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Audacieuses, le défi d'être soi - Réseau québécois d'action pour la ...

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<strong>Audacieuses</strong>,passez à l’action !Nous ressentons deplus en plus <strong>la</strong> pressionsocia<strong>le</strong> <strong>pour</strong> <strong>le</strong>remode<strong>la</strong>ge de notrecorps afin de correspondreaux « standardsde beauté »véhiculés principa<strong>le</strong>mentpar <strong>la</strong> publicité,l’industrie de<strong>la</strong> mode, de <strong>la</strong>beauté et <strong>le</strong> milieuartistique.Que faire devant cephénomène qui prendune amp<strong>le</strong>ur inquiétanteet soulève desenjeux sociaux et desrisques réels <strong>pour</strong> <strong>la</strong>santé physique et psychologique?Notre <strong>défi</strong> est de passerà l’action, de sortirde l’iso<strong>le</strong>ment et de <strong>la</strong>compétition vers<strong>le</strong>squels l’imagecorporel<strong>le</strong> dominantenous entraîne tropsouvent.C’est <strong>pour</strong>quoi <strong>le</strong><strong>Réseau</strong> <strong>québécois</strong>d’action <strong>pour</strong> <strong>la</strong> santédes femmes <strong>la</strong>nce cetappel à l’action ; nousvous invitons à mettrede l’avant des actionsdans votre milieu,dans une démarche devalorisation de <strong>la</strong>diversité des imagescorporel<strong>le</strong>s.Le RQASF est fier de s’associer au magazine Châte<strong>la</strong>ine <strong>pour</strong> <strong>la</strong> diffusionde son guide d’action. Non seu<strong>le</strong>ment Châte<strong>la</strong>ine partage-t-il <strong>le</strong>spréoccupations du RQASF sur <strong>la</strong> question de l’image corporel<strong>le</strong> desfemmes, mais en plus il n’a pas hésité, il y a trois ans déjà, à prendrel’engagement ferme de ne jamais retoucher <strong>le</strong>s photos de personnesdans <strong>le</strong> magazine, y compris <strong>le</strong>s mannequins ou vedettes en pagecouverture ; et à ne jamais utiliser de mannequins de moins de 25 ans<strong>pour</strong> <strong>le</strong>urs pages de mode ou <strong>le</strong>urs pages couvertures.Pour col<strong>le</strong>ctiviser cesactions, vous <strong>pour</strong>reztémoigner de vosstratégies individuel<strong>le</strong>sou col<strong>le</strong>ctives<strong>pour</strong> résister auxstéréotypes de beautéen complétant <strong>le</strong>formu<strong>la</strong>ire d’inscriptionsur <strong>le</strong> sitewww.rqasf.qc.ca, dans<strong>le</strong> dossier Image corporel<strong>le</strong>.Vous serezainsi informées desdifférentes initiativesdéveloppées à travers<strong>le</strong> Québec.Nous savons que nousne pouvons espérer dechangements sans <strong>la</strong>mobilisation desfemmes, des groupesde femmes et de <strong>la</strong> popu<strong>la</strong>tion.Plus nousserons nombreusesà poser des gestes,plus nos actions vontpermettre de changer<strong>le</strong>s mentalités et <strong>le</strong>spratiques.4 <strong>Audacieuses</strong> 2005


<strong>la</strong> mode de l’heurePasca<strong>le</strong> Guérico<strong>la</strong>sQu’el<strong>le</strong> <strong>soi</strong>t en forme de poire, de sablier, d’asperge, de tonneau, <strong>la</strong> silhouetteféminine ne cesse d’évoluer depuis de nombreux millénaires au gré des modes,et surtout du statut que <strong>la</strong> femme occupe à une époque donnée.Déjà <strong>le</strong>s Égyptiennesrecourent aux cosmétiques2500 ans avantJésus-Christ, tandis que<strong>le</strong>s Crétoises à <strong>la</strong> mêmepériode portent desdessous ressemb<strong>la</strong>nt unpeu au corset. Ce dernierconnaîtra d’ail<strong>le</strong>urs unrègne florissant aumoins six sièc<strong>le</strong>s durant,étrang<strong>la</strong>nt tel<strong>le</strong> partiedu corps, comprimanttel<strong>le</strong> autre, rembourrantune troisième <strong>pour</strong> mode<strong>le</strong>r<strong>la</strong> femme selon <strong>le</strong>sfantasmes de l’heure.Bref, <strong>la</strong> recherche de <strong>la</strong>beauté idéa<strong>le</strong> n’a riend’une quête nouvel<strong>le</strong><strong>pour</strong> <strong>la</strong> gente fémininesi l’on jette un rapidecoup d’œil en arrière.Depuis l’Antiquité, <strong>le</strong>smédecins ont tendance àconsidérer <strong>le</strong>s femmescomme des mâ<strong>le</strong>s manquéspuisqu’el<strong>le</strong>s ne possèderaientaucun organeen propre, mais seu<strong>le</strong>mentde pâ<strong>le</strong>s répliques.Dans son traité Des ma<strong>la</strong>diesdes femmes, 400 ansavant Jésus-Christ,Hippocrate, <strong>le</strong> célèbrepraticien grec décrit <strong>le</strong>corps féminin comme fait« d’une chair plus lâche etplus mol<strong>le</strong> que l’homme ».Éternel<strong>le</strong> enfant, cettefemme devra donc êtreprotégée tout au long desa vie, et ne <strong>pour</strong>raexercer son libre arbitre.Au XVIII e sièc<strong>le</strong>, <strong>le</strong> discoursmédical change,mais <strong>le</strong>s préjugésdemeurent. Il s’agit alorsau contraire d’établir desdifférences physiologiquestrès c<strong>la</strong>ires entre<strong>le</strong>s deux sexes. Lesanatomistes considèrent,par exemp<strong>le</strong>, <strong>le</strong> crâneféminin plus petit tandisque <strong>le</strong> bassin fémininserait beaucoup plus<strong>la</strong>rge. Ils ne voient donc<strong>le</strong> corps féminin que sousl’ang<strong>le</strong> de <strong>la</strong> maternitéLes bel<strong>le</strong>sde RubensEn fait, cet idéal d’unefemme p<strong>la</strong>ntureuse,capab<strong>le</strong> d’enfanter unenombreuse marmail<strong>le</strong>s’affiche dès <strong>le</strong> XVI e sièc<strong>le</strong>sur <strong>le</strong>s murs des châteauxet des pa<strong>la</strong>is. Les toi<strong>le</strong>sdes grands maîtresjouent alors <strong>le</strong> rô<strong>le</strong> depanneaux publicitairesdu temps. Le peintre f<strong>la</strong>mandRubens met à <strong>la</strong>mode des beautés souventobèses à nos yeux,peut-être <strong>pour</strong> mieuxsouligner l’opu<strong>le</strong>nce desPays-Bas après cinquanteans de guerres civi<strong>le</strong>s etreligieuses. L’Italie, el<strong>le</strong>aussi puissante et riche,lui emboîte <strong>le</strong> pas alorsque l’embonpointtémoigne de <strong>la</strong> fortunedes oisifs, libres des’adonner aux p<strong>la</strong>isirs de<strong>la</strong> tab<strong>le</strong> et débarrassésdes tâches physiques.Selon <strong>le</strong>s canons envogue à cette époque, <strong>la</strong>femme idéa<strong>le</strong> possèdedes hanches plus <strong>la</strong>rgesque <strong>le</strong>s épau<strong>le</strong>s, afinnotamment de souligner<strong>la</strong> finesse de sa tail<strong>le</strong> surmontéed’un fort buste,comme <strong>le</strong> rappel<strong>le</strong>Philippe Perrot dans sonlivre intitulé Le travaildes apparences ou <strong>le</strong>stransformations du corpsféminin au XVIII e - XIX esièc<strong>le</strong>s. Pour parvenir àse conformer à cettemode, <strong>le</strong>s femmesdoivent porter unevéritab<strong>le</strong> armature,<strong>soi</strong>t un corset.Le corset,tout un artLa description de cescorsets faits en toi<strong>le</strong>piquée, en bois, en <strong>la</strong>iton,en fer, en argent, selonl’époque et <strong>le</strong>s moyensfinanciers de sa propriétaire,fait parfois frémir.Entre <strong>le</strong> vertugadin quifait bouffer <strong>la</strong> jupe, <strong>la</strong>basquine qui étrang<strong>le</strong> <strong>la</strong>tail<strong>le</strong> en faisant saillirdes seins toujours prêts5 <strong>Audacieuses</strong> 2005


à s’échapper du corsageet l’utilisation de paniersde plusieurs mètres decirconférence <strong>pour</strong>donner des hanchesdémesurées, <strong>la</strong> silhouettesemb<strong>le</strong> enfermée dansune véritab<strong>le</strong> prison. Lamode d’alors se moquebien des côtes briséesou des évanouissementsà répétition des damesde <strong>la</strong> nob<strong>le</strong>sse, en mettantl’accent, pendantplusieurs sièc<strong>le</strong>s, surl’opu<strong>le</strong>nce des hancheset des seins. Ils sontautant de signes triomphantsde <strong>la</strong> maternité.Sept sièc<strong>le</strong>s avant Jésus-Christ, <strong>la</strong> femmeporte une tunique drapée qui ne contraintpas ses formes et s’attache plutôt àdissimu<strong>le</strong>r ses seins. À cette époque, <strong>le</strong>scourtisanes prenaient part aux discussionsdes philosophes.Vers 1780, lors de <strong>la</strong> période révolutionnaireen France, <strong>le</strong>s citoyennes sur <strong>le</strong>s barricadesne portent plus qu’un petit corset passé sur<strong>le</strong>ur chemise.Vers 1830, <strong>le</strong>s jupes s’é<strong>la</strong>rgissent à nouveauavec <strong>le</strong> port de <strong>la</strong> crinoline et de faux-culs, <strong>la</strong>tail<strong>le</strong> de guêpe s’impose grâce à l’usage decorsets <strong>la</strong>cés très fermement et même à l’ab<strong>la</strong>tionde quelques côtes <strong>pour</strong> <strong>le</strong>s plus coquettes.En 1917, l’industrie de guerre américaine<strong>la</strong>nce un appel aux Américaines <strong>pour</strong> qu’el<strong>le</strong>srenoncent à acheter des corsets à ba<strong>le</strong>ined’acier afin de récupérer ce métal.28 000 tonnes d’acier seront ainsi économisées,de quoi construire deux navires de guerre !Selon l’ethnologueSuzanne Marchand, i<strong>le</strong>xiste un lien indéniab<strong>le</strong>entre <strong>la</strong> mode vestimentaireet <strong>le</strong> degré d’autonomiedes femmes.« Au cours de l’histoireoccidenta<strong>le</strong>, <strong>le</strong>s rarespériodes où l’idéal debeauté correspondaitassez fidè<strong>le</strong>ment aux proportionsnaturel<strong>le</strong>s ducorps féminin semb<strong>le</strong>ntal<strong>le</strong>r de pair avec uneparticipation active desfemmes à <strong>la</strong> vie sexuel<strong>le</strong>et politique » explique-tel<strong>le</strong>.« Le respect deslignes naturel<strong>le</strong>s du corpstraduit l’aspiration à unmonde idéal etégalitaire », remarquel’ethnologue.Vous aimeriez des vitrinesqui présentent desmannequins de toutes<strong>le</strong>s tail<strong>le</strong>s, vous vou<strong>le</strong>zplus de choix de sty<strong>le</strong>s devêtements, comme descamiso<strong>le</strong>s à bretel<strong>le</strong>s<strong>la</strong>rges à <strong>la</strong> boutiquepréférée de votre fil<strong>le</strong> ?Pourquoi ne pas adresservos demandes par écritdirectement aux personnesresponsab<strong>le</strong>s ? Voustrouverez <strong>la</strong> procédure àsuivre et un modè<strong>le</strong> de<strong>le</strong>ttre sur <strong>le</strong> site Internetdu <strong>Réseau</strong> <strong>québécois</strong>d’action <strong>pour</strong> <strong>la</strong> santédes femmes, auwww.rqasf.qc.ca.Voir <strong>la</strong> sectionRessources à connaîtreL’arrivéede <strong>la</strong> minceurIl faut attendre <strong>le</strong>sannées fol<strong>le</strong>s au <strong>le</strong>ndemainde <strong>la</strong> PremièreGuerre mondia<strong>le</strong> <strong>pour</strong>que <strong>le</strong>s normes enmatière d’image corporel<strong>le</strong>fémininechangent radica<strong>le</strong>ment,grâce notamment àl’abandon du corset.L’usage de ce lourdappareil<strong>la</strong>ge ne convientplus à des femmes quidoivent remp<strong>la</strong>cer àl’usine ou aux champs <strong>le</strong>shommes partis se battre.6 <strong>Audacieuses</strong> 2005


L’aube des années70 et <strong>le</strong> mouvementhippie, voient <strong>le</strong>s femmesse débarrasser des gaineset soutiens-gorge <strong>pour</strong>afficher librement <strong>le</strong>ursilhouette. Bienvenuemaintenant dans <strong>le</strong>troisième millénaire, où<strong>la</strong> courbe en S a <strong>la</strong> cote.Une femme é<strong>la</strong>ncée etmince arbore unepoitrine et des fessesp<strong>la</strong>ntureuses. Un idéalbien diffici<strong>le</strong> à atteindre,même avec <strong>la</strong> meil<strong>le</strong>urevolonté sportive, ce quiouvre <strong>la</strong> porte à <strong>la</strong>chirurgie esthétique.« Autrefois <strong>le</strong>s femmesportaient des corsets,aujourd’hui el<strong>le</strong>s se fontopérer » conclut SuzanneMarchand un peutristement.Après <strong>le</strong> Botox, <strong>la</strong>liposuccion, <strong>la</strong> posed’imp<strong>la</strong>nts, etc., pouvons-nousmême imaginerà quoi <strong>le</strong>s femmesdevront se soumettre<strong>pour</strong> correspondre auxcritères de beauté<strong>défi</strong>nis par l’industrie ?Les illustrations de ce dossier proviennent du Programmed’animation en santé et sexualité <strong>pour</strong> ado<strong>le</strong>scentes etado<strong>le</strong>scents du Centre de santé des femmes de l’Estrie.Vous aimeriez échangersur l’image du corpsde <strong>la</strong> femme dans <strong>la</strong>société ? Profitez d’uneprochaine rencontreentre amies <strong>pour</strong><strong>la</strong>ncer <strong>la</strong> discussion.Le comité jeunesfemmes du CentreFemmes d’aujourd’huiprépare justement unoutil de sensibilisationsur <strong>la</strong> question. Il s’agitd’un jeu questionnaireabordant trois thèmes :évolution des critèresde beauté féminine,omniprésence de l’industriede <strong>la</strong> beauté etsolutions à envisager.Voir <strong>la</strong> sectionRessources à connaîtreQuiz(vrai ou faux)Plus <strong>la</strong> mode dévêt <strong>le</strong> corps, plus <strong>le</strong>s exigences faceaux corps sont importantes.VRAILe corps qui ressemb<strong>le</strong> à celui des mannequins devient<strong>la</strong> norme. Lorsqu’on se déshabil<strong>le</strong>, il est faci<strong>le</strong> de voirses différences comme des imperfections.La version intégra<strong>le</strong> du jeu-questionnaire Qui créel’oppression face à l’image corporel<strong>le</strong> ? de <strong>la</strong> Tab<strong>le</strong>communautaire intersectoriel<strong>le</strong> en santé des femmeset dépistage du cancer du sein de Re<strong>la</strong>is-femmes estdisponib<strong>le</strong> sur <strong>le</strong> site du <strong>Réseau</strong> <strong>québécois</strong> d’action<strong>pour</strong> <strong>la</strong> santé des femmes.Voir <strong>la</strong> section Ressources à connaîtreMé<strong>la</strong>nie adore <strong>le</strong>s fou<strong>la</strong>rds très colorésqu’el<strong>le</strong> porte dans ses cheveux ou surses hanches. Tendance ou pas,el<strong>le</strong> se sent très bien dans sonsty<strong>le</strong> bohème et ça se perçoit parl’impression de bien-être qu’el<strong>le</strong> dégage.8 <strong>Audacieuses</strong> 2005


Vous aimeriez :» organiser une discussion en famil<strong>le</strong>, à l’éco<strong>le</strong>,au travail, … ?» échanger davantage avec vos enfants surl’estime de <strong>soi</strong> et l’image corporel<strong>le</strong> et <strong>le</strong>s aider àdévelopper un regard plus critique sur <strong>le</strong>s médias(stéréotypes, sexisme) ?» être mieux outillée <strong>pour</strong> décoder <strong>le</strong>s contenusdes différents magazines ?Diverses ressources peuvent vous aider.MédiAction vise à améliorer l’image des femmesdans <strong>le</strong>s médias. Il propose du matériel de décodaged’images destinées à sensibiliser <strong>le</strong>s jeunes ausexisme et aux messages stéréotypés.Voir <strong>la</strong> section Ressources à connaître<strong>Réseau</strong> Éducation-Médias offre une gamme deressources <strong>pour</strong> développer l’esprit critique desjeunes face aux médias. Il présente <strong>le</strong>s diversstéréotypes, dont ceux sexistes, et propose despistes <strong>pour</strong> en discuter.Voir <strong>la</strong> section Ressources à connaîtreJean-François Amadieu,auteur de l’ouvrage LePoids des apparences.Dès <strong>le</strong> berceau, un jolibébé reçoit plus d’attentionqu’un vi<strong>la</strong>in petitcanard. Les jolies femmesdécrochent de meil<strong>le</strong>ursemplois et gagnentdavantage. Cette mentalitétraduit <strong>le</strong> climatsocial qui règne autourde tel<strong>le</strong>s va<strong>le</strong>urs, unclimat marqué par <strong>la</strong> performanceet <strong>la</strong> compétitionplutôt que par l’ouvertureà l’autre, à <strong>la</strong>diversité, à l’égalité. Unclimat qui favorise, on <strong>le</strong>devine, <strong>la</strong> discrimination.Gravir <strong>la</strong>montagne del’estime de<strong>soi</strong> : une autrebeautéPour s’aimer vraiment etarrêter de passer sa vie àfaçonner son corps malgré<strong>le</strong> temps qui passe, <strong>la</strong>solution est de prendreses distances par rapportaux standards. Pour cefaire, il importe d’abordde réagir à ce qui nousest imposé et qui limitenotre vie, notre liberté,nos réalisations. Peutêtrefaut-il en avoir assezet l’exprimer. Partirensuite à <strong>la</strong> recherched’informations sur <strong>la</strong>question nous réservedes découvertes, deséc<strong>la</strong>ircissements et desréponses qui nous étonneront,nous stimu<strong>le</strong>ront,nous fourniront despistes de réf<strong>le</strong>xion etd’action. Peut-être aussinous sentirons-nousmoins seu<strong>le</strong>s et plusfortes. Cette chasse auxtrésors nous rapporteracelui de vivre p<strong>le</strong>inementce qu’on est, ni plus nimoins. « Et il n’y a pasd’âge <strong>pour</strong> ça !, dit Suzon,pigiste, âgée de 57 ans.C’est comme trouver unsens, une lumière… »Cette distance à prendre,c’est aussi ce que suggère<strong>la</strong> psychologue montréa<strong>la</strong>iseBrigitte Hénault.« Apprendre à vivrecomme on est demandeune volonté de fer. Maisc’est possib<strong>le</strong>. On peutqu’est-ce que l’estime de <strong>soi</strong> ?C’est une aptitude à aimer qui l’on est, avec ses qualités,ses travers, ses limites, etc.C’est une attitude de respect qu’on se porte, de va<strong>le</strong>urqu’on donne à ses idées, à ses sentiments, à sa façonde vivre, à sa vision des choses. C’est avoir confianceen sa capacité d’évoluer, de créer, d’aimer et d’êtreaimée.L’estime de <strong>soi</strong> est faite notamment de l’opinion quel’on a de <strong>soi</strong>-même. C’est donc une « croyance » en sapropre va<strong>le</strong>ur. El<strong>le</strong> peut être vulnérab<strong>le</strong> au jugementd’autrui et à <strong>la</strong> pression socia<strong>le</strong> et médiatique.Mais avec <strong>le</strong> temps, une croyance profonde peut semodifier.qu’est-ce qui favorise une bonneestime de <strong>soi</strong> ?Ce sont <strong>le</strong>s parents ou des proches qui ont valorisél’enfant, en respectant sa nature profonde et enl’aimant inconditionnel<strong>le</strong>ment.Selon <strong>le</strong>s recherches en psychologie, l’estime de <strong>soi</strong>continue de se construire pendant toute <strong>la</strong> vie adulte.Comme l’estime de <strong>soi</strong> transpire dans <strong>le</strong> regard, dansl’attitude, el<strong>le</strong> a un effet sur l’apparence de l’individuet sur sa façon d’entrer en re<strong>la</strong>tion avec <strong>le</strong>s autres.11 <strong>Audacieuses</strong> 2005


TRUCSTRUCSTRUCSTRUCSTRUCSTRUCSressentir des inquiétudesface à notre image. Avoirune bonne estime de <strong>soi</strong>,ce n’est pas ne jamaisdouter de <strong>soi</strong>. C’est investirde l’énergie <strong>pour</strong> sebâtir une vie saine. »Où en est votre estime de <strong>soi</strong> ??> D’une manière généra<strong>le</strong>, avez-vous tendanceà retenir surtout vos travers, vosmanques ou vos faib<strong>le</strong>sses plutôt que vosforces, vos bons coups et vos réalisations ?(Passez en revue tout ce que vous avezaccompli au cours des derniers mois, n’oubliezaucun aspect de votre vie (famil<strong>le</strong>, travail,loisirs, etc.) Vous serez étonnée de vosréalisations au quotidien, mine de rien.?> Arrivez-vous à refuser du travail, à poservos limites (énergie, disponibilité) aubureau ou dans vos re<strong>la</strong>tions interpersonnel<strong>le</strong>ssans <strong>pour</strong> autant vous sentircoupab<strong>le</strong> ou craindre de perdrequelqu’un-e ou quelque chose ??> Vous attribuez-vous <strong>le</strong> droit à <strong>la</strong> différencedans vos idées, vos va<strong>le</strong>urs, vos choix etvotre sty<strong>le</strong> de vie face à votre entourage ouà vos proches, sans vous sentir obligée devous justifier, de vous taire ou de marchersur des oeufs ?(La version intégra<strong>le</strong> du questionnaire Où enest votre estime de <strong>soi</strong>? est disponib<strong>le</strong> sur <strong>le</strong>site Internet du <strong>Réseau</strong> <strong>québécois</strong> d’action<strong>pour</strong> <strong>la</strong> santé des femmes auwww.rqasf.qc.ca)Voir <strong>la</strong> section Ressources à connaîtreDES TRUCS POUR AIDERVOTRE FILLE À CONSTRUIRESON ESTIME DE SOI1. L’encourager à développer seshabi<strong>le</strong>tés en fonction de sa personnalitéet de ses goûts, plutôt qu’àse soucier avant tout (de façonconsciente ou non) de p<strong>la</strong>ire essentiel<strong>le</strong>mentaux autres.Par exemp<strong>le</strong>, aidez-<strong>la</strong> à découvrir ses intérêts en serecentrant sur ses forces, ses sentiments, sesbe<strong>soi</strong>ns et ses idées, comme vous tenterez de <strong>le</strong>faire vous-même, et aidez-<strong>la</strong> à s’évaluer el<strong>le</strong>-même :Qu’as-tu fait aujourd’hui ? Qu’as-tu aimé de cetteactivité ? Pourquoi n’as-tu pas aimé ? Que retienstude cette expérience?2. La valoriser <strong>pour</strong> ses réalisationspersonnel<strong>le</strong>s plutôt que <strong>pour</strong> sonapparencePar exemp<strong>le</strong>, reflétez-lui ses forces en vousappuyant sur ses réalisations. Tu as un vrai ta<strong>le</strong>nten dessin, regarde-moi ce portrait comment il estjuste ! Es-tu satisfaite de ce que tu as accompli ?Pourquoi oui, <strong>pour</strong>quoi non ?3. L’aider à développer un regardcritique sur <strong>la</strong> mode, <strong>la</strong> publicité, <strong>le</strong>sstéréotypes, etc.Par exemp<strong>le</strong>, aidez-<strong>la</strong> à comprendre <strong>le</strong>s différentsmessages que peuvent transmettent un sty<strong>le</strong> d’habil<strong>le</strong>ment,une attitude, un propos, etc.Bref, faites-lui sentir que vous l’acceptezde façon inconditionnel<strong>le</strong>.Pour d’autres bons conseils, consultez <strong>le</strong> siteInternet Les Sans Diètes sous <strong>la</strong> rubrique« Questions des parents ».Voir <strong>la</strong> section Ressources à connaître12 <strong>Audacieuses</strong> 2005


