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paxconcordiaquatrième trimestre 2011 - n° 8Revue de l’église catholique d’AlgérieISSN : 2170-1709Dossier : étudiants d’Afrique sub-saharienne en AlgérieDIALOGUE : Vivre le dialogue avec le FocolareRegard : éduquer à la richesse du patrimoine


éditotravailleurs expatriés, surtout du Mali et du Niger, ou encore migrants, ceschrétiens forment aujourd’hui pour notre communauté catholique un socleélargi et solide de laïcs. Leur présence est une chance de renouvellement.Ils apportent à notre Église une différence qui l’aide à sortir de son passécolonial et à s’engager dans une nouvelle étape, même si elle reste encoremajoritairement « francophone », donnée pour le moment incontournable.Un cœur toujours plus large, pour accueillir Sa nouveauté,pour une nouvelle page de fraternitéC’est une mutation profonde qui est en train de se vivre. Une nouvellegrâce est à notre portée. Une nouvelle étape est ouverte dont il nous fautdiscerner les exigences. L’Église de ce pays n’est-elle pas en train de devenirplus « africaine », comme l’étaient Cyprien, Monique et Augustin, Félicité etPerpétue… et tant d’autres ? Certes, la présence numérique de cette Églisereste variable et fragile et il est bien difficile d’en dessiner les contours futurs !Mais l’Esprit ne nous lâche pas. Elle a traversé des périodes successivesmalgré les défis qui auraient pu l’anéantir, comme une grâce de Pentecôte,une Pentecôte toujours nouvelle et toujours inattendue. Ce que l’Esprit nousdemande, c’est un cœur toujours plus large, toujours plus universel pouraccueillir Sa nouveauté. Des disciples de Jésus avaient traversé l’Afrique envenant du Nord. D’autres font, sans désir de conquête, le chemin inverse. Etmalgré les épreuves de ce temps, ensemble, avec le peuple algérien qui estnotre hôte, nous écrivons une nouvelle page de fraternité, apportant notreparticularité dans un désir de partenariat pour construire humblement unmonde meilleur, plus à l’image de celui qui émane du Cœur du Dieu unique.+Claude Raultévêque de Laghouat - Ghardaïa4Le mot de la rédactionQuand revient le vent de l’automne...On se souvient de l’été, des amis et des sites visités.A-t-on appris à goûter le patrimoine touristiquenational et nos racines, demande Sabah (p.10) ?A-t-on profité des rencontres pour construire l’unité,suggèrent le témoignage du père de Villaretà Djelfa (p.12) ou le congrès des Focolari (p.22) ?Avons-nous pu attester par nos paroles et nos actes,malgré les moments difficiles, que le Seigneurest notre espérance et salut, comme les détenusqui nous livrent leur secret (p.30) ?« Affermis dans la foi » (Col 2,7)Ainsi sont-ils rentrés des sessions d’été à Skikda,Alger ou Tlemcen. Ainsi sont-ils rentrés des JournéesMondiales de la Jeunesse à Madrid. Ils en témoignentde belle manière dans ce numéro (p.6).Ainsi ont-ils pour d’autres, achevé le mois de Ramadan,un des plus durs de leur vie, puisqu’au cœurde l’été ; un Ramadan aoûtien où l’on n’aura paspourchassé les non-jeûneurs. Ainsi sont-ils rentrésen classe et maintenant à l’Université.L’Université, une université aux couleurs detoute l’AfriqueElle est le lieu majeur d’une grande partie des chrétiensd’Algérie : les étudiants d’Afrique sub-saharienne,qui donnent aussi à notre Église les couleursde l’Afrique. Le dossier de ce numéro leur est consacré,leur donne la parole, publie leurs photos.Les évêques viennent de publier une Lettre auxétudiants, particulièrement destinée aux nouveauxarrivants, mais qui pourra affermir les uns et lesautres pour vivre avec foi et joie cette année. Ilsdonnent rendez-vous aux étudiants chrétiens pourla fête de Rameaux 2012. On trouvera leur lettre surle site internet de l’Église d’Algérie.


Août 2011 - Journées Mondiales de la JeunesseLes JMJ, « un chemin vers l’autre »Une délégation de l’Église d’Algérie participait aux Journées Mondialesde la Jeunesse, parmi deux millions de jeunes du monde entier. Elle étaitcomposée d’une vingtaine de personnes, en majorité des jeunes d’Afriquesub-saharienne qui étudient en Algérie. Ils ont passé une semaine dans lediocèse d’Almeria avant de rejoindre Madrid. Voici leur témoignage, à ladescente du bateau !église universelleIls sont rentrés d’Espagne épuisés mais tellementheureux et fiers d’avoir pu représenter l’Algérieet la jeunesse de son Église auprès des jeunes dumonde entier aux JMJ de Madrid 2011. C’est le mot« joie » qui revient le plus souvent dans leur bouche.Et l’expérience la plus marquante est l’accueil de la communautéd’Almeria pour les quelques jours préparatoiresaux JMJ. Avec la communauté des sœurs, Antonio etJuan Carlos les deux prêtres, qui ont reçu nos seize déléguésd’Algérie avec tant de simplicité – « A minuit, ilsnous attendaient au port » dit Fabrice - et le groupe d’Italiensde Modena qui les ont rejoints pour ces quelquesjours, ils ont partagé la prière, les temps de catéchèse etde réflexion, la découverte de la petite ville portuaire etde son Église.A Almeria, comme plus tard à Madrid lors des JMJ, témoigneMichaël, pas besoin de se présenter, on n’a mêmepas besoin de parler la même langue pour s’entendre, separler, se retrouver et se rencontrer vraiment. Qu’on soitAustralien, Brésilien, ou de n’importe où, on était l’Égliseuniverselle, unie en un seul corps. « Nous étions des gensqui n’avions qu’un seul nom : chrétien » dit encore Fabrice.Les JMJ, pour Riyad, c’est « un chemin vers l’autre ».L’invitation à le connaître, à découvrir sa culture, sa manièrede penser. D’abord dans le petit groupe de la délégationalgérienne et puis avec tous les autres rencontrésà Almeria et à Madrid. D’ailleurs, le pape a encouragéles jeunes à établir des relations et à faire un seul corps :« Nous avons marché avec le drapeau algérien et les jeunesrencontrés se demandaient qui nous étions. Apprenantque nous venions d’Algérie, ils cherchaient à comprendrece que nous vivions. Ils ne s’imaginaient pas qu’ily avait une Église en Algérie. Nous étions d’ailleurs le seulpays du Maghreb représenté officiellement aux JMJ. »Les JMJ, « c’est un pèlerinage, dit Augustin, la rencontredu pape avec les autres chrétiens qui sont loin de nous.C’est un partage de la joie d’être chrétien. Auprès desFrançais, des Italiens, des Américains, j’ai dit comment onpouvait être chrétien algérien. Certains m’ont demandécomment faire pour entrer en dialogue avec un musulmande leur pays. J’ai pu échanger sur cette question. »Oui, bien sûr il y a la rencontre du pape : « Il est passétout près de nous » dit Ferroudja. Et les jeunes de l’acclamer,de crier, de danser, de chanter. Et puis, tout à coup,le silence qui s’établit sur l’immense foule répandue surl’aérodrome géant de Cuatro Vientos au moment où aété présenté le Saint Sacrement. « Ces jeunes savaientce qu’ils venaient faire aux JMJ. » Un silence total de quatreou cinq minutes, une éternité pour plus d’un millionde jeunes unis dans la prière. Benita s’interroge alors :« Qu‘est-ce que Dieu pense de nous, jeunes réunis en sigrand nombre dans le silence de la prière ? Est-il fier denous ? Pour ma part, j’étais fière que Dieu puisse être fierde nous ! »La prière… « Si on ne fait pas attention, on peut nepas prier du tout. Mais j’ai vu des gens en groupe ou toutseuls prier au milieu de la foule. Je n’avais jamais vu unechose pareille, dit Fabrice. Et j’ai copié cela. C’était tropgrand, trop beau, une grande joie… Trop grande. »Il poursuit : « Dans toute cette allégresse vécue pendantles JMJ 2011 de Madrid, de toutes ces rencontresextraordinaires, de toutes ces découvertes faites, de tousces jeunes réunis sous une seule identité autour de leurberger, un non-croyant à ma place dirait que c’est magique.Moi, je dirais simplement que l’Esprit de Dieu était là(...). C’était magnifique et extraordinaire. Cette expériencerestera unique et à jamais gravée en moi. »« La force de l’Église est sa jeunesse. On est tous jeunes…J’ai même rencontré des jeunes de 84 ans ! » s’exclameune autre participante.pax concordia


église universellePropos recueillis par Hubert Le BouquinNe vous conformez pas à moins qu’à l’Amour !Oui, chers amis, Dieu nous aime. Telle est la grande vérité de notre vie, celle qui donne sensà tout le reste. Nous ne sommes pas le fruit du hasard ou de l’irrationnel, mais, à l’origine denotre existence, il y a un projet d’amour de Dieu. Demeurer dans son amour, c’est vivre enracinédans la foi, parce que la foi n’est pas la simple acceptation de vérités abstraites, mais unerelation intime avec le Christ qui nous amène à ouvrir notre cœur à ce mystère d’amour et àvivre comme des personnes qui se savent aimées de Dieu.Si vous demeurez dans l’amour du Christ, enracinés dans la foi, vous rencontrerez, même aumilieu des contradictions et des souffrances, la source de la joie et de l’allégresse. La foi ne s’opposepas à vos idéaux les plus élevés ; au contraire, elle les exalte et les porte à leur perfection.Chers jeunes, ne vous conformez pas à moins qu’à la Vérité et à l’Amour, ne vous conformezpas à moins qu’au Christ.(Benoît XVI, veillée de prière, 20 août)Vérité et respect de l’autreLe lien entre la vérité et l’intolérance, le monothéisme et l’incapacité de dialogue avec lesautres est un sujet qui revient souvent dans le débat sur le christianisme aujourd’hui. Et biensûr, il est vrai que dans l’histoire, il y a eu aussi des abus tant de la notion de vérité que de cellede monothéisme. Il y a eu des abus, mais la réalité est totalement différente, l’argument esterroné. Parce que la vérité n’est accessible que dans la liberté. On peut imposer par la violenceles comportements, les observances, les activités, mais pas la vérité; la vérité est seulementouverte au consentement libre et donc la liberté et la vérité sont intimement unies, l’une est lacondition de l’autre.(Benoît XVI, interview dans l’avion entre Rome et Madrid, source : KTOtv)6


