Les éléments fondamentaux de l'efficacité partagée - Admiroutes

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Les éléments fondamentaux de l'efficacité partagéeObjectif de cette présentationCela fait maintenant 30 ans que je suis intéressé par la problématique de l'efficacité qu'elle soitpersonnelle, professionnelle ou collective. Autrement dit par l'efficacité déployée au profit de n'importequelle activité.Il est assez facile de démontrer et de comprendre que l'efficacité maximale s'obtient au moment de laconception des produits, des services, des process : pour déplacer une cloison, il suffit à un architected'un coup de gomme ou d'un clic de souris alors que pour un maçon, c'est une tout autre paire demanches. L'efficacité de l'activité de conception est donc l'unique moyen efficace d'assurer l'efficacitéde n'importe quelle activité.Ayant fait beaucoup de développements informatiques au cours de ma carrière, j'ai vu défiler lesméthodes de conception informatique les unes après les autres jusqu'à me rendre compte, qu'à l'instarde toutes les autres méthodes dites de conception, qu'il ne s'agissait jamais de méthodes deconception à proprement parlé, mais toujours de modèles d'organisation du travail de conception ce quin'est pas du tout la même chose.C'est pourquoi j'ai fini par me fixer comme objectif de savoir concevoir de manière optimale n'importequel produit ou service qui soit lui-même optimisé.J'ai tout à fait conscience du caractère a priori prétentieux de cet objectif. Le paradoxe de cet objectifest que l'on ne peut pas se contenter de constater a posteriori que cet objectif était réaliste, mais quec'est le fait de s'imposer a priori cet objectif qui va le rendre réalisable comme on le comprendra dansun instant.La concrétisation de cet objectif a pris la forme d'un document de 200 pages qui liste tous lesraisonnements et règles que l'on peut et doit obligatoirement réutiliser pour atteindre l'efficacitéoptimale au cours de toute conception. Nous expliquerons un peu plus loin pourquoi et sous quelleforme le concept de partage intervient comme un outil d'optimisation.Il n'est pas possible de résumer, sauf à les rendre incompréhensibles et inopérants, ni les résultatsobtenus, ni le cheminement ayant permis d'atteindre ces résultats. Ce qu'il est néanmoins possible defaire, dans le cadre restreint d'un article, c'est de mettre en lumière des articulations essentiellespermettant au lecteur de découvrir à la fois des résultats significatifs et de lui donner le goûtd'approfondir ses propres réflexions consacrées à l'efficacité en général et à sa propre efficacité enparticulier.C'est ce que nous allons faire en quelques chapitres qui seront conclus par un plan d'action à partager.Définition naïve de l'efficacitéL'efficacité, c'est l'art et la manière d'obtenir de bons résultats avec peu d'efforts.Insistons à nouveau sur notre ambition : nous voulons non pas être moins inefficaces, mais atteindrel'efficacité optimale et cela implique de savoir concevoir de manière optimale n'importe quoi dontl'usage sera optimisé au sein de toutes les activités dans lesquelles ce « n'importe quoi » seraimpliqué.Les processus naturels nous fournissent un modèle à suivre : c'est le principe de moindre action qui estrespecté par tous les phénomènes physiques.Loi fondamentale de la conception optimiséeSupposons que nous sachions aller de manière optimale de Paris à New York et que nous sachionsaller de manière optimale de New York à Rome. Alors, nous savons comment aller de Paris à Rome,mais pas de manière optimale si l'optimisation a quelque chose à voir avec la longueur des trajets.