Mais qui donc crée <strong>la</strong> femme ?Dès <strong>le</strong> berceau, <strong>le</strong>s fil<strong>le</strong>ssont soumises au regardd’autrui qu’el<strong>le</strong>s finissentpar intégrer. Pourdévelopper <strong>le</strong>ur proprepersonnalité, el<strong>le</strong>sdevront opérer un retoursur el<strong>le</strong>s-mêmes et peu àpeu apprendre à se voiravec <strong>le</strong>urs propres yeux.Pour briser cette chaînequi se perpétue et mêmes’aggrave, <strong>pour</strong> faireobstac<strong>le</strong> à <strong>la</strong> pression dumarché et offrir uneautre voie à nos fil<strong>le</strong>s et àcel<strong>le</strong>s de notre entourage,on doit identifier <strong>le</strong>smaillons. Les parents, <strong>le</strong>spédagogues et l’entouragecontribuent à<strong>le</strong>ur développement et à<strong>le</strong>ur formation.Chaque femme a sa proprehistoire. À chacunedonc, de retracer ce quil’a marquée, ce qu’el<strong>le</strong> aintégré comme va<strong>le</strong>urs,cel<strong>le</strong>s qu’el<strong>le</strong> retransmetdans ses propos et sescomportements.« L’estime de <strong>soi</strong> des fil<strong>le</strong>sest beaucoup plus associéeà l’image corporel<strong>le</strong>», affirme Daniel<strong>le</strong>Bourque, professeure depsychologie au Cégep deSainte-Foy, à Québec.« Après <strong>le</strong> dur passagede l’ado<strong>le</strong>scence, <strong>la</strong>confiance en <strong>soi</strong> desgarçons remonte enflèche contrairement àcel<strong>le</strong> des fil<strong>le</strong>s qui restebasse. »Comme par hasard,l’anorexie et <strong>la</strong> boulimiefrappent un nombrecroissant d’ado<strong>le</strong>scentes.Selon Santé Canada, <strong>le</strong>taux d’hospitalisation<strong>pour</strong> troub<strong>le</strong>s de l’alimentationa augmenté de20 % chez <strong>le</strong>s femmesentre 1987 et 1999.« L’anorexique a <strong>la</strong>"shape" à <strong>la</strong> mode, soupireDaniel<strong>le</strong> Bourque. À6 pieds et 120 livres, <strong>le</strong>smannequins sont très endessous de <strong>le</strong>ur poidssanté. »Manon est très soucieuse de son apparenceet se sent toujours inadéquate, malgré tousses efforts et l’argent investis au fil des ans.Pourtant, son conjoint et sa fil<strong>le</strong> <strong>la</strong> trouventtrès bel<strong>le</strong>. D’où lui vient ce sentiment ?Une amie qui vit <strong>la</strong> même pression suggèrequ’el<strong>le</strong>s se <strong>la</strong>issent peut-être trop influencéespar <strong>le</strong>s magazines de mode. Et vous ?Selon Caroline Caron, <strong>le</strong>culte de l’image fragilisel’équilibre psychologiquedes jeunes fil<strong>le</strong>s. En 2002,<strong>la</strong> jeune chercheuse encommunication a analysé<strong>le</strong> contenu de certainsmagazines <strong>pour</strong> ado<strong>le</strong>scentes.El<strong>le</strong> en conclutque <strong>le</strong>s deux tiers desartic<strong>le</strong>s traitent desapparences et des re<strong>la</strong>tionsamoureuses. Quantaux publicités, 52 %concernent des produitsde beauté. Tester descrèmes et séduire desgars – par <strong>le</strong> sexe – semb<strong>le</strong>être l’activité principa<strong>le</strong>des fil<strong>le</strong>s. Rien à lire,ou presque, sur <strong>le</strong> monde,<strong>la</strong> politique ou l’environnement.« On peut s’interrogersur l’effet que cesrevues ont sur <strong>la</strong> formationidentitaire desjeunes. »En continuité avec <strong>le</strong>culte de l’image, l’apparitionrécente de nouveauxmagazines <strong>pour</strong> adosmontre bien que cettepresse accroche <strong>le</strong>s fil<strong>le</strong>s.Et cel<strong>le</strong>s-ci y puisentbeaucoup de modè<strong>le</strong>sidentitaires. Pourtant,Caroline Caron ne prônepas <strong>la</strong> censure : « On nepeut pas prémunir <strong>le</strong>sjeunes fil<strong>le</strong>s contre cesdiscours en <strong>le</strong>ur interdisantde lire <strong>le</strong>s magazines.Il faut plutôt <strong>le</strong>saider à décoder <strong>le</strong>scontenus. L’esprit critique,ça ne se développepas tout seul ! » Lesparents devraient feuil<strong>le</strong>ter<strong>le</strong>s revues avec <strong>le</strong>ursado<strong>le</strong>scentes et en discuteravec el<strong>le</strong>s. Lesphotos sont-el<strong>le</strong>s retouchées? Les artic<strong>le</strong>s sontilscomp<strong>le</strong>ts ? Sous que<strong>la</strong>ng<strong>le</strong> a-t-on abordé unAux États-Unis,des parentscélèbrent depuisquelques années<strong>la</strong> fin des étudessecondaires de<strong>le</strong>ur fil<strong>le</strong> en luioffrant unechirurgie esthétique.Selonl’American Societyfor AestheticP<strong>la</strong>stic Surgery,220 000 personnesde moins de 18 ansen auraient subiune ou plusieursen 2003. C’estdire combien<strong>le</strong>s parents sonteux-mêmesprisonniers decette culture qu’ilstransmettent à<strong>le</strong>urs enfants.sujet ? Que suggère-t-il ?Et ainsi de suite.Pour Pierrette Bouchard,chercheuse en éducation,<strong>la</strong> liberté de pensée passe13 <strong>Audacieuses</strong> 2005


par l’éducation. Il fautapprendre aux jeunes àdévelopper un regard critiquesur <strong>le</strong>s médias, sur<strong>la</strong> consommation, sur <strong>le</strong>sstéréotypes et sur <strong>la</strong>sexualité. Réfléchir ets’informer, c’est ce quidonne une liberté de penséeet d’action, ouvre <strong>le</strong>shorizons, multiplie <strong>le</strong>schoix possib<strong>le</strong>s, cultivel’indépendance.« Construire notre estimede <strong>soi</strong> sur cel<strong>le</strong> que nousrenvoie <strong>le</strong>s autres, c’estfragi<strong>le</strong> ! » Ce qu’il fautplutôt, c’est que chaquefil<strong>le</strong>, chaque garçon, sefie à ses réussites personnel<strong>le</strong>s,qu’il explore sespropres intérêts, qu’i<strong>la</strong>pprenne de ses échecs.Les parents devront l’encouragerdans ce sens,l’aider à se connaître, àsuivre son profil et à <strong>le</strong>développer.Un virus appelé BritneyEl<strong>le</strong>s ont l’âge de jouer à<strong>la</strong> poupée, mais el<strong>le</strong>sjouent déjà à <strong>la</strong> vamp. Lesfil<strong>le</strong>s se sexualisent toujoursplus jeunes, auxdépens de <strong>le</strong>ur équilibrepsychologique. El<strong>le</strong>s secoupent de <strong>le</strong>ur enfanceen entrant dans des jeuxd’adultes sans être aptesà faire face aux implicationset conséquences.tient à respecter sa personnalité,son attrait<strong>pour</strong> <strong>le</strong>s arts et <strong>le</strong> spectac<strong>le</strong>,sa vivacité. Enrevanche, el<strong>le</strong> craint l’impactque son image, sonlook, peut provoquer.« Marie-Lou veut p<strong>la</strong>ire,mais <strong>le</strong>s conséquences deces jeux-là, el<strong>le</strong> ne <strong>le</strong>sconnaît pas », s’inquiètet-el<strong>le</strong>.Vous aimeriez que l’éco<strong>le</strong> secondaire de votrejeune accorde plus d’attention à <strong>la</strong> problématiquede l’image corporel<strong>le</strong> et de l’estime de <strong>soi</strong> ?Bien dans sa tête, bien dans sa peau est <strong>le</strong> seulprogramme au Québec dont l’objectif est depromouvoir une image corporel<strong>le</strong> saine et deprévenir l’apparition des problèmes reliés aupoids chez <strong>le</strong>s jeunes. Développé <strong>pour</strong> <strong>le</strong>s éco<strong>le</strong>ssecondaires, <strong>le</strong> programme propose unedémarche de réf<strong>le</strong>xion sur <strong>le</strong> culte de l’apparencephysique, de <strong>la</strong> minceur et de <strong>la</strong> supermuscu<strong>la</strong>ture.À travers une variété d’activités, il vise àmodifier <strong>le</strong>s croyances sur l’obésité et <strong>le</strong>srégimes, à améliorer l’estime de <strong>soi</strong> des jeunes et<strong>le</strong>ur perception de <strong>le</strong>ur image corporel<strong>le</strong> et ilinvite à adopter de saines habitudes de vie.Si ce programme n’est pas offert à l’éco<strong>le</strong> devotre enfant, n’hésitez pas à <strong>le</strong> faire connaître.Pour en savoir davantage, consulter <strong>le</strong> siteInternet « www.biendanssapeau.ca » ou communiquezavec ÉquiLibre, Groupe d’action sur <strong>le</strong>poids.Voir <strong>la</strong> section Ressources à connaîtreMarie-Lou a 7 ans. El<strong>le</strong> aété contaminée par unvirus. Un virus blond quichante. Du jour au <strong>le</strong>ndemain,el<strong>le</strong> s’est mise àtapisser sa chambred’affiches de BritneySpears, à étudier seschansons et ses chorégraphies.« C’était un cas siextrême de Britneymanieque tout <strong>le</strong> monde trouvaitça drô<strong>le</strong> », raconte samère, Nathalie. « Mais endeux ans, ma petite fil<strong>le</strong>est devenue une préado<strong>le</strong>scentequi a consciencede son image et qui saits’en servir. Si j’avais à cemoment-là mesuré l’amp<strong>le</strong>urdu changement quis’opérait en el<strong>le</strong>, j’auraisagi plus vite… »Marie-Lou est une « adonaissante» tout ce qu’il ya de plus norma<strong>le</strong>.Comme beaucoup depetites entre 8 et 13 ans,el<strong>le</strong> aime <strong>la</strong> danse, <strong>la</strong>musique rythmée, <strong>le</strong>svêtements neufs. Sa mèreAu Québec, <strong>la</strong> « fil<strong>le</strong>ttesexy » est apparue il y asept ou huit ans. Unphénomène social portépar <strong>la</strong> culture pop.D’abord, <strong>le</strong>s chanteurs decharme <strong>pour</strong> ado<strong>le</strong>scentes,à <strong>la</strong> BackstreetBoys, ont envahi <strong>la</strong> télé.Puis <strong>le</strong>s Spice Girls ontdébarqué, enchantant <strong>le</strong>s5 à 12 ans. Récemment,c’était <strong>le</strong> règne desShakira, ChristinaAgui<strong>le</strong>ra et BritneySpears, <strong>la</strong> blondinette quise trémoussait en chantantI’m a S<strong>la</strong>ve 4 U (« Jesuis ton esc<strong>la</strong>ve »). À côté,Annie Brocoli, <strong>la</strong>chanteuse des tout-petitsa vraiment l’air out !Désormais, <strong>le</strong>s fil<strong>le</strong>ttes seba<strong>la</strong>dent en camiso<strong>le</strong>bedaine,en bretel<strong>le</strong>sspaghetti, en souliers àp<strong>la</strong>te-forme, du gloss auxlèvres. Les 8 à 14 ansdépensent 1,7 milliard dedol<strong>la</strong>rs chaque année auCanada. Ces préados, qui14 <strong>Audacieuses</strong> 2005


Vous êtes préoccupée par<strong>la</strong> sexualisation précoceet indue des jeunesfil<strong>le</strong>s ? Vous aimeriezsavoir comment agir<strong>pour</strong> contribuer àcontrer ce phénomène ?La Chaire d’étudeC<strong>la</strong>ire-Bonenfant sur <strong>la</strong>condition des femmesde l’Université Lavalpubliera et diffusera, àcompter de décembre2005, un tout nouveaulivre de référence :Sexualisation des préado<strong>le</strong>scentes,stéréotypeset consommation.Répertoire d’outilsd’intervention.Voir <strong>la</strong> sectionRessources à connaîtreLes Éditions Sisyphepublieront, à l’automne2005, un livre de formatpratique intitulé Lasexualisation précoce desfil<strong>le</strong>s. Ce livre d’environ75 pages sera disponib<strong>le</strong>en librairie au coût de8.95 $, taxe en sus.Voir <strong>la</strong> sectionRessources à connaîtreforment <strong>le</strong> groupe démographique<strong>le</strong> plus importantdepuis <strong>le</strong>s babyboomers,sont donc trèscourtisés par <strong>le</strong> marchéde <strong>la</strong> mode, de <strong>la</strong>musique, des magazineset du cinéma. Les fil<strong>le</strong>ttesont <strong>le</strong>urs boutiques, <strong>le</strong>ursproduits de beauté, <strong>le</strong>ursmarques de string. El<strong>le</strong>sadorent, el<strong>le</strong>s en veu<strong>le</strong>nt,el<strong>le</strong>s en demandent… à<strong>le</strong>urs parents, el<strong>le</strong>s consomment.Ce puissant marché aplongé <strong>le</strong>s écolières dansune perpétuel<strong>le</strong> compétitionde mode. QuandMarie-Lou voit une amieétrenner un nouvel acces<strong>soi</strong>re,sa mère l’apprendassez vite. « Ses tiroirssont p<strong>le</strong>ins, mais el<strong>le</strong>veut toujours al<strong>le</strong>r magasiner.J’exprime mondésaccord, en lui expliquant<strong>pour</strong>quoi je désapprouveson comportement.El<strong>le</strong> comprend…mais el<strong>le</strong> me trouve parfoisbien p<strong>la</strong>te! », <strong>la</strong>nceNathalie avec humour.L’éco<strong>le</strong> interdit <strong>le</strong> maquil<strong>la</strong>geet <strong>le</strong>s bijoux voyants.Heureusement carNathalie maintiendraitl’interdit, de toutesfaçons. Malgré tout,Marie-Lou revient à <strong>la</strong>charge et cette épineusequestion suscite des discussionsquotidiennes.Dis-moi ceque tu portes,je te dirai…L’habil<strong>le</strong>ment couvre unma<strong>la</strong>ise plus profond. « Àl’instar de <strong>le</strong>urs ido<strong>le</strong>s de<strong>la</strong> chanson et du cinémaou des mannequins desmagazines jeunesse –qu’el<strong>le</strong>s adoptent commemodè<strong>le</strong>s d’identification– <strong>le</strong>s jeunes fil<strong>le</strong>s reproduisentdes attitudes etdes comportements defemmes sexy », écritPierrette Bouchard, avecsa fil<strong>le</strong> Natasha, dans l’étudeMiroir, miroir… Laprécocité provoquée del’ado<strong>le</strong>scence et seseffets sur <strong>la</strong> vulnérabilitédes fil<strong>le</strong>s. La chercheuseen éducation y voit unesource de problèmeséventuels : focalisationsur l’image, obsession de<strong>la</strong> minceur, fixation sur<strong>le</strong>s re<strong>la</strong>tions amoureuses,dépendance émotive,manque de confiance en<strong>soi</strong>.Attention,danger !Gare au Girl Power, ceféminisme rouge à lèvrequi présente l’allure sexycomme une forme d’affirmationde <strong>soi</strong>. « Certainesfil<strong>le</strong>s pensent que çacontribue à <strong>le</strong>ur estimede <strong>soi</strong>. En fait, el<strong>le</strong>séprouvent un sentimentde popu<strong>la</strong>rité », ditFrancine Duquet, professeurede sexologie àl’Université du Québec àMontréal. Quand pluspersonne ne <strong>le</strong>s regarde,<strong>le</strong>ur bel<strong>le</strong> confiances’écrou<strong>le</strong>. « Personne neveut avoir l’air d’unpichou de Phentex. Maisjusqu’où peut-on al<strong>le</strong>r<strong>pour</strong> p<strong>la</strong>ire ? »La mode sexy est plusqu’un sty<strong>le</strong> de vêtement.C’est une façon depenser. Notre sociétéérotico-publicitaire bombarde<strong>le</strong>s jeunes de messagessexuels. « Le shampooingHerbal Essencedonne des orgasmes. Lesvidéoclips évoquent <strong>la</strong>porno soft avec desscènes de groupe où <strong>le</strong>ssexes se frottent. Dansl’émission de télé-réalitéOccupation doub<strong>le</strong>, ondirait que l’objectif estqui embrassera l’autre !Ça donne l’impressionqu’il faut être une bombesexuel<strong>le</strong> », analyseFrancine Duquet.Ne dramatisons pas :toutes <strong>le</strong>s fil<strong>le</strong>s ne sontpas tombées dans <strong>la</strong>Vous aimeriez discuteravec d’autres femmesdes changements quis’opèrent au mitan de <strong>la</strong>vie ?Conçu par <strong>le</strong> Y desfemmes de Montréal<strong>pour</strong> <strong>le</strong>s femmes de 45 à64 ans, Mouvance etmitan est un programmede huit ateliers abordanttrois grands thèmes :l’image du corps, <strong>le</strong> <strong>défi</strong>de l’autonomie financière,<strong>la</strong> remise en questionet <strong>la</strong> transformationdes rô<strong>le</strong>s.Ce projet vous intéresse ?Informez-vous, s’il n’estpas offert par uneressource de votre milieu(CLSC, centre de femmes),faites-<strong>le</strong> connaître.Voir <strong>la</strong> sectionRessources à connaître15 <strong>Audacieuses</strong> 2005


Correspondre auxnormes de beauté vouspréoccupe et vousfrustre ? Le Centre desanté des femmes del’Estrie a mis en p<strong>la</strong>ce ungroupe de réf<strong>le</strong>xion etde soutien sur l’imagecorporel<strong>le</strong> et l’estime de<strong>soi</strong>. Une démarche ensix rencontres vise àpermettre à chaquefemme de développerune image positived’el<strong>le</strong>-même et d’augmenterson sentimentde satisfaction quant àsa vie en général.L’idée vous intéresse ?Discutez-en avec uneressource de votremilieu. Le Centre desanté des femmes del’Estrie se fera un p<strong>la</strong>isird’échanger avec toutepersonne intéressée.Voir <strong>la</strong> sectionRessources à connaîtrepotion magique de cettemode. Force est d’admettre<strong>pour</strong>tant que <strong>la</strong> promotiondes attitudessexy a un impact sur <strong>le</strong>scomportementsamoureux des ado<strong>le</strong>scents.Francine Duquet asigné <strong>le</strong> nouveau programmed’éducationsexuel<strong>le</strong> proposé par <strong>le</strong>ministère de l’Éducation,car el<strong>le</strong> croit aux bienfaitsde cet enseignement.Mais ce qui aidesurtout <strong>le</strong>s jeunes, c’estl’accompagnement de<strong>le</strong>urs parents, souligne-tel<strong>le</strong>.« Il ne suffit pas dedire : “N’oublie pas d’utiliser<strong>le</strong> condom”. Il fautinitier un questionnementet faire comprendreaux jeunes que <strong>le</strong>urspairs, garçons et fil<strong>le</strong>s,exercent une pressionforte sur eux. » Certainesémissions basées sur <strong>la</strong>séduction, commeLoftstory, fournissentd’excel<strong>le</strong>nts prétextes<strong>pour</strong> démarrer une discussionsur <strong>le</strong>s rô<strong>le</strong>s masculinset féminins stéréotypésdans <strong>la</strong> sexualité !L’art d’êtrebien dans sapeauMais ce n’est pas tout : ilfaut aussi par<strong>le</strong>r auxfil<strong>le</strong>s de désir, de sensations,de p<strong>la</strong>isir, de choixà faire et à exprimer. Pourdévelopper l’estime de<strong>soi</strong> et devenir des personnesp<strong>le</strong>ines et entières,nos fil<strong>le</strong>s doivent êtrebranchées, à l’écouted’el<strong>le</strong>s-mêmes. El<strong>le</strong>sdoivent apprendre àexprimer <strong>le</strong>urs désirs toutcomme ce qui ne <strong>le</strong>urconvient pas. Développerune tel<strong>le</strong> attitude renforce,être bien dans sapeau en somme. Et <strong>le</strong>p<strong>la</strong>isir corporel fait partiede <strong>la</strong> vie.16 <strong>Audacieuses</strong> 2005Vous aimeriez discuter de l’obsession de <strong>la</strong> minceuravec votre fil<strong>le</strong> ou votre nièce, ou organiser une activitésur <strong>la</strong> question avec vos élèves ? Vous manquezd’informations ou d’outils <strong>pour</strong> aborder <strong>le</strong> sujet ?Aider nos jeunes à être plus satisfaites et satisfaits de<strong>le</strong>ur corps est justement <strong>le</strong> thème des Fiches pédagogiquessur l’obsession de <strong>la</strong> minceur, un travail decol<strong>la</strong>boration entre <strong>le</strong> Comité de <strong>la</strong> condition desfemmes de <strong>la</strong> Centra<strong>le</strong> des syndicats du Québec (CSQ)et <strong>la</strong> Coalition Corps-Accord. À travers des exercicesadaptés à différents groupes d’âge (8 à 20 ans), on viseà identifier <strong>le</strong>s modè<strong>le</strong>s corporels véhiculés par <strong>le</strong>smédias ainsi que <strong>le</strong>ur influence, à faire connaître <strong>le</strong>sdangers d’exercer un contrô<strong>le</strong> excessif sur son corpset sur son alimentation, à promouvoir <strong>le</strong> respect detous <strong>le</strong>s formats corporels. Ces fiches sont disponib<strong>le</strong>ssur <strong>le</strong> site Internet de <strong>la</strong> CSQ, cliquez sur « société »,ensuite sur « femmes ». Vous pouvez éga<strong>le</strong>ment commanderune copie papier, au coût de 12 $, auprèsde <strong>la</strong> Coalition Corps-Accord.Voir <strong>la</strong> section Ressources à connaîtreVotre fil<strong>le</strong> aime naviguer sur Internet ? Suggérez-lui <strong>la</strong>rubrique « Pour ados » du site de l’organisme Les SansDiètes.Voir <strong>la</strong> section Ressources à connaîtreNathalie, el<strong>le</strong>, n’a pas finide par<strong>le</strong>r avec sa Marie-Lou. Du culte de l’image,de <strong>la</strong> mode, de <strong>la</strong> consommation,du <strong>soi</strong>, de sonnouveau costume descène à top mou<strong>la</strong>nt.« Vouloir être bel<strong>le</strong>, cen’est pas mauvais en <strong>soi</strong>.Mais je ne veux pasqu’el<strong>le</strong> centre tout surl’image, alors j’essaied’explorer avec el<strong>le</strong>d’autres intérêts, d’autresavenues. Où sont <strong>le</strong>s frontièresentre séduction etexpression ? Je ne peuxpas lui imposer monexemp<strong>le</strong>, mon parcours…El<strong>le</strong> a sa personnalitépropre, et c’est cel<strong>le</strong>-làqu’il faut développer,renforcer, aimer. C’est çal’éducation ! » Pour cettemaman, une chose estc<strong>la</strong>ire : tant qu’el<strong>le</strong> <strong>pour</strong>racommuniquer avec sapetite, el<strong>le</strong> <strong>pour</strong>ra luitransmettre <strong>le</strong>s va<strong>le</strong>ursessentiel<strong>le</strong>s de respect etd’estime de <strong>soi</strong>.Recherche :Mé<strong>la</strong>nie Saint-Hi<strong>la</strong>ire


