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LE PLUSDE JEUNE AFRIQUECÔTE DʼIVOIREDéclic électoral ?La présidentielle prévue fin novembre est une étapedécisive pour le pays. Cʼest le signal quʼattendentles citoyens, les opérateurs économiqueset les investisseurs étrangers pour relancerleurs activités. Et sortir définitivement de la crise.KAMBOU SIA/AFP


100 LE PLUS CÔTE D’IVOIREÉLECTIONLA DERNIÈRELIGNEDROITE?Avec la présidentielle prévue en novembre, après sept ansde troubles et dʼincertitudes, le pays est en passe de tournerla page de la crise. Si certains demeurent sceptiques,les Ivoiriens nʼont en tout cas jamais été aussiprès de renouer avec le rituel du vote.CHEIKH YÉRIM SECKMaintes fois reportéedepuis l’expiration,en octobre2005, dumandat du chefde l’État LaurentGbagbo, l’élection présidentielledevrait, sauf imprévu de dernièreminute, se tenir le 29 novembre prochain.Le Premier ministre, GuillaumeSoro, patron des Forces nouvelles (FN,l’ex-rébellion qui contrôle le nord dupays depuis septembre 2002) et maîtred’œuvre du processus électoral, y croitdur comme fer. « Le statu quo n’est pastenable sans élection », martèle-t-il àtous les acteurs impliqués dans l’organisationdu scrutin et à tous les partenairesdont son pays escompte quelquesoutien. Volontariste, déterminé àrépandre l’enthousiasme autour de lui,Soro ne se lasse pas de répéter qu’ilest possible de tenir l’échéance fixée.Sans réussir à rallier à son optimismeune partie de la classe politique,notamment les principaux leaders del’opposition réunis au sein du Rassemblementdes houphouétistes pour ladémocratie et la paix (RHDP) : HenriKonan Bédié, du Parti démocratiquede Côte d’Ivoire (PDCI), et AlassaneDramane Ouattara, du Rassemblementdes ré<strong>pub</strong>licains (RDR).LES TÉNORS DE L’OPPOSITIONENTRENT EN LICEEx-chef de l’État débarqué par unputsch en décembre 1999, Bédié, à74 ans, laisse entendre que le présidentGbagbo va multiplier les manœuvresdilatoires pour repousser l’élection à2010, dans le seul but de l’exclure de lacourse, en vertu de la disposition constitutionnellefi xant l’âge limite pour êtreLe Premier ministre ne selasse pas de répéter qu’il estpossible de tenir l’échéance.candidat à 75 ans. Pourtant, l’accord dePretoria du 6 avril 2005 sur le processusde paix en Côte d’Ivoire dispose que tousses signataires, dont Bédié, peuvent seprésenter à l’élection sans condition.Quant à Alassane Ouattara, qui analyseles moindres faits et gestes du chefde l’État, il a commencé à se poser desquestions lorsque, le 18 mai, à l’occasionde la réunion, à Ouaga, du Comitéd’évaluation et d’accompagnement(CEA) de l’accord de Ouagadougou,Gbagbo a lancé à son homologue burkinabè,Blaise Compaoré, facilitateur dudialogue interivoirien: « Le 29 novembren’est pas, pour moi, une date fétiche,parce que je ne sais pas comment lesfétiches fonctionnent. » Ouattara, quine cache plus, depuis lors, son scepticismesur la tenue de la présidentielleà l’échéance indiquée, a profité de sonpassage, le 3 août, à Gagnoa, la régionnatale du chef de l’État, pour interpellercelui-ci: « Monsieur le président, c’est icià Gagnoa, dont vous êtes originaire, queje veux vous lancer cet appel. La Côted’Ivoire et le monde entier vous regardent.[…] Il est indispensable et urgentque vous donniez la possibilité aux Ivoirienneset aux Ivoiriens de se prononceren connaissance de cause, librement etdans la paix. Les Ivoiriens ne veulentplus qu’on décide à leur place. Ils ontcompris l’urgence des élections. »Les suspicions sont certes légitimes,au vu des reports successifs du scrutindepuis octobre 2005.Toutefois, depuis l’éclatement,il y a sept ans,de la crise politico-militaire,la Côte d’Ivoire n’ajamais été aussi près derenouer avec le rituel duvote. Signe des temps, lesprincipaux candidats sillonnent le pays,tiennent des meetings, exposent leursprogrammes respectifs, multiplient lestacles à l’adversaire et les promesses à lapopulation… L’ambiance est à la compétitionélectorale, comme l’illustrent lesréactions passionnées suscitées par la<strong>pub</strong>lication d’un sondage TNS-Sofresdonnant Gbagbo largement en tête aupremier tour, et gagnant au second dansJEUNE AFRIQUE N° 2536-2537 • DU 16 AU 29 AOÛT 2009


LE PLUS101CHRONOLOGIE7 août 1960 Accessionà l’indépendance.Félix Houphouët-Boignydevient président.7 décembre 1993 Mortd’Houphouët-Boigny. Sonintérim est assuré jusqu’en 1995par le président de l’Assembléenationale, Henri Konan Bédié.22 octobre 1995 Élection d’HenriKonan Bédié à la présidence.24 décembre 1999 Putsch deRobert Gueï. Seydou Diarradevient Premier ministre.22 octobre 2000 LaurentGbagbo est élu président.19 septembre 2002 Tentative deputsch. Les rebelles des Forcesnouvelles occupent le norddu pays.24 janvier 2003 Formation d’ungouvernement de réconciliationnationale, dirigé par SeydouDiarra.4 décembre 2005 CharlesKonan Banny est nomméPremier ministre, à la tête d’ungouvernement de transition.Recensement d’un citoyen par la Commission d’identification à Yamoussoukro, en septembre 2008.ISSOUF SANOGO/AFP4 mars 2007 Accord depaix signé à Ouagadougou(Burkina Faso) entre LaurentGbagbo et Guillaume Soro,leader des Forces nouvelles.Guillaume Soro devientPremier ministre et formeun nouveau gouvernementde transition, le 7 avril.tous les cas de fi gure (voir J.A. n os 2533et 2534). Parallèlement à la dénonciationde l’étude, les états-majors du PDCIet du RDR se sont réunis, chacun de soncôté, pour en analyser les résultats… Etréorienter leurs stratégies respectives decampagne.UNE CARTE D’IDENTITÉPOUR UNE CARTE D’ÉLECTEURLa fi èvre monte au fur et à mesureque le processus électoral avance. Le30 juin, le recensement des électeursa été défi nitivement clos, après moultprolongations visant à permettre àtous ceux en âge de voter de s’inscriresur les listes. Au total, 6,5 millions depersonnes se sont fait enregistrer pourpouvoir exercer leur droit civique, soit2,5 millions de votants de plus par rapportà la dernière consultation électorale(les régionales de juillet 2002).L’objectif de la Commission électoraleindépendante (CEI), maître d’œuvrede l’opération qui a mené les agentsrecenseurs dans les 11 000 futursbureaux de vote, a été atteint à 77 %par rapport aux objectifs fi xés.Si deux millions d’électeurs potentielsn’ont pas pu être inscrits, tous lesleaders politiques ont pris acte de la fi ndu recensement, s’abstenant de demanderune nouvelle prolongation pour nepas courir le risque d’entraîner un énièmereport de la date du scrutin.Dans un pays où la question de l’identitéétait au cœur de la crise, le recensementservait aussi à établir aux plus de16 ans des cartes d’identité, qui n’étaientJEUNE AFRIQUE N° 2536-2537 • DU 16 AU 29 AOÛT 2009


AGRICULTURE FAMILIALE & INDUSTRIE AGRICOLEUne relation durableGroupe industriel agricole ouest-africain, SIFCAassure la production, la transformation et lamise à disposition des consommateurs desproduits agricoles de la région : caoutchoucnaturel, huile de palme et sucre de canne.Centré sur l’Homme – les planteurs villageoisqui sont ses principaux fournisseurs, sesemployés, leurs familles et les communautésvoisines – SIFCA s’efforce de participerau développement global des régions quil’accueillent. C’est pourquoi SIFCA s’implique :● EN AIDANT LES PLANTEURS à améliorer leurs revenus, grâceà un encadrement de qualité, à la mise à disposition de plantsà haut rendement, à un appui logistique, à l’augmentation descapacités de transformation et à la recherche de nouveauxdébouchés pour leur production ;● EN SOUTENANT LA RÉALISATION D’INFRASTRUCTURES –écoles, centres de santé, pistes – qui fixent les populations enzone rurale et contribuent à l’amélioration de leurs conditions devie ;● EN ASSURANT LE DÉVELOPPEMENT ET LA COMPÉTITIVITÉDE CULTURES PÉRENNES, ce qui permet à ces hommes et àces femmes de tirer parti de la demande mondiale en matièrespremières, dans le respect des bonnes pratiques du Groupe.Ainsi, comme une plante se développe en harmonie avec sonenvironnement, SIFCA grandit, ouvrant la perspective d’une vieplus riche pour les planteurs villageois et leurs familles.www.sifca.ci


LE PLUS105PROFILPaul KoffiKoffiEn poste à la primaturedepuis 2000,le directeur de cabinetadjoint du Premierministre suit tousles dossiers liésà la sortie de crise.«Je suis le pompier quiintervient à la télé afind’éteindre les feux quel’on ne manque pas d’allumer pourfaire dérailler l’accord de Ouagadougou», explique Paul Koffi Koffi,le directeur de cabinet adjoint duPremier ministre, Guillaume Soro.Chargé du programme de sortie decrise, l’ancien étudiant de l’École nationale de la statistiqueet de l’administration économique de Paris (Ensae) a survécuà la valse des chefs de gouvernement.AU LENDEMAIN DES ÉVÉNEMENTS DE DÉCEMBRE 1999,c’est le nouveau Premier ministre Seydou Diarra qui a faitvenir à ses côtés l’ingénieur statisticien à la physionomietout en rondeurs pour occuper le poste de conseiller économique.Pascal Affi N’guessan le maintient après la victoirede Laurent Gbagbo en octobre 2000. Il lui confie lestransports, la coordination du programme économique etfi nancier et la supervision du Document de stratégie pour laréduction de la pauvreté (DSRP). KoffiKoffi prend part aux voyages du Premierministre et participe à toutes lesnégociations avec le Fonds monétaireinternational (FMI), qui se traduisent,en juin 2001, par la conclusion d’unaccord intérimaire. À ses heures perdues, très tôt le matinou tard le soir, ce petit dormeur s’attelle à la rédaction d’unouvrage, Le Défi du développement en Côte d’Ivoire, <strong>pub</strong>liéchez l’Harmattan en juin 2008.Le 19 septembre 2002, après des mois d’efforts, leconseiller s’apprête à rencontrer les bailleurs de fonds pourl’approbation du DSRP, étape clé pour la mise en œuvredu mécanisme d’allégement de la dette. La réunion n’aurajamais lieu. Puisque, la nuit précédente, le pays subit l’attaquede la rébellion. Extrêmement affecté, Koffi Koffiprend une année sabbatique pour préparer un master ofbusiness administration (MBA) à Paris et à New York. Deretour en janvier 2004, il intègre l’équipe du gouvernementde réconciliation de Seydou Diarra, qui le nomme conseillerspécial chargé de la rédaction du programme intérimaire.Le conseiller a survécu à la valse des chefs de gouvernement.En décembre 2005, Charles Konan Banny le reconduit dansses fonctions et étend même sa sphère d’intervention àtoutes les questions macroéconomiques. Après la signaturede l’accord de Ouagadougou, en mars 2007, le nouveauPremier ministre, Guillaume Soro, fait de lui la principalecheville ouvrière du programme de sortie de crise.« Le dialogue direct nous permet enfi n d’avancer, d’autantqu’il bénéfi cie de l’appui du facilitateur, Blaise Compaoré,qui connaît bien la Côte d’Ivoire et ses hommes », soulignePaul Koffi Koffi. Péniblement, à force d’abnégation etde travail, ce grand serviteur de l’État et ses partenairesde la Commission électorale indépendante, ainsi que des« J’éteins les feux que l’on ne manque pasd’allumer pour faire dérailler l’accord de Ouaga. »différentes structures en charge de l’identifi cation, sontparvenus à organiser les audiences foraines et à enrôlerles électeurs sur tout le territoire. Le désarmement avance,l’administration se redéploie, les brigades mixtes du Centrede commandement intégré sont en cours de constitution…« Nous sommes sur la bonne voie. C’est long etparfois laborieux, mais c’est le prix à payer pour garderla confiance de tous les acteurs », conclut Koffi Koffi, quine ménagera pas ses efforts jusqu’à la présidentielle, qu’ilveut libre et transparente.Après, cet admirateur de Jacques Attali, l’ancienconseiller de François Mitterrand, pourra se consacrer àl’écriture. Il a d’ailleurs déjà entamé la première partie d’unouvrage sur la crise. ■PASCAL AIRAULT, envoyé spécialAURÉLIE GRIMBERGHS/OUT OF FOCUS POUR J.A.JEUNE AFRIQUE N° 2536-2537 • DU 16 AU 29 AOÛT 2009


