23.01.2014 Vues

Accéder à la ressource - Centre Pompidou

Accéder à la ressource - Centre Pompidou

Accéder à la ressource - Centre Pompidou

SHOW MORE
SHOW LESS

Transformez vos PDF en papier électronique et augmentez vos revenus !

Optimisez vos papiers électroniques pour le SEO, utilisez des backlinks puissants et du contenu multimédia pour maximiser votre visibilité et vos ventes.

LE CENTRE POMPIDOU EN 2010 / BILAN D’ACTIVITÉ


LE CENTRE POMPIDOU EN 2010 / BILAN D’ACTIVITÉ 23 SOMMAIRESOMMAIREAVANT-PROPOSp. 4 par A<strong>la</strong>in Seban, président du <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>1. DONNER AU PLUSLARGE PUBLIC ACCÈSÀ LA CRÉATIONDE NOTRE TEMPSp. 12 LA CONFIRMATION D’UN SUCCÈSPUBLIC EXCEPTIONNELp. 13 ◊ La consolidation de <strong>la</strong> fréquentation à unniveau supérieur à 3 millions de visiteursp. 15 ◊ Le succès des mesures de gratuitép. 16 ◊ Les publics du <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong> en 2010p. 20 UNE NOUVELLE STRATÉGIE DANS LEDOMAINE DES EXPOSITIONS TEMPORAIRESp. 21 ◊ Une stratégie c<strong>la</strong>rifiéep. 26 ◊ Les expositions temporaires en 2010p. 38 DES PROJETS STRATÉGIQUES INNOVANTSPOUR ALLER À LA RENCONTRE DENOUVEAUX PUBLICSp. 39 ◊ Le <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>-Metzp. 49 ◊ Le Studio 13/16p. 53 ◊ Les progrès du projet de <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>virtuelp. 56 ◊ La préparation du <strong>la</strong>ncement du <strong>Centre</strong><strong>Pompidou</strong> mobilep. 60 LES PUBLICS AU CŒUR DES PROJETSp. 61 ◊ Une nouvelle politique de développementtouristiquep. 62 ◊ Des médiations pour tous les publics2. UN MUSÉE GLOBALp. 76 LE PROGRAMME « RECHERCHEET MONDIALISATION »p. 77 ◊ Une mobilisation de l’ensembledes compétences du musée au servicede nouveaux enjeuxp. 77 ◊ La recherchep. 79 ◊ La mondialisationp. 82 LA COLLECTION DU MUSÉE NATIONALD’ART MODERNE/CENTRE DE CRÉATIONINDUSTRIELLE (MNAM/CCI)p. 83 ◊ Une gestion dynamique de <strong>la</strong> collectionp. 86 ◊ Les acquisitionsp. 104 LE RAYONNEMENT INTERNATIONALDU CENTRE POMPIDOU EN 2010p. 105 ◊ Les coproductions internationalespour les expositions temporairesp. 106 ◊ La circu<strong>la</strong>tion internationaledes programmesp. 108 ◊ Le rayonnement des collections :développement des expositions hors les mursp. 110 ◊ Les itinérances des expositions jeune publicp. 112 ◊ Une expertise recherchée à l’étrangerp. 114 LE SOUTIEN À LA SCÈNE FRANÇAISE3. REPLACERL’INSTITUTIONAU CŒUR DE LACRÉATION ACTUELLEp. 126 LA PLURIDISCIPLINARITÉ,TERRITOIRE D’ÉMERGENCEp. 140 LA PRODUCTION D’ŒUVRES4. UN REDRESSEMENTFINANCIERBIEN ENGAGÉp. 146 LE SUCCÈS DU PLAN DE DYNAMISATIONDES RESSOURCES PROPRESp. 148 ◊ Le développement des éditionsdu <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>p. 150 ◊ La nouvelle politique de partenariatsporte ses fruitsp. 152 LA MAÎTRISE DES CHARGESp. 156 LA STAGNATION DES CONCOURS DE L’ÉTATp. 160 LA SITUATION DE TRÉSORERIE5. UN ÉTABLISSEMENTPLUS EFFICACEAU SERVICEDE SES MISSIONSp. 164 LA PREMIÈRE ANNÉE DE MISE EN ŒUVREEFFECTIVE DE LA RGPPp. 165 ◊ Garantir <strong>la</strong> pérennité des missionsde service publicp. 165 ◊ Les chiffres-clésp. 166 ◊ Le contexte démographiquep. 168 L’INTENSIFICATION DU DIALOGUE SOCIALp. 169 ◊ Les réunions des instances paritairesp. 169 ◊ Les autres aspects du dialogue socialp. 170 LE CHANTIER DES FICHES DE POSTEp. 172 LES RÉFORMES EN MARCHEp. 173 ◊ Le chantier de l’améliorationde l’accueil des publicsp. 173 ◊ La nouvelle direction des publicsp. 174 ◊ L’externalisation de certaines activitésp. 175 ◊ Une nouvelle directionde <strong>la</strong> communication et des partenariatsp. 176 ◊ La modernisation des outils informatiques6. UN BÂTIMENTEMBLÉMATIQUEAU CŒUR DE PARISp. 180 VERS UNE PROGRAMMATIONPLURI-ANNUELLE DES INVESTISSEMENTSp. 182 UN PROGRAMME DE TRAVAUX IMPORTANTSMENÉ À BIEN EN 2010p. 183 ◊ Le réaménagementdes espaces jeunes publicp. 186 ◊ La rénovation des sols et des galeriesd’expositions temporairesp. 187 ◊ L’allègement du bâtimentp. 187 ◊ Le Salon des amis du muséep. 190 LA PRÉPARATION DU CHANTIER DESCENTRALES DE TRAITEMENT D’AIRPages de couvertures :<strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>-Metz © Ro<strong>la</strong>nd Halbe


LE CENTRE POMPIDOU EN 2010 / BILAN D’ACTIVITÉ 45 AVANT-PROPOSPour le <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>, 2010 restera comme une année historique : celle del’ouverture du <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>-Metz. Pour nous tous, ce fut l’aboutissement d’uneextraordinaire aventure, commencée en 2000 quand Jean-Jacques Ail<strong>la</strong>gon, alorsprésident du <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>, eut le premier l’idée de décentraliser l’institutionpour lui faire prendre part au phénomène politique et culturel majeur que fut, à <strong>la</strong> findu XX e siècle, <strong>la</strong> décentralisation culturelle, en même temps que le point de départd’un engagement durable, confiant et enthousiaste, auprès de <strong>la</strong> nouvelle institution-sœuret des collectivités territoriales qui sont nos partenaires dans ce projet sans précédent.Lors de ma nomination à <strong>la</strong> direction du <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong> en 2007, je fis naturellementdu <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>-Metz un des projets stratégiques de l’établissement. Il restait à fairesortir de terre le bâtiment imaginé par Shigeru Ban et Jean de Gastines. Il fal<strong>la</strong>it aussipréciser le projet scientifique et culturel de <strong>la</strong> nouvelle institution, <strong>la</strong> doter d’un statutjuridique permettant d’associer, de manière inédite, les collectivités territoriales et ungrand établissement public national, définir les conditions de son financement et cellesde <strong>la</strong> participation du <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong> à son fonctionnement, préparer l’ouverture eten particulier l’exposition inaugurale avec le souci d’enraciner le <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>-Metzdans le tissu régional et de favoriser l’appropriation de ce nouvel équipement par<strong>la</strong> popu<strong>la</strong>tion de Metz et de <strong>la</strong> Lorraine.Trois ans plus tard, le défi a été relevé. Le Président de <strong>la</strong> République a inauguré le 11 mai2010 le <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>-Metz et celui-ci a connu depuis un succès triomphal et quine se dément pas, accueil<strong>la</strong>nt 850 000 visiteurs sur les douze premiers mois d’ouverture,dont <strong>la</strong> moitié venus de <strong>la</strong> région, ce qui témoigne de l’extraordinaire enthousiasmede <strong>la</strong> popu<strong>la</strong>tion locale. D’ores et déjà, le <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>-Metz a contribué à modifieren profondeur l’image de Metz et de sa région, et leur permet de trouver un nouvel é<strong>la</strong>n,conformément aux attentes des collectivités territoriales lorsqu’elles se sont engagéespour soutenir sa création.En septembre 2010, nous avons réalisé un autre des projets stratégiques définis en 2007pour l’établissement : le Studio 13/16, premier espace permanent dédié aux adolescentsau sein d’une grande institution culturelle, et qui remporte depuis son ouvertureun succès grandissant. Fidèle à sa vocation d’innovation culturelle et répondant à l’objectifque je lui ai assigné d’é<strong>la</strong>rgissement de ses publics, le <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong> signe làune première mondiale qui s’appuie sur le capital d’expertise acquis, au fil des années,par l’établissement dans le domaine des activités dirigées vers le jeune public, dontje souhaite naturellement qu’elle fasse école et soit reprise et adaptée par d’autres,de par le monde, comme le furent les Ateliers des enfants, imaginés au <strong>Centre</strong> dès 1977.Après une année 2009 hors normes, en raison du succès prodigieux des expositions« Kandinsky » et « Calder, les années parisiennes », on pouvait s’attendreà un effondrement de <strong>la</strong> fréquentation. Or celle-ci s’est consolidée : elle est demeuréeau-dessus de 3 millions de visiteurs pour le musée et les expositions, niveau qui n’avaitjamais été atteint avant 2009 depuis <strong>la</strong> réouverture du <strong>Centre</strong>, et <strong>la</strong> fréquentationdes collections permanentes a même continué de progresser, enregistrant une haussespectacu<strong>la</strong>ire de 44% en 4 ans. Les recettes propres ont également été consolidées,progressant encore par rapport au niveau exceptionnel de 2009 et enregistrantune augmentation remarquable de 50% en 4 ans. Parallèlement, l’établissementa engagé un effort vigoureux de maîtrise de ses charges de structure et, pour <strong>la</strong> premièrefois de son histoire, a entrepris de réduire ses effectifs pour répondre aux obligationsqui lui sont fixées par l’État dans le cadre de <strong>la</strong> révision générale des politiques publiques(RGPP). Il s’est attaché à le faire en se réorganisant pour préparer l’avenir et continuer derépondre au mieux à ses missions. Ces réformes ont été é<strong>la</strong>borées en s’appuyantsur un dialogue renforcé avec les partenaires sociaux.L’effort important de redressement financier et de réorganisation ainsi conduit,qui a mobilisé l’ensemble des agents de l’établissement, permet à celui-ci de continuerà se développer, en mettant en œuvre ses projets stratégiques – pour 2011 : <strong>la</strong> secondeédition du Nouveau festival, le <strong>la</strong>ncement du <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong> mobile au mois d’octobreet du <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong> virtuel à <strong>la</strong> fin de l’année – et de répondre pleinement à sesmissions et aux priorités qu’il s’est données.Ainsi, en 2010, pour affirmer <strong>la</strong> vocation de <strong>la</strong>boratoire de l’établissement, conformémentau dessein du Président Georges <strong>Pompidou</strong> d’emprunter tout à <strong>la</strong> fois au modèledu musée et à celui du centre d’art, et s’inscrire dans le mouvement de <strong>la</strong> création <strong>la</strong> pluscontemporaine tout en réaffirmant son engagement auprès des artistes, nous avons <strong>la</strong>ncéun nouveau format, les « Rendez-vous du Forum », consacrés à <strong>la</strong> création émergenteet proposés gratuitement au public avec un très vif succès : cette initiative nous a permisde prolonger et d’amplifier l’impulsion donnée par <strong>la</strong> première édition du Nouveau festivalen octobre 2009.En 2010, nous avons mis en p<strong>la</strong>ce au Musée national d’art moderne le programme« recherche et mondialisation ». Grâce aux initiatives prises par mon prédécesseur BrunoRacine – je pense en particulier aux importantes expositions « Alors <strong>la</strong> Chine ? » en 2003et « Africa Remix » en 2006 – et dans le droit fil de l’exposition visionnaire « Les Magiciensde <strong>la</strong> Terre » organisée par Jean-Hubert Martin en 1989, le <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong> a étépionnier dans <strong>la</strong> compréhension des enjeux de <strong>la</strong> mondialisation artistique. Parce que


LE CENTRE POMPIDOU EN 2010 / BILAN D’ACTIVITÉ 6<strong>la</strong> création contemporaine est désormais globale, nous devons construire un muséeglobal, dont <strong>la</strong> collection reflète pleinement <strong>la</strong> nouvelle géographie de <strong>la</strong> créationartistique. Il s’agit d’un défi majeur pour le Musée national d’art moderne si nous voulonslui conserver, au XXI e siècle, son rang parmi les deux ou trois principales institutionsau monde dans le domaine de l’art moderne et contemporain.Enfin, en 2010, nous avons poursuivi et amplifié notre effort d’é<strong>la</strong>rgissementet de renouvellement de nos publics, auquel le <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>-Metz et le Studio 13/16,tout comme le succès remporté par <strong>la</strong> programmation, à Paris comme dans le cadredes nombreuses expositions organisées « hors les murs » en France et surtoutà l’étranger, ces dernières ayant connu un développement remarquable sur les troisdernières années, ont apporté des contributions déterminantes.Le succès de <strong>la</strong> dynamique engagée a été récompensé par <strong>la</strong> première p<strong>la</strong>ce attribuéeau <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>, ex aequo avec le musée du quai Branly, dans le huitième Palmarèsdes musées français publié en juin 2011 par le Journal des Arts après prise en comptede 71 critères concernant aussi bien l’accueil des publics que <strong>la</strong> gestion des collections.Le visage du « nouveau <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong> » dont j’annonçais l’avènement en 2009,continue ainsi de se dessiner et de se préciser. La cohérence de notre démarchestratégique dynamise l’ensemble de l’établissement et lui permet d’aller de l’avantet de regarder passionnément vers l’avenir, dans une fidélité renouvelée à ses missionsessentielles telles qu’elles ont été définies, avec une force visionnaire dont l’actualiténe cesse de s’affirmer, par notre fondateur, le Président Georges <strong>Pompidou</strong>.A<strong>la</strong>in Seban, président du <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>Esca<strong>la</strong>tordu <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>Photo G Meguerditchian© <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>


<strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>-Metz© Ro<strong>la</strong>nd Halbe


Photo G. Meguerditchian© <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>


LE CENTRE POMPIDOU EN 2010 / BILAN D’ACTIVITÉ 1213 CHAPITRE 1LA CONFIRMATIOND’UN SUCCÈS PUBLICEXCEPTIONNELConformément à sa vocation fondamentale d’interfaceentre <strong>la</strong> création et <strong>la</strong> société, remise au cœur des axesstratégiques définis en 2007, le <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>accorde une importance primordiale à l’é<strong>la</strong>rgissement età <strong>la</strong> diversification de ses publics ; il s’attache à leur faciliterl’accès à <strong>la</strong> création de notre temps en les accompagnantpar des médiations ouvertes, adaptées à chacun.1. LA CONSOLIDATIONDE LA FRÉQUENTATIONÀ UN NIVEAU SUPÉRIEURÀ TROIS MILLIONSDE VISITEURSPour <strong>la</strong> deuxième année consécutive,<strong>la</strong> fréquentation du musée et des expositionsest supérieure à trois millions de visiteurs.Ce niveau élevé n’avait jamais été atteint depuis<strong>la</strong> réouverture de l’établissement en 2000.La fréquentation du <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong> asubstantiellement progressé depuis 2007,collections permanentes et expositionstemporaires confondues. Elle avait connu en2009 un record historique exceptionnel du faitde <strong>la</strong> concomitance de trois expositions ausuccès hors normes : «Kandinsky» (3 e exposition<strong>la</strong> plus fréquentée de l’histoire du <strong>Centre</strong><strong>Pompidou</strong>), «Sou<strong>la</strong>ges» (4 e exposition <strong>la</strong> plusfréquentée de l’histoire du <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>)et «Calder : les années parisiennes»(8 e exposition <strong>la</strong> plus fréquentée de l’histoiredu <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>).Après cette année exceptionnelle,<strong>la</strong> fréquentation en 2010 ne pouvait queconnaître un repli, d’autant que deuxdes principales galeries d’exposition– <strong>la</strong> Galerie 1 et <strong>la</strong> Galerie Sud – ont été ferméespendant plusieurs semaines pour des travauxindispensables de réfection des sols, si bienque <strong>la</strong> durée d’exploitation des expositionstemporaires en 2010 a été notablementinférieure à celle de 2009. Mais, de manièreremarquable, <strong>la</strong> fréquentation du muséeet des expositions s’est maintenue à un niveauélevé, sensiblement au-dessus de 3 millionsde visiteurs (3,13 millions de visiteurspour le musée et les expositions), confirmantainsi <strong>la</strong> tendance de fond à l’élévationde <strong>la</strong> fréquentation dégagée depuisquatre ans (+ 22 %).La fréquentation des collections permanentesdu musée a continué de progresser en 2010(+ 7,2 % par rapport à 2009), confirmantune tendance engagée depuis quatre ans.Elle a connu une très forte augmentationdepuis 2007 (+ 43,5 %), notamment grâceaux expositions de <strong>la</strong> galerie du musée etde <strong>la</strong> galerie d’art graphique, et aux nouveauxaccrochages des collections d’art moderneet contemporain qui ont permis de repenserentièrement <strong>la</strong> présentation du musée.Fréquentation de 2000 à 20102000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010Musée 1558465 1292469 1242253 1150958 1275029 1127919 1119525 1212832 1314664 1499401 1606921Expositions 821233 1089070 1226901 1332009 1314796 1199417 1450994 1372869 1434220 2034457 1525921Musée + Expo 2379698 2381539 2469154 2482967 2589825 2327336 2570519 2585701 2748884 3533858 3132842Bpi 1915270 1974465 1968992 1889164 1849292 1763690 1477002 1614018 1603058 1432975 1479198Pour l’année 2006, les données concernant les expositions temporaires ont été retraitées afin de neutraliser un changement de périmètre. La Galerie 1 était scindée en deux.


LE CENTRE POMPIDOU EN 2010 / BILAN D’ACTIVITÉ 14 15 CHAPITRE 1Le <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong> confirme ainsi <strong>la</strong> tendanceau rééquilibrage de <strong>la</strong> fréquentation entrecollections permanentes et expositionstemporaires qui constitue un enjeu crucial pourl’établissement. Depuis son ouverture, en effet,<strong>la</strong> fréquentation, à <strong>la</strong> différence de celle d’autresgrands musées parisiens comme le Louvreou le musée d’Orsay, est fortement tributaire desexpositions temporaires et, de ce fait, marquéepar une plus forte vo<strong>la</strong>tilité ; l’accroissementde <strong>la</strong> fréquentation des collections permanentesest un facteur-clé de consolidation de <strong>la</strong>fréquentation, de même que le rééquilibragesouhaitable entre visiteurs français et visiteursétrangers. La poursuite de l’augmentation de <strong>la</strong>fréquentation des collections permanentes en2010 constitue ainsi un signe extrêmement positif.UNE AUDIENCE DE PLUSEN PLUS IMPORTANTEÀ <strong>la</strong> fréquentation croissante enregistréeà Paris, il convient d’ajouter, pour évaluerl’audience du <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>, <strong>la</strong>fréquentation des expositions itinérantesprésentées à l’étranger, soit637 493 visiteurs en 2010 et, désormais,<strong>la</strong> fréquentation du <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>-Metz(V. chapitre 1 «Un succès public triomphal»,p. 39), soit 615 830 visiteurs en 2010.Au total, <strong>la</strong> fréquentation globale desexpositions et des collections permanentesdu <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong> s’est établieen 2010 à quelque 5 865 363 millionsde visiteurs*.* Chiffre qui comprend <strong>la</strong> fréquentation généraledu <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>, du <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>-Metzet des expositions itinérantes.Sur <strong>la</strong> Piazza du <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>,photo H. Véronèse © <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>2. LE SUCCÈS DESMESURES DE GRATUITÉLa gratuité d’accès aux collectionspermanentes pour les jeunes de 18 à 25 ansa été mise en œuvre le 4 avril 2009 parl’ensemble des musées nationaux, surinstruction du ministre de <strong>la</strong> Cultureet de <strong>la</strong> Communication et conformémentaux engagements pris par le Président de <strong>la</strong>République. Cette mesure s’est accompagnéeau <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong> d’offres de parcoursparticuliers tels les «Jeudi’s», qui donnentl’occasion à des écoles d’art françaises eteuropéennes d’investir le musée pour desperformances en résonance avec les œuvres,ou «Art Sessions», qui proposent aux 18-25 ansde les accompagner dans <strong>la</strong> visite des collectionsgrâce à l’intervention de bénévoles impliquésdans <strong>la</strong> vie de l’établissement.Entre 2009 et 2010, le nombre moyen de billetsdélivrés chaque jour aux 18-25 ans a augmentéde 26 %. Il représente 15 % de <strong>la</strong> billetterieet 54 % des billets exonérés délivrés en 2010.Fréquentationdes 18-25 ansen 2009 et 2010Nombrede billetsexonérés18-25 ansMoyennepar jourEntre le 4 avril et le 31 décembre 2010, lenombre de billets exonérés délivrés pour les18-25 ans s’est élevé à 122 812, contre 92 065pour <strong>la</strong> même période 2009. Cette progressionde 22 % illustre le succès de <strong>la</strong> mesure.En 2009, celui-ci avait probablement étéquelque peu minoré en raison de l’attraitexceptionnel du programme d’expositionstemporaires, qui a incité le public des 18-25 ansà acheter un billet à tarif réduit donnant accèsaux expositions temporaires plutôt quede se contenter d’une entrée gratuite pourles seules collections permanentes du musée.La forte progression de <strong>la</strong> fréquentation desjeunes de 18-25 ans bénéficiant de <strong>la</strong> gratuitéa une incidence négative sur les recettesde l’établissement en 2010. La perte de recettesinduite par <strong>la</strong> mise en œuvre de cette mesureétait évaluée à 1 376 760 € au budget primitif,mais son coût réel s’élève en 2010 à 1 506 280 €,ce qui représente une perte non compensée de129 520 € pour le budget du <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>.Si <strong>la</strong> Cour des comptes a pu estimer, dans sonrapport sur les musées nationaux de 2010,que cette mesure avait été l’occasion pourcertains musées de majorer le montantde <strong>la</strong> compensation réc<strong>la</strong>mée à l’État,Totalde billetsexonérés% des 18-25 ans dansle total desexonérésTotal desbilletsdélivrés (horspremiersdimanchesgratuits)% des18-25 ansdans <strong>la</strong>billetterietotaleJanvier à décembre 2010 170 404 568 317 951 54 % 1 105 426 15 %Avril à décembre 2009 92 065 451 217 245 42 % 984 698 9 %


LE CENTRE POMPIDOU EN 2010 / BILAN D’ACTIVITÉ 16 17 CHAPITRE 1il n’en a pas été ainsi au <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>,qui a au contraire présenté une prévisionparfaitement sincère dès 2009. Il convient parailleurs de constater qu’un tel dispositif n’inciteguère les musées à développer <strong>la</strong> fréquentationdes bénéficiaires de <strong>la</strong> gratuité dès lors que leniveau de <strong>la</strong> compensation reste, quant à lui, figé. <strong>la</strong>ncés en 2010,dans l’esprit de <strong>la</strong> première édition du Nouveaufestival qui s’est tenue à l’automne 2009 avec <strong>la</strong>volonté d’en prolonger le succès. Renouant avec<strong>la</strong> vocation expérimentale du <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>en jouant de sa pluridisciplinarité fondatrice,les Rendez-vous du Forum invitent «en direct»<strong>la</strong> création émergente et les formesd’expression artistique les plus expérimentalesau cœur du <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>, au niveau basdu Forum, accessible gratuitement à tous.Programmés de juillet à décembre 2010,soit pendant 154 jours, les Rendez-vousdu Forum 2010 ont proposé 205 séancesoffrant les formes les plus singulièreset les plus inédites de <strong>la</strong> création d’aujourd’hui.Avec plus de 20 450 spectateurs, soit unemoyenne de 132 par jour et près de 100 parséance, ils ont connu un beau succès public.Certaines sessions ont été plébiscitées, commeBeaubourg, <strong>la</strong> dernière Major, programmée parle critique et cinéaste Serge Bozon qui proposaitde revisiter dix décennies du cinéma françaisen 43 séances, ou le spectacle de Catherine BaÿB<strong>la</strong>nche-Neige, le banquet, présenté à30 reprises. Plus de 4 000 personnes ont ainsiassisté à ces banquets extraordinaires auxquelsont pris part à chaque fois une quinzaine deB<strong>la</strong>nche-Neige, des artistes et des personnalitésinvités à célébrer l’originalité artistique etpluridisciplinaire du <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>.3. LES PUBLICSDU CENTRE POMPIDOUEN 2010L’ENQUÊTE SUR LES PUBLICSMÉTHODOLOGIELe <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong> a décidé depuis 2009de réaliser sur un rythme annuel l’enquête depublics qui était menée sur un rythme triennaldepuis 2000, afin de mieux connaître ses publicset de mieux répondre à leurs attentes.Du 27 juin au 7 juillet et du 6 au 16 octobre 2010,2 175 questionnaires ont été administrésen face à face avec des visiteurs adultes,hors Bibliothèque publique d’information,à leur sortie de l’établissement, selon unéchantillonnage aléatoire, en quatre <strong>la</strong>ngues(français, ang<strong>la</strong>is, espagnol et allemand).Les principales tendances par rapport à 2009dessinent un public un peu moins féminin (56 %contre 66 % en 2009) mais plus jeune (50 % ontmoins de 35 ans contre 40 % en 2009) et avecune part plus importante de visiteurs qui résidentà l’étranger (44 % contre 40 % en 2009).Une proportion équivalente visite les collectionspermanentes (46 %) et les grandes expositionsdu niveau 6 (47 %), avec un niveau stablepour les premières mais en baisse pourles secondes qui s’explique par le succèsexceptionnel de <strong>la</strong> programmation de 2009(avec Kandinsky et Calder). Le niveau desatisfaction globale reste situé à un niveau élevé(94 % de satisfaits contre 95 % en 2009).PROFILS DES VISITEURS (hors public de moinsde 15 ans) et 25 % ont entre 18 et 25 ans 27 % sont lycéensou étudiants, 10 % sont retraités et 4 %en recherche d’emploiexercent ou exerçaient une fonction de cadre19 % une profession intermédiaire et 11 %sont employés ou personnels de service 1(32 % bac + 3 ou 4, 41 % bac + 5 ou plus)L’art, l’architecture et les spectaclessont les domaines d’études de 43 %des étudiantsMODES DE FRÉQUENTATION : 25 % viennenten couple, 23 % avec un ou plusieurs amiset 21 % en familleCONNAISSANCEET FRÉQUENTATION DE L’OFFRE 2<strong>Pompidou</strong> abrite un muséepublique d’informationune programmation de cinémay sont donnésest destinée aux enfants(Institut de recherche et de coordinationacoustique–musique)importante 3une exposition du <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>au cours des 12 derniers moismoderne/<strong>Centre</strong> de création industrielled’informationou un débatprogrammées pour les enfantsAPPRÉCIATION DE LA VISITEÀ leur sortie du <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>,94 % des visiteurs se disent globalementsatisfaits de leur visite.1. visiteurs étudiants exclus2. combinaison des réponses et des refus de réponse qualifiés3. hors primo-visiteurs


LE CENTRE POMPIDOU EN 2010 / BILAN D’ACTIVITÉ 18LES ADHÉRENTSDU CENTRE POMPIDOUEN 2010ventes de Laissez-passera été stable en 2010 : 41 493 contre42 075 en 2009, de même que le chiffred’affaires correspondant (1 632 985 €contre 1 633 428 € en 2009). Une forte hausse de tous les indicateursde fidélisation est constatée cette annéeencore grâce, notamment, à deuxcampagnes de réadhésions, avec destarifs plus avantageux consentis afin decompenser les trois semaines de fermeturede l’établissement subies du fait dumouvement social de <strong>la</strong> fin 2009.Les actions de fidélisation auprès descollectivités et des partenaires du <strong>Centre</strong><strong>Pompidou</strong>, ainsi que <strong>la</strong> généralisationd’offres adhérents attractives dans lesdomaines du cinéma et des spectaclesvivants ont également contribué à ces bonsrésultats. En effet, 11 480 adhérentsactifs avant 2009, non actifs en 2009,ont renouvelé leur adhésion en 2010, contre9 072 en 2009 et 5 485 en 2008.Le taux de réadhésion de 2009 à 2010est également en augmentation :il est passé de 40 % à 46 %.principalement sur p<strong>la</strong>ce, mais <strong>la</strong> venteen ligne continue de progressergrâce aux améliorations techniquesapportées depuis le début 2010.La forte augmentation des ventesde Laissez-passer solo 1 an et 2 ans(respectivement +27 % et +49 %) estaccompagnée d’un net ralentissementde <strong>la</strong> baisse du Laissez-passer jeune(-4.3 % contre -18 % en 2009).Forumdu <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>Photo P. Migeat© <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>


LE CENTRE POMPIDOU EN 2010 / BILAN D’ACTIVITÉ 2021 CHAPITRE 1UNE NOUVELLESTRATÉGIE DANSLE DOMAINEDES EXPOSITIONSTEMPORAIRESAfin de donner davantage de lisibilité à son offre d’expositionstemporaires, pour répondre à l’une des priorités fixéespar les axes stratégiques 2007-2012, le <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>a achevé en 2010 <strong>la</strong> réflexion engagée en 2009 sur <strong>la</strong> stratégieen matière d’expositions temporaires, dont les conclusionsont été présentées au conseil d’administration le 26 avril 2010.1. UNE STRATÉGIECLARIFIÉELes axes stratégiques 2007-2012,présentés au conseil d’administration du <strong>Centre</strong>national d’art et de culture Georges <strong>Pompidou</strong>en octobre 2007, avaient déjà esquisséles principaux axes d’une nouvelle stratégieen matière d’expositions temporaires. En effet,les grandes expositions temporaires, qui sontle moteur essentiel de <strong>la</strong> fréquentation et, parvoie de conséquence, des <strong>ressource</strong>s propres,en même temps qu’elles offrent l’occasionde synthétiser et de rendre publiques desrecherches importantes dans le domainede l’histoire de l’art et comportent des enjeuxfondamentaux pour <strong>la</strong> diffusion de l’œuvredes artistes qu’elles concernent, constituentpour le <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong> une activité, à touségards, essentielle.Pour rep<strong>la</strong>cer cette activité au cœur desprocessus de décision du <strong>Centre</strong>, le présidentA<strong>la</strong>in Seban a décidé, dès 2007, de réactiverle conseil de programmation, prévu par le statutmais qui était tombé en désuétude, tout ené<strong>la</strong>rgissant sa composition. Instance interne,mais qui rassemble désormais, outre <strong>la</strong>directrice générale et les chefs de département,l’ensemble des directeurs qui, de près ou deloin, sont concernés par <strong>la</strong> programmation desexpositions temporaires, ainsi que plusieursmembres de <strong>la</strong> conservation du MNAM/CCI,le conseil de programmation est saisi de toutprojet d’exposition que le président envisagede programmer ; il entend ensuite à plusieursreprises le ou les commissaires de l’exposition,au stade de l’avant-projet sommaire descénographie et, une fois l’exposition terminée,pour en dresser un bi<strong>la</strong>n complet.L’année 2010 a été l’occasion d’achever<strong>la</strong> réflexion sur <strong>la</strong> stratégie en matièred’expositions temporaires, initiée dès 2007et qui a été affinée en 2008-2009 à <strong>la</strong> lumièrede l’expérience acquise au sein du conseilde programmation.Le <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong> produit ou accueille,à Paris comme hors les murs, une moyennede 25 expositions par an (sans compter lesexpositions du <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>-Metz, quidispose de sa propre organisation en matièrede programmation et de production). Parmicelles-ci, on compte 6 «grandes» expositionsprogrammées dans les principaux espacesd’exposition temporaire que sont les galeries 1,2 et Sud, dotées de superficies respectivesde 2 100, 950 et 1 200 m².La définition de <strong>la</strong> nouvelle stratégie enmatière d’expositions temporaires s’est appuyéesur un état des lieux très précis qui a faitressortir plusieurs éléments sail<strong>la</strong>nts :principales galeries d’exposition a varié,entre 2000 et 2009, entre 578 et 721 jours soitun écart de 25 % qui constitue le déterminantessentiel des variations de <strong>la</strong> fréquentationdes expositions temporaires, bien plus quel’attractivité de <strong>la</strong> programmation ;de 9 à 10 semaines, mais connaît égalementune forte variabilité, corol<strong>la</strong>ire de <strong>la</strong> fortevariabilité des durées d’exposition ;déterminant de l’intensité d’exploitationdes espaces d’exposition, <strong>la</strong> durée moyennedes expositions s’étageant entre 78 jours(espaces d’exposition du niveau 4) et 115 jours


LE CENTRE POMPIDOU EN 2010 / BILAN D’ACTIVITÉ 28 29 CHAPITRE 1«DREAMLANDS» OU COMMENTSE MONTE UNE EXPOSITIONL’exposition Dream<strong>la</strong>nds, dont le commissariatétait assuré par Didier Ottinger et Quentin Bajac,démontrait comment les foires internationales,les expositions universelles et les parcs deloisirs ont influencé <strong>la</strong> conception de <strong>la</strong> ville etde ses usages… Elle présentait en Galerie 1environ 350 œuvres de nature diverses(photographies, vidéos, maquettes, instal<strong>la</strong>tions,livres…). Sa préparation donne un bon exempledes interventions multiples qu’impliquel’organisation de ce type d’événement.Les équipes de <strong>la</strong> productionUne fois le projet proposé par les commissaireset validé par le directeur du Musée nationald’art moderne, il est présenté en conseil deprogrammation. Après arbitrage du présidentdu <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>, <strong>la</strong> direction de<strong>la</strong> production constitue une équipe dédiée pourle mettre en œuvre. La coordination est géréepar le chargé de production, en lien avecles commissaires. Le noyau de l’équipe estconstitué d’un architecte, d’un régisseurd’œuvre, d’un régisseur d’espace et d’unchargé de production audiovisuel. À leurs côtéssont rassemblés tous les métiers des ateliers,des moyens techniques et du serviceaudiovisuel.La réalisation – les grandes étapesde <strong>la</strong> productionLa liste des œuvres est affinée. Les solutionstechniques sont adaptées aux souhaits descommissaires. Le parcours scénographiquese concrétise autour de 12 thématiques,celui de l’accrochage se définit en fonction desœuvres. Dream<strong>la</strong>nds a bénéficiéde 70 prêteurs de France, d’Europe,des États-Unis et du Japon (plusde 200 photographies, près de 75 œuvresgraphiques, une vingtaine d’œuvresaudiovisuelles, des peintures,des maquettes…) ; 26 créations ont étéréalisées par quatre photographes.Interviennent alors le bouc<strong>la</strong>ge budgétaire,<strong>la</strong> rédaction des actes juridiques impliquantles prêteurs et les artistes, les opérationsde régie pour assurer et acheminer lesœuvres. Dans le même temps, des filmssont produits par le service audiovisuel,du mobilier est conçu dans les ateliersdu <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>, des entreprisesextérieures sont sollicitées pour participer à<strong>la</strong> signalétique, à <strong>la</strong> construction de cimaises,au transport des œuvres, à l’accrochage.Les conditions d’hygiène et de sécuritédes œuvres et du public sont appréhendéesau fil de <strong>la</strong> construction du projet.Dernière étape, <strong>la</strong> phase de montagedémarre par les travaux scénographiques,électriques et audiovisuels. Une fois les œuvresacheminées, des restaurateurs constatent leurétat avant leur instal<strong>la</strong>tion et leur éc<strong>la</strong>irage.Qu’il s’agisse d’une sculpture en acier commeKandor con 2000 de Mike Kelley, pesant près de1,5 tonne, ou de Love it, Bite it ! de Liu Wei, unemaquette réalisée en aliment à mâcher pourchien à poser au sol, l’accrochage est effectuépar les équipes de <strong>la</strong> production et par certainsartistes, sous le contrôle des commissaires.La dernière touche est apportée par <strong>la</strong> posede <strong>la</strong> signalétique et des cartels, essentiellepour <strong>la</strong> transmission du contenu de l’exposition.Les portes peuvent alors s’ouvrir au public.LES MONOGRAPHIESCONTEMPORAINESL’axe monographique contemporain a étéparticulièrement fort en 2010, avec notammentle sacre incontesté de Pierre Sou<strong>la</strong>ges dont <strong>la</strong>grande rétrospective ouvrait un nouveau cyclede rétrospectives d’artistes vivants en galerie 1,voulu par le président du <strong>Centre</strong>, A<strong>la</strong>in Seban, etqui se poursuivra avec Gerhard Richter en 2012,Martial Raysse en 2014 et Anselm Kiefer en 2015.L’exposition consacrée à l’œuvre de PierreSou<strong>la</strong>ges a accueilli plus d’un demi-millionde visiteurs, se c<strong>la</strong>ssant au quatrième rangdes expositions les plus fréquentées de l’histoiredu <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>, soit une performanceextraordinaire pour un artiste vivant.Les partis pris de lectures thématiques appliquéesà Freud (<strong>la</strong> question de l’Atelier) et à Arman(sa re<strong>la</strong>tion avec l’art performatif) ont donné lieuà une approche historiographique originale. Dans<strong>la</strong> Galerie du musée, l’exposition Étienne-Martin,qui mê<strong>la</strong>it des œuvres anciennement détenues parle MNAM et d’autres ayant fait l’objet d’une dationrécente, révé<strong>la</strong>it <strong>la</strong> richesse d’une collection qui apermis une monographie, complète et significative,à partir des seuls fonds de l’établissement.L’engagement du <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong> à l’égardde <strong>la</strong> scène contemporaine nationale, danssa diversité, a trouvé à s’exprimer à traversles expositions du designer Patrick Jouin,de <strong>la</strong> photographe Valérie Jouve ou du p<strong>la</strong>sticienSaâdane Afif. La carte b<strong>la</strong>nche <strong>la</strong>issée à Sarkispour investir ses espaces, des salles du Muséeau Forum, de <strong>la</strong> Bibliothèque publiqued’information à l’Atelier des enfants, ou encorede <strong>la</strong> Bibliothèque Kandinsky à l’AtelierBrancusi, a permis à l’artiste, au travers de sesinstal<strong>la</strong>tions, de s’approprier les territoires du<strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong> et d’instaurer un dialogue entreses propres œuvres et les collections du Musée.Les protagonistes d’une scène internationalemarquée par l’émergence de nouvelles zonesgéographiques ont fait l’objet de manifestationscollectives (Les Promesses du passé,consacrée aux artistes de l’ancien bloc de l’Est)ou personnelles, avec l’artiste d’originemexicaine Gabriel Orozco. Un hommageparticulier a été rendu, peu après son décèsen octobre 2009, à l’œuvre graphique de l’artisteaméricaine Nancy Spero.Par leur circu<strong>la</strong>tion, ces expositions ontconfirmé <strong>la</strong> p<strong>la</strong>ce éminente qu’occupe le <strong>Centre</strong><strong>Pompidou</strong> sur l’échiquier des grands muséesd’art moderne et contemporain internationaux.LA SCÈNE FRANÇAISEPIERRE SOULAGES14 octobre 2009 – 8 mars 2010Galerie 1Commissaires : Alfred Pacquement et Pierre EncrevéExposition réalisée avec le soutien de Nespresso et de<strong>la</strong> Fondation Pricewaterhouse Coopers FranceLa vaste rétrospective consacréeà Pierre Sou<strong>la</strong>ges et déployée sur les 2 000 m 2de <strong>la</strong> Galerie 1 a connu un succès sans précédentpour un artiste en activité, avec plus d’undemi-million de visiteurs. Elle avait pour ambitionde rassembler l’œuvre de cette grande figure del’art en France depuis ses étonnants brous de noixde 1946-1948, qui situent d’emblée l’originalité desa démarche, jusqu’aux toutes récentes peintures«outrenoir» réalisées pour certaines en 2009quelques mois avant l’inauguration et jamaismontrées jusqu’alors.