Chirurgie esthétique : <strong>la</strong> quêted ’une beauté... stéréotypéeIsabel<strong>le</strong> MimeaultLiposuccion, Botox, liftingdu visage, augmentationmammaire, b<strong>la</strong>nchimentde <strong>la</strong> peau, reconstitutiondes paupières… Encette époque où <strong>la</strong> sciencenous permet decroire que tout est possib<strong>le</strong>,jusqu’où <strong>le</strong>s femmessont-el<strong>le</strong>s prêtes à al<strong>le</strong>r ?Que recherchent-el<strong>le</strong>s ?La plupart des femmessouhaitent être bel<strong>le</strong>s.Certaines en font mêmeune obsession. Les transformationscorporel<strong>le</strong>ssont devenues bana<strong>le</strong>s,comparab<strong>le</strong>s à tout autretype de consommationcourante. Et, malheureusement,plus <strong>le</strong>stechniques se raffinent,plus <strong>le</strong>s femmes sontencouragées à s’offrir uncorps « à <strong>la</strong> carte »,remodelé pièce par pièce.Au nom du progrès, onexpérimente, on transforme.Au nom du progrès,<strong>le</strong>s industries médica<strong>le</strong>set pharmaceutiquesfaçonnent <strong>le</strong> rapport desfemmes à <strong>le</strong>ur corps. Aufil des découvertes etavec <strong>la</strong> complicité financièrede diverses industries,<strong>le</strong>s normes esthétiquessont aujourd’huifixées au gré desdéveloppements technologiques.Cette quête de beautés’accorde parfaitementbien avec <strong>le</strong> rô<strong>le</strong> traditionnel<strong>le</strong>mentaccordéaux femmes. Malgré d’immensesprogrès danstoutes <strong>le</strong>s sphères de <strong>la</strong>société, particulièrementsur <strong>le</strong> marché du travail,<strong>le</strong>s femmes ne se sontjamais senties aussi maldans <strong>le</strong>ur corps. N’est-cepas paradoxal ?Quel<strong>le</strong>beauté ?La chirurgie esthétiquevend du rêve, celui deressemb<strong>le</strong>r à nos starspréférées, <strong>le</strong> rêve d’êtreregardée, admirée etaimée. S’aimer <strong>soi</strong>, et êtreaimée des autres. Desétudes ont démontré quedès <strong>la</strong> naissance, <strong>le</strong>sbeaux bébés reçoiventplus de caresses que <strong>le</strong>smoins beaux. Cette caractéristiquepersonnel<strong>le</strong>devient plus tard un facteurd’intégration socia<strong>le</strong>et professionnel<strong>le</strong>,facilite <strong>le</strong>s liens d’amitiésou <strong>le</strong>s re<strong>la</strong>tionsamoureuses.Mais de quel<strong>le</strong> beautés’agit-il ? La perception de<strong>la</strong> beauté féminine relèvebien sûr de <strong>la</strong> culture. Or,avec <strong>la</strong> mondialisation,el<strong>le</strong> est aujourd’huisurtout reliée à <strong>la</strong> commercialisationet même àl’industrialisation d’unmodè<strong>le</strong> unique : <strong>la</strong>jeunesse, absolument ; <strong>la</strong>minceur, surtout, maisavec une poitrinegénéreuse et de longuesjambes minces, depréférence ; des dentsbien alignées, évidemment…La force de l’industrieest de nous fairecroire qu’il n’existequ’une seu<strong>le</strong> façon d’êtrebel<strong>le</strong>. Et que cettebeauté-là, idéalisée, estaccessib<strong>le</strong> si on y met l’argentnécessaire.Cette course à <strong>la</strong> beautétend à se répandrepartout où <strong>la</strong> cultureétats-unienne globaliséeimpose ses règ<strong>le</strong>s. Dansun dossier spécial intitulé« Mon corps c’est commeje veux ! », <strong>le</strong> Courrier del’Unesco rendait compteen 2001 de <strong>la</strong> pressionsocia<strong>le</strong> que subissent <strong>le</strong>sVénézuéliennes <strong>pour</strong> correspondreau modè<strong>le</strong>unique : « Toutes cesfemmes qu’on voit à <strong>la</strong>télé ont des fesses et desseins proéminents, descorps somptueux. El<strong>le</strong>ssont bel<strong>le</strong>s et ont l’aird’avoir du succès. On nepeut qu’avoir envie de<strong>le</strong>ur ressemb<strong>le</strong>r ! », avoueMorelia, une dentiste. Lafascination desVénézuéliennes <strong>pour</strong> <strong>la</strong>chirurgie esthétiqueserait même en voie dedevenir une spécificitéculturel<strong>le</strong> ! Le fait de correspondreà ce standardde beauté est ainsidevenu une preuve deréussite socia<strong>le</strong> et derichesse. Et par <strong>le</strong> faitmême un motif de discriminationet d’exclu-17 <strong>Audacieuses</strong> 2005


sion socia<strong>le</strong> <strong>pour</strong> qui nes’y conforme pas.Plus près de nous, <strong>le</strong>recours de plus en plusfréquent à <strong>la</strong> chirurgieesthétique par desfemmes de plus en plusjeunes renvoie au mêmephénomène de société :correspondre au modè<strong>le</strong>à tout prix. La pressionsocia<strong>le</strong> est si forte queplusieurs femmes viventun sentiment permanentd’inadéquation qui porteatteinte à <strong>le</strong>ur estimepersonnel<strong>le</strong>.Dans un récent numéro(mars-avril 2005), <strong>la</strong>Gazette des femmesévoque un phénomèneen émergence aux États-Unis et qui se dessine auQuébec : <strong>le</strong> remode<strong>la</strong>geesthétique du vagin. Dansce cas précis, <strong>le</strong>s critèresde beauté sont fixés par<strong>le</strong>s top modè<strong>le</strong>s de l’industriepornographique.Dans notre société hyperindividualiste,n’est-il pasparadoxal de devoir seconformer à un mou<strong>le</strong>corporel très précis ?La chirurgieesthétiqueest-el<strong>le</strong>efficace ?Selon l’organismeÉquiLibre, qui a initié <strong>le</strong>programme Bien dans satête, bien dans sa peau,<strong>la</strong> chirurgie esthétiquen’améliore pas l’imagecorporel<strong>le</strong> des femmesparce qu’el<strong>le</strong> n’agit passur <strong>la</strong> valorisation et l’acceptationde <strong>soi</strong> et de soncorps, « véritab<strong>le</strong>ssources d’une image corporel<strong>le</strong>positive ». En fait,recourir à <strong>la</strong> chirurgieesthétique ouvriraitplutôt <strong>la</strong> porte à unesérie infinie d’insatisfactions.Une injection decol<strong>la</strong>gène aux lèvresrévè<strong>le</strong> <strong>la</strong> nécessité d’untraitement antirides, unepetite retouche à tel<strong>le</strong>partie de son corps enentraîne une autreail<strong>le</strong>urs, et ainsi de suite.À vos risqueset périls…La chirurgie esthétiqueserait-el<strong>le</strong> devenue unproduit commercialcomme un autre ? Dans sagril<strong>le</strong> thématique Chirurgieesthétique… du rêveau cauchemar, <strong>le</strong> <strong>Réseau</strong><strong>québécois</strong> d’action <strong>pour</strong><strong>la</strong> santé des femmes faitétat de plusieurs risquesreliés à <strong>la</strong> chirurgie esthétique: infections, hématomes(accumu<strong>la</strong>tionsde sang), asymétrie fontpartie des complicationsprécoces possib<strong>le</strong>s. Lesrisques d’embolie pulmonaireou de phlébitesont certes faib<strong>le</strong>s, maisils existent.En ce qui concerne plusprécisément <strong>la</strong> liposuccion,moyen rapide <strong>pour</strong>paraître plus mince, desb<strong>le</strong>ssures aux structuresadjacentes, des pertesimportantes de sang pouvantcauser l’insuffisancecircu<strong>la</strong>toire et un œdèmepersistant constituentJosée songe depuisplusieurs mois à desprothèses mammaires.Mais el<strong>le</strong> se poseplusieurs questions,car l’interventionl’inquiète. Sa meil<strong>le</strong>ureamie lui suggère decommuniquer avecOption Consommateursqui <strong>pour</strong>ra l’aiderà prendre une décisionéc<strong>la</strong>irée. Voir <strong>la</strong>section Ressourcesà connaître.d’autres complicationspossib<strong>le</strong>s. Le lifting duvisage, fort prisé <strong>pour</strong>paraître plus jeune, peutmener à une paralysie quipeut devenir permanente,à des cicatrices età des déformations del’oreil<strong>le</strong> notamment.Enfin, à <strong>la</strong> suite d’uneaugmentation mammaire,soulignons qu’uneouverture de l’incision,une ulcération et uneexposition de <strong>la</strong> prothèsepar exemp<strong>le</strong>, peuventobliger <strong>le</strong> retrait de cel<strong>le</strong>ci.Des ma<strong>la</strong>dies autoimmunescomme <strong>le</strong> lupusérythémateux, <strong>la</strong> sclérodermieet <strong>la</strong> polyarthriterhumatoïde ont aussi étéassociées aux prothèsesmammaires.Comment quantifier cesrisques et comment connaître<strong>le</strong> nombre de personnesqui ont subi deseffets secondaires aucours des dernièresannées ? Et connaissonsnous<strong>le</strong> nombre de personnesinsatisfaites durésultat ? Nous ne <strong>le</strong>savons pas. Au Québec, iln’existe aucun registredes complications ni statistiquesen cettematière, puisque <strong>le</strong>s casne sont pas rapportés.Lesaviez-vous ?La chirurgie esthétiquepeut être pratiquée pardes personnes non spécialisées,c’est-à-dire quine sont pas chirurgiensesthétiques ou p<strong>la</strong>sticiens.Il s’agit demédecins généralistes oud’autres spécialistes de <strong>la</strong>santé. Aucune norme nerégit tous <strong>le</strong>s «moyens»proposés <strong>pour</strong> maigrir etrester jeune. Les femmesqui en subissent despréjudices n’ont aucunrecours. La femme quis'aventure à se fairedécouper, remode<strong>le</strong>r <strong>le</strong>sjambes ou remonter <strong>le</strong>visage <strong>le</strong> fait à ses propresrisques, tant sur <strong>le</strong>18 <strong>Audacieuses</strong> 2005


»»»p<strong>la</strong>n de <strong>la</strong> santé que sur<strong>le</strong> p<strong>la</strong>n financier.La beauté àtout prix ?La reconstruction denotre corps à <strong>la</strong> piècesoulève des enjeux sociauxbien réels. Desenjeux économiques, par<strong>le</strong>s millions de dol<strong>la</strong>rsqu’el<strong>le</strong> génère annuel<strong>le</strong>ment,et des enjeux desanté, car <strong>la</strong> chirurgieesthétique comporte desrisques qui tendent souventà être minimisés. Lastandardisation et l’uniformisationdu corpshumain renvoie même àdes enjeux philosophiquesqui nous concernenttoutes : Faisonsnousdisparaître <strong>la</strong>beauté de <strong>la</strong> diversité ?« Le mécanisme est toujours<strong>le</strong> même, il s’agit dese cacher derrière soncorps. Le patient imputeà une partie de son corps<strong>la</strong> raison de son mal-être.La personne fabrique<strong>le</strong>s symptômes d’unedou<strong>le</strong>ur qui vientd’ail<strong>le</strong>urs en s’appuyantsur <strong>le</strong>s critères esthétiquesdu moment…lorsqu’on opère, <strong>la</strong>souffrance reste,puisqu’on n’a pas traité<strong>la</strong> cause. » (Dr MauriceMimoun, auteur du livreL’impossib<strong>le</strong> limite,éditions Albin Michel,1996)chirurgie esthétique :quelques conseils avant de prendre une décision1. Se questionner sur ses motivations :> En quoi cette intervention peut changer ma vie ?> Suis-je prête à assumer <strong>le</strong>s risques et l’impact tant positif que négatif de cetteintervention ?> Vais-je pouvoir vivre avec <strong>le</strong> regard et <strong>le</strong>s commentaires des autres ?> Vais-je me reconnaître ?2. Bien s’informer avant de choisir sa chirurgie :> Est-ce que mon état de santé me permet de subir une tel<strong>le</strong> chirurgie ?> Quels seront <strong>le</strong>s <strong>soi</strong>ns et <strong>le</strong>s traitements complémentaires à <strong>la</strong> chirurgie ?> Quels sont <strong>le</strong>s risques «prévisib<strong>le</strong>s et probab<strong>le</strong>s», quels sont ceux «possib<strong>le</strong>s etrares» ?> Quel<strong>le</strong>s sont habituel<strong>le</strong>ment <strong>le</strong>s complications précoces et tardives ?(Dans <strong>le</strong> cas de <strong>la</strong> pose d’une prothèse, exiger <strong>la</strong> brochure du fabricant.)> Quels sont <strong>le</strong>s coûts de <strong>la</strong> chirurgie et de tous <strong>le</strong>s autres coûts afférents ?> Advenant une complication, qui assumera <strong>le</strong>s frais encourus?> S’il y a lieu, quel<strong>le</strong> est <strong>la</strong> durée de vie de <strong>la</strong> prothèse? Devrais-je éventuel<strong>le</strong>mentfaire en<strong>le</strong>ver cet imp<strong>la</strong>nt <strong>pour</strong> en faire poser un nouveau ? Y aura-t-il alorsd’autres considérations <strong>pour</strong> ma santé ?> S’il y a lieu, devrais-je éventuel<strong>le</strong>ment subir de nouveau ce type de chirurgie ?Si oui, quels sont <strong>le</strong>s dé<strong>la</strong>is habituels ?3. Obtenir plusieurs avis médicaux. Éviter surtout <strong>la</strong> confiance aveug<strong>le</strong>.4. S’assurer que <strong>le</strong>s médecins consultés aient une formation en chirurgie p<strong>la</strong>stiqueet esthétique.5. Attention aux attentes irréalistes ! Aux risques physiques s’ajoute l’impact psychologique.Il y a risque de dépression postopératoire, que l’intervention <strong>soi</strong>tratée ou réussie.6. Prendre ses propres photos avant et après l’intervention et <strong>le</strong>s dater, même siun-e médecin prend des photos ; el<strong>le</strong>s <strong>pour</strong>ront servir de preuves <strong>le</strong> caséchéant.7. Attention à vos droits ! Avant chaque intervention, <strong>le</strong>s patientes doivent signerun formu<strong>la</strong>ire de décharge. Ce dégagement de responsabilité n’est pas validedevant <strong>la</strong> loi, car nul ne peut exiger un renoncement à vos droits.8. Refuser qu’un-e autre médecin que cel<strong>le</strong> ou celui consulté effectue l’opérationet ne signer aucune c<strong>la</strong>use à cet effet. Reporter plutôt <strong>la</strong> date de l’intervention.19 <strong>Audacieuses</strong> 2005


corpsj’ai deux corpsMichel<strong>le</strong>, danseuse, 19 ansTous <strong>le</strong>s jours, nous faisons face au miroir. Personnel<strong>le</strong>ment, j’y passeénormément de temps. C’est plus fort que moi, dès que je vois un de cesobjets qui reflète mon image, je dois ra<strong>le</strong>ntir <strong>pour</strong> voir ce qu’il va me montrer.Parfois je suis satisfaite, mais très rarement.Miroir, dis-moiqui est <strong>la</strong> plusbel<strong>le</strong>Il existe plusieurs façonsde se voir dans un miroir.Tout dépend du momentde <strong>la</strong> journée, du contexteaussi. Je ne me regardepas de <strong>la</strong> même manièresi je pars <strong>pour</strong> l’éco<strong>le</strong>, si jevais chercher un litre de<strong>la</strong>it à l’épicerie ou si jesors dans un bar. Maisune fois captivée parl’image que je reçois, jesuis tout <strong>le</strong> temps assailliepar <strong>la</strong> même question,cel<strong>le</strong> que <strong>la</strong> méchantebel<strong>le</strong>-mère de B<strong>la</strong>ncheNeige posait si souvent :« Miroir, miroir, dis-moi,qui est <strong>la</strong> plus bel<strong>le</strong> ? »Le matin, quand je meprépare <strong>pour</strong> al<strong>le</strong>r aucégep, j’essaie de mefaire bel<strong>le</strong>. Comme je vaism’exposer, me trouver enpublic, je me passe aupeigne fin comme on dit.Je m’examine, des ong<strong>le</strong>sd’orteil aux cils. J’appel<strong>le</strong>ça du vrai travail d’orfèvre!Le test ducol<strong>la</strong>nt roseLa danseuse en moi nevoit pas <strong>le</strong> miroir sous <strong>le</strong>même ang<strong>le</strong>. Cetteimmense surface qui couvrede haut en bas <strong>le</strong>smurs du studio, devientune complice, une partenaire.Les quelquesinstants qui précèdent <strong>le</strong>cours et que nous redoutonstoutes sont une véritab<strong>le</strong>torture : c’est à cemoment précis que nousnous scrutons dans noscol<strong>la</strong>nts roses en arrêt.Les rondeurs, <strong>le</strong>s proportionset <strong>le</strong>s comparaisonsont <strong>le</strong> temps de surgirdans nos esprits et dep<strong>la</strong>nter <strong>le</strong>urs griffes. Unefois en mouvement, parcontre, <strong>le</strong>s deux bâtonsrose bonbon deviennentdes lignes avec <strong>le</strong>squel<strong>le</strong>son se remet à s’amuser.C’est vrai, j’oublie quandje me retrouve devant <strong>le</strong>miroir <strong>pour</strong> pratiquer unechorégraphie. Toute maperception change. Moncorps en mouvementdevient comme de <strong>la</strong>matière, de <strong>la</strong> pâte àmode<strong>le</strong>r, un outil. Ce queje vois n’est ni gros, nimince, ce ne sont que deslignes que j’observe etque je veux faire bougerde façon à ce qu’el<strong>le</strong>s<strong>soi</strong>ent <strong>le</strong>s plus bel<strong>le</strong>spossib<strong>le</strong>. Une fois enmouvement, cette masseimparfaite devient harmonieuse,expressive,élégante, légère.Traverser<strong>le</strong> miroir20 <strong>Audacieuses</strong> 2005Une danseuse doit souventfaire face au miroir,une jeune femme aussi.Lorsque je suisenrhumée, j’aimeraisque cette immensemasse qui me représentesi mal, <strong>soi</strong>t plus discrète.Mais je suis sûre qu’envieillissant, je vaisapprendre à vivre avecmon image et avec moncorps. J’ai cette certitude.Il est c<strong>la</strong>ir <strong>pour</strong> moi qu’ondoit apprendre à vivreavec <strong>soi</strong> et que c’est unlong processus. Lesfemmes aînées qui m’entourentne se trouventpas parfaites, mais el<strong>le</strong>sont appris à s’accepter età affronter <strong>le</strong>s miroirs. Jeveux être comme el<strong>le</strong>splus tard. Je crois que <strong>le</strong>fait de ne pas s’aimerdurant l’ado<strong>le</strong>scence et <strong>le</strong>début de l’âge adulte estcomme une épreuve quenous devons toutesessayer de traverser.


