L'ARCHITECTURE EN CHINE - Cité de l'architecture & du patrimoine

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L'ARCHITECTURE EN CHINE - Cité de l'architecture & du patrimoine

Architecture contemporaine en Chine, un renouveau attendu ?Shanghai des concessions dès les années 1930 etqui fut très partiellement réalisé du fait de la guerresino-japonaise. Il comprenait un « centre civique »composé de bâtiments administratifs accompagnésde quelques logements, mairie, bibliothèque,collège, hôpital et laboratoire d’hygiène, stade,un ensemble d’équipements alors nouveaux enChine, qui furent effectivement construits ainsique quelques axes majeurs. Le plan de cette villenouvelle fit l’objet d’un concours et le projet choisiétait très proche des théories urbaines développéesen Occident à la même époque. En revanche,l’architecture des édifices administratifs, hormisle stade et l’hôpital qui n’avaient pas d’équivalentdans les constructions chinoises traditionnelles,fut marquée par de grandiloquentes toitures,abritant de vastes surfaces inutilisables. En effet,reprenant là une des caractéristiques formelles del’architecture traditionnelle, qui sied à des édificesde prestige tels que des temples ou des palais,les volumes sous toiture étaient considérablespar leur superficie mais dépourvus d’éclairage etde ventilation. C’était le cas de l’hôtel de ville,construit par Dong Dayou (1899-1973) dont leplan d’urbanisme pour le « centre civique duGrand Shanghai » avait été retenu par un jurymixte, chinois et étranger. Le débat architecturalportait déjà sur les caractéristiques de l’identitéchinoise, notamment pour les édifices publics,programmes nouveaux de la modernisationurbaine où Shanghai était précurseur, bien avantPékin, Tianjin, Nankin ou Canton.La recherche d’une identité architecturalemoderne qui s’amorçait au début du XX e siècledans les ports ouverts devint d’autant plus marquéependant les années 1920-1930 à Shanghai,Nankin, Pékin que de nouveaux matériaux, lebéton, l’acier permirent les grandes portées et lesédifices d’une quinzaine d’étages. Ces possibilitéstechniques ouvrirent la voie aux architecteschinois comme à leurs collègues occidentauximplantés en Chine à la recherche de formes ettypologies nouvelles et donnèrent lieu à nombrede forums et discussions parmi les professionnelssur la modernité et son expression chinoise 4 . Lapolémique reprit sous le régime communiste et ledébat sur les « grands toits » resta particulièrementvivace pendant la décennie de reconstruction dupays, les années 1950-1960.Ce rappel des antécédents du débat sur les« grands toits » devenu légendaire sous les annéesmaoïstes révèle à quel point l’interrogation sur leséléments constitutifs d’une identité architecturalechinoise est une récurrence depuis plus d’unsiècle. On la retrouve chez les lettrés de la fin duXIX e siècle, auxquels les historiens de la Chinecontemporaine font souvent référence avec leslogan « zhongxue wei ti, xixue wei yong » 中 学为 体 , 西 学 为 用 . Dans un condensé d’expressionspécifique à la langue classique, sont associés dansune relation réflexive et dynamique les apportsparallèles de la Chine et l’Occident, la premièrecomme support de l’essence, la structure, le secondLe « Beijing Digital », centre de gestion des informationsdes JO (Pékin) par Zhu Pei. © Françoise Ged.13


Monde chinois, Hiver 2008-2009, n° 16École maternelle à Qingpu (Shanghai) par Liu Yichun, Chen Yifeng et Zhuang Shen (Agence Deshaus). © Françoise Ged.comme support de la technique, de la fonction 5 .Le recours à la philosophie, l’histoire, la littératureet les arts comme une armature à laquelle lesconnaissances et les méthodes occidentalesseraient associées, voilà ce que certains lettrésproposaient à la fin du XIX e siècle comme moyende renforcer le pays et de préserver la culturechinoise. Allier la technique occidentale etl’essence chinoise, est alors interprété en ramenantl’essence chinoise à des caractéristiques formelles :la symétrie, la toiture de tuiles vernissées ou non,l’usage des couleurs et des motifs décoratifs, lesemmarchements, les potelets de marbre, etc.C’est précisément dans ce registre décoratif quepuisent les architectes chargés des dix édificescommémoratifs de 1959. Autrement dit, pourdes bâtiments officiels voulus par Mao, quelssont les éléments porteurs d’une culture, d’uneessence chinoise ? La distribution autour de coursintérieures pour le Musée de l’histoire construitsous l’égide de Zhang Kaiji, organisation en planqui restait invisible de l’extérieur, protégée parune façade austère de colonnade de pierre surtoute la longueur du côté de la place Tian’anmen.Pour la majorité des autres édifices, l’essencechinoise se traduirait par les motifs décoratifset l’ajout de toits « chinois ». À cette base, lestechniques soviétiques se sont surajoutées, avecles dimensions monumentales le faste et la pompeque l’on réserve aux édifices officiels. Quant au« toit chinois », les années 1980 lui redonnèrent unenouvelle vie dans la recherche combinée d’identitéet de modernité, après la décision du maire dePékin, Chen Xitong, d’imposer à toute nouvelleconstruction une toiture chinoise, à l’instar despavillons ouverts des jardins classiques, appelés« ting ». Les tours multiplièrent ainsi les tuilesvernissées et les pentes doucement incurvéeset relevées de ces petites toitures, et le mairey gagna le surnom de Chen Xiting, Chen « quiaime les pavillons » jouant sur l’homophonie descaractères chinois.À l’instar des dix bâtiments commémoratifsde 1959, les édifices remarquables construitspour les Jeux olympiques sont l’occasion dedémonstrations d’un savoir faire techniqueemprunt de monumentalisme et, de même queleurs prédécesseurs, ils sont construits dans des14


