Mensuel protestant belge

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Coupde projecteurAux commencementsGary Braach/CorbisPAGEMême si toutes les religions issuesd’Abraham croient en un Dieucréateur, une ligne de fractureexiste au sein de chacune d’entreelles à propos du rôle de Dieudans l’apparition et l’évolution dela vie. Le rapport entre science etfoi dépend essentiellement dustatut des textes révélés.Pour le christianisme, le judaïsmeet l’islam, Dieu est créateur. Pour lechristianisme, en plus de créer, Dieuengendre son fils, ce que refusent lejudaïsme et l’islam, notamment enraison d’un risque de confusion avecles dieux de l’Antiquité gréco-romainequi engendrent des héros avec desmortelles.Pour les religions issues de l’Inde, ledébat est un peu différent dans la mesureoù le temps est cyclique, ou plusexactement en spirale, c’est-à-direqu’il y a des ères successives et que lacréation n’est pas faite une fois pourtoutes, mais que le monde est recrééà plusieurs reprises, cette recréationétant d’essence divine.Le premier mot de la Bible en hébreu,récit de la Genèse, est « beré chîth »qu’on traduit généralement par aucommencement. Or ce mot signifie àla fois tête de l’homme, chef d’un groupeet notamment Dieu commandeur deshommes (Isaïe 41, 4) et enfin débutd’un événement, en l’occurrence lacréation.Saint Paul d’ailleurs dit que Jésus estla tête de ce corps qu’est l’Église. Dieuest donc à l’origine du monde ; s’il n’estpas le Créateur, les récits bibliquesn’ont pas de sens. En grec, la traductiondes Septante pour au commencementest en arché qui signifie à la fois aucommencement et au commandement.On retrouve ce mot arché dans archéologie,la science du commencement,mais aussi dans monarchie, le pouvoird’un seul. En latin, la traductionest in principium et ce terme désignelà aussi bien un chef, le Prince, qu’uncommencement, le printemps, ou leprincipe, une règle de base.Il y a donc une supériorité de l’antériorité.En clair, pour les trois religions issuesd’Abraham, Dieu préexiste à toutet ce tout ne commence que par sonordre. En ce sens, tout croyant qui seréclame de cette tradition d’Abrahamest forcément créationniste, au sensoù sans l’intervention divine, il n’y adans l’Univers que hasard ou nécessité,pour reprendre l’expression deJacques Monod.Entre foi et scienceReste à savoir quel rôle joue Dieu dansun processus qui, selon une lecture littéralede la Bible, dure 5 767 ans et selonles données actuelles de la Science,dure des milliards d’années.Peut-on croire en Dieu sans croireque le monde a été créé en 6 jours ?Apparemment oui, puisque de grandspaléontologues comme l’Abbé Breuilet Teilhard de Chardin étaient chrétiens.Et si, dans la tradition biblique,un jour pour Dieu est comme milleans pour l’homme, dans la traditionindienne, 4 320 000 ans correspondantà une nuit de Brahmâ !Une lecture non littérale de la Biblelaisse un vaste espace entre Scienceet Foi sans pour autant que ces deuxdonnées soient entièrement indépendantes.Si Dieu n’a rien à voir avec lacréation, on fait sauter des pans entiersde la Bible ; d’autre part, si on suit à lalettre les créationnistes, on abandonnetout un pan de la science.g Mosaïque N° 10


Coupde projecteurÀ propos de la création et de l’évolutionLe Symbole des Apôtres affirme,dans son premier article : « Je croisen Dieu, le Père tout-puissant, créateurdu ciel et de la terre. » Dans son« Petit Catéchisme », Martin Luthercommente cette phrase en disant :« Je crois que Dieu m’a créé, ainsi quetoutes les créatures. Il m’a donné et meconserve mon corps et mon âme, mesyeux, mes oreilles et tous mes membres,ma raison et tous mes sens. »Cette affirmation du réformateur présentela foi chrétienne au Dieu créateurde façon existentielle : Je crois queDieu m’a créé. Cette forme existentiellenous aide à comprendre que la doctrinechrétienne de la création impliquenécessairement