Enseignementcatholique - ECA - Enseignement catholique actualites
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<strong>Enseignement</strong> <strong>catholique</strong>www.enseignement-<strong>catholique</strong>.fr N° 329, février-mars 2009, 4,50 €actualitésTiceDesinitiativestousazimutsPortraitAnne Le PageProfpar choixActualitésLa mobilité étudianteen marcheInitiativesDe Supermanà Anne FrankMéditation« Venezderrièremoi »CultureExpositions /Livres /Multimédia
AIRIP - BayardL’agenda des élèvesz 196 pagesz 370 gz 17 x 25 cmz dos carréUn nouveau projet pour la rentrée 2009L’idée originale d’un agenda conçu par des enseignantsdu 1 er degré avait été lancée en 2007 afin derépondre aux enjeux éducatifs et pédagogiques souventoubliés dans les matériels scolaires à la mode.Pour la rentrée 2009, l’AIRIP* et Bayard Jeunesse, fortsdes recommandations remontées du terrain, ont leplaisir de concrétiser le projet : plus léger, plus maniable,moins cher. Plus qu’un support pour noter sesdevoirs, cet agenda propose aux enfants des méthodesde travail et des pistes de réflexion en cohérenceavec les orientations de l’enseignement <strong>catholique</strong>. Des pages d’introduction pratiques où l’enfantpeut inscrire ses coordonnées et celles de ses amis,noter son emploi du temps et ses vacances. Une page « dimanche » en ouverture de chaquesemaine : de belles illustrations autour d’un messageou d’une grande question pour guider l’enfant dansles valeurs chrétiennes. Une double page qui laisse de grands espaces pournoter les devoirs de la semaine, les jours de travail,une date clé choisie dans l’histoire de France ou dumonde, une citation pour mieux vivre ensemble. En alternance chaque semaine : des pages« méthodo », « jeux », « culture » et « défis » pourmieux travailler, se détendre, se cultiver, faire le point ;et des pages « fêtes » pour vivre les temps forts ducalendrier chrétien.Contact : marierousseau@bayard-presse.comCommande minimum de 20 exemplaires :6 € l‘exemplaire.* Association interdiocésaine pour la recherche et l’innovation pédagogiques.
S o m m a I r eÉDITORIALPar Éric de Labarre p. 5ACTUALITÉS<strong>Enseignement</strong> <strong>catholique</strong> p. 6Éducation p. 18Religion p. 20MÉDITATION« Venez derrière moi » p. 22INITIATIVESLycée professionnelLe pari courageux d’un chefd’établissement p. 24Collège-lycéeDe Supermanà Anne Frank p. 44PORTRAITAnne Le Page,Prof par choix p. 46EN CAECLyon : construireune politique d’avenir p. 4816445060PAROLES D’ÉLÈVESEnfants soldats :agir, c’est informer p. 50REPORTAGEÀ l’École de la 2 e chance p. 52RÉFLEXIONChemin de Carême p. 54Un logementbâtit l’avenir p. 55De la connivenceà la discorde p. 56Freinet à la rescousse p. 57Tu seras un homme,un fils p. 58CULTUREExpositionsSaint François d’Assiseau Val-de-Grâce p. 60Costumes, côté jardin p. 61Livres / Multimédia p. 62Pratique p. 66Photos couverture : M.-F. Comte, E. du Closel, C. Mahieu,J.-M. Teissonnier/Mairie de Moulins, D. R. Sommaire :D. Wasmer, V. Leray, A. Quattrone/Ars Latina, D. R.Au centre de ce numéro :un cahier détachable de 16 pages (27-42)TICE :Des initiatives tous azimutsDepuis bien des années, les supports d’information et de communicationinfluent sur la société et interrogent les propositions éducatives portéespar les établissements scolaires. Ils les invitent à passer d’une pédagogiefrontale à une pédagogie coopérative et fondée sur la relation.Ce numéro comporte un encart CCFD « Enveloppe de Carême », un encart « Cap sur le ministère presbytéral »,un encart La Croix « Les idées neuves du Vieux Continent » posés sur la 4 e page de couverture.N° 329, FÉVRIER-MARS 2009 <strong>Enseignement</strong> <strong>catholique</strong> actualités 3
Des fiches à exploiter en équipeet des repères pour mieux lireles textes bibliques.Un outil deréférence pourune relectureconcrètedu métierd’enseignantdans la continuitédes assises.BON DE COMMANDEPOUR TRAVAILLER EN ÉQUIPE L’exemplaire : 3,00 €le document « Être professeur dans l’enseignement <strong>catholique</strong> »3,00 € l’exemplaire (frais de port compris) / 1,50 € l’exemplaire à partir de 100 ex. (hors frais de port)Nom / Établissement : ........................................................................................................................................................................Adresse : ................................................................................................................................................................................................Code postal : ................................ Ville : ..........................................................................................................................................Souhaite recevoir : ........................ exemplaires.Ci-joint la somme de : ........................ € à l’ordre de SGECSGEC, Service publications, 277 rue Saint-Jacques - 75240 Paris Cedex 05. Tél. : 01 53 73 73 71. Fax : 01 46 34 72 79.
édItorIalPublication officielledu Secrétariat généralde l'enseignement <strong>catholique</strong>(SGEC)Directeur de la publication >Éric Mirieu de LabarreRédacteur en chef >Gilles du RetailRédacteur en chef adjoint >Sylvie HorguelinOnt participé à la rédactionde ce numéro >Claude Berruer, Pierre Castelli,Élisabeth du Closel, VéroniqueGlineur, Valérie Granger,José Guillemain, Marie-ChristineJeanniot, Danielle Lacroix,Virginie Leray, Bruno Nicolas,Aurélie Sobocinski.Édition > Dominique Wasmer,Marie-Françoise Comte(rédacteurs-graphistes),René Troin(secrétaire de rédaction)Diffusion et publicité >Dominique Wasmer, avecGéraldine Brouillet-Wane,Jean-Noël Ravolet et MarianneSarkissian (commandes)Rédaction, administrationet abonnements >277 rue Saint-Jacques,75240 Paris Cedex 05.Tél. : 01 53 73 73 71.Fax. : 01 46 34 72 79E-mail > eca@scolanet.orgAbonnement > 45 €/anNuméro CPPAP > 0712 G 79858Numéro ISSN > 1241-4301Imprimeur > Vincent Imprimeries,26 avenue Charles-Bedaux,BP 4229 - 37042 Tours Cedex 1.D. R.Une liberté fondatriceComme il se doit, 2009 s’achèvera parun 31 décembre. Qui s’en étonnera ?Pour l’enseignement <strong>catholique</strong>, cette daterevêtira pourtant une signification particulièrepuisqu’elle marquera le cinquantenaire de la loi Debréet le vingt-cinquième anniversaire de la loi Rocard.Ces deux textes législatifs déterminent, aujourd’huiencore, le cadre politique et juridique dans lequelles 8 500 établissements <strong>catholique</strong>s associés à l’Étatpar contrat participent à la mission d’intérêt généralde formation et d’éducation des enfants et des jeunes.Il arrive qu’on se plaigne des effets de ces lois sur la marge demanœuvre des établissements associés par contrat, mais chacun sait que,sans ces textes, la liberté d’enseignement serait un principe certesvénérable, mais sans la moindre portée réaliste.Faudrait-il pour autant se résoudre à subir ces textes ?Ceux-ci ne l’exigent pas ; la raison nous l’interdit.La liberté est au cœur du projet de l’enseignement <strong>catholique</strong>.La liberté est l’un de ses principes fondateurs. En effet, il reposeà la fois sur la liberté de ses éducateurs de faire vivre des projetsÉRIC DE LABARRE« Le Christ nous a libérés pour quenous soyons vraiment libres.Alors, résistez ! Ne vous laissez plusattacher avec les chaînesde l’esclavage. »(Épître aux Galates 5,1)d’établissement fondés sur un « caractèrepropre » enraciné dans l’anthropologiechrétienne et sur celle des famillesde choisir l’école de leurs enfantssans discrimination, notamment d’ordrefinancier. Cette liberté est aussi un moyenqui autorise une dynamique propreà chaque établissement permettant de privilégier la diversité plutôt quel’uniformité, l’initiative plutôt que la reproduction, la prise de risqueplutôt que le confort de l’habitude.Cette liberté donne enfin l’objectif premier de l’action éducativepuisque la finalité de l’enseignement <strong>catholique</strong> n’est sûrement pasde « fabriquer » le plus de diplômés possible, mais de conduirechaque jeune, considéré comme une personne, sur le cheminde l’exercice de sa liberté.À l’approche du 31 décembre prochain, tous les membres des communautéséducatives confondus auront à cœur de revisiter ensemble leur façonde vivre cette liberté, composante essentielle du patrimoine éducatif del’école <strong>catholique</strong>, et par là même du système éducatif dans son ensemble.Éric de LabarreSecrétaire généralde l’enseignement <strong>catholique</strong>N° 329, FÉVRIER-MARS 2009 <strong>Enseignement</strong> <strong>catholique</strong> actualités 5
Actus/ enseignement <strong>catholique</strong>Une « Base Élèves » de l’enseignement <strong>catholique</strong>Lesrectorats et les inspections académiques se préparentà la généralisation de l’utilisation de la Base Élèves1 er degré, baptisée BE1D. À la suite de leurs délibérationsd’octobre 2008 et de janvier 2009, la Commissionpermanente et le Secrétariat général valident la participationdes écoles <strong>catholique</strong>s associées à l’État à la collecteinformatisée des données relatives aux élèves du 1 er degré.Ils rappellent que la question des données relativesaux élèves des écoles privées associées à l’État, doit fairel’objet d’une concertation et d’une négociation locales, ausein du Caec 1 dans un premier temps, pour la concertationinterne, puis au sein des comités mixtes académiquesdes systèmes d’information pour les conditions de miseen œuvre (nature des données, modalités particulières d’applicationet échéances de transmission).Par ailleurs, ils ne souhaitent pas que les écoles aillentdirectement sur l’application de saisie BE1D mise à laPlan Égalitédes chances :80 dossiersdisposition des établissements par l’Éducation nationaleet demandent à chaque Caec de prendre rapidement positionsoit sur le modèle des Caec de Grenoble et de Lille,soit sur celui du Caec de Rennes. Enfin, ils demandent à laCellule « systèmes d’Information et Politique contractuelleavec l’État » (CIPE) de rencontrer rapidement lesprestataires informatiques agréés.Dans les académies de Grenoble et de Lille, le choix a étéfait d’amener toutes les écoles à s’équiper d’un logiciel degestion administrative et financière, permettant à l’écoled’exporter les données nécessaires à BE1D. Et dans cellede Rennes, le Caec a mis au point une application spécifique,dénommée « Base Élèves <strong>Enseignement</strong> <strong>catholique</strong> »(Basec), permettant d’exporter vers les inspections académiquesles données nécessaires à BE1D. Elle sera prochainementmise à la disposition des autres Caec qui souhaiteraients’inscrire dans les mêmes perspectives.Aurélie Sobocinski1. Comité académique de l’enseignement <strong>catholique</strong>.Pour en savoir plus : http://ecrie.ens-catho.orgzPlus de 200 dossiers pour le « plan Égalité des chances-Espoir Banlieues » sont parvenusau Secrétariat général de l’enseignement <strong>catholique</strong>. Parmi eux, 80 ont étésélectionnés mi-février par la commission nationale chargée de cette initiative, quivise à déterminer l’attribution de 100 postes fléchés pour la rentrée prochaine. Cinq axesmajeurs se distinguent parmi les projets retenus : l’ouverture d’établissements, de classesou de structures nouvelles comme à Marseille ou à Sartrouville, dans des quartiersdifficiles ou à destination de jeunes en grande difficulté de milieux défavorisés ; la créationde Segpa 1 destinées à recueillir des élèves sur des secteurs géographiques larges ensélectionnéscoordonnant plusieurs établissements ; la création d’UPI 2 , particulièrement en lycéeprofessionnel pour l’intégration des handicapés dans le monde du travail ; le classement d’établissements dans le plan« Ambition-réussite » ; le service à des publics particuliers comme les gens du voyage (Normandie, Franche-Comté). Laliste définitive a été envoyée au ministère de l’Éducation nationale en vue d’une réponse attendue au début du mois demars. De tous ces dossiers ont également émergé trois autres pistes de travail que l’enseignement <strong>catholique</strong> souhaite approfondiret expertiser : le développement d’internats (école du soir, accueil d’autres publics, comme les jeunes adultesdéscolarisés qui veulent reprendre des études en cours du soir…), celui des missions d’insertion des jeunes de l’enseignement<strong>catholique</strong> (Mijec), et enfin la création de structures autres que les camions-écoles pour répondre aux besoinsdes communautés de gens du voyage dont les campements se sédentarisent. AS1. Sections d’enseignement général et professionnel adapté. 2. Unités pédagogiques d’intégration.La FEP-CFDT 1 demande la créationde comités techniques paritairesà l’image de ce qui existedans la fonction publique, pour les145 000 agents publics travaillantdans les établissements privés souscontrat. « Les commissions consultativesmixtes académiques et départementalesqui existent actuellement, l’équivalentdes commissions administrativesparitaires du public, s’occupent de toutce qui relève des suivis de carrières individuels.Mais pour traiter des questionscollectives comme les conditionsde travail, le statut, la rémunération, lesFEP-CFDT : refonderle dialogue socialcongés, il n’existe aucune instance dedialogue social comme c’est le cas pourtous les autres secteurs de la fonctionpublique, ce qui est absolument anormal», regrette Xavier Nau, secrétairegénéral du syndicat. Alors qu’un relevéde conclusions a été signé en juin dernieravec le ministre du Budget et le secrétaired’État à la Fonction publiquepar six organisations syndicales, dontla CFDT, pour refonder les règles dela représentativité et du dialogue socialdans la fonction publique, la FEPréclame « que la logique soit pousséejusqu’au bout et que les chosessoient mises d’équerre ». Si de nouvellesrencontres sont prévues avec les ministèresde l’Éducation nationale et dubudget, aucune déclarationofficielle n’a été formuléepour l’heure surce dossier. AS1. Formation et enseignementprivés-Confédération française démocratique du travail.6 <strong>Enseignement</strong> <strong>catholique</strong> actualités N° 329, FÉVRIER-MARS 2009
Salésiens : 150 ans de rencontre,de confiance et d’amourJean Bosco, prêtre piémontais,a consacré savie à une jeunesse déshéritéedans une société enpleine mutation. C’était aucours du XIX e siècle. Faceau désarroi et à la misèrede jeunes ruraux projetésdans des cités en phased’industrialisation, DonBosco crée des foyers, desécoles, des centres de loisirs.Il s’attache à direl’Évangile, employantDon Boscoune pédagogie faite deconfiance, d’espérance et d’amour. Chassantle mot « répression », il impose celuide « prévention ». Cent cinquanteans après, son message continue d’inspirerplus de 16 000 Salésiens répartisdans 129 pays. Le père Luc Herpoel,éducateur spécialisé, explique ainsi saconception de l’action éducative : « Nousnous efforçons de ne jamais réduire unjeune à ses comportements mais de l’inscriredans un projet d’avenir. » En pleinaccord avec Vatican II, la démarche salésiennes’attache à aller vers les jeunesdans les rues, les prisons et autres lieuxdifficiles, et vers des jeunes de tous lesmilieux.Le 19 janvier 2009, à l’occasion du150 e anniversaire de la congrégation salésienne,le père Jean-Marie Petitclerc,directeur du centre « Le Valdocco »,Un engagementsans failleCréée en 1966 par M gr Jean Cuminal etM. Didier Le Bret, dans le but de soutenirfinancièrement les investissementsdes établissements par des prêts, l’Anfesp 1 atenu à remercier le 20 janvier dernier M. ClaudeMollandin pour son engagement dans cette associationdepuis 1991. Après une carrière bancairedéjà très dense, « vous avez su mettre, durant18 ans, votre expérience et vos analyses au service de l’enseignementClaude Mollandin<strong>catholique</strong> et permettre ainsi aux établissements d’effectuer avec toute la souplessepossible le remboursement de leurs emprunts », déclarait M. BernardPinon, actuel président de l’Anfesp. GDR1. Association nationale pour le financement de l’équipement scolaire privés.© Éditions Don Boscoprécisait : « Il faut dresserune pastorale de larue, de la rencontre tropdélaissée depuis trois décennies.C’est avec unballon à la main que l’onrencontre des jeunes, c’esten passant du temps surles blogs que l’on peutinstaller un peu d’espoiret promouvoir une sociétéplus juste et fraternelle…Nous voulons faire vivredes lieux où chaque jeunese sent accueilli. Pourl’éducateur salésien, laïc ou consacré,la relation éducative est le lieu privilégiéde l’expérience de Dieu. »Pour exprimer la cohérence entre laréflexion et l’action, les Salésiens ontinauguré à Lyon, le 6 février 2009, lefoyer « Laurenfance » né d’un besoinet d’une opportunité. Le besoin : la nécessitéd’ouvrir des petites structureséducatives innovantes à destinationdes adolescents en grande difficulté ;et l’opportunité : le legs effectué à laFondation Don-Bosco, par le docteurLaurent, de la propriété de son ancienneclinique du rein. Transformé en centrede jour et en internat, ce lieu peutaccueillir douze adolescents de 13 à18 ans confiés soit par l’Aide socialeà l’enfance du Rhône, soit par lesjuges pour enfants. GDR© M.-F. ComteDes CFP réactifsPierre Abgrall, président de l’ANCFP.Après l’année « du grand dérangement» qu’a été 2008, et alors qu’une« révolution » s’annonce pour lesdispositifs de formation initiale des enseignants,l’Association nationale des centresde formation pédagogiques (ANCFP) del’enseignement <strong>catholique</strong> souligne dansson rapport d’activité annuel la nécessitéde « ne pas développer une mentalité desurvie mais de savoir sauver ce qu’il y a demeilleur dans notre histoire, notre culturecommune ». Malgré le manque de visibilitéactuel, l’ANCFP invite ainsi à « sécuriserles équipes » – en évitant le recoursà des plans sociaux ou à des reconversions– et à être « réactif ». « La vie des CFP n’ajamais été un long fleuve tranquille maisune succession de changements, développantleur expertise dans la gestion de lacomplexité et de l’incertitude. » Il s’agitdonc aujourd’hui d’« optimiser les expertisesacquises en mettant l’accent sur lesmobilités internes et le renforcement dela formation des formateurs ». Parmi sesobjectifs prioritaires pour 2009-2010,l’ANCFP souhaite la construction d’uneidentité commune aux instituts missionnés(CFP, IFP, ICFP) et le développementde la formation des formateurs. L’accompagnementde la mise en œuvre des masterssur l’ensemble des sites, et en particulierde masters professionnels intégrantla préparation au concours pour le premieret le second degré, s’inscrit égalementcomme un de ses axes d’action majeurs.Sans oublier le travail sur les coûtsde la formation initiale et continue, en lienavec le Sgec et Formiris, et la veille nécessaireauprès du ministère s’agissant dela juste mesure des subventions. Reste àtraiter la question « des conditions d’attractivitéde nos masters », ajoute l’ANCFP,et du nécessaire développement d’actionsde communication à l’attention des candidatspotentiels. AS© Y. ChamperouxN° 329, FÉVRIER-MARS 2009 <strong>Enseignement</strong> <strong>catholique</strong> actualités 7
Actus/ enseignement <strong>catholique</strong>Formiris : bilanpositif mais contexte incertainLe 4 février dernier, s’est tenueà Paris l’assemblée généralede la fédération Formiris.L’occasion de faire un bilansatisfaisant des activitésde 2007/2008 et d’envisagerl’avenir avec prudence.C’est dans un climat de confianceque s’est déroulée l’assembléegénérale de la fédération Formiris,le 4 février dernier, à Paris.Preuve en est le rapport d’activitéet le rapport financier 2007/2008adoptés à l’unanimité, tout commele rapport d’orientation 2009/2010.« Après deux ans d’existence, Formirisa dû relever un défi importantqui l’a projeté définitivement dansune phase, non plus de création,mais de consolidation », a expliquéRoger Gaborit, secrétaire général deFormiris. Avec François David, éluprésident en juin 2007 (cf. encadré),Roger Gaborit, arrivé lui aussi en2007, s’est mis au travail dans uncontexte mouvant. D’une part, la fédérationdoit rester vigilante vis-àvisdu ministère de l’Éducation nationalequant au montant dessubventions de formation initiale etcontinue. D’autre part, le projet deréforme de la formation initiale bouleverseles priorités.« Pour l’année 2008/2009, 13 M 1d’euros ont été votés par le Conseilfédéral pour le Plan nationalconcerté », a précisé Roger Gaborit.Ils ont été répartis entre la formationinitiale du 2 d degré et la formationcontinue. La plus grandepartie de ce plan est consomméedans les territoires. Les évolutionsbudgétaires portent sur : l’enseignementen santé et sécurité du travail(+ 37 %), la reconversion imposée(+ 33 %), les réformes lourdes(+ 20 %), la formation des professeurs-conseillerspédagogiques,maîtres accompagnateurs et tuteurs(+ 17 %) et la formation initiale deformateurs (+ 17 %). De plus, « unbudget global de 9 M d’euros a étévoté pour les programmations territorialesavec maintien de lasomme attribuée à chaque territoireen 2007-2008 », a ajouté lesecrétaire général.Ce dernier s’est par ailleurs félicitédu fonctionnement fédéral quis’est mis en place grâce à un textecadreadopté en juin dernier par leConseil. La création d’une Commissionfédérale administrative etfinancière (CFAF) vient compléterle dispositif. « Pour la première fois,un budget global de fonctionnementpour l’ensemble des 14 structuresde la fédération a été voté. Celaconstitue une étape importante », adéclaré Roger Gaborit. Les comptescombinés des 14 entités affichentun excédent, bien que le montantconsacré à la formation ait cru de1,7 M. Cela s’explique en partie© S. HorguelinFrançoisDavidréélu pour3 ansLe 17 décembre2008, FrançoisDavid a étéréélu présidentde la fédérationFormiris, lorsd’une assembléegénérale.À cetteoccasion, il arappelé que la mission de Formiris,dont il est le garant, est de « fairevivre la Charte de la formation, ensachant croiser le paritaire, l’associatifet l’institutionnel ».Àgé de 55 ans, François David dirigeactuellement l’ensemble scolaireEdmond-Michelet à Brive-la-Gaillarde.Au niveau national, il a été éluprésident du Snceel (Syndicat nationaldes chefs d’établissementsd’enseignement libre) de 1998 à2005. En 2005-2007, il a aussi étéprésident de Formiris Sud-Ouestet trésorier de la fédération. SHpar le dégel tardif (fin 2007) d’unepartie de la subvention qui n’a paspu être utilisée dans sa totalité.À noter aussi les frais de fonctionnementen diminution de 1,5 Md’euros sur trois ans dans la fédération(et de 17 %, entre 2004 et 2007,pour les services nationaux). « Ilnous reste à être vigilants, même sinous avons péché par prudence,a commenté Roger Gaborit. Lesfinances de l’État pourraient nousamener à avoir des réductions, eten même temps, les besoins en formationne cessent de croître ! »Levier essentielÉric de Labarre, quant à lui, a faitle point sur le projet de réforme dela formation initiale. Il a rappeléque les maquettes de sept masterspluridisciplinaires avaient été déposéesà la Direction générale del’enseignement supérieur, le 5 janvierdernier. Six étaient portées parles instituts <strong>catholique</strong>s (en partenariatavec les centres de formationde l’enseignement <strong>catholique</strong>) etune préparée par les instituts deMontpellier et de Marseille. « Ilreste à régler deux questions essentielles», a-t-il souligné, « trouverles candidats pour la première rentréedes masters, en septembre prochain» et « s’assurer des financementsde ces formations pour garantirla plus grande égalité detraitement entre les étudiants qui sedestinent à l’enseignement <strong>catholique</strong>et ceux qui envisagent une carrièredans l’enseignement public ».Et d’ajouter : « Nous arrivons aubout du chemin, pour peu que l’environnementpolitique reste stable. »Pour Éric de Labarre la formationinitiale des maîtres demeure, en effet,« un levier essentiel pour lamise en œuvre du projet de l’enseignement<strong>catholique</strong> », d’où l’attentiontoute particulière portée à cedossier.Sylvie Horguelin1. Millions.8 <strong>Enseignement</strong> <strong>catholique</strong> actualités N° 329, FÉVRIER-MARS 2009
Masterisation :ce qui attendles candidatsIl faut saisir la possibilité de développerdes expérimentations au lycéedès la rentrée, y compris celles quine figurent pas dans la première mouturede la réforme. » Répondant à l’appeldu ministre de l’Éducation nationale,l’enseignement <strong>catholique</strong>, commel’a confirmé son secrétaire général Éricde Labarre, entend s’inscrire dans ledispositif expérimental de 100 établissementsvolontaires initié par XavierDarcos à compter de la rentrée prochaine.Le 3 février, l’équipe de directiondu Sgec a ainsi validé la créationd’un groupe de travail pour repérer etsolliciter, avant le début du mois demars, l’émergence d’initiatives reprenantles quatre champs d’expérimentationau lycée préconisés par la rue deGrenelle (accompagnement des élèvesen difficulté, réduction du redoublement,accès des élèves boursiers à l’enseignementsupérieur, maîtrise des lanpartirde larentrée 2009, lesmodalités de recrutement pour devenirenseignant dans le premier ou le seconddegré devraient changer. En effet,les candidats devront être titulairesd’un master 2 ou d’un bac + 5 pourpouvoir être recrutés à l’issue des nouveauxconcours. Ils pourront passer leCRPE 1 ou le Cafep 2 pendant la formationde master. L’épreuve d’admissibilitédevrait avoir lieu à la fin du premiersemestre de la deuxième annéede master (M2) et l’épreuve d’admissionen cours de deuxième semestre deM2. Une fois reçu au concours, le lauréatdeviendra enseignant stagiaire et ilsera titularisé l’année suivante. Parallèlementà sa formation en master et àsa présentation au concours, l’étudiantse destinant à un établissement <strong>catholique</strong>devra obtenir un préaccord collégialpuis un accord collégial. Ils serontdonnés par la Caac 3 qui engage collectivementles chefs d’établissement del’enseignement <strong>catholique</strong>. En ce quiconcerne la formation, les universités<strong>catholique</strong>s, associées sous des formesdiverses aux centres de formationde l’enseignement <strong>catholique</strong>, ontpréparé sept projets de masters. L’ensembledes maquettes devrait êtresoumis d’ici au 31 mars à l’Agenced’évaluation de la recherche et del’enseignement supérieur (AERES) etles habilitations données par la Directiongénérale de l’enseignement supérieur(DGES) dans le courant du moisde juin. AS1. Concours de recrutement des professeurs des écoles.2. Certificat d’aptitude aux fonctions d’enseignement dansles établissements privés du second degré sous contrat.3. Commission académique d’accord collégial.zPour en savoir plus :www.devenir-enseignant.orgÀRisquer l’innovation au lycéegues) mais aussi d’autres portant notammentsur l’organisation du tempsscolaire (semestrialisation, semaine debilan et d’orientation entre les deux semestres,temps d’enseignement réaliséen groupes de compétences, séquencespréparant à l’enseignement supérieur),l’autonomie des établissements(aménagement de programme…) ouencore les modalités innovantes d’associationsde parents.Parallèlement, la consultation sur le lycéese poursuit « autour des représentantsdu ministre, […] des instancesde la vie lycéenne et enfin à partir dela mission […] confiée à RichardDescoings », précise le ministre del’Éducation nationale dans une noteadressée aux recteurs, lesquels sont chargésde « consulter très largement lesautorités civiles, intellectuelles, professionnelles,les leaders d’opinion […]au-delà du périmètre ordinaire de l’Éducationnationale, sur laconstruction d’un nouveaulycée conformeaux besoins d’aujourd’huiet de demain ». Lasynthèse, issue de laconsultation des instanceslycéennes académiques,devra être transmiseà la Directiongénérale de l’enseignementscolaire du ministère(Dgesco) à la mijuin,assortie «de propositionset de recommandations». ASRégulation du budget 2009L’exécution budgétaire pour 2009 se met en place. Elle fait notammentressortir une régulation par le biais d’une annulation de créditsde 4,6 millions d’euros pour l’enseignement sous contrat, suiteau dépôt d’un amendement rabot en clôture du budget. Bien entendu,cette annulation est « hors titre 2 » de la loi de finances, c’est-à-direqu’elle ne concerne pas les rémunérations des enseignants desétablissements sous contrat. Par ailleurs, une seconde mesure portesur le gel de certains des crédits du budget concernant l’enseignementsous contrat, pour un montant de 31 millions d’euros. Cette annulation etce gel s’appliquent notamment aux crédits affectés à l’accompagnementéducatif en collège. Ces derniers feront l’objet d’un nouveauplafonnement de dépenses par Caec 1 . En outre, l’absence de crédits pourl’accompagnement éducatif en premier degré est confirmée. GDR1. Comité académique de l’enseignement <strong>catholique</strong>.D. R.N° 329, FÉVRIER-MARS 2009 <strong>Enseignement</strong> <strong>catholique</strong> actualités 9
Actus/ enseignement <strong>catholique</strong>En assemblée générale, les 4 et5 février à Paris, le Synadic s’estinterrogé sur l’enseignement<strong>catholique</strong> de demain. Les chefsd’établissement du 2 d degrésont convaincus que l’affirmationdu caractère propre passe parl’expérimentation.Le Synadic mise sur l’innovationQuel enseignement <strong>catholique</strong>pour demain ? C’est la questionposée par le Syndicat nationaldes directeurs d’établissements <strong>catholique</strong>sdu second degré (Synadic), lorsde son assemblée générale, les 4 et Bernard Toulemonde, le père Marcel Nouzille et Gérard Tonneau.5 février 2009, à Paris. Une interrogation amenée par une annéede turbulences, liées aux réformes « projetées ou abouties » duministère de l’Éducation nationale, mais aussi à la recherche denouveaux équilibres à l’intérieur de l’enseignement <strong>catholique</strong>.À commencer par sa réorganisation territoriale, chantier auquelle Synadic a déjà apporté sa contribution au Secrétariat généralde l’enseignement <strong>catholique</strong> (Sgec). Le syndicat a en effetréfléchi à la difficulté que rencontrent les tutelles pour concilierleur mission d’accompagnement des établissements et la multiplicitéde leurs tâches organisationnelles. Pour Yves Ruellan,président du Synadic, cette redéfinition apparaît d’autant plusurgente « à l’heure où nos établissements ne sont plus financéspar l’État mais par les collectivités territoriales. Cela a pour effetde multiplier les interlocuteurs et de générer des inégalitésde traitement face auxquelles il faut organiser de nouvelles solidaritésdiocésaines, sûrement structurées au niveau régional ».Vent de réforme et cinquantenaire de la loi Debré obligent,les chefs d’établissement ont aussi re-questionné l’articulationCongrégations : collaborer pour continuer d’existerLes 23 et 24 janvier dernier, lescongrégations féminines et masculines,investies dans le champde l’éducation, 110 environ, se sontretrouvées à Paris, à l’invitation del’Urcec 1 . Deux jours très denses pourenvisager l’avenir, animés par sœurMarie-Chantal Duvault, sœur NadiaAidjan et frère Alain Ory. Un avenir assezsombre quand on sait le manque devocations en France dans ces congrégations.Alors que faire pour assurer larelève ?, se sont demandé les participants,dont la moyenne d’âge élevéetraduit la gravité de la situation. Deuxenquêtes conduites par l’Urcec ont permisde faire un état des lieux. Elles révèlent notamment que lesréseaux congréganistes souhaitent « trouver un lieu de réflexion,un espace d’échange, qui les aide à prendre les décisionsqui s’imposent pour l’exercice de la tutelle et pour l’immobilier». Mais c’est pendant le forum et les ateliers que desReligieux et laïcs travaillent au coude à coude.Ici, sœur Marie de l'Annonciation Rondreux et Christine Jourdain.de leurs missions d’Église et de servicepublic : comment concilier la volontéd’ouverture à tous, la liberté deconscience des élèves et des professeurset une réelle démarche pastorale? Une table ronde réunissant BernardToulemonde, inspecteur généralhonoraire de l’Éducation nationale, lepère Marcel Nouzille et Gérard Tonneau,du Sgec, a remis dans une perspectivehistorique cette tension entrecaractère propre et association avecl’État. Contre le « délitement de l’identitéde l’enseignement <strong>catholique</strong> »,déploré par le père Nouzille, ils ontréfléchi à de nouvelles formes d’organisation territoriale, à desrecherches de collaboration avec l’enseignement public pouréquilibrer formation disciplinaire des maîtres et sensibilisationau caractère propre. Ils ont incité les établissements à profiter deleur autonomie pour exprimer leur identité à travers l’innovation.En devenant des « actifs modifiant » au lieu de « passifsacceptant », selon les termes de Gérard Tonneau.Les contraintes actuelles sont certes nombreuses : professionnalisationen cours de la gestion des ressources humaines, incertitudequant à la nouvelle formation des enseignants et craintespour leur recrutement… Mais, après l’accompagnementéducatif au collège ou la refonte du bac professionnel, la réformedu lycée ouvre cette année un large champ d’expérimentation.Le Synadic propose d’ailleurs des formations aux établissementsqui voudront se lancer dans son exploration, partielle ou totale.Avis aux amateurs de défis ! VL-Le Synadic sur internet : www.synadic.frpistes concrètes ont été présentées.Des expériences réussies de rapprochementsentre tutelles ou de dévolutions2 ont permis à chacun de reprendrecourage. Le réseau Grand Sud(notre photo), celui de l’Action éducativedominicaine ou encore le réseauDon-Bosco jouent la carte de lacollaboration avec profit. Pour que lestraditions éducatives de chaque famillespirituelle continuent d’exister,il est urgent d’unir ses forces. C’estpourquoi nous consacrerons le prochaindossier de notre magazine à cesujet brûlant. Vous pourrez aussi vousprocurer les actes de cette session intitulée« Pour l’avenir de nos tutelles : quelle collaborationentre les congrégations ? » auprès de l’Urcec. SH© S. Horguelin© R. Maes1. Union des réseaux congréganistes de l’enseignement <strong>catholique</strong>, 10 rue Jean-Bart,75006 Paris. Tél. : 01 45 48 65 38. E-mail : res_congreg_ec@yahoo.fr2. Changement de tutelle pour un établissement scolaire.10 <strong>Enseignement</strong> <strong>catholique</strong> actualités N° 329, FÉVRIER-MARS 2009