Le p<strong>la</strong>isir ?J’en mange !Daniel<strong>le</strong> StantonDeux morceaux de choco<strong>la</strong>t, dix frites, une cuil<strong>le</strong>rée de mayonnaise, un verre delimonade rosée sucrée artificiel<strong>le</strong>ment… Ce n’est pas une prière que mon amieJoël<strong>le</strong> récite chaque <strong>soi</strong>r au coucher, c’est <strong>la</strong> liste de ce qu’el<strong>le</strong> a mangé de« mal » dans <strong>la</strong> journée. El<strong>le</strong> n’oublie aucune, mais aucune menace <strong>pour</strong> son tourde tail<strong>le</strong>. Joël<strong>le</strong> passe ensuite au dossier « santé ». Combien de portions de fruitset légumes a-t-el<strong>le</strong> totalisées depuis <strong>le</strong> matin ? Moins de cinq, c’est bonjour <strong>la</strong>culpabilité. Bi<strong>la</strong>n fait, el<strong>le</strong> se promet invariab<strong>le</strong>ment de se remettre à <strong>la</strong> tâchedès <strong>le</strong> <strong>le</strong>ndemain <strong>pour</strong> atteindre <strong>le</strong> score parfait.La peur auventrePeur d’engraisser, peurdu cancer, peur du regardde l’autre… Manger tientaujourd’hui du sportextrême. Entre <strong>le</strong>s calories,<strong>le</strong>s vitamines, <strong>le</strong> calcium,<strong>le</strong>s fibres et <strong>le</strong>s probiotiques,<strong>le</strong> moindrepâté chinois fait figurede bombe à retardement.Se retrancher derrièrel’innocence de <strong>la</strong> carotteou de <strong>la</strong> pomme ? Vousn’y pensez pas ! Et <strong>le</strong>s pesticides,herbicides etfongicides, vous en faitesquoi, hum ?Terminé <strong>le</strong> bonheur tranquil<strong>le</strong>de manger sansremords. Honteux d’exister,<strong>le</strong> p<strong>la</strong>isir de manger afoutu <strong>le</strong> camp. Notre re<strong>la</strong>tionà <strong>la</strong> nourriture estdevenue malsaine.Maniaques de minceur,ma<strong>la</strong>des de santé, aucunefixation alimentaire nenous résiste à nous, <strong>le</strong>sfil<strong>le</strong>s. Nous vivons perpétuel<strong>le</strong>mentaux abois.Gras, sucre, beignes, poutine,même combat !Je vous entends réagir.« Cause toujours ! Al<strong>le</strong>r àl’encontre des consignesalimentaires est suicidaire.C’est l’obésité ettous <strong>le</strong>s maux de <strong>la</strong> Terrequi s’abattront surnous », marmonnez-vousentre deux cuil<strong>le</strong>rées detofu nature allégé.Coupab<strong>le</strong>,non-coupab<strong>le</strong>Faux ! Je m’entretenaisrécemment avec MarieWatiez*, psychosociologuede l’alimentation.« Laisser <strong>le</strong> p<strong>la</strong>isir nousguider en matière denourriture ? Bien sûrqu’on a <strong>le</strong> droit ! C’estmême <strong>la</strong> meil<strong>le</strong>ure chose21 <strong>Audacieuses</strong> 2005


à faire. » Après desannées et des années dediscours répressifs etdirectifs, avouez qu’entendreça ou gagner <strong>le</strong>million…Tout de même, ai-jeinsisté, incrédu<strong>le</strong>. « Euh…<strong>le</strong> p<strong>la</strong>isir, même <strong>pour</strong>demeurer mince ? » « Oui,oui ! Commencez d’abordpar faire l’effort de remp<strong>la</strong>cer<strong>le</strong> terme “mince”par “bien dans ma peau”.Cessez de voir 50 % desaliments comme desp<strong>la</strong>isirs illégaux. Le restes’enchaînera. » La recetteest simp<strong>le</strong>. On a <strong>le</strong> goûtde chips ? Mangeons-en.La journée a été moche eton a envie de pâtes <strong>pour</strong>se réconforter ? Allons-y.Mais au lieu de vider <strong>le</strong>sac de chips en trois minutes,prenons <strong>le</strong> tempsd’apprécier <strong>le</strong> croquant,<strong>le</strong> goût de sel sur <strong>la</strong><strong>la</strong>ngue de chacune. Etplutôt que d’engouffreren catastrophe son p<strong>la</strong>tde fettucini en lui trouvantdéjà un arrière-goûtde remords – et de seresservir <strong>la</strong>rgement parceque “de toute façon, <strong>le</strong>mal est fait” –, prenons <strong>le</strong>temps de cuisiner <strong>la</strong>sauce, de <strong>la</strong> humer, deAssumez cegrand p<strong>la</strong>isirsensuelqu’est mangersavourer <strong>la</strong> sensation deplénitude que procurechaque bouchée. « Bref,au lieu de culpabilisercontinuel<strong>le</strong>ment,assumez, dit MarieWatiez. Assumez ce grandp<strong>la</strong>isir sensuel qu’estmanger. Si vous goûtezvraiment <strong>le</strong> moment avectous vos sens, vousapprécierez mil<strong>le</strong> foisplus et, oui, vous mangerezmoins parce quevous <strong>le</strong> sentirez quandvotre corps en aura assez.Et parce que vous serezmoins frustrée! En primevous serez bien, et combienplus heureuse! »Mais dites, madameWatiez, <strong>le</strong> parti pris p<strong>la</strong>isirest-il compatib<strong>le</strong> avec <strong>le</strong>srecommandations desnutritionnistes ? Ne faut-ilpas impérativement accumu<strong>le</strong>r« douze portions devégétaux par jour » etava<strong>le</strong>r sa ration de survieen légumineuses ? « Qui adécrété ce “il faut” ?Cessons d’agir en victime,reprenons <strong>le</strong> contrô<strong>le</strong> denotre assiette en nousdonnant <strong>le</strong> droit de nousécouter, de décider.Manger avec p<strong>la</strong>isir neveut pas dire tournerautomatiquement <strong>le</strong> dosau Guide alimentaire. Lanourriture devrait avanttout être une source dep<strong>la</strong>isir : p<strong>la</strong>isir gustatif,mais aussi p<strong>la</strong>isir dessens, p<strong>la</strong>isir de partageravec <strong>le</strong>s autres. C’est terrib<strong>le</strong>de se couper de toutce<strong>la</strong>, non ? »Pas de panique, on nemangera pas forcémentmoins de tomates <strong>pour</strong>autant. On en mangeraprobab<strong>le</strong>ment plus,Lasantésous toutes sesFORMESmême ! Parce qu’au lieude <strong>le</strong> faire par devoir, on<strong>le</strong> fera par envie. Au lieude voir ce fruit commeun médicament p<strong>le</strong>in-devitamines-et-minérauxanti-oxydants-anti-cancer,on se <strong>la</strong>issera simp<strong>le</strong>menttenter par sacou<strong>le</strong>ur rubis, sa formeronde et sa peau douce,sa saveur magnifiée pardeux feuil<strong>le</strong>s de basilicbien frais. Et après tout,tout santé qu’il <strong>soi</strong>t, <strong>le</strong>sandwich aux tomatestoasté, <strong>la</strong>itue mayonnaise,reste un bonheursublime !* Marie Watiez travail<strong>le</strong> <strong>pour</strong>Sesame Consultants et estintervenante dans <strong>le</strong>programme Choisir de maigrird’ÉquiLibre, Groupe d’action sur<strong>le</strong> poids22 <strong>Audacieuses</strong> 2005


Image virtuel<strong>le</strong>à vendrePasca<strong>le</strong> Guérico<strong>la</strong>s« Si un Martien débarquait directement au Québec, il penserait sans doute enregardant <strong>le</strong>s publicités que <strong>le</strong>s Terriennes ont toutes 17 ans et demi, mesurentsix pieds deux pouces, et pèsent 92 livres ! » <strong>la</strong>nce Luc Dupont, professeur auDépartement de communication de l’Université d’Ottawa. Force est d’admettre<strong>le</strong> retour en force du corps féminin jeune et très mince dans <strong>le</strong>s magazines, sur<strong>le</strong>s panneaux d’affichage en vil<strong>le</strong>, dans <strong>le</strong>s publicités télévisées. Malgré ce qu’endisent bien des faiseurs d’images, <strong>le</strong> modè<strong>le</strong> stéréotypé sans défaut qu’ils proposent,ne correspond pas à <strong>la</strong> moyenne des consommatrices de shampooings,de crèmes de beauté et de jeans.Uneimage plusconforme à<strong>la</strong> réalitéEn novembre dernier,dans une sal<strong>le</strong> d’un centrede conférence deMontréal, des publicitaireset des représentantsde médias se réunissent<strong>pour</strong> discuter del’image de <strong>la</strong> femme quevéhicu<strong>le</strong> <strong>la</strong> publicité. On yprésente des illustrationssophistiquées des stéréotypesféminins. L’objectifvise à démontrer quedésormais, <strong>le</strong>s consommatriceset <strong>le</strong>s <strong>le</strong>ctricesde magazines exigent despublicités authentiques,proches de <strong>le</strong>ur réalité,crédib<strong>le</strong>s. À cet effet, certainesstatistiques sur <strong>la</strong>consommation ont faitprendre conscience auxfemmes de <strong>le</strong>ur importanceet de <strong>le</strong>ur pouvoiréconomique, puisqu’el<strong>le</strong>seffectueraient 80 % desachats en Amérique duNord.Jeanne, de MédiAction, se prononce :« La publicité ne peut pas se payer <strong>le</strong> luxe dedép<strong>la</strong>ire à <strong>la</strong> moitié de <strong>la</strong> popu<strong>la</strong>tion, surtoutde cel<strong>le</strong> qui tient <strong>le</strong>s cordons de <strong>la</strong> bourse. »Les femmes effectuent 80 % des achats enAmérique du Nord et détiennent, sans <strong>le</strong>savoir, un important pouvoir économique.Ne serait-il pas intéressant qu’el<strong>le</strong>sexpriment davantage ce qui ne <strong>le</strong>ur convientpas ? (Ne plus acheter certains produits oufréquenter certains magasins, dire aux propriétairesd’une boutique qu’une publicité nenous p<strong>la</strong>ît pas, etc.) Les effets <strong>pour</strong>raientêtre surprenants !...23 <strong>Audacieuses</strong> 2005


Quelques jours plus tard,un séminaire sur <strong>le</strong>sfemmes et <strong>le</strong>s médiasréunit une brochette d’invitées.La sociologueFrancine Descarries, unedes conférencières, commentequelques publicitésparticulièrementsexistes, extraites demagazines français et<strong>québécois</strong>. « Je constateque malheureusement, <strong>le</strong>corps de <strong>la</strong> femme estutilisé comme unemarchandise. On pensaitque <strong>la</strong> société <strong>québécois</strong>eavait fait assez de progrès,mais il y a eu unexcès de confiance, et ons’est fait flouer. »Lesfaiseursd’imagesDe <strong>le</strong>ur côté, <strong>le</strong>s publicitairesse montrent trèsprudents lorsqu’il estquestion de l’image de <strong>la</strong>femme. Plusieurs créateursexpliquent, parexemp<strong>le</strong>, qu’ils mettent<strong>la</strong> beauté féminine enva<strong>le</strong>ur de <strong>la</strong> même façonqu’ils choisissent parfoisun beau paysage <strong>pour</strong>promouvoir <strong>le</strong>ur produit,sans <strong>pour</strong> autant user desexisme.Une publicité sexiste vous heurte et vous désirezporter p<strong>la</strong>inte ?La Meute <strong>québécois</strong>e contre <strong>la</strong> publicité sexistepropose quelques modè<strong>le</strong>s de <strong>le</strong>ttres sur <strong>le</strong> sitewww.<strong>la</strong>meute.org/<strong>la</strong>meute.html, cliquez sur La« Meute <strong>québécois</strong>e contre <strong>la</strong> publicité sexiste »,ensuite sur « Modè<strong>le</strong>s de <strong>le</strong>ttres » (modè<strong>le</strong> 2). Nousvous invitons à transmettre une copie de votrep<strong>la</strong>inte à :> La Meute <strong>québécois</strong>e contre <strong>la</strong> publicité sexiste,meutequebecoise@sympatico.ca> Le Conseil du statut de <strong>la</strong> femme,csf@csf.gouv.qc.ca> Les normes canadiennes de <strong>la</strong> publicité,info@normespub.com> Le <strong>Réseau</strong> <strong>québécois</strong> d’action <strong>pour</strong> <strong>la</strong> santé desfemmes, audacieuse@rqasf.qc.caN’hésitez pas à vous p<strong>la</strong>indre, votre geste <strong>pour</strong>raitavoir un effet d’entraînement assez surprenant !> >LES BOÎTES À IMAGES>Prise 1 Prise 2Lorsque l’on demande à Jordi Le photographe Jean B<strong>la</strong>is partageSampere si <strong>le</strong>s photos des modè<strong>le</strong>s un peu <strong>le</strong> même point de vue,sont retouchées, <strong>le</strong> directeur artis-satisfaire ses clients, à savoir <strong>le</strong>stique de l’agence Publicis, admetqu’el<strong>le</strong>s sont truquées. « Bien sûr,répond-il. Je consacre une bonnepartie de ma journée à estomper<strong>le</strong>s rides <strong>pour</strong> <strong>le</strong>s publicités decrèmes, à masquer <strong>le</strong>s petitesimperfections autour de <strong>la</strong> bouche,à b<strong>la</strong>nchir <strong>le</strong>s dents ou l’intérieurdes yeux. Le but des entreprises,c’est de vendre de <strong>la</strong> beauté et unepart de rêve. »agences de publicité. Récemment,il a photographié <strong>pour</strong> une publicitéde bas-culottes <strong>le</strong>s jambes trèsfines d’un mannequin dont <strong>le</strong>sdimensions correspondaient àcel<strong>le</strong>s de moins de 1 % de <strong>la</strong> popu<strong>la</strong>tion.« Je <strong>le</strong>s ai encore retouchéesaprès <strong>la</strong> prise de vue en <strong>le</strong>s étirantde 30 à 40 %, explique-t-il. Je m’arrêtelorsque <strong>le</strong> corps commence àavoir l’air bizarre. »Prise 3Dominique Ma<strong>la</strong>terre, photographede l’agence Tilt, constate <strong>le</strong>sfortes pressions exercées par <strong>le</strong>spublicitaires <strong>pour</strong> fabriquer uneimage de femmes toujours plusjeunes. « Lorsque <strong>le</strong>s agences medemandent de <strong>le</strong>ur proposer desmannequins <strong>pour</strong> personnifier unefemme de 40 ans, j’invite aussi desfil<strong>le</strong>s de 25 ans. Je sais qu’il y a defortes chances <strong>pour</strong> qu’el<strong>le</strong>s <strong>soi</strong>entchoisies. La tendance au jeunismem’inquiète beaucoup. »24 <strong>Audacieuses</strong> 2005


Jean-Pierre Desaulniers,professeur au Départementde communicationsde l’UQAM, se dit optimistesur <strong>la</strong> capacité dediscernement du public.« La publicité n’est jamaistenue de dire <strong>la</strong> vérité,dit-il, car <strong>pour</strong> vendre ilfaut améliorer l’image...Par ail<strong>le</strong>urs, <strong>le</strong>s gens nesont pas naïfs, ils saventdécoder <strong>le</strong>s images donton <strong>le</strong>s bombardequotidiennement. »C<strong>la</strong>ude Cossette, un autredes fondateurs de l’agencede publicité dumême nom, se montrepeut-être moins optimiste.Selon lui, même <strong>le</strong>sconsommateurs trèsinformés se <strong>la</strong>issent bernerpar <strong>le</strong>s messages publicitairestoujours plusnombreux dans notrequotidien. « C’est terrib<strong>le</strong>de constater à quel point<strong>la</strong> publicité peut êtredévastatrice chez <strong>le</strong>sjeunes, indique <strong>le</strong> professeuren communicationsocia<strong>le</strong>. Les fil<strong>le</strong>s, parexemp<strong>le</strong>, s’endettent<strong>pour</strong> acheter des vêtementsconformes à l’imagequ’el<strong>le</strong>s se font de <strong>la</strong>beauté et de <strong>la</strong>séduction. » Il remarqueque bien des jeunesfemmes d’aujourd’huidonnent une p<strong>la</strong>ceprépondérante à <strong>le</strong>urcorps. El<strong>le</strong>s cherchent àattirer l’attention en seteignant en blonde ou enarborant une silhouettemince, gage de <strong>le</strong>urvolonté à résister auxsollicitations continuel<strong>le</strong>s<strong>pour</strong> mangertoute <strong>la</strong> journée.Desmouvementsde résistance« La force de <strong>la</strong> pub, c’est<strong>le</strong> matraquage. » SelonLuc Dupont, spécialistedes images, <strong>le</strong>s concepteursprivilégient <strong>le</strong> modè<strong>le</strong>d’une fil<strong>le</strong> toujoursplus mince, plus grande, à<strong>la</strong> muscu<strong>la</strong>ture souventmasculine, comme uneLina observe que <strong>le</strong>s publicités utilisentde plus en plus <strong>le</strong> corps de <strong>la</strong> femme <strong>pour</strong>vendre n’importe quel produit.Des publicités souvent dénigrantes oudépréciant carrément <strong>le</strong>s femmes. El<strong>le</strong>constate qu’el<strong>le</strong> n’est pas <strong>la</strong> seu<strong>le</strong>, dérangéepar cette tendance et sourit lorsqu’el<strong>le</strong>aperçoit un autocol<strong>la</strong>nt « Non aux publicitéssexistes » apposé sur une affiche.Un contenu médiatique vous apparaît inappropriéou offensant ? Que faire ?Parcourez <strong>le</strong> site du <strong>Réseau</strong> Éducation-médias etconsultez <strong>la</strong> rubrique « Passer à l’action ».Voir <strong>la</strong> section Ressources à connaîtreL’image des femmes dans <strong>le</strong>s médias vouspréoccupe ?Le Centre de santé des femmes de l’Estrie proposeun atelier ayant <strong>pour</strong> objectifs d’aider <strong>le</strong>s participantesà identifier <strong>le</strong>s messages stéréotypés sur<strong>le</strong> poids et l’image corporel<strong>le</strong>, d’explorer <strong>le</strong>ursimpacts sur <strong>le</strong>s individus <strong>pour</strong> ainsi développer unregard plus critique et réaliste quant aux modè<strong>le</strong>sprésentés dans <strong>le</strong>s médias.Vous aimeriez participer à un atelier sur <strong>la</strong>question ? Par<strong>le</strong>z-en à une ressource de votremilieu, <strong>le</strong> Centre de santé des femmes de l’Estrie sefera un p<strong>la</strong>isir de partager son expérience.Voir <strong>la</strong> section Ressources à connaîtrecombattante des vil<strong>le</strong>s.Un idéal véhiculé par <strong>le</strong>svidéoclips, souventtournés par <strong>le</strong>s mêmesréalisateurs qu’en publicité,<strong>le</strong>s émissions detélé-réalité, ou <strong>la</strong> mode. Ilremarque ainsi que cettedérive vers une exploitationde l’image fémininese dissimu<strong>le</strong> souvent derrièreun phénomènecomme <strong>le</strong> Girl Power quientend faire croire auxfemmes qu’el<strong>le</strong>s ontatteint l’équité. « À <strong>la</strong> findes années 70, montrerses fesses c’était sexistealors qu’en 2004 c’estprendre <strong>le</strong> contrô<strong>le</strong> !… »Selon <strong>la</strong> sociologueFrancine Descarries, cetappel à <strong>la</strong> sexualisationse justifie par <strong>la</strong> fausseillusion que <strong>le</strong>s femmesont tous <strong>le</strong>s pouvoirs.Rien de plus faux à sesyeux, car seu<strong>le</strong> uneinfime minorité a vraiment<strong>le</strong>s moyens d’agirsur une société encorepatriarca<strong>le</strong>. « Il faut agiret se servir du fait qu’i<strong>le</strong>xiste des organismescomme Les normes canadiennesde <strong>la</strong> publicité et<strong>le</strong>ur adresser desp<strong>la</strong>intes, car depuis <strong>le</strong>sannées 80 on a peut-êtretrop relâché <strong>la</strong> garde,25 <strong>Audacieuses</strong> 2005


explique <strong>la</strong> professeure.On doit se montrer attentiveet contacter <strong>le</strong>sannonceurs lorsque <strong>la</strong>publicité n’est pasacceptab<strong>le</strong>,… » Une façon<strong>pour</strong> <strong>le</strong>s consommatricesaverties de rappe<strong>le</strong>r auxuns et aux autres qu’el<strong>le</strong>srecherchent des imagesplus crédib<strong>le</strong>s, plusauthentiques et peut-êtremoins fabriquées.Vous aimeriez que <strong>le</strong>s médias présentent des femmes plus représentativesdu public visé, tant sur <strong>le</strong> p<strong>la</strong>n de l’âge que celui de <strong>la</strong> diversité dessilhouettes ? En fait, vous croyez que <strong>le</strong> monde des médias et descommunications devrait se doter d’un code d’éthique ?Le <strong>Réseau</strong> <strong>québécois</strong> d’action <strong>pour</strong> <strong>la</strong> santé des femmes vous invite à luisoumettre vos idées et vos commentaires quant aux éléments qui, selonvous, devraient se trouver dans un tel code d’éthique.Voir <strong>la</strong> section Ressources à connaître<strong>Audacieuses</strong>www.rqasf.qc.caAu service des femmesdepuis 32 ansActeur de <strong>la</strong> première heure sur <strong>la</strong> scène de l’égalité, <strong>le</strong>Programme de promotion de <strong>la</strong> femme (PPF) a étécréé en 1973, dans <strong>la</strong> foulée de <strong>la</strong> Commission roya<strong>le</strong>d’enquête sur <strong>la</strong> situation de <strong>la</strong> femme.Par l’entremise du Programme de promotion de <strong>la</strong>femme, Condition féminine Canada offre soutienfinancier et services professionnels aux groupes defemmes et aux autres organisations qui travail<strong>le</strong>nt enfaveur de l’égalité des sexes; aussi <strong>le</strong>s aide-t-il à faireconnaître et reconnaître <strong>le</strong>s enjeux que pose l’égalitédes femmes et à <strong>le</strong>s inscrire à l’ordre du jour des diversdébats qui animent notre société.Nous sommes fières d’accompagner <strong>le</strong> <strong>Réseau</strong> <strong>québécois</strong>d’action <strong>pour</strong> <strong>la</strong> santé des femmes dans un travailfondamental, celui de changer attitudes et comportementstant des femmes que des hommes à l’égard desdiktats de beauté et, en conséquence, de <strong>la</strong> séductionqu’exercent <strong>le</strong>s méthodes aussi diverses qu’inouïes detransformation du corps féminin.Thérèse LamartineDirectriceRégion du Québec/Nunavut26 <strong>Audacieuses</strong> 2005


maigrir ?mais <strong>pour</strong>quoi ?et à quel prix ?Fannie DagenaisAu Québec, près de 50 % des femmes de poids normal souhaitent maigrir,alors que 70 % des ado<strong>le</strong>scentes et une fil<strong>le</strong>tte de 9 ans sur trois font desefforts répétés <strong>pour</strong> contrô<strong>le</strong>r <strong>le</strong>ur poids. Il ne se passe plus une journée sansque <strong>le</strong>s médias ne sonnent l’a<strong>la</strong>rme d’une épidémie d’obésité, et <strong>la</strong> préoccupationexcessive à l’égard du poids gagne du terrain. Plutôt paradoxal quandon pense que cette préoccupation incite <strong>le</strong>s gens à utiliser des diètes draconiennes,qui el<strong>le</strong>s-mêmes favorisent… <strong>le</strong> gain de poids ! Voilà une situation quinon seu<strong>le</strong>ment profite au marché de <strong>la</strong> beauté et de l’amaigrissement,mais qui représente aussi une menace à <strong>la</strong> santé et au bien-être desfemmes de tous âges.Des chape<strong>le</strong>tsde régimes« J’ai commencé à mepréoccuper de mon poidsvers 14 ans. Ma mèreavait alors décidé desuivre el<strong>le</strong>-même unediète. C’est comme çaqu’el<strong>le</strong> nous a embarquéesma sœur et moi… »,raconte Francine, 52 ans.Les diètes, el<strong>le</strong> <strong>le</strong>s atoutes faites, comme el<strong>le</strong><strong>le</strong> dit el<strong>le</strong>-même. Et el<strong>le</strong>n’est pas <strong>la</strong> seu<strong>le</strong>.Pilu<strong>le</strong>s mirac<strong>le</strong>s, diètesdraconiennes et potionsaux vertus douteuses : <strong>le</strong>marché de l’amaigrissementa très bien su tireravantage de <strong>la</strong> course à <strong>la</strong>minceur. En 2003,l’Association <strong>pour</strong> <strong>la</strong>santé publique auQuébec (ASPQ) répertoriaitprès de 350 produitset services amaigrissantsdisponib<strong>le</strong>s au Québec.Aux États-Unis, de 40 à50 milliards de dol<strong>la</strong>rs parannée seraient dépensés<strong>pour</strong> maigrir. Chaquejour, des sommes exorbitantessont investies enpublicité et en marketing<strong>pour</strong> nous vendre LAperte de poids rapide,spectacu<strong>la</strong>ire et sanseffort. Pas surprenantque bon nombre d’entrenous se fassent prendreau piège…Aux États-Unis,de 40 à 50 milliardsde dol<strong>la</strong>rs par année seraientdépensés <strong>pour</strong> maigrir.Si l’industrie de l’amaigrissementse remplit<strong>le</strong>s poches, el<strong>le</strong> ne tienttoutefois pas ses promesses.Les résultatsd’un sondage mené parl’ASPQ démontrent que45 % des femmes quiutilisent des produits ouservices amaigrissantsfont plus de deux tentativespar année <strong>pour</strong> perdredu poids. Malgré <strong>le</strong>sefforts et <strong>le</strong>s privationsque s’imposent cesfemmes, cel<strong>le</strong>s-ci finissent<strong>la</strong> plupart du tempspar reprendre <strong>le</strong> poidsperdu, et même plus àlong terme. Tout est alorsà recommencer. C’est cequ’on appel<strong>le</strong> <strong>le</strong> syndromedu yoyo.* * (Voir l’encadré Cinqvérités sur <strong>le</strong>s diètes)27 <strong>Audacieuses</strong> 2005


