Rapport annuel 2010.pdf - ocp

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Sa Majesté le Roi Mohammed VI.


Le motdu PrésidentOCP fête cette année son 90 e anniversaire. 90 ans d’une histoire riche desuccès dont, à OCP, nous sommes tous fiers. L’année 2010 a été bienlotie de ce point de vue.Succès nationaux, tout d’abord. Nous sommes fiers de contribuer à larichesse et au bien-être de notre pays. Par nos exportations, qui ont fortementprogressé cette année. Par notre implication, en tant qu’entreprise citoyenne,auprès des agriculteurs et des PME du Royaume, et des habitants des régionsqui accueillent nos activités. Par notre engagement à veiller en permanence àexercer notre activité dans le respect et la préservation de l’environnement.A OCP, en effet, le développement durable est aujourd’hui une culture à partentière.Succès internationaux ensuite. OCP a renforcé ses positions sur le marchémondial des phosphates et produits dérivés. Pour consolider notre leadership,nous avons lancé un important programme destiné à développer nos capacitésindustrielles. Parallèlement, l’importance même de notre production d’engraisnous rend très conscients de nos responsabilités vis-à-vis de la sécurité alimentairede l’humanité. Une conscience qui nous amène à élargir notre ouverturesur le monde et à partager nos savoirs et notre savoir-faire, notamment avecles agriculteurs de pays tiers dans des coopérations Sud-Sud. Un premier grandprojet a été lancé cette année en Inde. D’autres suivront. En Afrique, notamment,continent au fort potentiel agricole et auquel OCP accorde une attentionparticulière.Succès à domicile, enfin. OCP se félicite de la mobilisation de son capitalhumain. Notre richesse et notre avenir, ce sont ces milliers d’hommes et defemmes compétents et dévoués que compte notre Groupe à tous les niveauxde responsabilité. L’esprit d’entreprise, la rigueur et l’enthousiasme qui les animent,encore stimulés par notre programme de transformation opérationnelle,“Iqlaa”, permettent la réussite de notre vaste mouvement de modernisation.Ce sont eux qui permettent de mener à bien la montée en puissance de noséquipements, et d’en tirer le meilleur parti, en développant notre R&D et notreexpertise et en optimisant la mise en œuvre de nos moyens financiers, de nosprocess et de nos modes opératoires. Ce sont eux qui assurent notre développementnational et international. C’est dans ce capital humain que réside l’âmede notre entreprise, le moteur de ses succès et de son rayonnement.Mostafa TerrabPrésident Directeur Général


Sommaire9 OCP1. STRATÉGIE 16 LeadershipPrésentationGouvernanceOCP en chiffres – 2010Au-delà des phosphates,la sécurité alimentaire mondiale24 MarchésOCP consolide ses positionsà l’international30 IndustrieLe programme de développementprend son essor44 FinancesGarantir la disponibilité des ressourcesnécessaires au développement du Groupe51 AnnexesComptes consolidés 20102. DÉVELOPPEMENTHUMAIN DURABLE56 Développement durableUne culture à part entière70 Responsabilités citoyennesA l’avant-gardede l’excellence nationale80 Engagement à l’internationalCoopération Sud-Sud : en Inde et enAfrique, deux grands chantiers OCP84 Capital humainL’intelligence collectiveau service de la performance


8 OCP Rapport annuel 2010 9Principaux sitesd’implantation d'OCP au MarocPrésentationOCÉANATLANTIQUEDakhlaBassins miniersUsines chimiquesPorts phosphatiersLaâyouneSmaraBoucraâESPAGNETangerOujdaRabatFèsCasablancaEl JadidaJorf LasfarKhouribgaSafiBenguerirYoussoufiaEssaouiraMarrakechOuarzazateAgadirALGÉRIEMAROCUn des leaders mondiaux sur le marché duphosphate et ses dérivés, OCP opère surles cinq continents et dispose des plusimportantes réserves de phosphate au monde.Avec plus de 90 ans d’expérience dans la mine et45 ans en chimie, OCP offre l’une des plus largesgammes de roche pour divers usages. Premierexportateur de phosphate brut et d’acide phosphoriquedans le monde et l’un des principauxexportateurs d’engrais phosphatés, OCP joue unrôle central dans ses régions d’implantation etemploie directement près de 20 000 personnesce qui le place dans le peloton de tête des plusgrands employeurs du Royaume.Première entreprise industrielle du Maroc,OCP contribue substantiellement au développementde l’économie nationale par le biais de sesexportations (24 % des exportations nationales).En outre, OCP apporte un soutien indéfectibleà l’agriculture marocaine en général et aux PMEen particulier, dont le développement impactesignificativement la richesse nationale.Nos trois catégories de produitsOCP maîtrise toute la chaîne de création devaleur de l’industrie phosphatière : extraction ettraitement du minerai, transformation de cettematière première en un produit liquide intermédiaire,l’acide phosphorique, et fabrication desproduits finis par concentration et granulationde cet acide ou par purification : engrais, acidephosphorique purifié.•Le phosphate brut. Le phosphate brut estexploité pour son contenu en phosphore. La teneurdu phosphate en phosphore, mesurée enpourcentage de P 2O 5(pentoxyde de phosphore),détermine sa qualité. Elle varie de 5 % à 45 %. Amoins de 30 %, le plus gros de la production, leminerai subit un premier traitement sous formede lavage, séchage ou enrichissement à sec.•L’acide phosphorique. Il est obtenu parréaction de l’acide sulfurique avec le calcium dephosphate. La teneur moyenne du produit intermédiaireainsi obtenu après concentration estde 52 % de P 2O 5. L’acide phosphorique purifiéest, lui, destiné à des applications alimentaireset industrielles.•Les engrais. OCP produit quatre types d’engraisà partir de l’acide phosphorique : le DAP(qui est l’engrais le plus courant), le TSP (engraisexclusivement phosphaté), le MAP (engrais binaireà deux éléments fertilisants : phosphore etazote) et le NPK (engrais ternaire à base d’azote,de phosphore et de potassium).Les atoutsLa diversité de ses produits permet à OCPd’offrir un service sur mesure aux clients. Saplace de leader lui donne les moyens d’innover.Son éthique et son système de valeurs lui procurentune conscience de ses responsabilités vis-àvisdes besoins de l’agriculture mondiale.Développement durableOutre la préservation de l’environnement,le développement durable est aux yeux d’OCPun principe de management transversal : lesaspects “développement durable” sont pris encompte systématiquement dans tous les projetsdu Groupe, qu’ils soient humains, industriels,managériaux ou d’intérêt national.OCP, locomotive del’économie nationaleLe Groupe joue un rôle économique et socialimportant dans les cinq régions du Royaume oùse trouvent ses trois centres miniers et ses deuxcentres industriels. Il y crée richesses et emploisen sous-traitant auprès d’un réseau dense d’entreprisesqu’il contribue souvent à créer.MAURITANIE


10 OCP Rapport annuel 2010 11Gouvernance : les instances de management du GroupeLa gouvernance interne d’OCP s’articule autourde deux instances de management :Le Comité de Direction Exécutive(CDE) rassemble autour du PrésidentDirecteur Général les principaux directeursopérationnels et fonctionnels.d’OCP.•Le CDE est l’instance de décision centrale•Le Président Directeur Général arbitre et décideen son sein.Les Comités Groupe (CGR) sont desinstances au sein desquelles se préparent,pour le compte du CDE, ou seprennent les décisions relatives auxprocessus clés de l’entreprise dans lecadre des délégations accordées.Afin de favoriser un fonctionnement transverse,collégial et réactif, des CGR s’articulentautour des processus clés de l’entreprise etconstituent une des deux composantes majeuresde la gouvernance interne d’OCP, l’autreétant le CDE. Les entités fonctionnelles et opérationnellessont associées à ces comités pourles processus ayant un lien avec leur domainede compétence.Les Comités Groupe sont : Pricing, BusinessSteering, Budget et performances, Partenariats,Capital humain, Politique investissements etprojets industriels, Politique investissements etprojets immobiliers, Risques.M. Amar DrissiDirecteur Exécutif enCharge du Pôle IndustrielM. Mhamed IbnabdeljalilDirecteur Exécutif enCharge du Pôle CommercialCOMITÉ DE DIRECTION EXÉCUTIVEM. Mostafa TERRABPrésident Directeur GénéralM. Mohamed El KadiriSecrétaire Général etDirecteur Exécutif en Chargedu Pôle Capital Humain p.i.M. Mbarek KarouaDirecteur Exécutif en Chargede la Direction Auditet ContrôleM. Mohamed El HajjoujiDirecteur Exécutif enCharge du Pôle Financeet Supports de GestionMme Meryem ChamiDirecteur du Cabinet du PDGLe Conseil d’Administration (CA)Il détermine les orientations de l’activité d’OCP etveille à leur mise en œuvre. Le conseil se saisit detoute question intéressant la bonne marche d’OCP etrègle, par ses délibérations, les affaires qui concernentle Groupe. Sous réserve des pouvoirs expressémentattribués aux assemblées d’actionnaires etdans la limite de l’objet social.Les membres du CA sont :•M inistre de l’Énergie, des Mines de l’Eau et del’EnvironnementMinistre du Commerce Extérieur• Ministre de l’Industrie, du Commerce et des NouvellesTechnologies•Secrétaire d’État auprès du Ministre de l’Intérieur•S ecrétaire Général du Ministère de l’Économie etdes Finances•S ecrétaire Général du Ministère de l’Agricultureet des Pêches Maritimes, Département de l’Agriculture.•S ecrétaire Général du Ministère délégué auprèsdu Premier Ministre, chargé des Affaires Économiqueset Générales•Secrétaire Général auprès du Ministère des AffairesÉtrangères et de la Coopération•Directeur de la Direction du Trésor et des FinancesExternes•Président Directeur Général de la Banque CentralePopulaire•Président Directeur Général d’OCPLe Comité d’Entreprise (CE)•Ce comité est constitué de :représentants désignés par la Présidence d’OCP ;•deux délégués des salariés élus par l’ensembledes délégués titulaires des salariés ;•deux représentants syndicaux désignés, conformémentaux dispositions légales, par le syndicatle plus représentatif qui a obtenu le plus grandnombre de voix aux dernières élections professionnelles;•deux représentants syndicaux désignés, dont leSecrétaire Général de chaque syndicat signatairede la Charte de concertation sociale.Dans le cadre de sa mission consultative, le CE estconsulté sur les questions suivantes :•les transformations structurelles et technologiquessusceptibles d’être effectuées au sein duGroupe ;•la stratégie de production du Groupe et les moyensd’augmenter la rentabilité de l’entreprise ;•l’élaboration des projets sociaux au profit du personneld’OCP et leur mise en œuvre ;•l e bilan social, après son institution officielle parl’autorité gouvernementale chargée du Travail ;•les programmes d’apprentissage, de formationinsertion,de lutte contre l’analphabétisme et deformation continue du personnel.


12 OCP Rapport annuel 2010 13OCP en chiffres – 2010OCP est le1 erexportateur mondialde phosphates soustoutes formes,de phosphate brut,d’acide phosphorique,et l’un des principauxexportateurs d’engraisphosphatésValeur desexportations :35,63milliards MAD, soit24 %du total desexportationsnationalesChiffre d’affairesfull perimetre :43,513milliards MAD*Répartition par activité :24,9 % 74,9 % 0,2 %mines chimie autresProduction marchandetotale de phosphates :26,6millions de tonnes P2O5Répartition par site :7,1 16,9 2,6Gantour Khouribga PhosboucraâParts de marché à l’export :29%Phosphates sous toutes formes35,6%Phosphate brut51,3%Acide phosphorique14,3%Engrais solidesVolumes exportés :7,174 Mt P 2O 5Phosphates sous toutes formes10,083 MtPhosphate brut2,344 Mt P 2O 5Acide phosphorique1,689 Mt P 2O 5Engrais solidesRépartition par marché :90,4 % 9,6 %export localRésultat d’exploitation :14,420milliards MADRésultat net :8,890milliards MAD* Soit 5,2 milliards de dollars USProduction d’acide phosphorique :3,997millions de tonnes P 2O 5Production d’engrais solides :(DAP, MAP et TSP) :3,713millions de tonnes P 2O 5• DAP : 2,104 Mt P 2O 5ont été produites, en totalité à Jorf Lasfar• MAP : 0,825 Mt P 2O 5ont été produites, en totalité à Jorf Lasfar• TSP : 0,784 Mt P 2O 5ont été produites, en totalité à SafiInvestissement :115milliards MADUn ambitieux programme dedéveloppement industrieldont les premiers grandschantiers ont démarré…Effectif :19 044personnesFiliales :à 100 %Cerphos, Ipse (association),Maroc Phosphore, Marphocéan,Phosboucraâ, OCP InnovationFund for Agriculture, Sotreg,Smesi, Star, Comatam,GPFCE, Imsa, Lejonc et Cie.Participations :BCP (6,6 %), Comanav(9,06 %), Emaphos (33,33%),Imacid (33,33 %), Prayon(45,31 %), Pakistan MarocPhosphore (50 %), ZMPL enInde (50 %), Bunge MarocPhosphore (50 %), JESA (50 %).Autres participations :BMCE Madrid (7,5 %),SEPYK (12 %),SIDETSA (25 %),STOZ (35 %).


1STRATÉGIE 16 Leadership24 Marchés30 Industrie44 Finances


16 OCP Rapport annuel 2010 LEADERSHIP Au-delà des phosphates, la sécurité alimentaire mondiale17LEADERSHIPAu-delà des phosphates,la sécurité alimentaire mondialeOCP observe avec attention l’avalde l’industrie du phosphate,notamment les cours desmatières premières agricoles.OCP lance la mise en chantier de sonimportant programme de développementindustriel. Parallèlement, il confirmeet étoffe sa présence sur la scènede l'agriculture. Avec un objectifdouble : consolider son leadership etpoursuivre son engagement pour lasécurité alimentaire de l'humanité.L’objectifdu Groupeest de réduireses coûts de30 à 40 %.En 2010 (1) , OCP a démarré la mise en œuvre,sur le terrain, de son programme de développementindustriel. Un programme quireprésente un investissement de 115 milliardsMAD prévus d’ici à 2020, dont 75 milliards pourles quatre prochaines années. Une entreprised’envergure, lancée dans le cadre d’une stratégied’excellence industrielle qui se déploie selontrois grands axes : leadership produit, cost leadershipet flexibilité industrielle, trois axes quisont autant de leviers de compétitivité.1. Leadership produitOCP dispose d’importantes réserves de phosphates.Avec des parts de marché approximativesde 30 % pour la roche et de 40 % pour l’acidephosphorique, le Groupe est un acteur importantsur le marché mondial des phosphates.Pour bénéficier pleinement de l’avantage compétitifque lui confère cette taille, OCP ambitionned’augmenter sa production d’engrais, qui nereprésente que 15 % environ de part de marchémondial. Le Groupe est décidé à augmenter cettepart de marché, tout en préservant sa présencesur les autres maillons de la chaîne de valeur.Cet objectif constitue un des résultats visés parl’important programme de développement deses capacités industrielles. Parallèlement, OCPmène une intense activité de R&D visant à développersa gamme déjà vaste et variée de produitsdérivés et de proposer des produits en phaseavec les besoins de l’agriculture mondiale.(1) Le présent rapport prend en compte uniquement les événementsintervenus en 2010 ou ceux prévus à une date ultérieuremais déjà connus ou prévus cette année. Par ailleurs, toute mentionde date sans indication de l’année doit s’entendre comme seréférant à 2010.Un programme massif d’investissement a étélancé. Il permettra de doubler la production minière,qui passera de 30 à 55 millions de tonnes/an,et de tripler la production d’engrais, quis’établit aujourd’hui à 3,6 Mt/an.2. Cost leadershipFavorisé géologiquement par un minerai riche,OCP l’est également par la géographie. Sesbassins miniers sont, en effet, à proximité deports disposant d’une bonne infrastructure.Avec l’amélioration de la productivité et destechniques industrielles, le Groupe envisage deréduire ses coûts de 30 % à 40 %. Interviennentdans cette forte réduction des coûts les deuxméga projets de transport de la roche par pipelines,sur les axes Khouribga-Jorf Lasfar etGantour-Safi. L’acheminement de la roche sousforme de pulpe par pipeline permettra, en effet,d’abaisser drastiquement le coût du transport.Une économie due, entre autres, au fait que letransport par pipeline ne nécessite plus de sécherle phosphate lavé en sortie de la mine pourle transporter, puis de le ré-humidifier à sonarrivée dans les installations chimiques. D’oùd’importantes économies en énergie et en eau.Au niveau des économies en eau, OCP investitdans le traitement des eaux usées pour développerdavantage le traitement et l’enrichissementdes phosphates. L’objectif est d’arriver, à l’horizon2015, à un bilan eau positif. Quant auxinstallations chimiques du Groupe, elles serontéquipées de nouvelles unités de dessalementd’eau de mer en vue de procurer de l’eau doucepour les processus industriels.Intervient également dans le cost leadershiple programme de transformation opérationnelle,appelé “Iqlaa”. Lancé en avril 2009, son objectifpermanent est la traque systématique des gisementsde réduction des coûts. Et en même tempsl’instauration d’une culture de la performanceà tous les niveaux de l’entreprise. Les premiersrésultats sont plus que probants (voir encadrépage 42).3. Flexibilité industrielleUn élément clé porteur de gain de compétitivitéest la mise en place, en 2010, du BusinessSteering, un outil de pilotage de la productionpar la valeur. Désormais, l’objectif du Groupen’est plus seulement de satisfaire la demande,mais aussi et surtout de vendre là où le marchéest générateur d’une plus grande marge, touten respectant ses engagements contractuels. LeBusiness Steering est la cheville ouvrière entreles Pôles Commercial et Industriel, en dialogue


18 OCP Rapport annuel 2010 LEADERSHIP Au-delà des phosphates, la sécurité alimentaire mondiale19L’ambitieux programme dedéveloppement industriel d’OCPprévoit de doubler les capacitésde la mine et de tripler celles de lachimie d’ici à 2020. Investissementglobal : 115 milliards MAD.permanent. Il permet une maximisation de lamarge par optimisation de la production via unarbitrage entre les différents produits (roche,acide phosphorique ou engrais) et les différentesqualités.Connaître le client afin de lui offrir le bonproduit et gérer la relation entre OCP et sesclients d’un point de vue opérationnel, c’est lerôle du Customer Relationship Management(CRM). « C’est un outil qui sert à établir le pro-Grâce à sa flexibilitéindustrielle, OCPpeut, à tout moment,adapter son offrepour mieux répondreaux exigencesdu marché.fil du client et à remonter également toutes lesinformations relatives à son environnement,pour permettre une démarche plus proactive »,explique Karim Laghmich, directeur des opérationsau sein du Pôle Commercial.Pour répondre aux exigences du marché,OCP a créé en 2010 la Direction Marketing. « Lemarketing est une fonction stratégique qui intervienten soutien de la fonction vente, expliqueMohamed Belhoussain, directeur marketing.Alors que le vendeur n’a souvent qu’une visionrégionale, donc partielle, le marketing permetd’avoir une vision globale. »Deux événements contribuent à faciliter laréalisation de l’objectif de flexibilité : la fusion,en 2009, de la Mine et de la Chimie au sein d’unPôle Industriel unique, et l’adoption d’un modeopératoire intégré et dynamique entre ce Pôle etson homologue le Pôle Commercial.OCP se met ainsi en position de répondre à lacroissance de la demande mondiale et d’augmenterses parts de marché. En intégrant différentsparamètres tels que la croissance démographique,l’évolution des besoins alimentaires, lesprix de différentes commodités et de l’énergie,les experts des principaux organismes spécialisésdans le monde — FAO (Food and AgricultureOrganization), IFA (International FertilizerAssociation), IFPRI (International Food PolicyResearch Institute) et d’autres — prévoient, eneffet, que la progression des besoins mondiauxen engrais phosphatés s’établira à 3-3,5 % par ansur le moyen-long terme.Grâce à son programme de développementindustriel, le Groupe ambitionne de capter àterme une part importante de l’accroissementprévu de la demande mondiale d’engrais. Unedemande dont l’ampleur est à l’origine des nouvellesunités en chantier ou projetées dans lemonde, et qui correspond à un besoin de capacitéssupplémentaires de DAP de 2-3 millions detonnes/an.La volatilité des prix fait de laveille une nécessité stratégiqueLa volatilité que connaissent régulièrementles cours des matières premières touche depuisquelques années les produits agricoles. C’est devenuune préoccupation internationale majeure,au point de s’imposer à l’ordre du jour du G20lors de son Sommet de Pittsburgh (États-Unis)en 2009. Les chefs d’État réunis y ont débattu enparticulier de l’impact de cette volatilité sur lasécurité alimentaire mondiale. Ils ont décidé quece phénomène ferait partie des priorités de l’ordredu jour de la réunion, à Paris, des ministresde l’Agriculture du G20 en juin 2011.OCP se préoccupe de cette volatilité, car ellerisque d’impacter le cours des produts phosphatés.Pour être prêt à réagir aux fluctuations de lademande sur ses produits, il est stratégiquementimportant pour OCP d’observer avec attentionl’aval de l’industrie du phosphate. Il doit exercerun suivi permanent des cours des matièrespremières agricoles (les soft commodities). Audelà,il est même impératif d’exercer une veillesur tout ce qui peut influencer ces cours, commeles besoins alimentaires, la situation de l’agriculturemondiale, l’état de l’économie, les prix del’énergie, etc. Tant au niveau global qu’à celuides pays ou régions où se trouvent ses principauxclients.Avec l’ampleur et la qualité de ses réserves,avec la dimension et la flexibilité de son outilindustriel, et avec son capital humain nourri deculture de la performance et de réduction descoûts, le Groupe est conscient de disposer desmoyens clés pour réussir à prendre de nouvellesparts de marché. Pour autant, il est égalementconscient de l’importance de deux autres nécessitésaujourd’hui incontournables, à savoir uneveille au-delà de son cœur de métier et l’internalisationde l’expertise dans les grands domaines


