Face à la crise, les industries franciliennes n'ont pas ... - Ile-de-France

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Face à la crise, les industries franciliennes n'ont pas ... - Ile-de-France

2L’ACTUALITÉAVRIL-MAI 2012L’ACTUALITÉ02 Portrait de Marie-HélèneClin, ferronnière d’art.03 Des logementsmoins énergivores.04 Face à face :Jean-Paul Huchondialogue avecdeux Franciliens.05 Le sport pour tous,tous pour le handisport.05 Baromètredes Franciliens.DANS LE MONDE06 Le voyage solidairedes lycéens clichois.06 Chassé-croisé :Thomas Lo est partitravailler à Madagascar,Yousef Albater étudieà Cergy.LE DOSSIER07 L’INDUSTRIEFACE À LA CRISEL’Île-de-France n’a pasdit son dernier mot.09 Les énergiesrenouvelables, nouveaumoteur industriel.09 Trois questions à :Jean-Paul Planchou,vice-présidentde la Région.LES INITIATIVES10 La mémoire se construitdans une cité deNoisy-le-Grand.11 Le plaisir du théâtreest partagé par tousà Pantin.L’HISTOIRE12 La banlieue d’aprèsguerre vue par lesphotographeshumanistes.12 C’était le 2 mai 1935…L’Hôpital francomusulmanouvreses portes à Bobigny.LES SORTIES13 Nos rendez-vousculture et loisirs.13 Avec les Scènes rurales,le spectacleest dans le pré !LES TRIBUNES14 EXPRESSION DESGROUPES POLITIQUES.ALENTOURS16 Croisière spectaculaireà Gennevilliers.À VOUSLA PAROLE !© FLORENCE JOUBERT/PICTURETANKPORTRAIT À Viry-Châtillon, rien ne résiste à la déterminationde Marie-Hélène Clin, ni les métaux, ni les clichés.C’EST LE FER QU’ELLE PRÉFÈRE« La tôle est la matière quej’aime le plus ! Je me sens enharmonie avec elle, il fautla comprendre, être sympa etnégocier pour qu’elle se laissefaire… C’est vraiment un matériauvivant ! » Marie-HélèneClin a le métal dans la peau.Fascinée aussi par le feu, laforge, et par la transformationde la matière : comment unmatériau froid et dur peut-ildevenir si chaud et malléable ?Diplômée de la prestigieuseécole d’arts appliqués Boulleen 1995, elle crée des meubleset des objets de décoration enmétal dans son atelier de Viry-Châtillon (91). Avec une prédilectionpour une matièrequ’elle découvre chez son premieremployeur, un ferronnierde Drancy (93), la tôle. Entémoignent ses réalisations,disséminées dans sa petitemaison : table basse (« Ce queje fabrique le plus ! »), lampes,mais surtout ses « peintures »,des plaques deles traitéesavec des patines sur lesquelleselle inscrit de subtils dessinsau pochoir.À l’affût des tendancesCe qui inspire la jeune femmede 36 ans : joindre l’utile aubeau… « Je n’ai pas envie defaire de la rénovation de patrimoineancien, par exemple, oude la sculpture sur métal… C’estvraiment la création qui m’intéresse,mettre la technique auservice de l’esthétique d’un objet,surmonter des contraintes… »Elle traîne dans les expositionsd’art, lit les journaux de décorationà l’affût des tendances,se fixe des défis en observantcertains objets qui lui inspirentdes techniques… « Finalement,une nouvelle idée, on ne saitjamais comment elle arrive ! »Les Journées européennes desmétiers d’art, auxquelles elleCulture, économie, sport…La région est si dynamiquequ’il est parfois difficile desuivre son rythme et de secréer des contacts !VINCENT BIHET, COURBEVOIE (92)’’Marie-Hélène Clin,parée pour créermeubles et objets de décoration.vient cette année encore departiciper, en exposant sesœuvres chez un ami ferronnierde Vert-le-Grand (91), Marie-Hélène Clin les vit commeune belle occasion de faireconnaître son métier. « Malgréla crise et les budgets de plusen plus restreints pour tout lemonde, je sens souvent, chezles curieux et les visiteurs, ungrand respect pour les métiersd’art, une admiration pour nossavoir-faire… »© FLORENCE JOUBERT/PICTURETANKProvinciale d’origine,j’aurais apprécié un chezmoiplus confortable.Je supporterais mieuxle bruit, les transports…BLANCHE CASTILLE, PARIS (15’’E )© FLORENCE JOUBERT/PICTURETANKSi elle est consciente que sonmétier, au carrefour de la ferronnerie,de la métallerie etde la chaudronnerie, peutintriguer, la jeune femmebalaie en revanche le clichéqui porterait à s’étonner devoir une femme dans une professionmanuelle et physique.« Dans mon atelier de l’écoleBoulle, nous étions quatre fillespour un garçon à travailler lemétal ! J’ai la maîtrise poursurmonter les difficultés techniques,et je ne me suis jamaistrouvée limitée pour des questionsphysiques. Au pire, j’aibesoin d’un coup de main pourporter une pièce dans monatelier. En revanche, on me ditsouvent que mes réalisationssont très féminines… »Marie-Hélène Clin, indépendantedepuis ses débutsprofessionnels, trouve unéquilibre entre ses envies decréation et la nécessité defaire vivre son activité : elle aun temps fabriqué des soclesL’artisanat n’estjamais sinistré. Savoirfabriquer de belles chosessera toujours nécessaire.pour les œuvres des musées,et, aujourd’hui, elle fournit enobjets divers une boutique dedécoration parisienne. « Undébouché assuré pour montravail, c’est important…Sinon, je crée surtout pour desparticuliers qui me connaissentpar le bouche-à-oreille… »Malgré les difficultés, lajeune femme reste lucide surson statut d’artisan et sescontraintes : la solitude, lesrisques, les responsabilités…Convaincue d’être assez passionnéepour résister, Marie-Hélène Clin va de l’avant,innove, teste… Récemment,elle a travaillé sur un pro -totype de sapin de Noël enmétal. « Finalement, l’artisanatn’est jamais vraiment sinistré.Savoir fabriquer de belleschoses sera toujours nécessaire.Et la création est toujours tournéevers l’avenir ! »h www.steelclin.comMarie-Hélène ClinJULIE VÉDIEÎLE-DE-FRANCE AVRIL-MAI 2012 Nº 40


L’ACTUALITÉ3© FLORENCE JOUBERT/PICTURETANKJ’ai la chance de pouvoirtravailler là où j’habite, dansun cadre agréable et prèsd’infrastructures idéalespour ma famille !BLANDINE DIENE, CERGY (95)’’© FLORENCE JOUBERT/PICTURETANKArrivé du Sud il y a deux ans,je découvre l’Île-de-Francepeu à peu, mais j’ai encorebeaucoup à explorer, commela forêt de Fontainebleau.GRÉGORY ALVEROLA, CHOISY-LE-ROI (94)’’9378MONTREUILVERSAILLES91VIRY-CHÂTILLONMENNECYTEMPSFORTS© CAROLE BETHUELMARIE-ANTOINETTE,DE VERSAILLES À BERLIN !Avant de sortir le 21 mars, Les Adieuxà la reine de Benoît Jacquot a étéprojeté, en février, en ouverture de la62 e édition du prestigieux festival decinéma allemand, la Berlinale. Le film,qui raconte les derniers jours dela monarchie française, a été tournéen grande partie au château de Versaillesavec le soutien de la RégionÎle-de-France. À Berlin, il a fait forteimpression, notamment grâce à sesactrices : Diane Kruger, incarnantMarie-Antoinette, et Léa Seydoux,lumineuse dans le rôle de SidonieLaborde, liseuse de la reine.h www.idf-film.com (Dernières nouvelles)© ALAIN LE BACQUER/PICTURETANKBIBLIOTHÈQUE AU SALONAmbiance gourmande au Salon del’agriculture, qui s’est tenu à Paris du25 février au 4 mars. Au milieu desmeilleurs produits franciliens – briesde Meaux et de Melun, miels duGâtinais ou bières du Vexin –, desnourritures d’un autre genre étaientproposées : le Centre de valorisationet d’innovation agricole (Cervia) etle MOTif avaient confié au Comptoirdes mots (Paris 20 e ) le soin de créerune librairie éphémère, alimentée pardes éditeurs franciliens indépendants.Au menu, des ouvragesconsacrés à la cuisine et à la gastronomie,pour tous les goûts.h www.lemotif.fr, www.saveursparisidf.com© ALAIN LE BACQUER/PICTURETANKCHAUFFAGE Pour lutter contre la précarité énergétique,les travaux d’isolation se multiplient dans le parc social.DES LOGEMENTS MOINS ÉNERGIVORESSe chauffer, s’éclairer, avoir de l’eau chaude.Des besoins élémentaires... mais coûteux. En2006, on estimait que 7 % des ménages franciliensconsacraient plus de 10 % de leur budgetau chauffage, à l’eau et à l’électricité. Une situationqui s’explique par l’érosion du pouvoir d’achat,l’explosion du coût de l’énergie… et l’état du parcimmobilier francilien : selon l’Institut d’aménagementet d’urbanisme d’Île-de-France, plus de lamoitié des 400 000 logements collectifs alimentéspar le chauffage urbain ont été construits entre1949 et 1974, c’est-à-dire avant l’apparition de lapremière réglementation thermique. Cette précaritéénergétique peut conduire certains au surendettementou à la privation de chauffage, avec desconséquences évidentes pour la santé.FLORENCELEROUX,conseillère socialeà Essonne Habitat,gestionnairede logementssociaux.« Les charges énergétiquesaugmentent et pèsent dansles dépenses des ménages,d’autant que le parc socialaccueille des familles dites“fragiles”. Nous observonsune hausse des impayésde loyers et les demandesd’apurement des dettesportent sur une périodeplus longue. »© MARIE GENEL/PICTURETANKSAMUELVIARDOT,habitant dela résidenceBel-Air Nordà Montreuil (93).« Avant la réhabilitation,il y a eu des réunions,puis un vote des locataires.Cela nous a permis de nousfaire expliquer certaineschoses et de dire ce quin’allait pas. Pour une telledécision, c’est fondamentalque les gens soient aucourant et que leur avissoit pris en compte. »Face à cette réalité, la Région a modifié, en février2011, ses critères d’aide à la rénovation de logementssociaux, en exigeant plus de performance énergétique.Depuis, 1,6 million d’euros ont été débloquéspour rénover environ 700 logements à Fresnes (94),Mennecy (91), Paris... À Montreuil (93), les habitantsde la résidence Bel-Air Nord devraient voir leurscharges baisser d’environ 20 %, grâce au renforcementde l’isolation, à la révision des fenêtres, à lacréation d’un réseau d’eau chaude collectif ou à lapose de robinets thermostatiques. La Région agitaussi via des subventions à la construction et unsoutien aux associations agissant dans ce do maine.Une façon de lutter contre la précarité énergétiqueet le réchauffement climatique !STÉPHANIE COYEh www.infoenergie.org© JEAN-MARC ARMANI/PICTURETANKISABELLEMAGNIEN,chef de projetà Paris Habitat,gestionnairede logementssociaux.« La petite taille deslogements de la tour Bois-le-Prêtre (Paris 17 e ) imposaitune rénovation parl’extérieur. L’ajout de jardinsd’hiver, en créant une couched’isolation, a permis unebaisse de 50 % de laconsommation de chauffage.Ce projet innovant a reçu leprix de l’Équerre d’argent. »© CYRUS CORNUT/DOLCE VITA/PICTURETANKPRÈS DECHEZ VOUS(93)BONDYTous en chœur !La Région s’associeà la constructiond’un auditorium pourla maîtrise de Radio France.(92)COLOMBESAttention, travaux…Au Petit-Colombes,les places Victor-Baschet Louis-Aragon vont fairepeau neuve.(91)JUVISY-SUR-ORGEMoteur ! Connue poursa programmation trèseuropéenne et ses actionsd’éducation à l’image,la salle Agnès-Varda passeau numérique.(91)COMBS-LA-VILLECoup de jeune !Rénové, l’espaceRépublique, situé dansle quartier Les Brandons-Bel-Air, est désormaisdédié à la jeunesse.(94)VITRY-SUR-SEINEÀ l’abri. Deux des six coursde tennis du complexesportif Georges-Gosnatseront couverts avant l’été.(95)SANNOISAu chaud. Accueillant357 enfants, l’écoleGaston-Ramon va bénéfi cierd’une nouvelle isolationthermique.(78)FEUCHEROLLESRésurrection. Longtempsabandonnée, l’anciennegare du Tacot deviendraune boutique de produitsfermiers de la Plaine deVersailles et un restaurant.(77)FLAGYÀ table. Pour garder sonrestaurant, la commune,avec le soutien de la Région,va racheter le moulin duXIII e siècle qui l’abrite.(75)PARISÇa pousse. La crèche dela rue de la Cour-des-Noues,dans le 20 e arrondissement,s’agrandit. Ce qui luipermettra d’accueillir20 enfants de plus.© MARIE GENEL/PICTURETANKÎLE-DE-FRANCE AVRIL-MAI 2012 Nº 40


