le Verzine Solitaire - Cerbere.org

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CréditsRédactionAmatsuOnt collaboré à ce numéroLyagor, Xaer Khan, Grifter, EnképhalineConception graphique et artistiqueAmatsuIllustrationsGrifter, Ogurki, AmatsuUnivers et concepts originauxJulien BlondelContributionsVerzine0@gmail.comCommunautéslimitrophesVermine, le site officielhttp://www.vermine.frLe Forumhttp://communautesvermine.forumactif.comVerzine, on en parle icihttp://www.legrog.orghttp://site.di6dent.frhttp://www.scriiipt.comhttp://www.jeu-de-role-magazine.frhttp://www.sden.orghttp://www.scifi-universe.comhttp://leroliste.over-blog.comhttp://arcantia.nethttp://blog.gideaire.comhttp://jdrvirtuel.azureforum.com


EDITOUn nouveau numéro. Sans aucun doute une suite qui n'était pas vraimentattendue. Mais par qui exactement ? Eh bien à la fois vous et nous. Vousparce que dans un sens, personne ne vous a parlé d'une suite (hormis si vousavez parcouru le n°0 jusqu'au bout) et que de toute façon on n'imaginemême pas faire de la promo. Et nous aussi parce que tels des survivants deVermine, les rédacteurs vont et viennent, reviennent et repartent...Bien évidemment, je suis très très heureux d'avoir bouclé ce beau numéro 1(je rappelle que le précédent était le 0). C'est à mes yeux la preuve qu'il esttout à fait possible de continuer l'aventure Vermine et donc de garder unminimum le jeu vivant (chose qui au final a été difficile depuis sa premièreédition). Ce numéro a été également le moyen de mieux cerner ce qu'ilmanquait aux bouquins de base. Je ne vous apprends rien en disant qu'ilmanque toujours 2 suppléments consacrés aux 4 derniers Totems. Avec lesautres rédacteurs, on a décidé de s'en charger à notre échelle. C'est pourquoice n°1 de VerZine porte le doux nom de "Solitaire" car il se consacreentièrement à ce Totem. Alors oui, ça sous-entend qu'il y aura donc unnuméro sur la Ruche, le Batisseur et la Horde. Oui, ça le sous-entend. Après,rien n'est gagné d'avance. Je dis ça car rien que pour ce numéro, il a été trèsdifficile de le terminer et que c'est beaucoup d'investissement pour desbénévoles comme nous (à titre d'exemple : pas de scénario pour ce numéro).Ca n'empêche pas qu'on est fiers et contents.BREF, dans ce numéro, tout plein de trucs de solitaires !Amatsu


Le Totem du Solitaire 1 0PersonnagesBarnabé 1 4 Marathon Man 1 6Oz 1 7 Le Pestiféré 1 8LieuxLa forêt d'ambre 20Le lac de l'homme mort 22Créatures & VerminesLe ver blême 24Le fourmilion 26SynopsisL'Autel du Solitaire 27Evénements 28Echos & Rumeurs 5NouvellesPour l'Or du Bupreste 6Joshua 31Imitation 35RELIQUATSJeremiah 34Monsters 34Edito 3


Pour tout l'or du BupresteLorsque j’entendis parler de la vallée des douze tribus pour lapremière fois, nous venions de venir en aide à une bande demercenaires pris dans les toiles d’une colonie d’araignéessociales. Nos gaz spéciaux avaient eu tôt fait de dissoudre lessoies gluantes, évitant aux plus chanceux d’entre eux une mortdouloureuse (1 ). En plus des exigences matérielles que notreassistance leur coûta, un des survivants m’offrit une petite boîteen bois blanc ornée de symboles en guise de reconnaissance.L’individu m’affirma que la relique qu’elle contenait me seraitd’un grand secours si jamais je m’aventurais dans la vallée desdouze tribus. En l’ouvrant, je fus surpris de n’y découvrir qu’uninsecte desséché, de taille modeste et de couleur dorée. L’un desentomologistes de notre groupe à qui je le confiai pour examenm’affirma qu’il s’agissait d’un bupreste (2). Il ajouta qu’endehors de sa couleur particulièrement brillante, ce spécimenn’avait rien d’exceptionnel. Mettant les paroles du survivant surle compte de la superstition, je rangeai la boîte dans mon sac àdos et l’oubliait aussitôt.Ce n’est que quelques années plus tard que la boîte et soncontenu refirent surface. Notre situation était alors critique : l’unde nos chimistes s’était trompé lors d’une manipulation alors quenous avancions en territoire inconnu, et l’explosion engendréepar le raté avait suffi à souffler trois de nos véhicules et faire unedouzaine de victimes parmi les nôtres. Au volant de l’uniquevéhicule rescapé, je réussis à rejoindre une petite communauté desurvivalistes, mais ses habitants me refusèrent leur aide. Fouillantdans mes possessions à la recherche de matériel qui pourrait lesintéresser, je tombai sur la petite boîte oubliée depuis longtempsdans un repli de mon sac. Désespéré, je tendis la boîte auxsurvivalistes. Une expression de surprise mêlée d’aviditéteinta immédiatement leurs visages et quelques minutes plus tard,délesté de mon « trésor », j’étais en possessions de vivres, d’eau,de médicaments, et d’assez d’essence pour traverser une partie del’Europe. Je l’ignorais encore mais nous venions de pénétrer dansla vallée des douze tribus, et le système de valeurs auquel j’étaishabitué venait de brutalement disparaître.Forcés à nous établir dans la région afin de panser nos blessureset récupérer un peu du matériel perdu, nous eûmes tout le loisirde nous renseigner sur les forces en présence dans la vallée et lesus et coutumes des autochtones. La région était divisée en douzeterritoires, chacun appartenant à une communauté plus ou moinsdéveloppée. Ces communautés, les « douze tribus », n’avaientque très peu en commun en terme d’organisation, de croyances etd’aspirations (3). Les adaptés extrémistes y côtoyaienthumanistes invétérés et survivalistes retors dans une périlleuseproximité. Les tribus évitaient cependant les conflits directs grâceà l’adoption d’un système économique original, basé sur lapossession de spécimens d’un insecte particulier : le buprestedoré. Les spécimens de cet insecte servaient de base pour lestrocs de grande ampleur, et le nombre de buprestes doréspossédés par chaque tribu était un facteur déterminant dans lecalcul des limites de son territoire. L’équilibre apparemmentprécaire d’un tel système venait de l’extraordinaire difficultépour se procurer l’insecte en question. Son existence n’étaitconnue que sur une petite île de la région, île se trouvant au cœurd’une zone marécageuse perpétuellement noyée dans les brumes.Cette zone était apparemment tellement hostile que lesexpéditions les mieux armées ne pouvaient s’y aventurer sanssubir de lourdes pertes. Seules les tribus ambitieuses osaienttenter le coup, et ressortaient généralement trop affaiblies du


procédé pour concrétiser leurs volontés d’expansion. C’est ce quimaintenait la région dans un équilibre des forces relativementstable.Bien qu’affaiblis, nous n’étions pas passés inaperçus lors de notrearrivée, et quelques-unes des tribus, ayant eu vent de notreréputation, vinrent nous trouver pour nous proposer leur aide (4)à condition, bien sûr, que nous montions une expédition pourpartir à la recherche de buprestes dorés sur l’île maudite. Nousn’avions malheureusement guère le choix si nous voulionsreconstituer nos forces et reprendre la route le plus rapidementpossible. Quelques jours tard, après avoir rassemblé le reste denos hommes vaillants et du matériel encore intact, nous étions enroute pour l’île.Les habitants de la région ne plaisantaient pas au sujet desbrumes persistantes : toute la zone des marécages, recouverted’un fin nuage crémeux, se devinait plus qu’elle ne s’esquissait.Notre météorologiste nous indiqua que la teneur en oxygène deslieux était plus élevée que la normale, ainsi que la température del’eau, trop tiède pour le climat de la région. Il mit ces deuxanomalies sur la présence probable de sources d’eau chaude dansles environs. D’après notre entomologiste, l’addition de cesfacteurs : milieu aquatique, haute teneur en oxygène ettempérature tropicale formaient des conditions idéales pourl’apparition de cas de gigantisme parmi les insectes (5). Aprèsune brève discussion, nous nous décidâmes à rebrousser chemin,insuffisamment préparés pour affronter les périls du voyage. Descoups de fusil accueillirent notre tentative de demi-tour.Apparemment, nos employeurs n’étaient pas décidés à nous voirabandonner la partie. Nous n’avions pas le choix : il nous fallaitcontinuer.La traversée des marécages fut une catastrophe. Malgré nosefforts, l’emploi de leurres sonores et olfactifs et la constructionde pirogues improvisées, notre petite troupe fut décimée avantd’atteindre la terre ferme. Impossible de savoir ce qui frappa noscompagnons, tant la brume et l’eau boueuse réduisaient lavisibilité. Ma cervelle est encore encombrée d’imagesd’éclaboussures gigantesques, de formes noirâtres et bossuesdéchirant l’onde et des cris de terreur accompagnant la brèveagonie de ceux qui y passèrent (6). Nous ne fûmes que trois àréchapper au carnage : un de nos pisteurs, l’entomologiste et moimême.L’île en elle-même n’était guère plus accueillante que les maraisl’encerclant, mais au moins nous ne craignions plus la mort àchaque pas. Grâce aux talents de l’entomologiste, trouver lebupreste doré fut plus facile que prévu ; il nous suffit de repérerles arbres les plus susceptibles d’être infestés et d’en faire sauterl’écorce au couteau pour trouver les larves. Au bout d’unejournée d’efforts, nous avions trouvé plus d’une centaine delarves, plus quelques adultes. Ne restait plus que le problème duretour.Nous décidâmes d’établir un camp provisoire sur l’île, dans uncontrefort rocheux précairement protégé d’éventuels prédateurs.Je savais que seuls mes talents pouvaient nous offrir une infimechance de nous sortir des marécages sains et saufs. J’exploraidonc l’île méticuleusement à la recherche de composantes quipourraient m’aider à préparer mes concoctions. La chance mesourit au matin du troisième jour, quand je tombai sur un bosquet