106 LE PLUS CÔTE D’IVOIREÉCONOMIELe patientivoirienivoirienLes signes dela relance sontpalpables dansle quartier d’affairesdu Plateau, à Abidjan.NABIL ZORKOTEn sept ans, près de la moitié des entreprises et des emploisformels ont disparu, et le marché est désorganisé. Les activitésreprennent, mais au ralenti... Et le manque de visibilitésur le calendrier de sortie de crise risque de minerle retour de la croissance.«On va mieux, mais onn’est pas guéris », résumeun chef d’entrepriseivoirien. Otagesd’une situation de « ni guerre ni paix »depuis sept ans, les hommes d’affairesvivent au rythme des avancées ou desblocages du processus politique. Labonne tenue des audiences foraines,la réalisation de l’identification et lafixation d’une date, le 29 novembre,pour la présidentielle ont néanmoinsdes effets positifs sur les activités.La croissance se relève progressivement: 1,6 % en 2007, 2,3 % en 2008et 3,7 % escomptés pour 2009. Globalement,les secteurs des télécommunications(voir p. 124), du commerce, dutransport et de la construction sont lesplus dynamiques. Signe qui ne trompepas : les groupes de distribution libanaisimplantent des grandes surfaces àAbidjan, et les franchises – Yves Rocher,Alain Afflelou, Pano Boutique… –s’installent.IMPÉRATIFSDE TRANSPARENCEAutre bonne nouvelle: le Fonds monétaireinternational (FMI) aapprouvé, le 27 mars,un programme économique et fi nanciertriennal de 566 millions dedollars et accordé le « point de décision» de l’Initiative en faveur despays pauvres très endettés (PPTE),prémices d’un important allégementde la dette, estimée à 12,8 milliardsde dollars. Abidjan bénéfi cie déjà de3,5 milliards de dollars d’apurementd’arriérés et d’un rééchelonnement deses paiements auprès des créanciersmultilatéraux et bilatéraux. Si le paysatteint le « point d’achèvement » d’icià deux ans, il devrait bénéfi cier d’uneremise de dette multilatérale supplémentairede plus de 2 milliards dedollars et une autre sur la dette bilatéraleà négocier. Cette dernière s’élèveà plus de 6 milliards de dollars, dont3,7 milliards sont dus à la France.« Les entrepreneurs neprendront leurs décisionsqu’une fois l’élection passée. »En contrepartie, les autorités ivoiriennesont donné des gages de bonnegouvernance en rendant <strong>pub</strong>lics lesrevenus des hydrocarbures (voirp. 116) et du café-cacao (voir pp. 122-123), mais surtout en promettant deréintégrer les dépenses des grands travaux– à Abidjan et à Yamous-▲▲▲JEUNE AFRIQUE N° 2536-2537 • DU 16 AU 29 AOÛT 2009


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108 LE PLUS CÔTE D’IVOIREsoukro (voir pp. 130-132) –dans le budget de l’État. Fort de cesrésultats, le ministre de l’Économieet des Finances, Charles Diby Koffi, apromis de mettre en œuvre toute unesérie de réformes afin de relancer lesactivités : création de tribunaux decommerce, réforme de la loi sur laconcurrence, accélération des procéduresadministratives pour le remboursementdes crédits de TVA, paiement dela dette intérieure aux entreprises privées,poursuite des incitations fi scalesdans le Nord… Depuis mars, il multiplieles voyages en Europe, premierpartenaire de la Côte d’Ivoire, pourattirer les investisseurs.Le point de décision de l’Initiative enfaveur des PPTE acquis, les autoritésont prévu d’engager 17 000 milliardsde F CFA (26 milliards d’euros) surcinq ans pour réduire la pauvreté, restaurerdes infrastructures dégradées,relancer les fi lières agricoles et agroalimentaires,développer le commerceet les nouvelles technologies.« Nous sommes de plus en plus sollicitéspour fi nancer des projets d’investissement,explique un banquier d’Abidjan.On prépare les dossiers, mais lesentrepreneurs ne prendront leur décisionqu’une fois l’élection passée. » LaCôte d’Ivoire, porte d’entrée de l’<strong>Afrique</strong>de l’Ouest, a gardé son potentiel à peuprès intact. Elle dispose de deux portsen eau profonde, Abidjan et San Pedro(voir p. 121), d’un réseau routier assezcomplet et d’un personnel formé.▲▲▲UN POTENTIEL INTACT,MAIS DES SECTEURS SINISTRÉSLes années de crise ont néanmoinsprofondément affecté l’appareil productifet modifi é les comportements. Lerisque pays a augmenté, la corruptions’est généralisée, l’insécurité juridiqueest totale, le taux de pauvreté est passéde 17 % dans le milieu des années1980 à près de 50 % aujourd’hui.Autre certitude: le budget actuel del’État ne permet pas aux autorités demener une politique volontariste enmatière de développement économiqueet social. La priorité des autoritésva à la rémunération des fonctionnaireset des militaires, afin d’éviter touttrouble social et toute tentative decoup d’État. La masse salariale absorbe43 % des recettes fi scales, chiffre trèssupérieur au critère de convergencede l’Union économique et monétaireouest-africaine (UEMOA), qui est de 35 %.TIMIDE RETOUR DE LA CROISSANCEEn % (variations du PIB, en prix constants)+0,0202000-4,6302-1,5711,5210,5510,4520000102+1,58030413,76-1,6703REPÈRESProduit intérieur brut (PIB)23,5 milliards de $Croissance du PIB 2,3 %PIB par habitant 985 $Répartition du PIB Primaire: 23,1 %;secondaire: 25,8 %; tertiaire: 51,1 %Infl ation 2 %Investissements directs étrangers(IDE) 427 millions de dollarsExportations 8,5 milliards de dollarsImportations 6,5 milliards de dollars+1,905+0,720617,3816,3915,5040506+2,33+1,5807UN PIB MULTIPLIÉ PAR DEUXENTRE 2000 ET 2009En milliards de dollars (en prix courants)19,8207+3,7(*)08200923,50822,01 (*)09(*) Prévision (*) PrévisionSOURCES: BEAC, OCTOBRE 2008 - FMI, AVRIL 2009En revanche, les dépenses d’éducation,qui représentaient 28 % du totaldu budget en 2000, n’en représententplus que 21 % en 2008. Même constatpour l’agriculture (4,6 % des dépensesen 1999, 1,5 % en 2007) et la santé(9 % et 6,7 %). Enfi n, les infrastructuresse détériorent d’année en année.Sur 82 000 kilomètres de routes,30000 sont très dégradés.Dans le Nord, l’économie est devenuecomplètement informelle après lapartition du pays en septembre 2002.La fi lière coton (voir p. 122) s’est effondrée– avec une récolte de seulement160000 tonnes par an au niveau national,contre 400000 avant la crise –, lesPour éviter tout troublesocial, l’État privilégiela rémunérationdes fonctionnaires.chefs rebelles prélèvent toujours lestaxes et sont impliqués dans la productionde diamants et d’or. Des effortsont néanmoins été faits depuis deuxans pour améliorer les pratiques ettout laisse penser que les autorités parviendrontégalement à restaurer l’Étatde droit et une économie formelle dansla zone septentrionale.Actuellement, elles préparent lebudget de l’État pour l’année 2010. Lacrise mondiale est venue ralentir lesactivités. Les exportations de cacaodevraient décliner de 200 000 tonnesen 2008-2009 et celles de pétrole raffiné de plus de 1 million de tonnes.Par ailleurs, les productions de noixde cajou, d’ananas et de bananes ontaccusé respectivement un recul de28,3 %, 13,4 % et 3,4 % au premiertrimestre 2009. La chute de la productionde l’anacarde s’explique parle désintérêt des paysans, dû à desproblèmes d’organisation et à desbas niveaux de prix d’achat. Quant àl’ananas et à la banane, leur repli provientde l’absence d’investissements etde leur manque de compétitivité faceaux produits latino-américains…C’est autant de ressources fi scales enmoins. Dans le milieu des affaires, oncraint que l’État ne puisse continuer àapurer la dette intérieure, estimée à2 milliards d’euros. ■PASCAL AIRAULTJEUNE AFRIQUE N° 2536-2537 • DU 16 AU 29 AOÛT 2009


110 LE PLUS CÔTE D’IVOIREINTERVIEWJean KacouDiagouPRÉSIDENT DE LA CONFÉDÉRATION GÉNÉRALE DES ENTREPRISES DE CÔTE DʼIVOIRE (CGECI)«Leplusdifficile estderrièrenous»Lʼheure est à la relance, et le secteur privé esten première ligne. Pour voir plus loin, le patronatprépare un plan stratégique 2010-2040.JEUNE AFRIQUE: Quel sera l’impactde la crise mondiale sur les activitésen 2009?JEAN KACOU DIAGOU : Malgré laconjoncture internationale, l’économieivoirienne connaît un léger frémissement.On s’attend à une croissance deplus de 3 %. Le commerce intracommunautairenous permet d’atténuer leseffets de la crise.Pour les activités dépendant des marchésoccidentaux, on s’attend néanmoinsà une baisse des exportations. Celareprésente un manque à gagner pourles producteurs, les fi nances <strong>pub</strong>liqueset les industries de transformation.La baisse de la consommation dansles pays riches et la chute des coursdu pétrole, de l’hévéa et du palmier àhuile ont également réduit nos marges.Les prix commencent actuellement àremonter. On peut penser que la périodela plus difficile est derrière nous.Comment les entreprises ivoirienness’en sortent-elles après sept ans decrise politico-militaire?Globalement, elles ont fait le dos rondet réaménagé leur outil de production.Les entreprises ivoiriennes ont néanmoinspayé un lourd tribut à la crise.Plus personne ne nous faisait confiance,et le risque pays était des plus élevés.Nous devions honorer nos factures cash.On nous fait à nouveau crédit. L’État aégalement commencé à régler une partiede la dette intérieure aux PME-PMIet aux artisans. Les grandes entreprisesattendent encore, notamment les remboursementsdes avances de taxe sur lavaleur ajoutée [TVA]. Faut-il revoir laméthode de prélèvement de la TVA enrevenant à un régime permettant auxentreprises de garder leur trésorerie ?Quoi qu’il en soit, il faut trouver un systèmeoù l’État et les entreprises trouventleur compte.Comment le paysage économique a-tilévolué pendant la crise?Au lendemain des événements du19 septembre 2002, les entreprises ivoiriennes,surprises, ont accusé le contrecoupde la partition du pays en deuxparties et la perte des parts de marchésde l’hinterland.Elles se sont ensuite restructuréespour s’adapter à la situation en réduisantleur voilure et en réorientant leursstratégies commerciales. De ce fait,beaucoup ont retrouvé de nouvellesparts de marché à l’export.« Nous avons besoin d’hommesavec des idéaux et unecapacité de surpassement. »Après le départ de nombreux entrepreneursfrançais en novembre 2004,certains investisseurs nationaux etétrangers, dont les Libanais, ont pris lerelais dans les industries de productionet de distribution. Les banques, les télécoms,les assurances sont les secteursqui s’en sortent le mieux.La Côte d’Ivoire reste un carrefourrégional. Elle représente 40 % du produitintérieur brut de l’Union économiqueet monétaire ouest-africaine[UEMOA], contre plus de 50 % avant lacrise. Une fois la présidentielle passée,il faudra mettre en place un gouvernementde bataille, avec des hommesayant une homogénéité de vision et degestion pour relancer la machine.Les activités reprennent-elles dansle Nord?L’économie formelle avait presquedisparu, laissant la place au troc et àla contrefaçon. L’État avait du mal àrecouvrer les taxes, et les sociétés <strong>pub</strong>liquesfournissaient l’eau et l’électricitégratuitement. On y vivait tant bien quemal, plutôt mal que bien.Désormais, les entreprises structuréesse redéploient progressivement,le retour des banques est une bonnechose, l’insécurité est en baisse. Mais,malgré les incitations fi scales de l’État,ce n’est pas la ruée. Les investisseursne seront vraiment rassurés que quandla situation sera totalement stabilisée,sécurisée, et que l’administrationrefonctionnera normalement.Et dans l’Ouest?Hormis dans la région des Montagnes,les opérateurs ne rencontrentplus trop de problèmes de sécurité,et la ville de San Pedroest appelée à devenir ledeuxième pôle économiquedu pays. Cependant,l’exploitation du mineraide fer, qui devait êtrele moteur du développement,n’a pas atteintles espérances. On doit réfl échir à unsystème fi scal plus attractif, avec, éventuellement,la mise en place d’une zonefranche.L’État a des moyens, en témoignentles grands travaux lancés pour déplacerles institutions à Yamoussoukroet les projets du Grand Abidjan…Les symboles sont importants pourla restauration de la paix. Mais, maintenant,il faut aller au-delà et relancerl’appareil productif, les investissementssanitaires, éducatifs et sociaux, et semobiliser pour l’emploi.Que pensez-vous des attributions demarchés de gré à gré?JEUNE AFRIQUE N° 2536-2537 • DU 16 AU 29 AOÛT 2009