Ce syndrome, Francine l’ael<strong>le</strong>-même expérimenté.« Mon poids a beaucoupvarié au cours de ma vie,entre 115 et 230 livres. Etmes pertes de poids onttoujours été suivies d’uneprise de poids plus importanteque ce que j’avaisperdu. Chaque fois je meVous appréciez une publicitéou une initiative quivalorise <strong>la</strong> diversité dessilhouettes féminines ?Pourquoi ne pas soumettresa candidature <strong>pour</strong><strong>le</strong> Prix Corps-Accord ?Remis annuel<strong>le</strong>ment par<strong>la</strong> Coalition Corps-Accord,lors du 6 mai - Journéeinternationa<strong>le</strong> sans diète,ce prix récompense uneentreprise ou un contenumédiatique qui valorisentune vision de <strong>la</strong> beauté etdu charme fémininenglobant <strong>la</strong> diversiténaturel<strong>le</strong> de tous <strong>le</strong>sformats corporels.Pour soumettre une candidatureou <strong>pour</strong> obtenirplus d’information, communiquezavec <strong>la</strong>Coalition.Voir <strong>la</strong> sectionRessources à connaîtreretrouvais avec une quinzainede livres en plus.L’espèce de vulnérabilitéque je ressentais quandje réussissais à être plusmince, amenait des crisesde débordement alimentaire,ce qui faisait que jepouvais reprendre 20livres en un mois. J’avaisl’impression de retrouver<strong>le</strong> contrô<strong>le</strong> sur ma viequand je réussissais àcontrô<strong>le</strong>r mon poids,alors que c’est justementl’inverse qui seproduisait ».L’échec des diètes estgénéra<strong>le</strong>ment occasionnépar <strong>la</strong> méthode el<strong>le</strong>même,trop draconienne<strong>pour</strong> qu’on puisse <strong>la</strong>maintenir à moyen ou àlong terme. De plus, <strong>le</strong>fait de se retrouvercontinuel<strong>le</strong>ment en situationd’échec a un impacttrès négatif sur notreestime de <strong>soi</strong>. « Échecpar-dessus échec, ça alimentaitmes dépressions.J’étais continuel<strong>le</strong>mentfrustrée », raconteFrancine.Mais ce n’est pas tout. Lemal-être général des gensqui ne s’acceptent pas etqui sont à <strong>la</strong> recherchedu corps parfait a desrépercussions importantessur <strong>le</strong>ur qualité devie. « Ma vie socia<strong>le</strong> étaitbeaucoup reliée à monpoids. Quand j’étaismince, j’étais portée àal<strong>le</strong>r vers <strong>le</strong>s autres.Vous êtes préoccupée par votre poids, mais est-cedevenu une obsession ?L’obsession de <strong>la</strong> minceur est un guide é<strong>la</strong>boré par<strong>le</strong> Centre des femmes de Verdun dont <strong>le</strong>s objectifssont : de dédramatiser <strong>le</strong>s rapports conflictuelsqu’entretiennent <strong>le</strong>s femmes à l’égard de <strong>la</strong> nourritureet de <strong>le</strong>ur corps ; d’examiner <strong>le</strong>s dangers auxquelss’exposent <strong>le</strong>s femmes en vou<strong>la</strong>nt atteindreun idéal de minceur ; de <strong>le</strong>ur permettre de <strong>défi</strong>nir<strong>le</strong>ur propre modè<strong>le</strong> de santé ; de faire connaître <strong>la</strong>notion de poids naturel ; de promouvoir une imagesocia<strong>le</strong> de <strong>la</strong> beauté qui tienne compte du droit à <strong>la</strong>différence et de <strong>la</strong> diversité des corps et dedévelopper des habi<strong>le</strong>tés d’affirmation de <strong>soi</strong> face à<strong>le</strong>ur entourage immédiat et social.Quelques copies de ce guide sont encoredisponib<strong>le</strong>s au coût de 12$. Pour commander votreexemp<strong>la</strong>ire, communiquez avec <strong>le</strong> Centre desfemmes de Verdun.Voir <strong>la</strong> section Ressources à connaître28 <strong>Audacieuses</strong> 2005


Aussitôt que j’avais unpeu d’embonpoint, jem’iso<strong>la</strong>is. Je ne sortaisplus, je n’al<strong>la</strong>is plusdanser, je n’al<strong>la</strong>is plusnul<strong>le</strong> part. Quand un garss’approchait, je lui disais :“Tu ne vois pas là que jesuis grosse ?”. S’il disait :“Moi je t’aime de même”,je lui répondais : “T’es pasben, là…” ». Les personnesdésireuses de perdre dupoids se désinvestissentsouvent par rapport auxcomportements santé,croyant que <strong>la</strong> pertede poids doit venir enpremier. En fait, nousaurions tous avantage àentretenir nos contactssociaux et nos activitésphysiques, quel que <strong>soi</strong>tnotre poids.On comprend qu’il esttrès rentab<strong>le</strong>, <strong>pour</strong> l’industriede l’amaigrissement,que <strong>le</strong>s femmes setrouvent dans un étatd’insécurité permanent.On comprend éga<strong>le</strong>mentque cette industrie n’aurajamais intérêt à nous direque nous sommes assezminces. Mais où doncs’arrêtera cette quête ducorps parfait ? Commenten sommes-nous arrivés,comme société, à fairepasser <strong>la</strong> beauté avant <strong>le</strong>bien-être des individus ?Un problèmede sociétéDans une société oùdes modè<strong>le</strong>s de beauté5 vérités sur <strong>le</strong>s diètes amaigrissantes1. Les diètes présentent des risques<strong>pour</strong> notre santé physique.La plupart des diètes sont associées àdes carences en vitamines et minérauxou en énergie, ou encore à différentseffets secondaires tels que <strong>la</strong> déshydratation,<strong>la</strong> fatigue, <strong>la</strong> difficulté à seconcentrer, des troub<strong>le</strong>s digestifs, uneperturbation hormona<strong>le</strong>, etc. Notrecorps a be<strong>soi</strong>n de l’énergie, des vitamineset des minéraux fournis par <strong>le</strong>saliments <strong>pour</strong> bien fonctionner. En <strong>le</strong>privant de nourriture, on l’expose à différentsproblèmes de santé.2. Les diètes présentent des risques<strong>pour</strong> notre santé menta<strong>le</strong>.Le fait de se priver, et ce, malgré <strong>la</strong>sensation de faim, nous amène àdévelopper une re<strong>la</strong>tion négative avec<strong>la</strong> nourriture et <strong>le</strong> p<strong>la</strong>isir de manger.Dans certains cas, <strong>la</strong> nourriture devientune tel<strong>le</strong> préoccupation qu’el<strong>le</strong> prend <strong>la</strong>forme d’une obsession, qui peut amener<strong>le</strong> développement de troub<strong>le</strong>s de comportementsalimentaires (anorexie,boulimie). De plus, <strong>le</strong>s nombreuxéchecs rencontrés par <strong>le</strong>s personnesqui suivent des diètes amènent unedétérioration de l’estime de <strong>soi</strong>.3. Les diètes ne sont généra<strong>le</strong>ment pasefficaces et peuvent mener à un gainde poids.Bien qu’el<strong>le</strong>s réussissent parfois à perdredu poids à court terme, <strong>la</strong> majoritédes personnes qui suit des diètes finiten général par reprendre <strong>le</strong> poids perdu– et même plus ! — à long terme. Lecorps réagit à une diète de <strong>la</strong> mêmemanière qu’à une famine : en réduisantsa consommation d’énergie. Lorsqu’onrecommence à manger comme avant,ou plus qu’avant à cause de <strong>la</strong> privationqu’on s’est imposée, notre corps a tendanceà entreposer sous forme degraisse <strong>le</strong>s calories qu’il reçoit enfin. Onreprend donc <strong>le</strong> poids perdu et souventdavantage.Retour àson poids initial(souvent plus qu’avant)Métabolismedemeure au ra<strong>le</strong>ntiRégimes sévères(bas en calories)Baisse dumétabolisme(nombre de caloriesbrûlées au repos)Retour à sesanciennes habitudesavec rage en prime(<strong>le</strong>s calories augmentent à nouveau)Frustration =Abadon du régime4. Les diètes peuvent nous amener àperdre du musc<strong>le</strong> et non des graisses.Les diètes restrictives promettentgénéra<strong>le</strong>ment une perte de poids trèsrapide. Toutefois, une perte de poidstrès rapide s’explique généra<strong>le</strong>mentpar une déshydratation et une perte demasse muscu<strong>la</strong>ire plutôt que de graisses.Une perte de poids graduel<strong>le</strong> (1 à 2 livresou 0,5 à 1 kilo par semaine maximum)favorise <strong>la</strong> perte de graisse et non demusc<strong>le</strong>.5. Au lieu de suivre des diètes, nousaurions TOUS avantage à améliorernos habitudes de vie.L’apparition et l’évolution des ma<strong>la</strong>diesdépendent d’une multitude de facteursautres que <strong>le</strong> poids (hérédité, habitudesde vie, etc.). Par contre, l’améliorationdes habitudes de vie (saine alimentation,activité physique) diminue <strong>le</strong>risque de développer des ma<strong>la</strong>dies chez<strong>le</strong>s personnes de tous gabarits.29 <strong>Audacieuses</strong> 2005


Votre poids vous préoccupe ?Offert depuis près de 20 ans par<strong>le</strong> Groupe d’action sur <strong>le</strong> poidsÉquiLibre, <strong>le</strong> programme Choisir de maigrir ?a <strong>pour</strong> objectif d’amener <strong>le</strong>s participants etparticipantes à prendre une décision éc<strong>la</strong>irée parrapport à <strong>le</strong>ur perte de poids. Les personnes sontamenées à réfléchir et à agir sur <strong>le</strong>ur re<strong>la</strong>tion à<strong>le</strong>ur corps, <strong>le</strong>ur alimentation et l’activité physique.El<strong>le</strong>s sont invitées à é<strong>la</strong>borer <strong>le</strong>ur propre p<strong>la</strong>nd’action. Une diététiste-nutritionniste, uneintervenante psychosocia<strong>le</strong> et une spécialiste enactivité physique <strong>le</strong>s accompagnent tout au longde <strong>le</strong>ur démarche. Le programme est offert dansdifférents établissements de santé ou centrescommunautaires.Voir <strong>la</strong> section Ressources à connaîtreVous aimeriez rencontrer des personnes rondescomme vous, et faire des activités ensemb<strong>le</strong> <strong>pour</strong>briser votre iso<strong>le</strong>ment tout en faisant <strong>la</strong> paix avecvotre corps ?Québec-Plus est une association qui regroupe despersonnes rondes de <strong>la</strong> grande région de Montréa<strong>le</strong>t qui organise diverses activités: friperie tail<strong>le</strong>plus, atelier « Vivre autrement ses rondeurs », clubde marche, baignade, etc. Vous aimeriez organiserun tel mouvement dans votre région ? Québec-Pluspeut vous aider en vous donnant <strong>le</strong>s outils nécessaires.Voir <strong>la</strong> section Ressources à connaîtreinaccessib<strong>le</strong>s sontomniprésents, et où <strong>le</strong>spréjugés et commentairesdésobligeants à l’égarddes grosses personnessont banalisés, peutons’en vouloir de désirerêtre mince ? Même <strong>le</strong> discoursmédical, sans <strong>le</strong>vouloir, nourrit cette hantisedu gras et du gros. Iln’est pas faci<strong>le</strong> de vivreavec ses rondeurs dansun monde où <strong>la</strong> minceurest synonyme de beauté,de santé, de réussite, debonheur, voire d’idéal àatteindre.De 1987 à 1998, <strong>la</strong> proportiondes personnes de15 ans et plus présentantun excès de poids a augmentéde près de 50 %. Leproblème est donc bienréel. Les experts s’entendenten général <strong>pour</strong> direque cette augmentationest principa<strong>le</strong>ment due àl’évolution de notre sty<strong>le</strong>de vie. Nous serionsportés à manger plus et àbouger moins que nosancêtres. La popu<strong>la</strong>ritédes diètes amaigrissanteset <strong>le</strong> gain de poidsqu’el<strong>le</strong>s peuvent occasionner,<strong>pour</strong>raient30 <strong>Audacieuses</strong> 2005


aussi contribuer auproblème.Mytheou réalité ?Plutôt que de consacrernos énergies à essayer demaigrir à tout prix, <strong>pour</strong>nous conformer à unmodè<strong>le</strong> corporel unique,nous aurions avantage àaméliorer nos habitudesde vie. Le gain de poidsest <strong>la</strong> manifestation duproblème, non pas <strong>le</strong>problème en <strong>soi</strong>.N’oublions pas qu’il estnaturel, dans une popu<strong>la</strong>tion,de retrouver desindividus aux silhouettesvariées. N’oublions pasnon plus que l’adoptionde saines habitudes devie, comme manger sainementet être plus actifs,contribue à améliorer <strong>la</strong>santé de tous, peuimporte notre silhouette.Mangeret maigrir,une doub<strong>le</strong>obsession !Même si <strong>le</strong>s causes del’obésité demeurentencore mal connues, ons’entend en général<strong>pour</strong> dire que notre poidscorporel et notre silhouetteseraient <strong>le</strong> résultatde l’interaction deplusieurs facteurs, telsl’hérédité, l’alimentation,l’activité physique, <strong>le</strong>métabolisme, l’âge etl’activité hormona<strong>le</strong>. Tropsouvent, nous avons ten-1. Pour être en santé, il faut être mince. F Réalité F Mythe2. Les hommes sont plus nombreuxque <strong>le</strong>s femmes à présenter un excèsde poids. F Réalité F Mythe3. Quand on mange peu, l’estomac rétrécit. F Réalité F Mythe4. Une grosse personne mangenécessairement plus qu’une personnemince. F Réalité F Mythe5. En améliorant nos habitudes de vie(mieux manger, être plus actif), on améliorenotre santé même si on ne perd pas de poids. F Réalité F MythesolutionsLa version plus détaillée du solutionnaire est disponib<strong>le</strong> sur <strong>le</strong> site internetd’ÉquiLibre : www.equilibre.ca5. Réalité ! Des études ont démontré que <strong>le</strong> simp<strong>le</strong> fait d’améliorer certaineshabitudes de vie (saine alimentation, activité physique), sans nécessairementperdre du poids, permettait de faire diminuer <strong>le</strong> taux de mauvais cho<strong>le</strong>stéro<strong>le</strong>t d’augmenter <strong>le</strong> taux de bon cho<strong>le</strong>stérol dans <strong>le</strong> sang, diminuant ainsi <strong>le</strong>risque de ma<strong>la</strong>dies cardiovascu<strong>la</strong>ires.4. Mythe ! Le nombre de calories occasionnant un gain de poids n’est pas <strong>le</strong>même <strong>pour</strong> tous. On estime d’ail<strong>le</strong>urs que 25 à 40 % des facteurs associés àl’obésité impliqueraient des facteurs génétiques.3. Mythe ! L’estomac est un musc<strong>le</strong> et ne change pas de tail<strong>le</strong> : il peut s’étirerlorsqu’il se remplit, mais il reprend toujours sa tail<strong>le</strong> initia<strong>le</strong> en se vidant.2. Réalité ! Et l’accumu<strong>la</strong>tion de graisse dans <strong>la</strong> région du ventre ou <strong>la</strong> « bedaine »comporte plus de risques <strong>pour</strong> <strong>la</strong> santé que <strong>la</strong> « culotte de cheval » située auxhanches et aux cuisses des femmes.1. Mythe ! Une grosse personne qui adopte de saines habitudes de vie (sainealimentation, activité physique) peut être en meil<strong>le</strong>ure santé qu’une personnemince qui s’alimente mal et qui est très sédentaire, par exemp<strong>le</strong>.31 <strong>Audacieuses</strong> 2005


Ma diète Mirac<strong>le</strong>Objectif : Être bien dans ma peaup<strong>la</strong>n alimentaire> Aliments permis : tousJ’adopte une alimentation équilibréeet variée. Je me rappel<strong>le</strong> quemanger sert à nourrir mon corps,cette merveil<strong>le</strong>use machine dont jedois prendre <strong>soi</strong>n. Je cultive <strong>le</strong>p<strong>la</strong>isir de bien manger en découvrantde nouvel<strong>le</strong>s saveurs.> Aliments interdits : aucunJe ne m’interdis aucun aliment quej’aime. Lorsque je m’offre ces petitsp<strong>la</strong>isirs, j’en profite p<strong>le</strong>inement,sans culpabilité. Je savoure chaquebouchée.> Quantités permises : selon monappétitJ’écoute mon corps, car il est <strong>le</strong>mieux p<strong>la</strong>cé <strong>pour</strong> me dire ce dont i<strong>la</strong> be<strong>soi</strong>n. Je me fie à mes signaux defaim et de satiété <strong>pour</strong> identifier <strong>le</strong>squantités d’aliments dont j’aibe<strong>soi</strong>n plutôt que de me fier auxrèg<strong>le</strong>s préétablies par des diètes.* Pour en savoir plus sur l’écoutedes signaux de faim et de satiété,consultez <strong>le</strong> site internetd’ÉquiLibre.Partagez cettediète mirac<strong>le</strong>avec votrefamil<strong>le</strong>, voscollègues detravail et vosamies !règ<strong>le</strong>s à suivreF Je mets de côté <strong>le</strong>s modè<strong>le</strong>s debeauté irréalistes de notre société<strong>pour</strong> ainsi mieux respecter <strong>le</strong>sdifférents formats corporels, encommençant par <strong>le</strong> mien !F Je passe moins de temps à mepréoccuper de mon apparence etdavantage à me faire p<strong>la</strong>isir.F Je reconnais mes qualités et mesta<strong>le</strong>nts. Je <strong>le</strong>s apprécie et je donne<strong>la</strong> chance aux autres de <strong>le</strong>s découvrir.F Je cesse de faire ou d’accepter descommentaires désobligeants surmon apparence.F Je relègue <strong>le</strong>s diètes aux oubliettes.F Je renoue avec <strong>le</strong> p<strong>la</strong>isir de mangersainement.F Je fais de l’activité physique <strong>pour</strong><strong>le</strong> p<strong>la</strong>isir.F Je m’accorde des moments dedétente.F J’ai confiance en mes capacités.résultats attendusF Éprouver du p<strong>la</strong>isir à manger et àbouger.F Avoir du p<strong>la</strong>isir à être moi-même.F Me sentir bien avec <strong>le</strong>s autres.F Développer mon potentiel desanté afin de profiter <strong>le</strong> plusp<strong>le</strong>inement possib<strong>le</strong> de <strong>la</strong> vie.32 <strong>Audacieuses</strong> 2005✁Feuil<strong>le</strong> à découperdance à considérerl’obésité comme unphénomène purementindividuel, comme si <strong>le</strong>poids d’une personneétait tota<strong>le</strong>ment sous soncontrô<strong>le</strong> ; c’est ce quinous amène à négliger <strong>le</strong>senjeux col<strong>le</strong>ctifs qui secachent derrière ce problème: « S’il veut maigrir,il n’a qu’à moinsmanger ! », dirontplusieurs. Si l’individu alongtemps porté seul <strong>la</strong>responsabilité de seschoix en matière desanté, on reconnaîtdésormais que l’environnement,<strong>la</strong> société dans<strong>la</strong>quel<strong>le</strong> il vit, a aussi sapart de responsabilité.À l’ère où <strong>la</strong> productivitéest sans cesse mise del’avant et où <strong>le</strong> manquede temps est généralisé,où <strong>la</strong> restauration rapideet <strong>le</strong>s mets préparés sontomniprésents, où <strong>la</strong>grosseur des portions necesse d’augmenter et où<strong>le</strong>s tab<strong>le</strong>ttes de nossupermarchés regorgentd’aliments riches en graset en sucre, il n’est pasfaci<strong>le</strong> de faire des choixsanté. Dans une sociétéd’automatisation, où <strong>le</strong>sroutes sont conçues <strong>pour</strong>des voitures et non desvélos et où <strong>le</strong>s escaliers<strong>la</strong>issent p<strong>la</strong>ce auxascenseurs, quoi de plusfaci<strong>le</strong> que d’être plussédentaire ! Et lorsquetous <strong>le</strong>s jours on estconfronté à des idéaux debeauté inatteignab<strong>le</strong>s,


n’est-il pas diffici<strong>le</strong> des’accepter et de ne paschercher à maigrir ?Ainsi, <strong>le</strong>s va<strong>le</strong>ursvéhiculées par notresociété nous amènent àmanger plus, à bougermoins et à utiliser toutessortes de méthodes <strong>pour</strong>contrô<strong>le</strong>r notre poids.Paradoxa<strong>le</strong>ment, cettemême société nousimpose un modè<strong>le</strong> debeauté unique, caractérisépar <strong>la</strong> minceurextrême. Il n’est pas surprenantqu’on se sente siinsatisfaites ! Il est tempsde revoir nos façons depenser et de vivre. Non ?Le pouvoir dechanger <strong>le</strong>schosesComme société, nousavons <strong>le</strong> droit de revendiquerdes lois plus sévèresà l’égard de l’industrie del’amaigrissement <strong>pour</strong> enfinir avec <strong>la</strong> publicitétrompeuse et <strong>le</strong>s méthodesbidon qui nuisent ànotre santé. Nous avons<strong>le</strong> droit de revendiquerun milieu de vie où il estplus faci<strong>le</strong> de bienmanger et de pratiquerdes activités physiques.Nous avons aussi <strong>le</strong> pouvoirde changer nos mentalités,nos façons de voir<strong>le</strong>s choses, nos va<strong>le</strong>urs etpréjugés par rapport aucorps et à <strong>la</strong> beauté. Nousavons <strong>le</strong> droit de direNON à ce modè<strong>le</strong> debeauté unique et OUI à <strong>la</strong>diversité. Et nous avons<strong>le</strong> pouvoir de mettre fin àcette quête du corps parfaitqui nous entraîne ànotre perte.Me choisir… etoser <strong>le</strong> dire !Après 37 années de luttecontre sa propre nature,Francine a pris unegrande décision. « J’aichoisi de vivre ! J’ai décidéde ne plus essayer demaigrir, mais plutôt dem’accepter et d’avoir unevie plus heureuse. J’airecommencé à nager,chose que j’avais complètementmise de côté.J’ai arrêté de m’en faireavec <strong>la</strong> nourriture.J’essaie d’améliorer monalimentation, mais je neme sens plus coupab<strong>le</strong>après avoir mangé un sacde chips. Je me suis trouvéun nouvel emploi mepermettant de travail<strong>le</strong>ravec <strong>le</strong>s enfants, ce quiavait toujours été monrêve. Le plus drô<strong>le</strong>, c’estqu’à travers tout ça, monpoids est demeuré stab<strong>le</strong>,<strong>pour</strong> <strong>la</strong> première foisdepuis très longtemps ! »Mais ce changement, s’ilregarde toute <strong>la</strong> sociétéet doit re<strong>le</strong>ver de décisionspolitiques, ne doit-ilpas, comme dans <strong>le</strong> casde Francine, commencerVous aimeriez qu’il y ait un endroit sympathiqueoù trouver des vêtements <strong>pour</strong> <strong>le</strong>s grandes tail<strong>le</strong>s àdes prix intéressants ? Vous avez l’esprit entrepreneur? Le Centre d’éducation et d’action desfemmes (CÉAF) de Montréal peut vous inspirer.Initiative du CÉAF, Taillissimo est un projet, pensépar et <strong>pour</strong> des femmes, visant à célébrer <strong>la</strong> beautéen rondeur et en offrant un choix de vêtementsneufs et presque neufs à des prix abordab<strong>le</strong>s.Taillissimo se donne aussi comme <strong>défi</strong> de développerl’esprit critique des gens sur l’image du corpsde <strong>la</strong> femme dans <strong>la</strong> société. Plusieurs idées sont enébullition : <strong>défi</strong>lés de mode commentés abordant <strong>la</strong>question des stéréotypes de beauté, documentationalternative au sein même de <strong>la</strong> boutique. Si<strong>le</strong> projet vous intéresse, vous pouvez visiter <strong>la</strong>boutique au 2269 rue Ontario Est à Montréal oucommuniquez avec <strong>le</strong> CÉAF.Voir <strong>la</strong> section Ressources à connaîtrepar <strong>soi</strong>-même ? En tantque femme, j’ai <strong>le</strong> droitde remettre en questionces modè<strong>le</strong>s androgynesque l’on <strong>défi</strong>nit commeétant <strong>la</strong> VRAIE femme. Jepeux questionner l’influencequ’ils ont sur mescomportements, maisaussi sur ceux de mesenfants. Je peux prendreconscience de ce quim’est imposé, de ce queje choisis. Je peux ne pasava<strong>le</strong>r tout ce que <strong>la</strong>publicité me présente etdouter de l’efficacité despilu<strong>le</strong>s mirac<strong>le</strong>s. Bien sûr,j’ai <strong>le</strong> droit de vouloir êtreattirante, de paraître àmon avantage. Maisj’ai aussi <strong>le</strong> droit d’êtrebien dans ma peau. Lefait de vouloir être aiméen’est pas un crime. Nicelui de rester moi-même,de m’aimer et de me<strong>la</strong>isser aimer tel<strong>le</strong> que jesuis. J’ai <strong>le</strong> droit d’avoir<strong>le</strong> choix !Fannie Dagenais estdiététiste-nutritionniste etdirectrice d’ÉquiLibre, grouped’action sur <strong>le</strong> poids.33 <strong>Audacieuses</strong> 2005