4L’ACTUALITÉFACE-À-FACEJEAN-PAUL HUCHONEN DIRECTDU CONSEILRÉGIONALLA MÉDIATION, VOIE À PRIVILÉGIERApaiser les conflits du quotidien grâce à un meilleurdialogue : née au début des années 1980, la médiationsociale est, malgré son efficacité, encore trop confidentielleen Île-de-France. La Région va donc développerla formation professionnelle de ceux quirem plissent cette mission, et renforcer son soutien auxassociations et aux bénévoles qui la font vivre. •HANNAHMARIZOTParis (8 e ).C’EST LANCÉUN PASSE NAVIGOSIGNÉ STARCKMontreuil, Blaise-Cendrars de Sevran etBlaise-Pascal de Villemomble (93) ;installation de serrures électroniquesau lycée Lavoisier de Porcheville (78)…VALENTINDUMONTBry-sur-Marne (94).« LUTTER CONTRE DES INÉGALITÉSGÉOGRAPHIQUES ET HISTORIQUES »Choisis par l’institut CSA, deux Franciliens – Hannah Marizot, responsablede magasin à Paris (8 e ), et Valentin Dumont, ingénieur système à Bry-sur-Marne (94) – ont rencontré Jean-Paul Huchon, président du conseil régional.Extraits de cet entretien.HANNAH MARIZOT : Beaucoup de Parisienstravaillent dans d’autres départementsd’Île-de-France. Cela génèredes frais de garde d’enfants, de transports.Quelles sont vos réponses ?JEAN-PAUL HUCHON : Notre mission,c’est de porter une vision globale surces sujets pour faciliter la vie quotidiennedes Franciliens. Par exempleen repensant notreréseau de transport, ouen encourageant laconstruction de logementssociaux à proximitédes gares, pouréviter le recours systématiqueà la voiture.Nous voulons aussi quetous les Franciliens puissentutiliser les transports en communau même prix. C’est le sens dupasse unique, prévu pour 2013.VALENTIN DUMONT : Pour éviter lesdéplacements, ne faudrait-il pasencourager plutôt le télétravail ?JEAN-PAUL HUCHON : La Région soutientla création d’espaces de travailpartagés, ce qu’on appelle le « coworking». Mais il faut aller plus loin : ilfaut repenser l’implantation deszones d’activité en Île-de-France,encourager le développement duNord et de l’Est parisiens. Inversercette tendance historique, corrigerces inégalités géographiques, ce n’estpas simple… Cela passe, par exemple,par un soutien à de nouveaux pôlesde recherche, à des universitéscomme celles de Cergy (95) et deMarne-la-Vallée (77), ou à la généralisationde l’Internet à haut débit.VALENTIN DUMONT : Ne trouvez-vouspas que notre pays souffre encore d’unmanque de culture de l’entreprise ?JEAN-PAUL HUCHON : Sans doute. C’estpourquoi la Région participe au Salondes entrepreneurs. Noussoutenons aussi l’Associationpour le droit àl’initiative économique(Adie), nous avons crééun fonds de transmissiondes entreprises, nousaccompagnons l’émergencede la « Net écono-Jean-Paul Huchonmie »… Cela commenceà se savoir, mais pas assez !HANNAH MARIZOT : Ma fille crée sonentreprise. Les procédures sont complexes,les interlocuteurs, nombreux…JEAN-PAUL HUCHON : C’est vrai. Etpour répondre à cette préoccupation,la Région vient de créer la plateformeParis Région Entreprises qui proposeraun service global et coordonnéaux PME-PMI. Le chef d’entreprisepourra ainsi bénéficier d’un accompagnementpersonnalisé, allant del’intégration d’une démarche designau développement numérique, enpassant par le parcours résidentiel,le lien avec les organismes derecherche, ou encore le développementà l’international.La Régionveut apporterun service globalaux PME-PMI.© MARIE GENEL/PICTURETANK© STIF/PHILIPPE STARCKArgenté et parme, voici le nouveau passeNavigo, créé bénévolement par le designerPhilippe Starck ! Présente actuellementdans six millions de sacs et depoches, la carte à puce qui simplifiel’accès aux transports franciliens publicsarborera ce nouveau look à partir du1 er janvier 2013. En prime, elle embarqueraune nouvelle puce qui permettrade nouveaux usages comme le rechargementde son passe via un téléphonede dernière génération…h www.stif.infoDES LYCÉES PLUS SÛRSOnze chantiers de sécurisation deslycées franciliens viennent d’être lancés :renforcement des clôtures ou grilles auxlycées André-Boulloche de Livry-Gargan(93) et Gourdou-Leseurre de Saint-Maurdes-Fossés(94) ; installation ou remplacementd’alarmes anti-intrusion auxlycées Diderot de Paris (19 e ), Ca mille-Claudel de Mantes-la-Ville, Man sart deSaint-Cyr-l’École (78), Condorcet deENCHIFFRES100 000apprentis : le capest franchi dans lesquelque 180 centresde formationd’Île-de-France !1 000ambassadeurs d’Autolib’officieront d’icià la fin de l’année.380 400salariés travaillent dansl’économie sociale etsolidaire en Île-de-France.© MORGAN FACHEUN CAMPUS À L’ÉCOUTEDE L’ENVIRONNEMENTFaciliter les collaborations entre chercheurstravaillant sur l’environnement,c’est l’objectif de la future Maison dessciences de l’environnement de l’universitéParis-Est - Créteil - Val-de-Marne.Les laboratoires du campus ayant pourspécialités les systèmes atmosphériques,l’eau, la ville et l’environnement ou encorela biodiversité et le fonctionnement dessols seront regroupés dans ce bâtimentà basse consommation de plus de2 700 m² à l’horizon 2014.FABRICANTS AGRO-ALIMENTAIRES, INNOVEZ !Le Centre régional de valorisation et d’innovationagricole et alimentaire (Cervia)lance la 3 e édition de son concours d’innovationalimentaire. Ouvert à toutes lesentreprises agricoles, artisanales et agroalimentairesproduisant en Île-de-France,il récompense des aliments à la fois bonset innovants. Quatre prix sont décernés :santé-nutrition-bien-être, art culinairegastronomie,prêt à manger-praticitédesignet produits fermiers. Date limitede dépôt des dossiers : le 30 avril.h www.saveursparisidf.comMOT POUR MOTENVIRONNEMENTLa terre outragée…mais récompensée« La catastrophe estinvisible, mais sesconséquences sur l’hommeexistent. C’est la perversitéde la tragédie. » Ce regardsur ce qu’on ne voit pastoujours, la réalisatrice Michale Boganim le portedans le film La Terre outragée. Son cadre : Pripiat,ville voisine de Tchernobyl et encore pleine devie… en ce printemps 1986. Cette fiction, en sallesdepuis le 28 mars, a remporté le Prix du public du29 e Festival international du film d’environnement.Le Grand Prix a, lui, été décerné au documentaireThe Pipe, de l’Irlandais Risteard Ó Domhnaill.h www.iledefrance.fr/festival-film-environnement/ÎLE-DE-FRANCE AVRIL-MAI 2012 Nº 40


L’ACTUALITÉ5AGENDAJUSQU’AU 5 AVRILLes ApprentiScènes.Portés par une trentainede metteurs en scène, prèsde 600 apprentis franciliensmontent sur les planches.Spectacles gratuits.Espace Pierre-Cardin,1, avenue Gabriel, Paris 8 e .DU 3 AU 5 AVRILSalon de la ville nouvelle.Le stand de la RégionÎle-de-France réunitdes experts de sesorganismes partenaires.Point fort : un espaceoù les élus accéderontà des cartes thématiques.Parc floral, Paris 12 e .LE 16 AVRILConférence « Designet électroménager : cesmachines qui nous fascinent ».Avec Anne Éveillard,journaliste, Alexandre Cocco,fondateur de La Revue dudesign, et Didier Knoll,architecte et designer.Lieu du design, 74, rue duFaubourg-Saint-Antoine, Paris12 e . Inscriptions : reservation@lelieududesign.comJUSQU’AU 29 AVRILExposition « Le sport européenà l’épreuve du nazisme ».Mémorial de la Shoah, 17, rueGeoffroy-l’Asnier, Paris 4 e .sport.memorialdelashoah.orgLA COURNEUVE 93777894 TORCY 77SAINT-QUENTIN-EN-YVELINESCRÉTEIL© VALENTINE VERMEIL/TEMPS MACHINE/PICTURETANKSOLIDARITÉ L’Île-de-France favorise la pratiquesportive des handicapés aussi.LE SPORT POUR TOUS,TOUS POUR LE HANDISPORTÀl’approche des jeux Paralympiquesde Londres, le Meetinginternational d’athlétisme handisportde Seine-Saint-Denis prometde créer l’événement, le 16 mai, auparc interdépartemental de Marville,à La Courneuve (93). Des délégationsde pays défavorisés comme Madagascar,le Burkina Faso et le Camerounsont même invitées plus tôt pourmieux s’y préparer. Cela avec une aidede la Région, dont l’engagement enfaveur du handisport ne s’arrête paslà : tout au long de l’année, elle soutientstages, formations d’encadrantset manifestations. Elle fi nance aussides équipements spécifiques : fin2011, par exemple, 155 000 euros ontété accordés au Comité Île-de-Francehandisport, à la Ligue régionaled’aviron et au Comité Île-de-Francede canoë-kayak. Autre enjeu, rendreaccessibles à tous les bases de pleinair et de loisirs régionales : plus deL’IMAGE600 000 euros ont récemment étédébloqués pour l’installation de sanitairesadaptés et d’équipements facilitantl’accès à la baignade et auxactivités nautiques à Draveil - Portaux-Cerises(91), Cergy-Pontoise (95)et Vaires-Torcy (77). Enfin, la Régionré serve aux personnes en situationde handicap une grande place dansles rangs de ses Ambassadeurs dusport, ces athlètes de haut niveau quisensibilisent les lycéens et apprentisaux valeurs de l’olympisme. Sur les88 champions qui portent ce titre,30 re lèvent ainsi du handisport, dontla sprinteuse malvoyante NanteninKeita (Entente athlétique de Saint-Quentin-en-Yvelines) et le tennismanen fauteuil Michaël Jeremiasz (Liguede Paris de tennis), tous deux mé -daillés d’or à Pékin. EMMANUEL SCHAFROTHh Le 16 mai, au parc de Marville,51, avenue Roger-Salengro, 93120 La Courneuve.http://handi93.com/VOYAGE EN ENFER En 2011, 512 lycéens et apprentis franciliens ont visitéle camp de concentration d’Auschwitz-Birkenau (Pologne). Ces voyages d’étudesont proposés, chaque année depuis 2000, par la Région et le Mémorial de la Shoah(voir aussi l’agenda ci-dessus). h www.memorialdelashoah.orgBAROMÈTRELa qualité des transportsen communÊtes-vous satisfait des transportsen commun en Île-de-France ?La qualité de l’environnementMalgré le déclin de l’industrie,notre baromètre révèle un attachementprofond des Francilienspour ce secteur dans leur région.Les personnes interrogées sontune large majorité (62 %) àjuger « importante » la placede l’in dustrie dans la région,cette opinion étant davantageex primée chez les plus jeunes(69 % des 18-24 ans). Néanmoins,le maintien et le développementdes industries sur le territoirefrancilien passent, pour beaucoup,par une meilleure priseen compte des enjeux sociauxC’EST VOTRE AVISÊtes-vous satisfait ou non de la qualitéde l’environnement en Île-de-France ?Le climat économiqueComment jugez-vous l’activitééconomique en Île-de-Franceen ce moment ?L’industrie francilienneComment qualifieriez-vous la placequ’occupe l’industrie en Île-de-France ?La conversion écologique et socialePour encourager le maintien del’industrie en Île-de-France et favoriserla création de nouveaux emplois,la prise en compte des enjeux sociauxet environnementaux est…L’INDUSTRIE, UN SECTEURTOUJOURS D’AVENIRTrès satisfait 11 %Assez satisfait 46 %Pas vraiment satisfait 19 %Pas du tout satisfait 13 %Ne se prononce pas 11 %Très satisfait 9 %Assez satisfait 53 %Pas vraiment satisfait 26 %Pas du tout satisfait 11 %Ne se prononce pas 1 %Très dynamique 7 %Assez dynamique 42 %Pas vraiment dynamique 34 %Pas du tout dynamique 13 %Ne se prononce pas 4 %Très importante 11 %Assez importante 51 %Pas vraiment importante 32 %Pas du tout importante 5 %Ne se prononce pas 1 %Incontournable 41 %Plutôt souhaitable 45 %Pénalisante 12 %Ne se prononce pas 2 %et environnementaux: 41 % dess o nd é s l a j u g e n t« incontournable »et 45 % « souhaitable», preuve d’un attachementà un tissu industriel certes historique,mais aujourd’hui contraintd’innover et de prendre en comptede nouvelles normes. Concernantles indicateurs barométriques,une amélioration notable de lasatisfaction à l’égard des transportsen commun se dégagenettement, avec 57 % de Francilienssatisfaits, soit 5 points deplus par rapport au mois dedécembre. Les autres indicateursrestent plutôt stables : 62 % (+ 2)des Franciliens jugent la qualitéde l’environnement satisfaisante,et 49 % (+ 1) trouvent que l’activitééconomique est« dynamique ». •BONUS WEBTous les résultats de notresondage sur l’industrie.www.iledefrance.fr/sondage-industrie/MAÏDER CHANGO-BEFFA,DIRECTRICE ASSOCIÉEDE L’INSTITUT VIAVOICESONDAGE RÉALISÉ PAR TÉLÉPHONE POUR « ÎLE-DE-FRANCE » ENTRE LE 14 ET LE 21 FÉVRIER 2012, SUR UN ÉCHANTILLONDE 1 006 PERSONNES, REPRÉSENTATIF DE LA POPULATION FRANCILIENNE ÂGÉE DE 18 ANS ET PLUS, SELON LA MÉTHODE DES QUOTAS.ÎLE-DE-FRANCE AVRIL-MAI 2012 Nº 40


