Actes colloque - FFCK

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LA FORMATION DU JEUNE SPORTIFETAPES DE PROGRESSIONNorbert KRANTZ fait l’introduction de la 2 ème thématique, il pose 6questions :■ quels constats négatifs ont été établis ces dernières années ence qui concerne les pratiques de formation chez les jeunes ?Quels sont les indicateurs et les raisons profondes d’une formationqui ne serait pas vraiment adéquate ?■ la nouvelle logique proposée répond-elle tout à la fois à unelogique de développement de toutes les aptitudes et aux exigencesactuelles et futures du sport de haut niveau ? Dansnotre recherche d’un développement complet, mettant enplace aussi le côté ludique, est-ce qu’on ne risque pas de sedétourner des voies de sélection et de préparation du jeunechampion ?■ la logique de plaisir et la nécessité du travail sont-elles compatibles?■ le temps passé à pratiquer du tout ne risque-t-il pas de setransformer en temps perdu à pratiquer du rien ? La pratiquevariée n’a-t-elle pas des limites ? Ou une mauvaise utilisation?■ quel frein aujourd’hui à l’innovation ?■ le contrôle de ce nouveau dispositif a-t-il été prévu pourmesurer l’efficacité de cette nouvelle voie de formation pluspolyvalente ?41


INTERVENTION DE JEAN-MICHEL PRONO ET HENRI PREVOST(la formation des jeunes, du club au pôle)Henri PREVOSTDTN AdjointSport CompétitionJean-Michel PRONOCTN - Responsable de laformation des cadres de la FHNLes objectifs sportifs de la FFCK :Optimiser la Formation des sportives et des sportifs d’aujourd’hui etengager celle de celles et ceux de demain dans l’optique des jeuxOlympiques de :■ Demain à Pékin ;■ Après demain à Londres ;■ Et plus tard . . . . . à ? ? ? ? ?Offrir aux jeunes pratiquant(e)s une formation qui leur permette d’atteindrele plus haut niveau de performance et qui intègre le plaisir denaviguer.Qu’est ce qu’un sportif de haut niveau ?C’est un sportif qui doit avoir un potentiel important, NorbertKRANTZ a rappelé l’ensemble des problématiques de détection quitraversent régulièrement toutes les fédérations, mais nous retiendronssurtout le fait qu’il doit avoir envie de développer ce potentiel en sedonnant les moyens de le faire.42


Les périodes clés de la formationsSur les acquisitions motrices, on se rend compte que l’on a encorebeaucoup de travail à fournir concernant la notion d’apprentissage,l’équilibration et l’organisation spatiale, d’où la nécessité de proposeren club des situations aussi variées que possible qui permettent auxenfants d’aborder les différents milieux du canoë-kayak, eau calme,eau vive mais aussi les différentes habiletés.L’organisation spatiale est importante pour tout type de pratiquesportive de haut niveau : le sportif doit savoir où il est, comment il yest, comment il est orienté et ce qu’il a envie d’y faire. La réactionaux stimuli visuels et auditifs est importante pour les notions dedépart, par rapport aux bruits ambiants qu’on peut avoir sur unstade d’eau vive ou d’eau calme.L’endurance se travaille sur l’eau mais aussi en footing, vélo, etc… etces activités permettent de créer des liens dans le groupe.Il n’est pas recommandé de travailler la force trop tôt, on peut fairede la musculation mais progressivement et en faisant très attentionau rapport poids/puissance dans les exercices proposés.45