On ne peut pas suivre Jésus en solitaireChers jeunes, permettez-moi, en tant Successeur de Pierre, de vous rappeler que suivre Jésusdans la foi c’est marcher avec Lui dans la communion de l’Église. On ne peut pas suivre Jésusen solitaire. Celui qui cède à la tentation de marcher « à son propre compte » ou de vivre la foiselon la mentalité individualiste qui prédomine dans la société, court le risque de ne jamaisrencontrer Jésus Christ, ou de finir par suivre une image fausse de Lui.Avoir la foi, c’est s’appuyer sur la foi de tes frères, et que ta foi serve également d’appui pourcelle des autres. Je vous exhorte, chers jeunes : aimez l’Église qui vous a engendrés dans la foi,vous a aidés à mieux connaître le Christ et vous a fait découvrir la beauté de son amour. Pourla croissance de votre amitié avec le Christ, il est fondamental de reconnaître l’importance devotre belle insertion dans les paroisses, les communautés et les mouvements, ainsi que l’importancede la participation à l’Eucharistie dominicale, de la réception fréquente du sacrementdu pardon et de la fidélité à la prière et à la méditation de la Parole de Dieu.De cette amitié avec Jésus naîtra aussi l’élan qui porte à témoigner de la foi dans les milieux lesplus divers, y compris ceux dans lesquels il y a refus ou indifférence.(Benoît XVI, homélie du 21 août)église universelleComment faire pour que l’expérience positive des JMJ continue dans la vie de tous les jours?La semence de Dieu est toujours silencieuse, elle n’apparaît pas immédiatement dans les statistiques, et ce que sème le Seigneursur la terre avec les JMJ est comme la semence dont parle l’Évangile, quelque chose tombe sur la route et est perdu, mais quelquechose tombe sur un bon sol et il y a une abondance de fruits. Il en est ainsi avec la Journée mondiale de la jeunesse (...) Nousfaisons confiance et nous sommes sûrs, même si les statistiques n’en parlent pas beaucoup, que pousse vraiment la semence duSeigneur.(Benoît XVI, interview dans l’avion entre Rome et Madrid, source : KTOtv)pax concordia 7


église universelleSource : Terre des hommesreligions ne reconnaissent pas le système des castes.New Dehli (Inde) : Jeûne de trois jours contreles discriminations à l’égard des dalits.Du 25 au 28 juillet, les dalits (intouchables) chrétienset musulmans, ainsi que de nombreux responsables etfidèles d’Églises chrétiennes, et des membres d’organisationsde défense des droits de l’homme ont jeûnépubliquement à New Delhi afin d’obtenir du Parlementqu’il abolisse les discriminations envers les dalits encoreprésentes dans la Constitution. Ce jeûne public nationals’est clôturé par une marche vers le Parlement avec desmilliers de personnes de toutes religions.Chrétiens et musulmans sont doublement pénalisés parleur exclusion de la politique de discrimination positivemenée par l’État en faveur des dalits au motif que ces deux(source : Zenit)8Témoigner de sa foi dans un monde multireligieuxTémoignage chrétien dans un monde multi-religieux :recommandations de conduite, ce document présentéà Genève en juin dernier est élaboré conjointementpar le Conseil pontifical pour le dialogue inter-religieux,le Conseil œcuménique des Églises et l’Allianceévangélique mondiale. Ces trois organisations représententquelque deux milliards d’individus, soit prèsde 90% des chrétiens de la planète. Ce document decinq pages contient des recommandations pratiquespour aider les chrétiens à témoigner de leur foi dansun esprit de dialogue, de respect et d’amour.(source : Zenit)Jérusalem : les religions peuvent-elles répondreà la crise climatique ?A l’occasion d’un colloque sur le thème du développementdurable qui s’est tenu à Jérusalem le 25 juillet dernier, l’évêqueauxiliaire de Jérusalem, Mgr Shomali, a évoqué la situation écologiquecatastrophique de Gaza qui dispose d’un mauvais systèmed’évacuation et dont les eaux côtières sont très polluées. Ila déclaré aussi que l’incendie de Haïfa (décembre 2010) a montréque le pays n’est pas préparéaux urgences naturelles, alorsqu’il est extrêmement bien préparéd’un point de vue militaire.Selon Mgr Shomali, l’industriede l’armement est l’un des principauxobstacles à un véritablerespect de la nature.(source : Patriarcat latin deJérusalem)Incendie de Haïfa, 3 décembre 2010Quel dialogue interreligieux au Nigeriaaujourd’hui ?Une interview de Mgr Onaiyekan, archevêqued’AbujaLe Nigeria connaît régulièrement de graves troubles interconfessionnelsopposant musulmans et chrétiens. Onestime à plus de 15 000 le nombre de personnes tuéeslors de ces affrontements depuis 2001.« Je n’ai jamais connu au Nigeria, déclare Mgr Onaiyekan,archevêque d’Abuja, un moment où nous avonscombattu sur la question de savoir si Jésus est ou n’estpas Dieu, ce qui constitue pourtant une différence théologiquemajeure entre chrétiens et musulmans. Nous nenous sommes jamais querellés sur la question de savoirsi Mahomet est un vrai prophète ou pas. Nous avons luttépour la terre. Nous nous sommes battus sur le nombrede ministres musulmans ou chrétiens, pour savoir quiserait le chef de tel ou tel parti politique. C’est commesi l’identité était définie en termes d’appartenance religieuse.Quoi que vous fassiez, cela est considéré commechrétien ou musulman.Il existe naturellement, des deux côtés, des courants entrès forte opposition. Certains courants islamiques sontconvaincus que les chrétiens sont de mauvais croyants,et il y a des chrétiens qui disentdes choses terribles sur les musulmans.Notre Église n’enseignepas cela.Pour moi, c’est le chapitre 25de l’évangile de saint Matthieuqui exprime le mieux le christianismedans le dialogue entre lesmusulmans et les chrétiens. (…)La question est : Qu’avez-vousfait pour les pauvres ? »(source : Zenit)


Incompréhensible inhospitalité !Par Mgr Maroun Lahham, archevêque de TunisEn juillet, Mgr Lahham a publié une quatrième lettre pastorale d’une quinzainede pages dont il est difficile de rendre compte ici. Un texte importantpour l’Église dans le contexte de la « Tunisie nouvelle ». Au cours de l’été,il a aussi écrit le texte dont nous donnons ci-dessous des extraits. Ces deuxdocuments sont disponibles sur internet.église au maghrebCela ne s’était jamais vu depuis que la Tunisieest Tunisie et la Libye la Libye. LaTunisie ne s’était pas encore relevée deson Tsunami politique et social, que la Libyevoisine est entréedans une rébellion arméeque personne ne prévoyait. Etcomme il y a des millions (onparle de trois millions) d’étrangersqui travaillent dans tousles domaines en Libye, on aassisté à un exode de massevers la Tunisie et l’Égypte.Entre 250.000 et 300.000personnes ont passé la frontièretuniso-libyenne, de toutesles nationalités. Les pays les moins pauvres ont pueffectuer le rapatriement de leurs citoyens, d’autresattendent.Nous avons assisté à des scènes formidables desolidarité et d’accueil. Au début, l’accueil était spontané.Les habitants des villages près de la frontièreportaient de quoi manger et boire. Ensuite, les ONGont rejoint le mouvement. La frontière tuniso-libyenneest devenue un lieu de passage pour ceux quirentrent dans leurs pays et un lieu de résidence pourceux qui attendent que la tempête passe pour revenirtravailler en Libye, comme avant.A la frontière, entre quatre et cinq mille réfugiésafricains ou asiatiques attendent des jours meilleurspour retourner, soit dans leurs pays respectifs soit enLibye. Mais il y a aussi des milliers de Libyens qui ontfui la guerre : des gens aisés qui ont rejoint l’Europevia l’aéroport de Djerba ; des libyens ayant des parentsdans le sud tunisien qui les ont accueillis dansleurs maisons, et une troisième catégorie logés dansles camps, ou hébergés dans des maisons que les habitantsde la ville de Tataouine leur ont offertes gratuitement,ou dans des tentes. Le ministère de l’éducationnationale a donné desconsignes aux écoles du sudtunisien pour intégrer les enfantslibyens dans les écolesdes divers gouvernorats.Tout ceci s’est passé alorsque des milliers de tunisienssont arrivés à Lampedusa,avec toutes les problématiquesque cela a causées. Jene parle pas de la dimensionjuridique ou politique de cephénomène, ce n’est pas de ma compétence. Maisje parle de la dimension humaine. Ce sont des jeunesau chômage (19% de chômage avant la révolution).Le tourisme occupait 450 000 jeunes qui se sont retrouvésdu jour au lendemain sans travail, le contrôledes frontières s’était affaibli à cause de la situationpolitique et sécuritaire dans les grandes villes.J’essaie de me mettre dans la mentalité d’un tunisien: 20 000 tunisiens sont arrivés dans une Europe,en crise peut être, mais riche tout de même, et ils sontmal reçus, alors que plus de 200 000 (dix fois plus)étrangers sont arrivés dans une Tunisie, pas aussi richeque l’Europe, mais surtout qui sort d’une gravecrise politique, et les Tunisiens les ont reçus les brasouverts, leur ont ouvert leurs maisons, leurs écoles etont partagé avec eux leur pain quotidien.Vu de la rive sud de la Méditerranée, où l’hospitalitéest à la fois une valeur et un devoir, c’est incompréhensible…tout simplement.pax concordia9


