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S 0 C 1 E T EI/CENTRE D'ETUDES ET DE RECHERCHESSUR LA PENETRATION ET LE DEVELOPPEMENTAUGUSTIN DE LA REVOLUTION DANS LE CHRlSTlANISMEBARRUE LI/ Courrier : 62, Rue Sala 69002 LYONUN MUSULMAN INCONNU:RENE GUENONLA REVOLUTION SEXUELLE - 5GNOSE ET LITTERATURECONTEMPORAINEGNOSE ET ISLAM - 1CRETINEAU-JOLYL'AMI DES PAPES ET DE LA VERITEQUELQUES LIVRESDANS LA PRESSE:IN MEMORIAM JEAN VAQUIESOMMAIRE No 25
Quelques précisionsL'Abbé Emmanuel BARBIER :In memoriamA propos de MéthodeLes divers plans de I'EtudeDes nuances nécessairesAux racines philosophiesde la crise contemporaineLa crise de I'Eglise et ses origineA propos de la Contre-Eglise et desdifficultés posées par son étudeSOMMAIRE NO 7Introduction historiqueà l'étude de l'œcuménisme - 1 3L'Antimaconnisme au XIXe siecle 22Les sources protestantes 27La faiblesse des meilleurs,force de la révolution 4 1Contribution b I'étude de l'hermétisme 44L'Abbé Emmanuel BarbierIn memoriam : 2e Editson 53SOMMAIRE NO 13Itinéraires vers un*ésotérisme chréti<strong>en</strong>.Ni dialogue. ni polémiqueLa .Nouvelle Droiteetses fondem<strong>en</strong>ts doctrinauxLa subversion de l'idée de créationdans la gnose baréli<strong>en</strong>neEn feuilletant les livresIntroduction historiqueà I'étude de l'œcuménisme - 6SOMMAIRE No 2Pour rester <strong>en</strong> bonne compagniede Barbier à BarruelLe Pere Barruel et l'action des Logesau XVllle siècleQuand un nouveau convertidécouvre le SillonL'Abbé Barbier face aux astucesdu catholicisme libéralLa pénétration maconnique dansla Société Chréti<strong>en</strong>neLe brülant probléme de la .TraditionnSOMMAIRE No 8L'affaire des Ess<strong>en</strong>i<strong>en</strong>s 32 L'Abbé PROYART Emule etcontemporain de BARRUEL 143 1890/1940 : cinquante ansde lutte antimaconnique 2111 Contribution b l'étude del'hermétisme 2 32l42024Introduction historique A I'étudede l'œcuménisme 46SOMMAIRE N O 14A la découv<strong>en</strong>e de I'lslamLes développem<strong>en</strong>ts de la biopolitique<strong>en</strong> France depuis 1945Rudolf STEINER.de la théosophie à I'anthroposophieDe l'âme humaine - 1Un itinéraire Borelli<strong>en</strong> ?Aux sources du rec<strong>en</strong>trageaprès le Concile Vatican IIPremiers jalons pour une histoirede la Révolution Liturg~que SOMMAIRE No 15SOMMAIRE N O 9SOMMAIRE NO 3La Gnose -Traditionnaliste"du Professeur BORELLA 3Christianisme et RévolutionUne nouvelle attaque contre la foi :Premières approches3 l'Omission du Filioque 25Le Général Franco et laDescartes et la foi catholique 40Révolution de 1976Introduction historique b I'étudeLa gnose. tumeur au sein de I'Eglise23 de I'E~cuménisme 53Le Père Jandel. futur Maitre Généralde l'Ordre des Freres Prêcheursa-t-il chassé le diable d'une loge lyonnaise ?Le Périple Augustini<strong>en</strong> et ses conséqu<strong>en</strong>cesintellectuelles 40Les pièges du symbolismele cas de Jean HANIA la découverte de I'lslam - IIL'initiation aux petits rnysteresdans I'anthroposophiede RudoM STEINERDe IOme humalne - IILes forces antagonistes au LibanTémoignages sur les origines de lade la révolution liturgique - Ze EditionSOMMAIRE No 10 SOMMAIRE ND 16Un musulman inconnu. R<strong>en</strong>é GUENON 3SOMMAIRE N O 4Une lettre de Monsieur BORELLA 23Petite chronologie cartési<strong>en</strong>ne 27Les luttes de l'Abbé BarbierLes ess<strong>en</strong>i<strong>en</strong>s étai<strong>en</strong>t-ils les ébionites ? 31Les conditions générales du Pouvoiret de la Religion DémoniaquesL'impact de la lutte antimaçonnique'O d'avant 1940 45En feuilletant les livres 26Introduction historique à I'étude deDe la vraie philosophie comme préliminaire l'œcuménisme - 4 45à la RévélationLe spiritualisme subversif :Témoignage sur les origines Colloque des 24.25.26 aoùt 1982 57de la Révolution Liturgique 41 Réponse à Monsieur BORELLA 60Développem<strong>en</strong>ts actuels de la gnoseA la découverte de I'lslam IIILa crise de la philosophte chrét~<strong>en</strong>ne<strong>en</strong> France au XXe siecleLa christologie de Rudolf STEINERLa christologie sur les originesdu C<strong>en</strong>tre de Pastorale Liturgique2' EditionSOMMAIRE No 5A l'occasion du c<strong>en</strong>t<strong>en</strong>aire de l'<strong>en</strong>cycliqueAerterni PatrisProtestantisme et libéralismeEn feuslletant les livresLa gnose d'hier b aujourd'huiPrécurseurs oubliésApercu sommaire de la doctrinede l'hyl4morphisme3SOMMAIRE No 11Le drame du ralliem<strong>en</strong>t : 1 3l9 R<strong>en</strong>é GUENON et le Sacré-Cœur 182231Introduction historique 3 l'étudede I'œcumménisme - 5 24Un piège œcurnéniste : le puseyisme 3334 Christianisme et RévolutionZe Edition 45SOMMAIRE No 17Un prêtre parleL'héritage de I'Abbé LefbvreA propos de deux journalistesLe Jansénisme,de l'hérésie à la troisième voieLe néo-platonisme etla réaction anti-chréti<strong>en</strong>nedes premiers sièclesLes réactions des pouvoirs publicsdevant la prolifération des sectesA la découverte de I'lslam - IVSOMMAIRE No 6La vie et les œuvres deI'Abbé Augustin Barruel SOMMAIRE No 12 SOMMAIRE No 18Un franc-tireur musclé, Joseph SartoLe Cardinal PIE.un évëque des temps modernesLa gnose aujourd'huiTémoignage sur les origines duC<strong>en</strong>tre de Pastorale LiturgiqueA propos de la contre-églnse etdes difficultés posées par son étudeZe EditionGnose et Gnosticisme <strong>en</strong> Francel4 au XXe siècle 320 Le drame du ralliem<strong>en</strong>t - 2 14Une résurg<strong>en</strong>ce de la Gnose au30 XXe siècle : le borellisme 30L'œcuménisme <strong>en</strong> question 45Gnose el Humanisme - 1 3Note Bibliographiques 19L'IslamReligion sous le v<strong>en</strong>t de la polilique - 1 21Le myîhe du Graal 41Le briilant problbme de la tradilion2% Edition 51
Un musulman inconnu: R<strong>en</strong>é GuénonDepuis bi<strong>en</strong>tôt 15 ans les thèmes de 1'EsotérismeChréti<strong>en</strong> ont été évoquées dans un grand nombred'articles de ce Bulletin, que ce soit de façondirecte ou indirecte. En voici laliste :1 - A propos de la Contre &lise et des mcultésposées par son étude (repris dans le N 6).2 - Le brûlant problème de la Tradition -(repris dansN 18).3 -Lagnose tumeur au sein de I'Eglise.5 - Lagnose d'hier à aujourd'hui.6 - Lagnoseaujourd'hui9 - Lagnose traditionaliste du Pr. Borella.1 O - Un musulman inconnu, R<strong>en</strong>é Guénon.10 - Le spiritualisme subversif.10 - Correspondance avec le Pr. Borelia.1 1 - R<strong>en</strong>é Guénon et le Sacré-Coeur.12 - Gnose et gnosticisme <strong>en</strong> France au XXesiècle.12 - Une résurg<strong>en</strong>ce de la gnose au XXe siècle :le Borellisme.13 - Itinéraires vers un ésotérisme chréti<strong>en</strong>.13 - La subversion de la notion de création danslagnose borelli<strong>en</strong>ne.14 -Un "Itinéraire" Borelli<strong>en</strong>?15 - Les pièges du symbolisme : le cas deJean Hani.16 - Développem<strong>en</strong>tsactuels de la gnose.17 -L'Héritage de l'Abbé Lefibre.17 -Un prêtre parle.181 19 -Gnose et Humanisme.20121 - Gnose et Romantisme24 - Gnose et classicismeCelies de ces études rédigées par M. Eti<strong>en</strong>neCouvert ont été reprises dans deux ouvrages publiéspar les Eùitions de Chiré : "De la Gnose à I'Oecuménisrne"- "LaGnose contre IaFoi". Que l'on peut commanderà : Diffusion de la P<strong>en</strong>sée Française - Chiré<strong>en</strong> Montreuil- 86190Vouillé.Après le N Spécial sur 1'Ekole Moderne de ISEsotérismeChréti<strong>en</strong> (N 22/23, toujours disponible auprix de 100 Francs), il nous a paru intéressant dereproduire ci-dessous l'article consacré a R<strong>en</strong>éGuénon et son périple doctrinal, véritable modèledu g<strong>en</strong>re. Cette étude publiée voici onze ans dans lebulletin N 10 a sans doute échappé à UII grand nombrede nos abonnés actuels, qui pourront donc <strong>en</strong> pr<strong>en</strong>dreconnaissance avec grand profit et <strong>en</strong> retirer un éclairageindisp<strong>en</strong>sable pour les développem<strong>en</strong>ts de lapénétrationgnostique contemporaine.LES l3TAF'ES DE SAVER<strong>en</strong>é Guénon, né a Blois le 15 nwembre 1886,fut baptisé sous les noms de R<strong>en</strong>é, Jean, Marie, J eseph. Ses par<strong>en</strong>ts étai<strong>en</strong>t originaires de Blois où sonpère était architecte. D'une santé délicate, R<strong>en</strong>é eutune fréqu<strong>en</strong>tation scolaire intermitt<strong>en</strong>te : il fut néanmoinsun élève brillant remportant un accessit de physiqueau Concours Général ainsi qu'un prix d'unesociété sci<strong>en</strong>tifique de Blois ; il fit <strong>en</strong>suite la classe deMathélém<strong>en</strong>taire à Blois, puis <strong>en</strong> 1904, il vint à Parispour préparer une lic<strong>en</strong>ce de Mathématiques au "CollègeRollin".Et voilà que deux ans plus tard, c'est-à-dire <strong>en</strong>1906, il r<strong>en</strong>once apomuivre ses études universitaires; dès lors il va s'ori<strong>en</strong>ter vers r<strong>en</strong>seignem<strong>en</strong>t privé etdev<strong>en</strong>ir professeur d'école libre. Pourquoi ce tournant,raisons de santé, ou bi<strong>en</strong> attrait pour des étudesextra-universitaires ?C'est probablem<strong>en</strong>t cette seconde explicationqui est la bonne, car c'est a partir de cette époque queGuénon se met à fréqu<strong>en</strong>ter les milieux intellectuelsqui sont passionnés par ce que l'on nomme "la connaissance"c'est-à-dire les néespiritualistes, les théosophes,les occultistes, les spirites, les ori<strong>en</strong>talistes,etc.Jusqu'à son départ de Blois, R<strong>en</strong>é Guénon avaitsurtout évolué daus un miljeu "catholique". Ses biegraphes ne relat<strong>en</strong>t aucune hostilité manifeste dujeune homme à ce milieu et à cette influ<strong>en</strong>ce "bi<strong>en</strong>p<strong>en</strong>sante".Us not<strong>en</strong>t cep<strong>en</strong>dant vers 14- 15 ans unealtercation avec un de ses professeurs : a la suite d'unelongue discussion de plusieurs heures, le jeune R<strong>en</strong>és'alita avec une forte fièvre, et son père dut le changerd'école. Mais dans l'<strong>en</strong>semble on ne trouve pas derévolte contre sa religion maternelle jusqu'a son arrivéeParis.
Cette abs<strong>en</strong>ce d'hostilité, cette abs<strong>en</strong>ce de combativitb,il la conservera toujours et elle constitueramême un des points ess<strong>en</strong>tiels de sa doctrine. Iln'attaquera pas le catholicisme violemm<strong>en</strong>t, il le conservera<strong>en</strong> bloc, moy<strong>en</strong>n<strong>en</strong>t des réserves et des aménagem<strong>en</strong>ts: il se cont<strong>en</strong>tera de l'<strong>en</strong>glober dans unsystème plus vaste dont le catholicisme sera seulem<strong>en</strong>tun cas particulier. Sa grande formule tactique :se superposer sans s'opposer.A Paris, R<strong>en</strong>é Guénon habitait un appartem<strong>en</strong>tsitué 51 rue St Louis <strong>en</strong> l'Ile dans un bel immeubleLouis XV au passé historique qui avait été occupé parl'archevêché de Paris vers 1840 et où Mgr Afïi-e, tuésur les barricades <strong>en</strong> 1848, fut conduit. Guénon devaitgarder assez longtemps ce domicile, même après sondépart de France.Après avoir abandonné ses études universitaires,où d'ailleurs il ne semble pas avoir très bi<strong>en</strong> réussi,il avait pris des postes de professeur dans diversesinstitutions libres <strong>en</strong>seignant tantôt les mathématiqueset la physique, tantôt la philosophie. Sans avoirjamais été vraim<strong>en</strong>t pauvre, il n'a pas non plus m<strong>en</strong>é"la grandevie ; il était de tempéram<strong>en</strong>t studieux et solitaireet cette vie modeste lui conv<strong>en</strong>ait bi<strong>en</strong>.Cette vie solitaire n'était pourtant pas exemptede démarches et de prises de contacts personnels.Mais surtout, p<strong>en</strong>dant qu'il bénéficiait de sespremiers contacts personnels avec les maîtres contemporainsde la sci<strong>en</strong>ce ésotérique, il se nourrissaitde livres.En 191 2 Guénon épouse une jeune file de Blois,Berthe Loury, originaire de Chinon ; le mariage eutlieu près de Chinon dans la propriété de la nouvelleépouse, avec une disp<strong>en</strong>se de Bans accordée par l'archevêquede Tours, le 1 1 Juillet 19 12. On est <strong>en</strong> droitde se demander si le marie était toujours catholique àce mom<strong>en</strong>t-la, car cette année 1912 est aussi celle deson initiation soufiste (ésotérisme musulman) ; ce quiparaît certain, c'est qu'il ne révéla jamais a sa femmeson appart<strong>en</strong>ance à l'Islam.Le jeune ménage vint habiter à Paris dans 1'Ile StLouis, tandis que Guénon continuait le professorat.Lorsque survint la guerre de 1914, lui qui avait été réformélors du conseil de révision <strong>en</strong> 1906, fut maint<strong>en</strong>udans cette situation et ne fut pas mobilisé ; il resta-donc dans l'<strong>en</strong>seignem<strong>en</strong>t libre où il occupa successivem<strong>en</strong>tdivers postes.En 1915- 1916, il est suppléant au Collège de StGermain.<strong>en</strong> Laye ; l'année suivante 1917, il est à Bloiscomme professeur de Philosophie ; puis <strong>en</strong> 1918, il est<strong>en</strong>voyé a Sétif <strong>en</strong> Algérie, et à la fin de la guerre, il revintà Blois. Et <strong>en</strong>fin à Paris où il retrouve i'ne St Louis: c'est là qu'il va comm<strong>en</strong>cer à rédiger ses premierslivres, car jusqu'alors il n'avait écrit que des articles.Nous sommes <strong>en</strong> 1921. Sur le plan mondial, <strong>en</strong>Russie, c'est la NEP (nouvelle économie politique)qui va empêcher la débâcle des communistes et attirerles capitaux américains. En Chine, c'est le mom<strong>en</strong>tdes premières émeutes communistes a Canton, etd'ailleurs la Chine est <strong>en</strong> plein Kuornintang, donc <strong>en</strong>plein modernisme. Le congrès communiste de Bakouvi<strong>en</strong>t de décider i'ext<strong>en</strong>sion de la Révolution prolétari<strong>en</strong>neaux Empires coloniaux.Et a Paris, R<strong>en</strong>é Guénon, "musulman inconnu",sort tranquillem<strong>en</strong>t son premier 1Me qui s'intitule :"Introduction générale à l'étude des doctrines hindoues",tandis que tout un public composé pour partied'occultistes et pour partie de traditionalistes, deréactionnaires, d'anti-modernistes, de contemplatifs,comm<strong>en</strong>ce à être séduit par son aüitude, son rouliset son vertige. Entre 1921, 1922 et 1923, Guénonpublie les trois ouvrages qui constitu<strong>en</strong>t la phase préliminairepréparatoire de sa manoeuvre doctrinale.On peut noter que 1921, c'est le beau temps de laSDN à G<strong>en</strong>ève, c'est l'époque ou l'Allemagne emploiesa diplomatie a merer le payem<strong>en</strong>t des réparationsde guerre. 1922 est l'année du premier traité germano-soviétiquede Rapallo, c'est aussi l'année de l'assassinatdu ministre allemand Walter Rath<strong>en</strong>au parles nationalistes allemands. Et 1923 fut l'année del'occupation de la Ruhr par les troupes françaises.De 1924 à 1929, Guénon fut professeur de Philosophieau "Cours Saint Louis" où il d o ~ aussi a desleçons particulières d'autres matières. C'était l'institutionoù sa nièce faisait ses études.En 1928 il perdit sa femme Berthe Loury, puisquelques mois plus tard sa tante, Mme Duru, qui avaitlongtemps partagé la vie du ménage ; sa nièce dont ilpouvait plus dès lors s'occuper fut confiée à d'autrespersonnes. Finalem<strong>en</strong>t, l'année suivant il cessa d'<strong>en</strong>seigneret se tourna vers un autre mode de subsistance.Car a cette époque, au milieu de l'année 1929,R<strong>en</strong>é Guénon fit une r<strong>en</strong>contre importante pour sonav<strong>en</strong>ir : dans le bureau de la Librairie Chacornac, quaiSt Michel à Paris, il r<strong>en</strong>contra une certaine MadameDINA qui était américaine et vewe d'un ingknieurégypti<strong>en</strong>. Madame DMA habitait Bat--Aube <strong>en</strong>hiver et Cruseilles <strong>en</strong> Haute-Savoie p<strong>en</strong>dant l'été.
En Septembre 1929, Guénon et Madame DINApartir<strong>en</strong>t pour visiter l'Alsace p<strong>en</strong>dant deux mois ;puis ils vinr<strong>en</strong>t se reposer à Cruseilles. C'est au coursde ce voyage que fut décidé l'arrangem<strong>en</strong>t suivant :Mme DINA rachéterait aux éditeurs parisi<strong>en</strong>s les diverslivres de Guénon pour les r&diter <strong>en</strong>suite dansune nouvelle maison qui éditerait aussi les livrespostérieurs que Guénon se proposait d'écrire.Ils cherchèr<strong>en</strong>t d'abord à Gr<strong>en</strong>oble une maisond'éditeur apte a opérer cette concertation. Finalem<strong>en</strong>tMme DINA <strong>en</strong>visagea la création d'une librairieet d'une collection à t<strong>en</strong>dance 'Traditionaliste".Puis, tous deux s'embarquèr<strong>en</strong>t pour i'Egypte afm derecopier des textes de l'ésotérisme soufiste destinés àcette librairie et à cette collection.Guénon disait à ses amis de Paris qu'il partaitpour <strong>en</strong>viron trois mois, mais, ces trois mois écoulés,Mme DINA revint seule à Paris tandis que Guénoncontinua à travailler <strong>en</strong> -te. Cette séparation mitfin au projet de librairie et de maison d'édition. Finalem<strong>en</strong>taprès avoir remis de mois <strong>en</strong> mois son voyagede retour <strong>en</strong> France, il y r<strong>en</strong>onça toutà-fait : il nedevait jamais rev<strong>en</strong>ir. Il s'installa au Caire sous le nomde SHEIK ABDEL WAHED YAHIA, Il s'islamisacomplètem<strong>en</strong>t et finit par parler l'arabe sans acc<strong>en</strong>t. Ildevait obt<strong>en</strong>ir la nationalité égypti<strong>en</strong>ne <strong>en</strong> 1947.Il continua toutefois d'écrire <strong>en</strong> français pourdes éditeurs parisi<strong>en</strong>s et à <strong>en</strong>voyer des articles à la revue"Le Voile d'Isisw qui devint à partir de 1933, "LesEtudesTraditionnelles".Guénon conserva son appartem<strong>en</strong>t de 1'Ile StLouis jusqu'<strong>en</strong> 1935, et des amis lui expédièr<strong>en</strong>t alorsses livres <strong>en</strong> caisses au Caire. En Egypte il logead'abord a l'hôtel, puis il loua un appartem<strong>en</strong>t dans lamaison d'un confiseur, située près de l'Université islamiqued'El Azhar. En juillet 1934, il épousa une jeunemusulmane égyptie~e et alla habiter chez sonbeau-père ; mais l'arrivée de ses caisses de livres v<strong>en</strong>antde Paris l'obligèr<strong>en</strong>t à déménager et a s'installerdans une autre maison <strong>en</strong> compagnie de sa femme, deson beau-père et de sa belle-soeur, où il resta jusqu'<strong>en</strong>1937, date à laquelle son beau-père mourut. Ce futi'occasion d'un nouveau départ et d'une installationdéfinitive <strong>en</strong> dehors du Caire, dans une banlieue calmeà l'ouest de laville.C'est dans cette maison des faubourgs du Caireque Guénon mourut à son tour le 7 Janvier 1951, ai'âge de soixante cinq ans.LA FORMATION LIVRESQUENous nommerons seulem<strong>en</strong>t ses quatre principauxinspirateurs : Maître ECKHART (Moy<strong>en</strong>-Age),St Yves dlALVEYDRE (Restauration), Fabred'OLIVET(Resîauration), Eliphas Levi (Second Empire).- MAïïRE ECKHART - Théologi<strong>en</strong> et philosophe d<strong>en</strong>land de la seconde moitié du XIUème siècle.Arne ferv<strong>en</strong>te et exaltée, il érigea ses idées <strong>en</strong> unv<strong>en</strong>table système mystique. Un chapitre général desDominicains le susp<strong>en</strong>dit de ses fonctions de prieurde la province d'Allemagne. Son système est unPANTHEISME MYSTIQUE plein d'une int<strong>en</strong>se religiositénaturelie.Il n'y a qu'un seul ETRE, c'est DIEU. Les autrescréatures ne sont pas vraim<strong>en</strong>t des "êtres" ; ce sontseulem<strong>en</strong>t de vaines ombres.Pour exister vraim<strong>en</strong>t, il faut que les créatures finiesse dépouill<strong>en</strong>t de leurs formes conting<strong>en</strong>tes etqu'elles "<strong>en</strong>tr<strong>en</strong>t" <strong>en</strong> Dieu, qu'elles devi<strong>en</strong>n<strong>en</strong>t Dieu.Jusque Id, tout va à peu prés bi<strong>en</strong>. à part une incontestableexagération quant à la vanité de l'exist<strong>en</strong>cedes êtres créés ; car <strong>en</strong>fia, si leur exist<strong>en</strong>ce estprécaire et transitoire et si elle demande à être confirméeà la suite d'une épreuve, i'exist<strong>en</strong>ce de ces créaturesa tout de même un premier degré de réaiitk : ellesont été tirée du néant, donc elles ne sont déjà plus dunéant, elles ne sont plus de "vaines ombresn.Ce qui va tout compromettre défiivem<strong>en</strong>t,c'est que le système de Maître ECKHART est <strong>en</strong> mêmetemps panthéiste. II faut dès lors que ces vainesombres que sont les créatures finies, pour se diviniser,se perd<strong>en</strong>t dans le GRAND TOUT qui est Dieu. Onvoit tout de suite la par<strong>en</strong>té de ce système avec la métaphysiquedesreligions de l'Inde.R<strong>en</strong>é Guénon fut extrêmem<strong>en</strong>t impressionnépar le systéme de Maître ECKHART parce qu'il étaitexprimé à l'aide d'une terminologie tout-à-fait chréti<strong>en</strong>ne.Or sa formation familiale avait étk chrétie~e.II continuait à fréqu<strong>en</strong>ter quelques ecclésiastiques. Aaucun mom<strong>en</strong>t de sa carrière (et surtout pas à sesdébuts) il ne manifesta l'idée de rompre avec sa reiigionmaternelle.Simplem<strong>en</strong>t il cherchera à i'<strong>en</strong>glober dans unesynthèse plus vaste au milieu de laquelle eiie pourraitconserver son homogénéité.
-- L'ori<strong>en</strong>taliste dont les livres exercèr<strong>en</strong>t une influ<strong>en</strong>cesur R<strong>en</strong>é Guénon est FABRE D'OLIVET(1767-1825). C'est un auteur dramatique, un romancier,et surtout un iinguiste. Le dictionnaire biographiqu<strong>en</strong>ote que Fabre d'OLIVET' mêle une certaineextravagance mystique à ses développem<strong>en</strong>ts sur lesHiéroglyphes, sur les langues ori<strong>en</strong>tales et sur les dégoriesbibliques.Un de ses principaux ouvrages s'intitule :"Del'Etat Social de 1'Homrne" et il y parle de soumettre lasociété humaine à une souveraineté théocratique.C'est précisém<strong>en</strong>t une des idées que nous verrons rev<strong>en</strong>irchez R<strong>en</strong>é Guénon. Nous noterons <strong>en</strong> effet unet<strong>en</strong>dance guénonie~e à I'HEGEMONIE SACER-DOTALE ; Guénon donnera toujours la suprématie àI'AUTORITE SPIIUTUELLE sur le pouvoir temporel.Cette notion dont il a eu la première idée chezFabre d'OLIVET, il la retrouvera dans le Brahrnanisme.- SAINT YVES D'ALVEYDRE - est le troisièmeinspirateur. Ses ouvrages étai<strong>en</strong>t très lus au tempsde la jeunesse de R Guénon qui s'est imprégné de lasubstance cont<strong>en</strong>ue dans : "La Mission de i'Inde","L'Archéomètre", "La Mission des JUIFS", "La Missiondes Ouvriers", "LaMission des Rois", ''La Missiondes Françaisw où avec une richesse et unesouplesse d'expression extraordinaires, St Yves d'Alveydrepropose et même projette un remaniem<strong>en</strong>t généraldes religions ala surface de laTerre.11repr<strong>en</strong>d l'idée très anci<strong>en</strong>ne, et très maçonnique,d'une superreligion ésotérique (c'esta-dire réservéeà une élite) et complétée, pour la masse dupeuple, par un syncrétisme plus ou moins uniformiséselon les possibilités locales.Cette super-religion serait naturellem<strong>en</strong>t lacontinuation de la vaste et immémoriale TraditionUniverselle, qui se transmet d'âge <strong>en</strong> âge d'unemanière ésotérique comme le mycélium d'un charnpignon.Nous t<strong>en</strong>ons là les principaux élém<strong>en</strong>ts de cequi va dev<strong>en</strong>ir la doctrine guénoni<strong>en</strong>ne et surtout sadistinction <strong>en</strong>tre Esdérisme et Exotérisme. Seulem<strong>en</strong>tSt Yves les expose avec l'appareil archéologiquede son temps et après des contacts avec l'Ori<strong>en</strong>t quifiir<strong>en</strong>t surtout livresques.- Le quatrième inspirateur livresque de Guénonfut ELIPHAS LEVI, de son vrai nom Alphonse LouisCONSTANT, connu comme l'abbé CONSTANTbi<strong>en</strong> qu'il n'ai pas rqu le sacerdoce. Eliphas LEVI ainflu<strong>en</strong>cé R Guénon par deux de ses livres :"La Clefdes Grands Mystères" et "Dogme et rituel deHaute-Magie" parue <strong>en</strong> 1861 ; ces ouvrages étai<strong>en</strong>t<strong>en</strong>core <strong>en</strong> vogue <strong>en</strong> 1906 quand Guénon procédait aurassemblem<strong>en</strong>t de ses matériaux.Ses ouvrages développ<strong>en</strong>t, eux aussi, <strong>en</strong> la désignantsous le nom de : PHiLOSOPHIE OCCULTE,la notion de i'UNïTE ESSENTIELLE DE TOUTESDES RELIGIONS'. Cette idée n'était pas nouvelle,mais depuis quelques dizaines d'années cette id&avait cédé le pas dans les cercles intellectuels qui gravit<strong>en</strong>tautour de la Franc-Maçonnerie devant les NO-TIONS RATIONALISTES qui exclu<strong>en</strong>t toute idée deReligion. On ne parlait plus teliem<strong>en</strong>t de I'UNITEDES RELIGIONS parce que l'on n'avait plus besoinde religion.ELIPHAS LEVi est i'un de ceux qui ont r<strong>en</strong>verséla vapeur et qui ont remis l'acc<strong>en</strong>t sur le spiritualisme.Voici un texte pris dans "Dogme et Rituel de laHaute-Magie" :"A travers le voile de toutes les allégorie hiérarchiqueset mystérieuses répandues dans les anci<strong>en</strong>s dogmes,à travers les ténèbres et les épreuves bizarres detoutes les anci<strong>en</strong>nes institutions, sous le sceau de toutesles écritures, dam les ruines de Ninive et de mèbes,sous les pierres rongées des anci<strong>en</strong>s temples, et sur la fac<strong>en</strong>oircie des sphinx de 1Assyrie ou & l8Egvpte, dansles peintures monstrueuses ou merveilleuses quitraduis<strong>en</strong>t les croyances de lïnde et les pages sacréesdes Wdas, dans les emblèmes étmnges de nos vieux livresd blchimies, dans les cérémonies de réceptionspratiquéespar toutes les sociétés mystérieuses ., onretrouve les trams d'une doctrine partout la même etpartout soigneusem<strong>en</strong>t cachée. La PHILOSOPHIEOCCULTEsemble mirété la nourrice ou la marrainede toutes les religions, le levier secret de toutes les foresintellectuelles, la clé de toutes les obscurités divines, etla reine absolue de tous les âges où elle était exclusivem<strong>en</strong>tréservée à 1 ëducation &s prêtreset des rois".Résumons les p<strong>en</strong>seurs qui apportèr<strong>en</strong>t à R<strong>en</strong>éGuénon ses premiers matériaux :- MMTRE ECKHART, qui l'influ<strong>en</strong>ce par sonpanthéisme mystique, et sa méthode de méditationpour atteindre le Dieu Imman<strong>en</strong>t.- SAINT-YVES D'ALVEYDRE, qui lui apporteson idée de super-religion éswrique et de rattachem<strong>en</strong>tà I'Ori<strong>en</strong>t.- FABRE D'OLIVET, avec son idée de Souverainetéthéocratique et de Suprématie sacerdotale.- ELIPHAS LEVI, son idée de Philosophie occulte,et d'UNïïE ess<strong>en</strong>tielle des religions.
Un des biographes de Guénon, Jean Robin,dans un oume qui fait partie de nos sources "R<strong>en</strong>éGuénon Témoin de la Tradition", met pourtant <strong>en</strong>doute l'influ<strong>en</strong>ce que de telles lectures ont pu avoir surla formation de Guénon. 11 souti<strong>en</strong>t tout au long deson livre I'idée de la Mission Provid<strong>en</strong>tielle, missionnon-humaine de Guénon. Dans une telle hypothèseles lectures faites par Guénon n'aurai<strong>en</strong>t eu pour effetque de le t<strong>en</strong>ir au courant de l'état actuel de la question,mais non pas de lui avoir appris, positivem<strong>en</strong>t,quoi que ce soit.LEPERIPLE DANS LES SECIESEUROPEENNESBi<strong>en</strong> que très porté sur le travaii solitaire, et nousavons vu quelles étai<strong>en</strong>t ses quatre principales sourcesd'inspiration livresque, R<strong>en</strong>é Guénon ne dédaignaitpas les contacts personnels. Et a partir de 1907, il pritde nombreux contacts avec des <strong>org</strong>anisations qui vontlui faire parcourir un périple très instmctifIl reçut un jour dans son appartem<strong>en</strong>t parisi<strong>en</strong>de l'Ile Saint Louis la visite de deux Messieursv<strong>en</strong>us levoir de la part d'"un groupe" assez restreint nommé :L'ECOLE HERMETIQUE. Il s'agit d'un groupe dirigépar le Docteur Philippe Encausse, dit Papus, quil'avait fondé <strong>en</strong> 1888. En 1907, le Mouvem<strong>en</strong>tfonctionne donc depuis une vingtaine d'années. Lesdeux Messieurs sont Mrs PHANEG et BARLET, leprincipal étant PHANEG avec lequel Guénon va resterlié p<strong>en</strong>dant unelongue période.Cette Ecole Hermétique est un groupe d'étudesésdériques qui a pris la forme d'une Petite UniversitéLibre dont le siège est situé au 13 de la rue Sêguier àParis et où des cours sont donnés par Papus, par Barlet,par Phaneg et par Yvon Leloup (dit Sédir) quis'occupe surtout du s<strong>en</strong>s caché des Ecritures.Mais surtout cette Ecole Hermétique est 1'"antichambre"d'un ordre plus discret qui se donne le nomd'"ORDREMARTIN1STE et qui se dit le successeurrégulier de I'ORDRE des ELUS COHENS, fondé auXWIèrne siècle par Martinez Pasqually. R<strong>en</strong>éGuénon ne tarda pas a <strong>en</strong>trer dans cet Ordre Martinisteoù il reçut le premier, puis le second et le troisièmedegré dev<strong>en</strong>ant ainsi "SUPERIEURMCONNU".Sur cette lancée Guénon, qui est aussi avide deconnaître que très apte a assimiler, se fait recevoir <strong>en</strong>coredans deux loges maçonniques qu'il sait être <strong>en</strong> relationd'amitié avec l'Ordre Martiniste de Papus. Cesdeux loges sont : 1) la "Loge Symbolique" "Humanidad"du Rite National Espagnol". 2) "Le Chapitre etTemple INN" du rite originel Swed<strong>en</strong>b<strong>org</strong>i<strong>en</strong>. C'estdans ce chapitre swed<strong>en</strong>b<strong>org</strong>i<strong>en</strong> qu'il reçut le CordonNoir de "Chevalier Kadosch" (le mot Kadosch signifiantSaint).A la même époque il comm<strong>en</strong>ça à collaborer à la revue"Le Voile d'Isisw. 11 prit peu à peu de plus <strong>en</strong> plusd'importance au sein de sa rédaction et il lui restaextrêmem<strong>en</strong>t fidèle : on peut même dire que c'est luiqui <strong>en</strong> fm la ligne doctrinale et il continua à lui <strong>en</strong>voyerdes articles quand il résida <strong>en</strong> Egypte. C'est cetterevue qui changea de nom <strong>en</strong> 1933 pour dev<strong>en</strong>ir "LesEtudes Traditionnelles".Or ce fut précisém<strong>en</strong>t cette revue "Le Voile d'Isis"qui fut chargée <strong>en</strong> 1908 de la partie administrativedu "Congrès Maçonnique et spiritualiste" <strong>org</strong>anisé àParis àla "Saile des Sociétés Savantes". R<strong>en</strong>é Guénonfut tout natureliem<strong>en</strong>t désigné comme "Secrétaire duCongrès", et il siègea au Bureau. C'est aiasi qu'on le vitsur l'estrade décoré de son Cordon de Soie Noire deChevalier Kadosch.Mais ce Congrès fut pour Guénon l'occasiond'un tournant important, disons même déterminant,à la suite d'un événem<strong>en</strong>t imprévu. Certains confér<strong>en</strong>cierstinr<strong>en</strong>t au sujet de 1'"IDENTITE SPIRITUEL-LE, c'est-à-dire sur un point de la mystiqueinitiatique particulièrem<strong>en</strong>t délicat et important, desraisonnem<strong>en</strong>ts qui lui déplur<strong>en</strong>t fort. Sans que l'onpuisse connaître le détail de la querelle on sait qu'ilquitta le Congrès très mécont<strong>en</strong>t et qu'il comm<strong>en</strong>çadès lors a manifester son désaccord quant à l'ORIEN-TATION RATIONALISTE DE LA F.M. AC-TUELLE.Ce désaccord est resté depuis l'un des élém<strong>en</strong>tsfondam<strong>en</strong>taux de la Doctrine et de la StratégieGuénoni<strong>en</strong>ne. La BIFURCATION "paramaçonnique"de Guénon que nous dons constater par la suitedatede ce jour-là.C'est a ce Congrès de 1908 que Guénon r<strong>en</strong>contraun autre personnage important du monde ésotérique: FABRE DES ESSARTS, qu'il ne faut pasconfondre avec Fabre d'Olivet, et qui était beaucoupplus COMU sous son pseudonyme de SYNESIUS. 11était patriarche de I'Eglise Gnostique.Guénon demanda évidemm<strong>en</strong>t au PatriarcheSynesius d'être admis dans cette Eglise, ce qui fut fait ;il devint même l'année suivant, <strong>en</strong> 1909, évêquegnostique sous le nom de Paling<strong>en</strong>ius (du gréco-latin"Paling<strong>en</strong>ius", né de nouveau, ou re-né). C'est désormaissous ce pseudonyme de Palingénius qu'il écrira<strong>en</strong>tre 1909 et 1912 un grand nombre d'articles dans larevue "La Gnose".