LE CENTRE POMPIDOU EN 2010 / BILAN D’ACTIVITÉ 30 31 CHAPITRE 1Souvent qualifié de «peintre du noir»,Pierre Sou<strong>la</strong>ges, né en décembre 1919 et qui afêté ses 90 ans lors de l’exposition, est considérécomme le plus grand peintre français vivant.La reconnaissance de son talent, précocementaffirmée dès les années 1950, s’est confirméeavec le temps. Si une exposition monographiqueavait eu lieu au <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong> trente ansplus tôt, en 1979, au moment même où le peintreabordait le nouveau territoire de l’«outre-noir»,c’est à dire de peintures jouant des effetsde <strong>la</strong> lumière sur différents états de surface dunoir, il s’agissait cette fois-ci de retracer plus desoixante ans de peinture, avec une sélection trèscomplète de ses créations et une scénographiedans <strong>la</strong>quelle l’artiste s’est personnellementinvesti. Les grands polyptyques suspendusdans l’espace et <strong>la</strong> salle entièrement noire du so<strong>la</strong>u p<strong>la</strong>fond, où les peintures étaient éc<strong>la</strong>iréesen lumière indirecte, ont permis de mettre envaleur ses œuvres de manière spectacu<strong>la</strong>irepour le plus grand p<strong>la</strong>isir des visiteurs.Puisant ses sources en dehors de <strong>la</strong> modernité,regardant vers les grottes de <strong>la</strong> préhistoireou l’art roman, Sou<strong>la</strong>ges s’intéresse à <strong>la</strong>dimension picturale dans ce qu’elle contient depoétique, d’émotionnel et, par-là, de signifiant.Son parcours exemp<strong>la</strong>ire dans l’abstractionsymbolise l’apport d’une génération d’aprèsguerrefaisant suite aux grandes figuresfondatrices de <strong>la</strong> première moitié du siècle.Son œuvre étonne par ses variations au seind’un protocole pictural très restreint jusqu’àl’outrenoir de 1979. S’y affirme <strong>la</strong> couleur noirequi recouvre désormais <strong>la</strong> totalité de <strong>la</strong> surfaceilluminée par les reflets dans <strong>la</strong> matière. En seconcentrant sur ce pigment unique, Sou<strong>la</strong>gesconçoit un espace pictural qui, en dépit del’emploi d’une seule couleur, se situe à l’opposédu parcours déjà si encombré du monochromedans <strong>la</strong> trajectoire de l’art moderne.Bi<strong>la</strong>n des produits éditoriauxL’attrait du public pour cette expositions’est prolongé par son intérêt porté sur lesproduits dérivés qui lui étaient proposés :près de 17 000 catalogues et 36 500 albumsont été vendus, soit 98 % des tirages effectués.La majorité des autres produits éditésà cette occasion ont également rencontréun grand succès, illustrant le souhaitdes différents publics de conserver un souvenirde cette exposition. Au total, ces diversproduits dérivés auront apporté au <strong>Centre</strong><strong>Pompidou</strong> une recette nette de 400 000 €.Arman15 septembre 2010 – 3 janvier 2011Galerie 2, niveau 6(V. chapitre 2, «Le soutien à <strong>la</strong> scène française»,p. 116)22 septembre 2010 – 10 janvier 2011-05-20Galerie des enfants(V. chapitre 2, «Le soutien à <strong>la</strong> scène française»,p. 116)Habiter 2050, une création d’A<strong>la</strong>in Bublex24 octobre 2009 – 8 mars 2010Galerie des enfants(V. chapitre 2, «Le soutien à <strong>la</strong> scène française»,p. 118)«Passages» Sarkis10 février 2010 – 21 juin 2010Divers espaces(V. chapitre 2, «Le soutien à <strong>la</strong> scène française»,p. 118)Patrick Jouin17 février 2010 – 24 mai 2010Galerie du musée(V. chapitre 2, «Le soutien à <strong>la</strong> scène française»,p. 119)15 septembre 2010 – 3 janvier 2011Espace 315Pierre Sou<strong>la</strong>ges © Adagp, Paris 2009 – Photo © Bruno Levy / Challenges-réa


LE CENTRE POMPIDOU EN 2010 / BILAN D’ACTIVITÉ 32 33 CHAPITRE 1(V. chapitre 2, «Le soutien à <strong>la</strong> scène française»,p. 119)Erró17 février 2010 – 24 mai 2010Galerie d’art graphique(V. chapitre 2, «Le soutien à <strong>la</strong> scène française»,p. 120)23 juin 2010 – 13 septembre 2010Galerie d’art graphique(V. chapitre 2, «Le soutien à <strong>la</strong> scène française»,p. 120)Sou<strong>la</strong>ges14 octobre 2009 - 8 mars 2010Galerie 1, niveau 6(V. chapitre 2, «Le soutien à <strong>la</strong> scène française»,p. 120)LA CRÉATION INTERNATIONALELUCIAN FREUD10 mars – 19 juillet 2010Galerie 2Commissaire : Cécile DebrayExposition réalisée avec le soutien du British CouncilPlus de vingt ans après <strong>la</strong> dernièrerétrospective française consacrée à l’artistebritannique au <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>, un choixd’environ soixante-dix de ses peintureset œuvres graphiques était présenté autourdu thème de l’atelier. La singu<strong>la</strong>rité du travailde Lucian Freud réside dans le traitementquasi obsessionnel du portrait et du nu.Le modèle est observé dans le secretde l’atelier, sorte de <strong>la</strong>boratoire dans lequelle peintre met en scène figure et accessoirestels que p<strong>la</strong>ntes vertes, canapé crevé, <strong>la</strong>vabo,palettes, chiffons… Les quelques paysagessont saisis à travers les fenêtres. Huis closentre le peintre et son modèle, cadre visuel,l’atelier se révèle être métaphoriquementl’espace de <strong>la</strong> peinture.GABRIEL OROZCO15 septembre 2010 – 3 janvier 2011Galerie SudCommissaire : Christine MacelExposition réalisée avec le mécénat principal de <strong>la</strong>Fundación Televisa et le soutien de l’Instituto Culturalde MexicoDepuis ses débuts avec des photographiesde micro-instal<strong>la</strong>tions dans l’espace public jusqu’àses sculptures hybridant des objets du quotidien,Orozco a fait voyager le spectateur dans une sorted’exploration des lois réinterprétées de <strong>la</strong> matière.Pour sa première exposition au <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>,présentée après les expositions du MoMA à NewYork et du Kunstmuseum de Bâle et avant cellede <strong>la</strong> Tate Modern à Londres, l’artiste mexicain aconçu une instal<strong>la</strong>tion spécifique, <strong>la</strong>issant l’espacetotalement ouvert et sans cimaises. Les œuvresétaient disposées selon deux lignes, alternantsculptures et arrangements, ainsi que des étalsde marché pour les petits formats tandis quephotographies et peintures étaient accrochéesaux murs. Cette scénographie volontairementdépouillée offrait une troub<strong>la</strong>nte proximitéavec les œuvres qui a marqué les esprits.La liste d’œuvres spécifiques pour cette étapeau <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>, <strong>la</strong> plus importante del’itinérance par leur nombre, marquait l’intérêt vifet déjà ancien des institutions et collectionneursfrançais pour l’artiste. Le meilleur exemple enétant certainement <strong>la</strong> DS, œuvre déjà iconique dutravail d’Orozco, prêtée par le Fonds national d’artcontemporain. É<strong>la</strong>borée par Christine Macel enlien étroit avec l’artiste, <strong>la</strong> version parisienne del’exposition a mis en exergue <strong>la</strong> diversitéLucian Freud, « Reflection with Two Children » (Self-Portrait), 1965, Madrid, Museo Thyssen Bornemisza


LE CENTRE POMPIDOU EN 2010 / BILAN D’ACTIVITÉ 34des moyens employés : photographie, dessin,peinture, sculpture, instal<strong>la</strong>tion, intervention ouvidéo. Deux figurants déguisés en agents de <strong>la</strong>police mexicaine veil<strong>la</strong>ient au quotidien sur lesœuvres et les visiteurs.NANCY SPERO13 octobre 2010 – 10 janvier 2011Commissaire : Jonas StorsveL’exposition consacrée à Nancy Spero,grande artiste américaine récemment disparue,qui a vécu une partie de sa vie en France,a permis de rendre hommage à l’une despionnières de l’art féministe.Elle s’est engagée contre <strong>la</strong> guerre du Viet-Namavec ses War Paintings, puis a puisé soninspiration dans les textes d’Antonin Artaud.À partir des années 1970, elle forge l’imaged’une femme transgressant toute limite d’époqueet de culture, libre, forte et intemporelle.Après Paris, où elle a attiré un nombreux public,l’exposition a été présentée à <strong>la</strong> SerpentineGallery de Londres.LES PROMESSES DU PASSÉ14 avril – 19 juillet 2010Commissaires : Christine Macel et Johana MytkowskaLe catalogue de l’exposition a bénéficié du soutien de <strong>la</strong>Erste FoundationLes Promesses du Passé présentait une«histoire discontinue» de l’art dans les pays del’ancienne Europe de l’Est depuis les années1950 jusqu’aujourd’hui, associantdes artistes de ces pays ou y ayant travaillé.Le dispositif a été conçu en deux parties :l’artiste polonaise Monika Sosnowska a imaginédans <strong>la</strong> Galerie Sud une sculpture / architectureen zig-zag qui constituait une métaphorede <strong>la</strong> méthodologie de l’exposition et offraitsalles et cimaises pour présenter les œuvres.Dans l’espace adjacent du 315, l’artiste SlovèneTobias Putrih avait composé un espacearchitectural inspiré par les cinémas del’époque communiste pour présenter <strong>la</strong> partiedocumentaire et une programmation de filmsdans un auditorium original en tubes de carton.KAWAMATA – CARTON WORKSHOPGalerie des enfants, 10 avril 2010 – 23 août 2010Commissaire : Nadine CombetL’exposition a été réalisée avec le soutien de <strong>la</strong> galerieKamel Mennour, en partenariat avec <strong>la</strong> société Otor.Sculpteur et architecte, l’artiste japonaisTadashi Kawamata intervient sur desenvironnements ou des bâtiments à partir dematériaux simples qui deviennent les élémentsd’un immense assemb<strong>la</strong>ge. À partir de saréflexion sur l’architecture du <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>et de son imp<strong>la</strong>ntation dans le tissu urbain,l’artiste a imaginé, pour <strong>la</strong> Galerie des enfants,un espace couvert de cartons : un «work inprogress» auquel étaient conviés parents etenfants. Il est aussi intervenu sur les façadesde l’établissement et dans le Forum. Il y a p<strong>la</strong>céses «huts», cabanes en bois, nichées sur<strong>la</strong> trame métallique et technique du bâtiment,qui invitaient à une relecture de l’architecturedu <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>.Vue d’une « Hut » sur<strong>la</strong> structure du <strong>Centre</strong><strong>Pompidou</strong>. Instal<strong>la</strong>tionréalisée à l’occasionde l’exposition Kawamatacarton workshop dans<strong>la</strong> Galerie des enfantsdu <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>Photo Hervé Véronèse© <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>


LE CENTRE POMPIDOU EN 2010 / BILAN D’ACTIVITÉ 36 37 CHAPITRE 1LES EXPOSITIONSHISTORIQUESMONDRIAN / DE STIJL1 er décembre 2010 – 21 mars 2011Galerie 1Commissaires : Brigitte Leal, Frédéric Migayrou,Aurélien LemonierExposition réalisée avec le soutien de Devoteam,<strong>la</strong> Fondation Pricewaterhouse Coopers France et NexityMondrian / De Stijl, seule exposition historiqueprésentée en 2010, entre<strong>la</strong>çait les parcours del’un des plus grands peintres abstraits duXX e siècle et de l’un des mouvements les plusféconds de <strong>la</strong> modernité européenne. Ellerévé<strong>la</strong>it <strong>la</strong> complexité des col<strong>la</strong>borations entreles nombreux artistes qui s’y sont ralliés,peintres, architectes et designers. Parmi lesavant-gardes européennes, le mouvement DeStijl constitue une clé de lecture incontournablepour <strong>la</strong> compréhension des sources dumouvement moderne au XX e siècle. Malgré lerayonnement international de ses acteurs, parmilesquels ses fondateurs, Théo van Doesburg etPiet Mondrian, ce mouvement n’avait jamais faitl’objet d’une grande rétrospective en France.Le <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong> a consacré une expositioninédite à cet instant crucial qui vit naître<strong>la</strong> modernité, à partir d’un parcours croiséde <strong>la</strong> figure emblématique de Mondrian et dumouvement De Stijl.C’est en 1918 que les créateurs de De Stijlsynthétisent leur vision esthétique et socialecommune : leur premier manifeste appelleà un nouvel équilibre entre l’individuelet l’universel ; il milite pour libérer l’artdes contraintes du culte de l’individualisme.Durant les quatorze années de son existence,le mouvement invente une transcriptionformelle, p<strong>la</strong>stique, picturale et architecturaledes principes d’une harmonie universelleet rassemble autour de Theo van Doesburget Mondrian, des architectes (JJP Oudet Gerrit Rietveld) et des peintres(Bart van der Leck et Vilmos Huszar).La peinture, <strong>la</strong> sculpture, <strong>la</strong> conceptionde mobilier, le graphisme, l’architectureet bientôt l’urbanisme sont les supportsde cette expérimentation : de l’esprità <strong>la</strong> ville, telle est <strong>la</strong> clé proposée pourrendre lisible le foisonnement des productionsdu groupe.Mondrian est le premier à quitter <strong>la</strong> Hol<strong>la</strong>ndepour s’installer à Paris en 1912 où il découvrePicasso et abandonne <strong>la</strong> peinture fauvede ses débuts, à <strong>la</strong> recherche d’un <strong>la</strong>ngagepictural universel. C’est là qu’il inventeune nouvelle p<strong>la</strong>stique qui le conduità une abstraction fondée sur les rapportsentre des surfaces colorées, selonune logique d’harmonie et une dialectiqueentre horizontalité et verticalité.L’atelier de Mondrian, rue du Départ,devient le point de référence d’un mondenouveau où s’é<strong>la</strong>bore ce que le Corbusierappellera «le poème de l’angle droit»dont les dessins et les peintures rassemblésdans l’exposition (avec plus de 80 œuvres deMondrian) montrent <strong>la</strong> radicalité de l’entrepriseet le bouillonnement conceptuel.Les reconstitutions d’environnementsarchitecturaux conçus par les protagonistesdu mouvement (Espace-Lumière-Couleurde Huszar et Rietveld de 1923, City in Spacede Kiesler de 1925, atelier de Mondrian,rue du Départ) ont en outre offert au publicune expérience inédite incarnant l’idéede cette nouvelle spatialité.Reconstitutionde l’atelier dePiet Mondrian, Paris,26 rue du Départ,situation en 1926.Photo Philippe Migeat,© <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>


LE CENTRE POMPIDOU EN 2010 / BILAN D’ACTIVITÉ 3839 CHAPITRE 1DES PROJETSSTRATÉGIQUESINNOVANTS POUR ALLERÀ LA RENCONTREDE NOUVEAUX PUBLICSLes projets stratégiques du <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>,identifiés dans le cadre des axes stratégiques 2007-2012,visent une meilleure appréhension de <strong>la</strong> richesseet de <strong>la</strong> vitalité de <strong>la</strong> culture contemporaine, mais aussiune meilleure irrigation par celle-ci de <strong>la</strong> sociétéet du territoire français, dans une volonté constanted’é<strong>la</strong>rgir et de renouveler les publics de l’institution.1. LE CENTREPOMPIDOU-METZ«L’inauguration du<strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>-Metzest une décision stratégique[…], c’est <strong>la</strong> fierté de <strong>la</strong> Franced’être sans doute l’undes rares pays, en pleine crise,qui trouve les moyens dedégager des investissementsde cette importance,et de ne pas les sacrifier».(Extrait du discours prononcé par M. Nico<strong>la</strong>sde l’inauguration du <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>-Metz)Deuxième des projets stratégiquesdu <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong> à voir le jour, aprèsle Nouveau festival en 2009, le <strong>Centre</strong><strong>Pompidou</strong>-Metz a été inauguré le 11 mai 2010par le Président de <strong>la</strong> République, Nico<strong>la</strong>sSarkozy, en présence de plusieurs ministres dontle ministre de <strong>la</strong> Culture et de <strong>la</strong> Communication,Frédéric Mitterrand, des élus Messins etLorrains, du président du <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>,A<strong>la</strong>in Seban et du directeur du <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>-Metz, Laurent Le Bon.Première décentralisation d’un grandétablissement public culturel national,ce nouveau lieu dédié à l’art moderne etcontemporain, ainsi que son expositioninaugurale Chefs-d’œuvre ? ont été plébiscitéspar le public ainsi que par les commentateursnationaux et internationaux.UN SUCCÈS PUBLICTRIOMPHALEn accueil<strong>la</strong>nt 615 830 visiteurs en un peuplus de sept mois, 839 516 sur <strong>la</strong> premièreannée d’ouverture (au 31 mai 2011),le <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>-Metz s’est immédiatementimposé comme l’institution muséographiqueen région <strong>la</strong> plus visitée, loin devantle musée des Beaux-Arts de Lyon, quise c<strong>la</strong>sse en deuxième position avecses 250 000 entrées annuelles.Avec une moyenne mensuelle de 90 000 visiteursen 2010, il se hisse d’emblée parmiles musées d’art moderne et contemporainles plus dynamiques d’Europe ; il dépassedeux institutions comparables : le muséeGuggenheim de Bilbao (80 000 visiteurspar mois) et <strong>la</strong> Tate Liverpool (45 000 visiteurspar mois).À TITRE DE COMPARAISON,LES CHIFFRESDE FRÉQUENTATIONpour les musées ou centres d’art


LE CENTRE POMPIDOU EN 2010 / BILAN D’ACTIVITÉ 40 41 CHAPITRE 1Vue extérieure du<strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong> Metz© Ro<strong>la</strong>nd HaldeLe profil du visiteur du <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>-Metza été précisé par les études de publics menéesà <strong>la</strong> fin de l’année 2010 :intellectuelle supérieure à 26 %, employéà 22 %, retraité à 19 %, étudiant à 11 %,de profession intermédiaire à 8 % (agents demaîtrise, techniciens, contremaîtres), artisanou commerçant ou profession libérale à 8 %,autres 6 % (ouvriers agriculteurs…) ;du bacca<strong>la</strong>uréat à bac + 4 à 53 %, un CAPou BEP ou aucun diplôme à 12 %) ;les plus représentées sont <strong>la</strong> Lorraine,l’Ile-de-France et l’Alsace (respectivement52 %, 18 % et 9 %), <strong>la</strong> quatrième régionest <strong>la</strong> Champagne-Ardenne à 3 % ;plus représentés sont le Luxembourg, <strong>la</strong>Belgique et l’Allemagne (respectivement 32 %,21 % et 20 % de l’ensemble de l’échantillondes pays étrangers). Les Pays-Bas arriventen quatrième position avec 5 % ;50 %, en TGV à 25 %. Les 25 % restant utilisentd’autres modes de transport (train (autre queTGV), autocar, autobus, à pied, ou vélo).Ces premières analyses, qui seront affinées etprécisées au cours de l’année 2011, démontrent <strong>la</strong>forte appropriation du nouvel équipement culturelpar <strong>la</strong> popu<strong>la</strong>tion de <strong>la</strong> région Lorraine, dont sontissus plus de <strong>la</strong> moitié des visiteurs. Il s’agissaitd’un enjeu essentiel pour le <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>comme pour les collectivités locales partenaires.Le travail d’enracinement de <strong>la</strong> nouvelleinstitution dans le tissu local et régional, effectuétout au long des mois précédant l’ouverture,a ainsi démontré sa pertinence et son efficacité.LES PRINCIPES FONDATEURSL’inauguration du <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>-Metza constitué un événement sans précédenten France : <strong>la</strong> première décentralisationd’une grande institution culturelle nationale.La décision de Jean-Jacques Ail<strong>la</strong>gon,alors président du <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>, de créerune institution-sœur en dehors de Parisa aussitôt provoqué un «effet d’entraînement»puisque le musée du Louvre n’a pas tardéà engager un projet simi<strong>la</strong>ire, avec une visionqui lui est propre : le Louvre-Lens, qui doit êtreinauguré en 2014.À Metz, ville choisie en 2003 par Jean-JacquesAil<strong>la</strong>gon, ministre de <strong>la</strong> Culture et de<strong>la</strong> Communication, et Bruno Racine, présidentdu <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>, l’enjeu a été d’inventerun nouveau <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong> faisant vivreles valeurs et les principes de l’institutionparisienne dans un nouvel espace, celuide <strong>la</strong> décentralisation, dans un partenariatinédit avec les collectivités territoriales et lesacteurs culturels locaux.Ce nouvel engagement dans <strong>la</strong> décentralisationest conforme aux valeurs fondatrices du <strong>Centre</strong><strong>Pompidou</strong>, qui se vou<strong>la</strong>it à ses origines «<strong>la</strong>centrale de <strong>la</strong> décentralisation», selon l’expressionde Michel Guy, et constitue l’un des quatre axesde <strong>la</strong> nouvelle stratégie mise en p<strong>la</strong>ce en 2007à l’initiative du président du <strong>Centre</strong>, A<strong>la</strong>in Seban,qui s’incarne dans deux projets stratégiques :le <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>-Metz et le <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>mobile (V. chapitre 1, «La préparation du<strong>la</strong>ncement du <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong> mobile», p. 56).Le <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>-Metz n’est pas uneantenne du <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong> : c’est uneinstitution «sœur» du <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>, un lieude culture autonome, avec une programmation


LE CENTRE POMPIDOU EN 2010 / BILAN D’ACTIVITÉ 42 43 CHAPITRE 1singulière d’expositions temporaires etd’événements pluridisciplinaires. Dépourvu decollection propre, le <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>-Metzn’est pas un musée mais il bénéficie des atoutsde son «grand frère» parisien : son nom, sonsavoir-faire, et bien sûr un accès privilégié à sonextraordinaire collection, <strong>la</strong> première collectiond’art moderne et contemporain en Europe etl’une des deux premières au monde.Ce projet innovant s’inscrit au cœur des missionset des valeurs du <strong>Centre</strong> et de sa politiqued’ouverture, d’accessibilité et d’é<strong>la</strong>rgissementdes publics, pour faire découvrir au plus <strong>la</strong>rgepublic l’extraordinaire richesse de sescollections, sans équivalent au monde.Le <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>-Metz n’est en aucune façonun lieu de mise en valeur des «réserves» du<strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>. Pour preuve : l’expositioninaugurale, «Chefs-d’œuvre ?» a impliquéde décrocher de nombreuses œuvres descimaises parisiennes pour les exposer à Metzet conduit à un réaccrochage complet descollections modernes, soit tout un étage dumusée inauguré le 6 avril 2010. À Metz, on peutdonc voir le meilleur du <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>et de sa collection et non des œuvres de secondezone exhumées de l’obscurité des réserves.La création du <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>-Metz participed’un mouvement et d’une dynamique qu’illustrentégalement <strong>la</strong> Tate Liverpool (ouverte en 1988)et le Guggenheim Bilbao (1997) ou le MASS MoCAde North Adams (1999), mais avec lescaractéristiques et l’esprit propres au <strong>Centre</strong><strong>Pompidou</strong> et à ses missions de service public :faire participer les musées à <strong>la</strong> revitalisationde zones en situation de transition économiqueen profitant de <strong>la</strong> dynamique économique etculturelle créée par l’imp<strong>la</strong>ntation d’un grandéquipement muséographique.Ce beau défi a été relevé par <strong>la</strong> création d’unere<strong>la</strong>tion inédite avec les partenaires locaux :les collectivités territoriales, <strong>la</strong> communautéd’agglomération Metz-Métropole, qui en est lepivot, <strong>la</strong> Région Lorraine, <strong>la</strong> Ville de Metz et ledépartement de <strong>la</strong> Moselle, sans oublier <strong>la</strong>popu<strong>la</strong>tion locale. Les collectivités locales ontfinancé l’essentiel de l’investissement (72 M€)et assument <strong>la</strong> totalité du fonctionnement(9 M€ de subventions sur un budget de 10 M€).L’EXPOSITION INAUGURALE :«CHEFS-D’ŒUVRE ?»Exceptionnelle par son ampleur, l’expositioninaugurale intitulée Chefs-d’œuvre ? , qui a étéprolongée jusqu’au 4 juillet 2011, présentait800 œuvres prêtées pour <strong>la</strong> plupart par le<strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>, mais comprenant également,de manière symbolique, quelques prêts majeursde grands musées français au premier rangdesquels le Louvre, avec le prêt exceptionneldu « Saint Thomas » du plus illustre des artistesLorrains, Georges de La Tour, le musée d’Orsayet le château de Versailles.Pour le <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>, cette expositiona donné lieu à <strong>la</strong> plus importante opération deprêt jamais consentie à ce jour. À cette occasion,le <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>-Metz a bénéficié du prêtde chefs-d’œuvre de <strong>la</strong> collection très rarement,voire jamais prêtés, comme La Tristessedu roi, le grand papier collé de Matisse,les trois Bleus de Miró, Udnie de Picabiaou encore L’Aubade de Picasso.Déployée sur les 5 000 m 2 du <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>-Metz, cette exposition interrogeait <strong>la</strong> notion dechef-d’œuvre au regard de l’histoire de l’art eten particulier de celle des avant-gardes commedes nouvelles données de <strong>la</strong> créationcontemporaine. Fidèle à l’identitépluridisciplinaire du <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>, elleprésentait non seulement une sélection depeintures et de sculptures, mais aussi desinstal<strong>la</strong>tions, des œuvres sonoresou sur papier, des photographies, du cinéma,des pièces d’architecture et de design.Articulé en quatre grandes sections, le parcoursmettait en valeur les possibilités propresaux quatre espaces d’exposition du <strong>Centre</strong><strong>Pompidou</strong>-Metz : <strong>la</strong> grande nef et les troisgaleries d’exposition. Une scénographiespécifique à chaque espace, imaginéepar l’architecte-scénographe du <strong>Centre</strong>Dans l’exposition «Chefs-d’œuvre ?», les trois Bleus de MiróPhoto © Adagp, Paris, 2010 / <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>, Musée national d’art moderne, Paris / Photo Rémi Vil<strong>la</strong>ggi<strong>Pompidou</strong> Jasmin Oezcebi, réservait nombrede surprises et autant de points de vuedifférents sur l’architecture audacieuse deShigeru Ban et Jean de Gastines, dont <strong>la</strong>charpente ondoyante en épicéa constitue à elleseule une forme de chef-d’œuvre contemporain.Des œuvres spectacu<strong>la</strong>ires de <strong>la</strong> collection,comme les immenses décorations de RobertDe<strong>la</strong>unay pour le Pavillon des chemins de ferde l’Exposition universelle de 1937 ou le grandmobile «31 janvier» de Calder, ont bénéficié desproportions majestueuses de <strong>la</strong> Grande Nef,leurs dimensions hors-normes ne permettantpas de les montrer à Paris.


LE CENTRE POMPIDOU EN 2010 / BILAN D’ACTIVITÉ 44 45 CHAPITRE 1LE CENTRE POMPIDOU-METZ,ORGANISME ASSOCIÉAU CENTRE POMPIDOUaux visiteurs, pour leur permettre de découvrir<strong>la</strong> création culturelle de notre époque soustoutes ses formes, dans l’esprit du modèledu <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>.avec Laurent Le Bon, William Schuman,Marie Cozette, Christophe Berdagueret Marie Péjus, Cyril et Laurent Berger,Pascal Yonet.Vue de <strong>la</strong> Grande Nef du <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>-Metz© Photo Ro<strong>la</strong>nd HalbeNi succursale, ni antenne du <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>,le <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>-Metz est un organismeassocié au <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>, au même titre que<strong>la</strong> Bibliothèque publique d’information etl’Ircam. Il bénéficie de <strong>la</strong> personnalité moraledans le cadre d’un statut d’établissement publicde coopération culturelle (EPCC) et estadministré par son propre conseild’administration, présidé, comme pour tous lesorganismes associés, par le président du <strong>Centre</strong><strong>Pompidou</strong>, A<strong>la</strong>in Seban, mais où les collectivitéslocales partenaires – Ville de Metz, communautéd’agglomération de Metz-Métropole, régionLorraine – disposent de <strong>la</strong> majorité des sièges.La nomination du directeur du <strong>Centre</strong><strong>Pompidou</strong>-Metz, aujourd’hui Laurent Le Bon,doit bénéficier de l’accord du <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>.Le <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>-Metz est étroitement liéau <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong> et bénéficie d’un accèsprivilégié à <strong>la</strong> collection du Musée national d’artmoderne, qu’ont illustré avec force les prêtsexceptionnels consentis à l’occasion del’exposition inaugurale. Il peut aussi faire appe<strong>la</strong>u savoir-faire des équipes du <strong>Centre</strong><strong>Pompidou</strong>, dont <strong>la</strong> réputation d’excellenceculturelle et d’exigence scientifique n’est plusà faire. Autre signe fort de <strong>la</strong> proximité des deuxinstitutions : les trois-quarts des visiteurs du<strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>-Metz fréquentent le <strong>Centre</strong><strong>Pompidou</strong> à Paris.Parallèlement aux trois à cinq expositionstemporaires qui se tiennent chaque annéeau <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>-Metz, une programmationpluridisciplinaire (spectacles vivants,cinéma, conférences…) est proposéeLe département du développement cultureldu <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong> a établi un programmeprivilégié de col<strong>la</strong>boration et d’échanges avecle <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>-Metz. En écho àl’exposition inaugurale «Chefs-d’œuvre ?», leservice de <strong>la</strong> Parole a présenté en octobre 2010«4° plus à l’Est – L’art contemporain enLorraine et au Luxembourg», tour d’horizon de<strong>la</strong> scène artistique contemporaine en Lorraine,LES PARTENAIRES DU PROJETÉtablissement public de coopérationculturelle (EPCC), le <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>-Metzréunit plusieurs partenaires : le <strong>Centre</strong><strong>Pompidou</strong>, l’État, et trois niveaux decollectivités territoriales : <strong>la</strong> communautéd’agglomération de Metz Métropole, <strong>la</strong>région Lorraine et <strong>la</strong> ville de Metz.Ce sont elles qui assurent l’essentielde son financement, et donc de sonfonctionnement, à hauteur de 9 millionsd’euros, sur un budget global de 10 millionsd’euros pour l’année 2010. Le montantrestant, soit 1 million d’euros, provient des<strong>ressource</strong>s propres (billeterie, éditions etproduits dérivés, concessions, mécénat,locations d’espaces).L’EPCC est présidé statutairement par leprésident du <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>. Le présidentde Metz-Métropole en est vice-président. Uneconvention d’association est conclue entrel’EPCC et le <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong> qui règle lesEn 2010, les Spectacles vivants ont présenté deuxprojets, accueillis conjointement à Metz et àParis : «Un mage en été» du metteur en scèneLudovic Lagarde et de l’écrivain Olivier Cadiot, et«Datamatics 2.0» du compositeur japonais RyojiIkeda. Cette col<strong>la</strong>boration se développera en 2011.Enfin, <strong>la</strong> rétrospective «Luc Moullet, le comiqueen contrebande», présentée par les Cinémasmodalités de leur coopération. Le directeurdu <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>-Metz est invité, à l’instardes autres directeurs d’organismes associés,à assister au conseil d’administration du<strong>Centre</strong> national d’art et de culture-Georges<strong>Pompidou</strong>. Au conseil d’administrationde l’EPCC, les collectivités locales ont<strong>la</strong> majorité des voix. Le <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>et l’État disposent ensemble d’une minoritéde blocage leur permettant notammentde contrôler <strong>la</strong> nomination du directeur.Première décentralisation d’un grandétablissement public culturel national,le <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>-Metz marque une étapemajeure dans <strong>la</strong> décentralisation culturelle,avec l’engagement de <strong>la</strong> communautéd’agglomération de Metz-Métropole etde son président, Jean-Luc Bohl, de <strong>la</strong> villede Metz et de son maire, Dominique Gros,de <strong>la</strong> région Lorraine et de son président,Jean-Pierre Masseret. Le <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>-Metz a également bénéficié du soutiendu département de <strong>la</strong> Moselle, de l’Étatet de l’Union européenne.


LE CENTRE POMPIDOU EN 2010 / BILAN D’ACTIVITÉ 46 47 CHAPITRE 1Vue intérieure du <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>-Metz © Ro<strong>la</strong>nd HaldeLE CENTREPOMPIDOU-METZ EN CHIFFRES 2dont 51 660 000 € HT pour les travauxde construction du bâtimentet 17 670 000 € HT pour les honoraires,le mobilier, les aménagements intérieurset extérieurs et les frais divers.La Communauté d’Agglomération de MetzMétropole, compétente en matièrede grands équipements culturels,était le maître d’ouvrage de ce <strong>Centre</strong>qu’elle a financé majoritairement àau <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong> en 2009, fut à l’originede <strong>la</strong> commande passée par le <strong>Centre</strong><strong>Pompidou</strong>-Metz à Luc Moullet en 2010 pourle film «Chef-d’œuvre», présenté dans sonexposition inaugurale.À <strong>la</strong> fois lieu d’art et de culture et lieu de vie,le <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>-Metz offre égalementune programmation spécifique pour le jeunepublic, un café, une librairie, des jardins.En apportant leur soutien au projet, lescollectivités locales ont marqué leur volontéde rayonnement et d’ouverture vers les régionsfrontalières du Luxembourg, de Belgique,d’Allemagne et de Suisse dont les ressortissantscontribuent déjà au succès public du musée.Cet engagement financier important correspondégalement à un pari sur l’attractivité duterritoire, de <strong>la</strong> culture et de <strong>la</strong> créationcontemporaine.le groupe Wendel s’est engagé à contribuerhauteur de 43,33 millions d’euros. Lesautres financements provenaient de l’État(4 millions d’euros), de l’Union européenne(Feder, 2 millions d’euros), du ConseilRégional de Lorraine (10 millions d’euros)et du Conseil Général de <strong>la</strong> Moselle(10 millions d’euros).d’euros TTC – dont 4,6 millions financés parMetz Métropole, 4 millions par <strong>la</strong> RégionLorraine, 400 000 euros par <strong>la</strong> Ville de Metzet environ 1 million de <strong>ressource</strong>s propres.à son développement pendant cinq ans,partageant avec le <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>et <strong>la</strong> nouvelle institution des valeurs fortes :l’innovation, l’engagement dans <strong>la</strong> duréeet <strong>la</strong> volonté d’enracinement dans un territoire,<strong>la</strong> Lorraine.UN BÂTIMENT REMARQUABLELe <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>-Metz bénéficied’un bâtiment spectacu<strong>la</strong>ire conçu par lesarchitectes Shigeru Ban et Jean de Gastines.Sa toiture emblématique, dont <strong>la</strong> structures’inspire d’un chapeau chinois, est un véritabletour de force architectural : le moded’assemb<strong>la</strong>ge de <strong>la</strong> charpente est totalementinnovant et sans équivalent à ce jour dans lemonde de <strong>la</strong> construction.Avec une surface de 5 000 m² entièrementdédiée aux œuvres, le <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>-Metzest l’une des plus grandes surfacesd’expositions temporaires en France aujourd’hui.Cette architecture innovante représenteun lien symbolique entre les deux institutions,qui ont en commun un geste architectura<strong>la</strong>udacieux et inédit pour leur époqueet sont, chacune avec sa personnalité propre,deux magnifiques «machines à exposer»,selon le mot d’A<strong>la</strong>in Seban, présidentdu <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>.UNE IMAGE RENOUVELÉEPOUR METZ ET SA RÉGIONL’ouverture du <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>-Metza bénéficié d’une couverture médiatiqueexceptionnelle qui a <strong>la</strong>rgement profitéà <strong>la</strong> ville de Metz et à <strong>la</strong> Lorraine.L’ASSOCIATION DES AMISDU CENTRE POMPIDOU-METZMembres fondateurs : le <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>représenté par A<strong>la</strong>in Seban, président du<strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong> et du <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>-Metz ; Jean-Jacques Ail<strong>la</strong>gon, ancien ministre,président de l’établissement public du châteauet du domaine national de Versailles ;Ernest-Antoine Seillière de Laborde,président du Conseil de surveil<strong>la</strong>nce deWendel ; Lotus-Marcelle Mahé, historienned’art ; <strong>la</strong> communauté d’agglomération deMetz-Métropole, représentée par sonprésident Jean-Luc Bohl, ; <strong>la</strong> Ville de Metz,représentée par son maire, Dominique Gros; <strong>la</strong> Région Lorraine, représentée par sonprésident Jean–Pierre Masseret, ancienministre ; Philippe Bard, président du conseilde surveil<strong>la</strong>nce de Demathieu & Bard ; RémiSermier, avocat au barreau de Paris.Bureau : Jean-Jacques Ail<strong>la</strong>gon, président; Ernest-Antoine Seillière, vice-président ;Lotus-Marcelle Mahé, secrétaire générale ;Philippe Bard, trésorierFondée le 17 novembre 2010, l’Associationdes amis du <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>-Metz a porté àsa présidence Jean-Jacques Ail<strong>la</strong>gon, ancienministre de <strong>la</strong> Culture et de <strong>la</strong>Communication. Ernest-Antoine Seillière,président du conseil de surveil<strong>la</strong>nce dugroupe Wendel, mécène fondateur du <strong>Centre</strong><strong>Pompidou</strong>-Metz, en est le vice-président.L’Association a pour mission de favoriserl’engagement des entreprises et desdonateurs individuels dans le développementdu <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>-Metz.


LE CENTRE POMPIDOU EN 2010 / BILAN D’ACTIVITÉ 48 49 CHAPITRE 1Préparée par cinq voyages de presse et autantde conférences de presse, <strong>la</strong> naissance dunouveau <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong> a bénéficié deretombées importantes avec plus de 1 500articles et communications audiovisuelles pourle seul mois de mai. La presse européenne etinternationale a salué cet événement majeurde l’actualité culturelle en 2010. Le Mondeet Le Républicain lorrain, par exemple,ont chacun consacré un supplément à l’ouverturede <strong>la</strong> nouvelle institution.Par ailleurs, <strong>la</strong> campagne de communicationpublicitaire, déployée sur le réseau nationa<strong>la</strong>vec 2 100 affiches grand format,Je m’installe à Metz, s’est révéléetrès efficace. Elle a reçu le prix CB Newsdes collectivités territoriales et le Prixde l’audace marketing d’HEC.Cette visibilité considérable donnée à Metzet à sa région a d’emblée contribué àtransformer de manière positive l’imagede <strong>la</strong> ville, répondant à l’un des objectifs fixéspar les collectivités locales.UN NOUVEAU DYNAMISMEÉCONOMIQUEMetz a été choisie pour accueillirun nouveau <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong> en raisonde son emp<strong>la</strong>cement stratégique au cœurde l’Europe, à proximité de <strong>la</strong> Belgique,de l’Allemagne, du Luxembourg et de <strong>la</strong> Suisse,qui offre de nombreuses possibilités pourconquérir de nouveaux publics françaiset étrangers : entre <strong>la</strong> ville de Metz,<strong>la</strong> région Lorraine et les pays frontaliers,ce sont près de 11 millions de visiteurspotentiels pour le <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>-Metz,et Metz n’est qu’à 1 h 20 de Paris en TGV.En rejoignant le prestigieux réseau desinstitutions culturelles internationales,le <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>-Metz avait pour objectifde transformer l’image de <strong>la</strong> ville et de <strong>la</strong> régionet de contribuer à une nouvelle dynamiqueporteuse pour cette région fragiliséepar <strong>la</strong> désindustrialisation et impactéepar les restructurations des armées.Dès <strong>la</strong> première année, l’ouverture du <strong>Centre</strong><strong>Pompidou</strong>-Metz s’est traduite par undéveloppement spectacu<strong>la</strong>ire du tourisme àMetz, en hausse de 62 %, selon l’office dutourisme, grâce à <strong>la</strong> venue des visiteurs françaismais aussi d’Allemands, de Belges ou deNéer<strong>la</strong>ndais. L’impact économique se décèleégalement dans l’essor du parc hôtelier messin.Plus d’un tiers de ces visiteurs ne s’étaientjamais rendus à Metz auparavant.Une étude réalisée par le cabinet Qualitesta montré que 55 % des visiteurs du <strong>Centre</strong><strong>Pompidou</strong>-Metz se rendent dans <strong>la</strong> villede Metz où ils dépensent en moyenne 46 €pour les visiteurs venus de Lorraine et 173 €pour les visiteurs venus d’autres régions.Vue extérieure du <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>-Metz© Photo Ro<strong>la</strong>nd Halde2. LE STUDIO 13/16 :LANCEMENT RÉUSSILe Studio 13/16 est le premier espace permanentspécialement dédié aux jeunes de 13 à 16 ansdans une grande institution culturelle. Troisièmedes projets stratégiques du <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong> àvoir le jour, après le Nouveau festival et le <strong>Centre</strong><strong>Pompidou</strong>-Metz, il a été inauguré par FrédéricMitterrand, ministre de <strong>la</strong> Culture et de <strong>la</strong>Communication, le 11 septembre 2010, enprésence de Lilian Thuram, parrain du nouvelespace, et d’un public adolescent venu en nombre.Le projet du Studio 13/16, <strong>la</strong>ncé en 2007par A<strong>la</strong>in Seban, président du <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>,dans le cadre des Axes stratégiques 2007-2012,a été fondé sur <strong>la</strong> conviction qu’à un âge crucialpour <strong>la</strong> construction de soi et du rapportaux autres, <strong>la</strong> rencontre avec <strong>la</strong> créationcontemporaine peut constituer un élémentde structuration positive de <strong>la</strong> personnalité.De plus, parce que l’adolescence est <strong>la</strong> périodede <strong>la</strong> vie où se cristallise <strong>la</strong> re<strong>la</strong>tion à l’artet à l’institution culturelle, créer une re<strong>la</strong>tionprivilégiée entre le musée et les institutionsconstitue une démarche irremp<strong>la</strong>çable pourformer les visiteurs de demain.Le <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>, précurseur depuis 1977dans <strong>la</strong> re<strong>la</strong>tion aux jeunes publics etle développement d’une pédagogie reconnuecomme pionnière, a donc voulu mettreson expérience au service de cette nouvelleambition, pleinement conforme à ses missionset à ses valeurs fondamentales.Avec le Studio 13/16, le <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong> convieles adolescents à vivre une expérience unique :dialoguer avec les créateurs, participerau processus de création dans les domainesqui les touchent plus particulièrement : « streetart », arts p<strong>la</strong>stiques, mode, danse, design,musique, etc. Il leur offre un territoire de libertéet de développement personnel. Il veut susciterleur intérêt pour <strong>la</strong> création contemporaine,dans sa diversité, à travers de nouveaux modesd’expression artistique et en lien avecle thème exploré.Espace d’exposition et d’expérimentationmais aussi de détente et de rencontre,le Studio 13/16 est un lieu de vie autantqu’un espace productif et performatif.Son aménagement convivial et modu<strong>la</strong>ble,conçu par le designer Mathieu Lehanneur,répond à cet état d’esprit et ouvre despossibilités étendues (l’aménagement de cenouvel espace est présenté en détail ci-après(V. chapitre 6, «Un programme de travauximportants mené à bien en 2010», p. 182).Situé au cœur du <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>, au niveaubas du Forum, le Studio13/16 est un lieuaisément accessible, en même temps qu’ilbénéficie d’une intimité qui lui donne une allurede club, appréciée des ados. Les modalitésd’accueil facilitent <strong>la</strong> venue des adolescents :gratuité d’accès, ouverture en dehors du tempssco<strong>la</strong>ire, sans contrainte de réservation.LES PARTENAIRES DU PROJETDès 2007, A<strong>la</strong>in Seban, président du<strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>, a posé le principe quel’ensemble des projets stratégiques dedéveloppement du <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong> doiventêtre assis sur des financements extérieursspécifiques, afin d’éviter de peser sur <strong>la</strong>structure financière de l’établissement.


51 CHAPITRE 1tissé des liens privilégiés avec des organismes etdes associations travail<strong>la</strong>nt avec des adolescents.Un partenariat avec <strong>la</strong> Fédération des maisonsdes jeunes et de <strong>la</strong> culture d’Ile-de-France anotamment permis d’impliquer des jeunes, issusde différents milieux, dans <strong>la</strong> conception deperformances artistiques dans le même espritque celui qui anime le Studio 13/16, tel le défiléartistique «Manifestez-vous !» parti le 12 juin 2010du Centquatre pour rejoindre le <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>.Défilé artistique Manifestez-vous © Pierre VanniCe programme, intitulé «Les NouveauxAmbassadeurs », a permis de constituer unréseau actif de jeunes qui fait le lien entre lenouvel espace du Studio 13/16 et des quartiersurbains parfois éloignés de l’offre culturelle.Conformément à cette orientation, le Studio13/16 a réuni autour de son projet plusieurspartenaires publics ou privés qui, aujourd’hui,assurent intégralement son financement.«MACADAM», PREMIÈREPROGRAMMATION DU STUDIO 13/16Studio 13/16, premier espacedédié aux adolescents de 13 à 16 ans,Forum -1, <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>© Bureau Mathieu Lehanneur, 2011L’ont rejoint en premier <strong>la</strong> Fondation<strong>la</strong> Caisse des dépôts et consignations.De plus, les contacts pris depuis l’ouvertureavec <strong>la</strong> Fondation Jean-Luc Lagardère ontabouti à un partenariat qui permet d’assurer lefinancement de <strong>la</strong> totalité de <strong>la</strong> programmation2011 et des <strong>ressource</strong>s humaines nécessairesà l’animation des ateliers. L’aménagementde l’espace a également bénéficié du soutiend’Apple et d’Orange France.LA PRÉFIGURATION :«MANIFESTEZ-VOUS !» ET«LES NOUVEAUX AMBASSADEURS»La réussite de l’ouverture du Studio 13/16 tientpour une part au soin avec lequel celle-ci a étépréparée en amont, dans le cadre des opérationsde préfiguration : dès 2008, le <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong> aConçue comme un observatoire de <strong>la</strong> ville,«Macadam», première programmation du Studio13/16, proposait aux adolescents une relecturedu milieu urbain. À travers le regard d’artistes detoutes disciplines, cette manifestation originalequestionnait <strong>la</strong> ville, ses représentations, sonenvironnement, ses codes et ses pratiques.Les artistes ont transformé le Studio 13/16 enun espace évolutif où se succédaient œuvres,workshops et performances. À l’entrée del’espace, Benjamin Sabatier a conçuspécialement une nouvelle œuvre de sa série«Bacs», sur le thème de l’art urbain. FlorentLamouroux présentait son «Parking nomade»qui évoluait au fil des ateliers. L’instal<strong>la</strong>tioninteractive de Jean Faucheur faisait entrer dansle monde des «TOC MOC Troubles OccasionnelsCompulsifs / Mouvements OccasionnelsCompulsifs». Elsa Mazeau a réalisé pour


LE CENTRE POMPIDOU EN 2010 / BILAN D’ACTIVITÉ 52 53 CHAPITRE 1l’occasion une vidéo interactive intitulée« Chez Ouat », qui abordait <strong>la</strong> question de <strong>la</strong>communication et <strong>la</strong> notion de simultanéitédes événements dans l’espace urbain.Ponctuellement, d’autres artistes – p<strong>la</strong>sticiens,chorégraphes, graphistes, musiciens – ontrejoint le Studio 13/16, comme par exemplele collectif de p<strong>la</strong>sticiens Le Studio 21,le musicien L.O.S. ou <strong>la</strong> chorégraphe SandraMoens ; ils proposaient aux adolescents desateliers pluridisciplinaires, des performancesou diverses formes de rencontre. Le thème de <strong>la</strong>ville devenait ainsi le support d’activités autourde <strong>la</strong> création contemporaine dans sa diversité.Ces moments ont été autant de prétextes pourdécliner des thèmes spécifiques comme :l’architecture, les cultures urbaines, le rapportdu corps à <strong>la</strong> ville, l’art dans <strong>la</strong> ville… ont eu lieu, les mercredis, samedis,dimanches après midi et tous les jourspendant les vacances sco<strong>la</strong>ires.Chaque atelier a été suivi en moyenne par100 adolescents. Macadam a accueilli près de adultes et adolescents soit prèsd’une centaine par jour d’ouverture au public,les mercredis, samedis et dimanches.Les adultes étaient, le plus souvent, des parentsvenus découvrir le <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong> avecleurs enfants, incitant ensuite les adolescentsà venir seuls. Des pics de fréquentation ont étéatteints lors de <strong>la</strong> «Studio Party», week-endde programmation exceptionnelle, ouvertesur les espaces du Forum-1 (concerts,workshops, performances participatives…).Toutes les tranches d’âge visées, entre 13 et16 ans, étaient représentées. Les provenancesgéographiques ont rempli, déjà en partie,les objectifs de diversification des publics.En effet, si les Parisiens sont venus en nombre,beaucoup de visiteurs étaient originaires dureste de l’Ile-de-France. Pendant les vacancessco<strong>la</strong>ires, <strong>la</strong> présence de visiteurs provinciauxou étrangers a été également constatée.DES PERSPECTIVES STIMULANTESUn constat positif se dégage de ces troispremiers mois d’expérimentation, en particulieren ce qui concerne l’implication des jeunes. Leconcept semble avoir franchi avec succès cettepremière étape. La pratique régulière constatéechez certains adolescents est un gage deréussite. Le caractère novateur et expérimentaldu lieu suscite également un vif intérêt de <strong>la</strong> partd’institutions étrangères. Le <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>souhaite, à l’issue d’une durée suffisammentlongue de pratique, pouvoir bâtir les élémentsd’un cahier des charges qui permettront departager l’expérience du Studio 13/16 avecd’autres institutions culturelles, en France et àl’étranger, de <strong>la</strong> même manière que les ateliersdes enfants, imaginés dès 1977 au <strong>Centre</strong><strong>Pompidou</strong>, ont aujourd’hui essaimé dans ungrand nombre de musées de par le monde.Exposition-atelierMadacam© Pierre VanniLE CENTRE POMPIDOUSUR INTERNET EN 2010En 2010, le site internet du <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>a enregistré 4 835 456 visites, soit uneprogression de 9% par rapport à 2009. Pour<strong>la</strong> première fois de son histoire le <strong>Centre</strong><strong>Pompidou</strong> a reçu davantage de visiteurs surinternet que dans son bâtiment parisien.À <strong>la</strong> recherche de <strong>ressource</strong>s numériquestels que les dossiers pédagogiques, lesinternautes affirment ainsi une nette tendancequi justifie à elle seule, <strong>la</strong> démarche versun <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong> virtuel.Les visites qui proviennent principalementdes moteurs de recherche sont suiviesde très près par les sites communautaires(Facebook, Twitter mais aussi Wikipédia),ce qui atteste de <strong>la</strong> bonne mise en valeurdes <strong>ressource</strong>s du <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>sur les réseaux sociaux.Au-delà du site lui-même, le <strong>Centre</strong><strong>Pompidou</strong> développe sa communauté enligne dans l’objectif de mettre en p<strong>la</strong>ce,après <strong>la</strong> sortie du nouveau site internet,des outils de tagging collectif, un espacecol<strong>la</strong>boratif, etc.Depuis un an, l’apport des réseaux sociauxa considérablement augmenté, passantde 32 000 à 160 000 fans sur Facebooket atteignant près de 20 000 abonnéssur Twitter. Ainsi, le <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>est le deuxième musée français dont <strong>la</strong>page est <strong>la</strong> plus consultée sur Facebook,et <strong>la</strong> première institution culturellesuivie sur Twitter.3. LES PROGRÈSDU PROJET DE CENTREPOMPIDOU VIRTUELInstitution culturelle deréférence dans le domainede <strong>la</strong> création moderne etcontemporaine, ouverte à tousles publics et à tous leshorizons de <strong>la</strong> création dansle domaine des arts visuelset de leurs prolongementspluri et interdisciplinaires,constamment en mouvement,le <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong> doittrouver naturellementson prolongement sur le webà travers le <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>virtuel qui portera ses valeurset renouvellera ses principesdans le nouvel universnumérique.Le projet de <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong> Virtuel est réalisé grâceau mécénat de Logica et du groupe Pernod Ricard.Le projet de <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong> virtuel conduiraau remp<strong>la</strong>cement du site internet actuel, marquépar une approche trop institutionnelle et tournépour l’essentiel vers les usagers du <strong>Centre</strong><strong>Pompidou</strong> physique, par une nouvelle p<strong>la</strong>te-formede diffusion numérique, qui valorisera l’ensembledes contenus et activités du <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong> : ony retrouvera les œuvres de <strong>la</strong> collection du musée,