20 OCP Rapport annuel 2010 LEADERSHIP Au-delà des phosphates, la sécurité alimentaire mondiale21connexes à ses activités. Deux armes indispensables,dont OCP s’est doté.Des partenariats avec les plus grandspour internaliser l’expertiseL’activité minière est exigeante en énergie, eneau, en infrastructures, en logistique et en ingénierie.Et avec un programme de développementde l’ampleur de celui d’OCP, les projets à réaliserdans ces domaines sont de dimensions extraordinaires.En maîtriser les coûts passe par lamaîtrise de tous ces aspects-là, qui ne sont pasdu cœur de métier du Groupe. D’où l’importancede s’inspirer des best practices mondiales et d’eninternaliser l’expertise. OCP s’y emploie via despartenariats avec des leaders internationaux dechaque domaine. Le partenariat avec Jacobs enest une première et grande illustration.OCP a créé JESA — une filiale à 50/50 avecJacobs Engineering Inc. — pour apprendre et bénéficierd’un transfert de compétences d’un desplus importants cabinets d’ingénierie au monde.JESA, qui est une société marocaine, pourra ensuitese développer et réaliser d’autres projetsau Maroc, en Afrique ou ailleurs. OCP aura internaliséainsi des compétences d’ingénierie. Enmême temps, il aura créée une plate-forme debusiness qui aura ses propres ambitions.Même chose dans le domaine du développementdurable, avec la coopération OCP-Ecology& Environment (E&E). E&E est une entrepriseaméricaine leader dans le consulting et le transfertde savoir en matière d’énergies renouvelables,d’éco-construction, de gestion des déchetset autres... L’année 2011 devrait voir le renforcementde cette coopération dans divers projetsconduits par OCP.L’innovation, clé del’excellence industrielleConvaincu de l’importance de l’innovationpour atteindre et consolider l’excellence industriellegarante de son leadership, OCP déploie uneintense activité R&D sur ses différents sites (voirencadré page 40). En permanence à l’affût dessolutions à la pointe de la technologie, le Groupeest à l’initiative du 1 er Symposium internationalsur l’innovation et les technologies dans l’industriedes phosphates. Cette conférence, baptiséeSymphos, doit se tenir début mai 2011 à Marrakech.Elle se voudra une plate-forme dédiée àl’étude de thématiques liées à l’innovation dansce secteur clé. Elle devrait aborder plus particulièrementles aspects touchant le développementéconomique, environnemental et humain,en confrontant les expériences et les meilleurespratiques.OCP prévoit déjà la présence de plusieurscentaines de participants. Parmi eux, plusieursdizaines d’intervenants de grandes entreprisesdu secteur, qui aborderont des thèmes tels que“nouveaux produits”, “agriculture et fertilisation”,“environnement et développement durable”...« Tout le gotha du phosphate est attenduà cette conférence, qui traitera également de lanécessité pour cette industrie de passer, justement,de l’éco-efficacité à l’éco-conception,en vue d’intégrer le développement durable »,déclare Mohamed Amalhay, coordinateur dusymposium.Au-delà des échanges d’idées et d’expériences,le Symphos aura pour OCP un autre intérêt...Par le nombre et la variété des entreprisesintervenantes, la conférence pourra se révélerpour le Groupe un vivier important d’opportunitésde partenariats dans les nombreux domainesconnexes de son cœur de métier. Là aussi, OCPaborde le principe du partenariat avec une grandeouverture et toujours les mêmes objectifs :•réaliser ses projets dans ces différentsdomaines ;internaliser l’expertise correspondante ;•ouvrir à ces joint-ventures le champ d’op-portunités en dehors du Groupe, en devenantprestataires, au plan national ou à l’international,dans leurs domaines de compétence.Un exemple fort de l’intérêt que porte OCP au mondequi l’entoure : en 2010, le Groupe a parrainé pour ladeuxième année consécutive la World Policy Conference,un forum consacré aux questions de gouvernancemondiale. Ci-contre, le PDG Mostafa Terrab en discussionen marge de la conférence avec Ban Ki-moon, lesecrétaire général de l’ONU, en présence de Thierryde Montbrial, directeur général de l’Institut français desrelations internationales et fondateur de la WPC.Un rayonnement mondialau-delà des phosphatesEn raison même de la spécificité de son secteurd’activité, OCP est concerné par les enjeuxmondiaux de l’agriculture. Parce qu’elle représenteun débouché direct de ses produits, maiségalement parce que, en tant que fournisseur dephosphates sous toutes formes, le Groupe estconscient d’être un acteur majeur de la sécuritéalimentaire de la planète. Une responsabilité encoreaccrue du fait de l’importante augmentationprogrammée de sa production d’engrais.Le Groupe suit, entre autres, un phénomèneconnu sous le nom de “fermes offshore”. Il s’agitd’un mode de partenariat agricole aux termes duqueldes terres sont achetées ou louées en Afriqueet en Asie par des États ne disposant pas desuffisamment de terres arables à domicile pourassurer les besoins alimentaires présents ou àvenir de leur population. Ces accords portentsur des millions d’hectares de terres auparavantpeu fertilisées et dont les Etats investisseurs --ainsi que de grands groupes agro-industriels --attendent de bons rendements…Face à une aide internationale qui peine àsortir l’Afrique de la pénurie alimentaire (2) , cetapport de capitaux et de compétences pourraitconstituer, au moins en partie, une solution auxfaibles rendements moyens de l’agriculture surle continent. L’Afrique a, en effet, un potentielagricole gigantesque qui, pour l’instant, n’estpas développé, par manque d’infrastructures,de débouchés et de compétences humaines, en-(2) Le Programme alimentaire mondial (PAM) estime à 239 millionsle nombre de personnes souffrant de malnutrition en Afriquesubsaharienne, soit 30 % de la population de la région.L’objectif n’est plusseulement de satisfairela demande, maisaussi et surtout devendre là où le marchéest générateur dela marge la plusimportante.


22 OCP Rapport annuel 2010 LEADERSHIP Au-delà des phosphates, la sécurité alimentaire mondiale23Karim Laghmich, directeur des opérations au seindu Pôle Commercial : « Le Customer RelationshipManagement (CRM) est un outil qui permet d’établirle profil du client et de remonter également toutesles informations relatives à son environnement,pour permettre une démarche plus proactive. »Samia Charadi, directrice Stratégie et Partenariats : « Danstous les domaines ayant un impact sur l’agriculture, OCPest décidé à être partie prenante dans l’échange des idées,dans la réflexion et dans l’organisation des débats. »tre autres. Ces “fermes offshore”, si certainesconditions sont réunies, pourraient avoir un effetbénéfique en accélérant la croissance de laproduction agricole du continent. Cependant, lerisque existe que ce phénomène se transformeen une sorte de “ruée vers l’or brun”, et qu’il attired’importants fonds spéculateurs étrangersà l’agriculture.OCP est également conscient d’un autre problèmemajeur qui se pose pour l’agriculture despays en développement, notamment en Afrique,à savoir les subventions aux agriculteurs despays riches. Elles permettent d’importer sur lemarché africain des produits alimentaires à desprix de vente en-dessous des prix de revient desagriculteurs africains. Faute de revenus suffisants,ceux-ci abandonnent leurs terres et s’envont grossir les bidonvilles citadins. Il est clairque l’enjeu, pour le continent, c’est d’avoir desdébouchés et d’être compétitif. Mais il est toutaussi clair que si les producteurs africains nesont pas subventionnés ou protégés, l’Afriqueaura du mal à se battre dans cette lutte inégale.En tant que fournisseur mondial d’engrais,OCP participe à nombre forums et conférencesinternationaux sur différents thèmes d’intérêtmondial. En particulier ceux touchant au développementde l’agriculture, condition incontournablede la sécurité alimentaire de l’humanité.Entre autres exemples :•En avril, le Groupe a organisé à Marrakechla 1 ère édition de la conférence FMB Africa, quia réuni professionnels, scientifiques et organismesde développement qui s’intéressent aux fertilisantsen Afrique.•En septembre, à Accra (Ghana), il a participéen tant que partenaire industriel à l’édition2010 de l’Africa Green Revolution Forum (forumpour une Révolution verte en Afrique).•En octobre, à Marrakech, OCP a parrainépour la deuxième année consécutive la 3 e éditionde la World Policy Conference. La WPC a réunides dizaines d’hommes d’État et de hauts responsablesinternationaux autour d’un débat surla gouvernance mondiale.•En janvier 2011, à Mumbai (Inde), OCP seraprésent au 17 th Partnership Summit (17 e Sommetdu partenariat). Parmi les thèmes qui devraientêtre abordés : “les défis de la pauvreté”,“la nécessité d’un développement durable”, “lesrisques qui menacent la croissance économiquemondiale”, “le contexte financier mondial”, “laconvention sur le commerce international” et“développement économique : nécessité et défisde l’urbanisme”.•En mai 2011, comme mentionné plus haut,OCP organisera à Marrakech la 1 ère édition deSymphos.Autant de preuves que la culture OCP, fondéeen interne sur une philosophie de l’échange etune dynamique collective de réflexion, s’exprimeégalement au-delà des frontières du Royaume etau-delà du cœur de métier du Groupe. « Danstous les domaines ayant un impact sur l’agriculture,OCP est décidé à être partie prenante dansl’échange des idées, dans la réflexion et dansl’organisation des débats », explique Samia Charadi,directrice Stratégie et Partenariats d’OCP.Le Groupe ambitionnede capter une partimportante del’accroissement de lademande mondialed’engrais, tout enpréservant sa présencesur les autres maillonsde la chaîne de valeur.Évolution desvolumes exportésLa part des produitsvalorisés augmente(en millions de tonnes)1512963014,79013,38811,6729,42010,48710,0837,3807,1746,0276,0135,5535,9490,9272,1642,3441,7241,171 1,1081,5481,0450,9320,3680,8141,6891985 1990 1995 2000 2005 2010Phosphate brutAcide phosphorique (P 2O 5)Phosphates sous toutes formes (P 2O 5)Engrais solides (P 2O 5)


24 OCP Rapport annuel 2010 MARCHÉS OCP consolide ses positions à l’international25MARCHÉSOCP consolide ses positionsà l’internationalLes ports de Jorf Lasfar, Safi, Laâyoune et Casablancaont chargé en 2010 plus de 7 millions de tonnes dephosphates sous toutes formes à destination del’export. En hausse de 53,8 % par rapport à 2009.Les ventes du Groupe à l’export ontfortement repris, après une année 2009où le marché a été en fort recul. Ellesreflètent, entre autres, la politiquemise en œuvre par OCP de migrationvers un portefeuille produits accordantplus de place aux engrais, produitsfinis à plus forte valeur ajoutée.Demandemondiale : l’Indeet le Brésil sontles principauxpays moteursde la hausse.Offre : de nouvellescapacités sontmises sur le marchépour répondre àcette demande.Après une importante contraction en2009, due au credit crunch, la demanded’engrais a repris en 2010. Cette reprisefait partie du mouvement plus vaste qui a vu unequasi-flambée des cours des matières premièresagricoles (les soft commodities) au deuxièmesemestre de l’année en raison, notamment, decatastrophes naturelles (inondations en Chine,sécheresses et incendies en Russie et en Ukraine...).Les cours élevés du pétrole ont contribué,pour leur part, à stimuler la demande de biocarburants.Celle-ci a participé également à lahausse des soft commodities, laquelle a stimuléà son tour la demande d’engrais, y compris dephosphates.Parallèlement, les effets psychologiques de lacrise de 2008 ont limité la spéculation sur le marchédes engrais. Et cela a contribué à ramener lesprix à des niveaux accessibles car plus liés auxconditions économiques des agriculteurs. A leurtour, les prix des céréales plus élevés ont augmentéle pouvoir d’achat desdits agriculteurs etencouragé leur consommation d’engrais pourleurs cultures.Conséquence de ces différents éléments, lecommerce mondial de phosphate brut a crû de49 % et celui des engrais de 17 %, ce qui signe unretour à des niveaux de consommation comparablesà des années normales.Côté demande, ce rebondissement soutenu arésulté, entre autres, des achats importants surdeux marchés majeurs :•L’Inde, qui a contractualisé des niveaux recordsd’import de DAP (7,6 Mt). Soit une haussede 22 % par rapport à 2009, année pourtant recordpour les importations de ce pays.


26 OCP Rapport annuel 2010 MARCHÉS OCP consolide ses positions à l’international27•Le Brésil, dont les agriculteurs ont fortementbénéficié des cours élevés des céréales. Lepays s’est fortement positionné sur le marchédes engrais phosphatés, important 2,1 Mt, soitquasiment le double de 2009.Côté offre, trois principaux événements ontcontribué à une tension relative sur le marché :•La décision de la justice des États-Unis relativeà l’extension de la mine de phosphatesde South Fort Meade, une des plus grandes dupays.•L’exportation par la Chine de quantités recordde DAP/MAP (4,8 Mt), ce qui a affecté ladisponibilité des engrais sur le marché local,où les prix ont flambé. Soucieuses de permettreaux agriculteurs du pays d’obtenir du produit età bon prix, les autorités chinoises ont réagi enréduisant la fenêtre d’exportation de DAP/MAP,limitée désormais de juin à septembre. Cettemesure a été accompagnée par une augmentationdes taxes à l’export.•Le retard imprévu du projet saoudien Maaden,dont la production devait démarrer en2010.Pour 2011, si les prix des céréales se maintiennentà des niveaux proches de 2010, les prixdes engrais devraient en bénéficier. A contrario,si ces prix baissent, les prix des engrais phosphatés,de l’acide phosphorique et du phosphateen pâtiraient.La demande en 2011. Elle devrait continuerà être soutenue si les prix des céréales restentélevés. Auquel cas, les exportations d’OCP devraientse maintenir aux niveaux hauts de 2010.Et même progresser, grâce à la réussite des effortsd’optimisation de la productivité.L’offre en 2011. Elle dépendra en partie del’arrivée de la production de Maaden et des volumesexportés par la Chine.Des prix en hausse, emportéspar le cours du DAPOCP a réalisé en 2010 un chiffre d’affaires àl’export de 5,2 milliards de dollars US, en haussede 66 % par rapport à 2009. Un résultat dû, pourpartie, aux fortes hausses des volumes venduset des prix internationaux, notamment ceux duDAP. Le cours de cet engrais, qui est passé de340 à 493 dollars/tonne, a contribué à la haussedes prix de la roche et de l’acide phosphorique.Les bons chiffres d’OCP à l’export sont égalementdus au fait que le mix produit du Groupe aévolué en faveur des produits finis, notammentdes engrais.PHOSPHATES SOUS TOUTES FORMESLe Maroc 1 er exportateur mondial,avec une part de marché à 29 %En 2010, le commerce mondial de phosphatessous toutes formes a enregistré une haussede 22 % par rapport à 2009 pour s’établir à24,75 millions de tonnes P 2O 5. Dans ce total, lesventes de phosphate brut ont connu une fortehausse de 46,7 %. Celles d’acide phosphoriqueet d’engrais (DAP/MAP/TSP) ont augmenté respectivementde 2,7 % et 15,2 %. Les exportationsmondiales de MAP, DAP et TSP ont enregistrérespectivement des hausses de 36,3%, 10,7% et9% par rapport à 2009.Dans ce contexte, les exportations marocainesont atteint 7,17 Mt P 2O 5en 2010, contre 4,66 Mten 2009. Soit une forte hausse de 53,8 %, dueessentiellement à la véritable envolée des exportationsde phosphate brut (+75,5 %), de DAP(+80,8 %), de MAP (+82,2 %) et de TSP (+44,8 %).En termes de part de marché, le Maroc a renforcésa position de premier exportateur mondialde phosphates sous toutes formes. OCP aen effet gagné 6 %, passant de 23 % des exportationsmondiales en 2009 à 29% en 2010.Les exportations américaines ont reculé de14,4 %, pour s’établir à 2,77 Mt P 2O 5en 2010,contre 3,24 Mt en 2009. Une baisse due essentiellementau recul des livraisons de DAP (-20,8 %)et de TSP (-23,6 %). La part de marché des États-Unis a ainsi perdu près de 5 points, à 11,2% en2010 après 16 % en 2009 .Quant aux exportations chinoises, elles ontenregistré une hausse de 65,3 %, s’établissant à3,27 Mt P 2O 5en 2010, contre 1,98 Mt en 2009.Cette hausse est due essentiellement à de fortesaugmentations des exportations de roche(+131,1 %), de DAP (+92,4 %) et de MAP (+88,3 %).La Chine a gagné un peu plus de 3 % de partde marché, passant de 9,8% en 2009 à 13,2% en2010. Ce pays se place ainsi au 2 e rang mondialdes exportateurs de phosphates sous toutesformes.PHOSPHATE BRUTLe Maroc 1 er exportateur mondial,avec une part de marché à 35,6 %Le commerce mondial de phosphate bruts’est établi à 28,72 Mt en 2010, une forte haussede 46,7 % par rapport à 2009. Les principauxopérateurs qui ont augmenté leurs exportationsdurant cette période sont le Maroc, avec +75,5 %,les autres pays d’Afrique du Nord (+63,5 %),l’Afrique du Sud (+34,8 %), la Chine (+131,1 %),l’Égypte (+40,5 %) et de l’Asie de l’Ouest (+37,8 %).Évolution desvolumes exportésOCPaugmenteses partsde marché(en volumeet en %du total)Autre Afrique& Asie de l’Ouest7 272,829,4%Chine 3 278,513,2%Europe 2 707,710,9%Autres 1 108,94,5%États-Unis 3 212,113,0%Total exportations mondiales : 24 754,2 = 100%(en milliers de tonnes P 2 O 5 )PHOSPHATES sous TOUTES FORMESLa part d’OCP passede 23,0% à 29,0%Maroc7 174,329,0%Asie de l’Ouest8 309,428,9%Maroc10 221,235,6%Autre Afrique du Nord 2 315,08,1%Chine 882,53,1%Egypte 2 452,98,5%Russie 2 150,3 7,5%Afrique du Sud 1 031,43,6%Autres 1 359,5 4,7%Total exportations mondiales : 28 722,4 = 100%(en milliers de tonnes)PHOSPHATE BRUTLa part d’OCP passede 29,8% à 35,6%Autre Afrique1 175,126,9%Autres 5,50,1%Asie de l’ Ouest 307,37,0%Total exportations mondiales : 4 375,2 = 100%(en milliers de tonnes P 2 O 5 )ACIDE PHOSPHORIQUELa part d’OCP passede 43,1% à 51,3%Maroc2 244,751,3%Chine 209,44,8%États-Unis 433,29,9%Autres 695,56,0%Maroc1 658,814,3%États-Unis2 778,924,0%Total exportations mondiales : 11 575,5 = 100%(en milliers de tonnes P 2 O 5 )ENGRAIS SOLIDESEurope2 062,617,8%La part d’OCP passede 9,6% à 14,3%Chine2 821,924,4%Autre Afrique& Asie de l’Ouest1 557,813,5%Chine3 031,319,0%Europe 2 062,612,9%Autres 701,04,4%États-Unis3 212,120,1%Maroc3 903,524,5%Total exportations mondiales : 15 950,7 = 100%(en milliers de tonnes P 2 O 5 )DÉRIVÉS PHOSPHATÉSLa part d’OCP passede 19,6% à 24,5%Autre Afrique& Asie de l’Ouest3 040,219,1%


28 OCP Rapport annuel 2010 MARCHÉS OCP consolide ses positions à l’international29Quand aux exportations de la Russie, elles ontenregistré une baisse de 7,1 %.Dans ce contexte, les exportations marocainesse sont établies à 10,22 Mt en 2010, contre5,82 Mt en 2009. La part de marché du Groupe aprogressé de près de 6 points, passant de 29,8 %en 2009 à 35,6 % en 2010. Le Maroc consolideainsi son rang de 1 er exportateur mondial dephosphate brut.ACIDE PHOSPHORIQUELe Maroc 1 er exportateur,avec plus de la moitié du marché mondialEn 2010, les échanges mondiaux d’acidephosphorique (ACP) se sont établis à 4,37 MtP 2O 5, contre 4,25 Mt en 2009, soit une haussede 2,7 %. Les principales augmentations ont étéenregistrées par le Maroc (+408,3 kt P 2O 5), lesÉtats-Unis (+43,5 kt P 2O 5) et la Chine (+8,2 ktP 2O 5). Les exportations des ensembles Afriqueet Asie de l’Ouest ont baissé respectivement de89,6 kt P 2O 5et de 101,8 kt P 2O 5. En Inde, principalmarché mondial de l’acide phosphorique, lesimportations ont reculé de 14,4 %, passant de2,62 Mt P 2O 5en 2009 à 2,24 Mt en 2010. Le tonnagelivré par le Maroc sur le marché indien s’estétabli à 1,02 Mt P 2O 5, contre 1,11 Mt en 2009, enbaisse de 8,3 %. Les ensembles Afrique et AsieLe Brésil estappelé à devenirun importanthub régionalpour OCP.de l’Ouest ont également baissé leurs livraisonsà destination de l’Inde, respectivement de 15,5 %(879,4 kt, contre 1,04 Mt) et de 68,3 % (78,4 kt,contre 247 kt). En revanche, les exportations desÉtats-Unis sur ce marché ont augmenté de 20,5 %(262,6 kt, contre 218 kt).Les exportations totales du Maroc, quantà elles, ont enregistré une hausse de 22,2 %, à2,24 Mt P 2O 5en 2010, contre 1,83 Mt en 2009.OCP a ainsi amélioré de plus de 8 points sa positionde 1 er exportateur mondial d’acide phosphorique,passant de 43,1 % en 2009 à 51,3 % en2010.ENGRAIS SOLIDESLe Maroc augmente de 71,9 %ses exportations et de prèsde 5 % sa part de marchéEn 2010, le commerce mondial d’engrais solidess’est établi à 11,57 Mt P 2O 5, contre 10,04 Mten 2009, en progression de 15,2 %. La hausse aconcerné les exportations de DAP avec 10,7 %(7,42 Mt P 2O 5, contre 6,70 Mt), de TSP avec 9 %(1,61 Mt, contre 1,48) et de MAP avec 36,3 %(2,53 Mt, contre 1,86 Mt).La Chine a fortement réduit ses importationsde DAP, passées de 339,5 kt P 2O 5en 2009à 113,3 kt en 2010, soit un recul de 66,6 %. Enrevanche, ses exportations de MAP, de DAPet de TSP ont enregistré des hausses respectivesde 88,3 % (430 kt P 2O 5, contre 228,3 kt), de92,4 % (1,83 Mt P 2O 5, contre 953,6 kt) et de 13 %(557,6 kt P 2O 5, contre 493,6 kt).Le Brésil, principal importateur mondial deMAP et de TSP, a augmenté ses achats de 84,8 %pour le MAP (840,4 kt P 2O 5, contre 454,9 kt) et de10,8 % pour le TSP (465,7 kt , contre 420,3 kt).En Inde, les importations de DAP se sont établiesà 3,54 Mt P 2O 5en 2010, contre 2,91 Mt en2009, soit une hausse de 21,6 %.Mhamed Ibnabdeljalil, directeur exécutif en charge du PôleCommercial : « La reprise des ventes d’OCP après une année 2009 oùle marché a été en fort recul, reflète, entre autres, la politique miseen œuvre de migration vers un portefeuille produits accordant plusde place aux engrais, produits finis à plus forte valeur ajoutée. »Concernant les États-Unis, leurs exportationsd’engrais solides ont enregistré une baisse de14,4 %. Leurs exportations de MAP se sont amélioréesde 12,9 % (884,4 kt P 2O 5, contre 783,5 kt),une augmentation absorbée par la baisse des exportationsde DAP et de TSP, respectivement de20,8 % (2,15 Mt P 2O 5, contre 2,72 Mt) et de 23,6 %(34 kt P 2O 5, contre 44,5 kt).Quant aux importations pakistanaises deDAP, elles ont chuté de 18,7 %, pour s’établir à329,4 kt P 2O 5en 2010, contre 405 kt en 2009.Dans ce contexte, le Maroc a fortement renforcéses exportations d’engrais solides, qui ontenregistré une progression de 71,9 % en 2010.Une forte augmentation qui s’explique parl’amélioration des livraisons de DAP de 80,8 %(857,2 kt P 2O 5, contre 474 kt ), de MAP de 82,2 %(442,3 kt P 2O 5, contre 242,7 kt) et de TSP de44,8 % (359,4 kt P 2O 5, contre 248,2 kt). Grâce àces progressions, le Maroc voit sa part du marchédes engrais solides passer de 9,6 % en 2009à 14,3 % en 2010.ENSEMBLE DES DÉRIVÉS PHOSPHATÉSLe Maroc 1 er exportateur mondial,avec une part de marché à 24,5 %Les exportations mondiales des dérivésphosphatés (ACP, DAP, MAP et TSP) ont atteint15,95 Mt P 2O 5en 2010, contre 14,30 Mt P 2O 5en 2009. Soit une hausse de 11,5 %. Les principauxexportateurs qui ont enregistré des haussessont le Maroc (+39,3 %), l’Europe (+13,5 %) etla Chine (+61,5 %).Les exportations marocaines de dérivésphosphatés se sont établies à 3,90 Mt P 2O 5en2010, contre 2,80 Mt en 2009. OCP consolideainsi sa position de 1 er exportateur mondial deces produits en portant sa part de marché de19,6 % à 24,5 %.Dans le cadre de sa politique de migrationvers un portefeuille produits donnant plus deplace aux engrais, et aussi pour se rapprocherde ses clients et mieux les servir, OCP a ouverten décembre 2010 son bureau de São Paulo (OCPdo Brasil Ltda).Le Brésil est un marché à fort potentiel pourle Groupe. Ses besoins en engrais sont à la mesurede son statut de 5 e exportateur mondial deproduits agricoles et de 1 er fournisseur mondialde bioéthanol, produit à partir de bagasse decanne à sucre.Après le Brésil, l’Argentine est l’autre paysd’Amérique latine disposant d’une importanteagriculture et d’une puissante agro-industrie.C’est aussi la deuxième économie du continentsud-américain. Raisons pour lesquelles un nouveaubureau à Buenos-Aires (OCP de ArgentinaSA) devrait voir le jour en 2011.En Afrique et en Inde (voir page 80), le Groupemet en œuvre une stratégie d’engagement sur leterrain. Objectifs : mieux connaître les besoinsdes sols et des cultures, et partager son savoir etson savoir-faire pour contribuer autant à la promotionde ses produits qu’au développementdes agricultures locales, notamment via une fertilisationaccrue et raisonnée.