Dans le « Guide de l’Animateur/Entraîneur », on trouve 3 pointsessentiels pour la formation des jeunes sportifs :■ on définit l’état d’esprit avec lequel doit travailler leformateur■ on décrit une méthode d’animation, des outils et des contenuspour mettre en œuvre son projet d’entraînement (planification,programme de stage)■ enfin sont développés les standards de la formation quenous considérons même comme des « commandements »Revenons sur la genèse de l’écriture du « Guide del’Animateur/Entraîneur »En 1998/1999, nous arrivons (déjà !!) au constat qu’il fallait reposerla problématique de la formation des jeunes dans les clubs. A la suitede plusieurs colloques des Cadres Techniques, les entraîneursnationaux ont tiré la sonnette d’alarme : les jeunes qui arrivaient dansdes équipes juniors ou participaient aux stages InterRégionauxmontraient des déficits dans la formation technique, dans lapréparation physique généralisée (PPG) mais également dans lacapacité à gérer les tâches spécifiques à la pratique du haut niveau.Il a donc été décidé de définir le « cahier des charges » qui devaits’appliquer à ces personnes qui un jour voudraientt faire du hautniveau .Nous avons alors sélectionné et organisé ces contenus de formationsous la forme des « Tables de Loi » des formateurs définissant les 6commandements.1er commandement (il est le premier car il est le fondamental del’activité canoë-kayak et transversal à toutes nos disciplines) :« Ton énergie tu transmettras »Il s’agit d’organiser et cultiver la transmission de l’énergie à traversla pagaie mais aussi les calages et le support flotteur.47


2ème commandement : la sécurité3ème commandement : l’aisance aquatique4ème commandement : la santé, on préserve la santé de celui qu’on esten train de former.5ème commandement : « Toutes les qualités physiques tu préserveras »6 ème commandement : « Ton cerveau tu utiliseras », il faut gérer lestâches du haut niveau, l’environnement, etc.Au fil de ces commandements, nous préconisons exactement les 6grandes lignes de travail qui doivent guider l’ensemble des animateursentraîneurs.Le dispositif « Pagaies Couleurs », après de long mois de conception,écriture et validation, entrera en production en début d’année 2007.Cet ensemble de classeurs va permettre de présenter des progressions,des outils d’évaluation, dans l’ensemble de nos disciplines du CK,avec des tests, des fiches de séance et une approche dans les troisdomaines de la technique, de la sécurité et de l’environnement.Toutes les disciplines ont participé à l’élaboration de ces documents cequi explique la longueur de la phase de conception et validation. Onretrouve dans cet ensemble à la fois les capacités à développerl’attitude du moniteur, un descriptif du test, les compétences que l’oncherche à évaluer. Il s’agit bien de donner toute la matière pour assureravec progressivité, une formation complète.Le formateur devra suivre des formations d’habilitation pour utiliserl’outil « Pagaies Couleurs ».Les contenus de ces progressions ont été réalisés en cohérence et encomplément des principes énoncés dans le « Guide de l’Animateur/Entraîneur ».Avec le « Guide de l’Animateur/Entraîneur » qui définissait les cibleset l’état d’esprit de travail et « Pagaies Couleurs » qui définit les48


contenus et les progressions à suivre, nous devons arriver à avoir dessportifs formés dans l’ensemble des capacités identifiées pourperformer.L’appartenance à un groupe d’entraînementA partir du moment où le jeune sportif entre dans une structurefédérale d’entraînement, cette démarche est systématisée voireenrichie par l’apport d’éléments nouveaux. C’est un des intérêtsd’intégrer une structure de haut niveau une fois qu’on a été détectéet sélectionné. Dans le développement de l’athlète, l’apport d’ungroupe d’entraînement est indispensable, Miklos nous a expliquédans sa présentation la force du groupe. Sylvain Curinier et Miklosnous ont tous les deux rappelé l’intérêt de l’émulation et de laconfrontation dans la gestion quotidienne des séances d’entraînement.Au sein de la structure d’entraînement, le sportif va bénéficier d’uneprogrammation et d’une évaluation faite au quotidien (quantitativemais également qualitative).Enfin l’encadrement du pôle proposera tout au long de la saison unprogramme d’action varié et cohérent, qui respecte le rythme desathlètes et permettra une progression jusqu’au plus haut niveau.Le programme d’animation et/ou de compétitionsCette distinction est un des enjeux auxquels est confronté notrefédération dans l’élaboration du calendrier sportif national.Quelques constats et réflexions :■ Varier les sites de pratique est fondamentalement formateuret motivant pour nos jeunes sportifs■ Rencontrer d’autres pagayeurs est indispensable à la formation(c’est la culture de la confrontation)■ Le calendrier de compétition ne constitue pas à lui seul unprogramme d’action pour le club ou la structured’entraînement49