LE CENTRE POMPIDOU EN 2010 / BILAN D’ACTIVITÉ 54 55 CHAPITRE 1900 contenus audiovisuels (captations audio etvidéo, documentaires), 12 000 documentsd’archives (affiches d’événements, dossiers depresse, photographies…), ainsi que les <strong>ressource</strong>sde <strong>la</strong> Bibliothèque Kandinsky, de l’Ircam et de <strong>la</strong>Bpi. Le <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong> virtuel ambitionne ainside devenir, à moyen terme, le premier centre de<strong>ressource</strong>s numériques au monde sur <strong>la</strong> créationmoderne et contemporaine dans le domaine desarts visuels.En 2010, le mécénat du groupe Pernod-Ricarda permis d’entreprendre deux importantschantiers portant sur l’indexation des contenuset <strong>la</strong> sécurisation de leur diffusion en ligne.Les différentes bases d’information utiliséespour gérer les collections et les <strong>ressource</strong>sdu <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong> ont été agrégées dans uneinterface commune, grâce à <strong>la</strong> création de liensentre elles, jusqu’alors isolées les unesdes autres. Afin d’accélérer <strong>la</strong> mise à dispositiondes contenus, des travaux d’enrichissement del’indexation ont été confiés à <strong>la</strong> société Diadéis,dans le cadre d’un marché. 56 000 <strong>ressource</strong>sdoivent bénéficier de ce traitement particulier,après établissement d’une liste de priorités.Dans <strong>la</strong> mesure où ces contenus sontexclusivement des œuvres des XX e et XXI e siècles,leur disponibilité dans le <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong> virtuelsuppose l’obtention des droits de diffusion.Les premières négociations ont donné desrésultats satisfaisants : en février 2011, ces droitsétaient obtenus pour plus des trois-quartsde <strong>la</strong> collection du musée. Depuis 2010,le cabinet d’avocats Nomos accompagnele <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong> dans <strong>la</strong> mise en p<strong>la</strong>cedes procédures de libération des droits pourles fonds audiovisuels et les archives. Un travailméthodologique a permis d’identifier destraitements adaptés aux différents types dedocuments et de déterminer <strong>la</strong> marche à suivreLE MAGAZINE VIDÉODU CENTRE POMPIDOUVIRTUELLe <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong> virtuel renouvelle <strong>la</strong>stratégie de présence d’une grandeinstitution culturelle sur le web endéveloppant une approche orientée vers lescontenus qui permet de toucher un publictrès <strong>la</strong>rge : visiteurs occasionnels ouréguliers du <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong> physique,usagers connaisseurs ou non de l’artcontemporain, visiteurs potentiels du <strong>Centre</strong><strong>Pompidou</strong> physique ou usagers du seul<strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong> virtuel.Dès <strong>la</strong> page d’accueil, un magazine vidéoinforme les visiteurs potentiels de l’actualitédu <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>, avec de brefs films à <strong>la</strong>Une (de 2 à 6 min.) et des contenusaudiovisuels associés qui accompagnent lesexpositions et les programmations etpermettent au magazine vidéo de servir depoint d’entrée dans le centre de <strong>ressource</strong>snumériques. La grille de programmes de cemagazine est réactualisée chaque semaineet plusieurs «fenêtres» rendent compte del’identité d’une institution toujours enmouvement.lorsque les ayants droit ne peuvent être identifiés.Pour <strong>la</strong> réalisation de <strong>la</strong> p<strong>la</strong>te-forme de miseà disposition des contenus, <strong>la</strong> société Logica, dansle cadre d’un important mécénat de compétence,a mis à disposition en 2010 une équipe dedéveloppeurs informatiques qu’elle a maintenueen 2011 pour poursuivre le travail entrepris.Le système repose sur l’articu<strong>la</strong>tion de logicielsopen source exploitant des technologiesinnovantes, en particulier le web sémantique,pour offrir une expérience unique à l’utilisateur.Les contenus artistiques et culturels (œuvresdu musée, captations audiovisuelles…) sont reliésavec les événements (expositions, spectacles,conférences) et avec d’autres <strong>ressource</strong>spertinentes (affiches, photos de vernissages,livres, archives d’artistes…), permettantde parcourir le site de lien en lien. Le graphismeréalisé par l’agence Be-Pôles repose sur un partipris ergonomique de lisibilité et de simplicité.Le <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong> virtuel sera l’une despremières réalisations en France à montrer <strong>la</strong>valeur ajoutée des technologies liées au websémantique pour l’accès à des contenus culturels.Le site a vocation à devenir un centre de <strong>ressource</strong>sde référence en matière d’art moderne etcontemporain, à partir duquel les utilisateursdévelopperont des pratiques communautaires,intégrant l’ensemble des acquis du web 2.0. Le<strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong> virtuel a vocation à s’insérer dansl’écosystème du web à travers une présence réactivesur les réseaux sociaux (Twitter, Facebook…)et les applications mobiles (Blinkster, Foursquare…).Des partenariats sont en cours de finalisation,mobilisant des compétences complémentairesà celles du <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong> : avec WikimédiaFrance pour animer <strong>la</strong> communauté desutilisateurs, avec l’Institut national de l’audiovisuel(INA) pour <strong>la</strong> numérisation des contenusaudiovisuels, avec <strong>la</strong> Bibliothèque nationalede France (BnF) pour l’archivage pérennedes <strong>ressource</strong>s numériques, avec <strong>la</strong> Réuniondes musées nationaux (Rmn) pour l’exploitationdes reproductions photographiques.Le nouveau site devrait être ouvert à un nombrelimité de «bêta-testeurs» à <strong>la</strong> fin du premiersemestre 2011, et au grand public à <strong>la</strong> fin 2011.© <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>


LE CENTRE POMPIDOU EN 2010 / BILAN D’ACTIVITÉ 564. LA PRÉPARATION DULANCEMENT DU CENTREPOMPIDOU MOBILELe <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong> mobileconstituera une premièremondiale : <strong>la</strong> création d’unestructure mobile, démontableet transportable partouten France pour atteindredes publics qui ne vont jamaisau musée en leur offrantgratuitement une sélectiond’une quinzaine dechefs-d’œuvre de l’art moderneet contemporain mis à <strong>la</strong> portéede tous grâce à une médiationoriginale. Chaque étapede ce musée nomade serapréparée en partenariatétroit avec les collectivitésterritoriales d’accueil.L’exposition inaugurale surle thème de <strong>la</strong> couleur offriraun parcours dans l’art duXX e siècle de 1906 à nos jours.Sous <strong>la</strong> responsabilité d’Agnès Saal,directrice générale, toutes les équipes du<strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong> ont été mobilisées en 2010afin que l’itinérance du <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong> mobilepuisse commencer dès octobre 2011, avec unepremière étape de trois mois à Chaumont(Haute-Marne), puis deux étapes d’ores et déjàprogrammées au premier semestre 2012dans <strong>la</strong> région Nord Pas-de-Ca<strong>la</strong>is, à Cambraipuis à Boulogne-sur-Mer.Deux chantiers ont été au cœur des travauxde l’année 2010. Le premier concerne <strong>la</strong> miseau point de <strong>la</strong> structure conçue par Construireet Reconstruire, le groupement des agencesd’architecture de Patrick Bouchain et de LoïcJulienne. Sa fabrication sera confiée début 2011au groupement des deux entreprises MCMI etALBADOR, spécialisées dans <strong>la</strong> fabrication etl’instal<strong>la</strong>tion de structures auto-ventilées entoile tendue. Le second chantier permettra dedésigner l’exploitant, spécialisé dans <strong>la</strong> gestiondes structures itinérantes et des tournéesartistiques.Parallèlement, <strong>la</strong> direction du bâtimentet de <strong>la</strong> sécurité a engagé les différents contratset marchés nécessaires à <strong>la</strong> sûretéde <strong>la</strong> structure, à <strong>la</strong> préparation des dossiersadministratifs et techniques de conformitéet d’ouverture au public.La gestion et <strong>la</strong> conservation des œuvres exposéesne seront pas déléguées à des prestataires maisdemeureront sous <strong>la</strong> responsabilité exclusivedu MNAM/CCI et de <strong>la</strong> direction de <strong>la</strong> productiondu <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>. Le format définitif de<strong>la</strong> première exposition itinérante a été arrêté parA<strong>la</strong>in Seban, président du <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>,sur <strong>la</strong> proposition du directeur du musée, AlfredPacquement, et de <strong>la</strong> conservatrice chargéedu commissariat de <strong>la</strong> première présentation,Emma Lavigne. Le MNAM/CCI a également misau point un protocole de gestion des œuvresauquel devront strictement se conformer les villesd’accueil et le prestataire en chargede l’exploitation et de l’accueil du public.Croquis pourle <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>mobile, 2010© Patrick Bouchain / Construire


LE CENTRE POMPIDOU EN 2010 / BILAN D’ACTIVITÉ 58La direction des publics a, quant à elle,mobilisé ses équipes pour concevoiret scénariser des dispositifs de médiationinédits, adaptés à cette structure commeà <strong>la</strong> variété des publics qui s’y rendront,pour leur donner les clés utiles à <strong>la</strong>compréhension des œuvres : les enfantsseront accompagnés d’un médiateur équipéd’une valise pédagogique ; les adolescentset les adultes par un comédien quileur proposera un «voyage dans <strong>la</strong> couleur»surprenant et inédit.Cette direction a également préparéles formations à dispenser aux médiateurset aux comédiens avant chaque étape et écrit letexte de l’audio guide qui sera mis gratuitementà <strong>la</strong> disposition des visiteurs individuels.Une attention particulière a été apportée àl’accueil des personnes en situation de handicap.Le projet culturel sera adapté à chaquespécificité locale, valorisera les fondsdes musées locaux et des fonds régionauxd’art contemporain (FRAC), créera des liensavec les festivals des régions, associantles acteurs culturels, en particulier ceuxdes spectacles vivants.Dans le même temps, <strong>la</strong> recherchede mécénat public et privé s’est poursuiviepour assurer le financement intégral du projet.Grâce aux <strong>ressource</strong>s ainsi mobilisées,les dépenses de fonctionnement restant à <strong>la</strong>charge des collectivités territoriales d’accueilont pu être ramenées à <strong>la</strong> somme forfaitairede 200 000 euros par étape de trois mois.2011 sera l’année du <strong>la</strong>ncement du <strong>Centre</strong><strong>Pompidou</strong> mobile : il s’agira d’assurer le pleinsuccès de ses premières étapes afin quel’effet d’entraînement produit par l’événementexceptionnel que constituera le passagedu <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong> mobile sur un territoiretransforme durablement les pratiquesculturelles des habitants.Le <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong> mobile est réaliségrâce au mécénat de <strong>la</strong> Fondation Total,et de La parisienne assurances.Avec le conseil juridique d’un cabinet d’avocatsspécialisés, une convention de partenariat entrele <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong> et les collectivitésterritoriales d’accueil a défini le cadre généralde l’organisation matérielle et <strong>la</strong> mobilisationdes «forces vives» locales pour un travailde terrain efficace.L’é<strong>la</strong>boration des supports de visite etde communication à destination des collectivitésterritoriales, dans une charte graphiquespécifique, est coordonnée par <strong>la</strong> directionde <strong>la</strong> communication et des partenariats.Recherches pour<strong>la</strong> création de l’identitévisuelle du <strong>Centre</strong><strong>Pompidou</strong> Mobile© C-Album


LE CENTRE POMPIDOU EN 2010 / BILAN D’ACTIVITÉ 6061 CHAPITRE 1LES PUBLICS AU CŒURDES PROJETSFidèle à sa mission d’interface entre <strong>la</strong> création et <strong>la</strong> société,le <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong> met les publics au centre de ses projetset de ses actions. Il développe des médiations spécifiques etadaptées à chacun, pour accompagner les visiteursd’aujourd’hui et former ceux de demain. Parmi eux, le publictouristique représente un enjeu majeur pour les années à venir.1. UNE NOUVELLEPOLITIQUE DEDÉVELOPPEMENTTOURISTIQUEEn 2010, les expositions et collectionspermanentes du <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>ont accueilli 3,13 millions de visiteurs,dont 44 % d’étrangers, d’après l’étudeannuelle 2010 sur les publics (V. chapitre1,«Les publics du <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong> en 2010 »,p. 16). Parmi les 7 850 groupes accueillis,17 % venaient de l’étranger. Le pourcentagede visiteurs étrangers, s’il est très significatif,demeure notablement inférieur à celui quiest constaté au Louvre ou au musée d’Orsay(75 % de visiteurs étrangers).Alors que <strong>la</strong> fréquentation des expositionstemporaires et celle du public nationa<strong>la</strong>tteignent des niveaux très élevés, sansprécédent depuis <strong>la</strong> réouverture du <strong>Centre</strong>,le développement du public touristiqueconstitue désormais l’un des principauxmoteurs d’une poursuite de l’augmentation de<strong>la</strong> fréquentation de l’établissement, et plusparticulièrement de celle du musée. En effet,alors que le public national est avant tout attirépar les événements que constituent les grandesexpositions,le public étranger vient d’abord visiter lescollections permanentes. Le développementde <strong>la</strong> part des visiteurs étrangers ne peut ainsique favoriser le rééquilibrage souhaitable entre<strong>la</strong> fréquentation des collections permanenteset celle des expositions temporaires.L’offre touristique parisienne étant toutefoistrès riche, le <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong> évolue dansÀ l’entrée du Musée national d’art moderne © R.Meigneux / Sipa / CRT PIdF


LE CENTRE POMPIDOU EN 2010 / BILAN D’ACTIVITÉ 62un paysage fortement concurrentiel.L’institution a donc engagé une réflexionapprofondie sur <strong>la</strong> politique à mettre en œuvreafin de développer le public touristique,et a entrepris de s’en donner les moyens.Une déléguée au développement touristique,Nicole Richy, a été nommée au sein de<strong>la</strong> direction des publics et un comité de pilotagea été mis en p<strong>la</strong>ce, sous l’autorité du présidentdu <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>.La politique de développement du publictouristique repose sur deux axes principauxpour lesquels des actions ont déjà été mises enœuvre en 2010 et seront poursuivies en 2011 :d’art moderne par une mise en avant deschefs-d’œuvre de <strong>la</strong> collection (les «icônes») ;et <strong>la</strong> vue panoramique exceptionnelle qu’offresa situation géographique.Une offre de services adaptés aux besoinsspécifiques des publics touristiques estprogressivement structurée à travers :pour les groupes ;et du stationnement des cars de tourisme ;visites guidées) ;pour le tourisme d’affaires ;de produits dérivés.Une promotion appropriée du <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>et de sa collection permanente passe par :des «icônes» de <strong>la</strong> collection,en France et à l’étranger grâce aux re<strong>la</strong>isdes organismes spécialisés dans le tourisme :OTCP, CRT, Atout France (présence dans lessalons, workshops à l’étranger),des professionnels du tourisme (voyagistes,tour-opérateurs, hôtels, transporteurs, officesde tourisme),supports de communication adaptés via descanaux ciblés (presse spécialisée, internet,hôtels, offices de tourisme, aéroports…).Ces premières actions ont permis d’anticiperl’évolution des pratiques touristiqueset de proposer une offre innovante, faire-valoirdu positionnement stratégique du <strong>Centre</strong><strong>Pompidou</strong> auprès de <strong>la</strong> clientèle internationale.2. DES MÉDIATIONSPOUR TOUS LES PUBLICSACCOMPAGNERTOUS LES VISITEURSLe <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong> s’attache à accompagnerles visiteurs, dans leur découverte de <strong>la</strong> créationd’aujourd’hui, en leur donnant les outilsde compréhension nécessaires. En 2010, il aproposé des visites accompagnées, des soiréesperformances, des promenades à <strong>la</strong> rencontredes œuvres, une médiation spécifique aux«Rendez-vous du Forum » assurée par desétudiants, des accès à de nouvelles <strong>ressource</strong>stelles que le guide multimédia téléchargeableen ligne, 13 nouveaux dossiers pédagogiquesconsultables en ligne et une nouvelleapplication iPhone qui offre une mise à jourpermanente de l’actualité du <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>.Atelier des enfantsPhoto H. Véronèse© <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>


65 CHAPITRE 1Nouvel espacede l’Atelier des enfantsPhoto H. Véronèse© <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>FORMER LES PUBLICSDE DEMAINFormer les publics de demain est au cœurdes missions du <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong> : desprogrammations et des activités spécifiquessont proposées aux jeunes de 2 ans à 25 ans,adaptées aux différentes tranches d’âges, qu’ilsviennent seuls, en famille, avec des amis oudans le cadre sco<strong>la</strong>ire. Cet engagement s’estmanifesté par <strong>la</strong> restructuration de l’ensembledes espaces dédiés aux plus petits (2-12 ans)et par <strong>la</strong> création du nouvel espace pourles adolescents, le Studio 13/16.POUR LES PLUS JEUNES (2-12 ANS)2010. Conçus par le designer MathieuLehanneur, ils sont spacieux (300 m 2 ) ettrès bien adaptés aux activités proposées(l’aménagement de ces nouveaux espacesest présenté ci-après : chapitre 6, «Unprogramme de travaux importants menéà bien en 2010», p. 182).Ces espaces complètent le nouvelespace de <strong>la</strong> Galerie des enfants,ouvert en mezzanine du Forum 2009.L’aménagement et le réaménagementde l’ensemble des espaces dédiés aujeune public ont ainsi pu être achevés.(V. chapitre 1, «Une nouvelle stratégie dans ledomaine des expositions temporaires», p. 20).La fréquentation de <strong>la</strong> Galerie des enfantsen 2010 est de 127 254 visiteurs.Habiter 2050, création d’A<strong>la</strong>in Bublex,24 octobre 2009-8 mars 2010 ;Kawamata carton workshop, 10 avril-23 août ;L’aventure des objets. Une exposition-atelier autourd’Arman, 22 septembre 2010-10 janvier 2011.Les ateliersPropices à l’imagination et à <strong>la</strong> création,favorisant <strong>la</strong> pluridisciplinarité, les activitésse déclinent selon l’âge, en mode «solo» ou enfamille le dimanche. En 2010, 9 210 personnessont venues en individuel ou en famille,ainsi que 337 groupes sco<strong>la</strong>ires représentantprès de 9 000 enfants.découverte d’œuvres s’appuyaient en 2010sur le croisement des disciplines, dansune approche sensorielle (parcours Mélimélodie,En rimes et en couleurs…).d’approfondir un thème (Explorer le quotidien,Poésie d’objets, Danse et arts p<strong>la</strong>stiques),de découvrir <strong>la</strong> démarche d’un artiste commedans le cycle Jeunes talents. Ils ont aussi faitécho à <strong>la</strong> programmation du <strong>Centre</strong><strong>Pompidou</strong> : autour de l’accrochageelles@centrepompidou et autour des grandesexpositions Sou<strong>la</strong>ges, Arman, Sarkis,Dream<strong>la</strong>nds.Les Impromptus,chaque premier dimanche du moisÀ l’occasion de <strong>la</strong> journée mensuelle degratuité d’accès au musée, un grand atelierest ouvert à tous pour découvrir, sur un modeludique et spectacu<strong>la</strong>ire, un artiste, uneexposition ou un thème.La quatrième édition du FI’ART–Festivalinternational d’art en famille


LE CENTRE POMPIDOU EN 2010 / BILAN D’ACTIVITÉ 66 67 CHAPITRE 1Galerie des enfants, Forum, Piazza,19 et 20 juin 2010En écho à l’exposition Dream<strong>la</strong>nds,le <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong> et les deux nouveauxmusées partenaires, le Moderna Museetde Stockholm et le Museo de <strong>la</strong> Ciudadde México, ont proposé de nombreusesactivités pour explorer l’univers des villesimaginaires et échanger avec les artistes invités.L’OFFRE POUR LES ADOLESCENTS(13-16 ANS)(V. chapitre 1 «Le Studio 13/16 : <strong>la</strong>ncementréussi», p. 49)Macadam.UNE PÉDAGOGIE ACTIVE AVEC ET POURLES JEUNES ADULTES (18-25 ANS)Vis-à-vis des jeunes de 18 à 25 ans, deuxorientations ont été privilégiées : des actionsculturelles, pluridisciplinaires, internationales ;l’implication et <strong>la</strong> responsabilisation des jeunesau sein de projets novateurs.Plusieurs programmes de médiationont été mis au point avec :culturelle pour les Jeudi’s,lors des nouveaux Rendez-vous du Forum,«Art Session» engagés dans les activitésculturelles du <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong> et dans desprojets menés par le <strong>Centre</strong> en col<strong>la</strong>borationavec d’autres institutions européennes,comme <strong>la</strong> Tate Gallery et le Kiasmamuseum d’Helsinki.LES JEUDI’S : DES NOCTURNES ANIMÉESPAR DES ÉTUDIANTSL’objectif des «Jeudi’s» est d’é<strong>la</strong>rgir etde fidéliser le public mais aussi d’intégrerdans <strong>la</strong> programmation de nouvelles disciplineset col<strong>la</strong>borations expérimentales : l’Écolenationale supérieure d’art de Paris Cergy encol<strong>la</strong>boration avec l’Ircam a proposé une séried’interventions des élèves de différentesdisciplines en dialogue avec des musiciensde l’Ircam et des danseurs du Conservatoirenational supérieur de musique et de dansede Paris (CNSMDP). En 2010, <strong>la</strong> saison a étérenforcée, avec six rendez-vous au lieu de quatreen 2009 ; elle a été suivie par 7 128 visiteurs.ART SESSIONS : UN GROUPE DE JEUNESVOLONTAIRES IMPLIQUÉSDANS LES DIFFÉRENTES ACTIVITÉSDU CENTRE POMPIDOULes membres du groupe «Art Sessions»se sont engagés en 2010 dans plusieurs projetsde médiation, notamment autour des Rendezvousdu Forum ou de l’exposition SarkisPassages et ont réalisé un blog bilingue :artsessioncentrepompidou.wordpress.comdans lequel ils se présentent et échangent.Ils participent aussi au projet européenYouth Art Interchange.L’ÉDUCATION ARTISTIQUEDU PUBLIC SCOLAIREL’OFFRE DE VISITES CONFÉRENCESLe programme a proposé 13 visites conférences,dont huit autour des collections du muséeet des grandes expositions de l’année.Au cours d’un atelier pour enfantsPhoto H. Véronèse © <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>Près de 6 000 groupes sco<strong>la</strong>ires et étudiants lesont suivies, soit 156 926 jeunes. Ils représententplus de 75 % de l’ensemble des groupes.TREIZE NOUVEAUX DOSSIERSPÉDAGOGIQUESIls peuvent être associés aux thèmesdes visites sco<strong>la</strong>ires et ont été mis en ligneautour des expositions, des collectionset des spectacles vivants.LE PROJET PILOTE D’ÉDUCATIONARTISTIQUE LES ATELIERS DE LACRÉATION, LABEL NATIONAL EN 2010Ce projet, à <strong>la</strong> croisée des arts visuels,des arts du son et des nouvelles technologies,expérimenté depuis 2007 par <strong>la</strong> directiondes publics du <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong> et l’Ircam,en direction des lycées professionnels,a franchi deux nouvelles étapes en 2010 :www.ateliers-création.centrepompidou.fren Bretagne et en Rhône-Alpes, par quatrelycées professionnels qui se sont associésà des institutions culturelles souhaitants’engager dans <strong>la</strong> démarche.Cette innovation a été soutenue par le ministèrede <strong>la</strong> Culture et de <strong>la</strong> Communication,le ministère de l’Éducation nationale et lemécénat de <strong>la</strong> fondation Jean-Luc Lagardère.LA FORMATION DES ENSEIGNANTSÀ L’HISTOIRE DES ARTS, AUX ARTSPLASTIQUES ET AUX ARTS APPLIQUÉSVingt stages organisés dans le cadre des p<strong>la</strong>nsacadémiques de formation (PAF) des académiesde Paris et Créteil ont été suivis par près de500 enseignants, dont 175 venant de lycéesprofessionnels.Une trentaine de présentations des collectionset des expositions ont rassemblé quelque1 200 enseignants du primaire et du secondairedes trois académies d’Ile-de-France.UNE MÉDIATION ADAPTÉEAUX PUBLICS EN SITUATIONDE HANDICAP ET AUX PUBLICSDU CHAMP SOCIALDans le cadre de <strong>la</strong> nouvelle organisationde <strong>la</strong> direction des publics (V. chapitre 5,«La nouvelle direction des publics», p. 173),une cellule «accessibilité» a été créée,en charge de mener les actions à destinationdes publics en situation de handicap et despublics du champ social.


LE CENTRE POMPIDOU EN 2010 / BILAN D’ACTIVITÉ 68 69 CHAPITRE 1UNE OFFRE ADAPTÉEÀ TOUTES LES FORMES DE HANDICAPdans le musée et les expositions pour lesvisiteurs individuels aveugles ou malvoyants,sourds ou malentendants ;venant d’institutions et d’associationsspécialisées, ont été accueillis, dont 92à des visites conférences ou dans les ateliers ;handicapés mentaux ont suivi un cycle devisites dans le musée, associées à des ateliers.Le site Internet spécifique www.handicap.centrepompidou.fr a été enrichi par :et en vidéo pour les personnes sourdes ;Écouter voir, organisées pour le publicaveugle ou malvoyant.L’OFFRE VERS L’ÉDUCATION POPULAIREET LE CHAMP SOCIALLa mise en œuvre d’une politique d’accueilet de médiation adaptée aux publics éloignésdes institutions culturelles a été poursuivie.60 groupes, venant de structures du champsocial, ont ainsi suivi une visite au <strong>Centre</strong><strong>Pompidou</strong>.LES PERSPECTIVESLa cellule nouvellement créée a dressé en find’année un diagnostic des actions menées,conduisant à amplifier en 2011 :notamment vers les jeunes et les adolescents ;aux re<strong>la</strong>is du champ social ;et <strong>la</strong> communication auprès de ces re<strong>la</strong>is.DÉVELOPPEMENT ETRENOUVEAU À LA BPI EN 2010En 2010, <strong>la</strong> Bibliothèque publiqued’information (Bpi) a renforcé son attentionaux publics et développé <strong>la</strong> médiationculturelle ainsi que <strong>la</strong> production et<strong>la</strong> diffusion de contenus, en articu<strong>la</strong>tion avecle <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>. Au cours du secondsemestre, sous l’impulsion de son nouveaudirecteur, Patrick Bazin, ont été posées lesbases d’un nouveau projet d’établissement.En 2010, <strong>la</strong> Bpi a accueilli 1 479 198 visiteurs,soit une moyenne de 4 818 par jour.UNE POLITIQUE ATTENTIVE AUX PUBLICS,NOTAMMENT LES PLUS JEUNESLes jeunes mieux accueillisUne partie significative de <strong>la</strong> programmationculturelle de <strong>la</strong> Bpi s’est infléchie en directiondes publics jeunes, avec notamment<strong>la</strong> Scène ouverte de s<strong>la</strong>m et les Rencontresdessinées. La participation de <strong>la</strong> Bpi à<strong>la</strong> Nuit b<strong>la</strong>nche en octobre a été marquéepar les performances de DJ Binin et de ScanX, qui ont attiré de nombreux jeunes amateursde musique électronique. En outre, le cycleCiné 13-16 organisé en lien avec le Studio13/16, qui a ouvert à l’automne 2010avec une thématique urbaine, Macadam,s’inscrit dans cette progression de l’offreà destination des adolescents.Pour les lycéens préparant le bacca<strong>la</strong>uréat,des annales en exemp<strong>la</strong>ires multiplesainsi que des <strong>ressource</strong>s numériquesont été déployées dans le cadre du dispositifmis en œuvre, depuis trois ans,en mai et juin.Acteur de <strong>la</strong> cohésion socialePlusieurs actions nouvelles ont été menéesà bien dans ce domaine : un partenariatau bi<strong>la</strong>n très satisfaisant avec l’associationFrance Terre d’Asile valorisant les <strong>ressource</strong>set services de <strong>la</strong> bibliothèque, particulièrementcelles de l’Espace Autoformation, auprès desusagers migrants, forts utilisateurs d’Internet ;l’organisation de visites pour les personnesre<strong>la</strong>is des associations du champ social ;des ateliers de conversation en français,en espagnol et en ang<strong>la</strong>is, animéspar des bibliothécaires diplômés dansl’enseignement de leur <strong>la</strong>ngue maternelle.L’ACCENT MIS SUR LA MÉDIATION ET LEMARKETING CULTURELSL’année 2010 a vu s’accroître le travail entreprisdepuis 2008 pour une mise en valeur descollections, notamment en lien avec <strong>la</strong>programmation du <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong> etl’actualité culturelle parisienne ou nationale. Laprésentation de plusieurs manifestations dansles espaces de lecture constitue en outre unedémarche volontariste, appelée à se développeret destinée à rapprocher l’action culturelle despublics de <strong>la</strong> Bpi. Deux colloques ont étéorganisés en articu<strong>la</strong>tion avec le MNAM/CCI àl’occasion d’expositions : l’un sur « Les normesde genre dans <strong>la</strong> création contemporaine »à l’occasion de elles@centrepompidou et l’autreautour de l’exposition Dream<strong>la</strong>nds. Deuxcolloques littéraires ont marqué l’année: l’unconsacré à Albert Camus, l’autre à RobertWilson. L’automne a vu se succéder lesmanifestations en lien avec l’exposition sonoreprésentée dans <strong>la</strong> Bpi, Archipel, qui mettait enTable de lecture et de consultation à <strong>la</strong> Bibliothèque publique d’information (Bpi) CRT R.Meigneux / Sipa / CRT PIdF


LE CENTRE POMPIDOU EN 2010 / BILAN D’ACTIVITÉ 70 71 CHAPITRE 1valeur les musiques expérimentales et leursre<strong>la</strong>tions avec d’autres musiques plus diffusées(électro, jazz, rock…), et dont le temps forta été <strong>la</strong> participation du chanteur Christophelors de <strong>la</strong> soirée-concert-conférence.Le festival Cinéma du réel a, quant à lui, confirméen mars 2010 l’augmentation de 33 % de safréquentation enregistrée en 2009. Près de 300sco<strong>la</strong>ires ont assisté au moins à une séance.Cette édition a mis en avant le travail de jeunescinéastes émergents en <strong>la</strong>nçant une nouvellesection compétitive internationale dédiée auxpremières œuvres et dotée d’un prixconséquent. Quatre masterc<strong>la</strong>ss dédiées à desartistes importants ont été organisées.De ligne en ligne,De ligne en ligne a succédé en 2010 au BulletinBpi publié depuis 2001. Passant d’unepublication institutionnelle à une écritureet à un graphisme renouvelés, tiré à 10 000exemp<strong>la</strong>ires gratuits pour moitié diffusés dans<strong>la</strong> bibliothèque et accessible au format PDFfeuilletable sur le site de <strong>la</strong> Bpi, il a vu sonnombre d’abonnés (professionnels ouamateurs privés) augmenter de 15%.La médiation numériqueLa Bpi a entamé en 2010 une réflexion sur sesidentités numériques et sur le renforcementde sa présence sur les réseaux sociaux. Troisnouveaux axes ont été définis : institutionnel/accueil, professionnel, Bibliosésame (réponses àdistance). Permettant de susciter desinteractions avec les internautes et d’encourager<strong>la</strong> création de « communautés d’usagers »dans un second temps, ce travail trouvera sondéveloppement et sa visibilité en 2011.UNE PRODUCTION ET UNE DIFFUSIONCROISSANTES DE CONTENUS NUMÉRIQUESORIGINAUXLa Bpi a produit en 2010 davantagede contenus numériques multimédiascohérents qui participent au développementdes collections et assurent un lien objectifet concret entre <strong>la</strong> politique culturelleet <strong>la</strong> politique documentaire. Outre lesarchives numériques, le site internetwww.bpi.fr propose une visite virtuelledes espaces de <strong>la</strong> Bpi avec un contenuthématique, un p<strong>la</strong>n interactif, des dossiersdocumentaires, ainsi que des expositionsvirtuelles, dont <strong>la</strong> dernière, «Traitsde justice, le dessin d’audience aujourd’hui»,mise en ligne en juin. La consultationdu site a augmenté de manière significative(4 277 509 pages vues et 790 836 visiteursuniques, contre 672 398 en 2009).Accessible au public depuis juin 2007 surle site de <strong>la</strong> Bpi, <strong>la</strong> base des archives sonoreset vidéo progresse régulièrement avecles captations sonores et audiovisuellesdes animations de l’année, mais aussiavec <strong>la</strong> numérisation de manifestations plusanciennes. Les statistiques de consultationsont toutes en nette progression :158 404 visites (soit une hausse de 8 %par rapport à 2009), 17 310 fichiers écoutésen streaming. Les captations vidéo desanimations se sont développées, passantde 3 à 10 en 2010. De surcroît, lesinvestissements en matériel permettentdorénavant <strong>la</strong> diffusion son et vidéo weben direct des manifestations culturelles.Le partenariat avec France Culturede diffusion hebdomadaire sur sa webradioCulture Académie, bientôt rebaptiséeP<strong>la</strong>teforme, se poursuit sur le même rythme.Enfin, après une préparation en 2009 et 2010,les Archives sonores sont prêtes à intégrerle «Portail de <strong>la</strong> mémoire parlée»Parlons culture (piloté par le <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>avec le soutien du ministère de <strong>la</strong> Cultureet de <strong>la</strong> Communication) qui est en voiede finalisation ; elles sont aussi prêtes à êtreinterrogées par le <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong> virtuel.Cette solution de recherche fédérée,un des projets majeurs du schéma directeurdes systèmes d’information (2007-2011),a été mise en chantier en 2009. Elle permettraune utilisation optimale des <strong>ressource</strong>sdocumentaires, en particulier numériques ;elle intégrera une interface de recherchetotalement renouvelée, mieux intégréedans le web et dotée de fonctionnalitéssociales, ainsi qu’un métamoteur derecherche et d’indexation qui alimenterale <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong> virtuel. Fin 2010,le système de recherche était presque finalisé,il sera déployé courant 2011.UN NOUVEAU PROJETD’ÉTABLISSEMENTDès son arrivée en juillet 2010, le nouveaudirecteur de <strong>la</strong> Bpi, Patrick Bazin,précédemment directeur de <strong>la</strong> bibliothèquemunicipale de Lyon, a <strong>la</strong>ncé l’é<strong>la</strong>borationdu nouveau projet d’établissement, commel’a souhaité le ministre de <strong>la</strong> Culture etde <strong>la</strong> Communication. Des séminairesde cadres ont permis de dégagerde nouveaux axes stratégiques, notammentle renouvellement et <strong>la</strong> diversificationdes publics, <strong>la</strong> définition d’universthématiques structurants et de pôlesd’excellence, parmi lesquels <strong>la</strong> créationlittéraire, une meilleure intégration dansle <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>, <strong>la</strong> dynamisationde <strong>la</strong> coopération nationale. Le projettransmis au Ministre fin 2010 propose troisprincipaux programmes d’actions : leréaménagement partiel des espaces pourpermettre leur fréquentation par des publicsdiversifiés et prendre en compte de nouveauxusages, notamment ceux des nouvellesgénérations ; le développement de l’actionculturelle et de <strong>la</strong> médiation autour dedépartements thématiques ; <strong>la</strong> diffusion decontenus éditorialisés fédérés par unwebmagazine, en partenariat avec d’autresgrandes bibliothèques publiques. Desséminaires de cadres ont permis de dégagerde nouveaux axes stratégiques, notammentle renouvellement et <strong>la</strong> diversification despublics, <strong>la</strong> définition d’univers thématiquesstructurants et de pôles d’excellence parmilesquels <strong>la</strong> création littéraire, une meilleureintégration dans le <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>, <strong>la</strong>dynamisation de <strong>la</strong> coopération nationale.Le projet transmis au ministre fin 2010propose trois principaux programmesd’actions : le réaménagement partiel desespaces pour permettre leur fréquentationpar des publics diversifiés et prendre encompte de nouveaux usages, notamment ceuxdes nouvelles générations ; le développementde l’action culturelle et de <strong>la</strong> médiation autourde départements thématiques ; <strong>la</strong> diffusionde contenus éditorialisés fédérés par unwebmagazine, en partenariat avec d’autresgrandes bibliothèques publiques.


L’accélération de <strong>la</strong> circu<strong>la</strong>tiondes idées, des images etdes échanges di<strong>la</strong>te les champséconomique, intellectuel et artistique.Dans cet espace é<strong>la</strong>rgi, <strong>la</strong> création,comme d’autres activités humaines,voit se multiplier ses acteurset ses lieux d’émergence. La scèneartistique se mondialise ; le musée,à l’image de l’art, doit devenir global.Dans les sallesd’exposition du <strong>Centre</strong><strong>Pompidou</strong>-Metz,Galerie 2, « Rêvesde chefs-d’œuvre ».© Photo Philippe Gisselbrecht


LE CENTRE POMPIDOU EN 2010 / BILAN D’ACTIVITÉ 74La mondialisation et le multiculturalismesont de nouvelles données géopolitiques etculturelles, auxquelles le musée doit adapter sesfonctionnements et <strong>la</strong> philosophie de ses actions.Le contexte de l’art ayant fondamentalementchangé ces dernières années, avec l’émergencede nouvelles scènes artistiques dans les diversesparties du monde, l’orientation générale desgrands musées européens et notammentfrançais d’art contemporain doit aujourd’huidonner davantage de p<strong>la</strong>ce à <strong>la</strong> prise en comptede <strong>la</strong> diversité des expressions artistiqueset culturelles.Un peu partout dans le monde, les grandsmusées internationaux prennent <strong>la</strong> mesure decette nouvelle donne et intègrent à leurs activitésles pratiques contemporaines issues de <strong>la</strong>mondialisation et du multiculturalisme. Ainsi,le MoMA de New York développe un programmeinternational qui accompagne les acteursculturels des pays en voie de développement, et aentrepris de mettre en p<strong>la</strong>ce une politique actived’intégration d’une réalité culturelle « globale ».De son côté, le Brooklyn Museum s’est engagéauprès des artistes afro-américains longtempsnégligés par l’histoire de l’art américain, aumême titre que les <strong>la</strong>tino-américains. LeMuseum of Fine Arts de Houston a initié unprogramme de recherche et d’acquisition centrésur l’art d’Amérique <strong>la</strong>tine et l’art des artistesaméricains d’origine <strong>la</strong>tino-américaine. La TateModern a mis en p<strong>la</strong>ce des groupes de rechercheautour de spécialités géographiques, et intégrédes curateurs associés d’origine étrangèretravail<strong>la</strong>nt à demeure ou dans leur pays d’origine.À Madrid, le Musée Reina-Sofia, repense <strong>la</strong>collection du musée espagnol dans le but d’enfaire le grand musée du « Sud », concept quirecouvre moins une zone géographique qu’uneversion alternative de <strong>la</strong> modernité occidentale.Quant au ZKM de Karlsruhe, il a engagé unprogramme intitulé « Global Art Museum »,qui donne lieu à des conférences, despublications, des expositions.Dans <strong>la</strong> plupart des cas, <strong>la</strong> mondialisationest abordée comme un phénomène induisantune réflexion d’ordre général, mais les actionsmenées se définissent à partir de programmesliés à l’identité multiculturelle propre à chaquepays, dont <strong>la</strong> vocation est de participerà <strong>la</strong> construction de cette identité au traversdes pratiques curatoriales et de <strong>la</strong> collectiondu musée.Le <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>, à côté de <strong>la</strong> p<strong>la</strong>ce éminenteaccordée aux artistes nationaux, a toujoursreprésenté <strong>la</strong> scène artistique internationale,fidèle en ce<strong>la</strong> à <strong>la</strong> conception universelle de <strong>la</strong>culture dont <strong>la</strong> France est porteuse. Concernantles scènes artistiques non-occidentales, le<strong>Centre</strong> a été pionnier en présentant les artistesde tous les continents dans le cadre del’exposition « Magiciens de <strong>la</strong> Terre » (1989). Cetévènement important, précurseur de <strong>la</strong> véritablemutation qui s’opère avec <strong>la</strong> mondialisation, doittrouver aujourd’hui un prolongement dans unemodification du programme de travail et del’organisation même du musée. C’est pourquoi le<strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong> a initié un programme dédié à<strong>la</strong> mondialisation, qui met en œuvre <strong>la</strong> collection,les activités de recherche et <strong>la</strong> programmation.Ce programme « recherche et mondialisation »s’inscrit dans le cadre de <strong>la</strong> démarchestratégique engagée par le président du<strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>, A<strong>la</strong>in Seban, dont l’undes objectifs prioritaires est, pour le <strong>Centre</strong>,d’« être un acteur global ». Il s’articule avec leprojet stratégique de grande exposition « Paris-Delhi-Bombay… », mettant en correspondanceartistes indiens et artistes français, et qui seraprésentée durant l’année 2011.Bassin sur <strong>la</strong> terrassedu Musée du <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>,Niveau 5© <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>


LE CENTRE POMPIDOU EN 2010 / BILAN D’ACTIVITÉ 7677 CHAPITRE 2LE PROGRAMME « RECHERCHEET MONDIALISATION »Le <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong> met en p<strong>la</strong>ce un programme de rechercheset d’actions qui vise à inscrire en profondeur et durablement, grâceà une action volontariste, l’enjeu de <strong>la</strong> mondialisation au cœurdu programme de travail du Musée national d’art moderne. Les zonesdéfinies comme prioritaires dans un premier temps sont l’Afrique,le MENASA (Afrique du Nord, Moyen Orient, Asie du Sud) et l’AmériqueLatine. Le programme est basé sur <strong>la</strong> recherche, l’enrichissementdes collections et le développement d’un réseau de partenariats.Il met en p<strong>la</strong>ce un nouveau champ d’activités qui se développeraensuite de façon pérenne. Il vise à initier une réflexion originale etdes actions concertées sur <strong>la</strong> création mondiale, à travers une séried’outils é<strong>la</strong>borés en col<strong>la</strong>boration avec des artistes associés,des universitaires et des professionnels issus des pays concernés.Envisagé comme une p<strong>la</strong>teforme de recherche principalement centréesur le développement de <strong>la</strong> collection du musée, il s’appuie sur <strong>la</strong> miseen p<strong>la</strong>ce de projets stratégiques permettant de contribuer à <strong>la</strong>visibilité des expériences qui sont actuellement menées dans les paysconcernés. Les travaux devront déboucher sur une relecture de l’histoirede <strong>la</strong> modernité multiculturelle, au travers d’un accrochage descollections entièrement renouvelé. Ils contribueront au débatinternational dans lequel se joue, en termes à <strong>la</strong> fois politiques,théoriques et esthétiques, une redéfinition des équilibres mondiaux.1. UNE MOBILISATIONDE L’ENSEMBLEDES COMPÉTENCESDU MUSÉE AU SERVICEDE NOUVEAUX ENJEUXConçu et animé par Catherine Grenier,nommée le 29 janvier 2010 par A<strong>la</strong>in Seban,président du <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>, sur propositiondu directeur du MNAM/CCI, Alfred Pacquement,directrice adjointe du MNAM/CCI en chargede <strong>la</strong> recherche et de <strong>la</strong> mondialisation,le programme, qui s’inscrit dans les axesstratégiques 2007-2012, répond aux nouveauxenjeux auxquels sont confrontés les muséesd’art moderne et contemporain : <strong>la</strong> miseen p<strong>la</strong>ce d’une nouvelle géographie culturelleet artistique mondiale, le développementde sociétés marquées par <strong>la</strong> diversitéet le multiculturalisme, l’importance toujoursplus grande de <strong>la</strong> recherche associéeà <strong>la</strong> muséologie et <strong>la</strong> nécessité de jouer un rôleactif dans le grand chantier de réécriturede l’histoire de l’art moderne qui s’engage.Il s’agit d’un projet transversal, qui mobiliseles différents départements et servicesdu musée, animés par des conservateursréférents sur les différentes zonesgéographiques ciblées comme prioritaires.Anticipant et accompagnant les perspectivesd’acquisition, un <strong>la</strong>rge travail de documentationdes différentes scènes internationaless’est mis en p<strong>la</strong>ce. Les recherches ont étéprioritairement axées sur des pays ciblés :Liban, Arabie Saoudite, Maroc, Algérie, Chili,Colombie, Brésil, Argentine.Par le biais de voyages d’étude, d’échanges,d’invitations, le <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong> favorisele développement de nouvelles compétencesgéographiques et culturelles pourles conservateurs et attachés de conservationdu musée. Des séjours d’étude pour lesconservateurs associés au programmeont été organisés dans plusieurs des pays visés :Maroc, Liban, Sénégal, Afrique du Sud, Inde,Brésil, Argentine.2. LA RECHERCHETrois programmesde recherche spécifiquesont été <strong>la</strong>ncés, portantsur <strong>la</strong> mondialisation,les archives contemporaineset l’histoire des expositionsBOURSES D’ÉTUDESTrois bourses d’études, correspondantà ces trois champs de recherche,ont été créées par le <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>afin de développer des partenariats avecles universités et renforcer le dispositifdu programme «Recherche et Mondialisation».Après les délibérations des jurys, composésde conservateurs et d’universitaires,une cérémonie de remise des bourses a eulieu au <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong> le 25 novembre 2010,accompagnée de <strong>la</strong> signature de troisconventions avec les établissements dontsont issus les bénéficiaires, l’université Paris IV,<strong>la</strong> Bartlett School of Architecture London,et l’École des Hautes Études en SciencesSociales (EHESS).


