 PREPARATION <strong>DE</strong>S MILIEUX <strong>DE</strong> CULTURE (AUGE,1984 ;<br />

RAKOTOMAMONJY, 1993)<br />

La solution mère de macro éléments est concentrée 10 fois et celle de microéléments<br />

1000 fois.<br />

Pour éviter les précipitations, CaCl 2 , 2H 2 O et Ca(NO 3 ) 2 , 4H 2 O, concentrées 10<br />

fois, sont ajoutés extemporanément.<br />

Le fer, sous forme chélatée Fe-EDTA, est additionné extemporanément pour cette<br />

même raison. FeSO 4 , 7H 2 O (5,56 g) et Na 2 -EDTA (7,44 g) sont dissous séparément dans<br />

500 ml d’eau distillée puis, par chauffage léger du mélange, on obtient 1000 ml de<br />

solution de Fe-EDTA à 20mM.<br />

16


Le complexe vitaminique de GRESSHOFF et DOY (1974) est concentré 10 fois.<br />

Le pH des micro et macro éléments (milieux de base) , additionnés de saccharose<br />

et d’agar (10 g/l) , est ajusté entre 5,7 et 5,8. Ces milieux de base et les verreries sont<br />

stérilisées par autoclavage à 125 °C pendant 15 min sous une pression de 1 bar.<br />

Les solutions mères peuvent être conservées plusieurs semaines soit dans un<br />

réfrigérateur, soit dans un placard selon la nature des produits. Ainsi, les régulateurs de<br />

croissance, le fer chélaté, les vitamines sont conservées à basse température.<br />

I-4 LES REGULATEURS <strong>DE</strong> CROISSANCE (CHAUSSAT, 1983)<br />

Deux régulateurs de croissance sont utilisés : les auxines et les cytokinines.<br />

I-4-1 Les auxines<br />

On appelle auxines un groupe de substances naturelles ou de synthèse, comprenant<br />

l’acide indolyl acétique (AIA) et des composés chimiquement apparentés présentant dans<br />

leur formule un noyau saturé et une chaîne latérale. Ce sont des hormones responsables de<br />

la croissance chez les végétaux. Elles stimulent le développement cellulaire au niveau des<br />

méristèmes et induisent, en général, une croissance basipète. Il existe deux types<br />

d’auxines : les auxines naturelles et auxines de synthèses<br />

A/ Auxines naturelles<br />

AIA<br />

L’acide ß-indole acétique, rencontré aussi bien chez les bactéries et les<br />

champignons que chez les végétaux supérieurs, est considéré comme la principale auxine<br />

naturelle.<br />

17


B/ Auxines de synthèse<br />

Trois conditions sont nécessaires à leur activité :<br />

a/ la présence d’un cycle non saturé (noyau indole, benzène, naphtalène)<br />

b/ la présence d’une chaîne latérale présentant les deux caractéristiques suivantes :<br />

- nombre pair de carbones<br />

- groupement carboxylique à l’extrémité de la chaîne<br />

c/ la position et la nature des substances sur le noyau déterminent l’activité. Un H libre en<br />

position α sur le noyau est considéré comme indispensable,<br />

Trois types d’auxines de synthèses ont été utilisés : AIB, ANA, 2,4-D<br />

Acide indole-butyrique (AIB )<br />

Ce produit est un excellent stimulateur de la rhizogenèse. Son activité auxinique est<br />

faible mais est très lentement détruite.<br />

LES AUX<strong>IN</strong>E<br />

CH2-CH2-CH2-COOH<br />

CH2--COOH<br />

N<br />

H<br />

AIB<br />

N<br />

H<br />

AIA<br />

CH2--COOH<br />

O-CH2-COOH<br />

Cl<br />

Cl<br />

ANA<br />

2,4-D<br />

Acide naphtalène acétique (ANA)<br />

Cette substance est du plus haut intérêt. Son spectre d’action est plus large que celui de<br />

l’AIB.<br />

Acide 2,4 dichlorophénoxyacétique (2,4-D)<br />

A forte dose, cette substance est utilisée comme herbicide<br />

18


I-4-2 Les cytokinines<br />

Ce sont des substances chimiquement proches de l’adénine. Elles permettent ou<br />

favorisent la division cellulaire des tissus différenciés mis en culture.<br />

Généralement, les cytokinines induisent la croissance acropète en culture in-vitro.<br />

Deux cytokinines de synthèse sont utilisés :<br />

- Le Benzyl aminopurine (BAP)) , le plus utilisé en culture in-vitro<br />

- La kinétine (6-furfuryl aminopurine)<br />

LES CYTOK<strong>IN</strong><strong>IN</strong>ES<br />

HC -- HC<br />

N<br />

N<br />

HN-CH2-HC<br />

N<br />

H<br />

N<br />

HC<br />

O<br />

N<br />

HN – CH2<br />

N<br />

N<br />

H<br />

N<br />

K<strong>IN</strong>ET<strong>IN</strong>E<br />

BAP<br />

Figure 2 : Structures des Cytokinines<br />

I-5-PREPARATION <strong>DE</strong>S REGULATEURS <strong>DE</strong> CROISSANCE<br />