Le point avecClaude Dalverny, présidentdu Syndicat national desdirecteurs et directricesd’écoles <strong>catholique</strong>s,chefs d’établissementsdu 1 er degré (Synadec).Quel bilan dressez-vousde l’assemblée généraledu Synadec 1 qui s’esttenue les 23 et 24 janvier2009, à Nantes ?Notre assemblée générale a réuni135 participants venus de toute la France.Cette forte affluence traduit un besoinde se ressourcer, après une année chargée.La survie de certains établissementsest de plus en plus liée à des regroupementsque le Synadec entendaccompagner avec vigilance. Pour êtremieux à l’écoute des besoins du terrain,nous avons substitué des ateliersaux traditionnelles conférences. Cetteformule, plus interactive, a rencontréun vif succès. Sur le thème de la petiteenfance, par exemple, les adhérents sontrepartis avec des pistes concrètes et deslistes de partenaires potentiels pour lancerun jardin d’enfants, une crèche familialeou une structure en collaborationavec des entreprises.Le Synadecà l’écoutedu terrainAvec le devenir desmaternelles, l’aménagementdu temps de travail est uneautre source d’inquiétude…En effet, ce sont deux dossiers sur lesquelsle Synadec aura à interpeller l’Étatcette année. Nos équipes ont pu mesurerles bénéfices de l’aide personnalisée,introduite en septembre dernier. Mais samise en œuvre a été délicate dans le nouvelhoraire resserré. L’arrivée, à la rentrée2009, de l’accompagnement éducatifva encore complexifier les choses.C’est pourquoi nous ne pouvons fairel’économie d’une réflexion sur une organisationde la semaine qui s’étendraitau-delà de quatre jours.Qu’en est-il du chantier concernantles ressources humaines ?La nouvelle convention collective des personnelsde droit privé et les entretiens annuelsd’activité et de développement définissentun cadre contraignant. Celui-cipermet aux chefs d’établissement de jouerpleinement leur rôle dans la gestion desressources humaines et l’élaboration deplans de formation. Pour accompagnersur le terrain cet effort de professionnalisation,le Synadec va organiser des sessionsde formation en régions. Aussi, notresyndicat a demandé un agrément pourdevenir organisme formateur. De plus,nous veillerons à ce que les chefs d’établissementconservent une latitude suffisantedans les procédures de recrutement.Et la formation initiale des maîtres ?Cette réforme nous inquiète pour deuxraisons. Il s’agit tout d’abord de savoirquelle sera la place accordée à une sensibilisationau projet spécifique de l’enseignement<strong>catholique</strong> dans ce nouveaucursus universitaire. Ensuite, nous redoutonsqu’imposer une poursuite d’étudesjusqu’à bac + 5 avant le concours, ne dissuadeles candidats qui, en cas d’échec,n’auraient pas d’autres débouchés possibles.Le peu de visibilité que nous avonspour l’heure laisse en tout cas présagerdes difficultés de recrutement préoccupantespour la rentrée prochaine.Propos recueillis par Virginie Leray1. Internet : www.synadec.orgLe Snceel pour des lycées plus autonomesEntreprendre pour apprendre…apprendre pour entreprendre» : c’est autour de ce thèmeque le Snceel 1 a réuni près d’unmillier de participants les 20 et21 janvier 2009 à Issy-les-Moulineaux.« Comment les établissementsscolaires peuvent-ils permettreaux jeunes de prendre desresponsabilités, de s’engager pourdevenir acteurs de demain ? » a interrogéYves-Jean Thomas 2 , rejoignantles propos des trois entrepreneurs 3 réunispour une table ronde. L’école etl’entreprise ont à travailler ensemble :avec l’association « 100 000 entrepreneurs4 », par exemple, dont les actionsdéveloppent chez les jeunes le goût del’effort, l’esprit d’initiative, l’autonomieet la mobilité.Autre temps fort : celui consacré auxréformes en cours ou à venir du lycée.Les intervenants – Patrick Allal etÉlisabeth Arnold 5 pour la rénovation dela voie professionnelle ; Jean-Paul de© Laboratoire Roger MaesD. R.De gauche à droite : Jean-Pierre Dufour, Xavier Kergall,Philippe Hayat, Philippe Blandinières et Yves-Jean Thomas.Gaudemar et Bruno Magliulo 6 pour laréforme du LEGT – ont mis l’accent surla volonté, contenue dans les réformes,d’accroître les marges d’autonomie desétablissements rejoignant ainsi, selonles propos de Jean-Paul de Gaudemar,« la culture de l’enseignement <strong>catholique</strong>». Les établissements <strong>catholique</strong>sdevraient d’ailleurs s’engager dans l’expérimentationinitiée par le ministère.Yves-Jean Thomas les y a invités – « Nouspouvons et nous devons nous emparer duprojet de réforme » –, rejoint par Éricde Labarre. « Il faudra saisir la possibilité,offerte par les récentes orientationsprésidentielles et gouvernementales,de développer des lycéesexpérimentaux dès la rentrée prochaine», a indiqué le secrétaire généralde l’enseignement <strong>catholique</strong>qui a redit son souhait de voir « lesétablissements privés associésexploiter, plus qu’ils ne le fontaujourd’hui, les espaces de liberté quedonne la loi de 1959 ». VG1. Syndicat national des chefs d’établissement de l’enseignementlibre. Internet : www.snceel.org.2. Président du Snceel.3. Philippe Blandinières, PDG d’Elmetherm ; Philippe Hayat,président de « 100 000 entrepreneurs », professeur àl’Essec ; Xavier Kergall, directeur délégué du groupe LesÉchos, président-fondateur du Salon des Entrepreneurs.4. Sur internet : www.100000entrepreneurs.com5. Respectivement, chef de service adjoint au directeur généralde l’enseignement scolaire, chargé du service des enseignementset des formations à la Dgesco et sous-directrice des formationsprofessionnelles au ministère de l’Éducation nationale.6. Respectivement recteur de l’académie d’Aix-Marseilleet inspecteur d’académie honoraire.N° 329, FÉVRIER-MARS 2009 <strong>Enseignement</strong> <strong>catholique</strong> actualités 11
Actus/ enseignement <strong>catholique</strong>La mobilité étudiante en marche« Les partenariats européens dans l’enseignement supérieurprofessionnalisant ». Tel était le thème d’un colloquequi a réuni 260 représentants d’établissements de diverspays, en janvier à Bruxelles. Au menu : réflexions,échanges d’expériences etprises de contact.R enasup1 a pour objectif departiciper à la constructionde l’espace européende l’enseignement supérieurprofessionnel. C’est pourquoice réseau, qui regroupe plus de430 lycées <strong>catholique</strong>s, préparantnotamment à des brevetsde technicien supérieur (BTS),à des diplômes de comptabilité-gestionou à des licencesprofessionnelles, s’est associéà la Fédération des hautes écolesbelges <strong>catholique</strong>s francophones pour organiser une rencontreeuropéenne. Les 22 et 23 janvier dernier à Bruxelles,260 représentants d’établissements ont ainsi pu nouer des partenariatseuropéens et mutualiser les collaborations préexistantes.« Une initiative porteuse d’avenir pour les jeunes etpour nos systèmes éducatifs », a souligné Éric de Labarre,secrétaire général de l’enseignement <strong>catholique</strong>.En effet, depuis que le processus de Bologne a engagél’harmonisation des cursus post-bac dans l’UE, Renasupentend associer l’enseignement supérieur professionnalisantà cette réforme. « Cette alternative aux études universitaires,originale par sa technicité et sa proximitéavec le monde de l’entreprise, doit pouvoir prendre sadimension internationale », a insisté Fernand Girard, présidentdu réseau.-RepèresEn 2007-2008, l’agence Europe-Éducation-Formation Francea recensé dans le cadre du programme Erasmus : 22 556 mobilités d’études de 3 à 12 mois, dans un établissementeuropéen partenaire. Partent en majorité des étudiantes en master 1pour une durée moyenne 7 mois. 3 389 mobilités de stages de 3 à 12 mois (dès 2 semaines pour les cursuscourts type BTS). Filles et garçons sont à parité et en majorité en master 2. 2 458 mobilités enseignantes dans des établissements européenspartenaires (+ 20 % en 4 ans). Durée moyenne : 5 jours. 218 mobilités de formation pour des personnels non enseignants dansdes établissements, des entreprises ou des organismes de formationeuropéens. Durée moyenne : 5 jours. Destinations majoritaires des mobilités : Espagne, Royaume-Uni,Allemagne, mais aussi Roumanie et Italie pour les mobilités enseignantes. Régions les plus dynamiques : Ile-de-France, Rhône-Alpes,Nord - Pas-de-Calais. Disciplines les plus dynamiques : langues, gestion d’entreprise,ingénierie et technologie.Renseignements : www.europe-education-formation.frGrâce au système de crédits (ECTS), les BTS français entrentaujourd’hui dans la grille du LMD, sans toutefois atteindrele niveau bac + 3 de la licence. L’enjeu est donc de proposerà ces jeunes diplômés des poursuites d’études jusqu’au niveaulicence. Cela passe par despartenariats avec des universitésfrançaises mais aussi européennes.« Nos amis belges, pourleur part, recherchent plutôt desprolongations vers le master.Nos besoins sont donc complémentaires.Les cadres internationauxpermettant de concluredes accords sont là. Mais lesprojets de coopération reposentsurtout sur les relations interpersonnelles.C’est pourquoinous avons axé la manifestationautour d’exemples concrets etd’occasions de rencontres »,précise Jean-Marc Petit, délégué général de Renasup.Les représentants de l’université anglaise de Coventry, en collaborationavec trois établissements français, Saint-Paul 2 deLens, Notre-Dame-des-Oiseaux 3 , à Verneuil-sur-Seine, etSainte-Croix - Saint-Euverte 4 , à Orléans, ont ainsi expliquécomment s’élaboraient des cursus LMD européens. Pierre angulairede tout partenariat : la mobilité étudiante. Il s’agit de lafavoriser dès les stages de BTS qui peuvent désormais s’effectuerà l’étranger, via Erasmus, à partir d’une durée de deux semaines.Notre-Dame-de-la-Providence 5 , à Blois, entretientcette dynamique par des séjours linguistiques en Lituanie etdes sessions de formation à l’étranger pour les professeurs.JalonsD. R.Couronnement d’un partenariat bilatéral réussi, la « codiplômation» proposée, par exemple, à l’École supérieured’agriculture d’Angers 6 . L’European Engineer Degreeconfère aux étudiants en licence un niveau bac + 3 reconnu enFrance et aux Pays-Bas, moyennant un semestre supplémentairepassé sur le campus de Dronten. Le tout implique uneétroite concertation entre les deux équipes pédagogiques pourbâtir un référentiel, validé par l’université d’Angers. Pour poserles jalons de futurs partenariats, les représentants d’établissementsfrançais, belges, britanniques ou irlandais ontprofité de ce colloque pour faire connaissance. Et ouvrir denouveaux horizons à leurs étudiants.Virginie Leray1. Réseau national de l’enseignement supérieur professionnel privé. Sur internet :renasup.enseignement-<strong>catholique</strong>.fr2. Adresse : 38 route de la Bassée, BP 17 - 62301 Lens Cedex. Tél. : 03 21 13 56 10.Internet : www.lyceestpaul-lens.fr3. Adresse : 106 Grande-Rue, 78480 Verneuil-sur-Seine. Tél. : 01 39 28 15 00. Internet :www.notre-dame-les-oiseaux.com4. Adresse : 28 rue de l’Ételon, 45043 Orléans Cedex 01. Tél. : 02 38 52 27 00. Internet :www.stecroix-steuverte.org5. Adresse : 23 rue des Saintes-Maries, CS 3421 - 41034 Blois Cedex. Tél. : 02 54 56 43 10.Internet : www.lapro.org6. Adresse : 55 rue Rabelais, BP 30748 - 49007 Angers Cedex 01. Tél. : 02 41 23 55 55.Internet : www.groupe-esa.com12 <strong>Enseignement</strong> <strong>catholique</strong> actualités N° 329, FÉVRIER-MARS 2009
© S. HorguelinPère Denis Branchu, aumônier généralde Saint-Jean-de-Passy, à Paris.Solidaires pour offrir un chienment parler. Les fonds versés par les parrainsdonateurs sont ensuite remis à l’associationvia le chef d’établissement. Lesparrains s’engagent à donner en moyenneun euro par kilomètre effectué, et chaque« Dans l’enthousiasmede l’acte éducatif »Les 24 et 25 janvier dernier s’est tenuà Paris le 9 e congrès de la Communionmissionnaire des éducateurs 1 …En effet, nous avons accueilli dans les locauxde Saint-Jean-de-Passy, où je suis aumônier,140 congressistes venus de toute la France :professeurs, chefs d’établissement, parentsd’élèves…, du privé et du public.La Communion, née en 2000, est encoremal connue. Elle propose des temps de ressourcement qui allient ladimension intellectuelle avec une dimension de prière et de vie fraternelle.Une formule originale quand on sait que les congrégations qui proposaientce genre de rencontres sont vieillissantes et que les communautés nouvellesn’ont pas investi le champ de l’éducation.Pourquoi avoir choisi pour thème « Souffrances et espérancedans l’éducation » ?Nous avons voulu cette année prendre en compte la part de souffrance,toujours présente dans l’acte éducatif, en nous centrant sur notreespérance. Conférences (de théologien, psychologue, philosophe…),ateliers et temps de prière se sont succédé, de façon à remettre chacundans l’enthousiasme de l’acte éducatif.Quels sont vos prochains rendez-vous ?Nous organisons une conférence à Paris, le 18 mars à 19 h 30, sur le thème« L’humilité de l’éducateur ». Elle sera précédée d’une messe et suivie d’undîner. Tous les détails sont sur notre site internet 2 . Venez nombreux !Propos recueillis par Sylvie Horguelin1. Adresse : 18 rue de la Glacière, 75013 Paris.2. Adresse : http://communioneduc.free.frAce jour, 20 000 élèvesdans la France entièreont participé à un Marchathon,dont 15 000 de l’enseignement<strong>catholique</strong>. Pas questionde s’arrêter de marcher en2009-2010 ! Cette action, menéeen milieu scolaire par l’Écolede chiens guides d’aveugles-CentreAliénor, se poursuit. Lancéeen 1993 pour sensibiliser lesélèves à la vie des personnes aveugles,elle est désormais bienrodée. L’organisation d’un Marchathonse fait en cinq étapes.Tout commence par la rencontred’une classe avec une personneaveugle et son chien : elle permetd’aborder de façon positive les notionsde handicap et d’adaptation à la vie courante.Suit la constitution d’une équiped’organisation puis la marche à propreélèveest invité à chercher leplus de parrains possible. Dernièreétape, toujours émouvante :le don d’un chien à un aveugleen présence des élèves. Pouraller plus loin, une mallette pédagogiqueest fournie gratuitementaux établissements avecdes informations sur le braille,les anomalies visuelles, leschiens guides… Le Marchathonconduit ainsi naturellement dela découverte du handicap àl’engagement, un engagementqui soude toute la communautééducative autour d’un projetenthousiasmant pour les petitset les grands. SHD. R.Contacts : Service Marchathons, 11 rue Joseph-Cugnot, 33700Mérignac. Olivier Brisse – tél. : 06 71 87 41 12 ; e-mail :o.brisse@aliceadsl.fr – et Jean-Emmanuel Decaillet –tél. : 06 81 66 45 01 ; e-mail : je.decaillet@free.frÀ la croiséedes disciplinesDans la famille des publicationsqui traitent des rapportsentre religion, cultureet société, on trouve les revues Esprit, Études maisaussi… Transversalités. Cette dernière, publiéepar Desclée de Brouwer, a pour originalité d’êtreliée à une université : l’Institut <strong>catholique</strong> de Paris(ICP). Ce trimestriel n’est pas pour autant réservéà des chercheurs mais à un lectorat cultivéqui apprécie les regards croisés (en lettres, scienceshumaines, philosophie, théologie…) sur unmême thème. Dernier sujet traité : « Repenser lalaïcité aujourd’hui 1 . » On y trouve un article dugrand spécialiste de cette question, Émile Poulat,directeur d’études à l’École des hautes études ensciences sociales (EHESS), mais aussi d’un juriste,Philippe Greiner, ou encore d’un théologienprotestant, Olivier Abel... « Outre le dossier, chaquenuméro s’enrichit de contributions variées etd’une chronique des événements scientifiques quiont eu lieu à l’ICP », précise Laurent Villemin, directeurde la publication. Sa conviction ?« L’intelligence chrétienne a sa place, dans ledialogue, pour déchiffrer un monde complexe etpluraliste ». Preuve en est Transversalités ! SH1. Numéro 108 (octobre-décembre 2008).-Contact : 01 44 39 52 08 ; e-mail : transversalites@icp.frAbonnement sur le site www.icp.fr (rubrique « Recherche »).Tarif : 60 € (4 numéros par an) et 16 € le numéro (en librairie).N° 329, FÉVRIER-MARS 2009 <strong>Enseignement</strong> <strong>catholique</strong> actualités 13
D. R.Actus/ enseignement <strong>catholique</strong>Popi, Phosphore et C iese mettent au vertPour la Semaine du développementdurable, qui aura lieu cetteannée du 1 er au 7 avril, les publicationsde Bayard Jeunesse se mettentau vert. De Popi à Phosphore, tous lesnuméros d’avril seront consacrés àl’écologie et au développement durable,ce qui permettra de toucher prèsde six millions de lecteurs, de deux àdix-huit ans. Au-delà, c’est toute cetteentreprise de presse qui s’engage puisque,à partir de ce même mois d’avril,Youpi et Images DOC seront vendus sousfilm biodégradable et accompagnés de sucettes(en lieu et place des plus-produitsofferts jusqu’ici). Des changementsplacés sous le signe de l’opération« Ensemble, protégeonsla planète ».Une manière demontrer aux plusjeunes lecteurs quepasser à l’acte endirection du développementdurableest possible. ASUNE IDÉE / UNE ACTIONUne radio pour RodezLe lycée Louis-Querbes, d’un dynamisme qui force l’admiration,vient de lancer une radio locale de proximité.RadioTemps émet en FM sur la ville de Rodez depuisnovembre dernier. C’est une radio généraliste au servicedu terroir et de ses habitants, sans publicité, ouverte à ladiversité des musiques, des cultures, des personnes et desassociations. « Si j’en suis le président et si une conventionde partenariat privilégiéavec le lycéeexiste, nous avons voulumarquer une large ouvertureà l’environnementsocial et scolaire», précise le chefd’établissement, Pierre-Étienne Vanpouille. Ceprojet comble en fait un vide : il n’existait pas à Rodez deradio associative. Elle bénéficie d’une fréquence temporairede neuf mois qui devrait à terme devenir fixe. Pourjuger de sa qualité, il suffit de se rendre sur internet qui permetune écoute en continu 1 et aussi de podcaster certainesémissions. Le responsable des programmes, Jean-PierreAlexandre, est un professionnel issu de France Culture. Ilest entouré de nombreux élèves car RadioTemps est aussiun outil pédagogique au service de la formation et de l’expressiondes jeunes. SH1. À l’adresse : www.radiotemps.comzRadioTemps 95.5 FM. Studios : 13 rue des Frères de Turenne, 12000Rodez. Tél. : 05 65 74 08 99. E-mail : radiotemps@gmail.comAppel à la solidarité pour Saint-Julien, à MontoireÀla rentrée dernière, c’est une vision sinistre qui attendait la communauté de l’ensemble scolaireSaint-Julien à Montoire-sur-le-Loir (Loir-et-Cher). À 10 h 15, le 14 août, sans aucun signeprécurseur, une poutre maîtresse du plafond de la salle d’arts plastiques, située dans le bâtimentprincipal de l’établissement, s’est effondrée, endommageant la façade et détruisant une partie du matérielaudiovisuel et artistique (dont l’orgue de la classe de musique). Un événement sans précédent dans cetensemble d’époque du XVIII e siècle, tout à fait aux normes. À l’origine du sinistre, selon les experts, uneaccumulation de facteurs que rien ne laissait prévoir : une poutre de 300 ans dont le bois était « roulé »,le passage mensuel de 700 camions dans la rue voisine… S’il n’y a eu heureusement aucune victime,c’est avec la moitié des locaux de son établissement (la salle informatique, la salle vidéo, cinq salles decours, la grande étude, le réfectoire et le bureau du directeur) que Thierry Richard, le directeur, a dûorganiser sa rentrée. Trois classes ont dû commencer l’année en dehors des murs de Saint-Julien.Pendant trois mois, elles ont été gracieusement hébergées par le lycée agricole voisin, la mairie et lepresbytère. La cantine a été déplacée dans la salle des fêtes de Montoire… Un « sacré casse-tête », soulignele chef d’établissement, mais au final « une expérience relationnelle très formatrice où la solidarité a joué à plein ». Malgré l’incident,aucune désinscription d’élève n’a été enregistrée à la rentrée. Les parents ont lancé l’idée de week-ends travaux pour diminuer les coûtsfinanciers et trois salles de classe ont ainsi pu être remises en état. L’Apel ne ménage pas non plus ses efforts : brocante, tombola, revented’anciennes tables de l’établissement remises à neuf… Car le montant des dégâts s’élève à 750 000 euros. « L’Ogec peut prendre encharge un tiers de cette somme sur financements propres, explique Thierry Richard. Pour le reste, des dossiers de subventions desolidarité ont été montés auprès de l’Urapel, de l’Udogec et de l’Urogec. » Le classement de l’Ogec en association d’intérêt généraldevrait aussi apporter une bouffée d’oxygène à Saint-Julien, en permettant de lancer une campagne d’appels aux dons… Encore un peude solidarité, pour qu’à la rentrée prochaine tout revienne à la normale. AS-Contact : Thierry Richard, Ensemble scolaire Saint-Julien, 9 rue Saint-Laurent, 41800 Montoire-sur-le-Loir. Tél. : 02 54 85 03 56. Fax : 02 54 85 07 10.D. R.14 <strong>Enseignement</strong> <strong>catholique</strong> actualités N° 329, FÉVRIER-MARS 2009
En avril 2008, un toutnouveau parcours pourdevenir formateur d’enseignantset de cadres a ouvert1 . Il complète l’accès parla validation des acquis del’expérience (VAE) au titrede formateur qui existe depuis2006. On peut le suivredans les cinq universités <strong>catholique</strong>sdont les institutsdispensent la formation(l’Ileps et l’ISP pour Paris, leCepec pour Lyon, l’Irfecpour Toulouse, l’Ifucomepour Angers et l’IFP-Nordpour Lille). Le coût de cettedernière est pris en charge parFormiris, pour les personnelsde l’enseignement <strong>catholique</strong>,et par l’OPCA, pour lespersonnels hors contrat. Cecursus est aussi ouvert à despersonnes qui ne travaillentpas dans l’enseignement <strong>catholique</strong>.Il permet d’obtenirle Titre de formateur d’enseignantset de cadres supérieurspédagogiques 2 . Le parcoursest composé de 20 unités(UF), chacune d’elles comprenantdeux à trois jours deformation. Elles peuvent êtreobtenues en deux, trois, quatreou cinq ans maximum.Formateur d’enseignantset de cadres : pourquoi pas vous ?Monique LafontAvec deux grands plus : onpeut commencer ces études àtout moment dans l’année etla validation de 10 unités permetdéjà d’obtenir un DU 3 .« Chaque unité offre l’occasiond’approfondir une descompétences listées par leréférentiel du Titre de formateur,explique MoniqueLafont, responsable de la mission“Personnes-ressources etFormateurs” à la fédérationFormiris. On y aborde desquestions d’ordre didactique,© D. Lacroixpédagogique, l’animationd’équipe, l’analyse de besoins,la gestion administrative,financière et humaine etla recherche et la constructiondu sens. » La certificationprend des formes variées : entretien,mémoire, écrit professionnel,chaque unité de formationayant son mode propre.Par ailleurs, l’étudiantdoit effectuer 25 journées destage dans différents lieuxqu’il choisit : organismes deformation, chambres de métiers…À ce jour, 200 personnesont rejoint ce parcours. Cesont en majorité des enseignantsdu premier et dusecond degré qui se préoccupentde l’évolution de leurcarrière. Mais aussi des enseignants-formateurs,des enseignants-personnesressourceset des chefs d’établissement.C’est le cas de BrunoLagniez, un ancien chefd’établissement qui a pris ladirection de l’institut de formationdu réseau lasallien enseptembre 2008. Son objectif? Acquérir des compétencesde formateur. « J’ai débutéla préparation du Titreen avril 2008 à Lyon et suivi àce jour sept UF, expliqueBruno Lagniez. Le Cepecpropose des sessions de cinqjours, pendant les vacancesscolaires, qui permettent desuivre deux UF d’un coup.C’est très pratique ! »Avec le Titre, on peut postulerdans n’importe quel organismede formation public ouprivé. Des débouchés sont assurésquand on sait que d’ici à2012 la moitié des quelque1 500 formateurs au servicede l’enseignement <strong>catholique</strong>partira à la retraite. SH1. Toutes les informations sont sur le sitewww.formiris2.org2. Enregistré au Répertoire national des certificationsprofessionnelles. Le Titre est reconnuaux niveaux national et européen comme untitre professionnel de niveau 1 (Bac + 5).3. Diplôme universitaire (de formateurs d’enseignants).Le DU n’est reconnu que dans l’enseignement<strong>catholique</strong>, contrairement auTitre de formateur d’enseignants et de cadres.Fusion entre Prévoyance Canarep et UniprévoyanceLa fusion, validée par les assembléesgénérales de Prévoyance Canarep etUniprévoyance les 18 et 19 juin2008 et la parution de l’arrêté du 24 décembre2008 au Journal officiel, marqueun événement important dans la vie desdeux institutions. Certes, le métier estidentique et chacune fonctionne sur labase d’une gestion paritaire. Il n’en restepas moins qu’Uniprévoyance a dû opérerdes choix destinés à prendre en compte les spécificitésprofessionnelles liées à la gestion des contrats de prévoyancedes enseignants et des personnels de l’enseignementprivé.En premier lieu, Uniprévoyance a voulu marquer sa volontéde conserver une identité propre à cette activité liée àla profession. Dans cet objectif, elle a créé une section PrévoyanceCanarep. Au plan politique, les anciens administrateursde Prévoyance Canarep siègent désormais dans uncomité paritaire dédié leur permettant de suivre l’activité deleur section. Enfin, deux représentants de ce même comitéparitaire sont accueillis au sein duconseil d’administration d’Uniprévoyance.Au plan opérationnel, Uniprévoyancea d’ores et déjà accueillil’équipe en charge des prestations et desrelations clients et, jusqu’au terme de lapériode transitoire qui s’achèvera finmars, l’ensemble des processus de gestionsont analysés afin d’assurer unetransition optimale entre les outils etservices de B2V Gestion et ceux d’Uniprévoyance. L’ensembledes informations utiles est à disposition surinternet 1 .Depuis trente ans Uniprévoyance intervient dans un champinterprofessionnel auprès de plus de 10 000 entreprises et garantitla protection prévoyance et santé de 1 500 000 personnes.Elle est membre créateur du groupement paritairePrisme Prévoyance, classé troisième au Top 20 des institutionsde prévoyance par l’Argus de l’Assurance. GDR1. À l’adresse : www.uniprevoyance.orgN° 329, FÉVRIER-MARS 2009 <strong>Enseignement</strong> <strong>catholique</strong> actualités 15
Actus/ enseignement <strong>catholique</strong>Pierre Castelli, chargédu 1 er degré à la directiondiocésaine du Var, fait lepoint sur la mise en placede l’aide personnalisée dansles écoles de son diocèse.L’aide personnalisée a étébien accueillie par les élèveset les familles. Lesélèves apprécient, en effet, larelation privilégiée avec leurenseignant (ou avec un autreenseignant). Les professeurseux-mêmes soulignent le caractèreparticulier de ce tempsde travail. Le terme d’enthousiasmeest même employépour manifester l’état d’espritdans lequel se trouvent certainsprofesseurs. Les craintesliées à la stigmatisation des élèves se sont évanouies.Chacun tâtonne toutefois compte tenu du caractère inéditdu dispositif. Un besoin de partage entre établissementsse fait jour. Il porte tout autant sur les aspects pratiques(heures, durée, fréquence...) que sur la conception mêmede l’aide personnalisée (référence de documents, typesd’ateliers...). Toutes les équipes réinterrogent la place duregroupement d’adaptation. Certains enfants ne pourraient-ilspas bénéficier des deux types d’aides : une aidepersonnalisée et une aide spécialisée apportée par le « maîtreE » du regroupement d’adaptation ? L’essentiel étantdans ce cas d’avoir une vision globale des aides apportéesà l’école et à l’extérieur de l’école afin de prendre lesdécisions (et réguler dès que nécessaire), en réservantl’aide spécialisée aux élèves ayant des difficultés « graveset persistantes ».Les échanges avec les chefs d’établissement, les enseignantset les enseignants spécialisés montrent que lesmodalités organisationnelles ne sont pas neutres. Toutesles équipes recherchent LA bonne solution quant aucréneau horaire ou à la durée de l’aide personnalisée.Ici, les expressions d’« essoufflement » et de « fatigue »prédominent. L’allongement de la durée des journéesest ressenti douloureusement par certains enseignants.Ailleurs, ce sont les mots de « calme », de « quiétude » etde « disponibilité » qui surgissent. Cela attire notre attentionsur un problème majeur induit par cette réforme :celui de la « modification du rapport au temps » qu’onthabituellement les enseignants.Le sentiment de fatigue tient à la perte générale desrepères qu’entraîne la réforme proposée en cette rentrée2008. Il faut dire que le passage de 27 heures à 24 heuresd’enseignement obligatoire pour tous les élèves estvécu difficilement, d’autant qu’il est associé à l’applicationd’un nouveau programme. Aussi faut-il se garderAide personnalisée :premier bilan à ToulonSi l’enthousiasme est de mise, ce nouveau temps pédagogique doit être apprivoisé.d’une lecture trop manichéennecar la réalité estcomplexe. Il n’en demeurepas moins que les expressionsde fatigue et de lassitudeaprès la mise en placede l’aide personnaliséesont plus fréquentes dansles écoles qui l’ont placéele soir ou lors de la pauseméridienne. Dans un telcas, le départ après la classeest repoussé, de nouvellescontraintes et quelquefoisdes coûts supplémentairess’imposent aux enseignantsquant à la garde de leurspropres enfants. Le tempspour déjeuner, pour se ressourcer,pour rencontrer lescollègues de travail, pourcorriger les cahiers ou préparer les activités de l’aprèsmidiest réduit.Temps massé ou temps dispersé ?Le sentiment de « courir encore plus qu’avant » estdans certains cas dû à la réduction de quinze minutes dela pause méridienne, introduite pour terminer la classeplus tôt le soir et démarrer l’aide personnalisée à une« heure convenable ». Ces minutes manquent cruellement.Elles donnent l’impression d’enchaîner le matinet l’après-midi. Il n’est pas surprenant que les équipesayant choisi de placer l’aide personnalisée le mercredimatin soient moins perturbées car cela n’a pas modifiéle rythme installé depuis des années.Alors, temps massé ou temps dispersé ? Les recherchesen sciences cognitives montrent l’intérêt d’uneprise en charge régulière, fractionnée plutôt qu’un apportmassif espacé dans le temps. Cela va dans le sensd’une aide personnalisée quotidienne ou bihebdomadaire.Il est toutefois des activités qui nécessitent untemps suffisamment long pour se déployer, permettreune pause puis une reprise, offrir un cadre temporel etrelationnel différent. Le mercredi s’impose dans ce cas.Alors plutôt que d’opposer les tenants et les opposantsd’un système, n’hésitons pas à varier les propositionsselon le type d’activité, les choix stratégiques ou pédagogiques1 , en nous gardant bien de promouvoir un modèleunique.Pierre Castelli1. Cf. L’aide personnalisée dans le diocèse de Fréjus-Toulon : constats, analyses et perspectivessur www.ec83.com-Pour contacter l’auteur de cet article :pedagogie@ec83.comCollage : D. Wasmer16 <strong>Enseignement</strong> <strong>catholique</strong> actualités N° 329, FÉVRIER-MARS 2009
À la une des revues de l’enseignement <strong>catholique</strong>Une journée « petite enfance »Le bulletin du SYNADEC et la revue L’arcboutant reviennent sur la journée « petiteenfance » du 26 novembre 2008. Elle aréuni les coordinateurs diocésains chargésd’accompagner les projets de créationde structures d’accueil pour lestout-petits. Au programme : des retoursd’expériences et des ateliers, proposés parle groupe de travail « petite enfance » duSgec, qui ont permis d’aborder les aspectsjuridiques, administratifs mais aussipédagogiques et éducatifs.L’arc boutant, n° 489, janvier 2009, p. 9.Bulletin du SYNADEC, n° 130, décembre 2008, pp. 25-26.Interrogations sur l’accueil des 2 ansSNEC Informations s’interroge sur le désengagement del’État à propos de la scolarisation des 2 ans alors que le plangouvernemental pour le droit à la garde d’enfant et la créationde places d’accueil ne sera mis en place que d’ici à2012. Quelles seront les mesures transitoires ? La capacitéd’accueil sera-t-elle suffisante ? Quid du recrutement desprofessionnels de la petite enfance ? CFDT magazine-FEPconsacre également un dossier à ce sujet. Lors de son derniercongrès, ce syndicat a marqué sa préférencepour l’accueil des enfants de deuxans dans des structures adaptées de typecrèche, mais il s’inquiète aujourd’hui de laméthode gouvernementale et souhaiteun temps de concertation pour s’assurerque tous les enfants pourront être accueilliset pour déterminer les missionsde ces nouvelles structures ainsique leur articulation avec l’école maternelle.SNEC Informations, n° 329, janvier-février 2009, p. 5.CFDT magazine-FEP, n° 136, janvier 2009, pp. 8-11.Célébration du cinquantenaire de la loi DebréDe sa promulgation, le 31 décembre 1959, à aujourd’hui,la loi Debré a été modifiée à plusieurs reprises. À l’occasionde son cinquantenaire, SNEC Informations proposeun dossier chronologique qui rappelle les principales étapesconcernant la carrière, la protection sociale et lesconditions d’exercice des enseignants.SNEC Informations, n° 329, janvier-février 2009, pp. 8-9.Pour une relation fructueuseentre l’école et l’entrepriseDans les Fiches syndicales de février, leSNCEEL relaye le thème de son derniercongrès : « Entreprendre pour apprendre…Apprendre pour entreprendre ». Des chefs d’établissementtémoignent : fusion d’établissements, nouvelle organisation,réécriture de projet d’établissement, ils sont en premièreligne. À eux de donner l’impulsion, de mobiliser tousles partenaires de la communauté éducative. Ce faisant, ils« exercent une mission d’entrepreneur devant offrir desperspectives de développement et d’innovation ».Fiches syndicales du SNCEEL, n° 644, février 2009, pp. 13 à 59.La communauté des éducateursau cœur du projet lasallienRassembler les maîtres dans une communautéest au centre du projet lasalliend’éducation, rappelle frère André-PierreGauthier dans La Salle Liens International.Cette intuition fondatrice de Jean-Baptiste de La Salle demeure d’actualité.Plus que jamais les jeunes ont besoin de rencontrer desadultes qui leur donnent le goût de « construire leur humanité» via le regard spécifique porté sur chacun d’eux. Cemême numéro présente la démarche engagée par les membresde l’équipe pastorale de l’ensemble scolaire Sainte-Anne-la-Savoisienne, soucieux de « [partager] leur façonde comprendre et de vivre ‘‘la relation éducative’’», et inclutun entretien avec Luc Ferry sur le thème « <strong>Enseignement</strong>et éducation ».La Salle Liens International, n° 66, décembre 2008, pp. 13 à 20.De l’intérêt de la formationen alternanceCe sont les mérites de la formation en alternanceque les Fiches syndicales duSNCEEL, Syndicalisme hebdo-CFDT-FEP et entrées libres, la revue de l’enseignement<strong>catholique</strong> belge, mettent en évidence.Conçue initialement comme unevoie de secours à l’intention des élèvesen difficulté qui, souvent, sont issus demilieux défavorisés, la formation en alternancepeut être aujourd’hui une voied’excellence. Pour le système éducatif, elle est une occasionde nouer des partenariats avec le monde professionnel et des’ouvrir sur son environnement. Quant à l’entreprise, elle« dispose [via cette modalité de formation] d’une maind’œuvrejeune, peu rémunérée et qualifiée… en fin de formation». Reste que la formation en alternance n’est passans exigence : « la société éducative et la société productivetravaillent dans des logiques souvent lointaines l’unede l’autre, voire contradictoires ». D’où l’importance, soulignéedans entrée libres, de l’accompagnateur qui « est lerelais privilégié entre l’école et l’entreprise et a le grandsoin d’en opérer la conciliation ».Fiches syndicales du SNCEEL, n° 644, février 2008, pp. 47 à 51.Syndicalisme hebdo-CFDT-FEP, n° 1006, 19 décembre 2008, p. 3.Entrées libres, n° 35, janvier 2009, dossier central (8 p.).VÉRONIQUE GLINEUR, VALÉRIE GRANGERN° 329, FÉVRIER-MARS 2009 <strong>Enseignement</strong> <strong>catholique</strong> actualités 17
