Données générales eau et milieux aquatiques - Parc National des ...

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Données générales eau et milieux aquatiques - Parc National des ...

les données thématiquesl’eau & les milieux aquatiques1Le contexteL’eau et les milieux aquatiquesUn réseau hydrographiquedense aux fonctionnements variésLe territoire du Parc national des Cévennes est constitué de massifsmontagneux dans lesquels prennent leur source de nombreux coursd’eau (Lot, Tarn, Jonte, Gardons, Hérault, Cèze, Altier, Vis). Lesmilieux aquatiques des têtes de bassin versant, au premier rang desquelsfigurent le petit chevelu hydrographique et les zones humides,présentent une valeur patrimoniale forte, ainsi qu’un rôle fonctionnel(quantitatif et qualitatif) significatif.La ligne de partage des eaux sépare deux systèmes hydrographiques :le versant méditerranéen (bassin du Rhône, côtier méditerranéen),et le versant atlantique (bassin de la Garonne). L’hétérogénéité dusubstrat (du relief ou des sols), la position de carrefour biogéographiqueet climatique ainsi que la variabilité du gradient d’humiditélié à la topographie créent également des conditions de milieu trèsdifférentes.truite farioOn peut ainsi distinguer plusieurs secteurs présentant des différencesmarquées en termes de fonctionnement hydrologiques.Le régime pluviométrique, déterminant pour l’hydrologie, est caractérisépar de fortes variations en allant de l’Ouest vers l’Est. En effet,la hauteur moyenne des précipitations varie de 1 à 2 entre la valléedu Lot et les vallées cévenoles. Le réseau hydrographique est trèsdense avec de nombreux affluents dans les Cévennes méditerranéennes,quasiment absent sur les Causses, et bien représenté dans lesmassifs métamorphiques du mont Lozère et de l’Aigoual.La dernière caractéristique majeure des cours d’eau cévenols résidedans leur grande variabilité hydrologique avec des variations de débitde 1 à 1000 (étiages sévères et crues extrêmement violentes).Les chiffres clefs• cœur : 1611 Km de cours d’eau (cf. carte 1) ;• aire optimale d’adhésion : 5563 Km de cours d’eau ;• zone humides : plusieurs milliers pour environ 1300 ha en cœur.Quelques définitions• hydrosystème : l’ensemble des éléments d’eau courante, d’eau stagnante, semi-aquatiques, terrestres, tantsuperficiels que souterrains (cours d’eau, zones humides, réseau souterrain, ripisylves, etc.) et leurs interactions ;• zone humide : terrains, exploités ou non, habituellement inondés ou gorgés d’eau douce, de façon permanente outemporaire (cf. arrêté ministériel du 24 juin 2008) ;• bassin versant : portion de territoire délimitée par des lignes de crêtes, dont les eaux alimentent un exutoirecommun ;• continuité écologique : assurée quand il y a libre circulation des espèces (migration, reproduction...) et transportnaturel des sédiments.136Élaboration de la charte du parc national des cévennesÉléments d’états des lieux pour les groupes de travail