6DANS LE MONDE© DRDÉVELOPPEMENT DURABLE Des élèves fontle plein d’énergie au Maroc.LE VOYAGE SOLIDAIREDES LYCÉENS CLICHOISCertains attendent le mois de maipour les week-ends prolongés,d’autres trépignent d’impatienceà l’idée de... travailler. Pour laquatrième année, une classe depremière professionnelle électrotechnique,énergie, équipementsc ommu n ic a nt s ( E L E E C ) d u l y c é epolyvalent Alfred-Nobel de Clichysous-Bois(93) se rendra du 30 avrilau 11 mai à Skoura, à 40 kilomètresde Ouarzazate, dans le sud marocain.Objectif pour les élèves : installerdes stations de pompagefonctionnant à l’énergie solaire pouralimenter en eau une école et undouar (village) isolé, et ainsi complétersix projets déjà mis en place parle lycée Alfred-Nobel.« Ce voyage leur permet de s’investirdans une situation réelle, concrète,explique Mounir Amouri, professeuren génie électrique. Mais, au-dedela validation des compétences, cetteaction vise surtout à valoriserles élèves, à leur montrerqu’ils sont capables de réaliserdes choses, de transmettre,de donner auxautres, tout en leur faisantrelativiser leur propresituation. » Un vrai moyende lutter contre le manqueMarocSkouraDepuis quatre ans, le lycée Alfred-Nobeléquipe le village de Skouraen stations de pompage.de confiance en soi. Tout comme levoyage que feront d’autres lycéensà Bremerhaven (Allemagne), à ladécouverte d’éoliennes offshore, cepériple marocain inculque à cesfuturs professionnels une vraieculture du développement durable,qui trouve son prolongement dansles enseignements…. et dans les travauxau sein même du lycée !Avec l’aide de l’EuropeEncadrés par l’association FrequenceSchool, les lycéens clichois viennentd’achever un reportage vidéo sur leséconomies d’énergie, grâce au programmeeuropéen C-Change. Uneréalisation qu’ils espèrent présenter àBruxelles s’ils sont sélectionnés. Et,sous l’égide de professionnels confirmés,ces futurs électrotechnicienspassent aux travaux pratiques à l’occasiondu renouvellement des luminairesque leur établissement mènedans le cadre du projet régional« Mon écolycée ». L’ambitionétant de dégagerdes économies substantiellesdans leur atelier…parce que la questionénergétique n’a pas defrontières. EMMANUEL SCHAFROTHh www.cchangeproject.org© DRLOIN DECHEZ VOUS(EUROPE)L’UNION FAIT LE TRIL’Observatoire régional desdéchets en Île-de-Francepilotera, pendant trois ans,le projet européen Regionsfor recycling, qui réunit13 partenaires autourdes performances derecyclage des déchetsmunicipaux. L’occasiond’étudier les initiativeslancées en Catalogne(Espagne), dansla province de Styrie(Autriche), dans la régiond’Ilfov (Roumanie)ou encore à Lisbonne(Portugal).h www.ordif.com(TURQUIE)SAVOIR-FAIREÀ NILÜFEREn vue de créer un parcde loisirs touristique etculturel, la ville de Nilüfer,en Turquie, s’est adresséeau Comité régional dutourisme d’Île-de-Franceet au Fonds mondialpour le développementdes villes. Le projet,qui mobilisera quelque70 millions d’euros,devrait voir le jouren 2014.h www.fmdv.net(MAROC)CAP SUR CASAUn an après les révolutionsarabes, la RégionÎle-de-France entendrenforcer son ancragede l’autre côté dela Méditerranée.Elle va nouer unpartenariat avec le GrandCasablanca, poumonéconomique du Maroc.(LIBAN)DE L’ESPÉRANCEÀ BEYROUTHAvec l’aide de la RégionÎle-de-France, le projetGraine d’espéranceprend racine à Beyrouth.Son objectif :développerl’enseignementprofessionnelélectrotechniquevia le renforcementdes liens entre lesentreprises et huit écolesde la capitale libanaise.© ALAIN LE BACQUER/PICTURETANK © PIERRE-YVES BABELONLE CHASSÉ-CROISÉDE PARIS ÀANTANANARIVO(MADAGASCAR)THOMAS LO24 ansUN URBANISTE TRÈS MOBILEFaire sa valise est presque une habitude pourThomas Lo. Né à Paris, le jeune homme a grandià Villetaneuse (93) puis dans l’Eure-et-Loir, avantde revenir dans la capitale. Ses séjours en Chine,d’où son père est originaire, lui ont donné le goûtdes voyages plus lointains, et son année à Singapour,durant ses études à Sciences Po, achèvera delui transmettre « le virus » de l’expatriation. Aprèsun master Stratégies territoriales et urbaines, iltravaille désormais à Madagascar pour l’Institutdes métiers de la ville, que la Région soutient dansle cadre de sa coopération décentralisée. D’abordstagiaire, puis volontaire pour deux ans, il « apporteun appui » à la mairie d’Antananarivo dans sa politiquede mobilité urbaine. Une coopération « auquotidien » et « égalitaire » qui lui convient bien. Lepays, « immense, aux paysages magnifiques », luiplaît aussi, d’autant que son côté métissé en faitun « point de rencontre entre l’Asie et l’Afrique ». Surquel continent ira-t-il ensuite ?h www.imvtana.orgDE DOHA(QATAR)À CERGY (95)YOUSEF ALBATER20 ansFASCINÉ PAR LA DIVERSITÉLorsque sa hiérarchie lui a proposé de venir enFrance « pour étudier la langue et approfondir [ses]compétences », Yousef Albater, élève-officier auQatar, a sauté sur l’occasion. Depuis la rentrée 2011,le jeune homme suit les cours de l’École supérieured’ingénieurs en génie électrique, productique etmanagement industriel (EPMI) de Cergy, au seind’une classe spécialisée accueillant une quinzained’autres étudiants qataris. Et il ne regrette pas sonchoix, même si « c’est difficile », à commencer parla langue française qu’il juge... « spéciale ». « Maisles cours sont très intéressants », souligne-t-il. Depuisson arrivée, le développement de l’économie et destransports le fascine, de même que la démocratie,la liberté ou la diversité de la population francilienne.« Je rencontre beaucoup de nationalités, desEuropéens, des Asiatiques... J’apprends beaucoupdes autres cultures ! », se réjouit-il. Avant d’ajouter :« Mon esprit s’est ouvert. Toute ma vie change. Elles’est extravertie ! »h www.epmi.frÎLE-DE-FRANCE AVRIL-MAI 2012 Nº 40


LE DOSSIER7© RAFAËL TRAPET/ALEPH/PICTURETANKMenacée de fermeture,l’imprimerie Hélio-Corbeil continue son activitésous la forme d’une société coopérative.LA DÉSINDUSTRIALISATION, UNE FATALITÉ ?DU SURSIS AU SURSAUTFace à la crise, l’industrie francilienne n’a pas dit son dernier mot. Mais,pour résister à la concurrence et conquérir de nouveaux marchés, lesentreprises doivent être mieux armées, plus solides… et plus innovantes.Les 80 salariés de l’imprimerie Hélio-Corbeilcommencent seulement à mesurer l’ampleurdu défi qu’ils viennent de relever. Etl’étendue des obstacles qu’il va leur falloirsurmonter… Menacé de liquidation pureet simple après le démantèlement du groupeCirclePrinters, leur outil industriel va finalementpoursuivre son histoire, au cœur de la ville deCorbeil-Essonnes (91). Le 6 février dernier, le tribunalde commerce de Meaux (77) a donné sonfeu vert à la création d’une société coopérativede production (Scop). Bruno Arasa a donc quittéses fonctions de délégué syndical pour devenir…président-directeur général. Il doit apprendre,vite, et faire face aux urgences : « On n’a plus decompta, pas de service d’achats, pas de numéro deKbis. Une Scop, ce n’est pas un délire d’anarchistes,ça reste une entreprise, avec ses contraintes et sesréalités. » Des préoccupations qui n’entament passa détermination. « Au début, tout le monde pensaitque c’était un coup de bluff, histoire de vendrechèrement notre peau, lâche-t-il. Mais on est toussur le pont, avec la volonté de durer. On est à bloc !Jamais la productivité n’a été aussi bonne ! Et toutesces épreuves nous ont forgés, elles nous ont permisd’affirmer notre projet de développement. »Mobilisation généraleAussi audacieux et résolus soient-ils, les travailleursd’Hélio-Corbeil ne sont pas seuls.Depuis octobre, l’Union régionale des sociétéscoopératives les conseille et les accompagne. Etd’autres partenaires ont choisi de les souteniractivement, comme la Région, via une avanceremboursable de 150 000 euros et une cogarantie,avec le fonds Oséo, de prêts bancaires pour unmontant de 700 000 euros. Une mobilisationexemplaire pour sauver une PME,mais aussi pour préserver une traditionindustrielle qui, ici, relève dupatrimoine tant culturel qu’architectural.Car, à Corbeil-Essonnes,BONUS WEBLes coopérativesen Île-de-France…www.iledefrance.fr/dossier-scop/comme dans beaucoup de communes franciliennes,l’industrie fait partie du paysage.Selon un sondage réalisé pour le journal Île-de-France*, 62 % des Franciliens considèrent que leurrégion reste une grande puissance industrielle.Et ils sont 69 % à avoir une bonne image desmétiers industriels. En revanche, seulement 23 %estiment que ce poids de l’industrie augmenteradans les années qui viennent, tandis que 34 %pensent qu’il diminuera. La désindustrialisations’installe peu à peu dans les esprits… Particulièrementexposée, la filière automobile francilienneprésente une situation contrastée, selon les dernierschiffres publiés par l’Insee. Certes, de 1999 à2008, le secteur a vu ses effectifs d’ingénieurs, decadres techniques et de personnels d’études enregistrerune hausse spectaculaire de 105 %. Mais,dans le même temps, le nombre de technicienset d’agents de maîtrise de la maintenance a fortementreculé, tout comme celui des ouvriers dela mécanique (voir aussi Repères, page 9). Bref,dans les usines franciliennes, onconçoit, on dessine, mais on construitde moins en moins. Ainsi un millionde véhicules sortaient de ces sites deproduction en 2004, contre à peineÎLE-DE-FRANCE AVRIL-MAI 2012 Nº 40