Architecture contemporaine en Chine, un renouveau attendu ?délais extraordinairement courts, grâce à unemain-d’œuvre abondante et travailleuse. Ils ontété l’occasion de concours, mais cette fois ouvertsà la concurrence internationale, intégrant ainsiune demande implicite de transfert de technologietout en offrant une plate-forme d’essai et dedémonstration peu commune aux technicienschinois et occidentaux. Ils sont l’œuvre designatures prestigieuses, et c’est là sans douteun des marqueurs spécifiques de Pékin comparéaux autres métropoles chinoises. En effet,l’architecture comme emblème de la croissanceet de la modernité est portée par Shanghai dès ledébut des années 1990 lorsque la ville lance sonpremier concours international pour un opérasur le site de l’ancien champ de courses devenuPlace du peuple en 1949. Le projet retenu est celuide l’agence française Arte-Charpentier en 1994,qui va jouer à son tour de la symbolique du toitchinois : la toiture est magnifiée, présentée dansle projet initial (qui ne sera pas vraiment réalisécomme tel) comme une ample vasque aplatie,offrant la possibilité d’un amphithéâtre en toituresi besoin, portée par une structure de poteaux.Mettre l’accent sur la toiture portée par quelquespoints d’appui libérant le plan et les façades relèvede l’architecture moderne, mais aussi et surtoutdans ce cadre, de l’architecture traditionnellechinoise. La réalisation du bâtiment a quelquepeu alourdi la toiture, pour des raisons sans douteliées aux moyens encore limités dans les pratiquesconstructives, et ne laisse pas facilement devinerle principe d’origine. Néanmoins, il a fait écoleet nombre de constructions se sont dotées d’unetoiture miniature façon Opéra de Shanghai à la findes années 1990, image d’une modernité chinoiserevendiquée.Comme à Shanghai, dans la plupart des provincescôtières, les constructions représentatives de lamétropole moderne se lisent par le biais desconcours internationaux, qui se multiplièrentces dix dernières années : chaque ville voulaitson opéra ou grand théâtre, son aéroport, unenouvelle gare, un grand stade. Les emblèmes dela modernité, pour les gouvernements locaux,c’étaient les lieux de la mobilité et de la culture.Ce sont ces édifices que l’on retrouve, une foisconstruits, figurant en effigie des cartes et planstouristiques de la ville ; repère amusant pourtester d’une ville à l’autre, d’une année à l’autre,quels sont les emblèmes de la modernité affichée.Naturellement, avec ces concours ouverts auxagences occidentales, l’enjeu était plus large :d’une part disposer d’édifices attractifs pour laville, à même d’améliorer l’image qu’elle véhicule,d’attirer touristes et investissements, et d’autrepart permettre la formation à de nouvellestechnologies et à d’autres modes de conception lesinstituts de projets chinois associés aux agencesétrangères.Les édifices remarquables des JO,prouesses généreuses et valorisationstalentueusesLes JO ont suscité nombre d’aménagements etde constructions et il serait fastidieux de passer enrevue l’ensemble des équipements sportifs qu’ilsaient été construits ou réaménagés à Pékin, ainsiqu’à Tianjin, Shanghai, Qingdao, Qinhuangdao,Shenyang, Hong Kong où se déroulaientégalement les épreuves 6 . L’organisation d’unévénement international, c’est aussi l’opportunitéd’améliorer les infrastructures urbaines et delever les investissements nécessaires. À Pékin,l’augmentation extrêmement rapide du nombrede voitures donne la mesure des besoins enmatière de transports en commun et de gestiondes flux : plus de 3 millions de voitures circulaienten 2008 alors qu’on en dénombrait un millionen 1997 rapidement suivi par un second millionsix ans plus tard en 2003 7 . Pour les JO, entre1,6 et 2 millions de visiteurs étaient attendus et,s’il n’entre pas dans notre propos de détailler leslignes de métro enfin construites pour l’usagequotidien des citadins, on comprend à quelle aunese mesurent les constructions et notamment leslieux d’échanges comme le troisième terminalde l’aéroport de Pékin achevé en 2008. Celuici,avec le siège de la CCTV (Central Chinese15