une réflexion surDieu en tant que « cause première »et les processus naturels en tant que« causes secondaires ». Sur le plan empirique,il est évident que je dois ma vieà mes parents. Sur le plan de la foi, jeconfesse que Dieu m’a voulu, que monexistence ne se doit pas au hasard etque le processus naturel de l’engendrementétait lui-même incorporédans le dessein de Dieu.Dans cette perspective, l’alternative« création ou évolution », « Dieu ouDarwin » s’avère d’emblée myope :Elle fait croire qu’il faut choisir entreune vision mythique du monde et unathéisme ou, peut-être, un déismepour lequel Dieu, s’il existe, n’est qu’unhorloger qui, après avoir construit lemonde, se retire et nous abandonne ànotre destin. Mais croire au Dieu créateurveut dire croire que Dieu, à toutOctobre 2008 g Mosaïquemoment de l’histoire du monde, estprésent par sa force créatrice.Il est possible de confesser ce Dieucréateur et d’accepter, en mêmetemps, les thèses actuelles de la théoriede l’évolution. Une telle articulationde la foi en Dieu le créateur etde la théorie de l’évolution comprendDieu comme source de l’évolution dela vie en général et de la vie humaineen particulier. Mais une telle interprétationthéiste de la théorie de l’évolutiondébouche nécessairement surune critique de certaines interprétationsscientistes de l’évolution :Tout d’abord, il est impossible d’utiliserla théorie de l’évolution en tantqu’argument contre l’existence deDieu. Aucun chercheur sérieux ne diraque cette théorie va à l’encontre de lafoi en Dieu.Deuxièmement, il faut discuterl’utilisation du mot « hasard », termeclé dans la théorie de l’évolution.L’utilisation de ce terme doit se limiterstrictement au plan empirique oùil désigne l’impossibilité de connaîtreune règle ou une raison apparente etexplicable d’un phénomène. Si, parcontre, on fait dériver, de la notiondu hasard, l’axiome d’un monde sanssens, sans direction et donc sans volontédivine créatrice, on dépasseles limites des sciences exactes pourémettre une théorie philosophiquequi prône l’athéisme.Il faut, troisièmement, discuter leproblème de l’auto organisation de lamatière. La théorie de l’évolution affirmeque la matière morte s’est organisée« par hasard » et a fait émerger lamatière vivante. Cette matière vivante,elle, s’organise continuellement etdonne naissance à des formes de vieplus complexes. Nous devons comprendrecette description commeune image limitée du monde, limitéepar un athéisme méthodologique quimarque la science moderne. Ce choixméthodologique est légitime, dans lamesure où le chercheur n’oublie pasque ce choix inclut le renoncement àtoute affirmation métaphysique. Lafoi chrétienne, elle, affirme la distinctionfondamentale entre création etcréateur, en soulignant que la créationne devient créatrice que par laparticipation au Dieu créateur. Danscette optique, la matière n’est jamais« autocréatrice ». L’émergence de formescomplexes de la vie dépend icinécessairement de la force créatricede Dieu.Face à cette problématique, il faut critiquerà la fois certaines formes d’argumentsthéologiques et scientifiques, àsavoir : d’abord la théorie théologiqued’un Dessein intelligent, si elle pensepouvoir faire de la structure complexede la matière vivante une preuve del’existence de Dieu, et, deuxièmement,la théorie de l’évolution qui s’érige entant que théorie matérialiste de l’originedu monde.Karsten Lehmkühler,professeur d’éthique,Faculté de théologie protestante,Université Marc Bloch, StrasbourgPAGE


