TIC 2015 - Agoria

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TIC 2015 - Agoria

Les défissocioéconomiquesen 2015Les réseaux, l’innovation et lescollaborateurs sont les troiséléments de base sur lesquelsil faudra agir pour que les TICremplissent leur rôle dansla solution des divers défissocioéconomiques.Quels sont les éléments qui mettentl’ordre mondial à l’épreuve sur le plansocioéconomique ?C’est sans doute la problématique du climat qui occupele haut du pavé. L’attention portée à l’efficacité environnementalede l’économie, tant au niveau de la production quede la consommation, est sans précédent. Il suffit, pour s’enconvaincre, de penser à des notions telles que l’empreinteécologique, l’équilibre écologique, l’entreprise écologique,etc.L’énergie a été plus que jamais d’actualité lorsque le prixdu pétrole brut a franchi, sur les marchés internationaux, labarre psychologique des 100 dollars US par baril. Commentallons-nous rechercher des méthodes de production moinsénergivores ?Les pays de l’ancienne Europe centrale et orientale, dusud-est asiatique et d’Amérique latine s’intègrent toujoursdavantage à l’économie mondiale. Les entreprises despays occidentaux doivent de plus en plus en tenir compte.Cette évolution met leurs modèles d’entreprise à rudeépreuve mais, d’autre part, elle amène aussi avec elle detrès nombreuses opportunités, dont une possible résolutiondu problème croissant de pénurie de main-d’œuvre.Les files sur les autoroutes et sur le réseau secondaire s’allongentchaque année de quelques kilomètres. En raisondes conditions atmosphériques, de travaux, de barragesou d’accidents de circulation, le trafic est parfois paralysédes heures durant, sans la moindre solution en vue.Ces deux dernières années, les fondements des modèlesfinancier et économique ont été sérieusement mis à mal. Lesystème bancaire est parti à la dérive et a connu une véritabledébandade en 2008. Les cours de bourse ont baisséde moitié en quelques mois, laissant un sentiment amer auxinvestisseurs. Le système financier est à la recherche d’unnouvel équilibre, plus stable.L’âge moyen de la population augmente, ce qui, au fil desannées, renforce la pression sur la sécurité sociale dansson ensemble et sur les soins de santé en particulier. Lasurveillance de patients en ligne est un bel exemple du rôleque les TIC peuvent jouer dans la maîtrise des coûts dessoins de santé.De nombreux défis sociaux et économiques sont doncinduits par l’évolution de l’ordre mondial. Commententreprendrons-nous à l’avenir ? Comment aborderonsnousl’approvisionnement énergétique de notre pays etcomment optimiserons-nous notre consommation? Quellesera notre approche des problèmes de mobilité ? Par quelsmoyens tenterons-nous d’endiguer et de maîtriser les coûtscroissants du vieillissement de la population et des soinsde santé ?Les TIC jouent un rôle important dansla réponse aux défis socioéconomiquesIl est certain que les TIC joueront un rôle important dansl’approche de ces défis socioéconomiques. Elles peuventrationaliser les processus administratifs et de création devaleur par un meilleur traitement de l’information et unemeilleure communication en ligne. Mais pour y arriver, lesecteur des TIC devra réaliser des avancées majeures.Premièrement, la capacité des réseaux de communicationset de données devra augmenter fortement dans ladécennie à venir. Des investissements seront nécessaires,en particulier dans la capacité de la boucle locale, ce quel’on appelle « l’accès de nouvelle génération » (« Next GenerationAccess »). Les nouvelles applications avec lesquellesnous travaillons requièrent une bande passante toujoursplus importante et nécessiteront, à long terme, des investissementsd’infrastructure. Les réseaux menant jusqu’àla boucle locale, appelés « l’épine dorsale », ont déjà faitl’objet d’investissements massifs ces dernières annéespour générer davantage de bande passante.Deuxièmement, les évolutions de l’économie mondialedéboucheront, dans