Monde chinois, Hiver 2008-2009, n° 16Television) dont le monumental chantier aretenu l’attention d’un public spécialisé ou non,le stade appelé populairement « nid d’oiseau »jusque sur les panneaux du chantier, la piscinesurnommée « le glaçon », le centre de gestiondes informations plus familier sous l’appellation« Digital Beijing », font partie de ces réalisationsremarquables. À l’exception du dernier, dont leprogramme ne pouvait être confié à un prestataireétranger, tous ces édifices emblématiques ont étéconstruits par une agence étrangère associée à uninstitut de projets chinois, à l’issue de concoursinternationaux, dont la ville avait acquis unemaîtrise meilleure que lors de la triple étape miseen œuvre pour l’opéra de Pékin en 1998.L’effet d’annonce des dix édifices commémoratifsde la première décennie du régime communiste,dont la construction fut confiée à des architecteschinois remarquables, se poursuit avec la diffusionmondiale occasionnée par les JO, sans pour autantadopter le côté caricatural des édifices postés dansla ville telles des bougies d’anniversaire sur ungâteau. Désormais, la prouesse technique estvalorisée tout au long du chantier dont la visiteest autorisée sous contrôle des maîtres d’ouvrage.Prouesses techniques, elles le sont en termes deréalisations mais aussi de paris sur l’avenir. Eneffet, Ole Sheeren, partenaire de Rem Koolhaasaime à raconter qu’au début du projet de la CCTVl’état des connaissances techniques n’aurait paspermis sa mise en œuvre. C’est ainsi qu’unemaquette de 6 mètres de haut et 64 tonnes servaitde modèle expérimental direct, pour évaluer lescharges et les résistances au tremblement de terre.L’une des parties les plus critiques du chantier futla jonction des deux tours penchées qui eut lieuà l’hiver 2007. Il faut imaginer deux morceauxd’un « z » montés indépendamment qui vont serejoindre de manière à ne former qu’un, dansun vaste porte-à-faux en angle. L’évaluation desvariations de niveaux, effectuée chaque jour parlaser, permettait de rectifier finement la mise enœuvre afin d’assurer que la jonction entre planchersne soit pas victime des décalages inhérents à laconstruction. Les pièces métalliques, acheminéesdepuis Shanghai où elles étaient fabriquées surmesure, devaient être assemblées à températureséquivalentes et, afin d’éviter la dilatation du métaléchauffé par le rayonnement du soleil, les étapesles plus complexes de la jonction entre les poutresde part et d’autre des branches du « z » se faisaientau petit matin. Sans les réserves de main-d’œuvreet les capacités d’adaptation chinoises, un telchantier aurait-il vu le jour ?Le « nid d’oiseau » relève du même type de défioù la structure inventée pour l’occasion a été,en quelque sorte bonifiée par les contraintes dela Municipalité de Pékin. En effet, à l’issue duconcours, le stade d’une possibilité d’accueil de91 000 places (puis 80 000 après les JO) devait êtreentièrement couvert, sans ouverture centrale. Orune politique nationale de restriction financièreappliquée à tous les édifices de prestige de la villea contraint les équipes de concepteurs à rechercherdes solutions plus économes. C’est ainsi que leprojet a adopté sa forme actuelle, ouverte en soncentre, dont l’enveloppe ne représente pas moinsde 42 000 tonnes de poutrelles sur une doublestructure en acier. Hormis cet exploit structurel,où des poutrelles secondaires s’entrecroisent àla manière des fibres d’un nid, la générosité del’espace dans lequel le spectateur entre au sein dustade, similaire aux plus belles des arènes grecquesou romaines, est sans pareille. La lente ascensiondans les tribunes permet de découvrir des pointsde vue sur la ville et les alentours, différents lesuns des autres selon les cadrages constitués partrois ou quatre poutrelles entrecroisées. Serait-celà une autre manière d’envisager un emprunt àla culture chinoise, celle des vues mises en scènesur un paysage ? La réalisation, menée de pairpar l’agence Herzog et de Meuron et l’institutChina Architecture Design & Research Group,est révélatrice de la capacité à intégrer et mettreen œuvre de nouvelles technologies pour deséquipes chinoises qui, pour la majorité d’entreelles, n’étaient encore jamais sorties du paysauparavant.La piscine, dont le concours fut remporté parl’agence australienne PTW Architects, est un autre16


Architecture contemporaine en Chine, un renouveau attendu ?symbole technologique avec l’usage d’un matériaunouveau, un plastique plus connu par ses initialesETFE (éthylène-tétrafluoroéthylène) ; les parois du« cube de glace » ou « glaçon » sont composéesde près de trois mille coussins polymères, tels descellules emprises dans un lacis de tubes d’acier.C’est le premier édifice public d’une telle ampleurdont la couverture est entièrement en filmplastique, qui combine une très grande résistanceau feu et forme une couche isolante permettantdeduire la consommation d’énergie à l’intérieurdu bâtiment de 30 %. Quant à l’aéroport, c’est saseconde extension en moins de dix ans avec letroisième terminal construit par l’agence NormanFoster & Partners. Vraie démonstration d’élégancepour une telle capacité, il est destiné à doublerle volume d’accueil existant avec 35 millions depassagers. Une ample aile d’une finesse touteapparente recouvre l’ensemble du hall d’accueil.La lumière filtrée par les ouvertures piquées tellesdes ouïes dans la toiture apporte frémissementset variations lumineuses selon les couleurs quipassent discrètement de l’orangé au rouge, etrendent amicaux ces amples volumes où circulentdes foules d’inconnus plus ou moins chargés etbigarrés.Le « Beijing Digital », construit par le studioPei Zhu, mérite pareillement d’être évoquédans les édifices mémorables. Issu égalementd’un concours, il est l’œuvre d’un architectené et diplômé à Pékin, Zhu Pei, qui a obtenuun master à Berkeley en Californie en 1997, atravaillé dans de grandes agences américainesavant de retourner s’installer en Chine lorsque lesagences privées deviennent licites. Son expérienceétrangère l’amène à réfléchir en volume et enmaquette, à définir des concepts qu’il transformeen espaces. Il est profondément attaché à saSplit House à « La Commune » (Pékin) par Yung Ho Chang (Atelier Feichang jianzhu). © Shu He.17


Monde chinois, Hiver 2008-2009, n° 16culture, à sa ville, tout en ayant également intégréles pratiques d’outre-atlantique. Le centre degestion de l’information des JO qui évoque lescodes barres, un disque dur, est-il un clin d’œil,un pied de nez ? Toujours est-il que sa réalisationest parfaitement maîtrisée et témoigne du soucid’accomplissement que Zhu Pei aime donner auxprojets qu’il conduit, en duo maintenant avecWu Tong, ou auparavant avec Urbanus, agencedoublement implantée à Shenzhen et Pékin dontil a été l’un des associés.Qi Xin son contemporain, pékinois et doublementdiplômé aussi, à Tsinghua et à Paris, fait partiedes architectes chinois remarqués en Occident etauxquels Pékin a fait appel en fin de parcours pourles JO. Avec humour et jouant sur l’homophoniedes caractères, il a proposé un « siheyuan » quel’on pourrait traduire phonétiquement avec cettedouble imprécision « maison à cour » ou « à lamanière d’une maison à cour ». Le caractère« si » pouvant représenter les quatre côtés d’unemaison autour d’un patio ou signifier semblable,similaire. Cinq instituts de projets ont ainsi étéchoisis pour donner une couleur plus pékinoiseaux sorties de métro et aux transitions avec lescentres commerciaux, par des pavillons librementinterprétés pour abriter des promenades plus oumoins ombragées.L’appel à une jeune agence comme celle de QiXin, qui a eu le courage de mettre en place unestructure si différente des instituts officiels au débutde ce siècle ou à la fin du précédent, de maintenirson mode de travail face à une concurrence arduedes instituts de projets, représente en quelque sorteune reconnaissance par ses pairs dans son pays.Pourtant le fonctionnement d’une agence privée,qui semble banal dans le paysage français est toutrécent et joue un rôle majeur dans l’architecturecontemporaine.Architecture contemporaine etémergence des agences privéesLa signature d’un architecte est effectivementun phénomène récent. Depuis 1949 et jusqu’àla fin des années 1990 encore, que ce soit dansles ouvrages et les revues professionnels chinois,ou même dans les catalogues d’expositions« Île pouce » à Qingpu (Shanghai) par Ma Qingyun (Mada S.P.A.M.). © Mada S.P.A.M.18


