M ensuel protestant belge n ° 8 - septem bre 2013

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M ensuel protestant belge n ° 8 - septem bre 2013

oup de projecteurL’éthique, une sagesse pour notre tempsPhoto: © FotoliaNos sociétés modernes, qu’on appelle parfois post-modernes, semblent avoir atteint un tel degré de complexitéqu’elles ne peuvent être appréhendées dans leur unité, en retour, que par des référentiels universelssusceptibles de les réguler et de les contrôler. Le succès contemporain de l’éthique, dont nous verrons cependantles ambiguïtés, participe du même mouvement.Le paradoxe le plus étonnant réside sans doute dans le fait que la complexité dont il est ici question peutêtre comprise comme la résultante de processus d’individualisation extrême des croyances et des conduites,alors même que les référentiels communs censés la réguler ne peuvent être compris que comme des réponsesaux besoins et aux exigences des individus eux-mêmes. L’éthique apparaît à la fois comme la source desproblèmes et comme la réponse aux défis qu’ils posent. C’est sans doute la raison pour laquelle des responsablespolitiques – je pense notamment au nouveau ministre de l’Education nationale française VincentPeillon – ont émis l’idée qu’une morale laïque, très tôt enseignée à l’école, pourrait en quelque sorte servirde ciment social 1 .Le but du présent article est de rappeler que l’éthique ne saurait se contenter de jouer un rôle d’alibi pourles bien-pensants. L’éthique doit être comprise de manière critique et créatrice, comme une contributionoriginale et décapante, capable de renouveler notre vision du réel et notre agir responsable et transformateurau sein des sociétés démocratiques post-modernes.PAGE4 gMosaïque N° 8


Coupde projecteur1. L’éthique, une réflexionAfin de remédier à cette violence,tère normatif, proprement contrefac-critique sur la moralecontraire aux valeurs qui me rat-tuel.tachent à l’autre, nous passons alorsPour résister au découragement quipar le « tournant de l’interdiction »,La plupart du temps, on fait comme sipeut parfois nous saisir par excèsqui donne lieu à l’intervention de lal’éthique était une donnée naturelle etde complexité et insuffisance deLoi morale. L’éthique semblait pouvoirévidente, et cela porte à se scandali-confiance en soi, il importe de nouss’arrêter au dialogue pacifique et har-ser très vite du manque de moralité desouvenir et de nous ressaisir des ca-monieux des libertés entre elles, maistelle personne ou de tel acte. On vou-pacités dont nous disposons, commele surgissement de la violence exige ledrait que l’éthique domine la réalitésujet individuel, afin de mieux com-passage par la morale comme limite.de manière spontanée, comme si elleprendre notre condition finie et deétait un trait constitutif de la réalitémieux affronter les défis que la vieDu point de vue théorique, la dia-humaine et sociale. Or la dialectiquereprésente pour nous.lectique de l’éthique et de la moralemême de l’éthique comme intentionmet en évidence la nécessité d’uneoriginaire et de l’interdiction moraleLe grand philosophe protestant Paulréflexion critique. L’éthique surgit icicomme limitation de la violence nousRicœur (1913-2005) a montré de ma-en un sens nouveau, comme point deoblige à constater que l’éthique prendnière magistrale que l’éthique prendvue méta- seul susceptible de mettreà rebours le déroulement des choses.sa source dans une intention origi-en évidence la différence et l’articula-naire, par laquelle le sujet se montretion de l’intention éthique originaireOn pourrait estimer décourageant uncapable d’exercer et d’exprimer saet de la Loi morale. C’est sur ce proces-tel écart entre la réalité et l’éthique. Jeliberté comme mouvement intimesus réflexif que repose et que s’appuiepense, tout au contraire, que la nor-de lui-même 2 .la dimension proprement critique demativité de l’éthique est une chance.l’éthique comme discipline intellec-En nous orientant vers un bien moralMais la liberté n’existe pas seule ; elletuelle, à la fois théorique et pratique. Ilou vers une justice éthique qui ne sontfait d’entrée de jeu l’expérience de laest très important de noter ce doublepas encore réalisés, nous prenonsprésence d’autres libertés, ou plussens du mot « éthique » : l’éthique estconscience de leur caractère téléolo-exactement de la liberté de l’autre.à la fois intention originaire inscritegique, de leur dimension idéale forte.Comme l’a dit Emmanuel Kant (1724-dans la dynamique du sujet moral etNous sommes tirés en avant par le1804), dès l’instant où l’on ne consi-perspective critique capable de pen-but assigné à notre action et à notredère pas la seule dynamique de laser le lien de cette intention éthiqueconduite de la vie.liberté mais qu’on la pense d’un pointet de l’interdiction morale.de vue moral, ma liberté s’arrête là où3. Un rapport complexe aveccommence celle d’autrui.2. Une dimension normativeles religionset contrefactuellePour Ricœur, cela s’explique par laNous avons fait rapidement allusion,possibilité de la violence qui résideL’éthique, au sens de discipline deau début de cette contribution, àdans la liberté elle-même. Ma libertél’esprit, nous apparaît dès lors commel’idée, évoquée par d’aucuns, d’unepeut en effet vouloir la disparition ouune ressource réflexive et critiquemorale laïque censée apporter unedu moins la diminution de la libertédont la personne humaine disposesolution d’ordre général et universeld’autrui. Le meurtre d’autrui est unepossibilité de la liberté.Septembre 2013 gMosaïqueafin de répondre aux exigences de lacomplexité. Cela lui donne un carac-aux dilemmes survenant à l’école etdans la société toute entière.PAGE5


Coupde projecteurL’éthique, une sagesse pour notre temps (suite)On ne saurait toutefois passer ici soussilence les équivoques que charrie lanotion de laïcité, employée un peu àtoutes les sauces. Nous comprenonspour notre part cette idée de laïcitécomme l’expression d’une fondamentale,légitime et nécessaire impartialitéde l’Etat envers toutes les visionsdu monde, qu’elles soient religieusesou philosophiques. Nous touchons dudoigt, par la même occasion, la différencetrès importante entre le rôleformel des institutions étatiques etles contenus substantiels ou idéologiques(au meilleur sens du terme) deces visions du monde. L’Etat n’a pas àimposer un contenu idéologique auxcitoyens qui le composent. Mais unautre problème vient se greffer sur leprécédent et rendre la question beaucoupplus subtile. Aussi vrai qu’il estimportant de maintenir la fonctionformelle de l’Etat comme garant de libertéde croyance et d’opinion, autantcela ne signifie pas que cette formalitéfonctionnelle de l’Etat soit indemnede toute détermination axiologiqueou idéologique. L’idée même d’Etatde droit et de société démocratiqueprésuppose un système objectif devaleurs, celles que nos voisins françaisont coutume d’appeler « les valeurs dela République » et que nous pouvonsdéfinir plus largement comme desvaleurs démocratiques.4. Une sagesse pour notretempsTout ce que nous avons dit jusqu’icisur l’éthique conduit de notre point devue à la considérer davantage commeune sagesse que comme une scienceexacte.Cette notion de sagesse ne doitcependant pas être cantonnée dansune vision idéaliste des choses. Notrepropos n’est pas de préconiser un replisur une sagesse privée, réservée à laseule vie morale et spirituelle des individus,mais bien de réfléchir sur l’idéed’une sagesse sociétale, susceptibled’éclairer et d’orienter l’agir social descitoyens (tant des citoyens de notrenation d’appartenance que ceux dumonde tout entier dont nous faisonségalement partie).Quels pourraient être les composantsd’une telle sagesse sociétale ?Tout d’abord, nous aimerions plaiderpour la vertu de mesure ou de modération.Face aux défis de la mondialisationactuelle, qui tend à accélérersans ménagement nos connaissanceset nos actions, il importe de rappelerle fait que nous sommes des créaturesmortelles et finies. De ce point de vue,les efforts entrepris actuellementpour justifier et pour concrétiser uneidée de post- ou de trans-humanitédoivent être examinés avec la plusgrande circonspection. Dans leursvisées les plus radicales, voire les plusextrêmes, ces théories ont tendanceà nier la finitude humaine et à évaluerde manière entièrement négativeles limites inhérentes à la conditionhumaine (mortalité, morbidité, vieillissement,incomplétude, inégalités« naturelles », etc.) 3 . Cette vertu demodestie n’est pas, clairement, uneexigence limitée au seul individu ou àbien plaire, mais devrait devenir unecaractéristique sociale nous permettantd’affronter avec réalisme et déter-Photo: © BZSPAGE6gMosaïque N° 8