L’EAU : UN FACTEUR LIMITANTUne ressource diffuse et fragileSur les divers massifs, la ressource en eau est soit concentrée etimportante mais difficilement exploitable (causses), soit diffuse etpeu importante mais assez aisément exploitable (autres massifs).Dans ce dernier cas, les aquifères 1 sont compartimentés et la circulationdes eaux est lente au sein des roches plutoniques. Ce type deressource est adapté pour alimenter un habitat dispersé, mais ne permetpas forcément de desservir un habitat groupé. Quant au secteurdes causses Méjean, de Sauveterre et Noir, il connaît toujours desproblèmes d’alimentation en eau potable.Le territoire du Parc national se singularise donc par une ressourceen eau plutôt diffuse. De nombreux captages à partir de sourcesassurent l’approvisionnement en eau potable d’un espace rural quicumule des besoins domestiques, agricoles et touristiques considérables.Les premières adductions publiques en eau potable ont privilégiéle recours à des points de captage au plus proche des lieuxde consommation. Ces captages, aussi en eaux superficielles, se sontrévélés sensibles aux conditions climatiques, aux problèmes bactériologiqueset aux éléments métalliques contenus naturellement danscertaines roches et liés aux anciennes exploitations minières.De plus ils se heurtent aux modalités réglementaires de droit communliées au respect du débit réservé et des périmètres de protection,de même qu’aux règles de gestion des étiages en période de sécheresse.Une pression croissante et multipleSur le plan quantitatif, la ressource en eau fait l’objet d’usages multipleset transversaux : agriculture, sports de nature, tourisme, pêche,DFCI, etc.Sur le territoire du Parc national, le nombre d’habitants est en augmentationdepuis 1970. En outre, depuis la fin de la seconde guerremondiale, la consommation par habitant en France est passée d’unecentaine à 150 litres/jour ;La consommation agricole (irrigation et abreuvement du bétail) aégalement augmenté 2 . Ainsi, en ce qui concerne le cheptel, sur lapartie lozérienne du cœur :• entre 2001 et 2007, le nombre d’UGB bovins a augmenté de 22%(consommation de 50 à 200 l/j) ;• entre 2001 et 2007, le nombre d’UGB caprins a augmenté de 7%et le nombre d’UGB ovins a de 8% (consommation 10 à 40 l/j).La fréquentation touristique, très importante selon les secteurs, estconcentrée sur les mois durant lesquels la ressource est la moinsabondante, autrement dit, de juillet à septembre.Les prélèvements pour l’AEP et l’agriculture sont aussi les plus importantsdurant cette période dite de pointe et se trouvent confrontés àla sévérité des étiages.1 : Un aquifère est une couche de terrain ou une roche, suffisamment poreuse (qui peut stocker de l’eau)et perméable (où l’eau circule librement), pour contenir une nappe d’eau souterraine. Une nappe d’eausouterraine est un réservoir naturel d’eau douce susceptible d’être exploitée.2 : Source : Étude prospective foncière et agricole, zone cœur du Parc national des Cévennes,COPAGE, 2009ruisseau des oubretsÉlaboration de la charte du parc national des cévennesÉléments d’états des lieux pour les groupes de travail137


Élaboration de la charte du parc national des cévennesÉléments d’états des lieux pour les groupes de travail139


les données thématiquesl’eau & les milieux aquatiques2L’eau et les milieux aquatiquesLes milieux aquatiquesDES UNITÉS FONCTIONNELLES SENSIBLES ET FRAGILES : LES BASSINS VERSANTSÀ l’amont des cours d’eau, les têtes de bassin versant représententle « capital hydrologique ». Elles constituent également un espace àpréserver qui recèle une forte biodiversité. Elles conditionnent enquantité et en qualité les ressources en eau de l’aval.Souvent en bon état, ces zones sont cependant fragiles et peuventtrès vite se dégrader en raison des activités économiques qui s’ydéveloppent. Les impacts des diverses activités humaines (agriculture,sylviculture, tourisme, prélèvements AEP et rejets...) sontencore mal connus et souvent sous-estimés. La solidarité de bassinest donc essentielle, en particulier à l’amont des prises d’eau potable,et des zones humides reconnues pour leur rôle fonctionnel et en tantque foyers de biodiversité. Les sous-bassins versants du cœur sont aunombre de 234 (tout ou partie en cœur) pour une surface moyennede 400 ha.Il s’agit donc de l’unité de gestion qui intègre les fonctionnementset les perturbations. Les cours d’eau collecteurs des hauts bassinsdes Cévennes reflètent la totalité de ce qui se passe sur leur bassind’alimentation. Cette échelle de gestion et suivi permet une approcheterritoriale et requiert la concertation de l’ensemble des acteursconcernés. Elle permet de s’assurer que les multiples enjeux, usages,préoccupations et moyens d’action sur le milieu se font dans uneperspective d’amélioration ou maintien de la qualité de l’eau. Lareconquête de la qualité d’une rivière n’est possible que si des effortssont réalisés sur tout le territoire du bassin versant.En effet, l’eau se charge entre autres en éléments polluants d’origineanthropique tout au long de son parcours. De plus, la contaminationpar des éléments naturels mobilisables issus des roches est une caractéristiquedes Cévennes, principalement dans les secteurs schisteuxmais aussi à proximité des anciens sites d’exploitation minière, héritagedu passé. Celle-ci peut se traduire par une contamination desorganismes vivants tels les poissons qui peuvent accumuler certainsde ces éléments (plomb, cadmium).Les projets concernant les milieux aquatiques doivent donc être examinésdans la logique et à l’échelle du fonctionnement des différentssous-bassins versants.Ripisylve à Aulne140Élaboration de la charte du parc national des cévennesÉléments d’états des lieux pour les groupes de travail