Architecture contemporaine en Chine, un renouveau attendu ?présentées hors de Chine, un édifice était l’œuvred’un institut de projet, dont le nom d’un directeurétait mentionné, mais il était rarement attribué àun architecte ou à une équipe de collaborateurs.La personnification du concepteur est alléede pair avec des facteurs variés témoignantdes transformations de la société et de larecherche d’une individualisation marquée descomportements ; la rapide diffusion des produitsde luxe dans les grandes villes, l’intérêt pourles produits de marque occidentale — souventfabriqués en Chine —, l’attention portée au design,à la photographie, à la mode étrangère et chinoise,l’accès facilité aux voyages internationaux et àl’intérieur du pays… L’ensemble de ces élémentsont contribué à reléguer l’uniformité des ouvragesbâtis construits pour répondre à la pression dunombre et de l’urgence, d’une relative égaliténormalisée pour tous, à la mise en place deconstructions auxquelles on attribue un styledevenu un argument promotionnel. Ce phénomèneest à relier avec la commercialisation des logementsqui ne sont plus attribués par l’employeurcontre un loyer modique. Les prestations liéesau « bol de riz en fer », l’emploi garanti à vie,n’étaient plus de mise pour la santé, l’éducation,le logement et sont devenus des biens payantset monnayables au cours des années 1990. Ceschangements ont ancré dans la vie quotidiennela possibilité du choix, notamment pour le lieuet le mode d’habiter : les nouveaux propriétairesse regroupent et s’organisent pour défendreleurs droits face aux promoteurs, aux sociétésde gestion immobilière. Rien de commun avec lesystème de production du bâti, mis en place lorsde la reconstruction au début des années 1950,dont la structure est encore en place mais dont lefonctionnement a profondément changé.Instituts de projets et agences privées,du projet collectif à la signaturepersonnelleDès les années 1950 en effet, la reconstructiondu pays fit l’objet d’une planification généraledes produits, des moyens et des hommes pourrépondre à des besoins variables selon l’urgencedes situations et selon les matériaux disponibles 8 .Architectes et ingénieurs sont alors peu nombreux.L’organisation pluridisciplinaire regroupant19


Monde chinois, Hiver 2008-2009, n° 16ingénieurs, architectes et personnel administratifdans un même organisme, sous l’égide des cadresdu Parti, est de mise avec une importance variableselon la hiérarchie mise en place au niveauterritorial ou fonctionnel. Dans les provinces,les villes, au sein de nombreux départementsministériels, des instituts de projets sont ainsicréés, comprenant plusieurs départementscomposés d’équipes techniques mixtes, àmême de mener la construction des bâtimentsdemandés, des études préliminaires aux plansd’exécution. Les effectifs globaux varient selonla position hiérarchique de l’institut de projets,dénombrant un à deux milliers d’employés pourles municipalités importantes comme Shanghaiou Pékin, ou pour un institut placé auprès d’unministère. Les projets sont attribués par lesservices administratifs à chaque département, ausein duquel les architectes travaillent en équipeset font appel au service des ingénieurs pourl’étude des structures, des réseaux et des fluides.L’élaboration d’un projet pouvait faire l’objet deconcours d’idées à l’intérieur d’un institut. Engénéral, le projet retenu était un compromis, une« synthèse » des idées de plusieurs architectes, etdevenait le projet final à réaliser. C’est un deséléments qui revient le plus souvent dans lescritiques contre un tel mode de fonctionnement,qui s’est perpétué aujourd’hui. Le projet retenuapparaît comme une somme d’intentions, parfoiscontradictoires, un affichage de formes, plutôtqu’une option clairement choisie face à uneproblématique donnée.Pour l’Assemblée populaire, puis pour leMausolée de Mao, des concours, non dotés deprix, furent ainsi lancés au niveau national. C’estégalement à cette époque que les universitésintégrèrent des instituts de projets, associantdans un même lieu enseignement, recherche etpratique professionnelle. En effet, les délais deconception et réalisation étaient tellement serrés,qu’il était nécessaire de faire appel à tous lestalents y compris ceux des étudiants. Les résultatsfurent jugés concluants et la pratique d’associerces trois domaines est toujours active. Lesgrandes universités disposent toutes d’institutsde projets, en architecture et en urbanisme,qui sont particulièrement cotés. En effet, uneclassification — rang A, B, C…— résultat d’uneévaluation nationale, distingue les institutsentre eux et les types de concours pour desaménagements urbains ou des édifices auxquelsceux-ci peuvent répondre. Cette classificationest établie selon les réalisations déjà menéespar l’institut, selon les niveaux de diplôme etles savoir-faire des employés, selon les moyensmatériels à disposition.Si une telle organisation est toujours de mise,une différence majeure est intervenue depuis queles instituts sont autonomes en matière de gestionfinancière et qu’au sein de chaque département,les architectes et urbanistes sont invités àchercher des commandes auprès des maîtresd’ouvrage. Une critique communément formuléeà l’encontre de la structuration des institutsconcerne la relative fermeture d’un tel système :en effet, l’institut lié à une université ou à uneville recrute parmi ses diplômés, ce qui ne favoriseguère le renouvellement des idées et des pratiques,et renforce une tendance à l’uniformisationdes modes de pensée et des projets. C’est ainsiqu’en ouvrant les concours des édifices publicsà des agences étrangères, conduites à s’associerà des instituts de projets locaux, les échangesd’expériences sur la conception même des projetsse sont ajoutés aux transferts de savoir faire etde technologie.À la fin des années 1990, pour les architectespuis pour les urbanistes diplômés et disposantd’une expérience de quelques années, un concoursnational a été instauré distinguant par le titred’architecte ou urbaniste en chef ou de rang 1,ceux à même de signer un plan. Ces évaluationsnationales ouvrirent la porte à la pratiqueprivée, qui fut aussi encouragée. La possibilitéd’ouvrir une agence, dont les premiers quotasfurent strictement limités par le gouvernementsuivit l’instauration du concours. Quelquesagences ouvrirent immédiatement leurs portes,à l’initiative de jeunes professionnels désireux de20