Coupde projecteurmination des questions complexescomme celles de l’écologie (justiceclimatique, etc.) 4 ou de la disséminationinformatique illimitée 5 .Une autre donnée constitutive d’unenouvelle sagesse sociétale pourraitêtre la capacité critique de discernement.Trop souvent, dans le mondecontemporain marqué par la vitesseet la boulimie, nous nous contentonsd’accumuler et d’ingurgiter les informationsqui nous envahissent, sansnous donner les moyens de la distancecritique 6 . Un effort particulierdoit être effectué sur ce point dès lespremières années de l’école primaire.Enfin, la nouvelle sagesse sociétaledevrait recourir à une vertu classiquesouvent négligée aujourd’hui, je veuxparler du courage. Je me référerai icià l’approche du théologien germanoaméricainPaul Tillich.Tillich réinterprète et reconstruit lecourage comme thème traversant detoute la philosophie, depuis Platon etAristote 7 . C’est chez Spinoza notammentque le courage lui semble êtredevenu le plus central, assimilé à l’affirmationde soi dans sa plus grandepureté mais peut-être aussi dans saplus grande dureté. Le conatus estl’effort sans pareil de persévérer dansson être (p. 16). C’est l’équivalent dela puissance, de la virtus au sens étymologiquedu terme, une « virilité »trop longtemps refusée au deuxièmesexe prétendu faible. Tillich précisequ’il s’agit de la fortitudo scolastiqueet de l’animositas, comprises commela force d’âme et comme l’acte detoute la personne, de l’âme dans saplénitude (p. 17). Ainsi le courageapparaît-il dans ce contexte commebien davantage qu’une vertu parmid’autres : « Par courage, écrit Spinoza,j’entends le désir (cupiditas) par lequeltout être humain tend à conserver sonêtre d’après le seul commandementde la raison » (Ethique III, propositionLIX, scolie, cité p. 17). Le courage estcommunément partagé par tous lesêtres humains, comme s’il s’agissaitd’une vertu transversale et permanente.Loin donc ici d’une conceptionhéroïque tendant à réserver lecourage à quelque élite ! Ne pensons-nouspas nous-mêmes souventau courage quand nous surprenonsla résilience d’une jeune mère de familleélevant seule ses enfants ou d’un chômeur surmontant sa gêne etsa précarité pour faire bonne figureet persévérer concrètement dansl’être – ne serait-ce que par l’humbleet indispensable recherche d’emploi ?J’ai ajouté ce commentaire personnel,afin de souligner à quel point, dans mapropre conception de l’éthique, nousn’avons pas affaire au déploiement exceptionnelde vertus n’ayant tendanceà s’exprimer que chez des êtres euxmêmesexceptionnels et donc rares.Le courage devient de nos jours nonseulement une catégorie ontologique,mais une catégorie commune, surtoutchez ceux d’en bas, chez les plus vulnérables– comme si c’était pour nousdésormais aux forts et aux puissantsde pouvoir manquer de courage !Pour conclure, une sagesse composéede mesure, de discernement etde courage devrait nous permettred’affronter les défis du temps présent,dans un esprit de lucidité et desérénité. Il ne s’agit pas ici, on l’auraremarqué, de recettes destinées àrésoudre par magie les problèmesles plus complexes, mais d’une attitudefondamentale dans la manièrede les aborder. Telle serait selon moila possible contribution de l’éthiquepour affronter les défis du temps.Denis MüllerProfesseur honoraire(Université de Genève)1Voir mes remarques à ce propos dans mon essai La gauche, la droite et l’éthique. Jalons protestants etœcuméniques face aux défis de la laïcité, Paris, Cerf, 2012.2« Avant la loi morale l’éthique », Encyclopedia Universalis 1985, p. 42-45.3Voir notamment Ronald Cole Turner ed. Transhumanism and Transcendence, Washington, GeorgetownUniversity Press, 2011.4Voir par exemple Guillermo Kerber, « Une crise mondialisée. Oikos et Krisis : une perspective latinoaméricaine», in Denis Müller-Ghislain Waterlot éd., Faire face à la crise, RETM 276, 2013, p. 255-261.5Cf. les réflexions critiques de Daniel Cornu, Tous connectés, Genève, Labor et Fides, 2013 (Le champéthique 59).6J’avais balisé il y a près de 20 ans une réflexion en ce sens, cf. « L’éthique prise de vitesse par le coursdu monde », Le Supplément 190, Paris, 1994, p. 51-69.7Le courage d’être (1952), trad. fr., Paris-Genève-Québec, Cerf-Labor et Fides-Presses de l’UniversitéLaval, 1999. Les chiffres entre parenthèses dans le texte renvoient à cet ouvrage. Pour l’édition originale,je me réfère à mon exemplaire de poche The Courage to Be, London and Glasgow, Collins, 1952(The Fontana Library. Theology and Philosophy).PAGESeptembre 2013 gMosaïque 7


Coupde projecteurPhoto: © BZSL’Amour : L’amour de la vie, du prochain,de son devoir et de la loi deDieu, à faire passer avant l’amour duprofit, de la gloire et du contrôle personnel.Le Courage : Oser dire ce qui estjuste, ce qui vient du cœur, ce quiest pour tous, même quand cela va àl’encontre de ce qui est populaire, dece qui est à la mode ou de ce qui est àSeptembre 2013 gMosaïquenotre profit personnel. Sans courage,il n’y a pas d’éthique en politique. Carrespecter une éthique sous-entendoser placer sa propre personne auservice de l’autre en toute circonstance,ce qui, dans le monde politique,requiert parfois un élan de courage.Ainsi, si par « politique », il faut entendrediverses notions qui recoupenttant les acteurs, leurs interactions queleurs actions, je crois que l’humilité,le respect, l’amour et le courage sontdes valeurs qui doivent être au centred’une éthique dans ce milieu. Cesvaleurs nous sont transmises par lafoi, ce qui nous appelle, en tant quechrétien, à les tenir, à les prôner, à lesdécoder et à les transmettre, que l’onsoit politicien et/ou citoyen.Simon-Pál SchümmerPAGE11


