NOUVELLE- CALEDONIE : MARSEILLE: LIVRE: - Archives du MRAP

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NOUVELLE­CALEDONIE :la poudrièreMARSEILLE:Train d'enferLIVRE:Le Mythe national


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Franco de portpour 3 livres commandés.A VOTELes Français votent. LesFrançais ont voté. Mais J'essentielde ce que les candidatsélus ou pasavaient à proposer l'a étépendant la campagne électorale.Tiendront-ils parole? Différencespubliait le mois dernierles réponses des présidentiellesau questionnaireque nous leur avions envoyésur le racisme et l'immigration.Chacun de nous, au fil desjours, aura mesuré l'écartentre les déclarations deprincipe et les positions prisesdurant la conquête dessuffrages : certains candidatssavent parler, ils saventaussi sentir le vent et flatterles sentiments électoralementpayants .Ainsi celui qui déclare dansnos colonnes être un antiracisteconvaincu proclame àMarseille qu'il comprend lesréactions de racisme. Ou celuidont le parti se déclarepour le vote des immigrésaux élections locales et quiaffirme ne rien pouvoir fairetant la question lui paraït ardue.Que ces candidats appartiennentà des camps opposésn'est pas pour nousrassurer. Cela montre simplementque les antiracistesne peuvent ni se contenterd'attendre les décisions d'enhaut ni prendre pour argentcomptant de vagues déclarationsd'intention. Mais cela,n'est-ce pas, nous le savionsdéjà?Dernière minute, les résultats dupremier tour viennent de tomber.Le score de l'extrême-droite raciste(près de 15 070) ne fait querenforcer les questions posées ici.MAICI.)::l-(Jct8 Nouvelle-CalédonieDepuis deux ans, la droite caldochefait la loi dans l'île. Les plus extrémistesse préparent au pire. Pour quandet jusqu'où?10 MarseilleDes graffiti racistes dans un lycée deMarseille. Banal, mais les enseignants,les élèves et les associationsantiracistes n'ont pas raté l 'occasio/1de se rencontrer.CHERIFA BENABDESSADOK16 Les KurdesUn peuple réparti sur plusieurs Etatset dont les aspirations nationales seheurtent, presque partout, à la répressionla plus dure. Mais les Kurdes survivent,défendent leur culture, leuridentité et leur liberté.MARIE-JEANNE BERNAABONNEMENTS1 an : 200 F.1 an à l'étranger: 220 F.6 mois: 120 F.Etudiants et chômeurs, 1 an : 150 F.6 mois: 80 F(joindre une photocopie des cartesd'étudiant ou de pointage).Soutien : 300 F.Abonnement d'honneur : 1 000 F.Algérie: 15 dinars. Belgique: 140 FB.Canada: 3 dollars. Maroc: JO dirhams.Publicité au JournalPhotocompositionPCP, 17, place de Villiers,93100 Montreuil. Tél. : 42.87.31.00Impression Montligeon. Tél. : 33.83.80.22.Commission paritaire n° 63634ISSN 0247-9095.Dépôt légal: /987-/2.La rédaction ne peut être tenue pour responsabledes photos, textes et documents confiés.Magazine créé par le MRAP(Mouvement contre leracisme et pour l'amitiéentre les peuples), édité parla Société des éditionsDifférences 89, rue Oberkampf,750ll Paris. TéL. : (1) 48.06.88.00.~ 26 Musiques::::l Sara Alexander est une voix. Une voix::l qui remue et qui dérange. Elle est isoraélienne, elle chante la paix.CHERIFA BENABDESSADOK28 Le footC'est aussi de la culture. Surtoutquand, en plus des pieds, les joueurset dirigeants se servent de leurs têtespour des rencontres pleines de couleurset d'amitié.c:o>< 30 Le mythe nationalCI.)-'CI.)a::C'est un livre de Suzanne Citron. Unvolume décapant où l'histoire etl'idéologie nationaliste divorcent.DIRECTEUR DE LA PUBLICATIONAlbert LévyREDACTIONRédacteur en chefRené FrançoisSecrétariat de rédactionmaquettes:Véronique MortaigneIconographieJoss DrayADMINISTRA TlON/GESTIONLoïc Le GuernigouOnt participé à ce numéro :Rabha Allaf, Cherifa Benabdessadok,Laure Lasfargues, Yves Thoraval, FranckTéruel, Christiane Dancie, Marie-JeanneBerna. Révision: Marina da Silva.Couverture: Michel Setboun, (sipa).


-....• ROMPRE AVEC BOTHADulcie September assassinéeà Paris, c'est à l'évidence unmauvais coup des commandosou des mercenaires du NISsud-africain, les redoutablesservices secrets de l'apartheid.Il faut être Pandraud pour allerchercher la piste du réglementde compte interne àl'ANC et dénoncer Dulcie Septembercomme une terroristevictime d'autres terroristes.Stupidité ou duplicité?On sait aujourd'hui que lesservices secrets sud-africainsfont une guerre à outrance àl'ANC et à ceux qui luttentavec elle contre l'aparths:!id.Dans les bantoustans au Mozambique,en Tanzanie, enBelgique, en Grande-Bretagne,attentats meurtriers et tentativesd'enlèvements se sont succédésces dernières semaines.Les tueurs « Z » des servicesspéciaux sud-africains ont étérepérés à Londres. Les servicesbritanniques ont donnél'alerte. Rien n'a été fait. LesBelges avaient donné les nomsd'agents sud-africains en Europe.Rien n'a été fait. Les servicessud-africains ont des liensavec les services occidentaux,en particulier avec le SDECEfrançais très actif en Afrique.Le Figaro l'a écrit sans être démenti.L'hebdomadaire la Lettre del'Océan Indien a affirmé quel'ordre de ne pas renouveler letitre de séjour de Dulcie Septemberavait été donné ... Onsait que Dulcie avait demandé,selon ses amis, une protectionpolicière. Elle ne l'a pas obtenue.Une note portant des informationsprécises sur les locauxparisiens de l'ANC circulaità Paris. Pour qui? On aappris qu'un fonctionnaire,collaborateur de Charles Pasqua,porte aussi la casquette deresponsable du Courrier australparlementaire, ouvertementfinancé par le gouvernementsud-africain ...Beaucoup d'éléments qui laissentà penser que les Sud­Africains disposent dans l'appareild'Etat de solides amitiésou relais. Il semble bien que lesservices spéciaux de Bothafont à peu près ce qu'ils veulenten France : finançant desjournaux, invitant des parlementairesfrançais heureux dene rien voir là-bas, multipliantles officines de « rencontres »,d' « amitié» et de « tourisme», faisant tuer leurs opposantsà travers le monde,sans problème.A Paris, on se sera contenté deréagir en convoquant l'ambassadeurpour lui faire part de la« préoccupation» de l'Elysée.Mais le lendemain même dumeurtre, quand des militantsantiapartheid vont occuper leslocaux commerciaux sudafricains,on trouve là assez depolice pour les matraquer, lescharger arme au poing, en arrêterquelques dizaines et fairequatre-vingt-sept blessés.Il est vrai que l'Afrique du Sudne peut pas être mécontentée :trois milliards d'importationsen 1986 ; les plus grandes banquesfrançaises y ont de largesintérêts; des armes lui sontvendues discrètement et l'appuifrançais aura été déterminantpour la construction de lacentrale nucléaire de Koeberg.Les officiels sud-africainssont, enfin, reçus régulièrementà Paris.A côté de tous ces intérêts, lavie de quelques militants antiapartheidne pèse pas lourd etla défense des droits del'homme vue de chez Malhuretreste sans voix. Dulcie assassinéele 29 mars, quatre personnestuées la veille au Bostwana,sept pendues peu avantet six autres qui attendent leursort à Sharpeville, sans compterles centaines de morts, chaqueannée, dans les manifestations: l'apartheid tue et les silencesdes gouvernementsoccidentaux en font des complices.A Paris, le 9 avril, des milliersde Parisiens ont accompagnéla dépouille de Dulcie September.Peu la connaissaient, maistous entendaient dire leur horreurdu régime sud-africain. Etqui osera encore affirmer quela rupture des relations commercialeset diplomatiquesn'est pas urgente? 0• RUGBY: LE POSSIBLEBOYCOTTL'International Board, la plushaute autorité du rugby mondial,n'en finit pas avec ses tentativesde réinsérer l'Afriquedu Sud dans le monde sportif.II a récemment autorisé une sélectioninternationale (France,Nouvelle-Zélande, Australie etArgentine) à disputer deuxmatchs cette année au pays del'apartheid, avec une autretournée l'an prochain.Réaction du patron du rugbys.ud-africain ; « C'est de bonaugure pour une éventuelleparticipation de nos joueurs àla prochaine coupe dumonde... une décision extrêmementcourageuse qui méritenotre gratitude. » On ne sauraitmieux dire que les dirigeantsmondiaux du rugbysont une bouée de sauvetagepour les dirigeants racistes.Du courage? Non, plutôt del'inconscie l1ce ou de la provocation: vingt-deux pays africainsavaient boycotté les jeuxOlympiques de Montréal aprèsune opération similaire des"""rL.


-L 'HISTOIRE EST PLUS LENTE OUE L'ESPOIR ...C'est l'impasse. Une répression qui se développede plus en plus largement, une résistance qui se durcit,un bilan qui s'alourdit. Il n'y a, clairement, de solution que politique.A Bruxelles, des responsables palestiniens rencontraient le mois dernierdes Israëliens dont Abba Eban.IlLes territoires bouclésmaient : «Il faut tirer pourdurant trois jours, detuer et il ne suffit pas de tuer,plus en plus de tués, lesles Arabes doivent être expulécoleset universités fer-sés en masse », la députéemées, l'agence de presse pales-juive israélienne Shulamittinienne fermée, les journalis-Aloni répondait: « Si les Patesécartés, voire agressés, parlestiniens sont expulsés commeles militaires israéliens ... C'est,on les en menace, il y aura,de fait, l'état de siège perma-chez nous, une guerre civile ennent.trejuifs. Les chasseurs d'Ara-La répression s'élargit, touchantmême les citoyens israébesnous trouveront devanteux. »liens: le quotidien commu-L'affrontement, l'éclatementniste a été suspendu une se-de la société israélienne causésmaine. C'est la première foispar l'intransigeance bornée dedans l'histoire du pays. « Duquelques dirigeants? Le risqueterrorisme politique» a dé-existe. L'espoir est ailleurs. Aclaré le PC israélien. Mais rienBruxelles, personnalités israén'yfait, la Journée de la terreliennes et palestiniennes se requimarque depuis 1976 le re-trouvaient pour un autre avefusdes Palestiniens de se voirnir que la répression et l'implospoliésde leurs terres a étésion.marquée de grèves, de mani-Côté palestinien, il y avait làfestations , puissantes. La ré-Hana Siniora et Faez Abupression a fait dix-sept mortsRachmé, considérés commede plus durant cette semaine.proches de l'OLP et venus deCar le gouvernement d'ItzhakGaza et de Jérusalem:Shamir se raidit: refus de« L 'DLP aujourd'hui n'esttoute discussion, menace d'ex-pas l'DLP de 1964. L 'DLP estpulsion des Arabes israéliens,en faveur de la paix, d'un acrefusde négocier le plan Shultz cord, de négociations. Dui, pies qui vivent dans le même fense à la Knesset, répondait, ment ... Ilfaut éclaircir les choquin'accepte pourtant pas la comme dans toute organisa- pays commencent à coopérer lui aussi, par l'ouverture: ses. Il est vrai que l'histoire estparticipation de l'OLP. tion et comme auprès de toute de façon pacifique, empreints « ... Nous voulons tous la paix, beaucoup plus lente que l'es-La situation est bloquée et le population, nous avons nos d'une attitude positive, dans nous voulons un certain degré poir. Il est vrai aussi qu'elleplan Shultz n'est jamais que ;.. durs, mais nous avons aussi laquelle l'identité nationale des de reconnaissance mutuelle et vient rarement par les cheminsl'expression de l'inquiétude nos modérés qui disent qu'il uns et des autres soit pleine- nous considérons que le statu où on l'attend. Mais les forcesaméricaine devant cette intran- nous faut maintenant négocier ment reconnue ... Il n 'y a pas quo est intenable et intoléra- de paix qui se mettent en marsigeanceforcenée de Shamiravec l'ennemi. d'alternative à l'DLP. Au- ble ... Il y a un changement au- che ici vontincontestablementNous comprenons fort bien jourd'hui les Palestiniens sont thentique dans le vocabulaire infléchir son cours. Cette mar-qui pourrait conduire à toutes Cisjordanie , avril 1988 : La sécurité des uns et des autres".Ies catastrophes. « Nous sommesles plus forts et notre force qui se rendent compte de l'im- cents officiers de l'armée israéquela sécurité a une grande significationpour Israël...unis derrière l'DLP. Israël lesait ... Donc tel est notre mespalestinien.Lorsque Hana Sinioranous dit que l'DLP deche sera lente, elle sera longueet elle sera difficile, mais je suisnous autorise à peu près n'im- passe que représente pour leur lienne affirment dans une pé- Néanmoins la sécurité ne peut sage aujourd'hui. Nous vou- 1988 n'est pas l'DLP de 1964, convaincu que ceux qui sont sur une piste possible, conciportequoi », semble-t-il pen- pays cette fuite en avant. tition : « La poursuite de l'im- être réalisée que s'il y a la paix Ions la paix dans l'honneur, c'est là, en effet, l'élément es- venus ici repartent avec plus liant les intérêts des deux peuser.Mais jusqu'où? Silencieux jusqu'à présent, le plantation coloniale, le main- entre les Palestiniens et les Is- dans la dignité, nous voulons sentie!. Les Israéliens vivent d'espoir ... » pies.Jusqu'à présent, jouant sur le patriarche catholique de Jéru- tien de la situation actuelle et raéliens. La meilleure sécurité, vivre en paix avec l'Etat d'Is- comme si la position palesti- Abba Eban est un homme im- Quels hommes politiques isthème« d'Israël menacé dans salem a estimé que le soulève- l'idéologie du Grand Israël de- c'est celle qui découle des re- raël. » nienne était encore celle de portant en Israël. Ses interlo- raéliens sauront prendre cettesa survie », la droite israé- ment des Palestiniens était une viennent dangereux pour notre lations pacifiques entre deux A ces propos d'ouverture, 1964. Comme si la Charte de cuteurs palestiniens ne repré- voie de la négociation et comliennea pu obtenir un fort sou- «réaction naturelle» et a de- sécurité.» nations et c'est là l'effort que Abba Eban, ancien ministre et l'DLP était encore un docu- sentent pas qu'eux-mêmes. prendre qu'il ne suffit pas detien de l'opinion. Mais de plus mandé un référendum dans les Quant à la Knesset, les dépu- nous devons faire. Il faut que président de la commission des ment valable ... Il faut recon- Tout le monde le sait. Leur nier un problème pour le ré- ... ...:M.:.::.::i1:.:..le:....::s.::ix~..:t..:.é:..s.:.:le:.:,s..,!p:.,.l_u_s_ex_t_r_ém_is_t_e_s,:.p_ro_c_l_a_-_l_es_d_eu_x_n_a_ti_o_n_s,_l_e_s_d_e_ux_p_e_u_-__..._:;a:.:ff:;a:::ir:.:e:s.:é:tr:.::a:n:,:g::è;re;:s:.,:e:t:.:d:e:..l::a:.,:d:e:.'L.:e.:.:n_p~l:.:u:.:s.-..:..:.n:o:.:m:.:b:.:r.:e:u:.:x...:s:.::o:.:.n:.::t_c::e:.::u:.:x=---..:t:er:..:r.:i t:.::o:.:.ir:..:e::s-=o::cc:.:u~p::.:é:.:s.:..Différences - n° 78 - Mai 1988-_.:.:n=a.:,:Ît.:,:re:..:.!q.:u:.,:'I::."l::,.y...,:a:..:e=u:.:u::n.:..,:c.:.:h:.an:.::K;:e:,' ._..:r.::en:.:.c:.:o::.:n.:,:t:::re:.::es::t.:u:.:.n:..n:.:.o:u:.v:..:e=a=u:..:s:.::ig~n.::e=--...:s..:o..:u..:d_re...--? ________ D_I