D'une manière abstraite, on peut dire que l'optimisation n'est pas une propriété transitive destransformations.Ce qui est évident pour l'espace peut être facilement démontré pour le temps, l'énergie, les quantitésde matière, etc.Toute l'approche cartésienne de résolution d'un grand problème par l'assemblage des solutions à despetits problèmes n'est donc plus applicable à la conception optimisée !Appeler loi fondamentale un tel désastre est bien entendu au point de vue épistémologique un autredésastre fondamental ! Mais la recherche d'une solution sortant obligatoirement des sentiers battus dela conception cartésienne va nous obliger à retourner comme un gant notre constat et donc nousobliger à dévoiler sa face positive.Même sous sa forme négative, cette loi montre le caractère illusoire de bon nombre de nos opérationssynergiques : l'intégration de deux usines, de deux équipes, de deux process, de deux procédésoptimisés n'a aucune chance de donner naissance à une solution optimisée. Et lorsqu'il ne s'agit plusde deux entités, mais de trois et plus, la perte d'efficacité est structurellement encore bien plusimportante.La finalité d'abord, les moyens ensuiteRevenons sur notre exemple si simple à comprendre de par les facultés cognitives spatiales de noscerveaux : la solution optimale pour aller d'un point A à un point B c'est la ligne droite. Si, toujours enpartant de A, on veut maintenant atteindre un point C, qui n'a pas de raison a priori de se situersystématiquement dans le prolongement de B, alors la solution optimale c'est la nouvelle ligne droitereliant A à C. Le remplacement de B par C, nous oblige donc à reprendre le tracé, la conception de lasolution et cette nouvelle solution diverge de la précédente dès que l'on s'éloigne ne serait-ce que d'unpas de A.Ce qui pour notre cerveau est évident lorsque l'optimisation porte sur une optimisation dans un espaceeuclidien à 2 dimensions, l'est beaucoup moins, voire pas du tout, lorsque la problématique concerne letemps, l'énergie et encore moins lorsque l'on est dans une problématique multidimensionnelle,multifactorielle, etc. C'est ce qui explique l'invisibilité de cette règle et l'ignorance des solutions.Convenons d'appeler expression des finalités, ce qui consiste à dire quels sont les points A et B d'unprojet, quels sont l'état initial et l'état final d'une transformation quelconque.Si nous voulons optimiser ce qui permet de passer de l'état initial à l'état final, alors nous devonsd'abord, avant toute recherche d'un moyen, stabiliser cet état initial et cet état final et pour ce fairel'exprimer de manière non ambiguë et s'interdire toute possibilité de remise en cause ultérieure.La plupart des projets, des produits, des services sont intégrés les uns aux autres. Le capuchon d'unstylo n'est pas optimisable en soi, il s'optimise par rapport à un stylo complet, qui lui-même ... Un modede production d'électricité ne s'optimise pas sans prendre en compte les autres, ni un moyen detransport, ni une fonction publique. Et il suffit de modifier un objectif du stylo, un principe de productiond'électricité pour que toute la solution soit à revoir.Il suffit de réfléchir un peu à son savoir-faire conceptuel et être un peu perspicace pour comprendreque de cette nécessité déduite si simplement de notre loi fondamentale découlent un ensemble depratiques dont la description des éléments fondamentaux exige d'y consacrer quelques dizaines depages. Et cela suffit aussi pour comprendre que l'habituel non respect de ces règles dégrade trèssignificativement le ratio résultats / efforts de toutes nos activités et que cela peut correspondre, dans lecas d'une entreprise, à plusieurs fois le ratio bénéfice sur chiffre d'affaires.L'équation aux dimensions et l'assemblage des finalitésLa plupart des lois physiques se traduisent par des relations d'égalité entre deux familles de grandeursphysiques. Par exemple, en reprenant un exemple newtonien et en négligeant la résistance de l'air, laforce gravitationnelle exercée sur une pomme tombant de son arbre est égale à sa masse multipliéepar son accélération.Tous les physiciens savent qu'à toute équation est associée une équation aux dimensions (voirWikipédia si nécessaire) qui traduit le fait qu'il existe un petit nombre de grandeurs fondamentales(l'espace, le temps, la masse, la température, l'intensité électrique, etc) dont aucune ne peut se