ible ouverteCréation et libérationPAGELors du repas de Pessah, les Juifs lisent le premier récit de la création(Gn 1).« En quoi cette nuit est-elle différente de toutes les autres nuits ? »interroge le plus jeune lors de cette nuit de la Pâque.« Le Seigneur nous fit sortir de l’esclavage ! » répond le texte de laHaggada de Pessah.Lorsque l’on parle de création, il ne faut pas oublier que la libérationest l’acte fondateur de Dieu. Et cette libération rend l’homme libre.Toute réflexion à propos de la créationdans la Bible devrait commencer parrappeler que le message primordial dela révélation biblique est un messagede libération : libération d’un peuple,libération de l’individu de ses proprespulsions, libération de la mort au final.La Bible parle d’abord d’un Dieu libérateur,et secondairement seulementd’un Dieu créateur pour montrer sacapacité véritable à mener cette libérationà bien.La création est unhumanisme …Le plus ancien récit de création décritune poupée de terre, d’argile, inanimée,qui devient vivante grâce au souffle,à l’esprit divin qui vient lui donnervie, manière de dire et d’affirmer la distinctionradicale entre l’être humain etles choses de la nature.L’autre récit de création dit la mêmechose en faisant de l’humanité, crééeen dernier, le sommet de tout ce quiexiste, la “cerise sur le gâteau” dumonde naturel.Le récit des commencements exprimeune séparation radicale entre le créateuret la création, entre le divin etl’univers. Face à l’emprise des esprits,des puissances obscures telluriques,chtoniennes, des divinités astrales dela nature, la création rappelle la faiblesseet la relativité de tout cela. Cerécit affirme d’abord le “désenchantement”du monde, qui n’est pas le lieudes esprits, des fées, des enchanteurs,de l’intouchable et du sacré. Il est doncpermis de le toucher, et ce n’est pas unhasard si la science moderne, fondéesur la méthode expérimentale, est néedans l’Occident, profondément marquépar la pensée biblique.Ce récit, ainsi que le début de l’évangilejohannique, décrit les commencements,les débuts, mais aussi lesfondations, les fondements du réel,affirmant ainsi la raison d’être, la logiqueinterne de l’univers qui, malgréle chaos apparent des sociétés humaines,recèle la cohérence d’un cosmosorganisé.Création et historicitéLire les récits de création comme ladescription d’événements de l’histoirepose des problèmes bien plusnombreux que cela n’apporte de réponses.Les débats les plus connus concernentla durée de cet événement : quelquesjours ou quelques milliards d’années ?ou encore tout est-il en place dès ledébut ou bien s’agit-il d’une longueévolution ? etc.Ici il faut affirmer dès l’abord que l’évolutionest un fait d’observation, lessociétés humaines évoluent commel’histoire le montre facilement, lestechniques humaines évoluent, la natureévolue, le corps humain mêmeévolue comme on le voit par la perted’usage des dents dites de sagesseou encore par l’augmentation incessantedes enfants naissants affectésde myopie. C’est d’ailleurs cette évolutionqui avait conduit jadis à affirmerque le monde n’était pas éternel maisqu’il avait eu un début car, si le mondeétait éternel, il aurait eu tout le tempsd’achever toutes les évolutions possibleset serait donc statique.Si les récits de création ne disent riende l’histoire de l’univers, en revancheils témoignent du caractère intrinsèquementtemporel de cet univers quia eu un début … et donc, qui aura unefin. Ce qui n’est en rien contredit parles données scientifiques.Création et libertéLa lecture “créationniste” des récits decréation semble être principalementmotivée par le désir d’affirmer la souverainetéabsolue du Créateur qui a créé,qui conduit l’histoire, ce qui conduità refuser toute liberté ou autonomietant à l’humanité qu’au monde inanimé.Il n’est donc pas étonnant que lestenants de cette option, refusant touteliberté pour leurs opposants, n’hésitentpas à employer tous les moyenspour imposer leurs vues.Jean-Claude Deroche,pasteur Église évangéliqueluthérienne de France et physicieng Mosaïque N° 10