de plantes de la famille de l’euphorbe dont je savais commenttirer un poison alcaloïde violent apparenté au curare. Il me fallut1 semaine pour extraire assez de poison à l’aide d’un matérielimprovisé pour nous permettre d’envisager le retour (7). Unesemaine pendant laquelle mes deux derniers compagnonssuccombèrent, l’un à ses blessures et aux charognards qu’ellesavaient attirés, l’autre à...Je l’ignore, mais les empreintes fraîchesmenant vers le marais que je découvris sur les lieux de sadisparition me suffirent. Une semaine pendant laquelle la plupartdes larves que nous avions collectées périrent également ; maisd’autres se métamorphosèrent en adultes, faisant de moi l’hommele plus riche de la région...et probablement du monde, selon lescritères dégénérés des douze tribus.Lestés de deux bidons percés pour déverser à débit régulier lepoison dans l’eau tout au long de la traversée, j’entamai sur mapirogue le périlleux trajet du retour. Maintes fois je sentis la mortme frôler durant l’interminable voyage, croyant deviner desmâchoires chitineuses démesurées au travers la brume…Heureusement, le poison eut l’effet escompté et tint à distance lesprédateurs. Les heures les plus lentes de ma vie s’écoulèrentavant que je n’émerge enfin du brouillard, brisé nerveusement età bout de forces. Des mains me saisirent ; plusieurs tribus étaientvenues à ma rencontre et entreprenaient de me fouiller comme unvulgaire porte-monnaie. J’utilisai ma dernière amorce pour lesfaire reculer puis, parvenant à trouver assez d’énergie pour garderun semblant de posture ; leur réclamais mon dû. De mauvaisegrâce, on me remit le matériel promis. J’ouvris alors mon sacdevant les membres des tribus présentes, déversant sur le sol desdizaines d’insectes aux reflets dorés. Comme des chiens avides,ils se ruèrent à la curée, se piétinant les uns lesautres pour accéder au précieux sésame. Je m’éloignai, écœurépar cette absurde dépendance qui avait coûté la vie à mescompagnons d’infortune.Avec le matériel acquis et l’aide de quelques gamins désireux dequitter la vallée avec nous, nous eûmes assez vite fait de bouclerles préparatifs de départ, et bientôt nous nous mîmes en route.Les blessés, que nous avions laissés derrière nous avant de partirpour l’île, récupéraient silencieusement de leurs blessures dansles véhicules cahotés, taisant leurs souffrances et portant le deuilde nos compagnons. Après un tel désastre, mes pensées allaientvers l’ampleur de la tâche qui nous attendait afin de retrouver laprospérité et la renommée qui étaient nôtres. Il faudrait engagerdes hommes supplémentaires, récolter le matériel nécessaire,trouver des équivalents aux compétences perdues, éduquer,construire…Nous eûmes tôt fait de sortir des limites de la vallée des douzetribus. Jetant un bref coup d’œil en arrière, je repensai àl’expédition, à ma sortie des marécages. Aux buprestes quej’avais enduits de ce qui me restait de poison avant de les tendre àmes employeurs. Ils m’avaient envoyé chercher un trésor, jel’avais trouvé.Que cet or leur brûle désormais les doigts.


NotesGénéral : Utilisé comme scenario, « pour tout l’or du bupreste »s’oriente avant tout vers l’exploration/action. La vallée constitueun « monde perdu » répondant à ses règles propres dans lequelles personnages ont pu s’aventurer par hasard ou sur le chemind’un autre de leurs objectifs. Dénouer les fils des intrigues desluttes de pouvoir entre tribus peut également s’avérer l’enjeupour un scénario plus long et complexe.triage et cultivent des rêves humanistes, les « bouilleurs »,producteurs de fruits et légumes sous serre organisés de façonspartiate, et le « Jama’ah », un groupe armé venu d’Afrique dunord établi dans la région depuis quinze ans.(1 ) Le narrateur appartient au “groupe bromure”, une petitetroupe de survivalistes nomades spécialisés dans l’éradication dela vermine. Débrouillards et inventifs, ils ont mis au pointquelques méthodes de lutte novatrices adaptées à la vermineactuelle, et tirent leur nom d’une de leurs créations, un liquide àbase de bromure ralentissant l’action des venins à actionneurotoxique. Fort d’une vingtaine de membres, le groupeitinérant loue ses services aux communautés survivalistes ethumanistes.(2) Un coléoptère phytophage de forme allongée (1 -2 cm) dontles larves se développent dans le bois des arbres. Inoffensif pourl’homme, moins pour les forêts et habitations.(3) Les communautés formant les 1 2 tribus comportent de 20 à80 membres et sont farouchement territoriales. Certainescommercent, d’autres vivent dans l’isolement. La vallée ellemêmeétant difficile d’accès, la région vit dans une certaineautarcie, et on voit l’arrivée d’étrangers avec méfiance. Citonsparmi les tribus : les « trempe-goudron », responsables del’entretien des voies et sentiers dans la vallée, les « cloportes »qui vivent sous l’égide d’un chaman vénérant le crustacé dumême nom, les « Lazarres » qui ont investi une ancienne gare de


Le Solitaire« La solitude est relative. Tant que les enfants deGaïa parcourront cette terre, je ne serai jamaisseul. Tant que l’homme refusera de comprendre lavoie, je le serai toujours. » -ChaemanLoin des nuées dévastatrices de la horde,des constructions orgueilleuses dubâtisseur ou des structures ambitieuses dela ruche, le solitaire ne s’embarrasse guèred’effets spectaculaires et se présentecomme le plus discret des totemsprimordiaux. Incarnant la survie dans sonsens le plus brut et le plus entier, lessuivants du solitaire ont élevé au rang d’artde vivre les valeurs d’adaptation,d’indépendance et d’abnégation. Privésd’une structure sociale par choix ou parcontrainte, ils ne peuvent compter que sureux-mêmes pour survivre à l’hostilité dumonde de 2037. Là où les communautéss’organisent pour survivre aux assauts dela vermine ou s’entraident pour se nourrir,les solitaires doivent affronter ces dangersseuls. S’approvisionner seuls. Voyagerseuls. Rien d’étonnant que la plupartd’entre eux aient opté pour une furtivitémaximale afin d’augmenter leurs chancesde survie. Pour vivre heureux, vivonscachés, disait-on au 20ième siècle. Poursurvivre, restons cachés, disent à présentles solitaires.Dans la nature, les solitaires forment lamajorité silencieuse des espèces animales,omniprésents mais souvent inaperçus àtous les niveaux trophiques. Pour uneespèce de criquet pèlerin aux nuagesdévastateurs, combien d’insectesherbivores aux mœurs moinsspectaculaires ? Les féroces meutes deloup alimentent les craintes et lesconversations mais qui parle des lynx,genettes et autres prédateurs habitant lesforêts sauvages ? Les solitaires sontprésents partout, et leurs moeursprotéiformes peuvent très bien s’associer àd’autres totems : le prédateur bien sûr,mais également le parasite, le charognard,voire le bâtisseur. Cette diversité de modesde vie offre autant de modèles à imiterpour les humains ayant choisi cette voie,en particulier les adaptés.Au sein des communautés humaines, lesolitaire jouit généralement d’unedétestable réputation ; la solitude étant lesort réservé aux parias, aux fous et auxanormaux, nombreux sont ceux quiassocient automatiquement le mode de viesolitaire avec l’une de ses trois catégories.Il existe néanmoins des exceptions, commeces marchands ou spécialistes en unecompétence rare se déplaçant seuls et étantaccueillis à bras ouverts par lescommunautés qu’ils visitent. Ceux-làforment un trait d’union entre le solitaire etle symbiote, partageant leurs services sanssacrifier à leur indépendance.Omniprésent mais méconnu, vulnérablemais craint, voilà tout le paradoxe dusolitaire. Sous l’éclectisme de sa bannièrese retrouvent les pires rebuts del’humanité, monstruosités repoussantes etsociopathes dangereux, mais également sespersonnalités les plus marquantes, savantsde génie, héros de guerre et chamanslégendaires.


Solitaire par choixCertains humains choisissent la voie du solitaire délibérément etrefusent les facilités offertes par la vie en communauté. Parmieux, citons :L’illuminéSon désir de solitude lui vient de l’incompréhension dont faitpreuve le reste de l’humanité à son égard : nul ne comprend songénie, ne partage ses idées, ne veut suivre sa voie ? Qu’à cela netienne ! A l’abri dans sa tour d’ivoire ou errant dans la nature,l’illuminé peut en toute liberté se consacrer à ses projets et vivreselon ses convictions. Certains illuminés éprouvent unressentiment envers leurs semblables, coupables selon eux de lesavoir rejetés ou de ne pas penser comme eux. D’autres sontanimés par de nobles sentiments et sont convaincus que leursactions peuvent être bénéfiques pour leurs semblables. D’autresenfin ne s’encombrent guère de sentiments et traitent le reste del’humanité avec la défiance que d’autres accordent à la vermine.L’illuminé possède mille variantes: savant fou travaillant dansson ancien laboratoire devenu bunker, justicier solitairedéterminé à éliminer le « mal » sur son passage, prêcheuritinérant tentant de partager sa foi avec le reste du monde,adolescent pensant être un élu et s’isolant volontairement ducommun des mortels…Le sociopatheLa solitude comme rejet d’un système qui ne correspond pas àleur nature, telle est la voie des « socialement inadaptés ».L’ermite par exemple préfère ne compter que sur lui-même et fuitles interactions avec ses semblables. Incompatibilité morale,phobie des contacts humains, traumatisme issu dupassé…Nombreuses sont les raisons pouvant pousser l’homme àrenier sa nature grégaire. Et si la confiance mutuelle est le cimentdu succès de la vie en communauté, la méfiance instinctiveinhérente à la survie dans un monde dévasté pousse souvent àrester sur la voie du solitaire.Le pénitentL’isolement comme mise à l’épreuve : Pour expier une fautegrave, trouver la paix intérieure ou simplement prouver sa valeur,certains renoncent volontairement à la sécurité de la communautépour se confronter aux rigueurs de la vie sauvage. L’apprentiaventurier cherchant à s’aguerrir, le jeune guerrier passant le rited’initiation de sa tribu et l’homme tourmenté par des crimespassés en quête de rédemption sont de bons exemples de cessolitaires particuliers.L’éveillé / le mimétiqueVie solitaire et isolement sont souvent vus comme des conditionsnécessaires pour les adaptés cherchant à renforcer leurs lien avecGaïa. La quête de la spiritualité est dans la majorité des cas uneexpérience individuelle pour les apprentis chamans, même ausein de communautés adaptées tribales : si les drogues etsubstances hallucinogènes peuvent accélérer le processus, elle nepeuvent totalement remplacer la méditation et une vie au plusproche de la nature sur le chemin de l’éveil. Les mimétiques,quant à eux, sont des adaptés qui cherchant à se rapprocher deleur créature modèle en s’imposant de vivre dans leur milieu ens’inspirant de leur comportement. Exemple classique, toutes lesgrandes cités ont une histoire d’hommes-rats à raconter. Mais lesprédateurs nocturnes et silencieux inspirés de la chouette et les