NOUVELLE-CALEDONIE :LA POUDRIEREDepuis mars 1986, épaulés parBernard Pons, les durs duRPCR font ce qu'ils veulent enNouvelle-Calédonie, avecl'aide de l'armée et d'une justicedont le procès de Hienghène- acquittement généralpour un massacre de militantskanaks - a révélé la complicité.Le RPCR tient le pouvoir local,contrôle l'administration,distribue les postes, contrôleles médias ou casse la gueuleaux journalistes, développe leclientélisme à tout va et sèmela provocation et la zizaniepartout en utilisant, par exemple,l'Agence de développementrural et d'aménagementfoncier pour spolier lesLa présence militaire françaiseest telle que les Kanaks viventlittéralement en territoire occupé.Soldats et gendarmes interviennentpartout et danstoutes les affaires et sont, pourles Kanaks, le seul visage de laFrance : 11 000 hommes pour75 000 Kanaks, femmes et enfantscompris.Les ratissages sont systématiques,la violence quotidienne.Chacun sait qu'Eloi Machorofut abattu froidement par lestireurs d'élite, que ce ne fut pasune bavure. Le gouvernementfrançais laisse faire, il encourageses amis du RPCR et préparediscrètement de nouvellesinstitutions où le peuple kanakne serait plus reconnu comme« peuple d'origine ». Cela nesuffit pas aux ultras de ladroite locale. La peur d'uneréélection de François Mitterrand,qui a qualifié la situationcalédonienne de « coloniale »,fait craindre aux Caldoches laperte de leur pouvoir absolu.Alors ils s'organisent.Jacques Lafleur, le manitouRPCR, annonce la couleur :« Si les socialistes reviennent,alors il faudra que nous menionsun autre combat ...Nous, nous prendrons lesgrands moyens ... »Lesquels ?Réponse d'un de ses supportersdans Le Figaro : « Nousproclamerons l'indépendanceet elle ne sera pas kanaksocialiste...Nous attendronsque la France redevienne vraimentla France pour demandernotre retour dans la République... »Vantardises ou délires, pas sûr.Il existe en Nouvelle-Calédonieun groupe clandestin armé etorganisé, avec des ramificationsdans la police, l'armée etl'administration. Quaranteseptattentats terroristes entrois ans et demi: bombes, incendies,voitures piégées avecen cible privilégiée les indépendantistes.Dans un document interne dece groupe, la consigne est clairementdonnée: « Abattre lesleaders connus, coordonner les• ADIEU MURUROA, BONJOURFANGATAUFAactions ... ratissage complet ...violence extrême ... »Bref, onprépare un coup à la rhodésienne: indépendance et pouvoirblanc.Dans une lettre au président dela République, Jean-Marie Tjibaoutire la sonnetted'alarme: «Français et Kanakssont considérés commedes adversaires. De plus enplus, ils vont devenir ennemis.A moins que vous acceptiez detracer avec nous un chemin deliberté pour le peuple kanak et'pour tous ceux qui habitent laNouvelle-Calédonie ... » Et ilfaut faire vite: les atteintesaux droits des Kanaks, lesvexations, le climat militarisé,l'humiliation quotidienne, lenon-respect des traditions etdes coutumes, la spoliation desterres, l'injustice permanente,le chômage, les menaces et lescoups de fusils ont fait naîtrechez certains Kanaks l'idéequ'il ne servait à rien de discuterou de négocier.La poudrière est en place. Lestenants de la manière fortedans le RPCR ont créé une situationtelle que tout est possible.D• Délitd'opinionà1 =:~:~= en prison, depuis le 25 février àNouméa. Il est accuséd'avoir participé à la prised'otage de neufgendarmes. Son dossier estvide. Alors?Alors, tout simplement, ilne fait pas bon être blancet pro-indépendantistedéclaré en Nouvelle-Calédonie.Dans une lettre à un ami,Paul Naud racontel'arrivée des gendarmeschez lui, la fouille (sansmandat) de sa maison, lescinq heuresd'interrogatoire, la nuitpassée sur une chaise, lesinsultes.« ... A la caserne deNouméa, on m'appelait le« pourri» et mescamarades kanaks « lessinges » ...Le juge d'instruction,Mme Rondreux« s'est montréeparticulièrement agressiveet à peine étais-je entréqu'elle m'a traitéd'extrême-gauche,d'agitateur et d'instigateurde l'affaire:manifestement son opinionet son jugement étaientdéjà établis. »Il y a deux mois, unchercheur de l'ORSTOMavait été déplacé de sonposte calédonien pourMururoa est malade, ébranlé roa dont la structure est fragi- l'époque, écarté. tout risque. avoir pensé que les Kanakspar les multiples essais nucléai- lisée par quatre-vingt-dix ex- Aujourd'hui, il faut déména- n'avaient pas forcémentres français. Alors on change plosions nucléaires en dix ans. ger, c'est donc que les risques toujours tort. Paul Naudd'atoll. Le vice-amiral Thi- «L'intégrité de la structure existent. Après avoir usé Mu- est en prison pour avoirreaut (directeur du Centre ex- des calcaires coralliens a été al- ruroa et fait courir des risques été pro-indépendantiste.périmental du Pacifique) a an- térée par fissuration, tasse- de contamination à tout le Pa- Des dizaines de militantsnoncé que les prochains tirs, ment et glissements sous- cifique Sud, les responsables FLNKS sont passés par lesplus puissants, seront effectués marins », constatait en 1983 le français persistent et signent à prisons du territoire pour, '1 d' A Fangataufa : ce sont des ex- leurs opinions. D'autresà Fangataufa, à une quaran- professeur neo-ze an aIs t- ont été purement ettaine de kilomètres de l'ancien kinson. Des effondrements plosions de 130 kilotonnes simplement abattus. Lasite. Utilisé comme site secon- sous-marins ont fait déferler (quatre fois Hiroshima) qui démocratie française, daire jusqu'en 1975, ce nouvel des raz de marée sur l'île. Les vont y être testées. Avec les voyage décidément trèsgatoll remplacera donc Muru- autorités françaises avaient, à mêmes risques. 0 mal dans le Pacifique.OI~~~~~~~----~~~--~------~----------------------------------~.LONGUEATTENTEPOUR MALIKL'instruction de l'affaire MalikOussékine commence à êtrelongue. Voici dix-huit moisque le jeune étudiant est mort,victime de la brutalité des policiersd'une brigade de motocyclistes.A ce jour, aucune reconstitutionn'a eu lieu. Mais le jugeJeannin, chargé de l'instructiondu dossier, vient de demanderune nouvelle expertisesur les circonstances et les causesde la mort de Malik. Lepremier rapport s'étendait longuementsur la maladie rénaleet les activités de la victimedans les jours précédant samort, sans s'intéresser beaucoupaux circonstances violentesdu décès.Il apparaissait que Malik Oussékinerisquait « la mort subite», le« choc émotionnel »,« la gêne respiratoire » dans la« course en montée » de la rueMonsieur-le-Prince. Les coupsde matraques et de piedsn'étant qu'accessoires.Quatre nouveaux experts ontdonc été nommés qui, dix-huitmois après les faits, devrontrépondre à des questions précises: les violences subies parMalik ont-elles joué un rôledans sa mort? Si oui, lequelpar rapport à d'autres facteurséventuels? Ce rapport est à remettresur le bureau du juge le30 juin 1988. Après les élections.0• FolkloLe Pen participait débutavril à une rencontreeuropéenne de la jeunesse,la sienne. Avec délégationsde groupes d'extrêmedroiteitaliens, espagnolsou allemands.Que croyez-vous qu'iladvint: un grand banquetoù l'on se mit à chanterl'hymne fasciste espagnolou des chants militairesallemands. Explication desresponsables du FN qui ontdû regretter d'avoir invitéla presse : « Ce sont deschants folkloriques. 1/s ontun peu bu. Rappelons quecette excuse a déjà servi àAssas, ou des nazillonsavaient chanté des chantsnazis. Le FN n'y avaitentendu que des chants• MOON PRESIDENT VIA LE PEN 1Le candidat des chrétiens intégristeset des nationalistes farouchesreçoit dans sa campagnede bien curieuses aides.Curieuses, mais très utiles. Selonle Canard EnchaÎné, lasecte Moon vient de transformerle nouveau siège de sabranche politique Causa (ruede Chatillon, à Paris) en permanenceélectorale lepéniste.Magnétoscope avec discours "du chef, piles de tracts ou de ~discours à distribuer, affiches 8lepénistes sur les murs, mili- gtants affairés, colleurs d'affi- r....ches ... «Notre activité sera Beaucoup d'argent circuleentièrement consacrée à Le dans ces affaires. La sectePen jusqu'en mai », assure in- vient de s'offrir le Trianonnocemmentle Mooniste de Palace (quatre étoiles) à Verservice.sailles, de nouveaux locaux auLa secte - dont on sait qu'elle Palais Royal et rue de Chatilestimmensément riche, les Ion, le château de Bellinglise ...Moonistes travaillant quasi En France, le vrai patron, c'estgratuitement - est d'ailleurs Pierre Ceyrac (également restrèsactive en France ces ponsable de Causa-Europe) ettemps-ci. En utilisant des pa- le neveu de l'ancien présidentravents associatifs, elle cherche du CNPF a beaucoup voyagéà s'infiltrer un peu partout. récemment: en Uruguay où laHier, c'était une rencontre sur secte est richissime, aux Philip­Le dilemme dans l'Art, en sep- pines, en Corée du Sud (où latembre se sera un Séminaire in- secte a son siège et possède deternational sur l'Europe. nombreuses usines) ...• Une conscience s'est éteinte« Ma vie entière a été une lutteentre l'activiste et l'écrivain... » disait l'an dernierAlan Paton, l'écrivain sudafricainrécemment décédé.En 1948, il avait écrit, aprèsavoir travaillé des années àSoweto « Pleure, 0 mon paysbien aimé », un des premiersouvrages critiquant la situationfaite au peuple noir d'Afriquedu Sud.Toute sa vie, Alan Paton auraété un adversaire acharné del'apartheid, intellectuel n'hésitantpas à descendre dansl'arène politique avec son partilibéral qui luttait dans lesannées 50 et 60 contre la miseen place progressive des loisd'apartheid. En 1960, on luiretira, pour dix ans, son passeport.Depuis, jamais son soutien auSung MyungMoonLes ramifications vontjusqu'au Japon, autre pointfort de l'organisation. Au Japon,le chef de Moon s'appelleM. Kuboki. C'est le même Kubokique l'on retrouve parfoisdans les réunions électorales deLe Pen, et encore le même quifigure dans son comité de soutien.Tout comme le Ceyracpatron français de la secte estle même que celui qui siège auParlement européen pour ... leFront national ! Pas de problème,tout ça tourne très rondet, selon le Canard, les rondstournent pas mal aussi .. 0combat antiapartheid ne s'étaitdémenti. Pendant trente ans,l'activiste l'emporta sur l'écrivain.Les deux mélés laisserontsans aucun doute le souvenird'un homme complet, véritablegrand écrivain, « politicienamateur» comme il le disait,en tout cas homme de conscience.LA JEUNESSE ÉTUDIANTE CHRÉTIENNEFACE AU NAZISME ET A VICHY1938-1944Alain MICHELPréface de René RÉMONDCette étude révèle à quel point la J.E.C. s'est opposée au National-Socialisme, à la fois stigmatisécomme menace pour la chrétienté et péril pour la démocratie. Un livre qui comble une lacune de notrehistoriographie et fait revivre l'un des principaux mouvements d'Action Catholique.•ISBN 2-85939-299-8.318 p., broché, 160 X 240, 180 FF~ PRESSES UNIVERSITAIRES DE LILLEtraditionnels et ... « Petit LM R ue d u B arreau. B . P . 19959654 . V'II 1 eneuve d'Ascq Cédex. France. 'rE: 20.91.68.24 ..~~p~a~p~a~N~o~ë~~~,~~~~~~~ __ ~::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::~JDifférences - n° 78 - Mai 1988


Il• PROCES LAMBERT:DU SAC A L'ACTEDe quelles affaires sont investisles « chargés de mission»du Front national? A Marseille,André Lambert,« grande gueule» de comptoir,en est un. Inculpé pourcoups et blessures avec arme,il fait connaissance depuisquelques semaines avec la prisondes Baumettes. Débutavril, la chambre d'accusationa confirmé la mise en détentionprovisoire.Ancien du SAC, patron duBar des Yachts, Lambert participeactivement au désordreet à l'insécurité créés par leparti de Le Pen dans la ville.Le 8 mars dernier, il tirait uncoup de pistolet à grenaille enplein visage de Laurent Zaaboul,jeune Marseillais devingt-deux ans, animateurdans un centre socioculturel.Résultat : cinq dents en moins,la joue esquintée, une incapacitépartielle permanente.Ce jour-là, Laurent et son copainAhmed (qui exerce lamême profession que lui) onteu le malheur de s'arrêter devantles Yachts pour regarderles affiches représentant le« gros blond », sourire hypocritementpublicitaire et liftingobligé. Lorsque plusieurs personnessortent du bar insulterles deux passants, Laurent,garçon tranquille et peu enclinà l'affrontement, leur répondpoliment. Ahmed n'intervientpas. Mais Lambert est déjà làavec son pistolet braqué (desmunitions ont par la suite étéretrouvées chez lui mais l'armea disparu et les consommateursdu bar « n'ont rienvu »).Lambert tire aussitôt en visantLaurent à la joue. Lorsque lespoliciers arrivent, Lambertsort avec un 22 long rifle.L'uniforme arrête le missionnairedu Front dans son gestecriminel.Au-delà des circonstanceselles-mêmes, c'est toute l'atmosphèrecréée par le Frontnational qui est ainsi confirmée.C'est aussi la manièredont la très fictive légitime défenseest justifiée après couppar les racistes: « Zaaboul,c'est pas un nom français, seplaisent-ils à seriner, Arabe ouau moins juif ... »L'issue de cette affaire, aujourd'huiaux mains de la justice(le procès aura lieu dans lecourant du mois) répondra àune question: Marseille va-tildevenir la propriété privée dequelques malades de la gachette? Une lourde responsabilitéincombe à la chambrecorrectionnelle qui va statueret les Marseillais, en particulierles jeunes, attendent que justicesoit faite.Pour sa part le Front nationala pris fait et cause pour lefranc-tireur. Le député ducoin, Pascal Arrighi, a mêmele culot de vouloir retourner lasituation en faisant de l'agresseurun agressé. Maître Collard,l'un des deux avocats deLaurent (avec Dany Cohen) adéclaré: « En présentant M.Zaaboul comme un provocateurqui cherche délibérémentl'incident, non seulement PascalArrighi ment, mais répandl'idée dangereuse pour l'ordrepublic qu'une provocation justifieun coup defeu en plein visage.»Laurent, sa famille, ses copains,la jeune femme qui asuivi toute la scène et s'estporté témoin, le comité de soutienqui s'est constitué sur lelieu de travail de Laurent, tousvont probablement être édifiéspar la défense de Lambert. Laquellene manquera pas de déformerla réalité. Le conditionnementpar la propagande fascisteet raciste qui fait passerà l'acte sera comprise et justifiée.Notamment par JeanRoussel, défenseur de Lambert,et militant actif du Front.Quelle sera dans ce grave contextel'attitude du parquet,celle du procureur de la République,représentant de la société? Quelle sera la sanctionadoptée? Des réponses à cesquestions dépend la sécurité dela société civile marseillaise. 0CHERIF A BENABOESSAOOK• Qui a signé 1Cinq cents des six centssignatures présentant lacandidature Le Pen auxprésidentielles ont étépubliées au Journalofficiel.Pas de surprise, les élusdu Front national(députés et conseillersrégionaux) ont affichéleur opinion. Mais ilsemble bien que lacampagne du MRAPcontre le soutien à LePen ait eu un certainsuccès. Il faudra, biensûr, voir les choses deplus près, mais unpremier coup d'œilmontre qu'aucun maired'une ville importante,aucun élu de la majoritén'a signé cetteprésentation.Même dans le Sud -terre d'élection desprises de contact entreFN et politiciens locaux- aucun maire desBouches-du-Rhône oudes Alpes-Maritimes n'asigné. Jean-ClaudeGaudin et JacquesMédecin (pour qui le FNn'est pas un ennemi)ont su retenir leurstroupes. Dont acte.Quelques départements- la Corse, la Mancheou l'Oise - fournissentbizarrement de bonspaquets de paraphesalors que le Frontnational n'y est pasvraiment implanté.L'analyse plus pousséeen donnera la clé. Unpremier élément toutde même, pour ce quiconcerne la Manche : LePen y aurait toutsimplement repris lesvieilles revendicationsdes bouilleurs de cru:ceux qui veulentpouvoir transformerleur piquette en pousseau-crime.• EMBLEMES • CONGRESNAZIS INTERDITS SANS CASSELe port en public des uniformes,insignes ou emblèmes nazisest désormais interdit. Undécret, paru le 24 mars aùJournal officiel, signé de JacquesChirac, indique précisémentque, « sauf pour les besoinsd'un film, d'un spectacleou d'une exposition comportantune évocation historique», le fait de porter oud'exhiber les uniformes, insignesou emblèmes rappelantceux qui ont été portés par lesmembres des organisationsnational-socialistes, sera sanctionnéd'un emprisonnementde dix jours à un mois et d'uneamende de 2 500 F à 5 000 Fou de l'une de ces deux peinesseulement (Code pénal,art. R 40). Quarante-deux ansaprès la défaite nazie, il étaittemps.Réuni à Noisiel, début avril, lecongrès de SOS Racisme a rassemblétrois cents délégués environ.Un des gros morceauxde la réunion aura été la discussionautour des événementsdes territoires occupés. Les appréciationsportées par différentsdirigeants - et notammentles déclarations d'EricGhébali en Israël - avaient diviséle mouvement. Au pointque l'Union des étudiants juifsde France avait annoncéqu'elle « reconsidérerait ses relations»avec SOS Racismedevant les initiatives « antiisraéliennes»prises par certainscomités.Pas de casse, c'est finalementla voie du compromis qui a étéchoisie: affirmant la solidaritéavec les victimes de la répres-• L~s HLM de la Seyne :le racisme est dans l'escalierL'Office HLM de La Seyne,dans le Var, gère cinq mille logementssociaux. Sociaux? Avoir.Lorsqu'en février dernier leconseil d'administration desHLM de la ville vote le règlementintérieur de la Commissiond'attribution des logements,personne n'y trouve àredire. Seuls les représentantsde la Confédération nationaledes locataires (CNL) votentcontre. Le règlement adoptén'avait rien d'anodin. Outre ).,des mesures financières qui revenaientà exclure les plus pau-vres du secteur HLM, il pré- ...,L..________________:>.e:::::::~"____sion et le droit des deux peuples« de se voir reconnaÎtre ledroit à l'existence dans desconditions qu 'il leur appartientde déterminer ».Certain.s délégués, dont KaissaTitous, demandaient du concret: la condamnation de larépression, son arrêt, le retraitde l'armée israélienne et la reconnaissanceexplicite du droitdes Palestiniens à une terre. Ilsn'ont pas été suivis, et le responsablede l'UEJF, consultépar téléphone, a donné son accordsur le texte adopté.Enfin, le Congrès a décidé desix propositions de lois à soumettreaux candidatsprésidents,notamment sur ledroit de vote (local) pour lesimmigrés et la réforme duCode de la nationalité. 0...JBwenando, le premierjournal de Kanaky, dénonceles solutions « rhodésiennes »envisagées par la droite locale,démonte la provocation deTiéti et montre le rôle decertaines églises. Avec, enplus, nombres d'informationsimportantes sur la réalitécoloniale (BP. 1671 Nouméa).Formation , éducationnationale, alphabétisation. len° 1111 d'Hommes etMigrations tente de faire letour de la question.La Lettre d'information(n ° 70) de France terre d'asileest consacrée aux expulsionsd'Iraniens de décembre 1987.Réactions à chaud, chronologiemais aussi analyse juridique etdémonstration de la violationdu droit international dans cesexpulsions.Numéro spécial pour leBulletin du Cedetim. Unelivraison entièrementconsacrée à la répression auMaroc ( 14, rue de Nanteuil,75015 Paris).Alerte atomique duMouvement pour ledésarmement, la paix et laliberté (MD PL) donne dans sonnuméro d'avril un dossierKanaky et la copie d'unelettre envoyée à tous lescandidats présidents sur ledésarmement (BP 2135,34026 Montpellier).Mrax Information, la revue,/u Mouvement contre leracisme, l'antisémitisme et laxénophobie fête son 50·numéro. Nos amis belgespublient beaucoupd'informations sur l'extrêmedroite belge.voyait de limiter à 10 IY/o leL'Iran fait le dossier du-nombre des immigrés et sus- Ce que ne dit pas ce monsieur, jourd'hui comme encompendaittoute attribution de 10- c'est que cet « entassement >}, brants!Bulletin CITIM : quinzepages sur la guerre, le poidsgement aux Gitans, très nom- ce sont ses services qui l'ont Les magouilles de La Seyne des religieux, les minorités, labreux dans la région. programmé, puisque ce sont ont vraiment une forte odeur vie quotidienne (70, rue deUn journaliste localier sort eux qui attribuent les loge- de scandale car c'est aussi là Bayeux, 14000 Caen).l'affaire, mais André Moritz, ments ... comme si certains que Charles Noblia, membrele président de l'Office muni- avaient voulu créer un ghetto d'un groupe d'extrême droite, Nous, le magazine de CSF,cipal en rajoute, sans pro- pour mieux le dénoncer. tué avec trois de ses amis par propose dans son numéroblème : « Quand je parle de Quant aux Gitans, le bruit l'explosion de leur propre d'avril un dossier sur la prisonstopper l'immigration, je parle court que leur arrivée massive bombe était ... administrateur et le travail, une interview deb· d ~,r h 'b' rr . Pierre-Patrick Kaltenbach,ten es mag re II1S. l ant plS est due à ce qu'ils ont été lar- de l'office HLM. Le deuxièmemembre de la Commission dusi l'on me traite de raciste, gement utilisés comme colleurs adjoint du maire, Charles Sca- Code de la nationalité.mais lorsque je constate que d'affiches durant la dernière glia, a, lui, été abattu dix jours Egalement quatre pages surdans certaines tours on a en- campagne par. .. André Mo- plus tard et remplacé par An- Haïti, cette dictature maquilléetassé jusqu'à 55 % d'immi- ritz. Il leur avait promis des 10- dré Moritz. Celui des HLM de en démocratie (53, rue lEIL-________________________________________________ grés, le dis non! » gements, il les dénonce au- La Seyne. Quels ~~~ HLM? ___________________________0 Riquet, 75019 Paris).IDifférel/cl's - 'l"' 78 - Mai /988