Architecture contemporaine en Chine, un renouveau attendu ?pouvoir suivre une même idée, de la conceptionà la réalisation, partisans de suivre leur chantiereux-mêmes, étape qui était souvent déléguée ausein d’un institut de projet.D’autres pratiques se développèrent aussi commel’association d’une agence avec un partenaire àmême de signer des plans, ou encore l’ouverturedans les universités d’ateliers ou de studios par lesprofesseurs, soucieux de mettre en place d’autrestypes de projets que ceux réalisés par les instituts.Ces ateliers ou ces studios comprennent rarementplus d’une dizaine de personnes, bénéficient del’accès à la signature des plans par l’institut auquelils se rattachent et permettent un renouvellementréel des pratiques usuelles.Les instigateurs des nouvelles pratiquesarchitecturales et urbainesParallèlement à ces transformations du modede production des espaces bâtis, d’une envergurecertes très modeste au regard des millions demètres carrés construits dans chaque ville chaqueannée, l’initiative de personnalités peu communesa fortement contribué à renouveler les pratiquesprofessionnelles : architectes, promoteurs,urbanistes et maires adjoints, professeurs. Lespromoteurs devenus célèbres Pan Shiyi et sa femmeZhang Xin, à la tête du groupe Soho décident decréer un ensemble baptisé la Commune, au piedde la Grande Muraille au nord de Pékin et defaire appel à dix architectes asiatiques, du Japon,de Hong Kong, de Taïwan, de Corée, de Chinepour imaginer dix villas comme un manifesteet une collection d’architecture ; l’ensemble futimmédiatement primé à la Biennale de Venise en2002 ce qui lui assura une publicité immédiate.Depuis cette opération, le groupe Soho lancesystématiquement des concours restreints pourles projets de grande ampleur qu’ils développentaux abords des 3 e et 4 e périphériques de Pékin,sur ces anciennes emprises industrielles devenuesvacantes. Chaque opération est l’occasion deproposer de nouvelles manières d’imaginer laville : à Soho Xiandaicheng où est appliquéel’idée de mêler bureau et logement dans unappartement, de créer des patios communsà plusieurs étages - déclinaison verticale del’habitat traditionnel pékinois - et de proposer deséquipements communs à l’ensemble de tours, l’undes architectes s’appelle Cui Kai ; à Soho Jianwail’architecte japonais Rikken Yamamoto proposedes circulations piétonnes et une générositéd’espaces publics dans un ensemble répétitifs detours blanches similaires, de hauteurs variables.Pour la Commune, Soho avait choisi deuxarchitectes d’une importance majeure dans lemilieu professionnel chinois ; l’un est Yung HoChang qui construisit la « Split House », formemoderne d’une maison à cour, dont on a déjàévoqué le père, l’architecte Zhang Kaiji. YungHo Chang a suivi un double cursus en Chineà Nankin et à Berkeley en Californie où il estdevenu doyen, tout en conservant son agenceau nom mystérieux Feichang jianzhu pied denez amical aux vertus de l’architecture jianzhuqualifiées par feichang aux homophoniesmultiples (extrême, très commun). Ses premierstravaux, minimalistes, et ses écrits sur un microurbanismelié à l’analyse des modes de vie àPékin, en font un précurseur très engagé. L’autrearchitecte choisi pour la Commune, c’est CuiKai au sein de l’institut de projet lié auparavantau ministère de la Construction qui s’appelledésormais China Architecture Design & ResearchGroup.Cui Kai est générateur de projets pour sescontemporains dont il apprécie les réalisationset pour ses collaborateurs auxquels il met le pied àl’étrier. Il lance de nouvelles pratiques, et est l’undes premiers à surveiller attentivement la mise enœuvre de ses chantiers pour en assurer la qualité.Il n’hésite pas à faire appel à des jeunes architectesdont il partage l’approche architecturale pourpartager des programmes de grande ampleuret confier ainsi à une équipe de concepteurs lamise en œuvre d’une pluralité d’édifices. Ce modede faire s’est développé comme une traînée depoudre, et c’est ainsi que l’on retrouve plusieursagences complices sur nombre de chantiers, le21