experts en camouflage émulant le caméléon peuplent égalementles campagnes de 2037.Solitaire par contrainteL’isolement n’est pas toujours un choix. Rejetés de tous ou isoléspar la force des choses, bien des solitaires aspirent ou ont aspiré àl’apparente facilité de la vie en communauté. Pitoyables etcraintifs, envieux ou remplis de haine, interagir avec eux relèvede la boîte de Pandore tant leurs réactions peuvent êtreimprévisibles. A la croisée des chemins de solitaires forcés et degroupes d’aventuriers peuvent naître des relationspassionnantes… ou des drames des plus sombres.Le pariaSolitaire parce qu’indésirables : voilà le sort de ceux qu’on exclutimpitoyablement de leur communauté d’origine -ou de toutescelles qu’ils croisent. Les raisons peuvent être multiples, souventinjustes et pas toujours rationnelles: déficience mentale ouphysique, difformité ou mutation physique, tache de naissance,appartenance à une famille détestée ou maudite…Que ce soit parpeur, superstition ou étroitesse d’esprit, le rejet de la différenceest toujours omniprésent en 2037, la paranoïa vis-à-vis de lavermine ne faisant qu’empirer les choses. Et les exclus que l’onignore simplement s’en tirent à bon compte : d’autres sontagressivement chassés, traqués, ou simplement éliminés à lapremière occasion. Il ne fait pas bon, par exemple, de naître avecun attribut rappelant vaguement la vermine dans unecommunauté survivaliste ou humaniste…Le banniUn peu mieux loti que le paria, le banni a commis une fautegrave qui lui a valu l’exclusion permanente de sa communautéd’origine. Sa vie solitaire prendra fin le jour où il trouvera unecommunauté où s’intégrer. Plus facile à dire qu’à faire si lacommunauté d’origine était connue dans toute la région, si lebanni a été marqué au fer rouge avant son exil, ou si lacommunauté d’origine était par ses mœurs trop éloigné desstandards humains pour espérer le voir en intégrer une autre.Le survivantOn a tendance à l’oublier mais, dans un monde où les dangersmortels abondent, la solitude s’impose souvent d’elle-même.Survivant d’une catastrophe naturelle, rescapé d’une épidémie,miraculé ayant réchappé au massacre de sa communauté, enfantséparé de sa tribu à cause d’une colonne de fourmis enguerre…Les drames pouvant pousser à l’isolement sontinnombrables. Pour le meneur, les survivants sont une source dePNJs très intéressante : portant souvent les stigmates physiquesou mentaux des événements qu’ils ont subis, leur apparition faceaux personnages peut servir d’élément générateur de tension et dedilemmes moraux (faire confiance au survivant? Lenourrir/soigner ? L’abandonner à son triste sort ?) ainsi que demoteur de péripéties variées (comprendre ce qui s’est passé,tenter de trouver d’autres rescapés…).


Le solitaire comme moteur de scénarioEn plus de l’exploitation des solitaires « survivants », excellentesbases de scénarios d’enquête et facilement intégrables dans unecampagne, il existe plusieurs façons d’introduire le totem dusolitaire dans vos parties de Vermine. Premièrement, le solitaireétant le matériau dont on fait les personnages de légende et lesmonstres mythiques, il se prête très bien à des missions de genrerecherche ou traque : recherche d’un médecin adapté ayant percéles secrets de la guérison des plaies par application de vers,traque d’un scarabée aquatique de taille 3 hantant les eaux d’unlac, pistage d’un fou dangereux vénérant le scorpion terrorisantles communautés d’une région…A long terme, la recherche d’unêtre de légende comme Chaeman ou Nora l’arachnéenne peut trèsbien constituer l’objectif final d’une campagne.Hautement élusifs, les solitaires sont souvent entourés de mystère: jouer de rumeurs et de fausses pistes les concernant plutôt quede les mettre en scène directement est un moyen efficaced’alimenter la tension et l’intérêt des personnages. Souventexcentriques ou imprévisibles dans leurs réactions car coupésdepuis trop longtemps des autres êtres humains, les solitairessurvivalistes ou adaptés valent la peine d’efforts de mise en scèneparticuliers lors de leurs interactions avec les personnages.Le solitaire comme allié temporaire est également un moteur descénario envisageable : chargés d’escorter un vieil ermiteirascible détenteur d’informations vitales, forcés à cohabiter avecun mimétique du cafard à cause d’une inondation ayanttransformé les parages en île, les personnages peuvent seretrouver contraints à faire cause commune avec le solitaire pourune durée temporaire. Ambiance tendue, conflits depersonnalités et divergences morales à prévoir.Enfin, les solitaires « du quotidien » incluent toutes sortes demarchands itinérants, souvent détenteurs d’un savoir rare plutôtque de matériel précieux, de pisteurs louant leurs services, decartographes et d’aventuriers monnayant leurs informations.Ceux-là sont les plus sociables des solitaires et peuvent être unesource de matériel, d’informations, d’aide…et bien entendu detrahisons potentielles.


Quelques personnalitésBarnabé«Il crache des flammes, mange des hommes et boit leur sang : un démonaraignée !» -Dard Voix d’or, chef de la tribu des DardsLa vermine est mal vue, c’est un fait. Mais lorsqu’on connaîtBarnabé, on sait citer quelque chose d’encore pire. Autant il estparfois rassurant de rencontrer un visage humain au milieu d’unecité grouillante ; autant on aurait préféré un insecte gigantesqueplutôt que Barnabé.Ce vieil homme d’une cinquantaine d’années maintenant est lepire des ermites qu’on puisse croiser. Ceci dit pour le croiser, ilfaudrait presque le vouloir. Il vit reculé dans une vieille hutteressemblant plus à un bidonville qu’à un campement. Elle est trèsreconnaissable car il y a un grand M jaune d’une enseigne derestauration fixée dessus ; sans doute une preuve que Barnabéaimait les choses grasses durant son enfance. Toujours est-il qu’iln’y en a pas deux comme celle-là. Cependant, l’apercevoir estune chose et s’en approcher est une autre aventure : ce fou a eu labonne idée de disséminer des dizaines de pièges autour de sapropriété. Pièges à ours, boîtes à fauve, mort aux rats,insecticides, leviers, etc… une vraie forteresse.La plupart des bêtes qu’il capture, il les mange. Que ce soit degros insectes ou simplement de petits gibiers, il mange tout. Unvrai glouton. Son embonpoint s’est rapidement transformé endébut d’obésité : un comble pour une époque où la nourrituremanque.La plupart des gens qui ont eu la malchance de le croiser l’ontsurnommé le Boucher parce qu’il porte toujours un tablier tâchéde sang. Personne ne sait exactement ce qu’il manigance dans sacabane et personne ne veut vraiment savoir. La rumeur dit qu’ilaurait réussi à capturer une femme et qu’il l’aurait mise encloque… Pour mieux la manger. Une communauté tribale (lesDards) le considère même comme un démon qui tisse sa toile depièges et capture ses proies sans défense comme une araignée.Barnabé est en vérité un simplet. Il n’est pas très malin lorsqu’ils’agît de communiquer mais il s’avère un excellent trappiste. Quiplus est, il a emmagasiné un arsenal plus qu’impressionnant dansun trou sous sa cabane : des Mauser, des fusils de chasse, descarabines, des cartouches et surtout… des tonnes de jouets. Il aréussi aussi à se procurer du matériel pour fabriquer un lanceflammesartisanal mais la dernière fois qu’il l’a utilisé, il s’estbrûlé les cheveux.Barnabé a gardé son âme d’enfant car personne n’a voulus’occuper de lui auparavant. Et aujourd’hui tout le monde a peurde ce qu’il paraît être. La femme qu’un de ces pièges avaitcapturée est morte d’une infection liée à la plaie et non pas parl’appétit féroce de Barnabé. Il l’enterra derrière sa maison.Barnabé a cependant un rêve : celui de manger un hamburger etde trouver plein de jouets à l’effigie d’un clown jaune et rouge.


Répuration : 25 (rumeur locale)Caractéristiques :Physique: Force 3D, Rapidité 2D, Santé 4DManuel : Agilité 2D, Précision 5D, Réflexes 2DMental : Connaissance 1 D, Perception 2D, Volonté 2DSocial : Empathie 3D, Persuasion 1 D, Psychologie 2DSeuils de blessures : 5/7/9Spécialités : TRAPPE expert. FUSIL débutant. LANCE-FLAMMES débutant.Matériel : tout un tas de fourrures qu'il a accumulé suite à sesnombreuses prises de gibiers. 1 dizaine de pièges artisanaux etmécaniques. 1 bonne réserve de nourriture (viande & insectesséchés). 1 tablier usé et tâché de sang. 1 lance-flammes bricolé àn'en plus finir (2D/1 B - IF 3). 3 jerricanes d'essence de 20Lchacun. 1 fusil Mauser en bon état (4D/1 B) avec 22 balles (7.62).Tout un tas de pièces détachées d'armes à feu. 1 caisson debabioles de l'ancien temps.Utilisation scénaristique :Idéal en rencontre aléatoire, Barnabé peut être utilisé commeélément de curiosité pour les Joueurs. De qui s'agit-il réellement? A-t-il vraiment poussé son côté omnivore à son paroxysme ? Ilpeut être utilisé en parallèle de la communauté Dard (voirVerZine n°0) qui le considère comme une entité maléfiquecrainte. Il est possible d'utiliser Barnabé comme d'un survivalistedominé par la faim ou comme d'un sociopathe timide etchaleureux.


Marathon Man«Il court sans cesse. Ne t'amuse jamais à le suivre sans savoir où tu vas !»-Jansen à son filsIl était un homme qui vivait dans une ville en proie aux conflitsarmés entre communautés : médecin de formation etprofondément humaniste, il aidait de son mieux les blessés detout bord. Par la force des choses, il se trouva en charge de troisenfants perdus au cœur d’un conflit qui les dépassait. Craignantpour leur sécurité, il les enfermait le jour dans un sous-sol dontlui seul connaissait l’entrée et les rejoignait une fois son travailterminé avec la nourriture qu’il avait pu se procurer.Malheureusement, un soir il ne revint pas…Touché à la tête parune balle perdue, il passa trois semaines dans le coma, et s’ensortit miraculeusement grâce aux soins d’une infirmière dévouée.Quand il revint à lui, ses pensées allèrent immédiatement vers lesenfants enfermés dans le sous-sol, sans eau ni vivres. Arrivédevant la trappe, écrasé par le silence de mort du lieu et le poidsde la culpabilité, il n’osa l’ouvrir. Terrifié à l’idée d’affronter lespectacle qui l’attendait à l’intérieur, il tourna les talons. Ets’enfuit.Sa fuite se poursuit aujourd’hui ; on le connait sous le surnom demarathon man car il passe ses journées à courir, engagé dans uneperpétuelle fuite en avant. Sa raison a vacillé suite au choc de laperte des enfants ; rongé par le double remords d’être leresponsable de leur infortune et d’avoir été trop lâche pour lesexhumer et leur offrir une sépulture décente. Il vit avec l'objectifde mettre le plus de distance entre lui et les lieux du drame. Et ilcourt depuis des années…Réputation: 28 (fou errant)Caractéristiques :Physique : Force 2D Rapidité 4D Santé 4DManuel : Agilité 2D Précision 1 D Réflexes 2DMental : Connaissance 3D Perception 2D Volonté 3DSocial : Empathie 2D Persuasion 1 D Psychologie 2DSeuils de blessure : 6/8/1 0Spécialités : ENDURANCE expert. MEDECINE/PREMIERSSOINS confirmé. SURVIE débutant. SENS DEL'ORIENTATION débutant.Matériel : lunettes, paire de baskets Adidas usées (valeur : 5),rations composées de baies, noix, et un peu de viande séchée,couteau.Utilisation scénaristique :Si les personnages le rencontrent, ilstrouveront un homme hagard,craintif, pas méchant maisvisiblement troublé. Toujoursmédecin humaniste dans l’âme, ilpeut proposer ses services si legroupe comporte des blessés. Il adéveloppé une phobie des enfants,qu’il n’ose regarder en face. Si onse montre affable avec lui, ilacceptera peut-être de passer un oudeux jours avec le groupe. Mais leremords finira toujours par prendrele dessus, et il repartira sans motdire dans sa course sans fin, subir sapénitence.