Actus/ éducationL’éducation aux médiasdans le second degréAu collège et au lycée, les enseignants-documentalistessont les acteurs majeurs de l’éducation aux médias,indique la Direction de l’évaluation, de la prospectiveet de la performance (Depp) dans une noted’information 1 . Impliqués également : les professeurs defrançais, d’histoire-géographie, de sciences économiques etsociales, ou encore de lettres-histoire. Très souvent d’ailleurs,ceux-ci interviennent avec les documentalistes ou lessollicitent : « […] environ huit enseignants sur dix confirmentl’implication soutenue [du documentaliste]lors de la mise en place des activités d’éducationaux médias, et plus de la moitié déclarent interveniravec un collègue documentaliste lorsqu’ils éduquentaux médias […]. »Motivation prioritaire avancée par ces enseignants :le souci d’« aider les élèves à développer leur jugementet leur esprit critique ou citoyen ». Viennent ensuitela volonté d’« ouvrir les élèves sur l’actualité etle monde », de « leur apprendre à traiter et à “décrypter”l’information » ou encore, l’intention de « [les]familiariser avec l’univers des médias », et de « [leuren] faire découvrir la diversité [et] la pluralité ».Pour ce faire, les enseignants privilégient la presseécrite quotidienne, nationale et payante, sans pour autant négligerinternet et la télévision. Côté activités proposées auxélèves, ils mettent l’accent sur l’analyse des textes et desimages (photo, dessin, image télévisée…) et sont demandeurs,pour « faire un bon usage des médias [avec leurs élèves]de supports et d’outils pédagogiques concrets ».Quant à la « Semaine de la presse et des médias dansl’école », temps privilégié d’éducation aux médias organisépar le Centre de liaison de l’enseignement et des médiasd’information (Clemi) et le ministère de l’Éducation nationale,elle se déroulera cette année du 23 au 28 mars 2 . Centréepour cette édition 2009 sur le thème « Une info, des médias», elle permet de nouer des partenariats avec lesprofessionnels des médias et au-delà, de mettre en place desactivités sur le long terme comme l’ouverture d’un club depresse, d’une radio ou encore d’un journal scolaires… VG1. Note d’information, n° 08-31 (novembre 2008), « L’éducation aux médias dans le seconddegré ». Note disponible à l’adresse suivante : www.education.gouv.fr2. Toutes les informations sur le site www.clemi.orgPour que l’orthographene soit plus un pensumL’Anti-manueld’orthographe est un petit livre court. Ils’adresse à tous ceux qui ont passé des années à ânonnersur les bancs de l’école, qui se souviennent de cequ’est un verbe, un sujet, un complément, mais qui, dèsqu’ils prennent la plume, bafouillent sur l’orthographeou les multiples accords des formes verbales. L’auteur,Pascal Bouchard, journaliste spécialisé dans les questionsd’éducation, agrégé de lettres modernes, en sait quelquechose. À ses dictées, il a toujours eu zéro. À l’agrégation,il a passé l’épreuve de grammaire « sans pouvoir reconnaître,dit-il, un complément d’objet indirect » ! Pas facileensuite d’enseigner l’orthographe et la grammaire à descollégiens. À moins d’inventer quelque chose, de proposerune démarche, de faire fonctionner ses méninges, depointer du doigt les raisons pour lesquelles nous faisonsdes fautes. Si l’on comprend, parce que enfin on nous l’enseignera,que la langue française obéit à quelques principessimples ; et qu’avec un peu de logique, de concentration,et peut-être avant tout la connaissance de quelquesastuces, on peut « éviter facilement 99 % de fautes d’orthographe», soutient l’auteur. On peut le croire. Et ce petitlivre, plein de clins d’œil, d’intelligenceet d’amour de la langue,d’humour aussi, permettra sans douteenfin de se passer de plus en plus dela correction automatique proposéepar les ordinateurs qui, parfois, vousfont faire tant de fautes… d’orthographeet de grammaire ! EDCPascal Bouchard, Anti-manuelzd’orthographe – éviter les fautespar la logique, Victoire Éditions, coll. « Métierjournaliste », 88p., 11€.Donner le goûtdu théâtre dès 5 ansPour faire découvrir la magie du théâtre aux tout-petits,il faut aller voir Aladdin et le génie de la lampe à laComédie de Paris. Une troupe d’acteurs pleine d’entrainraconte avec fraîcheur et en chansons ce conte desMille et Une Nuits plein de péripéties. On rit avec leGénie, on tremble avec le Vizir, et l’on a carrément peur avecle Magicien noir. Aladdin est touchant à souhait, et Shéhérazadebelle comme un cœur. Les décors se succèdent : deBagdad au palais du magicien maléfique, de la chambre deShéhérazade au souterrain où Aladdin doit mourir. Mais toutest bien qui finit bien… avec une rencontre des acteurs aubar du théâtre et un bisou de Shéhérazade. SH-Spectacle musical de la compagnie Dans les décors(www.danslesdecors.com). Jusqu’au 29 avril 2009 à la Comédiede Paris, 42 rue Pierre-Fontaine, 75009 Paris. Les mercredis, samedis etdimanches, à 14 h 30. Renseignements et réservations : 01 42 81 00 11.© Perra18 <strong>Enseignement</strong> <strong>catholique</strong> actualités N° 329, FÉVRIER-MARS 2009
Actus/ religionÀ vous de joueret de… filmer !Convaincude « la nécessité d’exprimerle message chrétien dansles langages du monde d’aujourd’hui», le Service national de lacatéchèse et du catéchuménat (SNCC)de la Conférence des évêques de France(CEF) organisera le premier festivalchrétien du film court francophone auFuturoscope de Poitiers les 23 et 24 octobre prochain. Il réunirades acteurs engagés dans les diocèses dans l’annonce dela foi, des chrétiens curieux de la Parole ainsi que des professionnelsdu cinéma. « Tout film est appelé à concourir – fiction,documentaire, animation…, à partir du moment où il sertà une réflexion sur l’homme, explique Geneviève Gaillot, déléguéeaux langages audiovisuel et multimédia à la CEF etresponsable du projet. Car aucun film n’est catéchétique enlui-même, c’est l’usage qui en est fait et la pédagogie mise enplace autour de lui qui le sont. »Alors que les responsables de catéchèse sont souvent assezdémunis face à des documents trop longs et dont ilsne savent pas quels passages sélectionner pour en garderle sens, l’objectif du festival est de « stimuler la productionde ressources audiovisuelles de format court –d’une durée de 7, 13 ou 26 minutes – ou d’un clip, et defaciliter la connaissance des ressources existantes »,poursuit Geneviève Gaillot. Élèves comme réalisateursconfirmés peuvent envoyer leur film sur DVD jusqu’au20 août au plus tard au SNCC. Parmi les cinq prix qui serontdélivrés par le jury, composé d’une grande figuredu cinéma ainsi que des représentants de l’épiscopat etde l’audiovisuel, l’un distinguera le « Meilleur film jeunes». Les productions primées feront l’objet d’un DVD,dont la diffusion sera accompagnée de fiches pédagogiquesen vue d’un usage pastoral. ASPour les préinscriptions (jusqu’à fin mars) :-http://kaleidoscope.<strong>catholique</strong>.frNon au négationnismeEncorrespondance avec la déclaration officielle de laConférence des évêques de France, le Sgec a signéavec les Scouts et Guides de France un communiquécondamnant fermement les propos négationnistes tenuspar l'évêque britannique Richard Williamson. « Ils offensentla raison et heurtent la foi. Nous accomplissons dansl’Église une mission éducative et pastorale auprès de dizainesde milliers d’enfants et de jeunes. L’Église qui éduquen’est pas celle de l’irresponsabilité, du mensonge etdu déni de l’inhumanité. Le négationnisme est une offenseet une injure à nos frères aînés, le peuple juif, peuple del’Alliance. Dans l’exercice de notre mission, la condamnationde ces propos par le Pape nous est précieuse. Nousdésirons que l’Église entière sache toujours se préserverdes maux de l’antisémitisme. »Révision des loisde bioéthiqueAlors que viennent des’ouvrir les États générauxde la bioéthique,l’Église <strong>catholique</strong> en Francesouhaite faire part de sa réflexionet contribuer au débat. C’est pourquoi le groupe detravail sur la bioéthique, présidé par M gr Pierre d’Ornellas,a publié un ouvrage intitulé Bioéthique, propos pour un dialogue1 et ouvert un blog 2 . Dans l’introduction du livre, lesévêques insistent notamment sur « les conditions d’un débaten vérité », « la personne vulnérable : pierre d’angle del’éthique » et « l’importance de la cohérence entre le droitet les valeurs fondamentales ». Rappelant que la bioéthiqueest une nouvelle question sociale qui concerne tout un chacunet engage l’avenir de notre société, ils soulignent que« les États généraux sont une chance s’ils permettent unauthentique dialogue ». Quant au blog, il propose chaquesemaine un billet rédigé par un expert et portant sur l'undes sept sujets 3 abordés en vue de la révision des lois debioéthique. AS1. Coédition Lethielleux/Desclée de Brouwer, 2009, 14 €.2. À l’adresse : www.bioethique.<strong>catholique</strong>.fr3. « La recherche sur l’embryon », « Le prélèvement et la greffe d’organes, de tissus etde cellules », « Les modalités d’expression du consentement dans les protocoles derecherche », « Le principe d’indisponibilité du corps humain », « L’assistance médicale àla procréation qui pose elle-même la question de l’anonymat dudon et de la gestation pour autrui » (traité en deux chapitres),« Le développement de la médecine prédictive », « L’extensiondu recours au diagnostic prénatal (DPN) et au diagnostic préimplantatoire(DPI) ».Des émissionsau servicede la pastoraleDepuis1999, la chaîne de télévisionKTO crée et diffuse des programmesqui accompagnent la vie deprière, offrent des éclairages sur les grandssujets de réflexion et de débat, et donnent àvoir la variété des engagement chrétiens.Dans son catalogue des émissions 2009,KTO propose de nombreux documents vidéographiquesqui peuvent faciliter les démarchesde culture religieuse ou de catéchèsedes établissements. Ce cataloguevous sera transmis sur simple demande téléphonique.La chaîne fera une remise de50 % sur les commandes effectuées par lesétablissements <strong>catholique</strong>s d’enseignement.GDRTéléphone : 01 73 02 22 22.-KTO sur internet : www.ktotv.com20 <strong>Enseignement</strong> <strong>catholique</strong> actualités N° 329, FÉVRIER-MARS 2009
Vivre le Carêmeavec le CCFDVivre le Carême est unacte de foi profond ;une invitation à toujoursplus d’humilité ; uneincitation à tendre la main, àprendre le risque de la rencontreafin d’éviter toutetentative de repli sur soi.Le Carême reste donc untemps d’engagement et departage très privilégié. Encette période de crise quiaggrave considérablementla situation des pluspauvres, le CCFD-Terresolidaire, à travers sa traditionnelleplaquette de Carêmeet les propos de son nouveau président, Guy Aurenche,appelle à une solidarité plus grande, plus active enversles populations les plus démunies de la planète. « Par laprière personnelle et commune, par le jeûne, par le partageorganisé, par la rencontre des partenaires, chacunest invité à s’arrêter un peu, à découvrir les appels dumonde […]. Le développement ne se déclare pas unilatéralement.C’est ensemble, dans le partage d’expérienceset de richesses, que se trouve la solution […]. » À l’occasionde sa réflexion sur « le sens du développement » lancéeen 2008, le CCFD-Terre solidaire questionne aussiles incidences sociales et environnementales des activitéséconomiques et de nos choix, qu’ils soient individuelsou collectifs. Interpellé par un nombre croissant de sespartenaires du Sud, il élabore des propositions sur la responsabilitédes acteurs économiques et plus particulièrementdes entreprises, lorsqu’elles ont un impact négatifsur les plus vulnérables.Le CCFD s’adresse aussi aux ados. L’opération« Bouge ta planète ! », qui fête ses 20 ans 1 , propose aux11-18 ans d’exprimer leur solidarité le 21 mars 2 à traversde multiples animations. Thème choisi : « l’hyperconsommation» de nos sociétés et son corollaire dansles pays du Sud, à savoir des conséquences néfastesen termes économiques, sociaux et environnementaux.À travers les réalisations de cinq associations locales dedéveloppement, les élèves sont sensibilisés à la solidaritéinternationale et aux situations d’injustice queconnaissent de nombreux pays de la planète.« Comprendre, soutenir, agir », la démarche, en troistemps, est soutenue pardes outils pédagogiques– jeux, débats, psycho-tests, jeux de rôle. Ils permettrontaux participants de bien cerner la problématique, des’interroger sur leurs comportements afin de leur donnerle goût d’agir pour dire « stop à l’hyper-consommation». Autre but de la manifestation : collecter desfonds au profit de projets de développement soutenuspar le CCFD. Car il est toujours temps de semettre en route. Pour « les bougeurs de planète »,rien d’impossible ! EDC1. En 1989, le Comité <strong>catholique</strong> contre la faim et pour le développement (CCFD)lance la première « Course Tiers-monde » pour mobiliser les jeunes dans un défisolidaire. Elle deviendra par la suite « Défi Terre d’Avenir », et aujourd’hui « Bougeta planète ! »2. L’événement public est susceptible d’avoir lieu à une autre date, en fonctiondes réalités locales (entre le 14 mars et le 4 avril). Contact : CCFD-Terre Solidaire,4 rue Jean-Lantier, 75001 Paris. Tél. : 01 44 82 80 00.Internet : www.ccfd.asso.fr/bouge-ta-planeteUn pélé étudianten Terre sainteOnles espère nombreux à répondre à l’appel.Deux à trois mille étudiants de 18 à 25 ans sontattendus pour un pèlerinage en Terre sainte, du21 au 31 juillet 2009. Un choix fait par les aumôneriesétudiantes lors de leurs assises le 1 er décembre dernier, etdans lequel plus de soixante diocèses sont engagés. Pèlerinage: de plus en plus d’hommes et de femmes sont tentéspar cette aventure un peu hors norme, d’une semaine,d’un mois, d’une année où l’on chemine vers l’un desnombreux lieux saints de la planète, « les mains videsmais le cœur plein », selon l’expression de M gr Barbarin.Pourquoi proposer la Terre sainte à des étudiants ? Pourl’archevêque de Lyon, il s’agit « d’aller à l’endroit mêmeoù le Christ est venu jusqu’à nous ; à l’endroit où il estné, a grandi, a marché, a réalisé ses miracles, enseignéses paraboles. Et surtout, à l’endroit où il est mort paramour pour nous et ressuscité. Voilà pourquoi il s’agitd’un pèlerinage aux sources ».Aux jeunes, M gr Barbarin déclare : « Allez boire àcette source, votre foi en sera régénérée. C’est une démarchefondatrice qui vous donnera le goût des Écritures,car vous allez lire les Évangiles à l’endroit mêmeoù ils ont été vécus. » Parmi les étapes proposées : le désertdu Néguev ; la Galilée autour du lac de Tibériade etdu mont des Béatitudes ; Bethléem ; Jérusalem où auralieu une célébration de la Passion et une messe de la Résurrectiondans le jardin des Oliviers. Ce pèlerinagesera aussi l’occasion, lors de temps de rencontre, deprendre conscience des réalités de vie des Israéliens etdes Palestiniens. EDCRenseignements et inscriptions (ouvertes jusqu’à la mi-avril) :www.terresainte2009.orgN° 329, FÉVRIER-MARS 2009 <strong>Enseignement</strong> <strong>catholique</strong> actualités 21
médItatIonIl n’est pas de vraie rencontre qui ne requière une part de renoncement et d’abandon.Ainsi en va-t-il dans ce récit : quatre hommes répondent à un appel, celui de Jésus, dans lequelils perçoivent leur vraie vocation. Ils étaient pêcheurs, ils se feront « pêcheurs d’hommes ».« Venez derrière moi »Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc (1,16-20)16 Passant au bord du lac de Galilée, il vit Simon et son frère André en train de jeter leurs filets :c'étaient des pêcheurs. 17 Jésus leur dit : « Venez derrière moi. Je ferai de vous des pêcheurs d'hommes. »18 Aussitôt, laissant là leurs filets, ils le suivirent.»19 Un peu plus loin, Jésus vit Jacques, fils de Zébédée, et son frère Jean, qui étaient aussi dans leurbarque et préparaient leurs filets. 20 Jésus les appela aussitôt. Alors, laissant dans la barque leur pèreavec ses ouvriers, ils partirent derrière lui.»CLAUDE BERRUERNous voici aux premières pagesde l’Évangile, pour l’appeldes disciples dont chacundes quatre Évangiles fait lerécit, dans des compositionssensiblement différentes 1 . Jésus commenceà se manifester publiquement.Il reçoit le baptême, puis est entraînéau désert. De retour en Galilée, il commenceà prêcher : « […] Jésus vint enGalilée, proclamant l’Évangile deDieu 2 […]. » Dans le récit de Luc, l’appeldes disciples est aussi précédé descènes de guérison : celle d’un démoniaque3 , celle de la belle-mère deSimon 4 , puis celles de tous les maladesqu’on lui présente. Dansl’ensemble de ces récits,Jésus est seul, face à Jean-Baptiste, face au diable letentant au désert, face à ceuxqu’il guérit. Et voilà qu’avecla rencontre de ces quatredisciples, se constitue ungroupe, premier embryond’Église. Une rencontre quiva bouleverser la vie d’André,de Pierre (Simon), Jacqueset Jean, mais qui vaaussi radicalement changerla vie de Jésus, qu’on ne verraplus désormais qu’en compagniede ses disciples.Trois d’entre eux, Simon,Jacques et Jean, furentconstamment des proches de Jésus,gardés à proximité comme seuls témoinsd’événements d’une exceptionnellegravité 5 . Pierre, toujours cité enpremier dans la liste des apôtres, à quiJésus remet son Église ; « […] Jacques,Céphas [Pierre] et Jean, ces notables,ces colonnes 6 […]. » Texte inaugural,donc, où cet appel ne « recrute » passeulement les « premiers » disciples ausens chronologique, mais aussi ceuxqui seront « premiers » témoins au sensd’essentiel, puis premiers apôtres.Pour la première fois, Marc nousconduit au bord du lac de Tibériade,« la mer de Galilée », cadre de tantd’événements dans les Évangiles. C’està la fois un lieu attirant dont on tire saJésus, Pierre et André : des personnages et un décor pour l’éveil à la foi.subsistance par la pêche, mais aussi unlieu de danger redouté par un peuplequi n’a pas une âme de marin. Les profondeursmaritimes passent pour un lieude maléfices, ce qui renforce l’inquiétudedes disciples lorsque, ultérieurement,Jésus sera sommé d’apaiser latempête 7 . Le lac, c’est aussi une frontièrepour la Galilée, en même tempsqu’une voie de communication vers lespays païens. Voilà donc l’espace habituelde notre vie d’humanité, avec sesbienfaits et ses menaces, avec ses clôturesqui protègent, et ses désirs d’allerau-delà. Et c’est bien au cœur decette humanité que Jésus rejoint ceuxqui, en famille, travaillent à exploiterles ressources naturelles du lac.L’imparfait nous dit lecalme écoulement des jours,la tranquille répétition desgestes professionnels ancestraux.« C’étaient des pêcheurs.[…] [Ils] étaient […]dans leur barque et préparaientleurs filets. » Un regard(« il vit »), une voix (« Jésusleur dit ») qui se fait appel(« Jésus les appela ») vont définitivementtroubler cette apparentequiétude, puisquel’ébranlement suscité par laparole de Jésus est immédiat.« Aussitôt », nous dit le texte àdeux reprises, un adverbedont Marc est coutumier pourdire le retentissement instan-© C. Mahieu22 <strong>Enseignement</strong> <strong>catholique</strong> actualités N° 329, FÉVRIER-MARS 2009
tané des paroles et des gestes de Jésus…La rencontre ne peut laisser indifférent.Elle met en mouvement sur-le-champ :« […] ils le suivirent. […] ils partirent[…]. » Un mouvement qui est aussi arrachement,présenté dans le texte avecune subtile gradation. Certes, on quitteune activité (« laissant là leurs filets »),mais on quitte aussi les siens (« laissantdans la barque leur père avec sesouvriers »). On ne peut qu’être saisipar la vivacité, voire la quasi-brutalitédu récit : pas une explication au départ,pas un mot d’au revoir, comme si tousdevaient être bouleversés par l’appelentendu et par l’évidence de la réponseà donner. Retenons qu’il n’estpas de vraie rencontre qui ne déplace,et qui ne requière, pour unecroissance plus forte, une part derenoncement et d’abandon.Rupture et seuilfonde. Le terme hébreu, traduit par« quitte », dit aussi « va vers toi ».« Lorsque, encore débutante en hébreu,je commençais à déchiffrer ce texte, jedécouvris ce “va pour toi”, ou, aussiexactement “va vers toi” qui était enfoui,indevinable dans toutes les traductionsque je connaissais […] va vers toi,va pour toi, pour ton bien, pour ton bonheur», commente Marie Balmary 11 .C’est bien là la véritable dynamiquede la rencontre qui nous permet, parl’appel de l’autre, de croître en notrehumanité. Nos relations à l’autre sonttoujours ambivalentes. Le latin a deuxmots pour dire « autre », « allius » etLes tout-petits sont plus attentifs au messagequand il est porté par des enfants.« alter », qui ont conduit en français àdes mots aux connotations contrastées.« Allius » a généré le terme positifd’« alliance », mais aussi « aliénation »qui dit que l’autre peut nous empêcherd’être nous-même. « Alter » a généré« altérité », mais aussi « altération »qui suggère que l’autre peut nuire ànotre intégrité. Mais il faut croire à larencontre comme le lieu possibled’une alliance féconde.Croyants, nous sommes donc conviésà nous montrer attentifs à la présence età parole du Seigneur, à l’image deSamuel : « Yahvé vint et se tint présent.Il appela comme les autres fois : “Samuel,Samuel !”, et Samuel répondit :“Parle car ton serviteur écoute” 12 . »Devant le récit de l’appel des disciples,notre monde présent peut avoir leIl faut croire à la rencontrecomme le lieu possibled’une alliance féconde.Arrêtons-nous aussi à la manièredont Jésus appelle. Jésusn’invite pas à se faire disciple àla cantonade : il connaît, il reconnaît,il nomme. Déjà Jésus se faitBon Pasteur : « Ses brebis à lui,il les appelle chacune par sonnom 8 […]. » Jésus situe aussi dansune filiation : Simon et André sontfrères, Jacques et Jean sont fils deZébédée. Toute rencontre met enprésence des êtres d’histoire. Jésus,enfin, accueille le savoir-faire,les compétences de ceux qu’il sollicite.Ils sont pêcheurs. Mais Jésus ne les enfermepas dans cette réalité : s’appuyantsur leur travail d’aujourd’hui, il les inviteà une tâche nouvelle. De ces pêcheursde poissons, il fera des « pêcheursd’hommes ». La rencontre fait grandirparce qu’elle est rupture et seuil : lesdisciples quittent leur père mais partenten frères ; les disciples quittentleur métier mais continueront néanmoinsde se faire pêcheurs. « Laissant», quittant, les quatre disciplesrépondent à un appel, dans lequel ilsperçoivent leur vraie vocation 9 .Les récits de vocation sont nombreuxdans la Bible, à la suite du texte inauguralqu’est l’appel d’Abraham : « Quitteton pays, ta parenté et la maison de tonpère, pour le pays que je t’indiquerai10 .» S’agit-il d’un arrachement ?Les exégètes nous apprennent que cedépart n’éloigne pas mais permet aucontraire d’habiter sa vocation prosentimentque Dieu appelle moins, n’appelleplus. C’est oublier que le Dieu deJésus-Christ se fait présence et appeldans le visage de tout être humain.« Dieu créa l’homme à son image, àl’image de Dieu il le créa, homme etfemme il les créa 13 . » L’être humain estcréé personne en relation, éternellementappelé à se donner et à recevoir dans larencontre : « Sur le visage de n’importequel être humain est inscrit l’impératifmoral auquel la seule réponse possibleest : “Me voici !” 14 . »Il est donc une urgence à aller versl’autre, chemin du Tout-Autre. Risquonsla rencontre, puisque aller vers l’autre,c’est aller vers soi-même, habiterpleinement notre vocation humaine.La rencontre fait assurément grandiren humanité.© C. Mahieu1. Voir Mt 4,18-22 ; Lc 5,1-11 ; Jn 1,35-51.2. Mc 1,14.3. Lc 4,31-37.4. Lc 4,38-39.5. Voir la Transfiguration, Mt 17,1-8 / Mc 9,2-8 /Lc 9,28-36 ; la réanimation de la fille de Jaïre,Mc 5,21-43/Lc 8,40-56 ; l’agonie au jardin deGethsémani, Mt 26,36-46 / Mc 14,32-42.6. Ga 2,9.7. La tempête apaisée : Mc 4,35-41 ; Mt 8,23-27 ;Lc 8, 22-25.8. Jn 10,3.9. Le mot « vocation » signifie étymologiquement« appel ».10. Gn 12,1.11. Dans Le sacrifice interdit, Grasset, 1986.12. 1 S 3,10.13. Gn 1,27.14. Emmanuel Levinas.Notre-Dame-de-la-Sagesse, paroissedes Alpes-Maritimes, fédèrela communauté des fidèles de Valbonne,Sophia-Antipolis et Biot. Clotilde Mahieu,membre de l’équipe d’animation d’éveilà la foi des 3-6 ans, fabrique des personnagesbibliques, tels ceux qui illustrent ces deuxpages. À la différence des santons qui lesont inspirés, ils sont articulés et offrentaux tout-petits, qui se les approprient en lesmanipulant, une entrée naturelle pour vivrela parole de Dieu. Si vous visitez l’égliseSaint-Paul-des-Nations, à Sophia-Antipolis,vous pourrez voir les personnages et lesdécors du coin-prière réalisés par ClotildeMahieu avec la participation des enfants(ils ont notamment créé l’oiseau que l’on voitci-dessus). En attendant, lisez le très beautexte (abondamment illustré) qu’ellea consacré à son expérience avec les plusjeunes : http//ndsagesse-nice.cef.fr(cliquer sur « Album Photos » puis sur« Personnages bibliques »). Clotilde Mahieuest également enseignante en CP à l’écoleMaria-Mater, à Roquefort-les-Pins.N° 329, FÉVRIER-MARS 2009 <strong>Enseignement</strong> <strong>catholique</strong> actualités 23
InItIatIveslycée professionnelLe pari courageuxd’un chef d’établissementNon loin des quartiers nordde Marseille, Sainte-Élisabethest situé entre deux bretellesd’autoroute. Des bâtimentsflambant neufs pour un lycéeprofessionnel à taille humaine.En septembre prochain,un restaurant d’applicationdevrait ouvrir pour conforterle recrutement de ce Lep.Une vraie prise de risque…SYLVIE HORGUELINLes ouvriers sont déjà là et la pelleteuses’active. Les travaux ontcommencé ce matin au lycée professionnelSainte-Élisabeth 1 , situéen pleine Zac 2 , au milieu d’entrepôtset d’entreprises en tout genre.Nous sommes dans le diocèse d’Aix-en-Provence, sur la commune de Septèmesles-Vallons.Les 200 élèves de ce lycéeprofessionnel y convergent, grâce à unecompagnie de bus affrétée par l’établissement: ils viennent de Marseille, biensûr, mais aussi des communes environnantes,Les Pennes, Berre, Gardanne…Des élèves pour la plupart en difficulté,du moins à leur arrivée, car une équiped’enseignants et d’éducateurs très soudéea tôt fait de les remotiver. Et puis ily a les bâtiments tout neufs qui leur renvoientune image positive de leur scolaritédans ce Lep réputé.Serge Guillamo, le chef d’établissementdu groupe scolaire Sainte-Élisabeth,réparti sur trois sites, conduit lavisite avec fierté. Il a travaillé avecl’architecte qui a conçu le lycée et il enparle avec émotion. « Le premier objectifde notre construction était degarder une taille qui permette deconserver un caractère familial, touten procédant aux aménagements modernesnécessaires », explique-t-il.Aussi le choix de petits bâtimentsLe lycée Sainte-Élisabeth a quitté un terrain inondable(ci-contre) pour un environnement plus agréable (ci-dessus).sans étage a-t-il été privilégié, malgréle surcoût de construction. « La répartitionde cinq unités autour d’une placetteet d’une allée centrale donne àl’ensemble une convivialité qui facilitela vie collective de la communautééducative », complète Rémi Dubois,le directeur du Lep.De fait, dès l’entrée, on comprendque tout a été pensé pour rendre agréablele séjour en ce lieu « qui ressembleplus à un village vacances qu’à un lycée», précise Serge Guillamo. Passéle porche central, on trouve à droite lasalle des professeurs et le bureau duconseiller principal d’éducation ; àgauche, le secrétariat et la direction.Plus loin, la cafétéria et les sanitairesse font face, de part et d’autre d’uneplace qui s’organise autour d’un longbassin, de bancs et d’arbres. Suiventles deux bâtiments principaux : sallesde classe d’un côté etsalles spécialisées del’autre. À l’extrêmesud du lycée, on découvreenfin le centrede formation, surun emplacement quipermet d’instaurerdes règles de vie distinctesde celles deslycéens.Les classes commeles bureaux sont tousen réseau informatique(accès internet,accès à la banque dedonnées du CDI 3 …). Mais le grandplus, dans cette région de grosses chaleurs,c’est la climatisation réversiblequi équipe tout l’établissement.Inauguré le 27 septembre 2006, le lycéea ainsi quitté le centre de Septèmes-les-Vallonsoù il ne pouvait demeurer.Installé depuis trente ans dansune maison de maître peu adaptée, quecomplétaient quelques préfabriqués,l’ancien lycée se trouvait de surcroîtdans une zone inondable. Et les classesétaient régulièrement envahies parDeux façades du projet d’extension du lycée professionnel Sainte-Élisabeth, à Septèmes-les-Vallons.© S. HorguelinD. R.24 <strong>Enseignement</strong> <strong>catholique</strong> actualités N° 329, FÉVRIER-MARS 2009
l’eau et la boue ! Un déménagements’imposait donc, même si les enseignantsgardent une certaine nostalgiede leur ancien site malcommode maischaleureux. L’équipe de ce lycée souscontrat non <strong>catholique</strong> avait dû vivre,au préalable, une fusion avec l’Ogec 4Sainte-Élisabeth pour survivre. UnOgec qui comprenait alors une école etun collège, mais auquel manquait unlycée... C’est ainsi que le 1 er janvier1998, le lycée professionnel de Septèmeset son centre de formation continueavaient été intégrés dans un ensemblescolaire comptant désormais plusde 1 000 élèves. Une opportunité, pourSainte-Élisabeth, d’étendre son offrescolaire de la maternelle au BTS 5 !Le lycée professionnel, adossé à cetensemble scolaire, reste toutefoisfragile car tourné uniquement vers letertiaire. On y prépare aujourd’huiles BEP 6 Métiers de la comptabilité,Métiers du secrétariat, Vente actionmarchande, et les bacs professionnelsCommerce et Vente ; tandis quele centre de formation continue permetune poursuite d’études avec desbacs pro et des BTS, tertiaires euxaussi. D’où l’idée de Serge Guillamod’ouvrir un CAP 7 Cuisine et Restau-Serge Guillamoa plus d’une idée en têtepour assurer la pérennitéde son lycée.rant pour consolider son recrutement.La piste restauration est porteuse enterme d’insertion professionnelle àcourt terme, et ce CAP n’est proposéni dans le diocèse d’Aix ni dans lenord de Marseille. Le projet nécessitetoutefois la construction d’une extensionqui comprend un restaurant d’application.Le permis de construire obtenu,reste à trouver le financement etles postes.Première grosse déception : le dossiern’est pas retenu au niveau nationalpour le plan Espoir banlieues. Pourtant,ce lycée, situé non loin des quartiersnord de Marseille, scolarise 40 %de boursiers… « Oui mais… le planEspoir banlieues ne prend pas encompte les CAP, a-t-on appris en dernierrecours », expose Serge Guillamo.Il espérait obtenir par ce biais deuxpostes en première année de CAP etdeux postes en deuxième année.Havre de paixLe chef d’établissement ne se découragepas pour autant. Il faut direque son projet est prioritaire sur l’académie,à la veille d’une pénurie totaled’ouverture de postes, pour les annéesà venir. Côté financement : pas d’apportpour ce lycée qui n’était pas propriétairede son ancien site et n’a pu seconstituer une cagnotte en vendantson terrain. Une banque devrait luiprêter la somme nécessaire, et leconseil régional compléter le financement(cf. encadré). En attendant quedes solutions soient trouvées, les travauxont bien débuté en ce vendredi10 février 2009, pour « que nous soyonsfin prêts à la prochaine rentrée », déclareavec optimisme Serge Guillamo.Un pari courageux mais pas téméraire :L’architecte a travaillé en étroite collaboration avec les responsables du lycée.D. R.Dessins de Patrick Coussot, architecte DPLG« Si nous ne trouvons pas l’argent,nous arrêterons les travaux : les fondationsserviront à un autre projet,plus tard. »Serge Guillamo a plus d’une idée entête et de l’énergie à revendre pour assurerla pérennité de son lycée. D’unsite ingrat, il a déjà tiré le meilleurparti, le transformant en un havre depaix où l’on peut se concentrer sur sesétudes. Gageons que l’on pourra y dégusterprochainement, dans le toutnouveau restaurant d’application, unebonne fougasse aux grattons accompagnéed’un petit bandol bien frais.1. Adresse : Chemin de la Bédoule, 13240 Septèmes-les-Vallons. Tél. : 04 91 51 01 41.2. Zone d’aménagement concerté.3. Centre de documentation et d’information.4. Organisme de gestion de l’enseignement <strong>catholique</strong>.5. Brevet de technicien supérieur.6. Brevet d’études professionnelles.7. Certificat d’aptitude professionnelle.zL’ensemble scolaire Sainte-Élisabethcomprend une école (228 élèves) et uncollège (572 élèves) situés aux Pennes-Mirabeau,ainsi qu’un lycée professionnel (215 élèves)et un centre de formation (50 élèves) situésà Septèmes-les-Vallons.Internet : www.sainteelisabeth.comCombien ça coûte ?Pour ouvrir un CAP Cuisineet Restaurant à la rentrée2009, le lycée professionnelSainte-Élisabeth espère obtenir unesubvention de la Région. Le seul dossieréquipement s’élève à 230 000 eurospour le matériel lourd de cuisine, lesgazinières, les chambres froides, le petitmatériel de cuisine et de restaurant,l’ameublement de la salle derestaurant... Quant à la constructiond’une nouvelle extension de 800 m 2 ,elle est estimée à environ 1,4 milliond’euros. Le Crédit agricole est disposéà prêter 1 million d’euros sur 30 ans,avec un remboursement de 5 236 eurospar mois (soit un taux d’intérêt de4,7 %). Le lycée attend à présent lespropositions de la Caisse d’épargneet du Crédit du Nord. Il lui faudranégocier un emprunt d’au moins1,2 million d’euros, sous réserve quele taux d’intérêt n’entraîne pas unemensualité supérieure à 5 500 euros.À noter : le lycée professionnelinauguré en 2006 a coûté 1,5 milliond’euros. Le financement a été accordépar le Crédit agricole sans apportdu lycée. SHN° 329, FÉVRIER-MARS 2009 <strong>Enseignement</strong> <strong>catholique</strong> actualités 25
Un hors-sérieet un DVD pouraccompagnerle tempsde CarêmeBON DE COMMANDE« CHOISIR LA RENCONTRE » (SANS LE DVD) 4 €« CHOISIR LA RENCONTRE » + DVD*« Sœur Emmanuelle - Le cœur et l’esprit » 20 €*Le DVD ne peut être vendu séparément.Nom / Établissement :....................................................................................................Adresse : ................................................................................................................Code postal : ..................... Ville :................................................................................Souhaite recevoir : . . . . . . . . . . exemplaire(s) sans le DVD - Prix unitaire : 4 €.3,50 € l’ex. à partir de 10 ex., 2,00 € l’ex. à partir de 50 ex., 1,80 € l’ex. à partir de 100 ex.Souhaite recevoir : . . . . . . . . . . exemplaire(s) avec le DVD - Prix unitaire : 20 € (pas de possibilité de tarif dégressif).Ci-joint la somme de : . . . . . . . . . . . . . . €, par chèque bancaire à l’ordre de SGEC :Bon à renvoyer à SGEC, Service publications, 277 rue Saint-Jacques - 75240 Paris Cedex 05. Tél. : 01 53 73 73 71. Fax : 01 46 34 72 79.
le dossIertIce :Des InitIativestous azImutsDepuis bien des années, les supports d’informationet de communication influent sur la société et interrogentles propositions éducatives portées par les établissementsscolaires. Ils les invitent à passer d’une pédagogiefrontale à une pédagogie coopérativeet fondée sur la relation.