egard sur l’algérieéduquer le regard à la richesse du patrimoineEn Algérie, le tourisme patrimonialse propose de découvriret d’admirer les antiquitésdu pays ; ce tourisme permetd’approfondir la connaissancede sa propre culture. De manière analogue,le présent des pays visités s’offre aux visiteursavec l’épaisseur de son histoire. Inversement,tournée vers le passé, cette histoireouvre à l’intelligence de toute l’humanité,à travers précisément la connaissance d’unpatrimoine particulier.Assurément, connaître les origines lointainesde son pays permet de goûter lesrichesses d’autres cultures, différentes certes,mais présentant des analogies saisissantes : quel enrichissement!Aussi bien, fréquenter les lieux de sa propre culturelibère l’esprit des contradictions au sein desquellesl’on vit au quotidien ! Il permet même d’appréhenderla complexité de nos passés respectifs.En Algérie, le passé méditerranéen est marqué par laprésence de Phéniciens, de Juifs de la Diaspora, deRomains conquérants, de Goths, et autres envahisseurs,Byzantins et Arabes. Il n’est, dès lors, pas étonnantde retrouver, chez nous, des traces des trois religionsmonothéistes.Au demeurant, visiter notre patrimoine historique etculturel enracine notre intelligence dans une compréhensionplus subtile du présent ; ainsi de solides antagonismesse trouvent relativisés ! Nos concitoyenssont perçus avec une bienveillance renouvelée, aumême titre que l’Égyptien d’aujourd’hui est perçucomme l’ancêtre génial des pyramides, construites ily plus de 4000 ans, ou le grec, comme le frère de Phydias,sculpteur du Parthénon, ou de Platon, père de laraison occidentale !Ainsi, le tourisme patrimonial convertit le regard quenous portons sur l’autre : oserais-je évoquer ma propreexpérience vécue à Tipasa ? Le visiteur étranger ne10Timgad : le Capitolepeut se contenter d’un regard immédiat sur les Algériensd’aujourd’hui : la présence du site archéologiquemodifie son regard ! Contempler le site de Tipasafait rêver du passé certes, mais ce bijou exceptionnelcontinue surtout à « faire signe » : il avive en tout unchacun ses propres racines personnelles ! Les « fondateurs» de Tipasa renvoient aux racines profondesdu pays qui m’a construite moi-même ! La comparaisonest inévitable ; mais ici, elle constitue un enrichissementconsidérable : elle m’ôte non seulement toutcomplexe, mais elle m’incite à affronter lucidementmon propre présent !Ceux qui sont en charge du tourisme « patrimonial »sont tenus, non seulement de montrer les antiquitésexposées, mais d’expliquer comment ces « monuments» façonnent l’histoire de la civilisation représentée.Certes, ce passé est révolu ; il est cependant bienprésent ! Il constitue une richesse patrimoniale inestimablepour l’homme d’aujourd’hui : il est la mémoirevivante d’un peuple. Il construit l’histoire vivante dece peuple.Ignorant ou - pire - dédaigneux de son patrimoineculturel, un peuple a virtuellement perdu sa dignité !Sabah FERDIChercheure


La vie sociale est indispensable à l’humanité. Sans elle,les hommes ne pourraient assumer leur existence, niréaliser le projet divin de les voir assurer leur maitrise surle monde, en tant que représentants de Dieu sur la terre(khalifa) ; voilà ce qui constitue la civilisation.Ibn Khaldoun, MouqaddimaATipasa, cet effort de l’homme pour sesoumettre le monde, dont parle IbnKhaldoun, a su marier, avec un rarebonheur, l’entreprise humaine et lasplendeur de la création.Dans les ruines de Tipasa, la ville, creuset et symboledes civilisations, a eu la suprême élégance de cacherses monuments et ses travaux entre la mer et la montagne,dans un écrin de pins et d’arbustes méditerranéens.Le visiteur, certes, y circule dansles rues d’une cité, partant de l’ellipsede l’amphithéâtre pour atteindrel’esplanade majestueusedu Forum ou le péristyle intérieurd’une demeure aristocratique.Il rencontre des temples et desboutiques, des thermes et des entrepôts.Il admire le nymphée ets’arrête sur les gradins du théâtre.Mais il n’interrompt pas pourautant sa promenade au bord dela mer dont les vagues baignentles soubassements des maisons,de crique en crique. A chaque détourdu sentier, il retrouve le mêmeéblouissement visuel devant lescontrastes de couleur entre le vertsombre des pentes du Chenoua, les moutons d’émeraudede la forêt, l’ocre de la terre et des pierres, lebleu de la mer et les crêtes blanches des vagues.A Tipasa, les œuvres de l’homme attestent qu’une civilisationpeut communier avec les splendeurs viergesde la nature. Mais à Tipasa, aussi, le promeneur ouvreBalade à TipasaA la suite d’autres amoureux du site de Tipasa, Mgr Teissier exprime ceque lui inspirent les lieux, dans un texte daté de 1994.le livre de notre histoire. Il y découvre les vestiges remarquablesde cet effort millénaire des hommes denotre pays pour maîtriser leur environnement. Ce quiconstitue très exactement comme le disait Ibn Khaldoun« la civilisation ».Sur ce site, nos compatriotes des temps passés nousont laissé des témoignages uniques de leur génie. Lesruines de leur cité rendent présentes sous nos yeuxleurs techniques d’urbanisme et jusqu’à leurs croyances,à travers les restes des édifices du culte ou desmonuments funéraires. Nous pouvons mesurer leurcapacité à intégrer et à faire fructifier des apports civilisationnelsau long de quelques-unes des grandesétapes de l’histoire de notre pays, depuis l’époquepunique jusqu’à la période romaine et byzantine enpassant par celle des royaumes maurétaniens.Visiter Tipasa, c’est rencontrer notre peuple dans sesœuvres et dans ses rêves. C’est communier à notrehistoire. Mais c’est aussi pénétrer dans un jardin debeauté qui honore l’homme, la nature et Dieu.Henri Teissierpax concordia 11regard sur l’algérie


Dialogue« Rencontre à Djelfa » de Mohamed Chérif BEGAIl pleuvait sur Alger en ce début de soirée.Mauvais temps pour aller au cinéma ! Uneautre conférence était organisée le mêmejour à la même heure au centre diocésain desGlycines… Et, pourtant, la salle de « El Moggar» était à moitié pleine, déjà un exploit en soi !Une brève présentation du réalisateur MohamedChérif Bega et du producteur Belkacem Hadjadja laissé la place à 52 minutes de bonheur. Surl’écran nous assistons à la reconstruction d’unesortie « typique » de Hadj Bellabès, en 2 CV biensûr ! dans les vastes étendues de la région deDjelfa. Cet ancien moudjahid de la Guerre de libération,qui a échappé à une condamnation àmort, s’est lié d’amitié avec un père blanc, Françoisde Villaret (1913-2006) connu de tous, et ainsinommé dans le film, sous le nom de « maraboutAbderrahmane » ou, simplement, « le marabout ».Les témoignages des personnes ayant connu le« marabout » s’entrecroisent avec des imagesd’un paysage parsemé de traces humaines depuisdes millénaires. Que ces deux hommes, que rienne prédisposait à travailler ensemble, soient devenusdes amis, et ensuite des frères, est presqueun miracle, c’est-à-dire présence de Dieu dans lavie ordinaire des hommes.Tous les deux, marabout et hadj, vont patiemmentmettre en valeur le riche patrimoine préhistoriquede la région, faire des relevés, des inventaires, desphotos, ouvrir un musée (dans la bâtisse où HadjBellabès avait été torturé !), créer des emplois,faire des publications 1 … Malika Hachid, éminentearchéologue algérienne, a souhaité que le Ministèrede la Culture reconnaisse officiellement lacontribution de Hadj Bellabès à la préservation dusuite page 21...12


L’Université algérienneaux couleurs de toute l’Afriqueétudiants d’Afrique sub-saharienne en AlgérieDossier coordonné par Hubert Le Bouquinpax concordia13


DOSSIERL’internationalisation del’enseignement supérieurDes étudiants d’Afrique Noiredans les universités algériennes14Dans des économies fortement intégrées etfondées sur la connaissance, la productiondu savoir est un enjeu de compétition internationale.Sous l’effet de la mondialisation, les paysagesuniversitaires des pays développés et des paysémergents sont en profonde restructuration. L’enjeu estde taille (voir Revue internationale d’éducation n° 45, septembre2007).La mobilité internationale des étudiants s’est accélérée.De nombreux étudiants partent étudier à l’étranger ous’inscrivent dans des établissements étrangers présentsdans leurs pays. Ils veulent acquérir une bonne formation,chercher du travail dans un pays étranger et connaître lemonde extérieur.En 2001, les pays de l’OCDE ont accueilli 1,6 million d’étudiantsétrangers dont 840 000 dans des universités européenneset 480 000 dans des universités américaines. En2020, selon l’OCDE, il faudra tabler sur 6 millions d’étudiantsinternationaux, une bonne partie de ces apprenantsvenant d’Asie.Une économie fondée sur la connaissance, sur fondde mondialisation des activités économiques, suppose« la mise en place d’un marché mondial de l’enseignementsupérieur basé sur la libre circulation des étudiants,la libéralisation de l’offre de formation et la rationalisationde la demande, favorisée par une autonomisationdes établissements et une harmonisationdes standards du cursus universitaire »(S. Mazella, 2009, p.13).Les pays de l’Union européenne ont harmonisél’enseignement et les diplômes universitairesavec l’institutionnalisation du système LMD (Licence,Mastère, Doctorat).L’Algérie a adopté et adapté quelque peu© Moïse Mounkorole LMD européen depuis 2005 (voir Z. Berrouche, in Mazella)en vue de se mettre au diapason du système d’enseignementsupérieur en vigueur dans les pays avancés.L’autre volet de l’internationalisation de l’enseignementsupérieur est l’ouverture de l’université algérienne auxétudiants étrangers. Relevons que ce n’est pas un phénomènenouveau. Dès l’indépendance, des étudiantsarabes et du sud du Sahara étudiaient dans les universitésd’Alger et d’Oran. Ce qui est nouveau, c’est la mobilitémassive des étudiants. Ainsi, en 2008, ce sont 310 000jeunes africains sub-sahariens qui sont partis étudier àl’étranger.En Algérie, les étudiants étrangers viennent principalementd’Afrique sub-saharienne et de pays arabes (palestiniensnotamment). Depuis une vingtaine d’années,leur nombre n’a cessé d’augmenter, mais leur proportionest faible par rapport au nombre total des étudiants (environ8 000 en 2008 sur un million, soit 8 pour 1000).Les étudiants africains sont majoritairement issus de paysfrancophones. Ils s’inscrivent dans les disciplines enseignéesen français. Les facultés de sciences humaines etsociales où l’enseignement est en arabe n’accueillent pasces étudiants africains, sauf exception comme certainsétudiants tchadiens qui ont appris l’arabe dans leur pays.La répartition des étudiants étrangers dans l’espace