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LE PLUS111du droit des affaires, NDLR] en casde conflit.L’économie ne semble pas être aucœur des premiers meetings de campagnedes candidats à la présidentielle…La campagne officielle n’ayant pasencore commencé, nous pourrons discuterde cette question avec les principauxcandidats le moment venu pourqu’ils nous présentent leur vision dudéveloppement économique. Nousallons les écouter, échanger avec euxet leur faire part de nos priorités.Patron des patrons, le PDG du groupe NSIA incarne la réussite des privés ivoiriens.D’une manière générale, les marchésde gré à gré ne sont pas recommandésdans une économie moderne pour lesmarchés d’une certaine importance. LaCôte d’Ivoire s’est dotée d’un code desmarchés <strong>pub</strong>lics qui fonctionne et quidoit être respecté par tous pour assurerla transparence et entretenir une saineconcurrence.Et quid de l’amélioration de l’environnementdes affaires?Les décisions judiciaires équitablessont indispensables pour assurer lasécurité judiciaire et améliorer l’environnementjuridique des affaires. C’estun moyen puissant pour attirer lesinvestisseurs.Pour sa part, la CGECI a suggéré lacréation de tribunaux de commerceet recommande, en plus, aux entreprises,d’inclure désormais dans leurscontrats la clause d’arbitrage pouvantleur permettre la saisine de la courd’arbitrage de l’Ohada [l’Organisationpour l’harmonisation en <strong>Afrique</strong>VINCENT FOURNIER/J.A.Le patronat a sa propre vision dudéveloppement économique et social.Pouvez-vous nous dire ce qu’il y auradans le plan stratégique 2040 de laCGECI?Il est en cours d’élaboration. Nousvisons loin, à l’échelle d’une génération.On veut que la Côte d’Ivoire se donneun défi permanent pour obtenir le« meilleur ». Il faut tout reprendre à labase et miser sur les hommes. La petiteécole doit redonner des valeurs aux jeunes,les universités doivent rechercherl’excellence. Nous avons besoin d’hommesavec des idéaux et une capacité desurpassement. Le reste – la bonne gouvernance,les projets, les moyens, lesinvestissements étrangers – suivra. LaCôte d’Ivoire a conservé son potentielde développement. Il faut maintenantrelancer les activités par une fermevolonté politique. ■Propos recueillis à Abidjan parPASCAL AIRAULTButaneGasoilSuper sans plombPétrole lampantKérosène (Jet A1)Fuel oil 180 et 380Heavy Vacuum Oil (HVO)Distillate Diesel Oil (DDO)CERTIFICATIONISO 9001: 2000LABORATOIREACCREDITATION COFRACCONTROLE DES PERTESSIES NIVEAU 8SECURITETROPHÉE GESIPPRIX IVOIRIENDE LA QUALITÉSIR: DE L’ENERGIE POUR L’AVENIRRoute de Vridi, Bd de Petit Bassam 01 BP 1269 Abidjan 01Tél: (225) 21 23 70 70 •Fax: (225) 21 27 17 98 -21272805•Email: info@sir.ciwww.sir.ci


LE PLUS113PORTRAITSGénération crise:lesnouveauxleadersleadersTrentenaires ou quadragénaires, ils se sont fait remarquer au début des années 2000et sʼimposent aujourdʼhui dans le paysage politique, économique et social.de l’indépendance de la Côte d’Ivoire avec des discoursnationalistes enfl ammés. Après avoir mobilisé – certainsdisent manipulé – une frange de la jeunesse, appelé àdes manifestations violentes et écopé de sanctions onusiennes,à 37 ans, Blé Goudé s’est mu en « ambassadeurde la paix » – titre que lui confère le gouvernement enavril 2007, dans la perspective d’une réconciliation nationale.Il prône désormais la paix et fait campagne pourGbagbo. ■F. P.CHARLES BLÉ GOUDÉRHÉTORIQUE ET RÉCONCILIATIONC’EST UN LEADER CHARISMATIQUE qui ne paie pas demine. Petit, maigre, il passerait inaperçu s’il n’avait pasun vrai talent, celui de haranguer les foules. Le présidentdu Congrès panafricain des jeunes et des patriotes(Cojep), Charles Blé Goudé, sait parler, il a le ton dur etconvaincu de ceux qui ne doutent pas, il manie la formulequi fait mouche et possède un don pour la rhétorique.Un de ses regrets, d’ailleurs, est de ne pas avoir choisi lemétier d’avocat. Pour ses admirateurs, il est « talentueuxet intelligent » pour ses détracteurs, il n’est qu’un « petitfasciste ».Militant de la Fédération estudiantine et scolaire deCôte d’Ivoire (Fesci) quasiment depuis sa création en1990, il grimpe rapidement les échelons du syndicatet devient, en 1996, secrétaire national à l’organisation.Deux ans plus tard, il prend la tête du mouvement,succédant à l’actuel Premier ministre et chef de la rébellion,Guillaume Soro. La Fesci se déchire alors entre différentscourants et les problèmes se règlent à la machette.Le pouvoir de l’époque, celui d’Henri Konan Bédié, n’ade cesse de le neutraliser. Entre 1994 et 1998, Blé Goudésera emprisonné huit fois.Mais c’est en tant que leader des <strong>Jeune</strong>s patriotes qu’ilprendra de l’étoffe. Pendant plusieurs années, il va mobiliserla jeunesse autour de Laurent Gbagbo sur le thèmeJEUNE AFRIQUE N° 2536-2537 • DU 16 AU 29 AOÛT 2009FALONEAURÉLIE GRIMBERGHS/OUT OF FOCUS POUR J.A.MARIAM DAO GABALAUNE FEMME VISIBLELA FAIBLE REPRÉSENTATION DES FEMMES lors de lasignature des accords de Linas-Marcoussis, en 2003, asoulevé son courroux. Quelques mois plus tard, MariamDao Gabala mobilisait la gent féminine, toutes catégoriessocioprofessionnelles confondues, pour porter surles fonts baptismaux la Coalition des femmes leaders deCôte d’Ivoire (CFLCI). Depuis, elle continue de monterau créneau pour encourager les femmes à être plus visiblesdans leurs secteurs et n’hésite pas à dénoncer leurabsence au sein de certaines représentations de la viesociale et politique. « Nous militons pour la promotiondes femmes dans les instances de décision, explique-telle,c’est un combat noble. »Ses premières armes de féministe, elle les a faites aulycée Sainte-Marie de Cocody, à Abidjan, un établissementélitiste pour jeunes filles. Elle a ensuite intégréHEC Paris, puis HEC Montréal, avant de revenir en Côted’Ivoire et de poursuivrediscrètement son engagementpour la causedes femmes.Directrice régionalede Oikocredit, une institutioninternationale demicrofinance, MariamDao Gabala est membrede la Convention de lasociété civile ivoirienne(CSCI). En 2005, sonassociation a bataillé,en vain, pour la nominationd’une femme auposte de Premier ministre.Aujourd’hui, elle fait


114 LE PLUS CÔTE D’IVOIREcampagne pour inciter 200 femmes membres de diverspartis politiques à se porter candidates à la prochaineélection. ■CHARLES KADER GOORÉCELUI QUI CROIT À LA RELANCEB. M.matières premières, qu’elle dirige depuis avril dernier,a pour difficile mission de mettre de l’ordre dans unefi lière où les remous et scandales à répétition ont attiréles regards et la curiosité. Y parviendra-t-elle ?La nomination de cette grande inconnue à la tête d’uneréforme aussi importante en a surpris plus d’un. Discrèteconseillère juridique à la présidence de la Ré<strong>pub</strong>lique,Géraldine Odéhouri Brou a défendu Simone Gbagbo dansun procès contre le quotidien ivoirien Le Jour Plus dansl’affaire des déchets toxiques.Réservée, voire timide, elle mène sa mission sans fairede bruit, dans un secteur qui a déjà beaucoup fait parlerde lui. ■ B. M.TRÈS CROYANT, LE PDG DE CKG HOLDING a reçu enjuillet un petit coup de pouce du ciel. Alors qu’il s’apprêtaità mettre au chômage technique une partie dupersonnel de Yara West Africa, sa société de productionphytosanitaire, il a signé un gros contrat pour la fourniturede 600 000 tonnes d’engrais par an au Nigeria.Aujourd’hui, le groupe de Charles Kader Gooré, CKGHolding, compte 6 000 employés pour un chiffre d’affairesde 80 milliards de F CFA (122 millions d’euros).Kader Gooré, très proche du président Gbagbo, est à latête de huit fi liales dans l’agroalimentaire, le négoce,l’immobilier ou encore la sécurité privée. En 2008, il aracheté Ivoire Logistique au belge Sea-Invest Group et SNChocodi au groupe suisse Barry Callebaut, leader mondialde la fabrication de chocolat. Celui qui se définitcomme « un bâtisseur » a prévu d’injecter 16 milliardsde F CFA (24 millions d’euros) pour doubler la capacitéde production de l’usine. Il est sur le point d’acquérir unautre complexe de transformation du cacao en Chine, oùil souhaite développer ses activités. ■ P. A.VINCENT FOURNIER/J. A.JIL-ALEXANDRE N’DIAINTERNET ET COMPAGNIEÀ 33 ANS, IL N’A JAMAIS CONNU L’ANGOISSE de la recherched’emploi. Encore étudiant en informatique à Philadelphie,Jil-Alexandre N’Dia fonde, avec son ami DanielAhouassa, Abidjan.net, lancé offi ciellement le 7 août 1998,jour de la fête de l’indépendance ivoirienne. Un peu plusde dix ans plus tard, le site accueille quotidiennement350 000 à 400 000 visiteurs pour cinq millions de pagesconsultées.Les associés, rejoints par un autre ami d’enfance auposte de directeur commercial, Michel Fadoul, ont fondéla société Weblogy pour gérer leurs différentes activités,ouvert trois bureaux, à Abidjan, Casablanca et Washington,en attendant celui d’Addis-Abeba. La société continuede développer le site (achat de journaux en ligne, cadeauxà offrir…), achète de l’espace <strong>pub</strong>licitaire dans 53 payset attend le moment opportun pour lancer ses nombreuxprojets : une compagnie de taxis, des cybercafés, une radioFM. « On est également sollicités par les hommes politiquespour faire leur com et les conseiller sur les nouvellestechnologies », explique Jil-Alexandre N’Dia. ■ P. A.GÉRALDINE ODÉHOURI BROULA DISCRÈTELA NOUVELLE RÉFORME DE LA FILIÈRE CAFÉ-CACAOpassera par elle ou ne passera pas. À 37 ans, cette avocateporte sur ses épaules l’avenir des 1,4 million detonnes de café et de cacao produites tous les ans par laCôte d’Ivoire. Le comité chargé de la réforme de ces deuxVINCENT FOURNIER/J. A.JEUNE AFRIQUE N° 2536-2537 • DU 16 AU 29 AOÛT 2009


CLUB SOCOCE A ÉTÉ LE PRÉCURSEUR EN CRÉANT LE PREMIERCENTRE COMMERCIAL INTÉGRÉ DE L’AFRIQUE DE L’OUEST PAR LAFAMILLE EZZEDINE QUI A OUVERT CESPORTES EN NOVEMBRE 1996 SUR UNESURFACE DE 20 000 M 2 .LE CENTRE COMMERCIAL SOCOCE ESPACE LATRILLE COMPREND :- 1 hypermarché de 3000 m 2 de surface de vente ;- 30 boutiques et services reparties sur 2 niveaux (rdc + 1 er étage) ;- 1 cafétéria de 200 places cuisines du monde ;- 1 salon de thé et 1 bar ;- 1 salle polyvalente (cinema et spectacles) ;- 1 garderie ;Une construction nouvelle de 1800 m 2 acceuille les enseignes GIFI, CITY SPORT et WRANGLER.CENTRE COMMERCIAL SOCOCE ESPACE LATRILLE COCODY 2 PLATEAUX - ABIDJAN01 BP 3556 ABIDJAN 01 - COTE D’IVOIRE - Tél: 22522419288 - Fax: 22522419268Reprise en octobre 2002 par M. YasserEzzedine, CDCI est la première entreprisede distribution du pays avec près de 100boutiques KingCash à travers le pays.Compagnie de Distibution de Côte d’Ivoire - Bd du Port - 01 BP 1271 ABIDJAN 01Tél : 22521240151- Fax : 22521242751 - www.cdcitrading.com