Monde chinois, Hiver 2008-2009, n° 16Campus des Beaux-arts à Hangzhou (Zhejiang) par Wang Shu (Amateur Architecture Studio). © Françoise Ged.campus de l’université Dongguan (province duGuangdong), le complexe muséologique - déjàabandonné - des musées d’Anren (province duSichuan), un ensemble commercial à Nankin, unepromenade architecturale et paysagère à Jinhua(province du Zhejiang), etc. L’objet de ce partagedes tâches sur un même terrain est de permettrela variation architecturale, éviter la monotonied’un trop vaste ensemble confié à un seul institut,ouvrir la réflexion collective qui se dégage lorsdes réunions de coordination.Cui Kai n’hésite pas à confier à de jeunesarchitectes de son équipe des programmesd’importance comme celui qu’ont eu à charge LiXinggang ou Pang Guowei à leur retour de France,après avoir été selectionnés pour la formation duProgramme présidentiel. L’un a suivi le projet dustade olympique, l’autre a eu la responsabilitéd’un ensemble de bureaux, près de Deshengmenà Pékin, dont l’articulation fine redonne urbanitéet humanité à un secteur démembré par le passagedes périphériques et voies rapides.Autre personnage charismatique, Sun Jiwei esturbaniste et a occupé la fonction de maire adjoint àQingpu, petite ville de la municipalité de Shanghai.Il est conscient de l’impact de l’architecture etde la qualité urbaine sur le développement desvilles. Pendant son mandat, il confie à plusieursagences différents équipements publics : jardind’enfants (Deshaus), bureau d’urbanisme (LiuJiakun), bureau administratif pour le commerce(Deshaus), centre commercial et articulation avecla ville ancienne (Mada s.p.a.m.), bibliothèque etpromenade publique (Mada s.p.a.m.) et certainspromoteurs vont continuer en passant commandeà ces mêmes agences de petits équipements,comme ce fut le cas pour Deshaus à qui fut confiéle centre d’activités culturelles intégré à une vasteopération de logements.Cette mise en avant des agences privéesau cours des années 2000 a pour corollairel’éclosion d’événements spécifiques dédiés à laville et à l’architecture. C’est la création de labiennale de Shenzhen par la ville même, dont lecommissariat fut confié pour sa première éditionen 2005 à l’un des incitateurs de l’événement,l’architecte Yung Ho Chang, puis à Ma Qingyun,fondateur de l’agence Mada s.p.a.m. pour la22


Architecture contemporaine en Chine, un renouveau attendu ?seconde édition en 2007 ; toutes deux placèrentla qualité de l’architecture et de la ville aupremier plan de leurs réflexions, et valorisèrentpar la même occasion les travaux des architectescontemporains. Citons aussi le rôle des revuesprofessionnelles, celles dont le contenu s’enrichitpar les voyages multiples des rédacteurs, commeShidai jianzhu - Time + architecture, publiée àShanghai et la création de revues dont l’objectifest d’alimenter la réflexion comme Chengshizhongguo - Urban China créée par l’un desurbanistes de l’institut de projets de l’UniversitéTongji à Shanghai.Enfin, la création de nouveaux départementsd’architecture dans les universités donnel’occasion à de jeunes architectes de mettre enapplication, à travers les ateliers qu’ils créentau sein des universités, leurs idées dans desréalisations concrètes. Zhang Lei, revenu deZurich après des études en Chine, s’attache àretrouver des articulations anciennes avec unerigueur de mise en œuvre inspirée de son séjoursuisse, dans les maisons particulières qu’il réalisepour des poètes, en périphérie d’un lac ; il s’appuiesur le paysage existant, les matériaux disponiblesde la briqueterie voisine pour imaginer desmaisons contemporaines aux détails soignés.Dans la province voisine du Zhejiang, Wang Shu,nommé directeur du département d’architecturede Hangzhou en 2003 se voit confier l’extensiondu campus des Beaux-arts, hors les murs. Dansun programme en deux phases, réalisé en untemps record avec une petite équipe, il livre deuxensembles remarquables dans un paysage qu’ilmet en valeur et protège. Soucieux de la qualitédes espaces, de la maîtrise des coûts et de la miseen valeur des savoir-faire des artisans, il faitappel à des matériaux de récupération, briqueset tuiles anciennes des chantiers de démolitionvoisins, dont il habille murs et toitures, il choisitdes bois à la pousse rapide comme le métaséquoiacommun dans la région pour proposer,à l’instar des grandes résidences chinoises, debeaux espaces clos par de vastes panneaux quis’ouvrent sur des patios pour les grandes sallesd’atelier ; il fait appel à l’inventivité des ouvrierspour la mise en œuvre des murs doublés debriques récupérées, s’inspirant des murs anciensreprisés avec imagination, tels des tissus usésaprès les passages de cyclones. Remarqué àla Biennale de Venise en 2006, l’un des cinqlauréats primés par le Global Awards en 2007,Wang Shu et son agence, Amateur ArchitectureStudio, sont désormais appréciés par la villequi lui confie la réhabilitation d’une des ruesmajeures de Hangzhou.Cette nouvelle génération d’architectes, néeentre 1955 et la Révolution culturelle, a encommun d’avoir une connaissance fine de laculture chinoise, qu’elle réutilise non plus dansdes formes académiques mais interprète dansla variation sur le thème de la maison à cour,comme le jardin d’enfants de l’agence Deshaus,créée par trois jeunes architectes shanghaiens quiont refusé la pratique des instituts de projets ; ilsdéclinent pour chacune des classes un petit mondeintrinsèque organisé autour d’un arbre, une courattenante à une salle d’activité pour la classeavec un dortoir à l’étage. Chacun de leurs projetsjoue de cette relation entre intérieur et extérieur,espace perçu et espace vécu, appartenance à unensemble et vision sur des ailleurs possibles. Ilsaiment à utiliser des vocabulaires issus des jardinstraditionnels, comme les ouvertures cloisonnéesde petits bois aux brisures aléatoires, les cadragesde vues qu’ils déclinent en verre sérigraphié, ouen fentes coloriées, réserves amusantes dans desbétons joyeusement égayés.En fait, cette poignée d’individualités, qui a eule pied à l’étrier au début des années 2000, estriche d’une culture qui s’est construite avant lasociété de consommation et qui fait fi des formeset des effets d’annonces. Pour autant, certainsn’y sont pas étrangers comme l’agence Mad,à Pékin, qui se fait remarquer par ses projetsaux formes torses empruntées aux facilités descalculs informatiques, images fantastiques plusque projets concrets.La recherche de la modernité pour les architecteschinois loin d’être un phénomène nouveau est23


