Réformes agraires, marchés fonciers, organisations paysannes - Agter

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Réformes agraires, marchés fonciers, organisations paysannes - Agter

producteurs de la réforme agraire. Sa vocation reste liée au produit, et elle n'intervientpratiquement pas dans le débat et l'application de la réforme agraire. Elle est pourtantaujourd'hui présente partout dans le pays avec une structuration au niveau local,départemental et national.La réforme agraire nicaraguayenneIl y eut aussi au Nicaragua une première "réforme agraire" dans les années soixante, mais sonimpact resta extrêmement limité. Une très forte répression empêcha toute organisationsyndicale dans les campagnes. C'est pourquoi nous ne parlerons ici que de la réforme agrairemise en place après la révolution sandiniste, qui va profondément transformer les structuresagraires du pays.Au moment du l'accès au pouvoir du Front Sandiniste, en juillet 1979, lors du renversementde la dictature somociste, il n'existait pas d'organisation paysanne nationale susceptible dereprésenter les petits producteurs. L'ATC (Asociación de Trabajadores del Campo), decréation très récente et qui regroupait des paysans pauvres et des ouvriers agricoles, n'étaitimplantée que très localement. Mettant à profit la mobilisation populaire en grande partiespontanée qui se développa pendant l'insurrection et les politiques paternalistes des premiersmois de gouvernement révolutionnaire, l'ATC étendit rapidement son influence à tout le pays,sans avoir toutefois le temps de se consolider suffisamment. Au lieu d'appuyer lesmobilisations paysannes et les nombreuses prises de terres qui avaient eu lieu pendant et dansles semaines qui suivirent l'insurrection, le gouvernement révolutionnaire décida deconfisquer les terres des fonctionnaires et des militaires somocistes pour les transformer enfermes d'Etat. Les paysans pauvres qui en avaient déjà souvent pris possession furentinstamment "invités" à devenir ou à redevenir des ouvriers agricoles du domaine de lapropriété du Peuple (APP). Ceux qui refusaient durent partir, tout particulièrement ceux quivoulaient travailler la terre individuellement. Dans certains cas, des petits groupes réussirent àgarder le contrôle des terres en adoptant un statut de coopératives de production 18 .En 1981, craignant que les paysans moyens et riches ne se rallient à la bourgeoisied'opposition, le FSLN appuya la création de l'Union Nationale des Agriculteurs et desEleveurs (UNAG), qui était censée regrouper les petits et moyens producteurs aux côtés d'unepartie de la bourgeoisie agraire pro-sandiniste. L'ATC n'avait plus dès lors que laresponsabilité d'organiser les ouvriers agricoles. Cette décision revenait à refuser un espaced'organisation spécifique aux paysans pauvres et aux paysans sans terre, dont la combativitéet les revendications étaient jugées dangereuses et incompatibles avec la politique d'uniténationale et de défense. Ce fût désormais l'Etat 19 qui dirigea l'exécution de la réforme agrairepar l'intermédiaire du Ministère de la Réforme Agraire.La loi de réforme agraire, adoptée en 1981, permit d'affecter progressivement les terresinsuffisamment utilisées des grands domaines. Les bénéficiaires en furent les entreprisesd'Etat et les coopératives de production. Dans la pratique, les paysans durent accepter detravailler dans ces coopératives de production pour avoir accès à la terre de la réforme agraire.Le secteur d'Etat augmenta rapidement jusqu'à représenter 20% de la production agricoletotale du pays. Une politique d'investissement très volontariste accorda la priorité absolue àquelques grands projets agro-industriels tandis que la politique macro-économique visait à18 Bon nombre de coopératives agricoles sandinistes (CAS) naquirent de cette façon.19 Et donc, le FSLN, qui contrôlait alors presque totalement l'Etat.7

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