substituer à une autre au cours d'une transformation quelconque.Cette loi physique se projette dans l'activité de conception et se traduit par le fait que toute expressiondes finalités est en fait un assemblage de finalités indépendantes les unes des autres. Par exempleune chaussure est impliquée dans toute une série d'activités dont les finalités sont indépendantes lesunes des autres : être attractive en vitrine, amortir les chocs, protéger du froid, sécher rapidement, etc.Les solutions optimales à ces activités indépendantes sont elles-mêmes indépendantes les unes desautres. Ce qui contredit intuitivement cette affirmation, c'est le fait qu'un même objet, la chaussure,intègre toutes ces activités et que cette intégration à la fois impose des contraintes aux solutions et leuroffre des opportunités synergiques et, de ce fait, vient modifier les solutions optimales élémentaires quine sont donc pas simplement juxtaposées, mais bel et bien intégrées.Nous avons beaucoup de mal à penser, à concevoir des objets, concrets ou abstraits, selon ce modèle.Pour vous en convaincre, essayer de comprendre comment avec une série d'arbres isolés on fait uneforêt. Aussi longtemps que vous penserez qu'un arbre n'est qu'un arbre, vous ne comprendrez paspourquoi soudain des propriétés nouvelles émergent d'une réunion d'arbres telles la fixation des sols, lamodification de la nature de ces sols, l'apparition de sous-bois, la présence d'animaux sauvages,l'organisation de chasses, les feux de forêt, etc. Il faut en fait penser la forêt comme une intégrationoriginale des sols, du soleil, du climat, des espèces végétales, animales, de la réglementation des eauxet forêts, des incitations fiscales à exploiter des forêts, des cours des différentes essences de bois etde leurs variations au cours du temps, etc.Plus pragmatiquement, la découverte de cette loi d'indépendance des finalités fondées sur la loid'indépendance des grandeurs fondamentales de la physique, nous permet de substituer à la règlecartésienne de décomposition transversale des transformations une règle de décompositionlongitudinale des finalités. Au lieu de nous polariser sur le traditionnel cycle de vie d'une chaussureconstruit comme une succession de moments temporels générateurs d'une succession detransformations élémentaires, mais participant toutes d'une même transformation qui est, parconstruction, ce qu'est une chaussure à nos yeux, nous nous focalisons désormais sur une suite debesoins ou de désirs indépendants (acheter, marcher, nettoyer, stocker, éliminer, etc) dont l'intégrationdonne vie à quelque chose que nous appelons chaussure.Il est incontestable que cette vision ne fait pas partie de notre culture et il n'est donc pas évident de sel'approprier facilement. Mais, comme nous l'avons bien mis en évidence, le respect de notre objectif deconception optimisée à la fois nous l'impose et nous rend cet objectif concrètement accessible. Il s'agitbel et bien d'un point-clé dont la formalisation des conséquences nécessite également quelquesdizaines de pages.Mais, au fond, qu'est-ce que concevoir ?J'ai longtemps travaillé dans une fonderie automobile fabricant entre autres des chemises de moteurs.Ces chemises sont réalisées en fonte ductile qui est un alliage à base de fer, de carbone et de diversautres métaux. Le magnésium y joue un rôle particulier, car c'est lui qui permet de rendre la fonteductile et non pas cassante. Chaque jour des ouvriers spécialisés fabriquaient cette fonte et ilsparvenaient donc à réaliser un agencement très particulier des milliards de milliards de milliardsd'atomes, de molécules, de cristaux issus des différents ingrédients de base.Pour ce faire, ils