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Chiffrer, déchiffrer les villes - Fnau

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Ouverture L’URBANISME

Ouverture L’URBANISME SUBMERGÉ PAR UN TSUNAMI D’INFORMATIONS ?Ouverturepement des usages sociaux destechnologies de l’information et dela communication est porteur d’avenir: les réseaux de covoiturage ou lamultiplication de “tiers lieux” de travailpourraient offrir des alternativesaux grandes concentrations d’emploiscomme à La Défense et auxinvestissements lourds qu’ellesnécessitent dans les infrastructuresurbaines.L’urbanisme à l’èrede la dialectique ?“L’urbanisme est entré dans l’èredes lumières tamisées”, a lancépour sa part Gilles Pinson, professeurde sciences politiques /3. Hier,une vision positiviste prétendaitancrer l’action urbaine sur un soclede connaissances scientifiques supposéesincontestables. Cette détermination a cédé laplace à une attitude plus nuancée, qui ne renoncecertes pas à produire des connaissances sur la ville,mais en fait un usage beaucoup plus modeste dansles processus de production urbaine. D’une part, une“rhétorique de l’émergence” milite pour un urbanismeflexible et participatif, attentif aux évolutionsdes usages – au risque d’un affaiblissement des représentationset de l’action. D’autres posent au contrairel’idée que “les gens se saisissent surtout de ce qu’onleur donne”, à l’image des appropriations socialesdes nouvelles technologies de communication.Autrement dit, l’urbanisme doit plus que jamais composeravec un rapport ambivalent à la demande : enfilant activement la métaphore de “l’émergence”,mais sans négliger les opérations politiques et techniquescapables de structurer les pratiques.Un monde de chiffresJean-René Brunetière, président de l’association“Pénombre, la vie publique du nombre”, s’est délectéde la multiplication pléthorique de chiffres d’accèsimmédiat qui crée, selon lui, “un monde délicieusementparadoxal et imprévisible”. Plus les donnéesprolifèrent, et plus l’incertitude augmente : sur lescatégories d’objets comptés (le “ménage”, par exemple),les échelles de comptage (la commune), les fluxde biens et de personnes (de moins en moins saisissables),les flux cachés et néanmoins déterminants(le “carbone gris”). Or, tandis que l’incertitude gagneles sources statistiques, une grande visibilité est donnéeà un petit nombre de chiffres à fort impact émotionnel,supposés faire évoluer l’opinion publique.Le numérique n’est pas un ‘’autre monde’’ à opposer au réel, mais un ensemble de productions mises au service de projets concrets.Faut-il pour autant jeter le bébé avec l’eau du bain –et “le chiffre avec l’urbain” ? J.-R. Brunetière et sonassociation s’y refusent absolument. Ils invitent aucontraire à pratiquer une critique active des nombres.Si les chiffres ne font plus autorité, ils peuvent servird’objets transactionnels pour nourrir le débat public,prendre la mesure des possibles et aider à délimiterdes “zones de consensus”.Le numérique : de la statistiqueà la donnéeIl est rejoint en cela par Daniel Kaplan, délégué généralde la Fondation Internet Nouvelle Génération, quia plaidé en faveur d’une “culture critique de la donnée”.Nous n’avons pas le choix, car la proliférationactuelle d’informations et de connexions est un fait,une composante de notre réalité. Kaplan insiste : lenumérique n’est pas “un autre monde” à opposer auréel, mais un ensemble de productions et de pratiqueshumaines qui changent la vie en libérant decertaines tâches pour en rendre possibles d’autres.Ainsi, nos rapports aux nombres ont-ils profondémentchangé : nous sommes passés de la “statistique”– les chiffres produits par un service d’État – àla “donnée”, Data exploitable en temps réel dans despratiques concrètes (pour éviter un embouteillage,par exemple), sans que cela contribue nécessairementà enrichir nos connaissances sur la ville. End’autres termes, une “réalité augmentée” qui neconcurrence pas l’expérience sensible du territoire,mais la nourrit – pour le meilleur et pour le pire...IR. Q.3/Auteur notamment deGouverner la ville