Réduire... réduction... risques... autant de termes à priori ...

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Réduire... réduction... risques... autant de termes à priori ...

Fabrice OLIVETIRéduire... réduction... risques... autant de termes à priori antithétiques de lanotion de plaisir. Le plaisir a du mal à s 'accomoder de la rétraction, il véhicule aucontraire des images d'expansion et de sécurité. Pourtant, la contradictionapparente entre l'objectif de risque zéro et la quête d'un plaisir ininterrompu esten passe d'être résolue chez l'amateur éclairé de paradis artificiels. Pour cela, ila fallu abandonner la croisade anti-drogue pour passer à une véritable politiquede santé publique.12Il y a quelques années. Sa Sainteté lepape Jean-Paulll a scandalisé une partiede l'opinion en préconisant un remèdeunique à l'épidémie du sida: l'abstinencede rapports sexuels en dehors dumariage. Continence et fidélité. autant devoeux pieux dont la puérilité le dispute àl'aveuglement. Or. jusqu'à une daterécente, le système entier de lutte contrela toxicomanie était basé sur le mêmeprincipe: abstenez-vous ou mourrez !Cette incantation, conjuguée depuis vingtans sur différents modes ("Just say no","La drogue c'est de la merde", etc.) atrouvé son point d'orgue avec le sida. Nepouvant plus se contenter d'anathèmes.les gouvernements des pays européensont dû se pencher sur les causes réellesdes comportements à risques.Peu importe que l'on applique unepolitique criminelle dès lors qu'elle neconcerne qu'une frange marginale de lapopulation. mais tout est remis en cause sicette fraction devient, du fait même de soninfection. une menace pour l'ensemble ducorps social. Jusque là, la toxicomanien'avait pas posé de problèmes éthiques.Il s'agissait d'une pathologie identifiée.une manie excluant toute rationalité,comme la pyromanie, la nymphomanie oula cleptomanie. La nécessité decombattre le sida chez les personnesdites "toxicomanes" a obligé les pouvoirspublics à réviser leurs catégorieshabituelles.A défaut d'être des vilains, quelle est lapréoccupation principale des usagères etusagers de drogues ? Réponse: prendreson pied avec des drogues.Cette préoccupation exclut-elle tout soucide sa propre sécurité, de son propre bienêtre,de son libre-arbitre ?Les Cahiers de Prospective Jeunesse- Vol. 3 -n" 3 - 3 trim. 98Réponse: non. La preuve, dès lors qu'onleur en laisse la possibilité, ils utilisent desseringues stériles, ils profitent desservices socio-sanitaires, et, surtout, ilstentent de gérer leur consommation enutilisant des produits de substitutionsusceptibles d'échapper à l'arbitraire dumarché noir.Ainsi donc, prendre son pied avec lesdrogues ne signifie pas être saisibrutalement d'un pulsion incontrôlable.Mieux, cette recherche du plaisir est peutêtrejustement ce qui sépare l'usager dedrogues du toxicomane. La recherche dubon shoot, de la bonne came, du bon plan,a toujours été un objectif prioritaire pourles usagers, un objectif de bien-être, dejouissance contrôlée, à l'exclusion desdopes frelatées, coupées auxbarbituriques qui assomment deuxheures avant de vous livrer sans transitionau manque.La réduction des risques est partieintégrante de la vie des personnes dites"toxicomanes", mais le risque majeurjusqu'ici s'appelle police. A l'intérieurd'une hiérarchie précise des priorités, lesouci d'anonymat et de discrétion estlargement privilégié.C'est parce que la consommation desdrogues est d'abord une quête du plaisirpour la très grande majorité des usagersque l'on peut tabler sur leur souci duconfort pour adopter des comportementsde réduction de risques. Dans cet ordred'idées, nous savons depuis longtemps àASUD que le meilleur argument du shootpropre est le "flash" de meilleure qualité.Idem pour la méthadone ou les sulfates demorphine, "substitutions" préférées desusagers pour la qualité de la "montée"qu'elles procurent.


Hélas, cette argumentation demeure des risques nous livre les prémisses. Entaboue, notamment en France, où la octroyant aux usagers de drogues lebuprénorphine, molécule garantie "sans statut de victimes innocentes, la lutteplaisir", demeure la référence du milieu contre le sida a franchi une premièremédical.étape. En proclamant le droit au plaisirdes drogues comme outil de réductionL'être humain est caractérisé des risques, nos sociétés franchiraient unprofondément par sa capacité à maîtriser pas qualitatif dans la reconnaissance dedes pulsions élémentaires telles la colère, la dignité humaine, partout où elle estle désir, la faim, la soif, et les transformeren source de plaisir comme l'amour, labafouée. Comme dit l'autre, "on n'est pasdes bêtes", les coups sur la truffe ne nousgastronomie, le sport ou l'étude. Cette dissuadent pas de faire ce dont on acapacité touche également au sacré, à la envie, par contre l'information, la culturemorale qui ont toujours servi de rampe à la et la confiance d'autrui ont toujours aidé àquête du plaisir comme à la trop grande l'émergence de l'homme civilisé,souffrance.entendez celui qui ne boude pas sesNous avons besoin d'une nouvelle moraleen matière de drogues, dont la réductionplaisirs....Programme de la journéeColloque: " Santé communautaire "le mardi 6 octobre 1998au Centre Culturel d'Auderghem, boulevard du Souverain 183, 1160 Bruxelles09hOO09 h 3009h4010 h 0010 h 30IlhOOIl h 15Ilh4512h1512 h 4514 h 0016 h 00AccueilPrésentation de la journéeDocteur J. MorelAllocution de Madame Laurette Onkelinx et de Monsieur Eric Tomas"La participation dans le contexte des quartiers en crise"Monsieur Claude Jacquier, Chargé de recherche au CNRS, Grenoble"Les acteurs du développement et la promotion de la santé"Docteur Philippe Macquet, Médecin-inspecteur de santé publique, DRASS, Nord Pas deCalaisPause-café"Le travail intersectoriel des profesionnels de la santé: des déjà riches qui mendient oudes partenaires sincères ? IlMichel O'Neill, Professeur à l'Université de Laval, Québec"La question du singulier à travers une trajectoire sociale et culturelle"Docteur Charles Burquel, Directeur de l'association "Le Méridien"Questions-réponsesRepasTables rondes :I. le diagnostic communautaire2. les différentes formes de participation, de l'engagement de la populationPause-café16 h 15 Exposé final et conclusions de la journéeMadame Bantuelle ou Madame BeauduinOrganisation:Encadrement:a.s.b.l. "Question Santé"a.s.b.l. "Santé, communauté, participation"Pour tout renseignement, contacter "Question Santé", rue du Viaduc 72,1050Bruxelles, Tél. : 02/512.41.74, Fax: 02/512.54.36Les Cahiers de Prospective Jeunesse- Vol. 3 .n° 3 .3 trim. 9813

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