QUALITÉ D'ANALYSE - Human Development Reports - UNDP

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QUALITÉ D'ANALYSE - Human Development Reports - UNDP

Wi-Fi Based FMC for the outdoor enterpriseFrancis da Costa, CTO, MeshdynamicsWireless for the Outdoor Enterprise TM03-17-08 © 2005-2008 MeshDynamics Corp. Patented and Patent Pending. Email: info@meshdynamics.com 1


Ce chapitre examine la manière d’atteindre le type d’analyse de haute qualité quiguide des propositions politiques crédibles. En étudiant de près l’approche dudéveloppement humain, il souligne certaines des questions conceptuelles et de mesures,et explique comment le développement humain améliore l’analyse des thèmes sectorielset thématiques. Il examine la qualité en termes d’outil de recherche et d’analyse politique,d’options et de recommandations politiques, et de données. Une introduction auxindicateurs composites décrit la manière dont ils sont appliqués au niveau national, tandisqu’une liste de références supplémentaires détaillée complète le chapitre pour ceuxcherchant davantage de ressources.Plus de dix années de travail ont maintenant été passées à produire des RDH nationaux,régionaux et mondiaux. L’avenir implique non seulement de poursuivre la production,mais également de soutenir l’effort afin de développer des idées tournées vers le futur,incarnées dans des stratégies politiques bien définies. Un RDH doit examiner et évaluerle succès des politiques actuelles et des expériences historiques, et explorer enprofondeur un large éventail d’alternatives.Ce processus commence avec plusieursconsidérations de base :• L’éradication de la pauvreté et ledéveloppement humain impliquent desthèmes hautement controversés. UnRDH doit être prêt à sonder les causessous-jacentes profondes de l’inégalité etde la pauvreté qui entravent ledéveloppement humain.• Afin que le développement humain aitun impact concret sur les politiques dedéveloppement, les questions économiques,dont la croissance économique,doivent être incorporées à l’analyse etaux recommandations. Négliger cetteimportante dimension peut laisser leRDH répondre aux questions sociales etde participation, tandis que lesinstitutions financières internationaleset les organisations de Bretton Woodsprennent des décisions économiquesessentielles, y compris sur les modèles decroissance.RDH fournissent un excellent forumpour débattre des alternatives.• Une des manières les plus efficacesd’assurer des perspectives diverses estd’impliquer une variété de participantsau sein des groupes, des équipes et degroupes de travail préparant le rapport,et en particulier inviter des auteurs debords différents pour contribuer autexte.• Le rôle du PNUD en tant qu’agence dedéveloppement est d’assurer que lesmeilleurs conseils possibles sont mis àdisposition des gouvernements en ce quiconcerne la réduction de la pauvreté etle développement humain. Les pages du2


L’ANALYSEPOLITIQUE :AU CŒURD’UN RDHToutes ces considérations rentrent dans lecadre de l’analyse politique de qualité,qui constitue l’activité centrale de chaqueRDH. Dans ce contexte, l’analyse politiqueest définie comme un moyen desynthétiser l’information, y compris larecherche, afin d’évaluer les décisionspolitiques actuelles et présenter desoptions politiques (voir encadré 4.1). Celanécessite tout au long un examenrapproché des causes, conséquences et dela performance des politiques et desprogrammes publics de manièresystématique, et de mettre au point desmodèles prédisant les développementsfuturs et les perspectives de changement.Le résultat final de ce processus completest un conseil politique solidement fondéet bien considéré.ENCADRÉ 4.1PARCOURS EN HUIT ÉTAPES — UN GUIDE PRATIQUE DE L’ANALYSE DESPOLITIQUES1. Définir le problème• Le problème doit être cadré en termes de déficitet d’excès.• Il doit exister une description plutôt qu’un diagnostiquedes causes.• La définition ne doit pas inclure une solutionimplicite (elle doit être évaluée empiriquement).2. Rassembler les preuves• Les informations sont des données factuelles quiont une signification ; les preuves sont laprésentation de cette information d’une manièrequi influence les convictions existantes.3. Construire des alternatives• Aborder le problème en commençant par l’alternativequi suppose que toutes les tendancesprésentes se poursuivent sans changement.• Chaque alternative doit répondre non seulementà la stratégie d’intervention de base, maisdoit également présenter les agences quimettront en œuvre la stratégie et les diversesméthodes de financement.• Ne pas supposer que les options politiquesalternatives s’excluent mutuellement.4. Sélectionner les critères• Les critères d’évaluation sont utilisés pour jugerles meilleurs résultats.• Les critères doivent être triés entre les valeurs quidoivent être maximisées, celles qui sont desobstacles et celles où la quantité passe avant tout.5. Prévoir les résultats• Déterminer les bénéfices et coûts des optionspolitiques le plus loin possible dans le temps.• Identifier les conséquences non prévues.• Indiquer les valeurs et les dimensions de l’indicateurafin d’évaluer les résultats.6. Faire face aux concessions• Comme les concessions se font en marge, sedemander si « dépenser X dollars de plus pourune unité de service supplémentaire Y conduiraà Z unités de plus de bons résultats ».• Établir des références, comme un cas alternatifde base, lorsque toutes les tendances actuellessont en mesure de se poursuivre.• Mesurer les compromis sur les résultats plutôtque sur les alternatives7. Décider• Sélectionner les meilleures alternatives en fonctionde l’analyse.8. Faire part• Après de nombreuses redéfinitions du problème,reconceptualisations des alternatives etc., faitesen part au groupe cible qui a été défini.Eugene Bardach. 2000. A Practical Guide for PolicyAnalysis: The Eightfold Path to More Effective ProblemSolving. New York: Chatham House Publishers.3


4L’analyse politique de qualité se base surdes concepts et des instruments derecherche de plusieurs disciplines, dontl’économie, la science politique,l’administration publique, la sociologie,l’histoire et l’anthropologie. Malgré lelarge éventail de questions et depolitiques que les équipes du RDHétudient, quelques questions généralesdoivent être discutées dès le départ :• Quelle est la question politique ?• Qui est le public cible de l’analyse/desrecommandations ?• Le sujet est-il réaliste ? De quelleshypothèses dépend-il ?• Quelles techniques de recherche etinstruments seront employés ?• Les données nécessaires sont-ellesdisponibles/fiables ?Une fois que ces questions de base sontabordées, la recherche, l’évaluationcritique, l’appréciation et la prise dedécision peuvent commencer.Il est très important que la recherche etl’investigation des options aillent au-delàdes frontières nationales afin d’explorerles expériences d’autres pays ou localitésaux prises avec des questions similaires,dans des circonstances similaires. Ceci peutfournir d’importantes nouvelles idées.Aussi, afin de dresser la carte de la réalitécomplexe des décisions politiques, leséquipes du rapport doivent établir unmodèle basé sur un ensembled’hypothèses portant sur le contextenational. Un modèle est unereprésentation simplifiée d’un objet, d’unprocessus, d’une situation. La tâche de cetexercice est de produire une image clairedes relations structurelles entre leséléments et les variables les plusimportants, tout en éliminant lescomposants non essentiels, de façon à ceque les chercheurs puissent prévoir demanière plus précise les conséquences duchangement politique sur ledéveloppement humain.LE CADRECONCEPTUEL :CE QU’EST ET CEQUE N’EST PAS LEDÉVELOPPEMENTHUMAINPour tout RDH, le cadre conceptuelguidant tous les aspects de l’analysepolitique demeure l’approche dudéveloppement humain. Les pagessuivantes éclaircissent certainsmalentendus portant sur les différencesentre le développement humain et lesautres options.De nombreux décideurs politiques etfonctionnaires travaillant sur ledéveloppement humain pensent que leconcept est bon, mais s’interrogent :« Comment faire ? Quelles sont lespolitiques que nous devons introduire ? ».La réponse est que le développementhumain n’est pas une recette ou une sériede politiques. Il s’agit plutôt d’unparadigme qui expose les priorités debase, mais demeure flexible quant à lamanière dont elles sont le mieux réalisées.Ceci permet aux stratégies d’évoluer enfonction des défis changeants dudéveloppement et évite de clamer qu’uneseule solution fonctionnera pour chaquepays. Reportez-vous à la section suivantcelle-ci pour un exposé de l’applicationd’un cadre du développement auxquestions thématiques telles que leVIH/sida, l’égalité des sexes etl’environnement.L’approche du développement humain aévolué ces dix dernières années pourembrasser de manière plus complète lesdroits de l’homme, la participation, lasécurité, la liberté politique et le respectde soi. Elle a été parfois mal interprétée,comme traitant seulement de l’éducationet de la santé, une notion renforcée parl’accent étroit de l’indicateur dudéveloppement humain, qui couvre lalongévité, l’éducation et les niveaux de


TABLEAU 4.1COMPARER LES PARADIGMESDÉVELOPPEMENT HUMAIN- Multidisciplinaire- Pragmatique- Met l’accent sur les approchesdécentralisées- Met l’accent sur la finNÉOLIBÉRALISME- Économique- Dogmatique- Aspire à l’équilibre général- Met l’accent sur les moyensFORCES- Accent sur les éléments fondamentaux- Choix, opportunités et capacités- Questions non marchandes comme le temps,la distribution intra ménages- Solide théorie économique et analyse financière- Beaucoup de données économiques debonne qualité et à jourFAIBLESSES- Analyse souvent superficielle- Négligence des questions non économiquesRichard Jolly. 2003.Readings in Human Development: Concepts, Measures and Polices for a Development Paradigm.vie. Dès lors, avant de s’aventurer danscertaines des spécificités liées à la qualitéde l’analyse, il est essentiel d’examiner lesdistinctions de base entre ceci et lesautres cadres du développement. 1Développement humain c. néolibéralisme: le développement humaincontraste avec le paradigme néolibéral duconsensus de Washington, qui part del’hypothèse qu’une stratégie de lapauvreté orientée vers la croissances’écoulerait vers le bas pour profiter auxpauvres (voir tableau 4.1). Bien que lesprincipes du développement humainpartagent des valeurs communes avec lenéolibéralisme, le premier se base sur uncertain nombre d’autres sources quimettent l’accent sur les droits de l’hommeet les libertés pour des sociétés oeuvrant àla construction de démocraties intégratrices.2 Cela ne signifie pas que ledéveloppement humain s’oppose à lacroissance, une accusation à laquelle ontrépondu les premiers RDH. En fait, leRMDH de 2003 contient une vaste discussionsur la nécessité d’une croissance plusforte – notamment une croissance durableréduisant la pauvreté, afin que le mondeatteigne le premier ODM, qui appelle àl’éradication de la pauvreté extrême et dela faim. 3 Quel que soit le thème auquels’attaque un RDH, les politiqueséconomiques doivent être abordées si lerapport doit avoir un impact sur la politiquedu développement.Le développement humain se tient enparticulier à l’écart de l’accent néolibéralmis sur le développement en tant querésultat de la croissance économique. Lesliens entre croissance et développementhumain restent faibles dans de nombreuxpays, et dans certains cas, la croissanceseule fige les inégalités. Lorsque le lien estbrisé, les échecs politiques suivantspeuvent survenir :1Sakiko Fukuda-Parr « Rescuing the Human Development Concept from the HDI : Reflections on a New Agenda ».Tiré de Readings in Human Development : Concepts, Measures and Policies for a Development Paradigm, révisé parSakiko Fukuda-Parr et A.K. Shiva Kumar. New Delhi: Oxford University Press.2Richard Jolly. 2003. « Human Development and Neo-Liberalism : Paradigms Compared » tiré de Readings in HumanDevelopment : Concepts, Measures and Policies for a Development Paradigm, revisé par Sakiko Fukuda-Parr et A.K.Shiva Kumar. New Delhi: Oxford University Press.3Rapport mondial sur le développement humain 2003.5


• Une croissance sans emplois, où l’économiedans son ensemble s’accroît maisn’élargit pas les opportunités d’emploi.• Une croissance impitoyable, où les fruitsde la croissance économique bénéficientpour la plupart les riches, laissant nombred’individus en prise à une pauvretés’approfondissant toujours plus.• Une croissance sans voix, où lacroissance de l’économie n’est pasaccompagnée d’une extension de ladémocratie ou de l’autonomisation.• Une croissance sans racine, qui entraînele flétrissement de l’identité culturelledes individus.• Une croissance sans avenir, où lagénération actuelle pille les ressourcesnécessaires aux générations futures. 4Au contraire, le développement humainsoutient qu’il n’existe pas de connexionautomatique entre la croissance etl’avancement humain. La qualité de lacroissance compte, et la croissance enfaveur des pauvres résulte d’une politiquepublique délibérée.Développement humain c. formationdu capital humain et développementdes ressources humaines : certainsconfondent ces deux cadres conceptuelsavec le développement humain. Les deuxconsidèrent les êtres humains comme unmoyen d’accroître leurs revenus et leursrichesses plutôt que comme une fin. Ilstraitent des contributions humaines àl’accroissement de la production, ce quicontraste avec le développement humain,qui est à la fois un processus et unrésultat.Développement humain c. bien-êtrehumain et besoins de base : l’approchedu bien-être humain considère les êtreshumains comme des bénéficiaires plutôtque des participants au développement,alors que l’approche sur les besoins debase se concentre sur le lot de biens et deservices dont les populations défavoriséesont besoin – alimentation, abri,vêtements, soins de santé et eau. Il metl’accent sur la prestation de ces biens etde ces services, et passe outre lesimplications concernant les choix humains.COMMENT UN CADRE DUDÉVELOPPEMENTHUMAINENRICHIT-ILL’ANALYSETHÉMATIQUE ETSECTORIELLE ?En plaçant les individus au centre dudéveloppement, le paradigme dudéveloppement humain élargit et à la foisapprofondit l’analyse politique. Il donneun aperçu clair de la nature souventcomplexe et multicouche des questions dudéveloppement. L’analyse du développementhumain est holiste, traversant lesliens économiques, sociaux, culturels etpolitiques, considérant l’impact réel despolitiques sur les vies des individus, ycompris par le biais du processus essentielengageant les parties prenantes nationalesaux débats politiques. Ceci amène à sontour des réponses politiques complètes etappropriées, tandis qu’un fort sentimentde propriété et de participation qui enrésulte promeut la transformation de cespolitiques en un progrès concret.Tous les ans depuis 1990, le Rapportmondial sur le développement humain aabordé un thème clé au sein du cadre dudéveloppement humain, contribuant à unecompréhension évolutive de l’approche dudéveloppement humain. La plupart deséquipes nationales et régionales rédigentleur premier RDH sur un thème général dudéveloppement humain de façon àintroduire le concept aux partiesprenantes nationales et mener une analysede base de la situation. Les rapportsultérieurs passent souvent à des sujets plus64Rapport mondial sur le développement humain 1996, pp. 57-64.


ENCADRÉ 4.2EN PLEINECRISE,L’INDONÉSIEEXPLORE LA GOUVERNANCETandis que le développement humain reconnaîtla démocratie comme un composantintégral, les RDH précédents n’ont pas ouvertementmis l’accent sur ce lien. En Indonésie, aborderle sujet pour le rapport 2002 était d’autantplus remarquable que la préparation a eu lieu aumoment d’une sévère crise financière.En s’interrogeant sur lamanière dont l’Indonésiepeut reconstruire sonprécédent « miracle »économique, le rapportmontre comment les droitsde l’homme s’ajoutent audéveloppement humaindans des domaines spécifiquescomme l’éducationprimaire. Il examine lesinégalités croissantes, non seulement entre lesprovinces du vaste archipel national, mais àtravers les disparités aggravées entre les sexes.En discutant des défis auxquels l’Indonésie estconfrontée dans la consolidation de sa démocratienaissante, face au conflit social qui s’intensifie,notamment le long de lignes de fracturesethniques et religieuses, il révèle la disparition duconsensus social, notamment de la confiance desindividus dans les institutions politiques. Il étudieégalement l’impératif économique que constituela poursuite de la mondialisation aux côtés de l’urgencepolitique et sociale de la décentralisation.En plaidant en faveur d’un pacte national sur ledéveloppement humain, le rapport distinguesoigneusement entre l’approche « minimaliste »tirant les provinces et les districts les plus faiblesdu pays vers la valeur nationale, et l’approche« universaliste » des droits et standards communspour tous les Indonésiens, notamment en termesdes engagements pris envers les ODM.particuliers, permettant une analyse plusapprofondie des politiques en place et desdébats sur des stratégies alternatives (voirencadré 4.2). Certains rapportsparticulièrement novateurs se sontaventurés dans des thèmes nouveaux etinexplorés, répondant à des questionspressantes au sein de leur propre contexte(voir encadré 4.3).Le développement humain est, comme l’aéloquemment suggéré Amartya Sen, un« concept pluraliste » 5 , et il peut s’appli-ENCADRÉ 4.3TRANSITIONPOUR LESDIFFÉRENTESGÉNÉRATIONSEN RUSSIELa rapport 1999 de la Fédération russe,Human Development Across Generations, sepenche sur 15 années de transition et ses impactssur les différents sous-groupes de population, uneapproche qui a ouvert de nouveaux horizons dansl’examen des questions du développementhumain. En sondant les valeurs et les priorités dela jeune génération, le rapport explore les possibilitésdu futur progrès du développementhumain en Russie.Il découvre que la libéralisation politique prendrapidement de la vitesse chez lesgroupes plus jeunes, et que ceuxcisont plus tolérants du point devue socio-culturel. Il révèleégalement que pendant l’èresoviétique, les individusréalisaient généralement uneprospérité maximum après l’âgede 50 ans. Maintenant, ellesurvient généralement chez latranche d’âge des 25-34 ans.Ces conclusions du rapport et denombreuses autres ont des implications profondessur les futures décisions politiques.5Amartya Sen. 2000. « A Decade of Human Development ». Dans Journal of Human Development, 1 (1).7