umeurMon ami le buissonNovembre. Mois des brumes et desbrouillards. Il ne faut le dire à personne,mais j’aime ces atmosphèresfeutrées, silencieuses, mystérieuses.Le brouillard transforme le plus banaldes paysages en décor pour la quêtedu Graal.Il ouate, adoucit les angles, trompe lesvues les plus perçantes, joue à cachecache.Un nuage sur la vallée, soleil sur lescimes, récompense du marcheur matinalqui s’est élevé, par des cheminspentus, au dessus de la mêlée !Brouillard qui occulte le danger : col del’Aubisque en un mois de vacances. Situ savais, Yvette, toi qui t’accroches àla portière dès qu’il y a un petit creuxà droite, le vide que cache ce bel édredon,tu ne t’en remettrais pas !Il y a cependant des limites à cet amour,lorsque le brouillard exagère, qu’il seprend pour une purée de pois et quejustement vous devez partir aux aurorespour aller travailler ou bien rentrertard dans la nuit, après une virée nocturne.Il m’est arrivé d’être tentée dem’arrêter et de dormir dans la voiture,plutôt que de me couvrir de ridicule enatterrissant dans un champ habité devaches. Imaginez le scandale parmi cespaisibles bovidés !Rien à faire, il faut prendre son courageà deux mains et conduire des deuxautres en scrutant le moindre détailconnu, les courbes de la route millefois négociées si facilement par bontemps. La concentration est totale,la tension extrême, la vitesse réduite,pense-t-on. Un rapide coup d’œil aucompteur indique qu’on roule encoretrop vite : on perd tous ses repères…Heureusement, sur la gauche de la route,comme une sentinelle rassurante,un buisson sert d’avertissement avantun méchant virage à angle droit.Attention, prends garde, le dangerguette, je suis là pour te dire de prendresoin de toi. Une famille t’attend etcompte sur toi, ralentis.Ce buisson est mon ami, il se couvre dechatons au printemps et avant que jeprenne le temps de m’arrêter, de penserà me munir d’un sécateur, il me faitla blague de se couvrir de feuilles. Sansprétention aucune, il ne se prend paspour le buisson ardent de réputationmondiale et séculaire. Il a poussé là,par hasard sans doute. Il est peut-êtrele survivant d’un bosquet plus touffu.Ce qu’il ne sait pas, mon buisson tutélaire,c’est que ses jours sont comptés.Je ne le devine pas non plus. Imaginezma désolation lorsqu’un vilain matin,j’ai le temps, en passant, d’assister àson massacre : il était de trop danscette propriété de la compagnie deseaux, il buvait sans doute plus que deraison l’eau du captage, il dérangeaitles projets d’amélioration du site. Etle voilà remplacé par des plantationsrikiki, ne ressemblant à rien, alignéescomme des petits soldats, bêtes etdisciplinées !Et qui prendra soin de moi, en silence,en cas de coup dur, lorsque leséléments se déchaînent, que l’aversemasque tout, qu’un nuage bas veut meperdre, me faire manquer le virage ?La vie nous fait traverser des averses,de la purée de pois, nous conduit surdes sentiers dangereux… Commentpourrons-nous survivre si on nousenlève nos points de repère ?Qui nous gardera ?Le savez-vous ?Yvette VanescoteOctobre 2008 g MosaïquePAGE


D‘iciINVITATIONFacultés universitaires Saint-LouisL’École des sciences philosophiques et religieuses desFacultés universitaires Saint-Louis organise un Séminaireplurireligieux. Le thème retenu est Les religions face aumal.Qu’il soit physique ou moral, le mal est toujours un scandalecontre lequel il s’agit de lutter, comme le rappelle notammentP. Ricœur. Mais à quelles conditions et sous quel anglecette lutte est-elle envisageable ? Si le mal est un scandalepour la raison, peut-il être autre chose qu’un défi pour lacroyance?Les traditions religieuses et spirituelles auxquelles il serademandé de traiter de la problématique du mal physiqueet moral sont le judaïsme, le catholicisme, le protestantisme,l’orthodoxie, l’islam et le bouddhisme. À entendreégalement : une approche laïque ou philosophique de laproblématique.Lundi 3 novembre (17h-20h) : Judaïsme et Catholicisme10 novembre (17h-20h) : Islam et Protestantisme17 novembre (17h-20h) : Bouddhisme et Orthodoxie24 novembre (17h-20h) : Laïcité et table ronde finaleRenseignements :École des sciences philosophiques et religieuses43 Boulevard du Jardin Botanique - 1000 BruxellesTél . 