Les phytohormones sont préalablement dissoutes dans de l’alcool 90° pour l’ANA<br />

et le BAP, et dans du diméthylsulfoxyde (DMSO) pour le 2,4-D. Ces phytohormones sont<br />

concentrées cent fois sous forme de solutions mères. Leur stérilisation se fait à l’aide de<br />

microfiltres de 0,22 µm de taille de mailles. Elles sont ajoutées au milieu de culture au<br />

moment du coulage dans les tubes à essai ou les boîtes de pétri (45 à 50 °C) et leur<br />

conservation se fait à –20 °C.<br />

II- METHO<strong>DE</strong>S <strong>DE</strong> CULTURE<br />

En culture in-vitro, l’asepsie du milieu de travail est primordiale. La température<br />

optimale de culture est de 27 °C et le photopériodisme de 12 heures.<br />

19


II-1- MULTIPLICATION PAR MICROBOUTURAGE<br />

II-1-1 Stérilisation des explants<br />

Après un lavage de 10 minutes des nœuds avec de l’eau de robinet, 10 explants<br />

sont stérilisés par divers désinfectants (3 répétitions par traitement)<br />

Tableau 2 : Désinfections des explants<br />

Type de désinfectant<br />

Hypochlorite de calcium 5% (Ca(ClO) 2 )<br />

+ 3 gouttes de Tween 80 (10 min)<br />

(I)<br />

Hypochlorite de calcium 5% (Ca(ClO) 2 )<br />

+ 3 gouttes de Tween 80 (10 min)<br />

+ Alcool 70° (1min)<br />

(II)<br />

Hypochlorite de calcium 5% (Ca(ClO) 2 )<br />

+ 3 gouttes de Tween 80 (10 min)<br />

+ HgCl 2 1‰ (1 min)<br />

(III)<br />

Benlate 5% (pendant 10 min) + Hypochlorite<br />

de calcium 5% (Ca(ClO) 2 ) + 3 gouttes de<br />

Tween 80 (10 min) + HgCl 2 1‰ (1min)<br />

(IV)<br />

Hypochlorite de sodium 10% + 3 gouttes de<br />

Tween 80) (10 min)<br />

+ HgCl 2 1‰ (1 min) + Cryptonol 4‰ (1min)<br />

(V)<br />

Nombre d’explants<br />

30<br />

30<br />

30<br />

30<br />

30<br />

Après passage dans chaque substance chimique, les explants sont rincés 3 fois 5<br />

minutes à l’eau distillée stérile.<br />

.<br />

20


II-1-2 Mise en culture des nœuds de C. perrieri, AM2, C. arabica bourbon, C. racemosa<br />

Après désinfection, les explants sont mis en culture dans des tubes de verre. Le<br />

milieu utilisé est celui de MURASHIGE et SKOOG (1962) supplémenté de 40 g/l de<br />

saccharose (MS4) et de différents types et concentrations d’hormones.<br />

Tableau 3 : Les différents milieux de cultures utilisés<br />

Milieux<br />

A<br />

B<br />

C<br />

D<br />

E<br />

F<br />

MS + 40 g/l de saccharose (MS4)<br />

Sans hormone<br />

1 mg/l kinétine<br />

6 mg/l Kinétine<br />

6 mg/l BAP<br />

1 mg/l AIB<br />

6 mg/l Kinétine + 0,6 mg/l AIB<br />

Les cultures sont ensuite incubées à 27 °C dans un incubateur avec une<br />

photopériode de 12 heures<br />

II-2 EMBRYOGENESE SOMATIQUE<br />

Les embryons somatiques s’obtiennent selon 2 stratégies :<br />

- en une seule phase, par culture des explants sur un milieu unique. Dans ce cas le<br />

milieu peut contenir soit une cytokinine seule (DUBL<strong>IN</strong>,1981 ; YASUDA et al, 1985)<br />

, soit une auxine et une cytokinine en association (DUBL<strong>IN</strong>, 1980 ; PIERSON et al,<br />

1983)<br />

- en deux phases, par culture d'explants sur un premier milieu afin d'initier une<br />

prolifération de cals, puis sur un second milieu afin de développer des cellules<br />

embryogènes (SONDAHL et SHARP, 1977 ; DUBL<strong>IN</strong>, 1984)<br />

21


II-2-1 Embryogenèse somatique indirecte sur fragments de feuille<br />

Après stérilisation des feuilles des deux variétés hybrides AM2 et 344 AT 0<br />

(l’hypochlorite de sodium 10° + 3 gouttes de Tween 80) , les feuilles sont fragmentées en<br />

morceaux d’environ 1 cm 2 et déposées, la face inférieure en contact avec le milieu. Les<br />

cultures sont scellées, à l’aide de film alimentaire, pour éviter les contaminations et une<br />

trop grande évaporation. L’incubation s’effectue à 25 °C, sous une photopériode de 12<br />

heures (<strong>DE</strong>SBRUNAIS, 1991 ; RAKOTOMAMONJY, 1993)<br />

22


I- RESULTATS ET DISCUSSION<br />

III-1- <strong>DE</strong>S<strong>IN</strong>FECTION <strong>DE</strong>S MICROBOUTURES<br />

L’étude de la désinfection a été effectuée avec la variété hybride AM2.<br />

Tableau 4 : Résultats de la désinfection des microboutures<br />

Traitement<br />

Nombre d’explants non Nombre d’explants<br />

contaminés<br />

contaminés<br />

I 0 30<br />

II 0 30<br />

III 2 28<br />

IV 4 26<br />

V 8 22<br />

Traitement I : Hypochlorite de calcium 5%<br />

Traitement II : Hypochlorite de calcium 5% + Alcool 70°<br />

Traitement III : Hypochlorite de calcium 5% + HgCl 2 1‰<br />

Traitement IV : Hypochlorite de calcium 5% + Benlate 5% + HgCl 2 1‰<br />

Traitement V : Hypochlorite de sodium 10% + HgCl 2 1‰ + Cryptonol 4‰<br />

La stérilisation effectuée au cours de la première série de désinfection montre que<br />

toutes les microboutures sont contaminées après 2 jours de mise en culture.<br />

L'augmentation du temps d'immersion supérieur à 15 min dans l'hypochlorite de calcium<br />

5% provoque des brûlures des explants. L'utilisation d'alcool 70° après l'hypochlorite de<br />

calcium n'est pas suffisante pour remédier à la prolifération des contaminants.<br />

Selon AUGE et al. (1984), la stérilisation à l'hypochlorite de calcium est préférable<br />