Oz«Bonjour vous, je m’appelle Espoir et voici Oz. C’est mon meilleur ami… »-EspoirLoin de tout et surtout loin des hommes, Oz veut qu’on le laissetranquille. Il ne désire plus voir ses semblables depuis qu’il a ététrahi maintes fois dans le passé. La seule once de gaieté qui peutencore l’animer réside dans son pantin désarticulé qu’il porteconstamment sur son dos. Oz arrive même à discuter avec cepantin qu’il a nommé Espoir . En fait, Oz prête sa voix à lapoupée et l’anime avec son bras qu’il glisse sous le dos du pantin.Ainsi lorsqu’il croise des voyageurs ou des nomades, Ozdramatise son entrée en laissant la parole à Espoir, d’une voixaigue et chaleureuse ainsi qu’un soupçon de naïveté. Oz arrive sibien à jouer la comédie que les voyageurs ont souvent un douteénorme sur l’authenticité de la marionnette.Et c’est souvent là que les problèmes arrivent. Oz fuit lacivilisation quelle qu’elle soit car elle a tendance à vouloirs’accaparer sa raison d’être : Espoir. Plusieurs fois il a étécontraint de tuer pour récupérer sa poupée de bois que les gensconsidéraient souvent comme un Totem réincarné. Bien que Ozjoue lele d’Espoir, il a grandi avec l’objet et la solitude l’a peuà peu conditionné à déverser toute son énergie à animer Espoir.Oz se considérait même comme l’instrument permettant à sonpantin d’exister. Un dédoublement de personnalité s’ensuivit etOz projeta toute sa passion et son amour dans la marionnette.Ainsi lorsqu’Espoir parle, c’est l’aspect bienfaiteur de Oz qui semanifeste. Du coup, Oz ne s’exprimait presque plus que par lebiais de Espoir, négligeant sa propre voix et donc sa proprepersonnalité. A l’inverse, lorsqu’il a fallu récupérer Espoir entreles mains de personnes malintentionnées, Oz devenait commepossédé. La folie le submergeait et il n’était pas rare que sa rageaille jusqu’à détruire tous ceux qui avaient osé toucher à Espoir.Oz a grandi seul au milieu des décombres d’un ancien théâtre. Lapoupée Espoir lui ouvrait les bras dans un recoin lorsqu’il n’avaitque 5 ans. Il considère cette poupée comme sa propre mère voirela chose la plus chère qu’il ait au monde. Dans les bras de cettepoupée sale, Oz a trouvé la volonté de trouver de la nourriture etde se cacher lorsque c’était nécessaire.La plupart des gens qui l’ont croisé le considère comme un fouou au mieux comme ce en quoi il se fait passer : un émissaire duTotem du Solitaire. Mais dans le dos de Oz, il n’est pas rared’entendre quelques rumeurs comme quoi cet homme serait unmangeur d’enfants…Répuration : 22 (grosse rumeur)Caractéristiques :Physique: Force 2D, Rapidité 2D, Santé 3DManuel : Agilité 3D, Précision 2D, Réflexes 1 DMental : Connaissance 2D, Perception 2D, Volonté 5DSocial : Empathie 2D, Persuasion 4D, Psychologie 4DSeuils de blessures : 5/7/9Spécialités : VENTRILOQUIE confirmé. ATTAQUESOURNOISE confirmé. DISCRETION confirmé. ARMESCONTONDANTES débutant.Matériel : 1 Lance modifiée (2D/1 B) :elle lui sert de canne lorsdes voyages ; comprenant une baïonnette, de la ficelle etplusieurs gris-gris. 1 Pantin "Espoir" : marionnette de 40 cm en


ois à l'effigie d'une petite fille avec un pantalon en haillons etune chevelure rousse. 1 flûte à bec.1 grosse caisse avec sanglecontenant des jouets et des vêtements d'enfants.Utilisation scénaristique :Oz peut être utilisé de plusieurs façons selon les besoinsscénaristiques. Il est possible de jouer avec le côté bénéfiquecomme le côté maléfique. Son dédoublement de personnalitépeut ainsi couvrir le mangeur d'enfantscomme le garçon naïf dont on a abusé. Entant que mangeur d'enfants, Oz joue de saflûte aux alentours des camps de fortunede voyageurs pour attirer les plus jeunes(et les animaux de compagnie). Il disposeson pantin au milieu d'une clairière pourcapter l'attention des imprudents puis sefaufile derrière eux... Il a pour fétichismede garder 1 vêtement de chaque victime.Il peut aussi jouer de sa ventriloquie aumilieu des foules pour avoir de quoimanger et à boire. Mais il reste trèsméfiant et ne se mêle aux autres que trèsrarement. Le croiser est souventsynonyme de malaise car il fait toujoursparler son pantin à sa place. Oz pourrademander de l'aide si jamais on lui a volésa poupée ; il est prêt à tout pourrécupérer son bien.Le pestiféré«Donne-moi tous tes crimes. . . » -Le PestiféréOn m’a raconté qu’avant de mal tourner il était chaman. Pas uncharlatan comme le vieux du moulin, un vrai, de ceux qui fontdes rituels. Un de ceux, aussi, qui vénèrent la vermine sous sesformes les plus répugnantes : rats, poux, moustiques, sangsues,bref tous les rebuts grouillants regroupés sous la bannière dunuisible. Il paraît que son obsession tournait autour de la maladie: ses formes, ses vecteurs, ses symptômes, ses effets…Et quepour mieux la comprendre, il voulut la vivre, s’inoculant germeset microbes comme d’autres s’envoient des drogueshallucinogènes, espérant que dans les affres qu’il s’infligeait setrouvait la voie que Gaïa avait tracée pour lui. Ses traitementsmasochistes ne le tuèrent point, mais lui rongèrent le corps et luiravagèrent l’esprit. Bientôt il disparut, et tous le crurent mort,finalement terrassé par les hôtes mortels auxquels il offrait soncorps.Dix ans plus tard ou peu s’en faut, il réapparut. Ou plutôt unerumeur réapparut. Celle d’un monstre porteur de toutes lesmaladies et capable de leur dicter sa volonté. Celle d’une ombremalfaisante semant le mal sur les communautés endormies à lanuit tombée. Celle enfin d’un homme cupide capable de fournirsur demande les germes les plus terrifiants. A cette époque,j’avais une affaire à régler et aurait pu bénéficier de ses services.Comment, laquelle ? Ca ne regarde que moi.Il me fallut des mois de traque pour le débusquer, et encore, cefut lui qui me trouva. Un soir que je sommeillais dans un abri defortune au cœur de la campagne, il m’apparut tel un


croquemitaine, blafard et émacié sous le regard d’une lunesombre. Si son être tout entier, efflanqué et bossu sous de miteuxhaillons, inspirait la pitié, son regard lui n’inspirait qu’une crainteirrationnelle. Il s’y mêlait au sadisme le plus cru une confianceterrifiante qui me fit instinctivement me sentir dans la peau de laproie face à son prédateur. Il me demanda ce que je voulais maisje ne le vis pas bouger les lèvres. Peut-être n’en avait-il pas ? Ilme demanda ce que je voulais et, quand je lui répondis, il sepassa lentement la main sur la poitrine. Il en arracha avec unrictus malsain une tique énorme et hideuse qu’il écrasa devantmoi, faisant jaillir un sang noir qu’il recueillit dans une fiole avecle cadavre de la bête. Il me tendit la fiole, et je m’en allais sansdemander mon reste.Non, il ne m’a rien demandé en échange. Etrange, pas vrai ?Peut-être savait-il le mal que j’allais faire avec son « cadeau » etque cela lui suffisait. Je n’ai plus jamais entendu parler de lui, etremercie chaque jour le ciel pour m’avoir écarté de son chemin.Tu vois petit, c’est là où je veux en venir : tu parles de quitter leclan, de te « forger tout seul » et d’explorer le monde, mais croismoila vie en solitaire n’a que deux issues possibles, la folie ou lamort. Le monde est trop dur pour les isolés, et les rares qui ysurvivent y laissent leur humanité. Le pestiféré est unexemple…Mais il y en a d’autres.Réputation : 1 8 (légende rurale)Caractéristiques :Physique: Force 1 D, Rapidité 2D, Santé 5DManuel : Agilité 2D, Précision 1 D, Réflexes 2DMental : Connaissance 4D, Perception 2D, Volonté 5DSocial : Empathie 2D, Persuasion 2D, Psychologie 2DSeuils de blessures : 7/9/1 0 (spécial : quasi immunité auxpathogènes et venins).Spécialités : PATHOLOGIE (maladies et leurs vecteurs) expert.RESISTANCE DOULEUR confirmé. INTIMIDATION débutant.DEPLACEMENT SILENCIEUX débutant. ENTOMOLOGIEdébutant.Matériel : Dague (1 D/1 B), sacoche renfermant des fiolesemprisonnant différents bacilles. Gourde d’eau croupie, quelquesrations séchées. Haillons crasseux, cape sombre, bâton demarche.Utilisation scénaristique :Le pestiféré peut intervenir de biens desfaçons dans le cadre d’une campagne :simple rumeur, rencontre impromptueau détour d’un voyage, objectif en tantqu’expert à consulter ou cible àéliminer…Il peut être un ennemiredoutable, dérangé et retors, aimant àtourmenter ses proies. Les paiementspour ses services sont totalementaléatoires : il peut ne pas demander decontrepartie ou avoir des exigencesignobles. Il est inutile d’essayer del’intégrer à une communauté ou de luifaire transmettre son savoir : un de sesrares plaisirs est de voir l’humanitésouffrir.


