Evaluation de la détection automatisée des chaleurs - Institut de l ...
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<strong>Evaluation</strong> <strong>de</strong> <strong>la</strong> <strong>détection</strong> <strong>automatisée</strong><strong>de</strong>s <strong>chaleurs</strong> par différents appareils chez<strong>la</strong> vache <strong>la</strong>itièreDes outils d’ai<strong>de</strong> à <strong>la</strong> <strong>détection</strong> <strong>de</strong>s <strong>chaleurs</strong> efficaces à partir <strong>de</strong> 50 jours aprèsle vê<strong>la</strong>ge et qui améliorent le confort <strong>de</strong> l’éleveur.Une mauvaise qualité <strong>de</strong> <strong>détection</strong> engendre <strong>de</strong>spertes économiques non négligeables en élevagebovin <strong>la</strong>itier. De ce fait, <strong>la</strong> <strong>détection</strong> <strong>de</strong>s <strong>chaleurs</strong> est<strong>de</strong>venue un point critique, notamment en raison <strong>de</strong>l’agrandissement <strong>de</strong> <strong>la</strong> taille <strong>de</strong>s troupeaux, <strong>de</strong>l’accroissement <strong>de</strong>s contraintes d’organisation <strong>de</strong>travail et <strong>de</strong>s aspirations <strong>de</strong>s éleveurs à une meilleurequalité <strong>de</strong> vie. Des avancées technologiquesimportantes ont été obtenues pour améliorer cette<strong>détection</strong> mais peu d’étu<strong>de</strong>s ont porté sur l’évaluationsimultanée <strong>de</strong>s performances <strong>de</strong> différents outils.L’étu<strong>de</strong> présentée ici a été réalisée à <strong>la</strong> ferme expérimentale <strong>de</strong>s Trinottières (Chambre d’agriculturedu Maine-et-Loire) en partenariat avec l’<strong>Institut</strong> <strong>de</strong> l’Elevage, l’UNCEIA, le C<strong>la</strong>sel, Créavia SAS etElevage Conseil Loire Anjou, entre août 2011 et février 2012, et avait pour objectifs :1) d’évaluer <strong>la</strong> qualité <strong>de</strong> <strong>détection</strong> <strong>de</strong>s <strong>chaleurs</strong> d’un podomètre Afitag et <strong>de</strong> <strong>de</strong>ux détecteurs <strong>de</strong>l’activité dans les 3 dimensions <strong>de</strong> l’espace, Heatime-Ruminact et HeatPhone ,2) d’analyser les facteurs pouvant influencer les performances <strong>de</strong> ces trois appareils.Soixante-trois vaches Prim’Holstein équipéessimultanément <strong>de</strong>s 3 appareilsLes vaches ont été équipées simultanément dès le vê<strong>la</strong>ge <strong>de</strong> ces trois appareils. Le podomètre a étéfixé sur une patte arrière et les <strong>de</strong>ux détecteurs d’activité sur un même collier. Les informationscollectées ont été transférées sur un terminal informatique et les alertes ont pu être consultées surl’écran <strong>de</strong> l’ordinateur. Pour le système HeatPhone , un SMS a également été envoyé à l’éleveur pourlui indiquer les femelles potentiellement en chaleur.Entre le 7 ème et le 90 ème jour post partum, <strong>de</strong>s dosages bi-hebdomadaires <strong>de</strong> <strong>la</strong> progestérone dans le<strong>la</strong>it ont été effectués sur les 63 vaches afin <strong>de</strong> vali<strong>de</strong>r les pério<strong>de</strong>s potentielles d’oestrus et d’analyser<strong>la</strong> reprise <strong>de</strong> cyclicité du troupeau. Les alertes ont pu alors être qualifiées en fonction <strong>de</strong> <strong>la</strong>concentration <strong>de</strong> progestérone au moment <strong>de</strong> leur émission : alerte à raison (chaleur bien détectée),alerte à tort (fausse <strong>détection</strong>) et <strong>chaleurs</strong> non détectées.L’algorithme <strong>de</strong> calcul qui génère les alertes du HeatPhone est évolutif. A <strong>la</strong> fin <strong>de</strong> l’essai, un nouve<strong>la</strong>lgorithme a été proposé par le constructeur et <strong>de</strong> nouvelles alertes ont été simulées a posteriori. Ce2 ème algorithme a également été étudié sous <strong>la</strong> dénomination HeatPhone 2.INSTITUT DE L’ELEVAGE – EVALUATION DE LA DETECTION AUTOMATISEE DES CHALEURS PAR DIFFERENTS APPAREILS 1