à l'hypochlorite de sodium. Dans notre cas l'utilisation de l'une ou de l'autre ne donne pas<br />

de résultats significatifs.<br />

L’utilisation d’HgCl 2 1‰ en plus de l’hypochlorite de calcium 5% (Traitement III)<br />

, permet d’obtenir des explants utilisables pour la suite de la manipulation. Sur les 30<br />

explants désinfectés, 2 explants seulement sont non contaminés.<br />

23


HgCl 2 est un agent stérilisant très efficace mais rarement utilisé en culture in-vitro<br />

par le fait de sa toxicité pour les plantes. En plus de son pouvoir à la fois bactéricide et<br />

fongicide, il est utilisé pour la stérilisation en surface au cours des études de<br />

phytopathologie à une concentration de 1‰. A plus forte concentration, il entraîne la mort<br />

des explants. L’utilisation combinée des deux solutions permet de réduire le taux de<br />

contamination par action successive de leur principe actif. L’augmentation du temps<br />

d’immersion à plus de 1 min dans le HgCl 2 provoque des brûlures sur les explants. La<br />

contamination des cultures apparaît à partir du cinquième jour.<br />

Pour le traitement IV, le nombre d’explants non contaminés augmente par<br />

utilisation de benlate en plus de HgCl 2 et CaClO. Les contaminants n’apparaissent qu’au<br />

bout du cinquième jour.<br />

Le benlate est un fongicide, insoluble dans l’eau et dans les huiles, dont le principe<br />

actif est le bénomyl. Il est utilisé pour le traitement des sols et des semences. Son<br />

efficacité s’étend à un grand nombre de champignons pathogènes (Botrytis, Oïdium …)<br />

mais pas la fumagine.<br />

La substitution du benlate par le cryptonol permet d’augmenter le nombre<br />

d’explants sains et les contaminations ne s’observent qu’à partir du cinquième jour.<br />

Le cryptonol (sulfate neutre d’orthooxyquinoléine, (C 6 H 7 ONH 2 )SO 4 ), non<br />

phytotoxique, possède des propriétés antiseptiques et bactériologiques. Il est soluble dans<br />

l’eau et est doté d’une action endothérapique.<br />

L’utilisation d’antibiotiques ne permet pas d’éliminer totalement les<br />

contaminations primaires, principalement les bactéries (DUHEM et al, 1988) . Dans ce<br />

cas, il faut fixer le matériel par bouture ou greffe et le maintenir pendant quelques mois en<br />

serre, en condition très sèche, sans jamais mouiller feuillage et bourgeons (<strong>DE</strong>BERGH et<br />

MAENE, 1981)<br />

24


25<br />

III-2- RESULTAT <strong>DE</strong>S MICROBOUTURAGES<br />

Les résultats sont consignés dans le tableau 5.<br />

Tableau 5 : résultats des essais de microbouturage<br />

Variété<br />

Milieu<br />

C. perrieri AM2 C. arabica bourbon C. racemosa<br />

A<br />

Pas d’évolution Pas d’évolution Pas d’évolution des Pas d’évolution<br />

des bourgeons des bourgeons bourgeons des bourgeons<br />

Développement Développement des Développement<br />

B<br />

Pas d’évolution des bourgeons bourgeons après 10 des bourgeons<br />

des bourgeons après 9 jours de jours de mise en après 12jours de<br />

mise en culture culture mise en culture<br />

Développement Développement des Développement<br />

C<br />

Pas d’évolution des bourgeons bourgeons après 9 des bourgeons<br />

des bourgeons après 8 jours de jours de mise en après 9 jours de<br />

mise en culture culture mise en culture<br />

Développement Développement des Développement<br />

D<br />

Pas d’évolution des bourgeons bourgeons après 9 des bourgeons<br />

des bourgeons après 8 jours de jours de mise en après 9 jours de<br />

mise en culture culture mise en culture<br />

E<br />

Pas d’évolution Pas d’évolution Pas d’évolution des Pas d’évolution<br />

des bourgeons des bourgeons bourgeons des bourgeons<br />

F<br />

Développement des<br />

Développement<br />

bourgeons après 15<br />

des bourgeons<br />

Pas d’évolution<br />

jours de mise en<br />

avec hypertrophie<br />

des bourgeons<br />

culture avec<br />

de la partie<br />

hypertrophie de la<br />

inférieure<br />

partie inférieure<br />

Milieu A : MS4 sans hormone<br />

Milieu B : MS4 + 1 mg/l de Kinétine<br />

Milieu C : MS4 + 6 mg/l de Kinétine<br />

Milieu D : MS4 + 6 mg/l de BAP<br />

Milieu E : MS4 + 1 mg/ d'AIB<br />

Milieu F : MS4 + 6 mg/l de Kinétine + 0,6mg/l d'AIB


Le milieu A (sans auxine et cytokinine) ne permet pas le développement des explants. L’addition<br />

de kinétine (1 mg/l ou 6 mg/l) ou du BAP (6 mg/l) dans le milieu de culture, 8 jours après la mise en<br />

culture des explants, favorise l'élongation des bourgeons pour les variétés AM2, C. arabica var. bourbon<br />

et C. racemosa. La prolifération de bourgeons axillaires peut être donc régulée par la présence de<br />

cytokinines dans les milieux de culture.<br />

Dans le milieu B (MS4 + 1 mg/l kinétine), les bourgeons se développent et, après 1 mois de<br />

culture, ils atteignent 0,3 cm à 0,5 cm de longueur. Les trois variétés s’allongent de 1 à 1,5 cm dans le<br />

milieu C après la même période de mise en culture. La durée de la réponse de chaque explant varie de 9 à<br />

12 jours dans le milieu B et de 8 à 9 jours dans le milieu C.<br />

Ainsi, l’élongation des explants est favorisée par une augmentation de la concentration en kinétine.<br />