ne s'occupaient jamais de ce qui se passait au niveau microscopique mais ilsréalisaient un agencement macroscopique qui du fait de cet agencement avait une propension naturelleà faire ce qu'il fallait pour atteindre le résultat voulu : disposer de fonte ductile.Prenant encore en considération un autre fait. Supposons que nous répandions un verre d'eau sur unesurface grande comme la superficie de la France. Combien aurions-nous de molécules d'eau parmillimètre carré ?Un million !Il est facile de tirer quelques conséquences fondamentales de ce qui précède :• Pour concevoir quelque chose, il faut comprendre ou connaître des principes de base. Mais laconcrétisation d'un projet est toujours une exploitation de la propension des transformations àse faire d'elles-mêmes et le vrai savoir-faire du concepteur est dans la connaissance de cettepropension et non dans sa capacité à être lui-même, ou ses représentants, la cause directe detoutes les transformations. Il s'agit toujours de concevoir un bouton dont l'enfoncement est lacause d'un résultat attendu. Concevoir est donc un vrai métier qui a ses règles propres etinédites. Un ingénieur n'est pas un chercheur scientifique bien que trop souvent on les forme


pareillement.• Aucun cahier des charges conceptuel ne peut prétendre à la complétude quant aux moyens àmettre en œuvre. Mais il se doit de vouloir être complet quant aux finalités indépendantes àatteindre. Tout l'enjeu du concepteur est de trouver les liens de causalité opérationnelle les plussommaires possibles reliant des causes ou plus précisément des dispositions à des résultatsespérés.• Lorsque l'on déclenche une transformation, on ne peut jamais être sûr ni que tout ce que l'onveut atteindre comme résultats sera atteint, ni que seuls les résultats voulus seront atteints. Onest n'est jamais à l'abri de déclencher une ou des catastrophes plus ou moins grandes. Commeon se doit de maîtriser l'ampleur des catastrophes, il faut donc systématiquement concevoir lesmoyens de maîtrise voulus. Toute conception optimisée, quel qu'en soit l'objet, comporte doncsystématiquement une conception optimisée de la prévention des risques qui peut aller jusqu'àéliminer certaines finalités, voire renoncer au projet. Trop de concepteurs, hélas, n'accordentpas la même importance à la conception des risques qu'à la conception même du projet.Bien entendu, les éléments fondamentaux de l'efficacité partagée comportent des aides originales à laconception des risques.Seule l'efficacité partagée est efficaceLe pain du boulanger est consommé, mais son pétrin est réutilisé. La réutilisation, le partage d'unmême outil par plusieurs biens consommables, est l'élément primordial de l'efficacité. Le seul intérêt denos éléments fondamentaux de l'efficacité partagée est donc la possibilité de les partager entre lesconcepteurs et pour chaque concepteur de les réutiliser de projet en projet.Tout naturellement, le concept de partage dans ses divers aspects émerge avec une force surprenanteau cours de notre réflexion sur l'efficacité.Mais force est de reconnaître qu'il y a un moyen contraire à l'efficacité partagée d'être efficace qui estde voler (pris au sens très large de ce terme). Alors, si je suis absolument épris d'efficacité qu'est-ceque je choisis : être un bon voleur ou un concepteur épris de partage ? La réponse dépend de laprofondeur de notre vision de l'avenir. A court terme, j'ai intérêt à être un bon voleur maîtrisant bien sagestion des risques à savoir ne pas se faire attraper par les gendarmes. A long terme, je comprendsque si tout le monde partage mon idéal de voleur nous n'aurons plus qu'à nous voler entre nous ce quirisque d'assombrir fortement notre futur commun.Ma réflexion me livre donc elle-même, sans recours à une morale ou à une idéologie externes, laréponse à la recherche de l'efficacité maximale : je l'assure par le partage tout en me protégeantconstamment de mes concurrents, les voleurs.Lorsque je pousse cette réflexion, je me rends d'ailleurs compte assez vite que toutes les