LE CENTRE POMPIDOU EN 2010 / BILAN D’ACTIVITÉ 78 79 CHAPITRE 2RECHERCHEET MONDIALISATIONLa recherche et <strong>la</strong> mondialisation sontdeux territoires d’action distincts,mais qui entretiennent cependant un lienorganique qui incite à les réunir dansune même perspective. En effet, <strong>la</strong> priseen compte de <strong>la</strong> mondialisationdoit prioritairement s’appuyer sur lesprogrammes de recherche, et,réciproquement, <strong>la</strong> mutation principale quedoit connaître aujourd’hui le secteur de <strong>la</strong>recherche réside dans l’intégration, à tousles stades de <strong>la</strong> réflexion et de l’application,d’une pensée de <strong>la</strong> mondialisation.LA RECHERCHE est une activité structurelledu musée : elle entre en jeu dans chacundes gestes essentiels du conservateur, del’attaché de conservation, du documentaliste,du bibliothécaire, du restaurateur.Les acquisitions, les accrochages descollections, <strong>la</strong> restauration, les expositions,<strong>la</strong> documentation, l’archivage, génèrentdes activités de recherche. Cependant,au vu des grands développements du muséecomme des profondes évolutions du champde recherche que recouvrent ses missions,il est nécessaire aujourd’hui de fédérer cesactivités, de les optimiser, d’améliorer leurvisibilité publique, d’ouvrir de nouveauxchantiers et de nouvelles perspectives.La réorganisation proposée des activitésde recherche au sein du musée s’apparenteà celle mise en p<strong>la</strong>ce dans certainsdes musées étrangers de pointe dansle domaine de <strong>la</strong> recherche en«sciences de l’art», en particulier<strong>la</strong> Tate et le Whitney qui ont aujourd’huides départements de recherche intégréss’appuyant sur toutes les forces du musée.LA MONDIALISATION est une nouvelledonnée géopolitique et culturelle,à <strong>la</strong>quelle le musée doit adapterses fonctionnements et <strong>la</strong> philosophiede ses actions. Le contexte de l’art ayantfondamentalement changé ces dernièresannées, avec l’émergence de nouvellesscènes artistiques en tous les pointsdu monde, l’orientation «occidentale,ouverte sur l’extérieur» des grands muséeseuropéens, doit aujourd’hui donnerbeaucoup plus de p<strong>la</strong>ce à <strong>la</strong> constitutionde nouveaux champs de spécialitéet de nouveaux réseaux. La Tate Moderna ainsi récemment mis en p<strong>la</strong>ce un pôletransversal chargé d’intégrer aux activitésdu musée les questions de <strong>la</strong> mondialisation.Le MoMA, New York, vient de mêmed’initier une nouvelle structure de réflexionvisant à inscrire les «global issues»au cœur de <strong>la</strong> pratique du musée : collection,expositions, recherche, publications.L’objectif que nous visons est de développer<strong>la</strong> connaissance - au travers de <strong>la</strong> recherche- d’enrichir <strong>la</strong> collection, de contribuerà une nouvelle écriture de l’histoire de l’art,mais aussi de développer des lienset des partenariats avec les artistes et lesinstitutions de l’ensemble du monde.Catherine Grenier, Programme Rechercheet Mondialisation, Rapport au président du<strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>, décembre 2010L’HISTOIRE DES EXPOSITIONSUn comité de réflexion, composéd’universitaires et de conservateurs a été misen p<strong>la</strong>ce sur ce thème, qui depuis quelquesannées constitue un sujet d’étude nouveau.Des recherches sont menées au seinde <strong>la</strong> Bibliothèque Kandinsky de repéragedes données, de mise en p<strong>la</strong>ce de nouveauxprojets d’étude et de valorisationdes expositions du <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>.Une nouvelle ligne éditoriale accompagnece programme, avec <strong>la</strong> publication de deuxpremiers ouvrages consacrés à l’histoirede deux expositions réalisées parle <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong> :Dada et Daniel Buren – Le musée qui n’existait pas.Des études sont menées pour définir lesconditions de mise en œuvre d’un catalogueraisonné des expositions de l’établissementdepuis son ouverture.L’ÉCOLE DES ARTS POLITIQUESUn partenariat a été établi avec l’Institutd’Études politiques de Paris pour y créerune école des arts politiques (SPEAP), liantles arts p<strong>la</strong>stiques et les sciences humaines,dont <strong>la</strong> première version test s’est dérouléedurant l’année universitaire 2010-2011. Il s’agitde contribuer à l’é<strong>la</strong>boration d’une nouvelleécole pluridisciplinaire associant formationthéorique en sciences sociales et formationartistique. Cette première année a concerné ungroupe de vingt participants, jeunes chercheursen sciences sociales (sociologie, anthropologie,études politiques) et artistes de diversesdisciplines (arts p<strong>la</strong>stiques, danse, architecture).Deux trimestres ont été consacrés à desrencontres avec des grands intellectuelset artistes, le dernier étant consacré àl’é<strong>la</strong>boration en groupes de réponses à descommandes concernant <strong>la</strong> vie et l’espacepublics.Le <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong> participe à cetteréflexion théorique en contribuant àl’é<strong>la</strong>borationd’une pédagogie innovante, et apporteson expertise de l’art contemporain.Cette col<strong>la</strong>boration servira de pilote pour<strong>la</strong> politique de rapprochement du <strong>Centre</strong> avecle milieu de <strong>la</strong> recherche, et pourra intégrertoutes les activités du musée.3. LA MONDIALISATIONLe programme se concentre dansun premier temps sur trois zonesgéographiques choisies pour leurs lienshistoriques et culturels privilégiés avec <strong>la</strong>France : l’Afrique, le MENASA (Afrique du Nord,Moyen Orient, Asie du Sud), l’Amérique <strong>la</strong>tine.Il est articulé autour de trois axes :de partenariats avec les acteurs culturels,les collectionneurs et les artistes des paysconcernés.Cette p<strong>la</strong>teforme de recherche associe le <strong>Centre</strong><strong>Pompidou</strong> et différents partenaires, en Franceet dans les pays visés (musées, universités, centresculturels). Elle est menée par les conservateurs etacteurs culturels du <strong>Centre</strong>, en re<strong>la</strong>tion avec dejeunes chercheurs français et issus des différentspays concernés. Des échanges sont initiés, quipermettent une véritable circu<strong>la</strong>tion des projets etdes compétences. Tous contribuent à <strong>la</strong> définitionde stratégies permettant de donner une visibilité


LE CENTRE POMPIDOU EN 2010 / BILAN D’ACTIVITÉ 80 81 CHAPITRE 2aux expériences menées dans ces pays. Lestravaux sont conduits avec des artistes associés,des chercheurs en histoire de l’art et en «étudesculturelles» et des intervenants culturels desdifférents pays participants.UNE POLITIQUE D’ACQUISITIONSAu cœur du projet, une politique déterminéed’acquisitions donnera une visibilité nouvelleaux pratiques artistiques actuelles des paysconcernés, en intégrant un ambitieux corpusd’œuvres modernes et contemporaines auxcollections du <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>, dans tous leschamps disciplinaires couverts par le musée.Ces acquisitions seront montrées régulièrementau public dans les espaces de présentation descollections du musée. Elles seront, par ailleurs,accessibles en ligne dans le cadre du <strong>Centre</strong><strong>Pompidou</strong> virtuel.Afin de se doter des moyens financiersnécessaires, le soutien de nouveaux partenairesest indispensable. Ainsi, à titre d’exemple, a étécréée une société d’amis dédiée à <strong>la</strong> scèneartistique d’Amérique <strong>la</strong>tine : <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>America Latina.d’exposition, critique, chercheur) d’unedes zones visées, dont le projet entreen résonance avec les problématiquesdéveloppées dans le cadre de ce programme.Au cours de son séjour d’étude, il siègeau sein du cercle de réflexion.UN SOUTIEN À LA RECHERCHEUNIVERSITAIREUn accompagnement de chercheurs en«études culturelles» (Cultural Studies)et histoire de l’art est mis en p<strong>la</strong>ce,sous forme de parrainage et de tutorat pardes conservateurs ou des scientifiques du<strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>. Il leur permet un accèsprivilégié aux <strong>ressource</strong>s de l’institutionet une éventuelle publication de leurs travaux.Le très <strong>la</strong>rge corpus documentaire et le nombreimportant d’études ainsi entreprises viendrontalimenter ce fonds de référence. Les universitésengagées dans ce partenariat sont : l’HiCSA(<strong>Centre</strong> de recherche histoire culturelle etsociologie de l’art de l’Université Paris I), l’IRIEC(Institut de recherche et d’études culturellesde Montpellier III), l’INHA (programme Artet Mondialisation) et l’Université de Rennes II.LE PARRAINAGE ÉTUDES CULTURELLESLes «études culturelles» (Cultural Studies)se sont considérablement développéesen France ces dernières années, apportantde nouveaux outils théoriques pour penser l’artcontemporain dans son contexte culturel.Elles constituent désormais des <strong>ressource</strong>sprécieuses pour appréhender les identitésmulticulturelles des sociétés contemporaines.Pour accompagner les recherches sur<strong>la</strong> mondialisation, un parrainage scientifiqueest organisé à <strong>la</strong> Bibliothèque Kandinsky.Un lien est assuré avec les différentsresponsables des départements«d’études culturelles» des universitésfrançaises, ainsi que les professeurset les intervenants dont le domaine derecherche s’articule autour des arts p<strong>la</strong>stiques.LE SÉMINAIRE «MONDIALISATION»Mis en p<strong>la</strong>ce en partenariat avec Paris 1depuis <strong>la</strong> rentrée universitaire 2010-2011,ce séminaire doctoral se déroule chaque mois,en alternance à l’INHA et au <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>(Bibliothèque Kandinsky).UN CERCLE DE RÉFLEXIONLA PRÉPARATION DE WORKSHOPSLe comité scientifique, composé d’artistes,de chercheurs associés, de conservateurs,de producteurs culturels se réunitrégulièrement en séminaire.L’INVITATION D’UN CONSERVATEUROU D’UN CRITIQUEDans le cadre du programme « Recherche etMondialisation », le <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong> accueillechaque année en résidence un ou deux acteursculturels (conservateur, commissairePour créer de véritables col<strong>la</strong>borations, des« workshops » délocalisés, codirigés par unconservateur du <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong> et un acteurculturel de <strong>la</strong> région concernée sont organisés.Chaque « workshop » est lié à de grandesmanifestations internationales ou en partenariatavec une institution locale. Cette premièreannée a permis de mettre en p<strong>la</strong>ce les basesqui contribueront à l’organisation de deuxévénements en 2011 ou 2012: un colloqueconsacré à <strong>la</strong> photographie, à Beyrouth,et un « fab-<strong>la</strong>b » dédié au design, au Bénin.El Anatsui, Sasa (Manteau) 2004, Photo : G. Meguerditchian © <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>


LE CENTRE POMPIDOU EN 2010 / BILAN D’ACTIVITÉ 8283 CHAPITRE 2LA COLLECTION DUMUSÉE NATIONAL D’ARTMODERNE/CENTRE DECRÉATION INDUSTRIELLE(MNAM/CCI)La collection du Musée national d’art moderne/<strong>Centre</strong>de création industrielle (MNAM/CCI) du <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>est <strong>la</strong> première en Europe dans le domaine de l’art moderneet contemporain, du design et de l’architecture, et l’unedes deux plus importantes au monde avec celle du MoMAde New York. Lui conserver son rang est, pour l’établissement,un objectif primordial en même temps qu’un défi considérableà l’heure de l’envolée des prix de l’art moderne et contemporainet de <strong>la</strong> mondialisation de <strong>la</strong> création artistique.Le budget d’acquisition alloué chaque année par l’Étatdoit donc être démultiplié par le mécénat, les donations etles dations en paiement. Le <strong>Centre</strong> a ainsi pu réaliser en 2010des acquisitions importantes et enrichir sa collection.1. UNE GESTIONDYNAMIQUEDE LA COLLECTIONRiche de plus de 60 000 œuvres, considéréecomme l’un des ensembles mondiaux deréférence pour l’art du XX e siècle, <strong>la</strong> collectionse compose de fonds diversifiés répartis entrepeintures, sculptures, dessins, photographies,films, vidéos, architecture et design.S’y ajoutent les fonds d’archives et dedocumentation inestimables de <strong>la</strong> BibliothèqueKandinsky qui détient des fonds de livres,de revues, d’archives écrites et sonoreset de photographies documentant <strong>la</strong> créationartistique depuis le début du XX e siècle.Ce fonds s’enrichit continuellement,notamment grâce au soutien de ParsonsParis School.LE NOUVEL ACCROCHAGEDES COLLECTIONS MODERNESAprès <strong>la</strong> nouvelle présentation des collectionscontemporaines consacrée aux artistesfemmes, elles@centrepompidou, inaugurée en2009, le <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong> a renouvelé en 2010<strong>la</strong> présentation de ses collections historiques.Répondant à l’ambition de renouvellement biou triennal de <strong>la</strong> totalité de l’accrochage, quipermet de mettre en valeur <strong>la</strong> richesse de <strong>la</strong>collection et de proposer des lecturesconstamment renouvelées de l’histoire de l’art,cette nouvelle présentation était égalementrendue nécessaire par l’ouverture du <strong>Centre</strong><strong>Pompidou</strong>-Metz qui a impliqué le prêt d’uncertain nombre d’œuvres majeures,décrochées des cimaises parisiennes.Le Musée national d’art moderne a bâti sacollection autour des artistes majeurs de l’artdu début du XX e siècle : Brancusi, Braque,De<strong>la</strong>unay, Dubuffet, Duchamp, Kandinsky,Laurens, Léger, Matisse, Miro, Picasso.Le niveau 5 a pour vocation principale deprésenter à <strong>la</strong> fois ces grandes figures et lesmouvements fondateurs de l’art moderne(fauvisme, cubisme, surréalisme, abstraction…)dans un parcours qui, du début du XX e siècle auxannées soixante, intègre, parallèlement aux artsp<strong>la</strong>stiques, les arts graphiques, <strong>la</strong> photographie,l’architecture, le design, le livre, le documentd’archive et le film.Le nouvel accrochage de ce niveau, inauguréau printemps 2010, avait pour objectifs :chronologique solide qui rappelle, tout au longdes 41 salles du niveau 5, l’évolution de l’artmoderne depuis <strong>la</strong> naissance du fauvisme(1905) jusqu’aux années soixante(généralement considérées comme cellesde l’apparition de l’art contemporain). Lacontinuité chronologique est donc désormaisrétablie entre le niveau 5 du musée et le niveaud’après-guerre (1945-1960) en leur réservantdes salles représentant sensiblement <strong>la</strong>moitié de l’espace, afin d’offrir une meilleurevisibilité aux mouvements apparus dans cettepériode : deuxième École de Paris (Bazaine,Manessier, Debré…), surréalisme tardif(Brauner, Matta…), abstraction gestuelle(Hantaï, Hartung, Mathieu, Pollock..), Nouveauréalisme (Klein, Hains, Arman…), néodadaïsmeaméricain (Rauschenberg, Johns…),


LE CENTRE POMPIDOU EN 2010 / BILAN D’ACTIVITÉ 84 85 CHAPITRE 2des espaces par l’insertion, tout au longdu parcours, de panneaux chronologiqueset de p<strong>la</strong>ns de salles régulièrement répartis,assurant une meilleure orientation du visiteur.Complétant les panneaux de salleset les cartels développés, ils assurentun encadrement didactique indispensableà un musée de cette échelle.pluridisciplinaire de <strong>la</strong> collection. Trois sallesont été ainsi réservées à <strong>la</strong> photographie, deuxau design (design des années cinquante enItalie et en Scandinavie) et trois autres à desprésentations thématiques interdisciplinaires :autour de <strong>la</strong> revue de Le Corbusier L’Espritnouveauautour du thème du biomorphisme dans lesenfin autour de <strong>la</strong> question du modernismeitalien d’après-guerre (architecture, design,arts p<strong>la</strong>stiques).Parallèlement, les conservateurs ont souhaitérenouveler régulièrement (soit trimestriellementsoit semestriellement) les présentations encours d’année. Ces présentations renouveléesont permis l’accrochage rapide des dernièresacquisitions du musée et notamment de <strong>la</strong> dationJean Le Moal (peintures), des dons Judith Hervéet Richard Avedon (photographie), mais aussi<strong>la</strong> réalisation de salles rendant hommageà des créateurs récemment disparus commeAvigdor Arikha et Dado.En parallèle, les couloirs de circu<strong>la</strong>tion munisde vitrines ont été consacrés à <strong>la</strong> présentationdes dessins du cabinet d’art graphique,des ouvrages et documents d’archives de <strong>la</strong>Bibliothèque Kandinsky, et des films d’artistesdu service cinéma du musée. Ils ont utilementcomplété sur les mêmes thèmes lesprésentations des salles adjacentes.Enfin, le soutien de fondations amies(Giacometti, Le Corbusier, Rouault) a permis<strong>la</strong> présentation d’éléments de leurs collections,offrant aux visiteurs <strong>la</strong> possibilité de découvrirdes œuvres encore jamais vues au <strong>Centre</strong><strong>Pompidou</strong>.LES PRÊTSLe nombre d’expositions auxquelles le <strong>Centre</strong><strong>Pompidou</strong> a contribué diminue légèrementen 2010 (337 en 2010 contre 342 en 2009),ce qui traduit un contexte économique plusdifficile pour les musées à l’échelle mondiale,entraînant une restriction des politiquesde programmation et des demandes de prêt.Malgré ce<strong>la</strong>, <strong>la</strong> diffusion des collections à traversles prêts est restée située à un niveau important :6 887 demandes ont été examinées et3 950 œuvres ont été prêtées soit uneaugmentation de 25 % par rapport à 2009,notamment du fait de l’inauguration, le 5 mai2010, du <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>-Metz avec l’expositionChefs-d’œuvre ? (près de 800 œuvres prêtées)qui a constitué <strong>la</strong> plus importante opérationde prêt de l’histoire du <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>.En France, les prêts (1 704) concernent environ43 % des œuvres et sont en hausse, commele nombre d’expositions (156). En revanche,le nombre de partenaires accuse une chutesensible de l’ordre de 21 %.Pour l’étranger, le nombre d’œuvres prêtéesest en hausse (2 246 soit 57 % du nombre totald’œuvres en prêt), le nombre des partenaires (184)reste plutôt stable, accompagné d’une légèreaugmentation du nombre d’expositions (186).En France :dont quelques expositions marquantes :«Œuvres construites», à Paris (60 prêts) pource qui concerne l’architecture, «Errò» à Dole,«L’art du mouvement» au Mans (124),prêts cinéma : «Gaudier-Brzeska»,à Orléans (118)À l’étranger :2 246 œuvres ont été prêtées à l’étranger :Les prêts les plus importants en volume :sculptures, instal<strong>la</strong>tions) : 1 227LES DÉPÔTSEn 2010, 62 dépôts nouveaux ont été décidés,répartis comme suit :Colmar, Quimper, Bourg-en-Bresse,Lille, Nancy, Paris (Mobilier national),Paris (musée d’Orsay), Reims, Strasbourg,ont été déposées à Épinal et à Nantes.Vue de l’exposition «Chefs-d’œuvre?» au <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>-Metz : CésarJulio González, «L’Ange, L’Insecte,Raymond Duchamp-Villon, «Le Cheval majeur», 1914/1976 © Adagp, Paris, 2010 / <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong> / Photo Ro<strong>la</strong>nd Halbe


LE CENTRE POMPIDOU EN 2010 / BILAN D’ACTIVITÉ 86 87 CHAPITRE 22. LES ACQUISITIONSEnrichir <strong>la</strong> collection, compléterles ensembles déjà constitués, y faire entrerde nouveaux artistes sont les objectifspremiers de <strong>la</strong> politique d’acquisition du<strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>, qui se traduit ensuite par desprésentations renouvelées. Cette année encore,grâce notamment à des soutiens exceptionnels,le musée s’est enrichi d’œuvres remarquables :l’Autoportrait de Martin Kippenberger,une des œuvres majeures de l’artiste allemandprématurément décédé, qui a tant marqué<strong>la</strong> peinture des années 1980-1990, et qui étaitjusqu’alors absent de <strong>la</strong> collection.Après le niveau hors norme atteint en 2009grâce au concours exceptionnel de l’Étatà l’acquisition du « Revenant » de Giorgiode Chirico, le volume des acquisitions a connuun sensible repli en 2010.Acquisitions réalisées selonleur source de financementLa collection du musée couvre de nombreusesdisciplines et une longue période historiquecomme ambition de traiter simultanémenttous les domaines et l’ensemble de <strong>la</strong> période.Les soutiens sont nombreux pour y parvenir :dons d’artistes, d’architectes, de designers,de galeries, mais aussi <strong>la</strong> participation régulièrede <strong>la</strong> Société des amis du musée ou de fidèlesmécènes comme <strong>la</strong> C<strong>la</strong>rence WestburyFoundation. Le fonds du patrimoine duministère de <strong>la</strong> Culture et de <strong>la</strong> Communicationa également pu être sollicité.Malgré <strong>la</strong> grande déception du retraitpar les héritiers de C<strong>la</strong>ude Berri de leur projetde dation, et une subvention d’acquisitionmaintenue à un niveau insuffisant, l’année2010 s’inscrit comme une année fertileen enrichissements.2007 2008 2009 2010 2007-2010Subvention d’acquisition 1 586 120 1 465 364 2 030 450 2 479 961 7 561 895Autres subventions publiques 250 000 120 000 8 403 636 8 773 636Autres financements publics 0 95 000 0 95 000Acquisitions sur fonds publics 1 836 120 1 680 364 10 434 086 2 479 961 16 430 531Acquisitions sur fonds privés 1 247 565 1 913 159 3 453 100 1 875 000 8 488 824Dations, dons et legs et saisies 32 558 933 7 002 038 6 225 077 3 871 138 49 657 186Total des acquisitions 35 642 618 10 595 561 20 112 263 8 226 099 66 350 442Nombre d'œuvres acquises 876 692 2 166 2 151 5 885LES ACHATSEn 2010, <strong>la</strong> collection s’est enrichie de2 000 œuvres, dont plus de 740 acquisesà titre onéreux, les achats les plus importantsayant été réalisés grâce au soutiende mécènes ou du fonds du patrimoine.JIMMIE DURHAMPirogenético, pirogenético, 2009Obsidiana, 2009Obsidienne, alpaca, tables en acierNé en 1940 aux États-Unis, Jimmie Durham,artiste d’origine Cherokee, s’est affirmédès les années 1970 comme militant historiquede l’American Indian Movement, avant dedévelopper à New York une production artistiquerelevant d’une recherche identitaire, portée par<strong>la</strong> critique de l’impérialisme et de <strong>la</strong>ségrégation. Son œuvre rend sensible cette«pensée sauvage» qui affranchit l’artiste detoute obédience artistique. Pierres rejetées, letitre de <strong>la</strong> rétrospective de son œuvre au Muséed’art moderne de <strong>la</strong> ville de Paris en 2009,est emblématique de l’utilisation récurrente de<strong>la</strong> pierre comme outil, arme et métaphore desa contestation politique. La pierre peut être leprolongement du geste de l’artiste et traverserl’espace pour faire jaillir <strong>la</strong> peinture.L’instal<strong>la</strong>tion Pirogenético, pirogenético, 2009vient inscrire un nouveau chapitre au lexiquegéologique et narratif de Durham qui renoue,quinze ans plus tard, avec les substratsmythologiques du Mexique où il vécut de 1987à 1994. Il explore le potentiel sémantiqueet p<strong>la</strong>stique de l’obsidienne utilisée par lescivilisations précolombiennes d’Amériquecentrale. Il s’agit d’un diptyque composéde deux tables en métal aux lignes épurées,sur lesquelles sont présentés trois blocsd’obsidienne taillés comme des silexpréhistoriques et leurs mou<strong>la</strong>ges en «argentallemand», qui viennent répondre, par effetde miroir démultiplié, à ces formes éc<strong>la</strong>tées.«Mes pièces trouvent un champ d’interprétationinfini», confie l’artiste. Le dialogue entre cettepierre appelée «métal des Mayas», à <strong>la</strong> surfaceréfléchissante qui symbolise l’enracinementet <strong>la</strong> mémoire de <strong>la</strong> terre, et sa copie en«argent allemand» autorise à voir un raccourcide sa vie de nomade et de son arrimageà <strong>la</strong> terre primordiale mexicaine, jusqu’à Berlinoù il vécut huit ans jusqu’en 2006.Ce diptyque, dont le dispositif emprunte autantà <strong>la</strong> présentation des offrandes sacrificiellessur les autels des temples de l’ancien Mexiquequ’à celle des Wunderkammer de l’Allemagnehumaniste, semble contenir dans cettecomposition maîtrisée une violence <strong>la</strong>tentemais transfigurée par <strong>la</strong> beauté de <strong>la</strong> matière.ANTHONY CAROEmma Dance (B.1176), 1977-1978Acier soudé et peint, dim. : 243 x 191 x 290 cmCette sculpture est <strong>la</strong> première œuvreimportante du grand sculpteur britanniqueà entrer dans les collections du MNAM/CCI.Ingénieur de formation, puis étudiant à <strong>la</strong> RoyalAcademy of Art, Anthony Caro (né en 1924au Royaume-Uni) utilise à ses débuts lestechniques traditionnelles du plâtre et dumou<strong>la</strong>ge, travaille comme assistant d’HenriMoore. Sa rencontre avec Clement Greenbergà <strong>la</strong> fin des années 1960 et son séjour auxÉtats-Unis marquent un tournant radical dansson œuvre. Le contact avec l’art de David Smithle conduit à <strong>la</strong> soudure. Il renonce au socle etdonne corps à un art qui s’inscrit dans <strong>la</strong>formu<strong>la</strong>tion de Greenberg appe<strong>la</strong>nt de ses vœuxune sculpture qui «traduise <strong>la</strong> matière de façon


LE CENTRE POMPIDOU EN 2010 / BILAN D’ACTIVITÉ 88 89 CHAPITRE 2entièrement optique et fasse de <strong>la</strong> forme […]une partie intégrante de l’espace environnant».En 1977, Anthony Caro est invité à l’atelier d’étéd’Emma Lake, à environ 320 km au nord deSaskatoon, Saskatchewan (Canada). Il ycommence <strong>la</strong> série intitulée Emma, qu’ilpoursuivra après sa résidence et qui, comptetenu des contingences des conditions de travailqu’il trouve sur p<strong>la</strong>ce, lui permet d’explorer unenouvelle manière, en rupture totale avec leslourdes et imposantes sculptures produites lestrois années précédentes à Toronto et dans sonatelier londonien. Le site étant éloigné de touteroute praticable, l’artiste préfère utiliser defaçon pragmatique des matériaux faciles àmanier sans équipement spécifique,principalement de l’acier tubu<strong>la</strong>ire et descornières : «J’ai fait des sculptures linéairescomplètement différentes de celles que j’avaisfaites auparavant, et ce<strong>la</strong> est venu précisémentcomme une forme de réponse aux limites quim’étaient imposées». Cette série, qui comprendune vingtaine d’œuvres (réalisées entre 1977et 1984), est caractérisée par <strong>la</strong> légèreté despièces, leur côté aérien, l’idée qu’ellessuggèrent d’un dessin dans l’espace et <strong>la</strong>grande variété de points de vue qu’elles peuventoffrir. Emma Dance est sans doute l’unedes plus radicales de <strong>la</strong> série, tout à <strong>la</strong> fois endynamique et en délicatesse.Le musée ne possédait qu’une œuvre de petitetaille d’Anthony Caro, Table Piece CCCXC, 1977,et dans l’ensemble, peu de sculpturespour <strong>la</strong> période des années 1970 à aujourd’hui.Emma Dance vient combler cette <strong>la</strong>cunede façon très pertinente.FRANCIS ALŸSCuentos patrioticos, 1997-1999Instal<strong>la</strong>tion mixte, dim. variablesGrâce à l’acquisition d’un importantensemble, l’artiste belge vivant au MexiqueFrancis Alys est désormais bien représentédans <strong>la</strong> collection. Né en 1959 à Anversoù il a étudié l’architecture, Francis Alÿs vitdepuis plus de vingt ans à Mexico. Il peutvraiment être considéré comme un artisteinternational réalisant des œuvres ayantun aspect performatif dans le monde entier,de Copenhague à Jérusalem, de Limaà Londres, de Tanger à La Havane. Lesannées 2010 et 2011 l’ont consacréavec une rétrospective présentée à <strong>la</strong> TateModern à Londres, au Wiels à Bruxelleset au MoMa de New York.Cuentos Patrioticos est une instal<strong>la</strong>tion mixteréalisée en col<strong>la</strong>boration avec Rafael Ortega,sur <strong>la</strong> p<strong>la</strong>ce principale de Mexico, le Zocalo.C’est un ensemble constitué d’une grandeprojection vidéo, d’une carte topographique,de photographies, de dessins, d’étudeset d’une peinture.Elle évoque une intervention politique trèsconnue au Mexique, <strong>la</strong> révolte des bureaucrates :en 1968, une centaine de bureaucrates mexicainsse sont rassemblés sur le Zocalo pour manifesteren faveur du gouvernement. Toutefois dans unmouvement d’humeur, ces hommes ont tourné ledos à <strong>la</strong> tribune officielle et ont manifesté leurmécontentement en bê<strong>la</strong>nt comme des moutons.Ce fait divers politique devient pour l’artiste <strong>la</strong>métaphore d’une certaine résistance.Francis Alÿs transforme le Zocalo en scènede théâtre, en p<strong>la</strong>teforme expressive dereprésentation symbolique. «Lorsque je suissorti du domaine de l’architecture, ma premièreréaction fut de ne rien ajouter à <strong>la</strong> ville, maisd’absorber ce qui y était déjà. Je désiraisy insérer une histoire, plutôt qu’un objet.Ce fut ma façon d’affecter le lieu à un momentdonné de son histoire, même pour un courtinstant». Il s’agit d’une des dernières œuvresde l’artiste dans <strong>la</strong>quelle ce dernier apparaît enpersonne. On le voit guider un troupeau demoutons dans un sens, puis dans le sens inverse(faire et défaire). Très influencé par le célèbremythe de Sisyphe, Francis Alÿs effectuecette ronde avec ces animaux dociles jusqu’àépuisement. Le rythme de cette marcheest donné par le son des cloches à <strong>la</strong> manièred’une musique répétitive. Cuentos Patrioticossuggère des lectures multiples, dont celle desmétaphores du temps, de <strong>la</strong> résistance et dumythe de Sisyphe, trouvant une p<strong>la</strong>ce parmiles œuvres conceptuelles de <strong>la</strong> collection.LE MÉCÉNAT EN FAVEURDES ACQUISITIONSSTEPHAN BALKENHOLMemento Mori, 2009Bois, peinture acrylique, dim. : 200 x 204 x 20 cmAchat grâce au mécenat de Frieder BurdaCette sculpture est <strong>la</strong> première œuvre del’artiste à entrer dans les collections du MNAM/CCI. Elle a pu être acquise grâce au soutiendu collectionneur et mécène allemand FriederBurda, membre de <strong>la</strong> commission d’acquisitiondu musée et fondateur du Museum Frieder Brudaà Baden-Baden. Personnalité majeure de <strong>la</strong>sculpture figurative contemporaine, StephanBalkenhol est né à Fritz<strong>la</strong>r, en Allemagne fédérale,en 1957. Son activité se partage aujourd’hui entreBerlin, Karlsruhe (où il enseigne depuis 1992à l’Académie des Beaux-arts) et Meisenthal,en Lorraine (où il a installé un atelier en 1993).Élève et assistant du sculpteur minimaliste UlrichRückriem à l’École des Beaux-arts de Hambourg(1976-1982), il s’écarte dès 1982 des principesde l’art minimal et conceptuel, alors dominants,en réinsérant dans son œuvre <strong>la</strong> figure humaine.Ses personnages, des hommes et des femmes(auxquels s’ajouteront bientôt des animaux),représentent le plus souvent des êtres anonymesn’exprimant aucun affect. Leur allure physiqued’un réalisme essentiel et leur identificationsociale très générale s’associent à desexpressions neutres et à des poses statiquesqui se rapportent à celles de n’importe qui.Longtemps réfractaire à l’élément narratif,Balkenhol a é<strong>la</strong>rgi depuis les années 1990 sonrépertoire créatif en y introduisant des sculpturesqui «racontent quelque chose, qui fonctionnentcomme des petites histoires sous formep<strong>la</strong>stique». Dans Memento Mori, il reprendStephan Balkenhol, Memento Mori, 2009 © Adagp, Paris


LE CENTRE POMPIDOU EN 2010 / BILAN D’ACTIVITÉ 90le thème de <strong>la</strong> mort, déjà présent dans son œuvredès les années 2000 sous forme de squelettes oude crânes. Selon un procédé simi<strong>la</strong>ire à celuiutilisé dès le XVII e siècle pour certains tableautinsreligieux et repris par Agam pour ses tableauxcinétiques à partir de 1955, il adopte icipour <strong>la</strong> première fois une forme d’accordéonne permettant <strong>la</strong> reconstruction optique desimages en relief (construites par sections sur lespanneaux obliques) que par un dép<strong>la</strong>cement dupoint de vue du spectateur. Appuyée au sol, cettegrande structure montre ses deux faces. Surchacune d’entre elles, un crâne fait contrepointà un visage : un autoportrait de l’artiste jeunedu côté principal, un portrait féminin anonymede l’autre côté. L’œuvre se situe aussi dans<strong>la</strong> tradition artistique du memento mori etnotamment de l’effet d’anamorphose réalisé parHans Holbein le Jeune dans son célèbre tableauLes Ambassadeurs (1533).MARTIN KIPPENBERGEROhne Titel, 1992Huile sur toile, dim. : 180 x 150 cmAchat grâce au mécénatde <strong>la</strong> C<strong>la</strong>rence Westbury FoundationMartin Kippenberger (1953 Dortmund-1997 Vienne) fait partie de ces artistescontemporains dont <strong>la</strong> vie et le travail sontintimement liés, autour de l’image à <strong>la</strong> foisf<strong>la</strong>mboyante et tragique de l’artiste maudit.Il est aujourd’hui reconnu comme une grandefigure de <strong>la</strong> seconde moitié du XX e siècle, dont <strong>la</strong>mort précoce à 44 ans cristallisa <strong>la</strong> notoriété.Malgré sa disparition au faîte de sa carrière,Martin Kippenberger semble avoir mené de frontplusieurs vies, tout en <strong>la</strong>issant derrière lui uneœuvre protéiforme, où <strong>la</strong> multiplication desstyles et des techniques était volontaire,coexistant avec un doute profond sur son artet une vision mé<strong>la</strong>ncolique de <strong>la</strong> vie. Formé dansl’ambiance des excentricités punk des années1970, il se <strong>la</strong>nce aussi bien dans <strong>la</strong> peinture(adoptant tour à tour et selon les contextesl’hyperréalisme, l’expressionnisme, le col<strong>la</strong>ge,l’abstraction) que dans <strong>la</strong> musique (il enregistredes disques et crée avec Jörg Immendorfet A.R. Penck un groupe de rock). Le cultede l’artiste qui reste attaché à sa peinture,qu’il cultivait volontairement y compris avecironie, ne se lit jamais si bien que dans <strong>la</strong> séried’autoportraits qu’il réalise à plusieurs momentsde sa vie et qui, aujourd’hui, représentent lemieux son travail : c’est en effet par une séried’autoportraits, peints alors qu’il se savaitmourant, qu’il «termine» volontairement sonœuvre (Das Floss der Medusa, 1996). Il développece genre à contre-courant de l’art de son temps,en jouant sur les associations historique etstylistique qu’il fait renaître, de manièredifférente, à chaque série. Entre 1981 et 1984, ilfait peindre par un autre vingt images de lui dansune veine réaliste puis, en 1988, il prend lepinceau pour se représenter avec humour commeun peintre ayant «abusé» des bonnes choses de<strong>la</strong> vie, prématurément vieilli et un peu grotesque,en s’inspirant des photographies de Picasso enslip prises à <strong>la</strong> fin de sa vie par David Doug<strong>la</strong>sDuncan. Il n’a alors que 35 ans.En 1992, il est l’auteur (d’où le titre génériqueHand Painted Pictures) d’une série lors d’unséjour de deux mois à Syros dans l’archipel desCyc<strong>la</strong>des et qui se réfère plus directement, sansdoute à cause de son origine géographique, à <strong>la</strong>peinture c<strong>la</strong>ssique. Ainsi, dans l’autoportraitacquis par le musée, on ne peut s’empêcher deprojeter dans ce corps centré et nimbé plusieursfois de jaune (l’œuf étant une figure récurrentedans le travail de Kippenberger) une référenceau visage du Christ et, par-delà, à l’identificationmoderne entre ses souffrances et cellesde l’artiste maudit. Le MNAM/CCI ne conservait,Martin Kippenberger, Sans titre (de <strong>la</strong> série Hand Painted pictures), 1992. Documentation des Collections du Mnam (diffusion RMN) © <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>


LE CENTRE POMPIDOU EN 2010 / BILAN D’ACTIVITÉ 92 93 CHAPITRE 2jusqu’à cette acquisition importante, aucuneœuvre de l’artiste. Cet achat permet de comblercette <strong>la</strong>cune. Cette année encore, <strong>la</strong> C<strong>la</strong>renceWestbury Foundation a apporté aux collectionsdu musée un soutien généreux. Par son action,Jacques Boissonnas, administrateur du <strong>Centre</strong>national d’art et de culture-Georges <strong>Pompidou</strong>,poursuit l’œuvre de ses parents, Éric et SylvieBoissonnas, et de <strong>la</strong> Scaler Foundation, dont lebi<strong>la</strong>n exceptionnel a été retracé dans le catalogue«La Culture pour vivre» publié en 2002.CAMILLE HENROTLes Cages, 2009Œuvre en 3 dimensions, composée de 39 cagesen bois et métal suspendues au p<strong>la</strong>fond.Don de <strong>la</strong> Société des amis du Musée nationald’art moderne, dans le cadre du Projet pour l’artcontemporain 2009Née en 1978 à Paris, Camille Henrotcompose son œuvre pluridisciplinaire comme un«géologue du temps». Persuadée qu’un individudétient <strong>la</strong> mémoire de l’ensemble de l’humanitésans en avoir conscience, elle découvre et reliedivers fragments de cette mémoire collective etles fait exister de manière matérielle. Dans sesinstal<strong>la</strong>tions, elle joue sur le motif commeélément de déconstruction de l’espace, modifiantainsi <strong>la</strong> perception du spectateur. En 2007, lorsd’une exposition aux Collections de Saint-Cyprien, elle propose une relecture personnelleet originale de son exploration de l’appartementde l’artiste et architecte visionnaire YonaFriedman, notamment avec un film intitulé FilmSpatial. Après avoir exploré les résidus del’Égypte ancienne dans l’exposition Égyptomaniaà <strong>la</strong> galerie Kamel Mennour à Paris,au printemps 2009, l’artiste questionne, dansson exposition monographique « Pour ne pasmourir deux fois », <strong>la</strong> même année, au centred’art le LAIT (Laboratoire artistique internationaldu Tarn) à Castres, l’archéologie et sa capacitéde mettre à jour des fragments (objets, espacesde vie) qui, une fois excavés et investis de sens,contribuent à l’é<strong>la</strong>boration d’une histoire.Qu’elle soit politique, sociale ou culturelle, cettenarration réactive ce que Mircea Eliade a qualifiéde «déchets mythologiques». Réalisée dans lecadre de cette exposition, l’instal<strong>la</strong>tion Les CagesAndreas Gursky, PCF, Paris,2003, Tirage C-Print.fait référence, par son apparence éc<strong>la</strong>tée dansl’espace, à l’origine du monde, au Big-Bang.Basée sur l’idée des particules, du morcellementet de l’accumu<strong>la</strong>tion – comme le principe desfeuilles sur un arbre – l’œuvre se présente sousforme de trente-neuf cages en bois et en métal.Fragiles et solides, géométriques et organiquesà <strong>la</strong> fois, ces constructions renvoient égalementà l’usage premier de <strong>la</strong> cage qui sous-entend <strong>la</strong>privation, par <strong>la</strong> force, de l’espace d’un être vivant.Selon Camille Henrot, l’œuvre est une mise enforme de cette «rupture avec l’environnementnaturel par <strong>la</strong> force», notamment de celle del’homme avec le monde animal,<strong>la</strong> cage constituant un objet «violent» parexcellence. Elle invente aussi une architectureintemporelle en lévitation, portant l’empreinte desutopies urbanistiques imaginées par l’architectehongrois Yona Friedman.IDA TURSIC ET WILFRIED MILLEThe Back of the Sign, 2007Huile sur toile, dim. : 200 x 300 cmDon de <strong>la</strong> Fondation d’entreprise RicardLe couple d’artistes Ida Tursic et WilfriedMille vivent et travaillent à Dijon. Ils sont les<strong>la</strong>uréats du prix de <strong>la</strong> Fondation d’entrepriseRicard en 2009, qui récompense de jeunesartistes français dont une œuvre entre ensuitepar don dans <strong>la</strong> collection du MNAM/CCI.Composant leurs toiles à quatre mains,Ida Tursic et Wilfried Mille, nés en 1974, elle àBelgrade en ex-Yougos<strong>la</strong>vie et lui à Boulognesur-mer,se rencontrent à l’école des Beauxartsde Dijon, en 1993, où ils suivent les coursde Yan Pei-Ming. «Enfants de l’Internet» selonleur propre définition, ils détournent lesimages des autres pour inventer les leurs.Après leur fameuse série des «Éjacs», quirenouvellent <strong>la</strong> peinture avec jubi<strong>la</strong>tion enpuisant dans le répertoire porno, The Back ofthe Sign (2007) fait figure d’ovni. Cette toileen grisaille argentée est un objet non identifiévo<strong>la</strong>nt quelque part entre Ed Ruscha et DavidLynch. Elle transpose dans le champ de <strong>la</strong>peinture une reproduction photographiqueanonyme ayant illustré des articles de pressesur un fait divers tragique : le suicided’une jeune actrice, Peg Entwistle, qui s’étaitjetée du sommet de <strong>la</strong> lettre H du panneau«Hollywood<strong>la</strong>nd» à Los Angeles, le16 septembre 1932. Le motif est traité en noiret b<strong>la</strong>nc, change d’aspect et de lisibilité selonle point de vue du spectateur et l’influencede <strong>la</strong> lumière. L’œuvre devient un miroir danslequel se reflètent en un commun accordce signe d’un passé enfoui et le présentd’une peinture réinventée.Le titre de l’œuvre renvoie à l’image ellemême,ainsi qu’à <strong>la</strong> quête picturale desartistes : «On vou<strong>la</strong>it garder l’aspect de <strong>la</strong>vieille image. S’il y a beaucoup de lumière,le tableau devient presque opaque et plusb<strong>la</strong>nc et, quand il y a peu de lumière, on voitle site qui apparaît, comme une brume quis’éloigne et qui se rapproche au même temps,on sait qu’il y a quelque chose là.»JEFF WALLKnife Throwing, 2008Épreuve photographique, jet d’encreDon de <strong>la</strong> Société des amis du Musée national d’artmoderneC’est grâce à <strong>la</strong> générosité de <strong>la</strong> Société desamis du Musée national d’art moderne que cettepièce de Jeff Wall entre dans les collections.Figure majeure de <strong>la</strong> scène artistiquecontemporaine depuis maintenant presquevingt-cinq ans, Jeff Wall n’était représenté dansles collections que par une image, une de sestoutes premières œuvres : Picture for Women,de 1979, acquise il y a plus de vingt ans. Si elledemeurait l’une des plus importantes de l’artiste,elle ne pouvait à elle seule résumer sonparcours. Dans le récent catalogue raisonné deses œuvres, Jeff Wall c<strong>la</strong>ssait ses photographiesen deux catégories, documentaire etcinématographique, qui correspondent à deuxCamille Henrot Les Cages, 2009 © droits réservésJeff Wall, Knife Throwing, 2008 © droits réservés


LE CENTRE POMPIDOU EN 2010 / BILAN D’ACTIVITÉ 94 95 CHAPITRE 2modes d’é<strong>la</strong>boration. Knife Throwing, par sacomposition, comme toutes les images animéesde personnages des dernières années, appartientà cette deuxième catégorie : celle d’uneconstruction au fort contenu narratif, maispossédant néanmoins un enracinementdocumentaire. Comme pour nombre de sestravaux des dernières années, Jeff Wall a recoursà des modèles qui jouent leur propre rôle, dansune veine qu’il qualifie de presque documentaire.Ses derniers travaux tels Knife Throwingdénotent, tant par le choix des sujets que par leurtraitement, une préoccupation sociale forte ets’inscrivent dans <strong>la</strong> veine d’un réalismenord-américain au contenu social que l’on peutfaire remonter aux peintures de Thomas Eakins.Contrairement aux travaux précédents, réalisésen couleurs, ces récentes images ne seprésentent plus comme des caissons lumineux,qui marquaient une double référence au cinémaet à <strong>la</strong> publicité, mais sous <strong>la</strong> forme de tirages jetd’encre qu’il apprécie pour leur luminosité etleurs contrastes colorés, dont il entend à l’avenirgénéraliser <strong>la</strong> pratique.CERITH WYN EVANSA=P=P=A=R=I=T=I=O=N, 2008Instal<strong>la</strong>tion sonore, miroir, dim. variables.Achat réalisé avec le soutient du comte Christiande Dürckheim-Montmartin.Diplômé du Royal College of Arts en 1984,Cerith Wyn Evans (artiste gallois né en 1958)est d’abord cinéaste et vidéaste dansles années 80, avant d’étendre sa pratiqueà l’instal<strong>la</strong>tion et à <strong>la</strong> sculpture au début desannées 90. Aujourd’hui personnalité majeure de<strong>la</strong> scène ang<strong>la</strong>ise, reconnue internationalement(White Cube Gallery, 1996, Royal Academy of Art,1997, Biennale de Venise, 2001 et 2003,Berkeley Art Museum, 2003), Cerith Wyn Evansé<strong>la</strong>bore une œuvre aux multiples lectures,qui interroge les limites conceptuellesde <strong>la</strong> perception. À travers des médiumsaussi divers que les néons, le feu d’artifice,le mobilier, le film, <strong>la</strong> photographie et<strong>la</strong> sculpture, il emprunte volontiersà <strong>la</strong> littérature (Cleave 00, William B<strong>la</strong>ke, 2000,et Dream Machine, 2001), à l’histoirede l’art (Guy Debord), comme au cinéma,pour donner à voir et à vivre l’expérienced’une réalité décontextualisée à traversun dandysme poétique.LES DONSLes dons restent une source essentielled’enrichissement considérable des collectionsdu MNAM/CCI, comme en témoignent les bi<strong>la</strong>nseffectués chaque année. Le talent desconservateurs, leur force de conviction et lesliens particuliers d’amitié et de confiance tissésavec les milieux artistiques, <strong>la</strong> vitrine quereprésente l’ampleur de <strong>la</strong> collection et sadynamique de monstration permettant desmini-expositions dans certaines salles descollections permanentes, <strong>la</strong> politiqued’expositions du <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>, sont autantde facteurs qui contribuent à cesenrichissements constants. C’est ainsi qu’en2010, le musée a bénéficié de 1460 libéralités.DONATION CAMILLEL’association Camille a été fondée en 1985,soutenue par le ministère des Droits de<strong>la</strong> femme, le ministère de <strong>la</strong> Culture etde <strong>la</strong> Communication et un mécénat privé.Composée d’amateurs d’art, elle s’estconstituée dans le but de promouvoir etde favoriser <strong>la</strong> création des femmes artistes.Forte de cette volonté, elle a choisi sonappel<strong>la</strong>tion en l’honneur de Camille C<strong>la</strong>udel.Elle a constitué progressivement une richecollection, marquée par des artistes de divershorizons sur plus de vingt ans de création,et a prêté ses œuvres à des institutionsdu monde entier (Tate Gallery, Londres,musée de Montréal etc.). Certaines œuvres– Cavalier b<strong>la</strong>nc (1972) d’Aurélie Nemours,Sans titre, 1970, de Gina Pane – empruntéespar le Musée national d’art moderne, ont étéprésentées en 2004 et 2005 lors d’expositionsmonographiques consacrées par le <strong>Centre</strong><strong>Pompidou</strong> à ces artistes.À l’occasion de <strong>la</strong> présentation thématique descollections elles@centrepompidou, l’associationCamille a émis le souhait de faire une donationde l’ensemble de sa collection au musée.Composée de 38 œuvres, <strong>la</strong> collection comprendplusieurs pièces majeures de l’histoire de <strong>la</strong>création des femmes artistes (Sophie Calle,Rebecca Horn, Véra Molnar Aurélie Nemours,Louise Nevelson, ORLAN, Gina Pane, etc.).Cette donation est l’occasion de faire entrerdans les collections des artistes engagées,comme Françoise Janicot (1929-) avecL’encoconnage, (1972) qui viendra enrichirle fonds d’œuvres consacrées au féminisme.La donation permet également de compléterdes fonds existants : Le cavalier b<strong>la</strong>nc, 1972,d’Aurélie Nemours, œuvre abstraite majeuredu XX e siècle, vient enrichir par une peinture,Sans titre, 1970 de Gina Pane, complète unensemble conséquent d’œuvres performancesde cette période.En outre, <strong>la</strong> donation Camille permet d’acquérirdes œuvres d’artistes contemporainesimportantes mais peu représentées dans lescollections comme Rebecca Horn (Unevenconservation, 1985), Tania Mouraud (Ah ! Paris,1983) ou Marie Orensanz (Tension, 1985).Wyn Evans Cerith, A=P=P=A=R=I=T=I=O=N, 2008 © droits réservés