Si nous résumons la situation, nous constatonsqu'<strong>en</strong>tre 1906 et 1909, soit <strong>en</strong>tre savingtième et sa vingt-troisièmeannée, Guénon a avancé a pas de géantdans la carriére maçonnique et ésotérique : auditeur a1'Ecole Hermktique de Papus, membre de l'OrdreMaribiste avec le grade de Supérieur inconnu, aff"iliéà la loge Humanidad, membre du Chapitre swed<strong>en</strong>b<strong>org</strong>i<strong>en</strong>INRI avec la grade de Chevalier KADOSCH,rédacteur de la m e "Le Voile d'Isis, évêquegnostique sous le pseudonyme de Paling<strong>en</strong>ius, rédaoteur a la revue ''La Gnose".Il reste que l'on peut se demander s'il se trouvaita l'aise dans ces differ<strong>en</strong>ts groupem<strong>en</strong>ts et la réponseserait qu'il était à moitié satisfait, pour les raisons suivantes.Il constate que toutes les doctrines qu'il <strong>en</strong>t<strong>en</strong>dexposer sont dissemblables au point qu'il estimpossible de les coordonner pour <strong>en</strong> faire ununique et stable, selon l'ambition commune de touscesrnilieux.Son premier reproche est donc celui-là ; on luiprés<strong>en</strong>te des doctrines spirituaüstes dissemblables etinaptes à constituer un corps de doctrine cohér<strong>en</strong>t.Mais il leur fait aussi un second reproche beaucoupplus grave, plus profond, et c'est la sans doute le coupde génie qui lui a permis de dev<strong>en</strong>ir le vrai maître de lasubversion spiritualiste moderne pour cette secondepartie du 20ème siècle.Il leur dit : "C'est 1 'esprit sci<strong>en</strong>tzj2que que vous a ppliquez aux phénomènes spirituels. Vous êtes des Observateursde phénomènes, et vous leur appliquez laméthode expérim<strong>en</strong>tale".Bi<strong>en</strong> sûr, il a constaté chez ses amis de I'EcoleHermétique, de l'Ordre Martiniste, etc, le souci de redonner"aux forces de l'Espritw, leur primat, le soucide rompre avec le rationalisme de l'époque anticléricale.Mais il constate aussi que ce spiritualismeest <strong>en</strong>core expérim<strong>en</strong>tal, sci<strong>en</strong>tifique, empirique,"phénoménal": ces Messieurs recherch<strong>en</strong>t "des pouvoirs".Or il a, lui, l'intuition que cette sci<strong>en</strong>ce des "forcesspirituelles" qui est de l'ordre religieux, ne doit paspartir <strong>en</strong> bas pour s'élever <strong>en</strong>suite par induction jusqu'ades lois.il a l'intuition qu'il existe une très anci<strong>en</strong>nesci<strong>en</strong>ce spirituelle, riche de postulats à priori, uneTradition archaïque, immuable, infkillible, que l'on aoubliée et qu'il faut restaurer.On peut dire que la réaction de Guénon <strong>en</strong> facedu spiritualisme qui était <strong>en</strong> usage a ce mom<strong>en</strong>t-là <strong>en</strong>France, marque l'<strong>en</strong>trée <strong>en</strong> jeu d'une m<strong>en</strong>talité, etd'habitudes d'esprit nouvelles et auth<strong>en</strong>tiquem<strong>en</strong>toriginales.Voilà donc R<strong>en</strong>k Guénon <strong>en</strong> diverg<strong>en</strong>ce et <strong>en</strong>discussion avec les <strong>org</strong>anisations dont il fait partie et<strong>en</strong> particulier avec le personnage majestueux et haut<strong>en</strong> couleur de Papus. Il jugea le mom<strong>en</strong>t v<strong>en</strong>u de regrouperautour de lui les individualités assez libresd'esprit pour compr<strong>en</strong>dre sa nouvelle position, (1 lafois spiritualiste, traditionnelle, métaphysique, contemplativeet intuitive.Pour faire ce choix d'individualités ii va puisersurtout dans le perso~el de l'Ecole Hermétique etdans l'Ordre Martiniste. L'affaire était <strong>en</strong> préparationlorsque, au début de 1908, plusieurs des personnagesintéressants et déjà press<strong>en</strong>tis, se trouvèr<strong>en</strong>t réunisdans une chambre d'hôtel au 17 de la rue des Canettes,près de St Sulpice, pour <strong>en</strong> discuter. Or voilaqu'étant rassemblés et cogitant, ils reçur<strong>en</strong>t certaines"Communications <strong>en</strong> Ecriture Directe", c'esta-direque l'un d'eux se mit à écrire <strong>en</strong> écriture automatiquesous l'impulsion d'une "Entité". Et cette Eatité qui semanifestait ainsi <strong>en</strong>joignit aux assistants de fonder unnouvel ordre, l'Ordre du Temple dont elle désignaitnommém<strong>en</strong>t R<strong>en</strong>é Guénon comme devant être lechef et le Maître. 11 faut noter, détail important, queGuénon n'assistait pas acette réunion.La réaction de Guénon devant cette proposition,qiii lui fut aussitôt rapportée, est tout-à-fait caractéristiquede sa manière et même de sa doctrine <strong>en</strong>formation. 11 accueillit cette proposition avec doute,mais il ne sut pas préciser s'il soupçonnait les assistantsd'avoir été victimes de leur subconsci<strong>en</strong>t et deleur métaphychisme, ou bi<strong>en</strong> si l'<strong>en</strong>tité appart<strong>en</strong>ait àce qu'il nommera plus tard les "Forces Intermédiaires".Toujours est-il qu'il refusa d'obéir a la suggestionde l'Entité de la rue des Canettes, et qu'il ne voulutpas pr<strong>en</strong>dre la tête de cet Ordre <strong>en</strong> formation dansles conditions proposées. De fait l'"Ordre du Temple"n'eut qu'une exist<strong>en</strong>ce éphémère, suffisamm<strong>en</strong>t longu<strong>en</strong>éanmoins pour brouiller Guénon avec Papus,fort mécont<strong>en</strong>t qu'on lui souleva ses adhér<strong>en</strong>ts ; il s'<strong>en</strong>suivit une véritable rupture <strong>en</strong>tre Guénon et la plupartdes <strong>org</strong>anisations qu'il avaitjusque-là Mqu<strong>en</strong>tées.Seule la revue ''Le Voile d'Isis" fit exception àcette rupture générale et c'est grâce aux articles qu'il yécrivit désormais régulièrem<strong>en</strong>t que Guénon adhéra àune troisième loge, le loge Thébah, qui relevait de laGrande Loge de France. Sans doute avait-il besoin decette nouvelle expéri<strong>en</strong>ce, son opinion sur la F.M.n'étant pas <strong>en</strong>core définitivem<strong>en</strong>t formée. car c'est là,à la loge Thébah, que son jugem<strong>en</strong>t sur la véritable
valeur initiatique de la F.M. va pr<strong>en</strong>dre sa forme définitive.C'est dans cette loge qu'il prononça <strong>en</strong> 1913une co&er<strong>en</strong>ce sur le sujet : "L'Enseignem<strong>en</strong>tinitiatique", dont il repr<strong>en</strong>dra la substance <strong>en</strong>suitedansplusieursnurnéros delarevue "Levoile d'IsisM.P<strong>en</strong>dant la guerre de 14-18 la loge Thébah futmise <strong>en</strong> sommeil et, lorsque aprés laguerre elle fut rkniniée,Guénon absorbé par la rédaction de ses livresne la fréqu<strong>en</strong>ta plus, tout <strong>en</strong> y conservant des relationspersonnelles.L'idée de réunir autour de lui un équipe d'amisfidèles et de collaborateurs, le poursuit toujours ; l'essaiinfructueux de "l'Ordre du Temple" qu'il faudraitd'ailleurs pouvoir analyser, ne l'a pas découragé. Et ilfranchit une nouvelle étape avec la fondation de laRevue "La Gnose", <strong>org</strong>ane officiel de 1'Eglise GnostiqueUniverselle.Cette revue parut de 1909 à 1912, et c'est R<strong>en</strong>éGuénon qui <strong>en</strong> fut de loin le principal rédacteur ; c'estlà qu'il va mettre au point sous forme d'articles séparésquelques-uns des élém<strong>en</strong>ts de sa fùture doctrine -car à cette date il n'a pas <strong>en</strong>core publié de livre, lepremier sortant seulem<strong>en</strong>t <strong>en</strong> 1921.On ne peut pas terminer ce panorama des revuesauxquelles collaborait alors Guénon sans parler de laphis curieuse d'<strong>en</strong>tre elles, la revue 'la France antimaçonnique"dirigé par Clarin de la Rive. Hé ! oui,Guénon-Paling<strong>en</strong>ius, musulman, membre de trois loges, évêque de I'Eglise gnostique, anci<strong>en</strong> membre del'Ecole Hermétique, rédacteur au Voile d'Isis, à la"Gnose" et d'autres, collaborait a la France Antimaçonniqueet sous un pseudonyme qui aurait du attirerl'att<strong>en</strong>tion, puisqu'il signait "Le Sphinx" !De juillet 1913 à juillet 1914, il y publia une séried'articles sur la F.M. où il développait ses thèmes familiers.Quel est donc ce Clarin de la Rive ? II est de ceuxqui ont poussé Léo Taxü à fàh ses fameux aveux.Quant on voit l'ori<strong>en</strong>tation de sa revue soit-disant antimaçonnique,on est <strong>en</strong> droit de se demander de quelbois il se chauffait.SAPOSITiON AL'EGARD DELA F.M.Cette av<strong>en</strong>ture nous ramène à la nouvelle position deGuénon concernant la Franc-Maçonnerie, car s'il apu tromper autant de g<strong>en</strong>s à cette époque et par la suitec'est parce que sa p<strong>en</strong>sée était suffisamm<strong>en</strong>t originalepour être mal comprise, chacun lisant à traversses propres lunettes ce qu'il désirait y lire, certainsanti-maçons les premiers.Avant de nous tourner vers les influ<strong>en</strong>ces ori<strong>en</strong>talesqui se sont finalem<strong>en</strong>t imposees à Guénon, nousexaminerons donc son opinion sur la F.M. telle qu<strong>en</strong>ous la trouvons formulée dans un article des "EtudesTraditionnelles (nouveau nom de la revue " Voile d'Isisaprès 1935) - Dans cet article paru longtempsaprès la guerre de 14-18, <strong>en</strong> juin 1937, Guénondéveloppe lesgrandes lignes de sa confér<strong>en</strong>ce de 19 13à laloge Thébah.Cette opinion peut se résumer <strong>en</strong> deux propositions:1 - JI estime que la F.M. transmet une initiationauth<strong>en</strong>tique quant à la régularité de la "chaîne" dontelle a la succession.2 - Mais il estime aussi que la F.M. a été le théâtred'une dégénéresc<strong>en</strong>ce dans l'ordre doctrinal, cettedégénéresc<strong>en</strong>ce doctrinale a coincidé avec latransformation de la Maçonnerie OPERATIVE,c'estàdire celle qui réunissait de véritables Architectesde métier au Moy<strong>en</strong>Age, <strong>en</strong> Maçonnerie SPECU-LATIVE, c'est-à-dire celle qui a réunit non plus desarchitectes mais des Idéologues.A i'issue de cette période de transformation, quidébute avec l'Humanisme et qui se termine <strong>en</strong> 1717avec les "Constitutions d'Andersonw, la F.M. avaitadopté la PHILOSOPHIE MODERNE et abandonné,sinon la lettre, du moins l'esprit de la TRADI-TION.Néanmoins R<strong>en</strong>é Guénon estime que i'incompréh<strong>en</strong>sionmétaphysique des "Maçons spéculatifsmodernes'' n'altère pas lavaleur propre des Rites dontla F.M. est <strong>en</strong>core DEPOSITAIRE ; il aff"ie que laFiliation Initiatique n'est pas interrompue, et que parconséqu<strong>en</strong>t l'INlTIATiON MACONNIQUE est toujoursvalable et transmet auth<strong>en</strong>tiquem<strong>en</strong>t l'IN-FLUENCE SPIRlTüELLE désirable.Nous v<strong>en</strong>ons de dire que la Dégénéresc<strong>en</strong>ceDoctrinale de F.M. s'est produite p<strong>en</strong>dant la périodeécoulée <strong>en</strong>tre la R<strong>en</strong>aissance et les Constitutionsd'Anderson. Telle est du moins la première opinion deGuénon, celle qu'il exprime dans sa fanieuseconfér<strong>en</strong>ce à la Loge Thébah <strong>en</strong> 1913 et qu'il a publié<strong>en</strong> 1937.Cette opinion révélait déjà chez lui une tournured'esprit Pré-Humaniste, anti-humaniste, pour toutdire Moy<strong>en</strong>âgeuse et contemplative. Or cette tournured'esprit pré-humaniste il l'a <strong>en</strong>core acc<strong>en</strong>tuéebeaucoup plus tard dans son Livre "Aperçus sur l'hitiation",paru <strong>en</strong> 1945, <strong>en</strong> déclarant qu'à son avis laDégénéresc<strong>en</strong>ce Doctrinale, c'esta-dire la perte de
l'ht&Iisme traditionnel, remontait à une date plusanci<strong>en</strong>ne et qu'il fallait la placer au XIVéme siécle. àl'époque oii les auth<strong>en</strong>tiques Rose-Croix quittèr<strong>en</strong>tl'Europe, écoeurés par le rationalisme <strong>en</strong>vahissant,pour se réfugier <strong>en</strong> Ori<strong>en</strong>t.Cette aflïirmation de Guénon qui n'est étayéepar aucune preuve est intéressante <strong>en</strong> ce qu'elle dénete une tournure d'esprit foncièrem<strong>en</strong>t pr6-humanisteet montre que l'auteur n'hésitait pas à <strong>en</strong>visager unrebrassage fondam<strong>en</strong>tal de la p<strong>en</strong>sée occid<strong>en</strong>tale et àpréconiser de r<strong>en</strong>ouer avec la m<strong>en</strong>talité du Moy<strong>en</strong>-Age-L'kpisode de la loge Thébah a donc été une expéri<strong>en</strong>cecomplém<strong>en</strong>taire et décisive. LI rompt avec laM<strong>en</strong>talité de PROGRES pour se tourner vers unereligiosité d'un style nettem<strong>en</strong>t rétrograde, d'un styiecontemplatif.Naturellem<strong>en</strong>t, <strong>en</strong> manifestant ses désillusionset ses critiques à l'issue de ses "Expéri<strong>en</strong>ces Maçonniques",Guénon s'est attiré quelques animosités personnelles.Mais la F.M. ne lui a jamais manifestéd'hostiiité systématique, et cette abs<strong>en</strong>ce d'hostilitéest compréh<strong>en</strong>sible quand on pr<strong>en</strong>d bi<strong>en</strong> consci<strong>en</strong>cede ce que Guénon maint<strong>en</strong>ait tout de même, malgréses critiques "doctrinales", i'ess<strong>en</strong>tiel, à savoir la régularitéet l'auth<strong>en</strong>ticité de la transmission initiatique.A l'issue de ce constat, on peut se demander,comme le fait i'un de ses biographes, Jean Robin, ceque Guénon était v<strong>en</strong>u faire dans les Loges : y est-il v<strong>en</strong>upour s'instruire, ou pour inspecter?Jean Robin, un des plus <strong>en</strong>thousiastes disciplesde Guénon, se pose la question et il y répond <strong>en</strong> disantque Guénon avait fréqu<strong>en</strong>té les Sociétés InitiatiquesEuropé<strong>en</strong>nes pour les inspecter et y sonder la réguiaritéet l'auth<strong>en</strong>ticité initiatique. Il ajoute que, <strong>en</strong> agissantainsi, Guénon remplissait une "Fonction" mieux, une"Mission", et même une mission d'origine provid<strong>en</strong>tielie,actionnéqu'il était parla Divinité ...LES INlTIATIONS ORENTALESEn plus des contacts qu'il pr<strong>en</strong>ait dans les rnilieuxoccultistes et maçonniques, R<strong>en</strong>é Guénons'était mis, mais avec une discrétion étonnante, a se- reilseigner sur les "Doctrines Ori<strong>en</strong>tales".Dans un premier temps il contacta des ORIEN-TALISTES EUROPEENS, et <strong>en</strong>suite des ORIEN-TAUX AUTHENTIQUES.Pa-les ORENTALISTES EUROPEENS lesdeux principaux sont : Léon CHAMPRENAUD etAlbert de POWOURVILLE.- Léon CHAMPRENAUD (1870-1925) -Maître de confZLr<strong>en</strong>ces à I'Ecole Hermktique de Papusquand Guénon frt sa connaissance, il était égalem<strong>en</strong>t*clacteur à une revue intitulée "L'initiation" et <strong>en</strong>fiisecrétaire-adjoint de l'Ordre Martiniste. Mais le plusimportant est que Champr<strong>en</strong>aud s'écartaprogressivem<strong>en</strong>tde l'occultisme de Papus qui lui semblait s'<strong>en</strong>gagerdans une impasse et il se tourna vers lesDOCïRINE ORIENTALES.Champr<strong>en</strong>aud écrivit alors un ouvrage : "Matgioïet les Sociétés Chinoises", suivi d'un *surné sur laMétaphysique Taoïste. Mais c'est finalem<strong>en</strong>t versl'Islam qu'il se dirigea et il finit par <strong>en</strong>trer dans cettereligion sous le nom de ABDUL-HAQQ, nom qui signifie: serviteur de lavérité.- Albert de POUVOURVILLE ( 1862- 1939) -Officier puis Administrateur au Tonkin - De belleprestance et de comportem<strong>en</strong>t autoritaire, il quitta leTonkin pour passer <strong>en</strong> Chine méridionale et se mit àfréqu<strong>en</strong>ter deux initiés chinois : Tong-Sang N'Guy<strong>en</strong>et Duc-Luat, personnages importants du Taoïsme.Tant et si bi<strong>en</strong> qu'il reçut l'initiation Taoïste sous l<strong>en</strong>om de MATGIOI nom qui sigrne "Oeil dulour".Rev<strong>en</strong>u <strong>en</strong> France, Albert de Pouvourviüe <strong>en</strong>tra dansle mouvem<strong>en</strong>t occultiste ai il fit la connaissance deChampr<strong>en</strong>aud. II écrivit alors sous le nom de Matgioïdeux ouvrages :"La voie Métaphysique" et "La VoieRatio~eile", qui fir<strong>en</strong>t sur R<strong>en</strong>é Guénon la plus prefonde impression (d'où les n3minisc<strong>en</strong>ces constantesque l'on trouve dans ses propres livres).Durant sa formation Guénon se trouvait donc<strong>en</strong> relations perman<strong>en</strong>tes avec le musulman Abdul-Haqq (Léon Charnpr<strong>en</strong>aud) et le Taoïste Matgioï (Albertde Pouvourville).Mais Charnpr<strong>en</strong>aud et Pouvourviüe n'étai<strong>en</strong>t<strong>en</strong>core que des ORIENTALISTES EUROPEENS.La curiosité de Guénon ne fut satisfliire que quand ileut pris contact avec de véritables ORIENTAUXTous les biographes sont catégoriques sur ce point, <strong>en</strong>ce qui concerne la réalité de ces contacts ori<strong>en</strong>taux,mais ils sont très mystérieux quand il s'agit de donnerdes précisions.Ce qui est certain c'est que Guénon apprit leSanscrit et l'Arabe auprès d'ori<strong>en</strong>taux habitant Paris,de même qu'il se fit instruire dans les Trois Religions,Hindouiste, Taoïste et Islamique, par des "Maîtres"des pays correspondaats et pratiquant effectivem<strong>en</strong>tces Religions, mais habitant à Paris.
Pour l'Hindouisme il eut un ou plutôt plusieursmaîtres Hindous et <strong>en</strong> reçut une initiation élevée.C'est même cette initiation (aux dires de Paul Chacornac)qui laissa <strong>en</strong> lui les traces les plus profondes et quidétermina le PLAN de tout son système, de toute saconstruclion doctrinale.Pour le Taoïsme, déjà bi<strong>en</strong> instruit par Matgioi(Pouvomdlle) sur le plan théorique, Guénon reçutaussi l'<strong>en</strong>seignem<strong>en</strong>t pratique d'un mdtre chinois résidanta Paris ; y eut-il là aussi une nouvelle initiation ?Ses biographes ne sont pas très clairs sur ce point.Pour l'Islam, plus exactem<strong>en</strong>t pour le Soufismequi est l'ésotérisme islamique, l'initiation de Guénonest plus curieuse, car elle fut réalisée par un peintresuédois ; lui-même dev<strong>en</strong>u musulman à l'issu d'unpériple peu ordinaire quivaut la peine d'être relaté.Le peintre John Gustaf AGUELI était le filsd'un vétérinaire suédois ; ayant terminé ses études secondairesà Stockholm il se mit à peindre des paysagessuédois, puis exposa à Paris <strong>en</strong> 1890 et se fit unepetite notoriété sous le pseudonyme de Ivan Aguéli.Surtout il fréqu<strong>en</strong>te la "Société de Théosophie", lesmilieux anarchistes et la poétesse socialiste MarieHuot ; il est alors emprisonné pour avoir donné asile àune anarchiste recherchée par la police et passe ainsiquelques mois <strong>en</strong> prison ; il <strong>en</strong> profite pour travailleret grâce à un incroyable don des langues il appr<strong>en</strong>dl'Hébreu, l'Arabe et la Malais ; il lit égalem<strong>en</strong>t la Bible.Fabre d'Olivet et Swed<strong>en</strong>b<strong>org</strong>.A sa libération de prison il part pour l'Egypte oùil réalise des croquis puis il revi<strong>en</strong>t à Paris et s'inscrit à"L'Ecole des Langues Ori<strong>en</strong>tales" pour y parfaire sesconnaissances. En 1897 il devint musulman ; fut-ce aParis ou <strong>en</strong> Suède ? On ne sait. Ses biographes avou<strong>en</strong>tne pas pouvoir éclaircir le mystère. Sa nouvelle religionne l'empêcha pas d'étudier le Bouddhisme etd'der aux Indes et a Ceylan. Au bout dequelquesmois il revint <strong>en</strong> France et à Paris il fit la connaissanced'un médecin itali<strong>en</strong> Enrico Insabato, animé du désirde rapprocher l'Ori<strong>en</strong>t et l'Occid<strong>en</strong>t ; tous deux part<strong>en</strong>tpour 1'Egypte <strong>en</strong> vue de travailler a la réalisationde ce vaste projet.C'est lors de ce second voyage <strong>en</strong> Egypte queAguéli r<strong>en</strong>contra et fiéqu<strong>en</strong>ta un haut personnage del'Islam, versé autant dans l'ordre Exotérique que dansl'ordre Esotérique, le Sheikh ELISH. Et ce grand personnageinitia Aguéli, qui était musulman, au SOU-FISME et il <strong>en</strong> fit même son représ<strong>en</strong>tant pour l'Eurepe sous le nom de ABDUL-Hâdi.C'est donc <strong>en</strong> qualité de Musulman-soufisteque Abdul-Hâdi reprit le bateau pour la France :après Marseille et G<strong>en</strong>ève il arriva à Paris où il fit laconnaissance de Guénon et de sa revue "La Gnose".Nous sommes <strong>en</strong> 1910. Tout de suite une étroite collaborationcomm<strong>en</strong>ça et Aguéli écrivit dans "La Gnose".Tel est donc le personnage qui va donner <strong>en</strong>1912 l'initiation soufiste à R<strong>en</strong>é Guénon : il lui transmetla "Barakaw de la part de son Maître le Sheikh Helishd'-te et Guénon devint ainsi le SheikhABDEL WAHED YAHIA.Beaucoup plus que son initiateur Abdul-Hâdi(Aguéli), Guénon prit son Islamisme au sérieux et,tout <strong>en</strong> vivant à Paris, il <strong>en</strong> fit selon l'expression de sesbiographes "Sa Voie Personnellew : l'Islam fut donc lareligion exotérique qu'il décida de pratiquer de préfér<strong>en</strong>ceà toutes d es qu'il avait connues antérieurem<strong>en</strong>t,et notamm<strong>en</strong>t au catholicisme.On peut s'étonner de ce choix surtout quand onconnaît le prestjge dont l'hindouisme jouissait à sesyeux ; comm<strong>en</strong>t l'expliquer ? Peut-être par des considérationsconcrètes : <strong>en</strong> effet la pratique extérieure del'observance hindouiste est matériellem<strong>en</strong>t compliquéeet elle est normalem<strong>en</strong>t subordonnée à l'appart<strong>en</strong>ancea une caste dans laquelle on ne peut <strong>en</strong>trerque par la naissance,, ce qui n'était pas le cas deGuénon ; mais peut-être avait-il d'autres raisons plusprofondes liées à la nature particulière de ï'ésotérismeislamique .Bref voici Guénon musulman <strong>en</strong> 1912, et c'estdans cette reiigion qu'il mourra au Caire <strong>en</strong> 1951.Notons <strong>en</strong> passant que cette année est aussi celle deson mariage a Blois avec Berthe Loury, mariage Catholiqu<strong>en</strong>ous l'avons vu. Guénon était-il musulmanle 11 Juillet 191 2 ? Nous n'<strong>en</strong> savons ri<strong>en</strong>, et au restecela n'a guère d'importance car un mois plus tôt ouplus tard son choix était fait in pectore. Ce qui est certainc'est qu'il ne révéla jamais sa nouvelle reiigion à safemme, ce qui est vraim<strong>en</strong>t le comble de l'ésotérismeet témoigne d'un don très poussé pour le camouflage.Voilà donc Guénon marié, et <strong>en</strong> possession deson bagage doctrinal. Il a réalisé <strong>en</strong> peu de temps, cinqou six ans à peine, un vaste périples a travers les Sociétésde P<strong>en</strong>sée et les Congrégations initiatiques dont ila pu soupesé la Régularité initiatique et la Dégénéresc<strong>en</strong>cedoctrinale.A-t-il été initialem<strong>en</strong>t impulsionné pour opérerune semblable inspection ? Sans doute pas, mais cequi wAtcertain c'est que, <strong>en</strong> fin de périple, il a étérécupéré par des Hindouistes Ori<strong>en</strong>taux "Consci<strong>en</strong>tset Organisés", et désormais c'est l'hindouisme qui va
dominer dans son esprit, et ce sont toutes les habitudesm<strong>en</strong>tales de l'hindouisme qu'il va répercuter dansson <strong>en</strong>seignem<strong>en</strong>t.Quel est exactem<strong>en</strong>t le statut de cette Symbiose,quels sont les termes du contrat <strong>en</strong>tre Guénon, lesHindouistes et I'Hiadouisme ? Il est à ce jour impossiblede le savoir ; mais le plus important pour nous, etcela est certaia, est de savoir que dès ce mom<strong>en</strong>t-là,autour de 191 0, Guénon se veut non pas seulem<strong>en</strong>t l'ag<strong>en</strong>td'une liaison <strong>en</strong>tre Ori<strong>en</strong>t et Occid<strong>en</strong>t, mais surtoutl'ag<strong>en</strong>t d'une véritable pénétration de l'occid<strong>en</strong>tpar l'Ori<strong>en</strong>t : cette certitude éclate a chaque instant età chaque ligne de ses divers ouvrages.L'OEUVRE ECRITE DE RENE GUENONCette oeuvre se répartit sur plusiers périodes quimarque une évolution dans la p<strong>en</strong>sée et dans la preduction de Guénon : nous i'exposerons ici dans sonordre chronologique ;La première période est celle des Articles publiésdans diverses revues comme "Levoile d'Isisw dev<strong>en</strong>ue"Les Etudes Traditio~elles", et "La Gnose", etelle s'ét<strong>en</strong>d de 1907 a 1914. Là se trouve le stock qui serautilisé plus tard soit par Guénon lui-même, soit parses ouvrages posthumes.La période parisi<strong>en</strong>ne compr<strong>en</strong>d les .années1921 a 1929:1921 "Introduction générale a l'étude des doctrineshindoues" que nous avons déjà cité à plusieurs repriseset qui exprima la base du système.1922 "Le Théosophisrne", histoire d'une faussereligion, souligne les faiblesses de la première grande<strong>en</strong>treprise de pénétration ori<strong>en</strong>tale née <strong>en</strong> 1875 dansle milieu anglais hindouisant, la "Société Théosophique"de Mme Blavatsky.1923 "L'Erreur Spirite", copieux livre avec beaucoupde docum<strong>en</strong>ts ; i'auteur y f& le procès du Spiritismeavec une argum<strong>en</strong>tation très voisine de cellequ'un catholique pourrait avoir: les spirites se mett<strong>en</strong>t<strong>en</strong> rapport avec des INFTUENCES ERRANTES,nous dirions nous "les démons". Néanmoins la mer<strong>en</strong>cedes expressions est significative.- II ne faut pas oublier que ces deux livres, "Le Théosophisrne"et "L'Erreur Spirite" ont puissamm<strong>en</strong>tcontribué a faire passer Guénon pour un homme d'ordre,un anti-subversif, un traditionaliste, un national :c'&ait là le début d'une longue erreur soigneusem<strong>en</strong>t<strong>en</strong>tret<strong>en</strong>ue par tous ceux qui ont intérêt à nous fairepr<strong>en</strong>dre desvessies pour des lanternes.1924 "Ori<strong>en</strong>t et Occid<strong>en</strong>t" : II étudie les conditionsd'un rapprochem<strong>en</strong>t possible et ineluctable <strong>en</strong>trel'Ori<strong>en</strong>t et l'occid<strong>en</strong>t ; pour cela l'occid<strong>en</strong>t doitabando~er les ideologies du X'k?me siècle d'oùsont v<strong>en</strong>us tous les maux : rationalisme, technicite,Révolution. Bi<strong>en</strong> plus il doit abando~er le "Préjugéclassique", gréco-latin, et cette m<strong>en</strong>talité du légionnaireet du juriste romains qui a tout sclérosé.Et il doit au contraire retrouver les traditionsprofondes sousjac<strong>en</strong>tes au Christianisme et inclusesdans l'Hindouisme ; il faut que l'occid<strong>en</strong>t retrouve"les principes d'une métaphysique" auth<strong>en</strong>tique <strong>en</strong>cere conservée <strong>en</strong> Ori<strong>en</strong>t.1925 "L'homme et son dev<strong>en</strong>ir selon le Ved<strong>en</strong>ta" :c'est le développem<strong>en</strong>t de "L'Introduction" et de"Ori<strong>en</strong>t et Occid<strong>en</strong>t".1926 "L'Esotérisme de Dante" - Guénon n'estpas le seul à avoir écrit sur ce sujet, ni même lepremier, car il y avait déjà eu un "Dante Hérétique".Guénon lui ne dit pas que Dante est hérétique, au contraire,et pour lui il est ess<strong>en</strong>tiel de faire remarquer que1'Esotêrisme se superpose à la Religion sans s'yopposer. Et il Elicite aussi Dante d'être Gibelin, c'esta-direpartisan de l'Empereur contre le Pape. Jl développerabi<strong>en</strong>tôt tout cela dans "Autorité spirituelle etPouvoir Temporel".1927 "le Roi du Monde" r&dité <strong>en</strong> 1950, traitede la fameuse question de I'AGARTHA, "C<strong>en</strong>tre Spirituel"où résiderait le ROI du MONDE. Guénon n'estpas le premier a parler de ces notions, et St Yvesd'Alveydre dans sa "Mission de l'Indew ainsi que Oss<strong>en</strong>dmskydans "Bêtes, hommes et Dieux" avai<strong>en</strong>tdéjà traité la question.Guénon <strong>en</strong> parle finalem<strong>en</strong>t <strong>en</strong> termesgénérauxassez vagues : théorie des "C<strong>en</strong>tres Spirituels", des"C<strong>en</strong>tres Majeurs", Agartha, Thibet. Il semble néanmoinsque cette divulgation <strong>en</strong>traîna un désaccord <strong>en</strong>treGuénon et ses informateurs hindous, et un arrêt deleurs rapports.1927 "La Crise du Monde Moderne" repr<strong>en</strong>d lesthèmes de "Ori<strong>en</strong>t et Occid<strong>en</strong>t". 11 expose d'abord laThéorie hindoue des "Cycles Cosmiques" et il estimeque notre époque peut être id<strong>en</strong>tifiée àla "dernière périodedu cycle KALI-YUGAI' (Age Sombre) ; noussommes donc à la fin de l'un des grands cycles quirégiss<strong>en</strong>t le développem<strong>en</strong>t de l'humanité.Ms il analyse les caractéristiques de la CivilisationModerne ; priorité de l'action sur la connaissance,"erreur profane" qui laïcise la Sci<strong>en</strong>ce et ladévie <strong>en</strong> Technique.Il indique <strong>en</strong>fin le reméde à ce mal : constituerune ELlTE OCCIDENTALE ayant retrouvé le s<strong>en</strong>s
profond de la Tradition ; il ne s'agirait pas d'ori<strong>en</strong>t&-ser l'occid<strong>en</strong>t, mais de provoquer le "Réveil spontanéde ses possibilités lat<strong>en</strong>tes". Comme on le voit lestermes choisis sont msamm<strong>en</strong>t généraux pour êtresusceptibles de plusieurs interprétations et donctromper ceux qui doiv<strong>en</strong>t l'être.Car Guénon ajoute que I'Eglise Catholique estune des Organisations Traditionnelles qui subsiste <strong>en</strong>Occid<strong>en</strong>t et qu'il suffiirait de r<strong>en</strong>dre à la doctrine deI'Eglise le s<strong>en</strong>s profond et caché qu'elle conti<strong>en</strong>t <strong>en</strong> elle-mêmemais qu'elle a négligé depuis le XVIèmesiècle. Ce travail d'approfondissem<strong>en</strong>t lui permettrait<strong>en</strong> outre de repr<strong>en</strong>dre consci<strong>en</strong>ce de son unité avec"les autres formes tra.diüomeUes".11 n'est pas besoin d'être grand clerc pour voirpointer à l'horizon l'Oecuménisme, non par syncrétismemaispar pluralité. Néanmoins ce livre "La Crisedu Monde Moderne" acheva de faire passer Guénonpour i'un des maîtres à p<strong>en</strong>ser de la Réaction Nationale: on n'da pas chercher plus loin que la critique dumonde moderne, et l'on vit Léon Daudet, JacquesBainville et Gonzague Truc <strong>en</strong> faire l'éloge dans lesmilieux de l'Action Française.On aurait pourtant bi<strong>en</strong> du voir aussi le piègedestiné à nous dévier vers la Tradition paieme, souscouleur de nous faire retrouver un prét<strong>en</strong>du TRE-FOND de la tradition chréti<strong>en</strong>ne. Les seuls à ne pasêtre dupes fur<strong>en</strong>t le jouimal "Gringoire" et &out laRevue Internationale des Sociétés Secretes (RISS)avec Charles Nicoulaud.1929 "Autorité Spirituelie et Pouvoir Temporel"- Inspiré par la condamnation de l'Action Françaisepar Rome le 20 décembre 1926, il forme un tout avecles ouvrages précéd<strong>en</strong>ts. La thèse de i'ouvrage estquY<strong>en</strong>Occid<strong>en</strong>t et dans 1'Eglise ces deux puissancessont séparées, tandis qu'<strong>en</strong> Ori<strong>en</strong>t la t<strong>en</strong>dance est à lasacralisation duTempore1.Au début de i'année 1930, R<strong>en</strong>é Guénon s'installaau Caire pour ne plus rev<strong>en</strong>ir <strong>en</strong> Europe et son islamisationpeut se révéler augraud jour; néanmoins lasérie de livres qu'il produit dors ne traite pas de 1'1slam,mais de i'ésotérisme chréti<strong>en</strong> et de l'hindouisme.1931 "Le Symbolisme de Ia Croix", composé auCaire, mais édité <strong>en</strong> France est <strong>en</strong> fait le développem<strong>en</strong>td'un article publié <strong>en</strong> 191 1 dans la revue "LaGnose". L'ouvrage est dédicacé <strong>en</strong> pleine premièrepage à : "A la Mémoire vénérée de ES-SEEIKH-AB-DER-RAHMAN ELISH EL-KEBIR (le serviteurdu Dieu Grand) à qui est due la première idée de celivre. Merc EL QAHlRAH 1329- 1349 H.".Voila donc le "Symbolisme de la Croix" placésous i'égide du Croissant, or croissant peut s'interprétercomme : Saas Croix.. Le symbolisme catholiquede la Croix est partout classique et clair : la brancheverticale signifiant la paternité divine de NSiC dehaut <strong>en</strong> bas, du ciel vers la terre, tandis que la branchehorizontale représ<strong>en</strong>te la fraternité humaine de NS-JC, i'assemblage, la croie étant l'union hypostatique.Par ailleurs la partie visible de la croix est I'Egliseet reproduit la forme du corps physique de NSJC, elie<strong>en</strong> est i'ombre portée, le Corps Mystique, tandisque lapartie cachée qui est <strong>en</strong> terre est 1'Eglise des nonbaptisésqui seront sauvés parle "baptème de désir".1932 "Les états multiples de 1'Etre" - Ce livreforme un <strong>en</strong>semble avec deux autres livres parus précédemm<strong>en</strong>t': "l'Homme et sa destinée selon leVed<strong>en</strong>ta" et "Le Symbolisme de la Croix". Guénonnous y explique que la Tradition Hindoue à laquelle ilse réfere sans cesse, et toujours avec beaucoup de f lou, .est formulée par quatre recueils fondam<strong>en</strong>taux, les Védas,dont l'origine serait supra-individuelle et nonhumaine.1945 "Le règne de la Quantité" -C'est la suite de"La crise du Monde Moderne", caractérisé par unecritique de la civilisation technici<strong>en</strong>ne ; cet ouvrage aconfirmé Guénon dans sa situation de doctrinaire dela Réaction.1945 "Aperçus sur l'Initiation" - oU il expose lesmoy<strong>en</strong>s de passer de la connaissance théorique,livresque, à ce qu'il nomme la REALISATION SPI-RITUELLE. II dit que I'INlïïATION est ,h transmissiond'une Influ<strong>en</strong>ce spirituelie. L'initié se trouveainsi dans un état édénique ; puis il peut s'élever auxétats supérieurs de l'Etre et aboutir à un état appeléiameremm<strong>en</strong>t Délivrance ou Id<strong>en</strong>titk Suprême. IIr<strong>en</strong>ouvelle son affiiation selon laquelle la F.M. est laseule <strong>org</strong>anisation occid<strong>en</strong>tale qui ait une origineTRADITIONNELLE auth<strong>en</strong>tique, mais il ne faut pasoublier qu'il dit aussi cela de I'Eglise Catholique.1945 "Les Principes du Calcul Infrntésimal" -C'est un sujet qui lui est cher depuis longtemps et oii ilrevi<strong>en</strong>t sur la distinction <strong>en</strong>tre l'Infini et l'Indéfini.1946 "La Grande Triade" est son dernier livre -U. s'y réfere à Ia Tradition Chinoise, par réminisc<strong>en</strong>cedu Taoïsme auquel il a été initié. La Grande Triade,Ciel, Homme, Terre, est une cosmologie ternaire.C'est aussi le nom d'une très grande secte chinoise,comparable a1aF.M. <strong>en</strong> Europe.A cette liste il faut ajouter deux ouvrages posthumes:1952 "Iaitiation et Réalisation Spirituelie" - qui résumedes articles parus dans les "Etudes Traditionnel-
les" et qui est la suite de son ouvrage "Aperps surl'Initiationv.1954 "Aperps sur l'ésotérisme chréti<strong>en</strong>" -C'estégalem<strong>en</strong>t un recueil d'articles parus dans la même revue,et il constitue la suite de "I'Esotérisme de Dante".STRATEGIE ET TACTIQUE GUENONIEN-NESEntre 1910 et 1920 Guénon a l<strong>en</strong>tem<strong>en</strong>t mûri sap<strong>en</strong>sée et il est dev<strong>en</strong>u un véritable chef d'kole.ll a passé une rapide inspection des "congrégationsinitiatiques" et il a distingué I'Initiation régulière,avec laquelle il accepte de collaborer moy<strong>en</strong>nant defortes réserves sur le plan doctrinal, des Pseudo et desContre-Initiations.li a pris contact avec des Ori<strong>en</strong>taux, s'est convertià l'Islam et s'est instruit dans les ésotérismes hindouset chinois.Il a, d'autre part, déblayé le terrain de deux idéelogies de iype ori<strong>en</strong>taliste qui gênai<strong>en</strong>t la propagationde l'ori<strong>en</strong>talisme Auth<strong>en</strong>tique.Il a <strong>en</strong>suite instruit ses disciples, et il nous resteraità ktudier sa doctrine telle qu'elle ressort de sesnombreux ouvrages. Mais auparavant il conyi<strong>en</strong>t depr<strong>en</strong>dre contact avec la stratégie et la tactique guénoniemes,car cela est indisp<strong>en</strong>sable pour bi<strong>en</strong> saisir ledéveloppem<strong>en</strong>t de la doctrine.Cette Stratégie et cette tactique se dégag<strong>en</strong>t dedeux sources, les 1M-e~ et les faits, chaque source ayantses limites et son intérêt propres : sans coïncider exactem<strong>en</strong>telles se recouvr<strong>en</strong>t pourtant <strong>en</strong> large part, desorte qu'<strong>en</strong> les conjuguant on arrive à voiresuffisamm<strong>en</strong>t clair dans les int<strong>en</strong>tionsguénoniemes.STRATEGIELa STRATEGIE guénoni<strong>en</strong>ne est amplem<strong>en</strong>tdéveloppée dans son premier grand ouvrage, "L'Introductiongénérale à l'étude des dodrines hindoues",paru<strong>en</strong> 1921.- Dans cet ouvrage Guénon préconise la formationd'une ELïïE OCCIDENTALE qui s'instruiraitdans les disciples de la TRADITION ORIENTA LE.En vue.de quoi ?En vue de préparer le RITOUR DE L'OCCI-DENTVERS L'OFUENT, retour qui ne peut pas man-quer de se produire un jour. Dans quelies conditionspeut-on imaginer que ce retour de l'Occid<strong>en</strong>t versl'Ori<strong>en</strong>t se produise ?Gu<strong>en</strong>on fait trois hypothèses.lère Hypothèse : Effondrem<strong>en</strong>t de l'occid<strong>en</strong>tpar excès de matérialisme. Ji dit qu'il y a, au cours del'Histoire, des civilisations brillantes qui ont disparu.L'hypothèse d'un effondrem<strong>en</strong>t ne serait donc pas àécarter. 11voit la Barbarie s'installer <strong>en</strong> Occid<strong>en</strong>t, maisil ne dit paspar quel mécanisme, excès d'autorité ouanarchie. Dans cette hypothèse le Mal ne relèveraitplus d'aucune thérapeutique.2ème Hypothèse : les Ori<strong>en</strong>taux <strong>en</strong>vahiss<strong>en</strong>troccid<strong>en</strong>t pour le sauver de la decad<strong>en</strong>ce. Singulièrehypothèse sur le plan historique et politique, que l'onimagine Wicilem<strong>en</strong>t, mais qu'il faut admettre <strong>en</strong> théoriepour suivre l'auteur. Dans cette hypothèseGuénon songe à amortir le Choc psychologique quereprés<strong>en</strong>terait cette invasion de I'Occid<strong>en</strong>t par desOri<strong>en</strong>taux, et pour cela il <strong>en</strong>visage et préconise, dèsaujourd'hui et <strong>en</strong> prévision, la constitution d'unNoyau Intellectuel, d'une Eiite spirituelle, "imprimantune direction qui n'aurait d'ailleurs nuJlem<strong>en</strong>t besoind'être consci<strong>en</strong>te pour la masse" (Introduction EtudeDoct. Hindoues).Ce sera donc une ELïïE ESOTERIQUE, cachée,se livrant à une action COUVERTE, discrète,sec* dans le but de faire accepter aux Occid<strong>en</strong>tauxl'Hégémonie Spiritueue des Congrégations initiatiquesOri<strong>en</strong>tales quand vi<strong>en</strong>dra le mom<strong>en</strong>t de l'invasion.3ème Hypothèse : L'Occid<strong>en</strong>t <strong>org</strong>anise spontaném<strong>en</strong>tson retour à la Tradition Ori<strong>en</strong>tale, retourqui est fatal. Dans ce cas il faut aussi une EliteSpirituelle, un noyau intellectuel, pour préparer, promouvoir,faciliter cette Ori<strong>en</strong>talisation de roccid<strong>en</strong>t.Ecoutons seulem<strong>en</strong>t Gu<strong>en</strong>on nous dire comm<strong>en</strong>tilvoit la chose :"Le Moy<strong>en</strong>-Age nous ofie l'exemple d'undéveloppem<strong>en</strong>t traditionnel proprem<strong>en</strong>t Occid<strong>en</strong>tal.S?lya une Traàition Occid<strong>en</strong>tale c'est là qu'elle se trouve;cette Tmdition était alors conçue <strong>en</strong> mode religieux,mais nous ne voyons pas que l'Occid<strong>en</strong>t soit apte à larecevoir autrem<strong>en</strong>t, aujourd'hui moins que jamah IlsuBrnit que quelques esprits seulem<strong>en</strong>t euss<strong>en</strong>t consci<strong>en</strong>cede 1'WIT.E ESSENTIELLEde toutes les DoctrinesTraditionnelles dans leur Plincipe". (IntroductionDoct. Hindoues -p. 338)En clair cela veut dire : une Elite qui repr<strong>en</strong>ne leCHRISTIANISME MEDIEVAL et qui le triture jusqu'àlui faire exprimer sa quintess<strong>en</strong>ce symbolique,
ésdérique, métaphysique, ori<strong>en</strong>tale. Car il ne s'agitpas pour Guénon de se lancer dans une Restaurationreligieuse pure et simple ; <strong>en</strong> effet "Cést de MmA-PHYSIQUE 'il sbgit ess<strong>en</strong>tiellem<strong>en</strong>t. Pour f 'ELIZEdont nous avons parlé, la Tmdition n pas été conçuesur le mode spéc~j?quem<strong>en</strong>t religieux Ce qui doit jouerle premier rôle, c'est la compréh<strong>en</strong>sion des questions deprincipe. Et cette compréh<strong>en</strong>sion implique l'assimilationdes modes ess<strong>en</strong>tiels & la p<strong>en</strong>sée ori<strong>en</strong>tale; ce dontil s'agit peut être press<strong>en</strong>ri déjà par le peu que nousavons dit au sujet de la Réalisation Métaphysique.Mais nous avons indiqué <strong>en</strong> même temps les raisonspour lesquelles il ne nous était pas possible diinsisterdavantage. Cesr là qu'il faut toujours se souv<strong>en</strong>ir quesuivant la formule extrême-ori<strong>en</strong>tale "celui qui saitDune doit <strong>en</strong>t<strong>en</strong>dw que NEUF". (Introduction Doct.Hindoues - p. 342).Tel sera donc, dans l'hypothèse où l'occid<strong>en</strong>tdéciderait d'<strong>org</strong>aniser spontaném<strong>en</strong>t son Retour à laTradition Ori<strong>en</strong>tale, leTravail de I'Eliteguénoni<strong>en</strong>ne.ii convi<strong>en</strong>t <strong>en</strong>fin de se demander pourquoiGuénon cherche à rapprocher ainsi l'Ori<strong>en</strong>t et l'Occid<strong>en</strong>t? Lui-même nous <strong>en</strong> donne deux raisons ;d'abord pour le bénéfice réciproque de l'Ori<strong>en</strong>t etdel'occid<strong>en</strong>t, mais aussi "pour certaines autres raisonsqu'il ne nous est pas possible d'aborder et quiti<strong>en</strong>n<strong>en</strong>t surtout au s<strong>en</strong>s profond de ces lois cycliquesdont nous nous sommes bornés a m<strong>en</strong>tio~er i'exist<strong>en</strong>ce".(Intr. Doct. Hindoues-p. 341).Dans son ouvrage "Introduction générale à l'étudedes docûines Hindoues" Guénon nous r<strong>en</strong>seigneainsi sur sa stratégie doctrinale ; son oeuvre doctrinaleest dictee par l'idée de réaliser la symbiose "Ori<strong>en</strong>t-Occid<strong>en</strong>t", mais natureilem<strong>en</strong>t au profit d'une DI-RECTION ORIENTALE qui s'impose pour deux raisons: d'abord du fait de la supériorité des méthodesori<strong>en</strong>tales de méditation, notamm<strong>en</strong>t de la supérioritéde la Voie Métaphysique sur la Voie Mystique, <strong>en</strong>suitedu fait de la plus grande fidélité de l'Ori<strong>en</strong>t à la"Grande Tradition Primordiale".TACTIQUELa TACTIQUE, les mucires de la p<strong>en</strong>sée et del'action pour réaliser l'idée stratégique, sont moinsévid<strong>en</strong>ts au premier abord, mais au premier abordseulem<strong>en</strong>t : pour celui qu'une certaine pratique ar<strong>en</strong>du familier de l'histoire guénoni<strong>en</strong>ne la ligne suivieest au contraire très certaine, et si elle n'est pas simple,elle est complexe comme la vie, néanmoins sa directionest unique et assurée.Au-delà des livres, dont nous avons fait lecompte dans un chapitre préced<strong>en</strong>t, c'est dans l'actionguknoni<strong>en</strong>ne que nous dons chercher désormaiscette direction.Au préalable, il faudrait pouvoir établir un pointdes plus controversés, celui de l'inspiration de R<strong>en</strong>éGuénon : c'est la une tâche sur laquelle les discipleseux-mêmes sont <strong>en</strong> désaccord.Deux thèses sont <strong>en</strong> prks<strong>en</strong>ce :-Ou bi<strong>en</strong> Guénon a été formé par des initiateursori<strong>en</strong>taux qui lui ont tout appris, et dans ce cas sonoeuvre n'aurait été qu'une transmission adaptée.- ou bi<strong>en</strong>, par un travail personnel acharné, il auraitréalisé une compilation magistrale qu'il aurait essayéd'imposer à l'esprit de ses contemporains commeune doctrine à la fois antique et originale.L'exam<strong>en</strong> de cette question à lui seul demanderaitun builetin <strong>en</strong>tier, et il est trop tôt pour que nousnous y <strong>en</strong>gagions, ce qui ne signifie nullem<strong>en</strong>t qu<strong>en</strong>ousn'ayons pas d'opinion sur ce point.Toujours est-il que le développem<strong>en</strong>t de l'actionguénonieme manifeste une évolution évid<strong>en</strong>te, uneévolution <strong>en</strong> d<strong>en</strong>ts de scie, avec des avancées et des retours<strong>en</strong> arrière. Simple appar<strong>en</strong>ce, ou realité ? Il n<strong>en</strong>ous apparti<strong>en</strong>t pas d'<strong>en</strong> décider ici et nous nom <strong>en</strong>ti<strong>en</strong>drons à la seule "manifestation".Ce constat d'évolution n'est d'ailleurs pas unecritique stérile et il souligne le pragmatisme qui permettaità Guénon de frayer avec les milieux les plus divers,voir les plus oppoks. Bi<strong>en</strong> sûr, il fallait pour yréussir une certaine dose de duplicité, mais tout ésotériste<strong>en</strong> est, par déf~tion, largem<strong>en</strong>t pourvu : <strong>en</strong> effetlerelativisme inhér<strong>en</strong>t a Sésotérisrne ramène toutesles positions à l'unité et fonde <strong>en</strong> quelque sorte cetteduplicité a usage externe.Pour simplifier les choses on peut distinguerquelques étages, plus ou moins chronologiques, danscette évolution.* La première est celle de ses années de formation,<strong>en</strong> gros jusqu'à la guerre de 19 14, où on le voit semêler aux milieux occuitistes situés à la lisière de laFranc-Maço~erie, puis <strong>en</strong>trer <strong>en</strong> loge. On peut direqu'il parcourt tout l'év<strong>en</strong>tail subversif, du spiritdismeau rationalisme, n'hésitant même pas a dev<strong>en</strong>irévêque gnostique.A ce stade déjà on distingue bi<strong>en</strong> son regard cri-
tique et ses hésitations sur la meilleure voie, la plus efficace: lorsque ses amis, ses premiers disciples,voulur<strong>en</strong>t fonder un nouvel Ordre du Temple c<strong>en</strong>efaire la synthèse de tous les courants, il n'est pas trésemballé, s<strong>en</strong>tant bi<strong>en</strong> que pareille initiative ne feraqu'ajouter un groupe de plus à la multitude de tousceux qui sont apparus depuis tr<strong>en</strong>te ans.Sans doute, et sur ce point il serait intéressantd'avoir son témoignage direct, a-t-il assez vite comprisque ce milieu occultiste était, par nature. un mondemarginal qui ne pourrait jamais faire tâche d'huiledans le grand public, d'autant plus qu'<strong>en</strong> ce temps là, ily a 70 ans, la déchristianisation n'était pasaussi visibleque de nos jours.* La deuxiéme étape: il est alors <strong>en</strong>tré <strong>en</strong> rapportavec le milieu catholique et, non des moindres, celuides jeunes intellectuels de l'Institut catholique de Paris,avec Maritain, celui de la première période avantson ralliem<strong>en</strong>t à la Révolution : milieu du r<strong>en</strong>ouveauphilosophique et plus largem<strong>en</strong>t du r<strong>en</strong>ouveau doctrinal.On compr<strong>en</strong>d que Guénon, avec ses théses decritique du monde moderne et de réfer<strong>en</strong>ce constanteà la Tradition ait pu faire illusion à des g<strong>en</strong>s ignoranttout de ses sources, au point que certains de ces jeunesintellectuels catholiques ont eu beaucoup de mai às'<strong>en</strong> déf<strong>en</strong>dre ; on peut même se demander si certainss'<strong>en</strong> sont jamais dépris ..., mais de cela nous reparleronsplus tard.* La troisième étape, qui se recoupe chronologiquem<strong>en</strong>tavec la précéd<strong>en</strong>te, est celte des rapports deGuénon avec les milieux antirnaçonniques. Questiondiflicde à traiter dès lors qu'on s'adresse à des lecteursqui ne sont pas forcém<strong>en</strong>t éclairés sur ces matières.II suffit de dire que Guénon a su jouer très adroitem<strong>en</strong>tdu double visage maçonnique, rationaliste etspiritualiste, et que dans ses rapports avec lesanti-maçons du temps, il a constamm<strong>en</strong>t cherché à"noyer le poisson" <strong>en</strong> s'appuyant sur les divisions deses interlocuteurs, divisions liées aux personnes et,plus profondém<strong>en</strong>t <strong>en</strong>core, aux doctrines.Car parmi les anti-maçons de ce temps, l'oppositionétait nette <strong>en</strong>tre ceux qui faisai<strong>en</strong>t une critique. purem<strong>en</strong>t rationaliste et politique de la F.M. et qui dece fait se r<strong>en</strong>dai<strong>en</strong>t aveugles sur sa réalité profonde, etceux qui, ayant une vision beaucoup plus large,savai<strong>en</strong>t distinguer les divers visages de la Secte et lesunir dans une même synthèse critique.Là <strong>en</strong>core il s'<strong>en</strong> est fallu de peu que Guénon neréussisse à se faire passer pour un aati-maçon véritable,et il semble bi<strong>en</strong> que seule laguerre de 1914 l'aitempêché de dev<strong>en</strong>ir directeur de la revue "La FranceAntimaçonnique" ! Mais les analyses impitoyables dela RISS ont suffi à ouvrir les yeux de ceux qui le voulai<strong>en</strong>tbi<strong>en</strong> ; que certains ai<strong>en</strong>t pu être trompés est uneautre affaire.Coupé des milieux intellectuels catholiques,grillé auprès des antimaçons véritables, Guénon avaitporte égalem<strong>en</strong>t ses efforts dans une autre direction,celle d'un certain mysticisme chréti<strong>en</strong>.Aussi scandaleuse qu'elle puisse paraître, on nedoit pas être trop surpris de cette manoeuvre, car lamystique, par nature, se prête à ces détournem<strong>en</strong>ts ;c'est d'ailleurs pour cette raison que l'Eglise, mèreprévoyante et expérim<strong>en</strong>tée, a toujours été si prud<strong>en</strong>te,disons même méfiante, à l'égard des manifestationsmystiques.En effet il s'est développé <strong>en</strong>tre les deux guerres,toujours dans le cadre du r<strong>en</strong>ouveau catholique, touteune recherche mystique c<strong>en</strong>trée autour du thème duSacré-Coeur et trés ori<strong>en</strong>tée sur le symbolisme. C'estce qui permit à Guénon de s'y infiltrer au point depouvoir publier de nombreux articles dans les revuesde ce courant. La Hiérarchie dut d'ailleurs interv<strong>en</strong>irpour mettre un terme à ces initiatives très contestables.Lorsque, <strong>en</strong> 1930, Guénon décide de partir <strong>en</strong>-te et finalem<strong>en</strong>t d'y rester il a fait le tour des possibilitésde diffusion de sa p<strong>en</strong>sée, et il s'est r<strong>en</strong>ducompte que, hors du milieu de ses disciples directs, iln'a pas pu pénétrer efficacem<strong>en</strong>t.Tout <strong>en</strong> restant ouvert à d'autres voies év<strong>en</strong>tuelles,il se décide dors à emprunter une voie plus directe,la si<strong>en</strong>ne depuis vingt ans, celle de l'ori<strong>en</strong>talismepratique ; nous disons bi<strong>en</strong> pratique, car sur le planthéorique il y a longtemps que cela était réalisé.II est intéressant de noter que ce n'est pas vers lesmystiques extrêmes-ori<strong>en</strong>tales qu'il se tourne et qu'ilori<strong>en</strong>te ses disciples, comme on aurait pu le p<strong>en</strong>serpuisqu'il <strong>en</strong>seignait publiquem<strong>en</strong>t le Véd<strong>en</strong>ta et lesdoctrines hindoues ; la voie mystique recommandéec'est l'Islam, luimême était d'ailleurs musulmandepuis vingt ans et il partait s'établir dans un pays musuimanau sein duquel il devait se fondre.Un des ses disciples Fristschof Schuon, un jeunealsaci<strong>en</strong> de 25 ans, partit <strong>en</strong> Algérie se faire initierdans une confi-erie mystique musulmane, puis il revintfin 1933 et sernit àinitier à son tour par délégation une
c<strong>en</strong>taine d'autres guénoni<strong>en</strong>s, fondant des filiales <strong>en</strong>diverses villes de France et de Suisse. De son propreaveu, Guénon voyait dans cette direction la meiüeureformule, mais il <strong>en</strong>t<strong>en</strong>dait bi<strong>en</strong> ne pas fermer d'autresvoies.C'est ainsi qu'un autre de ses disciples, MarcelClaveiie (Jean Réyor) s'attacha plutôt a fouiller dansla ligne de 1'Esotérisme Chréti<strong>en</strong>, t<strong>en</strong>tant même de revivifîerune hypothétique Fraternité du Paraclet ; cequi ne l'empêchait pas de se faire initier égalem<strong>en</strong>t al'Islam ksotérique, sans trop y croire peut-être.D'autre part les li<strong>en</strong>s maçonniques n'étai<strong>en</strong>t pasrompus, et dans le cadre du r<strong>en</strong>ouveau spiritualiste dela Franc-Maçonnerie de I'aprèsguem, une loge spéciale"La Grande Triade", regroupant uniquem<strong>en</strong>tdes guénoni<strong>en</strong>s, fut créée <strong>en</strong> 1947 dans le Cadre de laGrande Loge de France,avec la bénédiction toute spécialede Guénon lui-même ; cette <strong>org</strong>anisation est <strong>en</strong>coreà l'oeuvre actuellem<strong>en</strong>t .Cette diversité, dont nous n'avons do~équ'unefaible image, montre que, après le départ du Maître auProche-Ori<strong>en</strong>t, les disciples ont exploré <strong>en</strong> parallèlediverses voies <strong>en</strong>tre lesquelles ne manquai<strong>en</strong>t pas d<strong>en</strong>ombreux ponts.Comm<strong>en</strong>t interpréter ce pluralisme ? De deuxfaçons complém<strong>en</strong>taires.1) Cette multiplicité des formes permet de satisfairedes tempéram<strong>en</strong>ts differ<strong>en</strong>ts tout <strong>en</strong> assurant l'unitéde fond, qu'il s'agisse de l'Islam mystique, duChristianisme ésotérique ou du Symbolisme maçonnique.U est par exemple certain qu'un bon nombredes premiers initiés de Schuon n'ont pas pu supporterbi<strong>en</strong> longtemps l'Islam et sont passés a d'autres voiesésotériques.2) Ce pluralisme permet surtout de "travailler"des milieux divers, voir opposés, chacun pouvant pénétrerla où ses autres fières <strong>en</strong> guénonisrne n'aurai<strong>en</strong>tpu le faire. C'est ainsi que Jeaa Réyor a pu pousser <strong>en</strong>milieu clérical ses recherches sur l'ésotérisme chréti<strong>en</strong>,démarche que nous retrouvons aujourd'hui avecl'abbé Stéphane et Jean Borelia ...En effet il est certain que Guénon, et ses disciplesaprès lui, n'ont jamais r<strong>en</strong>oncé a leur triple <strong>en</strong>treprise: ori<strong>en</strong>taliser l'occid<strong>en</strong>t, revivifier la Franc-Maçonnerieet pervertir le Christianisme de l'inîkrieursous cdeur de spiritualisme, tout cela au nom et sousle couvert de la lutte contre le matérialisme et le rationalisme.Comm<strong>en</strong>t ne pas voir que depuis quelques années,sous l'inf lu<strong>en</strong>ce de nombreux facteurs et grâce ades complicités ecclésiastiques multiples, ils onteffectué beaucoup de chemin dans cette direction ?C'est ce qu'il nous restera a examiner dans les prechains numéros.Le numéro double 22/23LYEcole modernede Zësotérisme chréti<strong>en</strong>au prix de 100 Frs, port inclus.Pour passer votre commande, veuillez écrire à:Société Augustin Barruel 62, rue Sala 69002 LyonLes numéros 18 à 21 sont <strong>en</strong>core disponible (cf p.2) au prix de 50 Frs, port inclus.
