Le français dans les organisations internationales

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Le français dans les organisations internationales

R APPORT DU S ECRETAIRE GENERAL DE LA FRANCOPHONIELes chefs d’Etat et de gouvernement des pays francophones se sont mobilisésen faveur du maintien de l’usage de la langue française dans lesOrganisations internationales dès la tenue de leurs premiers Sommets à Paris(1986) puis à Québec (1987). Face aux menaces qui ont continué de peser sur leplurilinguisme dans ces Institutions, ils ont été progressivement conduits à faire decet engagement, une de leurs priorités.Les résolutions spécifiques adoptées lors desSommets de Dakar en 1989 (résolution n°7), deChaillot en 1991 (résolution n°7) puis de Mauriceen 1993 (résolutions n°11 et 12) ont tracé lescontours des priorités politiques de laFrancophonie dans ce domaine. Elles ont toutesinsisté sur la volonté des Etats et gouvernementsmembres de donner instruction à leurs fonctionnairesde veiller à l’emploi du français et au respect desrèglements et dispositions statuaires concernant leplurilinguisme. Elles ont également appelé à lacoordination et aux efforts concertés des francophonesauprès et au sein même des Organisations.Dès 1992, avec la création des Représentationspermanentes de l’OIF à Bruxelles, New York etGenève (et à Addis-Abeba par la suite), laFrancophonie a imprimé sa volonté de suivre auplus près les activités des autres Organisationsinternationales, y compris dans leurs composanteslinguistiques. Certains programmes ont commencéà être déployés, notamment avec l’Institut desNations unies pour la formation et la recherche(Unitar), afin de favoriser l’apprentissage dufrançais pour les fonctionnaires internationaux.Le Sommet de Cotonou (1995) a de nouveaumarqué l’inquiétude face à la dégradation de lasituation du plurilinguisme et a insisté sur« l’insuffisante utilisation de la langue françaisedans certaines Organisations du système desNations unies » (résolution n°10).Au Sommet de Hanoi (1997), un « Plan d’urgencepour la relance du français dans les Organisationsinternationales » a été lancé. L’initiative majeure dece Plan a consisté en la mise à disposition par l’OIFde jeunes cadres ou fonctionnaires francophones duSud et d’Europe centrale et orientale auprès desOrganisations internationales en tant qu’expertsassociés.En 1998, à l’initiative de l’ancien Secrétaire généralde la Francophonie, Boutros Boutros-Ghali, unSymposium a été organisé à Genève, ayant pourthème « Le plurilinguisme dans les Organisationsinternationales ». Fondées sur l’inventaire dessituations existantes et l’analyse prospective deséléments du débat, les conclusions de ceSymposium ont largement inspiré les programmesadoptés ensuite par la Francophonie.En 2002, pour répondre au défi de l’élargissement à10 nouveaux pays pour le maintien de l’utilisationde la langue française dans les Institutions del’Union européenne, la Communauté française deBelgique, le grand-duché de Luxembourg, la Franceet l’AIF ont signé un « Plan pluriannuel d’actionpour le français en préparation de l’élargissementde l’Union européenne ». Initié au 1 er semestre2003, son objectif consiste à accroître l’usage oral etécrit de la langue française dans toutes les enceintesdes Institutions européennes.Le Colloque organisé à Bruxelles les 19 et 20 mars2002 sur « Le français, langue du monde » a pour sapart permis de dresser un certain nombre de constatssur la situation de la langue française en tant quelangue de modernité, de diversité, et plus largement,sur la pratique du multilinguisme dans lesInstitutions européennes.Enfin, le Sommet de Beyrouth, en octobre 2002, aréaffirmé l’engagement francophone en ces termes :« Soulignant l’importance de la diversité linguistiquedans les Organisations internationales et les autresenceintes au sein desquelles nous siégeons, nous réaffirmonsnotre engagement à y privilégier l’utilisation dufrançais, tout en respectant les langues officielles desEtats et gouvernements et des Organisations internationales.A cette fin, nous demandons au Secrétairegénéral d’agir résolument dans ce sens et entendonsrenforcer à cet effet nos liens avec les autresOrganisations internationales compétentes, notamment,celles représentant les grandes aires linguistiques ».Le Sommet de Beyrouth a ainsi rendu plus strictsles critères d’adhésion à l’OIF, s’agissant del’emploi de la langue française et a sensiblementrenforcé les engagements souscrits par les Etats etgouvernements membres, en matière de soutien auplurilinguisme et au français dans les Organisationsinternationales.86


Le français dans les Organisations internationalesdémocratie (DDHD) de l’OIF, destinataire de laliste des mandats de rapporteurs et d’experts, asoutenu les candidatures de plusieurs personnalitésfrancophones à ces postes.L’Organisation mondiale du commerce (OMC)L’OMC connaît trois langues officielles, qui sontégalement les langues de travail de l’Organisation :l’anglais, l’espagnol et le français.Bien que 42 % du personnel du Secrétariat soientissus d’un des pays membres de l’OIF, l’utilisationde l’anglais est largement majoritaire en son sein.Même si le site Internet permet d’accéder, dans lestrois langues, à un ensemble d’informationspertinentes sur l’Organisation et les négociationscommerciales en cours, l’anglais est la principalelangue de communication orale et écrite.La principale difficulté concernant le respect duplurilinguisme à l’OMC provient des délais detraduction des documents. En effet, lorsqu’il s’agitde réagir à des propositions souvent formulées enanglais, les