POUR MEMOIREIl_ ELUS CONDAMNES.Les maires communistesde Vitry et Ivry ont été assignésau tribunal des référésde Créteil. Motif: lamention « étudiant assassinépar les forces de répression», figurant surdes plaques baptisant lesplaces Malik-Oussekine.A l'origine de ces plaintes:des élus RPR, l'associationFrance avec sa policeet le Syndicat indépendantde la police. Letribunal a suivi les plaignants,considérant quecette mention « porte atfeinteà l'honneur de lapolice ». (26 mars)Les flics en ont marre.Ils se sont retrouvés àcinq cents pour manifesterà Nice, le moisdernier, contre les policesmunicipales. Les« municipaux» quebeaucoup ont tendanceà appeler les milices onten effet tendance à abuser.La manifestationdu Syndicat nationaldes policiers en tenues'est déroulée à Nice,souligné le danger, lesplaintes se multiplient,les illégalités sont établies.Même le préfet deNice a admit « qu'àNice, il y a plus de difficultésqu'ailleurs, carla police municipale yest plus importante ».Un détail de plus, 40 0/0de ces milices municipalessont concentrées surla Côte d'Azur et, quel'on sache, leur efficaetce n'est pas un hasard: à Nice, lesmunicipaux sont deux cents, bienpayés et bien armés. Ils n'hésitent pas,en toute illégalité, à contrôler et interpellerdes « suspects». On parlemême de patrouille en civil à la recherchedu « flag ». A Hyères, l'hebdomadairePolitis a pu faire état defichages de la population et d'écoutesclandestines. Les flics de la « nationale» en sont a dénoncer les milicesdes maires armées de Magnum3S7, « un danger pour nos libertés»disent-ils. Pour eux, la police c'est affaired'Etat et la sécurité doit êtreconfiée à des policiers formés.L'inspection générale des polices a_ CINQ MILLE MORTS.Manifestation à Pariscontre les bombardementsà l'arme chimiquede l'armée irakiennecontre des civils kurdes. Ily aurait eu plus de 5 000morts. (30 mars)_ NOIRS ET BLANCS. Sixdes sept responsables dela Genkor, une sociétéminière sud-africaine, ontété acquittés par le tribunal.Ils étaient accusé decontraventions aux règlementsminiers et d'homicidescontre 177 mineurstués dans l' accident demine de septembre 1986.POLICECONTREMILICE_ SECHERESSE. Plusieursmillions de Chinoissont gravement affectéspar une sécheresse detrois années consécutivesdans la province deGansu (au Nord-Ouest).Plus de 500 000 paysansauraient déjà quitté leursterres. (1er avril)_ BOYCOTT. WinnieMandela appelle les paysoccidentaux à appliquerdes sanctions efficacescontre le régime raciste dePretoria. « De telles mesuresaideraient les Sud­Africains dans leur luttecontre l'apartheid »,affirme-t-elle. (2 avril)cité n'est pas telleque la criminalité ou la délinquanceait baissé de façon notable dans la région.Un projet de loi navigue quelquepart entre le ministère de l'Intérieuret les bureaux de l'Assemblée.Le principal syndicat de police, laF ASP, a obtenu son retrait in extremisen décembre 87 : le texte en étaitpar trop favorable au municipa~x.Mais rien ne dit, selon les policiers,que le projet de loi ne reviendra pasun jour ou l'autre, sous une forme ousous une autre, pour élargir et légaliserles interventions de ces polices municipalestoutes dévouées au pouvoirlocal en place._ SONDAGE. Un « ticket» démocrate Dukakis-Jacksonaux présidentiellesaméricaines battraitle candidat républicain,selon un sondage de la revueUS News and worldreport. (4 avril)_ MASSACRE. Selon lemouvement kurde UPK,les Irakiens auraient déplacépuis tué 400 civilsblessés par ses armes chimiques.Sous prétexted'aide médicale, les victimesauraient été amenéesau camp de Tanjaro et liquidées.(4 avril)_ ACTION PREVENTIVE.L'Arabie Saoudite achètedes missiles chinois, Israëlavertit d'une possible« action préventive » .Washington et Paris annoncentqu'ils condamnenttoute action militairecontre l'Arabie Saoudite.(S avril)_ RAID. Offensive sudafricainedans le sud del'Angola contre la base deCuito-Cuanavale. La précédenteoffensive avaitété un échec pour Pretoria.(S avril)_ RACISTE. Le gouverneurde l'Arizona (USA),Evan Mecham, est destituépar le Sénat de l'Etat.Menace de mort, détournementde fonds, racisme,antisémitisme ...c'était trop. Il avait, parexemple, décidé d'annulerle jour férié dédié àMartin Luther King. (6avril)_ BLOUSES BLANCHES.La revue soviétiqueDroujba Narodov publieles souvenirs du seul survivantde « l'affaire desblouses blanches », médecinsjuifs victimes en1952 de la répression stalinienne.La revue rendégalement hommage auxécrivains du comité antifacistejuif fusillés dansles années cinquante. (6avril)Maximin Chune, directeurLes mineurs tués étaient _ BARBARE. Des miIi-de la revue Visu de la presque tous des Noirs. tants antiracistes démon-Réunion a été condamné Les directeurs acquittés tent le stand sud-africainà trois mois de prison sont blancs. (1er avril) de l'exposition internatioavecsursis et 60 000 F _ DOSSIERS MAN- nale de fleurs à Cagnesd'amendepour incitation QUANTS. Kurt Wal- ~ur-Mer. Le consul addheimà la haine et à la discriminationaurait collaboré joint de Pretoria a trouvéraciale. (29 mars) avec les services améri- cela ... « barbare»! _ REFUGIES. 13,3 milcainet britannique après (2 avril) lions de réfugiés dans le_ REHABILITATION. la guerre en échange de _ INTERETS. L'Union monde. Leur nombre neabri selon un rapport desNations unies. Parmieux, 40 % des habitantsdes pays en voie de développement.(7 avril)_ ARMENIENS ENGREVE. Reprise du travailen Arménie soviétique,après des grèves étaléessur une dizaine dejours. Le mouvementavait été déclenché aprèsles meurtres d'Arménienscommis dans le Karabakh.Fin mars, la grèveavait paralysé Erevan, enArménie soviétique. (7avril)_ MISSILES. Reprise dela guerre des villes dans leconflit Iran-Irak. En sixsemaines, Téhéran a reçucent huit missiles et Badgadtrente-deux. Ces tirsont fait des centaines detués, civils pour la plupart.(7 avril)_ ARMES CHIMIQUES.Le ministre ouestallemanddes Affairesétrangères estime qu'unaccord sur l'élimination. des armes chimiques est« une urgence prioritaire». (8 avril)_ MILLIARDS. Les Chinoisn'en ont pas fini avecles problèmes de surpopulation.Selon leurs statisticiens,leur populationdevrait croître durant encorecinquante ans : ilsseront un milliard et demien 2038. (8 avril)_ CONTROLE. Neufscientifiques soviétiquesarrivent aux USA pourdes expériences portantsur les méthodes de vérificationd'un accord interdisantles essais nucléaires.Les Américainsavaient fait de même enURSS en 1986. (8 avril)_ BOUM! L'avocatblanc sud-africain, AlbieSachs, exilé pour activitéanti-apartheid, est grièvementblessé par l'explosionde sa voiture. Uneaction des services spéciauxde Botha à Maputo,au Mozambique. (8 avril)Neuf hauts-comman- l'élimination de dossiers Carbide, responsable de cesse de croître: un mil- _ IRRESPONSABLES. Endants de l'Armée rouge, relatifs à son passé dans 2 850 morts et de milliers lion et demi de plus pour 1986, cent cinq personnesdont le maréchal Toukhat- la Wehrmacht. Des dos- de blessés en décembre la seule année 1987. (6 ont trouvé la mort dansche v ski , siers manquent effective- 1984 à Bhopal en Inde de- avril) les commissariats sudfusilléssur ordre de Sta- ment dans les archives an- vra verser 192 millions de africains alors qu'elles seline pour « trahison », en glaises, alors qu'ils figu- dollars de dommages et _ SANS-ABRI. Un mil- trouvaient en garde à vue.1937 ont été réhabilités. rent dans les index, note intérêts à ses victimes. liard d'hommes vivent Ces chiffres proviennent• 1 __(~2~9_m~a~rs~)_______________I_e __ ~_im_e_s_._(_I_.r_a_v_r_i1_) _______(~4_a_v_r_i1~)________________d_a_n_s_d_e_s_t_a_u_d_is __ o_u_s_a_n_s_-___ d_e __ se_r_v_ic_e_s_o_f_fi_c_ie_ls __ su __ d---lPlus de trente millionsd'électeurs étaientconvoqués aux urnes le24 avril pour le premiertour de la présidentielle.Parmi les inconnues, lescore du seul candidatcondamné pour racismeafri,cains qui ajoutent quequarante et une enquêtesont été ouvertes seulementet qu'aucune n'aconclu à la responsabilitédes policiers. (9 avril)et les accords éventuels_ TIR. La fillette israéliennetuée en Cisjordanien'est pas morte d'unepierre lancée par des Palestinienscomme celaavait été annoncé.C'est le tir d'un des accompagnateursqui l'a atteinte.(10 avril)_ AFGHANISTAN. Signatureà Genève d'un accordsoviéto-américanopakistano-afghanqui metfin à neuf ans de guerre.Les troupes soviétiques seretireront d'Afghanistandès le 15 mai. (14 avril)de désistement qu'ilpassera pour le secondtour du 8 mai._ ASSASSINAT. Le responsablepalestinienAbou Jihad est tué par uncommando des servicessecrets israéliens à Tunis.Dans les territoires occupés,c'est la révolte: vingtmorts par balles, plus decent blessés en une journée.(16 avril)- GREVE. Grève générale Vingt morts et cent règlement de compteet deuil de trois jours blessés en une seule entre Palestiniens.dans les territoires occu-J'ournée, c'est la répésoù les drapeaux noirsTout comme l'ambasponsede l'armée isflottentsur les camps pa-sadeur sud-africainraélienne à la vague delestiniens. Les boutiquesavait nié le rôle desdouleur et de colèreont été fermées, les terri-services secrets racisquia saisi les Territoitoiresinterdits à la pressetes dans le meurtre deres occupés après l 'as-Pour le deuxième jourDulcie September, lesasinat, à Tunis,consécutif. Deux Palesti-29d'Abou Jihad, le nO 2mars dernier, à Pa-niens ont été tués. (19 de l'OLP. ris, et parlé d'un règleavril)Un commando de ment de compte in-_ CEREMONIES. Cérémo- neuf personnes _ très terne à l'ANe.nies commémoratives du probablement des On savait déjà que les'45< soulèvement du hommes du Mossad dirigeants israéliensghetto de Varsovie en Po- israélien - a attaqué trafiquaient des armes- UNION. René Mars est logne. Un millier de per- sa maison et l'a exé- et des licences de faéluprésident du conseil sonnes participent à cuté devant ses en- brication avec les rarégionalde Franche- l'inauguration d'un mé- fants. L'ambassadeur cistes sud-africains.Comté en remplacement morial pour les 300 000 israélien à Paris a nié Voilà qu'ils échangentd'Edgar Faure, décédé. victimes du ghetto. (19 toute implication de des méthodes de réobtenirla vie sauve pourles six de Sharpeville, menacésde la potence. Lesmanifestants (plusieursmilliers) se sont retrouvésles uns devant l'ambassaded'Afrique du Sud,les autres à la Bastille. (18avril)_ MARSEILLE. 6 000 manifestantsdans les rues deMarseille à l'appel deMarsei Ile-Fraterni té.Cinq jours avant la présidentielle;les manifestantsprotestaient contrele racisme et la venue deLe Pen dans la ville. (19avril)_ CRIMINEL. John Demjanjuka été reconnu coupablede crimes contrel'humanité au terme d'unprocès de quinze mois.Sous le nom d'Ivan leTerrible, il était l'opérateurde la chambre à gazdu camp de Treblinka.Réfugié aux Etats-Unis, ilavait été repéré en 1976 etextradé vers Israël en1981. (19 avril)Le Front national a voté avril) son pays, affirmant pression. On a les mopourlui en échange d'une _ SHARPEVILLE. Mani- qu'il s'agissait d'un dèles qu'on peut. Agenda réalisé par II!IL-v~i~ce:-~p~re:'s~id~e~n~ce:.~(~1~4~a~vr~i~I) ___ f~e:st~a~ti~o~n~s~a:'~P~a~r~is~p~o~u~r __ ~::::::::::::::::::::::::::::::::::::::~ ________ ~R:f:NE~~:RA:N~Ç~O:~:J1iIDifférences - n° 78 - Mai 1988


Une actualité meurtrière vient de fairedécouvrir aux Français un peuple oublié,écartelé entre quatre ou cinq Etatsdifférents, soumis depuis des années à uneféroce repression. Mais les Kurdes existent,ils luttent pour leur liberté et réussissent àpréserver leur culture et leur identité.Mais qui sont-ils?DOSSIER REALISE PAR MARIE-JEANNE BERNAUn peupleoubliéde l'histoireLES URDESDifférences- n° 78 - Mai 1988Le Kurdistan : entre la Méditerranéeet le golfe Persique,530 000 km 2 de terrains montagneux,vingt millions d'habitants,une culture millénaire.Et, depuis des décennies, unpeuple qui mène une lutteacharnée, obstinée, pour retrouverson unité et sa liberté.Dans une indifférence quasigénérale. C'est sans doute le peuple le plus nombreux, sil'on excepte les Indiens des Amériques, qui n'ait obtenu nison indépendance, ni son autonomie, ni même le moindredébut de reconnaissance de son identité culturelle et ethnique.Celle-ci est pourtant forte et ancienne. Les Kurdesdescendent de tribus indo-européennes installées dans larégion depuis près de deux mille cinq cents ans; leur cultureest déjà très développée quand survient la conquêtearabe du 1 er siècle av. J.-C. (occupation sous laquelle ils achèverontleur conversion à l'Islam sunnite). Et dès le XIe siècle,de nombreuses principautés kurdes apparaissent, favoriséespar l'affaiblissement du pouvoir des califes. Elles jouissentd'une relative liberté. Au début du XVIe siècle,devenues possessions de l'Empire ottoman, elles verrontcette liberté s'accentuer.Les princes kurdes règnent sur des territoires autonomes.Cette indépendance relative durera trois siècles, jusqu'à ceque l'Empire de la Sublime Porte, en pleine décadence etmenacé, entreprenne de soumettre les principautés kurdes.En réaction, des révoltes éclatent, menées par les chefs traditionnels.Il ne s'agit pas encore des mouvements inspirés par lagrande idéologie du XIXe siècle, le nationalisme, mais d'unelutte contre un Etat qui empiète sur des droits acquis. Dirigéspar des princes aux intérêts divergents, les Kurdes neréussissent alors pas à organiser d'offensive militaire unifiée.Il Il Il ml