La révolution sexuelle - 5EUTHANASIE : La fin logique du SingeLE DERNIER COMPLOTCe singe normalisé que les Grands Prêtres de laSci<strong>en</strong>ce et du Progrès, dieux de la nouvelle religion t otalitaire, fabriqu<strong>en</strong>t peu à peu, de manière douce et ludique,ressemble à l'HomwBiologicus dont JeanRostand avait prévu i'élaboration. Le biologiste, tristemais ironique, faisait parler cet artefact :"Je suis né d'une sem<strong>en</strong>ce sélectionnée et irradiéepar neutrons ; on a choisi mon sexe ; jhi été porté parune mère qui n'était pas la mi<strong>en</strong>ne ; au cours de mondéveloppem<strong>en</strong>t, jai reçu des injections d'hormones etd2.D.N. ; jai bénéficié dbn tmitem<strong>en</strong>t suractivé ducortex; après ma naissance, quelquesgrefles tissulairessont v<strong>en</strong>ues favoriser mon évolution intellectuelle, et,maint<strong>en</strong>ant <strong>en</strong>core, chaque année, jemesoumetsà unecure d'<strong>en</strong>treti<strong>en</strong> pour maint<strong>en</strong>ir mon esprit <strong>en</strong> bonneforme et mes instincts au tonus optimum. Je n ai paslieu d'être mécont<strong>en</strong>t de mon corps, ni de mon sexe, nide ma vie, MAIS, QUI SUIS-JE T'Jean Rostand s'était refusé le droit de continuercertaines expéri<strong>en</strong>ces sur l'animal et se scandalisait àl'idée que l'embryon humain puisse un jour <strong>en</strong> être l'objet. Il n'avait pas imaginé le pire.L'union de ceux que Mr. le Pfr. J. Lejeune désignecomme "les nouveaux docteurs des nouvelles loisde la vie... (ayant) délibérém<strong>en</strong>t amputé la réalité qu 71sobserv<strong>en</strong>t. .. <strong>en</strong> laissant dans Ibmbre cerfains fait concretssci<strong>en</strong>tifiguem<strong>en</strong>t établie de peur que la lumière nemontre le chemin ..." et d'un pouvoir gnostique,matérialiste et libertaire dans le but de détruire la naturede l'Homme, a presque m<strong>en</strong>é à son terme la fabricationde leur contrefaçon humaine, qui ne se posera,à aucun mom<strong>en</strong>t de son exist<strong>en</strong>ce, la question ess<strong>en</strong>tielle"Qui suis-je ?"-Animal docile, bêtem<strong>en</strong>t heureux, "étonnamm<strong>en</strong>tbi<strong>en</strong> châtré" écrivait Saint-Ekupéry, soumis dèsle berceau à une trituration <strong>en</strong> profondeur parl'éducation républicaine, il Thira par perdre jusqu'àl'instinct de conservation."Délire de transformation de la nature, le systèmesocial fera de nous des êms nouveaux, prêls à nous immolerdès lors que nous ne sommes plus utiles mais coutonsà la collectivité", annonçait Mme Suzanne Labin,après la lecture du livre "L'Av<strong>en</strong>ir de la Vie", oeuvre dutrès proche conseiüer - ami de Mr. Mitterand, JacquesAttali.L'INTERRUPTION VOLONTAIRE LA VIEComme l'avortem<strong>en</strong>t dit I.V.G. légalisé et remboursé,élimine la grossesseaccid<strong>en</strong>t du parcourssexuel, l'assassinat <strong>en</strong> douceur, dit I.V.G., fera disparaîtreles accid<strong>en</strong>tés du parcours exist<strong>en</strong>tiel, les nouveaux-nésindésirés, tous les malades, accid<strong>en</strong>tés,handicapés et personnes âgées jugés traumatisants,perturbants, <strong>en</strong>combrants, irrécupérables, improductifs,inutiles et dilapideurs, par leur d e , des fmancesnécessaires à l'<strong>en</strong>treti<strong>en</strong> et au divertissem<strong>en</strong>t des"travailleurs".PRECISIONS EN FORME DEDEF'INITIONS.Il est possible de distinguer deux formes d'euthanasie,l'active et la passive.EUTHANASIE ACTIVE. C'est l'acte volontairepar lequel, <strong>en</strong> douceur, est mis fin à la vie des sujetstarés, des malades et des blessés incurables, desvieillards ... soit pour leur éviter de poursuivre une exist<strong>en</strong>cejugées, par les autres, sans intérêt, soit pour leurépargner les souffrances inhér<strong>en</strong>tes à leur état, soitpour leur éviter les douleurs de l'agonie.Elle s'applique égalem<strong>en</strong>t aux personnes souv<strong>en</strong>tatteintes dans leur intégrité physique, mais refusant,au nom d'une fausse et <strong>org</strong>ueilleuse conceptionde la dignité humaine, toute diminution visible de leuraspect etlou de leurs activités.L'acte est commis avec l'int<strong>en</strong>tion première defaire mourir la perso~e vi sée... C'est un assassinat wun suicide, celui-ci pouvant être facilité par un tiers.Il n'y apas euthanasie, lorsque la mort survi<strong>en</strong>t àla suite d'une décision des médecins et chirurgi<strong>en</strong>s de
ne pas s'acharner thérapeutiquem<strong>en</strong>t sur un pati<strong>en</strong>tdont l'état ne prés<strong>en</strong>te depuis longtemps aucune amélioration; de l'arrêt des moy<strong>en</strong>s modernes de &mimationdans les cas de coma profond ou dépassé, souscertaines conditions ; de l'utilisation massive dessubstances analgésiques destinées à l'atténuation dessouffrances du pati<strong>en</strong>t <strong>en</strong> phase ultime de sonaf5ection.EUTHANASE PASSIVE.C'est l'abs<strong>en</strong>ce d'am visant directem<strong>en</strong>t le sujet.Il y a int<strong>en</strong>tion première de laisser mourir le sujet,mais <strong>en</strong> s'abst<strong>en</strong>ant de lui apporter les soinsnécessaires à sa survie ou à saguérison.Elle était, et est <strong>en</strong>core sans doute très pratiquésdans les services hospitaliers d'accouchem<strong>en</strong>t et depédiatrie. Le Pfr. Michel Salomon qui fût le premierresponsable du Service de Pédiatrie de l'Hôpital de laTirnone à Marseille, <strong>en</strong> a conv<strong>en</strong>u avec tristesse et alutté avec énergie contre cette pratique.Il a su <strong>en</strong> percevoir les principales motivationsapplicables aussi à l'euthanasie active, et à l'avortem<strong>en</strong>t,<strong>en</strong> partie le plus souv<strong>en</strong>t : pitié, lassitude,dégoût.. désir de sauvegarder l'av<strong>en</strong>ir des fréres etsoeurs, peur panique, crainte du déshonneur, égoisme,<strong>org</strong>ueil, ... avarice,etc.Sous couvert de Droits de l'Homme ... sansDieu, ces pauvres raison sont dev<strong>en</strong>ues argum<strong>en</strong>tspour les t<strong>en</strong>ants de l'euthanasie dans leur campagnepour obt<strong>en</strong>ir la légalisation ou la dépénalisation duprocédé.MANOEUVRES ET PROPAGANDEPour <strong>en</strong> faire accepter l'idée par l'opinion publique,il n'est question que d'Interruption volontaire laVie (I.W.), le terme volontaire étant particuliérem<strong>en</strong>tsécurisant pour la grande majorité de la populationqui est <strong>en</strong> bo~esanté.De plus, l'euthanasie ne serait appliquée qu'auxsujets <strong>en</strong> ayant fait la demande explicite, soit quand ilsétai<strong>en</strong>t pleine forme, soit au cours de l'évolution pathologiquede leur état physique, psychique ou intellectuel.Hélas, la décision "volontaire", mis à part le suicidefranc, est et sera de plus <strong>en</strong> plus le fait du médecin,de l'infirmier, du par<strong>en</strong>ts, de l'ami ... voire dureprés<strong>en</strong>tant de 1'Et.t par le truchem<strong>en</strong>t de la SécuritéSociale, puisque ce sont les autres qui sont peu à peuinvestis du droit de juger la valeur et/ou l'utilité de lavie du sujet concerné et cela selon les critères déjàm<strong>en</strong>tionnés ici.Une véritable stratégie est développée pour faire<strong>en</strong>trer l'euthanasie dans les moeurs puis dans la loi.AU PLAN MONDIAL.L'off<strong>en</strong>sive est conduite par les mêmes groupesqui ont su imposer à la grande majorité des Etats ditsChréti<strong>en</strong>s, la liberté sexuelle, la contraception etl'avortem<strong>en</strong>t, etc.Les recommandations de ces <strong>org</strong>anismes s'inspir<strong>en</strong>tdes directives du Club de Rome, courroie detransmission du Massachusetts Instituîe of Technologie(M.I.T.). Le ténor europé<strong>en</strong> le batave SicoMansholt, a été vice-présid<strong>en</strong>t de la Commission desCommunautes Europé<strong>en</strong>nes.A quelques exceptions près, les Prix Nobel constitu<strong>en</strong>tles cerveaux p<strong>en</strong>sants de toutes ces <strong>org</strong>anisations.Ce sont les Docteurs de la nowelle religion ... !Ainsi, le Pfi. Minkmsky, la section fran@se du PlanningFamiliale, des médecins et politici<strong>en</strong>s se sont <strong>en</strong>gagésdepuis longtemps dans ce combat avec l'appuiniultiplicateur des média.Voici les points forts de la campagne :1969. En mai, a lieu à Gr<strong>en</strong>oble, ce qui paraîtavoir été le premier Congrès des Médecins pour l'Euthanasie.1970. En novembre, un séminaire réunit àl'institutPasteur de Paris, des médecins et des légistes. Lesparticipants s'fli<strong>en</strong>t prêts à faire mourir les<strong>en</strong>fants anormaux et les vieillards par pur altruisme.1972. Le suicide de l'<strong>org</strong>ueilleux H<strong>en</strong>ry deMontherlant induit une campagne de presse <strong>en</strong> faveurdu "droit à mourirdans la dignité".En fin d'année, le Dr Peyret, député de la Vi<strong>en</strong>ne,se dit proche des concepts eugénistes du mouvem<strong>en</strong>tG.RE.C.E. (Groupe de Recherche et d'Etudespour la Civilisation Europée~e) dont l'éliminationdes tarés, des inutiles, des poids morts (écume et lie dela société). Le bon docteur sera le rapporteur de la loiVeil instaurant le massacre des innoc<strong>en</strong>ts.1974. Les média font largem<strong>en</strong>t et favorablem<strong>en</strong>técho à la déclaration du PFr. Louis Rougier, doctrinairede la Nouvelle Droite (GRECE), proclamant que"le droit à Iéugénisme et à l'euthanasie seront parmilesgmn&sconquêtes& 1 av<strong>en</strong>ir".La même année a lieu à la Sorbonne, un colleque mondial sur les nouveaux pouvoirs et les nou-
veauxdevoirs de la Sci<strong>en</strong>ce. Il est à l'origine de la constitutionpar 17Etat, d'un Conseil National &Ethique.Eugène Ionesco signale dans "Le Monde" du 19octobre suivant, qu'<strong>en</strong> réalité, dans ce colloque "ilétait question du droit des médecins et des biologistes àdkposer de la vie et de la mort des g<strong>en</strong>s. .. pour des raisonsbiologiques, eugéniques. .. et même pour des considérationsmorales et sociales", <strong>en</strong> laissant au seulmédecin le pouvoir d'apprécier "la chance de survie etla qualité de la lrie quYl <strong>en</strong>visage de prolonger oud Zcourtef'.Dans ce même journal, Mme Sirnone Veil aocordait ce droit aux médecins : "Prolonger une vie quin én est plus une, c ést peut-être faire de l'humanisme à1 '<strong>en</strong>vers".1975. Nouvelle campagne des média à l'occasionde la parution du livre-confession du chirurgi<strong>en</strong>écossais Ge<strong>org</strong>e P. Nair, reconnaissant avoir pratiquél'euthanasie active. Un débat télévisé eu lieu.Il <strong>en</strong> est de même <strong>en</strong> Grande Bretagne avec laparticipation de la Présid<strong>en</strong>te de la Voluntary EuthanasiaSociety.La décision de l'&lise Anglicane admettant que"certaines formes de suppression de la vie, lorsquéllesont destinées à abrt;,ger des soufiances, sont moralem<strong>en</strong>tjusti~ées",rqoit unelarge diffusion.En Suisse, la susp<strong>en</strong>sion du Pfr. Hammerli deZurich, pour fait d'euthanasie active, <strong>en</strong>traîne la protestationdu Corps médical. Un sondage populaire,consécutif à l'événem<strong>en</strong>t, donne 60 % d'opinionsfavorables à une telle pratique.1978. Radical de gauche et F.M. influ<strong>en</strong>t, le SénateurCaillavet dépose un projet de loi demandant lalégalisation de certaines formes d'euthanasie.Prév<strong>en</strong>ant les Français du but ultime de sadémarche qui n'aboutit pas, il écrit dansle journal médical'Tonus", du 4 mai :"il n éstpas question d'euthanasie,il est question de la liberté de sa mort. .. Cetteétape est nécessaire, plus tard, dans dix ans, dans quinzeans "ONf'pourra faire quelque chose".Les réactions des média ont été favorables. Le"Nouvel Observateur" du 3 juillet, approuve la propesition sous couvert du refus de la déchéance humaine.Luci<strong>en</strong> Neuwirth, père de la contraception <strong>en</strong>France, proclame la qualité de la mort composanteimportante de la qualité de lavie.GRECE et sa revue "Nouvelle Ecole" <strong>en</strong> sontpartisans dans le but de protéger la santé des générationsfutures.1979. Dans un article publié daas le N 29 du Bulletininternational de Gérontologie, Mlle Nicole Schwartzfait une constatation définitive :"Peu importe les dénkations indignées, l'idéeest lancée ... Tout le problème est de savoir desornaisquelles formes particulières pr<strong>en</strong>dront les lois sur l'euthanasie.""Grossièrem<strong>en</strong>t ON peut <strong>en</strong>visager troishypothèses, selon que l'euthanasie ... est laissée au seulchoix individuel, passe sous contrôle médic al..., passesous contrôle étatique."Mais, quelque soit l'hypothèse ret<strong>en</strong>ue ... lepoint à ret<strong>en</strong>ir (est) que la mort de l'individu devi<strong>en</strong>tcomplètem<strong>en</strong>t socialisée."Cette spécialiste traduit bi<strong>en</strong> la volonté de l'inteiiig<strong>en</strong>tsiafrançaise. P<strong>en</strong>dant la mise au point définitivede la loi IVWeiiPelletier-Roudy, soit de 1974 à1982, cette rev<strong>en</strong>dication est mise sous le boisseaupour ne pas gêner la radicalisation de l'avortem<strong>en</strong>t,partie importante du programme.1982. Publication d'un ouvrage intitulé "Suicide,mode d'emploi", dannant tous les r<strong>en</strong>seignem<strong>en</strong>t théoriqueset pratiques au lecteur désireux de mettre frn àses jours ou d'aider un candidats év<strong>en</strong>tuel. Les médialui font unebelle publicité.Des familles dont un membre avait suivi les instructionsdu live, <strong>en</strong> attaqu<strong>en</strong>t les auteurs <strong>en</strong> justice.1983. L'émotion gagne un certain nombre dedéputé. Au mis de juin, une proposition de loi, adoptéepar le Sénat, demande que 'l'incitation et l'aide ausuicide soi<strong>en</strong>t réprimées".Le Garde des Sceaux, Roger Badinter, digne filsde 1789, refuse de la soumettre du verdict de l'Assemblée,jugeant le projet hâtifet liberticide.Fondation de l'Association pour le Droit deMourir dans la Dignité (A.D.M.D.). Elle regroupe actuellem<strong>en</strong>tau moins dix mille membres. Eile se d o~epour vocation officielle de "rassembler toutespersonnes de même conviction pour promouvoir ledroit légal et social de disposer librem<strong>en</strong>t de sa personne,de son corps, et se sa vie..., de choisir librem<strong>en</strong>tet légalem<strong>en</strong>t le mom<strong>en</strong>t de finir sa vie et le moy<strong>en</strong> d'yparv<strong>en</strong>ir".Les membres sont porteurs d'un 'Testam<strong>en</strong>tbiologique", dit "Déclaration pour le doit de mourirdignem<strong>en</strong>t", sans aucune valeur juridique à ce jour.L'Association Wse une brochure de quarantepages intitulée "Auto-délivrance", dont les troisquartsdu prix de v<strong>en</strong>te, alim<strong>en</strong>t<strong>en</strong>t un fond servant à
Fmancer, <strong>en</strong> cas de poursuites int<strong>en</strong>tees par les prochesd'un "délivré", la déf<strong>en</strong>se et les frais judiciaires.La brochure prés<strong>en</strong>te "les moy<strong>en</strong>s accessibles, aussisurs que possible, sans soufiance et sans viol<strong>en</strong>ce physique ou m<strong>en</strong>tales", pour se donner la mort et fournittous les r<strong>en</strong>seignem<strong>en</strong>ts utiles.1985. Le Congrès mondial pour l'euthanasie,<strong>org</strong>anise par IADMD se ti<strong>en</strong>t à Nice, du 20 au 23 septembre,sur le thème "Vivno sa vie, vivre sa mort".Particip<strong>en</strong>t aux débats huit c<strong>en</strong>ts personnes v<strong>en</strong>ues devingt sept pays.Pour multiplier l'impact poiiti~psychologiquedu congrès le "coup" du Manifeste a été refait.Déjà <strong>en</strong> avril 1974, le Prix Nobel Monoî, aujourd'huidélivré de l'exist<strong>en</strong>ce, et Sicco Mansholts'étai<strong>en</strong>t bruyamm<strong>en</strong>t joints àun manifeste publié auxU.SA parl'influ<strong>en</strong>ce "Humanist Society",t<strong>en</strong>ante del'eugénisme.De la même manière, à la veilie du Congrès,s'étale dans "Le Monde" un texte signé par cinq médecinsreconnaissant avoir "déiivré plusieurs malades.Parallèlem<strong>en</strong>t, l'hebdomadaire 'Tonusn, déjà cité,publie un sondage réalisé par l'Institute Indice Medical,selon lequel 81 % des médecins généralisteseuthanasiai<strong>en</strong>t les malades <strong>en</strong> phase terminale.1987. L'Association pour la Prév<strong>en</strong>tion del'Enfance Handicapée (AP.E.H.) adresse à des Parlem<strong>en</strong>tairesun texte qu'elle souhaite voir dev<strong>en</strong>ir projetde loi : "Un médecin ne commettra ni crime, ni délit <strong>en</strong>s abst<strong>en</strong>ant d administrer à un <strong>en</strong>fant de moins de troisjours les soins nécessaires à sa vie, quand cet <strong>en</strong>fin tprés<strong>en</strong>teraune infirmité inguérissable et telle qu'ONprévoit qu 'il ne pourra jamais avoir une vie digne detrevécuef1.Plus dure que le Dr. Crik, cette association atrouvé ainsi une solution d'autant plus efficace que ce"ON, médecin, gynécologue, accoucheur ou pédiatre,informerait seul les par<strong>en</strong>ts et aurait toutes facilitéspour les influ<strong>en</strong>ces ... ou même, pour anticiper..H. Caillavet, Pdt d'Honneur de l'Association,trouva simplem<strong>en</strong>t, que la demande était prématurée.Pour calmer l'émotion du bon peuple, le Secrétaired'Et& aux Droits de l'Homme sans Dieu, Mr.Malhuret, et le Ministre de la Santé, Mme Barzachrejetèr<strong>en</strong>t àgrands cris la proposition.Elle est pourtant d'une logique irréfutable pourles t<strong>en</strong>ants d'une bioéthique abandonnant les plusdéshérités et les plus faibles de ses pati<strong>en</strong>ts. Le DrClaude Sureau, membre de l'Académie des Sci<strong>en</strong>ces,l'a souligné <strong>en</strong> faisant remarquer que le fond du projetest "tout <strong>en</strong>tier inclus dans la loi sur l'I.V.G. Si un droitde vie et de mort sans appel est reconnu à la mère jusqu'à12 semaines (même 20 semaines), il est incohér<strong>en</strong>tde le lui refuser phis tard et jusque dans la périod<strong>en</strong>éonatale"Les critères de "désirabilité" et "d'accueil", légaliséspar la loi Veil-Roudy devi<strong>en</strong>dront avec celui de"dignité de la vie, appliquée par des tiers -mère,conjoint, proches par<strong>en</strong>ts, membres du Corps médicalet para-médical) à un être auquel sa situation interdittout droit à la déf<strong>en</strong>se, les motifs d'uneexécution, exempte de toute responsabilité pénale etcivile pour son auteur.Le 21 octobre, une émission télévisée dirigée parMr. Jean-Marie Cavada, sur A2, suivie le l<strong>en</strong>demaind'un téléphone-sonne sur FranceInter, a do~éla vedetteau can&rologue Roger Schwarz<strong>en</strong>berg, pratiquantet partisan zélé de ladépénalisation /législationde l'euthanasie.Non cont<strong>en</strong>t de réaffier le droit de chaque hommemalade, accid<strong>en</strong>té ou psychologiquem<strong>en</strong>t décidé, àdisposer de sa vie car seul à même de jauger la souffranceress<strong>en</strong>tie et invoquée comme motif de la décision,le médecin n'étant là que pour l'assister, ledisciple de la Synagogue s'est empressé de stigmatiserla religion catholique, unique barrière dressée devantcette évdution qu'il estime bénéfique pour l'homme.Ji a mis très habilem<strong>en</strong>t <strong>en</strong> doute l'exist<strong>en</strong>ce de laMiséricorde de Dieu et nié la valeur rédemptrice de lasouffrance qu'il estime totalem<strong>en</strong>t inutile.En novembre, I'2LD.M.D. fait pratiquer par laSOFRES un sondage pour juger de l'état d'esprit desFrançais face à l'euthanasie.Le Pdt de l'Association s'est ièiicité des résultatsobt<strong>en</strong>us : 85 % des "sondés", a priori <strong>en</strong> bonne santé,souhait<strong>en</strong>t que les malades incurables, affligés desouffrarices insupportables soi<strong>en</strong>t "aidés à mourir".76 % demand<strong>en</strong>t, <strong>en</strong> ce s<strong>en</strong>s, une modification duCode pénai.1989. Le 3 mai, une Cour d'Assises a prononcél'acquittem<strong>en</strong>t d'un père de famille ayaat suppriméson deuxième <strong>en</strong>fant "mongoli<strong>en</strong>" peu après sa naissance.Le Procureur avant, quant à lui, demandé unecondamnation légère : deux ans de prison avec sursis !Le père pour faire admettre le bi<strong>en</strong>-fondé se songeste, invoqua son désir d'avoir une "belle" famille,d'éviter au frère physiquem<strong>en</strong>t normal, à son épouse
et lui-même, les difficultés de toutes sortes qu'<strong>en</strong>traiuela prés<strong>en</strong>ce au foyer d'un "taré"...Les J ~ ont s suivi. L'acquittem<strong>en</strong>t signe leur approbation pour cet acte de "prév<strong>en</strong>tion sociale" !!!Quel camouflet, quelle injure sont ainsi ass<strong>en</strong>ésà tous les par<strong>en</strong>ts qui ont accepté, airné chaque jourdavantage un <strong>en</strong>fant handicapé !Le jugem<strong>en</strong>t fera sans doute jurisprud<strong>en</strong>ce. Lesort des prochains nouveaux-nés, ceux qui aurontéchappés au diagnostic in utero et a l'aspiration consécutive,qu'ils soi<strong>en</strong>t atteints de mongolisme ou d'autresmaladies et malformations, -t clairem<strong>en</strong>ttracé.C'est un bon point <strong>en</strong> faveur de l'éthique moderneproposée par le Pfr. Jean Bernard, les "Sages" duC.N.E. et le Conseil d'Etat, comme "moy<strong>en</strong>d'<strong>en</strong>cadrer et de réguler une société animale dans la situationconcrète actuelle" ... a chaque situation, sonéthique ! Cette façon de p<strong>en</strong>ser sera mieux analyserplus loin mais il est bon de faire remarquer qu'elle suitfidèlem<strong>en</strong>t la p<strong>en</strong>sée de Karl Marx :''Ne pas quitter le réel, c'est à dire l'expéri<strong>en</strong>cehumano-naturelle. Toute t<strong>en</strong>tative pour y échapper<strong>en</strong> direction d'un transc<strong>en</strong>dant quelconque, fit-ilseulem<strong>en</strong>t moral, n'est qu'une expression illusoire del'aliénation de mon être".Jurisprud<strong>en</strong>ce, éthique <strong>en</strong>térinant les fàits, arbitrageutilitariste de la Sécurité Sociale ... va partagerles individus <strong>en</strong> trois catégories : les "utiles" pris <strong>en</strong>charge, ceux qui pourront assumer pareux-mêmes ougrâce a un tiers les frais et les autres, condamnés au rejetet a l'euthanasie.Un <strong>org</strong>anigramme possibleSujet ni cons<strong>en</strong>tant, ni prév<strong>en</strong>u.- Homme <strong>en</strong> dev<strong>en</strong>ir. Dans ses propositions deloi, le Conseil d'Etat, réduisant l'<strong>en</strong>fant à l'état de"projet par<strong>en</strong>tal de ses par<strong>en</strong>ts", le livre sans déf<strong>en</strong>seau bon vouloir de ses géniteurs, ... au bon vouloir desconseilleurs médicauxEmbryons officiellem<strong>en</strong>t tués au 14 ème jour deleur culture in vitro ou, a la fin de la cinquième annéede leur conservation par congélation ... mais vu i'évelution éthique, demain livrés a l'expérim<strong>en</strong>tation.Foetus tués avant la fm de la Wigtième semaine... et utiüsés.Nouveau nés de moins de deux jours, juridiquem<strong>en</strong>tinexistants, refüsés par la génitrice et la société,l'incurabilité de leurs affection et/ou l'assistanceperman<strong>en</strong>te nécessaire à leurs survie donnant un bilanfinanciertrop négatif. Pourront êtreuüüsés.-Homme citoy<strong>en</strong>. Malades incurables. L'euthanasieofficialisée. La pratique progresse vite. Depuisquelques années constate une iaf"rrmi&re dans untémoignage rapporté par la revue "Perman<strong>en</strong>ces",dans son service de cancérologie d'unhôpital pari-si<strong>en</strong>, l'euthanasie "augm<strong>en</strong>te <strong>en</strong> quan W... cherche às'honorabiliser et, surtout, à s'o~anisersocialem<strong>en</strong>t ... En deux ans... vingt et un malades ontete "piqués" ... ont reçu une perfusion d'un cocktail lythique..,L'ordre de "piquer" survi<strong>en</strong>t, <strong>en</strong> général, à unmom<strong>en</strong>t où le malade est <strong>en</strong>core assez ad... Le seulmotif de cette pratique est l'incurabilité avec mortprobable à court ou moy<strong>en</strong> terme... Le Chef de Serviceresponsable est un homme affable, très dévotk."Refusant d'appliquer cette sorte de prescriptionmalgré les pressions de l'autorité médicale qui m<strong>en</strong>açaitde r<strong>en</strong>voyer les réfhctaires, elle constate que laméthode aété facilem<strong>en</strong>t admise.Elle <strong>en</strong> a démonte le processus : "On p<strong>en</strong>se ici aumot de Pascal disant à l'incroyant : "Pr<strong>en</strong>ds de SEaubénite". La pratique concrète A toujours valeur d'hitiatian.De même, dans l'hôpital, pas de débat sur lefonds, pas d'interrogation de consci<strong>en</strong>ce.Simplem<strong>en</strong>t, c'est par la pratique - prescription ducocktail noir sur blanc et le plus naturellem<strong>en</strong>t dumonde - que l'ON a introduit dans les consci<strong>en</strong>cestout un processus m<strong>en</strong>tal qui, <strong>en</strong> clair, signifie bi<strong>en</strong> :dès lors que la vie n'ofie plus de chance "temporell<strong>en</strong>,dès lors qu'elle est privée de toute satisfaction physique,la vie humaine n'a plus de s<strong>en</strong>s".Accid<strong>en</strong>tés inconsci<strong>en</strong>ts. Déclarés morts pardes appareils de mesure indsants, les plus jeunessont réclamés, au nom de la solidarité, par les chirurgi<strong>en</strong>spour l'obt<strong>en</strong>tion d'<strong>org</strong>anes agreffer.Dans un proche av<strong>en</strong>ir, la même destination sera,<strong>en</strong> toute logique utilitariste, réservée aux accid<strong>en</strong>téstrop gravem<strong>en</strong>t atteints. L'impossibilité de leurdomer une vie "normale", le coût destraitem<strong>en</strong>ts, desprothèses et de l'assistance év<strong>en</strong>tuelle emporteront ladécision.Vieillards. Les soins et les opérations trop onéreusesleur seront refusés a partir d'un certain âge parla Sécurité Sociale. Ainsi, <strong>en</strong> Angleterre, la dialyserénale n'est plus remboursée dès le quatrevingtièmeanniversaire.Les personnes âgées devront donc trouver parelles-mêmes ou près de leurs fdes,les fonds neces-
saires aux règlem<strong>en</strong>ts des soins. Dans la négative, cesera au minimum, l'euthanasie passive.Les pemnnes agées hospitalisées <strong>en</strong> continu ouprises <strong>en</strong> charges à leur domicile et ne nhssitant aucunsoin dit lourd, doiv<strong>en</strong>t déjà régler par eux-mêmeune partie des frais. La S.S., la Caisse de Retraite, uneMutuelle, une assurance privée, n'arriv<strong>en</strong>t pas A elerla totalité des dép<strong>en</strong>ses pour une grande partie de cespersonnes. Ce sont le conjoint etlai les desc<strong>en</strong>dantsqui sont t<strong>en</strong>us de payer. En cas de soins int<strong>en</strong>sifs, d'interv<strong>en</strong>tionschirurgicales autorisées ... qui pourra assumerla dép<strong>en</strong>se ? Inutiles et inutilisables, elles serontéliminées.Sujet cons<strong>en</strong>tant,- demandant i'interv<strong>en</strong>tion. Donc prév<strong>en</strong>u maispouvant ne pas co~aitre le mom<strong>en</strong>t exact de la réalisationde son projet.En Hoiiande et au Danemark, il existe des cliniquesprivées et des Services hospitaliers spécialidsdans ce travail. C'est une contribution efficace aumainti<strong>en</strong> de la tranqujilité collective et a la réalisationd'économies substantielles.Les intéressés, malades incurables, personnesrefusant de supporter les jnfiités dues à leur grandâge, les désespérés veul<strong>en</strong>t mourir dans 'la dignité".Le temps de laréf lexion leur est accordé.L'A.D.M.D. a ouvert <strong>en</strong> 1984 "unemaison médicalepour recevoir les personnes <strong>en</strong> phase terminale,<strong>en</strong> frn de parcours". A l'époque, le Pdt Mr Chauvetassurait que l'ambiance y serait familiale.trui.- agissant de lui-même, avec ou sans aide d'au-Un petit sursaut des politici<strong>en</strong>s fd voter, cinq ansaprès la publication du livre "Suicide, mode d'emploi",une loi <strong>en</strong> date du 3 1 décembre 1987.Elles était destinée à réprimer l'éloge du suicideet à condamner à de fortes peines "ceux qui auront faitde la propagande ou de la publici té . <strong>en</strong> faveur desmoy<strong>en</strong>s de se donner la mort". Son efficacité a du êtreminime, puisque i'euthanasie est pratiquée sous lemanteau !Les élection de 1988 sont v<strong>en</strong>ue mettre une sourdineàcette t<strong>en</strong>tative d'empiétem<strong>en</strong>t sur la liberté individuelle.En juin de la même année, des maisons d'éditionmanifestèr<strong>en</strong>t leur s<strong>en</strong>saigu del'histoire ...L'une publia un Cahier intituié "Montherlant etle Suicide", l'autre le livre de Gabriel Matzneff "LeDéfi" où se trouve reproduits son essai sur "le Suicidechez les Romains".Ce texte, publié du vivant de Montherlant quel'auteur se do~ecomme "Maîtrede vie ... et Maître demort" aurait du, suivant le désir le l'Académici<strong>en</strong>,avoir pour titre "L'Art de se suicider <strong>en</strong> dix lqons". Iln'y a eu aucune réaction ...Les Etats du nord de l'Europe, souv<strong>en</strong>t pris commemodèles, montr<strong>en</strong>t la voie. Les candidats au suicidesont accueillis dans des Etablissem<strong>en</strong>ts spécialiSespour éviter que leur désir, exécuté inconsidérém<strong>en</strong>t nelèse le bi<strong>en</strong> public.EPILOGUEPROBLEMES DE CONSCIENCEA la suite de nombreux médecins et bidechnici<strong>en</strong>s,les premiers A être soumis à l'interrogation deleurs consci<strong>en</strong>ces pour la recherche de la conduite at<strong>en</strong>ir face aux nouvelles conceptions de la médecines,un nombre important d'intellectuels et d'hommes p elitiques avou<strong>en</strong>t leur trouble et leurs scrupules.Certains perçoiv<strong>en</strong>t avec netteté la direction prisepar ces "progrès" : irrespect et désacralisation descorps, leur utilisation normalisée, oubli et négationd'un exacte conception de la Personne humaine ... et, àl'extrême limite "fabrication" d'autre chose quel'Homme. Ils réclam<strong>en</strong>t une loi interdisant certainespratiques et recherches.D'autres sont efiayés surtout par la vitesse etl'ampleur du phénomène, sans <strong>en</strong> réprouver quelqu'aspectque ce soit. Ils craign<strong>en</strong>t que i'opinionpubliqu<strong>en</strong>e puisse suivre, donc accepter leurs réalisationset leurs propositions. Ils désir<strong>en</strong>t l'établissem<strong>en</strong>t defreins ou de barrières légaux, susceptibles d'être relâchésou levés au fur et à mesure de i'évolution psychologique des Français.Beaucoup, parmi lesquels des sci<strong>en</strong>tifiques trèsécoutés, ne se pos<strong>en</strong>t aucune question et veul<strong>en</strong>t toujoursder plus avant Ils sollicit<strong>en</strong>t la libéralisation,voire la dépénalisation de leurs oeuvres.Enfin, parmi le public, c'esta-dire i'<strong>en</strong>semblede ceux qui subiront les nouvelles techniques, unemajorité ress<strong>en</strong>t une profonde inquiétude. Une partieespère trouver protection contre ces méthodes dansune loi civile ... Qui donnera bo~econsci<strong>en</strong>ce, commeles lois précéd<strong>en</strong>tes, à tous.