les entreprises en général et dans lesecteur des TIC en particulier, sur de nouveaux modèlesd’innovation. Celle-ci doit être toujours plus rapide (enraison du rétrécissement permanent des « fenêtres d’opportunité») et de plus en plus multidisciplinaire. Elle intervientde manière croissante dans l’ensemble de la chaînede valeur, en particulier sur la manière dont la valeur estcréée une fois qu’un nouveau produit est mis sur le marché.La collaboration va dès lors devoir se renforcer, s’intensifieret devenir encore plus interactive.Troisièmement, pour revoir notre manière d’entreprendre etappréhender l’innovation, nous avons besoin, non seulementdans le secteur TIC mais aussi dans les départementsTIC des entreprises et organisations, de collaborateursdisposant d’une autre combinaison d’aptitudes. Outre lescompétences techniques, les collaborateurs TIC doiventégalement disposer d’aptitudes en communication etémotionnelles. Dernier aspect mais non le moindre : il leursera également demandé d’avoir acquis suffisamment deconnaissances économiques, pour bien appréhender lesprocessus opérationnels et administratifs des clients (et/oude l’entreprise ou organisation propre).C’est pourquoi, une implication commune de trèsnombreuses personnes, entreprises et organisations estnécessaire. Les trois chapitres suivants vous expliquent ceque cela signifie et la vision qu’en a le secteur des TIC.4 5


La nécessité d’objectifs ambitieuxD’ici 2025, tout le monde devra disposer, à un prix concurrentiel,d’une bande passante d’au moins 1 Gbps (= 1000Mbps). Pour y parvenir, d’importants investissementsdevront être réalisés, au cours des 15 prochaines années,dans la boucle locale (ce qu’on appelle « l’accès de nouvellegénération » - NGA).Quatre remarques à cet égard :· Premièrement, ces réseaux du futur devront fournir undébit suffisant en connexion tant montante que descendanteà des prix concurrentiels.· Deuxièmement, pour les applications « anywhere-anytime »,des réseaux mobiles de haut débit performants serontnécessaires.· Troisièmement, certaines connexions ne pourront pasêtre fournies à des conditions conformes au marché. Uneintervention des autorités sera souhaitable pour équiperles « white spots » (zones non couvertes) de réseaux àtrès haut débit.· Quatrièmement, les opérateurs télécoms ont investi cesdernières années, des moyens énormes dans l’augmentationde capacité pour l’utilisateur.Les gens ont besoin de toujoursplus de largeur de bandeQuelles sont les évolutions sociales qui font que les entrepriseset les ménages ont besoin de toujours plus delargeur de bande ?· la participation à des communautés en ligne et l’interactionen leur sein ;· l’autoproduction par les consommateurs, principalementdans le domaine du multimédia ;· l’omniprésence des réseaux : applications, services etcontenus sont accessibles à partir de n’importe quelréseau et offrent une intelligence de soutien comme lagéo-localisation ou le monitoring ;Les réseauxà haut débitdu futur· les soins de santé électroniques (e-health) et les soins àdomicile ;· la maison connectée, le télétravail ;· la consommation sur mesure et à la demande des utilisateurs: ce qu’ils veulent, quand ils le veulent, où ils leveulent et comme ils le veulent, quelle que soit la source.Au jour d’aujourd’hui, la plupart des réseaux de télécommunicationdisposent d’une bande passante suffisante.Cependant, le débit des réseaux fixes et mobiles actuelssera, à moyen terme, insuffisant pour les applications àvenir.Investisseurs potentiels et diversscénarios possiblesLa question qui se pose est donc la suivante : qui prendral’initiative d’investir dans les accès de nouvelle génération ?Le NGA suffit-il ou devons-nous investir dans plusieursinfrastructures concurrentes ?Nous voyons comme investisseurs potentiels : les exploitantsde réseaux, les fournisseurs d’accès Internet, la téléphonie,la télévision numérique interactive et autres services(interactifs) de données, les