délais de traduction posent un problèmeaux négociateurs locuteurs d’autres langues etsingulièrement aux francophones. Dans le cascontraire et exceptionnel, où les documentsdisponibles sont en français seulement, certainesdélégations refusent généralement de les prendreen considération et attendent leur traduction.Des problèmes d’interprétation se posent également,lors de réunions périphériques. Ainsi, les concertationsrégionales organisées régulièrement à Genève parl’Union africaine, qui bénéficient en principe deservices d’interprétation, se déroulent parfoisuniquement en anglais, marginalisant de ce fait lesdélégués francophones.Toutefois, lors de la 5 e Conférence ministérielle del’OMC, qui s’est déroulée à Cancún en septembre2003, la documentation et les informations généralesont été diffusées dans les trois langues.La Conférence des Nations unies sur lecommerce et le développement (Cnuced)La Cnuced, en tant qu’organe subsidiaire del’Assemblée générale des Nations unies, reconnaîtle français comme langue officielle et de travail. Enprincipe, toutes les réunions de la Cnuced bénéficientd’interprètes.Malgré ces dispositions, l’anglais est pratiquementla seule langue utilisée et la majorité de la documentationproduite n’est disponible qu’en anglais.De même, le site Internet de la Cnuced, qui n’estaccessible qu’en trois langues, anglais, espagnol etfrançais, ne propose qu’une documentation limitéeen français.Il convient de noter que la Cnuced connaît desérieux problèmes budgétaires l’obligeant à réduireses frais de traduction.En ce qui concerne l’Organisation et le déroulementde la 11 e Cnuced, en juin 2004, la majorité de ladocumentation et des informations générales étaitd’abord distribuée en anglais. La version françaisen’était rendue disponible que dans un secondtemps.L’Organisation mondiale de la propriétéintellectuelle (OMPI)La situation des langues à l'Ompi est particulière :l’Organisation ne reconnaît pas de langues officielles,mais des langues des « textes faisant foi », qui sontl'anglais, le français, le russe et l'espagnol.Les langues de travail des organes directeurs del'Ompi et du Secrétariat de l'Organisation sont lessix langues de l'ONU : le français, l'anglais, l'arabe,le chinois, le russe et l'espagnol, auxquelles peuts'ajouter parfois le portugais. Cependant, les deuxlangues principalement utilisées sont l'anglais et lefrançais.D'autres langues peuvent également être utiliséespour répondre aux éventuels besoins des utilisateursdu secteur privé utilisant les services de l'Ompi.Le site Internet de l'Ompi est disponible dans les sixlangues de l'ONU : le français, l'anglais, l'arabe, lechinois, le russe et l'espagnol. L'Ompi a reçu lepremier Prix de la Toile du plurilinguisme pour sonsite Internet en 2000.Les textes originaux des documents de l’Ompi sontrédigés en anglais à hauteur de 57,5 %, en versionbilingue anglais-français pour 17,8 %, en françaispour 8,2 %.Les publications de l’Ompi sont traduites en anglaispour 99%, en français pour 88%.L’Organisation mondiale de la santé (OMS)Selon les règlements intérieurs des deux organesdirecteurs de l’OMS, l’Assemblée mondiale de lasanté (AMS) et le Conseil exécutif, les languesofficielles et les langues de travail sont l’anglais,l’arabe, le chinois, l’espagnol, le français et le russe.Ces règlements indiquent que tous les documentsofficiels sont traduits dans les six langues et que lesdiscours prononcés dans le cadre de l’AMS et duConseil exécutif sont interprétés de et vers les sixlangues.Des progrès certains ont été réalisés dans le respectde l’égalité des langues officielles, notamment, à lasuite du Rapport du Directeur général sur « Leslangues et la communication à l’OMS », publié en89


R APPORT DU S ECRETAIRE GENERAL DE LA FRANCOPHONIE2000, et des Résolutions du Conseil exécutif et del’Assemblée de la santé qui ont suivi. La collaborationfructueuse entre les délégations francophone,hispanophone et russophone a favorisé ce plusgrand respect des langues officielles et de travail.Des exemples concrets viennent appuyer cetteaffirmation, comme le remboursement intégral desfrais liés à la formation linguistique du personnel del’OMS, l’extension des services de traduction etd’interprétation à un plus grand nombre de réunions,un choix plus large de langues offert par le site del’Organisation et la nomination d’un coordonnateurspécial chargé de promouvoir le multilinguisme. En2004, un rapport spécifique sur « La situation dumultilinguisme à l’OMS » rédigé par Louis-Dominique Ouedraogo, du Corps commund’inspection des Nations unies, a proposé plusieurssolutions visant à améliorer la situation.Le Secrétariat, dans son rapport sur « Le multilinguismeà l’OMS », présenté lors de la 114 e sessiondu Conseil exécutif, en avril 2004, fait apparaîtredes progrès dans la traduction, l’information et laformation.Au niveau de la traduction, les documents del’AMS sont envoyés aux participants dans les sixlangues officielles dans les trois jours avantl’ouverture de la session. Les procès-verbaux duConseil exécutif et des Commissions de l’Assembléede la santé sont disponibles en anglais, en espagnol,en français et en russe. Les niveaux de navigationdu site Internet de l’OMS sont conçus pour unaffichage en anglais, en espagnol et en français. Lescommuniqués de presse et les informations figurentà présent dans ces trois langues.Concernant l’information, l’OMS distribue tous lesmois, sous le titre « Destination Santé », des informationsd’ordre sanitaire en langue française sur uncédérom.Pour ce qui est de la formation, la participation dupersonnel à la formation