Monde chinois, Hiver 2008-2009, n° 16en fait en train de se renouveler en profondeurau XXI e siècle. La pratique urbaine en témoigneelle aussi, au travers d’opérations déjà évoquéesavec les partages de projets d’envergure, maisaussi avec des prérogatives nouvelles que l’onvoit émerger et revendiquer dans des agences,comme Standardarchitecture installée à Pékin.C’est également au sein des équipes de recherchedes universités, que se trouvent les expériencesles plus novatrices, mettant en place des centresde projets sur les quartiers anciens, comme le fontles professeurs Ruan Yisan, Zhou Jian, Shao Yong,Zhang Kai au travers des studios et des équipesqu’ils animent à l’Université Tongji. Commepour tout projet sur la ville, le lien avec lesautorités locales est fondamental et ce n’est pas lemoindre de leurs mérites que d’avoir imaginé unesensibilisation des décideurs locaux aux pratiquesarchitecturales et urbaines.La discontinuité dans l’histoire du XX e siècle enChine, que les générations précédentes ont subieavec violence, se recompose progressivementdans un paysage qui s’est complexifié en deuxdécennies : à la globalisation des échangesmondiaux et de la compétition internationalequ’elle suscite, s’ajoute une montée en puissancedes revendications des citadins, notammentdes propriétaires, des internautes, et desruraux malmenés par l’extension urbaine sansprécédent.Cette nouvelle donne, qualitative plus quequantitative, repose sur une petite élite, quiintervient à des niveaux distincts : décideurs,opérateurs économiques et techniciens. La villefonctionnelle, dont l’avenir était planifié parzones dévolues à l’habitat, l’industrie, etc., pourrépondre à des objectifs quantifiés, n’est plussi simple à mettre en œuvre. Pour autant, lamédiocrité commune à nombre de constructionsnouvelles tout comme les prouesses des édificesremarquables conçus avec des agences étrangères,ne doivent pas oblitérer la capacité réelle àinventer de nouvelles pistes que l’on voit sedessiner dans des morceaux de ville, de paysageet d’architecture et qui témoignent d’itinérairespersonnels à même de se réapproprier leurhistoire dans sa pluralité, celles des sites, dessavoir-faire.Avec mes remerciements pour leurs relecturesattentives à Yu Liqing et Florence Contenay.1. L’exposition présentée par la Cité et coproduite par le Centrede culture contemporaine de Barcelone s’inscrit dans la lignée denombreuses manifestations et programmes d’échanges entre les deuxmilieux professionnels de l’architecture et de la ville en France et enChine : expositions sur l’architecture en France à l’Université Tsinghuaà Pékin et en Chine à Paris-La Défense en 1996 organisées par A3 ArtArchitecture Association, 50 e session de l’Union Internationale desArchitectes à Pékin en 1999, avec trois Français parmi les dix invitésd’honneur, création de l’Observatoire de l’architecture de la Chinecontemporaine par le ministère de la Culture et de la Communicationavec les ministères des Affaires étrangères et de l’Éducation et de larecherche en 1997, mise en place du programme présidentiel pour« 150 architectes urbanistes et paysagistes chinois » accueillis enFrance entre 1998 et 2005, échanges entre critiques d’architecturefrançais et chinois, séminaire sur le rôle de la critique architecturale,ateliers inter-écoles d’architecture, convention cadre entre laDirection de l’architecture et du patrimoine, la Cité de l’architectureet du patrimoine et, pour la partie chinoise l’Institut de formation etde recherche sur le patrimoine mondial- Asie Pacifique (Shanghai)et l’Université Tongji.2. Sur la place Tian’anmen, ses significations et transformations,voir l’excellent ouvrage de Wu Hung, Remaking Beijing - Tiananmensquare and the Creation of a Political Space, Reaktion Books, Londres2005.3. Wang Jun 王 军 , Cheng Ji 城 记 (mémoires d’une ville), Sanlian,Pékin, 2003.4. Voir notamment Peter G. Rowe et Seng Kuan, ArchitecturalEncounters with Essence and Form in Modern China, MIT Press,Cambridge, Massachusetts, 2002 et Zhang Liang, La naissance dupatrimoine en Chine au XIX e -XX e siècle, Recherches IPRAUS, Paris,2003.5. Ssu-yu Teng, John K. Fairbank, China’s response to the West aDocumentary Survey 1839-1923, Atheneum, New York, 1975.6. Un livre chinois a été consacré au sujet, avec une introductionintéressante ; il est disponible en français : Institut d’architecturede Pékin (sous la dir.) Architectures olympiques – Pékin 2008,Parenthèses, Marseille, 2008.7. www.bjinformation.com n° 51, 2005.8. Voir l’ouvrage écrit par un architecte et ingénieur diplômé enFrance, revenu en Chine après guerre, acteur et témoin de cettepériode : Hoa Léon, Reconstruire la Chine - Trente d’ans d’urbanisme1949-1979, éditions du Moniteur, Paris, 1981.•24