D o s s I e rGILLES DU RETAILL’espace pédagogiqueunique, rigide,laisse placeà un espace multiple,« nomade ».XDes initiatives tous azimutsLe monde éducatif n’est pasresté en dehors des usagesdes supports de communication.Souvenonsnousdes films en rouleau, desciné-clubs, des radios libres d’établissement,de l’opération « Jeunetéléspectateur actif », des filmset diaporamas d’orientation etde formation professionnelles…Et à présent, des préparationsaux B2i et C2i2e 1 pour mieuxmaîtriser les outils des espacesnumériques. Mais avant d’examinerquelques-uns des changementsqu’opèrent ces supportsdans l’école, il faut les situerau regard des transformationsqu’ils produisent dans la société.Une inversionde nos modes d’accèsaux savoirset à l’informationLa grande nouveauté provoquéepar la présence de ces supportsde communication résidevraisemblablement dans une inversiondes modes d’accès auxsavoirs. Voilà encore quelquesannées, l’homme se déplaçaitvers des lieux de savoirs et dedécisions. Aujourd’hui, ce sontles informations et les savoirsqui se déplacent vers lui en empruntantles réseaux de communication.Ce mouvement,déjà amplement amorcé avecla diffusion des livres (encyclopédies,dictionnaires, livres depoche et manuels scolaires), sepoursuit avec force via internetet la micro-informatique. Lessupports de communicationmodifient ainsi profondémentl’action mais aussi l’autorité desadultes référents. Et chacun, aumilieu de cet apport considérablede savoirs, se prend à rêverd’être à la fois consommateur,acteur et auteur d’informationset de communications.Des repères à la foismétissés, mondiauxet communautairesLa culture de référence définiecomme un tout-en-soi et dépendantd’autorités parentales, étatiqueset/ou religieuses, s’est ouvertesur un univers multiculturel.Celui-ci nous fait entrer dans unesociété métissée dans laquellechacun se situe à partir, certes,de sa culture maternelle maisaussi à partir de cultures dépassantamplement les codes d’appartenance.Ce métissage culturel,accéléré par la rapidité deséchanges de communications,bouleverse les repères, crée del’insécurité, et ce faisant, nousplace dans l’exigence d’inventerde nouveaux langages fondéssur des données interculturelles.Cette conjugaison de culturesparticulières ne freine pourtanten rien l’émergence d’uneculture transversale ou internationale.Il suffit de regarder lesfeuilletons, les jeux télévisés ouélectroniques, les créations musicales,les journaux télévisés, lessites, les moteurs de recherche,etc., pour s’en rendre compte.Les personnages des sitcoms sebâtissent en fonction de caractéristiquesqui les rendent acceptableset acceptés par lepublic le plus large possible. Laprésentation des faits devientunivoque et l’accentuation detel ou tel événement fait vibrerle monde au même moment…Cependant, plus nous noustrouvons dans une culture métissée,qui mêle les repères, etdans une culture mondiale quisupprime les spécificités, plusse fait sentir le besoin d’uneculture qui enfin permet de seretrouver comme différent etunique. La culture métissée etmondiale appelle à l’émergencede cultures communautaires,voire communautaristes, c’està-direexclusives. Là aussi, lessupports de communicationsont en première ligne en satisfaisantles préoccupationsd’enracinement et de reconnaissance.Une communicationécrite, recomposée,filtréeAu travers des supports decommunication, la réalité estcréée, recomposée, traitée, archivée.Même si parfois nousn’en avons pas l’impression,l’écran qui s’interpose et l’écriturequ’il suppose, ne nous permettentpas d’entrer en relationdirecte avec la ou les réalitésqui se trouvent face à nous. Laréalité diffusée est à la fois présenteet absente, proche et distante,temporelle et a-temporelle; c’est en ce sens qu’elleest virtuelle.Les médias se limitent à uneappréciation imaginaire de l’autre.Je ne peux ni l’affronter nicommunier physiquement avec28 <strong>Enseignement</strong> <strong>catholique</strong> actualités N° 329, FÉVRIER-MARS 2009
lui. La relation médiatique nese situe pas dans la durée. Ellene peut intégrer le partage del’espace-temps vécu dans la« réalité réelle » ; elle se mesureà l’aune de l’instant et duzapping des messages, nous faisantpasser d’une logique decommunication linéaire à unelogique de l’intuition. « Je prendsla communication et je la coupe »comme je l’entends, à l’instantde mon choix. Dans la communicationmédiatique qui élargitde façon prodigieuse et inespéréel’horizon de chacun, jepeux me donner l’illusion detout connaître, de tout vivre entemps réel. Nous vivons désormaisdans une unité de temps,un temps universel, sans pourautant nous placer dans uneunité de lieu. Le monde se metà l’heure de chacun. Chacundevenant alors l’universel. Maisattention à la gageure liée àcette attitude.Une mémoirede l’homme et del’humanité externaliséePar ailleurs, comme le précisePhilippe Breton 2 , avec le paradigmeinformationnel, c’est lamachine qui parle de nous, pournous et en nous. « Tout l’effortdes nouvelles technologies, soulignel’universitaire, porte versla construction de machinesqui gardent tout et dont on saittout ce qu’elles ont à l’intérieurd’elles-mêmes : un idéal d’universalitécomplété d’une volontéde transparence. » Dans cettecommunication informationnelle,nous acceptons de donnerà la machine le pouvoir decodifier nos informations, noséchanges, notre mémoire personnelle,notre mémoire collective,et même notre identité autravers d’une saisie de nos codesgénétiques. Comme il estfabuleux pour l’homme d’avoiraccès par les bases de donnéesà tout l’homme, à tout homme,à toute l’humanité et à touteson histoire répertoriée, reconstruite,segmentée. Mais ce dispositifpeut-il rendre compte dela spécificité relationnelle et del’intériorité de l’homme ?Si les supports de communicationfavorisent une communicationplus personnalisée, plusindividualisée, ils permettentaussi le repli sur soi. La communicationmédiatisée lisse par sesécrans toute relation directe àl’autre et fait rebondir les transfertsaffectifs.Des structureséducatives interrogéesCes quelques constats sur lestechnologies de l’information etde la communication ne peuventdonc laisser les structureséducatives indifférentes, d’autantqu’elles seront elles-mêmesprofondément impliquées dansleurs usages.Des perspectives s’offrent aujourd’huiau système éducatif.Au plan pédagogique, l’accentest mis sur les partages de recherches,travaux collaboratifs,cours en ligne, médiathèques,accompagnement et suivi desétudiants et des élèves. Au planstructurel, il s’agit de la miseen réseau d’établissements, del’acquisition de diplômes pardelàles États, de l’extension dela formation initiale à la formationtout au long de la vie…Ainsi, les technologies de l’informationet de la communicationpeuvent prendre toute leurlégitimité à l’école et à l’universitési elles se situent en fonctiond’une organisation éducativeet pédagogique qui placela personne et l’ensemble de sesrelations au cœur de l’acte d’enseignementet d’éducation. Letemps pédagogique classique,fondé sur un déroulement linéaire,doit à présent intégrerun temps composé de séquencesadaptées et souples. L’espacepédagogique unique, rigide,laisse place à un espacemultiple, « nomade ». À l’enseignementprésentiel, exercédans l’espace de la classe, sesubstitue un enseignement hybridedont certaines séquencess’effectuent à distance. La communicationrequiert un travaild’équipe, une confiance et unereconnaissance.La socialisation établie en référenceau maître réclame unesocialisation appelant une pluralitéde rencontres. La pédagogiefrontale, reposant sur la transmissionde savoirs, laisse placeà une pédagogie constructivisteet coopérative où les élèvesconstruisent leurs savoirs.Une intelligencedes médiasDans cette mutation des caractéristiquesde l’enseignement,les supports de communicationaccompagnent la volonté d’entrerdélibérément dans une pédagogieactive et fondée surune perception de l’homme.Celle-ci exige des mises enperspective et une attentionconstante pour relier chaqueacte d’information et de communicationau projet éducatifmis en œuvre. Ainsi, toute lapanoplie des supports de communicationdéjà existants doitêtre relue et reliée au regardque chaque enseignant et élèvepeut porter sur l’homme dansses relations au monde, à autruiet vis-à-vis de lui-même.Elle exige de la part des éducateurset des élèves une appropriationet une intelligence desdifférents degrés d’écriture desmédias, de leurs significationset de leurs conséquences. Noussommes invités sur ce point àentreprendre un effort considérable.Notre siècle aura plus que jamaisbesoin d’une présence éducativeinstitutionnelle forte. Celleciviendra corriger les déficits etles écarts devant les acquisitionsde savoirs. Elle régulera les disparitésculturelles et financièresvis-à-vis des « produits » de formation.Elle favorisera une prisede recul et développera descapacités d’analyse. Elle seraessentiellement un lieu de découverteet d’apprentissage dela relation et du sens de l’hommedans son intimité, sa légitimité,sa sociabilité, sa responsabilitéet sa liberté.L’industrialisation médiatiséedes savoirs constitue autant deraisons pour que l’école existenon pas pour résister, mais pourdonner à chacun les clefs delecture de la société dans laquelleil vit, croît et tient parole.1. Respectivement Brevet informatique etinternet et Certificat informatique et internetde niveau 2 « enseignement ».2. Chercheur au CNRS, auteur de nombreuxouvrages dont L’utopie de la communication– le mythe du village planétaire(La Découverte, 2004).N° 329, FÉVRIER-MARS 2009 <strong>Enseignement</strong> <strong>catholique</strong> actualités 29
D o s s I e rPROPOS RECUEILLIS PAR XGILLES DU RETAIL XET MARIE-CHRISTINE JEANNIOT XMarie-Christine Milot et Bruno Duvauchelle.La France est-elle numériquemMarie-Christine Milotest chef de projet pourles Tice 1 et leur usagedans l’enseignementsecondaire au ministèrede l’Éducation nationale.Bruno Devauchelleest formateur au Centred’études pédagogiquespour l’expérimentationet le Conseil 2 .Ils éclairent, à deux voix,une question complexe.Quels nouveaux usages de cessupports avez-vous pu observerces dernières années ? On al’impression d’un foisonnementassez désarticulé…Marie-Christine Milot : Ce foisonnementa été constaté dansles travaux au sein d’un réseauchargé d’impulser des évolutions– réseau constitué d’unevingtaine d’enseignants du seconddegré en poste dans unétablissement et particulièrementinvestis qui animent des groupesde travail « Tice et disciplines ».Nous venons de publier, surEducnet, une étude réalisée dans© M.-C. Jeanniotune dizaine de disciplines 3 . Ellemet en évidence des plus-valuesapportées par le numérique.Celui-ci peut faciliter les apprentissages,fait gagner du tempsaux enseignants et assure unecontinuité pédagogique avantet après la classe, ainsi qu’unemeilleure réactivité pédagogique.Il est important de pouvoirdire et montrer en quoi le numériquefavorise les apprentissages: on nous interroge régulièrementsur cet aspect comptetenu des équipements présentsdans les établissements ! Environ20 % d’enseignants très dynamiquess’en sont emparéspour des activités innovantesdans leurs enseignements. Onpeut imaginer qu’avec 50 % ducorps enseignant, la partie seragagnée ! Les élèves auront alorsune culture numérique digned’un citoyen du XXI e siècle, etc’est ce pour quoi nous travaillonsen ce moment.Avoir une culture numérique,qu’est-ce que c’est ?M.-C. M. : C’est avoir acquisun « comportement professionneld’élève », et non plus seulementludique, par rapport à l’environnementnumérique ; avoircompris qu’il offre des instrumentsd’apprentissage tout aulong de la vie, et que les résultatsfournis par une machine sontsoumis à l’appréciation de notrecerveau, capable, lui, de jugement…C’est aussi savoir se poserdes questions en se demandantoù trouver les réponses.Bruno Devauchelle : Moi, jeposerais le problème à l’envers,en me demandant ce que le numériquefait à la culture : quelleplace veut-on lui faire dans laculture commune ?M.-C. M. : Les « digital natives» (les enfants qui sont nésavec l’ordinateur) seraient-ils différentsdes autres ? Du côté d’internet,le premier site académiquea ouvert en 1997. Et depuis2002, l’équipement des famillesa beaucoup progressé :89 % des 12-17 ans ont accèsà internet à la maison.B. D. : De nouveaux supportss’installent petit à petit au seindu quotidien, et il est intéressantde se demander en quoi et commentils modifient les pratiquesculturelles, et comment l’écoles’en saisit. Nous y travaillons auCepec. Le danger serait de parlerdu numérique comme s’ilconstituait un monde en soi, àpart, réservé à des pionniers quise tailleraient des territoires dansces nouveaux mondes, en excluantles autres !Le B2i 4 est-il une simple initiationtechnique ou déjà une ouvertureà cette culture numérique ?M.-C. M. : Le B2i a été créé en2000. En juillet de cette annéelà,un comité interministériel décrétaitla nécessité, pour la populationfrançaise, d’obtenir descertifications en informatique.L’Éducation nationale s’est alorsmontrée particulièrement réactive,puisque les premiers textessont sortis dès novembre 2000.Depuis, le référentiel a évoluévers plus de cohérence et de progressionentre l’école, le collègeet le lycée. Il est aujourd’hui prisen compte dans les épreuvesdu brevet des collèges, une étapefranchie en juin 2008 sanstrop de problèmes. Et sa mise30 <strong>Enseignement</strong> <strong>catholique</strong> actualités N° 329, FÉVRIER-MARS 2009
ent sous-éduquée ?en œuvre va s’améliorer avec desenseignants formés, eux, auC2i2e 5 . Il est probable qu’à terme,le B2i lycée sera pris en comptedans les épreuves du baccalauréat.Le mouvement est enclenché.Mais il faut accepter que leschoses prennent un certain temps.Je crois, et une étude anglaisel’affirme aussi, qu’on ne pourrasortir de l’élitisme de pratiquespionnières que grâce à des politiquesmenées au niveau des établissements.Ainsi, dans l’académiede Clermont-Ferrand, ledéploiement des ENT 6 s’accompagned’une réflexion/organisationdans l’établissement un anavant sa mise en place ! Des formationsde chefs d’établissementsur la prise en compte du numériquese développent. Mais avec800 000 enseignants et quelque67 000 établissements scolaires,on ne peut espérer que les chosesévoluent partout au mêmerythme. En fait l’hétérogénéitédes usages croît du lycée à l’écoleprimaire en passant par le collège: au niveau de l’école primaireun plan du ministère a étémis en place en 2008 afin d’impulserun développement plusimportant.B. D. : Je considère que la réalitéest un peu plus complexedu côté des enseignants. Uneétude québécoise récente soulignela grande difficulté du passaged’un usage personnel à unautre, professionnel. D’autrepart, dans l’imaginaire enseignant,demeure une représentationde la forme scolaire – ceque doit être un cours – qui exclutle numérique, toujours considérécomme un outil étranger.Sans compter l’évaluation, difficileà changer, même si l’enseignantest ouvert à la culturenumérique.D’une manière générale, le systèmescolaire a tendance à « refroidir» les sujets « chauds » pourles rendre « consommables » parl’école. À tel point que l’évolutionme semble exiger beaucoupplus de temps ! C’est un tel changementculturel, identitaire, pourl’enseignant – de qui l’on exiged’autres adaptations bien pluscontraignantes, voire urgentes –que l’on comprend les lenteurs.M.-C. M. : La vie collective d’unétablissement est un facteur cléd’évolution : tous les rapports,en France comme en Europe, lesignalent. Au printemps dernier,le ministre a demandé à tous lesétablissements du second degréd’inscrire, à la rentrée 2009, un« volet numérique » dans leurprojet. Au niveau secondaire, leniveau opérationnel est l’académie.À titre d’exemple, une académiea mis en place un maillagedes établissements du seconddegré avec des correspondants« Tice » par discipline : les établissementsont mis en place nonseulement un conseil pédagogique,comme beaucoup, maisaussi un conseil des Tice.Cela implique une modificationde la classe ?B. D. : Paradoxalement, le bonindicateur d’une non-évolution,c’est le tableau blanc interactif[TBI]. Il renforce le plus souventune pratique dominante qui permetun meilleur rapport qualité/coût, avec un maximum d’élèves.Dans les Bouches-du-Rhôneou les Landes, où l’on a distribuédes ordinateurs aux collégiens,les pratiques n’ont changé quepour les pionniers. Et maintenanton leur propose des TBI. L’accessibiliténe résout pas le problèmede l’acceptabilité. Les responsablesd’établissement auront tendanceà préférer les outils lesmoins déstabilisants pour leursenseignantsM.-C. M. : Avec ou sans outilsinformatiques, les pratiques pédagogiquessont très variées.Mettre un TBI dans une salle nerenforce pas systématiquementl’aspect magistral et frontal d’uncours mais peut, au contraire,l’animer et favoriser la participationdes élèves. Dans un départementoù les élèves sont équipésde portables, le nombre dedisciplines impliquées dans la miseen œuvre du B2i est plus importantque dans d’autres départementsde la même académie. Ila fallu une impulsion politiqueforte et continue d’accompagnementde cet équipement. D’autressolutions techniques peuventexister. La sous-direction des Ticea pour objectif de rassembler lestravaux des groupes « second degré» qui favorisent des « usagessimples permettant aux enseignantsde s’engager en confiancedans cette évolution ».Vous notez donc, malgré tout,une évolution importante ?B. D. : On voit, en formation,que les enseignants apportentde plus en plus souvent leur ordinateurportable, ce qui assureune continuité entre la maison,l’école et le lieu de formation.Cela peut paraître anecdotiquemais c’est le nouveau cartablequi entre maintenant en classe,avec l’enseignant, dans toutesles salles et pas seulement dansladite « salle informatique » !M.-C. M. : Les jeunes enseignantsreçoivent désormais« Une clé pour démarrer », avecdes abonnements de deux ansà des ressources en ligne classéespar thèmes, correspondant auxprogrammes et accompagnéesd’exemples d’usages.Nous parlons là d’outilsinformatiques. Mais qu’en est-ild’une réorganisationdu langage pédagogiquelui-même ?B. D. : C’est en train d’émerger! Il y a déjà deux à trois ansque cela évolue vraiment avecl’émergence des ENT. La questionmajeure, chez les enseignants,est d’accepter la mise en ligne deleurs cours… qui ne soit pas l’équivalentd’un polycopié en ligne.M.-C. M. : On ne peut pas demanderaux 800 000 enseignantsde remédiatiser tous les dispositifspédagogiques. Il y a des gensdont c’est le métier et il y a desréflexions à conduire sur le typede ressources à mettre en œuvre.B. D. : C’est surtout la mise enligne des cours qui pourrait modifierla posture pédagogiqueamenant l’enseignant, traditionnellementassembleur de ressources,à repenser l’activité de l’élève.M.-C. M. : L’accompagnementde ces évolutions s’organise auniveau des académies qui se chargentaussi, en relation avec lescollectivités territoriales, de l’accèsaux ressources, aux matérielset aux financements. Le ministèrene peut donner que des impulsions,des cadres. Chaque enseignantdoit trouver son chemin.1. Technologies de l’information et de la communicationpour l’éducation..2. Cepec, 14 voie Romaine, 69290 Craponne.Internet : www.cepec.org3. « Les plus-values des Tice au service dela réussite », téléchargeable à l’adresse suivante: www. educnet.education.fr/infosite/telechargement/brochure4. Brevet informatique et internet.5. Certificat informatique et internet deniveau 2 « enseignement ».6. Espaces numériques de travail.N° 329, FÉVRIER-MARS 2009 <strong>Enseignement</strong> <strong>catholique</strong> actualités 31
D o s s I e rÉLISABETH DU CLOSEL« Les Tice favorisentl’autonomie, lapédagogie de l’erreur :on se trompe, on passepar d’autres voiespour avancer. »Diocèses:des écrans contrastésSi certains diocèses ou régions ont développé des stratégies globales vers les Tice,d’autres peinent à les mettre en place. Rien ne pourra se faire cependantsans moyens et sans formations adéquates. Tour de France, de Cambrai à Nancy,en passant par Rennes, Vannes et Angers.Blog, site internet, tableaublanc interactif (TBI), cartableélectronique, espacenumérique de travail (ENT),logiciel libre, portail, plate-forme…Autant de notions, d’outils, d’applicationsqui ont trait au vocabulairedes Tice. Être enseignant,parent, élève à l’ère du numérique,c’est acquérir des compétencesdans un domaine en évolutionconstante. Incontournablesen pédagogie, les Tice entrentprogressivement dans les classes,obligeant les enseignants àse les approprier et à adopter denouvelles postures. Ce qui ne sefait pas sans une certaine frilositécar les professeurs craignent« d’être amenés à changer leurmanière d’enseigner et d’être insécurisé», commente le frère desécoles chrétiennes, Paul Cornec.Celui-ci a beaucoup travaillé surla pédagogie par l’informatiquedans des classes de primaire composéesd’enfants en grande difficulté.Pour lui, l’informatiqueest un outil au service de l’innovationet de la communication.« L’important n’est pas tant lasalle informatique des établissementsque l’installation dansles classes d’un ordinateur avecdes logiciels adaptés pour permettrela création. L’élève, dansun projet multimédia qui alliel’écrit, la photo, la vidéo… doiten effet faire preuve d’inventivitépour mettre l’ensemble enforme. C’est la même chose avecKarine Eve utilise le tableau blanc interactif au lycée Montplaisir de Valence. Elle enseigneen DTS (diplôme de technicien supérieur) imagerie médicale.le TBI. Comme il favorise l’interactivité,les enfants s’approprientdes notions sans s’ennuyer. Etpar derrière, c’est le génie pédagogiquede l’enseignant quiest en jeu. »Des propos dans lesquelsse retrouve Marie-Noëlle VanRuymbecke, chargée des Ticeen premier degré pour le diocèsede Cambrai. « Les Tice favorisentl’autonomie, la pédagogiede l’erreur : on se trompe,on passe par d’autres voies pouravancer. Les logiciels en français,en maths… permettentde travailler différemment. Larecherche documentaire surinternet, qui doit bien sûr êtrecadrée, vient compléter les contenusdes livres et les encyclopédies.Le TBI est un fabuleux outil.Mais compte tenu de soncoût, aucune de nos écoles n’estencore équipée. » Dans ce diocèse,on semble n’être qu’auxbalbutiements d’une véritableprise en compte des Tice dansles établissements. D’où l’idéed’un forum, le 15 avril prochain,qui proposera aux enseignantsune multitude d’applicationsconcrètes 1 . Quant à la mise enplace d’une ENT ou des cartablesélectroniques dans le seconddegré, on en est très loin.Ce n’est pas le cas dans le diocèsede Nancy-Toul. Le réseauLoread (cf. pp. 36-37) a été lefer de lance d’une dynamiquediocésaine. On est certes dansune phase expérimentale, maisil y a une volonté d’avancer. Unétablissement teste actuellementle cahier de textes électronique.« La demande est venue d’unefamille qui souhaitait êtreau courant des notes de sesenfants à tout moment »,commente Catherine Pellerin,D. R.32 <strong>Enseignement</strong> <strong>catholique</strong> actualités N° 329, FÉVRIER-MARS 2009
animatrice formatrice du 2 d degré.Même chose avec le cartablenumérique. Chaque élève ason jeu de livres à la maison, etl’enseignant travaille dans saclasse avec un rétroprojecteur.« Une nouvelle manière d’utiliserle manuel. »Christine Giuliani, responsableTice pour le 2 d degré dansle diocèse de Rennes, n’hésitepas à faire une comparaison singulière.« Je fais un parallèle entre“Tice” et “développementdurable”. Les profs ont l’impressionque cela va générer du travailsupplémentaire, alors quesi c’est intégré de façon simple,il s’agit d’un “plus”. » Dans cediocèse, l’on comprend les Ticecomme un outil au service dela pédagogie, à utiliser quandça s’y prête au même titre qu’unmanuel ou un reportage vidéo.Des animations y sont proposéeschaque mercredi aux enseignants,l’objectif étant toujoursde « montrer commenton prépare une séquence pédagogiqueavec ces nouveauxmoyens ». Un gros travail d’informationet d’animation estégalement fait sur le B2i etGiB2i, logiciel pour la validationdes compétences du B2i.« Notre but n’est pas de fairedes séquences B2i mais d’intégrerl’usage des Tice pourfaire des enfants citoyens actifs.»Peut-être ce B2i, devenu obligatoire,sera-t-il une porte d’entréepour vaincre les peurs ? Dansle diocèse de Vannes, on devancemême l’obligation de valider cebrevet en lycée. Mais les Tice, àVannes, c’est encore une multitudede propositions en directiondes établissements du2 d degré : kit extranet ou intranetavec portail permettant d’accéderà différents services ; portfolionumérique ; mise en placede la plate-forme Scolinfo quicomporte des volets administratifet pédagogique ; lancementdu portfolio numérique ; utilisationde PMB, logiciel libre de gestiondu CDI, référencé par l’académie; mise en place de mini-sitespar disciplines afin de mettre enligne des cours interactifs consultablesde la maison ; création deblogs, outils de publication desélèves, utilisé en latin ou en technologie.« C’est un moyen d’aborderle droit à l’image, le respectdes droits d’auteur », commenteEmmanuel Leclainche, animateurTice 2 d degré.Maîtriser et s’approprierQuant au 1 er degré, dans cediocèse, il n’est pas en reste.« Il y a une volonté de démocratiserl’outil informatique pourque chacun puisse l’utiliser »,commente Ronan Lessard, directeurde l’école Saint-Josephd’Elven et détaché à mi-tempspour former, proposer des animationset mettre en place dessites internet… Et d’ajouter :« Nous sommes très sollicités.De gros efforts ont été faits enmatière d’équipement. Et il existeune vraie demande d’intégrationde ces outils. »Dans le diocèse d’Angers, leB2i sert aussi de point de départà la création de sites, de blogs.« Les animateurs Tice du 2 d degrétravaillent régulièrement avecceux du 1 er degré sur le B2i aucours d’ateliers “du mercredi”,précise Catherine Guinoiseau,coordinatrice de la politique Tice1 er et 2 d degrés à la direction diocésaine.Ce fonctionnement permetde “dédramatiser” de nombreusessituations et de remettrela pédagogie au centre des préoccupations.» Autre proposition,le travail autour des disciplines ;le festival multimédia qui rassemblechaque année les écoles produisantdes diaporamas, filmsd’animation ou vidéos (cf. pp.40-41) ; l’incitation à l’usage delogiciels libres. Quant aux ENT ?« L’un des défis majeurs à releverest l’accès à toutes les ressourcesvia une harmonisationdes ENT, commente CatherineGuinoiseau. En Anjou et dans lesPays de la Loire, l’enseignement<strong>catholique</strong> dispose d’un certainnombre de “briques” constitutives.Sitenkit, un logiciel libre quipermet de réaliser un site collaboratif,ainsi que les cours enligne Dokeos et Moddle, en fontpartie. »Chacun est conscient que,pour se lancer dans une pédagogiepar les Tice, il est indispensablede maîtriser l’outil etles établissements doivent êtresuffisamment équipés pour permettreun usage constant. AnimateursTice et référents informatiquesdans les établissementspermettent, dans les diocèses enmouvement, de faire de nombreusesanimations, formations,séquences pédagogiques. Avecl’arrivée de nouveaux enseignantspossédant le C2i 2 , on devraitprogressivement parvenir à utiliserl’informatique « comme uncrayon ou une craie », commedit Ronan Lessard.1. Plusieurs ateliers seront proposés : découvertede sites et CD-Roms pour la pastoraleet la culture religieuse ; création de sites avecJoomla, de blogs et de diaporamas… Horaires: 10 heures-17 heures. Lieu : Salle de laManutention, Rue des Capucins, 59400 Cambrai.Renseignements : Marie-Noëlle VanRuymbecke : 03 27 70 09 99.2. Certificat informatique et internet.L’ENSEIGNEMENT TECHNIQUE,FER DE LANCE DES TICEL’enseignement professionnel et technique, de par les liensprivilégiés qu’il entretient avec le monde du travail,semble plus enclin aux usages des Tice. Outre l’objectifde professionnalisation des élèves, leurs stages enentreprise rend plus naturelle l’idée d’un suivi à distancedes enseignants. Des échanges de courriels entre tuteuren entreprise, maître de stage et élèves prennent dansce cadre tout leur sens.Autre atout, les matière techniques utilisent globalementbien les Tice dans les enseignements disciplinaires :« Des domaines comme la gestion ou l’économie, par exemple,nécessitent le recours à des diagrammes et des schémas.Les professeurs manient donc très bien une multiplicitéde supports en cours », remarque Pascal Roulle,directeur adjoint de Montplaisir, en charge des BTS.Il reste néanmoins encore des progrès à effectuer dansla pratique transversale des Tice. Dans ce domaine,l’exemple pourrait venir des cursus paramédicaux :« Dans cet univers professionnel, la culture de la collaborationet des réunions de débriefing est très présente. Les professeursde ce secteur travaillent donc fréquemment en groupede projet et partagent volontiers leurs découvertespédagogiques », constate Pascal Roulle. L’enseignementgénéral aurait donc là une leçon de décloisonnementà tirer, qui pourrait profiter à l’essor des Tice. VLN° 329, FÉVRIER-MARS 2009 <strong>Enseignement</strong> <strong>catholique</strong> actualités 33
D o s s I e rVIRGINIE LERAYMontplaisir : le lycée tout enENT, le sigle continueà impressionner, bien queles « environnementsnumériques de travail »soient promus depuis 2002par l’Éducation nationale.À Valence, le lycéeMontplaisir a mis en placee-miam, une plate-formepédagogique fréquentéeavec gourmandise parses 1 461 élèves.Les environnements numériquesde travail (ENT)portent l’ambition demettre les Tic au servicede l’administration des établissementset de l’enseignement.Mais, pour profiter à plein desatouts pédagogiques et logistiquesdes ENT, mieux vaut découvrirleurs fonctionnalités endouceur et en équipe.Exemple à Valence, au lycéeMontplaisir 1 . L’aventure numériquey a commencé à l’aube del’an 2000. Jean-Marc Gebelin 2 ,professeur d’anglais, se lancealors dans un projet européen,courriels et visioconférences àl’appui. Des outils auxquels l’initiePhilippe Archinard, chef deRÉFLÉCHIR AU LIEU DE COPIER« Je ne remercierai jamais assez la mère d’élève qui m’a vertement reproché un jour de “faire recopier lavie de Voltaire, alors qu’elle n’a pas changé d’un iota en bientôt trois siècles !” », s’amuse ÉlisabethKennel-Renaud, professeur agrégée de lettres*. Une diatribe qui lui a fait prendre conscience qu’elle aussise lassait de voir « les élèves copier au lieu de réfléchir ». Résultat, aujourd’hui, elle ne dispense plusaucun cours magistral mais les met en ligne sur Loread (cf. pp. 36-37) et sur son propre site internet**.Dans ses classes, les élèves ne courbent plus l’échine mais débattent, questionnent, approfondissent : « Encours, je pars directement d’un aspect précis, d’une question, comme de savoir si le titre est révélateur del’œuvre, et la séance se déroule en bâtissant une étude littéraire. Pour mon cours sur Pascal, j’ai mis à ladisposition des élèves des liens vers cinq émissions de France Culture plutôt que de les diffuser en classe.J’économise ainsi cinq heures et les élèves arrivent avec une connaissance préliminaire du sujet. »Corpus de textes complémentaires, outils méthodologiques, étude de photographies, bandes-annonces defilms, encyclopédie en ligne, ouvrages à télécharger et liens vers des expositions virtuelles…, son siteinternet fourmille de supports variés. Des exercices interactifs aident les élèves à préparer les contrôles,et des forums leur permettent de poser leurs questions lorsqu’ils préparent des devoirs à la maison.Le tout en accès libre pour tous. Les maîtres mots de cette pédagogie : autonomie et réflexion personnelle.« Bien sûr, cela est extrêmement chronophage pour moi, et la manière de travailler se rapproche plus dece que l’on demande à des étudiants à l’université… Mais les élèves le méritent bien ! » VL* Au lycée Beau-Jardin, 9 rue du Beau-Jardin, 88100 Saint Dié. Tél. : 03 29 56 13 52.** À l’adresse : http://yz2dkenn.club.frPhilippe Archinard, chef de travaux au lycée Montplaisir de Valence, est l’undes initiateurs de l’aventure numérique engagée en 2000 par l’établissement.travaux au lycée technique :« J’en ai profité pour lancer uneamorce d’intranet, avec messageriepour les professeurs.En parallèle, j’animais de petitesformations en interne surdes logiciels et leurs applicationspédagogiques. Cela a étéun déclic : la communicationpar mail s’est généralisée dansl’établissement, et les enseignantsse sont familiarisés avecl’informatique. »Un début très progressif quiaboutit aujourd’hui à une intégrationoptimale de l’ENT dansla vie de l’établissement, via deuxplates-formes distinctes. Sur lapremière, un intranet administratif: professeurs, secrétairesde direction et responsables dela vie scolaire communiquentet gèrent les absences, retards,emplois du temps, occupationsde salles et relevés de notes.Contrairement à d’autresresponsables d’établissement,Norbert Kieffer, le directeur, n’apas souhaité ouvrir cet espaceaux parents : « Malgré la forteD. R.34 <strong>Enseignement</strong> <strong>catholique</strong> actualités N° 329, FÉVRIER-MARS 2009
lignedemande des familles, nous redoutonsde servir une intentionconsommatrice. Il ne s’agit pasde sacrifier à la modernité sansqu’il y ait valeur ajoutée pour larelation. Or, nous pensons qu’ilvaut mieux privilégier les rencontresplutôt que de mettre les noteset absences en libre-service. »Rançon du succès, ce site est aujourd’huien cours de refontepour mieux y hiérarchiser ety répertorier une informationdevenue foisonnante.« Il vaut mieuxprivilégier les rencontresplutôt que de mettreles notes et absencesen libre-service. »Mais c’est surtout la plateformed’e-learning, lancée dès2003, qui fait la fierté de l’établissement.« Elle est née d’uneréflexion pédagogique autourdu suivi des élèves stagiaires etde la conciliation de rythmesd’apprentissage différents.Ainsi, la mise en ligne des courspermet à chacun de préparerles séquences en fonction deses besoins », explique le directeuradjoint, Pascal Roulle.Cette année, 188 des 192 enseignantset les 1 461 élèves deMontplaisir sont donc inscritssur e-miam (qui se traduit par« espace de mutualisation informatiqueet d’apprentissagemultimédia »). Depuis la rentrée,le site enregistre plus de8 000 visites par mois. Unesoixantaine de professeurs etd’intervenants extérieurs y ontmis en ligne 406 séquencesde cours annuelles qui bénéficientd’un taux de consultationde 75 %. Le tout administrépar Jean-Louis Saurel, unprofesseur de gestion et desciences médico-sociales,doté d’un diplôme de hautesétudes technologiques eningénierie multimédia 3 .PlébiscitéeJean-Louis Saurel est un chefde projet à la hauteur desmoyens dégagés par l’établissement: pour les formations,les décharges horaires ainsi quel’acquisition et l’entretien d’unparc informatique de 550 PCrenouvelés tous les cinq ans,l’investissement s’élève à 40 eurospar élève et par an. Maisrien n’est trop beau pour garantirle développement de laplate-forme pédagogique deMontplaisir. Celle-ci fait mêmel’objet d’une recherche-actionfinancée par Formiris 4 et permettantd’évaluer son utilisationet ses retombées positives.L’étude révèle notamment que,parmi les applications, la miseen ligne de cours et d’exercicescorrigés est plébiscitée. Viennentensuite le cahier de texteset la messagerie avec liste dediffusion par classe. Reste encoreà développer la dimensioncollaborative du site : le partagede documents, pour la préparationd’exposés par exemple,ou encore le forum pour deséchanges hors cours entre élèveset enseignants. Mais, enpionnier de l’e-learning, l’établissementa mis toutes leschances de développement deson côté : client de la premièreheure de Dokéos, concepteurdu site, il en expérimente toutesles innovations à des conditionspréférentielles. De quoiLES DOCUMENTALISTES,EN PLEIN VIRAGE NUMÉRIQUE ?voir e-miam encore monter enpuissance !1. Adresse : 75 rue Montplaisir, 26000Valence. Tél. : 04 75 82 18 18. Internet :www.lycee-montplaisir.org2. Devenu champion de l’e-learning appliquéaux langues, Jean-Marc GebelinLe CDI du lycée Saint-Ambroise, à Chambéry.Gestion de sites internet, création de fils d’information…Les documentalistes sont souvent force de proposition enmatière de Tice, comme à Saint-Ambroise* où Bernard Berroua été la cheville ouvrière d’une expérimentation d’ENT**.« Les élèves préfèrent faire des recherches sur Googleplutôt que de consulter nos bases documentaires, etl’équipement informatique des établissements s’étend.Cela questionne la matérialité de nos CDI. Notre métier,trop souvent réduit à un rôle d’archivage et de bibliothécaire,est amené à glisser vers le numérique et nous nous situonsdonc au cœur des problématiques liées aux ENT. »Les documentalistes peuvent jouer un rôle clef dansl’organisation des bases pédagogiques mises en ligne,en mettant en synergie les cours des professeurs avecles ressources du CDI ou des liens internet. Leur visioninteractive de la gestion documentaire peut ainsi éviter queles ENT ne deviennent un simple empilement d’outils.Bernard Berrou plaide même pour un certaindécloisonnement entre plates-formes administratives etpédagogiques : « L’accès à la “mailing liste” des famillespeut servir à informer des nouveautés disponibles aucentre de documentation, par exemple. » Pour des réseauxrésolument dynamiques ! VL* Adresse : 2 rue Burdin, 73025 Chambéry Cedex. Tél. : 04 79 33 12 55. Internet :www.st-ambroise.org** La Fondation internet nouvelle génération (Fing) met en ligne un blog, animépar 19 établissements ayant testé des ENT en 2005-2006 : www.ent-leblog.netpropose de multiples applications pédagogiquessur son site internet, à l’adresse :http://pagesperso-orange.fr/websidestories3. Obtenu à l’issue d’un an et demi d’uneformation suivie en alternance dans lemonde de l’entreprise et à l’Institut polytechniquede Grenoble.4. Prochainement sur www.formiris.org(rubrique « Espace recherche »).N° 329, FÉVRIER-MARS 2009 <strong>Enseignement</strong> <strong>catholique</strong> actualités 35D. R.