<strong>Audacieuses</strong>www.rqasf.qc.caSANTÉ DES FEMMESAu-delàdes discours,du concretLa FTQ, <strong>la</strong> plus grandecentra<strong>le</strong> syndica<strong>le</strong>au Québec,agit au quotidien<strong>pour</strong> améliorer<strong>la</strong> santé des femmeswww.ftq.qc.ca34 <strong>Audacieuses</strong> 2005


Le dénigrementqui mineDiane Prud’hommeL’image corporel<strong>le</strong> de <strong>la</strong> femme <strong>la</strong> rend vulnérab<strong>le</strong> aux commentaires,aux critiques, au dénigrement. La limite entre une paro<strong>le</strong> indélicate et <strong>la</strong>vio<strong>le</strong>nce verba<strong>le</strong> de <strong>la</strong> part du conjoint est très subti<strong>le</strong>, insidieuse. La femmedevra reconnaître ces indices <strong>pour</strong> comprendre qu’il veut ainsi exercer sonpouvoir de domination. La vio<strong>le</strong>nce conjuga<strong>le</strong> ne <strong>la</strong>isse pas que des b<strong>le</strong>us.Mine de rienSaviez-vous qu’il existeun lien étroit entre <strong>la</strong>vio<strong>le</strong>nce conjuga<strong>le</strong> et <strong>le</strong>sstandards de beauté auxquelson pousse <strong>le</strong>sfemmes à adhérer ? Celien réside dans <strong>la</strong> vulnérabilitéque vivent <strong>le</strong>sfemmes quant à <strong>le</strong>urapparence. Glisser ici etlà, subti<strong>le</strong>ment et aumoment opportun,des remarques désobligeanteset humiliantessur l’apparence de sacompagne ne peut quesemer en el<strong>le</strong>, à <strong>la</strong> longue,<strong>le</strong> doute sur son image,sa beauté, son pouvoir deséduction. Et <strong>pour</strong>tant,rien n’y paraît.Quand on interroge unefemme sur <strong>la</strong> vio<strong>le</strong>ncequ’el<strong>le</strong> subit de <strong>la</strong> part deson conjoint, rarementévoque-t-el<strong>le</strong> <strong>le</strong>s attaquesverba<strong>le</strong>s répétées àpropos de son imagecorporel<strong>le</strong>. On a beau <strong>la</strong>subir ou en être témoin,on ne l’identifie pas ;el<strong>le</strong> n’atteint pas notreconscience. Noussommes si habituées àvoir notre corps observé,commenté, critiqué par<strong>le</strong>s uns et <strong>le</strong>s autres, que<strong>le</strong>s remarques acéréespassent souventinaperçues. Pourtant, ils’agit bien là de vio<strong>le</strong>nce.Si un homme sait valoriseret complimenter <strong>pour</strong>attirer et séduire, il peutaussi dénigrer <strong>pour</strong>enraciner son pouvoir.Des paro<strong>le</strong>s comme « Tuserais si bel<strong>le</strong> si tu n’avaispas cette cellulite », ou« Regarde de quoi tu asl’air ! », ou encore « Pas unautre homme ne voudraitde toi ! », ont forcément35 <strong>Audacieuses</strong> 2005un impact sur l’estime de<strong>soi</strong> de <strong>la</strong> femme qui <strong>le</strong>sreçoit. Et accuser <strong>le</strong> coup,c’est lui confirmer qu’il araison, c’est lui ouvrir <strong>la</strong>porte au contrô<strong>le</strong>, à <strong>la</strong>dépossession de <strong>soi</strong>.Lorsqu’une attaque de cetype survient une fois, onpeut toujours <strong>le</strong> mettresur <strong>le</strong> compte d’une indispositionquelconque.Mais lorsqu’el<strong>le</strong> serépète, et toujours aubon moment, ce n’estplus un hasard. Et sonintention est c<strong>la</strong>ire :détruire l’estime de <strong>soi</strong>de sa victime <strong>pour</strong> mieux<strong>la</strong> dominer, en faisant ensorte qu’el<strong>le</strong> se sente deplus en plus moche, enperte de confiance,isolée. Cet homme saitque dominer une femmequi se sent bel<strong>le</strong>, libre eten p<strong>le</strong>ine possession deses moyens est un <strong>défi</strong>Plusieurs d’entre nous avons été témoins deb<strong>la</strong>gues sur « <strong>le</strong>s gros seins », contées lors deréunions de famil<strong>le</strong>. Rien de bien méchant,diront certains. Toutefois, quand ces proposdeviennent choses courantes…qu’en est-il ?Sylvie, exaspérée par <strong>le</strong>s b<strong>la</strong>gues que sonbeau-frère lui adresse à tout coup, luidemande d’expliquer <strong>pour</strong>quoi el<strong>le</strong> en esttoujours <strong>la</strong> cib<strong>le</strong>. El<strong>le</strong> obtientun long si<strong>le</strong>nce en guise de réponse…


de tail<strong>le</strong>. Ainsi faut-il fragilisercette assurance !Au-delà desapparencesSi <strong>la</strong> vio<strong>le</strong>nce cib<strong>la</strong>ntl’image corporel<strong>le</strong> n’estpas propre aux re<strong>la</strong>tionsde coup<strong>le</strong> (el<strong>le</strong> est, parexemp<strong>le</strong>, fréquente àl’éco<strong>le</strong> où un enfanttimide, aux oreil<strong>le</strong>sdécollées, aux lunettesépaisses ou aux vêtementsdémodés, subira<strong>le</strong>s moqueries de sescamarades), el<strong>le</strong> y revêtun caractère particulier :<strong>le</strong> sentiment d’échecque bien des femmes,même parmi <strong>le</strong>s plusconformes aux standards,éprouvent dene pouvoir correspondreau modè<strong>le</strong> fémininprédominant.Cette forme de vio<strong>le</strong>nce,il faut non seu<strong>le</strong>ment <strong>la</strong>reconnaître, mais <strong>la</strong>situer dans son contextesocial et tracer son parcours.Dès <strong>le</strong>ur plus jeuneâge, <strong>le</strong>s femmes sontconditionnées à sepréoccuper de <strong>le</strong>urapparence. El<strong>le</strong>s se fontsans cesse rappe<strong>le</strong>r l’importanced’être jolies etde <strong>soi</strong>gner <strong>le</strong>ur corps<strong>pour</strong> <strong>le</strong> garder jeune,mince et parfaitementlisse. Pourquoi ? Pour toujoursp<strong>la</strong>ire aux hommes.Un des effets pervers dece discours sur <strong>la</strong> beautéféminine est qu’il permetà tous, dont aux hommes,de commenter <strong>le</strong> corpsdes femmes. « Non seu<strong>le</strong>mentcette situation rend<strong>le</strong>s femmes vulnérab<strong>le</strong>s,observe DianePrud’homme, el<strong>le</strong> <strong>le</strong>urfait aussi perdre <strong>le</strong>urLouise et PaulPeu à peu, Paul s’est mis à passerdes commentaires sur sa tail<strong>le</strong>. Sur<strong>le</strong> coup, Louise ne s’y est pasattardée, <strong>le</strong>s croyant passagers.Mais ils se sont répétés. Ils sontdevenus monnaie courante. Et ilsl’ont affectée jusqu’au point oùel<strong>le</strong> s’est persuadée qu’el<strong>le</strong> avaitbien 25 kilos de trop, el<strong>le</strong> qui avaittoujours maintenu son poidssanté. Paul avait établi un climatde tension perpétuel<strong>le</strong> autour de <strong>la</strong>nourriture : « Il avait toujours unmot à dire sur ce que je mangeais.Si je m’achetais une ou deux pâtisseries<strong>pour</strong> <strong>la</strong> semaine, en plus dupain, son regard se durcissait et ilme <strong>la</strong>nçait : “Je ne suis pas sûr queta ligne va encaisser <strong>le</strong> coup !”Quand je me déshabil<strong>la</strong>is, il luiarrivait de demander si je n’avaispas pris “une livre ou deux”.Comme si c'était mesurab<strong>le</strong> à l'œilnu ! Il manifestait sa désapprobationsans jamais hausser <strong>le</strong> ton, etjustifiait ainsi, de façon implicite,sa panne de désir… parce qu’effectivement,il ne me touchait plus. Ilpassait des remarques valorisantessur <strong>le</strong>s femmes minces, et méprisantessur <strong>le</strong>s rondes. Son regardme <strong>pour</strong>suivait… mine de rien. »Paul est parvenu à ses fins : Louises’est désormais vue grosse, alorsqu’el<strong>le</strong> avait toujours été valorisée<strong>pour</strong> sa féminité et sa coquetterie.Sa perception déformée d’el<strong>le</strong>mêmel’a même empêchée de saisir<strong>le</strong>s regards intéressés des autreshommes. El<strong>le</strong> se trouvait quasiprivilégiée d’avoir un mari commePaul, même s’il évitait l’intimité.Non seu<strong>le</strong>ment, el<strong>le</strong> s’est davantagesoumise à ses volontés, maisel<strong>le</strong> s’est mise à cacher son corpssous des vêtements amp<strong>le</strong>s, enprenant des bains moussantsplutôt que des douches, à mangeren cachette, coupab<strong>le</strong> de ne pas serendre enfin désirab<strong>le</strong> <strong>pour</strong> sonmari. El<strong>le</strong> ne réc<strong>la</strong>mait plus decaresses, ne lui par<strong>la</strong>it plus de sesbe<strong>soi</strong>ns, ne s’aimait plus. El<strong>le</strong> setenait même responsab<strong>le</strong> du déclindu coup<strong>le</strong> comme si el<strong>le</strong>, ou dumoins son poids, était <strong>la</strong> cause de<strong>la</strong> « panne de désir » de son mari.C’est là une caractéristique dessituations de vio<strong>le</strong>nce : à force dese faire dire que c’est notre faute,on finit par être convaincu que <strong>le</strong>problème vient de <strong>soi</strong>. Or, Louiseétait à ce point dévorée par <strong>le</strong>blâme de son mari sur son poids,qu’el<strong>le</strong> était incapab<strong>le</strong> de décoder<strong>la</strong> véritab<strong>le</strong> cause de <strong>la</strong> situation :dans <strong>le</strong>s faits, Paul se sentait étouffépar <strong>le</strong> mariage et avait utilisé <strong>le</strong>prétexte du poids <strong>pour</strong> justifierson mal-être et <strong>la</strong> quitter. Jamais iln’est venu à l’esprit de Louisequ’el<strong>le</strong> était victime de vio<strong>le</strong>nceconjuga<strong>le</strong>.36 <strong>Audacieuses</strong> 2005


pouvoir sur <strong>le</strong>ur corpscomme s’il était propriétépublique. Alors, quanddans une re<strong>la</strong>tion decoup<strong>le</strong> un partenairecherche à contrô<strong>le</strong>rl’autre, l’image corporel<strong>le</strong>représente <strong>pour</strong> lui uneprise de plus. Et qu’el<strong>le</strong>est efficace ! »Comme sur<strong>le</strong> dos d’uncanardRetenons de tout ceciune chose essentiel<strong>le</strong> :<strong>le</strong>s attaques qui visentl’image corporel<strong>le</strong> ontsûrement un impactmoindre sur <strong>le</strong>s femmesqui se sentent bien dans<strong>le</strong>ur peau et qui seréalisent autrement quepar <strong>la</strong> seu<strong>le</strong> apparence.C’est donc dire que plus<strong>le</strong>s femmes refusent dejouer à tout prix <strong>le</strong> jeu duphysique agréab<strong>le</strong>, de <strong>la</strong>minceur et de <strong>la</strong>jeunesse, plus el<strong>le</strong>srefusent de se nier <strong>pour</strong>répondre aux pressionsextérieures. Alors plus <strong>le</strong>sattaques glissent sur <strong>le</strong>urdos en y <strong>la</strong>issant desmarques moindres, plusel<strong>le</strong>s ont du pouvoir sur<strong>le</strong>ur vie.* Diane Prud’homme estcoordonnatrice des dossiersliés à <strong>la</strong> problématique de <strong>la</strong>vio<strong>le</strong>nce conjuga<strong>le</strong> auRegroupement provincialdes maisons d’hébergementet de transition <strong>pour</strong> femmesvictimes de vio<strong>le</strong>nce conjuga<strong>le</strong>.37 <strong>Audacieuses</strong> 2005


Comment est-ce queje me sens dans mare<strong>la</strong>tion de coup<strong>le</strong> ?» Est-ce que je croisd’emblée mon conjointquand il commentemon apparence ?Surtout quand il mecritique ?» Ai-je l’impression que jedois me conformer àses goûts <strong>pour</strong> éviterdes tensions dans <strong>le</strong>coup<strong>le</strong> ?» Est-ce que je crains sesréactions dès que jem’affirme dans mesgoûts ou que j’apporteun changement à monapparence (nouvel<strong>le</strong>coiffure, nouvel<strong>le</strong>cou<strong>le</strong>ur de cheveux,nouveaux vêtements,etc.) ?» Est-ce que je me sensde moins en moinslibre dans mes choix devie ? Est-ce que je penseà ce qu’il <strong>pour</strong>rait direou penser quand jechoisis mes vêtements<strong>pour</strong> une <strong>soi</strong>rée ou unautre événement ?» Ai-je moins confianceen moi depuis que jesuis avec lui ?» Est-ce que je me trouvemoins bel<strong>le</strong> qu’avant ?Si vous avez réponduoui à plusieurs de cesquestions, vous pouvezpeut-être vous interrogersur <strong>le</strong> contrô<strong>le</strong> quevotre conjoint tented’exercer sur votreimage. Si c’est <strong>le</strong> cas,n’hésitez pas à en par<strong>le</strong>rà une personnede confiance, une confidenteou même à uneintervenante spécialiséeen vio<strong>le</strong>nce conjuga<strong>le</strong>.Le texte Le dénigrement qui mine vous atouchée. Il vous a fait réfléchir sur <strong>la</strong>situation d’une femme qui vous est proche,mais vous ne savez pas trop commentaborder <strong>la</strong> question avec el<strong>le</strong>. Pourquoi nepas lui prêter ce magazine, il sera ensuiteplus faci<strong>le</strong> d’amorcer une discussion entémoignant de vos propres réf<strong>le</strong>xionssur l’image des femmes.Il ne faut surtoutpas s’a<strong>la</strong>rmer, toutn’est pas vio<strong>le</strong>nce !Qui n’a pas un jour exprimé ses préférences vestimentairesou physiques à sa ou à son partenaire?J’aime bien quand tu t’habil<strong>le</strong>s en b<strong>la</strong>nc ! Je te trouvesexy quand tu portes une barbe de deux jours !Comment savoir s’il s’agit de l’expression d’unepréférence ou d’une vio<strong>le</strong>nce ?Mireil<strong>le</strong> a <strong>le</strong>s cheveux longs depuis de nombreusesannées. Engagée dans une nouvel<strong>le</strong> re<strong>la</strong>tionamoureuse, el<strong>le</strong> a envie de changement et décide defaire couper ses cheveux.PréférenceSurpris, son conjoint Éric lui manifeste une certainedéception, car il aime bien <strong>le</strong>s cheveux longs. Il <strong>la</strong>taquine quelques jours, puis cet événement estrapidement oublié.Vio<strong>le</strong>nceChoqué, son conjoint Éric :> Ne manque aucune occasion de lui rappe<strong>le</strong>rcomment el<strong>le</strong> était jolie avec ses cheveux longs(remarque répétitive/harcè<strong>le</strong>ment).> La ridiculise aux yeux des autres en <strong>la</strong> comparant àun garçon manqué (moquerie/humiliation).> Ne lui adresse plus <strong>la</strong> paro<strong>le</strong> pendant deux semaineset lui jette des regards réprobateurs(tension/mépris).> Refuse d’accéder à certaines de ses demandes sansraison apparente (bouderie).> En profite <strong>pour</strong> exiger qu’el<strong>le</strong> se plie à l’une de sesexigences, se faire teindre en blonde, à défaut dequoi…(chantage).Il y a vio<strong>le</strong>nce lorsquel’harmonie est rompue etne peut être retrouvée quesi <strong>le</strong> ou <strong>la</strong> partenaire viséeaccepte de se «conformer»à <strong>la</strong> volonté de l’autre.38 <strong>Audacieuses</strong> 2005


Paro<strong>le</strong>sd’hommesRenée OuimetÀ qui veut-on p<strong>la</strong>ire quand on s’habil<strong>le</strong>, quand on « s’arrange » ? Les médias nousdisent que <strong>pour</strong> p<strong>la</strong>ire aux hommes il faut être mince, rester jeune. Certainesfemmes finissent par y croire. El<strong>le</strong>s y mettent une énergie monstre <strong>pour</strong> essayerde répondre aux critères. Quand el<strong>le</strong>s n’y arrivent pas, el<strong>le</strong>s en perdent même <strong>le</strong>goût de séduire. Dans un « 5 à 7 », <strong>le</strong> <strong>Réseau</strong> <strong>québécois</strong> d’action <strong>pour</strong> <strong>la</strong> santédes femmes a rencontré huit hommes d’âge et de milieux différents, <strong>pour</strong>connaître <strong>le</strong>urs préférences envers <strong>le</strong>s femmes. Surprise ! Aucun d’entreeux ne cherche à entretenir une re<strong>la</strong>tion avec une femme qui ressemb<strong>le</strong> à unmannequin.Richard, fin de <strong>la</strong>trentaine se déso<strong>le</strong> : « J’aiconstaté que <strong>le</strong>s médiasqui imposent un modè<strong>le</strong>de beauté aux femmesarrivent à créer chez el<strong>le</strong>sde fausses croyances àl’égard des hommes et duregard de ceux-ci surel<strong>le</strong>s. En effet, combiende femmes pensent queparce que <strong>le</strong>s hommesregardent et trouventbel<strong>le</strong>s <strong>le</strong>s femmes mincesdes magazines, ils netrouveront pas <strong>le</strong>s autresbel<strong>le</strong>s ? » Une psychothérapeutespécialistede l’image corporel<strong>le</strong>relève que 10 % deshommes ne désirent quedes femmes correspondantau modè<strong>le</strong> debeauté stéréotypé,10 % désirent des femmesau corps marginal(grosse, très maigre…)et 80 % ont despréférences en lien avec<strong>le</strong>s standards de beautésans que ce <strong>soi</strong>t uneexigence. Le <strong>soi</strong>r de <strong>la</strong>tab<strong>le</strong> ronde, Michae<strong>la</strong>urait certainementacquiescé à ces chiffrespuisqu’il dit : « Je neconnais aucun hommedont <strong>la</strong> femmeressemb<strong>le</strong> au modè<strong>le</strong>stéréotypé. »L’animatrice a présentédes images de femmesdifférentes et c’est <strong>le</strong>sty<strong>le</strong> de <strong>la</strong> « beauté aunaturel » qui a plu auxhommes présents et qui afait l’unanimité. Une fil<strong>le</strong>sans fard attablée devantun café dans une posenoncha<strong>la</strong>nte. « Cette fil<strong>le</strong>a l’air bien. Les personnesqui ont l’air bien commeça, je trouve ça attirant.Quand je rencontre desfemmes qui ont l’air d’unprintemps sur deuxpattes, <strong>le</strong>s bonjours sortenttout seuls de mabouche, » dit Jean-Louisdans <strong>la</strong> quarantaine.Hakim aime, lui aussi, <strong>le</strong>sfemmes qui ont l’air biendans <strong>le</strong>ur peau : « Unefemme qui a l’air de s’imposerquelque chose<strong>pour</strong> me p<strong>la</strong>ire, ça ne mep<strong>la</strong>ît pas. » Richard aconnu une fil<strong>le</strong> mince quiavait un physique à fairel’envie de bien desfemmes. « El<strong>le</strong> était bel<strong>le</strong>,mais el<strong>le</strong> ne voyait riende sa beauté. Je devais <strong>la</strong>valider constamment. Jene garde pas de très bonssouvenirs de cette expérience,car <strong>la</strong> chimie qu’ily avait au début s’estestompée rapidement, enpartie à cause de sa perceptionnégative de soncorps. Personnel<strong>le</strong>ment,je trouve ça infinimenttriste de voir des femmescomme Isabel<strong>le</strong>, en compétitionavec <strong>le</strong> modè<strong>le</strong>de beauté que <strong>le</strong>s médiasimposent. Isabel<strong>le</strong> faisaittout ce qu’el<strong>le</strong> pouvait<strong>pour</strong> s’y conformer. El<strong>le</strong>sautait <strong>le</strong> déjeuner,mangeait des substitutsde repas au souper, etc.Le modè<strong>le</strong> de beautéféminine proposé parl’industrie produisait uneinsatisfaction permanentechez el<strong>le</strong>. Et c’estprobab<strong>le</strong>ment vrai chezbeaucoup de femmes.Pourtant, il y a p<strong>le</strong>in defemmes qui ne se conformentpas à cet idéal debeauté purement com-39 <strong>Audacieuses</strong> 2005


