ann d'alcantara au chevet des groupes de parents d'ados

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ann d'alcantara au chevet des groupes de parents d'ados

SOUTENIR LA PARENTALITÉANN D’ALCANTARA AU CHEVETDES GROUPES DE PARENTS D'ADOS6Les groupes de parents sont uneréponse à ce besoin de solidarité.Voici près de vingt ans que vousaccompagnez de telles initiatives.Comment sont-elles nées ?Par rapport à la question des groupes deparents, j'ai fait toute la gamme.Une initiative de mamansCertains parents partent de cettesimple prise de conscience d'êtredémuni face à l'adolescence etsouhaitent comprendre quelle est leurplace, comment ils peuvent êtreadéquats. Pour en discuter avecd'autres parents, un groupe se réunit.J'ai ainsi été interpellée par une mamanqui avait organisé un tel groupe. Cesmamans se posaient toute une série dequestions et souhaitaient être accompagnéesd'un tiers. En tant queprofessionnelle de l'adolescence, ellesm'ont demandé d'animer leur groupe.Elles ont appris à construire de lasolidarité dans leur propre génération, àpratiquer le non-jugement tout enassumant une place responsabled'adulte. Elles ont dépassé la rivalité etréalisé qu'elles n'étaient pas toutesseules. Elles ont appris à fonctionnerpour elles-même dans un monde où onpeut penser autrement que les autressans être mauvais. Ce groupe a donnénaissance à une groupe de pères, tantles mères étaient désireuse de fairepartager aux pères de leurs enfantsl'expérience sans rompre l'intimité deleurs rencontres entre femmes.Les Cahiers de Prospective Jeunesse - N° 44 - Septembre 2007La question de la différence, ladifférenciation est une questionmajeure du travail psychique àl'adolescence. Beaucoup de parents ontdu mal à supporter l'idée qu'un autreparent pourrait penser autrement etdire des choses différentes. Apprendreà réaliser qu'un ado doit se construiresa propre idée et qu'il ne peut le faireque s'il rencontre des adultes quipensent différemment, sans pourautant se dénigrer les uns les autres estl'un des apports de ces rencontres.Ces apprentissages étaient probablementen grande partie assumés par laculture autrefois. Ils doivent aujourd'huise construire à nouveau pourchaque génération. Dans un mondeimmuable, il n'était pas nécessaire dereconstruire ces savoirs ; les parentspouvaient simplement hériter de,s'approprier et réutiliser et puistransmettre ceux de leurs parents. Cefonctionnement là n'est plus possible.Un réaménagement est nécessaire decinq ans en cinq ans dans le champculturel. C'est un travail psychiquedifficile à réaliser pour les parents.Les ateliers parentsJ'ai aussi travaillé avec des ateliersparents. Ils sont annoncés, par exemple,à partir d'un service de santé mentale.Les participants y viennent parce qu'ilsont des difficultés ou simplement pouraborder des thèmes comme l'argent depoche, la sexualité dans un espace où ilssavent qu'il y a un psychologue d'adolescents.


SOUTENIR LA PARENTALITÉLorsque nous sommes intervenus ainsiavec des personnes envoyées parl'école, le pms, des psychologues, desagents de quartier,… nous demandionsun engagement pour un minimum dequatre séances ce qui donne un groupeouvert où des parents entrent etsortent en cours de route.Le “groupe parents” du centrethérapeutiqueIl y a mille et une façon d'organiser desgroupes. Ici au Centre thérapeutiquepour adolescents, j'ai mis en place un“groupe parents”. Comme centrethérapeutique pour ados, on a toujourseu un partenariat thérapeutique avecles parents par rapport à leursdifficultés avec leurs ados. Le grouperassemble tous les parents des jeunes.Ils se rencontrent, parlent et unedynamique spécifique comparable àcelle du groupe des ados est née.Parler entre eux les fait énormémentavancer. Ils se disent des choses les unsaux autres que nous, l'équipe, nepouvons pas leur dire. En entendantd'autres qui sont parfois trèsdifférents dans leurs manières depenser et d'agir, ils se rendent comptedes leurs. Cela leur apporte plus quetous les discours et tous les bouquinspsy.Au niveau de notre équipe ce dispositif aété aussi très instructif. Les parentssont très différents quand ils sontentre eux que quand ils nousrencontrent individuellement, présentspour leur ado, lié à la difficulté avec leurado. Là, ils sont souvent démunis, enéchec, blessés. Dans le groupe deparents, ils ne sont plus du tout commeça.Lorsqu'un ado souffre et que desenjeux intergénérationnels sontprésents, pour nous comme pour tout lemonde, il était difficile de ne pas avoirl'impression que ces parents avaientune énorme part de responsabilité dansla souffrance de leurs enfants. Grâce au“groupe parents”, on a beaucoup appris.Nous avons commencé à avoir pour lesparents le même élan que celui que nousavions pour les ados. Le soignant estquelqu'un qui aime. On s'est mis à aimerles parents. Tout simplement. Et enretour cela a eu un effet dans le travailavec les ados et dans l'entièreté denotre dispositif.Les jeunes qui arrivent au CThA sont enperdition. Déscolarisés, ils ne tiennentle coup ni dans le lien social, ni dans lelien familial, ni avec eux-mêmes. Cen'est pas le cas de la grande majoritédes parents en adolescence ni même deceux qui fréquentent les groupes. Faceaux questions d'adolescence, ils ontraison de ne pas psychologiser oupsychiatriser ce qu'ils vivent. Participerà un groupe ou à un atelier “parents”est une manière de trouver en eux lesressources pour les traverser.Centre thérapeutique pouradolescents: le CThALe CThA est une unitéhospitalière destinée àaccueillir 14 jeunes entre 14et 20 ans pour une duréevariant de 1 à 9 mois. Il s'agitd'un projet pilote constituantune alternative à l'hospitalisationpsychiatrique"classique". Les adolescentsa d m i s p r é s e n t e n t d e sdifficultés psychologiques etr e l a t i o n n e l l e s d ' o r d r enévrotique ou psychotique enlien avec la problématiqueadolescente.Ces difficultés sont jugéessuffisamment importantespour justifier un éloignementde l'entourage familial,institutionnel et scolaire. Lesjeunes séjournent au Centredurant la semaine sur lemodèle d'un internat classiqueet rentrent les week-endsdans leur milieu de vie, sauf unweek-end par mois.Le CThA est un centre ouvertet l'admission d'un jeune a lieusur base volontaire. Il n'y apas d'admission en urgence.Contact : 02/764.20.02Constater cette différence a changé leregard de l'équipe sur les parents.Les Cahiers de Prospective Jeunesse - N° 44 - Septembre 2007 7

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