D o s s I e rÉLISABETH DU CLOSELzLoread s’appuiesur la plate-formed’enseignement à distance Claroline,un site en open source développépar l’Université <strong>catholique</strong>de Louvain. Pour avoir accès au site,il faut s’identifier à l’aide d’un motde passe. Pour le détail du dispositif,cf. « Les options prennentde la distance », <strong>ECA</strong> n° 298,pp. 36-37. Cet article est archivésur www.enseignement-<strong>catholique</strong>.fr(cliquer sur « Le magazine<strong>Enseignement</strong> <strong>catholique</strong> actualités » /« Archives » / « <strong>ECA</strong> : archives2005-2006 » / « Couverture<strong>ECA</strong> 298 »).Michel Larrory, directeurde l’ensemblescolaireJean-XXIII à Montigny-les-Metz(Meurthe-et-Moselle), féru de nouvellestechnologies, n’acceptait pasde voir de petits établissementsmenacés de fermeture,faute de pouvoir offrir aux élèvesles options de leur choix.Aussi fait-il le pari, il y a unepetite dizaine d’années 1 , deproposer un enseignement àdistance, en ligne. Un réseaude cinq établissements du diocèsede Nancy-Toul adhèreimmédiatement au projet,chacun d’eux mutualisant unepartie de sa dotation horairepour financer le travail supplémentairedes enseignants responsablesdes cours.En 2001, trois options sontproposées : italien, anglais,allemand. Et une trentained’élèves osent l’aventure de cetenseignement atypique où larelation avec le professeur sefait via le courrier électronique.Au fur et à mesure des inscriptions,la mise en place d’uneplate-forme d’enseignement àdistance s’avère indispensable.Le principe repose sur uneorganisation simple. Chaqueélève inscrit à une option estmuni d’un mot de passe pouravoir accès aux cours, consignes,documents de travail etOptions :du choix en ligneGrâce à la plate-forme Loread, vingt-deux établissements lorrains proposentdes options non ouvertes dans leur lycée. Le choix est large : des langues vivantesjusqu’au grec et au latin, en passant par l’économie ou les maths. Ce dispositifd’enseignement à distance va bientôt être expérimenté en Haute-Normandie.Marie-José Ablancourt, professeur référent au lycée La Malgrange, à Jarville,oriente Émilie et Aurélien sur la plate-forme Loread.exercices. Ceux-ci sont mis enligne sur la plate-forme Loread 2par l’enseignant « tuteur » quiexerce dans un lycée et est encharge du groupe de son option.C’est toujours par courrierélectronique que l’élève et l’enseignantvont communiquer.D’autre part, un « référent »(documentaliste, enseignant,cadre éducatif) présent sur chacundes sites, « clef du dispositif» selon Michel Larrory, accompagnel’élève dans sa démarche,organise avec lui sonemploi du temps et fait le pointavec le tuteur tout en assurantle lien avec les parents. En outre,insiste le directeur, « le travailse déroule impérativementdans l’établissement et sur letemps scolaire. Cela permet delutter contre la démotivationdes jeunes isolés devant leurécran ».Fait inattenduÀ la rentrée de septembre2008, 22 établissements ontinscrit des élèves (parfois unou deux seulement). Au total,297 élèves et 13 enseignantssont concernés, et lesoptions sont très variées : deslangues vivantes jusqu’augrec et au latin, en passantpar l’économie ou les maths.Le rectorat de Nancy-Metz n’apas hésité à accorder des heurespour soutenir le travail desenseignants. Cette dotationatteint 47 heures aujourd’hui.« Au-delà de la reconnaissanceet de la validation du© E. du Closel36 <strong>Enseignement</strong> <strong>catholique</strong> actualités N° 329, FÉVRIER-MARS 2009
dispositif, le rectorat l’encourage», précise Michel Larrory.Et, autre fait inattendu,le lycée Beau-Jardin, à Saint-Dié (Vosges), qui avait dû fermerson option italien, a pu larouvrir suite à de nombreusesinscriptions Loread.Pour les « enseignants Loread», la posture pédagogiquese trouve modifiée, ainsique les relations avec les élèves.« Dans un cours traditionnel,nous sommes interpellés àtout moment, commenteChantal Larrory, professeurd’allemand et référente au lycéeJean-Baptiste-Vatelot, àToul. Quand nous mettons noscours en ligne, il faut parer auxquestions éventuelles. Celanous oblige à être très préciset à mieux anticiper les difficultésauxquelles peuvent seconfronter les élèves. » « Je déposeaussi des documents supplémentairessur Loread, quetoute ma classe peut consulter,ajoute Marie-José Ablancourt,professeur d’anglais, documentalisteet référente au lycéeLa Malgrange à Jarville(Meurthe-et-Moselle). J’aiainsi pu élargir mon cours surles migrations. » « Les élèvessont très motivés, remarquede son côté Esther Hazard 3 ,professeur de latin et référenteau lycée Jeanne-d’Arc, à Commercy(Meuse). Ne se sentantpas jugés, ils n’hésitent pas àdemander de l’aide s’ils sonten difficulté. Une relation trèspersonnalisée s’instaure. »La question de l’oral, fondamentalepour l’apprentissaged’une langue, reste plusdélicate, faute de pouvoir exploitertoutes les ressourcesdes technologies. « L’oral estun défi, note Michel Larrory.Les élèves, en général, s’enregistrentsur internet par leQuelques « passagersclandestins »d’autres diocèsesse sont grefféssur le dispositif.biais de logiciels appropriés.Mais en Lorraine, les outils demessagerie instantanée sontfiltrés par le serveur académique.Nous n’avons pas accèsà Skype, le logiciel de téléphoniesur internet, parexemple. » Du coup, ce typed’échange est renvoyé à lasphère privée ; les enseignants,passionnés par cesméthodes innovantes, n’hésitantpas à fixer des rendezvousà leurs élèves, horstemps scolaire. « De toutemanière, bien qu’il existe dessystèmes gratuits de boîte vocaleen ligne parfaitementadaptés aux exigences du travailasynchrone, la majoritédes élèves ont des réticencesà laisser des messages »,poursuit le directeur. Pour lesenseignants, cette difficulténe doit pas être considéréecomme un obstacle. « Lesélèves ne parleraient pas plusdans une classe classique de20 ou 30 », affirme EstherHazard.Assurer des cours en lignepeut ouvrir sur une multitudede pratiques pédagogiques.L’idée d’un forum entre élèvesd’une même « classe virtuelle», par exemple. « Enseignantset élèves Loread seQUE PENSEZ-VOUS DE LOREAD ?Aurélien, en 2 de à La Malgrange – grec débutant.« Ce n’est pas un “plus” ou un “moins” de travaillerde cette manière. C’est différent. Par le biais del’ordinateur, on peut avancer seul, à son rythme,en autonomie. Voire demander plus de boulot !Si je bute sur un point, j’envoie un courriel au prof.La réponse vient avec un décalage, mais j’en aitoujours une. Dans mon cours, nous sommes cinqélèves dispersés dans plusieurs établissements.Nous pourrions recréer une classe virtuelle,par le biais du forum, mais nous ne le faisons pas.Un jour peut-être… »Benjamin, en terminale S à La Malgrange – italien LV2.« Ce système m’a permis de poursuivre, en seconde,l’italien que j’avais commencé dans un autreétablissement. Sinon, j’aurais dû me mettre à l’espagnolavec deux ans de retard. Au début, j’ai eu du malà être autonome. J’ai été vraiment très soutenu parla référente. Et puis, j’y croyais à moitié. Je n’avais pasl’impression de suivre un vrai cours. Je ne saisd’ailleurs pas si j’ai le même niveau en italien quesi j’étais dans une vraie classe. Je verrai au bac !Je me suis cependant habitué à travailler ainsi. C’estun bel outil, même s’il a ses limites. Notammentpour l’oral, en ce qui me concerne. »rencontrent trois fois par an,fait remarquer Marie-JoséAblancourt. Les jeunes seconnaissent donc peu et necherchent pas à entretenirune relation. J’avais demandéà l’un d’eux de déposer undocument sur le forum, afinqu’il soit commenté. Il n’y apas eu de suite. »Fort enthousiasmeBel outil au service de la pédagogie,Loread commence àfaire des adeptes. Quelques« passagers clandestins »d’autres diocèses se sont dèsle début greffés sur le dispositif.La Haute-Normandie s’apprêteà se lancer dans l’aventure.Au Secrétariat généralde l’enseignement <strong>catholique</strong>,on suit l’affaire avec attention.Car chacun peut ytrouver un intérêt : différencierle travail avec les enfantsprécoces, faire du soutien, durattrapage, utiliser ce systèmepour des enfants hospitalisés,des classes transplantées...D’autre part, un projet derecherche est mené pour permettred’acquérir les compétencesde pédagogue enligne. « Ce que nous faisonsde manière intuitive, nousdevons le formaliser », commenteChantal Larrory. Mais,quoi qu’il en soit, pour fairefonctionner un tel dispositif,il faut une réelle volonté deschefs d’établissement et unfort enthousiasme des enseignantsqui, parfois très sollicitéspar leurs élèves, necomptent plus trop leurtemps.1. Il était alors directeur du lycée Jean-Baptiste-Vatelot à Toul (Meurthe-et-Moselle).2. Pour : LORraine <strong>Enseignement</strong> A Distance.Adresse : www.loread.net3. Elle est parmi les tout premiers enseignantsà être entrés dans le dispositif.N° 329, FÉVRIER-MARS 2009 <strong>Enseignement</strong> <strong>catholique</strong> actualités 37
D o s s I e rVIRGINIE LERAY« Avec la plate-forme,l’enseignantdevient passeur. »Du numérique contre le handicapÀ besoins particuliers,réponse virtuelleEt si les techniquesd’enseignement àdistance pouvaient aussiprofiter aux élèves enprésentiel ? C’est ladémonstration réussiepar Sylvie Fornero,professeur au collègeFénelon de Lyon, auprèsd’enfants précoces.Lecollège lyonnais Fénelon1 accueille des enfantsintellectuellement précoces,dans des classes spécifiquesen 6 e -5 e , puis en intégrationen 4 e -3 e . Sylvie Fornero,enseignante de français, s’y estfamiliarisée à ces élèves dits surdoués,mais parfois aussi déroutantsque déroutés par l’école.En effet, leurs facultés cognitivesdifférentes ne s’adaptentQuelque 168 000 enfants porteurs de handicap sont aujourd’huizscolarisés en milieu ordinaire. Afin d’accroître encore cet effortd’intégration et d’accompagner la scolarité de ces élèves particuliers,le ministère de l’Éducation nationale a débloqué 500 000 euros pourla création de ressources numériques adaptées, étudiées et recenséesdepuis 2007 par un observatoire national géré par l’INS-HEA*.La nouvelle revue de l’adaptation et de la scolarisation, publiée parla structure depuis janvier dernier, et un site internet** dédié au handicapà l’école exposent toutes les innovations réalisées dans ce domaine.Bloc électronique permettant la prise de notes en braille, logiciels pourl’apprentissage de la lecture ou de l’anglais pour les élèves malentendants,outils facilitant l’écriture pour les enfants souffrant d’un handicapmoteur : les Tice jouent ici un rôle fondamental.Ces bijoux technologiques, dont les prix restent élevés, présententaussi souvent l’avantage de pouvoir bénéficier à toute une classeet non aux seuls élèves handicapés. VL* Sur internet : www.inshea.fr (cliquer sur « Ressources » puis sur « NRAS »).** À l’adresse : www.lecolepourtous.education.frqu’avec une certaine difficultéaux logiques des programmeset aux pédagogies traditionnelles.En cours, ils peuvent se montrersurvoltés – multipliant lesdigressions – autant que léthargiques– plongés dans leurs rêveriesintérieures. D’où l’expériencemenée par l’enseignante en2007 : durant un semestre, ellea alterné, avec une classe de5 e , des cours classiques et desséances sur une plate-formed’e-learning de type Moodle.L’expérience l’a aidée à différencieret à personnaliser les apprentissages: « Les élèves sevoient proposer des parcours didactiquesdifférents pour aboutiraux mêmes compétences. Ilsbénéficient aussi d’une latitudepour choisir l’ordre et le rythmedes activités », apprécie-t-elle.Autre atout, l’outil est facteurd’autonomisation en ce qu’il« met à la disposition des élèvesdes supports indispensables –encyclopédie, tables de conjugaison–, un cahier de textes quileur permet de visualiser le travailaccompli et celui qui reste àD. R.faire, des réserves documentairesen libre accès et une possibilitéd’auto-évaluation via denombreux quiz ».Au-delà de l’aspect ludique etdu bénéfice tiré par les élèves àtravailler en binôme, dans unerelation hors de la pression dugroupe, l’e-learning a aussi contribuéà apaiser l’ambiance descours classiques : « Avec la plateforme,l’enseignant ne joue plusle rôle d’interface entre le savoiret l’élève mais devient passeur,accompagnant, tuteur : paradoxalementla distance induitepar le média provoque un rapprochementsymbolique de l’élèveet de l’enseignant. La plate-formeaide aussi les élèves à prendredu recul par rapport à un savoirqui leur semble trop souvent innéou magique : ils entrent ici plusfacilement dans une posture réflexive», analyse l’enseignante.Toutes les matièresLa mise à distance via la médiatisationa démontré de telsbienfaits que la plate-formed’e-learning est aujourd’hui ouverteà tous les élèves et utiliséepar un quart des enseignants.Toutes les matières y sont représentéessous des formes quirivalisent d’originalité. Et surtout,l’établissement entend d’ici à2011-2012 généraliser le recoursà la plate-forme qui réuniraitalors l’ensemble de la communautééducative. Ce qui impliquebien sûr un effort conséquentd’équipement et de formation…Affaire à suivre !1. Adresse : 1 rue Paul-Michel-Perret, 69006Lyon. Tél. : 04 78 93 18 60.38 <strong>Enseignement</strong> <strong>catholique</strong> actualités N° 329, FÉVRIER-MARS 2009
L’ordinateur, assistant de laboratoireWebcam, capteurs,logiciels de modélisation,de simulation,de multiples applicationsnumériques se prêtentà l’enseignementde la physique.Elles permettent de revenirà l’essence de cettediscipline : l’investigationexpérimentale.VIRGINIE LERAYLes premiers ordinateurs,entrés dans les lycéesdans les années quatrevingt,servaient d’outilsde laboratoire. Prolongementnaturel de cette vocation :l’utilisation des nouvelles technologiesdans l’enseignementdes sciences. Une évidencepour Bernard Pallandre, professeurde physique au lycéeRobin 1 de Vienne (Isère) et formateurau Cepec 2 . Mais aussiune véritable révolution didactique: « Se servir de l’informatiquecomme d’un auxiliairepédagogique, c’est passer dutransmissif au constructivisme :le professeur n’apporte plusd’emblée un savoir structuré,mais accompagne les élèvesdans l’élaboration et la structurationde leurs connaissances.On entre dans la logiquede l’expérimentation, del’investigation qui est au cœurde toute approche scientifique.»Les cours de Bernard Pallandre3 ne partent donc jamais dela théorie, d’une formule qu’ils’agirait de vérifier par l’expérience.Exemple avec les loisUne séance d’électricité en terminale « Sciences et techniques de laboratoire ».de Newton. Sur ordinateur,les élèves intègrent dans untableur les résultats expérimentauxqu’un logiciel permetfacilement de mettreen équation. Conséquence :« La physique s’ancre dans leconcret, se recentre sur lesphénomènes observables. »Autre avantage : « On abordeles notions dans toute leurcomplexité, en intégrant parexemple les frottements dansl’étude de la mécanique, alorsqu’avant, on se cantonnait àdes expériences conçues pouréliminer ce paramètre, à l’aidede mobiles autoporteurs », détailleBernard Pallandre. Dernieratout de l’ordinateur : il permetde s’affranchir de calculs longset fastidieux pour se concentrersur le raisonnement. Non seulementla physique devient moinsabstraite, mais elle apprendaussi aux élèves à réfléchir pareux-mêmes.Pour Bernard Pallandre, cesapports technologiques contribuentégalement à instaurer« un nouveau mode de communicationavec les élèves, intégrantle fait que le professeurest une source de savoirparmi d’autres ».Avec précautionAu lieu d’un cours magistral,ce dernier multiplie les supports– diaporamas, documents numériques,tableau blanc – et lesdigressions expérimentales :« Je déroule mon cours à partirde situations déclenchantes,c'est-à-dire l’étude d’un objetdu quotidien, comme les LED 4comparées aux ampoules à incandescence.Pour comprendrecomment ça marche, lesélèves posent des hypothèseset élaborent un protocole expérimental: en l’occurrence, lapose de capteurs thermiques etlumineux ainsi que d’appareilsde mesure de puissance électrique.C’est une pédagogie de laquestion. » Et la Toile est unemine de documentation pour« On ne mettra jamais le monde en équation. »© V. Leraydénicher des exemples parlants,tant pour les enseignantsque pour les élèves qui voudraientenrichir ou prolonger lecours !Pour l’étude du mouvement,rien de tel que de réaliser unecourte vidéo à partir de laquelleun ordinateur élaborerades graphiques cinétiques. Unmini-tournage confronte eneffet les élèves à de multiplesproblèmes de physique, puisqu’ilfaut préparer l’image àêtre modélisée en 2D : réglagede la vitesse et de la fréquenced’obturation, prise en comptedu phénomène de parallaxe,mise à l’échelle…D’autre part, recourir à lasimulation numérique doit sefaire avec précaution, pour éviterles risques de confusion entrele réel et l’application d’uneformule, insiste Bernard Pallandre: « Il faut faire prendreconscience aux élèves de l’écartqui existe entre les modèles quirelèvent de la théorie et les mesuresréalisées lors de l’expérience.C’est l’occasion de leurglisser qu’on ne mettra jamaisle monde en équation. » Oucomment les nouvelles technologiesapportent un supplémentde philosophie aux coursde physique…1. Institution Robin – Saint-Vincent-de-Paul,Place Saint-Pierre, BP 329 - 38204 VienneCedex. Tél. : 04 74 53 01 21. Internet :www.institution-robin.com2. Centre d’études pédagogiques pour l’expérimentationet le conseil, 14 voie Romaine,69290 Craponne. Tél. : 04 78 44 61 61.Internet : www.cepec.org3. On peut les consulter sur le site internet :www.bernardpallandre.fr4. Une diode électroluminescente, abrégéesous le sigle LED pour Light EmittingDiode, est un composant électronique capabled’émettre de la lumière lorsqu’il estparcouru par un courant électrique.N° 329, FÉVRIER-MARS 2009 <strong>Enseignement</strong> <strong>catholique</strong> actualités 39
D o s s I e rLeasing et système DUne pépinière numériqueLes ordinateurs enprimaire, un gadget ?Certainement pas auSacré-Cœur 1 de Doué-la-Fontaine (Maine-et-Loire) !Cette école a intégréles Tic avec un succèsgrandissant car, surl’écran, mêmes lesexercices les plus difficilesne rebutent pas les élèves.VIRGINIE LERAYNi un gadget ni la panacée…» La directrice duSacré-Cœur, RégineGoudet, conçoit le viragenumérique de son établissementcomme une nécessité :« Les enfants vivent désormaisavec des ordinateurs autourd’eux. Il est donc logique de lesleur présenter, dès l’école,comme un complément auxsavoirs traditionnels. Le défi estd’apprivoiser ces outils afin dene pas se faire submerger par latechnique. »Cette année, l’école du Sacré-Cœur a doublé son parczinformatique en acquérant six PC portables en leasing, pour uncoût de 5 066 euros sur trois ans. Le prix de la sécurité – maintenanceet dépannage étant inclus – et de la souplesse, les portables circulantfacilement de classe en classe. La commission informatique de l’Ogec*soutient bien sûr l’effort, les parents d’élèves qui la composent ayantactivement participé à la négociation des devis avec les prestataires deservice. Côté supports pédagogiques, l’école privilégie les logiciels libresdès que possible (Open Office plutôt que Word, Audacity pour lesmontages audio, Photofiltre pour le traitement des images). Parmi leslogiciels payants plébiscités par l’équipe : Lecthème cycle 2 (Jocatop,188 € par établissement), Mouzz (Magnard, 2002, 18,90 €) etMobiclic, un mensuel numérique interdisciplinaire (édité par Milan,9,50 € le numéro), qui propose notamment une approche des languesanglaise, allemande et espagnole. VL* Organisme de gestion de l’enseignement <strong>catholique</strong>.Les logiciels pédagogiques (ici, Lecthème) sont en libre-service.Avec dix PC portables pourdix classes, ce travail d’apprivoisementa fait naître une dynamiquecollective dans cetteécole de Doué-la-Fontaine, nonloin d’Angers. Sa cheville ouvrière: Stéphanie Audran, uneenseignante convaincue que« l’informatique peut apporterun supplément de motivationet de socialisation. Son côté ludiqueet la variété des applicationspossibles attirent les enfantset évitent la lassitude. Deplus, l’ordinateur s’avère unsupport idéal pour les travauxde groupe ». Démonstrationdans sa classe à double niveauCE2-CM1, où deux ordinateurs– l’un portable, l’autre fixe –sont utilisés à de multiples reprisesdans une même journée.Tout d’abord en prolongementdu cours : « Les logicielspédagogiques sont en libreservicepour ceux qui ont finileur travail en avance. Afind’éviter que les mêmes élèvesen profitent trop souvent, lorsquel’une des deux sectionsétudie en autonomie, je détachede petits groupes de deuxou trois sur des activités numériques», détaille StéphanieAudran. Un fonctionnementen atelier où respect du volumesonore et bonne ententeprévalent… sous peine demise en veille immédiate !Chaque élève possédant unidentifiant pour certains logiciels,l’enseignante peut suivrela régularité des utilisations, lesprogrès et lacunes de chacun.« Pour les élèvesen difficulté, l’ordinateurassure une fonctionde répétiteur. »Depuis l’acquisition d’un vidéoprojecteur,les ordinateursservent aussi de supports decours : « En histoire, on a destextes et des images, en plusde la leçon. En géométrie, lesfigures s’affichent sur le tableauoù on peut les retravaillerà la craie. Et, dans toutes lesmatières, on peut faire de petites“interros” pas notées, sousforme de textes à trous », apprécieNoémie. Petit plus envi-© V. Leray40 <strong>Enseignement</strong> <strong>catholique</strong> actualités N° 329, FÉVRIER-MARS 2009
onnemental : les distributionsde polycopiés sont ainsi restreintes.Aventure palpitanteEnfin, les projets de classeprofitent à plein des applicationsnumériques. La classe deneige de l’an dernier a faitl’objet d’un diaporama danslequel les élèves ont inséré musiqueet commentaire. Loin denuire au passage à l’écrit, l’ordinateurdevient ainsi prétexteà produire des textes : « Pourpréparer nos élections de délégués,on a fait un exposé tapéà l’ordinateur avec des photosd’une maquette d’un bureaude vote », se souvient encoreCélia. Enfin, projet phare del’année, vécu par les élèvescomme un véritable « festivalde Cannes » : la participationau concours multimédia organisépar la direction diocésaine.L’an dernier, le filmd’animation de la classe, sur lethème de la mer en danger, aété distingué : « On a imaginéun scénario, construit des décors,puis on a pris tout pleinde photos qui, mises bout àbout, donnent un film enmouvement. On y a passé desrécréations entières ! Il fallaitêtre précis car le moindre courantd’air nous obligeait à toutrecommencer ! » raconte Noémie.À la clef, un lot numérique: appareil photo, ordinateurou lecteur MP3, en fonctiondes besoins de la classe. Etune aventure palpitante pourles élèves.L’an dernier, Pascale Sionneaua aussi présenté au concoursun diaporama sur les vendanges,réalisé par ses élèves degrande section et de CP… Il aété primé. L’occasion, pourl’enseignante, de découvrir àl’outil informatique des avan-D. R.tages qu’elle ne soupçonnaitpas : « Pour les élèves en difficulté,l’ordinateur assure unefonction de répétiteur : ils peuventprendre le temps d’enregistrerles sons, à leurs rythme,et comme les logiciels permettentl’autocorrection, ils se retrouventen situation de réussite.L’apprentissage par lespairs est aussi favorisé, les aînésaidant les maternelles às’approprier l’outil. »Les élèves de CP sont en effetdéjà très dégourdis devantun clavier : ils retrouvent leurenseignante de petite section,Marie-Christine Pourcher,pour des séances hebdomadairesde travail sur des logi-Une imagedu filmd’animationréalisé parles enfantsdans lecadre duconcoursmultimédiaorganisé parla directiondiocésained’Angers.ciels d’aide à la lecture ou à lanumération. Après le branchementet le démarrage des ordinateurs,dans une ambiancedes plus sérieuses, les binômess’attellent à un module sur lesLES TICE EN PRIMAIREDepuis 2005, les Tice se sont invitées dans le soclecommun des programmes du primaire. D’ailleurs,aujourd’hui, plus des deux tiers des élèves de CM2 ontvalidé le niveau école du B2I, contre 35 % en 2003.Les textes réglementaires demandent, en effet, aux jeunesélèves de s’approprier l’environnement informatique etd’y adopter une attitude responsable. Ils doivent pouvoirproduire, traiter, exploiter des données sur ordinateur etaussi se documenter ou communiquer sur le Web.Le dispositif Primtice* accompagne les enseignantsdu premier degré dans cette tâche, en leur fournissantdes guides de scénarisation pédagogique, des moteursde recherche et des canaux d'information appropriés.Parallèlement, le ministère a participé à l’élaborationde sites de référence pour l’apprentissage des langues**et contre l’illettrisme***. Une commission multimédiaattribue une marque « RIP » (« Reconnu d’intérêtpédagogique ») aux logiciels éducatifs et participe audéveloppement de certains. Des opérations d’équipementen tableaux blancs interactifs (TBI), en espacesnumériques de travail (ENT) spécifiques au primaireà la maternelle (installations Kidsmart) sont lancées.Un projet de jumelage européen (e-Twinning) et l’installationde système de visioconférences pour l’apprentissage deslangues sont également en cours d’expérimentation. VL* Adresse : http://primtice.education.fr** Adresse : www.primlangues.education.fr/php*** Adresse : www.bienlire.education.frnoms de métiers : au total unetrentaine de mots et autant dephrases seront déchiffrées,sans relâche. Et, sur l’écran,même l’exercice le plus difficilede la dictée ne rebute pas !Marie-Christine Pourcherapprécie beaucoup cetteéchappée hors de la maternelle.Une ouverture qu’elleprolonge d’ailleurs en animantle site internet de l’établissement: « J’ai suivi une formationet j’y consacre du temps,mais c’est gratifiant : le site offreune vitrine dynamique àl’établissement. Cela valoriseaussi les initiatives des enseignants.Et favoriser la transmissiond’informations, diffusel’habitude de travailler encollaboration… »Portée par ces succès, l’écoledu Sacré-Cœur entend se lancerdans de nouveaux chantiersnumériques : la formalisationd’un parcours validant leB2I et l’initiation des élèves àinternet. Il faut dire que la directiondiocésaine a formél’équipe à la prédéfinition desites ressources, aux fonctionsde contrôle parental et à l’accompagnementvigilant qu’imposele surf des jeunes élèves !1. Adresse : 10 rue Saint-Denis, 49700Doué-la-Fontaine. Tél. : 02 41 59 15 45.Internet : www.ec49.org/ecole-sacrecoeurdouelafontaineN° 329, FÉVRIER-MARS 2009 <strong>Enseignement</strong> <strong>catholique</strong> actualités 41
Des ressourcesPour le primaire Philippe Claus (coordination),Les TICE au service des élèves du primaire,décembre 2008, 14,90 €.On lira le sommaire détaillé de ce hors-sériedes « Dossiers de l’ingénierie éducative » surle site : www.sceren.fr/dossiersIE - On y trouvera aussiun bon de commande et la possibilité de téléchargerau format PDF tous les articles publiés depuis 1991(à l’exception de ceux des quatre derniers numéros).En lignePour nourrir la réflexion Françoise Poyet avec la collaboration de MichèleDrechsler, « Impact des TIC dans l'enseignement :une alternative pour l'individualisation ? », Les Dossiersd'actualité n° 41 (janvier 2009), Institut national de recherchepédagogique. Dossier téléchargeable au format PDFà l’adresse : www.inrp.fr/vst/LettreVST/41_janvier2009.htm Usages des Tice dans le primaire (une étude de Primtice) :www.educnet.education.fr/chrgt/synthese_etude_primtice.pdf Usages des Tice dans l’enseignement secondaire :www.educnet.education.fr/secondaire/dispositif/panorama La revue du Cepec, Ultrasons, présente des séquencesexpérimentées dans les classes, les sommaires sont disponiblessur www.cepec.org/spip.php?rubrique24Un site de référence Café pédagogique : www.cafepedagogique.net(Taper « TIC » dans la fenêtre « Rechercher sur le site »).B2i et C2i B2i : www.educnet.education.fr/formation/certifications/b2i C2i : www.c2i.education.frLogiciels La plupart des sites académiquesproposent sur leur espace pédagogique desliens pour télécharger des logiciels libres.À titre d’exemple, celui de l’académiede Nantes est très riche pour lasimulation, les figures animées pour illustrer le cours :www.pedagogie.ac-nantes.fr/18367828/0/fiche_pagelibre/&RH=PHY&RF=1161018342921# Pour télécharger un logiciel gratuit de navigationsur le net pour les tout-petits :http://lo-giciels.blogspot.com/2009/01/little-explorer-1.htmlClips vidéo Ministère de l’Éducation nationale,Les TIC en classe - de la maternelle au lycée, vol. 1 (2006)et vol. 2 (2007). Ces deux DVD proposent 37 clips vidéo.On peut accéder à leur contenu à l’adresse suivante :www.educnet.education.fr/canal-educnet - Pour les commander,une adresse : Ministère de l’éducation nationale, STSI-SDTICE,Programme Usages des TICE, 110 rue de Grenelle, 75357 Paris SP 07ou par e-mail : usages-sdtice@education.gouv.frVisioconférence Programme d’équipements en visioconférences :www.educnet.education.fr/primaire/1000-visiosMaternelle, primaire sitEColes, le portail des professionnels de l’enseignement<strong>catholique</strong> du premier degré : http://sitecoles.formiris.org Expérimentation des équipements en maternelle :www.educnet.education.fr/primaire/primtice/kidsmart Takatrouver : www.takatrouver.net - « La cabane desenfants sur internet » s’ouvre sur une multitude de lienspropres à satisfaire les petits curieux, les petits bricoleurs,les petits cuisiniers... Le site personnel http://stepfan.free.fr/dos/enfants.htmpropose une foule de liens vers des sites pour enfantsdont voici un échantillon :– Le monde de Victor (pour les tout-petits) :www.lemondedevictor.net– Le monde d’Oscar : (pour les moyenne et grande sectionsde maternelle) :www.curiosphere.tv/ressource/14666-oscar-lescargot– Belette : www.belette.biz/fr.php– Ma petite souris :www.mapetitesouris.com/jeux_pour_enfants.html– BestOfKids : www.bestofkids.net– Les Petits Citoyens : www.lespetitscitoyens.com
www.enseignement-<strong>catholique</strong>.frLa bonne @dresse
InItIatIvesde la Shoah, lors d’une visite de classeà Struthof, qui m’a beaucoup marqué.C’est important pour moi d’aider aujourd’huià une prise de conscience chezles plus jeunes », explique-t-il en aparté.Laura et Diana, en seconde année deBTS Hôtellerie, ont bâti avec leur classequatre circuits touristiques à la découvertedes héros régionaux. Ces itinérairespassent par les maisons deJules Verne au Crotoy et de Robespierreà Arras, le wagon de Rethondes ou leMémorial canadien de Vimy. Les prixaffichés comprenant transport, hébergementet restauration – notamment àla brasserie d’application de Saint-Martin – ont été calculés à partir devrais devis. Un travail de deux moisqui sera soumis à l’office du tourismed’Amiens.Exercice grandeur nature, valorisationde talents extrascolaires, expression oraleet transmission par les pairs, la Quinzainedu CDI se nourrit aussi de transversalité.Aux exposés historiques sur les chevaliersfont écho les nouvelles écritesdans le style du roman courtois. Autreexemple : la classe d’Aline Dumesnil,professeur de mathématiques, planchesur le quiz concocté par d’autres collégiensqui ont composé une frise chrocollège-lycéeDe Superman à Anne FrankLe collège-lycée Saint-Martin, à Amiens, organise chaque année une Quinzaine du CDI.Cette initiative permet de découvrir les nombreuses ressources de ce lieu qui connaîtun regain d’intérêt de la part des élèves. Des enseignants de toutes les disciplines ont faittravailler leurs classes sur le thème « Héros et héritages » avec l’aide de la documentaliste.Gilbert Lefeuvre, artiste peintre, explique aux élèves comment il a traduit sur toile l’histoire d’Anne Frank.VIRGINIE LERAYAu collège-lycée Saint-Martin1 , à Amiens, pour la Quinzainedu CDI, les murs ducentre de documentation etd’information se tapissentd’affiches colorées, supports d’exposéset de dessins illustrant une thématique.Cette année, « Héros et héritages » sontà l’honneur. Au panthéon des figures mythiques,Hercule voisine avec Zidane etl’abbé Pierre partage la vedette avec Spiderman…Un véritable inventaire d’héroïsmeà la Prévert, auquel ont participétoutes les classes et de nombreux professeurs.L’initiative, portée par la documentalisteFlora Duez, est née de l’enviede Valérie Haudrechy, enseignanteen bac pro Hôtellerie, de travailler autrement: « Il y a quelques années, jevoulais engager un projet sur la Chine,et le CDI s’est révélé l’espace idéal pourpréparer et mettre en valeur cette réalisation.Depuis, nous avons creusé cettecollaboration pour apporter aux élèvesune ouverture au-delà du cours et uneautre manière d’aborder les documents »,explique-t-elle. En quelques années,l’équipe pédagogique a suivi le mouvement.Résultat, ce matin-là, le CDI bruit d’unejoyeuse effervescence. Quelques élèvesde CAP sur leur trente et un s’apprêtentà jouer les conférenciers pour une classede 5 e . Florentin, féru d’égyptologie, débutela visite guidée de la galerie parChampollion, son héros, avant de poursuivrepar les grandes figures de la gastronomiefrançaise, d’Alain Ducasse àMarc Veyrat. Adeline, saxophone enbandoulière, raconte avec enthousiasmela naissance de son instrument favori :« Ça change des cours ! C’est une boufféed’oxygène et l’occasion de faire partagerma passion ! » Quant à Jessy, ilcaptive son jeune auditoire avec un laïusenflammé sur les figures qui se sont élevéescontre les discriminations. Depuisle célèbre podium des jeux Oympiquesd’été de Mexico, en 1968, où TommieSmith et John Carlos manifestent, poingganté de noir, leur soutien aux BlackPanthers, jusqu’à Primo Levi : « C’esten troisième que j’ai découvert le drame© V. LerayImpressionnés par l’exposition sur Anne Frank,les élèves déposent des messages sur le thème « Plus jamais ça ! ».44 <strong>Enseignement</strong> <strong>catholique</strong> actualités N° 329, FÉVRIER-MARS 2009