les données thématiquesl’eau & les milieux aquatiquesDe façon synthétique il ressort que :• le mont Lozère et le Bougés Nord comptent au moins1246 zones humides acidiphiles couvrant 793 ha (134 en AOAsur 78 ha). Leurs intérêts patrimoniaux sont multiples. 85% deleur surface est gérée par l’activité agricole, principalementl’élevage ;• les zones humides alcalines sont les moins connues,et pour cause, leur surface est presque toujours très petite.Cette caractéristique leur confère une fragilité accrue. Ellesse développent très souvent sur les zones de contact entre lecalcaire et les schistes, granite ou grès, là où l’eau chargéede carbonate de calcium ressurgit à la faveur d’une coucheimperméable. Au total, 410 ont été cartographiées et décrites(y compris 123 en cœur). Il faut également ajouter 216 lavognes(cœur et AOA). Ces mares caussenardes ont un fort intérêt pourla faune et l’abreuvement des troupeaux ;• 469 zones humides acidiphiles ont été inventoriéessur le massif de l’Aigoual-Lingas pour une surface de 211 ha. 392sont situées dans le Gard et 77 en Lozère. Même si 62 % sontgérées par le pastoralisme, nombreuses sont celles qui sont encontexte intra-forestier ;• les zones humides des vallées Cévenoles n’ontquant à elles pas fait l’objet d’une démarche d’inventaireà proprement parlé. Toutefois, l’état de la connaissanceau stade du pré inventaire a permis d’en localiser 293.Autant, sur les autres massifs, les zones humides sont assezhomogènes du point de vue de leurs caractéristiques naturelleset anthropiques, autant dans les vallées Cévenoles, ellesprésentent une forte hétérogénéité typologique au niveau dela végétation mais aussi de leur genèse. En effet, bon nombred’entres elles ont été aménagées par l’homme (gourgues) ;• les mégaphorbiaies, qui sont des zones humidesprésentant une flore luxuriante, localisées majoritairement enfond de thalwegs en contexte forestier, ont été inventoriéessuccessivement dans le cadre des divers inventaires lors del’élaboration des documents d’objectifs Natura 2000 ;• les sources pétrifiantes (ou cône de tuf) qui sontun type particulier de zones humides (alcalines) en secteurkarstique ont été inventoriées à l’échelle régionale. Ces milieuxqui présentent une très forte valeur patrimoniale et une grandefragilité sont représentés par quelques unités ;• les mares de la région Languedoc-Roussillon ont étéégalement inventoriées. Ainsi l’AOA et le cœur en comptent 448mares (92 dans le cœur) ;• une partie des ripisylves du Tarn, du Tarnon, dela Jonte, de la Dourbie et de la Mimente (une partie de leuraffluent) a été inventoriée ;• de façon complémentaire, les quelques zones humidesdes plateaux gréseux des Balmelles et du Roure ont étécartographiées faisant ainsi la « jointure » entre le réseau dezones humides du mont Lozère et celui de l’Ardèche (secteursde Montselgues et Vivarais Cévenol).Les cartes n°2 à 6 (en annexe) permettent de prendreconnaissance de la répartition de ces divers types de zoneshumides à l’échelle du cœur et de l’AOA. La connaissance n’estpas complète pour cette dernière.LES COURS D’EAU : MILIEUX DE VIELa commission « eau et milieux aquatiques » du Parc national (séancedu 20/11/2008) a adopté à l’unanimité la proposition suivante :« l’ensemble des cours d’eau représente un enjeu fort, du point devue de la qualité et de la quantité, sans nécessité de hiérarchisation.Certains cours d’eau présentent en outre des enjeux supplémentairesdu point de vue biologique (espèces patrimoniales) et écologique(corridor, ripisylves) ».La carte n°7 présente une hiérarchisation patrimoniale faunistiquedes cours d’eau. Quatre niveaux d’enjeux sont distingués. La majeurepartie du linéaire est classée dans la dernière catégorie. Cet état està mettre avant tout sur le compte d’une connaissance partielle. Eneffet, la répartition de diverses espèces de poissons demeure à affiner(Barbeau méridional, Blageon, Truite fario de souche méditerranéenne,Chabot, Vandoise à long museau, et le cas échéant, l’Anguilledans les parties basses de l’AOA), ainsi que celle de l’Écrevisseà pieds blancs (inventaire non systématique).Les cartes n°2 à 6 permettent de localiser également une partie desripisylves qui, pour une part importante, sont des habitats naturelsd’intérêt communautaire, de surcroît prioritaires. Elles constituent,essentiellement dans l’AOA, l’espace de mobilité des cours d’eau.Au-delà de leur intérêts faunistiques et floristiques, leur préservationest aussi primordiale pour la sécurité des biens et personnes enpériode de crue. Les cours d’eau sont des corridors privilégiés pourde nombreuses espèces animales et végétales, et plus particulièrement,pour des espèces exotiques invasives (écrevisses allochtones,espèces végétales qualifiées de « peste végétale »).Le premier objectif de ces inventaires est d’informerles acteurs locaux, propriétaires et gestionnairesde l’existence et de la localisation de ce patrimoined’exception, qui recèle de nombreux habitats naturelsd’intérêt communautaire et espèces à statut (florevasculaire et mousses, odonates, amphibiens, reptiles,mammifères, insectes, etc.).142Élaboration de la charte du parc national des cévennesÉléments d’états des lieux pour les groupes de travail


