Dimanche de Pâques - Église Catholique d'Algérie

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Dimanche de Pâques - Église Catholique d'Algérie

Dimanche de Pâques"Suis-je le gardien de mon frère?"(Gn 4: 9)Chers frères et sœurs,A Dieu qui lui demandait: "où est ton frère Abel?"(Gn. 4: 9), Caïn répond: « Je nesais. Suis-je le gardien de mon frère? » Il venait d'assassiner son frère par jalousie, parce queDieu avait agréé le sacrifice que lui avait offert Abel, alors qu'il avait rejeté le sien.En ce jour de Pâques où le Christ ressuscité s'était tout d'abord offert ensacrifice pour ses frères, la question vaut vraiment la peine d'être posée: sommes-nous lesgardiens de nos frères? Sommes-nous vraiment responsables de nos frères et sœurs dansl'humanité? Car dans un monde aussi égoïste et individualiste que le nôtre, Caïn semblemalheureusement avoir raison. De nous jours, les hommes sont trop égoïstes pour penseraux autres, et dans notre société ce sont plutôt les intérêts des personnes et des peuplesqui dictent la règle de conduite pour tous. Et si on nous la posait, cette question: "où est tonfrère?", quelle réponse donnerions-nous?...Une première réponse nous était donnée dans la lettre que le Pape nous avaitenvoyée au début du Carême. Cette lettre nous invitait à nous occuper de nos frères etportait un titre bien significatif: "Faisons attention les uns aux autres, pour nous stimulerdans la charité et dans les œuvres bonnes" (He 10: 24)."Faisons attention les uns auxautres" parce que nous nous ne sommes pas seuls dans notre monde et parce que noustous, nous ne formons qu'une seule famille humaine où chacun est responsable de sesfrères."Pour nous stimuler dans la charité et dans les œuvres bonnes", parce que ce lien quiexiste entre les hommes repose sur la charité et les bonnes œuvres et non sur les intérêtsdu moment, ou les sentiments passagers. Envers nos frères nous ne pouvons avoir que dessentiments de charité et d'amour ; à nos frères nous ne pouvons et nous ne devons faireque du bien.Mais la vraie réponse nous est donnée dans la fête de Pâques, aujourd'hui où leChrist, avant d'arriver au jour de la résurrection, avait commencé par donner sa vie pour sesfrères. En effet, le mystère pascal est avant tout le sacrifice pascal, c'est-à-dire le mystère dequelqu'un qui a aimé ses frères et les a aimés jusqu'au bout, jusqu'à donner sa vie pour eux:"il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu'on aime » (Jn 15: 13).Venant dans ce monde, il avait déjà laissé entendre qu'il venait remplacer les sacrificesanciens par le sacrifice de son propre corps, le sacrifice de sa propre vie pour ses frères: "Desacrifice et d'offrande, tu n'as pas voulu, mais tu m'as façonné un corps. Holocaustes etsacrifices pour le péché ne t'ont pas plu. Alors j'ai dit: me voici…" (He 10: 5-7). Et en quittantnotre monde, il nous avait laissé cette responsabilité ou cet amour de nos frères comme sondernier testament, faisant même de cette responsabilité des frères le signe distinctif de sesdisciples: "Je vous donne un commandement nouveau: aimez-vous les uns les autres.Comme je vous ai aimés, vous devez vous aussi vous aimer les uns les autres. Si vous avezde l'amour les uns pour les autres, tous reconnaitront que vous êtes mes disciples" (Jn 13:34-35).


Enfin, nous savons que le jugement dernier se fera justement sur cetteresponsabilité ou cette indifférence envers nos frères, sur ce qu'on leur aura fait: "venez lesbénis de mon père…car j'ai eu faim et vous m'avez donné à manger, j'ai eu soif et vousm'avez donné à boire…" (Mt 25: 31) Et pour ce qu'on aura omis de leur faire: " allez-vous enloin de moi, maudits, au feu éternel… car j'ai eu faim et vous ne m'avez pas donné àmanger, j'ai eu soif et vous ne m'avez pas donné à boire…" (Mt 25: 41)Mais que veut dire être responsable de ses frères? Cela veut dire ouvrir les yeuxet rester attentifs aux nécessités et aux besoins de nos frères, à l'exemple du bon samaritain(Lc 10: 30). On ne peut pas rester indifférent face à la souffrance d'autrui ni face à sesbesoins ou comme dit le Pape "nous montrer étrangers, indifférents au destin de nosfrères". L'indifférence c'est plutôt un manque du sens de la responsabilité et est le contrairede l'amour. Elle n'est que du pur égoïsme. Devant l'indifférence de ses disciples, face à lafaim de la foule qui l'avait suivi toute la journée, Jésus refuse cette indifférence. Ainsi,quand à la tombée du soleil, ils s'adressèrent à lui pour lui dire: "il est déjà tard et cetendroit est isolé. Renvoie la foule pour qu'ils aillent dans les villages s'acheter de lanourriture", Jésus leur répond en leur rappelant leur devoir de penser à leurs frères et àleurs besoins: "il n'est pas nécessaire qu'ils s'en aillent: donnez-leur vous-mêmes à manger"(Mt 14: 15-16)Oui nous sommes responsables de nos frères et de ce qui leur arrive, de bien oude mal. Personne ne peut se laver les mains ni réclamer son innocence devant le sort nidevant les difficultés, les souffrances ou les besoins de ses frères, comme l'avait fait Pilatequi, avant de livrer Jésus aux mains de ses ennemis pour être crucifié, prit de l'eau et se lavales mains devant la foule en disant: "je suis innocent de ce sang. C'est votre affaire" (Mt 27:25).Quand est-ce que les hommes s'aimeront les uns les autres et chercheront lebien de tous? quand est-ce que ils comprendront que chacun est responsable de son frère,que chacun est le frère de tous et que tous sont les frères de chacun. Quand écouteront-ilsla voix de Dieu et de l'Eglise et "feront attention les uns aux autres"? Quand est-ce que nousvivrons dans un monde plus fraternel? Cela ne se fera que quand tous les hommes sesentiront frères les uns des autres. Le Pape Paul VI disait: "Le monde est malade. Son malréside dans le manque de fraternité entre les hommes et entre les peuples" (Populorumprogressio n. 66).Bonne Fête de Pâques à vous tous et Bonne Fête à tous nos concitoyens algériens.+ Ghaleb BaderArchevêque d’Alger

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