8LE DOSSIERplus de 660 000 en 2008. Et l’optimisme n’est pasde mise : début 2012, l’incertitude régnait quantau devenir du site PSA d’Aulnay-sous-Bois (93).En outre, l’ouverture d’une usine Renault à Tanger,au Maroc, rappelait que les stratégies desconstructeurs les propulsent souvent loin de leursfiefs historiques.Grossir… ou disparaîtreAutre secteur stratégique : l’aéronautique. À Sartrouville(78), l’entreprise Trochet, spécialiséedans la mécanique de haute précision, cherche àredécoller, après un sérieux trou d’air en 2009-2010, années noires pour l’économie mondiale.Mais présenter un carnet de commandes bienfourni ne suffit plus. « Tout est bloqué, les banquiersne prêtent plus, certains refusent même de nousrecevoir », constate amèrement Armand de Tarade,le P-DG de cette société qui emploie aujourd’hui17 personnes. « Sommes-nous face à une crisefinancière ? Une crise de confiance ? En tous cas,ce n’est pas une crise économique, car du travail,nous en avons ici. » Son entreprise prévoit deréaliser une unité d’assemblage, 11 personnesdevraient être recrutées. Lucide, il veut faire entrersa société dans une nouvelle dynamique dedéveloppement. « Naturellement, nos principauxdonneurs d’ordres sont toujours implantés en Îlede-France.Mais, en dix ans, notre aire de jeu achangé, ce n’est plus l’échelle régionale ou nationale,c’est la planète. Le changement a été radical, brutal.On nous demande d’accompagner des projets auMaroc, au Brésil, en Chine, au Kazakhstan. Si vousn’êtes pas en mesure deCRÉATIONDepuis La Sortie desusines Lumière, en 1895,le cinéma s’est souventintéressé à l’industrie.Or il en est lui-mêmeune, avec ses capitaines,ses petites mains,ses techniciens, seslaboratoires, mais aussises plans sociaux etses délocalisations. Carce secteur économiqueconnaît aujourd’hui unevéritable révolution,« Une crise économique ?Plutôt une crise de confiancecar du travail, nous en avons. »Armand de Tarade,P-DG de l’entreprise TrochetL’INDUSTRIE, C’EST AUSSI TOUT UN ART…l’arrivée du toutnumérique.La Régiona choisi d’accompagnercette mutation.Un engagement qui faitpartie d’une stratégieéconomique plus large :construire une vraiemétropole créative. De laconception des jeuxvidéo à celle de logiciels,de l’artisanat d’artà la photographie,de l’architecture àsuivre, vous disparaissez ! »Alors, pour rester dans lacourse et ne pas subir,Armand de Tarade veut fairede sa PME un véritable centrede compétences technologiques.Il multiplie les passerelles,s’investit dans les réseaux, participeactivement au pôle de compétitivité ASTech. Pourêtre au rendez-vous, Trochet doit atteindre, au plusvite, cette dimension critique qui lui ouvrira denouveaux horizons : « Nos clients veulent avoir enface d’eux des entreprises capables de les accompagnerdans leur stratégie internationale. »Accompagnement sur mesureFaire des PME franciliennes des entreprises detaille intermédiaire mieux armées face à la concurrence…En créant, en mars dernier, la plateformeParis Région Entreprises, la Région Île-de-Franceveut être le moteur de cette reconquête. Pour cela,elle a « invité » quatre de ses organismes partenaires(l’Agence régionale de développement,le Centre franciliende l’innovation, le Lieudu design et l’Agence régionaledu numérique) à coordonnerleurs moyens auservice des PME. Leur « bouquetde services sur mesure »la publicité, de la modeà l’édition, la créationemploie plusde 360 000 personnesen Île-de-France, dont250 000 salariés. Danscet univers où industrieset services se côtoient,Paris et les Hauts-de-Seine font figurede locomotive. Maisle Nord-Est parisien etla Seine-Saint-Denisbénéficient fortementaussi de cettedynamique qui permetà l’Île-de-France derivaliser avec les autresgrands pôles mondiauxdes industries créativescomme Londres,New York, Tokyo,Los Angeles ou Berlin.h À lire : Les Industries créativesen Île-de-France, étude publiéepar l’Institut d’aménagementet d’urbanisme d’Île-de-Franceen mars 2010. www.iaurif.orgenglobe l’exportation, l’écoconception, l’innovationresponsable, le développement numérique ou ledesign. À l’Agence régionale de développement,Denis Tersen attend de cette plateforme qu’ellevienne « briser l’isolement du chef d’entreprise ».Une nécessité absolue pour « inventer un nouveaumonde industriel et engager la transformation écologiqueet sociale de l’économie ». Au Lieu du design,autre partenaire de ce rassemblement, StéphaneSimon, directeur opérationnel, précise : « Les entreprisesindustrielles ont intégré qu’il fallait différencierleurs produits par le design, mais ces produits doiventpartir à la conquête de nouveaux marchés, notammentà l’international. » Chaque année, quelque150 PME devraient bénéficier de cette force deconseil et de soutien stratégique. Un levier pourpermettre à l’industrie francilienne d’engager lesursaut indispensable à sa survie.DOSSIER RÉALISÉ PAR PIERRE CHAPDELAINE* Sondage sur la place de l’industrie en Île-de-France, effectué parl’institut Viavoice, du 14 au 21 février 2012, sur un échantillon de1 006 personnes, représentatif de la population francilienne de18 ans et plus. À retrouver en intégralité sur www.iledefrance.frÀ Sartrouville,l’entreprise Trochetse heurte à la frilositédes banquiers.© STEPHAN ZAUBITZER/PICTURETANKStéphane Simon au Lieu du design,organisme partenaire de la nouvelleplateforme Paris Région Entreprises.© JEAN-MARC ARMANI/PICTURETANKÎLE-DE-FRANCE AVRIL-MAI 2012 Nº 40


LE DOSSIER9© FLORENCE JOUBERT/PICTURETANKÀSourdun (77), la centrale solaires’étale sur une dizaine d’hectares.À elle seule, elle est ca -pable de produire l’équivalent de laconsommation en électricité de2 000 foyers. Un bémol toutefois àl’heure du « made in France » : si saconception par la société Sunnco abien eu lieu dans un bureau d’étudesd’Argenteuil (95), les trois quarts deses 18 744 panneaux viennent, eux…de Chine. Depuis 2008, ce pays assureplus de la moitié de la productionphotovoltaïque mondiale et vend despanneaux 30 % moins chers que l’Allemagne,autre leader du marché.Sans espoir pour l’Île-de-France ?Non. À l’Institut régional d’aménagementet d’urbanisme, Thierry Petitest convaincu que les énergies renouvelablespourraient être un levierdu renouveau industriel francilien.« Cette filière, il faut la penser à l’échelleeuropéenne, voire mondiale », insistet-il,considérant que les entreprisesont une carte à jouer dans le développementdes panneaux de 2 e et 3 e générations.De Bezons (95) à Massy (91),Créée en 2011 à Sourdun,la plus grande centralephotovoltaïque d’Île-de-Francepeut fournir 4,5 mégawatts.FILIÈRE Les énergies renouvelablestentent de se faire une place au soleil.UN NOUVEAU MOTEURINDUSTRIELles acteurs capables de briller dansce secteur sont nombreux. Et desfilons restent à explorer, tels lestockage de cette énergie ou encorel’intégration optimale des panneauxau bâti. Avec 400 km² de toitures etun patrimoine architectural qu’iln’est pas question de défigurer, l’Îlede-Francea donc plus d’un atout.Le souffle de l’éolienLe solaire n’est pas la seule énergierenouvelable à pointer son nez dansla région. Plus de 110 établissementsgravitent autour de l’éolien, dont14 cons tructeurs, 2 four nisseurs demâts, 6 fournisseurs de générateurs,et une dizaine de bu reaux d’études.Tous prospèrent grâce à des savoirfairedéveloppés par des centres dere cherche dans les matériaux composites,la mécanique des fluides, legénie électrique, l’électrotechnique,etc. Mieux encore : l’éolien pourraitoffrir de nouveaux débouchés à lamécanique, l’automobile et l’aéronautique.Des secteurs en quête, eux,d’un second souffle.REPÈRES100 000emplois industriels ont étédétruits sur le territroirefrancilien en 10 ans(Insee, décembre 2011).L’Île-de-France reste toutefoisla première région industriellefrançaise, devant Rhône-Alpes.9 %c’est l’augmentation desemplois dans l’industrieautomobile en Île-de-Franceentre 1999 et 2008,malgré la baisse du nombrede techniciens dansla maintenance (– 53 %)et d’ouvriers qualifiésde la mécanique (– 45 %).49 %des produits fabriqués enÎle-de-France sont destinésà l’exportation dans un paysde l’Union européenne.26 %des personnes travaillant dansl’industrie en Île-de-Franceont plus de 50 ans. C’est 3 ansde plus que dans les autressecteurs économiques.8pôles de compétitivité existentdans la région. Leur mission :renforcer les passerelles entreles entreprises, la rechercheet les organismesde formation.66 %des Franciliens considèrentque les aides publiquesaccordées aux entreprisesne sont pas assez contrôlées.ENSAVOIR +• Plus de reportages etnotre sondage sur l’avenirde l’industrie en Île-de-France : www.iledefrance.fr• Pour voir la situation detous les secteurs industrielsdans la région : http://industrie-iledefrance.org• Retrouvez les études del’Institut d’aménagement etd’urbanisme d’Île-de-Francesur les industries liées auxénergies renouvelables, à lacréation… : www.iau-idf.fr• Téléchargez les actes ducolloque « Quelle ambitionpour l’industrie en Îlede-France? » sur www.cesiledefrance.fr(Actualités)• Pour des informationssur les coopérativesen Île-de-France :www.les-scop-idf.coopTROIS QUESTIONS À...JEAN-PAUL PLANCHOUVice-président chargé du développement économique, de l’emploi,des NTIC, du tourisme, de l’innovation et de l’économie sociale et solidaire« POUR UNE NOUVELLEFORCE INDUSTRIELLE »L’Île-de-France peut-elle rester une grande régionindustrielle ?JEAN-PAUL PLANCHOU : Il n’y a pas de fatalité. Biensûr, notre région a été et est confrontée à un reculde l’industrie. L’hémorragie a été très violente, ellea touché tous les secteurs, tous les territoires, ellese traduit par la disparition de savoir-faire. Et, malgrécela, nous restons une économie régionaleindustrielle, la première du pays : 470 000 emploissont liés à l’industrie dans notre région ! Pourconstruire une nouvelle force industrielle à l’échellede l’Île-de-France, nous avons réalisé un diagnosticsérieux et lucide, identifié nos points forts, nosfaiblesses. En particulier, nous savons que nousdevons soutenir davantage les PME-PMI. C’estl’objet de nos aides à l’innovation, mais aussi denos avances remboursables, de notre système degarantie bancaire via Oséo, ou encore de PM’up,un dispositif combinant accompagnement surmesure, conseils et aides financières.Mais l’Île-de-France n’est-elle pas confrontée à unproblème de coûts par rapport à ses concurrents ?JEAN-PAUL PLANCHOU : Ce n’est pas là l’essentiel.Le nœud du problème, c’est la qualité de nos produitset leur valeur ajoutée qui n’est pas suffisanteface à nos concurrents. Comment peut-on faire ensorte qu’il y ait une montée en gamme au niveaude la qualité ? C’est la clé pour créer des emploisqualifiés et durables, notamment dans l’automobile.C’est tout le sens de l’action du conseil régional.L’économie sociale et solidaire peut-elle devenir unemarque de fabrique de l’industrie francilienne ?JEAN-PAUL PLANCHOU : C’est un modèle. D’ailleurs,les coopératives ont plutôt bien résisté à la criseque nous traversons. Parce qu’elles prennent enconsidération l’environnement humain et social,et que le mode de détention du capital les préservedes taux prédateurs de l’actionnariat contemporain.C’est pour cela que la Région veut encouragerle développement des structures de l’économiesociale et solidaire. Un exemple : nous voulonsrenforcer l’accès des PME à la commande publique,et, dans ce cadre, une place leur sera spécialementréservée.© SERGE PICARD/AGENCE VUÎLE-DE-FRANCE AVRIL-MAI 2012 Nº 40


