Travailleurs nomades - Metro

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08 METRO jOb DELUXEQuand votre job vous rend impopulaireLa mauvaiseprofession, ou pas ?Ph. D.R.Nous aspirons tous à être reconnus pour le travail que nous effectuons et traitésavec un minimum de respect. C’est vite dit quand «contrôleur horodateur»,«arbitre» ou «inspecteur pour la sécurité de la chaîne alimentaire» est inscritsur votre carte de visite! Les personnes qui ont fait ce choix de profession sontellesaccueillies avec des sifflets, comme on a tendance à le penser?Marc Vervaeke, médecin-contrôleurElineMaeyens«La loi prévoit qu’un employé a droit pendant un mois et un ouvrier pendant 14 jours àun salaire garanti en cas de maladie. De leur côté, les employeurs ont estimé qu’ils devaientpouvoir se protéger. On a dès lors instauré la médecine de contrôle pour endiguer lesfraudes et les abus. Nous débarquons généralement chez les gens sans prévenir. Leurs réactionsvont de la confusion à la stupéfaction. Beaucoup se demandent pourquoi ça tombesur eux. J’essaie de rester juste et humain et d’expliquer aux gens qu’il est logique d’exercerun contrôle quand il y a une rémunération garantie. La grande majorité des contrôless’effectuent sans problème: la raison et la durée de l’absence ne sont généralement pascontestées.»«Bien sûr, les problèmes apparaissent quand nous émettons un avis négatif. Des chosesinsensées se sont déjà produites: peinture de ma voiture griffée, pneus crevés, agressionsverbales. J’essaie de ne surtout pas provoquer et de bien tout mentionner correctement.Il m’est arrivé à une reprise d’être menacé de mort. Heureusement, l’employeur avait lespreuves sur papier et a licencié la personnesur le champ. Je pense toutefoisque nous devrions être mieux soutenuset recevoir un statut. J’aime bien fairece travail, mais il n’est pas toujours facilede garder son calme et d’être surses gardes face à une éventuelle agression.De plus, le médecin-contrôleurest dans une position quelque peuinconfortable: il arrive souvent qu’onpense que nous contrôlons nos proprescollègues et remettons en cause leuravis, ce n’est pas notre but. Nous comprenonstout à fait qu’en début de maladieil peut être difficile d’évaluer letemps durant lequel une personne vadevoir rester chez elle.»Yamani El Bali,contrôleur horodateur«Je travaillais déjà comme étudiant pourParkeerbedrijf Antwerpen avant d’y être engagéà durée indéterminée et ça me plaisait.J’ai remarqué que j’ai évolué sur de nombreuxplans, surtout au niveau des contactssociaux. Je suis devenu nettement plus sociable.Nous faisons généralement notre tour à deuxet c’est très agréable. C’est un job varié: vous êtes souvent dehors, vous apprenezà connaître la ville comme le fond de votre poche, il arrive que vous aidiez un touriste àchercher son chemin, vous devez aussi pouvoir informer les habitants.»«Je me suis fixé comme objectif d’expliquer le plus clairement possible la politique en matièrede parking, de façon à ce que les gens sachent à quoi nous servons. Ils nous demandenten effet souvent ce que nous faisons dans leur quartier. Ils pensent que nous ne sommeslà que pour distribuer des amendes et faire de l’argent, mais notre but est d’apporter unestructure. Je trouve que nous créons aussi une image positive de la rue: je n’hésite jamais àaider une personne âgée à traverser. En tant que contrôleurs horodateurs, nous bénéficionsd’un bon suivi et d’une bonne formation: nous avons, par exemple, appris à conclure le plusvite possible une discussion et à ne pas nous engager trop loin dans ce genre de chose.C’est vrai, il nous arrive de tomber sur des gens grossiers. Cela se limite généralement à desinsultes. Mais nous ne faisons que notre travail. J’ai grandi à Anvers. Je trouve que c’estimportant