Plusieurs personnes intéressées, principalem<strong>en</strong>tdes sci<strong>en</strong>tifiques, des intellectuels et des représ<strong>en</strong>tantsde toutes les religions ou "courants de p<strong>en</strong>sée",se sont donc réunies, ici ou là, soit de leur propre chef,soit à l'appel du pouvoir, afui "d'<strong>en</strong>gager un dialogueavec leur consci<strong>en</strong>ce à la recherche d'une conduite quirespecte au mieux l'idée qu'ils se font de la personnehumaine et de sa dignité."Certains d'avoir une co~aissance juste des faits <strong>en</strong>visagés,s'estimant intellectuellem<strong>en</strong>t capables de trouver<strong>en</strong> eux-mêmes, les élém<strong>en</strong>ts raisonnablesinduisant des décisions aussi justes que possible <strong>en</strong>l'état actuel de la Sci<strong>en</strong>ce, les "SAGES" se sont mis autravail.Finalem<strong>en</strong>t le Pouvoir, qui, jusqu'alors s'effaçaitderrière les recommandations de son C.N.E. et d'autressci<strong>en</strong>tifiques, pour kviter de pr<strong>en</strong>dre une décisionformelle, adécidk de trancher.Aprés avoir suscité la rédaction d'un rapport parune commission du Conseil d'Etat, présidée par Mr.Guy Braibant, par ailleurs auteur d'un projet de loi surle sujet, le Premier Ministre vi<strong>en</strong>t, <strong>en</strong> mars 1991, deconfier à Madame Noelle L<strong>en</strong>oir, Maître de Requêtesau dit Conseil "une mission pour le DROIT de la Bioéthiqueet des Sci<strong>en</strong>ces de la Vie". Se demandant s'ildoit imposer des garde-fous à la dérive de cette partiede la Médecine, il att<strong>en</strong>d de cette mission l'établissem<strong>en</strong>td'un canevas législatif.LA METHODE INTELLECTUELLE DESSAGESQuelle méthode de raisonnem<strong>en</strong>t, le travail deréflexion de tous ces groupes emploie-t-il ? II ne faitaucun doute que, depuis les cogitations publiées dansle rapport "Horizon 85", une philosophie particulièreét<strong>en</strong>d son emprise sur les hommes et la direction desdébats. Comm<strong>en</strong>t <strong>en</strong> déceler la t<strong>en</strong>eur?La philosophie Moderne. L'ouvrage de Mi. JeanMadimm "L'Hérésie du XXème siècle", publié <strong>en</strong>1968, apporte toutes les réponses. Tous les élém<strong>en</strong>tsnécessaires y sont empruntés qui vont permettre decompr<strong>en</strong>dre le mécanisme de la manipulation intel-Jeduelle qui <strong>en</strong>traîne les participants et, plus précisém<strong>en</strong>tles Chréti<strong>en</strong>s, les Catholiques de tous rangs,dans le mouvem<strong>en</strong>t <strong>en</strong> avant, dans la mutation pernlan<strong>en</strong>te,loin des bases de la tradition philosophique naturelle<strong>en</strong>seignéespar le Docteur Commun.L'Episcopat fiançais dans sa réponse aune lettredu Saint-Siège, a la date du 17 dkembre 1966, admettaitcette kwolution : "l'acceptation des mots natureet personne est aujourd'hui difRr<strong>en</strong>te, pour unesprit philosophique, de ce qu'elle était auVéme siécleOU dansle thomisme".Ce rejet de St Thomas signe "l'acquisition du réflexeintellectuel fondam<strong>en</strong>tal de la philosophie m ederne qui est apparu dans l'histoire avecle Kantisme".Avant celui-ci, les diverg<strong>en</strong>ces <strong>en</strong>tre les diverses p<strong>en</strong>séesphilosophiques donnai<strong>en</strong>t simplem<strong>en</strong>t lieu à desdiscussions sur leur valeur, leurjustes se..."Après Kant, les philosophies antérieures nesont plus critiquées <strong>en</strong> tant que fausses ... mais <strong>en</strong> tantque p<strong>en</strong>sées ne pouvant plus être prises <strong>en</strong> considérationpar un "esprit philosophique".'Une p<strong>en</strong>sée "<strong>en</strong> dqal." du Kantisme, et à ce titrela métaphysique tout <strong>en</strong>tière, était déclarée désormaisimp<strong>en</strong>sable"."Les philosophes postériem à Kant ... demeurés<strong>en</strong> dehors du problème critique, n'ont qu'un p<strong>en</strong>séeinfantile et une infra-philosophie". Ils sont adédaigner.Tous les autres sont dev<strong>en</strong>us les philosophes niodernes,les autorités morales actuelles <strong>en</strong> "se jumelantavec les catégories semblables de la p<strong>en</strong>séesci<strong>en</strong>tifique et avecle mythe du progrès indéf~".Autrem<strong>en</strong>t dit, ils considèr<strong>en</strong>t l'apparition desthéories de Descartes, de Kant, de Hegei, de Marx etde Teilhard comme une découverte sci<strong>en</strong>tifique quine peut être ignorée ou éludée par la suite.Après elle, on ne peut plus p<strong>en</strong>ser de la même façon,tout comme le sci<strong>en</strong>tifique. On "ne peut p<strong>en</strong>ser"après" la découverte de la pression atmosphérique,de la circulation du sang (des microbes ou del'A.D.N.), comme on p<strong>en</strong>sait avant". Cette methode,parfate pour la Sci<strong>en</strong>ce, a été volontairem<strong>en</strong>t appliquéea la p<strong>en</strong>sée philosophique. Ainsi on a pu fairedéfinitivem<strong>en</strong>t "admettre qu'un PROBLEME (leproblème critique selon Kant) ou une IvIEMODE (lecogito de Descartes, la dialectique selon Hegel ouMarx) s'impose à partir d'un certain mom<strong>en</strong>t commeétant désormais "LA" condition préalable et constitutivede "LA" p<strong>en</strong>sée, ... et donc frappe de nullité toutesréflexions qui demeure eKtérieure à la METHODE ouau PROBLEME ..." et, rejeter "dans le néant, les philesophes qui, après Descartes, Kant, Marx s'<strong>en</strong> tie~<strong>en</strong>tpourtant aux notions de nature et de personne tellesqu'eues étai<strong>en</strong>t au Vème siècle ou chez St Thomas.
Enfin "le position du problème commande lasolution"Tous les participants, y compris les Chréti<strong>en</strong>s,des divers conseils, commissions et tables rondespour "p<strong>en</strong>ser" l'éthique moderne, se fmt imposer par"les t<strong>en</strong>ants delap<strong>en</strong>sk moderne ... ses problèmestelsqu'elle les énonce et sa mkthode telle qu'elle l'a conçue.Car ses problèmes tels qu'elle les énonce conti<strong>en</strong>n<strong>en</strong>tdéjà toute l'originalité ess<strong>en</strong>tielle de son regardsur le monde ; et sa méthode telle qu'elle l'a conçueconti<strong>en</strong>t déjà toute l'originalité ess<strong>en</strong>tielle à l'égard dumonde telle qu'elle levoit"La grande majorité des Sages se fait flouer par"la problématique". Au problème posé, ils sont sommés"d'apporter des réponses sous peine de n'être pas"positifs" ou "constructifs".Et comme "le point de vue des (t<strong>en</strong>ants de lap<strong>en</strong>* moderne) est un système conceptuel intrinsèquem<strong>en</strong>tanthaturel, <strong>en</strong> se plaçant à leur point de vueet <strong>en</strong> adoptant leurs notions, on <strong>en</strong> arrive à perdre soimêmecette vérité des dogmes qu'on voulait leur manifester..."CONTRE LATRADITION CATHOLIQUEAinsi éduqués, les SAGES s'établiss<strong>en</strong>t "dansi'aséité et l'autonomie" pour admet. que 'le droit naturelest l'expression de la consci<strong>en</strong>ce colledive del'humanité (proposition N 7 de Mgr de Metz, leI.V.1968.)" dont le corollaire inévitable est : "il n'existepas de loi (morale) naturelle objective, promulguéepar Dieu et inscrite dans lanature de l'Hommew.C'est le refus d'obéissance à l'Eglise de M.N. Jésus-Christ,unique dépositaire et gardie~e de cetteloi morale, redonnée aux Hommes d'abord par leDécalogue de Moïse, puis par la loi évangélique révéléepar son fondateur ... et, par là unique opposante à lad<strong>en</strong>aturation de l'Homme par larévdution sexuelle.Cette attitude peut être illustrée de deux façons. Toutd'abord <strong>en</strong> vérif~ant la p<strong>en</strong>sée des initiateurs et desprosélytes de la libéralisation des moeurs, puis <strong>en</strong>constatant ce qu'il est adv<strong>en</strong>u des catholiquesrecyclés.Une opinion caractéristique. Celle émise parMadame Françoise Giroud, sur les ondes de la Radiobelge, le 15 décembre 1974 : "Ce qui me gêne un peu,c'est que l'on puisse confondre la religion et la morale... Quand on m'<strong>en</strong>nuie avec la morale, je devi<strong>en</strong>s nerveuse,parce que je ne trouve pas du tout quel'incarnation, ou i'idée que i'on se fait, <strong>en</strong> particulierdans la religion chréti<strong>en</strong>ne du Christ, ait un rapportquelconque avec la morale. La morale, ce sont des règlesd'action adaptées àune société".Les Nouveaux Catholiques. Leurs idées sontbeaucoup plus dangereuses puisqu'ils rest<strong>en</strong>t à l'intérieurde l'Eglise, donn<strong>en</strong>t l'impression de parler <strong>en</strong>son nom et travaill<strong>en</strong>t pour la faire muter.C'est dans l'interview de Mr Ge<strong>org</strong>es Minervois,publié dans "L'Express" du 31 janvier 1991,qu'est puisée la partie de leur doctrine. Ce spécialistede l'histoire des m<strong>en</strong>talités, auteur de "i'Eglise et laSci<strong>en</strong>ce, histoire d'un mal<strong>en</strong>t<strong>en</strong>du", déf<strong>en</strong>seur deDarwin, Descartes, Freud et Teiihard ... désigne d'<strong>en</strong>tréel'<strong>en</strong>nemi : "L'opposition catholique aux progrèsde la Sci<strong>en</strong>ce, se déplace du côté de la morale ...où elleti<strong>en</strong>t des positions d'un autre âge."Certes "la religion catholique repose sur un corpusde dogmes extrêmem<strong>en</strong>t structuré, une quantitéde Vérités éternelles et intouchables".Malin, il amalgame ces Vérités à celles de laSci<strong>en</strong>ce, déjà jaugées ici, <strong>en</strong> citant d'autres catholiques: "Des théologi<strong>en</strong>s isolés ... à la pointe de la contestationde l'Institution ... t<strong>en</strong>ant à dire, comme lessci<strong>en</strong>tfi ques... lavérite n'est pas un trésor qu'on cherchea découvrir, mais quelque chose <strong>en</strong> train de seconstruire. L1 n'y a pas une vérité objective etdéfinitive, mais un <strong>en</strong>semble de connaissances quis'assembl<strong>en</strong>t progressivem<strong>en</strong>t. Pour eux, Dieu luimêmeévolue dans i'Humanité <strong>en</strong>tière".D'où il conclut que l'Eglise est <strong>en</strong> face d'un dileme:"Etre condamnée à disparaitre ou survivre <strong>en</strong>adoptant une position tout à fait Mer<strong>en</strong>te, notamm<strong>en</strong>tà l'égard des chercheurs".Quant au Pape et a ses déclarations dans le d emaine de la morale "il n'est pas sûr qu'il suit réellem<strong>en</strong>técoute par les fidèles qui agiss<strong>en</strong>t de plus <strong>en</strong> plussouv<strong>en</strong>t selon leurs convictions personnelles plutôtque pour se conformer aveuglém<strong>en</strong>t au dogme."Il souhaite que son travail aide "a la constructiond'une Eglise un peu dmr<strong>en</strong>te, dans laquelle la Hiérarchiepéserait moins lourd".Voeu ainsi explicité : "II est fort probable quel'institution catholique va continuer à perdre de sonpoids au profit d'une croyance que i'on souhaiteraitcommune a toutes les religions ... Ce qui va rester, estsans doute un minimum, une foi réduite à quelques articlestri% simples, <strong>en</strong> même temps que l'intuition d'un
principe fondam<strong>en</strong>tal, d'une force <strong>org</strong>anisée àl'oeuvre dans le cosmos."Monsieur Minervois et ses pareils travaill<strong>en</strong>t à ladissolution de runique religion révélée dans un syncrétismedérisoire, mais complice zélé de la mutationde l'Homme.Grâce aux ouvrages de h h Eti<strong>en</strong>ne Couvert, ilest aisé de compr<strong>en</strong>dre exactem<strong>en</strong>t ce qui se cachederriére les notions de croyance commune et de force<strong>org</strong>anisée;IfLa croyance commune" est manifestée dansI'Eglise par l'oecuménisme : "<strong>org</strong>anisation du vide glacialde la liturgie catholique pour <strong>en</strong> détourner lesderniers fidèles ..., mépris des dévotion populaires(processions, saluts du Saint-Sacrem<strong>en</strong>t, vénérationdes reliques, etc), nudité des églises, vulgarité des formesliturgiques ... Développem<strong>en</strong>t de toute une paraliturgiedans des communautés religieusesinformelles où les fidèles trouv<strong>en</strong>t l'épanouissem<strong>en</strong>tde leur s<strong>en</strong>sibilité religieuse. l'exaltation de leur besoinde Dieu à travers des formes aberrantes, simulantune "prés<strong>en</strong>ce réelle" illusoire, <strong>en</strong> dehors de la validitéde tous les sacrem<strong>en</strong>ts ...""La force <strong>org</strong>anisée àl'oeuvre dans le cosmos estcelie "du Serp<strong>en</strong>t, appelé par les Grands Initiés de laFranc-Maçonnerie à débrouiller le chaos d'un mondemal fait par un démiurge maladroit, pour le reconstruireselon un plan parfait, celui du grand Temple dei'Humanité et ainsi nous parvi<strong>en</strong>drons à réaliser ledernier mot du Progrés, l'Homme, prêtre et roi de luimêmequi ne relèvera que de sa volonté et de seconsci<strong>en</strong>ce".L'affaire est <strong>en</strong>t<strong>en</strong>due !Se souciant fort peu de commettre a nouveau lepéché d'Adam, perso~ellem<strong>en</strong>t ou collectivem<strong>en</strong>t,les "SAGES", hiérarques désignés de l'Ethique moderne,sont au travail pour cadifier les initiatives de l'imaginationmédicale et, peut-être, les imposer à tous!LI est intéessant de rechercher dans leurs propresparoles comm<strong>en</strong>t ils conçoiv<strong>en</strong>t et ori<strong>en</strong>t<strong>en</strong>t leur mission.- LETHIQUE IMAGINEE (ou Règles internesdes Biotechnici<strong>en</strong>s de la mutation humaine).Défiition. Interrogée dansle Figaro du 23 mars1991, Madame N. L<strong>en</strong>oir pose le problême : "Danstoutes les sociétés avancées où il n'y a pas d'idéologiedominante, de religion qui se confonde avec I'Etat,l'éthique a émergé et elle répond à un besoin ess<strong>en</strong>tieldu public face auxavancees de la Sci<strong>en</strong>ce ...""L'éthique ne doit pas êtreune chape sur la sot56té. Ce n'est pas un ordre moral, mais le moy<strong>en</strong> pourtous de s'exprimer. Son but est la présemtion de lapersonne humaine commevaleur inestimable <strong>en</strong> soi".Il est logique de p<strong>en</strong>ser que pour "personne humaine",Mme L<strong>en</strong>oir p<strong>en</strong>se à l'homme physique exclusivem<strong>en</strong>t.Comme cette ch-e de mission a participé auxtravaux de la Commmission du Conseil d'Etat, travauxm<strong>en</strong>és "dans un esprit de tolérance (et) *unissantd8Ee~nt.s courants de p<strong>en</strong>sée, des médecins, dessci<strong>en</strong>tifiques, des juristes" il est juste d'emprunter aurapport sa défmition de l'éthique."Selon le Pdt. du C.N.E., le Pfi-. J. Bernard, le "termeéthique a deux éthymologies : la première ITHOS quisignifie la t<strong>en</strong>ue de i'âme : le style de l'Homme, et ladeuxième ETHOS qui désigne l'<strong>en</strong>semble des normes- habitudes communes - nées du respect de la mesure."L'Ethique est la SCIENCE qui pr<strong>en</strong>d <strong>en</strong> considérationI'ithos et l'ethos. Elie est la garantie de l'harmoniequi résulte de la bonne t<strong>en</strong>ue de toute chose, detout acte, de l'accord <strong>en</strong> somme "<strong>en</strong>tre l'âme et I'<strong>en</strong>vironnem<strong>en</strong>t.Elle suppose une action rationnelle. Elleest le propre de l'Hommew.D'Chigine réc<strong>en</strong>te. LeConseil d'bt révèlei'imprégnationmondialiste de i'idée Ethique, ainsi que lesprincipeles étapes de sa mise au point.L'Ethique "est née de la mise <strong>en</strong> cause de la consci<strong>en</strong>cemédicale par certains faits de l'histoire occid<strong>en</strong>taie,les crimes contre l'Humanité au cours de laHème Guerre mondiale".Elle trouve ses bases dms 'le Code de Nuremberg1947, les Déclarations d'Helsinki de 1964 et de1973, et depuis le réunion de ManiUe <strong>en</strong> 1981, danslesDirectives proposées par le Conseil des OrganisationsInternationales des Sci<strong>en</strong>ces Médicales, del'O.M.S. et du Conseil de l'Europew.Condition d'une bo~eéthique. La loi ou l'éthiquelégale qui sera, un jour peut-être promulguée, seraconforme aux ori<strong>en</strong>tatins des <strong>org</strong>anismes cités etsuivre les recommandatins des "Sages".Le texte devra donc :pr<strong>en</strong>dre "msatnrn<strong>en</strong>t <strong>en</strong> compte les considérationsmorales diversifiées dans notre société sans
trop feer cette morale commune qui est conting<strong>en</strong>teet d'apprécie àlalumiére de l'évolution socialew.respecter "le principe de solidaite, le principedu droit de tous, notamm<strong>en</strong>t des Femmes à s'épanouiret a réaliser leurs désirs, le principe du respectdes progrès de la Médecine, du respecte de la libertéde la Recherche, d'une évalutation att<strong>en</strong>tive des intérêts<strong>en</strong> prés<strong>en</strong>ce parfois contradictoires : intérêt del'<strong>en</strong>fant, de la femme, de la famille, de la société, leprincipe d'un bilan coût - avantages de chaque solution."être celui d'une loi évolutive et souple "pour suivrr:l'évolution accélérée des techniques et les changem<strong>en</strong>tsde l'état de l'opinion".Avec toutes ces conditions, les Magici<strong>en</strong>s desSci<strong>en</strong>ces de la Vie peuv<strong>en</strong>t continuer recherches et expérim<strong>en</strong>tations.La loi sui= le fait sci<strong>en</strong>tifique ou technique,résultat de la démesure naturelle duchercheur.A tous ces hommes, Sages, médecins, technici<strong>en</strong>s,à ceux qui les suiv<strong>en</strong>t, s'applique ces paroles deS.S. Pie XII, relevées dans l'Encyclique "Surnmipontificatus" fl- 1939) :"En r<strong>en</strong>onçant à la loi infinim<strong>en</strong>t sage et paternellede Dieu et a l'unifiite et élevante doctrined'amour du Christ, ils se livrai<strong>en</strong>t a l'arbitraire d'unepauvre et changeante sagesse humeine : ils parlèr<strong>en</strong>tdeprogrès alors qu'ils reculai<strong>en</strong>t ; d'élévation alorsqu'ils se dégradai<strong>en</strong>t ; d'asc<strong>en</strong>sion vers la maturité,dors qu'ils tombai<strong>en</strong>t dans l'esclavage ; ils ne percevai<strong>en</strong>tpas l'inanité de tout effort humain t<strong>en</strong>dant àremplacer la loi du Christ par quelque autre chose quiIégde : "ils se predir<strong>en</strong>t dans la vanité de leurs p<strong>en</strong>sées".AVUESHUMATNES,TOUT EST CONSOMME.La Révolution sexuelle animalise la nature humaine.Ce constat établi dans cette étude, justifie lepronostic, car toute mutation est léthale. Mais ceuxqui, troublés, réalis<strong>en</strong>t s<strong>en</strong>tim<strong>en</strong>talem<strong>en</strong>t <strong>en</strong> réciamantl'interv<strong>en</strong>tion de I'Etat, ne connaiss<strong>en</strong>t pas lescauses de cette évolution. Leur anamnése estlargem<strong>en</strong>t insuffisante, d'où leur erreur de diagnostic.leurs demandes s'adress<strong>en</strong>t aux responsables de la situation,aux héritiers -auteurs du processus <strong>en</strong>gagé.Comm<strong>en</strong>t ceux-ci pourrai<strong>en</strong>tils r<strong>en</strong>ier leurscroyances et désavouer le travail de leurs prédhssem?Ils ne peuv<strong>en</strong>t que çonünuer à être les complices&lés de "la substitution qu'opére le Prince de ce mondedans le coeur de l'Homme : s'ériger <strong>en</strong> double afinde déloger Dieu ; coller à l'être <strong>en</strong> parasite et faire del'Homme le complice de son m<strong>en</strong>songe ; substituer àDieu la terrible prés<strong>en</strong>ce de l'idole humaine ; exciterl'Homme à se passio~er pour des paysages lunaires,des construction des paradis terrestresfantomatiques ; vampiriser l'Homme <strong>en</strong> lui do~antl'iliusion qu'il pourra, sans Dieu, établir fmalem<strong>en</strong>tsur la terre le règne de la prospérité, delapaixmondialeet du bonheur universel ..."Et, continuant, le RP. Brancolini o.s.b., soulignequ'il s'agit bi<strong>en</strong> là d'un aspect des buts et du travail du"Mondialisme" et de son "Universelie Eglise, consci<strong>en</strong>cede l'Humanitéw :frn de siècle d e panthéisme matérialiste. remplacele Dieu Unique, Trinité Sahte Indivisible etConsubstantielle, et où l'apostasie générale metl'Homme à la place de Jésus-Christ et se prosternedevant l'idole <strong>en</strong> disant :"Qui hale la Bête et qui peutlutter contre elle T' se manifeste la puissance d'unevéritable synarchie, union de ces forces occultes detous ordres et de toutes écoles, unies pour s'assurer définitivem<strong>en</strong>tle powoir".Ii conforte le jugem<strong>en</strong>t qui découle des faits :'Toute la politique moderne, même dite de droite,est à gauche de cet absolu qui est constitué par ledroit naturel, a gauche de la loi morale naturelle quifonde le droit, à gauche du Décalogue dans sa traditionet son interprétation catholique".Tout paraît inéhrctablem<strong>en</strong>t programmé."Les suicides de jeunes <strong>en</strong> augm<strong>en</strong>tation continue,l'utilisation effrénée de diverses drogues, le tourismesexuel, l'assassinat des inaoc<strong>en</strong>ts, le refus multiformede l'<strong>en</strong>fant" associés à un amour du prochaindissolu qui vomit tout s<strong>en</strong>tim<strong>en</strong>t national, permet l'invasionmusulmane et l'érection de mosquée sur le solprivilkgié des inte~<strong>en</strong>tions de N.S. Jésus-Christ et deNotre-Dame, "manifest<strong>en</strong>t la présomption hypocrite,la turpitude et le néant spirituel de ce monde, (avorteurde la société chréti<strong>en</strong>ne) <strong>en</strong> marche versl'intrinsixpem<strong>en</strong>t pervers".RESTER IMMOBILES ET FERMES.Dans les rafales du v<strong>en</strong>t de l'histoire dans lescourants d'une marche <strong>en</strong> avant <strong>org</strong>anisées par "deshommes qui, qeulque soit la réputation et l'autoritkqu'ils ont acquises, A tot ou A raison, dans lem spécia-
lités, <strong>en</strong>t<strong>en</strong>d<strong>en</strong>t trancher les questions qui sont au delàde leurs compét<strong>en</strong>ces dklarées", il faut resterimmobiles et s'arrimer solidem<strong>en</strong>t auxDogmes et auxprincipes de l'@$se traditiomeile.Les fidèles inîkgres refus<strong>en</strong>t par avance, mêmes'ils doiv<strong>en</strong>t <strong>en</strong> subir un jour, à leur corps def<strong>en</strong>dant,les conséqu<strong>en</strong>ces, les règles d'une éthique moderne,vivante, évolutive, docile aux idéologies politiques etaux désirs des électeurs.Ne pas se laisser égarer. Les problèmes que. soulèv<strong>en</strong>tles "Sages", les solutions pratiques qu'ils <strong>en</strong>donn<strong>en</strong>t, ne douv<strong>en</strong>t pas influ<strong>en</strong>cer notre foi. Car,Charles Péguyl'afort bi<strong>en</strong> énoncé:"Le Christianisme n'est nuliem<strong>en</strong>t, il n'est aucunem<strong>en</strong>tune religion de progrès, oii peut-être moins<strong>en</strong>core si possible - du progrès. C'est la religion duSalut".llIi ne s'agit pas de perfectionner. II s'agit de t<strong>en</strong>ir,de garder le point fme. Et, quand on a essayé, ontrouve que ça n'est pas déjcS si facile ...""Le Christianisme est naturellem<strong>en</strong>t et sunnaturellem<strong>en</strong>tFIJE. Ainsi les points fies ont été do~esune fois pçour toutes dans l'un et l'autre monde, dansle monde nautrel et dans le monde surnaturel, dans lemonde physique et dans le monde mystique. Et, toutle travail, tout l'effort est <strong>en</strong>suite, au contraire, de lesgarder, de les t<strong>en</strong>ir. .."Il faut égalem<strong>en</strong>t <strong>en</strong> témoigner et les fhbe reconnaitrepar tous les Hommes que la société occid<strong>en</strong>taleconduit au doute et au désespoir. En effet, constateGustave Thibon : "L'Homme s'est tellem<strong>en</strong>t vidé deson équilibre naturel et de ses assurances terrestresqu'il ne peut plus être ret<strong>en</strong>u sur la p<strong>en</strong>te du néant quepar le contre-poids del'absolu ..."Le dil<strong>en</strong>me : Dieu ou ri<strong>en</strong>, ne se prés<strong>en</strong>te pluscomme un thême de dissertation philosophique oud'<strong>en</strong>volée oratoire. Il a pénétré jusqu'au noeud de n otre chair et de notre esprit ; il se pose avec l'urg<strong>en</strong>ced'une manoeuvre de sauvetage à bord d'un navire <strong>en</strong>perdition".Trois raisons de combattre. La morale chréti<strong>en</strong>neest l'unique source tranc<strong>en</strong>dante de Bi<strong>en</strong> pourl'Homme. Elle doit être suivie comme l'ordre socialchréti<strong>en</strong> est le seul ordre mondial à bâtir.Une première raison est donnée a contrario parles t<strong>en</strong>ants de 1'Ethique moderne. Tout d'abord lesConseillers d'Et& par un rapide survol des législa-tions existantes au plan international, concernantl'Amour et la sexuaiite humaine, ont constaté quel'<strong>en</strong>semble ne formait qu'une nouvelleTour de BabelEt, finalem<strong>en</strong>t, ils ont dû reconnaître que "seuleI'Eglise Catholique, fidèle à la tradition de son <strong>en</strong>seignem<strong>en</strong>tde "conserver à la prodation humaine la dignitéqui lui est propre et conaturelle", perturbe etfreine l'évolution juridique souhaitée, allant mêmejusqu'à"<strong>en</strong>courager un certain esprit de histancecontre les lois civiles moralem<strong>en</strong>t innaceptables et lespratiques illicites".Les deux autres raisons Minim<strong>en</strong>t pius solidessont empruntées aux Ecritures. L'une est dégagée parMr. Pierre Chaunu :"Il faut se rappeler que le massacre des petits<strong>en</strong>fants à naître, sur le point de s'ouvrir à la ldredusoleil de Dieu -( la planif~cation du massacre faite parPharaon, ordonné d'abord aux SagesFemmes hbbreusesqui refusèr<strong>en</strong>t l'application du génocide, puis àtous les citoy<strong>en</strong>s égypti<strong>en</strong>s @code 1.15-19) -constitue le détonateur de r<strong>en</strong>gagem<strong>en</strong>t brutal deDieu - le sauvetage spirituel de Moïse sur l'Horb(EKI1.11- 12) et les conditions de la frn des sauffrances- la sdie d'Egypte (E-KIII.1-6) - qui, soit par touchesdiscrètes, soit à main forte et bras ét<strong>en</strong>du,conduit avec la Foi de son peuple et l'espérance de sesProphètes, toutes choses dans la direction qu'Il a, unefois pour toute assignée àl'histoire."Ce qui amène la troisème et fondam<strong>en</strong>tale raison,<strong>en</strong>seignée parN.S. Jésus-Christ :"Quoiqu'il arrive, c'est i'Eglise Sainte, Une, Catholique,qui survivra : telle est notre foi".Et, "Cette Egüse et cette religion dites anciemeset traditionnelles et dépassées, sont celles dont nousvivons ... et nous savons depuis toujours qu'aucuneobéissance aux hommes ne peut prét<strong>en</strong>dre nous fairealler contre l'obéissance à Dieu et à ses Lois."VEILLEZ Er PRIEZFaibles, facilem<strong>en</strong>t <strong>en</strong>traînes par la pesanteur, iln'est pas possible de résister et de lutter sans que Dieun'intervi<strong>en</strong>ne. Les propres recommandations de SonFils N.S. Jésus-Christ trace les voies de l'obt<strong>en</strong>tiondesGrâces nécessaires et suffisantes pour déf<strong>en</strong>drece que nous croyons.Vigilance continuelle. "Si nous oublions de veiller,nous dit Jeau Daujat, si notre volonte s'<strong>en</strong>dort, la
t<strong>en</strong>tation s'introduire <strong>en</strong> nous, les mauvaises p<strong>en</strong>séeset les mauvais désirs, les mouvem<strong>en</strong>ts d'<strong>org</strong>ueil, dem<strong>en</strong>songe ou d'impati<strong>en</strong>ce nous surpr<strong>en</strong>dront. Veuiiler,c'est donc projeter sur toute notre vie, à tout instant,la lumière d'un jugem<strong>en</strong>t éclairé, la maîtrised'une volonté mue par la charité".VEILLER c'est dont projeter sur tout<strong>en</strong>otreviea tout instant la lumière d'un jugem<strong>en</strong>t éclairé, la maitrised'unevolonté mue parla charité."Dans le cadre de la contre révolution sexuelle, lalumière est émise par les textes du Magistère suprème,explicitant les principes de la Morale. 11 faut s'<strong>en</strong> imprégner.Enfin, c'est un devoir sacré de charité publiquede faire connaître ces principes au plus grandnombre.Rappels élém<strong>en</strong>taires :'Toute vie humaine depuis sa conception et atravers toutes les étapes suivantes, est sacrée parceque créée à l'image et à laressemblance de Dieu ;précieuse parce qu'elle est Don de Dieu dont l'Amourest idhi ;"Pour l'Homme et le Chréti<strong>en</strong> existe une loi d'intégritéet de pureté personnelle, dl'estime personnellede soi, qui interdit de se plonger aussi totalem<strong>en</strong>t dansle monde des représ<strong>en</strong>tations et des t<strong>en</strong>dance sexuelles"."Quand le mariage est abandonné à i'égolsmehumain ou réduit àun arragem<strong>en</strong>t temporaire et conditionnelauquel on peut mettre fm aisém<strong>en</strong>t, le li<strong>en</strong>matrimonial est indissoluble".Quand l'<strong>en</strong>faot est considéré comme un fardeauou comme un simple moy<strong>en</strong> de satisfaire un besoinémotionnel (dont l'<strong>org</strong>ueil, à travers la médecine prédictive,est un composant, affier que) chaque<strong>en</strong>fant (tel que Dieu a permis qu'il soit) est un don deDieu unique et irremplacable et qu'il a droit à l'accueilde sa famille ;"II faut respecteur les exig<strong>en</strong>ces de la morale naturellequi déf<strong>en</strong>d<strong>en</strong>t de considérer le cadavre d'unHomme (Embryon, foetus, nouveauné, jeune ouadulte) comme une chose ou comme celui d'un animal."'Tout le problème est d'agir dans le respect de lapersonne et de ses proches, qu'il s'agissedes donneursd'<strong>org</strong>anes ou des bénéficiaires, de ne jamais transformerl'Homme <strong>en</strong> sujet d'expéri<strong>en</strong>ce."Quand est porposé l'<strong>org</strong>anisation de l'auto-delivrance,savoir que "tout ce qui s'oppose à la vie ellemême... et même le suicide délibéré ... toutes cespratiques sont, <strong>en</strong> véritk, Wames.""L'euthanasie est une violation d'une loi divine,une off<strong>en</strong>se à la dignitk de la personne humaine, uncrime conte lavie, un att<strong>en</strong>tat contre l'humanité."Vigilance et Priérecontiauelle."La vigilance apparaître bi<strong>en</strong> mieu comme le régim<strong>en</strong>ormal de la vie chréti<strong>en</strong>ne, et comme quelquechose de spontané, de vivant, de joyeux si oncompr<strong>en</strong>d qu'elle ne fait qu'un avec la prière continuelle"."Veiller <strong>en</strong> priant à tout mom<strong>en</strong>t (LCXXI,36)demande N.S. JésusChrist, et Saint Paul insiste :"Soyez assidus dans la prière ; qu'elle vous ti<strong>en</strong>ne vigilantsdans l'action de grâces" w, 2)"Dieu ne laisse pas ses oeuvres inachevées". Or,continue Mr Jean Vaquié, par toutes les Prophéties dela Révélation privée, il assure notre France de la restaurationpolitique, de la restauration de l'Eglisequand "tout semblera perduw et qu'Il jugera att<strong>en</strong>te"notre maturité surnaturelle1'. Ce sera miraculeux !"Nous voilà donc, a notre rang, responsables degrands événem<strong>en</strong>ts. 11faut que nous arrachionsun miracleau Ciel, mais un miracle que le Ciel a hâte d<strong>en</strong>ous accorder. Pour l'obt<strong>en</strong>ir, ii ilut que la somme desdésirs est atteint la mesure comble .. .""Il faut obt<strong>en</strong>ir, dans l'ordre surnaturel, un miraclequi surpasse les miracles de la Sci<strong>en</strong>ce moderne.''"La religion de la sci<strong>en</strong>ce prét<strong>en</strong>d aujourd'huiremplacée la religion de la foi. Il faut maint<strong>en</strong>ant quela foi l'emporte sur la sci<strong>en</strong> ce...""C'est par LA PRIERE de notre foi que doit êtreobt<strong>en</strong>u ce miracle. Il faut harceler le Saint-Espritpour qu'il desc<strong>en</strong>de sur la France comme aux jours deSt. Rémy et de Clovis. Il faut le harceler par Marie, sonEpousell.Ainsi, à quelques années du quinzième c<strong>en</strong>t<strong>en</strong>airedu baptème de la France a la Noel 496, sout<strong>en</strong>uspar la prière, les Chréti<strong>en</strong>s fidèles, march<strong>en</strong>t au milieudes tribulations sur le chemin de la reconquête, fermem<strong>en</strong>tt<strong>en</strong>us par la main de"la foi que j'aime le mieux, dit Dieu,"cette petite fde espérance qui n'a i'air de ri<strong>en</strong>du tout,"cette petite füle espérance".L.D.
Gnose et littératureLE MIRAGE COSMIQUE ET LE RETOUR ALA TERRE-MERELa Terre-Mère est la plus anci<strong>en</strong>ne divinité connuedes ethnologues. Elle disp<strong>en</strong>se la nourriture et lavie aux hommes ; elle gîte au fond de la terre et deseaux. C'est une divinité chtoni<strong>en</strong>ne, c'esu-dire souterraineet infernale. Elle est la Mère de la Totalité, del'<strong>en</strong>semble du Cosmos ; elle a <strong>en</strong>fanté les grandsserp<strong>en</strong>ts et les monstrueux reptiles. Son culte est toujoursassocié à celui du Serp<strong>en</strong>t. On a trouvé dans lestombes d'Ur, <strong>en</strong> Chaldée, des statuettes fèminines, àtête de serp<strong>en</strong>t, qui allait<strong>en</strong>t un bébé. La déesse estsouv<strong>en</strong>t représ<strong>en</strong>tée au milieu de serp<strong>en</strong>ts lovés et <strong>en</strong>trelacés.Diodore de Sicile l'appelle Rhéa ou Istar et lareprés<strong>en</strong>te <strong>en</strong>tourée de serp<strong>en</strong>ts d'arg<strong>en</strong>t d'une grosseurénorme.Le rôle du serp<strong>en</strong>t dans la mythologie grémlatineest considérable. Il ditde parcourir un manuelclassique de mythologie pour s'<strong>en</strong> convaincre. Onsort d'une telle lecture submergé par la g<strong>en</strong>t serp<strong>en</strong>tine.Le rôle du serp<strong>en</strong>t est bi<strong>en</strong> connu dans les rites d'initiationdes mystères d'Eleusis. Le culte de Delphesfut d'abord un culte de la Terre-Mère, à laquelle étaitassocié le culte du Python, le familier de Gaia, la "Mère".La Pythie, <strong>en</strong> se trémoussant sur son trépied, r<strong>en</strong>daitses oracles au nom du Serp<strong>en</strong>t. C'est ainsi quetoute la Grèce a été <strong>en</strong>voûtée p<strong>en</strong>dant des siècles parce reptile satanique.On retrouve ce culte partout. Aux Indes, c'est le"Naga", le serp<strong>en</strong>t, "personnification des énergiesprofondes de la Terre", Dieu du terroir, de ce sol mystérieuxet profond d'où il est monté vers les hommes.LIEglise, <strong>en</strong> christianisant l'occid<strong>en</strong>t, a luttéavec une énergie persévérante contre ce culte démoniaque et serp<strong>en</strong>tin. Elle a mis des siècles à <strong>en</strong> débarrassernos pays latins. Or voici que depuis plus d'unsiècle, une nouvelle génération d'écrivains s'efforcede réintroduire ce culte dans notre littérature. Il s'agita la fois de ressusciter les anci<strong>en</strong>s dieux celtiques et deremettre <strong>en</strong> honneur lesgrands thèmes gnostiques del'Arne Universelle du Monde, du Retour dans laTerre,matrice originelle, et de la réabsorption de tous lesêtres dans le Grand Tout divin.Voici, par exemple, une lettre de Taine, adresséele 16 Nov. 185 1 àPrévost-Paradol :"Lïzomme qui, parcoumnt les lois de lésprit et dela matière, saperçoit quélles se réduis<strong>en</strong>t toutes à uneloi unique, qui est que 1 ëtre t<strong>en</strong>d à exister, qui voit cett<strong>en</strong>écessité intérieure, comme une âme universelle, <strong>org</strong>aniserles étoiles, pousser le sang de 1 'animal dans ses veines,porter 1 ésprit vers la contemplation de 1 'infini, quivoit lemonde sortir vivant et magnifique dbn unique etéternelprincipe, ress<strong>en</strong>t une joie et une admiration plusgmnde que le dévot ag<strong>en</strong>ouillé devant un hommeagrandi. .. "La vie est le produit de i'âme universelie, elle estid<strong>en</strong>tique chez l'homme, l'animal, la plante ; le sang,la sève, la force attractive des sphères constitu<strong>en</strong>t uneseule et même animation ; tout se ti<strong>en</strong>t dans le cosmos.Taine a tiré toute sa philosophie de ce principepanthéiste.Emile Zola ne dit pas autre chose. Dans son reman "L'Oeuvre", il expose sa p<strong>en</strong>sée dans la bouche deSandoz qui prés<strong>en</strong>te à son ami Claude, le plan de cebeau travail :"Ah!que ce serait beau, si l'on donnait son exist<strong>en</strong>ce<strong>en</strong>tière à une oeuvre, où 1 'on tacherait de mettreles choses, les bêtes, les hommes, lhrche imm<strong>en</strong>se !Etpas dans lbrdre des manuels de philosophie, selon lahiérarchie imbécile dont n otre <strong>org</strong>ueilse berce; mais <strong>en</strong>pleine coulée de la vie universelle ; un monde oùnous neserions qu'un accid<strong>en</strong>t, où le chi<strong>en</strong> quipasse et jusquala piem des chemins nous compléterai<strong>en</strong>t, nous expliquerai<strong>en</strong>t;et<strong>en</strong>fin legrand tout, sans haut nibas, nisal<strong>en</strong>ipropre, tel qu'il fonctionne. .."Plus tard, Sandoz -alias Zola- a trouvé l'idée généralede la synthèse recherchée :'!Ah !Bonne Terre !Pr<strong>en</strong>ds-moi, toiquiesla Mèrecommune, 1 'unique source de la vie ! Toi, IEternelle,l'immortelle, où circule 1Ame du Monde, cette sèverépandue jusque dans les pi<strong>en</strong>es et quifait des arbresnosgrandrlfières immobiles !Oui, je veux me perdre <strong>en</strong>Toi; c 'est Toi que je s<strong>en</strong>s là, sous mes membres, m ëtreignantet m'<strong>en</strong>flammant, cést Toi seule qui sera dansmon oeuvre comme lafonepremière, le moy<strong>en</strong> et le but,1 'arche imm<strong>en</strong>se où toutes les choses s'anim<strong>en</strong>tdusot&fle de tous les êtres .r'11 est bon de noter égalem<strong>en</strong>t que les formules
littéraires et les figures poétiques ne sont pas indiffi5-r<strong>en</strong>tes <strong>en</strong> soi à l'expression de cette p<strong>en</strong>sée gnostique.Le choix des métaphores, la recherche des expressionsimagées ne sont pas le fruit d'un jeu intellectueliivré aux hasards de l'imagination. II y a, dans l'usagede ces procédés littéraires, une int<strong>en</strong>tion profonde,des directions de p<strong>en</strong>sées suggérées sans être explicitées,qui permett<strong>en</strong>t d'imprégner ins<strong>en</strong>siblem<strong>en</strong>t lesesprits, sans éveiller au cours de la lecture les réactionsd'une consci<strong>en</strong>ce chréti<strong>en</strong>ne droite. C'est ainsi quebeaucoup de ces écrivains, dont nous allons exposerl'<strong>en</strong>seignem<strong>en</strong>t gnostique, sont arrivés à détacherleurs lecteurs de la vraie foi.Par exemple, l'utilisation des élém<strong>en</strong>ts naturelsdans le jeu des métaphores n'est pas innoc<strong>en</strong>te. Lepoéte se plaît par exemple a comparer l'âme à l'air, ausouffle vivifiant, à cette puissance formidable duv<strong>en</strong>tqui demeure invisible. Il s'agit ducv des gnostiques.L'homme se veut oiseau, capable de sillo~er les airs,d'échapper à la pesanteur, de sortir de ses limites, desa prison, de vibrer à la lumière pure du ciel. Il lui manquedonc les ailes. Soyez assurés qu'il s'agit d'un appelau suicide.La comparaison suggère un passage à l'id<strong>en</strong>tification: "Je suis cet oiseau dans le ciel, je suis vraim<strong>en</strong>tcette nature dans laquelle je veux me plonger". Il y a làvraim<strong>en</strong>t une assimilation générale de toutes les substancesles unes dans les autres. JI s'agit d'opérer unemétamorphose grandiose, de retrouver l'unitémagique de toutes choses. Cette musique d'images,de s<strong>en</strong>sations et d'impressions merveilleuses apourbut d'opérer la dissolution de toute activité raisonnableet de créer un univers qui saisit toutes les chosesdans l'unité d'une musique des sphères, dans le GrandTout Divin.Dans ce texte évocateur, Baudelaire nousmontre, avec quelle ferveur, cette dissolution desâmes dansles choses :"Il arrive quelquefois que la personnalité disparaîtet que lbbjeciivïté qui est le propre des poètespanthéistes, se développe <strong>en</strong> vous si anormalem<strong>en</strong>t quela contemplation des objets extérieurs vous fait oubliervotre propre exist<strong>en</strong>ce et que vous vous confondez bi<strong>en</strong>tôtmeceux. Votre oeilse fucesurun arbre harmonieuxcourbé par le v<strong>en</strong>t ; dans quelques secondes, ce qui neserait dans le cerveau d'un poète qu'une comparaisonfort natude devi<strong>en</strong>dra dans la vôtre une réalité. F/ouspdtez d'abord à l'arbre vos passions, votre désir ou votremélancolie, ses gémissem<strong>en</strong>ts devi<strong>en</strong>n<strong>en</strong>t les vôtreset bi<strong>en</strong>tôt vous êtes 1 'arbre.""La matière in<strong>org</strong>anique, écrit Nietzche, est lesein maternel. Etre délivré de la vie, cést redev<strong>en</strong>ir vraicést se parachever. Celui gui compr<strong>en</strong>drait cela considéreraitcomme unefete de retourner à la poussière ins<strong>en</strong>sible".LE CULTE DE LA TERRE ET DES MORTSSELON MAURICE BARRESVoici un autre gnostique qui a bi<strong>en</strong> trompé sonmonde ! Il s'estvoulu le chantre de l'bnergie nationale.II fut un temps le maître à p<strong>en</strong>ser de la France nationalisteet chrétie~e, le héraut de la 'Tradition", de l'Ordre,de la discipline sociale. Hélas ! Son influ<strong>en</strong>ceprofonde et prolongée sur ses lecteurs s'est exercéedans une toute autre direction, ceiie d'un panthéismecosmique, comme nous dons le démontrer.Barrès s'était lié, dès sa jeunesse, avec un occultistebi<strong>en</strong> COMU, Stanislas de GuaiGuaita. "Nous vivions <strong>en</strong>chambre comme des étudiants. Guaïîa v<strong>en</strong>ait me tirerdu lit. Nous avions nos poètes. Nous les lisions à hautevoix", nous raconte-t-il. Tous deux se g<strong>org</strong>eai<strong>en</strong>t de lalecture des romantiques, dans la fumk des cigarettes.Ils s'occupai<strong>en</strong>t de spiritisme, de nécromancie. C'est àl'occasion d'une &auce de ce g<strong>en</strong>re que Barrès fit laconnaissance d'une amie de Vmtras.Un mom<strong>en</strong>t, Barrès se laissa attirer par la p<strong>en</strong>séede Lame~ais. Comme Sainte-Beuve avait dressé samonum<strong>en</strong>tale histoire de "Port-Royal1' contre le dogmatismeintransigeant de Rome, lui aussi, il caressa l'idéede prés<strong>en</strong>ter le domaine de la Chênay comme unhaut lieu de l'esprit. Mais c'est sa r<strong>en</strong>contre avec R<strong>en</strong>anqui l'a définitivem<strong>en</strong>t détaché de la foi chréti<strong>en</strong>ne.R<strong>en</strong>an lui a inculqué l'idée que tous les cultes sontseulem<strong>en</strong>t des manifestations variées d'une même etéternelle aspiration vers le divin. 11a semé <strong>en</strong> lui unemystique tellurique, de la tem profonde : culte desforêts, des fontaines et des pierres, foi <strong>en</strong> la Nature et<strong>en</strong> ses magiques influ<strong>en</strong>ces, s<strong>en</strong>tim<strong>en</strong>t profond de ladi* dela Nature, conception panthéique du Monde.A partir de ce mom<strong>en</strong>t, Barrès ne nomme plusDieu, mais le divin, concept neutre applicable à tout."Les morts, écrit-il <strong>en</strong> 1909, dans ses "Cahiers",sbssoci<strong>en</strong> t aux vivants, s<strong>en</strong>tim<strong>en</strong>t inexplicable et fondam<strong>en</strong>tal,le passé et le prés<strong>en</strong>ts'uniss<strong>en</strong>t dans un mêmes<strong>en</strong>tim<strong>en</strong>t du divin. Cést ici que s'accomplit et sepropose le vieux mystère de la régénération. L'homm<strong>en</strong>aturel se dépouille pour laisser apparaître, éclore,sénvoler I'hommespirïtuel. Cést icique la matière brutepasseà 1 ëtat d'oeuvre d'art. Ici repos<strong>en</strong>t, veill<strong>en</strong>t desforcesqui façonn<strong>en</strong>t 1 Zme". .C'est donc dans la matiére brute que gît la force
des âmes. L'esprit, aux yeux de Barrès, estune force mystérieuse, éparse dans l'univers, saisieseulem<strong>en</strong>t par une intuition divinisainte et incapablede se manifester à travers notre intellig<strong>en</strong>ce naturelle,"pauvre petite chose à la surface de nous-mêmes",dit-il "Notre âme et litnivers ne sont <strong>en</strong> ri<strong>en</strong> distinctsIbn de l'autre. Ces deux termes ne signzjiint qubnemême chose, lasomme des émotionspossibles".Dans son roman célébre :' la Colline Inspirk",Barrès a exalté une secte gnostique, celle de l'bérésiarqueVitras. Comme Manichée, comme Joachim deFlore, Vitras a partagé <strong>en</strong> trois époques la duréetotale de l'histoire du monde : l'ère du Père, traverséepar les siècles de Foi et de Crainte, l'ère du Fils, marquéepar la grâce et l'es@raace, l'ère du Paraclet, tou-te imp<strong>en</strong>ée de charité, la sie~e, celle de Vintras.Cette colline de Sion-Vaudémont est "l'un des théâtresmystérieux de l'action divine et Iun des antiquesséjours de l'esprit". C'est d'elle que se sont levés, iltravers la brume. les dieux anci<strong>en</strong>s. Barrés écoute lesvoix qui mont<strong>en</strong>t de la terre et souffl<strong>en</strong>t sur les ceteaux. U reconnait <strong>en</strong> elles "1'eflgie des dieuxautochtones",c'et&%-dire issus de la profondeur du sous-sol."flya des lieux ousoufle l'esprit", cet esprit de laColline qui anime fortem<strong>en</strong>t Léopold Baillard, le maitre.de la communauté. Pour Barrès, Léopold est unmystique de la terre. 1 le pose <strong>en</strong> déf<strong>en</strong>seur de la'Tradition", <strong>en</strong> gardi<strong>en</strong> de l'âme du pays, du sol natalet des morts, face aux <strong>en</strong>nemis, les "soldats de Rome",c'est-à-dire les Oblats, l'évêque de Nancy, ces <strong>en</strong>vahisseursv<strong>en</strong>us supplanter les cultes ancestraux, celtiques,des forêts, des fontaines et des pierres. On nepeut être plus panthéiste et plus antichréti<strong>en</strong> ...Mais voilà que, dès 1907, Maurice Barrès a réfléchi.II pr<strong>en</strong>d peur. Il voit l'individu soulevé contrel'ordre social. Il pr<strong>en</strong>d la déf<strong>en</strong>se de i'"ordre hiérarchique",de la "discipline", de la "raison", de Y'orthedoxie" même. Ses "Cahiers" <strong>en</strong> font foi. Quelle conversion! Brusquem<strong>en</strong>t la nature exacte de ce souffledivin lui apparaît. "Cette colline, écrit-il, ce c<strong>en</strong>tre de laLorraine, où étai<strong>en</strong>t établis les Baillad formait de touteéternité une acropole nationale et religieuse, un nieusaint, un lieu tout saturé de puissances mystiques. .. Surla Sainte Colline souillée, ce fut une résurrection desforces de jadis. Les dragons du paganisme, vaincus surle haut lieu par leglorieuxapôtre de Toul, Saint Gérard,réapparur<strong>en</strong>t. .. Sur la haute colline, autour du vieuxsanctuaire, ce fut p<strong>en</strong>dant quelques mois, une prodigieuseronde quine sepeut comparer qua certainesfêtespaf<strong>en</strong>nes dans la saison des v<strong>en</strong>danges. Toute laLorraine regardait avec stupeur la danse sataniquem<strong>en</strong>ée Id-haut dans h brouillards de I'hiver par lestzoispdtres et des religieuses échevelées".Vous croyez Barrés converti, brûlant ce qu'ilavait ado* et exalté ?Que non pas... Le voila pris à sonpropre piège : "Ma raison condamne, explique-til, ceque mon coeur parfois ne peut s'empêcher d'aimer.Tout au long des siècles, les génies révoltés nbnt pasdroit à notre <strong>en</strong>tière vénération ; mais comm<strong>en</strong>t serions-nouséquitables si, après les avoir condamnés,nous nous rehions à s<strong>en</strong>t& à aimer les hautes partiesde leur être." Son coeur suit avec une affectueuse soucitudeles combats de Léopold, son héros, jusque dans"la tristesse du vaincu, comparable à une peinedamo~r.'~La séduction du serp<strong>en</strong>t est singulièrem<strong>en</strong>t puissantesur un esprit qui continue à vénérer et à adorer<strong>en</strong> secret ce que sa raison lui <strong>en</strong>seigne comme unemanifestation du Grand Révolté. Mais le fond de sap<strong>en</strong>sée n'a pas varié. Même dans son appel, plaidant'(La Grande misère des Eglisesde F'nce", il continue àexalter cette "Tem <strong>en</strong>serrée dans un réseau divin, dontje ne voudmrS rompre aucune des mailles innombrables; c ést 1 'heure d achever la réconciliation des dieuxvaincus et des sain ts. Tout le divin à la rescousse !?.!'Décidém<strong>en</strong>t, Barrès est resté incorrigible, "un de cesexemples les plus grandioses et les plus terribles de géniemaudit' a conclu AnW Thérive. On compr<strong>en</strong>dpourquoi aujourd'hui, la Nouvelle Droite né*paï<strong>en</strong>ne s'efforce de remettre <strong>en</strong> honneur son oeuvredans notre pauvre France déchristianisée ...LETRISMEGISTE SELON BAUDELAIRELe paète a bi<strong>en</strong> pris soin de nous prév<strong>en</strong>ir:"Lecteurpaisible et bucolique,Sobre et navhomme de bi<strong>en</strong>,Jette ce livresaturni<strong>en</strong>,Orgiaque el mélancolique.Si tu n'as fait ta rhétoriqueChezSatan, le rusé doy<strong>en</strong>,Jette! Tu n )compr<strong>en</strong>dras ri<strong>en</strong>,Ou tu me croirais hystérique.''La rhétorique de Satan ?. La "Gnose", bi<strong>en</strong> sûr !Baudelaire l'a étudiée dans la RWlation d'H<strong>en</strong>nésTrismégiste, grâce a la complaisance de son amiLouis Ménard Ce dernier croyait & la transmigrationdes âmes, qui errai<strong>en</strong>t aprésla mort, d'astre <strong>en</strong> astre. Ilfut son disciple à SEcole Normale. Avec leur ami cornmun,Leconte de Lisle, ils pratiquai<strong>en</strong>t le panthéisme.Un jour, ils se transportèr<strong>en</strong>t dans la forêt de Meudon.