10LES INITIATIVESACTIONSMOBILITÉÀ PARIS, EN VÉLO… ÉLECTRIQUEAprès les commerçants, les réparateurs et les artisans,au tour des livreurs et coursiers ainsi que desprofessionnels des soins à domicile d’être aidéspour acquérir un vélo électrique ! Depuis 2009, laMairie de Paris prend en charge 25 % du prixd’achat de ce moyen de transport innovant pour lesparticuliers et certains professionnels. Résultat :plus de 4 000 vélos déjà achetés en deux ans.h www.paris.fr (rubrique Paris pratique, puisDéplacements, puis Vélos)© DRCITOYENNETÉLA DIVERSITÉ CULTURELLEDANS LES ASSIETTESLes saveurs rapprochent les cultures ! Le projet« Le Goût des autres », lancé par le collectif Fusionde Villiers-le-Bel (95), veut jeter des passerellesentre les habitants du territoire (95 et 93), de toutesorigines, grâce au partage des traditions culinaireset alimentaires. Au menu : collecte de photographieset de paroles pour documenter les goûtsd’hier et d’ailleurs, préparation et consommationd’aliments, exposition sur les itinéraires du goût,organisation d’un buffet dégustation…ENVIRONNEMENTDU BON USAGEDU PAPIERRéduire la consommationde papier dans les administrations,généraliserle recyclage : l’objectiffi gure dans le Grenellede l’environnement. Pouren vérifier l’application,les associations Riposteverte et WWF ont passéen revue la politique papier de 50 grandes institutionset administrations publiques françaises.Avec une note de 71,7 sur 100, la Région Île-de-France arrive en deuxième position de ce classement,après le ministère des Affaires étrangèreset européennes. Parmi les bons élèves qui décrochentla moyenne, on retrouve les régions Centre,Aquitaine, Rhône-Alpes, Franche-Comté, Midi-Pyrénées, Poitou-Charentes, les villes de Paris etde Strasbourg, Pôle Emploi et le ministère de laCulture et de la Communication.h www.riposteverte.comSANTÉÀ L’ÉCOUTE DES TROUBLESDU COMPORTEMENT ALIMENTAIREEntre 150 000 et 300 000 adolescents franciliensseraient touchés par des troubles du comportementalimentaire (TCA) comme l’anorexie mentaleou la boulimie. Une permanence téléphonique pourles soutenir, les conseiller et les orienter vers desspécialistes a été créée, avec le soutien de laRégion, par l’association Réseau TCA francilien,basée à l’hôpital Raymond-Poincaré de Garches(92). Le service est assuré depuis le 19 mars parles associations le mardi de 19h à 21h et le vendredide 16h à 18h, par des psychologues le lundide 16h à 18h, et par des médecins le jeudi de 16hà 18h. 0810 037 037 (prix d’un appel local).h www.reseautca-idf.orgC’est au Château de France qu’est né en1957 ATD Quart Monde. Le père Joseph Wresinskiavait fondé le mouvement dans cequartier de Noisy-le-Grand (93), avec les famillesdu bidonville installé sur une friche appartenantà Emmaüs. En 1970, deux immeubles et des petitspavillons remplacent le bidonville. Depuis, cette« Cité rose » est devenue presque insalubre, et elleest désormais promise à la démolition. « Quandle panneau indiquant le permis de démolir a étéposé en novembre, c’est enfin devenu concret auxyeux des habitants », explique Évelyne Riou, présidented’ATD Quart Monde Noisy-le-Grand, quigère le centre d’hébergement et de promotion familialeaccueillant une partie des habitants de la cité.Mais c’est aussi un sujet d’inquiétude pour cesfamilles ayant connu l’errance d’hôtel en hôtel.Notamment pour les plus jeunes, à l’imaginationfertile. « Un enfant croyait par exemple qu’on allaitdémolir les logements avec les gens dedans », sesouvient Évelyne Riou.Photos de famille, mais aussi fresques et théâtrepermettent aux habitants de se projeter dans l’avenirsans oublier le passé.TÉMOIGNAGES À Noisy-le-Grand, la démolitionde la Cité rose alimente un travail collectif et créatif.MÉMOIRE EN CONSTRUCTIONRêves de plages ensoleilléesÀ l’été 2011, les actions du centre qui jouxte la cités’orientent donc vers la thématique du déménagement,les enfants étant amenés à confectionnerlivres et panneaux qui racontent leurs bons et mauvaissouvenirs, ou leurs craintes : une opportunitépour appeler les parents à verbaliser à leur tourleur anxiété, à se raconter. Leur mémoire collectiveet leurs espoirs serviront de base à la pièce 116 Histoiresdu Château de France, à l’écriture de laquelles’attelle l’écrivaine Mélanie Grisvard. « Décor, costumes,tout est fabriqué avec les habitants, préciseFrançoise Vernevaut, membre de l’équipe d’animationd’ATD Quart Monde Noisy-le-Grand. Letexte mêlera passé, présent et futur pour permettreaux familles de s’inscrire dans une histoire. »La première phase de la démolition, prévue cet été,concerne les pavillons, murés au fur et à mesureque les habitants les quittent. Mais, avec l’aide deEN SAVOIRPLUS• Du 22au 24 juin,le Châteaude Franceaccueilleraun festival(musique,photo, vidéo,théâtre...) avecla participationdes habitants.• Le 17 octobre,lors de laJournéemondialedu refus dela misère,sera présentéela pièce116 Histoiresdu Châteaude France.Jacqueline Page, peintre et volontaired’ATD Quart Monde, fresqueset panneaux peints par les habitantsviennent recouvrir la grisaille duparpaing, laissant place à des rêvesde plages ensoleillées, de fleurs oud’oiseaux. À cela s’ajoutent un projetqui prendra la forme d’un livremêlant photos des familles et textesrecueillis auprès d’elles, et un festivalprévu en juin pour associer tousles habitants du quartier. Au coind’une rue, la chapelle érigée par lepère Wresinski veille sur la perpétuationde son héritage. À l’époquedu bidonville, il avait introduit lelivre, le théâtre ou la peinture. Parcequ’il avait la même conviction queFrançoise Vernevaut aujourd’hui :« La culture élève l’homme. »EMMANUEL SCHAFROTH© CYRUS CORNUT/DOLCE VITA/PICTURETANKÎLE-DE-FRANCE AVRIL-MAI 2012 Nº 40


LES INITIATIVES11VU SURLE WEBTOUTES LES LIGNESEN LIGNEQuels transportsen commun emprunterpour ses déplacementsen Île-de-France ?Vianavigo.com trouve,en quelques clics, la solutionsur les réseaux Optile,RATP et SNCF. Créé parle Stif, ce nouveau sitepropose aussi les horaireset plans de l’ensembledes lignes de train,RER, métro, tramway,T Zen, bus et car.h www.vianavigo.comDE L’AIR…L’Observatoire régionalde la santé vient© DRC’EST BIENTÔTde publier une enquête trèsdétaillée sur la pollutionde l’air intérieuret sa perceptionpar les Franciliens.Un baromètre qui permetaussi de passer en revueles bonnes pratiques.h www.ors-idf.orgRIPOSTE ORCHESTRÉEAprès l’annonce d’unebaisse de la subvention del’État en octobre, l’Orchestrenational d’Île-de-France alancé une pétition en ligne.Cofi nancée par la Régionet l’État, cette formationsymphonique rassemble95 musiciens permanentset parcourt le territoirefrancilien, donnant80 concerts par an horsde Paris. La mobilisationne faiblit pas !h www.orchestre-ile.com/petitionLA NUIT VERTEDES AGRICULTEURSCULTURE Guy Benisty dirige le Githec,une association qui ne recule devant rien pourpartager le plaisir de la scène avec tout Pantin.LE THÉÂTRE À LA FOLIEMonter une pièce avec des patients d’hôpitalpsychiatrique, des habitants des citéset des comédiens professionnels : unefolie ? Non, un projet très sérieux sur la folie, menépar Guy Benisty, créateur et directeur artistiquedu Groupe d’intervention théâtrale et cinématographique(Githec). La vocation de cette associationimplantée depuis 1993 aux Courtilles, à Pantin (93) :réaliser des spectacles avec et pour un public éloignédu théâtre.Pour Guy Benisty, en effet, le théâtre ne peut pasexister que dans des lieux autorisés. Sa place est aucœur de la cité… et des cités. « Au Githec, nous ne faisonspas du théâtre à des fins d’insertion sociale, nousfai sons du théâtre, point », souligne ce passionné. Ettant mieux si cela facilite l’in sertion : l’associations’est vu décerner à ce titre le prix « Mieux-vivreensemble » lors des Étoiles des quartiers 2012,une manifestation à travers laquelle la Régiondistingue les initiatives les plus originalesdans les territoires urbains défavorisés.Le nouveau projet du Githec vient de démarreravec des ateliers réunissantamateurs, patients et soignants,membres de l’association Champlibre de l’hôpital de jour de Clichy-Montfermeil (93). Fidèle à son habitude,Guy Benisty écrira, au fil desséances et des interactions entre lescomédiens, une pièce permettant dedonner un rôle à chacun. L’auteur imaginedéjà un spectacle « en deux temps,avec une première soirée dans un théâtreet la deuxième au sein de l’hôpital ».Les 12 fédérations agricoles du Nord Bassin parisien*s’unissent pour organiser le 13 avril, à Paris,la première Nuit verte. Objectif : sensibiliser legrand public aux enjeux liés à l’eau, en montrant combienles agriculteurs sont attachés à la protection decette ressource essentielle. Du Trocadéro au pontd’Iéna, 12 escales qui seront autant d’oasis, une pardépartement, proposeront des animations pédagogiques,des projections géantes sur des monumentscomme le palais de Chaillot, des dégustations de spécialitésdes terroirs, une croisière sur la Seine, desbars à eaux, des jeux, une ferme… Tandis que lesfédérations de Seine-et-Marne et d’Île-de-FranceOuest traiteront la thématique de l’eau potable, leCentre régional de valorisation et d’innovationagricole et alimentaire (Cervia) communiquera surla marque régionale Saveurs Paris-Île-de-France.Quant aux élèves de BTS Espaces verts du lycéeagricole Bougainville de Brie-Comte-Robert (77), ilsseront à l’honneur à travers une oasis qu’ils ont euxmêmesconçue et qui valorisera l’activité agricoledu territoire francilien.* Aisne, Aube, Eure, Eure-et-Loir, Île-de-France Ouest,Marne, Nord, Oise, Pas-de-Calais, Seine-et-Marne,Seine-Maritime et Somme.h Le 13 avril, de 18h à 2h. Jardins du Trocadéro,quais de Seine et pont d’Iéna à Paris (16 e ).Infos : www.lanuitverte.com© JEAN-LIONEL DIAS/LE CARTON/PICTURETANKIl fautêtre inventif,courageux,et aller cherchersoi-mêmeles spectateurset habitantsdes quartiers.Vaudeville à domicileTravailler avec des patients n’est pasune première pour lui. Il l’a déjà fait en2002-2003. « On mélange une exclusionavec une autre, le gamin des quartiersavec le “fou”. Ce qui permet à chacunde réfléchir à sa place dans la société. »C’est cela, le théâtre version Githec :la rencontre des interprètes, despublics et des genres. Par mi ses créationsrécentes, des soirées cabaret avec,sur scène, 80 artistes amateurs des Courtilleset leurs familles, une adaptation du DomJuan de Molière, un « vaudeville à domicile »joué dans un appartement d’une cité, et unepièce de deux heures sur les croisades.Comme ces productions, le projet, en cours,sur la folie s’inscrit dans la vie des quartiersde Pantin, et ses deux maîtres-mots serontparticipation et rencontre avec le public. Avec,selon Guy Benisty, toujours cette même recettepour replacer le théâtre au cœur de la cité : « Êtreinventif, courageux et aller chercher soi-mêmeles spectateurs et habitants des quartiers. »h www.githec.comCAROLINE BOUDETÎLE-DE-FRANCE AVRIL-MAI 2012 Nº 40