ENCADRÉ 4.4 DEUX RAPPORTS DÉCLARENT LE VIH/SIDA COMME LE DÉFI LE PLUS CRITIQUEDU DÉVELOPPEMENT HUMAINLe RDH 2001 du Burkina Faso, La Lutte Contre le VIH/sida, fournit une analysecomplète et multidimensionnelle des liens entre l’épidémie et le développementhumain. Étant donné son taux de prévalence de plus de sept pour cent, le VIH/sida peutdévaster la société burkinabè et détruire l’économie à long terme.Le rapport examine de manière approfondie les principaux facteurs impulsant son expansion :pauvreté extrême, migration, croissance rapide de la population, développement urbain, pratiquessexuelles à risque et faible santé reproductive.Le rapport étudie également les liens entre l’épidémie et les droits de l’homme, la pauvreté,l’éducation, les aspects socioculturels et l’égalité des sexes, entre autres questions. Proposant unensemble de recommandations politiques, spécifiques le rapport met l’accent sur la direction etles partenariats à tous les niveaux entre le gouvernement, la société civile et les organisations communautaires.Le RDH 2003 de l’Asie du Sud sur le VIH/sida et le développement arrive à un moment où bien peu a étédocumenté sur l’épidémie dans la région. Et pourtant l’Inde à elle seule compte presque 10 pour centdes individus vivant avec le VIH/sida dans le monde.Le rapport soutient que malgré le taux de prévalence de 0.8 % chez les adultes de l’Asiedu Sud, comparé à une moyenne de 8.8 pour cent en Afrique subsaharienne, la populationde l’Inde de plus d’un milliard de personnes rend les chiffres absolus à euxseuls catastrophiques.En faisant le lien entre l’épidémie et la privation humaine, l’argument centraldu rapport est que l’éradication du VIH va de pair avec l’élimination de lapauvreté humaine. Le rapport explore également les liens entre VIH etdéveloppement humain, et propose des stratégies intégrées aux décideurspolitiques.quer à l’analyse de nombreux aspects de lamanière dont les individus vivent danschaque société. Cependant, quel que soitle sujet, le débat doit toujours provenirdes conditions dans un pays et enquêtersur le sujet à travers le prisme du développementhumain de l’équité, du progrèssocial, de la croissance économique, de laliberté humaine, de la participation et dela durabilité. Suivent ci-dessous quelquesexemples sur la manière de procéder pourdes thèmes sectoriels spécifiques.VIH/sida : Aborder le VIH/sida en partantde la perspective du développement peutgrandement enrichir les discussionsactuelles, parce que le VIH/sida est de plusen plus reconnu comme un défi dudéveloppement plutôt qu’uniquementcomme une préoccupation de santépublique. Les précédents RDH, dont celuidu Botswana, de la Namibie et de l’Afriquedu Sud, ont identifié l’épidémie comme lefacteur le plus dévastateur sapant ledéveloppement humain. Le VIH/sida minela capacité d’une nation à développer sesstructures d’éducation, de santé etd’emplois, tandis que des stigmates et unediscrimination envahissants réduisent leslibertés de ceux affectés par l’épidémie.8


Les impacts du VIH/sida sur le développementhumain peuvent être explorés àtravers les différentes dimensions de l’IDH– longévité, éducation et niveaux de vie.Une meilleure compréhension des effetsdes relations entre les sexes, des processussociaux, culturels et politiques, et del’économie est intrinsèque à toute analyse.Les recommandations politiques peuventmettre l’accent sur l’importance de laparticipation au processus politique desindividus vivant avec le VIH/sida, et sur unengagement de haut niveau pourrépondre aux défis de secteurs spécifiques(voir encadré 4.4). Pour une discussiondétaillée de l’examen du VIH/sida dans lecadre conceptuel du développementhumain, voir la Note thématiqued’orientation sur le VIH/sida, mandatée encommun par le Groupe des RNDH et leBureau des politiques de développementdu PNUD (http://hdr.undp.org/nhdr/guidance_notes.cfm).Égalité des sexes : réaliser l’égalité dessexes est en soi un objectif important dudéveloppement humain, puisque lesobstacles à l’égalité des sexes sontintrinsèquement liés à tous les autres ferset revers du développement humain. UnRDH qui analyse la question de l’égalitéTABLEAU 4.2LIER DÉVELOPPEMENT HUMAIN ET ENVIRONNEMENTÉquité etbien-être desindividusParticipation etautonomisationdans ledéveloppementLiberté,dignité etresponsabilitéHOMMES/FEMMES URBAIN/RURAL MAJORITÉ/ APPARTENANCEMINORITÉ ETHNIQUELa destruction desforêts a un impactnégatif sur les femmeset les enfants quidoivent faire provisionde combustibles. Cecilimite leur choix parrapport aux activitéspermettant de subveniraux besoins de lafamille et à la fréquentationscolaire.Les plans d’approvisionnementen eaupropre sont rarementconçus avec la participationdes pauvres, quirestent mal approvisionnéset souffrent enconséquence demauvaises conditionsde santé.Les chefs des ménagesrendus malades par lapollution perdent ladignité de subvenir auxbesoins de leur familleet ne bénéficient pasd’opportunités alternatives.Le manque d’accès à laterre et à une propriététerrienne stable, ainsi quela dégradation des solsréduit les pauvres rurauxau rang de « sans-terres » :les pauvres sans terresn’ont guère d’autres choixque de rechercher unemploi limité non qualifiéurbain.Le développement urbainprend fréquemment lesterrains agricoles debonne qualité, retirantdonc la base du mode devie des communautésrurales qui n’ont pas voixau chapitre dans laplanification dudéveloppement.Les pauvres ruraux quimigrent vers les villespour échapper aux effetsde la dégradation environnementalefont face à unchômage aigu et souffrede la honte d’abandonnerleur famille.Des minorités possèdentet /ou contrôlentl’accès auxressources environnementalesproductives.Une majoritéest privée d’une voixau chapitre etimpuissante.Les élites vivent dansde meilleurs lieux dupoint de vue environnemental.Lamajorité n’a que peude choix et les pluspauvres sont plusexposés etvulnérables à lapollution et la dégradation.En Asie, les sansterressont les moinsrespectés. L’absencede terre et lemanque d’opportunitésd’emplois sontétroitement liés à ladégradation desressources environnementales.La concurrence entreles pastorauxnomades et lesfermiers conduit auconflit et à l’expulsiondes domaines traditionnels.Les groupes ethniquessont confinés auxterres les plusdégradées du point devue environnemental,et improductives.Le conflit portant surl’amenuisement desressources conduit àdes attaques sur lesgroupes ethniquesfaibles et l’éliminationde leur liberté depoursuivre leur modede vie privilégié.Natasha Kanjee et Philip Dobie. 2003. Note thématique d’orientation sur l’environnement. NHDR Occasional Paper Series.New York: PNUD/Bureau du Rapport mondial sur le développement humain.New York: UNDP/Human Development Report Office.9


des sexes, qu’elle soit le thème principal ouintégrée au contexte de son impact sur lasituation générale du développementhumain, doit la considérer comme unaspect indivisible du développement. Ceciinclut d’adopter un processus, desméthodes d’analyse et d’utiliser desindicateurs qui fassent participer femmeset hommes et identifient les disparitésdans leurs capacités et leurs choix. Unenote thématique d’orientation relative àl’égalité des sexes est disponible(http://hdr.undp.org/nhdr/guidance_notes.cfm ). Elle examine endétail la manière d’intégrer l’égalité dessexes aux politiques du développementhumain et évalue un certain nombre deRDH ayant pour thème l’égalité des sexes.L’environnement : Toutes les formes dedégradation de l’environnementcompromettent les capacités humaines. Letableau 4.2 présente une matrice qui aideà examiner les questions environnementalesà travers le prisme du développementhumain. Voir également la Notethématique d’orientation sur l’environnement,publiée par le Bureau du rapportmondial sur le développement humain(http://hdr.undp.org/nhdr/reviews/thematic_review.cfm).ENCADRÉ 4.5LE RDH DE LA GÉORGIESE TOURNE VERS LES OUTILSQUANTITATIFS ET QUALITATIFSLe RDH 2001/2002 de la Géorgie s’est penchésur la pauvreté et le développement humain,soulignant les interactions entre une gouvernancesaine et les stratégies de lutte contre la pauvretéau niveau des individus et de la société.C’est le premier rapport enGéorgie à combiner outils quantitatifset qualitatifs. Le rapporta entrepris deux enquêtes surles ménages au niveau national,utilisant une variation du formatde l’Étude sur la mesure desniveaux de vie, ainsi qu’un tourde groupes de discussion.Il présentait un profil de la pauvreté, des IDHrégionaux (le premier en Géorgie) ainsi qu’uneanalyse des éléments déterminants la pauvreté, etappliquait une combinaison d’analyse derégression, d’analyse groupée et de statistiquesdescriptives.MÉTHODESD’ANALYSEQUALITATIVES ETQUANTITATIVESDeux formes basiques de recherche etd’analyse constituent un RDH : qualitativeet quantitative (voir encadré 4.5). L’analysequantitative fait généralement référenceaux techniques de collecte des données nonstatistiques, dont des entrevuesapprofondies, des sondages d’opinions, desétudes de perceptions, des groupes dediscussions, des observations de participantset autres. Ces outils produisent souvent desrapports qui sont très demandés car sourcesde riches idées nouvelles et d’informations.10


Une approche du développement humainvisant à analyser la pauvreté exige parnature de donner un rôle aux individus,notamment aux pauvres, en tantqu’agents du changement. Les évaluationsparticipatives et qualitatives peuvent êtreune manière de mieux comprendre lesperspectives des individus sur ledéveloppement au sein de leur propreréalité. Les enquêtes et autres méthodesde sondages, par exemple, offrent auxindividus la possibilité d’exprimer leursaspirations, et de participer à lamobilisation en faveur de politiques quiles reflètent (voir encadré 4.6).ENCADRÉ 4.6LE CHILI MET AU POINT DESMÉTHODES DE MESURESQUALITATIVESLe RDH 2002 du Chili, We, theChileans : A Cultural Challenge, acoordonné une enquête de qualité servantde base au rapport, en interviewant 3600personnes sur la culture et le développementhumain. Ce rapport est devenu lepremier RDH à aborder systématiquementet de manière détaillée les liens entre laculture et le développement humain.En employant un éventailimpressionnant d’instrumentsde recherche qualitative, dontdes groupes de discussion, desentrevues approfondies et unsondage de l’opinion publique, il adépeint la perspective qu’ont lesChiliens de leur propre société.Il a exploré ce que signifie être Chilien, lesimpacts des changements rapides du pays sur lesplans de vie des individus et les tensions liées à lamondialisation. Pour une discussion complète surles techniques utilisées et les raisons, voir lesappendices 1-5 du rapport. (http://hdr.undp.org/docs/reports/national/chile/chile_2002_eng.pdf)Les données non numériques etcontextuelles peuvent également s’avérerutiles pour mener une analyse des partiesprenantes et des institutions afin deformuler des recommandations politiques,et d’identifier les questions critiquesdemandant des réponses politiquespromptes. Puisque les instruments del’analyse qualitative sont interactifs etpeuvent être employés relativementrapidement, ils peuvent aider à établir unprogramme de recherche pour les RDH etévaluer les impacts de la réformepolitique.L’analyse quantitative joue également unrôle essentiel dans tout RDH. Lors de leurstous premiers pas, lorsque le format desrapports était mis au point, le fondateurMahbub ul Haq a cherché une manière dedépeindre l’essence du développementhumain sous forme numérique, même sicela signifiait de rétrécir un tant soit peul’approche dans un ensemble donné d’indicateurs.Il a d’abord cru qu’une alternativedevait être trouvée pour le PIB par habitant,alors le seul point de référence utilisé pourmesurer les succès d’une nation : « Toutemesure qui valorise une arme plusieurscentaines de fois plus qu’une bouteille delait soulèvera inévitablement des questionsquant à sa pertinence pour le progrèshumain », a-t-il soutenu. 6 Il était égalementconvaincu qu’un seul chiffre, même siouvertement simpliste, porterait lesmessages généraux des rapports à un publicbeaucoup plus large.Lors d’un hommage en mémoire au Dr.Haq, l’économiste Prix Nobel, AmartyaSen, admet qu’il s’était initialementprofondément opposé à la création del’IDH. « Pourquoi accorder del’importance, était-il naturel de sedemander, à un indicateur résumé brutqui ne pouvait vraisemblablement passaisir la plupart des riches informationsqui font que le Rapport sur ledéveloppement humain est si engageantet si important ? », demandait-il. 76Mahbub ul Haq. 1995. Reflections on Human Development. New York: Oxford University Press7Rapport mondial sur le développement humain 1999, p. 23.11


« L’IDH ne tient pas compte de chaque aspect dudéveloppement humain. Il se concentre sur troisdimensions des capacités de base – une vie longueet en bonne santé, l’éducation et un niveau de viedécent. Mais l’IDH n’affaiblit en aucune façon lefait que les autres aspects de la vie humaine, telsque la participation, la liberté politique et la sécuritéhumaine, sont également importants. »Selim Jahan 9Mais le Dr. Haq ne s’est pas laissédissuader. Et avec le temps, le ProfesseurSen a réalisé qu’il avait raison. « Mahbubespérait non seulement que l’IDH seraitune amélioration – ou du moins unsupplément utile – du PIB, maiségalement qu’il servirait à élargir l’intérêtdu public à d’autres variables analysées enabondance dans le Rapport mondial sur ledéveloppement humain. Mahbub avaitabsolument raison, je dois l’admettre, etje suis très heureux que nous n’ayons pasréussi à le détourner de sa recherche pourune mesure brute ». 8LES INDICATEURSCOMPOSITES DU RDHDepuis les débuts de l’IDH dans le premierRMDH, les rapports se sont toujoursefforcés de mesurer l’exclusion.L’intention n’a jamais été d’éclipser lesdiscussions sur la réforme politique et laperformance, mais plutôt de les amélioreren offrant des outils de mesure et de suivide l’avancée humaine. Simultanément, cesindicateurs facilement compris stimulentun débat plus large parmi les décideurspolitiques et le grand public en général.Le RMDH a mis au point quatreindicateurs composites principaux.Prenant la suite de l’IDH, ils ont inclul’indicateur de pauvreté humaine (IPH-1et IPH-2), l’indicateur de développementsexospécifique (IDS) et l’indicateur departicipation des femmes (IPF).Ces indicateurs ont trois utilisationsprincipales : en tant qu’outils demobilisation qui fournissent desinformations aidant les individus àENCADRÉ 4.7LE RMDH 2002 EXAMINE LA CONVERSION AUX TAUX DE CHANGEDE LA PPALE POURQUOI ET LE COMMENT DES PARITÉS DE POUVOIR D’ACHATAfin de comparer les statistiques économiques surplusieurs pays, les données doivent d’abord êtreconverties en une monnaie commune. Contrairementaux taux de change conventionnels, les taux dechange de la parité de pouvoir d’achat (PPA) permettentà cette conversion de tenir compte desdifférences de prix entre les pays. En éliminant lesdifférences des niveaux de prix nationaux, la méthodeaide à comparer des valeurs réelles pour lesrevenus, la pauvreté, l’inégalité et les schémas dedépenses.Alors que l’argument conceptuel pour l’utilisationdes taux de changes de la PPA est clair, des difficultéspratiques demeurent. La Banque mondiale aRapport mondial sur le développement humain 2002compilé directement la PPA pour 118 des environ220 entités politiques nationales distinctes. Pour lespays pour lesquels elle n’a pas compilé directementles PPA, elle présente des estimations en faisantusage de la régression économétrique. Cetteapproche suppose que les caractéristiqueséconomiques et les relations communémentobservées dans les pays interrogés s’appliquent aussiaux pays non interrogés. Alors que cette suppositionne tient pas nécessairement, les relationséconomiques fondamentales sont considéréescomme étant généralement pertinentes et peuventêtre associées aux variables observées indépendammentdans les pays non interrogés.128ibid.9Citation tirée de « Evolution of the HDI » dans Readings in Human Development : Concepts, Measures and Policiesfor a Development Paradigm, révisé par Sakiko Fukuda-Parr et A.K. Shiva Kumar. New Delhi: Oxford University Press.