30 OCP Rapport annuel 2010 INDUSTRIE Le programme de développement prend son essor31INDUSTRIELe programme de développementprend son essorDans le cadre de sa stratégie deconsolidation de son leadership sur lemarché mondial des phosphates, OCP viseà doubler d’ici à 2020 les capacités de laMine et à tripler celles de la Chimie. Unambitieux programme de développementindustriel, bénéficiant d’une enveloppede 115 milliards MAD et dont les premiersgrands chantiers ont démarré.Le Groupe estconstamment àl’affût des nouvellestechnologies, pourse maintenir à lapointe du progrès.Le programme de développement industrield’OCP est désormais en bonne voie. D’icià 2020, ses capacités minières devraientquasiment doubler et passer à 55 millions detonnes/an, contre 30 millions à fin 2010. Cellesdes unités de production d’engrais devraientvoir le triplement des 3,6 Mt/an actuels. Cetteforte montée en puissance de l’outil industriel alieu dans le cadre de la stratégie de consolidationdu leadership du Groupe. Sur les 115 milliardsMAD de l’enveloppe totale d’investissements duprogramme, les projets de la Mine (nouvellesmines et laveries) représentent environ 30 %, laChimie (acide phosphorique et engrais) 46 %, leJorf Phosphate Hub 16 % et les infrastructures(pipelines, installations portuaires, etc.) 6 %, les2 % restants allant à divers autres projets.2010, année de démarragedes grands travauxL’année 2010 a vu le démarrage sur le terrainde cet imposant programme de développement,avec la signature de nombreux contrats de commandeet des travaux qui ont atteint divers stadesd’avancement à fin décembre. Entre autresgrands chantiers : la phase I de la laverie de MerahLahrach (MEA), la première des trois laveriesqui doivent traiter le minerai extrait des différentesmines de Khouribga ; le pipeline Khouribga-JorfLasfar ; quatre unités chimiques auJorf Phosphate Hub (JPH) ainsi que de nouvelleslignes de granulation ; la station de traitementdes eaux (STEP) de Khouribga ; l’usine de dessalementd’eau de mer de Jorf Lasfar...« D’ici quelques mois, souligne El MoutaoikkilEl Baraka, directeur du Développement Industrieldu Groupe, il y aura entre 12 000 et 15 000personnes travaillant dans la construction surles chantiers OCP. »Quatre nouvelles minesDans le cadre de son programme de développement,OCP a décidé d’ouvrir trois nouvellesmines sur le plateau de Khouribga, pour porterla production annuelle de ce site de 18,5 millionsde tonnes actuellement, à 38 millions detonnes. Ces trois mines sont El Halassa, OuledFarès et Prolongement Extension Zone CentraleNord. Une quatrième doit se développer à Gantour: Benguerir Sud.•El Halassa. Préparation en cours après lebouclage des différentes études préliminaires,notamment les études géologiques et minières,ainsi que d’impact environnemental. Démarragedes travaux préparatoires pour les plate-formesusines en 2011 avec 1 Mt, pour atteindre unecapacité de 5,5 Mt/an à l’horizon 2014.En ouvrant quatre nouvelles mines,OCP vise à porter sa production minièredes quelque 30 millions de tonnes/ anactuels à 55 Mt/an d’ici à 2020.•Ouled Farès. Études géologiques et minièresachevées et terrains achetés. Début d’exploitationen 2014 avec 1Mt/an, extensible à 6 Mt/an à l’horizon 2017.•Prolongement Extension Zone CentraleNord. Études géologiques et minières achevées,terrains en cours d’achat. Début d’exploitationprévu en 2017. Capacité : 6 Mt/an.•Benguerir Sud. Études géologiques et minièresachevées et terrains partiellement acquis.La préparation de la mine a démarré en 2008.


32 OCP Rapport annuel 2010 INDUSTRIE Le programme de développement prend son essor33Les premières tonnes dephosphate lavé à leur sortiede la nouvelle laverie MEA. Lelavage-flottation, techniqued’enrichissement étendue àtoutes les laveries du Groupeen 2010, permet l’exploitationdes couches pauvres.La laverie de Merah Lahrach (MEA), une des quatre prévuesdans le programme de développement industriel d’OCP.Sa phase I est entrée en production en octobre 2010.D’ici à 2016, sa capacité totale aura atteint 12 Mt/an.Augmenter laproductivité,tout en réduisantles coûts et ensauvegardantl’environnement.Le projet en cours vise à atteindre le régime decroisière de l’extraction (2 Mt/an) en 2015.Quatre nouvelles laveries•En octobre 2010, est entrée en service laphase I de la nouvelle laverie MEA, la premièredes trois nouvelles prévues à Khouribga, avecune capacité de 7,2 Mt/an. Les différentes étapesde ce projet ont été réalisées à 75 % par desentreprises locales.•Une phase II prévoit l’extension de la capacitéde MEA à 12 Mt/an et l’adaptation de sesinstallations au transport par le pipeline Khouribga-JorfLasfar du phosphate lavé, qui voyagerasous forme de pulpe. En octobre 2010, étaientréalisées les études de base pour l’adaptation dela laverie, et les offres techniques étaient ouvertes.L’adaptation sera opérationnelle en février2013 et l’extension en 2016.•Le projet de la laverie MEA implique la réalisationd’infrastructures annexes nécessairesà son fonctionnement, notamment une stationde traitement (STEP) des eaux usées de la villede Khouribga, entrée en service en avril 2010.D’une capacité de 5 millions de m 3 /an, elle estdestinée à alimenter la laverie en eau de lavage.Les besoins additionnels en eau des laveries deKhouribga seront assurés par l’eau du barraged’Aït Messaoud (voir encadré page 68).•En décembre 2010 ont été bouclées les étudesconceptuelles et de base du projet d’adaptationde la laverie Sidi Daoui au transport parle pipeline du phosphate lavé, avec un tonnagetransporté prévu de 8 Mt/an à partir de février2013.•Également fin 2010, à été lancé le chantierde construction de la deuxième laverie de Khouribga,celle d’El Halassa. D’une capacité de 12 Mt/an à partir d’août 2013, elle permettra de répondreaux besoins futurs de produit marchand.•La dernière laverie prévue sur le plateaude Khouribga, celle d’Ouled Farès, produira12 Mt/an en 2017, extensibles à 14 Mt/an à partirde 2019. Elle permettra de répondre aux futursbesoins de produit marchand. A fin 2010,étaient bouclées les études de conception et debase.•A Gantour, une laverie est prévue à Benguerir,avec une capacité de 6 Mt/an, pour alimenteren pulpe de phosphate par pipeline lesinstallations chimiques de Safi. Ont égalementété lancés deux projets de stations d’épuration.L’une, à Benguerir, recyclera les eaux usées de laville pour fournir en eau de lavage la prochainelaverie de Benguerir et en eau d’arrosage les espacesverts de la Ville Verte Mohammed VI. Lacommande a été passée en décembre 2010 et lestravaux doivent débuter en février 2011. L’autreSTEP sera construite à Youssoufia, pour alimenterla laverie de ce site.


34 OCP Rapport annuel 2010 INDUSTRIE Le programme de développement prend son essor35continu où les boues de lavage sont recyclées,et l’eau récupérée à plus de 95 % puis réinjectéedans le process. L’énorme intérêt de cette techniqueest qu’elle permet l’exploitation des phosphatesdes couches pauvres et très pauvres.Pérenniser le phosphate,c’est pérenniser la viePrès de la moitié (46%) de l’enveloppe globaledestinée au programme de développement industrield’OCP est réservée à la réalisation de nouvellesinstallations chimiques. Le Groupe est résolu àaugmenter substantiellement sa production d’engrais,et à se donner ainsi les moyens d’accroîte la part demarché à l’export de cette catégorie de produits.Le transport duphosphate parpipeline reviendradix fois moins cherque par le train.Laveries : des solutionsR&D 100 % OCPAu niveau du lavage à proprement parler, sile procédé n’a pas changé, la capacité des lignes,elle, a été multipliée par cinq : 1500 tonnes/heure,au lieu de 300 t/h. Soit une laverie MEA avecdeux grandes lignes au lieu de plusieurs petites.Résultat : une réduction de l’ordre de 25-30 % duCapex (capital expenditure, ou investissement)et un fort impact sur l’Opex (operating expenditure,coût d’exploitation), notamment en raisond’une moindre consommation d’énergie.Également à la laverie MEA a été appliquéeune technologie d’enrichissement du minerai issued’une R&D 100 % OCP généralisée à l’ensembledes laveries du Groupe en 2010. Différentestechniques existent pour enrichir le minerai à faibleteneur en phosphore (exprimée sous formede pentoxyde de phosphore, ou P 2O 5). Les équipesd’OCP ont mis au point un procédé de lavage-flottationmoins onéreux et plus adapté quece qui existe dans le monde. C’est un système enLa valorisation des couches pauvres et trèspauvres représente une évolution majeure pourla compétitivité d’OCP. Mais pas seulement. Lamise en valeur de ces couches a pour corollairela pérennisation des mines du Royaume, et partantla garantie pour des siècles à venir que l’humanitépourra compter sur cette source majeurede phosphore que sont les mines de phosphates.Car le phosphore est une composante essentielledu vivant. Indispensable pour la croissanceet la bonne santé des végétaux, le phosphore estessentiel à toute forme de vie. Constituant environ1 % du poids d’un être humain, qui l’absorbeà travers les aliments consommés, le phosphorese fixe dans les cellules, où il sert de supportau transfert de l’énergie, et représente un desconstituants de l’ADN. Il se concentre essentiellementdans les os et les dents. Enfin, le phosphoreest un élément irremplaçable : l’humanitépeut substituer d’autres sources d’énergie aupétrole, par exemple, mais aucun produit desubstitution n’existe s’agissant du phosphore.Le pipeline Khouribga-Jorf Lasfar,un saut technologique majeurEn mai 2010, OCP a signé avec l’Agence françaisede développement (AFD) une convention decrédit de 240 millions d’euros pour la constructiondu pipeline Khouribga-Jorf Lasfar.Le pipeline principal et ses affluents secondairestotaliseront une longueur de 235 kilomètres.Objectif : transporter par voie humidela totalité du phosphate extrait des mines deKhouribga vers les unités chimiques de Jorf Lasfarpour être transformé en acide phosphoriqueet en DAP, ou vers le port de Jorf Lasfar pourêtre exporté.Le transport du phosphate issu des laveriespar la voie humide, et non plus par trains, permettrades économies en eau (élimination du séchagerequis pour le transport par train) et enEl Moutaoikkil El Baraka, directeurdu Développement Industriel : « D’iciquelques mois, il y aura entre 12 000et 15 000 personnes travaillant dans laconstruction sur les chantiers OCP. »énergie (la progression de la pulpe est favoriséepar la gravité naturelle) qui mettront la tonne dephosphate rendue à Jorf Lasfar à moins de 1 dollarau lieu des 8 dollars actuels. Cependant, lepipeline n’est pas seulement un mode de transportéconomique. Il constitue aussi un véritablesaut technologique impliquant une intégrationentre l’amont et l’aval, avec une logistique ellemêmeintégrée. La laverie, désormais intégréeà la mine, enrichit le minerai en même tempsqu’elle le prépare au transport.La pulpe de phosphate préparée sera stockéedans des réservoirs à la sortie des laveries, puispompée via des pipelines secondaires jusqu’àune station de collecte située à proximité de lalaverie Merah, appelée station de tête. A partirde là, la pulpe alimentera le pipeline principalqui assurera le transport hydraulique de Khouribgajusqu’à Jorf Lasfar. Au niveau de ce site,une station terminale constituée de réservoirsde stockage est mise en œuvre pour la réceptionet la distribution de la pulpe de phosphate.


36 OCP Rapport annuel 2010 INDUSTRIE Le programme de développement prend son essor37235 km de pipelinepour transporterentre Khouribgaet Jorf Lasfar lephosphate lavé.JorfLasfarEl JadidaA fin 2010, les études de base réalisées parle bureau américain spécialisé et leader mondialdans le domaine (PSI) sont bouclées. Et lasignature du contrat pour la construction du pipelineen projet clé en main par le groupe turcTekfen est prévue pour le tout début 2011, pourun montant de 3,6 milliards MAD. En avril 2013,date d’entrée en service du pipeline, la pulpe dephosphate sera injectée dans ce nouveau système,permettant son transport hydraulique encontinu vers le site des industries chimiques àJorf Lasfar. Ce transport se fera dans des conditionséconomiques et environnementales nettementaméliorées.État d’avancement des autresprojets à Jorf Lasfar et SafiR 201R 315A Jorf Lasfar, parmi les importants projetsdémarrés en 2010, on peut citer les suivants :•Sur les dix unités de DAP de 1 million detonnes/an chacune prévues au Jorf PhosphateHub, quatre ont été lancées. En novembre, laphase d’ingénierie a démarré pour deux d’entreelles, la troisième étant en préparation. Chacunede ces unités est composée de quatre lots : lesulfurique, le phosphorique, le DAP et les utilités.Pour des questions d’optimisation des coûtset de gestion des travaux, les chantiers de cesquatre unités sont lancés à six mois d’intervalle.N 1KhemisZemamraSidi IsmaelYoussoufiaSidi BennourN 7R 202A 5N 1R 316R 318MohammediaCasablancaN 9BenguerirR 320N 11BerrechidSettatA 7Barragede MassiraN 9N 11A 3N 1Pipeline Khouribga - Jorf LasfarR 316R 312Les dates d’entrée en service s’échelonneront dejuillet 2013 à juillet 2015.•En décembre ont été finalisées les étudesconceptuelles du projet “Downstream”, qui doitpermettre le conditionnement (par filtration-séchage,pelletisation et stockage humide) de lapulpe de phosphate provenant du pipeline etdestinée à l’export. Entrée en service : à partir de2013, après le démarrage du pipeline.De nombreuses installations annexes sontindispensables au fonctionnement des unitéschimiques actuelles, en cours de constructionou projetées.Ces projets sont à différents stades d’avancement,des études conceptuelles et de définitionou d’impact environnemental pour certains,à l’adjudication, pour d’autres, de contrats cléen main (ou EPC — Engineering, Procurementand Construction), en passant, pour d’autresencore, par la préparation des dossiers d’appelsd’offres.Parmi les réalisations en cours en 2010,citons :•Une installation de stockage et de traitementdu soufre qui entre dans la fabrication del’acide phosphorique.•Une unité de stockage d’ammoniac, autreintrant du process acide phosphorique.R 308KhouribgaOuladFarèsOued Oum RbiaR 309R 309R 401Oued ZemSidiMEA DaouiFqih Ben SalahEl HalassaN 11•L’extension des installations de pompage et•Le circuit de manutention des engrais et dede distribution d’eau de mer.transfert des phosphates à l’export.L’alimentation en électricité.• Une unité de production de vapeur.Un projet de deux nouvelles lignes de gra-•nulation d’une capacité de 800 000 tonnes/anchacune.A Safi également, 2010 a été riche enprojets :•Une nouvelle unité de concentration d’acidephosphorique à Maroc Phosphore (CAP T,chantier démarré en avril), et une autre à MarocChimie (CAP 6, chantier démarré en juillet).•Un projet de transformation des lignes MAPet NPK du complexe chimique en unités de productiond’engrais alimentaires DCP/MCP à fortevaleur ajoutée. La capacité de production prévisionnelleest de 300 000 tonnes/an, dont 90 %destinés à l’export.Maroc Chimie en remplacement de l’ancienne.•Un projet de nouvelle centrale thermique à•Un projet dit de “vision sulfurique”, prévoyantle remplacement de deux lignes de productiond’acide sulfurique par des installationsplus modernes et dotées d’une meilleure productivitéénergétique. L’étude conceptuelle devraitêtre bouclée au tout début 2011.État des lieux MinesI. EXTRACTIONLe tonnage extrait en 2010 aux mines deKhouribga s’est élevé à 17,215 Mt, soit 28 % deplus qu’en 2009. Il est à noter que la quasi-totalitédu tonnage extrait (16,93 Mt) a été expédiée.Sur ce total, 9,8 Mt ont été livrées aux différentesunités chimiques de valorisation, soit 18,35 % deplus qu’en 2009, alors que 7,080 Mt ont été exportéesvia le port de Casablanca, soit un bondde 57,4 % par rapport à l’année dernière.A Gantour, ont été extraites 6,547 Mt, un impressionnantenvol de 156 % par rapport à 2009.De ce total, 58 % proviennent des chantiers deBenguerir et 42 % de ceux de Youssoufia.II. PRINCIPAUX FAITS MARQUANTSMines de Khouribga1. Au niveau de l’exploitationSecteur MEA. Plusieurs projets et améliorationsont été réalisés en 2010 :•Un record de production du phosphatemoyenne teneur : 2,4 Mt. Cela a permis d’expédierà Jorf Lasfar un phosphate plus riche surtoute l’année 2010, alors que la nouvelle laverieMEA n’était pas encore entrée en service. Cetteamélioration a été réalisée grâce aux effortsdéployés au niveau du mode d’extraction d’unepart, et d’autre part grâce à la forte mobilisationdu personnel dans le cadre du programmeIqlaa.•La reprise de l’exploitation du gisement deKhouribga Sud, grâce à l’aménagement de nouvellesinfrastructures de génie civil, ainsi qu’àl’aménagement de nouveaux locaux logistiques.Secteur Sidi Chennane. Deux faits saillantsont caractérisé l’année 2010 :•Record absolu en tonnage épierré : 8,17 Mt,•Réalisation des premiers essais en chargedépassant de 18,5 % l’ancien record de 2007(6,89 Mt).de la deuxième trémie de criblage .En plus de ses activités usuelles, la DirectionProduction minière de Khouribga s’est mobiliséepour déplacer un volume de terril de 0,7 millionm 3 en vue de libérer les terrains nécessaires auprojet Mine Verte.2 . Au niveau du traitement•Organisation de quatre sessions de transformationopérationnelle Iqlaa au niveau dela laverie Sidi Daoui (mai-octobre 2009), de laliaison Sidi Chennane (mi-juin 2010), du séchage(mars-juillet 2010) et du Carreau Zone Centrale(octobre 2010- juin 2011).•Mise en service de la station de chargement•Équipement en filtres à manches de quatre•Mise en place d’un système de supervisiondu phosphate humide à Béni-Idir.fours sécheurs à Béni-Idir.de l’ensemble des postes électriques pour le suivi,l’enregistrement et l’édition de tous les paramètresde marche des installations à COZ.