qu’un contrôleur horodateur connaisse sa ville.»Ph. J. Van der HallenAlex Verstraeten, arbitre«J’ai été arbitre pendant 25 ans, mais j’ai maintenantdépassé la limite d’âge européenne officielle de45 ans. Après toutes ces années, mon bilan est detoute évidence positif. Arbitrer est une activité bienplus agréable qu’on ne le pense généralement. Vousfaites la connaissance d’énormément de gens, vousvous créez un cercle d’amis et si, comme moi, vousavez travaillé au niveau européen, vous apprenezaussi à connaître différentes cultures. Un bon arbitredoit être dégourdi et avoir la peau dure: ildoit pouvoir supporter beaucoup, apprendre à relativiser,répondre de façon appropriée, mordre detemps à autre sur sa chique. En tant qu’arbitre,vous êtes le représentant de la Ligue belge defootball. Les clubs pensent qu’un arbitre ne peutpas faire de fautes, mais c’est un être humaincomme les autres. De plus, c’est en forgeantqu’on devient forgeron. Nous prenons toutes nosdécisions en notre âme et conscience, en fonctionde ce que nous voyons.»«Il est vrai que quand onze joueurs se précipitent vers vous, vousvous dites parfois: «M…, est-ce que j’ai raté quelque chose?» Mais vous ne pouvez pas lemontrer: vous devez toujours vous en tenir à votre décision et, pour ce faire, vous devez êtredroit dans vos bottes. J’ai déjà été agressé, vous savez. La moindre décision déterminantepour le match est pratiquement toujours contestée. Quand j’étais assistant en quatrièmeprovinciale, je suis rentré à deux reprises chez moi sous protection de la gendarmerie.Généralement, cela ne va pas plus loin que des agressions verbales et des menaces, maiscela effraie les aspirants arbitres. C’est la raison pour laquelle nous sommes confrontés à unmanque d’arbitres. Les clubs devraient apprendre à leurs membres et à leurs entraîneurs àrespecter l’arbitre. Néanmoins, si vous avez un profond respect pour le football, l’arbitrageest et reste un hobby fantastique.»Sylvie Steenaert, contrôleuse pour la sécuritéde la chaîne alimentaire«Je suis contrôleuse dans le secteur de la distribution. Cela va des restaurants aux boulangerset aux bouchers. Avant, j’ai été responsable pendant dix ans du rayon frais d’unsupermarché et je voulais mettre à profit mon expérience en la matière. C’est la part laplus agréable de mon travail, rendre service à la population. C’est en outre un travail danslequel le contact humain est important: nous essayons de communiquer et d’informer dumieux possible.»«Bien entendu, les réactions à nos visites, généralement à l’improviste, sont souvent glaciales.C’est tout à fait typique de rencontrer une résistance quand on prononce le mot‘contrôle’. Certaines personnes sont très attentives quand vousleur donnez des explications, mais d’autres s’enfichent totalement. «Vous tombez mal» est l’unedes réactions les plus fréquentes. Oui, nous essayonsde ne pas trop perturber les activités, maisnous devons quand même voir comment cela sepasse sur place, non? Nous essayons toujours d’effectuerle contrôle de la façon la plus objective possibleet nous disposons pour ce faire d’une checkliststandardisée. Sur cette base, nous émettons desrecommandations, exécutons un second contrôle-car tout le monde a l’occasion de résoudre les problèmessignalés-, dressons un procès-verbal ou procédonsà une fermeture temporaire en cas de risqueimmédiat pour la santé publique. Pour une fermeture,nous devons être à deux et convoquons alorsun collègue qui se rend rapidement sur place. Je n’aipour ma part encore jamais été confrontée à de véritablesmenaces, mais cela arrive. J’essaie de resterneutre et de décider sans préjugés. J’adore faire cejob et je n’ai pas l’intention d’en changer (rires).»Ph. UEFAPh. FAVV

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