Coupde projecteurUne réflexion sur l’éthique protestantePAGE12Et si le paradoxe de l’éthique chrétienne se résumaitainsi : « Tout est donné, tout est à faire » 1 ?Comment tenir ensemble la priorité de la promesse et dudon de Dieu sur les œuvres humaines et l’exigence de laresponsabilité morale ? Le protestantisme tend à réfléchiraux enjeux éthiques à partir de la conscience individuelleen insistant sur l’interdépendance entre liberté et justice.D’ailleurs faut-il parler de morale ou d’éthique ? On parleplus volontiers de “théologie morale” du côté catholiqueet de professeurs “d’éthique” du côté protestant1. En fait,la distinction entre éthique et morale est une distinctionconstruite. La réflexion du philosophe Paul Ricœur surce sujet est éclairante : « Je propose (…) de réserver leterme d’éthique pour tout le questionnement qui précèdel’introduction de l’idée de loi morale et de désignerpar morale tout ce qui, dans l’ordre du bien et du mal, serapporte à des lois, des normes, des impératifs ».Les protestants aiment à rappeler l’importance de la diversité: leurs opinions, les positions de leurs Églises entémoignent. Y a-t-il, dès lors, “une” éthique protestanteou “des” éthiques protestantes ? Les opinions sont…partagées ! En matière d’éthique, on peut repérer desdifférences de sensibilités entre, par exemple, luthéranismeet calvinisme : « Luther et ses disciples insistent surla foi, d’où découle l’action, alors que Calvin et les siensmettent en avant l’action qui découle de la foi » 2 . Chacunede ces attitudes comporte un risque : dans le cas du luthéranisme,une indifférence aux engagements éthiques etun repli sur une piété intérieure ; dans le cas du calvinisme,un activisme qui peut tomber dans le moralisme.Lorsque les Églises protestantes prennent position enmatière de bioéthique, d’éthique sociale, politique,économique ou écologique, elles ne visent pas à imposerdes normes. Elles soulignent qu’elles n’ont pas pourvocation de régenter le monde, de se constituer en parti,de dire au politique ce qu’il doit faire ou aux fidèles cequ’ils doivent penser. Les Églises protestantes rappellentplutôt que l’horizon de l’Évangile, c’est le monde et quela liberté donnée par Dieu est aussi une responsabilitéenvers tout être vivant et envers la création tout entière.Elles encouragent leurs fidèles à exercer leurs responsabilitéssans oublier leurs convictions. Dans la réflexionprotestante, l’éthique n’est pas liée à des contenus quiseraient déterminés une fois pour toutes ; elle vise plutôtà éclairer les enjeux, dire la complexité des débats touten fournissant des éléments de réflexion et en appelantchaque fidèle à une méditation renouvelée des Écritures.La déclaration de mars 2006 de l’EPUB sur le thème del’euthanasie, par exemple, rappelle à la fois que la vie estgrâce et que l’être humain est un être libre et responsable.Elle souligne l’existence de situations-limites et le fait quela souffrance n’a pas de vertu. Dans ses premières lignes,elle met en avant la diversité des opinions en matièred’éthique au sein de l’Église : « les positions protestantesrelatives à l’euthanasie sont variées ; elles font appel à laresponsabilité personnelle de chacun(e) dans une perspectivede culture de débat. À cet égard, il n’existe pasdans l’ÉPUB d’instruction ecclésiale doctrinaire, mais ilest nécessaire de susciter la réflexion des fidèles dans lerespect des opinions de chacun(e) ». Sur le même sujet, lesynode de la nouvelle Eglise Protestante Unie de Francequi s’est tenu en mai 2013 a rappelé, dans son communiquéfinal, son refus de tout cadre rigide car « c’est leregard que Dieu pose sur chaque vie qui confère à celle-cisa dignité, sa liberté et sa responsabilité ». La vocation del’Église s’exerce donc dans l’accompagnement discret etrespectueux de chaque situation individuelle.Laurence Flachon,Pasteure Bruxelles-Musée1Paul Ricoeur, « Avant la loi morale : l’éthique », Encyclopaedia Universalis,Symposium, Vol 1, Paris, 1990, p. 62.2Eric Fuchs, L’éthique protestante. Histoire et enjeux, Labor et Fides, les Bergerset les Mages, Paris, 1990.gMosaïque N° 8


e ci, de làDimanche de laCréationLe 1 er septembre sera, partout dans le monde, le dimanche dela Création. A première vue, ce dimanche de la Création n’estpas très connu au sein de l’EPUB. Pourtant, ce dimancheest fêté dans de nombreuses Églises à travers le monde. En1989, le patriarche œcuménique Dimitrios I fit du premierdimanche de septembre de chaque année le jour de la protectionde l’environnement. Parce que, disait-il, « L’Égliseapprend continuellement que la destinée de l’humanité setrouve dans la réparation de la bonne relation entre Dieuet la Création, comme c’était le cas en Eden ». Le Conseilmondial des Églises prit une initiative en ce sens. Au débutde l’année ecclésiale, nous prions particulièrement pourtoute la Création. A une époque où les ressources naturelless’essoufflent, où l’environnement est malmené, où le biende la terre est réparti de manière inégale, comme c’est le caspour l’accès et la consommation de l’eau, il est grand tempsde porter notre attention à cela, y compris dans nos Eglises.« L’Église peut sauver la planète. Parce qu’elle est présentepartout dans le monde et qu’elle a un impactprofond dans la motivation des activités humaines,elle peut rapidement mobiliser un intérêt pour laCréation. Si l’Église se range réellement derrière lesouci environnemental, un renversement nécessairevers un monde durable pourrait survenir. Ne pass’engager de la sorte, c’est un absentéisme coupable» (Prof Jacques Haers).Nous vous invitons, lors du culte du 1 er ou du 8 septembre(ou même un autre dimanche) à y consacrer de l’intérêt,que ce soit dans les prières, les cantiques ou la liturgie.Dans le cadre de l’attention internationale au développementdurable lié à l’eau, le thème du dimanche de laCréation sera, cette année : Pas d’eau, pas d’avenir.Greet HeslingaSans eau, pas d’avenirNous vous rappelons la campagne internationale pourune consommation durable de l’eau pour laquelle lescommunautés et les paroisses membres d’Ecokerkavaient lancé un appel. Le groupe de travail de l’ÉPUB« Église dans la société » est représenté dans Ecokerk etsoutient cette campagne. Il invite chacun à consacrerson attention à cet enjeu de quelque manière que ce soit.SEPTEMBRE/13Sept.Lecture suiviePrieravec lesPsaumesD 1 Colossiens 2.6-19 68L 2 Colossiens 2.20–3.4 133Ma 3 Colossiens 3.5-17 134Me 4 Colossiens 3.18–4.1 135J 5 Colossiens 4.2-18 136V 6 Ezéchiel 44.1-14 137S 7 Ezéchiel 44.15-31 138D 8 Ezéchiel 45.1-17 90L 9 Ezéchiel 45.18–46.10 139Ma 10 Ezéchiel 46.11-24 140Me 11 Ezéchiel 47.1-12 141J 12 Ezéchiel 47.13-23 142V 13 Ezéchiel 48.1-14 143S 14 Ezéchiel 48.15-35 144D 15 Psaume 12 51L 16 Sophonie 1.1-18 145Ma 17 Sophonie 2.1-15 146Me 18 Sophonie 3.1-8 147J 19 Sophonie 3.9-20 148V 20 Psaume 13 149S 21 Psaume 14 150D 22 Hébreux 1.1-14 113L 23 Hébreux 2.1-18 1Ma 24 Hébreux 3.1-11 2Me 25 Hébreux 3.12-19 3J 26 Hébreux 4.1-13 4V 27 Hébreux 4.14–5.10 5S 28 Hébreux 5.11–6.12 6D 29 Hébreux 6.13-20 146L 30 Hébreux 7.1-14 7Fédérationprotestantede Francewww.protestants.org© Fédération protestante de FranceBLe en 6 ansDimancheet fêtes*Proverbes 4.1-9Hébreux 12.18-Luc 14.1-14Proverbes 8.32Philémon 9-17Luc 14.25-33Exode 32.7-141 Timothée 1.12Luc 15.1-32Amos 8.4-71 Timothée 2.1-Luc 16.1-13Amos 6.1-71 Timothée 6.11Luc 16.19-31PAGESeptembre 2013 gMosaïque 1314« Oui, vraiment, je te bénirai... » (hébreux