parprojet. Urbanisme etgouvernance des villeseuropéennes, Paris,Presses de Sciences Po,2009.1/Cf. notamment le horssérie n° 39 d’Urbanismeconsacré aux “actes”de la 30 e rencontrenationale des agencesd’urbanisme “Villedésirée, ville durable,ville désirable ; un projetà partager”, organisée àRennes en octobre 2010.TABLE RONDEAprès les regards informés des concepteurs et des chercheurs, la seconde tableronde d’ouverture a adopté un visage plus politique, autour de la constructiondes représentations des territoires et de la notion de décision. Synthèse deséchanges par Olivier Réal“C’est le projet qui donne de la force et de la cohérence!”Daniel Delaveau, maire de Rennes, présidentde Rennes Métropole et de l’Assemblée des communautésde France (AdCF), a logiquement associéd’emblée le mot “projet” à celui de territoire. La villeétant (aussi) le lieu de l’affrontement des intérêts etdes contradictions entre citoyens, le rôle du politiqueest de gérer la complexité et de prendre en compteles différentes échelles spatiales et temporelles, a-tilexpliqué en substance. L’élu doit par conséquentorganiser le débat et maîtriser la confrontation. Unetâche complexe, car les représentations socialeschangent, tandis que la durée de vie s’allonge et quela société se transforme fortement. “Nous avons tousdes appartenances multiples vis-à-vis de territoiresdont les logiques institutionnelles ne correspondentplus à la réalité vécue, a poursuivi le maire deRennes. Ce n’est pas simplement l’habitant – le résident– qui fait la ville, c’est aussi celui qui vient dansla métropole pour travailler ou pour ses loisirs”. Faceà ces représentations instables, il faut prendrecompte l’ensemble de ces paramètres particuliers encherchant à adopter une vision globale. Prenantl’exemple d’un couple dont l’un des membres travailleà Rennes et l’autre à Nantes, Daniel Delaveaus’est interrogé sur la meilleure façon d’anticiper lesbesoins d’équipements ou d’infrastructures dans cesaires urbaines voisines. Rennes peut ainsi s’appuyerDaniel Delaveau Vincent Feltesse Ariella MasboungiEN BONNE INTELLIGENCE(TERRITORIALE)sur une “culture de la prospective”/1, mais est-cetoujours opératoire aujourd’hui ?La pratique des métropolesLa question de la représentation est pour VincentFeltesse, président de la Communauté urbaine deBordeaux et de la FNAU, “l’archétype du terme polysémique”,dont la réalité est difficile à cerner : “Il existe eneffet un hiatus croissant entre ce que vivent les gens etles modes de désignation des élus. Nous recevons desmandats électoraux sur des territoires assez figés, àl’image des cantons, qui n’ont pas bougé depuis plus dedeux siècles. À l’inverse, les habitants ont une pratiquedes lieux très différenciée”. Les territoires étant “mouvants”,les représentants politiques ont un vrai rôlepédagogique à jouer pour mieux faire comprendre lemonde dans lequel nous vivons, pour redonner del’orientation et du sens. “Mais avec qui est-ce que je discute?”, s’est interrogé Vincent Feltesse, ajoutant “qu’estce qu’on décide et quand ?” Pour répondre à ces questions,il faut pouvoir définir un cap, prendre des décisionsfondées sur un projet politique et des “valeurs”,ce qui n’interdit pas une certaine souplesse. Si la pratiquetraditionnelle repose sur une planification urbaineà cinq, dix ou quinze ans, l’élu politique a besoin, selonle président de la FNAU, de se “réemparer de deux temporalitésdifférentes”, l’une à court terme, car les chosesbougent très vite, et l’autre à plus long terme, pourmieux “donner une dimension stratégique à l’actionpublique”.La manière d’organiser les savoirs pour mieux se projeterdans l’avenir est au cœur du travail des agences d’urbanisme.C’est l’adage “comprendre pour agir”qu’Ariella Masboungi, architecte et urbaniste en chef del’État et inspectrice générale du développement durable,a mis en avant. Cela nécessite de faire des hypothèses,à l’image de ce qui a été produit sur le Grand12 / URBANISME / HORS SÉRIE n° 44 - mars 2013mars 2013 -HORS SÉRIE n° 44 / URBANISME / 13

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