fournisseurs de contenusnumériques, de services et d’applications, les autorités, lespromoteurs immobiliers et les entreprises d’utilité publique.Ces investisseurs potentiels examineront région parrégion, commune par commune et, qui sait, rue par rue,les endroits où ils investiront dans les boucles locales denouvelle génération. Ils réaliseront des plans d’investissementbasés sur le revenu moyen par abonné (ARPU), labande passante nécessaire à court, moyen et long terme,le coût du déploiement des nouveaux réseaux, les règleseuropéennes et nationales présidant à la mise en placedes NGA et, surtout, sur la concurrence ou collaborationpossible avec d’autres investisseurs potentiels dans lamême zone.Différents scénarios sont possibles1. Plusieurs NGA sont installésCertaines zones seront équipées en NGA par plusieursinvestisseurs. Il en résultera une concurrence entre lesdifférents exploitants de réseaux, ce qui, à terme, peutconduire à des services plus nombreux, de meilleurequalité et moins chers. Ceci n’empêche pas le régulateur,après une analyse approfondie du marché, d’imposerdes mesures aux exploitants dominants, si les règles dela libre concurrence devaient être transgressées.2. Un seul NGA est installéL’investissement n’est réalisé que dans un seul NGA.Idéalement, dans ce cas de figure, on peut rechercherla formation d’un consortium ou partenariat. Quoiqu’il en soit, une fois le réseau installé, son exploitantdevra ouvrir le NGA aux fournisseurs d’accès Internet,de téléphonie, de télévision numérique interactive etd’autres services (mobiles) de données. Les règles enmatière d’ouverture du NGA doivent, dans la mesure dupossible, être fixées à l’avance.3. Personne n’est intéressé par l’installation d’un NGA(« white spots »)Pour ce qui est des zones où l’on n’investira probablementjamais, en raison du manque de rentabilité, lesautorités devront prendre des mesures pour faire ensorte que les habitants des ces zones puissent aussibénéficier des nouvelles possibilités offertes par le hautdébit.Une sécurité suffisante doit êtregarantie à court termeD’un point de vue social et économique, il est très importantque tous les fournisseurs de services puissent utiliser leNGA afin de pouvoir offrir leurs services, contenus et applications.Les autorités doivent, à l’avance, définir des règlesveillant à ce que les NGA soient ouverts aux tiers, de sorteque tout investisseur potentiel puisse élaborer ses businessplans. L’incertitude juridique augmentera le risque de voirles investisseurs potentiels adopter une attitude attentiste.Pour Agoria, une règle est déjà établie :Nous devons veiller à ce qu’en Belgique, aucunefamille ne soit privée de l’accès à une boucle localede nouvelle génération.De la vision et de l’analyse stratégiqueque nous avons développé, découlent,3 conclusions importantes :1. Un forum NGA réunissant toutes les parties intéressées(notamment les exploitants de réseaux, les fournisseursd’accès, les fournisseurs de services, les fournisseursde technologie et les autorités) est nécessaire.2. Il convient de laisser les participants au forum définir, aucours d’une concertation commune, le cadre qui permettra,dans les 15 ans à venir, d’équiper TOUS les citoyens d’unNGA disposant d’une bande passante de 1 Gbps, en étantsuffisamment attentif à la capacité montante pour un prixconcurrentiel et à la largeur de bande.3. Il convient de laisser aux autorités le soin de définirles règles que devront suivre les fournisseurs d’accès(et, éventuellement, les fournisseurs de services aveclesquels ils collaborent) dans le cadre de l’utilisation desNGA installés.Il faut mettre en place un climat d’investissement positif, quisoit favorable, d’une part, à la stimulation de la demande deservices de haut débit, de contenus et d’applications dansune vision de politique intégrée et, d’autre part, à l’éliminationdes obstacles au déploiement des boucles locales dufutur (autorisations, réglementation, fiscalité, etc.).S’ensuivent les recommandationssuivantes :1. L’autorité doit sensibiliser et stimule :· en encourageant les entreprises à développer denouveaux services et en favorisant l’utilisation des TICdans des domaines tels que les soins de santé, l’enseignement,la mobilité, etc..