personnesqui invoquent une religion, une morale, un altruisme, une idéologie, ... sont presque toujours desvoleurs qui se servent de leurres pour anesthésier la vigilance de leurs prosélytes. Si je suis indulgent,mais ai-je une raison efficace de l'être, je dirais que les adeptes de ces doctrines ne consacrent jamaisassez d'efforts à la prévention du risque d'infiltration par des profiteurs des communautés respectivesconstituées par leurs maîtres à penser. Réfléchissez un instant et vous serez submergé d'exemplesque ce soit dans votre famille, vos relations, vos maîtres, vos dirigeants, vos fournisseurs, vos éluspolitiques, votre clergé, etc.Le ratio d'utilitéOn pourrait dire que pour le moment nous n'avons fait que tourner autour du pot de l'optimisation etque la question de savoir comment trouver des solutions et comment parmi ces solutions sélectionnerla solution optimale est toujours posée et reste sans réponse.Commençons pas redire l'importance de bien poser les problèmes, de bien exprimer les finalités.Lorsque l'on a progressé dans ce savoir-faire, on constate que la plupart de nos objectifs sont de fauxobjectifs. Soit. Mais cela ne répond toujours pas à notre question initiale.Supposons donc que notre objectif soit bien exprimé et bien valorisé. L'objectif global a donc étédécomposé en objectifs indépendants et on a exprimé l'état initial et l'état final correspondant à chaqueobjectif indépendant.


Il faut alors rechercher les contextes opérationnels dans lesquels la solution va pouvoir être mise enœuvre. Ce sont soit des contextes existants et qui sont donc contraignants, soit des contextes existantsmais modifiables en vue d'optimiser l'interaction contexte-solution, soit des contextes à créer de toutepièce donc à concevoir, eux aussi.Supposons que l'on a de par ses connaissances, son expérience, une idée de solution partielle ouglobale. Est-ce la meilleure ? Pour le savoir, il faut projeter cette solution sur la droite qui joint l'étatinitial à l'état final et calculer le rapport entre les efforts contribuant à la progression vers l'état final etl'effort total fourni. Par exemple, comparer la projection de la droite Paris New York sur la droite ParisRome et constater que l'on a fait de l'ordre de 6.000 km pour se rapprocher très peu de Rome et qu'enplus il va falloir, une fois à New York, rattraper l'éloignement engendré par la première étape. Lesraisonnements sur les trajectoires facilitent la compréhension de cette règle qui prend en compte le faitque la ligne droite joignant l'état initial à l'état final est la référence optimale recherchée.L'évidence de l'exemple ci-dessus ne doit pas faire croire que cette règle est triviale et que, bien sûr,vous savez l'appliquer instinctivement. Si vous pulvérisez un insecticide sur un arbre ou une vigneavez-vous calculé le ratio d'utilité, soit la part d'insecticide qui va utilement sur les feuilles et non sur lesbranches ou par terre ? Avez-vous calculé, une seule fois, le trajet réellement utile de vos assiettesdans votre cuisine par rapport à ce que vous leur faites faire ? Avez-vous jamais demandé à votrecoiffeur pourquoi il marchait sur vos cheveux qu'il venait juste de laver et pourquoi les ¾ de son budgetshampoing sont inutiles ?Comme j'ai par sondage constaté que jamais aucun coiffeur, ni aucun client n'ont calculé un ratiod'utilité du shampoing, j'en déduis que :• La règle si simple du ratio d'utilité ne l'est plus tant que ça dans la plupart des situationsconcrètes.• A l'usage, c'est une règle très créative, elle nous ouvre les yeux sur ce qui nous paraît évident,acquit une fois pour toutes.• Les ratios d'utilité réels sont souvent faibles, voire très faibles, par exemple, de l'ordre dupourcent. Exemple type : un client attend 2 semaines la réponse à une demande de créditalors que l'établissement bancaire ne consacrera pas plus d'une heure de travail utile au total.