■ La participation à une compétition doit être évaluée en tempsde pratique mais aussi en terme d’acquisitions comparativementà une journée de stage.■ Pour que la compétition soit formatrice, elle doit permettre :- une évaluation juste et adaptée au niveau de l’athlète- d’atteindre un objectif défini avant le départ avec celui-ci- de générer de la réussite et donc de la confiance chez lesportif.Très jeune, on peut et doit aborder les questions de motivation avec lessportifs : pourquoi participe-t-on à cette compétition ? Qu’est-ce qu’ilsrecherchent dans cette compétition ? Quels sont leurs objectifsindépendamment du classement général ou de la position par rapportà tel autre athlète ?Très tôt, on peut inculquer un état d’esprit constructif et non pasroutinier : je fais une séance, avant cette séance je prévois un ou deuxthèmes de travail avec des objectifs à atteindre, après la séance j’analysesi j’ai atteint mon (mes) objectif(s).On peut le faire de façon simple sans le théoriser, sans faire desbriefings à n’en plus finir. C’est quelque chose que le cadre doit avoirà l’esprit au moment de construire le programme des séances.On aura alors certainement plus de chance de générer de la motivationet non pas de la frustration car les objectifs définis permettent deprocéder à une évaluation objective des acquisitions et par là de favoriserla construction de la confiance en soi.La confiance en soi est le fondement de la capacité à performer au plushaut niveau.50


Réflexions de Norbert KRANTZ,Pour faire le lien avec des problématiques actuelles du mouvementsportif ou d’autres fédérations :■ La notion de plaisir, à la fois sur le haut niveau et sur lapédagogie en club, on peut jouer sur plusieurs variables : lasensation de progrès que peut ressentir le sportif, comme lepropose le dispositif Pagaies Couleurs (cela lui permet des’évaluer en le sortant d’un système compétitif tropstandardisé, trop précoce).■ La quotidienneté de l’entraînement a déjà été débattue parune cinquantaine d’experts car cela crée une routine (commepar exemple l’échauffement), donc il faut varier les lieux, lesintervenants, les formes d’entraînement.■ Il faut aussi rencontrer d’autres sportifs.■ Concernant les qualités à développer, dans la coordinationon peut aussi rajouter la dissociation au même titre quel’équilibration et l’orientation : la capacité de faire faire deschoses différentes à différentes parties de son corps. On doitaussi parler de la capacité de différenciation c’est-à-dire quesur un même geste on identifie des vitesses, des accélérations,pour essayer des freinages…On peut aussi évoquer, dans les capacités de types psychologiques etmentales, la capacité de concentration. Les enfants n’ont pas unegrande capacité de concentration, cette capacité augmente avec l’âge,(exemple pour des adultes, la concentration est de 45 minutes avecdes pauses).Il existe un registre des « aptitudes et performances motrices » (revueEPS Jean-Pierre FAMOSE et Marc DURAND) qui liste les 52aptitudes qui permettent de comprendre le réseau d’aptitudesnécessaire pour réussir à niveau donné dans une activité donnée.51