linguistique a augmenté :de septembre à décembre 2003, 811 personnes sesont inscrites à des cours de langues contre 463 aucours de la même période en 2000.L’Organisation internationale du travail (OIT)Le règlement de la Conférence internationale dutravail, qui réunit chaque année les membres del’OIT, prévoit que la langue française et la langueanglaise sont les langues officielles de laConférence et que les discours prononcés enfrançais sont résumés en anglais, et réciproquement,par un interprète appartenant au Secrétariatde la Conférence. Les discours prononcés enespagnol sont résumés par les interprètes officiels,qui donnent également un résumé en espagnol desdiscours prononcés en français ou en anglais. Enfin,chaque délégué peut s’exprimer dans une autrelangue non officielle, mais sa délégation doitpourvoir à la traduction résumée de son discoursdans l’une des deux langues officielles.Par ailleurs, tous les documents doivent être publiésen français, anglais et espagnol.Le Conseil d’administration, organe exécutif del'OIT, tient normalement deux sessions par an àGenève. Les membres qui ne parlent ni le français,ni l’anglais, ni l’espagnol, sont autorisés à se faireaccompagner dans la salle du Conseil, d’interprètesà leur usage, « sous leur entière responsabilité et àleurs frais ». Au cours de sa 290 e session, en juin2004, le Conseil d’administration a élu unfrancophone au poste de Président pour la période2004-2005.Le BIT, Secrétariat permanent de l’Organisationinternationale du travail, reconnaît également lestrois langues officielles que sont l’anglais,l’espagnol et le français, mais seuls 85 % des textesoriginaux produits par le BIT sont édités en anglais.L’Organisation météorologique mondiale(OMM)L’OMM, en sa qualité d’Institution spécialisée dusystème des Nations unies, est soumise aux mêmesrègles concernant l’usage des langues et reconnaîtdonc les six langues officielles de l’ONU. Ses languesde travail sont l’anglais, l’espagnol, le français et lerusse. Dans les faits, seuls l’anglais et le françaissont utilisés comme langues de travail et plus de97 % des documents sont écrits en langue anglaiseavant d’être traduits. Depuis le 1 er janvier 2004,le poste de Secrétaire général est occupé par unfrancophone.Addis-AbebaA la Commission économique des Nations uniespour l’Afrique (CEA), dont 29 Etats membres sontégalement membres de l’OIF, les langues officielleset de travail sont l’anglais, l’arabe et le français.Même si les règles linguistiques de recrutementsont communes à celles en vigueur à New York etdoivent donc prendre en considération les compétencesdans les trois autres langues de l’ONU, lecritère continental est prédominant.Informations écritesUne large majorité des documents officiels de laCEA est rédigée en anglais et une infime minorité enfrançais, bien que le service de traduction de laCEA soit équipé de manière appropriée.90


Le français dans les Organisations internationalesLes notes internes et les courriers, en particulier ceuxà destination des missions diplomatiques et des Etatsfrancophones, sont rédigés en anglais, de même que lagrande majorité des appels d’offre et des annonces deprogrammes d’aide. Les délégations des pays membresde l’OIF suivent parfois cette logique : 45 notes verbalesen 2003 et 22 au cours du premier semestre 2004ont été adressées à la CEA en anglais.Seule une minorité des ressources documentairesest disponible en français. La page d’accueil du siteInternet existe en français et donne accès à un bonniveau d’information, même si les nouvelles les plusrécentes sont souvent disponibles en premier lieuen anglais.La CEA a passé un accord avec l’Ecole de traductionde l’Université de Strasbourg, pour la traduction decertains textes, dont les communiqués de presse.Communication oraleLors des réunions de Haut niveau (chef d’Etatet ministres), les Services de traduction et d’interprétationassurent la présence des principaleslangues, dont le français. Il en est de même pour ladocumentation.Par contre, les réunions dites techniques ouinformelles se tiennent exclusivement en anglais, etce pour des raisons budgétaires expliquent leursorganisateurs.Le nombre de ces réunions organisées en anglais , sansinterprétation, croît et si un seul participant est anglophone,la réunion se tient généralement en anglais.Les appels téléphoniques en partance ou à destinationde la CEA se font principalement en anglais.Ressources humainesLa CEA favorise l’apprentissage des langues. Soncentre de formation des langues accueille 150personnes suivant des cours de français. Demême, la CEA poursuit une politique d’incitationfinançière en faveur des fonctionnaires quitravaillent sur un poste régulier et qui acquièrent lamaîtrise d’une nouvelle langue.2. Dans deux Organisations africainesUnion africaine (UA)Les langues officielles de l’UA sont l’anglais,l’arabe, l’espagnol, le français, le kiswahili, le portugaiset « toute autre langue africaine ». Il n’y a pas dedifférence entre langues officielles et langues detravail, même si, dans les faits, l’anglais domine etles langues africaines ne sont pas utilisées, alors que28 des 53 pays membres de l’UA sont égalementmembres de l’OIF.28 pays membres de l’UA et de l’OIF :Bénin, Burkina Faso, Burundi, Cameroun, Cap-Vert,République centrafricaine, Union des Comores,Congo, République démocratique du Congo, Côted’Ivoire, Djibouti, Egypte, Gabon, Guinée, GuinéeBissau, Guinée équatoriale, Madagascar, Mali,Maurice, Mauritanie, Niger, Rwanda, São Tomé etPríncipe, Sénégal, Seychelles, Tchad, Togo, Tunisie.Dans son fonctionnement quotidien, laCommission de l’Union africaine - nonobstant lesefforts déployés depuis quelque temps - utilisepresque exclusivement la langue anglaise.L’argument consistant à justifier la domination del’anglais par le caractère anglophone du pays, siègede l’Organisation, ne correspond que partiellementà la réalité car l’Ethiopie se présente commeamharophone.La Représentation permanente de l’OIF à Addis-Abeba a élaboré, en mars 2004, une fiche d’observationlinguistique qui permettra d’avoir, à terme,un outil d’analyse objectif du respect du multilinguismeet de la situation du français, dans lesOrganisations africaines.Informations écritesUne majorité des documents officiels de l’UA estrédigée en anglais contre une part plus réduite enfrançais. Les documents sont généralement disponiblesdans toutes les langues de travail lors desréunions de Haut niveau. En revanche, pour lesréunions à caractère technique, ces documents sontdisponibles exclusivement en langue anglaise etcertaines délégations francophones vont jusqu’àrédiger en anglais même quand les services detraduction sont assurés. Globalement, on estime à30 % le nombre d’ouvrages disponibles en françaisà la bibliothèque de l’UA.Dans les locaux de la Commission de l’Unionafricaine, les panneaux signalétiques, les chevaletsainsi que les documents d’information pratiquesont généralement en anglais.Les notes internes et les courriers, en particulierceux à destination des missions diplomatiques etdes Etats francophones, sont généralement rédigésen anglais, de même que la grande majorité desappels d’offre et des annonces de programmes d’aide.Les revues de presse à usage interne concernentexclusivement les médias anglophones.L’information officielle accessible sur le siteInternet est disponible en français mais l’actualitéest fournie en premier lieu en anglais.91


R APPORT DU S ECRETAIRE GENERAL DE LA FRANCOPHONIECommunications oralesLors de l’Assemblée des chefs d’Etat et degouvernement, chaque pays s’exprime dans salangue lorsque celle-ci fait partie de la liste deslangues officielles reconnues.Les délégations issues de pays francophones sontsouvent contraintes de participer à des réunions enanglais, sans service d’interprétariat.Les appels téléphoniques en partance ou à destinationde l’UA se font principalement en anglais.Ressources humainesSelon les textes, la maîtrise d’au moins deux languesofficielles est requise pour être recruté par l’UA.Dans les faits, les anglophones « monolingues »sont principalement retenus.A moyen terme, l’UA a l’intention de mettre enplace un centre de formation aux langues. Pour lemoment, seuls quelques cours de langue sontdispensés.Le manque de moyens matériels et humainscontribue fortement aux manquements aux règlesdu multilinguisme, tant à l’écrit qu’à l’oral.Marché commun de l’Afrique de l’Est etaustrale (Comesa)Le français est, avec l’anglais, la deuxième langueofficielle des pays du Comesa.9 pays membres du Comesa et de l’OIF :Burundi, Union des Comores, Républiquedémocratique du Congo, Djibouti, Egypte,Madagascar, Maurice, Rwanda, Seychelles3. A l’Union européenne (UE)Au sein de l’Union européenne, la diversité linguistiqueest un principe fondamental de l’intégration,affirmé politiquement et traduit sur le plan juridique.La situation du français, comme celle de toutes lesautres langues officielles, dans les Institutions del’UE est ainsi formellement garantie par des dispositionsjuridiques contenues dans les différentstraités passés et en préparation, qui affirmenttoutes la nécessité du plurilinguisme et de ladiversité culturelle. Les prises de positions politiquesofficielles vont dans le même sens mais laréalité est plus contrastée.Avec l’élargissement du 1 er mai 2004, l’UE comptedésormais 21 langues officielles : l’allemand,l’anglais, le danois, l’espagnol, l’estonien, le français,le finnois, le grec, le hongrois, l’irlandais, l’italien,le lituanien, le letton, le maltais, le néerlandais,le polonais, le portugais, le slovaque, le slovène,le suédois et le tchèque.Les langues de travail, bien que non fixées par untexte, sont l’allemand, l’anglais et le français.En Europe, si démographiquement ceux qui ontl’allemand comme langue maternelle (23 %)précèdent ceux de langue française (16 %) et delangue anglaise (15,9 %), c’est pourtant la langueanglaise qui, selon l’Eurobaromètre avant l’élargissement,représente 56,4 % des locuteurs européens,combinant l’anglais langue maternelle etlangue étrangère ; le français vient en deuxièmeposition avec 35,2 %. Cette tendance s’est s’accentuéedepuis l’élargissement, l’anglais étant souventla première langue étrangère des nouveaux paysmembres, devant l’allemand et le français.L’utilisation du français par les instances officiellesdu Comesa - Secrétariat général, réunion desministres, Sommets des chefs d’Etat - est reléguéeau second plan. L’anglais reste dominant, notammenten raison de la présence majoritaire d’anglophonesdans le personnel.Malgré les efforts conjoints de la Francophonie etde la France (dons d’ouvrages, missions d’expertspour la traduction) l’accès à des documents enfrançais est le plus souvent aléatoire et, en cas detraduction, tardive.8 pays de l’UE sont membres ou observateurs del’OIF :Membres : Belgique, France, LuxembourgObservateurs : Lituanie, Pologne, Slovaquie,Slovénie, République tchèqueLa situation linguistique à l’Union européennevarie selon les contextes institutionnels et le supportobservé (interprétation orale ou traduction écrite etélectronique), et laisse présager un recul duplurilinguisme et par conséquent du français.Communications oralesLe Service commun d’interprétation et deconférences présente l’UE comme « la plus vasteconférence politique et technique permanentejamais vue au monde », couvrant quotidiennement50 à 60 réunions et utilisant entre 700 et 80092