Élaboration de la charte du parc national des cévennesÉléments d’états des lieux pour les groupes de travail143


les données thématiquesl’eau & les milieux aquatiques3Les usages : multiples et transversauxL’eau et les milieux aquatiquesLe tableau ci-dessous permet de situer les principaux postes de consommation les uns par rapport aux autres.Voir les notes de bas de pagesUsages Energie Eau potable Industrie AgriculturePrélèvements bruts 57% 18% 10% 15%(source : IFEN)Consommations nettes 22% 24% 6% 48%(source : IFEN)Consommations nettesestivales (source : D4E *)9% 10% 2% 79%LE DÉFI DES PRÉLÈVEMENTSET DES REJETSDe manière générale, les réseaux d’adduction en eau potable (AEP)et d’assainissement sont nombreux et hétérogènes. Les départementsde la Lozère et du Gard se sont dotés d’un schéma départementald’adduction en eau potable qui constitue un bon état des lieux, entreautres, de l’adéquation entre les besoins et la ressource, mais aussiun document prospectif à 15 ans.Eau PotableL’augmentation des besoins en eau se trouve confrontée à la récurrencedes sécheresses en période de pointe, lorsque la densité depopulation est la plus forte (15/06 au 15/09) mais aussi à l’automneen période d’étiage. Àcela, il faut ajouter le faible volume des aquifères(à l’exception des eaux sous les causses). En fin d’été, les débitsd’étiage sont déficients dans les cours d’eau mais aussi au niveau dessources. Or, l’augmentation de la consommation pour l’AEP, le développementde l’agriculture et du tourisme nécessitent de disposer deplus en plus d’eau durant la période estivale.Les difficultés auxquelles sont généralement confrontées les collectivitéssont :• une connaissance encore insuffisante des réseaux (positionnement,dimensionnement, âge) et principalement de leur rendement ;• un défaut de maîtrise du fonctionnement (fuites, absence decompteur...) ;• une évaluation non actualisée régulièrement de la capacité descaptages, et par conséquent, des volumes disponibles, captés etdistribués.Le territoire se heurte à la difficulté du linéaire important (à trèsimportant) des réseaux par rapport au faible nombre d’habitantsà desservir : à titre d’exemple, le SIAEP du Causse Méjean gère unréseau d’alimentation de 240 km environ, qui desservait 600 abonnésen 2005.Le cœur compte au minimum 166 points de prélèvements (23 dansle Gard) et l’AOA, 430 (196 dans le Gard ; cf. carte n° 8). La systématisationdes périmètres de protection autour de ces points deprélèvements est à parfaire, encore plus considérant la qualité bactériologiquequi n’est pas satisfaisante (cf. carte n°9).Pour tous ces motifs, il est donc nécessaire d’anticiper la pressiongrandissante sur la ressource. Par exemple la systématisation encours, conformément à l’article L. 2224-12-1 du code général descollectivités territoriales, de l’utilisation de compteurs est un élémentpositif : leur mise en place est un outil indispensable, entre autres,pour améliorer la connaissance des réseaux et la gestion de la ressource.AssainissementUn nombre certain de stations d’épuration ont été créées ou rénovées.Il s’agit d’assainissement collectif qui concerne les villages les plusimportants. De nombreux schémas d’assainissement ont été réalisés.En Lozère dans l’AOA, on dénombre 62 stations dont 1 dans le cœur(40 communes sur 67 sont équipées). Dans le Gard, 29 stations sontrecensées dans l’AOA (aucune dans le cœur) ; 32 communes sur 75en ont une au minimum. Ces chiffres ne sont pas exhaustifs probablement(cf. carte 8).Reste à entreprendre le chantier de l’assainissement autonome avecla mise en place de Services Publics d’Assainissement Non Collectif(SPANC). Cependant l’assainissement semi-collectif constitue souventune solution technique adaptée au contexte