LE CENTRE POMPIDOU EN 2010 / BILAN D’ACTIVITÉ 96 97 CHAPITRE 2Pour permettre une meilleure visibilité desœuvres, et en accord avec l’association, uneimportante partie de <strong>la</strong> collection (environ lesdeux-tiers) sera déposée au musée desBeaux-arts de Nantes et au muséedépartemental d’Art ancien et contemporaind’Épinal.ZILVINAS KEMPINASFlux, 2009Venti<strong>la</strong>teur, bande magnétique mini DV,socle, dim. variablesDon de l’artiste, avec le concours de <strong>la</strong> CalderFoundation et le soutien de <strong>la</strong> Galerija Vartaiet d’Yvon LambertL’artiste lituanien Zilvinas Kempinas,<strong>la</strong>uréat du Prix Calder en 2007, a été invitéen résidence à l’Atelier Calder de Saché avantde représenter <strong>la</strong> Lituanie à <strong>la</strong> Biennale deVenise en 2009. La Calder Foundationa fait don au MNAM/CCI d’une œuvre trèsreprésentative de son travail. Ce don témoignede <strong>la</strong> solidité des liens noués avec <strong>la</strong> CalderFoundation et renforcés à l’occasion del’exposition «Alexander Calder, les annéesparisiennes», qui a été un des très grandssuccès de l’année 2009 au <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>.Zilvinas Kempinas s’intéresse à <strong>la</strong> dimensioncinétique de l’art et expérimente les possibilitésde mouvement dans l’œuvre d’art. Né à Plunge enLituanie en 1969, il vit et travaille à New York. Il aparticipé à de nombreuses expositions collectivesdans des institutions d’envergure internationaleet a reçu en 2007 le prestigieux prix Calder.Ses sculptures se singu<strong>la</strong>risent parl’utilisation fréquente d’un matériau inattenduet en voie de disparition : les bandesmagnétiques de cassettes audio ou vidéo.En référence à Sarkis et à ses sculpturesréalisées à partir de bandes magnétiques,Zilvinas Kempinas se sert de ce matériaupour son caractère souple, léger et bril<strong>la</strong>nt,pour <strong>la</strong> fragilité de <strong>la</strong> matière contenantde <strong>la</strong> mémoire sonore et visuelle. Il n’évoquejamais le contenu des bandes utilisées.Les venti<strong>la</strong>teurs font flotter cette matièreen suspension qui dessine une ligne abstraite,aux contours sans cesse renouvelés.Ce qui motive l’artiste, c’est le rapportde <strong>la</strong> sculpture avec le spectateur, le lieu etl’architecture, dans <strong>la</strong> lignée des mouvementsde l’art cinétique et de l’Op Art.Comme Vasarely et Calder avant lui, ainsi quedes artistes contemporains tels que CélesteBoursier-Mougenot dans ses instal<strong>la</strong>tionsPrototype pour scanner (2006) ou Transcom1(2010), il s’intéresse aux lois de <strong>la</strong> gravitéet aux lois optiques. Parfois, les œuvresinvestissent une salle entière (Airborne, 2008,ou Big O, 2008-2009) ou flottent au-dessusd’un socle, comme l’œuvre Flux (2009).Le spectateur est invité à interférer dansle mouvement de l’œuvre : il peut modifierl’oscil<strong>la</strong>tion des lignes et des courbes desbandes flottantes en modifiant, en bougeant,les courants d’air, sans toucher <strong>la</strong> bande.Les flottements et sons hypnotiques, ainsi queles reflets et jeux d’ombres semblent dirigéspar des forces invisibles et procurent uneexpérience poétique et physique.CATHARINA VAN EETVELDEErg (1) et Erg (4), 2009Technique mixte sur papier, 2 ensemblesde 4 dessins, chaque dessin : 102 x 64 cmDon de <strong>la</strong> Fondation Florence et Daniel Guer<strong>la</strong>inBelge résidant à Paris, Catharinavan Eetvelde est <strong>la</strong>uréate en 2010 du Prix dedessin contemporain de <strong>la</strong> Fondation Florenceet Daniel Guer<strong>la</strong>in. Cette année encore, <strong>la</strong>Fondation a choisi de faire bénéficier le cabinetd’art graphique du MNAM/CCI d’un ensemblede dessins, complété par un don de l’artiste dequatre vidéos étroitement liées à ces dessins,puisque faisant partie de <strong>la</strong> série Erg.L’artiste tire des traits avec une telle perfectionque le spectateur est leurré et pense qu’elleutilise l’outil informatique. Il n’en est rien :si Catharina van Eetvelde use de <strong>la</strong> palettegraphique pour ses films d’animation, elle traceà <strong>la</strong> main les lignes vectorielles, avec desmatériaux traditionnels – mine graphite,gouache, encre, craie – maniés à <strong>la</strong> fois avechabileté et liberté. Attachée à cette pratiquedu dessin, elle parle d’«honnêteté du trait».La problématique géopolitique a longtempsnourri une partie de son œuvre. Depuis qu’ellea abandonné partiellement <strong>la</strong> figuration en2008, elle assemble, combine et assortit, sur degrandes feuilles de papier b<strong>la</strong>nc, deséchantillons d’expressions graphiques. Gardant<strong>la</strong> spontanéité de l’intuition première, Catarinavan Eetvelde coupe les éléments de leurcontexte et offre au spectateur des imagestopographiques énigmatiques.Les deux ensembles de quatre dessins Erg(1)et Erg(4) font partie d’une série de travauxrécents (2009). Les compositions,minutieusement agencées, font cohabiter deslignes géométriques et d’épaisses traces decraie grasse dessinées à même <strong>la</strong> feuille, ainsique des col<strong>la</strong>ges : feuille de p<strong>la</strong>stique, pagede carnet illustrée d’un dessin au crayon decouleur, dossier suspendu, ruban adhésifde couleur jaune…L’artiste semble fournir au spectateurune démonstration scientifique mettantà p<strong>la</strong>t une autre réalité, qui n’a réellementde sens que dans un univers poétiqueà cette apparente rigueur.Andreas Gursky, PCF, Paris,2003, Tirage C-Print.ANDREAS GURSKYPCF, 2003C-print, 291,6 x 205 x 6 cmAvec le soutien du parti communistefrançais, le photographe allemand AndreasGursky a souhaité offrir au MNAM/CCIune image réalisée à partir de prisesde vues effectuées dans l’immeuble d’OscarNiemeyer situé p<strong>la</strong>ce du Colonel-Fabienà Paris, siège de ce parti. Réalisé en 2003,PCF est une vue de détail de l’intérieurde <strong>la</strong> coupole de <strong>la</strong> salle de réunion de l’édificebâti par Niemeyer. L’œuvre fait partie de cesvues, souvent des détails d’architecture ou desurfaces, plutôt abstraites qui apparaissentdans l’œuvre d’Andreas Gursky au début des


LE CENTRE POMPIDOU EN 2010 / BILAN D’ACTIVITÉ 98 99 CHAPITRE 2années 1990. Pendant des grands paysagesspectacu<strong>la</strong>ires, ces images proposent unemême expérience de lecture presquehallucinatoire, celle d’un espace saturé,complexe et pourtant rigoureusement ordonné.Retouchée par ordinateur, <strong>la</strong> représentation dudôme en béton armé, de base conique et seterminant par une calotte sphérique, devient unmotif hélicoïdal presque abstrait, tout à <strong>la</strong> foisplein et creux, dont <strong>la</strong> bichromie renforceparadoxalement <strong>la</strong> difficulté de lecture.L’image vient renforcer l’ensemble déjàcomposé autour d’Andreas Gursky, permettantde suivre l’évolution de cet artiste, du milieudes années 80 au début des années 2000.PATRICK JOUINEnsemble de dessins, maquettes, objetsNé en 1967, Patrick Jouin est un jeunedesigner qui ne cesse d’accroître son influence etses champs d’action tant il expérimenteavec talent le design-produit, le mobilier urbain,les arts de <strong>la</strong> table, <strong>la</strong> scénographie oul’architecture d’intérieur. Diplômé en 1992 del’ENSCI-Les Ateliers, École nationale supérieurede création industrielle, il débute, en 1993,au studio Thomson multimédia, sous <strong>la</strong> directionartistique de Philippe Starck. Après avoir travailléquelques années avec ce dernier, il ouvre sonpropre studio en 1998 et réalisedes projets d’objets avec de nombreux éditeurs oufabricants tels que Cassina, Kartell, Alessi,Fermob, Puiforcat ou JCDecaux SA.Sa rencontre avec A<strong>la</strong>in Ducasse est à l’origined’une fructueuse col<strong>la</strong>boration dans le domaine del’aménagement d’espaces, avecdes interventions au P<strong>la</strong>za Athénée ouau restaurant Jules Verne de <strong>la</strong> tour Eiffel.À l’occasion de l’exposition Patrick Jouin,<strong>la</strong> substance du design présentée dans<strong>la</strong> Galerie sud en février 2010, le MNAM/CCI,grâce à <strong>la</strong> générosité de l’artiste etde ses éditeurs, peut enrichir sa collectionde design d’un ensemble significatifde dessins, maquettes et produits finis.Ces 25 dessins, ainsi que les 30 objetset maquettes proposés par les éditeurs,témoignent des multiples variantesd’un processus de création.L’ensemble du don est ordonné ci-après suivantl’ordre alphabétique des entreprisescommanditaires ou partenaires :Alessi, casserole de cuisson universelle Pasta Potconçue avec A<strong>la</strong>in Ducasse : dessins, modèle éditéCassina, chaise Mabelle : dessinsJCDecaux SA, mobilier urbain pour <strong>la</strong> Villede Paris : nombreux dessins, maquette, patèreD3, siège Jules : dessins et modèleFaïencerie de Gien, service de table Waveet service de table Evo. Le service Wavemarque <strong>la</strong> première col<strong>la</strong>boration entrePatrick Jouin et A<strong>la</strong>in Ducasse. Dessins,moules et éléments de servicesFermob, chaise Facto : dessins de conceptionet prototypes de <strong>la</strong> chaise qui marque le premierjalon de l’indépendance de Patrick JouinFerrero, spatule Tarti’Nutel<strong>la</strong> : dessins,prototype de conception et spatule éditéeKartell, chaise Thalya et cube Optic : dessinset modèles éditésLexon, dessins et prototypes des appareilsélectroniques DITime, DI Vox, DI MathsG.H. Mumm, seau à champagne Georges, dessins,maquette et seau éditéMurano Due, suspension Ether et applique MercureMGX, ensemble Solid (chaises Solid C1 et C2,table Solid T1), tabouret pliant One Shot,<strong>la</strong>mpe BloomPuiforcat, couverts de table Zermatt : dessins,prototypes en frittage de poudre métallique etABS, couverts édités en acierZyken, accompagnateur de sommeil Nightcove,maquette et modèle édité.SHIGERU BANET JEAN DE GASTINESEnsemble de 12 maquetteset de dessins concernant le projetdu <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>-MetzDès le <strong>la</strong>ncement du concours, il étaitattendu que le projet politique dedécentralisation d’une grande institutionculturelle nationale devait s’incarner dans ungeste architectural comparable à celui queréalisèrent Piano et Rogers en 1971 et mettreen œuvre un signal dans <strong>la</strong> ville de Metz, quisymbolise l’ambition de cette politique culturelleet territoriale inédite. C’est <strong>la</strong> réponse du projetde Shigeru Ban et Jean de Gastines à cesexigences qui a séduit le jury.L’innovation architecturale <strong>la</strong> plus visible dubâtiment est <strong>la</strong> charpente en bois au mail<strong>la</strong>gehexagonal. Au-delà de <strong>la</strong> métaphore du chapeauchinois qui aurait servi de référence, le principearchitectonique du projet repose sur <strong>la</strong>réalisation d’une couverture autoportante sous<strong>la</strong>quelle se trouvent agencés les élémentsprogrammatiques. Les trois galeriesd’exposition temporaires sont réalisées par3 tubes en béton d’une quinzaine de mètresde <strong>la</strong>rgeur sur 80 de long, superposées les unesaux autres suivant des axes variables et dontles extrémités offrent des vues monumentalessur <strong>la</strong> ville. L’espace interstitiel, entre lesgaleries et <strong>la</strong> couverture, constitue le forum quiaccueille les visiteurs ainsi que les circu<strong>la</strong>tionspermettant le cheminement d’une galerie àl’autre. De <strong>la</strong> superposition de ces deux ordresstructurels, se concrétise l’idée de perméabilité(ou une certaine ambiguïté) entre espaceintérieur et espace extérieur.Alors que le chantier du <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>-Metzs’achevait et que le bâtiment était sur le pointd’être livré, Shigeru Ban et Jean de Gastines ontété sollicités afin d’enrichir <strong>la</strong> collectionarchitecture du MNAM/CCI des pièces les plusreprésentatives des différentes phases de <strong>la</strong>conception de ce <strong>Centre</strong>. Ainsi, depuis <strong>la</strong> phaseconcours jusqu’à celle du projet définitif,l’ensemble de maquettes données au<strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong> montre explicitementl’importance du travail de modélisationde <strong>la</strong> couverture, de <strong>la</strong> géométrie aux détailsd’assemb<strong>la</strong>ges en bois qui constituent<strong>la</strong> singu<strong>la</strong>rité du bâtiment et rend comptede <strong>la</strong> filiation que revendique Shigeru Banavec l’œuvre de Frei Otto. Documentsprocessuels, ces maquettes permettentde mettre en relief les outils des architecteset révèlent en creux un imaginaire qui portel’identité de <strong>la</strong> nouvelle institution.Patrick Jouin, Chaise Facto, 1998 © Agence Patrick Jouin ID


Shigeru Ban,Jean de Gastines,maquettes d’étudespour le <strong>Centre</strong><strong>Pompidou</strong>-Metz,2003-2010photos G.Meguerditchian© <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong> /dist. RMN-GP


LE CENTRE POMPIDOU EN 2010 / BILAN D’ACTIVITÉ 102 103 CHAPITRE 2TADAO ANDOChurch of LightMaquette en bois et béton, dim. : 105 x 145 x 260 cmRow House, Sumiyoshi, Azuma HouseMaquette en bois et béton, dim. : 70 x 46,5 x 153 cmAprès avoir étudié l’architecture enautodidacte, Tadao Ando ouvre en 1969 sonagence à Osaka. Son architecture est unesynthèse de <strong>la</strong> spiritualité japonaise, de <strong>la</strong>modernité des techniques de constructionet de l’utilisation de matériaux innovants.Elle reste toujours à l’échelle des hommes,privilégie les espaces intérieurs plutôt quel’extérieur, requiert un béton armé parfaitementcoulé, convoque des géométries simples,fait apparaître des rais de lumière naturelletraversant des murs épais. Ando se fond dansle paysage sans chercher à le transformer.En 1987, il enseigne à l’université de Yaleaux USA et en 1991, c’est <strong>la</strong> consécration auJapon, puisque, dépourvu de diplôme, il estnommé professeur titu<strong>la</strong>ire à l’Université deTokyo. En juin 1995, il est le troisième Japonaisà recevoir le Pritzker Architecture Prize.Ces deux maquettes en béton sont celles dedeux projets emblématiques d’Ando. La MaisonAzuma (1976) à Sumiyoshi s’intègre dansle quartier le plus ancien et le plus saturéd’Osaka. Ando décide de diviser <strong>la</strong> petiteparcelle en trois parties d’égales dimensionscomprenant deux espaces de vie et une courintérieure qui recentre entièrement <strong>la</strong> maisonsur <strong>la</strong> vie intérieure. S’inscrivant à l’écartde <strong>la</strong> vie urbaine, <strong>la</strong> maison reste ouverte auclimat, à une re<strong>la</strong>tion physiologique à l’espaceambiant. Thème récurrent de l’œuvre d’Ando,le contact avec <strong>la</strong> nature est rétabli. Avecl’apparence fermée d’une enceinte, cettemaison s’ouvrant à l’intérieur par des pansde verre est emblématique pour toute <strong>la</strong> suitede <strong>la</strong> carrière de l’architecte.L’Église de <strong>la</strong> lumière à Osaka (1989) est uneboîte de 6 x 6 x 18 m transférée <strong>la</strong>téralementpar une paroi tournée de 15 degrés.Le mérite de Tadao Ando n’est pas seulementd’introduire cet élément oblique, quidynamise l’espace calme de l’ensemble,mais de le séparer par quelques centimètresde <strong>la</strong> couverture, en permettant que <strong>la</strong> lumièresoit horizontalement filtrée et en donnantl’impression que le p<strong>la</strong>fond flotte dans l’air.Derrière l’autel, un détail saisissant,une ouverture cruciforme <strong>la</strong>isse pénétrer<strong>la</strong> lumière et donne à cet intérieur une formespirituelle unique.G.R.A.U.Ensemble de dessinsCette acquisition porte sur le travaildu G.R.A.U. (Gruppo romano di architetti eurbanisti) de 1975 à 1986, date finalede cette expérience collective originale,et vient compléter l’ensemble acquis en 2009.Face à une culture architecturale dominée enItalie par l’académisme et à une identificationentre mouvement moderne et engagementpolitique à gauche, le G.R.A.U. est fondé en 1964sur une base radicale. Alors que le mouvementétudiant s’oppose à l’enseignement en vigueurà <strong>la</strong> faculté d’architecture de Rome, lesmembres du G.R.A.U. s’emploient à unereconstruction théorique de <strong>la</strong> discipline à partird’une méthodologie marxiste.Durant cette période, le groupe compte à sonactif nombre de réalisations, parfois de taillemodeste, où l’intérêt des architectes pour lesréférences historiques trouve une applicationnaturelle dès lorsqu’il s’agit de transformerun bâti ancien. D’autres de taille supérieureleur permettent d’exprimer au mieuxleurs recherches : hôtel à Catanzaro (1975),immeuble d’habitation à Aprilia (1978),unités d’habitation familiales à Lucca (1980),groupe sco<strong>la</strong>ire Tedeschi à Rome (1980-1981).Les concours leur offrent l’occasion dedévelopper leurs thèmes de prédilection.Ils sont présents dans les compétitionsinternationales, notamment à Paris :le concours pour l’aménagement des Halles(1979) où trois d’entre eux présententchacun une proposition, de <strong>la</strong> Villette(1982-1983) ou de l’Opéra Bastille (1983).À chaque fois, l’équipe dépasse le dessind’un simple édifice pour prendre enconsidération le morceau de villequi lui correspond.Leur réalisation majeure en France est lecimetière de Nice (1983). Sa capacité devait êtrede 50 000 p<strong>la</strong>ces, mais le projet n’est aujourd’huiréalisé qu’en partie. Il illustre l’évolution de <strong>la</strong>pensée du groupe : <strong>la</strong> différenciation entreesthétique moderne et postmoderne estmoindre. Ici, <strong>la</strong> magie de <strong>la</strong> nature même du lieuest renforcée par le symbolisme de <strong>la</strong> géométriequi donne toute son ampleur à ce lieu derecueillement. La reconnaissance internationaledu G.R.A.U. survient avec sa participation à <strong>la</strong>Biennale de Venise de 1980 et les différentsprojets qu’ils dessinent à cette occasion.MARLENE DUMASNancy, 1995Encre sur papier, dim. : 68 x 50 cmLa générosité des artistes à l’égard du Muséenational d’art moderne ne se dément pas : ainsi,l’artiste Marlene Dumas en a-t-elle témoignéune nouvelle fois, en 2010, à l’égard du Cabinetd’art graphique, qui a commencé à collectionnerses œuvres sur papier en 1996.Figure marquante de l’art contemporain,Marlene Dumas, née au Cap en 1953, a vécuen Afrique du Sud jusqu’en 1976, annéede son instal<strong>la</strong>tion aux Pays-Bas.Dans sa peinture, et plus encore dans sesdessins, elle explore des thèmes existentiels :race, sexualité, violence, tendresse, culpabilité,innocence… souvent avec humour et causticité.Marlene Dumas, Nancy, 1995 © droits réservés


LE CENTRE POMPIDOU EN 2010 / BILAN D’ACTIVITÉ 104105 CHAPITRE 2LE RAYONNEMENTINTERNATIONALDU CENTRE POMPIDOUEN 2010Dans le nouveau contexte d’une scène artistiquemondialisée et multipo<strong>la</strong>ire, «être un acteur mondial»constitue l’une des priorités dégagées en 2007 pour le<strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong> dans le cadre de ses axes stratégiques.L’accent mis depuis trois ans sur cette ambitionde rayonnement international porte ses fruits et permetde réactiver l’ambition assignée au <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>dès sa création : «situer Paris dans le flux des échanges»(Pontus Hulten).1. LES COPRODUCTIONSINTERNATIONALESPOUR LES EXPOSITIONSTEMPORAIRESAprès les succès exceptionnels remportésen 2009 par <strong>la</strong> rétrospective Kandinsky,en partenariat avec le Solomon R. Guggenheimde New York et le Lembachhaus de Munich,et l’exposition Calder : Les années parisiennesavec le Whitney Museum of American Art,l’année 2010 a été marquée par plusieursitinérances internationales d’autant plusremarquables qu’elles étaient dédiées à desartistes vivants.Après avoir réuni plus d’un demi-million devisiteurs au <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong> au début de 2010,l’exposition Sou<strong>la</strong>ges (commissariatAlfred Pacquement et Pierre Encrevé) était trèsattendue à Mexico. Le musée de <strong>la</strong> ville (Museode <strong>la</strong> Ciudad) avait engagé d’importants travauxde rénovation afin d’accueillir cette présentationqui s’inscrivait dans les célébrations dubicentenaire de l’indépendance nationale.Présentée du 8 juin au 22 août, celle-ci incluaittrois œuvres prêtées par le collectionneurmexicain Manuel Reyero et deux par lede 66 000 visiteurs, pour <strong>la</strong> moitié des jeuneset des étudiants.Berlin a ensuite accueilli l’exposition au MartinGropius Bau du 2 octobre 2010 au 17 janvier2011. Pierre Sou<strong>la</strong>ges lui-même a souligné lorsdu vernissage l’importance de ce retouren Allemagne où il avait participé, à peine âgéde 27 ans, dans l’immédiat après-guerre,à <strong>la</strong> grande exposition des peintres françaisabstraits aux côtés de Franz Kupka, AugusteHerbin, Félix Del Marle ou César Dome<strong>la</strong>. Saprésence affirmée dans les premières éditionsde <strong>la</strong> Documenta de Cassel contribuapar <strong>la</strong> suite <strong>la</strong>rgement à sa reconnaissanceinternationale.Coproduction ambitieuse pour un artiste quis’est imposé comme l’une des figures les plusinfluentes de sa génération, l’exposition « GabrielOrozco » a réuni 107 000 visiteurs à Paris du 15septembre 2010 au 3 janvier 2011. Le projet a étéé<strong>la</strong>boré en lien étroit avec le Museum of ModernArt de New York, le Kunstmuseum de Bâle et <strong>la</strong>Tate Modern de Londres qui l’accueille en 2011,tout en présentant une physionomie différentepour chaque étape.En 2011 (15 février au 16 mai), le musée Tinguelyde Bâle présente l’exposition Arman, présentéeau <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong> à l’automne 2010.Plusieurs projets majeurs sont égalementen préparation pour 2011 et 2012.En co-production avec <strong>la</strong> Tate Modern deLondres et le Museo Reina Sofia de Madrid,le <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong> prépare une expositionconsacrée à <strong>la</strong> grande artiste japonaiseYayoi Kusama qui sera présentée à Parisà l’automne 2011.Avec <strong>la</strong> Tate Modern et <strong>la</strong> Neue Nationalgaleriede Berlin, une rétrospective de grande ampleurconsacrée à Gerhard Richter est en cours depréparation et sera présentée à Paris à l’été 2012.Une exposition monographique consacréeà Matisse a été initiée avec le MetropolitanMuseum de New York et le musée national desBeaux-Arts de Copenhague et sera présentéeà Paris au printemps 2012.


LE CENTRE POMPIDOU EN 2010 / BILAN D’ACTIVITÉ 106 107 CHAPITRE 2Enfin, une rétrospective consacrée à SalvadorDalí, plus de trois décennies après <strong>la</strong> légendaireexposition de 1979, a été engagée en partenariatavec le Museo Reina Sofia de Madrid.2. LA CIRCULATIONINTERNATIONALEDES PROGRAMMESLA PARTICIPATION DUCENTRE POMPIDOU À L’ANNÉEDE LA FRANCE EN RUSSIETrônant sous les ors et les décors dema<strong>la</strong>chite de <strong>la</strong> prestigieuse avant-salle dumusée de l’Ermitage, le « Porte-bouteilles » deMarcel Duchamp a décontenancé plus d’unvisiteur russe de <strong>la</strong> prestigieuse institution.Soucieux de s’ouvrir à l’art moderne etcontemporain et engagé dans un vaste projetd’extension, le directeur du musée de l’Ermitage,le Pr. Mikhail Piotrovsky, avait en effet proposé au<strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong> d’être son invité d’honneurdans le cadre de l’Année France-Russie. A<strong>la</strong>inSeban, président du <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>, a souhaitérépondre à cette invitation en proposant au grandmusée russe d’accueillir pour <strong>la</strong> première foisune version itinérante du Nouveau festival, dont<strong>la</strong> première édition avait eu lieu au <strong>Centre</strong><strong>Pompidou</strong> en 2009.Concentré sur une semaine, le Nouveau festivaldu <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong> a repris <strong>la</strong> formule inéditequi avait fait son succès pendant les cinqsemaines de sa programmation à Paris àl’automne 2009 qui avait attiré plus de 130 000spectateurs. Fidèle à l’ambition de ce projetstratégique de rendre sensibles les pulsationsde <strong>la</strong> création <strong>la</strong> plus contemporaine enproposant de nouveaux formatscomplémentaires du format traditionnel del’exposition, plusieurs dispositifs du Nouveaufestival ont ainsi été réactivés par BernardBlistène, directeur du département dudéveloppement culturel et directeur artistiquedu Nouveau festival, dans <strong>la</strong> salle de bal Nico<strong>la</strong>sdu pa<strong>la</strong>is de l’Ermitage, du 5 au 10 octobre 2010.La Réserve de peinture imaginée par l’artisteautrichien Heimo Zobernig «Ohne titel –Painting Disp<strong>la</strong>y Box» a accueilli une sélectiond’œuvres représentatives de <strong>la</strong> peinturefrançaise contemporaine. Choisies encol<strong>la</strong>boration avec le musée de l’Ermitage, desœuvres de Djamel Tatah, Ida Tursic et WilfriedMille, Cécile Bart et Stéphane Ca<strong>la</strong>is étaientextraites chaque jour pour être commentéespar des critiques et historiens d’art russes.Autre instal<strong>la</strong>tion mystérieuse : le Corridorrouge de l’artiste cubain Jorge Pardo.Par ailleurs, une sélection de vidéos de<strong>la</strong> collection, parmi lesquelles des œuvresde Boris Achour, Sophie Calle ou Pierrick Sorin,a également été présentée dans le théâtrede l’Ermitage en alternance avecdes performances d’artistes russes.Cette programmation spécifique a été prolongéepar le prêt exceptionnel, du 5 octobre au14 novembre, de douze chefs-d’œuvre de <strong>la</strong> scènefrançaise des cinquante dernières années, issusdes collections du <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>. Ce panoramade <strong>la</strong> scène française de l’après-guerre incluaitdes œuvres majeures de Daniel Buren, César,Jean Dubuffet, Robert Filliou, Gérard Garouste,Yves Klein, Bertrand Lavier, Georges Mathieuou Martial Raysse. Autre contribution importantedu <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong> au programme de l’annéeFrance-Russie dans le domaine de <strong>la</strong> créationcontemporaine, l’exposition Nuits électriques.Cinéma pyrotechnie, présentée au tout nouveauMultimedia Art Center de Moscou du 11 décembre2010 au 30 janvier 2011. Le projet, radicalementinnovant, imaginé par Philippe-A<strong>la</strong>in Michaud,chef du service du cinéma au MNAM/CCI,retraçait une petite histoire des représentationspyrotechniques jusqu’à leurs avatarscinématographiques les plus récents. Ildémontrait comment les progrès des technologiesnumériques permettent aujourd’hui de présenterles films en dehors des salles de cinéma, dansdes espaces d’exposition, en renouve<strong>la</strong>nt le moded’approche du cinéma expérimental, d’avantgardeet les films d’artistes. L’exposition,entièrement dématérialisée, était ainsi constituéede films numérisés présentés sous différentesformes (projections de grand format, écrans p<strong>la</strong>ts,moniteurs) et explorait les nouveaux modesde présentation des images en mouvement.LA DIFFUSION INTERNATIONALEDES SPECTACLESAvec treize œuvres de danse, de théâtreet de musique coproduites en 2010, le <strong>Centre</strong><strong>Pompidou</strong> est très présent à l’internationaldans le domaine des arts de <strong>la</strong> scène. Il a ainsi<strong>la</strong>rgement contribué à <strong>la</strong> diffusion internationaled’artistes comme Anna Halprin, Kate MacIntosh, Herman Diephuis, C<strong>la</strong>udia Triozzi,mais aussi A<strong>la</strong>in Buffard, Raimund Hoghe,Ludovic Lagarde qui ont bénéficié de plusde 80 représentations à l’étranger.VIDÉODANSE HORS LES MURSPlébiscitée à l’étranger où de nombreusesinstitutions <strong>la</strong> sollicitent, <strong>la</strong> manifestationVidéodanse a été présentée, en 2010,en Suisse et en Russie.À l’occasion de l’inauguration du théâtreSan Materno à Ascona en Suisse (janvier etfévrier 2010), une sélection de 30 films offrait unecertaine histoire de <strong>la</strong> danse : d’Isadora Duncan àJérôme Bel en passant par Mary Wigman, MarthaGraham, Oskar Schlemmer, Merce Cunningham,Pina Bausch… Une conférence d’Isabelle Launay,professeur d’histoire de <strong>la</strong> danse moderne etcontemporaine, accompagnait ce panorama.Vidéodanse a été invitée à Moscouà deux reprises. Tout d’abord en mai 2010au Khudozhestvennyy Cinéma, dans le cadrede l’année de <strong>la</strong> France en Russie, et endécembre 2010 sur une invitation de l’Institutfrançais et du Dance Theatre Network deMoscou. Ce second programme a permisau public russe de découvrir nombre dechorégraphes français actifs depuis unevingtaine d’années : Régine Chopinot, MaguyMarin, A<strong>la</strong>in Buffard, Philippe Decouflé,Mark Tompkins, Odile Duboc…HORS PISTES 2010La sélection du festival Hors Pistes a circuléà l’étranger : du 20 novembre au 5 décembre2010, Hors Pistes versus Istanbul était présentéeen Turquie au Pera Muzesi d’Istanbul.Du 31 août au 4 septembre 2010, <strong>la</strong>manifestation a été accueillie en Italie pourun Hors Pistes versus Venise, dans le cadredu festival «Circuito Off : Art Zone».


LE CENTRE POMPIDOU EN 2010 / BILAN D’ACTIVITÉ 1083. LE RAYONNEMENTDES COLLECTIONS :LE DÉVELOPPEMENTDES EXPOSITIONSHORS LES MURSLa politique d’itinérances internationales,se traduisant par <strong>la</strong> présentation à l’étrangerd’expositions hors les murs conçuesexclusivement ou très majoritairement à partirde <strong>la</strong> collection du <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>, contribueau rayonnement de l’institution vers de nouveauxpays et territoires dont elle était jusqu’alorsabsente, tout en favorisant une gestion plusactive de <strong>la</strong> collection et en contribuant au p<strong>la</strong>nde dynamisation des <strong>ressource</strong>s propres. Elleconnaît un essor remarquable.Les costumes et les décors de La Flûte enchantée,tels que Chagall les a imaginés, crayonnés, collés,colorés, parfois habillés de fragments de tissu ou depaillettes pour <strong>la</strong> production du Metropolitan Operade New York en 1967, soit plus de 40 œuvres surpapier conservées au Cabinet d’art graphique,ont figuré au cœur de l’exposition « Chagall etl’avant-garde russe » présentée au musée del’Université de Tokyo du 3 juillet au 11 octobre, qui abattu des records de fréquentation, puis au muséemunicipal de Fukuoka, <strong>la</strong> métropole méridionaledu Japon du 23 octobre au 10 janvier 2011.Inaugurée à Tokyo par A<strong>la</strong>in Seban, président du<strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>, en présence de Bel<strong>la</strong> Meyer,petite-fille de l’artiste, l’exposition a été organiséeen partenariat avec le groupe Asahi. Sonoriginalité, due au talent de sa commissaire Ange<strong>la</strong>Lampe, consistait à montrer à quel point Chagalls’est situé au cœur des grandes aventuresartistiques de son époque à rebours de l’imageconvenue d’un artiste isolé. L’exposition suggéraitdes dialogues ou des confrontations entre Chagallet les grands artistes russes de son époque :Larionov, Gontcharova, Kandinsky, Malevitch.L’exposition est présentée en 2011 dans une versionremaniée au musée des Beaux-Arts de Grenoble(15 février au 13 juin), puis à l’Art Gallery of Ontariode Toronto (15 octobre 2011 au 15 janvier 2012).À l’occasion de <strong>la</strong> réouverture du Museum amOstwall à Dortmund, le <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>a été sollicité pour présenter l’expositioninaugurale de ce nouveau centre culturel incluantune école des arts de l’image et du cinéma.Les deux commissaires, Philippe-A<strong>la</strong>in Michaudet Olivier Michelon, ont proposé un projet inspiréde l’accrochage des collections Le mouvement desimages, recentré sur <strong>la</strong> période contemporaine.Intitulée « Bild für Bild » cette expositionconstituait l’événement de clôture du programmeRuhr capitale européenne de <strong>la</strong> culture 2010.Véritable relecture de l’art cinématographiqued’aujourd’hui, le film y était présent dans tous sesétats et servait <strong>la</strong> présentation des autres artstout au long d’un parcours entamé dans <strong>la</strong>pénombre troub<strong>la</strong>nte de l’œuvre d’Anthony MacCall « Line describing a cone ».Une importante monographie de GeorgesRouault a été organisée au musée des Beauxartsde Bilbao du 15 novembre 2010 au 13 février2011. S’appuyant sur le fonds de près d’un millierd’œuvres de l’artiste conservé par le MNAM/CCI,« Rouault, le sacré et le profane » en présentaitbon nombre qui n’avaient jamais quitté Paris.Mê<strong>la</strong>nt des peintures majeures, dont « Le clownblessé » ou « Véronique », à des sériesinachevées, l’exposition donnait accèsau «<strong>la</strong>boratoire» de l’artiste.Marc Chagall,Double portraitau verre de vin, 1917© Adagp, 2011


LE CENTRE POMPIDOU EN 2010 / BILAN D’ACTIVITÉ 110 111 CHAPITRE 24. LES ITINÉRANCESDES EXPOSITIONSJEUNE PUBLICLes Ateliers des enfants exportent leursavoir-faire et proposent des expositionsitinérantes qui mettent en scène des dispositifs dejeux et d’expérimentation. Initialement présentéeà <strong>la</strong> Galerie des enfants, chaque exposition peuts’adapter au lieu d’accueil ou être enrichie parl’emprunteur. La formation des équipes sur p<strong>la</strong>ceest assurée par le service de l’action éducative etde <strong>la</strong> programmation public jeune du <strong>Centre</strong><strong>Pompidou</strong>. Sept expositions ont circulé en 2010accueilli 172 327 personnes contre 50 000 en 2009.Atelier pour enfants«Mondrian / De Stijl», 2010Photo H. Véronèse © <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>LES ITINÉRANCES EN FRANCEQuatre expositions ont été présentéesdans 10 lieux et ont attiré 134 137 personnes.À elle seule, l’exposition Détours d’objetsprésentée à Lille, dans le cadre de <strong>la</strong>manifestation Lille 3000 à <strong>la</strong> Gare Saint-Sauveur,a remporté un grand succès avec près de120 000 visiteurs. L’itinérance de l’expositionQuel cirque ! s’est poursuivie dans 7 centrescommerciaux du partenaire UNIBAIL RODAMCO.Les ateliers en groupe y ont été suivis par plusde 8 400 enfants.LES ITINÉRANCES À L’ÉTRANGERaccueilli 38 190 personnes. Au Mexique, ModuleHome a été présentée successivement au Museode <strong>la</strong> Ciudad de Mexico, partenaire fidèle, où ellea reçu 7 500 enfants, puis au musée pourenfants de Papalote à Cuernavaca, nouveaupartenaire, où elle en a rassemblé 20 000.L’exportation des expositions s’est poursuivieauprès d’autres partenaires régulierscomme le Megaron à Athènes, l’IstanbulMuseum of Modern Art à Istanbul oule Forum Meyrin en Suisse. Une nouvelleconvention-cadre a été signée, pour 2011-2013,avec le Museo in Erba de Bellinzona en Suisse.Expositions Lieux Dates FréquentationSous <strong>la</strong> Lune IIMatières MollesForum Meyrin, Suisse 29 septembre au 17 novembre 2010 3200Ville de Lambersart 11 décembre 2010 au 27 février 2011 866Ville de Mende 8 au 27 mars 2010 825Cité du Design, Saint-Etienne 10 avril au 22 août 2010 4210Détours d’objets Gare Saint-Sauveur, Lille 2 juillet au 31 août 2010 119 832Démonter/Recréer Istanbul Museum of Modern Art 12 octobre 2010 au 16 janvier 2011 2055Matière à rétro-projeterModule HomeMegaron, Athènes 9 février au 21 mars 2010 3212Istanbul Museum of Modern Art 12 avril au 3 juillet 2010 2223Museo de <strong>la</strong> Ciudad, Mexique 19 juin au 3 octobre 2010 7500Musée Papalote Cuernavaca, Mexique 8 octobre 2010 au 7 février 2011 20000<strong>Centre</strong> commercial Vélizy 2 10 au 21 février 2010 2259<strong>Centre</strong> commercial Rosny 2 7 au 26 avril 2010 2015Quel cirque!<strong>Centre</strong> commercial Rivetoile, Strasbourg 4 au 22 mai 2010 1067<strong>Centre</strong> commercial Carré Sénart, Lieusaint 2 au 19 juin 2010 1063<strong>Centre</strong> commercial Cité Europe, Coquelles 30 juin au 24 juillet 2010 1200<strong>Centre</strong> commercial Parly 2, Le Chesnay 15 septembre au 2 octobre 2010 800Au cours d’un atelier pour enfants, Photo H. Véronèse © <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>


LE CENTRE POMPIDOU EN 2010 / BILAN D’ACTIVITÉ 112 113 CHAPITRE 25. UNE EXPERTISERECHERCHÉE À L’ÉTRANGERDans le cadre de l’Agence France Muséumset aux côtés des principaux établissementspublics associés, notamment le muséedu Louvre, le musée d’Orsay et le muséedu quai Branly, le <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong> estrésolument engagé dans le projet du LouvreAbou Dabi qui consacre, dans son projet culturelet scientifique, une p<strong>la</strong>ce très significative à l’artmoderne et contemporain et affirme soncaractère pluridisciplinaire : deuxcaractéristiques qui rejoignent les valeursfondatrices du <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>.En 2010, le <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong> a poursuivi le travailengagé en 2009 sur <strong>la</strong> conception du projetet <strong>la</strong> programmation du musée des enfantsde <strong>la</strong> nouvelle institution, conjointement avec leséquipes du musée du Louvre. Son engagements’est toutefois amplifié dans plusieurs directions :d’œuvres de <strong>la</strong> collection : peintures,sculptures, œuvres sur papier, maiségalement instal<strong>la</strong>tions, photographies, films,ou pièces de design et d’architecture.Cette sélection mettra en lumière le caractèrepluridisciplinaire et <strong>la</strong> vocation universelledu Louvre Abou Dabi, tout en soulignant danscette région du monde combien <strong>la</strong> Franceest un foyer de création contemporaine dontle dynamisme ne le cède en rien au prestigeplusieurs groupes de travail réunissant lesprincipaux établissements publics sousl’impulsion de l’Agence France Muséums.Forte du travail engagé en interne surl’é<strong>la</strong>boration d’un référentiel des métiers,<strong>la</strong> direction des <strong>ressource</strong>s humaines aé<strong>la</strong>boré l’organigramme et les fiches depostes du Louvre Abou Dabi. Par ailleurs, leséquipes du Musée national d’art moderne etde<strong>la</strong> direction de <strong>la</strong> production disposent d’uneexpertise reconnue dans <strong>la</strong> logistique desprêts et transports d’œuvre, comme l’a prouvél’organisation de l’exposition inaugurale du<strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>-Metz. Le <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>a donc tout naturellement assuré le pilotagedu groupe de travail sur les mouvementsd’œuvres entre les musées français et leLouvre Abou Dabi.Au-delà de son implication dans ce projetexceptionnel et fédérateur pour les musées français,le <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong> est désormais sollicitérégulièrement par des institutions étrangèresqui souhaitent bénéficier de son expertise.Ainsi en 2010, deux projets ont été engagésavec des partenaires inédits dans des paysoù il n’avait pas encore établi de re<strong>la</strong>tions :un collectionneur d’Afrique du Sud qui a sollicitél’appui du <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong> pour créer unmusée d’art moderne et contemporain dédiéaux artistes d’Afrique et d’Afrique du Sud.L’expérience toute récente de l’ouverture du<strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>-Metz et l’attention portée auprogramme architectural à chaque étape de saconstruction pourront bénéficier à ce partenairepour ce musée, appelé à devenir une institutionde référence dédiée à <strong>la</strong> création contemporainesur le continent africain et le premier muséed’art contemporain au sud du Sahara. En retour,ce collectionneur appuiera le programme« Mondialisation et multiculturalisme »du <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong> en organisant en Afriqueplusieurs ateliers de travail avec les artisteset professionnels de l’art et en contribuantà l’acquisition de créations de ce pays.Les négociations engagées en 2010 ont conduit à<strong>la</strong> signature d’une convention de partenariatexclusif en 20112010 fixe le cadre d’une possible col<strong>la</strong>borationfuture entre le <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong> et le KingAbdu<strong>la</strong>ziz Center for World Culture de Dahran,en Arabie Saoudite. Ce projet culturel, l’un desplus ambitieux dans <strong>la</strong> région, est porté parAramco, l’entreprise nationale saoudienne deproduction d’hydrocarbure, qui envisage ce futurcentre pluridisciplinaire comme un outil auservice de <strong>la</strong> modernisation de <strong>la</strong> sociétésaoudienne et lui offrant une ouverture sur <strong>la</strong>création contemporaine mondiale sous toutesses formes. Cette volonté d’innovation etd’ouverture aux cultures et expressionsactuelles est un point de convergence naturelentre le <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong> et ses interlocuteurssaoudiens pour justifier leur désir decol<strong>la</strong>boration. Modelé sur le <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>,le projet doit inclure une bibliothèque, un muséedes enfants, des espaces d’expositionpermanente et temporaire, ainsi que plusieurssalles de spectacle. Le partenariat envisagenotamment une col<strong>la</strong>boration dans les domainesde <strong>la</strong> programmation culturelle, <strong>la</strong> définitiond’une politique d’acquisitions et <strong>la</strong> gestiond’une collection et le transfert d’expérienceet <strong>la</strong> formation du personnel du KingAbdu<strong>la</strong>ziz Center.


