Travailleurs nomades - Metro

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Travailleurs nomades - Metro

Travail eT vie privée: pas facile à concilierSéparéspar le travailParmi les obstacles à la vie amoureuse, on connaissaitla routine, l’arrivée des enfants, ou l’infidélité.Dans certains cas, le travail mérite de faire partiede cette catégorie ! En effet, flexibilité oblige, deplus en plus de couples essaient de maintenir laflamme malgré la distance géographique et/ou deshoraires décalés.Plus de possibilités de congés maisdes rythmes de travail plus intensesSelon une étude comparative effectuée par Randstad en 2002 puis en 2009, les salariés estimentque l’équilibre entre leur travail et leur vie privée s’est dégradé.Les salariés donnaient en 2002 une valeur moyenne de 7,3 sur 10. Celle de 2009 est tombée à6,8. En règle générale, plus la fonction est élevée, plus la baisse est importante. Mais c’est aussidans l’horeca (6,3) et dans le commerce de détail (6,6) que l’insatisfaction se fait le plus ressentir,tandis que dans les pouvoirs publics, on reste globalement satisfait (7).Les salariés qui travaillent à Bruxelles sont moins satisfaits de l’équilibre entre leur vieprofessionnelle et leur vie privée, note encore l’étude de Randstadt. Bruxelles affiche à ce niveauun score de 6,4 alors que la Wallonie et la Flandre obtiennent respectivement 6,6 et 6,9. Desdéplacements difficiles vers Bruxelles jouent probablement un rôle à ce niveau.Pourtant, les possibilités de concilier vie de famille et vie professionnelle sont multiples (tempspartiel, crédit-temps, congé parental ou congé sans solde). Randstadt remarque qu’entre 2002 et2009, le travail de nombreux salariés est sans doute devenu plus contraignant et admet que lessalariés doivent faire face à une intensification du travail.Tout le monde a certainement dans son entourage un couple en ‘jet lag’ professionnel.Pour répondre aux exigences de leurs boulots respectifs, ils doivent se contenter de peu detemps passé ensemble. Leurs horaires sont décalés et ils ont à peine le temps de se croiserle soir ou le matin. Ou un couple dont un des partenaires est un ‘intermittent du foyer’, obligéde vivre hors du domicile familial une partie de la semaine, voire sur de plus longues duréesdans le cadre de missions à l’étranger.Dans les faits, certains s’accommodent d’emblée de cette situation… ou finissent par s’y faire,quand d’autres arrivent difficilement à soutenir ce perpétuel décalage dans leur vie intime.Chacun réagit à sa manière face aux séparations, même si celles-ci ne sont que temporaires. Lafaçon dont elles sont vécues dépend aussi de la qualité du lien qui unit les deux partenaires,de leur histoire commune. Un couple sans enfant, par exemple, supportera sans doute plusfacilement un style de vie détaché.Quand il s’agit d’une famille, le conjoint le plus disponible doit composer à la fois avecl’absence de son partenaire et avec celle du père (ou de la mère) de ses enfants. Le quotidienpeut alors parfois paraître lourd et un peu trop solitaire. Mais d’un autre côté, ce ‘jet lag’peut aussi offrir au couple une liberté et une indépendance salutaires.Chaque cas est singulier. Mais la question de l’équilibre entre vie professionnelle et vie privéese pose de manière plus aigüe pour ces couples abonnés aux absences de l’être aimé. Quellestratégie pour tenir le coup face aux aléas du quotidien ? Plus que jamais, s’organiser. Etpour préserver les sentiments ? Il faut ‘romantiser’ la chose : tous les amoureux n’ont pasla chance de fêter des retrouvailles aussi souvent !Sarah StuderTémoignage«I’ai appris à m’organisersans lui»La vie en couple n’est pas forcément unlong fleuve tranquille. La vie professionnellenon plus ! Les deux restent liés,comme le montre le témoignage d’Edithet Oscar. Fusionnels au début de leur relation,travaillant ensemble dans un cirqueitinérant, ils forment à présent un coupleà distance, séparés par le travail pour lui,par les obligations familiales pour elle.« Pendant trois ans, nous avons vécuet voyagé au rythme du cirque : pas dedécisions importantes à prendre, pas defactures à régler. Notre petit chez-noustenait sur 15 mètres carrés !. Jeunes amoureux,cette vie nous convenait bien. Puis,nous avons eu envie de fonder une familleet nous étions d’accord sur le fait que lavie dans un cirqueserait trop rude, tropcompliquée avec desenfants. »Le jeune couple semarie et s’installe àBruxelles. Edith trouveun emploi au muséeRené Magritte à Jette,tandis qu’Oscar rejointune société de transport routier international.« Ça a tout de suite été l’horreur !Il travaillait en ‘just in time’, une formuleoù les routiers se passent les remorquescomme une course de relais. Il partaittoute la semaine. C’était du 24 heuressur 24, chaque livraison était un exploit.C’était très stressant pour lui, comme pourmoi », se souvient Edith.De son côté, quand son contrat au MuséeMagritte se termine, la jeune femme travailleà l’accueil d’un centre médical. «Quand notre fils est né, Oscar a changé detravail, moins intense mais toujours dansle transport international, avec de longsdéplacements, des horaires décalés… J’aipris un congé parental à mi-temps : étantseule la semaine, c’était nécessaire pour«On se donnedes rendez-vous àl’improviste»assurer les horaires variables, de 8h à 20h.» Puis, le centre médical ferme et décrocherun emploi conciliable avec les horairesde la crèche se révèle un parcours ducombattant. Au cours de ses démarches,Edith apprend l’existence d’une dispensede recherche d’emploi pour raisons socialeset familiales, accordée notammentquand on a des enfants âgés de moins dequatre ans. Elle envisage sérieusementcette possibilité…Depuis, un deuxième garçon et une fillesont arrivés dans la maison achetée à lacampagne. « Pour l’instant, je suis officiellementmère au foyer. Mon mari estsur la route et nous n’avons que les weekendspour nous retrouver en famille. Ilarrive parfois qu’ilpasse pas trop loin dela maison au milieu dela semaine, alors on sedonne des rendez-voussur l’autoroute, ça metun peu de piment ànotre vie de couple ! »Au quotidien, Edithélève seule ses troisenfants âgés de 5 ans ½, 2 ans ½ et 8 mois.« Depuis la naissance de notre fils aîné,Oscar est sur les routes. En fait, je me suishabituée dès le début à ne pas attendred’aide de sa part, c’est comme ça. Notre viesans lui la semaine est bien organisée. Lesenfants aussi ont dû prendre l’habitudede ne pas beaucoup voir leur papa. Maisquand il rentre pour le weekend, c’est lafête ! »C’est une vie paisible, centrée sur la familleet les amis, qui leur convient bien même sielle ne leur permet pas beaucoup d’extras.« Après ? Je n’y pense pas encore. Peut-êtreque je trouverai un travail dont l’horairecorrespond à celui de l’école des enfants.Qui sait, peut-être qu’Oscar aura envied’un travail un peu plus sédentaire… »

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