Une cyclicité c<strong>la</strong>ssique en Prim’HolsteinLes reprises et profils <strong>de</strong> cyclicité <strong>de</strong>s vaches <strong>de</strong> cet essai ont été cohérents avec <strong>la</strong> littératureconnue. Trois vaches ne sont pas venues en <strong>chaleurs</strong> sur <strong>la</strong> pério<strong>de</strong> étudiée. Pour les autres, <strong>la</strong>reprise <strong>de</strong> cyclicité a eu lieu en moyenne à 27,7 9,8 jours après le vê<strong>la</strong>ge. A 30 et 50 jours postpartum, respectivement 62 % et 94 % <strong>de</strong>s vaches étaient cycliques. Au total, 214 pério<strong>de</strong>s potentiellesd’oestrus ont été i<strong>de</strong>ntifiées permettant <strong>de</strong> caractériser différents profils <strong>de</strong> cyclicité (tableau 1).Tableau 1 : Description et fréquence <strong>de</strong>s profils <strong>de</strong> cyclicitéNormalProfil Description Nombre <strong>de</strong> vaches %Phase lutéaleprolongéeSuccession <strong>de</strong> cycles <strong>de</strong> durée normale(17-26 jours)1 ou plusieurs cycles <strong>de</strong> durée prolongée(> 26 jours)38 60,311 17,5Court 1 ou plusieurs cycles courts (< 17 jours) 1 1,6Interruption <strong>de</strong>cycle1 ou plusieurs interruptions <strong>de</strong> cyclicité(≥ 12 jours)2 3,2Retardé Reprise <strong>de</strong> cyclicité > 50 jours post partum 1 1,6InactivitéIndéterminéPas <strong>de</strong> reprise <strong>de</strong> cyclicité à 90 jours postpartumActivité lutéale désordonnée ou plusieurstypes d'anomalies3 4,87 11,1Une qualité <strong>de</strong> <strong>détection</strong> variable selon lesappareilsLe podomètre utilisé dans cet essai a détecté 73 % <strong>de</strong>s oestrus. Toutefois, il a émis 28,4 % d’alerteshors pério<strong>de</strong> <strong>de</strong> <strong>chaleurs</strong>. Le Heatime-Ruminact 1 a permis <strong>de</strong> détecter 55,5 % <strong>de</strong>s <strong>chaleurs</strong>, 62,6 %si on enlève les pério<strong>de</strong>s <strong>de</strong> pannes <strong>de</strong> l’outil. Par contre, il a émis seulement 15,8 % <strong>de</strong> faussesalertes. Le HeatPhone , quant à lui, a détecté 59,2 % <strong>de</strong>s <strong>chaleurs</strong>, 61,9 % si on enlève les pério<strong>de</strong>s<strong>de</strong> dysfonctionnement, avec 33,5 % <strong>de</strong> fausses alertes. Le nouvel algorithme améliore <strong>la</strong> fiabilité <strong>de</strong>l’outil avec un taux <strong>de</strong> <strong>détection</strong> <strong>de</strong> 60,7 %, 63,4 % sans les pério<strong>de</strong>s <strong>de</strong> panne, avec seulement11,7 % <strong>de</strong> fausses alertes.1 Il était prévu que l'algorithme <strong>de</strong> calcul du Heatime-Ruminactsoit complété par une règle <strong>de</strong> décision définie lors d'unprécé<strong>de</strong>nt essai (Philipot et al., 2010). Basée notamment sur <strong>la</strong> durée <strong>de</strong>s intervalles inter-<strong>détection</strong>s, cette règle n'a pu êtreappliquée en raison d'une panne d'une semaine survenue à mi-essai.2 INSTITUT DE L’ELEVAGE – EVALUATION DE LA DETECTION AUTOMATISEE DES CHALEURS PAR DIFFERENTS APPAREILS