De leurs fiefs montagneux, ils mènent une résistance de harcèlementspar petites unités. Ces insurrections (1826, 1834,1853, 1880) seront durement écrasées.Les malheurs du peuple kurde commencent réellementaprès la Première Guerre mondiale, avec la défaite et l'effondrementde l'Empire ottoman (le 30 octobre 1918) et lepartage colonial qui s'ensuit.Il y eut d 'abord une fugitive lueur d'espoir : la promesse d'unEtat libre. Dans son Il Programme pour la paix du monde Il,le président W . Wilson déclare que les minorités non turquesde l'Empire ottoman doivent pouvoir bénéficier d'undéveloppement et d'une autonomie locale. Ces dispositionsfavorables sont ratifiées par le traité de Sèvres, signé entreles alliés et le gouvernement turc le 10 août 1920. Mais cetexte ne sera jamais appliqué. Les Kurdes ne verront pas naîtreleur pays.Entre temps, la Turquie, lésée dans d 'autres domaines parce traité, a entrepris, et gagnée, une guerre d'Indépendancemenée par Mustafa Kemal. Un second pacte est signé avecles puissances alliées: le traité de Lausanne en 1923. Pourles Kurdes, c 'est un désastre. Il impose d'autres décisionset consomme l'éclatement du Kurdistan. Le pays est divisé,son territoire et sa population partagés entre quatre Etats:l'Iran, Irak, la Turquie et la Syrie. Un savant découpage, entachéd 'intérêts coloniaux. La Grande-Bretagne, désireusede s'approprier le contrôle du pétrole de Mossoul, y parvienten adjoignant cette région à l'Irak, alors sous mandatbritannique. La France, elle, se donne trois zones de peuplementkurde, en les intégrant à la Syrie dont elle est la puissancemandataire.Pour le peuple des montagnes, c 'est la fin du rêve et le débutd 'un long cauchemar. C 'est qu'il ne s'agit plus pour lesKurdes de lutter pour leur autonomie. La question va bientôtse poser de leur survie.Trois millions de Kurdesmenacés d'exterminationpar l'Etat irakienEn Iran, le général Reza Chah, fondateur de la dynastie desPahlavi, confisque les terres kurdes, déporte des villages entiers.Les Kurdes s'insurgent et, profitant de la désorganisationdu pouvoir (le 20 août 1941 , les armées alliées soviétique,britannique et américaine sont entrées en Iran), fondentl'éphémère et légendaire République kurde de Mahabad,sous l'égide du Parti démocratique kurde iranien (PDKI). Ellevivra un an avant d 'être écrasée par les forces armées iraniennes.Quarante-sept ans après, le souvenir de cette victoireest toujours fidèlement célébrée par tous les Kurdesiraniens.Aujourd'hui, la situation est inchangée. En août 1979, à peinesept mois après la chute de la monarchie, l'ayatollah Khomeiny,décrète la Il djihad Il contre les six millions de Kurdesd 'Iran Il corrupteurs sur terre, enfants de Satan et contrerévolutionnairesIl. Ceux-ci avaient massivement boycotté leréférendum sur l'instauration de la République islamiste etrevendiqué un régime laïc et démocratique garantissant leurdroit à l'autonomie régionale. La lutte des résistants kurdes,pour un Kurdistan autonome dans le cadre d 'un Iran démocratique,risque de durer encore de longues années, sansdoute même après la fin du conflit du Golfe.En Turquie, la désillusion des Kurdes est amère. Durant laguerre d 'indépendance (1919-1922), les dirigeants nationalistesturcs n'avaient cessé d 'affirmer que le nouvel Etat seraitcelui des Turcs et des Kurdes et que Il l'identité et lesdroits de la nation kurde seraient respectés Il. La populationkurde avait fait confiance à ces promesses et apporté unecontribution décisive à la victoire des Kémalistes. Soixantequinzedéputés du Kurdistan siégeaient à l'Assemblée nationaled'Ankara.Mais, le 3 mars 1924, le régime de Mustafa Kemal revient surses promesses. Il abroge la Constitution (elle reconnaissaitles droits des Kurdes), dissout l'Assemblée. L'existence desKurdes est reniée, leur langue interdite, les bibliothèquesexpurgées des ouvrages mentionnant les mots kurdes ouKurdistan. Les Kurdes ne sont plus que des « séparatistes )),Il des Turcs montagnards ayant oublié leur langue maternelleIl. La répression est sanglante. Tortures, déportations,pour des milliers de Kurdes, assassinats. Ankara fait régnerla terreur dans les régions du Kurdistan. Actuellement, unquart de l'armée turque est stationnée dans cette zone.Néanmoins, un espoir est permis, des jours meilleurs sontpeut-être possibles. La Turquie s 'est engagée dans un processusd'adhésion à la Communauté européenne. Et il pourraity avoir des pressions de la part des pays membres. Difficiled 'accepter sans réticence un pays où les droits del'homme sont ouvertement bafoués.Mais c'est en Irak que se pose actuellement le plus cruellementla question kurde. Trois millions de Kurdes y sont menacésd 'extermination. Le massacre d'Halabja témoigne decette politique du gouvernement irakien. Dès le début, lesKurdes ont connu une très longue et meurtrière guerred'usure contre les pouvoirs en place à Bagdad. Des décenniesdifficiles alimentées par les rivalités internes et fluctuantau gré des accords et désaccords entre l'Iran et l'Irak.Si les Kurdes ont vu jusqu'aux années 1960 un certain nombrede leurs droits reconnus, dès 1961, le Parti démocratiquekurde est contraint d 'entrer dans la clandestinité. Nouvelleflambée de violence. Les résistants kurdes irakiens (lespeshmagas) seront soutenus par l'Iran du shah. En 1975, l'accordd 'Alger signé entre le shah et l'Irak met fin à ce soutien.Par centaines de milliers les Kurdes irakiens passentla frontière de l'Iran pour échapper aux représailles irakiennes.Autonomistes et séparatistes du Kurdistan d'Irak éclatenten branches multiples. Et il survient la révolution iranienneet la guerre Iran-Irak.j1~~~--------~----------~ ~La situation des Kurdes irakiens empire. Le régime de Bagdadengagé dans une guerre sans merci avec l'Iran ne peuttolérer la rébellion despeshmagas qui dans le Nord-Est del'Irak ont ouvert un véritable front interne et multiplient lesactions de sabotages. Sa réaction est sans nuance: déportations,villages bombardés, rasés, et bien avant Halabja, utilisationd 'armes chimiques contre des villes kurdes . .Aujourd'hui, sur les quatre mille villages kurdes, trois milleont été totalement détruits. A la différence des Iraniens quicombattent en priorité les militants armés kurdes, les Irakiensont une politique systématique de représailles qui frappentindistinctement peshamagas et civils kurdes. Tous les Kurdesirakiens sont menacés de mort. A tel point qu'une sortede consensus s'est dessiné depuis le début 1987 entre lesprincipaux mouvements autonomistes armés. Ils ont concluun accord tactique avec Téhéran. Pour eux, l'urgence, l'ennemiabsolu, c 'est le régime de Saddam Hussein. Il est arrivéque le Parti démocratique de Massoud Barzani, le hezbollahdu cheik Mohammed Khaled et l'Union patriotiquekurde (UPK) de Jalal Talabani combattent pour des actionsponctuelles aux côtés des Pasdarans. Seul le parti d 'AbdoulGjassemlou reste avant tout anti-iranien.En Syrie, si un plan d'arabisation dans le département de Djeziraa été entrepris en 1963, repris en 1967, si les Kurdes nebénéficient d 'aucun droit, ils vivent malgré tout dans un climatde relative tolérance.Telle est la situation actuelle. Le peuple kurde déchiré entreces quatre pays, miné par les représailles, la guerre, lesdéportations massives, est loin du jour où il retrouvera sonunité et sa liberté auxquelles il n'a jamais renoncé. Mais ceDifférences - na 78 - Mai 1988n'est même plus aujourd'hui sa priorité. Il Nous avons reculénos revendications Il, dit ce militant du PDK de Massoud Barzani,rencontré à l'Institut kurde de Paris. Il Nous voulons vivre,il faut faire quelque chose; jamais on a vécu une situationaussi terrible. Des annes de destruction massives se trouventdans des mains de fous. Et on a l'impression que tousles Etats sont d'accord, France, Etats-Unis, Union soviétique,pour que les malheurs du peuple kurde continuent. Qu 'estcequi nous reste pour tenter de changer le cours des choses?L'opinion publique de ces pays. Il faut arrêter ces crimes.Notre seul espoir, c 'est de retrouver l'espoir. Nous ensommes là. Il Mais comment y croire? Quand tous les Etatsgardent un silence complice et que la question kurde restepratiquement inconnue du grand public.Et quelles sont les raisons d 'une telle situation? Pour KandalMezane, directeur de l'Institut kurde, c 'est clair : Il Lespays qui se partagent le Kurdistan font partie des deux systèmesd 'alliance Est-Ouest. La Turquie fait partie de l'OTAN.Donc, les pays occidentaux ne souhaitent pas tellement abordercette question et soutenir ne serait-ce que moralementles Kurdes pour ne pas peiner leurs principaux alliés dansla région. L'Irak fait partie du monde arabe. C'est-à-dire unensemble politique économique diplomatique important.Les clients et amis de ce monde arabe ne veulent donc pasaborder la question kurde. Aucun état n 'en a le courage. Deplus, la France s'est engagée aux côtés de l'Irak. Et cela depuisau moins 1976. Et puis peut-être y a-t-i11e fait que le Kurdistan est une enclave difficile d'accès pour les médias. Etégalement la carence des Kurdes eux-mêmes, nous sommesune population qui a été maintenue dans un tel état de sousdéveloppementéducatif, culturel, que nous avons très peude cadres, très peu de moyens pour avoir une permanencerégulière à l'étranger. Nous sommes le pays le plus pauvre,le plus démuni à l'heure actuelle parmi ceux qui se battentpour leur liberté. IlMais les intérêts des uns, la vulnérabilité des autres n'expliquentpas tout. Certainement pas cette espèce de désintérêtgénéral pour la cause kurde manifesté par les mouvementsde gauche ordinairement plus prompts à réagir quandles droits d'un peuple sont bafoués, et ce même peuple persécuté.En fait, le plus grand tort des Kurdes, c 'est sansdoute, comme le souligne Maxime Rodison(Les Kurdes etle Kurdistan, petite collection Maspero), d 'être les opprimésdes opprimés. D'avoir revendiqué leur indépendance àIl l'encontre de pays naguère victimes de l'impérialisme occidentalet considérés comme chefs de file de la lutte contreeux Il. De quoi leur aliéner l'opinion de gauche internationale.Ou du moins susciter un profond malaise. Sera-t-ildissipé par les gaz meurtriers d 'Halabja. C'est la questionprincipale. De la manière dont il y sera répondu, dépendla vie ou la mort d 'un peuple.Il Il 1111


Ahmad Bamarni :« Nous n'oublierons jamais! »mHalabja, le 16 marssont là couchés sur la terre,serrés les uns contre les autres,ou semés, éparpillés auxquatre coins de la ville. Des dizaines,des centaines de cadavres,hommes, femmes, enfants, animaux. Sur leur corpsune huile brunâtre signe la:..-------' marque de leur mort: le gazmoutarde. Cinq secondes, cinq mille morts, dix mille blessésdont la plupart commencent une lente agonie.Il était quatorze heures trente ce jour-là lorsqu'un mirage FIirakien a pointé à l'horizon, venu de l'Ouest. Une explosionsuivie d 'un léger nuage. Plus un cri, un silence terrifiant. Lesrares survivants n'ont pas d 'autres souvenirs. Halabja : la premièreutilisation massive d'armes chimiques contre des civils,citoyens du pays qui les a bombardés, mais citoyenskurdes. Un qualificatif qui annihile, semble-t-il, tout droit ettoute protection, du moins au regard de l'Etat irakien.Halabja, rebelle, sympathisait avec les hommes de l'UP~(Union patriotique du Kurdistan) de Talabani. En effet, troIsjours auparavant, les soldats iraniens avaient fait une entréetriomphale dans la ville, guidés par les résistants kurdes. Etla ville était entrée entre leurs mains. Une rébellion à laquelleBagdad a répondu par un crime contre l'humanité, le massacrede milliers de civils.Cette disproportion ne semble pas gêner le régime de SaddamHussein, pas plus que le moyen employé. Quelquesjours après le bombardement, un communiqué du comman-dement supérieur affirmait le droit pour l'Irak (( à se défen-1 dre par tous les moyens Il. Une justification implicite de l'hor-reur en forme de promesse: Il y aura d'autres Halabja. Cen'était déjà pas la première fois qu'une ville irakienne, kurde,était bombardée à l'aune chimique. De telles agressions dansle Nord du Kurdistan irakien ont été nombreuses, faisant, làaussi, des milliers de morts. Mais elles n'ont jamais atteint,en une seule fois, l'ampleur du 16 mars.Maintenant qu'un certain seuil a été dépassé, on ne voit pasce qui pourrait freiner ce mouvement d'escalade. Selon lesexperts du Proche Orient, l'Irak est le plus grand producteurd 'armes chimiques de la région. Chaque mois, soixantetonnes de gaz moutarde et plusieurs tonnes de produits toutaussi meurtriers sortent de ces usines.Et l'Iran qui s'est toujours refusé jusqu'à présent, bien qu'ilen ait les moyens, à utiliser les armes chimiques, menacede les employer. (( Une fois que le rocher commence à glisser,il est difficile de l'arrêter Il , dit un proverbe kurde. Difficile,mais pas impossible. La force d'une opinion publiquemobilisée pourrait peut-être encore inverser le cours deschoses. Elle pourrait aussi susciter l'ouverture d'un large débaten France.L'horreur d 'une guerre chimique menée contre des populationsciviles sans défense, telle que nous l'avons vu sur nosécrans de télévision, la prolifération de ces armes et les risquesencourus de s'en servir d'une manière anarchique ade quoi faire réfléchir. Après tout, la France, par la voix deM. Chirac, a réitéré il y a deux ans, son intention de se doter(( d'un stock minim um d'armes chimiques à des fins dissuasivesIl, armes qu'une convention de Genève signée en1925 a interdit d'utiliser. Mais pas de fabriquer. Et nul à l'époque,à part le Parti communiste, comme le rappelait un récentarticle du Monde, n'a révélé, encore moins débattu cenouvel engagement de la France.D~~------~----~----~--------------------------------------~lIhmad Bamarni est le représentant en France del'UPK (Union patriotique du Kurdistan), dirigée par]alal Talabani.Différences: Après le bombardement d'Halabja par l'arméeirakienne, quel a été votre sentiment?Ahmad Bamarni : Nous n'oublierons jamais le massacred'Halabja. Mais il faut dire que ce n'était pas le premier. Ila été connu à cause de son empleur. Mais depuis le 15 avril1987, jour où le gouvernement irakien a utilisé pour la premièrefois les armes chimiques, elles sont employées systématiquementchaque fois que les attaques irakiennes classiqueséchouent ou que l'armée ne peut pas conquérir unendroit stratégique tenu par les maquisards. Les maquisardssont alors obligés de quitter l'endroit parce que c 'est un gazqui empoisonne la terre, les arbres, l'air, l'eau, tout. Nousavons déjà dénoncé cette situation dans une conférence depresse, il n'y a eu aucun écho.Comment expliquez-vous ce silence ?Il y a un lobby de droite pour défendre les Irakiens. SaddamHussein est un ami personnel de Jacques Chirac. Par rapportaux armes chimiques, la France participe directementà la construction des usines d'armes chimiques avec d 'autrespays. Il y a des experts français, allemands, italiens, hollandaisqui travaillent là-bas. Massoud Barzani l'a dénoncéclairement ainsi que Talabani et il a averti (( les experts deces pays, nous les considérons comme des criminels deguerre Il, qu'ils s'éloignent de ces constructions qui sont pourl'extermination du peuple kurde.Une autre raison du silence autour de nous, c'est que le peuplekurde est un peuple pacifiste. Nous avons choisi de lutterau Kurdistan. Pas en Europe. Pas par le terrorisme.On a beaucoup parlé de la division des partis kurdes. Oùen est aujourd'hui le mouvement de libération et ses composants?C'est vrai la division a existé, mais depuis 1985 il n'y a aucunaccrochage entre nous. Sur le terrain la collaborationest totale. On fait des opérations militaires ensemble. Nousavançons sur un front uni. Les partis sont en train de discuterd'un programme. Tout le monde est d'accord sur les principes,les orientations.Et la population kurde est derrière vous ?Vous savez, quand les grands partis politiques sont divisés,le peuple est divisé. Mais dès qu'on est uni, ça donne unnouvel élan. Il faut savoir une réalité: nous luttons pour notreexistence. Pour notre survie. Si le régime de Saddam Husseinn'est pas renversé nous attendons vraiment des joursnoirs, comme ce qui s'est passé contre les Arméniens en1915. Ce régime est capable de tout. Il y a 282 enfants kurdesdans une prison qui s'appelle Fadiliah. Ils ont de huità quatorze ans. Leur seul crime, un de leur proche est soitdans le maquis, soit réfugié à l'étranger.Quelles alliances et quelles perspectives sont possiblespour les Kurdes?Moi, je suis prêt à collaborer avec le diable contre SaddamHussein! Je ne peux rien imaginer de pire que ce régime.Il a une politique d'extermination des Kurdes. Sur 4 000 vil- Je voudrais dire encore, la France est le seul pays qui poslages,3 000 ont été complètement rasés, la population tuée, sède un secrétaire d 'Etat aux droits de l'homme. Ce minisdéportée,disséminée. Ils ont coulé du béton sur les sour- tre a un dossier sur les enfants exécutés en Irak, fait par Amces.Notre seule perspective c 'est la survie. Interpeller la nesty International. Ces enfants sont morts sous la torture,conscience des pays. Le silence des grandes puissances, les yeux arrachés. Nous lui avons envoyé des documentsde l'opinion publique, encourage le régime irakien.écrits, vidéos, sur d'autres exactions.S'il y avait eu à l'époque des premiers bombardements chi- Et maintenant, il y a des armes chimiques et M. Malhuret nemiques, une grande condamnation par la France, par tous se prononce pas sur le génocide kurde. Je comprends trèsles pays, le régime irakien ne se serait pas autorisé Halabja. bien les intérêts de la France avec l'Irak mais ça me fait malLa responsabilité des pays européens est engagée dans ce au cœur. Quand une mouche est écrasée à Varsovie ou àqui s'y est passé. Croyez-moi, s'il n'y a pas une campagne Kaboul, M. Malhuret est le premier à faire une conférencede dénonciation contre l'Irak, il y aura d 'autres Halabja, avec de presse pour défendre les droits de l'homme. Mais sur lestrois, quatre fois plus de victimes. C'est un cri désespéré que Kurdes, il garde le silence absolu, ne lève pas le plus petit Ilnous lançons. doigt. 0~D~œ~J