Chacun s'installa dans un arbre pour la nuit : "OPanthéisme, tu m'inondes !" Au matin, ils r<strong>en</strong>trér<strong>en</strong>t,transis et gripp és.Louis Ménard avait publié le "PoimandrésWd'Hermès Trismégiste, pré&& d'une Introduction :"Etude sur l'Origine des livres hermétiques" dans laquelleil affirmait que la doctrine hermétique se retrouvechez les paï<strong>en</strong>s Pl-, Apulée, Macrobe, chezOrigène et d'autres docteurs de I'Eglise. "Il y a ainsi àchaque siècle, dit-il, une somme drdées communes àtoutes lessectes, mêmes rivales et <strong>en</strong>nemies ..."M. Paul Arnold a trouvé la vraie source des"Fleurs du Mal" dans un ouvrage du XVI siècle, paru àBordeaux <strong>en</strong> 1579, sous le titre "Pimandre de MercureTrismégiste. la philosophie chréti<strong>en</strong>ne, connaissaucedu verbe divin et l'excell<strong>en</strong>ce des oeuvres de Dieu,traduit de l'exemplaire grec, avec collaboration de trèsamples comm<strong>en</strong>taires, par François, Monsieur deFok.. évêque d'Ayre ...", ouvrage dédié à Margueritede France, reine de Navarre. L'auteur, évêque catholique,considère la révélation d'Hermès ou MercureTrismégiste, comme un texte révélé, purem<strong>en</strong>tcatholique. LI interprète cette révélation, mot à mot,par un comm<strong>en</strong>taire suivi des plus pittoresques. Iimontre I'ârne humaine emprisomée dans un corps issupar émanations et dégradations successives duprincipe divin et livrée au pouvoir de démonsdestnicteurs.L'homme, dit-il, n'anul pouvoir d'échapper à laloi de l'univers : " Writablem<strong>en</strong>t un homme n 'estpassaged '<strong>en</strong>trepr<strong>en</strong>dre, par quelque force ou puissance deDieu qui lui soit communiquée, de rompre la nécessitéet action que l'mire ou le fatum fait <strong>en</strong> sa personne.Nous nous devons résoudre, selon possible, à <strong>en</strong>durer etcombat W... C'est que vie et imperjection régnant parmila matière, il ne peut être que ce quise trouve <strong>en</strong> cettematièr<strong>en</strong>eprés<strong>en</strong>te sa principale nature quiest le mal. ..La terre est vraie patrie du Mal."François de Foix nous explique que "le Verbe deDieu, sorti de Dieu, "allant contrebas 't a produit "<strong>en</strong>tombant contrebas"1es créatures de formes. Lame estcaptive des dépnons. L'"homme" demeure errant <strong>en</strong> ténèbres,soufhnt les &p<strong>en</strong>dances de la mort" ... car ilest lié à la matiére "qui parsa nature estpleine de toutemalice et imperfection". La matière ... "produit et bourgeonnedes imperfections et vices commefleurs etfiitsprocédant d'elle". Et voilà le titre des "Heurs du Mal".Son auteur rappelle sow<strong>en</strong>t l'équation nature--Mal,nature-Bruit, Nature-Sataa.L'homme, sawé par la co~aissance (La Gnose!), conçoit dés lors sa véritable nature comme immortelieet contemplative, comme unie à Dieu. Tat, <strong>en</strong>sei-gné par Mercure-Hermès, s'écrie alors : "O mon Père,je mefigure(conçois) non parla vue desyeux, maispar1 'eficace des vertus intelligibles ?Je suis au ciel, <strong>en</strong> laterre, <strong>en</strong> l'eau, dans les animam, dans le v<strong>en</strong>tre, avantle v<strong>en</strong>tre, tout partout."Puis Mercure-Hermès <strong>en</strong>tonne l'Hymne & laGnose : "O Sainte Connaissance (O Sainte Gnose !),par laquelle je dois recouvrer 1 éntrée de mon heur etfélicité etpar ton moy<strong>en</strong> <strong>en</strong>trer <strong>en</strong> la vraie communionde mon dieu et souvemin bi<strong>en</strong>, étant illuminé de Toi <strong>en</strong>toutes mes actions et opérations, ô Lumière intelligiblequi est cette Sainte Connaissance donnant clarté à toutesmes p<strong>en</strong>sées et cogitations, lesquelles sans Toi serai<strong>en</strong>tobsnrres et ténébreuses. .. à cette fin que jeparticipe de votre source éternelle, ô vie et Lumière, devous à nousest passée la bénédiction."Grâce àla Gnose, l'âme a été régénérée et restauréeparl'interv<strong>en</strong>tion des "démons v<strong>en</strong>geurs".On peut dire que l'oeuvre de Baudelaire n'estqu'un comm<strong>en</strong>taire poétique de la Révélation d'Hermès.Ecoutons-le.Selon la Gnose, le monde est le résultat d'une dégradationde i'être divin dans la matière, une chute catastrophique,un péché originel cosmique. Baudelairetraduit, <strong>en</strong> prose : "Lu Théologie - Qu'est-ce que lachute ?-Sicést 1 unité akv<strong>en</strong>ue dualité, ccést Dieu quiachuté. - En dautres termes, la création ne semit-ellepas chute de Dieu ?(dans "Mon coeur mis à nu"). Envers, lemonde c'est"Une Idée, une Forme, un Etre,Partide l'azur et tombéDans un Styx bourbeux et plombéOù nul oeil du Ciel ne pénètre."Notre âme, étincelle divine, a été <strong>en</strong>fermée dansun corps, comme dans un tombeau. Les gnostiquesont joué sur les mots soma-corps et séma-tombeau.Baudelaire recopie à son tour, fidèlem<strong>en</strong>t, dans le sonnet: "Le mauvais moine", primitivem<strong>en</strong>t intitulé : "Letombeau vivant" :"Mon âme est un tom beau que,mauvais cénobite,Depuis lëternieeparcours etj'habite;Ri<strong>en</strong> n 'embellit les murs de ce cloître odieux"Tout dans la nature humaine est mauvais : "f2faut toujours, écritil, <strong>en</strong> rev<strong>en</strong>ir à Sade, c'est-à-direà1 'homme naturel pour expliquer le mar'. - "Lïtommeest naturellem<strong>en</strong>t dépravé". - Le crime, dont l'animalhumain, a puisé le goût dans le v<strong>en</strong>tre de sa mère, estoriginellem<strong>en</strong>t naturel ... et c'est cette inwble naturequi a crée le parricide et l'anthropophagie ... "Nature
infiile, puisqu'elie ne peut <strong>en</strong>g<strong>en</strong>drer que le mal,par une fatalité nécessaire ; ce qui est le thème répétédes "Fleurs du Mal".Baudelaire est imprégné de la doctrine gnostiquede la métempsycose. Nous naissons avec un passé,des vies antérieures, avec une sorte de casierjudiciaire prénatal, chargé du poids des fautes accumuléesau cours des précéd<strong>en</strong>tes incarnations. Atrocefatalité, contre laquelle l'homme n'a aucun recours. Ilest donc prisonnier d'une nouvelle incarnation subie ;il est "un navirepris dans le Pôle", dit le poète de "L'Irrémédiable".On compr<strong>en</strong>d donc qu'il se considèrecomme "damné dès le comm<strong>en</strong>cem<strong>en</strong>t et que sa vieI'estpourtoujours" (daasune lettre du 4 Déc. 1854).Comm<strong>en</strong>t sortir de ce cycle infernal ? se demandele poète:"- Certes, je sortirai, quantd moi, satisfaitDun monde où 1 'action n éstpas la soeurdu rêve;Puissé-je user duglaive etpérir par leglaive.Saint-pierre a r<strong>en</strong>ié Jésus ... Il a bi<strong>en</strong>fait".Deux moy<strong>en</strong>s donc : le rêve et le suicide. Cemonde n'est qu'un "oasis ddomr dans un désertdénnur". Il faut poursuivre un périple à travers lescycles de l'exist<strong>en</strong>ce, de ténébres jusqu'à la plongéedans le néant :"Ces voyageurs, pour lesquels est ouvert ,L'empirefamilierdes ténèbresjùtures. ..U<strong>en</strong>s !Oh!vi<strong>en</strong>s voyager dans les rêves,Au delà du possible, au delà duconnu !... âme auxsonges obscurs,Que la ciel étoufle <strong>en</strong>tre ses quatres murs."Notre âme est exilée <strong>en</strong> ce monde hostile ; elleest 1'Etrangère. En route ! Partons "n'importe oùpourvuque ce soit hors de ce monde". Baudelaire préfère auréel, "les monstres de sa fantarSiel'. Il exaltel'imagination qui est "la reine ah vrai", explique-t-il ;elle est "la plus sci<strong>en</strong>t~j?que des facultés, parce quélleseule compr<strong>en</strong>d1 'analogie universelle, ou cequ'une religionmystique appelle la correspondance." (dans unelettre à Alphonse Touss<strong>en</strong>el du 21 Janvier 1856)."Lrmagination est une faculté quasi divine qui perçoittout d'abord, <strong>en</strong> dehors des méthodes philosophiques,les rapports intimes et secrets des choses, les correspondanceset les analogies." (dans ses notes sur EdgarPoe).Quelle est donc cette religion mystique qui <strong>en</strong>seigneles analogies et les correspondances <strong>en</strong>tre lemacrocosme et le microcosme ? C'est la révélationd'H<strong>en</strong>nés Trismégiste, c'est l'<strong>en</strong>seignem<strong>en</strong>t de laKabbale et de la Gnose.Satan est un puissant séducteur. Après avoir seméle désespoir dans I'âme de l'initié, il lui prés<strong>en</strong>teson étrange Beaute, comme un appât pour projeter savictime dansl'ab-me. Illui decrit son domaine aveclesattraits du Ciel. Le poète semble hésiter <strong>en</strong>tre l'un etl'autre, mais <strong>en</strong> fait, il est déjà décidé à plonger dansl'abîme."&rs<strong>en</strong>ous ton poisonpourqu'il nous réconforte!Nous voulons, tant ce feu nous brûle le cerveau,Plonger au fond du goum, Enfer ou Ciel, qu'importe?Aufondde 1 'inconnu pour trouver du nouveau!""Que tu vi<strong>en</strong>nes du Ciel ou de l'Enfer, qu'importe,ÜBeauté !Desatan ou de Dieu, qu 'importe ?Ange ou Sirène,Qu'importe, si tu r<strong>en</strong>di;...L'Univers moins hideux et les instants moinslourdr ?"La répétition du 'Qu'importe" est -cative.La t<strong>en</strong>tation satanique consiste à créer une incertitudedans l'esprit de l'initié, à lui prés<strong>en</strong>ter le ciel et laBeauté sous un jour sombre et ténébreux, plein demystères et de rêve, manière a provoquer <strong>en</strong> lui une indfler<strong>en</strong>celassée qui prépare la future capitulation del'âme. Dans "L'Amour du M<strong>en</strong>songe", Baudelaireprécise:''Mais ne sufit-ilpas que tu sois 1 'appar<strong>en</strong>cePourréjouir un coeurquijùit la vérité ?Qu'importe ta bêtise ou ton ind~Br<strong>en</strong>ce ?Masque ou décor, salut !radore la Beauté."Enfin l'initié est possédé et il peut s'écrier :"ll n ést pas une fibre <strong>en</strong> tout mon corps tremblantQuine crie :"O mon cher Belzebuth, je thdore.'"LI ne reste plus qu'a se préciplter dans le néant Apartir du mom<strong>en</strong>t ou le poète est décidé à la mort, lesexpressions de son appel au suicide sont innombrables.Citons <strong>en</strong> quelques unes :"O vers, noirs compagnons sans oreilles et sansy<strong>en</strong>,Voyezv<strong>en</strong>irà vous un mort libreetjoyeux. .. "Cést la mort quiconsole, hélas!et qui fait vivre!Cést leportique ouvert sur des cieux inconnus !Cést que la mortplanant commeun soleil nouveauFeras 'épanouirlesfleurs de leur cerveau. .. !EnJin !O Mort, vi<strong>en</strong>scapitaine, ilest temps.levons1 ancre
Cèpaysm énnuie; ô Mort, appareillons!. ..Jusque dans le suicide, l'initié possédé croit trouverle contraire de la mort. II associe la mort à la vie, àun portique vers des cieux inconnus, à un soleilnouveau, à la liberté et a la joie. La confusion est totale.Satan le Trismégiste a tiré de ces "Fleurs du Mal"aux cmoiies vénéneuses, un parfum magique etfuaèbre, puis d'un souffle puissant il a poussé l'âme dupoète vers les profondeurs chthoni<strong>en</strong>nes oii règne leSerp<strong>en</strong>t.BERGSON, 'FLEURDE GNOSE1'Un matin d'ad 1922, M. Firmin Nicolardot<strong>en</strong>trait par hasard dans une librairie d'occasion de Nice.Sa petite exploration ailait pr<strong>en</strong>dre fm, quand ilremarqua une brochure de philosophie intitulée :"L'Univers, sa force et sa vie". par un certain k Laggrond,publié <strong>en</strong> 1884. Dans i'introduction, uningénieur, Edouard Peliis, disait y prés<strong>en</strong>ter les réflexionsd'un ami caché sous le pseudonyme de Laggrond,ami qu'il avait r<strong>en</strong>contré "d'abord <strong>en</strong> Bohème,puissur les chemins d'EgypteW .R<strong>en</strong>tré chez lui, M. Nicolardot comm<strong>en</strong>ça lalecture, puis soudain : "Mais, c'est du Bergson !. flmesemble l'<strong>en</strong>t<strong>en</strong>dre <strong>en</strong>core ! "En effet, il retrouvait, àlongueur de pages, les mêmes idées, presque les mêmesexpressions, déjà bi<strong>en</strong> connues du célèbre philosop he.Que disait le petit livre ? "Notre corps,écrit Laggrond,est la portion de l'Univers chargée de dégagerles forces quiseules peuv<strong>en</strong>t atteindre notreprincipe des<strong>en</strong>sibilité ..." Après avoir agi sur l'âme, la force peutdonc r<strong>en</strong>trer dans le monde matériel, id<strong>en</strong>tique danssa quantité ... Mais nécessairem<strong>en</strong>t modilée <strong>en</strong> quelquechose ... II existe donc une force unique qui agit surles choses et sur le corps humain, passant d'un être àl'autre, animation universelle. On a reconnu la GrandeAme Universelle du Monde."Ma raison, écrit toujours Laggrond, ce n'estpasmoi, cést un de mes <strong>org</strong>anes, celui que j'ai chargé desacquitter de mes fonctions intellectuelles", idée bi<strong>en</strong>bergsonni<strong>en</strong>ne, à laquelie il oppose "cet être invisiblequisbfirrne au fond de 1 <strong>org</strong>anisme humain et qui dit .-moi1! Son vmi nom, c'est 1 ésprit, le des G R l! nesr ~le '%rai c<strong>en</strong>tre de l'Homme "par où "ilse relie à 1 ëternelet à l'infini". Théme bi<strong>en</strong> cornu déjà des pythagorici<strong>en</strong>set des Gnostiques.L'auteur continue : "Sinotreprincipe de s<strong>en</strong>sibili-té est immortel nous pouvons avoir déjà vécu une infinitéd'exist<strong>en</strong>ces et un autre infini nous att<strong>en</strong>d.. Lessouv<strong>en</strong>irs que nouspouvons <strong>en</strong> avoù.se born<strong>en</strong>t à notrecollection de tableaux cérébmux. La métempsycos<strong>en</strong> éstpoint une idée incompatibleavecl 'état acîuelde lasci<strong>en</strong>ce. .." L'auteur fait allusion a la réminisc<strong>en</strong>ce platonicie~etaux réincarnations. LI rejette avec horreurl'idée de "la résurrection de notre corps matériel etterrestre1
gnostique. Dans les citations qui suiv<strong>en</strong>t, nous avonssouligné les termes directem<strong>en</strong>t empruntés aux ouvragesdes occultistes.Tout le développem<strong>en</strong>t du monde est le résultatd'une chute : "La nature t<strong>en</strong>d à un but final, elle secompose d'une série de chutes, elle est un imm<strong>en</strong>seécroulem<strong>en</strong>t". On sait que Bergson admuait dansl'oeuvre de Lucrèce, cette chute incessante des atemes et les "gmnds écroulem<strong>en</strong>ts" d'univers. La g<strong>en</strong>èsedu monde est assimilée par Bergson à une sorte dedegradation de la divinité : "Imaginons donc un récipi<strong>en</strong>tplein de vapeur à une haute t<strong>en</strong>sion ... Ainsi d'unimm<strong>en</strong>se réservoir de vie doiv<strong>en</strong>t sëlancer sans cessewets, dont chacun retombant est un monde"."Je vois dans l'évolution <strong>en</strong>tière de la vie sur notreplanète, une traversée de la matière par la consci<strong>en</strong>cecréatrice, un eflort pour libérer, à force d'ingéniosité etd rnv<strong>en</strong>tion, quelque chose qui reste emprisonné chezl'animal et qui se dégage définitivem<strong>en</strong>t chez l'homme".On p<strong>en</strong>se aussitôt à l'âme <strong>en</strong>fermée dans le tombeaude son corps."Seule la matière que leflot de la vie charrie avecluiet dans les interstices de laquelle ils ?nsère,peut le diviser<strong>en</strong> indivihaiités distinctes. Le courant passedonc, traversant les générations humaines, sesubdivisant <strong>en</strong> individus. Ainsi se cré<strong>en</strong>t sans cesse desâmes qui aep<strong>en</strong>dant, <strong>en</strong> un certain s<strong>en</strong>s, préexWai<strong>en</strong>t.Ellesne sontpas autre chose que les ruisselets <strong>en</strong>hz lesquelsse partage le grandfleuve de la vie, coulant à tmverslecorps de I'humanite*'."Notre être, dit <strong>en</strong>core Bergson, s'est formé dans"I'Océan de la viel'par une espèce "de solid~jTcation lecale"."La philosophie ne peut être qu'un efort pour sefondre à nouveau dans le Tout, l'intellig<strong>en</strong>ce se résorbantdans son principe, revivra à rebours sa propre g<strong>en</strong>èse".On a noté au passage, les formules gnostiques :la chute, la dégradation de la divinité, l'emprisonnem<strong>en</strong>tdes âmes, leur préexistante, la fusion et laresorption dans le Grand Tout. Nous pmions ainsicontinuer longtemps les citations de Bergson qui prés<strong>en</strong>t<strong>en</strong>tune saveur gnostique nettem<strong>en</strong>t caractérisée.Un des objets de "l'Evolution créatrice" est demontrer "que le Tout est de même nature que le moi et- qu'on le saisit par un approfondissem<strong>en</strong>t de plus <strong>en</strong> pluscomplet de soi-même", déclare le bulletin de la sociétéfrançaise de philosophie du 25 Nav. 1909.M. Nicolardot a retrouvé ainsi une source peuconnue de la p<strong>en</strong>sée de Bergson, qui la relie, à traversI'Hindouisme et le Bouddhisme a la Gnose primitiveet plus précisem<strong>en</strong>t à la Kabbale. "La plus audacieuset<strong>en</strong>tative nihilisme intellectuef', au dire de Maritain.NOUS ajouterions "de Nirvana".LAKABBALE SELON SIMONE WEILAvant d'exposer la p<strong>en</strong>sée de Simone Weil, noust<strong>en</strong>ons a reproduire cette protestation indignée duChanoine Moeller :"Lénthousiasme des milieux chréti<strong>en</strong>s pour lesécrits de Simone Weil est une manifestation caractéristique du désarroi des esprits dans la p<strong>en</strong>sée catholiquede ce siècle. Nous sommes obsédés de "concordismes"faciles, je l'ai &jà dit à progos de Huxley. Nous essayons de baptiser in extremis tout ce qui, de loin ou deprès, wssemble au christianisme, parce que nous nepr<strong>en</strong>ons pas la peine de connaître le message chréti<strong>en</strong>auth<strong>en</strong>tique. On dimit qu'il est nécessaire que des véritéschréti<strong>en</strong>nes nous soi<strong>en</strong>t proposéespar des p<strong>en</strong>seursnon chréti<strong>en</strong>s pour que nous pr<strong>en</strong>ions consci<strong>en</strong>ce desrichesses que nous possédons depuis toujours mais qu<strong>en</strong>ous avions oubliées. Nous avons mauvais consci<strong>en</strong>ce,nous sommes honteux de notre foi.Simone Weil passe pour chréti<strong>en</strong>ne aux yeux &beaucoup. Presque personne n'a vu quélle était maniché<strong>en</strong>ne.Il est donc possible, <strong>en</strong> nom XX siècle, derépandre des idées hérétiques qui sont aux antipodes&s points les plus ess<strong>en</strong>tiels de notre foi, sans que l'onsourcille. A condition de ne pas employer les formulesque tout chréti<strong>en</strong> sait être hérétiques, on peut développerdesthéoriesqui, non seulem<strong>en</strong>t rest<strong>en</strong>t <strong>en</strong> &ça de laRévélation, mais qui la ni<strong>en</strong>t, on peut être tmnquille; ilfaudra longtemps avant que quelqu'un se lèvepourprotester."Nous faisons nôtre cette protestation et nousp<strong>en</strong>sons qu'elle pourrait s'appliquer à.bi<strong>en</strong> d'autresécrivains considérés abusivem<strong>en</strong>t comme chréti<strong>en</strong>s.Citons Lanza del Vasto, Marcel Légaut et d'autres <strong>en</strong>corevivants, qui sont actueliem<strong>en</strong>t les best-sellers del'édition religieuse ...Le premier livre de Sirnone Weil, "La Pesanteur et laGrâce" est <strong>en</strong>tré <strong>en</strong> littérature comme un "classiquechréti<strong>en</strong>", grâce à la complaisance de Gustave Thibon,qui a pris soin d'éliminer du manuscrit tout lefatras gnostique qui l'<strong>en</strong>combrait pour infléchir sap<strong>en</strong>sée dans une direction apparemm<strong>en</strong>t chréti<strong>en</strong>ne,sansvoir que le titre même de l'ouvrage est hérétique.Pour compr<strong>en</strong>dre la p<strong>en</strong>sée de Simone Weil, ilfaut se reporter à la Kabbale juive, telle qu'elle est expo&dans le livre du "Zoar", c'est-à-dire de "La
Spl<strong>en</strong>deur". Nous avions écrit dans "La Gnose contrela Foi", p. 46 :"Le Grand Tout Plérôme de nos Gnostiquess'appelle chez eux (les kabbalistes) l'En-Soic'kt-à-dire le "non-limité, gmnd Etre immuable,éternel, infii, qui r<strong>en</strong>ferme <strong>en</strong> lui toutes les formes.Pourexpliquerl~pparition du monde visible et le multiplicitédes êtres qui peupl<strong>en</strong>t litnive- les kabbalistesont murs à la notion fimanation et de contraction.Le Gmnd Tout primitiJ; sorte & chaos. se contractepour laisser un vide à l?ntérieurduquel vont apparaîtreles formes déterminées et multiples des créatures guisont le reflet appar<strong>en</strong>t de 1 'En-SorCette idée de contraction du monde divin est dignedes élucubrations et des ratiocinations derabbins. De soi, elle est inintelligible. Voici comm<strong>en</strong>tSimone Weiltraduit la chose pour les profanes :"La création est abandon, En créant ce qui est autreque lui, Dieu l'a nécessairem<strong>en</strong>t abandonné ... Dieua abdiqué <strong>en</strong> nous donnant I'exist<strong>en</strong>cet'.1 s'est vidé de sa divinité, de sa substance <strong>en</strong>faveur d'une création qui est "pesanteur". La créatureest donc "un péché" ; le bi<strong>en</strong> est "hors du monde", car lemonde est abandonné au mai ; la créature est "nonêtref:'ifrction de Dieu: 'blaisanterie de Dieu ': esclavage".Dieu lui-même est l'<strong>en</strong>nemi de la créaturevivante. " Yah wé, sous un aspect du moins, c'est le diable"ose-t-elle dire, sousl'aspect de créateur, bi<strong>en</strong> sûr.Elle ajoute : "Si nouspardonnons à Dieu son crimecontre nous, qui est de nous avoir fait des créaturesfmies, il nous pardonnera notre crime contre lui qui estd'être des créatures fmies. Dieu m'a créé comme ahnon-être qui a 1 'air d 'ex &ter, afin qu'<strong>en</strong> r<strong>en</strong>onçant paramourà cette exist<strong>en</strong>ce appar<strong>en</strong>te, laplénitude de 1 ëtrem'anéantisse".La création est donc, dans la p<strong>en</strong>sée de SimoneWeil, une erreur catastrophique de Dieu ; elle doit disparaître.L'homme, objet de la malédiction divine,doit se diviniser <strong>en</strong> plongeant dans la matièrecosmique et <strong>en</strong> s'absorbant dans le Grand Tout, l'En-Sof. "Unep<strong>en</strong>sée humaine peut habiter la chair, dit-elle,mais si une p<strong>en</strong>sée habite la matière inerte, ce nepeut être qu'une p<strong>en</strong>sée divine. C'est pourquoi, si unhomme est transformé <strong>en</strong> être parfait et sa p<strong>en</strong>sée remplacéepar la p<strong>en</strong>sée divine, sa chair, sous les espèces dela chair vivante, est dev<strong>en</strong>ue <strong>en</strong> un s<strong>en</strong>s du cadavre."L'ascèse consiste à faire de la chair un cadavre, c'està-direune matière inerte, afin que la p<strong>en</strong>sée humainepuisse s'id<strong>en</strong>tifier à celle de Dieu et habiter un mond<strong>en</strong>on vivant. Nous avons compris qu'il s'agit d'un appelau suicide. Tout ce système est un blasphéme contreDieu Et cela est intitulé : "Intuitions préchréti<strong>en</strong>nes".Il aurait fallu dire antichrétiemes et sataniques.ll n'y a que le démon qui puisse inspirer à l'hommeun attrait de perfection surhumaine pour mieux lefaire tomber plus bas que la bête, dans le cycle desmythes, dans l'<strong>en</strong>fer de la nécessité, dans l'anéaotissem<strong>en</strong>tde sa personnalité et l'id<strong>en</strong>tification avec la matièreinerte.Comme tous les gnostiques, Simone Weil récitele Pater. Quand elle prononce :"Que votre règne arrive",elle p<strong>en</strong>se :"que la création dkparaisse", puisque,dit-elle, "la création et le péché originel ne sont quedeux aspects, d~Br<strong>en</strong>ts pour nous, dicn acte uniqued abdication de Dieu".L'incarnation du Christ n'est qu'un des nombreux"avatars" du divin ; l'âme du Christ, c'est l'âmedu monde. La mort sur la Croix réalise précisém<strong>en</strong>tceüe destruction de la chair qui devi<strong>en</strong>t "Chair" inerte.Le Christ n'est pas ressuscite, puisque sa chair, dev<strong>en</strong>uematière inerte, constitue la substance de la terrecosmique. Toujours dans "Intuitions préchréti<strong>en</strong>nes".L'attitude de Simone Weil a l'égard de l'amourhumain est <strong>en</strong> continuité avec sa vision gnostique dumonde. "L'énergie sexuelle, dit-elle, n 'estpas destinéeà un usage naturel, mais à l'amour & Dieu ... Le désircharnel est une corruption, une dégradation del'amour& Dieu". Plus loin : "Sexualité. Ily a un mécanismedans notre corps qui, quand il se décl<strong>en</strong>che, nousfait voir du bi<strong>en</strong> dans les choses &ci bas. Il faut lelaisser rouillerjusqu'à ce qu'il soit détruit". En effet, aquoi bon participer à la création par l'usage naturel dela sedté, puisque ce monde est une malédiction etque notre plus grand désir doit être de s'<strong>en</strong> évader."Mon exist<strong>en</strong>ceest un amoindrissem<strong>en</strong>t de la Gloire deDieu, dit-elle. Dieu me la donne pour que je désire laperdre".Tout cela se passe de comm<strong>en</strong>taires. Si le lecteura bi<strong>en</strong> pris la peine d'étudier nos chapitres précéd<strong>en</strong>ts,il avite reconnu à travers les formules de Simone Weil,les thèmes classiques de la Gnose marcionite et maniché<strong>en</strong>ne,revue et aggravée par la Kabbale.NOTE 1 SUR LA LITLRGIENOUVELLEEn 194.1, Simone Weil avait publié une étude surla mission sacrée de l'homme des champs. Elle voulaittransformer "la vie quotidi<strong>en</strong>ne elle-même <strong>en</strong> métaphoreà signijlcation divine". Le blé donnera la farine atransformer <strong>en</strong> pain pour dev<strong>en</strong>ir le corps du Christ ;la vigne donnera le vin pour dev<strong>en</strong>ir le sang du Christ."Lep&re, dit-elle. a fepriviIégedefaire~2~rgirsur l'au-
tel la chair et le sang du Chrisr, mais le paysan a unprivilèg<strong>en</strong>on moins sublime. Sa chair et son sang,sacrifiés au cours d'interminables heures de tmvail,passant à tmvers le blé ou le raivin, devi<strong>en</strong>n<strong>en</strong>t eux-mêmesla chair et le sang du Christ". Ainsi le labeur dupaysan a-t-il participé à la vie cosmique. "h! faudraittrouver, ajoute Simone Wei& et définirpour chaque aspectde la vie sociale son li<strong>en</strong> spéczjique avec le Christ.Ce li<strong>en</strong> devrait être 1 Tnspiration de chaque groupem<strong>en</strong>tdAction Catholique".Nous avons bi<strong>en</strong> compris que le véritable sacrifice,c'est le fruit du travail humain, qui est de même es-@ce que la personne du Christ. Puisque la matièreinerte est d'ess<strong>en</strong>ce divine, comme Simone Weil lerkpète souv<strong>en</strong>t, c'est du sein du cosmos que peut surgircette force divine capable de transc<strong>en</strong>der la matièreet de lui infiiser sousforme de blé ou de vigne unepuissance divinisante. Le sang et la chair de l'hommepass<strong>en</strong>t dans la terre, puis dans la plante et devi<strong>en</strong>n<strong>en</strong>tsang et chair du Christ. Il y a ici une assimilation généralede toutes les substances les unes dans les autres,toutes issues de laTerre-Mère divinisée.On a dit que Paul VI aurait bi<strong>en</strong> voulu canoniserSimone Weil. Il est <strong>en</strong> effet bi<strong>en</strong> troublant de retrouverdans le nouvel offertoire une formule qui rappelleétrangem<strong>en</strong>t l'<strong>en</strong>seignem<strong>en</strong>t de Simone Weil : "Cepain, fruit de la terre et du travail des hommes. .. ce vin,jPit de la vigne et du travail des hommes, nous te lesprés<strong>en</strong>tons, iIs devi<strong>en</strong>dront le pain de vie, le vin duroyaume éternel. .." Comm<strong>en</strong>t pourrai<strong>en</strong>t-ils d'euxmêmesdev<strong>en</strong>ir divins, s'ils ne possèd<strong>en</strong>t déja <strong>en</strong> euxmêmescette divinité inscrite dans la matière inerte?Dans le véritable offertoire, le prêtre offre a Dieu"une victime sainte et sans tache", Jésus-Christ luimêmeet non des fniits de la terre et du travail deshommes. Dans la consécration, il ne se produit pasune "évolution du pain et du vin qui actualis<strong>en</strong>t unesubstance divine &jà cont<strong>en</strong>ue <strong>en</strong> puissance dans laterre et le corps du travailleur", comme le dit SirnoneWeil, mais bi<strong>en</strong> une transsubstantiation c'est-à-direque le corps et le sang du Christ "se substitu<strong>en</strong>t" aupain et au vin qui ont disparu, ne laissant sur l'autelque leurs appar<strong>en</strong>ces. Ni les fruits de la terre, ni le travaildes hommes ne possèd<strong>en</strong>t <strong>en</strong> eux-mêmes la capacitéde dev<strong>en</strong>ir divins.NOTES SURGUSTAVETHIBONNous avions, <strong>en</strong> son temps, suivi avec sympathieet même admiration l'oeuvre de Gustave Thibon, surtout: "Retour au Rkl", "Ce que Dieu auni", "Notre regardqui manque à la lumière". Hélas ! Thibon s'estlaissé <strong>en</strong>voûter par Simone Weil et est tombe il sa suitedans la Gnose manichfkme, surtout dans ses deuxderniers mages : "L'ignorance étoilk" et "le voile etle masque". II reconnaît lui-même cette inspiration :"Le manichéisme a toujours été ma t<strong>en</strong>tation". Quandon le sait, on rhiste donc, on rejette l'inspiration satanique.Eh bi<strong>en</strong>, non ! Les formules gnostiques sont innombrablesdans ces deux ouvrages cités.L'homme, dit-il, est "un Dieu mutilé et souillé,une étincelle dëtemité quëtoufle la c<strong>en</strong>dre des jours".Expression reprise plusieurs fois. L'homme est "unêtre qui tombé de Iëternite ne peut atteinh sa finqu én remontant vers son principe". "Si nous souflonsd'être séparés de Dieu, c'est qu 'au fond de nous-mêmesnous ne l'avons jamais quitté, comme l'exilé quiemporteavec lui lame du pays natal. Ll&e platonici<strong>en</strong>ne deréminisc<strong>en</strong>ce témoigne de cette prés<strong>en</strong>ce au coeur de1 'abs<strong>en</strong>ce". Est-il nécessaire de rappeler que l'hommea été créé sur terre et placé dans un paradis terrestre etnon céleste. L'homme ne possède nulle réminisc<strong>en</strong>ced'un monde divin d'où il aurait été précipité. Cela,c'est la thèse desgnostiques et donc de Satan.Plus loin, Thibon rejette "la conception adtotélici<strong>en</strong>nedu composé substantiel au profit de la théorieplatonici<strong>en</strong>ne de lame privonnière du corps". Là<strong>en</strong>core, la séduction de Platon a joue son rôle néfaste,comme toujours.Enfïi deux affirmations blasphématoires :"Lacréation par laquelle Dieu est sorti de lui-même et s'esteflacé derrière son oeuvrel'.En réEr<strong>en</strong>ce à Léon Bloy,Thibon rajoute :"L! faut consoler Dieu de quoi ?Des ë-tre séparé de lui-même <strong>en</strong> nous créant. Cést de nousqu'il att<strong>en</strong>d la fin de son exir'. Ce n'est pas "uneadmimble intuition" de Léon Bloy, c'est l'<strong>en</strong>seignem<strong>en</strong>tcourant de tous les gnostiques, depuis toujours.Et <strong>en</strong>core :"J'ose àpeine évoquer cette folie : la créationconçue comme un suicide divin par amour. Dieu, qui,<strong>en</strong> tirant l'univers du néant, creuse le tombeau où il vasët<strong>en</strong>dre, inerte et glacé, et courant l'av<strong>en</strong>ture detreréveillé par la fidélité de sa créature de la mort". C'estune folie, évidemm<strong>en</strong>t, M. Thibon ! Mais vous l'avezévoquée. C'est donc le fond de votre p<strong>en</strong>sée, mais c'estun blasphème."Savoir du fond de l'âme que Dieu, premier auteurdu mal, <strong>en</strong> est aussi.la suprême victime". Comm<strong>en</strong>tun chréti<strong>en</strong> peut-il parler ainsi de Dieu?Sw l'amour : "Béatrice, TTristan et Iseult doiv<strong>en</strong>ts'évanouir dans la plénitude de leur amour et non1 amortir <strong>en</strong> le stabilisant par le mariage. Savoir cela etne pas succomber à la t<strong>en</strong>tation du Manichétsme".Mais, M. Thibon, vous avez déja succombé d la t<strong>en</strong>ta-
tion. Cette conception de l'arnoursuicide et stérileest bi<strong>en</strong> connu dans la p<strong>en</strong>sée gnostique. ïi noussemble que vous aviez <strong>en</strong>seigné tout le contraire autrefoisdans "Ce que Dieu auni". Alors? Qu'<strong>en</strong> conclure ?LA GNOSE DETEILHARD DE CHARDINNotre int<strong>en</strong>tion n'est pas de repr<strong>en</strong>dre ici l'étudede la p<strong>en</strong>sée du célèbre jésuite. La chose a été déjA faitede main de maître. Nous voulons seulem<strong>en</strong>tmontrer la filiation gnostique de cette p<strong>en</strong>sée.Teilhard a été à la fois un illuminé et un initié, très tôt,dès sa jeunesse. Claude Cuénot déclare que sonoeuvre est le fi-uit d'une illumination : "Bi<strong>en</strong> des éclairsont déjà sillonné le ciel m<strong>en</strong>tal de Teilhard le dernier<strong>en</strong> date étant le Milieu Divin ..." Le père de Lubac, deson côté, parle de "l'intuition première qu'une réflexionincessante ne réussitpoint à épuiser", don t la forceactive vi<strong>en</strong>t "d'une première étincelle qui a toutilluminét'.Teilhard avoue lui-même son initiation gnostiquedans sa "Messe sur le Monde" : "Sous f'éveil d'initiationtem-ble et douce dont vous mâvez fait successivem<strong>en</strong>tfianchirles cercles, jén suis v<strong>en</strong>u à ne pouvoirplus ri<strong>en</strong> voir ni respirer hors du milieu où tout est un".Son égérie, son initia- dans la Gnose fût MadameMaryse Choisy, directrice-fondatrice de la revue"Psyché", membre du "Droit Humain". C'est ellequi lui a fait "j?anchir les cercles" de l'initiation maçonnique.Peu de temps avant sa mort, il lui écrivait <strong>en</strong>core:"Chère amie, que dev<strong>en</strong>ez-vous ?Et où <strong>en</strong> êtes-vousde votre frévolution"?Faitesle moisavoir, j'y ti<strong>en</strong>s, parceque malgré la distance et labs<strong>en</strong>ce, nous continuons àavoir besoin 1 'un de 1 autre, Il y a là une firce précieuseque nous ne devons pas laisserse dissiper".Dans sa dernière lettre à Maryse Choisy, il luiprécise : "Je me s<strong>en</strong>s de plus <strong>en</strong> plus préoccupé (c éstà-direpassionném<strong>en</strong>t intéressé) par la recherche duDieu (non seulem<strong>en</strong>t chréti<strong>en</strong>, ma& transchréti<strong>en</strong>) dev<strong>en</strong>unécessaire pour les exig<strong>en</strong>ces croissantes de notreadoration".Tout le fatras gnostique qui <strong>en</strong>combre les milliersde pages de notre jésuite sont tirées des grandsécrivains occultistes et ésotériques : Schuré, Weis,B<strong>en</strong>son."L'ivresse du panthéisme paï<strong>en</strong>, je la détourneraià un usage chréti<strong>en</strong>, <strong>en</strong> reconnaissant 1 âction créatriceet formatrice de Dieu dans toutes les caresses et danstous les heurts ... Lu haute passion de la lutte poursavoir, pour dominer, pour <strong>org</strong>aniser, je la déchalneraisur les objets naturels, ma& avec 1 am.ère p<strong>en</strong>sée et lebut ultime de poursuivre l'oeuvre humain ... L'amournaiJou inquisiteur de la Terre-Mère, je le diviniserai,<strong>en</strong> songeant que, de ce tout mystérieux qukst la matière,quelque chose doit passer, par la résurrection, dansle monde des cieux... Et ainsi. sans rupture, porté par lagmdation naturelle du matériel, du vivant, du social, jeretrouve au terme de mes désirs, le Christ cosmique (sij'ose dire), celui qui noue au c<strong>en</strong>tre consci<strong>en</strong>t de sapersonneet de son ouvre, tout mouvem<strong>en</strong>t des atomes, descellules. des &mes.."L'initiation gnostique du P. Teiihard remonte àsa jeunesse. Son esprit était déjà prisonnier du culte dela Terre-Mère, d'un évolutionnisme délirant, d'uneid<strong>en</strong>tification de l'âme du Christ avec la matière et lesatomes. 11 faut reconnaître ici le souffle puissant etdévastateur de l'esprit des ténèbres qui exalte les passionsles plus basses, celles de l'ambition et de la dornination.Enfin, dans une lettre à Matyse Choisy, écrite deNew-York, quelques jours avant sa mort, le 10 Avril1955, le Père Teilhard lui adresse ses réflexions à lasuite d'une lecture d'un texte de Jung, qu'il appelle son"illustre Maître" ...11 écrit a sa soeur, Mme Teilhardqhambon :"Lu aussi du Schuré, qui est évidemm<strong>en</strong>t très toniquepour 1 ésprit. Il fait s<strong>en</strong>tir et p<strong>en</strong>ser dans 1 ordre des réalitésqui nous intéress<strong>en</strong>t l'un et l aut m.. Joie de trouverun esprit extrêmem<strong>en</strong>t sympathique au mi<strong>en</strong> -excitation spirituelle <strong>en</strong> pr<strong>en</strong>ant contact avec une âmepassionnée pour le monde plaisir de voir que mes essaisde solution convi<strong>en</strong>n<strong>en</strong>t <strong>en</strong> somme parfaitem<strong>en</strong>t auxvues des "Gran& Initiés': sans altérer le dogme ... De lalecture de cespages, jâi consci<strong>en</strong>ce jusqu'icid avoir surtouttiré un accroissem<strong>en</strong>t véhém<strong>en</strong>t de ma conviction<strong>en</strong> la nécessité pour I'Eglise, de prés<strong>en</strong>ter le dogmed'une manière plus réelle, p h universelle, plus cosmegonique, oserai-je dire".S<strong>en</strong>tim<strong>en</strong>t, passion, excitation, véhém<strong>en</strong>ce, tousces termes montr<strong>en</strong>t bi<strong>en</strong> l'âme <strong>en</strong>voûtée par un attraitsatanique et une prise de possession démoniaquequi ôt<strong>en</strong>t toute possibilité de recourir au bon s<strong>en</strong>snaturel pour rejeter de pareilles fariboles.D'ailleurs cette p<strong>en</strong>sée gnostique hantait l'espritdu Père Teilhard depuis sa jeunesse. Témoin cette lettredu15 Mars 1916 au Père Fontoynont :''A propos de IAssomption, Jung souti<strong>en</strong>dmic la
thèse que, dans la mystique catholique, la montée de lamariologie serait l'oeuvre desJemmes qui ti<strong>en</strong>n<strong>en</strong>t à sevoir bi<strong>en</strong> "représ<strong>en</strong>tées"dans la structure du Royaumedes cieux. Mais ma conviction à moi au contraire, estque cette asc<strong>en</strong>sion si remarquable du marial à côté duchristique est principalem<strong>en</strong>t 1 'oeuvre des hommes, deshommes voués au célibat surtou~ Lesgmnds dévots dela yierge ont été des hommes : Saint Bernad SaintFrançois de Sales, Saint Louis de Gonzague, Saint Berchmans,etc. Tandis que les granak dévois du Christhomme-je ne dis pas du Christ cosmique -ont été desfemmes, Sainte ïïzérèse, etc. Le fond et ïintérêt de laquestion mariale, du jîait marial", c'est à mon avis, detrahir un irrésistible besoin chréti<strong>en</strong> de 'jZminiser.Jutcepar une atmosphère ou <strong>en</strong>veloppe externe, un Dieu,Yawhé, horriblem<strong>en</strong>t masculinisé, ce qui est simplem<strong>en</strong>tune des faces prés<strong>en</strong>tes de la surdécouverte deDieu :Dieu à la fois "cosmhénet"féminiséN<strong>en</strong>réactioncontre un certain 'baternalkme néolithique': trop souv<strong>en</strong>tprés<strong>en</strong>té comme l'ess<strong>en</strong>ce définitive de 1 'Evangile.m'<strong>en</strong> p<strong>en</strong>sez-vous ? Bon courage pour votre belletâche".Voilà sous un langage compliqué et tarabiscotéi'évocation de la "Sophia" des gnostiques ; un Dieufiminisé, c'est la forme %minine du Grand Tout Divin.Par la surdécouverte de Dieu, nous atteignons unHyperthéos, une divinité-Sagesse qui conti<strong>en</strong>t etr<strong>en</strong>ferme tous les êtres dewnivers, du Cosmos.Tout ceci montre bi<strong>en</strong> la formation maqonniquedu Père Teiihard par l'<strong>en</strong>tremise de Maryse Choisy. Ilest donc tout à fait logique de trouver dans la revuemaçonnique, le "Symbolisme" d'avrilljuin 1962, cetteaiTimation significative : "Je ne crois pas que lesthéologi<strong>en</strong>s reconnaiss<strong>en</strong>t facilem<strong>en</strong>t le P. Teilhardcomme un des leurs. Mais il est certain que les maçons,connaissant bi<strong>en</strong> leur art, le salu<strong>en</strong>t comme leurfière<strong>en</strong> esprit et vérité".Hélas ! combi<strong>en</strong> de théologi<strong>en</strong>s l'ont reconnucomme l'un des leurs, malgré les dires de la revue maçonnique.Il fallait que le monde ecclésiastique fût singulièrem<strong>en</strong>tmaçonnisé jusqu'aux sommets de lahiérarchie, pour avoir reconnu et magnifié l'oeuvred'un "Frèd"'Pour terminer et retrouver les principes qui ontdirigé nos recherches dans ce chapitre, nous p<strong>en</strong>sons-devoir citer cette page inédite du célèbre jésuite :'!.. Faire surgir, hors des profondeurs juvéniles,magmatiques de son être, une poussée <strong>en</strong>core in forme,mais puissante, d aspiration et d'espérance illimitées.Mugissem<strong>en</strong>t des vagues sociales ... tous les bruits discordantsqui mont<strong>en</strong>t <strong>en</strong> ce mom<strong>en</strong>t de la masse humainerésonnant à la mesure d'une notre fondam<strong>en</strong>-tale unigue. . Seulem<strong>en</strong>t <strong>en</strong> lui par brusques aflux, àdose massive, d'une sève nouvelle, c'est 1 'esprit religieuxqui bouillonne et se tmnsforme. .."Nous avons bi<strong>en</strong> compris que cet "Espritt' religieux,qui bouillonne <strong>en</strong> surgissant des profondeursmagmatiques, avec des mugissem<strong>en</strong>ts, des vagues etdes bruits discordants, n'est autre que le Serp<strong>en</strong>t<strong>en</strong>fanté par la Terre-Mère, issu de ce monde souterrainet infernal, de ce sol mystérieux et profond, d'où ilest monté pour y attirer à son tour les hommes et lesfaire plonger dans ce "miroir cosmique". parune chutedansle "Néant", le "Nirvana".CONCLUSIONNous constatons que Satan a perfectionné sastratégie depuis les origines de la Gnose. Autrefois, ilproposait aux hommes de les débarrasser de leurcorps, carapace inutile et gangue terreuse, pour les libérer,délivrer leur âme et lui permetixe de s'<strong>en</strong>volerdans le monde de la Lumière.Aujourd'hui, au contrak, il attire i'hornme tout<strong>en</strong>tier, corps et âme, dans les profondeurs chtoni<strong>en</strong>nesde son monde souterrain. Il explique aux hommesque leur âme, ce n'est pas autre chose qu'unmouvem<strong>en</strong>t d'atomes, un mugissem<strong>en</strong>t de vagues, unamas de cellules, de la matière inerte ; que tout celadoit r<strong>en</strong>wr dans sa source originelle, magmatique,dans le COSMOS, le monde dont il est, lui, le Serp<strong>en</strong>t,le maître souverain. C'est ce que les Gnostiques detous temps on appelé le Retour à 1'Unit.k Primordiale.Plus question de libération, d'<strong>en</strong>volée dans l'azur,mais un atroce asservissem<strong>en</strong>t à la matière. Nousavons appelé cette attirance vers le bas, un "Miragecosmique".Nous nous sommes limités à exposer la p<strong>en</strong>séede cinq écrivains contemporains qui jouiss<strong>en</strong>t dansnotre monde paganisé d'un imm<strong>en</strong>se prestige. Nousaurions pu égalem<strong>en</strong>t citer une multitude d'autres auteursd'aujourd'hui qui continu<strong>en</strong>t à diffuser cettep<strong>en</strong>sée gnostique et travaill<strong>en</strong>t avec un acharnem<strong>en</strong>tdiabolique à perdre les âmes. A quoi bon ? Ceux quiont pris la peine de suivre nos études avec toute I'att<strong>en</strong>tionnécessaire, n'auront pas de peine à retrouverles thèmes abordes ici au cours de leurs prochainesledues et seront d'eux-mêmes capables d'<strong>en</strong> reconnaîtrela malfaisance.E.C.