influencer la prise de décision ; en tantqu’outils de planification guidant uneprise de décision éclairée (notamment auniveau sous-national) ; et en tant qu’outilsde recherche traçant l’impact duchangement politique, à la fois sur lesindicateurs économiques et nonéconomiques.Les non-spécialistes peuventimmédiatement comprendre leursignification, qui se traduit par un soutienplus large en faveur du développementhumain, ainsi qu’en un supportimmédiatement disponible pour lesdécideurs pour formuler des politiquesfondées sur le développement humain.Suivent ici des descriptions de chacun desquatre principaux indicateurs (voir outil4.4 pour les notes techniques complètessur le calcul de chaque indicateur) :Indicateur du développement humain :l’IDH est une mesure simple de la réussitemoyenne d’un pays dans trois dimensionsde base du développement humain : unevie longue et en bonne santé, l’éducationet un niveau de vie décent. On l’appellevariable « standard » parce qu’ellechange très lentement au fil du temps,mesurant ainsi le standard dedéveloppement humain actuel d’un pays.Cette trousse à outils contenant desréférences mentionnées auparavant surl’IDH, cette discussion sera donc brève.Cependant, en droite ligne avec la Politiqueinstitutionnelle, il est important de mettreà nouveau l’accent sur le fait qu’un rapportdoit inclure un IDH désagrégé afin d’êtreconsidéré comme un RDH.Un aspect particulièrement compliqué ducalcul de l’IDH pour les différents pays estl’utilisation des parités de pouvoir d’achat.L’indicateur utilisé dans l’IDH en tant quesubstitut pour le niveau de vie est le PIBpar habitant, ajusté pour les différencesde prix entre les pays (voir encadré 4.7).Autrement, l’IDH mesure la longévité parle biais de l’espérance de vie à lanaissance, et l’éducation, par le biais d’unecombinaison du taux d’alphabétisation desadultes (deux tiers) et les annéesmoyennes de scolarisation (un tiers).Indicateur de pauvreté humaine 10 : leRMDH de 1997 a introduit la notion depauvreté humaine et l’IPH, à titred’indicateur composite pour mesurer saportée. Le rapport définissait la pauvretéhumaine comme la négation du choix etdes opportunités de mener une vietolérable, un concept qui va au-delà dumanque de ce qui est nécessaire pour lebien-être matériel. Il inclut la négationdes opportunités et des choix les plusélémentaires au développement humain –mener une vie longue et en bonne santé,avoir un niveau de vie décent, jouir de laliberté et la dignité. Pour les décideurs, lapauvreté humaine est souvent pluspertinente que la pauvreté de revenus carelle met l’accent sur les causes de lapauvreté. La prendre en considérationconduit à des stratégies qui accroissent lesopportunités de chacun.L’IPH se concentre sur trois dimensionsessentielles déjà reflétées dans l’IDH :mener une vie longue et en bonne santé,accéder à l’éducation et avoir un niveaude vie décent. Mais en examinant de plusprès les aspects relatifs aux privationsdans le développement humain, il essaiede permettre aux pays d’identifier lamanière dont les réussites moyennes dudéveloppement humain, telles quemesurées par l’IDH, sont réparties.Afin de mieux refléter les conditionssociales et économiques très différentesentre les pays en développement et lespays plus riches, il existe deux versions del’Indicateur de pauvreté humaine – l’IPH-1et l’IPH-2. Alors que la nature desprivations varie grandement selon lacommunauté en question, en général, lapauvreté dans les pays en développementimplique faim, analphabétisme, épidémies10Moez Doraid. 1997. Analytical Tools for Human Development. New York: PNUD/Bureau du Rapport mondial sur ledéveloppement humain (http://hdr.undp.org/statistics/tools.cfm).13


et manque de services de santé ou d’eaupotable. Dans les pays plus développés, lafaim est relativement rare, le tauxd’alphabétisation est presque universel etles services de santé sont en grande partiegénéralisés, mais d’autres questionsprennent relativement une plus grandeimportance. L’IPH-2, pour les pays àrevenu élevé sélectionnés, tient ainsiégalement compte de l’exclusion sociale(mesurée en utilisant le chômagesupérieur à une année), une privationvigoureuse qui est difficile à éliminer etqui est une préoccupation importantepour l’éradication de la pauvreté humainedans tous les pays.En somme, l’IPH-1 utilise les indicateurssuivants : probabilité à la naissance de nepas vivre jusqu’à l’âge de 40 ans, tauxd’analphabétisme des adultes, populationn’utilisant pas des sources d’eauaméliorées et proportion des enfants eninsuffisance pondérale en dessous del’âge de 5 ans. L’IPH-2 mesure lesprivations dans les mêmes dimensions,avec en plus l’exclusion sociale. Elles sont :la probabilité de ne pas vivre jusqu’à l’âgede 60 ans, adultes manquant decompétences fonctionnelles pour lire etécrire, population en dessous du seuil depauvreté et taux de chômage à longterme.Indicateur du développementsexospécifique et indicateur de laparticipation des femmes 11 : Le RMDH de1995 a introduit deux nouvelles mesuresdu développement humain qui jettent lalumière sur le statut des femmes. L’IDSsaisit les inégalités entre les sexes auniveau des capacités humaines, reflétantles déséquilibres dans la santé de base,l’éducation et les revenus. L’IPF révèle lesinégalités dans l’avancement des femmesdans les domaines sélectionnés de laparticipation politique et économique,ainsi qu’au niveau de la prise de décision.Tandis que l’IDS se concentre sur lesENCADRÉ 4.8LA RÉPUBLIQUEDOMINICAINE RÉEXAMINELA MESURE DE LA PAUVRETÉLe premier RDH de laRépublique dominicaineexamine la pauvreté, avec aucœur de son analyse uneenquête nationale menée parla Banque centrale en 1998.Elle a utilisé le seuil depauvreté de 2$ par jour et leseuil de 1$ par jour pourl’extrême pauvreté.En parallèle, l’Office national de planification(ONP) et la Commission économique pourl’Amérique latine et les Caraïbes (CEPALC) ontemployé une autre méthodologie, l’approchedes besoins élémentaires non satisfaits, qui ontproduit des résultats très différents.Par le biais du processus du rapport, l’ONP acommencé à repenser ses stratégies de mesurede la pauvreté au fur et à mesure qu’il réalisaitque la véritable question en jeu étaitl’inégalité. Cette conclusion a lourdementinfluencé la stratégie nationale de réduction dela pauvreté, initiant un débat sur un nouveaucadre, fondé sur l’analyse des élémentsdéterminants de la pauvreté et de l’inégalité.De plus, l’OPN a entrepris d’autres recherchessur les composants culturels de la pauvreté.capacités dans les mêmes domainesmesurés par l’IDH (utilisant une méthodequi impose une sanction pour l’inégalité),l’IPH traite de l’utilisation de ces capacitéspour tirer profit des opportunités de la vie.Plus la disparité entre les sexes estimportante dans les capacités de base,plus l’IDS d'un pays est faible comparé àl’IDH. L’IDS est simplement l’IDH réduit –ou ajusté à la baisse – pour l’inégalitéentre les sexes. L’IPF met l’accent sur trois1411Moez Doraid. 1997. Analytical Tools for Human Development. New York: PNUD/ Bureau du Rapport mondial sur ledéveloppement humain (http://hdr.undp.org/statistics/tools.cfm).


variables – le pourcentage de siègesparlementaires occupés par des femmes ;le pourcentage de femmes législateurs,cadres supérieurs et directrices, etemployés professionnels et techniques ; etle rapport estimé entre le revenu desfemmes et des hommes. Ceci aide àindiquer l’autonomisation des femmesdans ces sphères, ou bien l’absence decelle-ci. 12QUESTIONSCONCERNANT LESMESURES AU SEINDES DIFFÉRENTSCONTEXTESNATIONAUX ETRÉGIONAUXUne communauté croissante despécialistes des sciences sociales, destatisticiens, de décideurs politiques etd’activistes incorporent maintenant lesindicateurs composites du développementhumain dans leurs activités. Des initiativesstimulantes ont lieu au niveau régional,national et sous-national afin de lesemployer comme outils dynamiques dudialogue politique, du suivi et de lamobilisation (voir encadré 4.8).En même temps, un travail concerté surchaque continent introduit également denouveaux indicateurs ou dimensionssupplémentaires aux indicateurs existants,et met aussi au point des alternatives.Plusieurs questions ont été particulièrementurgentes. Les décideurs ontcherché les manières de refléter deschangements à plus court terme que ceuxsaisis par l’IDH (voir encadré 4.9), tandisque les chercheurs proposaient demesurer des dimensions essentielles nonincluses dans l’IDH ou l’IPH. Celles-cicomprenaient des questions comme laparticipation et la liberté (voir encadré4.10). Finalement, quelques indicateursentièrement nouveaux ont été créésautour de thèmes précédemmentnégligés, comme la sécurité humaine.ENCADRÉ 4.9ADAPTER LES INDICATEURS POUR DES PRIORITÉS À COURTTERME EN THAÏLANDELe RDH 2003 de la Thaïlande, Community Empowerment and Human Development,présente l’Indicateur de réussite humaine (IRH). Cette innovation fournitl’une des mesures sommaires de la qualité de vie et des niveaux du développementhumain dans les 76 provinces de la Thaïlande, dans le but d’aider le gouvernementà établir des priorités dans un cadre temporel de courte durée.Huit indicateurs individuels composent l'IRH : santé, éducation, emploi, revenu,logement et conditions de vie, vie de famille et communautaire, transport et communication,et participation politique. Ces indicateurs couvrent un total de 40 indicateursspécifiques. Se pencher sur des composants individuels peut aider à rendre lespriorités politiques et les choix très clairs.Quelques tendances très intéressantes ont fait leur apparition, dont la découverted’une malnutrition aiguë dans certaines zones retirées, un rapport du nombre demédecins par personne à Bangkok qui est 24 fois celui de la province la plusdéfavorisée, et des taux impressionnants d’éducation secondaire à travers le pays. Chacune deces conclusions porte un enseignement politique.12Rapport mondial sur le développement humain 1995.15


ENCADRÉ 4.10L’IDH ALTERNATIFDE LA RÉGION ARABELe concept de développementhumain est beaucoupplus riche et plus complexe quece que fait ressortir l’IDH. Laliberté, la participation,l’autonomisation des femmes etles TIC sont des problèmesspécifiques à la région arabe.De ce fait, le RDH arabe 2002,Créer des opportunités pour les génerationsfutures, a tenté pour la première fois dedévelopper un IDH alternatif incorporantcertains de ces problèmes et d’insérer dans leprogramme de recherche sur le développementhumain, la nécessité de trouver des mesuresplus efficaces du développement humain.Les auteurs du rapport ont à l’avance reconnuque c’est une analyse préliminaire pouvant fairel’objet de critiques méthodologiques, vuequ’elle mélange des variables quantitatives aveccelles exprimant des perceptions.Mais, ils ont soutenu que cela constitue l’importantdébut d’un programme inachevé visantà améliorer les mesures fondamentales de laliberté et de la bonne gouvernance.Ce sont des efforts qui en valent la peine.Lorsque les équipes du RDH choisissent lescomposants et entreprennent desmodifications pour mieux refléter leurspriorités et problèmes nationaux, ellesélargissent l’utilité et la polyvalence desindicateurs. En même temps, il faut êtreconscient des contraintes techniques afind’assurer que les méthodologiesdemeurent sûres et crédibles (voir outil4.6d pour une lecture supplémentaire surle développement des indicateurscomposites).Afin de renforcer les messages relatifs auxpolitiques, les analyses fondées sur desindicateurs doivent inclure descomparaisons à l’intérieur et entre lespays. Par exemple, dans leur prochainRDH, l’équipe responsable des rapports enBulgarie projette de créer un chapitreindépendant sur l’accession à l’UE. Ilportera essentiellement sur ledéveloppement humain en milieu ruralainsi que sur les façons d’associerl’expérience bulgare au processusd’accession et à ses indicateurs.TRAITER LES PROBLÈMESMÉTHODOLOGIQUES ET DEDONNÉESLa fiabilité des indicateurs et desanalyses qui découlent des donnéesne peut que dépendre des données ellesmêmes.Mais on ne peut permettre qu’unmanque de données actualisées et fiablesparalyse le travail de mesure dudéveloppement humain. Les classementset les nouvelles désagrégationsconstituent un moyen d’inciter lesdécideurs à investir dans l’amélioration dela qualité, souvent faible, des statistiquessociales et humaines.Néanmoins, l’obtention de donnéesappropriées demeure un défi majeur dansbon nombre de pays. Les équipes des RDHfont face à des obstacles tels que leslacunes dans les données, les âges, lesmanques de comparabilité et de fiabilité(voir encadré 4.11).Quelles sont les alternatives pour obtenirdes données de qualité ? Une option pluspratique que la collecte des données àl’échelle nationale est la réalisationd’enquêtes spéciales, avec un échantillonde taille limitée. Ceci peut être un moyenraisonnable d’obtenir des informationsautrement inaccessibles. En Indonésie, parexemple, des enquêtes à l’échelleprovinciale ont été effectuées surplusieurs variables socioéconomiques,notamment le logement, les problèmes16


socioculturels, la criminalité et lesdépenses des ménages. Certaines donnéesnationales relatives aux indicateurs dubien-être social proviennent de ces pluspetits échantillons 13 .Une autre méthode fait appel auxestimations. Ceci exige créativité etexpertise statistique pour surmonter leslacunes dans les données. Lorsque lesdonnées sont disponibles, leur fiabilitépeut être mise en doute, vu la variété desources et d’institutions les collectant. Lessources de collecte peuvent être desenquêtes simples, des recensements, dessystèmes d’enregistrement de l’état civil,des archives administratives d’États, dessources de données internationales ou desenquêtes du secteur privé et des ONG.Chacune de ces sources utilise différentesméthodes de collecte et des définitionsvariées, une question qui exige uneattention particulière. Vu que les lacunesdans les bases de données sont souventremédiées par des projections fondées surdes tendances antérieures, des erreursrelatives aux rythmes présumés desvariations peuvent s’introduire. 14Lorsque les données sont rares, il existeune tendance à ajouter des indicateurs.Cependant, les indicateurs en soin’ajoutent pas nécessairement de lavaleur. L’ajout de plus de variables peutégalement entraîner la confusion etdétourner du sujet principal du rapport.La campagne « Objectifs dedéveloppement pour le Millénaire » aprocuré une dynamique ainsi que desressources pour la collecte et l’analyse desdonnées nécessaires aux décisionsconcernant le développement humain.C’est une opportunité énorme pour lesRDH. Lorsque nécessaire, les équipes derapports doivent tirer profit de nouveauxensembles de données ou d’ensemblesaméliorés, en même temps que deENCADRÉ 4.11LE KOSOVO CONÇOITDES STRATÉGIES DECOLLECTE DES DONNÉESAu Kosovo, un manquede données fiables etmises à jour empêche lecalcul de l’IDH et des autresindicateurs. Le dernierrecensement fiable, parexemple, a été réalisé en1981. Bien qu’un deuxièmerecensement ait été effectuéen 1991, la plupart des Albanais ethniques,qui constituent la majorité de la population l’ontboycotté.En 2002, l’équipe RDH effectuant le programmeBuilding Bridges to a Better Future, a étéconfrontée au besoin de remédier aux lacunesdans les données. Du fait des données limitéespour les valeurs du PPA et du PIB, le calcul del’IDH s’est avéré être un exercice difficile.L’équipe a alors adopté une approche innovante.Puisqu’il était impossible de déterminer avecprécision le PIB par habitant, le rapport l’a évaluéen ayant recours à deux valeurs, une valeurinférieure et une valeur supérieure. La valeurinférieure utilise les taux de change du dollaraméricain. La valeur supérieure multiplie par troisle PIB par habitant – les taux des PPA des autrespays de l’Europe du Sud et de l’Europe de l’Estsont habituellement de l’ordre de trois à quatrefois les valeurs des taux de change.En effectuant ces évaluations et en incorporantles résultats aux sondages d’opinion et auxenquêtes, le rapport du Kosovo révèle des défisclés et présente des options politiques pouraider au développement humain.meilleures compétences et d’outils pourles contrôler et les analyser. Ceci exige13Seeta Prabhu. 2003. Social Statistics on Human Development and Millennium Development Goals : Challenges andConstraints. PNUD Inde. Article pour l’atelier de conclusion du Projet de la Banque de développement de l’Asie, portantsur l’aide technique régionale (RETA) 6007, destinée à l’amélioration des statistiques sociales et des statistiquesventilées par sexe, 24-27 juin, Bangkok.14ibidem17


coordination et dialogue entre les équipesdes rapports ODM et ceux des RDH. C’estégalement une opportunité pour leséquipes RDH de recommander, par le biaisdes offices statistiques nationaux etd’autres organismes, des types de statistiquesnécessaires à une analyse profondedu développement humain – ils ne fontpas tous partie de ceux requis pour unrapport ODM. Notamment les indicateursn’évaluant pas uniquement la quantité(c’est-à-dire, les taux de scolarisation),mais également la qualité (les résultatsdes tests standardisés, les taux d’abandonscolaire, etc. – voir – outil 4.3).UTILISATION DES DONNÉSDÉSAGRÉGÉES POURCHERCHER À DÉCOUVRIRDES DISPARITÉS CRITIQUES 15Les moyennes nationales peuventmasquer de grandes disparités ainsique des zones défavorisées. Dans ce cas, undes plus importants travaux que peuventaccomplir les équipes RDH est de proposerdes données désagrégées se tournant versdes unités de mesure les plus petitespossibles et se rapprochant aussi près quepossible de l’individu. En désagrégeant lesdonnées nationales par différentes caté-ENCADRÉ 4.12LA DÉSAGRÉGATION RÉVÈLE DES INÉGALITÉS PAR CASTE,APPARTENANCE ETHNIQUE ET RÉGIONLe RDH 2001 du Népal étudie la persistance de la pauvreté,en dépit d’une croissance constante et des politiques agressivescontre la pauvreté. Une série de données désagrégées révèle d’importantesinégalités dans la répartition des ressources et des opportunités,conduisant le rapport à la conclusion qu’une faible gouvernanceest à l’origine des résultats décevants concernant la pauvreté. Le rapportrévèle que l’espérance de vie est en moyenne de 51 ans pour la plupartdes castes défavorisées, comparée à 63 ans pour le groupe ethniqueNewar, qui est le plus privilégié.Les RDH annuels de l’Égypte désagrégent les indicateurs socioéconomiques,environnementaux et démographiques ainsi qued’autres indicateurs pour chacun des 26 gouvernorats de la nation.Ces données et les résultats des rapports forment la base de rencontresannuelles des gouverneurs du pays visant à examiner conjointementles problèmes de disparités et identifier des réponses politiques.Le septième RDH de l’Égypte, le rapport 2002/2003 sur le développement participatiflocal, comprend une analyse innovante de l’IDH à l’échelle du pays. Ladésagrégation des données s’est portée au-delà des gouvernorats pour fournir descalculs et des analyses de 451 unités municipales. Une annexe détaillée présentedes indicateurs sociaux et démographiques comportant plus de 70 variables.Pour la première fois, des informations sont disponibles pour étudier les causes desvariations et des écarts locaux. En fonction de ces données, 50 unités aux IDH faiblementpositionnés ont déjà été désignées pour recevoir une aide au développement.1815Sakiko Fukuda-Parr, Kate Raworth et A. K. Shiva Kumar. 2003. « Using the HDI for Policy Analysis », tiré de Readingsin Human Development : Concepts, Measures and Policies, révisé par Sakiko Fukuda-Parr et A. K. Shiva Kumar.New Delhi: Oxford University Press.