IDLvsR Eo ICI ET 0 AILLEURSQUESTIONS D'ETHIQUE « La Déclarationdes droits de l'homme reste une éthiqueà conquérir» : le propos de GilbertCollard, brillant avocat du barreau deMarseille, est sans ambiguïté. Dans un livre,En danger de justice (1), qui se litcomme un témoignage, il illustre parl'analyse des lois, mais aussi par l'exemplede cas précis, une thèse qui donnefroid dans le dos : « La démocratie judiciairen'existe pas. » Collard ne s'enprend pas aux individus, mais aux fonctionstelles qu'elles sont définies et pratiquées.« A longueur de journée monotone,écrit-il, des juges liquident par unesanction l'histoire bâclée, muette, inachevéeet forcément honteuse de leurs semblables.»Le livre de Collard n'est pas un pamphlet,même si, par moments, il s'en rapproche.Remontant à 1789, l'auteur se souvientqu'un vœu contenu dans les Cahiers dedoléances n'a jamais été exaucé: celui defaire prêter serment à tous ceux qui enregistrentla déclaration d'un prévenu. luges,policiers, hauts fonctionnaires devraientsolennellement s'engager à« respecterla présomption d'innocence, de nejamais arrêter ni retenir arbitrairement,d'obéir à la loi ». Mais « cela ne s'est jamaisréalisé, par crainte de passer dessymboles à leur réalité: toute l'histoirede la justice après 1789 sera de contournerce texte gênant dont il fallait sauverl'irréalité théorique ».Le rappel historique est bref. Les contrôlesd'identité, la garde à vue, la détentionprovisoire, les pouvoirs hallucinants desjuges, les lieux secrets d'accusation, d'arrestation,de détention: c'est là que Collardnous invite à pénétrer. De l'autre côtédu mur.On y découvre une analyse fine etconcrète de la notion d'identité et surtoutune condamnation sans complaisance deslois sécuritaires signées successivementpar Peyrefitte, Badinter et Pasqua. « Laprésomption d'innocence institutionalisala présomption de culpabilité », commentel'auteur, à propos des contrôlesd'identité« portés au rang d'institutionsnécessaires à la sauvegarde de la sécuritépublique ». Me Collard semble craindrepour la France la banalisation de l'incontrôlabilitéde l'autorité. Il constate:« Dans la paranoïa de l'identité, celle del'étranger ( .. .) est, par priorité, douteuse.C'est le contrôle systématique des étrangers.La même disposition à l'état de projeta provoqué l'indignation de vingt milleHollandais, qui ont manifesté dans lesrues d'Utrecht. En France, rien. »Les bavures sont dans ce contexte l'expressiond'« une enflure d'autorité quiaccepte et absout, a priori, tous lesabus ». Gilbert Collard ne méprise pas lapolice. Son réquisitoire est précisément unappel - alarmant - pour que la policeconquiert une maturité sociale et éthiqueen rompant avec le dogme édifiant selonlequel un policier a toujours raison parcequ'i! est un policier. Pour que la justiceconquiert une réelle indépendance parrapport à la police. Que la profession dejuge ne se réduise pas à une caste d'individus« qui ne se trompent jamais»Qu'une réponse soit trouvée à l'humainequestion que pose l'avocat: « Voir et entendreun homme, avant de décréter sonenfermement, est-ce un luxe démocratique?». 0CHER/FA B.En danger de justice, de Gilbert Collard,éd. Denoël.POCHE. Une merveille de poche, çaexiste! C'est un petit bouquin d'AhmedRassim ouvrant sur des poèmes dédiés àZomboul, la vieille servante «faiblecomme une lampe» et alignant des centainesde proverbes ou expression populairesdu Caire. Au hasard d'une page:« On lui dit: celui qui vivra verra. Et luide répondre: mais celui qui marcheraverra davantage. » 0Chez le marchand de musc, d'AhmedRassim. Editions Clancier Guénaud.ORIENT MAGIQUE. Le Léon l'Africaind'Amin Maalouf n'a pas encore fini denous étonner que l'auteur nous jette enpature un Samarcande de toute premièremain. Samarcande, c'est d'abordl'Orient, à travers divers lieux et personnagesmagiques et surprenants, au filcousu de légendes de l'aventure d'un manuscritdisparu.C'est la Perse d'Omar Khayyam, le poètedu vin, le libre penseur, l'astronome génialdu XIe siècle. C'est l'Orient de cesdeux derniers siècles, ce sont des idées etdes espoirs perdus et retrouvés.Ce peut être aussi l'occasion de découvrirles poèmes d'Omar Khayyam, celui quiécrivait « Lève-toi, nous avons l'éternitépour dormir », mais aussi: «Quelhomme n'a jamais transgressé Ta Loi,dis? / Une vie sans péché, quel goût a-telle,dis? / Si Tu punis le mal que j'aifait par le mal, / Quelle est la différenceentre Toi et moi, dis? »Samarcande : irracontable,chacun y prendra sa leçon ettous comprendront un peu mieuxl'Orient. 0La photo au service de larencontre, c'est Regards sur unquartier: La Goutte d'Or. Un petitlivre fait de services de treizephotographes et publié par Aidda. Al'évidence, la préface de RobertDoisneau n'enlève rien à la qualitéd'un volume divers, quotidien et siproche. 0Regards sur un quartier: LaGoutte d'Or, éditions Aidda.EXIL ET VOYAGE. Les poèmes de YéhudaHalévi font aujourd'hui partie dela culture et des prières juives. Poète desXIe et XIIe siècles, vivant en Espagne, ilest aussi le poète de l'exil et du voyage.Sa poésie fut aussi une des poutres maîtressesde la résistance à l'assimilation deson peuple dans un pays que musulmanset chrétiens se disputaient. Réédité en éditionbilingue (hébreu-français), des textessouvent très beaux, à découvrir. 0Le « Diwan », de Yehuda Halévi, auxéditions de l'Eclat.AFRICAIN PARISIEN Barnabé Laye estmédecin et écrivain. Et sa littérature n'estpas littérature de médecine, ni manuel dechirurgie ni traité de pédiatrie.Son premier livre, Une femme dans la lumièrede l'aube, est un livre du retour etde la mémoire nécessaire. Un Africain deParis se rend pour la première fois enAfrique, armé de la seule mémoire des récitspaternels, d'une Afrique largementrêvée et pourtant combien réelle.Parcours initiatique, où le héros devienthomme en même temps que révolté, le décorest une Afrique terre à terre et magiqueen même temps. On y croise des personnagesquotidiens et des femmes mythiques.C'est un continent vu de l'intérieuroù les touristes n'ont pas de place.Le drame y est au coin de la rue, l'espoirau bout du chemin, puisque la nostalgieléguée, le partage entre deux cultures etle choc de la réalité contraignent à vivre.Le drame y est au coin de la rue, l'espoirau bout du chemin, puisque la nostalgieléguée, le partage entre deux cultures etle choc de la réalité contraignent à vivre.• Les enjeux de l'école. C'estau-delà des modes et desbavardages que s'inscrit le travailde Claude Liauzu, universitaire, etde ses collaboratrices. IntituléL'école et l'immigration: enjeuxinterculturels d'une société plurielle,le dossier qu'ils ont réalisé est éditépar l'Institut de recherches etd'études sur le monde arabe etmusulman). 0Université d'Aix-Marseille.• Les armes rapportent gros.Un économiste, lean-Paul Hébert,pose une vraie question :« L'armement est un objet fuyant.Où va le profit? » C'est enspécialiste dûment informé qu'ilétudie les vente d'armes. Il met leschiffres sur table notamment celuici: huit cent cinquante milliards defrancs de commandes reçues depuis1960 permettent à l'industriefrançaise d'exister. .. et deprospérer. A quel prix ? 0Les ventes d'armes, éditions Syrois,6 rue Montmartre 75001 Paris.Collec. Alternatives économiques.• Le cinéma africain de A àZ. Enseignant et auteur deplusieurs documentaires(notamment Caméra d'Afrique,Prix de l'ACCT au festival deOuagadougou en 1983), FeridBoughedir signe aujourd'hui unouvrage qui était devenuindispensable: Le cinéma africainde A à Z . En trois parties, F.Boughedir jette « un coup d'œilpanoramique », analyse quatrefilms clés de la production africainerécente et propose un dictionnairecommenté des cinéastes d'Afriquenoire. A la fois guide pratique etébauche de réflexion, les cinéphilesapprécieront. 0Le cinéma africian de A à Z, de F.Boughedir, éditions OCIC, rue del'Orme, 8, B-1040 Bruxelles.Samarcande, d'Amin Maalouf Ed. J.-c. Un livre unique, un auteur à découvrir. 0Lattès. Du même auteur: Léon l'Africain Une femme dans la lumière de l'aube, de~e~t~l~es~C~r;o~~~a~d~e~s;v~u~e~s~p~a~r~l~e;s~A~r~a~b~e~s~. ____ B~a~rn~a~b~e~'~L~a~y:e.~E~d~.~S~e~g~h:e~rs~. __________ ~~~~~~~~~~~~~~~==~IIIIDifférences - nU 78 - Mai 1988


c sN E M AD'AUJOURD 'HUIL'AFRIQUE DU SUD, EN NOIR ETBLANC. L'Afrique du Sud et la luttecontre l'apartheid était cette année trèsprésents au Festival de Créteil, avec deuxfilms documentaires et un film de fiction,Betty Wolpert est née il y a soixante ansen Afrique du sud, Son film montre le retour« au pays» de deux femmes l'uneblanche, l'autre noire, Plus que les différencesde leur histoire, c'est leur confrontationavec les jeunes Noirs aujourd'hui,une génération impatiente devoir un changement radical tout de suite,sans attendre une hypothétique évolutionpacifique, Helena Nogueira avait dix-septans quand elle a quitté avec sa famille leMozambique, Elle va y retourner maintenantpour y faire son deuxième film defiction A farewell to Africa, Elle est enthousiastesur sa redécouverte du « paysnatal », des changements qui se sont produits,du cinéma tel qu'il se pratique làbas,de toutes les compétences techniquessur place,Un amour sud-africain présenté à Créteilest une fiction, Si le contexte politiqueest très présent, la réalisatrice expliquequ'elle ne peut pas, elle, cinéasteblanche, faire intervenir des Noirs directementdans l'histoire, Elle ne se sent pasen droit de le faire. Helena pense que Cryfreedom est un film important: sa formemême et le renom du metteur en scènepermettront la diffusion dans un large publicet peut-être la présentation en Afriquedu Sud.L'autre film, documentaire, ClassifiedPeople, tourné par une Française, YolandeZauberman, est un portrait, celuid'un couple. Robert a quatre-vingt-onzeans, il vit avec Dorie. « Classés» noirstous les deux, ils vivent dans les quartiersCANNES 88 Le 41 e Festival de Cannesfaitement maîtrisées par le comité de laSemaine internationale de la critique.Cette section créée il y a vingt-cinq ans parl'historien du cinéma Georges Sadoul estle point de rencontre des jeunes auteursdu monde entier. Cette année encore, desfilms rares seront proposés dans ce for-midable tremplin que sont festival et marchédu film de Cannes; des films venusd'Afrique, d'Asie, des Etats-Unis etd'Europe. Les thèmes de l'immigration ysont récurrents Tokyo Pop de Fran Kuzni(une Américaine au Japon), de l'histoirede la décolonisation en Afrique Testa-ment de l'auteur ghanéen John Akom-frah (la figure de N'Kwané Nkruma,vingt ans après), des migrations intérieu­res en URSS avec le film du Georgien Ti­mour Bablouani. De Chine populairevient le Puits, un premier long métragedécapant sur la place de la femme danssera marqué par un hommage à Arlettyet la présence de multiples stars. D'unelégende, l'autre, Robert Redford et ClintEastwood, passés du star-system à la réalisation,nous donnant rendez-vous avecdeux œuvres consacrées l'une aux Chicanos,l'autre à Charlie Parker, « theBird » ; retour en force des minorités auxEtats-Unis.Côté européen, on attend beaucoup del'adaptation de l'Œuvre au noir par le cinéastebelge André Delvaux; hommageobligé à Marguerite Yourcenar disparueen ce début d'année. Peu de choses sontconnues, à l'heure où nous mettons souspresse, de l'ensemble de la compétitionofficielle. Aux dernières nouvelles, lacrise du cinéma rend difficile les choix dessélectionneurs des différentes sections duFestival.réservés. Robert menait, au moment dela guerre de 1914, la vie d'un hommeblanc, de mère allemande. Engagé dansun régiment noir pendant la premièreguerre, il épouse une Française, il a deuxenfants. Surviennent en 1948 les loisd'apartheid et Robert se retrouve classéparmi les gens de couleur. Sa femme etses fils amenés à vivre dans les quartiersblancs se séparent de lui .Classified People: Dorie et RobertL'absurdité et la violence du système sontsoulignés dans le film par de courtes séquencesd'entretien avec un journalistenoir dont le frère est « classé» blanc, etde monologues d'un ivrogne blanc quiégraine des « évidences » racistes : « UnBlanc est un Blanc, un Noir est un Noiret un chien. » Ce film est diffusé par lamédiathèque des Trois Mondes. 0C. O.les séquelles çle la révolution culturelle ;autre situation difficile pour les femmes,celle de la Turquie avec Dolunay du réalisateurSahyn Kaigun. L'Inde enfin, avecla quête de l'identité et de la langue bengalidans les années 30-50 avec Ekti Jiban(Portrait d'une vie) de Raja Mitra.Une sélection passionnée que nous auronsl'occasion d'évoquer après Cannes. 0Jean-Pierre GARCIANotre collaborateur Jean-Pierre Garcia fait partiedu comité de sélection de la 27' Semaine internationalede la critique. Il y représente notre journal.CINEMA EN POCHE. Une toute nouvellecollection nous arrive de Belgique quinous donne à lire le cinéma. Elle s'apelleLong métrage aux éditions Yellow Now.Le format est vraiment de poche, à serrersur son cœur, ou glisser dans la manche.Les photos sont superbes. Le principeest un film par livre, une analyse, destémoignages, parfois une enquête. On yrencontre aussi bien M. Hulot en vacancesque la Gertrud de Dreyer, CharlesLaughton et Jim Jarmusch.CHRISTIANE OANCIEEN MAI VOIS CE aU'IL TE PLAIT.Le jeune cinéma va vraiment dominer lesécrans, dans ce joli mois de mai qui a toujoursvingt ans. Mehdi Charef présenteson troisième: Camomille. Jeanne Labrunesort enfin dans un grand circuit. EtClaire Denis présente à Cannes son premierné : Chocolat, tourné au Cameroun.oYves THORA V ALREGARDSSURLE CINEMAEGYPTIENPréface Jean LacoutureEditions l'HarmattanLe seul ouvrage en français surle cinéma le plus important dumonde arabe et de l'AfriqueIII ~~D~i~ff~ic~u~l~te~'s~q~u~i~s~e~m~b~l~e~n:t~a~vo~ir~é:t~é~p~a~r-~_u~n~e~s~o~cl~'é~te: ' ~p~r~o~fo~n~d~e~ ' m~en~t~m~a~r~q~u~é~elP~a~r __ ~============================:=JFootballAvec la tête !Tiens, du sport dans la rubriqueculturelle! Normal si l'on pense quela culture c'est d'abord la rencontre etsi les sportifs se mettent à voir plusloin que leur ballon.Le Red Star c'est cette drôle d'équipede football qui vécut une agoniedifficile avant de renaître, avec lesoutien de tout un département et denouveaux dirigeants.Et renaître avec le soutien de la Seine­Saint-Denis, ça veut dire quelquechose! C'est être lié avec les mômesdes cités qui tapent dans des ballonsavant de savoir marcher et avoir toutà leur apprendre.C'est avoir un public et un vivier dejoueurs de toutes nationalités quiviennent faire l'entraînement après leboulot pour certains.C'est savoir que se rencontrer sur unstade, c'est déjà vivre ensemble.Alors le Challenge, c'est d'abord pourse faire plaisir et pour rencontrer lesPortugais de Setubal, l'Africa sport deCôte-d'Ivoire, le Raja de Casablanca,la sélection nationale d'Algérie ou lacrème des footeux antillais ...C'est aussi l'occasion de réunir despartenaires associatifs sur descolloques: la violence dans le sport,par exemple, ou le racisme (avec leMRAP). Tout ça ne tient pas auhasard, les sportifs y sont sensibles.Voyez Zaïr Kedadouche, l'un desjoueurs de cette équipe.Différences : On parle de plus en plusd'une tournée sud-africaine desrubgymen ?Z. K. : Ils ont des relations privilégiéesavec l'Afrique du Sud. Il faut un boycotttotal et permanent. Cette tournée seraitune honte. C'est là-bas que le racisme estle plus fort. Ça existe aussi ailleurs, maislà ...Différences: Ce tournoi de l'amitié,comme joueur ... c'est important?Z. K. : C'est une fête, comme tous lesmatchs. De plus, ils viennent de l'étranger,c'est toujours enrichissant de rencontrerdes pays différents. Le réaliser enSeine-Saint-Denis, c'est bien, car Le Peny fait pas mal de voix. C'est une des réponsesqu'on peut lui donner: des gensdifférents qui portent le même maillot, lesmêmes couleurs et jouent ensemble. Cheznous, il y a quinze nationalités dansl'équipe première et, en équipe de France,c'est la même chose. Les joueurs sontd'origine africaine, antillaise, espagnole,italienne ...Différences: Tl n'y aura pas que desmatchs?Z. K. : Il y a aussi une réflexion sur lesport et la solidarité. Il faut élargir lestade ... alors on invite des associationsquand le stade ne suffit plus. La pressesportive ne joue pas son rôle dans ce domaine,il faut chercher ailleurs.Le sport c'est pas deux gars qui se rentrentdedans. Tout le monde y est gagnant,quel que soit le résultat de la compétition.Personnellement, j'en ai marrede me faire insulter sur le terrain, moi oules autres. On devrait pénaliser ces actes.Ils le sont bien dans la vie, pourquoi passur les stades?Différences : Mais qui en est responsable?Différences: Challenge de l'amitié et Red de la communication et c'est aussi le lieu Z. K. : Les éducateurs ont un rôle àStar 93, quel rapport? de tous les débordements, de toutes les jouer, les arbitres sont impuissants, lesZaïr Kedadouche : C'est une particularité haines. Dans les tribunes, tu l'entends... joueurs ne voient pas les vrais enjeux.de notre club et de ses dirigeants. Ce sont C'est un acte concret, sans équivalent en Leurs paroles révèlent leur personnalité,des militants pour le sport, et qui pensent France: comment lutter contre le racisme dans un climat passionnel. Il y a d'autresque le sport peut aider à régler pas mal par le sport. Au lieu de manifester dans façons de battre un adversaire. Ce ne doitde problèmes de société. Ils ont le souci les rues, les sportifs peuvent aussi mani- pas être un ennemi, et le vocabulaire spordela justice, de la solidarité entre les fester dans les stades ... les familles des tif, celui employé dans les vestiaires, estgens; d'aider les plus faibles. victimes d'actes racistes ne sont jamais un vocabulaire guerrier, c'est grave.Différences: Et ce type d'action te sem- dédommagées, pourquoi les sportifs ne Différences: C'est le Heysel ?ble efficace? verseraient-ils pas, à l'occasion, la recette Z. K. : Ça c'est l'extrémité, les déborde­Z. K. : C'est pour nous, sportifs, le meil- d'un match? ments. Mais c'est aussi les violences duleur moyen de lutter contre toutes les for- Différences: Chacun avec ses armes dimanche dans chaque village, quand onmes d'exclusion. Pour nous, le lieu pri- contre le racisme? course l'Arabe qui a marqué un butvilégié de la solidarité, c'est le terrain. Z. K. Oui. Tout le monde peut interve- contre les locaux, quand on essaie deMais c'est ambigu le stade, c'est le lieu nir. Chacun sur son lieu de travail ou coincer l'arbitre.de la plus grande intégration, le lieu sans d'activité. Pour nous, c'est ballon au Le racisme et la violence, ça marche en-~r~a~cl~'s_m_e~,_d~e_t_o_u~te~s_l~e~s_co~u~l~e~u~rs_d_e~p_ea_u~e~t __ p~I~·e~d~ . __________________· ______ ~ ____ s_e_m_b_l~e.~D~ _______________________ 1 IIIDifférences - n° 78 - Mai 1988