Quelques lieuxLa forêt d’ambreDans la communauté d’où je viens, on vit du bois. Pour larevente, pour nos baraques, pour la chasse, pour nospièges…Pour la sève aussi. C’est fou le nombre de gens quiignorent tout ce qu’on peut extraire de la sève des arbres quandon s’y connaît : nourriture, médicaments, poisons,hallucinogènes, un véritable arsenal chimique.Seulement voilà, parfois les arbres tombent malades, rongés parune bactérie qui les liquéfie de l’intérieur. La sève, puis le boisprennent la consistance d’un liquide jaune limpide et l’arbre finitpar s’effondrer, privé de support, son contenu s’écoulant en uneénorme flaque poisseuse. On appelle ça l’ambroisie, du fait laressemblance de la substance avec l’ambre. C’est une bellesaloperie qui nous pourrit –littéralement- la vie et nous prived’une bonne partie de notre matière première chaque année.Quand une zone est infectée par la bactérie, on n’a d’autre choixque de brûler le périmètre alentours pour éviter que la corruptionne se propage : c’est efficace, mais si on pouvait faire de laprévention, ça nous éviterait pas mal de pertes sèches. Brefl’ambroisie est une plaie à laquelle il a fallu s’adapter maisj’avoue que le phénomène ne m’inquiétait guère jusqu’à ce quel’on découvre la forêt d’ambre…Le groupe dont je faisais partie avait pour mission de découvrirde nouvelles zones exploitables par la communauté, assez boiséespour nous autres exploiter et assez sûres pour qu’on n’y risquepas nos os. Pas évident. On venait de repérer un bois dans uneaire non cartographiée et on s’y était engagé en file indienne. Lapremière impression était bonne : de beaux conifèresapparemment vigoureux, une végétation de sous-bois clairseméepermettant une progression rapide et diminuant les risquesd’embuscades de la vermine. La vermine était d’ailleursrelativement absente, quand j’y pense. Je me souviens qu’on étaitplusieurs à penser avoir touché le gros lot ce jour-là. Jusqu’à ceque le mec qui marchait en tête nous signale un truc de bizarre.C’était une masse jaunâtre plantée au beau milieu d’une trouéeentre les arbres. En s’approchant un peu, on a tous vu que çaressemblait pas mal à la substance produite par l’ambroisie chezles arbres…Sauf que c’était un putain d’humain endécomposition qu’il y avait à l’intérieur ! Le truc le plus macabrequ’on puisse imaginer. Je me souviens des rayons de soleil quiéclairaient la trouée. Ils couraient sur la croûte jaune de l’ambredurcie comme sur le sarcophage doré d’une momie égyptienne,donnant un aspect solennel à cette statue morbide plantée aumilieu d’un autel improbable. On distinguait encore nettement leslambeaux des vêtements du malheureux à l’intérieur, en plus dela chair putréfiée et des os saillants qui lui restaient et quisemblaient maintenant figés pour l’éternité.La plupart des gars voulaient repartir, et j’avoue que je ne sentaispas très vaillant non plus. Mais le meneur nous a aboyé decontinuer en nous traitant de pisse-froids, et personne n’a osébroncher. On a donc poursuivi, s’enfonçant un peu plus dans cebois devenu nettement plus inquiétant. L’absence de la verminenous apparaissait non plus comme un bienfait mais comme unsinistre présage. Comme s’il s’agissait d’un indicateur qu’uneautre menace, bien plus grande, bien plus sombre, était tapie dansl’ombre et guettait chacun de nos pas…


On a trouvé une autre statue d’ambre. Puis plusieurs. Desdizaines. Plantées entre les arbres comme des gardiensimmobiles, nous regardant passer et nous invectivant en silenced’oser troubler leur repos. Il y en avait de mieux conservées qued’autres, oripeaux et chair intacts comme si on les avaitembaumées la veille. Certaines, les plus dérangeantes, étaientfigées dans des positions incongrues : une main en visière sur lefront scrutant la lande, ou fouillant dans un sac, ou brandissantune machette dans un geste menaçant…Mais le pire qu’on ait vu,c’est un mec plutôt jeune, quasiment un ado, parfaitementconservé dans un bloc limpide. Il avait les yeux encore grandsouverts, les bras tendus et le visage figé dans une expressiond’horreur absolue. Il nous regardait comme un spectre blafard,tellement vivant qu’on aurait cru qu’il allait briser son emplâtred’une seconde à l’autre pour nous entraîner avec lui dans soncauchemar. On a failli se pisser dessus de trouille en ledécouvrant. Le seul qui n’ait pas bronché, c’est le meneur. Il nousa encore forcé à poursuivre, nous perdre plus avant dans ce lieumaudit comme s’il voulait nous enfoncer lui-même dans lagueule du monstre qui ne manquait pas de nous attendre. A cemoment-là, j’étais sûr qu’on allait y passer, qu’on allait tous sefaire happer par le truc invisible qui avait eu ce garçon et lui avaitlaissé ce masque de terreur sur le visage. Putain quand j’yrepense…communauté quelques jours plus tard, on avait tous l’impressiond’avoir fait un mauvais rêve, ou d’avoir souffert d’unehallucination collective malsaine. La forêt d’ambre fut déclaréeinexploitable et zone hostile. Je ne pense pas que quiconque aiteu le courage de s’y aventurer depuis.Non, on n’a jamais sur ce qui s’était passé dans cette forêt. Il n’yavait aucun signe de vie dans les alentours, aucune communautéqu’on aurait pu interroger ou blâmer pour ce qu’on avait vu. Pasde pistes, de traces, d’habitations abandonnées, rien. Rien que desarbres et ces putains de statues jaunes. Certains parlent d’unemutation de la bactérie de l’ambroisie, mutation qui la feraits’attaquer aux hommes plutôt qu’aux arbres, mais je n’y croispas. Car j’ai vu autre chose là-bas, et d’autres aussi l’ont vu. Lesblocs d’ambres dont étaient recouverts les malheureux, iln’avaient pas une forme naturelle : ils étaient sculptés. Tailléspour épouser les contours des macchabées qu’ils renfermaient.Voyez où je veux en venir ? Je crois qu’il y a là-bas, dans la forêtd’ambre, un malade qui se confectionne, je ne sais comment, unmusée de cire dément avec des cadavres humains.Et j’espère seulement que son inspiration ne le poussera jamais às’intéresser à nous.On a fini par sortir du bois, les jambes en coton et les tripesnouées. Il était finalement moins étendu qu’on le pensait, et on aréussi à en faire le tour dans la journée. Au soir, on a décidé derepartir. D’habitude on préfère éviter les marches nocturnes, maislà personne ne voulait passer la nuit près de cet endroit. Même lemeneur n’a pas objecté. Quand on est revenu à la


Utilisation scénaristique : le flou est volontairement laissé autourdu modus operandi du sculpteur d’ambre, mais plusieurs pistessont possibles, entre le serial killer ayant trouvé le moyen de seservir de l’ambroisie pour tuer ses victimes et le charognardutilisant l’ambroisie pour fabriquer de macabres trophées etdécourager d'éventuels curieux. Dans tous les cas de figure,l’homme a une connaissance poussée de l’ambroisie et de sespropriétés, et il est fort probable qu’il détienne une grandequantité de matière première dans son repaire (par exemple dansune cuve en métal nécessitant chauffage pour rendre l’ambreliquide). La forêt d’ambre est le contexte idéal pour une courteaventure horrifique lors d’un voyage en territoire inconnu.Réputation : 26 (lieu maudit)Le sculpteur d’ambreCaractéristiques :Physique : Force 3D, Rapidité 2D, Santé 2DManuel : Agilité 2D, Précision 4D, Réflexes 2DMental : Connaissance 2D, Perception 3D, Volonté 2DSocial : Empathie 2D, Persuasion 2D, Psychologie 2DSeuils de blessures : 4/6/8Spécialités : Sculpture EXPERT, Survie CONFIRME,Foresterie/travail du bois DEBUTANT, Combat armesperforantes DEBUTANT.Matériel :Pic à glace (1 D/1 B), Epieu (2D/1 B), Matériel de sculpture(Gouges, maillet, scie), Matériel de premiers soins + quelquesmédicaments, pièges pour petit gibier (collets).Le lac de l’homme mortUne vaste étendue d’eau aux berges boueuses, entourée de saules,de joncs et de sureaux. Un lieu hostile car infesté de moustiqueset de vermine des marais, et parsemé de pièges naturels : trousd’eau camouflés, boue argileuse semblable à des sablesmouvants…C’est en ce lieu maussade que réside un personnagesingulier affublé de surnoms tels que « le sorcier », « le boueux »,ou même « l’homme mort », connu dans la région pour ses donsde médium. On le dit capable, entre autres, de communiquer avecl’esprit des morts. Les rumeurs quant son apparence, sesconvictions et l’étendue de ses pouvoirs divergent grandement :sorcier de l’ancien temps pratiquant la magie noire, chaman ducharognard sortant de terre à la recherche de cadavres pour lesautres…Certains affirment même qu’il est Chaeman. Il va sansdire que le lac de l’homme est soigneusement évité par leshabitants de la région ; il arrive cependant que quelque témérairecherche à le voir pour bénéficier de ses « services ». Celui-cidevra d’abord localiser l’entrée de son repaire, camouflée par dessaules masquant une proéminence dans une zone relativementsèche à proximité du lac, ramper dans le réseau de tumuluscreusé par son occupant, et localiser la salle centralelemédium vit. Attention car certaines des galeries sont de véritablespièges, prêtes à s’effondrer en partie inondées. Si on approche dela salle centrale, le médium met le feu à des poudres végétalesdégageant une fumée aux effets hallucinogènes (1 D malusactions mentales ou sociales, jet de volonté difficulté 1 5 pour nepas subir d’hallucinations) à laquelle il est immunisé. Ils’adressera alors à son ou ses visiteurs, leur demandant lesraisons de leur venue : il considère


que tout visiteur ayant surmonté les épreuves du lac et de sonrepaire pour arriver à lui mérite son attention. La réelle nature deses pouvoirs est laissée à l’appréciation du meneur.Utilisation scénaristique :Le lac de l’homme mort peut être au centre de d’un scénario debien des manières : des survivalistes peuvent embaucher lespersonnages pour éliminer le sorcier qu’ils considèrent commeune menace pour la région. Les personnages peuvent tomber surun groupe partant à la recherche du lac et de son habitant avec lecorps de leur chef tombé au combat. Les personnages eux-mêmespeuvent vouloir rencontrer le sorcier dont les dons pourraient lesaider à remplir un objectif personnel. Solitaire dans l’âme etvivant dans un ascétisme extrême, il est improbable de lerencontrer hors de sa tanière. Il ne viendrait pas en aide à ungroupe en difficulté entré sur son territoire.Caractéristiques :Physique : Force 2D Rapidité 1 D Santé 3DManuel : Agilité 2D Précision 1 D Réflexes 2DMental : Connaissance 3D Perception 4D Volonté 3DSocial : Empathie 5D Persuasion 3D Psychologie 3DSeuils de blessure : 3/7/9Spécialités : Dons médiumniques EXPERT, NyctalopieCONFIRME, Survie DEBUTANT, Connaissance des plantesDEBUTANT, Guérisseur DEBUTANT.Matériel : poudres hallucinogènes (1 0 doses, valeur : 25), racineset insectes comestibles, objets divers ornés de symboles, crânesd’animaux, silex, coutelas en os.