Le français dans les Organisations internationalesinterprètes. Le coût moyen de ses services est estiméà près de deux euros par an et par citoyen de l’UE.Au Conseil européen, la traduction, jusque làintégrale, fait l’objet de restrictions depuis l’élargissement.Ainsi, le régime de traduction intégrale (deet vers les langues officielles) est assuré pour lesséances du Conseil lui-même, pour les réunions desConseils des ministres, ainsi que pour 20 de leurssessions préparatoires. Pour les autres réunions, lesEtats disposent de droits de tirage limités leurpermettant de recourir à l’interprétation, qu’ilsdevront financer eux-mêmes après épuisement. Ilapparaît d’ores et déjà que l’interprétation intégraleest en baisse de 25 % par rapport à la périodeantérieure et qu’elle est totalement supprimée pourun grand nombre de réunions.Les réunions de la Pesc (politique étrangère etde sécurité commune) bénéficient d’un régimed’interprétation pour deux langues de travail :anglais et français.Les réunions du Coreper (Ambassadeurs, Déléguéset Représentants permanents) se déroulent en troislangues de travail : allemand, anglais et français.La Commission siégeant au niveau desCommissaires maintient également le régimeintégral à l’exception des comités et des groupes detravail, où le régime est celui des langues de travail(anglais, allemand, français).Le Parlement européen applique la règle de l’interprétationintégrale en séance plénière comme encommissions. Cependant, un débat a lieu sur lanécessité du choix d’un multilinguisme « maîtrisé »utilisant l’anglais, le français et l’allemand commelangues pivots. Sur la base d’un rapport dela Commission des affaires constitutionnelles(17 mars 2004), le Parlement a décidé de modifierson Règlement, afin d’autoriser, à partir du 1 er mai2004, et de façon transitoire (au plus tard jusqu'au31 décembre 2006), des exceptions à la règledu plurilinguisme intégral, dans l’attente durecrutement du personnel nécessaire.La Cour de justice connaît une situation particulièredans la mesure où la langue de procédure est l’unedes langues officielles tandis que le français est lalangue unique du délibéré.Informations écritesTous les textes officiels et toutes les directives,destinés à intégrer les législations nationales, sonttraduits dans toutes les langues officielles.Néanmoins, pour l’ensemble des textes, laDirection générale de la traduction, qui ne travailleque pour la Commission, prévoie déjà un déficit detraduction de 60 000 pages au 1er mai 2004 et de350 000 pages au 31 décembre 2006.Sur le volume des documents traduits en 2002, 57,4 %des textes originaux produits par la Commissionétaient écrits en anglais, 29,1 % en français, 4,6 %en allemand. Au Conseil européen, la proportiondes textes rédigés initialement en français étaitencore moindre : 18 % (contre 42 % en 1997).Le plan de transition de la Direction générale de latraduction prévoit d’agir sur l’offre, en augmentantle nombre de traducteurs mais aussi sur la demande,en réduisant le volume des textes (réduction duformat mais aussi du type de textes éligibles).Les communiqués de presse, les communicationsau Conseil, les rapports des Conseils européens etdes Conseils des ministres, les rapports desCommissions, ne sont, la plupart du temps,disponibles qu’en anglais, bien avant la traductionen français. L’accès aux informations récentes surles sites Internet de la Commission et du Conseil sefait presque exclusivement en anglais. Enfin, l’anglaisest la seule langue utilisée pour l’affichage publicdans les locaux des Institutions européennes.Le Groupe des Etats d’Afrique, des Caraïbes et duPacifique (ACP) qui comprend 79 membres dont 30appartenant à l’OIF, utilise 4 langues de travail. Parordre d’importance numérique en fonction deslangues officielles des pays membres, ces languessont : l’anglais (45), le français (25), le portugais (6)et l’espagnol (3).Sur le plan pratique, les deux langues les plusutilisées sont l’anglais et le français, tant dans lacommunication orale qu’écrite. Néanmoins, l’anglaistend à prendre le dessus comme langue d’originedes documents de travail.II. Actions menéespar la FrancophonieConformément aux décisions prises par les chefsd’Etat et de gouvernement lors des trois derniersSommets (Hanoi 1997, Moncton 1999 et Beyrouth2002), la Francophonie œuvre pour soutenir et renforcerl’usage de la langue française dans lesOrganisations internationales et dans lesInstitutions européennes.L’Agence intergouvernementale de la francophonie(AIF) déploie ses interventions principalement ausein des Institutions du système des Nations unieset de l’Union européenne et selon cinq champsd’action :● programmes de formation à la langue française ;● veille et influence linguistiques francophones ;93