De ci, de làFonds d’études : J’aide un enfantPAGE14« En ce temps de crise, il est importantde renforcer notre espoir plutôt quede baisser les bras.» Garder espoiret donner espoir, tels sont les motsd’ordre du groupe de travail qui gèrele Fonds d’études « J’aide un enfant ».Avec votre aide nous voulons nousengager pour les jeunes très pauvresde notre église partenaire au Rwandaafin qu’ils puissent aborder leur avenirpleins d’espoir, avec un diplôme del’enseignement secondaire.Ainsi, en 2012, nous n’avons pas espéréen vain. Le soutien de nos donateurs enWallonie, en Flandres et à Bruxelles futmagnifique. Le total des versementspour 2012 se monte à 45.048,16 €.Très encourageant ! Merci à tousnos donateurs ! En 2012: 45 jeunesont obtenu leur diplôme.En 2013 le Fonds soutient 272 élèvespour leurs études secondaires. Pourpouvoir continuer à les soutenirjusqu’à la fin de leurs études secondaires,notre budget est de 38.000 €.Soutenir le Fonds d’études est unsigne d’espoir (comme bien d’autresbonnes causes d’ailleurs !). Les chrétiensne se laissent-ils pas inspirerpar « l’espérance qui est en eux »( 1 Pierre 3 : 15) ?Le Fonds d’études est un projet à longterme : éduquer et former les jeunes,les rendre plus forts et mieux armés,leur donner des opportunités et surtoutde l’espoir ! Nous vous invitonsdonc à investir en une action qui déploierases effets à long terme !Mme Thérèse Gasenge, notrecontact de l’église partenaire, l’EglisePresbytérienne au Rwanda (EPR),nous a envoyé quelques photos :*Remise de diplômes à l’IPE-SAR EPR, région synodale deRubengera.La remise des diplômes est une fêtepour les parents, car l’enfant peut seprésenter sur le marché du travail,comme les autres.Photo du jour de la remise des diplômes,une fête importante dans savie. Dans son propos, il a souligné sagratitude à l’égard de tous ceux qui luisont venus en aide.« De tout cœur, je vous remercie vivement,chers bienfaiteurs, du beaucadeau que vous m’avez offert enme payant le minerval de l’enseignementsecondaire du fonds « J’aide unenfant ». Ce pas que vous m’avez faitfranchir m’a aidé à devenir celui queje suis maintenant. Et, évidemment, jeremercie mon Dieu. Encore une foismerci à vous tous. »Visite à Odile UWINGABIRE surson lieu de stageDans le cadre du suivi des élèves etétudiants soutenus par le projet «J’aide un enfant », la coordinatrice dece projet à l’EPR a rendu visite à Odileau centre de santé nommé Medicosocial corunumde Kimisagaraoù elle faisaitson stage.Thérèse Gasenge :« Après avoir fait le tour, elle m’a exprimésa joie d’être en dernière année : ‘’c’est comme un rêve, disait-elle, terminermon baccalauréat ! Combien je leurreste reconnaissante !’’La visite d’Odile sur son lieu de stagem’a beaucoup plu. C’est tout à l’honneurdu projet « J’aide un enfant »d’avoir des résultats si positifs C’est unegrande joie et un grand succès du bontravail que ce projet nous apporte. »Deux jeunes soutenus par le projet,devant leur collège.Contact: Jeanne Somer-Gotteland(jsomergotteland@infonie.be ouGreet Heslinga (greetheslinga @skynet.be)Pour verser votre contribution:Code IBAN : BE 15 1259 3020 4530Code Bic: CPHBBE75Solidarité ProtestanteRue Brogniez 46, 1070 BruxellesMention ‘J’aide un enfant’(Attestation fiscale à partir de40 € par an)gMosaïque N° 8


De ci, de làEurope :Des politiquesréagissent faceà la persécutionLe 16 janvier 2013, à l’occasion de la première séance del’année du Parlement Européen à Strasbourg, MichelVarton, directeur de l’association Portes Ouvertes Franceet l’eurodéputé hollandais Peter Van Dalen ont coaniméune conférence sur la discrimination des minorités chrétiennesdans le monde. Une vingtaine de députés étaientprésents, de différents bords politiques et pays. Cetteconférence était l’occasion de rappeler aux eurodéputésqu’ils ont le privilège et l’opportunité unique de dénoncerle manque de liberté pour les minorités chrétiennes auprèsdes délégations étrangères concernées. Cette action estune aide essentielle pour prévenir et réduire la persécutiondes chrétiens.Selon l’agence de presse chrétienne, BosNewsLife, PeterVan Dalen a profité de la séance organisée au Parlementpour interpeller la présidence irlandaise : « Comment pensez-vousintervenir face au problème de l’augmentation dela persécution des chrétiens dans le monde ? ». Diane Dodds,autre député européenne, s’est engagée à inciter les autoritéseuropéennes et britanniques à agir fermement contreles États qui discriminent les minorités chrétiennes.Le Royaume Uni et l’Allemagne interpellésAussi, le 16 avril 2013, Naomi Long, membre du Parlementbritannique a pris position pour la défense de la libertéde croire au Palais de Westminster. Un grand nombre demembres du parlement était présents. Conséquence de laforte mobilisation de près de 2 000 supporters de PortesOuvertes au Royaume Uni. Ces supporters ont prévenules parlementaires de leur région de l’organisation de cetteséance.Ce débat parlementaire a abordé des questions clés sur lapersécution des chrétiens. Naomi Long a souligné que : «La nature de la persécution est incroyablement diverse. Danscertaines situations, elle prend la forme d’un « étau » que l’onresserre, dans d’autres c’est un coup « dur » avec des violences.Cependant l’une ou l’autre est une violation de l’article 18qui devrait être combattue.» David Lidington, ministre desAffaires étrangères du Royaume Uni a répondu : « Le gouvernementpartage une grande partie des préoccupations expriméesdans le rapport* de Portes Ouvertes. Nous condamnonstous les exemples de violence et de discrimination envers desindividus ou des groupes en raison de leur religion, quels quesoient le pays ou la confession en cause. Comme le rapportl’a justement souligné, notre condamnation doit s’étendrenon seulement aux formes plus extrêmes de la souffranceinfligée aux personnes du fait de leur religion ou croyance,mais à toutes les formes que prend une telle discrimination. »En Allemagne, la persécution des chrétiens a égalementretenu l’attention de Volker Kauder. Cet homme politiqueallemand préside actuellement le groupe CDU/CSU auBundestag. Dans une interview accordée à Markus Rode,directeur de Portes Ouvertes Allemagne, Volker Kauder adéclaré que « l’Index Mondial de Persécution lui permet dechoisir quel pays visiter ou non » mais « qu’il est également unoutil essentiel lorsqu’il souhaite défendre la liberté de croire ».L’Index Mondial de Persécution 2014 sortira en début del’année prochaine. Portes Ouvertes veut continuer à interpellerles gouvernements quant à la situation de la minoritéchrétienne persécutée dans le monde. Une initiative quine peut avoir un réel impact sans les prières des chrétiens.www.portesouvertes.frBP40139F67833TanneriesCEDEXTél.038810260 Fax 03 88 10 29 69*[NDA : L’Index Mondial de Persécution,www.indexmondialdepersecution.fr]PAGESeptembre 2013 gMosaïque 15