mercial, et qui sont sibel<strong>le</strong>s, tel<strong>le</strong>s quel<strong>le</strong>s. »Quant à André, <strong>la</strong>cinquantaine avancée, ilnous fait part avec tendressed’un moment desa vie où ses préférencesont été remises en question: « Je me rappel<strong>le</strong>, j’aiconnu une femme il y alongtemps, el<strong>le</strong> avait desrondeurs confortab<strong>le</strong>set el<strong>le</strong> s’acceptait tel<strong>le</strong>qu’el<strong>le</strong> était. J’aibeaucoup appris à soncontact. Ça m’a forcé àm’ouvrir un peu. Avant, jefixais <strong>le</strong>s fil<strong>le</strong>s quiressemb<strong>la</strong>ient aux stéréotypes…Mais <strong>la</strong> sensualité,c’est quelque chosed’intérieur. El<strong>le</strong> m’aséduit, ç’a été spontané.J’en ai même été surpris.J’ai appris à son contactque mon horizon pouvaitêtre beaucoup plus <strong>la</strong>rgeque ce qu’il avait étéjusque-là. Avec des rondeurs,c’est l'une desfemmes <strong>le</strong>s plus sensuel<strong>le</strong>sque j'ai connue.El<strong>le</strong> m'a forcé à révisermes idées reçues sur <strong>la</strong>beauté féminine. »Richard, dans sa vie decélibataire, a eu <strong>la</strong>chance de connaître unequinzaine de fil<strong>le</strong>s entous genres : des pluspetites, des plus grosses,des plus minces, des plusgrandes… Et ce qu’il aremarqué, c’est que l’intensitédu p<strong>la</strong>isir et dessouvenirs qu’il garde deces re<strong>la</strong>tions amoureusesn’a absolument rien àvoir avec l’aspectphysique des fil<strong>le</strong>s.« Après tout, ces fil<strong>le</strong>s-là,qu’el<strong>le</strong>s aient été grossesou petites, grandes ouminces, je <strong>le</strong>s ai toutestrouvées bel<strong>le</strong>s et attirantespuisque j’ai eu desrapports intimes avecel<strong>le</strong>s. »Les critèresEh oui, on se pose <strong>la</strong>question. Mais quels sont<strong>le</strong>urs critères ? Si on par<strong>le</strong>d’une <strong>soi</strong>rée sur <strong>la</strong> cruise,<strong>le</strong> plus important, c’estl’attirance sexuel<strong>le</strong>. Si,par contre, on par<strong>le</strong> d’unevraie re<strong>la</strong>tion, alors tous<strong>le</strong>s hommes présentss’entendent <strong>pour</strong> direque ce n’est pas l’imagequi prime, mais plutôt <strong>la</strong>femme et tout ce qu’el<strong>le</strong>représente qui sont prisen considération : sesprojets, ses qualités, sonestime d’el<strong>le</strong>-même,ce qu’el<strong>le</strong> dégage, sonbien-être. Pour C<strong>la</strong>ude,dans <strong>la</strong> <strong>soi</strong>xantaine :« Quand on entre enre<strong>la</strong>tion, un mirac<strong>le</strong> seproduit. »Voir sacompagnevieillirLes hommes présents quivivent une re<strong>la</strong>tion delongue date disent ne pasêtre gênés de voir vieillir<strong>le</strong>ur compagne. Cependant,C<strong>la</strong>ude est touchépar sa difficulté à el<strong>le</strong> devieillir, et il n’est pas <strong>le</strong>seul à l’exprimer. « Quandon aime <strong>le</strong>s gens, on <strong>le</strong>strouve beaux et une re<strong>la</strong>tionva bien au-delà ducorps. C’est toute <strong>la</strong>personne qu’ontrouve bel<strong>le</strong>. »Hakim a deuxenfants que saconjointe a longtempsal<strong>la</strong>ités. Ses seins se sonttransformés. « Moi, ça neme dérange pas. Les seinsque je vois maintenant, jeconnais <strong>le</strong>ur histoire et je<strong>le</strong>s aime justement àcause de cette histoire. »André voit que <strong>le</strong> corpsde sa blonde porte <strong>le</strong>ssignes de <strong>la</strong> cinquantainequi approche et il n’yvoit pas, lui non plus,de problème. Il estconscient, parcontre, du fait que <strong>le</strong>sfemmes sont quotidiennementconfrontées àdes représentations defil<strong>le</strong>s âgées de quinze etvingt ans. C’est à cesjeunes fil<strong>le</strong>s qui n’ontjamais enfanté que sablonde se compare. Après40 <strong>Audacieuses</strong> 2005


toutes avoir <strong>le</strong> même âge,<strong>le</strong> même look et <strong>le</strong> mêmecorps ! » Et <strong>la</strong> questionqu’el<strong>le</strong>s se posent c’est :« Est-ce que socia<strong>le</strong>ment,je suis une personnecharmante, acceptab<strong>le</strong> ? »Les participants trouventchoquant que <strong>la</strong> crédibilitédes femmes quant à<strong>le</strong>ur goût ou <strong>le</strong>ur jugement<strong>soi</strong>t continuel<strong>le</strong>mentremise en question.« Si on par<strong>le</strong> d’image corporel<strong>le</strong>,<strong>la</strong> situation desgars est bien différentede cel<strong>le</strong> des fil<strong>le</strong>s, »observe C<strong>la</strong>ude. « Un garsva se poser beaucoupmoins <strong>la</strong> question àsavoir si son corps vap<strong>la</strong>ire aux autres gars. Lafil<strong>le</strong>, el<strong>le</strong>, doit en plus dep<strong>la</strong>ire aux hommes, p<strong>la</strong>ireaux autres femmes. »Del’apparenceau look sexychez <strong>le</strong>spetites fil<strong>le</strong>scoche. À 11 ans, el<strong>le</strong>s agissentcomme si el<strong>le</strong>s enavaient 17 ou 18 ans. »Jean-Louis a travaillé avecdes enfants de sixièmeannée. Les fil<strong>le</strong>s avaient<strong>le</strong>s épau<strong>le</strong>s découvertes.Or, jamais il n’a pensé auregard adulte qui pouvaitse poser sur el<strong>le</strong>s. Pourlui, il n’y avait rien desexuel dans <strong>le</strong>ur comportement,el<strong>le</strong>s vivent<strong>le</strong>ur vie en gang. Michael,<strong>pour</strong> sa part, s’indigne decette situation et considèreque <strong>le</strong>s parentsdoivent imposer des limitesà <strong>le</strong>urs enfants. « J’aidit à mes fil<strong>le</strong>s : "vouspouvez vous acheter desjeans tail<strong>le</strong> basse, maisquand vous <strong>le</strong>s portez,vous mettez un chandaillong." Ma fil<strong>le</strong> de 11 ans apresque un corps defemme et el<strong>le</strong> a une mentalitéd’enfant. Si je luipermets de s’habil<strong>le</strong>rsexy, ce n’est pas el<strong>le</strong> quiest dans <strong>le</strong> tort, c’estmoi. »treize ans de re<strong>la</strong>tion,Jean-Louis est toujoursautant attiré par sa conjointe.« Ce n’est pas à soncorps que je fais l’amour,c’est à el<strong>le</strong>, c’est nousdeux. Ma peur n’est pasreliée au vieillissement ;j’appréhende qu’el<strong>le</strong> neressente plus de désir à <strong>la</strong>ménopause. »Tous <strong>le</strong>s participantsinsistent sur une chose :<strong>le</strong>s femmes se soucientbien davantage de <strong>le</strong>urapparence, de <strong>le</strong>urs bourre<strong>le</strong>tsou de <strong>le</strong>urs ridesqu’ils ne s’en préoccupenteux-mêmes. Ilssavent que <strong>le</strong>ur compagnedoit faire face auxcontraintes extérieures.Pour Stéphane, dans <strong>la</strong>vingtaine, c’est pire quejamais : « Avec <strong>la</strong> publicitéet <strong>le</strong>s crèmes antirides,<strong>le</strong>s femmes devraientAlors que <strong>la</strong> <strong>soi</strong>rée tire àsa fin, <strong>la</strong> discussionbifurque sur l’impact quepeut avoir <strong>la</strong> mode hypersexysur <strong>le</strong>s petites fil<strong>le</strong>s.Nos invités se questionnent;ils s’inquiètentmême. André n’hésite pasune minute : « Je trouveça épouvantab<strong>le</strong> qu’uneenfant qui n’est pasencore rendue à cetteétape de développement,ni dans son corps, ni danssa tête, s’habil<strong>le</strong> commeça. El<strong>le</strong>s ont sauté uneL’expérience de Richardl’amène à poser <strong>le</strong> problèmedifféremment.Quand il était au secondaire,<strong>la</strong> mode était auxjeans. Ses parents refusaientqu’il en porte et ilp<strong>le</strong>urait de ne pas être à<strong>la</strong> mode. « Si tu refusesdes pantalons tail<strong>le</strong>basse à ton enfant,ça entraîne desconséquences. Parcontre, c’est terrib<strong>le</strong> quedes industriels du vêtementcomme Parasucco41 <strong>Audacieuses</strong> 2005


et Gap créent, <strong>pour</strong> fairede l’argent, un marché etune mode <strong>pour</strong> enfants.Quelque chose a glissédans <strong>le</strong>s modè<strong>le</strong>s. Avant<strong>le</strong>s petites fil<strong>le</strong>s vou<strong>la</strong>ientjouer à <strong>la</strong> madame ets’habil<strong>le</strong>r comme maman.Aujourd’hui, el<strong>le</strong>s veu<strong>le</strong>nts’habil<strong>le</strong>r comme BritneySpears. Comment faire<strong>pour</strong> exercer un certaincontrô<strong>le</strong> sans que tonenfant se sente out ?»Hakim ne veut pas qu’onimpose à ses fil<strong>le</strong>s desstandards de beautéselon <strong>le</strong>squels <strong>le</strong>sfemmes systématiquementsont sans courbes,sans formes et doiventressemb<strong>le</strong>r à des jeuneshommes avec des seins. Ilse rappel<strong>le</strong> un <strong>défi</strong>lé demode à <strong>la</strong> télévision : <strong>le</strong>smannequins avaient l’airde sortir de camps deconcentration avec<strong>le</strong>ur maigreur et <strong>le</strong>urs5 pieds 10. « Avec de tel<strong>le</strong>simages, on pousse nosfil<strong>le</strong>s vers l’anorexie, »croit-il.Certes, <strong>le</strong>s hommes ont<strong>le</strong>urs préférences, maisel<strong>le</strong>s peuvent changerselon <strong>le</strong>s circonstances.Ils sont tout comme nousinfluencés par <strong>le</strong>s médias.Ce qui demeure malgrétout, c’est qu’ils préfèrent<strong>le</strong>s femmes bien dans<strong>le</strong>ur peau. Le risque estgrand de vouloir p<strong>la</strong>ire àson ex, à son chum, à sesamies, à sa mère. Même si<strong>la</strong> mode ne présentequ’un seul créneau,<strong>le</strong>s goûts varient d’unepersonne à l’autre. Nedevrait-on pas avant toutse préoccuper de son propreregard ? Et si l’idéal àatteindre était d’abord dese p<strong>la</strong>ire à <strong>soi</strong>, en tantque femme, d’être biendans sa peau, libérée descorsets intérieurs ?<strong>Audacieuses</strong>www.rqasf.qc.ca42 <strong>Audacieuses</strong> 2005


<strong>la</strong> beauté…mais à quel prix ?Isabel<strong>le</strong> MimeaultLa quête de <strong>la</strong> beauté est devenue une industrie monumenta<strong>le</strong> de plusieursmilliards de dol<strong>la</strong>rs tant au Canada qu’aux États-Unis. Toutefois, peu derecherches en établissent <strong>le</strong>s coûts sociaux et environnementaux. Au Québec,<strong>le</strong> <strong>Réseau</strong> <strong>québécois</strong> d’action <strong>pour</strong> <strong>la</strong> santé des femmes (RQASF) est l’un desorganismes, avec <strong>la</strong> revue Protégez-vous, à poser <strong>la</strong> question des coûtsdirects et indirects de cette industrie. Voici quelques informationsintéressantes à ce sujet.Pendant que <strong>le</strong>s mannequinsmaigrissent, l’industriede <strong>la</strong> mode, el<strong>le</strong>,s’engraisse. « Le culte ducorps est un marchélucratif », commenteChristine Corbeil, directricede l’Institut derecherches et d’étudesféministes à l’UQAM. « Il yen a, des sous qui vontaux salons de beauté, debronzage, aux diètes etaux chirurgies ! » C’estsans compter une multitudede crèmes et autresproduits esthétiques.Toutes <strong>le</strong>s femmes, desplus pauvres aux plusriches, sont ciblées deplus en plus jeunes <strong>pour</strong><strong>la</strong> consommation de<strong>soi</strong>ns de beauté.Imaginez l’intérêt financierque représente unetel<strong>le</strong> clientè<strong>le</strong> qui <strong>pour</strong>raitcroire, grâce à despublicités ingénieuses,qu’il est toujours possib<strong>le</strong>d’être plus bel<strong>le</strong> grâce àtel ou tel produit ! Quiplus est, « el<strong>le</strong>s gagnentmoins que <strong>le</strong>s hommes,mais dépensent beaucoupplus qu’eux <strong>pour</strong><strong>le</strong>ur apparence », précisemadame Corbeil. Et <strong>le</strong>revenu des femmesreprésente moins de 70 %de celui des hommes.Tout, dans notre culture,incite <strong>le</strong>s femmes àcorrespondre à un modè<strong>le</strong>à suivre. À quel prix ?Des secretsde beautéLe saviez-vous ? Tous cesmots comp<strong>le</strong>xes inscritssur <strong>le</strong>s étiquettes des produitscosmétiques et<strong>le</strong>urs promesses seraienttout simp<strong>le</strong>ment des élémentsde marketing. Desjournalistes de <strong>la</strong> revueProtégez-vous ont interviewéà plusieurs reprisesPierre Ricard, présidentde l’Association des dermatologuesdu Québec<strong>pour</strong> faire <strong>la</strong> lumière sur<strong>le</strong>s produits anticellulite,sur <strong>le</strong>s crèmes hydratantes<strong>pour</strong> <strong>le</strong> visage, <strong>le</strong>slingettes démaquil<strong>la</strong>nteset même sur <strong>le</strong>s cosmétiques<strong>pour</strong> hommes.La celluliteEntendons-nous sur unpoint : il ne s’agit pasd’une ma<strong>la</strong>die. Plus de80 % des femmes ont de<strong>la</strong> cellulite sur <strong>le</strong>s cuisses,<strong>le</strong>s hanches, <strong>le</strong> ventre, <strong>le</strong>sbras ou <strong>la</strong> face internedes genoux. Selon <strong>le</strong> docteurRicard, <strong>le</strong>s crèmesanticellulite vendues aurayon des cosmétiquesn’agissent que sur <strong>la</strong>couche superficiel<strong>le</strong> de <strong>la</strong>peau. Ces produits nesont donc pas desmédicaments. Par conséquent,ils ne peuvent pasfaire disparaître <strong>la</strong> cellulite,contrairement àce que soutiennent <strong>le</strong>spublicités dans des explicationsà connotationscientifique. En l’absenced’études indépendantesvérifiab<strong>le</strong>s, <strong>le</strong>s argumentsdes fabricants ne sontpas fondés. Alors, commenty remédier ? Si on ytient, une bonne alimentation,de l’exercice etdes massages sur <strong>le</strong>szones concernées sontdes solutions qui <strong>pour</strong>rontréduire <strong>la</strong> cellulitetant redoutée. Ces mé-43 <strong>Audacieuses</strong> 2005


Quiz(vrai ou faux sur<strong>le</strong>s étiquettes)1. Les étiquettes sont conçues d’abord<strong>pour</strong> vendre <strong>le</strong> produit, ensuite <strong>pour</strong>donner une information.2. « Hypoal<strong>le</strong>rgène » ou« Hypoal<strong>le</strong>rgénique » : cette expressionsignifie que <strong>le</strong> produit ne causera pasd’al<strong>le</strong>rgie.3. « Testé par des dermatologues » signifieque des dermatologues ont effectué desrecherches <strong>pour</strong> vérifier que <strong>le</strong> produitest inoffensif.4. Les vitamines et minéraux ajoutés auxproduits en améliorent <strong>la</strong> qualité.5. L’expression « Ingrédients biologiquementactifs » est gage d’efficacité.Réponses, d’après <strong>la</strong> revue Protégez-vous1. Vrai : Les étiquettes sont conçues d’abord<strong>pour</strong> vendre <strong>le</strong> produit, ensuite <strong>pour</strong> donner uneinformation.2. Faux : Selon Santé Canada, il n’existe pas decosmétique à 100 % non al<strong>le</strong>rgène. Le préfixe« hypo » signifie « peu ».3. Faux : « Testé par des dermatologues » signifiequ’un dermatologue était présent lors du test.4. Faux : Vitamines et minéraux : ils doivent êtreavalés. Mise à part <strong>la</strong> vitamine B5 qui revitalise<strong>le</strong>s cheveux, il n’existe pas de preuve que cesnutriments « redynamisent » <strong>la</strong> peau, par exemp<strong>le</strong>.5. Faux : L’expression « Ingrédients biologiquementactifs » ne garantit par l’efficacité d’un produit. Une« activité biologique » veut dire qu’une molécu<strong>le</strong>entrant en contact avec notre peau, par exemp<strong>le</strong>,va entraîner une réaction, positive (activité) ounégative (effet secondaire). Ce<strong>la</strong> ne signifie pas« activité significative » ni « produit efficace ».thodes auront aussi unimpact positif sur l’ensemb<strong>le</strong>de <strong>la</strong> personne !Les crèmeshydratantesLes mêmes constats s’appliquentaux crèmeshydratantes. Aucunecrème ne peut retarder <strong>le</strong>vieillissement de <strong>la</strong> peau.Selon <strong>le</strong> docteur Ricard :« Le so<strong>le</strong>il étant une descauses <strong>le</strong>s plus importantesdu vieillissementprématuré de <strong>la</strong> peau,seu<strong>le</strong> une bonne protectioncontre <strong>le</strong>s rayonsso<strong>la</strong>ires peut prétendreprévenir <strong>le</strong>s rides. »Au rayon des petits pots,beaucoup d’affirmationsgratuites circu<strong>le</strong>nt ausujet des vertus très précisesde vitamines et d’extraitsde p<strong>la</strong>ntes. Il estdonc logique de sedemander si <strong>le</strong>s crèmessont vraiment uti<strong>le</strong>s. Laréponse est OUI ! Lacrème hydratante rend <strong>la</strong>peau plus douce et <strong>la</strong> protègecontre <strong>le</strong>s agentsnocifs de notre environnement.Selon SuzanneGagnon, dermatologueinterrogée par <strong>la</strong> revueProtégez-Vous, « aucunecrème ne peut remp<strong>la</strong>cerune bonne hygiène devie : dormir suffisamment,ne pas fumer, gérerson stress et boire assezd’eau (environ un litre etdemi par jour). » Ce sontlà des principes plusfaci<strong>le</strong>s à énoncer qu’àmettre en pratique.Cependant, ils ont prouvé<strong>le</strong>ur efficacité et <strong>le</strong>urfaib<strong>le</strong> coût.Comment choisir unecrème hydratante ?Toujours selon Protégezvous,el<strong>le</strong> devrait se composerprincipa<strong>le</strong>mentd’eau (au moins 60 %) etde différents corps gras.La glycérine, <strong>le</strong>s acides defruits, <strong>le</strong>s acides aminés,<strong>le</strong>s sucres et l’urée ont <strong>la</strong>propriété de retenir l’eaudans l’épiderme. Lesacides linoléiques etlinoléniques favoriseront<strong>la</strong> restauration de <strong>la</strong>peau. Quant aux polymèresde synthèse commel’acide hyaluronique, ilsformeront, en présenced’eau, des réseaux de gelsà <strong>la</strong> surface de <strong>la</strong> peau.Le pétro<strong>la</strong>tum (vaseline),<strong>le</strong>s cires végéta<strong>le</strong>s ouanima<strong>le</strong>s, <strong>le</strong>s matièresgrasses ou <strong>le</strong>s hui<strong>le</strong>s desilicone procureront à <strong>la</strong>peau une barrière de protection.La meil<strong>le</strong>ure crème n’estsurtout pas <strong>la</strong> plus coûteuse,selon <strong>le</strong> docteurRicard : « Théoriquement,une crème à 10 $ est aussibonne qu’une autre à100 $. Beaucoup d’argentest consacré au design dupetit pot, à l’embal<strong>la</strong>ge età <strong>la</strong> publicité. Lameil<strong>le</strong>ure crème est cel<strong>le</strong>que vous trouvez efficace,qui ne vous cause44 <strong>Audacieuses</strong> 2005