Sur les quatre variétés utilisées, seule la variété AM2 présente un développement bourgeonnaire<br />

après 8 jours de culture dans les milieux C et D (photos 4 et 5), tandis que les autres variétés ne se<br />

développent qu’à partir du neuvième jour.<br />

L’addition de BAP (milieu D) est beaucoup plus significatif pour le développement des bourgeons<br />

des 3 variétés (AM2, C. arabica var. bourbon et C. racemosa). En effet, après 1 mois de culture<br />

l’élongation des bourgeons est de 2,5 cm à 3 cm (photo 6 ) .<br />

La kinétine et le BAP induisent donc la néoformation de bourgeons chez C.arabica var. bourbon,<br />

C. racemosa et la variété AM2. Toutefois, à concentration égale, l'action du BAP sur les explants est plus<br />

favorable que celle de la kinétine. Les photos 7 et 8 montrent cette différence. Dans le milieu C, la variété<br />

AM2 présente des grandes feuilles par contre celui cultivés dans le milieu D se développe avec des<br />

feuilles normales résultant d’une élongation bourgeonnaire très marqué.<br />

Après 2 mois de culture, le second nœud apparaît, présentant des feuilles développés (photos 9 et<br />

10)<br />

L’essai effectué sur le milieu E, ne contenant que de l’AIB 1 mg/l, ne provoque pas de<br />

développement des bourgeons. L’AIB, à une concentration inférieure à 2 mg/l induit la formation des<br />

racines chez les caféiers.<br />

Dans le milieu F contenant 6 mg/l de kinétine et 0,6 mg/l d'AIB, les bourgeons de C. arabica var.<br />

bourbon, C. racemosa et AM2 développent de grandes feuilles et la partie inférieure de la tige<br />

s’hypertrophie (photo 11) . Ceci pourrait être dû à l'addition d'AIB car les auxines stimulent le<br />

développement cellulaire au niveau des méristèmes et induisent, en général une croissance basipète.<br />

Chez d’autres espèces végétales, comme le Pin maritime (DAVID, 1977), l’addition d’auxine au<br />

milieu de culture stimule la prolifération des tissus prélevés sur le tronc.<br />

26


Les études faites sur les caféiers ont montré qu’en multiplication végétative in-vitro le BAP est très<br />

performant, après la Zeatine, pour développer les bourgeons (COSTE, 1989) .<br />

Pour le microbouturage de C.racemosa, C. arabica var. bourbon et la variété AM2, dans la suite<br />

des travaux, nous avons donc utilisé le milieu de MURASHIGE et SOOG contenant 40 g/l de saccharose<br />

(MS4) supplémenté de BAP (suivant exigence) . Pour C. perrieri (Mascarocoffea), son microbouturage<br />

demande encore des études plus approfondies, car même en bouturage sur terrain il se développe très mal.<br />

27


III-3 RESULTATS <strong>DE</strong> LA RHIZOGENESE<br />

Les explants obtenus lors de la caulogenèse sont transférés sur un milieu d’enracinement. Le<br />

tableau 6 montre les résultats obtenus au cours de la rhizogenèse.<br />

Tableau 6 : résultats de racines sur différents milieux.<br />

VARIETE<br />

ORIG<strong>IN</strong>E <strong>DE</strong>S<br />

EXPLANTS<br />

MILIEU<br />

RESULTAT<br />

Pas d’apparition de<br />

AM2<br />

Obtenu sur milieu D<br />

(6 mg/l BAP)<br />

MS4 sans hormone<br />

racines.<br />

Dépérissement des<br />

explants après 1 mois<br />

MS4 + 1,5 mg/l ANA<br />

Pas de formation de<br />

racines<br />

Pas d’apparition de<br />

racines.<br />

C. arabica var.<br />

bourbon<br />

Obtenu sur milieu D<br />

(6 mg/l BAP)<br />

MS4 sans hormone<br />

Dépérissement des<br />

explants après 23<br />

jours<br />

MS4 + 1,5 mg/l ANA<br />

Pas de formation de<br />

racines<br />

Pas d’apparition de<br />

racines.<br />

C. racemosa<br />

Obtenu sur milieu D<br />

(6 mg/l BAP)<br />

MS4 sans hormone<br />

Dépérissement des<br />

explants après 20<br />

jours<br />

MS4 + 1,5 mg/l ANA<br />

Pas de formation de<br />

racines<br />

28


Dans le milieu MS4 sans hormone, les explants ne forment pas de racines et dépérissent après 1<br />

mois de culture.<br />

L’addition d’ANA (1 mg/l) dans le milieu de culture ne provoque pas l'apparition de racines.<br />

D’après RANCILLAC et al (1982) et MARGARA (1984), l’induction de la rhizogenèse se révèle difficile<br />

sans apport de facteurs stimulants. Les auxines, comme l’acide naphtalène acétique (ANA) sont les<br />

principaux régulateurs utilisés en ces cas.<br />

L'examen histologique des boutures cultivés in-vitro chez la vigne montre que leurs formations<br />

secondaires sont à peine developpées ou inexistantes. Elles s'enracinent plus tardivement que celles qui<br />

ont déjà manifesté un début du fonctionnement cambial (FAVRE, 1970).<br />

Le comportement des boutures se trouve donc, au moins pour une part, lié à la structure<br />

anatomique qu'elles présentent au moment de leur préparation.<br />

In-vitro, la rhizogenèse est conditionnée par l’équilibre hormonal présent dans le milieu de culture<br />

(BEKKAOUI et al, 1984). Les études faites sur C. arabica montre que la phase d’enracinement des<br />

tigelles, obtenues à l’issue du processus de la caulogenèse, est bien codifiée : il procède essentiellement de<br />

leur repiquage sur un milieu solide à faible concentration en éléments minéraux et additionné d’AIB (1 à 2<br />

mg/l) (DUBL<strong>IN</strong>, 1971) .<br />

Selon DRUART (1987), la qualité de l’enracinement de beaucoup de ligneux dépend de la<br />

présence simultanée d’auxines (1 ou 2 mg/l) mais aussi de proline (10-100 mg/l) pour augmenter le<br />

nombre de racines, et de riboflavine (1 mg/l) pour prévenir ou diminuer la présence de cals.<br />