gories – masculin/féminin, urbain/rural,divisions géographiques, religions, groupesethniques, castes, etc. – un rapport peutalors commencer à donner une image del’inégalité et à refléter la répartition réelledes zones défavorisées (voir encadré 4.12).On peut également utiliser la désagrégationpour évaluer les pertes et les gains àcourt, moyen et long terme. Par exemple,certains groupes peuvent subir une perte àcourt terme, mais engranger un gain àmoyen ou à long terme. Lorsque que celaest pertinent, les analyses RDH doiventmettre en évidence les disparités à l’aidede données adéquates. Ceci peut exigereffort et créativité statistique, car danstous les pays, les ressources pour les activitésstatistiques sont bien inférieures à cequi est requis pour l’élaboration de politiquescentrées sur les individus. Dans bonnombre de pays, ce type de données esttout simplement indisponible.Plusieurs questions fondamentalesguident la collecte et l’utilisation desdonnées désagrégées :• Qui sont les plus défavorisés – et quelssont les impacts des politiques sur leursvies ? La désagrégation doit s’efforcerd’identifier les groupes sociauxpossédant les plus mauvais résultats afinde pouvoir suivre leur progrès.• Quelles sont les disparités existant entreles groupes ? Ceci permet de mettre enévidence les discriminations actuelles ouhistoriques et d’indiquer si les politiquesréduisent ou exacerbent les écarts (voirencadré 4.13).• Quels ont été les impacts des politiquesantérieures sur des secteurs spécifiquesde la société ? L’évaluation de cet aspectrequiert des variables apportant desréponses à court terme – par exemple, letaux d’alphabétisation chez les 15-19ans plutôt que le taux d’alphabétisationdes adultes – mais le manque dedonnées est un problème courant. Laréactivité exige également desstatistiques qui sont fréquemment misesà jour, toutes les fois que c’est possible.ENCADRÉ 4.13AMÉLIORATION DES INDICATEURSET DE LA GOUVERNANCE LOCALEEN BULGARIELa Bulgarie a commencé en 1999 àcalculer les indicateurs du développementhumain au niveau des municipalités etdes régions (IDHM et IDHD) afin d’encouragerdes débats sur la gouvernance. En2002, le RDH a introduit deux innovationsmajeures visant à améliorer les indicateurs.Premièrement, les IDH ont été présentésdans un livret www.undp.bg/en/publications/national_human_development_reports/nhdr_2002.pdf) insistant sur les tendancesdes IDHM et les IDHD, et sur les facteurs lesplus importants les affectant. Deuxièmement,le rapport a ajusté la méthodologiede calcul de l’IDHM en mettant l’accent surson interaction avec l’IDHD. Ceci dirige l’attentionsur le rôle de la gouvernance localedans le développement durable des municipalités.Au lieu de classer les municipalitésde 1 à 262 selon l’IDHM, le rapport évalueles municipalités dans le contexte desrégions, et discute du rôle des régions pourles développer.Le rapport rend clair ledéveloppement inégal desmunicipalités, et dans le mêmeprocessus insiste sur l’importanced’une planification intégréeet de l’harmonisation deslégislations bulgare eteuropéenne. Des débats àl’échelle nationale ontcommencé à se tenir sur la nécessité d’institutionnaliserune gouvernance locale dite de« second niveau », sachant que la structureactuelle des régions permet l’intégration dudéveloppement des municipalités.Ces problèmes exigent la prise en comptesimultanée de trois perspectives : uneperspective sur la moyenne portant sur leprogrès global du pays, une perspective19


TABLEAU 4.3TROIS PERSPECTIVES POUR ÉVALUER LES PROGRÈSPÉRIODE PERSPECTIVE PERSPECTIVE SUR LA PERSPECTIVE SUR LASUR LA MOYENNE PRIVATIONS INÉGALITÉSUne périodeDansle tempsQuelle est lamoyenne nationale ?La moyennenationale a t-elleévoluée ?Qui sont les plus défavorisés par :• Quintile de revenu• Sexe• Région• Rural ou urbain• Groupe ethnique• Niveau d’éducationLes groupes sociaux les plusdéfavorisés ont-ils progressé ?Quel est le niveau de disparité entre :• Le quintile de revenu le plus élevé et leplus bas• Les hommes et les femmes• Les régions les plus aisées et les moins aisées• Rural et urbain• Les groupes ethniques les plus aisés et lesmoins aisés• Ceux ne possédant aucune instruction etceux dotés d’une instruction supérieureDe quelle manière les écarts entre lesgroupes sociaux ont-ils évolué – se sont-ilsaccentués ou réduits ?Tiré de Readings in Human Development: Concepts, Measures and Policies for a Development Paradigm, edited by SakikoFukuda-Parr and A.K. Shiva Kumar.sur les privations relatant les progrès desgroupes les plus défavorisés (voir outil4.5a), et une perspective sur les inégalitésindiquant les avancées en matière deréduction des inégalités (voir outil 4.5b). Ilest possible d’appliquer ce cadre (voirtableau 4.3) à tous les pays en ayant recoursaux variables les plus pertinentes. Même siles données désagrégées le permettent, deplus en plus de données sont heureusementcollectées au niveau national.Pour les trois perspectives, la méthode demesure des progrès des indicateurs dudéveloppement humain est classée envariation absolue, variation enpourcentage et réduction du déficit (voiroutil 4.5c). Le progrès de l’IDH esthabituellement évalué selon la perspectivesur la moyenne, mais les résultats sonttrop progressifs pour être utiles à ladétermination des résultats de périodes depolitiques spécifiques. À l’avenir, il seranécessaire d’accorder plus d’attention auxperspectives sur les privations et auxperspectives sur les inégalités.FORMULER DESOPTIONSPOLITIQUESAUDACIEUSESUn des objectifs communs à tous les RDHest l’incitation à un débat public sérieux.Pour cela, un élément clé, lié par nature àla qualité de l’analyse, est un ensemble derecommandations politiques viablesfournissant un début structuré audialogue (voir outil 4.1). La valeur ajoutéedes messages des RDH réside dans le fait,qu’indépendamment du thème choisi, lesrapports formulent clairement unensemble cohérent de messages relatifsau développement humain, et les déploientsuivant une stratégie de communicationet de mobilisation soigneusement mise enplace pour inciter au changement.Les stratégies et les recommandationsdoivent être étroitement liées auxdonnées RDH globales et aux analyses despolitiques de sorte qu’il y ait une synergieentre les deux. La valeur des recommandationsprovient à la fois de leur20


ENCADRÉ 4.14DEUXSCÉNARIOS DEDÉVELOPPEMENTPOTENTIELS EN CHINELe RDH 2002 de la Chine, Making GreenDevelopment a Choice, décrit des solutionsde développement durable pour lepays, à mesure que celui-ci se dirige vers l’adhésionà l’Organisation mondiale ducommerce et continue à enregistrer des tauxélevés de croissance annuelle.L’objectif central du rapport estde générer des discussions surles choix critiques des politiquesqui sont nécessaires pourpromouvoir un développementvert. Pour ce faire, le RDH s’estbasé sur un scénario d’approcheet une analyse coûts/profits.« La voie périlleuse » esquisseun scénario basé sur des politiques réactives,où la participation du public n’est pasencouragée et où les forces du marché nesont pas maîtrisées par des objectifsenvironnementaux. Elle prédit la vulnérabilitécroissante de la société chinoise, le risqued’instabilité et la réduction potentielle de lacroissance.Le scénario « Voie de la réforme verte » reposesur des politiques environnementales proactiveset sur le développement de partenariats. Lesfruits de la croissance sont distribués de façonplus équitable. Bien que certaines plaies desdécennies antérieures ne puissent pas être cicatrisées– particulièrement les pertes de la diversitébiologique – une importante restaurationpeut ouvrir de nouvelles voies pour la croissanceéconomique, le commerce et les investissements.Ces scénarios ont généré une forte couverturemédiatique aussi bien en Chine qu’àl’étranger, permettant à l’analyse RDH dedevenir une référence importante pour lesactivités de développement durable dufaisabilité et de leurs perspectives derechange clairement examinées,obtenues de la participation d’experts,d’éminents faiseurs d’opinion, dedécideurs et de pays donateurs.Un ensemble cohérent de messages relatifsaux politiques aideront à faire progresserle développement humain. Les rapportsdoivent fournir un ensemble de politiques,économes en ressources, qui se renforcentmutuellement et doivent identifierclairement les instruments et les outils despolitiques. Plusieurs RDH performantsproposent des options concrètes traitant àla fois des possibilités à réaliser et de lafaçon de les réaliser. Ils examinent lescoûts et les avantages des choix despolitiques, identifient vainqueurs etperdants, et insistent sur les échangesspécifiques d’un point de vue de développementhumain (voir encadré 4.14).En bref, les options de politiques doiventêtre, autant que possible : 16• Simples• Accrocheuses• Spécifiques• Réalisables• Ciblées• AudacieusesINTRODUIRE L’ANALYSEDES PARTIES PRENANTESÀ LA STRATÉGIED’ÉLABORATION DES POLITIQUESLa réforme institutionnelle et des politiquesdans les pays en voie dedéveloppement et en transition est essentiellementun processus politique.Souvent, les décisions relatives aux politiquessont des résultats collectifsdécoulant de rivalités politiques plutôtque des choix effectués par une entitéunique. Cette réalité s’avère beaucoupplus complexe que la simple suppositionqu’un gouvernement est désireux ou estcapable de mettre en oeuvre des poli-16Shahrbanou Tadjbakhsh. 2003. Achieving Excellence in the NHDRs: A Workshop for the Arab World. Parrainé par lePNUD du Caire, 17-19 février.21


ENCADRÉ 4.15EN JORDANIE : ACCENT SUR LA JEUNESSEEn Jordanie, 31,4 % de la population se situe dans le groupe d’âge comprisentre 15 et 29 ans. Le RDH 2000 soutient que la société jordanienne doitpromouvoir le développement humain en traitant des problèmes relatifs à lajeunesse, tels que donner davantage la parole aux jeunes ; accroître leurs possibilitésde participer directement aux activités civiques, politiques, sociales, culturelleset économiques ; mandater les étudiants dotés de pensée critique et d’une morale positive dutravail ; et leur inculquer la capacité d’entreprendre.Le rapport préconise des discussions plus larges sur les problèmes relatifs aux jeunes, par lesmédias de masse ainsi que par les institutions officielles et celles des communautés, et proposeun mécanisme de contrôle des conditions et des préoccupations des jeunes.Suite à ces recommandations, le gouvernement, en collaboration avec les partenaires des NationsUnies, a construit un établissement de désintoxication. En outre, le Conseil national pour lesaffaires familiales coopère avec le Département des statistiques pour la collecte de donnéesrelatives à la jeunesse.tiques publiques promouvant ledéveloppement humain.Dans nombres de cas, lorsque les autoritéscentrales sont incapables de se comporteren tant que groupe unifié, les politiquesdécoulent de l’équilibre issu desnégociations entre les autorités et diversgroupes d’intérêts. Ces derniers peuventsaper les réformes, mettre en avant leursavantages, et/ou renverser complètementl’élan de développement à visage humain.L’empressement des leaders à êtreproactifs peut également être conditionnépar leurs calculs électoraux. Ils évaluentpar avance le pouvoir relatif des gagnantset des perdants si le changement depolitique proposé est mis en oeuvre, etévaluent l’impact sur les futures élections.la lumière la nature et l’ampleur de leurspréférences, les mécanismes par le biaisdesquels elles peuvent influencer la miseen oeuvre (voir encadré 4.15), leschangements de l’équilibre des forces,quels groupes seront habilités/déshabilitéset les types de changement institutionnelqui se produiront.Une fois ces questions minutieusementétudiées, les équipes RDH pourrontanticiper des obstacles politiquespotentiels à la mise en oeuvre depolitiques et à l’élaboration des mesurescompensatoires, par exemple, desajustements institutionnels ou dessubventions pour ceux qui subiraient despertes au cours de la réforme.Tenant compte de ces facteurs, il estjudicieux d’analyser l’économie politiqueet de se concentrer spécifiquement sur lesparties prenantes. L’analyse des partiesprenantes identifie celles qui ont uneinfluence et/ou qui peuvent être affectéespar le changement de politique. Elle fait22


ENCADRÉ 4.16EXPLORER LE CŒURDE LA CULTUREPOLITIQUE DE LA LETTONIELe rapport 2001 de la Lettonie portantsur le processus de politique publiqueinsiste sur la responsabilité de chacun àatteindre les objectifs de développementhumain. La politique publique ne relève pasuniquement de la responsabilité dugouvernement et des institutionsde l’État.La préparation du rapport aexigé un examen précis desnormes politiques actuelles,dans la perspective d’apporterune contributionpratique à leur amélioration.Les questions ont touchédirectement la culture politique des Lettons :Pourquoi existe t-il une confiance limitéeaccordée aux décideurs, alors qu’en mêmetemps, la plupart des gens attendent que lesinstitutions de l’État résolvent les problèmeséconomiques et sociaux ? Quels sont lesdéfis structurels ou « réels », vécus ou« mythiques » à l’expression d’opinions et àla responsabilité en Lettonie ? Quelle estl’implication de la participation réelle ?Par un processus de prise en compte d’unesérie d’études, de sondages et d’interviewspersonnelles, le RDH a pu découvrir lescomplexités institutionnelles de la situationprésente. En conséquence, il a énormémentcontribué à la réflexion sur ces sujets.À la suite du lancement, des débats publicsanimés ont eu lieu sur le financement despartis politiques, la corruption, la qualité del’administration publique et sur d’autressujets délicats mais critiques. Des changementsconcernant la législation relative aufinancement des parties ont été soulevés, etle « droit à une bonne gouvernance » a étéinséré dans la Loi sur les procédures de l’administrationpublique.INCORPORER LESANALYSESINSTITUTIONELLESUn grand nombre d’institutionsmédiatisent la mise en oeuvre deschangements de politiques. Habituellement,on entend par institutions les règles,procédures et normes permettant,prescrivant ou proscrivant certainscomportements, définissant des attentes,limitant et facilitant des possibilités, fournissantdes informations et façonnant lesinteractions humaines. On peut citercomme exemple : les gouvernements, lesentreprises, les systèmes d’éducation,les hôpitaux, les églises, le mariage, etc.Les institutions maintiennent les règlespolitiques et économiques et réduisent leniveau d’incertitude en structurant leséchanges économiques, politiques et sociaux.Vu qu’elles sont spécifiques auxrégions et aux pays, l’analyse des politiquesdoit les étudier soigneusement (voirencadré 4.16).Les changements de politique peuventmodifier les institutions, mais rarement dujour au lendemain. Puisqu’il est difficileaux gens de changer rapidement leurscroyances, leurs valeurs et leurs normes, ilsont tendance à suivre les anciens modèleset attentes, même lorsque des accordsinstitutionnels formels ont déjà été reformulés.Parfois, les institutions produisentdes droits acquis destinés à maintenir leurexistence. Une fois que les gens se sontengagés dans des modèles institutionnelsspécifiques, des réseaux formels etinformels naissent pour les soutenir. Aussilongtemps que des résultats acceptablessont générés, ceux qui en profitentdirectement peuvent considérer que lescoûts de l’innovation et de l’incertitude23


TABLEAU 4.4MODULEUnDeuxTroisQuatreCinqSixSeptHuitCONTENUConceptMesureMODULE DE FORMATION EN DÉVELOPPEMENT HUMAINLes RDH mondiaux :thèmes etmessagesLes statistiques dudéveloppementhumain et l’utilisationd’indicateurspour le contrôleLes stratégies dudéveloppementhumainAccroître l’efficacitédes RDHAccroître l’efficacitédes RDHPréconiser ledéveloppementhumainProcure une compréhension approfondie de la philosophie, du concept, del’évolution, des principes et des caractéristiques distinctes du développementhumain. Le différencie du développement des ressources humaines, dudéveloppement social, du développement durable, des théories de la croissanceéconomique, etc.Présente différentes mesures du développement humain : raisonnement etméthodologies• IDH• Désagrégation de l’IDH• IPH• IDS-IPF• AutresOffre un aperçu des principaux messages des divers RMDH, se concentrantparticulièrement sur les nombreuses innovations (telles que le lien avec lesdroits de l’homme, l’importance des soins dans un monde en voie de globalisation,etc.)Offre une familiarisation complète avec :• Les ODM et leur utilité• Les différents indicateurs : entrées, processus, résultats• Les sources, les définitions, la désagrégation, les problèmes de qualité• Les indicateurs thématiques et sectoriels• L’utilisation d’indicateurs pour les évaluations et les contrôlesÉlabore les stratégies nationales de développement humain examinées dansles RDH mondiaux• Principes• Perspectives (telles que sur le rôle de l’État, de la contribution économiquedes femmes, de l’évaluation de la mondialisation, etc.)• Évaluation• FinancementExamine les divers éléments et approches pour rendre opérationnel lesstratégies de développement humain à un niveau sectoriel• Les principes appliqués aux politiques, aux programmes, à la législation etaux budgets• Thèmes explicatifs :• Pauvreté• Environnement• Technologie de l’information et de la communication• Sexe• VIH/sida• DécentralisationDiscuter des méthodes pour améliorer la qualité, mener une réflexion sur lapréparation, etc.Offrir un aperçu des méthodes créatives et stratégiques pour préconiser lesmessages RDH et étendre le travail de proximité à la société civileHernando Gomez Buendia, A. K. Shiva Kumar, Oscar Sanchez et Shahrbanou Tadjbakhsh. Réunion sur laformation en développement humain à Bogota, mai 2002.25