universitaire national est inégale. En 2004, le plus grandnombre était concentré dans les universités de Béjaïa,Annaba et Constantine (Y. Berkane, in Mazella).A l’Université de Tiaret, le nombre d’étudiants africainsvarie selon les années et oscille entre 300 et 400, répartisentre différentes facultés (facultés des sciences de l’ingénieur,des sciences agronomiques, biologiques et vétérinaires,etc.).Si la mondialisation s’est traduite par un décloisonnementdes systèmes nationaux d’enseignement supérieur,il faut s’interroger sur les dynamiques spécifiquesqui sous-tendent l’expatriation des étudiants : volontéd’échapper aux mauvaises conditions d’études dues à lasaturation des universités africaines qui croulent sous lapression démographique, ambition d’intégrer le marchéinternational du travail qui existe pour certains segmentsde la main-d’œuvre, recherche d’une formation de qualitépour constituer un capital de savoir en vue de sa valorisationfuture, … A ce sujet, un étudiant tchadien quenous avons interrogé parlait du « manque de moyens desuniversités de certains pays africains ».Dans le cadre de la coopération africaine, l’Algérie offredes bourses d’étude aux étudiants sub-sahariens. La stratégiefondée sur la coopérationet la compréhension mutuelleentre pays « comprenddes objectifs politiques, culturels,universitaires et d’aide audéveloppement. Elle autoriseet encourage la mobilité internationaledes étudiants et despersonnels, à la fois nationauxet étrangers, par des programmesde bourses et d’échangesuniversitaires ainsi que despartenariats entre établissementsd’enseignement supérieur » (OCDE, 2004, p.4).Tous les étudiants africains ne restent pas à l’étranger.Nombreux sont ceux qui retournent dans leur pays d’originepour mettre leurs connaissances au service du développementde leurs économies nationales.© Moïse MounkoroLa mondialisation de l’enseignement supérieur estune bonne chose pour les peuples de la terre. Elle permetde les rapprocher. Quoi de mieux pour connaître son prochainque d’étudier avec lui dans la même université. Uneuniversité cosmopolite fera reculer les incompréhensionset le racisme qui divisent tant les êtres humains. La coopérationdans le domaine de l’enseignement, c’est le partagedu savoir. Une université ouverte ne peut qu’attirerles talents du monde entier.L’ouverture de l’université algérienne aux étudiants del’Afrique sub-saharienne ne peut qu’être bénéfique àtoutes les parties. Partager la connaissance avec l’autre,quelle que soit sa religion ou son ethnie, c’est faire preuved’ouverture d’esprit, de générosité, d’un humanismeconsubstantiel à l’islam des lumières.Docteur Abdelkader KhaldiUniversité Ibn Khaldoun - TiaretDOSSIERRéférences bibliographiquesBerkane Y., L’internationalisation de l’enseignement supérieur : quelles perspectives pour l’université algérienne, inMazella (voir plus bas).Berrouche Z., Mise en place du LMD en Algérie, in Mazella.Foray D., L’économie de la connaissance, éditions La Découverte, Paris, 2000 et Casbah Editions, Alger, 2004.Krugman P.R., La mondialisation n’est pas coupable, éditions La Découverte, Paris, 1998 et Casbah Editions,Alger, 1999.Mazella S. (sous la direction de), La mondialisation étudiante, le Maghreb entre Nord et Sud, éditions IRMC etKarthala, Paris, 2009.North D., Le processus du développement économique, éditions d’organisation, Paris, 2005.Revue internationale d’éducation de Sèvres, L’enseignement supérieur, une compétition mondiale ? N°45, Paris,septembre 2007.OCDE, L’internationalisation de l’enseignement supérieur, Synthèses, septembre 2004, site internet :http://www.oecd.org/dataoecd/43/41/33734310.pdfpax concordia15


DOSSIERRegards de profsDeux professeurs de l’université de Tiaret ont bien voulu nous parler de leurexpérience de rencontre avec les étudiants sub-sahariens. Par discrétion, ilsont voulu rester anonymes.16En grande majorité, ils sont sérieux et travailleurs.Leur niveau est inégal. Commeles étudiants algériens,certainsont des lacunesdans leur formation. Mais ilsdiscutent volontiers, s’intéressentaux sujets abordés etposent des questions aprèsles cours.« Nous les voyons bien intégrésdans la société algérienne.Certains lient amitiéavec des Algériens. En coursils ne se regroupent pas entreeux mais sont mêlés à tous les autres. Ce qui les aidebeaucoup, c’est quand ils font l’effort d’apprendre lalangue arabe à force de côtoyer leurs camarades algériens.Une fois que la langue est un peu maîtrisée, ilspeuvent facilement s’intégrer. La langue française etles rudiments de la langue arabe sont le trait d’unionentre eux et les Algériens.L’enseignement se fait en langue française. Mais,quand il nous arrive de devoir dire quelque chose enarabe pour mieux l’expliquer aux étudiants algériens,nous nous empressons de le dire ensuite en françaispour que tout le monde comprenne, Algériens etétrangers. »Un des deux professeurs rencontrés, pour faire gagnerdu temps à ses étudiants étrangers, les reçoitparfois chez lui pendant les vacances d’étépour qu’ils puissent achever leur mémoirede fin d’études. Quant au second, il invitedes étudiants africains musulmans au repasde rupture du jeûne les soirs de Ramadhan.« On ne sent pas de racisme, du moins à l’intérieurde l’université, disent-ils. Il y a unevraie convivialité dans de petits groupesd’étudiants. Peut-être y a-t-il des actes dexénophobie ou de méfiance à l’extérieur del’université, mais c’est un phénomène marginal.Nous pouvons comprendre ce qu’ilsressentent en arrivant ici en Algérie, car nous mêmesavons été étudiants à l’étranger, en France et en Espagne.On a pu vivre desexpériences de racisme,mais on ne peut incriminertoute la populationfrançaise ou espagnolede discrimination. BienEnseignants lors de soutenances de fin d’études© Moïse Mounkoro© Moïse Mounkorodes personnes nous ontapporté de l’aide durantnotre séjour à l’étranger.Accueillir les étudiants detout le continent africainest une fierté pour nous.Nous avons conscience d’appartenirau même continent. C’est pour l’universitéune émulation et un bon moyen pour sortir de l’isolementqui pourrait menacer l’université algérienne.Ils sont en majorité boursiers du gouvernement algérienet l’université algérienne fait son possible pourqu’ils étudient dans de bonnes conditions.L’Algérie jouit d’un certain prestige dans le continenten raison de son action dans le passé, son aide auxmouvements de libération, sa solidarité et son actionpour la paix dans le continent, etc.Nous avons les mêmes problèmes que bien des paysd’Afrique sub-saharienne. Nous en parlons avec nosétudiants. Mais nous constatons que maintenant leurregard se tourne vers l’Afrique du Sud qui présentede grandes promesses de développement économique.Et nous regrettonsque beaucoup continuentleur cursusd’études en Europe etfinissent par s’y installerau lieu de revenirsur le continent pours’y investir dans le développement.»Propos recueillis parHubert Le Bouquin


Témoignages d’étudiantsDOSSIERMe voilà en fin d’études...Me voilà en fin de cycle universitaire de médecine.Avant de mettre pied sur cette terre, je ne connaissaispas grand-chose de ce pays, seulement qu’il étaità forte prédominance musulmane. Ayant bénéficiéd’une bourse d’étude, j’arrive à Alger puis Sétif. Lesdébuts furent difficiles, vu la barrière de la langue etl’incompréhension d’une société très différente de lamienne. Ensuite, j’ai pu m’épanouir, grâce au sens dela famille de certains amis algériens qui n’ont jamaishésité à m’inviter chez eux, à prendre un repas copieux,préparé par leur mère. La vie en cité universitairem’a été d’un grand soutien, même s’il restedifficile de faire comprendre ma religion à mes amisalgériens. Je pense qu’il nous sera toujours difficilede vivre en tant que chrétien ici en Algérie. L’églised’Algérie nous a aussi aidés dans les moments difficiles.Elle a été ma deuxième famille. Les valeursdes vieux sont différentes de celles de la jeunessed’aujourd’hui, mais j’ai trouvé la gentillesse, l’humilité,la compassion, la joie de vivre malgré les difficultés,même si la méchanceté de certaines personnes àl’égard des étrangers a été pénible à vivre ici.C’est un pays accueillant, où les valeurs morales sontinculquées, mais un pays difficile. C’est un bon paysd’étude car toutes les conditions sont réunies pourréussir ses études.Ange DandouDu choc à la découverte...Mes premiers pas en Algérie ont été marquéspar une série de chocs culturels, exacerbéspar les préjugés des « anciens ». J’ailutté pour passer outre ces préjugés et tenterma propre expérience. J’ai acquis unecertaine assurance grâce à la communautéburkinabé de Tiaret, à la communauté desétudiants étrangers, à la communauté chrétienneet à la sympathie des Algériens.Avec les étudiants d’autres nationalités, j’aipu facilement adhérer aux communautésqui m’étaient familières, des pays voisinsdu mien, les Maliens, Nigériens, Ivoiriens etTogolais, car nos sensibilités culturelles sontproches. Par contre, avec celles des paysd’Afrique Centrale et des régions éloignéesdu Burkina Faso, une prudence demeuraitqui, au fil du temps, s’évanouit pour laisser germerla confiance et ainsi s’agrandit ma famille.Avec les Algériens, certains étudiants, secoués par lechoc de la différence culturelle et surtout religieuse, semettaient à distance. Avec les camarades d’étude, desliens d’amitié, de camaraderie se sont approfondis. Plusdifficile avec les garçons, facilement excessifs, la relationest plus facile avec les filles, au tempérament plus tempéré.J’ai rencontré des hommes spirituels, des hommes quiont le sens du respect et de l’hospitalité, et des hommes« naturels » qui laissent facilement s’exprimer leur instinctet ne font pas preuve de retenue dans leurs acteset paroles. Le peuple algérien est simple et tolérant, maisla conduite de certains étrangers heurte les sensibilitésreligieuses et culturelles. Des paroles ou des tenues vestimentairesextravagantes provoquent des réactionsextrêmes dont nous sommes souvent victimes.Les professeurs algériens sont d’une accessibilité quiaide à la réussite. Ma relation avec certains enseignantss’est même élargie au-delà du cadre universitaire : visitesen cas de maladie, invitations à domicile, etc.Loin d’être une traversée du désert, j’ai d’abord acquisen Algérie une culture de l’universalité. Ensuite, j’ai apprisà compter beaucoup sur moi-même. Enfin, séjournerà l’étranger m’a permis de prendre du recul sur monparcours antérieur.Bruno Kafando© Moïse Mounkoropax concordia17