de villages présentantdes contraintes topographiques et foncières non négligeables.Selon le code général des collectivités territoriales (articles L 224-8et 9), les communautés de communes ou les communes qui ne réalisentpas de dispositif collectif d’assainissement auraient dû mettre enplace un SPANC au plus tard le 1 janvier 2006.Il s’agit d’un enjeu important pour la préservation de la ressource,celle des milieux, via la limitation des pollutions diffuses liées à dessystèmes d’assainissement peu ou pas performants.144Élaboration de la charte du parc national des cévennesÉléments d’états des lieux pour les groupes de travail• La consommation brute correspond au volume prélevé, sans tenir compte des restitutions au milieu. La consommation nette correspond au volume qui ne retourne pas dans le milieu.• Les usages, tels l’énergie et l’industrie, rejettent une bonne partie de l’eau utilisée dans le milieu, soit directement, soit après épuration. Par contre, l’usage agricole de l’eau est de loin le plus gros consommateur au niveau national, desurcroît en période estivale.


Élaboration de la charte du parc national des cévennesÉléments d’états des lieux pour les groupes de travail145


les données thématiquesl’eau & les milieux aquatiquesPÊCHE : DES RÉGLEMENTATIONS ET ACTEURS DIVERSIFIÉSAU NIVEAU LOCALLa pêche en Lozère, dans les Cévennes et Causses, jouit d’unerenommée nationale et européenne. Même si cette dernière s’est unpeu dégradée, la qualité des paysages, des cours d’eau très variés, et,dans une moindre mesure depuis la fin des années 80, des peuplementsde truites, contribue à maintenir une attractivité assez fortepour un public féru ou non.Le tourisme lié à la pêche est développé et structuré en Lozère, maisaussi dans le Gard, et dans le Parc national. Le nombre de pêcheursqui fréquentent les rivières est assez important dès l’ouverture enmars : plus de 20 000 pêcheurs majoritairement d’autres départementsétaient dénombrés chaque année, jusqu’il y a une dizained’années en Lozère. Aujourd’hui la fréquentation annuelle se situeaux alentours de 15 000 personnes. Il est à noter l’importance dela pêche dans les lacs et étangs. Dans le cœur il s’agit de l’étang deBarrandon (activité commerciale gérée par la Fédération départementalede pêche) et du lac des Pises (géré par le Parc national en lienavec la fédération du Gard et l’association de pêche locale), dédié à lapêche de la truite en contexte de gestion patrimoniale. Enfin, dans lecadre d’un projet porté par la fédération départementale de la Lozèreau titre du « pôle d’excellence rural », le Lac de Villefort fait l’objetd’un programme d’accueil et valorisation touristique de la pêche.L’un des enjeux majeurs du maintien du capital «pêche» desCévennes passe par la reconquête (ou le maintien?) des densitéslocales de Truite fario qui semblent avoir diminué. Les associationsagréés de pêche et protection des milieux aquatiques (AAPPMA) ontun rôle central dans la gestion de ce patrimoine, ne serait-ce qu’autitre des modalités réglementant la pratique sur leur territoire. Ellesont toutes un objectif en commun : tendre vers une densité maximalede truites fario dans le milieu. Pour ce faire, à l’instar de sociétésprivées de pêche assez nombreuses (regroupement de propriétairesriverains), elles ont adapté leur règlement qui au final apparaissenttrès diversifiés dans l’AOA. La carte n° 10 présente la localisationdes AAPPMA (au nombre de 23 non compris l’Ardèche : donnéesnon numérisées) et des sociétés privées (au nombre de 9 au minimumdont 1 concernant 3 communes à savoir, Barre des Cévennes,Molezon et le Pompidou).148Élaboration de la charte du parc national des cévennesÉléments d’états des lieux pour les groupes de travail