29


III-4 RESULTAT <strong>DE</strong> L’EMBRYOGENESE SOMATIQUE <strong>IN</strong>DIRECTE<br />

Les résultats obtenus sont consignés dans le tableau ci-après.<br />

Tableau 7 : Embryogenèse somatique indirecte pour 344 AT 0 et AM2<br />

Variété Nombres Milieu Résultats<br />

30% des explants<br />

GD6 + 2,4-D 8 mg/l<br />

30<br />

+ 6 mg/l kinétine<br />

GD6 + AIA 8 mg/l +<br />

35<br />

6 mg/l kinétine<br />

344 AT 0<br />

GD6 + AIA 8 mg/l +<br />

30<br />

BAP 6 mg/l<br />

MS2 + 2,4-D 8 mg/l<br />

30<br />

+ 6 mg/l kinétine<br />

GD6 + 2,4-D 8 mg/l<br />

35<br />

+ kinétine 6 mg/l<br />

AM2<br />

GD6 + 2,4-D 8 mg/l<br />

35<br />

+ BAP 6 mg/l<br />

présentent une<br />

callogenèse faible et<br />

deviennent jaune<br />

- Pas de formation<br />

de cal<br />

- Explants<br />

dépérissent<br />

80% des explants<br />

présentent une<br />

callogenèse moyenne<br />

Pas de formation de<br />

cal et les explants<br />

meurent<br />

Jaunissement des<br />

explants avec<br />

callogenèse faible<br />

(25%)<br />

Jaunissement des<br />

explants avec forte<br />

callogenèse (85%)<br />

La variété 344 AT 0 présente une meilleure réponse sur GD6 que sur MS2 avec les mêmes apports<br />

hormonaux (8 mg/l 2,4-D et 6 mg/l kinétine). Des explants (30%) produisent des cals sur GD6 tandis que<br />

ceux sur MS2 dépérissent sans production de cals. Le milieu GD6 est un milieu riche en sels minéraux et<br />

en saccharose qui favoriseraient la callogenèse.<br />

30


Cultivés sur GD6 en présence de 2,4-D à 8mg/l et 6 mg/l kinétine, 30% des explants présentent<br />

une callogenèse faible. Par contre, l’observation des cultures après une semaine de mis en culture sur<br />

milieu GD6 avec AIA 8 mg/l et 6 mg/l kinétine, montre que les fragments de feuille présentent des débuts<br />

de nécrosés sur la surface foliaire (photo 12). Les explants meurent sans produire de cal après 1 mois de<br />

culture (photo 13).<br />

Le 2,4-D serait donc plus callogène que l'AIA.<br />

Dans le milieu où le BAP est remplacé par la kinétine, tous les explants de la variété 344 AT 0<br />

fournissent des cals qui sont observées au niveau des nervures des fragments de feuille (photo 14). Le<br />

BAP et la Zéatine sont les plus actives pour stimuler la néoformation des bourgeons.<br />

Pour la variété AM, 25% des explants cultivés initient des cals sur le milieu GD6 avec 8 mg/l de<br />

2,4-D et 6 mg/l de kinétine. Par contre, sur GD6, contenant 8 mg/l de 2,4-D et 6 mg/l de BAP 85% des<br />

explants forment des cals.<br />

Le milieu GD6 est donc favorable pour l'initiation de la callogenèse chez les deux variétés<br />

hybrides AM2 et 344 AT 0 . Le même résultat a été obtenu sur 3 Mascarocoffea : C.perrieri, C.bertrandi,<br />

C. dolychophylla (RANDRIA., 2000).<br />

Chez Prunus persica et Prunus avium (SEIRILIS et al, 1979), l’association 2,4-D/BAP a donné de<br />

meilleurs résultats pour la callogenèse à partir d’anthères. Selon VER<strong>DE</strong>IL et BUFFARD-MOREL<br />

(1995), le 2,4-D est une hormone a forte activité auxinique et serait nécessaire à l’activation et à la<br />

division des cellules indifférenciées (méristématiques) à l’origine des cals. Les études faites sur<br />

l’enracinement de Sequoiadendron, néoformé à partir de section d’hypocotyles, a également donné un<br />

effet favorable en associant les cytokinines (BAP) avec des auxines (YILMATZ-LENTZ, 1984).<br />

31


III-4- EVOLUTION <strong>DE</strong>S CALS <strong>DE</strong>S <strong>DE</strong>UX <strong>VARIETES</strong> HYBRI<strong>DE</strong>S AM2 ET 344 AT 0<br />

Le tableau ci-dessous présente les résultats obtenus.<br />

Tableau 8 : Evolution des cals des deux hybrides AM2 et 344 AT 0<br />

VARIETE<br />

AM2<br />

ORIG<strong>IN</strong>E <strong>DE</strong>S<br />

EXPLANTS<br />

Cals obtenus sur GD6<br />

+ 8 mg/l 2,4-D +<br />

BAP 6 mg/l<br />

344 AT 0<br />

Cals obtenus sur GD6<br />

+ 8 mg/l AIA + 6<br />

mg/l BAP<br />

MILIEU<br />

GD6 sans hormone<br />

MS4 + 1 mg/l BAP<br />

GD6 sans hormone<br />

MS4 + 1 mg/l BAP<br />

RESULTATS<br />

Pas d’évolution des<br />

cals<br />

Les explants meurent<br />

après 1 mois de<br />

culture<br />

Pas d’évolution des<br />

cals<br />

Les explants meurent<br />

après 1 mois de<br />

culture<br />

Les cals, provenant de ces deux variétés hybrides et transférés sur les milieux de maturation,<br />

dépérissent. Sur MS4 + 1 mg/l de BAP les explants meurent après 1 mois de culture. En 1998, VER<strong>DE</strong>IL<br />