nologique des grands inventeurs en coursde physique : « Mes élèves, eux, ont réalisédes exposés sur l’origine des théorèmesde Pythagore, Thalès et autres. Unemanière originale d’aborder l’histoiredes mathématiques qui est à leur programme,en mesurant la part de légendequi entoure ces découvertes. Présentement,ils reçoivent une leçon de méthodologie,en comprenant qu’il vaut mieuxlire les questions du quiz avant de seplonger dans la frise ! » s’amuse-t-elle.Animés par ce même espritde découverte et d’ouverture,d’anciens enseignants n’hésitentpas à mettre la main à la pâte.Et, dans le registre de la méthodologie,Flora Duez élargit au maximumle champ des compétences travaillées :recherche documentaire, organisation del’information, attention aux sources etanalyse d’images sont au menu des séances« clefs en main » qu’elle concocte àla demande des professeurs. « À proposde la Seconde Guerre mondiale, j’ai proposéaux élèves de comparer des séquencesdu documentaire Nuit et Brouillard,réalisé par Alain Resnais à partir d’imagesd’archives, de La liste de Schindler,où Spielberg adopte un parti pris de réalisme,et de La vie est belle, où Benignireste au contraire dans le registre duconte et de la métaphore. L’idée est dedévelopper leur esprit critique. Mêmeobjectif lorsque avec un professeur d’EPS,nous les avons fait réfléchir sur des extraitsde journaux télévisés traitant de laCoupe du monde de football de 1998.À travers l’inflation de superlatifs ou leparallèle établi avec la Libération, ilsPour Adeline, la Quinzaine du CDI, c’est l’occasionde faire découvrir son instrument de musique favori.ont compris comment l’événement avaitété mis en scène. Cela a servi de pointde départ à un débat sur les héros d’hieret d’aujourd’hui, où ils ont été amenésà distinguer et à hiérarchiser les figuresaltruistes, historiques ou sportives… »Silence religieuxPour finir d’impliquer les élèves, unefoule d’activités ludiques leur est proposée: vote pour leur héros favori, quidonnera son nom à la salle de travaildu CDI, concours de dessin ou de « Quiest qui ? » pour lequel Flora Duez acomposé une vitrine où il s’agit de devinerquel héros se cache derrière lesattributs présentés : un code civil pourNapoléon, de petites lunettes rondespour Harry Potter, la pénicilline pourAlexander Fleming… Même les élèvesde CM2 du groupe scolaire, en visitedans leur futur environnement detravail, se piquent à ce jeu maison !Toutes ces animations comblentDominique Hersin, le directeur de Saint-Martin, pour qui « la Quinzaine du CDIreflète notre projet d’établissement :devenir un véritable lieu de vie où lesélèves s’épanouissent en cours, maisaussi entre les cours ». Animés par cemême esprit de découverte et d’ouverture,d’anciens enseignants n’hésitentpas à mettre la main à la pâte. Deux vitrinesdu CDI renferment des lettres depoilus et autres vestiges de 14-18 collectionnéspar Gérard Druon, ancienprofesseur d’EPS, qui multiplie les interventionssur « la face cachée, longtempspassée sous silence, de la GrandeGuerre : la boue, les fusillés pour l’exemple,les nettoyeurs de tranchées char-Flora Duez propose des jeux maison adaptés à tousles niveaux. Ici, un jeu de l’oie sur les héros, pour les CM2.Photos : V. Leraygés d’achever les blessés, les horriblescorps à corps à la pelle… ». Des révélationsqui passionnent les élèves toutautant que « le devoir de mémoire » deGilbert Lefeuvre 2 , ancien professeur demusique et artiste peintre. Dans la chapelle,c’est un silence religieux qui accueilleses explications sur ses toilesdédiées à Anne Frank : choix des techniquespicturales, décryptage des symbolesutilisés pour traduire en tableauxl’héritage de la jeune héroïne. De quoifaire méditer les jeunes élèves… et détrônerSuperman et consorts dans leurpanthéon personnel.1. Adresse : 68 rue Delpech, 80000 Amiens Tél. :03 22 95 59 58. Internet : www.saint-martin.org - À proposde l’exposition présentée dans notre article, consulterle site internet du CDI (cf. adresse en note de l’encadré).2. Chercheur associé au département de musicologie dela Sorbonne, membre de l’ensemble de musique ancienneLes Ménestriers Picards et du collectif d’artistes MétropoleArt. Il est prêt à faire tourner son exposition dans d’autresétablissements scolaires.Un CDI survitaminéIsolé dans une petite salledu deuxième étage, le CDI ducollège-lycée Saint-Martin, à Amiens,souffrait d’un déficit de visibilitéet de fréquentation. Voilà trois ans,il a déménagé dans un espace vasteet lumineux au rez-de-chaussée,donnant sur le corridor centralde l’établissement. Et ce en unesemaine, grâce au coup de main desélèves. Doté de sept ordinateurs – pasplus, pour ne pas devenir une annexede la salle informatique –, et dopépar les multiples projets de Flora Duez,il a trouvé un second souffle :manifestations variées, expositions,goûters à thème… La documentalistea même créé un site internet dédiéaux activités du CDI*. Et surtout, elle estparvenue à engager avec ses collèguesun travail transversal sur l’éducationà la recherche documentaire. Un budgetannuel de 4 800 euros a fait le reste.Flora Duez en consacre 1 000 à laQuinzaine du CDI : fournitures, matérielpour les réalisations en arts plastiques,location de grilles pour exposer lesœuvres… Cette somme lui permetmême d’organiser une soirée festiveouverte aux parents d’élèves avecprojections, témoignages et débats –cette année, sur le thème « Héros ethéritages ». Au menu : un repassurvitaminé à base d’agrumes, digned’un super-héros, bien sûr ! VL* Adresse : http://cdisaint-martin.jimdo.comN° 329, FÉVRIER-MARS 2009 <strong>Enseignement</strong> <strong>catholique</strong> actualités 45
portraItAnne Le PageProf par choixAvant de devenir professeur d’anglais, Anne Le Page a suivi une trajectoire peu banale. Itinéraired’une jeune femme qui a choisi sa vie et n’a pas transigé avec son éthique personnelle.ÉLISABETH DU CLOSELRegard d’eau, chevelure tombanten cascade sur les épaules,sourire pétillant, curiosité – « Iln’y a pas grand-chose que jen’aimerais pas ne pas savoir»… Il émane d’Anne Le Page unpetit quelque chose qui ne laisse pasindifférent. Sans doute sa liberté d’esprit,sa capacité à aller de l’avant, àfaire front avec optimisme aux imprévusde la vie. Peut-être sont-ce ses valeurshumanistes – sens de l’échange,de la rencontre, du partage, de la justice– que l’on perçoit au fur et à mesurequ’Anne déroule son parcours devie. Ou encore cette éthique, à laquelleelle ne veut ni ne peut déroger,qui sous-tend ses engagements. N’at-ellepas, en effet, démissionné depostes prometteurs pour rester enphase avec ce en quoi elle croit ?Et puis, il y a ce côté baroudeur,cette dimension planétaire qui séduit.À 28 ans, Anne a déjà voyagé sur quatrecontinents, avec toujours ce désird’apprendre de l’autre. « On a toujoursdes préjugés quand on part àl’étranger. Mais quand on côtoie lesgens, qu’on cherche à les comprendre,on en revient vite. Ça permetd’avancer. »Anne a eu une enfance vendéenne.Elle aime le marais. Dans sa famille,on est plutôt curieux, voire en avancesur son temps. « Ma grand-mère maternelleétait institutrice juste après laguerre, puis psychologue scolaire.Aujourd’hui, à 80 ans, mes grandsparentscontinuent de fréquenter laSorbonne. Mon frère, étudiant, m’adit récemment : “Ils suivent plus decours que moi !”. »Anne a 12 ans quand sa famille déménageen région parisienne. La voilàau collège <strong>catholique</strong> Hulst, en plein« Au-delà de notre discipline,nous avons avant tout un rôlede médiation, un rôle d’alertepour ouvrir au monde. »© E. du Closelcentre de Versailles. Changementd’ambiance. Elle ne s’y retrouve,dans un premier temps, que grâce àl’intérêt de la classe européennequ’elle intègre. Et ce, bien qu’elle ait àrattraper deux ans d’anglais – elle afait allemand première langue. Maisavec une mère prof d’anglais, pasd’inquiétude. « Et puis, quand les parentsvoulaient se dire des choses queles enfants ne devaient pas entendre,ils parlaient anglais. On est très motivédans ces cas-là pour apprendreune langue ! Aujourd’hui, ce sont lesséries télévisées en version originalequi stimulent les jeunes. Ils veulent lesvoir avant leur diffusion en français. »Mais Versailles est décidément unmonde à part. Et Anne rit encored’elle-même en se remémorant certainesanecdotes : « Je ne savais pas cequ’était un rallye ! Je croyais que mescamarades faisaient des courses automobiles! »Avec humourÀ Hulst, à l’époque, la vision duchristianisme qu’on lui propose necorrespond pas à ses attentes. Elles’en éloigne, mais fera cependant saconfirmation parce que c’est « un facteurd’intégration ». La fusion avecSaint-Jean apporte une bouffée d’air.Au lycée, elle s’orientera en sectionES 1 , malgré « la pression permanentepour la section S 2 , seule voie d’élite,nous martelait-on ». Et elle s’insurgeavec humour contre ce qu’elle considèrecomme une incohérence : « Enpremière, fini les classes européennes.Ça n’avait pas de sens d’avoir commencépour arrêter un an avant le bac.Avec une copine, on a voulu continuer.On s’est débrouillées. On allait à uncours par-ci par-là. » Elle ne garderacependant pas un mauvais souvenir46 <strong>Enseignement</strong> <strong>catholique</strong> actualités N° 329, FÉVRIER-MARS 2009
de ses années dans l’établissementpuisqu’elle y reviendra plus tard...Bac, prépa école de commerce,Essec – elle est reçue deuxième –, lavoie semble tracée pour Anne. Ellepoursuit l’apprentissage des langues.Dévore depuis toujours les grandsclassiques en français, puis en anglaiset en espagnol. Vient le premier stageà l’étranger, en Angleterre. Anne a20 ans. Et aujourd’hui encore, elleévoque cette période avec un brin defierté : « Je suis partie en repérageavec ma convocation et l’adressed’une agence immobilière au casoù… Je suis revenue avec un boulot etun appartement. »De retour en France, elle poursuitl’Essec et entre en apprentissage àEDF pour deux ans. Puis elle entameun voyage en Amérique du Sud. Sixmois. Seule, sac au dos. Véritable riteinitiatique. Anne dort chez l’habitantdans la jungle, circule dans des busbrinquebalants, est frappée par leracisme ambiant mais aussi par lachaleur de l’accueil, glisse en piroguesur le fleuve Amazone, éprouve lapauvreté, mais se refuse à faire « lesafari favelas au Brésil ». Pendant sonvoyage, elle communique avec lesélèves de troisième de Saint-Jean-Hulst avec lesquels elle a renoué.Mails, photos. À partir de ses récits,les élèves réalisent une BD, une piècede théâtre en un acte et en alexandrins,et un petit livre avec leurs enseignants.Retour à EDF. Anne a 24 ans. Sonvoyage l’a mûrie. Elle pressent viteque sa place est ailleurs. Elle ne veutpas rentrer dans le « jeu » du réseaudes grandes écoles qui favorise les« pairs ». À la fin de son contrat, ellequitte l’entreprise. Elle n’a pas froidaux yeux. Envoie des CV tous azimuts,y compris pour devenir« guide à vélo en France » ! Finit parêtre recrutée par une société deconseil dans le domaine de l’énergie.Première mission dans unefilière de Total. Les enjeux sonténormes. Anne a voix au chapitrepour orienter certaines lois surl’énergie. Flatteur. Surtout quand onest une femme de 25 ans au milieud’un bataillon d’hommes ! Mais elleest face à un cas de conscience.« Moi qui avais passé mon Noël 1999à tenter de sauver les oiseaux victimesde l’Erika, je ne pouvais pasimaginer de faire gagner des millionsà Total. » D’autant qu’à forcede travail, elle finit par mettre sérieusementsa santé en danger. Épuisée,surmenée, elle doit s’arrêter.Émerge alors l’idée d’être prof.« En troisième, déjà, j’y pensais. » Illui faut une licence. Anne s’inscrit àla Sorbonne pour un enseignement àdistance et met le cap sur un campusuniversitaire de Caroline du Sud.Elle y suit des cours de sciences politiques,d’histoire américaine, commenceson apprentissage du chinoiset organise avec les étudiants venusde partout des « conversations françaises», des projections de films etautres activités.Un gros accident de santé l’oblige àrentrer en France. Remise sur pied,elle repart, finit son année et obtient salicence. Saint-Jean-Hulst lui proposeun poste à mi-temps de professeurd’anglais déléguée auxiliaire pour luilaisser le temps de préparer sonCafep 3 .À sa placeMais pourquoi le choix de l’enseignement<strong>catholique</strong> ? « Je voulais quele projet d’établissement correspondeà mes désirs et mes attentes. » Depuisla rentrée, Anne est professeur stagiaire4 à l’institution Sainte-Catherineà la Ferté-sous-Jouarre (Seine-et-Marne), dans des classes de 4 e et 3 e .Cet établissement spécialisé dansl’accueil des dyslexiques l’oblige às’interroger sur sa pédagogie. En parallèle,elle suit des cours à l’IUFM 5de Créteil et à l’ISP 6 de Paris, et faitun stage pratique au lycée Stanislas,toujours à Paris.Aujourd’hui, Anne est convaincued’être à sa place. Elle fait partie de cesjeunes profs conscients qu’ils ne sontplus les seuls détenteurs du savoir.« Au-delà de notre discipline, nousavons avant tout un rôle de médiation,un rôle d’alerte pour ouvrir aumonde. Nous devons faire prendreconscience aux jeunes qu’il existe desponts entre les matières. » Des pontsentre les cultures aussi. N’est-ce pas cequ’elle a vécu encore l’été 2008 au Bénin(cf. encadré) en accompagnant deslycéens de Saint-Jean-Hulst dans lecadre d’un jumelage des conférencesSaint-Vincent-de-Paul de Versailles etde Dassa ?Avec la conférenceSaint-Vincent-de-Paul…Depuis de longues années, laconférence Saint-Vincent-de-Paulde Saint-Jean-Hulst, à Versailles, épauledes associations qui, sur le terrain,aident les laissés-pour-compte àretrouver leur dignité. Certes, le soutienest avant tout financier, grâce auxfonds récoltés par la fête de charitéannuelle de l’établissement. Mais poursouder les relations, rien ne remplaceles échanges. Dans le cadre d’unjumelage avec la conférence de Dassa,au Bénin, tous les deux ans un groupede lycéens part, en compagnie deprofesseurs, dans ce pays d’Afriquenoire francophone. Un voyageenrichissant sur le plan spirituel, carils font connaissance avec des chrétienstrès engagés. Enrichissant sur le planhumain également : une partie de leurmission se déroule dans un orphelinattenu par Justin et Justine, un couplebéninois, à Parakou. Un orphelinat peuclassique, car il accueille une trentainede pensionnaires considérés comme« enfants sorciers », néfastes pour leurfamille. Jeux, balades en ville, guitares,histoires, cours, éclats de rire…Une parenthèse pour ces enfants peugâtés par la vie et pour les jeunesFrançais. « Parenthèse si riche, simerveilleuse, que nous ne pouvonsqu’en sortir transformés », confientles lycéens. EDCzAdresse : Lycée Saint-Jean-Hulst, 26 ruedu Maréchal-de-Lattre-de-Tassigny,78008 Versailles.Internet : www.saint-jean-hulst.com1. Économique et sociale.2. Scientifique.3. Certificat d’aptitude aux fonctions d’enseignement dansles établissements privés du second degré sous contrat.4. PLC2 : professeur stagiaire des lycées et collèges en2 e année.5. Institut universitaire de formation des maîtres.6. Institut supérieur de pédagogie.N° 329, FÉVRIER-MARS 2009 <strong>Enseignement</strong> <strong>catholique</strong> actualités 47© A. Le Page
En CaecLyon : construire une politiqueL’académie de Lyon, c’est trois diocèses qui travaillent ensemble. La nouvelle vient de tomberà la réunion du Caec : 29 postes d’enseignants sont à rendre pour la rentrée prochaine.On débat du problème entre partenaires. Une politique de redéploiement devient nécessaire...SYLVIE HORGUELINInstitut de l’Oratoire, Caluire, 15 janvierau matin. Les trente-quatremembres du Caec 1 de Lyon sont enassemblée plénière. Toutes les instancesde l’enseignement <strong>catholique</strong>sont présentes et chacun intègre lamauvaise nouvelle. « Il va falloir rendre29 postes à la rentrée prochaine »,vient d’annoncer le secrétaire généraldu Caec, Stéphane Gouraud 2 . « Plusdu double que l’an dernier ! » réaliset-on.Quatorze postes avaient alors étérestitués. « Et ce n’est pas fini, préciseGilles de Bailliencourt, directeur diocésainde Lyon, car l’académie estjugée en excédent de 160 emplois ! »La règle à calcul du H/E a parlé. Lenombre d’heures d’enseignement rapportéau nombre d’élèves permet d’obtenirune moyenne nationale qui révèleque les classes de cette académie nesont pas assez remplies. Du moins certainesd’entre elles, et il va falloir trouverlesquelles...Le débat s’engage âprement. « Voulons-nousrester dans cette situationd’excédent ou assainir la situation en© S. HorguelinLes membres du Caec du Rhône autour de leur secrétaire général, Stéphane Gouraud (au centre, veste noire).opérant quelques redéploiements ? »interroge Gilles de Bailliencourt.Louis-Marie Piron, du Codiec 3 de Belley-Ars,s’insurge, avec d’autres,contre cette référence obligatoire àune moyenne nationale : « On nousmet dans le même sac que des académiesqui comptent 40 élèves parclasse. À Belley, les classes de collègene pourront pas accueillir 32 élèves.Rien n’est prévu pour ! »Stéphane Gouraud explique qu’auSgec 4 , la commission « Prospective etdéveloppement » a pour tâche de corrigerce H/E : elle intègre d’autresdonnées qui pondèrent la référence àune moyenne, en tenant compte depriorités. Mais c’est au Caec de réfléchirà partir des critères nationaux etde définir des orientations. Celles-ciconduiront à « supprimer les surdotationset répartir les moyens là où il y aImplantation de l’enseignement <strong>catholique</strong> dans l’académie de Lyon (2008-2009)1 er degré 0 30 602 d degréGexLyonLyonSaint-Étienne9 0894 998908.9Saint-Étienne25 95114 2732 59548 <strong>Enseignement</strong> <strong>catholique</strong> actualités N° 329, FÉVRIER-MARS 2009
d’avenirdes insuffisances », déclare StéphaneGouraud.Très vite s’impose l’idée de créer unecommission « Prospective et développement» au niveau du Caec, pour faire travaillerensemble celles qui existent dansles diocèses. « Nous devons voir quellecarte de formation développer dans lescinq à dix ans qui viennent », expose DanielDussaillant pour la tutelle lasallienne.Stéphane Gouraud propose demettre en place des rencontres entrechefs d’établissement du premier degré,entre chefs d’établissement de collège,tout comme une commission post-bac,« pour apporter d’autres éléments de réflexionque les éléments chiffrés » etpour pouvoir mieux comprendre lescontraintes de chaque département. Lafacilité voudrait que l’on ponctionne lespetits établissements, ce qui fragiliseraitle maillage territorial. D’où la nécessitéd’avoir, sur les trois diocèses, une visionglobale qui manque encore, en particulierpour le premier degré. Jean-MichelLarois, du Snceel 5 Loire, résume l’avisgénéral : « Il faut garder un équilibre entreune logique mathématique et deschoix politiques. » Et ce d’autant que lesdisparités entre départements sont fortes(cf. cartes, page ci-contre).La crainte des membres du Caec,c’est d’avoir à rendre chaque année despostes qui permettront à d’autres académiesd’ouvrir toujours plus de classes.« Ce qui nous tombe sur la tête et sembletrès pervers ne pourra changer quesi on fait évoluer nos structures », reprendFrançois-Xavier Clément, directeurdiocésain de Saint-Étienne. « Chaquechef d’établissement doit être invitéà avoir un regard de vérité et renonceraux dédoublements des classes quandce n’est pas absolument nécessaire »,suggère Jean Fourel, permanent duCaec. On se quitte après une matinée dedébat animée, en décidant de se revoirbientôt. Entre-temps, il faudra travaillerà une proposition acceptable, en référenceà un H/E académique théorique.« Nous sommes un Caec encore enchantier, confie Stéphane Gouraud.Nous avons besoin de nous doter d’outilset de méthodes pour accompagnerles Codiec dans leurs projets. » Danscette académie où les départementsvivent des réalités très contrastées, leCaec doit devenir une instance d’arbitrage.« Il nous faut mettre en place descommissions et des temps de travailpour parvenir à une unanimité »,constate le secrétaire général. « Nousavons la volonté politique d’aller ensembleau rectorat et d’y être source depropositions pour ne pas subir des décisionstechnocratiques », complèteGilles de Bailliencourt.Prise de consciencePour se faire entendre, le travail enCaec est donc indispensable. Avec unerègle de bonne conduite : s’interdired’aller au rectorat séparément pourpousser un dossier personnel. Autredéfi, à développer cette fois au sein dechaque diocèse, « inciter au travail enréseau et développer le sentimentFiche d’identité Académie de Lyon(Les académies de Lyon et de Grenoble réunissentles 8 départements de la région Rhône-Alpes).– 3 départements : Loire, Rhône, Ain.– 3 diocèses : Saint-Étienne (une partie dudépartement de la Loire), Lyon (Rhône + le Roannais),Belley-Ars (Ain). Formation :– une université <strong>catholique</strong> à Lyon,– un CFP à Lyon, l’Institut de l’Oratoire,– un IFP à Craponne (69),– une antenne du CNFETP à Lyon,– des formations dépendant du territoire FormirisRhône-Alpes/Auvergne. Proportion des jeunes scolarisésdans l’enseignement <strong>catholique</strong> (2007)Dans le 1 er degré : 16,16 %Dans le 2 d degré : 27,70 %– collèges : 26,96 %– lycées : 25,41 %– lycées professionnels : 24,97 %– post-bac : 26,86 % Nombre d’élèves des établissementssous contrat (2008)Total : 123 030 (hors enseignement agricole)Dans le 1 er degré : 52 036 (- 237 par rapport à 2007)Dans le 2 d degré : 70 994 (+ 544 par rapport à 2007)– collèges : 41 927– lycées et post-bac : 22 451– lycées professionnels : 6 616 Élèves internes (2008)Total : 2 450Dans le 1 er degré : 121 (5 internats)d’appartenance », explique Gilles deBailliencourt, dont le Codiec a décidéde doubler en cinq ans la contributionsolidarité des établissements.Il reste donc beaucoup à faire pourpréparer l’avenir. Tout particulièrementparce que cette académie n’a pas « cettetradition d’unité que l’on trouve dansl’Ouest par exemple », remarque le directeurdiocésain de Lyon. La suppressionde postes oblige à une prise deconscience douloureuse : serait-ce unmal pour un bien ? Elle conduit de touteévidence l’académie de Lyon à penserun projet politique global de redéploiement…pour un enseignement <strong>catholique</strong>plus fort et mieux structuré.1. Comité académique de l’enseignement <strong>catholique</strong>.2. Directeur diocésain de l’Ain.3. Comité diocésain de l’enseignement <strong>catholique</strong>.4. Secrétariat général de l’enseignement <strong>catholique</strong>.5. Syndicat national des chefs d’établissement d’enseignementlibre.Dans le 2 d degré : 2 329 (41 internats) Nombre d’établissements (2008)Total : 495Dans le 1 er degré : 314Dans le 2 d degré : 181– collèges : 92– lycées voie généraleet générale et technologique : 44– lycées professionnels : 34– lycées polyvalents : 4– lycées agricoles : 7 (1 783 élèves)CFA régionaux : 16 (600 apprentis) Tutelles (2008) :– Établissements sous tutelle diocésaine :386 (78,69 %)– Établissements sous tutelle congréganiste :107 (20,90 %)– Établissements avec double tutelle : 2 (0,41 %) Nombre d’enseignants (2008)Total : 8 690Dans le 1 er degré : 2 730Dans le 2 d degré : 5 960 Fonctionnement du CaecDeux assemblées plénières par an(début janvier et début juillet) qui rassemblent34 membres représentant les instancesde l’enseignement <strong>catholique</strong>.Une commission exécutive par mois, composéede 21 membres.Contact : Caec, DDEC Lyon,-7 place Saint-Irénée, 69005 Lyon.Tél. : 04 78 81 48 03.Secrétaire général : Stéphane Gouraud.N° 329, FÉVRIER-MARS 2009 <strong>Enseignement</strong> <strong>catholique</strong> actualités 49Sources : Solfege, Académie de Lyon.
paroles d’élèves« Enfant » et « soldat », voilàdeux mots que l’on a du malà associer. Imaginer que desenfants soient enrôlés semble eneffet inconcevable. Et pourtant…Des élèves de troisièmede l’institution Sainte-Maried’Antony ont découvert cetteeffroyable réalité. Ils ont à cœurdésormais d’en parler.En République démocratique du Congo.Quand mes parents et mesdeux frères ont été tués, jen’avais nulle part où aller.Aucun moyen de trouver unabri ou de quoi manger.Aucune protection. Pour survivre, ilfallait rejoindre un groupe armé.C’est ce que j’ai fait, comme les autresenfants de mon âge. » IshmaelBeah a aujourd’hui 26 ans. Il vit àBrooklyn. S’il n’avait écrit son histoire1 , personne ne saurait qu’il a étéenfant soldat au Sierra Leone entre13 et 15 ans. Comme tous ces gaminscontraints de se rallier aux hommesde guerre, il a tué sous l’effet de ladrogue, de l’alcool, galvanisé pardes chefs sanguinaires qui trouventdans ces enfants, parfois âgés demoins de 10 ans, des recrues faciles àendoctriner.© J. Naegelen / Bice - Photo extraite de l’exposition « Espoir et dignité pour chaque enfant »Les enfants soldats seraient entre250 000 et 300 000 dans le monde. Lapauvreté, le désir de vengeance, la déscolarisationles ont poussés à rejoindredes groupes armés. Victimes d’enjeuxqui les dépassent, ils sont exploitéscomme combattants, espions, porteurs,cuisiniers, ou réduits à l’esclavagesexuel. Coupés de leur anciennevie, parfois obligés de tuer des membresde leur famille au cours d’un riteinitiatique, « ils sont désensibilisés à laviolence, et pire, se socialisent à traverselle », relève l’Unicef 2 . Ils trouventavec les combattants une nouvelle « famille» avec ses codes et ses repères.Divers protocoles, conventions ettraités se sont succédé depuis 1949Enfants soldats :pour condamner l’utilisation d’enfantsdans les conflits armés. Mais c’estaprès plusieurs années de sensibilisationpar des ONG 3 spécialisées que cephénomène a généré une attentioncroissante, sensibilisant les plus hautesinstances internationales. Malgré cela,les violations des protocoles par lesÉtats les ayant ratifiés sont monnaiecourante. En janvier 2007 cependant, laCour pénale internationale a confirméles charges retenues contre le recruteurd’enfants congolais, Thomas Lubanga 4 .Les 5 et 6 février de la même année, à lasuite de la conférence internationale« Libérons les enfants de la guerre », les« engagements de Paris » verront58 États décidés à tout mettre en œuvreRaphaël : Je savais qu’il y avait des enfants soldats, mais je pensais qu’ilsn’étaient qu’aides de camp, en arrière-plan.François : Je ne les imaginais pas si jeunes. C’est comme si mon petitfrère était capable de tuer !Jean : En faisant mes recherches, j’ai vu qu’il y avait des enfants soldatspartout dans le monde. En Europe, aussi. Je ne m’y attendais pas.Laurent : Le plus choquant est de savoir que des enfants vont combattrede leur plein gré. Comme les jeunes kamikazes qui font exploser des bombes.Ils ne savent pas ce qu’ils défendent et pourquoi ils le font.Émilie : Tous ne sont pas volontaires. Souvent, ils sont kidnappés, arrachés à leurfamille. C’est terrible d’imaginer qu’ils pensent pouvoir sauver leur pays de cettefaçon.Raphaël : Ceux qui s’enrôlent de leur plein gré sont manipulés, ils ne se rendentpas compte de la valeur de la vie. Je suis allé voir le film Johnny Mad Dog*.L’endoctrinement est terrifiant. Sous l’effet d’hallucinogènes, d’alcool, de transes,ils font corps et ne savent plus ce qu’ils font. Ils tuent sans état d’âme.Damien : Dans ce film, un gamin dit à un autre : « Si t’as peur de mourir, fallaitpas naître. » Ça fait froid dans le dos.Raphaël : On leur fait croire qu’ils sont devenus immortels parce que, durant leurinitiation, on leur tire dessus à blanc. Ils sont totalement conditionnés. Parfois, lapart d’enfance resurgit. La carapace s’effrite. Dans le film, un des enfants réclameses parents. Il sera tué.Damien : Ces enrôlements sont d’autant plus tragiques que les chefs militairesfinissent toujours par laisser tomber les enfants sans contrepartie, après leur avoirpromis monts et merveilles.Louis : Ce qui est très choquant, c’est qu’ils sont transformés en machines à tuer.On les déshumanise. Et ils sont enlevés sur leur trajet quotidien, celui de l’école.Ce qui signifie qu’ils sont repérés.Madeleine : On convainc l’enfant qu’on a besoin de lui pour libérer son pays.On l’embarque. Il doit exécuter les ordres, sinon il se fait exécuter.Anne-Cécile : On leur dit : « Soit tuer, soit se faire tuer. » Quel est le choix ?Et comme on leur promet toujours des choses, ils essaient de rester en vie.Donc ils tuent.François : À quoi servent les conventions internationales et les traités interdisant50 <strong>Enseignement</strong> <strong>catholique</strong> actualités N° 329, FÉVRIER-MARS 2009
agIr, c’est Informerpour empêcher l’enrôlement des enfants,faciliter leur réinsertion et luttercontre l’impunité des recruteurs.Sur le terrain, des ONG se sont engagéesdans les programmes « Désarmement,Démobilisation, Réinsertion, Réintégration». Des jeunes sont ainsi arrachésà la guerre et à la rue pour trouverdans des centres un havre de paix oùils pourront, vaille que vaille, se reconstruireet songer à leur avenir. Car desrêves, ils en ont : faire des études, devenirmédecin, chauffeur de taxi…Classe atypiqueGrâce à leur professeur d’histoire,Audrey Soumastre, les élèves de lale recrutement d’enfants s’ils ne sontpas appliqués ? J’ai lu cependantqu’en 2007, le premier procès a étéengagé par la Cour pénaleinternationale contre un recruteurd’enfants**. C’est symbolique. Maiscela pourra peut-être aussi dissuaderdes groupes armés.Jean : Dans ces conventions, on parlede démobilisation et de réinsertion.Heureusement, des associationsrecueillent les enfants soldats, une foisla guerre finie. À travers le sport,l’éducation, des activités de groupe,ils réapprennent la fraternité, l’espritd’équipe et essaient de recommencerà vivre normalement.Damien : Ces enfants pourront s’ensortir s’ils sont accompagnés. Ilsn’oublieront pas les armes, la drogue,la peur, ce qu’ils ont commis. Mais il ya toujours une petite étincelle positiveà laquelle ils pourront s’accrocher.Delphine : Beaucoup de ces enfantsse retrouvent cependant à la rue,et on imagine la suite. Ils retombentdans la violence, la drogue,la délinquance…classe de 3 e Kielburger (cf. « Savoir + »)de Sainte-Marie d’Antony (Hauts-de-Seine) se sont emparés de ce sujet quia suscité maintes réactions. Cetteclasse un peu atypique, dont l’objectifprincipal est l’éducation à la paix et àla citoyenneté, a vu le jour il y a troisans, sous l’impulsion d’OlivierGlaize, professeur de musique. Uneinitiative qui s’inscrit dans celle pluslarge du mouvement « Jeunes pour laPaix ». Tout au long de l’année, lesélèves de cette classe s’engagent àagir de manière à participer concrètementà la construction d’un mondeplus humain et plus juste : visites à despersonnes âgées, à des enfants hospitalisés,soutien scolaire… « L’agir »,Louis : J’ai lu plusieurs témoignages d’anciens enfants soldats. Ils ont le désirde s’en sortir, de trouver un métier. Plusieurs disaient qu’ils voulaient devenirmédecins. Sans doute pour réparer quelque chose, sauver des vies…Propos recueillis par Élisabeth du Closel* Ce film de Jean-Stéphane Sauvaire est sorti en salles le 26 novembre 2008.** Cf. article et note 4.Une image de Johnny Mad Dog. Ce film, adaptéd’un roman d’Emmanuel Dongala, a été tournéau Libéria avec d’anciens enfants soldats.D. R.quand on évoque les enfants soldats,c’est avant tout informer sur le sujet.Pour les 3 e Kielburger, après la réflexion,l’heure est à la réalisation deplusieurs projets : un diaporama, unpetit journal, une BD, un exposéconçu avec un élève de 6 e … En attendant,voici leurs réactions. EDCSAVOIR + Craig Kielburger est un jeune-Canadien de Toronto qui fonda, en 1995, àl’âge de 12 ans, « Free the Children », un réseaud’« enfants aidant les enfants grâce à l’éducation ».L’organisme a permis de construire plus de400 écoles dans les pays en développement.Craig est aujourd’hui à l’université de Toronto oùil fait des études de diplomatie internationale en vuede devenir spécialiste de la paix et des conflits.Il a déjà reçu trois nominations pour le prix Nobelde la paix. Internet : www.freethechildren.org/fr1. Le chemin parcouru – mémoires d’un enfant soldat,Presses de la Cité, 2008, 268 p., 18,70 €.2. Unicef France, Situation « Enfants soldats ». Ce rapportde juin 2004 peut être téléchargé à l’adresse suivante :www.unicef.fr/mediastore/7/2075-4.pdf3. Organisations non gouvernementales.4. Fondateur et dirigeant de l’Union des patriotes congolais(UPC). Son procès s’est ouvert à La Haye le 26 janvier 2008.5. Ce mouvement regroupe des élèves de collège etlycée désireux d’être des artisans de paix. Sur internet :www.jeunespourlapaix.netLe Bice et les enfants soldatsDepuis de nombreuses années,le Bureau international <strong>catholique</strong>de l’enfance (Bice) s’est très fortementengagé dans les programmes« Désarmement, Démobilisation,Réinsertion, Réintégration ».Sur le terrain, en Afrique et en Asie,il soutient des projets visant à favoriserla résilience et la réinsertion desenfants. Cela implique aussiun travail de sensibilisation auprès descommunautés déstructurées par lesconflits, qui sont souvent méfiantesou vindicatives à l’égard des enfantssortis des forces et groupes armés.En 2002, le Bice a été très actif enRépublique démocratique du Congo,en allant littéralement arracher lesenfants aux groupes armés. Ils ont étérecueillis dans des structuresd’encadrement transitoire (Set) oùils ont repris goût à la vie et apprisles bases d’un métier manuel.À ce jour, près de 1 000 enfantscongolais récupérés par le Bice ontpu être réinsérés dans la société.Tél. : 01 53 35 01 00.Internet : www.bice.orgN° 329, FÉVRIER-MARS 2009 <strong>Enseignement</strong> <strong>catholique</strong> actualités 51
eportageÀ l’École de la 2 e chanceIci, on raccroche les décrocheurs. Et l’on parle de compétences et non de diplômes.Après un an ou plus de déscolarisation, les stagiaires reprennent le fil d’apprentissages ordonnésà un projet professionnel personnalisé. Visite à Paris d’une des écoles du réseau E2C.MARIE-CHRISTINE JEANNIOTBlottie sur les hauteurs du XX e arrondissementparisien, dans unquartier encore populaire, l’Écolede la 2 e chance (E2C) s’annoncediscrètement, par un petit panneau1 . Passé la porte de fer, on pénètredans un appartement-école, un universbien différent de celui d’un lycée ! Dansune salle, Jean Serror, coordinateur pédagogiquede l’E2C et chargé du coursde « Connaissance du monde contemporain», va d’un stagiaire à l’autre.Attentif, le sourire aux lèvres, il fait du© M.-C. JeanniotHISTORIQUE– 1995 : Édith Cresson présente le livreblanc de la Commission européenne :Enseigner et apprendre - vers la sociétécognitive.– 1996 : Le Parlement et le Conseilde l’Europe en font l’année de laformation et de l’éducation tout aulong de la vie. Parmi les objectifs :lutter contre l’exclusion, rapprocherl’école de l’entreprise.– 1997 : Création de la première E2Cà Marseille, fondée sur quatre pointsessentiels : un partenariat avec lesentreprises, une pédagogie innovanteet individualisée, une équiped’animation multidisciplinaire, l’usagede l’informatique. Clé de voûte :renforcer compétences et motivationchez les stagiaires, rémunérés au titrede la formation permanente.– 2000 : E2C Mulhouse.– 2002 : E2C Champagne-Ardenneet Seine-Saint-Denis.– 2004 : Création du réseau E2C Francequi signe une convention avec laDélégation interministérielle à la Ville.– 2007 : E2C Lille, Paris, Yvelines, Sud 77,Guadeloupe. Soit une progression de41 % des jeunes accueillis depuis ledémarrage.Karim, l’un des stagiaires, et Jean Serror, coordinateur pédagogique de l’E2C de Paris.« sur mesure ». Aucun des dix participantsdu jour n’a le même parcours nila même demande. Au moment où l’untermine une recherche sur la SecondeGuerre mondiale, l’autre tente de comprendrela relativité des cartes et des représentationsdu monde.Objectif de ce travail ? « Outiller lesjeunes dans la compréhension de l’actualité,l’appréhension d’un document,la vérification des sources, la constructionde dossiers », explique l’ancienjournaliste Jean Serror. Bref, favoriserleur accès à une citoyenneté éclairée.Aïsseta, 19 ans, est arrivée, il y a troismois, grâce à la conseillère d’orientationde la Mission locale qu’elle fréquentait,lasse de son travail de caissière.Une fois claquée la porte du lycée,pas de retour possible pour les jeunessans diplôme 2 . « Je suis venue à uneréunion d’information, explique laIci, on se donne les moyensde faire mûrir un projet.jeune femme, et ça m’a intéressée. Lesformateurs nous aident, et tant qu’onn’a pas terminé un module, ils ne veulentpas nous lâcher ! Personne n’estnul. Tandis qu’à l’école, il faut toutréussir, mais sans explication. » Lavoici au terme de son troisième stagedans le contexte de l’E2C, et elle estfixée : ce sera le petit commerce, ou leservice 3 .« Nous ne sommes pas faits pour tousles jeunes ! » constate toutefois JeanSerror, tout comme l’ensemble del’équipe de formateurs 4 . Sans motivation,rien n’est possible. C’est le levierqui va permettre au stagiaire en formationprofessionnelle 5 de « remobiliserses capacités à apprendre ». Ni lespetits groupes, ni les ordinateurs, ni lesméthodes actives, ni le calme de l’appartement-école,ni le dévouement del’adulte référent, toujours disponiblepour chacun de ses « poulains » – environhuit par formateur – ne permettraientde nourrir un projet profession-52 <strong>Enseignement</strong> <strong>catholique</strong> actualités N° 329, FÉVRIER-MARS 2009