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CARTE N°7152Élaboration de la charte du parc national des cévennesÉléments d’états des lieux pour les groupes de travail


DEUXIÈME PARTIEMISE EN PLACE D’UN OBSERVATOIRE PERMANENT DE L’EAUDepuis 2007, le Parc national concrétise la mise en place d’un l’observatoirede l’eau.Il doit permettre :• d’acquérir et compléter la connaissance patrimoniale et fonctionnellede l’hydrosystème des têtes de bassin ;• d’engager un suivi de la qualité des têtes de bassin ;• de mettre en forme et communiquer les données, de capitaliserdes expériences pour aider les acteurs concernés à gérer lesmilieux aquatiques et la ressource, en lien avec les usages.La collecte de données en vue de suivre l’évolution de la qualité deseaux et des milieux aquatiques des hauts bassins est basée sur uneméthode intégrant plusieurs critères : chimiques, physiques et biologiques(à parfaire pour ce dernier).La démarche doit être la plus simple possible et reproductible.Il s’agit également d’organiser avec les autres acteurs (SAGE,contrats de rivières, ONEMA, DREAL, DDT, Agences de l’eau...)la connaissance sur l’eau et les milieux aquatiques en lien avec lesactivités humaines, et ce en veillant à mutualiser les données (misesà disposition, conventionnements et communication). Cet outil doitdevenir la base de données spatialisées du Parc national concernantl’eau et les milieux aquatiques, avec un suivi dans le temps pour bienappréhender les processus et l’influence des activités humaines.Parallèlement, le Parc national poursuit son soutien aux activitésde suivi et recherche dans les domaines de l’hydrologie (bassins versants).Il a cofinancé avec l’agence de l’eau le programme du CNRS« bassins versants expérimentaux de recherche » (BVRE) sur le versantoriental du mont Lozère, ainsi que des analyses hydrologiquessur deux tourbières majeures du mont Lozère (avec la DDT de laLozère).Les premiers résultats des suivis de l’observatoire pour les années2008 et 2009 sont disponibles pour les critères chimiques et physiquessur le bassin retenu pour tester la méthode (haut Tarn).Station d’épurationCONSERVER LES HABITATS ET LES ZONESHUMIDES REMARQUABLESRestauration de bergesAvec des partenaires publics et privés, le Parc national a engagéplusieurs programmes destinés à restaurer le caractère naturel desforêts riveraines (ripisylves). Aujourd’hui, certains bords de rivièressont occupés par des essences introduites, comme les épicéas. Leurimplantation très près des rivières est négative pour la biodiversitélocale et altère également la qualité de l’eau. Après des premièresexpériences menées en 2008 et 2009, une nouvelle zone sur leTrévezel a été retenue, où tous les résineux vont être coupés en 2010,en partenariat avec l’Office national des forêts (ONF) et la communautéde Communes de l’Aigoual, qui assure la maîtrise d’œuvrechaque année de chantiers de gestion de l’espace rivulaire. De façoncomplémentaire, quelques propriétaires privés gérant leur forêt surla base d’un plan simple de gestion ont été sensibilisés à la gestion decet habitat.Élaboration de la charte du parc national des cévennesÉléments d’états des lieux pour les groupes de travail155