12L’HISTOIREC’ÉTAITLE 2 MAI 1935…L’Hôpital franco-musulman, devenudepuis l’hôpital Avicenne, ouvre sesportes à Bobigny. Il est alors destinéà accueillir des malades maghrébinsuniquement.© ROBERT DOISNEAU/RAPHOPlacer l’homme au cœur de la photo, posersur lui et sur son milieu un regard bienveillant,et guetter l’instant de grâce… « lecœur dans les yeux », selon le poète Philippe Soupault,ainsi travaillaient les photographes humanistesRobert Doisneau, Henri Cartier-Bresson,Willy Ronis, Sabine Weiss, Édouard Boubat,Brassaï ou Izis.Après la Seconde Guerre mondiale, qui brise temporairementl’essor, entamé dans les années 1930,de la photographie dans la presse, ces artistesvont im poser leur vision dans les magazines françaiset internationaux, mais aussi dans l’édition,la publicité… Ils se revendiquent ainsi « photographespolygraphes » : quel que soit le support,ils offrent à leur sujet un miroir fraternel, indulgentet respectueux, avec des images à la lumièreet à la composition volontairement épurées. Laréouverture de l’agence Rapho sera déterminantepour le mouvement. Leurs représentations descafés, des bals populaires ou des petits Parisiensont fait le tour du monde, contribuant largementLe 21 juin 1947 à Gentilly,Robert Doisneau immortaliseLes 20 ans de Josette(la jeune femme occupe la troisièmeplace dans la farandole).NOSTALGIE D’Ivry à Aubervilliers, les photographes humanistesont raconté la vie aux abords de Paris, « le cœur dans les yeux »…REGARDS SANS CLICHÉSSUR LA BANLIEUEà créer l’image d’un Paris d’après-guerre pittoresqueet optimiste. Mais ces magnifiques photosque sont Le Baiser de l’Hôtel de Ville de Doisneauou L’Enfant à la baguette de pain de Willy Ronisne sauraient résumer l’œuvre de ces photographes: ils ont également illustré les difficultésd’une époque.Bidonvilles et terrains vaguesHenri Cartier-Bresson, fondateur de l’agenceMagnum et globe-trotter infatigable, photographiaitainsi les manifestations de 1934. Doisneauaimait, lui, immortaliser le quotidien des Françaisd’après-guerre, dans les rues de Gentilly (94) oùil avait grandi. Les bidonvilles d’Ivry-sur-Seine(94), la vie simple des banlieusards ou les enfantsjouant dans les terrains vagues lui offriront certainesde ses plus belles images.Plus de soixante ans après, ces photos réalisteset poétiques trouvent étonnamment un étrangeécho dans l’Île-de-France d’aujourd’hui…JULIE VÉDIEEN SAVOIRPLUS• ExpositionDoisneau, Parisles Hallesjusqu’au28 avril.Mairie de Paris,29, ruede Rivoli,75004 Paris.Tél. :01 42 76 51 53.• ExpositionLa Photographiehumaniste 1945-1968 sur le siteInternet de laBibliothèquenationale deFrance : http://expositions.bnf.fr/humaniste/index.htmLa création de l’Hôpital francomusulmande Bobigny (93)illustre bien les préoccupationsde la France coloniale de l’époque.Elle veut à la fois soigner les immigrésd’Afrique du Nord (plus de50 000 travailleurs en 1920), qui enont grand besoin, et mettre à l’écartces malades « indigènes ». L’initiativesert même la propagandeco loniale qui y voit une « faveur »accordée aux patients musulmans.Un poste de police rebaptisé « bu -reau des entrées », installé à la portede l’hôpital, permet aussi de lescontrôler. À l’époque, l’ouverture du« Franco » fait consensus. Du personnelarabophone est embauchéet spécialement formé, les coutumesalimentaires et religieuses despatients sont respectées. Le lieudevient finalement laïc en 1962,quand il est rattaché à l’Assistancepublique-Hôpitaux de Paris.En 1978, l’hôpital est rebaptisé Avicenne,en arabe Ibn Sinâ, en hommageau grand médecin philosopheperse. S’il a gardé sa superbe architecturenéomauresque, l’esprit colonialqui régnait à sa création adisparu. Rénové et en partie inscritau titre des monuments historiquesen 2006, l’hôpital, rattaché à lafaculté dedecine de Bobigny,répond aux besoins de la populationlocale, prônant l’« esprit Avicenne » :une médecine solidaire, humaineet équitable.JULIE VÉDIEDATES CLÉS1932Henri Cartier-Bressonphotographie L’Enfant à lacasquette à Aubervilliers.1946Réouverture de l’agence Rapho.1949Robert Doisneau publie l’albumLa Banlieue de Paris, avec destextes de Blaise Cendrars.1950Le magazine américain Lifepublie Le Baiser de l’Hôtel deVille de Robert Doisneau.2003Ouverture de la FondationHenri-Cartier-Bresson à Paris.En 2010, une exposition y estconsacrée aux photos debanlieue de Robert Doisneau.2006Exposition La Photographiehumaniste 1945-1968 à laBibliothèque nationale de France.D’inspiration orientale,l’Hôpital franco-musulmana été conçupar les architectes Léon Azémaet Maurice Mantout.© ARCHIVES DE L’AP-HPÎLE-DE-FRANCE AVRIL-MAI 2012 Nº 40


LES SORTIES13PRÈS DECHEZ VOUS(Nature)LA FÊTE DE LA NATUREMieux connaître la faune,la flore et les rochesde l’Île-de-France maisaussi les astres qui lasurplombent, c’est ceque propose la grandecélébration annuellede Dame Nature. Parmiles 150 manifestationsgratuites au programmede la 6 e édition, unedécouverte des oiseauxdu parc des Sévines, àGennevilliers (92), le 10 mai,une balade commentéedans la forêt du Bois-Gautierà Avon (77) le 12 mai, etune observation des bordsde Marne à Créteil (94)les 12 et 13 mai.h Du 9 au 13 mai.Dans toute l’Île-de-France.www.fetedelanature.comLES IRISIADES,« ARTISTES AU JARDIN »Pour sa 4 e édition, la fêtedes fleurs, des planteset des arts du châteaud’Auvers-sur-Oise (95)invite petits et grands às’émerveiller devant dessculptures de verdureet à faire « fructifier »leur imaginationà travers animationset ateliers inédits.h Les 26 et 27 mai.Château d’Auvers, rue deLéry, 95430 Auvers-sur-Oise.Tél. : 01 34 48 48 48.www.chateau-auvers.frDANS LES YVELINESAVEC L’AEVL’Agence régionaledes espaces verts proposeune quinzaine de sortiesnature dans les Yvelinesau printemps : rallye enfamille à la recherche desmammifères forestiers dansla forêt de Rosny-sur-Seinele 28 avril, balade dansla forêt de Verneuil-sur-Seine avec des ânesle 5 mai, découverte del’agriculture, de l’eau etde la biodiversité à la fermede La Haye le 12 mai…h Tout le programme :www.aev-iledefrance.frPLANTES, PLAISIRS,PASSIONSLe grand rendez-vousannuel des amateursde jardin et collectionneurs© FÊTE DE LA NATUREde plantes au châteaude La Roche-Guyon (95)entame une célébration descouleurs : le blanc en 2012,avant le rouge et le noir en2013 et le bleu et le jauneen 2014.h Les 5 et 6 mai.Château de La Roche-Guyon,1, rue de l’Audience,95780 La Roche-Guyon.Tél. : 01 34 79 74 42. www.chateaudelarocheguyon.fr(Musique)FERTÉ JAZZLe nouvel événement jazz deLa Ferté-sous-Jouarre (77)propose une quinzaine deconcerts avec des artistesreconnus et des talentsémergents. L’occasiond’entendre par exempleMarcus Miller, Sharon JonesAnd The Dap-Kings, AuroreQuartet, ainsi que ThomasEnhco et Didier Lockwooden duo.h Les 18, 19 et 20 mai.77260 La Ferté-sous-Jouarre.http://fertejazz.comLES ENFANTS DU FOLKLa ferme du Coulevrainaccueille une journéede concerts et de balsrevisitant le répertoire desmusiques folk françaiseset d’ailleurs. Parrain decette 4 e édition : le groupeauvergnat Trio DCA.h Le 19 mai.Ferme du Coulevrain, placeGeorges-Henri-Rivière,77176 Savigny-le-Temple.Tél. : 01 64 10 55 10.www.lesenfantsdufolk.comAUBERCAILLe festival qui s’est faitune spécialité de la chansonsous toutes ses formesrend hommage, lorsde sa 6 e édition, à AllainLeprest, décédé en 2011.Les traditionnelles« Prémices », événementsculturels de proximitéavec des conférenceset des rencontres,débutent dès le 11 avril.h Du 22 au 26 mai.Espace Fraternité,10-12, rue Madeleine-Vionnet,93300 Aubervilliers.Tél. : 09 66 90 75 95.www.aubercail.fr(Spectacle vivant)FESTIVALDE L’IMAGINAIREPour sa 16 e édition,la grande scène qui s’ouvreaux peuples et civilisationsdu monde contemporain© DRpartage avec le publicl’étonnante richessedes fêtes, jeux, rituelset spectacles de l’Inde,du Cap-Vert, du Pérou,de l’Albanie, du Maroc…h Jusqu’au 17 juin.Dans plusieurs lieux à Paris.Tél. : 01 45 44 72 30. www.festivaldelimaginaire.com(Danse)RENCONTRESCHORÉGRAPHIQUESINTERNATIONALESDE SEINE-SAINT-DENISUne vingtaine dechorégraphes présententleur regard sur le monded’aujourd’hui… Tempsforts : les créationsd’Emmanuelle Huynh,Perrine Valli et JulieDossavi, celles dePaul-André Fortieret de Tânia Carvalho…h Du 4 mai au 2 juin.Dans plusieurs villes deSeine-Saint-Denis (Bobigny,Pantin, Épinay-sur-Seine,Bagnolet, Montreuil…).Tél. : 01 55 82 08 08. www.rencontreschoregraphiques.com(Cinéma)L’ENFANT ET LE 7 E ART© RENCONTRES CHORÉGRAPHIQUES/NG© AUX 4 COINS DE L’ENFANCEInvitation à découvrirle quotidien très différentd’enfants du monde entierà travers une sélection defictions, de films d’animationet de documentaires.Parmi ceux-ci, toutparticulièrement à l’honneurcette année, La Traverséedu Zanskar de FrederickMarx, et Les Enfantshéritiers d’EugenioPolgovsky.h Jusqu’au 15 mai.Dans plusieurs cinémas deSeine-et-Marne (Chelles,Lésigny, Fontainebleau,Meaux, Nemours…),des Yvelines (Le Chesnay etVersailles) et de l’Essonne(Boussy-Saint-Antoine,Draveil et Étampes).Tél. : 01 60 65 70 50.www.enfant7art.org© SOMOGY ÉDITIONS D’ARTCULTURE ITINÉRANTE De l’Ourcq au Gâtinais, lesScènes rurales font reculer les déserts culturels.LE SPECTACLEEST DANS LE PRÉ !La salle des fêtes de Villiers-sur-Seinese transforme en théâtre,le temps d’une soirée,pour un conte musical.Des communes qui s’associentpour proposer des spectaclesitinérants dans toute la Seineet-Marne…Depuis 17 ans, de septembreà juin, les Scènes ruralespromènent leurs plateaux en zonerurale, là où l’offre culturelle est rare.Une Scène rurale, ce sont quatrecommunes au minimum qui sontprêtes à accueillir une saison d’aumoins quatre spectacles. Aujourd’hui,le dispositif compte 13 de ces scènes.Soit 15 cantons, 80 communes et5 communautés de communesbé néficiant d’une saison culturelle.Théâtre, musique, danse, marionnettes…En 2011, 6 200 spectateursont applaudi à des spectacles variéset de qualité, donnant une place auxauteurs contemporains. Les ScènesÀ L’AFFICHErurales, qui proposent cette saison16 spectacles et quelque 60 représentations,doivent se plier auxcontraintes techniques des salles desfêtes. « Cette année par exemple, nousn’avons pas pu programmer de danse,car les surfaces de nos salles ne correspondaientpas à nos choix artistiques »,explique Anne-Cécile Hue, d’Act’art,l’association culturelle du conseilgénéral de Seine-et-Marne. En margedes Scènes rurales, ateliers et rencontresentre habitants et artistes sontorganisés grâce à l’appui, notamment,d’un réseau de 200 abonnés. Desactions culturelles qui deviendrontbientôt systématiques.JULIE VÉDIEh Renseignements et réservations :01 64 83 03 30 – www.actart77.comROMAINVILLE D’HIERET DE DEMAINCommune agricole, lieu de villégiature puis villeindustrielle, Romainville (93) recèle un patrimoine pleinde surprises. De l’installation des Ségur au XVIII e siècleà l’arrivée de l’usine Roussel-Uclaf en 1911, en passantpar l’aménagement des carrières de gypse à la findu XIX e siècle, elle n’a cessé d’évoluer. L’ouvrage,réalisé par le service Patrimoines et Inventaire dela Région, raconte ses rues, ses églises, ses écoles,sa cité ouvrière… Il présente aussi la villede demain : la couverture de l’autoroute A3, la basede loisirs régionale de la Corniche des Forts…h Romainville, Seine-Saint-Denis, collection Parcoursdu patrimoine, Somogy éditions d’art.© MARIE GENEL/PICTURETANKÎLE-DE-FRANCE AVRIL-MAI 2012 Nº 40