De ci, de làEn marche vers busan (Corée du sud)PAGE16Comme vous l’avez lu, la commission«Coordination Eglise & Monde»voudrait sensibiliser et amener lesmembres de l’EPUB à s’impliquer dansla préparation de la 10ème Assembléegénérale du Conseil œcuméniquedes Eglises (COE) qui se tiendra aumois de novembre à Busan. Dans lesthèmes de réflexion, il y aura celui-ci« Ensemble vers la vie : Mission etEvangélisation dans un monde enmutation.» Il s’agit d’une démarchepour adapter la mission et l’évangélisationà l’évolution du monde.Les originesLe mot « mission » vient du latin mittere.Avec son correspondant grecapostolein, il signifie envoyer. Del’envoi des disciples de Jésus, la missionpasse aux territoires païens, lemonde grec, et de là à l’Occident d’oùelle partira vers le reste du monde, ceque le document appelle du centreà la périphérie. Aujourd’hui, cesdeux derniers sont invités à dialogueret à travailler ensemble. La missiondemeure l’œuvre de Dieu (la missioDei) et est réalisée en son nom.Historiquement, ce mot est souventlié à la colonisation, c’est pourquoidepuis 1970, le COE préfère parler de»Mission & Evangélisation.»Créé en 1948 dans la recherche derésolutions aux conflits nés des deuxguerres mondiales, le COE encourageles Eglises à participer activement àtrouver des réponses aux questionsqui menacent la création de Dieupar les idéologies politiques, économiques,religieuses, culturelles, etc.,en apportant des réponses humaineset écologiques. Le document «Mission& Evangélisation» relève les pointsimportants incitant à la réflexion.L’idéologie du marchéDepuis la nuit des temps, l’hommeveut exercer sa domination sur l’autre.Les Eglises sont appelées à travaillerpour la transformation du mondeoù la foi en Mammon menace lacrédibilité de l’Evangile. L’idéologiedu marché crée un déséquilibre entreles hommes. Elle pousse ces derniersà polluer et à exploiter la terre avec lerisque d’en épuiser les ressources. Lacrise économique actuelle est le fruitde la soif de gagner plus par tous lesmoyens. La terre, maison de Dieu, esten danger.L’esprit de cupidité menace la planètepar la mauvaise exploitation desrichesses naturelles. Le réchauffementclimatique en est la conséquence. LesEglises sont invitées à participer à lalutte contre le capitalisme sauvage.Il faut une économie au service del’homme, et non l’inverse, qui intègrela protection de la nature. L’Esprit dePentecôte invite à la lutte contre ladéshumanisation et la discriminationpar la transformation des structuresdes pouvoirs économiques etpolitiques. La préparation de cetteAssemblée de Busan et l’aprèsengagent les Eglises dans la réflexion.La Mission comme recherchede la justice et de l’inclusion.Au nom du Dieu créateur, les Eglisesont à mener le combat pour la culturede la paix et pour une bonne justicesociale dans le monde. Il faut unebonne répartition des richesses afinde corriger le déséquilibre entre leNord et le Sud. La mondialisation nedoit pas être une valeur marchandemais la chance de reconstruire unnouveau monde à visage plus humaindans la rencontre des cultures. Leschrétiens sont invités à refuser et à rejetertoutes les forces d’oppression etde discrimination. L’un des problèmesmajeurs qui doit attirer l’attentiondes Eglises actuellement est la luttecontre les idéologies destructrices.L’Evangile doit servir de force transformatricedes structures sociales. Dela mission d’un christianisme dominateurignorant l’importance culturelleet contextuelle des évangélisés, onpasse à celui d’un partenariat basésur le respect mutuel et l’échange desexpériences dans une Evangélisationcontextuelle et multiculturelle. Le cridu pauvre, du marginal et de l’oppriméd’hier et d’aujourd’hui est à entendreet à intégrer dans la nouvelle missiongMosaïque N° 8


De ci, de làet évangélisation en tenant comptedu déplacement du centre de gravitéentre le centre et la périphérie.de Babel (Genèse 11 : 1-9) par l’acceptationdes autres religions, le respectmutuel et le dialogue tant au niveaureligieux que politique. Selon cedocument du COE (voir site Webdu COE), cela implique de défendrela cause de la justice dansles politiques migratoires et des’opposer à la xénophobie et auracisme. Dans le même esprit du document:»le pluralisme est un défipour les Eglises». Celles-ci, notammentl’EPUB, (à partir de la paroisse)peuvent être des lieux de refuge pourles communautés migratoires et derencontres multiculturelles dans unmonde où l’autre ne serait pas vucomme un danger mais comme unerichesse. N’est-ce pas une réflexionà mener dans l’actualité menacéepar l’islamophobie jusque dans lesEglises?L’unité dans la diversitéLes Eglises chrétiennes sont appeléesà favoriser l’inter-culturalité en exprimantle témoignage d’unité dans ladiversité (Jean 17 : 21). La Mission etl’Evangélisation animées par l’Espritde Pentecôte recommandent derompre définitivement avec l’espritPasteur Léonard RwanyindoÉchanges œcuméniques« Depuis un demi-siècle, voici un projetœcuménique fécond », disait la présidentede la Fédération Protestanteen Allemagne, le Dr. Gury Schneider-Ludorf, lors de l’ouverture du 50 e rassemblementEAKE à Bensheim, enAllemagne. Littéralement, ces lettressignifient « groupe de travail protestantpour les questions de profession defoi en Europe ». Une profession de foi,cela peut sembler ardu en théorie, maisc’est tout le contraire. Il y a 50 ans, justeavant le Concile Vatican II, l’Arbeitkreisa été créé pour que les Eglises protestantespuissent débattre entre-ellesdes innovations qui étaient attenduesdu Concile.Entre temps, les thèmes se sont élargiset touchent toujours à l’identitéSeptembre 2013 gMosaïquedes Eglises. Il y a eu également, depuisla chute du mur de Berlin, un nombrecroissant d’Eglises en provenance despays de l’Est.Quelques exemples de thèmes précédemmentabordés :• Le dialogue christianisme-islam dansles Eglises protestantes en Europe.(Anvers 2009)• Eglises en chemin et pèlerinages, leProtestantisme entre spiritualité ettourisme. (Valkeakoski – Finlande,2010)• L’enseignement théologique et lesEglises en Europe. (Berekfürdö –Hongrie, 2011)Lors d’un congrès, des exposés approfondissont présentés afin de stimulerla réflexion. Chaque participant disposed’une vingtaine de minutes pour présenterla manière dont le thème se vitdans son propre pays. Grâce aux nombreuxéchanges d’idées, nous pouvonsrepartir avec des projets concrets etdes contacts intéressants, en provenancede +/- 15 pays différents, dontdes grandes Eglises, mais égalementdes Eglises parfois encore plus minoritairesque l’EPUB. A la fois instructif etinspirant. De chaque congrès, j’ai ainsipu ramener des idées qui ont parfois étédirectement appliquées.Cette année (du 18 au 21 avril), le thèmecentral constituait un défi pour lesEglises : le christianisme post-confessionnelen Europe. En bref, il se développeun changement interpellant dans lamanière dont les individus vivent leurfoi. Comment l’observons-nous ? Commentréagissent les Eglises ? Quellessont les initiatives ? A côté des exposéset des échanges, nous avons égalementpris le temps d’une excursion. Nousavons ainsi notamment découvert letravail du pasteur du stade du club defootball de l’Eintracht Frankfort. Là où40 à 50.000 personnes se réunissentchaque semaine, l’Eglise se fait égalementprésente. Quand on parlait denouvelles initiatives…Jaap DE LANGEProfesseur émérite de théologiepratique à la Faculté deThéologie Protestante de BruxellesPAGE17