les données thématiquesl’eau & les milieux aquatiquesZones humidesParmi les actions de gestion contractuelles mises en oeuvre, citons :• le programme spécifique de gestion et restauration de zoneshumides sur le mont Lozère (avec des éleveurs : cofinancement del’Agence de l’eau Adour-Garonne). Celui-ci a permis la signaturede 14 contrats de gestion, pour un total de 96 ha. Ainsi, 131 013€ ont été octroyés sous la forme de montants compensatoires ettravaux de coupes de pins ;• divers contrats agri-environnementaux (contrats territoriauxd’exploitation, puis contrats d’agriculture durable et depuis 2007mesures agri-environnementales territorialisées - MAET Natura2000) ont été signés en priorité sur les tourbières et zones humidesassociées ;• des actions de restaurations de tourbières et zones humides,entre 2000 et 2004, en vue d’améliorer leurs fonctionnalitésécologiques et hydrologiques : sites de Bartabelle, roc de Serviès,Sénégrière... Les travaux cofinancés par le Parc national en partenariatavec l’ONF, des agriculteurs et propriétaires, ont consistéen coupe de pins et pose de barrage seuils dans des drains ;• des opérations de restauration ou création de mares sur l’Aigoual(contrats Mazenot) ;• des contrats Natura 2000 de restauration de tourbières sur lemont Lozère et l’Aigoual avec l’ONF (période 2006-2013). Cestravaux d’ampleur mobilisent plus de 400 000 €. Ànoter que lesbois extraits sont valorisés sous la forme de plaquettes pour lechauffage.Par ailleurs, la délibération à l’unanimité de la CEMA, du comitéscientifique, de la commission permanente et du conseil d’administrationn°2007-12 du 27 février 2007 a renforcé la cohérence de lapolitique du Parc national pour les zones humides, en lien avec lesusages dont les projets d’AEP. En effet, cette délibération fixe unprincipe de non atteinte aux zones humides, dont les intérêts ontété hiérarchisés et pour lesquelles il y a eu un porté à connaissance(atlas).La pêche vers une gestion patrimonialeQuelques actions ont été entreprises en lien avec les Fédérationsdépartementales de pêche et protection des milieux aquatiques etles associations locales (AAPPMA). En Lozère, sur les plans piscicoleet de la gestion des milieux, un partenariat a été conclu avecl’AAPPMA du haut Tarn dès 2002 sur ce haut bassin emblématique.Celui-ci a fait l’objet d’une nouvelle convention validée par le CAdu Parc national pour la période 2008-2012 ; ce dernier rétrocédantpour 5 années son droit de pêche sur ses propriétés à la Fédération.L’objet principal de ce partenariat est de mettre en œuvre des modalitésde gestion patrimoniale des populations de salmonidés. Parailleurs, l’AAPPMA la Floracoise souhaite à son tour engager unetelle démarche. Elle a procédé à une simplification de la réglementationde la pêche sur le haut Tarn en lien avec les autres AAPPMA del’amont et de l’aval (modalités validées par les services de l’État).Dans la Gard, le Parc national, la fédération et l’AAPPMA de lahaute Dourbie se sont entendus sur les modalités pratiques de lapêche au lac des Pises, de même que sur la création de réserves depêche. Récemment a été entamée une réflexion globale à l’échelle duhaut bassin de la Dourbie, sur la gestion piscicole.En cœur ou en aire d’adhésion, le Parc national conduit ou a conduitdiverses actions, ou encore, soutient celles engagées par les fédérationsde pêche et AAPPMA, telles que :• l’organisation par l’AAPPMA du haut Tarn pendant plusieursannées du festival de l’eau et de la pêche ;• des pêches d’épuisement de populations d’Ecrevisse signal envue de l’éradiquer (espèce introduite et invasive : affluents duGardon de St Jean et du Trévezel). Ces opérations réalisées avecl’ONEMA n’ont pas été suivies des effets attendus, ladite espècen’ayant pu être éliminée (période 2003-2005). A compter de2009, une autre opération d’éradication de cette espèce a été lancéeà titre expérimental après avis du comité scientifique du Parcnational ;• des analyses génétiques de noyaux de population de Truite fario(haut Tarn, etc.) en vue d’évaluer l’incidence des lâchers sur lespopulations autochtones ;• la gestion et l’aménagement du site de Barrandon (propriété privéede la fédération de la Lozère). Cet étang qui présente un intérêtpatrimonial avéré (tourbières, oiseaux, etc.) a une vocationde pêche de loisir commerciale. Il s’agit du second site du cœuren terme de fréquentation (plus de 20000 personnes/an). Unprogramme de gestion et d’aménagement devra permettre tant lagestion de la fréquentation que celle du patrimoine naturel ;• l’aménagement du lac des Pises, propriété privée du Parc national,eu égard à sa fréquentation importante (réglementation de lacirculation, aire de stationnement, signalétique, etc.). Par ailleurs,la pratique de la pêche y était adaptée par un arrêté du directeurdu Parc national (jusqu’en 2009) ;• la gestion et la restauration d’un cours d’eau à Ecrevisse à piedsblancs dans le cadre de la mise en œuvre d’un document d’objectifsNatura 2000 : travaux conduits par la fédération de la Lozèreen lien avec la commune d’Ispagnac et divers acteurs locaux ;• l’organisation d’animations sur les poissons (frai de la Truitefario) et la gestion des rivières dans la partie gardoise du Parcnational en 2009 (vallée de l’Hérault). La fédération de pêche duGard est impliquée au niveau technique et financier ;• la protection réglementaire d’un noyau de population d’Ecrevissesà pieds blancs (menacé de disparition) via un arrêté du directeurdu Parc national (période 2006-2011). Celui-ci a été précédéd’une phase importante de concertation avec les professionnelsdes activités de pleine nature, l’ONF, la fédération du Gard etl’AAPPMA locale, mais aussi la collectivité concernée (communede Valleraugue) et les services de l’Etat. Cet arrêté interdit toutel’année la circulation, la pénétration et le stationnement des personnesdans le lit mouillé du canyon de l’Hort de Dieu.156Élaboration de la charte du parc national des cévennesÉléments d’états des lieux pour les groupes de travail