QUALITÉ D’ANALYSEQuelques actions nécessaires :LISTE DE CONTRÔLEBUT ET COHÉRENCEIdentifier un thème qui soit stratégique et opportun au sein du contexte national.S’assurer que le rapport fasse partie d’une publication continue et régulière de lasérie RDH (tous les ans ou tous les deux ans).Fournir une formation sur les concepts du développement humain, les mesureset les applications des politiques aux auteurs principaux et autres partenaires.Commander des rapports de fond par des experts, si nécessaire.Préparer un plan – structurer le RDH de manière logique et cohérente.S’assurer qu’il existe une synergie entre l’analyse et les données et un équilibreentre la description et l’analyse.S’appuyer sur des lecteurs avec une expertise spécifique à diverses étapes ;inviter des groupes de lecteurs, si nécessaire.ANALYSE DU DÉVELOPPEMENT HUMAINFournir un aperçu clair du développement humain (la théorie au sein ducontexte national).Analyser le thème à partir de la perspective du développement humain.Incorporer une analyse sur le progrès du développement humain.Exprimer les perceptions des individus dans le rapport.ANALYSE POLITIQUE ET RECOMMANDATIONSOrganiser une réunion initiale de brainstorming afin de s’accorder sur lespositions de principe et les directions politiques auxquelles le rapportcherchera à contribuer.Concevoir un cadre analytique (conception de recherche, mesure et collectedes données).Entreprendre et présenter une évaluation critique des politiques pertinenteset existantes.Entreprendre une analyse des alternatives politiques, contenant des recommandations/options qui soient claires, concrètes et réalistes.Suggérer des institutions, règles, procédures et normes pour mettre enœuvre les options et les approches politiques.26


QUALITÉ D’ANALYSE suiteExaminer les traditions, l’histoire et les normes culturelles afin d’évaluerl’impact du changement politique au niveau micro.Employer des techniques avancées pour l’analyse politique, telle quel’analyse coût/bénéfice.INDICATEURS DU DÉVELOPPEMENT HUMAINInclure un IDH désagrégé.Suivre le progrès du développement humain en utilisant l'IPH, l'IPF, l'ISD.Adapter les indicateurs de développement humain existants et/ou mettre aupoint de nouveaux indicateurs pour s’adapter au contexte national.DONNEES : SOURCES ET INTERPRÉTATIONIdentifier les besoins de données et si désiré, ordonner des enquêtes. Inclureà la fois les sources quantitatives et qualitatives (ex : enquêtes, sondagesd’opinion publique, études de cas).Incorporer des données, lorsque disponibles, d’une variété de sources, dont legouvernement, les groupes non gouvernementaux et les organisations internationales.Citer clairement les sources de toutes les données dans le rapport.Fournir des séries temporelles et des comparaisons avec les autres pays enutilisant des indicateurs pertinents.Collaborer avec les utilisateurs et producteurs de statistiques afin de discuterdes méthodes et des approches qui institutionnaliseront la collecte des indicateursnon économiques et des niveaux utiles de désagrégation.LISTE DE CONTRÔLES’assurer que les données quantitatives/ qualitatives sont suffisantes pourprouver l’argument politique, tout en admettant et détaillant les donnéesmanquantes/partis pris.Désagréger les données pour saisir les disparités (spatiales, sexospécifiques,ethniques et régionales) et identifier les zones clés de concentration desrecommandations politiques.ANNEXESInclure une bibliographie avec des références sur tous les documents defond pertinents à la préparation du rapport.Fournir une note statistique qui inclut tableaux de données, notes techniques,références statistiques et définitions des termes statistiques.Décrire le processus et la méthodologie du RDH.27


OUTIL 4.1 • CINQ ÉLÉMENTS CLÉS DE LA PLANIFICATIONDU DÉVELOPPEMENTMahbub ul Haq, fondateur du Rapport sur le développement humain, a fait laliste de cinq éléments clés de la planification du développement. 18Outils1. On ne peut se permettre de commencer avec une connaissance imparfaite du bien-êtrehumain national lorsque l’on formule des plans déterminant leur avenir. Ainsi, un bilanhumain complet est indispensable. Quelle est la mesure de l’instruction des habitantsd’un pays? Quel est l’inventaire des compétences ? Quel est le profil de la répartitionrelative des revenus et de la pauvreté absolue ? Quelle est la répartition urbaine-ruraleet quel est le niveau de développement humain dans les diverses régions ? Quelles sontles attitudes sociales et culturelles et les aspirations des populations ?2. Les cibles des capacités humaines élémentaires doivent être identifiées en termes denutrition, d’éducation, de santé, de logement et de transport en moyenne. Quel niveaude capacités élémentaires la société peut-elle se permettre d’avoir étant donné sonrevenu par habitant actuel ? Ces cibles sont à leur tour traduites en production etconsommation.3. L’intégration des objectifs de production et de distribution à part égale assurera que laproduction nationale est équitablement distribuée. Les implications de cet élémentconcernent la redistribution des biens de production, la création de filets de sécuritésociaux pour les plus pauvres et la fourniture effective de mécanismes de prestation,qui, à leur tour, accroîtront la productivité des pauvres.4. Le processus de création d’une stratégie du développement humain doit êtredécentralisé, permettant la participation de la communauté à tous les stades de laplanification et de la mise en œuvre.5. Afin de suivre le progrès, un ensemble complet d’indicateurs de développement socialet humain doit être mis au point, qui fournira un cadre humain pour l’analyse de laperformance.2818Mahbub ul Haq. 1995. Reflections on Human Development. New York: Oxford University Press.


OUTIL 4.2 • ENQUÊTES SUR LES MÉNAGES –QUELLES INFORMATIONS FOURNISSENT-ELLES ?Les enquêtes sur les ménages 19 peuvent être menées au niveau national ou parmi despopulations plus réduites. Ce sont les moyens les moins coûteux pour mesurer lesvariables pour lesquelles le recensement ou les données nationales complexes ne sont pasdisponibles.Une enquête sur les ménages rassemble des données sur un échantillon de ménagessélectionnés au hasard à partir d’une liste. Pour les études nationales, le cadre est souventun recensement. Les enquêtes collectent des informations au niveau du ménageindividuel, sur qui achète quels biens et services, combien est dépensé pour lesdits bienset services. Ils fournissent des données sur des variables qui sont influencées par lapolitique et touchées par des questions comme les niveaux de nutrition, d’éducation etde santé. Les questions de la recherche concernent le lien entre les instruments politiqueset les variables de résultat.Les données issues de l’enquête sur les ménages aident à mesurer et comprendre lesniveaux de vie. Les mesures requièrent des données sur la consommation, le revenu, lataille du ménage et les prix. Pour des concepts plus larges, tels que le suivi du progrès dudéveloppement humain, informations sur la santé, la nutrition, l’espérance de vie, lesniveaux d’éducation, l’alphabétisation et le logement sont nécessaires. Il existe plusieurstypes d’enquêtes :• Les enquêtes budgétaires collectent des données sur la consommation et sescomposants.• Les enquêtes sur les revenus et l’emploi rassemblent des données sur les sources derevenus, les professions et le chômage.• Les enquêtes sur la fécondité rassemblent des informations sur le nombre d’enfants nés,les pratiques contraceptives et les attitudes envers la fécondité.• Les enquêtes nutritionnelles collectent des statistiques sur la quantité de nourritureconsommée, sur la manière dont elle est préparée et mangée, et sur son contenucalorique, protéinique et en nutriments.Il existe plusieurs enquêtes, telles que les Enquêtes sur les niveaux de vie, qui rassemblentdes données sur tous ces sujets en une seule et même étude, mais sacrifie la taille del’échantillon de population pour ces informations.En termes d’analyse des données, il est utile d’employer des statistiques descriptives pourfaire la lumière sur des caractéristiques spécifiques des données, plutôt que d’utiliser unethéorie qui résume les données à travers un ensemble de paramètres structurels. Lesdonnées provenant des enquêtes sur les ménages sont une base de recherche pour testerles théories sur le comportement des ménages et fournissent un large éventail dedonnées sur les caractéristiques et activités des ménages.Outils19Angus Deaton. 1998. The Analysis of Household Surveys – A Microeconometric Approach to DevelopmentPolicy. Baltimore: Johns Hopkins University Press.29


OUTIL 4.3 • RODM ET RDH – ÉVITER LA DUPLICATION,RÉALISER LA SYNERGIEOutilsDe nombreuses synergies existent entre les RODM et les RDH 20 . Les deux rapports sontqualitativement des produits différents, mais abordent néanmoins des sujets similaires, sebasent sur des données similaires et emploient des processus similaires pour la propriéténationale. Alors que le premier met l’accent sur le progrès nécessaire pour réaliser lesobjectifs du développement humain, le dernier fournit une analyse approfondie de lamanière d’atteindre ces cibles.De nombreux pays ont tiré profit de ces synergies et du potentiel des processus deproduction qui se renforcent l’un l’autre. Afin d’assurer le suivi des ODM, les RODMdépendent lourdement des données présentées dans les RDH, qui, dans de nombreux cas,sont les dépositaires essentiels des chiffres nationaux les plus récents, les plus novateurs etdésagrégés. Bien que les indicateurs des ODM ne correspondent pas directement auxmarqueurs traditionnels du développement humain, ils sont néanmoins cohérents etcontribuent de manière très utile à fixer le point de référence du développement humainvers 2015. En plus de la propriété nationale et des efforts de mobilisation et desensibilisation en lien avec les deux rapports, les questions clés suivantes peuvent êtreconsidérées en termes de qualité de l’analyse :• Le cadre conceptuel : le cadre conceptuel utilisé dans le RDH est le développementhumain. Les RODM n’ont pas de cadre conceptuel. Les ODM reflètent certains aspects dudéveloppement humain en termes d’amélioration des capacités humaines, maisn’intègrent pas un certain nombre d’autres dimensions telles que la sécurité humaine etla participation.• Les données : L’élan généré par les ODM, résulte, dans un certain nombre de pays, enune attention et des ressources accrues pour la collecte et l’analyse des donnéesnécessaires à la prise de décision politique concernant le développement humain. Celadonne l’opportunité aux équipes du RDH de recommander que les offices statistiquesnationaux et autres bureaux collectent des données en vue d’une analyse solide dudéveloppement humain, même au-delà de celles demandées pour un RODM. Celles-cipeuvent inclure, entre de nombreuses autres, des indicateurs qui évaluent nonseulement le progrès quantifiable (c-à-d. les taux de scolarisation), mais également leprogrès qualitatif (scores aux examens standardisés, taux d’abandon etc.). Les RDH àleur tour sont un complément essentiel des indicateurs ODM, étant donné leur accentsur les données désagrégées au lieu des simples moyennes nationales. Comme l’ontillustré de nombreux RDH, les moyennes nationales désagrégées par sexe, groupeethnique, cohorte d’âge, etc. produisent une analyse des causes des privations et de lapauvreté, ainsi que la formulation de stratégies bien plus efficaces.• Stratégies et analyse politiques : les RODM attirent l’attention sur le progrès d’un payssur un ensemble d’objectifs nationaux. Ceci est à l’origine d’une discussion sur lesstratégies nécessaires pour atteindre les objectifs et génère un intérêt renouvelé pour ledébat, l’analyse et les idées, qui sont essentiels pour les RDH. Un pays peut commencerpar passer d’un ensemble d’objectifs très généraux formant les RODM à des prioritéspolitiques dans des secteurs clés pouvant contribuer à leur réalisation.3020Sarah Burd-Sharps et Selim Jahan. 2002. « National Human Development Reports and MillenniumDevelopment Goals Reports : Mutually Supportive Exercises. » Note interne PNUD.


OUTIL 4.4 • NOTE TECHNIQUE TIRÉE DU RMDH 2003NOTE TECHNIQUE 1CALCUL DES INDICATEURS COMPOSITES DU DÉVELOPPEMENT HUMAINLes diagrammes ci-dessous présentent un aperçu synthétique de la composition des cinq indicateurs composites du développementhumain utilisés dans le Rapport mondial sur le développement humain. Ils mettent ainsi en exergue leurs points communscomme leurs différences. Le texte des pages suivantes fournit par ailleurs une explication détaillée de cette composition.IDHIPH-1DIMENSIONCRITÈREINDICEDIMENSIONNELDIMENSIONCRITÈRELongévitéet santéEspérance devie à la naissanceIndiced’espérance de vieLongévitéet santéProbabilité àla naissance de nepas atteindre 40 ansSavoirTaux d’alphabétisationdes adultesIndice d’alphabétisationdes adultesIndice de développement humain (IDH)SavoirTaux d’analphabétismedes adultesTaux descolarisation brutIndice descolarisationIndice de niveau d’instructionPourcentage de lapopulation privée d'accèsdurable à un point d'eauaménagéIndicateur de la pauvreté humainepour les pays en développement (IPH-1)Niveau de vie décentManques en termesde niveau de vieNiveaude vie décentPIB par habitant(PPA)Indice de PIBPourcentaged'enfants souffrantd'insuffisance pondéraleOutilsIPH-2DIMENSIONCRITÈRELongévitéet santéProbabilité à lanaissance de ne pasatteindre 60 ansSavoirPourcentage d'adultesayant des difficultés àcomprendre un texte suiviNiveau de vie décentPourcentage de lapopulation vivant endeçà du seuil de pauvretéTaux de chômagede longue duréeIndicateur de la pauvretéhumaine pour certain pays de l'OCDE (IPH-2)ISDHDIMENSIONCRITÈREEspérancede vie de lapopulation féminineà la naissanceLongévitéet santéEspérancede vie de lapopulation masculineà la naissanceTauxd'alphabétisationdes femmesTaux brut descolarisationpop. fém.SavoirTauxd'alphabétisationdes hommesTaux brut descolarisationpop. masc.Niveau de vie décentRevenuestimédu travaildes femmesRevenuestimédu travaildes hommesINDICEDIMENSIONNELIndiced’espérancede vie desfemmesIndiced’espérancede vie deshommesIndice de niveaud'instructiondes femmesIndice de niveaud'instructiondes hommesIndicede revenudes femmesIndicede revenudes hommesÉQUIVALENTD'ÉGALITÉ DELA RÉPARTITION(PEER)Indice d'égalité dela répartition pourl’espérance de vieIndice d'égalité de la répartitionpour le niveau d'instructionIndice d'égalité de larépartition pour le niveauIndicateur sexospécifique du développement humain (ISDH)IPFDIMENSIONCRITÈREPOURCENTAGEÉQUIVALENTD'ÉGALITÉ DELA RÉPARTITION(PEER)Participation etpouvoir décisionnairedans la vie politiqueRépartition des siègesde parlementaires entrehommes et femmesPEER relatifà la représentationparlementaireParticipation et pouvoirdécisionnaire dans l’économie% d'hommes et de femmesoccupant des fonctions dereprésentation parlementaire,de direction et d'encadrementsupérieurPEER relatifà la participationéconomique% d'hommes et defemmes occupant despostes d'encadrementet des fonctionstechniquesIndicateur de la participation des femmes (IPF)Maîtrise desressourceséconomiquesPart masculine etféminine du revenuestimé du travailPEER relatifau revenu31