Sara AlexanderUN CHANT FAUTEUR DE TROUBLESBEUR-BLUES-FUNKAuteur-compositeur, interprète, Sara Alexander est israélienne et contestataire. Son chantrepose sur une poésie riche de paraboles et dit « l'urgence d'aimer» (1). Sur scène,l'interprétation se fait puissante, déchirante, dérangeante. Elle en appelle à l'utopie de lapaix. Ecoutez.dissent les souffrances du passé commeun laissez-passer» (2).Permettez-moi de vous raconter une histoirequi a eu lieu il y a deux ou trois ansdans un village arabe, Oum el Fakhem,en Israël. Les habitants d'un kibboutz ontappris que Kahana, le chef d'un partid'extrême droite, venait le lendemain installerson bureau dans ce village, une véritableprovocation ! Le soir ils ont prisdes camions et ils sont tous allés à Oumel Fakehm. Ils ont passé la nuit chez lesfamilles arabes. Le lendemain matin, juifset Arabes se sont enchaînés les uns auxautres tout autour du village pour empêcherKahana de débarquer. Il est effectivementreparti bredouille. La télévisionétait là. Une vieille femme du kibboutz,rescapée d'un camp de concentrationnazi, a interpellé les cameramen. Elle abrandi son bras et le numéro tatouéqu'elle portait au camp de la mort. Elleleur a dit : « Ça, pas chez moi, pas dansmon pays, jamais. »Amar Sundy est un jeune chanteur et musicien de bluesfunk.A 28 ans, il s'affirme déjà dans le monde de lamusique. Aujourd'hui, le public découvre sa voix et satechnique, toutes deux très maitrisées. Accompagné de troismusiciens, il a promené sa guitare et son feeling sur unescène du Printemps de Bourges. Un swing énergique,envoûtant.Se produire à Bourges, c'estimportantpour un jeune groupe?Oui, bien sûr. Cela fait trois ansque nous jouons ensemble dans lesclubs, les pubs, les festivals. On adéjà un public en région parisienne.Nous nous sommes fait connaÎtregrâce à un passage à l'Olympia avecLalanne et Higelin. Maintenant,nous avons besoin de nousstructurer professionnellement, audelàde l'aspect musical. Bref,montrer ce que l'on fait à un publicplus vaste, et rentrer dans lebusiness. Bourges offre cetteouverture auprès des acheteurs et deAu-delà des sarcasmes, la poésie la presse.Pour nous, cela a très bien marché.Le camp de la paix existe en Israël. Il ne La salle n'a pas cessé de se remplir.faut pas le sous-estimer. Personnelle- Peut-être, l'année prochaine,ment, je pense comme le Parti progres- reviendrons-nous sur une scène plussiste pour la paix, comme Shalom Ars- gran d e ...hav (La Paix maintenant) qu'il faut fairela paix au plus vite sur la base de la de- Tu as récemment passé un mois auxvise: deux peuples, deux Etats. Cinq Etats-Unis. Tu as déjà joué avec les« Je vais làoù la grainecents personnes, Israéliens et Palestiniens,étaient réunies récemment à Bruxellesplus grands noms du blues,B. B. King, Luther AUsson, Lindade la poésiepour en parler. Mais nous gênons les fa- Ho Kirs, etc. La France n'est paspeut semer la paix. » L-.. ____.JIil....:::;........ natiques pour lesquels nous sommes des un bon terrain pour démarrer?« Je suis née à Jérusalem. J'ai été élevéedans un kibboutz et l'éducation que j'yai reçue, le respect de l'être humain, estrestée ancrée en moi. Mon père venait deTurquie et ma mère de Roumanie. Aprèsle conservatoire de musique de Haïfa,c'est à Tel Aviv que je suis devenue comédiennedurant trois ans. Depuis quej'ai quitté Israël, il y a quinze ans, j'aiparcouru des milliers de kilomètres. J'aichanté à l'Est et à l'Ouest, au Nord et auSud. En Amérique latine, j'ai vécu dansun camion pendant une année. Nous allionsde ville en ville, de village en village.J'ai fini par me fixer en France.fauteurs de paix. »Ce n'est pas le plus facile. Les sallessuite très proche d'eux. Nous apparte- boutz, j'étais pétrie de patriotisme. On est A lafin de l'année dernière, les Etats-Unis pour se produire sont trop petites.nons à la même famiIie culturelle et poé- toujours formé par un discours. Mais peu découvraient un bien étrange duo: Sara Il est difficile d'en décoller. Et puis,tique. à peu, tu fais le tri (Sara fait le geste de Alexander et lmad Saleh, sociologue pa- l'activité de musicien professionnelIl d' tamiser), tu prends le bon et tu laisses le lestinien et musicien. A Boston, ils ont y est encore trop perçue commeL es sou"rances u passe h 'd 1·' marginale. Aux T. mauvais. J'étais, il y a quelques mois, c ante ans une synagogue, p erne a cra-TSA, au contral·re,l./ ,ne son t pas un 1 alssez-passer dans les territoires occupés. J'ai constaté quer, où ils ont eu droit aux embrassa- c'est un réel métier avec unJe chante pour des publics de tous âges. de visu la grande maturité du peuple pa- des chaleureuses et télévisées du rabbin. syndicat, avec des droits. Mais,Ce ne sont ni le décor ni l'enveloppe qui lestinien. Les femmes, les adolescents, les Même si les sarcasmes ne manquent pas aujourd'hui, peu importe où l'onm'intéressent, mais le cœur des gens. vieillards, tous ont un sens profond de de tomber de temps à autre, même si son démarre. Une carrière estDans un taudis ou dans un saloon, mon leur identité, ils ont aussi la volonté du engagement pour le droit du peuple pa- nécessairement internationale. On nechant est le même. Depuis cinq ans main- compromis. Au cœur de la plus grande lestinien à un Etat lui vaut quelques boy- peut plus raisoner à l'échelle detenant, je travaille avec des enfants de souffrance, je n'ai pas entendu une seule cotts, Sara transmet ici sa disponibilité à l'Hexagone ni rester sectaire autoutes origines à Belfort. J'arrive dans fois « les juifs à la mer », ni les éternel- chanter là où la graine de la poésie peut niveau du public à conquérir.une classe avec un accordéon et une gui- les dénégations que je peux parfois enten- semer la paix (3). 0 Tu penses donc qu'il y a une placetare et je les embarque avec moi dans un dre à Paris! CHERIFA B. en France pour Amar Sundy ?voyage musical en Méditerranée. Les en-Oui, je crois que nous avons unPourquoi j'ai quitté Israël? Le boulan- fants chantent tour à tour en turc, en es- L'explosion qui a éclaté depuis décembre (1) C'est le titre du recueil de poèmes de Sara pu- style à défendre. Et je ne dirai pas,ger a besoin de farine pour pétrir son pagnol, en arabe, en yougoslave, en hé- couve depuis longtemps. Je l'ai dit dans blié ces derniers jours aux éditions de l'Harmattan. comme certains l'affirment, que lapain, le cordonnier de cuir, et l'auteur- breu. Les petits Beurs arrivent à la mai- mes chansons: aucun peuple ne peut su- (2) Chanson Nomade de l'espoir dans l'album qui création musicale est morte, chezquestion de talent, mais du nombrede disques vendus. Je ne suis pascontre le principe, mais je ne feraipas une musique standard pour yentrer.Aux antipodes, il yale rockalternatif, avec ses propres labels.C'est un mouvement intéressant.J'espère qu'avec plus d'exigences etmoins de concessions, on arriveraen France à une plus granderichesse musicale.Tu es algérien. La culture musicaledes Beurs, ça existe ?De plus en plus de jeunes issus del'immigration deviennent en effetmusiciens. C'est normal, c'est lebrassage culturel. Cela implique dessensibilités très différentes pouraborder la musique. Dans notregroupe, nous venons d'horizonsvariés. Cette diversité musicale estun atout important pour réussir. 0Propos recueillis parLAURE LASFARGUES.,r ., . ht d· t ' b· 't II t l' t· , en porte le titre: SA 311, distribution SFPP. Tél. :compositeur d'êtres humains. C'est sa son e Isent:« maman, J al c an e en Ir e erne emen occupa IOn sans se re- 42.70.81.40. Sara Alexander a 'nous. egalement édité trois "TOUS ne sommes pas auIV'matière première. Il fallait aussi que je hébreu.» Aux parents étonnés, les en- volter. L'occupation gangrène tout: l'oc- autres 33 tours :Shalom-Salam, SAP 212 ; These- sommet d'une vague, soit. Onprenne du champ par rapport à mon fants disent: « Oh ! elle est super, elle est cupé, mais aussi l'occupant. Je m'adresse ven speces, BAN 49 05; et Ashquelon, Pathé- attend quelque chose. Je crois qu'il Amar Sundy, le 19 mai à Grenoblepays, pour avoir une optique plus objec- cool, et elle aime les Arabes. »Après on aussi à mon peuple et je lui dis: « De toi, Marconi: 2 C 062 11618. existe des alternatives au Top 50. et le 15 J·uin à A ubervilliers, puis· 1 f~ bl ., tt d l' l' ,1: t' ~ (3) Pour tout contact écrire ou téléphoner à SaraEl tive. A l'étranger, j'ai rencontré des créa- fait a ete tous ensem e. J a en s amour comme enJan a nar- Alexander 8, rue de l'Espérance, 75013 Paris. Tél. : Trop de gens en ont marre de cette deux semaines de tournée en Suisse. I!!I. ,__te_u_r_s_a_r_a_b_e_s_e_t~je __ m_e __ s_u_is_s_e_n_tl_·e_t_o_u_t_d_e ___ V __ o_u_s_s_av_e_z_,_q_u_a_n_d __ je __ su_i_s_s_o_rt_i_e_d_u_k_i_b_-___t_re_._N_o_s_e_n_n_e_m_l_s_s_o_n_ta_u_s_s_ic_e_U_X_q_U_i_b_r_a_n_-__ ~-__ ~4~5.~8~1.=29~.=52~. __ ~~~~~~------__ --~::-m~a~n~ip~u~l~a~ti:o~n~o~u~'~il~n~~=s~t~p~l:us~ ________ ~C~0~n~ta:c~t~.~·~4:8.~3~3~.8:7~.~8~0~. _____________ 1111Différences - n° 78 - Mai 1988