Vermine : le ver blemeTu vois, avant je raisonnais comme toi. Un temps pareil, j’auraisdis que c’était du pain béni : de la flotte à en noyer un troupeaude mérous et une température assez fraîche pour convaincre lavermine de rester planquée dans ses trous puants mais tolérablepour nous autres avancer. L’idéal pour barouder sur la lande sanscraindre de mauvaises rencontres. Enfin c’est ce que je croyais,mais c’était avant que ma cohorte croise des vers blêmes. Tu asdéjà entendu parler des vers blêmes, petit ? C’est une putaind’aberration de la nature. Un kamikaze informe qui vomit sesentrailles pour te...Mais je vais trop vite. Est-ce que tu sais ce que c’est qu’unnématode ? Non ? Tu vois c’est un biologiste qui m’a expliqué,Pique-la-bru qu’il s’appelait, un brave type un peu distrait qu’ona retrouvé collé à un arbre un matin, les membres écartelés par dulierre sombre, la bouche remplie des feuilles de cette saloperie. Ilcherchait ses lunettes à ce qu’il paraît, et il s’est appuyé là où ilne fallait pas. Bref. Il m’a expliqué qu’un nématode c’est unmachin primitif semblable à un ver minuscule, tellement primitifen fait qu’il n’a que deux organes : la bouche et le cul. Le reste,c’est du vide, du creux : pas de cœur, de poumons, d’estomac,rien qu’une vague caricature de sang qui leur coule dans le corpset c’est tout. Du coup ils se reproduisent vite, c’est pas comme sile cahier des charges était difficile à respecter tu comprends. Laseule chose qu’ils craignent, c’est le soleil : un coup de tropchaud et ils se dessèchent et crèvent en quelques minutes.Des nématodes il y en a partout il paraît : dans le sol, dans lesplantes, même dans nos tripes, des discrets dont on se rend mêmepas compte de la présence. Mais dans le tas tu en asquelques-uns de vicelards, des teignes qui se multiplient àl’intérieur des hôtes qu’ils parasitent et les crèvent de l’intérieur.Les vers blêmes sont de ceux-là. Mais forcément le problèmequand tu es microscopique et que tu te déplaces d’un centimètrepar jour en vitesse de pointe c’est que c’est pas évident dechercher des proies qui font cent fois ta taille, tu vois ? Les versblêmes ont résolu le problème en produisant, je ne sais comment,des spécimens géants qui servent de moyen de transport auxautres. Ouais, tu m’as bien compris : à l’intérieur de chacun deces vers géants il y en a des milliers de plus petits qui semultiplient ! Une vraie nourricière de dégueulasses, des petitesbouches affamées qui se nourrissent de ce que leur gros paquebotde frère ingère à l’extérieur et copulent comme des dératés. Lesgros, ce sont eux qu’on appellent les vers blêmes : ils sortent parun temps comme celui-ci, quand il fait assez mouillé pour qu’ilss’aventurent sans risquer un coup de trop sec.A première vue, ils ne ressemblent à rien de menaçants : desserpents de caoutchouc obèses rampant gauchement sans rienpercevoir de ce qui les entoure…Des ébauches grotesques qu’uncréateur bourré aurait abandonné sur la lande comme dans unedécharge. Mais si tu as le malheur de les toucher avec quoi quece soit de pointu, leur peau trop tendue explose dans un bruit depastèque qui éclate et libère la horde de saletés qui crèchent àl’intérieur en un geyser translucide. En une seconde tu en aspartout, des millions de petits vers comme autant boucheshurlantes qui pleuvent sur le paysage et se tortillent dans l’espoirde trouver une proie. S’ils te tombent dessus tu es foutu ; ils terampent sur le corps, sous les vêtements, à la recherche de lamoindre faille, la moindre ouverture qui leur donnera un ticketpour l’intérieur : le nez, la bouche, les oreilles, le cul, les


yeux…En moins de deux minutes ils s’infiltrent, te pénètrent lamoelle et te condamnent à mort. Une fois infecté, il n’y a plusrien à faire à part prier, tu survivras jusqu’à ce qu’ils aient épuisétes réserves. Et de ton cadavre, lentement, se créera un nouveauver blême qui plongera dans le sol à la recherche d’humidité…Tu vois petit, par un temps pareil on se craint pas grand-chose dela vermine classique c’est vrai. Mais si tu croises une massevermiforme gonflée comme une outre et quasi transparente, passeton chemin. Il y a des mines sur la lande, des mines qui ne rêventque de nous péter à la gueule et nous piller les entrailles. Commeje te le dis.par un malus de 1 D aux actions physiques.- Exécution : les vers sont devenus tellement nombreux qu’ilscausent la mort de la victime directement ou indirectement.Les deux premières phases sont lentes, et peuvent durer deplusieurs semaines à plusieurs années chacune, selon lesindividus. La dernière phase voit une aggravation fulgurante del’infection, et la mort n’est généralement qu’une question dejours.Caractéristiques du Ver blême (nématode géant) :Taille 2 (30-50 cm)Seuils de blessure : éclate au moindre choc avec un objetperforant ou à un choc appuyé avec un objet contondant.Dommages : si le ver éclate suite à un choc avec un personnage,celui-ci a droit à un jet de réflexes (difficulté 20) pour s’écarter àtemps du point d’impact, et à un jet de vitesse (difficulté 1 0) pours’éloigner assez vite de la zone de retombées. Si l’un des deuxjets est manqué, la cible a été touché par les nématodesmicroscopiques, et ce qu’une question d’1 D1 0 heures avantqu’ils ne trouvent un orifice d’accès. L’abandon des vêtements,un nettoyage scrupuleux et/ou l’application d’insecticide sur lecorps peuvent suffire à éliminer la menace. Si les nématodesinfectent leur cible, celle-ci a droit à un jet de santé (difficulté1 5). Si elle échoue, l'infection se déroule en trois phases :- Incubation : rien ne se passe.- Multiplication : les vers commencent à se multiplier, causantdivers troubles secondaires et un affaiblissement général traduit


Vermine : le fourmilionLe fourmilion dans Vermine se caractérise par une mutation deson comportement et évidemment de sa taille. Ce solitaire estaussi bien nocturne que diurne et la seule manière de savoir s'il yen a dans les parages est de repérer les cratères sablonneux dansle sol. Si par malheur un individu venait à s'enliser dans le sableautour des trous, il se verrait glisser jusqu'au centre du cône pourrencontrer les mandibules acérés de cette vermine. Mais là n'estpas sa seule technique : le fourmilion peut tirer des jets de sablequi peuvent déstabiliser une proie potentielle. Selon la taille de labête, il peut s'agir de cailloux et donc provoquer des blessures àla victime.Caractéristiques du Fourmilion :Le fourmilion peut facilement se trouver en campagne voire enforêt. On peut parfois en trouver plusieurs dans un périmètreassez restreint, faisant du terrain un véritable champ de minesvivantes. De bonne taille, il peut s'avérer être un simple piègeinattendu pour vos PJs comme une mort invisible assurée. Deuxcaractéristiques sont à noter :L'enfouissement : caché au centre d'un large trou de sable, lefourmilion attend que des proies y glissent pour les attraper et lesdévorer.Règle optionnelle d'empètrement : la Difficulté de tous les jets estaugmentée de 1 0 (de 5 seulement pour d'éventuels jets "mentaux"- Sang-froid excepté). Le MJ peut aussi décider que la fâcheuseposition du personnage enlisé l'empêche d'utiliser ses 2 mainscorrectement, ou d'intensifier le malus... sans compter lesmandibules du fourmilion qui se rapprochent.Le tir : il a la capacité de lancer du sable sur ses proies pour lesdéséquilibrer et donc les entraîner dans sa toile sablonneuse.Tout individu pénétrant dans le cratère de sable ou de terremeuble, doit tester (au choix du MJ) Agilité ou RéflexesDifficulté 5, ou 1 0 si l'étourdi est surpris.Si un tir du fourmilion touche (même sans blesser), sa cible faitde suite un nouveau test d'Agilité ou Réflexes avec une difficultéde +5.Taille 2 (1 5-30 cm)Seuils : 00 (3) 00 (5) 0(7)Jet d'attaque 2DDommages 2D/1 BDommages de tir 1 D/1 B (aveuglement si touché)Taille 3 (~1 m)Seuils : 000 (5) 000 (7) 00 (9)Jet d'attaque 3DDommages 3D/2BDommages de tir 2D/1 BCarapace 1 D


Synopsis & EvenementsL’autel du solitaireConnaissez-vous les oiseaux jardiniers? En plus d’être plaisants àregarder, ces gracieux volatiles ont des moeurs fascinantes,notamment en matière de parade nuptiale. Afin de gagner le cœurdes femelles, les mâles rivalisent d’ingéniosité et de créativitépour bâtir des nids très élaborés ; les plus doués, après jugementde ces dames, gagnent la droit à l’accouplement, et tant pis pourles autres.En 2037, certains rapaces ont décidé d’adopter un comportementsimilaire.L’histoire commence alors que l’émotion étreint une petitecommunauté de survivalistes vivant aux abords d’une forêtprofonde. Une construction semblable à un autel a été découverteau cœur de la forêt. Ornée de cadavres plus ou moins frais depetits animaux, la construction inspire la crainte. Certains yvoient un symbole du solitaire ou du prédateur. Deux jours aprèscette découverte, un nouveau-né récemment disparu est retrouvéempalé sur l’une des branches de l’autel. La terrible nouvelledéclenche des réactions contraires chez les survivalistes : certainsprêchent la vengeance et la destruction immédiate de l’auteltandis que les autres, terrifiés pensent que l’autel est investi depouvoirs surnaturels et que la meilleure solution est de ne pluss’en approcher. Les belliqueux finissent par l’emporter et vontbrûler l’autel à la nuit tombée. Les choses tournent mal quand lefeu atteint les arbres voisins et qu’un début d’incendie estmaîtrisé in extremis. Dans la confusion due à la fumée etl’obscurité, plusieurs hommes sont attaqués par une créatureinvisible qui leur lacère le corps et le visage. La petite troupemeurtrie regagne la communauté, terrorisée et convaincue qu’unmonstre sanguinaire vit dans la forêt. La zone de l’incendie estdéclarée interdite d’accès. Quelques jours plus tard, plusieursnouveaux autels similaires au premier sont découverts dans descoins isolés de la forêt. Plusieurs habitants de la communauté,certains d’encourir un châtiment terrible s’ils restent dans larégion, tentent de convaincre les autres résidents qu’un exodeimmédiat est la seule solution. Les réfractaires à cette idée nemanquent pas, et des conflits internes éclatent dans le village.Peut-être les personnages fraîchement débarqué dans la région etayant demandé l’hospitalité pour la nuit sauront-ils les aider ?Le rapace responsable de la construction des autels est laissé à ladiscrétion du MJ. Personnellement, de part leur nature nocturneet leur vol discret, les chouettes auraient ma préférence (plusgrandes que la normale bien sûr). Une chouette mâle par autel,plus les femelles qui patrouillent la zone à la recherche de nids àévaluer.