116 LE PLUSÉNERGIEDesmousquetairesen ordredebataillede «Un pays comme la Côted’Ivoire doit réfléchir àun modèle de développementplus équilibré,qui valorise la diversité de son potentiel», expliquait en mai dernier KassoumFadika, le directeur général de la Sociéténationale d’opérations pétrolières de laCôte d’Ivoire (Petroci). Beau-frère duchef de l’État, il forme avec LaurentOttro Zirignon, président du conseild’administration de la Société ivoiriennede raffinage (SIR) et oncle du président,le tandem stratégique à la base de lapolitique énergétique ivoirienne.La Petroci valorise et exploite, en partenariatavec des sociétés étrangères, lepotentiel pétrolier national. La SIR etsa fi liale, la Société multinationale debitumes (SMB), assurent l’approvisionnementdu pays et de la sous-région enproduits pétroliers et dérivés. Quant àla Société de gestion des stocks pétroliersde la Côte d’Ivoire (Gestoci), elleexploite trois dépôts (Abidjan, Bouaké,Yamoussoukro), avec une capacité de400000 m 3 . Malgré la baisse des coursdu pétrole, les quatre entreprises <strong>pub</strong>liquesmènent de grands programmes dedéveloppement.Raffinerie de la SIRdans le sud d’Abidjan.Le pays est lʼun des rares du continent à mener unepolitique intégrée dans le secteur des hydrocarbures.Celle-ci repose sur quatre entreprises <strong>pub</strong>liques, toutesengagées dans de grands programmes de développement.VINCENT FOURNIER/J. A.Le pays possède 32 concessions offshoreet onshore, dont 19 sont attribuéeset 4 en cours de production. « L’objectifde la Petroci, explique Victor BoblaiGlohi, son conseiller, est de diversifierses revenus en amont et en aval. Nousvoulons proposer de nouveaux blocsd’exploration dans l’offshore profond,créer un terminal de stockage du brutet du pétrole raffiné, lancer une usinede production d’engrais azoté, construireune raffinerie de biodiesel et un pipelined’Abidjan à Takoradi. »De son côté, la SIR, qui a récemmentvu l’entrée dans son capital de la Sociéténationale des hydrocarbures angolaise(Sonangol), prévoit dans son plan d’action2020 de diversifier ses sources d’approvisionnement(Nigeria, Angola…),d’accroître sa capacité de raffinage et dese lancer dans la production d’essencesans benzène et de gasoil sans soufre.DE NOUVELLES CARTES À JOUERLa Gestoci lorgne quant à elle sur lemarché ouest-africain. « Les besoins enhydrocarbures du golfe de Guinée sontde 24 millions de tonnes par an, indiqueBenjamin Yapo Atsé, son directeurgénéral. La SIR en produit 3,9 millions.Il en reste 20 millions, que nous sommesdisposés à stocker. » En matière de gazbutane, la capacité de stockage est de8000 tonnes, pour une consommationannuelle de 120000 tonnes. La Gestocia prévu de construire sept unités destockage d’ici à 2012 pour accroître sescapacités de 6000 tonnes, de moderniserle centre de dépôt de Yamoussoukroet de reconstruire celui de Bouaké. Totaldes investissements : 77 milliards deF CFA (117,4 millions d’euros).Enfi n, en juin, la SMB a fait passer soncapital de 1,012 milliard à 4 milliards deF CFA pour mettre en œuvre sa stratégiede développement. « Avec 160000 tonnesproduites par an, on couvre 40 % dumarché ouest-africain, dont l’essentieldes besoins est importé, rappelle ThomasCamara, directeur général de laSMB. Avec l’extension du réseau routieren <strong>Afrique</strong> de l’Ouest et en <strong>Afrique</strong> centrale,la demande ne va cesser de croître.Nous avons donc une formidable carte àjouer, et l’objectif est de rapidement augmenternotre production de 60 %. » À lademande de la société, le cabinet d’ingénierieeuropéen Jacobs réalise une étudede mise à niveau des équipements. Resteà trouver fi nancements et partenaires.Les responsables des grandes sociétésénergétiques ivoiriennes se sont rendusen Chine en mai afin de présenter leursprojets. Des discussions sont en cours.Mais la porte reste ouverte à tous. ■PÉTROLE ET GAZ EN CHIFFRESPASCAL AIRAULTLA PRODUCTION QUOTIDIENNE DE PÉTROLE BRUT est de 57 000 barils etcelle de gaz naturel de 160 millions de pieds cubes (plus de 4,5 millionsde m 3 ). Les réserves prouvées sont estimées à 306 millions de barilsde brut et 1,726 milliard de pieds cubes (près de 49 millions de m 3 )de gaz naturel ; quant aux ressources potentielles, elles pourraientêtre évaluées à 14,710 milliards de barils et 9,236 milliards de piedscubes (261,5 millions de m 3 ) de gaz. Les hydrocarbures ont rapporté955 milliards de F CFA (1,46 million d’euros) à l’économie en 2008 etsont devenus la deuxième ressource du pays, après le cacao. ■ P. A.JEUNE AFRIQUE N° 2536-2537 • DU 16 AU 29 AOÛT 2009


© FOTOLIACOMMUNIQUÉGROUPE CKG HOLDINGTél. : +225 22 40 67 91Fax : +225 22 40 67 90BP : 2530 Abidjan 06Côte d’IvoireCKGHoldingGROUPECKG HOLDINGCKG HOLDING, UNE VISIONCKG HOLDING SA à été crée en décembre 2004 sousla conduite de son Président Monsieur Charles KaderGOORE.La vocation de CKG HOLDING SA dont le siège social està Abidjan – Cocody les deux plateaux est de détenir desparticipations dans le capital d’autres sociétés, afin d’encontrôler et d’en orienter l’activité, pour arriver à construireun groupe fort capable de créer de la valeur pour l’économieafricaine et mondiale.CKG HOLDING SA est composée de cadres ivoiriens,africains et européens dynamiques ayant une expérienceinternationale dans la gestion des affaires administratives,juridiques.CKG HOLDING SA est composée à ce jour de six filiales(SN CHOCODI, IVOIRE LOGISTICS, SOGESI, OMEIFRAAFRIQUE, HYDROCHEM AFRICA, SNCO) intervenantdans diverses activités de la vie économique ivoirienne etsous régional.MOT DU PRÉSIDENT© DRCKG Holding est uneentreprise qui puise sonénergie en bâtissant sonefficacité dans la foi enl’avenir de la Côte d’Ivoired’aujourd’hui et de demain.“ Je bénie le nom duSeigneur Jésus pour lagrâce qu’il me fait. Amen. ”Nos efforts conjuguésdans l’élaboration d’unenvironnement managérialsain et basé sur la promotiondes valeurs professionnelleset des compétences réellesferont de nous la vitrine durenouveau économique d’uneCôte D’Ivoire orientée versla recherche permanente del’excellence dans un monde enpleine expansion économique.CKG HOLDINGa pour objectif :■ L’exploitation et la gestion desentreprises ;■ L’étude et la recherche, laconception, l’obtention detout brevet, licence, procédé,marque de représentation decommerce et autres droitsde propriété industrielle ;■ La prise de participationdirecte ou indirecte de laSociété dans toutes sociétéscréées ou à créer, que ce soitpar voie d’achat, souscription,négociation de titres, fusion,alliance ou autrement.Le groupe CKG Holding estcomposé de six filiales dont SNChocodi, Snco, Omeifra, IvoireLogistique, Sogesi, et enfinHydrochem Africa (ex YaraWest Africa).Nous allons ici vous faire unebrève présentation de cesfiliales.Charles Kader GOOREPrésident de CKG Holding


CKGHoldingGROUPE CKG HOLDINGCOMMUNIQUÉLA SOCIETENOUVELLE CHOCODISociété Anonyme avec Conseil d’Administration, au capital de500 000 000 F CFA (Cinq Cent Millions de Francs CFA) SNCHOCODI est une ancienne filiale de BARRY CALLEBAUTNEDERLAND, leader mondial de la filière cacao et de produitschocolatés de grande qualité.Au plan opérationnel, l’activité substantielle de SN CHOCODI estconstituée par la transformation de fèves de Cacao en masse dechocolat et par la commercialisation de produits alimentaires dérivésdu chocolat.■ Effectif : 92■ Nom DG :Mme N'GUESSAN MARIE THERESE■ Nom Chef des ventes :Mme DIALLO BRAKISSA■ Activité principale : Productionet distribution de produits alimentaires■ Actionnariat : CKG Holding 100 %CONTACT :Chef des ventesMme Diallo Brakissa :Email : brakissa_diallo@snchocodi.ciTél. : +225 21 27 41 30Fax : +225 21 27 21 85Boite Postale : 15 BP 54 Abidjan 15Côte D’Ivoire© N. PAULIN / FOTOLIAHYDROCHEM AFRICAHYDROCHEMAFRICA(EX YARA WEST AFRICA)■ La fabrication d’engrais et produits chimiques et, généralement,de tous produits semi-finis ou finis de quelque nature que ce soitdestinés à l’agriculture, ainsi que leur commercialisation.■ La production, l’achat, la vente, l’importation, l’exportation, letransport, le magasinage de toutes matières premières, produitssemi-finis, matériels, et autres nécessaires à cette fabrication.■ L’acquisition, la prise à bail, avec ou sans promesse de vente,l’édification, l’aménagement de toutes usines, ateliers, magasins,bureaux de vente et autres nécessaires à la réalisation des objetsci-dessus.© PARAZIT / FOTOLIA© CARABAY / FOTOLIA■ Actionnariat :CKG HOLDING détient 70 %du capital de HYDROCHEM AFRICACONTACT :SG : Marc DAUBREYEmail : m.daubrey@hydrochem.ciTél. : +225 21 21 55 00Fax : +225 21 21 55 10Boite Postal : 07 BP 61Abidjan 07 - Côte D’Ivoire


GROUPE CKG HOLDING Holding CKGSncINTERCOMSNCOINTER COM SALa SNCO INTER COM SA est une société anonyme avec Conseild’Administration au capital de 200 000 000 F CFA.L’activité principale de la SNCO INTER COM SA est le commerceinternational, import export des produits agro-alimentaire. La SNCOINTER COM SA est présente en COTE D’IVOIRE et en Ré<strong>pub</strong>liquede GUINEE BISSAU et emploie plus de 50 employés.■ L’achat, la vente, la commercialisation, l’import, l’export, lestockage, l’emmagasinage, la représentation commerciale, lacommission, le courtage de tous produits et matériels pétrolier,gaziers et miniers de toute nature, de toute provenance ainsi queleurs accessoires et dérivés ainsi que leur transport par tous moyens.■ Nom DG :Mme N’GUESSAN MARIE THERESE■ Nom Resp des ventes et Achats :M. Erick Akamessan■ Actionnariat : CKG HOLDING SAdétient 61 % du capitalde SNCO INTER COM SACONTACT :M. Erick Akamessan :Email : erickakam@yahoo.frTél. : +225 21 27 41 30Fax : +225 21 27 21 85© S. DIDYK / FOTOLIAOMEIFRAAFRIQUEOMEIFRA AFRIQUE est une Société Anonyme avec Conseild’Administration, au capital de 100 000 000 F CFA(Cent Millions de Francs CFA).OMEIFRA AFRIQUE SA emploie plus de 1200 agents de sécurité.Elle s’étend sur tout le territoire ivoirien et possède une filialeen Ré<strong>pub</strong>lique de GUINEE BISSAU.L’activité principale d’OMEIFRA AFRIQUE SA est la sécurité privéeet ses domaines de compétence sont les suivants :■ Le gardiennage■ La sécurité rapprochée■ L’assistanceet la télésurveillance■ La surveillance de matérielspécialisé© DR■ Nom DG : M. Brice HOUINSOU■ Nom directeur commercial :M. Alain Durig■ Actionnariat :CKG HOLDINGdétient 60 % du capitalde OMEIFRA AFRIQUE SACONTACT :Directeur Commercial :M. Alain DURIGEmail : adurig@omeifra.ciTél. : +225 21 75 70 35Fax : +225 21 35 27 49Boite postale : 01 BP 4073Abidjan 01- Cote d’Ivoire


CKGHoldingGROUPE CKG HOLDINGGROUPE CKG HOLDINGTél. : +225 22 40 67 91Fax : +225 22 40 67 90BP : 2530 Abidjan 06Côte d’IvoireCOMMUNIQUÉILIVOIRE LOGISTIQUEIVOIRELOGISTIQUECréée en 1997, Ivoire logistique avait pour actionnaire majoritairele Groupe Léon-Vinvent en France. Il est spécialisé dans lesopérations relatives aux fruits, Ananas - Bananes - Mangues.Ivoire Logistique est une société anonyme au capital de100 000 000 FCFA (Cent millions de francs CFA) et ayant pouractivité principale : le Transit, la consignation, le transport Maritime,Ferroviaire et routier. M. Emile Manga et M. Bernabé MIMI sontrespectivement les Directeurs généraux et financiers d’IVOIRELOGISTIQUE.© ANYKA / FOTOLIA■ Actionnariat :CKG HOLDINGdétient 75 % du capitalde IVOIRE LOGISTIQUECONTACT :DAF : M. Bernabé MIMIEmail : mimi@ivoirelogistique-ci.comTél. : +225 20 31 14 60Fax : +225 30 32 03 80Boite Postale : 06 BP 6513Abidjan 06 - Cote D’IvoireSociété de Gestion ImmobilièreLa SOGESILa SOGESI SA est une Société Anonyme avec Conseil d’Administrationau capital de 100 000 000 F CFA.La SOGESI, Société de Gestion a pour activité principale :■ L’acquisition, la mise en valeur, l’exploitation, l’administration, lagestion, la gérance, l’exploitation, la conservation, l’entretien par tousmoyens de tous immeubles en tous genres, notamment à usaged’habitation, industriel, commercial ou professionnel, en général assurerle syndic de tous immeubles. La société est autonome pour tous lestravaux connexes à l’exécution des travaux annexes.■ Actionnariat :CKG HOLDING détient 65%du capital de la SOGESICONTACT :DG : M. Félix OGOUEmail : felix.ogou@ciat.ciTél. : +225 22 40 09 20Fax : +225 22 44 16 63Boite Postale : 06 BP 1990Abidjan 06 - Côte d’Ivoire© M. BEAUREGARD / FOTOLIA