2AGENDAJusqu'à la fin juin, Les Chaises deIonesco, au théâtre de la Colline. Miseen scène de Jeab-Luc Bautté, avec PierreDux et Denis Gende. Rens. : 43.66.03.00.SSKassav, les rois du zouk antillais, auZénith. Ils n'ont pas perdu la pêche faceau succès. Ça va déménager sous lechapiteau. Loc. : 3FNAC.Le Tokio Metropo/itan SymphonyOrchestra (ouf !) est à Bourges. Mozart,Saint-Saens et Brahms seront de la fête, çava changer du Printemps. A la maison dela culture. Rens. : 48.20.13.84.7Soirée de gala du troisième Mois de laphoto d'Auxerre. Avec diaporamas enplein air, multivisions. Jusqu'à la fin dumois: expo photo, bourse d'échange, unconcours et des animations. Centre culturelde l'Yonne, Abbaye Saint-Germain, 89000Auxerre. Tél. : 86.46.68.89.9Ouverture du VII" Festival internationalde jazz d'Amiens, avec Eric Barret Trio.Jusqu'au 14 mai.9Jusqu'au 27,Au-delà du cliché. Uneexpophoto présentée par les centres d'aide parle travail. C'est à Reims, dans les locauxde la Sécurité Sociale, 14 rue du Ruisselet.Rens. : 26.85.96.21.1 0Jusqu'au 15, cinquième édition duFestival des musiques actuelles aucentre André-Malraux de Vandœuvre (54).Dix-huit concerts, vingt formationsmusicales pour une vitrine de l'activitémusicale contemporaine. Rens. :83.56.15.00.1 0Deux opéras au Théâtre de laBastille: création d'une œuvre deMichael Finnissy, The Undivine Comedy,du 10 au 14 mai. Et un opéra de BertholdBrecht et Kurt Weill: Celui qui dit oui,celui qui dit non, du 19 au 26 mai(19 h 30). Cette dernière œuvre seraprésentée à Belfort les 6 et 7 mai, et àColmar les 3, 4 et 5 juin. Théâtre de laBastille, Paris. Tél. : 43.57.42.14.1 1Un spectacle de contes berbères: Uneétoile dans l'œil de mon frère, par lethéâtre Nedjma. Récit autobiographique(enfance en Kabylie), histoires courtes etpoésie ... aux odeurs de thé à la menthe.Festival de la parole d'Alès le Il mai (salleLe Royal, 17 h) et Mai théâtral deStrasbourg, le 16 mai (Le Mal, 21 h).~ Jusqu'au 29 mai, Pinocchis, par le1 __ théâtre Am Stram Gram de Genève.Un grand classique adapté comme unEl conte de fées. Maison des Arts de Créteil.s DANSE-THEATREPEe TAC L EsUN MAI NOMME DESIR: huit spectaclesautour du thème de l'amour et duplaisir. Des créations théâtrales, et de ladanse, des poèmes de troubadours et despoèmes d'aujourd'hui, du chant, de lamusique, etc. « A trop parler d'amour,Ovide enivrait les femmes et les hommes... Il interrogeait sans cesse l'âme humainepar le moyen du corps », remarqueSerge Magniani à propos d'Ovide lesamours, pièce créée pour l'occasion.Daniel Berrioux, lui, s'interroge sur l'obscène,région obscure si peu visitée par lethéâtre. « Pour moi, il s'agit, comme toujoursau théâtre, d'émouvoir. Emouvoirpar les échos de la langue résonnant dansle corps. » (Il signe le spectacle Un dimancheà Poissy, d'après deux œuvres dePierre Loüys.) 0Un mai nommé désir. Demandez le programmeau 46.72.37.43 ... soudain, vousserez amoureux. Manifestation présentéepar fa compagnie Catherine Dasté authéâtre d'Ivry (métro Mairie-d'Ivry).JUDA SYMPA. Judas est-il réellement untraître? Le diable n'est-il pas, finalement,sympathique? Drôles de questionsque se pose Sophie Loucachevsky dansson spectacle. Elle s'inspire, pour cettecréation, de deux textes de Paul Claudel,un Claudel méconnu, puisque humoristique.« Un numéro de cabaret claudelnie »,comment Sophie Loucachewsky, qui affirme:« Claudel peut faire rire ». C'estle défi qu'elle relève dans ce spectacle renversant,où Judas, puis Ponce Pilate s'interrogent,comiques et dérisoires, sur lafaute et la vérité. Deux monologues entreciel et terre. Pour tous ceux que Claudelennuie d'habitude. Avec Philippe Frétunet François Berléand. 0PENITENCIER. Mettray: une coloniepénitentiaire pour jeunes délinquants. Dixmille enfants, de 10 à 14 ans, y ont défilédurant un siècle. Ils y étaient rééduquéspar le travail agricole. Créée en 1840,c'était alors une maison de correction modèlepour la France, et aussi pour l'étranger.En réalité, sous des apparences modernistes,c'était un horrible bagne. Unlieu de misère, de répression et même detorture. Jean Genet y passa son adolescence.Et Michel Foucault en dénonça lescandale.L'histoire, écrite par Marc Soriano, s'inspiredonc de fait-réels. Tout commenceun soir, où il fait particulièrement chaudà Mettray. La veille, on a refusé aux jeunescolons de voir passer la comète. Ilsse révoltent, prennent les adultes en otageet exigent d'eux la rédaction d'une chartedes enfants. Pour eux ... et pourquoi paspour tous les enfants du monde. Une révolteutopique pour une issue dramatique.La semaine de la comète est jouée parle théâtre Globune et le théâtre du Fil.Cette dernière compagnie est subventionnéepar le ministère de la Justice et mèneLa Semainede la comète,par le théâtredu Filet le théâtreGlobune,uneexpérienceunique.une expérience, unique en France, dethéâtre-école encadrée par des comédiensprofessionnels et des éducateurs. 0La semaine de la comète. Du 16 au 3 juin,théâtre Romain-Rolland, Villejuif (tél. :47.26.15.02) et du 21 juin au 3 juillet, austudio Berthelot, Montreuil-sous-Bois(tél. : 42.87.86.24).MOMME NU. L'Attroupement 2 présenteLe chariot de terre cuite de ClaudeRoy, pièce écrite d'après un drame sanskritdu VIle siècle. « Cette œuvre montrece que souhaite dévoiler toute œuvred'art: L 'Homme nu, ou, comme disentles Indiens pour décrire cette humble condition:l'homme vétu d'espace. ».(Patrick Le Mauff, metteur en scène). Unthème classique de la littérature indienne:Judas Pilate, au théâtre Paris- Villette, la prostituée au cœur pur. 0~T=él~.~:~48~.9~9~.~18~.8=8~. ________________ ~J~·u_s~qu __ ~_u_3_l_m __ al_·_~_él_._:_4_2_.0_2_.0_2_.6_8_~. ________________________________ LAURE LASFARGUES ~B YVESLOCTHORAVALNOT Eses amis du cinéma de Tetouan.LAncienne capitale du Marocespagnol, dont un certain nombred'habitants sont trilingues (arabe,français, espagnol), héritière d'unegrande tradition andalouse grâce àl'afflux de musulmans et de juifschassés d'Espagne après laReconquista, la blanche Tétouans'énorgueillit d'organiser, depuisquatre ans, les seules rencontrescinématographiques au sud de laMéditerranée, consacrées auxriverains, et vitrine internationale ducinéma marocain. Les Amis du cinéma(le ciné-club de cette préfecture entremer et Rif) pour la quarante et unièmeannée consécutive, ont réussi le tourde force de projeter, du 20 au30 mars, cinquante films d'une dizainede pays méditerranéens.A Tétouan sont venus, entre autres,les Egyptiens Abouseif, Chahine etMohammed Khan autour deretrospectives de leurs films, lesMarocains Nabil Lahlou pour son toutorientales. Splendeurs desAarmes orientales, (jusqu'au31 juillet) en deux centcinquante pièces fabuleuses, littéralementtruffées de jade, de turquoise, de cristal,d'ivoire et d'or, présentées à la galerieArt 4 de La Défense, ouvre à nos yeuxéblouis, les trésors de cet art à part de l'armementqui a fleuri dans tout le mondemusulman, en particulier dans l'Empireottoman, dans l'Inde moghole et dans laPerse safavide.Dagueà poignéede jade(Indemongole,deuxièmemoitié du17 e siècle).nouveau Brahim Yach et Maanounipour Transes, Agnès Varda, avec Jane C inémarabe. Chaque printemps, tra-Birkin, André Téchiné, avec Les dition à laquelle on souhaiteInnocents, les Algériens Zemmouri et longue vie, revient le Festival du filmAllouache, Nouri Bouzid pour la arabe, la sixième édition cette année, auTunisie (L 'Homme de cendre), le Cluny-Palace, à l'Institut du mondePalestinien Michel Khleifi avec son arabe et en banlieue (localisations non en-Noces en Galilée...core définies). Pour 1988, on aura droitLes dominantes: l'Egypte, la France, à un panorama très important, l'un desl'Italie, l'Espagne (sur le thème du plus complet depuis longtemps, du cicinémaandalou), bien sûr, mais la néma algérien de 1964 à 1983, avec descrise, qualitative et quantitative du films de Rachedi, S. Riad, M.-L. Hacinémamaghrébin, qui circule à peine mida, T. Fares, F. Belloufa, etc., lesentre les trois pays, était au centre des grands quoi.préoccupations. Et cela dans un Et, inédite totalement, une anthologie duMaroc riche d'élites et de publics court métrage algérien.éveillés mais où ni l'Etat (malgré les Et puis un hommage, en sa présence, auefforts de Souheil Ben Barka à la tête grand acteur-casseur-méchant- grandedu Centre cinématographiquegueule égyptien Farid Chawqi qui a bienmarocain), ni les capitaux privés ne se dû jouer dans cinq cents films (!) depuismontrent intéressés par le 7 e Art. le début de sa carrière, parmi lesquels leLes réalisateurs marocains sont obligés superbe Le Costaud de Salah Abouseifde bricoler pour produire de un à huit Uusqu'au 4 mai).longs métrages, selon l'année, depuis1980. (Une soixantaine de longs Cinéma noir. Pas celui qui faitPour six semaines encore, Quatre1 S peintres arabes à l'Institut du mondearabe (23, quai Saint-Bernard, 75005Paris). Ils viennent du Maroc, de Tunisie,d'Irak ou de Syrie et sont pleins de talent.C'est aussi l'occasion de découvrir l'IMA.Rens. 46.34.25.25.métrages ont été réalisés au Marocbroyer la couleur du même noir maisdepuis l'Indépendance, en 1956). Il tout un pan occulté du cinéma américain AUBER ESTIVAL. Aubervilliers nousfaut soutenir Les Amis du cinéma de livres et projections tous azimuts nous as- offre une nouvelle édition de son Festival.Tétouan dans leur entreprise, unique sènent : celui « au-delà de la victimisa- Cette année, plus de vingt-cinq concertsdans un pays du Tiers Monde. Ils lion» . f ait . par ou pour 1 es N' OIrs d es USA , publics avec notamment Karim Kacel,Vander Trio, Sixun, Lulu Berthon, Jeandonnent à voir ce qu'il y a de mieux vers eux le plus souvent: un passionnant Guidoni, Blue Bossa. Amar Sundy. Ghidadans les cinématographies de leurs nouveau dossier illustré de « cinémac- de Palma, Elli Meidiros, Carmen Cortès,voisins arabes, latins, turcs, tion », sur une dimension inédite du ci- Bertignac et les Visiteurs, maxime Lebalkaniques et ont réussi à créer un néma, universelle tout simplement. 0 Forestier. .. l'inventaire des différences. Levéritable pôle du film de qualité là où, Musée Bossuet. Palais épiscopal, Meaux, tout du JO au 18 juin. Tarifs, réservationsgénéralement, seul le diktat des 77100. Tél. : 64.34.84.45. et renseignements à l'OMJA, tél. :compagnies commerciales de Art 4 La Défense, 92400 Courbevoie 48.33.87.80, ou au service culturel:distribution françaises et américaines (RER). Tél. : 47.96.25.49. 48.34.18.87. _16Jusqu'au 19, Musiques et danses del'Inde du Sud, à la maison descultures du monde (101, bd Raspail, 75016Paris). Un invité d'exception pour ces troissoirées: Ragunath. Rens. : 45.44.72.30.24Jusqu'au 29 mai, le Roi celf, deGozzi. Cet auteur italien du17 e siècle, très commedia dell'arte, racontel'histoire d'un magicien victime d'unmauvais sort.Par le Cocktail Théâtre à la Maison del'étranger, Marseille. Tél: 91.95.90.15.Dans le même lieu, le 16 mai: musiques etcontes traditionnels du Burkina Fasso, etle 17 mai : les GralVas de Marrakech.2 4L 'Orchestre national de Lille jouedans sa bonne ville. Début des notesà 20 h 30 précises, à l'Auditorium.~o Jusqu'à fin juin, Transfensch, un__ voyage au cœur de la valléeindustrielle de la Fensch, en bus et enthéâtre. L'aventure du quotidien lorraindémarre à 19 h en gare de Thionville etpour cinq heures. Rens. : 82.33.28.67.26Ouverture de l'exposition Auroyaume du signe, appliques surtoiles des Kubas. C'est au musée Dapper,50, av. Victor-Hugo, 75110 Paris. .Jusqu'au 22 septembre. Rens. :45.00.01.50.2 7Doudou N'Diaye Rose au CAC deMulhouse, c'est un événement. AuSénégal, il est considéré comme le plusgrand joueur de tambours du pays. Rens. :89.45.63.95.~ 1 Jusqu'au 3 juin. Festival du cinéma__ psy à Lorquin (57790). C'est aucentre hospilalier spécialiSé de Lorquin:cent films dans quatre salles. Rens. :87.24.88.01.~f:al~ ' t~l:a~l~o~i~! __ ~ __ ~~~ __________ ~F~e:s~tiv~a~l~d~u~f~il~m~a~ra~b~e:.~r,~é~/.~:~4~7~.6~6~.3:2~.~83:.~~============================~11iIDifférences - n" 78 - Mai 1988


Et si la Franceéternelle n'étaitqu'un rêveidéologique forgéau fil du temps, unmodèle idéalimposé pour donnercorps à un hasardhistorique. ?Et si la France,« Une etIndivisible» s'étaitfaite d'abord contreles Français detoutes originesculture"es avantde servir deréférence faceau monde et auxautres?L'HISTOIRE DE FRANCE EN OUESTIONLE MYTHE DEL'I DI ISIILEAgrégée d'histoire, enseignanteuniversitaire, SuzanneCitron nous offretrois cents pages de réflexionsur l'histoire deFrance. Pas pour la réfuter,la modifier ou la révéler,simplement pournous faire voir les étonnantesvariations d'interprétationqu'elle a subiesau fil du temps. Car, pourSuzanne Citron, l'histoireenseignée à l'école (etaprès), c'est toujours unehistoire-justification duprésent. Et l'histoire deFrance n'échappe pas àcette règle qui fait oublierque notre pays est né del'agglomération, par conquête, par assimilation: l'adjonctionde la Savoie et de Nice, de la Corse, de la Bretagnen'est pas si ancienne. Nos ancêtres les Gaulois, c'est unethèse plutôt récente, imposée par l'école de la Républiqueunificatrice et dont on sait aujourd'hui qu'elle ne vaut pastripette.Ce décalage entre recherches historiques qui démontrentl'absurdité de la thèse d'une continuité de la France et l'histoireenseignée à l'école ne fonctionne que parce que lesFrançais ont, au fil des années, confondu histoire etmythologie nationale.Comment et pourquoi ces mythes, fondateurs de la France,fonctionnent-ils? C'est tout l'objet de ce livre décapant.On en sortira convaincu que l'histoire aussi a unehistoire: à la fois science et liturgie, credo scientifique etfoi nationaliste, description du passé et décriptage de cepassé par nos propres grilles de lecture. Aucune écriturede l'histoire n'est innocente, elle est un regard sur le passéet non « le » passé.L'imaginaire d'une France éternelle a fondé les idéologiesd'une quasi-race française, peuple homogène et unique traversantle temps, menacé par les « étrangers» venus d'ailleurs.Certains historiens (l'Allemand Werner, par exemple) fontmême de l'imaginaire « français» la première composantede 1'« histoire de France ». Autant dire que le livre de SuzanneCitron se place plus comme interrogation et volontéde déranger le train-train que comme somme de certitudes.C'est une utile remise en cause de l'encore évidente et sacralisée« histoire consensuelle ». Pour Différences, la rencontreavec Suzanne Citron s'imposait.Différences: Le titre du livre et Vercingétorix en couverture,provocation ?Suzanne Citron: Ce livre n'est pas uniquement celui d'unehistorienne, mais aussi d'une participante aux débats fondamentaux,celui par exemple sur l'identité nationale. On y avu d'un côté une extrême droite affichant son hostilité foncièreà l'immigration (surtout arabe) ... Du côté de la gauche,il ya ou silence ou blocage, liés au rapport entre identitéfrançaise et une certaine histoire de France enseignée parla Troisième République. Je veux interpeller les chercheursqüi ne remettent pas en question les schémas classiques decompréhension du passé, modélisés par l'école républicaine.Différences: Le mot « mythe» n'est-il pas fort. Il ramèneà « légende» ?S. C. : Le fait qu'il y ait au Panthéon de grands hommes estrévélateur d'une mythification. Pareil dans les livres où uncert~in nombr~ de personnages sont mythifiés en valeur (dansdes livres scolaIres telle Lavisse), symboles d'une France éternelleet donc toujours légitimée.Vercingétorix? On ne sait même pas s'il a vraiment existésous ce nom (qui signifierait généra!...). Charles Martel lui., ., ' ,a eXiste, maiS c est son interprétation, comme sauveur d'uneFr~nce qui n'existait même pas, qui pose problème. Les Fran­ÇaI.s on~ ~n ra~port si existe,nt.iel ~ l'histoire qu'ils ne sont pasprepare a la discuter. Or, 1 histOIre c'est le passé, mais aussiune manière d'écrire le passé.L'histoire républicaine, de la Troisième République est unemanière d'écrire l'histoire. Sa force fut d'avoir constitué unesynthèse du passé cohérente en organisant sa lecture autourdu mot France. Dans l'optique de l'époque, il s'agissait d'imposerla vision de la nation qu'avaient les dirigeants de la TroisièmeRépublique: adhésion au modèle révolutionnaire (de89), père de la nation française. Idéologiquement, la référencefondamentale du XIXe siècle, c'est l'idée de Nation Une etIndivisible, l'idée de patrie étant renforcée par les réactionscontre la défaite militaire de 1871.L'idée de nation est une valeur idéologique à usage interne,celle de patrie est orientée contre l'ennemi. A l'époque, toutcela est assimilé aux valeurs républicaines.Le vecteur de cette idéologie: l'école qui va intérioriser l'idéede nation. L'école éduque, républicanise et canalise les futurscitoyens. C'était nécessaire, de leur point de vue car, aumilieu du XIxe siècle, la France est un pays multilingue oùces idées de patrie-nation sont lointaines.Différences: Comment ceconcept de Nation naît-il ?s. C. : En gros, l'idée de nation,autour d'une autoritécentrale germe chez les clercset les « bourgeois » seulementvers le XVe siècle. Elle se construità partir du moment oùsont récapitulés les textes desGrandes Chroniques deFrance. L'idée chemine qu'ilexiste quelque chose, un conceptqui s'appelle la France.Des abrégés d'Histoire deFrance (en fait Histoire desrois) apparaissent. Les domainesartistiques sont touchés etjouent leur rôle: naît alors« la doulce France ... », maisc'est un cheminement très lent,séculaire.Au XVIIIe siècle, tout cela secristallise dans une certaine intelligentsia,en désamour avecla monarchie. Une intelligentsia arist6-bourgeoise, le peupleest d'abord de sa paroisse, même si existe l'idée du Royaumede France, exclusivement à travers la religion d'Etat et sonbras: l'Eglise.Avec la Révolution de 89 et la proclamation du Tiers-Etaten Assemblée nationale, il y a trë lsfert du pouvoir (du roiau peuple), mais aussi transfert du sacré: la nation est avanttout, au commencement de tout.Sous la Troisième République, l'adhésion quasi religieuse àla patrie-nation perdurera et aujourd'hui encore ...Jusqu'au milieu du XIIIe siècle, le roi était « roi des Francs »,pas roi d~s Français. L'espace, c'est le royaume des Francs,plus étrOIt. Le mot « Francia» n'en désigne, de plus, qu'unepartie: le territoire de l'ethnie franque et son espace de pouvoir.L'historiographie du XI Xe siècle a plaqué le mot France surun ensemble disparate, sans unité. Aujourd'hui encore, l'historiographiereste finaliste, plaquant l'Hexagone dans unpassé où il n'existe pas.Différences : Quelles ont été les bases de ce mythe fondateur ?s. C. : La fabrication de l'histoire s'est construite autour desrois Francs, par une succession de textes écrits, de chroniques.Au VIle siècle est ainsi introduite l'idée que les roisFrancs sont les descendants des vaincus de Troie. Une histoirequi servit à légitimer les pouvoirs successifs. Le baptèmesacrede Clovis et les légendes qui l'entourent servirent ainsià instaurer une mystique de la continuité.Chaque succession dynastique devenait matière à surajout,les Capétiens finissant par valider cette mythologie commeDifférences - n° 78 - Mai 1988Vercingétorix :un héros incertainhistoire du royaume. Il faut attendre le XVe siècle pour retrouverceux que les Romains nommaient Gaulois (et qui senommaient Celtes).Le débat tourne à l'idéologie au XVIIIe siècle - peuple gauloiscontre aristocratie franque descendue des Troyens perdus.La révolution marque aussi la victoire de la thèse galloromainequi permet aux libéraux du XI Xe siècle d'y retrouverl'origine du peuple homogène, du peuple français. L'idéede nation se justifie alors par l'histoire de rois guidant la destinéed'un peuple unifié.Différences: Nos ancêtres les Gaulois?S. C. : C'est aujourd'hui lemythe fondateur de la nation:la « race» gauloise avec braieset moustaches, civilisée par laculture romaine. Il y a là, déjà,appui pour des thèses xénophobes.Différences: Le mythe fondateurest construit à posteriori .?S. C. : Oui, il justifie et pérenniseune situation. Ill'immortaliseen la justifiant à l'échellehistorique, quitte à réécrirel'histoire.Différences: Mais en 1987, lanation, la citoyenneté, laFrance ... ?S. C. : La grille de lecture dontje viens de parler reste encoretrès marquée, mais on sentqu'elle ne fonctionne plus. Cependantle débat actuel sur lanationalité se nourrit complètement de toute cette historiographie: les Gaulois et les autres.Différences : Faut-il trouver des mythes de remplacement?S. C. : Peut-être, mais pas des mythes d'origine. L'histoirea remplacé les mythologies originelles fondatrices. Nousavons surtout besoin d'ouverture, de projets incluant des espacesculturels différents. Je remplacerais « mythe » par« utopies mobilisatrices ». Sans illusions mais avec des objectifs.Différences: La France « Une et indivisible », c'est fini?S. C. :. Oui, et elle s'était traduite par le jacobinisme et lec.en~ralisme, enc?r~ ~ujourd'hui, rien que sur des prises d'initiatives,et de declSlons sur l'acceptation des diversités surla défense des langues et des cultures minoritaires les butoirsdemeurent.Ce~end~nt, ~e mythe, on s'y réfère, mais il a été rompu parles ImmigratIOns, la résurgeance d'une judaïté différente lemaintien - difficile - mais le maintien de cultures min~ritaires.Différences : Mais les mythes ont la peau dure ?S. C. : Je suis pessimiste, d'un certain consensus sur ces~ythe~ ~ondate~rs. Les débats sur la nation, la citoyenneté,1 Identite sont tres mal assurés à gauche. C'est le silence. Enoutre, le bicentennaire de la Révolution nourrira sans douteencore ces belles histoires. Mais le côté optimiste, c'est quele débat se mène, ici ou là. 0Propos recueillis par FRANCK TERUELLe mythe national: l'histoire de France en question,de Suzane Citron, 3' édition. Editions ouvrièresIl