Mgr Marcel LEFEBVRE, a l'époque où il etaitSupkrieur des Pères du Saint-Esprit, avait écrit à M.Alain Tillay pour lui dire son accord de fond au sujetde son ktude sur Teilhard de Chardin :"Cher Monsieur Tilloy, btre ouvrage est une thèsequi montno les amnités de cette doctrine de Teilhardde Chardin avecdes idéologies anci<strong>en</strong>nesseperpétuanttout au long de l'histoire. Le rapprochem<strong>en</strong>t que vous<strong>en</strong> faites est saisissant et fait mieux compr<strong>en</strong>dre le dangerdes ouvrages de Teilhard de Chardin ... Sans avoirpu comme vous étudier ces li<strong>en</strong>s étroits avec la Gnose etles auteurs gnostiques, j'amivafi à la même onc cl us ionque vous dans la contradiction profond?, radicale, lap<strong>en</strong>sée de Teilhard avec celle de Notre Seigneur. --IlNOTES BIOGRAPHIQUES- Michel CARROUGES : ''La mystique duSurhomme" (NRF Galllimard, 1948); tout a fait remarquableà complkter par- Jean CARRERE : "Les mauvais maîtres :Rousseau, Chateaubriand, Balzac, St<strong>en</strong>dhal, Ge<strong>org</strong>eSand, Musset, Baudelaire, Flaubert, Zola" (Plon,1922)- Charles Moeller : "Littérature du XX siécle etchristianisme. 1 Sil<strong>en</strong>ce de Dieu : Camus, Gide, Huxley,Simone Weil, Graham Gre<strong>en</strong>e, Juli<strong>en</strong> Gre<strong>en</strong>, Bernanos"(Casterman, 1947)-"Les Cahiers d'Hermès" publiés sous la directionde Roland de RENEMLLE, N 1 :"Les lettresfrançaises et laTraditionN (LaColombe, 1947)Des monographies importantes :- Paui ARNOLD :"Esotérisme de Baudelaire"(Vrin, 1972)- Jean MASSIN :"Baudelaire <strong>en</strong>tre Dieu et Satan"(Julliard, 1945)- J. de TONQUEDEC : "Sur la philosophiebergsonnieme" (Beauchesne, 1936)- Alain TILLOY :'Teilhard de Chardin, père deI'Eglise ou pseudw prophète T'(Eci. St Michel, 1967)-Paul-Bernard GRENET :"Pierre Teilhard deChardin ou le philosophe malgrk lui". Beauchesne,1960.
Gnose et Islam 11 -Position du Problème2 -Les themesgnostiques dans le Coran3- Le panthéisme des soufis4- Les sectes gnostiques dansl'Isiam5 -L'Islam, véhicule de la Gnosea - par la philosophieb -par la littérature6- ConclusionLWstoire critique des origines de l'Islam reste<strong>en</strong>core à écrire. Jusqu'à ces toutes dernières années,les Islamdogues se sont cont<strong>en</strong>tés de donner une a ppar<strong>en</strong>ce érudite et savante aux lég<strong>en</strong>des répanduesdepuis les origines par les autorités musulaianes pourabêtir p<strong>en</strong>daut des siècles les malheureux peuples duProche-Ori<strong>en</strong>t.Ce faisant, ces histori<strong>en</strong>s sans consci<strong>en</strong>ce etsans scrupule ont <strong>en</strong>foncé les dites populations dansdes m<strong>en</strong>songes et des impostures destinés à les maint<strong>en</strong>irdans un état d'hébétude morale et intellectuelle.Riza Te*& écrivait <strong>en</strong> 1947, a Beyrouth: "J'aiconstaté que la plupart des histori<strong>en</strong>s <strong>en</strong> Ori<strong>en</strong>t sontdépourvus de s<strong>en</strong>s critique et l'histoire -jusqu'au comm<strong>en</strong>cem<strong>en</strong>tdu XCYsiècle - a conservé chez nous soncaractère primit f: celui d'être platem<strong>en</strong>t anecdotique !Quant aux comm<strong>en</strong>taires, ils ont accumulé - au nomde traditions qulh considèr<strong>en</strong>t comme des vérités évid<strong>en</strong>tesparelles-mêmes -un tas de superstitions inv<strong>en</strong>téesparl'imagination populaire. Il <strong>en</strong> ont tant abuséque les comm<strong>en</strong>taires sont pleins de ces anecdotes stupidesqui, loin dëclairer la signification du texte, la terniss<strong>en</strong>tplutôt ; cela embarasse Irntellig<strong>en</strong>ce des g<strong>en</strong>ssimples et ébranle leurfoi."Il a fallu att<strong>en</strong>dre ces vingt dernières années pourtrouver des histori<strong>en</strong>s assez libres et indép<strong>en</strong>dants desmodes intellectuelles au point de percer des trouéesefficaces dans cemur du confofmisrne universitaire.Le premier, le P. Gabriel Théry a dénoncé lesfalsifications de l'histoire répandues par les islamologues; mais il n'a pas osé le faire <strong>en</strong> son nom propre quicep<strong>en</strong>dant faisait déjà dsamm<strong>en</strong>t autorisé <strong>en</strong> lamatière ; il s'est cont<strong>en</strong>té du pseudonyme d'HannaZacharias (ce qui montre <strong>en</strong>tre par<strong>en</strong>thèses quelleforte pression exerce le conformisme inteiiectuel mêmesur des hommes faits, arrivés au sommet des honneursuniversitaires).Cep<strong>en</strong>dant la saine critique historique ne reti<strong>en</strong>drapas grand chose de ses hypothèses, seulem<strong>en</strong>t cetteidée très juste que l'Islam <strong>en</strong> se répandant sur lespopulations chréti<strong>en</strong>nes d'Ori<strong>en</strong>t les a ram<strong>en</strong>és à lapratique du juh-sme et à l'observance de la loi deMoïse.Son disciple et successeur, i'abbé Joseph Bertuel, afait une étude très appronfondie sur les origines del'Islam. II reste prisonnier de plusieurs parmi les théses d'Hama Zacharias. Cep<strong>en</strong>dant, le premier, il a eule courage de "rayer Mahomet du nombre des grandsfondateurs de religion, & lui ôter punom<strong>en</strong>t et simplem<strong>en</strong>tla paternité du Coran", comme il le dit luimême.Il aurait pu rajouter tout simplem<strong>en</strong>t queMahomet n'a pas existé et que sa vie est totalem<strong>en</strong>t Iég<strong>en</strong>daire.Mais alors pourquui avoir gardé cette distinction<strong>en</strong>tre sourates mecquoises et sourates médinoises? C'est un découpage articiel du Coran, opéréaprès coup pour raccrocher le texte du livre à une lég<strong>en</strong>depour laquelle il n'avait pas été écrit.Par ailleurs ses recherches historiques sont passionnantes.On peut dire que, le premier, il a Maim<strong>en</strong>tfait oeuvre d'histori<strong>en</strong> sérieux Enfin le frère BrunoBonnet-Aymard s'est attelé à la tâche écrasante,mais fondam<strong>en</strong>tale de retraduire sérieusem<strong>en</strong>t le C oran.On appr<strong>en</strong>d ainsi que l'auteur de ce livre était unhomme savant, érudit même, qu'il possédait à fondl'hébreu, l'aramé<strong>en</strong>, le grec. Il a été capable ainsi decréer, à partir d'une langue arabe parlée, une langueécrite. II a lui-même f<strong>org</strong>é le vocabulaire reljgieuxnécessaire pour transmettre son <strong>en</strong>seignem<strong>en</strong>t et il adonné a cette langue une structure granmaticale suffisamm<strong>en</strong>tcomplexe pour exprimer des notions religieuseset juridiques amquelies ces nomades étai<strong>en</strong>tpeu habitués.
Le Mre Bruno a déjil tiré de ses traductions desconclusions remarquables qui boulevers<strong>en</strong>t de fond<strong>en</strong> comble toute l'histoire lég<strong>en</strong>daire de l'Islam. 11n'est pas dans no& int<strong>en</strong>tion de repr<strong>en</strong>dre ce travailde premier ordre, mais seulem<strong>en</strong>t d'utiliser plusieursde ses conclusions pour étoffer l'int<strong>en</strong>tion que nousavons de montrer, à travers lliistoire de cette fausse religion,son irnprkgnation par la p<strong>en</strong>sée gnostique dèsl'origine et le rôle qu'elle a joué au cours des sièclesdans la transmission de cette Gnose <strong>en</strong> Occid<strong>en</strong>tchréti<strong>en</strong>.POSITION DUPROBLEMEPour compr<strong>en</strong>dre les origines de l'Islam, il fautbi<strong>en</strong> avoir prés<strong>en</strong>t à l'esprit la toile de fond historiquesur laquelle s'est imprimé lanouveliereligion,Depuis le début de i'ère chréti<strong>en</strong>ne, le Proche-Ori<strong>en</strong>t a été secoué par la lutte séculaire <strong>en</strong>tre l'empireromain et le royaume perse. Jamais les Romains n'ontpu abattre cet empire des Sassanides. Laguerre fut <strong>en</strong>démique,coupée de trèves et de paix provisoires, maistoujours reprise avec des fortunes diverses de part etd'autre. Plusieurs empereurs romains y perdir<strong>en</strong>t lavie : Auréli<strong>en</strong>, Juli<strong>en</strong>, par exemple. C'est bi<strong>en</strong> la nhssitéde se rapprocher du théatre des opérations qui acontraint l'empereur Constantin à installer sa capitaleà Byzance, dev<strong>en</strong>ue Constantinople.Or, dans cette guerre ininterrompue, les Remains ont fait appel aux Arabes et les ont incorporésdans leurs légions sous forme d'auxiliaires ; les roisSassanides égalem<strong>en</strong>t. De sorte que dès le début del'ère chréti<strong>en</strong>ne, il y avait des tribus arabes installées<strong>en</strong> Syrie, <strong>en</strong> Palestine, <strong>en</strong> Egypte, plus ou moinsséd<strong>en</strong>tarisées. En Outre-Jourdain,c'étai<strong>en</strong>t les Nabaté<strong>en</strong>s.Ils avai<strong>en</strong>t été liés partraité de paix et d'assistanceà l'Empire Romain qui les utiiisait pour protéger lesterritoires de l'Empire contre les autres tribus arabesrestées nomades et pillardes.Durant les premiers siècles chréti<strong>en</strong>s, ces Arabesse convertir<strong>en</strong>t au Christianisme. L'un d'eux mêmedevint empereur à Rome, c'est Philippe l'Arabe, àla fois "Fmpérator" et chréti<strong>en</strong>. M. F. Nau nous a naguèreprés<strong>en</strong>té ces "Arabes chréti<strong>en</strong>s" de Mésopotamieet de Syrie du Vil au VJII siècle", c'esta-dire àl'époque de la naissance de l'Islam. JI précise mêmeque le "nom dAllah n apparti<strong>en</strong>t pas aux musulmansmais qu Tl est la p mété des Arabes chréti<strong>en</strong>s."Que s'est-il passé au VJI siécle ? A peu près cequi s'était passé deux siècles plus tôt dans la partie oc-cid<strong>en</strong>tale de l'empire romain. Les Germains, Francs,Wisigoths, Burgondes, installes sur le territoire de laGaule se sont détachés de l'empereur romain dev<strong>en</strong>uimpuissant et se sont proclamés rois indép<strong>en</strong>dants defait, tout <strong>en</strong> maint<strong>en</strong>ant une allégeance théorique àl'Empire. II n'y eut pas d'invasion, pas de massacre depopulations, seulem<strong>en</strong>t quelques batailles contre deslégions romaines restées fidèles à l'Empereur.En Proche-Ori<strong>en</strong>t, après la dernière et la plus viol<strong>en</strong>tedes guerres contre la Perse, l'affaiblissem<strong>en</strong>tdes deux beiligérants fut tel que les chefs des tribusarabes christianisées et installées <strong>en</strong> Syrie, Palestine,Egypte, Mésopotamie ont pris leur indép<strong>en</strong>dance etse sont attribué le pouvoir souverain. Ils se sont fait ouvrirles villes, ils ont expulsé les légions byzantines restéesloyales à l'empereur. L'opération s'est faite <strong>en</strong>quelques années, saas résistance des populations heureusesd'échapper aux contraintes et aux exig<strong>en</strong>ces dei'administration impériale. 11 n'y eut donc pas àproprem<strong>en</strong>t parler d'invasion, de guerre de conquête.Non, une simple prise de pouvoir de la part des chefsde tribus déjà installées sur place.Un phénomène similaire s'est produit <strong>en</strong> Perse.Le dernier des Sassanides, Chosroès II, avait <strong>org</strong>aniséune grande expédition <strong>en</strong> Egypte, au retour de laquelleses armées avai<strong>en</strong>t pillé et détruit Jérusalem, <strong>en</strong> 614,puis emporté le bois de la Vraie Croix. Lesconting<strong>en</strong>ts arabes formai<strong>en</strong>t i'ess<strong>en</strong>tiel de l'arméeperse. Après la reconquête de ces régions par I'empereurHéraclius et la mort de Chosroès II, le royaumeperse tomba <strong>en</strong> querelle dynastique. C'est à i'occasionde cet espèce d'interrègne bouleversé et obscur queles chefs des conting<strong>en</strong>ts arabes prir<strong>en</strong>t le pouvoirégalem<strong>en</strong>t.La rédaction du Coran date de cette époque. Elleest liée à cette prise de pouvoir par les Arabes chréti<strong>en</strong>sauxquels s'adresse l'auteur du livre. L'abbéBertuel se pose cette objection : "Si cet auteur eût étéchréti<strong>en</strong>, il eût tout au long de ses narrations commedans les leçons qu Tl <strong>en</strong> eût dégagé, éclairé le s<strong>en</strong>s et laportée spirituelle des textes par la révélation du Nouveautesta m<strong>en</strong>^"Mais non, M. i'Abbé ! Le Coran n'était pasdestiné à convertir les Arabes au Christianisme, puisqu'ilsétai<strong>en</strong>t déjà chréti<strong>en</strong>s, mais à lesdétourner del'adoration de Jésus-Christ et à les ram<strong>en</strong>er à lapratique du Judaïsme et à l'observance de la loi deMoïse.L'auteur du Coran était donc bi<strong>en</strong> un chréti<strong>en</strong>,mais un hérétique judaïsant, qui niait la divinité de Jé-
sus-Christ. 11 ne lui fallait surtout pas faire appel auNouveau Testam<strong>en</strong>t pour éclairer l'<strong>en</strong>seignem<strong>en</strong>t deson hérésie, puisque lui-même <strong>en</strong> rejetait le fondsm<strong>en</strong>t qui est la divinitê de Jésus. Nous y revi<strong>en</strong>drons.L'Abbé Bertuel ajoute cette réflexion :"On sedemande pourquoi les Ambes ne se sont pas convertisaussitôt au Christianisme qui leur eût dit les chosesplus clairem<strong>en</strong>t et qui les eût aflmnchis radicalem<strong>en</strong>tde 1 'apologétique juive. .."Pourquoi ? Mais parce que les Arabes sont déjàchréti<strong>en</strong>s et qu'il s'agit justem<strong>en</strong>t de les ram<strong>en</strong>er a uneapologétique judaidaisante, celle de l'Anci<strong>en</strong> Testam<strong>en</strong>t,le seul auth<strong>en</strong>tique aux yeux du Coran. Il n'y a pas deNouveau Testam<strong>en</strong>t, puisque le Christ n'est qu'unprophète, successeur de Moïse.Le livre du Coran a été écrit <strong>en</strong> Syrie par un chréti<strong>en</strong>judaïsant pour les Arabes de Syrie. Il n'y a ri<strong>en</strong>dans ce livre qui puisse se rapporter à l'Arabie. Ni laMecque, ni Médine, ni la Kaabane sont m<strong>en</strong>tionnées.Le temple dont il s'agit ne peut être que celui de Jérusalemqu'il faudrait rebâtir.Au cours des siècles suivants, les Chréti<strong>en</strong>sd'Occid<strong>en</strong>t ont toujours considéré les musulmanscomme des chréti<strong>en</strong>s hérétiques. Ils les appelai<strong>en</strong>tsoit des Maures, habitants de Mauritanie, l'&queromaine, soit des Sarrazins, les g<strong>en</strong>s de Syrie, jamaisdes arabes.Même si Son accepte Sétymologie de Sarac<strong>en</strong>i,les "A "Arabes scénites", qui viv<strong>en</strong>t sous la t<strong>en</strong>te, ils'agit toujours de g<strong>en</strong>s v<strong>en</strong>us de Syrie et dans la littératuredu Moy<strong>en</strong>-Age, les réfi5r<strong>en</strong>ces font toujours relationà la "Syria", jamais à l'Arabie, quand il s'agit demusulmans.Même Dante, au XIV siècle, place Mahometparmi les chréti<strong>en</strong>s hérétiques. Ce dernier se déchirela poitrine <strong>en</strong> deux, parce qu'il a divisé SEglise <strong>en</strong>deux. St Jean Damascène ( md <strong>en</strong> 749) accuse le fondateurde l'Islam "d'avoir eu des colloques avec un certainmoine ari<strong>en</strong>" et classe la "superstition desIsmaélites" parmi les hérésieschréti<strong>en</strong>nes.Précisons <strong>en</strong>core que les Arabes n'ont pas conquisle reste du bassin méditerrané<strong>en</strong>. Lorsque les populationssous leur domination ont passé dans leur"superstition", croyant cep<strong>en</strong>dant rester chréti<strong>en</strong>s, ellessont parties a l'av<strong>en</strong>ture, les Syri<strong>en</strong>s sur leurs navirespour pirater les côtes occid<strong>en</strong>tales et fournird'esclaves les harems d'ori<strong>en</strong>t, les maures sur 1'Espa-gne pour la piller et la &er, puis s'installer dans descités prospères.On a remarqué que, dans les conting<strong>en</strong>ts islamisés,les Arabes étai<strong>en</strong>t une infime minorité noyée sousde multiples apports étrangers. En Espagne, presqueuniquem<strong>en</strong>t des Berbères et des Touareghs, des Slavesaussi,anci<strong>en</strong>s esclaves d'Europe c<strong>en</strong>trale, formantdes corps & janissaires et parv<strong>en</strong>ant aux plus hautessituations <strong>en</strong> Islam, beaucoup de chréti<strong>en</strong>s convertisde gré ou de force, <strong>en</strong>fii les Mozarabes, indigènes restéschréti<strong>en</strong>s, mais plus ou moins arabisés et presqueassimilés.Seules les populations paysannes ou montagnardesont résisté longtemps et efficacem<strong>en</strong>t à Sinvasionde l'Islam, les Fellahs d'Egypte, les Kabyles <strong>en</strong>Algérie, les chréti<strong>en</strong>s dans les montagnes du nord del'Espagne.Enfin i'exist<strong>en</strong>ce de Mahomet est restée, plusieurssiècles après la conversion de l'Islam, inconnuedes populations converties. En Espagne, p<strong>en</strong>danttout 1eVIIIsiècle et le début du IX siècle, aucun ouvragede polémique <strong>en</strong>tre chréti<strong>en</strong>s et musulmans nem<strong>en</strong>tionne lapersonne de Mahomet.En 857, Euloge écrit :"Comme je me trouvais aumonastère & Leyre (au nord de l'fipagne), je pris connaissancedans le désir & m7nstnrire, de tous les livresqui y étai<strong>en</strong>t réunis, lisant ceux qui mëtai<strong>en</strong>t inconnus.Soudain, dans un petit ouvrage anonyme, je découvrisune historiette sur un prophète néfaste." C'était mahomet.Il résuma cette histoire dans son "Apologétiquedes martyrs", l'<strong>en</strong>voya à Jean de Séville qui la fitconnaître.Alvarez de Cordoue parle de Mahomet dansson "Indidus luminosus". Un moine de S<strong>en</strong>s, Gautier,compose un poème sur lui. Hildebert, évêque duMans, compose un autre poème <strong>en</strong> seize chants,intituié "Historia Mahumeti", composé <strong>en</strong> 1100, danslequel Mahomet est prés<strong>en</strong>té comme un baron duMoy<strong>en</strong>-Age, <strong>en</strong>touré de vassaux dévoués, ce qui donneune opinion que l'on se faisait de sa personne parmiles chevaliers des croisades.C'est donc à juste titxe que M. SAbbé Bertuel posela question, qui reste <strong>en</strong>core sans réponse aujourd'hui: "Le seul mystère qui subsiste est purem<strong>en</strong>td'ordre historique ;pourquoi et comm<strong>en</strong>t. après un siècleet demi dOubli de l'apôtre ambe, les musulmans duIX siècle ont-ils fabriqué des vies de Mahomet quiallai<strong>en</strong>t &?v<strong>en</strong>ir la p<strong>en</strong>sée universelle des adeptes delïslam T'
LES THEMES GNOSTIQUES DANS LECORANEn 1874, le professeur Ad. v. Harnack, dans sathèse de lic<strong>en</strong>ce, déclarait que le mahométisme n'étaitqu'une lointaine dérivation de la Gnose judéwchréti<strong>en</strong>neet non une religion nouvelle. 11a constamm<strong>en</strong>tmaint<strong>en</strong>u cette vue fondam<strong>en</strong>tale. C'est ce que nousallons démontrer.L'auteur du Coran est un religieux, moine judéo-chréti<strong>en</strong>,appart<strong>en</strong>ant à une communaité dérivéedes anci<strong>en</strong>s ébionites, les "Pauvres de Jérusalem".St Irénée nous avait déjà expliqué, <strong>en</strong> II Siècle, que cesEbionites niai<strong>en</strong>t alors la divinité de Jésus-Christ etrestai<strong>en</strong>t très attachés a la pratique du Mossi-sme, reprochantaux chréti<strong>en</strong>s de la Grande Eglise leur abandonde laloi de Moïse.L'auteur du Coran possède une connaissanceminutieuse et approfondie de tout I'Anci<strong>en</strong> Testam<strong>en</strong>t.Pour lui, il n'y a pas de Nouveau Testam<strong>en</strong>t.Jésus-Christ n'est qu'un prophète dans la lignée deMoïse.Ses sources sur le Messie sont toutes tirées d'ouvragesapocryphes, rejetés par la Grande Eglise chréti<strong>en</strong>negrecque ou latine. Sa bibliothéque estcomposée de pseudépigraphes a caractère gnostique :"L'Evangile de l'Enfance", rédigé <strong>en</strong> syriaque, le "Protévangilede Jacques le Mineur", I'Evangile de Thomas"ouvrage gnostique bi<strong>en</strong> connu aujourd'hui,"I'Evangile du pseudo-Mathieu", rédigé d'abord <strong>en</strong>langue hébraïque.La plupart de ces apocryphes avai<strong>en</strong>t ététraduits <strong>en</strong> arabe a cette époque. On trouve <strong>en</strong>coredans sa bibliothèque des apocryphes de l'Anci<strong>en</strong> Testam<strong>en</strong>t,le "Livre des Jubilés" d'où il a tiré l'"histoire deSatan le lapidé" et les remontrances d'Abraham à sonpère Tharé, comme l'explique Siderski, dans ses "Originesdes lég<strong>en</strong>des musulmanes dans le Coran". Or le"livre des Jubilés" appart<strong>en</strong>ait à la littérature ébionite ;on <strong>en</strong> a retrouvé des extraits à Qumran.L'auteur du Coran t<strong>en</strong>d de toutes ses forces à ruinerle dogme fondam<strong>en</strong>tal du Christianisme, la divinitédu Sauveur. Il a admis Jésus comme un prophèteémin<strong>en</strong>t, comme le Verbe et l'Esprit de Dieu, maisdans la lignée des autres prophètes <strong>en</strong> le rattachant directem<strong>en</strong>tà la révélation de Moïse.Pour cela il a affirmé que Marie, mère de Jésus,était la soeur d'Aaron et de Moïse : "O soeur dxaron,ton père n 'était pas un père indigne, ni ta mère uneprostituée"(comme i'affirm<strong>en</strong>t les Juifs). Elie était vierge,puisque Isaïe l'avait annoncé et que les livres apocryphes,comme le "PseudwMathieu" et le "Protévangilede Jacques" 1'aff"irm<strong>en</strong>t aussi. Donc le Christ-Jésusn'est que le neveu de Moïse.LI fallait une singuliére audace pour télescoperainsi les siècles et faire croire au VI1 siècle a une lég<strong>en</strong>desi contraire à toute l'histoire religieuse connuedepuis longtemps. Hama Zacharias a bi<strong>en</strong> développéce point capital.Ensuite Jésus-Christ n'est pas fils de Dieu.Comm<strong>en</strong>t cela se pourrait-il ? "Lui qui a formé lescieux et la &ne, comm<strong>en</strong>t auraitil eu un fils, lui qui n apas de compagne r' - "lis (les chréti<strong>en</strong>s) dis<strong>en</strong>t :Dieu aunfiIs. Parsa gloire, non. Dites plutôt que tout ce qui estdans les cieux et sur la terre luiapparti<strong>en</strong>t et lui obéitn. -I.Iésus est aux yeux de Dieu ce qu 'est Adam. Dieu leformade la poussière, puis il dit : "Sois et il fut". Jésus estdonc bi<strong>en</strong> créé et non <strong>en</strong>g<strong>en</strong>dré.11 n'y a qu'un seul Dieu. Les arabes chréti<strong>en</strong>sprofessai<strong>en</strong>t le dogme trinitaire et employai<strong>en</strong>t le mottathlith pour le designer ; ils savai<strong>en</strong>t distinguer lestrois personnes par le terme uqnum, d'origine syria-Fe.L'auteur du Coran s'élève avec force contre cedogme :"O vous qui avez reçu les Ecritures, dans votre religion,ne dépassezpas la juste mesure, ne dites de Dieuque ce qui est vrai. Le Messie, Jésusfils de Marie, est1 apôtre de Dieu et son Vérbe qu 'iljeta dans Marie. II estun esprit v<strong>en</strong>ant de Dieu. Croyez donc <strong>en</strong> Dieu, à sesapôtres et ne dites point : ily a Trinité. Cessez de le faire.Ceci vous sera plus avantageux, car Dieu est unique.Gloire à Lui. ..""Gloire à Dieu qui n a pas pris de fils pour Lui etqui n 'apasd 'associé dans son royaume ... MagniJiez Legrandem<strong>en</strong>t i.""Ceux qui sont impies ont certes dit : Dieu est leMessie,jils de Marie. Or le Messie a dit : O Fils d Ysraël!Adorez Dieu, mon Seigneur et le vôtre !A quiconquedonne des Associés à Dieu, Dieu interdit le Jardin ; celui-làaura le feu comme refuge. .." etc.. etc ...Pour le Coran, les chréti<strong>en</strong>s qui ador<strong>en</strong>t Jésussont des "mushri kûn", des associateurs, puisqu'ils associ<strong>en</strong>tJésus à Dieu, des polythéistes, puisqu'ils ad*r<strong>en</strong>t trois Dieux, des idolâtres, puisqu'ils font de Jésusune idole, des infidèles, puisqu'ils refus<strong>en</strong>t de suivre laloi de Moïse.En toutes ces accusations il s'agit toujours des
chréti<strong>en</strong>s et jamais des peuplades paie~es de l'Arabie.LI y a là une volonté délibérée de détacher les arabeschréti<strong>en</strong>s de Syrie de i'adoration de NotreSeigneur.Enfii Jesus-Christ n'a pas été crucifie. En niantsa mort sur la croix, I'auteur du Coran a ôté tout motifde croire à son sacrifice expiatoire pour le g<strong>en</strong>re humain.Jésus-Christ n'est pas le Saweur.Or cette thèse est proprem<strong>en</strong>t gnostique. L'Evangiieapocryphe de St Barnabé (Le pseudo-Barnabé)dit que Dieu permit que Judas eût i'appar<strong>en</strong>œ duSauveur et fût crufié à sa place. Basilide prét<strong>en</strong>dqu'on substitua à Jésus Simon de Cyrène. Les maniché<strong>en</strong>saffii<strong>en</strong>t égalem<strong>en</strong>t que Jésus n'est mortqu'<strong>en</strong> appar<strong>en</strong>ce. C'est le docétisme (du grec ,sembler, paraître)"11%(les Juifs) dis<strong>en</strong>t : Nous avons mis à mort leMessie, Jésus, fils de Marie, 1 '<strong>en</strong>voyé de Dieu. Non, ilsne I'ontpoint tué, ifs ne font point crucifi. Un hommequi lui ressemblaitfit mis à sa place et ceux qui disputai<strong>en</strong>tlà-dessus ont été eux-mêmes dans le doute. Ilsne savai<strong>en</strong>tpas de sci<strong>en</strong>ce certaine, ils ne faisai<strong>en</strong>t quesuivre une opinion. Ils ne l'ont point tué réellem<strong>en</strong>t.Dieu l'a élevéà Luiet Dieu estpuissant etsage".L'auteur du Coran montre par la l'erreur desJuifs, tout fiers d'avoir crucifié un imposteur et les discussions<strong>en</strong>tre gnostiques ne sachant qui a été substitut5au Christ sur la Croix.Cette "élévation" du Christ dont parle le texte citén'a pas du tout le s<strong>en</strong>s que lui donn<strong>en</strong>t les chréti<strong>en</strong>s.La Bible raconte i'asc<strong>en</strong>sion d'Hénoch et d'Elie dansun tourbillon de feu ; les apocryphes racont<strong>en</strong>t égalem<strong>en</strong>tcelles de Moïse et d'Isaïe. Il s'agit <strong>en</strong>core d'unelég<strong>en</strong>degnostique passée dans les mythes religieux dei'ûri<strong>en</strong>t et donc dans le Coran.Cette "asc<strong>en</strong>sion" suppose l'exist<strong>en</strong>ce des septcieux, <strong>en</strong>seignée par les rabbins. A la limite du septièmeciel se trouve "l'horizon supérieur" où se ti<strong>en</strong>t "lejujubier de la limite", l'arbre qu'il faut traverser pouratteindre le huitième ciel, le Plérôme des Gnostiques.Ces derniers parl<strong>en</strong>t d'une "crucifixionn, c'est-à-dired'un passage par le , la croix-limite. Le Coran quirejette toute idée de croix, y a substitué un arbre, le jujubier.Mais l'idée est la même. Le Christ a passé la limite,comme Mani et tous ses successeurs, lesB wddhas.L'auteur du Coran est donc bi<strong>en</strong> inspiré par touteune littérature apocryphe de caractère gnostique,qui compose l'ess<strong>en</strong>tiel de sa docum<strong>en</strong>tation sur leChrist.Mais, s'il est chréti<strong>en</strong>, il est egalem<strong>en</strong>t et surtoutjuif. Les dons de Dieu sont sans rep<strong>en</strong>tance, p<strong>en</strong>se-til.Le Peuple Juif reste le Peuple Ely même après ladestruction du Temple. Et il est fier d'appart<strong>en</strong>ir auPeuple Elu et il att<strong>en</strong>d cette reconstruction du Temple,comme tous ses confréres <strong>en</strong> religion, les moinesébionites.11 ne s'agit donc pas pour lui de convertir les peuplesde i'Ori<strong>en</strong>t au Judaïsme : ils ne sont pas le PeupleElu. Ii s'agit très exactem<strong>en</strong>t de les préparer à vivre"more judzaico", <strong>en</strong> suivant la loi de Moïse, mais nonpas de leur attribuer le vrai culte sacrificiel duTemple.Aussi le Coran ne comporte pas de rites proprem<strong>en</strong>tjuifs. Les fidèles d'AUah se cont<strong>en</strong>t<strong>en</strong>t d'adorer et deprier Dieu. Leurs mosqukes sont vides de toute prés<strong>en</strong>cede la divinité. Ii n'y a pas de Saint des Saints, pasd'autel pour le Sacrifice. Le vrai culte de Dieu nepourra être rétabli qu'après la reconstruction du Temple.Ce qui montre que les Ebionites, les "Pauvres deYahvé" sont restés fidèles àl'hci<strong>en</strong> Testam<strong>en</strong>t.L'auteur du Coran a profité de i'éclipse que connaissaitau VI1 siècle la puissance de i'autorité romainepour ram<strong>en</strong>er ces arabes chréti<strong>en</strong>s, dét<strong>en</strong>teurs dupouvoir politique, à la pratique des "Craignants-Dieu", des prosélytes juifs d'autrefois. Ceux-ci,n'étant pas juifs, ne pouvai<strong>en</strong>t approcher du cuitesacrificiel du Temple ; ils se t<strong>en</strong>ai<strong>en</strong>t sur le parvis ;c'étai<strong>en</strong>t les "gérim", dont le mot est la traduction<strong>en</strong>grec.Les musulmans pratiqu<strong>en</strong>t l'Islam, la soumissionà Dieu ; ils le pri<strong>en</strong>t <strong>en</strong> att<strong>en</strong>dant son retour àJérusalem. C'est une religion d'att<strong>en</strong>te, provisoire.Les thèmes gnostiques reconnus dans le Coran n'ontpas passés dans la pratique religieuse des musulmans,car ils rest<strong>en</strong>t "ésotériques", réservés aux initiés. Nousles retrouverons chez les soufis.L'auteur du Coran est très sévère pour les juifsqui ont suivi les rabbins, persécuteurs de Jésus. Par làils ont brisé la succession des prophètes, ils ont diviséle peuple élu Iile leur dit :"1s(les Juifs) n'ontpas cru àJésus ; ils ont inv<strong>en</strong>té contre Marie un m<strong>en</strong>songe atmce." il ajoute :"Tu trouveras certes que les g<strong>en</strong>s les plushostiles à c m qui croi<strong>en</strong>t sont les Juifs et lesAssociateurs et tu trouveras que les plus proches de ceuxquimi<strong>en</strong>tparl amitié, sont ceuxquidis<strong>en</strong>t : nom sommeschréti<strong>en</strong>s. C'est que parmi ceux-çi se trouv<strong>en</strong>t desprêtres et des moines et que ces g<strong>en</strong>s ne s'<strong>en</strong>fl<strong>en</strong>t pointd<strong>org</strong>ueip. Texte capital à bi<strong>en</strong> compr<strong>en</strong>dre.Les Juifs rabbiniques et les chréti<strong>en</strong>s "associateurs"ont coupé <strong>en</strong> deux la tradition de Moïse, celledu Sinai. Seuls, les Judéochréti<strong>en</strong>s ont conservé intact
le dépôt. de la tradition, complétem<strong>en</strong>t, jusqu'a Jésus-Christ compris. Ils ont des prêtres et des moines, les"Pauvres de Yahvé", les ébionitesdonc.Ils ont gardé la loi de Moïse, complété par lesconseils évangéliques, qui accompliss<strong>en</strong>t la Loi. Ilsont donc la plénitude de la Révélation sans fracture.Ils <strong>en</strong> sont fiers, mais point <strong>org</strong>ueilleux(?).Un islamologue actuel, Roger Arnaldez, dansson livre intitulé : "Jésus, fils de Marie, prophète del'Islam", met côte a côte des textes du Coran qui tantôtmagnifi<strong>en</strong>t les moines chréti<strong>en</strong>s, tantôt les dénonc<strong>en</strong>t: "L'histori<strong>en</strong>, dit-il, aurait à faire a propos de la diversitéde ces textes, à la lettre contradictoire, de nombreusesréflexions et des recherches sur lescirconstances qui leur serv<strong>en</strong>t de fond".Il n'a pas compris qu7ilya deux sortes de chréti<strong>en</strong>s,les "associateurs" qui ador<strong>en</strong>t Jésus et les "Judéo-chréti<strong>en</strong>s"qui le vénèr<strong>en</strong>t comme un grandprophète. Comme l'auteur du Coran s'adresse à desarabes déjà chréti<strong>en</strong>s, il fallait les mettre <strong>en</strong> garde contreles premiers et les convertir a la religion chréti<strong>en</strong>nejudai-sée des seconds.L'auteur du Coran est nécessairem<strong>en</strong>t un moineébionite. St Jérôme avait expliqué jadis que les communautésébionites étai<strong>en</strong>t nombreuses dans toutesles villes de l'Ori<strong>en</strong>t, qu'elles possédai<strong>en</strong>t dessynagogues, qu'elles déclarai<strong>en</strong>t être "les vrais chréti<strong>en</strong>s",qu'eues étai<strong>en</strong>t dénoncées par les rabbins commeunesecte de Miné<strong>en</strong>s.C'est bi<strong>en</strong> dans cette direction qu'il faut chercherl'auteur du Coran et non chez les Nestori<strong>en</strong>s,vrais chréti<strong>en</strong>s, adorateurs de JésusChrist et doncincapables d'avoir écrit ce livre. On a cité des noms :Bahira, Sergius, Gi<strong>org</strong>i, Nestour ... Aux histori<strong>en</strong>s depoursuivre leurs recherches ...Enfin un autre texte capital du Coran nousmontre dans quel milieu gnostique vivai<strong>en</strong>t les ébionites:"Ceux qui croi<strong>en</strong>t, ceux qui pratiqu<strong>en</strong>t le judakme,les Chréti<strong>en</strong>s, les Sabé<strong>en</strong>s - ceux qui croi<strong>en</strong>t <strong>en</strong>Dieu et au dernierjour et accompliss<strong>en</strong>t oeuvrepie -ontleur rétribution auprès de leur Seigneur. Sur eux, nullecrainte et ils ne serontpoint attristés ... Au jour de la résurrection,Dieu distinguera <strong>en</strong>tre ceuxquiauront cru -ceux qui auront pratiqué lejudaikme. les Sabé<strong>en</strong>s, lesChréti<strong>en</strong>set 1esZoroastri<strong>en</strong>s -et ceuxqui auront été associateurs.Dieu de toutechose est témoin."Donc pour l'auteur du Coran, les Chréti<strong>en</strong>s(c'està-dire les ébionites), les Sabé<strong>en</strong>s et les Zoroas-tri<strong>en</strong>s pratiqu<strong>en</strong>t le Judaïsme, ils sont fidèles à l'Anci<strong>en</strong>Testam<strong>en</strong>t, ils s'oppos<strong>en</strong>t radicalem<strong>en</strong>t aux"associateurs", les chréti<strong>en</strong>s de la Grand Eglise quiador<strong>en</strong>t ~ésuschrist et ont rejeté la loi de Moïse.Les Sabé<strong>en</strong>s s'appell<strong>en</strong>t <strong>en</strong>core chaldé<strong>en</strong>s,parfois nazaré<strong>en</strong>s ou chréti<strong>en</strong>s de St Jean, parce qu'ilsprét<strong>en</strong>d<strong>en</strong>t se rattacher à St Jedaptiste et qu'ils pratiqu<strong>en</strong>tun baptême quotidi<strong>en</strong> par immersion. Us sedis<strong>en</strong>taussi mandé<strong>en</strong>s ; du mot "manda" qui signifie'l~~nnai~~an~e'l, donc "gnose".Leur <strong>en</strong>tité divine s'appelle "Gnose de Vie". Ontrouve dans leur liturgie le bon berger et la vigne.Leurs textes ont été codifiés au VIIi siècle, pour résisterà la pénétration de l'Islam. Ils appell<strong>en</strong>t leur Homme-Dieu,Enosch-Uthra. Or dans les manuscritsmaniché<strong>en</strong>s et bouddhistes d'Asie C<strong>en</strong>trale, Enoschest prés<strong>en</strong>té comme un avatar de Mani, le Bouddha.Leur <strong>en</strong>seignem<strong>en</strong>t est conforme a celui des Maniché<strong>en</strong>s.AuXi siècle <strong>en</strong>core, l'histori<strong>en</strong> musulman, ElFirdousi, désigne les moines bouddhistes sous le nomde Sabé<strong>en</strong>s.Les Zoroastri<strong>en</strong>s aussi sont des gnostiques.Nous ne savons pas grand chose sur Zoroastre luimême,appelé Zaroust dans les manuscrits maniché<strong>en</strong>set bouddhistes. Son <strong>en</strong>seignem<strong>en</strong>t est cont<strong>en</strong>udans le Z<strong>en</strong>dAvest. rédigé au III siècle de notre ère ài'époque où Mani diffusait sa doctrine <strong>en</strong> Perse et <strong>en</strong>Inde. On l'appelaitun livre d'Abraham. Ii conti<strong>en</strong>t unehistoire de la création, du déluge, lavie d'Adam, de J oseph, de Moïse, de Salomon, prés<strong>en</strong>tés conformém<strong>en</strong>tà l'<strong>en</strong>seignem<strong>en</strong>t de la Bible. On y annonce leMessie promis et son "étoile".Les Nestori<strong>en</strong>s prét<strong>en</strong>d<strong>en</strong>t que Zoroastre étaitdisciple de Jérémie et qu'il <strong>en</strong>voya les Mages a Bethleempour la naissance du Christ. Il était sans doute juiflui-même. II <strong>en</strong>seignait dans la cité des Mèses aOurmia, près du lac Ouroumia, dans le nord du Kurdistanactuel. Son <strong>en</strong>seignem<strong>en</strong>t, repris par Mani, estpurem<strong>en</strong>t gnostique, avec un culte du Soleil, le doubleprincipe du Bi<strong>en</strong> et du Mal <strong>en</strong> conflit éternel, etc ...Enfin, comme tout un chacun, i'auteur du C oran finit bi<strong>en</strong> un jour par mourir. Ses disciples, les Seigneursmusulmans de Syrie, débarassés de leurmaître, peu étouffés par les scrupules religieux, maistrès avides de domination et de puissance politique,ont dû utiliser ce Coran comme un outil d'asservissem<strong>en</strong>tet d'abêtissem<strong>en</strong>t des populations à peine islamisées,pour les détourner des velléités qu'ils aurai<strong>en</strong>tpu avoir de retourner au Christianisme ou même pire,de faire appel aux "Roumis" et aux armées byzantinesafin de les débarrasser de leurs nouveaux tyrans. Içi,