LE PLUS121PORTSRéarmésfacelaconcurrenceconcurrencePorte dʼentrée de lʼ<strong>Afrique</strong>de lʼOuest, le pays disposede deux ports en eauprofonde, qui se préparentà multiplier leur volumedʼactivités et à reprendredes parts de marchédans la sous-région.Ces deux dernières années,Marcel Gossio, le directeurgénéral du Port autonomed’Abidjan (PAA), a multipliéles voyages dans la sous-région.Objectif : reconquérir les parts demarché perdues pendant la crise auprofit des ports de Lomé au Togo, deCotonou au Bénin, ou de Tema auGhana. Selon les prévisions des responsablesdu PAA, le trafic devraitatteindre 25 millions de tonnes en2010 et doubler d’ici à 2018. Il s’estélevé à 22 millions de tonnes en2008, en légère reprise par rapport à2007 (plus 1 million de tonnes).Le commerce de produits pétrolierss’est maintenu à 9,8 millions detonnes et, avec un volume de 7,4 millionsde tonnes, les importations demarchandises générales sont égalementstables. Les exportations ontquant à elles bondi de 12,7 %, pours’établir à 4,7 millions de tonnes. Àl’avenir, les autorités misent sur uneaugmentation des échanges avec laChine – 2,5 millions de tonnes en2005 – avec le lancement d’une ligneEn projet: le lancementd’une ligne maritime directeavec Shanghai, en Chine.maritime directe entre le port deShanghai, premier au monde (plusde 430 millions de tonnes par an), etcelui d’Abidjan.Le plan de développement du PAAprévoit, d’ici à trois ans, le remblaiementde la baie de Vridi, la réhabilitationet l’approfondissement du quaiVINCENT FOURNIER/J.A.Au port d’Abidjan, le trafic est en hausse: 22 millionsde tonnes en 2008. Il devrait doubler d’ici à 2018.à engrais, l’extension des activitéssur l’île Boulay, avec la mise en placed’un nouveau terminal à conteneurset d’un autre pour le vrac, ainsi quedes magasins de stockage. D’ici à lafi n de 2011, les responsables comptentégalement lancer la rénovationdu terminal de pêche.SAN PEDRO, TÊTE DE PONTSUR L’ATLANTIQUEÀ San Pedro, à 400 kilomètres àl’ouest, l’arrivée de MSC (MediterraneanShipping Company), deuxièmearmateur mondial pour le transportde conteneurs, augureégalement d’un développementdes activités.Le groupe suisse, qui aobtenu la concession ducomplexe en septembredernier, souhaite dynamiserle trafic. L’idéeest simple. Le Port autonome de SanPedro (PASP), créé en 1972, est pourl’essentiel dédié aux matières agricoles(cacao, bois, caoutchouc), sontrafic dépendant à 60 % du cacao.Il s’agit de le transformer en port àconteneurs, destiné à desservir à lafois l’intérieur du pays, mais aussi– en améliorant le réseau de transportsterrestres – les pays voisins(Guinée, Liberia et Mali). L’objectif estde multiplier par plus de trois le traficde conteneurs, qui, pour le moment,s’élève par an à 60000 « boîtes » (soit60000 EVP, un équivalent vingt piedsreprésentant environ 30 m 3 ). Irréaliste? Pas vraiment, si l’on prenden compte le trafic actuel : environ1 million de tonnes de marchandisespassent par San Pedro, le tirant d’eauy est élevé (près de 12 mètres) etpermet donc à des porte-conteneursde bonne taille d’accéder aux futursquais, une grande partie de la zoneportuaire est encore inutilisée, et iln’y a pas réellement de port concurrentdans la région avant plusieurscentaines de kilomètres.MSC s’est engagé à construire unterminal à conteneurs offrant millemètres de quais, conférant à SanPedro la possibilité de changer singulièrementde dimension. Le présidentdu groupe, Diego Aponté, mise surun investissement avoisinant actuellement50 millions d’euros et quidevrait atteindre 200 à 250 millionsd’euros dans les quatre ans à venir. ■PASCAL AIRAULTJEUNE AFRIQUE N° 2536-2537 • DU 16 AU 29 AOÛT 2009


122 LE PLUS CÔTE D’IVOIRECAFÉ-CACAOEn attendantla réforme...Après une vaste opération mains propres ausein des instances dirigeantes de la fi lière,les autorités sont sur le point de restructurerprofondément le secteur.La filière café-cacao est toujours à la recherchede ses marques. Une fois trouvées, celles-cidevraient permettre à la Côte d’Ivoire de conserverson rang de premier producteur mondial defèves de cacao, qui lui est de plus en plus disputé par leGhana voisin et les pays d’Asie. Un an après l’incarcération,pour détournement de fonds, des responsablesdes quatre structures dirigeantes (créées en 2000 aprèsla libéralisation), les autorités ivoiriennes préparent unenouvelle réforme de la fi lière café-cacao. De l’améliorationdu système de commercialisation à l’évaluation del’impact des restructurations déjà engagées, en passantpar l’exportation, la gestion rationnelle des ressourcesL’usine Chocodi, à Vridi, doublera sa capacité de production.générées par la parafi scalité et le système d’évaluationpériodique des performances… tout est à remettre àplat. Dans un premier temps, l’objectif est de mainteniret d’augmenter les revenus des paysans, qui ont baissé aufi l des campagnes agricoles.Pour ne pas compromettre la récolte et la commercialisationde l’or brun de la saison 2008-2009, qui tire àsa fi n, le président Laurent Gbagbo a pris un décret, enseptembre 2008, pour que soit mis en place un Comitéde gestion de la fi lière café-cacao (CGFCC), organe provisoirecontrôlé par l’État et chargé de gérer la transitionavant la mise en place de la nouvelle réforme.VINCENT FOURNIER/J.A.TOUR DE TABLE MARATHONEn février dernier, un autre comité, chargé de la réformede la fi lière (CRCC), a été créé, présidé par GéraldineOdéhouri Brou (voir p. 114), membre de la cellule juridiquede la présidence. Composé de représentants de la primature,des ministères de l’Agriculture et de l’Économie,des producteurs, des banquiers, des négociants et desexportateurs, ce comité a la lourde tâche de proposer unnouveau plan de réforme sur une période de trois mois.Il s’est déjà mis à la tâche en réunissant tous les acteursde la filière, du 7 au 23 juillet, pour un séminaire deréfl exion visant à tracer les grands axes de la réforme.Les recommandations et propositions du CRCC seronttransmises fi n août à Laurent Gbagbo.Mais en attendant ces réformes tant annoncées, lasaison a été catastrophique. Les paysans, qui n’ont reçuaucun soutien à la production, se sont laissés aller audécouragement, avec de lourdes conséquences sur larécolte : 1,1 million de tonnes, contre 1,3 million en2007-2008, soit 200 000 tonnes de moins et un manqueà gagner pour l’État d’environ 68 milliards de F CFA(103,6 millions d’euros) en taxes diverses… Tous lesacteurs de la fi lière sont nostalgiques de l’époque de lapuissante Caisse de stabilisation et de soutien des prixdes produits agricoles (Caistab), avec son système deJEUNE AFRIQUE N° 2536-2537 • DU 16 AU 29 AOÛT 2009


LE PLUS123vente à terme et de prix garantis aux paysans. Cettestructure unique, qui a géré pendant plusieurs décenniesle binôme café-cacao, a été démantelée en 2000sous la pression de la Banque mondiale et du Fondsmonétaire international (FMI), qui l’accusait d’être la« caisse noire » du régime. « Il faut remettre le paysanau cœur du système en lui fi xant un prix minimumgaranti. Il faut revenir aux ventes à terme et mettrefi n au système de ventes spot, explique un membre ducomité de réforme. Et cela passera sans doute par lacréation d’une seule structure non budgétivore. »VERS UNE STRUCTURE UNIQUEFin juillet, une importante délégation du CRCCs’est rendue au Ghana pour s’inspirer de l’exemple duCocoa Board (Cocobod), la structure unique chargéede la gestion et de la commercialisation du cacao auGhana. On s’achemine donc de toute évidence vers ladissolution de la Bourse du café et du cacao (BCC), duFonds de régulation et de contrôle (FRC), de l’Autoritéde régulation du café et du cacao (ARCC) et du Fondsde développement et de promotion des activités desproducteurs (FDPCC), les quatre organes directeursde la fi lière, créés en 2000 après la disparition de laCaistab. La mise en œuvre du mécanisme issu de laréforme se fera graduellement, dès la prochaine campagneagricole. ■BAUDELAIRE MIEU, à AbidjanPLAN D’URGENCEPOUR LE COTONDANS LE NORD DE LA CÔTE D’IVOIRE, principalezone de production du coton, l’or blanc a perdu de sonéclat. D’une récolte de 400000 tonnes de coton-graineen 2001-2002, la production a chuté jusqu’à 163000 tonnesen 2008-2009, les surfaces cultivables se réduisantdans le même temps de 266 000 à 150 000 hectares.Durement affectée par les effets conjugués de la crisecivilo-militaire de 2002 et de la conjoncture internationale,la fi lière est frappée, de l’avis du ministère del’Agriculture, par une désorganisation qui a démotivé lesproducteurs et « traverse une crise sans précédent ».Pour sauver le secteur de la banqueroute, le gouvernement,avec l’appui de l’Union européenne, a adoptéune stratégie globale de relance, dont l’objectif est d’impulserune nouvelle dynamique pour renouer avec lacroissance et contribuer à la lutte contre la pauvreté enmilieu rural, en augmentant et en sécurisant le revenudes producteurs. Ce plan d’urgence prévoit notammentle fi nancement des intrants aux producteurs pour améliorerla production et l’apurement des dettes afin deconsolider le secteur. Un fi nancement global de 10 milliardsde F CFA (plus de 15 millions d’euros) a été injectécette saison dans la fi lière. ■ B. M.


124 LE PLUS CÔTE D’IVOIRETOURISMECapsur le développementrégionalLʼÉtat et les professionnelsdu secteur mettentles bouchées doubles pourséduire, comme avant,les vacanciers étrangers.Conférence internationalesur la relance touristique,restructuration du secteur,exonération de taxes surles investissements, institution d’unfonds de développement, participationaux salons internationaux, lobbyingtous azimuts… l’État ne lésinepas sur les moyens pour relancer sonactivité touristique.Deux structures, la Société de développementdu tourisme de la régiondes Lacs (Sodertour-Lacs, Centre),d’un capital de 7 milliards de F CFA(10,6 millions d’euros), et la Sociétédes palaces de Cocody (SDPC, Sud),au capital de 10 milliards de F CFA,ont déjà été créées. Cinq autres sociétéssont en cours de création, l’objectifétant la mise en valeur des potentialitéset des spécificités touristiquesÀ 80 km à l’est d’Abidjan, la plage d’Assinie retrouve peu à peu ses amateurs.de chaque province, avec une forteimplication des conseils régionaux.LE RETOUR DU CLUB MEDPar ailleurs, l’État a mis sur la tableune enveloppe de plusieurs dizainesde milliards de francs CFA pour laréhabilitation des différentes infrastructureshôtelières de l’ex-Sietho, lasociété <strong>pub</strong>lique en charge, jusqu’àla fi n des années 1980, de la réalisationet de la gestion des sites et établissementsd’accueil touristiques. ÀAbidjan, l’hôtel Ivoire, concédé à unopérateur privé, est en cours de rénovationet rouvrira ses portes en 2010.Avec la réouverture annoncée du ClubMéditerranée d’Assinie, la reprise destour-opérateurs et la création de circuitstouristiques, la Côte d’Ivoireespère attirer tous types de clientèle– y compris les locaux – et atteindreles 500 000 visiteurs en 2010. ■BAUDELAIRE MIEUISSOUF SANOGO/AFPTÉLÉCOMSLe boom du mobileSur un marché saturé, deux nouveauxopérateurs vont lancer leurs activitésavant la fi n de lʼannée.Orange, MTN, Moov, Koz ou GreenN? Avec cinqopérateurs de téléphonie mobile, les Ivoiriensont l’embarras du choix. Comme si cela ne suffisaitpas, deux nouveaux groupes, l’émiratiWarid Telecom et l’indien R.Com, se lanceront avant lafin de l’année à l’assaut des consommateurs. Ces dernierss’en réjouissent. Mais l’Agence des télécommunicationsde Côte d’Ivoire (ATCI) a déjà prévenu : « Il n’y a plus delicence disponible, la Côte d’Ivoire se limitera à ces septopérateurs de mobile. » Difficile, dans ce contexte saturé,d’évaluer la part de marché qu’auront les deux nouveauxvenus…Le dernier rapport de l’ATCI donne 38,6 % de part demarché à Orange, 34 % à MTN, 17 % à Moov et 10,4 % àKoz. Des chiffres qui, même caducs (enregistrés avant lelancement des activités de GreenN, début 2009), reflètentla réalité du terrain.Si, pour l’heure, le nombre d’abonnés est fonction del’ancienneté, la guerre fait rage. Les opérateurs rivalisentde stratégies marketing pour améliorer leur part de marché,et le secteur est en pleine croissance: son chiffre d’affaires,de 300 milliards de F CFA (458 millions d’euros) en2006, a atteint 682 milliards de F CFA en 2008. ■B. M.JEUNE AFRIQUE N° 2536-2537 • DU 16 AU 29 AOÛT 2009


La Compagnie Abidjanaise de Réparations Navales (Carena ) est née en 1952en même temps que l’ouverture du canal de Vridi qui a permis la naissance duPort Autonome d’Abidjan et le développement spectaculaire de la ville. CARENAest le leader de réparations navales, petites constructions neuves et tous travauxindustriels dans le Golfe de Guinée. Notre activité industrielle engendre uneproduction moyenne de plus d’un million d’heures par an. Son effectif peutatteindre en période de pointe près de 1 000 personnes et de nombreux soustraitants.Nosréférences, nos installations, notre expérience et une équipe soudéefont de CARENA un acteur incontournable en <strong>Afrique</strong> de l’Ouest.RÉPARATIONS• Réparations navales ou refontes de thoniers senneurs, supply vessels,offshore barges.• Réparations majeures sur des navires endommagés• Travaux de maintenance avec des clients prestigieux comme ACERGY,CMB, INTERSHIP, MAERSK, LAMNALCO, TIDEWATER, SEACOR,BOURBON, PETUSA, NICRA 7, SDV/SAGA ...CONSTRUCTIONS NEUVES• Pilotines pour les Port Autonomes de Lomé et Abidjan• Différentes barges jusqu’à 700 T• 1 barge automotrice pour l’Armée Française• Plus de 10 bacs amphidromes pour le Ministère des Routes• Différentes structures pour l’offshoreRÉALISATIONSCHAUDRONNERIECet atelier, le principal, est équipé de machines à découper (OXYTOME), depresses hydrauliques, de rouleuses, de matériel de soudage et tout ce quiest nécessaire à la bonne réalisation des travaux métallurgiques. Son stockpermanent de plus de 400 tonnes de tôles grenaillées pré peintes et agrééespar le BV, l’ABS et le Lloyd sont un atout supplémentaire pour CARENA.TUYAUTERIEAutour des outillages standards dans ce type de travaux, CARENA possèdeen stock de nombreux formats de tubes pour répondre à toutes lesdemandes de ses clients.CARENA possède un équipement spécifique pour la réfection des fi letagesde tubes de forage, grâce à son tour DEMOOR, nous pouvons répondre àtoutes demandes des pétroliers.MÉCANIQUEAvec plus de 30 machines-outils, maintenue à un haut niveau deperformance, sa fonderie pour la réfection de certains paliers régulés et saconnaissance des moteurs marins, CARENA répond aux préoccupations desarmateurs. CARENA est «second dealer» CATERPILLAR, représentant exclusifde SCHOTTEL, BAUDOUIN, NANNI DIESEL.STATION DE SAUVETAGELa station CARENA est agréée pourl’inspection et les visites sur les typessuivants : RFD, (BEAUFORT, LIFEGUARD),ZODIAC ( BOMBARD), VIKING, DUARRY...CARENAGE/PEINTURELavage Haute Pression, sablage, applicationaux pompes AIRLESS, pompe à vide pourles capacités intérieures, CARENA possèdeles équipements nécessaire à la réalisationrapide des travaux d’entretien sur toutessurfaces. Représentant AKZO NOBEL(International Celomer).Les représentants locaux de SIGMA etHEMPEL apportent leur soutien au chantier.CARENA C’EST AUSSI DES ATELIERSD’ÉLECTRICITÉ ET DE CHARPENTAGE/MENUISERIE.SERVICES