Les eaux de Saint BarnabéUne petite communauté survivaliste alpestre nichée sur un picrocheux difficilement accessible exploite une source d'eauexceptionellement pure. Proprietés miraculeuses? La sécheressetombe sur la région et met en péril habitants et animaux. Unecommunauté adaptée vénérant le phrygane (totem bâtisseur) vientse présenter en triste état aux portes de la communauté (nomméeSt Barnabé, donc). Une autre composée de familles de paysanssurvivalistes. Toutes deux réclament de l'eau et un toit pourpasser cette période difficile. Et...- Les portes de la communauté restent closes, les adaptés etpaysans dépérissent.Solitaire +1 , Ruche -1- Les portes s'ouvrent pour les paysans uniquement, laissant lesadaptés dans la précarité.Ruche +1 , Bâtisseur -1- Les portes s'ouvrent pour les deux commnautés, provoquant vitela surexploitation des réserves de St Barnabé. Quand ellesrepartent, St Barnabé est dans la précarité.Parasite +1 , Ruche -1Le sacrificeIls sont venus un matin, ils étaient deux, un couple, et ils se sontattachés au sommet d'un lieu facilement repérable (clocher d'uneéglise, piton rocheux...). Ils clament vouloir se sacrifier pourapaiser la soif de sang de Gaïa. Ils passent leurs journées àpsalmodier des prières incompréhensibles sans boire ni manger etdeviennent chaque jour plus faible. Et...- Répondant à un élan de pitié, de générosité et de fraternité, unecommunauté voisine vient les détacher et tentent de les détournerde leur projet.Humanité +1 , Solitaire -1- Répondant à un élan de sédentarité, les communautés voisinesne bougent pas le petit doigt et le couple finira par périr. Lespectacle de leurs cadavres en voie de décomposition formera unsinistre étendard pour la région dans les semaines à venir.Solitaire +1 , Humanité -1- Répondant à un élan nutritionel, une communauté du coin vientdécrocher les cadavres du couple alors qu'ils sont encore fraispour les manger.Charognard +1 , Humanité -1


Andrena armataEspèce d'abeille solitaire craintive et parfaitement inoffensive,elle produit en très petites quantités une substance dont elle ornele nid de ses larves qui rend indétectable à la vermine. Une sortede brouilleur chimique très efficace. Un entomologistehumaniste, incapable de percer le secret de sa composition, eutl'idée folle d'élever l'andrène à grande échelle, confectionant desmilliers de nids artificiels au sein même des fortifications de sacommunauté. Et...- L'andrène reste un insecte solitaire qui n'apprécie pas les hautesdensités de population; le projet est un échec complet.Solitaire +1 , Symbiote -1- L'andrène prospère grâce aux nids artificiels et la communautébénéficie de la protection relative du brouilleur chimique.Symbiote +1 , Solitaire -1- L'andrène ne se plait pas dans les nids artificiels, mais uneespèce de frelon particulièrement agressive de frelon, si. Aprèsquelques mois de lutte acharnée contre l'envahisseur, lacommunauté, piquée au vif, doit déménager. L'entomologiste estattaché en plein soleil tout nu barbouillé de confiture.Vermine +1 , Humanité -1Une page pour l'espoirDepuis quelques temps d'étranges papiers sont retrouvés pardiverses bandes nomades et s'échangent entre communautés àtitre de curiosité. Il s'agit de journaux et de tracts ayant deuxparticularité: ils ont une date de parution récente (!), et décriventdans leurs articles des histoires où se côtoient un vocabulaireétrange et des allusions à un niveau technologique avancé (!!). Larégion est assez sauvage et ne comporte, aux dires de chacun,aucune imprimerie en état de fonctionnement. Et...- Les journaux sont issus d'une lointaine contrée où un noyau decivilisation et de technologie a été miraculeusement préservé.Humanité +1 , Vermine -1- Les journaux sont l'oeuvre d'un doux illuminé perdu dans unmonde imaginaire et doté d'une presse rudimentaire en état demarche.Solitaire +1 , Ruche -1- Les journaux et les tracts sont en fait des extraits d'un JDRfuturiste écrit au début du siècle.Julien Blondel +1 , Vermine +1 aussi


La grotteDans les Pyrénées, pas très loin de Lourdes, on parle d'une grotteoù vit une sage, une vraie Shaman qui rivalise de puissance avecChaeman lui même. On dit qu'elle peut guérir les maladies,apaiser les douleurs, soigner la cécité ou accomplir de vraismiracles, si on lui apporte un repas et les nouvelles du dehors. Ondit aussi qu'il n'y a personne à l'intérieur de cette grotte, maisplutôt une source d'eau aux propriétés miraculeuses. D'autresenfin prétendent qu'il n'y a rien, que c'est juste un piège tendu parune vieille folle pour manger sans se fatiguer. Et...- La Shaman est vraiment douée et arrive à soigner la plupart deses visiteurs en échange d'un bon repas et d'une histoire.Symbiote +1 , Solitaire -1- Il n'y a personne dans cette grotte, c'est une histoire issue d'unevieille légende locale.Solitaire +1 , Charognard -1- Il y a bien une petite vieille qui n'a aucune capacité, si ce n'est lavolonté de se faire nourrir par toutes les bonnes volontés quipassent.Charognard +1 , Symbiote -1


JoshuaLe problème, c’est l’humidité. Elle s’infiltre partout, dans mesvêtements, dans ma barbe, dans ma cabane, et même dans lanourriture. Et les moustiques ils aiment bien quand c’est humide.Alors les moustiques ils entrent dans ma cabane et ils piquentJoshua. Joshua c’est moi, et j’ai peur des moustiques, alors j’aifabriqué des pièges pour pas qu’ils viennent dans ma cabane,parce que ma cabane c’est tout ce que j’ai dans la vie, depuis quemaman est partie.Maman savait tuer les moustiques, avec son gros pistolet, etmême des fois juste avec des gros bouts de bois ; mais elle m’ajamais appris à le faire. Alors j’fais des pièges, et je protège lacabane avec ce que je trouve, mais je trouve de moins en moinsde choses, parce que les rats mangent tout, même les bouts debois, et les Autres ils viennent des fois et ils piquent les affairesde Joshua.Ils disent t’en as pas besoin, t’as qu’à rester ici et crever avec lescafards, mais y’a pas de cafards ici, parce que ma cabane elle estdans un arbre, je suis pas fou moi, j’ai fait ma cabane dans le grosarbre au milieu de la forêt, loin des Autres.Dedans j’ai mis mon lit, enfin mon lit c’est juste une couvertureet un gros morceau de matelas pour me faire un oreiller, j’avaisun autre matelas avant, mais ils me l’ont pris, alors je dors parterre dans la cabane, c’est pas grave parce qu’il me reste macouverture et j’ai pas trop froid. J’avais fait une fenêtre, pourregarder des fois le soleil se lever, mais les moustiques entraientpar là, alors j’ai dû clouer des planches dessus. Au début j’avaiscloué un bout de drap, mais les moustiques ils ont réussi à lepercer avec leur espèce d’aiguillon, j’ai eu drôlement peur cejour là, j’oublierai jamais l’bruit du drap qui se déchire, et lesmoustiques, ils étaient que trois je crois, mais dans ma tête ilsétaient des milliards, qui voulaient entrer et piquer Joshua.Du coup je vois plus le soleil se lever, mais de toute façonj’aimais moins depuis que Maman est plus là. Maman elle disaittoujours, tant que le soleil continue à se lever, rien n’est perdu.Maman avait un tas de phrases comme ça, qu’elle me disait pourme rassurer. Maman disait que ça a pas toujours été comme ça,que les moustiques ils ont pas toujours été aussi gros, et qu’avantc’était nous qui commandions, quand je dis nous je veux dire leshumains, pas maman et moi. Maman et moi on a jamaiscommandé rien du tout ni personne, on vivait tranquillement dansnotre maison sans rien demander à personne et personne nousdemandait rien. Mais quand Maman est partie les Autres ils ontchassé Joshua de la maison, ils ont dit c’est trop grand pour toitout seul, tu vas te perdre ; c’était bête de dire ça, c’est mamaison quand même, je pouvais pas me perdre dedans. Je leur aidit mais ils ont mis des coups de pieds dans ma tête et dans mesbras, et je suis parti de ma maison, en emmenant ce que jepouvais prendre.Maintenant ça va, j’oublie petit à petit la maison, j’ai de moins enmoins peur quand j’entends les araignées qui escaladent lacabane. La nuit j’entends tous les insectes qui grouillent, quifrappent le sol avec leurs grosses pattes, et je repense à ce quedisait maman, j’imagine qu’ils sont tout petits, que je peux lesécraser juste avec ma main, ça me fait rigoler de penser à ça, etcomme je rigole pas souvent j’aime bien.Il parait qu’au Nord y’a moins d’insectes, parce que les insectes