38 OCP Rapport annuel 2010 INDUSTRIE Le programme de développement prend son essor39•Rénovation totale de certains•convoyeurs.Amélioration des performances de la laverieSidi Daoui.Mines de Gantour1. Au niveau de l’exploitationA Benguerir.•Pérennisation de la transformation opérationnelleIqlaa au niveau du criblage et sonlancement au niveau du secteur de chargementet transport de phosphate, et du secteur dedécapage.•Ouverture de nouvelles zones de décapageaux Panneaux 3 et 4.Abdelaâli Kossir,directeur R&D d’OCP :« Notre ambition estde mettre en place uneR&D leader au serviced’un Groupe leader. »•Développement de la sélectivité verticale ethorizontale dans tous les panneaux dans le butde dégager le maximum en phosphate riche.A Youssoufia.•Lancement d’ Iqlaa à la mine de Bouchane,ainsi que d’une campagne visant la mise en placed’un système de standardisation.•Également à Bouchane, réalisation d’un circuitde re-criblage pour récupérer le phosphatedans les résidus du premier criblage, et d’unextracteur servant l’épierreur au lieu d’une goulotteen pantalon dont les difficultés de décolmatageoccasionnaient des arrêts répétitifs,.•Pérennisation de la transformation opérationnelleIqlaa à la mine de M’Zinda.•Construction des locaux administratifs à lanouvelle mine de M’Zinda.•Installation d’une trémie d’épierrage-criblageà la découverte de M’Zinda et d’équipementsde manutention.2. Au niveau du traitement•Réussite au séchage et à la laverie de l’opérationIqlaa lancée en mars.•Automatisation de l’installation de chargementdes trains du séchage.e•Installation du circuit fuel pour la 2 batteriedes fours sécheurs.•Mise en service du nouveau circuit d’alimentationdes fours équipé de deux trémies muniesde deux extracteurs.•Adaptation d’une unité de calcination pourle séchage du phosphate.État des lieux ChimieA partir de juillet 2013, l’entrée en servicedes nouvelles unités chimiques prévues dansle programme de développement industriel duGroupe augmentera les capacités de productiond’acide phosphorique et d’engrais. La transformationopérationnelle Iqlaa, qui en a été à sa“vague 4” en 2010, a été en bonne partie à l’originede la progression de la production.I. PRODUCTIONAcide phosphorique. En 2010, les deuxgrands centres de production chimique — JorfLasfar, avec Maroc Phosphore, Emaphos, Imacid,Pakistan Maroc Phosphore et Bunge MarocPhosphore ; et Safi, avec Maroc Chimie etMaroc Phosphore — ont produit 3,997 Mt P 2O 5d’acide phosphorique, contre 3,076 Mt en 2009(+29,94 %).Engrais. La production d’OCP (en DAP, MAPet TSP) s’est établie à 3,713 Mt P 2O 5, soit un bondde 47,98 % par rapport aux 2,509 Mt de 2009.DAP : 2,062 Mt ont été produites, en totalitéà Jorf Lasfar.MAP : 0,666 Mt ont été produites, en totalitéà Jorf Lasfar.TSP : 0,699 Mt ont été produites, en totalitéà Safi.Amar Drissi, directeur exécutif en charge du PôleIndustriel : « Quatre des dix nouvelles unités deproduction d’engrais de 1 Mt/an chacune prévuesau Jorf Phosphate Hub ont été lancées en 2010.L’ensemble doit multiplier par trois les capacitésd’engrais actuelles d’OCP à l’horizon 2020. »Évolutionde la production2010,une annéede croissancepour la Mineet la Chimie30252015105027,826,624,518,4 17,9 16,915,412,76,7 7,16,0 4,63,2 3,11,1GLOBAL KHOURIBGA GANTOUR PHOSBOUCRAÂ20072008200920102,64,03,02,01,003,4572,7603,0763,9972007 2008 2009 20104,03,02,01,002,5910,0160,8051,0640,5480,1582,1690,6870,8430,4200,2192,5100,4861,6323,7130,7842,1040,392 0,8252007 2008 2009 2010ASPTSPDAPMAPNPKPHOSPHATE BRUTÉvolution de la production marchande d’OCP(en millions de tonnes)ACIDE PHOSPHORIQUEENGRAIS SOLIDESÉvolution de la production consolidée d’OCP Évolution de la production consolidée d’OCP(en millions de tonnes P 2O 5) (en millions de tonnes P 2O 5)


40 OCP Rapport annuel 2010 INDUSTRIE Le programme de développement prend son essor41II. PRINCIPAUX FAITS MARQUANTSSur le site de Jorf LasfarMaroc Phosphore III-IV••Essais du phosphate humide (sous forme depulpe) à la ligne phosphorique C.Mise en service de trois nouveaux bacs destockage de soufre liquide, d’où +15 % de capacitéde stockage de la plate-forme.•Façonnage d’engrais pour le compte deBunge Maroc Phosphore : 94 kt de DAP et 139 ktde MAP.•Réalisation de travaux de révision généralesur quatre lignes phosphoriques.Euro Maroc Phosphore (Emaphos)•Le laveur a été renouvelé avec des modificationspermettant une réduction de la consom-mation d’eau de lavage et l’amélioration de laqualité du produit en sortie. Toutes les étudesde ce projet ont été faites en interne.•Certification du Système de management de•Le produit Emaphos a été enregistré suivantla santé et de la sécurité au travail par l’organismeAFAQ suivant la norme OHSAS-18001.la réglementation REACH.Indo Maroc Phosphore (Imacid)Imacid a lancé, en octobre, un programmepluriannuel de remise à niveau de ses unités,avec un arrêt de l’usine limité à cinq semaines.Principaux travaux :•Remise en état du four et remplacementd’une chaudière (140 tonnes).•Remplacement du surchauffeur avec gaines(160 tonnes).•Remplacement des grilles du convertisseur,avec vidange, criblage et remise à niveau des4 lits catalytiques.•Réalisation de travaux de vidange-remplissagedu convertisseur.Bunge Maroc Phosphore•BMP a réalisé, en cette deuxième année deservice industriel de ses unités acide et énergie,de très bonnes performances en termes de volume(90 % du nominal) et de rendement globalP 2O 5(moyenne de 92,66 %, avec un record de93,59 % en décembre). Ces bonnes performancessont le résultat d’un suivi soutenu et d’uneoptimisation des conditions d’exploitation grâceà la motivation et aux performances du personneldues au programme Iqlaa, conjugués à desaméliorations techniques introduites au niveaudes équipements ou des circuits.•Poursuite de la réalisation du “projet Engrais”,consistant en une unité GTSP/GMAPde 270 kt/an de TSP, une unité GMAP/GDAPde 340 kt/an de MAP, deux halls de stockaged’engrais de 50 kt chacun et des installationsannexes. A fin 2010, l’avancement global de laconstruction est évalué à 93 %.Sur le site de Safi••Fin de la délocalisation à Jorf Lasfar de laproduction d’engrais à base d’ammoniac (NPK),qui a définitivement quitté Safi.Réalisation d’importants travaux de révisionsur sept lignes sulfuriques, neuf lignes phosphoriques,deux lignes d’engrais et sur le groupe turbo-alternateurA de Maroc Phosphore II.•Pilotage de la performance à travers desréunions Iqlaa à tous les niveaux hiérarchiques.R&D : efficacité et développement durableLa R&D joue à OCP un rôle fondamental.Depuis la phase géologiquejusqu’aux produits finis, enpassant par l’extraction, l’enrichissementet la valorisation duminerai, c’est toute la chaîne devaleur du Groupe qui est couverte.Un travail important menépar une équipe de plus de 150personnes, entre chercheurs, ingénieurset techniciens.Pour qu’elle soit plus réactiveet au plus près des besoins duGroupe, la R&D est désormaisdécentralisée sur les différentssites industriels. Ses effectifs etses moyens sont renforcés. Sesbudgets ont plus que doublé,passant de 176 à 360 millionsMAD entre 2009 et 2010.La R&D est désormais articuléeautour d’une typologie à troiscomposantes fonctionnant enétroite interaction et s’enrichissantmutuellement :R&D opérationnelle. Elle intervientau niveau des unités industrielleset travaille, en étroitecollaboration avec la production,à améliorer leurs performancesen termes de capacités, de réductiondes coûts et de préservationde l’environnement.R&D de différentiation. Elleconcerne essentiellement lesproduits, qu’elle vise à diversifieret dont elle cherche à améliorerla qualité. Elle prend en considérationles besoins actuels etfuturs des clients et des agriculteurs.Elle anticipe égalementles contraintes environnementaleset réglementaires internationales.R&D de rupture. Elle œuvre àmettre au point de nouveauxprocédés, de nouvelles technologieset de nouveaux produits,dont des produits de niche. Enintégrant, ici comme ailleurs,la préservation de l’environnementet l’utilisation optimalede l’eau et de l’énergie. En matièrede mutation industrielle etd’avantage compétitif, c’est laR&D reine, celle qui permet deconstruire l’avenir à travers desprojets d’innovation, de consoliderle leadership du Groupe et derépondre aux enjeux de demain.Avec cette R&D, OCP se donneles moyens d’être à la pointede la technologie dans tous lesmétiers liés à l’industrie desphosphates : géologie, extraction,traitement et enrichissementdes minerais, valorisationchimique des phosphates. Lessavoir-faire et les technologiesnon disponibles au sein du Groupeseront internalisés en mettantà profit les connaissances desdifférents instituts de recherche,universités, fournisseurs d’équipementset de technologie, viades accords de partenariat dansle cadre d’une approche “OpenInnovation”. Ayant le souci permanentde l’environnement, leGroupe veille également, à traverssa R&D, à toujours promouvoir“l’éco-conception”. En s’assurantde la “soutenabilité” des produitsdès leur conception, mais ausside celle de leurs outils et processde production, et du respect desrèglements nationaux et internationaux.« Nous œuvrons pour qu’OCP amélioresans cesse ses performanceset sa capacité technologique.Notre ambition est de mettre enplace une R&D leader au serviced’un Groupe leader », résume AbdelaâliKossir, directeur R&D.Sur le terrain et au laboratoire,les chercheurs de la R&D d’OCPsont présents sur tous les sites dela Mine et de la Chimie, et à toutesles étapes, de l’extraction de laroche à la production d’engrais.Pour qu’ellesoit plus réactive,la R&D estdésormaisdécentraliséesur tous les sitesindustrielsdu Groupe.


42 OCP Rapport annuel 2010 INDUSTRIE Le programme de développement prend son essor43Iqlaa, l’envol vers l’excellenceUn des objectifs fondamentauxdu programme Iqlaa : fédérertoutes les énergies du capitalhumain autour d’une culture dela performance, une culture quiincite à voir dans tout problème uneopportunité de perfectionnement .Lhoussine Haddouchane, responsablepérennisation au sein des unités decriblage à Benguerir : « Aujourd’hui, onse réunit régulièrement pour discuter detous les problèmes et assurer en mêmetemps une meilleure coordination entrela maintenance et la production. »Faris Derrij, DPG Mine : « Notre missionest de recruter et de former des agentsde transformation à fort potentiel,pour propager les meilleures pratiquessur tous les sites du Groupe. »Le programme de transformationopérationnelle Iqlaa a été lancéen avril 2009 au sein d’OCP. Ilvise à apporter au Groupe unavantage compétitif au traversde l’amélioration de la productivitéindustrielle et de la réductiondes coûts. Et à fédérertoutes les énergies du capitalhumain autour d’une culture dela performance. « Une culture quiincite à voir dans tout problème,une opportunité de perfectionnement», comme le dit AbdelghaniFilali, un de ces “agents de changement”formés aux techniquesde Iqlaa et qui forme à son tourses collègues.Techniquement, Iqlaa (en français,“envol” ou “décollage”) estun processus continu fondé surles principes de la production“lean”, ceux-là mêmes qui ontfait de Toyota le premier producteurautomobile au monde et leplus rentable. Produire “lean”,c’est traquer tous les gisementsde réduction des coûts. En supprimantou en transformant toutacte impliquant une dépense enressources qui ne servirait pasà la production de valeur. Cettephilosophie s’applique aussi bienaux installations, qu’aux processou aux hommes.Pour réussir une production “lean”,le programme de transformationopérationnelle d’OCP se déploiedans trois principaux champs enpermanente interaction.1. Le système d’exploitation.L’adoption de techniques etd’outils “lean” a permis les améliorationssuivantes :•optimisation et standardisationdes opérations ;•o ptimisation des stratégiesopérationnelles ;•i ntégration d’améliorationstechniques.2. L’infrastructuremanagériale.Elle a été repensée en profondeur,avec implémentation d’une organisationcentrée sur le managementde performance et mise enplace d’outils appropriés :•Instauration à tous les niveauxde séries d’indicateurs pertinentset de tableaux de bord permettantde suivre au jour le jour lesproblèmes, leur description, leurdiagnostic, les solutions préconisées,leur implémentation etleurs résultats. Avec des réunions“performances” des équipes d’encadrement.P romotion d’une culture de la•performance par l’instaurationd’incitations plus efficaces, parexemple des primes individualiséesplutôt que la distribution deprimes générales.•Transformations organisationnellesciblées, avec création de lanotion d’équipe de pointe dansdifférents domaines.En plus du suivi, cette organisationa permis d’identifier les problèmesrécurrents, de remonter àleurs causes et de leur apporterdes solutions efficaces.Le rôle de l’encadrement ne se limiteplus à la lecture de rapportsd’experts. Il consiste désormaisà être sur le terrain pour mettrele doigt sur les problèmes etles résoudre en connaissance decause. Avec un audit hebdomadairede suivi des résultats danschaque entité, où le personneld’encadrement peut embrasserd’un seul coup d’œil, grâce auxtableaux de bord, l’historiqued’un problème.Il s’agit d’un mode de gestionvisuel appelé kamishibaï, termejaponais désignant une épopéepopulaire narrée par un conteurtraditionnel, et que Toyota aconverti en système d’audit deterrain aujourd’hui adopté mondialement.3. Les mentalités, lescomportements et les valeurs.Pour être vraiment opérationnelle,la transformation se devaitde devenir une seconde nature.En effet, Iqlaa réussit grâce àl’adhésion et à l’implication detous, depuis la Direction d’un sitejusqu’aux opérateurs.Pour poursuivre le déploiement etpérenniser les acquis de la transformationopérationnelle, uneéquipe d’agents de la Directionde la performance globale (DPG)intègre en interne les enseignementstirés de chaque chantierIqlaa. Elle est également chargéede former le personnel à laculture d’Iqlaa. Les agents sontencadrés par un DPG pour la Mineet un autre pour la Chimie.« Notre rôle, confie Faris Derrij,DPG Mine, consiste, entre autres,à recruter et former des agentsde transformation à fort potentiel,pour propager et généraliserles meilleures pratiques sur tousles sites du Groupe. »« Depuis la mi-2010, préciseAmine Louali, DPG Chimie, Iqlaaest entièrement internalisé etse poursuit avec du personnel100 % OCP. »L’équipe de la DPG est composéede 15 membres, mais elle estappelée à grandir pour atteindreune soixantaine de personnes, unbenchmark international ayantfait ressortir que c’est là l’effectifidéal au sein de structures detaille similaire à celle d’OCP.A fin 2010, le programme Iqlaaa quasiment bouclé sa “vague 4”(octobre 2010- janvier 2011), quia généralisé la transformationà l’ensemble des stades opératoires.Elle a également réussil’internalisation du programme,dans la mesure où il est désormaispiloté par les DPG du Groupeet non plus par les experts externes.Enfin, elle a permis de mettreen place les socles de basenécessaires à la pérennisationdes acquis : processus de maintenance,standardisation, incitationà l’amélioration, célébrationdes résultats, communication,responsabilisation, etc.Des résultats plusque probantsLes résultats sont là qui prouventla pertinence et la réussite duprogramme Iqlaa. L’année 2010a été bouclée avec +22 % en capacitéde production dans les activitésMine. Dans la Chimie, laproduction d’acide phosphoriquea enregistré un gain de 10 % etcelle des engrais a fait un bondde 43 %.Au total, l’augmentation de capacitéde production de l’ensemblede l’outil industriel du Groupe(Mine et Chimie) due à Iqlaa s’estétablie à 25 %.Autres exemplesde réussites•A l’atelier de production d’acidephosphorique de Jorf Lasfar,deux mois seulement après ledémarrage du chantier Iqlaa, lenombre de pannes du matériel achuté de 12 %. Et la durée des arrêtsprogrammés (maintenance)a pu être diminuée de 40 %.•S ur le site de Jorf Lasfar, laproduction d’engrais est passéede 6 000 à 10 000 tonnes.•Sur les deux axes Khouribga-Jorf Lasfar et Gantour-Safi, l’augmentationdes capacités enregistréeen 2010 grâce au programmeIqlaa représente un gain estiméà plus de 3,5 milliards MAD.•La dragline 200B3 de Benguerira subi une révision généraleet fonctionne depuis le 4 octobre2010 à Sidi Chennane, dans la régionde Khouribga. Le transfertBenguerir-Sidi Chennane, sur unedistance de près de 270 km, a eulieu en trois étapes : démontagede la machine en sous-ensemblesà Benguerir ; transport à SidiChennane ; révision et remontagede la machine. Coût total del’opération : 5,2 millions MAD, aulieu des 180 millions qu’auraitcoûté l’acquisition d’une machineneuve.


44 OCP Rapport annuel 2010 FINANCES Garantir la disponibilité des ressources…45FINANCESGarantir la disponibilitédes ressources nécessairesau développement du GroupeMohamed El Hajjouji, directeur exécutif en chargedu Pôle Finance et Supports de Gestion : « OCP passeà une trésorerie où toutes les liquidités disponiblessont employées de manière optimale. »OCP a poursuivi en 2010 la mise en œuvrede sa nouvelle politique de financement.Pour le Pôle Finance, le principal déficonsiste à garantir les ressourcesnécessaires pour accompagner de façonoptimale la stratégie de développementdu Groupe, via une politique financièreambitieuse basée sur une diversificationdes sources de financement, unedésintermédiation, ainsi qu’une flexibilitédes conditions de financement.OCP est la premièreentreprise marocaineà avoir adoptéle protocole Swift.L’année 2010 en chiffresL’année 2010 a été celle de la reprise, aprèsune année 2009 marquée par un ralentissementde l’activité économique au niveaumondial.Des résultats en forte progressionOCP a réalisé au cours de l’exercice 2010d’excellentes performances, proches de cellesde 2008, qui ont été à tout point de vue historiques.Ainsi, le chiffre d’affaires en devises s’estétabli à 5,2 milliards de dollars US, en hausse de66 % par rapport à celui enregistré en 2009. Uneperformance à comparer aux seuils historiques,qui se situent pour le Groupe entre 3 et 3,5 milliardsde dollars US (voir graphique page 47).L’EBITDA, qui constitue l’indicateur principalpour mesurer la performance économiqueet opérationnelle du Groupe, s’est établi à 15,1milliards MAD, contre de 6,7 milliards en 2007(voir graphique page 47). Le résultat d’exploitation,qui s’est établi à 14,4 milliards MAD, a égalementconfirmé la tendance.Un bilan renforcéAprès prise en compte des aspects hors exploitation,le résultat net d’OCP au titre del’exercice 2010 s’est établi à 8,9 milliards MAD.Grâce à ce résultat exceptionnel, les fonds propresdu Groupe ont augmenté de plus de 45 %,passant de 16,7 milliards à 24,3 milliards MAD.Cette augmentation de 7,6 milliards a permis depoursuivre la réalisation de deux objectifs stratégiquesimportants :•Le renforcement de l’outil de production(mines, laveries, usines chimiques), qui s’est traduitnotamment par l’augmentation de l’actif immobiliséde 2,4 milliards MAD, passant de 15,7 à18,1 milliards. Il est à noter que le démarrage duprogramme de développement industriel s’estillustré par un niveau de commandes de près de20 milliards MAD en 2010.•La poursuite du processus d’externalisationdes engagements sociaux. Ainsi, les excellentesperformances réalisées en termes de résultatsont permis de compléter le processus d’externalisationdes engagements de retraite pour unmontant de 6,6 milliards MAD.En conclusion, sous l’effet combiné du renforcementdes capitaux propres et de la baisse del’endettement net, le ratio d’endettement (dette/fonds propres) a été ramené de 46 % fin 2009 à9 % fin 2010. Un niveau qui permet au Groupe depoursuivre dans les meilleures conditions sonambitieux programme d’investissement, dontle principal objectif est d’augmenter sa capacitéde production tout en améliorant son efficacitéopérationnelle.Grâce à ces excellents résultats, le programmed’investissement pour les dix prochaines années(2010-2020) a bénéficié d’une actualisation


46 OCP Rapport annuel 2010 FINANCES Garantir la disponibilité des ressources…47substantielle : l’enveloppe s’élève désormais à115 milliards MAD, dont 75 milliards engagéssur les quatre prochaines années.Accompagner le développement, touten préservant les équilibres financiersL’année 2010 a connu la poursuite du déploiementde la stratégie financière d’OCP. Sonprincipal défi : garantir les ressources nécessairespour soutenir de façon optimale — endisponibilité et en coût — le programme de développementdu Groupe, tout en préservant seséquilibres financiers. Une stratégie financièrequi s’exprime à trois principaux niveaux :Désintermédiation. OCP a décidé de s’adresserdésormais au marché non bancaire. Le Groupeenvisage, notamment, le lancement d’uneémission obligataire de 2 milliards MAD sur lemarché local, et dont les principaux objectifssont :sources de financement pour sa politique dedéveloppement.•La diversification et l’optimisation des•La réalisation d’une première communica-•L’institution d’une cotation de référence dution institutionnelle du Groupe.risque OCP.•L’appréciation de l’intérêt des investisseurspour la signature OCP.Diversification des contreparties, avec, notamment,le recours à des institutions prestigieuseset reconnues telles que la Banque européenned’investissement (BEI) ou l’Agence française dedéveloppement (AFD). Avec cette dernière a étésignée, début mai 2010, une convention de créditpour un montant de 240 millions d’euros. Uncrédit destiné à couvrir une partie du financementdu projet de pipeline entre Khouribga etJorf Lasfar.Diversification des sources de financement.Il s’agit pour OCP de solliciter, dans les meilleuresconditions, aussi bien les banques marocainesque les institutions internationales, voire lemarché non bancaire des capitaux.Les grandes réalisations de l’annéeLe Pôle Finance a poursuivi en 2010 la réalisationde plusieurs projets ambitieux, dont troisqui méritent d’être cités : mise en place d’unesalle des marchés, conversion des comptes auxnormes IFRS et mise en place d’un référentiel dereporting de gestion.Salle des marchés. En cours de mise en place,la salle des marchés est un projet d’enverguredestiné à traiter, pour l’ensemble des entités duGroupe, toutes les opérations de paiement, decash management (gestion des placements, desfinancements, de change et de taux) et de couverturedes risques financiers. C’est une transformationfondamentale dans la gestion des fluxfinanciers d’OCP. La salle des marchés sera, eneffet, l’interface de toutes les opérations financièresdu Groupe (sites, sièges, filiales et jointventures)avec le marché.Depuis la mi-2010, grâce au système Swift(protocole de paiement informatisé hautementsécurisé utilisé par le système bancaire au niveauinternational), toutes les opérations depaiement du Groupe sont dématérialisées, interconnectées,centralisées et traitées en tempsréel avec le système bancaire.OCP devient ainsi la première entreprise marocaineà utiliser ce système de dématérialisationet de sécurisation de la communication bancaire.Un système qui constitue en fait le premier voletde la salle des marchés : les volets cash managementet gestion des risques devraient être bouclésen 2011.IFRS. Les comptes consolidés d’OCP répondententièrement aux normes IFRS (InternationalFinancial Reporting Standards) et ce depuisles comptes arrêtés au 31 décembre 2010, avecun bilan d’ouverture au 1 er janvier 2008.Ce projet, qui permet de présenter les comptessous un référentiel international, permettraau Groupe d’accéder au marché internationaldans les meilleures conditions.En outre, l’uniformisation qui découle del’application de ces normes rend l’informationhomogène et les entreprises comparables entreelles. Ainsi, les comptes consolidés d’OCP, désormaisprésentés selon le référentiel international,donnent une meilleure visibilité au lecteurde ses états financiers. Et ils permettent à tousles interlocuteurs du Groupe de mieux apprécierses performances.Reporting. Le système de reporting et d’appréciationdes performances a connu en 2010 unprofond réengineering permettant d’améliorerle pilotage des activités des différentes entitésopérationnelles du Groupe. Chacune de ces entités— les différentes entités du siège, de la Mineou de la Chimie — reçoit désormais tous les détailsconcernant son budget, ses réalisations, sesperformances, ce qui permet de responsabiliserles différents acteurs et de renforcer la bonnegouvernance.Transparence :le Groupe a mistous ses documentsaux normes IFRS.Évolution du chiffred’affaires et de l’EbitdaUne annéed’excellentesperformancesMilliards USD987654321032,9287,8105,20515,0533,5243,1402,7026,7242,3382,1232006 2007 2008 2009 201035302520151050Milliards MADEBITDA