Architecture contemporaine en Chine, un renouveau attendu ?La Cité de l’architecture et du patrimoineDu renouvellement urbain à la revitalisation du patrimoine, la question de la ville préoccupe chaquejour davantage nos contemporains : la Cité de l'architecture et du patrimoine, propose à ses visiteurs unediversité culturelle exceptionnelle, sur 22 000 mètres carrés au cœur de Paris, au Palais de Chaillot.Établissement public sous tutelle du ministère de la Culture et de la Communication, la Cité se proposed'être un grand centre de diffusion de la connaissance pour tout ce qui touche à la qualité de l'architecture,à la valorisation du patrimoine et à la préservation de l'environnement urbain. La Cité comprend troisdépartements : le département architecture (Institut Français d’Architecture – IFA), le départementformation (École de Chaillot) et le département patrimoine (Musée des monuments français).S'adressant aussi bien au grand public qu'à des acteurs plus spécialisés, la programmation est diversifiée :expositions permanentes et temporaires, enseignements et ateliers, colloques, débats, projections, courspublics, conférences thématiques.Aux spécialistes des domaines de l'architecture et de la ville, la Cité offre les enseignements dispenséspar l'École de Chaillot, une bibliothèque et un centre d'archives. Un auditorium, des lieux de rencontres,l'ouverture à d'autres formes artistiques, une politique d'échanges internationaux visant à susciter et àalimenter des débats, permettent à la Cité de jouer pleinement son rôle de centre culturel pluriel, dédiéà la promotion de l'architecture du présent comme du passé.Expositions en cours :- Lacaton et Vassal (jusqu’au 15 mars)- Trésors des réserves : Vierges à l’enfant (jusqu’au 1 er mai)- Générocité (jusqu’au 10 mai)Expositions à venir :- Le Grand Pari de l’agglomération parisienne (à partir du 29 avril)- Habiter écologique (à partir du 12 mai)www.citechaillot.frLuyeyuan Stone Sculpture Art Museum (Sichuan) par Liu Jiakun (Jiakun Architects). © Françoise Ged.25


Monde chinois, Hiver 2008-2009, n° 16L’Observatoire de l’architecture dela Chine contemporaineÀ l’IFA, l’Observatoire de l’architecture de la Chine contemporaine a pour vocation de développerles échanges professionnels dans les domaines de l’architecture, l’urbanisme, le paysage. Pilote duProgramme présidentiel de formation destiné à 150 architectes, urbanistes et paysagistes chinois de1998 à 2005, l’Observatoire a mis en place un réseau professionnel de haut niveau et organise en Chineet en France des séminaires, colloques, et expositions.L’Observatoire est partenaire de longue date de l’Université Tongji à Shanghai, avec lequel il mènedifférents programmes liés au développement urbain et aux quartiers anciens, avec la Direction del’architecture et du patrimoine au ministère de la Culture et de la Communication et avec l’École deChaillot.Maisons des poètes à Gaochun (Jiangsu) par Zhang Lei (Atelier Zhang Lei). © Nacasa & Partners.26


c h o i s e u l é d i t i o n sMonde ChinoisAu-dedes sujets économiques et stratégiques que larevue traite habituellement, Monde Chinois s’ouvre auxquestions culturelles, à l’actualité cinématographique etlittéraire chinoise, à l’art et aux débats de société actuels.À mi-chemin entre le livre et le magazine, Monde Chinoisbénéficie d’une maquette aérée, avec de nombreusesphotographies et illustrations.Revue trimestrielle144 pages | 185x 255 mm20 euros TTCAchat en ligne sur www.choiseul-editions.com(paiement sécurisé)N°16 | L’architecture en ChineLe Nid d’oiseau, stade olympique chinois, a présentéau monde le nouveau visage de la Chine architecturale.Gratte-ciels, gares, aménagements d’espace d’envergure :les paysages urbains chinois changent de visage à toutevitesse. Ils traduisent la force des mutations économiquesdans le pays. La demande et les besoins offrent aux agencesétrangères ou locales un terrain propice aux nouvellesexpériences et pratiques architecturales, et au travail encommun sur des projets colossaux. Les architectes chinoispartent d’abord se faire un nom à l’étranger pour obtenirla reconnaissance dans leur pays.Néanmoins, derrière les projets à grande échelle,d’autres constructions sont mises en péril : aucunepolitique de conservation du patrimoine ne protège leshutong traditionnels de Pékin ou les admirables bâtimentshistoriques des années 1930 à Shanghai...>> DernierS dossierSMONDE CHINOIS n°15L’Eau en Ch i n eLe développement économique anarchique de la Chine ces dernièresdécennies a conduit à un véritable drame écologique et à unetension hydrique inédite. Ce numéro, en plus d’examiner les enjeuxde l’eau en Chine, revient sur des sujets d’histoire, d’actualité et deculture, richement illustrés.MONDE CHINOIS n°12 & 13Où va Taïwan ?Un dossier complet sur Taiwan, qui examine la situation politique etstratégique, les perspectives économiques, la culture et l’histoire - etmême la fausse histoire taiwanaises. Ce numéro reproduit les 50premières photographies de l’île de Formose, extrêmement rares etinédites, prises par John Thomson.


Monde ChinoisBULLETIN D’ABONNEMENT OU DE RÉABONNEMENTM, Mme, Mlle Nom PrénomSociété/InstitutionN° RueCode postalVillePaysAdresse électroniqueFranceAutres pays1 an (4 numéros) 85 952 ans (8 numéros) 160 180Je souscris un abonnement pour 1 an 2 ansÀ partir du numéroDateSignature/CachetPaiement par virement bancaire versCrédit du Nord59, boulevard Haussmann75361 Paris, cedex 08Banque : 30076 - Agence : 02019Compte : 57336700202 - clé RIB : 03IBAN : FR76 3007 6020 1957 3367 0020 203swift (BIC) : NORDFRPPprécisez« frais bancaires à la charge du donneur d’ordre »ouPaiement par chèque à l’ordre deMonde chinois.Choiseul éditions28 rue étienne Marcel, 75002 Paris, FranceTel +33 1 53 34 09 93Attention,les chèques étrangers doivent être en euros,compensables en France.GRATUITPour tout abonnement, le numéro spécial« Où va Taiwan ? » de la revueMonde chinois vous est offert.□ je souhaite recevoir unexemplaire de Monde chinois« Où va Taiwan ?»En complément :les photographies inéditesde l’île de Formose par JohnThomson.


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