Anniv ersaire Chopin | Kry stian Zimerman | lundi 1 mars - Salle Pleyel

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Anniv ersaire Chopin | Kry stian Zimerman | lundi 1 mars - Salle Pleyel

lundi 1 er marsdescendant et ses accords étoffés. La texture se fait ici plus volontiers polyphonique,en une réinterprétation romantique des contrepoints d’un Bach, l’un des auteurs préférésde Chopin, le seul qu’il emporta à Majorque, celui qu’il jouait pour s’échauffer. Le début dudéveloppement est symptomatique de cette esthétique du dernier Chopin ; la fin de l’exposition,qui varie avec une vraie gourmandise harmonique le beau second thème aux inflexionsbelliniennes, aussi. Le joyeux scherzo qui suit joue du contraste entre la guirlande presséede main droite qui court leggiero sur trois octaves et demie et les accords de la partie centrale.Le Largo est une réussite : quelques accords sévères et hiératiques ouvrent sur une doucecantilène faussement naïve, portée par un ostinato rythmique de basse bien trouvé ;un sostenuto absolument enchanteur est l’occasion de soigner la couleur instrumentale,par l’intrication des mélodies et la douceur de l’attaque, et harmonique, par les chatoyancesdes enchaînements. Certaines pages debussystes sembleront en porter le souvenir… Quantau finale, il n’a rien de commun avec la course blafarde qui achevait la sonate précédente :épanoui, généreux, il profite des répétitions de son refrain pour gagner en énergie, passantdans son accompagnement des triolets aux quartolets puis aux doubles-croches, avant unecoda qui, selon les mots de Guy Sacre, « nous jette sa poudre d’or et ses flammèches ».Nocturne en fa dièse majeur op. 15 n° 2Composition : 1830-1831.Publication : 1833, M. Schlesinger, Paris.Durée : environ 4 minutes.Scherzo n° 2 en si bémol mineur op. 31Composition : 1837.Publication : 1837, M. Schlesinger, Paris.Durée : environ 11 minutes.Barcarolle en fa dièse majeur op. 60Composition : 1845-1846.Publication : 1846, Brandus, Paris.Durée : environ 8 minutes.En guise d’introduction, de transition et de conclusion dans ce programme de sonates,trois œuvres qui permettent de donner un aperçu – que la durée du concert oblige à la plusgrande brièveté – du reste de la production chopinienne. Trois époques, déjà, dans cettecourte vie : 1830-1831 (Opus 15 n° 2), la jeunesse, Chopin a vingt ans et quitte Varsovie pourl’Autriche d’abord, pour Paris ensuite ; 1837 (Opus 31), la maturité, il a conquis George Sandet les mélomanes parisiens, tandis que son inspiration enfante merveille après merveille ;1845-1846 (Opus 60), les dernières années, le « cher cadavre », affaibli, ne composeraguère plus. Trois genres, aussi : nocturne, ce modèle emprunté à Field et presque aussitôt5