MouvementElContre Le PenEurope Unites Against Racism and Fas cismNATIONAL DEMONSTRATION,LONDON...A Londres, contre Le Pen, devant l'ambassade de France, le 2 Javril.Il s'est trouvé six cents élus pourco-présenter la candidature deLe Pen à la présidentielle. Sixcents ! Les noms de cinq cents d' entreeux, tirés au sort, ont été publiéspar le Journal officiel. Efficacité dutravail des comités du MRAP 1 Onn'y trouve aucun nom de maired' une grande ville.Touché, Le Pen n'a pas hésité à dénoncerles « racistes du MRAP » quiont osé écrire aux élus de Francepour leur demander de ne pas soutenirce candidat condamné à plusieursreprises pour ses propos racistes.Il faut sans doute considérerles insultes de Le Pen comme le plusbel hommage possible (et involontaire)à l'efficacité de la campagneanti-FN.Sur le terrain, les manifestants ne désemparentpas. Quatre cents personnesà Rennes, sous la pluie quand lechef du Front national vient tenirmeeting. A Paris, la tournée du XX·arrondissement se heurte à unecontre-manifestation, tout comme àTours. A Nantes, quatre mille manifestants,selon Ouest-France pource que le journal appelle « une mobilisationexceptionnelle ». Rassemblementde protestations anti-Le Penaussi à Metz (mille personnes).JUSTICE ET POLICELe MRAP organise, les 3 et4 juin prochain, un colloquesur« Justice et police face auracisme ».Amiens, Perpignan, Marseille, Montauban,Besançon ou l'Est Républicainest « frappé de l'ampleur du rassemblemene», Cholet ... la liste s'allongesemaine après semaine. Et il n'estplus désormais de meetings d'extrêmedroite sans manifestation antiraciste.Le questionnaire envoyé aux candidatsà la présidentielle par le MRAPet publié dans Différences d'avril aété largement répercuté dans lapresse. Par Le Monde et l'Humanité,mais aussi en province par Nord­Eclair, le Républicain lorrain, Lyon­Libération, Cenere Presse, le Courrierde l'Oise, le Courrier républicain,Ouest-France, le Havre libre ,la Voix du Nord, la Charente libre,les Dernières Nouvelles d'Alsace, laMontagne ... Un quasi-bottin de lapresse régionale.Enfin, les mouvements antiracistesde sept pays européens se sont regroupéspour manifester le 23 avrilcontre le candidat FN qui « diffusele racisme et les idées fascistes ». Ona donc manifesté en Belgique, au Danemark,en RFA , en Grande­Bretagne, en Suède, en Norvège et,bien sûr, en France, à la veille du premiertour des élections françaises.Contre le candidat raciste. 0o SOLIDARITE HAÏTI.Le MRAP-Essonne a protestéconere la situation faite à JudeCalix te, un réfugié haïtien enFrance depuis 1983. Ses papiersn'one toujours pas étérégularisés 1 Le MRAP estintervenu auprès du préfet,soulignant que Duvalier, lebourreau du peuple haïtien fut,lui, libéralemene accueilli enFrance.o DESSIN. « Si tous les enfantsdu monde » ... , c 'est le titre duconcours de dessins qu 'a lancé laFédération du MRAP des Pyrénées­Orientales dans les écoles primaireset maternelles. Clôture le27 mai. Remise des prix le 15 juin,dans le cadre d'une expositiond 'une semaine de l'ensemble desœuvres réalisées par les enfants.o PERPIGNAN. Le MRAPen assemblée générale, c'est« pour élargir la lutte contre leracisme, enraciner chez lagénération montante un idéald' amitié entre les peuples ... ».Deux nouvelles antennes ducomité sone à naÎtre dans ledépartement: à Céret et àPrades.o CONTRE LESCAMPS. Six cents signaturespour la fermeture des camps derétention ont été rassembléesdans la région de Tours, àl'appel du MRAP, de la LDH etdu Syndicat des avocats deFrance .o RESEAU. Réunis àChartres, les adhérenes MRAPde la Fédération d'Eure-et-Loirese sone déclarés inquiets de lamultiplication des expulsions. Ilsone décidé de mettre sur pied« un réseau d'alerte et desolidarité , notamment audépart des aéroports ». MgrGaillot, évêque d'Evreux, suivaitles travaux de l'assemblée aucours de laquelle la créationd'un réseau d'hébergemene aété envisagé.o LES ULIS. Dix initiativesACTIONSavec l'aide de l'universitaireJean-Paul Chagnollaud. de retourdes territoires occupés. Débataussi à Lille (avec DominiqueVidal), exposition à Monepellieravec l'aide de l'ASFA. 0 'autresactions de solidarité one eu lieuà Clermont-Ferrand, Bordeaux,Limoges, Marseille , Agen etSaine-Etienne.o AMIENS. Pétitions etstand en plein centre ville, pourles droits du peuple kanak. Lecomité local du MRAP aégalemene participé à l'envoi delettres aux procureurs de laRépublique pour protesterconere le verdict du procès deHienghène où les meurtriers dedix Kanaks ont été acquittés.o RODEZ. Là, c'est avec laLDH et le Comité de soutien aupeuple kanak que le MRAP aorganisé une soiréed'information sur La Nouvelle­Calédonie, une colonie de trop 1avec un représentant de lacommunauté kanak et unethnologue.o NICE. C'est par lettre quele MRAP local s 'est adressé àJacques Chirac sur la Nouvelle­Calédonie. « Les mesuresd'exclusion, de discrimination, laviolente répression exercée àl'encontre du peuple kanak, lamilitarisation systématique duterritoire constituent uneprovocation intolérable et nefont qu 'accroître la tension »,souligne notamment le message.o RECUL. A Marseille etMarignane, le MRAP, le CAlFet l'AFASPA se battent depuisdes semaines contre l'expulsionde la famille Bougheraa. Uneexpulsion qui éclaterait unefamille: les trois enfanes sonefrançais 1Des centaines de signatures ontété recueillies, la populationgarde la famille sous saprotection. Les autorités ontdéjà reculé, mais il fautmaintenant obtenir un titre deséjour pour régler l'affaire danssur un mois dans le cadre de le bon sens.du secteur jUdiciaire et péni· l'opération « ensemble contretentiaire: le Syndicat de la les exclusions » ont rassemblé 0 LETTRE. Trente-sixmagistrature, le Syndicat des nombre d'organisations, dont les signatures d'enseignants au bascomités locaux du MRAP.de la lettre adressée àl'ambassade d 'Israël en Francepersonnels de l'éducationsurveillée, la CFDT-Justice, la 0 PALESTINE. Le MRAP pour l'arrêt de la répressionLes travaux devraient être té- CGT et le SNEPAP. Des par- de Montpellier a organisé une dans les Territoires occupés:conds puisqu'y participeront lementaires et des cher· soirée Palestine, le 18 avril « Un peuple qui opprime unquatre syndicats de police cheurs sont également asso- autour du film Les figuiers de autre peuple ne peut pas être(FASP, SNAPC, CFDT et CG1), ciés aux travaux, tout comme barbarie ont-ils une âme 1 A un peuple libre », soulignent lesle Syndicat des avocats de des associations de jeunes et Roubaix, c 'est sous la forme signataires à l'appel du ComitéFrance et plusieurs syndicats des familles de victimes d'une conférence-débat que le d'Avignon. Initiatives identiques1~:::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::':':'::::~c~o~m~it~e~' ~/o~c~al~s~':es~t~m~an~i~~~s~te~ ',______ ~à~C~a~n:n~e=s,_O::r~th~e:z~e:t~V~Œ~iII~e~ . ____ ~ADIEU DULCIEL'assassinat de Dulcie September par les tueurs sud·africains a soulevéune grande émotion parmi les nombreux militants du MRAP qui avaienteu l'occasion d'approcher ou de rencontrer notre amie dans les multiplesdébats où elle venait expUquer la situation faite â son peuple,La très forte émotion ressentie n'a pourtant pas paralysé l'action et lescomités MRAP ont partout organisé des manifestations contre le régimed'apartheid et en hommage â Dulcie.A Paris, plusieurs milliers de personnes ont accompagné sa dépouilleau cimetière du Père-Lachaise. A Saint-Etienne, Grenoble, Lille, Rennes,Nantes, Saint-Nazaire ou AVignon, c'est dans la rue que l'on a renduhommage â la militante de l'ANC et demandé la rupture de toute relationavec l'Afrique du Sud. Clermont-Ferrand, Lille, Rouen ... la liste estlongue.Ces manifestations exigeaient aussi, très souvent, la vie sauve pour lessix militants promis â la potence à Sharpeville et dont l'exécution avaitété retardée d'un mois. A Endoume, Cherbourg, Agen, Troyes, Lorient,Dijon, Pau, manifestations, débats et informations diverses se sont succédéau fil des semaines.Ainsi, à Saint-Etienne, huit organisations ont signé un texte, à l'appeldu MRAP, exigeant que le gouvernement français intervienne auprès dllBotha.Jacques Valery, président du Comité local de Mont-de-Marsan, nouiafait parvenir le texte suivant:« Une petite rue de Mont·de·Marsan â la plaque délavée; quelques dlrainesde personnes partageant la même émotion en ce mardi soir p/uvieu,x•..« Un bouquet de fleurs sous la photo d'une lemme noire modestementhabillée, au regard doux et triste derrière de grosses lunettes d'écaille •••« Dulcie September est tombée sous les balles des racistes.« Il y a deux mois, elle était dans noire ville pour nous Informer sur l'apartheidavec mesure et dignité et montrer a quel point ce système instltu·tlonnalisé. en Alrique du S,!d est Ignoble.« IgnOble ausslte gouvernement 80tha qui suscite'(Jefe11es méthodeset nous ne pouvons qIJe l'assurer de notre plus profond mépris, de no·tre dégoût.« Le MRAP espère qu'au vu de l'émotion considérable soulevée par cette" exécution "(il n 'V a pas d'aufre mot), les gouvernements - et en par·tlculler /e nôtre - vont enfin réagir de façon efficace et prendre desmesures économiques et politiques pour mettre l'Afrique du Sud au bandes nalions tant que l'apartheid n'y sera pas aboli. Dulcie n'était pasune terroriste, elle se battait pour la liberté de son peuple et, par·delà,pour notre liberté à tous.fi Mardi soir, Il pleuvait rue de la Liberté ... "Ils préfèrent le FNLe MRAP de Nantes avait demandéet obtenu une salle municipale. Normal,les responsables locaux s'yétaient pris trois mois à l'avance ...Surprise, quelques jours avant la réunionprévue dans ladite salle, la réservationest annulée par la mairie deNantes et l'on offre au MRAP unesalle plus petite.Le pourquoi : une autre réunion,ce lle du Front national était prévuedans une salle voisine de la première.Tout ça a l'air un peu compliqué.mais signifie que lorsque deux réunionsont lieu dans un même bâtiment,c 'est au FN que l'on donne lapriorité et aux antiracistes qu'on demandede démé nager 1 Les quatremille Nantais qui manifestaientcontre Le Pen quelques jours avantapprécieront.o LES TRIBUNAUX ONT DU TRAVAIL.Mme Richard, maire deNoissy-/e-Grand (93) a étécondamnée une seconde fois(après son appel) pour incitation àla discrimination raciale. Al'occasion de la livraison delogements neufs, elle avait faitvoter au Conseil municipal unvœu demandant « l'arrêt immédiatde toute attribution de logementaux étrangers non membres de laCommunauté européenne ».Différences - n° 78 - Mai 1988Le MRAP s'était porté partiecivile et obtient 5 000 F dedommages et intérêts. Mme leMaire devra, en outre, payer5 000 F d'amende.Minute avait bien diffamé leMRAP. Le tribunal l'a condamné àverser 40 000 F de dommages etintérêts. Histoire de lui apprendreà ne pas écrire n'importe quoi.Les quinze agresseurs de• ASSASSINAT. « Le MRAPexprime sa douleur et sa très viveindignation après l'assassinat deDulcie September, représentanteen France de l'ANC. ..« Le MRAP souligne que,désormais plus que jamais, lescondamnations verbales nesauraient suffire. Il demandefermement au gouvernement etau président de la République dessanctions diplomatiques etéconomiques vigoureuses contrele régime de Pretoria pourmettre fin à ses forfaits ... »(29 mars).• SHARPEVILLE. Le MRAP aorganisé le samedi 16 avril, avecles musiciens du groupe UrbanSax, une veillée de solidarité pourles Six de Sharpeville au squaredes Innocents, à Paris.Par ailleurs, le MRAP « s'associeaux deux manifestations prévueslundi 18 avril à Paris, l'une devantl'ambassade d'Afrique du Sud,l'autre de la Bastille à laRépublique, pour demander, dansune ultime mobilisation del'opinion française, l'annulation dela condamnation des Six deSharpeville ainsi que des sanctionsdiplomatiques et économiquesrigoureuses contre le régimed'apartheid. » (15 avril).• ARRETEZ LESMASSACRES! L'exterminationau moyen de gaz toxiques demilliers d'hommes, femmes etenfants kurdes par les forcesirakiennes ajoute un épisodeparticulièrement révoltant àl'histoire des crimes contrel'humanité. Ce n 'est pas un hasardsi les victimes appartiennent à unpeuple dont les droits nationauxsont niés par les Etats de larégion et qui lutte de longue datepour son indépendance.Les responsables de ces horreursdevront un jour en répondre,mais par-delà leur condamnationnécessaire, le MRAP entendsouligner l'implication de grandespuissances, y compris la France ,Patrick Bouakaz, MohammedEssabahi et son épouse ont étécondamnés par le tribunal deCarcassonne. De neuf à douzemois de prison pour trois d'entreeux, les autres prenant tous sixmois avec sursis. Les victimesreçoivent aussi 20 000 F dedommages et intérêts. Le MRAPs'était constitué partie civile.Les agresseurs de ArezkiHadouche, passé à tabac le21 août 1987 par trois hommesPOSITIONSqui fournissent technologies,armes et matériels pour de tellesopérations et rendent ainsipossibles les tueries quotidiennesde la guerre entre /'Iran et l'Irak.Dans ce conflit dit « local ",comme dans beaucoup d'autresdans le monde, ce sont lespopulations les plus pauvres, lesplus méprisées qui voient leurmalheur s'aggraver. " est urgentque l'opinion intervienneactivement pour exiger l'arrêtconcerté des fabrications d 'armeschimiques, pour que l'on cesse dedétruire, à des fins inavouables, lavie et l'espoir des hommes.• VEILLEE. Le MRAP, lesmusiciens d'Urban Sax, ont décidéde manifester ensemble leursolidarité avec les Six deSharpeville et les soixante autresrésistants sud-africains condamnésà mort par le régime d 'apartheid.Deux jours avant l'expiration dusursis obtenu pour les Six deSharpeville, les Parisiens étaientinvités à se retrouver le samedi16 avril pour une veillée de laliberté, square des Innocents(Paris-I er) (13 avril),• NEGOCIATION. Qui peut,un instant, penser que la paix auProche-Orient surgira del'assassinat des dirigeants del'OLP, des attentats, desdétournements d'avions, desprises d'otages? Qui peut penserque blesser, tuer chaque jour plusde manifestants dans lesterritoires occupés, mettra finaux aspirations du peuplepalestinien?Il faut que se fassent davantageentendre ceux qui pensent qu 'iln 'y a pas d'autre voie que lanégociation pour aboutir à lareconnaissance du droit àl'existence du peuple palestiniendans un Etat indépendant, à lasécurité du peuple israélien dansdes frontières reconnues partous. C'est à cette tâche que seconsacre le MRAP (17 avril).qui l'avaient pris en stop avantde le blesser sérieusement, ontécopé de trois ans fermes . Letribunal a décidé que la victimerecevrait 64 100 F dedommages et intérêts. LeMRAP, partie civile, a obtenu lefranc symbolique. Un jugementexemplaire pour une« ratonnade » typique.Il


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(nO 374).Rencontre annuelle des foyersislamo-chrétiens à Evry (91) du21 au 23 mai. Rens. : Essendere,36, rue de Brezolles,78630 Orgeval. Tél.:39.75.35.17. (nO 375).Sourcement : stages de yoga,relaxation, respiration, massageet rêve éveillé en Provence.Yvette Clouet, 214, bdChave, 13005 Marseille. Tél. :91.92.36.92 ou 78.35.15.19.(nO 376).Sète : vacances à la mer enmaison familiale. Animationclub d'enfants, spectacles, débats,excursions, soirées, parcde 3 ha, accès direct à la plage,arrière-pays passionnant. « LeLazaret », La Corniche, 34200Sète. Doc. sur simple coup defil au 67 .53.22.47. (nO 377).Vacances campagne Béarn:Gîte enfants 8-12 ans, activitésvariées. Ferme séjour pr familles.Rens. et réserv. : Jo Bourguinat,Coslédaa 64160. Tél. :59.68.00.51. (nO 378).« Cart» 30250 Sommières :Centre animation, vacances,formation. Porte Camargue etTarif: 25 T.T.C. la ligne (26 signes ou espaces). Texte et règlement àDifférences: 89, rue Oberkampf, 75011 Paris. 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