48 OCP Rapport annuel 2010 FINANCES Garantir la disponibilité des ressources…49FILIALES ET JOINT-VENTURESLes filialesMAROC PHOSPHOREForte hausse du chiffre d’affaireset du résultat netCréée en 1973, Maroc Phosphore est une sociétéanonyme au capital de 6,5 milliards MADdétenue à 100 % par OCP. Son objet social estla production d’acide phosphorique et d’engraisdans les deux sites de Safi et Jorf Lasfar, ainsique leur exportation.Le chiffre d’affaires au titre de l’exercice 2010s’établit à près de 25 milliards MAD, contre prèsde 13 milliards en 2009. Le résultat net de l’années’est établi à 236 millions MAD.PHOSBOUCRAÂConsolidation des résultatsCréée en 1962, Phosboucraâ est une sociétéanonyme au capital de 100 millions MAD entièrementdétenue par OCP depuis 2002. Son activitéconsiste en l’extraction, le traitement, letransport et la commercialisation du minerai dephosphate.Durant l’exercice 2010, la société a dégagé unchiffre d’affaires de 2,6 milliards MAD, contre959 millions en 2009, et un résultat net de134 millions MAD.CERPHOSDécentralisation des activités sur les sitesCréé en 1975, le Centre d’études et de recherchesdes phosphates minéraux (Cerphos) est unesociété anonyme dotée d’un capital de 29 millionsMAD et détenue à 100 % par OCP. Cerphosest un centre de recherche spécialisé dans lesphosphates et produits dérivés.A fin 2010, la société a réalisé un chiffre d’affairesde 29 millions MAD, contre 79 millionsen 2009. Cette baisse s’explique par un changementde stratégie qui a eu lieu en 2009 et qui aconsisté à décentraliser les activités d’analyse etde laboratoire vers les sites d’exploitation.IMSADes performances stablesImsa est une société anonyme dotée d’un capitalde 2 millions MAD créée en 1970 pour gérerle cinéma et l’hôtel Atlantide à Safi.Par rapport à 2009, le chiffre d’affaires 2010est resté stable, à 14 millions MAD.SMESILe bras ingénierie et maîtrise d’œuvre d’OCPCréée en 1959 et dotée d’un capital de 20 millionsMAD, la Société marocaine d’études spécialeset industrielles est détenue à 100 % par OCP.La Smesi est la société d’ingénierie et de maîtrised’œuvre des grands projets d’investissement duGroupe.A fin 2010, la Smesi a réalisé un chiffre d’affairesde 41 millions MAD, contre 191 millionsen 2009.SOTREGProgression du chiffre d’affairesSociété anonyme au capital de 56 millionsMAD détenue à 100% par OCP, la Société detransports régionaux, créée en 1973, est destinéeexclusivement à assurer le transport du personneldu Groupe.A fin 2010, la Sotreg a réalisé un chiffre d’affairesen progression de 4 %, à 252 millions MAD,contre 242 millions en 2009.IPSECréation de nouveauxétablissements scolairesL’Institut de promotion socio-éducative (Ipse)est une association à but non lucratif créée parOCP en 1974. Sa raison d’être est la promotionde l’enseignement et de l’éducation en faveur desenfants du personnel du Groupe. L’Ipse compte104 enseignants pour 1 906 enfants scolarisésdans le préscolaire et le primaire.L’Ipse a lancé un important programme dedéveloppement destiné à offrir un enseignementd’excellence aux enfants des agents OCP.L’institut construit de nouveaux établissementsd’enseignement préscolaire et primaire, ainsique des collèges, qui ouvriront en 2011.Les joint-venturesIMACIDChiffre d’affaires : +28 %Indo Maroc Phosphore SA (Imacid) a été crééeen 1997 sur le site de Jorf Lasfar. L’entreprise estdétenue à parts égales par OCP, Chambal Fertilizersand Chemicals Ltd et Tata Chemical Ltd.Son capital social s’élève à 619 998 000 MAD.Le chiffre d’affaires au titre de 2010 s’élève à2,3 milliards MAD, contre 1,8 milliard en 2009,une performance due principalement à la haussedes prix de vente de l’acide phosphorique.Le résultat net a connu également une améliorationen 2010, affichant un bénéfice de 184millions MAD.EMAPHOSProduction : + 22 %, chiffre d’affaires : +36 %Euro Maroc Phosphore SA (Emaphos) a étécréée en 1996 à Jorf Lasfar. C’est le premier partenariatd’OCP pour l’activité chimie au Maroc.Initialement, l’actionnariat d’Emaphos étaitconstitué de 40 % OCP, 40 % Prayon et 20 %Chemische Fabrik Budenheim. Depuis l’augmentationde capital réalisée en 2002, les troisactionnaires détiennent la société à parts égales.Le capital social est de 180 millions MAD.Emaphos a comme activité la transformationd’acide pré-traité en acide phosphorique purifié,vendu principalement à ses actionnaires, à l’industrieagroalimentaire ou des détergents.La production cumulée de l’exercice 2010 aatteint 100 540 tonnes P 2O 5, contre 82 440 t en2009 et 298 340 t en 2008.Le chiffre d’affaires est passé de 881 millionsMAD en 2009 à 1,2 milliard en 2010, tandis quele résultat net s’est établi à 159 millions MAD.PAKISTAN MAROC PHOSPHORELa production 2010 d’acide phosphoriquevendue en quasi-totalitéInstallée à Jorf Lasfar, Pakistan Maroc Phosphorea été créée en 2004, avec un capital de800 millions MAD réparti à égalité entre OCP etle groupe pakistanais Fauji.L’entreprise a pour activité la production etla commercialisation d’acide phosphorique marchand,avec une capacité de production installéede 375 000 tonnes/an P 2O 5.La production d’acide phosphorique relativeà l’exercice 2010 s’établit à 367 211 tonnes P 2O 5pour un volume vendu de 362 244 t.Le chiffre d’affaires réalisé au titre de l’exercice2010 a été de 2,3 milliards MAD, contre 1,5milliard en 2009. La société a enregistré un bénéficede 122 millions MAD.BUNGE MAROC PHOSPHOREUn chiffre d’affaires multiplié par 2,4 autitre de la deuxième année d’exploitationSociété anonyme au capital de 900 millionsMAD, Bunge Maroc Phosphore a été créée en avril2008 à Jorf Lasfar et a démarré son activité enmars 2009. Son capital est détenu à parts égalespar OCP et le brésilien Bunge Koninklijke B.V.BMP a pour activité la fabrication et la commercialisationd’acide phosphorique, d’engraisphosphatés et azotés et d’autres produitsdérivés.L’entreprise a une capacité de production de375 000 tonnes/an P 2O 5. En 2010, la productiond’acide phosphorique s’établit à 337 579 tonnes


50 OCP Rapport annuel 2010 FINANCES Annexes : Comptes consolidés 201051Bilan consolidé actifComptes consolidés au 31 12 2010en millions DHCNCBilan consolidé actifen millions MADP 2O 5. Le volume des ventes, quant à lui, s’élève à105 607 t P 2O 5de DAP, 138 581 t P 2O 5de MAP,110 652 t P 2O 5de TSP et 177 759 t P 2O 5d’acidephosphorique.Le chiffre d’affaires au titre de l’année 2010(deuxième année d’exploitation) s’établit à 2,4milliards MAD, contre près de 1 milliard en 2009.La société a dégagé un bénéfice de 171 millionsMAD.PRAYONUn chiffre d’affaires en hausse de 25 %Avec un capital social de 43 millions d’euros,Prayon SA a son siège social à Engis, en Belgique.Elle est codétenue par OCP (45,31 %), la Société régionaled’investissement de Wallonie (45,31 %) etPrayon Technologie & Prayon Benelux (9,39 %).Prayon fabrique et commercialise une largegamme de produits phosphatés (acide phosphoriqueet dérivés) et fluorés. La société est égalementactive dans l’industrie des métaux.Prayon a réalisé un chiffre d’affaires de prèsde 681 millions d’euros en 2010, contre 545 millionsen 2009. Le résultat net s’établit à 14 millionsd’euros.ZUARI MAROC PHOSPHATES LTD (ZMPL)Des parts dans le capital d’un importantproducteur indien de phosphatesLa société ZMPL (Zuari Maroc Phosphates Ltd)est une holding. Elle a été créée en janvier 2002pour acquérir 80,45% du capital de PPL (ParadeepPhosphates Ltd) dans le cadre de la privatisationde cette société menée par le gouvernement indien,qui conserve le reliquat de 19,55 %.ZMPL est dotée d’un capital de 80 millionsde dollars US et est détenue à égalité par MarocPhosphore et Zuari Industries Ltd, un des plusimportants producteurs d’engrais en Inde.ZMPL n’a pas d’activité propre et ne fait quedétenir des parts dans le capital de PPL.PARADEEP PHOSPHATES LTD ( PPL)Progression des recettes et des bénéficesSociété de droit indien créée en 1986, PPL estdotée d’un capital de 128 millions de dollarsUS. Elle a comme objet social la production etla commercialisation d’engrais (DAP/NPK), ainsique l’importation et la vente d’engrais (urée,chlorure de potassium, MOP).La capacité de production de PPL s’élève à1 250 000 tonnes/an de DAP/NPK, 726 000 tonnes/and’acide sulfurique et 310 000 tonnes/and’acide phosphorique.La production, au titre de 2009-2010 (exercicefiscal allant du 1 er avril 2009 au 31 mars2010), s’établit à 1,2 million de tonnes de DAP/NPK, 224 000 tonnes d’acide phosphorique et635 000 tonnes d’acide sulfurique.Le chiffre d’affaires de PPL est passé de 615millions de dollars US en 2009-2010 à 788 millionsen 2010/2011.Quant au résultat net, il s’est établi à 39 millionsde dollars US pour l’exercice 2010-2011.JACOBS ENGINEERING SA (JESA)La filiale ingénierie d’OCP a réaliséune bonne première annéeSociété anonyme au capital de 45 millionsMAD, Jacobs Engineering SA (JESA) a été créée enaoût 2010. Son capital est détenu à parts égalespar OCP et l’américain Jacobs Engineering Inc.JESA accompagne OCP dans son programmed’investissement en fournissant une prestationde gestion de projet et d’ingénierie. Son ambitionest également de se développer progressivement,tant sur le marché local qu’à l’international.Au titre de ses premiers mois d’activité, JESAa dégagé sur 2010 un chiffre d’affaires de 203millions MAD et un résultat net de 7 millions.NatureA) ECART D'ACQUISITIONB) IMMOBILISATIONS EN NON-VALEURFrais préliminairesCharges à répartir sur plusieurs exercicesPrimes de remboursement des obligationsC) IMMOBILISATIONS INCORPORELLESImmobilisations en recherche et développementBrevets, marques, droits et valeurs similairesFonds commercialAutres immobilisations incorporellesD) IMMOBILISATIONS CORPORELLESTerrainsConstructionsInstallations techniques, matériel et outillageMatériel de transportMobilier, matériel de bureau et aménagements diversAutres immobilisations corporellesImmobilisations corporelles en coursE) PARTICIPATIONS DANS LES ENTREPRISES MISES EN EQUIVALENCEF) IMMOBILISATIONS FINANCIERESPrêts immobilisésAutres créances financièresTitres de participationAutres titres immobilisésG) ECARTS DE CONVERSION - ACTIFAugmentation des dettes de financementTOTAL I (A+B+C+D+E+F+G)H) STOCKSMarchandisesMatières et fournitures consommablesProduits en coursProduits intermédiaires et produits résiduelsProduits finisI) CREANCES DE L'ACTIF CIRCULANTFournisseurs débiteurs, avances et acomptesClients et comptes rattachésPersonnelOrganismes sociauxEtatActifs d'Impôts différésComptes d'associésDivers débiteursComptes de régularisation - actifJ) TITRES ET VALEURS DE PLACEMENTK) ECART DE CONVERSION - ACTIF (ELEMENTS CIRCULANTS)TOTAL II (H+I+J+K)L) TOTAL TRESORERIE - ACTIFChèques et valeurs à encaisserBanques, trésorerie générale et chèques postaux débiteursCaisses, régies d'avances et accréditifsBrut2000-66750294032357 1521 83512 74934 6755097004466 23813 117169092 193414160 9797 498854 1511 70379776213 1521 0435 828896443 28792801 08025324 9984945 6972 085782 006231 décembre 2010 31 décembre 2009Amortissements& ProvisionsNetNet100000000000---2873802983020622172117-003528817541 35615 79513 1786321 2031 16910 8531 8961 65228 7375 9386 196438717857112910711832829376 2313 6821 2622971 16342 9071 82731 16764809791613231----622-02 618----11 855148111 030414118 0725 671822 9841 05679775412 3611 0375 696586443 287928045825324 9974943 0792 085782 006212 211161 1171 078474715 7366 236602 7641 0776311 70510 6421 0854 352501543 657501066817417 0872533 9901 4761311 3432TOTAL III (L)2 085-2 0851 476TOTAL GENERAL I + II + III108 76145 52563 23651 202


Bilan consolidé passif52 OCP Rapport annuel 2010 FINANCES Annexes : Comptes consolidés 201053Groupe OCPComptes consolidés au 31 12 2010en millions DHCNCBilan consolidé passifen millions MADCompte de résultat consolidéComptes consolidés au 31 12 2010en millions DHCNCCompte de résultat consolidéen millions MADNatureA) CAPITAUX PROPRESCapital socialPrimes d'émission, de fusion et d'apportRéserves consolidéesRéserves de conversionRésultat net consolidéTOTAL CAPITAUX PROPRES (A)B) INTERETS MINORITAIRESC) CAPITAUX PROPRES ASSIMILESSubventions d'investissementProvisions réglementéesD) DETTES DE FINANCEMENTEmprunts obligatairesAutres dettes de financementE) PROVISIONS DURABLES POUR RISQUES ET CHARGESProvisions pour risquesProvisions pour chargesEcart d'acquisition négatifF) ECART DE CONVERSION - PASSIFDiminution des dettes de financementTOTAL I (A + B + C + D + E + F)G) - DETTES DU PASSIF CIRCULANTFournisseurs et comptes rattachésClients créditeurs, avances et acomptesPersonnelOrganismes sociauxEtatImpôts différés - passifComptes d'associésAutres créanciersComptes de régularisation - passif(H) AUTRES PROVISIONS POUR RISQUES ET CHARGES(I) ECARTS DE CONVERSION - PASSIF (éléments circulants)TOTAL II (G + H + I)TOTAL TRÉSORERIE - PASSIFBanques (soldes créditeurs)TOTAL IIITOTAL GENERAL I + II + III31 décembre 2010 31 décembre 20098 2888 2884 5134 5132 6522 67135-148 8501 28324 33816 741148-232623260010 38711 564--10 38711 5649 14912 7909871 4058 16211 385--9295929544 13841 2179 4658 0943 4884 0325481 2176666939144441 6603491514001 9851 1951891491328367589 6648 2359 4341 7509 4341 7509 4341 75063 23651 202NatureI - PRODUITS D'EXPLOITATIONVentes de marchandises (en l'état)Ventes de biens et services produitsVariation de stocks de produits (1)Immobilisations produites par l'entreprise pour elle-mêmeSubventions d'exploitationAutres produits d'exploitationReprises d'exploitation et transfert de chargesTOTAL III - CHARGES D'EXPLOITATIONAchats revendus (2) de marchandisesAchats consommés (2) de matières et fournituresAutres charges externesImpôts et taxesCharges de personnelAutres charges d'exploitationDotations d'exploitationTOTAL IIIII - RESULTAT D'EXPLOITATION ( I - II)IV - PRODUITS FINANCIERSProduits des titres de participations et autres titres immobilisésGains de changeIntérêts et autres produits financiersReprises financières, transferts de chargesTOTAL IVV - CHARGES FINANCIERESCharges d'intérêtsPerte de changeAutres charges financièresDotations financièresTOTAL VVI - RESULTAT FINANCIER (IV - V)VII - RESULTAT COURANT (III + VI)VIII - PRODUITS NON COURANTSProduits des cessions d'immobilisationSubventions d'équilibreReprises sur subventions d'investissementAutres produits non courantsReprises non courantes et transfert de chargesTOTAL VIIIIX - CHARGES NON COURANTESValeurs nettes d'amortissements des immobilisations cédéesSubventions accordéesAutres charges non courantesDotations non courantes aux amortissements et provisionsTOTAL IXX - RESULTAT NON COURANT (VIII - IX)XI - RESULTAT AVANT IMPOT (VII - X)XII- IMPOTS SUR LES BENEFICESXIII- IMPOTS DIFFERESXIV - RESULTAT NET DES ENTREPRISES INTEGREES (XI - XII - XIII)XV- QUOTE-PART DE RESULTAT SUR LES SOCIETES MISES EN EQUIVALENCEXVI- DOTATION NETTE AUX AMORTISSEMENTS DES ECARTS D'ACQUISITIONXVII - RESULTAT NET DE L'ENSEMBLE CONSOLIDE (XIV - XV - XVI)XVIII- INTERETS MINORITAIRESXIX - RESULTAT NET PART DU GROUPE (XVII - XVIII)Opérations propres àl'exercice(1)70142 766-8794811803 41146 22859213 8245 7061987 1382383 96431 66014 568281 014815711 928619712271171 47445415 022146-3596 9357 1431713710 36818510 707-3 56411 4582 428-4269 45619 455409 41531 décembre 2010 31 décembre 2009Opérations concernantles exercices antérieurs(2)1530---0-1448772815416191-147-66-120-0-012-1351-14-1568431-445-430-565-565-565-565TOTAL(3) = (1+2)71742 796-8794811803 40946 27260013 9005 7082787 1432423 98031 85214 420281 020821711 941619712271171 47446614 887147-3736 9357 1572314510 79918511 152-3 99410 8922 428-4268 891108 890408 850TOTAL(4)56124 715-1 631590524 91528 67151210 0974 8881855 9004273 10525 1133 558273288311051 29064466312721 391-1013 4581 009--532781 340852511 2701062 280-9402 5181 1111241 28301 2831 283XX - TOTAL DES PRODUITSXXI - TOTAL DES CHARGESXXII - RESULTAT NET55 29845 8839 41571637-56655 37046 5208 85031 30130 0191 283(1) Variation de stocks: stock final - stock initial; augmentation (+); diminution (-)(2) Achats revendus ou consommés: achats - variation de stocks


2DÉVELOPPEMENTHUMAIN DURABLE 56708084Développement durableResponsabilités citoyennesEngagement à l’internationalCapital humain


56 OCP Rapport annuel 2010 DÉVELOPPEMENT DURABLE Une culture à part entière57DÉVELOPPEMENT DURABLEUne culture à part entièreOCP réhabilite les mines désaffectées par la plantationde dizaines de milliers d’arbres. Des arbres qui, outre leurimportance écologique, présentent un intérêt économique.Exemples : l’arganier (huile cosmétique ou alimentaire) ;l’atriplex (excellent fourrage) ; le jatropha, (biocarburant).Au sein d’OCP, la Direction duDéveloppement Durable est désormaisune entité en soi, rattachée auPDG. L’intérêt du Groupe pour lesquestions environnementales et dedéveloppement durable n’est certespas d’aujourd’hui, mais la nouvellestructure illustre un engagementdéterminé et un saut qualitatif majeur.La préservation deseaux souterrainesfait partie desgrandes prioritésdu Groupe.Sur le plan stratégique, la création de la Directiondu Développement Durable (DDD)correspond à une nouvelle orientation quiaccompagne le grand programme de développementd’OCP. Une orientation qui consiste à augmenterles capacités de production, et en mêmetemps à s’adapter aux enjeux de l’environnementet du développement durable. A les anticiperaussi, et même à en tirer profit. « Il ne s’agitpas uniquement de mener des actions éparsespour la préservation de l’environnement, maisd’étudier le volet écologique dans l’ensembledes projets stratégiques du Groupe », souligneTaha Balafrej, le directeur de la DDD.Cette ligne de conduite se traduit principalementpar l’adaptation aux obligations réglementairesnationales et internationales de plus enplus exigeantes. Elle répond ainsi à l’attente généralede la population, nationale autant qu’internationale.En même temps, elle anticipe lesnouvelles exigences, ne serait-ce qu’au plan national.Ainsi, une “Charte nationale de l’environnementet du développement durable”, vouluepar SM Mohammed VI, est en cours d’élaboration,une loi sur le Littoral est déjà en commissionau Parlement, et un nouveau Code minierest prévu.En la matière, avec son ambition de groupe“World Class”, OCP ne se contente donc pas deréagir pour s’adapter à de nouvelles normes.Plutôt, il relève le défi à tous les niveaux de sonactivité et vise à faire de l’environnement et dudéveloppement durable une source importantede réduction de ses coûts et de renforcement desa compétitivité. En adoptant en permanence lestechnologies les plus avancées. Le choix est fait :OCP ne subira pas, il prendra le leadership. Ilest décidé à faire des questions liées à l’environnementet au développement durable une desclés importantes d’un leadership durable. Entreautres, à travers la dynamique de la transformationopérationnelle Iqlaa qui anime toutes lesinstances du Groupe (voir encadré page 42).Les fondements de la politiqueenvironnement d’OCPLa définition du mode de gouvernance etd’opération de la fonction environnement ausein d’OCP a été entreprise par la DDD en collaborationavec le Pôle Industriel. Le résultat de cetravail est formalisé par quatre processus environnementau niveau du Groupe :•Veille. Pour être à jour des dernières actualitésenvironnementales à l’échelle nationale etinternationale et, le cas échéant, y réagir de manièreappropriée.•Élaboration d’une politique. Pour définirde façon précise le mode d’opération de la fonctionenvironnement au sein du Groupe (projetde politique établie et processus mis en œuvre).•Planification environnementale. Pour programmerla réalisation des solutions en harmonieavec le programme de développement duGroupe, et en estimer les besoins financiers.•Pilotage de la performance. Pour mettre enœuvre les solutions au niveau des unités concernées,suivre leur évolution et recommander desajustements éventuels.Compte tenu de la nécessaire transversalitéde ses champs d’action, la DDD a fait le choixde se structurer en trois types de projets organisationnelsstratégiques, pour favoriser la mutualisationdes efforts, la flexibilité, le travail enéquipe et l’évaluation dynamique :Performance. Pour réduire l’empreinte environnementaledes activités du Groupe. Ellese fait par la promotion de l’optimisation desressources des différentes unités de production,dans une logique de création de valeur et de réductiondes coûts.Leadership. Pour assurer au Groupe la maîtrisedes enjeux liés à l’environnement, à l’eauet à l’énergie (les “3E”), et dessiner une vision del’avenir du secteur des phosphates et de leursdérivés.Citoyenneté et exemplarité. Pour que leGroupe se positionne de façon exemplaire dansle tissu social marocain. Et pour qu’il apporteune contribution effective face aux défis mon-