De ci, de làPAGE18Souvenirs…souvenirs !C’était en décembre 1998, quinze ansdéjà ! J’ai eu le privilège de participerà l’assemblée générale du ConseilŒcuménique des Eglises qui se tenaità Harare, capitale du Zimbabwe, et qui,de plus, marquait le cinquantième anniversairedepuis sa fondation. Assembléedu cinquantenaire donc.Bien des images sont restées gravéesen ma mémoire, la plus forte étant cellede la visite de Nelson Mandela. Il avaitfait le déplacement pour saluer cetteassemblée qui l’avait soutenu pendantson emprisonnement et dans son combatpour la dignité africaine jusqu’àce que cesse le régime d’apartheid.Nelson Mandela, alors président de laRépublique d’Afrique du Sud, y reçutune ‘standing ovation’ extraordinaire,traduisant l’émotion forte de rencontrercette figure historique qui avait faitbasculer le destin de son pays : l’apartheidvenait d’être officiellement aboliquelques années plus tôt.Mais une assemblée œcuménique,ce n’est pas seulement une visite d’unchef d’Etat ; ce sont bien plus encore lesmoments de célébration, de débats enséances plénières ou d’entretiens en formationplus réduite, tels que des ateliersou des forums tournant autour de l’unou l’autre des grands thèmes abordés.Les célébrations occupent aussi unebonne place dans ma mémoire… ettiennent une grande place dans l’assemblée,des célébrations multiformes,depuis la lecture et la prédication classiquesjusqu’à la danse, en passant pardes chants qui vous transportent, despercussions, du théâtre, des projections…La Parole suscite tellement decréativité et tous les continents y ontlibre accès et nous en livrent leurs découvertes.Ainsi dès le matin, chaquejournée est placée sous l’éclairage dela Parole biblique, mais les célébrationsde début et de clôture revêtent unesolennité qui résume la grandeur d’uneassemblée multiple réunie par sonSeigneur et l’espoir qui en résulte. Resteque le dimanche est l’occasion de partagerle culte avec une église locale et c’estaussi une expérience à faire parce quel’on est conduit dans une dynamiquetellement différente de chez nous.Bien sûr, l’assemblée se déroule sous lacouverture générale d’un thème, cetteannée-là : Tournons-nous vers Dieudans la joie de l’espérance ! Et si c’estlà l’exhortation qui donne sa teneurglobale à l’assemblée, les sujets nousrenvoient sans cesse aux problèmesconcrets du temps en proposant ateliers,débats, forums sur la paix et lajustice, sur l’unité de l’Eglise, sur letémoignage, sur la pauvreté et les migrations…Autant de sujets qui reparaissentd’une assemblée à l’autre, tantla réalité du terrain impose que l’on s’enpréoccupe et que les églises qui s’y sontengagées viennent aussi témoigner deleur action et de leurs questions pourun grand partage œcuménique. Ce sontles défis incontournables à relever si lemessage de l’Eglise veut garder sa pertinencepour aujourd’hui.Mais quelle extraordinaire rencontrealors, lorsque Nord et Sud exposentleur vision, lorsque les différentes spiritualitésprotestantes représentéesentrent en dialogue, lorsque protestantset orthodoxes confrontent leurs pointsde vue. C’est qu’un millier de délégués,représentant plus de trois cents églisesdifférentes, sont là réunis et qu’ils apportentle meilleur d’eux-mêmes pourle partager. Et si le christianisme européenapparaît parfois à bout de souffle,la vigueur des Eglises d’Amérique,d’Afrique, d’Indonésie ou de Corée ade quoi nous inspirer et nous regonfler.Dans mes notes, je retrouve la mentionde la présence de quatre observateursvenus de la Fédération chrétienne deCorée du Nord ; la question est ouverte: qu’en sera-t-il cette année-ci à Busan ?Lors de cette assemblée du cinquantenaire,nous avons renouvelé l’engagementhistorique de 1948 de resterensemble. C’est un mouvement danslequel il faut marcher avec l’Eglise universellepour être entraîné dans sontémoignage, dans ses combats, dans saquête d’une unité qui se fait désirer, danssa joie de la rencontre et du partage sousle regard de son Seigneur.Daniel VanescoteNdlr : Le COE rassemble Églises, dénominationset communautés d’Églises d’unebonne centaine de pays et territoires dumonde entier, représentant plus de 500millions de chrétiens et comprenant laplupart des Églises orthodoxes, un grandnombre d’Églises anglicanes, baptistes,luthériennes, méthodistes et réformées,ainsi que de nombreuses Églises unieset indépendantes. A la fin de 2012, leCOE comptait 345 Églises membres.Si les Églises fondatrices du COE setrouvaient pour la plupart en Europe eten Amérique du Nord, de nos jours cesont les Églises membres en Afrique, enAsie, aux Caraïbes, en Amérique latine,au Moyen-Orient et dans la région duPacifique qui sont majoritaires.gMosaïque N° 8


Martin Luther King : 50 ans plus tardDiscours de MARTIN LUTHER KING :50 ans plus tard, le 28 août 1963, devant leLincoln Memorial, à Washington D.CBILLET D’AMÉRIQUE - “I HAD A DREAM !”(J’avais un rêve)Je voudrais crier victoire, mais c’est encore prématuré.Un progrès énorme a été accompli.La tension raciale avec ceux qu’on appelle ici «African-Americans»’ est quasi inexistante presque partout dans le pays.Le Président est l’un d’eux et est très populaire auprès desDémocrates.Toute ville américaine qui se respecte a une avenue ou un boulevard« MARTIN LUTHER KING ». Personnellement, je visdans un «gratte-ciel” occupé en grande majorité par des Noirs.L’atmosphère est sereine et les rapports sont très amicaux.Les gens se saluent dans l’ascenseur et se souhaitent unebonne journée ou une bonne nuit.Une situation idyllique ? Hélas, non.Les associations néo-nazies dans le pays se comptent par milliers!Leur nombre augmente chaque jour. Ce sont des milices armées,elles s’opposent évidemment à toute règlementation dela vente des armes, au nom du fameux «Second Amendement»à la Constitution, d’ailleurs abusivement interprété.Mes lecteurs comprendront aisément que la situation dépassede loin la question raciale.Le pays creuse son propre ravin entre les «socialistes» -- uneinjure dans ce pays capitaliste -- et les « fascistes » de droite.Cela pourrait très mal finir.Une pomme de contention est la présence de millions deLatinos sans permis de séjour. Beaucoup d’entre eux sont installésdepuis des décennies, même des générations.Certains ont servi ou servent dans l’armée. Que faire ?Le Président veut réformer le système d’immigration et d’assimilation.C’est une bonne chose. Certains Etats commel’Arizona, avec une frontière commune avec le Mexique, serontplus difficiles à convaincre. Même chose pour le Texas et autresEtats du Sud.L’accent “racial” s’est donc déplacé. Lorsque le pays se débattaitavec les “colored”, l’histoire lamentable de l’esclavage pesaitd’un grand poids.En ce qui concerne les Latinos, la couleur de peau joue moins,mais la langue parlée occupe le devant de la scène.Beaucoup d’immigrants ne parlent pas l’anglais. Ils formentdes communautés plus ou moins fermées où on ne parlequ’espagnol.C’est une grosse pierre d’achoppement ; c’est en tout cas unirritant.Les Belges n’ont plus rien à apprendre de la question linguistique!Un pronostic ? Difficile.Deux autres éléments sont de très grande importance :Le pays est en guerre depuis des années.Des milliers de soldats ont perdu la vie ou l’intégrité physiqueet morale dans des campagnes en terres lointaines.Les horreurs infligées à “l’ennemi” ont conduit à une épidémiede suicides dans les rangs militaires. La conscience nationaleest troublée. “Nous, Américains, nous ne torturons pas !”Cela ne convainc plus personne.L’autre donnée est le rebondissement quasi prodigieuxde l’économie.Le capitalisme est en pleine floraison printanière.Mamon tient en haleine un grand nombre qui se soucient deslors de peu d’autre chose. (Matthieu 6 : 24)Je terminerai sur une note personnelle.Je pense que les Etats-Unis sont chanceux d’avoir un Présidentintègre.Les obstacles qu’il doit vaincre sont énormes.Le principal est l’appétit insatiable de nantis pour l’argent,toujours plus d’argent.C’est la malédiction qui s’attache au capitalisme effréné.Le capitalisme américain a perdu tout sens moral.La compassion ? Ne connais pas.Dieu ait pitié d’un grand pays ou il reste encore desgens “sains”, voire “saints”.Professeur André LACOCQUE Chicago (USA)Professeur émérite au Theological Seminary de Chicago etDirecteur du Center for Jewish-Christian Studies.Docteur honoris causa de la Faculté Universitaire deThéologie protestante de Bruxelles.PAGESeptembre 2013 gMosaïque 19