LE CENTRE POMPIDOU EN 2010 / BILAN D’ACTIVITÉ 114LE SOUTIENÀ LA SCÈNE FRANÇAISEAffirmer le rayonnement de <strong>la</strong> création française dans le mondeet favoriser sa diffusion internationale constituent despréoccupations essentielles pour nourrir le dialogue artistiqueinternational auquel nos créateurs aspirent à prendre toute leurpart. Il s’agit aussi d’un enjeu majeur de dynamismeet d’image de notre pays : <strong>la</strong> France doit se positionnercomme un foyer important de création artistique dansle monde, à une époque où celle-ci apparaît avec évidencecomme ayant partie liée avec <strong>la</strong> capacité d’innovationet de mouvement des nations.Une institution nationale, un musée national d’art moderneont, à l’évidence, une responsabilité particulière vis-à-visde <strong>la</strong> scène artistique nationale. Dans <strong>la</strong> mondialisation,cette responsabilité prend un relief particulier tant i<strong>la</strong>pparaît évident qu’on ne peut envisager <strong>la</strong> scène artistiqueglobale que d’un point de vue particulier, local, nationalou régional. Or le <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong> dispose d’atoutsmajeurs pour appuyer le rayonnement de l’art français, tantdans sa politique d’acquisition que dans sa programmation.Enfin, les artistes de <strong>la</strong> scène française, par les re<strong>la</strong>tions115 CHAPITRE 2de proximité que l’institution doit tisser avec eux,prennent naturellement toute leur p<strong>la</strong>ce au cœurde <strong>la</strong> mission d’interface entre <strong>la</strong> société et <strong>la</strong> créationque le <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong> a remis au centre de son projet.Pour toutes ces raisons, «affirmer le rayonnementde <strong>la</strong> scène française dans le monde» figure parmiles missions fondamentales du <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong> tellesqu’elles ont été reformulées par les axes stratégiques2007-2012. Il ne serait pas concevable que le Muséenational d’art moderne ne soit pas l’institution de référencepour <strong>la</strong> scène nationale.Naturellement, <strong>la</strong> scène française est entenduepar le <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong> dans une acception ouverte :peuvent être rattachés à <strong>la</strong> scène françaisetous les créateurs qui revendiquent un lien particulieravec notre pays, indépendamment de leur lieude résidence ou de leur nationalité, et sans préjudiced’un rattachement parallèle à une ou plusieurs autresscènes nationales ou régionales.Pour atteindre cet objectif, <strong>la</strong> programmation d’expositionstemporaires et <strong>la</strong> politique d’acquisition contribuentfortement au rayonnement de l’art français et à <strong>la</strong> promotiondes artistes de <strong>la</strong> scène française.


Erró, Rock and Role, 1996© Adagp, Paris 2010LE CENTRE POMPIDOU EN 2010 / BILAN D’ACTIVITÉ 116LES EXPOSITIONSTEMPORAIRESDans le cadre de <strong>la</strong> nouvelle stratégie deprogrammation des expositions temporaires(V. chapitre 1 « Une nouvelle stratégie dans ledomaine des expositions temporaires », p. 20), <strong>la</strong>volonté d’assurer une bonne représentation de<strong>la</strong> scène française a été réaffirmée. Elle passepar l’organisation d’expositions monographiquesqui sont soit des rétrospectives « deconsécration », venant couronner <strong>la</strong> carrièred’un artiste à <strong>la</strong> réputation déjà établie, soit desrétrospectives « de milieu de carrière », quipermettent de faire le point sur le travail d’uncréateur dont <strong>la</strong> carrière est en pleindéveloppement, soit encore des projetsspécifiques, qui permettent à l’artiste detravailler avec le <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong> sur <strong>la</strong>production d’une œuvre particulière.ARMAN15 septembre 2010 – 3 janvier 2011Galerie 2, niveau 6Commissaire : Jean-Michel BouhoursFréquentation : 250 323 visiteurs ; 2 608 visiteurs/jourExposer Arman en 2010 imposait de donnerune nouvelle lecture de son œuvre en <strong>la</strong>rep<strong>la</strong>çant dans l’histoire de l’art de <strong>la</strong> secondemoitié du XX e siècle. L’exposition a étéstructurée en 7 parties thématiques,«coupes transversales» illustrant <strong>la</strong>permanence des préoccupations esthétiquesde l’artiste et le dialogue permanent qu’ilentretenait avec ses prédécesseurs : l’empreinted’objet, <strong>la</strong> relecture du ready made de MarcelDuchamp avec l’Accumu<strong>la</strong>tion, <strong>la</strong> questiondu rebut et de l’ordure en tant que gesteartistique, <strong>la</strong> re<strong>la</strong>tion au cubisme au travers descolères et des coupes, le temps et <strong>la</strong> mémoire(Archéologie du futur), <strong>la</strong> col<strong>la</strong>boration del’artiste avec Renault et enfin <strong>la</strong> permanence de<strong>la</strong> peinture au-delà du principe de l’objet. Relirel’œuvre signifiait également mettre en évidence<strong>la</strong> dimension gestuelle de <strong>la</strong> création et porterun regard plus approfondi sur <strong>la</strong> carrièreaux États-Unis de Arman, dont le corol<strong>la</strong>ire estune «adaptation» au contexte de l’art américaindes années 1960 et 1970.L’exposition a recueilli un grand succèsen accueil<strong>la</strong>nt à Paris 250 323 visiteurs avantd’être présentée au musée Tinguely de Bâledu 15 février au 16 mai 2011.L’AVENTURE DES OBJETS22 septembre 2010 – 10 janvier 2011Galerie des enfantsCommissaire : Odile FayetFréquentation : 47 409 visiteurs ; 494 visiteurs/jourExposition réalisée grâce au parrainage d’Unibail-RodamcoÀ l’occasion de <strong>la</strong> rétrospective Arman, <strong>la</strong>Galerie des enfants du <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong> a invitéle jeune public à s’approprier les techniquesartistiques développées par Arman à partir desobjets du quotidien. À travers les «tampons»,les «coupes», les «accumu<strong>la</strong>tions» ou encoreles «portraits-robots», l’enfant a puexpérimenter une incroyable et révolutionnaire«aventure des objets». Cette exposition-ateliera plongé les enfants au cœur d’une «usinepoétique et contemporaine» créée par ledesigner-p<strong>la</strong>sticien Adrien Rovero. Autourde l’objet et du geste de l’artiste, des dispositifsinteractifs ont ponctué ce parcours, croisantles procédés d’Arman et le monde sensibledes enfants. L’exposition, organisée grâceau partenariat d’Unibail-Rodamco, a accueilli47 409 visiteurs à Paris avant d’itinérer dansplusieurs centres commerciaux en France.


LE CENTRE POMPIDOU EN 2010 / BILAN D’ACTIVITÉ 118 119 CHAPITRE 2L’aventure des objets, instal<strong>la</strong>tion pour <strong>la</strong> Galerie des enfants.Photo H. Véronèse © <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>HABITER 2050,UNE CRÉATION D’ALAIN BUBLEXGalerie des enfants, 24 octobre 2009 - 8 mars 2010Commissaire : Corinne Rozental-RoskamFréquentation : 51 982 visiteurs ; 536 visiteurs/jourA<strong>la</strong>in Bublex a investi <strong>la</strong> nouvelle Galeriedes enfants pour y installer un «paysagemystérieux» dédié à <strong>la</strong> prospective, àl’imagination, à <strong>la</strong> création, à <strong>la</strong> vie quotidienneen 2050. Cette nouvelle fiction imaginée parl’artiste conduisait à s’interroger sur un mondeen devenir, son évolution, ses transformations.Elle questionnait le présent, recomposaitl’existant et nous propulsait dans le futur.Petits et grands étaient invités à se projeteren 2050, à repenser l’évolution du monde,à le recréer en imaginant leur propre scénario.Réalisée avec <strong>la</strong> participation de<strong>la</strong> Région Pays-de-<strong>la</strong>-Loire et <strong>la</strong> col<strong>la</strong>borationdu Groupe École Supérieure du Bois,l’exposition a accueilli 51 982 visiteurs.SARKIS : PASSAGES10 février – 21 juin 2010Ensemble des espacesCommissaire : Chantal BéretExposition réalisée avec le soutien de IKSVSarkis, né en 1938 à Istanbul, s’installeà Paris en 1964. Les notions de survivance,de temps, de l’autobiographie traversent sonœuvre. Il conçoit des «interventions/expositions» qui exploitent des situationsspécifiques en racontant des histoiresempruntées à <strong>la</strong> mémoire du lieu autantqu’à celle de l’artiste. Ses instal<strong>la</strong>tions sontconstruites à partir d’objets ethnographiques,de souvenirs personnels, d’objets familiers ouanonymes, de bandes magnétiques…Chacune de ses expositions est uneréorganisation et une hybridation de ces trésors.<strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>, le musée est devenu atelier.Passages fait écho à ce nomadisme, inscrivantun ensemble d’instal<strong>la</strong>tions dans différentsespaces de l’établissement : musée, atelierBrancusi, Forum, Bpi, Bibliothèque Kandinskyet Atelier des enfants. Le parti pris de Sarkis l’aconduit à faire dialoguer ses réalisations avecdifférentes œuvres du musée comme avecdifférents lieux du <strong>Centre</strong>.PATRICK JOUIN17 février – 24 mai 2010Galerie du muséeCommissaire : Valérie Guil<strong>la</strong>umeFréquentation : 315 350 visiteurs ; 3 799 visiteurs/jourExposition réalisée grâce au soutien de Mumm et VanCleef & ArpelsProtagoniste majeur du design contemporainsur les scènes française et internationale,Patrick Jouin entreprend de raconterl’expérience de <strong>la</strong> création. Quand il se rendchez les artisans et qu’il investit leurs ateliers :celui du potier Gérard Crociani, du prototypiste3D, des faïenciers de Gien, des orfèvres dequand il relève des défis techniques au côté desfirmes Alessi, Cassina, Fermob, Kartell,que le geste artisanal côtoie le processusindustriel de dernière génération. Chacun des23 projets présentés devenait une narration, autravers de p<strong>la</strong>tes-formes matérielles etvisuelles exemp<strong>la</strong>ires, mê<strong>la</strong>nt dessins et rendus3D, maquettes et prototypes. Sur le podiumcentral, les images filmées par A<strong>la</strong>in Fleischerinvitaient à une exposition théâtre du design oùle créateur transforme le monde en scèneanimée, l’assujettit à ses lois de mobilité et demétamorphose, comme s’il n’y avait plusaujourd’hui de lieu qui ne puisse être une scènedu design, ni de moment où l’on ne soit conviéà sa séduction. L’exposition a connu un trèsgrand succès, accueil<strong>la</strong>nt 315 350 visiteurs,ce qui constitue un record absolu pour uneexposition de design.SAÂDANE AFIF15 septembre 2010 – 3 janvier 2011Espace 315Commissaire : Jean-Pierre BordazFréquentation : 84 300 visiteurs ; 878 visiteurs/jourExposition réalisée grâce au soutien de l’Associationpour <strong>la</strong> diffusion internationale de l’art français (ADIAF)Lauréat du Prix Marcel Duchamp 2009,Saâdane Afif, artiste parmi les plus inventifs desa génération, s’est inscrit dans l’espace 315avec une instal<strong>la</strong>tion minimaliste et originale.En bon observateur de <strong>la</strong> scène parisienne,il avait découvert, admiratif, le <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>dès l’âge de 14 ans. En 2010, il a revêtu les mursde l’Espace 315 de chansons et de poèmes nésd’une col<strong>la</strong>boration fructueuse avec d’autresartistes dont le visiteur prenait connaissanceaprès une lecture attentive.Au centre, trônait un cercueil impressionnantqui reprenait l’architecture emblématique du<strong>Centre</strong>, réalisée par un artisan du Mali, tandisque dans le même temps de grands projecteursilluminaient par intermittence les différenteszones de l’exposition. La presse françaiseet internationale a salué cette proposition, et <strong>la</strong>très reconnue revue Art Forum de New York aréalisé un reportage complet de cet événement.Comme pour toutes les autres expositionsdes <strong>la</strong>uréats du Prix Marcel-Duchamp, le projeta bénéficié du soutien de l’Associationpour <strong>la</strong> diffusion de l’art français (ADIAF).L’exposition a reçu 84 300 visiteurs.


LE CENTRE POMPIDOU EN 2010 / BILAN D’ACTIVITÉ 120 121 CHAPITRE 2ERRÓ17 février – 24 mai 2010Galerie d’art graphiqueCommissaire : Christian BriendFréquentation : 271 707 visiteurs ; 3 274 visiteurs/jourPremière exposition exclusivement consacréeà ses col<strong>la</strong>ges, <strong>la</strong> rétrospective Erró, 50 ans de col<strong>la</strong>gesa été organisée à <strong>la</strong> suite d’une importante donationconsentie par l’artiste d’origine is<strong>la</strong>ndaise au <strong>Centre</strong><strong>Pompidou</strong>. La présentation réunissait 98 œuvresreprésentatives de cette production peu connuequi se trouve au fondement même de sa pratiqueartistique, majeure dans <strong>la</strong> Figuration narrative.Cette présentation, qui a recueilli un succèsconsidérable, attirant 271 707 visiteurs, a fait l’objetensuite d’une exposition au musée des Beaux-Artsde Dole, où elle a reçu près de 8 000 visiteurs.VALÉRIE JOUVE23 juin – 13 septembre 2010Galerie d’art graphiqueCommissaire : Quentin BajacFréquentation : 250 323 visiteurs ; 2 965 visiteurs/jourValérie Jouve a présenté un travail photographiqueinédit, réalisé principalement dans les territoiresautonomes palestiniens en 2008 et 2009. «Depuisl’enfance, j’ai toujours été proche de <strong>la</strong> culture desfamilles arabes […]. Pourtant, je n’ai jamais travailléd’images dans les pays arabes, ni dans le Maghreb,ni au Proche-Orient, peut-être par peur de porterun regard occidental chargé d’incompréhension.»À l’instar de ses projets précédents dans lesquelselle jouait pleinement de l’espace offert, ValérieJouve a conçu sa proposition très précisémentpour <strong>la</strong> Galerie d’art graphique, dans <strong>la</strong>quelleelle a confronté des images de dimensionset de statuts différents. L’exposition a accueilli250 323 visiteurs.SOULAGES14 octobre 2009 – 8 mars 2010Galerie 1, niveau 6Commissaires : Alfred Pacquement et Pierre EncrevéFréquentation : 502 026 visiteurs ; 4 736 visiteurs/jourExposition réalisée avec le soutien de Nespressoet de <strong>la</strong> Fondation Pricewaterhouse Coopers FranceL’exposition retraçait plus de soixante ansde peinture et proposait une lecture nouvelledu travail de l’artiste en insistant sur sesdéveloppements récents.Elle rassemb<strong>la</strong>it unecentaine d’œuvres majeures créées de 1946 àaujourd’hui, des étonnants brous de noix desannées 1946-1949 aux peintures des dernièresannées, <strong>la</strong> plupart inédites, qui manifestent undynamisme et un renouvellement toujours endevenir de <strong>la</strong> veine créatrice de Sou<strong>la</strong>ges. Elle aconnu un succès véritablement extraordinaire,accueil<strong>la</strong>nt en trois mois 502 026 visiteurs et sehissant au quatrième rang des expositions les plusfréquentées de l’histoire du <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>.LES ACQUISITIONSSans pour autant se fixer un quota d’acquisitiond’artistes français, <strong>la</strong> politique d’acquisitionrépond à l’engagement fixé par les axesstratégiques 2007-2012 et à <strong>la</strong> vocation du MNAM/CCI, dont le but est d’assurer une représentationprécise de <strong>la</strong> scène française contemporaine.Acquisitions 2010Nombre total d’artistes 250dont français 100soit % 40 %Nombre total d’œuvres 660dont françaises 100soit en % 15%Dans <strong>la</strong> mesure où de nombreux fondsd’architecture d’origine étrangère ont été acquisen 2010 (Italie, Brésil, Espagne), le pourcentaged’œuvres d’origine française s’en ressent.La proportion d’artistes est plus représentative.Parmi les principaux enrichissementsde <strong>la</strong> collection en œuvres d’artistes de <strong>la</strong> scènefrançaise en 2010, on peut mentionner lesacquisitions suivantes.ANTONIN ARTAUDLe Minotaure, janvier 1946,Mine graphite et craie de couleur sur papier, 63 x 48 cm.Réalisé à l’hôpital psychiatrique de Rodez audébut de l’année 1946, Le Minotaure représenteun gigantesque taureau totémique entouré decorps effondrés. La guerre en est le principalsujet, une guerre qu’Artaud vit de l’intérieur. Ilnote alors dans ses cahiers : «Ce que je cherchen’est pas <strong>la</strong> douleur mais / <strong>la</strong> force dansl’écorchement, le / manque, <strong>la</strong> faim, <strong>la</strong> ma<strong>la</strong>die,/ <strong>la</strong> fatigue, <strong>la</strong> nausée, / le vertige, / le désespoiret l’abandon / de mes forces […] je suis unsoldat et mes / émanations sont ma foudre de /guerre, porter arme à l’épaule / gauche».Monumental, l’animal est criblé de marquesinfligées à <strong>la</strong> feuille comme des injures, desblessures. Artaud enfonce <strong>la</strong> pointe du crayonpour stigmatiser, exorciser <strong>la</strong> souffrance –c’est-à-dire tuer l’animal intérieur qui fulmine,qui torture et qui se dresse, cornes sang<strong>la</strong>ntes,encore et toujours triomphant. Le motif ducanon, p<strong>la</strong>cé aux côtés de ce taureau meurtrier,figure à <strong>la</strong> fois l’homme-canon (l’homme-bête,l’homme sans dieu), l’homme déchiqueté(troué, raturé) et l’homme informe (f<strong>la</strong>sque,fœtal, pas encore né, pas encore formé),qui sont trois des états de l’être à-être.Ce dessin provient de <strong>la</strong> collection de dessinsde Rodez acquis par le docteur Zaraauprès de l’éditeur Marcel Bisiaux. Aux côtésde Poupou rabou… et du Soldat au fusil,Le Minotaure donne désormais à voir,au sein du Musée national d’art moderne,le plus intime d’Artaud, <strong>la</strong> douleur de Rodez,qui est le ferment de son œuvre future.BERNARD RANCILLACOù es-tu ? Que fais-tu ?, 1965Huile sur toile, 178 x 195 cm.Au cours des années soixante, BernardRancil<strong>la</strong>c, entreprend, comme les AméricainsLichtenstein, Warhol, Peter Saul ou lesEuropéens Télémaque, Voss, Perilli, Erró,de s’inspirer des bandes dessinées banalesde <strong>la</strong> presse grand public pour modifierradicalement les modes habituels dereprésentation. Couleurs sommaires en ap<strong>la</strong>ts,dessin caricatural, phy<strong>la</strong>ctères (mais ici vidésjusqu’au b<strong>la</strong>nc), narration en cases et, enfin,personnages empruntés à des héros de bandesdessinées réellement identifiables font destableaux de Rancil<strong>la</strong>c un décalque provocateurdu style communément adopté à l’époque parles magazines pour enfants.Si, effectivement, <strong>la</strong> comparaison avecle Pop Art s’impose, c’est bien sûr parce quecelui-ci a fait brutalement irruption dans lemonde de l’art parisien en 1963 avec l’ouverturede <strong>la</strong> galerie Sonnabend à Paris et<strong>la</strong> présentation d’œuvres de Lichtenstein,Rosenquist, Warhol, Wesselman qui réutilisentles images vulgaires produites par <strong>la</strong> presse et<strong>la</strong> publicité. Mais là où <strong>la</strong> majorité des critiquesfrançais y voient <strong>la</strong> fin de <strong>la</strong> peinture, Rancil<strong>la</strong>cy discerne un tournant dans son histoire.Dans Où es-tu ? Que fais-tu ? (tableau n° VIde <strong>la</strong> série Sans Paroles), le rendu neutre etdistancié du sujet a gagné <strong>la</strong> peinture de


LE CENTRE POMPIDOU EN 2010 / BILAN D’ACTIVITÉ 122 123 CHAPITRE 2non plus de <strong>la</strong> subjectivité du peintre maisdu sujet lui-même reproduit en couleursfluorescentes dans un dessin dépourvud’émotion. C’est ainsi <strong>la</strong> folie même de l’universmoderne, mais aussi sa propre puissanceexpressive qui se retrouvent p<strong>la</strong>tementreproduites dans ce grand méchant loupaux yeux fous, toutes griffes dehors,jeté dans un monde d’objets (chaise, téléphone,armes) atteints de <strong>la</strong> danse de Saint-Guy.Présenté pour <strong>la</strong> première fois en 1965,ce tableau va bientôt devenir emblématiquede l’histoire de <strong>la</strong> Figuration narrative. Il seraretenu pour l’historique cinquième Biennaled’art contemporain de San Marino (Oltrel’informale), puis à nouveau par GéraldGassiot-Ta<strong>la</strong>bot en 1967 pour l’expositionBande dessinée et Figuration narrative au muséedes Arts décoratifs, enfin en 1977 pourl’exposition Paris-New York au <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>avant de figurer dans l’exposition rétrospectiveFiguration narrative, Paris 1960-1972au Grand Pa<strong>la</strong>is en avril 2008.LES CINÉMASLa dernière session des Rendez-vous du forum,Beaubourg, <strong>la</strong> dernière major !, a accueilliune proposition de Serge Bozon en col<strong>la</strong>borationavec Pascale Bodet et réuni du 4 au14 novembre une pléiade d’artistes pourrevisiter quelque cent ans de cinéma français.Cinéphile compulsif, critique amoureux du«cinéma à l’œuvre», Serge Bozon rassemb<strong>la</strong>cinéma d’hier, cinéastes reconnus etjeune garde contemporaine : Jean-Pierre Mocky,Barbara Carlotti, Riad Sattouf, les frèresLarrieu, Raul Ruiz, Paul Vecchiali ou encoreÉric & Ramzy, Marie Möör et Bertrand Burga<strong>la</strong>t,Fugu et bien d’autres qui dialoguèrentavec Louis Feuil<strong>la</strong>de, Émile Cohl, Jean Painlevé,Marcel Pagnol, Jean Eustache…Ce dialogue prit toutes les formes possibles :conférences-performances, lectures chantées,interventions musicales et théâtrales,projections d’inédits et de raretés, alorsqu’en parallèle Serge Bozon instal<strong>la</strong>itun p<strong>la</strong>teau pour tourner, avec des acteurset artistes, un film qu’il intitulerait L’Impresario,entre fiction et improvisation.LES SPECTACLES VIVANTSLes spectacles vivants soutiennent <strong>la</strong> créationfrançaise dans le domaine des arts de <strong>la</strong> scèneet défendent des écritures contemporainesqui se situent aux frontières des disciplinesc<strong>la</strong>ssiquement établies.En 2010, les projets d’Herman Diephuis,de Rachid Ouramdane, de C<strong>la</strong>udia Triozzi,de Sophie Perez et Xavier Boussiron,de Ludovic Lagarde, d’A<strong>la</strong>in Buffard,de Julie Nioche, de Philippe Quesne etde Mathilde Monnier ont ainsi été présentés.LA PAROLEQue ce soit au travers de conférences,de cycles thématiques, de débatsou de colloques, <strong>la</strong> parole occupe une p<strong>la</strong>ceimportante au sein du <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>.Elle met en re<strong>la</strong>tion <strong>la</strong> pensée et <strong>la</strong> créationdans le champ propre au <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>,celui des arts visuels, et permet une ouverturedifférente aux œuvres, aux objets età leurs auteurs. La formule du «Selon»a donné <strong>la</strong> parole à Bruno Latour, philosopheet sociologue des sciences et à GillesClément, paysagiste et chercheur au CNRScependant que le critique d’art Jean-YvesJouannais a poursuivi son cycle de conférencesperformances«L’Encyclopédie des guerres».


Être en prise sur <strong>la</strong>création émergente,sur <strong>la</strong> création en trainde se faire, établir lecontact avec de jeunescréateurs qui n’ont pasencore leur p<strong>la</strong>ce ausein du musée, quipeut-être ne l’aurontjamais, constitue unenjeu stratégique pourle <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>compte tenu de samission fondamentale,réaffirmée par les axesstratégiques 2007-2012, d’interface entre<strong>la</strong> société et <strong>la</strong> créationactuelle. Cette missioncentrale commande àl’institution nonseulement d’é<strong>la</strong>rgirsans cesse ses publics,mais également d’êtreconstamment au faitdes tendances les plusprometteuses de <strong>la</strong>création actuelle.Façade Estdu <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>© R.Meigneux / Sipa / CRT PIdF


LE CENTRE POMPIDOU EN 2010 / BILAN D’ACTIVITÉ 126LA PLURIDISCIPLINARITÉ,TERRITOIRESD’ÉMERGENCEAfin de réactiver <strong>la</strong> dimension de centre de création du <strong>Centre</strong><strong>Pompidou</strong> et de créer un véritable <strong>la</strong>boratoire permanent auservice des artistes, notamment des plus jeunes générationsde créateurs, <strong>la</strong> démarche stratégique engagée en 2007 misesur l’interdisciplinarité entre le cinéma, le spectacle vivant, <strong>la</strong>parole et les arts visuels en mettant à profit <strong>la</strong> pluridisciplinarité,atout unique de l’institution au service des créateursd’aujourd’hui.127 CHAPITRE 3«Georges <strong>Pompidou</strong> lui-même donnait une définitionouverte de ce que serait le <strong>Centre</strong>. Il considérait que <strong>la</strong>création, au sens plein et <strong>la</strong>rge du terme, devait y avoir sap<strong>la</strong>ce. Le rôle d’un musée est évidemment de se tenir au courantde l’évolution de <strong>la</strong> création, en prenant garde, notamment, auxexpositions des galeries ; mais, en soi, ce n’est pas un lieu de création,ni un acteur suscitant <strong>la</strong> création. De <strong>la</strong> même façon que les bibliothèquessont censées accueillir et présenter les nouveautés, les musées d’art sont làpour recevoir l’innovation en matière de peinture et de sculpture. Au fond, ondoit d’abord les considérer comme des centres de documentation trèsimprégnés de leur temps, très contemporains, et, s’ils ont une influenceévidente sur <strong>la</strong> vie culturelle, ils ne sont pas, en soit, à l’origine de <strong>la</strong>création.»Pierre Boulez, «L’Ircam et au-delà…», in Georges <strong>Pompidou</strong>,homme de culture, Paris, éditions du <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>, 1995, p. 119.« LES RENDEZ-VOUSDU FORUM » :UN NOUVEAU FORMAT AUSERVICE DES ARTISTESAvec « Les Rendez-vous du Forum » mis enœuvre par le département du développementculturel dans le droit fil de l’expérience réussiedu Nouveau festival en octobre 2009, le <strong>Centre</strong><strong>Pompidou</strong> a pu renouer dès juillet 2010 avec savocation expérimentale en recherchant uneouverture et un dialogue entre toutes lesdisciplines dans une re<strong>la</strong>tion directe etimmédiate avec le public.Les lignes de partage entre les formesde <strong>la</strong> création ne cessant de se dép<strong>la</strong>cer,il fal<strong>la</strong>it un lieu flexible et transformable,un espace ouvert où ne pas craindre d’agiterdes idées, d’échanger, au contact le plusimmédiat de ceux qui font <strong>la</strong> création vivante.C’est ainsi qu’à l’initiative du président A<strong>la</strong>inSeban, «Les Rendez-vous du Forum» sontvenus se loger dans le sous-sol du bâtiment,à <strong>la</strong> jonction des différentes salles de spectacleet de projection du <strong>Centre</strong>.Les espaces souterrains, «underground»,


LE CENTRE POMPIDOU EN 2010 / BILAN D’ACTIVITÉ 128 129 CHAPITRE 3n’ont-ils pas souvent été les lieux despropositions les plus intempestives, les pluspropices à <strong>la</strong> singu<strong>la</strong>rité, là où <strong>la</strong> création«précipite» le plus efficacement ?Deux formes de rencontres ont marqué cespremiers Rendez-vous du Forum. D’une part,une suite de «Sessions», invitations <strong>la</strong>ncées àdes p<strong>la</strong>sticiens, performeurs, danseurs,penseurs, «curateurs», offrant <strong>la</strong> possibilité dedécouvrir les formes les plus singulières etinédites de <strong>la</strong> création d’aujourd’hui ; d’autrepart, une suite de «Voir/Revoir» permettant uneplongée dans les archives – majeures etmineures - qui ont fait, depuis plus de trenteans, l’histoire du <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>.lituanien Raimundas Ma<strong>la</strong>sauskas faisait duForum – 1 une île où se croisaient artistes etcréateurs de tous horizons. Intitulée RepetitionIs<strong>la</strong>nd, <strong>la</strong> proposition rassemb<strong>la</strong> du 7 au12 juillet une vingtaine d’artistes autour d’unscénario où se succédaient conférences etperformances, spectacles et improvisations,avec Lorenzo Cirrincione, Adva Zakai, Manonde Boer, Rosalind Nashashibi, GintarasDidziapetris, Ana Prvacki, Michael Portnoy,Ieva Miseviciute, Marcos Luytens, BenjaminSeror, Audrey Cottin, Géraldine Longueville,Morten Norbye Halvsorsen, Aaron Schuster,Gabriel Lester, Sam Durant.Catherine Baÿ organisait, autour d’unimprobable banquet, une véritabledramaturgie avec <strong>la</strong> complicité de quinzeB<strong>la</strong>nche-Neige, «toujours pareilles, jamais lesmêmes». Entre fête des fous et partymondaine, quatre jours durant, <strong>la</strong> pantomimedes «B<strong>la</strong>nche-Neige», ni danse ni théâtreimprovisé, les faisait évoluer sur une scèneouverte et mouvante. Avec Tsuneko Taniuchi,Carole Douil<strong>la</strong>rd, Azzedine Saleck, le GrandBizarre, Lindaboie, Christophe Hefti, LaurentFriquet, Robert Kluijver, Thierry Mouillé,Pascal Lièvre, Léa Zitrone, Pauline Colonnad’Istria, Florian Gaïté…Christophe Meurisse et le collectif Les Chiensde Navarre vou<strong>la</strong>ient quitter avec Pousseton coude dans l’axe l’austérité sentencieusede <strong>la</strong> machine théâtrale et inventer un jeuen interaction avec <strong>la</strong> réalité du lieu et lesimprévus du moment. On les vit acerbes etprécis, goguenards et inventifs, se jouant descodes du théâtre dans une adresse toujoursplus véhémente au public médusé. Un concertdu Surnatural Orchestra, réunissant quelque25 musiciens et invités-chanteurs, clôturale projet, le soir de <strong>la</strong> «Nuit B<strong>la</strong>nche».Chiens de Navarre succéda Fun Pa<strong>la</strong>ce, deYann Chateigné Tytelman, Tiphanie B<strong>la</strong>nc etVincent Normand. En écho à <strong>la</strong> notion deLES SPECTACLES VIVANTSEN CHIFFRES30 manifestations en grande salle et 6manifestations dans le Forum niveau -1grande salle en 2010, soit un taux deCédric Price, Fun Pa<strong>la</strong>ce se vou<strong>la</strong>it uneproposition plus austère et réflexive sur <strong>la</strong>mémoire du <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>, ses archiveset leur interprétation par une génération plusjeune de critiques et de curateurs. Lascénographie de Stéphane Barbier-Bouvetmettait à p<strong>la</strong>t, au propre comme au figuré,les structures du niveau – 1. Avec ÉtienneChambaud, Dexter Sinister, Céline Condorelli,Luca Frei, Sarah Pierce, Roj, MichaelStevenson, Camille de Toledo, Tris Vonna-En contrepoint de ces «Sessions», les différents«Voir-Revoir» ont permis <strong>la</strong> redécouverteet <strong>la</strong> relecture d’œuvres vidéo et sonores,ainsi que d’archives provenant des différentsfonds du <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>.Le mois d’août fut propice à <strong>la</strong> redécouverted’archives du MNAM/CCI, de <strong>la</strong> BibliothèqueKandinsky et du département du développementculturel, en col<strong>la</strong>boration avec l’INA.Catherine Baÿ « B<strong>la</strong>nche-Neige », performance dans le cadre des «Rendez-vous du Forum» © Marc Domage et Catherine Baÿ


LE CENTRE POMPIDOU EN 2010 / BILAN D’ACTIVITÉ 130 131 CHAPITRE 3De septembre à décembre, les artistes invitésdans le cadre des spectacles vivants puisèrentdans les fonds pour révéler au public lessources, connivences et filiations qu’ilsentretiennent avec d’autres créateurs. AinsiOlivier Cadiot, A<strong>la</strong>in Buffard, Mathilde Monnier,Raimund Hoghe saisirent l’occasion de nousdire pourquoi tels films, tels documents, tellesarchives occupaient leur esprit, nourrissaientleur travail… La rencontre entre PatriciaFalguières et A<strong>la</strong>in Buffard resta un momentfort de cette programmation.Mais, c’est sans doute l’artiste cubaine TaniaBruguera qui inventa, avec son projet IPDétournement, le Voir/Revoir le plus intrigant. Du8 au 13 décembre, elle mit en question, à partirde <strong>la</strong> collection Nouveaux médias du MNAM/CCI,les modes de diffusion, de réception etd’appropriation des œuvres vidéo.LA PROGRAMMATIONDES SPECTACLES VIVANTSInterroger les pratiques et les territoiresdes arts de <strong>la</strong> scène, promouvoir les écriturescontemporaines les plus innovantes, explorerles formes hybrides de <strong>la</strong> création, tels sont lesenjeux de <strong>la</strong> programmation de spectaclesvivants au <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>, conçue par SergeLaurent, chef du service des Spectacles vivantsau sein du département du développementculturel, dirigé par Bernard Blistène.En 2010, une trentaine de spectacles et concertsont été proposés en grande salle. Autant deprojets chorégraphiques, théâtraux et musicauxqui témoignent du foisonnement de <strong>la</strong> créationcontemporaine.Les spectacles vivants ont contribuéen 2010 à <strong>la</strong> première édition des Rendez-vousdu Forum saisissant ainsi l’occasion d’explorerdes propositions nouvelles et d’inaugurerdes dispositifs innovants (voir ci-dessusLa programmation des spectacles vivantss’articule autour de deux axes majeurs :affirmer une ligne artistique c<strong>la</strong>irementidentifiée en accompagnant des artistes de <strong>la</strong>scène française et internationale ; repérer etpromouvoir des propositions artistiquesnouvelles qui viennent nourrir et enrichircette démarche.En 2010, les Spectacles vivants ont ainsipoursuivi leur col<strong>la</strong>boration avec leschorégraphes Anna Halprin, Herman Diephuis,Rachid Ouramdane, C<strong>la</strong>udia Triozzi, A<strong>la</strong>inRaimund Hoghe. Pour le théâtre, les metteursen scène Philippe Quesne, Sophie Perezet Xavier Boussiron, Ludovic Lagarde et <strong>la</strong>compagnie britannique Forced Entertainmentont été accueillis.2010 a également été l’occasion d’inviter denouveaux artistes. Le public a ainsi pu découvrirles chorégraphes Bouchra Ouizguen, Kate MacIntosh et Miguel Gutierrez, <strong>la</strong> compagnie dethéâtre L’A<strong>la</strong>kran, ainsi qu’une jeune artistede <strong>la</strong> mode, Andrea Crews.La programmation musicale se caractérisepar sa diversité et son ouverture.En 2010, <strong>la</strong> musique contemporainea ainsi été <strong>la</strong>rgement représentée avecun concert de Gérard Pesson, une soiréeTremplin-Cursus 2 de l’Ircam ainsi qu’unconcert de l’Ensemble intercontemporain.© Anne Collod / Anna Halprin «Parades and changes, rep<strong>la</strong>ys»Concernant les musiques actuelles,<strong>la</strong> 4 e édition de Tour de France a étél’occasion de découvrir les jeunes FrançaisFrançois, Vale Poher et Tender Forever.En septembre, le <strong>la</strong>bel britannique Ninja Tunefêtait ses vingt ans. In famous Carouselproposait en novembre un programme dédié auxmusiciens performeurs. Enfin, le publica également pu découvrir The ViennaVegetable Orchestra, These New Puritansou encore le groupe mythique The Residents.LA PROGRAMMATIONDES CINÉMASPrésenter le travail de cinéastes qui fontœuvre d’expérimentation et de prospection,inviter le cinéma à sortir de <strong>la</strong> salle, imaginerdes rendez-vous et des dispositifs neufset singuliers, c’est avec un tel programme que<strong>la</strong> programmation préparée par le service desCinémas du département du développementculturel, dirigé par Sylvie Pras, a su transformeret étendre son champ d’action.En s’intéressant particulièrement à <strong>la</strong>fabrication du film en tant qu’œuvre, le <strong>Centre</strong><strong>Pompidou</strong> affirme une identité unique enmatière de cinéma et se présente ainsi commele lieu incontournable de cet art, envisagédepuis sa création jusqu’à sa diffusion.Plus de 30 000 personnes ont suivi cetteaventure en 2010.SINGAPOUR, MALAISIE : LE CINÉMA !16 décembre 2009 - 1 er mars 2010Avec «Singapour, Ma<strong>la</strong>isie : le cinéma !»,le <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong> convie le spectateurà appréhender <strong>la</strong> nécessité de repenser <strong>la</strong>géographie de <strong>la</strong> création cinématographiquecontemporaine. Plus de cinquante longsmétrages dont de nombreux inédits, centvingt-quatre séances, deux conférences, unequinzaine de cinéastes et personnalités invités(parmi lesquels Eric Khoo, Amir Muhammaddeux mois et demi durant, fait battre le cœurdes salles à l’heure du cinéma asiatique.


133 CHAPITRE 3Takeshi Kitano dansSonatine, mélodiemortelle, 1993© Bandai Visual, Shochiku Co.,Ltd. / Studio Canal, TamasaDistribution – Collection TCDHORS PISTES, UN AUTRE MOUVEMENTDES IMAGES21 janvier 2010 - 6 février 2010Depuis son origine, Hors Pistes se passionnepour <strong>la</strong> variété des formes que l’image revêtaujourd’hui. Pour donner p<strong>la</strong>ce à ces multiplescréations, <strong>la</strong> manifestation a occupé le niveau-1du <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>, ses salles de cinémacomme son espace d’exposition. Les projectionsen salle ont présenté une sélectiondélibérément plurielle des imagescontemporaines représentatives desexpérimentations les plus passionnantes del’année écoulée, tandis que l’espace d’expositiondéclinait une thématique autour du sport.Performances, instal<strong>la</strong>tions et écrans deprojection ont proposé une lecture du sporttantôt mis en scène, tantôt détourné de sesfonctions.Hors Pistes, résolument pluridisciplinaire, aréuni 90 films, des performances et instal<strong>la</strong>tionsinternationales et a connu une fréquentationaccrue.TAKESHI KITANO, L’ICONOCLASTE11 mars 2010 - 26 juin 2010Artiste multicartes, Takeshi Kitano a autanttravaillé pour <strong>la</strong> télévision que pour le cinéma.Parallèlement à l’exposition «Beat TakeshiKitano, Gosse de peintre» proposée à <strong>la</strong>Fondation Cartier, qui mettait en valeur l’œuvregraphique de l’artiste, cette rétrospective de40 films, pour moitié inédits, est <strong>la</strong> pluscomplète jamais réalisée à ce jour. TakeshiKitano l’a inaugurée dans <strong>la</strong> grande salle, lorsd’un master c<strong>la</strong>ss exceptionnel en compagniel’ont accompagné au fil de séances : AgnèsVarda, Dominique Gonzalez-Foerster et AngePascal Rambert, Michel Ciment et bien d’autres.BEAUBOURG, LA DERNIÈRE MAJOR !4 novembre 2010 - 14 novembre 2010Imaginé par le cinéaste Serge Bozon,en col<strong>la</strong>boration avec Pascale Bodet, dansle cadre des Rendez-vous du Forum, Beaubourg,<strong>la</strong> dernière Major !, s’est tenu au niveau -1du <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong> Pendant dix jours,Serge Bozon a investi le <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>et revisité cent ans de cinéma français avec <strong>la</strong>complicité d’acteurs du septième art, d’artisteset de créateurs contemporains. (V. chapitre 2,LES RENCONTRES INTERNATIONALESPARIS / BERLIN / MADRID26 novembre 2010 - 4 décembre 2010Espace de découverte et de réflexion sur lelien entre nouveau cinéma et art contemporain,ces rencontres ont proposé 30 projections,chacune construite autour d’un sujet ou d’unethématique transversale à différents genres etpratiques audiovisuelles. Cette année uneexposition vidéo et multimédia est venue s’ajouteraux séances en salle : «re:made», dédiée auxnotions de relecture et de réinterprétation.WERNER SCHROETER, LA BEAUTÉINCANDESCENTE2 décembre 2010 - 22 janvier 2011Le public du <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong> a pu, pour <strong>la</strong>première fois dans le monde, accéder à unerétrospective intégrale de l’œuvre de Werner


LE CENTRE POMPIDOU EN 2010 / BILAN D’ACTIVITÉ 134 135 CHAPITRE 3Schroeter, grâce à <strong>la</strong> restauration de ses filmset à <strong>la</strong> redécouverte de douze inédits. Quaranteinvités, comédiens, col<strong>la</strong>borateurs, critiques etproches, parmi lesquels Carole Bouquet, IngridCaven, Isabelle Huppert, Bulle Ogier et PascalGreggory ont rendu hommage au cinéaste,décédé en avril 2010. Ils ont ainsi superbementcontribué à mieux le donner à connaître etcomprendre. La rétrospective a été conçue encol<strong>la</strong>boration avec le Festival d’Automne à Paris,le Filmmuseum München et de l’Eye FilmInstitute Nether<strong>la</strong>nds.LA PROGRAMMATIONDE PAROLELe cœur de <strong>la</strong> mission du service de <strong>la</strong> Paroledu département du développement culturel,en contact <strong>la</strong> pensée et <strong>la</strong> création, à donner unaccès supplémentaire aux œuvres, aux objets età leurs auteurs, mais aussi à susciter <strong>la</strong>réflexion sur les modes de réception des artsvisuels, sur leur interface avec <strong>la</strong> sociétéactuelle, sur leur contexte d’origine tout autantque sur leurs effets.Né de <strong>la</strong> fusion du service des Revues parlées etdu service des Forums de société, rattachéstous deux au département du développementculturel, le nouveau service de <strong>la</strong> Parole estentré en activité le 1 er février 2010. Sa créationdécoule des nécessaires remises en perspectiveet redéfinitions auxquelles devait se confronter,à ce moment de son histoire, <strong>la</strong> parole au seindu <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>.S’affirme ainsi en premier lieu <strong>la</strong> volonté demarquer un accent plus net sur les arts visuelset, plus <strong>la</strong>rgement, sur <strong>la</strong> culture visuellecontemporaine. Sous ce terme de «culturevisuelle» il est désormais convenu de rangernon seulement les arts p<strong>la</strong>stiques dans leuracception <strong>la</strong> plus <strong>la</strong>rge (incluant l’architecture,les modes de visualisation (les imagesnumériques, l’imprimé, les films, <strong>la</strong> télévision,des artistes et se retrouvent de plus en plussouvent mis à contribution, moyennant diversesréinventions, dans leurs œuvres. C’est à cechamp é<strong>la</strong>rgi de <strong>la</strong> visualité que s’attache <strong>la</strong>programmation du service de <strong>la</strong> Parole.Par «visualité», on entend désigner icice qu’il y a de culturel dans <strong>la</strong> vision.À l’interrogation sur <strong>la</strong> dimension visuellede <strong>la</strong> culture répond en effet logiquementun questionnement de <strong>la</strong> dimension culturellede <strong>la</strong> fonction du regard. Ce faisant,le programme de l’histoire de l’art en tant quediscipline – apprendre à voir – ne se trouvepas tant modifié que tout simplement appliqué,ne serait-ce qu’à titre expérimental, prospectif,et ce<strong>la</strong> selon une ouverture nouvelle etpotentiellement infinie, sans limitation del’enquête à l’histoire des styles artistiques,à <strong>la</strong> biographie des artistes ou aux catégoriesplus ou moins reçues des beaux-arts dansleur version moderne.Si l’art, selon le mot célèbre de Paul Klee,ne rend pas seulement le visible, mais,beaucoup plus fondamentalement, rend visible,il existe donc quelque chose comme une histoireartistique de <strong>la</strong> vision, une esthétique du regarddont <strong>la</strong> portée, par-delà les seules œuvres d’art,concerne tout un chacun dans sa capacité àappréhender les apparences. Le service de <strong>la</strong>Parole, par <strong>la</strong> diversité des intervenants qu’ilconvoque, tente de rendre sensible le feuilletécomplexe que suppose <strong>la</strong> construction visuelledu monde contemporain.Les artistes demeurent à cette fin une <strong>ressource</strong>primordiale et ils sont régulièrement sollicitésafin de restituer les multiples procédures parlesquelles s’é<strong>la</strong>borent leurs modèles de réalitévisuelle. D’où une présence accrue descréateurs d’aujourd’hui dans <strong>la</strong> programmationde <strong>la</strong> Parole, <strong>la</strong>quelle vise en même temps à lesp<strong>la</strong>cer en situation de rencontre et d’échangeavec de nombreux autres acteurs de <strong>la</strong> cultureet du savoir.Que ce soit au travers de séances singulières(table ronde autour de Lucian Freud ; entretienavec Gabriel Orozco ; examen de <strong>la</strong> situationculturelle en Iran, en compagnie notammentd’Abbas Kiarostami ; conférence de l’architecteHenri Gaudin sur «<strong>la</strong> ville et le travail dunégatif» ; hommage à Louise Bourgeois,disparue le 31 mai 2010 ; rencontre avecSaâdane Afif, prix Marcel Duchamp 2009 ;retour sur Walter Benjamin et son importancepour <strong>la</strong> photographie contemporaine ;réflexion sur le travail de l’historien de l’artavec Georges Didi-Huberman, ou sur le marchéde l’art avec Annie Cohen-So<strong>la</strong>l à propos de LeoCastelli ; débat franco-américain sur l’œuvrethématiques (onze rendez-vous avec artisteset acteurs du monde de l’art en contrepointou de colloques (colloque international consacréun même souci d’analyse et de synergie persisteainsi tout au long de l’année 2010.Les lectures au musée se sont poursuiviesà l’occasion de elles@centrepompidou, et <strong>la</strong>parole a également été donnée au cinémaRancière comme grand témoin, actualité deLes séances «Parole de chorégraphe»ont quant à elles accueilli Lia Rodrigueset Faustin Linyeku<strong>la</strong>.Poursuivant <strong>la</strong> formuledu «Selon», qui donne carte b<strong>la</strong>ncheà un invité prestigieux, le philosophe etsociologue des sciences Bruno Latour a proposéun cycle de huit séances réunissant, sousl’intitulé «Éloquences et démonstrations»,artistes, scientifiques et historiens de <strong>la</strong> culture.Au second semestre, c’est le paysagisteGilles Clément qui, en sept séances, s’estpenché sur le «jardin p<strong>la</strong>nétaire», conviantde nombreux invités de tous horizonsà débattre avec lui des questions qui sont audémenti, a donné suite en dix séances à sonEncyclopédie des guerres (V. chapitre 3,Le public des débats et conférences autourdu graphisme et du design a égalementconfirmé par une présence nombreuse <strong>la</strong>pertinence de tribunes régulières telles que«Graphisme en revue» et «Design au banc».Après le colloque VIA Design 3.0 du 18 janvier,«Design au banc» a abordé l’actualité dua été convié à présenter son travail et sonexposition en cours. Cinq séances ont étéconsacrées au graphisme et ont permisd’entendre le grand designer graphiqueet historien Richard Hollis ou encore StefanSagmeister, enfant terrible du graphismeet créateur d’images au destin p<strong>la</strong>nétaire.Enfin se sont poursuivis, en col<strong>la</strong>borationavec <strong>la</strong> Bpi, le cycle «Écrivains à l’écran/Relireavec» ainsi que le cycle «Regards critiques»avec Bernard Eisenschitz pour <strong>la</strong> série«Ceci n’est pas… un documentaire» et CaroleDesbarats pour sa série «Autre chose ?Le cinéma dit-il autre chose ?».