LE PLUS127BANQUESLesfinanciers àla reconquêteduNordDepuis deux ans, lʼamorce de la sortie de crise a dissipé les craintes sécuritaires et conduitles établissements bancaires à redéployer leurs activités.En septembre 2002,des craintes sécuritairesavaientamené les banquesà fermer leurs agencesdans la partie nord dupays. Aujourd’hui, l’heureest à la reconquête. Lesuns après les autres, lesgrands établissementsbancaires ont rouvert lesagences qu’ils avaient fermées.La première à seredéployer dans le Nord en2006, en pleine crise, a étéla Banque atlantique Côted’Ivoire. La Banque nationale d’investissement(BNI), établissement <strong>pub</strong>lic, asuivi, en février 2007. Puis, tour à tour,la Société générale de banques en Côted’Ivoire (SGBCI, groupe Société générale),la Banque internationale pour l’<strong>Afrique</strong>de l’Ouest (BIAO, groupe NSIA) etla Banque internationale pour le commerceet l’industrie de Côte d’Ivoire(Bicici, groupe BNP Paribas) ont suivile mouvement. BOA, Ecobank, CNCE…Aujourd’hui, toutes les enseignes sontprésentes dans l’ex-zone rebelle et doiventdésormais composer avec les institutionsde microfinance qui se sontdéveloppées pendant leur absence. Deson côté, la Banque centrale des ÉtatsLe siège de la SGBCI dans le quartier de Vridi, à Abidjan.de l’<strong>Afrique</strong> de l’Ouest (BCEAO), dontles locaux avaient été pillés et saccagésà Bouaké, Korhogo et Man, étudie lespossibilités d’une reprise.UN MARCHÉ TRÈS CONCURRENTIELAvec 26 établissements, dont 22 enactivité, et un réseau de 200 agences,le système bancaire ivoirien demeure leplus solide de l’<strong>Afrique</strong> de l’Ouest francophone.Sur tout le territoire, pour appuyerleur redéploiement, les banquescommerciales offrent une large gammede produits: comptes de dépôt, prêts,assurances, épargne, placements, etc.Et des opérations de séduction sontorganisées pour fi déliser les anciensclients et en attirer de nouveaux:elles revoient leursfrais de service à la baisseet multiplient les ouverturesd’agences de proximité.Les campagnes de <strong>pub</strong>licitésont aussi agressives quela concurrence est rude.Outre la traditionnelleclientèle de fonctionnaireset de salariés du privé, lesétablissements bancairesvisent désormais les coopérativesde vendeuses demarché, la diaspora, ainsique l’ensemble des opérateurséconomiques, sans oublier laclientèle dite « <strong>corporate</strong> », celle desgrands portefeuilles.Le marché ivoirien connaît une fi è-vre sans précédent. En 2008, les banquesont mobilisé 2 394,75 milliardsde F CFA (3,6 milliards d’euros) contre2 176 milliards en 2007, soit une progressionde 10 %. Pour cette année, laprofession prévoit une croissance dopéepar la normalisation, lente mais sûre,de la situation politique et, surtout, parle démarrage des activités de « petits »nouveaux dont Crystal Bank Corporation(CBC), Diamond Bank, ZenithBank et Sky Bank. ■VINCENT FOURNIER/J.A.BAUDELAIRE MIEULivingroomconceptemail: livingroom_concept@hotmail.frRue de l’Industrie, Zone 3(à coté de Spiral)18 BP 168 Abidjan 18Ré<strong>pub</strong>lique de Côte d’IvoireTel: +225 21 75 0627Fax: +225 21 75 1400


MINISTERE DE L’ ÉCONOMIE ET DES FINANCESDIRECTION GÉNÉRALE DES IMPÔTSLA DIRECTION GÉNÉRALE DES IMPÔTSDepuis huit ans, la Côte d’Ivoirerésiste aux effets de la crisequ’elle traverse. Cette résistanceest en grande partie,imputable aux performancesde ses trois régies financièresdont la Direction générale desImpôts dirigée depuis février2000 par Monsieur KESSE FehLambert.MessageLes recettes de la Direction généraledes Impôts sont en progressionconstante de l’ordre de 15 % enmoyenne par an depuis ces cinqdernières années ; sa contribution auBudget de l’État s’est sensiblementaccrue et représente aujourd’hui plusde 50 % des recettes totales.Ces résultats positifs enregistréspar l’administration fiscale ivoirienneces dernières années sont d’autantplus appréciables que l’activité de sesservices se déroule dans un contextede crise marqué par :■ la rareté des ressources <strong>pub</strong>liqueset les tensions de trésorerie liéesaux besoins de financement duprogramme de sortie de crise et àla faiblesse des appuis budgétairesextérieurs ;■ le développement de l’incivisme fiscal,de la fraude fiscale et du secteurinformel;■ les difficultés économiques et financièresde nombreuses entreprisesivoiriennes ;■ le coût fiscal des mesures desoutien aux entreprises renduesnécessaires pour préserver le tissuéconomique national et limiter lesdélocalisations d’entreprises.Les bonnes performances financièresdes services fiscauxM. KESSE Feh, Directeur Général des Impôts de Côte d’Ivoire.ivoiriens sont d’abord le fruit d’unepolitique fiscale pertinente ayant pourobjectifs : l’optimisation du rendementde l’impôt, l’assainissement desbases de l’économie, l’allégementdes charges fiscales des entrepriseset des ménages et la relance des activitéséconomiques. Les principalesmesures prises ces dernières annéesconcernent :■ la rationalisation de l’assiette et du recouvrementde certains impôts à hautrendement (l’impôt sur le bénéfice, lataxe sur la valeur ajoutée, la contributiondes patentes, l’impôt foncier) envue d’accroire leur rendement ;■ la réduction du taux de l’impôt surles bénéfices des entreprises de35 % à 25 % pour renforcer l’attractivitédu pays.■ la réduction du taux de la TVA de20 % à 18 % et l’institution d’un tauxréduit de 9% sur certains produits depremière nécessité ;■ les mesures d’allégement et d’annulationd’impôts au profit des entreprisesfermées ou délocalisées du faitde la crise ;■ les mesures spécifiques de relancedes secteurs en difficulté du fait dela crise : l’hôtellerie, le tourisme, lestransports, l’agro-industrie, le textile,l’habitat etc.Les succès de l’administration fiscaleivoirienne sont également le fruit desactions initiées en matière de modernisationet de gestion de l’impôt afinde parvenir à une véritable administrationde service.Ces actions ont porté sur :■ une large déconcentration desservices et un partage des responsabilitéschefs de services centrauxet opérationnels ;■ la création de nouveaux des servicesde base afin de rapprocher lescontribuables de l’Administrationfiscale ;■ la mise en place de la gestion parobjectifs ;■ le renforcement de la surveillanceet de la gestion des impôts à hautrendement;■ le développement de l’outil informatiquepar la création d’une applicationmoderne, le site central, qui apermis l’interconnexion de plus de80 % des services de la DGI ;■ le renforcement de l’ensemble desmoyens matériels de la DirectionGénérale des Impôts.La modernisation de l’Administrationfiscale ivoirienne s’est accompagnéed’une politique de promotion et de


MINISTÈRE DE L’ ÉCONOMIE ET DES FINANCESDIRECTION GÉNÉRALE DES IMPÔTSvalorisation des ressources humainesvisant à améliorer les conditions devie et de travail des agents impôtset limiter le risque moral à travers,notamment :■ la création d‘un centre de formationcontinue des agents, à vocationsous régionale;■ la promotion de l’excellence et dela déontologie fiscale qui permetchaque année, de distinguer etde récompenser au cours d’unecérémonie solennelle les meilleursagents des Impôts ;■ le renforcement de l’action socialeen vue d’une meilleure prise encharge sanitaire et médicale desagents.En outre dans le cadre durenforcement de ses rapportsavec le secteur privé, la DGI deCôte d’ivoire a initié un dialogueconstructif avec le secteur privé, àtravers deux structures partiairesoriginales :■ le « Cercle d’Échanges et deRéflexion » (CER), réunissant périodiquementl’Administration fiscaleet le Patronat au sein laquelle sontdébattues toutes les préoccupationsdu secteur privé relative à la législationet à l’administration fiscales ;■ l’Observatoire des contrôles fiscaux,structure de veille et d’alertedestinée éviter les dérapages àl’occasion des contrôles ou desprocédures de recouvrement ;Il convient d’ajouter que la Directiongénérale des Impôts de Côte d’Ivoirea régulièrement participé ces dernièresannées aux rencontres organiséespar le Mouvement des Entreprises deFrance (MEDEF), le club UBI Franceet diverses autres organisations d’entrepriseset chambres de commercesétrangères.Par ailleurs dans le but de mieux répondreaux attentes des contribuableset du secteur privé, la DGI s’est engagéedepuis deux ans dans une démarchequalité dont l’objectif est d’offrir unservice <strong>pub</strong>lic fiscal de qualité à sesclients et de parvenir à la certificationde ces services à la norme ISO 9001àl’horizon 2010.Ces bons résultats et ces bonnesinitiatives ne font pas perdre de vueaux autorités fiscales ivoiriennes,les défis importants à relever parl’Administration fiscale au cours desprochaines années pour assurerefficacement ses missions. Cesdéfis concernent : la lutte contre lafraude fiscale et le renforcement dela communication et la promotion ducivisme fiscal.En effet, la lutte contre la fraudefiscale demeure une préoccupationmajeure de l’Administration fiscaleen raison de sa persistance et ducaractère complexe et multiforme dece fléau. A ce sujet, d’importantesmesures ont été prises ces dernièresannées que la DGI ivoirienne entendrenforcer à savoir :■ l’application de la facture normaliséeet sécurisée obligatoire dans leséchanges entre commerçants afinde parvenir à une maîtrise des transactionscommerciales, lutter contreles ventes sans factures et prévenirla fraude à la TVA ;■ le renforcement au profit de l’administrationfiscale, des moyensjuridiques de lutte contre la fraudefiscale (notamment le droit de communication,le droit d’enquête et ledroit de visite) ;■ l’amélioration des capacités derecoupement et de contrôle del’administration fiscale à travers lacréation d’une banque de donnéeséconomiques et fiscales dénommée« INFOCENTRE ».En ce qui concerne la communicationet la promotion du civismefiscal, le défi à relever est de parvenirà un véritable changement dementalité induisant un nouveau rapportdu citoyen ivoirien à l’impôt. Surce point, la DGI ivoirienne entendpoursuivre et renforcer les actionsentreprises. Il s’agit notamment de :■ l’introduction du civisme fiscal dansle système scolaire de base etson extension prochaine au cyclesecondaire ;■ la poursuite de la sensibilisation àtravers les média en particulier ladiffusion des deux émissions grand<strong>pub</strong>lic télévisées et radiodiffuséesproduites par l’Administration fiscaleivoirienne dénommées « L’impôt etvous » et « le maquis des impôts ».En termes de perspective, ladéfinition des axes prioritaires dudéveloppement l’Administration fiscaleivoirienne a été confiée à un comité deprospective interne chargé de préparerle plan de modernisation de la DGIpour les cinq prochaines années. Ceplan stratégique prévoit notamment àl’horizon d’ici à 2015, l’introduction dela télé déclaration et du télépaiement.En conclusion, la Côte d’Ivoire ale souci de mettre en place uneAdministration fiscale moderne etperformante qui réponde aux standardsinternationaux et qui, tout enréalisant pleinement les objectifsbudgétaires qui lui sont assignéschaque année, offre aux contribuablesun service <strong>pub</strong>lic fiscal dequalité.* Les premiers résultats positifs de ces mesuressont perceptibles. Ainsi l’institution de lafacture normalisée et les mesures de surveillancede la TVA ont permis une progressiondes recettes de TVA de l’ordre de 20 % sur lapériode 2006/2009.BP V 103 Abidjan – Tour E CitéAdministrative – 11 ème étageTél. : +225 20 21 75 61 /20 22 65 82 / 2022 95 55Email : infodgi@dgi.gouv.ciSite web : www.dgi.gouv.ciLigne verte : +225 80 08 88 88