• Rares sont cependant les cas où un ratio d'utilité peut être égal à 100%. L'univers physique, labase de la réalité, impose toujours une sorte d'entropie : le rendement d'un moteur thermique,le ratio d'utilité du combustible, est toujours limité et gagner les derniers pourcentagesthéoriques peut se révéler très coûteux. Les experts connaissent généralement assez bien lesratios d'excellence d'un domaine d'application donné et ils fournissent donc les valeursoptimales à rechercher.• Lorsque l'on a bien implanté, en toutes circonstances, le réflexe calcul ou estimation du ratiod'utilité, on a la surprise de constater que dans bon nombre de cas on a des ratios négatifsautrement dit ce que l'on fait est contre-productif. C'est particulièrement vrai dans les activitésde type collectives, mais c'est aussi vrai dans les activités professionnelles et les activitéspersonnelles où l'on perpétue des habitudes alors que le contexte a radicalement changé.• Si vous voulez faire un progrès immédiat et significatif suite à la lecture de cet article, il suffitque vous preniez l'habitude de faire une estimation du ratio d'utilité de tous vos efforts. Lorsquevous l'aurez fait en 10 ou 20 occasions rapprochées dans le temps alors vous ne pourrez plusvous en passez et quelque chose bougera dans votre rapport à l'efficacité.L'optimisation, une utopie ?Si on n'est pas un peu féru de mathématiques et de physique, on peut penser que l'on ne sait pastrouver les solutions optimales à la plupart des problèmes très concrets qui se posent à nous. Dans lesfaits, on sait calculer beaucoup plus de réponses optimales qu'on ne le croit ou que l'on n'ose le croire.A mes yeux, l'exemple le plus typique est constitué par l'algorithme d'optimisation du temps appeléPert. Alors que déjà les Pharaons lançaient la construction de pyramides devant se terminer dans desdélais très contraints tout en exigeant la coordination de dizaines d'activités de nature différente et demilliers d'acteurs, il aura fallu attendre le milieu des années 1950 pour que la Marine américaine lors de


la construction des premiers sous-marins nucléaires mette au point l'algorithme PERT, aujourd'huiconnu de tous les ingénieurs, voire de tout honnête homme.Ce qui est étonnant c'est qu'en lui-même cet algorithme est simple : lorsqu'il ne concerne qu'une oudeux dizaines de tâches, on peut mener à bien tous les calculs à la main dans un délai trèsraisonnable. Ce qui est étonnant aussi c'est qu'il y ait toujours une solution calculable, que cettesolution est unique, parlante, qu'à partir d'elle on peut améliorer l'organisation du travail, etc.Si donc on dispose de beaucoup d'outils d'optimisation scientifiques, le fait que l'on ne dispose pas deméthodes de conception optimisée veut-il dire que les enjeux de la conception optimisée sont négligésparce que négligeables ? Les enjeux sont en fait considérables car une fois qu'on a pris le problème del'optimisation au sérieux, on se rend compte que, dans des activités relativement bien managées, 50%des efforts sont inutiles et que ce sont à la fois les solutions et les objectifs qui ne sont pas optimisés.Notons d'ailleurs au passage que la non-optimisation des solutions est forcément corrélée à la nonoptimisationdes objectifs et réciproquement.L'optimisation de la conception optimiséeL'optimisation de l'activité de conception peut s'appliquer et se fonder sur sa propre méthodologie. Dece fait, tous les résultats obtenus peuvent à la fois servir d'outils de recherche en vue d'obtenir desrésultats plus spécialisés et d'outils de validation immédiate des résultats acquis à un instant donné.C'est, par exemple, ce que nous fait en montrant que l'optimisation de la conception d'un objetconcerne 5 objectifs indépendants, canoniques :La projection : valider le choix de transformer en un projet le ressenti d'un désir ou d'un besoin depasser d'une insatisfaction à une satisfaction.La fabrication : c'est l'activité qui consiste à transformer des ingrédients en un objet, concret ouabstrait, simple ou complexe, générateur de la satisfaction attendue.L'utilisation ou la consommation : c'est le process qui permet au générateur du projet de passer