De ci, de làQu’en est-il des cours de religion ?PAGE20Mon propos n’a pas d’autre ambition que d’étayer uneremarque que j’avais soutenue avec mon collègue PatrickSaint lors d’une rencontre avec les enseignants de nos secteurs,cette année 2013 : « Pas d’inquiétude prématurée »S’il est vrai que des questions relatives aux cours dits philosophiquesapparaissent dans la presse, il est tout aussivrai que ces questions s’inscrivent dans un débat contradictoire,qui est loin d’être clôturé, même si une certainepresse, souvent réductrice et quelquefois partisane, affirmel’inverse.En effet, regardons ensemble les différentes problématiquesinhérentes à la question du maintien ou non descours de religion dans l’enseignement.Une certitude, confirmée par tous les constitutionnalistesqui se sont penchés sur la question : sans modificationconstitutionnelle (Art. 24), il est impossible de supprimerpurement et simplement les cours de religion. Par conséquent,dans le contexte politique et économique qu’est lenôtre, cela paraît peu probable. De plus, pour modifier unarticle de la Constitution, il faut déterminer, au préalablede toute élection, les articles qui devraient être abordés aucours du mandat électoral suivant. Cela demande donc desaccords préélectoraux entre les différents partis du Nordet du Sud de la Belgique…Quant à la question : les cours de religion et de moralepeuvent-ils être facultatifs ? S’il est vrai que, depuis peu,les constitutionnalistes ont des avis divers, il est aussi vraiqu’en 1988, trente ans après le Pacte scolaire, la Commissionde révision de la Constitution confirmait le caractère obligatoirede l’enseignement des dits cours, insistant sur lefait que, dans l’article 24 de la Constitution, ce ne sont pasles cours qui sont offerts, mais le choix entre un cours dereligion et un cours de morale qui est offert aux parents.Comme le font remarquer certains experts, le maintien decette norme constitutionnelle, jusqu’à ce jour, confère, àcette interprétation, une jurisprudence assez significative,mais non pour autant absolue…Un autre point apparaît à ce niveau : est-il possible d’avoirdes mesures dérogatoires, comme cela existe en Flandre –pour information, il n’y a pas pléthore en la demeure –, pourles élèves qui ne se retrouveraient pas dans les 6 choix decours philosophiques proposés actuellement ? Encore unefois, les avis des spécialistes divergent. Néanmoins, cettequestion renvoie au caractère de « neutralité » du cours demorale. En effet, en Flandre, on parle d’un cours de moralelaïque et non d’un cours de morale non confessionnellecomme en Communauté française ; cette dernière nuanceest importante car, si le premier ne peut se définir commecours subsidiaire, le second, quant à lui, peut le prétendrepuisqu’il se dit non rattaché à une identité en particulier.De manière générale, le droit européen ne s’oppose pas àl’enseignement d’une religion ou d’une conviction, mais, àcondition qu’il y ait possibilité de choisir un cours « neutre »pour ceux qui ne se reconnaissent pas dans les enseignementsdispensés. S’il s’avère que ce n’est pas possible, lavoie de l’exemption devient nécessaire afin de répondreaux normes européennes qui veulent, à juste titre, garantirun choix non discriminatoire et respectueux de la libertéde conscience.Dès lors, on peut comprendre que la question relative àla neutralité, au concept de neutralité, est fondamentaleet sera, probablement, au cœur des débats du futur. Onpourrait peut-être s’attendre à ce que, l’année prochaine,des parents introduisent, au Conseil d’État, des demandesdispensatrices.Mais, attention, il n’est pas question que ces élèves soientlivrés à eux-mêmes, cela ne répondrait pas aux normeseuropéennes qui insistent sur le fait que l’exemption nepeut aboutir à un « vide pédagogique » étant donné, notamment,que l’enseignement du « fait religieux » (remarque :on ne parle pas de la transmission de la foi) doit être garanti.Autrement dit, deux alternatives se présentent : soit onorganise un cours supplémentaire avec les conséquencesbudgétaires que cela implique, soit, par exemple, commeen Communauté flamande, on inscrit, dans le formulairede dispense, les phrases suivantes : « …je m’engage à ceque, pendant les heures de cours pour lesquelles la dispenseest accordée, l’élève accomplisse des missions qui correspondentà la propre conviction philosophique ou au propreprojet philosophique. Je m’engage à ce que ces missions et leurformulation écrite soient définies et tenues à tout moment àgMosaïque N° 8


De ci, de làdisposition de l’école… ». La démarche n’est donc pas sansconséquence. Elle demande un suivi pédagogique « vérifiable» des parents/tuteurs ; par-là même, ce n’est doncpas une simple formalité…L’aspect financier de la question ouvre une autre possibilité,à savoir : la suppression d’une heure sur les deuxheures par semaine conférées aux cours philosophiques.Ainsi, l’heure obtenue subsidierait, en quelque sorte,la « nouvelle » heure consacrée à un nouveau cours oùtous les élèves seraient réunis de manière systématique.Actuellement, des heures de cours communes entre lescours philosophiques existent, mais, uniquement, dansun cadre de volontariat. Sur le plan technique, le nombred’heures de cours attribué aux cours philosophiques n’estpas inscrit dans l’article 24 de la Constitution, mais dans lePacte scolaire de 1958/59. Autrement dit, on est au niveaucommunautaire et non fédéral ; il suffirait donc d’un nouveauDécret de la Communauté française pour modifier cechiffre. Cependant, il ne faudrait pas oublier « l’impératifcatégorique » du parti socialiste, déjà exprimé en 1992 parle Ministre de l’Enseignement de l’époque, Monsieur DiRUPO, impératif que l’on pourrait exprimer ainsi : touteréforme relative aux cours philosophiques doit rester« neutre » budgétairement et garantir l’emploi. Or, la suppressiond’une heure de religion/morale, au profit d’unautre cours, aurait inévitablement un impact financier et unimpact sur l’emploi. Dans le cadre d’une non reconversiondu personnel enseignant, il faudrait rémunérer, à la fois,pour la même heure, un enseignant qui donne le nouveaucours et, un enseignant nommé, qui a perdu ses heures.Autrement dit, des professeurs nommés seraient en disponibilitépar défaut d’emploi et des professeurs temporairesperdraient leur emploi. Ainsi donc, la stabilité budgétairesouhaitée paraîtrait quelque peu compromise…Par ailleurs, n’oublions pas, aussi, la place incontestablequ’occupe l’enseignement confessionnel catholique dansnotre paysage scolaire ; enseignement confessionnel catholiquequi, jusqu’à présent, ne semble pas enclin à renoncer àson cours de religion à raison de 2 heures/semaine. Et, l’idéede lier la problématique posée aux conditions de subventionnement,proposée par certains, s’apparente plus à unedouce illusion qu’à une pensée réaliste. De plus, l’article24 § 1 de la Constitution ne stipule-t-il pas que « l’enseignementest libre » ? De ce fait, selon certains, exiger desécoles catholiques la mise en place d’un cours conformeau référentiel de l’enseignement officiel ne serait-il pascontraire aux prescrits de la Constitution ? Mais, à chacunses interprétations, voire ses rêves…En outre, sur un autre plan, la mise en place, cette année,pour chaque cours de religion, d’un référentiel de compétencesspécifiant les contenus essentiels des différentscours, de même que, la réforme des titres et fonctions, intégrantles cours de religions, dont la mise en application estprévue pour septembre 2014, ne peuvent que contribuer àune reconnaissance qualitative en parfaite harmonie avecl’ensemble des cours et des fonctions exercées dans lemonde de l’enseignement qu’est le nôtre. Ceci aura pourconséquence, me semble-t-il, de placer le débat non pas surun plan politique, voire idéologique, avec toutes les conséquencesen découlant, mais sur un plan qualitatif, au dépitde certains qui nous discréditent sur ce plan…En conclusion, comme on a pu le remarquer, ma démarcheest loin d’être exhaustive, elle se veut questionnement,sans prétention, quelque peu synthétique et synoptiqueafin de se forger une petite idée sur la situation réelle descours de religions. Et, cette idée, personnellement, je laretrouve chez Monsieur le Premier Ministre Élio DI RUPO,il y plus de vingt ans, en 1992, quand il était Ministre del’Enseignement, et, qu’il estimait, déjà, à cette époque, quela mise en œuvre d’un cours de philosophie poserait desproblèmes difficilement surmontables en termes de coûtet de rythmes…Inspecteur Xavier RAVETxavier.ravet@cfwb.be 20 juin 2013PAGESeptembre 2013 gMosaïque 21