Sommes-nousprotégés parSanté Canada ?La revue Protégez-vous rapportequ’aux États-Unis, <strong>la</strong> ConsumerSafety Commission exige que <strong>le</strong>scompagnies avisent <strong>le</strong> gouvernementdes p<strong>la</strong>intes re<strong>la</strong>tives à <strong>la</strong>sécurité des produits. Au Canada,rien n’oblige <strong>le</strong>s fabricants àinformer <strong>le</strong> gouvernement de cesincidents. De plus, aux États-Unis,<strong>le</strong>s rappels de produits de consommationdangereux (véhicu<strong>le</strong>s, aliments,médicaments, produits cosmétiques)sont rassemblés dans unmême site (www.recalls.gov). AuCanada, il faut faire des recherchesdans plusieurs sites selon <strong>le</strong>s produits,et ce, si jamais <strong>le</strong> rappel a étépublié, ce qui n’est pas nécessairement<strong>le</strong> cas.pas de réactions désagréab<strong>le</strong>set qui vous coûte <strong>le</strong>moins cher. »Les produitsdémaquil<strong>la</strong>ntsEn ce qui concerne <strong>le</strong>slingettes démaquil<strong>la</strong>ntes,el<strong>le</strong>s ressemb<strong>le</strong>nt auxproduits <strong>pour</strong> nettoyer<strong>le</strong>s fesses des bébés,<strong>pour</strong>tant, on <strong>le</strong>s vend dedeux à dix fois plus cherl’unité. Une lingettematin et <strong>soi</strong>r coûtera environ220 $ par année,selon Protégez-vous et unbon nettoyage peut enexiger plusieurs. Il est sisimp<strong>le</strong> et économiqued’employer de l’eau, dusavon ou une émulsionnettoyante avec unedébarbouil<strong>le</strong>tte ou ungant de bain, <strong>la</strong>vab<strong>le</strong>s etréutilisab<strong>le</strong>s.Peaud’homme,peau defemmeLe saviez-vous ? Il n’y apas de différence entre <strong>la</strong>peau des hommes et cel<strong>le</strong>des femmes ! Il est vraique <strong>la</strong> <strong>la</strong>me des ra<strong>soi</strong>rssur <strong>le</strong> visage des hommesfait épaissir <strong>le</strong>ur peau,mais « aucune étude n’aréussi à prouver qu’il yavait une différence dans<strong>la</strong> constitution du dermed’un homme et d’unefemme », selon LucieGermain, médecin et professeureau Départementde chirurgie de l’UniversitéLaval. Or, <strong>le</strong>s cosmétiques<strong>pour</strong> hommescoûtent souvent moinscher que <strong>le</strong>s cosmétiques<strong>pour</strong> femmes, <strong>pour</strong> desraisons de marketing. Sicertains cosmétiques<strong>pour</strong> homme vousp<strong>la</strong>isent, ne vous enprivez pas !Le miroir àdeux facesL’utilisation régulière deproduits cosmétiques,colorants et autres produitscapil<strong>la</strong>ires, crèmesou parfums par exemp<strong>le</strong>,peut-el<strong>le</strong> être nocive <strong>pour</strong><strong>la</strong> santé ? Il serait souhaitab<strong>le</strong>de se poser <strong>la</strong> questionplus souvent. Eneffet, <strong>la</strong> peau absorbe <strong>le</strong>sproduits que nous luiappliquons. Alors quenous sommes en généralvigi<strong>la</strong>ntes sur <strong>la</strong> qualitédes produits alimentairesque nous consommons,curieusement, nousfaisons moins de cas decel<strong>le</strong> des produits de<strong>soi</strong>ns et des parfums.Une majorité de produitscosmétiques contiennentdes ingrédients toxiquesdont <strong>le</strong>s effets n’ont passystématiquement étévérifiés. Comme <strong>pour</strong> <strong>le</strong>smédicaments dans <strong>le</strong>domaine pharmaceutique,<strong>la</strong> majorité desrecherches sur <strong>le</strong>s produitsde beauté sontcontrôlées par l’industrie.De plus, <strong>le</strong>s résultats nesont pas toujours c<strong>la</strong>irs.Dans <strong>le</strong> doute, il seraitplus prudent d’appliquer<strong>le</strong> principe de <strong>la</strong> vigi<strong>la</strong>nce.Les preuves s’accumu<strong>le</strong>ntdepuis quelques années<strong>pour</strong> conclure à deseffets inquiétants de certainessubstances querenferment <strong>le</strong>s produitsde beauté sur <strong>la</strong> santé etsur l’environnement.Pourtant, signa<strong>le</strong>Greenpeace France, quis’intéresse particulièrementà ce dossier, <strong>le</strong>srésultats de ces étudesne sont pas communiquésau public. Les cosmétiquesne sont pas <strong>le</strong>sseu<strong>le</strong>s sources d’expositionà ces polluants.Ainsi, différents produitsménagers, comme <strong>le</strong>ssavons et détergents en45 <strong>Audacieuses</strong> 2005


Quelquesstatistiques• Selon <strong>la</strong> revueProtégez-vous, <strong>le</strong>sproduits colorants<strong>pour</strong> <strong>le</strong>s cheveuxreprésentaient desventes de 7 milliardsde dol<strong>la</strong>rs US et 150millions de dol<strong>la</strong>rs en1999 au Canada.•La Gazette desfemmes rapportequ’en 2003, 85 % de <strong>la</strong>clientè<strong>le</strong> des chirurgiensesthétiquesétait féminine auCanada. Plus de100 500 interventionstel<strong>le</strong>s que l’injectionde Botox, <strong>la</strong> reconstitutiondu nez ou <strong>la</strong>liposuccion ont étépratiquées cetteannée-là, une haussede 16 % par rapport àl’année précédente.•Selon Euromonitor,au Canada : <strong>le</strong>s ventesde l’industrie des produitsde beauté sontpassées de 4,1 à 5,3milliards de dol<strong>la</strong>rsentre 1997 et 2001.Euromonitor est unemultinationa<strong>le</strong> quifournit des informationset des statistiquessur <strong>le</strong>s marchésinternationauxpar pays et par typede produits deconsommation(www.euromonitor.com).contiennent. Au fil desans, ces différentes substancespeuvent s’accumu<strong>le</strong>rdans l’organisme.De plus, el<strong>le</strong>s agiraient ensynergie, c’est-à-dire que<strong>le</strong>urs effets se multiplientpar <strong>le</strong> seul fait d’entrer encontact <strong>le</strong>s unes avec <strong>le</strong>sautres.Une enquête récente de<strong>la</strong> composition chimiquede 36 parfums, commandéepar GreenpeaceFrance, révè<strong>le</strong> <strong>la</strong> présencede phta<strong>la</strong>tes et de muscssynthétiques, reconnus<strong>pour</strong> contaminer <strong>le</strong> sanget <strong>le</strong> <strong>la</strong>it maternel. Deplus, certains muscs sontdes perturbateurs dusystème hormonal. Selonune autre enquête indépendante,commandéeaux États-Unis parl’Environmental WorkingGroup (2002), on dénote<strong>la</strong> présence des phta<strong>la</strong>tesdans 52 des 72 produitstestés. Ce sont <strong>le</strong>s crèmes<strong>pour</strong> <strong>le</strong>s mains et <strong>le</strong>corps, désodorisants,parfums, produits capil<strong>la</strong>irescomme <strong>le</strong>s gels,mousses et fixatifs. Ence qui concerne <strong>le</strong>s colorantscapil<strong>la</strong>ires, desétudes recensées parProtégez-vous ont concluà des effets cancérigènesde certains produits. Ledocteur Samuel S. Epstein,expert scientifique sur <strong>le</strong>cancer et fondateur de <strong>la</strong>Cancer CoalitionPrevention aux États-Unis,croit <strong>pour</strong> sa part quel’usage précoce et prolongéde teintures àcheveux foncées fait partiedes douze risquesassociés au cancer du sein.Les teintures naturel<strong>le</strong>sseraient sans danger.Un choixéc<strong>la</strong>iréEn <strong>défi</strong>nitive, <strong>la</strong> rechercheest compliquée par <strong>le</strong>nombre d’ingrédientsque renferment <strong>le</strong>s produitscosmétiques, sansoublier l’enjeu de l’indépendancedes recherches.Pour faire un choixRéférences :DEGLISE, Fabien (2002).« Cosmétiques <strong>pour</strong> hommes : Onveut votre peau ! », Protégez-vous(décembre), p.26-27.DUSSAULT, Stéphan (2004).« Rappels à l’ordre », Protégez-vous(juin), p. 43ENVIRONMENTAL WORKING GROUP(2002). Not Too Pretty. Phta<strong>la</strong>tes,Beauty Products & the FDA, EWG,20 p. Rédaction : Jane Houlihan,Charlotte Brody et Bryony Schwan.GOBEIL, Julie (2000). « La cour desmirac<strong>le</strong>s », Protégez-vous (juil<strong>le</strong>t),p. 13-17.GOBEIL, Julie (2003). « Lingettesdémaquil<strong>la</strong>ntes : Ça vaut <strong>le</strong> coût ? »,Protégez-vous (mai), p. 33-35.GREENPEACE FRANCE (2005). Unparfum de scanda<strong>le</strong>. Une enquêtesur <strong>la</strong> composition chimique de 36eaux de toi<strong>le</strong>tte et eaux de parfum.Greenpeace France, 16 p. Accessib<strong>le</strong>sur Internet : www.greenpeace.frLAPLANTE, Sylvie (2003). « Au-delàdes apparences », Protégez-vous(janvier), p. 8-11.NOËL, Lisa Marie (2005). « Être parfaite,partout partout », La Gazettedes femmes (mars-avril), p. 8.éc<strong>la</strong>iré, il vaut mieuxappliquer un sage« principe de précaution »et utiliser ces produitsavec modération. Pour <strong>le</strong>speaux sensib<strong>le</strong>s ou <strong>pour</strong>prévenir <strong>le</strong>s effets indésirab<strong>le</strong>s,il est préférab<strong>le</strong>de choisir un produit nonparfumé et contenant unminimum d’ingrédients.Et n’oublions pas : <strong>le</strong> prixn’est pas garant de <strong>la</strong>qualité !PARÉ, Isabel<strong>le</strong> (2004).« Le décès de Micheline Charestravive l’inquiétude du public : Lesrisques de <strong>la</strong> chirurgie p<strong>la</strong>stique »,Le Devoir (16 avril).PLAMONDON, Isabel<strong>le</strong> (2001).« Teinture <strong>pour</strong> cheveux : Danger ? »,Protégez-vous (octobre), p. 38-41.RQASF (2001a). Changements sociauxen faveur de <strong>la</strong> diversité desimages corporel<strong>le</strong>s, Rapport,RQASF.RQASF (2001b). Ref<strong>le</strong>ts troub<strong>la</strong>ntsde l’image de <strong>la</strong> femme de l’an 2000,RQASF.RQASF (2003). Chirurgie esthétique…du rêve au cauchemar, RQASF.Sites Internet :Cancer Prevention Coalition (DrSamuel S. Epstein) :http://www.preventcancer.com/<strong>Réseau</strong> <strong>québécois</strong> des femmes enenvironnement (RQFE), dont <strong>la</strong> missionest notamment de transmettredes informations sur <strong>la</strong> santédes femmes et l’environnement :http://www.rqfe.org/46 <strong>Audacieuses</strong> 2005


udget beautéSelon l’artic<strong>le</strong> Combien <strong>pour</strong> être bel<strong>le</strong> ? paru, en janvier 2005, dans <strong>le</strong> bul<strong>le</strong>tin é<strong>le</strong>ctronique Art de vivre du siteCANOË, <strong>le</strong> budget beauté annuel d’une femme peut atteindre faci<strong>le</strong>ment plusieurs milliers de dol<strong>la</strong>rs. Dans cetartic<strong>le</strong>, <strong>le</strong>s dépenses d’épi<strong>la</strong>tion, de <strong>soi</strong>ns du visage et des cheveux ont été évaluées entre 850 $ et 7 400 $ selonque l’on <strong>soi</strong>t du type Simplicité volontaire (cel<strong>le</strong>s qui recherchent <strong>le</strong> meil<strong>le</strong>ur rapport qualité-prix et quifréquentent peu ou pas <strong>le</strong>s salons de coiffure et instituts de beauté) ou du type Le grand jeu. Entre <strong>le</strong>s deux,il y a toutes <strong>le</strong>s autres. Et vous, à combien s’élèvent vos dépenses beauté ?Votre estimation avant calculs :________$Soins du visage Mois Annéedémaquil<strong>la</strong>ntlotion toniqueexfoliantcrème de jourcrème de nuit<strong>soi</strong>n contour des yeuxmasque<strong>soi</strong>n spécifique (traitement)sérum ou concentréeau en aérosoltampons de cotonnettoyage facial en institutautresTotal :Soins des cheveux Mois Annéeshampooingrevitalisanttraitementmasque capil<strong>la</strong>irefixatifmousse coiffantegel coiffantcoloration maisoncoloration au salon de coiffuremèche ou ba<strong>la</strong>yagecoupemise en plis<strong>soi</strong>n spécifique (traitement)autresTotal :Épi<strong>la</strong>tion Mois Annéera<strong>soi</strong>rs jetab<strong>le</strong>smousse à rasercrème épi<strong>la</strong>toireséances d’épi<strong>la</strong>tion en institut(demi-jambes, aissel<strong>le</strong>s, bikini,autre)autresTotal :47 <strong>Audacieuses</strong> 2005


udget beauté (suite)Soins corporels Mois Annéecrème ou <strong>la</strong>it hydratantlotion parfumée<strong>soi</strong>n spécifique (traitement)bain de bouebain d’alguesautresTotal :Manucure/ pédicure Mois Annéedissolvantlimepolis<strong>soi</strong>rcrème hydratante/émollientvernisvernis durcisseurvernis hydratantpose d’ong<strong>le</strong>s et entretienen institutautresProduitsde maquil<strong>la</strong>ge Mois Annéeombre à paupièrescrayon surligneurmascaracrayon à sourcilscache-cernesrouge à lèvrescrayon contourgloss à lèvresfond de teintfard à jouesautresTotal :Autres Mois AnnéeTotal :Total :Bronzage Mois Annéelotion so<strong>la</strong>irelotion après-so<strong>le</strong>illotion autobronzanteséance au salon de bronzageautresTotal :Votre grand total annuel,après calculs :___________$Le total vous surprend : pas du tout, un peu, beaucoup,énormément ?Est-ce que vos dépenses annuel<strong>le</strong>s correspondent à ce quevous aviez estimé ?Quoi qu’il en <strong>soi</strong>t, l’important est de savoir où va son argent !Ainsi, il est plus faci<strong>le</strong> de prendre des décisions éc<strong>la</strong>irées.48 <strong>Audacieuses</strong> 2005


qasfréseau <strong>québécois</strong>d’action <strong>pour</strong> <strong>la</strong> santé des femmesLe <strong>Réseau</strong> <strong>québécois</strong>d’action <strong>pour</strong> <strong>la</strong> santédes femmes (RQASF) est unorganisme provincialmultidisciplinaire dont <strong>la</strong>mission est de travail<strong>le</strong>r àl’amélioration de <strong>la</strong> santéphysique et menta<strong>le</strong> desfemmes, ainsi que de <strong>le</strong>ursconditions de vie. Notreorganisme regroupe plusd'une centaine de membresassociatifs et plus d’unecinquantaine de membresindividuels.Nous travaillons sur <strong>la</strong>question de l’image corporel<strong>le</strong>des femmesdepuis 1998. Au début,nous étions surtoutpréoccupées par <strong>la</strong> discriminationliée aux formatscorporels et commentcel<strong>le</strong>-ci s’intériorisaitchez <strong>le</strong>s femmes etsocia<strong>le</strong>ment, <strong>soi</strong>t parl’obsession de <strong>la</strong> minceuret l’oppression de <strong>la</strong>grosseur. Toutefois, aucours des années, il estdevenu évident que <strong>la</strong>question du poids nereprésentait qu’une desnombreuses facettes de<strong>la</strong> servitude dans <strong>la</strong>quel<strong>le</strong><strong>le</strong>s femmes sont maintenueslorsqu’il est questionde <strong>le</strong>ur corps. Nousavons donc pris l’initiatived’é<strong>la</strong>rgir <strong>la</strong> questionà cel<strong>le</strong> plus globa<strong>le</strong> del’image corporel<strong>le</strong> desfemmes, un problèmesocial profond et comp<strong>le</strong>xequi soulève desenjeux sérieux <strong>pour</strong> <strong>la</strong>santé des femmes.La production de ceguide d’action a été renduepossib<strong>le</strong> grâce audynamisme, à l’engagementet à <strong>la</strong> grande implicationdes membres ducomité, de nombreusescol<strong>la</strong>boratrices et des travail<strong>le</strong>usesdu RQASF.Pour en savoir plus,consultez notre siteInternet :www.rqasf.qc.ca49 <strong>Audacieuses</strong> 2005


essources à connaîtreCentra<strong>le</strong> des syndicats duQuébecwww.csq.qc.net, Cliquez sur <strong>la</strong>rubrique société et ensuite sur<strong>la</strong> rubrique femmes.Centre d’Éducation etd’Action des Femmes2422, boul. de Maisonneuve Est,Montréal(514) 524-3901Centre de santé des femmesde l’Estrie(819) 564-7885Site Internet :www.csfestrie.qc.caCentre des femmes de Verdun(514) 767-0384Courriel : cfemver@qc.aira.com.Centre Femmes d’aujourd’hui(418) 651-4280Courriel : c.f.a@oricom.ca.Chaire d’étudeC<strong>la</strong>ire-Bonenfant sur<strong>la</strong> condition des femmesSecrétariatBureau 1475 De KoninckUniversité Laval, Ste-FoyQc, G1K 7P4(418) 656-2922Courriel : ceful@fse.u<strong>la</strong>val.caSite Internet :www.fss.u<strong>la</strong>val.ca/<strong>le</strong>f/chaireCoalition Corps-Accord(514) 525-4272Site Internet :www.corpsaccord.comCollège des médecinsdu Québec(514) 933-4441 1-888-MÉDECINSite Internet : www.cmq.org/Conseil du statut de <strong>la</strong> femmeCourriel : csf@csf.gouv.qc.caSite Internet :www.csf.gouv.qc.caÉquiLibreGroupe d’action sur <strong>le</strong> poids(514) 270-3779Site Internet : www.equilibre.caLa Meute <strong>québécois</strong>e contre <strong>la</strong>publicité sexisteCourriel :meutequebecoise@sympatico.caSite Internet :www.<strong>la</strong>meute.org/<strong>la</strong>meute.htmlCliquez sur La Meute<strong>québécois</strong>e contre <strong>la</strong> publicitésexiste.Les Éditions Sisyphe450-222-1592Courriel :editions_sisyphe@yahoo.caSite Internet : www.sisyphe.orgLes Sans Diètes inc.(450) 625-2601www.<strong>le</strong>ssansdietes.comLe Y des femmes de Montréal(514) 866-9941, poste 232Site Internet :www.ydesfemmesmtl.orgMédiActionJeanne Maranda(514) 271-5704Courriel : jmarand@cam.orgSite Internet :www.<strong>la</strong>meute.org/<strong>la</strong>meute.htmlLes normes canadiennes de <strong>la</strong>publicité4823, rue Sherbrooke Ouest,Bureau 130Montréal (Québec) H3Z 1G7Télécopieur : (514) 931-2797Courriel: info@normespub.comSite Internet :www.adstandards.com/frOption-ConsommateursMontréal (514) 598-7288Ail<strong>le</strong>urs au Québec1 888 412-1313Courriel :info@option-consommateurs.orgSite Internet :www.option-consommateurs.orgQuébec-Plus(514) 836-7587 (PLUS)Site Internet :www.quebec-plus.comCourriel : info@quebec-plus.com<strong>Réseau</strong> Éducation-Médias(Programme français)(514) 844-2565Sans frais : 1-800-814-5818Courriel :infos@education-medias.caSite Internet :www.education-medias.ca<strong>Réseau</strong> <strong>québécois</strong> d’action<strong>pour</strong> <strong>la</strong> santé des femmes(514) 877-3189Site Internet : www.rqasf.qc.ca,sous <strong>la</strong> rubrique « Dossier Imagecorporel<strong>le</strong> ».Tab<strong>le</strong> communautaireintersectoriel<strong>le</strong> en santé desfemmes et dépistage du cancerdu sein de Re<strong>la</strong>is-femmes(514) 878-1212 poste 212Ressources spécialiséesen vio<strong>le</strong>nce conjuga<strong>le</strong>Regroupement provincialdes maisons d’hébergementet de transition <strong>pour</strong> femmesvictimes de vio<strong>le</strong>nce conjuga<strong>le</strong> :Les maisons offrentgratuitement des services deconsultation externe.Site Internet :www.maisons-femmes.qc.caL’R des Centres de femmeswww.rcentres.qc.caSOS Vio<strong>le</strong>nce Conjuga<strong>le</strong>Pour connaître <strong>la</strong> ressourceappropriée <strong>la</strong> plus prèsde chez-vous.Région de Montréal(514) 873-9010Ail<strong>le</strong>urs au Québec :1-800-363-9010Le CLSC <strong>le</strong> plus prèsde chez-vous.50 <strong>Audacieuses</strong> 2005


<strong>Audacieuses</strong>Coordination du comité Image corporel<strong>le</strong>Sylvie RocheLise LamontagneComité de rédactionFannie DagenaisMarie-France La<strong>la</strong>ncetteRenée OuimetÈve-Marie PouliotDiane Prud’hommeSylvie RocheLina Vail<strong>la</strong>ncourtCol<strong>la</strong>boratrices à <strong>la</strong> rédactionMarie-C<strong>la</strong>ude BourdonMaude DesjardinsLise Gou<strong>le</strong>tPasca<strong>le</strong> Guérico<strong>la</strong>sLise LamontagneIsabel<strong>le</strong> MimeaultDaniel<strong>le</strong> StantonMé<strong>la</strong>nie Saint-Hi<strong>la</strong>ireFrançoise TougasSoutien techniqueJohanne Frenette (références, recherche Internet)Révision, correctionFrance DoyonFrance FrenetteLyne RouilléDirection artistique et photoA<strong>la</strong>in RoyDesign graphiqueATTENTION design+communicationPhotographiesAndré CatyIllustrationsDaniel Rainvil<strong>le</strong>ImpressionImprimeries TranscontinentalDistributionAvec <strong>le</strong> magazine Châte<strong>la</strong>ine, vol. 46, no. 11,novembre 2005, en kiosque seu<strong>le</strong>ment.Les opinions exprimées dans ce document ne traduisent pasnécessairement <strong>le</strong> point de vue de nos partenaires financiers.Nous <strong>le</strong>s remercions <strong>pour</strong> <strong>le</strong>ur soutien.Toute reproduction des artic<strong>le</strong>s publiés dans <strong>le</strong> magazine<strong>Audacieuses</strong>, <strong>le</strong> <strong>défi</strong> d’être <strong>soi</strong> est autorisée à <strong>la</strong> conditiond’en citer <strong>la</strong> source.Ce document a été réalisé par <strong>le</strong> RQASF en col<strong>la</strong>borationavec <strong>le</strong> Groupe d’éducation-santé du Québec.Dépôt légalBibliothèque nationa<strong>le</strong> du Québec, 2005Bibliothèque nationa<strong>le</strong> du Canada, 2005ISBN 2-923269-06-3©2005, RQASFRemerciementsLe <strong>Réseau</strong> <strong>québécois</strong> d’action <strong>pour</strong> <strong>la</strong> santé desfemmes remercie cha<strong>le</strong>ureusement toutes <strong>le</strong>s personnesqui, de près ou de loin, ont contribué à <strong>la</strong> réalisationdu présent magazine. Leurs réf<strong>le</strong>xions, <strong>le</strong>ur implicationet, avant toutes choses, <strong>le</strong>urs convictions nousont permis de produire ce guide d’action qui, nous ensommes convaincues, aidera plusieurs femmes àre<strong>le</strong>ver <strong>le</strong> <strong>défi</strong> d’être <strong>soi</strong>.Le <strong>Réseau</strong> <strong>québécois</strong> d’action <strong>pour</strong> <strong>la</strong> santé desfemmes remercie de <strong>le</strong>ur soutien financier :Condition féminine CanadaProgramme de promotion de <strong>la</strong> femmeFondation SolsticeMinistère de <strong>la</strong> Santé et desServices sociaux du QuébecFédération des infirmières etinfirmiers du Québec (FIIQ)Fédération des travail<strong>le</strong>urs ettravail<strong>le</strong>uses du Québec (FTQ)Ministère de <strong>la</strong> Famil<strong>le</strong>, des Aînés etde <strong>la</strong> Condition féminine du QuébecAlliance de <strong>la</strong> fonction publique du Canada,région du QuébecComité régional des femmes Bas-Saint-LaurentSyndicat de <strong>la</strong> fonction publique du Québec (SFPQ)Membres du comitéImage corporel<strong>le</strong> du RQASF,2004-2005De gauche à droite MesdamesLina Vail<strong>la</strong>ncourt,Diane Prud’homme,Fannie Dagenais,Renée Ouimet.Au centre, Ève-Marie Pouliot51 <strong>Audacieuses</strong> 2005


<strong>Audacieuses</strong>www.rqasf.qc.ca<strong>le</strong> <strong>défi</strong> d ’être <strong>soi</strong>

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