130 LE PLUS CÔTE D’IVOIREURBANISMEProjetsdevillesLʼun des plus grands défi s du pays sera, incontestablement, la maîtrisede son développement urbain. À commencer par lʼhabitat.Dans les ruesd’Attécoubé,à Abidjan, on vit lespieds dans la boue.VINCENT FOURNIER/J. A.Avec la fin de la crise, le paysdevrait redevenir une plaquetournante du commercerégional. La croissance,un temps interrompue, atteindra 3 %cette année et probablement beaucoupplus les années suivantes. Les démographesprévoient que la populationtotale du pays pourraitatteindre, voire dépasser,les 40 millions d’habitantsen 2050. À cettedate, entre 25 millionset 30 millions de personnesdevraient vivredans les villes, contrela moitié de la population actuellementet seulement 20 % dans lesannées 1960. « Les responsables dela politique de la ville sont engagéssur tous les fronts. Il y a bien sûr lesgrands programmes de développementà Abidjan et à Yamoussoukro,mais aussi ceux des six centres secondaires:Bouaké, San Pedro, Korhogo,Odiénné, Daloa et Bondoukou », expliqueun ancien conseiller du ministèrede la Construction. La demande esttelle qu’il faut construire de nouvelles« Si rien n’est fait rapidement,le nord-ouest d’Abidjan vadevenir un énorme bidonville. »villes à la périphérie de celles existantes.Ce n’est pas toujours facile, mêmesi les terres non immatriculées appartiennentà l’État. Il faut tenir comptedu droit coutumier et voir commentdédommager les villageois ou les intégrerdans le projet urbain.DE LA DÉCENTRALISATIONÀ L’INITIATIVE PRIVÉELes besoins nationaux sont estimésà plus de 50 000 logements paran, dont plus de 25 000 pour la seuleagglomération d’Abidjan. La productionactuelle ne dépasse guère plus de4 000 unités. Il faut aussi prévoir lesplans d’aménagement urbain (latrines,eau, électricité) sans lesquelsla vie des populations est un enfer.Actuellement, à peine 49 % des ménagesont accès à des installations sanitairesappropriées, les investissementsnécessaires en matière d’assainissementet de drainage s’élevant à plusde 500 milliards de F CFA (762 millionsd’euros).JEUNE AFRIQUE N° 2536-2537 • DU 16 AU 29 AOÛT 2009


LE PLUS131Des années 1960 au début desannées 1980, les secteurs de l’urbanisme,de la construction et destravaux <strong>pub</strong>lics accaparaient à euxseuls 50 % des budgets d’équipementde l’État. Mais les mesures d’ajustementstructurelles imposées par lesinstitutions de Bretton Woods dansles années 1990 puis la crise politicomilitaireont fait naître une autreconception de l’aménagement, quirepose sur la décentralisation versles municipalités. Aujourd’hui, l’Étata défini une politique de l’habitatdont l’un des objectifs majeurs estde promouvoir les initiatives privées.Se recentrant sur un rôle plus régalien,les autorités ont mis en placeun certain nombre de mécanismes defacilité ou d’exonération au profit desopérateurs.PLUS DE 70 QUARTIERS PRÉCAIRESDANS LA CAPITALE ÉCONOMIQUEÀ Abidjan, les promoteurs immobiliersne manquent pas, mais la gestionurbaine reste préoccupante. La ville,où vivent actuellement 3,9 millionsCentre commercial et bureaux, près du boulevard Giscard-d’Estaing, à Abidjan.d’habitants (5,8 millions avec la périphérie),compte 72 quartiers précaires,que sont venus grossir les rapatriés duNord au lendemain de la tentative decoup d’État de septembre 2002. « Lacapitale économique grignote, sous lapoussée démographique, entre 500 et600 hectares de terre par an, expliqueDiakité Oumarou, directeur techniquede Sophia Immobilier. Si rien n’est faitrapidement, le nord-ouest de la villesera occupé avec un tel désordre etune telle incohérence qu’il deviendraun énorme bidonville. »▲▲▲VINCENT FOURNIER/J.A.Support de Crédit & Tierce DétentionPour le Financement et la sécurisation d’actifs(matières premières agricoles, minérales et autres produits)Contrôle Qualité & Poids


132 LE PLUS CÔTE D’IVOIREÀ l’est, la villes’étire également versBassam, gagnant sur lesplantations. Les problèmesd’habitat insalubre,de non-respect des normes,de nuisances et de pollutionindustrielle et sonorese multiplient. Le manqued’ouvrages de consolidation,notamment de canauxen béton, entraîne une érosionqui est souvent à l’originede l’envasement desbaies. De même, l’insuffisanced’aménagement desbassins d’orages engendredes inondations en périodede pluie.▲▲▲UNE PRIORITÉ :L’ASSAINISSEMENT« Il faut revoir le pland’urbanisme, qui date de1979, explique l’architecteIssa Diabaté. Nous avonsbesoin d’un nouveau documentdirecteur pour uneagglomération qui pourraitaccueillir 10 millionsde personnes en 2050 etles dépasser à plus longterme. » Pour faire face à ces problèmes,les autorités ont néanmoins lancéun programme d’urgence pour la miseen conformité des infrastructuresd’assainissement. Coût : 424 millionsde F CFA (646384 euros). Le chantierconcerne les communes de Koumassi,Cocody et Plateau. « Nous essayonsde faire ce que nous pouvons avecles moyens dont nous disposons »,confiait Marcel Amon-Tanoh, le ministrede la Construction, de l’Urbanismeet de l’Habitat, en mai dernier.ABIDJAN XXLLe chantier du nouveau palais présidentiel,à Yamoussoukro.LES AUTORITÉS ONT DÉVOILÉ, EN DÉCEMBRE 2008, le projet duGrand Abidjan. Il prévoit la réalisation d’un ensemble d’infrastructuresroutières – notamment deux autoroutes qui vont relier Abidjan,Grand-Bassam et Bingerville –, une station balnéaire sur l’îleBoulay, un troisième pont qui reliera le sud et l’est de la ville, unquartier d’affaires qui va encadrer un grand parc urbain ouvert surla lagune, ainsi que de nouveaux quartiers d’habitation. Une partiedes travaux, qui ont débuté en mars dernier, a été confiée à PierreFakhoury Operator (PFO, dont le siège est à Paris), notamment l’extensiondu Port autonome d’Abidjan (voir p. 121) sur l’île Boulay,où seront créés de nouveaux quartiers permettant d’accueillir unmillion d’habitants. ■P.A.VINCENT FOURNIER/J. A.On construit surtoutdes immeublesde standing, pourles plus aisés.Les autorités prévoient égalementde décongestionner la capitale économiqueen créant un grand pôle urbainau nord-ouest de la ville. Le tempspresse et l’État ivoirien s’est tournévers la Chine. Le projet est mené parTouré Ahmed Bouah, patron de SophiaImmobilier, avec l’appui du Bureaunational d’études techniques et dedéveloppement (BNETD, pour lesgrands travaux), du Centre de promotiondes investisseurs en Côte d’Ivoire(Cepici) et de l’Agence de gestion foncière(Agef). Le Peking InvestmentFounder Group, fonds d’investissement<strong>pub</strong>lic, et les banques chinoisesdevraient prêter une partie du fi nancementestimé à 5 000 milliards deF CFA (7,6 milliards d’euros). Ce pôles’étendra sur 12 000 ha. Il comprendnotamment un programme d’aménagement,couplé à un volet immobilierde 50 000 logements destinés auxenseignants, aux forces de l’ordre etde sécurité ainsi qu’aux travailleurs dusecteur privé. La maîtrise d’ouvragedevrait être confiée au China ArchitecturalGroup et au BNETD.UN GRAND ABSENT :LE LOGEMENT SOCIALLe transfert des institutions àYamoussoukro répond également aubesoin de « décongestionner » Abidjan.La construction du Parlement est encours d’achèvement et les travaux de laprésidence viennent de commencer.Dotée d’un plan d’urbanisme adéquat,la capitale politique s’apprêteà accueillir de nouveaux arrivants.Selon les projections, la populationdevrait passer de 300 000 personnesactuellement à 1 million en 2050.À Bouaké, le Premier ministre,Guillaume Kigbafori Soro, a lancé enjuin le Projet d’urgence d’infrastructuresurbaines (PUIUR), qui doit améliorerl’accès des populations aux prestationsde base : alimentation en eaupotable, assainissement, gestion desdéchets, réhabilitation de la voirie.Tous ces projets ne répondent pas,pour l’instant, aux besoins en matièred’habitat social, pour lesquels lespouvoirs <strong>pub</strong>lics n’ont pas encoretrouvé les financements nécessaires.Les promoteurs construisentdonc essentiellement des immeublesde moyen et grand standing, qu’ilsrevendent aux plus aisés et à la diaspora.Ces derniers, à leur tour, lesrevendent, les louent, en font leurrésidence secondaire… ou leurdeuxième bureau. ■PASCAL AIRAULTJEUNE AFRIQUE N° 2536-2537 • DU 16 AU 29 AOÛT 2009


134 LE PLUS CÔTE D’IVOIREVINCENT FOURNIER/J.A.Au port d’Abidjan.SOCIÉTÉRoulez jeunesse!80 % de la population a moins de 35 ans. Ils sont des millions à se sentir marginalisés.Et nombre dʼentre eux voteront pour la première fois lors du scrutin présidentiel.«Les jeunes vont aux champs et enlèvent la roséepour le vieux qui suit leurs pas. Si ce dernierveut passer devant, on ne le suit plus », peutonentendre dans les villages ivoiriens. Dansl’entourage du Premier ministre, on considère que l’actuelconflit est aussi une crise de générations, avec desleaders politiques qui n’ont pas voulu faire une place àleurs cadets.Les moins de 20 ans représentent pourtant aujourd’huila moitié de la population. Laissés-pour-compte, confrontés,pour nombre d’entre eux, à la misère quotidienne, auchômage, à l’insuffisance de fi lières de formation adaptéeset d’infrastructures socio-éducatives, ils se sont faitentendre bruyamment lors de la crise civilo-militaire.Dans le Nord comme dans le Sud, beaucoup ont prisles armes pour rejoindre les rangs de la rébellion et desmilices. Au lendemain des événements de novembre 2004,nombreux sont ceux qui ont encore répondu à l’appel deCharles Blé Goudé (voir p. 113) – « Si tu manges, lève-toi ;si tu dors, lève-toi… » – pour manifester contre la France.« Je n’ai pu arrêter mon fi ls de 15 ans, raconte un préfetde la Ré<strong>pub</strong>lique. Le doux pays Houphouët, il ne connaîtpas. J’ai compris, ce jour-là, que je devais revoir ma grilled’analyse et sortir des schémas traditionnels. »Une bonne partie de la jeunesse ivoirienne vitaujourd’hui dans les villes. Elle se nourrit de petitsboulots, regarde la télé, rêve de lendemains meilleurs,s’exprime et plaisante en nouchi, l’argot du pays, langueintracommunautaire, mélange de dioula, de baoulé, debété ou encore d’attié. Le jour du scrutin présidentiel,plus de 50 % de l’électorat devrait avoir moins de 35 ans.Beaucoup accompliront leur devoir électoral pour la premièrefois. À qui feront-ils payer la facture de la crise ? ■PASCAL AIRAULTJEUNE AFRIQUE N° 2536-2537 • DU 16 AU 29 AOÛT 2009


LE PLUS135Ange Vincent SayéZirihi (à dr.), responsable desÉcoles de la paix mises enplace par les bénévoles deSant’Egidio pour donner unenseignement auxjeunes des bidonvilles.Il est ici aux côtés desenfants de la rue de Port-Bouët, à Abidjan, auxquels lacommunauté laïque apporteune assistance matérielle etspirituelle. En Côte d’Ivoire,Sant’Egidio lance aussiun nouveau programmed’inscription à l’état civil desenfants. Environ 4 millionsd’entre eux n’ont pasd’extrait de naissance.VINCENT FOURNIER/J.A.BERGOUNHOUX/ANDIA.FRGrande ville du Nordet carrefour commercialde la sous-région,Korhogo compte prèsde 200000 habitantset une jeunesse dynamique.Bien que situé en payssénoufo, le départementde Korhogo accueilledes Ivoiriens issusdes différentes régionset nombre de Burkinabè,qui travaillent notammentdans les plantationsde coton, culturephare de la zone.L’île Boulay, au larged’Abidjan, est devenuel’un des lieux les plusprisés de la jet-set.Les plus riches – Ivoiriens,Européens et Libanais –y possèdent des villasde charme. On s’y renden hors-bord, on s’yadonne aux loisirsnautiques et à la pêche.Un rêve loin d’être à laportée de tout le monde.VINCENT FOURNIER/J.A.JEUNE AFRIQUE N° 2536-2537 • DU 16 AU 29 AOÛT 2009