et coll. ont obtenu la maturation de cals de Cocos nucifera sur un milieu contenant de la cytokinine mais<br />

sans auxine.<br />

L'évolution des cals est généralement effectuée sur milieu liquide agité. Là, les cals se scindent en<br />

cellules qui donnent un développement embryonnaire (BOXUS, 1989).<br />

32


Photo 4 : Microbouture de C. arabica<br />

var. bourbon après 8 jours de culture<br />

sur milieu D (MS4 + 6mg/l BAP)<br />

Photo 5 : Microbouture de C.<br />

arabica var. bourbon après 8<br />

jours de culture sur milieu D<br />

(MS4 + 6mg/l BAP)<br />

Photo 6 : microboutures de la variété AM2 après 1 mois<br />

de culture sur milieu D (MS4+ 6mg/l de BAP)<br />

33


Photo 7 : Microbouture de la<br />

variété AM2 sur milieu C (MS4<br />

+ 6mg/l kinétine) après 1 mois<br />

et demi de culture<br />

Photo 8 : Microbouture de la<br />

variété AM2 sur milieu D<br />

(MS4 + 6mg/l BAP) après 1<br />

mois de culture<br />

Photo 9 : Microbouture de C. racemosa<br />

sur milieu C (MS4 + 6mg/l kinétine)<br />

après 2 mois<br />

34<br />

de culture


Photo 10 : Microbouture de la variété AM2 sur<br />

milieu D (MS4 + 6 mg/l BAP) après 2 mois et<br />

demi de culture<br />

Photo 11 : Microbouture de la<br />

variété AM2 sur milieu 35 F (MS4<br />

+ 6mg/l kinétine + 0,6 mg/l AIB)<br />

après 2 mois de culture


Photo 12: Feuilles de la variété 344<br />

AT 0 sur GD6 + 8mg/l AIA + 6mg/l<br />

kinétine après une semaine de<br />

culture<br />

Photo 13: Feuilles de la variété 344<br />

AT 0 sur GD6 + 8mg/l AIA + 6mg/l<br />

kinétine après 1 mois de culture<br />

Photo 14 : Feuilles de la variété 344 AT 0 sur<br />

GD6 + 6 mg/l BAP + 8 mg/l 2,4 - D après 1<br />

mois et demi de culture<br />

36


Trois génomes coexistent dans la cellule végétale. Ils sont compartimentés respectivement dans le<br />

noyau, les mitochondries et les chloroplastes. Dans le noyau, la taille varie suivant les espèces. L'ADN<br />

mitochondrial a une taille très variable avec un minimum de 100 kb et l'ADN chloroplastique a une taille<br />

d'environ 140 kb. Ce sont ces molécules qui sont rencontrés in-vitro au cours des clonages, les<br />

préparations de banques d'ADN génomiques ou d'ADN complémentaire aux ARN messagers. Par contre,<br />

dans la cellule, les acides nucléiques sont compartimentés et/ou font partie de structures beaucoup plus<br />

complexes dont il convient de tenir compte pour les opérations d'extraction et de purification. En effet,<br />

l'obtention d'acides nucléiques intègres et purs est un préalable essentiel au succès de toute manipulation<br />

in-vitro [S<strong>IN</strong>GER et BERG (1991) ; LEW<strong>IN</strong> (1994) ]<br />

L'isolement d'ADN de plante est très difficile par l'existence des formations complexes qui<br />

s'associent aux acides nucléiques. Ainsi, plusieurs méthodes ont été combinées pour effectuer cette<br />

extraction. La méthode que nous avons retenue permet l'isolement d'ADN à partir de petites quantités de<br />

matériel végétal (0,5 à 1 g). L'ADN obtenu est ensuite analysé par digestion avec des enzymes de<br />

restriction pour déterminer les profils de chaque variété<br />

I- EXTRACTION D'ADN GENOMIQUE <strong>DE</strong> CAFEIER<br />

I-1 MATERIEL VEGETAL<br />

Le matériel végétal utilisé pour les extractions d’ADN est constitué de jeunes feuilles et de<br />

bourgeons apicaux prélevés sur des pieds de C. arabica var bourbon (940 mg), C. racemosa (890 mg) et<br />

C. perrieri (1 g), cultivé à la station du FOFIFA Ambatobe.<br />

I-2 METHO<strong>DE</strong>S<br />

I-2-1 Préparation de la solution d’extraction (SAMBROOK et al, 1989)<br />

Avant usage, le phénol est équilibré à un pH supérieur à 7,8 puisque l'ADN est dans la phase<br />

organique à pH acide.<br />

37


Le phénol cristallisé est fondu à 60 °C. De l' hydroxyquinoléine, à une concentration finale de<br />

0.1%, est ajouté au phénol. Ce composé est un anti-oxydant, un inhibiteur partiel de ARNases et un agent<br />

chélatant faible d'ions métalliques. De plus, sa couleur jaune permet, d'identifier facilement la phase<br />

organique.<br />

Un volume égal de Tris-HCl 0.5 M, pH 8, est ajouté en agitant vigoureusement pendant 15 min. Après<br />

décantation, la phase aqueuse est retirée en l'aspirant avec une pipette connectée à une trompe à vide. Un<br />

volume de Tris-HCl 0.1 M, pH 8, à est ajouté. Cette dernière étape est répétée jusqu'à ce que le pH soit<br />

égal à 7,8. Lorsque le phénol est équilibré, et que la phase aqueuse est retirée, un volume de TE x 1 est<br />

ajouté. Le phénol ainsi équilibré peut être conserver à 4 °C.<br />

I-2-2 Broyage et purification des noyaux<br />

Les jeunes feuilles et les bourgeons apicaux sont broyés dans un mortier contenant 10 ml de<br />

tampon d'extraction (voir annexe). Le broyat est filtré à travers 4 couches de gaze. Après 10 min de<br />

centrifugation à 3.000 rpm, le surnageant est éliminé et le culot est remis en suspension dans 5ml de<br />

tampon d'extraction. Cette étape (lavage) est répétée jusqu'à l'obtention d'un culot blanc.<br />