02 211 7929 site : www.fusl.ac.ben’en connaissons pas, quel serait notre regard sur les personnesatteintes du VIH ou simplement porteuses du VIH/ sida ?Cette journée mondiale nous rappelle que la lutte contre le VIH/sida n’est pas du seul domaine scientifique et n’est pas seulementl’objet de la recherche pharmaceutique. La lutte épidémiologiquea aussi tout un aspect humain qui comporte desvaleurs de tolérance et de compassion pour lespersonnes vivant avec cette terrible maladie.Octobre 2008 g MosaïqueRue Brogniez 46, B-1070 BruxellesTél. :+ 32 2 510 61 80, fax : + 32 2 510 61 81E-mail : solidariteprotestante@epub.beDans le cadre de l’année européenne dudialogue interculturel, le Service Protestantd’Éducation Permanente (SPEP) organisesonIV ième Colloque internationalle jeudi 4 décembre de 9 à 17.30hà l’Hôtel de Ville de Bruxelles (Grand Place)“Tolérance et intolérances en Europe de l’OuestÉvolutions historique, sociologique, philosophique etthéologique de Joseph II (1781) à nos jours”Programme :9h : Accueil9.30h : “Joseph II et la tolérance religieuse en Europe del’Ouest à la fin du XVIIIème siècle. Une longueur d’avance surla France”Prof. Hervé Hasquin, historien, Secrétaire perpétuel de l’Académieroyale des Sciences, des Lettres et des Beaux-Arts deBelgique et anciennement Recteur et Président du Conseild’administration de l’Université libre de Bruxelles10 h 45 : pause11 h 15 : “Des mécanismes sociaux, mentaux et comportementauxqui conduisent à l’intolérance de l’autre. L’exemple del’antijudaïsme et de l’antisémitisme”Prof. Thomas Gergely, Directeur de l’Institut d’Études duJudaïsme, Université Libre de Bruxelles12.30h : déjeuner14.30h : “Aux sources des tensions réciproques”Monsieur Farid El Asri, chargé de recherche en anthropologieet membre du Centre Interdisciplinaire d’Études del’Islam dans le Monde Contemporain, (CISMOC), Universitécatholique de Louvain15.45h : pause16.15h : “Ma religion… et les autres ?”Docteur Alain Houziaux, docteur en philosophie et en théologie,pasteur de l’Église réformée de l’Étoile, Paris.17.30h : ConclusionsInscription auprès du SPEP, y compris pour le repas :5 rue du Champ de Mars, 1050 Bruxelles ou – 02 510 61 63, ou02 510 61 64 (fax), ou encore spep.epub@skynet.beAu colloque seulement : 20€Au colloque et au repas (chaud ou végétarien) : 40€PAGE11


édi@s et relations publiquesÀ la rencontre d’histoiresNotre institution, notre tradition,notre mensuel “célèbreront” des anniversairescette année : l’EPUB aura30 ans, l’année 2009 marquera le500e anniversaire de la naissance duréformateur Jean Calvin et, en janvier,Mosaïque aura 5 ans d’existence. Cestemps sont propices à l’analyse, au retoursur les objectifs. Ils invitent à s’interrogersur notre adéquation avec lamodernité, marquée dans le domainedu religieux, par ce qu’on appelle, enterme sociologique, la recomposition.Si l’approche de nos contemporainstend de plus en plus vers la consommationdu religieux, comment - sansrentrer dans cette logique “cliente”- revenir à l’essentiel ?On peut observer différentes attitudespour faire face à cette recomposition.Certaines tendances, marquées parune vision du monde englobante, optentparfois pour le repli sur soi, notammentsur les questions éthiques oucelles qui touchent aux origines. Leursaffirmations entravent alors la rencontredes autres cultures et religions et,bien souvent, leur participation à lasociété. Un autre type d’attitude, faceà la donne de la recomposition, misesur le dialogue, la collaboration et laconnaissance mutuelle. Deux initiativesrécentes vont dans le sens de cetteouverture : la première est une formationinter-réseaux et inter-confessionnelledestinée aux enseignants, et laseconde est le colloque