R APPORT DU S ECRETAIRE GENERAL DE LA FRANCOPHONIE● mise à disposition de ressources humainesfrancophones ;● interprétation et traduction en français ;● facilitation de l’accès à l’information en français.Dans ce cadre, l’AIF met en œuvre quatre projetsdestinés à peser sur les équilibres linguistiques :● organisation de deux cycles longs de formation àla fonction publique internationale ;● mise à disposition de jeunes experts associésfrancophones auprès des Organisations ;● Fonds d’aide à la traduction et à l’interprétationet Fonds d’aide à la concertation francophoneinternationale (environnement francophone) ;● Plan pluriannuel pour le français dans l’Unioneuropéenne.Les Représentations permanentes de l’OIF font untravail de veille et s’appliquent à exercer uneinfluence linguistique francophone en fédérant lesdélégations francophones des Etats, en analysant laplace réservée au français dans les prises de paroles,les documents de travail et les vecteurs d’informationet, en intervenant dans le sens d’un rétablissementde sa position statutaire.Entretiens du Secrétaire général avec les responsablesdes Organisations internationales durantlesquels la question de la place du français a étéévoquée :● Kofi Annan, Secrétaire général del’Organisation des Nations unies (New York,19 novembre 2003)● Alpha Oumar Konaré, Secrétaire général del’Union africaine (Paris, 29 juillet 2003 et 22janvier 2004)● Erastus J.O. Mwencha, Secrétaire général duMarché commun d’Afrique de l’Est et australelors de la signature d’un Accord de coopération(Paris, 21 mai 2003)● Romano Prodi, Président de la Commissioneuropéenne et Viviane Reding,Commissaire européen à l'Education et à laCulture (Bruxelles, 15 septembre 2003)● Rencontre sur la situation du français dansl’Union européenne avec les ministres desAffaires étrangères de pays européens,membres de la Francophonie ou candidats àl'adhésion (Bruxelles, 12 juillet 2004).1. Formation à la fonction publiqueinternationaleL’objectif de ce programme est de renforcer leschances d’insertion des experts francophones despays du Sud et d’Europe centrale et orientale(Peco) dans les Organisations internationales et lesInstitutions européennes.Le cycle de formation à la fonction publiqueinternationale, d’une durée de sept mois, permetd’accueillir chaque année une vingtaine de jeunesressortissants (25 à 32 ans) des pays du Sud et desPeco, membres de l’OIF. La formation, gérée parl’AIF et sous la coordination pédagogique del’Ecole nationale d’administration (ENA), estassurée successivement à l’Institut des relationsinternationales du Cameroun (IRIC), à l’ENA, àl’Unitar et dans les Institutions européennes. Ellecomprend une part de sensibilisation aux valeurs dela Francophonie et une approche des Institutionsde l’Organisation.2. Jeunes experts francophonesL’objectif de ce programme est d’augmenter laprésence des francophones et de la langue françaisedans les Organisations internationales et d’accroîtreles chances d’insertion de jeunes experts francophonesdu Sud et des pays d’Europe centrale etorientale en favorisant leur recrutement par lesOrganisations au terme de leur contrat avec l’AIF.Lancé en 1999, il offre chaque année la possibilitéde placer, pour une durée de deux ans, une douzainede jeunes ressortissants (25 à 32 ans) des pays duSud et d’Europe centrale et orientale, membres del’OIF dans les Institutions ou les départements desNations unies (HCR, Cnuced, HCDH, Unitar,Pnud, Pnue, etc.), de la Banque mondiale, del’Organisation internationale des migrations, de laFédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, du Bureau internationaldu travail et du Secrétariat général des paysACP à Bruxelles. Les jeunes experts francophonessont placés dans des directions et à des postes jugésstratégiques et démultiplicateurs pour laFrancophonie (information, communication,ressources humaines).94


Le français dans les Organisations internationalesFormation à la fonction publique internationale : promotions de 1999 à 2004 (5 années de programmation)Candidatures Pays Pays Pays Pays Pays1999-2000 2000-2001 2001-2002 2002-2003 2003-2004Nombre totalde candidatures 160 73 180 137 151reçuesNombrede candidats 15 15 15 16 25retenusONU : UE :15 candidats 10 candidats5 7 7 8 8 8Madagascar Bulgarie Bénin Bulgarie R.D. Congo (2) BulgarieNombre de Moldavie Liban (2) Bulgarie Cameroun Dominique Guinéecandidates Roumanie (2) Niger Cameroun Djibouti Egypte MaliVietnam Rép. tchèque Liban Gabon Liban Pologne (2)Togo Madagascar Maroc Madagascar Rép. tchèqueVietnam Tunisie Roumanie Maurice RoumanieVietnam Rép. tchèque Tchad SlovaquieVietnam10 8 8 8 7 2Bénin Cameroun (3) Burkina Faso Burkina Faso Bénin Rép. centrafricaineNombre de Bulgarie Union des Comores Cambodge Congo Côte d’Ivoire Vanuatucandidats Burkina Faso Congo Cameroun Côte d’Ivoire HaïtiBurundi Madagascar Gabon Egypte MadagascarRép. centrafricaine Moldavie Guinée Madagascar Mali (2)Union des Comores Togo Sénégal Mauritanie TogoR.D. Congo Togo TogoDjibouti Tunisie TunisieMarocTunisieJeunes experts : promotions de 1999 à 2004 (5 années de programmation)Origines Nombre Pourcentage pardes lauréats de lauréats zone géographique26 pays 84 candidats 100 %Afrique et océan Indien 74 88 %Bénin (1 lauréat), Burkina Faso (1), Cameroun (12),République centrafricaine (2), Union des Comores (3), Congo (2),Côte d’Ivoire (7), Djibouti (1), Egypte (1), Gabon (2),Guinée (6), Liban (4), Madagascar (6), Mali (4),Maroc (2), Niger (3), Rwanda (1), São Tomé et Príncipe (1),Sénégal (8), Togo (6), Tunisie (1)Europe centrale et orientale 4 4,8 %Bulgarie (2) et Roumanie (2)Asie 4 4,8 %Cambodge (2) et Vietnam (2)Caraïbes 2 2,4 %Haïti (2)95