Une qualité <strong>de</strong> <strong>détection</strong> influencéeprincipalement par le rang d’ovu<strong>la</strong>tionDès <strong>la</strong> 2 ème ovu<strong>la</strong>tion, <strong>la</strong> qualité <strong>de</strong> <strong>détection</strong> est nettement améliorée pour les trois dispositifs. Plus <strong>de</strong>73 % <strong>de</strong>s <strong>chaleurs</strong> <strong>de</strong> rangs supérieurs ou égal à 2 sont détectés (Figure 1).Figure 1 : Pourcentage <strong>de</strong> <strong>chaleurs</strong> correctement détectées parmi l’ensemble <strong>de</strong>s oestrus potentiels en fonctiondu rang d’ovu<strong>la</strong>tion, après suppression <strong>de</strong>s pério<strong>de</strong>s <strong>de</strong> dysfonctionnement propre à chaque outil. R1 : premièreovu<strong>la</strong>tion ; R≥2 : rang d’ovu<strong>la</strong>tion supérieur ou égal à 2.De <strong>la</strong> même manière, <strong>la</strong> fiabilité (pourcentage <strong>de</strong>s alertes émises par l’appareil correspondantréellement à une chaleur) <strong>de</strong> chacun <strong>de</strong>s appareils est améliorée pour les rangs d’ovu<strong>la</strong>tions ≥ 2, avec90 % <strong>de</strong> bonnes <strong>détection</strong>s pour le Heatime-Ruminact et 72 % à 97 % pour le HeatPhone (figure 2).Figure 2 : Pourcentage d’alertes émises correspondant réellement à une chaleur en fonction du rang d’ovu<strong>la</strong>tion,après suppression <strong>de</strong>s pério<strong>de</strong>s <strong>de</strong> dysfonctionnement propre à chaque outil. R1 : première ovu<strong>la</strong>tion ; R≥2 : rangd’ovu<strong>la</strong>tion supérieur ou égal à 2.INSTITUT DE L’ELEVAGE – EVALUATION DE LA DETECTION AUTOMATISEE DES CHALEURS PAR DIFFERENTS APPAREILS 3
Certaines étu<strong>de</strong>s rapportent que 50 à 80 % <strong>de</strong>s premières ovu<strong>la</strong>tions après le vê<strong>la</strong>ge ne sont pasaccompagnées d’un comportement <strong>de</strong> chaleur. Il est donc probable que <strong>la</strong> <strong>détection</strong> médiocre <strong>de</strong> <strong>la</strong>première ovu<strong>la</strong>tion soit liée à une expression comportementale réduite. Dans notre étu<strong>de</strong>, toutes lesovu<strong>la</strong>tions <strong>de</strong> rang 1 ont eu lieu avant 50 jours post partum soit avant <strong>la</strong> date recommandée <strong>de</strong> débutd’insémination, le mauvais taux <strong>de</strong> <strong>détection</strong> ne constitue donc pas un handicap.Chez les multipares <strong>de</strong> rang <strong>de</strong> <strong>la</strong>ctation supérieur ou égal à 3, <strong>la</strong> sensibilité <strong>de</strong> <strong>détection</strong> <strong>de</strong>s <strong>chaleurs</strong>du podomètre et du Heatime-Ruminact est également plus faible comparé aux rangs <strong>de</strong> <strong>la</strong>ctationinférieurs.En conclusionCes outils d’ai<strong>de</strong> à <strong>la</strong> <strong>détection</strong> <strong>de</strong>s <strong>chaleurs</strong> ont l’avantage <strong>de</strong> mesurer l’activité <strong>de</strong>s vaches encontinu avec <strong>de</strong> bonnes performances. Ces dispositifs permettent <strong>de</strong> limiter l’astreinte <strong>de</strong> surveil<strong>la</strong>nce<strong>de</strong>s <strong>chaleurs</strong>. L’intérêt <strong>de</strong> l’investissement dépendra du système d’élevage (étalement <strong>de</strong>s vê<strong>la</strong>ges,nombre <strong>de</strong> vaches, conditions <strong>de</strong> logement, pâturage …) et <strong>de</strong>s objectifs propres <strong>de</strong> l’éleveur(performances <strong>de</strong> reproduction, confort <strong>de</strong> travail …).Les auteurs remercient le personnel <strong>de</strong> <strong>la</strong> ferme <strong>de</strong>s Trinottières, Marie-Christine Deloche, du<strong>la</strong>boratoire d’hormonologie <strong>de</strong> l’UNCEIA, pour les dosages <strong>de</strong> progestérone, ainsi que ElevageConseil Loire Anjou et <strong>la</strong> société Milkline pour leur ai<strong>de</strong> financière et technique.ET DANS LES AUTRES FERMES EXPERIMENTALES DU GRAND-OUEST ?Deux étu<strong>de</strong>s utilisant