I-2-3 Extraction de l'ADN<br />

Le culot est repris dans 1,5 ml de tampon d'extraction auxquels sont ajoutés 15 l de protéinase K<br />

(10mg/ml) et 150 l de SDS (20%) (sodium dodécyl sulfate). Le mélange est homogénéisé doucement<br />

avant de l'incubé à 50 ºC pendant 2 heures.<br />

Deux extractions phénol/chloroforme sont effectuées jusqu'à l'obtention d'une interphase propre<br />

pour éliminer les protéines contaminantes. La phase aqueuse est additionnée de 2,5 volumes d'éthanol<br />

froid et de 0,04 volumes de NaCl 5 M pour précipiter l'ADN à -20ºC pendant une nuit. Le culot obtenu,<br />

après centrifugation à 10.000 rpm, est lavé avec de l'éthanol 70º puis séché à l'air après élimination de<br />

l'alcool 70º par centrifugation. L'ADN est repris dans de l'eau distillée.<br />

38


I-2-4 Séparation des fragments par électrophorèse en gel d'agarose<br />

La séparation de fragments d'ADN est effectuée par électrophorèse horizontale en gel d'agarose<br />

dans du tampon TAE (voir annexe) . L'agarose est dissous à chaud dans de l'eau distillée stérile. Après<br />

refroidissement (environ 50 ºC) et addition de bromure d’éthydium (BET) à raison de 0,5 g/ml, le gel est<br />

coulé. Les molécules de BET ont la particularité de pouvoir s’intercaler entre les bases des nucléotides et<br />

y rester piégées pendant la migration. Du tampon de charge (0,2 volume) est mélangé aux échantillons<br />

d'ADN avant de les déposer sur gel. L'électrophorèse s’effectue sous une tension allant de 50 volts à 120<br />

volts suivant la taille du gel. A pH 8, seuls les phosphates sont chargés négativement. Les acides<br />

nucléiques, dans ces conditions, vont migrer de la cathode vers l'anode, essentiellement suivant leur taille.<br />

De l'ADN marqueur de tailles (1Kb ladder), allant de 75 à 12214 paires de bases est également déposé sur<br />

le gel. Les fragments d'ADN sont visualisés sous éclairage UV grâce aux propriétés de fluorescence du<br />

BET.<br />

II- ANALYSE <strong>DE</strong> L'ADN GENOMIQUE PAR DIGESTION A L'AI<strong>DE</strong> <strong>DE</strong>S ENZYMES <strong>DE</strong><br />

RESTRICTION<br />

Les enzymes de restriction ont été découvertes dans diverses espèces bactériennes. Elles servent à<br />

dégrader tout ADN étranger qui aurait pénétré dans la cellule. Ces enzymes coupent les molécules d'ADN<br />

bicatenaires au niveau de séquences nucléotidiques spécifiques caractérisées par une symétrie et une<br />

complémentarité. Lors de notre étude, nous avons utilisé les enzymes de restriction suivantes: Eco RI,<br />

Bam H1 et Pvu II. Les séquences palindromiques reconnues par ces enzymes sont les suivantes:<br />

G<br />

CTTAA<br />

AATTC<br />

G<br />

Eco R1<br />

G<br />

CCTAG<br />

GATCC<br />

G<br />

Bam HI<br />

CAG<br />

GTC<br />

CTG<br />

GAC<br />

Pvu II<br />

39


L'activité optimale de ces enzymes est en particulier fonction de la force ionique, de la température<br />

d'incubation et du pH<br />

L'incubation du mélange réactionnel suivant se fait pendant 3 heures à 37ºC:<br />

- 2l de tampon B/E/H (voir annexe)<br />

- 2l d'enzyme de restriction Pvu II/Eco RI/BamHI<br />

- 6l d'eau distillée stérile<br />

-10l d'ADN (qsp)<br />

40


IV- RESULTATS ET DISCUSSIONS<br />

IV-1- Analyse de la qualité de l'ADN<br />

Le résultat de la migration sur gel d'agarose (Figure 12) montre que les ADN sont restés dans les<br />

puits de dépôts. Ces non-migrations sont dues au haut poids moléculaire des ADN génomiques.<br />

La concentration de 0,5% en agarose du gel ne permet pas de bien séparer les fragments d'ADN<br />

car son domaine de résolution optimal est compris entre 1 à 40 kb (kilobases) de molécules d'ADN<br />

linéaires. Cette migration permet d'observer la qualité des ADN obtenus.<br />

L'isolement d'ADN des plantes est très difficile par l'existence des composés secondaires tels que<br />

les polysaccharides, les polyphenols qui s'associent aux acides nucléiques en formant une matrice<br />

gélatineuse et provocant une coloration marron due à l'oxydation phénolique. L'utilisation du tampon<br />

d'extraction (Maréchal-Drouard , Guillemaut ; 1994) par l`intermédiaire de la cystéine a résolu ces deux<br />

problèmes lors de la manipulation. Le pH 5,5 du tampon d'extraction bloque l'ionisation et l'apparition<br />

d'oxydation phénolique durant l'extraction et précipites une grande quantité de matériels indésirables.<br />

IV-2 Résultat de la digestion de l'ADN<br />

L'observation du résultat de la migration des ADN digérés (Figure 13) montre la présence de<br />

traînées et les ADN sont restés dans les puits et ne migrent pas.<br />

En général, après digestion par des enzymes de restriction l'électrophorégramme doit présenter des<br />

bandes séparées de poids moléculaires différents. Or, le résultat ne reflète pas ceci.<br />