DOSSIERRegards d’étudiants algériensMerci mes amis !Durant mes années d’étude de médecine, j’ai eu l’occasionde rencontrer des étudiants africains noirs. Il yen a cinq que j’apprécie beaucoup. J’ai appris d’euxplusieurs choses.Ils ont confiance en eux, mais avec un mélange depeur ou d’hésitation.J’ai été frappée de voir combien ils sont organisés.J’ai appris grâce à eux à planifier mon temps, affronterles problèmes avec le sourire et ne jamais baisserles bras.J’ai appris que même si l’entourage se moque méchammentde moi, je ne dois pas y accorder d’importance.Je connais ma valeur, ni plus ni moins grandeque celle des autres. J’ai admiré leur capacité à souffriren silence, sans se lamenter auprès de leur entourage,sachant qu’un jour viendra où tous ces problèmesne seront plus que des souvenirs.Grâce à ces qualités, organisation et endurance, mesamis ont tous réussi leurs études. Et ils ont beaucoupd’amis parce qu’ils ont su se faire respecter par lesautres, qu’ils sont restés fiers de leurs origines maissans jamais répondre à ceux qui les traitaient de manièreraciste ; ils acceptaient presque trop.Ne cherchez pas à tout prix à vous faire des amis.Bien sûr, je comprends qu’un étudiant étranger aspireà avoir rapidement des amis. Mais la vraie amitiéne se provoque pas de manière volontaire. L’amitiévient avec le temps, doucement, avec ceux qui laméritaient, qui n’ont regardé ni votre couleur, ni votretaille, ni votre niveau social ou intellectuel. Soyezvous-mêmes.Merci mes amis !Kh. B.Une expérience de rencontreJ’ai passé quelques semaines à Oran. Comme je neconnaissais personne là-bas, le prêtre de ma ville, avecqui j’avais fait du français, m’avait indiqué l’église catholiqueà Oran pour avoir une adresse si j’avais besoin dequelque chose.Là-bas, j’ai été très bien accueillie par Sœur Viviane et jeme suis « glissée » au milieu des activités, une conférencepar-ci, une messe par là, une rencontre d’étudiants, unefête avec les religieuses, etc. Le père Thierry ne voulaitpas, parce que j’étais algérienne musulmane, mais je suisrestée et je vais vous dire ce que j’ai aimé.J’ai beaucoup aimé les rencontres des étudiants africainsnoirs. J’ai participé à une réunion sur le sujet de l’honnêteté.J’ai admiré la façon dont ils se réunissaient, dont leprêtre laissait chacun développer ses idées. Ça m’a touchéeparce que je n’avais jamais vu ça chez nous. C’étaitdes jeunes qui avaient des principes, qui cherchent àêtre honnêtes. Ils étaient ensemble garçons et filles,ce dont je n’ai pas beaucoup l’habitude non plus. Unefois, cinq étudiants de Tlemcen sont venus avec le pèreJean-Paul. On a beaucoup discuté. C’était pour moi l’occasionde connaître des Africains, d’avoir une ouverturesur d’autres pays et traditions, de connaître les difficultésqu’ils peuvent rencontrer ici, de voir aussi ce que viventdes chrétiens, comment ils se préparent avec respectpour la messe. Je me suis rendue compte que nous partageonsbeaucoup de valeurs entre chrétiens et musulmans,et que se rencontrer était une grande chance pourmoi et pour eux parce qu’ils ont aussi quelquefois des apriori sur les Algériens. J’aimerais que tous ceux qui lirontces lignes soient encouragés par mon expérience pourvivre la rencontre et qu’on fasse le bien ensemble.Amina Abidi18


Vie collective et associative des étudiantsétrangers en Algérie- exemple chez les Burundais -DOSSIEREn général, les étudiants sub-sahariens enAlgérie s’organisent en associations oucommunautés afin d’être solidaires surles plans social et administratif, pour leurreprésentativité devant les Autorités algérienneset celles de leurs pays d’origine.C’est le cas des étudiants burundais en Algérie qui ontdécidé de se réunir dans l’ASSESBA (Association des Etudiantset Stagiaires Burundais en Algérie) depuis 1998.L’association a pour objectif de promouvoir un cadre decommunication et d’échange entre les étudiants euxmêmesainsi qu’entre ces derniers et divers partenaires(Autorités burundaises, algériennes, parents). L’associationa aussi pour objectif d’encourager la solidarité, l’entraideet la fraternité entre les étudiants.Du fait particulier que le Burundi n’a pas d’ambassadeà Alger, les étudiants « anciens » accueillent leurs compatriotesnouveaux étudiants en Algérie de l’aéroportjusqu’à leur arrivée dans les villes où ils étudient. Ceci esttrès important dans le sens où, sans ambassade, ces étudiantsne pourraient s’installer aisément dans un pays sidifférent du leur et où il faut apprendre à vivre avec despersonnes assez différentes aussi.Les relations avec les autres associations d’étudiants sontréduites, même s’il y a beaucoup de relations entre lesétudiants de diverses nationalités qui étudient dans lamême ville. Ces relationssont d’abordpersonnelles ; ellessont importanteslà où les étudiantsétrangers ont unComité de représentantsauprès desAutorités algériennes(dans certainesCités universitairesou Universités).Notre associationorganise au moinsune fois par an unerencontre entreétudiants, pour leurpermettre de se connaître et être proches les uns desautres. Au début de l’été 2008, nous avons organisé uneJournée Culturelle à Alger (Bab-Ezzouar) ; en 2009, ce fûtl’occasion de réunir la communauté autour de compatriotesqui étaient venus représenter le Burundi lors duFestival Panafricain d’Alger ; nous avons organisé uneexcursion sur les plages de Zeralda (wilaya d’Alger). Auprintemps 2011, grâce au Père Anselme de Ouargla ainsiqu’à la générosité de ses amis, nous avons pu organiserune excursion dans le désert qui reste pour la plupartdes gens en Algérie (Algériens y compris) un monde inconnuqu’on ne voit qu’à la télévision. Ce fût une agréabledécouverte et nous profitons de ces lignes pour leurtémoigner notre très grande reconnaissance.Du fait de l’éloignement de l’étudiant par rapport à safamille restée au pays, la communauté nationale réunieen Algérie se conçoit comme une nouvelle famillesur laquelle on peut compter n’importe quand. Ceci estd’autant plus vrai lorsqu’un étudiant est malade ou perdun proche ; il peut parler à ses amis qui l’aident par desdons ou en lui prêtant de l’argent s’il a des difficultésfinancières. L’association y participe également dans lamesure des moyens dont elle dispose.Placide Shabisha, de l’ASSESBA© Jean-Claude Burihabwapax concordia 19


DOSSIERAvec les étudiants, une Église d’Algérie aux couleursde toute l’Afrique© Phillip TirivaviPélerinage des étudiants au désert20Depuis plusieurs années, l’Algérie a ouvertses portes aux étudiants d’Afrique subsaharienneen leur accordant des boursespour des études supérieures. Ils sontplusieurs milliers disséminés dans toutel’Algérie. La majeure partie de ces étudiants est musulmane.Mais beaucoup parmi eux appartiennent àdiverses églises chrétiennes, et environ 2000 d’entreeux fréquentent l’église catholique d’Algérie.Sur les trente-cinq millions d’habitants que comptel’Algérie actuellement, les chrétiens sont une minoriténumériquement insignifiante. La majorité d’entreeux sont étrangers. L’église d’Algérie est tellement petitequ’on la croirait sans importance, et pourtant, ellerayonne ici et là pour ceux qui ont des yeux pour voir.Elle reste une « mère poule » de premier plan pour lesétudiants dits africains chrétiens, chacun y trouvantsa subsistance spirituelle au moment voulu. L’Égliseest là pour les aider à vivre leur foi, accueillir les interpellationsde la société algérienne, et ce temps enAlgérie est souvent décisif quant à l’acquisition d’unefoi personnelle et assumée. Eux-mêmes apportent àl’Église leur dynamisme et leur jeunesse !Les étudiants, quand ils arrivent nouvellement en Algérie,sont confrontés aux réalités complexes de cepays musulman. Un pays qui semble tourner à l’enverspar rapport à leur pays d’origine : le dimancheest un jour ouvrable tout comme lundi et mardi. Lesfêtes de Noël, de Pâques et les autres fêtes chrétiennesse passent en classe, car non fériées. Quelle désorientation! Quel dépaysement ! Dans leur quêtede points de repère, les étudiants trouvent un échofavorable du côté de l’Église catholique, même si sonvisage diffère de celui des communautés chrétiennesqu’ils connaissaient jusqu’ici ! Ils accueillent à poumonsouverts cette bouffée de chaleur humaine, s’endélectent à cœur joie.L’Église essaie de répondre à leurs besoins et aspirationsen matière de formation et réflexion, localementen premier lieu, dans les paroisses ou communautésqui existent dans les villes universitaires. Les diocèsesproposent des rassemblements parfois sur plusieursjournées, en week-ends ou pendant les vacances ;beaucoup profitent des propositions très variéespendant l’été, les sessions d’une semaine organiséesà Tlemcen, Skikda, Alger ou encore le pèlerinage annueldu printemps dans le désert.En 2008, les évêques ont publié un document pastoralparticulièrement destiné aux étudiants . Cet automne2011, ils leur adressent une lettre à l’occasion de larentrée universitaire .L’année qui vient, ungrand événement national- Rameaux 2012 -fera écho aux JMJ auxquellesont participéplusieurs d’entre nous.Abbé Jean-Paul KaboréCoordinateur national de la pastorale universitaire