58 OCP Rapport annuel 2010 DÉVELOPPEMENT DURABLE Une culture à part entière59diaux en matière d’environnement et de développementdurable.2010 : l’année des réalisationsL’année 2010 a été marquée par le lancementde projets structurants et innovants à la DirectionDéveloppement Durable. L’activité de laDirection s’est inscrite dans une dynamique dedéveloppement des capacités destinées à répondreaux enjeux de demain. Une dynamique enligne avec la stratégie d’OCP, entreprise responsablequi s’investit depuis plus de 90 ans dansles problématiques de l’environnement.Performance : actions prioritairesà entreprendre dès 2011Le projet stratégique EPIP (EnvironmentalPerformance Improvement Plan) lancé en 2010a donné lieu à une feuille de route en quatrevolets :•concevoir, en collaboration avec les sitesopérationnels, des solutions techniques à met-tre en œuvre pour améliorer la performance environnementaledes unités de production ;en estimer les besoins de financement ;•en planifier la réalisation en harmonie avecle programme de développement du Groupe ;•et enfin, en lancer la concrétisation.Dans le cadre de ce programme, précise TahaBalafrej, le directeur de la DDD, « nous avonsarrêté et budgétisé vingt-trois actions prioritairesà mener, dès 2011, sur l’ensemble des sitesd’OCP pour réduire la pollution induite par leursactivités ». Ces actions ont été identifiées, étudiéeset validées avec le groupe Ecology & Environment(E&E), spécialiste mondial des solutionsenvironnementales.Également, et pour pouvoir pérenniser ces actions,la DDD a développé en partenariat avecl’Institut des Savoirs d’OCP un programme deformation destiné à l’ensemble des corps de métierdu Groupe. Le premier module de ce programmecouvrira les thématiques suivantes :•Le système de management de l’environnementen industrie.•La performance environnementale, qui englobe“surveillance et mesures” (ou métrologieen environnement), amélioration des performancesenvironnementales (outils d’amélioration,indicateurs de performance), tableaux debord environnement, et enfin recensement desretombées de la protection de l’environnement.•Environnement en pratique industrielle :études de cas spécifiques aux différents métiers,benchmarking, communication, etc.Leadership : l’énergie solaire,un potentiel compétitifAu titre de l’année 2010, la DDD a lancé uneétude stratégique pour évaluer le potentiel solairede la région de Benguerir dans l’optique d’uneéventuelle mise en place d’une centrale thermosolaire.Motivée par le souci d’OCP de recourirà une énergie propre et en même temps moinscoûteuse, l’étude a été réalisée par E&E avec lebureau d’ingénierie espagnol IDOM, déjà impliquédans la centrale solaire de l’Office nationalde l’électricité (ONE) à Béni-Mathar.L’eau, une ressource stratégiquedéjà au cœur de la démarchedéveloppement durable d’OCPLe Maroc étant un pays semi-aride, la préservationdes eaux souterraines fait partie desgrandes priorités du Groupe. Les activités d’OCPsont grandes consommatrices d’eau, qui est uneressource stratégique pour ses sites miniers etchimiques. Ainsi, la bonne gestion et la revalorisationde cette ressource occupent une placeprioritaire sur l’agenda de développement durabledu Groupe. Soucieuse de minimiser l’impactdes activités d’OCP sur l’environnement, laDDD s’assure que des études d’impact environnemental,y compris pour ce qui touche à l’eau,font systématiquement partie de tout processusde décision concernant le lancement de projetsde nouvelles installations ou de modernisationd’équipements existants.C’est dans cette optique que plusieurs projetsde recyclage des eaux usées urbaines ont été lancés.Les villes minières de Khouribga, Bengueriret Youssoufia verront ainsi leurs eaux usées ré-UNIVERSITÉ MOHAMMED VI POLYTECHNIQUEUn futur temple de l’excellence académiqueL e c a m p u s d e l ’ u n i v e r s i t éMohammed VI Polytechniquedéploiera ses quelque 120 hectaresau cœur de la Ville VerteMohammed VI, dont OCP vientde lancer la construction à 70 kmau nord de Marrakech. Comme l’asouligné le PDG Mostafa Terrab,la nouvelle université est appeléeà devenir « un fleuron nationalfonctionnant selon une démarcheprivilégiant la recherchedéveloppementautour de pôlesd’excellence et tissant des partenariatsavec les universités nationaleset étrangères les plus pres-tigieuses ». M. Terrab s’exprimaitlors d’un exposé de présentationdu projet de la Ville Verte devantSM le Roi Mohammed VI.La nouvelle université anticipe,en effet, d’établir des partenariatsavec de grandes universitésnord-américaine. Des rapprochementssont également envisagésavec des universités et des grandesécoles européennes, dontnotamment Mines Paris Tech.L’ambition d’OCP, et partant duRoyaume, c’est de voir la nouvelleuniversité drainer un vivier detalents en leur proposant aussibien des formations ciblées quedes opportunités de recherchedans un choix de filières.Dès le démarrage de l’établissement,en 2013, les étudiantsdisposeront ainsi d’une palettede cursus comprenant les mines,les énergies renouvelables, le développementdurable, la fertilisationet l’agriculture, la chimieindustrielle et le managementindustriel. Les cursus sont élaborésen étroite collaboration avecle Département R&D du Groupe.L’architecte catalan Ricardo Bofill (aucentre) présente à l’équipe projet d’OCP,une maquette du projet de l’universitéMohammed VI Polytechnique.L’agence que dirige Bofill avec ElieMouyal est un des groupementsd’architectes consultés pour ce projet.Résolument ancré dans le modèleanglo-saxon — et privilégiantl’usage de l’anglais professionnel—, les cursus oscillent entre formationsdiplômantes et parcours


64 OCP Rapport annuel 2010 DÉVELOPPEMENT DURABLE Une culture à part entière65et organisation de séminaires et de formations àMIT pour le personnel OCP.L’EECTC (centre d’excellence en coopérationavec E&E). En vue de préparer l’avenir dans lessecteurs stratégiques pour ses activités de l’eau,de l’énergie et de l’environnement, OCP a décidéde se doter de moyens à la hauteur de ses ambitions.A cet effet, en juillet 2010, a été décidée lamise en place d’une coopération entre son CleanTechnology Center (CTC — Centre des technologiespropres) et le groupe E&E, avec une missionà deux niveaux :•Au niveau Clean Technology Services, ou CTServices, le but est de repérer les profils techniquesnécessaires et les sources importantes desavoir-faire, et d’identifier et satisfaire les besoinsenvironnementaux du Groupe. Plusieurschamps d’action pratiques sont concernés.•Au niveau CT Development, il s’agit de :1. renforcer l’expertise environnementaled’OCP en créant en son sein des réseaux de savoirset en repérant des partenariats potentielsstratégiques ;2. effectuer une veille sur les tendances dumarché des technologies propres, internaliserdes savoirs et promouvoir l’innovation au seindu Groupe ;3. renforcer la compétitivité d’OCP, et partantson leadership.Une importante présencenationale et internationaleDans le cadre de son intérêt permanent pourles questions de développement durable, OCP aété partie prenante, en 2010, à un grand nombrede conférences et de forums traitant de ces questions.Il en a organisé certaines, comme chaqueannée, dans différentes villes du Royaume.•A Rabat (22 avril) , OCP a été représenté parla DDD et la Direction Communication à la Journéede la Terre.•A Khouribga (20 mai) , à Laâyoune (3 juin)et à Jorf Lasfar (28 octobre), OCP a participé auxactivités de l’Association eau et énergie pourtous (ASEET).•A Casablanca (17-19 juin) , le Groupe asponsorisé le Salon international des technologiesde l’eau et de l’assainissement (SITeau), quirassemble de nombreux acteurs de l’eau au Marocet à l’étranger.•A Rabat (12 juillet) , OCP a participé à laréunion de présentation de l’étude d’impact environnementalpour le projet Jorf Lasfar Hub(JPH), à l’issue de laquelle le projet de complexechimique de Maroc Phosphore de Jorf Lasfar aobtenu son “acceptabilité environnementale”.•A Casablanca (8 octobre) , au cours de latable ronde organisée lors de Pollutec Maroc, laDDD a exposé la politique carbone d’OCP.•A Bruxelles (12-13 octobre) , OCP a participéà la 3 e édition de la MIT Conference, organiséesur le thème de “Achieving Growth throughStrategic Innovation III” (Réussir la croissancevia l’innovation stratégique III), en présence demanagers de grandes entreprises, de représentantsgouvernementaux et de professeurs etchercheurs du MIT.•A Rabat (16 novembre) , le Groupe a présentéau Comité national des études d’impact(CNEI) l’étude d’impact sur l’environnement duprojet de pipeline Khouribga-Jorf Lasfar.•A Casablanca (2-3 décembre) , les travauxdes ateliers du forum Bativert ont porté surles villes nouvelles ainsi que sur les normes deconstruction environnementales (LEED et HQE,notamment).L’eau, l’énergie etle carbone, troisleviers pour unleadership durable.PROJETS IMMOBILIERS D’OCPUn nouveau chef d’orchestreLa construction de l’ensemble desprojets immobiliers non industrielsdu Groupe est désormais duressort d’une entité dédiée, la Directiondu Développement Immobilier(IDL), créée le 13 septembre2010. C’est à elle que revient lepilotage de la réalisation des projetssuivants :•l a Ville Verte Mohammed VIà Benguerir et ses divers programmes,dont l’universitéMohammed VI Polytechnique,le Lycée d’excellence, les “villaschercheurs” et les “villas OCP” ;la Mine Verte de Khouribga ;le siège de la Fondation OCP ;• les autres projets sociaux immobilierssur les différents sitesdu Groupe.La Direction s’est organisée sur lemode projets et a confié la maîtrised’ouvrage déléguée à JESA dansle cadre d’un partenariat entre lesdeux entités. Quant aux missions“concept énergie”, “environnement”et “certification”, elles sont couvertespar la coopération avec le groupeEcology & Environment (E&E). Enfin,pour ce qui est des chantiers deconstruction, ils seront réalisés dansle cadre de conventions signées avecles promoteurs. Voici les principalesréalisations dans le cadre des projetsimmobiliers .(1) Le Leadership in Energy and Environmental Design (LEED) est un système de standardisation créé par le US Green Building Council(USGBC) en coopération avec un certain nombre d’entreprises et de chercheurs d’université des États-Unis et du Canada. Ses normesconcernent cinq domaines : l’évaluation du site de construction, l’efficacité énergétique, les économies de consommation d’eau, le choixdes matériaux et la qualité environnementale de l’intérieur des bâtiments.Ville Verte Mohammed VIAménagement•Finalisation du programme généralet master plan du projet.•Lancement des cahiers descharges, analyse des offres, négociationet finalisation descontrats pour les missions suivantes:• a rchitecture, urbanisme etpaysage ;• b ureau d’études VRD (voirie etréseaux divers), transport, étuded’impact environnemental ;• bureau d’études environnement,concept énergie et certificationLEED (1) .•Lancement des études le 15novembre et mise en place duplanning interactif.•Lancement de la maquette dela ville.Université Mohammed VIPolytechnique•É laboration du pré-programmefonctionnel.•Lancement de la consultationrestreinte d’architectes.Lycée d’excellence•É laboration du pré-programmefonctionnel.•Lancement de la consultationrestreinte d’architectes.Constructions résidentielles“villas chercheurs”et “villas OCP”•Lancement de la consultationrestreinte d’architectes.•Analyse des offres.


66 OCP Rapport annuel 2010 DÉVELOPPEMENT DURABLE Une culture à part entière67Autres actions de développement durableMine•Participation à l’élaboration du plan d’actionquinquennal environnement du Groupe et budgétisationdu plan d’action spécifique pour l’année2011 dans le cadre du projet EPIP.•Célébration de la Journée nationale deer•l’environnement.Passage avec succès des 1 et 2 e audits desuivi de la certification intégrée du système demanagement de la Qualité et de l’Environnementde Khouribga/TC, selon les référentiels ISO 9001V 2008 et ISO 14001 V 2004.•Rénovation du système de dépoussiérage desquatre fours et des quatre cheminées des fourssécheurs à COZ.•Participation à l’élaboration d’un partenariatavec Ecoval pour la gestion des déchets industrielsd’OCP, visualisation et échantillonnage sursite afin de déterminer une offre globale.•Equipement de deux machines de chargementdes navires par des manches anti-poussièresau port de Casablanca.•Généralisation de l’installation des filtresà manches sur la totalité des fours sécheurs deGantour, de Youssoufia et de Béni-Idir.ChimieMaintien de la certification ISO 14001.•Réalisation de l’étude d’impact environnemental(EIE) du projet JPH et obtention de sonacceptabilité.•Avancement à 85 % des travaux de réalisationde la fosse de récupération des eaux de lavagede l’atelier phosphorique de Maroc PhosphoreJorf Lasfar.•Lancement des travaux de mise en place descuvettes de rétention pour les bacs de stockagede soufre liquide et d’acide phosphorique à l’intérieurdes installations de Maroc Phosphore JorfLasfar.•Réalisation de campagnes de mesure de laqualité de l’air et du milieu marin aux alentoursdu site de Jorf Lasfar.•Réalisation sur le site de Safi de l’audit internede la gestion des rejets chimiques par la DirectionExecutive en charge de l’Audit et Contrôle.•Lancement du projet d’accompagnement deMaroc Phosphore Safi pour la mise en place d’unsystème intégré QSE selon les référentiels ISO9001, ISO 14001 et OHSAS 18001. Toujours pourMaroc Phosphore, lancement de l’étude d’aménagementd’une décharge industrielle contrôlée.•Participation et contribution à la Journéemondiale de l’environnement organisée par laprovince d’El Jadida.e•Sponsoring, à Safi, de la 7 édition des Journéesnationales de l’éducation à l’environnementorganisées par l’Association des enseignants dessciences de la vie et la terre du Maroc (AESVTMaroc).•Organisation d’une journée portes ouvertesà Safi sous le thème : “Le développement durableau cœur de la stratégie de développement d’OCP”,et d’une journée de communication sur le thème :“Stratégies environnement, eau et énergie duGroupe”.•Journée médiatique dans le cadre du lancementde l’opération “Printemps de Safi 2010”, le26 mars 2010.Taha Balafrej, directeur DéveloppementDurable : « Il ne s’agit pas uniquementde mener des actions éparses pour lapréservation de l’environnement, maisd’étudier le volet écologique dans l’ensembledes projets stratégiques du Groupe. »Un nouveau chef d’orchestre (suite)Mine Verte de KhouribgaAménagement•F inalisation du programmegénéral et du master plan du projet.•Lancement des cahiers descharges, analyse des offres, négociationet finalisation descontrats pour la mission de bureaud’études VRD, transport etétude d’impact environnemental.Constructions résidentielles“villas chercheurs”et “villas OCP”•É laboration du pré-programmefonctionnel.•P réparation des dossiers deconsultation restreinte d’architectes.•Analyse des offres des archi-tectes.Siège de la Fondation OCP•Choix de l’architecte et démarragedes études.Projets sociaux immobiliers•É purement du portefeuille(106 projets environ) après analyseet exclusion des projets d’assainissementet d’acquisition defoncier et des projets d’actioncitoyenne gérés directement parles services sociaux.•Focus sur 70 projets de lotissementet de construction.•Lancement de la re-programmationdes infrastructures “Clubsde loisirs” et “Centres d’estivage”,et élaboration d’un programmefonctionnel pour chaque site.•P rogrammation fonctionnelledes centres R&D de Khouribga etBenguerir.


68 OCP Rapport annuel 2010 DÉVELOPPEMENT DURABLE Une culture à part entière69Les trois axes de la “vision eau” d’OCPKhouribgaOued ZemStation detête pipelineStation depompage 2MinesEl HalassaLaverieEl HalassaFqih Ben SalahLaverieMEAMinesMEARéservoir d'arrivée(15 000 m 3 )L’industrie des phosphates estgrande consommatrice d’eau.Dans le cas d’OCP, c’est d’autantplus vrai que le programme dedéveloppement industriel duGroupe doit doubler les volumesde l’extraction minière et triplerla production des usines chimiqued’ici à 2020.MinesSidi ChennaneLaverieSidi DaouiStation depompage 1KHOURIBGABENI MELLALBejaadAdduction OCP projetéeLimite communaleLimite provincialeCentre urbainInstallations existantesInstallations projetéesSection ONEPKasba TadlaBarrage AïtMessaoudStation de traitement de l'ONEP• tranche 1 : 1 650 litres/seconde• tranche 2 : 3 300 litres/secondeA partir du barrage d’Aït Messaoud seront couverts les besoins industriels de Khouribga, cequi permettra d’abandonner définitivement le recours aux eaux souterraines.Pour faire face à de tels besoinstout en ménageant les eaux souterraines,OCP a mis sur pied unvaste “Programme eau” qui s’articuleselon trois leviers :•O ptimiser la consommationactuelle, via l’amélioration de laproductivité des installations industrielles•M obiliser des ressources nonconventionnelles, par des unitésde dessalement de l’eau demer et des stations d’épuration(STEP) pour recycler les eauxusées des pôles urbains sur lesquelsse trouvent les activités duGroupe.•Réduire, voire annuler, le recoursaux eaux souterraines enmettant en œuvre des projetsdestinés à substituer aux eauxsouterraines actuellement exploitéesdes eaux de surface.Maroc Central, poursauvegarder les eauxsouterrainesA partir du projet Maroc Central,OCP vise à assurer, grâceau barrage d’Aït Messaoud, lesbesoins en eau des installationsdu Groupe à Khouribga. Avecune capacité de 45 millions dem 3 /an, ce projet permettra de répondreà la forte augmentationdes besoins en eau de ces installations.Une eau indispensableà deux niveaux :•p our porter à 40 % la teneuren eau du phosphate destiné autransport par le pipeline Khouribga-JorfLasfar ;•pour assurer un meilleur en-richissement du minerai extraitdes différentes couches phosphatières.Initialement, Maroc Central étaitun projet de l’Office national del’eau potable (ONEP) destiné àalimenter la région de Khouribga,Fqih Ben Salah, Oued Zem,Bejaad et Kasba Tadla avec uneseule conduite reliant le barraged’Aït Messaoud à Khouribga enpassant par Fqih Ben Salah, pourles besoins conjoints d’OCP etde l’ONEP. Aujourd’hui, ce sontdeux conduites qui vont relier lebarrage à Khouribga : l’une pourl’eau industrielle d’OCP et l’autrepour l’eau potable de l’ONEP.Ainsi, « à partir de ce barrage serontcouverts, la majorité des besoinsindustriels de Khouribga,ce qui permettra d’abandonnerdéfinitivement le recours auxeaux souterraines », expliqueZineb Benjelloun, coordinatricedu programme eau à la DirectionDéveloppement Industriel.Maroc Central alimentera les installationsde Khouribga via uneconduite principale qui alimenteraun réservoir de 15 000 m 3 àpartir duquel seront desserviesles mines Merah Lahrach (MEA),les laveries MEA et Sidi Daouiet la station de tête du pipelineKhouribga-Jorf Lasfar. Un réseaude conduites secondairesalimentera les installations présentessur le parcours principal,à savoir les mines de Sidi Chennaneet d’El Halassa ainsi que lalaverie d’El Halassa.Le projet couvre également leséquipements d’alimentation enénergie, à partir du réseau OCPde distribution 60 KV, des différentesstations de pompage.Le marché de réalisation a étéadjugé en novembre 2010 et ledémarrage des travaux est prévuen 2011, pour une mise en serviceau deuxième semestre 2012.Un projet similaire alimentera,à partir du barrage d’Al Massira,les sites miniers et les laveriesde Benguerir et Youssoufia, ainsique le pipeline Benguerir-Safi.Capacité : 18 millions m 3 /an. Lesétudes de base du projet ont étélancées en 2010 et seront finaliséesen 2011. Date prévue demise en service : 2015.


70 OCP Rapport annuel 2010 RESPONSABILITÉS CITOYENNES A l’avant-garde de l’excellence nationale71RESPONSABILITÉS CITOYENNESA l’avant-gardede l’excellence nationaleFort de son engagement citoyen, OCPpoursuit et renforce sa stratégie desoutien substantiel au développementéconomique du Royaume, à travers lapromotion d’une fertilisation raisonnéedes sols et un soutien multiformeà l’entrepreneuriat national.2 millionsd’hectares deterres agricolesmarocaines déjàcouvertes par laCarte de fertilitéfinancée par OCP.OCP, première entreprise industrielle duMaroc, participe substantiellement àl’économie nationale. Par le fait qu’il estle premier employeur industriel du pays, avecdes effectifs dépassant les 19 000 employés. Etpar le biais de ses exportations (35,63 milliardsMAD en 2010), qui représentent 24 % des exportationstotales du Royaume (147,949 milliardsMAD). Ayant depuis toujours à cœur le développementéconomique du pays, le Groupe s’y impliquelargement au-delà de ces contributions.Dans l’agriculture — qui fournit 20 % du PIB dupays et emploie environ 45 % de sa populationactive —, où l’action du Groupe est des plusdynamiques, ne serait-ce que parce qu’elle estdirectement en relation avec son secteur d’activité.Mais aussi par son soutien aux PME, quiconstituent 95 % du tissu économique du Marocet dont le développement ne peut que rejaillirsur la richesse nationale.Fortifier et préserver les solsEn avril 2010, à l’occasion du 5 e Salon internationalde l’agriculture au Maroc (Siam), a étélivrée la Carte de fertilité d’une première régionpilote, celle de Meknès. Désormais, six régionssont opérationnelles, couvrant une superficie de2 millions d’hectares ; 4 millions d’hectares ontété compilés via l’analyse de fertilité de 8 000échantillons de sol. D’ici à 2013, c’est la totalitédu territoire national qui sera couverte. LeMaroc disposera alors d’une carte détaillée de lafertilité de ses 8,7 millions d’hectares de surfacesagricoles utiles.Pour être efficaces sur le terrain, les cartesde fertilité régionales sont centralisées dansun système d’information géographique national(SIG) accessible par les agriculteurs. Le SIGpermettra de fournir des recommandationsgénérales pour une région donnée, des recommandationsà la carte et sur une parcelle donnéerepérée par coordonnées GPS. Par ailleurs,dans chaque région, des centres de conseils etde formation, — des “ferti-conseils” gérés par leministère de l’Agriculture et de la Pêche maritime(MAPM) — diffuseront et vulgariseront lesdonnée recueillies pour permettre aux agriculteursde comprendre et d’intégrer ce puissantoutil mis à leur disposition.Le projet s’intègre dans la stratégie du PlanMaroc Vert pour le développement de l’agriculturemarocaine. Il est le fruit d’une synergie entreOCP, le MAPM et un consortium national chargéde son exécution sur le terrain. Ce dernier estcomposé de l’Institut national de la rechercheA travers OCP Innovation Fund for Agriculture,le Groupe s’engage à financer des projets agricoles etagro-industriels dans les filières identifiées par le PlanMaroc Vert, dont les céréales, l’olivier, le maraîchage,les agrumes et autres fruits, ainsi que l’élevage.agronomique (INRA), de l’Institut agronomiqueet vétérinaire (IAV) Hassan II et de l’École nationaled’agriculture (ENA) de Meknès. Budget : 63millions MAD, dont 36 millions apportés par leGroupe et 27 millions par le MAPM. L’objectif decet ensemble cartes de fertilité, SIG et ferti-conseilsest triple•établir une stratégie de fertilisation au niveaurégional et national ;•recommander des formules moyennes d’engraisà l’échelle régionale et des normes de fertilisationpour les cultures les plus importantes ;•orienter et conseiller les agriculteurs àl’échelle de l’exploitation, pour instaurer dans lemonde rural une maîtrise des notions et techniquesd’une fertilisation raisonnée fondée sur labonne connaissance des sols et de leurs besoinsen engrais.