nous ne savons plus ri<strong>en</strong> ... Aux histori<strong>en</strong>s de rechercher...LEPANTHEISMEDES SOUF'ISOn p<strong>en</strong>se que le mot " sd" vi<strong>en</strong>t de sûf' qui veutdire "laine", parce que les soufis portai<strong>en</strong>t le costumedes philosophes néoplatoinici<strong>en</strong>s, grand manteau delaine blanche, lakhirka, bâton et longue barbe. Cep<strong>en</strong>dantil est plus logique d'y voir une transcription dugrec 60 GS sage, que l'on retrouve dans "faylasôf' dugrec ($"C~O~O(POS.Les derviches et les faquirs sont eux aussi dessoufis populaires.Us se prét<strong>en</strong>d<strong>en</strong>t philosophes, <strong>en</strong> fait, ils sontmystiques et contemplatifs. Ils se prét<strong>en</strong>d<strong>en</strong>t musuimans,<strong>en</strong> fait, ils sont bouddhistes. Tous, comme lesgnostiques, admett<strong>en</strong>t une double doctrine, l'ésotérismeou intérieure (batn), réservée aux. initiés etl'exotérique ou extérieure (sahr) pour le vulgaire. Ilsemploi<strong>en</strong>t tous leurs efforts à faire concorder un à unleurs principes avec les dogmes mahométans, demanièreà <strong>en</strong> établir l'orthodoxie aux yeux des autoritésmusulmanes. Mais c'est un concordisme Miciel quinetrompe personne.Un érudit du siècle dernier, spêcialiste de la littératuresanscrite et hindoustani, M. Gmin de Tassy, arésumé <strong>en</strong> 9 propositions tout l'<strong>en</strong>seignem<strong>en</strong>t dessouf1s :" 1 Dieu seul existe, il est dans tout et tout est <strong>en</strong>lui et tout est lui-même.2 Tous les &es, visibles et invisibles, <strong>en</strong> sont uneémanation, "divinae marticuia aurea" et n'<strong>en</strong> sont pasréellem<strong>en</strong>t distincts.3 Les soufis ne sont pas assujettis à la loi extérieure.Le paradis et l'<strong>en</strong>fer, tous les dogmes <strong>en</strong>fin desreligions positives ne sont pour le soufi que desallégories dont seul il connaît l'esprit.4 Ainsi les religions sont inciiffer<strong>en</strong>tes. Elles serv<strong>en</strong>tcep<strong>en</strong>dant de moy<strong>en</strong> pour arriver à la réaiité.Quelques unes peuv<strong>en</strong>t être plus avantageuses que lesautres pour atteindre ce but, <strong>en</strong>tre autres la religionmusulmane, dont ladodrine des soufis est la philosephie.5 Il n'existe pas réellem<strong>en</strong>t de Wer<strong>en</strong>ce <strong>en</strong>tre lebi<strong>en</strong> et le mai, puisque tout se réduit àl'unité et que ainsiDieu est <strong>en</strong> réalité l'auteur des actions de l'homme.6 C'est Dieu qui détermine la volonté del'homme et ainsi ce dernier n'est pas libre dans ses actions.7 L'âme préexiste au corps et y est <strong>en</strong>fermécomme dans une cage ou dans une prison. La mortdoit donc être l'objet des voeux des soufis, car c'estalors qu'il r<strong>en</strong>tre dans le sein de la divinité dont il émaneet qu'il obti<strong>en</strong>t ce que les bouddhistes nomm<strong>en</strong>t l<strong>en</strong>irvana, c'est-àdire i'anéantissem<strong>en</strong>t <strong>en</strong> Dieu.8 C'est par la métempsychose que les âmes quin'ont pas rempli leur destination içi-bas sont purifiéeset devi<strong>en</strong>n<strong>en</strong>t dignes d'être réunies à Dieu,9 La principale occupation des soufis doit êtrede méditer sur l'unité et de s'avancer progressivem<strong>en</strong>tparles divers degrés de la perfection spirituelie afii demourir <strong>en</strong> Dieu et d'atteindre dès ce monde à l'unüïcationavec Dieu"Il suffit de comparer ces neuf propositions avecceiles que nous avons développées dans notrepremiére étude sur "La Gnose, tumeur au sein de 1'Eglise"Ils <strong>en</strong>seign<strong>en</strong>t à mepriser tout ce qui est terrestre,à diriger son âme vers ce qui seul demeure, l'Etre divin,à se dépouiller, se dégager de l'appar<strong>en</strong>ce de l'exist<strong>en</strong>cepersonnelie pour s'associer à l'exist<strong>en</strong>ce divine,la seule réelle, à "sënivrer de la boisson stupéfiante dela beauté de la lumière divine".Le soufi doit s'absorber <strong>en</strong> Dieu Les poètes arabessoufis écriv<strong>en</strong>t : "PuriBe-toi de tout attribut dumoi afin de percevoir ton ess<strong>en</strong>ce brillante" -"Laissez-moi dev<strong>en</strong>ir inexistant, car la nonexist<strong>en</strong>ceme crie avec les acc<strong>en</strong>ts d 'un <strong>org</strong>ue : C'est à lui que nousretournons!' -"Aperçois dans ton coeur la connaissancedu Prophète, sans livre, sans maître, sans instructeur."On pourrait multiplier les formules de ce g<strong>en</strong>re.A quoi bon ! Nous sommes <strong>en</strong> pleine Gnose bouddhique.Cette doctrine ésotérique de l'Islam n'est que lepanthéisme indi<strong>en</strong>. On y retrouve les e mm du Ved<strong>en</strong>ta qui <strong>en</strong>seigne selon Vyaçadavera l'unité de tousles êtres, ceiles du Sankia qui <strong>en</strong>seigne selon Kapila l<strong>en</strong>éant des chosesvisibles.Il s'est constitué aux confins du monde musulmanet du monde bouddiste une zone intermédiaire,une sorte d'interland, où des sectes mixtes,mi-bouddistes, mi-musulmanes ont rapproché lesélém<strong>en</strong>ts opposés des deux religions, par exemple lesKabirs-panthis et les Sikhs.Les musulmans de l'Inde r<strong>en</strong>d<strong>en</strong>t un culte égalleurs saints Muinuddin et Marçud Gâzi et aux saintshindous, Kabir et Ramariand. Un soufi indi<strong>en</strong>, Sadjâni,faisant avec autant de ferveur le pouja (adoration)et le dandawat (prosternation) dans la pagode
queles prièresmusulmanesdanslesmosquées.Les soui3s ont repris la position accroupie desmoines bouddhistes pour méditer :"Reste accroupicomme l'<strong>en</strong>fant dans le sein de sa mère", dit l'auteurdu "Mantic Uthar", un persan. C'est la position quivous prépare au retour dans la terre-matrice originellede la vie la des gnostiques. Pour les soufis musulmans,tous les êtres sont de même nature. Lamétempsychose permet de passer d'un corps humainàun corps animal, àuneplante, etc ...Il nous plaît de citer, à cette occasion, une séancede derviches hurleurs et tourneurs que ThéophileGautier nous a décrite à son retour de voyage <strong>en</strong>Ori<strong>en</strong>t. Il était allé, comme beaucoup de romantiques,à la recherche de la Religion primitive. Son voyageétait un 'Télerinage aux Sources". La scène se passe àConstantinople. Il nous montre d'abord les derviches,rangés autour de l'Imam, balançant la têted'avant <strong>en</strong> arrière et vice-versa, puis accélérant lemouvem<strong>en</strong>t, tirant de leur poitrine un hurlem<strong>en</strong>t rauqueet prolongé qui ne semble plus appart<strong>en</strong>ir à la voixhumaine :"L'inspiration arrive peu à peu, les yeux brill<strong>en</strong>tcomme des prunelles de bêtes fauves au fond duneverne, une écume épileptique mousse aux commissuresdes lèvres, les visages se décompos<strong>en</strong>t et luis<strong>en</strong>tlividem<strong>en</strong>t sous fa sueur; toute lafilese couche et se relèvesous un soume invisible comme des épis sous unv<strong>en</strong>t dbmge et toujours à chaque élan, le terrible cri.-'411ah !Hou !"se répète avec une énergie croissante ..."Cet emportem<strong>en</strong>t qui se prét<strong>en</strong>d mystique, <strong>en</strong>fait, est bestial, un retour à l'animalité avant de redev<strong>en</strong>irnéant et pourriture dans la terre.A ce mom<strong>en</strong>t, Gautier aperçoit parmi les spectateurs,deux religieux capucins qui riai<strong>en</strong>t dans leurbarbe. Sa colère éclate alors : "Oh ! ce rire !... Ils nesongeai<strong>en</strong>t pas, dit-il, qu'eux-mêmes étai<strong>en</strong>t des dervichescatholiques, se morüiïant d'une autre manièrepour se rapprocher d'un dieu différ<strong>en</strong>t ..."Moi, je compr<strong>en</strong>h le prêtre dAthis, le fakir hindou,le trappiste et le derviche se tordant sous l'imm<strong>en</strong>sepression de fëternité et de l'infini et tâchantdhpaiser le dieu inconnu par l'immolation de leurchair et les libations de leur sang. Ce derviche qui faisaitrire les capucins, me paraissait à moi aussi beau,avec sa Jigure halluciné, quele moine de Zurbaran,livide d'extase et ne faisant briller dans son ombre qu h-ne bouche quiprie et deux mains éternellem<strong>en</strong>tjointes"Théophile est incapable de distinguer un retourà l'animalité la plus grossière et la plus viol<strong>en</strong>te d'avecuae spiritualisation du corps parla prière et la méditation.JI y a là une confusion absurbe <strong>en</strong>tre la véritablemystique qui vous élève vers Dieu et sa contrefaçondiabolique qui vous rabaisse au niveau de la bête. ilfaut une forte myopie intellectueUe et spirituelle pourne pas saisir la difEer<strong>en</strong>ce.LES SECIES GNOSTIQUES EN ISLAMOutre les soufis qui sont les vrais gnostiques del'Islam, on doit noter <strong>en</strong>core la prés<strong>en</strong>ce <strong>en</strong> terre musulmanede communautés gnostiques anci<strong>en</strong>nes, déjàflorissantes avant la naissance et l'expansion duMahométisme et qui ont survécu péniblem<strong>en</strong>t <strong>en</strong> serepliant sur ellesmêmes : ce sont les Druzes les Ansari<strong>en</strong>s,IesYésidis.Aujourd'hui ces communantés ont perdu le s<strong>en</strong>sde leur anci<strong>en</strong>ne doctrine. Jk plus grand nombre deces sectaires viv<strong>en</strong>t misérablem<strong>en</strong>t, cherchant à passerpour musulmans aux yeux des autorités, pr<strong>en</strong>ant àl'Islam quelques pratiques extérieures qui ne lesgèn<strong>en</strong>t pas. Mais ils sont pleins de mépris pour les musulmans,ils se haiss<strong>en</strong>t mutuellem<strong>en</strong>t et ne s'uniss<strong>en</strong>tque dans leur haine commune contre les chréti<strong>en</strong>s.Les Yésidis sont les derniers héritiers des Mandé<strong>en</strong>s.Ils étai<strong>en</strong>t nombreux <strong>en</strong> Babylonie. On <strong>en</strong> trouve<strong>en</strong> Syrie. Leur doctrine est celle de Mani. Ilsdéclar<strong>en</strong>t suivre l'<strong>en</strong>seignem<strong>en</strong>t d'Addo, qui fut leurfondateur et le disciple préféré de Mani.Ils pratiqu<strong>en</strong>t un baptême par immersion, ôt<strong>en</strong>tleurs souliers et bais<strong>en</strong>t le sol quand ils <strong>en</strong>tr<strong>en</strong>t dansune église chréti<strong>en</strong>ne, font le signe de la croix. Dansleur liturgie, ils ont conservé la cène eucharistique,croi<strong>en</strong>t que le vin contieut le sang du Christ. Ils ador<strong>en</strong>t un Dieu suprême, respect<strong>en</strong>t Jésus-Christ commeun Sauveur. Ils se prostern<strong>en</strong>t devant le soleil à sonlever comme symbole de Jésus.On les accuse de r<strong>en</strong>dre un culte au diable. Ils répond<strong>en</strong>tqu'ils ont un grand respect pour Satan qu'ilsappell<strong>en</strong>t le "Seigneur du Soir", ou "Le Piince desTénèbres", quelquefois aussi Sheik Maaz<strong>en</strong>. ils djs<strong>en</strong>tque le Serp<strong>en</strong>t est un ange déchu, contre lequel a éclatéla colère de Dieu, mais que, à la fin des temps, il serarétabli dans la faveur divine. Leur notion du Mal estdérivée de 1'Arirna.n des anci<strong>en</strong>s mages et de la divinitésecondaire des Maniché<strong>en</strong>s. Ils parl<strong>en</strong>t <strong>en</strong>tre eux leKurde.Ce sont douc bi<strong>en</strong> des Gnostiques maniché<strong>en</strong>s,
mais restes très proches du Christianisme par leur culteet leurs traditions liturgiques. On pourrait les considérercornme les derniers chréti<strong>en</strong>s ophites ouNaassènes.Les Dnizes aussi ont garde uae tradition gnostique.Ils se dis<strong>en</strong>t disciples d'un calife dYEgypte Hakem(996 - 1020), monstre de cruauté, qu'ils regard<strong>en</strong>tcomme une divinite et qui doit rev<strong>en</strong>ir à la fin destemps. Ils profess<strong>en</strong>t la métempsychose, ils ador<strong>en</strong>t leveau, ils sontpartagés <strong>en</strong>tre les initiés, les "akkals",ceux qui sav<strong>en</strong>t, et ceux qui ignor<strong>en</strong>t, les "djahels".Ils sont pleins de haine contre les chréti<strong>en</strong>s, etont toujours étk à l'origine des massacres de chréti<strong>en</strong>s<strong>en</strong> Syrie au cours de siècles. Gérard de Nerval, quivoulait épouser la fille d'un cheik ci-, au cours deson voyage <strong>en</strong> Ori<strong>en</strong>t, ne put obt<strong>en</strong>ir la main de la fiüequ'<strong>en</strong> montrant au père qu'il était affilié à la Francmaçonnerieet cette affiition effaçait donc chez luila réception du baptême chréti<strong>en</strong>.Les Ansari<strong>en</strong>s, appelés <strong>en</strong>core Nosaïris ou petitschrkti<strong>en</strong>s, habit<strong>en</strong>t la Syrie du nord, dans les montagnesautour du golfe d'Alexandrette. Ils sont blondsaux yeux bleus, sembl<strong>en</strong>t v<strong>en</strong>us des Indes. Ils sont indo-europk<strong>en</strong>set non sémites. Ils se soumett<strong>en</strong>t <strong>en</strong> a ppar<strong>en</strong>ce aux pratiques extérieures de l'Islam, mais leurculte véritable est une initiation "gnostique", qui comm<strong>en</strong>cepar la révélation du "Mystére des deux" ; ilsador<strong>en</strong>t une divinité <strong>en</strong> cinq personnes ; ils seprostern<strong>en</strong>t aussi devant les arbres, le soleil, lalune. Usrévèr<strong>en</strong>t les animaux, particulièrem<strong>en</strong>t le chi<strong>en</strong>. Usprofess<strong>en</strong>t la métempsychose. Ils sont un résidu deconamuniu1tes maniché<strong>en</strong>nes et bouddhistes <strong>en</strong> milieumusulman.Dans une seconde partie de cette étude sur 1'1slamet la Gnose, nous verrons comm<strong>en</strong>t i'Islam est dev<strong>en</strong>ule vecteur de la pénetration gnostique dansl'occid<strong>en</strong>t Chréti<strong>en</strong> dès le Moy<strong>en</strong>-âge.E.C.Le numéro double 22/23L'Ecole modernede Z 'ésotérisme chréti<strong>en</strong>au prix de 100 Frs, port inclus.Pour passer votre commande, veuillez écrire à:Société Augustin Barruel 62, rue Sala 69002 LyonLes numéros 18 à 21 sont <strong>en</strong>core disponible (cf p.2) au prix de 50 Frs, port inclus.
Crétineau-Joly, l'ami des papes et de la véritéJacques Augustin Marie CRETINEAU-JOLYnaquit à Font<strong>en</strong>ay-lecomte, <strong>en</strong> V<strong>en</strong>dée, le 23 Septembre 1803, dans une f d e d'honnêtes cornmerçants,profondém<strong>en</strong>t religieux. il fit ses étudessecondaires au collège religieux de Luçon, puis r<strong>en</strong>traau Séminaire St Sulpice à Paris, qu'il abandonna aubout de deux ans. En 1822, il retourna au collège deFont<strong>en</strong>ay, professeur de philosophie. En 1823, il estnommé secrétaire du duc de Laval, ambassadeur àRome, ou il assiste à Sélection du pape Léon XII. Apartir de ce mom<strong>en</strong>t comm<strong>en</strong>ce son initiation à la vieromaine et à la cour du Vatican. Ji fit la co~aissancedu Cardinal Bernetti qui lui confia les papiers de sonami le cardinal Consalvi. Il devint l'ami presque intimedu pape Grégoire XVI. Ji se mit à composer despoèmes assez médiocres et parfois assez corsés. En1828, il retournait <strong>en</strong> V<strong>en</strong>dée où il épousa le 11 Août1830, Mademoiselle Clém<strong>en</strong>ce Labrousse. Puis il selança dans le journalisme. Ji participa à l'équipée de laduchesse de Berry contre Louis-Philippe, équipéequi réveillait les ardeursguerrières de la chouannerie.Puis il monta & Paris pour rédiger sa "V<strong>en</strong>dée militaire".En 1839, il était rédacteur de "L'Europe m<strong>en</strong>archique". 11 intervi<strong>en</strong>t avec énergie et habileté pourobt<strong>en</strong>ir la libération des chouans <strong>en</strong>voyés au bagneaprès l'échec de la t<strong>en</strong>tative de la duchesse de Berry. ilse montrait contre-révolutionnaire décidé, affiiantque faire du bi<strong>en</strong> aux méchants, c'est faire du mal auxbons. il détestait particulièrem<strong>en</strong>t les formes bâtardesde la révolution, le bonapartisme et Sorléanisme. 11leur reprochait d'avoir voulu baptiser la Révolution,c'est-à-dire de l'avoir r<strong>en</strong>due trompeuse et perman<strong>en</strong>te.Crétineau-Joly ne compr<strong>en</strong>d le travail de l'histori<strong>en</strong>que comme un outil pour le combat de la vérité,pour la déf<strong>en</strong>se de la foi chréti<strong>en</strong>ne et de 1'Eglise. Ilécrit avec beaucoup de verve et d'humour. il aime leton familier, le mouvem<strong>en</strong>t et la vie. il se fait lire avecintérêt et même passion. La V<strong>en</strong>dée fut son premiersujet. En 1834, il publie ses "Episodes de la guerre deV<strong>en</strong>dée". Ji s'agit de la révolte contre la monarchie deJuiiiet par la duchesse de Berry. En 1838 parut "L'Histoiredes généraux et chefs v<strong>en</strong>dé<strong>en</strong>s" avec une intmduction contre "L'Ingratitude des Bourbons". Pourétudier la V<strong>en</strong>dée, il se lia d'amitié avec d'anci<strong>en</strong>srévolutionnaires, surtout Boursault qui lui révéla lesdessous de cette guerre. La "V<strong>en</strong>dée militaire" parut<strong>en</strong> 1840- 1841 <strong>en</strong> 4 vol. Crétineau-Joly se montre trèssévère pour les princes Bourbons qui ont laissé écraserles V<strong>en</strong>dé<strong>en</strong>s sans se faire tuer parmi eux On lui areproché vivem<strong>en</strong>t d'avoir "grossi les fautes de laroyauté exilée". La bourse du comte de Chambord seferma, mais Crétineau-Joly obtint l'aide financièredu Baron Dudon, anci<strong>en</strong> ministre de la Restauration.il refusa toujours de se prés<strong>en</strong>ter à SAcadérnie Française,alors que ses amis et même Montalembert l'ypoussai<strong>en</strong>t. II voulait garder son indép<strong>en</strong>dance. Ils'appelait lui-même "le vieux sanglier" pour bi<strong>en</strong> marquerson désir de vie libre et simple.Puis de 1844 à 1846, sur la demande du Généraldes Jésuites, le P. Roothan, r<strong>en</strong>contré à Rome, Crétineau-Jolys'attelle à la tâche écrasante de raconterl'histoire de la célèbre compagnie, à une époque où lecri de tous les révolutionnaires à travers l'Europe était: "Mortaux Jésuites". En France, ils s'appelai<strong>en</strong>t Quinet,Michelet, Thiers ; <strong>en</strong> Italie Gioberti, Azoglio ... Aidépar le P. de Montezon, Crétineau-Joly put achever<strong>en</strong> 1845, les premiers volumes de "L'Histoire religieuse,politique et littéraire de la Compagnie de Jésus".Le 6 vol. parut plus tard. il concernait la situationtoute réc<strong>en</strong>te des Jésuites dans le monde. L'éloge de lapresse catholique fut universel et la presse antichréti<strong>en</strong>nedut faire sil<strong>en</strong>ce.A l'occasion de cet ouvrage, l'auteur eu la communicationdes complicités <strong>en</strong>tret<strong>en</strong>ue par des cardinauxet des ambassadeurs dans le conclave qui élut <strong>en</strong>1769 Laur<strong>en</strong>t Canganelii pape sous le nom de Clém<strong>en</strong>tXTV. Il <strong>en</strong> tira un ouvrage intitulé "Clém<strong>en</strong>t XiVet les Jésuites". Publié <strong>en</strong> 1847, malgré les prières du P.Roothan de n'<strong>en</strong> ri<strong>en</strong> faire ;"mais, dit-il , javais sousles yeux toutes les correspondances oflicielles et inédites,toules les relations intimes qui racontai<strong>en</strong>l par lem<strong>en</strong>u cette honteuse conspiration des rois, de leursministres. de leurs ambassadeurs et de quelques hautsdignitaires de 1'Eglise contre les <strong>en</strong>fants de Saint Ignace".Le livre fit scandale et fut interdit à Rome, car I'auteurdénonçait avec fermeté la lâcheté du papeClém<strong>en</strong>t XIV, supprimant les Jésuites et insinuait quele nouveau pape, Pie IX,pourrait avoir quelque velléitéd'imiter son predécesseur.,Un abbé itali<strong>en</strong>, Gieberti, écrivit alors 5 volumes contre les Jésuites :"LeJésuita moderno".
En 1852 paraît un livre "Histoire du pontificat deClém<strong>en</strong>t XW, par un religieux romain, le P. Theiner,livre très malveillant pour les Jésuites qui s'efforçait de-er leur condamnation par le pape Clém<strong>en</strong>t XIV.Crétineau-Joly rkpondit par "Deux lettres au P. Theiner".II y rétablit la véritable histoire du conclave de1769, montra la souveraine injustice du bref"Dominus ac Wedemptor", de condamnation des Jésuiteset leur héroïque obéissance. Le P. de Ravignanintervint <strong>en</strong> 1854 par son livre "Clém<strong>en</strong>t XIIl etClém<strong>en</strong>t XW' dans lequel il s'efforçait de calmer lapolémique.Le 23 Mai 1846, Crétiueau-Joly était mandé parle pape Grégoire XVI qui lui confia la charge d'écrireune histoire des sociétés Secrètes et lui fit ouvrir les archivessecrètes du Vatican. Puis il fut reçu parle Princede Mettemich qui lui ouvrit les archives secrètes de lachancelierie d'Autriche. Le P. Beckx, futur général desJésuites, l'aida à rassembler des docum<strong>en</strong>ts à Vi<strong>en</strong>ne,V<strong>en</strong>ise et Milan. Mais il se heurta au Prince Charles-Albert de Savoie, l'affidé des Sociétés Secrètes, qui luidemanda dans une <strong>en</strong>trevue secrète de ne pas révélerson affiiation aux Loges. Puis devant les révélationsqui lui permettai<strong>en</strong>t de mettre <strong>en</strong> cause des hommespolitiques puissants, le pape Pie IX lui demanda de r<strong>en</strong>oncerà la publication de cette Histoire des SociétésSecrètes, du moins provisoirem<strong>en</strong>t. Il ne voulait pasqu'on pût dénoncer l'anci<strong>en</strong>ne appart<strong>en</strong>ance aux 10-ges maçonniques de princes et de pdlats, convertisaprès le révolution de 1848 et rep<strong>en</strong>tis auxquels il avaitlui-même pardo~é leurs anci<strong>en</strong>s agissem<strong>en</strong>ts. Dansun geste de dépit, Cretineau-Joly déîmisit les 4 vol. derévélations déjà rédigés et <strong>en</strong> partie imprimés. "Je voulaisdéchirer tous ces ignobles visages, princes, généraux,ambassadeurs ou prélats. On a redouté lescandale. On a fait de la modération et de la prud<strong>en</strong>ce.Cela conduit doublem<strong>en</strong>t à Gaëte. LRS Sociétés Se&-tes règn<strong>en</strong>t aujourd'hui." ..."Je flaire assez bi<strong>en</strong> les laches,les traitres et les révolutionnaires. Je ne sais quecela et je comm<strong>en</strong>ce à ne pas le savoir trop mal." (21Novembre 1860)En Août 18 49, le P. Roo than lui propose "L'Histairedu Sonderbond" qui parut <strong>en</strong> 1850. Cette guerredu Sonderbond m<strong>en</strong>ée <strong>en</strong> Suisse par les révolutionnairescontre les cantons catholiques ne fut qu7unepréface et une préparation de la Révolution de1848 qui ravagea toute l'Europe <strong>en</strong> quelques mois. Ellefbt dirigée de Londres par Lord Palmerston. Crétineau-Jolya noté la faiblesse et l'indécision du papePie IX qui a laissé écraser les catholiques sans interv<strong>en</strong>ir.En 1852, le cardinal Bernetti remit par testam<strong>en</strong>tses archives personnelles à CdAineau-Joly quiles utilisa pour son dernier ouvrage "L'Eglise romaineet la Révolution". En 1857, son ffls, H<strong>en</strong>ri, <strong>en</strong>trait aunoviciat des Jésuites. Il obtint une <strong>en</strong>trevue de réconciliationménagée par les bons pères avec le pape PieDç devant lequel il s'<strong>en</strong>gagea à ne plus ri<strong>en</strong> publiersans <strong>en</strong> soumettre le texte à sa sainteté. C'est alors quefût projeté la rédaction de son dernier et plus célébreouvrage. En 1858, il lut devant le pape son premiermanuscrit :"Jai assez bi<strong>en</strong> réussi, dit-il a son fils, àmettre des sourdines aux m s du sangliez" Le livreparut a Paris, chez Plon et eut un succès prodigieux.Le P. Général des Jesuites lui écrivit pour le remercier :"Je vois avecplaisir que vous avez eu beaucoup d'égardset a2 modération pour certaines personnes haut placées... Dieu merci, vous avez su vous vaincre." Le sanglieravait r<strong>en</strong>tré ses crocs. Mais Pie IX, élevé auponmcat par la Révolution, comprit plus tard la catastrophequ'il avait imprudemm<strong>en</strong>t susp<strong>en</strong>due surl'&lise et se révéla alors comme un grand papecontre-révolutionnaire, le pape du "Syllabus".Crétineau-Joly mourut à Vince~es, le 1 Janvier1875. Sur sa tombe, le monogramme du Christ etune f leur de lis : deux symboles, Dieu et le Roi.E.C.Bibliographie : Un seul livre : Abbé U. Maynard :"Jacques CrétineauJoly, sa vie politique, religieuse etWraire d'après ses Mémoires, sa correspondance etautres docum<strong>en</strong>ts inédits" (A Paris, Firmin-Didot,1875) L'abbé Maynard était un chanoine de Poitiers,dev<strong>en</strong>u grand ami et confid<strong>en</strong>t de l'écrivain dans les25 dernières années de sa vie.La revue "L'Ordre Français" a publié <strong>en</strong> Janvier1967 un résumé de sa vie par Dominique ANCELLEet <strong>en</strong> Mars 1967 une prés<strong>en</strong>tation développée de sonlivre sur "L'Eglise romaine et la Révolution" sous lamême signature. Louis DAMENIE, dans sa"Révolution, phénomène divin, mécanisme social oucomplot diabolique" (Cahiers de l'Ordre Français,1970) a consacré plusieurs pages bi<strong>en</strong> v<strong>en</strong>ues àl'oeuvre de CrétineauJoly.
Quelques livres"DE LA GNOSE A L'OECUMENISME"Vol. 13.5-21 Ed. de Chiré 95 F."LA GNOSE CONTRE LA FOI"vol. 13.5-21 Ed de Chiré 115 F-L'auteur donne <strong>en</strong> quelques pages une vue d'<strong>en</strong>sembledes assauts de la subversion antichréti<strong>en</strong>neau cours de l'histoire. Il montre que ces assauts ontpour principes quelques erreurs, toujours lesmêmes, prés<strong>en</strong>tées sous des déguisem<strong>en</strong>ts variés etque le point de départ, le réservoir de toutes lessubversions est la Gnose des premiers siècles chré-ti<strong>en</strong>s. Msil expose les grands thémes de cette p<strong>en</strong>-sée gnostique, ses méthodes de pénétration dans lasociété chréti<strong>en</strong>ne. II précise que la Francmaçonnerieest la congrégation militante de la Gnose,de sorte que la Société d'aujourd'hui est presque<strong>en</strong>tièrem<strong>en</strong>t imprégnée des idéaux maçonniques.La culture moderne baigne dans une p<strong>en</strong>sée gnostiquediffuse que l'auteur s'efforce de découvrir sousses revêtem<strong>en</strong>ts successifs. Il complète son exposépar une étude pénétrante sur la philosophie de Descartes,sur les rapports de la raison et de la Foi dansle modernisme, sur le mouvem<strong>en</strong>t d'Oxford."II est fascinant daller, <strong>en</strong> si peu de pages d'uneécriture si limpide, des gnostiques de Nag Hammadiaux pères conciliaires via Luther, Descartes, Freud etMarx. "(D. MASSON dans "Itinéraires")L'auteur pr<strong>en</strong>d soin de clarifier des notionscomplexes et approfondies. "Eti<strong>en</strong>ne Couvert a ledon rarissime de r<strong>en</strong>dre comme facile une exégèsepourtant ardue ... Un petit livre d'une lecture aisée ... "(André FIGUERAS dans "Monde et Vie"). Sur unpoiat plus particulier, l'auteur montre le caractèrechréti<strong>en</strong> des manuscrits de la Mer Morte ; ce qui aété confirmé par la découverte réc<strong>en</strong>te de fragm<strong>en</strong>tsgrecs chréti<strong>en</strong>s a Qumran ...Dans ce second volume, l'auteur montre la perman<strong>en</strong>cede cette p<strong>en</strong>sée gnostique a travers les siècleset sa résurg<strong>en</strong>ce dans les grands courants de lap<strong>en</strong>sée subversive antichréti<strong>en</strong>ne. LI précise lesravages intellectuels et religieux de cette Gnose qui,sous des noms divers et interchangeables, a fait unelongue carrière et répandu dans le monde la t<strong>en</strong>tationperman<strong>en</strong>te du panthéisme et de l'autodivinisationde l'Homme, toutes formes aberrantes du s<strong>en</strong>tim<strong>en</strong>treligieux. Les chapitres sur le néoplatonisme,sur I'Hwnanisme de la R<strong>en</strong>aissance, surle traditionalisme du siècle dernier, sur le Romantismelui permett<strong>en</strong>t d'opposer a ces élucubrationsla pure lumière de la doctrine catholique, dans saformulation thomiste."Un ouvrage qui va droit à l'ess<strong>en</strong>tiel" (MichelFROMENTOUX dans "Aspects de la France") -"Un livre intéressant qui a le mérite d'alerter lescatholiques sur un danger plus pressant <strong>en</strong>core qu<strong>en</strong>e l'imaginait son auteur" (Pierre DEBRAY dansson "Coumer Hebdomadaire")Enfin Etie~e COUVERT a composé un troisièmevolume intitulé :"La Gnose Universelle", quidoit paraître bi<strong>en</strong>tôt am Ed. de Chiré, dans lequel ilmontre les ravages de la p<strong>en</strong>sée gnostique dans leBouddhisme, l'Islam, Ia littérature classique et contemporaine,dans la p<strong>en</strong>sée russe égalem<strong>en</strong>t.En v<strong>en</strong>te a la "Diffision de la P<strong>en</strong>sée Française"BP 1 - 861 90 - Chiré -<strong>en</strong>-Montreuil
CROMBETT'E ET LE "CROMBETIISME""Crombette et le crombettisme", par le FrèrePierre-Marie O.P., Dominique Viain et Ge<strong>org</strong>esSaiet. Un volume 21 x 29.7, 118 pages. Prix 95 fi-.(franco 1 10 fi. sur demande à:Fraternité Saint Dominique, Couv<strong>en</strong>t de laHaye auxBonshommes, 49240 Avrillé).Crombette prét<strong>en</strong>d avoir réussi d'une manièr<strong>en</strong>ouvelle et solide ce que personne n'avait réussiavant lui : réconcilier la sci<strong>en</strong>ce et la foi. Dans devolumineux ouvrages (43 volumes, 16000 pages,deux atlas), il expose une géographie, une histoire,une sci<strong>en</strong>ce physique (astrononiique spécialem<strong>en</strong>t)<strong>en</strong> parfait accord, dit-il, avec la Bible. Plus de =-cultes avec les chronologies des diverses civjlisations,<strong>en</strong> particulier avec ceiie de SEgypte, l'évolutionnismedéfinitivem<strong>en</strong>t écrasé, 1'Eglise lavée del'accusation injurieuse d'avoir condamné à tortGalilée, ... voilà effectivem<strong>en</strong>t de quoi allécher plusd'un catholique soucieux de déf<strong>en</strong>dre sa foi contreles attaques qu'on lui prés<strong>en</strong>te au nom de "la sci<strong>en</strong>ce".Mais Crombette ne s'arrête pas là ; ii ne se cont<strong>en</strong>tepas d'accorder les sci<strong>en</strong>ces avec la foi et, aubesoin, de les reconstruire. Voiià qu'il s'avance dansle domaine de la religion elle-même. N'a-t-il pasdécouvert, <strong>en</strong> étudiant l'histoire de I'Egypte,'le véritablemoy<strong>en</strong> de déchiffrer l'hébreu à i'aide du copte ?Il va donc découvrir dans le texte de la Bible bi<strong>en</strong> desvérités nouvelles ..."Crombette et le crombettisme" (paru aux éditionssci<strong>en</strong>tifiques Saint-Edme) est une étudeapprofondie de la p<strong>en</strong>sée de cet auteur original, réaliséepar trois auteurs :le Frère Pierre-Marie O.P. examine l'aspect religieuxet notamm<strong>en</strong>t la question des rapports <strong>en</strong>tre laraison et la foi,Dominique Viain (agrégé de l'université) réalisel'étude philologique et linguistique où il montre l'inanitéde la "méthode" de Crombette pour décrypter laBible à partir du copte,et Ge<strong>org</strong>es Salet (polytechnici<strong>en</strong>) traite la questionsci<strong>en</strong>tifique <strong>en</strong> montrant l'absurdité du systèmegéoc<strong>en</strong>trique et ce qui est moins connu le caractèreréaliste de la théorie de la relativité, conforme a laphilosophie thomiste.Un livre à ne pas manquer pour ceux qui s'intéress<strong>en</strong>tà la question des rapports <strong>en</strong>tre la sci<strong>en</strong>ce etla foi.Couv<strong>en</strong>t de la Haye aux Bonshommes49240 AvriliéTel : 41.69.20.06 Fax : 41.34.40.49ILe numéro double 22/23LYEcole modernede lësotérisrne chréti<strong>en</strong>au piTx de 100 Fm, port inclus.Pour passer votre commande, veuillez écrire à:Société Augustin Barruel 62, rue Sala 69002 LyonLes numéros 18 à 21 sont <strong>en</strong>core disponible (cf p.2) au prix de 50 Fm, port inclus.I
Adieu à Jean VAQUIEEXTRAIT DE MONDE ET VIE14 Janvier 199314 rue Edouard Val<strong>en</strong>tin - 75007 ParisADIEU A JEAN VAQUIELa nouvelle nous a frappés la veille de la SaintSylvestre. Jean Vaquié s'est éteint chez lui, <strong>en</strong> récitantle chapelet <strong>en</strong> compagnie de ses <strong>en</strong>fants et petits-<strong>en</strong>fants.II était dans sa quatre-vingt-deuxièmeannée.Durant la dernière guerre, Jean Vaquié avaitfait partie du réseau Roy de l'abbé Lapouge. On l'appelait "Le Grand". De cette époque de la Résistancedate une longue et fidèle amitié avec certains de sescompagnons de lutte qu'unissai<strong>en</strong>t les mêmes convictionspolitiques et religieuses.En 1953, il abandonnait les bords de sa Garonn<strong>en</strong>atale pour v<strong>en</strong>ir habiter une ancie~e abbaye, aumilieu de la Saône, un peu <strong>en</strong> dehors de Lyon, danscette île Barbe qu'il n'allait plus quitter.Au fil des ans, bi<strong>en</strong> que toujours effacé, JeanVaquié s'affiie comme un des plus solides déf<strong>en</strong>seursde la Tradition. Provid<strong>en</strong>tialiste, <strong>en</strong> marge detout activisme, il n'<strong>en</strong> mène pas moins, <strong>en</strong> toute humilité,par ses écrits et par ses confér<strong>en</strong>ces, un combatde chaque instant. Homme de grande rigueurintellectuelle et de haute spiritualité, il n'avait passon pareil pour décortiquer un texte ou un discours,pour <strong>en</strong> débusquer les erreurs. Allant toujours à l'ess<strong>en</strong>tiel,il s'exprimait dans une langue claire et précise,lapidaire, comme sa p<strong>en</strong>sée, toute pénétrée de lavérité des Ecritures, de l'<strong>en</strong>seignem<strong>en</strong>t des Pères deI'Eglise, des mystiques, des prophètes. II avait le donde la formule, et ces pointes d'humour qui touch<strong>en</strong>td'autant plus qu'elles sont le fruit de l'innoc<strong>en</strong>ce visionnaire,celle des <strong>en</strong>fants et des saints.Le combat de Jean Vaquié pour 1'Eglise seradouble : à la fois contre le virus moderniste très tôt ildknonce la réforme liturgique, les méfaits de la collégialité,du pluralisme, de l'oecuménisme et contre"l'acide ésotérique" qui "vi<strong>en</strong>t ronger les dogmes".Dansun cas comme dans l'autre, il constate et dépl*re la démission ou les sil<strong>en</strong>ces de l'Eglise officielie,dev<strong>en</strong>ue "une coquille vide", "<strong>en</strong>rôlée" par lamaçonnerie.Maigré ce terrible constat, Jean Vaquié n'<strong>en</strong>délivre pas moins un message de foi et d'espérance<strong>en</strong> rappelant la parole évangélique : "Cette maladi<strong>en</strong>e va pas à la mort mais elle est pour la gloire deDieu" (Jean XI, 4), de Dieu "qui prouve la divinité deses oeuvres par des miracles de résurrection". Et deproclamer son inébranlable confiance dans "les formidablesdogmes catholiques qui font frissonner Luciferet les luciféri<strong>en</strong>s".Jean Vaquié ne disait pas : "Aide-toi, le ciel t'aidera",mais "Il faut aider le ciel", ce qu'il a fait sa viedurant et par sesécrits : des modèles qui nous ler<strong>en</strong>d<strong>en</strong>t plus que jamais prés<strong>en</strong>t. Parmi eux, citons"La révolution liturgique", "Bénédictions et malédictions",recueil de textes prophétiques de la révélationprivée, son "Abrégé de démonologie", et ses étudessur lagnose parues dans "Lecture et Tradition" ou les"Cahiers d'Augustin Barruel" dont il était un actifcollaborateur. Voir aussi ses articles de "Monde etVie", notamm<strong>en</strong>t "Lamaréegnostique" (n 398 et 399de Juin et Juillet 1984) et "La romanité indélébile" (n437 du 24 Octobre 1986)EXTRAIT DE LECTURES FRANCAISESN 430 - Février 1993EAN VAQUIENous v<strong>en</strong>ons de perdre un ami très cher <strong>en</strong> lapersonne de Jean Vaquié, décédé à Lyon, le 30Décembre dernier, à l'âge de 8 1 ans.il était né à Bordeaux, <strong>en</strong> 191 1, et très vite (dèsles années 30) il s'est intéressé aux questions qu'il atraitées <strong>en</strong>suite avec la plus grande aisance et uneconnaissance pratiquem<strong>en</strong>t sans faille : la révolution,la gnose, la réforme liturgique, la subversiondans 1'Eglise.