R APPORT DU S ECRETAIRE GENERAL DE LA FRANCOPHONIE3. Environnement francophone etcoopération avec les autres espaceslinguistiquesCe programme qui poursuit l’objectif de renforcerl’usage du français dans les Organisations internationalescomprend plusieurs volets :● une offre de formation individuelle à la languefrançaise à l’intention d’une vingtaine de personnesoccupant des postes de responsabilité dans lesOrganisations internationales ;● un Fonds d’aide à la traduction et à l’interprétationen français de réunions internationales etde rapports touchant des domaines prioritairespour les francophones ;● un Fonds d’aide à la concertation des francophonesqui offre la possibilité à des experts francophonesdu Sud de participer à des réunions internationaleset de recevoir la documentation en français ;● l’organisation de rencontres avec desReprésentants des autres aires linguistiques(arabophonie, hispanophonie, lusophonie,...) quipartagent avec la Francophonie l’objectif depromouvoir la diversité linguistique sur la scèneinternationale et d’agir en faveur de la normalisation.TV5, pour sa part, a obtenu, depuis le mois dejuillet 2003, d’être diffusée dans les locaux du siègede l’ONU à New York, l'OIF s'étant engagée à offrirgratuitement à l'ONU une licence de réception et dediffusion des programmes de la chaîne.4. Le français dans l’Union européenneLe « Plan pluriannuel d’action pour le français enpréparation de l’élargissement de l’Union européenne», signé le 11 janvier 2002 par la France, laCommunauté française de Belgique, le grandduchéde Luxembourg et l’AIF a permis :● la formation au français de plusieurs milliers defonctionnaires en poste à Bruxelles, de diplomates,d’experts, de journalistes et d’interprètes des paysmembres de l’UE ou candidats à l’adhésion ;● la mise en place de campagnes de communicationsur l’intérêt d’utiliser le français dans lesInstitutions européennes ;● la sensibilisation aux enjeux du maintien du plurilinguismeintégral et du statut privilégié de la languefrançaise dans les Institutions européennes ;● la concertation entre les Etats et gouvernementspartenaires du plan ou membres ou candidats àl’UE et de l’OIF, entre les observateurs et expertsqui s’interrogent sur la situation du français dansl’Union ;● une veille francophone sur les sites Internetofficiels des Institutions européennes ;● le renforcement de l’environnement informatiquefrancophone des fonctionnaires européens et desexperts et fonctionnaires des Etats membres oucandidats à l’Union.Environnement francophone : actions menées de 2002 à 2004 (3 années de programmation)Nombre d’opérationsNature des opérations ou institutionsFonds d’aide à la 46 projets 13 e Assemblée générale du Symposium scientifiquetraduction et àinternational, Council of Monuments and sites,interprétationCongrès de l’Institut de droit privé à l’Université d’Oslo,Colloque de l’Institut français d’Afrique de SudRencontres des villes et régions de la grande Europepour la culture, Sommet de terminologie de l’Union latine,Forum méditerranéen pour le développement de l’Institutde la Banque mondiale, etc.Formation au 11 sessions ONU, OSCE, otanfrançais pourfonctionnairesFonds d’aide à la 2 projets Assemblée générale de l’ONU et Fest’AfricaconcertationCoopération avec 2 projets Colloque des Trois Espaces linguistiques (francophonie,les autres espaceshispanophonie et lusophonie) et grilles des observationslinguistiquesdes pratiques linguistiques.96


Le français dans les Organisations internationalesLe français à l’UE : actions menées de 2002 à 2004 (1 année de programmation)Nombre d’opérationsVilles ou Institutions concernéesFormation de 44 sessions ou séjours Avignon, Bratislava, Bruxelles, Bucarest, Chisinau,fonctionnaires pour 3 000 fonctionnaires Ljubiana, Luxembourg, Paris, Prague, Riga, Sofia,Strasbourg, Varsovie, Vienne, etc.Formation du Campagne dans trois pays Pologne, Slovaquie, République tchèquefrançais1 site Internet réaliséhttp://www.parlez-francais.comConcertation 1 réunion ministérielle5 réunions multilatérales Bruxelles, Paris1 site Internet réalisé2 colloques internationaux GrenoblesoutenusVeille numérique 7 institutions ou Banque centrale européenne, Commission européenne,directions analyséesComité des régions, Comité économique et social, etc.Environnement 14 050 logiciels de correction Conseil européen, Banque centrale européenne,francophone de langue française Commission européenne, Comité des régions,Comité économique et social, Office des publications,Centre de traduction, etc.97


R APPORT DU S ECRETAIRE GENERAL DE LA FRANCOPHONIELe français aux Jeux olympiques d’AthènesSuite à la visite du Secrétaire général en Grèce, du8 au 10 février 2004, la Francophonie a mis enœuvre une série d’actions concrètes, à hauteur de118 000 euros, pour promouvoir le français auxJeux olympiques d’Athènes :● publication d’une brochure sur « Le français, langueolympique » ;● production du magazine en langue française« Bonjour Athènes » en partenariat avec « Insider » ;● diffusion de la méthode multimédia d’apprentissagedu français « Ta Gallika stous Agones » (« Lefrançais aux Jeux ») à tous les cadres et bénévolesdu Comité d’organisation ;● traduction de l’instrument « Agonès », instrumentpédagogique et ludique d’apprentissage du françaispour les écoles, basé sur l’histoire des Jeuxolympiques ;● soutien à la réintroduction du français dans lasignalisation des musées à Athènes et dans d’autresvilles en Grèce ;● traduction du catalogue de l’exposition surPierre de Coubertin ;● promotion du site Internet en français des Jeuxolympiques (http://www.athens2004.com/fr).M. Hervé Bourges, nommé par le Secrétaire général,s’est rendu à Athènes en qualité de Grand Témoinfrancophone, pour observer la place et le statut dufrançais en tant que langue officielle du mouvementolympique. Il a remis en octobre 2004 un rapportdétaillé.III. Priorités et perspectivesLes données disponibles sur l’utilisation effectivede la langue française dans les Organisationsinternationales ont actuellement plusieurs sources.Elles résultent des travaux effectués par lesReprésentations permanentes de l’OIF en collaborationavec les Groupes des Ambassadeursfrancophones ainsi que par les Représentationspermanentes de la France.Une