· en supprimant les seuils en matière de déploiement deréseaux (fixes et mobiles).· en mettant les formations en adéquation avec lesbesoins du déploiement du NGA.· en prévoyant des incitants fiscaux pour la mise enplace du NGA.· en soutenant les activités d’un forum NGA.· en améliorant la pénétration du PC en Belgique.2. Les autorités doivent légiférer, d’une part, pour encouragerles investissements par la mise en place d’uncadre juridiquement sûr, transparent et orienté versl’avenir et, d’autre part, pour stimuler la concurrencelorsqu’une position dominante est constatée. Des régulateurset autorités de la concurrence (tant en matièrede télécommunications que de médias) forts et indépendantssont nécessaires pour atteindre cet objectif.3. Les autorités doivent investir là où risquent d’apparaîtredes zones non couvertes.4. Le secteur privé doit, avec les autorités, sensibiliser etstimuler. Il doit en outre offrir un soutien stratégique ettechnique afin de répondre aux questions et défis qui seposeront lors du déploiement NGA (notamment dans lecadre du forum NGA).5. Le secteur privé doit chercher à obtenir des businessplans rentables et investir en ce sens. Agoria est prête àjouer un rôle moteur au sein du forum NGA.6 7


ConclusionL’importance croissante des TIC comme solutionaux défis socio-économiques de demain estde plus en plus reconnue par les analysteséconomiques et les décideurs politiques.En juin 2009, la Commission européenne a souligné unenouvelle fois l’importance du déploiement de réseaux hautdébit. Les pouvoirs publics veulent aider à combler le fosséentre les différentes régions en matière d’accès, de vitesse,de qualité des services fournis et de prix du haut débit.Selon la Commission, les investissements dans les TIC etles réseaux haut débit sont la manière optimale de dynamiserl’économie à court terme et de réaliser à moyen etlong terme un retour sur investissement élevé grâce auxavantages économiques et sociétaux d’une économieinterconnectée.Mais les « réseaux haut débit du futur » jouent égalementun rôle important dans les plans de relance financiers etéconomiques de différents États membres. De nombreuxpays ont posé des objectifs ambitieux et établi des planspour encore accélérer le déploiement de réseaux haut débitdans les ménages et les entreprises.Dans son livre Econoshock, Geert Noels décrit en 2008les effets de la révolution TIC sur les économies contemporaines.Selon lui, les TIC constituent l’un des six chocséconomiques qui modifieront de manière fondamentalenotre vie dans un avenir proche.« Chaque jour, les processus et décisions économiquesqui sont déterminés par les TIC continuent d’augmenter.La technologie a modifié des modèles d’entreprise entiers.Notre économie a évolué vers une économie des réseaux.Internet constitue à cet égard un ciment important, disonsessentiel. »Dans son livre « Sortir de la crise. Comment l’Europepeut sauver le monde », Guy Verhofstadt nous livre aussiquelques réflexions intéressantes sur les nouveaux réseauxTI et TIC.« Le secteur des TIC va jouer un rôle crucial dans lesréseaux trans-sectoriels étant donné que c’est l’uniquesecteur qui est connecté avec tous les autres secteurs.(…) Les réseaux de communiction sont les veines parlesquelles le sang de la nouvelle économie – l’informationet la connaissance – coule. La connaissance et l’informationsont probablement les seuls éléments qui grandissentau fur et à mesure qu’ils sont partagés rapidement et demanière efficiente parmi les gens. La large bande, la mobilité,la présence des réseaux de communication sont doncles fondements de la nouvelle économie. »L’importance croissante des TIC comme solution auxdéfis socio-économiques de demain est de plus en plusreconnue par les analystes économiques et les décideurspolitiques.Il existe aussi un consensus croissant sur les conditions debase pour faire fonctionner ces solutions de manière optimale:· Des réseaux rapides et performants jusqu’aux maisons,bâtiments et entreprises.