PARTICIPER À LA GESTION DE LA RESSOURCECet objectif ambitieux relève pour une part importante des domainesde compétences des collectivités (SAGE, contrats de rivière, schémasdépartementaux d’AEP).Le Parc national y contribue, au travers :• de la gestion durable des milieux humides (contrats, restauration,etc.) ;• d’opérations pilotes de restauration de terrasses et tankats (communede Peyrolles). Ce travail a été conduit par le syndicat mixted’aménagement et de gestion des eaux des gardons (SMAGE), enlien avec le conseil général du Gard ; le Parc national ayant cofinancéle suivi des travaux (assuré par le CNRS) ;• de sa politique de maintien des milieux ouverts en cœur, autrementdit, sur les bassins versants (mesures agri-environnementales,soutien aux activités d’élevage extensives, etc.) ;• de conseils aux éleveurs en vue d’aménager leur point d’abreuvementet de rationaliser l’utilisation de la ressource à l’amont ;• de nombreuses animations scolaires développées par l’éducationnationale et le Parc national ;• d’études sur l’héritage minier des Cévennes (contamination par leplomb de populations de truites, etc.) ;• d’un accompagnement technique auprès des collectivités pourleur projet d’AEP et d’assainissement ;• de subventions exceptionnelles aux collectivités pour leurs projetsd’assainissement collectif (STEP de St-Maurice-de-Ventalonou du Pont-de-Monvert) ou d’adduction en eau potable (AEP duCausse Méjean). En effet, l’établissement n’a pas la légitimité, lesprérogatives et les moyens financiers pour systématiser sa participation.En revanche, il a engagé une action de fonds en renforçantdepuis 2007 son accompagnement technique des collectivités enphase préopérationnelle, en lien avec les services de l’État et lesmaîtres d’œuvre.La DourbieÉlaboration de la charte du parc national des cévennesÉléments d’états des lieux pour les groupes de travail157


les données thématiquesl’eau & les milieux aquatiques158Élaboration de la charte du parc national des cévennesÉléments d’états des lieux pour les groupes de travail


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