veille plus systématique mérite d’être mise enplace afin de rendre plus efficace les interventionsde l’OIF, de mobiliser l’ensemble des pays membresde la Francophonie, de renforcer les relations avecles autres Organisations internationales et de fairemonter en puissance le partenariat avec les autresaires linguistiques.1. Affiner les interventionsLes conclusions de ce premier rapport permettentd’ores et déjà de dégager quelques grandes pistesd’action à poursuivre ou à entreprendre, en prioritédans les domaines de l’information et des ressourceshumaines.Les exigences linguistiques retenues lors durecrutement, la reconnaissance des compétenceslinguistiques dans le déroulement des carrières, lepositionnement hiérarchique des locuteurs francophones,sont les facteurs qu’il convient de faireévoluer au sein des Organisations internationales,afin de renforcer le multilinguisme et, par là même,la situation du français.L’accès aux documents servant de base aux discussionsainsi que la bonne circulation d’une informationrécente doivent également être pris en compte. Cestextes, souvent rédigés en anglais, ne permettentpas aux francophones d’être suffisamment préparéspour les débats et prive le public extérieur del’accès à l’information.Des actions peuvent être rapidement mises en placepour redresser la situation, à l’Union africaine,dans les Institutions de l’Union européenne, ainsiqu’à la Commission économique pour l’Afrique del’ONU, à la Cnuced et à l’OMC.Le recul de l’utilisation du français dans cesInstitutions, auxquelles appartiennent de nombreuxpays francophones, entraîne des déficits de compréhensionet de prise de parole. Plus généralement,elle fait courir le risque d’une baisse de leur influencesur les prises de position en faveur de la solidaritéet du développement.98


Le français dans les Organisations internationales2. Mobiliser les pays membres de laFrancophonieLes résolutions adoptées depuis le 1 er Sommet(1986), et lors de tous les Sommets francophonessuivants, prouvent l’importance que revêt la défensedu plurilinguisme et du français dans lesOrganisations internationales. En fixant des critèresd’adhésion plus stricts, le IX e Sommet de Beyrouth(2002) a rappelé avec force les engagements quesuppose l’appartenance à la Communauté francophone.Enfin, en demandant au Secrétaire généralde l’OIF de produire un rapport annuel sur lasituation du français, les ministres francophones dela Culture, réunis à Cotonou en juin 2001, ont crééles conditions de nature à placer les pays membresde l’OIF devant leurs responsabilités.Pourtant, il apparaît que les membres de l’OIFn’assument pas pleinement leurs engagementsou, pour le moins, n’ont pas entièrement mis enœuvre les moyens indispensables à leur pleineréalisation. Ils n’imposent pas toujours à leursressortissants l’usage de leurs propres langues, oudu français, comme le stipule pourtant l’adhésion àla Francophonie.L’élaboration d’un vade mecum, diffusé par lesautorités nationales de chacun des pays membresde l’OIF à leurs fonctionnaires et diplomates, seraitl’occasion de rappeler :● l’obligation de prendre la parole en français et/oudans la langue officielle de son pays lorsque sonstatut dans l’Organisation concernée le permet ;● en cas d’absence de service d’interprétariat,d’accorder la préférence à d’autres languespartenaires de la Francophonie, selon unelogique régionale ;● la possibilité d’une protestation officielle àopposer devant toute contravention aux règles dumultilinguisme, tant dans l’interprétariat que dansla traduction ;●l’obligation de développer ses compétenceslinguistiques marquant l’ouverture et la volontéde partenariat avec toutes les langues bénéficiantd’un statut dans les Organisations internationales.3. Renforcer la coopération avec lesautres OrganisationsL’OIF s’engage à rappeler aux Organisations internationalesleurs obligations de respecter le statutdes langues et à veiller à l’utilisation des langues detravail à tous les niveaux et sur tous les supports. LaFrancophonie entend favoriser le dialogue et lepartenariat avec elles par une relation de travailcontinue et la définition d’actions de coopérationprécises. A cet effet, il faut poursuivre les programmesd’enseignement du français à l’ONU, à l’UE etaccroître ces programmes dans les Organisationsafricaines (UA, Comesa, etc.).Dans les Organisations africaines et lesOrganisations internationales ayant leur siège enAfrique, l’OIF entend mettre en œuvre desprogrammes qui seront articulés selon les grandsaxes suivants :● sensibilisation aux enjeux du maintien de ladiversité linguistique ;● contribution à la concertation et à l’accroissementde l’influence des délégués francophones ;● promotion du français comme langue de travail ;● formation au français ;● veille sur l’utilisation de la langue française ;● contribution au développement des ressourceshumaines ;● aide à la traduction et à l’interprétation ;● appui à la dotation numérique francophone.4. Amplifier les partenariatslinguistiquesLe rapprochement avec toutes les autres languesapparaît comme une nécessité. Il doit particulièrements’intensifier au sein des Organisations internationales,afin d’exiger ensemble l’application des règles dumultilinguisme.Bien avancé avec les espaces hispanophone etlusophone, en particulier dans sa dimensionpolitique, le partenariat pourrait être développéavec les langues latines et allemande en Europe,élargi aux russophones et sinophones au sein del’ONU et avec les arabophones et les locuteurs deslangues africaines dans les Organisations africaines99

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