d’ouverturede l’année académique de l’institutd’étude du judaïsme.La formation, “Rencontre des convictionsà propos des représentationsliées aux origines du monde et del’homme”, répond à une demanderéelle des enseignants confrontés auxthèses créationnistes et aux questionsdes origines et de l’identité. Elle se proposed’abord de placer chacun face àses propres savoirs et convictionset de les confronter à ceux d’autrui.Elle aborde ensuite le rapport entresciences et foi du point de vue de lamorale laïque et des différentes religions.Au-delà de la simple fournitured’outils pédagogiques, la formation invitele participant à s’impliquer dansune démarche d’abord personnelle derespect et de curiosité. Démarche qu’ilpourra propager dans son établissementen invitant les élèves à s’inscriredans une pluralité constructive. 1L’institut d’étude du judaïsme ainauguré son année académique lemardi 23 septembre par un colloque“Judaïsme, christianisme, islam : Le judaïsmeentre Théologie de la substitutionet Théologie de la falsification » 2 .Afin de permettre les conditions d’undialogue véritable, il apparaît essentielde revenir sur la manière dont futperçu et interprété le judaïsme parles deux autres religions du Livre etde définir leur perception actuelle.Le pasteur Jean-Marie de Bourqueneyavait été invité à décrire la théologiede la substitution, son collègue marseillais,M. Soheib Bencheikh, ancienGrand Mufti, celle de la falsification .En quelques mots, il s’agit de revenirsur les manières dont christianismecomme islam ont assis leur plénitude,en s’affranchissant de leurs originesjuives. L’Église a pratiqué une substitutionen absorbant l’identité d’Israël,pour se proclamer le véritable Israël,désormais seul digne des promessesdivines. L’islam a œuvré en élevant sastructure religieuse sur une théologiedite de la falsification, théologie qui impliqueque les juifs, et accessoirementles chrétiens, ont falsifié leurs Écrituresafin d’en effacer l’annonce de la missionde Mohammed, le Prophète. Sices approches ne sont plus clairementenseignées aujourd’hui en Occident,la question de leur persistance et desobstacles qu’elles constituent pour ledialogue inter religieux ont toute leurpertinence. En invitant des hommesde terrain à s’exprimer, le débat n’estpas resté cloisonné dans des discussionsacadémiques mais avait toujoursen perspective une issue concrète.Au regard de ces deux expériences, ilsemble bien que la voie du dialogue,loin d’être la plus aisée, passe souventpar une meilleure connaissance, voireune remise en question de sa propreperception. Les bénéfices que l’onpeut alors tirer de la rencontre avecl’autre vont cependant bien souventau-delà de nos espérances.Dorothée BouillonPorte-parole EPUBPAGE14 g Mosaïque N° 101La formation est proposée par l’Institut dela Formation en Cours de Carrière de la Communautéfrançaise (IFC) http://ifc.cfwb.be eta été réalisée par le centre Interfaces des FacultésUniversitaires Notre Dame de la Paix encollaboration avec les inspecteurshttp://www.fundp.ac.be/universite/asbl/interfaces.2 Institut d’Études du Judaïsme,http://ulb.ac.be/philo/judaisme.


Cafés ThéologiquesRixensart• Mardi 11 novembre à 20.00h“Laïcité et protestantisme,partenaire ou adversaire ?”L’histoire de notre protestantismeen parallèle avec celle de la laïcité eten relation avec le catholicisme ambiant.Avec Danielle Torfs-MasquelierLieu : Centre culturel protestant deRixensart, rue Haute, 26a.Contact : Sylvie Gambarotto(02 653 44 20) ouPhilippe Romain (010 61 40 67)En collaboration avec le SPEPMidis du SPEPBruxelles• Mercredi 19 novembre de12.15h à 14h“L’impact des technologies de l’informationet de la communication sur lescomportements et l’esprit critique”Invité : Monsieur Yves Poullet, directeurdu Centre de Recherche informatiqueet droit des facultés universitairesNotre-Dame de la Paix àNamur.Lieu : 5, rue