del'insatisfaction initiale à la satisfaction attendue grâce à l'objet fabriqué.L'évolution : aucun des 3 processus ci-dessus n'est stable dans le temps. L'évolution, c'est leprocessus de stabilisation conceptuelle de l'instabilité naturelle.La conception : c'est l'organisation préalable à l'exécution des 4 processus ci-dessus et l'autoorganisationoptimisée de ce processus de conception lui-même.Tous les éléments fondamentaux de l'efficacité partagée sont structurés à partir de cette basecanonique qui ne représente jamais quelque chose d'original dans quelque projet que ce soit.L'originalité de tout projet réside en fait dans son organisation : comment délimiter son enveloppe,comment le fracturer en éléments indépendants, comment ensuite intégrer ces éléments, commentarticuler tous les savoirs faire, etc.Tout projet est constitué d'une myriade de conceptions indépendantes, mais qui doivent toutess'intégrer à un moment donné et être toutes optimisées. Par exemple : la formation des concepteursdoit être optimale, leur méthode de conception doit être optimale, leur conception d'un objet donné doitêtre optimale, dans le cas de la conception d'un outil et non d'un objet consommable l'utilisation de cetoutil conçu doit se dérouler dans des processus optimisés, etc.Cette énumération montre que le problème est difficile, que son organisation est un facteur clé dusuccès, que la conception optimisée est un objet culturel. Une fois que l'on a commencé à s'appropriercet objectif, on constate que les acquis progressifs vont impacter toutes nos activités et en premier lieunotre manière de penser et plus précisément encore notre manière d'organiser nos activités réflexives.Propositions d'actionVoici une proposition d'action formulée dans le respect de l'objectif initial à savoir parvenir à réalisern'importe quelle activité avec une efficacité optimale.Pour commencer explicitons trois ambitions fondamentales :1. Il est possible d'atteindre l'efficacité optimale de n'importe quelle activité en réutilisant deséléments fondamentaux au moment de la conception de l'activité, du projet, de l'objet.


2. Les possibilités potentielles d'amélioration du ratio résultat / efforts sont, pour l'ensemble desactivités humaines, au moins de l'ordre de 50 % au moment de la conception. Il est en généralpossible d'améliorer par une reconception une activité déjà opérationnelle de 25 %.L'importance de cet enjeu justifie une mobilisation immédiate de quiconque souscrit à cetteambition.3. Au-dedes enjeux propres à un projet, la recherche de l'efficacité optimale, d'une manière toutà fait logique, modifie en profondeur notre relation à la réalité concrète, modifie nos valeurspersonnelles et nos valeurs collectives.Ces ambitions étant clairement, voire brutalement, énoncées et affirmées, il vous appartient d'exercerun contrôle de validité sévère à leur égard et de décider, si oui, ou non si je ne suis pas, sous uneforme ou une autre un voleur, un profiteur, un charlatan.Vous déciderez alors, si vous en avez la possibilité et l'opportunité opérationnelles, de partager ou noncette ambition.Pour ma part, je vous propose de respecter strictement le principe d'efficacité par le partage :1. Identifiez soit des projets très concrets à court terme, soit des projets plus globaux etgénériques.2. Exprimez-en les finalités et proposez--moi de les partager.3. Si je les partage effectivement, nous procéderons alors d'abord à l'organisation du projet puis àla conception optimisée en vue d'obtenir un résultat optimisé à concrétiser conformément ànotre plan d'organisation.Notre but commun : de par un effort commun, tirer parti personnellement, professionnellement,collectivement, d'une opportunité majeure d'amélioration de notre ratio résultats / efforts et contribuer àdonner naissance à une culture moins dépendante des mythes, car davantage reliée à la fois à laréalité physique de nos contextes opérationnels et à notre réalité anthropique.Jean-Paul Mangin 15 octobre 2012

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