LE CENTRE POMPIDOU EN 2010 / BILAN D’ACTIVITÉ 136 137 CHAPITRE 3L’IRCAM :PROJETS SINGULIERSET DÉMOCRATISATIONl’endroit où se forment à de nouveauxSingu<strong>la</strong>rité des prototypes créés dans les<strong>la</strong>boratoiresLa recherche est associée au CNRS au seinl’Institut des sciences informatiques et dethématique interdisciplinaire sur les scienceset technologies de <strong>la</strong> musique et du son.En 2010, l’UMR a été rejointe par l’universitéLes équipes pluridisciplinaires etinternationales participent aux projets sur lesthèmes de l’acoustique musicale (acoustiqueinstrumentaire, espaces acoustiques etde l’analyse et de <strong>la</strong> synthèse des sons, desreprésentations musicales, de l’analysedes pratiques musicales et des interactionsmusicales en temps réel. L’AERES(Agence d’évaluation de <strong>la</strong> recherchele <strong>la</strong>boratoire et lui attribué <strong>la</strong> meilleurenote possible : A +.Dissémination de nouveaux outilsL’Ircam se caractérise par sa culturedu développement et de <strong>la</strong> valorisationtechnologique. Le <strong>la</strong>boratoire produit ainsides outils de création, spécifiques au travailde chaque compositeur, aujourd’hui destinésà des professionnels de <strong>la</strong> musique et du son,auprès desquels ils deviennent desréférences. Après le succès du <strong>la</strong>ngagede programmation MAX issu de l’Ircam quiconstitue un environnement graphiquede programmation musicale pour le MIDI(le Musical Instrument Digital Interfaceest un protocole de communication entreinstruments de musique électronique et<strong>la</strong>rgement dans <strong>la</strong> création audio et vidéo,l’Ircam a <strong>la</strong>ncé en 2010 les IRCAM TOOLS,nouvelle collection de logiciels insérables,compatible avec les différents formats deséquenceurs et systèmes de production audioqui vise le marché de <strong>la</strong> productionprofessionnelle audio. Cette première éditioncomporte un ensemble de modules autour dedeux fonctions principales : TRAX, traitementaudio, adapté notamment à <strong>la</strong> transformationde voix et l’hybridation de sons ; SPAT,fonctions avancées de spatialisation sonore.Ces recherches participent à <strong>la</strong>transformation de <strong>la</strong> scène du spectaclevivant, aux métamorphoses de <strong>la</strong> voix et del’espace. Créée au festival d’Avignon avant sareprise au <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong> et en tournéedans toute <strong>la</strong> France, <strong>la</strong> pièce Un mage en étéd’Olivier Cadiot, mise en scène par LudovicLagarde, opère ainsi un important travail detransformation de <strong>la</strong> voix. Transformer lescaractéristiques identitaires de <strong>la</strong> voix tellesque <strong>la</strong> taille, l’âge ou le genre, étendre lesregistres vocaux de l’acteur LaurentPoitrenaux pour amplifier sa paletted’expression sont autant de perspectives donts’est emparé Olivier Cadiot avec succès.La tragédie du roi Richard II de WilliamBaptiste Sastre lors de ce même festival, aété l’occasion d’une plongée en espacesonore avec un nouveau système de diffusionutilisée pour le renfort des voix enexploitant <strong>la</strong> possibilité de co-localiser leuramplification, occasionnellement pourdép<strong>la</strong>cer virtuellement les sources sur scèneet participer à cette portée en espace sonore.Dans le domaine purement musical, <strong>la</strong>création des Sept Paroles de Murail est <strong>la</strong>tentative de fusionner un grand chœur, deschœurs virtuels, l’orchestre et <strong>la</strong> synthèseélectronique pour une fresque de grandeenvergureSingu<strong>la</strong>rité et diversité des formatstravaillés et des esthétiquesL’instal<strong>la</strong>tion immersive Grainstick, destinéeau grand public, a été présentée à <strong>la</strong> Cité des


LE CENTRE POMPIDOU EN 2010 / BILAN D’ACTIVITÉ 138 139 CHAPITRE 3Il s’agit d’un dispositif proposant àl’utilisateur d’interagir de manière intuitive etintelligente avec un environnement sonore etvisuel, imaginé par deux artistes : leRaphaël Thibault. Issue des recherches depointe, Grainstick transforme un prototypetechnologique en un espace sensible pour lepublic. L’utilisateur découvreprogressivement une complexitéinsoupçonnée et traverse des scènes sonoresspatialisées en mettant en vibration unmonde organique.Singu<strong>la</strong>rité de <strong>la</strong> création émergenteet itinérance des œuvresLa présence renforcée de l’Ircam dans lechamp du débat scientifique, esthétique etsociétal, réunissant d’éminents protagonistesde plusieurs disciplines (musique, littérature,l’originalité de son festival Agora.En 2010, sous l’intitulé «Prototypes», l’Ircamexpose cette singu<strong>la</strong>rité dans un festival despremières fois avec un scénario faitd’innovations et de ruptures, une histoire deprototypes aux répercussions inattendues.<strong>la</strong>ngue de Heiner Muller, de Sarkisréintroduisant le hasard perdu dansRoaratorio de Cage. Prototype et rêve d’unthéâtre de lumières et d’un c<strong>la</strong>vier desensations chez Gérard Pesson, premièremonumentale de Tristan Murail mê<strong>la</strong>nt grandorchestre, chœurs réels et virtuels. Cesproductions connaîtront une <strong>la</strong>rge diffusion,sur le territoire français et à l’international.Singu<strong>la</strong>rité et démocratisation de <strong>la</strong>transmission des pratiques et des savoirsEn 2010, l’Ircam s’est associé à l’Écolesupérieure des Beaux-arts du Mans et àl’École nationale supérieure de créationindustrielle, pour <strong>la</strong>ncer une filière DesignSonore sur le site du Mans. Les chercheursde l’équipe Perception et Design sonores del’Ircam seront chargés des enseignements etparticiperont activement à l’accompagnementdes projets des étudiants, en lien avec desétudes de cas menées avec les industriels.Grâce à ce partenariat, l’Ircam devient partieprenante de <strong>la</strong> première formationsupérieure diplômante et qualifiante dans cesecteur d’activité. Cet enseignement est unaboutissement des projets menés parl’équipe. Sa méthodologie démarre par unephase d’analyse perceptive des phénomènessonores afin d’établir des connaissances surles mécanismes perceptifs associés à <strong>la</strong>description, à l’identification et à <strong>la</strong>signification des sons du quotidien. Elle sepoursuit par une phase de création, puis devalidation, définissant un processus global dedesign sonore. L’équipe a ainsi col<strong>la</strong>boré avecRenault à <strong>la</strong> sonification de sa gamme devéhicules électriques, réalisation présentéeau Salon de l’Automobile en octobre 2010.L’Ircam tente, à travers plusieurs projetspilotes, d’affirmer ses ambitions nouvellespour l’éducation artistique qui fassent touteleur p<strong>la</strong>ce à des pédagogies innovantesreliant les savoirs et l’expérience sensible,<strong>la</strong> pratique et les connaissances, de nourrirces problématiques et de les partager avecd’autres dans des processus de diffusionet de travail en réseaux originaux. L’année2010 aura été particulièrement riche,avec <strong>la</strong> sortie de <strong>la</strong> p<strong>la</strong>teforme Les ateliersde <strong>la</strong> création et le développement du conceptdans trois régions.Initiés par l’Ircam et le <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>Les ateliers de <strong>la</strong> création proposent à desélèves de lycées professionnels, éloignésdu monde de l’art, une plongée au cœur de <strong>la</strong>création en abordant conjointement les artsvisuels, ceux du son et les nouvellestechnologies pour <strong>la</strong> création (V. chapitre 1«Des médiations pour tous les publics -L’élève explore une œuvre p<strong>la</strong>stique desemaines en semaines, dépasse saperception spontanée pour décrypter lesmatériaux et les processus de création,acquiert un vocabu<strong>la</strong>ire spécifique,s’approprie les techniques de prise de sonet de studio afin de créer lui-même unescène sonore. Par cette progression, il estcapable de devenir le médiateur des œuvres,à l’occasion d’une restitution publique.Après un appel <strong>la</strong>ncé en mai 2010, quatreprojets en Aquitaine, Bretagne et Rhône-Alpes ont été sélectionnés pour réaliserdurant l’année sco<strong>la</strong>ire 2010-2011 desAteliers de <strong>la</strong> création en région.


LE CENTRE POMPIDOU EN 2010 / BILAN D’ACTIVITÉ 140141 CHAPITRE 3LA PRODUCTIOND’ŒUVRESLa participation à <strong>la</strong> production d’œuvres constitueune orientation nouvelle pour le <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>, qui répondà <strong>la</strong> nécessité, exprimée par les axes stratégiques 2007-2012,de refonder <strong>la</strong> re<strong>la</strong>tion de l’institution avec les artistes.LES PRODUCTIONS INITIÉESPAR LE DÉPARTEMENTDU DÉVELOPPEMENT CULTURELAvec une ampleur et une acuitéencore plus affirmées, le départementdu développement culturel aura apportésa contribution à <strong>la</strong> production d’œuvresprofondément contemporaines, notammentdans le domaine des spectacles vivantsqui ont poursuivi en 2010 leur politiquede coproduction d’œuvres.En s’associant avec des partenaires français(notamment le Festival d’Automne à Paris<strong>Pompidou</strong> a ainsi coproduit treize projetsde danse, de théâtre et de musique quiont fait l’objet d’une diffusion nationale etinternationale. (V. chapitre 2, «La circu<strong>la</strong>tionLe service de <strong>la</strong> Parole a poursuivi en 2010 lecycle Encyclopédie des guerrespublic quelques résultats de l’é<strong>la</strong>boration encours de son Encyclopédie des guerres. Lectureillustrée d’extraits de films, de bandes sonoreset de documents variés, at<strong>la</strong>s en pop up,performance au cours de <strong>la</strong>quelle chaqueentrée est commentée et réécrite en direct,cette encyclopédie d’un genre inédit emprunteaux procédures de l’art contemporain, de <strong>la</strong>littérature et de <strong>la</strong> critique afin de produire cequi s’identifie bel et bien à une œuvre en train dese faire, à <strong>la</strong> fascinante singu<strong>la</strong>ritéEn 2010, dans le cadre de Beaubourg,<strong>la</strong> dernière Major !, Serge Bozon a réalisé sondernier film de moyen-métrage, L’Imprésario,écrit par Axelle Ropert, avec Laure Marsacet Thomas Chabrol, ainsi que certainsdes plus prestigieux invités de l’événement.Coproduit par le <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>, avec CinéCinéma et Camera Lucida, le film a été tournéen direct et en public, utilisant <strong>la</strong>rgementet avec succès les moyens techniqueset humains de l’institutionLA PRODUCTIONAUDIOVISUELLELa délégation à l’action culturelletrès dense en 2010 qui s’est développéeselon plusieurs axes :programmation du <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong> et le<strong>la</strong>ncement du <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>-Metz ;contemporaine fondés sur <strong>la</strong> collection duMusée national d’art moderne et mettant envaleur ses « icônes » afin de conforter les actionsengagées en vue de donner davantagede visibilité à <strong>la</strong> collection permanente,dans le cadre notamment de <strong>la</strong> nouvellepolitique de développement touristique ;contemporains dans le cadre des expositions ;partenaires du <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong> et aux réseauxsociaux, ainsi que des captations filméesde plus de soixante évènements.Près de 100 films ont ainsi été produits,de format divers en fonction de leur contenuou de leur diffusion : en préparation du <strong>Centre</strong><strong>Pompidou</strong> virtuel, de l’application iPhonedu <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>, pour <strong>la</strong> télévision, surdes sites internet, sur Dailymotion, Facebook… :73 films de 1,30 à 8 min. ; 7 documentairesde 26 min., 3 films de 52 min.


LE CENTRE POMPIDOU EN 2010 / BILAN D’ACTIVITÉ 142La coproduction de ces nombreux programmesaudiovisuels a été rendue possible grâce auxpartenariats avec le ministère de l’Éducationle <strong>Centre</strong> national de documentation pédagogiqueFrance télévisions, Arte, Artelive web, Curiosphèreet Dailymotion.LE CENTRE POMPIDOU SUR IPHONE Hanuman, 2010. Photographie peinte.LE PROJET D’EXPOSITION«PARIS-DELHI-BOMBAY…»Le projet d’exposition « Paris-Delhi-Bombay… »qui doit se tenir au <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong> du 25 mai au19 septembre 2011, a l’ambition d’inviter àdécouvrir <strong>la</strong> société indienne contemporaine àtravers les regards croisés d’artistes p<strong>la</strong>sticiensindiens et français. Fondé sur une col<strong>la</strong>borationinédite entre l’Inde et <strong>la</strong> France, cet événement apour ambition de générer des échanges et de tisserdes liens durables entre les deux cultures. Sous <strong>la</strong>forme d’une confrontation unique d’expressionsartistiques, ce projet d’un genre nouveau, rangéau nombre des projets stratégiques de l’institution,se nourrit des expériences et des visions descréateurs : comment l’Inde d’aujourd’hui est-elleperçue par les artistes indiens et par les artistesfrançais ? Dans le cadre de ce projet d’exposition,un nombre important de projets de productiond’œuvres nouvelles ont été engagés : les piècesspécialement produites pour l’expositionreprésenteront les deux tiers des œuvresprésentées, une proportion inhabituellementélevée pour une exposition muséale, qui traduitégalement, pour le <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>, des modesopératoires inédits. Dans ce cadre, l’artiste indienen 2010 « The Scene of Crime » une instal<strong>la</strong>tionfilmique dont le cadre est l’État de l’Orissa.Elle s’inscrit dans le cadre d’un travail en coursde l’artiste intitulé « The Sovereign Forest ».Ce dernier a été <strong>la</strong> cible de spécu<strong>la</strong>tions de <strong>la</strong> partd’exploitants industriels, mettant en périll’équilibre écologique et menaçant les popu<strong>la</strong>tionsrurales. Il donne à voir essentiellement desimages paisibles, des champs, des forêts, maisaussi une pierre dressée qui évoque unmémorial… L’arbre est un thème récurrent,symbole de <strong>la</strong> vie, du temps qui s’écoule,menacé, à très court terme, de disparition.


Pour compenser <strong>la</strong> progressionconstante des charges de structureet assurer son développement dansle contexte de financements publicsdurablement contraints, le <strong>Centre</strong><strong>Pompidou</strong> a engagé un effort sansprécédent de redressement financier.2010 marque une annéede consolidation de cet effort :en effet, les recettes propres defonctionnement * ont continué deprogresser, alors même que <strong>la</strong>fréquentation des expositionstemporaires ne bénéficiait plusde <strong>la</strong> dynamique engendrée par lesexpositions-phares de 2009. Cetteconsolidation des recettes proprestraduit le succès durable du p<strong>la</strong>nde dynamisation engagé dès 2008.* hors recettes liées aux acquisitions d’œuvres d’artLe <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>Photo G. Meguerditchian© <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>


LE CENTRE POMPIDOU EN 2010 / BILAN D’ACTIVITÉ 146147 CHAPITRE 4LE SUCCÈS DU PLANDE DYNAMISATION DESRESSOURCES PROPRESDepuis <strong>la</strong> réouverture en 2000, l’impossibilité de couvrir <strong>la</strong>totalité des charges de structure grâce aux subventions del’Etat implique que <strong>la</strong> totalité de <strong>la</strong> production culturelle –ainsi qu’une part croissante des charges fixes – sontautofinancées par le développement des <strong>ressource</strong>s propres.Le p<strong>la</strong>n de dynamisation des <strong>ressource</strong>spropres comprend plusieurs voletscorrespondant aux différents postes derecettes, de <strong>la</strong> billetterie aux produits financiers,sur lesquels l’établissement a entrepris d’agirafin de les développer. Il ne tend pas à créer desrecettes nouvelles correspondant audéveloppement d’activités nouvelles maisà optimiser l’ensemble des postes des recettespropres afin que les activités de l’établissementproduisent <strong>la</strong> meilleure contribution possibleà ces recettes. Les objectifs de recettes définisdans le p<strong>la</strong>n de développement des <strong>ressource</strong>spropres sont ajustés chaque année et inscritsau budget primitif. Ces objectifs font l’objetd’un suivi, mois après mois, en contrôle degestion et d’une information régulière de <strong>la</strong>présidence et de <strong>la</strong> direction générale.0n constate en 2010 une légère baisse des<strong>ressource</strong>s propres par rapport à 2009, même sile total représente encore un niveau très élevé,soit 29,6 millions d’euros. Cette baisse est liéeexclusivement au retour à <strong>la</strong> normale des recettesde mécénat pour acquisitions, après le chiffreexceptionnel de 2009 lié à l’aide consentie parPierre Bergé pour l’acquisition du « Revenant »de Giorgio de Chirico. Si l’on neutralise cet effet,les <strong>ressource</strong>s propres progressent de2,4 millions d’euros de 2009 à 2010.Le mécénat dédié aux projets stratégiques,les <strong>ressource</strong>s d’ingénierie culturelle, liéesnotamment à <strong>la</strong> montée en puissance du projetdu Louvre Abou Dabi, et le succès desexpositions hors les murs présentéespar le <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong> à travers le monde,connaissent une forte hausse.Pour répondre à cet impératif, un p<strong>la</strong>n de dynamisation des<strong>ressource</strong>s propres a été défini en 2007. La mise en œuvre dece p<strong>la</strong>n a permis d’augmenter ces <strong>ressource</strong>s de près de 50%en quatre ans.ÉVOLUTION DES RESSOURCES PROPRES 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010Billetterie 10,5 8,9 9,1 10,1 11,2 14,7 12,7Éditions - Produits dérivés 2,4 2,5 2,1 2,2 2,1 3,3 3,4Itinérances d’expositions 1,2 0,8 1,2 1,1 1,0 1,4 3,1Ingénierie culturelle (LAD) 0,1 1,4Mécénat sur programmes 0,3 1,1 1,5 0,7 1,0 1,4 1,4Mécénat projets stratégiques 1,0( a ) 2,1 ( b )Mécénat pour acquisitions 0,4 1,8 1,4 1,3 2,0 3,6 1,5Locations d’espaces 1,2 0,8 1,2 1,5 1,3 1,5 1,4Concessions 2,8 2,3 2,3 2,6 3,2 3,0 2,4Produits financiers 0,4 0,3 0,4 0,6 1,3 0,1 0,1Total <strong>ressource</strong>s propres 19,2 18,5 19,2 20,1 23,1 30,1 29,6a) Dont 0,7 M€ de mécénat de compétence. b) Dont 0,2 M€ de mécénat de compétence.


LE CENTRE POMPIDOU EN 2010 / BILAN D’ACTIVITÉ 148 149 CHAPITRE 4Depuis <strong>la</strong> mise en p<strong>la</strong>ce en 2007 du p<strong>la</strong>nde dynamisation des <strong>ressource</strong>s propres, lesdomaines d’activités de l’établissement qui ontcontribué plus particulièrement à <strong>la</strong> croissanceremarquable de 50 % en quatre ans sont leséditions (+55%), le mécénat (+160%) et lesitinérances d’expositions (+155%).1. LE DÉVELOPPEMENTDES ÉDITIONS DU CENTREPOMPIDOU (3,4 MILLIONSD’EUROS EN 2010)Les éditions du <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong> sontreconnues depuis <strong>la</strong> création de l’établissementpour <strong>la</strong> qualité de leurs publications. Si certainscatalogues ont été de vrais best-sellers en 2010(Sou<strong>la</strong>ges, Lucian Freud…), d’autres se sontdurablement installés comme des ouvrages deréférence sur des sujets quelquefois dé<strong>la</strong>isséspar les éditeurs privés (De Stijl, Chagall etl’avant-garde russe…).Les albums qui accompagnent toutes lesexpositions en Galerie 1 et Galerie 2 sontdorénavant de grands succès et font partie desmeilleures ventes de livres d’art en France.L’exposition Sou<strong>la</strong>ges est l’illustration de cettevitalité avec <strong>la</strong> vente de près de 40 000 albums.Près d’un visiteur sur 10 aura ainsi acheté uneproduction des éditions du <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>(catalogue ou album), un ratio exceptionnel.Le dispositif éditorial autour des expositionss’est par ailleurs enrichi en 2010 d’une nouvellesérie d’écrits d’artistes publiés à l’occasion degrandes expositions : Quelques réflexions sur <strong>la</strong>peinture de Lucian Freud, Écrits français etRéalité naturelle et réalité abstraite de PietMondrian, trois premiers titres qui permettentde mettre en valeur des témoignagesimportants, quelquefois inédits.L’année 2010 a également été l’occasion dedévelopper les publications sur certains fondsdu <strong>Centre</strong>, permettant de mettre en valeur despans souvent méconnus de <strong>la</strong> collection ainsique le travail des conservateurs. Ainsi, Man Ray,Paris-Hollywood-Paris, magnifique ouvrageproposant près de 500 portraits effectués par lecélèbre photographe, met en valeur un fondsexceptionnel et méconnu puisqu’il se composepour une très <strong>la</strong>rge part de négatifs, qui ne sontpas exploitables en dehors d’un projet éditorial.Plusieurs pays en ont acheté les droits.Le jeune public bénéficie désormais de lignesde produits diversifiées. Trois nouvelles sériesont été <strong>la</strong>ncées en 2010. Des cahiers d’activitésautour de l’univers d’un créateur (Mon artisteà moi), de techniques (C’est tout un art ! ) oucomme prolongement éditoriaux des Ateliersdes enfants (Comme à l’atelier), imaginés avec<strong>la</strong> complicité des artistes eux-mêmes, ontpermis de donner une nouvelle visibilité àcertaines œuvres des collections et à certainesactivités de l’établissement.Avec 48 titres publiés contre une trentaine lesannées précédentes, les éditions du <strong>Centre</strong><strong>Pompidou</strong> témoignent de leur ambition d’êtreplus que jamais un acteur de référence dansle secteur de l’art moderne et contemporainen cohérence avec les missions du <strong>Centre</strong>et dans le prolongement de ses actions.Dans le cadre du développement des produitsdérivés, portant notamment sur <strong>la</strong> collection duMusée national d’art moderne, certains artistesdont les œuvres y sont présentées ont étéENTRETIENAVEC XAVIER VEILHAN- On connaît <strong>la</strong> réticence des artistes àtransposer une de leur œuvre en produitdérivé. Pourquoi avez-vous accepté <strong>la</strong>proposition du <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong> ?Xavier Veilhan : Il y avait quelquesnaissances à venir au sein de mon équipeà l’atelier, ce<strong>la</strong> tombait bien...- Qu’est ce que ce<strong>la</strong> vous fait de voirdes enfants en bas âge avec une œuvrede Xavier Veilhan dans les bras ?X. Veilhan : C’est plutôt une image ou unedéclinaison de cette œuvre qu’ilss’approprient. Ce<strong>la</strong> me réjouit car c’estdans <strong>la</strong> logique de l’histoire de Rhinocéros,devenu une sorte de logo tridimensionnelen entrant dans les collections du musée.- Après le succès de <strong>la</strong> peluche,quel autre produit dérivé aimeriez-vousfaire pour le <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong> ?X. Veilhan : Un jet privé pour tous.- De quel autre artiste aimeriez-vousavoir un produit dérivé ?X. Veilhan : Agnès Martin, Donald Judd,Ad Reinhart, Tony Smith, John Armleder,Cady No<strong>la</strong>nd, Bertrand Lavier, FrançoisCurlet, Le Bernin…Xavier Veilhan, Le Rhinocéros © <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>, © Adagp, Paris, 2011


LE CENTRE POMPIDOU EN 2010 / BILAN D’ACTIVITÉ 150 151 CHAPITRE 4approchés par <strong>la</strong> direction des éditions. Nombred’œuvres sont fortement appréciées desvisiteurs ; parmi celles-ci, le Rhinocéros deXavier Veilhan a été retenu car très identifiableet facilement repérable. L’artiste a accepté quecette œuvre soit adaptée en produit dérivé qui apris <strong>la</strong> forme d’une peluche pour enfants.2. LA NOUVELLEPOLITIQUE DEPARTENARIATS PORTESES FRUITSLE MÉCÉNAT(5 MILLIONS D’EUROS EN 2010)En dehors du mécénat des expositions dontcertaines comme « Mondrian / De Stijl » ont reçule soutien de trois mécènes, le <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>a axé sa stratégie de recherche de fonds sur sesprojets stratégiques (<strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong> mobile,<strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong> virtuel, Studio 13/16),<strong>la</strong>rgement financés par des partenaires privés.Ces projets « différenciants » ont reçu un accueiltrès positif qui a permis d’é<strong>la</strong>rgir le cercle desentreprises partenaires du <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>.Les efforts appuyés du service du mécénat ontégalement permis de fidéliser des mécènes quisoutiennent maintenant régulièrementl’institution.Malgré un contexte économique difficile, le Studio13/16 a ainsi pu ouvrir ses portes en septembre2010 avec une programmation financée tout aulong de l’année 2011 par <strong>la</strong> Fondation EDFDiversiterre, <strong>la</strong> Fondation Jean-Luc Lagardèreet <strong>la</strong> Caisse des dépôts et des consignations.De plus, de nombreux partenariats en natureont profité à <strong>la</strong> programmation et aux actionsde promotion (Mur d’images offert par Samsungdans le Forum, le soutien de Vranken-PommeryMonopole, de Saint C<strong>la</strong>ir Le Traiteur et del’Hôtel Saint James & Albany).LES LOCATIONS D’ESPACES(1,4 MILLION D’EUROS EN 2010)Dans l’objectif de développer <strong>la</strong> prospectionpour accroître les <strong>ressource</strong>s propres, plusieursactions conjuguées ont été mises en œuvre.De nouveaux espaces ont été proposés à <strong>la</strong>location : le triangle de <strong>la</strong> Piazza, l’atelierBrancusi, les nouveaux espaces du Studio 13/16,des Ateliers des enfants et du Salon des amis dumusée.De même, une nouvelle grille tarifaire a étémise en p<strong>la</strong>ce pour les tournages et les prisesde vues photographiques.La création d’un nouveau fichier deprospects avec un é<strong>la</strong>rgissement de <strong>la</strong> cible,le développement de mailings ciblés liés à desévénements ou à des expositions, <strong>la</strong> <strong>la</strong>rgediffusion de <strong>la</strong> p<strong>la</strong>quette commerciale enfrançais et <strong>la</strong> refonte de <strong>la</strong> page de présentationdes locations d’espaces sur le site internetdu <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong> ont également contribuéau développement d’une prospection plusperformante. Néanmoins <strong>la</strong> situationéconomique difficile a pesé sur <strong>la</strong> propensiondes entreprises à organiser des évènementsd’envergure.Par ailleurs, le p<strong>la</strong>n média a été adaptéen fonction de l’offre, avec un financementvia des partenariats médias et l’organisationd’opérations de re<strong>la</strong>tions publiques pourles partenaires.LES ITINÉRANCESD’EXPOSITIONS(3,1 MILLIONS D’EUROS EN 2010)Avec une offre plus diversifiée et uneprospection géographique é<strong>la</strong>rgie, <strong>la</strong> stratégied’itinérance internationale a porté ses fruits.Le montant des recettes a plus que doublé,passant de 1,4 millions d’euros en 2009à 3,1 millions d’euros en 2010.De plus, de nouveaux secteurs de <strong>la</strong> collectiondu Musée national d’art moderne ont étésollicités à l’international comme le cinéma, lesinstal<strong>la</strong>tions ou les nouveaux médias donnantainsi lieu à une nouvelle typologie de projetset permettant un rayonnement mondial accru.De nouveaux partenariats en Europe et enAmérique du Nord ont pris forme : avec <strong>la</strong>Fondation Giannada en Suisse, avec le muséedes Beaux-Arts de Bilbao en Espagne, avec <strong>la</strong>Fondation Teocharakis à Athènes en Grèce, avecl’Art Gallery of Ontario à Toronto au Canada,avec le Seattle Art Museum aux Etats-Unis.


LE CENTRE POMPIDOU EN 2010 / BILAN D’ACTIVITÉ 152153 CHAPITRE 4LA MAÎTRISEDES CHARGESLa maîtrise des charges de fonctionnement représenteun axe fort de <strong>la</strong> nouvelle gouvernance des opérateurs del’État définie par le ministre chargé du Budget le 3 décembre2009, puis confirmée par le Premier ministre dans unecircu<strong>la</strong>ire du 26 mars 2010 consacrée au pilotage stratégiquedes opérateurs de l’État.Sans attendre ces instructions, le <strong>Centre</strong><strong>Pompidou</strong> s’était engagé dans <strong>la</strong> maîtrisede ses charges, rendue d’autant plus nécessaireque, depuis <strong>la</strong> réouverture de l’établissement en2000, <strong>la</strong> subvention pour charge de servicepublic avait progressé nettement moins vite queles dépenses de fonctionnement, imposantqu’une partie de plus en plus importante descharges de structuresoit financée sur les <strong>ressource</strong>s propres(9,9 millions d’euros en 2010).La réduction des charges est donc devenueun impératif pour éviter d’avoir à diminuerd’année en année <strong>la</strong> part des dépenses dédiée à<strong>la</strong> production culturelle, ce qui aurait des effetscatastrophiques pour <strong>la</strong> densité et <strong>la</strong> qualité desexpositions et des activités pluridisciplinairesproposées au public et engagerait les recettespropres, et par conséquent l’établissement,dans une spirale récessive.La mise en p<strong>la</strong>ce en 2010 d’une politique d’achatrénovée, fondée sur les principes mis en œuvreà l’échelon interministériel par le nouveauservice des achats de l’État, a permis de ce pointde vue une meilleure maîtrise des charges enquelques mois. Cette réforme facilitera dès2011, pour <strong>la</strong> première fois dans l’histoire del’établissement, une stabilisation des dépensesde fonctionnement tout en préservant <strong>la</strong> qualitéde <strong>la</strong> programmation, puis une diminutionprogressive, les années suivantes, des coûtsde fonctionnement, hors dépenses d’activités.LA CONSOMMATIONDES CRÉDITSOn constate en 2010 une consommationsatisfaisante des crédits de fonctionnement,soit un taux d’utilisation de 99,64% pour <strong>la</strong>masse sa<strong>la</strong>riale et de 95,2% pour les charges destructure et les dépenses d’activité.Par ailleurs, tous les reports de créditsconstatés fin 2010, soit 4,23 millions d’euros,correspondent à des engagements fermesde l’établissement vis-à-vis de fournisseurs(marchés et bons de commande) qui serontpris en compte en 2011.S’agissant de l’investissement, le taux deconsommation des crédits est passé de65 % l’an dernier à 91% en 2010, à périmètreconstant, c’est-à-dire hors provisionsÉVOLUTION DES CHARGES DE STRUCTUREAnnéebudgétaireMontantdes charges de structure enmillions d’eurosÉvolutionannuelle en %2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 201060,7 62,5 64,7 66,9 70,4 70,7 72,7 76,9 79,6 81,3 82,13,0% 3,5% 3,4% 5,2% 0,4% 2,8% 5,8% 3,5% 2,1% 1,2%


LE CENTRE POMPIDOU EN 2010 / BILAN D’ACTIVITÉ 154pour les grands chantiers qui seront <strong>la</strong>ncés en2011 : rénovation des centrales de traitementd’air du bâtiment principal et construction du<strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong> mobile. En parallèle, le volumedes reports constatés fin 2010, composéuniquement de crédits d’ores et déjà engagés surdes marchés, ne représente plus que 3,4millions d’euros contre 5 millions en 2009.UNE POLITIQUED’ACHAT RÉNOVÉELa réforme de <strong>la</strong> fonction achat a étéé<strong>la</strong>borée en 2009 afin d’améliorer <strong>la</strong>performance de l’établissement dans ledomaine des marchés publics. Elle a été miseen œuvre en janvier 2010.Au premier chef, cette réforme doit favoriserune évolution mieux maîtrisée des coûts desgrands marchés d’entretien, de maintenance etde production qui représentent plus de <strong>la</strong> moitiédes dépenses de fonctionnement, hors massesa<strong>la</strong>riale.Le <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong> a donc reconverti en 2010son service des marchés, dont <strong>la</strong> vocationpremière était essentiellement réglementaire,en service dédié à l’achat public, après <strong>la</strong>nomination en 2009 d’un nouveau chef deservice et le recrutement en début d’année d’unadjoint spécialisé dans le domaine de l’achatpublic. Cette réforme, qui a fait l’objet d’unetriple présentation à <strong>la</strong> tutelle, au conseild’administration et au comité techniqueparitaire en 2010, est fondée essentiellementsur trois points :cadre annoncé d’une nomenc<strong>la</strong>ture partagéesur le progiciel de gestion budgétaire SIREPA ;nature dispersés au sein de l’établissement, sinécessaire après le reca<strong>la</strong>ge en commun descalendriers d’exécution, grâce à l’é<strong>la</strong>borationpar le service de l’achat public d’une synthèsedes différents cahiers des charges et desexpressions du besoin ;personnels de l’établissement qui sontimpliqués dans le processus d’achat.L’information est fondée sur l’évolution destextes, une analyse régulière des pratiquesdes grands établissements publics culturelsparisiens, une transposition dans le cadredes marchés publics des méthodes d’achat lesplus récentes en vigueur dans différentssecteurs économiques.Ainsi, en 2010, les nouveaux marchésengagés par le service de l’achat publicont exploité au mieux les solutions les plusinnovantes proposées par le code desmarchés publics, notamment les accordscadresmulti-attributaires. En quelques mois,une première économie de 400 000 eurosa été constatée en gestion, et une économiesupplémentaire du même montant estprogrammée en budget primitif 2011.dépense et recensement exhaustif et actualisédes marchés de plus de 4 000 € HT dans leCoursivedu <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>© <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>


LE CENTRE POMPIDOU EN 2010 / BILAN D’ACTIVITÉ 156157 CHAPITRE 4LA STAGNATION DESCONCOURS DE L’ÉTATChaque année, les concours de l’État attribuésau <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong> sont composés pour l’essentielde trois subventions qui financent les charges de servicepublic, les acquisitions d’œuvres d’art et l’investissementnécessaire à <strong>la</strong> maintenance et à l’adaptation du bâtimentpour le conserver en état d’usage.La subvention pour charge de service publicou subvention de fonctionnement devrait enprincipe couvrir toutes les dépenses de structuretandis que les <strong>ressource</strong>s propres permettraientde financer <strong>la</strong> programmation culturelle. Mais cen’est pas le cas au <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong> qui, depuissa réouverture en 2000, doit compléter chaqueannée <strong>la</strong> subvention de fonctionnement enprélevant une part croissante de ses <strong>ressource</strong>spropres pour financer <strong>la</strong> masse sa<strong>la</strong>riale et lesautres charges de structure de l’établissement.L’écart entre les charges fixes et <strong>la</strong> subvention defonctionnement n’a cessé de se creuser au coursdes dernières années, <strong>la</strong> subvention évoluantmoins vite que les charges fixes.L’écart croissant entre les charges de structureet <strong>la</strong> subvention de fonctionnement a en outreété aggravé par l’introduction d’une mise enréserve de précaution en 2007, dont le montanta atteint 2,52 M€ en 2010 et que l’établissementdoit également autofinancer sur ses <strong>ressource</strong>spropres ou sur son fonds de roulement, puisquecette mise en réserve, qui n’est jamais restituéeen gestion à l’établissement, équivaut de faità diminuer d’autant <strong>la</strong> subvention pour chargede service public.La subvention d’acquisition s’est élevée en 2010à 2,578 M€, hors crédits versés par le Fonds duPatrimoine et destinés à l’acquisition duRevenant de Giorgio de Chirico, soit un niveauidentique à celui de 2009. Mais cette subventionreste très inférieure à <strong>la</strong> dotation dont bénéficiaitle <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong> avant 2006, soit 4 M€ par andate à <strong>la</strong>quelle <strong>la</strong> subvention a fait l’objetd’un prélèvement – censé être temporaire –destiné à l’apurement d’un contentieux ; or,une fois ce contentieux réglé, <strong>la</strong> subvention n’apas été rétablie à son niveau initial.COUVERTURE DES CHARGES DE STRUCTURE PAR LA SUBVENTION DE FONCTIONNEMENTAnnéebudgétaire2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010Subvention defonctionnement57,0 57,0 60,7 63,6 64,8 65,4 67,9 69,0 71,3 72,2 72,2Charges destructurecouvertes parles <strong>ressource</strong>spropres% des chargesnon couvertespar <strong>la</strong>subvention3,7 5,5 4,0 3,3 5,6 5,3 4,8 7,9 8,3 9,1 9,96,1% 8,8% 6,2% 4,9% 8,0% 7,5% 6,6% 10,3% 10,4% 11,2% 13,7%


LE CENTRE POMPIDOU EN 2010 / BILAN D’ACTIVITÉ 158Ainsi qu’il a été <strong>la</strong>rgement exposé dans le Bi<strong>la</strong>nd’activité pour 2009, cette enveloppe apparaîtnettement insuffisante au regard del’augmentation considérable des prix du marchéde l’art moderne et contemporain et del’é<strong>la</strong>rgissement géographique du champ– désormais global – dont le musée doit rendrecompte. De ce fait, le musée est désavantagédans les salles des ventes ou les galeries faceaux grands musées étrangers et aux institutionsprivées, souvent dotés de moyensincomparablement supérieurs. Par ailleurs, lesdispositifs fiscaux mis en p<strong>la</strong>ce par l’État enfaveur du mécénat ont une efficacité re<strong>la</strong>tivepour l’art moderne et demeurent sans réelimpact dans le domaine de l’art contemporain.La subvention d’investissement a brutalementbaissé de près de 40% entre 2008 et 2009.Elle est depuis cette date fixée à 5,4 M€,y compris en 2010. Cette dotation n’est passuffisante pour entretenir un bâtimentprototype hors normes qui est ouvert au publicdepuis 1977 et dont les instal<strong>la</strong>tions techniquesn’ont jamais été rénovées.C’est pourquoi le <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong> a travaillétoute l’année 2010 à l’établissement d’un p<strong>la</strong>npluriannuel d’investissement correspondantà <strong>la</strong> stricte rénovation du bâtiment, qui nepourra pas être mis en œuvre sans une aidesoutenue de l’État.Dans ce cadre exceptionnel, seul le chantier deremp<strong>la</strong>cement des centrales de traitement d’airdu bâtiment principal est d’ores et déjà en grandepartie financé par le ministère de <strong>la</strong> Culture et de<strong>la</strong> Communication. Un dialogue compétitif a étéengagé en 2010 et le chantier, qui se déroulerasur 4 exercices, débutera en septembre 2011pour un coût d’objectif de 25 M€ HT.L’ÉVOLUTION DES CONCOURS DE L’ÉTAT 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010Subvention defonctionnement63,60 64,84 65,41 67,86 68,97 71,28 72,20 72,22Subvention d’investissement 7,00 9,60 7,95 7,24 8,90 8,50 5,40 7,40Subvention d’acquisition 6,27 3,90 4,07 2,17 1,83 1,60 2,58 2,58Mise en réserve -1,20 -2,30 -3,10 -2,50 -2,52Total des subventionsen millions d’euros76,87 78,34 77,42 76,06 77,40 78,29 77,68 79,68* Pour 2009-BP 2010 <strong>la</strong> subvention d’acquisition intègre les crédits du Fonds du patrimoine pour l’achat du Revenant de Chirico, soit3,299 M€ en 2009 et 2,302 M€ au BP 2010** En 2010, <strong>la</strong> subvention d’investissement intègre un versement de 2 M€ pour le financement du remp<strong>la</strong>cement des centrales detraitement d’air.Façade EstPhoto G. Meguerditchian© <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>


LE CENTRE POMPIDOU EN 2010 / BILAN D’ACTIVITÉ 160161 CHAPITRE 4LA SITUATIONDE TRÉSORERIELa situation de trésorerie du <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong> au 31décembre 2010 s’apprécie après l’exécution complètedu budget et <strong>la</strong> comptabilisation de toutes les opérationsde l’exercice concerné. Son évaluation est subordonnéeà l’é<strong>la</strong>boration du compte financier de l’établissementet à l’analyse de sa structure financière.Elle traduit un équilibre financier ainsi qu’une soliditéstructurelle. En effet, <strong>la</strong> trésorerie nette fait apparaître en2010 un excédent des <strong>ressource</strong>s stables après financementdes immobilisations et du besoin en fonds de roulement.Elle s’élève au 31 décembre 2010 à 30,3 M€ contre 24,9 M€fin 2009, soit une augmentation de 22%.Le montant des p<strong>la</strong>cements financierseffectués en 2010 se monte à 11,9 M€. Leportefeuille de produits financiers du <strong>Centre</strong><strong>Pompidou</strong> est composé de bons du Trésor pour unmontant de 6 M€ et d’un compte de p<strong>la</strong>cementrémunéré valorisé à 5,9 M€. Ce compte dep<strong>la</strong>cement rémunéré a été ouvert en octobre 2010à <strong>la</strong> suite des recommandations de <strong>la</strong> directiongénérale des Finances publiques qui a proposéaux établissements publics nationaux dits « àenjeux », dont fait partie le <strong>Centre</strong> national d’art etde culture-Georges <strong>Pompidou</strong>, de procéder à <strong>la</strong>vente des SICAV monétaires qu’ils détenaient et deréorienter leurs p<strong>la</strong>cements vers des produitsprésentant un caractère consolidant en regard desrègles de calcul de <strong>la</strong> dette publique (compte dep<strong>la</strong>cement rémunéré ou compte à terme). Lesproduits financiers issus de l’activité de p<strong>la</strong>cementdu <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong> s’élèvent fin 2010 à 68 K€.Le montant de <strong>la</strong> trésorerie constatée sur uneannée correspond à <strong>la</strong> différence entre le fondsde roulement net global et le besoin en fondsde roulement.L’équilibre financier s’apprécie par l’examendes actifs et des passifs du bi<strong>la</strong>n, c<strong>la</strong>ssés selonleur origine et leur destination, qui font l’objetd’un regroupement tenant compte des différentesfonctions de l’établissement et des cycles liésà leur exécution. Ce fonds de roulement estdéterminé par différence entre les <strong>ressource</strong>spermanentes (réserves et résultats de l’exercice,subventions d’investissement nettes) et lesemplois permanents (immobilisations brutes).De ce point de vue, les <strong>ressource</strong>s s’élèvent fin2010, à 618,1M€ contre 587,8 M€ pour lesemplois, ce qui porte le montant du fonds deroulement à 30,3 M€ au 31 décembre 2010.Le fonds de roulement indique le montant des<strong>ressource</strong>s permanentes et disponibles pourfinancer les besoins liés à l’activité courantede l’établissement.Il enregistre une augmentation de 16%par rapport au 31 décembre 2009, généréenotamment par <strong>la</strong> progression de 7,4% descapitaux propres et l’impact du résultat del’exercice (bénéfice comptable de 5,1 M€,en hausse de 38% par rapport à 2009).La comptabilisation en section d’investissementdes œuvres d’art, rendue obligatoire à <strong>la</strong> suited’un avis rendu par le Conseil national de <strong>la</strong>comptabilité le 10 novembre 2009, n’a, pour sapart, eu aucun impact sur le montant du fonds deroulement net global puisqu’elle a pourcontrepartie l’inscription des sommescorrespondantes en capitaux propres (biens remisen dotation).Le besoin en fonds de roulement résulteprincipalement de <strong>la</strong> différence entre, d’une part,le besoin d’exploitation calculé sur les stocks etles crédits consentis aux clients et, d’autre part,les <strong>ressource</strong>s d’exploitation, liées aux créditsfournisseurs et dé<strong>la</strong>is de paiement accordés pardivers organismes sociaux et fiscaux. Son montantest faiblement négatif en 2010 (-15,1 K€) alorsqu’il s’élevait à 1,1 M€ en 2009.L’exercice 2010 est marqué par <strong>la</strong> constatationd’un bénéfice comptable de 5,1 M€. Ce bénéficevient mécaniquement abonder les réservesbudgétaires du <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>, dont le montantcumulé s’élève au 31 décembre 2010 à 34,3 M€.Mais ce bénéfice correspond en grande partie auxdépenses engagées en fin d’exercice 2010par les services et reportées sur le budget 2011,à hauteur de 4,3 M€, et à une partie desprovisions dédiées au <strong>la</strong>ncement du <strong>Centre</strong><strong>Pompidou</strong> mobile en 2011 (0,8 M€ sur un totalde 1,25 M€ de mécénat).


<strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>G. Meguerditchian© <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>


LE CENTRE POMPIDOU EN 2010 / BILAN D’ACTIVITÉ 164165 CHAPITRE 5LA PREMIÈRE ANNÉEDE MISE EN ŒUVREEFFECTIVE DE LA RGPPDepuis le 1 er janvier 2010, le <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>, commel’ensemble des opérateurs de l’État, est concerné par<strong>la</strong> révision générale des politiques publiques (RGPP).Une organisation nouvelle a été mise en p<strong>la</strong>ce pour gérerau plus près ses <strong>ressource</strong>s humaines tout en pérennisantses missions essentielles.Contrairement à 2009 où l’activité de l’établissement avaitété fortement impactée par une grève provoquée par <strong>la</strong>décision gouvernementale de mise en œuvre de <strong>la</strong> RGPPdans l’établissement, le <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong> n’a connuaucune fermeture pour fait de grève en 2010. L’améliorationdu climat social s’illustre notamment par le caractèreexclusivement externe des revendications, portées parles mouvements sociaux, et par <strong>la</strong> faible mobilisationdes agents du <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong> lors de ces mouvementscomparativement à l’ensemble de <strong>la</strong> fonction publique.1. GARANTIR LAPÉRENNITÉ DESMISSIONS DE SERVICEPUBLICLa perspective de l’application au <strong>Centre</strong><strong>Pompidou</strong> de <strong>la</strong> RGPP, et plus particulièrementde <strong>la</strong> règle de non-remp<strong>la</strong>cement d’un départà <strong>la</strong> retraite sur deux, avait donné lieu, fin2009, à l’un des plus longs conflits sociaux del’histoire de l’établissement, à l’occasion duquell’application de <strong>la</strong> RGPP avait été confirmée,sous une forme adaptée à sa situationdémographique spécifique.Dans ce cadre, l’établissement s’est vu notifier,pour 2010, une réduction de son p<strong>la</strong>fondd’emplois de 18 postes en équivalent tempsplein, correspondant à l’application d’un gain deproductivité représentant 1,5 % de l’effectif total.Pour y faire face, plutôt que d’envisager uneapplication mécanique de cette mesure, leprésident du <strong>Centre</strong> a décidé d’engager un vasteprocessus de réorganisation des services del’établissement, afin de garantir <strong>la</strong> pérennitéde ses missions essentielles tout en s’efforçantd’optimiser <strong>la</strong> contrainte que fait peser l’atteintedes objectifs de maîtrise de l’emploi publicdécou<strong>la</strong>nt de <strong>la</strong> RGPP.Pour ce<strong>la</strong>, <strong>la</strong> concertation avec les partenairessociaux a été considérablement renforcée.Tout au long de l’année 2010, 18 réunionsdu comité technique paritaire – six fois plusque <strong>la</strong> norme des années précédentes – ontpermis d’examiner puis d’adopter les schémasde réorganisation de <strong>la</strong> direction de l’actionéducative et des publics (DAEP) devenue«direction des publics» (DPU), de <strong>la</strong> directionjuridique et financière (DJF), de <strong>la</strong> directiondes <strong>ressource</strong>s humaines (DRH), de <strong>la</strong> directiondes éditions (DE) et de <strong>la</strong> direction du bâtimentet de <strong>la</strong> sécurité (DBS).Au bout du compte, cette démarche a permisde réaliser les suppressions de postesdemandées à l’établissement dans le cadrede <strong>la</strong> RGPP, tout en préservant <strong>la</strong> mise enœuvre des missions de service public du <strong>Centre</strong><strong>Pompidou</strong> et l’efficacité de l’établissementau service de ses axes stratégiques.2. LES CHIFFRES-CLÉSEn 2010, le <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong> a employé1 090 agents (en équivalent temps pleintravaillé). Il s’agit, pour l’essentiel, d’agentscontractuels de droit public relevant d’un statutspécifique, dont 1 022,5 – soit près de 94 % –répondent à des besoins permanents.Le personnel permanentEn 2010, 1 160 agents ont été rémunéréspar le <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong> sur des emploispermanents :de droit public ;de droit public ;sur contrat.Les agents rémunérés sur créditsEn 2010, 584 agents ont été rémunérés par le<strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong> sur crédits, pour des missionstemporaires, pour un total de 122 841 heures :de droit public, pour répondre à un besoin


LE CENTRE POMPIDOU EN 2010 / BILAN D’ACTIVITÉ 166occasionnel, représentant un volumede droit public, pour répondre à un besoinpermanent à temps incomplet (BPTI),volume de 8 008 heures ;représentant un volume de 10 956 heures.3. LE CONTEXTEDÉMOGRAPHIQUELa structure démographique du <strong>Centre</strong><strong>Pompidou</strong> est caractérisée par un déséquilibred’agents âgés de 50 ans et plus dépassait 46 %.Cette situation résulte de l’histoireet qui a connu une vague massive de2010 sont entrés dans l’établissement entrepersonnels en raison notamment du statutparticulier dont ils sont dotés.nationale de France…). Aussi, les pouvoirspublics ont-ils décidé de p<strong>la</strong>fonner les effetsdu non-remp<strong>la</strong>cement d’un agent partant à<strong>la</strong> retraite sur deux, à un gain de productivitéde 1,5% des effectifs dont les conséquencessont généralement plus favorables pourl’établissement.Au-delà, cette situation amène, l’établissementà s’interroger sur <strong>la</strong> pérennisation de sescompétences, <strong>la</strong> transmission des savoirset <strong>la</strong> professionnalisation renforcée despersonnels dans un contexte de forte maîtrisede l’emploi public. C’est pourquoi, aprèsl’é<strong>la</strong>boration d’un référentiel des métiers,2010, le <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong> a <strong>la</strong>ncé le chantierdes fiches de postes (V. chapitre 5 « Le chantierou à actualiser, pour chaque agent du <strong>Centre</strong>,le contenu de ses missions. Ces actionscontribueront, demain, à <strong>la</strong> mise en p<strong>la</strong>ced’une véritable politique de gestionprévisionnelle des emplois et des compétences,prochaine étape de <strong>la</strong> modernisationde <strong>la</strong> gestion des <strong>ressource</strong>s humainesLa structure par âge des effectifs aura pourconséquence un nombre important de départsà <strong>la</strong> retraite dans les prochaines années.Compte-tenu de <strong>la</strong> loi impactant l’âge limitede départ à <strong>la</strong> retraite, le nombre de ceux-ci,beaucoup plus élevé au <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong> quedans les autres grands établissements publicsculturels (musée du Louvre, musée d’Orsay,musée du château de Versailles, BibliothèqueEsca<strong>la</strong>tor du<strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>© <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>


LE CENTRE POMPIDOU EN 2010 / BILAN D’ACTIVITÉ 168169 CHAPITRE 5L’INTENSIFICATIONDU DIALOGUE SOCIALPoursuivant une stratégie de développement d’un dialoguesocial ouvert, respectueux et constructif, les échangesavec les représentants du personnel se sont intensifiés en2010 dans un contexte de réorganisations des directions del’établissement inhérentes à <strong>la</strong> mise en œuvre de <strong>la</strong> RGPP.Le <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong> est doté des instances de représentationdu personnel communes à l’ensemble des établissementspublics administratifs : comité technique paritaire (CTP) pourl’organisation et le fonctionnement de l’établissement ; comitéd’hygiène et de sécurité (CHS) pour <strong>la</strong> prévention de <strong>la</strong> santéet de <strong>la</strong> sécurité des personnels ; commission administrativeparitaire (CAP) pour l’examen des situations individuelles(avancements, mobilités et procédures disciplinaires).Des représentants du personnel siègent également auconseil d’administration de l’établissement et au sein descommissions re<strong>la</strong>tives à l’action sociale (commission secourset commission logement). Le CTP s’est réuni à 18 reprises(contre 5 en 2009, 4 en 2008 et une moyenne de 3 les annéesantérieures), le CHS 8 fois, contre une moyenne de 4 lesannées précédentes. Avec les réunions de CAP, 32 instancesparitaires se sont donc tenues en 2010.1. LES RÉUNIONS DESINSTANCES PARITAIRESLe comité technique paritaire (CTP) a traité <strong>la</strong>mise en œuvre des orientations et de <strong>la</strong> stratégiede l’établissement, notamment les projets deréorganisation des directions et leur impact enmatière d’emplois. Il a étudié et adopté le projetde référentiel des métiers, le p<strong>la</strong>n prévisionnel deformation pour 2010, le rôle et les modalités defonctionnement de <strong>la</strong> commission administrativeparitaire (CAP), ainsi que l’organisation desélections des représentants du personnel auconseil d’administration de l’établissement.Le chantier de révision des fiches de postes,une proposition de revalorisation de <strong>la</strong> primede panier, le bi<strong>la</strong>n social 2009 et les prévisionsde suppressions d’emplois pour 2011 ontégalement été présentés au CTP.en 2009 ;et le calendrier prévisionnel des travauxde désamiantage ;travaux d’accessibilité auprès du FIPHFP.Des points ont également été faits sur desprojets de travaux : positionnement de <strong>la</strong> banqued’accueil, réaménagement du 6, rue Beaubourget réaménagement des salles de pause.2. LES AUTRES ASPECTSDU DIALOGUE SOCIALAfin de contribuer au renforcement dudialogue social, <strong>la</strong> direction des <strong>ressource</strong>shumaines a modifié en 2010 son organisationet créé un «Pôle re<strong>la</strong>tions sociales», notammentchargé d’assurer <strong>la</strong> coordination des instancesparitaires (CTP et CHS). La concertation s’estégalement poursuivie en matière de préventionet d’action sociale.L’AMÉLIORATION DES CONDITIONSDE TRAVAILLes organisations syndicales ont été sollicitéessur des questions de prévention :autour des problématiques de flux thermiquesou d’aménagements de postes de travail ;concernant des scénographies d’exposition,15 pour des visites de locaux après travaux,pour des réaménagements ou à <strong>la</strong> suiteL’ACTION SOCIALELa dotation d’action sociale a permis de poursuivre<strong>la</strong> politique d’accompagnement du personnel.La commission de secours s’est réunie 8 fois etd’une aide financière non remboursable pourpoursuivi sa politique de logement social engagéeen 2005. La commission du logement social, quicomprend des représentants du personnel etde l’administration, a approuvé 5 attributions aucours de l’année (sur un total de 52 logementsdont bénéficient les agents du <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>).


LE CENTRE POMPIDOU EN 2010 / BILAN D’ACTIVITÉ CHAPITRE 5LE CHANTIER DES FICHESDE POSTEAprès l’adoption définitive de son référentiel des métiersen 2009, l’établissement a engagé en 2010 un chantier deréexamen et de réécriture de l’ensemble des fichesde poste des agents.Les fiches de poste, lorsqu’elles existaient,étaient caractérisées par leur extrêmehétérogénéité et par leur caractère peu détailléou <strong>la</strong>rgement obsolète.Pour bâtir sa méthodologie, le projet de refontede ces fiches a pris appui sur le référentiel desmétiers, initiant ainsi <strong>la</strong> deuxième étape de <strong>la</strong>modernisation de <strong>la</strong> politique de gestion des<strong>ressource</strong>s humaines.Engagé au premier trimestre 2010, ce chantiera débuté par <strong>la</strong> mise en p<strong>la</strong>ce d’un dispositifd’appui méthodologique dans les services :sessions de formation de l’encadrement, guidepratique sur l’intranet de l’établissement, miseà disposition d’une équipe dédiée au sein de<strong>la</strong> direction des <strong>ressource</strong>s humaines.Adoptée en amont du chantier, <strong>la</strong>méthodologie s’est affinée au fur et à mesurequ’apparaissaient les spécificités et lescontraintes, et que se révé<strong>la</strong>ient les rythmeset modes de fonctionnement particuliersà chaque direction de l’établissement.recherche de compétences externesvia le recrutement ou de l’é<strong>la</strong>boration du p<strong>la</strong>nannuel de formation.Certaines directions ont, à <strong>la</strong> faveur de leursrécentes réorganisations et en concertationavec les agents concernés, lié <strong>la</strong> réécriture desfiches de poste aux nouveaux contourset aux nouveaux périmètres des missions qu’ilssouhaitaient confier à leurs col<strong>la</strong>borateurs dansle respect des organisations validées.Les fiches de poste pourront demain êtreutilisées dans le cadre de <strong>la</strong> poursuite de <strong>la</strong>réflexion sur l’évolution de l’organisation internede l’établissement, de ses structures et de sesmétiers, afin de favoriser <strong>la</strong> mise en p<strong>la</strong>ce d’undispositif renforcé de gestion prévisionnelle desemplois et des compétences.La fiche de poste a été conçue au <strong>Centre</strong><strong>Pompidou</strong> comme un document partagé entrel’agent qui occupe le poste et son supérieurhiérarchique direct. Elle est é<strong>la</strong>borée lors d’unentretien entre ces deux interlocuteurs. C’estainsi un outil à usage commun, à disposition desagents, de leurs responsables, mais aussi desacteurs de l’organisation et de <strong>la</strong> gestion desservices.Complémentaire au référentiel des métiers,elle est aussi un outil de gestion des <strong>ressource</strong>shumaines dont s’est d’ores et déjà saisie cettedirection dans le cadre de ses différentesmissions : qu’il s’agisse de <strong>la</strong> gestion descarrières et de <strong>la</strong> mobilité interne, de <strong>la</strong>


LE CENTRE POMPIDOU EN 2010 / BILAN D’ACTIVITÉ CHAPITRE 5LES RÉFORMESEN MARCHEL’accueil des publics, au cœur des missions du <strong>Centre</strong><strong>Pompidou</strong>, concerne l’ensemble de ses directions etdépartements. Si <strong>la</strong> progression de <strong>la</strong> fréquentation etles différentes études qualitatives montrent que le publicapprécie sa visite, des points restent perfectibles. Dans cetesprit, deux directions ont été profondément réorganisées,certaines fonctions ont été externalisées et les outilsinformatiques modernisés.1. LE CHANTIER DEL’AMÉLIORATION DEL’ACCUEIL DES PUBLICSAfin de mieux répondre aux attentes dupublic, le président du <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong> a<strong>la</strong>ncé en mai 2010 un vaste chantier consacréà l’amélioration de l’accueil, dont les deuxpremières thématiques ont porté, d’une part,sur les abords et les accès du <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>et, d’autre part, sur le Forum.Le chantier co-piloté par <strong>la</strong> direction des publicset <strong>la</strong> direction du bâtiment et de <strong>la</strong> sécurité,a réuni six groupes de travail, rassemb<strong>la</strong>ntune cinquantaine d’agents des directions,départements et organismes associés.Pragmatique, participatif et itératif, il a donnéune <strong>la</strong>rge p<strong>la</strong>ce à l’expertise de terrain desdifférents acteurs.Chaque thématique se dérou<strong>la</strong>it en troisphases : diagnostics et préconisations, validationet <strong>la</strong>ncement des études opérationnelles, miseen œuvre.Quatre groupes ont réfléchi aux abords et auxaccès, dans <strong>la</strong> continuité du travail déjà entamépar <strong>la</strong> direction du bâtiment et de <strong>la</strong> sécurité :l’entrée sud/est du bâtiment dite «Bloc 1»,l’accès à <strong>la</strong> Bpi, l’accessibilité physique pour lespersonnes handicapées, ainsi que l’informationdu public et l’animation sur <strong>la</strong> Piazza.Les deux autres groupes ont travaillé sur <strong>la</strong>thématique du Forum et les améliorationspossibles de son fonctionnement, qu’ils’agisse des offres de services – information,signalétique, vestiaires, sanitaires – ou de pointsre<strong>la</strong>tifs à différents espaces du Forum(bureau des <strong>la</strong>issez-passer, accueil des groupes,espaces du niveau -1…).À chaque phase, l’inspecteur hygièneet sécurité et les agents chargés de <strong>la</strong> miseen œuvre des règles d’hygiène et de sécurité(ACMO) ont été impliqués et le comitéhygiène et sécurité (CHS) consulté.L’avancement du chantier est suivi par leprésident et <strong>la</strong> directrice générale, au seinde deux instances transversales : le comitébâtiment et le comité de direction.Le président a validé 44 actions prioritairesavec une mise en œuvre concernant <strong>la</strong>signalétique, l’information, l’accessibilité.Une direction pilote et une échéance ont étédéfinies pour leur réalisation.2. LA NOUVELLEDIRECTION DES PUBLICSLa direction de l’action éducative et despublics a été réorganisée en 2010, devenant <strong>la</strong>direction des publics.La nouvelle organisation s’articule autourdes quatre grandes priorités de <strong>la</strong> politiquedes publics qui participent à <strong>la</strong> vocation centraledu <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong> d’être une interface entre<strong>la</strong> création d’aujourd’hui et <strong>la</strong> société :aux publics jeunes jusqu’à 25 ans,une programmation spécifique ;le noyau des fidèles possesseursdu Laissez-passer ;


CHAPITRE 5les outils de compréhension nécessaires ;possible tous les publics en veil<strong>la</strong>nt à <strong>la</strong>protection des œuvres.Recentrée sur ces quatre priorités, <strong>la</strong> nouvelleorganisation comprend quatre services aulieu de cinq précédemment, plus cohérents entermes de missions :programmation pour les publics jeunesjusqu’à 25 ans (et non plus jusqu’à 18 ans)qui intègre dans une même entité toutesles actions à destination des enfants, desadolescents et des jeunes adultes, qu’ilsviennent dans le cadre sco<strong>la</strong>ire ou en famille ;associe <strong>la</strong> recherche de nouveaux publics(groupes adultes et publics éloignés desinstitutions culturelles pour des raisonssociales ou de handicap) aux missionsactuelles (connaissance des publics, politiquetarifaire et commercialisation, fidélisationvia le <strong>la</strong>issez-passer). Cette politique avaitété renforcée dès septembre 2009 avec <strong>la</strong>nomination d’un délégué au développementtouristique ;médiation, chargé de concevoir et d’é<strong>la</strong>borerles dispositifs nécessaires à une meilleurecompréhension des offres culturelles du<strong>Centre</strong> (magazine-programme Code couleur,dépliants d’exposition, dispositifs de médiationau sein du musée et des expositions,dossiers pédagogiques, guide multimédia,conférences et interventions dans les Galeriesd’expositions, promenades urbaines…) ;d’accueillir et d’informer, de surveiller lesœuvres, qui devient plus autonome et réactifsur <strong>la</strong> production de l’information et de <strong>la</strong>signalétique événementielle qui lui sontrattachées.3. L’EXTERNALISATIONDE CERTAINES ACTIVITÉSSoucieux de préserver les missionsfondamentales de l’établissement dansun contexte marqué par l’application de <strong>la</strong>RGPP, le <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong> a mis en œuvred’importantes réformes de l’organisation et desmodes de fonctionnement de ses services quise sont traduites, dans certains, cas, par desexternalisations de fonctions.Les fonctions de support technique ouadministratif ont fait l’objet d’un examen attentifaboutissant à l’externalisation réfléchie decertaines activités ne relevant pas directementdu cœur de métier du <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>.Ainsi <strong>la</strong> cellule reprographie du serviceadministratif de <strong>la</strong> direction du bâtiment et de<strong>la</strong> sécurité composée de trois agents, dont <strong>la</strong>mission principale était de réaliser du papierà en-tête et des cartes professionnelles pourl’ensemble des directions et services du <strong>Centre</strong>Georges <strong>Pompidou</strong>, a-t-elle été impactée parce changement, notamment parce que sapérennisation aurait nécessité le remp<strong>la</strong>cementcoûteux d’un matériel devenu obsolète.De même, le président du <strong>Centre</strong> a décidé deconfier <strong>la</strong> mission d’accueil téléphonique àun prestataire extérieur ce qui a permis d’ené<strong>la</strong>rgir les horaires de fonctionnement pourmieux répondre aux besoins de l’établissementet aux attentes du public. Le suivi de <strong>la</strong>prestation (standard administratif et informationdu public) relève toujours du service de l’accueildes publics.Dans le cadre de ces réorganisations, deuxobjectifs ont été poursuivis simultanément:améliorer <strong>la</strong> qualité des services etgarantir <strong>la</strong> mise en p<strong>la</strong>ce d’un processusd’accompagnement pour rec<strong>la</strong>sser les agentsconcernés par ces suppressions de postes.Les agents affectés par ces réorganisationsse sont vu proposer, individuellement etpar écrit, <strong>la</strong> possibilité de bénéficier d’uneconvention de reconversion professionnellecomportant, si nécessaire, un bi<strong>la</strong>n decompétences, des mesures d’orientationtenant compte de <strong>la</strong> situation de l’emploiau sein de l’établissement, des stagesprofessionnels internes pour réorienter leurcarrière, des mesures d’accompagnement etde préparation à <strong>la</strong> mobilité, une validation desacquis de l’expérience (VAE), des formationsadaptées à leur expérience professionnelle etorientées vers des domaines où <strong>la</strong> demandede recrutement est forte, des actionsd’accompagnement pour réaliser un projetpersonnel (création d’entreprise, mobilitéexterne…).Tous les agents dont l’activité a été concernéepar une externalisation ont ainsi pu trouverune solution professionnelle adaptée à leursattentes.4. UNE NOUVELLEDIRECTION DE LACOMMUNICATIONET DES PARTENARIATSLa nouvelle direction de <strong>la</strong> communicationet des partenariats est née de <strong>la</strong> fusionde <strong>la</strong> direction de <strong>la</strong> communication et de<strong>la</strong> délégation aux partenariats et au<strong>la</strong> délégation aux partenariats et audéveloppement international était chargéede renforcer les partenariats en France et àl’étranger, de fédérer de nouveaux soutienset constituait le point d’entrée unique pour toutesles entreprises partenaires du <strong>Centre</strong>.La crise financière et économiqueayant donné lieu à de nouvelles pratiquesen matière de partenariat et de mécénatet à des choix différents concernant <strong>la</strong>participation à des événements, il estapparu souhaitable de modifier le schémaorganisationnel de <strong>la</strong> direction de <strong>la</strong>communication. La fusion de <strong>la</strong> directionde <strong>la</strong> communication et de <strong>la</strong> délégationaux partenariats et au développementinternational a permis de mettre en p<strong>la</strong>ceune organisation plus économe en emploiset adaptée aux nouveaux enjeuxdu mécénat et des partenariats.La nouvelle organisation de <strong>la</strong> direction de <strong>la</strong>communication et des partenariats a mis enœuvre un organigramme construit sur <strong>la</strong> basedes métiers de <strong>la</strong> communication d’une part etde <strong>la</strong> recherche de fonds d’autre part.


Pour une meilleure efficacité des compétenceset des expériences, des activités ont étérapprochées par logique de métiers.Le pôle re<strong>la</strong>tions publiques et le pôle locationsd’espaces ont été regroupés au sein d’unmême service des re<strong>la</strong>tions publiques et desprivatisations.La direction de <strong>la</strong> communication et despartenariats est aujourd’hui ainsi composée :◊ le service des re<strong>la</strong>tions publiques et de <strong>la</strong>privatisation d’espaces organisé en deux pôles : ◊ le pôle mécénat et partenariats ;◊ le pôle communication interne ;◊ le pôle image ;◊ le pôle re<strong>la</strong>tions presse ;◊ <strong>la</strong> délégation aux re<strong>la</strong>tions internationales ;◊ le pôle gestion.5. LA MODERNISATIONDES OUTILSINFORMATIQUES<strong>la</strong> mise en p<strong>la</strong>ce du marché de messagerievocale prenant effet au 1 er janvier 2011,une migration majeure du logiciel de gestionfinancière et comptable (SIREPA). Afin demieux répondre aux utilisateurs, <strong>la</strong> DSIT s’estaussi équipée d’un nouvel outil de suivi desinterventions EasyVista.Une nouvelle version du logiciel de gestiondes collections (GColl), plus performante,dotée d’une ergonomie moderne, remp<strong>la</strong>cedésormais une version <strong>la</strong>rgement obsolète.Les équipes du <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>, du muséeet de <strong>la</strong> DSIT ont participé activement à sa miseau point. Ce nouveau logiciel permetune gestion et un suivi plus efficacesdes collections, une meilleure visibilité desdossiers et des mouvements d’œuvres.Près de 100 utilisateurs se connectent auquotidien pour enregistrer différentes actionssur les œuvres des collections : acquisition,documentation scientifique et technique,prêts et dépôts, mouvements et traçabilité,constats et restauration, prises de vue etgestion des images…Des équipements et des logicielstoujours plus efficaces et plus ergonomiques,tel est le souci permanent du <strong>Centre</strong>et de <strong>la</strong> direction des systèmes d’information etde télécommunications (DSIT) en col<strong>la</strong>borationavec les directions métiers, tant pour les<strong>ressource</strong>s internes que pour les publics.L’année 2010 aura été marquée par <strong>la</strong> présenceaccrue de l’informatique au sein des espacesd’exposition, l’essor de <strong>la</strong> virtualisation desserveurs, l’accroissement des espaces destockage et des capacités de sauvegarde,Façade Estdu <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>Photo G. Meguerditchian© <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>


Dès son évocation, au stade du concoursinternational d’architecture, le projetde Renzo Piano et Richard Rogers est apparusingulier, monumental et novateur. Porté parune esthétique audacieuse, révolutionnaire pourl’époque, le <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong> n’a cessé de marquerson temps, tant par ses formes de verre et demétal, au caractère affirmé, et qui contrastent avecl’environnement immédiat du quartier historiquedu cœur de Paris, que par les valeurs de modernitéet de progrès qu’il a su entretenir jusqu’aujourd’huidans <strong>la</strong> richesse de sa programmation.Singulier, en dehors des modes et des courants,le bâtiment du <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong> incarne parson caractère prototypal, nombre de valeursemblématiques de l’histoire de l’architecturedu XX e siècle : <strong>la</strong> légèreté, <strong>la</strong> fonctionnalité,<strong>la</strong> modu<strong>la</strong>rité, <strong>la</strong> transparence, <strong>la</strong> lumière et unetechnologie au service de l’individu.Premier élément du patrimoine de l’établissement,avant même <strong>la</strong> collection du musée, le bâtimentdu <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>, situé au cœur de Paris,dans l’un des quartiers les plus animés de <strong>la</strong> capitale,constitue pour l’établissement un atout exceptionnelqu’il faut exploiter au mieux en le préparant à releverles nouveaux défis du XXI e siècle tout en assurantsa conservation malgré l’usure du temps, accéléréepar une exploitation intensive.Belvédère.Niveau 6,<strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>© <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>


LE CENTRE POMPIDOU EN 2010 / BILAN D’ACTIVITÉ 180181 CHAPITRE 6VERS UNEPROGRAMMATIONPLURI-ANNUELLEDES INVESTISSEMENTSLe <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong> a ouvert ses portes au public en1977. Depuis lors, les instal<strong>la</strong>tions techniques du bâtimentprincipal ont été soigneusement entretenues mais n’ontjamais fait l’objet d’une rénovation lourde ni a wfortiorid’un renouvellement. Certaines doivent être revues dansl’urgence, étant arrivées en fin de vie, d’autres font l’objetd’un projet de rénovation à moyen terme. L’ensembledes travaux sont étalés sur une dizaine d’années.Compte tenu d’une fréquentation soutenuependant plus de trente ans – le <strong>Centre</strong> a reçuprès de 200 millions de visiteurs depuis sonouverture en 1977 – et de choix techniquesinhérents à une construction antérieure aupremier choc pétrolier des années 70, lesinstal<strong>la</strong>tions techniques sont désormais usées,vétustes, coûteuses en fluides comme enentretien.Avant même <strong>la</strong> finalisation du p<strong>la</strong>n pluriannueld’investissement, un premier chantier s’estimposé : remp<strong>la</strong>cer les treize centrales detraitement d’air posées sur le toit (V. chapitre 6,«La préparation du chantier des centralesde traitement d’air», p. 190). Cette nécessitéétait évidente depuis 2007 en raison du nombrede centrales déjà à l’arrêt. Mais cette rénovationqui sera engagée en 2011 ne représentefinalement qu’une faible partie des besoinsrecensés. En effet, l’établissement est confrontéquotidiennement à des difficultés croissantesde fonctionnement. Il a donc sembléindispensable de disposer d’une programmationpluriannuelle des investissements pour menerune rénovation complète du bâtiment deRenzo Piano et Richard Rogers en donnant àl’établissement et à ses tutelles <strong>la</strong> visibilitéindispensable à une p<strong>la</strong>nification rationnelle desbesoins et des moyens.L’é<strong>la</strong>boration de ce projet a demandé <strong>la</strong> miseen p<strong>la</strong>ce d’outils préa<strong>la</strong>bles pour en fiabiliser<strong>la</strong> pertinence, l’assiette et le calendrier.L’établissement a donc commandé en 2010à <strong>la</strong> société Iosis un diagnostic complet desinstal<strong>la</strong>tions techniques. Ce diagnostic permet de :société Iosis ayant procédé à une analyseexhaustive du bâtiment (clos-couvert, courantsforts, plomberie, climatisation-chauffage,instal<strong>la</strong>tions mécanisées) ;techniques à restaurer ou à remp<strong>la</strong>cer aupremier chef ;lourds et onéreux qui seraient liés à unemauvaise appréciation de fonctionnement ;travaux, une baisse de leurs coûts et unemeilleure programmation des demandes decrédits d’investissement aux tutelles dans lesdix prochaines années.Ce diagnostic a été remis à <strong>la</strong> direction dubâtiment et de <strong>la</strong> sécurité fin 2010, accompagnéd’un projet de p<strong>la</strong>n pluriannuel d’investissementpour un coût, hors programme de rénovation descentrales de traitement d’air, de 167 M€ TTC.Par ailleurs, le <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong> a faitréaliser en 2010 un audit de l’ensemble deses instal<strong>la</strong>tions de sûreté et de sécurité par<strong>la</strong> société Alternet. L’objectif visait à évaluer lefonctionnement des instal<strong>la</strong>tions existantes,à déterminer leur conformité en regard desexigences et des normes en vigueur pour,éventuellement, proposer de nouveauxdispositifs. Cet audit a permis de constaterque si les instal<strong>la</strong>tions existantes fonctionnentconvenablement et sont correctemententretenues, elles n’en sont pas moinsdevenues complètement obsolètes. Aussi,un p<strong>la</strong>n d’investissement, d’un montant deplus de 6,5 M€ TTC, autofinancé en totalitépar l’établissement, a été arrêté. Il porte à <strong>la</strong>d’accès, le réseau sûreté, <strong>la</strong> sécurité des bienset des personnes. Programmés sur quatre ans,les travaux commenceront dès 2011.


LE CENTRE POMPIDOU EN 2010 / BILAN D’ACTIVITÉ 182183 CHAPITRE 6UN PROGRAMME DETRAVAUX IMPORTANTSMENÉ À BIEN EN 2010Des travaux importants et indispensables ont pu être<strong>la</strong>ncés en 2010 : créations d’espaces, rénovationsou aménagements conçus pour mieux accueillir les publicset, dans le même temps, faciliter le travail des agents.1. LE RÉAMÉNAGEMENTDES ESPACES JEUNEPUBLICAprès le transfert de <strong>la</strong> Galerie des enfantsen mezzanine nord du Forum, réalisé en 2009,une seconde phase du réaménagement desespaces jeune public a été réalisée en 2010. Lamaîtrise d’œuvre de cette seconde phase a étéconfiée au jeune designer Mathieu Lehanneur.Elle a permis <strong>la</strong> création du Studio 13/16 et desnouveaux Ateliers des enfants.LA CRÉATION DU STUDIO 13/16Ouvert au public le 11 septembre 2010, leStudio 13/16, premier espace entièrement dédiéaux adolescents dans une grande institutionculturelle, dispose de 250 m², situés au cœurdu <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>, au niveau bas du Forum.Mathieu Lehanneur a conçu un lieu convivial etmodu<strong>la</strong>ble, adapté à <strong>la</strong> fois aux activités proposées– expositions, ateliers, performances –, auxcomportements et aux goûts des adolescents.Le Studio 13/16 a été pensé par le designercomme «un lieu souple, presque é<strong>la</strong>stique. Toutici semble en mouvement ou prêt à l’être».LES NOUVEAUX ATELIERS DES ENFANTSLes nouveaux Ateliers des enfants, inaugurésle 11 juillet 2010, offrent un cadre rénové,agrandi de 300 m² et mieux adapté auxactivités destinées aux petits de 2 à 12 ans. Ceréaménagement a reçu le soutien de <strong>la</strong> Matmut.de 2 à 5 ans,pour les enfants de 6 à 12 ans,Conçus par Mathieu Lehanneur et équipésp<strong>la</strong>stique au sol, au mur, dans l’espace,instal<strong>la</strong>tions visuelles et sonores, pratiqueschorégraphiques…), ils intègrent un sasd’entrée, lieu de respiration pour l’accueil, pourcréer l’ambiance et introduire les thèmes desateliers. Sur le mur «des sens», tous les outilssont mis à disposition des enfants, guidés parles animateurs, pour stimuler leur créativité.Entrée du nouvel Atelier des enfants, photo H. Veronèse © <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>


LES ÉLÉMENTS FORTSDE L’AMÉNAGEMENTUn immense gril technique noir de plusde 120 mètres linéaires se déploie sur<strong>la</strong> totalité du p<strong>la</strong>fond pour accueillirle matériel utile au son et à <strong>la</strong> lumière,mais aussi pour y installer des œuvres,des écrans et tout ce qui reste à imaginer.Dessinant des courbes, des twistset des loops, il devient, suspendu,un impressionnant roller-coaster inversé,un paysage, une mer…, un terrain vague.De part et d’autre de l’entrée, deuxespaces lounge s’adossent aux murs.Dessinés comme des reliefs, ils semblentdirectement sortis d’un tube de dentifriceet invitent à s’y installer dans toutes lespostures - assis, couché ou entre les deux.Un système de vidéosurveil<strong>la</strong>nce inverséepermet aux ados de rester «branchés» surles autres activités du <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>,via différentes webcams. Au-delà dup<strong>la</strong>isir de <strong>la</strong> prise de contrôle sur <strong>la</strong> viede l’établissement, ces écrans sont autantde fenêtres ouvertes sur <strong>la</strong> cultureet <strong>la</strong> curiosité.Studio 13/16, Forum -1,<strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>© Bureau Mathieu Lehanneur, 2011


LE CENTRE POMPIDOU EN 2010 / BILAN D’ACTIVITÉ 186 187 CHAPITRE 62. LA RÉNOVATION DESSOLS ET DES GALERIESD’EXPOSITIONSTEMPORAIRESLa rénovation des sols des galeriesd’exposition ont été décidées pour garantir<strong>la</strong> sécurité et l’accueil des publics, permettreune meilleure lisibilité des espaces en unifiantprogressivement leur aspect entre les galeriesd’exposition et le musée et améliorer leur aspect,L’opération a inclus <strong>la</strong> création d’unp<strong>la</strong>ncher technique, pré-câblé, pour optimiseret rationaliser les interventions nécessairesaux scénographies, ce qui permettra de diminuerles coûts de production, particulièrement pourles expositions incluant des éléments nécessitantune alimentation électrique.Les matériaux utilisés ont été choisis pourpréserver l’environnement pendant touteleur durée de vie (fabrication, mise en p<strong>la</strong>ce,maintenance et recyc<strong>la</strong>ge). Les choix se sontportés sur un parquet facile à remp<strong>la</strong>cer ou àrénover et sur un p<strong>la</strong>ncher technique allégeantles contraintes et les coûts d’exploitationdes expositions temporaires.Les travaux ont concerné les espacesqui avaient subi de nombreuses agressionsdu fait des cycles trimestriels de montageet démontage des scénographies :de liaison et 170 m² situés dans le Forum haut,au rez-de-chaussée) ; 2 , située au niveau 6.Il a fallu intégrer l’ensemble des réseauxde courants forts et faibles destinés à <strong>la</strong>réalisation des scénographies dans le fauxp<strong>la</strong>ncher, de type parquet chêne avec pose en«bois sur chant». Pré-assemblé en bandes,celui-ci est composé de fines <strong>la</strong>melles poséeset collées sur tranche dans le sens des fibresvégétales ; d’environ 2 cm d’épaisseur, ilest particulièrement résistant et traité dansune finition huilée, facilitant l’entretien et leremp<strong>la</strong>cement partiel tout en étant <strong>la</strong> pluséco-responsable.La première phase a exigé <strong>la</strong> dépose des solsexistants, en parquet en bois pour <strong>la</strong> Galeriesud et en résine pour <strong>la</strong> Galerie 1, <strong>la</strong> démolitiondu faux p<strong>la</strong>ncher sur vérins, <strong>la</strong> neutralisationet l’évacuation des réseaux d’alimentation encourant forts et courants faibles.Ces opérations ont été suivies par l’instal<strong>la</strong>tiondes infrastructures électriques, composées d’unnouveau réseau maillé de chemins de câbleset goulottes en attente, et celle des tableauxde distributions et de protections électriquescorrespondants. Le parquet a été huilé avec desproduits issus des filières de développementdurable. Il est pourvu de trappes d’accèsrégulièrement espacées pour <strong>la</strong> connexiond’appareils d’éc<strong>la</strong>irage et de matérielsscénographiques.La première tranche de travaux s’est dérouléeen Galerie Sud du 16 décembre 2009 au15 février 2010, <strong>la</strong> deuxième en Galerie 1,du 30 août 2010 au 15 octobre 2010.3. L’ALLÈGEMENTDU BÂTIMENTLe président du <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong> a souhaitéque le bâtiment évolue dans le respect dudessin d’origine de Renzo Piano et de RichardRogers tout en prenant en compte les optionslourdes qui ont été décidées au fil de sonhistoire.Dans ce cadre, l’année 2010 a permisl’élimination de constructions et instal<strong>la</strong>tionsadventice dans le but de rendre au bâtiment unemeilleure lisibilité.En 2010, deux constructions temporaires,supportées par le bâtiment, ont ainsi étésupprimées : l’atelier de Shigeru Ban et <strong>la</strong>maison tropicale de Jean Prouvé.L’atelier de Shigeru Ban avait pour vocationd’accueillir les col<strong>la</strong>borateurs de l’architecte encharge du développement du <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>-Metz. Espace allongé de 30 mètres de long et 4mètres de <strong>la</strong>rge, cette arche demi-cylindrique,réalisée en tube carton et bois enveloppéd’une toile b<strong>la</strong>nche, était située sur <strong>la</strong> terrassecentrale, au 6e étage du bâtiment principal.Elle a abrité l’équipe de travail et les élémentsde présentation au public pendant toute <strong>la</strong>durée des études du nouveau musée. Elle aurapermis aux visiteurs du <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong> desuivre l’évolution du projet : des dessins etdes maquettes y étaient partiellement visiblesdepuis les espaces de circu<strong>la</strong>tion. L’inaugurationdu <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>-Metz a tout naturellementconduit au démontage de l’atelier.La maison tropicale de Jean Prouvé,imp<strong>la</strong>ntée depuis février 2007 en terrassesud du niveau 5 du <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>, secaractérisait par un double toit rehausséd’une cheminée d’aération courant le longinclinables délimitant un espace périphériqueautour de <strong>la</strong> construction. Son instal<strong>la</strong>tionsur une terrasse en occupait presque tout levolume, <strong>la</strong> rendait inaccessible au public etcontraignait à <strong>la</strong> pose de disgracieux filets desécurité. Robert M. Rubin et sa femme StéphaneSamuel en avaient fait don en 2005 à <strong>la</strong> <strong>Centre</strong><strong>Pompidou</strong> Foundation dont elle est <strong>la</strong> propriété.L’ensemble, réalisé en aluminium et acier a étédémonté pour être restauré et sera présenté enLorraine, au musée des Beaux-arts de Nancy,ville dont Jean Prouvé était originaire.Dans le même esprit, il convient de rappelerle dép<strong>la</strong>cement du «Pot doré» de Jean-PierreRaynaud, à l’automne 2009, qui a été réinstallétemporairement sur une terrasse du niveaupendant dix ans sur <strong>la</strong> Piazza, a permis <strong>la</strong>suppression du très important socle de marbreb<strong>la</strong>nc qui avait été construit pour <strong>la</strong> supporteret qui perturbait <strong>la</strong> lecture de <strong>la</strong> façade de Pianoet Rogers.4. LE SALON DES AMISDU MUSÉELe <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong> a souhaité créer un lieuspécifique destiné à accueillir de petits groupes,invités lors de visites privées. Cet espace devaitoffrir des prestations de qualité et faciliter les(personnalités étrangères, collectionneurs,mécènes…) à proximité des espaces du musée.


LE CENTRE POMPIDOU EN 2010 / BILAN D’ACTIVITÉ 188Jusqu’alors, les invités de marque étaientreçus dans les locaux de <strong>la</strong> présidence,situés en dehors du bâtiment principal, dansun immeuble de bureaux banal, ou dans unsalon au niveau -1, directement accessibledepuis le parking, mais dépourvu de lumièrenaturelle. Dans les deux cas, ces espacesde réception étaient en outre très éloignésdes salles d’expositions. L’objectif consistaitdonc à aménager un nouvel espace, accoléau musée pour accueillir au mieux de petitsgroupes avant leur visite des collectionspermanentes ou des expositions temporairespossibilités de privatisation payante, le <strong>Centre</strong>souffrant du manque d’espaces adaptés à desévénements de petit format et susceptiblesd’être commercialisés en dehors des joursde fermeture au public.L’ensemble des services de l’établissementont réfléchi aux objectifs fonctionnels et auxcontraintes incontournables. Les principalesexigences qui ont émergé portaient sur <strong>la</strong>capacité de l’espace à recevoir jusqu’à plusieursdizaines de personnes, à accueillir différentstypes de réceptions, à être polyvalents ferméou ouvert selon les besoins), à permettre l’accèsà une terrasse, à faciliter l’acheminementdes invités et les circuits de visites.désormais accueillir de 15 à 90 personnescocktails.Cette zone servait de salle de détente auxpersonnels d’accueil et de surveil<strong>la</strong>nce dumusée. Or, ceux-ci disposaient de deux sallesde pause au niveau 5 mais n’en avaient pas auniveau 4, ce qui obligeait les agents postés àce niveau à monter l’étage supérieur pour sedétendre. Afin d’améliorer leurs conditions derepos et de répondre à leur souhait, <strong>la</strong> piècequi a été aménagée à leur attention au niveau4 dispose d’une luminosité et d’une superficieplus importantes que celle du niveau 5(38,5 m², contre 29 m² auparavant). Elle est plusconfortable et, surtout, les salles de pausessont mieux réparties dans le bâtiment principal,puisqu’il en existe une à chaque étage.Cette nouvelle salle bénéficie, en outre,d’un réaménagement et d’un rééquipementcomplets. Plus conviviale et plus fonctionnelle,elle comprend un espace de repos, un petitespace de travail et de consultation équipéd’un point d’accès à Internet. Un local adjacentmais indépendant est pourvu de distributeursréfrigérateur, d’une fontaine à eau et d’un p<strong>la</strong>nde travail muni d’un four à micro-ondes.Une zone a donc été aménagée au seindu MNAM dans l’angle sud-est du niveau5. D’une superficie de 90 m², elle bénéficied’un aménagement sobre mais fonctionnel,d’une ouverture de p<strong>la</strong>in-pied sur <strong>la</strong> très belleterrasse orientée plein sud et d’un accès directau début du parcours des collections modernes.Elle est en outre facilement desservie par lecouloir technique et <strong>la</strong> batterie d’ascenseursde service sud. Cet espace, dont le besoinétait vivement ressenti de longue date, peutStructuredu <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>© <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>


LE CENTRE POMPIDOU EN 2010 / BILAN D’ACTIVITÉ 190191 CHAPITRE 6LA PRÉPARATIONDU CHANTIERDES CENTRALESDE TRAITEMENT D’AIRLes centrales de traitement d’air (CTA) assurent <strong>la</strong>climatisation du bâtiment tout en permettant <strong>la</strong> régu<strong>la</strong>tionde l’hygrométrie de l’air. Elles participent ainsi à <strong>la</strong>conservation des œuvres.Ces équipements techniques datent de <strong>la</strong>création du bâtiment et si leur durée de vie a puêtre prolongée par des interventions techniquesrégulières et une maintenance efficace, elle nepeut plus l’être sans induire une gêne majeurepour l’exploitation du bâtiment ni présenter unrisque potentiel de défail<strong>la</strong>nce susceptible de <strong>la</strong>compromettre. Il fal<strong>la</strong>it donc intervenir.Les projections faites par les servicestechniques, confirmées par les entreprisesayant remis une offre, évaluent <strong>la</strong> durée destravaux en site occupé à trente-six mois. Laréalisation des travaux dans un bâtimentinoccupé n’est pas envisagée, une fermetureprolongée présentant des inconvénientsmajeurs quant à l’accueil du public, <strong>la</strong> pertede recette associée et l’image de l’institution.Le bénéfice financier d’une fermeture seraitau demeurant marginal par rapport au budgetglobal de l’opération.Les difficultés liées au remp<strong>la</strong>cement des CTAsont de trois types :à l’exploitation du bâtiment et leurremp<strong>la</strong>cement, en exploitation, constitue unvéritable défi technique et organisationnel ;contiennent de l’amiante ; leur démantèlements’en trouve plus complexe du fait de l’exigenced’un confinement de <strong>la</strong> zone de travaux ;compte tenu de <strong>la</strong> spécificité du bâtiment«inside out»travaux ;3- dialogue compétitif associé à conceptionréalisation;consultation des entreprises en phases avantprojet.Le choix s’est finalement porté sur <strong>la</strong> solution3 en raison des fortes incertitudes pesant surles choix techniques de remp<strong>la</strong>cement et <strong>la</strong>difficulté à définir un cahier des charges comptetenu des contraintes. Cette solution permetde «dialoguer» avec les professionnels, demieux cerner les coûts et d’intégrer à <strong>la</strong> fois <strong>la</strong>(AMO) ont été recherchés. Cette contributiondoit durer le temps de <strong>la</strong> consultation desgroupements, notamment dans l’analyse dessolutions techniques, dans <strong>la</strong> conduite de<strong>la</strong> négociation et l’attribution. Elle porteraégalement sur <strong>la</strong> phase des travaux et <strong>la</strong>réception des équipements.L’AMO a été désigné après une procédurepassée le 5 février 2010. Le 14 mai 2010 l’avisd’appel à <strong>la</strong> concurrence était <strong>la</strong>ncé pour undialogue compétitif.Le montant de l’enveloppe globale de l’opérationest aujourd’hui évalué à 27 M€.Pour réaliser leur rénovation, quatre possibilitéss’ouvraient, présentant chacune des avantagesmais également des inconvénients :2- marchés de définition en amont de <strong>la</strong>


© <strong>Centre</strong> <strong>Pompidou</strong>, Direction de <strong>la</strong> communication et des partenariats, 2011 - Conception graphique : les designers anonymes - Imp. : Artes Gráficas Palermo S.L., Madrid

Hooray! Your file is uploaded and ready to be published.

Saved successfully!

Ooh no, something went wrong!