14LES TRIBUNES POLITIQUES© NATHALIE MOHADJER/LE BAR FLORÉAL© OLIVIER PASQUIERS/LE BAR FLORÉALGROUPE SOCIALISTE ET APPARENTÉSLA VOLONTÉ POLITIQUE,CONDITION DU RENOUVEAU INDUSTRIELPS ET APP /60 membresGUILLAUMEBALASLe spectre d’une Francedevenue un musée pourriches touristes, telle queMichel Houellebecq l’imaginedans son dernierroman, n’est pas une fa -talité. La désindustrialisationfrappe durement laFrance et sa région capitalen’est pas épargnée. La crise,la mondialisation et laconcurrence des pays à bassalaires n’expliquent pastout. Croire que la solution réside dans la baissedes revenus du travail, c’est commettre uneerreur fondamentale, et c’est en définitive serésigner au déclin des conditionsde vie pour une majoritéde Français.Les causes sont multiples etcomplexes. La France n’aide pasassez ses petites et moyennesentreprises mais cède auxcaprices de ses stars du CAC 40,qui délocalisent et ne créentpresque plus d’emploi, qui paient moins d’impôtet écrasent souvent leurs sous-traitants.Les responsabilités politiques sont diluéesentre différents niveaux, du local au mondial,de la mairie à l’Organisation mondiale du commerceen passant par la Région, l’État et l’Unioneuropéenne. Notre groupe politique à la RégionÎle-de-France est engagé dans le combat pourle redressement de l’industrie sur son territoire,mais il subit des réalités implacables : la mauvaisegestion du pays depuis maintenant dixans et l’incapacité des États européens à définirune stratégie industrielle commune.Face à une situation en apparence désespérée,deux options politiques prédominent. L’une,portée par l’actuel gouvernement, consiste en« La politiquepeut et doit agirsur l’économie ;elle n’est pas autoriséeà abdiquer. »des discours volontaristes censés masquer uneprofonde résignation. Des déplacements dansdes usines menacées de fermeture, des promessessans lendemain, puis une redditionsans concessions aux exigences allemandesd’austérité sans croissance, voilàl’exercice du pouvoir en place.Pourtant, la France et, en son sein, l’Île-de-France regorgent d’atouts, des forces à partirdesquelles notre Région dessine un autre cheminpour l’avenir.La nouvelle stratégie économique régionalea été adoptée en septembre 2011. Elle se fixecomme premier objectif la réindustrialisationdans le cadre de la conversion écologique etsociale de l’économie. L’apprentissage et laformation professionnelle, fermentsde la qualité industrielle,s’orientent vers les « métiersverts ». Les reprises d’entreprisesen coopératives sont aidées pardes dispositifs ad hoc. La Régioninvestit dans les projets industrielsinnovants et écologiquesdes petites et moyennes entreprisesalors que les banques rechignent àprêter.À terme, la fiscalité nationale pourrait privilégierles entreprises qui produisent et investissentau lieu de rémunérer leurs actionnaires ;on peut espérer voir le photovoltaïque et l’éoliendevenir des filières, non pas abandonnées,mais accompagnées. L’Union européenne ellemêmepourrait changer d’orientation si laFrance changeait son cap.La politique peut et doit agir sur l’économie ;elle n’est pas autorisée à abdiquer. La RégionÎle-de-France, au plus près du terrain, a commencéle travail !h Contact : presse@psidf.com, www.psidf.comFRONT DE GAUCHE – PARTI COMMUNISTE, GAUCHE UNITAIRE ET ALTERNATIVE CITOYENNEUNE POLITIQUE INDUSTRIELLE AMBITIEUSEFACE AUX ENJEUX ÉCOLOGIQUES ET SOCIAUXLe tissu industriel francilien a beaucoup souffert, ces dernières années, desstratégies spéculatives, de profit à court terme et de délocalisation des grandsgroupes industriels. Des pans entiers de l’économie régionale sont aujourd’huisacrifiés par ces logiques catastrophiques pour l’emploi, la formation et laqualité de vie des Francilien-ne-s.Il faut pour l’Île-de-France une véritable ambition industrielle, passant par larelocalisation et la réindustrialisation, notamment avec le renforcement desPME-PMI, leur encouragement à la création et à l’innovation, mais aussi uneFdG / 14 membresGABRIELMASSOUpolitique de formation centrée sur l’émancipation et l’accès aux savoirs. C’estainsi que nous répondrons aux enjeuxde conversion écologique et sociale denotre économie, pour un développementplus solidaire et durable des territoireh www.frontdegauche-pcfguac-idf.org« Une ambition industrielle passantpar la relocalisation et laréindustrialisation, le renforcementdes PME-PMI et la formation. »EUROPE ÉCOLOGIE – LES VERTSNON À UN SYSTÈMEUNIVERSITAIREÀ DEUX VITESSES !EELV / 50 membresTRIBUNECOLLECTIVEL’État a rendu publics leslauréats des projets Initiativesd’Excellence (Idex). Huitsuperuniversités françaisessont censées voir le jour surle modèle des universitésaméricaines et anglaises,pour rivaliser avec lesmeilleures et faire bonnefigure dans les classementsinternationaux.Le projet d’« Université ParisSaclay », le plus cher au présidentde la République sortant, sera le plus coûteux.À coups de milliards d’euros, il annonce l’urbanisationdu plateau de Saclay. Sur une dizainede kilomètres, des laboratoires de recherche etdes entreprises doivent s’installer entre Gif-sur-Yvette et Palaiseau ; des bâtiments universitaires,des logements, des cafés restaurants et de nouveauxaxes de circulation pour des dizaines demilliers de personnes doivent sortir de terre.Même s’il s’en défend, ceprojet aboutira à la destructiond’excellentesterres agricoles. Cetteartificialisation sans finde la nature, ce grignotageperpétuel d’espacesnaturels s’accomplissent« Plusieursuniversités risquentla relégation endeuxième, voire entroisième division. »au prix de la perte de réserves vivrières essentiellespour l’alimentation future des habitants.Pendant que quelques-uns se voient promettredes milliards, les autres tirent le diable parla queue. De grandes universités qui accueillentquotidiennement des dizaines de milliers dejeunes Franciliens, Paris 8 (Saint-Denis),Paris 10 (Nanterre), Paris-Est (Créteil et Marnela-Vallée),Évry, Cergy, restent à l’écart de l’excellenceproclamée et risquent la relégation endeuxième, voire en troisième division. Avec lesIdex, nous avons en réalité la quintessence mêmedu système d’enseignement supérieur et derecherche tel que le conçoit la droite qui nousgouverne encore : déstructurer la recherchepublique sous couvert d’« excellence » en livrantl’innovation au secteur privé ; imposer aux universités,via une soi-disant « autonomie », deslogiques comptables de court terme qui mènentle plus souvent à l’austérité.Il est urgent de changer de cap. L’Université et laRecherche doivent se concentrer sur leurs missionsretrouvées : créer et transmettre les savoirsau bénéfice du plus grand nombre. Les écologistesrefusent que la jeunesse francilienne soit l’otaged’un système universitaire à deux vitesses. Ilsdéfendent un véritable service public de l’enseignementsupérieur, qui assure un juste maillagedu territoire entre lesles de rang internationalet un réseau universitaire de proximité accessibleà tous.h Tél. : 01 53 85 69 45. Contact : eelv@iledefrance.frÎLE-DE-FRANCE AVRIL-MAI 2012 Nº 40