...suite de la page 12patrimoine.Le documentaire, dont la musique du jeune compositeur Abdelati Benmedjebari est pour beaucoupdans la transmission d’un sentiment de paix et de grâce, a suscité un débat dans la salle sur le besoinde lutter contre la dégradation du patrimoine préhistorique, mais aussi sur le besoin vital de fairepasser dans la jeune génération des modèles de fraternité qui puissent l’inspirer dans la constructionde son identité et de son avenir, tout simplement parce que cette fraternité a existé depuis toujourssur la terre.Le documentaire a le soutien du Ministère de la Culture et est disponible en version arabe et française.Tout sera mis en place pour qu’il soit diffusé 2 sur les deux principales chaînes algériennes, maisaussi dans les salles de cinéma et les maisons de la culture de différentes villes et quartiers, car leproducteur croit à la valeur pédagogique de ce que le P. de Villaret et Hadj Bellabès ont vécu, bienau-delà du domaine culturel. Les dernières images sont trois versets tirés de l’Ancien Testament, duNouveau Testament et du Coran, invitant à la fraternité. En sortant, toujours sous la pluie, j’ai penséà ces « pierres » qui ont permis tant de belles choses durant ces 50 ans de recherches communes. Etj’aurais ajouté cette phrase de Jésus : « Je vous le dis, Dieu peut, des pierres que voici, faire surgir desenfants à Abraham. » (Mt 3,9)DialogueJose Maria Cantal Rivas, pb1- Partiellement disponibles au CCDS des pères blancs deGhardaïaTél : 029 88 50 24 ou secretariat@ccdsghradaia.org2- Machahou productionTél/Fax : 021 89 66 10 ou machahouprod@hotmail.compax concordia


heureuse. A aucun moment, la maison ne m’a manqué; c’est rarissime pour moi. C’est sans doute queje me sentais vraiment en famille. Je reviendrai... avecd’autres ! » Ou encore : « Merci à Dieu de nous avoirréunis. Merci aux focolares et à leurs sacrifices. »Et enfin : « Merci à vous tous par votre présence, le donque vous avez été pour moi. »Pour la communauté des Focolari d’Algérie, qui s’estbeaucoup dépensée pour cette rencontre, c’est unegrande joie d’avoir permis ce temps communautaireà tous ces frères et sœurs qui vivent au quotidien demanière plus isolée leur attachement à l’esprit des Focolari.Mais, au-delà de la joie d’être ensemble, tousont été davantage ancrés dans leur conviction qu’uneunité dans l’amour est possible entre croyants de différentesreligions. Ce qui a été expérimenté, l’enjeu estmaintenant de le vivre, dans le concret de la vie et desrelations locales de chacun.Tout le monde en a bien conscience, comme le disentd’autres courriels : « Nos âmes sont encore fraîches etpleines de joie pour l’expérience vécue ensemble àTlemcen. Ce n’est que le début d’une nouvelle phasede notre vie pour une unité toujours plus profonde. »Et encore : « Je souhaite à chacun d’avancer dans la foien l’amour qui nous entoure. »DialogueL’occasion d’aménagementsPour le Centre Mariapolis de Tlemcen, cette rencontre avait été l’occasionde faire quelques travaux d’aménagement, dans la grande salle magnifiquementrefaite, décorée et équipée. La cuisine également a connuune restructuration complète.Ces travaux ontagrémenté le cadre et facilitéle déroulement duCongrès, mais bénéficierontégalement à toutesles autres rencontres quise tiennent en ce lieu, notammentpour journéesdiocésaines ou sessionsd’été des étudiants.Michel Guillaudd’après les propos recueillisauprès des participants© Didier LucasQui sont les Focolari ?Le Mouvement des Focolari a été fondé en 1944 par une institutrice italienne de 23 ans, Silvia - surnomméeChiara – Lubich (1920-2003). Son nom officiel est Opus Mariae, Œuvre de Marie. D’après ses statuts,il est présidé par une femme. Son intuition principale est l’engagement pour l’unité : en famille, dans lemonde économique et social, en politique, entre les peuples. Ancré dans l’Église catholique, sa spiritualitéest aussi vécue par des chrétiens d’autres Églises et des fidèles d’autres religions. En effet, le mouvementestime que le principe d’amour et de respect mutuel, que les membres chrétiens puisent dans l’évangile,est un principe présent dans toutes les religions.Les Focolari sont en Algérie depuis une cinquantaine d’années et, à Tlemcen depuis 1966, dans les locauxd’un ancien monastère bénédictin.pax concordia 23


ACTUALITÉ DES DIOCÈSES« La colo de Jan c’est super »Cette colonie organisée chaque année depuisneuf ans, rassemble des enfants et des jeunesde plusieurs wilayat. Les animateurs étaient deplusieurs pays, et certains d’entre eux étaientsourds, assumant merveilleusement leur rôled’animateurs(trices). Deux enfants nous racontent ce qui lesa le plus marqués.Nous sommes allés à la colo de Jan et deson équipe d’animateurs, chez les pèresblancs, pendant 3 semaines.Soit nous allions en sortie : au jardind’essais, à la plage et aux manèges ;Soit nous restions au centre, où les activitésétaient : langue des signes, chant,création de masques ou de couronnes,sketches, danse.Il y a eu aussi une journée sportive quis’est prolongée pendant deux jours !!Nous étions répartis par tranche d’âgeen six groupes (Catalans, Indiens, Lions,Apaches, Zinga et Tourbillons).Pour la journée sportive, nous étionsrépartis en six groupes petits et grandsmélangés. Le groupe qui a le plus depoints gagne une récompense. Legroupe 6 a gagné ; j’étais dedans et Camille aussi. La récompenseest une semaine à Tam en décembre !Ce que nous avons le plus aimé, c’est la journée sportiveet l’apprentissage de la langue des signes qui est différentedes autres langues, mais rien ne nous a déplu.Louise et Camille Watier, 11 et 9 ans.UDT 2011 : « Les droits humains en Afriqueet en Algérie »Depuis 2003, des étudiants des quatre diocèsesd’Algérie ont l’opportunité de partagerune semaine de prière, communion, savoircomment bien vivre dans la société algérienne.Cette année, l’université d’été étaitmarquée par une grande demande de participations de laplupart des étudiants et aussi une forte présence des ani-Diocèse d’Algermateurs qui ont accepté de partager leurs expériences devie en Algérie. L’ensemble des activités - à savoir : conférences,débats, sorties et projections - étaient animéespar des résidents ou des personnes venues pour l’occasion.Pendant ces sept jours, les jeunes ont eu l’opportunitéd’aborder des thèmes comme les droits de l’hommeen Afrique, connaître et aimer l’Algérie, les droits des femmesen Algérie et en Afrique, questions d’affectivité et desexualité, les droits des migrants, mais aussi l’avantage deconnaître quelques lieux historiques comme la BasiliqueNotre Dame d’Afrique et la Citéhistorique de Tipasa.Zumbi Zulu (Guideon Carlos)Quoi de neuf à Tibhirinecet été ?Depuis laprojection, l’anpassé, du film Deshommes et desdieux, Tibhirinea changé de physionomie :l’accueil est devenu prioritaire.A part la parenthèse duRamadan, tous les jours,des visiteurs, des pèlerins seprésentent au monastère.Plusieurs sont venus pour faireune retraite en silence d’unesemaine, prendre un weekendde repos, ou simplement passer une semaine dedétente en famille. Nous avons accueilli un groupe desix jeunes filles universitaires de Troyes pour un campde travail-réflexion-prière de douze jours et ça s’est bienpassé. Nous avançons à tâtons et progressivement, dansl’ouverture du monastère aux demandes multiples.A présent, il nous faut organiser les séjours : retraite,détente, sessions… Nous nous réjouissons que Tibhirinedevienne un lieu halte ou source pour des personnesdiverses, mais la recherche d’une petite communautépriante et permanente subsiste. Pour le moment, nousattendons un couple de jeunes retraités, volontairepour un an renouvelable avec la D.C.C.. Il s’agit demieux accueillir, de gérer l’hôtellerie et de travailler enpartenariat avec l’agriculture, support économique de lavie qui refleurit à Tibhirine. Soyez les bienvenus !Jean-Marie Lassausse