lundi 1 er marsKrystian ZimermanKrystian Zimerman est né dans unefamille riche de tradition musicale.Presque chaque jour, des musiciensvenaient rendre visite à ses parents poury faire de la musique de chambre. Nuldoute que ces rencontres lui ont permisun contact intime, naturel et quotidienavec la musique, et ont donné ainsi uneimpulsion précoce à sa carrière musicale.Il prit ses premières leçons avec sonpère, puis, à l’âge de sept ans, travaillaavec Andrzej Jasinski, professeur auConservatoire de Katowice en Pologne,dont il sortit diplômé quatorze ans plustard. Il suivit le chemin classique desétudes menant à la carrière de pianiste,obtenant les premiers prix dans diversconcours consacrés à la musiquepolonaise et russe, et il se spécialisaparticulièrement dans le répertoirede Prokofiev et Beethoven. Puis vintle 1er Grand Prix du Concours Chopinde Varsovie en 1975, succès qui luiapporta une très grande notoriété, etlui permit alors d’aborder une carrièreinternationale. Les 35 années d’activitéartistique de Krystian Zimerman ontcertainement été marquées par lesrapports très étroits qu’il cultive avecson public. Où qu’il se produise, dansquelques centres artistiques que ce soit,Europe, Asie, ou États-Unis, il y reconnaîttoujours un visage familier. Depuis plusd’une dizaine d’années, il a décidé detransporter son propre piano, et il ahabitué son public et les organisateursde concerts à cette pratique sommetoute inhabituelle. Krystian Zimermanest toujours à la recherche de nouvellesinventions qui lui permettent, ainsi qu’àtous les pianistes qui le désirent, depouvoir transporter leur instrument aveceux. Le fait de jouer uniquement sur sonpropre instrument, allié à son expériencede facteur de piano, acquise à Katowiceet développée grâce à une collaborationpermanente avec la maison Steinway àHambourg, lui permet d’éliminer, en touscas de réduire à son strict minimum, toutce qui pourrait le distraire de la puretémusicale. Sa précoce connaissance durépertoire européen, qu’il soit allemand,russe, français ou autre, l’empêchad’être estampillé « spécialiste deChopin ». Au contraire, il cultiva en luila grande ambition - qu’il pu porter àson accomplissement ces dix dernièresannées - de jouer de la musiquefrançaise à Paris, Beethoven, Mozart etSchubert à Vienne, Brahms à Hambourg,de la musique américaine à New York,en une circonstance toute particulièrepuisque dirigée par le compositeur,Léonard Bernstein lui-même. « Sij’étais comédien, argumente-t-il, jemettrais tout en œuvre pour interpréterShakespeare à Londres et Tchekhov enRussie ». Witold Lutoslawski, qui lui afait l’honneur de lui dédier son Concertopour piano, a inspiré au pianiste,en reconnaissance, un traitementsimilaire. L’évidence même pour luifut de créer cette œuvre à Varsovie,lors du Festival d’Automne de MusiqueContemporaine, avec le compositeurà la baguette. Lors de chacun de sesrécitals à New York, il prend toujourssoin de mettre, au programme ou en bis,une œuvre d’un compositeur polonais.Pendant de nombreuses années, il aégalement interprété des œuvres deKarol Szymanowski dans les principauxcentres musicaux des trois continents.Ses rencontres avec d’éminentsmusiciens, partenaires de musique dechambre ou chefs d’orchestre furent, cequ’il revendique, son plus grand bonheur.Il s’est régulièrement produit avecKaja Danczowska, Kyung-Wha Chung,Gidon Kremer ainsi qu’une quarantainede musiciens prestigieux. Le pianon’est pas la seule passion de KrystianZimerman. Il manifeste un intérêt trèsvif pour tout ce qui touche à l’orgue.Jouer de cet instrument lui permetd’appréhender les formes musicalesdans leur horizontalité. Tout au long desa carrière, par sa collaboration avecles plus grands chefs de sa génération,Leonard Bernstein, Herbert vonKarajan, Seiji Ozawa, Riccardo Muti,Lorin Maazel, André Previn, PierreBoulez, Zubin Mehta, Bernard Haitink,Stanislaw Skrowaczewski, Sir SimonRattle et bons nombres d’autres, ildéveloppe son apprentissage de ladirection d’orchestre. Avec certainstels Bernstein, Boulez, Karajan,Kondrashin et Ozawa, la collaborationfut particulièrement fructueuse, etenrichie par une grande amitié. KrystianZimerman et Leonard Bernstein onttravaillé pendant 13 ans ensembleaussi bien pour les enregistrementsque pour les concerts. Travailler avecune personnalité aussi importante,le maître du son orchestral, fut uneexpérience très enrichissante et toutaussi formatrice pour lui. Il a égalementeu l’opportunité de côtoyer les grandsmaîtres de la précédente générationtels Claudio Arrau, Arturo BenedettiMichelangeli, Arthur Rubinstein etSviatoslav Richter, qui tous ont eu uneinfluence déterminante sur sa carrière.En plus de 34 ans de collaborationavec Deutsche Grammophon, KrystianZimerman a enregistré 26 disques quiont remporté les plus prestigieusesrécompenses. Il a également été nommé« Chevalier » dans l’Ordre National de7


la Légion d’Honneur et décoré par leMinistre de la Culture Renaud Donnedieude Vabres. Krystian Zimerman admirebeaucoup la France pour sa contributionà unifier l’Europe et pour sa positionvis-à-vis des critiques internationalescomme par exemple la guerre en Irak.Krystian Zimerman est convaincu queles problèmes interhumains ne devraientpas se résoudre, au 3 e millénaire, avecdes armes et il plaide pour plus deconscience dans la société pour protégeret développer la démocratie ;il est contre l’hypocrisie politique.Ces cinq dernières années, KrystianZimerman a partagé son temps de façonéquivalente sur les trois continents entreNew York, Tokyo et la Suisse. Cetteannée Krystian Zimerman a reçu denombreuses récompenses pour sacontribution à la musique, et nouspouvons citer, entre autre, la Légiond’Honneur, Docteur Honoris Causa et cemois-ci, le Gloria Artis, la récompenseculturelle la plus élevée en Pologne.8

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