OUTIL 4.4 • NOTE TECHNIQUE TIRÉE DU RMDH 2003 SUITEOutilsL’indicateur du développementhumain (IDH)L’IDH est un outil synthétique de mesure dudéveloppement humain. Il chiffre le niveaumoyen atteint par chaque pays sous trois aspectsessentiels :• Longévité et santé, représentées parl’espérance de vie à la naissance.• Instruction et accès au savoir, représentéespar le taux d’alphabétisation des adultes (pourdeux tiers) et par le taux brut de scolarisation,tous niveaux confondus (pour un tiers).• Possibilité de disposer d’un niveau de viedécent, représentée par le PIB par habitant(en PPA).Avant de calculer l’IDH lui-même, il faut établirun indice pour chacune de ces dimensions.La détermination de ces indices dimensionnels– c’est-à-dire correspondant à l’espérance devie, au niveau d’instruction et au PIB – passe àchaque fois par la définition d’une fourchette devariation, avec un minimum et un maximum.ValeurmaximaleValeur del'indicateurValeurminimaleIndicateurValeuren indice1,00,900,800,700,600,500,400,300,200,1000IndicedimensionnelLes résultats obtenus dans chaque dimensionsont exprimés par une valeur comprise entre0 et 1 selon la formule générale suivante :Indice dimensionnel =valeur constatée – valeur minimalevaleur maximale – valeur minimaleL’IDH correspond à la moyenne arithmétique deces indices dimensionnels. L’encadré ci-contreillustre le calcul de l’IDH pour un pays témoin.Valeurs minimales et maximales pourle calcul de l’IDHValeur ValeurCritèremaximale minimaleEspérance de vie à la naissance (années) 85 25Taux d’alphabétisation des adultes (%) 100 0Taux brut de scolarisation combiné (%) 100 0PIB par habitant (en PPA) 40 000 100Calcul de l’IDHPour illustrer le calcul de l’IDH, nous utiliserons desdonnées concernant le Costa Rica.1. Calcul de l’indice d’espérance de vieL’indice d’espérance de vie mesure le niveau atteint parle pays considéré en termes d’espérance de vie à lanaissance. Pour le Costa Rica, l’espérance de vie était de78,0 ans en 2002, soit un indice d’espérance de vie de0,884.Indice d'espérance de vie = 78,0 – 25 = 0,88485 – 252. Calcul de l’indice de niveau d’instructionL’indice de niveau d’instruction mesure le niveau atteintpar le pays considéré en termes d’alphabétisation desadultes et d’enseignement (taux brut de scolarisationcombiné dans le primaire, le secondaire et le supérieur).La procédure consiste, tout d’abord, à calculer unindice pour l’alphabétisation des adultes et un autrepour la scolarisation. Ces deux indices sont ensuitefusionnés pour donner l’indice de niveau d’instruction,dans lequel l’alphabétisation des adultes reçoit unepondération des deux tiers et le taux brut descolarisation d’un tiers. Au Costa Rica, où le tauxd’alphabétisation des adultes atteignait 95,8 % en 2002et le taux brut de scolarisation combiné 69 % pourl’année scolaire 2001/02, l’indice de niveau d’instructionest de 0,870.95,8 – 0Indice d’alphabétisation des adultes == 0,958100 – 0Indice de PIB = log (8,840) – log (100) = 0,748log (40,000) – log (100)10095,890807060504030201090Maximum85 ans8078,0 0,8847060501,00,800,600,40040,20030Minimum085 ans20IndiceEspérance d'espérancede vie de vie(ans)0Tauxd’alphabétisationdes adultes(%)69100 000Maximum$40 00010 0008 840Minimum$1000,870Taux brut descolarisation(%)1 0000,748PIBpar habitantÉchellelogarithmique1,00,800,600,400,2000Indicede niveaud’instructionIndice de scolarisation =69 – 0= 0,690100 – 0Indice de niveau d’instruction = 2/3 (indice d’alphabétisation des adultes) + 1/3 (indice de scolarisation)= 2/3 (0,958) + 1/3 (0,690) = 0,8703. Calcul de l’indice de PIBL’indice de PIB est calculé sur la base du PIB parhabitant corrigé (en PPA). Le revenu intervient dansl’IDH afin de rendre compte de tous les aspects dudéveloppement humain qui ne sont pas représentés parla longévité, la santé et l’instruction. Son montant estcorrigé parce qu’un revenu illimité n’est pas nécessairepour atteindre un niveau de développement humainacceptable. Le calcul s’effectue donc à partir d’unlogarithme du revenu. Pour le Costa Rica, dont le PIBpar habitant était de 8 840 dollars (PPA) en 2002,l’indice de PIB s’établit à 0,748.4. Calcul de l’IDHUne fois les trois indices dimensionnelscalculés, il ne reste plus qu’à déterminerleur moyenne arithmétique pour parvenir à l’IDH.IDH = 1/3 (indice d'espérance de vie)+ 1/3 (indice de niveau d'instruction)+ 1/3 (indice de PIB)= 1/3 (0,884) + 1/3 (0,870) + 1/3 (0,748) = 0,8340,884 0,870Indices dimensionnels0,7480,8341,00,800,600,400,2000Indice dePIBIDH1,00,800,600,400,200Espérancede vieInstructionPIB032


OUTIL 4.4 • NOTE TECHNIQUE TIRÉE DU RMDH 2003 SUITEL’indicateur de la pauvreté humainepour les pays en développement (IPH-1)Alors que l’IDH mesure le niveau moyen atteintpar un pays donné, l’IPH-1 s’attache aux carencesou manques observables dans les trois dimensionsfondamentales déjà envisagées par l’indicateur dudéveloppement humain :• Longévité et santé : risque de décéder à un âgerelativement précoce, exprimé par la probabilité,à la naissance, de ne pas atteindre 40 ans.• Instruction et accès au savoir : exclusion dumonde de la lecture et des communications,exprimée par le taux d’analphabétisme desadultes.• Possibilité de disposer d’un niveau de vie décent :impossibilité d’accéder à ce que procurel’économie dans son ensemble, exprimée par lamoyenne non pondérée de deux indicateurs : lepourcentage de la population privée d’accèsrégulier à des points d’eau aménagés et lepourcentage d’enfants souffrant d’insuffisancepondérale.Le calcul de l’IPH-1 est plus direct que celui del’IDH. En effet, les critères utilisés pour mesurerces carences sont déjà normalisés entre 0 et 100(puisqu’ils se présentent sous la forme depourcentages). Il n’est donc pas nécessaire depasser par des indices dimensionnels.Calcul de l’IPH-11. Mesure des manques en termes de niveau de vieLes carences en termes de niveau de vie sont exprimées par une moyenne non pondérée de deux éléments :Moyenne non pondérée = 1/2 (population privée d’accès régulier à des points d’eau aménagés)+ 1/2 (enfants souffrant d’insuffisance pondérale)Exemple de calcul : CambodgePopulation privée d’accès régulier à des points d’eau aménagés = 70 %Enfants souffrant d’insuffisance pondérale = 45 %Moyenne non pondérée =1/2(70)+1/2(45)=57,5%2. Calcul de l’IPH-1La formule pour calculer l’IPH-1 est la suivante :où :P 1 = probabilité, à la naissance, de décéder avant 40 ans (multipliée par 100)P 2 = taux d’analphabétisme des adultesP 3 = moyenne non pondérée des pourcentages de la population privée d’accès régulier à des points d’eauaménagés et d’enfants souffrant d’insuffisance pondéralea = 3Exemple de calcul : CambodgeP 1 = 24,0 %P 2 = 30,6 %P 3 = 57,5 %IPH-1 = [1/3(24,0 3 +30,6 3 +57,5 3 ) 1/3 = 42,6OutilsÀ l’origine, la mesure des manques en termes deniveau de vie comprenait également un indicateurde l’accès aux services de santé. Cependant, dansle rapport de cette année, le manque de donnéesrécentes et fiables concernant cet aspect nous acontraint à réduire à deux les variables prises encompte à cet égard : pourcentage de la populationprivée d’accès durable à des points d’eauaménagés et pourcentage d’enfants souffrantd’insuffisance pondérale.L’indicateur de la pauvreté humainepour certains pays de l’OCDE (IPH-2)L’IPH-2 mesure les carences sous les mêmesaspects que l’IPH-1, en y ajoutant l’exclusion. Ilcomporte donc quatre variables :• Longévité et santé : risque de décéder à un âgerelativement précoce, exprimé par la probabilité,à la naissance, de ne pas atteindre 60 ans.• Instruction et accès au savoir : exclusion dumonde de la lecture et des communications,exprimée par le taux d’illettrisme des adultes(âgés de 16 à 65 ans).• Possibilité de disposer d’un niveau de vie décent: exprimé par le pourcentage de la populationvivant en deçà du seuil de pauvreté monétaire(demi médiane du revenu disponible corrigé desménages).• Exclusion : exprimée par le taux de chômage delongue durée (au moins 12 mois).Calcul de l’IPH-2La formule pour calculer l’IPH-2 est la suivante :où :P 1 = probabilité, à la naissance, de décéder avant 60 ans (multipliée par 100)P 2 = taux d’illettrisme des adultesP 3 = population vivant en deçà du seuil de pauvreté monétaire (demi-médiane du revenu disponible corrigé desménages)P 4 = taux de chômage de longue durée (au moins 12 mois)a = 3Exemple de calcul : CanadaP 1 = 8,7 %P 2 = 16,6 %P 3 = 12,8 %P 4 = 0,7 %IPH-2 = [1/4(8,7 3 +16,6 3 +12,8 3 +0,7 3 )] 1/3 = 12,2Pourquoi a = 3 dans le calcul de l’IPH-1 et de l’IPH-2La valeur du coefficient _ a une incidence considérable sur celle de l’IPH. Si _ = 1, l’IPH correspond à lamoyenne de ses trois variables. En revanche, faire augmenter _ revient à conférer une prépondérance à lacomposante dans laquelle le manque est le plus important. Ainsi, à mesure que _ tend vers l’infini, l’IPHse rapproche de la valeur de la variable la plus faible (pour le Cambodge, qui sert d’exemple pour le calculde l’IPH-1, le chiffre serait 57,5 %, valeur qui correspond à la moyenne non pondérée de la populationsans accès convenable à une source d’eau et aux enfants souffrant d’insuffisance pondérale.Dans ce Rapport, _ est fixé à 3, ce qui confère un poids supplémentaire, mais pas écrasant, auxcomposantes dans lesquelles le dénuement est le plus criant. Pour une analyse détaillée de la formulationmathématique de l’IPH, voir Sudhir Anand et Amartya Sen, « Concepts of Human Development andPoverty: A Multidimensional Perspective », ainsi que la note technique du Rapport mondial sur ledéveloppement humain 1997 (et les références biographiques succinctes, à la fin de la présente notetechnique).33


OUTIL 4.4 • NOTE TECHNIQUE TIRÉE DU RMDH 2003 SUITEOutilsL’indicateur sexospécifique dudéveloppement humain (ISDH)Alors que l’IDH mesure le niveau moyen atteintpar chaque pays, l’ISDH corrige ce niveau defaçon à refléter les inégalités sociologiques entrefemmes et hommes sous les aspects suivants :• Longévité et santé, exprimée par l’espérance devie à la naissance.• Instruction et accès au savoir, exprimés par letaux d’alphabétisation des adultes et le taux brutde scolarisation, tous niveaux confondus.• Possibilité de bénéficier d’un niveau de viedécent, exprimée par le revenu estimé du travail(en PPA).Le calcul de l’ISDH s’effectue en trois étapes. Oncommence par déterminer des indices concernantles populations féminine et masculine pourchacune des variables, selon la formule généralesuivante :Indice dimensionnel = valeur constatée - valeur minimalevaleur maximale - valeur minimaleOn combine ensuite les indices obtenus pour cesdeux catégories concernant chaque variable, demanière à assigner une pénalité aux différences deniveau entre hommes et femmes. L’expressionmathématique qui en résulte, appelée indiced’égalité de la répartition, se calcule selon laformule générale suivante :Indice d’égalité de la répartition= {[part de la population féminine (indice dimensionnelpour la population féminine) 1–∈ )]+ [part de la population masculine (indice dimensionnelpour la population masculine) 1–∈ )]} 1/1–∈∈ représente l’aversion pour l’inégalité. Dans lecalcul de l’ISDH, le coefficient ∈= 2. L’équationgénérale prend alors la forme suivante :Indice d’égalité de la répartition= {[part de la population féminine(indice dimensionnel pour la population féminine) –1 ]+ [part de la population masculine (indice dimensionnelpour la population masculine) –1 ]} –1Cette équation aboutit ainsi à la moyenneharmonique des parts indicielles masculine etféminine.Il reste à calculer l’ISDH en combinant les troisindices d’égalité de la répartition parl’établissement d’une moyenne non pondérée.Valeurs minimales et maximales pour lecalcul de l’ISDHCritèreValeur maximale Valeur minimaleEspérance de vie à lanaissance, populationféminine (années) 87,5 27,5Espérance de vie à lanaissance, populationmasculine (années) 82,5 22,5Taux d’alphabétisationdes adultes (%) 100 0Taux brut de scolarisationcombiné (%) 100 0Revenu estimé du travail(en PPA) 40 000 100Note: Les valeurs maximale et minimale concernant l’espérance de viesont supérieures de cinq ans pour la population féminine, afin de tenircompte de l’avantage biologique des femmes dans ce domaine.Calcul de l’ISDHPour illustrer le calcul de l’ISDH, nous utiliserons des données relatives à la Turquie.1. Calcul de l’indice d’égalité de la répartition pour l’espérance de vieLa première étape consiste à calculer des indices distincts pour l’espérance de vie des populationsféminine et masculine, en utilisant la formule générale relative aux indices dimensionnels.FEMMESHOMMESEspérance de vie : 73,1 ansEspérance de vie : 67,9 ansIndice d'espérance de vie = 73,1 – 27,5 = 0,760 Indice d'espérance de vie = 67,9 – 22,5 = 0,75787,5 – 27,5 82,5 – 22,5On combine ensuite ces deux résultats pour obtenir l’indice d’égalité de la répartition pourl’espérance de vie, en utilisant la formule générale relative aux indices d’égalité de la répartition.FEMMES HOMMESPart de la population : 0,496 Part de la population : 0,504Indice d’espérance de vie : 0,760 Indice d’espérance de vie : 0,757Indice d'égalité de la répartition pour l'espérence de vie = {[0,496 (0,760 –1 )] + [0,504 (0,757 –1 )]} –1 = 0,7582. Calcul de l’indice d’égalité de la répartition pour le niveau d’instructionOn calcule tout d’abord des indices relatifs au taux d’alphabétisation des adultes et au taux brut descolarisation combiné, du primaire au supérieur, en distinguant les populations féminine etmasculine. Cette opération est assez simple, puisque ces éléments sont déjà normalisés entre 0 et 100(étant exprimés en pourcentage).FEMMESHOMMESTaux d’alphabétisation des adultes : 78 ?5 % Taux d’alphabétisation des adultes : 94,4 %Indice d’alphabétisation des adultes : 0,785 Indice d’alphabétisation des adultes : 0,944Taux brut de scolarisation : 61,8 % Taux brut de scolarisation : 73,5 %Indice de scolarisation : 0,618 Indice de scolarisation : 0,735Il s’agit ensuite de déterminer l’indice de niveau d’instruction, dans lequel entrent pour deux tiersl’indice d’alphabétisation des adultes et pour un tiers l’indice de scolarisation. Ce calcul s’effectueséparément pour les populations féminine et masculine.Indice de niveau d'instruction = 2/3 (indice d'alphabétisation des adultes) + 1/3 (indice de scolarisation)Indice du niveau d'instruction des femmes = 2/3 (0,785) + 1/3 (0,618) = 0,729Indice de niveau d'instruction des hommes = 2/3 (0,944) + 1/3 (0,735) = 0,874Enfin, on combine ces deux indices pour obtenir l’indice d’égalité de la répartition pour le niveaud’instruction :FEMMESHOMMESPart de la population : 0,496 Part de la population : 0,504Indice de niveau d’instruction : 0,729 Indice de niveau d’instruction : 0,874Indice d'égalité de la répartition pour le niveau d'instruction = {[0,496 (0,729 –1 )] +[0,504 (0,874 –1 )]} –1 = 0,7963. Calcul de l’indice d’égalité de la répartition pour le revenuOn estime tout d’abord, séparément, le revenu du travail (en PPA) des femmes et des hommes (pourplus de détails sur ce calcul, voir l’addendum à la présente note technique), avant de calculer l’indicede revenu pour chacune de ces populations. Comme pour l’IDH, le niveau de revenu est corrigé parl’utilisation du logarithme du revenu estimé du travail (en PPA) :Indice de revenu = log (valeur constatée) – log (valeur minimale)log (valeur maximale) – log (valeur minimale)FEMMESHOMMESRevenu estimé du travail (PPA) : 4 757 Revenu estimé du travail (PPA) : 7 873Indice de revenu = log (4 757) – log (100) = 0,645 Indice de revenu = log (7 873) – log (100) = 0,729log (40 000) – log (100) log (40 000) – log (100)Suite du calcul de l’ISDH page suivante34


OUTIL 4.4 • NOTE TECHNIQUE TIRÉE DU RMDH 2003 SUITECalcul de l’ISDH (suite)On combine ensuite les indices relatifs aux populations féminine et masculine pour obtenir l’indiced’égalité de la répartition pour le revenu :FEMMESHOMMESPart de la population : 0,496 Part de la population : 0,504Indice de revenu : 0,645 Indice de revenu : 0,729Indice d'égalité de la répartition pour le revenu = {[0,496 (0,645 –1 )] + [0,504 (0,729 –1 )]} –1 = 0,6854. Calcul de l’ISDHLe calcul de l’ISDH, là encore, est aisé. Il s’agit simplement de la moyenne non pondérée des troisvariables indice d’égalité de la répartition pour l’espérance de vie, indice d’égalité de la répartitionpour le niveau d’instruction et indice d’égalité de la répartition pour le revenu.ISDH = 1/3 (indice d'espérance de vie) + 1/3 (indice de niveau d'instruction) + 1/3 (indice de revenu)= 1/3 (0,758) + 1/3 (0,796) + 1/3 (0,685) = 0,746OutilsPourquoi = 2 dans le calcul de l’ISDHLa valeur de ∈ correspond à l’ampleur de la pénalité assignée à un pays pour les inégalités qui yrègnent entre populations féminine et masculine. Plus cette valeur sera élevée, plus les inégalitésseront jugées pénalisantes.Un coefficient ∈ égal à 0 signifierait que les inégalités sociologiques entre les sexes sont sansincidence sur la note obtenue par le pays considéré (dans ce cas, la valeur de l’ISDH serait identiqueà celle de l’IDH). A contrario, un coefficient ∈ tendant vers l’infini conférerait une prépondérancesans cesse croissante au groupe sociologique dont les résultats sont les moins bons.Le calcul de l’ISDH (comme d’ailleurs celui de l’IPF) utilise la valeur 2, ce qui revient à assortir d’unepénalité modérée les inégalités entre femmes et hommes en termes de réalisations.Pour une analyse détaillée de la formulation mathématique de l’ISDH, voir Sudhir Anand et AmartyaSen, « Gender Inequality in Human Development: Theories and Measurement, » Kalpana Bardhan etStephan Klasen, « UNDP’s gender-related indices: a critical review », ainsi que la note technique desRapports mondiaux sur le développement humain 1995 et 1999 (voir les référencesbibliographiques succincte à la fin de la présente note technique).35