136 LE PLUS CÔTE D’IVOIRECULTUREQuandles artistes sʼen mêlentHumoristes, poètes, musiciens, plasticiens, architectes, réalisateurs...Ces dix dernières années ont vu émerger une nouvelle génération de créateursparticulièrement prolifiques. Et dont les lieux dʼexpression se multiplient.Jeanine Zogo à Kajazoma, sa villa-restaurant-galerie d’art.Sur le mur, les photographies peules de Sandrine Soulard.Tout les oppose sur les planches,mais leur amitié estnée d’un même sens del’autodérision. « À la fin desannées 1990, nous étions les VMC– Va me chercher ci ou ça (souvent lecafé ou le thé) – de nos troupes respectives», explique dans un grandéclat de rire l’humoriste Zongo, NestorGolé de son vrai nom, partenaireà la scène de Tao. « On se fréquentaitsur les plateaux télé et, à forcede se côtoyer, on a vu qu’on pouvaitfaire un bon duo. » C’est ainsi que lescompères ont décidé d’incarner deuxpersonnages, toujours ensemble, maisjamais d’accord.L’ascension de Zongo, caricature del’analphabète mossi, et de Tao, dignereprésentant de l’intellectuel africainbègue, commence au lendemain ducoup d’État de 1999. Le duo dénonceavec humour les travers des musulmanset des chrétiens ou décortiquel’actualité sociopolitique. Dans LaRé<strong>pub</strong>lique des imbéciles, ils s’amusentdes politiciens peu scrupuleux obnubiléspar leurs seuls intérêts. Zongo etTao font partie de cette jeune générationd’artistes qui a émergé pendantles années de crise. Preuve s’il en étaitbesoin que les conflits ne sont pas toujoursdes périodes marquées par l’absencede création ou la mise en placed’une esthétique offi cielle imposée.Autre humoriste en vogue, AdamaDahico, devenu célèbre en jouant LeCandidat de Doromikan (« l’art dela parole d’ivrogne », en malinké).Formé notamment par Sidiki SigiriBakaba, le directeur du Palais de laculture de Treichville, Dahico laisse« Nous voulons que la languede la rue entre dans lepatrimoine culturel ivoirien. »même entendre – comme Coluche, enFrance, en 1981 – qu’il se présentera àla présidentielle. Il est aussi le directeurdu Festival international du rired’Abidjan (Fira) depuis 2003.Comme Tao et Zongo, il utilise lenouchi, argot ivoirien, dans ses sketches.Ils ne sont pas les seuls.À 23 ans, avec ses nattes perlées,sa bouille enfantine et ses tee-shirtsde rappeuse, Natacha Flora SonloueAka, alias Nash, en a fait sa marqueVINCENT FOURNIER/J.A.de fabrique. N’en déplaise aux détracteursdu nouchi, qui considèrent quecette langue de la rue abaisse leniveau de la musique ivoirienne.LA GRANDE « NOUCHIYA »Les frères Traoré, Amadou et Ibrahim,poètes et slameurs, ont égalementdécidé de sortir ce moyen d’expressionde son « ghetto » et préparentun album. « Nous voulons que lenouchi entre dans le patrimoine dela culture ivoirienne », explique Amadou.La grande nouchiya (« famillenouchi ») compte encore des rappeurs,comme Nooka, du groupe Wansh Way,qui produit les titres de son albumPrends mon gbô (« Prends ma main,mon bras ») dans les sound systems,événements musicaux de la ville.D’autres artistes appartiennent aumême gbonhi (« famille artistique »),comme le caricaturiste Zohoré Lassane,dit Z, qui, après un passage éclairdans la <strong>pub</strong>, a créé le journal satiriqueGbich (« baffe », en nouchi). Fort deson succès (20000 exemplaires venduspar semaine), Z emploie aujourd’huiune vingtaine de caricaturistes et alancé deux nouveaux titres, Go magazine(magazine de « la femme », ennouchi) et un journalpolitique : Kpakpato(« celui qui rapporteles faits, le curieux »).Et cultive désormaisnombre de projets dansla bande dessinée et ledessin animé.Depuis cinq ans, le cinéma ivoirienretrouve également une petite vitalité.Avec l’avènement du numérique,on compte en moyenne un nouveaufi lm tous les trois mois, même si ceuxciconnaissent souvent des problèmestechniques en matière d’image et deson. À noter les productions commeCoupé décalé, de Fidiga de Milano,Le Bijou du sergent Digbeu, d’AlexKouassi, Signature, d’Alain Guikou,ou Un homme pour deux sœurs,▲▲▲JEUNE AFRIQUE N° 2536-2537 • DU 16 AU 29 AOÛT 2009


Fondée en 2001 par amourdu design, du style et destendances, ORCA a pourconcept de présenter desambiances complètes de stylede vie à des prix attractifs,etudiés pour une marcheémergente.constamment à la recherchede nouvelles idées, notreéquipe dynamique et jeuneparcourt le monde entier afinde vous offrir une gammerecherchee de produitsutiles et contemporains.toute l’année, nos nouvellescollections présentent la visiondes tendances mondiales dumeuble et de la décoration.Le président de la Ré<strong>pub</strong>liqueLaurent Koudou Gbagbo encompagnie de M. Kawar JalalPDG d’ORCA DECO lors del’inauguration du magasin le15 juillet 2008.ORCA DECO11 BP 24 98 Marcory bldValérie Giscart d’EstaingAbidjan 11Tél : 00225 21 21 24 74Fax : 00225 21 21 24 67Email : orca@afnet.netBénin - Burkina Faso - Cameroun - Côte-d’Ivoire - Gambia Ghana Mali - Mauritanie - Sénégal


138 LE PLUS CÔTE D’IVOIREde Marie-Louise Asseu.Dans le domaine du documentaire,Idriss Diabaté est l’un desrares à sortir du lot. Il travaillesur les faits de société. Féministe,il présente dans son dernierfi lm, La femme porte l’<strong>Afrique</strong>,le quotidien des mères nourricièreset éducatrices.▲▲▲RÉSOLUMENTCONTEMPORAIN,VISCÉRALEMENTTRADITIONNELÀ 44 ans, le peintre hispano-ivoirien Vincent N’Dévé Bancapture la rue en empruntantles traces de feu Issa Kouyaté,premier Ivoirien à lancer legenre. Parmi les toiles de son atelier,une go qui pense à son futur, unfl asher (« drogué ») en train de prendredu crack. Vincent utilise les matériauxlocaux, comme le bambou, sonpinceau favori, et la latérite.« Depuis deux ans, il y a incontestablementun réveil artistique, après delongues années de léthargie dominéepar les commandes commerciales »,explique l’architecte designer IssaDiabaté, fils d’Henriette, la figuredu Rassemblement des ré<strong>pub</strong>licains(RDR). Associé à Guillaume Koffi, leprésident de la Ligue des architectes,il privilégie une démarche contemporaine,mais très attachée à l’environnementculturel, technique et climatiquelocal. « On prend en comptel’orientation des éléments naturels,comme la ventilation, l’ensoleillementet la pluie. On aime utiliser la transparence,les baies vitrées notamment.Têtes d’affiche de la famille nouchi (de g. à dr.):le slameur Amadou Traoré, le peintre Vincent N’DévéBan, le rappeur De Guene (du groupe Wansh Way),Ibrahim Traoré (frère d’Amadou) et Nooka, autremembre de Wansh Way.Tous nos bâtiments ont des élémentsqui reviennent, comme les débordsde toiture, les ailettes en béton ou lesbrise-soleil. » Parmi leurs références,le siège de la Versus Bank, au Plateau,en forme de paquebot.« Le regain d’activité artistique s’expliqueégalement par la proliférationdes espaces réservés à l’art contemporainet à l’apparition sur la scène del’art des collectionneurs et critiques,qui se sont érigés en véritables mécènes», explique Cheickna D. Salif, duWeb magazine 100 % Culture. Ainsi,Illa Donwahi et son frère Alain fontvivre la Fondation Charles Donwahipour l’art contemporain et ont appuyéla mise en place de la section ivoiriennede l’Association internationale descritiques d’art (Aica). Thierry Fieux,propriétaire de la galerie Le Lab etcommissaire général du Festival internationaldes arts visuels d’Abidjan, aréuni, pour la première édition,en décembre 2007, unecentaine d’artistes du mondeautour d’ateliers, de colloqueset d’expositions.D’autres, comme SimoneGuirandou-N’Diaye, qui alancé la galerie Arts pluriels,et le professeur YacoubaKonaté, conseiller artistiquede la Rotonde des artscontemporains, produisentrégulièrement de jeunes peintreset plasticiens. EmilienneAnikpo N’Tamé, directricede la galerie Le Dompry, aorganisé en avril dernier ladeuxième édition du jamboreetouristique et artistique« Art et Nature » à Katadji, dans lacommune de Sikensi, où une quinzainede peintres, sculpteurs, designerset artisans ont opéré en <strong>pub</strong>lic, exposéet vendu leurs œuvres. Tête d’affiche,le peintre Monné Bou était aux côtésde jeunes talents tels que Phicault,Nadine N’Dia, Rhode Makoumbou(Congo), Maury Fondio, Alain Zirignonou encore Djobi Emmanuel.Créatrice de lampes et d’objetsdécoratifs, restauratrice de meublesanciens, Jeanine Zogo a développéun concept original: Kajazoma, unevilla-restaurant-galerie d’art, quiaccueille régulièrement des concertsde jazz. Chez elle, tout est à vendre.Elle expose actuellement les photographiespeules de Sandrine Soulardet ouvre son espace à des artistesplasticiens comme Tamsir Dia etValérie Oka. ■TERRA NOVA - POUR LE DIALOGUE DES CULTURESVINCENT FOURNIER/J.A.PASCAL AIRAULTABIDJAN TIENT SON CARREFOUR INTERCULTUREL.Lancé en avril 2009, Terra Nova se défi nit comme uneagence de médiation artistique. À l’origine de l’initiative,Franck Berthod, un consultant français passionné par lacréation et les échanges, féru de nouvelles technologieset grand voyageur.Terra Nova a installé ses quartiers à la Villa Kaïdin, maison-atelierde l’artiste-peintre Monique Le Houelleur,alias Kaïdin, à la Riviera Golf. Tous les vendredis, l’agenceinvite amis et spécialistes à des causeries kokoyalê(« discussion à bâtons rompus », en baoulé), où l’ondécode la société, la vie des médias, le Web et l’actualitéafricaine du continent. Une fois par trimestre, l’agenceorganise un grand événement culturel. En avril dernier,elle a accueilli une exposition d’art kassena présentéepar les femmes de Tiébélé, au Burkina Faso, et prépareune manifestation sur la culture nouchi, art et langagede la rue qui se nourrit des langues vernaculaires aveccomme colonne vertébrale le français.Les responsables de Terra Nova sont en pourparlersavec le ministère de la Communication et despartenaires privés pour monter une quinzaine de laphotographie, à partir de 2010 : « Côte d’Ivoire. Terred’image ». L’association possède déjà 500 photos surles petits métiers de la rue. L’idée est d’exposer dansdifférents établissements et institutions pour faired’Abidjan un musée gratuit de l’image. Autre projet:le lancement d’un cycle de cinéma en plein air. Pourla première édition, les promoteurs prévoient unhommage au cinéaste franco-guinéen Henri Duparc,décédé en 2006, devenu célèbre avec Bal Poussière etRue Princesse. ■ P. A.JEUNE AFRIQUE N° 2536-2537 • DU 16 AU 29 AOÛT 2009


140 LE PLUS CÔTE D’IVOIREMODELʼartdelarécuprécupSacs en toile de jute ou de coco, bâches en plastique, fi lets de pêche... Une créatricerecycle les matériaux du quotidien ivoirien et revisite la tradition.D.R.D.R.Contre le gâchis, Maï détourne des objets de leur fonction première et les mélange aux accessoires locaux.D.R.Une robe de mariée élaboréeà partir de sacs de riz, uneminijupe taillée dans de latoile de coco ou de jute servantà confectionner les sacs de cacaoet de café, un bustier découpé dans lesbâches noires sur lesquelles les agriculteursfont sécher les fèves de cacao et,pour agrémenter le tout, une couronneen peau et cornes de mouton trouvéesaux abattoirs d’Abidjan… La créatricede mode Maï aime mélanger tissustraditionnels et matériaux de récupération.« Je redonne aux déchets touteleur beauté originelle, explique-t-elle.J’aime détourner les objets et les matériauxde leur fonction première. »Redonnant vie à ce qui est abandonnépar ses contemporains, Maï fustigela société de consommation : « Pourquoijeter ce qui est réutilisable ? Quelgâchis! Quand, en 2003, j’ai commencéà récupérer par-ci par-là des sacs decafé et des fi lets de pêche pour en fairela base de mes créations, tout le mondes’est moqué de moi. On me prenaitpour une folle. Mais on ne peut pascontinuer à jeter ainsi et à polluer. »Sans compter que ces matériaux abandonnéslui permettent d’innover… àmoindre coût. Les professionnels luioffrant volontiers les sacs et bâches enplastique dont elle a besoin.FILLE DE TAILLEURSNée à Divo en 1968, Maï a commencépar travailler les toiles de jute utiliséespour transporter « ce qui fait l’identitéde la Côte d’Ivoire, le café et le cacao,une façon de rendre hommage à nosvaillants planteurs ». Formée par sesparents, tous deux tailleurs, avantd’intégrer une école de couture à Abidjan,Maï a ouvert son atelier en 2006à Treichville, entre l’avenue 24 et larue 38. Chaque jour, comme n’importequelle couturière, elle confectionnechemises, jupes, camisoles (bustiers)en pagne, basin et bogolan. Entre deuxcommandes, elle recycle les matériauxtrouvés, lave les peaux de mouton, lestoiles de coco, les teint et les doubled’un fi n tissu pour plus de confort.Repérée en 2004 par la réalisatricede Bronx-Barbès, Éliane deLatour, Maï réalise les costumes deson film Après l’océan, présenté enCôte d’Ivoire en mai dernier et sortien salles en France début juillet (voirJ.A. n° 2529). « J’ai été subjuguée parson travail, son envie de donner unenouvelle beauté aux objets jetés »,raconte la Française. « Quand Élianem’a proposé de réaliser des costumespour son fi lm, ajoute Maï, j’ai été trèsfl attée. C’était l’occasion de montrermon travail, mais aussi de dire à lajeunesse ivoirienne que l’on peut créersur place et réussir sans nécessairementpartir pour l’Europe. » ■SÉVERINE KODJO-GRANDVAUX,envoyée spécialeJEUNE AFRIQUE N° 2536-2537 • DU 16 AU 29 AOÛT 2009

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