nel si celui-ci était plaqué plus que désiré.« Il faut parfois se bagarrer avec les famillesqui s’imaginent que leurs enfantspourraient repasser le bac, entrer à la facet, malgré tout, devenir kiné, parexemple », explique Philippe, formateuren informatique. Mais « remettre des jeunesà potentiel dans le circuit économiqueen menant chacun le plus loin possible», c’est viser des métiers majoritairementaccessibles au niveau V 6 : hôtellerie,commerce, services à la personne.ExceptionsIls sont, ce jour-là, 56 de 18 à 25 ans,dont les deux tiers âgés de 20 ou 21 ans.Une jeune femme est arrivée avec unprojet de création de restaurant, une entreprisefamiliale ; un autre jeune visait,lui, les pompes funèbres. Exceptions.Trois jeunes se sont inscrits l’an passéen diplôme d’accès à l’université(DAU). Exceptions aussi. Quoi qu’il ensoit, « chaque stage permet d’ajouterdes lignes sur un CV », constate JeanSerror. Et même s’il faut souvent travaillersur une absence de projet, on sedonne ici les moyens d’en fairemûrir un, dans un travail d’équipe oùchacun s’évertue à redonner au jeuneconfiance en lui. Le contenu des modulesde formation ? Au choix : conjugaison,orthographe, mathématiques, maniementde l’informatique pour, aussi,savoir mettre son CV en ligne… Il estdéfini, après évaluation du niveau, parrallèlementau projet professionnel, etpensé en fonction des compétences àacquérir. Un travail de reprécision desréférentiels des métiers est en train dese faire. « Ils arrivent timides, maisprennent rapidement plus de mordant,s’amusent, ce qui constitue un groupeporteur pour nous tous », raconteRozenn, une comédienne qui intervientponctuellement sur des projets créatifs–, en ce moment, la réalisation d’unroman-photo. Albertina, 22 ans, arrivéedu Congo en France avec un niveau determinale dans son pays, est heureuse :« Ça avance ! dit-elle. Je suis plus àl’aise maintenant. » C’est moins, pourelle, une question de fond – le travail entant que tel marche plutôt bien – que deforme : « Il me faut être plus ouverte, décontractée,même au téléphone. » Elle ytravaille avec le psychologue de l’école.« Après mon dernier stage, j’espèretrouver une formation qualifiante. »« Nous ne sommes pas une structurede placement, mais de redémarrage »,insiste Jean Serror. Après une formationde neuf ou dix mois de 1 400 heures,« en général, on arrive à quelquechose de bien » : accès direct à l’emploiou formation qualifiante une fois lesprérequis assurés. Exemple : sur lesquatre jeunes récemment partis enstage au Québec dans des entreprises deservice, l’un a dû revenir dare-dare car« un CDI l’attendait dans une chaîned’approvisionnement où il avait faitson stage ».1. E2C de Paris, 3 rue de l’Est, 75020 Paris. Directeur : AlainFrançois. Tél. : 01 43 15 15 30. Internet : www.e2c-paris.frL’enseignement <strong>catholique</strong>s’occupe aussi des décrocheurs…La loi quinquennale du 20 décembre 1993 précisait que « tout jeune doitse voir offrir, avant sa sortie du système éducatif et quel que soit le niveaud’enseignement qu’il a atteint, une formation professionnelle [...] soit dansle cadre des formations conduisant à un diplôme d’enseignement professionnel,soit dans le cadre des formations professionnelles d’insertion organisées aprèsl’obtention des diplômes d’enseignement général ou technologique [...] ».Cette loi confie donc aux établissements la mission d’accompagner les élèvesqui abandonnent leurs études pendant un cycle de formation et d’aider ceux quise trouvent sans solution d’insertion en fin de cycle. C’est dans le cadre de cette loiqu’a été créée la Mission d’insertion des jeunes de l’enseignement <strong>catholique</strong> (Mijec).Il s’agit d’un dispositif qui accueille les jeunes ayant quitté, sans qualification,un établissement du réseau, pendant l'année qui suit leur sortie du système scolaire.En Bretagne, où la Mijec a vu le jour en 1995, cette mission accompagne chaqueannée de 1 400 à 1 600 jeunes (1 597 en 2006-2007). Elle leur propose un parcours deconstruction de projet, de repréparation à un examen, de recherche d'apprentissage,de rescolarisation ou d'entrée en formation. Parmi les intervenants, on compte desanimateurs (enseignants détachés à mi-temps sur cette mission), des intervenantsformateurs(enseignants ou vacataires intervenant dans des champs de compétencevariés*), les référents des établissements (souvent les professeurs principaux ouresponsables de niveau qui sont les relais de la Mijec dans les collèges et lycées).Une Mijec existe dans les Pays de Loire depuis 2000. Avec les moyens dont elledispose, cette dernière met progressivement en place des dispositifs, inspirésde ceux de la Bretagne, avec laquelle elle collabore.Bruno Nicolas (Mijec 72)* Remédiation scolaire, construction de projet, connaissance de l'entreprise et du monde professionnel…© M.-C. Jeanniot2. Cf. <strong>ECA</strong> n° 328, p 19. À lire également le numéro 154 de larevue Ville École Intégration - Diversité (éditée par le Scérén-CNDP), consacré aux « 16-18 ans en Europe ».3. Les jeunes sont en général 15 par groupe et font cinqstages durant leur formation : un toutes les trois semaines.À l’issue de sa formation, chaque jeune est suivi pendantune année. 63 % des sorties se font vers un emploi.4. 17 personnes sur le site parisien, dont 11 formateurs, unpsychologue et 5 administrateurs pour un budget de 1,4 milliond’euros.5. Chaque stagiaire est rémunéré environ 320 euros par mois.Le financement est assuré à la fois par le conseil régional, leFonds social européen, la Mairie de Paris, la taxe d’apprentissageet la chambre de commerce et d’industrie de Paris.6. À leur arrivée, 93 % des jeunes n’ont pas validé leniveau V (CAP). 59 % n’ont jamais eu d’expérienceen entreprise. 12 % n’ont pas la nationalité française.3 % sont des primo-arrivants. 54 % sont des filles.Les écoles du réseau E2C-France seu rencontrent pour échanger sur leurs pratiquespédagogiques. Adresse : 32 rue Benjamin-Franklin,51000 Châlons-en-Champagne.Tél. : 03 26 69 69 70.E-mail : contact@reseau-e2c.frLa Fondation des E2C, présidée par Édith Cresson,centralise l’aide des entreprises désireuses definancer les activités « extrascolaires » : ateliersthéâtre,rencontres sportives interécoles…Adresse : 21 bd de Grenelle, 75015 Paris.Tél. : 01 45 78 34 15.Internet : www.fondatione2c.orgzContacts : Mijec Nantes, tél. : 02 51 81 64 56 ; Laval, tél. : 02 43 26 18 00 ;La Roche-sur-Yon, tél. : 02 51 47 83 27 ; Angers, tél. : 02 41 79 51 43 ;Le Mans, tél. : 02 43 74 32 32.N° 329, FÉVRIER-MARS 2009 <strong>Enseignement</strong> <strong>catholique</strong> actualités 53
éflexIonChemin de CarêmeDans Le rêve de Jérusalem 1 , le cardinal Carlo Maria Martini répondaux questions que se posent les jeunes sur la vie, la foi et l’église.Un livre d’entretiens limpide à méditer pendant le Carême. Extraits.[…] Que doit être l’éducationreligieuse ?[…] La base de l’éducation chrétienneréside pour moi dans la Bible. Si on laprend pour fondement, il existe de nombreusespossibilités et chemins qui mènenttous vers le Dieu unique. Si nousne pensons pas bibliquement, noussommes limités et nous portons desœillères à la place de la largeur devision de Dieu.Quiconque lit la Bible et écoute Jésusdécouvrira à quel point ce derniers’étonne de la foi des païens. Ce n’estpas le prêtre qu’il présente comme modèle,mais l’hérétique, le Samaritain.Lorsqu’il est cloué sur la Croix, il accueilleencore le malfaiteur au ciel. Lemeilleur exemple est Caïn : Dieu luiconfère un signe, ainsi il est protégé etpersonne n’a le droit de le tuer. Auparavantcependant, Caïn est devenu coupable: il a assassiné son frère. Toute laBible tourne autour du même thème :Dieu est quelqu’un qui aime les étrangers,qui soutient les faibles, qui veutque nous soyons prêts à secourir et àservir tous les hommes par des voiesdifférentes. Toutefois, l’homme et demême l’Église risquent toujours de seposer en absolu. […]Quelle est la position d’un chrétiendans la société d’aujourd’hui ?Un chrétien ne va pas se perdre dansles courants modernes et dans ce quiest à la mode ou ce que veut l’opinioncommune. Il s’engage. Il agit. Il exprimeson opinion. « Vous êtes jugesdu monde », dit Jésus à ses discipleset à nous-mêmes. Il nous place ainsien position de force : nous devons aiderle monde à trouver une direction,voilà ce que signifie « être juges dumonde ». Nous ne sommes pas unesimple goutte entraînée par le courantde la société ; en fait, c’est nous quidevons décider dans quelle directionla société doit aller. En ce sens, il n’estpas toujours facile de vivre dans la sociétéen tant que chrétien. […]Quelle est la règle de comportementla plus importante dans la coexistencehumaine, que nous enseigne Jésus ?La plus importante est : Tu aimeras tonprochain comme toi-même. Ou encore,comme il est dit dans le texte hébreuoriginal : Tu aimeras ton prochain, caril est comme toi. Si je sais que l’autreest taillé dans le même bois que moi,qu’il a les mêmes forces et faiblessesque moi, cette proximité me donne aussila force de l’aimer. Si je me sens séparéde l’autre et pense qu’il est mauvais etque je suis bon, qu’il est faible et que jesuis fort, je ne l’aime pas. Si je sais quenous sommes tous sur le même bateau,cette pensée éveille en moi compassionet amour.Tu aimeras ton prochain, car il est commetoi, dit Jésus. Et il dit quelque chosed’encore plus important : Tu aimerascomme je t’ai aimé. Comment cela estilpossible ? Le comprennent ceux quisont fidèles à Jésus. […]Quelles sont les questionsles plus importantes qu’un hommedevrait se poser ?Comment trouver ma voie juste ? Quelleest la tâche de ma vie ? Comment apprendreà m’aimer et à aimer les autres? Comment trouver la force de nepas me laisser submerger dans les situationsde conflit – dans le monde réel,tel qu’il est –, mais d’être le plus fort,de changer quelque chose par la forcede l’espérance ? Comment avancer chaquejour – dans la foi, l’espérance etl’amour ?À quoi ressemble l’amour que j’ai etque je puis donner ? De cela dépendentla profession et tout le reste. […]Que pouvons-nous enseignerà des jeunes, selon vous ?Nous ne pouvons rien enseigner aux jeunes; nous ne pouvons que les aider àécouter le maître intérieur. C’est uneparole de saint Augustin ; elle résonnecurieusement. Il dit explicitement quenous ne pouvons que créer les conditionsdans lesquelles un jeune peut comprendre.La compréhension, l’intelligence,doit lui être donnée de l’intérieur.Qu’est-ce que les jeunes demandent àl’Église, que peuvent-ils attendre d’elle ?[…] Il est important en premier lieupour nous d’éveiller leur confiance eneux-mêmes, de mettre en valeur leurstalents, de leur faire confiance et de gagnerleur amitié. Ensuite, ils viennentavec les questions que leur pose la vie,et c’est à partir de cela qu’est fabriquéela trame de notre enseignement. C’estla source la plus profonde dont découlel’intérêt. Il s’agit de rendre témoignage.Jésus n’a pas enseigné autre chose àses disciples. […]1. Carlo Maria Martini, Le rêve de Jérusalem - entretiensavec Georg Sporschill sur la foi, les jeunes et l’Église,Desclée de Brouwer, 2009, 195 p., 16 €.zAncien archevêque de Milan, le cardinalCarlo Maria Martini a longtemps été citécomme candidat possible à la succession du papeJean-Paul II. Aujourd’hui retiré à Jérusalem,il s’exprime en toute liberté sur sa vision del’Église. Il est interrogé par le jésuite autrichienGeorg Sporschill, aumônier de jeunes.54 <strong>Enseignement</strong> <strong>catholique</strong> actualités N° 329, FÉVRIER-MARS 2009
Un logement bâtit l’avenirAu cœur de Versailles, Habitat et Humanisme a transformé une maison de retraiteen un lieu pour personnes en grande précarité, étudiants boursiers et familles défavorisées.Une mixité sociale que beaucoup préconisent.ÉLISABETH DU CLOSELReconstruire des murs, puisaider les personnes à se reconstruiredans leurs murs »,voilà comment Bernard Devert1 présente l’action de l’associationHabitat et Humanisme(HH) qu’il a créée en 1985. Enrachetant et en réhabilitant desimmeubles ou des appartementspublics ou privés grâce à une épargnesolidaire, HH œuvre pour apporterune solution à ceux à quil’on ferme la porte des logementssociaux et qui se retrouvent totalementdémunis. Sans logement, eneffet, quand on a vécu une série de« décrochages » – chômage, problèmesde santé, rupture familiale…–, comment bâtir un projet de vie ?« 100 000 personnes sont aujourd’huisans toit, poursuit Bernard Devert. Etil existe de nombreux logements vacants.Il y a là quelque chose de choquant.Il y va de la responsabilité despouvoirs publics et de chacun d’entrenous d’infléchir la situation. »Loger les plus pauvres est devenu unvéritable défi pour les associations. Enplein cœur de Versailles, HH a lancé,en novembre 2006, une expérience uniqueen Ile-de-France : la réhabilitationd’une ancienne maison de retraite appartenantà la congrégation des Sœursde Saint-Joseph et combinant trois typesd’habitat. On y trouve une « pensionde famille 2 » de 22 studios toutéquipés pour personnes isolées en situationd’exclusion 3 ; une résidence pour17 étudiants boursiers ; trois logementspour familles en difficulté. L’idée étantde permettre une vraie mixité sociale,souvent préconisée mais difficile à mettreen place. Mixité sociale aussi de parl’implantation dans un quartier bourgeoisde la ville. Après une insertion délicate,« ce public accueilli à la résidenceSaint-Joseph a permis auxhabitants du quartier de se réveillerLaetitia Viennot et Elhadj Ba accompagnent les résidents pas à pas.mentalement et de venir prêter mainforte à l’association », précise Marie-Climène de Nadaillac. Elle-même duquartier, bénévole, militante, elle estdevenue référente de la pension defamille.Dix bénévolesS’il s’agit de rendre un logement à despersonnes, il ne s’agit pas que de cela.« La majorité d’entre elles n’avaient plusconnu, depuis longtemps, d’endroit oùposer leurs valises, raconte Elhadj Ba,l’adjoint de la « maîtresse de maison »,Drissia Kanani. Il a fallu plus d’un anpour que la mayonnaise prenne. » Quandon a vécu des années de galère, il n’estpas évident de se réapproprier son logement,retrouver des repères, des petitsgestes du quotidien – faire ses courses,la cuisine, le ménage – et vivre à nouveauavec les autres. « Nous les accompagnonspas à pas, ajoute Laetitia Viennot,une assistante sociale qui intervientrégulièrement à la « pension ». On parled’abord de prendre soin de soi, de retrouverune estime de soi à travers un accueilet une vie en collectivité. » Cette dernièrese déroule autour du petit déjeuner, de latélévision, de la table de pingpong,devant l’ordinateur. À traversaussi de nombreuses activitésqu’anime une équipe de dixbénévoles : sorties culturelles,sorties « courses », jeux de société,travaux manuels, cuisine.« On peut vraiment parler de renaissancepour ces personnes »,poursuit Laetitia. Renaissancequi passera aussi par une réinsertiondans le monde du travailgrâce au lien permanent avec lesréférents sociaux et médicauxdes résidents. Huit pensionnairesont à ce jour trouvé une activité,dont un CDI dans une entreprisede ménage.Retrouver un toit, puis un emploipour enfin voler à nouveaude ses propres ailes. Ces logements, eneffet, ont vocation à n’être qu’un tremplinpour leurs hôtes. L’espoir est devoir chacun revivre dans un vrai « chezsoi». « Il est un peu tôt pour parler dedépart, confie Elhadj. Personne n’a encorerebondi. Deux ans, c’est court pourretrouver des racines et une sécurité.Ils disent tous qu’ils ont retrouvé “unefamille”. Les seules personnes qui sontparties sont décédées. À chaque fois,c’est un grand choc. Dans la symboliquedu départ, il n’y a que la mort. Illeur faudra sans doute du temps. »© E. du Closel1. Professionnel de l’immobilier, devenu prêtre.2. Appelée aussi « maison-relais ».3. Un loyer, même symbolique, est demandé à chacun.Habitat et Humanisme (HH), c’est 47 asso-locales, 9 000 familles logées depuisuciationssa création, 15 000 adhérents, 1 850 bénévoles.HH dispose de plus de 4 000 logements en propreou gérés pour le compte de propriétaires privés oupublics. Pour financer son action, l’associationpropose des placements financiers solidaires pourque l’économie soit aussi un lieu de partage.Adresse : Fédération Habitat et Humanisme,69 chemin de Vassieux, 69647 Caluire-et-CuireCedex. Tél. : 04 72 27 42 58.Internet : www.habitat-humanisme.orgN° 329, FÉVRIER-MARS 2009 <strong>Enseignement</strong> <strong>catholique</strong> actualités 55
éflexIonDe la connivence à la discordeDans leur dernier ouvrage,Marie-Claude Blais, MarcelGauchet et Dominique Ottavianalysent les difficultés querencontre l’école. L’alliancefamille-école ne va plus de soi,les élèves ne ressentent pasle désir d’apprendre…Il faut réinventer d’urgenceles Conditions de l’éducation.VÉRONIQUE GLINEURLes problèmes que rencontrent lesenseignants et les éducateurs ontleur source en dehors de l’école :telle est la conviction qui soustendla réflexion développée par Marie-Claude Blais, Marcel Gauchet etDominique Ottavi dans Conditions del’éducation 1 . « Ce sont les conditions depossibilité même de l’entreprise éducativequi se voient aujourd’hui remises enquestion par l’évolution de nos sociétés,soulignent les auteurs. Toute une sériede données qui semblaient aller de soiet qui servaient de socle à l’institutionscolaire ont été ébranlées, voire sont enpasse de disparaître ».Côté famille d’abord, explique Marie-Claude Blais 2 , on est passé de « la connivence» à « la discorde ». Alors que pendantlongtemps l’alliance de la familleet de l’école allait de soi, les parents sesont aujourd’hui déchargés sur l’institutionscolaire de leur mission éducative,et l’incompréhension s’est installéeentre ceux qui furent partenaires dansla relation éducative. Conséquence del’effacement de la frontière entre la sphèrepublique et la sphère privée, entre le généralet le particulier, « la dimension publiqueet institutionnelle de l’école [quifaisait que cette dernière fonctionnait surdes règles impersonnelles] est devenuechose étrange et inacceptable » pour desparents qui visent l’épanouissement personnelde leurs enfants. « Il n’est pasrare, note Marie-Claude Blais, que, lorsde ces réunions où les enseignantsexpliquent aux parents les programmes,les méthodes et les exigences de laPour Marcel Gauchet,la connaissancen’est plus valorisée parles nouvelles générations.scolarité, ces derniers manifestent leurimpatience d’entendre parler de “leur”enfant et réclament le respect de leur“singularité”. » Ce faisant, les parentscontestent les principes mêmes qui fondentl’école qui certes est attentive auxpersonnes, dans leur singularité, maisqui, comme toute institution, fonctionnesur la base de règles impersonnelles quivalent pour tous.Autre difficulté à laquelle est confrontéel’école : la perte du sens des savoirs.En cause, explique Marcel Gauchet 3 ,une évolution de mentalités qui, touten donnant une grande place aux savoirs,leur enlève leur légitimité fondamentale.Une légitimité qui remonteau « mythe biblique » selon lequel« l’espèce humaine serait caractériséepar la curiosité, […] travaillée par ledésir d’apprendre, si ce n’est dévoréepar la soif de connaissance ». Lessavoirs étaient libérateurs, poursuit le© Hannah Opale / Stockphilosophe : « Ils représentaient l’indépendancede la raison contre l’assujettissementau préjugé. Ils incarnaientl’émancipation de l’esprit humain parrapport à l’empire de la religion, à laprison du dogme, aux chaînes de l’autorité,à la menace de l’arbitraire. Cetteaura n’est plus. »Marcel Gauchet explique aussi quenous vivons dans une société de laconnaissance où les savoirs sont à ladisposition de chacun pour peu qu’ilsache les mobiliser et les manier. Iln’est nul besoin aujourd’hui de disposerde la connaissance de manièresubstantielle en la possédant par-deverssoi, « l’idéal est devenu de lalaisser à l’extérieur de l’individu, ense contentant de lui fournir les clésd’accès ».Importantes transformationsPour le philosophe, « c’est le socleanthropologique sur lequel reposait lavalorisation de la connaissance qui paraîts’être érodé ». Et Marcel Gauchetde dénoncer les réformes engagées pour« rendre les savoirs plus attractifs »,pour les présenter d’une manière tellequ’elle mobilise les élèves. Leur échecest manifeste : « Elles n’ont guère aboutiqu’à élargir le fossé qu’elles voulaientcombler, faute d’une juste appréciationde la question posée. »En cause aussi, l’absence de prise encompte de la globalité de la vie quotidiennede l’enfant. Le cadre de l’expériencede l’enfant, souligne DominiqueOttavi 4 , a connu d’importantes transformations.Les enfants passent ainsibeaucoup de temps, encadrés par desanimateurs, dans des lieux de socialisationqui ne sont pas pensés commedes lieux d’éducation. DominiqueOttavi en appelle à prendre en compte,selon l’expression du philosophe JohnDewey, la continuité de l’expériencequotidienne de l’enfant.1. Stock, 2008, 264 p., 19 €. L’ouvrage est issu d’un séminaireconduit à l’École des hautes études en sciencessociales (EHESS) entre 2002 et 2006.2. Maître de conférences à l’université de Rouen.3. Directeur d’études à l’EHESS et rédacteur en chef de larevue Le Débat.4. Professeur à l’université de Caen.56 <strong>Enseignement</strong> <strong>catholique</strong> actualités N° 329, FÉVRIER-MARS 2009
Freinet à la rescousseVÉRONIQUE GLINEURDe 2001 à 2006, une équiped’une dizaine de chercheurs –didacticiens, sociologues, psychologues–, coordonnée parYves Reuter, a observé la vie d’uneécole maternelle et élémentaire deMons-en-Barœul (Nord). L’établissement,situé dans un réseau d’éducationprioritaire d’une banlieue populaire deLille, connaissait, avant l’arrivéed’une équipe enseignante issue dumouvement Freinet, un climat vivementdégradé : violence, résultats scolairesinférieurs à la moyenne nationale,perte d’effectifs… Au terme decinq années, le bilan « provisoire » estpositif. Et les chercheurs de citer : ladiminution des phénomènes de violence,« [la meilleure intégration] desélèves “à problèmes” ou des élèves“en souffrance” [parce que] sollicitésau même titre que les autres », des progrèsdans les apprentissages disciplinaires,« [une évolution positive] desrapports à l’école, au travail, aux apprentissages,aux savoirs […] », « despassages en 6 e qui ne s’avèrent pasparticulièrement problématiques ».L’étude, explique Yves Reuter, apermis de montrer que les pédagogiesalternatives pouvaient être des outilspour lutter contre l’échec scolaire. « Àcet égard, notre travail nous a sembléd’autant plus utile, voire d’autantplus urgent que les enquêtes disponiblessur l’école manifestent, de manièrerécurrente, la persistance d’unéchec scolaire précoce et socialementdifférencié. » De plus, poursuit l’universitaire,« les tentatives alternativesde pédagogies dites innovantes sontl’objet de jugements globalisants –laudatifs ou dépréciatifs – le plus souventsans analyse précise ».Selon les chercheurs, il convient derompre avec l’idée que l’enfant setransforme automatiquement enélève et la classe en collectif d’apprentissage,et de « créer dans laclasse les conditions qui vont rendrepossibles des cheminements diversifiés». Le rôle du maître consiste alorsà « mettre en place et à accompagnerUne école de la banlieuelilloise au climat dégradé.Une équipe enseignantecooptée pour y testerla pédagogie Freinet.Des chercheurs qui observentles bons résultats obtenus.C’est tout l’objetd’une étude coordonnéepar Yves Reuter.les dispositifs et les situations permettantaux élèves de faciliter leursapprentissages ».Autre principe : « L’élève apprendparce qu’il est sécurisé. » Ce cadrepédagogique sécurisé était ici d’autantplus important que les élèvesconnaissaient des conditions de vieet un rapport à l’école difficiles. Ils’agit alors « d’éviter les clivagesavec la vie extrascolaire tout en permettantaux élèves de se déchargerde leurs préoccupations extérieureset de s’exprimer », via par exemple le“Quoi de neuf ?”. Il faut aussi « sécuriserles apprentissages eux-mêmes »en reconnaissant un droit à l’erreur,en allégeant les souffrances inutiles,« L’élève apprendparce qu’il est sécurisé. »en prohibant la violence – physiqueet verbale –, en favorisant les aidessystématiques des maîtres et despairs…Enfin, l’enfant apprend parce qu’ilpeut se situer dans une histoire de sesapprentissages. Conséquence, le maîtrese fait « archiviste » des travaux deses élèves et favorise la mise en relationde ces mêmes élèves avec ceuxdes classes antérieures ou ultérieures.Transférable ?L’expérience conduite à Mons-en-Barœul est-elle transférable ? La réponseest nuancée. On peut sans doutetransférer certains principes : respectdes élèves et attention constante à leurcheminement, accent sur la copropriétéet l’entraide, évoqués plus haut.Mais aussi solidarité de l’équipe enseignante,implication des familles,construction d’une culture commune àla classe… Transférables aussi certainsdispositifs de travail : les texteslibres et les « Quoi de neuf ? », les dictéescoopératives, les conseils régulierset fréquents avec des responsabilitésattribuées aux enfants…Reste que la réussite de Mons-en-Barœul tient aussi beaucoup à la spécificitéde l’équipe enseignante : uneéquipe constituée par des maîtrescooptés autour d’un projet visant àmettre en œuvre la pédagogie Freinet.Ce à quoi il convient d’ajouter « l’investissementprodigieux des enseignants» et « leur compétence professionnellede haut niveau ».zL’expérience de Mons-en-Barœulet les analyses qui en ont été tirées ont étéprésentées dans un ouvrage collectif : Une écoleFreinet - fonctionnements et effets d’une pédagogiealternative en milieu populaire, L’Harmattan, 2007,264 p., 23€.Yves Reuter, qui a coordonné et la recherche etl’ouvrage, est professeur à l’université Charles-de-Gaulle - Lille 3 et directeur du laboratoire Théodileauquel appartiennent en majorité les chercheurs quiont participé à l’étude. Il est intervenu le 19 janvierdernier dans le cadre du cycle de conférencesorganisé depuis dix ans par l’ISP-Formation, 3 ruede l’Abbaye 75006 Paris. Programme : http://icp.fr(rubrique « Agenda ») ou <strong>ECA</strong> 328, p. 57.N° 329, FÉVRIER-MARS 2009 <strong>Enseignement</strong> <strong>catholique</strong> actualités 57
éflexIonTu seras un homme, un filsJean-Daniel Causse, qui enseigne la psychanalyse à l’université Paul-Valéry - Montpellier-IIIet l’éthique à l’Institut protestant de théologie de Montpellier, vient de publierFigures de la filiation 1 . Dans cet essai stimulant, il nous invite à un détourpar le récit biblique et le mythe pour comprendre ce que signifie être fils et… père.PROPOS RECUEILLIS PAR SYLVIE HORGUELINXXAvec le développementde la procréation assistée,de la gestation pour autrui, voiredu clonage, la filiation est malmenée.Est-ce la raison pour laquelle vouslui consacrez un livre ?Jean-DanielCausse 2 : C’est unsujet d’actualité, notammentsur le planéthique. Mais j’aivoulu l’aborder surun plan plus fondamental.Ce qui m’intéresse,c’est de voiren quoi la catégoriede fils et de fille estd’abord une définitionde notre humanité,c’est-à-dire lefait que nous avonsreçu ce qui nousfonde dans l’humanité.L’affirmer vaà contre-courant,dans une société oùdomine la figure du self-made man,celui qui ne doit rien à personne...J.-D. C. : C’est une tentation detoujours d’imaginer un homme qui seferait tout seul ! Dans le récit de laGenèse, le serpent ne déclare-t-il pasà Adam et Ève : « Vous serez commedes dieux », c’est-à-dire des êtres quevous imaginez tout-puissants. Positivement,la modernité a construit unsujet autonome, mais elle contientaussi le risque d’un humain qui sepense au fondement de lui-même, quisuppose qu’il se doit tout à lui-même.Les hommes auraient ainsi oubliéla loi de la filiation...J.-D. C. : Oui. Cette loi qui noushumanise, n’a pas été inventée parles hommes, mais rencontrée par euxde tout temps. Elle n’a rien à voir,bien sûr, avec les lois des États. C’estune loi qui sépare. Elle signifie quechacun est appelé à s’inscrire à uneplace distincte et unique. Aveccette loi, il s’agit en fait de l’interditde l’inceste. Sans douten’existe-t-il pas d’autres loisoriginelles que celle-là !Les lois bibliques sont-ellesun écho de cet interditanthropologique ?J.-D. C. : Je le crois, tout comme lejésuite Paul Beauchamp qui explique,dans son livre D’une montagneà l’autre 3 , que la loi de Dieu est unefaçon de rendre compte de l’interdictionde l’inceste. La loi, c’est de nepas se confondre avec l’autre, de nepas confondre le père avec le fils, nile fils avec le père, c’est-à-dire deconsentir au principe même de lasuccession des générations.Il existe pourtant des pèresqui n’acceptent pas qu’on puisseleur succéder…D. R.J.-D. C. : C’est uneforme inconscientede la haine des pèrespour les fils, maislà aussi ce n’est pasd’aujourd’hui. Dansla Bible, par exemple,Abraham s’appelled’abord « Abram »,ce qui signifie « monpère est grand ». Sonnom traduit que sonancêtre veut continuerà exister àtravers lui. Abrahamest tenté defaire la mêmechose avec sonfils Isaac. C’estpourquoi, lorsqueIsaac est mis aumonde, le récitdonne l’impressionqu’Abrahamest plus un pèreadoptif qu’un géniteur.Et commecela ne suffit pas etqu’Abraham est tentéde tuer ce fils tropà distance de lui-même, il y a cettescène de mise à mort du bélier à laplace du fils, geste qui symbolisecette paternité toute-puissante etarchaïque à laquelle Abraham doitrenoncer. Le Dieu biblique ne cesse pas58 <strong>Enseignement</strong> <strong>catholique</strong> actualités N° 329, FÉVRIER-MARS 2009
de déjouer les captures programméesdes pères et des mères sur leurs propresenfants. Il s’attache à les inscrireà des places différentes. Le processusde mise au monde d’un fils n’estpas seulement un processus de reproduction.C’est la parole qui permet àcelui qui arrive de prendre sa place.Aujourd’hui, on a du mal à accepterqu’un enfant ne soit pas conformeà notre désir…J.-D. C. : Oui, on accepte difficilementl’inattendu de l’enfant quivient. La maîtrise de la procréationest un bienfait pour les couples, maiselle a aussi renforcé notre fantasmede maîtrise.Comment comprenez-vous la figuredu Fils qui est une des caractéristiquesdu christianisme ?J.-D. C. : Le christianisme soutientque Dieu se révèle dans la figure duFils. Il n’y a d’ailleurs pas de DieuPère sans Dieu Fils.Pourquoi est-ce important que Dieusoit Père ?J.-D. C. : Que Dieu soit Père signifiequ’il est toujours en relation avecun autre que lui-même. Il n’est pasPère par lui-même. Dieu lui-mêmen’est pas autofondé. S’il est Père/Fils, c’est qu’il est relation. Qu’il soitPère veut aussi dire qu’il appellechacun par son nom, qu’il désignechacun comme son fils ou sa fille. Cen’est pas un père de puissance. Dansle récit de la tentation au désert, lediable essaie de faire de Jésus le filsd’un autre père : « Si tu es le Fils… »Il veut l’amener à douter du pèredont il est le fils. Si son père est toutpuissant,il doit lui-même accéder àla toute-puissance. Mais son vraipère, c’est celui de la Parole.Les chrétiens n’ont-ils pas du mal,cependant, à renoncer à l’imaged’un père tout-puissant ?J.-D. C. : Oui, et je trouve le glissementdu mot grec « pantocrator »(« le créateur de tout ») au mot latin« omnipotens » (« tout-puissant »)regrettable.Le refus de la toute-puissance,la reconnaissance de la nature de filssuscitent le rejet…J.-D. C. : La figure de Jésus produitmême de la haine qui le conduit à samort. Ce que l’on rejette, c’est queDieu lui-même se donne à voir à traversla figure du Fils, comme étanttoujours en relation et non autofondé.Cela vient contredire le fantasmede l’humain qu’il y en ait unqui échappe à notre condition. L’idéeque Dieu s’inscrive dans une généalogienous est insupportable.De quelle façon votre réflexionpeut-elle éclairer des éducateurs ?J.-D. C. : Mon livre est un essai surla transmission. Nous n’échapponspas au fait que dans la transmission,nous perpétuons une part de nousmême.Il y a quelque chose de l’ordrede la perpétuation, qui peut êtreune reproduction de ce qui a été.Nous n’avons pas à y renoncer.Mais en même temps, l’éducateurdoit être habité par une conviction :toute transmission est porteused’une nouveauté. De quelque chosequi n’a pas été et qui sera. EmmanuelLevinas écrit dans Éthique etinfini 4 que « considérer autruicomme son fils, c'est établir avec luides relations que j'appelle “au-delàdu possible” ». On pourrait comprendreici que « au-delà du possible» signifie que la prochaine générationva accomplir ce que la précédenten’a pu faire, et que le fils estainsi le prolongement imaginaire dupère. Mais ce que Levinas veut direc’est que le fils ou la fille porte cequi n’est pas pensable pour le père(la nouveauté). En ce sens, il estl’impossible du Père, l’inimaginable,le non-écrit. Ce n’est pas encoreécrit, c’est le lien avec la générationd’avant.« La vie du fils n’est pascelle qu’on écrit par avance,mais celle qui va s’écrire. »Tout éducateur devrait donc tenircompte du fait qu’il y a quelque chose« au-delà du possible » ?J.-D. C. : Il arrive que l’on renonceà projeter sur un jeune parce qu’iln’est pas ce que l’on attend qu’il soit.On va conclure que c’est un « mauvaisfils ». Or, combien de jeunes onttrouvé en eux une potentialité différentede ce que l’on avait imaginépour eux. La vie du fils n’est pascelle qu’on écrit par avance, maiscelle qui va s’écrire. Et en mêmetemps, elle ne pourra pas s’écrire sielle n’est pas portée par la transmission.La jeunesse désespère aujourd’hui,non pas du fait qu’on n’investitpas sur elle, mais qu’on necroit pas en sa possibilité d’inventer.Pourquoi recourir au mythe pour parlerde la filiation ?J.-D. C. : C’est le seul langage quinous permet de dire, sous la forme durécit, quelque chose qui est là depuistoujours. Le mythe nous raconte ceque chaque être humain a toujoursrencontré. Freud, dans Totem et Tabou5 , veut décrire le premier momentde l’émergence de l’humain. Il écritce fameux texte qu’il pense être denature historique alors qu’il s’agitd’un mythe ! Il imagine une « hordeprimitive », pré-humaine, dirigée parun vieux mâle qui domine l’ensembledu clan et interdit à ses fils d’accéderà une certaine jouissance. Les filsmettent à mort le père et créent unesociété fondée sur l’interdit de l’incesteet du meurtre. Le vieux mâle dela horde n’était pas un père. Freud ditainsi que les premiers pères étaientdéjà des fils. Quand cela a-t-il commencé? Ce n’est pas datable. C’estmythique. Tout fils s’est toujoursidentifié à un père qui a déjà été fils.1. Cerf, coll. « La nuit surveillée », 2008, 128 p., 20 €.2. Jean-Daniel Causse a notamment publié : Mythes grecs,mythes bibliques - l’humain face à ses dieux (avec ElianCuvillier, Cerf, 2007) et L’instant d’un geste - le sujet,l’éthique et le don (Labor et Fides, nouvelle édition 2008).3. La Loi de Dieu - d’une montagne à l’autre, Seuil, 1999,240 p.4. Fayard, 1982 ; également disponible en Livre de poche,coll. « Biblio Essais ».5. Première publication en 1913 ; repris dans Sigmund FreudŒuvres complètes, t. XI, Puf, 1998 ; également disponiblechez Payot, coll. « Petite Bibliothèque ».N° 329, FÉVRIER-MARS 2009 <strong>Enseignement</strong> <strong>catholique</strong> actualités 59