72 OCP Rapport annuel 2010 RESPONSABILITÉS CITOYENNES A l’avant-garde de l’excellence nationale73Des besoins d’autant plus importants quedes études menées dans le cadre du Plan MarocVert ont montré une baisse continue de la fertilitédes sols. Aujourd’hui, moins d’un millionde tonnes par an d’engrais sont épandues dansl’ensemble des champs du pays, alors que lesbesoins réels sont estimés à 2,5 millions de tonnes/an.D’où la faiblesse des rendements : pourles céréales, par exemple, ils sont de 15 quintauxà l’hectare, contre plus de 80 quintaux/hapour un pays comme la France.En plus de son avantage économique évident,cet important projet, en permettant d’utiliser ladose adéquate d’engrais en fonction des sols etdes cultures, permettra de préserver les nappesphréatiques de la pollution due à un excès defertilisation.Impliquer les distributeurs locauxPromouvoir une meilleure fertilisation auplan national passe par une dynamisation dumarché des engrais. En partant de ce constat,OCP a mis sur pied une nouvelle stratégie commercialepour le développement de la consommationraisonnée des engrais. Une stratégie avecun budget marketing de 20 à 30 millions MAD,ciblant plus de 100 000 agriculteurs en régionsde terres “bours”, avec plus de 600 tests agro-nomiques en faveur des petits agriculteurs àtravers le Royaume, et avec un objectif de distributiond’engrais d’au moins 400 000 tonnes paran. Sa réussite passe par une mobilisation desdistributeurs locaux.Promouvoir l’innovation etl’entrepreneuriat comme moteursde l’agriculture nationaleFace aux défis que doit relever le monde agricolenational et eu égard aux objectifs de compétitivitéque se fixe le Royaume, OCP lance en2010 un fonds d’investissement destiné à soutenirles besoins de financement du Plan MarocVert.Baptisé “OCP Innovation Fund for Agriculture”,ce fonds, d’une enveloppe initiale de 200millions MAD, a pour mission la promotion del’innovation et de l’entrepreneuriat dans les secteursde l’agriculture et de l’agro-industrie.Ce fonds est ouvert à tout porteur de projetinnovant qui permet l’émergence de structurespérennes, compétitives et créatrices d’emploisdurables au Maroc. Il positionne ainsi au cœurde ses préoccupations l’innovation et l’entrepreneuriatcomme moteurs de progrès national, etmobilise les moyens humains et financiers nécessairespour y aboutir.OCP Innovation Fund for Agriculture investiraprioritairement dans les projets structurantsdans des domaines tels que l’irrigation raisonnée,la réhabilitation des terrains miniers ou encorela production de biocarburants. Il retiendraen premier les structures situées dans les territoiresd’implantation d’OCP et répondant à sescritères d’investissement.Soucieux d’inscrire son initiative dans le cadred’un développement durable et conscient dela nécessité d’apporter un soutien et un accompagnementà différents niveaux, OCP InnovationFund for Agriculture offre une proposition devaleur qui permet de contribuer à la structuration,au développement et à l’accompagnementdes projets retenus.Cette proposition de valeur est mise en œuvrevia une structure d’incubation des projetsinnovants et une cellule d’experts qui apporteun accompagnement continu. Ces deux entitéssont sponsorisées et financées par OCP. LeGroupe offre ainsi aux porteurs de projets lesmoyens de mener une politique audacieuse. Illeur apporte, entre autres, l’expertise technique,l’expertise business et managériale, le parrainageet le conseil, ainsi que la formation personnalisée.L’objectif est de consolider et renforcerles projets retenus dans un cadre stimulant etsécurisant.« Outre les moyens humains et financiers,OCP dispose aujourd’hui d’atouts majeurs pourstimuler et accompagner la floraison et le développementd’opportunités business », confirmeFatiha Charradi, PDG d’OCP Innovation Fund forAgriculture. « A travers le Fonds, poursuit-elle,le Groupe apporte, entre autres, l’opportunitéd’un rayonnement national et international et lesbénéfices d’un réseau étoffé de partenaires. Lesatouts ainsi offerts constituent autant de leviersqu’OCP souhaite mettre au service des potentialitésmarocaines dans le domaine agricole. »La finalisation de la structuration et du montageadministratif est prévue pour février 2011.En attendant, le Fonds compte d’ores et déjà àson actif trois projets conformes finalisés, quiseront soumis aux organes de gouvernance pourvalidation :Une ferme intégrée. Il s’agit d’un projet d’engraissementd’ovins, de bovins et de dindes. Laferme intègre la culture de blé et de fourrage pouralimenter la production animale et une unité detransformation de viandes bovines, ainsi que lecircuit de distribution. Installé à Chaouia Ouardigha,ce projet a été sélectionné parce qu’il crée30 emplois directs et agrège 50 agriculteurs, va-PHOSPHATE BRUTPriorité àl’agriculturenationale16 431 040 tonnes = 61,65%2010/2009 = + 30,4%Ventes locales2010Ventes à l’export201010 221 232 tonnes = 38,35%2010/2009 = + 75,5%VENTES TOTALES DE PHOSPHATE BRUT : 26 652 272 TONNES = 100%ÉVOLUTION 2010/2009 = + 44,6%OCP INNOVATION FUND FOR AGRICULTURELes critères de sélectionLe Fonds est ouvert aux projets innovants et permettantl’émergence de structures pérennes, compétitiveset créatrices d’emplois durables au Maroc.Il investira prioritairement dans les projets structurants,tels que l’irrigation raisonnée, la réhabilitationdes terrains miniers ou encore la productionde biocarburants. Parmi les projets répondant auxcritères de sélection, seront retenues en priorité lesstructures situées dans les territoires d’implantationd’OCP.


74 OCP Rapport annuel 2010 RESPONSABILITÉS CITOYENNES A l’avant-garde de l’excellence nationale75Fatiha Charradi, PDG d’OCP Innovation Fund for Agriculture :« A travers le Fonds, le Groupe apporte aux porteursde projets ses moyens humains et financiers, ainsi queles bénéfices d’un réseau étoffé de partenaires. »lorise la production en intégrant la transformation,la distribution et l’export. Enfin, parce qu’ilproduit en mode “bio” et présente une bonnegestion des ressources naturelles.•Investissement total : 34 millions MAD.•Participation du Fonds : 10 millions MAD.Le projet Aranib (en français, lapins). Il s’agitd’une initiative moderne et innovante créée dansla province d’Al Haouz. Le projet intègre l’élevagede reproducteurs, un laboratoire de génétique,ainsi que l’engraissement et l’abattage des bêtes.Aranib contribue au développement et à la modernisationde la filière cunicole (élevage de lapins)au Maroc et implique une vingtaine d’agrégés.•Investissement : 8 millions MAD.Participation du Fonds : 5 millions MAD.•Le projet Cactus, installé à Rhamna, se spécialisedans la production et la commercialisationde dérivés de la figue de barbarie : jus,huile, ensilage… Cactus innove dans le processde production comme dans les produits commercialisés.Il valorise le fruit dans sa totalitéet représente un bon potentiel export. Il crée 35emplois et s’approvisionne auprès d’une cinquantained’agriculteurs de la région.•Investissement : 24 millions MAD.Participation du Fonds : 5 millions MAD.•Dialoguer en direct avecles agriculteursFidèle à sa politique visant à promouvoir lavente de ses produits tout en œuvrant dans lecadre du Plan Maroc Vert, le Groupe a inauguréune politique de dialogue direct avec les agriculteurs.Début novembre 2010, une campagned’information et d’écoute de cinq jours, organiséeen collaboration avec l’INRA et la Sociéténationale de commercialisation de semences(Sonacos, également habilitée à distribuer desengrais), a ciblé les régions de Chaouia, Doukkala,Tadla, Saïss et le Gharb.Des représentants d’OCP y ont rencontré descentaines d’agriculteurs et de gérants d’exploitations.Ils ont entrepris de sensibiliser leursinterlocuteurs à l’utilisation de nouvelles formulesd’engrais. Ce faisant, ils ont fourni desexplications techniques quant à l’intérêt d’affectertelle formule d’engrais à tel type de sol,en s’appuyant sur des travaux de terrain et descampagnes d’expérimentation. Ils ont égalementfait état des résultats d’études récentes menéespar l’INRA avec la collaboration du MAPM et quiont démontré qu’une bonne fertilisation permetde doubler les rendements.Les intervenants on mis l’accent sur la volontédu management du Groupe de se rapprocherdes utilisateurs de ses produits et de les accompagnerpar des actions de formation dans leurmétier. Il répondaient ainsi à de nombreux agriculteursqui ont souligné un point crucial, résuméainsi par l’un d’entre eux : «Nous manquonsde l’assistance de formateurs qui puissent nousconseiller au niveau technique. »En dehors des aspects concernant l’utilisationdes engrais et la formation des agriculteurs, lesreprésentants d’OCP ont mis l’accent sur l’importance,au niveau national, du programmed’anticipation des besoins, qui a permis, lors dela dernière campagne agricole, de répondre à lademande, notamment en augmentant le volumedes fertilisants distribués. Ils ont expliqué à cepropos tout l’intérêt du projet de la Carte defertilité, qui doit permettre d’utiliser les fertilisantsadéquats en quantités suffisantes en fonctiondes besoins des sols et des cultures, et quicontribuera ainsi à élaborer une politique sainede fertilisation et une meilleure politique agricoleau niveau national.Faire du made in Moroccoà forte valeur ajoutéeOCP réalise globalement environ 70 % de sesengagements en acquisitions de biens d’équipementset de services auprès d’entreprises marocaines.Soit un total de quelque 10 milliardsMAD en 2010. Poursuivant son engagement detoujours en faveur des PME nationales, le Groupea mis sur pied une politique de promotion deces petites et moyenne entreprises marocaines,dans le cadre de la convention dite “Business OpportunitiesPME”. La convention a été signée en2009 avec le ministère du Commerce, de l’Industrieet des Nouvelles Technologies, de la Confédérationgénérale des entreprises du Maroc, dela Banque populaire et de la Caisse centrale degarantie. OCP y a pris six engagements au profitde ces PME :•Consolider et faire progresser cette part [de70 %], notamment dans le cadre de l’ambitieuxprogramme de développement industriel duGroupe.•Exiger dans ses appels d’offres que lesgroupes internationaux candidats s’engagent àfaire réaliser au moins 30 % des contrats en volumepar des PME marocaines. L’objectif étantde contribuer à faire profiter ces dernières d’untransfert de savoir-faire et d’expertise technologique,bénéfices qui ne peuvent que rejaillir surl’économie nationale.•Faire appel aux PME qui s’installent à proximitédes zones d’activité du Groupe, notammentcelles qui auront choisi de bénéficier des offresfoncières et d’accompagnement proposées parles autres signataires de la convention.•Encourager le développement des PME régionalesgrâce à un “Small Business Act” assurantque tout appel d’offres concernant un site duGroupe, portant sur certaines familles d’achat etn’excédant pas 1 million MAD inclura les entrepriselocales à proximité du site en question.10 milliards MAD :c’est le montantdes commandesd’OCP en 2010 auxPME marocaines.


76 OCP Rapport annuel 2010 RESPONSABILITÉS CITOYENNES A l’avant-garde de l’excellence nationale77Nordine Zinbi, directeur Achats du Pôle Industriel :« Décrocher un marché OCP est une trèsbonne carte de visite pour les PME marocaines,une valorisation de leur image de marque. »OCP encourage le développement des PME industriellesmarocaines. Le Groupe externalise vers ces entreprisesde plus en plus de travaux ne faisant pas partie de soncœur de métier. Cela va du génie civil à la charpentemétallique, en passant par les convoyeurs, les câbles, etc.•Contribuer à l’assiette foncière en mettantà disposition du ministère, sous forme decession, 11 hectares au niveau de la provincede Khouribga pour son aménagement en zoneindustrielle.•Participer avec le ministère et ses partenairesà la mise à la disposition des PME d’infrastructuresd’accueil industrielles à proximité deses sites de production.L’intérêt de cette politique et sa portée prennenttout leur sens lorsque l’on sait que les PMEmarocaines emploient 50 % de la main d’œuvredu pays et contribuent à hauteur de 50 % à l’investissement,de 40 % à la production, de 20 % àla valeur ajoutée et de 30 % aux exportationsL’expertise acquiseauprès d’OCP permetà des PME marocainesde rivaliser avec dessociétés européennes.« La tendance est plutôt au développementde la sous-traitance et à l’externalisation d’uncertain nombre de métiers ne faisant pas partiedu cœur d’activité du Groupe », souligne NordineZinbi, directeur Achats du Pôle Industrield’OCP. Une politique qui permet de créer de larichesse et de développer l’entreprise marocaine.« Je dirai même, poursuit Nordine Zinbi, queces prestataires externes ont un savoir-faire supérieurau nôtre dans certains domaines, vu quec’est leur cœur de métier ! »OCP dispose d’un panel de 2 200 fournisseurs,dont environ 1 500 entreprises marocaines.Parmi celles-ci, 20 % environ sont desentreprises régionales de petite taille, situéesà proximité des sites de production. Le Groupeles encourage et les accompagne dans leur développementen leur attribuant des petits marchéssur des familles d’achats ne présentant pasd’enjeu stratégique : sécurité, nettoyage, maintenance,assemblage… Des marchés de l’ordre de300 000 MAD en moyenne, mais qui peuvent allerjusqu’à un maximum de 1 million MAD, sontainsi décrochés par ces sociétés régionales surappels d’offres. Ces PME régionales « ont bénéficiéen 2010 de marchés d’une valeur de 700millions MAD, contre 500 millions en 2009 »,précise Nordine Zinbi.Les PME nationales sont également mises àcontribution pour des commandes plus importanteset plus techniques. A eux seuls, les projetsde la chimie et des infrastructures à Jorf Lasfar,par exemple, représentent pour ces entreprisesquelque 36 millions d’heure de travail sur l’ensembledes métiers, du génie civil à la charpentemétallique, en passant par les convoyeurs, lescâbles, etc. Au niveau de l’ensemble des sites duGroupe, cela représente des revenus non négligeablespour l’économie nationale, mais aussid’importantes retombées sociales dans les régionsoù sont implantées ces sites.« Pour OCP, recourir aux entreprises nationalespermet de gagner en performance, enproximité (…) Sans oublier l’impact en termesd’emplois », renchérit le directeur Achats duPôle Industriel. Mais l’enjeu n’est pas uniquementéconomique : « Décrocher un marché OCPest une très bonne carte de visite pour les PME,une valorisation de leur image de marque, qu’ellespeuvent faire valoir lors de la soumission àd’autres marchés (...) Il y a même des cas où cette“référence OCP” a été mise en avant sur des marchésen Afrique et en Europe ! », souligne avecune pointe de fierté le directeur Achats.La politique pro-PME d’OCP porte de beauxfruits, à en juger par les réalisations de certainesentreprises marocaines. Nordine Zinbi metvolontiers en avant de jolies réussites telles queStroc Industrie, Buzichelli, Skif Maroc ou encoreDLM. « L’expertise acquise au contact d’OCP permetà des PME marocaines de rivaliser avec dessociétés européennes ! », se félicite-t-il.Les grands groupes étrangers trouvent euxaussi leur compte à sous-traiter à des entrepriseslocales : elles réduisent leurs coûts, etdonc augmentent leurs marges. Ce n’est pas unhasard si le géant turc de travaux publics Tekfen(pressenti pour la construction du pipelineKhouribga-Jorf Lasfar) a porté à 40 % la portionqu’il entend réserver aux PME marocaines.Cela encourage même certains importantsfournisseurs d’OCP à se proposer pour des par-


78 OCP Rapport annuel 2010 RESPONSABILITÉS CITOYENNES A l’avant-garde de l’excellence nationale79Le sport et l’enseignement, deux secteurs quibénéficient d’un intérêt particulier de la part d’OCP,notament dans ses zones d’implantation.Ci-contre, la Transmarocaine 2010, une réunionde judo junior à Benguerir et uneclasse primaire dans la région de Jorf Lasfar.La plage de Souiria K’dima, à Safi, a bénéficié de travauxd’infrastructures auxquels OPC a participé à hauteur de13 millions MAD. Elle a décroché, cette année encore, le label“Pavillon bleu” dans le cadre du programme “Plages propres”.tenariats gagnant-gagnant avec le Groupe en venants’installer au Maroc. Ainsi la multinationaledu pneumatique Dunlop s’est-elle déclarée prêteà produire localement les bandes transporteusesdes convoyeurs, jusqu’ici importées. Mêmechose pour MECS, un des leaders mondiaux del’ingénierie de la production d’acide sulfurique.MECS souhaite créer un bureau d’ingénierie auMaroc, ce qui permettrait à OCP d’internaliserson expertise dans ce domaine.2011 devrait voir d’autres opportunités departenariats avec des fournisseurs internationauxsur les familles d’achat les plus importantes.Par l’intermédiaire des partenariats ou dela sous-traitance, le Groupe contribue à fairedu made in Morocco à forte valeur ajoutée, etconcrétise en permanence sa vocation d’entreprisecitoyenne.Actions citoyennes : une année animéeSport. Organisé sous le haut patronage de SaMajesté le Roi et grâce à un sponsoring important,auquel OCP participe généreusement, la 3 eédition du Salon du cheval a eu lieu en octobreà El Jadida. Un moteur de développement localsur les plans économique et culturel, notammentgrâce à l’afflux d’exposants institutionnelset privés venus du monde entier. Par ailleurs,pour la deuxième année consécutive, le Groupeapporte une contribution de 75 millions MADpour soutenir le football national, dont quatreéquipes portent des maillots au sigle d’OCP(l’Olympique de Khouribga, l’Olympique de Safi,le Difaâ d’El Jadida et le Chabab El Massira deLaâyoune). Et il contribue à hauteur de 25 % aufinancement de la Transmarocaine, l’épreuve demarathon nationale qui tiendra sa 6 e édition enmars 2011 et à laquelle prennent part régulièrementdes agents du Groupe.Parmi ses nombreuses autres participationsà différentes activités sportives au Maroc, OCPfinance plus de 10 % des charges annuelles d’exploitationdu circuit de compétition automobiledu Marrakech Grand Prix.Protection de l’environnement. Le Groupea participé en 2010 pour un budget de 6 millionsMAD environ au projet de sauvegarde dela palmeraie de Marrakech et à d’autres projetsde développement durable au travers de laFondation Mohammed VI pour la protection del’environnement.Plages propres. Les plages de Souiria K’dima,à Safi, et Foum El Oued, à Laâyoune, ont décrochéen 2010 le “Pavillon bleu”. C’est le label attribuédans le cadre du programme “Plages propres”placé sous la présidence effective de Son Altesseroyale la Princesse Lalla Hasna, et initié parla Fondation Mohammed VI pour la protectionde l’environnement et la Fondation internationalepour l’éducation et l’environnement (FEE).A Souiria K’dima, OCP a participé à hauteur de13 millions MAD au développement de l’infrastructureet pour améliorer les conditions d’hygièneet instaurer un climat de sécurité. A FoumEl Oued, le Groupe a contribué pour environ 11millions MAD à l’aménagement de la corniche, àla construction d’un mur de protection et à denombreuses autres infrastructures.Femmes artisanes. OCP a soutenu par unecontribution de 1,5 million MAD le programmede Dar Maâlma, qui permet le renforcement descapacités et le soutien des activités des femmesartisanes.Lutte contre le cancer. Au titre de l’exercice2010, le Groupe a contribué à hauteur de 4millions MAD aux programmes de l’AssociationLalla Salma de lutte contre le cancer.Solidarité. Le Groupe a contribué à hauteurde 5 millions MAD à la campagne nationale de laFondation Mohammed V pour la solidarité. Parailleurs, comme chaque année, les populationsdémunies des agglomérations limitrophes dessites du Groupe bénéficient d’actions citoyennesqu’effectue OCP depuis des décennies. Parmi lesnombreuses initiatives de cette année, citonsl’opération de distribution de 50 bicyclettes, de2 000 cartables et autres fournitures scolairesainsi que 1 190 lots de denrées alimentaires quia eu lieu au bénéfice de la population de la communede Youssoufia et de différentes communesde la région de Doukkala-Abda.