OUTIL 4.4 • NOTE TECHNIQUE TIRÉE DU RMDH 2003 SUITEOutilsL’indicateur de la participation desfemmes (IPF)L’IPF se concentre sur les opportunités ouvertesaux femmes, plutôt que sur les capacités qui sontles leurs.Il s’attache aux inégalités femmes-hommes danstrois domaines essentiels :• Participation et pouvoir décisionnaire dans lasphère politique, exprimés par la répartition dessièges de parlementaires entre hommes et femmes.• Participation et pouvoir décisionnaire dansl’économie, exprimés par deux éléments :pourcentages respectifs d’hommes et de femmesoccupant, d’une part, des fonctions dereprésentation parlementaire, de direction etd’encadrement supérieur, et d’autre part, despostes d’encadrement et fonctions techniques.• Maîtrise des ressources économiques, mesuréepar la part masculine et féminine du revenu estimédu travail (en PPA).Pour chacune de ces trois dimensions, on calculeun pourcentage équivalent d’égalité de larépartition (PEER), qui prend la forme d’unemoyenne pondérée par la population, selon laformule générale suivante :PEER = {[part de la pop. féminine (indicedimensionnel pour la population féminine) 1–∈ ]+ [part de la pop. masculine (indice dimensionnelpour la population masculine) 1–∈ ]} 1/1–∈Le coefficient ∈ mesure l’aversion pour l’inégalité.Dans l’IPF (comme dans l’ISDH), ∈ = 2, ce quiassigne une pénalité modérée à l’inégalité. Laformule devient alors :PEER = {[part de la pop. féminine(indice dimensionnel pour la population féminine) –1 ]+ [part de la pop. masculine (indice dimensionnelpour la population masculine) –1 ]} –1Concernant la participation à la vie politique etéconomique, ainsi qu’aux décisions, on ramèneensuite le PEER à un indice en le divisant par 50.Pourquoi ? Parce que dans une société idéale, oùla participation de chacun des deux sexes serait lamême, les variables considérées par l’IPF seraientégales à 50 %. En d’autres termes, la part desfemmes serait toujours égale à celle des hommes.Là où la valeur de l'indice pour les hommes oupour les femmes est égale à zéro, le PEERcorrespondant à la formule ci-dessus resteindéfini. Toutefois, la limite du PEER, quandl'indice tend vers zéro, est de zéro. Enconséquence, dans un tel cas, la valeur du PEERest arbitrairement de zéro.Il ne reste plus, alors, qu’à calculer l’IPF par lamoyenne arithmétique des trois PEER indexés.Calcul de l’IPFPour illustrer le calcul de l’IPF, nous utiliserons des données relatives à la Grèce.1. Calcul du PEER pour la représentation parlementaireLe PEER relatif à la représentation parlementaire mesure le pouvoir relatif des femmes sous l’anglede leur participation à la vie politique. Il se calcule à partir, d’une part, des pourcentages depopulation masculine et féminine dans la population totale et, d’autre part, des pourcentages desièges de parlementaires occupés, respectivement, par des hommes et des femmes, en utilisant laformule générale précédemment exposée.FEMMESHOMMESPart de la population : 0,507 % Part de la population : 0,492 %Représentation parlementaire : 8,7 % Représentation parlementaires : 91,3 %PEER pour la représentation parlementaire = {[0,507 (8,7) –1 ] + [0,492 (91,3) –1 ]} –1 = 15,70Ce PEER initial est ensuite indexé en fonction d'une valeur idéale de 50 %.PEER indexé de représentation parlementaire = 15,70 = 0,314502. Calcul du PEER pour la participation à la vie économiqueÀ partir de la formule générale, on calcule deux PEER, concernant les pourcentages respectifsd’hommes et de femmes occupant, d’une part, des fonctions de représentation parlementaire, dedirection et d’encadrement supérieur, et d’autre part, des postes d’encadrement et fonctionstechniques. On obtient ensuite le PEER pour la participation à la vie économie en déterminant lamoyenne arithmétique de ces deux valeurs.FEMMESHOMMESPart de la population : 0,507 % Part de la population : 0,492 %% de sièges de parlementaires, fonctions de % de sièges parlementaires, fonctions dedirection et d'encadrement supérieur : 25,6 % direction et d'encadrement supérieur : 74,4 %% de postes d'encadrement et fonctions % de postes d'encadrement et fonctionstechniques : 47,9 % techniques : 52,1 %PEER relatif à la représentation des femmes parmi les parlementaires et les fonctions de direction etd'encadrement supérieur = {[0,507 (25,6) –1 ] + [0,492 (74,4) –1 ]} –1 = 37,82PEER indexé relatif à la représentation des femmes parmi les parlementaires et les fonctions dedirection et d'encadrement supérieur = 37,82 = 0,75650PEER relatif à la représentation des femmes parmi les postes d'encadrement et techniques= {[0,497 (47,9)-1] + [0,503 (52,1) –1 ]} –1 = 49,88PEER indexé relatif à la représentation des femmes parmi les postes d'encadrementet fonctions techniques = 49,88 = 0,99850On détermine la moyenne des deux PEER indexés pour obtenir le PEER relatif à la vie économique :PEER concernant la participation économique = 0,756 + 0,998 = 0,87723. Calcul du PEER pour le revenuOn estime le revenu du travail (en PPA) séparément pour les femmes et les hommes, avant deprocéder à une indexation par rapport aux valeurs minimales et maximales, de la même manièreque pour l’IDH et l’ISDH. Pour l’IPF, toutefois, l’indice de revenu se fonde sur le revenu estimé dutravail non corrigé, au lieu de s’appuyer sur son expression logarithmique. (Pour plus de détails surl’estimation du revenu estimé du travail pour les hommes et les femmes, voir l’addendum à laprésente note technique.)FEMMESHOMMESPart de la population : 0,507 Part de la population : 0,492Revenu estimé du travail : 10 892 PPARevenu estimé du travail : 25 601 PPAIndice de revenu = 10 892 – 100 = 0,270 Indice de revenu = 25 601 – 100 = 0,63940 000 – 100 40 000 – 100Les indices homme et femme sont alors combinés pour donner l’indice d'égalité de répartitionPEER concernant le revenu = {[0,507 (0,270) –1 ] + [0,492 (0,639) –1 ]} –1 = 0,3774. Calcul de l’IPFUne fois le PEER calculé pour les trois dimensions considérées, la détermination de l’IPF est simple : ilsuffit, là encore, d’établir la moyenne arithmétique des trois PEER exprimés en indice.IPF = 0,314 + 0,877 + 0,377 = 0,523336


OUTIL 4.4 • NOTE TECHNIQUE TIRÉE DU RMDH 2003 SUITEADDENDUM À LA NOTE TECHNIQUE 1Revenu du travail des femmes et deshommesMalgré l’intérêt des données sexospécifiquesconcernant le revenu, il n’existe pas de mesuresdirectes de cet aspect. Dans le présent rapport, lesestimations grossières du revenu du travail desfemmes et des hommes ont donc été calculées pardérivation.Le revenu peut être envisagé sous deux angles :comme une ressource pour la consommation etcomme la rémunération des individus. Il estdifficile de faire la distinction entre hommes etfemmes concernant l’utilisation de ce revenu carles deux sexes partagent leurs ressources au seinde la cellule familiale. En revanche, il est possiblede différencier ce que gagnent les différentsmembres de la famille car ils ont des revenus dutravail distincts.La mesure du revenu utilisée dans le calcul del’ISDH et de l’IPF correspond à la capacité d’unindividu donné à obtenir un revenu. Elle permetde rendre compte, dans l’ISDH, des disparitésentre hommes et femmes dans l’utilisation desressources et, dans l’IPF, de l’indépendanceéconomique des femmes. (Pour les questionsconceptuelles et méthodologiques relatives à cetteapproche, se reporter à l’ouvrage de SudhirAnand et Amartya Sen, intitulé « GenderInequality in Human Development », ainsi qu’auchapitre 3 et aux notes techniques 1 et 2 duRapport mondial sur le développement humain1995 ; voir les références bibliographiques à la finde cette note technique.)Le revenu du travail des femmes et des hommes(en PPA) est estimé à l’aide des données suivantes :• le rapport des salaires non agricoles fémininsaux salaires non agricoles masculins,• le pourcentage de femmes et d’hommes dans lapopulation active,• les populations féminine et masculine totales,• le PIB par habitant (en PPA).Estimation du revenu du travail pour les femmes et les hommesDans cet exemple de calcul du revenu du travail des femmes et des hommes, les données utiliséessont celles relatives aux Philippines en 2002.1. Calcul du PIB total (en PPA)Le PIB total (en PPA) est calculé en multipliant la population totale par le PIB par habitant (enPPA).Population totale : 79 266 (milliers)PIB par habitant (en PPA) : 4 170PIB total (en PPA) = 4 170 (79 944) = 333 366 480 (milliers)2. Calcul de la part des femmes dans les revenus salariauxÉtant donné la rareté des données sur les salaires dans les zones rurales et le secteur informel, lerapport utilise le salaire non agricole et suppose que le rapport des salaires non agricoles fémininsaux salaires non agricoles masculins s’applique à l’ensemble de l’économie. La part des femmes dansles revenus salariaux est calculée à l’aide du rapport des salaires non agricoles féminins aux salairesnon agricoles masculins et du pourcentage de femmes et d’hommes dans la population active.Lorsque les données d’un pays ne permettent pas de calculer le rapport des salaires, nous avonsretenu une valeur de 75 %.Rapport des salaires non agricoles féminins aux salaires non agricoles masculins (W f / W m ) = 0,94Pourcentage de femmes dans la population active (EA f ) = 38,2%Pourcentage d'hommes dans la population active (EA m) = 61,8%Part des femmes dans les revenus salariaux (S f ) =W f / W m (EA f ) = 0,94 (38,2)[W f / W m (EA f )] + EA m [0,75 (40,9)] + 59,1Références bibliographiquessuccinctes= 0,3683. Calcul du revenu du travail des femmes et des hommes (en PPA)Il faut partir de l’hypothèse que la part des femmes dans les revenus salariaux est égale à la part desfemmes dans le PIB.Part des femmes dans les revenus salariaux (S f ) = 0,342PIB total (PPA) (Y ) = 54 485 460 (milliers)Population féminine (N f ) = 33 892 (milliers)Revenu estimé du travail des femmes (PPA) (Y f ) =S f (Y ) =0,368 (333 366 480)N f 39 014Population masculine (N m) = 39 566 (milliers)= 3 144Revenu estimé du travail des hommes (PPA) (Y m ) = Y – S f (Y ) = 333 366 480 – [0,368 (333 366 480)] = 5 326N m 3 586OutilsSymbolesW f / W m = rapport des salaires non agricoles fémininssur les salaires non agricoles masculinsEA f = pourcentage de femmes dans la populationactiveEA m= pourcentage d’hommes dans la population activeS f = part des femmes dans les revenus salariauxY = PIB total (en PPA)N f = population féminine totaleN m = population masculine totaleY f = revenu estimé du travail des femmes (en PPA)Y m = revenu estimé du travail des hommes (en PPA)NoteLes résultats des calculs figurant dans la notetechnique peuvent présenter de légères variationspar rapport aux tableaux statistiques, du fait del’arrondissement des chiffres.Anand, Sudhir et Amartya Sen, 1994.« HumanDevelopment Index: Methodology andMeasurement ». Occasional Paper 12.Programme des Nations Unies pour ledéveloppement, Bureau du Rapport mondialsur le développement humain, New York(IDH).———, 1995. « Gender Inequality in HumanDevelopment: Theories and Measurement ».Occasional Paper 19. Programme des NationsUnies pour le développement, Bureau duRapport mondial sur le développementhumain, New York (ISDH, IPF).———, 1997. « Concepts of Human Developmentand Poverty: A Multidimensional Perspective ».In : Programme des Nations Unies pour ledéveloppement, Rapport mondial sur ledéveloppement humain 1997 : LeDévelop-pement humain au service del’éradication de la pauvreté, New York(IPH-1, IPH-2).Bardhan, Kalpana et Stephan Klasen, 1999.« UNDP’s Gender-Related Indices: A CriticalReview ». World Development 27(6), pp.985-1010 (ISDH, IPF).Programme des Nations Unies pour ledéveloppement, 1995. Rapport mondial sur ledéveloppement humain 1995. Paris :Economica. Notes techniques 1 et 2, etchapitre 3 (ISDH, IPF).________, 1997. Rapport mondial sur ledéveloppement humain 1997. Paris :Economica. Note technique 1 et chapitre 1(IPH-1, IPH-2).________, 1999. Rapport mondial sur ledéveloppement humain 1999. Paris,Bruxelles : De Boeck Université. Notetechnique (IDH, ISDH).37


OUTIL 4.5A • PERSPECTIVES CONCERNANT L’ÉVALUATIONDU PROGRÈS - LA PERSPECTIVE SUR LES PRIVATIONSOutilsAfin de saisir les impacts à court-terme des politiques qui reflètent les priorités dudéveloppement humain, trois perspectives doivent être appliquées simultanément :la perspective sur la moyenne, montrant le progrès général du pays ; la perspectivesur les privations et la perspective sur les inégalités (voir outil 4.5B).Les données désagrégées 21 révèlent quels sont les groupes sociaux les plusdéfavorisés. Elles peuvent être utilisées pour évaluer la vitesse relative des progrèsdu développement humain, notamment en comparant les plus défavorisés à lamoyenne ou au meilleur groupe.Au Bénin en 1994, par exemple, il existait de larges disparités au niveau desinscriptions scolaires, par sexe et par district. La moyenne nationale nette descolarisation en école primaire était de 52 pour cent – mais juste de 38 pour centpour les filles, comparé à 65 pour cent pour les garçons. De même, il existait degrandes différences d’un district à l’autre, avec juste 30 pour cent de la totalité desenfants scolarisés à Borgou. Selon la perspective sur les privations, l’évaluation duprogrès doit se concentrer sur les inscriptions scolaires féminines et celles à Borgou.En 1997, la moyenne nationale de scolarisation s’était accrue de sept points pouratteindre les 59 pour cent. Quel progrès a été effectué pour les plus défavorisés ? Lascolarisation féminine dans le pays a augmenté de 8 points, à 46 pour cent, lascolarisation totale à Borgou de 9 points, à 39 pour cent, et la scolarisation féminineà Borgou s’est aussi accrue de 9 points, à 31 pour cent. Les groupes les plusdéfavorisés font légèrement plus de progrès que la moyenne – mais pas assez pourréduire l’importance de leurs privations, comparé aux autres groupes.3821Sakiko Fukuda-Parr, Kate Raworth et A.K. Shiva Kumar. 2003. « Using the HDI for Policy Analysis. » DansReadings in Human Development : Concepts, Measures and Policies for a Development Paradigm, révisé parSakiko Fukuda-Parr et A.K. Shiva Kumar. New Delhi : Oxford University Press.