LES TRIBUNES POLITIQUES15MOUVEMENT RÉPUBLICAIN ET CITOYENRER : L’URGENCE© DRMRC / 5 membresDANIELGUÉRIN© DRPARTI RADICAL DE GAUCHEET MOUVEMENT UNITAIRE PROGRESSISTEUNE AUTONOMIE DE FAÇADEPRG-MUP /6 membresLAURENTDUMONDUne profonde modernisation du réseaude transports en commun est engagéed’ici à 2020. C’est bien. Mais les usagersdes RER ne peuvent attendre encore dixans une amélioration de leurs conditionsde transports. Nousavons donc exigé unplan d’urgence àtrès court terme. Surnotre interpellation,le président de laRégion a confirméun programme derénovation du réseau qui va mobiliser, à court terme, 730 millionsd’euros. Tous les RER seront, eux, neufs ou rénovés d’icià 2016. Un espoir, enfin, pour les usagers ! h www.mrc-idf.frDémocratisation de l’enseignementsupérieur, construction de logementsétudiants, la Région agit concrètementen faveur des conditions de vie desétudiants. Elle semobilise aussi« L’autonomiepour soutenir l’investissementdesdes universitésa précédé ununiversités, compétencerelevantdésengagementmassif de l’État. »pourtant de l’État.La Région prendainsi la mesure des difficultés budgétairesrencontrées par les universités, leur autonomie ayantprécédé un désengagement massif de l’État. La Région sedoit de protéger avec la communauté universitaire unatout essentiel du développement de son territoire.h Tél. : 01 53 85 69 46. www.prg-mup-idf.frFRONT DE GAUCHE ET ALTERNATIFSNOUVELLE VICTOIREFdG ET A /5 membresTRIBUNECOLLECTIVEGrâce à l’action de notre groupe, les élèvesdes lycées municipaux parisiensbénéficieront – enfin – des mêmes aidesque les autres (gratuité des manuelsscolaires, aides sociales, Pass’contraception, etc.). Jusqu’alors, ceslycéens scolarisés dans le public n’avaientpas droit aux dispositifs facultatifs de laRégion, contrairement à ceux des lycéesprivés ! La bataille pour le service publicd’éducation est loin d’être terminée,mais la fin de ce régimed’exception inique est unencouragement pour que cesse la mise enconcurrence scolaire en faveur du privé. h www.frontdegauche-alters.fr« Les usagers nepeuvent attendreencore dix ansune améliorationdes RER. »« De nouveauxdroits pourles lycéens. »MAJORITÉ PRÉSIDENTIELLELA GAUCHE PRÉFÈRESON TRAIN DE VIE À L’EMPLOI !MP /53 membresTRIBUNECOLLECTIVEDans son rapport annuel,la Cour des comptes, présidéepar l’ancien députésocialiste Didier Migaud,a rappelé la nécessité deréduire le déficit public.Côté État, pour la premièrefois depuis 1945,les dépenses baissent.Grâce aux réformes en -gagées, le déficit 2011 aété moins élevé queprévu. Encouragementsupplémentaire à poursuivre dans cette voie,l’assainissement des comptes publics n’a pasnui à la croissance qui a été supérieure à laprévision des analystes.ALLIANCE RÉPUBLICAINE, ÉCOLOGISTE ET SOCIALEUN IMPÉRATIF : SE MOBILISERPOUR L’ÉCONOMIE FRANCILIENNE !ARES /13 membresTRIBUNECOLLECTIVE« La dépense la pluschoquante, c’estl’acquisition, par lamajorité de gauche,d’un troisième hôtelparticulier, à prèsde 20 millionsd’euros. »L’Île-de-France, en tant que grande métropole, est un acteur économiquede premier rang.C’est à la Région qu’il revient de renforcer le potentiel productif denotre territoire. Par le soutien à l’innovation, le développement économiqueet l’apprentissage, comme la mise en œuvre, à notre initiative,d’un médiateur de la formation professionnelle.La crise que nous traversons ne fait que renforcer cette responsabilité.Nous regrettons la baisse, dans le budget régional 2012, des dotationsd’investissement pour l’accompagnementdes mutations économiques et écologiques. Ilsemble que la Région n’ait pas mis en œuvreune véritable mobilisation en faveur de l’économiede nos territoires. Nous le déplorons.h www.ares-idf.frCôté Région… c’est tout l’inverse :augmentation des dépenses defonctionnement (+ 3,1 % en 2012)et recrutements à tour de bras :185 postes depuis 2010 et deseffectifs du siège multipliés pardeux depuis 2002, hors transfertsde compétences. Était-il vraimentnécessaire de recruter cinqnouveaux collaborateurs pourles présidents de commission ou, depuis2003, de multiplier par trois les effectifs duservice international (qui n’est pas une compétencede la Région…) ?La dépense la plus choquante, c’est l’acquisition,par la majorité de gauche, d’un troisièmehôtel particulier historique, à près de20 millions d’euros, dans le quartier le pluscher de Paris. La gauche, qui, soi-disant,défend les mal-logés, n’hésite pas à s’acheter1 800 m 2 pour loger 15 vice-présidents et leurscollaborateurs (plus de 35 m 2 par personnelà où l’État se limite à 14 m 2 par agent) ; l’achatabsorbe plus de 80 % des nouveaux investissementsde la Région en 2012 et les deuxtiers du budget régional pour la constructionde logements très sociaux.Concentrée sur son confort, la majorité ré -gionale en oublie sa mission première entemps de crise : la lutte pour l’emploi.C’est la Région de France qui dépense lemoins pour l’action économique (moins de5 % du budget, deux fois moins que l’Aquitaine).Première région automobile deFrance, elle a toujours refusé de lancer unplan de relance de la filière. Sa stratégie économiqueest si indigente que, fait rare, ellea été dénoncée par tous les partenairessociaux. En 2014, si son plan PME est réellementappliqué, elle ne consacrera que 1,9 %de son budget au développementdes PME qui concentrent 80 %de l’emploi francilien.Côté formation, le bilan est aussisombre. 10 % des chômeurssont sans formation et 75 % desdemandes de formation ne sontpas satisfaites. Et pourtant,depuis 2007, la part de la formationprofessionnelle et del’apprentissage a reculé dans lebudget régional (de 16 à 13 %). Traductionconcrète : à Clichy-Montfermeil, la Régionn’a mobilisé que 5 % des financements prévuspour lutter contre le chômage.Vos élus du groupe MP sont à vos côtés pourdénoncer ce gaspillage de l’argent public.Depuis des mois, nous faisons des propositionsconcrètes pour que la Région réduiseson train de vie (ex. : déménagement du siègeen périphérie de Paris) et se concentre enfinsur les vrais sujets : l’emploi, la formation,les transports.h Tél. : 01 53 85 68 05. www.ump-iledefrance.fr« C’est à la Régionqu’il revientde renforcerle potentiel productifde notre territoire. »ÎLE-DE-FRANCE AVRIL-MAI 2012 Nº 40


16ALENTOURSSPECTACULAIRE À Gennevilliers, le plus grand port d’Île-de-Franceest un lieu fascinant qui s’ouvre de plus en plus aux visiteurs…CROISIÈRE PARMI LES CONTAINERS92GENNEVILLIERSCARNETDE ROUTEY ALLER• Autoroutes A15 et A86,sortie Gennevilliers Port• Le bus du port, ligne538, qui relie les gares deGennevilliers et du Stade,et dessert 26 arrêts dansla zone portuairePlus d’infos :www.ville-gennevilliers.fr/decouvrir-la-ville/transports/bus-du-port/• RER C, gare deGennevilliers RER, puisbus 238 et 276• Métro ligne 13, arrêtGabriel-Péri, puis bus235, 238 et 276• Transilien, ligne J, garedu Stade, puis bus 235En activité depuis les années 1930,le port est un espace essentiel,mais discret et… poétique.Des grues, des tas de sable, des silos àgrains, des piles de containers multicoloresressemblant à des briquesde Lego géantes, et le ballet incessant desengins en tout genre… Sur le port de Gennevilliers(92), on perçoit toute la poésiequi se dégage des grands sites industriels.Avec ses 400 hectares, ses 12 kilomètresde quais, son transit annuel de 20 millionsde tonnes de marchandises (dont 3,4 millionsvia la Seine), ce port, en activitédepuis les années 1930, est bien le premierd’Île-de-France. Mais, depuis quelquetemps, c’est aussi un lieu de découverte.Et les curieux sont de plus en plus nombreuxà vouloir participer aux croisièrespédagogiques proposées par Ports deParis. Initialement destinées aux riverains,elles attirent scolaires, retraités etétudiants en logistique-transport desHauts-de-Seine principalement, maisaussi de toute la région.« Ça me fait toujours un peu mal au cœurd’entendre un jeune Gennevillois me direqu’il ignorait l’existence du port », regretteÉtienne Dereu, le directeur du site. « Leport, tout le monde le voit, et personne nele connaît, cet espace curieux au milieu dela ville, à la fois discret et essentiel pour lacommune et l’Île-de-France. En l’ouvrantau public, on veut faire découvrir nosmétiers, et les 270 entreprises qui emploientici plus de 8 000 personnes. » Face au succès,Ports de Paris a augmenté le rythmedes croisières, et compte en organiser, d’icià 2013, pour les scolaires spécialement.Une véritable villeLogistique, bâtiment et travaux publics,environnement et produits valorisables,agroalimentaire, automobile, produitsénergétiques et métallurgie : le port deGennevilliers regroupe des activités trèsdiversifiées. Et son rôle est stratégiquepour l’Île-de-France. « Ce port est un filtre,entre tout ce qui arrive du monde entierpar la mer, via le Havre et Rouen, et la distributionlocale pour le reste de l’Île-de-France », explique Bruno de Baecque, leguide qui anime avec passion ces croisièresindustrielles, « Gennevilliers est uncarrefour incontournable si l’on veut réduirele trafic routier et augmenter le transportfluvial. Il faut faire prendre conscience auxgens de cette nécessité ! » Et répéter auxvisiteurs ce chiffre éloquent : 5 000 tonnessur un bateau, ce sont 250 camions de20 tonnes en moins sur les routes…Le port est une ville, avec des bassins pourrues (darse n°1, les containers ; darse n°2,les silos à blé des Grands Moulins de Paris ;darse n°6, les cuves à pétrole…) et sescodes : containers rangés par piles dedeux s’ils sont pleins,ou de cinq s’ils sontvides. Bientôt, cettecité se laissera égalementdécouvrir àpied et à vélo, avecl’aménagementd’une trame vertede 2,5 kilomètres.De quoi soulignerencore mieux lapoésie de ce lieuinsolite, de plus enplus en vogue.JULIE VÉDIE© ÉMILE LOREAUX/PICTURETANKCROISIÈRES-DÉCOUVERTESProchaines dates : jeudi12 avril, mercredi 9 etmercredi 23 mai,vendredi 15 et vendredi29 juin. Embarquementau restaurant LeDébarcadère, darse n°2,à 14h30. Durée : 1h30.Tarif : 5 euros. Inscriptionobligatoire : croisieres.portuaires@paris-ports.frINFOSwww.paris-ports.fr ;www.communauteportuairegennevilliers.frCONTACTBruno de Baecque,guide indépendant :www.vusouscetangle.netPlus de 8 000 personnestravaillent sur le site.© ÉMILE LOREAUX/PICTURETANKÎle-de-France, journal bimestriel du conseil régional, 35, bd des Invalides, 75007 Paris. Tél. : 01 53 85 53 85 journalidf@iledefrance.frDirecteur de la publication : Jean-Paul Huchon. Directeur de la publication délégué : Xavier Crouan. Comité éditorial : Jean-Michel Thornary, Xavier Crouan, Maxime des Gayets, Pierre Chapdelaine.Rédacteur en chef : Pierre Chapdelaine. Secrétariat de rédaction : Didier Fil. Rédactrice-reporter : Julie Védie. Ont collaboré à ce numéro : Caroline Boudet ; Agence Galilée : Stéphanie Coye,Emmanuel Schafroth ; Isabelle Le Louët. Couverture : Rafaël Trapet/Aleph/Picturetank. Conception : Rampazzo et Associés. Réalisation : Scoop communication. Impression : Île-de-France est éditéà 4 448 840 exemplaires sur papier recyclé 57 g. par Lenglet Imprimeurs. ISSN : 1779-4331. Dépôt légal à parution.ÎLE-DE-FRANCE AVRIL-MAI 2012 Nº 40

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