du Champ de Mars, 1050Bruxelles.Café et sandwiches sur place, libreparticipation aux frais.Contact : SPEP 02 510 61 63conférences• Mardi 18 novembre à 20h“Chrétien réformé et libre pensant”dans le cadre de l’Année CalvinPar Aldo Benini, pasteur à DourLieu : Salle Allard L’Olivier, Hôtel deVille de Quaregnon.Contact : Aldo Benini, 065 66 88 05• Jeudi 20 novembre à 19.30h“Être témoin du Christ aujourd’hui”dans le cadre de l’Année CalvinPar le Père Gérard LALEMANLieu : temple de Tournai.Contact : pasteur J-J Hugé, 069 22 43 93• Vendredi 21 novembre à 20h“Femmes… moitié de l’humanité”Par Amanda Stassart, Éliane Driessen,Isabelle Praille et Isabelle DetavernierDans le cadre d’une rencontre interconvictionnelleLieu : Hôtel de Ville de Tournai, salonde la Reine.Contact : pasteur J-J Hugé, 069 22 43 93Entrée libre.Concert• Samedi 22 novembre 2008 à 20h“Requiem”de G.VerdiPar la Chorale Royale Protestante deBruxellesLieu : Cirque Royal à 1000 Bruxelles.Concert donné au profit de « Vacancespour enfants défavorisés » un projetdu Centre social protestantLes places sont en prévente… réservezdès maintenant :www.crpb.be ou 02-332 06 66 ou encoreinfo@crpb.beThéâtre• Le dimanche 16 novembre à 15h etle dimanche 23 novembre à 15h“Fiéve”comédie wallonne en 3 actes de V.Grégoire & C. Fournyadaptée par Pol-Henry Simonmise en carolo par C. Veugelen et enscène par Martine De Cock.Par la troupe dialectale LES BATE-LEÛSLieu : Foyer Culturel Protestant, Grand’ rue, 94 - 6000 Charleroi.Contact : Mme L Depasse :071 35 55 76À venir• Mercredi 10 décembre, de14.15h à 18h“Un après-midi de l’Avent, de prière etde silence, autour de la méditation del’épilogue de l’évangile de saint Jean”Par G. Delfosse, curé doyen de Fleuruset V. Brandt, pasteur à Ransart.Lieu : abbaye de Soleilmont, FleurusLe programme ne nous est pas parvenu.Site : www.protestanet.be• Envoyez vos informations à la rédaction -Rue du Champ de Mars 5,1050 Bruxellesou par courriel :mosaique-redaction@epub.betél.: 02 377 66 57• Site Internet :http://www.protestanet.beMerci de respecter les délais suivants :• le 5 novembre pour le numéro de décembre.• le 5 décembre pour le numéro de janvier.• le 5 janvier pour le numéro de février.Les opinions exprimées dans Mosaïquen’engagent que leurs auteurs.• ABONNEMENTS ANNUELSAbonnements individuels :envoyez vos nom et adresse ainsi que votrerèglement de 15,00€à MOSAÏQUERue du Champ de Mars 5,1050 BruxellesCompte : 068-0715800-64Abonnement de soutien : 25,00€Abonnement de groupe :Veuillez contacter la rédaction pourles conditions :mosaique-redaction@epub.be• Éditrice responsable : Dorothée BouillonRue du Champ de Mars, 5 – 1050 Bruxelles• Équipe de rédaction :Rédactrice en chef : Jacqueline LombartRédacteurs : Martine Warlet, Jean-MarcDegrève.• Collaborateurs : Yvette Vanescote,Samuel Charlier, Robert Hugues Boudin• Collaborateurs régionaux :Hainaut Occidental : A Benini, C Godry,C RouvièreHONL : N. Lebrun, J-P LecomteLiège : B. DennisBrabant : Jean-Marc Degrève• Imprimerie : sa N. de Jonge, GrimbergenOctobre 2008 g MosaïquePAGE15


Où étais-tu quand j’ai fondé la terre ?répondstoi qui te crois intelligent !qui a établi ses mesurestoi qui sais tant de choses ?qui a tracé sa ligne ?dans quoi sont plantés ses piliers ?qui a posé sa pierre d’angleaccompagné du chœur des étoiles de l’aubeacclamé par les fils d’Élohim au complet ?entre deux parois il retint la merqui sortait du sein encore bouillonnantemoi je l’ai vêtue d’un drap de nuagesl’ai bordée de nuitet quand j’ai brisé sur elle ma loiverrouillé ses portes et dit :« tu viendras jusqu’icitu n’iras pas plus loin »ses rouleaux rebelles s’arrêtèrent.Que dire ?je suis trop légerpour m’opposer à toije place ma main sur ma bouchej’ai parlé une foisje ne répondrai plusje ne vais pas me répéter.Job 38, 4-11 ; 40, 4-5© DX - Fotolia

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