OUTIL 4.5B • PERSPECTIVES CONCERNANT L’ÉVALUATION DUPROGRÈS – LA PERSPECTIVE SUR LES INÉGALITÉSDésagréger et comparer les données selon les différents types de groupes sociaux –par appartenance ethnique, comparé à la région, au sexe et ainsi de suite – peutrévéler les caractéristiques de l’inégalité au sein d’un pays et ainsi être utiliséscomme moyen pour surveiller sa réduction. 22 Les données sur la mortalité desenfants de moins de cinq ans au Guatemala, par exemple, étaient désagrégées parappartenance ethnique (autochtone/non autochtone et localisation urbain/rural).Les deux cas ont mis à jour des inégalités, alors même que les données de 1998-99montrent que celles-ci sont en cours de réduction. Il est cependant clair que là où lesinégalités urbaines/rurales ont chuté de 17 points, les inégalités liées à l’appartenanceethnique ont décliné de deux points. En partant de la perspective inégalité, leprogrès effectué dans la réduction des inégalités ethniques accuse un retardsignificatif.Outils23Sakiko Fukuda-Parr, Kate Raworth et A.K. Shiva Kumar. 2003. « Using the HDI for Policy Analysis. » DansReadings in Human Development : Concepts, Measures and Policies for a Development Paradigm, révisé parSakiko Fukuda-Parr et A.K. Shiva Kumar. New Delhi : Oxford University Press.39


OUTIL 4.5C • MESURER LE PROGRÈS DANS LE TEMPS –TROIS MÉTHODESCet outil illustre différentes méthodes pour mesurer le progrès des indicateurs dudéveloppement humain. 23 Chacun peut révéler des résultats différents basés sur letype spécifique de variation analysée.Les méthodes incluent :Outils(1) une variation absolue (2) une variation en pourcentage (3) une réduction dudéficitL’exemple hypothétique suivant illustre les trois approches. Supposez que deux pays,A et B, enregistrent les tendances suivantes dans l’alphabétisation des adultes :Taux d’alphabétisation des adultes 1980 1995Pays A 60% 70%Pays B 80% 90%En termes de classement, le pays B occupe un meilleur rang que le pays A en 1980ainsi qu’en 1995. Mais comment devons-nous classer la performance des deux payspour la promotion de l’alphabétisation entre 1980-1995. Le résultat utilisant les troisméthodes produit des effets différents.Comparer les méthodes d’évaluation du progrèsPays APays BVariation absolue dans l’alphabétisationdes adultes entre 1980-1995 10% 10%Rang 1 1 Même rangVariation en pourcentage% d’augmentation de l’alphabétisationentre 1980-95 16.7% 12.5%Rang 1 2 Pays A mieux classéRéduction du déficitde l’analphabétisme (%)entre 1980-95 25% 50%Rang 2 1 Pays B mieux classé23Sakiko Fukuda-Parr, Kate Raworth et A.K. Shiva Kumar. 2003. « Using the HDI for Policy Analysis. » DansReadings in Human Development : Concepts, Measures and Policies for a Development Paradigm, révisé parSakiko Fukuda-Parr et A.K. Shiva Kumar. New Delhi : Oxford University Press.40


OUTIL 4.5C • MESURER LE PROGRÈS DANS LE TEMPS – TROISMÉTHODES, SUITEChacune des trois méthodes a ses propres avantages et inconvénients.• La méthode de la variation absolue est simple à calculer, facile à comprendre etpartiale en faveur des pays à faible développement humain qui ont davantage lapossibilité d’améliorer les niveaux absolus de réussite.• La méthode de variation en pourcentage est également relativement facile àcalculer, et favorise les pays à faible développement humain (puisque la base ducalcul des variations en pourcentage est plus faible que celle des pays à fortdéveloppement humain).• La méthode de réduction du déficit est plus ardue à calculer et à exprimer. Maiselle présente trois avantages majeurs :• Elle reconnaît la difficulté « d’atteindre ce qui ne l’a pas encore été » etaccorde un mérite aux pays qui font des efforts particuliers pour combler lefossé au fur et à mesure que leurs niveaux de réussite augmentent.• Elle traduit mieux l’idée d’ « une réalisation progressive des droits del’homme ». Même les pays à forts niveaux de réussite doivent maintenir leursefforts afin d’avancer vers une couverture universelle.• Il est possible que, même si un pays est classé au plus bas en termes de niveauxde réussite – et qu’il continue à demeurer ainsi - son classement en termes deréduction du déficit soit meilleur. Et dans cette mesure, la méthode deréduction du déficit procure l’encouragement nécessaire pour accélérer ledéveloppement humain.Outils41


OUTIL 4.6A • RÉFÉRENCES GÉNÉRALESCertaines des ressources mises au point par le Groupe des Rapport nationaux sur ledéveloppement humain afin d’aider au processus de production du RDH incluent :OutilsLA POLITIQUE INSTITUTIONNELLE CONCERNANT LES RNDHL’objectif premier de la politique institutionnelle, publiée en mars 2001, est defournir un cadre organisationnel pour promouvoir la qualité et la pertinencepolitique du RDH. Elle réaffirme les principes de base qui ont caractérisé desrapports efficaces et couronnés de succès, et identifie les actions nécessaires afind’assurer que les standards professionnels et un niveau de rigueur des plus élevéscaractérisent la préparation, la diffusion et le suivi des RDH.(http://hdr.undp.org/nhdr/ corporate_policy.cfm).LE SYSTÈME D’ÉVALUATION PAR LES PAIRS DU RDHÁ compter de novembre 2002, le PNUD a adopté une politique selon laquellechaque RDH national et régional doit passer par un processus d’évaluation par lespairs avant publication. (http://hdr.undp.org/docs/nhdr/Peer_Review_System.pdf).RAPPORT SUR L’ATELIER DE BEYROUTHEn juin 2001, le Groupe des RNDH a organisé un atelier qui a rassemblé plus de 75participants travaillant sur les RDH de par le monde pour la Première retraitemondiale des RDH. Cet événement représentait une occasion unique pour lacommunauté du développement humain, en pleine expansion. L’atelier a étéorganisé autour de trois thèmes : le processus RDH, la politique institutionnelle etles lignes directrices ; les structures de soutien et de mobilisation pour les RDH ; etles yeux tournés vers l’avenir, les nouvelles idées, concepts mis à jours et politiquesthématiques (http://hdr.undp.org/nhdr/beirut.cfm).42RÉSEAUX DE CONNAISSANCES• Le Réseau RDH du Centre de ressource sous-régional du PNUD (SURF) met enrelation le personnel du PNUD, les équipes nationales du RDH et les expertsparticipants à la rédaction des rapports dans toutes les régions. C’est un lieu departage d’expériences, d’idées et de défis relatifs aux concepts du développementhumain, de mesure et d’application de politiques, et qui présente desinformations sur les évènements, publications et ressources à venir. Une synthèsedes discussions précédentes est disponible sous la forme de réponses consolidées(http://hdr.undp.org/nhdr/consolidated_replies.cfm).• De plus, un réseau d’experts sur la mesure du RDH, créé en 2003 par le Groupedes RNDH, fournit une plate-forme mondiale pour les points de contact du RDH,les consultants en statistiques, les représentants des offices de statistiquesnationaux et les agences de statistiques internationales. Ils discutent des thèmesde méthodologie relatifs aux indicateurs du développement humain et d’autresquestions relatives aux données (http://hdr.undp.org/nhdr/networks.cfm).


OUTIL 4.6A • RÉFÉRENCES GÉNÉRALES, SUITEGROUPES THÉMATIQUESUne série de pages web est en cours de création par le Groupe des RNDH, encollaboration avec le Bureau des politiques de développement du PNUD (BDP) quirassemble les équipes du RDH travaillant sur les RDH nationaux et régionaux relatifsaux domaines de pratiques thématiques du PNUD. Le site sur le VIH/sida et ledéveloppement humain sert par exemple de forum pour échanger idées, ressourceset expériences, et contribuer aux connaissances du PNUD. (http://hdr.undp.org/nhdr/thematic_clusters/).NOTE D’ORIENTATION TECHNIQUEEn se basant sur les RDH existants et sur d’autres recherches d’avant-garde, cettesérie de notes d’orientation a été mandatée conjointement par le PNUD et leGroupe des RNDH pour chacun des domaines de pratique du PNUD, plus l’égalitédes sexes. Le but de ces notes est de fournir à la fois un contexte théorique et uneorientation pratique pour les équipes du RDH sur la manière d’examiner de lamanière la plus efficace possible les questions thématiques au sein du cadre dudéveloppement humain. (http://hdr.undp.org/nhdr/thematic_reviews.cfm).OutilsOUTILS DE RECHERCHELes sites web sélectionnés sont inclus dans le site web du Bureau du Rapportmondial sur le développement humain pour aider à rechercher sur Internet lesconcepts, applications et mesures des politiques du développement humain. Cessites proposent un accès à une mine d’informations gratuites en ligne relatives audéveloppement humain, allant d’articles universitaires à de nouvelles histoires, enpassant par des données statistiques et des résultats d’enquêtes.(http://hdr.undp.org/nhdr/ research_tools.cfm)43


OUTIL 4.6B RÉFÉRENCES SUR LE DÉVELOPPEMENT HUMAIN 24LE CONCEPT DE DÉVELOPPEMENT HUMAINFukuda-Parr, Sakiko et A. K. Shiva Kumar (eds). 2003. Readings in HumanDevelopment: Concepts, Measures and Polices for a Development Paradigm. NewDelhi: Oxford University Press.Outils_______2003. “Operationalizing Amartya Sen’s Ideas on Capabilities, Development,Freedom and Human Rights – The Shifting Policy Focus of the HD Approach.” DansFeminist Economics, 9(2 et 3)._______Sen, Amartya. 1999. “A Decade of Human Development.” Dans Journal ofHuman Development (http://hdr.undp.org/docs/training/oxford/readings/Sen_HD.pdf).Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD). 1990. HumanDevelopment Report 1990: Concept and Measurement of Human Development.Chapitre un. New York: Oxford University Press (http://hdr.undp.org/docs/training/oxford/readings/HDR90_ch1.pdf)._______Human Development Report 2002: Deepening Democracy in a FragmentedWorld. Chapitre un. New York: Oxford University Press(http://hdr.undp.org/reports/global/2002/en/pdf/chapterone.pdf).OPÉRATIONNALISER LE DÉVELOPPEMENT HUMAINGriffin, Keith, et Terry McKinley. 1992. “Towards an HD Strategy.” Document duBureau du Rapport mondial sur le développement humain.(http://hdr.undp.org/docs/publications/ocational_papers/oc6.htm).Kaul, Inge, et Saraswathi Menon. 1993. “HD: From Concept to Action, a 10-PointAgenda.” Document 7 du Bureau du Rapport mondial sur le développementhumain. .(http://hdr.undp.org/docs/publications/ocational_papers/oc7a.htm).Ranis, Gustav, et Frances Stewart. 2000. “Strategies for Success in HumanDevelopment.” Dans Journal of Human Development, 1(1): 49-70(http://hdr.undp.org/docs/training/oxford/readings/Ranis%20and%20Stewart.pdf).Streeten, Paul. 1999. “Components of a Future Development Strategy: TheImportance of HD.” Dans Finance & Development, 36(4)(http://hdr.undp.org/docs/training/oxford/readings/Streeten.pdf).ODM ET DÉVELOPPEMENT HUMAINBurd-Sharps, Sarah, et Selim Jahan. 2002. “National Human Development Reportsand Millennium Development Goals Report: Mutually Supportive Exercises.” Noteinterne du PNUD (http://www.surf-as.org/nhdrworkshop/MDGR%20NHDR%20paper.doc).Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), Bureau du Rapportmondial sur le développement humain. 2002. “The Millennium Development Goals:Commitments and Prospects.” Document de travail un.(http://hdr.undp.org/docs/mdg/Working_paper_number_1.pdf).24Sources tirées du cours de formation Human Development : From Theory to Practice, organisé par le PNUDet l’Université d’Oxford à Oxford, en septembre 2002. Également, Atelier du RNDH pour les États arabesAchieving Excellence in NHDRs, organisé par le PNUD (SURF- États arabes , Bureau régional pour les Étatsarabes et le Bureau du Rapport mondial sur le développement humain) au Caire, février 2003.44


OUTIL 4.6C • RÉFÉRENCES SUR L’ANALYSE POLITIQUE 25ÉTUDES GÉNÉRALESBabbie, Earl R. 1998. The Practice of Social Research. Belmont, CA: WadsworthPublishing Company.Bardach, Eugene. 2000. A Practical Guide for Policy Analysis: The Eightfold Path toMore Effective Problem Solving. New York. Chatham House Publishers.Brinkerhoff, Derick W., et Benjamin L. Crosby. 2002. Managing Policy Reform:Concepts and Tools for Decision-Makers in Developing and Transitional Countries.Bloomfield, CT: Kumarian Press.Dunn, William N. 1993. Public Policy Analysis: An Introduction. Deuxième édition.New Jersey. Prentice Hall.Sabatier, Paul A., éd. 1999. Theories of the Policy Process. Boulder, CO: Westview Press.Schutt, Russell K. 1999. Investigating the Social World: The Process and Practice ofResearch. The Pine Forge Press Series in Research Methods and Statistics. ThousandOaks, CA: Pine Forge Press.Stokey, Edith, et Richard Zechhauser. 1978. A Primer for Policy Analysis. New York:W. W. NortonOutilsMÉTHODES QUALITATIVESCreswell, John W. 1998. Qualitative Inquiry and Research Design: Choosing AmongFive Traditions. Thousand Oaks, CA: Sage Publications.Deaton, Angus. 1998. The Analysis of Household Surveys – A MicroeconometricApproach to Development Policy. Baltimore: Johns Hopkins University Press.Denzin, Norman K., et Yvonna S. Lincoln, eds. 2000. Handbook of QualitativeResearch. Thousand Oaks, CA: Sage Publications.Feldman, Martha S. 1995. Strategies for Interpreting Qualitative Data. QualitativeResearch Methods. Troisième volume. Thousand Oaks, CA: Sage Publications.Miles, Matthew B., et A. Michael Huberman. 1994. Qualitative Data Analysis : AnExpanded Sourcebook. Thousand Oaks, CA: Sage Publications.MÉTHODES QUANTITATIVESAsher, Herbert B. 1976. Causal Modeling. Thousand Oaks, CA: Sage Publications.Davis. James A. 1985. The Logic of Causal Order. Thousand Oaks, CA: SagePublications.Kim, Jae-On, et Charles W. Mueller. 1978. Factor Analysis: What It Is and How To DoIt. Thousand Oaks, CA. Sage Publications.Mendenhall, William, Richard L. Scheaffer et Dennis D. Wackerly. 2001.Mathematical Statistics with Applications. Pacific Grove, CA: Duxbury Press.Moore, David S., et George P. McCabe. 2002. Introduction to the Practice ofStatistics. New York: W. H. Freeman.Schroeder, Larry D., David L. Sjoquist et Paula E. Stepan. 1986. UnderstandingRegression Analysis. An Introductory Guide. Thousand Oaks, CA: Sage Publications.25Arkadi Toristyn. 2003. "Policy Analysis." Note interne. Groupes des Rapports nationaux sur ledéveloppement humain, Bureau du Rapport mondial sur le développement humain, PNUD.45


OUTIL 4.6C • RÉFÉRENCES SUR L’ANALYSE POLITIQUE SUITEMendenhall, William, Richard L. Scheaffer et Dennis D. Wackerly. 2001.Mathematical Statistics with Applications. Pacific Grove, CA: Duxbury Press.OutilsMoore, David S., et George P. McCabe. 2002. Introduction to the Practice ofStatistics. New York: W. H. Freeman.Schroeder, Larry D., David L. Sjoquist et Paula E. Stepan. 1986. UnderstandingRegression Analysis. An Introductory Guide. Thousand Oaks, CA: Sage Publications.INSTITUTIONS, PARTIES PRENANTES, ADMINISTRATIONSCallaghy, Thomas M. 1989. “Toward State Capability and Embedded Liberalism in theThird World: Lessons for Adjustment.” In Fragile Coalitions: The Politics of EconomicAdjustment, édité par Joan M. Nelson. New Brunswick, NJ: Transaction Books.March, James G., et Johan P. Olsen. 1989. Rediscovering Institutions: TheOrganizational Basis of Politics. New York: Free Press.North, Douglass C. 1990. Institutions, Institutional Change and EconomicPerformance. New York: Cambridge University Press.Powell, Walter W., et Paul J. DiMaggio, eds. 1991. The New Institutionalism inorganizational Analysis. Chicago: University of Chicago Press.46


OUTIL 4.6D • RÉFÉRENCES SUR LA MESUREDU DÉVELOPPEMENT HUMAIN 26Akder, A. Halis. 1994. “A Means to Closing Gaps: Disaggregated HD Index.” HumanDevelopment Report Office Occasional Paper 18(http://hdr.undp.org/docs/publications/ocational_papers/oc18a.htm).Anand, Sudhir, et Amartya Sen. 1994. “Human Development Index: Methodologyand Measurement.” Human Development Report Office Occasional Paper 12(http://hdr.undp.org/publications/papers.cfm)._______. 1995 “Gender Inequality in Human Development: Theories andMeasurement.” Human Development Report Office Occasional Paper 19(http://hdr.undp.org/publications/papers.cfm).Bardhan, Kalpana, et Stephan Klasen. 1999. “UNDP's Gender-Related Indices: ACritical Review.” In World Development, 27(6): 985-1010 (GDI, GEM).Doraid, Moez. 1997. Analytical Tools for Human Development. Troisième édition.New York: UNDP (http://hdr.undp.org/statistics/indices/tools.cfm).Jahan, Selim. 2000a. “Measurements of HD: Seven Questions”(http://hdr.undp.org/docs/training/oxford/readings/Jahan_Measurements.pdf)._______. 2000b. “Measuring HD: Evolution of the HD Index”(http://hdr.undp.org/docs/training/oxford/readings/Jahan_HDI.pdf).Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD). 1995. HumanDevelopment Report 1995: The Revolution for Gender Equality. Note technique un(“Computing Gender-Equity-Sensitive Indicators”) et deux (“Computing the GDI andthe GEM”); chapitre 2 (“Still an Unequal World”) et chapitre trois (“MeasuringGender Inequality”) (http://hdr.undp.org/reports/default.cfm )._______. 1997. Human Development Report 1997: Human Development to EradicatePoverty. Note technique un sur l’IPH-1 et chapitre un “Poverty in the HumanDevelopment Perspective: Concept and Measurement.” New York: Oxford UniversityPress (http://hdr.undp.org/reports/default.cfm )._______. 1999. Human Development Report 1999: Globalization with a Human Face.Note technique sur l’IDH et l’IDS, “What Do the Human Development IndicesReveal?” New York: Oxford University Press (http://hdr.undp.org/reports/default.cfm )._______. 2000. Human Development Report 2000: Human Rights and HumanDevelopment. Annexe du chapitre 5, “Assessing Progress in Human Rights andHuman Development.” New York: Oxford University Press(http://hdr.undp.org/reports/default.cfm )._______. 2002. Human Development Report 2002: Deepening Democracy in aFragmented World. Notes techniques sur l’IDH, l’IPF, l’IPH-1, l’IPH-2. New York:Oxford University Press (http://hdr.undp.org/reports/default.cfm ).Outils26Sources tirées d’une liste préparée par Haishan Fu pour le cours de formation Human Development: FromTheory to Practice, organisé par le PNUD et l’université d’Oxford à Oxford, en septembre 2002. Également,l’atelier du RNDH pour les États arabes, organisé par le PNUD (SURF-États arabes, Bureau régional pour lesÉtats arabes et Bureau du Rapport mondial sur le développement humain), Le Caire, février 2003.47

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