CultureexpositionSaint François d’Assise au Val-de-GrâceLa chapelle du Val-de-Grâce, à Paris, aux couleurs de Giotto et de saint Françoise d’Assise : un événement cultureld’envergure pour célébrer le 800 e anniversaire de la naissance de l’ordre franciscain.Les Franciscains fêtent leurs800 ans. Un anniversairequi offre une belle opportunitéde présenter à nouveaules somptueuses photographiesmonumentales des fresquesde la basilique d’Assise. Peintespar Giotto de 1297 à 1299,elles célèbrent la vie de saintFrançois 1 .Giotto et saint François,deux personnages incroyablementcontemporains.Giotto, dans ses fresques,fait en effet preuve de réalismeen même temps qued’un avant-gardisme étonnantdans son approche de la nature.Quant à saint François,surnommé « le petit pauvrequi parle aux oiseaux », ilreste une figure emblématique,un modèle absolu dudon, de la fraternité, de la joie,de l’amour de l’universel. Il a marqué, outre la foule deses disciples, des générations d’hommes et de femmes.Nombreux aussi sont les artistes à l’avoir célébré : lesécrivains Dante ou Rilke, les peintres Fra Angelico ouZurbarán, les cinéastes Rossellini ou Pasolini, les musiciensGounod ou Messiaen.La beauté et l’émotionL’initiative de cette exposition est due à Élisabeth deBalanda, déléguée générale de l’association Ars Latina(cf. encadré) au savoir-faire reconnu dans ce genre dereconstitution spectaculaire. Quant aux photographies,on les doit au florentin Antonio Quattrone, considérécomme le meilleur photographe des fresques italiennesde la Renaissance. Nousles avions vues à la Sorbonne,aux châteaux deChambord et d’Angers, ily a quelques années. AuVal-de-Grâce, cette foisci,d’accueillir l’ensembledes vingt-huit scènes 2 .C’est la première fois deson histoire que l’ancienneabbaye royale, construiteentre 1624 et 1669 parAnne d’Autriche pour yinstaller une communautéFrançois chasse les démons de la ville d'Arezzo.© A. Quattrone/Ars Latinade bénédictines, ouvre ses portesau grand public pour unemanifestation de cette ampleur.Certes, il a fallu jouer avecl’espace pour présenter les photographies.Hautes de 2,40 mètres,elles ont en effet quasimentla taille réelle des fresques originalesde Giotto. Dans le chœurdes religieuses de la chapelle,elles sont installées dans de petitesalcôves qui ne permettentpas le recul de la basilique d’Assise.Qu’importe, la beauté estlà, et l’émotion déjà ressentieface à ces reproductions, si fidèlesaux œuvres originales,reste intacte. D’autant qu’uneprojection d’images, réaliséesur la façade par l’artiste vénitienGianfranco Iannuzzi et offerteaux passants dès la tombéede la nuit, ajoute sa note àla magie.Élisabeth du Closel1. Cf. <strong>ECA</strong> n° 299 (décembre 2005), p. 45 ou sur www.enseignement-<strong>catholique</strong>.fr(cliquer sur « Le magazine <strong>Enseignement</strong> <strong>catholique</strong> actualités » / « Archives » /« 2005-2006 » / « <strong>ECA</strong> 299 »).2. Giotto-François, l’humilité radieuse - Jusqu’au 18 mai 2009 – Chapelle du Val-de-Grâce, 277 rue Saint-Jacques, 75005 Paris – De 13 h 30 à 19 heures (18 heuresle samedi). Contact : Annick Bruchet. Tél. : 06 99 29 67 89. E-mail :annick.bruchet@gmail.com ou arslatina@gmail.com - Avec le soutien du musée duService de santé des armées et de la Mutuelle Saint-Christophe.Pénétrer dans le Val-de-Grâce, c’est l’occasion de redécouvrir une églisezqui abrite notamment six tableaux de Philippe de Champaigne. C’est aussil’occasion de visiter le musée du Service de santé des armées installé dans l’anciencloître. Un musée qui permet de mieux comprendre les fondements et les vocationsmultiples de la médecine aux armées, plutôt méconnus, dont nous parlerons dansnotre prochain numéro.Depuis 1990, l’association Ars Latina, pionnière dansDANS LES PRISONS le domaine de la photographie monumentale, rendaccessible au plus grand nombre des chefs-d’œuvreintransportables. De multiples expositions ont déjà eu lieu sous la houlette d’Élisabeth de Balanda.Récemment, celle-ci a eu l’idée de faire tourner une version en taille réduite de Giotto (25 panneauxde 1,50 x 1,50 m) dans différents sites pénitentiaires, mais aussi dans des centres psychiatriques.Les commentaires sont assurés par des membres de la famille franciscaine et du Genepi – le Groupementétudiant national d’enseignement aux personnes incarcérées. Pour cela, Élisabeth de Balandaa créé une nouvelle association, ALBA – « l’Aube » en latin – avec Xavier Emmanuelli, Simone Veil,Hélène Carrère-d’Encausse… Les fresques de Giotto, Élisabeth n’hésite pas à en parler commed’« une peinture de guérison ». D’ailleurs, les détenu(e)s lui ont dit : « C’est la lumière qui rentre,revenez ! »z Ars Latina, 47 rue du Montparnasse, 75014 Paris. Tél. : 01 40 47 58 90. E-mail : arslatina@gmail.com60 <strong>Enseignement</strong> <strong>catholique</strong> actualités N° 329, FÉVRIER-MARS 2009
CultureexpositionCostumes, côté jardinLe Centre national du costume de scène de Moulins (Allier)propose une exposition dédiée aux fleurs et autres végétaux,source d’inspiration inépuisable pour des générations de couturiersdu spectacle vivant.Des floralies textilespour supporter les frimasde l’hiver… C’estce que propose, jusqu’auprintemps1 , l’exposition« Au fil des fleurs, scènes dejardins » du Centre nationaldu costume de scène(CNCS), à Moulins, dansl’Allier. Un parcours à la foischampêtre et poétique quilève le voile sur les coulissesdu spectacle vivant, où lesdanseuses se métamorphosenten fleurs et où les comédienschangent de tenue comme lanature au fil des saisons. De la Dame auxCamélias aux Violettes impériales, que debouquets peints sur soie, que de pétalesciselés dans la mousseline, de nervures oude calices finement brodés…Véritable enchantement, la scénographiede l’exposition est aussi très didactique.Huit tableaux illustrant divers thèmes présententà la fois les évolutions de la modeet des techniques de couture : l’« Hortusconclusus » (le cloître médiéval) permet dedécouvrir des procédés tels que l’applicationde feutre, évoquant lierre et feuillages,sur les costumes du ballet d’Isoline (AndréMessager, 1958) ; la « Broderie de jardin »,qui reproduit l’équilibre végétal parfait desparcs à la française, se retrouve sur les robesà crinoline des personnages fémininsdes Noces de Figaro de Mozart ; tandis quela luxuriance orientale des « Jardins de l’Alhambra» sert d’écrin au festival de broderieset de tissages des costumes de la Carmende Bizet. Un travail délicat et titanesque,que la technique de la sérigraphie a peu àpeu supplanté : les étoffes s’agrémentent demotifs peints imitant la couture ou de dentelleschimiques obtenues grâce au « dévoré» – procédé à base d’acides qui donnentdes effets de transparence aux tissus.Toujours remontant le temps, le visiteur arriveaux jardins paysagers romantiques avecles pochoirs sur soie et incrustations desunivers d’Hoffmann et de Faust…Cette féerie n’est qu’un petit échantillondes quelque 9 000 costumes confiés au© Photos : P. FrançoisÀ gauche : Casse-Noisette.À droite : Orphée aux enfers.musée par l’Opéra, la Comédie-Françaiseet la BNF 2 , partenaires du CNCS, maisaussi par des troupes, des théâtres, des artistesou des particuliers. Fort de ce fondsunique au monde, où se croisent aussi desgrands noms de la mode comme ChristianLacroix (président du CNCS) ou Jean-PaulGaultier, le Centre a déjà pu présenter septexpositions en deux ans d’existence.Classes accompagnéesAutre projet attendu dans les bâtimentsdu quartier Villars, ces anciennes casernesrénovées qui accueillent le musée : la créationd’un centre de formation aux métiersdu costume. En attendant qu’il voie le jour,le CNCS ne cesse de lancer des passerellesvers le monde de l’enseignement : son centrede documentation est ouvert à tous, ilaccompagne une demi-douzaine de classesinvesties dans des projets artistiques etculturels et a noué un partenariat avec le lycéeagricole voisin de Neuvy pour la végétalisationde son parvis. Sans oublier sonoffre pédagogique à l’attention des scolaires(cf. encadré ci-contre), qui a attiré pasmoins de 70 groupes, rien qu’au moisd’octobre dernier ! Virginie Leray1. L’exposition fermera ses portes le 19 avril 2009.2. Bibliothèque nationale de France.Centre national du costume de scène,zQuartier Villars, Route de Montilly, 03000 Moulins.Tél. : 04 70 20 76 20. Programme des rencontres,conférences, animations et ateliers : www.cncs.frOFFREPÉDAGOGIQUELectures proposées par des bénévolesde la Ligue de l’enseignement ; visitesguidées thématiques sur mesure, conçuesavec les enseignants ; ateliers maquillage,broderie, dessin, musique ou créationde costumes… Les 300 m 2 d’espacepédagogique du CNCS et leursmalles débordant de tissus sont unevéritable caverne d’Ali Baba pourles élèves, de la maternelle à laterminale ! Pour l’exposition « Aufil des fleurs, scènes de jardins», l’équipe pédagogiquea concocté quatre nouveauxateliers : la réalisationd’une coiffe d’inspiration florale,la construction d’unemaquette scénique avec jeuxde profondeur et de lumière, laconfection de paysages miniatures àpartir d’éléments textiles ou végétaux,la création de costumes inspirés d’unefleur. VLContact : pedagogie@cncs.frCHAPELLE DELA VISITATIONÀ Moulins, on peut aussi visiter le monastèrede la Visitation. C’est dans celieu, ouvert en 1616, que sainte Jeannede Chantal mourut en 1641. La cofondatricede l’ordre – avec saint Françoisde Sales – était venue à la rencontre dela famille de Montmorency qui y fit édifier,en 1666, une chapelle dont le plafondpeint et le chœur des religieusesviennent d’être rénovés grâce au WorldMonuments Fund et à l’Institut de France.La ville de Moulins recherche d’autresmécènes pour poursuivre la restaurationdu monastère. VLAdresse : 35 rue de Paris, 03000 Moulins.Renseignements : 04 70 48 01 33.© J.-M. Teissonnier/Mairie de MoulinsN° 329, FÉVRIER-MARS 2009 <strong>Enseignement</strong> <strong>catholique</strong> actualités 61
LIvres1 2 435789RENCONTRE AVEC L’ESPRIT1Cetouvrage recense plusieurs homéliesde Pentecôte, prononcées par le cardinalRatzinger entre 1975 et 2002.Ces textes ne prétendent pas « remplacer untraité théologique » mais éclairer notre foi enl’Esprit-Saint en nous renvoyant à notre quotidien.Les mêmes passages bibliques sont commentésplusieurs fois, déployant les multiples facettes610d’une même pierre précieuse. Nous sommesainsi entraînés dans une lectio divina de pagesinépuisables du Nouveau Testament. Nousconnaissons les exigences des textes théologiquesdu cardinal Ratzinger - Benoît XVI. C’estici le pasteur qui nous guide avec simplicité.Notre rencontre avec l’Esprit est inspirée parl’Esprit Lui-même qui parle par l’auteur pournous entraîner dans une compréhension lumineuse.Claude BerruerCardinal Joseph Ratzinger - Benoît XVIViens Esprit Saint – homélies de PentecôteParole et Silence101p., 12€.LA FRANCEET LE CATHOLICISME2AvecFrance chrétienne, France laïque, unlivre d’entretiens avec Danièle Masson, lesociologue du fait religieux Émile Poulatlivre « un peu son testament intellectuel et spirituel». Les questions abordées permettent derelire les rapports que la France entretient avecune tradition religieuse qui l’a marquée. « Modernitéet modernisme », « De la liberté au libéralisme», « Le christianisme au risque de la laïcité »,« Science et foi »... Via les sujets traités dans cespages, Émile Poulat et Danièle Masson nous placentau cœur des grands débats qui ont traverséet traversent le catholicisme. Véronique GlineurÉmile Poulat (Entretiens avec Danièle Masson)France chrétienne, France laïqueDesclée de Brouwer280p., 22€.PAR LA FOI3«Préparer nos enfants à vivre dans la techniqueet contre la technique », voilà l’unedes recommandations laissées par JacquesEllul (1912-1994), un penseur assez peu connuen France, mais réputé outre-Atlantique. Cet ouvrageinédit, à mi-chemin entre autobiographieet autoanalyse, nous invite à suivre la progressionde sa pensée. Son analyse critique dusystème technicien s’est en effet forgée etapprofondie peu à peu, après une jeunesse dansune « famille pauvre », sa participation à la Résistance,les lectures des deux Karl (Marx et Barth),62 <strong>Enseignement</strong> <strong>catholique</strong> actualités N° 329, FÉVRIER-MARS 2009
ses premiers engagements dans la mouvance personnaliste...C’est par la foi pourtant que JacquesEllul estime avoir pu confirmer son analyse duphénomène technicien et de la société qui endécoule ; et c’est par cette analyse que sa foi estdevenue plus « vigoureuse ». Pour lui, la Révélationchrétienne participe de l’unité d’une penséeoù cohabitent idée, action et conviction. Cespages révèlent la recherche personnelle exigeanted’un homme habité par l’espérance et la liberté.Danielle LacroixJacques Ellul (Entretiens avec Willem H. Vanderburg)Ellul par lui-mêmeLa Table rondeColl. « La Petite Vermillon », 187p., 8,50€.ACTUALITÉ DE MOUNIER4«L’événement sera notre maître intérieur »,écrivait Emmanuel Mounier, en septembre1949, à Jean-Marie Domenach. Le fondateurde la revue Esprit considérait en effet que« c’est l’événement qui appelle et d’une certainefaçon fait la personne ». C’est ce personnalismede l’engagement que Guy Coq nous présente dansMounier - l’engagement politique. L’auteur revientsur la naissance d’une philosophie du citoyenactif : « On trouve chez Mounier une véritable philosophiede l’engagement qui est étroitement liéeà la pensée de l’action. » Rompant, avec les présentationsanciennes de la pensée de Mounier,Guy Coq nous amène à découvrir l’actualité del’œuvre de ce philosophe chrétien. VGGuy CoqMounier – l’engagement politiqueMichalon121p., 10€.L’ÉDUCATIONSELON EDITH STEIN5EdithStein, en religion Thérèse-Bénédictede la Croix, est morte en 1942 àAuschwitz. Cette Juive <strong>catholique</strong>, déclaréesainte par le pape Jean-Paul II, a été lapremière femme docteur en philosophie en Allemagne.Enseignante jusqu’à l’arrivée au pouvoirdu parti nazi, elle continuera ses travauxphilosophiques au Carmel. Éric de Rus, qui luia déjà consacré un ouvrage, s’attache ici à explicitersa conception éducative. Cette dernière« constitue une véritable stratégie spirituelleproposée à l’éducateur ». À une époque oùbeaucoup d’enseignants s’interrogent sur leurmission, il est peut-être urgent de (re)découvrirEdith Stein, qui écrivait que l’art d’éduquer« pénètre jusqu’à l’âme elle-même, à sa substance,pour lui donner une forme nouvelle etpar là recréer l’homme dans sa totalité ». DLÉric de RusL’art d’éduquer selon Edith Stein -anthropologie, éducation, vie spirituelleCerf/ Éditions du Carmel/Ad SolemColl. « Cahiers d’études steiniennes n° 1 », 240p., 23€.COACHING MONATISQUE6Quis’attend à ce qu’un moine nous donnedes conseils en management que l’onpuisse appliquer en entreprise ? Et pourtant,c’est ce qu’Anselm Grün, religieux allemand,nous propose dans cet ouvrage. Maisqu’on ne s’y trompe pas, les exercices pratiquesqu’il nous livre sont directement inspirés de laBible et de la règle monastique de saint Benoît.Car, pour Anselm Grün, diriger ce n’est pas rentabiliserles équipes humaines à n’importe quelprix… En effet, seul « celui qui sait se conduirepersonnellement est en paix avec lui-même »et pourra peut-être diriger autrui… Voilà unouvrage à offrir à tous ses supérieurs, mais peutêtreaussi à lire soi-même avant de briguer desresponsabilités... DLAnselm Grün, Friedrich AssländerManagement et accompagnement spirituelDesclée de Brouwer270p., 19€.PROFS : LA RELÈVE7Lelivre de Maryline Baumard, journalisteau Monde, est d’actualité, puisqu’ils’intéresse aux nouveaux profs au momentmême où la réforme de leur formationinitiale est en cours. À partir d’entretiens avecune vingtaine d’entre eux, l’auteur est parvenuà recenser ce qui leur est commun. Elle dressesix piliers sur lesquels ils forgent leur identité,et énumère cinq règles avec lesquelles ils assurentleurs pratiques. Sans doute différents deleurs aînés, lucides, aimant le travail en équipeet les nouvelles technologies, ces débutantssont partagés entre doute et espoir… En bonus: le journal audio d’une enseignante qui aenregistré ses impressions au fil d’une annéescolaire sur fond sonore d’un collège de zoned’éducation prioritaire. DLMaryline BaumardLes nouveaux profs - L’école change,eux aussiArte Éditions/Les Petits MatinsColl. « Bruits », 182p. (+ 1 CD de 65 min), 18€.ITINÉRAIRE DE PSY8Connuepour ses différents travaux surla mort, pionnière dans le domaine dessoins palliatifs, Marie de Hennezel n’avaitjamais « récapitulé » sa vie professionnelle. C’estici qu’elle le fait, pour répondre aux exigencesd’une collection qui cherche à mettre en évidencele « fil rouge » de différentes carrières(ethnologue, éditeur, sage-femme…). Psychologue,elle l’est donc d’une manière toute personnelle,en marge des écoles. Jungienne, ellecollabore avec Bernard This, lacanien, qui apprendaux parents à communiquer avec leurbébé intra utero selon les principes de l’haptonomie– science du toucher, développée en Francepar Franz Weldmann. Marie de Hennezel a aussiexercé en hôpital psychiatrique, avant de s’investirauprès de malades atteints du Sida et demourants. De son métier, elle a une jolie définition: « Confirmer l’être » de ses patients, toujoursen mal de réassurance. Beau portrait d’unbeau métier. Marie-Christine JeanniotMarie de HennezelLa sagesse d’une psychologueL’œil neuf110p., 12,50€.EN MÉMOIRE D’EUGÈNE9Lesmutineries de 1917, durant lesquellesde nombreux soldats fuyant les combatsont été fusillés « pour l’exemple »,sont aujourd’hui connues. Le destin d’EugèneBouret, jeune vigneron bourguignon, est toutautre. Le 29 août 1914, au début des affrontements,il est en Alsace. Une explosion lui faitperdre la raison. En état de choc, il va errer uncourt moment à l’arrière, avant d’être arrêté.Jugé à la va-vite par un Conseil de guerre, le7 septembre, il est aussitôt exécuté pour abandonde poste. Grâce à Abel Bouret, son frère, età Henri Barabant, député de Dijon, qui mèneral’enquête, cette erreur judiciaire sera reconnueen août 1917 et la mémoire de ce poilu réhabilitée.Dans ce récit qui est l’aboutissementd’un long travail de recherche, les deux auteursont réussi une présentation vivante et minutieusedes faits, qui participe à une meilleureconnaissance de notre histoire. DLDidier Callabre, Gilles VauclairLe fusillé innocent - 1914-1917AutrementColl. « Mémoires/Histoire au singulier », 219p., 20€.ENQUÊTE À ROME10Spécialiste de l’histoire de la Romeantique, Philippe Valode s’attache àun sujet original et mal connu. Il nousreplonge dans les premiers temps de l’Église.Après avoir expliqué l’essor de cette nouvellereligion qu’est le christianisme, d’abord auMoyen-Orient puis en Afrique et en Occident,il axe son travail sur cette question : pourquoiles chrétiens, qui « paraissent évoluer hors dumonde », suscitent-ils une « intolérance inhabituelledans un monde romain syncrétique » ?L’enquête, au ton vif, est rédigée pour une collectionqui entend présenter « l’Histoire commeun roman ». Elle met en évidence le fait queles persécutions les plus fortes se sont dérouléesentre 250 et 322, « la période la plus noiredu christianisme ». En deux générations, ce sont10 000 chrétiens qui furent assassinés. Sanscompter tous ceux qui furent emprisonnés ouexilés. MCJPhilippe ValodeMartyrs à RomeLarousse280p., 18€.N° 329, FÉVRIER-MARS 2009 <strong>Enseignement</strong> <strong>catholique</strong> actualités 63
Jeunesse /MultImédIa12349105POMPÉI AU QUOTIDIEN1AprèsPékin qui a inauguré cette collectionconsacrée aux « grandes villes de l’histoire »,voici Pompéi. Dans cet album, on est trèsvite plongé au cœur de l’évolution de la cité,à travers une maison typique : simple hutte en750 avant J.-C., puis villa prospère et luxueuse en150 avant J.-C. Mais la ville subit aussi guerres ettremblements de terre avant sa destruction et sonensevelissement en 79 après J.-C. Oubliée pendantdes siècles, Pompéi sera redécouverte à la fin duXVIII e . L’ouvrage s’achève sur le site visité aujourd’hui.Charles Péguy par Jean-Pierre Laurens / D. P.© JJVE6Les illustrations superbement détaillées invitent,d’une double page à l’autre, à faire sienne la viequotidienne des habitants à chaque étape de l’histoirede la ville. À partir de 7 ans. DLRichard Platt (texte), Manuela Cappon (ill.)PompéiRouge et OrColl. « Les grandes villes de l’histoire », 48p., 11,90€.UNE FILLE DU PEUPLE2Jeanne7vit en 1900. Elle est née dans unebaraque de la « Zone », derrière les fortificationsde Paris, où elle habite avec sesparents. Pour aller à l’école, il n’y a pas de rue,elle doit suivre des chemins malaisés et traverserle quartier des usines. Fillette pauvre, ellemène pourtant une vie heureuse en un tempsoù tout le monde se connaît et où les rapportsentre les gens sont chaleureux et solidaires. Sonquotidien ? Aider Rosalie, la blanchisseuse,écouter Fifine, qui a connu Louise Michel, regarderles péniches... À différentes occasions,elle partage les combats de ce petit peuple àla marge de la Belle Époque… Bien que timide,Jeanne aime l’école, et l’achat d’un dictionnairesera pour elle un grand événement ! Le certificatd’études, enfin, qu’elle passe en tremblantlui trace un avenir… De délicates illustrationsaccompagnent le lecteur tout au long du récit.Celui-ci est complété par de belles photos8authentiques du siècle dernier. Pour les jeunesados. DLFrédérique Jacquet (texte), Étienne Davodeau (ill.)Jeanne de la ZoneL’AtelierColl. « L’Histoire sensible », 100p., 18€.SARAH, 10 ANS, ESCLAVE3EnAmérique, en 1860, régnait l’esclavage,et il ne faisait pas bon être Noir et vivre dansles plantations de coton. C’est dans cet universque se déroule la vie de Sarah, 10 ans. Cettejeune domestique, employée dans une grande propriété,a le teint plus clair que les autres. Elle a aussiun mystérieux grain de beauté derrière un genou,au même endroit que le maître. Cela lui vaudrabien des souffrances, tout autant qu’à sa mère etson frère. L’histoire de Sarah est racontée de façonclassique, mais ses nombreux rebondissements tiendrontle lecteur en haleine jusqu’à son dénouementqui correspond à l’abolition de l’esclavage.L’album, illustré pleine page, combine fiction etdocumentaire. Il propose ainsi, en alternance aurécit, des pages sur la condition des esclaves ou laguerre de Sécession. À partir de 9 ans. DLSylvie Baussier (texte), Christel Espié (ill.)L’esclave au grain de beautéCasterman48p., 14,50€.64 <strong>Enseignement</strong> <strong>catholique</strong> actualités N° 329, FÉVRIER-MARS 2009
BÉBERT LE TERRIBLE4Albertdéteste qu’on l’affuble du surnomde « Bibi », sauf si c’est sa petitesœur Nénuphar qui le décide. Car, dansla cour de récré, les copains et copines ne cessentde se moquer de lui. Un jour, trop c’esttrop, et Albert devient méchant : il se transformeen super-géant effrayant, avec de longuesdents acérées, des griffes puissantes et lepoil hérissé ! Ce n’est plus Bibi, mais Bébert leterrible… Comment être un petit garçon commeles autres, tout en restant un grand frère aimant? Le héros de l’histoire, représenté sousles traits d’un charmant lapin, devra apprendreà faire la part des choses ! Voilà un grandalbum aux couleurs vives qui traite de l’expressionde la colère chez l’enfant et montre la difficultéd’être reconnu comme on est. À partirde 5 ans. DLFrançoise Laurent (texte), Pascal Vilcollet (ill.)La colère d’AlbertRicochet36p., 14€.TROP BELLE, LA NATURE !5Youpi,le magazine de découvertes des5-8 ans, a concocté un passionnant numéro« vert » pour ses jeunes lecteurs.Découvrir la biodiversité et les écosystèmes àtravers le travail des biologistes qui explorentla richesse d’une forêt du centre de la Franceà bord du ballon La Bulle des cimes. Comprendrele réchauffement climatique, en réalisantune expérience pour savoir pourquoi la banquisefond. Protéger la planète avec une lectricequi raconte comment sa famille a réussià réduire ses déchets...En avril, comme Youpi, tous les magazinesBayard Jeunesse, de Popi à Phosphore, consacrentleur numéro au développement durable,chacun à sa manière, chacun pour son public,et proposent à tous leurs lecteurs d’être créatifset acteurs de leur avenir ! FRYoupi n° 247, avril 2009, 5,90€.En kiosque le 20 mars 2009.Bayardhttp://blog.youpi.frDVDUNIQUE LOUKI6Àchacun ses grands hommes : ceux dePierre Louki s’appelaient Roger Blin etGeorges Brassens. Le premier lui permitd’entrer au théâtre par la grande porte (en luioffrant le rôle de Lucky dans En attendantGodot). Le second fut son modèle et son ami.Car Louki, horloger de profession, était surtoutorfèvre des mots par vocation. Ce récital,filmé en 2004, deux ans avant sa disparition,en témoigne. En 60 (soixante !) chansons ethistoires courtes, il invite à traverser l’œuvred’un prince de l’humour absurde qui sait aussipincer la corde de l’émotion. Et cette invitationest rare, voire unique. Car rien de ce que PierreLouki a enregistré entre 1958 et 1982 n’est actuellementdisponible. On peut espérer que laparution de ce DVD inspire la mise en chantierd’une intégrale, même si la tâche ne sera pasfacile, les 45 et 33 tours du bonhomme se partageantentre quatre maisons de disques. En attendant,ceux qui veulent en entendre davantagese procureront les trois CD de Pierre Louki paruschez Saravah entre 1991 et 2004 (Retrouvailles,Vers bissextils et Salut la compagnie).En bonus : un entretien de plus d’une heure oùPierre Louki revient sur son parcours d’hommede chanson et de théâtre. Sans oublier ses livrespour enfants ni sa passion jamais démentie pourla course à pied de haut niveau (il s’entraînaitavec Jazy et Wadoux !). René TroinPierre LoukiConcert à L’Européen – 30 septembre 2004Frémeaux & Associés1 DVD (+ 1 livret de 8p.), 25,99€.CDLA FAMILLE DES LETTRES7LouiseWeeke, qui a écrit et composé cetAbécédaire chanté par son fils Marius(6 ans au moment de l’enregistrement),est aussi, à elle toute seule, « Les Cuivres deMénilmontant ». Elle joue de la trompette, destrombones, des euphoniums, de l’hélicon et,pour faire bonne mesure, du piano, des percussionset des claviers numériques. Le papa deMarius l’a bien aidée en assurant la prise deson. Il s’est aussi occupé de la conception graphiquedes trente pages illustrées par la grandmèrede Marius et par… sa maman (qui joueaussi de l’appareil photo !). Bref, de « A » (comme« Alligator ») à « Z » (comme… « Zusticier » !),cet alphabet est une affaire de famille. Et uneréussite rare. Grâce à des textes qui explorentl’humour (Le kimono du kangourou), le quotidien(Le bibi de Bernard), les peurs (Nuit noire)et la poésie (Petite poussière) de l’enfance surdes mélodies aux rythmes familiers (reggae,rock…). Avec, de-ci de-là, quelques audaces quipréparent les jeunes auditeurs à des musiquesplus complexes. RTLes Cuivres de MénilmontantL’abécédaire de MariusGRAML Prod/L’Autre Distribution1 livre-CD, 17€. ¤WEBSIMONE WEILET LES PIEDS NICKELÉS8Vousne le savez peut-être pas, pourtant,« s’il pleut à la Chandeleur, les vaches aurontbeaucoup de beurre… ». Mais, aufait, pourquoi et depuis quand fête-t-on laChandeleur ? Allez retrouver l’enregistrementdu 2 février de l’émission Les mots des religions,et Sylvie Barnay, maître de conférences à l’universitéde Metz, vous apportera les réponses.Cette émission est l’une de celles qui composentla programmation de Canal Académie, radiointernet atypique – et la première pour lemonde francophone – où, le même jour, il peutvous être proposé de vivre une heure dans l’ombrede la philosophe Simone Weil puis de partager,avec l’historien Jean Tulard, son intérêtpour les Pieds Nickelés. José Guillemainwww.canalacademie.comTVL’ÉGLISE PÉRÉGRINANTE9En1912, Charles Péguy écrit : « Mon filsa été malade […]. Alors, mon vieux, j’aisenti que c’était grave. Il a fallu que jefasse un vœu. J’ai fait un pèlerinage à Chartres.Je suis Beauceron. Chartres est ma cathédrale.J’ai fait 144 kilomètres en trois jours. »Demande ou intercession, service de frères ouacte de dévotion ? « Les pèlerinages évoquentnotre marche sur terre vers le ciel » (Catéchismede l’Église <strong>catholique</strong> n° 2691). Pour découvrircette Église pérégrinante, rendez-vous sur KTOle dimanche 5 avril 2009, à 22 heures. Sur leplateau de La foi prise au mot, Régis Burnet ainvité le père Jacques Nieuviarts, assomptionniste,directeur du pèlerinage national deLourdes, et le frère Norbert-Marie Sonnier,dominicain et spécialiste du pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle. IDPwww.ktotv.comUNE RENCONTREEN PROFONDEUR10Les Jeunes Volontaires Européens,les JVE, ont entre 19 et 24 ans. Répondantà l’appel des Jésuites, ilsont décidé de vivre une année entière au servicede l’Évangile. La réalisatrice LaurenceChartier a filmé Cécile, Jean-Étienne et Marie,trois de ces JVE. Immergés dans les quartiersnord de Marseille (notre photo), ils travaillentbénévolement auprès des SDF, des immigrésen situation irrégulière, ou à l’alphabétisationdes enfants et de leurs parents. Leur missions’inscrit dans une vie communautaire et deprière régulière. JVE, dans les banlieues au servicede l’Évangile, que le Jour du Seigneur diffuserale 29 mars 2009 à 10 h 30, met en valeurune expérience forte, mais il fait aussi tombernombre de clichés sur la banlieue en offrantune rencontre en profondeur entre des jeunesouverts aux autres et des habitants de quartiersréputés difficiles. MLSwww.lejourduseigneur.comN° 329, FÉVRIER-MARS 2009 <strong>Enseignement</strong> <strong>catholique</strong> actualités 65
pratIqueAgenda2es assises de la pédagogieParis (75)21 mars 2009Lycée Honoré-de-Balzac (75017)Cette journée organisée par le Crap-Cahierspédagogiques aura pour thème « Changerl’école avec les enseignants ». Au programme :des tables rondes et des ateliers (« Enseigneren milieu populaire », « Travailler avec lesparents », « L’ouverture culturelle »...).Programme détaillé, inscription en ligne(participation aux assises gratuites + repasfacultatif payant), à l’adresse suivante :www.cahiers-pedagogiques.comSalon Sup’AlternanceParis (75)27 et 28 mars 2009Cité des sciences et de l’industrieDeux jours durant, les étudiants de niveaubac à bac + 5 pourront découvrir des universités,centres de formation d’apprentis, grandesentreprises et autres acteurs de l’alternancedans le supérieur. Et prolonger leur visitegrâce à l’exemplaire de l’Officiel Studyramades formations en alternance qu’ils pourrontse procurer gratuitement sur place.Invitation gratuite : www.studyrama.com(rubrique « Salons »).Conférence : « Don Bosco,un pédagogue de la modernité »Lyon (69)30 mars 2009Centre Jean-Bosco, 20 h 30Jean-Marie Petitclerc, prête salésien, polytechnicienet éducateur auprès de jeunesde quartiers en difficulté, parlera dela pédagogie que Don Bosco a placée sousle signe d’un message toujours d’actualité: « Sans affection, pas de confiance,sans confiance, pas d'éducation. »Renseignements : 04 78 25 40 90.« Côté jardin, côté cour »Saint-Romain-en-Gal (69)Jusqu’au 30 mars 2009Musée gallo-romainUne exposition en forme d’invitation à ladécouverte du luxe et de la quiétude desjardins des riches demeures gallo-romaines.Avec, pour les 7-12 ans, des ateliersdu mercredi sur le thème « Le jardin dessens ».Renseignements : 04 74 53 74 01. Internet :www.musees-gallo-romains.comRetraite icôneGodewaersvelde (59)Du 4 au 10 avril 2009Abbaye du Mont-des-CatsDébutants et initiés suivront un cheminementspirituel en peignant l’icône duChrist en Croix. Peinture, silence et prière :ils vivront la Semaine sainte avec la communautédes moines trappistes de l’abbayedu Mont-des-Cats. La session seraanimée par Astride Hild, iconographe <strong>catholique</strong>,diplômée par l’Église orthodoxerusse.Renseignements et inscriptions :astride.hild@gmail.comWeek-end spécial jeunesanimé par Jean VanierTrosly-Breuil (60)Du 16 au 19 avril 2009La Ferme de TroslyCette session s’adresse aux 18-35 ans. Animéepar Jean Vanier, fondateur des communautésde l’Arche, elle aura pour thème« Ouvrir nos cœurs à l’espérance ». Ce seraaussi l’occasion pour les participants dedécouvrir la nouvelle maison d’accueil ouverteen face de la Ferme. Baptisée « LocMaria », elle compte neuf chambres.Renseignements : 03 44 85 34 70.Internet : www.lafermedetrosly.comExposition Michel GigonÉvry (91)Du 25 avril au 25 juin 2009Musée Paul-DelouvrierRéunis sous le titre « Irruption de la transcendance», grands tableaux, dessins à l’encreet maquettes de vitraux, signés MichelGigon, reflètent une œuvre tout entièreinspirée par la foi de l’artiste.Renseignements : 01 60 75 02 71. Internet :www.museepauldelouvrier.com« La jeunesse [ça] se cultive »La Courneuve (93)2 mai 2009Parc départementalCe premier samedi de mai devrait voir20 000 à 30 000 jeunes de 13 à 30 ans serassembler à la Courneuve à l’appel de laJeunesse ouvrière chrétienne (Joc). Cettegrande fête citoyenne et militante s’inscritdans une campagne de deux ans surle thème de l’accès des jeunes des milieuxpopulaires à la culture et aux loisirs. Auprogramme : concerts, forums participatifs,ateliers culturels, stands de partenaires,expressions de jeunes à l’adresse del’ensemble de la société française, célébration...Programme détaillé et achat de billets enligne : www.joc.asso.frOffresd’emploiLa Fondation d’Auteuilrecherchedes directeurs d’établissement scolaireet adjoints de direction pour ses collèges,lycées professionnels et UFA-CFCd’Ile-de-France et autres régions.– Vous êtes un professionnelde l’enseignement <strong>catholique</strong>.– Vous souhaitez vous engagerpleinement auprès d’enfants etd’adolescents en difficulté.– Vous aimez l’innovation pédagogiquedans une approche globaleéducation/formation.– Vous privilégiez le travail en équipe.Venez rejoindre un établissement scolairede la Fondation d’Auteuil.Déposez votre CV et votre lettre demotivation sur : www.fondation-auteuil.org(rubrique « Recrutement »).L’Institut Formation et Développementrechercheun formateur-chargé de developpement.Vous êtes, ou vous avez été,un enseignant heureux dans son métier.Vous êtes passionné par les sciencesde l’éducation et la pédagogie.Votre parcours vous a permis de connaîtredes environnements professionnels variésdans le secteur social, culturel ou dansle monde de l’entreprise. Entreprenantet mobile, vous pourriez assurerla formation et l’accompagnementde personnes et d’équipesde l’enseignement privé sous contrat.Nous consulterons en équipe le portfolio(portefeuille de compétences) numérique quevous nous ferez parvenir à l’adresse suivante :accueil@ifd-formation.orgN’hésitez pas à consulter notre sitewww.ifd-formation.org ou à solliciter un membrede l’équipe permanente au 04 76 17 15 15.66 <strong>Enseignement</strong> <strong>catholique</strong> actualités N° 329, FÉVRIER-MARS 2009
Carte des manifestations chrétiennes.Été 2009(Spécial jeunes et familles)Carte éditée parwww.ecclesia-rh.comOffrezdes cartes,diffusezcette carteautourde vous .
NOUVELLEFORMULEun dossierdétachablede 16 pagesà la demande de nombreux abonnés :les hors-série d’une année, compris dans le prixde l’abonnementAbonnez-vous !MONTANTS L’abonnement : 45 € — De 3 à 9 abonnements : 38 € par abonnementDES ABONNEMENTS : 6 numéros par an — De 10 à 24 abonnements : 33 € par abonnement+ les hors-série — À partir de 25 abonnements : 28 € par abonnementJe souhaite m’abonner à <strong>Enseignement</strong> <strong>catholique</strong> actualitésx 45 € = …..... x 38 € = …..... x 33 € = ….. x 28 € = ….....Nom : ........................................................................................... Adresse : ...................................................................................................................................................................................... Code postal : .......................... Ville : ........................................................................Ci-joint la somme de ................ € en chèque bancaire à l’ordre de : SGECBon à renvoyer accompagné de votre règlement, à SGEC, Service publications, 277 rue Saint-Jacques - 75240 Paris Cedex 05. Tél. : 01 53 73 73 71.