De ci, de làChemins 2 vieQui êtes-vous,Alain Fauconnier,et quel est votre parcoursprofessionnel et spirituel ?J’ai 50 ans, je suis chrétien, marié depuis23 ans, père de 2 enfants... Je suisarchitecte de formation, un métier quej’ai pratiqué pendant 10 ans, avant del’abandonner suite à ce qu’on appelleune vocation. Ma vie a alors pris unenouvelle trajectoire et je me suis tout àcoup retrouvé sur les bancs de l’écolepour me former au ministère pastoralet à la théologie protestante. Ce quia duré 15 ans ! Entre-temps, j’ai étépasteur, prof de grec et de théologiede la relation d’aide, prédicateur itinérantnourri surtout par l’exégèse desécrits johanniques... Mais le cœur dema vocation, c’est l’accompagnement,sous toutes ses formes ou appellations.C’est un domaine où j’ai doncsuivi quelques formations : 10 ans derelation d’aide avec Elnarefa(1) et 4ans d’accompagnement spirituel avecISCAS(2) Ce fut une longue traverséedu désert en quête de Dieu, d’identitéprofonde, d’humanité véritable,de christianisme authentique... Enpratique, j’ai appris à écouter toutessortes de souffrance, en moi commechez les autres. Ce parcours m’a permisde me connaître, de me pardonneret de sortir tout doucement dema carapace. J’ai ainsi par exemple putrouver enfin ma spiritualité au sein dela Fraternité des Veilleurs. Et mettre surpied avec quelques amis l’associationde conseillers Chemins 2 Vie.Pourquoi «Chemins 2 Vie» ?Accompagner quelqu’un, c’est se retrouverface-à-face avec une personneau cœur lourd, écouter sa souffranceet l’aider à trouver son chemin. Chaquerencontre est comme un carrefour où2 chemins se croisent, 2 vies se nourrissentun temps l’une de l’autre pourguérir et vivre. Pour qu’il y ait vraimentrelation chrétienne, il faut certes unecertaine conscience de Dieu, mais ilfaut surtout être deux, car c’est dansl’altérité qu’on peut surmonter sasouffrance et repartir du bon pied.Par contre, pour qui reste seul dansson coin, à survivre tant bien que mal,même avec une Bible en main, guérirest illusoire…Qu’est-ce qui vous a pousséà créer cette association, etdans quel but ?La souffrance, universelle… SelonMatthieu, Jésus a proclamé ses huitBéatitudes en regardant les foules,renvoyant huit fois à une maladie dela vie spirituelle. Par exemple, Heureuxles doux parle de la colère, un mal quis’oppose à toute ressemblance à Dieu,qui empêche de guérir en profondeur,de vivre. Seule la contemplation de ladouceur infinie de Jésus par chaquehomme de la foule peut le guérir desa colère, pour triompher d’un mondeaux mains des coléreux. Chemins 2 Vieest la structure où chacun peut trouverles ressources pour faire mourir sacolère et, par-là, retrouver son humanité…PAGE22 gMosaïque N° 8


De ci, de làQuel est le fondement devotre démarche ?La Bible, bien sûr ! En 2000 ans d’histoirede l’Eglise, il y a toujours eu despersonnes pour en accompagnerd’autres, et d’autres pour être aidées ;c’est une constante ! Il serait doncdommage de se passer de l’expérienceinouïe accumulée, entre autres, parles pères de l’Eglise pour ce qui estde la description et de la gestion desmaladies de la vie spirituelle qu’ilsconnaissent mieux que personne…Vers quel public voustournez-vous ?Face à la crise des vocations qui frappenos églises, nous sommes là d’abordpour offrir nos services aux communautéslocales dont les responsablesmanqueraient de temps ou de moyenspour aider à long terme et en profondeurleurs paroissiens en souffrance.Mais nous voulons aussi nous adapterà tous, sans distinction aucune, ceque permettent justement les grandsprincipes d’une écoute chrétienne sevoulant dénuée de tout prosélytismeet de tout fondamentalisme ! Pournous, devenir chrétien ou devenirhumain, pratiquement, c’est du pareilau même...Que proposez-vous auxpersonnes qui s’adressent àvous ?Une sorte de voyage à la découverted’eux-mêmes, de Dieu et des autres, àleur rythme. Aider est un verbe qui seconjugue en fonction de la dure réalitédu quotidien de chacun : amour,écoute, consolation, conseil, enseignement,encouragement, coaching,etc. peuvent en faire partie. Comme filconducteur de nos rencontres, il nousarrive parfois de proposer une méditation,plus ou moins guidée, à partird’une œuvre d’art ou d’un texte biblique.Ni accompagnement ni quêtedu bonheur ne devraient se bâcler ;apprendre à gérer colère, tristesse,deuil, peur, illusion ou rêve, cela vautbien quelques sacrifices… pourvu quecela débouche sur un chemin de Vie !Comment faire pour vouscontacter et faire appel àl’association ?Appelez-nous – librement et en touteconfidentialité ! – sur notre GSM : 0473/262607Ecrivez-nous à notre adresse e-mail :chemins2vie.777@gmail.comOu visitez notre site :https://sites.google.com/site/chemins2viebelgique/Faites-y connaissance avec les maladiesde votre vie spirituelle !!!Alain FauconnierEntretien réalisé parBrigitte Alessandroni-Fominendlr1. Elnarefa : signifie « Dieu je te prie guéris ».Association protestante de relation d’aide.www.elnarefa.be2. ISCAS : Initiation à la Spiritualité Chrétienneet à l’Accompagnement Spirituel(ISCAS)proposé par l’association Compagnons deroute. www.eglises-baptistes.frSeptembre 2013 gMosaïquePAGE23


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