le système Heatime ont été réalisées précé<strong>de</strong>mment dans <strong>de</strong>ux fermesexpérimentales du Grand-Ouest sur <strong>de</strong>s vaches <strong>de</strong> race Prim’Holstein.La première étu<strong>de</strong> a été menée entre le 31 janvier et le 30 avril 2008 sur 42 vaches à <strong>la</strong> ferme <strong>de</strong> Derval(Chambre d’Agriculture <strong>de</strong> Loire At<strong>la</strong>ntique, Paccard et al., 2009). Au total, 107 ovu<strong>la</strong>tions ont étéanalysées. La sensibilité du Heatime a été <strong>de</strong> 65,8 %. Après suppression <strong>de</strong>s premières phasesovu<strong>la</strong>toires après vê<strong>la</strong>ge et celles suivies d'une phase lutéale courte, <strong>la</strong> sensibilité est <strong>de</strong> 72,3 %. Cesrésultats sont comparables à ceux obtenus dans notre étu<strong>de</strong> (62,6 % et 79 %, respectivement).La secon<strong>de</strong> étu<strong>de</strong> a été réalisée entre le 1 er septembre 2009 et le 11 janvier 2010 sur 41 vaches à <strong>la</strong>ferme <strong>de</strong> Trévarez (Chambre d’agriculture <strong>de</strong> Bretagne, Philipot et al., 2010). L’analyse a porté sur 114<strong>chaleurs</strong>. Le taux <strong>de</strong> <strong>chaleurs</strong> détectées a été <strong>de</strong> 74 % avec une fiabilité <strong>de</strong> 97 %. Ces résultats sontsupérieurs à ceux obtenus au cours <strong>de</strong> l’étu<strong>de</strong> menée à <strong>la</strong> ferme <strong>de</strong>s Trinottières (62,6 % et 84,2 %,respectivement). Cette différence peut être attribuée à <strong>de</strong>ux causes : d’une part, <strong>la</strong> règle <strong>de</strong> décisiondéfinie dans l’essai <strong>de</strong> Trévarez n’a pas pu être appliquée aux données <strong>de</strong> l’essai <strong>de</strong>s Trinottières, etd’autre part, les prélèvements <strong>de</strong> progestérone étaient faits suite à une alerte et non systématiquementplusieurs fois par semaine. De ce fait, une partie <strong>de</strong>s faux négatifs n’était pas connue, ce qui a pu induireune surestimation <strong>de</strong>s performances du Heatime dans l’essai <strong>de</strong> Trévarez. De même, <strong>la</strong> différence <strong>de</strong>sconditions d’élevage (groupement <strong>de</strong>s <strong>chaleurs</strong>, conditions <strong>de</strong> logement, etc.) entre les fermesexpérimentales peut en partie expliquer ces écarts <strong>de</strong> performances.4 INSTITUT DE L’ELEVAGE – EVALUATION DE LA DETECTION AUTOMATISEE DES CHALEURS PAR DIFFERENTS APPAREILS
En savoir plusChanvallon et al., 2012, Rencontres Recherches Ruminants, 19, 397-400Philipot et al., 2010, Rencontres Recherches Ruminants, 17, 137-140Paccard et al., 2009, Compte rendu <strong>Institut</strong> <strong>de</strong> l’Elevage n°020931007Al<strong>la</strong>in et al., 2012, Détection <strong>automatisée</strong> <strong>de</strong>s <strong>chaleurs</strong> en élevage bovin <strong>la</strong>itier : quel outil choisir ?,collection l’Essentiel, <strong>Institut</strong> <strong>de</strong> l’Elevage n°001272129Collection : L’EssentielDocument rédigé par : Stéphanie Coyral-Castel, Audrey Chanvallon, Clément Al<strong>la</strong>in et Danièle Ribaud (<strong>Institut</strong> <strong>de</strong> l'Elevage) -Jean-Michel Lamy (Chambre d'agriculture 49) - Pascal Salvetti et Julie Gatien (UNCEIA) - Jean-Michel Philipot (Créavia) - Jean-Bernard Davière et Julien Girardot (C<strong>la</strong>sel)Mise en page : Corinne MAIGRETCrédits photos : Alexandre Leb<strong>la</strong>y (Chambre d'agriculture 49)Dépôt légal : 2 e trimestre 2013 © Tous droits réservés à l’<strong>Institut</strong> <strong>de</strong> l’ÉlevageMai 2013 : Réf : 0013 031 13INSTITUT DE L’ELEVAGE – EVALUATION DE LA DETECTION AUTOMATISEE DES CHALEURS PAR DIFFERENTS APPAREILS 5