Une arnitié de toujours, des conceptions id<strong>en</strong>tiqueset des converg<strong>en</strong>ces d'idées l'ont lié à Léon dePoncins jusqu'à la mort de celui-ci <strong>en</strong> 1975.En 1947, à la période dite de l'épuration, il avaitpublié sous le pseudonyme de Jean Gonthier, justifiépar les circonstances troubles de l'époque, un recueilde textes prophétiques et mystiques sous le titre "Malédictionset Bénédictions", réédité par la suite àdeux reprises.Dès lanouvelle constitution liturgique <strong>en</strong> 1963,J. Vaquié fut un des premiers à s'élever avec une argum<strong>en</strong>tationcohér<strong>en</strong>te contre les innwations liturgiques.Et après la mise <strong>en</strong> place de la nouvelle liturgiede la messe selon l'Ordo Misa du 3 Avrii 1969, il arassemblé ses réflexions <strong>en</strong> un livre qui fit grandbruit lors de la parution <strong>en</strong> 1971 : "La révolution liturgique"(Ed. de Chiré).Depuis il n'a cessé de poursuivre ses travauxpour dénoncer cette nouvelle liturgie et les dangersqu'elle fait courir à la foi catholique.Ami de longue date et très fidéle de notre c<strong>en</strong>trede Chiré, Jean Vaquié était un collaborateur régulierde Lecture et Tradition qui a publié plusieurs deses textes remarquables ; il faisait égalem<strong>en</strong>tpartie duComité de rédaction de la Contre-Encyclopédiepour laquelle il avait plusieurs notices <strong>en</strong> préparation.Sauf cas de force majeure, il était très fidèlem<strong>en</strong>tprés<strong>en</strong>t aux annuelles "Journées chouannes"au cours desquelles il avait pris la parole à quelquesreprises.11était aussi un des principaux animateurs et rédacteursde la Société Augustin Barruel (à Lyon) quieffectue avec assiduité et qualité d'excell<strong>en</strong>tes étudeset recherches sur la pénétration et le développem<strong>en</strong>tde la révolution dans le christianisme.La direction et la rédaction de Lectures Fran-@ses adress<strong>en</strong>t à ses <strong>en</strong>fants et petits-<strong>en</strong>fants l'expressionde lem condoléances émues et l'assurancede leur vive sympathie.Titres des principaux ouvrages et opusculesécrits par Jean Vaquié- Bénédictions et malédictions. Les prophétiesde la révélation privée (3 édition, Dominique MartinMorin, 1987)- La révolution liturgique (Ed. de Chiré, 197 1 )- Abrégé de démonologie (Ed. Sainte Jeanned'Arc, 1988)- L'école moderne de Sésotérisme chréti<strong>en</strong>(Cahiers Augustin Barruel, 1992)- Occultisme et foi catholique : les principauxthèmes gnostiques (Action Familiale et Scolaire,1991)- Institutions liturgiques de Dom Guéranger.Extraits choisis et prés<strong>en</strong>tés par Jean Vaquié (Ed. deChir6, 1977)-Numéros spéciaux de Lecture et Tradition. Le retour off<strong>en</strong>sifdela gnose (n 110,1984). Réflexions sur les <strong>en</strong>nemis et la manoeuvre (n126,1987). Le brûlant problème de la Tradition (n 167,1991)Tous ces titres (à l'exception de "La révolutionliturgique" qui est épuisé) peuv<strong>en</strong>t être commandés àD.P.F. BP 1,86190 Chiré <strong>en</strong> MontreuilEXTRAIT DU CATALOGUE N 185 DU 9 Février1993 de D.P.F.Décès de Jean VaquiéJean Vaquié est décédé le 30 décembre 1992.Ami t&s fidèle de Chiré, il fut un collaborateur r6gulierde Lecture et Tradition. Dès la nowelle constitutionliturgique de 1963, il fut un des premiers às'élever avec une argum<strong>en</strong>tation cohér<strong>en</strong>te contreles innovations liturgiques. Depuis il n'a cessé depoursuivre ses travaux pour dénoncer cette nouvelleliturgie et les dangers qu'elle fait courir à la foi cathelique.L'Ekole Moderne de 1'Esotérisme Chréti<strong>en</strong>(162p.)100 F.L'auteur attire i'att<strong>en</strong>tion sur le problème del'ésotérisme chréti<strong>en</strong> qui semble jusqu'à prés<strong>en</strong>t nepas être bi<strong>en</strong> perçu par les traditionalistes.Ces travauxmett<strong>en</strong>t au grand jour le développem<strong>en</strong>t d'unedoctrine et d'une école de l'ésotérisme chréti<strong>en</strong>, quiimprègn<strong>en</strong>t le sein même des milieux catholiques.Lecture et Traditionn 110Le Retour off<strong>en</strong>sifde la Gnose (56 p.) ..... 25 F.Exposé des jalons les plus caractéristiques de lagnose qu'il nomme "théologie de la contre-Eglise".Lecture et Tradition n 126Réflexions sur les <strong>en</strong>nemis et la manoeuvre (56p.)25 F.Réflexions politiques et spirituelles d<strong>en</strong>onçant
quels sont les <strong>en</strong>nemis de la Francetraditiomelle.Lecture et Tradition n 167Le brûlant problème de la Tradition .42 p 25 F.Travail de clarification autour du s<strong>en</strong>s réel dumot Tradition.Occultisme et foi catholique :Les principaux thèmes gnostiques (46 p.) .26 F.Définition des principaux thèmes gnostiquesdéveloppés dans la littérature occultiste, ésotériqueet gnostique contemporaine.Abrégé de démonologie (1 22 p.) ............ 100 F.Application de la démonologie chréti<strong>en</strong>ne à lacrise dela société contemporaine.Résumé accessible à tous de cette sci<strong>en</strong>ce quitraite de la nature et de l'influ<strong>en</strong>ce des démons.Bénédictions et Malédictions (262 p.) .... 140 F.Prophéties de la révélation privée.Le but est de nous faire connaître les avertissem<strong>en</strong>tset les prophéties que le Ciel nous adressedepuis si longtemps et dont nous faisons peu de cas.Dom Guéranger : Institutions liturgiques (298p.) 82 EExtraits établis par Jean Vaquié et tirés des troispremiers tomes de la seconde édition de 1878. Untravail de synthèse remarquable.EXTRAIT DE LA GAZETTE ROYALEMars-Avril 1993Organe de l'Union des Cercles Légitimistes deFranceChanteloup des Mays - Cours - 58200 Cosnesur LoireNous avons la douleur d'annoncer le décès deJean Vaquié, décédé chez lui <strong>en</strong> récitant le chapelet<strong>en</strong> compagnie de ses <strong>en</strong>fants et petits-<strong>en</strong>fants. LI étaitâgé de 8 1 ans.Grand chréti<strong>en</strong>, il fut un solide et dévoué déf<strong>en</strong>seurde la Tradition. PI lutta sans cesse, par ses confér<strong>en</strong>ceset ses éciits, contre les réformes issues deVatican II, collégiaüté, pluralisme, occultisme, contrel'ésotérisme et surtout contre la gnose et "la maréegnostique".Tous ceux qui ont assisté à ses confér<strong>en</strong>ces nepourrons oublier la valeur de ce grand soldat quiavait prévu cette marée gnostique <strong>en</strong>vahissant actuellem<strong>en</strong>tnosgroupes, nos cercles, nos chapelles etnoséglises.EXTRAIT DE SOUS LABANNIEREN 45 Janvier-Février 1993"Les GuiUotsl' - Villeg<strong>en</strong>on18260 VaiJiy sur SauldreIN MEMORIAM JEAN VAQUIE"J'ai combattu le bon combat, j'ai achevé macourse, j'ai gardé la FOI"2 épître de Saint Paul à Timothée 4 - 7La Contre-révolution catholique vi<strong>en</strong>t de perdreun maître :Jean Vaquié s'est éteint dans sa 82 année! Il est décédé pieusem<strong>en</strong>t, <strong>en</strong>touré de ses <strong>en</strong>fantset petits-<strong>en</strong>fants <strong>en</strong> récitant le chapelet, lucide jusqu'àla dernière extrémité.Jean Vaquié a m<strong>en</strong>é toute sa vie le "bon combat"du camp de la vérité et a f<strong>org</strong>é pour ses amis desarmes précieuses, très utiles à un mom<strong>en</strong>t où lapuissance des Forces de Révolution est à son pointculminant. Ses écrits constitu<strong>en</strong>t des guides sûrspour résister à l'influ<strong>en</strong>ce irrésistible de la Contre-Eglise qui <strong>en</strong>traîne, tel un torr<strong>en</strong>t dévastateur, lespeuples et les religions à la funeste unité de Babel !A l'issue de la deuxième guerre mondiale, JeanVaquié qui avait fait partie d'un réseau de résistance,témoigna au procès de Léon de Poncins et lui évitaainsi le peloton d'exécution, car les haines étai<strong>en</strong>t vivesà l'<strong>en</strong>droit de l'écrivain qui avait si bi<strong>en</strong> dénoncéla Conjuration Judéo-maçonnico-Bolchévique. Letémoignage de Jean Vaquié sur l'appart<strong>en</strong>ance deLéon de Poncins à un réseau anglo-français de résistanceréduisit à néant toute l'accusation del'adversaire qui ignorait ce fait. Une amitie de toujours,et des conceptions id<strong>en</strong>tiques sur les problèmesrévolutionnaires, liait les deux hommes.L'Ennemi <strong>en</strong> fut provisoirem<strong>en</strong>t pour ses fiais, car ilsut se v<strong>en</strong>ger <strong>en</strong> provoquant dans les années soixanteun accid<strong>en</strong>t qui laissa le Comte de Poncins douloureusem<strong>en</strong>tinfirme jusqu'à la fin de ses jours ...
Le premier ouvrage de Jean Vaquié parut à lapériode dite de "L'Epurationl', <strong>en</strong> 1947. Par prud<strong>en</strong>cel'auteur choisit le pseudonyme de Jean Gonthier.L'ouvrage s'intitulait "Malédictions et Bénédictions"(EditionsMazarine, a Paris) et traitait desprophéties de la révélation privée. Les circonstancestroubles justifiai<strong>en</strong>t l'emploi d'un pseudonyme et laparution d'un recueil de textes prophétiques et mystiques,car il n'existait plus <strong>en</strong> librairie à cette époquede compilation de cet ordre. D'autre part, lesévénem<strong>en</strong>ts permettai<strong>en</strong>t de compr<strong>en</strong>dre des chosesqui paraissai<strong>en</strong>t inimaginables quelques décades auparavant.Cela devint <strong>en</strong>core plus clair après le"Concile Vatican II" ...Le livre qui se basait sur un grand nombre d'ouvragesrevêtus de l'Imprimatur fiit réédité <strong>en</strong> 1963aux Editions du Carmel. En 1987 il reparut chezDominique Martin Morin, revu et augm<strong>en</strong>té, sous letitre "Bénédictions et Malédictions. Prophéties de laRévélation privée." Dès 1947 ce livre circula longtempsa bas bruit chez les fidéles inquiets de la suitedes événem<strong>en</strong>ts. Son influ<strong>en</strong>ce fut certaine.Jean Vaquié fut l'un des premiers à s'élever,avec une argum<strong>en</strong>tation cohér<strong>en</strong>te, contre les h o-vations liturgiques qui apparur<strong>en</strong>t dès avant le Concile.En 1956 il publia dans la "P<strong>en</strong>sée Catholique" (n45-46) un article intitulé : "Réflexions d'un laïquesur la Messe face aux fidéles et la liturgie <strong>en</strong> languevulgair<strong>en</strong>. Après le concile, parut chez "Diffusion dela P<strong>en</strong>sée Française" (<strong>en</strong> 1971 exactem<strong>en</strong>t) un ouvragequi fit du bruit et fut rapidem<strong>en</strong>t épuisé : "La RévolutionLiturgique". U était préfacé par son vieil amiLéon de Poncins. Ce livre qui dérangeait le conformismeambiant démontait le mécanisme des diverssubterfuges employés par la SubversionEcclésiastique pour nous am<strong>en</strong>er progressivem<strong>en</strong>t àdes pratiques auxquelles nous n'aurions jamais voulusouscrire si on nous les avait annoncées d'emblée ! Ildévoilait les pièges d'une grande subtilité que recèl<strong>en</strong>tles docum<strong>en</strong>ts les plus sol<strong>en</strong>nels et analysait leprocessus à la fois audacieux et prud<strong>en</strong>t suivi parl'intellig<strong>en</strong>tsia progressiste <strong>en</strong> vue d'aboutir a cetteréforme liturgique. La "Nouvelle constitution Liturgiquedu 4 décembre 1963" et la "Nouvelle liturgie duNovus Ordo Missæ du 3 avril 1969" étai<strong>en</strong>t ainsi passéesau crible !-- En 1977 notre auteur publia aux Editions deChiré un ouvrage d'extraits des "Institutions liturgiquesde dom Guéranger". Dom Guéranger, restaurateurde l'Ordre Bénédiction <strong>en</strong> France et fondateurde l'abbaye de Solesmes est surtout connu pour son"Année Liturgique". En revanche, ses "InstitutionsLiturgiques" le sont beaucoup moias à cause de leurrareté. Or cette oeuvre capitale qui opéra le retourdes diocèses de France aux auth<strong>en</strong>tiques livres r emains de l'Office et de la Masse méritait d'être tiréede l'oubli. A défaut de réédition (l'oeuvre comptequatre énormes volumes), les extraits établis parJean Vaquié constitu<strong>en</strong>t un outil de travail importantdans l'étude des institutions iiturgiques. Il fallait unbon esprit de synthése pour livrer l'ess<strong>en</strong>tiel de cetteoeuvre sans <strong>en</strong> modifier la démonstration, rester fidèleau texte primitif et conserver les écrits où se dessin<strong>en</strong>tavec force et clarté, le raisonnem<strong>en</strong>thistorique et liturgique.Entre temps Jean Vaquié amorça une collaborationavec la revue "Lecture et Tradition", revue fondéepar Jean Auguy, l'éditeur de ses deux dernierslivres précités. Il y publia des articles et des rec<strong>en</strong>sionsde livres, remarquables d'analyse. Le "dangerhindouiste", la "Métaphysique de R<strong>en</strong>é Guénon",l'"Imposture Guénoni<strong>en</strong>ne" (...) échirèr<strong>en</strong>t plusd'un lecteur ! C'est dans le cadre de cette revue queJean Vaquié fit paraître des numéros spéciaux, ess<strong>en</strong>tiels,comme le n 1 10 intitulé "Le retour off<strong>en</strong>sifde la gnose" dans lequel il décrivait les jalons les pluscaractéristiques de la gnose, 'Théologie de la contre-Eglise". Il y évoquait les premiers courants de p<strong>en</strong>séegnostique (ou "gnose historique") depuis Simon leMagici<strong>en</strong>, Val<strong>en</strong>tin, l'Ecole d'Alexandrie, le Manichéisme,les Mahometans, pour <strong>en</strong> arriver à l'analysede la lettre G des écussons maçonniques du 18siécle, puis à l'exam<strong>en</strong> des p<strong>en</strong>seurs gnostiques contemporainscomme R<strong>en</strong>é Guénon, Raymond Ruyeret la Gnose de Princeton, Raymond Abellio et leG.RA.C. de Perpignan.Ce N spécial 126 constitue à n'<strong>en</strong> point douterun des docum<strong>en</strong>ts les plus précieux qu'ait écrit JeanVaquié. Ce texte circula dès 1962-63 sous formeronéotée dans les milieux contre-révolutionnairesaprès la perte de l'Algérie française. La version actuellea été revue et s'intitule "Réflexions sur les Ennemiset la manoeuvre". Ce guide est une analyseremarquable de la situation actuelle, des forces <strong>en</strong>prés<strong>en</strong>ce, des tactiques employées par les Ennemisde la France traditionnelle. Il met <strong>en</strong> garde contre lamanoeuvre insidieuse que ces suppôts de Satan mett<strong>en</strong>t<strong>en</strong> place pour détourner de leur but toutes lest<strong>en</strong>tatives de saine réaction à leur plan diabolique.C'est un ouvrage à consulter souv<strong>en</strong>t et a méditer !Dans le N 134 de "Lecture et Tradition1', JeanVaquié précisa à Christian Lagrave ses conceptionssur les "Ennemis et la Manoeuvre". Un complém<strong>en</strong>tutile bourré d'analyses pertin<strong>en</strong>tes tout comme le"demi N spkcial" intitulé "La bataille préliminaire"(N 155), analyse soulignant la nécessité d'une dou-
le-tactique et attirant l'att<strong>en</strong>tion sur les erreurs à nepas commettre tandis que l'<strong>en</strong>nemi est tout puissant...Songeant au combat quotidi<strong>en</strong>, Jean Vaquié fitparaître à "L'Action familiale et scolaire" une brechure d'une cinquantaine de pages sur "les principauxthèmes gnostiques : Occultisme et FoiCatholique", thèmes qui se sont développés avec uneincroyable volubilité dans la littérature occdtiste,ésotérique et gnostique contemporaine. Cet ouvragefacilite l'id<strong>en</strong>tification des grands thèmes gnostiquesdans les docum<strong>en</strong>ts que la vie moderne nousmet sous les yeux.C'est égaiem<strong>en</strong>t dans un. souci de clarificationque Jean Vaquié publia "le brûlant problème de latradition" (L. et T. N 167) pour que les catholiquestraditionalistes sach<strong>en</strong>t à quoi s'<strong>en</strong> t<strong>en</strong>ir sur laTradition de 1'Eglise et la Tradition de la Contre-Eglise. En un temps ou la confusion règne autour dus<strong>en</strong>s réel du mot 'Tradition", Jean Vaquié a t<strong>en</strong>u aéclairer puis mettre <strong>en</strong> garde contre une anti-traditioncomposite, aussi anci<strong>en</strong>ne que l'auth<strong>en</strong>tique etqui ose se répandre aujourd'hui, tel un déluge, sur lemonde <strong>en</strong>tier. Ce sont bi<strong>en</strong> les "Deux ét<strong>en</strong>dards" des"Deux cités" ! Ce texte parut d'abord <strong>en</strong> premièreédition dans les cahiers de la "Revue Barruel" dontnous parlerons un peu plus bas.Avec son "Abrégé de Démonologie" (auxE.S.J.A.), Jean Vaquié a fait une application de la Démonologiechréti<strong>en</strong>ne à la crise de la société contemporaine.En un temps ou la démonologie n'est plus<strong>en</strong>seignée dans les séminaires, ou les bons ouvragessur la question sont dev<strong>en</strong>us très rares, Jean Vaquié aécrit un livre salutaire ! Avec ce titre, il ne sera pluspossible d'ignorer cette sci<strong>en</strong>ce ! La nature et l'influ<strong>en</strong>cedes démons y sont magistralem<strong>en</strong>t exposés.Précisons que cet ouvrage, édité par les E.S J.A., <strong>en</strong>est à sa deuxième édition, <strong>en</strong>tièrem<strong>en</strong>t refondue etaugm<strong>en</strong>tke.Outre ces écrits de grande qualité, Jean Vaquiéa participé avec Paul Raynal et Eti<strong>en</strong>ne Couvert, <strong>en</strong>1979 - 1980, à la fondation d'une revue unique aumonde.11 s'agit la égaiem<strong>en</strong>t d'une oeuvre de salut public,pour la déf<strong>en</strong>se de 1'Eglise Catholique et le combatcontre la Synagogue de Satan. J'ai nommé la"Société Augustin Barruel" de Lyon. La Société dontla revue porte le même nom, se prés<strong>en</strong>te comme un"C<strong>en</strong>tre dYEtudes et de Recherches sur la Pénétrationet le développem<strong>en</strong>t de la révolution dans lechristianisme". La revue paraît deux fois par an et <strong>en</strong>est à son 23 numéro. Les études parues dans ces 23numéros sont remarquables ; eues constitu<strong>en</strong>t unemine de r<strong>en</strong>seignem<strong>en</strong>ts et de formation. c<strong>en</strong>trée surle "Combat des deux cités". C'est dans le cadre decette revue que Jean Vaquié a publié ce que l'on peutconsidérer comme son dernier livre : "L'Ecolemoderne de l'ésotérisme chréti<strong>en</strong>" N 22 et 23 - 162pages). Cette édition est le résumé d'un gros ouvrage<strong>en</strong> 3 tomes, réservé aux spécialistes. Livre solidem<strong>en</strong>targum<strong>en</strong>té dont le but est d'éclairer les cathoiiquessur un courant de p<strong>en</strong>sée "1'Esotérismesoit-disaat chréti<strong>en</strong>" que l'on peut considérer tommeun véritable cancer, un acide qui ronge les dogmes.une peste qui imprègne aujourd'hui les milieuxtraditionalistes eux-mêmes !C'est un des dangers de l'heure prés<strong>en</strong>te ! JeanVaquié nous dévoile dans ce travail les hommes et lesdoctrines de ce courant qui ose maint<strong>en</strong>ant s'afficherpubliquem<strong>en</strong>t, tant la décrépitude de SEgiiseconciliaire est aveuglante.Ce que R<strong>en</strong>é Guénon n'a pu accomplir de sonvivant, la génération d'ésotéristes dits chréti<strong>en</strong>s forméepar les disciples du "Maître" est <strong>en</strong> train de leréaliser, ce qu'à Dieu ne plaise ! Maint<strong>en</strong>ant que ledogme catholique a volé <strong>en</strong> éclats, la théologie de lacontre église se fraie une voie royale pour tout subvertir! Nous <strong>en</strong> rev<strong>en</strong>ons toujours au Solve et Coagulacher aux sectateurs de "1aVeuve" !Ce dernier travail de Jean Vaquié est donc un signaléservice pour tous les contre-révolutio~airesqui connaiss<strong>en</strong>t leur religion et ne veul<strong>en</strong>t s'<strong>en</strong> laissercompter à aucun prix ! Ils dispos<strong>en</strong>t la d'une armeprécieuse contre la subversion Esotéro-Occultiste !Nous devons recomaître que ~ean'vaquié a accompliune belle oeuvre apologétique. Il a su déf<strong>en</strong>drela doctrine mais aussi attirer l'att<strong>en</strong>tion sur leschausse-trapes de l'Ennemi. Son action s'est <strong>en</strong>coreexercée par une collaboration à diverses revues de latradition. Nous p<strong>en</strong>sons notamm<strong>en</strong>t à "de Rome etd'Ailleursw, "Montjoie Saint D<strong>en</strong>is", "Monde et Vie","Les Cahiers de Chiré", "Sous la Bannière". ii seraittrès opportun de réunir <strong>en</strong> volume les articles parusdans ces revues ; citons <strong>en</strong>tre autres "le Concile desMéchants m'a assiégé", "Les finalités révolutionnairesdu Nouvel-Age", "Les manifestes rosicruci<strong>en</strong>s"(collaboration à un ouvrage collectif), "Le pasteurfrappé et les brebis dispersées", "Les docum<strong>en</strong>ts dela Haute V<strong>en</strong>te", " Un corps à la fois mort et divin","Léon de Poncins est-il disciple de R<strong>en</strong>é Guénon etde Julius Evola ?", "Les précurseurs de 1'Ere du Verseau"etc ...
-IJean Vaquié a donc bi<strong>en</strong> écrit nous regrettonsqu'il ne l'ait pas fait davantage !... mais il a aussi bi<strong>en</strong>oeuvré par des confèr<strong>en</strong>ces passionnantes, très pri-1 sées de ses auditeurs.Monarchiste Provid<strong>en</strong>tialiste, grand déf<strong>en</strong>seur de latradition, Jean Vaquié s'est twjoursgardéde tout act~smedéplacé. mais a su m<strong>en</strong>er un combat de chaqueinstant servi par une solide formation puiséeauprès de I'Ecriture, des Pères de l'&lise, des docteurs,des mystiques, desgrands doctrinaires catholiqueset les contre-révolutionnaires. Homme1I lui-même très mystique Jean Vaquié était d'une hau-< te probité intellectuelle. Ses dons d'analyse étai<strong>en</strong>tremarquables et il savait prés<strong>en</strong>ter d'une façon trèsclaire les doctrines (...) des "deux traditions" dont l'expositionn'est pas toujours aisée. LI avait d'ailleursun flair incomparable pour repérer les dangers dumom<strong>en</strong>t. Mer droit à l'ess<strong>en</strong>tiel puis l'exposer dansune langue claire et agréable n'est pas réservé à toutle monde ! Jean Vaquié possédait ce don de la clarté.i1Quoique la situation put paAtre désespéréeaux yeux du commun, Jean Vaquié avait la certitudeinébranlable de la victoire finale. Ses écrit <strong>en</strong> témoign<strong>en</strong>t;ils démontr<strong>en</strong>t même que tout <strong>en</strong> s'armant"provid<strong>en</strong>tialiste" il est possible malgré l'étroitemargede manoem qui nous est <strong>en</strong>core laisséed'oeuvrer pour la gloire de Dieu et I'Edification "desrestes qui allai<strong>en</strong>t périr" ...Jean Vaquié fut pour notre époque un souti<strong>en</strong>précieux !Oui, la Tradition vi<strong>en</strong>t de perdre un grand homme! Puisset-il nous sout<strong>en</strong>ir maint<strong>en</strong>ant de là hautpuisque nous ne disposons plus de ses lumièresici-bas ! Que nos prières mont<strong>en</strong>t pour lui vers leDieu des miséricordes, pour qu'LI lui r<strong>en</strong>de là haut lesfruits de son labeur ici-bas."Les forces de la révolution peuv<strong>en</strong>t occupertout le terrain. Dieu ne permettra,pas que tous sesserviteurs disparaiss<strong>en</strong>t. Dieu a besoin de "petitsri<strong>en</strong>s" pour tout reconstruire" (JeanVaquié).En ce 21 Janvier 1993. Bic<strong>en</strong>t<strong>en</strong>aire du Martyrede LouisXVI et origine de tous nos maux !Félix CausasEXTRAIT DU SEL DE LA TERREN 4 Printemps 1993Cow<strong>en</strong>t de la Haye-aux-Bonshommes49240 AvriUéL'ECOLE DE L'ESOTERISME CHRETIENUn numéro spécial du builetin d'étude de la SociéteAugustin Barniel est consacré à un sujet ttésimportant et assez méconnu : celui de "l'Esotérismechréti<strong>en</strong>". Par cette expression il faut <strong>en</strong>t<strong>en</strong>dre uncourantde p<strong>en</strong>sée qui se rattache, pour une b o~epart, à R<strong>en</strong>é Guénon. Ici l'auteur n'étudie pasdirectem<strong>en</strong>t la p<strong>en</strong>sée du maître, dont la t<strong>en</strong>tatived'infiitration du christianisme fut un échec : il con-'sacre son ouvrage à l'exam<strong>en</strong> de la p<strong>en</strong>sée des disciplesde Guénon qui se dis<strong>en</strong>t catholiques ou quiexerc<strong>en</strong>t une grande influ<strong>en</strong>ce auprés de catholiques.Panni ceux-ci, il <strong>en</strong> distingue trois qui sontplus importants : l'abbé Stéphane, FrançoisCh<strong>en</strong>ique et Jean Borella.Le cas de "l'abbé Stéphane" (André, H<strong>en</strong>ri, StéphaneGircours, né <strong>en</strong> 1906) est assez troublant. Voiciunprêtre qui se laissa complètem<strong>en</strong>t gagner par lesthéories gnostiques de Guénon et de son discipleFrithjof Shuon. Son évêque s'<strong>en</strong> émut et le chassa deson diocèse. Il se réfugia à l'école Sainte-G<strong>en</strong>eviève,à Versailles, où il <strong>en</strong>seigna les mathématiques jusqu'<strong>en</strong>1973. Il est mort <strong>en</strong> 1984 après avoir souffertde troubles psychiques nécessitant des soins <strong>en</strong>établissem<strong>en</strong>t psychiatrique.Cet abbé a réagi contre les déviances modernistesdans l'&lise au nom d'une certaine 'Tradition".Mais il faut savoir que les guénoni<strong>en</strong>s ne plac<strong>en</strong>t passous ce nom la Tradition apostolique et romaine quedéf<strong>en</strong>d Le sel de la terre à la suite de MonseigneurLefebvre. Pour eux, la Tradition est une connaissance"sacrée" confiée àune "élite" et à des "initiés".Dans le vocabulaire de ces gnostiques, il fautdistinguer l'exotérisme (oii se place par exemple notrerevue) et l'ésoterisme (OU ils se plac<strong>en</strong>t). Cettedistinction se retrouve dans chaque forme religieuse"auth<strong>en</strong>tique":islam, hindouisme, judaïsme, ... et aussichristianisme. Au niveau de l'exotérisme, il y aconflit <strong>en</strong>tre les difer<strong>en</strong>tes formes religieuses, maisau niveau de l'ésotérisme il y a une "unité transc<strong>en</strong>dantedes religions".L'<strong>en</strong>seignem<strong>en</strong>t de l'abbé Stéphane fut recueillipar des disciples dont deux sont actuellem<strong>en</strong>t parti-
culiérem<strong>en</strong>t actifs : François Ch<strong>en</strong>ique et Jean Borella.Ce dernier est spécialem<strong>en</strong>t dangereux, car il aréussi, par une pratique très exacte de "l'exotérisme",à faire une certaine percée dans le milieu catholiquetraditionaliste. Pourtant ii ne cache pas son adrnirationpour R<strong>en</strong>é Guénon, et Jean Vaquié n'a pas depeine à retrouver dans ses écrits les principauxthèmes du gnosticisme.Nous avons <strong>en</strong>tre les mains les actes d'un coiloque<strong>org</strong>anisé du 31 août au 2 septembre 199 1 pour le40e anniversaire de la mort de R<strong>en</strong>é Guénon. JeanBoreila y participait à côté de frsnc-maçons commeJean Tourniac, de musulmans comme 'Abd AlWâhid Pallavicini et 'Abd Al Haqq Ismafl Guiderdoni, et d'autres ésotéristes favorables au bouddhisme,à i'hindouisme et au "christianisme" (par exempleJean Hani et un père bénédictin, Michel Van Parys).Notons le "Propos inaugural" de Roland Goffin :"Ces journées devrai<strong>en</strong>t être vécues, j'<strong>en</strong> forme levoeu, dans un esprit analogue à celui d'&sise. (où ilne s'agissait pas d'élever vers le Ciel une prière communeà toutes les traditions, ni peut-être même deprier <strong>en</strong>semble,) mais d'être <strong>en</strong>semble pour élevernos p<strong>en</strong>sées et réflexions, certes conformém<strong>en</strong>t à lanature de chacune des traditions ici représ<strong>en</strong>tées,mais toutes ori<strong>en</strong>tées vers leur principe divin commun,id<strong>en</strong>tique et transconfessionnel (...), énoncerdes vérités qui, <strong>en</strong> ellesmêmes, sont au-delà dechacun des points de vue adoptés : "au c<strong>en</strong>tre", donttoutes les traditions provid<strong>en</strong>tiellem<strong>en</strong>t issues et instituéesde par la Volonté divine sont pour nous desvoies et des rayons converg<strong>en</strong>ts ".La revue qui publie ces actes, Vers la Tradition,exprime que "son souci est de ne publier que des travauxcompatibles avec le principe de l'unité ess<strong>en</strong>tielledes diverses traditions, principe qui est lefondem<strong>en</strong>t du véritable oecuménisme, celui de l'Esprit,conçu et vécu <strong>en</strong> dehors de tout syncrétisme".Nous laissons à nos lecteurs de soin de découvrir dequel "Esprit" il peut bi<strong>en</strong> s'agir.Nous avons affaire à une doctrine sortie directem<strong>en</strong>tdes antres de l'<strong>en</strong>fer, insufflée à des initiéss'exerçant à des pratiques ésotériques, et qui prét<strong>en</strong>dêtre une justification théorique de l'oecuménisme deJean-Paul II. Il est incroyable que des catholiquesqui se prét<strong>en</strong>d<strong>en</strong>t traditionalistes particip<strong>en</strong>t à unetelle <strong>en</strong>treprise.Mais on sera moins étonné si on lit l'interv<strong>en</strong>tiond'un des participants à ce coiloque, 'Abd AlWâhid Pallavicini. "II n'y a pas d'<strong>org</strong>anisationésotérique ni d'ésotérisme <strong>en</strong> dehors d'un exotérismeauquel on apparti<strong>en</strong>t déjà, même si ce n'estqu'"<strong>en</strong> vue" d'une telle initiation (...) Pour nous occid<strong>en</strong>taux,aujourd'hui, notre exotérisme est nécessairem<strong>en</strong>tune "religion" . Dans la logique de cettedoctrine gnostique, pour développer toutes les "virtualités"cont<strong>en</strong>uès dans "l'influ<strong>en</strong>ce spirituelle"donnée par l'initiation, il faut pratiquer aussi unexoterisme, c'est-à-dire une religion. Certains aurontde la répugnance B imiter monsieur Pallaviciniqui a sans doute reçu au baptême un prénom moinsbarbare que celui que nous r<strong>en</strong>onçons a écrire unetroisième fois dans sa pratique de l'islam. Alors illeur reste la possibilité de pratiquer la religion catholique.Evidemm<strong>en</strong>t, pour ces messieurs qui se prét<strong>en</strong>d<strong>en</strong>tésotéristes "orthodoxes", <strong>en</strong> se démarquantbi<strong>en</strong> des vulgaires occultistes du New-Age, ils préfer<strong>en</strong>tpratiquer I'exotérisme "orthodoxe" de la Traditioncatholique. Là ils sont sûrs que les sacrem<strong>en</strong>tssont valables et transmett<strong>en</strong>t "l'influ<strong>en</strong>ce spirituelle"et ils trouveront une liturgie qui a gardé le s<strong>en</strong>s dusacré et s'accorde avec ce qu'ils cherch<strong>en</strong>t à trouverdans la pseudwmystique (pour ne pas dire la contre-mystique)de l'initiation.Toute cette longue digression n'aura pas tellem<strong>en</strong>tfait connaître I'Ecole de l'ésotérisme chréti<strong>en</strong>aux chréti<strong>en</strong>s du Sel de la terre. Mais plutôt que derésumer cet ouvrage nous conseillons à nos lecteursde se le procurer. Iis auront compris, à la lumière desquelques considérations que nous v<strong>en</strong>ons de faire, ledanger de cette Ecole. Ils trouveront dans l'ouvragede Jean Vaquié une bo~edescription des "leaders"de i'Fxole et de leur doctrine.Nous pouvons regretter un peu que cette études'<strong>en</strong> ti<strong>en</strong>ne surtout à l'aspect descriptif de cette école.Une bonne analyse, àla lumière de la philosophieet de la théologie thomistes, des principales notionsdu guénonisme (tradition primordiale, influ<strong>en</strong>cespirituelle,symbolisme, "réalisation" par la connaissance,Principe indifEr<strong>en</strong>cié etc.) serait bi<strong>en</strong>v<strong>en</strong>ueet montrerait le vide de cette p<strong>en</strong>sée face aux richessesde la Tradition catholique. L'auteur de cette étudea peutêtre manqué d'une co~aissanceapprofondie du thomisme. C'est ce qui expliqueraitaussi qu'il approuve, paradoxalem<strong>en</strong>t, la critique injustifiéede Borella de I'hyperthornisme qui n'est ri<strong>en</strong>d'autre que le thomisme contemporain.LI reste donc à faire une étude plus doctrinale dela p<strong>en</strong>sée de R<strong>en</strong>é Guénon. A notre co~aissancecette étude n'a pas <strong>en</strong>core été faite. LI y a bi<strong>en</strong> eu quelquesétudes peu après la mort de Guénon, mais ellessont aujourd'hui introuvables et n'ont pas toujoursmesure la nocivité cont<strong>en</strong>ue <strong>en</strong> germe dans cettep<strong>en</strong>sée, laquelle est beaucoup plus visible aujourd'hui.L'étude de Noële Maurice-D<strong>en</strong>is Boulet
parue dans La P<strong>en</strong>sée Catholique (N 77.78-79,80),qui jouit d'une certaine réputation, était beaucouptrop favorable au "maître" dont elle n'hésitait pas àfaire un grand métaphysici<strong>en</strong>.Certains ont pu aussi signaler quelques erreursde fait dans cette étude. Personne n'est infailljble icibas sauf le pape dans certaines conditions et aussiles guénoni<strong>en</strong>s et l'auteur travaillant un peu <strong>en</strong> pionnierdans cette matière a bi<strong>en</strong> pu faire quelques inexactitudesw négliger quelques informations. Celane remet certainem<strong>en</strong>t pas <strong>en</strong> cause la conclusion dece travail : sous l'influ<strong>en</strong>ce de R<strong>en</strong>é Guénon est <strong>en</strong>train de se constituer un courant de p<strong>en</strong>sée qu'onpeut qmer d'ésotérisme chréti<strong>en</strong>, courant de p<strong>en</strong>séequi regroupe des personnes dont l'influ<strong>en</strong>ce estloin d'être négligeable. Aussi on compr<strong>en</strong>d quel'auteur ait reçu cet <strong>en</strong>couragem<strong>en</strong>t substantiel deMonseigneur Lefebvre à qui il avait adressé lesépreuves de cette étude :"E.S. Monseigneur Marcel Lefebvre exprimeses vives félicitations et sa profonde reconnaissanceà Monsieur Jean Vaquié pour le remarquable ouvragequ'il a rédigé sur 1'Ecole de l'ésotérisme chréti<strong>en</strong>.Ce faisant, il réalise le désir de Léon XII1 et de SaintPie X, disant qu'il faut <strong>en</strong>lever le masque de ces g<strong>en</strong>squi se déguis<strong>en</strong>t <strong>en</strong> catholiques pour faire mieux passer]eursdoctrinesperverses. Que Dieu le Bénisse !"Monsieur Jean Vaquié étant décédé après la parutionde cet ouvrage espérons qu'il recevra sans tardercette bénédiction souhaitée par MonseigneurLefebvre ainsi que la juste récomp<strong>en</strong>se pour sesnombreux et intéressants travaux dont celui-ci constituele dernier.Antoine de MotreffJean Vaquié, L'Ecole de Z'Esotérisme Chréti<strong>en</strong>,Société Augustin Barruel (62 rue Sala, 69002 Lyon),1992-21 ~29'7- 168 pages- 100E
NUMÉROS ANCIENSLes 17 premiers numéros sont épuisés du fait de l'inc<strong>en</strong>die qui a détruit notre local <strong>en</strong>Septembre 1988. Leurs sommaires sont néanmoins reproduits <strong>en</strong> page 2 de couverture.Seuls sont désormais disponibles les No 19,20, 21 presque épuisés, le No 22/23 et leNo 24 dont vous trouverez le sommaire ci-dessous.SOMMAIRE No 19La révolution sexuelle,pierre angulaire de la révolution - 1Gnose et humanisme - 2L'Islamsous le v<strong>en</strong>t de la politique - 2Rappel sur laFranc-MaçonnerieSOMMAIRE No 20Gnose et romantisme - 13 La révolution sexuelle,19 pierre angulaire de la révolution - 1Rappels sur la Franc-Maçonnerie - 232 La révolution surréaliste - 1Le nouvel âge :44 A l'aube de l'ère du VerseauFils de la VeuveSOMMAIRE No 21 SOMMAIRE No 24Gnose et romantisme - 2 3 Gnose et classicismeLa révolution surréaliste - 2 18 La révolution sexuelle,La révolution sexuelle, pierre angulaire de la révolution - 4pierre angulaire de la révolution - 3 35 Notes sur les origines du BouddhismeLe suicide de Luther 50 La révolution surréaliste - 3Gnose et boudhisme 56 "Démocratie cléricale"Yves Chiron répondSOMMAIRE 22/23L'6cole moderne de I'ésot6risme chréti<strong>en</strong>ADRESSES D'AMISDe nombreux abonnés ont donné des adresses d'amis (plus de 150) auxquels nousavons <strong>en</strong>voyé le No 22/23. Nous les <strong>en</strong> remercions et leurs demandons de s'<strong>en</strong>quérirauprès de ces personnes de l'intérêt suscitée par cette étude et de la suite év<strong>en</strong>tuelle.Par ailleurs de nouvelles adresses seront toujours les bi<strong>en</strong>v<strong>en</strong>ues pour les prospectionsfutures.FOND DE SOUTIENL'augm<strong>en</strong>tation continue du prix de revi<strong>en</strong>t, et notamm<strong>en</strong>t des tarifs postaux, r<strong>en</strong>dtoujours aussi nécessaire le fond de souti<strong>en</strong> pour compléter le taux de l'abonnem<strong>en</strong>tet permettre de nombreux <strong>en</strong>vois gratuits. Merci !No d'inscription SI480DépBt légal ler trimestre 1994 - Impression C.E. ImprimeriesISNN 0247 - 3607