· De nouveaux modèles d’innovation (ouverte) au seindes entreprises et une politique d’innovation qui tientcompte des possibilités que les TIC offrent dans les différentsdomaines de pointe où une région est relativementcompétente et concurrentielle.· Des collaborateurs possédant un large éventail de compétences(en technique informatique, en communication,en économie d’entreprise et sur le plan émotionnel) etune politique du personnel au sein des entreprises quiréalise un bon équilibre entre les (nouveaux) besoins dansla conduite des entreprises et les souhaits des collaborateurs(« génération Y »).Le monde qui nous entoure change rapidement. Les autoritésdoivent embrasser l’ère numérique et développerune véritable économie basée sur les connaissances. Lamanière dont elle doit aborder cette transition sera déterminantepour l’existence, les conditions de travail et lacompétitivité de notre industrie et de nos services.Agoria formule les recommandations suivantes pour que lesecteur TIC puisse encore mieux jouer son rôle en tant quecatalyseur de l’économie des réseaux et en tant que partiede solution aux défis sociétaux :Sur le plan des réseaux haut débit du futur· Créer un forum NGA (« Next Generation Access ») au seinduquel des investisseurs potentiels définissent le cadred’un NGA d’une capacité de 1 Gbps à la disposition deTOUS les citoyens dans les 15 années à venir, en accordantsuffisamment d’attention à la capacité montante àun prix concurrentiel et au haut débit mobile.· Laisser les autorités fixer les règles que doivent respecterles fournisseurs d’accès (et éventuellement les fournisseursde services avec lesquels ils collaborent) pourpouvoir faire usage du NGA installé.· Les autorités doivent sensibiliser les citoyens et les chefsd’entreprise aux possibilités des autoroutes de l’information.Elles doivent prêter attention à la formation dans lesnouvelles technologies de réseau. Elles doivent en outrefaire en sorte qu’il y ait le moins possible d’entraves audéploiement des réseaux du futur.· Les autorités doivent investir là où des « white spots »risquent d’apparaître.Sur le plan de l’innovation :· Soutenir des domaines de pointe comme première prioritéde la politique d’innovation.· Réduire le coût de la R&D.· Trouver des solutions aux défis socioéconomiques telsque l’environnement, la mobilité et les soins de santé.Innover dans l’adjudication de grands projets et simulerla mise en place de « living labs » constituent en l’espècedes axes importants.· Prêter attention à la normalisation internationale, demanière à contrer le fractionnement du marché.· Ouvrir des Centres d’incubation ouverte.· Financer les entreprises innovantesSur le plan des ressources humaines :· Adapter la réglementation sociale existante à la réalitéd’aujourd’hui et aux défis de demain. Quelques exemples :nouvelles formes de rémunération, annualisation de ladurée de travail et un statut du travailleur adapté combinantla flexibilité du statut d’indépendant et la protectiondu statut de travailleur salarié.· La croissance et le développement des collaborateurs etla recherche d’un équilibre optimal entre la mission del’enseignement et les attentes et besoins du monde desentreprises. Quelques exemples : meilleure collaborationentre l’enseignement et le secteur TIC et l’académie TIC.· Améliorer l’image du secteur TIC et du collaborateur TIC.Le secteur des TIC doit s’efforcer d’associer une imagepositive aux jobs variés, ambitieux et passionnants quisont disponibles sur le marché du travail TIC. Quelquesexemples : un « ICT soap » et l’opération « 100 informaticiensdans 100 écoles ».14 15

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