La photo 17 permet d'expliquer ce résultat car la migration sur gel d'agarose des extraits d'ADN<br />

non digérés montre sur cette figure que des traînées sont présentes. Ces traînés sont dus à des coupures au<br />

niveau des molécules d'ADN survenues au cours de la reconcentration des extraits bruts. Donc les<br />

enzymes de restriction ne peuvent pas couper au niveau de leurs sites de restriction par le fait de la<br />

destruction des molécules d'ADN.<br />

Les non-migration des ADN pourraient s’expliquer aussi par la qualité des enzymes de restriction.<br />

En effet, la mauvaise conservation de ces enzymes provoque la destruction de leur fonction.<br />

41


CONCLUSION ET PERSPECTIVES<br />

Depuis la dissolution de l`OCPG (Opération Café-Poivre-Girofle) en 1980, les paysans n`ont plus<br />

reçu de subvention pour la culture de caféier. Le volume des exportations de café de Madagascar<br />

n`occupe même pas 0,5% du volume mondial en 2002. Pour essayer de trouver une solution pour le<br />

redressement de la filière café de Madagascar, le CNCC (Comité National de Commercialisation du Café<br />

de Madagascar) a décidé de mettre en œuvre sur la côte Est de la Grande Ile des projets pilotes de relance<br />

de la filière.<br />

Pour la variété robusta, les interventions du CNCC ont pour objectifs, de maintenir le potentiel<br />

productif des régions et préparer un regain d`activités se rapportant à la filière.<br />

Malgré l`inexistence des moyens, le FOFIFA a continue son action dans la recherche caféière pour<br />

la production d'hybrides à faible taux de caféine. Des travaux de sélection et de développement sont<br />

encore nécessaires avant la vulgarisation dans le milieu rural de nouvelles progénies stables ou de<br />

descendances hybrides d'exploitation rentable<br />

Dans ce cas, toutes souches nouvellement créés pourront bénéficier d'un mode de conservation et<br />

d'un système rapide de multiplication quasiment indéfinie grâce aux techniques de culture de tissus.<br />

Par le biais de la culture in-vitro, des tests de sélection précoce qu'elle autorise et des procèdés<br />

informatiques, de grandes économies de temps et d'espace seront enfin disponibles pour mener à bien des<br />

essais comparatifs variétaux les plus complets possibles.<br />

Notre étude réside donc dans la maîtrise des méthodes adaptés en culture in vitro et aussi à<br />

l`extraction et l’analyse d`ADN génomique des caféiers. Ainsi :<br />

- Les hybrides interspécifiques, le C. arabica var. bourbon, C. racemosa et la variété AM2 se<br />

développent rapidement dans un milieu MS4 additionné de BAP que de la kinétine<br />

- La production de cals semble le plus favorable sur GD6, supplémenté de 6mg/l BAP et 8mg/l de 2,4-<br />

D<br />

- Les résultats obtenus au cours de l`extraction d`ADN génomique de caféier nous ont permis de<br />

tirer deux hypothèses sur les non-migrations des fragments d’ADN. La première c’est la destruction des<br />

molecules d’ADN survenue au cours de la reconcentration et la deuxième serait la mauvaise conservation<br />

des enzymes de restriction qui provoqueraient la destruction de leur fonction.<br />

46


Pour la suite, nous proposons de poursuivre l'étude sur :<br />

- la recherche de méthode d’initiation des racines,<br />

- les manipulations de gènes, non seulement pour la plupart des critères héréditaires dont<br />

l'ensemble caractérise une espèce, un clone…<br />

47


Nom :<br />

Prénoms :<br />

RAZAFIMAHARO<br />

Christian Benjamin<br />

Département de Biochimie Fondamentale et Appliquée<br />

Mémoire de Diplôme d'Etudes Approfondies de Biochimie<br />

Option : BIOTECHNOLOGIE - MICROBIOLOGIE<br />

Titre : <strong>REGENERATION</strong> <strong>IN</strong> <strong>VITRO</strong> <strong>DE</strong> C<strong>IN</strong>Q <strong>VARIETES</strong> <strong>DE</strong> <strong>CAFEIERS</strong><br />

(C. arabica bourbon, C. perrieri, C. racemosa, Var. AM2, Var. 344 ATo)<br />

EXTRACTION D'ADN GENOMIQUE <strong>DE</strong> C. arabica bourbon, C. racemosa, C. perrieri.<br />

Résumé :<br />

La filière café à Madagascar ne cesse de rencontrer des problèmes aussi bien sur le plan<br />

national qu'international. Dernièrement les paysans et les exportateurs ne trouvent plus de preneurs pour<br />

C. canephora par le fait que sur le marché mondial, les prix et les demandes sont en faveur du C. arabica.<br />

Pour espérer retrouver notre place, les nouveaux clones créés doivent être diffusés rapidement auprès des<br />

paysans. La propagation par graines et par bouturages classiques demande beaucoup de temps et de gros<br />

investissements. D’autre part, C. canephora est fortement allogame. Ainsi les biotechnologies présentent<br />

des avantages pour la création et la propagation in-vitro des clones créés. Le comportement du caféier à la<br />

régénération in-vitro fait donc l'objet de notre étude et permettra d'adopter une technique fiable pour<br />

l'extraction, l’analyse et les manipulations de son ADN.<br />

Les variétés arabica bourbon, racemosa et perrieri se développent donc dans un milieu renfermant 6<br />

mg/l de BAP après 8 jours de mise en culture et l'apparition des cals est favorisée par utilisation du milieu<br />

de Greysshof et Doy supplémenté de 60 g/l de saccharose et des hormones de croissances ( 2,4-D 8 mg/l<br />

et BAP 6 mg/l) au cours de l'étude de l'embryogenèse somatique. Une méthode d'extraction de l'ADN<br />

génomique des caféiers a été adoptée. Toutefois, elle demande à être affinée.<br />

Mots clés : Caféier, Hybrides interspécifiques, Embryogenèse somatique, ADN

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