aiment bien quand c’est chaud et humide, alors au Nord comme ilfait froid, ils y vont pas. J’me dis qu’il faudrait que j’y aille, auNord, je serais tranquille, je pourrais me reconstruire une cabanecomme j’ai ici, je sais pas si au Nord y’a des arbres pareils qu’ici,mais je me débrouillerai. J’emmènerai juste ma couverture, dequoi manger un peu, et je partirai. Peut-être que là bas les Autressont moins méchants, peut-être qu’ils feront pas de mal à Joshua,qu’ils seront mes amis. P’t’être même que je trouverai uneamoureuse, j’en avais une avant, mais elle a disparu, Maman a ditqu’elle préférait copuler avec la vermine, j’ai pas très biencompris ce que ça voulait dire, mais ça avait l’air dégoûtant.Le Nord, donc. D’après mon livre que j’ai dans ma cabane (lesAutres l’ont laissé à Joshua, ils ont dit que maintenant lesbouquins ça servait plus à rien de lire), le Nord c’est tout droitdevant moi, alors c’est compliqué parce que selon comment j’metourne ça change tout le temps. Il doit y avoir une astuce pourvraiment savoir où c’est, dans le livre ils disent aussi qu’on peuts’aider d’une boussole, j’ai essayé d’en fabriquer une, y’avait undessin, c’est tout rond avec une flèche et des lettres, mais j’ai pasréussi à faire une forme vraiment ronde, alors je pense que çamarchera pas. Le mieux ce serait que je demande aux Autres oùje peux en trouver une, mais ils vont me demander des choses enéchange, et qu’est-ce que je pourrais donner moi ? Dans macabane à part mon lit et le livre il me reste pas grand-chose, y’ales affaires de Maman, ses vêtements, et ses cigarettes ; je croisque les Autres voudraient bien les cigarettes, mais j’suis sûr quesi je les montre ils vont me les voler et j’aurai rien du tout enretour, comme la fois où j’ai voulu leur échanger sa bouteille dewhisky contre des médicaments (j’avais été drôlement maladecette fois là, je pouvais à peine me lever tellement j’avais mal à latête). Résultat ils avaient pris la bouteille, ils avaient tout bu, etj’avais jamais eu mes médicaments.J’ai entendu parler d’un groupe de personnes qui veut aller versle Nord, ils préparent un genre d’expédition, mais c’estcompliqué aussi parce qu’ils vivent là bas, dans la montagne quiest encore après ma forêt, et je suis même pas sûr qu’ilsaccepteraient Joshua avec eux, si ça se trouve ils vont direcomme les Autres, que je suis bête et que je servirai à rien, ils memettront des coups de pieds et je devrai repartir, encore. Maisplus j’y pense, plus je me dis que ça vaudrait mieux de tenter lecoup que de vivre ici, parce que je suis tout seul et que Mamanme manque trop. Avant j’avais l’impression qu’elle était encoreavec moi, qu’elle me parlait dans ma tête, mais plus le tempspasse moins elle est là, c’est comme si je l’oubliais elle aussi,comme la maison.Du coup je prépare des choses. Je fais des conserves denourriture quand j’en ai assez, ça Maman elle me l’a appris, pascomme le pistolet, mais je crois qu’elle avait peur que je me fassemal avec. Il parait que c’est à cause que quand je suis né j’aimanqué d’air et mon cerveau il marche pas bien depuis. Mamandisait que j’étais pas différent des autres, que c’était les autres quiétaient différents, mais je crois qu’elle disait ça pour me faireplaisir ; parce que je vois bien, quand les gens ils me parlent desfois, que je comprends pas tout ce qu’ils me disent et ça les faitrire. Mais je suis pas si bête, je sais me débrouiller, la preuve jesuis pas encore mort ; alors que je sais que chez les Autres desfois y’en a qui meurent, je le sais parce que quand y’a des mortsils les mangent, ça sent pas bon du tout, l’odeur vient


jusque dans la cabane de Joshua et j’ai envie de vomir. Des foisj’ai tellement faim, parce que j’ai rien trouvé dans la forêt, quej’ai envie aussi de manger des gens morts, mais Maman elle m’adit que je devais jamais le faire, que ça rend fou et que c’est uneaberration, je sais pas exactement ce que ça veut dire mais vu latête qu’elle faisait quand elle disait ce mot ça a vraiment l’airaffreux, comme Juliette qui copulait avec la vermine. Moi jeveux pas devenir fou, j’ai un but dans la vie, je veux aller auNord, c’est décidé. Je continuerai à vivre et personne pourram’en empêcher. J’aurais voulu aller au Nord avec Maman, c’estelle qui m’en avait parlé, mais Maman est partie, et je crois bienqu’elle voudrait que j’y aille, même sans elle.Le jour où Maman est partie, je m’en souviens, il pleuvaitdrôlement fort, elle a pris son gros pistolet, une cigarette, et ellem’a embrassé sur le front et les paupières, comme j’aime bien.Elle m’a dit qu’elle allait aller nous chercher de quoi manger, queje devais surveiller la maison pendant ce temps. Je lui ai dit qu’onavait encore des morceaux du rat que j’avais attrapé la semained’avant, qu’elle pouvait rester ici, qu’elle allait attraper froiddehors. Mais elle m’a pas écouté, elle a eu un drôle d’air sur safigure, comme si elle réfléchissait trop pour pouvoir me répondre.Elle a juste dit « on se revoit bientôt » ; elle a dit aussi qu’ellem’aimait, que j’étais le petit garçon le plus merveilleux dumonde, et que je devais laisser personne me faire de mal. J’aipleuré ce jour là, parce que je crois qu’au fond de moi je savaisqu’elle reviendrait pas. Après elle est partie, j’ai entendu un coupde feu au loin, et elle est jamais revenue. Ce soir là ça a sentimauvais dans toute la forêt.


JEREMIAHEn 2006, un virus a causé d'énormes perteshumaines. Seuls les enfants n'ayant pas atteint l'âgede la puberté ont survécu à ce drame. Dans unmonde post-apocalyptique, les survivants se sontalors retrouvés livrés à eux-mêmes. 1 5 ans aprèscette catastrophe, Jeremiah parcourt ce mondehostile.Inspirée par la BD de Herman, cette série de 2002 nous présente uneAmérique post-apocalyptique, alors que la version papier expose un futurdétruit par une guerre entre "Blancs" et "Noirs". Joseph M. Straczynski, leréalisateur qui a également scénarisé Babylon 5, prend ici le parti de placerle héros, interprété par Luke Perry (Beverly Hills), et son acolyte, Malcolm-Jamal Warner (Cosby Show), dans un monde où un virus nommé : "laGrande Mort" a décimé la population adulte, obligeant les enfants à survivreseuls.Les fans de la BD verront bien sûr un sacrilège bien que, comme dit plushaut, ce n’est que l’inspiration pour l’univers et les personnages, quant auxfans de séries ils passeront un bon moment de détente mais pas d’extase. Eneffet elle a mal vieilli et tous les épisodes ne sont pas palpitants. Cependant,le MJ de Vermine y verra des sources d’inspirations avec des villes où règnele troc ou encore des personnages survivalistes intéressants. Cette série futarrêtée en 2004 après 2 saisons et 35 épisodes.Générique : http://www.dailymotion.com/video/x3lk7x_jeremiah_shortfilmsIntérêt : 4/1 0Inspiration : 8/1 0Une sonde de la NASA s’écrase dans la junglemexicaine, libérant sur terre des particules d’uneforme de vie extra-terrestre. Six ans plus tard, leMexique et le Costa-Rica sont devenus des zonesde guerre désertées par les populations locales,mises en quarantaine et peuplées de créaturesmonstrueuses. Un photographe est chargéd’escorter une jeune femme à travers cette zonedévastée. Seuls sur la route, ils vont tenter derejoindre la frontière américaine...Ce film de SF Britannique réalisé par Gareth Edwards (In the Shadow of theMoon) avec un budget dérisoire (pour le cinéma) d’environ 200 000 dollars.On nous présente ici une invasion extra-terrestre en guise de décor pour unelove story ennuyeuse et sans intérêt entre l’actrice Samantha Wynden(Mercy, Age of Kali) et Andrew Kaulder (Blind man, Wonderland).L’atmosphère de peur et de mort se ressent tout de même assez bien au longde ce périple au travers des décors oppressant de la jungle ou dévasté desvilles. Cependant malgré le titre on est loin d’un Starship Troopers et proched’un Cloverfield avec des créatures suggérées ou à peine visible. Vousl’aurez compris, pour moi ce film n’est pas d’un grand intérêtcinématographique mais colle tout de même bien à l’ambiance Vermine …dans le fond.Site officiel : http://www.monstersthemovie.com/monsters.htmlIntérêt : 5/1 0Inspiration : 6/1 0MONSTERS


Imitation"Je ne me souviens pas de son nom. J'avais pour habitude degémir ou de crier pour L'appeler. Et Il avait pour habitude dem'agripper ou de grogner pour attirer mon attention. Je ne mesouviens pas de notre rencontre. De mémoire, je L'ai toujourssuivi, tentant naïvement de marcher dans Ses empreintes de géantà mes yeux. Au final, j'avais un énorme respect envers cethomme. Envers celui qui a fait de moi ce que je suis aujourd'hui.Un survivant, un combattant... Un tueur.Je ne me souviens plus du nombre exact mais au tout début, nousétions deux enfants. Je sens encore les odeurs de puanteur dechacun bien que nous sortions du même trou. De la fumée partoutet Il était là, droit devant nous dans une pénombre effrayante. Ilnous a tendus la main. Non pas pour nous aider; non. Mais pournous empoigner les cheveux et nous tirer sur quelques mètresavant de nous tabasser à n'en plus finir. C'était "pour notre bien"disait-Il.Je me souviens des morceaux de charognes qu'Il nous balançait àla figure pour qu'ensuite nous nous battions, l'autre gosse et moi,jusqu'au sang. Et Il ricanait à un point tel que cela résonne encorelors des nuits sans lune. Et on Le suivait où qu'Il aille. Parcequ'on n'avait nulle part où aller et qu'Il nous donnait de quoimanger. Et il fallait bien avouer que la faim était plus forte que lapeur.Je me souviens des bagarres incessantes avec l'autre miochejusqu'à ce que celui-ci ne se relève plus du tout. J'ai pensé qu'ildormait et l'ai laissé se reposer. Et puis le soir même, je l'ai revuen Sa compagnie. Je ne l'ai pas tout de suite reconnu à cause dusang qui ruisselait sur tout son corps d'enfant. Il était en train del'éviscérer... Puis Il l'a mis à cuire sur le feu. J'étais tétanisé etavais du mal à comprendre jusqu'à ce que mes narines sententl'odeur de sa chair cuite. Un parfum qui réveilla ma faim. Unefaim douloureuse que je me devais de calmer.Je me souviens de chaque proie humaine que Lui et moi avonstraqué nuit et jour. Il nous arrivait de ne pas manger pendant dessemaines mais à chaque fois que nous faisions une victime, lafaim était rassasiée pour des jours. Il lui arrivait encore de mefrapper mais je n'étais plus un enfant et il se pouvait que je memette moi aussi à frapper.je me souviens de la nuit où nous nous sommes battus. Nousétions affamés et je crois qu'Il ne voulait pas que me frapper cesoir-là. Il fallait tenir bon sous peine de finir dans l'assiette del'autre. Alors j'ai donné des coups à n'en plus finir sans mesoucier de ceux que j'encaissais. Et puis lorsqu'enfin mes musclesne répondaient plus, j'ai compris qu'Il était mort depuis desheures. Alors... Je L'ai mangé.Maintenant, je me souviens de tout ce qu'Il m'a appris. Jecomprends pourquoi Il ne m'a pas dévoré tout de suite. Je connaisdésormais la raison pour laquelle Il m'a laissé le suivre partout etnulle part à la fois. Il est en moi, Il m'a créé, Il m'a forgé. Je suisLui depuis que j'ai mordu dans Sa chair...Tu vois petit, aujourd'hui c'est le moment de faire un choix. Soittu me laisses vivre et à la première occasion, je te tue et te bouffe; soit tu continues à t'acharner sur moi et tu deviendras le guerrieret le solitaire que je suis. Tu seras Moi.""Je choisis de manger..." *Schlack*

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