ACTUALITÉ DES DIOCÈSESDiocèse de Constantine et HipponeComment tenir un lien de communion dans un diocèse où certains chrétiensdoivent faire trois heures de trajet pour rejoindre une assemblée dominicale ?Il faut certes un évêque voyageur, mais aussi des occasions de rencontre.Formation d’éducatrices de jeunes enfantsVingt-quatre éducatrices de jeunes enfantsde la région ont bénéficié d’une sessionde formation au Bon Pasteur début juillet,organisée par Sr Angèle et la Caritas. Entrecours de pédagogie et activités manuelles,leur enthousiasme malgré la chaleur faisait plaisir à voir !Skiknaba avec les étudiantsLa maison deSkikda a accueillila cinquièmeéditionde Skiknabaavec des étudiants chrétienssub-sahariens venusde tout le pays. On notaitun fort groupe d’étudiantsdu Zimbabwe. Des ateliersd’arabe (P. Théoneste),d’informatique (P. Jose-Manuel),de macramé (Nestor) et bijoux fantaisie (Sylvestre)et de partage et gestuation bibliques (Yolande) ponctuaientla journée, après la plage à 5 ou 6h le matin, avecaussi des moments de prière, des veilléesfestives, du ping-pong et une journée à Hipponeet à la plage de Guerbes.Session familiale vacances-formationPour la troisième année, unequinzaine de catholiques ontprofité de cette semaine avecun travail biblique chaquematin pour les adultes, animépar les pères Théoneste et Jean-Marie, pendantque des activités étaient proposées aux enfants,plage, balade ou confection de poupées avec Nestor.De nombreuses sorties en après-midi ont permis de découvrirforêt et carrière de marbre de Filfila, de faire desbalades en montagne et d’aller à Annaba où l’accueildu P. Ambroise, les retrouvailles avec les Petites Soeurset la visite du musée ont marqué le groupe.Du mouvement chez les uns ou les autresLes Sœurs de la Doctrine Chrétiennequittent Bejaia : Deniserentre en Belgique et Anne-Thérèse part à Oran. Chez lesFranciscaines des Aurès-Némenchas,Hélène retourne au Maroc etOdile est nommée en Angleterre. P. MichelLombard, ayant terminé son mandatà Bejaia, retourne à Marseille. Amis et voisinsdes communautés auront manifestéleur émotion plus que les autres communautésdispersées dans le diocèse et par lapériode d’été. Un très grand merci à chacun.Les procédures de visa pour ceux quipourraient arriver sont encore en cours à l’heure où nousécrivons ces lignes.Quelques signes au cœur de l’étéAu cours d’une visitechez les PetitesSoeurs desPauvres, unedame âgée passeses mains sur les bras et lecou de Z. : « Comme j’aimeraisavoir des bijoux comme toi ! ».Émue, la visiteuse fait passer sachaîne en or d’un cou à l’autre.Une heure plus tard, un reflet attire son attention sur unpetit chemin : une chaîne semblable lui est rendue !Balade d’enfants dans la montagne au-dessus deSkikda. On a un peu peur dans les fourrés et ravins, eton chante « Koun maana ya Rabb ! ». L’un des garçons aoublié sa casquette. Tour à tour, les autres décident delui prêter la leur. Soudain, au creux d’un buisson, unecasquette ! Pendant ce temps, les adultes travaillaientle texte de « l’affaire des pains et des poissons » !Jean-Marie Jehl et Michel Guillaud


Diocèse de Laghouat GhardaïaÉchos de l’assemblée diocésaine de maiSa première raison d’être, c’est de nous retrouver: « réunion de famille » où l’on aplaisir à se revoir et temps pour renforcernos liens de communion. Avec certains,c’est la seule occasion de l’année de nouscroiser. D’où l’importance d’une part de la convivialitévécue pendant les temps informels - avec mêmedes rendez-vous chez la coiffeuse ! - et d’autre partdes temps de prière préparés par chacune des communautés.Un regard sur l’actualité de l’Algérie : celui d’un intervenantdu pays qui nous en a dressé un tableau plutôtsombre. Mais pour lui, la vague de contestationenvironnante ne devrait pas avoir un fort impact icicar le pays continue de panser les plaies de la décennienoire. Et si son discours était sans concession, ilest témoin dans son travail de quelques signes d’espérance.C’est dans ce contexte-là que notre petiteÉglise s’incarne.Une réflexion sur « Hospitalité et compassion » : aprèsavoir approché, à travers des moyens d’expressionvariés, ce que vivent les différentes communautés dudiocèse sur ce thème, nous avons écouté le point devue d’un musulman, celui d’Ahmed Bakelli, un historiende Ghardaïa. Je retiens le récit qu’il nous a fait ducheminement vers Dieu de Moussa, notre Moïse, unebelle invitation à découvrir la sourate 28 du Coran. Finalement,Jean Toussaint éclairait notre réflexion del’année à travers un parcours biblique. Son insistancesur le cri de Job et sa présentation de Jésus, maître decompassion, me donnent à méditer.Un travail en commun sur notre projet évangéliquediocésain : Mgr Claude Rault a insisté sur le défi de lacommunion, pour nous qui sommesle Corps du Christ pour le peuple algérien,pointant les trois « C » de nosengagements, la Caritas, la Cultureet la Contemplation. C’est en carrefoursque nous avons cherchécomment, avec réalisme, renouvelerceux-ci dans ce monde qui bouge.Oui, ce fut une belle et tonifiante assemblée!Anne de BoissieuCentre aéré à GhardaiaHospitalité disions-nous ? Les SMNDA« Sœurs blanches » à Ghardaia n’ont pasattendu trop longtemps pour la mettreen œuvre, ouvrant tout grand, du 15 au30 juin, leurs portes à une cinquantained’enfants du quartier âgés de 8 à 14 ans.Il a fallu beaucoup de créativité aux organisatrices,Sœurs Appoline et Bernadette, aidées d’une dizaine demoniteurs(trices), pour trouver l’espace suffisant pourles diverses activités proposées : club de lecture (enfrançais), travaux manuels, jeux de ballon, danse, atelierthéâtre, jeux de société. Les journées de sortie (dans unbus de la wilaya) : deux à la « piscine » dans une très bellepalmeraie des environs, une dans une ferme, où les enfantsont pu voir naitre un jeune veau, une autre dansun zoo furent, on l’imagine sans peine, bienvenues... etbien rafraichissantes, au cœur de l’été saharien.Joie de voir les enfants s’épanouir, développer de nouveauxtalents, vivre un temps de fraternité et d’amitiéavec les autres ont largement récompensé les effortsdéployés par l’équipe d’animation. Alors à l’année prochainepour une nouvelle « colonie » !Marie Christine Rousseauactualité des diocèsespax concordia


des livres à lireC’est un petit livre… une centaine de pages... mais quellerichesse !!Ce texte nous introduit dans l’intimité d’un être en recherchelaborieuse, difficile, douloureuse, de soi-même. Le contexte : celuid’un monde ou plutôt de deux mondes - chacun avec ses poids etses complexités - qui s’affrontent dans l’opposition et la violence.Maïssa Bey est née pendant la guerre d’indépendance de l’Algérie. Elleporte comme une douleur lancinante l’absence de son père disparu dansla tourmente. Il avait fait de bonnes études et, exception à cette période,avait pu exercer le métier d’instituteur. Engagé avec le FLN dans la lutte pourl’indépendance, il est pris, torturé et exécuté par l’armée française. Maïssagrandit dans un milieu familial porteur de toutes les valeurs et traditions de lasociété algérienne arabo-musulmane. Et en même temps par ses études, danslesquelles elle réussit brillamment, elle est passionnée par l’inter-culturalité,et s’imprègne de la culture occidentale.Deux mondes - deux fidélités - c’est l’écho de son combat intérieur que MaïssaBey nous livre et nous fait partager, en faisant sienne cette phrase de JeanCocteau : « Ce qu’on te reproche cultive-le, c’est toi ». C’est là qu’elle nousaccueille, nous invitant à l’accompagner dans la recherche de son identité.Tout cela chargé de vérité, de réalisme, dans une extrême finesse etdélicatesse.Nous ne pouvons recevoir cette confiance qui nous est faite qu’en noussentant invité à un retour sur nous-mêmes et sur la façon dont nous vivonsnotre rencontre de l’autre différent. On y retrouve les mêmes accents quedans Les identités meurtrières, d’Amin Maalouf.P.S. Anne CatherineL’une et l’autreMaïssa BeyBayard (Spiritualité), 201095 pagesJe dois tout à ton oubli est le neuvième livre de Malika Mokeddem.Par la voie du roman, elle nous entraîne dans le labyrinthe dessouvenirs de sa relation à sa mère. Comment un événement banalpeut-il déclencher l’ouverture de la mémoire sur un épisodede son enfance où l’insupportable s’est transformé en fuites répétitives?L’amour qui l’habite pour le désert, pour les lieux de son enfance et desa jeunesse, transpire dans tous ses mots. Mots qui viennent de soncœur, de sa chair, de son inconscient, et qui deviennent des phares surcette route de l’oubli qu’un événement réveille ! Mots et images de lavie de la famille que la mémoire va lentement apprivoiser pour suivrece sentier difficile et libérateur, pour retrouver le pourquoi de tant desouffrances, pour comprendre…Ce parcours initiatique lui révèle ce qu’elle se pensait incapable de vivre! Le livre accroche très vite le lecteur qui se sent pris dès le débutpar le désir de savoir... Savoir jusqu’où peut la mener l’écoute de sonsenti intérieur. Avec honnêteté, courage mais surtout désir de véritéà l’égard d’elle même et de sa mère, M. Mokeddem suit fidèlement cechemin qui s’ouvre à elle et transforme son regard presqu’à son insu !Je dois tout à tonoubliMalika MokeddemGrasset, 2008174 pagesAndrée Geoffroy smnda28