80 OCP Rapport annuel 2010 ENGAGEMENT À L’INTERNATIONAL Coopération Sud-Sud : en Inde et en Afrique... 81ENGAGEMENT À L’INTERNATIONALCoopération Sud-Sud :en Inde et en Afrique,deux grands chantiers OCPMohamed Belmahi, président de la Fondation OCP :« En Inde, les agriculteurs bénéficient d’unsystème de formation aux bonnes pratiquesagricoles grâce au projet OCP-AES. »Le Groupe s’engage sur le terrainlocal et international pour apporterson soutien à l’agriculture dans deuxgrandes régions du monde : en Inde,sous-continent conscient de la nécessitéd’une nouvelle Révolution verte, eten Afrique, continent où se trouvele plus grand potentiel de croissancedes rendements. Deux régions oùOCP se mobilise pour une coopérationSud-Sud efficace.Les succès réalisésen Inde incitentle Groupe à lesreproduire ailleurs,notammenten Afrique.La démarche globale du Groupe auservice de l’agriculture durable en IndeLe projet OCP-AES, dans lequel s’est investile Groupe en Inde via la Fondation OCP,illustre la conscience qu’il a de sa responsabilitévis-à-vis de l’agriculture mondiale. Il s’intègredans le projet AES (Agricultural ExtensionServices). OCP-AES est un projet pilote mené enpartenariat avec des institutions universitairesindiennes ayant pour but la sensibilisation desfermiers sur les meilleurs usages des fertilisants.Une initiative de terrain en faveur du développementhumain durable dans les zones rurales.Le projet touche trois districts de l’État indiendu Karnataka (Gulbarga, Bidar et Raichur).Il vise à améliorer durablement les rendementsdes cultures de 3 000 fermes. Il y parvient parune démonstration-vulgarisation des meilleurespratiques agricoles en vue d’une amélioration dela fertilité du sol au fil du temps. Cette initiativeconstitue pour la Fondation OCP une participationconcrète, sur le terrain, via l’accompagnementde proximité des agriculteurs. Objectifs :apporter une amélioration notable de la productivitéet une meilleure valorisation des récoltes,en passant par le choix d’intrants adaptés et desformations personnalisées à l’accès au marché.Engagé en 2010 sur la période de début decampagne des plantations (janvier à juin), leprojet OCP-AES est mis en œuvre avec la participationde l’Institut national de la rechercheagronomique (INRA). Ce travail, qui doit se poursuivresur quatre ans, aura des retombées directessur la création de valeur par et pour ces 3 000fermes, et partant pour les ruraux avoisinants.Les trois circonscriptions du sud-ouest del’Inde couvertes par le projet comptent parmiles plus défavorisées du sous-continent, avec95 % de la population vivant en dessous du seuilde pauvreté. La région est à dominante agricole.Elle pratique une agriculture pluviale produisantà 50 % des légumineuses alimentaires, le restese composant de céréales (maïs, millet), d’oléagineux(sésame, tournesol) ou encore de cotonet de canne à sucre. La productivité de la régionest faible, et la commercialisation y est difficile.Cependant, avec de bonnes pratiques agricoles,les sols possèdent un fort potentiel d’augmentationdes rendements.Le projet a également permis de faciliter lesrelations entre les intervenants et les bénéficiairesafin d’améliorer l’accès aux produits appropriés,mais également aux crédits. Une descomposantes clés de ce projet est, en effet, l’aideau financement, qui s’exprime en facilitant lecontact entre les entreprises et les institutionsde micro-crédit locales.La première récolte a donné des résultats trèsencourageants. Dans certaines exploitations,l’accroissement des rendements a même étélargement supérieur aux 10 à 25 % escomptés! Le succès de cette expérience indienne incitela Fondation OCP à la reproduire dans d’autresétats de l’Inde, dont l’Uttar Pradesh et le Rajasthan,et dans d’autres pays, africains notamment.Au Maroc, ce projet intégrera égalementl’échange d’expérience, de savoir-faire et d’innovationtechnologique agricole entre l’Inde et leRoyaume.« Le facteur clé du succès de cette initiativeréside dans la démarche globale et intégréeadoptée dans sa conception et son implémentation», tient à souligner Fatiha Charradi, PDGd’OCP Innovation Fund for Agriculture, responsabledu portefeuille agribusiness du Groupe, etdonc partie prenante dans le projet OCP-AES dela Fondation.L’Afrique, partenaire incontournablede la sécurité alimentaire mondialePour augmenter la production alimentairemondiale, la seule véritable option consiste àaccroître les rendements à l’hectare. Et c’est enAfrique que se trouve le plus important potentield’accroissement des rendements. Une réalitéreconnue par de plus en plus d’institutions et depersonnalités qui comptent dans le monde desinvestisseurs :•Alors que le continent totalise le cinquièmedes terres arables mondiales, il utilise moins de1 % des engrais épandus dans le monde.•Ses agriculteurs épandent moins de 6 kg/ha/an en moyenne, contre environ 80 kg/ha/anen moyenne dans le monde.•Les sols africains sont les plus déficitairesau monde en nutriments indispensables au développementdes cultures. Et les agriculteursn’y apportent que 20 % des engrais nécessairespour éviter l’épuisement de la teneur en phosphorede leurs sols. Selon la Banque mondiale,au moins 85 % des pays africains souffrent d’unprélèvement de nutriments de plus de 30 kg parhectare et par an, et 40 % des pays subissent despertes de plus de 60 kg de nutriments par hectareet par an.Pourtant, le continent a jusqu’ici été négligépar ce qu’il convient d’appeler, le “gotha agri-


82 OCP Rapport annuel 2010 ENGAGEMENT À L’INTERNATIONAL Coopération Sud-Sud : en Inde et en Afrique... 83En répondant aux questions des agriculteurs et en leurapportant des conseils efficaces, le “call centre” mis enplace par le projet OCP-AES contribue fortement au succèsde ce programme qui bénéficie à 3 000 fermes en Inde.Mhamed Ibnabdeljalil, directeur exécutif en chargedu Pôle Commercial : « L’agriculture africaine doit êtreconsidérée comme partie intégrante d’un systèmeagricole mondial capable de répondre aux besoinsde la population de la planète, qui devrait atteindreplus de 9 milliards d’individus d’ici à 2050. »cole mondial”. Alors même qu’en Afrique l’agricultureest censée représenter les trois quarts del’activité économique et qu’elle fournit le tiersdu PIB.Par ailleurs, le continent connaît le taux decroissance démographique le plus fort de laplanète. En 2008 déjà, un rapport de la Banquemondiale estimait ce taux à 2,5 % par an en Afriquesubsaharienne, contre 1,2 %/an en Amériquelatine et en Asie. Le même rapport indiquaitqu’à ce rythme, la population de l’Afrique auradoublé entre 2008 et 2036. En 2050, le continentcomptera plus de 2 millions d’habitants (plusde 23 % de la population mondiale, contre 15 %aujourd’hui). Il abritera 22,1 % de la populationmondiale en âge de travailler (contre 14,6 % pourla Chine).O CP invite à changer de regard sur lecontinent africainPour réussir à développer son potentielagricole, il est indispensable que l’Afrique soitintégrée au système mondial de production alimentaire.Pour pouvoir s’intégrer à l’économieagricole mondiale et y jouer son rôle, le continentdevra être considéré comme un gisementd’opportunités. C’est le credo réaffirmé par OCPlors de la 1 ère édition de la conférence dédiée auxengrais en Afrique, FMB Africa. Pour OCP, il fautse départir de l’idée encore en vogue dans nombred’instances internationales selon laquellel’agriculture africaine est une simple questionlocale, une question d’aide, de lutte contre lafamine.Bien au contraire, a insisté M. Mhamed Ibnabdeljalil,directeur exécutif en charge du PôleCommercial du Groupe : « L’agriculture africainedoit être considérée comme partie intégranted’un système agricole mondial capablede répondre aux besoins de la population de laplanète, qui devrait atteindre plus de 9 milliardsd’individus d’ici à 2050 ». M. Ibnabdeljalil présentaità l’ouverture de la conférence “Une introductionà la stratégie d’OCP pour l’Afrique”.Il a fait part de la vision à long terme d’OCP dansce continent. « Une stratégie régionale, a préciséM. Ibnabdeljalil, qui se déploie selon troisaxes : s’engager, apprendre et innover. » L’Afriquedevra bénéficier d’une action immédiatesur le terrain. Une action efficace, qui permettrad’améliorer les revenus des agriculteurs ducontinent par le biais d’une augmentation desrendements des récoltes grâce à une meilleurefertilisation. Et d’engendrer au sein des économieslocales des cercles vertueux et durablesqui profiteront à tous.Une place particulière pour l’AfriquePour commencer, le Groupe a conclu des accordsde partenariat pour la fourniture d’engraisen vue de traiter la sous-fertilisation en Afrique.Mais cela ne suffirait pas. Pour réussir à inciterles agriculteurs à adopter l’approche développementdurable qui est la sienne, OCP se devaitd’étendre son champ d’intervention à l’ensemblede la chaîne de valeur : des négociants enproduits agricoles aux points de vente au détail,en passant par les industriels de l’alimentaire,etc. Également à des partenaires publics et privésimpliqués dans le soutien au développementde l’agriculture.Depuis 2008, OCP a tenu à rencontrer ungrand nombre d’interlocuteurs : importateurs,décideurs politiques, acteurs spécialisés dansles questions de développement et autres partiesprenantes dans plus de vingt pays. Un processusà travers lequel le Groupe instaure les manièresles mieux adaptées pour fournir aux agriculteurslocaux le bon engrais au meilleur coût.De nouveaux produits sont en phase de développementà OCP, adaptés aux besoins locauxde certains pays du continent. Le Groupe a égalementpris un virage important sur le continent,en cherchant des partenaires locaux forts, auxquelsil demande d’avoir une approche de développementà long terme et d’apporter une réellevaleur ajoutée.La stratégierégionale d’OCPse déploieselon troisaxes : s’engager,apprendreet innover.L’Afrique aujourd’huiDémographiegalopanteet rendementsagricolesà la traîneMilliards d'habitants109876543210De 15% à 23%de la populationmondiale1850 1900 1950 2000 2050 2100POPULATION MONDIALEMondeAmérique latineAsie-OcéanieEuropeAfriqueAmérique du Nord350 %300 %250 %200 %150 %100 %50 %0 %1965 1970 1975 1980 1985 1990 1995 2000 2005 2010PRODUCTION CÉRÉALIÈRE ET SUPERFICIE DES TERRES ARABLES% d'augmentation en Asie% d'augmentation en Afrique (Source : ONU)… de la superficie des terres arables… de la production céréalière… de la superficie des terres arables… de la production céréalière


84 OCP Rapport annuel 2010 CAPITAL HUMAIN L’intelligence collective au service de la performance85CAPITAL HUMAINL’intelligence collectiveau service de la performanceMohamed El Kadiri, secrétaire général du Groupe et directeurexécutif en charge du Pôle Capital Humain p.i. : « Pourdévelopper et consolider son leadership, OCP compte enpremier sur son capital humain, qu’il considère comme saprincipale richesse et qu’il prévoit d’étoffer pour mener à bienson important programme de développement industriel. »« La stratégie d’OCP a comme finalitéde valoriser la première richesse del’entreprise qui, au-delà des phosphates,est son capital humain, à savoir leshommes et les femmes qui y travaillent. »Une déclaration du PDG Mostafa Terrabqui illustre parfaitement la place del’élément l’humain dans le Groupe. Uneplace d’autant plus importante dansle contexte de l’ambitieux programmede développement industriel d’OCP.L’effectif rajeunit :la part des moins de10 ans d’anciennetéaugmente, celledes plus de 20 ansdiminue.Afin 2010, les ressources humaines totalesd’OCP s’établissent à 19 044 collaborateurstoutes catégories confondues. Cetotal comporte 11 443 OE (ouvriers et employés— en baisse de 9 % par rapport à 2009), 6 479TAMCA (techniciens, agents de maîtrise et cadresadministratifs — en hausse de 10,30 %) et 1 122HC (hors cadres, soit les ingénieurs, docteurs etassimilés — en hausse de 4,28 %). La répartition2010 de l’effectif s’établit comme suit : 44,1 % demoins de 10 ans d’ancienneté (contre 42,6 % en2008) ; 15,2 % entre 10 et 20 ans (contre 10,5 %) ;et 40,7 % de plus de 20 ans (contre 46,8 %). Elletraduit l’importance accordée à la fois à l’expériencedes collaborateurs, mais aussi à l’intégrationde nouvelles recrues pouvant contribuersignificativement à la réussite de la nouvellestratégie du Groupe. Une tendance qui s’accentueratrès nettement avec la campagne de recrutementprévue en 2011. Celle-ci prévoit en effetl’embauche de plusieurs centaines de nouveauxcollaborateurs, dans tous les métiers et à tousles niveaux, une montée en puissance de l’effectifnécessaire pour mettre en œuvre l’ambitieuxprogramme de développement actuellement enchantier.Formation : un ambitieuxprogramme en préparationL’intérêt que porte OCP à la formation de sonpersonnel dans tous les domaines touchant auxactivités et à la vie de l’entreprise est permanentet ses finalités sont très diverses. Les formationssont axées sur la professionnalisation dans la filièredu management tout autant que dans lesfilières métiers du Groupe dans les domaines dela mine et de la chimie. Un soin particulier est apportéà la formation des apprentis stagiaires, etun dispositif d’intégration est mis en place pourles nouvelles recrues. En termes de ressources,une équipe est dédiée à la conception et à l’ingénieriepédagogique des programmes. Le managementdu Groupe est naturellement fortementimpliqué dans la détermination des besoins. Lesprogrammes sont conçus en partenariat avec lesmeilleurs établissements académiques à l’échellenationale et internationale.Au niveau des sites, OCP dispose de 76 formateurset animateurs à plein temps, qui réalisentplus de 95 % des actions prévues dans le plan decharge annuel de formation des agents OE/TAM-CA. Les structures sont implantées sur les sitesde production, à Khouribga, Youssoufia, JorfLasfar, Benguerir, Safi et Boucraâ-Laâyoune.En 2010, 1 421 actions de formation initialeet de formation continue ont été réalisées auprofit de 11 960 participants. En 2011, les programmesde formation devraient se poursuivreet se développer : quelque 12 750 collaborateursdevraient en bénéficier.Institut des Savoirs : une pépinièrede managers de demainPour accompagner ses orientations stratégiques,OCP a créé au tout début 2010 son Institutdes Savoirs. Objectif : s’assurer de la compréhensionet de l’assimilation de la nouvelle visiondu Groupe et de sa stratégie par ses collaborateursà tous les niveaux. Et surtout, au-delà duconcept, s’assurer de sa traduction au quotidiendans l’activité managériale, pour « favoriser l’expressionde l’intelligence collective au service dela performance du Groupe », témoigne LatefaZazi, directrice de l’Institut.La nouvelle structure s’inscrit dans la dynamiquede transformation importante en coursdans le Groupe : refonte des structures managérialeset organisationnelles, transformationopérationnelle. Mais si la vocation première decet institut est de servir les intérêts d’un publicinterne pour valoriser le capital humain d’OCP,elle ambitionne également de contribuer aurayonnement du Groupe.L’année 2010 a été consacrée à la constructionet à la structuration des programmes, pourcréer un espace dédié à la professionnalisationet au développement au service de la stratégie duGroupe et de ses collaborateurs. Concrètement,les programmes de l’Institut sont élaborés pardes comités regroupant des professionnels de lathématique traitée et font appel à des partenairesde renom, aussi bien au Maroc qu’à l’étranger.Conçus autour des réalités d’OCP tout enoffrant un label académique, les programmess’articulent autour de quatre axes :1. Stratégie et leadership. Au programme, cyclesde management adaptés à chaque niveau deresponsabilité et formation au leadership. Butsrecherchés : renforcer les compétences, l’attitudeet le “savoir-être” de l’encadrement, et formerà la prise de parole en public, à la négociation,


86 OCP Rapport annuel 2010 CAPITAL HUMAIN L’intelligence collective au service de la performance87Lors du premier Forum OCP “À Ciel ouvert”,le 27 mars à Paris, le PDG Mostafa Terrab a exposéaux étudiants, diplômés et professionnels marocainsvenus de toute l’Europe les opportunités offertespar le Groupe. Il les a aussi écoutés, pour mieuxconnaître leurs attentes et leurs questionnements.etc. Pour produire une génération de managerscapables de relever les défis qu’implique la nouvellestratégie du Groupe.2. Professionnalisation métier. Desprogrammes techniques modulaires,optimisés en fonction desniveaux de responsabilité. Ilsvisent à développer le professionnalismedans les grandescatégories de fonctions, commel’extraction, le traitementet la valorisation du phosphate,mais aussi dans lesfilières de support telles queRH, management de projets,finances, audit, achats, R&D.3. Intégration. Une vaste gammed’actions régulières est proposéepour faciliter l’appropriation desfondamentaux du Groupe (valeurs, organisation,chiffres clés, activités, organisation…), et capitaliseret diffuser ses savoir-faire. Par exemple :visites de sites, réunions plénières de présentationdes différents pôles, séminaires permettantune meilleure compréhension du marché desphosphates, des produits et des process industrielsdu Groupe. Avec une forte volonté de créerune “culture Groupe”, via différentes initiativesde type études de cas spécifiques OCP, animationde communautés métiers, etc.4. Veille et ouverture. Des cycles de conférencesfavoriseront une ouverture et une réflexionau-delà du cadre des fonctionnements actuelsdu Groupe. Objectifs : permettre de prendre durecul, mais aussi de développer de nouvelles visions,de stimuler la créativité et l’innovation.“À Ciel ouvert ” :quand OCP se faitchasseur de têtes...Le 27 mars 2010, à Paris, a été organiséle premier Forum OCP Paris “ÀCiel ouvert ”, à l’intention des étudiants, diplôméset professionnels marocains en Europe. Lapremière entreprise industrielle marocaine montreainsi qu’elle ne lésine pas sur les moyens pourtrouver le personnel aussi compétent que motivédont elle a besoin. Un personnel qui lui permettrade relever les défis qu’implique le maintienet la consolidation de son leadership mondial :être plus performante, plus rentable, mais aussiplus respectueuse de l’environnement.C’est dans cette perspective qu’il faut placerla venue à Paris de hauts responsables du groupe,dont le PDG Mostafa Terrab, dans le but deprésenter les opportunités offertes par OCP etle networking qui accompagne son développement.Mais cette initiative forte, organisée avecle concours de l’Association des Marocains desGrandes Ecoles (AMGE), vise également, et peutêtresurtout, à mieux connaître les attentes etles questionnements des étudiants, diplômés etprofessionnels marocains en Europe.Dans le cadre de ses initiatives visant à renforcerses équipes, le Groupe participera, toujoursà Paris, à la 20 e édition du forum “Trium”, quidoit se tenir en octobre 2011. OCP s’y adresseraaux lauréats des Grandes Écoles et universitésde renommée internationale, à la recherche deprofils talentueux et ambitieux pour des postesdans différents domaines : commerciaux, marketing,RH, financiers, ingénieurs, gestionnairesde projets, etc.Un dialogue permanent avecles partenaires sociauxUne nouvelle charte du dialogue social aété signée en 2010. Sa mise en place intervientconséquemment au changement sensible de lacarte syndicale au sein du Groupe à la suite desélections professionnelles organisées l’annéedernière. La nouvelle charte, qui capitalise surles expériences passées en matière de concertationsociale, est le résultat d’un consensus trouvéavec les syndicats les plus représentatifs ausein de l’entreprise. Elle apporte quelques innovationsmajeures, dont l’institution de nouvellesinstances représentatives du personnel, à savoirles Commissions de l’action sociale (CAS) et laCommission hygiène, sécurité et environnement(CHSE).Quelque quarante réunions des Commissionsdu statut et du personnel (CSP) ont été tenuesau titre de l’exercice 2010. Les principaux pointsdiscutés lors de ces réunions ont trait, entreautres, aux primes et indemnités accordées aupersonnel, à l’avancement de carrière, à l’accessionà la propriété, à la couverture médicale, autransport du personnel et à d’autres points d’ordresocial.Le sixième protocole d’accord signé avec lespartenaires sociaux (le 1 er juillet 2010) a portésur une série de mesures incitatives en faveurdu personnel en activité, mais aussi à destinationdes agents pensionnés, dont notamment :•L’amélioration de la situation matérielle dupersonnel en activité à travers la revalorisationde certaines primes et indemnités (indemnitécomplémentaire, indemnité de scolarité, primede fonction, allocation forfaitaire de congé, allocationforfaitaire de départ à la retraite, etc.).•L’amélioration des prestations sociales, enparticulier la revalorisation des plafonds desprêts voitures et ménagers, la mise en place d’uneallocation pour l’acquisition d’un ordinateur etl’élaboration de conventions avec l’organismede transport routier (CTM) en vue de faire bénéficierle personnel OCP de tarifs préférentiels ;•L’amélioration de la couverture médicaledes pensionnés et le lancement d’une étude globalerelative au système de couverture médicaledu Groupe.•L’amélioration des conditions d’accessionà la propriété à travers, notamment, la revalorisationdu plafond du soutien exceptionnel aulogement et la conclusion de conventions avecdes promoteurs immobiliers dans les différentesvilles du Maroc.Une première : les négociateurssociaux en stage en ItalieEn 2010, une action de formation d’envergures’est déroulée à Turin (Italie). Elle a profité à122 représentants du personnel (RP) et déléguésà l’hygiène et à la sécurité (DHS), ainsi qu’à 20représentants du management OCP parmi ceuxqui sont membres des différentes Commissionsdu statut et du personnel (CSP) à l’échelle del’entreprise.Mise sur pied à l’initiative du PDG, cette actionde formation est une première dans l’histoi-


88 OCP Rapport annuel 2010 CAPITAL HUMAIN L’intelligence collective au service de la performance89re d’OCP. La formation, qui a pour thème central“dialogue social et techniques de négociation”,s’inscrit dans une logique d’accompagnementdes délégués des salariés dans l’exercice de leurmission de représentation. Elle vise essentiellementle développement des compétences des RPet des DHS dans le domaine de la concertationsociale d’une part, et d’autre part dans le partaged’une même représentation, au sein de l’entreprise,du rôle du délégué du personnel.La formation s’est déroulée au Centre internationalde formation du Bureau internationaldu travail (BIT), secrétariat permanent de l’Organisationinternationale du travail (OIT) chargédes questions générales liées au travail dans lemonde.Prestations sociales :principaux faits saillantsGestion de la Caisse de retraite. Au 1 er décembre2010, OCP a transféré à la Caisse nationalede retraites et d’assurances (CNRA) leséléments de pension restants, sous forme derentes viagères. Le transfert comporte :•La partie fixe de la pension de transfert OCPacquise à la date du transfert.En 2010, 1 421 actions de formation initialeet continue ont été réalisées au profit de 11 960participants. En 2011, les programmes deformation vont se poursuivre et se développer :12 750 collaborateurs devraient en bénéficier.•Les majorations pour charges familialesprévues par le Régime interne de retraite OCPOCP continuera à assurer la couverture desdroits non transférés au Régime collectif d’allocationde retraite (RCAR) et à la CNRA, notammentau titre de la garantie de liquidation de lapension selon les textes de la Caisse interne deretraite OCP, et de l’allocation décès. A la datede liquidation de la pension ou à la date de survenancede l’événement ouvrant des droits nontransférés, le Groupe apportera le capital constitutifnécessaire au RCAR et à la CNRA — ou àtout autre organisme spécialisé — pour la couverturede ces droits non transférés.Au 1 er décembre 2010, la population concernéepar le transfert compte 34 755 pensionnés,dont 22 864 pensions directes et 11 891 pensionsde réversion. Et le nombre d’actifs recrutésavant le 1 er janvier 2001 et adhérents auparavantdu Régime interne de retraite OCP totalise 9 828agents.Rappelons que l’externalisation de la CIR-OCPa été décidée par le CA du 18 septembre 2008.Projets de logements et aides à l’accession àla propriété. Différents projets se déroulent dansle cadre de la poursuite de la mise en œuvre de lapolitique sociale. Entre autres : une vingtaine deprojets de lotissements, de viabilisation de différentsterrains et parcelles, de construction denombreux lots de villas et d’appartements. Cesprojets sont en cours de réalisation à El Jadida, àSafi, à Youssoufia et à Khouribga. Par ailleurs, auniveau de l’ensemble des sites du Groupe, 1 734membres du personnel ont bénéficié à fin 2010de différentes mesures d’aide pour l’accession àla propriété, ventilées comme suit :Cession de lots de terrains viabilisés : 788.Cession d’appartements construits : 50.Cession de logements de fonction : 179.Prêts hypothécaires : 715.•Prêts d’aide pour le logement : 2.Couverture médicale. OCP veille au bien-êtreet à l’épanouissement de son personnel actifet retraité, auquel il offre une importante couverturemédicale. Celle-ci permet aux agents età leurs ayants-droit à charge de bénéficier deprestations médicales auprès d’un vaste réseaude professionnels de santé. Les faits saillants del’année 2010, à ce niveau, comprennent :•L’amélioration des prestations (taux et•La prise en charge des enfants poursuivant•Le lancement d’un projet de refonte dumontants des remboursements) servies auxpensionnés.des études jusqu’à l’âge de 26 ans.système de couverture médicale en vigueur.Avec comme objectifs l’adaptation de son cadreinstitutionnel et la professionnalisation de sagestion.Activités sociales et culturelles. OCP met à ladisposition de son personnel actif et retraité différentesprestations de loisirs assurées par lesservices sociaux de chaque site. Outre la miseen œuvre, dans les zones d’activité du Groupe,de programmes récréatifs, culturels et sportifsau profit des membres du personnel et de leursfamilles, les prestations sociales ont connu, aucours de l’exercice 2010, la réalisation de nombreusesactions, dont on peut citer :Estivage : 1 985 bénéficiaires.Séjours conventionnés : 5 210.Colonies de vacances : 4 621.Prêts à la consommation : 3 311.Pèlerinage à La Mecque : 216.•Bourses du Fonds de formation inter entreprisesminières : 4 633.1 734 agents OCPont bénéficié dedifférentes aidespour l’accession à lapropriété en 2010.


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