Une anecdote pour illustrer qu’on peut réussir à un niveau donné aveccertaines aptitudes, mais qu’au niveau suivant, on est bloqué car onn’a pas développé certaines aptitudes qui deviennent nécessaires à unniveau plus élevé. Norbert fait une séance de BE1 avec 2 sportifs dehaut niveau, lanceurs, avec un registre de développements larges…Norbert doit leur faire une initiation à la perche…A la 1 ère problématique (présenter une perche, coordonner une impulsionpar rapport à la perche, passer du bon côté de la perche, mettre lesbras dans le bon sens, se suspendre à la perche, etc…), le sujet A esttrès adroit et se moque du sujet B qui fait toutes les erreurs possibles.Le sujet B va mettre 2 séances à tout coordonner.A la 3 ème séance, ils vont sur le sautoir (avant ils étaient sur le sable),on se confronte au travail d’un gymnaste car un perchiste est uncoureur sauteur qui devient en un instant un gymnaste. Et sur cetteséance là, le sujet B (celui qui avait mis 2 séances à acquérir les étapesdu coureur sauteur) devient extrêmement adroit sur une barre avecun groupé renversé (il avait fait de la gym). Et l’autre qui n’a jamaisdéveloppé ces aptitudes devient l’élément faible.C’est donc l’illustration d’une modification des configurations d’aptitudesde ce qui n’avait pas été développé à un moment et qui devientun facteur limitant.■ Sur la musculation des jeunes, un ouvrage devrait sortir en novembre2007 chez Amphora, O. Pauly, Professeur à l’UFR STAPS de Nice, « Lamusculation chez les jeunes » : l’auteur écrit qu’il est « criminel » de nepas entreprendre la formation musculaire des jeunes, bien entenduavec des choses très standardisées, très préventive (exemple : desentraîneurs de basket refusent de faire de la préparation physiquemais acceptent de faire sauter leurs joueurs au panier pendant 2heures et reçoivent des chocs de type excentrique jusqu’à 3000 ou 4000impulsions… après on s’étonne que ces personnes aient des problèmede ligament, d’entorse, etc…). Il faut rapidement entreprendre une52


formation du développement de la force chez le jeune de façonprécoce mais avec des situations identifiées et bien dosées.Tous les auteurs ne sont pas d’accord sur le fait que l’endurance estla mère de toutes les qualités, par exemple Jean Pierre Egger (enseignantchercheur à l’Ecole Fédérale des Sports de Macolin en Suisse, luimêmesportif de haut niveau de renom international et auteur denombreux ouvrages ou articles sur le thème du développement de laforce , entre autres, « De l’entraînement de la force à la préparationspécifique en sport », In Les cahiers de l’INSEP n°1, 87 p.). Cet auteurécrit que la 1ère qualité fondamentale, est la force. Quand on étaitpetit, on était couché, on n’arrivait pas à se redresser. Il était alorsquestion de s’équilibrer, d’être suffisamment fort pour se relever. Apartir de ce moment, on a pu se mouvoir de plus en plus vite et êtrede plus en plus endurant, on a développé des qualités complémentaires.Pour lui, la force est une qualité maîtresse.■ On a parlé de culture sportive, il ne faut pas attendre de l’éducationphysique beaucoup de progrès pour les années à venir. Les enseignantsd’EPS sont aujourd’hui dans des stratégies complètement éloignéesdu sport et ils le revendiquent, cela a pour conséquence la baisse desbudgets et des postes alloués pour l’éducation physique. Les aventuresmotrices ne sont plus extraordinaires. Sur le plan sociétal, 1/3 desenfants seront obèses dans les 10 ans à venir, la France vient de passerun triste cap…. Les jeunes en STAPS …exemple en licence 1 : desjeunes dans la force de l’âge, 18 ans, passent une épreuve de saut enlongueur, 120 sauts étaient entre 4,20m et 5,20m, c’est unniveau de motricité pratiquement égal à 0.Autre étude, à Aix en Provence, on mesure depuis 10 ans la forcestatique des gamins de primaire à une barre fixe : on les aide à monter eton leur demande de maintenir le menton au dessus de la barre leplus longtemps possible. On est passé d’une moyenne de 2 minutes30 à moins de 1 minute et ce temps continue de diminuer….53


En STAPS, on a énormément de blessures, car les étudiants passentd’une aventure motrice quasi nulle à une pratique de 10 ou 15 heurespar semaine, tout est à refaire au niveau de l’éducation physique.■ Sur le sujet de la santé : le but du sport est de former des gens quiéprouvent du plaisir et d’optimiser leur potentiel, pas hypothéquerleur santé. La santé selon OMS est un état de bien être physique,psychologique et social, la boucle est bouclée……54

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