Les deux aires de civilisation auxquelles appartient l’auteur- arabe et occidentale - ont atteint leurs limites : l’occident n’apas respecté ses valeurs envers les autres peuples et ne les a pastransmises –même si d’autres comme la Chine en reprennentavec succès l’économie capitaliste ; le monde arabe éprouvede la rancœur contre la terre entière et semble incapable de remonter,s’enfonçant dans une intolérance et un dogmatisme qu’il n’avait pas connusjusque là.Les légitimités historiques se sont égarées, la chute du communisme a faitreculer le débat démocratique, l’avènement d’une superpuissance uniquemet l’humanité en état de siège tant que la légitimité morale n’a pas étéprouvée. L’humanité vient d’expérimenter les dérives du communisme,du capitalisme, de l’athéisme et de la religion. Nos comportementspermettront-ils d’écarter la menace qui pèse sur les générations futureset que l’on ne maîtrise dans aucun domaine (intellectuel, technologique,climatique, diversité des populations, économie, finances, etc.) ?Sortir par le haut du dérèglement qui affecte le monde exige d’adopterune échelle des valeurs basée sur la primauté de la culture ; son rôle estde fournir à nos contemporains les outils intellectuels et moraux qui leurpermettront de survivre, rien de moins. L’essai, ample, est à la hauteur del’objectif.Amin Maalouf est-il encore à présenter après Léon l’Africain, Samarkande,Les identités meurtrières, etc. ?Jean Désigaux sjLe dérèglement dumondeGrasset, 2009315 pagesEssaiAmin Maaloufdes livres à lireL’auteur a pris conscience de l’importance de la mort de MohamedBouazizi, par le feu allumé sur son corps, le 17 décembre2010 à Sidi Bouzid, avec la fuite du Président Ben Ali. Il présenteses réflexions sur les événements qui se sont passés depuisle 10 janvier 2011, quatre jours avant le début de la révolutiondite du Jasmin, jusqu’au 19 février, en 33 tableaux tels : la surprise, l’Appeldu 17 janvier, les trois commissions qui travaillent en parallèle avec legouvernement provisoire, l’épreuve démocratique et, en post-scriptum,la démission de Mohammed Ghannouchi le 27 février.L’enseignant de littérature comparée à l’université de Paris X-Nanterre- né à Tunis - met en relation cette révolution avec celles qui ont précédédans le monde depuis plusieurs siècles. Il souhaite que ce bouleversementreste une révolution polie, contrairement à toutes celles qu’il estamené à évoquer ; l’absence de tête comme Vaclav Havel dans la révolutiontchèque est prise en compte. Différents types de pouvoirs sont évoqués,comme l’émirat et son rapport à la dictature, ou le rêve d’Atossa,qui met en scène l’allégorie des deux sœurs Asie et Europe, soumissionet résistance.Facile à lire comme un roman, le livre met en valeur la culture de l’auteur ;mais il reste un livre de circonstance : l’auteur ne traite pas d’un état desforces en présence, même si le risque de l’islamisme est mentionné. Si ladémocratie réussit, l’auteur aura été prophète… par surprise.Printemps de TunisLa métamorphose de l’HistoireAbdelwahab MeddebAlbin Michel, 2011182 pagesJean Désigaux sjpax concordia29


méditationAssumer le fait que je suis chrétien, je croisque c’est le point de départ de tous mesproblèmes. Si seulement on ne m’avaitpas appris ce que ça signifie réellementd’être chrétien ! J’aurais pu alors avoir latranquillité en rejoignant leur religion. Même si, auxyeux de certains, on ne peut être bon musulman qu’enhaïssant le monde occidental.Dieu merci, l’Église ici enprison a été une planchede secours pour vivre mafoi. Elle m’a renouvelé enme rappelant qui je suis etcomment me comporter,dans les conditions quej’endure.Notre secret, à nous, pourêtre lumières dans ce milieu,c’est que nous avonstoujours appris qu’il fautsuivre les traces de notreSeigneur Jésus Christ. Je neprétends absolument pasêtre parfait. J’essaie justed’avoir en moi la craintede Dieu, des sentimentshumains, un esprit de paix,et de ne pas pécher contrel’Esprit. J’ai vu beaucoupde choses abominables commisesautour de moi, mais je n’ai jamais voulu y prendrepart, à cause de ce que je suis (un chrétien).Mais revenons à l’essentiel. Que Dieu bénisse les effortsde ceux qui permettent que l’Église existe enprison. C’est un soutien essentiel, vu les conditionsauxquelles je dois faire face, dans un monde où on nevoit rien qui nous rappelle que nous sommes des êtreshumains. Alors, quand il est possible d’être ensemble,avec le prêtre qui vient nous voir, d’être Église en prison,d’être frères, de creuser la Parole de Dieu, je mesens à nouveau une personne, avec un avenir possible,un avenir plus lumineux.Être un prisonnier chrétien, c’est comme voir à partirChrétien en prisonCes témoignages ont été recueillis dans divers centres de détention du pays.La plupart des détenus chrétiens sont des migrants sub-sahariens en situationirrégulière. Certains peuvent aussi être impliqués dans des affaires de drogueou autres crimes ou délits. Les prénoms ont été modifiés.© Jean-Michel Chassinedu sommet du monde, parce que, quel que soit votreproblème, la solution est que Christ vive en moi. Ensuivant pas à pas notre Sauveur Jésus Christ. Que leSeigneur soit loué !ChrisAu cours du Carême, j’ai fait le vœu que le jour de Pâques,le jour où Jésus-Christ est ressuscité des morts,je préparerais un gros gâteau en actionde grâce. Ce dimanche-là, alorsque j’étais en train de le préparer,certains co-chambristes m’ont demandéce que je faisais. J’ai réponduque c’était pour célébrer la fête duSeigneur Jésus. Entendant cela, ilsm’ont affirmé qu’ils n’y toucheraientpas. Mais, à ma grande surprise,quand je l’ai sorti le soir, ils l’attendaient,et tous en ont mangé !Loué soit Dieu !JoeChrist est la tête de l’Église qu’il alui-même fondée. L’Église est doncson corps, auquel j’appartiens (Col1,21-23), et j’atteste que, même sije suis en prison, par mes actes etmes paroles, il est mon espérance etmon salut.Parce que je lui appartiens, il m’adonné l’Esprit pour faire sa volonté, même en prison(Jn 14,16-17). C’est le même Esprit de Jésus qui me guidepour faire le bien et non le mal, aimer et non haïr,faire attention à l’autre, soutenir ceux qui sont dans lebesoin, donner de mon temps, de ma force et de ce quim’appartient.Ici en prison, il y a des gens qui ont perdu la tête;d’autres qui ont perdu l’espoir. Certains sont découragés,frustrés. L’Esprit du Seigneur est sur moi pour êtreici comme celui qui sert (Lc 4,18-19). J’ai décidé d’aiderceux qui ont besoin d’une main secourable, pour quela lumière du Christ brille dans les ténèbres, à traversmoi, et qu’elle les illumine (Jn 1,4).Mike


25 e anniversaire d’Assise25 ans après la rencontre interreligieuse de prière etde jeûne pour la paix à Assise, plusieurs de nos diocèsesorganisent des rencontres, comme à Constantinevendredi 28 octobre où l’événement sera principalementcentré sur les jeunes et préparé par eux.Conférence épiscopale à TunisLa CERNA, Conférence Episcopale de la RégionNord de l’Afrique, se réunira à Tunis du 13 au 16novembre.Site Internet - TibhirineDébut septembre : ouverture du site officiel dumonastère de Tibhirine :www.monastere-tibhirine.orgSéminaire catholico-islamiqueMgr Paul Desfarges représentera la CERNA à Ammandu 21 au 23 novembre pour le deuxième séminairedu Forum catholico-islamique sur le thème« Raison, foi et personne humaine ». Ce forum aété institué suite à l’échange ouvert par la Lettreouverte de 138 personnalités musulmanes en octobre2007 au Saint-Père et à d’autres responsableschrétiens.(voir le site www.acommonword.com).Lettre aux étudiants chrétiensLes évêques d’Algérie ont adressé une lettre communeaux étudiants de leurs diocèses. Le texte estdisponible sur le site internet de l’Église d’Algérie.bloc-notesTrimestrieléditeur : Association diocésaine d’Algérie (ADA), n° d’agrément 18, en date du 16 novembre 1974, délivré parle Ministère de l’IntérieurAdresse : Pax et Concordia, Archevêché d’Alger, 13 rue Khelifa Boukhalfa, 16000 Alger-GareDépôt légal : n° 2201-2010Directeur de publication : Mgr Ghaleb Baderéquipe de rédaction : Dominique Lebon, Marie-Christine Rousseau, Marie-Danièle Ligouzat, Michel GuillaudCoordinateur de la rédaction : Michel GuillaudGérante : Marie-Danièle LigouzatMise en page : Raphaël WatierCourriel rédaction et abonnements : paxetconcordia@gmail.comSite internet de l’église d’Algérie : http://www.ada.asso.dzPhotos de couverture : Clocheton surmontant la chapelle de la maison des pères blancs à Ghardaia, photo deRaphaël Watier ; Troupeau de chameau sur un plateau du Hoggar à proximité de l’Assekrem, photo de MichelGuillaud.Merci d’être attentif à la dated’échéance de votre abonnementmentionnée sur l’étiquette-adresseAbonnement à la revuepour une année (4 numéros)Version papier :Je souhaite aussi recevoir la version internetAlgérie et Afrique 600 DAAutres continents 20 € (2000 DA)Soutien30 € (3000 DA)Version internet seuleAlgérie et AfriqueAutres continentsSoutien150 DA10 € (1000 DA)30 € (3000 DA)Prix de revient au numéro : 300 DAque l’on paie en euros ou en dinars, retourner ce bulletin à :Pax & Concordia, Archevêché d’Alger13 rue Khelifa BoukhalfaDZ - 16000 Alger ALGéRIECivilité : _______Nom : _______________________Prénom : _____________________établissement : ______________________________Adresse : __________________________________Complément d’adresse : _______________________________E-mail : ____________________________________Code postal : _______ Ville : __________________________Pays : ________________________Pour tout autre renseignement, contacter le service des abonnementsà l’adresse : paxetconcordia@gmail.comPaiement par :Chèque bancaire ou postal en dinars à l’ordre de Association Diocésaine d’Algérie (en toutes lettres)Chèque bancaire ou postal en euros à l’ordre de AEM (Pax & Concordia)Virement en euros (hors France) : IBAN : FR 67 2004 1010 0800 2936 7K02 989 - BIC : P S S T F R P P M A REspècespax concordia31abonnement


مجلة كنيسة اجلزائر الكاثوليكيةpax et concordiaأكتوبر - 2011 العدد 8

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